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A Strange Supernatural Pilot

Série : Supernatural
Création : 09.02.2011 à 14h57
Auteur : Lydean 
Statut : Terminée

« Le Pilot de Supernatural selon la première idée d'E. Kripke » Lydean 

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            Les vêtements encore dégoulinants, dégageant une odeur à faire pâlir les rats d’égouts et à peine débarbouillé, Dean se présenta à l’accueil d’un hôtel. Il tendit la carte bancaire fournie par Bobby et créditée par le journal.

 

- Deux chambres simples, s’il vous plait.

 

- Dean, je peux payer ma chambre, affirma Sam en chuchotant.

 

- C’est pas moi qui paie, c’est le journal.

 

- Ben raison de plus.

 

- Vous aussi vous louez pour un mois ? Demanda soudainement le réceptionniste, les yeux encore endormis.

 

- Quoi ? Pourquoi ? S’étonna Dean.

 

- Ben votre collègue-là, Bert Aframian. Il est arrivé il y a une semaine et il a payé une chambre pendant un mois. Qu’est-ce qui se passe de si important dans le coin pour que trois journalistes se pointent ici ?

 

- Ah oui, Aframian ! Non, nous, nous ne sommes que de passage, expliqua Dean en feignant comprendre de qui cet homme était en train de parler. Par contre j’irai bien le saluer. Quel est le numéro de sa chambre ?

 

            Le réceptionniste chercha sur son ordinateur avant de le renseigner :

 

- Chambre douze mais je ne sais pas si vous le verrez ! Ca fait bien deux jours que personne ne l’a vu dans le coin !

 

- Merci, le remercia-t-il en saisissant les clés de leurs propres chambres.

 

            Ils sortirent de l’accueil et avant même que le grand inquisiteur qui se tenait à ses côtés l’interroge sur ce qui venait de se passer, Dean prit son téléphone portable et appela Bobby.

 

- C’est moi ! … Oui je sais qu’il est à peine plus de cinq heures du mat. Tu peux te renseigner sur quelqu’un ? … Non, c’est de quelqu’un d’autre dont je te parle, expliqua-t-il en jetant un œil discret à Sam. Est-ce que tu peux vérifier qu’un certain Bert Aframian travaille bien dans un journal ? Non j’sais pas lequel … Oui, j’veux tout savoir sur lui, y compris ce qu’il fait ici … merci Bobby … Ben en fait ça m’arrangerait aussi … Oh ça va, t’énerve pas, j’ai rien dit … ouais, à plus.

 

            Il raccrocha et évita de rencontrer le regard interrogateur de son nouveau partenaire de choc. Il lui tendit sa clé et commença à se diriger vers sa chambre, sans avoir l’intention de lui fournir des explications.

 

- Dean ! Insista le jeune homme malgré tout.

 

            Dépité, il céda tout en continuant de marcher :

 

-  Faut vraiment qu’j’aille prendre une douche là ! Mais si j’ai du nouveau, j’passerai te voir !

 

- Hé, attends !

 

            Cette fois, il s’arrêta et l’observa en attendant qu’il se décide à dire ce qui, apparemment, le perturbait. Il s’attendait à ce qu’il remette sur le tapis la question de prévenir le 911 pour les informer qu’une femme avait sauté du pont. Il avait pourtant cédé et accepté de passer  un coup de fil anonyme ! C’était déjà pas mal étant donné qu’il était persuadé que les plongeurs ne trouveraient rien. Mais finalement, la raison du malaise de Sam était tout autre :

 

- Pour ce que je t'ai dit tout à l'heure à propos de Bobby, je suis désolé.

 

              Dean leva la main pour l’empêcher de poursuivre.

 

- Pas de trucs de gonzesses ! Le prévint-il en lui lançant un regard entendu.

 

              Malgré tout, il appréciait le fait qu’il s’excuse car, pour lui, Bobby était quelqu’un de bien et il n’avait pas à faire les frais de leurs disputes débiles.

 

- D’accord, Tête de lard ! Contra Sam, rassuré d’être pardonné.

 

- Sale mioche ! Lui répondit le plus vieux, histoire d’avoir le dernier mot.

 

            Sam sourit. L’homme qu’il avait en face de lui était une énigme. Il se laissait insulter sans broncher, paraissait froid comme la glace et dur comme le rock mais le simple fait d’égratigner l’image qu’il avait de son ami le mettait hors de lui. Même s’il faisait tout pour lui prouver le contraire, Dean était un mec bien, il en était persuadé.


Lydean  (14.02.2011 à 20:53)

            Moins de deux heures plus tard, ils se retrouvaient devant la porte de la chambre où trônait le nombre douze. Après s’être assuré qu’il n’y avait personne, Dean enfonça deux morceaux de fil de fer dans la serrure et les manipula jusqu’à ce qu’il entende le petit clic significatif. Puis il tourna la poignée et ouvrit le battant sous le regard réprobateur de Sam. Exposant le véritable malaise qu’il ressentait, les yeux furtifs que lançait le jeune homme aux alentours ne lui échappèrent pas non plus.

 

- Quoi ? Demanda-t-il sur la défensive.

 

- Rien, répondit le plus jeune en haussant les épaules d’un air innocent.

 

            Il n’en pensait pas moins mais il n’avait aucune intention d’être à l’origine d’un nouveau conflit entre eux. De toute évidence, l’enfance et peut-être même l’adolescence délinquante de Dean n’était pas un lointain souvenir !

            Ils pénétrèrent dans la chambre et Sam appuya sur l’interrupteur. Lorsque la lumière éclaira les lieux, ils se figèrent, surpris par le spectacle qui s’offrait à leurs yeux. En plus du désordre impressionnant qui régnait dans la petite pièce, de grosses quantités de petits cristaux transparents avaient été réparties devant chaque ouverture, le lit était défait et une odeur de renfermé envahissait leurs narines. Pour ajouter à la bizarrerie, de nombreux documents étaient placardés sur les murs, tels une mauvaise exposition mal agencée. Parmi eux, ils reconnurent les mêmes articles de journaux que Dean avait regroupés.

 

- Whaow ! Cet Aframian est un psychopathe ou quoi ? Demanda le plus jeune.

 

- Non, ça peut pas être Aframian. Bobby m’a dit qu’il était spécialisé en journalisme international et qu’il était en Europe depuis plus d’un mois … Wow ! C’est dégueu, rapporta Dean écœuré, en reniflant un vieux sandwich qui traînait sur la table. Qui que ce soit, ça fait bien deux jours qu’il n’a pas mis les pieds ici.

 

            Chacun de leur côté, ils suivirent lentement les murs tout en prenant connaissance des différents documents exposés.

 

- Tu crois que c’est notre « kidnappeur en série » ? Interrogea Sam.


- Possible.

 

- Regarde, il y a d’autres victimes.

 

- Ouais. Tous des hommes.

 

- Oui mais ils ont différents métiers, différents âges, différentes races … J’veux dire c’est quoi le lien ? Qu’est-ce que tous ces types ont en commun ?

 

            Il se pencha et observa le bord de la fenêtre. Il étudia les petits grains translucides répartis tout le long de l’ouverture.


- Du gros sel. A quoi ça peut bien servir ? Qu’est-ce que c’est qu’ce bordel ?

 

            En l’absence de réponse, il se retourna et s’aperçut que Dean restait prostré devant l’un des documents. Il le rejoignit.

 

- Qu’est-ce qu’il y a ?

 

- Je ne sais pas qui est ce mec mais il a l’air de penser que le coupable est une femme du nom de Constance Welch.

 

- Quoi ?

 

            Sam s’approcha pour lire les annotations.

 

- Qu’est-ce qui l’a mis sur la voie ?

 

- La légende de la dame blanche.

 

- Tu rigoles ? Ironisa le plus jeune, vraiment sceptique. C’est le genre d’histoires que racontent les ados au coin du feu ou dans un cimetière le soir d’Halloween pour effrayer les belles nanas qu’ils veulent emmener dans leur lit.

 

- Ca sent le vécu ! fit remarquer son acolyte en fronçant les sourcils. Elle ne te dit rien ? Lui demanda-t-il en lui désignant une photo.

 

- Attends, c’est pas la femme qu’on a vu sauter du pont ?

 

- Si.

 

- Non mais attends, c’est pas possible. Ou alors c’est wonder woman cette femme-là ! Comment elle pourrait enlever tous ces hommes ? Les faire disparaître comme ça ? Et puis de toute façon, ça m’étonnerait qu’elle soit sortie indemne de sa chute de tout à l’heure !

 

- C’est sûr ! Surtout qu’elle est morte depuis 1981.

 

            Un mauvais frisson remonta insidieusement le long de la colonne vertébrale de Sam. Il chercha désespérément une explication logique :

 

- Tout à l’heure il faisait nuit … on était fatigué et … enfin on n’était pas dans notre état normal. On n’a certainement pas bien vu …

 

- Oh arrête !

 

- C’est peut-être sa sœur jumelle.

 

- Ben si c’est le cas elle est plutôt bien conservée la frangine !

 

- Sa fille alors ?

 

- Tu me fatigues ! Avoua le plus vieux en se passant une main lasse sur le visage. Regarde cet article en provenance directe des archives : « Constance Welch, vingt-quatre ans, s’est jeté du pont Sylvania et s’est noyée dans le fleuve. » Une heure avant qu’elle se suicide, elle appelait le 911. Elle disait que ses deux enfants étaient dans la baignoire, qu’elle les a laissés seuls une minute et que lorsqu’elle est revenue, ils étaient morts noyés.

 

- « Nos bébés étaient morts et Constance ne l’a pas supporté » a dit son mari Joseph Welch, poursuivit Sam, toujours à la recherche d’une explication plausible. Ecoute, rien ne nous dit …

 

- Et ça, ça ne te dit rien ? Insista Dean en désignant la photographie qui accompagnait l’article et qui montrait le pont d’où il avaient vu sauter la même jeune femme quelques heures plus tôt.

 

- Oui, ça ressemble au pont où on était tout à l’heure mais … Dean, c’est impossible. Ca n’a aucun sens.

 

- Eh ben moi, je veux en avoir le cœur net. Et comme on ne peut pas dire que nous ayons beaucoup de pistes pour le moment et ben je compte bien suivre celle-là ! Et si ça ne te plait pas …

 

- Je sais, le coupa-t-il, frustré. D’accord, accepta-t-il finalement en soupirant. Bon, le jour s’est levé, on devrait peut-être évacuer les lieux, tu ne crois pas ?

 

- Ouais. Je crois que je vais me prendre un petit souvenir de mon séjour ici, indiqua le plus vieux en saisissant un étrange cahier épais, une sorte de journal personnel. J’ai la dalle. J’vais m’offrir un bon p’tit dèj ! Tu veux quelque chose ?

 

- Non.

 

- C’est le journal qui paie, insista-t-il en sortant le premier de la chambre.

 

            Il eut à peine le temps d’apercevoir le signe de tête négatif de Sam avant de constater que deux agents de police sortaient de l’accueil, tout en discutant avec le réceptionniste. Bien qu’il ne puisse pas les entendre, il n’eut aucun mal à comprendre que l’homme les avait dénoncés. Lorsqu’il le vit le montrer du doigt, il fit volte-face, sortit de la poche de sa veste les clés de l’Impala et les tendit ainsi que le journal à celui qui faisait office de coéquipier.

 

- Y a les flics. Prends ça et casse-toi par la fenêtre de derrière. 

 

- Quoi ? Mais non. Et toi alors ?

 

- Ne discute pas ! Ils m’ont déjà repéré. Ca ne sert à rien qu’on soit arrêtés tous les deux. Et fais gaffe à ma caisse ! Bouge !


            Il ressortit rapidement de la chambre et intercepta les deux hommes :


- Des problèmes messieurs ?


- Où est votre partenaire ? Demanda l’un des policiers.


- Partenaire ? Quel partenaire ? Ah non, non, y a erreur ! Moi je bosse en solo.

 

            L’un des agents fit un geste à son collègue pour qu'il aille vérifier la chambre d'hôtel. Dean espéra fortement que Sam  l’ait écouté mais il n’eut pas le temps de s’en assurer car l’homme qui était resté avec lui attira son attention.


-  Alors vous, vous êtes mal barré ! Faux et usage de faux, effraction … Ca fait pas mal pour un simple journaliste. Vous pensez avoir tous les droits ?


- Wahou ! Vous êtes flics et vous avez quand même tout compris ! Se moqua-t-il ouvertement.


- Eh ben vous avez le droit de garder le silence alors, ironisa l’agent tout en le plaquant contre le capot du véhicule banalisé.


Lydean  (15.02.2011 à 21:00)

            Sam s’était caché et avait attendu que les forces de l’ordre partent avec Dean. Puis il était allé récupérer les affaires qu’il leur restait après la fouille de leur chambre respective. Il se faisait l’effet d’un grand criminel en fuite. D’abord mal à l’aise avec cette idée, il s’aperçut que, tout bien considéré, il s’y faisait facilement – peut-être un peu trop d’ailleurs ! Sur sa lancée et après s’être assuré que le réceptionniste était parti, il s’était rendu à l’accueil et avait fouillé pour subtiliser un petit quelque chose qui, avec un peu de chance, lui procurerait un semblant de reconnaissance de Dean !  

 

            Il s’éloigna sensiblement de Jericho, s’arrêta dans ce qui lui semblait être un coin tranquille et appela Bobby Singer. Il fut surpris de constater que leur patron n’était pas au courant de l’arrestation de son petit protégé. Il lui relata brièvement les faits avant de raccrocher, un sourire aux lèvres, assuré que Bobby ferait son possible pour aider cet « abruti de gamin » selon ses propres mots.

 

            Il s’affaira ensuite à lire le journal de bord que Dean avait volé à l’inconnu de la chambre douze. A plusieurs reprises, il s’arrêta, persuadé qu’il perdait son temps à accumuler des informations émanant d’un homme à l’esprit perturbé : Il avait rassemblé de nombreux exorcismes et créé une sorte de bestiaire composé de créatures légendaires telles que loups-garous, wendigos, vampires … ainsi que les manières tout aussi insolites pour s’en débarrasser. Il apprit également pourquoi du gros sel avait été réparti devant chaque ouverture : c’était pour se protéger des esprits et autres démons en tous genres. Ben voyons ! Des condiments pour empêcher des trucs inexistants de nous faire du mal ! Ce mec avait incontestablement un énorme problème. Pourquoi Dean s’y intéressait tant ? Pensait-il que ce fou était le psychopathe responsable de toutes ces disparitions ? Ou croyait-il réellement en l’existence d’une dame blanche ? De toute façon, c’était plus qu’évident, quand il lirait ça, il verrait bien qu’il était sur la mauvaise voie. Un peu de rationalité n’avait jamais tué personne !

            D’un autre côté, son partenaire avait un instinct hors du commun sur lequel il n’émettait aucun doute. Et puis pour une fois qu’il avait l’occasion de lui prouver sa valeur, il n’allait certainement pas laisser sa chance d’y parvenir lui filer entre les doigts. S’il voulait qu’il suive cette piste alors ce serait ce qu’il ferait. Il enquêterait et réunirait suffisamment d’éléments qui prouveraient ou invalideraient la théorie de son partenaire si difficilement impressionnable.

 

            Dans le journal, il était écrit qu’il fallait brûler les os du défunt pour que son esprit parte pour de bon. S’il suivait les élucubrations de cet homme, la dame blanche n’était ni plus ni moins qu’un fantôme mais pour le moment il n’avait nulle intention de profaner une tombe. Il décida donc d’un compromis : il irait interroger le veuf de cette Constance Welch.


Lydean  (16.02.2011 à 10:07)

- Hey ! Vous m’avez oublié ou quoi ? S’énerva Dean.

 

            Ca faisait plusieurs heures qu’il était enfermé là avec pour seule compagnie le poivrot du village qui ronflait et bavait sur sa paillasse quand il n’essayait pas de ravaler ses régurgitations. Ce n’était pas son premier séjour en prison mais il avait vraiment l’impression de perdre son temps. Il avait une affaire en cours et les découvertes qu’il avait faîtes dans la matinée le perturbaient. Il avait réellement besoin de comprendre et pour ça il devait enquêter et donc sortir d’ici ! Sans compter que le gamin était dans la nature, tout seul, sans expérience et, par conséquent, en danger potentiel. Ce n’était pas qu’il s’inquiétait pour lui, ça non ! Après tout il n’avait jamais demandé à être affublé de ce novice – Bien qu’il se soit montré presque à la hauteur par moments. Bref, c’était beaucoup plus simple pour lui de penser que son inquiétude était due au fait que Bobby lui ferait la peau s’il arrivait quelque chose à Sam.

            Toujours accroché aux barreaux de sa cellule, il assista enfin à l’arrivée du shérif. Celui-ci ouvrit le dossier qu’il tenait dans ses mains et commença à faire les cent pas devant lui.


- Dean Mc Caffrey, hein ? Articula-t-il enfin. Dites-moi, vous êtes une vraie légende auprès de nos services !

 

- Quoi ? Vous voulez un autographe ? Faîtes-moi signer mon bon de sortie !

 

- Vous voulez déjà nous quitter ?

 

- Ben, c’est pas que votre compagnie me déplaise, ironisa le jeune homme, mais j’ai autre chose à faire là.

 

- Vous avez une petite idée du merdier dans lequel vous vous êtes fourré ?

 

- Eh ! Moi je ne fais que mon job ! Vous devriez peut-être penser à en faire autant !

 

- Qu’est-ce que vous fichiez dans cette chambre ? Il y avait les photos de dix personnes disparues sur les murs au milieu de symboles et de formules sataniques.

 

 - De rien !

 

- Quoi ? S’étonna le shérif devant ces deux mots qui n’avaient aucun sens pour lui.

 

- Quoi, quoi ?  Vous alliez bien me remercier : Sans moi vous n’auriez jamais trouvé cette piaule !

 

- Vous êtes gonflés ! Vous oubliez que cette chambre était louée par l’un de vos collègues.

 

- Wow, wow, wow ! Si vous aviez fait votre boulot correctement, vous sauriez qu’Aframian est en Europe en ce moment.

 

- Je vais vérifier ça ! Mais dites-vous bien que même si votre collègue est innocent, vous faîtes un excellent suspect pour nous.

 

- Ca colle pas et vous le savez très bien. La première victime a disparu en 1982. Je n’avais que trois ans.

 

- Et qui nous dit que l’inconnu de la chambre douze n’est pas votre complice ? Il est peut-être à l’origine de tout et vous suivez ses traces.


            Dean refusa de s’abaisser à répondre à ça. Le shérif n’avait rien pour prouver ses dires et il le savait. Il attendit donc qu’il poursuive son pseudo interrogatoire.

 

- Où est votre partenaire ? Ou stagiaire ? Bref, le grand mec qui était avec vous sur le pont. J’aurais quelques questions à lui poser à lui aussi.

 

- Je ne vois pas de qui vous parlez. Puisque vous me connaissez si bien, vous devriez savoir que je bosse toujours en solo.

 

- Arrêtez de faire le malin ! Si vous voulez avoir une petite chance de sortir d’ici avant la fin de la semaine vous devriez répondre à mes questions.

 

- Ah mais je compte bien sortir avant la tombée de la nuit. J’ai juste besoin d’un jeton pour passer mon coup de fil, expliqua Dean en désignant du pouce l’appareil téléphonique fixé sur le mur du couloir.

 

            Devant l’hésitation de l’homme de loi, il insista :

 

- Je ne voudrais sûrement pas faire un trou dans le budget des contribuables alors passez-moi mon portable si vous préférez.

 

- Ici, c’est donnant-donnant ! J’ai le nom de votre complice, vous avez votre jeton pour téléphoner.

 

- Ah mais c’est pas très légal ça, Shérif !

 

- Parce que vous vous y connaissez si bien en termes de légalité, monsieur Mc Caffrey !

 

            Dean réprimait une furieuse envie de lui faire ravaler cette réflexion par les trous de nez ! Ou mieux, de lui enfoncer si profondément dans le derrière qu’il en aurait pleuré ses sarcasmes. L’expression de son visage devait trahir sa pensée car le shérif recula d’un pas, méfiant, malgré la présence des barreaux entre eux. Après quelques instants où ils se toisèrent d’un regard mauvais, ce fut finalement l’homme de loi qui y mit un terme :

 

- Je vous laisse y réfléchir et je reviendrai d’ici … environ une petite heure … ou deux ! Enfin juste pour vous faire plaisir, j’essaierai de passer avant la tombée de la nuit !

 

            Il le regarda s’éloigner, persuadé qu’il ne s’agissait pas de menaces en l’air. Il rageait intérieurement. D’ici il ne pouvait rien faire. D’un autre côté, ce mec se fourrait un doigt dans l’œil s’il croyait obtenir des informations sur Sam de cette manière. S’il y avait bien une chose dont il était sûr, c’était qu’il ne dénoncerait jamais son partenaire !


Lydean  (16.02.2011 à 15:42)

            Sam discutait avec Joseph Welch dans la cour devant une vieille maison mal entretenue. L’homme au regard suspicieux venait de décrire physiquement le chroniqueur d’une cinquantaine d’années qui était déjà passé le voir trois ou quatre jours auparavant.


- Alors comme lui, vous êtes journaliste ? Demanda-t-il, intéressé.


- C'est ça. On travaille sur une histoire ensemble, mentit le jeune homme, toujours aussi peu à l’aise avec ce genre de procédé.


- Ben, je serais curieux de savoir de quelle histoire il s'agit. Y a qu’à voir les questions qu'il m'a posées.


- Elles concernaient votre femme Constance ?


- Ouais. Il a demandé où elle était enterrée.

 

- Ah ?! Et qu’avez-vous répondu ?

 

- Dans un bout de terrain près de ma vieille maison au bout de Breckenridge Road.


- Pourquoi êtes-vous parti ?


- Je ne pouvais plus vivre là où mes enfants se sont noyés.


- Je comprends,
compatit le jeune homme ne sachant pas réellement quelles questions il pouvait lui poser ensuite.

 

- Constance était le seul amour de ma vie. La plus jolie femme que j'ai jamais vue, chuchota le veuf pour lui-même en se remémorant le souvenir de celle qui avait été son épouse.


- Vous avez déjà entendu parler de la dame blanche ? Demanda soudainement Sam, sans comprendre ni comment ni pourquoi il en était arrivé à dire une chose aussi débile !


- Une quoi ?


- Une dame blanche,
répéta-t-il bien malgré lui. Elle est appelée parfois la femme en pleurs. C'est un phénomène très ancien. Une sorte de fantôme en fait. Enfin techniquement ce serait plutôt des esprits. Les gens en parlent déjà depuis des centaines d'années. Mais ça je vous l’ai déjà dit. Et puis, ce phénomène aurait été observé sur toute la planète, vous savez ?! A Hawaï, au Mexique. Et ces temps-ci en Arizona, en Indiana. Ces dames blanches seraient toutes différentes mais auraient toutes la même histoire, expliqua-t-il mal à l’aise, relatant ses connaissances mais s’emmêlant dans ses explications.

 

            Il s’aperçut néanmoins que la légende qu’il connaissait correspondait en de nombreux points à ce qu’il avait lu dans le journal de l’inconnu.


- Mon garçon, ces histoires là ne m'ont jamais intéressé, lui répondit Joseph, avec une expression sur le visage qui montrait clairement ses doutes sur l’état mental du pauvre type qui était en face de lui.

 

            Sam poursuivit malgré tout. Au point où il en était, il n’avait plus rien à perdre :


- Quand elles étaient vivantes, leur mari s'est montré infidèle. Alors ces femmes ont tué leurs enfants pendant une crise de folie. Une fois qu’elles avaient réalisé ce qu'elles avaient fait, elles mettaient fin à leurs jours. Le problème c’est qu’elles ne quittent plus la Terre. Elles attirent les hommes infidèles le long des routes et les tuent sans hésiter. Du coup, ils disparaissent sans laisser de traces ... comme les disparus du coin, ajouta-t-il pour lui-même tout en essayant de chasser de son esprit ces fâcheuses coïncidences.


- Vous croyez que c'est ce qui s'est passé avec Constance ? J’veux dire, qu'elle ait pu tuer nos enfants au cours d’une crise de folie ?


- Je ne sais pas. Qu’en pensez-vous ?


- Ecoutez ! J’admets avoir probablement commis quelques erreurs qui auraient pu … mais ça, c’est impossible. Je suis sûr que Constance n'aurait jamais tué ses propres enfants,
affirma-t-il, les larmes aux yeux avant de s’énerver. Fichez le camp d'ici et ne vous avisez pas de remettre les pieds chez moi !

 

            Voyant que la nuit allait bientôt tomber et comprenant parfaitement le ressenti de ce pauvre homme, Sam n’insista pas et prit congé. Un lourd sentiment de culpabilité lui mina le moral. Pourtant, il avait appris quelques éléments qu’il pourrait rapporter à Dean et ça c’était plutôt positif. Pour parfaire son dossier et, avec un peu de chance, réunir des informations supplémentaires, il décida de se rendre dans la maison où le drame avait eu lieu. Apparemment, cette bâtisse était désertée depuis tout ce temps et elle constituait par conséquent une excellente planque. Il espérait et appréhendait en même temps que l’inconnu de la chambre douze s’y trouve. Il était persuadé que cet homme avait un lien étroit avec toute cette histoire mais sa santé, mentale apparemment défaillante, en faisait quelqu’un de dangereux. Par conséquent,  il n’envisageait pas de prendre des risques inutiles. Il observerait de loin une éventuelle présence et s’il obtenait des preuves, il se ferait un plaisir d’en faire part à cette tête de lard qu’était son  nouvel équipier.

            Ce fut donc avec une détermination sans faille qu’il démarra l’Impala et se dirigea vers l’ancienne demeure des Welch. Malheureusement pour lui,  à aucun moment il ne pensa que le danger pourrait survenir sur le trajet et non au terme de sa destination.


Lydean  (17.02.2011 à 22:03)

            Dean tournait en rond dans sa cellule. Comme il refusait de fournir au shérif les informations qu’il désirait, le petit jeu pouvait durer encore longtemps ! Il regarda sa montre. A cette heure-ci, la nuit commençait certainement à tomber. Les jours étaient courts en ce début novembre et le temps maussade n’aidait pas à les rallonger. Non seulement il avait perdu de précieuses heures de jour mais en plus il n’avait toujours pas de nouvelles de Sam. Il ne comprenait pas d’où venait cette impression qu’il devait surveiller les arrières de ce type. Peut-être son attitude de sale mioche ?! A moins que ce soit son intuition qui dise vrai : ce mec avait tout l’air d’être un aimant à emmerdes ! En tous cas, il espérait que le gamin n’ait pas fait d’âneries, qu’il ne se soit pas bêtement mis en danger pour lui prouver sa valeur. Il n’était pas aveugle : il avait bien remarqué que son jeune partenaire faisait tout pour faire ses preuves et qu’il espérait secrètement une certaine reconnaissance de sa part. Or ce genre d’attitude ne menait qu’à une seule chose : les ennuis, voire d’énormes problèmes. Il en avait déjà fait les frais à de nombreuses reprises quand il était encore adolescent et qu’il voulait prouver à Bobby qu’il était un homme ! Inconsciemment, il sourit en se remémorant le nombre incalculable de fois où son ami avait dû le sortir d’un mauvais pas.

            Lorsque l’adjoint du shérif arriva pour le libérer, tout en lui annonçant que son patron avait payé sa caution, Dean se dit que, tout bien considéré, même s’il était adulte aujourd’hui, les choses n’avaient pas changé tant que ça ! Franchement ravi et sans le moindre remord, il lança un sourire sarcastique au shérif dès qu’il arriva à l’accueil. Frustré, le visage rougi par la fureur, l’homme de loi se leva brusquement et se planta devant lui.

 

- Vous avez de la chance d’avoir des amis qui ont des relations, Monsieur Mc Caffrey. Si ça n’avait tenu qu’à moi, je vous aurais laissé pourrir ici bien plus longtemps.

 

- Oh, allez ! Ne soyez pas si mauvais joueur ! J’ai essayé de vous prévenir que je sortirai avant la tombée de la nuit. J’ai toujours raison, le nargua-t-il ouvertement en récupérant toutes ses affaires.

 

- Je vous conseille de partir très loin d’ici ! Et faites attention jusqu’à la sortie de la ville parce qu’à la moindre infraction, je vous coffre. Et cette fois votre patron pourra bien vociférer autant qu’il voudra. S’il veut vous voir libre, il faudra qu’il vienne en personne mettre ses menaces à exécution !

 

- Croyez-moi, vous n’avez pas envie de ça, Shérif ! Certifia Dean avant de se diriger vers la sortie. Ce fut un plaisir. A la prochaine ! Les provoqua-t-il sans lancer un seul regard aux hommes présents dans le poste et en passant la porte.

 

            Une fois à l’extérieur, il perdit très rapidement son sourire ironique. Il observa autour de lui et soupira amplement. Il devait impérativement récupérer sa voiture et, par la même occasion, retrouver Sam. Malheureusement, pour ça, il devait appeler Bobby et lui demander le numéro de portable du gamin parce que, bien évidemment, il n’avait pas eu l’idée et surtout pas l’envie de l’enregistrer dans ses contacts. Faire ce genre de chose serait revenu à admettre qu’il désirait communiquer avec lui. Et ça c’était hors de question ! Il rechigna encore un instant avant d’appuyer sur la touche appel. De toute façon, il n’avait pas le choix. Il avait un très mauvais pressentiment vis-à-vis de Sam et il devait gérer au mieux l’urgence de la situation.

            Comme il s’y attendait, Bobby décrocha dès la première sonnerie et ce qu’il craignait vint lui exploser dans les oreilles. Il patienta en grimaçant jusqu’à ce qu’à ce que le sermon touche à sa fin.

 

- Dis ? T’aurais pas le numéro de Sam par hasard ? Tenta-t-il doucement, se préparant à une deuxième tempête.

 

- Quoi ? Pourquoi ? Il est où ?

 

- Ben c’est justement ce que j’aimerais savoir.

 

- C’est pas vrai ! J’te le confie deux jours et tu l’as déjà fait fuir ! J’parie que tu lui en as fait voir de toutes les couleurs ! T’as intérêt à le retrouver et à me le ramener entier parce que sinon j’te jure que …

 

- Oui, oui, je sais Bobby ! L’interrompit-il avant qu’il évoque les menaces qu’il mettrait sans nul doute à exécution.

 

- Tu n’as aucune idée de ce qu’a vécu ce gamin !

 

- Ben vas-y ! Eclaire ma lanterne ! L’encouragea-t-il, ravi d’avoir enfin l’occasion d’en apprendre plus sur ce partenaire qu’il lui avait imposé.

 

            Après un instant d’hésitation, Bobby finit par céder :

 

- Foutue tête de mule ! Rouspéta-t-il malgré tout. Tu veux tout savoir ? Et ben il a tout perdu, voilà ! Ses parents biologiques ont péri dans l’incendie de leur maison alors qu’il n’avait que six mois. Quant à ses parents adoptifs, ils ont eu un accident de voiture mortel cet été. Ils avaient contracté des dettes et pour les rembourser, Sam a dû vendre tous leurs biens. Il n’a plus de famille, plus de toit sur la tête, plus rien !

 

- Je vois, marmonna le jeune homme qui sentait la culpabilité s’insinuer en lui comme une flèche empoisonnée.

 

            Il récupéra le fameux numéro de téléphone et raccrocha après s’être engagé auprès de celui qu’il considérait comme son père, à faire tout ce qui était possible pour retrouver et ramener son partenaire « en l’état ». Il n’avait eu aucun mal à faire cette promesse et il était sûr de s’y tenir quoiqu’il lui en coûte. Les quelques révélations de Bobby l’avaient ébranlé. D’accord, il pouvait être un véritable emmerdeur quand il le voulait mais jamais il n’avait été minable au point de blesser quelqu’un à ce point volontairement. Combien de fois l’avait-il renvoyé balader en lui disant qu’il n’avait qu’à retourner dans les jupes de sa mère ?! Il en voulait à Bobby de ne pas lui avoir révélé ces informations plus tôt. En même temps, il se maudissait pour son ignorance. D’habitude, il était bien mieux préparé que ça, ce qui lui évitait ce genre de boulettes ! Il avait été pris au dépourvu et ce n’était vraiment pas concluant. Et enfin, il détestait Sam car, par son attitude, ce gamin l’obligeait à être responsable de lui, ce qui n’était jamais arrivé avant. Et le pire était qu’il venait de prendre conscience qu’il s’inquiétait réellement pour lui et qu’il ne se pardonnerait jamais s’il lui arrivait quelque chose.

 

- Sale mioche ! Rumina-t-il à l’intention du jeune homme tout en composant son numéro.


Lydean  (19.02.2011 à 20:15)

            Depuis qu’il était au volant, Sam avait appris à apprécier la conduite de la Chevrolet. Il était confortablement assis, le moteur ronronnait et malgré sa vieille mécanique, elle pouvait filer à vive allure sans qu’il ne ressente réellement la vitesse. Lui qui avait toujours rêvé d’avoir une voiture moderne avec toute la technologie qui l’accompagnait, il se surprenait à admirer le charme et les qualités qu’offrait l’Impala. Quoiqu’il aurait bien viré cette vieillerie d’autoradio pour le remplacer par un beau lecteur CD tout neuf !

            Tout à ses pensées, il sursauta lorsque la sonnerie de son téléphone retentit. Sur le cadran, il vérifia le nom de l’appelant et décrocha aussitôt.


- Dean ?

 

- T’es où là ?

 

- T’as été relâché ? Dis, c’est comment la prison ? Se moqua le plus jeune.

 

- T’as fini, abruti ! Dis-moi où tu es.

 

- En route pour l’ancienne maison des Welch, au bout de Brekenridge road.

 

- Quoi ? Non, non, non ! Tu fais demi-tour et tu me rejoins ici.

 

- Ecoute, je fais juste un petit repérage et après je passe te prendre.

 

- Sam, c’est trop dangereux …

 

- Eh ! J’suis un grand garçon et je vais faire attention …

 

- Si tu ne te ramènes pas tout de suite …

 

- Ouais, je sais, tu me renvoies direct dans les jupes de ma mère.

 

- Oh, non ! J’te jure que si tu ne fais pas demi-tour dans la seconde, j’vais te retrouver et tu vas prier pour je te laisse …

 

- Oh merde ! Cria brusquement le conducteur en écrasant la pédale de frein.

 

            Les yeux exorbités, les mains serrées sur le volant, Sam n’entendait plus les appels de Dean qui émanaient de son téléphone éjecté brutalement avant de se nicher quelque part dans l’habitacle.


Lydean  (20.02.2011 à 09:55)

- Sam ! Sam ! Continua-t-il d’appeler alors que le bip de fin de conversation se faisait entendre à l’autre bout du fil.

 

            Putain, il le savait ! Il regarda rapidement autour de lui et se dirigea vers une voiture stationnée à proximité qui lui semblait la plus rapide. N’ayant pas le temps de faire dans la subtilité, il empoigna la tige métallique qui maintenait la vieille poubelle rouillée sur le trottoir et l’arracha violemment. Puis il explosa la vitre du véhicule, coté conducteur et balança la barre et ses autres affaires sur le siège passager. Il s’installa derrière le volant, se pencha, arracha les fils sous le tableau de bord et démarra en moins d’une minute. Braquer une bagnole à proximité d’un poste de police où l’ensemble des agents avait une furieuse envie de le coffrer n’était vraiment pas une bonne idée ! Alors le fait de ne pas avoir  perdu la main le réjouissait au plus haut point. Il s’éloigna rapidement du secteur et fila aussi vite que possible en direction de Brekenridge Road.


Lydean  (20.02.2011 à 09:57)

            L’Impala était à l’arrêt, sous un angle de quarante-cinq degré par rapport à l’axe de la route, en plein au milieu de cette ligne droite désertique. Malgré l’obscurité, les traces de freinage étaient bien visibles sur l’asphalte et le nuage de fumée provoqué par le frottement des plaquettes de frein sur les roues n’était toujours pas dissipé.

            Sam essayait de retrouver une respiration normale. Il n’avait pourtant pas rêvé. Il était plus que sûr d’avoir vu cette femme habillée tout en blanc. Il avait même pensé qu’il l’avait renversée. Elle était apparue comme ça, venue de nulle part et il n’avait pas eu le temps de s’arrêter avant de la percuter de plein fouet. Mais cela devait être une illusion car il n’avait ressenti aucun choc. C’était un peu comme si la voiture était passée au travers de son corps et que la jolie brune s’était évaporée en un léger brouillard au moment de l’impact. Ca devait être dû à la fatigue. Depuis quand n’avait-il pas dormi exactement ? Pour sûr la nuit dernière n’avait pas été de tout repos. Ce qu’il venait de voir était donc une hallucination, il n’y avait pas d’autre explication. Il parvenait à peine à se calmer lorsqu’il regarda dans le rétroviseur intérieur afin de reprendre la route. Il sursauta et un frisson d’horreur parcourut sa colonne vertébrale à l’instant où il croisa le reflet de cette femme, assise bien tranquillement sur la banquette arrière.


- Ramène-moi chez moi, lui intima-t-elle d’une voix qui le fit pâlir d’angoisse.

 

            Il ne s’apercevait même pas qu’il avait cessé de respirer. Quant à son cœur, il tambourinait si fort qu’il menaçait d’exploser dans sa poitrine. Cette femme, il la reconnaissait. C’était la même qu’il avait vu sauter du pont la nuit dernière, la même qui était représentée sur l’article de journal, la même dont la photo avait été encadrée et posée sur la commode près de l’entrée chez Joseph. C’était Constance Welch !


- Ramène-moi chez moi, ordonna-t-elle de nouveau sur un ton ferme.

 

            Il déglutit avant de prendre enfin une once d’oxygène. Sa respiration devint saccadée. Il devait impérativement se calmer, se raisonner. Après tout ce n’était qu’une femme et, de toute évidence, l’annonce de sa mort avait été quelque peu prématurée. Voilà la seule explication logique qu’il pouvait fournir en cet instant.


- Non, finit-il par décréter.

 

            Il avait essayé d’être convainquant mais sa maudite voix avait trahi son angoisse. Soudain les portières se verrouillèrent. Surpris, il actionna la poignée à plusieurs reprises et de plus en plus violemment mais ses tentatives restèrent vaines. Il détestait se sentir prisonnier. Il n’avait qu’une envie : sortir d’ici et s’enfuir le plus loin possible. Il ne comprenait rien à ce qui se tramait et il ne cherchait même plus à trouver une quelconque explication à ce phénomène terrifiant. Lorsque l’Impala se mit à rouler et à prendre de la vitesse, il paniqua. Dans un même élan, ses deux pieds écrasèrent de toutes leurs forces la pédale de frein et il attrapa le volant pour contrôler la direction. Mais rien n’y fit. Désemparé, il tenta une ultime fois d’ouvrir la portière. Il se sentait même prêt à sauter en marche malgré la vitesse qui avoisinait maintenant les cent vingt kilomètres à l’heure. Malheureusement, il dut encaisser un nouvel échec. Paniqué et voyant qu’il n’avait aucun moyen de se sortir de ce cauchemar, il essaya de se raccrocher à un dernier espoir. C’est alors qu’il se surprit à espérer que Dean arriverait à temps pour le secourir.


Lydean  (21.02.2011 à 09:05)

            Il filait à vive allure sur cette route désertique, observant avec beaucoup d’attention les alentours pour déceler la présence éventuelle de Sam. Il avait essayé plusieurs fois de le rappeler mais il tombait sans cesse sur sa messagerie et ça le mettait hors de lui. Il roulait sur Breckenridge Road et jusqu’à présent, il n’avait rien vu qui aurait pu attirer son attention et le faire ralentir. La seule chose qui le rassurait était de ne pas avoir retrouvé l’Impala abandonnée sur le bord de la route car ça n’aurait rien présagé de bon pour son partenaire. Au-delà de l’angoisse qu’il ressentait, il pouvait presque deviner la colère qui sommeillait en lui. S’il arrivait quelque chose au gamin … non, c’était exclu ! Il refusait même d’y penser une seule seconde. En revanche, dès qu’il le retrouverait, il aurait deux mots à lui dire ! Il n’avait pas idée de se fourrer dans de telles galères !


Lydean  (21.02.2011 à 09:06)

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