HypnoFanfics

Une rencontre importune

Série : Supernatural
Création : 24.06.2012 à 18h56
Auteur : superfloor 
Statut : Terminée

« Et si tout avait débuté d'une autre façon, John, Dean et Sam auraient-ils quand même été chasseurs ? La réponse dans cette histoire... » superfloor 

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Chapitre 1: Là où tout a commencé

 

Cette journée d’automne avait bien débutée, Mary s’était levée la première, puis, commençant à préparer le petit déjeuner, John l’avait rejoint. De bonne humeur, comme toujours, il l’avait embrassée langoureusement avant d’être stoppée par les pas de Dean qui se rapprochaient de la cuisine.

 - Bonjour papa ! Bonjour maman ! S’écria enjoué le petit garçon lorsqu’il aperçut la pile de pancakes qui s’empilaient dans l’assiette qui trônait au centre de la table.

 

 Il prit place à côté de son père et tendant la main il entreprit de se servir lorsque sa mère le rappela à l’ordre.

 - Dean, on attend ton frère avant de se servir, d’ailleurs où est-il ?

- Je sais pas moi ! Répondit-il la mine boudeuse.

 

John referma son journal à cet instant fronçant les sourcils gêné par quelque chose. Cependant se heurtant au regard légèrement inquiet de sa femme, son sourire rééclaira bien vite son visage.

 - Allez, vas chercher Sammy comme ça on pourra manger.

- Pourquoi c’est toujours moi, c’est plus un bébé ! Râla le jeune garçon.

- Dean ne discute pas, les grands frères sont faits pour ça après tout !

 

Faussement énervé, il se leva et sortit de la cuisine laissant ses deux parents seuls. John attrapa son verre de jus d’orange et le vida d’une traite. Là, sa mine inquiète repris le dessus. Il aurait voulut ne pas le montrer à sa femme mais là c’était quelque chose de gros.

Rattrapant le journal qu’il avait délaissé quelques minutes plus tôt, il relut l’article qui était la cause de son inquiétude. Il n’avait plus aucun doute à présent, c’était bien le même article que…

 - John, tout va bien ?

- C’est elle Mary, elle est revenue…

 

Mary qui comprit à cet instant de qui voulait lui parler son mari, laissa tomber le petit pot de confiture qu’elle avait dans les mains et s’assit sur la première chaise qu’elle trouva.

 Comment était ce possible ? Ils avaient beaucoup déménagé à cause de ça mais rien ni faisait, il semblait qu’elle les avait retrouvés, encore. Et ce qui s’était passé cette nuit en était la preuve.

 - Qu’Est-ce qu’on va faire ? Demanda Mary lorsqu’elle reprit contenance.

- Ce qu’on a toujours fait depuis toutes ces années, se protéger. Rétorqua John sûr de lui.

 

Deux petites têtes firent leur apparition à cet instant. Incontestablement attirés par le délicieux petit déjeuner qui se présentait juste devant leurs yeux, les deux garçons s’assirent à table et se servirent sans attendre. 

 John et Mary, secoués par ce dont ils venaient de parler ne remarquèrent qu’à peine leur présence jusqu’à ce que l’un d’eux parle enfin.

 - Pourquoi le pot de confiture est par terre ? Demanda Sam.

- Euh… il m’a échappé des mains mais je vais tout nettoyer…

 

Dean sentant que quelque chose n’allait pas regarda son père comme s’il attendait une confirmation de ce que venait de dire sa mère mais il n’ajouta rien de plus. John se contenta d’avaler son café sans un mot.

 Quand ils eurent fini tous de déjeuner, les garçons rejoignirent rapidement leurs chambres tandis que John débarrassa la table.

 - Il faut peut-être qu’on quitte la ville.

- Non, on ne va pas fuir, pas cette fois, la première fois c’est-ce qu’on a fait mais cette fois, on va se battre…

- Mais John, on ne peut pas, pense à nos fils. On ne peut pas courir le risque.

- Je sais mais…

 

Le téléphone sonna à cet instant coupant court à la conversation, du moins pour le moment. John se détournant de Mary saisit le combiné.

Après quelques mots échangés le père de famille balança un « très bien j’arrive dans 20 minutes ».

 - Chérie, je dois aller travailler…

- John, je ne crois pas que ce soit une bonne idée.

- Non ne t’inquiètes pas tout se passera bien, j’te le promets, J‘en profiterais pour leur dire que je prends un congé longue durée. Je ferais très attention. Dit-il

- D’accord, mais je veux que tu m’appelles toutes les deux heures pour me dire que tout va bien.

- J’te le promets. Surtout occupes toi bien des garçons.

 

Sur cette dernière phrase, il se dirigea dans la salle de bain. Prenant rapidement une douche, il ne put s’empêcher de repenser à tout ce que le fait qu’ elle soit de retour allait impliquer. Il voulait se montrer fort pour Mary mais il devait bien se l’avouer, il avait peur. Il enfila ses vêtements et se dirigea ensuite vers la chambre de Sam.

 Le trouvant assis derrière son bureau à terminer ses quelques devoirs qu’il avait à faire pour le lendemain, il le regarda quelques instants avant d’entrer.

 - Sammy, je m’en vais !

- Oh non tu vas pas nous laisser, t’avais promis de rester avec nous aujourd’hui !

- Je sais fiston mais l’hôpital a appelé et il faut vraiment que j’y aille… mais j’te promets de revenir vite d’accord ?

- D’accord. Dit-il finalement.

 

John l’embrassa tout en l’entourant de ses bras avant de finalement sortir et d’accomplir le même rituel avec Dean. Et c’est fin prêt que quelques minutes plus tard, il quitta sa maison.

 

* * *

 

Mary était de plus en plus inquiète. John était parti depuis plus de deux heures maintenant sans donner de nouvelles. Elle savait que son mari était capable de se défendre contre elle mais ce qu’elle craignait le plus en cet instant c’était de ne pas pouvoir être capable d’assurer la sécurité de ses garçons.

 

Le téléphone sonna enfin. C’était John.

 

Il lui parla quelques instants, la rassura du mieux qu’il put avant finalement de raccrocher. Il n’allait plus tarder lui avait-il dit. Cependant ça ne suffisait pas. Mary avait un mauvais pressentiment.

Jetant un coup d’œil rapide aux verrous qui clôturaient l’accès à sa maison, elle monta au premier. Il fallait qu’elle soit près de ses fils.

Quand elle dans la chambre de Sam, elle ne fut pas surprise de la trouver vide. Elle se retourna et marcha alors en direction de celle de Dean.

 - Ah vous voilà tous les deux. Qu’Est-ce que vous faites ? Demanda-t-elle en s’approchant des deux garçons.

 C’est là qu’elle croisa le regard larmoyant de Sam.

- Il pleure mais il ne veut pas me dire pourquoi maman. Expliqua Dean

 Elle s’approcha de son plus jeune fils et le serra dans ses bras.

- Qu’Est-ce qu’il y’a Sammy?

- Je ne veux pas que tu partes… Répondit-il.

- Mais qu’Est-ce que tu racontes, je ne vais aller nulle part. Promis je reste avec toi.

- Promis ? Demanda le jeune garçon.

- Promis! répondit-elle.

 Puis, ne relâchant pas son étreinte, elle déposa un baiser sur le front de Sam.

- Viens, un bon chocolat chaud te fera du bien. Dean tu en veux un ?

- Non merci maman.

- Qu’Est-ce qui ne va pas, d’habitude tu en raffoles ? Demanda-t-elle en le jaugeant du regard.

Décidément, ses fils se comportaient bien étrangement aujourd’hui.

- Je crois que j’aime plus ça maintenant… Dit-il

- D’accord ça ne fait rien. Va prendre ta douche, je te prépare un sandwich si tu veux?

- Oui ça j’aime toujours !

 

Mary et Sam descendirent dans la cuisine.

Quelques secondes après, quelqu’un frappa à la porte. Mais n’attendant personne en particulier, elle n’ouvrit pas. Finalement les coups cessèrent.

Cependant à peine eut- elle le temps de respirer que la porte s’ouvrit violemment.

 - Sammy va rejoindre ton frère en haut. Et ne redescendez pas tant que je ne vous l’aurez pas dit, c’est très important.

- Oui maman.

 

Sans attendre, le petit garçon s’exécuta alors que des pas se rapprochaient d’elle.

 - Il a bien grandi.

- Qu’Est-ce que vous voulez?

- Je suis venu reprendre ce que je t’ai donné il y a 6 ans puisque vous n’avez pas honoré votre part du marché.

 Mary choquée mais voyant où elle voulait en venir ne dit rien.

- Au fait où est John ?…Peu importe, je vais aller chercher le petit Sammy et l’emmener.

- NON ! Cria-t-elle.

 Elle se plaça devant les marches d’escaliers.

- Jamais vous n’aurez mon fils.

- Penses-tu vraiment que j’ai besoin de ton accord pour ça.

 Faisant un geste de la main, la tête de la jeune maman se vrilla en un angle inhumain. Elle s’effondra de tout son long.

- NON ! Cria Dean en derrière une porte avant de la refermer brutalement.

 

C’est là qu’une détonation se fit entendre…

 

 

 

 

 


superfloor  (24.06.2012 à 19:09)

Chapitre 2: Le poids du passé

Son frère l’avait rejoint précipitamment, et affolé, il lui avait vaguement dit que leur mère attendait d’eux qu’ils restent cachés. Mais ça avait été plus fort que lui, il avait fallu qu’il ouvre cette porte.

 C’est là qu’il avait vu cette femme.

 Une femme très belle, si belle qu’on aurait dit qu’elle rayonnait. Elle l’avait regardé quelques secondes avant de s’avancer dangereusement vers sa mère. Et là quelque chose de tout à fait surprenant s’était produit…

 

 - DEAN !

 

L’intéressé releva la tête de sa table instantanément. Tous les regards étaient braqués sur lui.

 - Je sais bien que vous ne vous passionnez pas pour l’Histoire mais ayez quand même l’obligeance d’écouter ou au moins de faire semblant d’écouter ce que je vous dis. Le sermonna son professeur.

- Ca vous l’avez dit, je hais l’Histoire. Répondit le jeune homme.

 

Ne réagissant pas à sa dernière remarque, Mr Field repris son cours. Dean quant à lui rangea ses affaires et quitta la pièce comme si de rien n’était. Il avait besoin d’air. Pas seulement pour échapper à ce cours mais aussi pour se remettre du rêve ou plutôt du cauchemar qu’il venait de faire.

Déposant son sac dans son casier, il se dirigeait fièrement vers la sortie lorsqu’il fut interpellé par le proviseur qui, allez savoir pourquoi, avait lui aussi choisi précisément cet instant pour se balader dans les couloirs du lycée.

 - Dean Winchester, pourquoi ne suis-je pas surpris de ta présence ici ?

- Euh… peut-être parce que ça vous amuse d’attendre dans les couloirs pour balancer cette réplique, qui soit dit en passant fait un peu ringard,... Répondit-il.

- Bien, puisque tu le prends sur ce ton, suis-moi dans mon bureau.

 

S’exécutant sans protestation aucune, il se dirigea d’un pas las vers le lieu dit suivit de près par le principal.

Quelle poisse ! Pensa-t-il. Il voulait juste prendre l’air après tout. Il voulait juste profiter de quelques minutes de calme pour se remettre les idées en place.

 

Après avoir pénétré dans la modeste pièce carrée qu’il ne connaissait que trop bien, il s’assit.

 - Que faisais- tu dans là alors que tu es censé te trouver en cours ? Le questionna le principal.

- Je…

- Et arrêtes tout de suite avec cette arrogance ! Le mit-il en garde.

 

Le jeune homme sembla réfléchir un instant. Que devait-il répondre ?

- Vous allez me coller de toute façon - Il marqua une pause - Alors faites-le qu’on en finisse !

- Dean, que se passe t-il ?

 

L’homme au regard sévère se leva et attrapa une pochette. Il l’ouvrit et la parcourut du regard avant de reprendre là où il s’était arrêté.

- 8 absences non justifiées en 8 jours, des résultats en baisse et une attitude exécrable en cours… biensur je ne rentre pas dans les détails. Encore une fois, je vais être dans l’obligation de contacter ton père et de t’ exclure pour une durée de 3 jours le temps que tu réfléchisses un peu.

- Ben voyons !

- En attendant je te prierai de bien vouloir aller t’installer en salle de retenue jusqu’à l’arrivée de ton père.

 

Dean se leva et sortit sans ménagement du bureau. Son père allait l’incendier ça c’était sûr mais en cet instant ce n’est pas ce qui le dérangeait le plus. Non, à vrai dire ce qu’il l’inquiétait c’était les cauchemars de plus en plus fréquents qu’il faisait régulièrement.

 

* * *

 

John venait juste de terminer le boulot quand son portable personnel avait sonné. Ne regardant même pas la personne qui appelait, il avait décroché précipitamment. Mais l’inquiétude avait vite été remplacée par la colère.

Là sans réfléchir, il avait quitté sa blouse blanche et avait sauté dans sa voiture, direction le lycée.

Conduisant aussi bien que possible malgré son état de nervosité, il avait battu son propre record, réalisant la distance depuis l’hôpital en à peine 15 minutes. Puis une fois dans le lycée la distance entrée - bureau du principal en 10 secondes à peine.

 Il s’arrêta, reprit son souffle et frappa.

 - Mr Winchester, entrez !

 - Attendez, une seconde, je vais cherchez Dean. Lui dit le en partant.

 John en avait plus qu’assez de se trouver dans ce bureau mais que pouvait-il faire ?

 - Bien - commença le principal en revenant dans la pièce - Je vous ai fait venir Mr Winchester afin que nous puissions parler d’une situation qui… ne peut plus durer.

 John regarda son fils pour y percevoir la moindre excuse, le moindre regret dans ce qu’il avait bien pu faire mais il ne vit rien.

 - Que s’est-il passé cette fois ? Demanda John en s’adressant directement à Dean.

- Il fallait que je sorte, répondit-il.

- C’est tout ce que tu as à dire? Bien. Va m’attendre dans la voiture.

 Ce n’est qu’une dizaine de minute plus tard que John ressortit du lycée la mine encore plus renfrognée qu’à l’entrée. Et n’adressant même pas un mot à son fils, il conduit jusqu’à la maison.

 - Dean, tu vas dans ta chambre et tu en ressortiras quand je l’aurai décidé. Et plus un mot, t’as intérêt à te tenir à carreau à partir de maintenant.

 

* * *

 

 Du haut de ses treize ans, Sam était déjà en 1ere année de lycée. Il était brillant, et se préparait sans doute à un avenir tout aussi brillant.

 Il avait fini les cours vers dix-huit heures et comme tous les jours, il était directement rentré à la maison. En effet depuis toujours, c’était une règle chez les Winchester. Question de sécurité lui avait expliqué son père.

 En arrivant, il remarqua tout de suite que quelque chose n’allait pas. John était assis à la table du salon une bouteille de Whisky entamée posée à côté de lui et le téléphone sur l’oreille.

 - Hey Sam, comment s’est passé ta journée ? Lui demanda son père après avoir raccroché.

- Plutôt bien. Euh… papa, tout va bien ?

- Oui ne t’inquiètes pas !

- D’accord, je vais faire mes devoirs .

- Tu ne veux pas avaler quelque chose avant ? Le questionna John.

- Non ça ira merci.

 

Il déposa ses affaires dans sa chambre et se dirigea directement dans celle de son frère. Ne prenant même pas la peine de frapper, il saisit la poignée. Mais la porte était verrouillée.

 - Dean c’est moi, c’est Sam ! Cria-t-il à travers la porte.

- Euh… c’est pas le moment je suis occupé. Lui avait-il dit.

- Qu’Est-ce que tu fais ?

 

L’ainé ne répondit pas. Il n’avait pas envie de lui parler, à personne d’ailleurs. Il se leva du lit sur lequel il était allongé depuis plus de deux heures et s’approcha de la fenêtre.

 - Dean, ouvres la porte !

- Sammy, dégages j’ t’ai dit, et je le répèterais pas. Avait-il dit pour clore la discussion.

 Il n’aimait pas parler à son frère de la sorte mais là, il avait besoin de respirer, de réfléchir. A Ses cauchemars pour commencer. Pourquoi en avait-il ? Pourquoi maintenant ? Après toutes ces années.

 Il écarta le pant de rideau, et regarda à travers la fenêtre de sa chambre. Une silhouette l’observait au loin. Voulant savoir de qui il s’agissait, il sortit précipitamment de sa chambre puis de la maison. Mais l’homme était remonté dans sa voiture et avait mis les voiles.

 Etrange.

 Quand il revint finalement chez lui, il se retrouva nez à nez avec son père et son frère qui le fixait avec surprise.

 - Bon sang Dean qu’Est-ce qui va pas chez toi ?

- Je… j’en sais rien.

- Depuis que votre mère est morte, je fais tout pour m’occuper de vous, pour que vous ne manquiez de rien toi et ton frère mais toi, tout ce que tu fais c’est te ficher du monde. Alors explique-moi ce qui se passe ? Le supplia presque John.

- Je suis désolé papa. Je… je fais des cauchemars et…

- Attends me dis pas que ça recommence !

- Papa, tu veux une explication alors écoutes-moi…

 

 


superfloor  (26.06.2012 à 17:46)

Chapitre 3: Choses inavouées

Après sa petite sortie dans la ruelle, Dean avait expliqué à son père ce qui lui arrivait. Il n’était pas rentré dans les détails et n’avait pas fait part de son état d’esprit actuel mais John savait.

 Ce qui avait été plus dur dans cela, ça avait été de tout dire devant Sam, d’évoquer les images de ses cauchemars et par conséquent la mort de Mary quelques années plus tôt.

Son père l’avait écouté jusqu’au bout, sans l’interrompre mais pour Sam ça avait été trop douloureux en revanche. Il s’était donc éclipsé dès que le poids des larmes qu’il retenait s’était fait trop lourd.

 Puis lorsqu’il avait tout dit, John lui avait lancé un regard triste et dit de retourner dans sa chambre. Mais il avait quelque chose à faire avant. Il devait parler à son p’tit frère.

 - Sammy. Dit-il en entrant dans sa chambre.

 

L’intéressé se tourna face au mur.

 - Sam, dis quelque chose !

- Tu fais vraiment ces cauchemars Dean ? Lui demanda-t-il d’une voix tremblante.

- Ecoutes, on est pas obligé d’en parler, je voulais juste voir comment tu allais. Tu sais je… la nuit où…

 

Il se tourna pour faire face à son frère cette fois-ci. Le visage portant encore la trace des larmes.

 - La nuit où maman est… je savais ce qui allait se passer. Avoua Sam.

- Attends, de quoi tu parles, t’avais à peine 6 ans !

- Je ne sais pas comment c’est possible mais j’ai tout vu en rêve avant que…

 

L’ainé fit quelques pas en arrière. On aurait pu croire qu’il était surpris mais il n’en était rien. Non, à vrai dire, il avait toujours su.

Il se rappellerait toujours le moment qui avait précédé le drame.

 - Sam, pourquoi tu m’as pas dit plus tôt ?

- J’ai essayé Dean, j’te jure mais j’avais peur que tu me détestes, j’avais peur que tu m’en veuilles de ne pas avoir réussi à arrêter tout ça.

 

Le cadet essuya les larmes silencieuses qui s’étaient écoulées le long de ses joues empourprées.

 - T’avais que 6 ans, même si tu savais, tu ne pouvais rien faire.

- Tu me détestes pas alors ?

- Non, biensur que non, dit-il en ébouriffant les cheveux de son frère.

 

Le cadet se détendit alors. C’est comme si la crainte qu’il avait gardé en lui depuis si longtemps s’était éteinte.

 - Allez, fait pas cette tête et viens on va regarder un film. Et ne me dis pas que t’as des devoirs à faire !

 

Sam ne répondit rien mais suivit son frère, tout sourire.

 

* * *

 

La première chose que fit John en se réveillant le lendemain fut de prier. Il s’agenouilla près de son lit vide de la seule personne qu’il n’avait jamais aimé, et ferma les yeux.

Toutes ses pensées étaient pour elle, pour Mary, sa femme qui avait disparu si tôt, si brutalement.

Pourquoi ? Pourquoi était-elle partie ?

 Il rouvrit les yeux et se releva, il était temps de se préparer pour la journée.

 Comme, n’importe quel père l’aurait fait, il réveilla ses deux fils avant de filer dans la douche pour se préparer. Et à peine dix minutes après, il était déjà au fourneau en train de préparer le petit déjeuner. C’est donc finalement longtemps après que la maisonnée se soit réveillée, que tous les membres de la famille Winchester furent enfin réunis autour de la table, comme au bon vieux temps.

 - Vous en avez mis du temps ! Dit-il en se servant du café.

 

Les deux frères se servirent à leur tour et commencèrent à manger.

- Bonjour quand même !

- Bonjour papa ! lui répondit Sam.

- Pourquoi tu m’as réveillé si tôt alors que j’ai pas cours ?

- T’as pas cours ? Demanda surpris le plus jeune.

- Non, figures-toi que ton cher frère s’est fait exclure 3 jours ! Et le plus marrant dans tout ça c’est qu’il croit que je vais le laisser ici, dormir toute la journée ! Lança John.

- Qu’Est-ce qui s’est passé ? Le questionna le cadet.

 

Il avala une grande gorgée de son café avant de reposer sa tasse.

- Rien laisse tomber Sam, manges où tu vas être en retard. Rétorqua Dean.

- Tu devrais faire pareil ou sinon, toi aussi tu risques d’être en retard ! Il marque une pause car ce qu’il allait dire n’allait pas plaire à son ainé, il le savait, mais tant pis.

- J’ai pris un rendez-vous chez le Dr Walsh à 9 heures.

 

Comme il l’avait prédit, Dean n’apprécia pas beaucoup.

- Quoi ? Le Dr Walsh ? Dis-moi que tu plaisantes ? Non, non c’est hors de question que j’aille chez elle.

- Dean…

- Non papa, j’irai pas ! Si je savais que t’allais faire ça je t’aurais jamais rien dit ! Dit l’ainé en se levant de sa chaise.

- DEAN ! Cria à présent John.

 

C’était tout à fait surréaliste. Sam était assis là, assistait à la scène mais ne comprenait pas vraiment de quoi il en retournait. Qui était ce docteur dont parlait son père ? Et puis, la façon dont Dean avait réagi à la simple évocation de son nom était étrange aussi.

 - DEAN ! Cria t-il encore plus fort. Tu te rassois immédiatement!

 

Son fils s’exécuta mais ne décolérait pas.

- Tu peux me dire ce que tu veux mais j’irais pas voir ce p***** de psychologue !

 

C’était donc ça !

 - Dean surveilles ton langage ! Et j’te demande pas ton avis. Tu viendras avec moi que tu le veuilles ou non, parce que je ne veux pas revivre ce qu’il s’est passé juste après la mort de ta mère. Tu te souviens ?

- Va te faire foutre avec ta psychologue, dit-il en sortant de la cuisine.

- Reviens ici tout de suite ! Cria-t-il s’apprêtant à le suivre.

 

C’est là que Sam, immobile depuis le début se manifesta.

- Papa, je suis sûr qu’il le pensait pas.

- Sammy, manges et va au lycée, je m’occupe de ça !

 

C’est tout à fait le genre de réponse auquel il s’attendait mais au moins il avait essayé.

Mangeant rapidement, il partit finalement non sans avoir jeté un coup d’œil à la fenêtre de la chambre de son frère.

 

* * *

 

Même si le drame remontait à longtemps, il était toujours frais dans sa mémoire. Il se rappelait de tout. Il se rappelait les voix et même les odeurs. Allongé sur son lit, il ressassait encore et encore tout cela. Il n’en pouvait plus et c’est pour ça qu’il avait tout raconté à son père. Car il avait besoin d’un soutien, il avait besoin qu’il lui apporte des réponses à ses questions, qu’il lui dise que tout allait s’arranger. Mais comme d’habitude, il l’avait déçu. Il avait fuit ses responsabilités.

Comme ce jour, où au lieu de rester à la maison avec sa mère, il était parti travailler, sauver des vies comme il l’aimait se l’entendre dire.

 Un bruit de l’autre côté de la rue le sortit de ses pensées. Il se leva et furtivement regarda par la fenêtre. Mais c’était juste Sam qui partait.

 Soudain des coups donnés à la porte de sa chambre le firent sursauter.

- Dean, ouvres cette porte, il faut qu’on parle !

- Papa, j’ai plus rien à te dire. Répondit-il sévèrement.

- Mais moi si, alors tu vas sortir et on va discuter calmement.

 

Il déverrouilla alors la porte. Son père pénétra dans sa chambre et s’assis près de lui.

- Dean, c’est pour ton bien que je fais tout ça.

- Pour mon bien ? C’est ça !

- Tu en doutes ?

- Sérieusement papa, tu ne m’écoutes pas. Comment tu as réagi quand je t’ai dit que quelque chose de surnaturel avait tué maman, hein ?

John le regarda honteusement.

- Tu m’as envoyé en thérapie ! Tu m’as séparé de Sam pendant 6 long mois tout ça pour me persuader que tout ce que j’avais vu était un rêve ! Alors oui je doute que tu fasses ça pour mon bien.

- Je suis désolé Dean mais j’avais mes raisons. Tu étais trop jeune pour comprendre alors le meilleur moyen c’était de te faire croire que ce que tu avais vu était un rêve.

- Quoi ? Qu’Est-ce que tu veux dire ?


superfloor  (28.06.2012 à 17:20)

Chapitre 4: Questions

Comment avait-il pu lui faire ça ? Comment son propre père avait-il pu lui mentir toutes ses années ? Il n’avait pas la réponse à cette question. En revanche ce qu’il savait, c’est qu’il ne se contenterait pas de ce qu’il venait d’apprendre, non, il irait plus loin, car de nombreuses questions restaient encore sans réponse.

 Et oui, car son lâche de père, comme le pensait Dean à présent, n’avait pas eu le courage de tout lui dire. Par tout lui dire il entendait, qui avait tiré le coup de feu ce fameux soir ?

 Peu importe, qu’il le lui dise ou pas il finirait par le savoir. 

 - Dean Winchester. Appela une jeune femme en pénétrant dans la salle d'attente.

- Oui il est là. Répondit John.

 

 Il se leva.

- Je vois pas pourquoi tu veux quand même j’aille voir ce médecin alors que tu viens de me prouver que je suis pas fou ! Dit le jeune homme à son père.

- Parce que tu en a besoin, voilà pourquoi ! Le docteur Walsh est une collègue à moi donc je compte sur toi pour que cette séance se déroule pour le mieux. J’peux compter sur toi ?

- Oui, autant que moi j’peux compter sur toi papa ! Dit-il en se dirigeant vers le bureau.

 

Ne relevant pas la réplique sarcastique que venait de dire son fils, il le suivit lorsque son portable sonna.

- Tiens comme d’habitude!

- Dean…

 

Le docteur sortit à cet instant de son bureau s’impatientant. Puis apercevant John son visage s’illumina d’un sourire.

- John !

- Bonjour Sarah.

 

Tout deux se regardèrent quelques instants avant finalement de reporter leur attention sur Dean.

- Alors - Dit-elle en s’adressant au jeune homme - Désires-tu que ton père t’accompagne pour cette séance ?

- Non. Répondit-il sèchement.

- Bien dans ce cas à tout à l’heure John.

- Je reviendrais te chercher dans une heure Dean. Rétorqua John visiblement vexé.

 

* * *

 

Sam avait toujours aimé l’école. Dès son plus jeune âge, alors que les autres enfants ne pensaient qu’à s’amuser, lui était déjà un élève assidu, et très intelligent.

Pas si étonnant que ça si on connaissait son frère. En effet lui aussi avait toujours été plutôt bon élève, du moins jusqu’à cette année.

Tout avait changé. Car de très bonnes notes, il était passé à des notes minables attribuées généralement au dernier de la classe. Et le pire dans tout ça c’est qu’il ne semblait pas sans soucier. Mais Sam lui, avait remarqué que quelque chose n’allait pas, et ceci bien avant qu’il ne décide d’en parler ouvertement biensur.

Et depuis la petite scène de ce matin, il n’arrêtait pas de penser à son grand frère. Ce qu’il faisait qu’il n’arrivait pas à se concentrer sur ses cours.

 En plus de cela, la discussion qu’il avait eu avec lui hier soir lui trottait encore dans la tête. Biensur, il était soulagé que son frère ne lui en veuille pas, mais il était inquiet de ce qui allait se passer. Car, même s’il formait une famille en apparence, il y avait beaucoup trop de tensions et de non-dits pour qu’elle résiste à un nouveau choc que la vie leur apporterait.

 C’était décidé, à la pause déjeuner, au lieu de manger à la cafétéria comme d’habitude, il rentrerait chez lui.

 Il fallait qu’il parle à son frère.

 

* * *

 

Une heure plus tard, Dean retrouva son père garé sur le parking. Sans un mot, il s’engouffra dans la voiture et boucla sa ceinture. La route allait être longue pensa-t-il.

 John le regarda un instant puis démarra.

Il n’en pouvait plus de son côté. Il faisait tout son possible pour essayer de concilier sa vie de père et sa vie professionnel mais il devait se l’avouer, c’était bien trop difficile. C’était impossible de faire l’un sans négliger l’autre.

 Et dans son cas, il avait mal choisi sa priorité, mais ça, il venait juste de le comprendre.

Il fallait à tout prix que cela s’améliore car après tout, ses fils étaient ce qu‘il avait de plus précieux.

 - Comment ça c’est passé ? Demanda enfin John lorsque le silence se fit trop pesant.

- Comme une séance chez le psy !

- Dean… Arrêtes ça tout de suite, cette attitude commence sérieusement à m’énerver. Rappelles-toi que je suis ton père, et de ce fait, je m’attends à un minimum de respect de ta part. Est-ce que je suis assez clair?

 L’ainé, qui se sentait à peine concerné, ne répondit rien.

 Quand ils arrivèrent enfin chez eux, avant même que son père n’ait pu à nouveau ouvrir la bouche, Dean sortit de la voiture et pénétra dans la maison. Décidément, John avait beaucoup de chemin à faire pour arranger les choses avec son ainé, en sachant biensur qu’il ne lui avait pas encore tout révélé.

 

* * *

 

Quand midi sonna enfin, Sam rangea ses affaires et sortit de la classe aussi rapidement que possible, ne prêtant aucune attention à ses amis.

 Une fois dehors, plutôt que de monter dans le bus qu’il empruntait généralement, il décida de rentrer à pied. Il irait plus vite s’il prenait des raccourcis pensa-t-il.

 Marchant d’un pas très rapide, il coupa à travers bois, pour rejoindre la route principale qui le mènerait directement chez lui. Il savait que son père lui avait défendu d’emprunter ce chemin mais il avait choisi de désobéir car tout ce qu’il voulait c’était rentrer chez lui au plus vite.

 Quinze minutes plus tard, il arriva enfin à l‘entrée du quartier dans lequel il vivait depuis la mort de sa mère. Reprenant son souffle, il marcha jusqu’au fond de la rue et arriva enfin devant sa maison.

 Il farfouilla quelques instants dans son sac pour en sortir ses clés mais la porte s’ouvrit avant qu’il en ai eu le temps.

- Sammy ! Qu’Est-ce que tu fais là? Lui demanda son père assez surpris de le voir.

- Euh, j’ai oublié un devoir important que je dois rendre cette après-midi donc c’est pour ça que je suis rentré. Balança t-il d’une traite.

 

John le regarda un instant avant finalement de le laisser passer.

- D’accord, vérifie ton sac la prochaine fois.

- Ok.

- Bon je m’absente un p’tit moment. Est-ce que tu veux que je vienne te chercher au lycée tout à l’heure?

 

Sam fut étonné de cette proposition. Car, en y pensant, c’était bien la première fois depuis qu’il était en âge d’aller en cours tout seul que son père lui demandait une telle chose.

Il se reprit bien vite et accepta. Il ferma ensuite la porte avant de regarder son père partir.

 Enfin, il monta au premier étage.

- Salut Dean !

- Hey Sammy! T’es pas censé être au bahut en ce moment ?

- Si mais je suis rentré pour chercher un devoir que j’avais oublié. Répondit-il.

- Tu sais y’a un truc super chez toi, c’est que… lorsque tu mens j’le vois tout de suite.

 

Mince ! Démasqué. Comment son frère faisait ça?

- Euh…mais non, tu te trompes je…

 

Amusé son frère continua de le fixer jusqu’à qu’il crache enfin le morceau.

- Oui, c’est vrai. Si je suis là c’est parce que je voulais savoir comment tu allais, parce que ce matin t’étais tellement en pétard contre papa que j’imaginais le pire en vous laissant tous les deux ici.

 

Dean referma les différents bouquins qu’il était entrain de lire.

- C’est sympa de t’inquiéter pour moi Sammy, mais je vais bien.

- Pourquoi tu répètes toujours la même chose alors que c’est pas vrai. S’énerva son petit frère.

 

Il en avait assez de ce « je vais bien » qu’il lui balançait continuellement.

- Parce que c’est vrai.

- Ah oui, et pourquoi tu t’es fais viré, que tu parles plus à tes potes et que tu vas chez un psy?

- Tout ça c’est pas tes affaires. Répondit-il calmement.

- Dean t’es mon grand frère. Depuis que je suis tout petit, je veux être comme toi, être avec toi tout le temps. Mais en ce moment tu me mets à l’écart de tout ce qui t’arrive et c’est blessant. Je sais que je suis plus petit que toi mais ça ne m’empêche pas de comprendre les choses et de vouloir que ça s’arrange. Alors si, ce sont mes affaires !

- Je suis désolé Sammy. Si je ne te dis rien c’est parce que je comprends pas moi-même ce qui se passe. Mais je ne vais tarder à en apprendre plus.

- De quoi tu parles ?

 

Dean ne répondit pas. Il attrapa un sac à dos qui trainait à côté de son lit et le vida. Il y enfoui les livres qu’il avait, quelques fringues et enfila ses chaussures.

- Dean où tu vas ?

- Je vais voir quelqu’un qui pourra m’apporter des réponses…

- Attends je veux venir avec toi. Lui dit son petit frère.

- Non. C’est pas possible. Tu vas rester là avec papa et lui dire de ne pas s‘inquiéter, ok?

 

Pas possible ? Non. Il s’était juré de ne plus être séparé de son frère depuis le jour où il était revenu après s’être absenté très longtemps peu après la mort de sa mère.

- Dean… me laisses pas. Le supplia son frère qui le suivait à présent en descendant les escaliers.

- Sammy, t’inquiètes pas, tout ira bien, je reviens vite promis. T’as mon numéro, je t’appellerais aussi souvent que possible et toi tu pourras me joindre tout le temps.

 

Le cadet ne répondit rien. Il était au bord des larmes.

- Sam, s’il te plait, sois pas triste. Lui dit-il en l’enserrant de ses bras.

 

Puis il partit…

 


superfloor  (30.06.2012 à 18:11)

Chapitre 5: Walter

Sam ne savait pas quoi faire en cet instant. Devait-il courir après Dean et le persuader de revenir ou le laisser partir ? Son corps voulait se lancer à sa poursuite mais son esprit lui criait le contraire. Il ne fallait pas qu’il trahisse Dean, il lui faisait confiance alors s’il lui avait dit de rester c’est qu’il devait le faire.

 Pourquoi était-ce si dur alors ?

 Ravalant les larmes qui ne cessaient de couler, Sam attrapa son sac et décida de retourner au lycée. C’était la meilleure chose à faire pour le moment avant que son père ne rentre.

 

* * *

 

Déjà seize heures, c’est fou ce que le temps passait vite, pensa John lorsqu’il regarda sa montre. Il signa les derniers papiers à son boulot et sortit enfin de l’hôpital. Ca y’est il avait fait. Il avait enfin pris des jours de congés pour pouvoir être plus présent auprès de ses fils.

Car à partir d’aujourd’hui il était bien décidé à rattraper le temps perdu avec eux.

 Première résolution, allé chercher Sam au lycée, et pourquoi pas rencontrer quelques uns de ses amis.

 C’est bête mais dans la précipitation, il ne lui avait même pas demandé à quelle heure il terminait. Il fallait vraiment qu’il s’habitue, mais bon, pour l’heure il décida de se rendre tout de suite au lycée et d’y attendre son fils.

Une fois sur place, il coupa les moteurs et reposa sa tête en arrière. Fermer les yeux quelques instants ne lui ferait pas de mal. Cependant même si la fatigue se faisait sentir, il n’arrivait pas à se détacher de tout, à faire le vide dans sa tête.

 Il pensait à Mary.

 Elle était si belle si pleine de vie, douce et intelligente. Elle savait tellement bien s’occuper des garçons… Pourquoi avait-il fallu qu’elle parte? Pourquoi avait-il fallu qu’elle le laisse? Ou plutôt qu’on lui arrache sa femme?

 Du jour au lendemain, il s’était retrouvé avec ses deux petits garçons, perdu, déboussolé sans celle qui donnait un point de repère à sa vie si mouvementée. Mais il n’avait pas baissé les bras. C’est un Winchester, comme lui avait répété tant de fois son père dans sa jeunesse. Il s’était donc occupé d’eux du mieux qu’il avait pu. Et il était fier du résultat. Enfin, si on occultait les derniers évènements.

 Lorsque les premiers élèves commencèrent à sortir, John guetta son fils. Il vit tout un tas d’ados s’agglutiner devant la sortie en petits groupes mais pas de Sam.

Après quelques minutes d’attente, il apparut enfin. Pourtant John dut klaxonner pour que son fils remarque sa présence bien que l’impala ne passe pas inaperçue.

- Salut papa, j’avais complètement oublié que tu venais me chercher aujourd’hui. Dit Sam en s’asseyant côté passager.

- C’est pas grave.

 

Il démarra. Sam l’observa. Son père était d’assez bonne humeur ce qui voulait dire qu’il ne savait pas encore.

- Alors ce devoir, t’as pu le rendre ?

- Euh, quoi… euh… oui c‘est bon.

- Sammy y’a quelque chose qui ne va pas ? J’te sens un peu ailleurs. Lui demanda son père.

 

Que devait-il répondre à cela. Mentir, dire la vérité ?

- Sam ?

- En fait, papa, j’ai quelque chose à te dire.

 

Il avait opté pour la deuxième option finalement.

- Qu’Est-ce qui se passe Sammy, t’as un problème au lycée ?

- Euh non, pas tout à fait…

- Alors qu’Est-ce qu’il y a ?

- Papa, avant tu dois me promettre de pas te mettre en colère, c’est important.

- Ok, vas-y, dis ce que t’as à dire, je ne me mettrai pas en colère. Rétorqua son père.

- C’est Dean, il est parti.

- Comment ça parti ? Demanda-t-il

- Tout à l’heure, il a pris son sac et est parti. Il a dit qu’il serait de retour dans quelques jours et qu’il ne fallait pas que tu t’inquiètes.

- Sam dis moi que tu plaisantes et que ton frère n’a pas fait ça !

 

Jugeant par le regard désolé qu’avait son fils, il comprit que non.

 Après s’être garé, John sortit précipitamment de la voiture et gagna la maison en une fraction de secondes mais il n’y avait personne. Dean était bel et bien parti.

 

* * *

 

A chaque pas, à chaque mètre qui l’éloignait de sa famille, Dean se persuadait mentalement que c’était la meilleure chose à faire. Pourtant, il n’y arrivait pas. Il avait voulu faire demi-tour plus d’une fois mais dans ces moments là des images du soir de la mort de sa mère venaient le convaincre du contraire.

 Peu importe à quelle point c’était douloureux de laisser Sam et même son père derrière lui, il était déterminé.

C’est donc sûr de lui qu’il avait marché plusieurs kilomètres au bord d’une route avant qu’une voiture ne s’arrête finalement à sa hauteur.

 - Où est-ce que tu vas ? Demanda le conducteur.

- A Watertown, c’est vers l’est.

 

L’homme le scruta du regard un instant.

- Allez grimpe, c’est sur mon chemin.

 

Sans se faire prier plus longtemps, il s’engouffra dans la voiture.

- Je m’appelle Walter.

- Moi c’est Dean.

- Tu as de la famille à Watertown je suppose ?

- Euh…oui. Dit-il sans rien ajouter de plus.

- Dis-moi, t’es pas un peu jeune pour faire du stop ?

 

Dean ne répondit rien et se contenta de tourner la tête vers la fenêtre côté passager. C’était quoi cet interrogatoire ? Ce mec commençait vraiment à le faire flipper. Peut-être qu’il n’aurait pas dû monter dans sa voiture.

 - Ok, ça va t’es pas obligé de me répondre. Je demandais juste pour faire la conversation. Parce que tu sais, on a au moins 2 heures de route avant d’arriver.

 Encore plus flippant, maintenant ! Mais qu’est qui lui avait pris de faire confiance au premier venu. Peut-être qu’il était encore temps de descendre. Oui mais pour aller où ?

 - Tu parles pas beaucoup. Tu sais, t’as pas à avoir peur de moi ! L’avertit l’homme.

 C’est ça !

 - J’ai pas peur de vous. Répondit fermement Dean.

- Tu m’as l’air d’être un sacré personnage Dean. Tu me rappelle mon fils, Ben à 17 ans.

 

Dean, toujours pas décidé à participer à la conversation, se contenta d’écouter ce qu’il disait.

 - Et je suis prêt à parier que tu as le même âge. J’me trompe ?

- Non.

- Et je suis prêt à parier aussi que ta famille n’est pas au courant que tu es parti.

- Ca vous regarde pas !

- Excuse-moi Dean je ne voulais pas être indiscret.

 

Il n’était vraiment pas d’humeur à parler. Pourtant en entendant le ton calme qu’avait employé Walter pour s’excuser Dean changea d’avis et s’intéressa enfin à l’homme qui était derrière le volant.

 - Vous avez raison. Je suis parti de chez moi.

- T’as des problèmes avec ta famille ?

 

Sans savoir pourquoi, Dean répondit car il sentait la méfiance envers cet homme diminuer de plus en plus.

 - Euh… pas tout à fait. Je suis parti parce que je recherche… une chose.

- Pourquoi tu ne le fais pas avec ta famille alors ?

- Parce qu’on a pas le même point de vue.

- Oui je comprends.

- Vous faites quoi comme boulot ?

- Je suis médium à mes heures perdues mais mécanicien de métier, si tu veux savoir.

- Quand vous dites médium c’est du genre vous parlez avec les esprits morts… S’enthousiasma Dean.

- Pas exactement. Je ressens certaines choses c’est vrai mais je ne suis pas capable d’une telle chose. Par contre je suis capable de retrouver des objets perdus et de voir dans l’avenir. Dit-il plus pour taquiner Dean qu’autre chose.

- Qu’Est-ce que vous voyez pour moi ?

- Que tu va passer un sale quart d’heure.

- Qu’Est-ce que vous voulez dire ? Demanda inquiet le jeune homme.

 

Son portable sonna à cet instant.

- Décroche, tu comprendras…

 


superfloor  (02.07.2012 à 20:16)

Chapitre 6: Inquiétudes

Il faisait nuit noire à présent et ça faisait des heures que Dean était parti.

 C’était si calme, si silencieux sans lui, pensa Sam.

 Depuis qu’ils étaient rentrés à la maison, son père était perché au téléphone et n’arrêtait pas de passer des coups de fils à tous ceux qui auraient pu savoir où il se trouvait mais il n’avait rien pour l’instant. Pas surprenant, selon le cadet, car il avait bien compris qu’il ne s’agissait pas d’une fugue mais de quelque chose de plus important. Mais ce qui les inquiétait son père et lui c’est qu’il ne répondait pas à son portable.

Il avait promis pourtant…

 Finalement John raccrocha. Il était exténué, il ne savait plus quoi faire. Il avait prévenu la police dans un premier temps mais on lui avait presque ri au nez lorsqu’il avait expliqué que son ado de dix sept était parti de la maison.

 - Sam ?

 

Le jeune garçon  qui suivait toute la scène depuis la cuisine vint près de son père.

- J’aimerais que tu me dises exactement dans quel état était Dean et ce qu’il a pris avec lui ?

- Il… était comme d’habitude. Quand je suis rentré dans sa chambre j’ai vu qu’il avait des livres sur son lit. Il les a mis dans son sac, avec des affaires. Il m’a dit qu’il allait voir une personne qui allait peut-être lui apporter des réponses.

- Pourquoi tu me l’as pas dit plutôt ? Cria-t-il.

- Je… tu ne me l’as pas demandé. Répondit-il simplement

 

John réfléchit un instant. C’est la qu’une chose lui apparu.

- Les livres ! Dit-il soudainement.

 

Sam ne comprit pas ce que cela signifiait mais vit son père se précipiter dans sa chambre. S’agenouillant sur le sol, il sortit un carton de sous son lit.

 Qu’Est-ce que ça voulait dire ?

 - M**** ! S’exclama son père.

 

Il ne jurait jamais habituellement mais là c’était le mot le plus approprié qu’il avait trouvé.

- Il l’a trouvé.

- Papa, de quoi tu parles ?

- De… de rien. Je…

 

Il replaça le carton sous son lit et retourna dans le salon.

 - Sam, je sais où est ton frère ? Je vais aller le chercher et toi tu vas rester ici. Tu vas aller chez Mme Barnes, d’accord ?

 

Non pas d’accord ! C’était quoi cette manie qu’ils avaient dans cette famille à toujours vouloir l’éloigner de tout. C’était plus un bébé, quand est-ce qu’ils allaient s’en rendre compte ?

 - Non, je veux pas y aller.

- T’as pas le choix Sam, tu as cours demain. Et puis…

- Et puis quoi ? J’men fou du lycée papa ! Tout ce que je veux c’est que Dean revienne.

- Sam ! Je suis désolé mais tu vas faire ce que je dis.

- Papa, si tu me laisses ici, j’irais chercher Dean tout seul ! Dit-il en partant dans sa chambre.

 

Il avait peur pour son frère, surtout au regard que son père avait fait lorsqu’il avait comprit où était Dean. Il savait qu’il lui avait dit de ne pas être triste mais c’était trop dur. Et s’il lui arrivait quelque chose ? Et s’il disparaissait comme sa mère ?

Il serait tout seul.

Il s’assit par terre tandis que des sanglots se firent entendre.

 

* * *

 

Après 2 heures et demi de route en compagnie de Walter, Dean était finalement arrivé à destination. Il l’avait gentiment remercié et était partit de son côté. Il ne savait pas trop comment il devait s’y prendre pour trouver celui qu’il cherchait mais il avait confiance.

 Il sortit son portable lorsque celui-ci sonna pour la énième fois mais ne décrocha pas. Il n’avait pas envie d’entendre son père lui hurler dessus et puis si c’était Sam, tant pis, il le rappellerait plus tard. Pour l’instant il devait se dépêcher avant qu’il ne se fasse trop tard.

 La chance fut de son côté puisqu’ il dut chercher à peine quelques minutes ce qui devait  s’apparenter à une bibliothèque. Après être entré, il s’assit à l’une des tables et se servit du premier ordinateur qu’il trouva.

 Les recherches furent fructueuses puisqu’en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, il avait trouvé le nom complet de la personne qu’il cherchait et son adresse exacte. Maintenant il ne restait plus qu’à s’y rendre, et il serait fixé. Il aurait peut-être les réponses aux questions qu’ils cherchaient.

 

* * *

 

Dean avait parcouru un long chemin pour arriver jusqu’à la maison de cet inconnu. Il était fier de lui car pour la première fois en sept ans, il sentait qu’il approchait de la vérité et qu’il saurait enfin ce qui avait tué sa mère et surtout pourquoi on l’avait fait.

 Marchant d’un pas rapide, il arriva devant un grand portail, à côté duquel était plantée une boite aux lettres. Elle était vielle et la peinture qui avait dû la recouvrir un jour s’écaillait, cependant on pouvait encore y lire un nom: Singer.

 Il était donc bien au bon endroit.

 Il pénétra dans la propriété, et rapidement encerclé par des tas de voitures empilés les unes sur les autres, il trouva la maison. Mais son enthousiasme fut freiné lorsque personne ne vint lui ouvrir, après avoir sonné. Il réitéra plusieurs fois l’action avant finalement de se faire à l’idée qu’il n’y avait personne.

 Tant pis si ce Singer ne répondait pas, il l’attendrait ici jusqu’à ce qu’il se montre. Il s’assit donc sur les marches du perron espérant au plus profond de lui que ça durerait le moins de temps possible.

 

* * *

 

Ca lui avait brisé le cœur de voir Sam ainsi. John s’était alors approché de lui et l’avait réconforté. Jamais, sauf après la mort de Mary il ne l’avait vu si désemparé, si triste, si inquiet.

Ou peut-être qu’il n’avait jamais fait attention avant ?

 Il avait décidément tout raté avec ses fils.

- Sammy, je suis désolé, je ne pensais que tu le prendrais aussi mal.

 

Le jeune garçon releva la tête, lorsqu’il remarqua enfin la présence de son père.

- Tu sais… je sais que je n’ai pas été le meilleur des pères… mais j’te promets, je vais m’améliorer. Je vais tout arranger avec Dean, d’accord ?

 

John passa une main dans les cheveux bruns de son fils pour le réconforter. Et cela eut l’effet escompté puisqu’il lui sourit.

- Je suis fier de toi Sammy… Maintenant débarbouilles toi un peu et prépares toi.

 

L’inquiétude refit surface sur son visage. Il n’avait aucune envie d’aller chez cette Mme Barnes. Même si c’était une gentille femme, qui s’était toujours bien occupé de lui quand il était plus petit, il estimait qu’à son âge, il était assez grand pour se garder tout seul.

 - On va ramener Dean à la maison. Dit-il en sortant de la chambre.

 

Avait-il bien entendu ? Son père avait dit « on ». Alors ça y’est on écoutait enfin ce qu’il disait !

 Ne perdant pas une minute de plus, il fit ce que son père lui avait demandé avant de le rejoindre quelques minutes plus tard, prêt à partir.

 

* * *

 

La porte d’entrée venait de s’ouvrir dans un fracas si assourdissant qu’il était impossible de ne pas l’avoir entendu du premier étage.

 Mais il n’était pas descendu. Non, il était resté dans la salle de bain silencieux, jusqu’à ce que son frère le rejoigne, les larmes aux yeux.

- Dean elle est là. Avait -il dit de sa petite voix.

- De qui tu parles Sammy ?

 

Mais il n’avait rien dit de plus et s’était collé contre son frère, tremblant de peur.

- Restes ici, je reviens. Avait dit Dean.

 

Il avait commencé à ouvrir la porte quand visiblement une dispute avait éclaté entre sa mère et la femme blonde qui se trouvait devant elle.

 - Jamais vous n’aurez mon fils. Avait crié Mary en se plaçant devant les escaliers.

- Penses-tu vraiment que j’ai besoin de ton accord pour ça ?

 

Et là de ses yeux éclatant d’un rouge sang, elle avait levé la main droite et …

 

Dean reprit ses esprits à ce moment là, juste avant qu’il n’assiste une énième fois à la mort de sa mère. Il se leva brusquement et scruta les alentours. Il faisait nuit à présent, et celui qu’il était venu voir ne s’était toujours pas montré.

Il n’avait vraiment pas de chance depuis qu'il était arrivé ici. Soudain, comme pour coller à cette idée, des grognements se firent entendre…

 

 

 


superfloor  (04.07.2012 à 21:42)

Chapitre 7: Rufus et Graham

L’air était frais à présent, pourtant Dean ne ressentait ni le froid, ni la légère brise qui venait lui caresser la peau. Car, il y avait beaucoup plus inquiétant en ce moment comme ces grognements qui semblaient si distants mais si proches à la fois.

 Dean tourna la tête plusieurs fois pour trouver d’où provenaient ces sons gutturaux mais il ne vit rien. Les bruits se firent alors encore plus menaçants. Et c’est là qu’il vit une ombre se projeter sur l’une des voitures que seule la lune éclairait.

 - P***** c’est quoi cette chose ? Se dit-il à lui-même.

 

L’ombre grandit un peu plus. Et n’attendant pas de voir de quoi il s’agissait exactement, Dean remit son sac sur ses épaules et se mit à courir. Grossière erreur. Puisque la chose qu’il avait attribuée au début à une immense créature se révéla en fait n’être que des chiens, deux énormes chiens.

 Mais il était trop tard pour réfléchir à ça maintenant. Dean continua de courir alors que les molosses étaient à ses trousses.

 Il avait beau être rapide, se faufiler entre les carcasses de voiture, ses poursuivants ne le lâchaient pas d’une semelle. Puis la fatigue se fit sentir, et c’est là que l’un des chiens lui sauta dessus, imité ensuite par le second.

 Il chuta brutalement, se cognant la tête sur une barre en fer qui n’aurait rien du faire là. Sonné quelques instants, il tenta de se dégager des deux chiens mais ils étaient bien trop gros. Et c’est là qu’il fut mordu au bras.

 - Rufus ! Graham ! Venez ici ! Cria une voix grave.

 

Chose étonnante, les deux bêtes relevèrent la tête et coururent vers celui qui semblait être leur maître. Et, jugeant mal son état, Dean s’effondra inconscient avant qu’il n’ait réussi à se mettre sur ses deux jambes.

 

* * *

 

Encore quelques kilomètres et ils y seraient. C’est-ce qu’avait dit John il y a maintenant plus d’une heure. Le trajet avait été silencieux, depuis qu’ils étaient partis. Ceci ne déplaisait pas celui qui conduisait, bien au contraire, mais pour Sam en revanche c’était différent car il aurait pensé que ce trajet aurait permis à son père de lui expliquer ce qu’il se passait et où ils allaient exactement, mais il s’était trompé.

 Assis côté passager, Sam se posait tout un tas de questions, mais plus que tout, il pensait à son frère. Il n’arrêtait pas de se dire qu’il n’aurait jamais dû le laisser partir et qu’il aurait dû tout faire pour l’en empêcher. Oui mais voilà, il ne l’avait pas fait. Il était resté impuissant face à lui.

 S’il lui arrivait quelque chose par sa faute, il ne se le pardonnerait jamais.

 Maintenant, il n’avait qu’une hâte, c’était de le retrouver.

 - Papa, on est encore loin ? Demanda-t-il.

- Euh… Non, je pense qu’on en a encore pour une bonne vingtaine de minutes avant d’arriver.

 

Il ne dit rien de plus pendant… trente secondes avant de poser enfin la question qui lui taraudait l’esprit depuis qu’ils étaient partis.

 - Où est-ce qu’on va ?

- A Watertown, ça se trouve à l’est dans le dakota du sud.

- Euh… je voulais dire chez qui on va ?

 

Ca y’est il avait enfin demandé.

 - Chez une très vielle connaissance. Répondit simplement John.

 

Mais cela était sous estimé son cadet. Car lorsqu’il voulait savoir quelque chose, il ne se contentait pas de simples réponse vagues, il voulait aussi toutes les précisions.

 - Comment elle s’appelle cette très vielle connaissance ?

- Bobby Singer.

- Maman l’a connu aussi ?

 

Ce qu’il pouvait être agaçant quand il se mettait à poser toutes ces questions ! Pensa John.

- Oui.

- Dean le sait, c’est pour ça qu’il va voir cette personne ?

- Peut-être. Mentit John.

 

Sam sembla être satisfait des informations qu’il avait réussies à soutirer à son père puisqu’il ne dit rien, du moins, pendant les cinq minutes qui suivirent. Cela étant le signe d’une intense réflexion de sa part.

 - Il parlait de quoi les livres que Dean a pris dans ton carton ?

 

C’était reparti. Encore des questions. John soupira avant de lui répondre.

- De certaines choses.

- Quelles choses ?

 

Lâchant quelques instants la route du regard, il observa son fils. Devait-il lui dire que ces livres parlaient de choses surnaturelles ? Probablement.

Mais, il n’était pas encore prêt à ça, pas maintenant.

 Après la mort de Mary, il avait tellement mis de temps à se détacher de ça, à comprendre que tout ce qu’il lisait dans ces livres étaient surement vrai qu’il ne voulait pas en parler à son fils, pas encore.

 - Sammy, ce sont des choses qui ne te concernent pas. Maintenant arrêtes avec toutes ces questions, je dois me concentrer sur la route si tu veux qu’on arrive en un seul morceau.

 

Le jeune garçon, soupira d’indignation avant finalement de reporter son attention sur le paysage qui s’offrait à lui côté passager.

 

* * *

 

Lorsque Dean ouvrit les yeux, il était allongé sur un vieux canapé au milieu de ce qui ressemblait à un salon. Il se releva brusquement, ne reconnaissant rien de ce qui l’entourait. C’est là qu’une douleur fulgurante, l’étourdit quelques instants.

- Hey, doucement petit ! Lança une voix depuis l’embrasure de la porte.

- Qu’Est-ce qui m’est arrivé et où est-ce que je suis ? Demanda Dean.

- Tu n’en a vraiment aucun souvenir ?

 

N’attendant pas pour une réponse, l’homme lui raconta.

- Mes chiens Rufus et Graham t’ont couru après et en tombant tu t’es cogné la tête.

- Et pour mon bras ? Demanda-t-il lorsqu’il vit le bandage qui le recouvrait.

- Ca c’est du Graham tout craché ! Quand il ne connait pas il mort. Mais t’inquiètes pas c’est pas méchant, tu seras vite sur pied.

- Oui j’espère !

 

Lorsqu’il vit que sa blessure à la tête était parsemée de point de suture, il lança un regard interrogateur à l’homme.

- J’ai dû te recoudre et heureusement que tu étais inconscient parce que je n’ai pas d’anesthésique digne de ce nom ici. Enfin bref, tu peux me dire ce que tu fais là Dean ?

- Comment vous connaissez mon nom ?

- Parce que je sais que tu es le fils de John Winchester.

- Mr Singer ?

- Oui en personne ! Mais tu peux m’appeler Bobby si tu veux.

 

Enfin ! Il avait fini par le trouver ce type.

- Comment vous…

- Comment je connais John ? Euh… c’est une longue histoire qu’il ne vaut mieux pas que tu saches.  Et tu ne m’as toujours pas répondu, qu’Est-ce que tu fais ici ?

- Je… je voulais vous rencontrer pour… vous poser des questions… sur ma mère.

- Et qu’Est-ce qui te fait croire que je pourrais t’aider gamin ?

- J’en sais rien, je croyais…

 

Dean, se leva du canapé et attrapa ses affaires. Peut-être qu’il s’était trompé finalement. Peut-être que le fait d’avoir découvert son existence sur un bout de papier coincé entre les pages d’un livre sur le surnaturel n’était qu’une regrettable coïncidence après tout.

Il n’avait donc plus qu’à partir et chercher autre chose.

 - Dean attends, tu ne peux pas partir au milieu de la nuit tout seul. Et puis… oui, tu as raison, je peux t’aider.

 

Le garçon se rassit.

- Comme je doute que John soit au courant d’où tu te trouves, tu vas d’abord appeler chez toi avant que je ne te dise quoique ce soit. Ajouta-t-il.

- D’accord.

 

Il sortit son portable et commença à composer le numéro de chez lui quand Bobby le stoppa.

 - C’est plus la peine, ton père est là…

 

 


superfloor  (07.07.2012 à 11:27)

Chapitre 8: Mauvaise nouvelle

Son sang ne fit qu’un tour, lorsque ce Bobby Singer lui dit que son père était là.

Comment était-ce possible qu’il l’ait retrouvé et en si peu de temps ?

 Il ne le savait pas encore mais quelque chose lui disait qu’il avait d’autres soucis à se faire pour l’instant. Il se leva et tout comme Bobby se positionna derrière la fenêtre du salon comme pour vérifier que l’homme ne s’était pas trompé. Pourtant il dut accepter l’évidence, c’était bien lui, malheureusement. Il se rassit sur le canapé et attendit l’inévitable.

 Après qu’on ait sonné à la porte et que Bobby l’ait ouverte, il entendit les pas lourd de son père pénétrer dans le salon ainsi que son frère se précipiter vers lui.

 - Dean ? Dean ? Est-ce que tu vas bien ? Qu’Est-ce que tu t’es fait au bras et à la tête ? Le bombarda Sam.

- Woah… doucement, ça va je t’assure. Répondit l’intéressé

 

Lorsque le cadet eut fini d’inspecter son frère le silence retomba. John était là, mais sans être là, son visage ne reflétait pas la colère mais de la tristesse.

Bobby, l’homme à la casquette, qui avait disparu, ressurgi bien vite muni de 2 bières et de 2 sodas. Une fois les boissons distribuées, voyant que personne n’osait parler, il se lança.

- Jamais j’aurais cru te revoir ici un jour, John.

 

Celui-ci avala une gorgée de sa boisson et sembla regagner de l’assurance avec ce simple geste.

- Qu’Est-ce que tu lui as dit Bobby ? Demanda-t-il en parlant de Dean.

- Euh…

- Rien, papa, il ne m’a rien dit si c’est ce qui te fait le plus peur.

 

Et voila, les hostilités étaient lancées à nouveau. Il avait disparu presque une journée et son père ne semblait même pas rassurer de l’avoir retrouvé, où même préoccupé par ses blessures.

- John, je peux te parler en privé quelques instants. Proposa Bobby.

Il le suivit à l’extérieur.

 

Et la pièce redevint silencieuse, Dean n’osant pas regarder son frère dans les yeux et Sam n’osant pas lui parler. Subitement, l’ainé se leva, pris d’une envie de régurgiter le peu de liquide qu’il venait d’avaler. Cependant comme il ne connaissait pas les lieux, il vida le contenu de son estomac dans la première poubelle qu’il trouva.

 - Dean ? T’es sûr que ça va ? S’inquiéta le cadet.

- Oui, t‘inquiètes pas - Dit-il en revenant là où ils se trouvaient trente secondes plus tôt - Sammy, je suis désolé d’être parti comme ça.

- Je sais.

 

Le cadet abaissa le regard avant de poursuivre.

- Hey Dean, est-ce que tu me fais confiance ?

- Biensur, t’es mon frère.

- Donc, dis-moi pourquoi t’es ici dans ce cas ?

 

Voila la question qu’il redoutait. Comment pouvait-il garder Sam étranger à toute cette histoire s’il lui révélait tout maintenant. Il ne pouvait pas. C’était déjà très perturbant pour lui alors pour son petit frère ce serait surement pire.

- Nan, Sam tu ne peux pas me demander ça. Je te l’ai dit je peux rien te dire pour l’instant. Répondit-il alors.

- J’ai bien compris qu’il s’agit de… maman mais… j’aurais dû rester chez Mme Barnes, c’était une erreur de venir ici… Dit-il en laissant Dean seul.

 

* * *

 

Les deux hommes étaient sortis et comme si cela ne suffisait pas ils avaient fait quelques pas pour s’éloigner de la maison.

- John, je serais ravi de te balancer le traditionnel « j’te l’avais dit » et Dieu sait que tu le mérites mais je ne pense pas que ce soit le moment.

 

Puis les deux hommes s’arrêtèrent enfin et se firent face.

- Tôt ou tard, ils allaient poser des questions.

- Oui je sais, mais je ne pensais pas que ce serait si tôt.

- Tu te fiches de moi ? Ca fait sept ans maintenant ! Je pense que tu as eu assez de temps pour réfléchir à la manière dont tu allais le dire à tes fils.

 

John, repensant soudain à cette triste journée, baissa les yeux comme frappé de plein fouet par une vérité qu’il n’avait plus entendu depuis longtemps.

- Je ne veux plus repenser à ça, ça a été trop difficile.

- John t’es obligé, Dean a assisté à toute la scène. Il sera hanté par ces images pour le restant de ses jours surtout s’il ne sait pas ce qui s’est passé et surtout pourquoi ça s’est passé.

- Tu veux que je lui dise quoi hein ? Que sa mère et moi avons passé un marché avec un être maléfique juste avant la naissance de Sam, qu’on l’a pas respecté et que du coup sa mère a été tuée - S’énerva John - Non merci !

- John, il faut que tu le fasses…

- Pourquoi maintenant ?

 

Il hésita quelques instants, regardant aux alentours pour vérifier qu’ils étaient bien seuls avant de continuer.

- Parce que… elle n‘est pas morte.

- Attends, Bobby, je… je croyais que tu l’avais tué ce soir là ? C’est impossible.

- En fait, non… c’est-ce que je croyais mais je m’étais trompé… j’avais juste réussi à l’éloigner pour quelques temps mais…

- Non, non, non, putain Bobby…

 

Un bruit les fit sursauter. Ils tournèrent la tête pour voir d’où il provenait lorsqu’ils aperçurent un Sam énervé sortir de la maison.

- Sam ? Cria John.

 

Mais il ne répondit rien et s’installa dans l’Impala.

- Je ferais mieux d’aller le voir.

- Fais donc ça !

 

Alors que le plus vieux des Winchester rejoint son cadet, Bobby, lui, regagna sa maison.

 

* * *

 

Dean ne se disputait jamais avec Sam, mais quand il le faisait ça lui déchirait le cœur parce qu’il savait qu’il faisait de la peine à son petit frère et ça il ne le supportait pas.

Mais que pouvait- il faire en cet instant ?

 Il avait tellement envie de savoir ce qui s’était passé il y a tant d’années qu’il en oubliait d’être le grand frère qu’il avait toujours été.

Sentant un nouveau vertige le prendre d’assaut, il s’allongea un instant. Il voulait fermer les yeux mais il se résigna quand il se souvint où il se trouvait.

 Et là Bobby entra.

- Dean, comment tu te sens ?

- Bien, merci.

- Assieds toi un instant tu veux. Je voudrais vérifier une chose maintenant que tu es conscient.

 

Le jeune homme se redressa.

- Je vais te poser une série de questions qui vont surement te paraitre stupides mais il faut que tu me répondes, ok ?

 

Ne cachant pas son étonnement, il lâcha un rire nerveux.

- Pourquoi je devrais faire ça ?

- Simple précaution. Tu veux bien répondre ?

- D’accord. Allez-y.

- Bien, dis-moi comment tu t’appelles ?

- Dean Winchester.

- Quel jour on est ?

- Euh…

- Alors ?

- Euh… le …lundi… ou peut être mardi…

 

La réponse était fausse mais il fallait qu’il soit encore plus pertinent dans ses questions pour être sûr du diagnostic.

- De quel mois ?

- Je…j’en sais rien.

 

Bobby soupira. Il n’avait plus aucun doute à présent. Tous les symptômes étaient là. Et s’il en jugeait par l’odeur qu’il régnait dans la pièce Dean avait aussi vomi.

- Tu t’es cogné la tête plus violemment que je ne pensais. Il serait peut-être préférable de t’amener à l’hôpital.

- Quoi, juste parce que je sais pas la date d’aujourd’hui? Non.

 

Il avait dit sans trop réfléchir laissant parler sa crainte des hôpitaux. Quel ironie, quand on sait que son père est médecin !

 - Allonges-toi Dean, je vais chercher ton père.

 

* * *

 

John n’avait pas souvent vu son fils en colère contre son frère donc il se doutait que s’il l’était c’est qu’il devait avoir une bonne raison. Il ouvrit la portière de la voiture côté passager et invita son fils à sortir pour lui parler.

- Qu’Est-ce qui ne va pas Sammy ?

- C’est Sam ! Sam ! J’ai plus 5 ans alors arrêtez de m’appelez comme ça ! Cria-t-il à son père.

 

John fut surpris de l’agressivité avec laquelle avait répondu son fils mais il ne dit rien.

- D’accord je t’appelle Sam maintenant, c’est vrai que tu es grand. Qu’Est-ce qui s’est passé avec Dean ?

- Rien.

- Allez Samm… Sam tu peux me le dire, tu sais.

- J’en ai marre que Dean et toi me cachiez des choses. J’aimerais tellement que maman soit là, elle, elle ne me ferait jamais ça.

- Je sais fiston, je suis désolé, et… tu as raison.

 

Ce bref instant fut couper par Bobby lorsqu’il approcha inquiet d’eux.

- John, je crois qu’on a un problème avec Dean.

 

 

 

 

 

 


superfloor  (09.07.2012 à 11:15)

Chapitre 9: L’histoire du passé

Lorsque John et Sam avaient entendu ce que Bobby avait dit, l’inquiétude les avaient submergée d’un coup. Ils n’avaient pas posé de questions et s’étaient précipités dans la pièce où ils avaient abandonné Dean quelques instants plus tôt.

 Après avoir jeté un coup d’œil, John était arrivé aux mêmes conclusions que Bobby précédemment. Il avait alors inspecté la blessure à la tête qui était la cause de tout ça avant d’affirmer qu’il n’était pas nécessaire qu’il aille à l’hôpital et que les symptômes disparaitraient rapidement. Puis notant l’heure tardive qu’il était, Bobby, avait proposé de les héberger cette nuit.

 

*  *  *

 

Le lendemain, John avait ouvert les yeux vers six heures, surement à cause de l’habitude. Il avait voulu réveiller ses fils et partir de cette baraque avant qu’il ne soit trop tard mais il s’était résigné. Au lieu de ça il s’était dirigé vers la cuisine où il savait qu’il trouverait Bobby.

Ce que ça faisait bizarre de se retrouver dans cette maison ! Pensa t-il. Pourtant, depuis toutes ces années, depuis qu’il y avait mis les pieds pour la première fois, rien n’avait changé.

- Bobby.

- John. Rétorqua le chasseur aussi froidement.

 

Les deux hommes se regardèrent quelques instants avant que le propriétaire des lieux ne lui offrent une tasse de café noir.

- On dit que la nuit porte conseil, qu’est-ce que tu en dis ? Demanda Bobby.

- J’ai réfléchi et je pense que tu as raison, je ne peux plus continuer à mentir à Sam et Dean. Je vais leur dire la vérité, et dès que ce sera fait il faudra qu’on quitte la ville, je ne tiens pas à ce que cette chose nous retrouve.

- Tu n’as donc rien compris ! La mort de Mary ne t’a pas servie de leçon ?

- Je t’interdis de parler d’elle, tu m’entends ! Cria John.

- Tu ne peux pas constamment fuir, parce qu’elle sait déjà où vous êtes. Alors si vous partez, elle vous suivra, et qui sait ce qui arrivera. Cette fois-ci elle ne se contentera pas de menacer d’enlever Sam, mais elle vous tuera tous, toi et tes 2 fils. C’est-ce que tu veux ?

- Tu ne sais rien.

 

Il déposa sa tasse sur la table et commença à sortir quand Bobby l’attrapa par le bras.

- Ne me dis pas que t’as pas envie de voir, ce qui a tué ta femme, mort une bonne fois pour toute.

- Oui et alors. Je ne peux rien y faire. Pour l’instant ce qui compte c’est de nous éloigner.

- Pourquoi je m’obstine à te faire entendre une chose que tu ne comprends pas ? S’indigna Bobby.

- Non, pourquoi tu me laisses pas décider de ce qui est bien ou non pour ma famille ?

- Parce que j’ai fait une promesse à Mary le jour de son enterrement, et ce n’est pas mon genre de ne pas les honorer.

- De quelle promesse tu parles ?

- Ca n’a pas d’importance.

 

Cette fois-ci John sortit de la pièce. Il fallait qu’il réfléchisse à tout ça, à ce que venait de dire Bobby. Il attrapa sa veste qui était négligemment posée sur une chaise et sortit. Il ne se faisait aucun soucis pour ses fils car il devait bien se l’avouer, s’il y avait une personne avec qui ils pouvaient être en sécurité c’était bien avec Bobby.

 

* * *

 

La nuit avait été courte, et un peu brumeuse. Son mal de crâne en était surement la cause pourtant Dean ne s’était toujours pas levé. Il était là allongé, appréciant le contact de son frère à ses côtés.

Ils n’avaient plus dormi ainsi depuis des années, pourtant c’était comme si c’était hier

Il sentit Sam bougé, signe qu’il se réveillait mais ne fit rien. Il se contenta de l’observer, tout comme il le faisait autrefois, juste après la mort de leur mère. Car, il ne l’avouerait jamais, mais depuis ce jour, une peur était née en lui, celle de perdre à nouveau un être cher et se retrouver seul.

- Bonjour Sammy ! Lui lança-t-il le sourire aux lèvres.

- Salut Dean. Ca va mieux ?

- Je suis comme neuf. Répondit-il.

 

Le cadet se leva, étirant au passage ses membres engourdis. Son frère l’imita grossièrement avant de lui balancer un oreiller en pleine figure.

 - Dean !

 

Mais ce fut tout ce qu’il eut le temps de dire avant d’en recevoir un autre dans la tête. Il les ramassa et rapidement bombarda son grand frère de la même manière, réussissant à le toucher une fois.

Ils s’amusèrent ainsi pendant 10 bonnes minutes avant que Sam ne s’incline devant la supériorité  d’agilité dont avait fait preuve Dean.

Ils réalisèrent soudain que la chambre que Bobby leur avait si gentiment proposée était sans dessus dessous.

- Sam, tu ranges.

- Et pourquoi ce serait moi, c’est aussi de ta faute tout ça ? S’indigna la cadet.

- Je sais mais je sens une douleur dans mon bras…

 

Sam le regarda intensément essayant de déterminer s’il disait la vérité ou non.

- … et à la tête. Poursuivit-il.

- D’accord, je range mais seulement cette fois.

 

Fier de l’effet qu’avait eu sa plainte, l’ainé savoura sa victoire. Quelques minutes plus tard, ils sortirent enfin de leur chambre, l’un comme l’autre content de s’être retrouvé.

La maison était terriblement silencieuse, ce qui était à la fois apaisant et intriguant. Cependant cela ne découragea pas les deux jeunes Winchester pour en explorer chaque pièce.

Ils furent étonnés de voir qu’il n’y avait aucune photo, rien, comme si cet homme, ce Singer n’avait pas de famille. Mais plus encore, ils furent intrigués par la multitude de livres et symboles, recouvrant sols et plafonds, qui s’accumulaient.

Ils étaient sur le point de descendre à la cave lorsqu’une voix les surpris.

- Où comptez vous allez comme ça ?

- Euh…

 

Ils se retournèrent pour faire face à celui qu’ils reconnurent comme étant Bobby.

- On voulait juste voir ce qu’il y avait en bas - Sortit spontanément un Sam incapable de mentir - Pardon.

- C’est pas grave. Venez par ici, je crois que je dois avoir de quoi grignoter dans les placards si vous avez faim.

- Où est notre père ? Demanda Dean lorsqu’il ne le vit nulle part.

- Parti faire un tour.

- Ca fait combien de temps ?

- Un peu plus de deux heures. Ne vous inquiétez pas, il ne devrait plus tarder maintenant.

 

Les deux frères échangèrent alors un regard inquiet ne sachant s’ils devaient le croire ou pas.

 

* * *

 

A quatorze heures, il n’y avait toujours pas de trace de John. La peur se lisait dans les yeux du plus jeune des Winchester tandis que dans ceux du plus vieux on y voyait de la colère.

Même Bobby qui les avait rassurés quelques heures plus tôt en venait à douter. Mais enfin, alors qu’ils n’y croyaient plus, le vrombissement si familier de l’Impala se fit entendre devant la maison. Personne ne bougea, attendant patiemment que John arrive.

- Papa où t’étais ? Demanda Sam.

- J’avais quelque chose d’important à faire mais maintenant je suis là.

 

Il regarda tour à tour ses fils, et notant à peine la présence de l’autre adulte, les serra dans ses bras. Bobby comprit à cet instant qu’il devait les laisser seul car il semblait que l’heure de vérité avait enfin sonné.

- Il faut que je vous parle de quelque chose, les garçons.

 

Ils s’assirent en face de lui, prêts à entendre ce que leur père avait à leur dire.

- Je voudrais vous parler d’une chose que j’aurais due vous dire il y longtemps.

 

Il prit une profonde inspiration et se lança enfin.

- Quand nous nous sommes rencontrés votre mère et moi, ça a tout de suite collé entre nous car on avait la même vison de la vie, les mêmes façons de l’appréhender. Très vite on a su ce qu’on voulait.

 

Il marque une pause.

- On s’était dit qu’on aurait 2 enfants le jour de notre mariage. Et 1 an après, tu es né Dean. Puis trois ans après, Mary, votre mère a su qu’elle était enceinte. On était ravi, jusqu’au huitième mois quand on a failli te perdre, Sam.

 

En entendant cela, Sam ne put s’empêcher de sentir un nœud se former à l’estomac.

- Comment ça ? Qu’Est-ce qui s’est passé ? Le questionna son ainé.

- Tu n’en a vraiment aucun souvenir alors ?

- Non, je me rappelle de rien.

- En fait, ce jour là je ne pouvais pas me libérer pour venir te chercher à… un gouter d’anniversaire il me semble … alors c’est Mary qui y est allé en voiture. Et là je ne sais pas ce qui c’est passé, mais sur le chemin du retour, sa voiture a quitté la route et terminé sa course contre un arbre. Vous deux - Dit il à l’adresse de Dean - vous avez été transporté d’urgence à l’hôpital. Par chance tu n’avais rien, mais pour ta mère en revanche s’était plus sérieux.

 

Etonnant quand même que sa mémoire ait occulté un souvenir si important, pensa Dean.

- Les médecins ont gardés Mary en observation deux jours puis on est sorti. Une semaine après elle s’est plainte de violentes douleurs au ventre, alors on est retourné à l’hôpital, et là on nous a dit qu’il était fort probable que tu souffre d’un traumatisme qui entrainait une perturbation de ton rythme cardiaque et donc compromettait ta survie. Expliqua-t-il cette fois en parlant de Sam.

 

Le concerné avait du mal à croire ce que son père lui disait mais ne fit aucun commentaire car il avait le sentiment que le plus intéressant restait à venir.

 

 

 

 

 

 


superfloor  (12.07.2012 à 12:29)

Chapitre 10: Ocian

Sam et Dean connaissaient suffisamment leur père pour savoir que ce qu’il avait à leur dire maintenant lui coutait beaucoup. Il savait que ce n’était pas le genre de personne à se dégonfler face à un problème mais il le sentait fébrile en cet instant, voire indécis face au choix qu’il avait fait en décidant de tout leur révéler maintenant.

John prit une brève inspiration puis continua ses explications.

 - Nous ne voulions pas perdre espoir, surtout que les médecins nous avaient dit qu’il y avait cinquante pour cent de chance que ton cœur continue de se développer normalement - dit-il en s‘adressant au cadet- alors… nous sommes rentrés à la maison.

Sam avait peur de ce qu’il allait entendre.

- Cependant une semaine après, votre mère s’est effondrée à nouveau. A l’hôpital, on nous a dit que ton cœur ne faisait presque plus son travail, et que ça perturbait sérieusement le rythme de celui de ta mère. C’est là que le diagnostic fut sans appel, nous n’avions plus qu’une seule solution…

 

Sa voix tressaillit à cet instant.

- … les médecins la feraient accoucher dès l‘instant où son rythme cardiaque deviendrait trop critique… avec le risque que tu n’y survives pas Sam.

 

L’intéressé fut très surpris d’entendre cela.

 - On a tourné et retourné le problème dans tous les sens mais on ne trouvait aucune solution qui aurait pu te sauver toi et ta mère… jusqu’à ce que je rencontre une jeune femme nommée Ocian, dans la chapelle de l’hôpital. J’ai longuement discuté avec elle. Au début cela n’avait rien d’anormal, jusqu’à ce qu’elle m’avoue sa réelle identité…je ne vais pas rentrer dans les détails mais… après ça, elle m’a proposé un marché…

- Comment ça elle t’a révélé sa véritable identité ? Qu’Est-ce qu’elle t’a proposé ? Demanda Sam.

 

Il se racla la gorge, et observa son ainé qui n’avait pas dit un mot.

- Dean ? Est-ce que ça va ?

 

La cadet le regarda à son tour.

- Tu peux continuer. Lâcha-t-il froidement.

- Elle m’a dit qu’elle pouvait vous sauvez ta mère et toi. Poursuivit-il ignorant complètement la première question de Sam.

- Comment ça ? Demanda incrédule le cadet.

- Je…

- Et tu l’as cru ? Le coupa l’ainé.

- Oui, nous l’avons cru.

- Je suis en plein cauchemar! Et je suppose, puisque c’était un marché, que vous avez dû lui donné quelque chose en échange, à cette …

- Dean, s’il te plait. Lâcha le plus jeune.

 

John reprit donc là où il s’était arrêté.

- En effet, mais nous ne devions honorer notre part du contrat que quelques mois après. Donc, elle a fait ce qu’elle avait promis. Ton cœur, Sam, était complètement remis.

- Comment elle a fait ?

- Je ne le sais pas moi-même… tout ce qui m’intéressait c’était de voir que t’étais en vie.

 

Il fixa intensément son jeune fils comme s’il ne distinguait plus le jeune garçon qu’il était mais comme s’il revoyait le bébé, qu’il avait tenu dans ses bras il y a treize ans.

- Malgré ça, après ta naissance… on n’a pas pu se résoudre à honorer notre part du marché…

- Qu’est ce que vous deviez faire ?

- Je ne vais pas vous l’expliquez tout de suite mais je le ferais lorsque vous serez en mesure de comprendre. Tout ce que vous devez savoir c’est qu’on a n’a coupé tout contact avec tout le monde, notre famille, nos amis pour ne pas qu’elle nous retrouve et ça avait plutôt fonctionné, jusqu’à ce soir là…

 

L’ainé réfléchit quelques secondes puis sentant la colère, qu’il retenait en lui, rejaillir finalement, il répondit violemment à son père.

- Elle était venue chercher ce qu’elle vous avait donné parce vous n’aviez pas respecté votre part du marché… oui, maintenant j’me rappelle de ce qu’elle a dit…tout est clair. Pourquoi vous avez pas fait ce qu’elle vous avait demandé ?

- Dean, tu ne te rends pas compte de ce que tu dis crois moi ?

- Et alors, j’en ai rien à foutre ! Si vous l’aviez fait, rien de tout ça ne serait arrivé ! Maman serait toujours en vie. Dit- il en sortant de la maison comme une furie.

 

Sam, qui avait encore une fois assisté à une dispute, n’ajouta rien. Il ne tenta ni de défendre son frère pour ce qu’il venait de dire, ni même de partir à sa suite. Au lieu de ça, il se leva et retourna dans la chambre qu’il avait partagée avec son frère cette nuit.

 Comment son père avait pu lui cacher la vérité toutes ses années ?

 Il s’assit sur le lit sous le choc. Il sentait une telle pression en lui, que le seul moyen qu’il avait trouvé pour la soulager était de s‘isoler. Il repensait à ce que venait de lui avouer son père. Et quoi qu’il en dise, il avait comprit que toute cette mascarade était de sa faute. Peut-être que s’il était mort dans cet accident de voiture, ses parents n’aurait jamais rencontré cette femme ni n’auraient passé ce marché et surtout sa mère serait toujours là…

 

* * *

 

Comme d’habitude, Bobby était resté en retrait de tout, laissant à John la chance de s’expliquer devant  ses fils, mais encore une fois il s’en était mal pris. Il ne pouvait plus faire comme s’il n’était pas impliqué dans cette histoire.

 Il partit à la rencontre de John.

- Encore une fois, t’as fait du bon boulot ! Le sermonna-t-il.

- C’est pas le moment Bobby.

- Si ça l’est et cette fois tu vas m’écouter.

 

Le père Winchester releva les yeux surpris par tant d’autorité de la part de cet homme qu’il n’avait plus revu depuis de nombreuses années.

- Le surnaturel existe et il faut t’y faire dès maintenant ! Si tu veux avoir une chance de voir grandir Sam et Dean  tu dois apprendre certaines choses. Comme je te l’ai dit hier soir ce qui a tué Mary est toujours en vie, si cette chose ne s’en est pas encore pris à toi, je suppose  que c’est parce qu’elle peaufine son plan à tel point que cette fois-ci elle ne vous loupera pas. Les Piritians sont des créatures qui n’acceptent pas la défaite, lorsqu’elles passent un marché avec quelqu’un c’est à vie. Et comme toi et Mary ne lui avez pas donné ce qu’elle attendait de vous, elle te tuera avant de reprendre ce qui lui appartient, à savoir Sam.

 

L’homme fit une pause dans son discours.

 - John, je ne dis pas que tu as pris la mauvaise décision, je dis juste qu’il faut réagir avant qu’il ne soit trop tard.

- Qu’Est-ce que tu veux que je fasse Bobby?

- Il faut que tu tues cette chose, voila ce qu’il faut que tu fasses. Je t’aiderais ne t’en fais pas, je t’apprendrais les rudiments de la chasse afin que tu sois prêt le jour où cette chose reviendra…

- Très bien. Et pour Dean et Sam ?

- Je leur apprendrai aussi. Mais avant je vais leur dire ce que toi, tu ne leur a pas dit.

 

Sans rien ajouter de plus Bobby, sortit de la maison à la recherche de Dean, plantant un John pensif au milieu du salon.

 

* * *

 

Le chasseur dû carrément sortir de la casse pour enfin apercevoir Dean. Le jeune homme en question avait le regard furieux, la tête baissée, il avançait sans but précis.

Lorsqu’il arriva enfin à sa hauteur, il l’appela plusieurs fois mais il ne réagit pas. Il ne remarqua sa présence qu’au moment où Bobby le saisit par le bras le forçant ainsi à se stopper net.

 - Dean ?

- Qu’Est-ce que vous me voulez ? Et puis lâchez-moi !

- Pas de ça avec moi ok? Je t‘ai connu bébé si tu vois ce que je veux dire… alors baisses d’un ton !

 

Dean se détacha de son emprise et continua sa route sans rien ajouter.

- Il devait choisir plusieurs nouveaux nés, les faire sortir de la maternité et tu ne voudrais pas savoir la suite… mais d‘une manière ou d‘une autre ils devaient les remettre à Ocian. Dit Bobby lorsqu’il comprit qu’il fallait entrer dans le vif du sujet s’il voulait retenir le jeune homme.

- Quoi ?

- C’Est-ce que devaient faire tes parents pour que Sam survive.

- Pourquoi cette… chose ne l’a pas fait elle-même?

- Surement parce que ça lui  était impossible…

- Ok, admettons. Dans ce cas, ils auraient dû le faire!

- Dean Winchester, je t’interdis de parler de la sorte, ta mère ne te l’aurait pas permis ! Et, penses-tu vraiment qu’il soit juste de prendre des vies en échange d’une autre ? Je te laisse réfléchir.

 

Sur ces quelques mots, il rebroussa chemin jusqu’à sa maison. L’heure n’était pas encore à la discussion, il fallait d’abord que Dean prenne conscience que les choses n’étaient pas aussi simples qu’elles le paraissaient.

 

* * *

 

John avait saisit chaque mot qu’avaient prononcé Bobby. Et en y réfléchissant plus intensément, il était arrivé à la conclusion qu’il ne pouvait plus continuer ainsi. Il fallait qu’il en finisse une bonne fois pour toute avec cette chose qui avait pris la vie de sa Mary. Il n’allait plus faire les mêmes erreurs qu’autre fois. Aujourd’hui il allait tenir tête à cette créature pour sauver ses fils comme il aurait dû le faire pour Mary.

Mais avant, il fallait qu’il parle à son cadet avec la volonté cette fois-ci de lui faire comprendre que rien n‘était de sa faute.

Il frappa quelques coups à la porte de sa chambre avant d’entrer…

 


superfloor  (15.07.2012 à 11:27)

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