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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : Supernatural
Création : 27.05.2014 à 18h30
Auteur : Merane
Statut : Terminée
Sam en a reçu et en a donné des baisers, des bises et des bécots. Il y a en eu des joyeux, des tristes, des romantiques, des amicaux, des "au revoir", des "premières fois" et tant
Cette fanfic compte déjà 4 paragraphes
J'ai écrit ce recueil de textes en l'honneur de ma Lili pour son anniversaire. Je sais que cela fait longtemps qu'il est passé mais mon ordinateur ayant rendu l'âme, j'ai eu du mal à poursuivre l'écriture des dits textes. Au vu du titre, vous avez deviné qu'il y aura en tout trente paragraphes de tailles variables. S'il y a besoin d'avertissements particuliers au début d'un des textes, je vous l'indiquerai.
Je vous souhaite une bonne lecture.
Baiser n° 1 : Regarde moi.
Un homme, un vrai.
Sam était déçu. Dean n'avait pas de temps à lui consacrer. Il avait espéré qu'il passerait un moment ensemble mais ces derniers jours, il préférait la compagnie de garçons qu'il avait rencontré au collège. Il avait été surpris par cette soudaine sociabilité. Son frère, sous prétexte qu'ils changeaient sans arrêt de lieu de résidence et de par son caractère, fréquentait peu ses camarades. Cependant, depuis un mois, ils habitaient au même endroit et il s'était lié d'amitié avec ses condisciples. Et il le délaissait. Il soupira en tournant les pages de son livre. Son aîné sortait de nouveau et lui serait seul. Leur père chassait un esprit vengeur, à Bloomington, une ville voisine. Son frère débita ses recommandations habituelles et claqua la porte en quittant la chambre.
Sam jeta son ouvrage sur le lit et réfléchit à ce qu'il pourrait faire pour que Dean s’intéresse à lui. Le mercredi précédent, lorsqu'il avait voulu l'accompagner, son frère avait refusé car il était trop jeune. Une autre fois, un de ses amis avait parlé d'activité «d'hommes». Il ne voyait pas en quoi le football américain était particulièrement un sport d'homme mais pourquoi pas. À vrai dire, on qualifiait de «bébé», «gamin», sans méchanceté aucune, lui et ses activités et le problème était peut être là. Ces garçons discutaient également d'affaires «d'adultes». Il ne comprenait pas le rapport avec la bière. Il avait aperçu la bouteille qu'ils n'avaient pas cachée assez vite à son regard. Il eut une illumination. Il devait paraître plus «grand». S'il se comportait comme un homme, un vrai tel qu'ils le sous-entendaient, son aîné retrouverait sûrement l'intérêt à repasser des instants en sa compagnie. Il attrapa un crayon, une feuille et écrivit dessus ses réflexions. Il étudia la liste ainsi obtenue.
Sam savait qu'il pouvait déjà rayer tout ce qui concernait la puberté. Il grimaça. Il avait détesté cette conversation. Son père avait fait une remarque à propos de la voix de Dean qui muait, s'était horrible parce qu'elle variait sans arrêt, et il avait eu le malheur de demander des explications. Ce fut les minutes les plus longues et les plus gênantes de son existence. Au moins c'était fait. Il se souvient de Dylan, un des amis de son aîné. Il avait une petite amie et cela semblait lui conférer une aura particulière. Cela non plus ne convenait pas. Il ne saisissait pas en quoi c'était si génial d'embrasser une fille, avec la langue bien entendu. C'était répugnant. Il biffa la phrase. Finalement quelques idées lui vinrent en tête qui étaient nettement plus réalisables et engageantes.
Sam passa les journées suivantes à appliquer son plan. Il renonça à ses céréales en forme de lettres, à sa nourriture de «lapin» et au jus de fruits pour des toasts beurrés, des hamburgers et du soda. Toutefois il ne put toucher au café. Dean le regarda bizarrement quand il tenta de s'en servir et il lui remplit d'autorité une tasse de lait. Pareillement, il se chargea de compléter son assiette de légumes ce qu'il l'exaspéra. Il escompta que son projet donne vite des résultats car sa nouvelle alimentation commençait à lui peser sur l'estomac. Ensuite il changea légèrement sa manière de s'habiller. Son frère avait tendance à le couvrir suite à la sévère grippe qu'il avait eu. Il était toujours emmitouflé, dès que les températures baissaient, dans de gros pulls assortis à une écharpe, un bonnet et une paire de gants. Il allégea son habillement sous les réprobations de son aîné. Il n'en démordit pas et argua qu'il n'avait pas si froid et qu'il n'était pas un bébé. Il eut le dernier mot sous les grognements de son aîné qu'il lui jura qu'il se débrouillerait seul avec papa s'il tombait malade à cause de ses idioties. Enfin ses habitudes et son comportement subirent de subtiles modifications. À son dépit, en fin de semaine, il ne nota pas de changements.
Ce jour là, il souffrait. Il avait mal à la tête, son ventre dansait la gigue, il reniflait et il était morose. Dean lui avait demandé de mentir si papa appelait. Il avait rendez-vous au cinéma avec ses amis se soir. La journée se déroula dans une sorte de confusion. Il n'avait hâte que d'une unique chose, rentrer à l’hôtel et s'enfouir sous les couvertures. Son frère l'attendait à la sortie de son école. Si leurs horaires étaient compatibles, il venait le chercher, peu importe ses récriminations. Il l'envoya promener quand il se soucia de son état. Le trajet se fit dans le silence. Il n'avait pas la force de parler. Et puis, il culpabilisait un peu. Il avait dû attraper un rhume et ce par sa faute. Il aurait dû se vêtir plus chaudement au lieu de se pavaner et de dédaigner les avertissements de son frère. Sam présuma qu'il téléphonerait à leur père dès leur arrivée au motel. Il se souvenait de la menace qu'il avait proférée. Alors il s'étonna de la réaction de celui-ci lorsqu'ils arrivèrent à la chambre.
Il décrocha le téléphone comme il l'avait prévu. Toutefois, ce n'était pas son père qu'il chercha à joindre. Il suivit vaguement la discussion. Il avait si chaud. Il reprit pied avec la réalité quand Dean lui tendit un thermomètre.
— Mets ça dans ta bouche, histoire qu'on sache combien tu as. Et tu te sens comment ?
— J'ai mal à la tête, au ventre et j'ai des frissons. Je me sens tout bizarre
Il répondit tout en fourrant l'objet à l'intérieur de sa bouche. Ils attendirent. Il émit un bip et son frère le récupéra.
— 39° de fièvre. Je te l'avais bien dit de te couvrir. Mets toi en pyjama et au lit. J'espère pour toi qu'on a tous ce qu'il faut dans la pharmacie. Cela me ferait chier de ressortir.
Sam obéit à ses consignes. Il se déshabilla, se mit en tenue de nuit et se glissa sous les draps frais, gémissant de plaisir à leur contact. Son aîné revint avec un verre d'eau et plusieurs médicaments qu'il avala sous sa vigilance. Il songea qu'il allait se préparer pour sa sortie. Après tout, si son père avait besoin de Dean pour une chasse, il n'hésitait pas à le laisser seul sans prendre en compte son état et son frère, malgré un regard éloquent, ne contestait pas la décision prise. Il s'imaginait donc qu'il avait juste averti ses amis de son retard. Une moue déconcertée s'installa sur son visage en le voyant s'installer à ses cotés avec un recueil de mythes et légendes grecs. Il lui adressa un sourire narquois et ouvrit le livre.
Il comprit qu'il allait lui raconter une histoire. Cela faisait si longtemps qu'il ne l'avait pas fait. Il tergiversait à lui expliquer qu'il avait dix ans et qu'il était un grand garçon mais dès que la voix de Dean s'éleva, il concentra toute son énergie à la suivre. C'était si agréable qu'il s'occupe de lui. Il ne l'avait pas oublié. Il lutta pour ne pas s'endormir et profiter de l'instant présent mais sa température élevée et les antibiotiques furent les plus forts. Il s'assoupissait. Il perçut la main de Dean dans ses cheveux puis il sentit ses lèvres se poser sur son front en un tendre baiser. Il sourit. Il décréta qu'être le plus petit de la famille avait ses avantages. Il attendrait un peu avant de grandir et de devenir un homme.
Fin.
Et voila le second thème. J'espère qu'il vous plaira autant que le premier. Bonne lecture.
Baiser n°2 : Lettre, nouvelle.
Premier rendez-vous.
Sam soupira. Le cours de mathématiques s'éternisait et son ventre grognait de faim. Il observa à la dérobée ses camarades. Une ambiance fébrile régnait et les élèves paraissaient anormalement agités. Leslie, un grand brun trapu et carré, désigna à sa bande, trois sportifs, plus ou moins discrètement, une fille. Ladite fille, Rebecca, Becca pour les intimes, une blonde stéréotypée, néanmoins intelligente et vive, gloussait et pouffait de cette attention avec ses deux amies. Une conversation à base de mots froissés s’ensuivit jusqu’à ce que les deux protagonistes se sourient, satisfaits et réjouis par l’échange. Leurs complices commentèrent l'événement. Il se détourna de la scène et tomba sur Joe, le fan de Stargate et d’informatique, qui baillait à s'en décrocher la mâchoire. Il tombait de sommeil. Toutes sortes de rumeurs couraient sur ses folies nocturnes et il y avait gagné en popularité. Des explications abracadabrantes s’inventaient chaque jour afin de dénouer ce mystère.
A coté, le timide et gentil Riley dessinait sous le regard méprisant de Kate, une pimbêche idiote et populaire. Il ne donnait pas l'impression que son avis sur la question l'intéressait et il gribouillait vigoureusement. Il eut un léger rire en avisant Lucie, à la charmante frimousse parsemée de tâches de rousseur, qui témoignait à l’égard de Riley et de son travail une curiosité sincère et qui à l’instant le couvait du regard, passionnée par l’esquisse qui s’ébauchait sous son crayon. Il ne comprenait pas comment Riley ne percevait pas son admiration. Il tourna un peu plus la tête et aperçut, une rangée derrière lui, juste à coté de la fenêtre, Amanda dite Mandy qui discutait avec Vicky, une afro-américaine, sa meilleure amie.
Leurs regards se croisèrent. Il se perdit dans ses yeux noisette. Vicky brisa le moment en envoyant une boulette de papier sur Mandy. Les joues chauffées, il retourna vite à son activité. Il jeta quand même un furtif coup d’œil à son amie qui afficha un air gêné alors qu’il la surprenait en pleine observation de sa personne. Son estomac s'agita à la délicieuse pensée qu'elle l’observait. Le crissement de la craie lui rappela qu’il suivait un cours et il leva les yeux vers le tableau. Le professeur Finley, qui gardait un certain charme suranné, en dépit de sa calvitie précoce, avec ses gilets de tweed et ses pantalons de velours, poursuivait sa démonstration sans remarquer la vitalité insolite de sa classe et son manque de concentration, davantage flagrant qu’à l’accoutumé. Il se dépêcha de rattraper ce qu'il avait omis d'écrire.
Finalement la cloche sonna la fin du calvaire. Les adolescents se redressèrent, reprirent contact avec la réalité et ce fut comme si un signal invisible se déclencha. Les chaises raclèrent bruyamment le sol et les élèves jetèrent d'un mouvement, pêle-mêle cahiers, classeurs, trousses et livres dans les sacs. Le professeur eut à peine l’occasion de crier les consignes, vaguement noté sur un coin d'une feuille pour ceux qui y pensait, les autres comptants sur un camarade dévoué. L’apprenti chasseur ne fut pas en reste et ne s'attarda pas. Il nota en passant devant Vicky sa vigilance à son égard sans en deviner les motifs. Il se dirigea vers son casier qu'il s'apprêtait à ouvrir lorsqu’un remue-ménage attira son intérêt.
Sam manqua s'étouffer en apercevant un Riley conquérant et fier, ce qui ne masquait pas tout à fait son inquiétude, qui s'approchait du troupeau de cheerleader qui entourait Lucie, leur capitaine. Il lui tendit une enveloppe contenant probablement un dessin. Elle le prit, l'examina avant de hocher la tête. Ses compagnes s’agitèrent et piaillèrent. L'adolescente s'adressa à lui ce qui entraîna des cris stridents de la part de ses amies. Riley devint rouge, tel un homard bouilli, mais il était radieux, un magnifique sourire éclairait son visage. Le groupe de filles bombarda de questions la pauvre Lucie, également rougissante et heureuse. Leslie et sa bande sifflèrent Riley de félicitations au lieu des sifflements moqueurs habituels. Il commençait à s’interroger, on était mercredi et depuis le début de la semaine, ce genre de situation devenait monnaie courante. Il avait la sensation d'être dans un soap. Peut-être une créature surnaturelle hantait l’endroit ? Il haussa les épaules, si une créature ou un fantôme rodait dans les parages, il le repérerait et ensuite il agirait. Les événements provoqués ne paraissaient pas dangereux et ne nécessitaient pas de paniquer ni de s’alarmer.
Sam déverrouilla son casier à l’intérieur duquel une surprise l'attendait. Ébahi, il détailla la lettre qui accompagnait une boîte carrée emballée de papier cadeau. Précautionneusement, il se saisit des objets, prenant soin de tirer sur les manches longues de son t-shirt pour couvrir ses mains. Il mit l’ensemble dans son sac à dos et gagna une salle de classe déserte à cette heure du déjeuner. Il choisit de commencer par la lettre. L'enveloppe n'était pas collée, il n'eut qu'à défaire le rabat. Un ricanement s'échappa de sa bouche tandis qu’il prenait connaissance de son contenu. Il comprit la soudaine agitation des élèves. Samedi, on serait le quatorze février, la fameuse fête commerciale de l’amour ou Saint-Valentin. Pour une fois qu'elle tombait un week-end permettant aux adolescents de la fêter.
Il lut attentivement son courrier. Un deuxième mystère s'éclaircit, celui de Vicky. Ses réflexions ironiques prirent sens. Elle avait dû aider son amie à lui préparer la surprise. Un sourira orna son visage. Mandy lui proposait de passer samedi en sa compagnie. Il s’enthousiasma à l’idée. Pourtant, il se sentit bête, c’était lui l'homme et il n'avait rien fait. S’il état honnête, il reconnaitrait qu’il n’aurait jamais osé. Étant juste invité, il lui restait toujours l'organisation du rendez-vous pour se rattraper. Une subite angoisse le pénétra. Il s’agissait de son tout premier rendez-vous, s’il le voulait réussi, il devrait demander conseils à Dean qui se gausserait de lui. Or il n’avait pas le choix. Il lui faudrait s’expliquer de toutes manières lorsqu’il voudra sortir et son frère ne se laisserait pas embrouiller par des mensonges. Il le connaissait, malheureusement, trop bien.
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Sam déballa la boîte, devinant qu'il s'agissait de chocolats, et avala une des friandises de l’assortiment, le dégustant lentement. Il décida de se rendre à la cantine afin de ne pas mourir de faim pendant les quatre heures de cours qu'il lui restait. Il fut fébrile pendant toute l'après-midi et une fois n'est pas coutume, il se dépêcha de rentrer au motel. Il s'arrêta sur le chemin au centre-ville acheter une joli carte, il n'avait pas besoin de l'expérience de son ainé pour savoir que répondre avec du vulgaire papier à carreau ne le ferait pas. Il acheta également du chocolat. Il grimaça en voyant le reliquat de monnaie qui trainait dans ses poches. Il prit conscience que s'il voulait, par exemple l'inviter au cinéma, il allait avoir du mal à payer. Il espéra que Dean pourrait lui prêter un peu d'argent.
Néanmoins il fut déçu en réalisant qu'il ne pourrait pas lui proposer autre chose à cause de ses faibles ressources. Il arriva à l'hôtel, sa douce euphorie envolée à cette pensée. Il entra morose dans la pièce. Il défit ses affaires et s'installa à la table pour y faire ses devoirs. Il s'occuperait de son problème ultérieurement. Il sursauta quand son frère, occupé à nettoyer les armes, l’interpella. Il ne l'avait pas volontairement négligé, il voulait juste s’apitoyer sur son sort..
— Hé bien Sammy tu ne dis pas bonjour maintenant. Allez qu'est-ce qu'il t’arrive ?
— Rien de très important.
Son frère insista et il montra les présents. Dean se fit railleur.
— Oh mon Sammy devient grand ! Mais c'est super ça... À moins que la fille ne soit très moche et très conne. C'est le cas ?
— Deaaan.
Sam était gêné et exaspéré par son attitude. Un immense rictus fendait son visage et il savourait l'information.
— Bon si ce n'est pas ça, c'est quoi ? Elle ne te plaît pas ? Elle a des manies bizarres ? Oh, je sais…
— Dean, stop, ce n'est pas ça. Elle est jolie et très gentille. J'aime bien parler avec elle....
— Alors quoi ? l’interrompit son ainé.
— Je voudrais bien l'inviter. J'ai d'ailleurs de quoi répondre à son invitation mais...
— Mais ?
Le ton de son aîné se fit plus doux et cela l'encouragea à s’expliquer.
— Je n'ai pas assez argent.
— Oh ce n'est que ça ! Ce n'est pas un problème. Je vais te donner ce qu'il te faut. Qu'est-ce-que tu veux faire ? Enfin si tu en as une idée.
Il hésita une fois de plus à révéler son souci car il se souvient de la conversation qu'il avait entendu par inadvertance entre son frère et son père.
— Mais tu n'avais pas dit à papa qu'on était un peu juste en argent ?
— Non, ne t'inquiète pas.
— Tu es sûr ?
Dean passa sa main dans ses cheveux.
— J'ai trouvé un job au chantier du coin. Ça devrait aller jusqu'à son retour.
— Vraiment ?
— Mais oui. Allez ne t'inquiètes pas de ça mais plutôt de ton premier rendez-vous amoureux.
Le ton de son frère s'était fait à nouveau moqueur. Il craignit la suite de la discussion. Elle fut aussi gênante que prévue, son frère profitant de son avantage pour le taquiner et l'ennuyer. Le monologue sur le sexe le mortifia. Nom de dieu, il n'en était pas là ! Mais au moins, c'était fait. Il lui fallut de nombreuses minutes pour se rendre compte que son ainé l’avait piégé et l'avait volontairement entrainé sur ce terrain. À son habitude, il avait plongé droit dedans. En allant au lit, se soir là, il constata qu'il n'avait pas commencé sa rédaction en histoire pour lundi prochain mais il s'en fichait. Son unique préoccupation étant son rendez-vous.
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Le lendemain, Sam crocheta en tapinois le casier de Mandy et déposa ses cadeaux. Il eut peur qu’on le remarque, toutefois il se dit qu'il ne devait pas être le seul à forcer une porte de casier pour ce genre de choses cette semaine. La preuve, le sien l'avait bien été et c’était sûrement Vicky, des rumeurs de délinquances juvéniles la suivaient. Il n’y croyait pas vraiment, elle ne paraissait pas ni méchante ni sournoise derrière ses piques sarcastiques et son humeur noir. Cependant elle ne vivait pas dans le bon quartier ni n’avait la bonne couleur de peau.
À l’exemple de son amie, il avait écrit une lettre et l'avait accompagné de sa boîte de chocolats et autres douceurs. Il rajouta une note contenant le programme. Sous les plaisanteries de Dean, il s'était appliqué tant pour l'écriture que pour l'emballage. Seulement ce dernier fut déçu car il n'émit aucunes protestations. Au déjeuner, elle vint le voir et confirma leur sortie. Il passa l’après-midi dans un état guilleret. Le vendredi fut à la fois extrêmement long et extrêmement court.
Samedi, il se réveilla à sept heures piles et bondit hors du lit. Il trébucha sur la pile de livres qui traînait au pied de son chevet, réveillant son frère qui jura au vu de l'heure.
— Bordel. Sammy, il est sept heures. Je sais que tu as hâte et tout mais putain calme tes hormones en folie, tu as ton rendez-vous à treize heures trente. Tu as le temps, merde !
Dean se rendormit rapidement mais Sam ne put pas. Son excitation l’en empêchait et il lui semblait que le temps ralentissait. Il imagina, une partie de la matinée, différents scénarios dans sa tête, du plus catastrophiques au plus merveilleux. Son aîné, irrité par son effervescence, lui fit nettoyer les armes propres, réviser les symboles de protections et tout ce qui lui venait en tête. S'il rechigna au départ, il lui avoua qu'il était bien content qu'il l'occupe. Quand midi trente s’afficha sur le radioréveil du motel, il fila paniqué dans la salle de bain pour se préparer, choisissant ses vêtements les plus neufs et tentant de discipliner ses mèches folles. À treize heures, son frère lui donna ses dernières recommandations et le poussa hors de la chambre, soulagé de le voir partir.
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Sam descendit du bus et se dirigea vers le cinéma. Il croisa sur le chemin de nombreux couples qui profitaient de la journée. Les vitrines des commerçants étaient décorées pour l'occasion et plusieurs vendeurs de rue proposaient des fleurs. Il tergiversa quelques minutes puis calcula exactement ce que lui avait donné son ainé. Il fut étonné du montant. La somme qu’il possédait lui permettait des extras. Il opta pour des lys, il trouvait les roses fades et banales. Arrivé au point de rendez-vous, il remarqua que Mandy n'était pas encore là. Il espérait qu'il n'en faisait pas trop mais il n'eut pas le loisir de s’appesantir sur ses réflexions puisqu'elle arriva. Son estomac fit un looping. Sa robe verte pâle, ses cheveux châtains soigneusement attachés en chignon, son léger maquillage et son sourire timide la sublimaient. Il bafouilla un «bonjour» et lui tendit brusquement le bouquet afin de camoufler sa gêne. Elle le récupéra, agréablement étonnée, et le remercia.
— Bonsoir Sam. C'est super sympa de ta part. Et en plus des lys.
— Tu aimes bien les lys ?
— Pas particulièrement plus qu'une autre fleur mais je trouve ça bien plus original que les roses. Je veux dire tout le monde en offre. Un peu comme-ci ils le faisaient sans vraiment réfléchir. Tu vois ?
— Oui. On va prendre les places ? Et, euh, ça te va vient. Je veux dire tu es très jolie.
— C’est gentil. Merci.
Elle rosit sous le compliment, lui ne trouva rien à répliquer et elle désigna le guichet afin d’estomper l’embarras provoquer par ses paroles. Ils s’y dirigèrent. La file d'attente, à cause de la Saint-Valentin, était plus longue qu'à l'accoutumé. Ils discutèrent. Au début le bavardage tâtonna avant de devenir fluide et facile. Ils étaient tous les deux gauches et hésitants mais ravis d'être là. Enfin c'était de cette façon que l’interprétait Sam. Elle semblait réellement prendre du plaisir à être avec lui et apprécier son présent. Les places achetées, il prit un pot de pop-corn au guichet des confiseries et ils s'installèrent dans la salle.
La diffusion du film se déroula parfaitement, bien qu'il se questionna à plusieurs reprises sur l’attitude à avoir durant la première demi-heure. À la fin, il enroula son bras autour de ses épaules avec crainte mais Mandy, comme si elle n'avait attendu que cela, se blottit contre lui. Il souffla de soulagement et profita donc pleinement de la suite du film. Ils sortirent enchantés de la séance. Naturellement, ils se prirent par la main et déambulèrent dans les rues du centre-ville. Vers dix-sept heures, ils passèrent par le parc où ils se baladèrent un moment dégustant des marrons grillés, les températures étant clémentes et le ciel bleu. Ils finirent par se rendre à la librairie et Mandy fit le plein de livres. Il lui paya un et porta galamment ses sacs.
Puis ils terminèrent la sortie dans une pizzeria dont la clientèle se composait majoritairement de lycéens, de pères de famille ayant en charge, en l’absence des épouses, du repas du soir et de célibataires pressés. En journée, elle se transformait en salon de thé tendance, évidemment le terme « salon de thé » étant trop désuet, le propriétaire ne l’utilisait pas. La décoration était minimaliste, seul le rembourrage moelleux et rouge des sièges réchauffait l’atmosphère ainsi que les affiches de films qui rompaient la monotonie des murs d’un beige pâlot. Les lys trônaient au centre de la table dans une carafe que la serveuse avait mise à leur disposition pour ne pas abîmer le si joli bouquet.
Sam était sur un nuage. Tout se déroulait correctement et Mandy était extraordinaire. Ils engloutirent deux pizzas classiques, suivies d’une énorme glace qu’ils partagèrent tout en commérant sur les couples les entourant dont Leslie qui se la jouait Don Juan devant une Rebecca follement amusée et les adorables Riley et Lucie, qui sous son attitude affirmée et volontaire était en réalité réservée et maladroite.
Le diner consommé, Sam la raccompagna chez elle. Elle n'habitait qu'à une vingtaine de minutes du centre-ville. Sous le porche éclairé, il n’hésita pas sur l'action à mener et se pencha vers elle. Elle suivit le mouvement. Leur premier essai fut maladroit et leurs nez se heurtèrent dans un petit rire joyeux mais au deuxième, ils réussirent à poser leurs lèvres l'une contre l'autre. La jeune fille noua ses bras derrière sa nuque et celui-ci entoura sa taille de ses bras. Le baiser demeura chaste. Ils le savourèrent pleinement avant de devoir se séparer avec regret.
— Bon je dois y aller. J'ai passé une super journée. C'était vraiment génial et encore merci pour les fleurs et le livre. On se voit lundi ?
— Oui bien sûr. J'ai aussi passé une bonne journée. Et ok pour lundi. On pourrait même déjeuner ensemble.
— Se serait bien. Je suis d’accord. Allez. Bonne nuit. À lundi.
— Bonne nuit. À lundi.
Malgré les salutations d'usages marquant le départ, ils se retrouvèrent de nouveau à s'embrasser. Ils échangèrent quelques baisers avant de se dire une dernière fois au revoir, ayant tous les deux en tête qu'il était dommage qu'elle ait un repas de famille le lendemain. Sam rentra au motel sifflotant joyeusement. Les questions goguenardes de son frère et ses insinuations graveleuses ne l'atteignirent pas, tant sa béatitude formait un bouclier solide et efficace face à ses agressions verbales. C’est la tête plein d'heureux souvenirs qu'il se coucha.. Se touchant les lèvres, ses premiers baisers, il se fit la réflexion qu’il avait une excellente raison d’aller joyeusement au lycée le lundi.
Mot de l'auteur : Alors il y a deux ou trois coquilles dans le paragraphe précédent, rien d'importants à part le fait que Mandy a perdu son manteau. Demain ces nouveaux paragraphes devraient se trouver également sur fanfiction.net et donc la version de nouveau corrigé pour le deuxième.
La minute culturelle : J'ai oublié de préciser que lycée américain ou High School diffère un peu du notre. Tout d'abord, il se déroule en quatre années (Freshman year, première année, 14-15 ans ; Sophomore year 15-16 ans, deuxième année ; Junior year, 16-17 ans, troisième année et Senior year, 17-18 ans, quatrième année) bien que parfois la première année se fasse au Junior High School (ou Middle School).
Ceci est important puisque Sam est bien en Freshman Year. Il va seulement sur ses quinze ans et d'ailleurs si vous cherchez dans un calendrier, vous verrez que le 14 février de de cette année est bien un samedi ^^.
Je rajouterais également si le matin est réservé aux cours importants et obligatoires (histoire, maths, économies, anglais), l'après-midi est réservée aux options diverses et variées (physique, littérature, chimie, menuiserie, poterie, informatique, health soit nutrition, contraception et hygiène de vie ou encore les fameux cours de conduite). De plus les élèves sont répartis selon leur niveau pour les matières principales et peuvent être pour les options mélangés à n'importe quelques années.
Le système d'obtention du diplôme de fin de lycée est proche de celui de l'université française.
Voilà vous savez tout ^^.
Preview des trois prochains baisers : Gabriel et Jessica font leur entrée. Nous avons au programme des «Ha ha», des ««arrghh», des «hummm,», des «chuuut», des «smack» des «Froutch», «des patati, patata» et plein d'autres encore ! Bien sûr on n'oublie pas le football américain, la guimauve, la glace, le canapé-lit et le droit constitutionnel. Le plus important, n'est-ce-pas ? Oh j'allais oublier qu'on aura trois guests de qualité.
Bonne lecture.
Baiser n°3 : Scandale.
Je t'accepte tel que tu es.
Sam, assis sur les gradins du stade, observait quelqu'un courir autour de la piste d’athlétisme. L'athlète, un jeune homme à la peau mate et aux jambes interminables, l'aperçut et lui fit un signe de la main auquel il répondit. Il termina son tour et le rejoignit. Sam lui tendit une serviette et une bouteille d'eau que le sportif accepta avec chaleur, ravi d'essuyer la sueur qui perlait sur son front et de se rafraichir.
— Salut Jack. Tu t’entraînes pour la dernière compétition de l'année ?
— Yep. J'espère améliorer mon score et aider mon équipe à remporter la victoire. Le professeur Morisson souhaite absolument finir sa carrière en beauté avec cette victoire. Il fera un scandale si on perd et pauvre de nous, il nous tuera.
Sam émit un bref rire. Il avait le professeur Cassidy en sport mais il connaissait de réputation Morisson, célèbre pour son intransigeance et ses exigences. Il se rapprocha de l'athlète, susurrant.
— Tu sais quoi ? On ne s'est pas dit bonjour correctement.
Jack lui sourit tendrement et dans un même mouvement ils se penchèrent l'un vers l'autre. Le souffle du sportif chatouillait sa joue. Il posa ses mains sur ses hanches afin de le presser contre lui. Sam ne se fit pas prier et entoura son cou de ses bras, posant sa bouche sur la sienne. Il gémit de bien-être. Ils s'étaient à peine vu, les professeurs les avaient accablés de devoirs et ils ne fréquentaient ensemble que le cours de journalisme.
En outre, son père avait dégoté une chasse dans une ville voisine l'occupant tout le week-end. Le baiser s'approfondit et ils continuèrent jusqu'à être obliger de s'oxygéner. Ils ne cessèrent pas pour autant leur étreinte. Ils étaient à peu près de même taille et Sam pouvait poser sa tête sur son épaule sans être gêné. Les doigts de son compagnon jouèrent avec des mèches de ses cheveux. Il murmura la voix étouffée par l'épaisse chevelure.
— Tu fais quoi se soir ?
— Rien. Pourquoi ?
— Je me disais qu'on pourrait aller au cinéma. Erin Brockovich est encore à l'affiche.
— Pourquoi pas. Ce serait sympa. Le film a eu de bonnes critiques en plus.
— Ensuite on pourrait diner chez moi. J'ai déjà acheté à manger et préparer deux, trois trucs.
Sam fronça les sourcils car ni lui, ni son petit-ami ne cuisinaient normalement, le nombre de restaurants dans les environs suffisait à varier les plaisirs, et il sentait qu'il organisait quelque chose de spécial. Jack le dévisageait, amusé de son incompréhension.
— Ne me dis pas que tu as oublié ?
Il ne comprenait pas son insinuation ce qui le fit rire à son agacement.
— D'habitude les gens sont tout joyeux ce jour là.
Il ne saisissait pas plus.
— C'est ton anniversaire. On est aujourd'hui le mardi 2 mai 2000.
Sam rougit légèrement. Il avait vraiment oublié. On fêtait les anniversaires chez les Winchester mais seulement quand on le pouvait. La chasse ne souffrait d'aucunes excuses. Il n'y avait pas repensé car son père avait prévu de se rendre dans une commune voisine pour la journée voire la soirée afin de se renseigner sur certains faits étranges et il n'avait pas croisé son frère ce matin là.
Enfin il ne s'attendait pas à ce que Jack se préoccupe de cela. Après tout il était bien conscient que Sam bougeait de ville en ville, d'état en état et qu'il ne resterait pas. Il était agréablement surpris. Son compagnon dut deviner le fil de ses pensées.
— Que tu restes ou pas, qu'on garde ou pas le contact ne change pas le fait que je t'aime bien et que j'ai envie de te faire plaisir. — Tu prends bien les choses tout de même.
— Si cela n'avait pas été ça, ça aurait été l'université. Après cet été, je serais dans une fac à l'autre bout du pays et on sait que lorsque viendra ton tour l'année prochaine, tu pourrais aussi bien atterrir à coté de ma fac que d'en être à l'opposé. Les relations longues distances marchent rarement. De plus, j'aime prendre la vie comme elle vient, profiter de l'instant présent, de ce que j'ai.
Sam marqua simplement son accord avec ses dires en hochant la tête. Sa vie ne lui permettait pas de raisonner autrement bien qu'il espérait un jour se stabiliser et laisser les incertitudes derrière lui.
— Tes parents ne sont pas là, je suppose ?
— Non, Tante Beth a rechuté. Ils sont avec elle. C'est dur en ce moment pour elle.
— Ça va aller ? Tu sais, si tu préfères ...
—Non ça ira. J'irai la voir à la clinique de détox demain pendant ton travail, le coupa t-il.
Sam connaissait le fort attachement qui liait Jack à sa tante et il fut touché d'être suffisamment important à ses yeux pour qu'il retarde sa visite en faveur d'une soirée en sa compagnie. Sa main glissa affectueusement sur son visage puis releva son menton afin qu'il puisse l'embrasser convenablement. Ses lèvres frôlaient les siennes au moment où un cri retentit. Il se retourna et découvrit son père. La panique monta en lui. Il se détacha à regret de son petit-ami.
— C'est mon père.
— Je présume que le «Enchanté de vous rencontrer monsieur» n'est pas de mise ?
Sam le gronda gentiment pour sa désinvolture. Son père n'avait jamais rencontré Jack, Dean les avait déjà aperçut ensemble sans être au courant de leur relation, non par honte mais parce qu'il n'avait pas eu d'occasions de le faire. De surcroit, sa méconnaissance au sujet de la tolérance de son père face à l'homosexualité l'avait rendu prudent et sa réaction le confortait dans l'idée qu'elle n'était pas très élevée.
Par ailleurs, ils ne se donnaient pas rendez-vous au motel car si les absences de sa famille leur fournissaient un lieu pratique pour avoir de l'intimité, les lignes de sel, les cercles de protection, les armes et les dossiers de police qui trainent le retenaient. Les camoufler n'était pas compliqué, néanmoins le risque qu'il tombe dessus était trop important et c'était difficilement explicable. Celui-ci ne s'en était pas offusqué mettant ses réticences sur la précarité de sa vie. Sam ne l'avait pas contredit.
— Il vaut mieux que j'y aille avant que cela ne devienne vraiment gênant et bizarre. On se voit se soir.
— D'accord. Si tu as un soucis n'hésite pas à m'appeler.
— Ok.
Il le salua de la main, ne désirant pas énerver davantage son père et suivit ce dernier jusqu'au vieux truck.
o§o§o§o
Ils grimpèrent à l'intérieur et prirent la direction du motel. Sam demeura muet, évitant le regard de son père qui finit par entamer la discussion.
— Sérieusement Sam ? J'étais venu te chercher pour que tu m'accompagnes à la chasse et je vois ça !
— Quoi ça ? Le fait que ton fils veuille embrasser un mec ?
Son ton était plus mordant qu'il ne l'aurait voulu mais ces dernières semaines étaient tendues entre eux, notamment à cause de ses projets d'étudier à l'université, et il se sentait agressé par l'attitude clairement réprobatrice de son père.
— Ne sois pas insolent avec moi. Je ne savais pas que, … Enfin ça.
—Tu peux le dire papa. Cela ne va pas te manger ou tu as honte de moi ?
— Arrête de dire des conneries. Et puis de toute manière, tu es un ado, c'est normal de tester.
— Un ado ! Tu es en train de sous-entendre que je fais ça pour juste m'amuser, que ce n'est pas sérieux ? L'idée que se soit une expérience te soulage ? Je ne te savais pas homophobe !
— Ça suffit ! J'en ai marre de tes airs de tragédienne. Tu te tais. On en reparlera plus tard.
Sam se tut, se rencognant contre la portière. Arrivé à l'hôtel, John donna ses instructions.
— J'ai besoin d'être sur place pour la prochaine chasse alors on quitte la ville. Tu prépares tes affaires, tu appelles ton lycée pour les prévenir de ton départ et on y va.
— La prochaine chasse, tu crois que je vais gober ça ? Ce n'est pas plutôt pour éviter que mon copain ne convertisse complétement ?
Il cria sur un ton hargneux, assommé par la nouvelle. Il s'apprêta à sortir de la voiture mais son père le retint.
— Je vais à l’accueil régler la note. J'espère que d'ici mon retour, tu te seras calmé et arrêtera de dire des foutaises. Ne recommence plus à me parler sur ce ton. Compris ?
— Compris quoi ? Que tu as peur que tout le monde sache que le fils de John Winchester est une tapette ? Quel scandale !
Sam quitta le véhicule en colère sans lui laisser le temps de répondre et claqua violemment la portière. Il grimpa deux à deux les degrés des escaliers, les yeux embués. Il avait promis qu'il ferait un trimestre entier dans un seul lycée, une seule ville. Il s'était engagé à tenir sa promesse et à son habitude, il mentait.
Il s'était fait des amis, était en couple, certes avec un garçon mais pour lui cela n'avait pas d'importance, participait au club de journalisme dont il suivait les cours et il avait également déniché un job dans un bar, le mercredi et le vendredi soir. C'était tout ce qu'il souhaitait, une vie simple et normale. Et pire que de le trahir, il le jugeait. Il passa la carte magnétique dans le lecteur et ouvrit brutalement la porte. Il ne remarqua pas de suite son frère.
— Sammy, qu'est-ce qu'il y a ?
— Rien. Rien du tout
— C'est pour ça que tu claques les portes et que tu as les larmes aux yeux. Je ne crois pas que tu te sois battu avec des oignons, fit son aîné sarcastique.
Il s'assit sur le lit et essuya les traîtres sanglots. Il expliqua à son frère les évènements puisque son aîné ne lâcherait pas le morceau.
— Je vois. Tu sais papa ne voulait sûrement pas que tu le prennes comme ça. Il ne s'y attendait pas et il n'est pas très doué pour ce genre de truc.
— Peu importe. On était sensé rester ici encore deux mois et pour me punir, sur un coup de tête, il nous oblige à partir.
— Je vais lui parler.
— Si tu veux.
Sam n'était pas persuadé que sa démarche fonctionnerait. Il n'esquissa pas un geste pour faire ses bagages. Il resta silencieux à attendre son père, jouant avec son portable. Son frère était un peu nerveux. Il devinait ce qu'il le tracassait et cela l'amusait.
— Pose ta question.
— Alors tu es gay ?
— Non. J'aime toujours les filles.
— Donc bi. Jack c'est ce mec que j'ai déjà vu avec toi ? La grande perche ?
— Non et oui. Enfin je ne sais pas trop si je suis bi ou si c'est juste lui. Bref je ne me pose pas trop la question.
— Si tu le dis. Il a l'air gentil et il est, euh, pas trop mal pour un mec. En plus vous êtes assortis avec vos grandes tailles.
— Ouais, il est génial.
Un sourire s'étira sur ses lèvres. Le silence s'installait confortablement lorsqu'il fut interrompu par un Dean curieux.
— C'est comment d'embrasser un mec ?. J'veux dire par rapport à une fille.
— C'est pareil.
— Tu as l'air vachement convaincu par ta réponse, ricana son ainé.
— Je veux dire c'est bien, comme avec Mandy mais j'imagine que se sera encore meilleur le jour où j'aurai trouvé la bonne personne. Tu vois ?
— Oula tu vas un peu trop loin pour moi. Je ne me prend pas autant la tête. Un baiser reste un baiser.
Il le bouscula d'un coup d'épaule. Sam allait argumenter lorsque le lino du couloir grinça. Il se tendit. Son aîné soupira.
— Bon je n'ai pas envie de supporter de nouveau vos disputes, alors tu va prendre l'escalier de secours et te rendre à ton rencard.
Sam le regarda surpris.
— Tu joues avec ton téléphone depuis tout à l'heure et c'est ton anniversaire. On fête les anniversaires quand on est en couple. Et puis, on dira que c'est ton cadeau. Je n'aurai pas à me casser la tête à en chercher un.
Sam se retint de lui dire qu'il savait qu'il avait un cadeau pour lui. Il faut dire que le cacher au milieu du linge sale alors qu'il était chargé de la corvée de lessive était une idée idiote. Son frère reprit la parole.
— Joyeux anniversaire d'ailleurs. Allez casse toi.
— Merci.
Il hésita et le serra dans ses bras avant d'enjamber le rebord de la fenêtre tandis que le bruit caractéristique du lecteur à cartes retentissait. Dean lui lança un objet qu'il attrapa par réflexe. Il avait un sourire gêné mais goguenard et fier.
— N'oubliez pas, sortez couvert !
Il voulut répondre mais la présence de son père qu'il percevait l'en en empêcha. Il descendit silencieusement les marches et une fois dans la rue courut pour attraper le bus qu'il eut in-extremis. Ce fut seulement une fois installé sur l'un des sièges qu'il pensa à ranger le préservatif. Il sourit.
Il n'aurait pas songé que son frère fasse ça pour lui. Il ne s'opposait guère à son père et au vu des circonstances ça risquait de douloureusement chauffer pour son matricule. Cela comptait beaucoup pour lui qu'il ait pris autant de risques.
Si le comportement de son père le touchait d'une certaine façon, il savait qu'il s'en accommoderait. Il était habitué à ses nombreuses récriminations à son égard et à le décevoir. En revanche, celle de Dean était réellement importante. Il n'aurait pas supporté un rejet de sa part. Là il l'acceptait tel qu'il était. C'était en réalité le meilleur cadeau d'anniversaire qu'il lui ait jamais fait.
Fin.
Mot de l'auteur: Comme j'ai dû le dire, les textes ne suivent pas un ordre chronologique mais seulement l'ordre des thèmes, ce qui ne veut pas dire que ce recueil en dénué. Je pense que vous trouverez sans le moindre souci, la date précise de ce baiser mais spoilers. Sinon par rapport au couple évoqué, on est dans leurs derniers baisers, il vous faudra patienter avant de lire les balbutiements de leur histoire:).
Avertissement : Ce texte contient une scène de sexe gay, indiqué entre trois « o§o§o§o ». Et je suis équitable, le deuxième couple fétiche, Sam et Jessica, de mon recueil aura droit au même traitement, bien plus tard mais spoilers.
Baiser n°4 : Toi et moi.
Sammy et Gaby.
Sam regarda par la fenêtre son frère démarrer la voiture et quitter l'enceinte du motel. Il soupira de soulagement. Se débarrasser de Dean s'avérait plus facile que prévu et tenait en une unique personne : la séduisante et enjouée brune du bar.
Pourtant, il n'avait pu empêcher les commentaires salaces de son frère qui s'imaginait que son cadet avait rendez-vous avec une femme. Son aîné, content qu'il s'amuse et empressé de rejoindre sa demoiselle, avait mis les voiles sans le questionner sur son zèle à le chasser de la chambre.
Sam inspecta la pièce, s'assurant que tout soit en ordre et propre. Il rangea le linge de Dean, tant pis s'il posait des questions gênantes, nettoya les deux assiettes et les couverts ainsi que les verres, les essuya et les déposa sur la table basse qu'il décrassa au préalable, refit les lits puis s'assit sur le sien.
Maintenant qu'il était seul l'angoisse le reprenait. Perdu dans ses pensées, il ramassa les armes, qu'il avait déposé sur le sol, pour les ranger. C'était le grand soir. Il était prêt. Ils avaient déjà fait des trucs : d'intenses et satisfaisantes séances de pelotage et de masturbations mutuelles et diverses activités plaisantes mais ils n'étaient jamais allé jusque là. Il se sentait ridicule. Il n'était plus un adolescent.
En fait il ressemblait au jeune homme qui démarrait sa première relation sérieuse. À l'époque ses maladresses et celles de Jessica avaient entraîné plusieurs situations gênantes et comiques mais ils avaient fini par s'accorder et à ne plus à être embarrassés d'exprimer leurs envies.
Il décida d'allumer la télévision afin d'éviter de ressasser ses souvenirs et de se tracasser pour la seconde partie de soirée. À peine attrapa t-il la télécommande qu'une voix facétieuse le fit sursauter. Il porta sa main à son cœur.
— Bonjour mini géant de mon cœur.
— Nom de dieu, tu m'as fait peur ! Tu ne pourrais pas prévenir avant de débarquer de cette façon ? Franchement il y a une porte à laquelle tu peux frapper pour te signaler ! Simple politesse de base.
Il accompagnait ses paroles de gesticulations désordonnées.
— Oh ! Tu m'as l'air particulièrement anxieux. Quelque chose ne va pas ?
Sam prit conscience de la brutalité de son accueil et de son agitation. Gabriel ne pouvait pas savoir et il ne lui dirait rien. Il avait sa fierté.
— Non, non. Désolé, il n'y rien. C'est Dean. J'ai eu du mal à le convaincre de rejoindre sa serveuse et j'ai eu peur que tu 'arrives et qu'il te voit.
— Aahh, Sammy. Tu devrais moins te tourmenter ou tu vas avoir des problèmes cardiaques avant l'âge. Tu sais que je me rends toujours invisible en arrivant, histoire d'éviter ce type d'ennuis ?
Il rétorqua sur un ton semblable, mi-réprobateur, mi-amusé.
— Non mais je le sais maintenant. Toutefois si tu m'avais prévenu, tu ne me causerais pas autant de tracas. Tu seras toi même responsable si je meurs d'un infarctus, Gaby.
D'habitude l'ange râlerait à cette appellation, lui pareillement, mais c'était différent entre eux. Quand son père usait du «Sammy» pour le nommer, cela annonçait immuablement de mauvaises nouvelles, des reproches et d'interminables et épuisantes querelles. Il ne se souvenait plus des moments où il avait dû être tendre dans sa bouche.
Non, ça c'était Dean. En grandissant, il y avait aussi de la moquerie gentille dans sa manière de le prononcer, teintée de cette nuance propre à l'aîné qui asticote leur cadet. Cependant s'il les corrigeait, par routine dans le cas de Dean, par désapprobation dans le cas de son père, il ne les empêchait pas de les utiliser. Sauf à Jessica. Il lui avait interdit.
«Sammy» était trop rempli de rancœur, de colère et de souvenirs douloureux pour qu'elle s'en serve. En outre, en allant à Stanford, il s'était détaché de cette part de soi, compartimentant le passé et son présent d'étudiant dans deux tiroirs séparés et distincts. Le temps aurait pu changer les faits. Il ne le saurait jamais.
En revanche dit par Gabriel c'était autre chose. Il avait de la chaleur, de l'affection, de la douceur, parfois des notes d''amusement ou d'agacement s'y ajoutaient selon les circonstances. Cela ne ramenait pas de pénibles réminiscences de son passé. C'était agréable et donnait le sentiment de compter. Et puis associé au «Gaby», il masquait la réalité.
Ces surnoms simplifiaient leur relation, les enrobaient à l'intérieur d'une bulle protectrice. «Sammy» et «Gaby» n'était que deux personnes lambdas. Sammy n'était pas Samuel Winchester le chasseur au sang souillé par le démon, provocateur d'Apocalypse et vaisseau de Lucifer. Gaby n'était pas Gabriel l'archange, cet être céleste et divin qui espérait réunir sa famille. Sammy et Gaby pouvait être ensemble.
Il devait s'être égaré dans ses réflexions depuis de longues minutes car la mine de son compagnon se fit soucieuse. Il ne lui laissa pas l'opportunité de l'interroger en capturant ses lèvres des siennes, l'enlacement fermement, heureux de le retrouver. L'ange n'objecta aucunement et se fondit dans l'embrassade. Un bruit sourd annonçant l'arrivée de la pizza qu'il avait commandé pendant la douche de son frère interrompit le câlin.
o§o§o§o
Une fois le livreur payé et reparti, ils s'installèrent devant la télévision pour le final du Superbowl, les Saints de la Nouvelle-Orléans contre les Colts d'Indianapolis. Évidemment, cela occasionna quelques disputes. Gabriel était persuadé que les Colts gagneraient de nouveau tandis que Sam arguait que la première participation des Saints serait couronnée de succès.
Le premier quart-temps fut en faveur de l'ange qui se révéla insupportable contrairement au deuxième pendant lequel Sam le narguait et l'accusait de vendre trop vite la peau de l'ours. La mi-temps durant laquelle les Who assurèrent le spectacle permit une trêve des hostilités et une indécente séance de batifolage, parfait prélude à l'après-match. Le stress les envahit lors de la troisième partie et ils grognaient, encourageant et vitupérant les joueurs. Gabriel exulta devant un touchdown suivi d'une transformation qui augmenta sensiblement les points de son équipe, néanmoins les Saints persévérèrent et remontèrent le score, sous les exclamations de joie de Sam, avec un fiel goald. Le dernier quart-temps fut un massacre pour les Colts et au final Sam eut raison, son équipe vainquit 31 à 17. Il entama une danse de la victoire ce qui déplut à l'ange vexé. Pour taire ses cris de bonheur il l'embrassa.
Sam apprécia longuement l'échange puis il réussit à se dégager de l'étreinte et il se leva pour récupérer de la glace qui traînait dans le réfrigérateur. Il ne savait plus pourquoi lui et Dean en avaient acheté lors des dernières courses. Ce n'était pas comme-ci le mois de février était propice à ce genre de dégustation. En préparant deux bols, il taquina son compagnon.
— Tu es un très mauvais perdant. Je ne sais pas encore si je vais garder les deux bols pour moi ou pas. C'est une difficile décision tu comprends.
Il agitait la cuillère en appui à son discours. Le regard malicieux de Gabriel montrait qu'il avait parfaitement compris le sous-entendu. Il s'approcha de lui se mouvant de manière langoureuse. Le souffle chaud de sa respiration s'échoua sur son cou et son oreille. Sam frémissait d'anticipation. Sa voix ronronna à l'image d'un prédateur qui s'apprêtait à dévorer sa proie.
— Je comprends tout à fait et je suis sûr que je saurais te persuader Sammy.
Il gémit de déception lorsqu'il se contenta de prendre les récipients et de reculer lentement vers le lit. Il entra dans son jeu et le suivit. Les bols atterrirent brutalement sur la table de chevet alors que Sam se jetait sur son compagnon, le basculant sur le lit. Les moments d'intimité tels qu'ils vivaient ce soir étaient rares et il ressassait ce désir depuis si longtemps que sa retenu s'évanouit.
o§o§o§o o§o§o§o o§o§o§o
Gabriel reprit l'ascendant sur Sam. Il le repoussa et s'installa sur lui à califourchon, ses mains posées sur sa chemise, réfléchissant. Sam l'interrompit dans ses réflexions.
— Gaby pas de magie.
Il ne répondit pas et déboutonna un à un les attaches de son haut. Dès qu'un morceau d'épiderme était dévoilé, il étalait de la crème glacée dessus et il effleurait la peau de gestes lascifs et furtifs. Le surprenant contraste entre la chaleur de ses doigts qui le réchauffaient et la morsure gelée de la glace suscitaient de délicieuses sensations chez Sam qui frissonnait à la fois de plaisir et d'un agréable inconfort. Parfois une langue le goûtait, trop rapidement à son goût.
Il voyait que son impatience et ses réactions satisfaisaient son compagnon. Celui-ci termina son travail sans se presser. Le poids sur ses hanches l'empêchait de se rebeller dans le but d'avoir plus et tout de suite. Il grogna à cette constatation ce qui réjouit Gabriel.
— On est désireux à ce que je constate mon Sammy. Mais ne t'inquiètes pas, je vais bien m'occuper de toi. Tu apprécieras tellement que tu en redemanderas encore et encore.
La déclaration était tellement prometteuse qu'il se détendit. Sam ne fut plus qu'un tas de gémissements lorsque l'ange décida, enfin, de se mettre en action. Cependant il l'arrêta quand il entreprit de défaire les boutons de son jean et de dessiner de sa langue les contours de son habit sur son bas-ventre.
Bien que l'idée d'avoir de la crème glacée sur son sexe était diablement alléchante, surtout s'il pensait à la façon dont elle serait récupérée, il préférait tester une nouvelle pratique. Il l'attira à lui et chercha le courage de lui demander.
— J'adorerai que tu continues comme ça mais j'aimerai qu'on essaie autre chose. Tu vois ?
Le froncement de sourcil et l'incompréhension qui se peignit sur le visage de Gabriel entraîna un léger fou rire chez Sam qui se rendait compte que le «Tu vois ?» était tout sauf explicite au vu de l'étendue de l'expérience sexuelle de l'ange. Débarrassé de la tension qui l'habitait, il renouvela sa requête avec facilité.
— Désolé. Je suis un peu stressé. J'aimerai qu'on aille jusqu'au bout. Que tu me prennes.
Il l'avait dit sans rougir, sans bafouiller, sans inconfort. Il réalisait que sa confiance en son compagnon rendait sa demande étonnement simple et banale. Un unique «Oh !» sortit de sa bouche. Il commença à s'interroger sur le bien-fondé de son envie. Gabriel dut sentir que son absence de réaction était gênante.
— Je le veux aussi mais es-tu sûr ? Vraiment ? Il y a plein de choses qu'on peut faire à part ça.
— Oui, j'en suis tout à fait sûr. Je te fais confiance. Enfin si tu en as envie...
— Oh que oui ! Et tu ne veux pas savoir à quoi j'ai pu penser. Ce que j'ai pu rêver de te faire. Ou de ce que tu pourrais me faire.
La voix remplie de luxure associé à son sourire songeur colora ses joues. Il n'était pas dénué de pratique mais il y avait tout un monde entre la sienne et celle de l'ange. Des milliers d'années précisément. Et puis Jack avait été son seul homme et ils expérimentaient leur sexualité.
Gabriel le taquina à propos du rosissement de ses pommettes avant de reprendre ses baisers et ses caresses auxquels Sam répondit avec empressement. Ils se dépouillèrent frénétiquement des vêtements restants et leurs corps nus se frottèrent avec enthousiaste, ravis du contact.
Lorsque Gabriel se saisit d'un flacon, apparu de nulle part, dont la transparence dévoilait son contenu, Sam se troubla, se crispant à son compagnon.
— Ne t'inquiètes pas. Je vais y aller doucement et si cela ne va pas on arrête. Tu as le droit de pas aimer de ou ne pas te sentir prêt et si c'est le cas, ce n'est pas grave. C'est juste toi et moi. Pas de pression.
Sam hocha la tête. Ses chuchotis rassurants, sa prévenance le conforta dans sa décision. Il roula sur le ventre, s'abandonnant aux bons soins de l'ange. Celui-ci se mit à la tâche et il détournait habilement son attention de ses doigts qui s'enfouissaient en lui. Il utilisait sa main libre et sa bouche pour attoucher, embrasser, mordiller et lécher toutes zones à porter : cuisses, fesses, creux des reins et des genoux. Le vide qu'il laissa en les retirant le fit geindre. Il découvrait seulement que cet endroit de son corps pouvait être aussi sensible, excitant et il désirait qu'il continue à le fouiller de ses doigts. Il sentit des lèvres se poser dans sa nuque tandis qu'il susurrait à son oreille de cette voix rauque, chaude et féline.
— Tu es si détendu, si excité et si prêt à me recevoir.Tu es assurément assoiffé de mes câlineries et avide de subir mes outrages, que je me fonde en toi, que je te possède.
Les paroles crues l'excitèrent. Il acquiesça. Il souhaitait simplement qu'il le fasse sien, qu'il arrête de le faire languir.
— Oui.
Le sentant bouger derrière lui, il anticipa la suite mais il se contenta de le questionner.
— En général, c'est mieux sur le ventre mais il n'y a pas réellement de positions plus indiquées qu'une autre pour une première fois. Cela dépend de ton envie. À part les trucs acrobatiques bien sûr.
— Ma seule exigence est de te voir.
— D'accord.
Gabriel manipula son compagnon qui n'était plus qu'attente fébrile et qui s'en remettait entièrement à lui.
L'ambivalence des sensations ressenties lors de la pénétration surprit Sam, moins douloureuse qu'il ne l'avait prévu et davantage plaisante et par dessus tout il y avait cette merveilleuse et inattendue impression de complétude. Ils restèrent immobile à s'observer, à jouir de ces émotions nouvelles qui les traversaient et les chaviraient, les affolaient. Ensuite, à l'unisson, ils se penchèrent scellant leur lèvres. Le baiser, délicat et chaste, s’embrasa. Les bouches s'entrouvrirent, les langues se mêlèrent et dansèrent avec fougue, les mains s'agrippèrent fébrilement aux cheveux, aux nuques ou aux épaules, les hanches s'emballèrent. Ils savouraient cet instant. Ils voulaient qu'il dure indéfiniment mais Sam, à bout de souffle, rompit ce baiser qui signifiait tant. Les ardeurs qui les avaient grisé se calmèrent et la cadence ralentit. Les yeux s'accrochèrent et de discrets chuchotements, susurrés simultanément, brisèrent le silence.
— Juste Toi et Moi. Juste nous.
— Juste nous. Oui. Juste Sammy et Gaby.
Sam mêla les doigts d'une main à ceux de son compagnon et d'une ondulation de bassin donna le départ d'un ballet passionné et sensuel, rythmé par les grincements du lit, les murmures assourdis, les frottements des draps, les chuintements des peaux humides et les gémissements érotiques. La poigne ferme de Gabriel s'empara du pénis de Sam qui en couina de surprise et dans un élan revanchard chercha à l’amener au bord de l’abîme. Il s'enroula et se resserra autour lui, transformant leur mesuré pas de deux en une folle sarabande de mouvements frénétiques. Puis tout cessa dans un râle plus sonore, un chuchotis plus expressif.
Ils se séparèrent à peine, le temps de s'allonger sur le côté, les jambes emmêlées et les fronts collés, leurs souffles saccadés balayant leurs visages et leurs mains caressant paresseusement leurs corps. Un baiser était parfois déposé au hasard. Après de longues minutes, Gabriel murmura comme s'il avait peur de briser la magie du moment.
— Ça a été ait ?
— Oui. Très bien, plus que bien même.
La réponse de Sam était presque inaudible mais suffisante. Ils s'enfoncèrent dans une douce torpeur dont ils ne souhaitaient pas sortir. Seul le tintement des cloches, les glapissements d'un couple de renards, le bruissement des feuilles et les hululements d'une chouette, bruits nocturnes typiques d'une ville de campagne, résonnaient à l'intérieur de la chambre de concert avec leurs paisibles respirations.
o§o§o§o o§o§o§o o§o§o§o
Un vrombissement incongru dérangea la sérénité des lieux. Une bordée d'injures s'échappa d'une gorge.
— Bordel de merde. Fais chier. Cela doit être Dean. Tu peux attraper mon portable dans la poche de mon jean s'il te plaît.
Gabriel se contorsionna pour ramasser l'objet tout en gardant la majorité de sa peau en contact avec celle de son compagnon. Il ne se formalisa pas et lut le texto.
— Ton frère t'informe qu'il ne rentre pas cette nuit. Je te passe les éloges faites au sujet de son rencard.
Sa voix gronda d'une jalousie mal dissimulée.
— C'est qui cette rousse ?
Sam récupéra son téléphone et rigola ce qui accentua l'irritation de l'ange.
— Dean croyait que j'avais un rendez-vous avec une femme qu'on a rencontré chez le disquaire et que c'était la cause de mon impatience à le voir partir. Pour toute te dire, je ne me rappelais pas qu'elle était rousse ni quoique se soit à son sujet d'ailleurs.
L'expression de Gabriel devint grivoise et son ton suggestif.
— Je pense que ton frère devait être intéressé par cette rousse mais ayant déjà une touche auprès de la serveuse du bar et voyant que tu pouvais l'intéresser, il a décidé avec courage de se se sacrifier pour toi, son petit frère chéri.
— Se sacrifier ?
— Oui se sacrifier.
Son sourire s'élargit et Sam s'attendit au pire.
— Ton idiot de frangin a dû se croire dans un de ses pornos préférés et s'imaginer un délicieux plan à trois...
Gabriel poursuivit la description de son hypothèse et son compagnon grimaça de dégoût, certaines informations devaient définitivement rester secrètes, ce qui déclencha un fou rire chez l'ange. Sam, au départ vexé de son hilarité, le suivit dans son délire et entre deux hoquets, ils débattirent de cette vision particulièrement horrifique. Les rires diminuèrent et Sam déclara d'une indifférence feinte.
— Dean occupé, on est certain d'être tranquille pour le reste de la nuit. On va pouvoir en profiter. À moins que ton grand âge t'impose des restrictions ? Il y a toujours une rediffusion de True Blood à la télévision pour nous occuper.
Gabriel riposta à cette pique vicieuse par une attaque de chatouillis en règle et les pauvres oreillers et polochons servirent d'armes. Après un ultime assaut à l'aide de la literie, les attaques se firent plus licencieuses et leurs corps entamèrent un nouveau ballet.
Tandis que les cloches carillonnaient trois heures du matin, Sam s'assoupissait au creux des bras protecteurs et affectueux de Gabriel qui se préparait à veiller sur son sommeil.
Fin.