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Série : Supernatural
Création : 21.03.2010 à 20h26
Auteur : Kimberly68
Statut : Terminée
« Bonsoir à tous ! Voici la suite de "Naissance et sacrifice" J'écris cet épisode virtuel seule. Saison : Aucun en particulier.Y aura-t-il une suite : Je n'y ai pas encore réfléchie » Kimberly68
Cette fanfic compte déjà 30 paragraphes
Chez les Mc Kagan
La nuit était déjà tombée depuis plusieurs heures sur Fayetteville. Les lampadaires des rues étaient tous allumés, éclairant ainsi toute la ville. Noël approchait à grand pas, certaines demeures du quartier étaient illuminées par des guirlandes multicolores clignotantes.
Le vent froid s’était abattu sur la métropole et la neige s’était remise à tomber, recouvrant les arbres et les trottoirs d’un manteau blanc glissant. Zoé regardait par la fenêtre, les yeux dans le vague. Ses pensées à propos de Jason Watson n’avaient pas cessé depuis ce matin où elle avait compris qu’il était mort, certainement par sa faute. Des questions se bousculaient dans sa tête.
Soudain, elle réalisa qu’il ne reviendrait plus au lycée. Quelque part, elle se sentait soulagée. Son tortionnaire ne viendrait plus la violenter contre son casier, ni l’insulté, ni lui voler son argent de poche. Elle n’aimait pas avoir ce genre de pensées, mais que pouvait-elle y faire ? Il était mort et elle ne pouvait plus rien faire pour lui.
A force de réfléchir à tout ça, elle sentit les larmes lui monter aux yeux. Elle quitta la fenêtre puis se dirigea vers son lit ou elle s’installa et contempla le plafond de sa chambre un long moment.
Même allongée, ses pensées ne s’étaient pas effacées et elles devenaient même malsaines. Tout ça se bousculait encore et encore dans sa tête, au point qu’elle en avait la migraine.
Pour se convaincre que finalement elle n’était pour rien dans la mort du jeune homme, elle prit une grande inspiration puis attrapa le livre et consulta la page sur laquelle elle avait inscrit les notes concernant Jason Watson.
Elle fixa la page longtemps, regardant les initiales J.W écrites en noir. Les larmes n’en finissaient plus de rougir ses yeux et coulaient abondamment le long de ses joues. Le profond malaise qu’elle ressentait, la submergeait.
Lorsqu’elle voulut refermer le livre, elle n’y parvint pas. Curieusement quelque chose l’empêchait de le plier, comme si une force invisible retenait la fermeture du manuscrit. Son cœur se mit à battre plus rapidement. Sa respiration devint saccadée. Sa peur se transforma en terreur et son réflexe fut immédiat : elle jeta violement le manuscrit qui retomba durement sur le sol. Lors de son atterrissage, il s’ouvrit à la dernière page sur laquelle il n’y avait qu’un minuscule point rouge.
Zoé ne s’en aperçut pas. Elle était encore sous le choc de ce qu’il venait de se passer devant elle.
La jeune fille se coucha en tremblant et pour se rassurer de toute cette peur soudaine, elle s’emmitoufla sous la couette puis s’endormit en position fœtale.
Quelques heures plus tard, dans la nuit, Zoé fut réveillée en sursaut par un sifflement qui lui perça les oreilles. Elle ouvrit les yeux, se mit en position assise et examina sa chambre. Elle ne vit par grand-chose. Le livre était toujours par terre mais la page à laquelle il était ouvert, était illuminée d’une faible lumière rouge.
Elle observa quelques instants le phénomène, lorsque soudain elle eut un frisson qui lui parcourut le corps de la tête au pied. La peur s’empara alors une nouvelle fois d’elle. Malgré la crainte qu’elle venait de ressentir, elle se rallongea, et essaya de se rendormir se forçant à penser qu’il ne s’agissait que d’un cauchemar. Mais la lumière émise par le manuscrit l’en empêchait. Au bout d’un moment, elle finit par se rasseoir et prit son courage à deux mains pour se lever. Elle s’avança lentement en direction de cette lumière étrange. Elle s’agenouilla lentement à côté du livre, puis le saisit précautionneusement. Elle posa alors ses yeux sur la page. Soudain la lumière rouge devint plus intense et envahit son visage puis son esprit.
Elle essaya d’échapper à ce qui lui arrivait, mais elle n’y parvenait pas. Cette force étrange l’obligeait à rester les yeux ouverts dans cette lumière rouge aveuglante. Lorsque ce fut fini, Zoé s’écroula dos au sol. Elle voulut immédiatement s’asseoir, mais elle fut prit d’un vertige avec un terrible mal de tête. Elle resta donc quelques instants allongée sur le parquet.
Au bout d’une dizaine de minutes, elle réussit à se redresser. Elle se traîna jusqu'au mur le plus proche afin de pouvoir soutenir son dos.
Elle resta dans cette position une bonne quinzaine de minutes, se frottant les tempes avec ses doigts, espérant que ce mal de crâne partirait. Elle entreprit alors de se relever du sol. Elle posa donc sa main droite par terre et prit appui sur le mur qui était derrière elle avec la gauche. Ensuite elle se hissa le long de la cloison jusqu'à ce qu’elle soit enfin debout. Elle marcha en chancelant jusqu'à son lit où elle se laissa tomber.
La douleur lancinante de son mal de tête ne s’était pas effacée pour autant, ce qui l’obligea à se relever pour se rendre dans la salle de bain. Peu alerte, elle réussit à prendre dans l’armoire à pharmacie un flacon de comprimés de paracétamol et en prit un, espérant soulager la douleur rapidement.
Chancelante, elle retourna ensuite dans sa chambre où elle se blottit sous sa couette. Il lui fallut près d’une demi-heure avant de pouvoir s’endormir. Elle s’enfonça alors dans un sommeil profond qui la plongea dans un cauchemar forcé, dans lequel elle était prisonnière pour la nuit.
Le cauchemar de Zoé.
Elle était dans une pièce sombre et froide. Elle était si effrayée que son cœur se mit à palpiter de plus en plus vite. Sa respiration était devenue courte et rapide et des gouttelettes de sueur perlaient le long de son visage apeuré.
Mais où se trouvait-elle ? Elle aurait bien aimé pouvoir courir pour s’enfuir de cet endroit sordide, mais elle ne le pouvait pas.
Elle était comme prisonnière d’une force invisible qui la retenait dans son subconscient.
Pourquoi ne pouvait-elle pas se réveiller ? Pourquoi était-elle dans cet endroit maudit ?
Tout ce qu’elle voulait, c’était sortir de cette horrible pièce qui l’effrayait au plus au point. Elle se doutait bien que si elle voulait s’extirper de ce cauchemar, elle devrait avant tout accepter son sort. Elle se résigna donc difficilement et commença à inspecter la pièce dans laquelle elle se trouvait, faisant lentement un tour sur elle-même. Elle aperçut, tout au fond de celle-ci, une lumière rouge éclatante.
Elle avança doucement un pas après l’autre vers cette lueur. Lorsqu’elle y arriva, quelque chose vint à sa rencontre.
Terrifiée par cette ombre aux yeux rouge sang luisants qui étaient face à elle, elle voulut faire demi-tour. Mais le spectre se figea devant elle et elle poussa un hurlement.
Le spectre l’attrapa avec ses mains aux doigts crochus. Puis il lui saisit le bas du visage et lui ordonna de faire quelque chose pour lui. «Tu écriras dans le livre tous les noms et prénoms que je vais t’énoncer, ainsi que les dates qui correspondent à leurs mort. Il y en a sept. Tu dois impérativement faire ce que je te dis, sinon je n’aurais pas d’autre choix que de te tuer, comme je l’ai fait avec les autres… Ah ! Ah ! Ah !» Fit-il d’une voix forte et menaçante.
Il lui murmura à l’oreille toutes les personnes qu’elle devait inscrire sur le manuscrit. Zoé était tellement terrorisée par cet être maléfique qu’elle en resta bouche bée. L’angoisse qu’elle ressentait était si profonde que tout son corps se mit à trembler. Son visage était devenu livide et son souffle était si court qu’elle en avait la tête qui tournait. Elle vacilla puis s’écroula sur le sol dur et humide de ce lieu dégoûtant…
Zoé se réveilla en sursaut et en sueur, totalement désorientée. Elle se passa la main droite sur son visage pâle et apeuré, puis regarda autour d‘elle, essoufflée.
Elle mit quelques minutes avant de reprendre une respiration normale, puis elle se leva de son lit et se rendit à la salle de bain pour prendre une bonne douche qu’elle savoura longtemps avant de sortir de la salle d’eau.
Quelques instants plus tard, elle sortit puis retourna dans sa chambre s’habiller et empoigna le manuscrit les mains tremblantes. Elle s’installa sur la chaise devant son bureau où elle prit un stylo plume à encre noir et écrivit ce que lui avait demandé cette chose monstrueuse sans forme.
Le premier nom qu’elle y nota était celui d’un ami du jeune homme décédé. C’est vrai que c’était un mauvais garçon sans scrupule prêt à suivre Jason dans tout ce qu’il faisait. Malgré tout, elle écrivit à contre cœur et avec la main hésitante le nom et le prénom du jeune homme : Wilding Liam ; ainsi que l’heure et la date à laquelle le jeune homme devait mourir, exactement comme elle l’avait fait auparavant pour Jason Watson. Zoé referma le livre puis retourna sur son lit où elle s’écroula en larmes.
Elle passa la journée à se morfondre dans sa chambre sans en sortir, si bien que sa maman commença à s’inquiéter pour elle.
Sa mère hurla à plusieurs reprises au bas de l’escalier. N’ayant aucune réponse de la part de sa fille, elle monta les marches puis toqua à la porte.
« Zoé, tu es là ? Zoé, est-ce que ça va ? » S’inquiéta-t-elle.
« Oui, Oui, Maman ! Je suis là et ça va bien ! » Mentit-elle en s’essuyant les larmes qui ruisselaient de ses yeux.
« Je peux entrer ?»
« Attends quelques secondes maman. Je finis de m’habiller», argumenta-t-elle pour gagner du temps.
Zoé se hâta d’allumer son ordinateur puis s’assit devant son bureau comme si rien ne s’était passé et autorisa sa mère à pénétrer dans sa chambre.
« Zoé, tout va bien ma chérie ? » Demanda-t-elle inquiète.
« Oui maman, ça va », répondit la jeune fille sur un ton qui se voulait rassurant.
« Tu es sûre ? »
« Oui, maman. Si je te le dis ! »
«Le dîner sera prêt dans une demi-heure »
« D’accord maman. »
La maman de Zoé referma la porte de la chambre puis redescendit l’escalier pour finir de préparer le repas du soir. Zoé se jeta alors sur son lit, replongeant dans le gouffre sans fond de son désespoir, laissant toute sa détresse s’évacuer au cœur des larmes qu’elle versait abondamment.
Demeure des Wilding.
Liam Wilding était un jeune homme de dix-sept ans, fils unique d’un couple qui travaillait ensemble dans la même entreprise. C’était d’ailleurs sur ce lieu de travail qu’ils s’étaient rencontrés. Le père de Liam en était le directeur tandis que sa mère était la responsable du secteur informatique. Comme tout garçon qui se respecte, Liam était un ado qui adorait les jeux vidéo de combats où il faut exterminer des créatures malfaisantes et exploser des bestioles bouffeuses de chaire humaine. Il possédait également des jeux de courses de voiture.
Ce soir-là, aux environs de vingt-trois heures trente, le jeune Liam n’était pas encore couché. Il s’était assis sur le bout de son lit, installé devant sa télévision avec une manette de jeu à la main. Il s’acharnait depuis plus de deux heures sur un jeu de combat dans lequel il devait tuer une sorte de grosse bestiole avec une apparence horrible. N’arrivant pas à ses fins, il s’obstinait encore et encore sur la manette de sa console. Il sentit alors la colère monter en lui puis finit par se lever brusquement de son lit et d’un geste colérique lança la manette de jeu à travers la pièce. Celle-ci rebondit contre le mur et s’écrasa sur le parquet, s’éclatant en plusieurs morceaux.
Il fit ensuite quelque pas puis il éteignit la console et la télévision puis se laissa tomber sur son lit, en essayant de se calmer les nerfs.
Le jeune homme était manifestement très énervé parce qu’il eut beaucoup de mal à trouver le sommeil. Il mit plusieurs heures avant de pouvoir s’endormir, se retournant inlassablement dans son lit.
Aux environs de trois heures et demie du matin, il se réveilla à cause d’un bruit étrange. Une sorte de petits clapotis réguliers résonnaient dans sa chambre. D’où pouvait venir ce bruit ? Il toucha instinctivement le bouton de sa lampe de chevet puis appuya dessus, mais aucune lumière ne vint éclairer la chambre. Il tenta une nouvelle fois mais rien ne s’allumait. Il sortit de sous sa couverture et se leva puis cliqua sur l’interrupteur de la lumière principale, mais comme pour la lampe de chevet aucun éclairage n’avait lieu.
Il se dirigea alors vers la sortie de sa chambre et agrippa la poignée de la porte. Il avait beau essayer d’actionner celle-ci, elle restait irrémédiablement bloquée.
Il sentit un souffle glacial sur ses épaules et son cou. Un frison parcourut son échine puis il se retourna lentement en tremblant de tous ses membres. Il se trouva nez à nez avec la créature qui était habillée d’une longue cape noire, sa capuche sur la tête ne laissant qu’apparaître, dans une nuit sans lune, ses yeux rouges luisants. La panique s’empara de lui, il se mit à hurler mais comme pour Jason aucun son ne sortit de sa bouche. Le spectre fixa quelques secondes le jeune Liam puis d’un coup violent pénétra la poitrine du jeune homme avec sa main crochue et glaciale. Puis il empoigna son cœur et le serra lentement et fortement.
Sous l’effet de cette emprise le jeune homme commençait à étouffer. Son visage rose se transforma en un teint blanchâtre. Son souffle devenu faible se faisait presque inexistant. Des cernes sous ses yeux s’étaient formés par le manque d’air et la pression exercée sur son cœur.
Ne pouvant plus respirer, Liam ferma les yeux et s’écroula lentement sur le sol de sa chambre la bouche ouverte et la main sur sa poitrine.
La créature ayant terminée sa tâche retira doucement sa main de la poitrine du jeune homme puis repartit d’un air réjoui en glissant sournoisement vers la sortie aussi vite qu’elle était venue.
Aux environs de onze heures trente du matin, la mère du jeune homme n’ayant pas vu son fils de la matinée s’inquiéta. Elle se rendit dans sa chambre et frappa à la porte. « Liam ! Liam ! Je sais que c’est les vacances mais faudrait penser à te lever ! Il est déjà onze heures trente ! Allez Liam, debout ! » N’ayant toujours aucune réponse, elle attrapa la poignée de la porte et l’ouvrit. Quelle fut sa surprise lorsqu’elle découvrit son fils étendu sur le parquet.
La première chose qu’elle fit fut de hurler de terreur, puis la panique s’empara d’elle. Elle s’agenouilla auprès de son enfant et mit les deux doigts de la main droite sur sa veine jugulaire. A son grand désespoir, elle ne sentit aucune pulsation. Les larmes lui montèrent aux yeux. Elle fixa son fils plusieurs minutes, totalement anéanti par la découverte de son corps sans vie.
Après une trentaine de minutes la mère du jeune homme se résigna à se lever. Elle se releva avec difficulté, ses jambes flageolaient à chaque pas qu’elle faisait. Elle se dirigea lentement en titubant vers le téléphone et composa la main hésitante, le numéro de téléphone des autorités compétentes. Elle signala la voix remplie de sanglot, le décès de son fils. Quelques minutes plus tard, la police et l’ambulance arrivaient sur les lieux du drame.
Le lendemain matin Dean se leva, prit sa douche et alla prendre un petit déjeuner rapide dans le Fast-food de la veille. Une fois rassasié, il retourna au motel. Il prit ensuite le PC de son frère et consulta quelques pages d’Internet. Il découvrit qu’un autre jeune homme était décédé dans les mêmes circonstances que Jason.
Déjà deux morts, se dit-il et du même âge. Finalement Dean en conclut que son cadet avait raison : mourir aussi jeune d’une crise cardiaque foudroyante n’avait rien de naturel.
Il empoigna les clés de l’impala puis partit voir Sam à l’hôpital. Il se gara sur le parking et se dirigea en toute hâte vers la chambre de son cadet.
« Bonjour, Sam.»
« Salut, Dean »
« Alors comment ça va ? »
« Fatigué, mais je me sens mieux. »
« J’ai fais des recherches sur le net concernant notre affaire. »
« Ah oui !? Et tu as trouvé quelques choses ? »
« Oui. »
« Vas-y je t’écoute ! »
« Il y a eu un autre mort cette nuit. »
« Un autre mort ? » Coupa Sam étonné.
« Ouep ! Et dans les mêmes circonstances que le premier jeune homme. »
« Ce n’est pas une coïncidence ! »
« Non, je ne crois pas Sammy ! Tu avais raison, ce n’est pas quelque chose de naturel cette histoire. »
« Content de te l’entendre dire ! Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? »
« Toi rien ! Je vais aller faire un tour à la morgue de Fayetteville pour voir de quoi il s’agit. »
« Bonne idée. Tu me raconteras ? »
« T’inquiète Sammy, je reviens te voir dès que j’ai du nouveau.»
Dean quitta la chambre de Sam, retourna au motel, mit un beau costume et une cravate puis il partit pour la morgue de Fayetteville.
Quand à Sam il était encore légèrement assommé par l’anesthésie. Il aurait préféré mille fois partir avec son frère mais le sommeil commençait à l’appeler. Ses paupières papillonnaient et il se frotta les yeux à plusieurs reprises afin de rester éveillé. A cet instant, il aurait bien aimé prendre un café bien corsé pour éviter de plonger dans cet horrible cauchemar auquel il devait faire face depuis un peu plus d’une semaine. Il n’en pouvait plus. Il était las de subir ce délire psychologique de son subconscient. Mais malgré sa crainte, l’anesthésie de cette opération l’avait épuisé. L’appel du sommeil n’était pas loin et même en résistant, Sam finit par s’endormir. Une fois de plus le cauchemar revint le hanter.
Dean arriva sur place et il se présenta avec une fausse carte du F.B.I. La personne qui était à l’accueil le conduisit auprès du médecin qui avait fait l’autopsie des deux jeunes hommes.
« Bonjour Docteur », fit Dean en serrant la main du légiste.
« Bonjour, agent Murdock ? »
« Oui, c’est bien ça. Que pouvez vous me dire sur les deux victimes.»
« Ils sont morts d’une crise cardiaque foudroyante. »
« Vous en êtes sûr ? Parce que mourir aussi jeune d’un arrêt du cœur, c’est bizarre. »
« Je sais que cela paraît bizarre et je comprends votre étonnement. Lorsque j’ai examiné les cœurs des deux victimes ils étaient en piteux état, comme si quelque chose les avait compressés. J’ai vu beaucoup de choses dans ma vie, mais ça ce n’est pas quelque chose que l’on voit tous les jours.»
« D’après vous, c’est une cause naturelle ? »
« Je serais tenté de dire non.»
« Pourquoi ça ? » s’étonna Dean.
« Premièrement les deux victimes étaient bien trop jeune pour mourir d’une telle chose et deuxièmement leurs cœurs ne présentaient aucune malformation qui aurait pu indiquer qu’ils étaient malades de ce côté-là ! Mais vu l’état dans lequel je les ai trouvés, je ne peux qu’affirmer qu’ils sont bel et bien morts d’une crise cardiaque foudroyante.»
« Ce qui voudrait dire que d’après vous ils ne sont pas mort d’une cause naturelle, mais de quoi alors ? »
« Ça c’est à vous de le trouver, car pour ma part les familles veulent savoir de quoi ils sont décédés et voudraient bien pouvoir enterrer leurs enfants le plus vite possible. C’est pour ça que je suis obligé de dire qu’ils sont morts d’une crise cardiaque. Alors si vous pouvez enquêter sur cette affaire afin de savoir réellement ce qui les a tués, faites-le !»
« Merci docteur et au revoir », fit Dean en serrant de nouveau la main du médecin.
« Au revoir, agent Murdock », dit le médecin en refermant la porte de la morgue derrière Dean.
Dean quitta la morgue de l’hôpital l’air perplexe. Il remonta dans l’impala puis roula jusqu’à Springfield.
Quelques heures plus tard, il arriva sur le parking de l’hôpital et se hâta d’aller voir Sam dans sa chambre. Ce dernier était réveillé depuis peu lorsque son aîné pénétra dans la chambre.
« Salut Sammy.»
« Déjà de retour ? Tu as fais vite ! Alors tu as trouvé quelque chose d’intéressant? » Demanda rapidement Sam à son aîné.
« Oui, déjà de retour mon petit Sammy. Et oui, j’ai appris des choses intéressantes. D’après le médecin légiste les deux jeunes sont décédés de quelque chose de pas naturel, il dit que leurs cœurs ont été compressés par quelque chose. »
« Ah oui ? Mais par quoi ? » Demanda Sam, étonné.
« Et il n‘y a pas que ça, il m’a dit qu‘il était obligé de dire aux familles qu‘ils étaient morts d‘une crise cardiaque foudroyante pour qu‘elles puissent faire le deuil de leurs enfants», expliqua Dean.
« On ne peut pas lui en vouloir. C’est dur de perdre un enfant. »
« Je devrais peut-être interroger les familles ? »
« Pourquoi pas ! »
« Je vais retourner à Fayetteville et interroger les deux familles. »
« Je viens avec toi ! »
« Certainement pas Sammy ! Toi, tu restes ici et c’est un ordre !»
« Je viens avec toi quoi que tu dises ! » Répondit Sam d’un ton sec.
« Non mais tu es inconscient ou quoi !? Tu viens de subir une opération et toi tu veux m‘accompagner ! Il me semble que le doc t’a dit que tu devais te reposer jusqu’à demain après-midi ! Alors je te dis non ! Tu restes ici ! C’est un ordre et comme c’est moi l’aîné tu feras ce que je te dis !» Fit Dean d’un ton autoritaire, tout en fusillant son cadet du regard.
Vu le regard que son aîné venait de lui lancer, Sam avait bien compris qu’il n’avait pas vraiment le choix. Il baissa la tête l’air déçu. Mais en même temps, il savait pertinemment que Dean avait raison. Il n’insista donc pas plus longtemps sur le sujet et acquiesça d’un léger oui de la tête. Dean quitta la chambre de l’hôpital puis repartit pour la deuxième fois de la journée à Fayetteville.
Dean se gara le long du trottoir, puis chercha dans la boîte à gants sa fausse carte de F.B.I. Il ajusta sa cravate puis descendit de l’impala et avança vers la demeure des Watson. Il frappa à la porte et un homme d’une cinquantaine d’années lui ouvrit.
« Bonjour.»
«Bonjour, Mr Watson ? »
« Oui ! Qui le demande ?»
« Agent Murdock du F.B.I., puis-je entrer ? » Fit Dean en montrant son insigne.
« Bien sûr.»
« J’aurais quelques questions à vous poser sur le drame qui vous a touché. »
« Pourquoi le F.B.I. enquêterait sur la mort de notre enfant ? » Demanda Mr Watson, étonné.
« Il nous manque quelques éléments pour boucler cette affaire. Mais ne vous inquiétez pas, c’est juste la routine.»
Le père de Jason invita Dean à passer dans le salon où il le présenta à sa femme.
« Chérie, voici l’agent Murdock du F.B.I. Il est venu pour nous poser des questions sur Jason. »
« Le F.B.I. ? » Dit-elle étonnée en fixant Dean de son air accablé.
« Bonjour. Oui, Madame. Mais rassurez-vous, ce n’est qu’une formalité.» Répéta-t-il une deuxième fois.
Ils invitèrent Dean à s’asseoir sur le fauteuil de cuir blanc du salon. Il sortit de la poche de sa veste un petit carnet et un stylo avant de commencer l’interrogatoire.
«Votre fils avait-il des problèmes de santé ? »
« Non, il n’était que rarement malade. Juste les maladies infantiles quand il était enfant.»
« Vous n’avez rien remarqué de spécial dans son comportement, ce soir-là ? »
« Non. La soirée s’est passée comme d‘habitude.»
« Etait-il plus fatigué que les autres jours ? »
« Non. Il était même en pleine forme.»
« Avait-il des ennemis ? »
« Non, pas que l’on sache. Jason était un jeune homme très discret. Il ne parlait pas beaucoup. C‘était quelqu‘un de réservé.»
« Je n’ai plus de question à vous poser. Je vais donc vous laisser tranquilles maintenant et je vous remercie de votre coopération », fit-il en se levant du canapé.
« Il n’y a pas de quoi », répondit le père.
« Toutes mes condoléances », compatit Dean en serrant la main de la femme aux yeux rougis par le chagrin.
Mr Watson le raccompagna à la porte d’entrée. Ils se serrèrent la main et Dean se dirigea vers sa voiture. Du coin de l’œil, il aperçut quelqu’un l’observer du haut d’une fenêtre de l’autre côté de la rue, juste en face de la demeure des Watson. Il s’arrêta et observa quelques instants puis il marcha sur le trottoir et se dirigea vers la maison de la famille Wilding, située un peu plus loin dans le même quartier. Il leur posa les mêmes questions qu’il avait soumises aux Watson. Vers la fin de l’interrogatoire, il demanda s’ils connaissaient la demeure qui était juste en face de la maison des Watson. Il apprit qu’il s’agissait du domicile des Mc Kagan. L’entrevue terminée, Dean serra la main de Mr et Mme Wilding puis retourna à sa voiture. Il jeta un œil à la fenêtre où il avait repéré la jeune fille qui l’observait mais elle avait disparu. Il réfléchit quelques secondes puis prit la décision d’aller questionner cette famille également. Après tout, peut-être qu’ils auraient quelque chose à lui apprendre sur les jeunes hommes décédés. Il traversa donc la rue puis se présenta au domicile de Zoé.
« Bonjour, Madame Mc Kagan ?»
« Oui. »
« Agent Murdock, pourrais-je vous parler ? »
« C’est à quel sujet ? »
« J’enquête sur le décès de vos deux jeunes voisins. Pourrais-je vous poser quelques questions ? », Demanda Dean montrant son insigne.
« Le F.B.I. ! C’est si sérieux que ça ? »
« Disons que c’est une enquête de routine. »
La maman de Zoé laissa entrer Dean dans le couloir et elle l’invita à venir s’asseoir sur une chaise de la cuisine. Puis elle lui proposa une bière qu’il refusa, prétextant qu’il était en service. Il reprit son petit bloc-notes puis posa les questions nécessaires.
« Vous avez des enfants Mme Mc Kagan ? »
« Oui, une fille. »
« Connaissait-elle les deux jeunes hommes qui sont décédés ? »
« Oui, bien sûr. Elle fréquente le même Lycée, comme la plus part des jeunes de son âge de Fayetteville.»
« Etait-elle amis avec eux ? »
« Non, pas vraiment. Jason et Liam se moquaient souvent d’elle à cause de son léger handicap.»
« Votre fille est invalide ? » S’étonna Dean.
« Oui, à la suite d’une maladie qu’elle a eu à l’âge de six ans. »
« Aucun changement dans son comportement ces temps-ci ? »
« Non. Elle est toujours aussi discrète. Elle est souvent enfermée dans sa chambre à lire ou à travailler sur son ordinateur. »
« Elle ne sort jamais ?» S’étonna Dean.
« Si, elle va au lycée tous les jours et pendant les vacances scolaires, elle fait du babysitting chez Melle Willard. Cela lui fait un peu d’argent de poche. »
« Melle Willard ? Qui est-ce ? » Demanda Dean, sachant d’avance qu’il connaissait la réponse.
« C’est une voisine qui habite plus haut dans la même rue. Elle a une petite fille qui va bientôt avoir quatre ans.»
« Bon je pense en avoir fini avec mes questions. Merci d’avoir bien voulu répondre. Au revoir Mme Mc Kagan », répondit Dean en se levant de la chaise.
Mme Mc Kagan raccompagna Dean à la porte. Ils se serrèrent la main et il retourna vers l’impala. Toutefois, avant de monter dans la voiture, il jeta un œil rapide à la fenêtre du haut de la maison. Comme il s’y attendait, il ne vit personne. Il monta dans la Chevrolet puis démarra et repartit en direction de Springfield pour rejoindre Sam à l’hôpital.
Dean arriva sur le parking de l’hôpital puis retourna dans la chambre de Sam. Lorsqu’il arriva sur place, son frère n’était plus là. Affolé par la disparition de son cadet, il le chercha dans tout l‘étage de l‘hôpital.
Connaissant Sam et sa phobie des hôpitaux, il préféra lui téléphoner avant d’aller signaler sa disparition au point d’accueil. Il sortit son téléphone portable de sa poche et sélectionna son numéro dans le répertoire.
Quand Sam entendit son téléphone sonner, il savait que ce serait le numéro de Dean qui serait affiché sur son écran. Il hésita à décrocher. Toutefois, il savait que son aîné serait encore plus inquiet et en colère s’il ne répondait pas. C’est seulement au bout de cinq sonneries qu’il se décida à décrocher.
« Sam ? T’es où bordel ?» Dit-il sur un ton sec.
« Au motel », répondit calmement Sam
« Mais qu’est-ce que tu …»
« Te fâche pas Dean ! » Coupa immédiatement Sam, ne lui laissant pas le temps d’en placer une.
Sam savait pertinemment que lorsque Dean arriverait au motel, il serait certainement dans une colère noire et qu’il aurait intérêt à avoir une bonne explication.
Dean raccrocha son téléphone furieux et fonça au motel.
Lorsqu’il arriva sur le parking du motel, il gara la voiture sur une place et courut en direction de la porte qu’il ouvrit à la volée et referma dans un claquement sonore. Sam était sur le lit, pianotant sur son PC comme il avait l’habitude de le faire. Le claquement de la porte le fit sursauter.
Dean foudroya son cadet du regard, lui faisant comprendre son mécontentement.
« Sam ! Mais qu’est-ce que tu fous là ?» Dit-il furieux.
« Dean, calme-toi !»
« Me calmer ! Mais tu te fous de moi ! Je te signale que je t’ai cherché partout dans l’étage de l’hôpital ! Et je te retrouve ici tranquillement devant ton PC ! » Fulmina-t-il.
« Dean, s’il te plait, arrête de hurler. Je vais t’expliquer ! »
« Que j’arrête de hurler !? Comment tu veux que je réagisse, hein ? J’étais inquiet, j’ai cru que tu avais fais une rechute ! »
« Dean, comprends moi. J’en pouvais plus d’être seul dans cette chambre sans pouvoir t’aider », expliqua Sam d’un air désolé tout en fixant son aîné avec des yeux de chien battu.
« Parce que tu crois que tu va m’aider dans ton état ! »
« Mais je sens mieux et j‘ai plus de fièvre.»
« Je sais bien que tu as la phobie des hôpitaux, mais Sammy tu as subi une opération…»
« Une opération banale je te rappelle », le coupa-t-il rapidement.
« Banale ou pas, tu devais rester dans cet hôpital jusqu’à demain après-midi ! Tu n‘es vraiment pas sérieux ! » Rétorqua Dean toujours aussi furieux.
« Arrête de me materner comme si j’étais un gamin ! Au cas où tu n’aurais pas remarqué je suis un adulte et je suis assez grand pour savoir ce que je dois faire.»
« Ah oui ! Assez grand pour faire des conneries ! Ça c’est sûr ! Ne me refais jamais un coup pareil ! »
« C’est bon. On peut parler d‘autre chose, maintenant ? » Fit Sam essayant de changer de sujet.
«J’en ai pas fini, Sammy !» Insista le plus vieux.
« Dean, c’est bon ! J’ai compris. Tu n’es pas content de ce que j’ai fait. Mais maintenant on pourrait discuter de notre affaire ! Tu as du nouveau ? » Demanda Sam en essayant de calmer le jeu avec son aîné.
« Oui ! J’ai interrogé les parents des deux jeunes décédés et j’en ai même profité pour interroger la mère d’une Lycéenne », raconta Dean en se radoucissant
« Ah oui, raconte. »
Dean prit deux bières dans le petit frigo, le referma du pied, et en proposa une à son cadet, qui refusa gentiment.
Puis il retira sa veste qu’il déposa sur le bout du lit et expliqua tout ce qu’il avait fait.
« J’ai interrogé la famille Watson et de ce côté-là rien. Ils disent que leur gamin était en bonne santé et qu’il était rarement malade. »
« On n’a donc aucun indice », déplora Sam.
« Attends, je n’ai pas fini. Lorsque je suis sorti de chez eux, j’ai vu quelqu’un observer de la fenêtre en face. J’ai d’abord voulu aller voir la deuxième famille et pareil que pour le premier : aucun problème cardiaque, ni fatigue intense et aucun changement de comportement.»
« C’est bien ce que je te dis, on n’a rien !» Insista Sam.
« Pas sûr ! Car lorsque je suis reparti de chez les Wilding, je suis allé voir cette famille où j’avais vu quelqu’un à la fenêtre. Et j’ai discuté avec la mère. Figure-toi que sa fille fait du baby-sitting. »
« Et alors ? Beaucoup de jeunes filles font ça pour avoir un peu d’argent de poche. »
« Oui, mais elle fait du baby-sitting pour quelqu’un que l’on connaît tous les deux. Devine qui est la gagnante ? »
« Ne m’dis pas que c’est Suzy ? »
« Dans le mille, mon petit Sammy ! » Répondit Dean, enjoué.
« Tu crois qu’il y aurait une coïncidence entre cette histoire et la baby-sitter ? »
« J’en sais rien, mais sa mère m’a dit que les deux jeunes décédés se moquaient fréquemment de sa fille car elle a une légère invalidité.»
« Donc on n’est toujours au point de départ. On ne sait toujours pas ce qui les as tués.»
« Non. Mais on devrait peut-être creuser du côté de la baby-sitter. Qui sait, elle nous apprendra peut-être quelque chose d’intéressant.»
« Pourquoi pas ! De toute façon, c‘est la seule piste que l‘on ait.»
« Ok ! On retourne à Fayetteville, demain matin. »
« Et pourquoi pas aujourd’hui ? »
« Parce que tu dois d’abord te reposer ! »
« Dean ! Regarde-moi ! Je vais bien. »
« Et alors, même si tu vas bien, on n’décollera que demain ! Et tu ne discutes pas ! Sur ce, je vais aller prendre une bonne douche », dit Dean sur un ton autoritaire.
La soirée se passa dans le calme. Les deux frères étaient allés manger un morceau dans un resto sympa de la ville puis ils rentrèrent au motel où Sam reprit ses recherches sur le net. Quant à Dean, il resta allongé sur son lit à regarder la télévision. Au bout un moment, il finit par s’endormir devant.
Sam, voyant que son frère dormait, éteignit la télévision et se remit derrière l’écran de son ordinateur. Au bout de deux heures de recherche sur le net, le sommeil commença à l’emporter. Il essaya de résister, mais ses bâillements à répétitions avaient fini par avoir raison de lui. Il referma son PC puis alla se coucher. Il ne mit pas longtemps à s’endormir et replongea alors dans ce cauchemar terrifiant auquel il ne trouvait aucune interprétation. Toujours la même pièce aussi froide et toujours ces gémissements d’enfant. Et cette douleur lancinante qu’il ressentait à chaque fois qu’il était éjecté contre la paroi. Il recherchait encore et encore l’endroit où il se trouvait. Poussé pas la curiosité, comme à chaque fois qu’il faisait cet affreux cauchemar, il avançait en direction des sanglots, passant une porte puis une autre. La peur et l’angoisse s’emparèrent de lui et tandis qu’il poussa la dernière porte, il vit à nouveau cette effrayante scène. Cette fois-ci, il fut surprit car il reconnut vaguement quelqu’un, chose qu’il n’était pas arrivé à distinguer jusqu’à maintenant. Il se réveilla, comme à chaque fois, en sursaut, son cœur battant à vive allure et transpirant à grosses gouttes. Sans compter que le mal de tête avait resurgit au moment de son réveil forcé. Il jeta un œil sur sa montre : elle indiquait quatre heure et quart. Il essaya de reprendre une respiration normale avant de pouvoir se lever afin de se rendre dans la salle de bain pour avaler deux comprimés de paracétamol, histoire de calmer son mal de crâne. Ceci fait, il reprit son ordinateur pour consulter le net et continua les recherches en espérant trouver quelque chose de concluant sur leur affaire qui, à son goût, traînait en longueur depuis quelques jours.
Chez les Mc Kagan.
C’était l’heure pour Zoé d’écrire le nom de la prochaine victime sur le manuscrit. C’était également un ami de Jason Watson. Elle l’écrivit au crayon de papier. Sa main tremblait d’appréhension sachant pertinemment que la prochaine victime allait mourir par sa faute. Les larmes chaudes coulaient le long de ses joues. Elle aurait tant voulu ne pas être obligée d’écrire sur ce maudit bouquin. Elle essuya ses joues pour enlever les larmes qui avaient mouillés son visage.
Elle hésita un petit moment puis elle nota le nom et prénom de Whistler Marvin, ainsi que l’heure à laquelle il devait périr.
Elle était prisonnière de cette chose qui avait menacé de la tuer si elle n’exécutait pas ses ordres.
Cet être maléfique lui avait fait tellement peur. L’emprise de cette chose était trop forte pour qu’elle résiste.
Elle n’avait pas le choix. C’était faire ce que l’esprit lui avait demandé ou mourir comme ces jeunes, c'est-à-dire dans d’atroces souffrances. Combien elle regrettait d’avoir acheté ce livre et ce vieux bonhomme derrière son stand aurait dû la mettre en garde. Cela lui aurait évité bien des embêtements. Rien que de savoir que ces jeunes étaient morts à cause de ce qu’elle avait écrit, l’écœurait. Elle se sentait de plus en plus mal. Elle n’avait plus le goût à rien ou peut-être d’une seule chose : que tout cela arrête et pour de bon.
Comme toutes les autres fois où elle écrivit, elle eut énormément de mal à trouver le sommeil, se retournant inlassablement dans son lit. A force d’avoir pleuré, la fatigue la gagna et elle réussit à s’endormir.
Demeure des Whistler.
Le vent froid soufflait le long des volets de la chambre du jeune Marvin, âgé de dix-sept ans, lorsqu’un bruit de claquement se fit entendre, ce qui le réveilla.
Il alluma sa lampe de chevet, regarda sa montre les yeux encore embués de sommeil. Celle-ci indiquait 02H03. Il scruta sa chambre à la recherche de ce qui l’avait réveillé en sursaut et réalisa que c’était le vent qui frappait le volet contre le mur. Il se leva de son lit puis referma celui-ci et retourna se glisser au chaud sous la couette. Il éteignit la lumière et se rendormit.
Aux alentours de 04h45, Marvin se réveilla une nouvelle fois.Comme pour les autres jeunes hommes, il tenta d’allumer la lumière mais celle-ci ne s’éclaira pas. Il appuya sur l’interrupteur de la lampe principale, mais là encore, il restait muré dans l’obscurité.
Il entendit un souffle roque derrière lui. Il sentit alors un air glacial sur le cou et un frisson parcourut son échine. Lorsqu’il se retourna, la chose était juste là, devant lui. Il essaya alors la fuite mais le spectre, d’un coup violent de sa main froide, pénétra sa poitrine et empoigna le cœur du jeune homme.
Marvin tenta d’agripper la poignée de sa porte de la main gauche tendit que la main droite tenait le bras du spectre, essayant ainsi de repousser son agresseur.
Mais rien n’y fit. Cette chose habillée de noir et aux yeux rouge sang, était beaucoup trop forte pour lui. Elle regarda Marvin droit dans les yeux et pressa lentement le cœur du jeune homme.
Marvin n’arrivait plus à respirer normalement. Sous l’effet de la pression exercée sur son cœur, l’air lui manquait cruellement, Marvin suffoqua plusieurs fois, essayant de trouver un peu d’air, mais cela ne servit à rien. Le pauvre adolescent s’écroula sur le sol de sa chambre dans un dernier soupir.
Le spectre relâcha alors la pression sur son cœur puis il retira sa main et repartit avec un sourire de satisfaction. Il quitta la pièce aussi discrètement qu’il était venu, laissant le corps sans vie de Marvin juché sur la moquette.
Au matin, le petit frère de Marvin, âgé de 13 ans, entra dans la chambre de son aîné. Voyant son corps inerte sur la moquette, le jeune Kevin se mit à courir en hurlant. Les parents qui furent réveillés en sursaut par le braillement de leurs fils, se levèrent puis ils se dirigèrent vers la chambre de Marvin. Lorsqu’ils y arrivèrent et qu’ils virent cette abominable scène, ils ne purent s’empêcher de hurler à leur tour. Le père s’agenouilla prêt de son fils puis vérifia son pouls. A son grand désespoir, Marvin n’avait plus aucune pulsation et son corps avait déjà commencé à refroidir. Quant à la mère, elle consola Kévin tout en pleurant, anéantie par la découverte du corps de son fils aîné. Un quart d’heure plus tard, les sirènes se firent entendre indiquant que la police arrivait sur le lieu du drame. Naturellement tout le voisinage s’était réveillé et regardait d’un œil inquisiteur à travers les fenêtres.
Au motel
Sam prit d’abord sa douche avant de désinfecter la cicatrice dont les trois fils n’étaient pas encore retirés et mis un pansement afin de la protéger de toute infection. Ensuite il se prépara pour aller chercher le petit déjeuner.
Il prit donc les clés de l’impala et quitta discrètement la chambre. Il roula jusqu’au premier fast-food qu’il trouva où il prit deux cafés et des cookies puis repartit pour le motel.
Dean dormait encore et Sam, comme il le faisait souvent, déposa le café encore fumant sur la petite table de nuit de son aîné.
Il retourna ensuite s’asseoir sur la chaise face à la petite table sur le quel était juché son PC portable allumé, bien sûr, sur une page d’Internet. Il était toujours à la recherche d’indices concernant cette affaire qui, jusqu'à maintenant, n’avait pas donné grand-chose.
Tout en consultant les pages Sam buvait une gorgée de café. Il continua ses investigations jusqu’au moment où il tomba sur l’information d’un autre décès.
Il se dit que le légiste avait raison : il n’y avait rien de naturel dans les deux premiers décès et avec un troisième cela se confirmait.
L’odeur du café fumant remonta jusqu’aux narines de Dean, ce qui le réveilla en douceur. Il se mit sur le bord de son lit, se frotta les yeux puis s’étira longuement en baillant et jeta un œil en direction de son cadet.
Dean voyant Sam encore sur son PC secoua la tête d’un air dépité. Malgré tout, il ne lui dit rien : de toute façon à quoi bon dire quoi que se soit à Sam, il n’en faisait qu’à sa tête ! Juste un « Bonjour Sammy » suffisait, d’ailleurs Sam lui répondit sans décrocher les yeux de son écran par un « Bonjour Dean ». L’aîné attrapa son café, en but une gorgée puis demanda à son cadet s’il avait du nouveau.
« J’espère que d’être resté une partie de la nuit sur ton ordi a porté ses fruits ! Tu as du nouveau ? » Demanda Dean en baillant une nouvelle fois.
« Oui ! Encore un autre jeune décédé cette nuit », fit Sam levant enfin la tête de son ordinateur pour regarder son aîné.
« Déjà trois morts en quelques jours. On est sûr maintenant que ce n’est pas quelque chose de naturel. »
« C’est ce que je me suis dit. »
« Tu n’as rien trouvé d’autre ? »
« Non ! Mais je continue de chercher.»
« Laisse tomber ! On verra ça plus tard ! Range les affaires, je vais prendre ma douche et on décolle pour Fayetteville.»
Sam rangea les affaires dans les sacs puis les déposa dans le coffre de l’impala. Quant à Dean il finit de se préparer et se présenta à l’accueil pour rendre les clés de la chambre. Puis rejoignit Sam qui l’attendait dans la voiture. Dean s’installa derrière le volant puis démarra la Chevrolet et les deux frères partirent pour Fayetteville.
Sur la route de Fayetteville.
La Chevrolet Impala noire roulait sur la route 112 menant à Fayetteville. Dean avait mis un peu de musique pas trop fort.
Sam, quant à lui, s’était affalé sur son siège, épuisé par toutes ses nuits sans sommeil. Il s’était une fois de plus endormi. Son cauchemar refit alors surface.
Par moment, il agitait légèrement la tête. Dean jetait un œil à son cadet à chaque fois qu’il avait un soubresaut, jusqu’au moment où Sam se réveilla en sursaut et en hurlant « Nonnnn !!! » Dean prit la décision de s’arrêter sur le bas-côté de la route.
Sam en profita pour descendre rapidement de la voiture pour prendre l’air. Pour une fois, il admettait que son aîné avait eu une bonne idée, car cela lui avait permis de s’oxygéner afin de reprendre son souffle plus facilement.
De son côté, Dean s’était arrêté pour que son cadet lui dise enfin ce qui l’effrayait à ce point.
« Sammy, ça va ? » Demanda Dean d’un air très inquiet.
« Mieux, je te remercie», dit-il légèrement essouffler.
« Tu peux me dire ce qui t’effraie au point de me hurler dans les oreilles», sollicita Dean, anxieusement.
« Je crois savoir pourquoi je fais ce cauchemar ! Je viens de voir Suzy.»
« Comment ça, Suzy ? »
« J’ai vu Suzy, même si c’était flou, je l’ai reconnue.»
« Tu es sur que c’est elle ?»
« Oh que oui j’en suis sur ! Elle hurlait le prénom de Sarah.»
« Elle va donc encore avoir des ennuis. »
« Certainement ! J’en ai marre ! Déjà plus d’une semaine que je fais ce fichu cauchemar et j’ai toujours pas trouvé ce qu’il pouvait signifier !» Fit Sam énervé en tapant ses deux mains sur le toit de la voiture.
« Ça va aller, Sammy. Tu finiras par trouver ce qu’il veut dire.»
« Je suis fatigué, Dean ! J’en peux plus… J’aimerais pouvoir dormir une nuit sans voir des images aussi cauchemardesques…» Expliqua Sam au bord de la crise de nerfs.
« Ça va aller petit frère. Ca va s’arranger, je te le promets !» Fit Dean en essayant de rassurer son cadet.
« Merci beaucoup Dean, d’essayer de me remonter le moral.»
« De rien petit frère. On peut reprendre la route ? Tu es sûr que ça va ? »
« Oui, oui, Dean. On peut y aller.»
Ils reprirent la route et une heure plus tard les deux frères étaient arrivés à Fayetteville. Ils s’arrêtèrent dans un fast-food pour déjeuner.
Sam put enfin prendre un repas convenable sans avoir mal au ventre. Bien sûr, il avala encore un grand café pour rester éveillé.
Dean n’en fut pas étonné et il ne posa aucune question à son cadet. Il ne pouvait pas comprendre ce que vivait Sam dans ses cauchemars qui devaient être terrifiants, lassants et épuisants pour son frère. Comment pouvait-il l’aider ?
Sam était toujours refermé sur lui-même et pour qu’il décroche un mot sur ce qu’il se passait dans ses cauchemars ce n’était pas gagner d’avance. Mais pour une fois l’aîné était content que Sam ait pu lui évoquer ce qui lui avait fait si peur. Pour toutes ces raisons, Dean décida de le laisser tranquille, sans le bombarder de questions auxquelles il n’avait visiblement pas envie de répondre.
Lorsqu’ils eurent fini, les deux hommes reprirent la route puis cherchèrent un motel.
Finalement, ils se garèrent sur le parking du motel qu’ils avaient déjà fréquenté lorsqu’ils étaient venus la première fois.
Dean descendit de la voiture et partit louer une chambre à la réception pendant que Sam prenait les sacs dans le coffre de l’impala.
Lorsque le gérant de motel reconnut Dean, il fut retissant à lui louer la chambre de peur qu’il abîme celle-ci comme la première fois où ils étaient venus.
Dean se justifia en lui expliquant qu’il n’était pas responsable et que ce n’était pas lui qui avait défoncé la porte, mais ce grand bonhomme habillé de noir.
Toujours méfiant, le gérant lui accorda le bénéfice du doute, finit par céder et lui loua la chambre numéro 7.
Sam déposa les sacs sur chacun des lits.
Puis il s’installa à la table devant la fenêtre avec son PC et commença ses recherches. Quant à Dean, il mit son costume et sa cravate puis repartit voir la famille Mc Kagan.
Il gara la voiture le long du trottoir et prit sa fausse carte de F.B.I dans la boîte à gants. Il descendit de la voiture pour se diriger vers la demeure de Zoé.
Il frappa à la porte.
« Bonjour », fit Dean avec le sourire.
« Bonjour agent Murdock, puis-je vous aider ? » Demanda la mère de Zoé.
« Oui, j’aimerais interroger votre fille. Est-elle ici ? »
« Oui, mais que lui voulez-vous ?» Demanda-t-elle, étonnée.
« Juste lui poser quelques questions. C’est pour le complément d’enquête.»
« Vous pouvez entrer, je vais l’appeler. Elle est dans sa chambre. »
La mère de Zoé avança dans le salon, suivie par Dean. Elle lui proposa de s’asseoir sur le canapé.
« Zoé, tu peux descendre, s’il te plait ?! Il y a quelqu’un qui voudrait te voir ! » Hurla-t-elle du bas des escaliers.
Zoé ouvrit la porte de sa chambre précipitamment et demanda tout aussi fort :
« Qui est-ce ? »
« L’agent du F.B.I. Il voudrait te poser quelques questions. Allez, dépêche-toi de descendre », fit la mère de Zoé.
« Oui maman, je descends. »
Zoé descendit lentement les marches de l’escalier, puis se dirigea dans le salon et serra la main de Dean avant de s’installer dans le fauteuil juste en face de lui.
« Bonjour Melle Mc Kagan. Connaissiez-vous les trois jeunes hommes décédés ? »
« Oui. On fréquentait le même lycée », répondit calmement Zoé.
« Vous n’auriez pas vu un changement de comportement chez eux ? »
« Non, je n’ai rien remarqué de spécial.»
« Vous vous entendiez bien avec eux ? »
« Pas vraiment : ils étaient toujours en train de se moquer de moi.»
« Ils se moquaient de vous souvent ? »
« Oui, tous les jours. Mais au bout d‘un moment ? On s’y habitue.»
« Avez-vous des activés extrascolaires ? »
« Oui, parfois, je fais du baby-sitting pour Melle Willard. Je garde sa petite fille.»
« Et cela se passe bien avec elle ? »
« Oui. Elle est adorable, très facile à garder. Un vrai petit ange.»
« Il y a combien de temps que vous gardez Sarah ? »
« Deux ans. »
« Bon, ben je pense que j’ai fini avec mes questions. Je vous remercie pour votre aide Melle Mc Kagan », fit Dean en se levant du canapé.
« Dîtes agent Murdock, je peux vous poser une question ? » Demanda Zoé.
« Oui bien sûr, Mademoiselle», répondit Dean.
« Je peux savoir quel rapport il y a avec les trois lycéens qui sont décédés et le fait que je garde Sarah. Parce que là, je ne comprends pas vraiment le but de votre visite ! Vous voulez quoi en fait ? Savoir si c’est moi qui est responsable de leur mort parce qu’ils se moquaient de moi ?!» Fit Zoé d’un seul trait et sur un ton très agressif.
Dean se sentait pris au piège. Il ne sut pas quoi répondre sur le moment. La mère de Zoé intervint. Elle demanda à sa fille de se contenir et lui rappela qu’elle ne devait en aucun cas manquer de respect à l’agent Murdock.
« Êtes-vous la responsable, Melle Mc kagan ? » Demanda-t-il soudainement tout en scrutant l’adolescente.
« Non !» Mentit-elle en déglutinant.
« Bien, alors je vais vous laisser. Au revoir, mesdames.»
« Au revoir, agent Murdock », fit la mère de Zoé en refermant la porte derrière lui.
Dean quitta la demeure de Zoé, l’air perplexe. La façon dont cette jeune fille lui avait parlé l’avait étonné. Son comportement avait changé d’un seul coup. Elle était passée d’une gentille fille à la douce voix à une salle gamine mal élevée qui s’adressait à lui sur un ton agressif, en à peine quelques secondes.
Il trouva ce comportement assez étrange de la part d’une jeune fille dont la mère avait dit qu’elle était une personne discrète. Il monta dans l’impala, démarra celle-ci et roula jusqu’au motel rejoindre Sam.
L’aîné espérait que son cadet avait enfin trouvé quelque chose d’intéressant.
Au motel (Fayetteville.)
Dean arriva au motel où son cadet avait enfin trouvé quelque chose d’intéressant sur leur affaire.
Lorsque l’aîné entra dans la chambre, Sam se leva de sa chaise et se précipita vers son frère pour lui dire ce qu’il avait trouvé.
« Faut que je te parle », dirent les deux frères Winchester en même temps.
« Qui commence alors ? » Demanda le plus jeune.
« Toi d’abord ! Je pense que cela est plus important », fit Dean à son cadet.
« J’ai trouvé quelque chose de très intéressant sur internet », fit Sam en se rasseyant sur le canapé devant son PC.
« Vas-y, je t’écoute. »
Sam parcourut son écran d’ordinateur et commença à lire :
« Alors d’après l’article que j’ai trouvé, il s’agirait de l’esprit d’un démon nommé XEZABETH.
Son esprit a été emprisonné dans son propre livre intitulé « Journal d’un Démon » par une sorcière qui a trouvé le moyen de le garder enfermé par un système de portes. Il y en a sept au total.
Il restera emprisonné tant que la personne qui possède ce livre ne commence à inscrire le nom et prénom de quelqu’un, car si c’est le cas cela le réveillera. Une fois réveillé, il tue d’abord sa première victime d’un arrêt du cœur, ce qui lui ouvre la première porte. Ensuite son esprit vient te hanter pendant la nuit et t’oblige à continuer d’écrire sur ce livre. Chaque fois que cet esprit tue un jeune homme, ça lui ouvre une porte. Lorsqu’il aura tué les sept jeunes, il pourra sortir du livre. Et pour pouvoir rester dans notre monde humain, il devra tuer une fillette. A partir de ce moment-là, il sera totalement libre de se promener comme bon lui semble et recommencé à tuer aussi souvent qu’il le souhaite.»
« Tu penses que la fillette, c’est Sarah ?»
« Ouais, c’est peut-être même pour cela que je suis arrivé à voir Suzy dans ma prémonition. La fillette ne viendra pas toute seule, il faut qu’elle soit accompagnée d’un adulte. Sinon il ne pourra pas l’atteindre.»
« Une idée sur la personne qui serait en possession de ce livre ? »
« Non ça peut-être n’importe qui.»
« J’ai peut-être une idée. »
« Tu penses à quelqu’un ? »
« Ouep ! »
« Ah oui ? A qui ? »
« Zoé ! »
« Attends cette jeune fille est infirme ?»
« Et alors ?! Attends que je te raconte mon interview avec cette jeune fille infirme comme tu dis. »
« Que s’est il passé ? » Interrogea Sam en fixant son aîné.
« Je lui ai posé les questions habituelles auxquelles elle a bien voulu répondre gentiment et lorsque j’étais sur le point de repartir, elle m’a posé une question sur un ton très agressif. Elle est passée d’une gentille fille à une sale gamine mal élevée et ça, en à peine quelques secondes. J’ai trouvé son comportement plus qu’étrange.»
« Et alors ? Ce n’est pas parce qu’elle s’est énervé contre toi que c’est forcément elle. »
« Sa mère m’a dit que sa fille était une personne discrète et un peu renfermée sur elle-même. Ce que j’ai vu tout à l’heure, c’était tout à fait le contraire !»
« De toute façon, on a aucune preuve que ce soit Zoé. »
« Peut-être ! Mais c’est la seule qui peut approcher Suzy et Sarah. Toi-même, tu dis avoir vu Suzy dans ton cauchemar !»
«Oui, mais je n’ai pas vu Zoé dans mon cauchemar ! Alors comment savoir si c’est vraiment elle ! Et surtout comment le prouver ? »
« On peut très bien aller faire un tour chez elle dans sa chambre.»
« Oui pourquoi pas ! Mais comment on s’y prend ? »
« On peut grimper le long du mur puis s’introduire discrètement dans sa chambre et voir si le livre n’est pas là ! »
« Non mais ça va pas ! Tu ne vas quand même pas aller fouiller sa chambre ! »
« Ben pourquoi pas ? Après tout, on n’y va pas pour lui piquer une p’tite culotte ! » Expliqua Dean sur le ton de la plaisanterie.
« Dean ! Tu ne peux pas être sérieux cinq minutes ! » Fit Sam en jetant un mauvais regard à son aîné.
« Ce que tu peux être rabat-joie ! Tu n’es vraiment pas drôle ! »
« Bon ! On peut revenir à notre affaire ? »
« On en discute déjà ! »
« Sérieusement Dean ! Il faut trouver rapidement qui possède ce livre avant qu’il y ait d’autres morts. » Dit Sam agacé devant le comportement de son aîné.
Les deux frères continuaient leur discussion lorsque soudain Dean jeta un œil sur sa montre et s’aperçut qu’il était déjà plus de 18h30. Étant invités chez Suzy pour dîner, il était temps qu’ils se préparent.
«Dis Sam ? »
« Oui ?»
« Je ne voudrais pas t’affoler mais il est déjà 18H35 et on doit être chez Suzy pour 19H30.»
« Oui, tu as raison Dean », fit Sam en regardant sa montre.
« Je vais prendre ma douche.»
« Et dépêche-toi !»
Une demi-heure plus tard, les deux frères étaient prêts à se rendre chez Suzy. Ils allaient faire la connaissance de David, son futur mari. Celui-ci n’était pas là pour longtemps car il était virologue pour un cabinet d'expertise médical gouvernemental. Suzy avait profité qu’il soit de retour à la maison pour lui présenter ses deux sauveurs.
Elle avait tout organisé : l’apéritif, le repas et bien sûr la décoration de la table.
Les deux Winchester arrivèrent devant la maison de Suzy et Dean se gara le long du trottoir.
Avant de sortir Sam prit sur la banquette arrière un bouquet de fleurs pour Suzy et un petit ours en peluche pour la petite Sarah.
Quant à Dean il apporta une bouteille de vin pour le repas.
Ils arrivèrent devant la porte et Sam frappa. Quelques secondes après, Suzy ouvrit la porte.
« Bonsoir les garçons ! » Les accueillit-elle, enjouée.
« Bonsoir Suzy », firent les deux frères en déposant chacun une bise sur la joue de Suzy.
Les deux hommes entrèrent et Suzy leurs proposa de s’asseoir sur le canapé en cuir devant lequel trônaient sur une petite table basse des plateaux de toasts.
Les deux frères s’installèrent puis Suzy les présentèrent à David, ainsi qu’à la petite Sarah qui avait bien grandit.
Une fois qu’ils eurent fait connaissance, ils prirent l’apéritif ensemble. Une heure plus tard, ils passèrent tous à table. Suzy installa Sarah dans son siège et tout le monde se mit à table.
Le dîner se passa dans une excellente ambiance.
Les deux frères partirent aux environs de trois heures du matin. Ils rentrent au motel très fatigués. Bien sûr, pour Sam, dormir n’était pas vraiment idéal mais là il n’en pouvait plus. Il fit donc la même chose que son frère et se glissa sous la couverture. Il ne mit pas longtemps à sombrer dans le sommeil.
Et une nouvelle fois, son cauchemar revint le hanter.
Au motel
Aux environs de six heures du matin, Sam se réveilla une nouvelle fois en sursaut, baigné de sueur et encore avec un affreux mal de tête. Il s’étira longuement en baillant pour se détendre puis se leva de son lit pour se diriger dans la salle de bain. Il avala deux comprimés de paracétamol et profita d’être dans la petite pièce d’eau pour prendre une douche. Puis il s’habilla et alla s’asseoir sur le canapé avant d’allumer son PC. Il commença à étudier les dernières nouvelles. Un quart d’heure après avoir ouvert la page, il dénicha un article sur la mort de deux nouveaux jeunes. Il le parcourut tout en y réfléchissant :
Il était quatre heures du matin lorsque les jumeaux John et Jerry Waldeck ont été découverts étendus sur le sol de leur chambre. D’après les premiers éléments, les deux jeunes hommes seraient décédés aux alentours de trois heures du matin. Cela fait déjà cinq adolescents qui meurent d’une crise cardiaque foudroyante depuis la semaine dernière.
D’après la police les cinq jeunes hommes fréquentaient le même lycée et auraient peut-être rencontré quelqu’un de malveillant qui leurs aurait vendu une substance illicite. Pour l’instant, c’est la seule piste que la police ait trouvée et retenue.
Sam n’en revenait pas : deux adolescents d’un coup. Xezabeth avait déjà ouvert cinq portes sur sept. Il était temps pour les deux frères de remédier à ça, sinon le démon arriverait à sortir de son journal et s’en prendrait à Suzy et à la petite Sarah. Ils devaient impérativement trouver qui pouvait avoir ce fichu manuscrit.
Mais comment découvrir cette personne lorsque l’on n’a aucun indice.
Pour l’instant, le seul soupçon qu’ils avaient se portait sur cette jeune fille, Zoé. Mais même si elle avait eu un comportement désagréable vis-à-vis des questions de Dean, elle n’était pas coupable pour autant. Peut-être avait-elle été nerveuse devant un agent du FBI. Dean avait toujours une manière bien particulière de questionner les gens et parfois le ton qu’il employait mettait les gens mal à l’aise dès le départ. C’était peut-être tout simplement une réaction d’angoisse face aux questions de son cher frère. D’un autre côté, Dean n’avait pas forcément tord car cette adolescente était la seule personne qui pouvait approcher Suzy et sa fille.
Dean se réveilla aux environs de sept heures et quart. Il vit Sam sur son ordi portable comme à chaque fois qu’il se réveillait. C’était toujours là qu’il retrouvait son cadet, penché sur son PC portable, à pianoter sur le clavier, à croire qu’il était marié avec. Mais pour une fois Dean s’abstint de lui faire une réflexion.
« Salut p’tit frère », fit-il en baillant et en s’étirant.
« Salut, Dean. Bien dormi ? »
« Oui et toi tu as trouvé une info intéressante ? » Lui demanda Dean en se frottant les yeux.
« Il y a encore deux ados qui ont péri cette nuit », l'informa Sam, désœuvré.
« Deux ? Rien que ça ! » S’étonna l’aîné.
« Ouep ! Cette fois-ci c’était des jumeaux.»
« Ce démon est vraiment pressé de sortir.»
« Ouais ! Comme tu dis.»
« Je vais prendre une douche et on va manger, j’ai un petit creux.»
«OK, je t’attends. »
Dean prit une douche rapide puis rejoignit son cadet devant la porte. Il empoigna les clés de l’impala puis les deux frères partirent prendre leurs petits déjeuners dans le fast-food « The lunch » L’endroit était toujours aussi sympathique et les serveuses toujours aussi mignonnes. Les deux frères firent leurs commandes et s’installèrent à une table. Sam sortit son PC de sa sacoche et alluma celui-ci. Il se connecta au net pour finir ses recherches afin de voir s’il ne dénicherait pas un indice sur la personne qui pouvait posséder ce livre.
Il trouva un article sur le vide grenier de la semaine précédente. Il regarda attentivement la photo qui avait été publiée et se rendit compte que ce vide grenier avait eu lieu dans la rue où habitaient Suzy et Zoé. Un paragraphe disait que malgré le froid et la neige il y avait eu beaucoup de monde.
En lisant cet article Sam pensa que c’était peut-être de là, que le livre venait. Il aurait éventuellement été acheté durant cette brocante de quartier. Mais dans ce cas, ça pouvait être vraiment n’importe qui.
Comment savoir qui le possédait ? De quelle manière pouvait-il s’en assurer ? Le temps pressait. Xezabeth n’était pas loin de trouver la sortie et il fallait faire vite.
Leurs commandes leur furent servies. Sam fit part de ce qu’il avait découvert à son aîné.
« J’ai trouvé un article sur un vide grenier qui a eu lieu le week-end dernier. »
« Un vide grenier ? Quel rapport avec notre affaire ? »
« Cette brocante a eu lieu dans la rue où habitent Suzy et Zoé. J’ai pensé que c’était peut-être là que le livre avait été acheté ? »
« Ce n’est pas idiot mon petit Sammy ! C’est peut-être même là-bas que Zoé se l’est procuré !»
« Tu restes toujours persuader que c’est elle ! »
« Pas toi, Sammy ? Cela ne te parait pas évident ! »
« Mais on n’a aucune preuve que ce soit elle ! »
« Pardon ?! Pas de preuve ! Je vais t’en donner des preuves moi ! 1 : Son comportement a été des plus étonnants après mon interrogatoire ! 2 : C’est la seule à pouvoir approcher Sarah et de 3, la brocante a eu lieu dans le quartier de Suzy ; alors oui je reste persuadé que c’est elle ! Et oui on devrait aller faire un tour dans sa chambre pour trouver ce maudit journal, au moins on serait fixés !» Expliqua Dean d’un ton sec.
« Et si elle a planqué le journal ailleurs que dans sa chambre ?»
« Je peux toujours retourner chez elle pour lui parler et pendant ce temps-là, tu cherches le bouquin !»
« Tu veux que j’accède à sa chambre en plein jour ?»
« Pourquoi pas ?»
« Je vais me faire repéré et après on risque d’avoir la police aux fesses ! »
« Tu as une autre solution ? »
« Peut-être attendre lorsqu’il fera nuit. Ce sera plus prudent.»
« Bon ok, on y va ce soir, mais pas trop tard.»
Les deux Winchester payèrent leurs repas puis quittèrent le fast-food.