Entrez dans la grande bibliothèque d'Hypnoweb. De très nombreuses fanfics vous attendent. Bonne lecture ! - Inscris-toi gratuitement et surfe sans pub !
Série : Supernatural
Création : 23.03.2013 à 22h41
Auteur : kateanddin
Statut : Terminée
« Sam veut poser une question à Dean, mais est-ce que ça a du sens? » kateanddin
Cette fanfic compte déjà 3 paragraphes
Avec l'accord de l'auteur, Clair Beaubien, j'ai traduis une fanfic trouvée sur le site fanfiction.net
Situé dans la saison 6, après que Sam ait retrouvé son âme.
Synopsis ; Sam veut poser une question à Dean, mais est-ce que ce qu'il dit a du sens?
Chapitre 1 est le point de vue de Sam
Chapitre 2 est la même histoire du point de vue de Dean
“Est-ce que?” Sam demanda, jetant un coup d’oeil à Dean alors qu’ils conduisaient sur l’autoroute.
“Est-ce que quoi?” Dean demanda.
C’est à ce moment là que Sam se souvint qu’ils n’étaient pas au milieu d’une conversation. Il posait une question en rapport avec une conversation qu’ils avaient eu il y a des semaines. En fait, seulement une remarque qu’il avait faite à Dean quelques semaines auparavant. Ils n’avaient même pas parlé depuis l’heure et quelque qu’ils étaient sur cette route.
Il devrait dormir. Il ne voulait pas dormir, mais il devrait sûrement dormir. Dean voulait sûrement qu’il dorme. Les fenêtres étaient presque fermées, la radio était presque silencieuse, la banquette était reculée un cran plus loin que ce que Dean aimait d’habitude, pour que Sam est un peu plus de place et soit installé confortablement. Il devrait être entrain de dormir.
Il n’était pas fatigué cela dit. Il devrait être fatigué. Peut-être qu’il était fatigué. Il devrait sûrement être fatigué. Il avait récupéré son âme quarante-sept heures plus tôt, mais il n’avait dormi que deux nuits normales; apparemment son corps n’essayait pas de rattraper l’année et quelque pendant laquelle il n’avait jamais dormi. Il pensait que ce serait le cas. Mais ça ne semblait pas être le cas.
D’accord, bon, ce n’était peut-être pas un sommeil “normal”. Cela dit, bon, peut-être que c’était un sommeil normal, normal pour un Winchester : court, agité, entrecoupé de cauchemars et d’angoisses. Ça pouvait être considéré comme étant du sommeil normal. Pour un Winchester. Peut-être...
“Sam? Est-ce que quoi?”
Ha oui, c’est vrai. Il était entrain de parler à Dean. Il lui avait posé une question. Maintenant Dean lui avait aussi posé une question. Sam devait répondre à la question.
“Est-ce que ça te tracasse toujours?”
Maintenant qu’il y pensait, manger un beignet serait bien. Avec un glaçage au chocolat et fourré à la crème. Ça serait bien. Avec un café. Noir. Tout ce sucre devait être accompagné d’un café noir. Peut-être qu’il demanderait à Dean, dans la prochaine ville qu’ils passeraient, s’ils pouvaient s’arrêter pour un beignet. Et un café. Un café serait bien. Pas qu’il était fatigué, il n’était pas fatigué, mais un café serait bien. Un café et un beignet seraient vraiment bien. Il n’était le genre de personne qui adoré les beignets, pas comme Dean était le genre de personne qui adoré les tartes. Il mangerait un beignet si c’était là, mais il n’était jamais avide de beignets. L’année passée et même avant ça, il n’avait mangé que par faim, jamais par appétit. Il avait oublié ce que c’était que d’apprécier la nourriture, l’anticipation de manger un plat aimé ou de boire un bon alcool. Donc, manger un beignet serait bien. Et un café. Un café noir...
“ Sam? Qu’est-ce qui me tracasse encore?"
Ha oui, c’est vrai. Il était encore entrain de parler à Dean. Il essayait encore de poser cette question. Il n’était toujours pas assez clair. Pourtant Dean n’avait pas l’air agacé. Il posait la question comme s’il voulait seulement savoir ce que Sam voulait dire.
Peut-être que Sam ne devrait pas essayer d’avoir une conversation en ce moment. Il n’était pas fatigué... vraiment pas... mais il avait l’impression que son cerveau était une bouillie compact, et les pensées et les souvenirs et les idées allaient et venaient, passant devant lui comme les taches de couleur d’un kaléidoscope branlant. Ce n’était peut-être pas le meilleur état d’esprit pour avoir une conversation ou essayer d’avoir une conversation ou...
“Sam?”
Ha oui, c’est vrai.
“Est-ce que l’Enfer te tracasse toujours?”
Ou peut-être qu’il ne devrait pas parler de l’Enfer. Parce que... et bien... c’était l’Enfer. Dean n’avait jamais aimé parlé de l’Enfer. Non, Sam ne devrait pas parler de l’Enfer. Savoir si oui ou non l’Enfer tracassait toujours Dean ne changerait rien, si? Même si Dean répondait, ce qu’il ne ferait pas, il dirait probablement “non” ce qui réellement voulait dire que l’Enfer le tracassait toujours, mais même si Dean répondait “non” et que ça voulait vraiment dire...
“Est-ce que mon livre est toujours dans le coffre?” demanda Sam à la place. Il avait prévu de remplacer le “Enfer” dans sa question, mais il ne savait pas vraiment d’où cette question en particulier lui venait. Dean ne saurait pas de quel livre il parlait. Sam n’était même pas sûr de savoir de quel livre il parlait, à part qu’il se rappelait être en train de lire un bon livre il y a longtemps, très longtemps...longtemps avant....avant...
“Toutes tes affaires sont encore dans le coffre” dit Dean.
Et c’était agréable, non? Ce sentiment était agréable, non? Que le livre soit là ou pas, ce sentiment de savoir que pendant toute l’année où Dean avait pensé...vraiment cru...que Sam était mort, il n’avait jeté aucune de ses affaires.
Et donc ce que ça voulait vraiment dire c’est que quel que soit ce dont Sam avait besoin, ou voulait, même un beignet couvert de chocolat... ou peut-être que c’était trop de sucre. Peut-être qu’il devrait manger des protéines. La détresse émotionnelle était aussi fatigante que la détresse physique, alors son corps devait être vraiment surmené avec tout ce qui se passait en ce moment, alors peut-être qu’il devrait manger des protéines pour compenser. Peut-être que dans le prochain endroit où ils s’arrêteraient, dans la prochaine ville qu’ils passeraient, il prendrait quelque chose avec des protéines. Quelque chose comme...
“Tu savais que le beurre de cacahuète avait été inventé mille an avant J.-C. ?” avait été ce qui était sorti de sa bouche après ça. Ce qui était quelque chose d’étrange à dire. Une autre tache venant du kaléidoscope.
Même s’il prenait du beurre de cacahuète, il pourrait quand même avoir le beignet. Ou peut-être qu’il pourrait prendre un beignet au beurre de cacahuètes. Ça ne serait pas aussi sucré et il pourrait avoir plein de crème dans son café. Ou il pourrait avoir plein de crème quoi qu’il en soit, même s’il prenait un beignet avec glaçage. Mais non, un café noir serait mieux. Pas qu’il était fatigué, parce qu’il ne l’était pas, mais...
“Tu as faim?” demanda Dean, et Sam reporta son attention sur la conversation.
Dean affichait ce petit sourire, mi amusé mi incrédule; celui qu’il avait quand Sam était un peu saoul ou un peu drogué par les anti-douleurs ou quand Sam était vraiment énervé contre quelque chose qu’il apprendrait plus tard n’avait pas lieu d’être et que Dean le savait. Dean ressemblait beaucoup à leur père quand il souriait comme ça.
“Ce que je dis n’a pas de sens, hein?” demanda Sam, et il fut surprit de pouvoir effectivement formuler la question.
“Si, ça a du sens”
Dean ne mentait pas; Sam connaissait ce ton. Ils étaient dans la voiture, roulaient, Sam disait du charabia et Dean y trouvait du sens. Ce qui était agréable.
Après tout ce temps, toutes ces années, depuis que Dean était revenu de l’Enfer, tout ce temps où ils ne s’étaient pas sentis connectés, pas vraiment, et peut-être qu’ils ne voulaient même pas reconnecter à part que peut-être ils voulaient seulement reconnecter mais ne savaient simplement pas comment faire, et ils essayaient de toutes les mauvaises façons quand la seule façon qui avait toujours été la bonne entre eux était l’honnêteté et ne pas laisser les choses s’envenimer trop longtemps, alors peut-être...
“Oui.”
“C’est ce que j’ai dit” dit Dean. “Oui...ce que tu dis a du sens. Sens sortie tout droit de ton esprit fatigué peut-être. Mais sens.”
Mais ce n’était pas ce que Sam avait dit. Ou ce n’était pas ce qu’il voulait dire. Est-ce qu’il parlait une nouvelle fois d’une autre conversation? Non, celle là semblait récente. Dans l’instant même.
“Non...oui”
Parce que Dean avait posé une question et donc Sam allait répondre à la question. Il pensait qu’il y répondait. Oui, enfin, il y répondait, il n’était juste pas assez précis sur ce à quoi il répondait. Donc...mais... si ce qu’il disait avait du sens, si Dean arrivait à faire sens de ce que Sam disait, alors il saurait ce à quoi Sam était entrain de répondre et Sam n’aurait pas...ne devrait pas... avoir à fouiller dans ses pensées pour se rappeler ce à quoi il avait répondu oui.
A quoi est-ce qu’il disait oui?
“Oui, tu as faim?” demanda Dean
Ha oui, voilà.
“J’aimerai manger quelque chose.”
Sam n’était pas sûr qu’il appellerait effectivement ça “faim”. Ça faisait tellement longtemps qu’il n’avait pas apprécié de manger quoi que ce soit. Vraiment, même avant l’Enfer. Avant même l’Enfer de Dean. Il ne pouvait rien apprécier à ce moment là, sachant ce qui attendait à la fin de l’année. Il avait mangé, il avait dormi, il avait chassé et travaillé mais tout faisait mal. C’était une agonie de voir chaque jour passer et de ne pas trouver ne serait-ce que le début d’une solution pour sauver Dean. Dormir était aussi reposant que faire du rafting dans des rapides, l’alcool était amer, la nourriture avait le goût de cendres. Rien n’était bon parce qu’à la fin de chaque repas, au pied de chaque lit, au fond de chaque verre, il y avait l’Enfer. L’Enfer de Dean.
“Sam? Qu’est-ce que tu veux manger?” demanda Dean. Il demandait comme s’il avait déjà posé la question une fois.
“Est-ce que?” fut la réponse de Sam. Parce que peut-être que connaître la réponse à cette question ferait une différence, bien que Sam ne pouvait voir quelle différence ça ferait. A part que peut-être tout ce qu’il voulait vraiment était que Dean soit honnête avec lui à propos de ça et que ça serait la différence que l’esprit de Sam voulait vraiment trouver. Honnêteté, franchise, vérité, discussion.
Peut-être que tout ce qu’il voulait, tout ce dont il avait besoin, c’était parler et le sujet de la discussion n’avait pas d’importance. Peut-être qu’il voulait juste entendre la voix de Dean. Il avait juste envie de vouloir entendre la voix de Dean. Parce qu’il n’avait pas du tout apprécié ça non plus depuis qu’ils avaient été réunis. N’avait pas apprécié la compagnie de Dean, son sarcasme, son humour, sa force de caractère.
“Est-ce qu’on peut aller au cinéma?” il demanda à la place. Parce que si ce qu’il voulait c’était apprécier la compagnie de Dean...l’Enfer n’avait pas sa place, si? Alors il ne devrait pas avoir envie que Dean réponde à cette question, ou n’importe quelle autre question à propos de l’Enfer. Est-ce qu’il devrait? L’Enfer ne devrait plus avoir sa place entre eux maintenant.
A part que ça avait sa place, parce que l’Enfer faisait partie de chacun d’eux maintenant. Chacun d’eux séparément et eux deux ensemble et un film n’allait pas changer ça, mais ça n’allait pas rendre les choses pires non plus, si? Alors, pourquoi pas un film? Pourquoi pas un film et un beignet et du café et lire un bon livre et juste s'asseoir avec son frère?
Peut-être que ce soir ils pourraient même s'asseoir dehors et regarder les étoiles parce qu’il ferait nuit quand ils sortiraient du cinéma et Sam n’était pas fatigué, vraiment il ne l’était pas, et même s’il l’était, il pourrait dormir dans la voiture, non? Ils pourraient tous les deux dormir dans la voiture s’il le fallait parce qu’ils l’avaient déjà fait avant, pleins de fois et vraiment, la banquette arrière pouvait être confortable s’il trouvait la bonne position.
Tant qu’il ne mettait pas ses chaussures sur le siège pour que Dean ne se mette pas en rogne comme quoi il allait salir la voiture. Comme si c’était une catastrophe.
Peut-être qu’il pourrait avoir de nouvelles chaussures. Celles là n’étaient pas encore trop usées mais une nouvelle paire de chaussures serait sympa. Dans la prochaine ville qu’ils passeraient, il chercherait un magasin. Un vrai magasin pour acheter des vraies chaussures. Leur père faisait toujours très attention à ce qu’ils aient de nouvelles chaussures, de la bonne taille, parce que les pieds sont importants. Si tu te fais mal aux pieds, même une simple ampoule, tu perd quelque chose de vraiment important. C’était toujours bien d’avoir une paire de chaussures de rechange.
C’était dur de trouver des chaussures à sa taille cela dit. Tout particulièrement dans les petites villes. Et ils allaient en direction d’une petite ville maintenant s’il pouvait se fier au champs de vaches à côté duquel ils étaient garés.
Garé? Pourquoi est-ce qu’ils étaient garés? Est-ce qu’il avait raté une autre partie de la conversation?
Il regarda Dean et Dean était appuyé contre la porte côté conducteur, le regardant comme s’il attendait simplement que Sam retrouve le cours de ses pensées. Ou peut-être qu’il attendait que Sam ralentisse pour qu’il puisse suivre le cours de ses pensées.
“Les pièces ne vont pas toutes au bon endroit” dit Sam. Est-ce que ça avait du sens? Dean allait trouver un sens à ça, non?
“Sammy, toutes les pièces n’ont pas besoin d’aller au bon endroit. Les pièces peuvent aller là où elles ont besoin d’aller. Je veux juste en suivre quelques unes.”
“Je ne suis pas fatigué.”
Il ne l’était pas. Il n’était pas fatigué. Alors pourquoi est-ce que Dean posait la question? Sauf que...est-ce que Dean lui posait la question? Qu’est-ce qu’il lui demandait?
Ou à la place d’un beignet, peut-être un bagel. A part que le beignet fourré à la crème avec glaçage au chocolat semblait vraiment bon. Et du café. Du café noir. Pas qu’il était fatigué...
“Si, tu es fatigué. Tu es épuisé. Je suis juste intéressé par ce qu’il se passe entre maintenant et le pays des rêves.”
“Noël ne tombera pas un samedi avant l’année 2021.”
D’accord, ce n’était peut-être pas la chose la plus pertinente à dire au milieu de leur conversation actuelle. Mais c’était vrai, et la vérité était quelque chose d’important, non? Ça et prendre soin de ses pieds. Parce que rien n’était pire que de devoir marcher quelques kilomètres avec des ampoules aux pieds ou des chaussures inconfortables ou... oui, enfin, il y avait des choses pire que ça, bien sur qu’il y avait des choses pire que ça. Mais dans la vie de tous les jours, la vie normale, dans le monde banale il y avaient des choses mauvaises et des choses pire, des ampoules aux pieds étaient pires et...
“Tu n’es pas seulement épuisé, tu ne parles plus consciemment” dis Dean. Et il affichait toujours ce sourire mi amusé comme s’il ne pensait pas que Sam était complètement fou avec toutes ces pensées sorties de nul part.
Depuis combien de temps Dean ne lui avait pas souri...à lui, à Sam, pas ce que Dean était censé croire être Sam....comme s’il était juste heureux d’être là avec lui, comme si être ensemble était la meilleure chose du monde et qu’il ne voudrait rien faire d’autre à la place.
“Dormir n’est pas aussi bon que je le pensais” dis Sam. Même s’il était...peut-être...fatigué.
“Ouai, j’étais là aussi les deux dernières nuits. Je sais que ce n’est pas aussi bon. Tu en a quand même besoin”.
Les deux nuits précédentes, Sam ne voulait pas s’en rappeler. Il avait dormi, ou plutôt non, mais en fait si, mais vraiment tout ce que ça avait été c’était deux nuits a s’assoupir et se réveiller en sursaut, essayant de trouver ce qui était réel au milieu des morceaux de souvenirs et de cauchemars et réaliser que l’Enfer de ce qui était réel n’était pas vraiment différent de ce qui était réel en Enfer et de bonnes chaussettes étaient toutes aussi importantes que de bonnes chaussures et peut-être un beignet avec glaçage à la vanille fourré de crème au chocolat serait aussi bon tant qu’il y avait du café, noir et...
“Sam.”
Ha oui, c’est vrai. Dean lui parlait. Ou il était entrain de parler à Dean.
“Je ne peux pas dormir dans la voiture?” demanda Sam.
“Je sais pas. Tu peux?”
Oh non. C’était une de ces tournures de phrase que Miss Endres, la maîtresse de Sam en CM1, employait à chaque fois qu’un élève demandait “je peux” quand ils auraient dû dire “puis-je?”
“Tu sais...” commença Sam, mais Dean le coupa.
“Sam, franchement si ce que tu vas dire n’est pas en rapport avec la faim ou le sommeil, je ne pense pas vouloir l’entendre.”
Ha oui, c’est vrai. Sommeil et faim. C’était là que la conversation en était du côté de Dean. Pas sur l’Enfer. Ou le beurre de cacahuète...Non, enfin le beurre de cacahuète était de la nourriture, alors ça pourrait entrer dans la rubrique “faim”. Et vraiment...s’ils allaient au cinéma, Sam pourrait avoir du popcorn et c’était de la nourriture et pour peut-être quatre-vingt-dix minutes ils pourraient oublier l’Enfer entre eux et ensuite ils pourraient regarder les étoiles et dormir dans la voiture, tous les deux, parce que...
“Tu as besoin de dormir, toi aussi” dis Sam. “Tu as passé les deux dernières nuits avec moi éveillé”
Dean se frotta les yeux et regarda au loin, au travers du pare-brise.
“Ouai, ben quand tu dormiras, je dormirai. C’est comme ça que ça marche”
De la tarte. C’était ça. Ils avaient besoin de tarte. Pour Dean. Et du café noir. Dean aimait le café noir. Sam pourrait faire semblant de dormir, il l’avait assez fait dernièrement, et s’il faisait semblant de dormir jusqu’à ce que Dean s’endorme alors il n’aurait pas besoin de dormir et il n’y aurait pas de cauchemars et il pourrait s’asseoir sur le capot et regarder les étoiles et manger des beignets au beurre de cacahuète parce que Dean devrait dormir parce qu’il n’avait rien fait pour mériter de ne pas dormir alors ils auraient de la tarte et ne parleraient pas de l’Enfer parce que de toute façon Dean ne voudrait pas répondre et même s’il répondait, ce qu’il ne ferait pas, ça n’avait pas d’importance, si?
Ça n’avait pas d’importance que les rêves d’Enfer de Sam était des cauchemars sur l’Enfer de Dean et non le sien, et de la tarte...bon dieu de la tarte...ça devrait être tout ce qu’il faudrait pour repousser l’Enfer et laisser deux frères être juste frères et non les étrangers qu’ils avaient été de plus en plus proches de devenir depuis Sam ne pouvait même pas se souvenir quand.
“Ça n’a pas de sens”, répondit finalement Sam à la déclaration de Dean.
“Et savoir que noël ne tombera pas un samedi pour les onze prochaines années en a?”
Noël, des beignets, du café, de la tartes, les étoiles, des films, dormir dans la voiture, être avec Dean.
“Ça aide le reste à avoir du sens.”
“Les choses auront beaucoup plus de sens si tu dors quelques heures d’un vrai sommeil” Le ton de Dean était doux. Il voulait que Sam dorme. “donc...tu dors, je dors. Tu dors pas, je dors pas.” Il regarda Sam de haut en bas et haussa les épaules “tu me débites d’étranges morceaux de faits divers, je t’écoute me débiter d’étranges morceaux de faits divers...”
Il se retourna sur le siège et démarra la voiture.
“Alors...beurre de cacahuète en premier?” demanda Dean, en plaisantant mais sérieux, et Sam savait que d’une seconde à l’autre ils allaient être de nouveaux sur la route, cherchant un endroit pour lui acheter quelque chose à manger et il pensa qu’il devait savoir avant ça. Il devait savoir maintenant.
“Est-ce que?” il demanda, désespéré et il se força a ne pas penser à une autre question après ça parce que connaître la réponse à cette question était important. Ça l’était.
“Est-ce que l’enfer me tracasse toujours?” demanda Dean après une pause et un profond soupir. Il avait l’air fatigué. Il n’arrêta pas le moteur mais il ne bougea pas la voiture. “C’est ce que tu veux savoir?”
Sam acquiesça et ignora les tâches de beignets et beurre de cacahuète et noël qui faisaient des acrobaties dans sa tête.
“Pourquoi est-ce que tu veux savoir?” demanda Dean après que Sam ait acquiescé. Il n’avait pas l’air évasif ou en colère ou quelque soit d’autres mais juste intéressé de connaître la réponse, et Sam continua de repousser la douleur et la peur, la fatigue et la confusion que son coeur, son esprit et son âme surmenés essayaient de changer en visions de café et pâtisseries.
Est-ce que ça avait de l’importance si la réponse à la question n’avait pas de sens, tant que c’était la vérité?
“Si je sais, je pense que je serais capable de dormir”
Dean inspira profondément et il eut ce pincements au bord des lèvres et des yeux mais... et c’était tout à son honneur, pensa Sam...il ne détourna pas les yeux comme s’il essayait différentes réponses. Il garda les yeux fixés sur Sam.
“Faut que je te dise Sam...là de suite, mon Enfer ne me tracasse pas autant que ton Enfer me tracasse. Et ça va être comme ça pendant un moment. Tu as pris sur toi mon Enfer quand je ne pouvais pas, et maintenant je vais prendre le tiens.”
Puis il passa la première et n’attendit ou ne voulu pas de réponses.
De la tarte alors, pensa Sam. De la tarte pour Dean et du café noir pour eux deux et un bagel avec du beurre de cacahuète et un beignet fourré au chocolat pour lui, et un film et les étoiles et dormir dans la voiture parce que... bon dieu... rien que l’idée de dormir dans une petite chambre lui donner la chair de poule. Ou alors...non...si...une chambre de motel pour que Dean puisse dormir aussi parce qu’il avait besoin de dormir. Peu importe. Ça n’avait pas d’importance. Tout ce qui importait pour Sam maintenant, ici, à cet instant c’était d’être assis à côté de son frère et d’être avec son frère, et son frère voulant être assis là à côté de lui.
Ça et un beignet et du café...et dormir. Sam jeta un coup d’oeil à Dean... et la vie était aussi parfaite que des années auparavant, il ne pouvait même pas se rappeler quand.
Sam soupira et appuya sa tête contre la fenêtre et regarda défiler les champs, les granges, les troupeaux de vaches. Juste au moment où il allait demander, “est-ce que tu savais que l’actrice qui joue Tatie Em s’était suicidé quand elle avait quatre-vingt-un ans?” il senti une grande main, familière et chaude se poser sur sa nuque. Puis sur son épaule, puis sur son poignet. Et pendant un instant, l’Enfer disparu de son âme pour être remplacé par ce touché.
Peut-être qu’il allait juste dormir pendant un moment.
Bon dieu que c’était bon d’avoir de nouveau Sammy assit à côté de moi.
“Est-ce que?” me demanda Sam, sortit de nul part. Ça faisait deux jours qu’il avait retrouvé son âme et c’était comme si son cerveau essayait de rattraper son retard, et ça l’avait laissé un peu perturbé. Et vraiment, vraiment fatigué. On conduisait sur une route de campagne isolée vers la petite ville de...et je ne plaisante pas... Dull* Ohio , et la dernière chose qu’on s’était dite datée d’au moins une heure, une remarque quelconque sur le temps. Et tout ce que c’était, vraiment, c’était moi disant que j’étais content que la pluie ait cessé, et Sam me regardant pendant quinze secondes entières avant d'acquiescer. Mais je ne pouvais être sûr qu’il était d’accord avec ce que je disais, ou s’il savait simplement que j’avais dit quelque chose.
“Est-ce que quoi?” je demandais en retour. Mais je n'eus droit qu’à un regard déconcerté de la part de Sam, comme s’il ne savait pas de quoi je parlais. Puis, il retourna à sa contemplation à travers le pare-brise sans me répondre. Le pauvre était épuisé à force de combattre, de toutes les façons qu’il pouvait, le bordel persistant dans sa tête.
Des bribes de conversations lancées au hasard, compter les piquets de clôtures, sûrement faire de longues divisions, tout ça pour garder son cerveau suffisamment occupé pour rester éveillé. Il finirait par tomber. Je devais juste attendre pour lui.
Bon dieu que c’était bon d’avoir de nouveau Sammy assit à côté de moi.
Je lui jetais un nouveau coup d’oeil. Il avait besoin d’une coupe de cheveux. Un entretien au minimum. RobotSam avait réussi à garder cette chevelure sous contrôle, probablement par pur force de volonté, mais les cheveux de Sammy avaient toujours l’air de n’en faire qu’à leur tête. Des fois je pensais qu’il ne regardait jamais dans un miroir à part pour se raser. Et peut-être même pas pour ça. Il se rasait toujours cela dit. Même l’imminence de l’apocalypse ne l’avait pas empêché de se raser chaque matin. Mais je me demandais s’il avait la moindre idée de ce que ses cheveux faisaient la moitié du temps
“Sam? Est-ce que quoi?” je lui demandais de nouveau, puisqu’il n’avait pas l’air de penser à me répondre. Il me regarda et je pouvais voir les turbines tourner dans sa tête, essayant de se rappeler ce qu’il m’avait demandé.
“Est-ce que ça te tracasse toujours?”
Et ben, c’était précis. Ou pas. Il parlait sans rien dire. Est-ce que quoi me tracassait toujours? C’est pas comme si j’en avais la moindre idée. C’était Sam...il pouvait demander si avoir été transformé en vampire me tracassait toujours, ou il pouvait parler de cette dent de lait que j’avais dû faire extraire chirurgicalement quand j’avais neuf ans. Ou il pouvait parler de n’importe quoi entre les deux. Comme d’Angela Cronin du lycée. Elle allait me tracasser jusqu’à ce que je meurs. Encore.
“Sam? Est-ce que quoi me tracasse encore?”
D’un autre côté, peut-être que je ne voulais pas savoir. Encore une fois, ça aussi c’était discutable parce que si notre petit fantôme rouge* n’avait pas un moment de repos décent, et vite, pour laisser à son cerveau une chance de se regrouper, je pourrais ne jamais savoir ce qu’il voulait.
“Sam?”
J'eus droit au regard ‘ha oui, c’est vrai’.
Bon dieu que c’était bon d’avoir de nouveau Sammy assit à côté de moi.
“Est-ce que l’Enfer te tracasse toujours?”
Non. Je ne voulais pas savoir qu’il voulait une réponse à ça. Je ne voulais même pas y penser. Je veux dire...oui, ça me tracasse toujours et non, ça ne me tracasse pas, et peut-être que tout ce que Sam voulait savoir c’était pour combien de temps il devait se préparer à traîner son propre enfer avec lui.
Pas longtemps du tout, si j’avais mon mot à dire.
“Est-ce que mon livre est toujours dans le coffre?” demanda Sam à la place. Je ne savais pas s’il changeait de sujet ou s’il avait juste oublié ce qu’il m’avait demandé. Ou qu’il m’avait demandé quelque chose. Au prochain arrêt, j’allais lui administrer un somnifère.
“Toutes tes affaires sont toujours dans le coffre” je lui ai dis. Chaque chemise, t-shirt, chaussette, livre, bloc-note, stylo, crayon et trombone. S’il le voulait, je pouvais l’avoir en main en cinq secondes. Mais Sam alla dans cet autre endroit, encore, pensant à quelque chose et dieu seul savait ce que c’était. Sam ne savait peut-être même pas lui même.
Je lui jetais un autre coup d’oeil. Il avait aussi besoin de nouveaux vêtements. Je ne voulais pas qu’il ait à porter les vêtements de RobotSam, ça semblait mal. Donc, on lui achèterait des nouveaux vêtements. Il aimerait ça. Quelque soit son âge, Sam avait toujours été excité par de nouveaux vêtements, sûrement parce qu’il en avait si rarement. Donc, dès que je pourrais, j’irai à la recherche du magasin “grand et géant” le plus proche de Dull, Ohio, et je lui achèterai de nouveaux jeans, et des chemises assez grandes pour qu’il puisse vraiment les rentrer dans son pantalon, et quelque soit d’autre dont il pourrait avoir besoin.
Bien sûr, Sam avait toujours eu l’air d’être encore plus excité quand je lui donnais quelque chose qui ne m’allait plus, comme ce sweat-shirt complètement détendu qui était trop grand pour lui et qu’il avait utilisé comme haut de pyjama pendant deux hivers, ou toutes ces chemises en flanelle usées qui descendaient presque jusqu’à ses genoux, avec des manches tellement longues qu’elles devaient être retroussées de moitié pour atteindre ses poignets. Et chaque fois que quelqu’un lui demandait pourquoi il portait une chemise trop grande pour lui, sa seule réponse était un fier “Dean me l’a donnée”.
Bon dieu que c’était bon d’avoir de nouveau Sammy assit à côté de moi.
“Tu savais que le beurre de cacahuète avait été inventé mille ans avant J.-C.?” La question de Sam m’extirpa de mon souhait qu’il soit encore à un âge où je pouvais lui donner des choses et le rendre ridiculement heureux en le faisant.
Du beurre de cacahuète, hein? Il avait passé tout ce temps a penser à de la nourriture?
Bien.
“Tu as faim?” je demandai. Seul Sam pouvait ne pas réaliser qu’il avait peut-être faim, et le faire savoir par un nouveau morceau de fait divers fascinant.
“Ce que je dis n’a pas de sens, hein?” il demanda. Il s’excusa. Comme s’il avait besoin de s’excuser.
Bon dieu que c’était bon d’avoir de nouveau Sammy assit à côté de moi.
“Si ça a du sens” Je lui ai dis. Peut-être pas pour toi, mais pour moi...Sammy tu es un livre que je connais par coeur.
Je ne savais pas s’il avait compris ma réponse. Il retourna dans l’autre endroit pour un petit moment. Ok, donc...nourriture, puis un endroit où dormir, et l’élément chimique pour arriver à dormir. Quoi que, si j’arrivais a faire manger Sam, il s’endormirait tout seul. Ça avait toujours été comme ça. Un bon repas, une voiture chauffée, la musique baissée juste ce qu’il fallait et c’était bonne nuit Sammy. Même s’il n’était que quatorze heure.
RobotSam n’avait jamais dormi, jamais fait de sieste, jamais...il ne s’était juste jamais relaxé. Quasiment toujours le même état d’esprit, à part les quelques fois où il pouvait être poussé à la colère. Il n’avait pas d’humour, ne disait pas de mots d’esprits, n’avait rien d’extravagant, n’était pas contrariant, n’était rien. C’est dur de voyager avec un gars qui est d’un ennui mortel la plupart du temps.
Bon dieu que c’était bon d’avoir de nouveau Sammy assit à côté de lui.
“Oui” Sam passa de nouveau la porte tournante séparant l’autre endroit de la réalité.
“C’est ce que j’ai dis”. J’ai répondu. “Oui...ce que tu dis à du sens. Sens sortit tout droit de ton esprit fatigué peut-être. Mais sens.”
Ça le rendit perplexe; si la ride entre ses sourcils était une indication a laquelle je pouvais me fier. Donc, ce n’était pas ce à quoi il faisait référence?
“Non...oui” Il dit comme si j’allais immédiatement comprendre ce à quoi il faisait référence. Je me remémora vite fait notre conversation.
“Oui, tu as faim?”
“J’aimerai manger quelque chose.”
Il dit ça comme s’il n’était pas sûr que sa réponse signifiait qu’il avait faim, mais il reconnaissait que je lui avais demandé s’il avait faim et il voulait répondre à ma question, mais ne voulait pas mentir. Même par sémantique.
Quel geek.
Un geek géant, extrêmement fatigué, précis à l’excès, gentil et attachant.
Bon dieu que c’était bon d’avoir de nouveau Sammy assit à côté de moi.
“Qu’est-ce que tu voudrais manger?”
Salade, sûrement. Quelque chose de riche en fibres, ultra-bio, non traité, quasiment végétarien et bon pour la santé. Et un café fantaisie. Quel que soit ce que c’était, ça n’avait pas d’importance. Si Sammy le voulait, je ferais en sorte qu’il l’ait.
Si seulement il pouvait me dire ce qu’il voulait.
“Sam? Qu’est-ce que tu veux manger?”
“Est-ce que?”
Il avait répondu ça tellement vite que c’était comme si ça avait été balancé par la porte battante. Seul Sammy pouvait tracer son chemin dans le labyrinthe qu’était son esprit pour retrouver cette question. Je pouvais la repousser toute la journée et toute la nuit, changer de sujet toutes les cinq secondes, parler dans une langue étrangère et mettre la musique à fond...Sam retrouverait toujours le chemin d’une question à laquelle il n’avait pas eu une réponse satisfaisante.
Alors...qu’est-ce que j’étais censé lui dire? que parfois je rêve encore de mon Enfer? Mais que je rêve toujours de son Enfer?
Et comment est-ce que je pouvais lui dire quoi que ce soit si je ne pouvais pas garder son attention pour plus de trois secondes consécutives? Il n’était pas le seul a être épuisé ici.
J’ai garé la voiture sur le bas côté, à côté d’un pré clôturé abritant un troupeau de vaches. Peut-être que si je ne lui donnais pas des scènes changeantes constamment à fixer, peut-être que si je pouvais faire comprendre à son cerveau qu’il n’avait plus besoin de courir, peut-être qu’il se concentrerait sur moi assez longtemps pour qu’on finisse cette discussion.
Alors j’ai arrêté de conduire et j’ai attendu.
Puis j’ai attendu un peu plus longtemps.
Toute sa vie, Sam avait eu cette capacité, parfois incroyable, parfois irritante, de se concentrer sur quelque chose, n’importe quoi, qui attisait son intérêt. Extirpant chaque bribes d’informations sur le sujet, même si ça voulait dire extirper l’information d’un autre être vivant. Parlant, demandant, prenant des notes mentales sur des fiches mentales, les plaçant dans le bon ordre et remplissant tous les blancs qu’il pouvait trouver, écrivant des guides mentaux sur le sujet.
Ensuite, il m’en parlerait.
RobotSam ne parlait jamais. Il communiquait mais il n’avait jamais vraiment parlé. Il avait déjà tout compris. Pour Sam cependant, parler avait toujours été une façon de mettre de l’ordre. C’était une façon d’arrondir les angles pour les détails insignifiants qui n’allaient pas comme il le souhaitait, réorganisant ses fiches mentales jusqu’à ce qu’elles soient toutes dans un ordre parfait.
Il y avait eu des fois quand on conduisait quelque part, où il avait parlé si résolument de quelque chose que quand on arriverait il demandait, ‘on est déjà arrivé?’, même si ça avait été un voyage de dix heures.
Après cinq ou dix minutes à admirer les vaches qui nous admiraient en retour, j’eus finalement le droit au regard “on est où et qu’est-ce qu’on fait ici”.
Bon dieu que c’était bon d’avoir de nouveau Sammy assit à côté de moi.
“Est-ce qu’on peut aller au cinéma?” il demanda.
Je dois vous dire, l’idée d’aller au cinéma, de faire quelque chose de normal avec mon frère, j’en rêvais depuis longtemps.
Sammy, j’adorerai aller au cinéma avec toi. J’aimerai faire n’importe quoi avec toi. Dès que ton cerveau n’aura plus le hoquet.
Je n’ai cependant pas dit ça. Je n’ai rien dit. Je savais que les portes tournantes tournaient toujours, et vu le regard de Sam il semblait revenir vers la réalité. On arriverait peut-être à finir cette conversation après tout, si je ne mettais pas tout en péril en lui disant quelque chose.
“Les pièces ne vont pas toutes au bon endroit” Sam dit ensuite. Un fait court mais superbement cohérent.
“Sammy, toutes les pièces n’ont pas besoin d’aller au bon endroit. Les pièces peuvent aller là où elles ont besoin d’aller. Je veux juste en suivre quelques unes.”
“Je ne suis pas fatigué”.
Bon dieu si je connaissais ce ton. ‘Dean, pourquoi je dois aller au lit? je veux pas aller au lit. Je peux pas aller au lit. J’ai des devoirs, je dois étudier, il y a un film à la télé, y’a pas école demain, papa n’est pas encore rentré...’ Il avait au moins trois arguments pour chaque chose qu’il ne voulait pas faire. Il était un avocat né.
Bon dieu que c’était bon d’avoir de nouveau Sammy assit à côté de moi.
“Si, tu es fatigué. Tu es épuisé. Je suis juste intéressé par ce qu’il se passe entre maintenant et le pays des rêves.”
Comme te garder en forme et bien nourri, et sur un seul sujet de conversation pendant dix minutes consécutives.
“Noël ne tombera pas un samedi avant l’année 2021.”
Fait divers amusant numéro 231 683. Et le truc, c’est que Sam présentait toujours ces faits amusants ou faits divers comme s’il était la dernière personne a l’avoir compris, et tout le monde le savait déjà.
“Tu n’es pas seulement épuisé, tu ne parle plus consciemment” Je lui ai dis. Il fallait vraiment qu’on trouve un moyen de l’envoyer à question pour un champion. Montrer au monde à quel point mon petit frère était intelligent.
“Dormir n’est pas aussi bon que je le pensais” dis Sam. J’aimais les phrases complètes et cohérentes. Mais oui, c’était ça, n’est-ce pas? Avec les cauchemars à l'affût et les terribles souvenirs rôdant, le sommeil était une chose effrayante et dangereuse. Les deux nuits précédentes, depuis que Sam avait retrouvé son âme, chaque fois qu’il s’endormait c’était seulement jusqu’à ce qu’il commence à rêver, puis il se réveillerait en sursaut, scannant la chambre des yeux jusqu’à ce qu’il me voit et après un moment, il commencerait à se relaxer. Juste assez pour s’endormir, juste assez longtemps pour commencer à rêver de nouveau.
“Ouai, j’étais là aussi les deux dernières nuits.” j’ai dis à Sam “Je sais que ce n’est pas aussi bon. Tu en a quand même besoin.”
On en avait tous les deux besoin. Je resterais éveillé tant que Sam aurait besoin de moi, mais je voulais tellement être dans une bonne chambre silencieuse, dans de bons draps chauds, endormi.
“Aller, Sam. On va reprendre la route, on va te trouver du beurre de cacahuète et on va prendre une chambre et essayer de nouveau de dormir. Même si c’est qu’un peu à la fois, c’est mieux que rien”
Mais Sam était reparti dans cet autre endroit, encore, et ne m’écoutait plus.
“Sam.”
“Je ne peux pas dormir dans la voiture?” Il me demanda. Comme si...quoi? j’allais l’arrêter?
“Je sais pas. Tu peux?” Je suppose qu’il n’a pas saisi l’ironie de ma réponse, parce qu’il recommençait avec ce qui était sûrement un autre fait divers.
“Tu sais...”
Je l’ai coupé. Je le devais. J’étais pas sur que mon cerveau pourrait en supporter plus.
“Sam, franchement si ce que tu vas dire n’est pas en rapport avec la faim ou le sommeil, je ne pense pas vouloir l’entendre.”
Il se creusa la tête sur celle-là pendant une minute et quelque. Tous ces faits divers arrivant au point de filtrage sûrement. L’ébranlant de l’intérieur.
“Tu as besoin de dormir, toi aussi, Dean. Tu as passé les deux dernières nuit avec moi éveillé.”
Un fait véritablement cohérent et approprié à l’instant. Peut-être que Sam était si fatigué que la logique arrivait enfin à rattraper son fil de pensée.
“Ouai, ben quand tu dormiras, je dormirai. C’est comme ça que ça marche.”
Et par “dormir”, je voulais dire Sam étendu dans un profond sommeil ininterrompu. Parce que je n’allais pas le laisser seul, même endormi, face à ses démons.
“Ça n’a pas de sens” Il m’a dit.
Heu...excuse moi? Je dis des choses qui n’ont pas de sens? Il y a la théière et il y a la bouilloire, et il y a la couleur noire.
“Et savoir que noël ne tombera pas un samedi pour les onze prochaines années en a?”
Il poussa un soupir si profond que j’ai cru qu’il allait vider la voiture de tout air.
“Ça aide le reste à avoir du sens.”
Oui, je pouvais voir ça. Au pays de Sammy, une idée exprimée était une idée cataloguée et rangée à la bonne place. Et plus il y avait d’idées de rangées, plus il y avait de possibilité de ranger toutes les autres.
“Les choses auront beaucoup plus de sens si tu dors quelques heures d’un vrai sommeil” je lui ai dis. Peut-être que les choses auront plus de sens pour nous deux. “donc...tu dors, je dors. Tu dors pas, je dors pas. Tu me débites d’étranges morceaux de faits divers, je t’écoute me débiter d’étranges morceaux de faits divers...”
Comme d’habitude, je n’aurais jamais cru que ça me manquerait autant.
Bon dieu que c’était bon d’avoir de nouveau Sammy assit à côté de moi.
Je redémarrai la voiture et regardai aux alentours à la recherche de panneaux signalant un magasin d’alimentation.
“Alors...beurre de cacahuète en premier?”
“Est-ce que?” demanda Sam, avant même que je ne passe la première. C’était plus que son habituelle compulsion à vouloir tout savoir. Il avait besoin de savoir ça.
“Est-ce que l’enfer me tracasse toujours? C’est ce que tu veux savoir?” je lui ai demandé, juste pour être clair. Aussi clair que ça puisse être entre nous, vu notre état de fatigue dépassant l’entendement.
Sam acquiesça. Jusque là, tout allait bien. Mais... juste pour être vraiment, vraiment clair.
“Pourquoi est-ce que tu veux savoir?”
Je m’attendais vraiment à ce que Sam reparte dans ce méandre de faits divers, là où ses pensées lui enlevaient tout sens de réalité et dans cet autre endroit. Mais il garda ses yeux sur moi. Et il garda ses pensées en ordre.
“Si je sais, je pense que je serais capable de dormir.”
Ce qui voulait dire que je devais lui dire. Je devais lui dire la vérité. Et la vérité était la même qu’elle avait toujours été... j’endurerai n’importe quoi si je savais que Sam allait bien.
Bon dieu que c’était bon d’avoir de nouveau Sammy assit à côté de moi.
“L’Enfer qui me tracasse, Sam, est ton Enfer. Et ça va rester comme ça. Tu as pris sur toi mon Enfer quand je ne pouvais pas, et maintenant je prend le tiens.”
Je n’ai pas attendu que cette pensée traverse les portes tournantes du cerveau de Sam. Je nous ai remis sur la route, en chemin vers la prochaine ville, le prochain motel et la prochaine tentative de sommeil.
Sam me regarda pendant un moment, mais je ne l’ai pas regardé. Quand il dirait la prochaine chose qui lui sortirai de la tête, je saurais où en était son cerveau. En attendant, tout ce que je dirais ne serait sûrement pas enregistré. Alors, je l’ai laissé errer dans ses propres pensées pendant un moment. Avoir de la chance, il penserait à de la nourriture et du sommeil, et encore plus de sommeil. Parce que, dieu sait si je pourrais utiliser une bonne dose de sommeil moi aussi.
Et peut-être que, finalement, il était entrain de penser à dormir parce qu’il soupira et posa sa tête contre la fenêtre. C’était toujours un signe avant coureur d’un Sammy qui s’endort. RobotSam ne dormait jamais dans la voiture. Il ne dormait jamais nulle part, je sais, mais il ne s’était jamais ne serait ce que relaxé dans la voiture. La voiture n’était pas la maison pour lui, ce n’était pas familier ou accueillant ou un endroit qu’il aimait. C’était juste un moyen d’aller d’un endroit à l’autre.
Sammy en revanche, Sammy et moi, si on n’arrivait à dormir nul part, on pouvait toujours s’endormir dans la voiture. Il n’y avait sûrement rien qu’on n’ait pas fait dans cette voiture, ça inclut de la chirurgie. Mais dormir signifiait que tout allait bien, que tout le reste était ok. Et ça faisait un sacré bout de temps que quelque chose dans notre vie n’avait pas été ok.
A côté de moi, Sam soupira de nouveau et changea de position, cherchant à être plus confortable. C’était un son et un mouvement que j’avais connu toute ma vie.
Bon dieu que c’était bon d’avoir de nouveau Sammy assit à côté de moi.
Je tendis la main pour la poser sur la nuque de Sam, puis je la laissa glisser pour gentiment presser son bras.
Bon? Avec Sammy de retour, ma vie était presque parfaite.
*Dull > ennuyeux
* petit fantôme rouge est une référence au jeu pacman