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Série : Supernatural
Création : 16.12.2010 à 22h01
Auteur : schumi
Statut : Terminée
« Après une chasse, Dean tombe gravement malade et Sam fait tout ce qu’il peut pour le soigner » schumi
Cette fanfic compte déjà 43 paragraphes
Bobby finit de lire le vieux livre de légendes que lui avait passé son ami et le lui rendit.
- Alors tu dis que c’est elle la sorcière qui torture le garçon dont je t’ai parlé ?
- Je sais pas, mais certains éléments me font penser que oui. Je ne sais même pas qui a écrit ce livre, apparemment c’est un recueil de contes populaires. Hier, j’étais chez un bouquiniste et je feuilletais ce livre quand cette histoire a attiré mon attention et j’ai pensé que ça t’intéresserait.
- Alors c’est un esprit.
- Avant de lire cette histoire, je savais que cette chose était une sorcière très puissante qui était même capable de contrôler certains démons inférieurs. Certains chasseurs supposaient qu’il s’agissait d’une sorcière en partie démon. Je ne sais pas. C’est la conclusion à laquelle ils sont parvenus après avoir essayé de la détruire de toutes les façons possibles et imaginables pendant des années. Apparemment, on a des traces de ses attaques depuis des siècles.
- Alors la légende dit que la jeune fille s’est tuée mais ça n’a peut-être pas été le cas, elle s’est peut-être juste transformée en autre chose, et maintenant elle torture les gens de la même façon qu’elle a été torturée. Deux jours de maladie, deux jours de folie, deux jours de culpabilité et le septième jour, ils se suicident, dit Bobby en se frottant la barbe.
- Ce que je peux te dire, par contre, c’est qu’elle n’a jamais attaqué sans raison. Ses victimes ont toujours été des gens qui le méritaient ou qui l’avaient en quelque sorte provoqué.
- Je peux t’assurer que ce garçon n’appartient à aucun de ces deux groupes.
- Alors je ne sais pas pourquoi elle l’a attaqué.
- Chez ce bouquiniste, il n’y aurait pas un autre livre qui nous éclairerait plus sur cette histoire ou qui nous donnerait peut-être une idée sur la façon de l’arrêter ?
- La légende ne cite même pas de noms et c’est un très vieux livre. Apparemment, cette histoire est devenue un conte pour effrayer les enfants et on a arrêté de la publier .
- Alors on peut oublier l’idée de brûler ses os avec du sel.
- Je ne pense même pas qu’il y ait une tombe. On parle du dix-septième siècle, là !
Bobby soupira, résigné. A présent, il connaissait l’histoire probable de cette « chose » mais ça ne semblait pas lui fournir les réponses qu’il cherchait.
- Tu peux me prêter ce livre ?
- Bien sûr. Désolé de n’avoir pas pu t’aider davantage, mais si j’entends quelque chose, je te rappelle.
- Merci.
Le vieux chasseur le salua et monta dans sa camionnette pour aller retrouver les garçons. Peut-être qu’ensemble, ils pourraient en apprendre plus. Il leur restait encore trois jours.
******
Sam avait réussi à dormir six heures d’affilées pour la première fois depuis des jours. Il savait que son frère était encore en danger mais au moins, il semblait avoir retrouvé la raison et on n’avait plus besoin de l’attacher et de le surveiller 24h/24.
« J’avais vraiment besoin de dormir », se dit-il à lui-même et il se redressa dans le lit. IL regarda vers le lit de son frère et le trouva assis sur le bord, fixant le sol et profondément perdu dans ses pensées.
Après l’apparition de la « sorcière », celle-ci avait disparu et Sam avait vérifié toutes les lignes de sel qu’il avait tracées. Il était évident que le sel ne l’empêchait pas d’entrer. En fait, d’après ce que Bobby leur avait dit auparavant, rien ne fonctionnait contre elle. Sam avait mis un peu de temps avant de se décider à relâcher son frère mais celui-ci l’avait menacé de lui botter les fesses jusqu’au prochain état et avait fini par le convaincre. Après plusieurs heures passées sans la moindre trace de la « sorcière », ils avaient décidé d’aller se coucher et maintenant que Sam était réveillé, il retrouvait son frère lavé, changé et bien pensif.
- Hey, t’as bien dormi ? demanda-t-il tout en s’asseyant lui aussi sur le bord de son lit. Dean sursauta et baissa rapidement la tête pour essayer de cacher la vérité.
- Oui. J’ai bien dormi.
« On ne va pas recommencer avec les mensonges, Dean. Cette fois-ci, je ne te laisserai pas faire ».
- T’as rêvé d’elle ? Tu l’as vue ?
- Qui ?
- La femme d’hier soir, répondit Sam en prenant sur lui pour ne pas crier.
- Maman ?
- Voilà encore quelque chose que je ne comprends pas. Pourquoi tu vois Maman ? Moi, j’ai vu une autre femme. Peut-être que tu vois Maman à sa place ?
Dean ne voulait pas raconter à Sam tout ce qu’il avait vu et tout ce dont il avait rêvé. C’est qu’il n’était plus très sûr de ce qui était réel et il préférait ne pas risquer de salir l’image de sa mère devant son frère.
- T’as dit que j’avais eu des hallucinations ces derniers jours alors je suppose que c’est pour ça que je vois Maman plutôt que cette autre femme.
- Mais en ce moment, tu ne la vois pas, hein ?
- Non, t’inquiète pas.
- Super. Je vais prendre une douche alors. Ca va aller ?
Dean se contenta d’acquiescer et cela sembla très étrange à Sam qu’il ne réagisse pas comme à son habitude. « On reparlera de tout ça quand je serai sorti » pensa Sam tout en entrant sous la douche.
Il sortait quinze minutes plus tard et cette fois-ci, Dean ne se trouvait plus sur son lit mais près de la fenêtre, la tête appuyée sur la vitre. Sam s’approcha et s’arrêta en voyant le couteau dans les mains de son frère, il semblait jouer avec.
- Dean. Tout va bien ? demanda Sam d’une voix tremblante.
- Tu t’es déjà demandé pourquoi on est encore en vie ?
Dean releva les yeux et Sam croisa le regard le plus triste que son frère ait jamais arboré.
- Je veux dire… Je devrais être mort. Si papa n’avait pas été là, je le serais. En fait, je devrais être mort depuis déjà plus d’un an. Si tu n’avais pas été aussi entêté pour m’emmener voir Roy LeGrange, ça fait longtemps que j’aurais cessé d’exister.
- Où tu veux en venir avec tout ça, Dean ?
- Que, peut-être, si j’étais mort à l’époque, Papa serait toujours vivant et que vous auriez réussi à vous débarrasser de ce bâtard de Démon aux Yeux Jaunes. Peut-être que maintenant, tu serais à l’université et que tu aurais retrouvé ta vie. Peut-être qu’on ne serait pas dans la merde comme aujourd’hui.
Sam chassa le nœud dans sa gorge pour pouvoir parler. « Qu’est-ce qu’a dit Bobby à propos des deux jours suivants ? Elle détruit ton âme. C’est ça qui doit être en train de se passer, sinon Dean ne parlerait jamais comme ça ».
- Tu me répètes tout le temps que je dois arrêter de me demander « et si… et si… »… Si tu veux jouer à ça, alors je crois qu’il serait plus correct de dire que si tu étais mort avant, alors Papa serait mort, je serais mort et le monde entier serait encore plus dans la merde qu’il ne l’est aujourd’hui.
Dean sourit faiblement et laissa le couteau sur la table mais il continua à le fixer.
- Je t’ai menti, Sam. J’ai pas bien dormi. Ca fait des jours que j’ai pas bien dormi.
- Alors là je te crois. Tu as une mine affreuse, fit Sam en essayant d’arracher un sourire à son frère. Mais celui-ci se contenta de baisser la tête, l’air encore plus triste. « C’est le moment de changer de tactique ». Dean, tu veux aller déjeuner ?
Sam savait que la faiblesse de son frère, c’était la nourriture, et puisqu’il n’avait pas mangé depuis des jours, un bon petit déjeuner ne pourrait pas lui faire de mal. « L’étape de la folie est derrière nous. Je ne pense pas qu’il y ait de risque à sortir. »
- D’accord.
Dean prit sa veste et les deux frères marchèrent jusqu’à la cafétéria. Une fois installés, une serveuse s’approcha, attendant leur commande. C’était une jolie petite rousse qui avait jeté son dévolu sur Sam dès la première fois qu’elle l’avait vu. Mais comme Sam n’avait même pas l’air d’avoir remarqué les regards qu’elle lui lançait, le rousse crut en comprendre la raison en voyant Dean. « Il est sûrement gay. Mais son compagnon aussi est trop mignon. Pourquoi est-ce que les plus beaux mecs doivent toujours être gays ? C’est pas juste ». Je peux prendre votre commande ?
- Comme vous voulez, dit Dean sans relever les yeux de la table.
- Des œufs brouillés, du bacon et du café. Pour deux, fit Sam en remarquant pour la première fois le regard mélancolique de la serveuse. Celle-ci se retira, les laissant seuls pour discuter.
- Dean. Tu sais que Bobby est allé voir son contact ? il va peut-être nous rapporter des réponses et on pourra affronter… eh bien, la chose qui te fait du mal, quoi que ce soit.
- Oui, bien sûr, répondit doucement Dean.
- Je suis sérieux, Dean. On va te sortir de là.
Dean ne répondit rien et resta silencieux pendant tout le reste du petit-déjeuner. Une fois qu’ils eurent terminé, ils sortirent de la cafétéria et prirent le chemin du retour vers le motel. Dean marchait lentement et Sam dut donc régler son pas sur le sien. Dès qu’ils pénétrèrent dans la chambre, Dean se planta en plein milieu de celle-ci et s’arrêta.
- Sam.
- Oui ? demanda celui-ci en s’arrêtant face à son frère.
- Je suis désolé de ne pas avoir été le frère dont tu avais besoin.
- De quoi tu parles ?
- Je ne t’ai jamais soutenu. J’aurais dû t’aider avec Papa pour que tu puisses avoir la vie que tu as toujours voulue. Mais je suppose que j’ai été égoïste. Je ne voulais pas que tu t’éloignes de nous et tout ce que j’ai obtenu, c’est que tu t’éloignes encore plus.
- Ecoute Dean. Je ne sais pas exactement ce qui se passe dans ta petite tête mais tu es possédé par quelque chose en ce moment et je ne crois pas que tu aies les idées très claires. Rappelle-toi ce que nous a dit Bobby sur le mode opératoire de cette créature. On en est au cinquième jour et ça veut dire qu’elle va essayer de détruire ton âme. Ne la laisse pas faire. Tu peux te battre.
- Me battre ? Je me suis battu toute ma vie et je n’ai jamais rien réussi. Je n’ai fait qu’empirer les choses.
- Tu as maintenu notre famille unie. Tu nous a protégés, Papa et moi. Alors ne viens pas me dire que tu n’as jamais rien réussi, répondit Sam en attrapant son frère par les épaules.
- Qu’est-ce qui m’arrive, Sam ? demanda Dean en retenant les larmes qui lui montaient aux yeux. Je me sens comme… comme une femme avec sa putain de ménopause.
Sam ne put s’empêcher de sourire devant l’allusion de son frère. Mais d’un autre côté, il était mort de trouille à cause de ce qui était en train de se passer.
- Ca fait partie du processus. Mais on va se battre ensemble, d’accord ?
- C’est juste que… les seules choses dont j’arrive à me souvenir, ce sont des moments tristes. J’ai l’impression que toute ma vie n’a été qu’une perte de temps totale. Et j’essaie de me persuader que ce n’est pas vrai, que je n’ai pas pu autant la rater, mais… je ne me rappelle rien d’heureux ou d’agréable. Je ne me souviens pas d’avoir été un bon fils ou un bon frère. J’ai l’impression d’avoir commis erreur sur erreur sur erreur et que maintenant, c’est trop tard pour les réparer.
Dean s’assit lourdement au bord du lit et sentit l’épaule de son frère à côté de la sienne.
- Encore maintenant, tout ce que j’arrive à faire, c’est te faire souffrir davantage. Tu es inquiet pour moi et moi je suis là comme un bébé qui pleurniche sans pouvoir…
Dean ne comprenait pas pourquoi il pleurait. Il avait l’impression qu’on lui avait retiré le masque dont il se servait continuellement pour dire que tout allait bien et qu’il ne pouvait plus l’utiliser à présent. Il se sentait nu, vulnérable et exposé devant son frère. C’était comme si toutes les barrières qui protégeaient son cœur avaient disparues et, pire que tout, en cet instant il se sentait l’homme le plus misérable du monde.
- 1995. C’est l’année où mon équipe a gagné le championnat de foot, tu te souviens ? Papa et moi on s’était sévèrement disputés parce qu’il ne voulait pas que je joue et moi je voulais absolument le faire. Alors toi, tu m’as couvert pendant les premiers entrainements pour ne pas qu’il s’en rende compte, et quand il s’en est aperçu, il était plus en colère contre toi que contre moi. Mais même comme ça, je ne sais pas ce que tu lui as dit mais tu l’as convaincu de me laisser jouer et tu as même réussi à le faire assister à la finale. Tu te souviens comme on s’est bien amusé tous les trois à arroser le trophée jusque tard dans la nuit ? Ca, c’est vraiment toi, Dean. Tu savais y faire avec Papa et tu savais y faire avec moi. Si tu n’avais pas été là, on aurait fini par s’entretuer. Notre famille a une dette envers toi alors ne « la » laisse pas t’enlever ça. Ne « la » laisse pas t’embrouiller.
Dean se racla la gorge et acquiesça avec détermination. « Ta vie ne va pas se transformer en soap opéra alors TIENS-TOI BIEN et arrête de faire peur à sammy ».
Sam posa la main sur l’épaule de son frère et celui-ci sourit, même si ce ne fut que pour une ou deux secondes, il se leva ensuite et entra dans la salle de bain pour se passer de l’eau sur le visage. Même si ça n’avait pas duré longtemps, Sam était heureux que Dean lui ait permis de l’aider pour une fois dans sa vie.
Dès que Dean ressortit de la salle de bain, quelqu’un frappa à la porte de la chambre. C’était Bobby. Il avait l’air fatigué d’avoir conduit toute la nuit.
- Salut Bobby. T’as des nouvelles ?
Sam alla droit au but et approcha une chaise du vieux chasseur. Celui-ci s’étonna de voir Dean libre et adressa à Sam un signe qui ne passa pas inaperçu aux yeux de Dean.
- Je vais bien, Bobby. Les petits lutins verts ont quitté ma tête et maintenant je ne vois plus que des éléphants roses.
- Content de l’entendre, fiston.
- Alors, qu’est-ce qui s’est passé ?
- Vous êtes d’humeur à écouter un conte ?
******
Bobby raconta aux garçons tout ce que son contact lui avait dit. Il leur montra le livre et les laissa digérer cette nouvelle information le temps de prendre un soda. Sam lut et relut l’histoire en essayant de trouver quelque chose de neuf pendant que Dean tournait dans la pièce en réfléchissant. Après quelques minutes, Sam rompit le silence.
- C’est elle. Ca doit être elle. Ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi j’ai réussi à la voir hier ?
- Tu l’as vue ? demanda Bobby, surpris.
- Euh… oui. Pendant un instant.
- Et elle t’a parlé ?
- Non. Je l’ai juste vue et ensuite elle a disparu. Elle semblait très énervée.
- Elle s’est énervée parce qu’elle s’est mise à voler quand elle a essayé de te toucher.
- Quoi ? demandèrent en chœur Sam et Bobby.
- Elle a dit qu’elle était venue pour te chercher. Pour te faire passer de son côté. Ensuite elle a essayé de te toucher et c’est là qu’une « force » l’a projetée et qu’elle est tombée plus loin. C’est quand elle s’est relevée que tu l’as vue.
- Alors ce que j’ai senti… c’était réel. Dit Sam davantage pour lui-même que pour les autres.
- Ce que tu as senti ? Qu’est-ce que tu as senti ? Ca suffit comme ça, les garçons. Vous allez me dire tout de suite tout ce que vous savez et je veux vraiment dire TOUT. On ne peut pas bosser là-dessus si on n’a pas tous les mêmes informations.
Sam et Dean se regardèrent. Ce dernier ne voulait pas tout raconter au sujet de sa mère mais Bobby avait raison. S’ils devaient chercher une solution ensemble alors il devait leur parler de l’histoire supposée de Mary. « J’espère juste que Sam comprendra ».
*****
Lorsque Dean eut fini de tout leur raconter, et cette fois-ci il fut bien question d’absolument TOUT, Sam se tourna vers Bobby, demandant s’il y avait la moindre chance que ce soit vrai, mais celui-ci n’avait pas le moindre doute.
- Calme-toi, fiston. Elle joue seulement avec toi. Pour une raison insensée, elle a choisi l’image de ta mère pour se présenter à toi et elle t’a mis toutes ces idées en tête pour t’embrouiller et te faire souffrir. John m’a beaucoup parlé de Mary, vous ne croyez pas qu’il l’aurait remarqué si votre mère avait été une sorcière ? Et elle t’aimait beaucoup, Dean. Tu étais l’étincelle dans ses yeux. La femme que tu vois avec le visage de ta mère, c’est cette sorcière et rien d’autre.
En entendant une telle certitude dans la voix de leur ami, Dean et Sam relâchèrent le souffle qu’ils n’avaient même pas eu conscience de retenir.
- Merci Bobby. Je ne sais pas ce qu’on ferait sans toi, fit Sam, soulagé.
Face à ce commentaire, tout un tas de réponses ingénieuses et sarcastiques traversèrent l’esprit de Bobby mais il ne lui sembla pas prudent de se moquer des garçons alors qu’ils étaient aussi vulnérables et il se contenta donc de pousser un grondement.
- La prochaine fois que je vois cette maudite…
- Ca, c’est une nouveauté. C’est normal que toi, tu la vois, mais pourquoi Sam a réussi à la voir ? Et pourquoi elle n’a pas pu le toucher ?
- Je lui demanderai dans quelques heures dit Dean en regardant sa montre. Sam remarqua la pâleur du visage de son frère. « C’est certain, à la fin de la journée, ça va recommencer comme tous les autres jours. On doit trouver une solution et vite ».
Bobby partit acheter à manger pendant que Sam cherchait des informations sur internet. Dean s’était endormi, essayant de récupérer quelques heures de sommeil. Quand Bobby revint, il déjeunèrent en silence et lorsqu’ils eurent terminé, Sam frappa du poing sur la table, les faisant tous sursauter.
- T’as trouvé quelque chose ? demanda Dean d’une voix éteinte.
- Plus ou moins. J’ai fait des recherches sur ce rituel pour ressusciter les morts. Je pensais bien qu’il ne s’agissait pas de les transformer en zombis, sinon elle n’aurait pas échoué, alors j’ai continué à chercher et j’ai finalement trouvé les pages scannées d’un des plus vieux livres de la Bibliothèque Nationale d’Angleterre. C’est un livre qui, par miracle, a échappé aux auto-daphés pour contenir des informations…
- Droit au but, Sam ! l’interrompit Dean.
- D’accord. Ca parle d’un sort pour ressusciter un être aimé. C’est très compliqué et seul quelqu’un ayant une grande expérience peut le jeter car il ne s’agit pas juste de mélanger des ingrédients et de réciter des paroles. Il s’agit de méditation et de contrôle de l’esprit. En résumé, pour qu’il fonctionne, la personne qui le jette doit le souhaiter de toute son âme et aimer de tout son cœur ceux qu’elle veut ressusciter.
- Ca ressemble à la légende dit Bobby.
- Oui, mais la nouveauté, ce sont les conséquences de l’exécution de ce rituel. Selon ce livre, personne n’osait le tenter car si celui-ci échouait, la personne l’ayant essayé perdait son âme et restait prisonnière pour l’éternité. Je ne sais pas très bien ce que ça veut dire mais c’est peut-être la raison pour laquelle cette sorcière continue à errer dans le coin.
- Ca ne dit pas comment se débarrasser d’elle ?
- Non. Apparemment seul quelqu’un de plus puissant pourrait la libérer et lui rendre son âme, et d’après ce que je vois, ce fameux quelqu’un de plus puissant devrait être un démon.
- Je me demande bien pourquoi aucun de ses amis ne l’a libérée, dit Dean.
- Peut-être parce que ce n’était pas ses amis. Selon la légende, cette jeune fille était vertueuse. Et même après son apprentissage auprès de la vieille, on ne raconte jamais qu’elle a utilisé son pouvoir pour faire le mal. En fait, elle n’a même pas essayé de se venger de la femme qui avait ruiné sa vie.
- Et d’après ce que mon contact m’a dit, elle n’attaque que lorsqu’on la provoque ou pour punir quelqu’un.
- Apparemment, elle en a eu marre d’attendre et a décidé de gagner les faveurs de quelqu’un de plus puissant qu’elle, fit Dean d’un ton indifférent mais qui attira l’attention de Sam.
- C’est ça. C’est la seule explication. Elle doit connaitre les plans du Démon aux Yeux Jaunes et veut peut-être gagner ses faveurs… en me convainquant de la rejoindre ? Pourquoi elle a attaqué Dean alors ?
- Tu es peut-être immunisé contre elle, c’est pour ça qu’elle n’a même pas pu te toucher.
- Et pourquoi elle n’a pas essayé de faire un pacte ou quelque chose comme ça ?
- Je ne crois pas qu’elle veuille faire un pacte avec toi. Elle veut juste me tuer.
- Et qu’est-ce qu’elle y gagnerait ? demanda Sam, troublé.
Bobby eut soudain l’impression qu’une forte brise pénétrait dans la chambre et vit les deux frères s’immobiliser en fixant le mur en face de leurs lits. Il ne voyait rien, lui, mais à l’évidence, eux si.
- Elle est là, hein ? demanda-t-il à voix basse.
- Oui. Et en fait, elle est belle, dit Sam avec un sourire qui fit hérisser les poils du vieux chasseur. Elle est belle. Tout simplement belle.
CHAPITRE 10.
Bobby eut soudain l’impression qu’une forte brise pénétrait dans la chambre et vit les deux frères s’immobiliser en fixant le mur en face de leurs lits. Il ne voyait rien, lui, mais à l’évidence, eux si.
- Elle est là, hein ? demanda-t-il à voix basse.
- Oui. Et en fait, elle est belle, dit Sam avec un sourire qui fit hérisser les poils du vieux chasseur. Elle est belle. Tout simplement belle.
- Qu’est-ce que tu veux ? demanda brusquement Dean à « l’ apparition » qui, à ses yeux, ressemblait à sa mère.
- Je t’avais dit que je reviendrais chercher Sammy, bébé. Répondit-elle avec un tendre sourire, comme si ses mots étaient réellement inspirés par l’amour.
- Tu devras d’abord me passer sur le corps, répondit Dean en se plaçant devant son frère.
Alors, à sa grande surprise, Sam le repoussa doucement sur le coté et s’approcha de « l’apparition ».
- Sam, qu’est-ce que tu fais ?
- Elle est belle, répéta Sam sans la quitter des yeux.
Il se sentait attiré vers elle d’une façon qu’il ne pouvait pas expliquer. Bobby était resté planté debout, sur le côté, sans comprendre ce qui se passait puisqu’il ne pouvait pas voir « l’apparition », mais l’attitude de Sam le préoccupait beaucoup. Il savait que ce serait inutile mais il s’empara du fusil chargé au gros sel et d’un pistolet chargé de balles en argent et tira avec chacun d’eux en direction de l’endroit où les garçons regardaient, les balles et le sel traversèrent l’apparition sans lui faire le moindre mal et celle-ci leva la main, projetant Bobby de l’autre coté de la pièce, le laissant inconscient.
Dean se précipita vers son ami et vérifia qu’il avait un pouls. Quand il se releva pour l’affronter de nouveau, elle avait la main tendue vers Sam comme si elle l’invitait à la prendre.
- Sam, éloigne-toi d’elle.
- Elle est parfaite, fit Sam, fasciné.
- Qu’est-ce que tu lui as fait ?
Dean s’approcha de « l’apparition », furieux.
- Je t’avais dit que Sam serait de mon côté. Il est comme moi et même toi tu ne pourras pas l’empêcher de s’unir à ma cause. Pas vrai, Sammy ?
- Tu ne sais pas ce que tu dis. Sam, viens ici !
- Elle est inoffensive, Dean. Tu ne le vois pas ?
Sam tendit la main, allant presque jusqu’à toucher la sienne.
- Ne fais pas ça, Sam. S’il-te-plait. Ne fais pas ça.
« L’apparition » sourit et Sam rejeta tous les doutes qu’il aurait pu avoir. Une créature aussi douce ne pouvait pas être dangereuse. Sam prit sa main et tous deux disparurent.
- Sam ? Sam ! criait Dean en regardant de tous les côtés sans réussir à trouver son frère.
Elle l’avait emmené et Dean n’avait pas la moindre idée de l’endroit où il pouvait être. Un grognement de Bobby lui rappela qu’il n’était pas seul dans la pièce.
- Bobby, tu vas bien ?
- J’ai la tête dure, fiston. Et Sam ?
- Elle l’a emmené.
- Elle l’a emmené ?
- Oui, et je ne sais pas comment ni où. Sam avait l’air… je sais pas, comme hypnotisé, et quand il a pris sa main, il a disparu.
- Alors ça, c’est quelque chose de nouveau.
- Je crois bien que Sam était l’objectif depuis le début et que ce qui m’est arrivé n’était qu’une diversion.
- Mais si elle l’a emmené aussi facilement, elle n’avait pas besoin de diversion. Elle serait venue dès le début, tu ne crois pas ?
Dean ne pouvait pas nier que le raisonnement de bobby se tenait et il était à présent plus troublé que jamais. Alors, il la ressentit de nouveau, cette forte douleur dans le dos qui annonçait qu’une autre journée s’était achevée.
- Aghhhh…
Bobby se précipita vers Dean et le soutint pour qu’il ne tombe pas tête la première par terre.
- C’est toujours comme ça ? demanda Bobby quand la respiration de Dean redevint normale.
- Plus ou moins. Il est apparu ? Le chiffre ?
Bobby regarda dans le dos de Dean et trouva le numéro 5 gravé sous le 1. Apparemment, on avait commencé une nouvelle rangée.
- Ca s’est passé à 8h40 exactement. Dis-moi, tu te souviens de ce que tu faisais il y a cinq jours à 8h40 ?
- Pourquoi ?
- Parce que c’est l’heure où elle a commencé à t’attaquer.
Dean essaya de s’en souvenir. C’était difficile étant donné que ces quelques derniers jours avaient été une vraie folie et qu’ils lui avaient fait perdre toute notion du temps. « C’était avant que ce cauchemar commence ».
- On était à Green Mountains, on chassait un vampire. On l’a finalement trouvé avec une fille, à la sortie d’un bar, on a supposé qu’il voulait la transformer et créer une nouvelle famille puisque c’était un vampire solitaire. On l’a attaqué quand ils sont arrivés dans son nid, un vieux magasin désaffecté. La fille s’est enfuie et on a tué le vampire. La fille avait appelé le shérif qui se trouvait être son père. On a pu se débarrasser du corps juste avant que le shérif nous attrape. Il nous a emmenés au poste de police et alors on a vu les avis de recherche du FBI sur un des murs. Ma photo était sur l’un d’entre eux. On a assommé les gardiens avant qu’ils nous mettent en cellule et on s’est enfui en courant. On est retourné au motel, on a récupéré nos affaires et on a filé. Ca s’est passé à minuit.
- Alors, à 8h40, vous étiez en train de tuer le vampire je suppose.
- On est sorti du bar à 8h00. Je m’en souviens parce que j’ai pensé que c’était vraiment tôt pour quitter un bar.
- Je ne comprends pas. Je ne vois pas ce qu’un vampire pourrait avoir à faire avec cette sorcière.
- Peut-être que c’était son ami. Ecoute Bobby, merci pour ton aide mais j’en ai rien à faire de savoir comment tout ça a commencé, pour l’instant le plus important c’est de retrouver Sam.
- Je ne suis pas sûr que Sam soit en danger, c’est toi qui m’inquiète.
- De quoi tu parles, Bobby ? Elle l’a emmené et elle veut utiliser ses pouvoirs psychiques ou Dieu sait quoi pour faire Dieu sait quel genre de saloperie. Ce qui m’est arrivé, c’était juste pour brouiller les pistes.
- Si c’était le cas, alors le numéro 5 gravé dans ton dos ne serait jamais apparu. Si elle avait déjà Sam à ce moment-là, pourquoi continuer à jouer ?
Dean secoua la tête, troublé. Il ne comprenait pas ce qui se passait et ça le mettait hors de lui mais pour le moment, il ne pouvait penser qu’à Sam et à l’endroit où il pourrait bien être. Il se sentait coupable de ce qui s’était passé. Elle l’avait emmené sous ses yeux et il n’avait pas pu l’en empêcher. « Je vais te sauver Sammy. Même si c’est la dernière chose que je doive faire ».
*****
Dean avait passé toute la nuit à conduire pour essayer de retrouver Sam et il n’avait rien obtenu. Enfin, il avait obtenu un terrible mal de crâne, rien d’autre !
- Dean, des nouvelles ? demanda Bobby au téléphone.
- J’ai vérifié ce village de fond en comble et pas la moindre trace de Sam ou de cette sorcière. T’as trouvé quelque chose, toi ?
Bobby aussi avait pris sa camionnette pour chercher Sam, mais il y a quelques heures de ça, il avait appelé Dean pour lui dire qu’il retournait dans leur chambre pour faire des recherches et voir s’il pouvait trouver quelque chose.
- Non. Mon contact n’a rien appris de nouveau et quand je lui ai parlé de notre théorie qu’elle voudrait s’attirer les faveurs d’un démon qui pourrait libérer son âme, il n’a pas su quoi répondre. Il dit que c’est possible mais qu’il ne pourrait pas l’assurer.
Pendant quelques secondes, Dean resta silencieux dans l’appareil.
- Tout ça, c’est ma faute, Bobby. S’il arrive quelque chose à Sam, je ne sais pas…
- On va le retrouver, Dean. Et tout ira bien.
- Je l’espère.
Dean coupa la communication et continua à fixer la route. Il passait à côté du cimetière du village quand il aperçut une grande silhouette au loin. Elle ressemblait à Sam. Il arrêta immédiatement la voiture et descendit en courant en direction de la silhouette qui commençait à disparaitre parmi les tombes et les arbres.
- Sam ! cria Dean.
La silhouette s’arrêta et se retourna. Au fur et à mesure que Dean se rapprochait, il put progressivement distinguer ses traits et il s’arrêta brutalement quand il s’aperçut que ce n’était pas son frère. Le jeune homme continua à le dévisager et quand il vit qu’il n’avançait plus, il fit demi-tour et reprit sa route. Dean ne put alors plus supporter la douleur et la culpabilité qui le consumaient et il tomba à genoux, dévasté. Par chance, il se trouva qu’il y avait une pierre tombale tout près de lui, de telle sorte que quiconque l’aurait vu aurait pensé qu’il rendait visite à un être aimé.
Les larmes coulaient de ses yeux et cette fois-ci, il ne fit rien pour les retenir. Qui allait le voir ? Qui allait penser qu’il était faible de pleurer ? PERSONNE. Car Sam n’était pas avec lui et c’était de sa faute.
« Pourquoi je ne l’ai pas arrêtée ? J’aurais pu le faire. Je ne l’ai pas protégé. Je l’ai laissé tomber et cette fois-ci, ce n’est pas une illusion ou un rêve, cette fois-ci, c’est vrai ».
Un couple passa près de lui, des fleurs dans les mains. Ils avaient l’air de venir rendre visite à quelqu’un. Quand ils le virent, la femme se blottit contre son mari et chuchota.
- Pauvre garçon. Il a dû perdre quelqu’un de très proche.
Dean les entendit mais ça ne le gêna pas. Ils avaient raison. Il avait perdu Sam et le vide dans son cœur le tuait à petit feu.
« Je peux encore le retrouver. Je peux encore le sauver ».
*****
- Pourquoi tu ne répondais pas sur ton portable ? J’ai failli venir te chercher ! dit Bobby, à la fois en colère et effrayé.
- T’as trouvé quelque chose peut-être ?
Dean voulait juste changer de sujet. Après avoir pleuré dans le cimetière, il avait eu besoin de pas mal de temps pour reprendre contenance et se débarrasser de ses yeux rougis qui l’auraient trahi.
- Eh bien, j’ai cherché dans la presse de Green Moutains, le village où vous étiez quand tout a commencé. Il en ressort que le jour même où vous vous êtes enfuis, dans la matinée, il y a eu un suicide. Une certaine Penny Shoemaker s’est pendue chez elle. Et en plus, tu sais quoi ? Elle a été hospitalisée quelques jours plus tôt pour une forte fièvre et dans un autre journal local, on mentionne qu’elle est entrée dans un supermarché et qu’elle a essayé d’assassiner une caissière, selon les témoins elle était complètement hors d’elle et elle avait l’air d’avoir des hallucinations. Ca s’est passé trois jours avant qu’elle se suicide.
- Elle avait les mêmes symptômes que moi. Tu crois que c’est une victime de la sorcière ?
- C’est possible. J’ai aussi appris que cette dénommée Penny avait perdu la garde de ses deux petites filles car elle a été accusée de maltraitance sur enfants. Apparemment, ce n’était pas quelqu’un de bien. Si c’est vrai que cette sorcière n’en a qu’après ceux qui le méritent…
- Alors on le méritait Sam et moi ?
- Vous êtes l’exception qui confirme la règle.
- Peut-être pas. Elle a dû voir quelque chose en moi quand on était dans ce village et c’est pour ça qu’elle m’a attaqué. Sam est juste une victime collatérale.
- Ne t’avise pas de me dire que tu mérites ce qui t’arrive, Dean !
- C’est moi qui l’ai attiré. D’une façon ou d’une autre, on dirait qu’elle peut voir le MAL et c’est pour ça qu’elle en a eu après moi. Si tu dis qu’elle a besoin qu’un démon libère son âme alors elle a dû changer de plan quand elle a appris pour Sam et maintenant elle veut l’utiliser pour attirer le Démon aux Yeux Jaunes et si on n’arrive pas à trouver…
Dean parlait de plus en plus vite et son désespoir ne faisait qu’augmenter. Bobby posa une main sur son épaule et le regarda dans les yeux.
- Je sais ce qui t’arrive, fiston. Tu te sens coupable. Et je ne parle pas d’un niveau de culpabilité acceptable dans ce cas, je parle de cette culpabilité qui te rend dingue et te tue à petit feu.
Dean se contenta d’acquiescer.
- C’est elle qui provoque ça. Tu ne le vois pas ? Tu en es au sixième jour et elle détruit ton âme. Ta volonté de vivre. Pour que tu fasses demain la même chose que ce qu’elle a fait. Mettre fin à tes jours. Mais tu es plus fort que ça. Je t’ai vu faire des choses incroyables toute ta vie et je sais que tu peux l’affronter. Tu peux la vaincre. Et ce n’est qu’en gagnant que tu pourras aider ton frère.
Bobby était comme un père pour Dean et maintenant que le sien était mort, il avait plus que jamais besoin de ce soutien. Dean répondit, les larmes aux yeux.
- C’est de ma faute. Je suis désolé, Bobby, mais je ne peux pas m’empêcher de le ressentir comme ça.
- Ton frère a besoin que tu le fasses. Chasse toute pensée négative et concentre-toi pour aller de l’avant !
- Je veux juste retrouver Sam.
- C’est ce qu’on va faire. Ensemble.
Le téléphone de Bobby sonna.
- Dis-moi que t’as des nouvelles.
- …
- Tu es sûr ?
- …
- D’accord. Merci.
- Qui c’était ?
- Mon contact. Il a dit qu’il a trouvé une autre version de la légende. C’est presque la même mais elle insiste avec une grande emphase sur le fait que le jeune fille se suicide au milieu de lilas sauvages.
- De lilas sauvages ?
- Oui, et tu sais quelle fleur est l’emblème de ce village ?
- Le lilas sauvage.
- Que dirais-tu d’aller nous promener dans les bois ? On dit qu’elle s’y est perdue, non ?
- Ca pourrait être n’importe où dans ce bois.
- Pas n’importe où. Il doit y avoir plein de lilas.
******
Bobby avait pratiquement dû obliger Dean à avaler quelque chose avant de s’aventurer dans les bois. Ils se dirigeaient à présent vers une zone où on leur avait dit que les lilas abondaient, même s’ils ne savaient pas s’ils parviendraient à la localiser là-dedans, après tout, depuis quand la chance souriait-elle aux Winchester ?
- Ils ont dit que ce n’était pas loin. Quatre heures de marche. Ca va faire six heures et on n’est toujours pas arrivé.
Dean était énervé et se plaignait constamment mais Bobby préférait ça plutôt que de le voir plonger dans la dépression. En fait, c’est lui qui lui avait suggéré de se concentrer uniquement sur sa mission de retrouver son frère et si se plaindre lui permettait de garder les idées occupées alors ça lui convenait tout à fait.
- Tu sais bien que quatre heures de marche pour les gardes forestiers, c’est six ou huit heures pour nous.
- S’il-te-plait ! On est en bien meilleure condition physique qu’eux.
- Mais on ne connait pas la foret et on doit faire attention à l’endroit où on pose les pieds, alors qu’eux savent très bien par où passer et ne perdent pas de temps à regarder leurs pieds.
Ce qui inquiétait le plus Dean, c’était que dans deux heures, son sixième jour allait s’achever et que la scène de la gravure dans le dos allait se répéter. Il en tremblait rien que d’y penser. « Ces deux jours à détruire mon âme ne se sont pas passés comme je m’y attendais. C’est vrai que je me sens déprimé. Bien sûr que ces mots ne sortiraient jamais de ma bouche autrement, mais en me concentrant sur Sam, j’ai assez bien réussi à supporter la situation. Peut-être qu’elle n’exerce plus aucun contrôle sur moi. Peut-être qu’elle ne s’intéresse plus à moi maintenant qu’elle a Sam et peut-être qu’elle s’est déjà volatilisée avec lui Dieu sait où et que je ne le reverrais plus jamais. Peut-être qu’il est trop tard et tout ça, c’est ma faute. J’ai promis de m’occuper de lui et de le sauver et à l’arrivée, c’est moi qui l’ai offert sur un plateau d’argent au démon. Papa me tuerait d’avoir fait ça. A quoi je pensais ! Mais non… concentre-toi, Dean ! Chasse toutes ces pensées. Je vais retrouver Sam et tout ira bien. Tout ira bien ».
- Dean, attends.
Bobby lui fit signe de s’arrêter et ils se cachèrent tous les deux derrière un arbre.
- Qu’est-ce que t’as vu ? chuchota Dean.
- Par là. Ca bouge.
Pas très loin de là, dans la direction qu’indiquait Bobby, se trouvait une petite clairière, recouverte de lilas. Dean s’approcha discrètement pour mieux voir et il se serait élancé sans réfléchir si la forte poigne de Bobby ne l’avait pas retenu par le bras.
- Doucement, fiston. On ne va réussir à rien si on se précipite.
- Mais Sam est là et elle est avec lui !
- Mais il va bien. On dirait qu’ils parlent.
Bobby ne pouvait pas voir la femme mais il voyait que Sam parlait à quelqu’un. Alors qu’il allait proposer un plan d’attaque, le femme se retourna et regarda droit vers Dean.
- Je suis contente que tu nous aies retrouvés, fiston. Ton frère voulait te dire au-revoir.
Dean et Bobby sortirent de leur cachette, les armes à la main. Ils savaient qu’elles n’avaient aucun effet mais ils se sentaient mieux avec.
- Tu n’es pas ma mère, arrête de m’appeler Fiston.
Dean se tourna ensuite vers Sam.
- Tu vas bien ?
- Parfaitement.
- Eloigne-toi lentement d’elle, dit Dean en avançant vers son frère pour se placer entre lui et la sorcière.
- Non, Dean. Tout va bien. Je ne suis pas ici contre ma volonté.
- De quoi tu parles ?
- Sam, viens ici, fiston, ordonna Bobby.
- Vous ne comprenez pas. Je peux faire tant de choses. Tout ce pouvoir à ma portée. Elle va m’apprendre à le contrôler.
- Sam, tu ne sais pas ce que tu dis, tu es envoûté.
- Non, Dean. Pour la première fois de ma vie, je sais ce que je fais. Avant j’étais perdu mais maintenant je sais où aller. Je sais ce que je peux faire et je ne vais pas y renoncer juste parce que tu es jaloux.
- Jaloux ? Sam, ce n’est pas une compétition de supers pouvoirs, il s’agit de passer du côté « obscur ». Allez Sam, on a déjà vu ce film, tu ne voudrais pas finir comme Dark Vador, hein ?
- Pourquoi est-ce que tu dois toujours tout voir en noir et blanc ? La vie est pleine de gris.
- Ce n’est pas toi qui parles là, Sam.
- Crois ce que tu veux, ce qui est sûr, c’est qu’à un moment ou un autre, le Démon aux Yeux Jaunes va venir me chercher et tu ne pourras pas me protéger. Elle si, elle peut le faire.
- C’est un piège, Sam. J’ai promis de te protéger et c’est ce que je vais faire. Fais-moi confiance.
- Sacré bon boulot jusqu’à présent, grand-frère !
Dean savait que son frère ne pensait pas ce qu’il disait. Il savait « qu’elle » l’avait envoûté mais même ainsi, ses paroles lui faisaient mal. Peut-être parce qu’il s’était lui-même répété ça toute la journée. Qu’il avait échoué. Qu’il n’avait pas réussi à le protéger.
- C’est l’heure de dire au-revoir, Sam. On doit partir, dit l’apparition.
- Je voulais juste te demander de ne pas me chercher, Dean. Tout ira bien pour moi. Ne perd pas ton temps à essayer de me retrouver.
- Où allez-vous ? demanda Dean, la voix brisée.
- En Enfer, répondit la femme dans un sourire. Pour s’entrainer, bien sûr.
- C’est ça que tu veux, Sam ? Devenir l’un d’entre eux ?
Sam sourit d’un air méprisant et, prenant la main de la « femme », ajouta :
- A jamais, Dean !
« Oh non, pas encore, non ! Ca ne va pas recommencer ».
Dean se rua vers son frère et lui attrapa le bras pour essayer de l’éloigner de la sorcière mais Sam le repoussa et, à la seconde où il perdit le contact avec son frère, tous deux disparurent une fois de plus.
- Non, non, Sam. Sam !
CHAPITRE 11.
Dean et bobby avaient pris le chemin du retour vers la voiture comme s’ils revenaient d’un enterrement. Marchant en silence et lentement, il semblait bien qu’ils allaient mettre le double de temps que ce qu’ils avaient mis à l’aller. Malheureusement, le soleil s’était couché et marcher dans le noir n’était pas une très bonne idée.
- On devrait peut-être s’arrêter, Dean. On risque de se briser le cou.
Dean continua à marcher sans rien dire et Bobby comprit que ce serait pire s’ils s’arrêtaient. Où pouvait bien être Sam ? Arriveraient-ils à le sauver ? Y aurait-il quelque chose à sauver ? Ils étaient tellement préoccupés par les milliers de questions qu’ils avaient en tête qu’ils en oublièrent que le sixième jour de Dean était sur le point de s’achever. Ils avaient atteint la rivière qu’ils avaient traversée une heure avant et se trouvaient au milieu du petit « pont » en rondins de bois quand le sixième numéro commença à se graver dans le dos de Dean. La douleur lui fit perdre l’équilibre et il tomba dans la rivière, davantage concentré sur la douleur dans son dos que sur l’eau qui le bringuebalait.
- Dean ! hurla Bobby et il se jeta dans la rivière pour sauver son ami.
Dean se noyait sans faire le moindre effort pour rester à la surface. Il entendit la voix qui l’avait torturé ces derniers jours se mettre à rire dans sa tête et le souvenir du dernier regard de son frère lui donna envie de mourir. Mourir et en finir avec tout ça. Qu’est-ce que ça pouvait lui faire si elle gagnait ? Il était fatigué. Très fatigué. La rivière semblait enfin lui offrir ce qu’il désirait tellement et il voulait la laisser l’emporter.
- Putain, fiston, je ne vais pas te laisser abandonner, cria Bobby en finissant par rejoindre Dean et en l’attrapant par la veste.
Une fois qu’il se fut assuré qu’il le tenait bien, il essaya de regagner la rive et dès qu’il s’en approcha suffisamment, sa main trouve quelque chose à quoi s’accrocher.
- Tiens le coup, fiston. Tiens le coup.
Dean sentit la main puissante de Bobby qui l’approchait et le posait en sécurité sur la terre ferme.
« Non, laisse-moi, Bobby. Laisse-moi ».
- Relève-toi, fiston.
Dean ouvrit les yeux et vit que son ami était encore dans l’eau. Il ne savait pas comment il l’avait fait monter sur la rive mais il n’était pas encore hors de danger.
- Je vais bien, Bobby. Laisse-moi t’aider.
Dean s’installa mieux et attrapa la main de Bobby pour l’aider à sortir de l’eau quand un tronc chahuté par la rivière frappa son ami de plein fouet, l’arrachant ainsi loin des berges.
- Bobby !
Dean courut le long de la rive en essayant de suivre Bobby mais il ne le vit pas. Il n’y avait que le tronc et aucune trace de son ami. De plus, l’obscurité n’arrangeait rien et il avait perdu sa lampe dans sa chute.
- Bobby ! Bobby !
*****
« Ils sont morts. Tous. C’est ma faute. Maman. Papa. Bobby. Peut-être Sam. Je suis seul. Je me retrouve tout seul. Je les ai tués. C’est ma faute. Ma faute. Ma faute. Ma faute. »
Dean était resté toute la nuit au bord de la rivière et la fièvre commençait à s’emparer de lui. Il n’avait pas réussi à retrouver Bobby et il se serait de nouveau jeté dans la rivière si une seule et unique pensée ne l’en avait pas empêché. SAM. Il avait encore un espoir. Il pouvait encore le sauver.
Quand le soleil parut, Dean se releva et s’aventura plus profondément dans les bois. Il ne savait pas où il allait, il se laissa juste porter par ses pieds.
- C’est ce que tu voulais, saloperie de sorcière ! Que je me perde dans les bois. Comme toi aussi tu l’as fait. Si c’est ce que tu veux, je vais te faire plaisir. Je vais te retrouver et tu vas payer pour t’en être pris à mon frère. Je ne te laisserai pas l’emmener. Pas cette fois-ci.
Dean marcha toute la matinée jusqu’à ce qu’il arrive à une grotte. Des lilas poussaient à l’entrée.
- C’est ça ta tanière, SALOPE ?
- Est-ce une façon de parler à ta mère ? dit « l’apparition » aux traits de Mary Winchester en sortant de la grotte.
- Ah, tu es là. Où est Sam ?
- Oh, à chaque seconde qui passe Sam épouse davantage le coté obscur. Ha ha ha, c’est comme ça que tu l’as appelé, non ?
- Tu l’as envoûté, il n’y a que comme ça que tu pouvais réussir à le faire partir avec toi.
- Oh non, crois-moi, Sam sait ce qu’il fait. Mais Dean, tu savais que ça arriverait. Ce n’est pas par plaisir que ton père t’a dit que si tu ne pouvais pas l’empêcher, tu devrais le tuer.
- Sam est un mec bien. Il est meilleur que moi. Il ne passerait jamais de ton côté.
- Tu t’es déjà senti enivré par le pouvoir ? Tu as déjà eu l’impression que le destin du monde était entre tes mains ? Moi je l’ai senti et c’est quelque chose à quoi tu ne peux pas résister. Si tu pouvais le sentir, tu ferais la même chose que Sam. Tu abandonnerais tout, tu rechercherais ce pouvoir et pour rien au monde tu ne voudrais le perdre.
- Où… est… mon… frère ?
- Il a déjà fait son choix, Dean. Tu n’as plus qu’à faire le tien.
- Me suicider ? C’est ça que tu veux que je fasse ? Bien sûr, parce qu’aujourd’hui c’est le septième jour, mon dernier jour. Eh bien, tu sais quoi ? Je ne vais pas te faire ce plaisir. Tu ne gagneras pas.
- J’en ai rien à faire, moi, de ce que tu vas faire, Dean. Que tu te fasses sauter la cervelle, ou que tu te pendes à un arbre, ou que tu retournes en ville et que tu vives la vie dont tu rêves, j’en ai rien à faire. Fais ce que tu veux. Je n’ai plus besoin de toi.
- Alors pourquoi les chiffres continuent à apparaître ? Pourquoi tu ne me laisses pas tranquille ?
- C’est un processus que je ne peux pas arrêter. Tu avais raison. J’ai fait tout ça pour m’attirer les faveurs du Démon aux Yeux Jaunes. Il n’y a que lui qui puisse me libérer et maintenant que je lui ai donné son enfant préféré, tu peux être sûr que je vais recevoir ma part du contrat.
- Alors c’est bien de ma faute, murmura Dean, réaliste.
- C’est ça le plus marrant dans l’histoire, Dean. Pendant des années, j’ai puni les méchants. Ceux qui avaient fait du mal à leur propre famille. Tu comprends, je ne supporte pas que quelqu’un blesse son propre sang. Et quand je vois un dégénéré qui maltraite ses enfants ou ses parents… mon sang se met tout simplement à bouillir. Bon, je n’ai pas de sang mais tu comprends l’idée.
- Je n’ai blessé personne de ma fa…
Dean se tut soudain en se demandant si la mort de son père comptait pour elle. Il ne l’avait pas tué mais c’était de sa faute s’il était mort.
- Parfois, je n’ai pas à attendre que quelqu’un assassine son frère pour attaquer. J’ai vu ton potentiel, Dean. Tu as blessé assez de personnes comme ça et je savais qu’un jour ou l’autre tu le ferais avec ton frère. C’est pour ça que je t’ai choisi.
- Tu m’as choisi pour ce que je pourrais faire dans le futur ?
- Au début, oui. Mais après, quand j’ai lu dans ton esprit et que j’ai su qui était ton frère… J’ai simplement compris que c’était ma seule chance de retrouver ma liberté.
- Laisse-le partir. Contente-toi… Laisse-le partir… s’il-te-plait.
- Allons, alors ça, c’est nouveau. Tu demandes « s’il-te-plait », toi ? Je ne savais rien de vous mais, ces derniers jours, j’ai réussi à bien te connaître et je sais que tu n’es pas le genre de personne qui supplient.
Fatigué de tant tourner en rond sans rien obtenir, Dean se jeta sur elle pour s’écrouler par terre quand il lui passa à travers le « corps ».
- Tu allais frapper ta propre mère ? Une chance que je n’aie pas de corps.
- Tu vas arrêter de dire que tu es ma mère à la fin ! Qui crois-tu tromper ? Nous savons tous les deux parfaitement que tu n’es pas elle. Pourquoi tu ne montres pas ton vrai visage ?
- Ce privilège n’est pas pour toi, Dean. Maintenant, si tu veux bien m’excuser, il est temps que je m’en aille. Je vais enfin cesser de errer dans ce monde décadent et tout ça grâce à ton frère. Je n’aurais jamais réussi à l’atteindre sans toi alors je suppose que je dois aussi te remercier.
- Non. Attends. Ne fais pas ça. Il n’a rien à voir là-dedans. Il n’a jamais fait de mal à personne. Tu ne peux pas le punir comme ça. Laisse-le partir.
- Je te l’ai tellement répété et tu n’as toujours pas compris. Il va bien. Apparemment, il est le seul qui puisse te convaincre.
« L’apparition » claqua des doigts et Sam apparut devant Dean.
- Sam ? C’est toi ? C’est vraiment toi ?
- Qu’est-ce que je fais ici ?
- Je suis désolée mon chéri mais ton frère ne semble pas avoir compris que tu n’es pas prisonnier.
- Dean a toujours été un peu long pour les explications.
- Ce n’est pas Sam, ça. Il est encore envoûté.
- Je ne suis pas envoûté, Dean. Tu ne le comprends pas ?
- Tu es en train de me dire que tu as rejoint l’ordure qui a tué Maman, Jess et Dieu sait combien d’autres personnes encore, et tu veux que je te croie ?
- Je ne l’ai pas rejoint, Dean. Je suis juste en train d’apprendre.
- Ce n’est pas ce qu’ELLE dit.
Sam soupira, frustré.
- Tu te souviens quand j’avais dix ans et que j’étais tellement en colère contre Papa que j’ai pris sa collection de K7 et que je les ai brûlées ? Tu te souviens que tu m’as arrêté quand j’en avais brûlé la moitié et qu’on s’est battu ?
Dean ne répondit pas.
- Quand on s’est enfin arrêté, épuisés, je t’ai dit que j’étais désolé et tu m’as répondu que ce n’était pas grave. Que tu savais que j’étais très énervé et que c’était pour ça que j’avais réagi comme ça. Tu as ajouté que tu savais que je ne recommencerais pas et je t’ai dit…
- Tu m’as dit que tu étais désolé de m’avoir frappé mais que tu ne l’étais pas d’avoir brûlé les K7. Que si tu devais le refaire, tu le referais.
- Tu ne m’as pas cru.
- Tu étais très en colère. C’est la rage qui parlait, pas toi !
- Il est temps que tu te réveilles, Dean. Moi aussi je peux être cruel. Je ne suis pas l’ange que tu crois, en fait, je suis peut-être plus un démon qu’un ange.
Sam sourit d’une façon dont il ne l’avait jamais fait avant et Dean sentit ses poils se hérisser sur sa nuque. Ce n’était pas son frère, ça. Ca ne pouvait pas être Sam. Ou peut-être que si ?
- On peut partir ? les coupa la sorcière.
- Sam. Non.
La voix de Dean se brisa.
- Je dois suivre ma propre voie. Tu n’approuves peut-être pas mon choix mais c’est de MA vie dont il s’agit.
Une fois de plus, Sam s’éloigna de Dean.
- Un dernier conseil. Occupe-toi aussi de la tienne. Mets toi à vivre. Papa n’est plus là pour donner des ordres et tu n’as plus à t’inquiéter pour moi. Alors… commence à prendre tes propres décisions. Tu vas découvrir un monde nouveau. J’en suis sûr.
Dean secoua la tête, il ne pouvait pas y croire. C’était pire que de voir Sam partir à l’université. Il s’agissait de le voir partir en Enfer, ou Dieu sait où… Ce n’était pas son petit frère qui recherchait un meilleur futur. C’était son petit frère qui basculait du côté obscur.
- Cette fois-ci, c’est pour toujours. Alors… adieu, Dean.
Pour la troisième fois en moins de quarante-huit heures, Dean vit que Sam prenait la main de la sorcière et disparaissait avec elle. Il se retrouva seul dans la grotte et tomba à genoux en pleurant d’amertume. Il avait tout perdu. Il avait échoué.
- Sssshhhh. Papa va revenir très vite, Sammy. N’aie pas peur. C’est ça. Un beau sourire. Tu n’as pas mouillé ta couche, hein ? Bien sûr que non. C’est juste que Maman te manque. Mais ne t’inquiète pas, il ne t’arrivera rien de mal. Je vais prendre soin de toi. Je te le promets.
*****
- Pourquoi tu pleures, Sammy ? Qu’est-ce qui s’est passé ?
- Y’a un garçon à l’école qui m’a frappé parce que j’ai fait tomber son déjeuner. Mais c’était un accident. Je l’ai pas fait exprès.
- Bien sûr que c’était un accident. Dis-moi juste qui c’était et je m’en occupe. On va nettoyer ton visage. J’espère que ce garçon était de ta classe et pas une de ses grandes perches qui aiment frapper les gamins de six ans.
- J’ai mal au nez, Dean.
- T’inquiète pas, Sammy. Plus personne ne te refera du mal. Je te le promets.
*****
- Tu n’as pas fini ton assiette. Tu crois que je ne me suis pas rendu compte que tu n’as presque rien mangé cette semaine ?
- C’est pas ton problème, Dean. Laisse-moi tranquille.
- Allez, Sam. Rien ne peut être si terrible que tu te laisses mourir de faim.
- Va le dire à Lisa James !
- Lisa James ? L’intello de la classe ? Bon, je dois admettre qu’elle est mignonne.
- Elle a dix ans, Dean !
- Hey, je ne dis pas qu’elle est mignonne pour moi, je dis qu’elle est mignonne pour toi. Maintenant, dis-moi, qu’est-ce qui s’est passé ?
- Rien.
- Allez, dis-moi.
- Tu vas te moquer.
- Je ne le ferai pas. Promis.
- Elle a dit que… elle a dit que j’étais gros.
- Gros ? toi ? S’il-te-plait, elle est folle, cette fille ! Tu es 100% purs muscles, Sam.
- Oui, eh bien, ce n’est pas ce qu’elle pense, elle.
- J’ai vu les garçons de ta classe. Ce sont des gringalets. T’inquiète pas, Sam. Cette fille ne sait pas ce qu’elle rate. Et tu ne vas pas arrêter de manger pour ce qu’elle dit, alors finis ton assiette.
- Sérieusement, tu ne crois pas que je suis gros ?
- Ecoute, Sam. Je suis sûr que tu plais à cette fille. Le truc c’est qu’à ton âge… c’est la façon de dire à quelqu’un qu’il te plait. En te moquant de lui.
- C’est une façon bizarre de le dire.
- Oui, je sais. Mais, hey, tu m’as, moi. Ton formidable grand-frère pour t’éclairer sur ces sujets. Fais-moi confiance. Je ne laisserai aucune fille te faire du mal, Sam. Je te le promets.
*****
- Sam ! Pousse toi !
- Non ! Dean ! Dean. Tu vas bien ? Ne refais jamais ça ! Tu veux te tuer ?
- Je te sauvais juste les fesses, Sam.
- Je t’ai entendu quand tu m’as dit de me pousser. Tu n’avais pas besoin de te jeter sur moi.
- C’est que parfois tes réflexes craignent, Sammy.
- C’est Sam ! Et j’ai déjà 15 ans, t’as pas besoin de me protéger tout le temps.
- Désolé mais c’est mon boulot. Et tant que je serai là, je ne laisserai pas un stupide poltergeist te découper vivant. Je te protégerai toujours, Sam. Je te le promets.
*****
- Prends soin de toi, d’accord ? Et ne laisse aucun de ces stupides étudiants faire le malin avec toi.
- Ca va aller pour moi. Et toi et Papa, ca va aller ?
- T’inquiète pas pour nous. Maintenant, monte dans ce bus, Sam.
- Salut, Dean.
- Salut, Sam.
« Je vais veiller sur toi. Peu importe que tu sois en Californie ou en Alaska. Je vais veiller sur toi. Je te le promets ».
******
Dean était toujours dans la grotte, torturé par ses souvenirs. Par toutes les fois où il avait échoué. Par toutes les promesses qu’il avait faites. Chaque erreur commise lui revenait en mémoire, multipliée par cent. Et cette solitude… Savoir que tous ceux qu’il aimait étaient morts. Sauf Sam, bien sûr. Mais sa situation était pire encore. Ce qu’il avait tellement craint, ce dont son père l’avait prévenu, son pire cauchemar s’était réalisé et il avait échoué. Il n’avait pas pu le sauver.
« Qu’est-ce qu’il me reste ? » pensa Dean. Et il sut que le réponse était RIEN. Il ne lui restait plus rien. Le septième jour s’achevait. Il était temps pour lui d’affronter son destin. Quelle décision prendrait-il ?
Dean sortit son arme et tira une fois en l’air pour vérifier qu’elle fonctionnait. Le coup de feu résonna dans la grotte et quelques chauve-souris s’envolèrent effrayées vers la nuit.
Je suis coupable, je les ai tués
Mon cœur m’a abusé
J’ai cru qu’ils étaient ma priorité
Mais mon égoïsme l’a emporté.
A la fin de la troisième journée
Quand la lune naquit
La belle et vertueuse damoiselle
A un arbre se pendit.
- Je ne suis pas une belle et vertueuse demoiselle et je n’ai pas de corde pour me pendre mais ça fera l’affaire, dit Dean en regardant son arme.
Il n’avait pas mangé depuis la veille et il se sentait faible. Et il est sûr que la fièvre ne l’aidait pas non plus.
Je suis coupable, je les ai tués
Mon cœur m’a abusé
J’ai cru qu’ils étaient ma priorité
Mais mon égoïsme l’a emporté.
« Pourquoi a-t-elle dit ça ? »
Je suis coupable, je les ai tués
Mon cœur m’a abusé
J’ai cru qu’ils étaient ma priorité
Mais mon égoïsme l’a emporté.
- Je t’ai laissé tomber, Sam. Mon cœur… mon égoïsme.
Les dernières minutes du septième jour s’écoulaient. Dean regarda sa montre et vit qu’il était 20h30. Encore un peu.
Je suis coupable, je les ai tués
Mon cœur m’a abusé
J’ai cru qu’ils étaient ma priorité
Mais mon égoïsme l’a emporté.
« Mon égoïsme l’a emporté »
« Mon égoïsme l’a emporté »
« Mon égoïsme…mon égoïsme… mon égoïsme… »
La douleur dans son dos réapparut et Dean sentit que le septième chiffre était en train de se graver dans sa chair. Le moment était venu. Il devait prendre une décision. Tout en lui criait d’appuyer sur la gâchette. Il était seul. Il avait échoué.
- Aghhhh.
La douleur était plus forte encore cette fois-ci et s’étendait jusque dans ses mains. En regardant ses paumes, Dean vit que des lettres s’y gravaient. Elles disaient : FAIS LE. FAIS LE. Deux mots sur chaque main.
- C’est pour toi, Sammy.
Dean saisit le pistolet. Il le porta à sa bouche.
- Pour toi. C’est pour toi.
Le coup de feu retentit dans la grotte et d’autres chauve-souris s’envolèrent vers la nuit.