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Série : Supernatural
Création : 16.12.2010 à 22h01
Auteur : schumi
Statut : Terminée
« Après une chasse, Dean tombe gravement malade et Sam fait tout ce qu’il peut pour le soigner » schumi
Cette fanfic compte déjà 43 paragraphes
***
Bien qu’il lui ait déjà donné des cachets contre la fièvre, il était évident que Dean en avait besoin d’autres alors Sam essaya de le réveiller le plus délicatement possible.
- Hey, frérot, j’ai besoin que tu te réveilles juste un moment.
- Mmhmm.
- Dean, j’ai besoin que tu prennes quelque chose, dit Sam en mettant un cachet dans la main de son frère, mais celui-ci ne sembla pas réagir.
- D’accord, va falloir faire ça autrement.
Sam dissout le cachet dans une petite quantité d’eau et approcha le verre des lèvres de son frère.
- Dean, s’il-te-plait, bois ça.
Dean ouvrit juste assez les lèvres pour boire le liquide amer. Sam lui approcha alors un autre verre rempli de jus d’orange pour lui ôter le goût de la bouche et Dean réussit à en boire deux gorgées avant de sombrer à nouveau dans l’inconscience où la fièvre l’entrainait.
Sam prit une serviette, l’humidifia et la posa sur le front de son frère. Il passa tout le reste de la nuit à ses côtés à essayer de faire baisser la fièvre. Heureusement, celle-ci ne dépassa jamais 40°, elle tombait à 39, puis remontait, puis retombait et Sam ne savait plus quoi faire.
« Je devrais peut-être apporter de la glace ».
Le jour se leva, l’horloge sonna 6 heures du matin et la fièvre de Dean sembla se stabiliser à 39. Sam était reconnaissant qu’ils aient tous les deux survécu à la nuit. Dean n’avait pas très bien dormi mais au moins il n’avait pas atteint le niveau des hallucinations. Posant la main sur le front de Dean, Sam sourit en remarquant qu’il n’irradiait plus autant de chaleur.
- Ne recommence jamais ça Dean, si tu veux me faire passer une nuit blanche, on peut se faire un marathon de films d’horreur, mais le coup de menacer de faire frire ton cerveau, c’est pas une bonne idée, dit Sam en passant les doigts dans les cheveux de son frère et en essayant de les arranger.
- Maman faisait toujours ça.
La voix de Dean n’était qu’un faible murmure et il semblait encore se débattre entre le monde réel et le pays des rêves.
- Quoi ?
- Maman… elle m’arrangeait toujours les cheveux… et quand j’étais malade… elle passait toute la nuit à mes côtés.
- Vraiment ?
Pour Sam, chaque souvenir de Dean sur sa mère était précieux car lui n’en avait aucun.
- Elle chuchotait et elle chantait… elle avait une belle voix.
Sam savait que Dean n’était pas complètement conscient de ce qu’il partageait mais c’était mieux ainsi, autrement peut-être qu’il ne lui aurait rien dit. En général, c’était trop douloureux pour Dean de penser à sa mère et c’est pour ça qu’il préférait éviter le sujet, mais la fièvre semblait à présent avoir réveillé ses souvenirs et délié sa langue et Sam ne voulait pas laisser passer cette chance.
- Qu’est-ce qu’elle chantait ?
- Une chanson sur les anges… et elle me disait toujours de ne pas avoir peur du noir… parce qu’il y avait toujours des anges pour me protéger.
Sam se souvenait que Dean lui avait parlé de ça quelques mois seulement auparavant et aujourd’hui, il avait de nouveaux éléments de l’histoire.
- Tu sais quoi Sammy ?... Maintenant je comprends… il y avait bien des anges… en fait… juste un… c’était Maman… c’était elle notre ange… et quand elle est morte… on s’est retrouvé tout seul.
A aucun moment Dean n’avait ouvert les yeux si bien qu’il ne put voir combien Sam avait du mal à rester serein devant cette confession.
« Dean ne le sait pas, mais même si j’ai perdu un ange cette nuit-là, j’en ai gagné un autre ». Bien sûr que Sam ne dirait jamais ça à voix haute. Dean le frapperait à coup sûr pour être aussi sentimental, mais aux yeux de Sam, Dean était son propre ange gardien. Il s’était occupé de lui avant même d’avoir atteint l’âge de raison et il le faisait encore, s’il y avait des anges sur Terre, Dean était définitivement l’un d’entre eux.
Quand Dean ouvrit les yeux deux heures plus tard, sa température était redevenue normale.
- Bonjour Princesse, il était temps que tu te réveilles.
- Tu es la seule princesse dans cette pièce Sam, et je ne te piquerais jamais le titre.
- Ah ah ah, très drôle Dean. Mais puisque tu es enfin complètement réveillé, je vais aller chercher le petit déjeuner.
- Rien pour moi.
- T’es fou ? Tu es malade et tu n’as rien mangé depuis plus de 24 heures, et même ça tu l’as vomi, alors c’est même pas la peine d’en discuter. Tu vas manger ce que je te ramène.
S’il avait été en meilleure forme, Dean en aurait discuté avec son frère, mais même s’il se sentait mieux que la veille, il était encore trop faible pour ça. Et d’un autre côté, Sam avait raison, il devait manger ou il ne survivrait pas les six jours qui lui restaient.
Sam retourna à la cafétéria, recommanda un bouillon de poule pour Dean et rentra le plus rapidement possible, craignant d’avoir encore une fois une mauvaise surprise. Mais en entrant, il ne trouva que Dean en train de changer les chaines de la télé pour essayer de trouver quelque chose de correct à regarder.
- Et un bouillon de poule pour toi grand-frère.
- T’en profites bien, hein ?
- Mange ton bouillon et ne discute pas !
- Elle était plus aimable que ça, fit Dean entre ses dents.
- Quoi ? Qu’est-ce que tu as dit ?
- Rien.
- Non, sérieusement, qu’est-ce que tu as dit ?
- Rien Sam, oublie ça tu veux.
Dean ne se souvenait pas complètement de son bref moment de confession tôt ce matin mais il avait l’impression d’en avoir trop dit et maintenant qu’il avait laissé « échapper » une autre allusion à sa mère, il n’avait pas l’intention de tendre le bâton pour se faire battre en donnant à Sam la satisfaction d’avoir une « conversation de filles ».
« Qu’est-ce qui m’arrive ? Pourquoi tout à coup j’arrête pas de penser à Maman ? »
Sam avait entendu le commentaire de son frère mais puisque Dean n’était pas prêt à en parler, il décida de changer de sujet.
- Y’a quelque chose de bien à la télé ?
- Non, y’a que des feuilletons.
- Eh Dean, hier, dans la salle de bain, tu as dit qu’« elle » t’avait annoncé qu’il te restait encore six jours.
- Ouais.
- Comment ça se fait que tu aies parlé avec elle ?
- Peut-être que je me suis endormi parce que tout ce que je me rappelle, c’est que je marchais à nouveau dans le brouillard et que la même voix m’a annoncé que mon premier jour était sur le point de s’achever et qu’il m’en restait encore six.
- J’ai cherché sur Internet mais je ne trouve rien qui nous donne une piste sur cette créature. Je veux dire, y’a plein de trucs qui parlent à travers les rêves ou les visions ou qui provoquent des hallucinations mais tant qu’on n’aura pas plus d’indices, je ne peux pas déterminer contre quoi on se bat.
- Je suppose qu’il n’y a plus qu’à attendre alors.
***
Le reste de la journée se déroula sans incident. Dean réussit à garder son repas dans l’estomac, sa température resta normale, et même s’il se sentait encore très faible et qu’il avait besoin que Sam l’aide à aller jusqu’à la salle de bain (facteur particulièrement gênant pour lui, mais comme il avait failli embrasser le sol la première fois qu’il avait essayé, il n’eut pas d’autre choix que d’accepter l’aide de Sam), au moins aucun nouveau symptôme n’était apparu et il n’avait pas refait d’autres « rêves ».
Lorsque la nuit tomba, Sam n’avait rien trouvé sur Internet mais il était soulagé que l’état de Dean se soit amélioré.
- Alors, il était comment ce repas ?
- Tu crois que demain tu pourrais me rapporter de la vraie nourriture ? J’en ai marre des cochonneries que tu m’obliges à manger.
- Des cochonneries ? C’est des légumes, du yaourt et du bouillon de poule, c’est de la nourriture saine Dean.
- C’est de la bouffe pour bébé.
- Tu sais quoi. C’est peut-être la parfaite occasion de changer ton style de vie. Ton cœur te dira merci.
- Et ton cœur va arrêter de battre si demain tu ne me rapportes pas de la NOURRITURE et je parle de VRAIE NOURRITURE.
- Arrête de te plaindre Dean. On dirait une petite fille gâ…
- Sam !
Dean avait l’air d’avoir peur.
- Qu’est-ce qui se passe Dean ? Tout va bien ?
- C’est « elle », répondit Dean dans un murmure.
- Qu’est-ce qui se passe ? Qu’est-ce que t’as ?
Dean essaya de se lever mais il ne put faire que trois pas et tomba par terre. Sam accourut et put amortir la chute de son frère en l’accompagnant jusqu’au sol.
- Dean ! Allez frérot, parle-moi !
- Elle ne me laissera pas… elle est furieuse.
Dean fit un dernier effort pour rester conscient et regarda Sam dans les yeux. Son regard disait tout : AIDE-MOI.
- Dean, s’il-te-plait, reste avec moi… Dean !
- Ahhhhhhhhhh.
- Dean ! Non, non, s’il-te-plait.
Le cri de son frère terrifia Sam mais il ne savait pas ce qui lui faisait mal. Il souleva une fois de plus la chemise de son frère et put constater qu’il avait une nouvelle brûlure à côté de la première. Cette fois-ci, c’était un 2 qui était gravé.
- Dean, réveille-toi s’il-te-plait…
Dean avait les yeux ouverts mais le regard perdu. Sam comprit qu’il avait une autre « vision ».
« J’espère juste qu’il pourra apprendre quelque chose de plus sur elle ».
Les cinq minutes suivantes parurent une éternité pour Sam. Il tenait le corps immobile de son frère entre ses bras et, au fur et à mesure que les minutes passaient, il remarqua que sa respiration s’affaiblissait peu à peu jusqu’à devenir presque imperceptible.
- Oh non, non, pas encore. Allez frérot, n’arrête pas de respirer, s’il-te-plait.
Les pires cauchemars de Sam étaient en train de se réaliser et il se sentait complètement impuissant, ne sachant pas quoi faire ni comment aider.
« Mon frère peut mourir dans mes bras et je ne vais pas rester sans rien faire. »
Alors, comme une réponse à ses prières, son portable sonna. C’était Bobby.
- Bobby ?
- Sam, tout va bien ?
- Non, Bobby. Dean s’est évanoui et il ne respire presque plus. En plus, une autre brûlure est apparue et je n’ai pas encore la moindre idée de ce qui peut bien faire ça !
- Eh bien moi je sais ce que c’est Sam. Ne t’inquiète pas pour Dean, il lui reste encore cinq jours alors tant qu’on s’occupe de lui, « elle » ne va pas le tuer. Je suis sur la route et j’arriverai tôt demain matin. Etant donnée sa puissance, vous allez avoir besoin de toute l’aide possible.
- « Elle » ? C’est qui , « elle » ? demanda Sam avec un mélange de curiosité et de panique.
Bobby fit une pause puis il dit :
- Son pire cauchemar.
CHAPITRE 5.
La communication coupa et Sam se retrouva plus désespéré que jamais. Il aurait bien essayé de rappeler Bobby mais il devait d’abord s’assurer que Dean allait bien.
Sam prit son frère entre ses bras. Il était gelé.
- S’il-te-plait Dean, s’il-te-plait. On a déjà perdu Papa. Je ne veux pas te perdre toi aussi.
Sam entendait son frère respirer laborieusement. C’était comme si chaque respiration lui demandait un effort surhumain. Regardant Dean dans les yeux, il continua à parler.
- Je te demande juste de continuer à respirer Dean. Continue juste à respirer.
Dean inspira mais ne réussit pas à expirer. Il reprit une inspiration mais une fois encore Sam n’entendit pas l’air ressortir de son frère.
- Non, Dean, s’il-te-plait.
Sam avait les larmes aux yeux. Bien qu’il sache qu’en théorie Dean avait encore cinq jours devant lui, il ne pouvait pas s’empêcher de penser que son frère était en train de mourir entre ses bras.
Dean inspira une dernière fois. Puis, plus rien.
- Dean. Respire. Non. Non. Non. Me laisse pas ! Respire ! Respire, putain !
Sam serra fort le corps de son frère et laissa ses larmes couler.
- Tu as encore un pouls. Je ne vais pas te laisser mourir, Dean !
Et mû par une intense détermination, Sam commença à réfléchir à ce qu’il devait faire.
- Papa nous l’a appris. Basculer la tête en arrière. Pincer le nez avec les doigts. Ouvrir la bouche et souffler.
Sam exécuta mécaniquement ce qu’il disait au fur et à mesure qu’il le disait. Il colla son oreille à la bouche de Dean en espérant que l’air ressortirait puis souffla de nouveau dans sa bouche.
- Allez Dean, me fais pas ça.
Sam approcha de nouveau son oreille de la bouche de son frère et il entendit alors le son le plus merveilleux du monde. Dean s’était remis à respirer tout seul.
- Qu’est-ce que tu fais ?
Sa voix était si faible que si Sam n’avait pas eu l’oreille posée sur ses lèvres, il ne l’aurait probablement pas entendue.
- Dean !
Sam savait combien son frère détestait les moments neuneu mais cette fois il avait été trop près de le perdre et il s’en foutait si Dean le frappait après. Alors il le serra de toutes ses forces dans ses bras.
- Ne me refais jamais ça. Plus jamais. Tu as déjà arrêté de respirer bien trop de fois, Dean.
Dean aurait bien repoussé son frère mais d’après le son de sa voix, il semblait au bord de la crise de panique alors il ne dit rien et le laissa le serrer dans ses bras pendant quelques secondes. Mais seulement quelques secondes bien sûr.
- Sam, si tu ne me lâches pas, je vais encore arrêter de respirer.
- Oh oui, je suis désolé, je suis désolé.
Sam lâcha Dean et l’aida à s’asseoir par terre.
- Comment tu te sens ?
- Comme si un camion m’était passé dessus…
Sam en resta sans voix. Dean n’avait pas l’habitude d’admettre si facilement qu’il souffrait.
- T’inquiète pas Sam, ça va passer, c’est pas grand-chose.
- C’est pas grand-chose ? Je crois que ton cerveau vient de subir de sérieux dégâts à cause du manque d’oxygène.
- Aide-moi à me relever, Sam.
Sam aida Dean à se mettre debout et à s’asseoir sur le lit.
- Tu l’as vue ?
- Non.
- Elle t’a parlé ?
- Non.
- Non ?
- Non.
- Non ?
- C’est quelle partie de NON que tu comprends pas ?
- Avant de te mettre en « transe », tu as dit que c’était « elle » et qu’elle ne te laisserait pas, qu’elle était furieuse.
- En transe ? Tu as trop regardé la télé, Sammy.
Sam voyait bien que Dean lui cachait quelque chose mais il ne comprenait pas pourquoi. Peut-être n’avait-il pas été assez clair que sa vie était en danger et que cacher des informations ne ferait qu’empirer les choses ?
- Bobby a appelé pendant que tu étais au pays des rêves. Il a dit qu’il savait ce à quoi on a affaire et qu’il était en route.
- Sérieusement ?
- Oui, il arrivera demain matin.
***
***
- Salut Bobby. Entre.
- Et Dean ?
- Il est sous la douche.
- Comment il va ? L’appel a coupé et j’ai pas réussi à rappeler.
- Ne lui dis pas mais j’ai dû lui faire du bouche-à-bouche pour qu’il respire.
- Il a arrêté de respirer ?
- Bobby, la nuit dernière, il n’est vraiment pas passé loin. Il n’est pas sensé ne pas mourir avant cinq jours ?
- Oui, eh bien, il n’est pas mort, pas vrai ?
A ce moment là, Dean sortit de la salle de bain, les cheveux encore mouillés et plus pâle que jamais.
- Salut Bobby.
- Content de voir que tu te sens mieux Dean.
Dean ne répondit pas. Il acquiesça seulement de la tête et s’assit sur le lit. Sam remarqua que Bobby regardait fixement Dean, comme s’il l’examinait.
- Hier quand tu as appelé, tu as dit qu’on était en danger et que tu savais déjà à quoi on avait affaire.
- C’est le cas. Je le sais. Toi aussi tu le sais, pas vrai Dean ?
Dean ne leva même pas les yeux.
- De quoi tu parles Bobby ? demanda Sam. Apparemment, Bobby savait que Dean savait quelque chose que Sam ne savait pas. « Ce jeu de mots commence à me donner la nausée. Mais je vais découvrir ce qui se passe ».
Sam n’avait pas pu manquer de s’apercevoir que son frère n’avait pas réussi à dormir paisiblement de toute la nuit. Il n’arrêtait pas de se retourner dans son lit et par moments, il s’était réveillé en sursaut, comme s’il sortait d’un cauchemar. Quand il s’était finalement réveillé, Dean s’était immédiatement engouffré sous la douche sans lui laisser l’occasion de lui demander ce qu’il s’était passé. Sam lui avait laissé son intimité, croyant que les cauchemars n’avaient peut-être été que le résultat des deux derniers jours horribles qu’ils avaient passé. Mais maintenant, en examinant le visage de Dean, il se rendait compte qu’il était blanc comme un linge et qu’il avait l’air d’avoir vu un fantôme. Etant donné que Dean, dans sa vie, avait vu de nombreux fantômes et des créatures encore pires, alors que pouvait-il bien avoir vu qui l’effraye à ce point ?
- Tu as déjà passé la deuxième journée Dean, tu as dû la voir, continua Bobby.
Dean serra les mâchoires et continua à fixer le sol. Il pouvait sentir le regard de Bobby et de son frère rivé sur lui.
- Dean, qu’est-ce qui s’est passé hier ? Pendant que tu étais inconscient.
Sam essaya d’employer le ton le plus compréhensif possible. Ca le gênait beaucoup que son frère lui cache des informations mais il supposa qu’il vaudrait mieux convaincre Dean en parlant aimablement plutôt qu’à grands cris.
- Je sais pas Sam. Une hallucination comme la fois d’avant, je suppose.
- Qu’est-ce que t’as vu ?
- Elle m’a parlé. A travers le brouillard. Et cette fois-ci, sa voix était claire. Cette fois-ci, je l’ai reconnue mais je ne pouvais pas y croire. Et alors… je l’ai vue.
- Qui ?
- Peu importe. Ce n’était pas réel.
- Dis-moi qui tu as vu, Dean.
- Je peux pas.
Dean releva les yeux et Sam vit que son frère luttait pour retenir ses larmes. Qu’est-ce que Dean pouvait bien avoir vu qui l’affecte autant ? Sam décida alors de tenter sa chance auprès de Bobby. Peut-être qu’il pourrait commencer à éclaircir tout ça.
- Bobby, dis-moi tout ce que tu sais là-dessus.
- Je crois que vous vous êtes mis en travers du chemin d’une sorcière très puissante, Sam. Tellement puissante que beaucoup pense que c’est un démon.
- Beaucoup ?
- Un des contacts à qui j’ai parlé n’a pas paru très surpris en entendant les « symptômes » de Dean. Il m’a dit qu’il l’avait déjà vue à l’œuvre avant mais qu’il ne comprenait pas pourquoi elle avait attaqué ton frère. Apparemment, cette « chose » n’a pas l’habitude d’attaquer à moins qu’on la provoque.
- De quoi tu parles ? Comment on aurait pu la provoquer ?
- Pour le moment, c’est le cadet de nos soucis, fiston. Le plus important, c’est ce qu’elle est capable de faire. Et ça ne va pas vous plaire mais mon contact m’a parlé de son mode opératoire. Une fois qu’elle t’ « infecte », et ne me demandez pas comment elle fait parce que j’en sais foutrement rien, elle te tue en sept jours. Les deux premiers jours, elle affaiblit ton corps. Les deux jours suivants, elle affaiblit ton esprit. Les deux jours suivants, elle affaiblit ton âme. Et le dernier jour, tu abandonnes devant elle et tu meurs à la fin de la journée.
- Eh bien, ça n’arrivera pas, fit Sam avec conviction.
- Mon ami m’a dit qu’« elle » se présente devant toi à la fin de chaque journée. Et qu’à chaque fois qu’elle le fait, elle emporte un peu plus de toi. Il m’a aussi dit qu’elle joue avec ton esprit et qu’elle te rend fou. Elle utilise tes plus grandes peurs et tes pires cauchemars et te fait croire qu’ils sont réels. Certains ne tiennent pas les sept jours et finissent par se tuer avant.
- Et tu crois que Dean pourrait avoir envie de faire une chose pareille ? S’il-te-plait Bobby, c’est impossible, pas vrai, Dean ?
Dean ne répondit pas à son frère et continua à fixer le sol, passionné par les lacets de ses chaussures.
- Dean. Parle-moi.
Dean serra les mâchoires. Il se mordit les lèvres. Il soupira. Il fit tout un tas de choses à part regarder son frère dans les yeux.
- Dean, assez joué. Tu vas me dire tout ce que tu sais, et tout de suite !
***
***
Dean leva lentement les yeux. Sam n’avait jamais vu ce regard chez son frère. C’était un regard d’une si profonde tristesse. C’était un regard plein de désespoir. C’était un regard plein de peur.
- Je crois que je suis en train de devenir dingue, Sammy.
- C’est bien ce que je pensais, fiston. C’est ce qui arrive le troisième jour.
- Tu as fait des cauchemars toute la nuit.
- On aurait dit des souvenirs. Je sais pas, Sam. J’arrive plus à distinguer ce qui est un souvenir de ce qui est un cauchemar.
Dean était sur le point de perdre tout contrôle mais il faisait tous les efforts possibles pour rester calme. Mais même ainsi, Sam voyait bien que c’était très difficile pour lui. Sam s’assit en face de son frère. Dean détestait tant se sentir comme ça, il détestait se montrer si faible, mais il ne pouvait pas s’en empêcher. Il était terrifié. Il avait peur de perdre la tête, il pouvait supporter d’être malade mais devenir fou, c’était complètement différent.
- Parle-moi Dean. Qu’est-ce qui se passe ?
Dean regarda son frère dans les yeux et parla à voix basse, comme s’il craignait d’être entendu par quelqu’un d’autre.
- Je peux la voir.
- La sorcière, le démon ou peu importe ce que c’est ?
- Non.
Sam attendit que son frère continue mais celui-ci restait silencieux et le regardait comme s’il essayait de lui dire avec les yeux ce que sa bouche refusait de prononcer.
Alors que Sam allait se remettre à parler pour lui demander de continuer, Dean se releva d’un bond et se rua sur son frère, le jetant au sol. Bobby se précipita pour essayer de les séparer. Sam essayait juste d’attraper les mains de Dean mais il ne pouvait pas le faire sans lui faire du mal.
- Dean ! Laisse-le ! Lâche-le !
On aurait dit que Dean voulait étrangler son frère de ses propres mains.
- Non ! Non ! Sam ! Sammy ! Voilà tout ce que disait Dean pendant qu’il luttait contre Bobby qui essayait de l’arrêter.
Finalement, Bobby réussit à attraper les bras de Dean et à les lui mettre dans le dos. Tout compte fait, Dean était encore faible et il ne réussit pas à lutter plus longtemps.
- Tu ne comprends pas Bobby, je dois le sauver. Laisse-moi le sauver !
Une fois que Bobby eut repoussé Dean de par-dessus lui, Sam se releva et aida Bobby à soutenir son frère.
- Dean, écoute-moi. Je vais bien. Je vais bien. Regarde-moi. Sam prit le visage de son frère entre ses mains et l’obligea à le regarder. Quand leurs yeux se croisèrent, Dean sembla se calmer et Bobby put relâcher un peu sa pression.
- Sammy, tu vas bien ?
- Je vais bien, Dean. Il ne m’est rien arrivé de mal.
- Je suis désolé. J’ai cru… j’ai vu… Je suis désolé Sammy. J’ai… presque…
- Doucement, Dean. Doucement.
Sam serra son frère dans ses bras, celui-ci tremblait comme une feuille à l’idée de ce qui aurait pu se passer.
- Ca va Bobby. Tu peux le lâcher.
Bobby hésita un instant mais relâcha Dean qui continuait à trembler et n’osait pas bouger dans les bras de son frère.
Après quelques minutes où les trois chasseurs reprirent leur souffle et où leurs cœurs se remirent à battre normalement, Dean s’écarta de Sam et soupira, ne sachant pas comment expliquer ce qui venait de se passer.
- Qu’est-ce qui s’est passé, fiston ?
- Je sais pas, Bobby. Je vois des choses et je ne sais plus ce qui est réel.
- Qu’est-ce que tu as vu, Dean ?
Sam était certain que Dean avait seulement voulu le protéger même s’il avait fini par presque l’étrangler.
Dean essaya de chasser le nœud dans sa gorge. Il regarda Sam sans oser répondre mais finit par le faire.
- C’est Maman. Je vois Maman.
CHAPITRE 6
Voici la même histoire du point de vue de Dean.
Quand Dean était entré en « transe », comme le disait Sam, il s’était retrouvé sur le chemin dans le brouillard. Il en avait assez de subir tout ça alors il s’était assis par terre en attendant qu’ « elle » fasse le premier pas.
- Tu as été un vilain petit garçon, Dean. Mais tu vas bientôt arrêter d’être un obstacle. Peu importe tout ce que ton frère essaiera pour te sauver, je ne te laisserai pas partir !
Dean aurait voulu répondre par un commentaire sarcastique mais quelque chose dans cette voix l’avait paralysé. C’était une voix qu’il connaissait. Elle ne ressemblait plus au vent ni au tonnerre. Elle ressemblait à…
- Ce n’est pas possible, dit Dean en se relevant quand il vit la silhouette qui s’approchait de lui. C’était sa mère.
Elle s’arrêta en face de lui et posa la main sur son épaule. Dean sentit ses jambes flageoler et tomba à genoux. Elle ne retira pas la main de son épaule, elle le regarda seulement et murmura ensuite : cinq jours.
Dean sentit alors qu’il manquait d’air et commença à étouffer. Puis, tout devint noir.
« Quelqu’un me tient la main ? Ca doit être Sam ». Et il ouvrit alors lentement les yeux. La tête de son frère semblait se trouver juste à côté de la sienne, comme s’il avait collé son oreille contre ses lèvres.
- Qu’est-ce que tu fais ? demanda Dean, mais quand sa voix sortit, ce n’était qu’un murmure.
- Dean ! Sam semblait très inquiet.
« J’ai encore dû m’évanouir. Peut-être même que j’ai arrêté de respirer, comme quand j’étais dans la voiture ».
- Ne me refais jamais ça. Plus jamais. Tu as déjà arrêté de respirer bien trop de fois, Dean.
« Ok. J’ai arrêté de respirer. Eh bien, j’essaierai de ne pas recommencer, Sam ».
Sam le serra si fort que Dean sentit à nouveau l’air lui manquer. Mais il avait l’air si désespéré que Dean eut de la peine de l’avoir autant inquiété.
- Sam, si tu ne me lâches pas, je vais encore arrêter de respirer.
- Oh oui, je suis désolé, je suis désolé. Comment tu te sens ?
- Comme si un camion m’était passé dessus…
Dean ressentait une forte compression au niveau de la poitrine et sans s’en rendre compte, il venait juste de le dire à son frère. « Bien joué, Dean. Ce pauvre garçon a déjà l’air d’être sur le point de s’écrouler et toi tu l’inquiètes encore plus ».
- T’inquiète pas Sam, ça va passer, c’est pas grand-chose, dit Dean en essayant de rattraper sa faute.
- C’est pas grand-chose ? Je crois que ton cerveau vient de subir de sérieux dégâts à cause du manque d’oxygène.
- Aide-moi à me relever, Sam.
Sam aida Dean à se mettre debout et à s’asseoir sur le lit.
- Tu l’as vue ?
- Non.
- Elle t’a parlé ?
- Non.
- Non ?
- Non.
- Non ?
- C’est quelle partie de NON que tu comprends pas ?
Dean n’allait pas lui dire ce qu’il avait vu. « Ca doit être un tour de passe-passe. Ma mère est morte. Il ne reste même plus son âme. Ca ne pouvait pas être elle ».
- Avant de te mettre en « transe », tu as dit que c’était « elle » et qu’elle ne te laisserait pas, qu’elle était furieuse.
- En transe ? Tu as trop regardé la télé, Sammy.
« S’il-te-plait Sam. Arrête de poser des questions. Arrête de poser des questions parce que je ne suis pas encore prêt à te dire ce que j’ai vu. »
- Bobby a appelé pendant que tu étais au pays des rêves. Il a dit qu’il savait ce à quoi on a affaire et qu’il était en route.
- Sérieusement ?
- Oui, il arrivera demain matin.
Dean se réjouit que son frère le laisse tranquille pour le moment et pour éviter d’autres tentatives de « conversation de fille », Dean prétendit être fatigué et se coucha.
Dean fit des cauchemars toute la nuit. Cependant, quand il se réveilla, ils avaient pris le goût amer des souvenirs. Mais ce n’était pas possible, hein ? Ca n’aurait jamais pu arriver.
***
Dans ses rêves, Dean avait vu sa mère et Sam, bébé, dans la cave de leur maison. Elle avait demandé au petit Dean de rester jouer en haut mais il n’avait pas voulu rester tout seul et il l’avait suivie dans la cave sans qu’elle s’en aperçoive.
Alors le petit Dean avait vu sa mère dessiner à la craie d’étranges symboles sur le sol. Dean s’était demandé si son père se fâcherait en rentrant de voyage et en découvrant la peinture sur le sol, puisque son père lui avait interdit de dessiner sur les murs avec ses crayons.
Dean était resté assis dans le noir à regarder sa mère préparer des herbes et les disposer dans différents récipients. Elle avait ensuite placé bébé Sam au centre de ses dessins et s’était mise à prononcer des mots que Dean ne comprenait pas.
Dans son rêve (ou souvenir, Dean n’était plus très sûr), les différents récipients soigneusement disposés autour de Sammy s’étaient mis à brûler et la voix de sa mère avait progressivement augmenté de volume. Le bébé s’était mis à pleurer et Dean avait voulu aller le consoler, mais sa mère l’avait vu quand il s’était levé pour le rejoindre. D’un bond, Mary s’était interposée entre Dean et le bébé et, attrapant Dean par les épaules, elle l’avait violement secoué.
Dean ne se souvenait pas de ce que sa mère lui avait dit mais elle était très en colère. Elle l’avait fait remonter dans la maison et avait fermé la porte de la cave pour l’empêcher d’entrer. Le petit Dean était resté dehors à pleurer sans comprendre pourquoi sa mère l’avait si mal traité alors qu’elle avait toujours été tendre avec lui, mais surtout, il s’était beaucoup inquiété pour le petit Sam.
Dean avait fait ce rêve toute la nuit. Au début, il ne voyait que des ombres et des scènes. Les images des dessins sur le sol, les pleurs de son frère, les cris de sa mère. A la fin, il avait réussi à revivre le rêve dans son intégralité et il s’était réveillé très secoué et effrayé.
« Ce n’est qu’un rêve. Il faut que ce soit un rêve. Je dois avoir de la fièvre et ça me fait faire des cauchemars ». Mais Dean n’avait pas de fièvre. En voyant le regard de son frère et en devinant que, d’un instant à l’autre, il allait lui demander s’il avait bien dormi et de quoi il avait rêvé, Dean avait décidé de s’engouffrer sous la douche et de gagner un peu de temps pour récupérer et faire comme si de rien n’était.
Comment dire à Sam que leur mère avait fait Dieu sait quel rituel avec lui quand il n’était encore qu’un bébé ? En plus, ça ne pouvait pas être vrai. Dean n’avait jamais eu ce souvenir, alors pourquoi maintenant ?
Pendant que l’eau tiède parcourait le corps de Dean, lui permettant de se sentir à nouveau humain, il ne pouvait s’empêcher de penser à sa mère. Jusqu’à présent, ses souvenirs avaient toujours été comme une brise légère. Son sourire, son regard, sa voix douce. Mais maintenant, il tremblait rien qu’au souvenir du feu que lançait son regard et à la façon dont elle l’avait secoué.
- J’ai toujours su qu’un jour tu t’en souviendrais.
Dean sursauta en entendant cette voix jaillir dans son dos. Il se retourna lentement et elle se trouvait là. Sa mère. Mais elle semblait différente. C’était le même visage mais au lieu du regard angélique qu’elle avait toujours eu, son regard était plein de méchanceté.
- Qui es-tu ?
- Tu ne peux pas m’avoir oublié aussi vite, fiston.
- Tu n’es pas ma mère.
Dean se souvenait que la dernière fois qu’il l’avait vue, elle s’était sacrifiée pour les sauver du poltergeist qui hantait leur dernière maison. Il n’était rien resté de leur mère, même pas son âme.
- Il y a toujours eu deux côtés de moi. La gentille Mary Winchester. Femme dévouée et bonne mère de famille. Et bien sûr, moi.
- De quoi tu parles ?
- Quand j’étais très jeune, j’ai découvert la magie. L’idée d’avoir autant de pouvoir entre mes mains… ça m’a fasciné. Et je m’y suis consacrée. Mais je n’étais pas « spéciale ». Alors après m’être mariée, j’ai décidé que puisque je ne pourrais jamais être suffisamment puissante, je pourrais au moins être la mère de quelqu’un de puissant. Quand tu es né, tous mes espoirs reposaient sur toi. Tu serais le Roi parmi les rois et je serais toujours à tes côtés. Mais j’ai essayé de faire le rituel avec toi et… ça n’a tout simplement pas marché. Tu as été une grande déception pour moi .
Dean n’arrivait pas à croire ce qu’il entendait. Il s’était toujours senti inutile et sans importance, mais savoir que tout aurait été différent si sa mère avait été vivante lui avait toujours mis un peu de baume au cœur. Elle le regardait avec amour. Pour elle, c’était lui le meilleur. Mais maintenant, l’entendre dire des choses aussi horribles. L’entendre dire qu’il était une déception pour elle. Dean en resta tout simplement sans voix.
- Alors Sam est arrivé. Dès qu’il est né, j’ai su qu’il serait différent. Ce serait lui l’élu. Quant à toi… tu pourrais nous servir de garde du corps. Tu n’es bon qu’à ça après tout, non ?
- Tu lui as fait quelque chose… dans la cave.
- J’ai fait don de lui. Et cette fois-ci, mon offrande a été acceptée.
- Alors, pourquoi est-ce que tu es morte cette nuit là ?
- Le maître à qui j’en ai fait don n’aimait pas la compétence. Je suppose qu’il a eu peur que j’influence trop Sam.
- Pourquoi j’ai tout oublié ?
- Tu poses trop de questions. Mais tu n’étais qu’un enfant. Tu sais à quel point c’est facile d’arriver à faire oublier quelque chose de désagréable à un enfant ? Un thé très spécial et poum ! C’est oublié.
- Tu n’es pas ma mère.
- Continue de le répéter autant de fois que tu veux. On verra bien si ça arrive à te convaincre. Mais pendant ce temps, je viens réclamer ce qui m’appartient.
- Tu n’es pas ma mère. Elle s’est sacrifiée pour nous…
- Pour nous ? « Nous », ça fait bien trop de monde, Dean. Si tu parles du Poltergeist, d’accord, c’est vrai, je l’ai éliminé, mais je ne l’ai fait que pour Sam. Tu… tu as juste eu de la chance.
- Qu’est-ce que tu veux à Sam ? L’entraîner du côté obscur ? Je ne te laisserai pas faire.
- Tu ne pourras pas l’empêcher, Dean. D’après ce que je sais, il ne te reste pas beaucoup de temps. C’est MA chance et je ne vais pas la gâcher.
L’esprit de Mary s’approcha de Dean et lui toucha le visage avec tendresse. Pendant un instant, Dean crut revoir sa mère, sa vraie mère.
- Tu sais quoi, mon petit ?...
Dean la regarda, les larmes aux yeux. Peut-être que c’était bien sa mère. Mary continua.
- J’ai toujours voulu une fille.
Et souriant de malice, elle disparut.
***
***
Dean resta silencieux. Il ne savait pas ce qu’il venait de voir. Etait-ce réel ou devenait-il fou ? C’est alors qu’il se rendit compte qu’il était encore sous la douche, en train de geler, l’eau était devenue froide et il grelottait.
Il se changea le plus rapidement possible et sortit de la salle de bain.
- Salut Bobby.
- Content de voir que tu te sens mieux Dean.
« Me sentir bien ? Bien sûr que non, je ne me sens pas bien. »
- Hier quand tu as appelé, tu as dit qu’on était en danger et que tu savais déjà à quoi on avait affaire, dit Sam.
- C’est le cas. Je le sais. Toi aussi tu le sais, pas vrai Dean ?
« Est-ce que Bobby serait au courant ? Est-ce que Papa aurait tout découvert sur Maman et qu’il l’aurait dit à Bobby ? »
- De quoi tu parles Bobby ? demanda Sam.
- Tu as déjà passé la deuxième journée Dean, tu as dû la voir, continua Bobby.
« Peut être que si je pars en courant tout de suite… »
- Dean, qu’est-ce qui s’est passé hier ? Pendant que tu étais inconscient.
« Oh non, non, pas ce regard Sam, comme si tout allait bien, comme si tu m’offrais ton épaule pour pleurer ».
- Je sais pas Sam. Une hallucination comme la fois d’avant, je suppose.
- Qu’est-ce que t’as vu ?
« Bon apparemment, je ne vais pas pouvoir m’en débarrasser aussi facilement ».
- Elle m’a parlé. A travers le brouillard. Et cette fois-ci, sa voix était claire. Cette fois-ci, je l’ai reconnue mais je ne pouvais pas y croire. Et alors… je l’ai vue.
- Qui ?
- Peu importe. Ce n’était pas réel. « Ca ne peut pas être réel. Et ce que j’ai vu dans la salle de bain, ça ne l’était pas non plus. »
- Dis-moi ce que tu as vu, Dean.
- Je peux pas. « J’ai vu Maman, Sam. Et elle est diabolique. Mais c’est pas possible, ça peut pas être vrai. Et si je te le dis, je vais salir sa mémoire ».
Dean releva les yeux et n’arriva pas à croire ce qu’il voyait. Elle était là, debout derrière Sam. Sa mère était là. « Je dois être en train de devenir fou. Ni Sam ni Bobby n’arrivent à la voir. Alors elle n’est pas réelle . Je suis en train de l’imaginer ». Par chance pour Dean, Sam avait concentré toute son attention sur Bobby et il ne put voir la terreur dans les yeux de son frère.
- Bobby, dis-moi tout ce que tu sais là-dessus.
- Je crois que vous vous êtes mis en travers du chemin d’une sorcière très puissante, Sam. Tellement puissante que beaucoup pense que c’est un démon.
- Beaucoup ?
« Une sorcière ? Et cette sorcière, ce serait Maman ? »
Bobby continuait à parler mais Dean n’écoutait déjà plus. « Elle » lui parlait.
- Ils ne vont jamais te croire, Dean. Ils vont penser que tu deviens fou. Que tu as des hallucinations. Mais alors, quand tu seras mort, j’aurai la voie libre. Sam sera à moi !
Dean voulait répondre mais alors Sam et Bobby allaient vraiment penser qu’il était fou. Peut-être qu’il l’était vraiment d’ailleurs.
- Et tu crois que Dean pourrait avoir envie de faire une chose pareille ? S’il-te-plait Bobby, c’est impossible, pas vrai, Dean ?
« Sam ? Qu’est-ce que tu me demandes ? Qu’est-ce qu’il est impossible que je fasse ? »
- Dean. Parle-moi.
« Je peux pas Sam. Elle est là. Je ne veux pas la voir, je ne veux pas l’écouter mais elle est là ».
- Dean, assez joué. Tu vas me dire tout ce que tu sais, et tout de suite !
***
***
Dean leva lentement les yeux. « Elle est juste là. Elle est à côté de toi. Sam, je sais pas quoi faire. Je ne sais pas si elle est réelle. Je ne veux pas qu’elle soit réelle mais si elle l’est et que je ne fais rien, ça va être encore pire ».
- Je crois que je suis en train de devenir dingue, Sammy.
- C’est bien ce que je pensais, fiston. C’est ce qui arrive le troisième jour.
- Tu as fait des cauchemars toute la nuit.
- On aurait dit des souvenirs. Je sais pas, Sam. J’arrive plus à distinguer ce qui est un souvenir de ce qui est un cauchemar.
Dean était sur le point de perdre tout contrôle mais il faisait tous les efforts possibles pour rester calme.
- Parle-moi Dean. Qu’est-ce qui se passe ?
« Je peux pas, Sam. Elle va entendre. »
- Je peux la voir.
- La sorcière, le démon ou peu importe ce que c’est ?
- Non.
« Ou peut-être que c’est bien ce qu’elle est ? » C’est alors que Dean vit sa mère s’approcher de Sam. « Sam, éloigne-toi, elle va te toucher. Elle peut te faire du mal ».
Dean, terrifié, vit sa mère mettre la main sur le cou de Sam et une lumière sembla les envelopper.
« Non. Je ne te laisserai pas faire. Tu ne l’auras pas. » Dean se releva d’un bond et se rua sur son frère, le jetant au sol. Bobby se précipita pour essayer de les séparer. Sam essayait juste d’attraper les mains de Dean mais il ne pouvait pas le faire sans lui faire du mal.
- Dean ! Laisse-le ! Lâche-le !
« Mais tu ne le vois pas, Bobby ? Elle veut le tuer ou pire encore ».
- Non ! Non ! Sam ! Sammy ! « J’ai promis de veiller sur toi. J’ai promis d’empêcher que tu bascules du « coté obscur ». C’est ce qu’elle veut. »
Finalement, Bobby réussit à attraper les bras de Dean et à les lui mettre dans le dos. Tout compte fait, Dean était encore faible et il ne réussit pas à lutter plus longtemps.
- Tu ne comprends pas Bobby, je dois le sauver. Laisse-moi le sauver ! fit Dean d’une voix suppliante. « S’il-te-plait, Bobby. S’il-te-plait ».
Une fois que Bobby eut repoussé Dean de par-dessus lui, Sam se releva et aida Bobby à soutenir son frère.
- Dean, écoute-moi. Je vais bien. Je vais bien. Regarde-moi.
« Sam. Sammy. Je suis désolé. Je t’ai laissé tomber. Je laisse toujours tomber ceux que j’aime. Je suis désolé ». Mais alors Dean sentit les mains de son frère sur son visage. La lumière qu’il avait vu entourer Sam et sa mère l’avait aveuglé mais maintenant il recommençait à voir de nouveau. C’était Sam. Il semblait aller bien. Dean le regarda dans les yeux, craignant de « la » voir s’il regardait ailleurs.
- Sammy, tu vas bien ?
- Je vais bien, Dean. Il ne m’est rien arrivé de mal.
- Je suis désolé. J’ai cru… j’ai vu… Je suis désolé Sammy. J’ai… presque…
Dean vit les marques de ses mains sur le cou de Sam. « C’est moi qui ai fait ça ou c’est elle ? Oh non, Sam, si c’est moi qui l’ai fait, je suis désolé ».
- Doucement, Dean. Doucement.
Sam serra son frère dans ses bras, celui-ci tremblait comme une feuille à l’idée de ce qui aurait pu se passer.
- Ca va Bobby. Tu peux le lâcher.
« Je suis en train de devenir dingue, Sam. Tu ne peux pas me faire confiance. Je suis dangereux. »
Après quelques minutes où les trois chasseurs reprirent leur souffle et où leurs cœurs se remirent à battre normalement, Dean s’écarta de Sam et soupira, ne sachant pas comment expliquer ce qui venait de se passer.
- Qu’est-ce qui s’est passé, fiston ?
- Je sais pas, Bobby. Je vois des choses et je ne sais plus ce qui est réel.
- Qu’est-ce que tu as vu, Dean ?
« Comment te le dire, Sam ? Comment te le dire ? »
Dean essaya de chasser le nœud dans sa gorge. Il regarda Sam sans oser répondre mais finit par le faire.
- C’est Maman. Je vois Maman.
CHAPITRE 7
- C’est Maman. Je vois Maman.
Et alors, Dean s’évanouit.
Sam et Bobby installèrent Dean sur son lit et lui mirent une couverture. Sam ne put s’empêcher de sentir à quel point la peau de son frère semblait glacée. Une fois qu’ils se furent assurés que Dean serait bien installé, Sam et Bobby se dévisagèrent l’un l’autre sans savoir quoi se dire. Finalement, ce fut Sam qui rompit le silence.
- Peu importe la puissance de cette sorcière ou de ce démon, on doit arrêter ça. Dis-moi ce que je dois faire.
- Je ne sais pas, Sam. Personne n’a survécu à ses attaques et, comme je te l’ai déjà dit, elle ne se manifeste qu’assez rarement.
- On doit bien pouvoir faire quelque chose. Peut-être que si on trace un cercle de sel et qu’on dessine des symboles de protection…
- Ca a déjà été essayé avant.
Bobby n’aimait pas anéantir les espoirs du plus jeune des Winchester mais il ne pouvait pas non plus lui mentir.
- Ce contact, celui qui m’a parlé de la sorcière, m’a dit que rien ne fonctionne contre elle.
- Peut-être que tu devrais le rappeler. C’est pas possible qu’on ait TOUT essayé !
- Tu ne peux pas la voir. Il n’y a que Dean qui y arrive. Tu ne peux pas tuer ce que tu ne vois pas.
- Alors Dean va le faire.
- Je suis désolé de te le dire, Sam, mais ton frère ne va pas avoir les idées très claires pendant ces quelques jours.
- Dean est fort, il peut lutter contre ça.
- Y’a pas un instant, il a essayé de te tuer !
- C’est pas ce qu’il voulait faire, il voulait juste me protéger.
- Exact ! Il ne fait plus la différence entre le réel et l’imaginaire. Il ne contrôle plus rien !
Sam se sentait frustré de ne pas pouvoir aider son frère et tout ce que disait Bobby semblait être négatif. Il attrapa alors le vieux chasseur par le col de sa veste et le poussa contre le mur. Bobby le regarda dans les yeux, d’un air de dire « et alors quoi ? », et Sam se rendit alors compte qu’il ne pouvait pas passer sa rage sur Bobby, sur la seule personne qui ne les avait jamais laissé tomber quand ils en avaient besoin. Sam relâcha la pression et baissa la tête, honteux, alors que les larmes lui montaient aux yeux.
- Je suis désolé. Je suis désolé, Bobby. Je ne voulais pas…
Bobby soupira et posa la main sur l’épaule de Sam.
- Je sais bien. Je sais que tu veux juste sauver ton frère.
- Je sais pas quoi faire, Bobby.
- Pour l’instant, déjeuner. On ne va pas pouvoir Dean si on meurt tous les trois de faim.
Le vieux chasseur sortit pour aller chercher de quoi manger pendant que Sam restait pour surveiller Dean qui était toujours inconscient sur le lit. Après dix minutes d’attente, Sam ne peut éviter que « l’appel de la nature » l’éloigne de son frère. De plus, ça ne prendrait qu’une minute. Qu’est-ce qui pouvait se passer en une minute ?
- Je reviens tout de suite, Dean. J’en ai pas pour longtemps.
Sam entra rapidement dans la salle de bain et ne mit pas plus d’une ou deux minutes. Quand il ressortit, le lit où Dean avait été allongé était vide.
- Dean ?
Sam fit le tour de la pièce d’un seul regard et il ne trouva bien sûr aucune trace de son frère, il se rua alors à la porte et quand il l’ouvrit il vit, horrifié, Dean courir sur le parking du motel.
***