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Série : Supernatural
Création : 16.12.2010 à 22h01
Auteur : schumi
Statut : Terminée
« Après une chasse, Dean tombe gravement malade et Sam fait tout ce qu’il peut pour le soigner » schumi
Cette fanfic compte déjà 43 paragraphes
***
Dean s’était réveillé en entendant les cris de son frère qui appelait à l’aide. Il se releva d’un bond et sentit l’air froid qui entrait dans la pièce.
« Elle l’a emmené. Elle l’a emmené ».
Dean sortit en courant et vit celle qui prétendait être sa mère, dotée d’une force surnaturelle, traîner Sam en plein milieu du parking du motel. Il courut aussi vite qu’il le put pour les rattraper mais il avait l’impression que ses jambes n’obéissaient pas aussi vite qu’il l’aurait voulu.
« Tiens le coup, Sammy. J’arrive ».
Pendant que Dean courait après cette vision qui le torturait, le vrai Sam courait après lui. Si quelqu’un les avait vus, il aurait pu trouver cette scène quelque peu comique. De fait, Bobby les vit de loin et même s’il comprit immédiatement la gravité de la situation, il ne put empêcher qu’un léger sourire monte à ses lèvres en voyant ce gamin d’1m94 faire de grandes enjambées pour essayer de rattraper son frère qui détalait comme un lapin.
- Dean ! criait Sam.
- Sam ! criait Dean.
- Ces gamins vont me faire perdre le peu de cheveux qu’il me reste, marmonna Bobby tout en se mettant à courir pour intercepter Dean.
Pendant que cette scène se déroulait, à quelques mètres de là, Alice pleurait dans sa voiture. Son fiancé était un homme violent et, fatiguée de ses mauvais traitements, elle n’avait essayé de fuir que pour être découverte et à nouveau frappée. Elle avait réussi à parler à une amie et l’avait mise au courant de la situation. Son amie avait prévenu les autorités mais son fiancé l’avait obligé à monter en voiture et ils fuyaient maintenant l’état. Bien sûr que la seule chose que voulait Alice, c’était fuir loin de lui, mais pour le moment cela semblait impossible. Il ne l’avait pas quitté de vue ne serait-ce qu’un seul instant et elle ne pouvait pas appeler à l’aide sans courir le risque qu’il tire avec l’arme qui ne le quittait jamais.
En arrivant au motel, son fiancé descendit pour s’enregistrer mais, même à distance, il continuait à l’observer. Alice le vit alors se laisser distraire par une jeune fille qui se mit à le draguer et elle sut que ce serait sa seule occasion. Elle ouvrit la portière de la voiture et sortit en courant. Elle ne savait pas où elle allait, elle voulait juste s’éloigner le plus possible de lui.
Malheureusement, le fiancé la vit s’enfuir et courut après elle.
A présent, nous voilà avec Dean courant vers rien du tout, Sam courant vers Dean, Bobby courant pour intercepter Dean, Alice courant loin de son fiancé et son fiancé courant après elle. Ce ne fut qu’une question de secondes pour que Dean et Alice se croisent et que celui-ci la prenne pour Sam. Dans l’esprit de Dean, Alice était Sam qui, d’une manière ou d’une autre, s’était débarrassé de sa « mère » et lui demandait de l’aider.
- Sam. Ne t’inquiète pas. Tu es en sécurité, dit Dean en retenant Alice par les bras. Celle-ci ne l’entendit même pas, elle était complètement désespérée.
- S’il-vous-plait, s’il-vous-plait, aidez moi, criait Alice.
- Tout va bien. Retournons dans la chambre.
Dean prit Alice par un bras et fit demi-tour vers la chambre, se retrouvant nez-à-nez avec Sam.
- Dean. Laisse partir la fille.
Sam s’approcha lentement de Dean. Il était évident que son frère avait des hallucinations et il craignait qu’il blesse la jeune fille.
Bobby arriva de l’autre côté et le fiancé les rejoignit également. Pour Dean, tous trois étaient des démons qui voulaient faire du mal à Sam (en fait, Alice).
- Eloignez vous ! cria Dean en se plaçant devant Alice tout en tournant sui lui-même de telle façon que Sam reste à sa droite, le fiancé d’Alice en face de lui et Bobby à sa gauche.
- Laissez ma fiancée !
- Dean. Fiston. On ne veut pas vous faire de mal.
Bobby essaya de le raisonner mais pour toute réponde, Dean s’empara du poignard qu’il avait toujours dans sa chaussure et le pointa vers eux.
- Votre ami est pas un peu dingue des fois ? cria le fiancé, furieux. Alice ! Viens ici tout de suite !
Alice le vit porter la main à la poche où il rangeait son pistolet, mais même si elle avait peur, elle ne crut pas qu’il sortirait son arme en public en pleine journée. Plusieurs personnes s’étaient déjà arrêtées pour assister à l’altercation.
- Eloigne-toi, démon. Je ne te laisserai pas l’approcher, répondit Dean.
Sam leva les mains et essaya de s’approcher de son frère.
- Tout va bien. Tout va bien. Ecoute, personne ne va vous faire de mal. Calme toi, d’accord ?
Mais pendant que Sam essayait de calmer les esprits, le fiancé d’Alice perdit patience et considérant que c’était quelqu’un de perturbé, il fit abstraction du public et il sortit son arme, la pointant sur Dean.
- Alice ! Putain, viens ici espèce de pute ! Et toi, laisse partir ma fiancée !
Maintenant, c’était au tour de Sam et Bobby d’être surpris.
- Hey, hey, baisse ton arme.
On aurait dit que Sam était destiné à jouer les pacificateurs ce jour là.
- Vince, ne fais pas ça ! Laisse-moi juste partir, dit Alice en pleurant.
- Tu vois ce que tu fais ? Maintenant, il va y avoir encore plus de blessés, Alice !
- Non. Ca va. Je vais revenir. C’est juste… ne fais de mal à personne.
Alice se décala sur la gauche, se retrouvant à découvert et Vince profita de cette occasion pour tirer sur celle qui avait osé le défier. Mais Dean avait deviné ses intentions et au moment exact où Vince tirait, Dean poussa violemment Alice pour la sauver.
***
Des sirènes retentirent et une patrouille de police apparut finalement pour rétablir l’ordre. Effrayé, Vince lâcha son arme et s’enfuit en courant mais il fut rapidement rattrapé par les policiers. Pendant ce temps, Sam et Bobby s’étaient précipités vers Alice et Dean qui étaient restés au sol.
Bobby aida Alice à se relever et constata, soulagé, que la jeune fille n’était pas blessée. Sam, d’un autre côté, s’approcha de Dean au moment où celui-ci se relevait, il posa la main sur son épaule gauche pour essayer de l’aider et sentit le liquide tiède dans sa main. Dean saignait.
- Bobby. Dean est blessé.
Avec les policiers qui approchaient, Sam ne voulait surtout pas attirer l’attention, il parla alors le plus bas possible. Mais son frère avait une toute autre idée car dès qu’il se remit debout, il reprit son attitude défensive contre Bobby et Sam.
- Je ne vous laisserai pas lui faire du mal.
Bobby vit le poignard que Dean tenait toujours dans sa main et il vit aussi le policier qui s’approchait d’eux. Il fit alors la première chose qui lui passa par la tête et, tournant le dos au policier, il frappe Dean avec la crosse de sa propre arme, le laissant inconscient.
- Bobby, t’as perdu la tête ou quoi ? demanda Sam tout en soutenant Dean dans ses bras.
- Sam. Pour le moment, on n’a vraiment pas besoin qu’un policier nous demande pourquoi Dean veut nous tuer.
Sam vit le policier et comprit ce que voulait dire Bobby.
- Tout va bien ? demanda l’officier de justice.
- Ces hommes m’ont sauvée de mon fiancé. Il voulait nous tuer.
- Qu’est-ce qui lui est arrivé ? fit le policier en désignant Dean.
- Mon frère est très… impressionnable. Je crois qu’il a eu une sacrée trouille, dit Sam en lançant au policier son regard le plus digne de confiance, celui qui disait « je suis incapable de mentir. Je suis un brave garçon. Tu veux bien m’adopter ? ».
- Je comprends. Moi aussi j’ai un frère comme ça. Le policier sembla sourire à l’évocation d’un sourire quelconque. On va avoir besoin de votre déposition.
- Je m’en charge, dit Bobby.
- Je vais ramener Dean dans la chambre.
Pendant que Bobby s’éloignait avec le policier, Alice s’approcha de Sam.
- Je ne sais pas ce qui se passe entre vous, mais ton frère m’a sauvé la vie. Dis-lui merci de ma part. Ca va aller pour lui ? Il n’a pas besoin d’aller à l’hôpital ?
- Ne t’inquiète pas. La blessure a l’air d’être superficielle. Ca va aller. Et merci de n’avoir rien dit. Mon frère ne se sent pas très bien ces derniers temps et on préfère s’occuper de ça en privé.
- Oui, j’ai bien pensé que c’était quelque chose comme ça. De toutes façons… merci.
Alice dit au-revoir avec un sourire et laissa Sam avec son précieux fardeau dans les bras.
***
***
- Tu dois arrêter de faire ça, Dean. C’est la dernière fois que je te préviens. La prochaine fois, je commence à mettre mes menaces à exécution.
Sam avait déposé Dean sur son lit et, après lui avoir retiré sa veste et vérifié que la blessure était superficielle, il respira un bon coup, soulagé. Dean eut besoin de quelques points de suture mais la balle n’avait fait qu’effleurer le bras. Une fois que Dean fut soigné, Sam s’assit sur le lit du blessé en se demandant ce qu’il pourrait bien faire maintenant. Comment aider son frère ? Comment le sauver ? Il était clair que les hallucinations ne faisaient qu’empirer. La dernière fois, il ne les avait pas reconnus.
Une idée lui traversa alors l’esprit. Que se passerait-il si Dean se réveillait à cet instant ? Saurait-il qui il était ou essaierait-il de l’attaquer ? Comme une réponse à ses interrogations, Dean se réveilla et regarda autour de lui en s’agitant.
- Où je suis ?
- Salut, Grand-frère. Doucement. C’est Sam. Tu es en sécurité.
- Où est Sam ? Qu’est-ce que tu lui as fait ?
- Dean. C’est moi. Sam.
- Tu n’es pas Sam !
Dean se releva d’un bond et s’aperçut que la pièce se mettait à tourner, mais il n’allait pas laisser le démon tirer avantage de sa faiblesse.
- Dean, s’il-te-plait, écoute-moi. Regarde-moi. C’est moi, Sam.
Dean secoua la tête, embrouillé. Pendant un instant, il avait cru reconnaître son frère mais l’image du démon était revenue encore plus forte. Il travaillait surement avec sa mère. « Sammy, où es-tu ? »
Il vit le poignard qui se trouvait juste à côté de lui et se jeta dessus. Sam en fit de même mais Dean fut plus rapide. Une lutte s’engagea alors pour récupérer le poignard. Dean l’avait attrapé d’une main et Sam avait attrapé la main de Dean entre les siennes. Dean frappa Sam de sa main encore libre mais celui-ci ne le lâcha pas.
- Dean ! C’est moi ! C’est Sam !
C’était inutile. Dean continua à essayer de le frapper mais ses mains et ses jambes ne semblaient pas lui obéir comme il le souhaitait. Même comme ça, il réussit à faire tomber Sam par terre et il lui tomba dessus pour essayer de lui mettre le poignard sur la gorge. C’est alors que Bobby arriva.
- Mais qu’est-ce… ?
Bobby se jeta sur Dean pour essayer de l’éloigner de son frère. Il lui attrapa les bras et les lui mit dans le dos.
- Lâche-moi ! Laisse-moi partir, saleté de démon !
Dean criait et se démenait comme un beau diable et pendant un instant, il faillit se débarrasser de Bobby.
- Sam, je ne serais pas contre un peu d’aide.
- Bobby, qu’est-ce qu’on peut faire ? Il ne nous reconnait pas.
- On devrait l’attacher, Sam.
- Quoi ? Non !
- C’est ça ou on l’assomme encore une fois ! Allez, Sam ! Moi non plus cette idée ne me plait pas mais c’est la seule chose qu’on puisse faire pour l’instant. Bouge-toi ! Je t’assure que ton frère se démène comme un lion en cage même quand il est faible.
Sam courut jusqu’à la voiture et attrapa un sac qui contenait quelques cordes. Il regagna la chambre et retrouva Dean qui luttait encore comme un forcené contre Bobby.
Sam aida Bobby à soutenir Dean et à eux deux ils réussirent à l’attacher à une chaise. Quinze minutes plus tard, ils atteignirent leur objectif, non sans s’être reçus de sacrés coup au préalable.
- Vous êtes des salauds. Je vous jure que je vais vous tuer !
- Je commence à avoir pitié des pauvres bougres que ton frère chasse.
- Dean a toujours pris ce boulot d’une façon très personnelle.
- Qu’est-ce que vous allez faire de moi ?
- Avant tout, tu dois te calmer.
Dean sentait bien que son corps ne pourrait pas en supporter beaucoup plus. Il était épuisé, non seulement physiquement mais aussi émotionnellement. Il ne savait pas ce qui était arrivé à Sam et maintenant ces deux démons le retenaient prisonnier. Peut-être que le mieux serait de jouer le jeu pendant quelques instants.
- Dean. Ecoute. On ne va pas te faire de mal. Je veux juste que tu te calmes. Tu as des hallucinations, mais je te jure que je suis bien Sam, ton frère. Et lui, c’est Bobby. Tu nous reconnais ?
Sam resta là à le regarder, plein d’espoir. A un moment, on aurait dit que Dean se réveillait d’un mauvais rêve et commençait à se rendre compte de ce qui l’entourait.
- Sam ?
- Oui. C’est moi.
Un large sourire se dessina sur le visage de Sam.
- Pourquoi je suis attaché ?
- Je suis désolé, frangin. Mais comme tu… comme tu voulais nous tuer.
- J’ai cru que vous étiez des démons.
- Oui, je sais. Content que tu sois revenu parmi nous.
- Vous pouvez me relâcher maintenant ?
- Bien sûr .
Mais Bobby l’arrêta avant que Sam ne s’approche suffisamment.
- Attends, Sam. On doit être prudent.
- Bobby, c’est Dean. Il ne nous fera pas de mal !
Bobby n’était pas très convaincu mais il laissa Sam détacher son frère. Une fois que Dean se sentit libre, il se releva et s’assit sur le lit.
- Ma tête va éclater.
- Calme-toi, Dean. Je ne veux pas que les points que je me suis cassé la tête à te faire se rouvrent.
- T’inquiète pas, Sam. Je suis droitier.
D’un seul mouvement rapide, Dean attrapa l’arme qui se trouvait sous l’oreiller et la pointa sur le démon le plus proche, qui se trouvait être Bobby.
- Non ! hurla Sam.
Mais c’était trop tard. Dean avait tiré sur le vieux chasseur, l’atteignant en pleine poitrine.
Comme si le coup de feu l’avait réveillé, Dean vit, horrifié, les deux démons se transformer respectivement en Sam et en Bobby.
- Qu’est-ce que j’ai fait ? dit-il dans un murmure.
Sam était aux côtés de Bobby, essayant d’arrêter le sang, mais il y en avait trop.
- Qu’est-ce que j’ai fait ? répéta Dean en lâchant l’arme et en se prenant la tête entre les mains. Bobby. Non. Non. Non. C’est pas possible, non !
CHAPITRE 8
- Qu’est-ce que j’ai fait ? répéta Dean en lâchant l’arme et en se prenant la tête entre les mains. Bobby. Non. Non. Non. C’est pas possible. Non !
A cet instant, Dean eut l’impression que le ciel lui tombait sur la tête. C’était certainement une blessure mortelle, il n’y avait aucune chance que Bobby survive et c’était lui qui l’avait assassiné.
- C’est moi qui ai fait ça. Je l’ai tué. Je l’ai tué. Bobby. Bobby. répétait encore et encore Dean, à genoux par terre et se prenant la tête entre les mains. L’arme était tombée tout près de lui et il ne put penser qu’à une seule chose quand il la vit.
« C’est avec cette arme que je l’ai tué. Je dois le venger ».
Dean prit le pistolet entre ses mains et resta là à le contempler, les larmes aux yeux.
- Je suis désolé, Bobby. Je t’ai laissé tomber, comme je laisse tomber tout le monde.
Dean visa directement sa tempe et s’apprêta à tirer.
*****
Bobby était blessé, c’est vrai, mais par chance, il avait pu esquiver la balle de telle sorte qu’elle n’avait fait qu’effleurer son épaule. A cet instant cependant, Dean ne voyait qu’un Bobby gisant et agonisant. Sam se précipita aux côtés du vieux chasseur et l’aida à se rasseoir en examinant son épaule.
- Je vais bien, Sam. Va voir ton frère.
- Tu es sûr, Bobby ?
- Ca m’a juste effleuré, ne t’inquiète pas.
Sam regarda vers son frère et remarqua que celui-ci se tenait à genoux par terre, le pistolet entre les mains, marmonnant encore et encore quelque chose qu’il n’entendait pas. Quand il le vit lever le pistolet et le poser sur sa tempe, Sam comprit ce qu’il voulait faire et son cœur se mit à battre encore plus violemment. S’approchant lentement, il se plaça face à son frère et lui parla à voix basse pour ne pas l’effrayer. La dernière chose qu’il voulait, c’était bien que son frère se décide à tirer.
- Dean. Calme-toi. Tout va bien.
- C’est ma faute. C’est ma faute. Je suis désolé. Je suis désolé, Bobby. Je t’ai tué. Je t’ai tué. Je t’ai tué.
Cette fois-ci, Sam réussit à entendre ce que son frère disait et il comprit alors que dans l’esprit de Dean, Bobby était mort.
- Dean. Bobby va bien. Regarde-le. Il va bien.
Le vieux chasseur s’était remis debout et essaya de se mettre à portée de vue de Dean, si celui-ci se décidait à relever les yeux.
Sam se sentait toujours plus désespéré car il n’arrivait pas à atteindre son frère. Il était en train de le perdre et s’il ne faisait pas quelque chose rapidement, ce serait pour toujours.
- Dean. Regarde-moi s’il-te-plait.
- Ma faute. Assassin. Assassin. Ma faute. Continuait-il à répéter et il ne se rendit compte de rien quand Sam approcha lentement sa main et prit le pistolet.
- Lâche-le, Dean. Tout va bien. Je te le promets.
Dean lâcha l’arme et se cacha le visage entre les mains. Il n’en pouvait plus. Il n’avait même pas eu le courage d’appuyer sur la gâchette et il ne s’en sentait qu’encore plus coupable. La voix de son frère avait fini par pénétrer dans son esprit embrouillé et l’avait en quelque sorte empêché d’assouvir sa vengeance. Pourquoi la voix de Sam réussissait-elle toujours à le convaincre de faire ce qu’elle demandait ?
Dès que l’arme fut dans les mains de Sam, Bobby s’approcha de Dean et l’obligea à le regarder.
- Regarde-moi fiston. Je vais bien. Tu n’es pas aussi bon tireur que ce que tu croyais. Je vais bien.
Bobby l’avait fait avec la meilleure intention du monde. Il voulait prouver à Dean qu’il allait bien et éviter ainsi qu’il continue à s’en vouloir, mais quand Dean le vit, il écarquilla les yeux de terreur et se releva si vite que ni Sam ni Bobby ne purent réagir à temps pour l’empêcher de sortir en courant par la porte.
- Non. Non, pas encore ! dit Sam en se mettant à courir pour rattraper son frère.
******
Ils avaient passé des heures à chercher Dean et n’avaient pas réussi à le retrouver. Quand Sam était sorti derrière Dean, il l’avait vu s’enfuir à toute vitesse dans la voiture. Ils étaient montés dans la camionnette de Bobby et ils l’avaient suivi mais ils l’avaient perdu après quelques minutes et ils avaient tourné dans tout le village pour essayer de le retrouver.
- Allez. Cet endroit n’est pas aussi grand que ça. Il doit bien être quelque part.
- Ton frère sait quoi faire s’il ne veut pas qu’on le retrouve.
- Mais Dean n’a même pas toute sa tête.
La nuit était déjà tombée et ils n’avaient pas de nouvelles de Dean. Sam s’était occupé de la blessure de Bobby qui n’avait même pas eu besoin de points de suture. A présent, ils mangeaient tous les deux des hamburgers dans la camionnette garée en face d’un parc.
- Bobby. Tu crois que Dean peut avoir… essayé de…
- Non, Sam. Il est en vie.
- Comment tu peux le savoir ? demanda Sam sans oser relever les yeux.
- Parce que la troisième journée s’achève tout juste. On a encore du temps.
- Si on ne retrouve pas Dean rapidement, les jours qui nous restent ne nous serviront à rien.
Sam avait calculé que les journées de Dean s’achevaient entre 8h et 9h du soir. Il était déjà 8h30, ce qui voulait dire que le chiffre 3 gravé dans le dos de Dean était déjà apparu ou allait apparaître. Sam avait vu à quel point ça avait été douloureux les fois précédentes et il se demandait comment Dean affronterait ça tout seul. De plus, que se passerait-il s’il arrêtait encore de respirer ? « S’il-vous-plait. Un peu d’aide, juste un peu d’aide » dit Sam en adressant sa prière à tous ceux qui pourraient l’entendre. Quelqu’un dut définitivement le faire car ils entendirent à cet instant un cri qui venait de quelque part dans le parc.
- C’est Dean !
Sam était parti en courant en direction du cri et déjà loin avant que Bobby ait ouvert sa portière. Mais quand il le rejoignit, Sam s’était arrêté et regardait de tous les côtés pour essayer de retrouver son frère.
- Dean ! Tu m’entends ?
- Y’a quelque chose qui bouge par là, Sam.
Tous deux se précipitèrent dans la direction indiquée et ils retrouvèrent Dean sous un arbre dans un état vraiment lamentable. A cet instant, il s’était recroquevillé et murmurait des choses si bas qu’ils ne pouvaient pas les entendre.
- Bobby, on doit le sortir de là, quelqu’un pourrait venir.
- Après toi, Sam.
Sam savait qu’il n’allait pas être facile de convaincre Dean de partir avec eux. « J’espère au moins qu’il va me reconnaître ».
- Dean. C’est moi, Sam. Ton frère.
- Sammy est mort. Il est mort. Elle l’a emmené et j’ai pas pu l’en empêcher. Répondit faiblement Dean.
C’est alors que Sam remarqua que son frère était pieds-nus et que ses mains étaient pleines de sang. Dean agrippait ses cheveux dans ses mains et se les arrachait furieusement tout en continuant à marmonner.
- Dean. Regarde-moi. C’est moi, Sam. Je ne suis pas mort. Je vais bien. Regarde-moi.
Dean releva les yeux et Sam put voir qu’il était complètement dévasté. Il avait l’air d’avoir pleuré toutes les larmes de son corps et ça lui brisa le cœur. A présent, Sam savait comment son frère se sentirait s’il venait un jour à le perdre.
- Je suis désolé, Sammy. J’ai pas réussi à te protéger. Je suis désolé. J’ai laissé tomber tout le monde. Bobby. Papa. Toi. Mais j’ai pas pu le faire. J’ai pas réussi à te tuer quand le moment est venu et maintenant elle te retient. Je suis désolé.
Sam prit les mains de Dean entre les siennes pour l’empêcher de continuer à se faire du mal. On aurait dit qu’il s’était griffé le visage, le cou et la poitrine. « Heureusement que personne ne l’a retrouvé avant moi sinon à l’heure qu’il est, il serait à l’hôpital psychiatrique ».
- Bobby. Aide-moi à l’emmener à la camionnette.
Dean était détruit et il semblait s’être avoué vaincu. Il n’en avait plus rien à faire à présent et il se laissa alors guider par Bobby et par Sam sans la moindre objection. Ils avaient fait la moitié du chemin quand ses jambes le trahirent et il tomba à genoux, ne réussissant plus à tenir debout.
- Encore un petit effort, Dean. S’il-te-plait. Tu peux le faire. Le supplia Sam.
Dean le regarda dans les yeux et s’adressa à lui comme s’il parlait à la tombe d’un être aimé.
- Je ne te l’ai jamais dit, hein ? Je ne t’ai jamais dit à quel point je t’aimais. A quel point tu étais important pour moi. Si seulement je te l’avais dit quand je pouvais encore le faire. Maintenant c’est trop tard.
- Tu me l’as dit, Dean. Tu me le dis tout le temps, par tes actes. Je le sais.
A eux deux, Sam et Bobby réussirent à emmener Dean à la camionnette, le traînant presque, et ils retournèrent au motel.
******
- Est-ce que c’est vraiment nécessaire, Bobby ?
- Je ne voudrais pas qu’il arrive la même chose que tout à l’heure dit Bobby en finissant d’attacher Dean à son lit.
Pendant tout le trajet du retour, celui-ci avait continué à regarder dans le vide et à marmonner pour lui-même. Quand ils étaient arrivés dans la chambre, Sam lui avait soigné ses blessures et ils l’avaient maintenant attaché à son lit juste pour être sûrs qu’il n’allait pas recommencer à s’enfuir ou à se faire du mal.
- Et tu dis que ça va encore durer une journée de plus ?
- Comme je te l’ai déjà dit, deux jours durant ça consume ton corps ; deux jours durant ça consume ton esprit ; deux jours durant ça consume ton âme.
- Oui, oui, et le septième jour ça te prend ton âme.
Sam marqua une pause et soupira.
- Il doit bien y avoir quelque chose que l’on puisse faire.
- Maintenant qu’on a ramené ton frère, je suppose qu’on va pouvoir s’occuper des recherches.
- Je croyais que tu avais dit qu’on avait déjà tout essayé et que rien n’avait fonctionné.
- C’est vrai mais on n’a pas d’autres choix. Peut-être qu’on va trouver ce que personne n’a remarqué. On a une longue nuit devant nous. Je vais chercher du café.
Le vieux chasseur sortit, laissant Sam seul avec son frère. Dean était toujours dans le même état. Le regard perdu et murmurant si bas que Sam n’arrivait pas à comprendre ce qu’il disait. « Est-ce qu’il serait en train de parler avec elle ? »
A cet instant, le visage de son frère changea radicalement et il se mit à regarder de tous les côtés en essayant de se relever. En sentant les cordes qui l’empêchaient de bouger, Dean commença à s’agiter.
- Doucement, Dean. Tout va bien. Tu es avec nous.
- Sam ?
- Oui, c’est moi.
- Détache-moi. Laisse-moi partir, cria Dean.
- Doucement. Laisse-moi t’expliquer.
- Mais tu ne les vois pas ou quoi ?
- Mais quoi ?
- Y’en a partout ! S’il-te-plait, Sam, détache-moi ! Fais-le ! Fais-le tout de suite !
Dean s’agitait comme si des fourmis grimpaient le long de son corps et il essayait de se secouer et de se libérer en même temps. Sam posa la main sur son torse et essaya de le calmer mais c’était inutile. Quoi que son frère puisse voir, ça le terrorisait.
- Il n’y a rien du tout ici, Dean. Juste toi et moi. Rien ne t’attaque.
- Alors c’est ça mon châtiment ? C’est ça, hein Sammy ? C’est mon châtiment pour ne pas avoir pu te sauver. Je suis désolé ! J’ai dit que j’étais désolé ! Noooooooooon !
Dean se tordait sur le lit comme s’il était attaqué, mais Sam ne savait pas quoi faire. Il se plaça derrière son frère et l’entoura de ses bras pour essayer qu’il reste tranquille.
- Shhh, shhh. Tout va bien, Dean. Je suis là… rien ne te fait du mal.
- Tu ne les vois pas, Sam ? Ils sont là. Ils vont me dévorer vivant. Pourquoi tu ne me tues pas une bonne fois pour toutes ? Pourquoi tu fais ça ? Pourquoi, Sam ?
Ces derniers mots étaient sortis d’un ton déchirant et Sam se sentit coupable sans savoir pourquoi.
- Je suis désolé, Dean. Mais il n’y a rien. Je suis là. Je suis avec toi.
- Pardonne-moi, Sam. Pardonne-moi. Fit Dean en n’ayant presque plus d’air dans les poumons.
Quand Bobby revint, il trouva Sam assis sur le lit, serrant son frère dans ses bras pendant que celui-ci respirait de façon saccadée et transpirait comme s’il éprouvait une terrible douleur.
- Qu’est-ce qu’il se passe, Sam ?
- Une autre hallucination. Mais celle-ci est pire que celles d’avant, Bobby. Dean a l’impression d’être dévoré vivant par je ne sais quoi. Je sais pas quoi faire, dit Sam en sanglotant. Il avait entendu les cris de son frère pendant de longues minutes et celui-ci n’avait cessé de crier que parce qu’il n’en avait plus la force. A présent, il tremblait juste dans ses bras et laissait échapper de temps en temps un gémissement de douleur.
- On devrait peut-être le sédater.
- Le sédater ? Et qu’est-ce qu’il va se passer si les cauchemars continuent ?
- Je ne sais pas quoi faire d’autre, Sam.
- Appelle ton contact, celui qui t’a parlé de tout ça. Demande-lui s’il sait quelque chose.
Bobby savait que c’était inutile mais le regard de Sam le convainquit d’essayer. Après tout, il n’avait rien à perdre.
- D’accord, t’as gagné. Ca te va si j’appelle dehors ?
- On va bien, Bobby.
Rien n’était moins vrai, bien sûr, mais de toutes façons Bobby ne pouvait rien faire pour les aider.
Quelques minutes plus tard, le vieux chasseur était de retour. Son visage n’indiquait rien et Sam dut alors demander pour savoir si le coup de fil avait servi à quelque chose ou non.
- Alors ?
- Ca va pas te plaire.
- Contente-toi de me le dire.
- Eh bien, mon contact n’est pas sûr mais il m’a parlé de quelque chose qui s’est passé avec une victime précédente.
Sam le regarda, l’invitant à poursuivre, alors que Dean continuait à trembler, complètement étranger à la conversation.
- Apparemment, il neigeait là où habitait cette victime, et quand elle a échappé à ceux qui la surveillaient, elle s’est retrouvée exposée au froid. Ils l’ont retrouvée plusieurs heures plus tard en état d’hypothermie avancée. Ils l’ont ramenée dans la cabane où elle vivait et ont essayé de faire remonter sa température. Ce que mon contact m’a dit, c’est que pendant les premières heures, quand sa température était encore basse, elle était lucide. Elle les a reconnus et elle était débarrassée de ses hallucinations. Dès que sa température a remonté et est redevenue normale, elle s’est mise à redevenir folle.
- Tu es en train de me dire que si on veut que Dean réagisse, on doit le mettre en hypothermie ?
- Je te l’avais dit que ça n’allait pas te plaire.
Sam y réfléchit pendant un instant. Ca lui brisait le cœur de voir son frère dans cet état mais d’un autre côté, l’hypothermie risquait de provoquer plus de mal que de bien et ce n’était pas une chose avec laquelle on pouvait jouer. Et puis, à quoi ça servirait de retrouver Dean pour quelques instants si, de toutes façons, ils allaient devoir lui faire remonter la température pour le sauver et allaient le perdre à nouveau.
- Rien d’autre ? Il ne t’a rien dit d’autre ?
- C’est quelque chose qu’on lui a raconté. Il n’est même pas sûr que ça fonctionne.
- Alors, je suis sensé devoir rester les bras croisés pendant que mon frère continue à souffrir le martyr ?
- On va le faire ensemble, fiston. Rien qu’un jour de plus.
*******
Au moins, il s’était passé quelque chose de « positif ». Tous les autres clients du motel étaient repartis et apparemment, au moins pour cette journée, il n’y aurait personne dans les environs pour entendre les cris de Dean et appeler la police. Bien sûr que pour Sam, à cet instant, avoir affaire aux forces de l’ordre était le cadet de ses soucis. Il avait passé toute la nuit aux côtés de son frère à essayer de le réconforter, à essayer de communiquer avec lui, mais il n’y avait pas réussi. Bobby était resté tout le temps avec lui, l’encourageant par des mots ou juste une main sur l’épaule. Son admiration pour le vieux chasseur avait encore grandi, si c’était toutefois possible.
Cependant, quand le jour se leva et que Bobby entra avec le petit-déjeuner, Sam ne put s’empêcher de regretter que son père ne soit pas là. Par bien des aspects, Bobby avait été davantage un « père » pour eux que John Winchester lui-même, mais Sam ne pouvait s’empêcher de penser à quel point il avait besoin de son père pour tout arranger dans de tels moments.
- Merci Bobby, dit Sam en acceptant une tasse de café.
- Dean, j’en ai aussi ramené pour toi. Tu dois manger, fiston.
Sam ne voulait pas se rappeler à quand remontait la dernière fois où son frère avait mangé. Dean n’avait pas non plus dormi de la nuit, assailli par d’horribles visions de petits êtres qui recouvraient son corps et le mordaient, emportant des morceaux de chair avec eux. A ses yeux, son corps était complètement détruit et son frère avait assisté à tout ça sans lui venir en aide. Les petits monstres avaient fini par l’abandonner et à présent il s’appuyait simplement sur la poitrine de Sam, complètement épuisé.
- Pour l’instant, essayons avec de l’eau, dit Sam en approchant un verre des lèvres de son frère.
Dean avala l’eau par simple réflexe et Sam sourit en voyant qu’ils faisaient enfin des progrès. Le portable de Bobby sonna et celui-ci sortit pour répondre. Quand il revint, Sam avait fini son café et tenait à présent un muffin à l’orange dans la main. « J’espère qu’il va l’accepter comme il a accepté l’eau ». En voyant entrer Bobby, Sam reporta son attention sur lui.
- Des nouvelles ?
- Peut-être. Mon contact m’a rappelé. Il a fait des recherches lui aussi et il m’a dit qu’il y a un chasseur qui pourrait peut-être avoir quelques réponses. Il s’appelle Milo et il vit à quelques heures d’ici. C’est un type solitaire et sauvage et il est à la retraite mais il pourra peut-être nous aider.
- Tu vas aller là-bas ?
- Si tu es d’accord.
Sam regarda son frère et pendant un instant il eut envie de demander à Bobby de rester, il ne voulait pas se retrouver seul avec Dean, il avait peur de ce qui pouvait se passer si les hallucinations revenaient, mais il savait que c’était peut-être la seule chance de le sauver, alors il prit sa décision.
- Ca va aller. Seulement… ne tarde pas trop.
- J’y vais et je reviens aussi vite que possible.
Bobby prit ses clefs et regarda Sam une fois de plus, lui demandant son approbation, celui-ci acquiesça et le vieux chasseur partit à la recherche de celui qui pourrait bien être leur seul espoir.
*******
- C’est glacial ici. On se les gêle. Sam, sors d’ici. S’il-te-plait.
- La température est normale, Dean. Doucement.
- Non. Non. Je ne veux pas que tu meures. Pas une nouvelle fois. S’il-te-plait, Sam. Laisse-moi et sauve-toi.
- Je n’irai nulle part, Dean. Il ne va rien m’arriver de mal. Ca va aller.
*****
- Cache-toi ! Je vais le distraire. Il vient te chercher ! Eloigne-toi, bâtard, je te laisserai pas l’emmener ! Sam ! Sam, cours !
- Shhhhhhh. Il n’y a personne ici, Dean. Je te le promets. On est en sécurité. Je suis en sécurité.
*****
- Ils veulent nous séparer. Fais attention, Sammy. Attention à ce que tu dis, ils veulent nous séparer. Ils veulent que tu dises que Papa nous maltraite, que je ne sais pas m’occuper de toi. Attention, Sammy. S’il-te-plait. Ne leur parle pas. Laissez-le tranquille ! Laissez-le partir !
- Je suis là, Dean. Personne ne nous a séparé. On est ensemble. On est ensemble dans cette galère.
*****
- J’ai échoué. J’ai échoué. Je suis tellement désolé, Papa ! Je ne voulais pas te décevoir. S’il-te-plait, ne me regarde pas comme ça. Je suis désolé. J’aurais dû obéir. Je ne me suis pas bien occupé de Sammy. Tu ne me feras plus jamais confiance. Je ne suis bon à rien. Je n’ai même pas réussi à le sauver.
- Si, tu l’as fait, Dean. Tu m’as sauvé. Tu le fais à tout bout de champ. Je suis là. A côté de toi. Et je suis fier de toi. Et d’être ton frère.
******
- Non ! Maman, s’il-te-plait, nooon ! Sammy ! Sammy ! Qu’est-ce que tu lui fais ? Laisse-le, il pleure, il a besoin de moi ! Ouvre la porte ! Sam !
- Je suis là, Dean. A côté de toi. Je vais bien. Prend ma main. Je vais bien. Tout ça n’est pas réel. Regarde-moi. JE suis réel.
Les heures s’étaient écoulées et il n’avait pas de nouvelles de Bobby. Dean avait subi toutes sortes d’hallucinations. Selon Sam, certaines étaient peut-être des souvenirs. A chaque instant, Sam lui avait murmuré des paroles de réconfort et d’encouragement et il n’avait pas quitté son frère. Cette journée avait été aussi douloureuse pour Dean que pour Sam et les deux frères semblaient à présent être à deux doigts de succomber au sommeil qui les appelait.
Sam remarqua alors que le réveil indiquait 8 heures du soir et il se prépara pour ce qu’il savait qu’il allait arriver. La quatrième journée s’était écoulée et dans quelques minutes seulement, « elle » reviendrait. Ce que Sam ne savait pas, c’est qu’ « elle » était déjà là.
- Salut Dean. Je t’ai manqué ?
- Maman.
- Je viens chercher ton frère.
- Qu’est-ce que tu lui as fait ?
- Je te l’ai déjà dit. J’en ai fait don.
- Tu ne peux pas l’emmener. Je ne te laisserai pas faire.
- Qu’est-ce que tu peux faire pour m’en empêcher, fiston ?
- Ne m’appelle pas comme ça.
- Je suis ta mère, que ça te plaise ou non.
- Elle était tendre. Elle était gentille.
- Juste pour sauver les apparences.
- N’insulte pas sa mémoire.
- C’est peut-être ta mémoire qu’on devrait rafraichir.
L’image de Mary s’approcha de Dean et s’assit à ses côtés. Celui-ci frémit à son contact et se colla encore plus à la poitrine de son frère.
- Tu me ressembles beaucoup physiquement mais c’est ton frère qui a hérité de mon caractère.
- Sam n’est pas comme toi. Sam n’est pas mauvais.
- C’est ce qu’on verra. Il n’a qu’à se trouver quelques minutes sous mon influence et alors sa vraie personnalité va faire surface.
- Laisse-le. Ne fais pas ça. Laisse-nous tranquille.
- Bien sûr que je vais te laisser tranquille, mon tout petit. Littéralement. Je n’en ai strictement rien à faire de ce qui t’arrive. Mais ton frère… ca, c’est une autre histoire.
Sam avait entendu la conversation de son frère avec l’être imaginaire. A présent, il commençait déjà à s’habituer à ces conversations dont il ne pouvait entendre qu’une partie et ce ne fut pas très difficile de comprendre que c’était avec sa mère que Dean parlait. Sam ne comprenait pas pourquoi son frère semblait aussi effrayé, n’aurait-il pas dû se sentir réconforté par la présence de sa mère ? Sam n’en savait que très peu sur les cauchemars, les souvenirs ou les hallucinations que son frère avait eu au sujet de sa mère.
- Ne t’approche pas de lui ! Sam ! Eloigne-toi ! Elle vient te chercher !
- Tout va bien, Dean, personne ne vient me chercher, répondit comme toujours Sam, essayant de calmer son frère.
L’image de Mary vint se placer de l’autre côté du lit, près de Sam cette fois-ci, et tendit la main pour lui toucher le visage. Alors, Dean cambra son dos de douleur et Sam le lâcha pendant un instant, sachant ce qui était en train de se produire.
- On dirait qu’il ne te reste plus que trois jours, mon tout petit, fit l’image de Mary en souriant malicieusement.
Sam souleva la chemise de son frère et eut le confirmation de ce qu’il savait déjà. A présent, il y avait un « 4 » gravé à côté des trois autres chiffres.
- Trois jours, dit Dean.
- Ca va aller. On va y arriver. Je vais te sauver.
- Sam ? demanda Dean comme s’il venait de sortir d’un rêve. Qu’est-ce qui s’est passé ? Pourquoi je suis attaché au lit ? Et putain, pourquoi tu me serres dans tes bras ?
Pour la première fois en deux jours, Dean ressemblait à… Dean, et Sam ne put s’empêcher de sourire, heureux.
- Tu me reconnais ? Tu sais où tu es ?
- En Enfer ? Parce que là, ça dépasse tous les moments neuneus qu’on a jamais connus.
- Disons que… tu n’as pas été toi-même ces derniers jours.
- Jours ? Combien de temps…
Dean se tut en voyant l’image de Mary qui lui souriait depuis le pied du lit.
- Sam. Je suis réveillé ou je dors encore ?
- Je dirais qu’on est tous les deux réveillés. Même si ça nous ferait pas de mal de dormir un peu maintenant que tu te sens mieux.
- Sam, ne crie pas victoire tout de suite. Je la vois là.
- La femme du brouillard ?
- Oui. Et c’est Maman. Elle est au pied du lit. Tu ne la vois pas ?
« Oh non, il a encore des hallucinations », pensa Sam.
L’image de Mary revint se placer à ses côtés et tendit à nouveau la main pour le toucher.
- Laisse-le ! Sam !
Sam allait répondre par une autre de ses phrases habituelles du genre « Tout va bien. Je suis là. Etc, etc… » quand l’image de Mary lui toucha le visage et il sentit une formidable énergie jaillir du plus profond de lui-même et projeter Mary en arrière. Dean, surpris, vit comment sa mère s’écroulait par terre à quelques mètres du lit. Elle se releva, furieuse, et lança un regard plein de haine aux deux frères.
- Je sais pas ce que tu as fait Sam, mais tu l’as mise en colère.
- Mais que… ? Qui… ? Comment est-ce… ?
Une femme belle mais terrifiante se tenait sous les yeux de Sam. Elle avait les cheveux longs et blancs et ils remuaient sur sa tête même s’il n’y avait pas de vent dans la pièce. Ses yeux semblaient lancer du feu et pendant un instant, Sam se sentit prisonnier de ce regard. Mais le visage de cette femme se transforma alors complètement et ce qui avait été l’instant d’avant une jolie jeune femme se changea en une horrible petite vieille. Son regard ne changea pas pour autant, pas plus que son attitude impressionnante.
- C’est elle que tu vois ? demanda Sam à voix basse.
- C’est que toi aussi tu la vois, peut-être ? Tu vois Maman ?
- Non, Dean. Ce n’est pas Maman. C’est la sorcière.
CHAPITRE 9
Il y a très, très longtemps
Avant la grande rébellion,
Quand la couronne anglaise
Dominait avec rigueur,
Vivait une belle damoiselle
Jolie comme une fleur
Mais sa grande beauté
Fut aussi sa malédiction.
La femme la plus éminente
Et puissante de la région
Jalouse de la damoiselle
Un assassin engagea.
Mais à la vue de la belle
L’émotion le malfaiteur gagna
Optant pour une autre méthode
Un poison il choisit.
Deux jours durant
La damoiselle souffrit
Mais les soins de ses parents
Améliorèrent ses chances de survie.
La Dame très fâchée
Une sorcière consulta
Et menaçant de la dénoncer
De l’aider lui ordonna.
La vieille fit don à la dame
D’une potion endiablée
Et la pauvre petite
Sous ses effets a succombé.
Pendant les deux jours suivants
La damoiselle perdit le nord
Et dans sa folie
Ses parents mit à mort.
Sachant que deux jours seulement
Durerait la potion
La vieille alla trouver la jeune
Pour dénoncer la conspiration.
La pauvre petite
En train de pleurer elle trouva
Près du corps de ses parents
La prit par la main et s’échappa.
Pendant dix ans elles se cachèrent
Et la jeune fille apprit
Tout de l’art des sorcières
Jusqu’à ce que la vieille périt.
Fatiguée de vivre à errer
La damoiselle choisit
Des ressusciter les êtres aimés
Par un sort qu’elle découvrit.
On dit que la nuit choisie
La terre s’ébranla
Et que les habitants des bois
Hurlèrent leur grand effroi.
La jeune fille à rire se mit
« Enfin la justice a triomphé »
Mais elle se trouva fort navrée
Quand rien d’autre ne se produisit.
Honteuse et vaincue
Dans les bois elle se perdit
Ressassant chaque détail
Se demandant où elle avait failli
Après deux jours interminables
Où la culpabilité la rongea
La jeune fille enfin
La réponse trouva.
« Tu dois le désirer de toute ton âme
Et de toute la force de ton cœur »
Se répétait la jeune dame
Quand du troisième jour ce fut l’heure.
Je suis coupable, je les ai tués
Mon cœur m’a abusé
J’ai cru qu’ils étaient ma priorité
Mais mon égoïsme l’a emporté.
A la fin de la troisième journée
Quand la lune naquit
La belle et vertueuse damoiselle
A un arbre se pendit.
*****