HypnoFanfics

De l'ombre à la réalité

Série : Supernatural
Création : 24.04.2012 à 12h32
Auteur : Elisab 
Statut : Terminée

« "Hey, je peux vous aider ?" Lorsque la main tendue est celle de Dexter Morgan, il faut y réfléchir deux fois avant de l'accepter, surtout si l'on s'appelle Winchester. » Elisab 

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Bonjour, me revoilà avec une nouvelle histoire. C’est un crossover entre Supernatural (saison 1) et Dexter (saison 6). Les personnages de ces deux excellentes séries apparaîtront progressivement au cours des chapitres. Attention, dans cette fiction le langage peut parfois choquer des oreilles sensibles. J’espère qu’elle vous plaira ! Bonne lecture !

Chapitre 1


Il en fallait beaucoup pour Sam Winchester avant qu’il ne s’énerve réellement. Il était pourtant d’un naturel calme et jovial, mais là, il avait vraiment des envies de meurtre, et pas contre n’importe qui ! Non, il en voulait à son propre frère, le maudissant intérieurement de l’avoir traîné de force dans ce bar bruyant au possible où il fallait presque crier pour s’entendre.


Cela faisait trois longues heures que le jeune homme était accoudé au comptoir qu’il commençait à connaître par cœur, de la moindre éraflure aux différentes taches d’alcool.


Il avait d’abord pris un verre pour se détendre, puis un autre pour oublier, un suivant pour patienter et maintenant il en était à sa…pfff… il ne se souvenait même plus du nombre de bières qu’il avait ingurgitées. 


Il avait refusé les avances d’une jolie brune aux yeux d’un vert émeraude à couper le souffle, avait décliné l’invitation d’une très belle blonde au sourire envoutant et avait même repoussé catégoriquement les propositions d’un type très entreprenant.


Il leur avait lancé à tous le même regard qui voulait dire « faites pas chier » qui les avait immédiatement fait reculer de plusieurs pas. « Le regard qui tue »  aurait plaisanté son frère Dean.


Et ce regard chargé de colère se dirigea vers lui qui justement s’éclatait comme un malade en charmante compagnie.


Lui, n’avait pas du tout l’air de s’ennuyer, bien au contraire, il était penché, ou plutôt affalé sur la petite table pour s’approcher un peu plus de la jeune femme qui se trouvait en face de lui. Elle avait tous les critères de séduction qui plaisaient à son connard de frère. Ca se voyait dans son regard mais surtout dans son attitude.


« Bip Bip… la langue qui tombe sur le sol et les yeux sortant des orbites faisant des allers et retours comme un yo-yo » il ne manquait plus que les bras tombant par terre et le sifflet admiratif à deux balles qui allait avec.


Sam rigola tout seul devant l’image qu’il s’était fabriquée dans son esprit embrumé par l‘alcool. Il se frotta le visage avec les paumes de ses mains comme pour l’effacer et regarda encore l’heure pour la soixante-dix-huitième fois de la soirée. Il n’en pouvait plus. Mais bon Dieu, qu’est-ce qu’il foutait là ?


Au début, ils avaient prévu de se changer les idées pour oublier cette chasse qui avait été, il faut le reconnaître, une vraie catastrophe. Ils avaient chassé un couple de loup-garou, qu’ils avaient toutefois éliminé avec une facilité déconcertante. Cependant, alors qu’ils croyaient leur mission terminée, ils s’étaient retrouvés coincés par un autre couple monstrueux qui leur avait donné, eux, du fil à retordre avant qu’ils ne réussissent à les tuer en leur tranchant la tête avec une lame d’argent. Pas vraiment la bonne méthode, mais le résultat était le même. Ils se retrouvaient maintenant avec quelques hématomes bien douloureux et quatre personnes décapitées qui travaillaient dans un secours populaire. 


Sam, du coup, avait « choppé le bourdon », car en fait, ils venaient d’éliminer des gens qui œuvraient pour le bien de la société et qui aidaient les plus pauvres de leur semblable.


- Ils t’arrachent le cœur de pauvres types les nuits de pleine lune et les bouffes ! Lui avait alors rétorqué Dean afin de soulager sa conscience. 


Mais Sam, avait tout de même remarqué que cela enquiquinait son frère beaucoup plus qu’il ne le laissait paraître. 


En effet, comment pouvaient-ils savoir à l’avance « que cette bête poilue et féroce qui te sautait dessus, gueule grande ouverte pour te bouffer, n’était en fin de compte qu’une gentille jeune fille de dix-huit ans tout juste, qui sauvait des gens de la misère ! » 


Aucune chance !


Le changement de musique ramena cruellement Sam sur les lieux de son malheur… Il tapota des mains sur le rebord du comptoir, soupira encore, et se leva décidé. En six pas il se retrouva devant son frère complètement épanoui et détendu.

 
Il observa également la fine traînée de poussière blanche sur la table, le tube d’un de stylo Bic sans bouchon ni encre et un Dean complètement à l’ouest.


- Bordel Dean ça va pas la tête ? Qu’est-ce que tu as pris ? Il regarda la jeune femme quasiment dans le même état. Qu’est-ce qu’il a pris ? Questionna-t-il en colère.


- Wow Saaaammy ! Stress paaaas ! Répondit son frère toujours aussi zen en buvant un whisky.


Sam fulminait, c’était la première fois qu’il voyait son frère complètement défoncé. Lui qui l’avait toujours averti qu’il ne fallait jamais prendre des trucs pareils, que c’était nocif pour l’organisme, que ça provoquait des addictions. Bon, c’est vrai, il ne lui avait pas lu comme ça et sa traduction avait été plus fleurie « ça rend dingo et tu maîtrises plus ton flingue » et Sam avait parfaitement retenu la leçon.


- Et tu bois de l’alcool fort en plus ! Sam se serait presque étranglé en disant ça.


- Cooooool beau gosse, susurra la jeune femme d’une voix suave, ton frère est un grand garçon et il avait besoin de se détendre un peu… hein chéri… Elle termina sa phrase par un grand éclat de rire.


Dean observa l’intérieur de son verre vide comme s’il avait perdu son slip dedans et lança un regard tellement shooté que Sam prit sa seconde décision importante de la soirée. Il jeta une liasse de billets sur la table et souleva son frère pour le sortir de là, le plus vite possible, loin de toutes nouvelles tentations.


- Hey, ronchonna Dean tout en se laissant entraîner vers l’extérieur… Je t’aiiiime Rachel ! Lança-t-il en envoyant à la jeune femme hilare des au revoir de la main. Toiiii aussi frangin !


- Quand est-ce que tu vas grandir Dean ! Tempêta Sam, tu crois que j’ai que ça à foutre !


Le jeune Winchester ouvrit la portière de l’Impala et installa son frère côté passager, puis se dirigea vers le siège conducteur. Il s’apprêtait à s’asseoir lorsqu’il s’installa sur Dean. Sam se releva d’un bon.


- Mais qu’est-ce que tu fou là ? Hurla Sam chauffé d’énervement ! Dégages, tu ne vas pas conduire dans ton état ! T’es dingue ! 


Maintenant sa voix était presque hystérique.


- Et tu crois que t’es apte à conduire toi aussi ? Trancha son aîné en reprenant sa place initiale.


- Peut être mais moi je ne suis pas défoncé à « je ne sais pas quoi » et tant que je ne sais pas ce que tu as pris c’est moi qui conduit !


Sam observa la route avec une légère anxiété et se dirigea tant bien que mal jusqu’à leur motel. Au bout d’une demi-heure ils arrivèrent enfin. Sam fut soulagé d’y être parvenu sans encombre, mais lorsqu’il entendit un bruit de taule froissée alors qu’il se garait, il se souvint trop tard des bornes de stationnement placées devant l‘habitation.


Dean lui lança un regard si noir que Sam en pâlit.


- je t’assure que je ne les ai pas vu ! S’excusa son cadet vraiment désolé.


- Putain, Saaaam ! Hurla Dean en sortant de la voiture en trombe pour finir sur les deux genoux. Bordel ! Cracha-t-il ensuite en se traînant lamentablement à l’arrière de la voiture pour voir l’état de son « bébé d’amour ».


- Saaaaaam ! J’vais te tuer ! 


Le plus jeune des Winchester sortit à son tour et s’arrêta un instant pour calmer la nausée qui lui prenait la gorge. Il prit une bouffée d’oxygène et rejoignit son frère. Ce qu’il vit le figea sur place. Le pare-chocs arrière était parfaitement encastré dans la borne en ciment et la plaque minéralogique pendait lamentablement sur le côté.


- Ecoute, je payerai les dégâts, mais là on est trop HS pour s’en occuper ce soir, Ok ?


Dean resta silencieux.


- Allez Dean… 


Sam s’approcha de lui et l’aida difficilement à se relever.


- Je te promets demain dès l’aube je m’en occupe !


- Mrgrrr… Marmonna son aîné en le suivant.


Lorsque que Dean fut dans la chambre, il se dirigea automatiquement vers son lit et se jeta, non, il plongea plutôt dedans comme dans une piscine. Le cadet n’avait pas compté jusqu’à trois qu’il dormait déjà.


Sam l’observa une dernière fois et alla prendre sa douche. Enfin il allait pouvoir commencer à se détendre. La douche tiède lui remit doucement les idées en place et le dégrisa totalement. Il allait pouvoir enfin finir cette soirée, qui jusque là, lui avait semblé atroce. 


Pourtant les ennuies ne faisaient que commencer et jamais de sa vie il n’aurait pensé que les évènements qui allaient suivre hanteraient ses nuits durant les nombreux mois à venir. 


Lorsqu’il sortit de la salle de bain, simplement habillé d’un vieux pantalon et d’un polo à manche longue, il n’eut pas le temps de faire le moindre geste, qu’il reçut en pleine figure un coup de poing qui l’envoya valser contre le dos de la porte. Un bruit mat résonna dans sa tête quand son crâne heurta violemment la paroi de bois.


Sam émit un bruit étouffé et se pencha alors automatiquement pour éviter le coup suivant qui arriva aussi vite que le premier. Il l’esquiva in extremis et se dégagea pour avoir plus de recule afin de parer une nouvelle attaque. Il appuya sur l’interrupteur et eut un mouvement de surprise en voyant son frère devant lui.


- Mais Dean ? Questionna-t-il dans l’incompréhension la plus complète. Qu’est-ce qui te prends ?

 

Le regard de son aîné n’avait pas la même lueur habituelle et Sam pensa alors qu’un polymorphe avait pris sa place. 


En l’observant avec plus d‘attention, il vit un filet de sueur perler sur ses tempes et ses pupilles dilatées. Tout son corps était pris de légers tremblements qu’il ne semblait pas pouvoir maîtriser. Sam s’inquiéta d’autant plus que son frère semblait être prisonnier d’un cauchemar qui le gardait inconscient, pourtant il était bien réveillé devant lui et le regardait avec une telle cruauté et un tel degré de fureur que cela en devenait quasiment surréaliste.


- Dean ! Lança de nouveau Sam doucement pour le calmer. Je ne sais pas ce que cette femme t’a donné contre ta volonté, mais là, t’as pas un comportement normal, alors tu vas te calmer et t’asseoir sur le lit.


- Tout ça c’est de ta faute ! Rugit Dean enfermé dans des émotions que Sam ne comprenait pas. 


Il n’eut pas le temps de réagir que son grand frère se jeta de nouveau sur lui, lui donnant plusieurs coups de poing répétitifs sur le visage avec une rage qu’il ne lui avait encore jamais vu auparavant. Les coups pleuvaient sans discontinuer et pourtant Sam ne voulait pas riposter. Ce n’était pas Dean qui était en face de lui mais une autre personne qui avait trop longtemps contenue sa colère et ses frustrations. Désormais toute cette haine qui l’avait nourrie secrètement sans jamais l’assouvir se retournait contre lui.


Maintenant Sam lui servait de défouloir, mais devant la violence qui s’intensifiait progressivement à son encontre, il ne pouvait plus laisser son aîné se servir de lui comme d’un Puching ball.


Avec ses pieds il repoussa son frère de quelques mètres le temps pour lui de se relever.


- Dean arrêtes-toi tout de suite ! Cria-t-il menaçant alors que la panique commençait à l’envahir.


- Et pourquoi je ferais ça ? Rigola Dean haineux, je vais définitivement te régler ton compte et enfin papa et moi on pourra mener une vie normale !


Sam fut ébranlé par les paroles blessantes de son frère. Comment pouvait-il lui dire une chose pareil ?


- Quoi ?!!! S’étrangla-t-il.


- Je ne comprends toujours pas pourquoi je ne t’ai pas laissé cramer avec ta Jessica ! Siffla Dean en se rapprochant dangereusement. On aurait la paix maintenant. J’en ai assez de toi et de tes comédies !


Le plus jeune serra la mâchoire devant les mots que son frère venait de prononcer. Des mots qui faisaient aussi mal que les coups qu’il venait de recevoir. 


- Pourquoi tu dis ça Dean ? T’as pris un truc qui te fait dire n’importe quoi !


- Détrompes-toi espèce de petit merdeux, tu ne peux pas savoir comme ça fait du bien de dire ce que l’on pense ! Papa te préfère à moi parce que tu lui tiens tête, parce que t’es le plus jeune. Mais il n’a jamais vu tous les sacrifices que j’ai fait pour sauver ta petite gueule de con. Je vais réparer cette erreur une fois pour toute !


- Dean arrête ça toute suite ou je vais être obligé de me défendre !


- Ohhh j’aurais presque peur ! Ricana son frère plus fort ! Montre-moi ce que tu as dans le ventre maintenant que je ne suis plus là pour sauver ton petit cul !


Maintenant Sam en avait gros sur le cœur, et si ce que lui disait son frère était vraiment ce qu’il pensait réellement ? Qu’il le considérait comme un boulet ? Non, ça ne pouvait pas être Dean. C’était à cause de cette drogue qu’il avait prise malgré lui dans ce bar pourri. C’était elle qui parlait au travers de sa bouche, pas lui.


Dean cassa brusquement une chaise et avec le pied s’en servit comme d’une arme pour lui taper dessus. Sam se protégea alors avec son avant bras et poussa un cri de douleur lorsque le bois rentra en contact avec sa chair. Il lui envoya en réponse un coup de pied dans l’estomac qui lui coupa le souffle et un crochet du droit qui le sonna à moitié. 


Sam n’en pouvait plus. Son frère était vraiment déchaîné et n’arrêtait pas de remonter à l’assaut lui rendant coups pour coups. La vision du plus jeune commençait à devenir floue et son souffle devenait de plus en plus laborieux. Il fallait absolument mettre un terme à se massacre dont il faisait l’objet. 


Il ramassa un autre morceau de bois qui traînait par terre et attaqua Dean à son tour. Frappant l’arrière des genoux puis son dos. Il visa ensuite le ventre et enfin la tête. Dean fut propulsé vers le fond de la pièce par la violence du choc.


A moitié assommé, il tenta de se relever, mais Sam visa une dernière fois la tête et cogna fort avec le bâton. Son aîné s’effondra alors lourdement sur le sol inconscient.


Sam tremblait de tout son corps, ne sachant plus quoi faire, reprenant doucement son souffle malgré ses côtes douloureuses. Il s’approcha de son frère fébrilement, s’accroupit à ses côtés et vérifia s’il était toujours en vie. Son cœur battait rapidement, un peu trop vite même et sa température semblait élevée. Il pouvait voir se former un hématome qui enflait doucement là où le bois avait heurté sa tête. 


Le cadet se releva difficilement et chercha son portable dans son sac. Il allait composer le numéro de téléphone de son père, mais il hésita un instant les yeux embués par des larmes qui se formaient malgré lui et qui roulaient sur ses joues violacées. Son hésitation se transforma en panique lorsqu’il s’imagina informer son père de ce qui c’était passé. Les paroles de Dean lui revinrent en mémoire et il éteignit son portable.  


Sam respira de nouveau, baissa les bras et regarda le plafond la bouche ouverte, les yeux dans le vague. Il ne savait plus quoi faire. Il alluma de nouveau son portable et composa le numéro des urgences puis demanda une ambulance. Il prit ensuite sa veste et partit de la chambre du motel sans se retourner, laissant son frère seul, immobile sur le sol.

 


A suivre…


Elisab  (24.04.2012 à 12:45)

Voilà un chapitre un peu plus court mais qui permet d’installer progressivement les personnages dans l’histoire. Merci pour vos gentils messages ! Bonne lecture !


Chapitre 2


Il avait roulé toute la journée et depuis peu il traversait les grandes plaines de l’Alabama pour rejoindre, si son voyage se déroulait sans encombre, l’état de Floride et plus exactement la ville de Miami. Il retrouverait alors son fils Harrison, son travail et son univers. Il lui restait encore une nuit complète de route pour arriver à bon port et reprendre directement son boulot d’expert médico-légal à la « Miami Metro Police Département », la M.M.P.D. comme aimaient l’abréger ses collègues flics.


Le soleil déclinait doucement derrière l’horizon donnant au paysage des couleurs mordorées et la brise qui s’engouffrait dans l’habitacle de son véhicule le rafraichissait agréablement. 


Il aimait être seul et sans faux semblant. Et là, dans sa voiture, il pouvait briser cette apparence émotionnelle qu’il arborait devant son entourage pour libérer sa vraie nature. Il savourait cette soudaine solitude, c’était une opportunité qu’il se saisissait avec délectation alors que beaucoup d’autres s’en plaignaient trop souvent. Il aimait vivre en marge de cette brassée de sentiments polluant l’esprit d’une chose qui lui semblait essentielle : être vivant !


Et dans cette vie, trois choses l’importaient : son petit garçon Harrison, sa demi-sœur Debra et les principes que son père adoptif Harry, malheureusement décédé, lui avait inculqués. Pour le reste, il s’en fichait comme de sa première chemise. 


Bien sûr, il y avait aussi une faille dans l’armure qu’il s’était construite au fur et à mesure des années. « Comme tout le monde » pensa-t-il ironiquement. Mais il savait depuis longtemps la canaliser et la transformer en quelque chose de positif et cela grâce au « Code de Harry » comme il aimait à se le rappeler régulièrement.


Ses pensées erraient tranquillement dans son esprit suivant des chemins hasardeux lorsqu’il remarqua un point noir qui se dessinait à l’horizon et dénotait par sa couleur sur le bas-côté de la route. Le paysage étant fait essentiellement de plaines parsemées de quelques arbres isolés, épargnés par des tornades successives.


Plus il s’avançait, plus la tache grossissait et piquait sa curiosité. Il regarda sa montre, dix-neuf heures trente, et se pencha un peu plus sur son volant pour essayer de distinguer la chose. Cela devait être un animal à la façon dont il se déplaçait, zigzagant légèrement de la droite vers la gauche. Il fallait désormais rouler prudemment car il n’avait jamais eu de chance avec les animaux. Celui là aurait sûrement des tendances suicidaires et se jetterait sous ses pneus, rien que pour l’emmerder, lorsqu’il passerait à côté de lui. 


« Les animaux ne m’aiment pas » constata-t-il réaliste « Et moi non plus ». 


Arrivée à une centaine de mètre de la forme indistincte, il découvrit avec surprise que l’animal s’était transformé en humain et qu’il ne semblait pas au mieux de sa forme. Sa démarche était d’une lenteur incroyable et étrangement maladroite.


Il réfléchit et ne se rappela pas avoir croisé une voiture en panne ou accidentée, sur bord de la route.« Qu’est-ce qu’un type pouvait faire là, perdu au milieu de nulle part ? » 


Il accéléra et arriva au niveau de la personne qui continuait à marcher droit devant elle sans faire la moindre attention de ce qui l’entourait. Il descendit du véhicule et héla le jeune homme qui semblait ne pas l’entendre.


- Hey ! Je peux vous aider ? L’interpella t’il de nouveau en lui posant précautionneusement une main sur l’épaule.


Le jeune homme sursauta à son contact, se retourna pour l’observer et recula par prudence de quelques pas.


Il devait avoir tout au plus une vingtaine d’année et semblait vraiment en mauvaise posture. Des contusions et plaies striaient son visage que ses cheveux un peu trop long cachaient à peine. La façon dont sa main droite maintenait son bras gauche lui indiquait qu’il devait le faire souffrir et le bruit de sa respiration qu’il bloquait régulièrement le renseignait sur l’état inquiétant de ses côtes.


- Vous avez eu un accident ? Questionna Dexter. 


- C’est ça ! Répondit le plus jeune avec une ébauche de sourire qui se voulait poli.


- Et bien montez dans la voiture, je vous emmène jusqu’à la prochaine ville, vous avez besoin de voir un docteur.


Le jeune homme l’observa avec intensité, sembla hésiter un court instant puis fit un mouvement positif de la tête.


- Je m’appelle Morgan, Dexter Morgan ! Lança-t-il pour le rassurer définitivement ! « On est toujours plus confiant lorsqu’on connait le nom des gens que l’on côtoie » chuchota la voix de son père dans sa tête.


- Sam, Répondit l’autre sans plus de précision.


Ensemble ils réintégrèrent le véhicule et Dexter lui tendit une bouteille d’eau. 


- Vous devez avoir sacrément soif ? Reprit-il en observa ses lèvres sèches. Vous marchez depuis longtemps ?


- La nuit et toute la journée…


- Wahoo ! Siffla Dexter, et je suis la première personne que vous rencontrez ?
- Non, souffla le jeune homme de dépit en avalant le reste du contenu de la bouteille, vous êtes le premier qui s’arrête ! Ca… ça vous ennuie si je ferme un peu les yeux ? Reprit-il épuisé… J’ai juste besoin d’un petit moment pour récupérer.


- Faites ! Répondit Dexter plutôt content de ne pas s’étendre dans une conversation stérile et interminable. 


Le jeune homme se cala après plusieurs grimaces et crispations contre la portière du véhicule, posa la tête contre le dosseret et ferma les yeux cernés par des marbrures violacées. En moins de cinq minutes, il s’endormit épuisé, bercé par le mouvement et le bruit régulier du moteur.


Piqué par la curiosité, Dexter l’observa à la dérobé et en profita pour le détailler d’une façon quasi-scientifique. Décryptant les moindres détails qui pouvaient le renseigner à son sujet. « Déformation professionnelle » songea-t-il.


L’absence de chaussures à ses pieds l’avait frappé immédiatement. Il devait marcher depuis des kilomètres en chaussettes sur l’asphalte brûlant sans l‘avoir même remarqué compte tenue de son état. Sa tenue non plus n’était pas adaptée au climat de la région. Sa veste était bien trop chaude et dissimulait mal un vêtement qui tenait plus du pyjama que d’une tenue de tous les jours.


Et puis, il y avait incontestablement ces marques sur toutes les parties visibles de son corps qui lui indiquaient que le jeune homme avait dû être passé à tabac par un ou plusieurs types qui n’y étaient pas allés avec le dos de la cuillère.


Pourtant, ce qui intrigua le plus Dexter fut son comportement. Il n’était pas venu pleurer sur son épaule et se plaindre de ce qui lui était arrivé. Voilà une attitude qui n’était pas habituelle chez un humain lambda traumatisé par une possible agression et cela piqua fortement sa curiosité de scientifique et d’homme de loi. 


C’est au bout d’une heure trente que Sam se réveilla en sursaut. Le véhicule était à l’arrêt, garé devant une pompe à essence, perdue au milieu de nul part. Il observa à travers le rétroviseur le conducteur qui faisait le plein à l’arrière. Sam sentait qu’il avait un peu récupéré mais sa tête continuait de le faire souffrir. 


- Putain de migraine ! Marmonna-t-il en se frottant le front. 


Dexter réintégra sa place et lui tendit un petit flacon de comprimés ainsi qu’une petite bouteille d’eau.


- Prenez en deux, c’est efficace contre la douleur et la fièvre. Vous voulez passer un coup de fil ? Il y a une cabine derrière la station.


Sam accepta les comprimés et les avala avec un peu d’eau puis regarda devant lui, perdu dans des pensées sombres et déclina l’offre du plus vieux.


- Je n’ai personne à appeler ! 


- Okay ! Reprit Morgan, Excusez moi d’être aussi direct, mais je suppose que vous n’avez pas d’argent sur vous ? … Il se tût un instant puis reprit… Ce qui veut dire, pas de chambre d’hôtel, pas de docteur… Vous avez au moins une destination ?


- Ecoutez… répondit Sam en s’agitant nerveusement sur son siège. Je vous remercie de m’avoir emmené avec vous, mais je ne vais pas abuser de votre générosité, je vais continu…


- Stop Sam ! Coupa alors Dexter légèrement déstabilisé (encore) par la réaction du jeune homme. Je ne vous juge pas ! Je veux tout simplement vous aider ! Et je veux connaître le nom des personnes qui vous ont mis dans un état pareil ?


Sam serra la mâchoire et freina la nausée qui lui remontait soudainement le long de l’œsophage.


- C’est… je ne… Commença Sam en secouant négativement la tête.


- Vous savez que vous pouvez porter plainte pour agression ? Les personnes qui vous ont fait ça ne doivent pas rester impunies et vous pouvez également être protégé par la police si nécessaire !


Sam se tendit immédiatement. Son regard prit une lueur d’inquiétude. Dexter comprit alors que les termes qu’il avait utilisés sonnaient trop le flic et que le jeune homme commençait à paniquer. 


« Pourquoi s’inquiéter d’être avec un policier si on n’a rien à se reprocher ? » S’interrogea-t-il de nouveau. 


Le conducteur reprit aussitôt la route de peur que son compagnon de voyage ne décide de descendre définitivement de la voiture.


- Je ne cherche pas d’ennuis avec vous Sam, mais vous avez besoin d’un peu de calme pour réfléchir à votre situation et pour avoir plus de recul. Vous avez l’air d’un garçon intelligent… alors… pour l’instant ma sœur Debra vient de libérer la chambre qu’elle occupait chez moi et… si ça vous intéresse… je vous propose temporairement un hébergement ! Le temps pour vous de vous ressaisir…


« et de mieux découvrir ce qu’il cache» Fit silencieusement la voix de Harry dans la tête de Dexter.


Sam, tout d’abord suspicieux, trouva cependant cette proposition vraiment tentante compte tenu de son état qui commençait vraiment à l’inquiéter. C’était peut être pour lui l’opportunité qu’il devait saisir pour débuter une nouvelle vie et mettre derrière lui la chasse qu’il ne supportait plus. Enfin, il pourrait peut être oublier les personnes qu’il avait aimé et qui lui avaient broyé et compressé le cœur.


- Je trouverai un moyen de vous dédommager ! Souffla-t-il acceptant ainsi la proposition généreuse de Morgan.


- Alors bienvenue dans l’état de Floride ! Lança le chauffeur avec un sourire désarmant tandis que leur véhicule dépassait un panneau indicateur accueillant les nouveaux venus.


Pour une fois, Dexter n’avait pas besoin d’une victime pour rechercher de nouvelles proies qui échappaient à la justice. Il allait mener son enquête et découvrir ceux qui s’étaient acharnés sur Sam. 


Il s’aperçut, surprit et presque choqué, qu’il ressentait une certaine compassion pour ce jeune homme qui semblait combattre lui aussi un ennemi intérieur qu’il essayait de refouler dans les zones les plus profondes de son esprit. Il avait l’étrange sensation de se reconnaitre en lui, quelques années plus tôt, alors que toutes ses ombres noires et violentes se débattaient en lui pour avoir le dessus sur sa raison. 


Dexter l’observa de nouveau furtivement et en conclut qu’il allait le libérer de ce fardeau qui l‘étouffait.


Le silence envahit alors l’habitacle et les deux hommes regardèrent défiler devant eux la route qui les conduisait parallèlement vers un avenir parfaitement maîtrisé pour l’un et totalement incertain pour l’autre.


A suivre…

Dans le prochain chapitre il sera question de John et Dean Winchester…


Elisab  (29.04.2012 à 11:25)

 Merci à ceux qui me lisent ! Bonne lecture !



 Chapitre 3



- Qu’est-ce qui c’est passé ? Questionna John d’une voix glaciale en observant son fils aîné allongé dans le lit d’hôpital.


- Je te l’ai déjà dit ! Répondit Dean agacé en se pinçant l‘arrête du nez. Je ne me souviens plus de rien ! 


- Et tu ne te rappelles pas de ce qui a pu arriver à ton frère ? Interrogea-t-il de nouveau maîtrisant mal sa colère. 


- Papa, j’ai dans le crâne les hélices d’un bateau qui me broient le cerveau !


Les mains sur les hanches, le père de Dean marchait de long en large comme un lion en cage dans la petite chambre bleue pâle qui sentait le désinfectant. Il était furieux et essayait de comprendre ce qui s’était passé la nuit précédente.


On l’avait contacté en lui disant que son fils avait été hospitalisé au centre des urgences de Camden dans le comté de Wilcox et lorsqu‘il avait demandé si son autre fils allait bien, on lui avait simplement répondu que le patient avait été admis seul. S’inquiétant pour la santé de Dean et surtout sur la disparition de son plus jeune fils, il avait alors pris son 4x4, furieux de laisser son travail en suspens et conduit comme un malade pour retrouver son aîné pas mal amoché et amnésique des dernières vingt-quatre heures.


- Dean, je me suis renseigné, c’est ton frère qui a contacté les urgences ! J’ai reconnu sa voix lorsque j‘ai écouté l‘enregistrement, alors pourquoi il n’est pas resté auprès de toi ? 


- Mais putain, j’en sais rien ! Siffla son fils abattu. J’ai beau essayer de me rappeler, je ne me souviens que d’être entré dans ce bar pour boire un coup avec Sam et pour se changer les idées… et après… c’est le trou noir… Je t’assure papa… je voudrais vraiment découvrir ce qui c’est passé… je… Sam et peut être en danger… et…


- Je vais aller voir ton dossier médical ! Coupa sèchement son père. Il nous apprendra peut être quelque chose !


John Winchester passa devant son fils sans un regard et sortit en trombe en claquant la porte de la chambre, le laissant seul et désemparé.


Pétrifié dans son lit, Dean tendit les bras devant lui et examina ses mains dont les jointures étaient écorchées et douloureuses. Il s’était battu, ça il en était certain et le combat avait dû être violent pour que ses articulations lui fassent aussi mal.


Il continua son inspection et lorsqu’il souleva son t-shirt blanc que lui avait fourni l‘hôpital, il observa une longue zébrure qui tirait vers le rouge foncé et qui traversait son torse déjà douloureux. L’arrière de ses mollets, de la même couleur que son ventre, le tiraillait aussi désagréablement.


Il se redressa péniblement et s’assit sur le rebord du lit. 


Dean avait beau se torturer l’esprit, rien ne lui revenait en mémoire, même pas un flash, le désert total. Par contre il avait l’impression d’avoir une méga gueule de bois, la pire qu’il n’ait jamais eu de toute sa vie. Il se sentait à côté de ses pompes, le cœur dans la tête, l’estomac dans la gorge, la bouche sèche et les yeux.. et bien… eux avaient décidé de faire grève… fermé pour rénovation avant réouverture !


- Bordel ! Jura-t-il entre ses dents.


Lorsqu’il posa un pied sur le sol froid, la chambre se mit à tourner dangereusement. Il se déplaça alors doucement, longeant le lit comme un crabe et arriva jusqu’au meuble intégré qui servait d’armoire. Il s’observa dans le miroir et eut un soupir de consternation. Il avait vraiment une sale gueule.


Il ouvrit le meuble et réussit péniblement à s’habiller. 


Il avait à peine terminé que son père déboula dans la chambre aussi rapidement qu’il en était parti. 


- Bien Dean tu es déjà prêt ! Constata-t-il avec satisfaction. Prend tes affaires et on part tout de suite, les flics arrivent !


- Les flics ? Et pourquoi ? Questionna le jeune homme surpris, c’est moi qui suis sensé avoir été agressé ?!!!


- Et bien aux vues de tes analyses de sang, vaut mieux dégager ! Rétorqua le plus vieux. Partons !


- Quoi ?!!! S’inquiéta Dean.


Son père ne se donna pas la peine de lui répondre et l’aida du mieux qu’il pu à s‘enfuir. Ils se faufilèrent d’abord discrètement à travers les longs couloirs de l’hôpital et s’engouffrèrent dans un large ascenseur gris réservé aux personnels médicaux puis trouvèrent rapidement une sortie de secours.


- On retourne au motel récupérer vos sacs et on disparait, j’ai déjà fait transporter l’Impala chez Bobby pour qu‘il la répare, il va faire une attaque en la voyant. Si j’avais su que tu la mettrais dans cet état je ne te l’aurais jamais confiée ! Sermonna son père après s‘être engouffré dans son véhicule.


- Comment ? S’étonna Dean inquiet pour sa voiture, qu’est-ce qu’elle a ?


- Tu verras par toi-même ! Reprit son père froidement.


Dans la chambre du motel, l’aîné des Winchester resta sans voix. La pièce principale était sans dessus dessous et certains meubles étaient réduits en miettes. L’ordinateur de Sam traînait au pied d’un des lits et son sac qu’il emmenait partout se trouvait vidé de son contenu sur le sol. L’attaque s’était bien déroulée ici et le cœur de Dean se serra lorsqu’il découvrit des projections de sang un peu partout. Il y en avait sur la porte menant à la salle de bain, sur un angle de la table et sur plusieurs morceaux de bois qui avaient dû être utilisés pendant la lutte.


Un silence de consternation envahit la pièce.


- Vous avez dû vous faire attaquer en rentrant, vos lits ne sont pas défaits ! Constata son père. Bon Dieu Dean, le fait d’être ici ne te réveille pas des souvenirs ?


- Non, ragea son fils en observant la pièce à la recherche d’indices qui lui raviveraient la mémoire.


- Papa, pourquoi je ne me souviens de rien ? Se désespéra-t-il.


- C’est sûrement à cause des drogues qu’on t’a données. 


Dean lui envoya un regard surpris.


- Des drogues ? 


- Oui, c’est pour ça que les flics voulaient t’interroger, tu avais un sacré cocktail dans ton sang ! du flunitrazépam et de la cocaïne ! 


- Du fluni… quoi ? 


- Une drogue qui te fait perdre la mémoire et annihile tes défenses. Le surdosage aurait pu te mettre dans le coma Dean, tu t’en rends compte ! 


- Putain ! S’exclama-t-il stupéfait.


- Ca tu peux le dire…  John allait rajouter quelque chose mais se retint à la dernière minute.


- Bon, reprit-il après un instant, en ramassant ça et là leurs affaires. Filons d’ici avant que le proprio voit que nous sommes revenus.


Dans la voiture, inconsciemment, Dean se rongeait jusqu’au sang l’ongle de son pouce droit. Sa tête le faisait encore souffrir alors que les kilomètres défilaient à vive allure devant lui. Son père ne lui avait plus adressé la parole depuis que celui-ci avait fait une petite visite dans le bar où ils avaient passé la soirée.


John s’était fait passer pour un agent du FBI et avait interrogé le barman qui avait parfaitement reconnu Sam. « Le type lui avait bien tenu compagnie accoudé désespérément au comptoir»… « Un mec sympa qui se faisait chier en attendant l’autre type qui draguait une superbe nana. Sinon rien de spécial. Au bout d’un moment, le plus jeune avait décidé de partir et avait emmené l’autre mec complètement bourré dehors. Fin de l’histoire»


Maintenant, ils n’étaient pas plus avancés dans leur recherche. Sam avait disparu et aucun indice ne leur permettait de savoir ce qui avait pu lui arriver par la suite.


Ils avaient écumé les environs et interrogé plusieurs employés de la gare routière toute proche sans plus de succès. 


John fulminait contre lui-même. Il avait confié la garde de Sam à son aîné et il avait disparu. Il avait fait confiance à Dean et maintenant il s’en voulait et il lui en voulait. S’il avait fait attention au lieu de draguer tout ce qui bouge il n’en serait pas arrivé là. Veiller sur Sam était sa priorité, il lui avait répété un millier de fois. Et pourtant il avait fait fi de ses recommandations et maintenant, en plus de pourchasser ce foutu démon qui avait détruit sa famille, il devait rechercher son plus jeune fils. De rage, il tapa sur le volant ce qui fit sursauter Dean.


Aucun des deux ne prit cependant la parole de peur de dire ou de faire quelque chose qu’ils regretteraient par la suite. Ils étaient extrêmement inquiets par la soudaine et énigmatique disparition de Sam. Était-ce le démon Azazel qui l’avait kidnappé pour mettre son mystérieux projet à exécution ? Le monstre démoniaque qui avait déjà tué leur mère et sa petite amie s’en était-il pris à lui à son tour ? Ou étais-ce une vengeance personnelle à son encontre ? Mais alors de qui pouvait-il s’agir ? Des tas de noms s’alignèrent comme une liste de courses dans leur tête, les laissant de plus en plus pessimistes.


John avait besoin de réfléchir au calme, son premier fils auprès lui de peur qu’il ne lui arrive également quelque chose. On ne savait pas qui les avait attaqués et celui qui avait enlevé Sam pouvait aussi s’en prendre à Dean. L’ennemi pouvait être n’importe qui et son meilleur refuge résidait chez ce cher Bobby Singer. Un vieux chasseur mal embouché mais qui avait toujours une logique à vous couper le souffle et une connaissance de la chasse prodigieuse. Il était devenu, au fur et à mesure que le temps passait, un compagnon d’aventure et de galère. Cette association s’était transformée par la suite en amitié sincère lorsqu’il s’était occupé de ses fils alors qu’une méchante plaie l’avait clouée au lit pendant plusieurs semaines. Depuis ce jour, ses fils le considéraient un peu comme un membre à part entière de leur famille déjà restreinte. Chez lui, John pourrait se consacrer totalement la recherche de Sam et Dean pourrait se remettre de ses blessures.


C’est avec une anxiété grandissante logée au fond de ses trippes que John Winchester prit alors la direction de Sioux Falls, dans le Dakota du sud avec l’espoir, qu’une fois arrivé là bas, il aurait de nouvelles informations qui lui permettraient de retrouver son fils vivant.  

 


A suivre…


Elisab  (04.05.2012 à 14:13)

Merci à Liliju, Schumi, Elida et Noliefe pour vos messages très encourageants. Bonne lecture !


Chapitre 4


Lorsque Sam entra dans l’appartement de Dexter Morgan, il fit rapidement un tour d’horizon pour repérer les lieux. Il localisa immédiatement les portes et fenêtres qui lui permettraient de s’échapper s’il en ressentait la nécessité. Il chercha ensuite les objets de la vie quotidienne qui pourraient lui servir éventuellement d’armes défensives puis observa les différents tableaux et cadres exposés dans la pièce afin de connaître le nombre de personnes qui vivaient ici. 


Cela ne dura que quelques secondes mais cette attitude qui serait passée inaperçue pour quelqu’un de normal n’échappa pas aux regards aiguisés du propriétaire des lieux. 


Sam était décidément un bien étrange jeune homme qui analysait le terrain comme le ferait un soldat songea Dexter avec perplexité en déposant ses bagages près du canapé. 


Il n’était pas encore quatre heures du matin lorsqu’il lui proposa un café. Le plus jeune accepta volontiers et prit place devant le petit comptoir intégré à la cuisine américaine. Alors que la nuit plongeait encore les habitants de la ville dans une profonde léthargie. Un sentiment de calme et de quiétude envahit Sam qui se détendit un peu. Il ne se trouvait pas dans un motel miteux ou dans une vieille bâtisse abandonnée, il n’était pas dans un repère de chasseurs ou dans un hangar désaffecté, il habitait chez quelqu’un de normal qui menait une vie ordinaire. 


Il avait un peu la sensation de se retrouver quelques années en arrière lorsqu’il vivait encore avec Jessica et qu’ils menaient ensemble une banale vie d’étudiant. Ce souvenir lui comprima l’abdomen et il souffla pour évacuer un trop plein de tristesse qui le submergeait.


- Vous savez quoi Sam ! Lança Dexter, lui coupant ainsi ses pensées vagabondes. Vous allez prendre une bonne douche et vous reposer le temps que j’aille déposer quelques affaires dans mon bateau. J’en ai pour une petite heure. 


- Vous avez un bateau ? S’étonna Sam. 


- Oui j’y emmène parfois mon fils en week-end !


- Et vous avez aussi d’autres enfants ? Reprit le jeune homme en indiquant du menton le portrait de famille qui trônait sur l’étagère.


- J’en ai trois, mais je ne m’occupe que du petit dernier… Harrison, Astor et Cody sont chez leur grand-mère. Ils y sont tous actuellement pour les grandes vacances !


- Et votre femme ? Questionna le jeune homme avec hésitation.


Dexter se crispa en pensant à Rita. Chaque fois qu’il l’imaginait, il la revoyait encore baignant dans son propre sang et son dernier né pleurant à chaudes larmes à ses côtés.


- Elle est décédée. Répondit-il trop brusquement en tentant de chasser cette image douloureuse. Et votre famille ?


Sam se contracta à son tour. La conversation sur ce thème n’était décidément pas le sujet à aborder entre eux.


- Juste… juste un frère… et un père… mais je n’ai plus de contact avec eux ! Ajouta-t-il un peu trop rapidement au goût de Dexter.


Le jeune homme voulut se redresser sur son siège lorsqu’il ne put contenir une plainte mal dissimulée, ses côtes le faisaient encore souffrir et ce simple mouvement le rappela à l’ordre. Maintenant qu’il ne se focalisait plus dans une fuite effrénée qui l’éloignait de sa famille, de nouvelles douleurs refaisaient surface, lui rappelant péniblement chaque coup que lui avait infligé son frère. Il se sentit vaciller et s’agrippa à l’angle du meuble les doigts crispés, les jointures blanchies par l’effort.


Dexter se précipita alors vers lui et le retint par les épaules.


- Je crois qu’il faut vous allonger Sam. Je vous emmène dans votre chambre, c’est celle au bout du couloir, mais avant, vous allez m’avaler ça, c’est plus efficace contre la douleur et c’est un bon anti-inflammatoire. 


Sam se retrouva avec deux comprimés dans la main sans avoir vu Morgan se déplacer pour les lui donner. Cette fois-ci, il les avala sans hésitation tant il se sentait mal et nauséeux. Pour la première fois de sa vie, il faisait confiance à un parfait inconnu qui l‘avait pris en stop. Il espérait toutefois qu’il ne le regretterait pas par la suite. 


Pour le moment, il se laissait guider sans broncher jusqu’à son lit et s’allongea avec difficulté. Il sentit une couverture se poser sur lui et un oreiller arriver par miracle derrière sa tête. Son esprit erra encore quelques instants puis il glissa dans un engourdissement qui l’emmena graduellement dans un sommeil profond et sans rêve.


Morgan lui prit doucement le poignet et sentit battre son pouls régulièrement, il toucha légèrement son front chaud mais pas brûlant et l’observa un instant silencieusement.  


Il regarda alors sa montre puis attrapa d’un geste vif les clefs de sa voiture. 


Il devait rapidement rejoindre la Marina et prendre son bateau pour retrouver la pleine mer et plus exactement les coordonnées qui le placeraient au dessus du courant océanique puissant du Gulf Stream. Il pourrait enfin se débarrasser de ses encombrants sacs poubelles qui attendaient patiemment dans le coffre arrière de sa voiture.  

 

Des sacs qu’il abandonnerait avec un plaisir sans nom. Un plaisir qu’il avait assouvi en se débarrassant de José Oscuro, un meurtrier multirécidiviste, vicieux et immonde tueur d’enfants qui se moquait ouvertement de la justice mais qui était cependant suffisamment intelligent pour trouver une faille, un défaut de procédure, lui permettant de retrouver la liberté. 


Dexter avait jubilé lorsqu’il avait enfin retrouvé sa trace en Alabama, alors que le scélérat tentait vainement de se soustraire à la loi. Morgan l’avait donc traqué, capturé et immobilisé en lui injectant du M99, anesthésiant puissant utilisé par ces « adorables » vétérinaires. Il l’avait ensuite attaché nu comme un vulgaire bout de viande à une table et gentiment emballé dans du plastique transparent pour l’empêcher de bouger.


A sa merci, il lui avait alors énuméré tous les crimes que le salopard avait commis, montrant des photos insupportables de toutes les jeunes et innocentes victimes qui étaient passées entre ses mains funestes. 


Pour garder un souvenir de la justice enfin rendue, respectant ainsi le code de son père, il avait tranché la joue d’Oscuro avec un petit scalpel chirurgical juste au dessous de l’œil débordant de larmes, la partie la plus tendre du visage. Il avait ensuite prélevé un petit échantillon de sang qu‘il avait placé entre deux verres de laboratoire et qu’il rangerait soigneusement dans la petite boîte en bois cachée dans le climatiseur de son salon, dès son retour. 


Morgan ferma doucement la porte de son appartement à double tour et s’activa rapidement afin de se débarrasser de son silencieux passager, entassé dans plusieurs sacs, qui attendait paisiblement d’être plongé dans les profondeurs froides de l’océan atlantique.


Après avoir accompli sa tâche et que le corps démembré fut englouti par l’eau noire, Dexter fit demi-tour l’esprit apaisé. José Oscuro n’était plus désormais qu’un ancien souvenir.


Les premières lueurs du jour pointaient à peine à l’horizon lorsqu’il rentra chez lui. Tout semblait immobile et un silence bienfaiteur planait dans l’appartement. Il s’avança doucement vers la chambre où sommeillait Sam et poussa la porte entrebâillée. Le jeune homme n’avait pas bougé d’un pouce et semblait dormir profondément. 


Dexter se rendit ensuite vers la cuisine et avec une serviette en papier propre il s’empara de la tasse à café que Sam avait utilisée et la déposa précautionneusement dans une pochette en plastique transparente. Il la referma et engouffra l’objet dans sa sacoche qu’il emportait toujours pour son travail. Lorsqu’il arriverait à là M.M.P.D ., il ferait une analyse de ses empruntes et découvrirait ce que Sam voulait lui cacher absolument. Il déposa ensuite l’échantillon de sang de José Oscuro dans sa cachette secrète et remit en place la plaque de ventilation. 


Il venait à peine de terminer qu’il entendit du bruit provenant du fond du couloir. Il débarrassa rapidement son plan de travail et passa un léger coup de chiffon. Il était maniaque contrairement à sa sœur et aimait que les choses soient bien rangées à leur place. Il espérait soudainement que le jeune homme ne serait pas aussi bordélique que Debra et qu’il respecterait l’espace vital dont Dexter avait besoin pour son équilibre mental.


Sam apparut devant lui les cheveux en bataille et le visage encore embrumé par le sommeil, mais il semblait nettement plus reposé.


- Ca va mieux ? Questionna Dexter.


- Je me sens plus détendu, merci ! Répondit le jeune homme en remontant une masse de cheveux avec sa main. Mais aussi un peu…


- Sale ! L’interrompit Dexter avec le sourire.


- C’est ça. Constata Sam en s’observant et en lui rendant la même expression.


- La salle de bain est par là, et je vous ai mis des affaires de rechange près du lavabo. En attendant de vous trouver des vêtements à votre taille. Pour les chaussures ça devrait aller par contre. Je vous ai mis une paire de baskets avec. 


- Je ne sais vraiment pas comment vous remercier ? Répondit Sam embarrassé. Je ne comprends pas pourquoi vous faites tout cela pour moi ? Je…


- Vous trouvez ça louche et vous vous demandez si je ne suis pas un vieux pervers n’est-ce pas ? Lança Morgan rieur.


- C’est tout à fait ça. Sourit Sam à son tour, et Dexter trouva que cette expression le rendait encore beaucoup plus jeune qu’il en avait l’air.


- Vous avez compris que je travaillais dans la Police, n’est-ce pas Sam ? Reprit Morgan. 


Un silence gênant flotta dans l’air.


- Vous savez, je vois trop de gars comme vous qui pourraient s’en sortir grâce à un petit coup de main. Continua-t-il. Mais personne ne vient à leur secours et on les retrouve tué dans le coin d’une rue au petit matin… Et cette nuit, vous m’avez fait penser à l’un d’eux.


Le jeune homme fut touché par les paroles de son hôte et baissa la tête, le regard dans le vide. 


- Okay… j’y vais alors ! Répondit Sam après un moment.


- Oui, et ensuite repos toute la journée, je ne rentre pas trop tard et ce soir nous ferons un peu le point, d’accord ?


Sam accepta d’un mouvement de la tête et s’engouffra dans la salle de bain. Il se déshabilla lentement pour éviter que ses côtes douloureuses ne se réveillent. Il entassa dans un coin ses vêtements souillés de saleté et de sang puis alluma la douche. Il se plaça sous le jet mais eut un mouvement de recul lorsque l’eau entra en contact avec son bras blessé. Il le regarda et constata que l’hématome violet qui s’y trouvait était extrêmement sensible au contact de l’eau. Il en ralentit son débit et se replaça dessous. Comme une petite pluie fine qui chatouille le visage et vous réveille, Sam avait l’impression de se remettre lentement les idées en place. 


Est-ce qu’il avait bien fait de partir ? Son père et Dean devaient être actuellement morts d’inquiétude depuis sa fuite. Et son frère ?… qu’il avait laissé inconscient sur le sol… Est-ce qu’il allait bien ?… Lui en voulait-il encore et avait-il toujours cette haine envers lui ?… Et qu’allait être la réaction de son père ? Des milliers de questions se bousculaient dans la tête comme un engrenage en rotation perpétuelle qui s‘était emballé. Et si… et si… 


Sam colla son front contre le carrelage froid de la douche et se mit à écouter le bruit régulier de l‘eau qui coulait sur son dos pour le calmer. Il resta là un instant sans bouger, l’esprit agréablement vide. 


C’est à ce moment là qu’il entendit des voix lui parvenir du salon. Il arrêta la douche et prêta attention à ce qu’il pouvait percevoir, tout en s’habillant.


- Putain de merde t’as vu l’heure Dex ! Vociféra une voix féminine. Je t’ai dit sept heures au commissariat pas huit ! Bordel, Mazuka et Angel nous attendent déjà sur la baie, on a encore retrouvé un corps mutilé et j’ai besoin de ton avis, alors bouge ton cul ! Merde…


- Debra, tu as un langage qui craint pour un lieutenant ! Gronda Morgan avec douceur ! 


- Et pourquoi tu fermes toujours ta porte avec le verrou ? C’est chiant ! Je prends mon dernier carton dans la chambre et je t’attends dans la bagnole ! Grouille.


« J’ai une sœur charmante » pensa Dexter avec affection. 


Debra revint quelques instants plus tard les bras chargés et regarda son frère avec soupçon.


- T’as quelqu’un qu’a pieuté dans la chambre ? Lança-t-elle impulsivement avant de se mordre la langue… Okay… okay… ça ne me regarde pas ! Je sais… mais c’est qui ?


- Je te raconterai ça plus tard Deb, répondit son frère. Tu m’as dit toi-même qu’on allait être en retard. 


- Oh la la Dex, ne te fous pas de ma gueule !!!


Dexter poussa sa tornade de sœur vers la sortie, attrapa la bandoulière de sa sacoche et se dirigea vers la salle de bain. Il donna deux coups sur la porte et avertit Sam qu’il s’en allait.


- D’accord ! Répondit simplement le jeune homme derrière la paroi de bois blanc. 


Sam entendit la porte claquer et le moteur puissant d’une voiture qui démarrait. Il était de nouveau seul. Complètement habillé, il sortit et s’installa sur le canapé après avoir attrapé sa veste. Il fouilla dedans et en sortit son téléphone portable éteint qu’il posa sur la table basse devant lui. Il le regarda avec insistance comme s’il allait se mettre en marche rien qu’en le fixant. 


Les coudes sur les genoux, les mains jointes sous le menton, Sam se perdit de nouveau dans ses pensées alors que son regard fixait intensément le portable.

 


A suivre…


Elisab  (11.05.2012 à 14:46)


Chapitre 5



Dean rêvait. Il voyait son frère essoufflé, en position de défense, le visage taché de sang. Il le voyait ensuite terrorisé, allongé sur le sol se protégeant le ventre tout en essayant de reculer. Une lumière vive comme un flash pulsa dans sa tête. Il entendit le rire cristallin d’une jeune femme. Il était dans un bar et un nouveau flash s‘imposa à lui. Il vit de nouveau Sam accroupi grimaçant de douleur. Le visage relevé, les yeux rougis remplis de terreur. « Pourquoi tu dis ça ? » Eclata une voix dans sa tête comme un écho. « Pourquoi… Pourquoi… Pourquoi ? »


Dean se réveilla en sursaut, le corps imprégné de sueur, tremblant encore du cauchemar qu’il venait de faire. Il se retourna pour voir s’il n’avait pas réveillé son père qui devait dormir dans le lit voisin, mais il n’y vit personne. 


Son regard fit le tour de la chambre et se dirigea vers la lumière qui filtrait derrière la porte entre ouverte menant vers le salon. John était au téléphone et discutait fermement avec son interlocuteur. L’aîné des Winchester s’avança alors doucement et se plaça près de celle-ci pour écouter discrètement la conversation.


- Donc aucune trace de lui dans les hôpitaux, et tu as élargi les recherches dans les autres états voisins ?


John expira profondément puis reprit :


- Je sais que tu fais correctement ton boulot… mais je ne sais plus où chercher… Il ne s’est pas fait arrêter, il n’est pas mort Dieu soit loué, il n’est pas dans un hôpital, je n’ai pas eu de demande de rançon d‘un quelconque ravisseur et personne n’est venue m’informer d’une hypothétique vengeance… 


- J’ai cherché aussi dans cette direction, mais mes sources sont catégoriques, il n’y a rien de démoniaque la dessous. 


Dean, eut un mouvement de surprise. Ainsi donc, la disparition de Sam n’était pas du fait d’Azazel. Il aurait presque préféré que son petit frère ait été kidnappé par des démons. Il savait gérer cela. Mais maintenant que son père supprimait cette possibilité, il se sentit décontenancé.


Devant le silence prolongé de son père, il se demanda si celui-ci n’avait pas raccroché, jusqu’au moment où il l’entendit presque feuler d’exaspération.


- Je ne vois pas pourquoi il aurait fait ça ! La donne est différente maintenant… pour Stanford il avait un objectif, là… il n’a aucune raison de partir comme ça sans nous prévenir…


John Winchester était désormais furieux, cela s’entendait dans le ton de sa voix.


- Ma façon de les éduquer ne te regarde pas et si tu continues comme ça tu pourras aller te faire foutre… NON je ne m’énerve pas !… souffla John.  


Puis se laissant le temps de reprendre son calme il reprit :


- Renseignes toi dans les foyers ou les autres organismes du genre…OUI… Merci… Okay… J’attends ton coup de fil. 


Son père agacé écrasa plutôt qu’il ne raccrocha son téléphone.


Le sentant plongé dans une fureur sombre et inaccessible Dean resta immobile derrière la porte, osant à peine respirer. Mais John avait trop longtemps chassé et tué des créatures de toutes sortes sans avoir développé un sixième sens et il sentit la présence de son aîné.


- Tu peux venir Dean, murmura-t-il doucement continuant graduellement d’apaiser sa colère.


- Alors on n’a toujours pas de nouvelles ? Questionna Dean hésitant.


- On explore encore plusieurs pistes. 


Dean se racla la gorge. 


- J’ai eu comme un flash et je me suis vu dans le bar avec la fille.


John s’approcha de lui avec une nouvelle lueur d’espoir dans le regard.


- Tu commences à te souvenir alors ? Est-ce que tu as vu Sam ? Est-ce que tu as vu quelque chose qui pourrait nous aider à le retrouver ?


- Papa, ce n’était qu’un flash ! Continua-t-il avec hésitation. Et il y a des images que je ne m’explique pas ! Mais elles me terrifient papa ! Je ne sais pas ce qui c’est passé mais quand j’essaye de me rappeler je suis pris de panique !


Dean pressa la lèvre inférieure entre ses dents et resta figé dans son geste.


Devant la détresse de son fils, John posa fermement une main sur son épaule pour le rassurer.


- Je crois qu’il faut être patient fils, tu dois encore ressentir les effets de la drogue, dès que tu en seras sevré, tu auras sûrement les idées plus claires.


- J’espère ! m…… mais quand je ferme les yeux je vois le visage de Sam tuméfié et il a un de ses regards papa ! J’en chialerais !


- Demain nous arriverons chez Bobby et je sais qu’il trouvera un moyen de te rafraîchir la mémoire.


- Oui ! Approuva Dean en hochant plusieurs fois de la tête comme pour se rassurer. J’ai un peu peur des méthodes qu’il emploiera… mais tant qu’il ne me transperce pas le crâne avec un ouvre boîte rouillé, ça ira !


John esquissa un sourire et allait répondre lorsqu’il entendit son téléphone portable vibrer sur la petite table basse en verre. Il le prit avec précipitation et regarda le nom de son interlocuteur.


- Pff, qu’est-ce qu’il me veut celui-là ? Marmonna John.


- J’écoute ! Reprit-il froidement… J’n’ai pas le temps Rufus ! Coupa-il après un instant. Je suis déjà sur une autre affaire, vois avec quelqu’un d’autre… Le chasseur allait raccrocher lorsque Dean remarqua une expression de curiosité apparaître sur le visage de son père.


- Et tu n’as personne d’autre de disponible ?… Déjà quatre corps démembrés ?!… Tu penses à des sacrifices humains ? … Hum hum… 


L’aîné des Winchester voyait bien que le chasseur à l’autre bout du fil trouvait des arguments qui faisaient mouches à chaque fois. Le visage de John se transformait rapidement par l’intérêt de cette mission et il demanda encore plus de détails.


- Et ça se passe dans quelle ville ?… Miami… Pff ! John se passa une main dans les cheveux et Dean remarqua que Sam avait pris le même réflexe que son père lorsqu’il était embarrassé.


- Ecoute Rufus arrête de jouer ta pute et j’vais voir ce que je peux trouver ! Mais ce n’est pas ma priorité numéro un !… tu me dois déjà plusieurs services… Et laisse tomber ton opération de charme !


John raccrocha sans plus de formalité et regarda son fils dans les yeux. Son fils qui fulminait et bouillait de colère devant l’attitude de son père.


- Alors tu vas aller chasser alors que Sam a disparu ? Ragea Dean.


-Tu n’as pas à me dire ce que j’ai à faire ! Rétorqua John agacé à son tour par sa réaction.


- Mais papa ! C’est la famille qui passe avant tout le reste, c’est toi qui nous l’as toujours dit !


- Je ne vois pas pourquoi tu t’emportes Dean ? J’ai dit que j’allais m’informer, pas m’en occuper et je n’aime pas la façon dont tu me parles. Si j’ai des décisions à prendre tu t’y conformeras. 


- Je te connais très bien et je sais que tu vas passer la chasse avant la recherche de Sam, tu vas faire exactement la même chose que lorsqu’il était parti pour Stanford !


La réponse ne se fit pas attendre et Dean reçut, sans l’avoir vu venir, le coup de poing de son père en pleine figure, ce qui l’envoya valser quelques mètres plus loin complètement abasourdi. Pour ne pas tomber, il s’agrippa à un meuble et lança à John un regard dur.


Son père s’avança et pointa un doigt menaçant vers lui.


- Si tu avais fait ton job on n’en serait pas là Dean… alors c’est pas toi qui va me faire la morale ! Sam a disparu et tant qu’on en reste au point mort, on réagit et on se bouge, je suis aussi inquiet que toi, mais je ne tiens pas à rester là à rien foutre alors qu’on peut sauver d’autres gens ! 


Dean resta stupéfait devant la réaction de son père puis accueillit amèrement le reproche qu’il venait de lui envoyer à la figure. John venait de crever l’abcès qui le rongeait depuis qu’il avait rejoint son aîné et sa remarque l’avait fait sortir de ses gonds.


Mais comment Dean pouvait-il lui en vouloir ? Lui qui avait laissé son petit frère seul alors qu’il avait voulu profiter égoïstement d’un moment de plaisir. 


Il comprenait aussi son désarroi. John ne savait rien faire d’autre que de chasser lorsqu’il allait mal. Chasser pour oublier la frustration d’être impuissant devant un évènement qu’il ne maîtrisait pas. Il devait s’occuper pour ne pas imaginer le pire. 


Et Dean venait tout simplement de lui balancer qu’il n’en avait rien à foutre de Sam et qu’en plus, dans le cauchemar qu’il l‘avait réveillé en sursaut, il le voyait blessé et vulnérable.


Faisant un mouvement de la tête, comme s’il répondait à une affirmation muette, Dean accepta résigné les paroles de son père.


Après quelques secondes, John Winchester se redressa embarrassé, maudissant son geste impulsif envers son fils qui sortait tout juste de l’hôpital. Il lui tendit silencieusement une main pour l’aider à se relever.


Dean accepta son aide sans prononcer un seul mot. Montrer ses sentiments n’était vraiment pas dans les habitudes  familiales.


Ils préparèrent ensuite leur bagage, chacun de leur côté, toujours dans un mutisme volontaire. Dean prit ensuite l’ordinateur de son frère et s’installa près de la petite table située sous la fenêtre puis continua maladroitement les recherches qu’il avait entamées la veille, attendant nerveusement le moment où son père lui donnerait l’heure du départ.


John sortit de l’appartement pour se calmer définitivement et laissa Dean face à sa solitude.


Le jeune homme sentit venir à lui des larmes qui lui brouillèrent la vue sans que celles-ci ne se décident à franchir la frontière de ses yeux. Il se sentait comme une merde en observant, sans le regarder réellement, l‘ordinateur tant vénéré de son petit frère.


- Même pas fichu de faire des recherches aussi efficacement que Sammy. Songea-t-il fataliste en soupirant. 


Dean ne pouvait s’empêcher de ressasser sa culpabilité et se trouvait complètement démuni face à cette situation. Il était cependant conscient que sans son cadet à ses côtés, il ne pourrait pas encore rester seul avec son père sans que la situation ne dérape à nouveau. 


Il se sentait surtout amputé d’une moitié de lui-même, cette partie nécessaire et vitale pour lui qui le rendait inconsciemment joyeux et combatif. 


Il l’avait constamment chambré et lui avait répété sans cesse qu’il était un emmerdeur de première, lui lançant des boutades à tout bout de champ à la moindre occasion. Sam l‘avait souvent bien pris parce que cela venait de lui, parce qu’il était son grand frère et qu‘il l’idolâtrait quasiment. Et maintenant, Dean réalisa qu’il n’était plus que l’ombre de lui-même et surtout que ce vide qui l’entourait, ce calme qui l’absorbait et l’étouffait, lui faisait prendre cruellement conscience que son petit frère lui manquait terriblement. 


Prisonnier de sa solitude, Dean se frotta amèrement le visage et reprit silencieusement l’examen du contenu de ses recherches. 


A suivre...


Elisab  (18.05.2012 à 14:45)

Ce chapitre contient quelques passages « beurk », vous voilà prévenu !

Bonne lecture !


Chapitre 6


Le corps était franchement dans un sale état et son exposition prolongée au soleil de la Floride avait accéléré sa décomposition. Dès qu’un léger coup de vent passait près de la victime une odeur âcre et nauséabonde vous remplissait désagréablement les narines et vous faisait porter une main protectrice devant le visage.

 

- C’est à gerber ! Lança le lieutenant Debra Morgan en s’accroupissant près de la dépouille.


- Tu as vu, on lui a coupé les doigts des mains et des pieds ainsi que les parties génitales ! Constata Vince Masuka, l’expert médico-légal de la M.M.P.D. Et d’après ce que je peux observer, il dirigea sa main gantée vers la bouche du cadavre et l’ouvrit en appuyant fortement sur le menton, on lui a enfoncé les valseuses dans la cavité buccale. 


- Et les doigts ? S’interrogea la jeune femme écœurée mais intriguée également.


- Peut être dans le rectum ! Sourit le scientifique en levant un sourcil pervers, se rappelant soudain une blague d’un très mauvais goût que lui avait raconté un de ses collègue de la Crim’.


- Vince t’es vraiment dégueulasse ! Souffla la voix grave d’Angel Batista derrière son dos.


Masuka ignora la réflexion du policier et reprit son sérieux.


- J’en saurai plus après l’examen, Dexter t’en penses quoi ?


Morgan s’approcha du corps et le détailla un moment silencieusement. Il le photographia ensuite consciencieusement en se déplaçant autours de lui avec précaution afin de ne pas effacer les indices éventuels laissés sur le sol.


- On sait que les extrémités des membres sont beaucoup plus réactives aux coupures. Expliqua-t-il. Il devrait normalement y avoir du sang en abondance autour de lui, alors qu’ici, il n’y en a quasiment pas. Le corps a donc été déplacé après sa mort. Exposé face au soleil et dos à la baie pour que les joggeurs matinaux puissent le repérer rapidement en longeant la plage. On voulait que la victime soit découverte rapidement.


- Putain ! S’exclama Debra en se relevant puis en se frottant le sable qui s‘était collé à son pantalon, Laguerta va encore me sauter dessus pour me demander s’il y a un rapport avec le meurtre de la semaine dernière. 


Le lieutenant s’approcha de son frère et lui murmura :


- Tu penses qu’il y a un rapport avec les deux autres corps qu’on a retrouvé ?


- Et toi ? Lui retourna Dexter. Qu‘elle est ton avis ?


- Merde de merde ! Jura-t-elle, ils ont tous les trois été amputés, se sont tous des hommes entre vingt-cinq et trente ans, d’origines diverses, et on les a tous retrouvé avec une partie de leur corps mutilée dans la bouche ! 


- Et tu penses à quoi d’autre ? Continua-t-il.


Debra remonta une mèche de ses cheveux et la replaça derrière l’oreille.


- Je pense que ça ne ressemble pas à une vengeance ou une mise en garde habituelle des gangs du secteur. C’est pas leur style… Ah putain Dex ! On a encore droit à un sérial killer, fait chier ! Pourquoi ils viennent tous commettre leur crime ici ? 


- Ne t’inquiètes pas Debra ! Tenta-t-il de la rassurer d’une voix calme. Tu vas t’en sortir, comme toujours !


- Aller Dexter ! L’interrompit Masuka. Finis de prendre les clichés et j’emballe le corps, avec cette chaleur il va encore gonfler et ça va être franchement irrespirable.


Le lieutenant donna une tape amicale sur l’épaule de son frère en guise de remerciement et se dirigea d’un pas résolu vers les policiers pour leur donner ses instructions. Morgan, quand à lui, s’exécuta et termina rapidement son travail sur les lieux du crime avant de rejoindre son local de recherche scientifique de la M.M.P.D. accompagné par certains de ses collègues.


Tranquillement installé devant son ordinateur, les stores de son bureau presque fermés, Dexter sortit de sa sacoche la tasse de café que Sam avait utilisée chez lui. Il l’ôta doucement du plastique protecteur et vaporisa dessus un produit qui révéla trois belles empruntes suffisamment nettes pour qu‘il puisse débuter ses investigations. Il les préleva sur plusieurs bandes adhésives et les scanna dans son ordinateur. Au bout de quelques minutes, le logiciel de la police accepta sa requête au niveau national et déclencha le programme de recherche.


Maintenant il n’avait plus qu’à attendre le résultat de son enquête en espérant que Sam soit à la hauteur de ses espérances. Son instinct lui criait qu’il avait mis le doigt sur quelque chose d’important et que le jeune homme cachait un secret terrifiant. 


Sam avait un comportement étrange pour son âge et si Morgan l’avait rencontré après la fin de la guerre du Vietnam, il aurait pu le comparer à ces soldats traumatisés par des combats violents et constamment sur leur garde, qui conservaient un instinct de survie acquis durement là-bas. Mais le jeune homme n’avait qu’une vingtaine d’année et n’avait jamais connu la guerre ni les traumatismes qu’elle engendre. Alors pourquoi il lui faisait tant penser aux collègues de son père ? D’anciens militaires reconvertis dans la police mais toujours sur le qui-vive, prêt à intervenir sans délai, repérant toujours les premiers le type louche d’un seul regard. Ce même regard qu’il retrouvait dans celui de son invité. 


Un bip sonore attira de nouveau son attention vers son ordinateur. Tout compte fait, la recherche d’identification n’avait pas pris beaucoup de temps et Dexter leva un sourcil d’étonnement lorsqu’il commença à lire le dossier du jeune Winchester.


C’est avec surprise que Morgan s’aperçut que Sam était bien plus jeune qu’il ne le pensait et qu’il était considéré dans beaucoup d’affaires comme étant le complice de deux individus activement recherchés sur plusieurs états par le F.B.I. et qui n’étaient d’autre que son père et son frère, John et Dean Winchester. 


« Comment ne pas être complice et ne pas faire autrement alors qu’on a pas choisi de vivre avec eux ? » songea-t-il dubitatif.


Toute la vie de Sam Winchester était constituée de grandes zones d’ombres, voir carrément d’inexistences. Il n’avait jamais eu d’adresse fixe ni d’emploi connu. Pourtant en approfondissant ses recherches, Dexter trouva un dossier datant de six mois qui mentionnait son nom lors de l’incendie de son appartement qui avait causé la mort de sa colocataire. C’était la première fois que Dexter trouvait une trace de sa vie passée. Une vie épanouie d’étudiant brillant qui promettait un avenir sans ombre. Une vie cependant brisée par ce drame. Après, le jeune homme avait de nouveau disparu de la circulation.


Dexter continua ses investigations, profondément troublé parce qu’il découvrait. Il se rendit compte qu’il devait trouver les fils conducteurs qui reliaient le parcours de Sam entre les différentes affaires criminelles qu‘il avait en sa possession. Il était indispensable qu’il lise entre les lignes pour retracer ses déplacements. Il devait également, afin de mieux connaître le jeune homme, découvrir qui était les deux personnes qui ne le quittaient pas d’une semelle et qui lui servaient de famille.


Morgan modifia sa recherche dans la base de données de la police et échangea le dossier du plus jeune par celui de John Winchester, son père. 


Cette fois-ci, l’expert scientifique resta sans voix lorsqu’il découvrit la vie de John Winchester. Son existence avait radicalement changée après l’incendie de sa maison à Laurence, qui avait entraîné le décès tragique de sa femme Marie. La similitude avec le drame qu’avait vécu son fils cadet était flagrante, à vingt ans d’intervalle ils avaient subit la même épreuve. « Comme c’est étrange » songea Dexter intrigué.


Ensuite, ce n’était qu’une succession de déchéance qui l’avait entraîné peu à peu dans la marginalisation, précipitant également ses enfants dans cette chute inévitable.


Un second signal émit par l’ordinateur énuméra les chefs d’accusations qui lui étaient reprochés : Fausses cartes de crédit, effractions, soupçon concernant plusieurs meurtres et pour compléter ce tableau déjà inquiétant, violation de tombes, satanisme et exhumation de cadavres.


Décidément, John Winchester avait complètement pété les plombs après la mort de sa femme et les fichiers joints à son dossier confirmaient son point de vue. Il avait ensuite mené une vie d’errance à travers tous les États-Unis et élevé ses fils à la dure, comme un pseudo sergent instructeur. Un homme malade inconscient de ses divagations, imposant de façon autoritaire sa folie à ses enfants tout en essayant de les modeler à son image. Une image complètement déformée par sa démence.


Comment des jeunes garçons pouvaient survivre à ce mode de vie ? Comment ne pas devenir à leur tour des personnes dérangées en marge de la société ? Leur monde se réduisait à leur père. Ses mots étaient paroles d’évangile.   


Dexter repensa à la question qu’il avait posée à Sam Winchester concernant sa famille et surtout à la réponse qu’il lui avait donnée : «Juste… juste un frère… et un père… mais je n’ai plus de contact avec eux ! » et pour cause ! S’il avait réussi à s’extraire de cet univers, cela démontrait une certaine force de caractère. 


Vivre dans un monde pareil avait dû mettre Sam en contact avec des gens aussi dangereux que John et c’est peut être pour cela que, lorsqu’il s’était fait attaquer, il n’avait pas voulu dénoncer les coupables.


Morgan nota également que le jeune homme avait d’abord mentionné son frère avant son père. La logique aurait voulu que ce soit le contraire. L’autorité du plus fort primant sur toutes les autres.


L’expert médico-légal réitéra sa demande pour l’aîné des Winchester. Cette fois-ci il n’eut même pas à attendre et l’ordinateur lui cracha toutes les données à sa disposition. 


Associé involontairement de son père, Dean cumulait les mêmes délits. Il fallait cependant rajouter plusieurs agressions avec tortures et tentatives de meurtre dont celui d’une jeune femme à Saint Louis. Le frère aîné avait-il décalqué le comportement paternel jusqu’à s’en imprégner et devenir fou à son tour ? Pourtant, on ne l’avait que soupçonné de meurtre car aucune preuve tangible ne l’accusait directement. Par la suite, le dossier avait été clos car, chose surprenante, il avait été également déclaré comme… mort !


« Tiens donc ! », songea Dexter. « Voilà une belle façon de disparaître de la circulation. L’un se fait passer pour mort et l’autre met les voiles et s’éloigne le plus possible d’eux ». Que s’était-il donc passé pour que tout éclate en morceau malgré l’autorité tyrannique et mythomane du père ? Dean et Sam avaient-ils eu une lueur de lucidité et avaient pris leur vie en mains ?


Plus Morgan constituait son dossier, plus il se posait des questions sur la famille Winchester. Son instinct lui criait qu’il avait mis le doigt sur quelque chose d’important mais il n’arrivait pas encore à en saisir toute la portée. C’était capital et le centre de ce mystère tournait autour du plus jeune. 


Le soir même il interrogerait Sam sur son mystérieux passé et essaierait, malgré lui, de lui venir en aide afin qu’il coupe définitivement tous les liens qui le retenait à cette famille maudite. Sam était jeune, il méritait d’avoir une vie normale et si Dexter pouvait l’aider, il ne culpabiliserait absolument pas en se débarrassant d’un sociopathe dangereux qui n’avait pas hésité à entraîner dans sa folie ses propres enfants. Quand à Dean, conditionné à exécuter les ordres donnés sans émettre la moindre protestation depuis son enfance, il espérait qu’il n’était pas trop tard…


Dexter éteignit son ordinateur et se leva. Il était temps pour lui de se pencher sur l‘enquête en cours. Il devait également découvrir quel était l’homme qui s‘amusait à découper en petits morceaux certains habitants de Miami et qui les éparpillait dans les quatre coins de la ville. Il allait rejoindre Masuka pour le déjeuner. Repas qui risquait, comme d’habitude, d‘être bien écœurant. Le scientifique ne pouvant s‘empêcher de faire des commentaires bien salaces et des descriptions trop détaillées sur l‘autopsie qu‘il devait avoir terminé désormais. 


Morgane sentait de nouveau cette petite voix intérieure qui lui disait que ses instincts sombres et macabres allaient pouvoir être de nouveau assouvis. Il soupira de bien être et sortit de son bureau le sourire aux lèvres.


A suivre… 


Elisab  (25.05.2012 à 14:06)

Voilà un nouveau chapitre avec un peu d’avance, puisque demain (vendredi) je retrouve une partie des déjantées d'Hypno pour la Convention. Bonne lecture !

Chapitre 7

 

Lorsqu’il inséra la clef dans la porte de son appartement, Dexter se demanda si son occupant était encore là ou s‘il en avait profité pour partir. Quand la porte se bloqua par la chaîne de sécurité, il ne put s’empêcher de sourire en repensant à sa sœur qui avait pris cette fâcheuse manie de tout refermer derrière elle. Il vit l’ombre de Sam s’approcher, puis entendit le bruit caractéristique de la porte qui se libérait de son loquet et qui s’ouvrit complètement pour le laisser entrer.

 

Morgan posa rapidement un sac contenant différents dossiers ainsi que sa sacoche aux pieds de la table basse.


- Vous avez réussi à joindre quelqu’un ? Lança Dexter sans aucun préambule en indiquant du menton le téléphone portable posé au centre de la petite table.


Sam leva un sourcil interrogateur surpris par cette question aussi directe à laquelle il ne s’attendait pas, puis il secoua la tête négativement.


- J’ai hésité un moment et puis… et puis je me suis dit qu’en fin de compte je devais aller de l’avant. 


- C’est très bien ! Approuva sincèrement Dexter heureux que le jeune homme ait pris définitivement la décision d’aller dans la voie qu’il souhaitait le voir emprunter. 


- Cela ne pourra être que positif pour vous Sam ! Continua-t-il. 


- Je suppose que vous vous êtes renseigné sur moi ? Questionna calmement le jeune Winchester dans la foulée, jetant pour le coup un léger froid dans la conversation.


Dexter se mit à sourire obligeamment comme s’il était un peu désolé, levant les mains dans un geste d’impuissance. Comment faire autrement ? Il n’avait vraiment pas eu d’autre choix, parce qu’il devait savoir à qui il avait à faire avant de l’accueillir chez lui. Tout le monde ferait la même chose !


- Oui Sam, J’ai découvert beaucoup de choses sur votre famille, mais très peu d’éléments sur vous ! Cependant, je crois que vous avez bien fait de vous éloigner d’elle.


- Ce que vous avez trouvé est un tas de connerie ! Répondit Sam du tac au tac voulant défendre son père et Dean.


«Protéger la famille coûte que coûte, quoi qu’il advienne, vieux réflexe de défense» songea Dexter qui constatait que le jeune Winchester gardait malgré tout un lien très puissant avec sa famille.


- Je n’en sais rien ! Admit Morgan. Je n’ai fait que lire les chefs d’accusations qui sont reprochés à votre père ainsi qu’à votre frère. Je fais partie de la police, mais en tant qu’expert médico-légal, spécialisé dans les tâches de sang, alors tant que vous n’avez rien à vous reprocher, je ne vois pas l’intérêt de vous importuner avec les erreurs commises par d’autres membres de votre famille. Vous n’avez rien à vous reprocher n’est-ce pas Samuel Winchester ? Questionna-t-il avec insistance. Je peux vous faire confiance ?


Le jeune homme le regarda droit dans les yeux sans cligner des paupières un seul instant. La mâchoire crispée. Dexter pensa alors qu’il avait peut être poussé le bouchon un peu trop loin et que Sam allait définitivement prendre la porte sans se retourner pour ne plus jamais le revoir.


- Sam. Reprit doucement Dexter en voulant détendre l’atmosphère. Je n’ai pas envie de vous juger. Je veux juste vous permettre de vous en sortir. Regardez-vous ! Vous croyez que vous allez pouvoir mener une vie paisible si vous ne réglez pas les problèmes de votre passé définitivement ? A l’heure actuelle, vous brûlez votre existence par les deux bouts et votre espérance de vie n’excèdera pas trente ans. Je suis certain que ce n’est pas ce que vous voulez !


Le scientifique se rapprocha lentement du jeune homme et lorsqu’il fut assez proche il lui murmura :


- Ne laissez pas les autres choisir à votre place. Vous avez le droit de décider par vous-même Samuel. Prenez en mains votre destin !


Le jeune Winchester sembla soudain ébranlé par ce qu’il venait de lui dire. Il entendait à travers la bouche de Morgan ce qu’il aurait toujours voulu entendre par celle de son père. Pourquoi fallait-il que ce soit un parfait étranger qu’il lui dise ça de manière si spontanée ? Il aurait tellement souhaité que ce soit son père qui l’encourage de cette façon. « Tu restes près de ton frère et dès que je te fais signe, tu fonces » voilà les dernières paroles que lui avaient ordonnées son père avant que cette chasse aux fantômes ne tourne mal et qu’il décide alors de partir pour Stanford. Le cadet des Winchester regarda son interlocuteur avec moins d’animosité.


- C’est Sam ! Répondit-il bêtement ne trouvant rien d’autre à dire. Pas Samuel, juste Sam !


Dexter lui sourit en se dirigeant vers la cuisine puis ouvrit le réfrigérateur. Il en sortit deux bières et lui en tendit une.


- Va pour Sam alors ! Conclut Morgan. Vous avez mangé quelque chose ?


- J’ai pris quelques trucs dans le frigo.


- Bon, vous me laissez une quinzaine de minutes et je vous mijote un bon petit plat ! Vous pouvez allumer la télévision ! Je pense que le présentateur du journal va sûrement parler de l’affaire dont on s’occupe actuellement.


Cette information piqua la curiosité du jeune chasseur qui fit ce qu‘on lui demanda. Dexter, tout en mélangeant plusieurs œufs dans un récipient, s’approcha de l’écran lorsqu’il reconnut Laguerta s’exprimer devant une foule de journalistes surexcitées.


- Nous ne pouvons pas dire actuellement que nous sommes en face d’un serial killer. Affirmait la femme d’origine sud américaine de façon très professionnelle. Cependant nous ne souhaitons pas écarter cette hypothèse, toutes les pistes sont étudiées minutieusement afin de nous rapprocher d’un profil type concernant le ou les assassins.


- Qu’est-ce que vous pouvez nous dire au sujet de l’évolution de cette enquête ? Questionna un autre reporter.


- Le lieutenant Debra Morgan en a fait sa priorité. Je ne doute pas une minute que, très bientôt, nous découvrirons des éléments essentiels qui nous permettront d’appréhender les coupables. Nous mettrons alors un terme à ce mouvement de panique qui gagne notre belle ville de Miami


- Vous n’avez encore aucune piste alors ? Hurla un autre journaliste noyé dans la foule.


- Nous ne pouvons vous divulguer à l’heure actuelle des informations qui pourraient compromettre le déroulement de cette affaire. La seule chose que je peux vous affirmer c’est que nous avons mis les meilleurs détectives sur cette enquête


La femme rassembla ses petites fiches disposées à la hâte devant elle et se rapprocha du micro une dernière fois pour mettre un terme à l’interview.


- Je vous remercie


A la suite du reportage, le présentateur rassura les auditeurs qu’un flash spécial leur permettrait de les tenir informé des suites de cet événement.


- Deb va avoir une syncope ! Murmura Dexter pour lui-même.


Sam s’était installé doucement sur le canapé en évitant de faire des mouvements trop brusque. Il se retourna vers Morgan et lui demanda s’il pensait vraiment à un serial killer ?


- Franchement Sam je ne crois pas ! On penche plus pour un groupe organisé qui cherche à prendre une part de marché sur la cocaïne. Pourquoi ? Ça vous intéresse ?


- Je trouve cette histoire étrange !


- Et qu’est-ce qui vous fait penser ça ? Reprit Morgan en jetant les œufs puis les morceaux de bacon dans la poêle.


- Et bien lorsqu’un clan en menace un autre, on leur crève les yeux, on leur coupe les mains, mais en général on les laisse en vie pour que l’avertissement face son effet. Si on tue tout le monde, la zone du trafic s’effrite, les clients ne savent plus à qui s’adresser. Ce n’est pas logique !


- Bonne réflexion ! Constata Dexter impressionné. 


Il observa le jeune homme et se demanda s’il pouvait l’éclairer sur certains points de cette enquête. Il devait connaître de nombreux réseaux parallèles et peut être des filières inconnues de la police, car il avait longtemps voyagé de façon marginale sans jamais donner le moindre signe de vie après son passage. 


Morgan installa les couverts sur la table basse, déposa une salade composée et l’omelette dans les assiettes. Il posa également un pack de bière aux pieds de la petite table puis, aussi rapidement qu’il avait tout préparé, il prit un tabouret et s’installa en face de Sam qui avait tenté de s’extirper du canapé sans grand succès tant ses côtes et son bras le faisaient souffrir.


- Il va falloir que j’observe vos blessures d’un peu plus près après le repas ! Remarqua le plus vieux. 


- Je n’ai rien de cassé, je vous l’assure ! Tenta de le rassurer Sam. Je sentirais la différence…


- Parce que c’est une habitude pour vous de vous retrouver dans cet état ? Questionna Dexter perplexe.


- Non non… j’étais assez turbulent étant jeune… et… j’ai déjà fait cette douloureuse expérience ! Mentit Sam.


- Oui bien sur. Répondit Morgan qui n’était pas dupe.


Sam se passa une main dans les cheveux et observa son assiette avec envie. 


- Allez on attaque ! Reprit Dexter en se frottant les mains. Sinon ça va refroidir !


Ils mangèrent de bon cœur en laissant la télévision leur servir de bruit de fond. 


- Donc. Reprit-il ensuite, après s’être essuyé les lèvres avec une serviette en papier. Qui pourrait commettre ces meurtres à votre avis ?


Sam releva la tête et lui lança un regard surpris. 


- Je n’ai pas tous les éléments en mains pour répondre à ça ! 


Morgan se leva et retira un dossier de sa sacoche et le tendit ensuite au jeune Winchester.


- Ca reste confidentiel Sam ! Le menaça-t-il. Et faites attention, certains clichés peuvent vous choquer !


- D‘accord… Accepta le jeune homme en saisissant le dossier qu’il se mit à feuilleter avec concentration. 


- Tous les hommes sont jeunes ! Remarqua le jeune chasseur. Entre vingt-cinq et trente ans, on leur a coupé les doigts des mains et des pieds ainsi que leurs organes génitaux ! Humm… Et quand vous avez retrouvé les corps il n’y avait plus de sang je suppose ?


- Pourquoi vous supposez ça ? Questionna Dexter de plus en plus intrigué. 


- Sans trace de sang, le corps est libéré de toutes souillures non ? Il devient d’une certaine façon plus pur !


- C’est une façon de voir ! Nota Morgan septique.


- En enlevant les extrémités du corps ainsi que la virilité des victimes, il ne reste plus qu’un être asexué, un corps immatériel qui n’a plus rien à voir avec celui d’un homme.

- Où voulez vous en venir ? 


- On a supprimé les besoins et les passions de ce qui faisait d’eux des hommes. Les victimes ont été mutilées pour devenir, à mon avis, des êtres innocents, un peu comme un nouveau né ou un agneau que l’on peut sacrifier. Il me semble donc que j’orienterais plutôt mes recherches vers un groupe d’hommes qui perpétue des sacrifices humains !


- Vous m’impressionnez Sam ! Lança Dexter stupéfait de l’imagination qu’il pouvait avoir.


- Et comment expliquez-vous les doigts et une partie des organes génitaux dans la bouche ?


Sam observa le plus vieux avec un haussement de sourcil comme si c’était d’une évidence enfantine.


- Le corps doit rester entier pour le sacrifice ! Il demeure intact pour celui qui propose l’offrande. Il est lavé de ses tentations mais reste cependant complet.


Dexter dévisagea le jeune homme intensément ne sachant pas s’il devait le considérer comme un fou dangereux ou un comme celui qui avait mis le doigt sur une piste à explorer.


- Nous n’avons pas de groupes satanistes à Miami Sam ! Lança pourtant Morgan en soupirant.


Sam reçut cette réponse en pleine figure comme un coup bas. Il secoua la tête en silence et referma lentement le dossier qu’il jeta avec lassitude sur la table basse. Décidément même ici, on ne l’écoutait pas vraiment.


- Faites ce que vous voulez Dexter, vous m’avez demandé mon avis et je vous l’ai donné.


Morgan rangea le dossier et s’installa sur le bord du canapé. Il voyait le jeune Winchester qui tentait de maîtriser sa colère, faisant ressortir par la même occasion le rouge de ses joues et l’hématome violet situé sur sa tempe gauche. Sa vie n’avait dû être qu’un perpétuel combat pour être entendu, devant se taire dès qu’on le lui ordonnait et obéissant aux directives même s’il les jugeait stupides. 


- Sam, détrompez vous, je ferai part de vos suggestions à mon supérieur demain matin. Je pense que nous avons peut être là une piste, mais il ne faut pas tout axer forcément dans la religion chrétienne. Nous avons ici beaucoup de Vaudou et les Mambos sont légions pour interpréter la volonté des Guédés…


- Les prêtres Vaudou n’ont pas besoin de tuer des humains pour entendre les esprits des morts ! Coupa Sam convaincu qu’il n’avait pas tort par rapport à ce qu’il avait avancé précédemment.


- Je vois que vous connaissez bien aussi cette religion ! Décidément vous m’étonnez de minute en minute ! Laissa échapper Morgan.


- Je ne suis pas exceptionnel ! Lança Sam avec un sourire désabusé. 


- Détrompez-vous. Poursuivit Dexter. Je suis impressionné du potentiel que vous avez malgré la vie que vous avez menée. N’importe qui d’autre ne s’en serait pas sorti comme vous.


Le jeune Winchester soupira et écarta les bras en grimaçant comme s’il demandait à ce qu’on le regarde. 


- Oui en effet ! Regardez-moi ! Je suis tout à fait celui qui s’en est sorti !


Dexter l’observa un instant sans rien dire et se mit à sourire doucement. 


- Sam, maintenant que vous m’avez rencontré, vous ne pouvez plus dire ça !


Le jeune homme baissa les bras stupéfait devant cette affirmation et dévisagea avec intensité cette personne étrange et singulière qu’était Dexter Morgan.

 


A suivre…


Elisab  (31.05.2012 à 18:15)

Après un week-end formidaaaaable à la Convention, voici la suite. J’espère que ça vous plait toujours ? 


Chapitre 8


Une semaine, cela faisait une semaine que Sam avait disparu et que Dean avait ses nuits peuplées de cauchemars. Une semaine que John s’était plongé corps et âme dans cette enquête et que Bobby faisait tout son possible pour aider Dean à remonter la pente et à ne pas noyer son désespoir dans l’alcool.


Dean qui appréhendait de s’endormir car toutes ses nuits se terminaient par un réveil en sursaut, le corps recouvert d’une sueur froide et malsaine. Il ne comprenait pas pourquoi, chaque matin, il se sentait si mal à l’aise et si coupable. Il avait beau se triturer les méninges, il n’arrivait pas à arracher le moindre souvenir de cette fameuse soirée. C’était une nuit où il avait tout oublié. Une nuit aussi noire que de l’encre qui recouvre et efface tout ce qui est écrit sur une feuille de papier. Elle l’envahissait et l’étouffait jusqu’à lui en donner la nausée. Le cœur battant la chamade jusqu’à épuisement comme s’il avait couru un marathon. 


Non… Dean ne supportait plus ses réveils angoissants qui lui bloquaient la respiration et lui broyait le cœur sans savoir pourquoi. Il se réfugiait alors, avec l’aide de boissons de plus en plus fortes, dans une bulle cotonneuse d’un confort temporaire.


Lorsque son père l’observait, inquiet de le voir sombrer un peu plus chaque jour dans cette habitude néfaste et destructrice, l’aîné des Winchester se sentait jugé et fautif. Il avait foiré son job. Il n’avait pas su protéger son petit frère. Il se sentait comme la plus grosse merde que le monde ait pu voir. Personne ne pouvait comprendre ce qu’il pouvait ressentir suite à la disparition de son cadet. Il avait l’impression de revivre la mort de sa mère, encore et encore… en pire.


Bobby ne pouvait plus le voir lui aussi s’effondrer jour après jour. Il ne pouvait pas baisser les bras comme semblait le faire John. Alors le vieux chasseur avait approfondi ses recherches pour trouver un moyen de lui faire retrouver la mémoire.


Après s’être renseigné auprès d’amis compétents, il n’avait trouvé rien de mieux que l’hypnose comme solution au mal intérieur qui rongeait Dean.


Le résultat avait été un échec cuisant. D’une part la mémoire de Dean était restée définitivement fermée face aux questions répétées du chasseur mais la panique s’était emparée de lui. Le jeune homme, au bord de la terreur s’en était alors pris à John qui était resté près de lui pour le soutenir. Bobby s’était donc vu contraint d’arrêter la séance. 


Au réveil, Dean se retrouva encore plus mal qu’avant et avait vomi tout le contenu de son estomac, s’accrochant désespérément au vieux chasseur pour ne pas s’évanouir.


Bobby avait soutenu le jeune homme et lui avait pressé maladroitement le dos pour le réconforter. Le silence alors avait pris le dessus sur tout le reste. John impuissant était parti soigner son arcade sourcilière dégoulinante de sang et Dean s’était vautré dans le canapé accompagné d’une migraine carabinée, ses mains agrippées à une bière pratiquement vide qu’il avait bue d’une traite.


C’est à ce moment là que le jeune homme sombra dans un sommeil bancal qui lui donna l’impression de flotter au dessus du canapé plutôt que d’y être couché. Avec cette sensation surgit la voix déformée de son petit frère comme si elle provenait des profondeurs de l’eau.


- Mais qu’est-ce que tu fous là ? Dégages, tu ne vas pas conduire dans ton état ! T’es dingue ! 


- Et tu crois que t’es apte à conduire toi aussi ? S’entendit-il dire.


- Peut être mais moi je ne suis pas défoncé à « je ne sais pas quoi » et tant que je ne sais pas ce que tu as pris c’est moi qui conduit !


Dean tomba alors de sa voiture, se cognant douloureusement les genoux sur le sol caillouteux et se réveilla encore une fois en sursaut dans le salon de son ami, le regard dans le vague et l‘angoisse marquée sur son visage.


- Putain ! Gémit-il se frottant les yeux. 


Il se redressait à peine lorsque Bobby pénétra dans la pièce.


- Comment tu te sens p’tit ? 


- Comme une merde au fond d’un chiotte ! Murmura le jeune homme dégoûté.

 
- Faut pas te laisser aller ! Réprimanda le chasseur. Faut que tu sois d’attaque si tu veux retrouver Sam. Secoues toi un peu idiot !


Dean ne semblait plus l’écouter et paraissait encore piégé par les résidus du rêve qu’il venait de faire. 


Bobby remarqua le changement d’attitude du plus jeune et s’avança près de lui.


- Qu’est-ce qui ce passe ?


- Je… je crois que je me suis rappelé de quelque chose ! Bredouilla Dean. Sammy c’est rendu compte de mon état et m’a ramené à l’hôtel… mais… Il n’était pas frais lui aussi et…et… j’étais aussi inquiet pour lui… je …crois en tout cas ! Ensuite je suis tombé de la bagnole comme un con et je me suis réveillé ! 


L’aîné des Winchester tapa du poing sur le rebord du canapé pour se défouler. Se souvenir ne lui servait à rien. Il ne lui donnait aucun indice pour retrouver Sam. Il ne réussissait qu’à le culpabiliser encore plus. Le jeune homme termina sa bière qui lui laissa un goût amère au fond de la gorge.


- Dean, il faut que tu restes patient ! Il n’y a que toi qui peux remettre de l’ordre dans le bordel que tu as dans la tête !


- Je veux que tu me refasses une séance d’hypnose ! Demanda Dean les yeux brillants.


- Bah… hésita le vieux chasseur septique… t’as pas franchement été très coopératif la première fois…


- Mais je viens d’avoir un flash maintenant ! Coupa Dean déterminé. Je veux me souvenir de plus Bobby, je DOIS me souvenir de ce qui s’est passé !


- Okay gamin ! Consentit-il. Mais pas tout de suite. Faut que tu récupères d’abord et que tu cesses de me vider mon stock de bières.


Le jeune homme sourit douloureusement et soupira doucement. 


- Il me manque Bobby ! Avoua Dean sincèrement. Tu peux pas t’imaginer comme il me manque… 


- Oh je sais mon gars ! Répondit le plus vieux. Mais il t’a déjà laissé tout seul une fois !


- Oui, mais pour Stanford je savais où il était, là c’est différent, je ne sais pas s’il va bien ou… ou… 


Dean ne termina pas sa phrase mais Bobby comprit parfaitement le sentiment qu’il pouvait éprouver.


- Okay, on retente le coup ce soir, mais tu seras attaché cette fois ! J’tiens pas à recoudre ton père encore une fois !


…/…


Malgré les protestations de John, ils se tinrent prêt pour une nouvelle séance dans la pièce anti-démons que Bobby avait aménagée pour l’occasion.


Son père l’avait installé confortablement sur le lit puis l’avait attaché afin qu’il ne puisse pas se débattre pendant la période où il voyagerait dans les limbes obscures de sa conscience. 


Une fois prêt, Bobby commença l’hypnose et Dean s’enfonça de plus en plus dans un sommeil parallèle qui le laissa totalement réceptif à la voix du vieux chasseur.


- Est-ce que tu te sens prêt Dean ? Questionna Bobby.


- Oui répondit le jeune homme d’une voix pâteuse.


- Je veux maintenant que tu remontes doucement le temps et que tu reviennes à ta sortie du bar avec Sam.


Dean s’agita dans le lit et se pinça les lèvres avec les dents, puis il se mit à rire bêtement. 


- Qu’est-ce qui te fait rire comme ça Dean ? Interrogea le chasseur.


- C’est la tête de Sam lorsque j’ai repris le siège conducteur… Il s’est assis sur moi… le bon qu’il a fait ! Ahhhh… Gloussa l’aîné en soupirant.


- C’est bien ! Continua Bobby. Et qu’est-ce qui c’est passé ensuite ?


- Sam m’a bousillé la bagnoooole !!!! Le con pourquoi il a reculé ?!!!


- Vous n’avez pas été blessé ?


- Siiiiiiiiii mon bébé d’amour a suuuuper morflé ! Mmmconnaaaard !


Dean s’agita un peu plus et essaya de soulever ses mains entravées par les cordes.


- Est-ce que vous êtes ensuite rentrés dans votre chambre ?


- …


- Dean ?


- Oui !


Son souffle devenait de plus en plus rapide et il tenta de se relever.


- Je te demande de rester calme Dean ! Lança Bobby en l’observant soucieux. Tu es en sécurité avec nous et tu ne crains absolument rien ici ! Tu m’as entendu Dean ?


Comme un enfant obéissant, Dean sembla se calmer progressivement suite aux paroles du vieux chasseur.


- Oui…


- Bien Dean, ton père et moi sommes toujours à tes côtés… 


Bobby laissa sa voix faire son effet et reprit après un instant :


- Maintenant que vous êtes entrés… qu’est-ce que vous faites ?


- Sam va prendre une douche et moi je me jette sur le lit.


- Donc tu t’es endormi ? 


Dean s’agita de nouveau et respira fortement, le souffle court. Ses yeux fermés se crispèrent de plus en plus.


- Ouuuui…


- Et lorsque tu t’es réveillé ?


- Je… je suis… j’étais à l’hôpital !


John lança un regard au chasseur lui signifiant qu’il voulait interrompre la séance. Son fils avait les points si contractées que ses jointures avaient pris une couleur blanchâtre.


- Je vois Dean, nous sommes toujours auprès de toi et nous te protégeons fiston, est-ce que tu peux essayer d’ouvrir la petite porte qui te permet de voir entre ton endormissement et ton réveil à l’hôpital ? Tu restes bien derrière la porte et personne ne peut te voir.


Dean commença à trembler et John lança des regards furieux au vieux chasseur mais celui-ci, déterminé, ne voulait en aucun cas interrompre la séance.


- Dean, c’est toi qui m’as demandé de t’hypnotiser pour avoir des indices qui te permettront de trouver Sam ! Reprit Bobby en fixant son père d’un œil noir.


- Ouuuuuiiii… bégaya Dean de plus en plus nauséeux.


- Donc peux-tu me dire ce que tu vois ?


- Je… j’peux pas… Souffla Dean désespéré comme un enfant à qui on aurait annoncé la mort d’un proche. Le feu est dans… il est dans… ma tête ! Ça brûle… Bobby… le jeune homme semblait réellement éprouver de plus en plus de mal à respirer et tout son corps était pris de soubresauts douloureux.


- Bobby ! Lança John menaçant. Arrête ça tout de suite !


- Est-ce que tu vois Sam ? Continua tout de même le plus âgé.


Dean paraissait chercher son petit frère dans l’océan de feu qui semblait le submerger totalement à présent. Il ne respirait plus que par à-coup et serrait les dents à s’en casser la mâchoire.


- Putain… dégage de là… je… il… il va te tuer… Bredouilla Dean confus.


 -Qui Dean ? Questionna Bobby en se levant.


- Arrête ça tout de suite ! Répéta John en colère.


- Qui fiston ? Insista le vieux chasseur.


Dean cligna plusieurs fois des paupières et roula des yeux avant qu’il ne s’étouffe avec une remontée acide de vomi qui l’empêchait de respirer. John coupa vite les liens et le bascula rapidement sur le côté afin qu’il puisse de nouveau inspirer.


Le jeune homme vida complètement le contenu de son estomac et avala ensuite une bouffée d’oxygène avec force. 


- Je t’interdis de refaire ça Bobby ! S’emportant John furieux.


- Il fallait tenter le coup ! Justifia son ami. 


- C’est terminé maintenant. Coupa John la voix menaçante, mettant ainsi un terme à la conversation. 


Il aida son fils à se rasseoir et le maintint par les épaules.


- Ca va Dean ? Reprit plus doucement son père en le voyant reprendre ses esprits.


- Mgppfff… murmura Dean encore secoué par la séance. Je crois que… je suis définitivement… réfractaire à ce truc de taré !


- Nous trouverons un autre moyen Dean ! Se désola Bobby en se frottant la barbe.


- Je sais Bobby ! Souffla l’aîné des Winchester qui ne lui en tenait aucunement rigueur.


- Et bien, en attendant que tu trouves, nous partons pour Miami dès que Dean aura repris ses esprits. Répliqua son père sur un ton autoritaire. Ca ne sert à rien de perdre du temps pour des absurdités !


Dean et Bobby se regardèrent avec étonnement avant d’observer John.


- Et c’est un ordre ! Trancha son père en prenant la porte pour se préparer.


Le vieux chasseur pressa sa main contre l’épaule du jeune homme pour le soutenir moralement et lui lança un sourire contrit. 


- J’te tiens au courant fils ! Prends soin de toi et de ton abruti de père.


Dean, toujours secoué par ce qu‘il venait de vivre, acquiesça faiblement d’un mouvement de la tête. Bobby l’aida alors à se lever et ils empruntèrent ensemble le même chemin qu’avait pris un John Winchester hors de lui quelques instants plus tôt.


A suivre…


Elisab  (08.06.2012 à 14:17)

Chapitre 9

Sam avait eu énormément de mal à sortir de l’appartement de Dexter. Peut être par peur d’affronter une nouvelle fois le monde extérieur ou de quitter un confort temporaire qui lui avait permis d’abaisser un moment sa garde pour devenir simplement un jeune homme ordinaire. Son hôte l’avait gentiment poussé dehors au bout de deux semaines afin qu’il puisse se rendre ensemble au commissariat de la M.M.P.D. Non pas pour l’arrêter, mais plutôt pour trouver un moyen de définitivement clore son dossier en lui laissant un casier judiciaire acceptable compte tenu des évènements.


L’idée avait mûrit dans la tête de Morgan lorsqu’il l’avait vu se détendre au fur et à mesure que les jours passaient. Les ecchymoses sur son visage ne laissaient plus qu’une ombre jaunâtre et ses autres blessures semblaient elles aussi faire parties d’un passé désormais révolu. Sam paraissait reprendre goût à la vie. Il s’intéressait à tout, s’informait sur la ville de Miami, sur ses habitants et sur les choses qu’il devait absolument voir et connaître.


Pourtant à chaque fois que Dexter lui avait proposé de sortir, il l’avait senti se replier sur lui-même. Il devait hésiter à se montrer en plein jour de peur d’être reconnu ou interpellé par des personnes qu’il aurait peut être côtoyées dans son passé. Alors, Morgan n’avait pas insisté et avait décidé de le laisser progressivement prendre ses marques. 


C’est le jeudi suivant qu’il considéra qu’il était temps pour Sam de reprendre sa vie en main. 


Lorsqu’il rentra de son travail un soir, Dexter avait eu la désagréable surprise de voir sa bibliothèque avoir pris un nouvel aspect, tous ses livres étant rangés désormais par auteurs et par thèmes. Il n’aimait pas qu’on touche à ses affaires et devant la mine fermée de son hôte, le jeune Winchester s’était excusé en prétextant qu’il commençait sérieusement à s’ennuyer et qu’il n’avait trouvé rien d’autre à faire.


Dexter, sa frustration passée, observa minutieusement l’agencement qu’avait fait le jeune homme et en resta muet d’étonnement. C’était tout simplement parfait, rangé avec une logique sans faille. 


C’est à ce moment là que germa en lui cette idée qu’il lui sembla évidente. Sam était d’une intelligence et d’une logique impressionnante pour son jeune âge. Le service des archives de la Bibliothèque Nationale de la ville était cruellement en manque d’effectifs. A chaque fois que Dexter y allait pour ses recherches, des Donuts tout tendres spécialement préparés pour Betty, la responsable du service, il devait attendre au minimum une demi-heure avant de pourvoir lui parler et autant de temps pour avoir l’information désirée. Elle se plaignait constamment du manque de professionnalisme des personnes qu’elle embauchait et de leur manque d’assiduité. Le tout agrémenté de sourires charmeurs et de plusieurs clignements de cils sur des yeux noisette brillants d’un éclat du désir qu’elle éprouvait pour lui.


Alors pourquoi ne pas faire appel à elle pour permettre à Sam de trouver temporairement un emploi ? Une fois son casier judiciaire épuré, un job bien au dessous de ses réelles capacités, mais qui lui permettrait enfin de mettre le pied à l’étrillé et de voir l‘avenir sous un nouveau jour. Le jeune homme serait tout à fait capable de s’intégrer dans cette nouvelle vie. Il pourrait ensuite reprendre ses études et enfin voler de ses propres ailes.


Dexter, aspirait à cela pour enfin s’occuper sérieusement des deux énergumènes qui lui servaient de famille, semant sur leur passage mort et destruction. En analysant leurs dossiers, Morgan avait commencé à répertorier le long parcours des Winchester à travers tous les États-Unis et fait le rapprochement sur les différents cas de disparitions, d’enlèvements et de suspicions de décès après leur départ. Son analyse était concluante. Le père et l’aîné de ses fils avaient de sérieux problèmes mentaux et devaient rapidement être stoppés dans leur folie meurtrière pour rejoindre son tableau de chasse où plus exactement, retrouver une infime partie d’eux même entre les deux lamelles de verres de laboratoire qui étaient rangées soigneusement dans une petite boîte en bois cachée derrière le climatiseur de son salon.


Dexter commençait à maîtriser complètement son sujet et il se sentait mentalement rechargé, renouvelé et surtout prêt à fondre sur sa proie. Il avait à l’intérieur de lui-même cette petite flamme qui s’était rallumée et qui lui indiquait que son ancien penchant allait reprendre le dessus et que rien ne pourrait l’arrêter. 


Grace à lui, Sam tournerait la page et pourrait intégrer un nouveau cycle de la vie où tout serait positif, cassant ainsi les drames et les épreuves qui l‘avaient accompagnés jusqu‘alors.


Dexter lança un regard rassurant vers le plus jeune des Winchester qui avait eu un mouvement de recul lorsqu’ils pénétrèrent dans le bâtiment de la Miami Metro Police Département. 


Dans l’ascenseur, Sam se crispa et suivit le policier de près. Tous les regards convergèrent sur eux alors que Dexter se dirigeait directement vers le bureau de sa sœur, au fond de la salle. Il toqua énergiquement à la fenêtre de la porte et lui lança au travers un petit clin d’œil. 


Le Lieutenant lui sourit et indiqua de la main qu’elle terminait sa conversation téléphonique. Elle lui fit signe ensuite de rentrer. Debra observa le jeune Winchester de la tête au pied quand il pénétra à son tour dans la pièce et se concentra de nouveau sur son interlocuteur.


Elle semblait nerveuse et tapotait des doigts sur son bureau surchargé de dossiers. Après un instant, elle remercia poliment la personne qu’elle avait au bout du fil et raccrocha son téléphone.


- Putain de bordel de merde ! Lâcha-t-elle pour se soulager. Je déteste la bureaucratie !


Elle se leva et prit Dexter dans ses bras pour l‘embrasser.


- Tu vas bien Dex ? Lança-t-elle affectueusement.


- Toujours quand je te vois ! Lui répondit-il. Et toi ?


La jeune femme lui sourit puis haussa des épaules et regarda Sam.


- C’est qui lui ? Questionna-t-elle de but en blanc.


- Deb, je te présente Sam Winchester, mon nouveau locataire provisoire. J’ai besoin de l’interroger en tant que témoin pour une ancienne affaire. Tu penses que je peux m’en charger ? Je sais que tu es super occupée en ce moment avec l’affaire du démembreur !


La jeune femme observa son frère avec humour.


- L’affaire du démembreur !!! Dex tu me trouves toujours des noms pas possibles…


Puis elle roula des yeux vers le plus jeune des deux hommes. Elle lui serra la main avec force et apprécia ça grande taille. Pour une fois qu’elle n’avait pas à baisser les yeux pour regarder un homme, ça changeait !


- Ah c’est vous qui squattez chez Dexter ! Un conseil, laissez pas traîner vos affaires sinon il va faire comme avec moi… vous foutre dehors !


- Tu exagères ! Gronda gentiment son frère… tu vas lui faire peur avec tes remarques !


La jeune femme allait répondre lorsque son téléphone se mit de nouveau à sonner. Tout en se dirigeant vers lui elle lui lança :


- j’te fais confiance… gère ça… et vous deux, restau ce soir chez Yong t’sue… vingt heures… non vingt-et-une heures… foutue paperasse !


Dexter fit un au revoir de la main lorsqu’elle décrocha le combiné et sortit du bureau suivit d’un Sam plus silencieux qu’une tombe.


Alors qu’il cherchait un bureau disponible, Batista lui proposa spontanément le sien car il devait se rendre immédiatement sur les lieux d’un nouvel homicide. Une prostituée dans un hôtel de luxe. Morgan le remercia et demanda à Sam de s’installer en face de lui.


- Je pense qu’il ne devrait pas y en avoir pour longtemps ! Le rassura-t-il.


Le jeune homme émit un petit soupire en se frottant les mains moites sur le dessus de son jeans.


- Je ne sais pas si c’est les hôpitaux ou les commissariats de police qui me mettent le plus mal à l’aise ! Marmonna-t-il pour lui-même.


- Essayez la prison ! Ironisa le plus vieux.


- Je dois rire ? Riposta Sam mi-figue mi-raisin.


Dexter s’installa devant l’ordinateur, pianota un moment et se retrouva devant le dossier de Sam. 


- Bon. Lança-t-il serein ignorant la question du plus jeune. Vous êtes actuellement recherché par la police… et le FBI … essentiellement pour être interrogé quand aux agissements de votre père et de votre frère. Donc, si nous faisons cet interrogatoire maintenant et que j’y entre mes conclusions, l’info devrait remonter dans tous les services et de ce fait, vous devriez être enfin tranquille rapidement. 


- Et comment allez vous procéder ? Questionna Sam curieux.


- En gros, c’est extrêmement simple ! Commença le policier scientifique en continuant de taper rapidement sur le clavier de son ordinateur. J’indique comment vous avez été interpellé… voilà… lu vos droits… que vous avez été interrogé sans la présence de votre avocat parce que vous ne le jugiez pas nécessaire, parce que vous n’aviez… je cite… rien à vous reprocher… L’interrogatoire à duré… voyons… trois longues heures… et qu’après vous avoir questionné sur tous les faits qui vous ont été présentés… on peut en conclure que vous n’avez pris aucune part active dans les délits dont vous étiez soupçonnés… J’ajoute certains détails qui corroborent les faits… Voilà ! Lança Dexter en ajoutant un point final au rapport.


- Mais tout ça va alourdir le dossier de mon frère et de mon père ? S’inquiéta le jeune homme.


- Oh croyez moi Sam, ce n’est pas ce que je rajoute qui va aggraver les délits qui leurs sont déjà reprochés, vous voulez que je vous les rappelle ? Fausses cartes de crédit, effractions, violation de tombes, satanisme, exhumation de cadavres, agressions avec tortures, tentatives de meurtre, meurtre…


- C’est qu’un ramassis de connerie ! S’emporta le cadet des Winchester en se levant soudainement, laissant tomber bruyamment sa chaise sur le sol. Comment pouvait-on dire ça de son père et de Dean alors qu’ils avaient consacré la plus part de leur vie à sauver des gens ? Sam était purement scandalisé par ce qu’il venait d’entendre.

 
Dexter surprit arrêta d’écrire et contempla le jeune homme qui semblait sincèrement croire en ses paroles.


- Sam, je vous énumère simplement les faits ! Vous réagissez exactement comme la première fois que je vous ai fait cette remarque.


- Mais parce que c’est vrai ! Affirma-t-il sincère.


- Alors expliquez-moi… les exhumations de cadavres par exemple ?


Le jeune homme se renferma brusquement dans un silence lourd de sens et regarda de biais le policier. Comment pouvait-il lui expliquer qu’en brûlant le cadavre, il libérait enfin l’esprit tourmenté tout en délivrant également de nombreuses victimes rattachées au défunt ? Il ne pouvait dire une chose pareille sans passer pour un fou. Il ne pouvait pas tout gâcher, surtout pas maintenant.


Un silence pensant s’éternisa dans la pièce et le regard perçant de Dexter quitta le jeune homme pour glisser vers son ordinateur.


- Quoi qu’il en soit ! Reprit le plus vieux préférant ne pas pousser Sam trop loin, même si l’envie le démangeait de comprendre pourquoi, alors qu’il était si intelligent, il s’obstinait à croire aux affabulations de sa  famille. Votre dossier est maintenant en cours de validation. Comme je vous l’ai dit, pour la fin de la semaine le système informatique aura diffusé l’information dans tous les services adéquats, à partir de ce moment là, vous serez tranquille. Pendant une semaine vous ne devez pas faire de vague, discrétion et profile bas, c’est compris ?


Sam acquiesça de la tête tout en restant cependant contrarié par le comportement de Morgan.


Le jeune Winchester ne savait pas qu’elle attitude adopter face à lui. Son aide était précieuse et aujourd’hui il lui avait encore enlevé une sacrée épine du pied. Cependant, Dexter restait aussi terriblement intransigeant dès qu’il abordait le sujet de sa famille et cette situation laissait Sam mal à l’aise. Il avait cette petite voix intérieure qui lui criait de se méfier, de prendre garde à lui et de ne pas ignorer l’alerte que lui lançait son sixième sens.

 

Pourtant, en dépit du bon sens, il pensait pourvoir lui faire confiance. Parce qu’il voulait vraiment s’en sortir cette fois-ci, parce qu’il en avait marre de mener une vie de combat, de violence et de chasse. Il se voilait peut être les yeux, mais son désir de changer radicalement de vie primait sur tout le reste. Et puis son frère lui avait bien fait comprendre, assez brutalement d’ailleurs, qu’il était un boulet qui l‘empêchait de vivre. Son père lui avait aussi bien démontré à mainte reprise qu’il n’était pas un aussi bon chasseur que Dean. Tout compte fait, en partant, il les avait certainement libérés.


Depuis qu’il avait rencontré Morgan, le jeune homme ne s’était jamais senti aussi épaulé, soutenu et valorisé. Il avait retrouvé dans cet homme inconnu le père qu’il aurait toujours voulu avoir. Non pas qu’il reniait son vrai père. Il lui avait toujours voué une immense admiration et c’est peut être pour cela qu’il ne se sentait pas à la hauteur de ses exigences, qu’il ne s’était jamais senti à sa place. Dean avait parfaitement répondu aux attentes de John, mais lui… il ne lui avait apporté que déceptions et inquiétudes. 


Alors, pour la deuxième fois de sa vie, il voulait avoir accès à cette part de bonheur que les autres possédaient depuis toujours sans même s’en apercevoir. Oui c’était égoïste, oui c’était peut être de la folie, mais il la voulait et il ferait tout dans ce sens.


Plongé dans ses préoccupations, Sam ne s’était même pas aperçu que Dexter était à ses côtés et qu’il le secouait doucement par l’épaule.


- Ca y est, c’est terminé, on s’en va !


- Ou..oui ! 


Morgan lui envoya une tape amicale sur le bras et ils quittèrent ensemble le bureau de son collègue.


- On rentre à la maison ? Questionna Dexter avec un sourire confiant.


- Okay ! Répondit le jeune Winchester soucieux.


Ils s’engouffrèrent ensuite dans l’ascenseur gris métallisé laissant entre-apercevoir, alors que les portes se refermaient progressivement, la sœur de Morgan montrer la montre de son poignet pour leur rappeler l’heure de leur prochain rendez-vous.


A suivre…


Elisab  (15.06.2012 à 09:56)

Chapitre 10


Attablés autour d’une table ronde recouverte d’une nappe d’un rouge tirant sur le bordeaux, Dexter jouait avec les baguettes asiatiques que lui avait tendues le serveur. Sa Sœur Debra était beaucoup plus habile pour manier ces deux petits bouts de bois, les faisant bouger avec aisance comme s’ils étaient une extension de ses doigts. Le jeune Winchester était aussi doué que la jeune femme, les utilisant avec désinvolture comme si on lui avait tendu une fourchette. 


La musique exotique était suffisamment modérée pour qu’ils puissent discuter tranquillement malgré le nombre important de clients. En arrivant, Ils n’avaient eu aucun mal pour trouver une place, même sans réservation. Lorsqu’on s’appelle Debra Morgan et qu’on est un « patron » dans la police, il y a toujours de la place ! avait confié aimablement le propriétaire des lieux.


On les avait donc installé dans un coin discret du restaurant, disposition qui leur permettait également d’avoir un champ d’observation quasi total de la salle.


Debra était arrivée avec une demi-heure de retard comme à son habitude et l’avait rattrapée en avalant cul sec le délicat cocktail maison au saké disposé devant elle.


- Putain j’avais sacrément soif ! S’exclama-t-elle en guise de présentation. Elle s’installa au beau milieu des deux hommes avec un soulagement réel. 


- Ta réunion c’est bien déroulée ? Questionna Dexter curieux.


- Laguerta m’a foutue dans une vraie merde en me confiant les commandes de la section homicide ! Jura la jeune femme. Tous les criminels du pays se sont donnés le mot pour déposer toutes leurs victimes à Miami comme des petits cailloux ! La garce me met une pression d’enfer !


- Si on t’a donné le poste c’est que tu en es capable Deb ! Le rassura son frère. 


Sa sœur lui sourit et croqua dans le litchi qui garnissait le fond de son verre puis fit un mouvement positif de la tête. Elle s’approcha de son aîné et lui annonça fièrement :


-  Mathews lui a fermé son clapet devant tous les hauts gradés, t’aurais du voir ça !!! Jubila-t-elle.


Sam leva un sourcil interrogateur et Dexter ajouta que cette personne était le chef du département de la police de Miami.


- Je sais que je vous emmerde avec mes histoires ! S’exclama-t-elle avec aisance. Mais, putain que ça fait du bien de le dire !


- Vous avez compris Sam, que Deb a son franc-parler ! Constata Dexter en embrassant la joue de sa sœur.


- Vous travaillez donc tous les deux dans la police ! Remarqua Sam.


- Oui ! S’enthousiasma la jeune femme. C’est une histoire de famille, Family business, hein frangin ! Et elle lui envoya un coup de coude direct dans le bras.
Le jeune Winchester eut un pincement au cœur lorsqu’il entendit ces paroles. Il baissa son regard et avala une gorgée de bière chinoise, évitant ainsi de trop penser à son frère Dean. Sam ne pouvait s’empêcher de faire le rapprochement entre la sœur de Dexter et son aîné. Ils avaient tous les deux un tempérament de feu, ce côté parfois impulsif et grossier qui les rendaient si attachant. Sam s’imagina qu’avec une vie normale, son frère aurait pu avoir cette même joie de vivre. 


Avec fatalisme il attendit irrémédiablement la question qui allait suivre.


- Vous avez des frères et sœurs ? Lança-t-elle avec curiosité, le sourire toujours fixé sur son visage comme si elle profitait pleinement du plaisir de cet instant. 


- Un grand frère également ! Lui lança-t-il avec une pointe de nostalgie dans la voix.


- Et si nous passions commande ! Coupa Dexter pour soulager le plus jeune. 


- Tu as raison Dex j’ai vraiment la dalle ! Hey T’sue ! cria-t-elle sans discrétion à l’adresse de la jeune asiatique qui se tenait derrière le comptoir. On peut passer commande ?


La question fut accueillie par un grand sourire et la jeune femme se précipita pour noter les menus de leur choix. Elle se faufila aussi vite pour faire le chemin inverse, slalomant entre les tables du restaurant pour disparaître dans les cuisines.


Debra profita de cet instant pour dévisager Sam avec curiosité. Il était franchement mignon mais peut être un peu trop jeune pour elle. Si son frère était aussi bien foutu que lui et qu’il était l’aîné, elle se ferait un plaisir de le rencontrer.


- Donc, c’est vous qui squattez chez Dex alors ? Reprit-elle sans gêne.


- Provisoirement ! Répondit-il pour clarifier les choses.


- Et vous faites quoi ?


- Je te présente le nouvel assistant de Betty. Annonça Dexter en répondant à la question à sa place. Il commence son nouveau poste lundi matin, neuf heures, à la Bibliothèque Nationale. On a reçu la confirmation de son embauche en t’attendant tout à l’heure.


- Félicitation ! S’enthousiasma la jeune femme sincère. Mon frère est un ange pour ceux qu’il apprécie ! 


- Je sais que je lui dois beaucoup ! Reprit Sam. J’ai encore du mal à comprendre son aide. C’est tellement surprenant de nos jours, cela me parait…


- Trop beau pour être vrai ? C’est ça que vous pensez ? Continua-t-elle.


Sam eut un sourire gêné. Dexter le regarda franchement et Debra pointa un doigt menaçant vers le plus jeune comme pour l‘avertir. 


- Et bien, j’arrête pas de dire à mon frère qu’un jour il lui arrivera un pépin en accueillant n’importe qui chez lui !


- Pas n’importe qui Deb ! Objecta Dexter.


-  Quoiqu’il en soit, si j’apprends que vous lui avez fait un coup de pute, je vous pourrirai d’abord la vie et je vous mettrai ensuite une balle entre les deux yeux, c’est claire ? Lança-t-elle sérieusement, le flic refaisant immédiatement surface.


- Loin de moi cette idée ! Répondit le jeune Winchester trop soulagé du comportement de la jeune femme pour lui en vouloir d’une façon ou d’une autre. Elle ressemblait tellement à Dean, qu’il aurait presque eu envie de prendre son portable pour enfin l’appeler et le rassurer. Son regard s’assombrit un instant, mais il refoula cette idée au plus profond de lui. 


- Je crois que j’ai eu de la chance ce jour là de croiser le chemin de votre frère. Je ne sais pas ce que j’aurais fait sans lui ! Lança-t-il reconnaissant. 


- Je pense que vous auriez trouvé une autre solution Sam ! Rétorqua Dexter. Vous êtes quelqu’un de débrouillard, mais ça aurait pris plus de temps, vous ne croyez pas ? 

Oui, en effet pensa le jeune homme. Il aurait traîné un moment, puis aurait appelé la seule personne en qui il avait une totale confiance : le vieil ami de son père, Bobby Singer. Celui-ci l’aurait engueulé puis en ronchonnant aurait sûrement appelé son paternel comme il aimait à l’appeler, pour l’engueuler à son tour et le rassurer par la suite, puis il aurait trouvé une tournure de phrase bien relevée qui aurait finalement arrangé les choses. Et Sam serait, au bout du compte, reparti avec son père et son frère comme si rien ne s’était passé.


- Je profite surtout du moment présent ! Lança-t-il en levant son verre.  Au plaisir d’avoir fait votre rencontre ! 


- Santé ! Reprirent en cœur Debra et Dexter Morgan en faisant tinter leurs verres contre celui du jeune Winchester.


La suite du repas se déroula tranquillement et Sam put sentir la jeune femme se détendre et dévoiler un côté plus attachant et sensible d’elle. Ils parlèrent de la ville de Miami, des coins plus fréquentables que d’autres et des universités environnantes. Puis ils parlèrent de choses plus personnelles. Du fils de Dexter qui profitait de ses vacances avec son frère et sa sœur chez sa belle-mère. De l’ancien/nouveau petit ami/encore/de Debra qui n’arrivait pas à se fixer.


Et Sam savoura chaque instant de cette soirée que d’autres aurait pu considérer comme banale. Il écoutait avec un plaisir certain les paroles fraîches et anodines de ses deux convives. Il avait l’impression de retrouver la quiétude qu’il ressentait du temps où il étudiait à Stanford quand il retrouvait Jessica et ses camarades de classes pour boire un coup après les cours. 


Il pensait encore à cela lorsqu’il sentit poindre dans sa tête une douleur qu’il connaissait hélas trop bien. Elle s’insinua doucement et se propagea progressivement jusqu’à ce qu’il grimace involontairement. Les paroles de Dexter et de sa sœur se déformèrent lentement jusqu’à devenir incompréhensibles. Il cligna plusieurs fois des yeux et se massa les tempes afin de se soulager. Mais rien ne semblait atténuer la progression de ce mal qui lui envoya des flashs de lumière derrière les yeux. Il serra les dents et laissa échapper un « non » malgré lui, ne voulant surtout pas mettre un mot sur ce qui lui arrivait. Un mot qui le projetait de nouveau dans son monde surnaturel : Prémonition.


Debra remarqua la première le changement d’attitude du jeune homme et se tourna vers lui inquiète.


- Ca ne va pas Sam ?


Sam retint sa respiration. Il posa les coudes sur la table pour ne pas tomber et se frotta les yeux avec la paume de ses mains. Le flash s’intensifia, et après un nouvel élancement douloureux qui lui transperça les tempes, il se retrouva transporté dans un autre endroit. Une sorte de vieille église abandonnée dont une partie des vitraux cassés laissaient filtrer le reflet d’une lune pleine. Puis il vit la main ensanglantée d’une personne qui tenait un couteau de chasse. Il entendit ensuite un cri désespéré et le visage d’un homme jeune effrayé s‘imposa à lui. Un nouveau flash le ramena quelques secondes auprès de Dexter et de sa sœur, mais sa vision reprit le dessus et il se retrouva encore devant le jeune homme qui hoquetait de douleur en observant ses deux mains mutilées dont il manquait tous les doigts. Le torturé semblait plonger son regard suppliant et hagard dans celui de Sam mais ne put émettre un seul son. Les images se brouillèrent une fois de plus et le jeune Winchester reprit contact avec la réalité.  


Il respira difficilement et porta un regard paniqué sur ses mains comme s’il avait vécu les évènements de sa vision.  


- Sam… Sam ! L’appela Dexter soucieux en le maintenant par les épaules. Vous allez bien ?


- Oui ! Souffla l’interpellé en revenant progressivement à lui… j’ai eu un… un étourdissement !


- Vous saignez du nez ! Constata la jeune femme en lui tendant un mouchoir.


- Oh ! Lança le plus jeune en se l’essuyant rapidement. Ca m’arrive, ce n’est pas grave, je vous assure !


Dexter l’observa attentivement. 


- Vous avez mal à la tête depuis longtemps ?


- Non, non… mais j’ai souvent des migraines et celle-ci est arrivée sans prévenir ! Tenta-t-il d’ironiser.


- Nous allons peut être rentrer alors ! Suggéra Debra compatissante. Je connais bien ça ! On a l’impression d’avoir la tête comme un cul après une gastro ! 


- Deb !!!! S’offusqua son aîné. Ton langage !


Sam ne put s’empêcher de sourire faiblement tout en acceptant volontiers la proposition de la jeune femme. Sa prémonition, car il savait que s’en était une, s’était transformée en un douloureux mal de tête et le simple reflet de lumière qu’il pouvait observer lorsqu’il ouvrait les yeux, se répercutait directement dans son cerveau comme un éclair. Il fallait absolument qu’il s’allonge dans le noir et qu’il réfléchisse et comprenne ce qu’il venait de voir. 


Il bredouilla maladroitement une excuse pour avoir ainsi mis un terme à leur soirée et Dexter le rassura. Personne n’était à l’abri d’un caprice du corps humain. La jeune femme demanda ensuite à son frère de l’appeler dès qu’ils seraient rentrés pour la rassurer. Ce que lui assura son grand frère, trois fois de suite. 


Sur le chemin du retour, aucun des deux hommes ne prirent la parole. L’un étant plongé dans une migraine qui ne semblait pas décidée à le laisser tranquille, l’autre restant perplexe quand aux explications douteuses de Sam. 


Une fois arrivée, le jeune homme s’excusa encore auprès de Dexter et se dirigea directement dans sa chambre après avoir avalé plusieurs comprimés. Il referma doucement la porte et s’assit sur le rebord de son lit. 


Avant de profiter des bienfaits d’une nuit de sommeil, il fallait absolument qu’il trouve de quelle église il s’agissait. Il ne devait pas y en avoir des dizaines comme ça dans le secteur. Et qui d’autre que Bobby pourrait lui trouver ça en un temps record ? La pleine lune avait lieu dans deux semaines et il fallait que Sam fasse quelque chose pour sauver le malheureux qu’il avait vu se faire torturer. Certes, il ne voulait plus avoir affaire de près ou de loin avec la chasse, mais il ne pouvait tout de même pas laisser un pauvre type se faire couper en petits morceaux sans réagir.


Le jeune Winchester ignora sa migraine et se leva péniblement. Il ouvrit silencieusement la fenêtre de sa chambre qu’il enjamba facilement et descendit sans faire de bruit les escaliers pour se diriger, tant bien que mal, vers une cabine téléphonique publique qu’il avait vu quelques jours plus tôt près de l‘immeuble voisin.


Il composa le numéro de téléphone du vieux chasseur de mémoire et commença à se remémorer tous les détails qui pourraient aider ou guider son ami pour débuter ses recherches.


Au quatrième coup, la connexion fut établit.

- Allo ? Questionna une voix jeune que Sam reconnut sans peine. Vous êtes chez Bobby Singer, je peux vous aider ?


Sam resta figé sur place, incapable d’émettre le moindre son. Paniqué, il raccrocha le combiné avec rapidité alors que son cœur s’était mis à battre furieusement. Il battait si fort qu’il pouvait l’entendre marteler derrière ses oreilles et ses yeux, amplifiant ainsi son mal de tête.


Son frère était chez Bobby. Dean était vivant et en bonne santé chez leur vieil ami. Sam ne pensait pas que le simple fait d’entendre sa voix le bouleverserait à ce point. Il s’extirpa de la cabine en chancelant et après avoir couru pour revenir, il réintégra avec peine sa chambre de la même manière qu’il en était sorti.


Il ne savait plus comment réagir. Les mains encore tremblantes il s’effondra sur le lit et se cacha le visage afin de reprendre un peu le dessus sur ses émotions. Il ne comprenait pas cette peur incontrôlable qui s’était saisie de lui au moment où il avait reconnu la voix de son aîné.

 
Sam s’allongea, posa l’intérieur de son coude sur les yeux et soupira longuement. Il allait attendre que sa migraine s’estompe pour avoir les idées plus claires. Demain, il découvrirait un autre moyen pour trouver cette église qu’il avait vu dans sa vision. Mais pour le moment, il fallait absolument qu’il se détende et qu’il arrête systématiquement de penser à son frère dès qu’il fermait les yeux. 


Avec les minutes qui défilèrent doucement, il se laissa peu à peu bercer dans un demi-sommeil qui lui fit oublier progressivement l’endroit où il se trouvait pour finir par s’endormir réellement et ne plus entendre un seul bruit.


Pendant ce temps, alors que la nuit enveloppait tout sur son passage, personne ne vit Dexter Morgan pianoter sur les touches de la cabine téléphonique qu’avait utilisée Sam quelques instants plus tôt, pour récupérer le numéro que le jeune homme avait composé. Lorsqu’il obtint ce qu’il voulait, l’homme sortit de la cabine et regarda les rayons de la lune naissante qui commençaient à paraître dans le noir de la nuit.


A suivre…


Elisab  (22.06.2012 à 14:57)

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