HypnoFanfics

Dean Thinks That Boys ...

Série : Supernatural
Création : 04.10.2009 à 19h11
Auteur : Lydean 
Statut : Terminée

« Fic Boys Shouldn’t Play With Dead Things du point de vue de Dean.Sam passe difficilement le cap de l’adolescence sous le regard protecteur, mais parfois démuni, de son grand frère. » Lydean 

COMMENTER CETTE FANFIC

Cette fanfic compte déjà 52 paragraphes

Afficher la fanfic

Chapitre 18.

 

            Tout en courant, Dean ne pensait qu’à une seule chose : que cette horrible journée se termine enfin ! Et dire qu’il y a encore peu de temps, il adorait les vendredis. Ne serait-ce pas un vendredi treize par hasard ? Ce nombre ne pouvait pas porter bonheur à tout le monde de toute façon ! Ils arrivaient à l’angle de la rue et il espérait de toutes ses forces que les deux abrutis n’aient pas mis leur plan à exécution. N’apercevant pas les adolescents devant la porte de service, il commença à se détendre. Mais Sam désigna la serrure fracturée et poussa le battant qui s’ouvrit sans forcer. Contrarié, Dean pénétra dans l’enceinte de l’établissement suivi de près par son cadet. Il soupira de dépit : revenir au bahut un vendredi soir. C’était pathétique !

 

- Il y a une grande trappe juste derrière l’aile droite. Elle mène directement au sous-sol. Chuchota le plus jeune pour ne pas se faire repérer.

 

            Il pointa son index pour lui indiquer la bonne direction. Il faisait déjà nuit et autant dire qu’il relevait de l’impossible d’y voir quoi que ce soit dans ce merdier. Il sortit deux torches de son sac et en tendit une à son petit frère. En plus du côté sombre, il faisait incroyablement froid cette nuit-là. A la lumière des lampes, ils descendirent prudemment les petites marches de l’escalier en pierre qui longeaient la rampe d’accès prévue pour les engins roulants. Ils s’enfonçaient inexorablement dans les entrailles du monstrueux établissement. Arrivés en bas, ils suivirent un grand couloir habités par des centaines de petites bêtes noires à huit pattes et où de multiples tuyaux serpentaient et s’entrecroisaient le long des plafonds. Parvenus au bout de ce long tunnel, plusieurs possibilités s’offrirent à eux. Dean demanda :

 

- Et maintenant, on va où ?

 

            Devant l’absence de réponse, il dirigea le faisceau de sa lampe vers son cadet qui haussa les épaules en signe d’ignorance.

 

- Quoi ? Je croyais que tu savais tout !?!

 

- Ouais, mais c’est Dereck qu’a le plan. Expliqua-t-il, visiblement ennuyé de ne pas connaître la bonne réponse.

 

            D’accord sur ce coup-là, l’aîné s’était encore fait avoir ! Il l’avait autorisé à l’accompagner pour les renseignements qu’il pouvait lui apporter ; Et puis, un peu aussi, il devait bien l’admettre, à cause de son regard suppliant. Mais pour l’instant, son petit frère était exposé inutilement au danger et ça ne lui convenait pas du tout. Qu’est-ce qu’il l’empêchait de l’attacher à un poteau pour qu’il reste ici en sécurité ? Peut-être le fait qu’il réussirait à se libérer en moins de temps qu’il en faudrait pour le dire. Encore un truc qu’il avait bien fait de lui apprendre, tiens !

 

            Soudain ils entendirent un sifflement strident et le bruit d’une porte claquée violemment. Ils se précipitèrent vers l’origine de ce vacarme. Ils distinguaient les cris affolés des deux adolescents. L’accès était bloqué par une grande porte en bois. Sam essaya de crocheter la serrure sans succès. Dean tenta de défoncer cette grosse masse boisée. Il la sentait se gondoler sous les coups mais elle ne lâchait pas. Le cadet fouilla dans le sac et en sortit le calibre quarante cinq de son frère. Avant que celui-ci n’ait eu le temps de protester, il tira sur la serrure qui explosa en plusieurs éclats métalliques. Puis ils échangèrent un regard et s’élancèrent tous les deux contre la porte. Les gonds cédèrent dans un grincement atroce. Les deux frères atterrirent lourdement de l’autre côté. Ils relevèrent la tête tout en se bouchant les oreilles afin d’atténuer le sifflement effroyable qui avait envahi l’espace autour d’eux. Devant eux, dans une demie obscurité, Dereck, dont les vêtements étaient déchiquetés et imbibés de sang, était tétanisé. Il fixait le plafond d’un air hagard. Ils regardèrent dans la même direction et assistèrent impuissants au vol de Tristan qui était projeté à travers la pièce. Il s’écrasa durement contre un tracteur tondeuse, inconscient. Son sang avait commencé à s’écouler de la même manière que progressait le liquide enflammé au fond de la salle. Celui-ci se dirigeait dangereusement vers les chaudières situées près des Winchester qui se levèrent pour aller aider les deux adolescents. Aussitôt, la porte se referma derrière eux, claquée par une force invisible. Ils se retournèrent et tentèrent en vain de la rouvrir. Ils devaient se rendre à l’évidence, ils étaient piégés. Génial ! Il ne manquait plus que ça ! Le plus vieux établit mentalement la liste des urgences à traiter en priorité. Il ordonna à son petit frère :

 

- Sam, occupe-toi de tes potes !

 

            Pour sa part, il se précipita sur l’extincteur qui roulait sur le sol à sa droite. Il progressait rapidement, tantôt debout, tantôt accroupi, slalomant entre les obstacles. Il essaya d’éteindre l’incendie malgré les objets qui tournoyaient dans la pièce et venaient le heurter régulièrement à tous les endroits possibles et imaginables de son corps. Il entendait son cadet qui hurlait à l’intention de son ami :

 

- Dereck, viens ! Il faut aider Tristan !

 

            Mais celui-ci ne bougeait pas d’un pouce. Sam entreprit alors de la secouer mais rien n’y faisait. Alors il lui décrocha une bonne droite sous les yeux ébahis et continuellement fixés sur lui de son aîné.

 

- Putain, mais t’es grave ! T’avise pas de recommencer ! Lui conseilla froidement son copain encore sous l’effet de la surprise.

           

            Ils se dirigèrent tant bien que mal en direction de Tristan. Les projectiles divers se fracassaient contre les étagères vidées de leur contenu, quand ils ne venaient pas s’éclater de plein fouet sur les adolescents. Le plus vieux des trois amis recouvrait doucement ses esprits et grognait tout en se massant le cuir chevelu.


Lydean  (01.11.2009 à 14:54)

            Soudain le tourbillon cessa et le sifflement disparut. Le silence dura moins d’une seconde mais il était total, comme si le temps s’était arrêté. Il fut interrompu par un fracas épouvantable : l’ensemble des outils et autres objets contendants retombaient durement sur le sol en pluie torrentielle. Dean, qui avait réussi à maîtriser l’incendie, reçu une pelle derrière l’épaule gauche. Le côté tranchant le caressa si délicatement qu’il lui arracha un bout de peau de plusieurs centimètres carrés, malgré la protection de sa veste en cuir. Il appliqua aussitôt sa main droite sur la plaie sanguinolente qui le faisait souffrir et estima les dommages avec un regard rapide :

 

- Putain de fantôme à la con ! Il a niqué ma v…

 

            Mais il ne termina pas sa phrase. Un cruciforme venait de se planter dans la cuisse de son petit frère qu’il n’avait lâché des yeux qu’une fraction de seconde. Sam ne put réprimer un effroyable cri de douleur jusqu’à ce qu’un bidon d’essence lui atterrisse sur la tête, l’assommant à moitié. Le coup avait dû lui griller des neurones au passage car  son aîné le vit arracher d’un coup sec ce maudit tournevis. Il se précipita sur lui.

 

- T’es malade ! Hurla-t-il. Faut pas faire ça ! T’aurais pu aggraver ta blessure, lui expliqua-t-il anxieux.

 

            Il inspecta les dégâts. Apparemment aucune artère n’avait été touchée mais le trou n’était pas beau à voir. Sammy devait souffrir le martyr mais il faisait tout pour ne rien laisser transparaître.

 

- C’est bon, Dean. Ca va. Aide-moi plutôt à me relever. Il faut qu’on les mette à l’abri. Décréta le cadet en désignant ses amis.

 

- Et toi aussi ! Ordonna son grand frère en le soulevant et en s’assurant qu’il tenait bien debout.

 

            Ils commencèrent à traîner Tristan dans le petit placard à balais, unique refuge potentiel qu’ils avaient réussi à déceler.

 

            Dereck, qui avait eu de la chance jusqu’à maintenant, se retrouva plaqué sur le sol par une force invisible. Sa tête rebondit trois fois sur le revêtement avant de s’immobiliser complètement. Dans un grondement de plus en plus insoutenable, une masse informe et translucide fit son apparition. Au dessus de l’adolescent qui déployait une force démentielle pour essayer de se libérer, elle l’agrippa et le traîna à travers la pièce telle une vieille serpillière défraîchie, lui faisant percuter les objets avachis et répartis de manière aléatoire.

            Dean se rua sur lui pour tenter de le maîtriser mais Dereck s’agita. Son corps se cambrait et se pliait en tous sens sous l’effet de convulsions. L’aîné avait du mal à garder sa prise devant ce rodéo improvisé.

 

            Soudain, il lâcha prise et s’envola dans les airs. Il fut projeté violemment, puis plaqué contre le mur, à l’autre extrémité de la pièce. Il avait le souffle coupé et chaque centimètre de son corps le faisait souffrir. En ouvrant les yeux, il s’aperçut que Sammy venait vers lui pour l’aider. Il le voyait marcher difficilement à cause de sa blessure et en plus il était complètement à découvert. Il hurla :

 

- Sam … Non ! … Retourne … là-bas !

 

            Malgré sa difficulté à respirer, il espérait que cet ordre avait bien été assimilé. Le plus jeune s’arrêta net et semblait se torturer intérieurement. Près de lui, Dereck tentait de reprendre une respiration normale. Ses convulsions avaient cessé au moment où l’aîné des Winchester avait pris son envol mais il régurgitait un liquide transparent. Bien qu’il ait réussi à tout évacuer, il n’arriva pas pour autant à se redresser complètement. Il avait visiblement toujours du mal à se remettre de sa petite ballade improvisée et pleine d’embûches à même le sol.

           

            L’aîné éprouva un certain soulagement en constatant que son petit frère aidait son ami à se relever et partait se renfermer dans le placard. En revanche, il avait de plus en plus de mal à respirer et sa vision se troublait considérablement. Il était incapable de déterminer si le problème venait de ses yeux ou s’il avait tout simplement l’esprit en face de lui. Le grincement atroce continuait de contribuer à leur surdité précoce. Les lumières s’allumaient et s’éteignaient comme sous l’effet d’un stroboscope géant. Lors des phases sombres, une faible luminosité provenant des chaudières permettait de distinguer les mouvements de la masse visqueuse qui le maintenait incrusté dans la cloison. Brusquement, il ressentit une sensation étrange au niveau de son torse. Non seulement ses poumons étaient comprimés sous la pression qui le plaquait au mur mais en plus, le peu d’air qu’il avait réussi à emmagasiner se transformait en une sorte de liquide et obstruait ses bronches. Quand il essaya de faire sortir cette substance étrangère en expirant, une odeur d’essence vint lui brûler les narines. Il s’aperçut avec effroi qu’il était en train de se noyer de l’intérieur.

            Devant l’horreur de cette situation, il eut du mal à ne pas paniquer. Il suffoquait littéralement : l’oxygène refusait d’entrer dans son corps et la source du liquide nauséabond était intarissable. Il se sentait déjà à la limite de perdre connaissance. S’il voulait s’en sortir, il devait réagir vite. Il tenta d’attraper quelque chose à côté de lui. Une arme quelconque, de préférence en fer. Mais son bras heurtait violemment et régulièrement le mur. Il était pris de convulsions et il n’arrivait plus à maîtriser son corps. Soudainement, tout devint noir. Ce n’était pas de cette manière qu’il avait pensé terminer sa journée. Il pensa à Sammy. Comment s’en sortirait-il s’il n’était pas là pour le protéger ? Il résista encore de toutes ses forces mais malgré sa volonté de survivre, il se sentit partir.


Lydean  (01.11.2009 à 14:56)

Chapitre 19.

 

            Il se retrouva soudain à quatre pattes. Son décollage du mur fut tout aussi douloureux que son atterrissage forcé sur le sol. A présent, il évacuait tant bien que mal le liquide répugnant qui avait envahi ses poumons. Il avait pris appui sur ses deux bras mais il se sentait trembler de partout. Ce n’est que lorsque l’oxygène réintégra son corps qu’il ressenti cette épouvantable brûlure. Il expira rapidement et se força à inspirer une nouvelle fois. La longue et lente bouffée d’air lui fit émettre le même sifflement qu’un asthmatique mais elle passa mieux que la précédente et il commença à reprendre ses esprits. Que s’était-il passé au juste ? C’est au moment où il releva furtivement la tête qu’il comprit. Sammy se tenait debout devant lui. Dans sa main droite, il serrait une barre à mine tellement fort que les jointures de ses doigts étaient blanches. Sa cuisse était ensanglantée et son corps était secoué de tremblements mais le plus inquiétant était ce qu’il avait pu lire sur son visage : il était livide et son regard était dénué d’expression. Il était en état de choc, complètement terrorisé. L’aîné avait toujours la tête baissée, essayant de reprendre son souffle. Il entendit la barre métallique tomber sur le sol. Cette brève vision de l’état désastreux dans lequel se trouvait son cadet, le motiva à réagir rapidement. Pour essayer de le sortir de sa léthargie, il brailla :

 

- Putain, c’est dégueu ! C’est du sans plomb !

 

            Puis il lança un nouveau regard vers son sauveur. Celui-ci était toujours tétanisé. Il n’avait pas encore réalisé que son frangin allait bien, compte tenu des circonstances bien évidemment.

            Le grondement qui s’était atténué quelques secondes reprit de plus belle. La lumière recommença à vaciller. Dean hurla :

 

- Sammy ! Il faut se mettre à l’abri ! Sammy, va dans le placard !

 

            Le manque de réaction de son petit frère l’obligea à se bouger. Il se redressa difficilement. Chaque partie de son corps refusait de se mouvoir sans le faire souffrir. Et ce bruit atroce allait le rendre dingue !  Il distingua la masse globuleuse se reformer au-dessus des chaudières. Ils n’avaient pas de temps à perdre ! L’angoisse lui fournit un regain d’énergie. Il attrapa son cadet et le souleva du sol. Il l’entraîna le plus vite possible dans leur refuge improvisé tout en évitant les objets qui leur barraient le passage. Une fois entassés à quatre dans le petit local, il claqua la porte derrière lui et examina son jeune frère, encore abasourdi.

 

- Sammy, hé ! Sammy, ça va ?

 

            Il lui passa la main dans ses cheveux ébouriffés dans l’espoir de l’apaiser. Les yeux embués de larmes et le souffle saccadé, Sam tenta d’articuler :

 

- Dean … J’ai cru qu’t’étais …

 

- Hé ! Tout va bien. T’inquiète pas. Tu m’as sauvé, essaya-t-il de le rassurer avec une voix pleine de douceur.

 

- Ah ben ça, c’est vite dit ! Fit remarquer soudainement Dereck.

 

            Il l’avait oublié celui-là ! Il lui lança un regard mauvais et prit conscience que l’adolescent n’avait pas l’air très frais : il était assis dans un coin, recroquevillé sur lui-même. Ses genoux étaient repliés près de sa poitrine, encerclés par ses bras. Il se balançait d’avant en arrière. Il continuait de maugréer.

 

- J’vous f’rai remarquer qu’on est vraiment dans un bordel sans nom ! On va tous crever dans ce putain de cagibi de merde !

 

- Oh, la ferme ! Lui cria Tristan qui n’ouvrait toujours pas les yeux tant sa tête devait le faire souffrir. Pour le moment, on est toujours vivants et c’est bien grâce à eux. Alors, ta gueule !

 

            Son ami le regarda médusé mais ne broncha pas. De l’autre côté de la porte, le grognement sourd se rapprochait.

 

- J’comprends pas … Il a été incinéré … Il n’aurait même pas dû revenir … Qu’est-ce qu’on va faire ? Demanda Sam, désespéré, à l’intention de son grand frère qu’il ne quittait pas des yeux.

 

- C’est qu’il doit certainement rester quelque chose qui lui permet d’être ici … des cheveux, un ongle ou un objet … un truc quoi … pensait Dean à haute voix. Il faut qu’on trouve rapidement c’que c’est et qu’on le crame.

 

            Des coups violents venaient ébranler la porte par rafales.

 

- C’est peut être son gant de baseball, supposa le plus jeune. Tu sais, celui qui est exposé dans la vitrine là-haut.

 

            Incroyable : même dans ce genre de situation, son frangin réfléchissait et trouvait une réponse éventuelle à leur problème. Dereck l’interrompit dans sa réflexion en continuant de pester :

 

- Ah ben ça, c’est le pompon sur le cul du lapin ! Même si c’est le bon truc, comment on va faire pour y aller ? Toutes les portes sont bloquées au cas où vous ne l’auriez pas remarqué ! Et puis j’vous l’dit comme j’le pense : il est hors de question que je sorte de ce chiotte pour aller me retaper une valse avec l’espèce de blob dehors !!!

 

- Mais, putain, tu vas fermer ta grande gueule ! S’énerva franchement Dean. J’te rappelle quand même qu’on est dans cette merde en partie à cause de ton intelligence hors du commun ! Alors si tu l’ouvres encore une fois, sans que je t’en aie donné l’autorisation, j’te balance sans préavis de l’autre côté de cette foutue porte pour aller rejoindre ton partenaire de tango !!!!

 

- Ca aurait le mérite de faire diversion, le coupa Tristan qui n’en pouvait plus de tout ce vacarme. Quelqu’un a pensé aux bouches d’aération ?

 

            Tous les yeux se braquèrent sur le plafond.


Lydean  (02.11.2009 à 18:17)

             L’ouverture était étroite mais elle pouvait laisser entrer le corps d’une personne.

 

- Dereck ! A quatre pattes ! Ici ! Tout de suite ! Intima Dean à l’adolescent, qui s’exécuta étrangement sans broncher.

 

            L’aîné des Winchester s’en servit de marche pied. Il arracha la grille qui obstruait le passage et jeta un œil rapide. Il demanda à Sam de lui passer le sel et en disposa une bonne couche tout autour du passage dans la gaine de ventilation. Il remit les pieds au sol et fouilla dans son sac entrouvert.

 

- Ok, ça devrait le faire. Vous restez là ! Je suis de retour dans cinq minutes.

 

- Non ! Hurla Sam en accrochant le bras de son aîné. Tu ne pars pas tout seul ! J’veux venir avec toi !

 

- Sûrement pas ! Toi tu restes ici et tu aides tes potes à se remettre ! … Avec ta jambe, tu me ralentirais de toutes façons.

 

- Mais Dean … Insista-t-il, suppliant.

 

- J’ai dit non, Sam !

 

            La fermeté du ton qu’il avait employé lui parut bien rude mais il ne voulait en aucun cas que son petit frère prenne des risques superflus. Ils étaient suffisamment dans la merde comme ça ! Il le vit baisser la tête, résigné. Avec ses yeux larmoyants, il la releva néanmoins et ajouta :

 

- D’accord ! Tu peux compter sur moi. Mais … fais attention et dépêche-toi !

 

            Ca c’était bien son Sammy ! Il lui lança une boutade pour le rassurer :

 

- Hé ! Plus rapide que moi, y a pas ! Je suis … « speeder man » !

 

            Puis, il s’équipa, saisit le plan que lui tendait Tristan et se hissa dans la bouche d’aération. Il commença à ramper non sans avoir, au préalable, jeter un dernier regard à son frère qui ne l’avait lâché des yeux à aucun moment.

 

            Il progressait difficilement dans le conduit d’aération. Son épaule blessée le faisait atrocement souffrir et l’étroitesse du passage ne l’aidait pas. Pour ne rien arranger, son mètre quatre-vingt et des poussières était lourd à traîner. Il devait se faufiler tel un serpent car ses coudes n’avaient pas l’espace nécessaire pour s’appuyer de chaque côté de son corps. Bien évidemment, la surface était lisse et mis à part quelques grilles d’aération, il n’avait aucune prise. Il avait beau se démener, sa progression était trop lente à son goût. Il avait l’impression de ne pas avoir avancé d’un pouce. Pourtant, le tambourinement et le grondement s’étaient passablement atténués à mesure qu’il s’éloignait. Il aurait dû se sentir soulagé que ce foutu fantôme ne le poursuive pas. Mais, ce qu’il ressentait ressemblait plus à de l’angoisse : Il venait d’abandonner trois adolescents, entassés dans un ridicule petit réduit, sous la menace d’un esprit vengeur. D’accord, il n’avait vraiment pas eu le choix et les trois garçons n’étaient pas totalement sans défense. Il essaya de se rassurer en se rappelant qu’il avait une totale confiance en Sammy. Etrangement, c’était le plus jeune de la bande. Mais, même s’il n’était âgé que de treize ans et demi, il avait été formé pour assurer dans ce genre de situation. C’est dans ces moments-là qu’il remerciait leur père de leur avoir tout appris. Malgré tout, son inquiétude ne le lâchait pas. Il était censé protéger ce gamin. Depuis qu’il l’avait sauvé de l’incendie treize ans auparavant, alors qu’il n’avait pas encore soufflé ses cinq bougies, il s’était donné la mission de toujours être là pour lui. C’était son job. Il enrageait de ne pas l’avoir suffisamment protégé et d’en être arrivé là. Enervé, il jura tout ce qu’il pouvait et se força à se concentrer sur son objectif : cramer ce putain de gant de base-ball. Il s’orientait dans le dédale de boyaux grâce à la petite carte qu’il avait froissée dans une de ses mains. A chaque fois qu’il voulait la consulter, il devait prendre sa lampe de poche dans la bouche, ce qui ne l’empêchait absolument pas de bougonner. Déjà qu’il détestait ce bahut de merde avant toute cette histoire, maintenant, il l’exécrait. Il n’avait qu’une envie : y foutre le feu !

 

            Enfin, il aperçut le bout du tunnel. Ne pouvant se retenir nulle part, il se laissa tomber dans le hall. Dans la semi obscurité, il n’eut pas la possibilité de voir la rangée de casiers métalliques qui fit obstacle à sa chute. Sa réception brutale eut pour conséquence de lui déboîter l’épaule encore valide et un nouveau flot de grossièretés fit éruption de sa bouche tordue par la douleur.

 

- Putain de bordel de merde ! J’ai vraiment pas le temps pour ces conneries !

 

            Il se redressa tant bien que mal et se dirigea vers le mur le plus proche. Il s’y jeta l’épaule en avant. Elle se remit en place dans un craquement sourd et un juron supplémentaire. Puis il guida le faisceau de sa lampe torche à la recherche de son objectif. Une fois trouvé, il se rapprocha de l’immense vitrine contenant les divers trophées des années passées. A l’image de l'établissement, il détestait tout ce « m’as-tu-vu ». C’est donc sans regret que, d’un grand coup de crosse de son calibre quarante cinq, il explosa la vitre dans un bruit effroyable. Le verre se répandit sur le sol en plusieurs milliers de petits éclats étincelants à la lumière de la torche. Bien que chaque objet soit estampillé au nom de son propriétaire, le jeune homme décida de faire un tir groupé. Après tout, l’urgence de la situation ne l’exigeait-elle pas ? Il aspergea donc le tout avec du sel et de l’essence et craqua une allumette. L’ensemble s’embrasa rapidement. D’où il était, il ne pouvait plus entendre le grondement incessant de l’esprit. Par conséquent, il était impossible de savoir si ça avait fonctionné. Il consulta sa carte pour rejoindre les trois adolescents par la voie la plus directe et la plus rapide. Il discerna alors un bruit de pas dans le couloir. Certainement le concierge. Il se précipita dans la direction opposée. Il devait s’assurer que son petit frère et ses amis allaient bien. Arrivé à une intersection, il jeta à nouveau un coup d’œil rapide à la carte pour s’orienter. Bien que les conditions dans lesquelles il fit le trajet de retour soient franchement meilleures qu’à l’aller, il n’en était pas moins angoissé.  Son anxiété l’étouffait d’une manière presque intolérable. C’était la deuxième fois de la soirée qu’il avait autant de mal à respirer !

 

            Dans sa tête, la dernière image qu’il avait eu de Sammy le hantait : son petit frère l’avait regardé avec ses yeux suppliants, lui faisant promettre de revenir rapidement. Il avait essayé de le rassurer en lançant un petit jeu de mot comme il savait bien les faire mais il était évident que cela n’avait pas été suffisant. Son frangin ne paniquait pas à l’idée de se retrouver seul mais plutôt de le perdre lui, son imbécile d’aîné. Ses remords l’assaillaient : ces derniers jours, il aurait dû être plus présent, plus à son écoute et surtout moins tolérant face à son attitude autodestructrice. S’il avait été plus vigilent, ils n’en seraient pas là maintenant. Le visage implorant de son cadet restait gravé dans sa mémoire. Lui qui ne croyait ni aux anges, ni en Dieu, se surprit à prier pour qu’il ne soit rien arrivé à ce gamin en son absence.

            Enfin arrivé au bout du couloir, il l’entendit hurler son prénom. Son sang ne fit qu’un tour : Ce qu’il venait de faire n’avait peut-être pas fonctionné et son petit frère lui criait de lui venir en aide. Oubliant toute prudence, il défonça la lourde porte en bois qui obstruait l’entrée de l’entrepôt et vint percuter le mur de plein fouet dans une détonation assourdissante. A bout de souffle, il tenta de l’appeler pour lui faire savoir qu’il était là :

 

- Sammy.


Lydean  (02.11.2009 à 18:19)

Chapitre 20.

   

            Dean inspecta rapidement l’immense local. Tout était recouvert d’un voile sombre mais il n’y avait aucun esprit en vue. Le calme était revenu. Et c’était même trop calme ! Il n’y avait même pas le simulacre d’un bruit. Ce silence était oppressant. Il n’entendait même plus Sammy l’appeler. Il l’avait peut-être imaginé. Et si cette merde de fantôme avait réussi à les atteindre ! Son petit frère et ses copains étaient-ils sains et saufs ? Son cœur battait la chamade. Il commença à enjamber les engins qui le séparaient de ce maudit placard où il les avait laissés. Cependant il estima que ça lui prenait trop de temps. Par conséquent, il envoya valser de nombreux objets et en poussa d’autres qui crissèrent sur le sol : ils semblaient protester qu’on les change ainsi de place sans ménagement. Il atteignit enfin son objectif. La porte était toujours fermée. Etait-ce encourageant ou complètement alarmant ? Lorsqu’il entreprit de l’ouvrir, celle-ci résista fortement et il n’entendait toujours rien de l’autre côté. Son inquiétude prit de l’ampleur. Il balança de grands coups de pieds et se rua sur le battant à plusieurs reprises avant qu’il ne s’ouvre à la volée. Les occupants du petit local sursautèrent dans un même élan. Au moins, ils étaient vivants ! Rassuré, Dean exprima toute la « légère frustration »  qui l’avait insidieusement envahi :

 

- Putain de porte de merde ! L’autre tanche a dû la gondoler. J’arrivais pas à …

 

            Mais il n’eut pas le temps de finir sa phrase que son petit frère s’était jeté sur lui, l’enserrant le plus fort possible dans ses bras. L’aîné des Winchester avait toujours du mal à réagir devant les marques d’affection débordante de son frangin. Malgré tout, c’est avec beaucoup de bonheur et de soulagement qu’il reçut cet agréable témoignage. Il resserra donc l’étreinte et l’ébouriffa rapidement avant de l’éloigner doucement de lui.

 

- Bon, faut qu’on y aille ! J’crois que le concierge arrive. Magnez-vous !

 

            Dereck aida Tristan à se relever et ils se dégagèrent tous les quatre du petit cagibi d’à peine quatre mètres carrés.

            L’immense pièce qui servait d’entrepôt avait pris des allures apocalyptiques. Avec beaucoup de difficultés, ils enjambèrent précipitamment les monticules d’objets divers qui vallonnaient le sol. Dans un grand soupir commun, ils regagnèrent la porte par laquelle ils étaient arrivés. Elle s’ouvrit sans aucune complication mais dans un grincement effroyable. Les gonds menaçaient de laisser le battant s’effondrer à tout moment. Les quatre rescapés en franchirent le pas, enfin libres !

 

            Dean raccompagna son frère et ses deux amis jusqu’à la trappe qui menait à l’extérieur de l’établissement. Là, il s’arrêta et leur ordonna :

 

- Vous sortez d’ici et vous m’attendez dans la ruelle.

 

- Non ! Attends ! Où tu vas encore ? Demanda son cadet, paniqué.

 

- Il faut qu’on couvre nos traces. Il y a du sang partout là-bas. J’vais faire un grand feu de joie. Expliqua-t-il en s’éloignant d’eux à contre cœur.

 

            Une nouvelle fois, il l’abandonnait avec ses amis. En plus, son petit frère était blessé et il marchait difficilement. Il se maudit de ne pas l’aider d’avantage et d’avoir été si négligeant ces derniers temps. Afin de revenir à ses côtés le plus rapidement possible, il se mit à courir. Il dévala l’escalier en pierre, traversa le dédale de couloirs et arriva enfin dans la grande salle. Allumer le feu n’était pas la chose la plus difficile à faire. En revanche, déclencher un incendie sans qu’il provoque l’explosion des deux chaudières ou que lui se transforme en torche humaine, c’était autre chose ! Il puait le gasoil à plein nez ! Il commença par arrêter les grosses machines puis il répandit ce qui restait de neige carbonique autour d’elles. Ce ne serait certainement pas suffisant mais il espérait que ça laisserait le temps aux pompiers d’arriver sans qu’il n’y ait de victime. Il y avait aussi tous ces engins qui fonctionnaient à l’essence mais il n’avait pas le temps de prendre plus de précautions. De l’autre côté de la pièce, il avisa les sillons de fuel qu’il avait éteints quelques instants plus tôt. Il prit soin de se dégager un chemin pour sortir, releva ses manches, alluma un briquet et le balança sur le liquide qui s’enflamma aussitôt. Il se précipita vers la porte. Quand il l’eut atteinte, il se retourna et évalua la progression du feu.  A ce rythme, toutes leurs traces auraient disparu rapidement.

            Il prit le chemin du retour à la hâte. Heureusement, à l’extérieur, le sol durci par le froid permettait de ne pas laisser d’empreintes. Une fois sorti de l’enceinte de ce monstrueux établissement, il soupira de soulagement. Cette épouvantable histoire était sur le point de se terminer enfin.


Lydean  (03.11.2009 à 16:56)

            Il retrouva les trois adolescents dans un petit coin reculé de la ruelle. Ils avaient assis Tristan sur une borne en béton. Sam était en train de lui refaire son bandage et il examinait la plaie de son ami. En arrivant près d’eux, l’aîné des Winchester entendit Dereck décréter :

 

- Il faut l’emmener à l’hosto.

 

- Non, ça va aller, le rassura le plus vieux des trois amis. J’vais me débrouiller.

 

            Dean les informa :

 

- C’est bon. On peut y aller … Et si vous ne voulez pas d’emmerdes, demain, on fait comme si de rien n’était, Ok ?

 

            Dereck se redressa, le fixa droit dans les yeux et le contra :

 

- Non ! Pas Ok ! J’suis pas d’accord. Tristan doit absolument aller se faire soigner à l’hôpital. Il se retourna vers Sam et le supplia. Si tu veux, maintenant qu’tu m’as montré, c’est moi qui braque la caisse. Mais Tristan et moi, on peut pas conduire et ton frangin est loin d’être aussi cool que ce que j’croyais alors il faut qu’tu conduises. S’il te plaît. C’est pas comme si tu l’avais pas déjà fait.

 

            Très intéressant comme informations mais il aurait préféré ne pas le savoir ! Lui qui commençait juste à penser que son jeune frère s’était fait entraîner malgré lui par ces deux petits branleurs. Il venait d’assimiler le fait que son frangin avait effectivement grandi et qu’il avait une grande part de responsabilité dans les conneries qu’ils avaient commises tous les trois. Ils allaient devoir en rediscuter sérieusement. Il vit les épaules de Sam s’affaisser sous le poids de la culpabilité. Son regard, qui avait d’abord été méprisant envers son moulin à paroles de copain, était devenu totalement attendrissant lorsqu’il avait croisé les yeux de son grand frère. Bah, impressionnant à quel point ce gamin savait se faire pardonner rapidement !

            Encore une fois, Tristan intervint. Il commença par donner un taquet sur l’arrière du crâne de Dereck et le rabroua sèchement :

 

- Mais t’es con ou quoi ? Tu vois bien qu’il peut pas conduire de toutes façons. Il a la jambe en vrac et j’ai dit que j’allais me débrouiller.

 

- Pour une fois ton abruti de copain a raison, confirma Dean en jetant au passage un regard assassin à l’abruti en question. Il faut qu’tu passes un scanner et t’as besoin de points de suture.

 

- Je sais. J’ai compris. Et j’vais y aller à l’hôpital. Mais pour ça, il faut que je rentre, que j’me foute au pieu et que je fasse semblant de me casser la gueule en renversant la table de nuit. Les vieux m’emmèneront illico presto et j’espère bien obtenir une dispense pour ne pas me pointer au bahut jusqu’aux vacances !

 

            L’aîné des Winchester était admiratif : Ce petit gars avait de la suite dans les idées. Il valida la proposition d’un signe de tête puis il le regarda s’éloigner, soutenu par son ami. Enfin, il reporta son attention sur son cadet. Malgré la moue penaude de celui-ci qui signifiait sans conteste « T’es pas vraiment fâché, tu ne vas pas m’en vouloir,  hein Dean ? », il ne put s’empêcher de lui poser la question :

 

- Depuis quand t’es instructeur en braquage de bagnole et moniteur de cours de conduite ?

 

            Son petit frère avait légèrement omis ce point de détail dans ses aveux. L’aîné le vit baisser la tête. Il lui avait déjà pardonné, mais devant cette attitude repentante, il ne pouvait même plus le sermonner. Et puis surtout, ça ne serait jamais arrivé, si lui-même ne lui avait pas enseigné ce genre de choses. Vaincu, il soupira. Il jeta un œil à son jean tâché du sang émanant de sa blessure à la cuisse et ajouta :

 

- Allez, grimpe ! J’te ramène au motel. Toi aussi t’as besoin de points de suture.

 

            Il fut ravi de constater que Sammy ne se faisait pas prier. Celui-ci s’installa sur son dos tout en évitant soigneusement d’appuyer sur sa douloureuse épaule. Ils s’éloignaient rapidement de l’établissement infernal quand les premières sirènes de pompier se firent entendre.


Lydean  (03.11.2009 à 17:01)

Chapitre 23.

 

            Avec son petit frère ainsi installé sur son dos, Dean se remémorait le nombre incalculable de fois où il l’avait fait quand il était plus jeune. Il se rappelait que Sammy simulait de grosses fatigues et de graves blessures juste pour pouvoir grimper et s’installer confortablement sur ses épaules. L’aîné avait mal partout et mine de rien son frangin n’avait pas que grandi : il avait également pris du poids. Mais il voulait profiter pleinement de cet instant.

 

            Arrivés à l’hôtel, Dean le déposa délicatement sur son lit. Puis il fouilla dans leur trousse à pharmacie et dénicha des antidouleurs. Il remplit un verre d’eau et tendit le tout à son petit frère qui avait l’air perdu dans ses pensées.

 

- Tiens, prends ça Sammy, ça va te faire du bien !

 

            Pendant que son cadet avalait le comprimé, il s’assit sur son lit en face de lui et essaya d’examiner la blessure.  C’était une tâche difficile car le sang avait séché et le jean restait collé à sa cuisse.

 

- Putain, j’y vois que dalle ! Sammy, tu devrais aller prendre une douche. Je crois que tu as besoin de points de suture mais je ne peux rien faire le temps qu’ce merdier s’ra pas nettoyé ! … Hé Sammy, ça va ? Tu veux qu’j’t’aide ?

 

            Il eut pour toute réponse, un léger signe négatif de la tête. Puis Sam se leva et disparut dans la salle de bain. L’aîné attendit un bon moment avant d’entendre la douche fonctionner. A présent seul dans la chambre, toujours assis sur le lit, il appuya ses coudes sur ses genoux et prit sa tête dans ses mains. Autant dire que cette journée avait été plus que catastrophique. Et tout ce flot d’émotions aussi nombreuses que différentes, ça lui avait mis le moral en miettes et il était complètement épuisé.

            Le pire dans tout ça, c’est qu’il savait que rien n’était encore terminé. Il y avait certaines choses à régler et l’attitude renfermée de Sammy montrait la nécessité d’une nouvelle discussion. Le problème c’était que les grands discours et lui, ça faisait deux ! Mais le manque de communication et d’attention de sa part, les avaient menés dans cette impasse. Par conséquent, il allait devoir faire un effort et se comporter en aîné responsable. Il était impératif de trouver le juste milieu entre autorité et réconfort. Il lui faudrait montrer qu’il ne pouvait pas accepter l’attitude que son cadet avait eu ces derniers temps. Il s’était mis en danger et ça ne devrait jamais se renouveler. D’un autre côté, il allait falloir peser ses mots car il aurait à gérer l’inévitable sentiment de culpabilité de son susceptible frangin. Tout en fermant les yeux, il laissa un soupir las s’échapper.

 

            Au bout de quelques minutes, il jeta un œil à l’heure indiquée sur le réveil. Ca faisait un bon moment déjà que son petit frère s’était enfermé dans la salle de bain. Il était certainement en train de ressasser les derniers événements. Ou encore, il avait besoin d’aide. Dans les deux cas, le plus vieux se devait d’intervenir. Il se leva et frappa à la porte avant de demander :

 

- Sammy, ça va ?

 

            Il entendit une petite voix faible lui répondre :

 

- Heu … Ouais ! T’inquiète.

 

- Ca fait bien quinze minutes que je t’attends. Alors arrête de cogiter et sors de là que j’te soigne.

 

            Aussitôt, l’eau arrêta de s’écouler. Il l’entendit bouger dans la petite pièce. Finalement rassuré, sa douleur à l’épaule le rappela à son bon souvenir. Il retira difficilement sa veste et sa chemise. Puis il essaya d’examiner son épaule à travers son tee-shirt imbibé de sang grâce à un petit miroir.  La chair était à vif sur une bonne partie de son omoplate gauche et ça le brûlait atrocement. Il se retourna en entendant son cadet  sortir de la salle de bain. Il le vit apparaître au milieu d’un nuage de vapeur. Bonjour la dégaine ! Il s’était habillé à la va-vite et ses cheveux ébouriffés gouttaient sur son tee-shirt qu’il avait, bien évidemment, enfilé à l’envers. Il ne put s’empêcher de pouffer. Il fut vite refroidi lorsqu’il baissa les yeux vers la cuisse ensanglantée de Sammy.

 

- Assois-toi ! Il faut que je désinfecte et après je vais te recoudre. Il te faudra au moins trois points. Mais si tu préfères, j’peux t’emmener à l’hôp …

 

- Non, c’est bon ! Vas-y !

 

            Pourquoi avait-il commencé à évoquer cette idée alors qu’il connaissait parfaitement l’aversion maladive de son cadet pour les hôpitaux ? Il ne pouvait pas lui jeter la pierre, il avait la même opinion sur ce sujet. Ca devait être dans les gènes !

            Il s’installa à son tour sur le lit en face de son frangin. Il le fixa un bon moment avant de commencer à le soigner. Il voulait s’assurer que tout allait bien se passer. Il commença par rincer abondamment la plaie avec une solution antiseptique puis il planta l’aiguille précautionneusement. Il accompagnait chacun de ses mouvements d’un regard anxieux en direction du visage de son petit frère dont les yeux se mirent à briller considérablement. L’antidouleur n’avait peut-être pas fait effet et les soins prodigués devaient lui faire terriblement mal. Il essaya de le rassurer :

 

- C’est bon, Sammy. C’est presque fini.

 

            Il termina le dernier point, appliqua une compresse antiseptique et s’affaira à lui bander la jambe. Le plus jeune ne bougeait pas. Pire : il ne prononçait aucun mot. Ca, ce n’était pas bon signe ! La douleur n’était certainement pas la seule cause de ses yeux larmoyants. L’aîné avait une idée de ce qui pouvait bien se tramer dans sa petite tête d’intello, embrouillée par la culpabilité. Encore une fois, ce fut lui qui brisa le silence.

 

- Tu sais Sammy … j’voulais te dire que t’as vraiment assuré ce soir … Non, vraiment, je suis impressionné.

 

            Son petit frère le fixa et, avec une infime lueur d’espoir dans les yeux, il essaya d’articuler d’une voix enrouée :

 

- … Ca veut dire que … tu n’es plus fâché ?

 

            Bingo ! Il avait vu juste ! Malheureusement, ça voulait dire que l’heure des explications avait sonné et il allait falloir mettre les choses au clair.

 

- J’ai pas dit ça. Sammy rebaissa la tête instantanément. Il se pressa de poursuivre : Ce soir, au bahut, t’as agi exactement comme il fallait et toujours au bon moment. Tu m’as sauvé la vie, Sammy. Et je tiens à te dire merci … Mais …

 

- Mais tout ça ne serait pas arrivé si j’avais pas déconné.

 

            Sur ces mots, son jeune frère releva la tête et le regarda fixement avant de continuer.


Lydean  (10.11.2009 à 21:54)

- Dean, je suis désolé d’avoir fait toutes ces conneries. J’veux dire, braquer une caisse, conduire et me saouler, c’était vraiment pas malin et j’me trouve nul pour ça … Et … je regrette vraiment d’avoir piqué le journal de papa… Et appeler tous ces esprits. Je savais que c’était dangereux … En plus, tu m’avais mis en garde … on a tous failli mourir … à cause de moi … j’pourrais jamais me l’pardonner.

 

            Et voilà, comme à son habitude, Sam était acculé par ses regrets. D’accord, il avait fait des conneries et il était normal qu’il paie les pots cassés. Mais de là à se rendre malade à ce point, il ne fallait pas exagérer. Il ne méritait pas que sa culpabilité le fasse autant souffrir en le rongeant de l’intérieur. L’aîné essaya donc de relativiser :

 

- Ouais, ben pour ça, t’étais pas le seul responsable. Et puis on s’en quand même tous sortis … sauf ma veste, paix à son âme.

 

            La réaction ne se fit pas attendre :

 

- Mais Dean … j’comprends qu’tu sois furieux … après ce que j’ai fait … je l’ai mérité. En plus je t’ai caché tout ça et je t’ai menti … Je comprendrais que tu n’aies plus confiance en moi. Et tu sais,  je ferai tout pour la regagner, je te le jure. Mais … t’as pas le droit de croire … enfin tu sais … juste … j’ai jamais pensé que t’étais un « branleur, menteur,  irresponsable et alcoolo ». Jamais !

 

- C’est bon, Sammy. Laisse tomber !

 

            Ces quelques mots lui avaient fait un bien fou mais il voulait avant tout arrêter la torture mentale qui embrouillait les idées de son petit frère. Malheureusement, Sammy continuait sa séance d’auto flagellation :

 

- Non, Dean. C’est pas bon. J’veux dire … regarde … malgré tout ce que j’ai fait, t’es encore là pour moi … Il peut arriver n’importe quoi, j’peux toujours compter sur toi … Tu passes tout ton temps à me protéger … T’es vraiment quelqu’un de bien et … juste … il faudrait que je grandisse un peu et je suis sûr que je devrais être plus comme toi …

 

- Saaam.

 

- Non. C’que j’veux dire c’est qu’il faudrait que je devienne plus … fort … que j’apprenne à me sortir des galères comme toi tu ferais … même si j’ai encore besoin de toi … Tu sais … J’voudrais pas … parce que t’en aurais vraiment trop marre de mes conneries … juste … t’es ma famille … alors si tu me pardonnais pas … je supporterais pas que tu me laisses tomber …

 

- Sam !

 

            Non, mais, n’importe quoi ! Qu’est-ce que c’était que cette idée débile ?!

 

- Ce que j’essaie de t’expliquer, c’est que c’est toi qui m’as sauvé la vie ce soir. Si tu m’avais pas retenu tout à l’heure, j’aurais rejoint Dereck et Tristan. Avec tout ce que tu as appris sur moi, t’aurais eu toutes les raisons de m’abandonner et à l’heure qu’il est, je serai certainement mort …

 

- SAM, STOP ! Ca suffit ! Je t’interdis de dire des trucs pareils !

 

            Il vit son  jeune frère sursauter en entendant le ton sec qu’il venait d’employer. Mais il refusait catégoriquement d’entendre ce genre de choses. Les mots « abandonner » et « mort » ne s’appliqueraient jamais à Sammy ! Il poursuivit :

 

- C’est pas c’qui s’est passé, d’accord ? On est tous vivants et c’est tout ce qui compte. On se fout des « Si j’avais » et des « Si j’avais pas » …

 

- Mais j’voudrais que tu comprennes …

 

- … que tu es désolé. C’est bon, merci, j’avais compris ! Il faut vraiment que t’arrête de gamberger, là. Et tu es trop … susceptible. Voilà, c’est ça. Les voilà tes défauts. Qu’est ce que tu crois bordel ? Tu es un mec bien et ça ne te réussis pas du tout d’essayer de changer. T’es … patient, calme … généreux, sociable … intelligent et super cultivé. Il faut dire aussi qu’t’es franchement curieux. Y a qu’à voir le nombre de questions que tu débites à la minute ! J’vois vraiment pas ce que tu veux changer là d’dans ! Si avec tout ça t’es pas foutu de t’en sortir dans la vie, alors je deviendrais curé et je f’rai vœu de chasteté ! Il regarda son cadet qui l’écoutait sans broncher et poursuivit. En ce qui concerne le temps que je passe à te protéger. Ben j’ai qu’un truc à te dire : Il va falloir que tu t’y fasses. Ben ouais, parce que même quand t’auras cinquante balais et même si papa n’est plus là pour me le rappeler, tu seras toujours mon p’tit frère. Et ça, en version française c’est « je serai attaché à toi comme un escargot pas cuit à sa coquille » ou en version originale « je vais te coller comme un vieux bubblegum sous tes shoes » ! En clair, il est hors de question que je t’abandonne quelles que soient les conneries que tu pourras faire dans ta vie. Comme si moi j’en faisais jamais ! Et tu me largues pas pour autant ?!? Sammy soupira imperceptiblement, visiblement soulagé. Le plus vieux continua : Enfin bon, j’te propose un pacte : La prochaine fois que l’envie débile de changer de personnalité surgira dans ta p’tite tête d’intello, prends le temps de la réflexion ! En même temps tu vas me promettre d’arrêter de te torturer comme tu sais si bien le faire à te poser dix mille questions sur « ce qui aurait pu se passer si … ? » ou « Comment t’aurais pu empêcher ça ? » Essaie plutôt d’anticiper comme tu le fais si bien d’habitude. Quoiqu’il arrive, si tu veux que je garde ma confiance en toi, ne me mens plus. Et moi, de mon côté, ben … j’vais rester moi ! Il le vit soulever un sourcil interrogateur. Allez, j’rigole. A présent, son frangin plissait les yeux avec un léger air de défi. Fais pas cette tête. Le plus vieux profita de cette petite grimace qu’il connaissait trop bien avant de céder. D’accord, je m’engage à oublier tout ce qui s’est passé ces dernières semaines et je te promets d’être toujours là pour toi, que ce soit pour te soutenir ou te botter le cul ! Il hésita un peu avant d’ajouter : Et … je vais essayer, mais là je prends vraiment sur moi ! … de te laisser un peu d’espace pour que tu puisses grandir.  Dans les deux sens du terme, hein ? Parce que je te rassure, tu es un Winchester et tu ne vas pas rester un nabot toute ta vie. Du moment que tu ne deviens pas plus grand que moi ! … Alors, Deal ?

 

- Deal ! Répondit Sam sans hésitation, un sourire amusé aux lèvres.

 

            Décidément il n’avait jamais autant parlé qu’aujourd’hui. Mais ça en valait vraiment le coup : Grâce à ce discours inhabituellement long, il avait retrouvé son petit frère. C’était comme si celui-ci avait été délesté d’un poids énorme qui l’aurait entravé depuis un bon moment. Soudainement, il le vit se lever. Aussitôt, il en fit autant, tout en plaçant ses mains sur ses épaules pour le retenir.

 

- Wow ! Qu’est-ce que tu fais ? C’est l’heure d’aller se couch …

 

            Il ne put finir sa phrase car Sam s’était déjà jeté sur lui et le serrait de toutes ses forces. Il aurait dû le voir venir. Ce p’tit gars était bourré de sensibilité et il avait besoin de ça pour se sentir totalement réconforté. Il voulait certainement s’assurer que tout était redevenu comme avant .L’aîné resserra donc l’étreinte avant de l’ébouriffer. Cette attitude ne prouvait pas vraiment que son cadet avait grandi mais les épreuves qu’ils venaient d’affronter tous les deux leur avaient permis de resserrer un peu plus le lien qui les unissait.


Lydean  (10.11.2009 à 21:56)

[ Merci à tous ceux qui ont lu cette fic jusque là ! Et bisous à tous ceux qui en plus m’ont laissé leurs adorables messages.

 

Attention : l’épilogue se situe après le dernier épisode de la saison 4 donc spoilers !

 

Il s’agit en fait d’un OS que j’ai écrit quand j’ai lu les commentaires des épisodes de la saison 5 sur le forum et après avoir  papoté avec les fans de Supernatural qui m’entourent (et il y en a un paquet !!!). Certains pensent que Dean (bouh, le vilain méchant !) exagère vis-à-vis de Sammy (pauvre petite victime !). Franchement, j’adore les deux personnages mais même si Sammy me brise le cœur (et que j’ai trop envie de lui faire des câlinous !!! mdr !), j’estime que Dean a toutes les raisons de lui en vouloir. D’autant plus que s’il ne ressentait rien, cela voudrait dire qu’il n’aime pas réellement son petit frère.

Alors, je n’ai pas pu m’empêcher de rappeler les faits et essayer de faire valoir le point de vue de l’aîné. T’inquiète pas mon Deanou, j’te soutiens à mort ! lol !

 

N’hésitez pas à me dire ce que vous en pensez !]


Lydean  (14.11.2009 à 11:58)

Epilogue

 

 

            Il roulait à vive allure dans sa Chevrolet Impala de 1967, son bébé.  A cette vitesse, il serait arrivé chez Bobby en moins d’une demie heure. Il revenait d’une chasse éprouvante qui avait duré une dizaine de jours. Il était parti seul ; avait fait ses recherches, seul ; en avait tiré des conclusions, seul, avait exterminé cette sale bestiole, seul et s’était soigné, seul. Ca lui avait rappelé la douloureuse période pendant laquelle Sammy faisait ses études à Stanford. Il soupira. Il aurait de loin préféré faire équipe avec son petit frère comme avant. Mais son cadet ne s’était pas totalement remis des derniers événements et quelque part, cette séparation leur permettait de prendre du recul face à la situation. Il espérait que ce ne soit que provisoire. Il ne savait pas exactement pourquoi il s’était remémoré cette vieille histoire qui s’était déroulée lors de leur adolescence. Peut-être parce que les événements de ces derniers temps étaient similaires à ce qu’ils avaient vécu à ce moment-là. En bien pire, toutefois. Le deal qu’ils avaient scellé alors, n’était pas anodin pour lui. Et de son côté, il s’y était tenu autant qu’il avait pu le faire. Oh, Sammy !

 

            Pourtant, la vie ne leur avait pas fait de cadeau et les choses avaient mal tournées. D’abord, Sammy avait succombé au coup de couteau de Jack. Pendant que son cadet s’était démené pour survivre dans cette ville fantôme, le plus vieux s’était évertué dans ses recherches infructueuses pour le retrouver. Et bien évidemment, il était arrivé trop tard pour le secourir. Dans l’impossibilité de vivre sans son petit frère, il avait fait un pacte qui l’avait mené droit en Enfer. Quarante ans de torture inimaginable. Un effroyable souvenir d’une période qu’il aurait voulu effacer à jamais. Malgré tout, même aujourd’hui, après ce qu’il s’était passé, il signerait à nouveau et sans hésiter ce contrat qui lui avait permis de ressusciter la personne la plus importante à ses yeux. Même si son retour parmi les vivants s’était accompagné de douloureuses révélations et d’une multitude de déceptions. Il resserra son emprise sur le volant jusqu’à ce que les jointures de ses mains deviennent blanches. Putain, Sammy !

 

            Comment avait-il pu lui faire ça ? Lui qui avait toujours tout fait pour lui. Il l’avait presque élevé. Il en avait même oublié de vivre son enfance et ses rêves. Il ne considérait pas ce qu’il avait fait comme un sacrifice. Non, c’était son choix. La meilleure décision qu’il ait prise de sa vie, d’ailleurs. Et pourtant, il n’était âgé que de quatre ans à l’époque. Il venait de sauver son petit frère des flammes qui avaient emportée à jamais leur mère. Il se souvenait de l’avoir serré contre lui, le défendant des agressions éventuelles, se servant de son corps d’enfant comme bouclier. C’est à ce moment précis qu’il avait décidé de le protéger quoiqu’il arrive. Je serai toujours là pour toi, Sammy !

 

            Durant son absence, qui n’avait duré que quatre mois sur Terre, Sam avait changé au point de s’allier avec Ruby. Ca aussi, ça lui faisait mal : Son cadet avait préféré suivre un démon plutôt que son propre frère. Il avait plus confiance en elle qu’en lui ; celui qui était partit en Enfer pour le ressusciter. Il aurait dû tuer cette pouffiasse dès qu’il en avait eu l’occasion. Elle avait réussi à manipuler son frangin jusqu’à ce qu’il libère Lucifer et déclenche l’Apocalypse.        Maintenant qu’il s’était aperçu de ses erreurs, Sam devait se maudire et se torturer mentalement pour tout ce qu’il avait fait. Il devait se punir bien plus qu’il ne le méritait en réalité. Il chercherait la rédemption par tous les moyens et il ferait tout son possible pour obtenir le pardon de son aîné. Dean le savait pertinemment et il essayait de lui accorder. Le problème était qu’il ne ressentait aucune colère de ce point de vue-là. Il ne lui en voulait pas du tout d’avoir ouvert la porte des enfers. Comment pourrait-il lui jeter la pierre alors qu’il avait lui-même brisé le premier sceau ? Quant au fait de tuer Lilith, il connaissait parfaitement les raisons de son cadet : Il voulait venger la mort et les souffrances endurées par son grand frère. C’était une preuve irréfutable de l’amour que lui portait son jeune frère. Alors non, il ne pouvait pas lui en vouloir pour ça. Ce n’est pas ta faute, Sammy !

 

            Mais si la colère brillait par son absence dans ce domaine, ce n’était pas le cas du grand vide qui s’était insidieusement et confortablement installé dans tout son être. Un gouffre sans fond, extrêmement douloureux. Un peu comme si on avait arraché une grande partie de lui à la petite cuillère. Il aurait voulu pouvoir tout effacer de sa mémoire mais ça lui paraissait impossible. Il n’avait plus confiance en la seule personne pour qui il donnerait sa vie sans hésiter. Merde, Sammy !

 

            Il n’avait pas remis un pied sur Terre que déjà Sam lui mentait : « Ruby ? Certainement morte ! Et tes dons psychiques ? Oh non Dean, je ne m’en sers plus. C’était pratiquement ta dernière volonté ! » Quelle ironie ! Et quelle déception quand il avait vu la réalité. S’il ne l’avait pas observé de ses propres yeux, il aurait liquidé l’inconscient qui aurait osé raconter de telles insanités sur son petit frère. Non seulement cette garce était toujours vivante mais en plus ce sale menteur s’était allié avec elle pour développer ses dons au point d’exorciser les démons par sa simple pensée ! Là, il devait bien avouer que la colère avait été plus forte que tout. Sa déception était au-delà de ce qu’il aurait pu imaginer mais en plus il était terriblement inquiet : Castiel ne lui avait-il pas dit que s’il ne réussissait pas à le stopper, les anges s’en chargeraient ? Ca ne laissait présager rien de bon pour Sam. Lui qui était si intelligent, comment ne pouvait-il pas s’apercevoir que cette pute démoniaque se servait de lui ?! Réfléchis, putain, Sammy !

 

            Il se devait de le protéger quoiqu’il lui en coûte et cela comprenait la manière forte. Comme à son habitude, après coup, il s’était maudit de l’avoir frappé et de lui avoir dit que s’il ne le connaissait pas, il devrait le chasser. D’autant plus que son petit frère était vraiment mal et qu’il le lui avait savoir. Sam n’avait aucune difficulté à exprimer ce qu’il ressentait, que ce soit avec ou sans mots. Mais en ce qui concernait le plus vieux, c’était autre chose. Il essayait d’enfouir ses sentiments au plus profond de lui-même et il accordait plus de crédit à ceux de son jeune frère qu’aux siens. Sa foutue impulsivité prenait toujours le dessus quand il était démuni face à une situation. Alors, il avait fait part de ses regrets et son cadet s’était engagé à arrêter cette folie en prétextant que c’était comme jouer avec le feu. Quand il l’avait remercié, soulagé par ce dénouement, son frangin lui avait dit qu’il ne le faisait pas pour lui mais parce que c’était son choix. A ce stade, peu lui importait de savoir pour qui il prenait réellement cette décision. L’important était que toute cette histoire soit terminée. Il frappa violemment le volant de son poing. Quel con !


Lydean  (14.11.2009 à 11:59)

Activité récente
Dernières audiences
Logo de la chaîne M6

NCIS, S23E03
Samedi 6 juin à 21:10
0.85m / 5.6% (Part)

Logo de la chaîne France 2

Haute saison, S01E04
Vendredi 5 juin à 22:00
2.82m / 20.3% (Part)

Logo de la chaîne France 2

Haute saison, S01E03
Vendredi 5 juin à 21:10
3.25m / 20.6% (Part)

Logo de la chaîne France 3

Un si grand Soleil, S08E199
Vendredi 5 juin à 20:40
1.47m / 9.7% (Part)

Logo de la chaîne TF1

Demain nous appartient, S09E200
Vendredi 5 juin à 19:15
1.86m / 15.6% (Part)

Logo de la chaîne TF1

Demain nous appartient, S09E199
Jeudi 4 juin à 19:15
2.08m / 15.0% (Part)

Logo de la chaîne TF1

Grey's Anatomy, S22E16
Mercredi 3 juin à 22:00
1.49m / 10.1% (Part)

Logo de la chaîne France 2

L'or bleu, S01E06
Mercredi 3 juin à 22:00
2.29m / 15.0% (Part)

Toutes les audiences

Actualités
Joshua Jackson rejoint la saison 3 de Your Friends & Neighbors

Joshua Jackson rejoint la saison 3 de Your Friends & Neighbors
Après The Affair et plus récemment Doctor Odyssey, Joshua Jackson s'offre un nouveau projet télévisé...

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs anglophones

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs anglophones
Plusieurs nouvelles séries sont à découvrir cette semaine du côté des diffuseurs anglophones....

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs francophones

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs francophones
Les diffuseurs francophones européens vous proposent une dizaine de nouvelles fictions. Lesquelles...

La Petite Maison dans la Prairie a recruté Nellie Oleson et deux personnages emblématiques

La Petite Maison dans la Prairie a recruté Nellie Oleson et deux personnages emblématiques
Alors que la saison 1 du reboot de La Petite Maison dans la Prairie n'arrivera sur Netflix que le 9...

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs francophones

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs francophones
Sept séries sont à découvrir cette semaine du côté des diffuseurs francophones. Allez-vous regarder...

HypnoRooms

ShanInXYZ, 01.06.2026 à 20:39

Nouveau mois sur les quartiers Cat's Eyes et Doctor Who, n'hésitez pas à passer

CastleBeck, 02.06.2026 à 11:38

Bannières et thème en vote, si vous avez 30 secondes pour cliquer. Merci.

choup37, Avant-hier à 12:26

Nouveaux sondages sur kaamelott et Doctor Who

ShanInXYZ, Hier à 02:07

Nouveau sondage sur le quartier Cat's Eyes, pas besoin de connaître la série

Luna25, Hier à 08:58

Nouveau mois sur les quartiers Legends of Tomorrow, Reign et Supernatural, n'hésitez pas à passer !

Viens chatter !

Newsletter

Les nouveautés des séries et de notre site une fois par mois dans ta boîte mail ?

Inscris-toi maintenant

Sondage

Un peu d’amour dans un monde de brutes. Parmi ces couples, lequel aviez-vous vu venir dès le départ ?

Plus d'infos / Commenter

Total : 58 votes
Tous les sondages