HypnoFanfics

Evil Twins

Série : Supernatural
Création : 30.05.2012 à 17h19
Auteur : Lydean 
Statut : Terminée

« Pré-série. Une créature démoniaque jure de venger la mort de sa sœur jumelle, exterminée par John et Dean. Désirant les faire souffrir à leur tour, elle décide de s’attaquer à Sam. » Lydean 

COMMENTER CETTE FANFIC

Cette fanfic compte déjà 84 paragraphes

Afficher la fanfic

            Sam avait ouvert les yeux au moment même où il avait entendu l’Impala partir. Il s’était levé aussitôt et avait constaté que le lit à côté du sien était effectivement vide. Pris d’une angoisse soudaine, il s’était rendu dans la cuisine et avait trouvé le mot rapidement griffonné, sur la table. En le lisant, il aurait dû être rassuré. Après tout, il était présent la veille quand l’ancien patron de son frère l’avait appelé pour lui dire qu’il avait enfin reçu la pièce qui manquait pour réparer le phare de la Chevrolet. Mais la réaction de Dean n’avait pas été à la hauteur de cette bonne nouvelle. Il était même resté carrément froid. Ce qui n’était pas du tout son genre quand le sujet abordé concernait son « bébé » ! D’ailleurs, il lui avait bien fait remarquer et avait été obligé de lourdement insister pour qu’il se décide à aller récupérer la pièce dans la journée. Et comme son étrange frangin se bornait à refuser sans lui fournir plus d’explications, il en avait conclu que, comme à son habitude dans ces moments-là, il ne voulait pas le lâcher d’une semelle. Alors, après avoir fait son possible pour tenter de le rassurer sur son état de santé, il lui avait proposé de l’accompagner jusqu’au garage. Mais, encore une fois, Dean n’avait rien voulu entendre et ils étaient restés là, à ne rien faire, dans un silence quasi-total. A ce niveau là, ce n’était plus du surprotectionnisme, c’était de l’emprisonnement ! Et c’était ce qui rendait encore plus étonnant sa petite virée, tout seul, de si bon matin … alors qu’il avait refusé tout net cette éventualité la veille. Qu’est-ce qui lui était passé par la tête ? Qu’est-ce qui avait pu le faire changer d’avis comme ça, d’un seul coup ?

 

            Jusque-là, il ne s’était pas trop posé de questions. Il était trop naze pour réfléchir à quoi que ce soit de toute façon. Et puis, avec tout ce qui leur était arrivé, il s’attendait plus ou moins à ce genre de réaction exagérée de la part de son aîné. C’était plus fort que lui ! Il avait ce besoin irrépressible de multiplier les attentions pour être sûr que son « petit-frère-si-fragile » soit le mieux loti possible. Même s’il était en bien plus piteux état que lui. Parce que, finalement, en ce qui le concernait, mis à part ce sentiment de fatigue intense qu’il avait réussi à amoindrir en dormant pendant près de trente-six heures d’affilée, ça allait plutôt pas mal.

            Dean, en revanche, c’était une autre histoire ! Les dernières images qu’il avait de lui étaient celles d’un véritable zombie ! Son corps était zébré de coup de couteau et les hématomes se bataillaient l’espace restant. Lorsqu’il l’avait aidé à se soigner, il avait dû faire des pieds et des mains pour que son frère daigne lui fournir un semblant d’explications. « Une bagarre avec une bande de gamins de la zone », tu parles ! Dans le journal qu’il avait piqué à leur vieille voisine d’en face pendant les quelques secondes de paix durant lesquelles son frangin prenait sa douche, un encart énorme faisait la une à ce sujet. Même la télé en avait fait l’étalage tant le massacre avait été violent et sanglant. Quelqu’un qui ne le connaîtrait pas aussi bien que lui pourrait se demander comment il avait pu se sortir vivant d’un tel carnage. Mais de toute évidence, Dean ne voulait pas en entendre parler puisqu’il lui avait arraché le journal des mains et avait éteint la télé avant même que le reportage ne soit terminé. Alors bien sûr, il pouvait respecter son besoin d’oublier ce genre de choses. Et puis sur le moment, il n’avait pas cherché à le harceler davantage avec ça parce qu’il n’en avait pas vraiment la force et que la nécessité de dormir se faisait ressentir dès qu’il avait la mauvaise idée d’ouvrir les yeux. De toute façon, le peu de temps qu’il avait été éveillé, son aîné lui avait à peine parlé … sauf pour lui dire de manger et de dormir. Sur ce deuxième point, il n’avait pas eu besoin d’insister beaucoup pour qu’il s’exécute. Le reste du temps, il le passait à vérifier du coin de l’œil que ses ordres étaient respectés. Puis son regard se perdait et il pouvait rester comme ça pendant des heures. En tous cas, à chaque fois qu’il s’était réveillé, il l’avait trouvé comme ça. D’ailleurs, à bien y repenser, avait-il seulement dormi ? La profondeur des cernes qui assombrissaient près de la moitié de son visage répondait sans conteste à sa question. Peut-être était-ce le manque de sommeil qui le rendait aussi bizarre. Plus il y repensait et plus il se disait que certains éléments lui avaient forcément échappé. Dean était à ses petits soins et effectuait une surveillance constante sur lui. Mais d’un autre côté, pas une seule fois il ne lui avait sorti une de ses blagues pourries, son visage était resté fermé et dépourvu de ses sourires aussi éloquents qu’énigmatiques et à aucun moment il ne l’avait regardé en face. Du coup, seul le trop plein d’attention à son égard lui laissait entrevoir l’espoir qu’il y avait un p’tit quelque chose de son grand frère dans cet inconnu blessé, tant physiquement que moralement. En résumé, malgré sa proximité physique, son aîné était vraiment distant. Plus que ça, il était froid, glacial.

 

            Son corps fut parcouru par des frissons incontrôlables. Etant donnée la chaleur ambiante, il attribua ce mal-être à la fatigue. Mais son subconscient ne l’entendait pas de cette oreille et força son esprit à poursuivre l’analyse malgré lui. Décidément, plus rien n’était comme avant. Il n’avait aucune idée de comment il en était arrivé à cette conclusion mais deux choses étaient sûres : Dean n’agissait pas normalement, il n’était plus lui-même et le voir comme ça le minait plus qu’il ne voulait bien l’admettre.

 

            En percevant un bruit de moteur, il s’approcha de la fenêtre avec un sentiment teinté d’espoir et d’appréhension. Mais lorsqu’il regarda à l’extérieur et qu’il découvrit le vélomoteur qui venait livrer les journaux du quartier, il ne ressentit qu’un grand vide. Si Dean l’avait surpris à confondre le ronronnement de son « bébé » avec les gargouillis métalliques d’une pauvre mobylette, il aurait été outré et lui aurait fait tout un speech sur les différences évidentes de motorisation et bla bla bla ... Il en aurait presque souri si la réalité ne lui était pas revenue en plein visage : Dean n’était pas là et de toute façon, Dean n’était plus lui-même.

 

            Il regagna la chambre et vérifia le bon fonctionnement de son téléphone. Il s’assit sur son lit et considéra l’écran un instant. Il joua avec les touches, fit défiler les quelques noms présents dans son répertoire mais ne se focalisa que sur un seul d’entre eux. Finalement, il soupira et se désintéressa de son portable. Le mieux était de se résigner à attendre son retour. Il se réfugia sur le canapé et alluma la télé. D’un geste mécanique, il passa d’une chaîne à l’autre sans s’attarder sur les images. Peut-être que Dean était encore sous l’influence de la chose qui avait possédé Jeanne ? Non, il n’y croyait pas vraiment. Après tout il avait réussi à se libérer de son emprise pour venir le secourir et lorsqu’ils s’étaient retrouvés, ses yeux ne laissaient plus transparaître la moindre colère. C’était forcément autre chose. Bah, il était certainement fatigué. Ce ne serait pas étonnant si, effectivement, il n’avait pas fermé l’œil depuis si longtemps. Sans compter que ses blessures ne devaient rien arranger à son état. Mais la question qui lui venait tout de suite à l’esprit était : pourquoi ne dormait-il pas ? Après tout, ils s’en étaient tous bien tirés, leur chasse était une réussite et il ne voyait rien qu’ils aient pu avoir à déplorer. Alors qu’est-ce qui pouvait le perturber à ce point ? Peut-être s’en voulait-il de lui avoir hurlé dessus au lycée ? Ce serait bien lui, ça ! En même temps, le coup du « Tu n’as plus de frère » n’était pas très sympa. Mais autant dire qu’il lui avait prouvé le contraire par la suite. Alors si c’était bien ça son problème, il pouvait se rassurer : il ne lui en voulait pas le moins du monde.

 

            Il soupira et éteignit la télé. Non ! Il n’était pas convaincu par son raisonnement. Il se massa les tempes. S’il continuait à se prendre la tête comme ça, il allait se provoquer une migraine d’Enfer ! Epuisé, il regarda son lit et envisagea sérieusement de le rejoindre. Le mieux était encore de dormir un peu en attendant le retour de son aîné. A partir de là, ils pourraient évoquer le problème, quel qu’il soit, et à deux, ils réussiraient bien à le résoudre. Oui, c’était la meilleure solution. Pourquoi se triturer les méninges avec des théories fumeuses alors qu’il lui suffisait de prendre son mal en patience ?

 

            La chambre lui paraissait terriblement loin mais d’un autre côté il savait que s’il s’assoupissait dans le vieux canapé comme il l’avait fait la veille, il allait encore avoir mal au dos. Il se résigna donc à faire les quelques pas qui le séparait de son matelas et se laissa tomber dessus après avoir claqué la porte derrière lui. Il essaya de se détendre, s’étendit de tout son long et gesticula une première fois pour trouver une position plus confortable. Il ferma les yeux, patienta et roula sur le côté. Les minutes s’écoulaient… lentement. Il faisait tellement chaud. Impossible d’ouvrir la fenêtre car dehors c’était encore pire. Il changea une nouvelle fois de position mais le sommeil se bornait à l’ignorer superbement. Il se tourna et se retourna. Et recommença, encore et encore. Exaspéré, il enfouit sa tête dans son oreiller et grogna tout ce qu’il pouvait jusqu’à ce que, finalement, il entende l’Impala se stationner dans l’allée. Il allait se lever lorsque l’idée qu’il avait pris grand soin de refouler jusque-là se faufila dans son esprit et s’afficha comme une évidence : Et si le véritable problème de son frère c’était lui ? Il déglutit difficilement. Il devait bien admettre qu’il lui en avait fait voir de toutes les couleurs ces derniers temps … Il entendit son aîné entrer, se diriger vers la cuisine avant de revenir vers la chambre. Sans comprendre pourquoi, il décida de faire semblant de dormir. Il attendit que Dean lui en fasse la réflexion mais rien ne vint. Cet idiot de frangin se contenta de ressortir sans un mot. D’abord déçu, il prit ensuite conscience du ridicule de sa réaction. Il devait vraiment être éreinté, voire totalement naze, pour agir comme ça. Cette situation ne pouvait plus durer ! Il n’en avait rien à faire que son frangin ne supporte pas les conversations à cœur ouvert. Il se foutait totalement de passer pour une gonzesse à ses yeux. Contrairement à lui, il était capable de mettre des mots sur ce qu’il ressentait et pour le moment, autant dire que ça n’allait pas du tout ! Cette situation craignait alors ils allaient s’expliquer une bonne fois et tout de suite !

            Sa décision étant prise il se leva, sûr de lui, enfila rapidement un jean qui trainait par terre et se dirigea, déterminé, vers la porte …avant de bifurquer vers la fenêtre. Il soupira et serra les mâchoires. De là, il pouvait observer discrètement son frère et réfléchir à ce nouveau problème qui venait d’apparaître : il ne savait pas comment aborder cette foutue conversation. Pourquoi se prenait-il la tête avec ce genre de détails ? C’était Dean, pas le Dalai lama ! Entre frères, on pouvait tout se dire et on pouvait tout entendre. L’ennui, c’était qu’il n’avait aucune idée de ce qu’il allait dire, il savait encore moins ce qu’il allait entendre et surtout il n’était pas sûr de pouvoir encaisser …

             Tant pis ! Il se débrouillerait le moment venu. Il le pouvait. Il le devait.


Lydean  (06.01.2013 à 22:48)

            Du coin de l’œil, Dean vit arriver son frère équipé d’un seau d’eau chaude, d’une éponge et des gants roses qu’il lui avait fait enfiler de force quelques semaines auparavant. Cette initiative ne voulait dire qu’une seule chose : Sam n’avait rien trouvé de mieux pour engager la conversation et assouvir ainsi son immense besoin de discuter. Quand il le vit déposer ses accessoires, enfouir ses mains dans ses poches et rapprocher ses épaules de sa tête, il valida sa première impression en y ajoutant l’aspect urgent et inévitable de la chose ! Malheureusement, de son côté, il n’avait aucune envie d’entamer une de ces grandes discussions à cœur ouvert. Déjà, partager ses sentiments, évoquer son ressenti, tout ça c’était des trucs de gonzesses. Et de toute façon, il ne se sentait pas suffisamment solide pour trouver les mots susceptibles de le réconforter.

            Alors bien sûr, d’habitude, quand il voyait que Sam en avait réellement besoin, il faisait un effort. Et peut-être qu’aujourd’hui, il aurait pu au moins l’écouter, voire, éventuellement, lui dire ce qu’il avait envie d’entendre. Mais en fait, pour le moment, il s’en sentait totalement incapable.

            D’un côté, savoir que son jeune frère se tenait debout devant lui, en apparente bonne santé, était une nécessité. Cela lui permettait d’atténuer un peu le stress qui lui vrillait les entrailles. Mais d’un autre côté, il aurait préféré être seul. Il aurait aimé avoir un peu de temps pour comprendre et surtout pour oublier. Les mêmes images revenaient en boucle dans sa tête et s’entrechoquaient continuellement. Quant aux profonds regrets qu’il éprouvait, ils se faisaient constamment écraser par le poids de la rancœur qu’il avait à l’encontre de son propre frère. Il avait beau tenter de se raisonner – après tout, Sammy n’était en rien responsable de tout ce qui s’était passé – son amertume finissait toujours par reprendre le dessus. Alors plutôt que de dire des trucs qu’il risquerait de regretter plus tard, il préférait s’abstenir. Et pour ça, le mieux était de ne pas ouvrir la bouche ou de rester seul. Deux bonnes résolutions difficiles à tenir lorsque le fameux petit frère se tenait à deux pas de lui et n’avait de cesse de le fixer en attendant qu’il lui accorde toute son attention.

 

- T’as mangé ? lui demanda-t-il finalement, tout en connaissant déjà la réponse.

 

           Sam avait bien conscience que cette question n’en était pas vraiment une. Il n’avait décidément pas faim mais il ne voulait pas contrarier son aîné plus qu’il ne l’était déjà. Alors il rebroussa chemin et récupéra ce qu’il lui avait laissé sur la table. Tout ça s’engageait plutôt mal mais quelque chose lui disait qu’il devait persévérer. Il ressortit et tendit le gobelet et les cookies devant lui pour montrer sa bonne volonté.

 

- Satisfait ? se renseigna-t-il avec l’infime espoir que son grand frère remarque son retour.

 

            Aucune réponse ne lui parvint. Même pas un grognement. Encore moins un regard éloquent. D’ailleurs, pas de regard, du tout. C’était à croire qu’il faisait tout pour l’éviter. Son idiot de frangin restait focalisé sur sa foutue bagnole et faisait en sorte de ne pas lui prêter la moindre attention.

            Exaspéré, il s’assit sur les marches du perron et sirota son café en essayant de fixer un point sur l’horizon. De temps en temps, il se forçait à avaler quelques bouchées mais décidément, l’appétit n’était pas au rendez-vous. Ses yeux étaient incapables de rester concentrés au loin et avaient cette fâcheuse manie de revenir sur son aîné qui portait assurément beaucoup d’attention à la réparation de sa voiture. Cette fois, c’était confirmé. Cette attitude ne voulait dire qu’une seule chose : Dean lui en voulait. Dans la mesure où ils s’étaient déjà expliqués sur de nombreux points et qu’ils étaient tous les deux d’accord pour dire qu’il avait été manipulé, il ne voyait plus qu’une seule raison qui aurait pu le mettre en colère.

            Résigné, il posa le gobelet vide à côté de lui et se redressa. Il avança de quelques pas et se planta en face de son frère.

 

- J’aurais dû te le dire, lança-t-il après un énième soupir.

 

- Quoi ? S’étonna Dean en levant enfin les yeux vers lui.

 

- Quand je t’ai promis qu’on se retrouverait à la bibliothèque, je le pensais sincèrement. Mais je t’ai caché ce que j’envisageais de faire au lycée. J’me rends compte que c’était nul. J’aurais dû te l’dire.

 

- Oui, t’aurais dû.

 

            Le ton ne comportait aucune animosité et après tout, son aîné n’avait fait que répéter ses propres propos. Pourtant, le malaise qu’il ressentait s’amplifia. Alors quoi ? Il allait lui en vouloir jusqu’à la fin des temps ? Ne pouvait-il pas passer l’éponge, juste pour cette fois ?

            Lorsqu’il vit le regard de son grand frère se reporter sur ce foutu phare qui avait pourtant tout l’air d’être enfin réparé, il s’empressa de poursuivre :

 

- Mais si je te l’avais dit, tu ne m’aurais pas laissé faire, pas vrai ?

 

- Sûrement pas, assura le plus vieux froidement en se redressant d’un coup pour lui faire face. Et ne t’avise pas de me bassiner avec mon manque de confiance ou j’sais pas trop quoi ! J’aurais dû dire « non » dès le départ ! On n’en serait pas là aujourd’hui.

                                                                                                                                  

- De quoi tu parles ? Dean, on a réussi …

 

- Ah, ouais ! Et à quel prix ?

 

            Sam le dévisagea dans l’incompréhension la plus totale. En voyant ses yeux ronds, l’ainé ne put faire abstraction de la peine qu’il venait d’y déceler. Ca n’avait jamais été son intention. Il se passa une main sur le visage afin de reprendre son calme. Il ne pensait même plus à cette histoire avant que son cadet la lui rappelle. D’accord, sur le moment, ça lui avait fait mal de constater qu’il lui avait menti. Mais il était évident que Sammy regrettait. Alors il n’y avait pas besoin de revenir là-dessus. C’était du passé. Terminé !

            Les yeux tristes qui continuaient de le fixer l’obligèrent à s’expliquer :

 

- J’ai tué des gens ! avoua-t-il difficilement. Rien à voir avec ce qu’on chasse d’habitude. Ce n’était pas des créatures surnaturelles comme des loups-garous, des métamorphes ou des esprits ! Non, c’était des êtres humains, des jeunes, comme toi et moi …

 

- …qui t’auraient zigouillé si tu ne t’étais pas défendu, coupa le plus jeune qui venait de comprendre, soulagé, la véritable raison à ce comportement étrange.

 

- Parce qu’ils étaient sous l’influence de l’autre tordue, insista l’aîné.

 

- Pas tous ! argumenta Sam. Ils étaient déjà bien siphonnés dès le départ. J’te rappelle que quand certains d’entre eux m’ont attaqué, ils n’étaient sous l’influence de personne. Si les flics n’étaient pas intervenus, moi aussi je les aurais peut-être plantés. Parce que c’était eux ou moi ! Et dans ton cas, c’était même pire : c’était eux ou nous ! Si tu ne t’en étais pas sorti, alors aucun de nous deux ne serait en mesure d’en parler maintenant.

 

            Ils restèrent un instant silencieux. Chacun assimilant doucement ce qui venait d’être dit – se libérant, par la même occasion, d’un poids harassant.

            Le soulagement aurait dû être de mise mais les sourcils de Dean se froncèrent et son regard se durcit en une fraction de seconde. Sam comprit alors qu’ils étaient loin d’en avoir terminé et observa son frère avec appréhension.

 

- Le problème, se lança finalement le plus vieux, c’est que tu as bien failli y passer quand même !

 

- Quoi ? S’étonna son cadet qui ne voyait vraiment pas où ça allait le mener.

 

- T’es vraiment qu’un abruti ! Qu’est-ce qui t’est passé par la tête ? Quand je suis arrivé et que je t’ai vu …comme ça … Tu ne … Enfin, j’ai cru qu’t’étais … que j’allais jamais réussir à … Putain, mais t’en rates pas une !

 

- Je suis désolé, murmura Sam, compatissant à la douleur qu’avait dû ressentir son frère en le découvrant inanimé.

 

- J’m’en fous de tes excuses ! décréta l’ainé en secouant la tête avant de planter son regard dans celui de son frère. C’que je veux c’est la certitude que tu ne recommenceras plus jamais un truc aussi débile. Je sais que tout ce que j’ai pu te dire au lycée t’a fait du mal mais putain, tu me connais ! Tu sais bien que j’aurais pas réagi comme ça si j’avais été dans mon état normal. En plus, tu savais exactement de quoi était capable l’autre pétasse ! Alors t’avais pas à … C’que j’veux dire c’est que, quel que ce soit le problème, même si tu crois qu’il est insurmontable, c’est pas une raison pour en arriver à prendre une décision aussi radicale.

 

- Quoi ? S’écria Sam, horrifié par ce qu’il venait de comprendre. Non mais… attends … tu crois quand même pas … Dean ! J’ai pas essayé de me suicider !

 

- Ah, ouais ? C’était vachement bien imité alors !

 

- Non, Dean, j’te jure … J’arrive pas à croire que … Comment tu peux penser un truc pareil ?

 

- J’me le demande, tiens ! S’emporta Dean en ouvrant de grands yeux arrondis par l’ironie. Peut-être parce que tu passes ton temps à te plaindre de cette vie de merde que papa et moi t’obligeons à supporter. A moins que ce soit parce que je t’ai vu dépérir jour après jour ces derniers temps et que quoi que je fasse, tu continuais à t’enfoncer dans la dépression. Il leva une main pour empêcher son frère de l’interrompre. Oui, oui, je sais, tu étais manipulé ! Il n’empêche que ça a plutôt bien fonctionné. Tu t’es regardé dans une glace dernièrement ? Puisque ma parole ne te suffit pas, tu devrais essayer. Et après on verra si tu oses me dire en face que tu vas bien ! Ya qu’pour faire des conneries, là, j’avoue, t’es en pleine forme ! J’te rappelle quand même que tu as suivi Jeanne sans broncher alors que tu savais très exactement ce qui t’attendait. Et puis, comme si ça ne suffisait pas, tu t’es enfilé une bonne rasade de gnole toxique de ta composition. Comme ça, au moins t’étais sûr de ne pas rater ton coup !

 

- Non, c’est pas comme ça que ça s’est passé ! S’énerva Sam en ressentant le besoin inouï de se justifier. J’ai cherché le meilleur moyen d’exterminer ce qui possédait Jeanne et la seule possibilité que j’avais était de suivre notre plan. Je connaissais sa manière d’opérer et j’avais le poison et l’antidote sous la main. Je n’ai pas bêtement avalé le poison, Dean ! J’en ai réparti suffisamment aux bons endroits pour être sûr qu’elle soit rapidement en contact avec. J’y avais bien réfléchi. Je savais que ça marcherait et ça a fonctionné !

 

- Donc, t’es en train de me dire que, pendant tout ce temps, tu étais suffisamment lucide pour savoir exactement ce que tu faisais.

 

- Oui.

 

- Alors pourquoi tu n’as pas trouvé une solution pour l’empoisonner sans te mettre en danger ?

 

- Ben … Parce que je refusais qu’elle prenne possession de mon corps et c’est ce qui se serait passé si je n’avais pas pris aussi le poison.

 

- Non mais attends, Sam. Y a un truc que j’comprends pas, là : Vous étiez seuls aux fins fonds d’une cave pourrie, enfouie deux étages sous terre. T’es un chasseur et tu fais au moins quatre têtes de plus qu’elle. Tu ne pouvais pas lui faire avaler le poison, l’enfermer et te barrer en courant en attendant qu’elle se désintègre toute seule ?! Tu aurais très bien pu la planter là et revenir plus tard pour filer l’antidote à Jeanne. Ne me dis pas que tu n’y as pas pensé !

 

            Pour toute réponse, le cadet baissa les yeux. Dean sut alors que son raisonnement tenait la route et il insista :

 

- Puisque tu ne voulais pas te suicider, explique-moi pourquoi tu n’as pas choisi cette option.

 

- Je ne pouvais pas, articula-t-il difficilement tant cet aveu lui faisait mal. Je n’en avais pas la force. J’arrivais à peine à bouger les bras. T’es content ? C’est ce que tu voulais entendre ? T’avais raison : j’étais trop faible pour faire ce genre de trucs.

 

- Non, je ne suis pas content, Sammy. Tu es en train de me dire que tu étais conscient que tu étais faible au point de ne plus pouvoir bouger mais que tu as quand même fait le choix « mûrement réfléchi » de t’empoisonner. Dans la mesure où tu es le plus intello de nous deux, je pense que tu savais où ça allait te mener. Mais tu l’as fait quand même ! T’as conscience que les apparences ne sont vraiment pas en ta faveur là ?! Alors donne-moi une bonne raison de te croire quand tu dis que tu n’as pas essayé d’en finir.

 

- Je savais qu’tu viendrais, murmura le plus jeune dans un souffle, la gorge nouée et les yeux soudainement brouillés.

 

- Quoi ? S’étonna Dean, complètement abasourdi.

 

- J’étais sûr que tu allais arriver et que tu me sortirais de là. Quelles que soient les épreuves que tu avais à surmonter, je savais que tu y arriverais et que tu viendrais …

 

- « Quelles que soient les épreuves » ? Sammy t’es bien mignon mais je te rappelle quand même que j’étais sous l’influence merdique de l’autre tarée et qu’à ce moment-là j’avais plus envie de t’étrangler que de te secourir …

 

- Oui mais t’as réussi ! Le coupa son frère avec un sourire timide et des yeux emplis de reconnaissance. Je sais pas comment t’as fait mais tu l’as fait et c’est tout ce qui compte. T’es le seul que je connaisse qui en était capable.

 

            Dean sonda le regard de son cadet et n’y lu qu’une immense sincérité. Il ne lui en fallut pas plus pour être totalement rassuré. En revanche, il ne pouvait se résoudre à quitter ces prunelles claires et bien trop brillantes à son goût sans faire en sorte qu’elles retrouvent leur petite étincelle si caractéristique. Il prit donc son meilleur ton bourru et son plus bel air hautain et décréta :

 

- Ouais ben, à l’avenir j’aimerais autant que tu évites de te jeter dans la gueule du loup comme ça ! On ne sait jamais. Je ne pourrai peut-être pas toujours sauver ton p’tit cul de demoiselle en détresse !

 

            Aussitôt, le visage de Sam s’anima d’une moue décontenancée qui ne suffit pas à camoufler son sourire amusé. Un silence bienvenu s’installa entre eux juste le temps de laisser leur regard valider leurs pensées. Puis l’aîné, qui se sentait toujours gêné lorsque le sentimentalisme devenait trop pressant, décida de changer de sujet.

 

- Tu sais que tu n’es pas obligé de porter ça pour laver mon bébé ! Indiqua-t-il en désignant les gants roses d’un signe de tête. Par contre il faut d’abord bien la doucher. La boue a séché et si tu la frottes dans cet état, tu vas rayer la peinture.

 

            Sur ces recommandations, il adressa un sourire malicieux à son frère et se dirigea vers la maison.

 

- Attends, où est-ce que tu vas ? demanda le plus jeune.

 

- Dormir.

 

            Derrière ce simple mot de six lettres se cachait en réalité un certain nombre de non-dits tous plus positifs les uns que les autres. Cette éprouvante conversation aboutissait à un juste retour à la normale. Dean avait retrouvé la confiance qu’il portait à son frère : il ne craignait plus de le retrouver inanimé s’il avait le malheur de le lâcher des yeux une seconde. Quant à Sam, il comprenait pleinement ce qu’avait pu ressentir son aîné et s’il avait souffert de ces dures révélations, il n’en était pas moins véritablement soulagé que tout ait été mis au clair. Cette fois, il savait que cette histoire était bel et bien terminée. Malgré tout, pour être tout à fait serein, une dernière vérification s’imposait :


- Dean ?

 

            L’interpelé se stoppa, se retourna et souleva un sourcil en signe d’interrogation.

 

- Tu me laisseras encore conduire l’Impala, pas vrai ?

 

- Bien sûr, Sammy.

 

           Sam l’observa, consterné. Ce n’était pas la réponse qu’il attendait. Soit son frère était vraiment trop fatigué pour faire de l’humour – or, même dans les pires situations, il ne pouvait pas s’en empêcher – soit tout n’était pas aussi bien rentré dans l’ordre qu’il le croyait.

            Comme s’il pouvait lire dans son esprit, Dean s’arrêta de nouveau au moment où il allait ouvrir la porte. Tout en gardant la main sur la poignée, il fit volte face et ajouta :

 

- Tu pourras t’installer au volant dès que les wendigos auront perdu leurs dents !

 

            Il ponctua cette évidence d’un large rictus exagéré avant de pénétrer dans la maison. Sam resta planté là, le temps d’assimiler cette dernière réflexion. Puis il tourna les talons pour laisser tranquillement éclater son sourire satisfait. Quand ses yeux rencontrèrent l’Impala, il soupira en réalisant l’ampleur de la tâche qui l’attendait. Dean aurait pu l’aider quand même ! Quelle tête de nœud ce frangin !


Lydean  (09.01.2013 à 17:55)

*** FIN ***

(Pour faire plaisir à Liliju ^^)


Lydean  (12.01.2013 à 14:46)

*** Remerciements ***

 

Ben voilà, mon bébé, mon tout petit, ma petite dernière, va pouvoir prendre son envol ! Elle a vu le jour il y a près de deux ans, vous l’avez rencontrée il y a quelques mois et avez suivi son évolution jusqu’à … ce jour difficile pour moi (C’est toujours triste de dire adieu ^^).

 

Il est donc temps de passer aux remerciements. Et oui, vous êtes nombreux à l’avoir accompagnée dans cette aventure. Certains sont même à l’origine de sa conception et d’autres sont responsables de sa bonne réalisation. Si si, je vous assure !!!

 

Alors, merci à tous ceux qui ont pris le temps de lire "Evil Twins". J’espère que, malgré son côté sombre, elle vous aura fait passer de bons moments.

 

Merci aussi à vous qui m’avez envoyé des commentaires, MP, reviews et tout et tout. Je ne citerai que celles qui ont fait le choix de poster des « messages publics » (préférant respecter l’anonymat de ceux qui m’ont adressé des MP) : Elisab (qui n’a jamais laissé passer un seul paragraphe de cette histoire, sans m’adresser un (ou plusieurs) adorable(s) commentaire(s) par tous les moyens mis à sa disposition ! lol !), Valdora, Liliju (notre intervieweuse de choc ^^), Dlo (notre admin adorée ^^), Schumi (Tu me manques beaucoup ! A quand une de tes géniales traductions ?), Elida, Rabbids, Deany56, Tatiie123, Christ74, Lolo65360, Crystal14, Choup37 (venue tout droit de Camelot ^^), Maryel, Hecate (même si tu n’as pas encore tout lu ^^), OtakTouch, Dinahe, Manon.

Votre soutien et votre gentillesse m’ont beaucoup touchée !

 

Merci à Jeanne, sans qui cette histoire n’aurait jamais vu le jour. Avec tes pages A4 de commentaires pour chaque paragraphe, à chaque fic, tu m’as donné la motivation nécessaire pour poursuivre l’écriture et je ne t’en remercierai jamais assez. Je croise les doigts pour que cette histoire, qui a été écrite avant tout pour toi, soit à la hauteur de ce que tu avais imaginé ^^ C’est gentil aussi d’avoir bien voulu la partager avec tout le monde ! ^^

 

Ce ne serait pas de vrais remerciements si j’oubliais Valdora, notre responsable des épisodes virtuels, sans qui cette fic n’aurait pas pu être publiée sur le quartier familial. Merci beaucoup ma tite Twin ^^ !

 

Pour répondre à la question de certaines d’entre vous, il n’y a pas, pour le moment, de nouvelle fic. Pourtant j’ai tout plein d’inspiration, un paquet d’histoires et d’intrigues en tête et même la suite  de « A Strange Supernatural Pilot » (avec Sam et Dean journalistes, non frères ^^) qui est bien entamée. Seulement, même les nuits sont devenues très courtes. A quand les journées de trente-six heures ? lol ! Je ne désespère pas de « reprendre la plume » un jour mais j’espère surtout que d’ici-là, nous garderons contact !

 

Gros bisous, mille mercis et à bientôt.


Lydean  (12.01.2013 à 14:48)

Activité récente
Dernières audiences
Logo de la chaîne M6

NCIS, S23E03
Samedi 6 juin à 21:10
0.85m / 5.6% (Part)

Logo de la chaîne France 2

Haute saison, S01E04
Vendredi 5 juin à 22:00
2.82m / 20.3% (Part)

Logo de la chaîne France 2

Haute saison, S01E03
Vendredi 5 juin à 21:10
3.25m / 20.6% (Part)

Logo de la chaîne France 3

Un si grand Soleil, S08E199
Vendredi 5 juin à 20:40
1.47m / 9.7% (Part)

Logo de la chaîne TF1

Demain nous appartient, S09E200
Vendredi 5 juin à 19:15
1.86m / 15.6% (Part)

Logo de la chaîne TF1

Demain nous appartient, S09E199
Jeudi 4 juin à 19:15
2.08m / 15.0% (Part)

Logo de la chaîne TF1

Grey's Anatomy, S22E16
Mercredi 3 juin à 22:00
1.49m / 10.1% (Part)

Logo de la chaîne France 2

L'or bleu, S01E06
Mercredi 3 juin à 22:00
2.29m / 15.0% (Part)

Toutes les audiences

Actualités
Joshua Jackson rejoint la saison 3 de Your Friends & Neighbors

Joshua Jackson rejoint la saison 3 de Your Friends & Neighbors
Après The Affair et plus récemment Doctor Odyssey, Joshua Jackson s'offre un nouveau projet télévisé...

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs anglophones

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs anglophones
Plusieurs nouvelles séries sont à découvrir cette semaine du côté des diffuseurs anglophones....

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs francophones

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs francophones
Les diffuseurs francophones européens vous proposent une dizaine de nouvelles fictions. Lesquelles...

La Petite Maison dans la Prairie a recruté Nellie Oleson et deux personnages emblématiques

La Petite Maison dans la Prairie a recruté Nellie Oleson et deux personnages emblématiques
Alors que la saison 1 du reboot de La Petite Maison dans la Prairie n'arrivera sur Netflix que le 9...

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs francophones

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs francophones
Sept séries sont à découvrir cette semaine du côté des diffuseurs francophones. Allez-vous regarder...

HypnoRooms

ShanInXYZ, 01.06.2026 à 20:39

Nouveau mois sur les quartiers Cat's Eyes et Doctor Who, n'hésitez pas à passer

CastleBeck, 02.06.2026 à 11:38

Bannières et thème en vote, si vous avez 30 secondes pour cliquer. Merci.

choup37, Avant-hier à 12:26

Nouveaux sondages sur kaamelott et Doctor Who

ShanInXYZ, Hier à 02:07

Nouveau sondage sur le quartier Cat's Eyes, pas besoin de connaître la série

Luna25, Hier à 08:58

Nouveau mois sur les quartiers Legends of Tomorrow, Reign et Supernatural, n'hésitez pas à passer !

Viens chatter !

Newsletter

Les nouveautés des séries et de notre site une fois par mois dans ta boîte mail ?

Inscris-toi maintenant

Sondage

Un peu d’amour dans un monde de brutes. Parmi ces couples, lequel aviez-vous vu venir dès le départ ?

Plus d'infos / Commenter

Total : 58 votes
Tous les sondages