Entrez dans la grande bibliothèque d'Hypnoweb. De très nombreuses fanfics vous attendent. Bonne lecture ! - Inscris-toi gratuitement et surfe sans pub !
Série : Supernatural
Création : 19.03.2015 à 00h25
Auteur : Merane
Statut : Terminée
« Cet épisode virtuel regroupe les textes du concours sur les chasseurs. Vous pouvez retrouver toutes les modalités le concernant sur sa page. » Merane
Cette fanfic compte déjà 4 paragraphes
La foi en les armes par Becky.
Résumé : Chaque chasseur a perdu quelqu'un avant de rentrer dans ce monde. Le Pasteur Jim ne fait pas exception à la règle.
D'un mouvement du poignet, le Pasteur Jim renvoya de l'eau bénite sur l'un des démons qu'il avait acculés dans l'église, tandis qu'il finissait de prononcer l'exorcisme qui le renverrait lui et son compère dans les tréfonds de l'Enfer. Bien vite, les deux corps s'effondrèrent sur le sol, alors qu'une fumée noire s'échappait de leur bouche pour disparaître dans les airs par un des vitraux. S'accroupissant rapidement à leur côté, le religieux saisit leur poignet, à la recherche du pouls, même faible. Seule la seconde des victimes respirait encore. Le chasseur sentit un pincement lui serrer le coeur: se penchant, il vint faire le geste de la croix sur le cadavre, la bénissant silencieusement, avant de lui administrer rapidement les derniers sacrements. L'autre personne n'était qu'évanouie, mais elle ne tarderait pas à se réveiller, aussi se hâta-t-il d'aller dissimuler le corps dans une salle reculée de l'église. Il s'assura qu'il n'avait laissé aucune trace ou empreinte dessus, essuyant les potentiels indices avec un chiffon immaculé. Autant pour les policiers. Jim se débarrasserait de ce pauvre homme dès que les choses se seraient un peu calmées.
Ses gestes étaient méthodiques et appliqués, rapides et efficaces: après deux ans passer à chasser en parallèle de son service, l'homme était devenu un triste expert concernant le sujet des horreurs maléfiques lancées par Satan sur Terre. En ce laps de temps si long et en même temps si court, il avait vu, affronté, et détruit plus souvent qu'aidé tout type de monstre dont il n'aurait jamais seulement envisagé l'existence il y avait encore de cela trois ans. Oh, il savait que le mal existait; il était prêtre, après tout. Mais jamais encore le pasteur n'avait été confronté à une telle forme de celui-ci avant ce terrible Noël 1987.
***
Il n'avait que 28 ans alors; il était prêtre depuis trois ans, rentré dans les ordres suite au décès de son père. Celui-ci était survenu suite à un terrible accident de voiture lors duquel James avait été au volant. Sa vie en était été totalement détruite, et sa culpabilité telle qu'il avait sombré de longs mois dans l'alcool pour tenter en vain d'oublier. Le blond n'était plus qu'une loque, un déchet, et rien de ce que sa famille et ses amis avaient pu tenter ne l'avait aidé. Sans trop savoir pourquoi et comment, il s'était un jour retrouvé à rentrer dans l'église de la petite ville, s'effondrant sur un des bancs et attirant ainsi l'attention du chapelain. Qu'est-ce qui avait bien pu l'attirer en cet endroit? Il ne le savait pas, mais ce qui était certain était que la discussion qui s'en était suivie avec le Pasteur David resterait à jamais gravée dans sa mémoire.
Ce n'est pas de ta faute, Jim. Tout le monde le sait. Tu ne roulais pas comme un dingue, tu n'étais pas ivre, la route était seulement extrêmement glissante et le danger était omniprésent. Le malheur est tombé sur toi comme il aurait pu tomber sur n'importe quelle autre famille. Je ne sais pas pourquoi cela a été vous, je ne sais pas Jim. Mais je suis sûr d'une chose: tu n'y es pour rien. Ce n'est pas ta faute, tu m'entends? Te détruire ainsi n'aidera en rien. Cela ne ramènera pas ton père. Tu ne mérites pas un tel châtiment, mon fils.
Avant même qu'il en ait pris conscience, le jeune homme s'était retrouvé à pleurer toutes les larmes de son corps contre le torse du plus âgé, son visage marqué par l'alcool dissimulé dans le creux du vêtement noir. Il avait attendu ces mots depuis des semaines sans réellement en être conscient. Personne n'avait osé le saisir ainsi et le secouer pour le réveiller, tout le monde le fixait avec tristesse et pitié. Mais il ne voulait pas de leur pitié; il avait bien assez de sa honte envers lui-même. Le pasteur lui avait offert une épaule sur laquelle s'épancher et hurler son chagrin, ce qu'il avait fait cette nuit-là et plusieurs jours encore dans les semaines qui avaient suivi. Dès qu'il allait mal, il venait se réfugier dans le bâtiment, se perdant dans le calme et la sérénité constants qui semblaient habiter ce dernier. L'église était devenu son havre de paix au milieu de la tourmente du monde. Lui pas particulièrement croyant au départ avait trouvé une ancre en ce lieu, quelque chose à quoi s'accrocher. Les paroles du Pasteur David avaient résonné en lui comme le pardon qu'il refusait de s'accorder, lui permettant enfin de réussir péniblement son deuil et accepter de continuer de vivre.
Au bout d'un an passé à se rendre de plus en plus souvent au sanctuaire, l'orphelin avait pris sa décision: il voulait faire partie de ce monde. C'était ainsi qu'il était devenu prêtre, pour la plus grande fierté de son ami et mentor spirituel. Il avait craint au départ la réaction de sa mère, mais cette dernière, soulagée de le voir reprendre pied, avait approuvé sans réserve son choix: tout pour son fils plutôt que la déchéance dans laquelle il était tombé. Si son garçon était heureux ainsi, alors il avait sa bénédiction.
Ce fragile équilibre avait été détruit trois ans plus tard, lorsque la veille du Noël 1987, il avait découvert deux des sœurs l'aidant à l'office dans le prolongement de la nef, là où se tenait le choeur. Rien d'anormal à cela, direz-vous, à ceci près que leurs yeux étaient aussi noirs que du charbon. Les femmes s'étaient tournées vers lui, le fixant de leur regard d'encre alors qu'il se tenait là, immobile, pétrifié d'horreur et terreur. Avant même qu'il ait eu le temps de comprendre ce qu'il se passait, il avait volé dans les airs, venant s'écraser avec violence au sol.
Les créatures s'étaient avancées vers lui en sifflant et profanant des insanités, se moquant et s'interrogeant sur le sort à lui réserver. Voir ces deux visages d'ordinaire si doux se tordre sous l'effet de la haine était une vision atroce, et malgré toutes les années écoulées, Jim ne parvenait pas à l'oublier. Ce souvenir était à tout jamais gravé à jamais, tout comme le son de la lourde porte de bois s'ouvrant soudainement à la volée derrière lui et le hurlement jailli d'une gorge typiquement masculine.
"Arrière enfoirés!"
James ne savait pas trop ce qu'il s'était passé après; sa tête le lançait et son esprit était enveloppé d'un léger brouillard dû à la douleur de la chute. D'où il se trouvait sur le sol gelé, il n'avait pu apercevoir qu'une paire de bottes de cuir épaisses et un jean. Puis le blessé avait entendu quelque chose semblable à un jet, aussitôt suivi de cris alors que les deux femmes -monstres ? Choses ?- plaquaient leurs mains sur leur visage, comme si le liquide les brûlait, sous le regard épouvanté de leur victime. Le nouveau venu avait commencé à réciter avec force des paroles en latin, la main droite tendue, la gauche tenant une grosse gourde continuant à asperger ses ennemis. Malgré sa faiblesse, le révérend n'avait eu aucun mal à les traduire, lui faisant écarquiller les yeux devant leur sens plus qu'évident. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, de la fumée aussi noire que leurs yeux s'était échappée de la bouche des religieuses, dont la tête était tombée en arrière, leurs bras ballants le long du corps. La fumée avait bientôt disparu dans les airs, ne laissant qu'une odeur de souffre derrière elle.
L'inconnu avait attendu quelques secondes, s'assurant que les démons étaient bel et bien partis; puis il s'était accroupi précipitamment aux cotés du prêtre, murmurant des paroles rassurantes et glissant ses mains sur son corps pour vérifier qu'il n'avait aucune blessure grave. Jim l'avait laissé faire, sous le choc. Quelques instants lui avaient été nécessaires pour reconnaitre son sauveur.
"Dr Harper?", avait-il murmuré faiblement.
Celui-ci lui savait souri.
"C'est Caleb pour vous, mon père. Ne bougez pas, vous avez été secoué rudement, et pourriez souffrir d'une légère commotion. Je vais examiner ça de plus près, mais avant, il faut que je m'occupe de vos amies. Fermez les yeux, et respirez profondément, je reviens dans un instant."
Trop secoué pour pouvoir protester, son compagnon avait obéi, pressant ses paupières dans une piètre tentative de diminuer le malaise qui l'avait saisi. Il avait entendu des bruits de tissus et des murmures, bientot entrecoupés d'un flot de jurons. Quelques instants plus tard, le médecin de la ville était de nouveau accroupi à coté de lui, et l'aidait à se redresser lentement, sa main gauche glissée dans son dos alors que la droite était pressée dans la sienne.
"Doucement... voilà..."
Il avait ouvert les yeux avec peine; sa vision était demeurée trouble un instant avant de s'éclaircir peu à peu. Ses yeux s'étaient alors posés sur les deux corps gisant à une dizaine de mètres de lui, et il avait été secoué d'un violent frisson :
"Que...
"Soeur Mary est juste évanouie, elle va se réveiller, elle ira bien; elle sera totalement traumatisée, mais elle ira bien. Soeur Katherine, par contre.." Un léger silence avait résonné quelques secondes, puis Caleb avait murmuré avec peine: "Je suis désolé mon père, je n'ai rien pu faire pour elle."
Le coeur de l'ainé avait manqué s'arrêter en entendant ces mots: Katherine était morte? La douce, attentionnée, discrète petite Kate? La douleur l'avait coupé en deux et il avait gémi, les larmes coulant à flot le long de ses joues tandis qu'il se précipitait vers le cadavre. James l'avait pressé avec force contre lui, niant la réalité, l'appelant désespéramment en vain. Il n'avait pas ressenti ce chagrin depuis des années, depuis la mort de son père. Elle était morte et il n'avait rien pu faire. Encore une fois.
"Je suis désolé, avait chuchoté la voix d'Harper derrière lui. Le démon était en elle depuis trop longtemps, personne n'aurait pu la sauver."
Démon? Quel démon? De quoi parlait-t-il? D'une voix monocorde, le praticien avait alors entrepris de lui expliquer la possession des deux femmes par les entités maléfiques. Il lui avait raconté la vérité sur le monde qui les entourait, tout ce que celui-ci dissimulait, toutes les créatures qui s'y cachaient. Certaines inoffensives, voire amicales, d'autres dangereuses, malfaisantes et néfastes. Lui chassait ces dernières depuis plus de quatre ans, depuis qu'un métamorphe avait pris l'apparence de la femme d'un de ses voisin de l'époque, causant des ravages dans tout le quartier. Jim l'avait écouté sans un mot, choqué et atterré. Rien de ce que le père David lui avait enseigné ne l'avait préparé à cela. Et entendre ces mots de la bouche du bon docteur, toujours si souriant et attentionné n'aidait pas. Savoir qu'il portait plusieurs armes sur lui non plus. Le fossé entre les deux visages était trop violent.
Pourtant, bientôt, cela avait été à son tour d'arborer cette double identité: d'un coté, le prêtre que tous connaissaient, souriant et chaleureux, et de l'autre, le soldat de Dieu, pourchassant tous les rebuts que le bas-monde aurait laissé échapper dans sa ville. Protégeant ses habitants, détruisant toute menace. L'autre facette de son travail de prêtre, inattendue mais au final pas si incompatible que cela: après tout, les anges aussi étaient des soldats du Seigneur, n'est-ce pas? St-Michel n'était-il pas représenté en train de combattre le dragon? James affrontait ses propres monstres, ses propres démons, tout autant physiques que moraux. Il n'avait pas pu s'empêcher de faire autrement après avoir découvert de la pire des manières la réalité; de même qu'il était devenu prêtre pour tenter d'oublier son chagrin, le blond avait pris les armes pour essayer de rattraper la mort de la jeune femme. Il avait beau savoir qu'il n'en était pas responsable, il ne pouvait rien y faire: la culpabilité demeurait. Elle n'était pas sensée être de service ce soir-là; son supérieur l'avait appelée pour venir les aider lors de la messe du Réveillon car il craignait que lui et Soeur Mary ne soient pas suffisants. D'une manière indirecte, la religieuse avait été tuée à cause de lui. C'était sa peine, son fardeau, et il l'assumait.
Le chasseur se demandait parfois si d'autres prêtres avait une mission identique à la sienne. Surement, pensait-t-il, et Caleb l'approuvait: aussi longtemps qu'il y avait eu des dieux, il y avait eu des prêtres, et donc des gardiens de brebis, prêts à tout pour défendre leur troupeau.
***
Le Pasteur Jim avait rencontré John Winchester à peine huit mois après ce drame, lors d'une chasse aux fantômes, la première d'une longue série de collaborations entre eux.
Le regard de l'ancien militaire était sombre, hanté, lui retournant l'estomac. L'homme était sans aucun doute détruit, et il le dissimulait bien mal. Le parallèle avec sa propre histoire avait sauté aux yeux du religieux; mais leur différence fondamentale était que ce dernier avait reçu de l'aide pour combattre ses démons. John, lui, était seul, il ignorait ce qui était arrivé à son épouse, et avait été forcé d'assister totalement impuissant aux évènements. La hargne et le désespoir qui le rongeaient lors de leur rencontre musclée étaient prévisibles, et Jim ne pouvait rien faire d'autre que de tenter de l'aider du mieux qu'il le pouvait. Comme si ce n'était pas suffisant, il fallait que le veuf soit père: les yeux du plus ancien des combattants surnaturels avaient tout de suite été attirés par les deux jeunes enfants assis dans l'Impala. John avait des fils !? L'idée que ces petits puissent connaitre une telle vie d'errance et d'horreur l'avait terrifié, et il avait dès lors tout fait pour que ces derniers demeurent avec lui lors des chasses de leur père.
C'était son devoir que de leur offrir un moment de paix et de répit, où ils pouvaient être des enfants et non pas de futurs tueurs. Le sang et les armes n'étaient pas la place de si jeunes êtres, il fallait les en protéger, tenter de conserver leur innocence.. Mais quelle innocence existait-il encore réellement chez Dean, qui du haut de ses 8 ans, savait déjà tirer avec un 9mm et un fusil de chasse classique, et maniait le poignard comme un professionnel ? Le pasteur n'avait aucun doute que l'enfant s'en était déjà servi, pour se défendre, ou protéger son petit frère, son Sammy, un adorable bambin brun aux grands prunelles douces. Non, décidément, le prêtre ne se ferait jamais à la vision de ce garçon s'entrainant silencieusement avec sa lame. C'était mal. Lui avait été obligé d'apprendre à se servir de ces choses, mais il n'en éprouvait aucun plaisir. Embrigader des bambins et les entrainer comme des soldats allait à l'encontre de tout ce en quoi il croyait et ce pourquoi lui-même se battait: c'était le devoir des chasseurs que de protéger les plus faibles, et les enfants étaient les premiers touchés, d'autant plus lorsqu'il s'agissait de votre propre famille ! Il fallait que John Winchester le comprenne. Jim ferait tout pour cela.
Fin
Hunter Kubrick par Chuck.
Quand j'étais petit, ma mère m'a toujours dit « Crois en Dieu et tu seras toujours protégé »
Adolescent, elle m'a mise en garde contre la corruption et les tentations diaboliques que pouvaient apporter les femmes.
Jeune adulte, j'étais un homme pieux et allait tous les dimanches à l'office.
Plus tard, après des études moyennes, j'avais repris l'entreprise de mon père et aidais mon prochain avec modestie.
Même si papa était présent dans ma vie, c'est ma mère qui était le centre de mon univers. Elle vivait au rythme des événements religieux de la paroisse et m'en faisait profiter avec un tel enthousiasme que personne ne pouvait rien lui refuser.
Que JE ne pouvais rien lui refuser !
J'étais, en fait, un homme normal, quoique plutôt timide, qui n'aurait jamais imaginé que je deviendrais un jour « la main de Dieu », son justicier, son exécuteur.
Ma petite vie bien tranquille a pris fin le soir du vingt-huit février où ma mère a été sauvagement assassinée par un être dont je ne soupçonnais même pas l'existence. Une créature de la nuit que je croyais être jusqu'à présent sortie de l'imagination de jeunes filles pré-pubères en manque de sensations fortes : un vampire !
En plus d'avoir vidé de son sang la femme qui m'avait donné la vie, le vampire en a profité pour brûler entièrement notre maison et mon père avec, alors qu'il tentait désespérément d'éteindre l'incendie.
Je me suis retrouvé immobile devant l'habitation en flamme, incapable de faire le moindre mouvement, tétanisé par le choc et la douleur.
Mon bonheur s'évaporait en fumée comme les cendres qui retombaient autour de moi.
C'est alors qu'est surgi près de moi un homme noir, de grande taille, comme un Diable sortant de sa boîte, avec une longue machette à la main et les yeux brillants d'excitation.
- J'ai besoin de toi ! Tu vas me servir d'appât pour attraper le salop qui a tué ta famille !
J'ai levé les sourcils d'étonnement. Réagissant en tremblant devant cet inconnu qui me donnait la possibilité de faire enfin quelque chose. N'importe quoi qui pourrait rendre justice à mes parents qui avaient mené une vie exemplaire.
- Qu'est-ce que je dois faire ? Lui demandais-je confus.
Sans m'avertir de quoi que ce soit, l'homme m'a saisi le bras et m'a entaillé la peau avec son énorme couteau puis m'a demandé de le suivre rapidement derrière les ruines de ma maison.
- Vous êtes dingue ! M'exclamais-je en regardant le sang de ma blessure couler goutte à goutte.
Je ne savais plus quoi faire. Je me retrouvais seul au monde, avec un fou qui prétendait venger la mort de ma famille, tel un arc-ange justicier descendu du ciel.
Mes pas ont décidé à ma place et je l'ai rejoins dans le verger de mon père en cherchant du regard l'homme qui prétendait me rendre justice.
La nuit était encore noire et seule l'incendie faisait danser les ombres autour de moi.
- Hey... Vous-êtes où ? Demandais-je la peur au ventre.
J'ai tourné sur moi-même plusieurs fois avant que me tombe dessus la créature de la nuit attirée par l'odeur de mon sang.
Mon cri de terreur a été stoppé net quand la tête du monstre s'est décollée du reste de son corps dans une gerbe de sang, m'éclaboussant avec horreur.
- Vengeance accomplie ! Jubila l'homme noir en posant une main réconfortante sur mon épaule.
- Quel est votre nom ? Lui demandais-je alors contaminé par son exubérante satisfaction.
- Walker, Gordon Walker et vous ?
- Kubrick. Lui répondis-je admiratif. Ce que vous avez fait est incroyable ! Ajoutais-je après un moment de silence.
- Je fais juste mon job ! Lança Gordon en glissant son arme sur le cadavre décapité pour le nettoyer et le ranger dans son fourreau.
- Ça vous dit de prendre un verre ? Demanda-t-il avec un sourire carnassier.
Pensait-il que j'aurais eu peur de lui ou que j'aurais pris mes jambes à mon cou ? Je n'en sais rien. Mais comme j'acceptais son invitation, il parut étonné et agréablement surpris.
C'est avec mon premier verre de Whisky que j'ai appris l'existence de toute une faune d'êtres abjects que je pensais seulement exister dans les antres de l'Enfer que décrivait si bien Dante.
J'avais tout perdu, mais la présence de Walker à mes côtés m'a donné un nouveau but à ma misérable vie. Dieu me l'avait envoyé pour me servir de guide dans ma nouvelle mission et lutter contre les créatures démoniaques qui séjournaient sur terre. Une renaissance après la destruction d'êtres chers à mon cœur. Une âme purifiée par les flammes pour servir le Créateur..
Gordon Walker était LE spécialiste pour détruire les vampires, mais il m'a donné les bases pour devenir un bon chasseur. Il m'a fait également rencontrer d'autres hommes plus où moins immorales mais tous convaincus et motivés de leur bon droit, puis il m'a laissé faire mes propres armes sur le terrain.
Walker était un chasseur déterminé et féroce, mais c'était un solitaire, rongé par sa soif constante de vengeance inassouvie.
Alors il a repris sa route de son côté et moi du mien.
Je ne me suis jamais senti seul car je sentais désormais derrière moi quelqu'un de fort et de puissant. Quelqu'un qui me protégeait et me guidait tout le temps et qui se nommait Dieu.
J'ai pris le camping-car de mes parents qui nous servait exclusivement pour partir en vacances, dernier vestige de ma vie passée et je suis parti en mission guidé par une force divine.
J'ai tagué mon véhicule avec des paroles divines pour répandre les préceptes de Dieu partout où je me déplaçais.
Sur mon chemin et avec le temps, j'ai acquis de l'expérience et une réputation de chasseur missionnaire assez discutable, travaillé occasionnellement avec d'autres chasseurs et rencontré Creedy.
Creedy était surtout un type manuel et sympathique, assez bourru et simple. Un homme qui ne comprenait pas toutes mes motivations mais que je pouvais emmener à la messe le dimanche sans qu'il en fasse tout un plat.
Nous avons fait plusieurs emplois ensemble et ça c'est bien déroulé. Alors, lorsque j'avais besoin de quelqu'un et si Gordon n'était pas disponible, je faisais appel à lui.
J'ai aussi beaucoup voyagé et tué un nombre incalculable de créatures infernales au nom de Dieu et de son fils Jésus. J'ai aussi commencé à accumuler beaucoup d'objets religieux dans chaque ville dans laquelle je suis passée, me permettant ainsi me souvenir que ma mission était dictée non pas par vengeance, mais comme une épuration du mal.
Puis, un jour, mon ami Gordon m'a contacté pour que je vienne le voir, en prison. Il m'a demandé d'enquêter sur une histoire démoniaque et de porte du diable qui aurait été ouverte dans le Wyoming. Il faillait aussi que je me renseigne sur les personnes qui avaient été présentes sur les lieux.
Je peux dire que c'est à ce moment là que ma vie a pris la tangente, que Dieu m'a confié une nouvelle mission que je devais accomplir aussi rapidement que je le pouvais, en son nom.
Je me souviens très bien de la conversation que j'ai eu avec Walker après avoir fait mes recherches pour lui et j'ai été étonné de son obsession qu'il avait après le fils cadet de John Winchester. Un chasseur comme nous.
Je n'ai jamais rencontré la famille Winchester, mais j'ai eu l'occasion de discuter avec un chasseur qui connaissait bien Bobby Singer et qui m'a confirmé que les deux fils étaient bien présent là-bas quand la porte du diable s'est ouverte et a libéré sûrement des centaines de démons, toute une armée ! Mais la version que Singer a raconté un peu partout est qu'ils avaient essayé de s'y opposer et non pas de l'ouvrir.
Gordon ne m'a pas cru. Pour lui, Sam Winchester était à peine humain. Il était le maillon qui devait être cassé. Il m'avait déjà affirmé, il y a six mois, qu'une guerre terrible approchait et que le jeune homme était mêlé directement à tout ça et aujourd'hui ses dires confirmaient les faits.
- Trouves le rapidement et tu comprendras tout de suite. M'avait dit mon ami. Sam Winchester doit mourir !
Je me souviens des paroles de Gordon résonner encore dans ma tête bien après l'avoir quitté. Malgré mes doutes, je ne pouvais que croire en l'homme qui m'avait sauvé de la perdition mais aussi de la mort.
Comme me l'avait dit Creedy avec une certaine ironie, je n'avais rien contre le jeune Winchester, mais je faisais une confiance aveugle à ce que m'avait dit Walker.
- Gordon est le meilleur chasseur que je connaisse. Lui avais-je répondu en lui interdisant de jouer avec mon Jésus disposé dans le placard. Il m'a sauvé la mise des tas de fois, alors, s'il me dit que Sam Winchester est dangereux, alors on peut le croire !
Creedy, m'a écouté. Je savais que je pouvais compter sur lui !
J'ai donc continué mes recherches pour mettre la main sur Sam Winchester.
Je ne crois pas au hasard et lorsque Dieu a mis devant moi la photographie des frères Winchester en page d'accueil sur le net d'un restaurant, j'ai levé les yeux au ciel avec reconnaissance.
J'avais l'aval du Tout Puissant qui me guidait vers le mal que je devais détruire.
Il nous a fallu très peu de temps pour arriver jusqu'au jeune chasseur et là, encore une fois la volonté divine nous a aidé.
Sans qu'on fasse quoi que se soit, Sam Winchester s'est assommé tout seul avec une tringle à rideau, dans le petit motel minable qu'on avait trouvé par hasard, du grand Jerry Lewis comme l'a fait remarqué Creedy en se foutant de sa gueule.
Jésus, comme j'ai ri moi aussi !
Les choses ont repris leur sérieux après que nous l'ayons ligoté sur une chaise, parce qu'après l'avoir fait parlé et comme Gordon me l'avait demandé, j'allais l'abattre sans scrupule.
Je lui ai tout déballé, tout sur ses pouvoirs, ses visions, l'armée de démons et aussi sur le fait qu'on ne pouvait pas courir le risque de le laisser vivre. Alors j'ai pointé mon arme sur lui, prêt à accomplir ma sentence.
Creedy a voulu m'interrompre, toujours le doute en lui, face au jeune Winchester. J'ai essayé alors de le convaincre, encore.
- Tu as vu ce qu'y c'est passé Creedy ! Lui dis-je avec ferveur. Alors réfléchis un peu ! Pourquoi sommes nous ici ? Parce que tu as vu une photo d'eux sur le net. Parce qu'on a choisi ce motel au lieu d'un autre ? La chance à ce niveau, ça n'existe pas ! C'est le Seigneur Creedy, il nous a conduit ici pour une raison : Faire son travail. Et ça ? Ça, c'est le destin !
Je l'avais presque convaincu, mais c'est à ce moment là que le putain de frangin de Sam Winchester s'est pointé, tenant à la main une patte de lapin comme si c'était une arme.
Sous ma menace d'exploser la tête de son frère comme une pastèque et de ramasser sa cervelle sur les murs s'il ne la posait pas, Dean s'est exécuté immédiatement pour prendre à la place un stylo qu'il m'a envoyé aussitôt pile dans le trou du canon de mon arme.
Je n'en revenais pas et fulminais devant la chance que pouvait avoir cet enfant de salop.
De rage, j'enlevais le stylo coincé dans mon arme tandis que Creedy perdait bêtement connaissance en se prenant le mur, ratant le jeune chasseur de peu. Je m'apprêtais alors à viser Dean lorsqu'il m'a assommé avec une misérable télécommande.
Je peux vous dire que lorsque je me suis réveillé, j'étais plus que motivé à éliminer le jeune Winchester, car son évasion ne pouvait être que l'œuvre du diable. Sam Winchester était l'Antéchrist et désormais mon plus grand adversaire.
Je suis retourné m'entretenir avec mon ami qui était toujours coincé en prison et lui ai fait part de mes nouvelles convictions. C'était Dieu qui m'avait conduit à lui et sa volonté pour moi était très claire.
Gordon m'a regardé un moment avec de grands yeux avant d'exprimer sa joie de m'avoir à ses côtés.
Nous avons alors concocté un plan pour le libérer de prison afin de poursuivre notre but.
Quelque temps plus tard, Walker a retrouvé la piste des Winchester en pourchassant un vampire du nom de Dixon.
Quelle ironie de nous retrouver de nouveau face à face avec eux alors qu'ils pensaient tomber sur le suceur de sang. Ils ont pris les jambes à leur cou et ont plongés derrière plusieurs voitures pour tenter d'éviter nos tires. Nous avancions confiant lorsque Dean, suicidaire, est sorti de l'ombre pour atteindre le second étage du parking où nous nous trouvions en nous canardant sans discontinuer pour permettre à son frère de s'évader.
Je l'ai suivi en courant pour en finir avec lui. L'aîné des Winchester tué, le cadet serait plus vulnérable, plus facile à tuer.
Je laissais Gordon pourchasser le plus jeune, confiant de ses incroyables capacités de chasseur pour l'appréhender.
J'ai couru derrière le plus vieux des Winchester pendant un moment. Malgré ma rapidité, il a réussi à me semer dans les dédales du parking souterrain, au quatrième sous-sol. Reprenant ma respiration avec frustration, j'ai appelé Gordon pour l'avertir que j'avais perdu sa trace, mais j'ai été automatiquement redirigé vers sa messagerie.
Dépité, je lui ai laissé un message lui indiquant que je le retrouverai dans mon camping-car en attendant de ses nouvelles.
Une fois là-bas, j'ai récité plusieurs « Notre Père » en embrassant la croix que j'avais autour du cou pour stimuler ma foi et pour que Dieu ait un regard bienveillant sur mon ami chasseur et pour qu'il le protège du démoniaque Winchester.
J'ai ensuite, nettoyé quelques armes ainsi que ma machette que j'ai disposé sur ma petite table, toujours en face du tableau de velours noir qui représentait le Christ avec sa couronne d'épines.
Je devais être prêt pour le retour de Gordon.
J'avais à peine rechargé mon arme qu'un bruit à l'extérieur m'a alerté. Je ne voyais rien de suspect derrière le rideau de mon camping-car et lorsque je me suis retourné pour terminer ce que j'étais en train de faire, Gordon Walker me faisait face de toute sa hauteur.
- Oh mon Dieu ! Ais-je pensé en l'observant avec inquiétude, un frisson me parcourant la colonne vertébrale. Il avait l'air complètement dévasté. Il semblait que le Seigneur tout puissant l'avait abandonné et jeté dans les affres de l'enfer.
Je lui demandais avec précaution ce qui c'était passé.
Alors, mon ami... l'homme qui m'avait sauvé la vie... celui qui m'avait tout enseigné et qui, avec l'aide de Dieu, m'avait permis d'être l'humble exécuteur du Tout Puissant... m'annonça qu'il avait été infecté par le vampire.
Gordon était devenu une créature démoniaque que je devais désormais éliminer.
- Tu sais ce que ça implique ? Lui dis-je en serrant la mâchoire.
C'est sans surprise que Walker, plongé dans la douleur, m'a demandé de le tuer. Cependant, il ne voulait pas que je le fasse tout de suite. Il me demandait un peu plus de temps pour pouvoir tuer Sam Winchester et sauver le monde.
Une dernière volonté avant de mourir.
Mon cœur aurait dit oui, mais ma foi me l'interdisait.
Je ne pouvais en aucun cas accéder à sa demande. Je n'avais pas le droit de laisser cette... chose vivre... même s'il avait été autrefois mon ami.
Dieu était compassion, mais il ne tolérait pas qu'un être abject vive dans le monde qu'il avait créé.
Il commandait tout et je ne pouvais pas me dérober à son commandement. J'étais son exécuteur, sa main.
J'ai vu dans le regard torturé de Gordon qu'il avait compris que je ne lui accorderais pas ce qu'il m'avait demandé.
Lorsque je me retournais, le cœur tambourinant entre mes côtes, en lui donnant des paroles faussement réconfortantes, je me saisis de ma machette pour mettre fin à ses souffrances.
Je n'ai pas pu terminer mon geste, tétanisé par la main de Gordon qu'il avait enfoncé dans mon ventre pour m'arracher les entrailles.
Gordon qui m'enlaçait dans ses bras en me murmurant tristement qu'il était désolé.
Avant que je sombre dans l'inconscience, j'ai vu dans son regard fou le reflet de mon crucifix que j'avais accroché sur mon mur, derrière moi.
Gordon Walker m'avait guidé jusqu'à Dieu et Dieu, désormais, m'accompagnait jusqu'à ma mort...
FIN
Hubris by Metatron.
Note de l'auteur : L'hubris (ou hybris) est un sentiment violent inspiré par les passions, et plus particulièrement par l'orgueil. Les Grecs lui opposaient la tempérance, et la modération. Dans la Grèce antique, l’hybris était considérée comme un crime. Elle recouvrait des violations comme les voies de fait, les agressions sexuelles et le vol de propriété publique ou sacrée (source wikipedia).
Drakopoulos grogna, un bourdonnement le dérangeait. Des années de réflexes profondément ancrés en lui le réveillèrent brusquement. Il reconnut un de ses serviteurs et d'une voix ensommeillée mais ferme, il s'enquit du motif de sa présence.
— Maître, le marchand Kyros et des amis à lui, vous réclament. Je n'ai pas saisi les raisons de sa visite. Ils sont en pleine dispute.
— Informez les de mon arrivée. N'oubliez pas de leur servir des rafraichissements.
Le serviteur congédié, il se réinstalla confortablement sur sa couche. Le chasseur fut tenté de se rendormir, de laisser Kyros déverser toute sa bile dans son coin. L'idée était séduisante. Il venait à peine de rentrer de sa dernière chasse. Finalement il décida que le marchand était si têtu qu'il valait mieux régler le problème immédiatement. Et puis tant de monde chez lui, à une heure si matinale, n'augurait rien de bon.
Drakopoulos quitta le lit en évitant de déranger le sommeil de son compagnon, qui heureusement l'avait lourd dès qu'il n'était plus sur les routes. Hyacinthos baissait automatiquement sa garde lorsqu'il était dans un univers familier. Il passa sa main dans ses mèches folles. Un jour, cela pourrait lui être fatal.
Le chasseur l'embrassa au coin de la bouche puis il se dirigea vers un petit meuble sur lequel était posé un broc et une bassine. Il versa de l'eau dans la bassine afin de se rafraîchir et il enfila un chiton propre. Prêt, il sortit de la chambre, le visage neutre, intérieurement las et agacé de cet échange à venir. Dans un couloir, il croisa son épouse, il soupira car il devinait déjà les reproches à son encontre.
— Tu peux m'expliquer pourquoi Kyros et ses gens sont chez nous à jaser alors que le soleil n'est pas levé ?
— Euthalia, je ne sais pas et je vais justement le découvrir.
— Tu ferais mieux de te dépêcher. Tu sais que c'est un vautour et qu'il n'hésitera pas ...
— Cela suffit, tu ne vas pas non plus commencer avec tes récriminations. Je vais m'en occuper, retourne à tes appartements.
— Ne sois pas si désagréable. J'y vais.
Drakopoulos savait qu'elle reviendrait à la charge plus tard mais il ne s'en souciait pas pour le moment. Il désirait juste que Kyros reparte rapidement. En tout cas, elle n'avait pas menti, on entendait si loin du vestibule, des murmures ponctués de cris et de grommellements. Il pressa le pas.
Les conversations cessèrent à son arrivée et ils se turent, à l'exception de Kyros, un homme petit et sec, qui ne tient que quelques secondes avant de l'agresser verbalement.
— Ah vous voilà ! Vous en avez mis du temps pour traverser votre si modeste demeure …
Il renonça à interrompre sa longue diatribe sur ses piètres qualités d'hôte quand l’impensable se produisit. Le marchand se ratatina sur lui-même comme si Atlas avait laissé choir le monde sur ses épaules. Il chuchota, les paroles saccadées, entrecoupées de sanglots douloureux.
— Ma fille … ma précieuse Peliaga … il a osé, il a ravi sa virginité. Je n'avais pas compris qu'elle allait si mal. Elle semblait si … renfermée sur elle-même. Elle a cru, elle a cru … qu'elle avait déshonoré la famille … Peliaga était enceinte. Je pensais qu'elle avait juste pris du poids. Tu sais qu'elle adore ces petits gâteaux aux miels que fait son esclave … On l'a retrouvé dans son lit, morte, un verre à la main … C'est lui ! Sa faute !
Le marchand vociféra des imprécations contre cet homme. Le chasseur compatissait à son malheur, ayant lui-même deux jeunes filles, mais il ne comprenait pas les raisons de sa venue. Son travail était de s'occuper des monstres, pas d'hommes lâches qui ne pouvaient pas rétablir l'honneur d'une femme en l'épousant.
— Kyros, je n'ose imaginer à quel point ton chagrin doit être terrible. Cependant, tu sais que punir les hommes pour leurs fautes n'est pas de mon ressort.
Kyros le scrutait et ses yeux le questionnait sur sa raison.
— Ce travail te revient car il s'agit de Zeus. Je serais allé voir Aniketos sinon.
Drakopoulos n'eut pas la possibilité de répliquer. Un fermier, le fils de Solon, s'il ne se trompait pas, s'écria.
— Tu es fou ! Tu m'entends fou. La mort de ta fille t'a rendu sénile. S'en prendre à un dieu ? …
Themistocles un soldat, vétérans de plusieurs guerres, le coupa.
— Non, Kyros a raison. Cela fait trop longtemps que nous supportons ses frasques. Tu savais qu'Héra avait maudit l'épouse d'Agathon ? Elle a été séduite par Zeus qui avait endossé un déguisement. Tu la connais, elle est si naïve. Maintenant, elle ne peux pas parler sans dire des choses horribles, marcher sans trébucher ou toucher des objets sans les briser.
— Je suis d'accord. Zeus ravit nos épouses, nos filles, nos servantes, parfois sans leur consentement, puis son épouse les punit ou elles meurent de honte. Nous ne pouvons plus tolérer ses agissements. Cela doit cesser. Peu importe ce qu'il est !
Le chasseur observa le groupe s'enflammer. Les gens s'envoyaient à la figure leurs arguments, leurs mains gesticulaient en tout sens pour appuyer leurs propos. Il se résolut à intervenir lorsqu'il vit qu'Argyros, un potier, et Linus, un viticulteur, allaient en venir aux mains. Il rattrapa un vase dont un coup de coude passionné avait provoqué la chute, la reposa sur son support et il cria.
— Taisez-vous ou je vous met dehors !
Sa forte voix résonna dans le vestibule. Le calme revient et ils attendirent la suite.
— J'entends votre colère et votre douleur mais je ne peux pas prendre une telle décision à la hâte. Vous me demandez, et ce n'est pas la peine d'essayer de me faire croire qu'aucun de vous n'y a songé, de régler ce problème sauf qu'il ne s'agit pas d'une chimère, d'un loup-garou ou de lutins que je dois tuer. Non, vous me demandez de m'attaquer à un dieu et pas n'importe lequel.
De la même manière qu'il avait interrompu le fils de Solon, Themistocles lui cracha, méprisant.
— Donc toi, le grand chasseur, le soi-disant protecteur de notre Cité, qui veille à ce que nos cauchemars restent des rêves, tu as peur ? Pourtant on t'a bien affublé d'un attribut d'un animal puissant et fort, je pensais que tu étais aussi coriace et déterminé qu'un dragon, en plus d'en avoir la vigueur.
— Je n'ai pas dit que je refusais Themistocles. Cependant, tu ne peux pas toi-même t'attaquer à un dieu sans demander l'approbation des autres divinités. J'irai au temple dans la journée interroger les prêtresses au sujet de notre entreprise. Si les autres dieux jugent que nous avons le droit de punir Zeus alors je le punirai. Maintenant, je voudrais que vous quittiez ma demeure.
Certains parurent vouloir ajouter un mot mais ils se turent, quittant sa maison en compagnie de leurs amis. Une fois seul, Drakopoulos s'affaissa contre le mur. Il n'aurait jamais cru que sa journée débuterait ainsi ni qu'on lui fasse une telle requête.
Il y avait bien des chasseurs qui s'étaient attaqués à des demis-dieux, bâtards rejetés par leurs parents divins qui usaient de leurs dons dans le but de ravager les villages et d'imposer leurs lois, et d'après les récits, les batailles avaient été âpres, durement gagnées, souvent mortelles. Alors un dieu ?
Sur ses pensées, Hyacinthos surgit du couloir.
— Euthalia m'a demandé de me renseigner sur ce les événements. Elle était inquiète, ce que je conçoit vu que vous venez d'accepter de tuer un Dieu. Une nouvelle créature à ajouter à notre liste.
Si sa voix était légère bien qu’un peu rauque, son sourire n'atteignait pas ses yeux et sa posture était rigide. Le chasseur nota mentalement que travailler davantage l'expression de son corps lui serait profitable, s'ils survivaient à cette chasse. Un claquement réprobateur face à son absence de réaction lui rappela le moment présent.
— Oui, c'est vrai. Pas de commentaires. On doit se préparer pour aller au temple et on doit faire des recherches. Je vais écrire quelques lettres à certains de mes contacts et préparer les offrandes. Toi, vas rendre visite à ceux que tu sais posséder des bibliothèques fournies. Insistes s'ils rechignent à collaborer. On se retrouve à midi au temple.
— Oui Maître.
Contrairement à son habitude, son compagnon ne fit aucune remarque humoristique ni commentaires particuliers. Il détesta leurs absences vu leurs signification. Il aurait préféré le sermonner, sans méchanceté sur son humour douteux.
o§o§o§o
Frissonnant de froid et d'anticipation, Drakopoulos. resserra les pans de son himation, se dépêchant de rejoindre le temple. Plus il approchait du bâtiment plus la foule grossissait, les nouvelles de la matinée s'étant répandu dans la Cité. Elle attendait avec impatience et crainte le verdict.
La grande prêtresse et ses suivantes patientaient en haut des marches, Hyacinthos, en bas, à côte de ses serviteurs qui tenaient l'agneau qui serait sacrifié en l'honneur des dieux, des paniers et une amphore. Il vint à leur rencontre.
— Drakopoulos fils de Kleitos, j'attendais ta visite. Ces derniers jours, je sentais des perturbations. Je comprends pourquoi au vu des rumeurs qui circulent en ville. Nous allons procéder au sacrifice et à la lecture de ses entrailles afin de savoir si les événements récents étaient de bons ou de mauvais présages.
Le chasseur se lava les mains dans le bol tendu par l'une des initiées, puis il s'adressa à Athèna, priant qu'elle lui accorde sa force et sa sagesse, et offrit les grains de d'orges émondés qu'il avait apporté. Ils rejoignirent l'autel au bas des marches. L'un de ses serviteurs s'approcha avec l'animal, celui-ci était docile, ne se dérobant pas lorsqu'il fut placé sur l'autel.
Il prit le couteau qu'on lui tendait et d'un geste sûr, il égorgea la bête, tournant sa tête vers le ciel afin que son sang monte aux cieux. Il ne se soucia pas du liquide qui s'écoulait dans les rigoles de la table et il ouvrit la bête de sa gorge jusqu'à son bas-ventre. Il s'écarta de la dépouille et la grande prêtresse fourra ses mains à l'intérieur du corps à la recherche du foie, de la vésicule biliaire, du cœur et des poumons. Drakopoulos observait les gens qui retenaient leur souffle.
De longues minutes s'écoulèrent durant lesquelles la grande prêtresse étudia les organes. Seul les piaillements d'une volée de moineaux perturbèrent la solennité de l'instant, lorsqu'ils partirent en direction de l'est, la foule relâcha un long soulagement sonore. Les premiers présages étaient positifs. Le chasseur s'autorisa à y voir un signe. La grande prêtresse se racla la gorge, leva ses mains ensanglantées vers le ciel, attendant que l'attention de la population lui soit toute entière et elle déclama son verdict.
— Les dieux nous sont favorables. Ils jugent que notre volonté de châtier celui qui abusent de nos femmes et de nos filles est juste. Peu importe son statut divin, il ne sera pas protégé par ses pairs et nous ne serons pas punis pour nos actes futurs ni nos paroles.
Des clameurs éclatèrent, une partie des gens lançaient des imprécations contre cet animal, d'autres scandaient son nom, certains, sûrement des victimes et leurs familles, murmuraient leur reconnaissance de savoir qu'ils auraient droit à la justice et quelques uns criaient au blasphème, à la corruption.
Il se détourna de l'observation de la foule et croisa le regard de Hyacinthos. Ils ne se réjouiraint pas tant que leur quête n'était pas achevée et la partie, la plus difficile, débutait seulement.
o§o§o§o
Cela faisait trois semaines qu'ils écumaient les bibliothèques et les temples, poursuivant les rumeurs les plus folles afin de trouver le point faible de Zeus. Par hasard, Drakopoulos avait eu vent de l'existence de Zenobia, une soi-disant descendante d'Artémis et d'un chasseur. La grand-mère se révéla être exactement ce dont on disait d'elle. Elle lui confia de précieux indices et un objet, une fulgurite qui contenait selon les légendes transmises dans sa famille, le pouvoir de Zeus enfermé en son sein.
Le chasseur rentrait chez lui, heureux d'apporter la première lueur d'espoir dans cette chasse insensée. Sur le chemin du route, il flâna le long des étals garnis de marchandises. Il acheta des babioles pour ses proches : une poupée pour la plus jeune, un collier pour l’aînée, une toupie pour son cadet, du tissu pour son épouse et une figurine de loup, monté sur un cordon de cuir pour son apprenti.
La joie qui l'avait envahi se transforma en un sentiment d'effroi quand il s’aperçut que sa maison fumait. Il se précipita à l’intérieur, priant les dieux que sa famille soit sain et sauf. Une des esclaves de sa femme, paniquée, l'intercepta.
— Maître Drakopoulo ! Maître Drakopoulos ! C'est horrible. Des créatures ont envahi la maison. Oh mon dieu, ils ont tué Galenos … Ils l'ont découpé en deux.
— Xanthe ressaisit toi ! Où sont ma femme et mes enfants ?
— Ils sont en sécurités. Maître Hyacinthos, dès qu'il a comprit que l’objectif de ces monstres était le gynécée, a créé une diversion pour leur permettre de fuir. Ils sont en sécurité dans vos appartements.
— Et Hyacinthos ?
— Je ne sais pas Maître.
Drakopoulos, sachant sa famille en sécurité, s'assura que les débuts d'incendies soient maîtrisés et les blessés soignés. Il en profitait pour se renseigner au sujet de son compagnon. Arrivé à ses appartements, ses filles se jetèrent dans ses bras et il oublia momentanément ses interrogations. Il les câlina longuement, les rassurant. Euthalia, en colère, se tenait en retrait.
— Je savais qu'accepter cette chasse était de la folie. J'aurai du faire davantage pour t'empêcher de te lancer dans cette sottise !Tu n'es pas le seul chasseur. Tu aurais pu laisser un autre dément s'en occuper. Tu as failli tuer tes propres enfants ! Je croyais que j'avais épousé un homme sage et avisé, pas un étalon fougueux qui part gagner la gloire au mépris des conséquences pour son entourage !
Drakopoulos reçut la réprimande comme une gifle en pleine figure. Il hurla.
— Tu crois que je le sais pas ? Si je pouvais j'aurai refusé mais je ne peux pas. Zeus ne s'en ait pas, encore, pris de cette manière à elles, sauf que Thaïs vient de perdre ses premiers sangs. Elle est devenu une femme et je ne tiens pas à ce que Zeus, sous prétexte qu'il est au dessus de nous, qu'il est le roi de la montagne, lui ravisse sa virginité ou lui brise son cœur en prenant l’apparence d'un beau jeune homme à la parole habile. Ou pire qu'il ne soucie pas de son consentement et qu'il prenne ce qu'il croit être son dû. Le seul moyen des les protéger est justement de le tuer. Tant que cela ne sera pas fait, elles ne seront jamais en sécurité. Pas plus que les autres. C'est mon devoir !
Il toisa son épouse, la défiant d'argumenter. Berenike, sa petite dernière, lui rappela qu'il ne savait pas où se trouvait Hyacinthos et son fils.
— Père, ou sont Callias et Hyacinthos ? Ils vont bien ?
Sa femme répondit avant lui.
— On a été séparé. Ils sont partis vers les cuisines.
Le chasseur se contenta de hocher la tête et se dirigea le cœur battant vers cette partie du bâtiment. Ce coin de la maison paraissait étrangement épargné si on ne prêtait pas attention aux marques indiquant qu'il y avait eut de brèves échauffourées.
La porte entrebâillée des cuisines le narguait. Il la poussa lentement, la pièce était sans dessous, dessus, les plats de terre cuite gisaient au sol, brisés, ses sandales écrasaient la nourriture et glissaient sur le vin, les huiles et le lait mélangés. Une forme recroquevillée contre l'entrée donnant sur le cellier attira son regard. Il se précipita vers elle. Un cri s'échappa de sa bouche à la vue de Hyacinthos. Le côté droit de son visage était recouvert de sang qui provenait de son œil, qui n'était plus qu'une orbite remplie d'une bouillie de tissus rougissants et saignants. La nausée lui monta à la gorge.
— Oh Hyacinthos, je suis désolé de t'avoir impliqué dedans.
Ses lèvres bougèrent, formant des mots qu'il ne saisit pas. Il repéra une amphore intact et il se dépêcha de lui servir du vin. Il s'assit, installant son compagnon contre son flanc et le fit boire lentement.
— On a réussi … Ton fils, derrière cette porte. La créature ne l'a pas eu … Tu sais …
— Chut, ne dis plus rien. Tu dois te reposer. Je vais chercher le médecin.
Son élève agrippa son chiton et l'empêcha de se relever.
— Non … Tu ne comprends pas … On a réussi.
Un instant, Drakopoulos, craignit que ses blessures fussent davantage sérieuses. Il n'avait aucune victoire dans cette attaque. Le ricanement de Hyacinthos le surprit et l’inquiéta.
— Zeus a peur.
Il s'humecta les lèvres et continua.
— Pourquoi s'en prendre à ta maisonnée s'il était si sûr de remporter son duel contre toi ? …. Il sait que ses frasques ne sont plus tolérables … Depuis que Prométhée nous a libéré des ténèbres, nous donnant le moyen de nous défendre contre ces créatures, …, nous ne les craignons plus autant.
Un long silence accompagna ses paroles. Hyacinthos réclama une autre dose de vin puis désaltéré, développa sa pensée.
— Je n'ai pas vaincu les créatures seules … Quelqu'un m'a aidé … Nos dieux ne se contentent pas de nous laisser le champ libre. L'un d'entre eux, nous aide dans l'ombre … Zeus sait qu'on fait tout pour nous guider dans la bonne direction.
— D'accord, je te crois mais pour l'instant, tu vas oublier tout cela et te soigner.
Tout en l'embrassant sur le front, le chasseur s'excusa.
— Je suis vraiment désolée pour ton œil.
Son compagnon lui sourit gentiment, un de ces sourires doux qui le réchauffaient à chaque fois. Il s’émerveilla devant sa capacité à l'esquisser malgré la douleur et la situation.
— Ce n'est rien. D'après Galenos, les blessures de guerres plaisent … Et puis ce n'est pas mon œil dominant, je pourrais … tirer à l'arc.
Drakopoulos le coucha sur le sol, le calant contre un sac de dattes éventrés. Il entra dans le cellier et étreignit son fils. Tranquillisé sur son état, il l'envoya chercher le médecin pendant que lui, de nouveau assis aux cotés de Hyacinthos, respirait enfin.
o§o§o§o
Les quatre semaines suivantes filèrent aussi vite que les étoiles filantes traversent la voûte céleste. Drakopoulos avait hésité à mettre en place le plan plutôt, cependant il savait que Hyacinthos, convalescent, ne lui pardonnerai pas s'il l'écartait de cette chasse. Son rétablissement n'avait pas guéri sa culpabilité pour son œil.
Au lieu de se tourmenter à ce sujet, le chasseur revérifia les détails de leur attaque. Epiktetos, un marchand de vins et d'épices, les avait informé qu'un étranger courtisait sa fille depuis plusieurs jours. Le marchand, ravi qu'un homme si cultivé, si charmant, si beau s'intéresse à elle, ne s'y était pas opposé. Néanmoins, les derniers événements incitait à la prudence et Epiktetos les avait prévenu. Suite à une enquête minutieuse, ils surent avec certitude que l'identité du jeune homme était fausse. D'autres détails confirmèrent leur hypothèse. Ils tenaient Zeus.
Elpis allait donc servir d'appât sans le savoir. Ils avaient tergiversé sur la conduite à tenir à son égard. Ils auraient souhaité la prévenir mais ils convinrent que c'était trop risqué, surtout que les nerfs des femmes étaient généralement trop fragiles pour résister à ce genre de pressions. Ce soir, accompagnés d'hommes forts et aguerris, ils allaient mettre un terme à ses crimes.
La nuit venue, ils se retrouvèrent près d'une grange où Elpis et Zeus avaient rendez-vous. Ils étaient convaincus que le dieu allait tenter d'obtenir certaines faveurs de la jeune femme. Il se lassait rapidement de ses conquêtes et cela faisait déjà une dizaine de jours qu'il la charmait. Drakopoulos se tourna vers son apprenti qui se contenta de lui attraper discrètement la main. Il lui murmura à l'oreille.
— Je suis en bonne santé. Le plan est parfait. Les hommes qui nous accompagnent sont des vétérans. Tout va bien se dérouler.
Il exerça une brève pression sur sa main en guise de réponse. Il ne partageait pas son optimiste, des années de chasses vous apprenaient que les imprévus s'invitaient souvent au programme. Cependant, sa confiance lui procurait un sentiment de bien-être. Elle ravivait son espoir et l'entretenait. Elle lui rappelait pourquoi il avait accepté de le prendre en apprentissage. Il lui apportait cette conviction juvénile que tout irait bien, peu importe la situation, il aurait une issue. Cela délassait son esprit fatigué de tant de chasses, d'horreurs et de morts.
Drakopoulos fit un signe à ses compagnons d'armes et silencieusement ils encerclèrent la grange, un groupe resta à l'extérieur tandis que lui, Hyacinthos et quelques hommes entrèrent, les armes au clair.
La surprise puis la colère se succédèrent sur le visage de Zeus. Il n'était pas bien difficile de deviner leurs intentions. Il ne chercha pas à se dissimuler et il changea son apparence. La lueur amusée dans ses yeux indiquait aux humains qu'il ne voyait en eux que de déplaisants moustiques, ceux qu'on écrase d'un doigt quand ils vous embêtent à bourdonner autour de vos oreilles. D'un ton moqueur, il s'adressa à eux.
— Je vois que mon avertissement n'a servi à rien. Tu t’entêtes dans cette folie. Crois-tu qu'on peut vaincre un être tel que moi ? Je suis un Dieu et plus encore, le Dieu parmi les Dieux. Rien ne me résiste et rien ne peux m'atteindre.
Les guerriers et les chasseurs ne bronchèrent pas à son discours, raffermissant leur prise sur leurs armes. Drakopoulos, après s'être assurée qu'Elpis était sortie de la grange, Zeus étonnement ne l'en empêcha pas, lui répondit.
— Pour ma part, je crois que tu commet l'hybris et que tu abuses de ton statut et de ton pouvoir, tel un enfant qui découvre qu'il peut écraser une fourmi sauf que dans ton cas tes crimes sont bien plus graves. Je crois que tes pairs ne supportent plus tes frasques et nous ont bénis pour que tu puisses être enfin châtié. Je crois que nous pouvons te vaincre et que cette nuit célébrera la mort d'un dieu, un dieu arrogant qui n'a de divin que son titre.
— Oh, non, mon ami, c'est toi qui commet ce péché, pas moi. C'est toi qui est rempli d’orgueil et qui ne sait pas où est sa place.
Sans prévenir la foudre s’abattit sur eux. Heureusement, ils s’étaient préparés à cette éventualité, ils lâchèrent leurs armes et s'éparpillèrent dans la pièce alors que Drakopoulos brandissait une pierre qui absorbait petit à petit l'énergie électrique.
Zeus, désappointé par ce revers, s'attaqua à la personne la plus proche. En vain. Il réalisa qu'il ne pouvait se mouvoir que dans un périmètre restreint. Le dieu balaya la paille et il écarquilla les yeux en reconnaissant les symboles tracés sur le sol.
— Je vous l'accorde, vous êtes bien plus matin que vous ne le paraissait. En revanche, je crains que cela ne soit pas suffisant pour me vaincre.
Sans prévenir, un glaive vola à travers la pièce et d'un mouvement fluide, il l'enfonça dans le sol, brisant les lignes qui le retenait prisonnier. Soudain, ce fut le chaos. Zeus était rapide, fort et il se débarrassa de Drakopoulos en premier. Il le projeta contre un mur, la pierre s’échappant de ses mains finit dans le foin. Hyacinthos ne se laissa pas détourner de son objectif, ramassa son arme et repoussant un des combattants, il prit sa place contre Zeus.
Le combat n'était pas équilibré. Le chasseur n'en était pas à son premier duel où l'adversaire possédait des forces surhumaines et il savait gérer les combats de manière à provoquer une ouverture. Il jouait autant avec le dieu que lui jouait avec lui. Ce fut son erreur. Tellement occupé à démontrer sa supériorité à l'insecte qu'il était, il ne prêta pas garde à ce qu'il l'entourait.
Hyacinthos, contus, tomba à terre, feintant que le coup l'avait gravement atteint. Zeus se régala en le sachant à sa merci. Il assomma les guerriers qui tentèrent de lui porter secours et il s'approcha doucement, jubilant de tuer ce chasseur qui avait oser le défier. Son expression devient curieuse quand il remarqua sa sérénité. Il ne suppliait pas ni ne geignait.
Il réagit trop tard et un objet contondant lui transperça l'abdomen. Il reconnut une branche Il eut envie de rire, une branche. Un hoquet de surprise s'enfuit de sa bouche. Ses pouvoirs de guérison ne marchaient pas et il sentait sa vie s'écouler avec le sang qui giclait de sa plaie. Seule une branche d'un chêne frappé par la foudre pouvait avoir cet effet. Il se retourna afin de connaître celui qui avait eu cette audace.
Drakopoulos, le toisait et tout en remuant le morceau dans la blessure, il lui susurra.
— Tu dis que nous sommes orgueilleux mais le seul qui l'est dans cette pièce, c'est toi.Tu nous traites comme de misérables cloportes et tu nous sous-estimes. C'est ce qui cause ta perte. Tu n'as pas songé une seule seconde que toutes nos actions pouvaient être réfléchies et avoir un but. Non tu as estimé que nous étions trop idiots pour réfléchir. Ceci est de l’orgueil. Ceci est l'hubris.
Zeus poussa un hurlement de rage et puisant à l'intérieur de ses dernières forces, il lâcha son pouvoir. La grange s'illumina un brève instant puis la noirceur de la nuit reprit ses droits. Un épais silence régnait
o§o§o§o
Drakopoulos déposa des asphodèles sur les tombeaux de ses camarades tombés au combat contre Zeus. Ils ne furent pas très nombreux à en ressortir vivant. D'ailleurs les survivants ne s'expliquaient pas réellement le phénomène. Il aurait dû être électrocuté par la foudre. Hyacinthos avait avancé que la fulgurite avait absorbé une partie du pouvoir, protégeant les personnes proche d'elle. D'ailleurs, il ne subsistait de la pierre qu’un petit tas de cendres, précieusement conservé dans une boite. Ils avaient eu de la chance. Aucun d'entre d'eux ne s'en plaignaient et ils avait remerciés les divinités, multipliant les offrandes.
Le chasseur ne rentra pas directement chez lui. Il retrouva des amis avec qui il dîna, but et passa la soirée. Il ne s'attendait donc pas à ce quelqu'un l'attende à son retour et il fut étonné de voir que de la lumière provenait de ses appartements. Il découvrit à son bureau, Hyacinthos, endormi sur des parchemins. Il identifia sur l'un d'eux, les diagrammes qu'ils avaient utilisé pour piéger Zeus. Il sursauta en entendant la voix de son compagnon.
— J'ai décidé de mettre par écrit ce que nous savons à propos de Zeus.
— Je ne crois pas que se soit utile. Il est mort et je ne pense pas que ce qui marche contre Zeus pourrait marcher contre un autre dieu.
— Tu oublies qu'on n'a pas retrouvé son corps. Qui te dit qu'il n'est pas en vie, léchant ses blessures dans son coin, attendant son heure ? Si on ne prend pas la peine de faire profiter les générations futures de notre enseignement parce que l'on croit que l'on est si fort qu'on puisse tuer un dieu, alors c'est que nous n'avons rien appris. N'est-ce pas ? J'ai également décidé de mettre au propre les notes que j'ai prises sur nos anciennes chasses.
Son apprenti ne lui laissa pas l'occasion de débattre à ce sujet. Il rangea les affaires sur le bureau et d'une moue suggestive l'invita à le suivre dans la chambre.
Drakopoulos lui sourit. Il était fier de lui. Au départ, il ne voulait pas enseigner la chasse car c'était un univers dangereux, il ne désirait pas entraîner dans les ténèbres un innocent et s'encombrer d'un jeune et fougueux imbécile ne l'enchantait pas. De plus Hyacinthos se montrait léger, d'un optimisme démesuré, blaguait à tors et à travers, il avait longtemps cru qu'il déchanterait face à la réalité et qu'il succomberait aux horreurs de ce monde, et au final, il s'était révélé plein de surprises. Attentif, studieux, courageux et surtout d'une grande maturité. Il n'aurait pu avoir de meilleure apprenti.
Il caressa les parchemins, retraçant les courbes de l'écriture de Hyacinthos. Son héritage.
Fin.
Première rencontre par Henry Winchester.
NDA : Les villes de Belfield et Dickinson, Nord Dakota existent vraiment, ainsi que le nombre d’habitants. Source Wikipédia.
La sonnerie du téléphone raisonna au cœur des plus sombres heures de la nuit.
Une main se tendit vers le combiné et décrocha.
- Allo ?
- Bobby Singer ?
- Ouais … Ca a intérêt d’être sacrément important pour me réveiller au beau milieu de la nuit !
- On peut dire ça comme ça … J’a
- T’es qui d’abord ?
- Pardon, je ne suis pas présenté, je suis Garth FITZGERALD IVème du nom et j’ai besoin de votre aide !
- …
- Hé ho, vous êtes toujours là ?
- T’es nouveau dans le circuit ?
- Ca fait quelques mois déjà et j’ai …
- Qui t’a donné ce numéro ?
- Rufus, c’est Rufus et s’il avait été libre, je ne vous aurais pas appelé mais j’ai vraiment besoin d’aide.
- Vas-y, raconte ton problème.
- Je suis sur un cas de créature qui mange le cœur de ses victimes. Un minimum de trois victimes en trois nuits.
- Ca peut être un chien noir, un écorcheur, un loup-garou. Ces trois nuits étaient des nuits de pleines lunes ?
- Il faut que je vérifie ça.
- Bien. Tu es où exactement ?
- Belfield, Nord Dakota.
- Ecoute mon gars, je téléphone à droite et à gauche et si l’affaire me parait viable, je te rejoints là-bas.
- Ok mais tardez pas trop, il est prévu de fortes chutes de neige dans les jours à venir ici. L’automne finit vite ici.
- Ouais, salut ! Et il raccrocha.
Après s’être décidé à se lever et à prendre une douche, Bobby se servit un café et commença des recherches sur Belfield et ses légendes locales.
Cette petite ville, 800 habitants l’hiver, est un lieu de rendez-vous de chasse durant la saison automnale et accueille plusieurs centaines de personnes durant celle-ci.
Les accidents de chasse ne manquent pas mais la rumeur locale raconte que l’on trouve régulièrement - depuis plusieurs dizaines d’années - des animaux morts, déchiquetés avec le cœur manquant. On entend aussi des hurlements inhumains poussés lors des nuits de pleines lunes.
Cela a suffi pour faire entrer dans la légende, le loup-garou de Belfield et tous les fondus de chasse s’en donnent avec joie pour tuer la Bête chaque année.
Cela confirme à Bobby, la véracité des faits évoqués par son interlocuteur mais il lui manque maintenant de vérifier l’identité de ce Garth. Après avoir téléphoné à Rufus, occupé sur un cas de revenant, il se décide enfin à partir pour le patelin de bouseux qu’est Belfield, Nord Dakota.
Près de huit heures plus tard, Bobby arriva fourbu mais intrigué parce que lui avait dit Rufus au sujet de ce jeune chasseur :
« Ne te fit pas à ta première impression même s’il est bizarre, c’est un futur bon chasseur. »
Dans la salle à manger gigantesque (pour un tel patelin) de l’hôtel, Bobby recherche un jeune homme fin comme une branche sur le point de craquer, dixit la description faite par Rufus.
Le seul homme correspondant était caché derrière un journal et riait tout seul.
- Garth Fitzgérald ? demande Bobby en arrivant à sa table.
- Ce Garfield, il me fera toujours rire ! dit l’homme en repliant le journal. Vous pouvez m’appeler Garth ! Bobby Singer ?
- Lui-même, répond-t-il en s’asseyant et en levant le bras pour signaler à la serveuse qu’il veut commander.
- Deux cafés, s’il vous plait, indique-t-il à la serveuse qui prend sa commande et repart chercher celle-ci. Alors mon gars, tu as pris les renseignements que je t’ai demandés.
- Oui, c’était bien les trois nuits de pleines lunes et avant que vous le demandiez, contrairement à ce que je croyais au début, le cœur n’a été mangé mais purement arraché !
- Pas mangé !?, t’es sur ?
- Aussi sur que les rapports du légiste le signalent, dit Garth en sortant lesdits rapports de son blouson et en les lui tendant.
- Bordel de cul ! Toute la théorie des loup-garous tombent à l’eau. … Il faut vérifier les corps par nous-même.
- Pas la peine, le légiste est également le vétérinaire du coin. Ils sont multitâches dans ce patelin. De plus, les corps sont partis à Dickinson, d’où ils étaient originaires.
- Que dit le shérif ?
- Malgré les rapports, il continue à prétendre qu’il s’agit d’une attaque d’une meute de coyotes. Mais la rumeur a enflé et tous les dingues et pseudo-chasseurs de loup-garou ont rappliqué et investi la ville.
- Et merde, ils vont tirer tous azimuts et nous mettre des bâtons dans les pieds.
- J’en ai bien peur ! … Bon c’est pas tout ça mais mon bain à remous m’attend.
- Un bain ? Mais on est au beau milieu d’une affaire !
- C’est exact mais cela ne doit pas empêcher le confort si on peut, répond-t-il en se levant, manquant tomber dans se prenant l’un des pieds de sa chaise.
Bobby le suivit du regard en se demandant s’il devait vraiment croire aux recommandations de Rufus puis il plongea sa tête dans les rapports.
SPN SPN SPN SPN SPN SPN SPN SPN SPN SPN
Plongé jusqu’au cou dans son bain à remous, Garth poussa un long soupire de contentement. Depuis qu’il était entré dans le monde des chasseurs, il avait appris combien un bon bain pouvait lui permettre de se ressourcer et de réfléchir à l’affaire en cours.
« D’après le légiste, les traces de morsures sont post-mortem et le fait que le cœur soit arraché écarte d’emblée le loup-garou et le chien noir. Pas non plus de perforations par armes tranchantes, cela élimine aussi l’écorcheur. Si l’on fait le point, à ce stade de l’enquête, les seuls points communs des victimes sont qu’ils sont chasseurs et originaires de Dickinson, une grande ville proche de Belfield.
Oui, c’est ça, il faut chercher dans la vie de ces derniers pour voir ce qu’ils ont d’autres en commun.
Allez courage, il faut sortir du bain. Adieu petit bain. »
Après être sorti du bain, Garth se met devant son ordi et commence ses recherches.
Quelques heures plus tard, son portable sonne et à l’autre bout il entend Bobby lui dire qu’il a du nouveau.
- Ok, moi aussi, je suis dans la chambre 208 et il raccroche.
Il répare du café instantané le temps que Bobby entre.
- Je me suis renseigné sur les trois victimes auprès des autres chasseurs pendant que tu prenais ton bain à remous. Il semblerait qu’ils étaient des « tire à tout va », sans aucun respect des règles de chasse et de la nature. Plusieurs chasseurs ont eu mailles à partir avec eux. De plus, ils ont été impliqués dans un accident de chasse. L’un d’eux, Henry Pager a tiré sur un autre chasseur dans une jambe. Ils étaient en procès pour mise en danger de la vie d’autrui.
- Cela correspond à ce que j’ai trouvé de leur vie, ils étaient cul et chemise depuis l’enfance et ils avaient le poing facile. Ils ont été arrêtés plusieurs fois pour bagarres dans divers bars. De plus, d’après les dires des divers personnes que j’ai eu au téléphone, ils étaient de piètres chasseurs sans grandes connaissances de la faune et de la fore itinérante aux lieux de chasse. Et un seul avait le sens de l’orientation, euh … Charles Lègrer.
- Oui cela concorde, approuva Bobby en s’asseyant avec sa tasse de café. D’après les chasseurs, ils se choisissaient un coin au petit bonheur la chance et n’en bougeaient pas tant qu’ils n’avaient pas tiré toutes leurs cartouches sur tout ce qui passait ou faisait mine de bouger. … Ce Charles, c’est celui qui est mort le premier soir, non ?
Garth après avoir regardé ses fiches, hocha positivement la tête.
- Ca semble logique, tuer en premier celui qui peut ramener ses potes à bon port, permet de garder les autres à sa merci dans la forêt. Celui qui a fait ça, a pris tous son temps et doit être au courant de la légende locale.
- Hum, fit Garth en buvant son café. Cela ne nous dit pas qui ou quoi.
- Effectivement soupira Bobby. Il faut se rendre sur les lieux des différents meurtres.
- J’ai noté sur une carte les endroits dit Garth en se levant pour aller chercher sur la commode un plan. Voilà, là ; là et là en montrant les points sur la carte à Bobby.
- Bien, nous irons ce soir ; le temps que les chasseurs »normaux » rentrent de leur chasse. Je vais aller nous chercher de quoi tenir quelques jours dans la forêt au cas ou.
Bobby se lève à son tour pour se diriger vers la porte.
- Euh Bobby ?
- Ouais ?
- Juste pour dire que je suis plus rat des villes que rat des champs ou en ce qui nous concerne rat des forêts. La chasse n’a jamais été mon hobby ni la forêt d’ailleurs !
- Tu veux dire que tu n’as jamais été en forêt, camper ?
- J’ai fait quelques courses d’orientation au lycée. L’orientation aucun problème, la forêt quant à elle est vicelarde !
- Vicelarde ?
- Ouais, toujours à vous mettre une branche, une racine pour vous faire chier. Silencieuse quand il ne faudrait pas et bruillante quand on recherche un bruit en particulier.
- Tu sais, je peux y aller tout seul, ricane Bobby à la description que lui fait Garth.
- Non, non. Je dois aller au bout de cette affaire, répond-t-il d’un ton déterminé.
- Ok à tout à l’heure. 18h30 dans le hall.
Bobby sort de la chambre et Garth pousse un long soupire.
SPN SPN SPN SPN SPN SPN SPN SPN SPN
A 18h30, Garth descend dans le hall, vêtu d’un pantalon et d’une veste en treillis « forêt » ainsi que des rangers. Il avait vu beaucoup de chasseur vêtus ainsi depuis qu’il était là et cela lui apparaissait être le meilleur « costume » à mettre. Dans son sac de sport, reposent ses armes et son appareil EMF qu’il emporte partout avec lui et le plan noté.
Bobby, déjà dans le hall le salue d’un hochement de tête et lui tendit un sac fourni et lui signe de le suivre dehors.
- Bien d’après ce que j’ai pu voir sur le plan tout à l’heure, nous allons prendre ma voiture jusqu’à l’entrée de la forêt puis on marchera pendant cinq à six kilomètres pour arriver au premier lieu. On regardera sur place ce que l’on peut en tirer puis nous tendrons de rejoindre le second lieu, soit huit à dix kilomètres plus à l’ouest. Cela devrait nous prendre une heure et demie à deux heures pour arriver sur place puis demi à trois-quarts d’heure pour inspecter et deux heures supplémentaires pour rejoindre le second lieu. Nous camperons sur place et nous verrons demain pour le troisième lieu. Des questions ?
- Non, tout semble ok, répond Garth en mettant son sac à dos à l’arrière de la voiture de Bobby.
- Ok.
Bobby roule vers la forêt et grogne quelques onomatopées aux propos de Garth qui semble comprendre après quelques minutes que le silence est l’une des conversations préférées de Bobby même la radio est d’accord.
Arrivés à l’orée de la forêt, Bobby se gare, prend sa boussole, son sac et son fusil et indique la direction à Garth et part en avant.
Plusieurs minutes plus tard, Bobby se demande s’il conduit une expédition de chasse ou un troupeau d’éléphants dans un magasin de porcelaines. Garth fait tellement de bruit en marchant que si toute la forêt et ses habitants ne sont pas au courant, ce serait presque un miracle.
Soudain, il entend un grand bruit derrière lui et le temps de se retourner, carabine parée, il aperçoit son partenaire étendu de tout son long, lançant un regard noir à une racine qui visiblement l’a fait chuter.
- Bon Dieu, Garth ! Regarde où tu mets les pieds !
- Désolé, désolé mais cette saleté de racine s’est relevée au moment où je passais dit Garth en se relevant et en s’époussetant.
- Garth, soupire Bobby, vu la taille de cette racine ça fait quelques années qu’elle est là !
- Si tu le dis. Pour ma part, je suis sûr qu’elle l’a fait exprès termine Garth en souriant.
- Allez, finit de trainasser. On repart et par pitié fait moins de bruit !
- Ok chef.
Enfin rendu sur le premier lieu, après une bagarre quasi continuelle entre Garth et la forêt dont celui-ci n’est pas sorti sans douleur, ils se mettent à fouiller les alentours. Garth suivant Bobby pour en apprendre plus sur ce type de terrain.
- Regarde, tu vois ces Traces ? (Garth hocha la tête) Ce sont nos victimes. Les enjambées sont larges et peu profondes, signes qu’ils couraient. Là, il y a seulement deux paires de bottes qui continuent et cette trainée-là, c’est notre première victime qui a essayé de ramper après être tombé ou plus vraisemblablement s’être fait pousser. Tu vois ce sang sur l’arbre ? C’est là qu’il est mort. … Mais y-a quelque chose de pas normal !
- Quoi ?
- Il n’y a que leurs empreintes tout le long de la course puis les traces des animaux venus se repaîtrent du corps. Aucune empreinte de celui qui les poursuivrait. Bizarre.
- Aucune empreinte ? … Donc la conclusion logique, c’est que ce n’est pas un être physique et donc immatérielle. Voyons … fantômes, démons, … Pas de trace de souffre ? Questionne-t-il ?
- Non, aucune trace, répond Bobby après avoir fait un tour d’ensemble. Il ne reste donc plus que le plus plausible, fantôme !
- Attend, je sors mon EMF.
Garth sort l’appareil et l’allume. Celui-ci s’allume comme une guirlande de noël confirmant les suppositions des deux chasseurs. Mettant fin aux recherches pour savoir quelle était le suspect de leur affaire.
- Bravo mon gars, tu échappes à une nuit à la belle étoile. On rentre et on recherche qui est notre fantôme.
- Yes ! Exulte Garth à Bobby qui sourit.
SPN SPN SPN SPN SPN SPN SPN SPN SPN
Enfin revenu à la civilisation même si c’est Belfield, Nord Dakota, Garth entra dans sa chambre, respirant le doux parfum des produits ménagers. A sa suite, Bobby secoue la tête de désolation et entre à son tour et se met immédiatement aux recherches.
Garth fait du café et s’installe à son tour et il finit par aller dormir tandis que Bobby habitué aux longues recherches, continue pour finir sa nuit sur le canapé.
Quelques heures plus tard, le soleil de midi vient taquiner le nez de Bobby, le réveillant de son court sommeil. Un peu désorienté, il met quelques secondes pour se remettre les idées en place, se lève, prend sa douche et sort prendre les petits déjeunés. Quand il revient, Garth est déjà levé et devant son ordi.
- Salut, bien dormi ?
- Ouais, j’ai pris le petit déj, en montrant le sac marron.
- Merci, j’avais faim.
Garth débarrasse la table et tous deux s’installent pour profiter de ce savoureux moment.
- Alors tu as trouvé quoi cette nuit ? demande Garth après s’être essuyé la bouche.
- J’ai cherché une personne décédée de morte violente dans les cinq dernières années et il s’avère qu’il y a eu plusieurs morts de la même façon que nos trois gars. Donc je suis remonté plus loin en arrière, jusqu’à l’année 1910. La toute première personne morte de cette façon est Robert Doney. D’après les récits des journaux de l’époque, il était parti à la chasse avec un ami qui était en fait l’amant de sa femme. Son assassin a essayé de faire passer son meurtre en attaque de loups (il y en avait à l’époque) en lui arrachant le cœur après l’avoir assommé. Les autorités n’y ont pas cru après les aveux de la femme et il a fini pendu. Cependant Robert n’a pas apprécié de mourir ainsi et chaque année ou presque il se venge sur des chasseurs. Et comme beaucoup de morts se sont passées durant des nuits de pleines lunes, je pense que c’est là qu’est née la légende du loup-garou.
- Combien de morts durant toutes ces années ?
- Et bien environ 90, toutes les années n’ont pas eu de morts et certaines en ont vu plusieurs.
- Je me demande …
- Vas y crache le morceau.
- Les personnes tuées par Robert ne vont-ils pas se venger à leur tour ?
- D’après le nombre de morts, il ne semble qu’il n’y est que Doney qui tue. Ses victimes n’en ont pas ressenti le besoin ou attendent que Doney soit envoyé en l’au-delà pour y partir eux-mêmes.
- Ok, donc il faut chercher où il est enterré et faire un bon Salt and Burns.
- Il faudra faire attention tout de même, notre ami n’est pas un tendre et ne voudra sans doute pas partir comme ça.
- Ouais, je vais farfouiller dans les archives de la ville. Vu le patelin, leurs archives ne sont surement pas informatisées.
- En espérant qu’il soit enterré ici. Je vais préparer le matériel en attendant dit Bobby.
SPN SPN SPN SPN SPN SPN SPN SPN SPN
Garth revient dans la chambre avec le repas.
- A table !
Bobby approuva de la tête et attaqua de bon appétit le repas chinois.
- J’ai trouvé Doney, il est enterré au cimetière locale dans la partie la plus vieille et donc la moins entretenue.
- Ouais, je m’y attendais, il va falloir chercher entre de vieilles pierres tombales à moitié effacées et celles qui sont tombées, belle soirée en perceptive.
- Effectivement.
- Ok, allons-y. Tiens ton sac, j’y ai mis le matériel et une lampe torche.
- Cool ! J’ai des pelles dans mon coffre et une radio qui diffuse de la country et du rock.
La neige avait finalement décidé de tomber. Le trajet en voiture pris peu de temps et Bobby fut soulagé du silence après avoir écouté Garth chanter. Même ces idiots de fils Winchester ne chantent pas aussi faux.
- OK, tu prends par la gauche et moi par la droite, appelle si tu la trouves.
- Sûr dit Garth en prenant son sac, sa lampe torche et une pelle.
Quelques minutes plus tard, Garth appelle Bobby et lui désigne une tombe dont la pierre tombale porte le nom recherché. Commence alors le plus dure, creuser une terre dure comme la pierre sous la neige tout en surveillant les alentours pour prévenir l’apparition du fantôme.
Alors que la pelle de Bobby touche enfin le couvercle, Robert apparait et éjecte Bobby de la tombe. Celui-ci se reçoit rudement sur le sol, sent sa cheville droite craquer et crie à Garth de continuer à creuser et de bruler le corps. Il se saisit de son arme et tire. Le fantôme se dissout mais réapparait un peu plus près de Garth qui a percé le couvercle et est en train de server le sel et l’essence. Bobby tire une nouvelle fois et cette fois Robert parvient à sortir Garth et à le catapulter sur une pierre tombale dont il ne se relève pas. Durant ce temps Bobby boite vers le trou creusé et jette un Zippo allumé dedans.
Robert pousse des hurlements et disparait dans l’air laissant la blanche neige fondre dans le feu de la tombe.
Inquiet, Bobby se précipite vers l’endroit où est tombé son partenaire et tombant à genoux, prend son pouls puis prend une grande inspiration. Un grognement lui répond et il regarde Garth relever la tête et la secouer, se remettant les neurones en place.
- Qu’est-ce que j’ai manqué ?
- Rien mon gars. Allez, aide-moi à marcher qu’on puisse enfin rentrer au chaud.
- La tombe, on ne l’a recouvre pas ?
- Laissons aux habitants leur part de travail et profitons d’une bonne nuit de sommeil, répond –t-il en boitant tant bien que mal vers la voiture.
Une fois à l’intérieur, Bobby se cale contre le dossier laisse sa tête glisser vers l’arrière. Sa casquette en profite pour tomber derrière le dossier et il se dit qu’il la ramassera tout à l’heure ou dans la matinée avant de partir.
La chambre n’en parait que plus accueillante quand ils entrent dans sa chaleur. Allongé sur le lit, Bobby regarde Garth lui faire un pansement compressif afin de réduire le gonflement.
- Garde le lit pour cette nuit, je vais prendre le canapé.
- Merci Garth
- De rien. Je suis content que cette affaire soit finie, ma copine va être contente de me revoir.
- Ta copine ?
- Et oui, comme je l’ai déjà dit, le confort et réconfort dans une vie telle que la nôtre est essentielle. Allez, une bonne nuit de sommeil nous attend.
- Ouais bonne nuit, mon gars.
SPN SPN SPN SPN SPN SPN SPN SPN SPN
Bobby se réveille doucement. Le soleil filtrant à travers les rideaux tirés, éclaire d’une lumière tamisée la chambre, révélant l’absence de Garth. Tournant la tête vers la porte, il voit un papier plié sur la table de chevet ainsi qu’un flacon d’analgésiques.
Il le prend, en avale à sec deux comprimés et lit le message.
« Salut
D’habitude, je dis au revoir aux gens en face mais un message de ma copine m’a décider à partir au plus vite pour une rencontre amoureuse.
Ce fut un plaisir de travailler avec toi et d’apprendre à tes côtés. J’espère que l’on retravaillera de nouveau ensemble, de préférence loin de la forêt !
A plus donc
Garth Fitzgerald, IVème du nom.
PS : La chambre est payée jusqu’à ce soir 17 heures, profite bien du bain à remous ! «
Bobby sourie et décide qu’un bon bain lui fera du bien.
Allongé dans le bain, Bobby se délasse mais soudain se redresse.
- Bordel de cul, ma casquette !
FIN