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Série : Supernatural
Création : 12.01.2012 à 21h46
Auteur : schumi
Statut : Terminée
« Voici une intrigue qui se déroule pendant la saison 3, après Jus Bello. » schumi
Cette fanfic compte déjà 7 paragraphes
Voici donc une intrigue qui se déroule juste après Jus in Bello. Si cette histoire ne vous plait pas, sachez que c'est Lydean qui m'a poussé à la poster (^-^)! Si elle vous plait (ce que j'espère bien sûr), sachez que c'est Lydean qui m'a poussé à la poster! lol.
Comme mes fics précédentes, il s'agit ici d'une traduction! Le texte d'origine est signé de Riquitv et s'appelait "Conversacion" dans la belle langue de Cervantes!
Pour finir, je vous dirai seulement qu'il s'agit d'une histoire d'une chasse qui tourne mal (comment ça c'est pas original???) et que nous retrouverons les personnages de Sam, Dean, Bobby et Ruby!
Et maintenant, à vous de jouer!!!!!
I. LE PIEGE
- Alors comme ça, on entre et on ressort ? demanda Sam en baillant.
- C’est un travail facile, Sammy. Je crois que j’aurais même pu te laisser venir tout seul.
Il était 3 heures du matin et les garçons se dirigeaient vers un vieux mausolée pour brûler les restes d’un baron qui avait fait des siennes dans ce qui avait été sa propriété, désormais transformée en hôtel.
- Tu peux me redire pourquoi on doit faire ça à 3 heures du matin ? demanda Sam, pas encore complètement réveillé.
- Eh bien, je te l’ai déjà dit. Selon la légende locale, le baron est mort entre 3 et 4 heures du matin, alors j’ai pensé que ce serait une bonne idée qu’on mette un terme à ses souffrances à la même heure que celle où il est mort, dit Dean en souriant.
- Attends, attends, t’es en train de me dire qu’il n’y a aucune raison logique à tout ça ? C’est juste que ça t’a semblé une « bonne idée » ? répondit Sam, irrité.
- Hey, c’est moi le grand-frère et j’ai toujours raison alors ne discute pas, Sammy.
- C’est Sam ! Et la prochaine fois, JE choisis l’heure pour faire ce genre de boulot.
Dean se mit à rire de bon cœur. Il aimait embêter son frère mais le plus important, c’est qu’il avait choisi cette heure là car, comme ça, il pourrait se changer les idées. Depuis quelques jours, Dean ne réussissait pas à bien dormir, l’insomnie était devenue son pain quotidien ou, plutôt, son pain nocturne… Jusqu’à présent, il avait réussi à le cacher à son frère mais c’était juste une question de temps avant que Sam se rende compte que Dean ne dormait plus.
Dean avait essayé de dormir mais il n’y arrivait tout simplement pas. Son année s’achevait et la sensation qu’il avait dans la poitrine ne le laissait pas tranquille. Ce n’était pas seulement qu’il ne voulait pas aller en Enfer, c’était cette impression de laisser Sam tout seul dans ce monde, à affronter le mal sans son aide.
Ruby lui avait demandé de l’aider à préparer Sam pour le combat, mais est-ce que cela voulait dire que Sam devrait devenir comme les méchants pour pouvoir les affronter ? Dean ne voulait pas que son frère passe du « côté obscur ». C’est pour ça qu’ils faisaient une si bonne équipe tous les deux. Dean était toujours le chasseur le plus froid pendant que Sam équilibrait la situation par sa bonté naturelle. Mais désormais, Sam lui avait dit qu’il voulait devenir comme lui, Sam ne pensait plus aux autres avec la même sensibilité qu’avant, Sam était en train de changer et Dean ne savait pas si c’était parce qu’il se préparait à combattre tout seul ou parce qu’il était revenu « différent ». Toutes ces idées l’empêchaient de dormir, voilà pourquoi quand il eut la possibilité de faire ce travail à l’aube, il choisit l’heure la plus difficile pour le faire.
***
- Bon, on y est, comment on va entrer ? demanda Sam en ramenant Dean à la réalité.
- On brise le cadenas et on entre.
- Il n’y a pas de cadenas, Dean, ce mausolée est presque scellé.
- Eh bien alors on fait sauter la porte, fit Dean en souriant.
- Dean, tu ne parles pas sérieusement, hein ? dit Sam en fixant son aîné, inquiet.
- Allez Sammy, qu’as-tu fait de ton sens de l’humour ?
Et en disant ça, Dean sortit un pied de biche et s’apprêta à ouvrir la porte. Après 10 minutes sans aucun résultat, Sam commença à s’impatienter.
- J’arrive pas à croire qu’on soit venu jusqu’ici alors que tu n’avais pas la moindre idée de la façon d’entrer. Tu étais censé venir ce matin pour reconnaitre les lieux, fit Sam, énervé.
- Et c’est ce que j’ai fait ! J’ai trouvé le mausolée, j’ai bavardé avec le gardien et on est là…
- Eh bien tu as oublié un petit détail, Dean : comment on va entrer ?
- T’es vraiment de très mauvaise humeur ces derniers temps, Sammy. Et tu sais ce que tu peux faire de ce genre de comportement ? tu peux te le mettre dans le…
Dean ne termina pas sa phrase car la porte du mausolée s’ouvrit comme si une force invisible l’avait actionnée. Les frères se regardèrent, regardèrent autour d’eux et entrèrent prudemment.
- Tu sais que c’est un piège, hein ? chuchota Sam.
- Non Sam, j’ai cru que tu avais ouvert la porte par la simple force de ton esprit, dit Dean, ironique. Bien sûr que je sais que c’est un piège, j’suis pas idiot ! Mais si ce baron croit qu’il peut quelque chose contre nous, il va vite découvrir que ce n’est pas le cas.
- Je crois que c’est celle-là la sienne, dit Sam en désignant une urne qui contenait des cendres. Derrière l’urne, il y avait une photo et le nom du baron qu’ils recherchaient.
- Je ne comprends pas, si le baron a été incinéré, ce qui, bien sûr, n’était pas mentionné dans les journaux que j’ai lus, alors c’est qui le fantôme qu’on poursuit ?
Dean finit à peine de prononcer sa phrase qu’une ombre se matérialisa derrière Sam.
- Sam, à terre !
Sam réagit immédiatement, Dean tira sur la créature et celle-ci disparut. Sam se plaça près de Dean et, dos-à-dos, les frères regardèrent tout autour d’eux.
- Qu’est-ce que tu crois que c’était ? demanda Sam, nerveux.
- J’en ai pas la moindre idée mais apparemment notre gentil petit boulot s’est compliqué. Il vaudrait mieux qu’on sorte d’ici et on reviendra quand on aura plus d’informations.
Et tout en disant ça, ils se dirigèrent tous deux vers la porte sans baisser leur garde. Quand ils n’étaient plus qu’à quelques pas de celle-ci, la créature se matérialisa devant la porte et la referma violemment, puis, armée d’une espèce d’épée qui lui ressemblait, c’est-à-dire qui semblait n’être qu’une ombre, elle attaqua Sam. Dean sentit l’attaque venir et, suivant son instinct de grand-frère, il s’interposa entre la créature et Sam, recevant ainsi le coup à la place de son frère.
- Dean !
Sam rattrapa son frère dans ses bras. La créature les dévisagea pendant un instant et ensuite elle disparut à nouveau, laissant les deux frères seuls dans le mausolée scellé.
II. SEULS
- Dean, Dean, allez frangin, regarde-moi.
Sam s’agenouilla près de son frère sans le lâcher, de telle sorte que la tête de Dean reposait sur le bras droit de Sam. Dean était inconscient, Sam pouvait voir du sang s’écouler de son côté droit, il souleva sa chemise et put distinguer une blessure ouverte. Il posa sa main dessus pour exercer une pression et empêcher que le sang continue à couler, la pression faisant échapper un gémissement de douleur des lèvres de Dean.
- Doucement, doucement, tout va bien se passer, ne t’inquiète pas, dit Sam, davantage pour lui-même que pour Dean.
- Qu’est-ce qui s’est passé ? demanda faiblement Dean en ouvrant doucement les yeux.
- Comme d’habitude. Tu t’es mis à jouer les héros et la créature t’a blessé.
Nul doute que si Sam voulait se mettre à compter le nombre de fois où son grand-frère l’avait sauvé, il allait lui manquer des doigts sur les mains et les pieds et il aurait peut-être besoin de ceux de deux ou trois autres personnes encore.
- De rien, petit-frère, c’est toujours un plaisir de te sauver les fesses.
Dean essaya de se relever mais la douleur était plus forte que sa volonté alors au lieu de réussir à faire ce qu’il voulait, il se retrouva à pousser un cri de douleur et à s’enfoncer davantage dans les bras de Sam.
- Hey, hey, n’essaie pas de te relever ou ça va s’aggraver.
- Qu’est-ce qu’il m’a fait, ce fils de pute ? demanda Dean en déguisant sa panique derrière de la rage.
- Je ne sais pas. C’était une sorte d’épée de la même substance que lui. C’était une sorte d’ombre.
Sam se souvenait de l’ « incident » avec le Daeva et il se demandait si c’était la même chose, même si cette créature lui avait semblé différente.
- Quelle est la situation ? demanda Dean dans un filet de voix.
- On est enfermé.
- Autre chose, monsieur Evidence ?
Voir Dean essayer de blaguer réjouit énormément Sam, s’il le faisait, cela voulait dire qu’il n’allait pas aussi mal qu’il en avait l’air.
« Il perd beaucoup de sang, il a besoin d’aller à l’hôpital, et vite ».
- Oh, oui, un tout petit détail insignifiant en fait. Rien d’important… Bobby est en route, dit Sam en feignant le désintérêt.
- Bobby ? Comment c’est possible ?
Dean n’avait pas appelé Bobby et n’avait pas non plus vu Sam le faire. Est-ce que son frère avait réussi à envoyer un message par télépathie comme le faisait Andy ? Mais Sam n’avait plus ses pouvoirs psychiques, même s’il n’avait jamais eu celui de la télépathie.
- Je lui ai envoyé un texto, dit tranquillement Sam.
- Quand ? A quel moment ?
- Tu ne crois quand même pas que j’allais foncer dans un piège sans prendre quelques précautions, si ?
***
Dans le laps de temps où Sam avait vécu sans Dean, après avoir été piégé dans la boucle temporelle, il avait eu quelques idées, parmi elles celle d’avoir un message préenregistré qui indique : « si on ne t’appelle pas d’ici une heure, viens nous chercher », auquel il ajoutait les coordonnées de l’endroit d’où il envoyait le message. Sam avait le numéro de Bobby enregistré en mémoire alors avant d’entrer, il n’avait eu qu’à appuyer sur quelques boutons sur son portable et le message avait été envoyé.
- Eh bien Sammy, je dois l’admettre, c’était une bonne idée. Même si ça veut dire que Bobby va venir nous chercher au plus tôt dans… dans combien de temps ?
- J’ai envoyé le message il y a 20 minutes alors…
- D’accord, d’accord, ça fait long tout ça… Appelle-le et dis-lui de venir tout de suite.
Dean essayait de cacher le tremblement de sa voix mais c’était difficile à faire. Cette blessure lui faisait mal comme rien d’autre ne lui avait jamais fait mal avant, et il sentait qu’il allait s’évanouir d’un moment à l’autre.
- J’ai déjà essayé mais il n’y a pas de réseau. Je suppose qu’on est vraiment « enterré » ici.
Sam voyait bien que Dean souffrait et le sang continuait à s’écouler de sa blessure sans qu’il puisse l’arrêter.
« A ce train-là, Dean va se vider de son sang avant d’arriver à l’hôpital ».
- Génial, enfermé dans un mausolée avec je ne sais combien de cadavres d’aristos et le cerveau de mon petit-frère.
- Ca aurait pu être pire, tu aurais pu être enfermé complètement seul, à mourir d’ennui.
- Bonne idée Sammy, tu crois que les fantômes de ces petits gosses riches accepteront de venir jouer avec nous, parce que si tu les invites, peut-être…
Dean ne put finir sa phrase car une vague de douleur l’envahit et, malgré toute sa détermination, il ne put s’empêcher de crier de douleur.
- Dean ! Dean !
Sam appuya plus fort sur la blessure de Dean et prit la main de son frère, la serrant avec force comme s’il essayait d’absorber une partie de sa douleur. Dean commença à prendre de grandes inspirations pour essayer de diminuer la douleur.
- C’est ça, c’est ça, respire lentement… respire… respire…
- Sam, dit Dean dans un murmure, tu pourrais arrêter de me traiter comme une femme enceinte ?
- Désolé, fit Sam, honteux.
- Sam.
Dean parla si bas que Sam ne l’entendit pas, il fit donc un effort supplémentaire.
- Sam.
Sa voix n’était qu’un murmure.
- Ne fais pas d’efforts, Dean.
- Je crois que je vais dormir un peu.
En fait, Dean savait qu’il allait perdre connaissance d’un instant à l’autre et il ne voulait pas trop effrayer Sam. Comme si voir son frère se vider de son sang jusqu’à en mourir n’était pas suffisant pour terrifier quelqu’un.
- Non, Dean, ne dors pas.
Sam craignait que si Dean fermait les yeux, il ne puisse jamais les rouvrir, de plus quelque chose lui disait que Dean devait rester éveillé, il ne savait pas comment l’expliquer mais il avait cette impression, cette certitude qu’il devait réussir à maintenir son frère conscient.
- Sam, je ne peux pas rester…
Dean ne put continuer à lutter et il sombra dans l’inconscience.
- Dean ! Dean ! Allez, mec, réveille-toi ! Dean !
Sam sentit son cœur se serrer. Dean semblait mort.
- S’il-te-plait, Dean, s’il-te-plait, réveille-toi.
Sam sentait les larmes couler de ses yeux mais il n’en avait rien à faire, son frère ne réagissait pas et il ne savait pas quoi faire.
« Non, non pas encore, je ne peux pas te perdre encore une fois ».
Bien qu’il ait vu Dean mourir d’innombrables fois, cette fois-ci Sam savait que le Trickster n’avait rien à voir là-dedans et que si Dean mourrait, il n’y aurait aucun moyen de remonter dans le temps, pas cette fois-ci.
- S’il-te-plait Dean, je t’en supplie, s’il-te-plait… ne me laisse pas.
III. SOUVENIRS
- S’il-te-plait Dean, je t’en supplie, s’il-te-plait… ne me laisse pas.
Il ne s’était écoulé qu’une minute, mais Sam aurait juré que c’était une heure, quand Dean finit par ouvrir faiblement les yeux.
- Hey Dean, c’est ça, c’est ça…
Sam sentit qu’il pouvait se remettre à respirer.
- Sam, pourquoi tu me prends dans tes bras ?
- Tu m’as fait la peur de ma vie et tu me demandes pourquoi je te prends dans mes bras ? T’es incroyable Dean, dit Sam en souriant. En plus, je ne te prends pas dans mes bras, je ne fais que te soutenir. Si tu préfères, je peux te laisser par terre, ça va te plaire, c’est froid et bosselé alors ça va faire des merveilles avec ton dos.
- Pas besoin d’être aussi sarcastique, Sammy.
- Comment tu te sens ?
Sam savait que Dean pouvait tourner sa question en dérision. « Je suis en train de me vider de mon sang, je vais sûrement en mourir et ça fait super mal mais à part ça, tout va bien ». Par chance, Dean laissa les blagues de côté.
- Je crois que je m’habitue à la douleur.
En vérité, la douleur était encore très intense, presque aussi intense que lorsque le Démon aux Yeux Jaunes –dans le corps de son père- l’avait presque tué, mais là c’était différent, c’était une douleur permanente et constante qui lui coupait presque le souffle, mais Dean était si têtu et tellement décidé à épargner d’autres préoccupations à Sam qu’il avait réussi à maintenir la douleur sous contrôle et qu’il essayait de ne pas y prêter attention. « Bon boulot, Dean, ne pense pas à la douleur, ne pense pas à la douleur, concentre-toi sur Sammy, il a besoin de toi ».
- Ecoute Dean, apparemment on va devoir tuer le temps d’une manière ou d’une autre pendant qu’on attend alors pourquoi tu ne me raconterais pas un truc de notre enfance dont je ne me souviens pas ?
***
Sam ne voulait pas que Dean reperde connaissance ne serait-ce que pour une seule minute.
« Peut-être que si je le distrais jusqu’à ce que Bobby arrive… »
- Tu déconnes, hein ?
Dean avait retrouvé son souffle mais il avait encore beaucoup de mal à parler, ça lui demandait beaucoup d’efforts.
- Non, allez, raconte-moi un truc de bien honteux que j’ai fait quand j’étais enfant.
« Sam doit vraiment avoir peur que je m’endorme, c’est pour ça qu’il essaie de me faire parler. Ca va, je vais essayer… tant que je pourrai. »
- D’accord, quand tu avais deux ans, tu adorais mettre des vêtements de fille.
- Oh, allez Dean, ça ne peut pas être vrai.
- Non, sérieux, je ne rigole pas. J’étais très inquiet et j’ai réussi à éviter que Papa s’en aperçoive. Je ne voulais pas qu’il en fasse une attaque et en plus chaque…
Dean ne put continuer, même s’il essayait de se concentrer sur l’histoire et d’arrêter de penser à la douleur, parfois il n’y arrivait tout simplement pas.
- Dean, doucement, contente-toi de respirer…
Après un court moment où Dean reprit sa respiration, Sam continua :
- Allez, tu ne vas pas me laisser en plein suspense, hein, je veux en savoir plus.
« Sam est vraiment désespéré s’il veut continuer à entendre cette histoire ».
- Eh bien… comme je te l’ai dit, la première fois tu avais deux ans, et… on était… allé acheter des fringues. On était dans un centre commercial, je ne sais pas d’où Papa avait sorti cet argent mais apparemment il prévoyait de nous acheter des fringues pour toute l’année, il avait peut-être peur de ne pas avoir assez… d’argent plus tard et alors… quand on était là-bas , il a croisé un ancien ami d’école.
- Un ami d’école ?
- Oui, je crois que oui, j’ai compris quelque chose comme ça, moi j’étais… plus occupé à te surveiller. A deux ans, tu courrais partout sans t’arrêter, on aurait dit que tu venais de découvrir tes jambes et à quoi elles servaient.
Dean sourit à ce souvenir et pendant un instant, il souhaita revenir à cette époque.
- D’accord, jusque là je ne vois pas comment j’ai pu me transformer en travesti…
- J’y arrive Sam, j’y arrive. Pendant que Papa était distrait, à bavarder ou à essayer de se débarrasser de ce type, tu as couru vers le rayon fille et tu as pris une chemise Barbie, je crois qu’elle t’a plu car tu l’as mise sur toi, ou au moins tu as essayé car à cette époque tu n’étais pas très doué pour t’habiller. Je te l’ai retirée…
Une autre vague de douleur empêcha Dean de continuer et une fois encore, Sam lui tint la main, même si cette fois-ci il ne dit rien, se contentant de rester silencieux, respirant au même rythme que son frère. Quand Dean eut retrouvé suffisamment de forces, il continua l’histoire.
- Je t’ai retiré la chemise juste à temps, car Papa s’est retourné pour voir où nous étions, ensuite… il s’est remis à discuter avec son ami. Alors tu as couru un peu plus loin et cette fois-ci tu as pris un chapeau de fille, je crois qu’il avait… des papillons… ou alors c’était des fées, je ne sais plus, mais ça t’a plu et tu l’as mis… j’ai essayé… j’ai essayé de te le retirer mais tu étais… décidé à le garder alors… j’ai dû te soudoyer.
Dean se tut et se concentra sur sa respiration.
« C’est pas bon ça, c’est pas bon, ça fait trop mal ».
- Dean, qu’est-ce qui s’est passé après, comment tu m’as soudoyé ?
- Je t’ai offert ma bague du pouvoir.
- Quelle bague ?
- Quelques jours avant, j’avais trouvé cette bague dans un paquet de céréales. Ca ressemblait vraiment à une bague magique. Elle avait des… inscriptions bizarres et tu croyais que c’était une vraie. J’avais pensé te l’offrir… pour ton anniversaire, c’est pour ça que je l’avais gardée, mais j’étais devant une situation… désespérée qui demandait des mesures désespérées alors je t’ai offert la bague contre le chapeau. Tu as hésité un instant et finalement… tu as accepté, alors…une fois que tu as eu la bague et que tu as lâché… le chapeau je… t’ai emmené au rayon garçon pour éviter… que tu prennes d’autres vêtements de filles. Crois-moi, je t’ai sauvé… la vie, si Papa… t’avait vu, il t’aurait… probablement mis dans une institution militaire.
- Dean, Papa nous a élevé comme des soldats sans avoir besoin de penser qu’on puisse être gay. En plus, si ça avait été le cas, il aurait été bien obligé de l’accepter.
Sam sourit à la pensée de leur père se heurtant au problème d’avoir un fils gay. Sa vie aurait-elle été très différente ? Aurait-il fui son père plus tôt ? L’histoire aurait peut-être été la même.
***
Pendant que Sam réfléchissait à ces possibilités, Dean se sentit libre de se reposer un peu. Il se sentait très fatigué. Quand Sam s’en rendit compte, il essaya d’attirer son attention.
- Dean, Dean, ne dors pas. Pas encore.
- Et pourquoi pas ? Je ne suis pas en hypothermie.
- C’est que… je ne veux pas me retrouver ici sans avoir personne à qui parler.
- T’es vraiment une chochotte Sammy.
Sam sourit, il avait joué la carte du petit-frère qui ne veut pas rester seul dans le noir et ça avait marché. Il avait peur que Dean ne se réveille pas s’il s’endormait, il était presque sûr que c’est ce qui arriverait.
- Alors c’est ça ta grande histoire. Dean, je n’avais que deux ans. Les couleurs ont probablement attiré mon attention alors moi je ne classerais pas ça comme un acte de travestissement.
- Pense ce que tu veux Sammy, mais moi j’ai pu voir la lueur dans ton regard. Tu voulais vraiment ce chapeau, dit Dean en souriant.
- Quoi qu’il en soit, aujourd’hui je n’aime plus aucun type de chapeau.
- Sam, ça fait combien de temps ?
- une demi-heure.
- Alors Bobby n’est pas encore parti à notre recherche. Tu crois que ça va lui prendre combien de temps pour venir jusqu’ici ?
- Eh bien, s’il est chez lui, il va mettre environ… deux heures, dit Sam en faisant le calcul mentalement.
- 100 bouteilles de vin, 100 bouteilles de vin, si l’une d’entre elles se brise, seules 99 par nous seront prises…
- C’est pas possible, comment tu peux te souvenir de ça ?
- Et comment je pourrais l’oublier Sammy ? Tu devais avoir 5 ans et Papa nous avait laissé seuls dans cet horrible motel de cet horrible village dont je préfère oublier le nom. Je me souviens que… je me souviens que tu me demandais combien de temps il restait avant que Papa revienne et… tu me l’as tellement demandé que… je t’ai appris cette chanson stupide pour t’occuper les idées.
- C’est vraiment une chanson horrible et elle n’est pas du tout appropriée pour un enfant de cinq ans.
- Elle t’a plu et tu t’es mis à la chanter, et à la chanter, et à la chanter…
- Oui, oui, je m’en souviens, tu m’as demandé de me taire.
- Mais tu ne t’est pas tu et j’ai dû supporter ce supplice jusqu’à ce que Papa revienne 4 heures plus tard.
- Dean, je n’étais encore qu’un enfant, en plus, c’était de ta faute, tu n’aurais pas dû m’apprendre cette chanson.
- Eh bien maintenant, c’est l’heure de la vengeance Sam.
Et sitôt dit, Dean se mit à crier –plus qu’à chanter- la chanson, même si c’était si difficile pour lui qu’il s’interrompait à tout bout de champ.
100 bouteilles de vin,
100 bouteilles de vin,
Si l’une d’entre elles se brise,
Seules 99 par nous seront prises.
99 bouteilles de vin,
99 bouteilles de vin,
Si l’une d’entre elles se brise,
Seules 98 par nous seront prises.
« C’est ça Dean, tu dois juste t’accrocher encore un peu, les secours vont vite arriver, tout va bien se passer, tout va bien se passer ».
Sam ne pouvait que prier pour que Bobby arrive plus tôt que prévu et pour que son frère soit encore en vie quand ça se produirait.
IV. JE NE VEUX PAS RESTER TOUT SEUL.
Deux heures s’étaient écoulées depuis que Sam avait envoyé le message à Bobby. D’après ses calculs, Bobby devait encore être à une heure de route. « Si Bobby se trouvait bien chez lui et pas plus loin à bosser sur une quelconque affaire », pensa Sam, mais il rejeta immédiatement cette pensée de sa tête. Non, Dean ne pourrait pas tenir beaucoup plus longtemps, Bobby DEVAIT être sur le point d’arriver.
- Dean, t’es toujours avec moi ? demanda Sam en se rendant compte que son frère était resté silencieux depuis plus de deux minutes.
- Oui et tu dois arrêter de me le demander toutes les 10 secondes, répondit Dean dans un filet de voix.
A mesure que les minutes s’étaient écoulées, Dean s’était de plus en plus affaibli. Il n’y avait plus autant de sang qui s’écoulait de sa blessure mais la douleur continuait à consumer le peu de forces qu’il lui restait. Les deux frères n’avaient presque pas changé de position. Sam avait le dos appuyé à l’une des tombes en ciment qui se dressait à l’intérieur du mausolée et Dean était allongé sur le sol, la tête et les épaules appuyées sur les cuisses de Sam, le bras droit de Sam passait sous le cou de son frère et sa main gauche faisait pression sur la blessure. Ce n’était pas une position qui plaisait beaucoup à Dean mais il était trop faible pour protester et en plus, même s’il ne l’admettrait jamais, il se sentait réconforté par le contact avec son frère.
Au cours de la dernière heure, les deux frères avaient continué à se remémorer des moments de leur enfance. Des épisodes marrants, d’autres tristes, leur vie pourrait sans aucun doute être transformée en série télé…
- Bon, alors, qu’est-ce qu’il s’est finalement passé avec cette fille ?
- Eh bien, comme tu le sais déjà, on a dû quitter précipitamment cette petite ville… parce que Papa avait trouvé ce boulot dans l’Iowa, alors… la nuit où on préparait les valises, je suis sorti un petit moment pour sortir la poubelle et elle était là… elle portait une robe bleue, je crois qu’elle venait juste d’acheter, … je ne la lui avais jamais vu avant. Je ne sais pas comment elle a su qu’on s’en allait, peut-être… que c’était juste un pressentiment, mais elle s’est approchée de moi et elle m’a dit… qu’elle regrettait qu’on ne puisse pas aller au bal ensemble…, je lui ai dit que notre père avait trouvé un bon travail dans un autre état et que c’est pour ça qu’on partait si vite… et alors…
- Alors quoi ?
- Elle m’a embrassé.
- Elle t’a embrassé ?
- Oui, ça a été mon premier baiser avec la langue.
- Dean, c’est dégoutant, me donne pas les détails, fit Sam en faisant semblant d’être mal à l’aise.
- Allez Sammy, c’était juste un baiser… un très bon baiser… si Papa ne m’avait pas appelé à ce moment là… peut-être qu’on aurait pu aller plus loin…
Dean sourit à ces souvenirs.
Ce que Dean ne disait pas à Sam, c’est que si ce baiser avait été si mémorable, ce n’était pas tant pour le côté physique évident que pour l’aspect émotionnel. Il avait vraiment aimé cette fille, elle l’avait suffisamment intéressé pour qu’il veuille rester pour toujours dans cette petite ville. Oui, cette fille pouvait peut-être être considérée comme son « premier amour ».
- Et tu dis que tu avais quel âge ?
- Quatorze ans.
- Eh bien, perdre ta virginité à quatorze ans n’aurait pas été une très bonne idée, tu ne crois pas ?
- Ne me parle pas d’âge, Sammy. Tu veux que je te rappelle… à quel âge… tu as perdu la tienne ?
- Vaut mieux changer de sujet, dit Sam en riant.
***
- J’en ai assez des histoires… je peux dormir un peu ?
La voix de Dean sembla presque enfantine, comme un enfant qui demande à se reposer.
- Non Dean, tu ne peux pas encore dormir. Tiens juste encore un peu, d’accord ?
Sam ne pouvait pas dire à Dean que s’il s’endormait, il pouvait ne jamais se réveiller. Il ne savait pas comment il en était tellement sûr mais son cœur lui hurlait que, quoi qu’il arrive, il ne devait pas laisser Dean s’endormir.
- Sam.
C’était Dean, ça ? Sa voix semblait si différent…
- Sam, je ne crois pas que je puisse y arriver…
- Non, Dean, ne dis pas ça.
C’était une chose de le penser et une autre très différente de le dire à voix haute… et Sam n’était prêt ni à le dire, ni à l’entendre.
« Dean doit aller bien, il doit aller bien ! »
Mais Dean sentait que la vie l’abandonnait, il ne lui restait pas beaucoup de temps et il y avait tant de choses qu’il voulait dire à son frère. « Je n’aurais pas dû attendre autant, j’aurais dû parler avant. Je crois qu’au fond je pensais que si je ne le disais pas, alors tout allait bien se passer. Mais je le sais à présent, c’est ma dernière chance de lui dire ».
- Sam, frérot, tu le sais… aussi bien que moi… je ne vais pas y arriver.
Un cri de douleur s’échappa des lèvres de Dean. Jusqu’à présent, il avait réussi à contrôler la douleur mais désormais elle semblait ne faire qu’augmenter et Dean ne se sentait plus la force de continuer à lutter.
- Dean, tu es plus fort que ça, tu… tu as vaincu la mort tant de fois… allez, tout ça c’est comme une promenade de santé pour toi.
Sam essaya de sourire mais il n’était pas aussi doué pour les faux-semblants que Dean.
- Je crois que je devrais peut-être te dire certaines choses, Sam.
- De quoi tu parles ?
- Tu sais, les trucs habituels… Prends soin de mon bébé, prends soin de toi, répands mes cendres dans…
- Dean, c’est pas marrant.
La voix de Sam se brisa. Les larmes coulaient le long de ses joues et il ne pouvait pas l’empêcher, et puis, qu’est-ce que ça faisait si Dean le voyait pleurer ?
- Sam, je suis en train d’essayer de te dire au-revoir.
***
Dean regarda son frère dans les yeux, lui aussi avait des larmes dans les siens. Oh, comme ça lui faisait mal de voir son petit-frère pleurer. Alors Dean fit ce qu’il avait fait toute sa vie… même dans ses derniers instants, avec ses dernières forces, il essaya de tout rendre plus facile pour Sam, il essaya de le réconforter et de lui assurer que tout allait bien se passer.
- Tu n’avais que 5 ans… tu avais regardé un mauvais film d’horreur… c’était un peu à cause de moi, j’aurais dû surveiller ce que tu regardais à la télévision… mais j’étais occupé à faire mes devoirs…
- Dean, de quoi tu parles ?
Dean ne prêta pas attention à Sam et continua à se souvenir.
- Cette nuit-là, tu n’as pas pu dormir… tu avais peur des monstres sous ton lit… tu m’as réveillé en pleurant et en disant que tu ne voulais pas rester tout seul… tu ne voulais pas dormir seul… on partageait la même chambre mais tu ne voulais pas rester seul dans ton lit… alors… je t’ai laissé dormir dans mon lit… même si ça n’a pas suffi… tu avais encore peur… tu as dit : « Dean, qu’est-ce qui va se passer si les monstres t’emmènent en premier ? Papa n’est pas là, qui va me protéger ? »
Sam ne s’en souvenait pas mais en entendant le récit de Dean, il avait l’impression d’être en train de revivre la même chose. C’était vrai… leur père n’était déjà plus à leurs côtés et les « monstres » emmenaient Dean en premier, il allait se retrouver seul, qui allait le protéger ?
- Dean, je ne suis plus cet enfant de cinq ans.
Et pourtant, Sam avait l’impression de l’être encore. La terreur de perdre son frère était aussi forte qu’à cette époque… peut-être même plus.
- Je t’ai dit : « Sammy, tu ne seras jamais seul ». Mais… alors j’ai pensé… et si un monstre apparaît vraiment et que Papa n’est pas là ? Bien sûr que je vais protéger Sammy, mais… et si le monstre me tue en premier ?... j’ai compris que tu devais être préparé, je voulais te dire… que je n’allais jamais mourir, et je crois qu’en d’autres circonstances, c’est ce que je t’aurais dit, mais cette nuit-là… cette nuit-là, j’ai décidé de te préparer au pire… alors je t’ai dit : « Sammy… si un monstre m’emmène en premier… tu dois courir et chercher de l’aide… je sais que tu peux le faire… tu es plus fort que moi… même si je ne suis pas là, tu… tu peux vaincre ta peur et aller chercher de l’aide ». Tu m’as dit : « Dean… je ne veux pas rester tout seul… je ne veux pas que tu me laisses… » et tes yeux me suppliaient de te dire que ça n’arriverait jamais… et je voulais le dire… mais je ne pouvais pas… alors je t’ai juste pris dans mes bras… et tu t’es endormi…
Il y eut une pause. Sam luttait pour ne pas perdre contenance. Il devait être fort. Pour son frère. Il pleurait mais il ne pouvait pas se laisser gagner par le désespoir. Finalement, il regarda Dean fixement.
- Dean… je ne veux pas rester tout seul… je ne veux pas que tu me laisses
Et tout en disant ça, Sam serra Dean fort dans ses bras, et ce qui est plus étrange encore, Dean n’opposa aucune résistance.
« Je voudrais te le dire, Sammy, je voudrais te dire que je ne vais jamais te laisser, mais mon année s’achève et aujourd’hui on dirait que mon voyage va être avancé… »
Sam priait, il préférait croire en Dieu, il fallait qu’il existe une force du côté des gentils, tout ne pouvait pas être mauvais…
V. LA FIN?
Et alors, ses prières furent entendues.
- Sam ! Dean !
C’était la voix de Bobby. Sam regarda sa montre : 5h30. Bobby était arrivé une demi-heure plus tôt que prévu.
- Bobby, on est là !
« Allez Dean, accroche-toi encore un peu, juste encore un peu ».
Sam s’écarta de Dean pour pouvoir mieux le voir.
- Dean, Bobby est là.
- Bobby ?
Sam devina ce que Dean avait dit car aucun son ne sortit de sa bouche.
- Oui, Bobby. Dès qu’il va ouvrir la porte, on va pouvoir t’emmener à l’hôpital, ça va aller.
- Sam, je suis désolé.
- Dean, Bobby est là, tu dois juste t’accrocher encore un peu, s’il-te-plait… fais-le pour moi.
Sam savait que Dean ne pouvait rien lui refuser mais cette fois-ci, ça ne dépendait pas de son frère.
- Sam…
- Dean ?
Le désespoir commençait à s’emparer de Sam et se reflétait dans sa voix.
Dean regarda son frère comme si toute son âme reposait dans son regard. Il n’arrivait presque plus à parler, alors il essaya de parler avec les yeux et il y avait tant d’amour, tant de force, tant de réconfort dans ce regard que Sam sentit que Dean lui disait qu’il avait confiance en lui, qu’il savait qu’il pourrait continuer seul, qu’il l’aimait… Et, au prix de ses dernières forces, Dean traduisit cette dernière pensée par des mots :
- Je t’aime, frérot.
Sam regarda Dean, surpris. Bien sûr que Dean l’aimait mais il ne le lui avait pas dit depuis des années, du moins pas avec des mots.
- Dean ?
Dean avait les yeux ouverts mais le regard perdu.
- Dean ?
La voix de Sam tremblait.
- Deeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeean !!!!!!!!!!!!!
Quand Bobby ouvrit la lourde porte du mausolée, il tomba sur un tableau qui lui brisa le cœur. Sam serrait le corps inerte de son frère contre lui, s’accrochant à lui comme à une ancre en plein milieu de la tempête, il avait les yeux fermés et ses larmes s’écrasaient sur le sol glacé de cette tombe magnifique… Une tombe magnifique pour un héros magnifique.
***
Même s’il semblait mort, Dean ne l’était pas. Dès que Bobby libéra les deux frères de leur prison lugubre, Sam prit son frère dans ses bras et le déposa sur le siège arrière de l’Impala, le conduisant à toute vitesse à l’hôpital le plus proche. Par chance, Bobby se trouvait avec eux et il put inventer une histoire crédible pour expliquer la blessure de Dean et la raison pour laquelle ils ne l’avaient pas conduit plus tôt à l’hôpital car Sam, lui, n’avait pas la tête à ça.
Après avoir attendu encore deux heures de plus, Sam commençait à s’impatienter et il demandait à toutes les infirmières qu’il croisait si elles avaient des nouvelles de son frère. Bobby lui avait suggéré d’essayer de dormir un peu mais Sam ne pouvait pas, pas tant qu’il ne saurait pas que Dean allait bien.
- C’est vous Sam Taylor ? demanda une infirmière en s’approchant de Sam.
- Oui, c’est moi, vous avez des nouvelles de mon frère ?
- Venez avec moi s’il-vous-plait, le docteur va venir vous voir.
Un docteur d’une trentaine d’années dit à Sam que son frère avait perdu beaucoup de sang, plus encore, selon le médecin, il ne devrait même pas être encore en vie après avoir perdu autant de sang, « mais parfois des choses étranges se produisent » avait-il dit. Le docteur voulait connaitre les détails de l’accident qui avait causé une telle blessure à Dean, apparemment, ce n’était pas quelque chose qu’ils avaient l’habitude de voir tous les jours.
- Ecoutez, Monsieur Taylor…
- Appelez-moi Sam.
- D’accord, Sam. Le plus étrange dans la blessure de votre frère, c’est qu’elle est assez profonde et qu’elle semble avoir été causée par un instrument tranchant, un couteau, une épée, que sais-je, mais, incroyablement, il n’y a aucun dommage dans les organes internes, et, encore plus troublant, la blessure n’a pas une trajectoire droite.
Sam n’écoutait pas vraiment ce que disait le docteur, il voulait juste entendre que Dean allait s’en sortir, mais jusqu’à présent il n’avait pas entendu les mots magiques. Le docteur crut que Sam ne le comprenait pas et il baissa alors son explication au niveau d’un enfant de 10 ans.
- Sam, c’est comme si un serpent métallique s’était enfoncé dans le côté droit de votre frère, coupant les muscles et provoquant une grande hémorragie mais sans faire aucun dégât au niveau des organes, comme s’il les avait évités. Vous savez comment c’est arrivé ?
Sam n’était pas d’humeur à satisfaire la curiosité du docteur. En réalité, il ne savait pas lui-même ce qu’il s’était exactement passé mais il en avait une idée, malheureusement, il ne pouvait pas dire au docteur qu’une créature surnaturelle avait blessé son frère avec une épée surnaturelle et que, par conséquent, la blessure était surnaturelle. « J’espère juste que les soins ne doivent pas être surnaturels aussi », pensa Sam, inquiet.
Jusqu’à cet instant, Sam n’avait pas encore été traversé par l’idée que son frère aurait peut-être été mieux soigné par lui-même plutôt que par un troupeau de docteurs qui ne sauraient pas faire la différence entre un Wendigo et une Strige.
- Sam ? insista le docteur.
- Ca va aller pour Dean ? Je peux le voir ?
Le docteur voulut insister sur l’histoire de la blessure de Dean mais Sam lui lança un regard foudroyant et il renonça alors à son projet.
- Il va être affaibli par la perte de sang mais il s’en remettra, comme je vous l’ai déjà dit, il n’y a pas de blessures internes. On l’a transféré dans la chambre 507, l’infirmière va vous accompagner.
Sam remercia le docteur et se dirigea vers la chambre où se trouvait son frère. Il venait de sortir de chirurgie et il était encore anesthésié alors Sam se contenta de s’asseoir à ses côtés et remarqua, terrifié, combien Dean semblait pâle. Ce n’est qu’à cet instant que Sam s’autorisa à respirer. Cette fois-ci, la mort était passée trop près, si près que Sam pouvait encore la sentir respirer dans son dos. Même Dean avait cru que c’était la fin et c’est ce qui avait le plus terrifié Sam.
- Tout va bien ?
Bobby s’approcha des deux frères.
- Le docteur dit que ça va aller.
- Sam, il y a quelque chose que tu ne me dis pas.
Le vieux chasseur sentait que quelque chose inquiétait Sam.
- Je ne sais pas ce qui nous a attaqué. C’était définitivement un piège, je crois que c’en était un depuis le début, je ne crois pas que le fantôme de ce baron ait jamais existé et je me demande qui peut bien être assez décidé à nous tuer pour monter toute cette comédie.
- Eh bien, vous n’êtes pas franchement très populaires dans le monde du surnaturel…
- Mais on a toujours tué tout ce qu’on a affronté.
« Ou presque tout », pensa Sam en se souvenant du Trickster.
- Moi je pourrais trouver une centaine de démons qui veulent se débarrasser de vous.
Sam et Bobby se retournèrent vers la porte. Ruby s’y tenait debout, les bras croisés.
***
- Qu’est-ce que tu fais là ? demanda sèchement Sam.
- Je suis venue vous prévenir dès que j’ai su. Apparemment, j’arrive trop tard, dit Ruby en regardant Dean.
- Dean va se rétablir, s’empressa d’ajouter Sam. Maintenant, dis-moi : de quoi voulais-tu nous prévenir ?
- Apparemment, Lilith a mis votre tête à prix. Comme elle ne peut pas vous retrouver, elle a fait courir le bruit qu’elle récompenserait largement celui qui pourra vous détruire.
- Ce qui nous a attaqué, c’était un démon ?
- Il n’y a pas que les démons qui vous chassent mais aussi toute autre créature qui voudrait s’attirer les faveurs de Lilith.
- Mais Lilith me veut, moi, cette créature m’a attaqué en premier et Dean s’est mis sur son chemin alors si je n’étais ni mort ni blessé, pourquoi elle nous a laissé ?
- Sam, n’importe qui avec deux doigts de jugeote s’aperçoit que tu tuer, toi, ou tuer Dean, c’est pareil. Si tu veux te débarrasser des frères Winchester, tu n’as qu’à te débarrasser de l’un d’entre eux et l’autre va s’effondrer en peu de temps.
Sam se souvint des paroles du trickster : « Dean est ta faiblesse et les méchants le savent bien ».
- Alors Lilith sait maintenant où on se trouve, pourquoi elle n’est pas encore venue finir le travail ?
- Je crois que tu peux me dire merci pour ça. J’ai réussi à intercepter la créature qui vous a attaqué avant qu’elle ne rejoigne Lilith et je l’ai tuée. Alors si Dean survit à cette attaque, je crois qu’on va pouvoir respirer tranquillement pendant un certain temps.
- Alors toi tu sais ce que c’était ?
Sam voulait savoir ce qu’ils avaient affronté au cas où ils devraient le refaire un jour.
- Personne d’important. Je dirais que c’était le dernier de son espèce.
- Qu’est-ce que c’était ?
- Un être des ténèbres. Un jour, il a été un démon mais il a été dégradé, pour le dire d’une manière ou d’une autre. Je suppose qu’en voyant l’occasion d’être réhabilité sous son ancienne forme par quelqu’un d’aussi puissant que Lilith, il n’a pas pu résister à la tentation et il s’est mis à votre recherche. Ce qui m’inquiète, moi, c’est que vous soyez tombés si facilement dans le piège. Si cet imbécile a pu vous faire du mal, je ne crois pas que vous allez faire de vieux os.
Sam était en colère contre Ruby : mais pour qui se prenait-elle ? Mais d’un autre côté, elle les avait sauvés, une fois de plus, et puis, même s’il ne voudrait pas l’admettre, elle avait raison. Ils avaient été bien stupides de tomber dans ce piège, ils auraient dû enquêter davantage sur ce soi-disant fantôme du baron, ils avaient été très imprudents et ils l’avaient payé cher. Dean l’avait payé.
Sam revint à la réalité quand il entendit un faible gémissement de Dean. Il commençait à se réveiller.
- Il vaudrait mieux que je parte. Je ne suis pas d’humeur à me faire traiter de « pétasse ».
Ruby s’apprêtait à partir mais Sam la retint.
- Ruby, il y a autre chose que je devrais savoir ?
- Eh bien, malgré ce que disent les médecins, Dean va peut-être avoir besoin de plus de temps que d’habitude pour récupérer. Les blessures infligées par une épée du type de celle qui l’a blessé sont très majoritairement mortelles, mais quand la personne est suffisamment forte et têtue, comme ton âne de frère, elle peut survivre. Cependant, ces blessures sont traitres : une minute tu crois que tu vas bien et que le pire est déjà passé et la suivante tu frappes aux portes de la Mort.
- D’accord, je garderai ça en tête. Eh, Ruby… merci.
Ruby hocha la tête et sortit de la chambre. Ces deux frères l’affectaient un peu plus chaque fois qu’elle les approchait, parce que lorsqu’elle les voyait, lorsqu’elle voyait l’inquiétude et l’intérêt qu’ils se montraient l’un envers l’autre, elle ne pouvait s’empêcher de se rappeler ce que l’on ressentait quand on était « humain ».
VI. LA VIE CONTINUE.
Dean entendait la voix de son frère au loin, on aurait dit qu’il parlait à quelqu’un, une femme… cette voix lui était familière mais il n’arrivait pas à l’identifier.
« Pourquoi Sam est ici ? Oh, non, Sam ne peut pas être ici, il DOIT être en vie, il ne peut pas être en Enfer avec moi ! »
Dean avait vraiment cru qu’il allait mourir, c’est pour ça que, dans son dernier souffle, il avait dit à Sam qu’il l’aimait. C’était bien quelque chose que Dean Winchester n’aurait fait que s’il avait pensé que c’était la fin du monde, ou au moins la fin de sa vie. Mais maintenant, alors qu’il croyait qu’il se réveillerait en Enfer, il entendait la voix de son frère, comment cela était-il possible ?
Après avoir fait un effort considérable pour ouvrir les yeux, Dean finit par y arriver et, au lieu de l’Enfer, il se retrouva dans un lit d’hôpital.
« C’est bien ce que je me disais », pensa-t-il.
- Sammy ?
- Oui, Dean, c’est moi.
Ruby était partie et Sam s’était approché du lit de son frère.
- Je ne suis pas mort ?
- Non, Dean, t’es pas mort.
Sam sourit, soulagé. La nuit avait été épuisante et ce n’était que maintenant qu’il pouvait se remettre à respirer tranquillement.
- Tu vas bien ?
- Il ne m’est rien arrivé à moi Dean, c’est toi qui as été blessé !
- Bobby, c’est toi ?
- La prochaine fois que vous voudrez passer un moment seul à seul, ne vous enfermez pas dans un mausolée s’il-vous-plait !
Ces deux garçons étaient vraiment spéciaux et Bobby était très content de les connaitre et de pouvoir les aider de temps en temps.
- Alors je vais survivre ? Il n’y a pas d’effets secondaires terribles que je doive connaitre ?
- Les docteurs sont encore surpris par la nature de ta blessure. Je crois qu’on va peut-être devoir partir plus tôt que prévu, ils commencent à poser trop de questions.
- Hey, moi je ne veux pas rester une seconde de plus ici alors y’a pas de problème pour moi, dit faiblement Dean.
Sam sourit, son frère pourrait bien avoir un bras et une jambe de coupés et encore dire que tout allait bien et qu’il n’avait pas besoin d’aller à l’hôpital.
- Tu devrais peut-être rester tranquille, tu es encore très faible et tu as besoin de te reposer.
- Mais tu l’as dit, Sam, les docteurs peuvent commencer à soupçonner quelque chose et ce dont on a le moins besoin en ce moment, c’est bien d’attirer l’attention. Je crois qu’on devrait partir aujourd’hui même.
- D’accord, d’accord, on va le faire cette nuit alors, mais pour le moment tu dois te reposer. Tu vas avoir besoin de toutes les forces qui te restent.
Dean opina et s’installa pour dormir, il se sentait très fatigué et maintenant qu’il savait que tout allait bien se passer, il s’autorisa à entrer au pays des rêves.
***
Cette nuit-là, Sam et Dean quittèrent l’hôpital sans se faire repérer.
- Donne-moi les clefs.
- Dean, t’es dingue si tu crois que tu vas conduire, t’arrives même pas à tenir debout.
- Eh bien justement je ne vais pas conduire debout Sammy.
- Monte dans la voiture, JE conduis.
- Depuis quand c’est toi le grand-frère ?
Dean ne protesta pas davantage et monta en voiture. Il devait reconnaitre qu’il ne se sentait pas à 100%, sa blessure lui faisait encore mal et il n’avait pas retrouvé toutes ses forces, mais ce qui le gênait le plus, c’était cette impression que, d’un instant à l’autre, Sam allait vouloir lui parler de ce qu’il s’était passé dans le mausolée. Or, Dean n’était pas prêt à s’ouvrir une fois de plus à lui. Après une heure de route, Sam essaya de faire ce que Dean redoutait tellement.
- Dean, à propos de ce qu’il s’est passé hier soir…
- Oui, je sais, je sais, on est tombé dans le piège comme deux idiots mais ça n’arrivera plus.
- Je ne parlais pas de ça.
« Oh non, et voilà Sammy qui repart à l’attaque. Peu importe que je lui dise que je veux rester fidèle à moi-même, de toutes façons il doit toujours ramener des moments gnangnans à la surface ».
- Dean, j’ai fait des recherches… cette créature qui nous a attaqués, elle était vraiment très dangereuse.
- Je m’en suis rendu compte, Sam.
- Ce que je veux dire c’est… je ne crois pas que tu sois hors de danger. La blessure qu’elle t’a infligée n’est pas complètement guérie, en fait, je ne sais pas si elle le sera un jour.
- De quoi tu parles ?
Sam semblait très inquiet, Dean ne l’avait pas remarqué plus tôt parce qu’il était trop concentré à paraitre « fort » devant son frère et à ne pas laisser tomber les masques, mais maintenant qu’il l’observait… il y avait définitivement quelque chose qui n’allait pas.
- Ruby m’a dit que Lilith a mis nos têtes à prix, maintenant il y a plein de démons et qui sait quelles autres créatures qui nous recherchent. On doit être plus prudent que jamais.
- Oui, oui, je sais, Bobby m’a dit pour Ruby.
- En plus, Dean… la blessure que tu as…
- Sam, écoute, c’est fini, je vais bien, je ne me sens pas à 100% mais ça va aller. On doit juste s’éloigner de cette ville, chercher un motel qui ne ressemble pas à un nid à rats et je passerai les prochains jours à me reposer.
Comme toujours, Dean essayait de protéger Sam. Tout allait bien se passer, s’il le lui répétait suffisamment de fois, ça deviendrait peut-être réalité.
- Dean… je veux que tu comprennes que cette fois-ci tu es passé très près… très près de… la mort.
Ca allait définitivement devenir un autre de ces moments débordant d’émotions et apparemment Dean n’allait pas pouvoir l’éviter.
- Qu’est-ce que tu veux que je fasse Sam ? Je t’ai déjà dit que ça va aller pour moi et tu gardes cette attitude pessimiste alors… Qu’est-ce que tu veux que je fasse ? Tu veux que je choisisse un joli cercueil pour quand je vais partir ? Oh ! non, attends, je vais être incinéré alors il vaut mieux que je choisisse une jolie urne, qu’est-ce que tu en penses ?
- Dean, arrête cette comédie.
- Non, Sam, TOI, arrête d’en faire un drame. On a été attaqué par cette « chose », maintenant on est sain et sauf et au lieu de fêter ça et de profiter d’être encore en vie, tu viens me dire que je vais peut-être mourir de toutes façons parce que cette foutue blessure n’est pas guérie et ne le sera jamais !
Ce n’était pas bien de s’énerver contre Sam et Dean le savait mais c’était sa façon de « se défendre ». Il n’y avait que deux options pour Dean : être sarcastique et faire rire Sam, ou l’agacer et le mettre en colère, mais cette fois-ci, Sam n’allait pas rentrer dans son jeu.
- Je dis juste que tu dois prendre soin de toi, s’il-te-plait, je ne veux pas te perdre avant l’heure. Je sais que je vais trouver un moyen de te sortir de ce pacte et j’ai juste besoin que tu tiennes jusqu’à la fin de ton année.
Sam le regarda avec ses petits yeux de chiot abandonné et Dean ne put continuer à faire semblant d’être fâché contre lui. En fait, il était bien trop heureux de pouvoir voir le visage de son frère après avoir cru que c’était fini pour lui.
- Contente-toi de trouver un endroit où passer quelque temps. On va sortir de là, comme toujours…
***
Sam arrêta la voiture sur le bord de la route. C’était maintenant ou jamais, sinon Dean fermerait à double-tour les portes de ses émotions et alors ce serait trop tard.
- J’ai VRAIMENT cru que je t’avais perdu.
Sam ne s’était pas encore remis de sa peur quand il avait tenu son frère dans ses bras et cru qu’il était mort.
- Eh bien, bienvenu au club !
- Dean, si tu t’étais endormi, tu ne te serais pas réveillé. Les blessures que cette créature provoque agissent plus rapidement si la victime est inconsciente. A ce moment là, je ne le savais pas mais je l’ai senti, je sentais du plus profond de mon cœur que tu ne devais pas dormir, que ça aurait été la fin…
- Tes pouvoirs sont revenus ?
- Je ne crois pas, c’était peut-être juste un pressentiment, tu sais, comme quand tu sais que quelqu’un que tu aimes est mort.
Dean resta un instant à regarder dehors. « Quelqu’un que tu aimes » avait dit Sam. Dean se rendit compte à quel point il avait besoin d’entendre son frère dire ça… qu’il l’aimait. Il ne voulait pas mourir, il ne voulait pas aller en Enfer sans l’avoir entendu. Quand Sam était petit, il avait l’habitude de le dire à tout bout de champ, mais maintenant… après toutes ces années, ils avaient tous les deux oublié comment le dire.
- Tout va bien se passer Sammy, je te le promets.
Sam sourit. Son frère – pour qui même respirer demandait un gros effort- était là à lui dire que tout irait bien et ce qui semblait le plus bizarre à Sam, c’est que ça fonctionnait. Les mots de Dean avaient toujours eu cet effet sur lui, depuis qu’il était petit et faisait des cauchemars jusqu’à aujourd’hui, devenu adulte et affrontant l’inimaginable.
- Bon, tu comptes rester là toute la nuit à me regarder ?
- Une dernière chose.
- Je t’écoute.
- A quoi tu as pensé, quand tu as cru que tu allais mourir ?
Dean y réfléchit quelques instants. A tant de choses. A tout ce qu’il aurait voulu faire, tout ce qu’il aurait voulu dire, aux choses qu’il regrettait et à celles dont il se sentait fier. Mais, à la fin, une seule pensée avait envahi son esprit…
- J’ai pensé à mon casse-pied de frère et à quel point il serait triste de ne plus avoir personne à enquiquiner. On peut y aller ?
- Repose-toi, Dean, je te réveillerai quand on sera arrivé.
Dean s’installa plus confortablement sur le siège pendant que Sam redémarrait la voiture et regagnait la route. Sam savait que cette guerre n’allait pas être facile, il ne savait même pas s’ils pouvaient la gagner, mais pour le moment, son frère était en vie, et il était fort et têtu, comme l’avait dit Ruby. Sam savait que Dean y arriverait, il allait récupérer et il allait être à ses côtés pour l’aider. D’un autre côté, Dean savait que même s’il ne lui restait pas beaucoup de temps, il pouvait encore donner des forces à son frère et le préparer pour quand il se retrouverait seul.
Ruby les regarda passer et sourit. « Sam et Dean, Dean et Sam, ils vont peut-être y arriver, avec un peu d’aide de ma part, ils vont peut-être gagner contre Lilith ».
Sam regarda son frère qui dormait sur le siège passager.
- Moi aussi je t’aime, Dean, dit-il en pensant que peut-être, d’une manière ou d’une autre, le message pourrait parvenir jusqu’à Dean dans son sommeil.
Ce que Dean ne pouvait dire que lorsqu’il était au seuil de la mort, Sam ne pouvait le dire que lorsqu’il croyait qu’on ne l’écoutait pas, mais il se trompait, Dean ne dormait pas.
« Je suis désolé Sammy, je suis désolé de t’avoir fait aussi peur, et oui, je sais que tu m’aimes ».
De nouveaux ennemis, de nouveaux dangers, voilà ce qui les attendait à l’avenir, mais ils n’avaient pas peur… pas s’ils étaient ensemble.
FIN.