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Série : Torchwood
Création : 14.10.2009 à 21h50
Auteur : Arianrhod
Statut : Terminée
« La suite de "Coming here", une relecture de tous les épisodes de la saison 2 en filigrane. Centré sur Ianto et Jack. » Arianrhod
Cette fanfic compte déjà 46 paragraphes
[Journal de Ianto.]
Contact alien : une créature ressemblant à une baleine. Régénère sa propre chair. Décédée.
On a rencontré Rhys, il est vraiment sympa. Il connaît désormais l’existence de Torchwood, Gwen n’a pas voulu lui donner la pilule de retcon. Je la comprends et je pense qu’elle a bien fait.
Il faut partager ce qu’on vit ici. C’est trop déprimant sinon.
En revanche Owen n’a encore rien compris. Ni sur moi et Jack, ni sur Tosh qui pourtant a été claire. Ou alors il le fait exprès … ce qui serait cruel pour Tosh. Je ne sais pas mais je ne peux pas m’en mêler, Owen le prendrait mal venant de moi. Ça me fait de la peine pour Tosh même si j’ai du mal à comprendre ce qu’elle lui trouve. Elle si gentille, elle mérite mieux. Je suppose qu’elle arrive à voir au-delà de son sale caractère, l’amour ??
J’aurai pu lui proposer de la raccompagner ce soir. J’aurais du. Mais je ne l’ai pas fait, pas assez d’énergie positive pour l’aider.
Encore une sale journée. Parfois j’en arrive à penser que nous sommes pires que les aliens que nous capturons. Les exemples ne manquent pas.
Je me demande si c’est ce que j’ai dit à Jack qui lui a donné envie de sauver la « baleine». Je trouve qu’il a tendance à s’octroyer trop facilement le droit de vie et de mort sur les aliens qu’on arrive à capturer. Je lui avais dit après son utilisation de la sonde mentale sur Beth, une vraie séance de torture. Ça m’a étonné pour la baleine, ça aurait été mieux d’essayer de sauver Beth mais bon, c’est peut être un début. On verra.
On s’est débrouillé sans Jack un long moment, Gwen s’y est habitué j’ai l’impression qu’elle prend de plus en plus d’initiatives. Elle a failli tout faire capoter à l’entrepôt. Rhys s’est pris une balle et un des ces types a bien failli me tuer. Tout ça me secoue de moins en moins. Comme quoi on s’habitue à tout.
Gwen aime vraiment Rhys, ça a été très dur pour elle de le voir en danger. La façon dont elle a procédé pour amener Jack à l’accepter dans le secret… jamais je n’aurais fait les choses de cette façon, c’était du Gwen tout craché.
Et la réaction de Jack …pas sûr de bien comprendre.
Quand Jack’était parti, j’ai discuté de lui avec Gwen, pendant un de nos moments de découragement. On était seuls dans le Hub, on a pu parler. Elle m’a dit que Jack ne lui avait jamais fait d’avances, ce qui la déçoit je pense. Elle partage son lit avec Rhys avec Owen, je suppose que ça ne la dérangerait pas d’avoir aussi Jack.
Mais Jack … je ne comprends pas tout ce qui se passe. Je ne suis pas allé le voir avant de partir, je voulais le laisser digérer ça. Je me demande comment il réagirait si j’allais voir ailleurs … est-ce que ça serait aussi fort que sa réaction avec Gwen ce soir ?
Ianto avait loué le dernier James Bond qu’il n’était, bien sûr, pas allé voir au cinéma en se disant qu’il n’aurait pas besoin de réfléchir pour l’apprécier. Il regardait le film tout en griffonnant ses pensées dans son carnet posé sur la table basse. Il fut étonné d’entendre frapper à sa porte à dix heures du soir. Il rangea son carnet avant d’aller ouvrir, espérant trouver Jack à sa porte.
« Jack ? »
« Est-ce que je te dérange ? »
« Non, bien sûr que non. Entre. »
« Qu’est-ce que tu fais ? » lui demanda-t-il.
« Je regarde Casino Royal » devant la moue du Capitaine, il ajouta « le dernier James Bond. Est-ce que tu as mangé ? »
« Non. Il est comment James Bond ? »
« Un beau blond plein de muscles, ça va te plaire … »
Jack alla se caler dans le canapé.
Ianto sortit les restes de son propre repas et prépara deux cafés. Ils discutèrent longtemps après la fin du film, du James Bond qu’ils avaient apprécié, d’Eva Green qui plaisait beaucoup à Ianto, des espions du MI-5 et du MI-6 que Jack avaient connus, des parties de strip poker jouées par Jack … ils avaient beaucoup ri. Ianto avait soigneusement évité de parler des événements de la journée et de Gwen. Il était deux heures du matin, quand il décida d’aller se coucher.
« Est-ce que tu viens ? »
« Vas-y, je te rejoindrais peut être. »
Ianto lui donna la télécommande, déposa un baiser sur ses lèvres et partit se coucher.
« Cela ne doit pas aller très fort pour qu’il ne tente rien ce soir » pensa Ianto.
Le lendemain, ce n’est pas la sonnerie du réveil qui sortit Ianto de son sommeil, mais un Jack au top de sa forme.
« Morning ! » lui dit-il en s’asseyant sur le lit. Il l’embrassa, Ianto ouvrit un œil. En sentant une odeur de café, il se redressa brusquement. Jack comprit immédiatement le sujet de son inquiétude.
« Pas de panique ! Je l’ai pris dans une boutique. Je n’ai pas touché à ta machine à café. »
Ianto qui n’avait pas prononcé une seule parole se rallongea.
« Je t’attends à la cuisine, ne te fais pas trop attendre … »
Jack le vit arriver, vêtu seulement d’un caleçon, les cheveux en bataille. Il avait manifestement du mal à se réveiller, ce qui n’était pas étonnant vu l’heure à laquelle il s’était couché et les événements de la veille.
Leurs bavardages de la soirée lui avaient fait du bien, ses attentions aussi. Le calme de Ianto l’apaisait, il était lui-même en sa compagnie. Pas besoin de jouer la comédie, Ianto l’avait accepté comme il était sans jamais rien demander en retour. Il avait de la chance … et puis de toute façon il n’était pas assez fort pour résister à Ianto.
« Qui le pourrait ? » se dit-il en le regardant à moitié endormi fouiller dans les sacs remplis de brioches que Jack avait ramenés.
« Tu es vraiment endormi ou alors inconscient pour te présenter comme ça. Ne te plains pas après. »
Il se rapprocha pour lui glisser à l’oreille « comment veux-tu que je résiste? » et déposa un baiser dans son cou.
Ianto émit un grognement comme réponse et attrapa son café. Il lui était apparemment impossible de parler avant d’avoir avalé quelques gorgées de son breuvage adoré.
Le torse de Ianto portait les traces de la bagarre de la veille.
« Est-ce que ça te fait mal ? » lui demanda Jack en montrant ses bleus.
« C’est moins douloureux que ça en a l’air. »
« Tu t’en es pas mal sorti hier. »
« Tu trouves ?? J’ai failli me faire tuer, oui. Si l’arme ne s’était pas enrayée, je ne serais pas là ... je ne pensais pas que Gwen sortirai si vite à découvert. Elle a failli nous faire tuer. »
Il avait parlé un peu vite, il se maudit intérieurement, c’était justement le sujet qu’il souhaitait éviter. Jack ne releva pas sa remarque, il n’avait pas envi d’en parler non plus.
« C’est sûr que ça se présentait mal. Mais, je voulais dire que tu as réussi finalement à les maîtriser. »
Ils finirent de prendre le petit déjeuner en silence.
« J’ai prévenu l’équipe que nous aurions du retard, Hélène a un problème avec un patient. Je lui ai dit que nous passerions. »
« Avec qui ? »
« Avec Stephen. »
Hélène lui avait dit que Ianto leur avait prêté main forte lors d’une précédente crise. Sa voix semblait avoir un effet hypnotique sur lui, c’est pour cela qu’il lui proposait de l’accompagner. Ce que lui avait raconté Hélène l’intriguait, il voulait donc vérifier par lui-même certains détails qui l’avaient troublé.
« Je crois que c’est le moment où tu me demandes une augmentation » lui dit Jack.
« Non, pas une augmentation … je veux plus de réveils comme ça ... » répondit Ianto très sérieux.
« Je te rappelle que je suis ton boss ... » murmura Jack en se rapprochant de lui.
Ianto le gratifia d’un sourire quand il sentit les mains du Capitaine se poser en bas de ses reins.
« Tu profites de la situation … »
« C’est un lot à prendre ou à laisser … »
Chapitre 5
Ecouter Emily Jane White Stairs
Le petit bateau de pêche qu’affrétait Jack habituellement les attendait sur les quais. Il avait un arrangement avec un marin qui, contre quelques billets, restait discret sur ses traversées vers l’île de Flat Holm.
« Est-ce que ça va ? » demanda Jack en voyant Ianto perdu dans ses pensées à la proue du bateau.
« Cela me fait toujours une drôle d’impression d’aller là-bas. »
Le bateau avait démarré sa traversée, alors que les embruns fouettaient leur visage et que le manteau de Jack claquait dans le vent, ils admiraient le paysage. Jack laissa un peu de temps à Ianto pour lui en dire plus.
« La première fois, j’ai apprécié la traversée mais quand je suis arrivé au centre, je me suis senti … bizarre. Enfin je me suis surtout dit qu’il fallait vraiment que tu prennes des cours de décoration. Tu as trouvé des gens extraordinaires pour t’occuper des pensionnaires. Comment fais-tu Jack ? »
« Je laisse mon charme agir, comme d’habitude. Tu allais me dire ce que tu avais ressenti à ta première visite. »
« Je me suis senti fatigué, comme vidé de toute énergie et mal physiquement. C’est si triste là-bas, toute cette souffrance … »
« Ton empathie naturelle. »
« C’est ce que j’ai pensé … au début. Mais c’est plus qu’un sentiment, c’est un malaise bien réel. J’y suis régulièrement retourné pendant ton absence et cela s’est répété à chaque fois. »
« Tu n’en as parlé avec personne ? »
« Non. »
« Tu aurais pu en parler à Owen, il est ton médecin. »
« Pas besoin d’Owen, cela disparaît à chaque fois que je m’éloigne de l’île. »
L’intuition de Jack se confirmait, même si les pensionnaires subissaient des tests et bénéficiaient d’une étroite surveillance, un phénomène ou une maladie pouvait leur avoir échappé.
Helen les attendait à leur arrivée. Ils emportèrent quelques sacs remplis de médicaments et se mirent en route sur le petit sentier qui menait au centre.
« Comment ça va Helen ? »
« Beaucoup mieux maintenant que vous êtes là et en plus vous avez amené Ianto. »
Jack se retourna vers Ianto en souriant, décidément partout où il passait il était apprécié. Ianto ne vit pas le sourire du Capitaine, concentré sur ses pas il était anxieux à l’approche du centre.
Ils marchèrent quelques minutes puis s’enfoncèrent sous terre pour rentrer dans ce qui pouvait être, pour un néophyte, un centre de détention particulièrement sordide. Helen les fit patienter dans la salle commune puis les guida dans un dédale de couloirs jusqu’à la chambre de Stephen.
Ils s’arrêtèrent devant une porte en métal avec une ardoise où le nom de Stephen était inscrit.
« Les crises sont imprévisibles et elles durent de plus en plus longtemps, les calmants ne font plus rien. Il s’alimente très peu, je ne sais plus quoi faire » expliqua Helen.
Jack passa sa carte dans le lecteur pour ouvrir la porte et ils pénétrèrent ensemble dans la chambre de Stephen, dans un état de délabrement similaire au reste du centre.
Ils virent un jeune homme replié sur lui-même, les avant-bras bandés, se balançant légèrement d’avant en arrière en marmonnant. Cette vision fit reculer Jack tandis que Ianto s’avança pour s’asseoir sur le lit, tournant le dos à Jack et Helen. Stephen qui ne pouvait pas reculer davantage, se blottit un peu plus sur lui-même.
Ianto commença à lui parler, très doucement, en gallois. Jack et Helen le regardaient faire. Comme les fois précédentes, il lui parla longuement sans le toucher. C’était une douce musique aux oreilles de Stephen, cette voix calme parfois grave, le berçait … il se figea.
On aurait dit qu’il récitait un texte, un poème peut être. Jack ne comprenait pas les paroles mais ressentait lui aussi l’apaisement qui en résultait. Lentement, la voix de Ianto agissait sur Stephen, il changea de position plusieurs fois puis allongea ses jambes et se redressa sur le lit. Enfin, il releva la tête vers Ianto qui saisit sa main et se mit à la caresser, sans cesser de lui parler. Progressivement, Stephen revenait des profondeurs où son esprit s’était laissé enfermer et retrouvait le chemin de la réalité. Pourquoi seul Ianto parvenait à le faire revenir? Nul ne pouvait le dire.
Il finit par regarder Ianto dans les yeux et avec un sourire annonça :
« J’ai faim. »
« Alléluia » murmura Helen. La joie pouvait se lire sur son visage, Stephen était un patient très attachant. Ses crises et les maltraitances qu’il s’infligeait touchaient les infirmières pourtant aguerries du centre. Elle partit chercher un plateau repas.
La crise était finie, Ianto rejoignit Jack qui se tenait dans l’entrée de la chambre.
« Qu’est-ce que tu lui as dit ? » demanda Jack doucement pour que Stephen n’entende pas.
« Ce sont des crises d’angoisse, il revit les sévices qu’il a subis. Il n’arrive plus à faire la différence entre la réalité et ses souvenirs. »
« Mais je ne l’ai pas entendu te parler. »
« Il n’a pas eu besoin, je l’ai compris. » répondit Ianto.
La pâleur de son visage ne lui plut pas du tout.
« Allez Moïse, tu as réalisé ton miracle. On s’en va. »
Ianto salua Stephen qui ne s’était pas déparé de son sourire.
Jack passa voir Helen avant de partir puis ils rejoignirent le marin qui les attendait pour les ramener sur le continent.
Sur le bateau, Jack contacta Owen pour qu’il se prépare à réaliser quelques tests.
« Qu’est-ce qu’il y a Jack ? » demanda Ianto.
Il avait retrouvé sa carnation naturelle de Gallois, pas très colorée mais moins livide que dans la chambre.
« Tout cela n’est pas normal. J’ai peur que Stephen ne soit malade et que d’une façon ou d’une autre tu y sois sensible, mon bracelet s’est affolé dans la chambre. Mais tu le sais déjà n’est-ce pas ? Pourquoi est-ce que tu as continué à y aller ? »
« Qui d’autre les aurait aidés ? »
« Tu aurais pu le dire au reste de l’équipe. »
« Tu ne nous en avais jamais parlé, j’en ai donc conclu que tu souhaitais que cela reste secret, que tu avais de bonnes raisons pour cela. »
Jack ne pouvait pas lui reprocher sa loyauté.
« Je ne savais pas que tu parlais gallois. »
Ianto sourit, ce n’était pas facile de surprendre le Capitaine et il savait que Jack adorait cela.
Au Hub, Tosh travaillait sur son ordinateur. Jack et Ianto descendirent directement au laboratoire où Owen les attendait.
« Fais-lui un test ADN. Et cherche les interactions avec ce prélèvement » demanda Jack à Owen en lui donnant un échantillon du sang de Stephen fourni par Helen.
« Pourquoi ? »
« Parce que je te le demande. »
Owen soupira.
« Qu’est-ce que tu veux que je cherche ? »
« Je voudrais que tu compares les ADN et que tu cherches toute anomalie ou maladie. Tu m’appelles quand c’est fait, j’ai quelques coups de fil à passer. Et, où est Gwen ? » demanda Jack avant de partir.
« Elle a rejoint son copain policier, une affaire à vérifier, Tosh fait quelques recherches aussi. »
Après toute une série d’examens qui avaient duré un peu trop longtemps au goût de Ianto, Owen le laissa enfin quitter son laboratoire. Ravi de retrouver sa liberté il se précipita sur sa machine à café. Il y avait pensé pendant les tests et il était vraiment en manque. Pendant le préchauffage de la machine, il observa Tosh. Depuis qu’elle lui avait confié du bout des lèvres ses peines de cœur avec Owen, il essayait de la réconforter dés qu’il le pouvait. Son programme informatique semblait lui résister elle parlait toute seule devant son écran. En conséquence, il lui prépara un café allongé et léger qu’elle accepta avec un sourire. Ianto prépara ensuite le café de Jack, court et serré comme d’habitude qu’il posa sur son bureau alors que celui-ci téléphonait apparemment avec des français.
Ianto le laissa pour aller préparer les deux derniers cafés : celui d’Owen et le sien.
Sa tasse brulante en main, les narines chatouillées par l’exquise odeur du café, il s’octroya un moment de répit. Il avait amené son carnet, il en profita pour coucher ses sentiments sur le papier, assis sur le sofa.
« Jack, Ianto vous pouvez venir » hurla Owen depuis son laboratoire.
Ianto rangea son carnet en se disant qu’il aurait pu se déplacer au lieu de hurler et descendit avec Jack qui l’avait rejoint.
« Je viens de faire une découverte » lança Owen apparemment très excité.
« Et … » dit Jack.
« Eh bien Ianto est une chimère génétique » annonça Owen.
« C’est quoi ça ? « demanda Ianto soudain inquiet.
« En gros, ça veux dire que tu as deux ADN » expliqua Jack.
« Comment c’est possible ? » relança Ianto.
« Peu après la fécondation, si deux jumeaux se forment, il arrive qu'un œuf migre vers l'autre. Une fusion se produit alors et le développement continue normalement. Le fœtus possède certaines parties du corps avec un génotype donné et le reste avec un autre. C’est extrêmement rare » répondit Owen.
Il avait bien appuyé le « extrêmement ».
« Est-ce que c’est dangereux ? » demanda Ianto à Owen.
« A priori non, tout dépend » lui dit Owen dont l’attention était focalisée sur des graphiques complexes.
« On t’a jamais dit Owen qu’il fallait parler à ses patients ? Ça dépend de quoi ? ? »
« De la cause. »
« Je suis malade ?? » s’inquiéta Ianto.
« Non, je pense que tu es comme cela depuis ta naissance. J’en ai profité pour te faire un check up complet … »
« Dis plutôt que ça t’a amusé de me trouer d’aiguilles » coupa Ianto.
Owen ne releva pas la remarque.
« … et tout est normal. A part quelques kilos en trop, je dirais que tu es en excellente santé. Mais je n’avais pas besoin de le dire, n’est-ce pas Jack ?»
« Quelles sont les causes probables ? » interrompit Jack.
« J’ai fait des recherches et les quelques cas recensés dans le monde semblent indiquer que cela peut arriver quand la mère a prit un traitement pour améliorer la fécondité. Est-ce que c’est le cas ? »
« Je ne sais pas » répondit Ianto.
« Il faut absolument que tu te renseignes » rétorqua Owen à Ianto sur un ton sans appel.
« Non. »
Le ton de Ianto était tout aussi ferme. Owen regarda Jack, il n’y avait que lui qui pouvait le forcer à se renseigner.
« Est-ce qu’on va en rester là ?? » dit Owen avec dépit.
Jack répondit pour Ianto :
« Oui. Qu’est-ce que tu as trouvé avec l’échantillon que je t’ai amené ? »
« Il a muté et pas de façon naturelle, je dirais un voyage dans l’espace et peut être dans le temps. J’ai aussi trouvé un rétrovirus inconnu qui réagit avec le sang de Ianto et celui de l’échantillon mais avec aucun autre échantillon. Je n’ai pas trouvé de trace de ce rétrovirus chez Ianto. S’il a été contaminé il a réussi à l’éliminer. Il n’est donc pas malade, enfin pas encore. »
« Est-ce que tes deux découvertes ont un rapport ? »
« Sûrement, il faudrait que je fasse d’autres tests pour savoir comment agit ce rétrovirus et ses effets … est-ce que tu vas m’expliquer de quoi il s’agit ?? »
Jack en savait assez. Il n’avait pas besoin qu’Owen aille plus loin.
« Des chercheurs français m’ont demandé leur aide sur un cas. On s’est rendu compte que Ianto réagissait en présence du patient sans que l’on sache pourquoi. Tu as éclairci le mystère, ce patient va repartir en France. »
« Super, je veux pas dire mais c’est samedi … »
« Vas-y Owen, merci. »
Il ne restait plus que Tosh toujours concentrée sur son ordinateur. Jack et Ianto remontèrent dans le bureau de Jack pour parler discrètement.
« Est-ce que c’est pour cela que j’arrivais à le calmer ? »
« Non, je t’accorde ce prodige ... »
« Qu’est-ce que c’est que cette histoire avec des français ? »
« Un petit mensonge qui n’en sera plus un très bientôt. J’ai déjà contacté une de mes connaissances en France, un chercheur du laboratoire d’immunophysiopathologie virale. Une branche secrète cela va de soi. Ils sont intéressés par son cas. »
« Il va devenir leur cobaye. »
« Il ne peut pas rester au centre. On ne peut pas prendre de risque. »
« Il va se sentir à nouveau abandonné. »
« Le problème est réglé Ianto, maintenant il faut oublier et te changer les idées. Gwen a appelé, la police a repéré un weevil. C’est parfait, tu ne trouves pas ? » lui dit Jack avec enthousiasme.
Devant la passivité de Ianto, il ajouta :
« Cela va te remonter le moral. »
« C’est à toi que ça remonte le moral, moi je n’ai jamais rien dit. »
« Tu feras un peu de sport, Owen a dit que tu avais quelques kilos à perdre. »
« Toi aussi je te ferais remarquer » rétorqua Ianto vivement.
Jack sourit en voyant que sa provocation avait fonctionné et que Ianto était maintenant plutôt vexé qu’abattu.
« Pas du tout, je te rappelle que je ne vieillis pas, j’ai définitivement un corps parfait. »
« Désolé de te contredire mais j’ai les mesures inscrites dans mon carnet pour le prouver. »
Jack le regarda étonné.
« Ton fameux carnet en cuir noir, j’aimerais bien le lire celui-là ... De quelles mesures est-ce que tu parles ?? »
« Oh rien, j’ai pris quelques mesures avec un mètre de couturier pendant ton sommeil » il ajouta avant que Jack ne fasse une remarque « bon, on y va ? »
Ianto ne partageait pas l’enthousiasme de Jack mais effectivement, une chasse au weevil ferait marcher ses jambes et lui viderait la tête.
« Quant on l’aura attrapé, j’ai quelques idées pour finir la soirée en beauté » ajouta Jack.
« Je crains le pire. Tu me donnes quelques indices, que je me prépare mentalement ? » répondit Ianto.
Quand son regard croisa le sien, le Capitaine eut ce sourire, celui qu’ont les prédateurs avant de saisir leur proie … nullement rassuré, ce fut pourtant la seule réponse que Ianto obtint.
Chapitre 6
[Avant Reset]
Ecouter Willard Grant Conspiracy - Preparing For The Fall
Gwen venait de recevoir un appel de la police, ils avaient découvert un corps sans cause de mort apparente. Cela faisait quelques semaines que des personnes étaient ainsi retrouvées, sans que ni la police ni Torchwood n’aient la moindre piste.
Au même moment l’alarme de la faille retentit. Quelque chose de massif était passé au travers de la brèche et les appels à la police affluaient déjà. Il fallait se diviser pour agir sur les deux fronts, Jack envoya Gwen et Owen pour examiner le corps et recueillir les premiers témoignages, il partirait avec Tosh et Ianto voir ce que la brèche avait laissé passer.
Il fallait partir très vite et toute l’équipe se préparait, tous sauf Ianto qui était introuvable.
« Jack ? » dit Ianto en rentrant dans le bureau.
« Ah Ianto, prépares-toi, on va partir. »
« Je ne viens pas. »
« Quoi ? » s’exclama Jack. Il se figea en regardant Ianto qui avait maintenant toute son attention. Cela ne s’était jamais produit auparavant.
« Je viens d’avoir ma sœur au téléphone, ma mère est morte. Je dois y aller … pour l’aider … à tout organiser » expliqua Ianto en déglutissant, la détresse se lisait sur son visage.
« Je suis désolé Ianto … »
Tosh choisit cet instant pour entrer dans le bureau.
« Qu’est-ce que vous faites ? Je suis prête. »
« Oui, j’arrive. Ianto a une affaire de famille à régler. Pars devant, je te rejoins dans cinq minutes. »
Tosh regarda Ianto qui ne laissait déjà plus rien paraître sur son visage.
« Est-ce que tout va bien ? »
« Oui, je serais absent deux jours » répondit Ianto.
« Reviens vite Ianto » lui dit-elle en posant sa main sur son épaule puis elle sortit du bureau.
« Tu laisses ton portable allumé, ok ? » demanda Jack en terminant de se préparer.
« Non Jack, je vais l’éteindre. Je t’appellerai » répondit-il en l’aidant à enfiler son manteau.
Jack le trouvait particulièrement cachotier en ce qui concernait sa famille. Il ne lui avait jamais présenté sa sœur et parlait en de très rares occasions de son père, encore moins de sa mère. Jack se tourna, s’approcha de lui, posa ses mains autour de son visage et l’embrassa pour lui donner du courage. Après de longues secondes, il rompit le baiser et partit rejoindre Tosh.
Jack préférait souvent agir et laisser ses actes parler pour lui quand il s’agissait de sentiments. Il y avait tellement d’émotions dans un regard ou un baiser … Ianto resta quelques instants dans le bureau de Jack, il était secoué par l’annonce de la mort de sa mère, plus qu’il ne l’imaginait. Il avait du mal à quitter le Hub, ce Hub où à une époque il se rendait la peur au ventre … cela semblait si loin. Il partit finalement rejoindre sa famille de sang en laissant, à regret, sa famille de cœur.
Quand il arriva, il trouva sa sœur en pleurs, dans les bras de son mari. Le salon de leur petit appartement était rempli de voisins qui avaient apporté des plats en tout genre.
« En signe de soutien probablement. Rhiannon a dû leur demander de rester » pensa Ianto.
C’était pour la plupart des amis d’enfance que Ianto connaissait bien, la seconde famille de Rhiannon.
On lui tapait dans le dos, on le réconfortait … mais il n’entendait pas. Planté dans le salon, il n’entendait que les pleurs de sa sœur qui faisaient écho à sa propre peine. Rejet, abandon … tous ces sentiments refoulés, oubliés grâce à l’amour qu’on lui avait donné, Lisa en premier, le submergeaient à nouveau. Sa mère les avait quittés alors qu’il n’avait que huit ans, depuis ce jour il ne l’avait revue qu’à l’occasion de deux enterrements, celui de son père et maintenant le sien. Comme Rhiannon, il était sous le choc d’être à présent orphelin.
Ianto repéra un étranger qui le toisait depuis la cuisine. Il savait que sa mère avait refait sa vie, il comprit que c’était son beau père. Il se demandait ce qu’il faisait là et se sentit tout à coup mal à l’aise. Il s’approcha enfin de sa sœur qui le prit dans ses bras. Ianto n’était pas très doué pour réconforter ni pour les élans de tendresse avec elle. Il attendit quelques instants qu’elle se calme pour la repousser très doucement.
« Est-ce que je peux te parler en privé ? »
Ils allèrent dans une chambre, Ianto ferma la porte.
« Qu’est-ce qu’il fait là ? »
« Il s’est occupé de beaucoup de choses, il nous a ramené des photos … elle était malade et elle ne nous a rien dit, c’est tellement … »
« Décevant » termina Ianto.
Ianto savait tout cela, Johnny son beau-frère lui avait tout expliqué. Elle aurait pu les prévenir, ils auraient rattrapé le temps perdu … les pleurs de Rhiannon reprirent.
« Tu sais bien que nous n’avons jamais vraiment compté pour elle. Elle avait d’autres choses en tête. »
Il se força à la prendre dans ses bras, il savait qu’elle en avait besoin.
L’enterrement eut lieu le lendemain, sous une pluie battante. Au cimetière, malgré la pluie, Ianto remarqua le SUV et Jack qui l’observait de loin.
Enterrer ses parents, si jeune … Jack voulait être là pour Ianto. Quand il partit, à la fin de l’enterrement, il était trempé et transi de froid. Au Hub, il prit une douche et un bon repas pour se réchauffer. Il avait posé son portable sur son bureau et le regardait fixement. Il se décida à appeler vers huit heures du soir, pensant que Ianto serait rentré chez lui. Il tomba sur la messagerie.
Il quitta son bureau pour faire un tour dans le Hub et se changer les idées. Il attira le ptérodactyle avec du chocolat et réussit à le caresser. Il se prit quand même un bon coup de bec qui déchira sa chemise et le fit saigner.
Il descendit ensuite rendre visite à Janet. Il l’observa un moment en imitant ses grognements pour voir ses réactions. Stupide, ces weevils n’étaient que des bêtes sauvages.
Il tenta ensuite de classer une pile de dossiers dans les archives en suivant les règles strictes mises en place par Ianto. En vain, il ne trouvait aucun tiroir pour ces dossiers. Ce devaient être les inclassables dont Ianto lui avait parlé … il s’en rappelait vaguement. Il laissa tomber en prenant soin de replacer les dossiers comme il les avait trouvés. Hors de question de laisser à Ianto des opportunités de se moquer de lui.
Il remonta à l’étage avec la ferme intention de se faire un café. Cela faisait deux jours qu’il n’avait pas eu sa dose quotidienne et il était en manque. Du café ou de Ianto ? Des deux. Gwen avait ressorti une vieille cafetière et leur avait fait un café … qu’il avait bu uniquement pour lui faire plaisir. Bien entendu la machine ne se laissa pas faire et il obtint un jus imbuvable. Dépité, il retourna dans son bureau.
Toutes ces activités l’avaient quand même occupé un petit moment, il essaya à nouveau de téléphoner à Ianto. Il n’arrivait pas à penser à autre chose, autant l’appeler. A nouveau la messagerie. C’était le message de trop qui énerva définitivement le Capitaine. Il récupéra le double des clés de l’appartement de Ianto qu’il laissait au Hub et les clés du SUV.
Il était onze heures quand Jack tambourina à la porte de l’appartement de Ianto sans obtenir de réponse. En pénétrant dans l’appartement, il trouva Ianto endormi sur le sofa, encore habillé, la chemise à moitié sortie de son pantalon. Une bouteille d’alcool vide posée sur la table basse était là pour témoigner de la façon dont Ianto avait passé la soirée. Jack s’accroupit et, tout en lui caressa les cheveux, murmura à son oreille « ça va aller, Ianto … tout va bien se passer. »
Il le chargea sur son épaule, comme il avait fait avec ce weevil lors de leur première rencontre. Il le coucha sur son lit, le déshabilla et s’allongea à côté de lui. Ianto ne savait même pas qu’il était là, mais lui se sentait mieux.
Les yeux rivés au plafond, il se demandait ce qui l’avait poussé à venir voir Ianto. Il se sentait différent depuis son retour. Après 100 années épouvantables, il ne vivait plus dans l’attente des retrouvailles avec le Docteur. Il avait accepté ce qu’il était, il ne cherchait plus de réponses. Il réapprenait à vivre d’une certaine manière et, avec le soutien de Gwen et de Ianto, il s’investissait à nouveau dans des relations. Etrangement, il se sentait plus vulnérable, parce qu’il ressentait plus de compassion pour les gens qui lui étaient proches.
« Le Docteur serait content » se dit-il en souriant.
Peut être aussi cette année de torture … il ne l’avouait pas mais il y pensait souvent. Ianto lui posait régulièrement la question, il finirait par l’avoir à l’usure … Ianto était doué pour prendre soin des gens … pour prendre soin de lui. Depuis son retour, Ianto l’aidait plus que lui ne l’aidait.
Il soupira en regardant Ianto, se pencha vers lui pour l’embrasser dans le cou et sentir son odeur.
C’était probablement l’arrivée de Martha le lendemain qui lui faisait penser à ces événements. Il se cala contre lui en cherchant le sommeil.
Ianto se réveilla très tôt le lendemain, l’habitude. Il eut la surprise de trouver le Capitaine dans son lit. En s’asseyant au bord du lit, il regretta amèrement l’alcool consommé la veille. Il ne dit rien et partit à la salle de bain.
Quelques cachets d’aspirine plus tard, il était dans la cuisine avec Jack en train de préparer les cafés. Jack attendait impatiemment d’avoir le sien en main, il le but avec délectation.
« Moi qui te croyais uniquement accro au café … »
Ianto ne releva pas la remarque, il avait effectivement noyé son chagrin dans l’alcool. Il demanda, après avoir bu quelques gorgées de café :
« Où on en est ? »
« On a toujours ces morts sur les bras. On va avoir du renfort d’Unit, un docteur. »
« Oh … Owen va adorer. »
« Oui, je vais avoir besoin de toi au Hub. Allez beau gosse, on y va. »
Chapitre 7
[Après Something Borrowed]
Ecouter Charlie – Ema
Fait rarissime, Ianto hébergeait une amie chez lui. Le mariage de Gwen les avaient tellement occupés qu’il n’avait pas eu le temps d’en parler avec Jack. Toute la nuit et jusqu’au petit matin, ils avaient minutieusement nettoyé les traces de l’attaque alien, ensuite Ianto avait dormi quasiment toute la journée. Ema ne restait que quelques jours, elle était arrivée alors qu’il revenait de faire quelques courses pour remplir son frigo qui, comme d’habitude, était quasiment vide.
Ils allaient se mettre à table quand ils entendirent frapper. Ianto jura intérieurement mais Ema jubilait à l’idée de rencontrer, enfin, le fameux Capitaine Jack Harkness qui s’était emparé du cœur de son ami.
Jack rentra dans l’appartement, un sac de voyage en cuir marron à la main. Il vit immédiatement Ema qui se tenait contre le chambranle de la porte de la cuisine, un verre de vin à la main.
« Jack, je te présente Ema … »
« Une amie de Londres » ajouta Ema en coupant Ianto et en s’avançant pour lui serrer la main. Elle avait un immense sourire aux lèvres, Ianto se dit que ce qu’elle voyait ne la laissait pas indifférente.
« Je vous dérange peut être … » demanda Jack en lâchant enfin Ema des yeux et en s’adressant à Ianto. Ses yeux pétillaient ...
« Non, on allait se mettre à table, tu peux te joindre à nous. »
Ema faisait en général sensation à la première rencontre. Probablement le contraste de ses cheveux noirs, coupés courts, et de ses yeux verts en amande … Ianto non plus n’y était pas insensible.
Ianto ajouta un couvert et servit Jack.
« Alors, comment vous vous êtes connus ? »
« A l’Université, j’étais dans la même section mais en deuxième année quand Ianto est arrivé. J’aurais bien aimé être son tuteur, mais Lisa avait gagné cette bataille, n’est-ce pas Ianto ? » raconta Ema d’un air complice.
Jack les observait, ils semblaient bien se connaître.
« Je ne savais pas qu’il y avait eu bataille … »
« Ne fais pas ton innocent ! Tes beaux yeux tristes n’avaient pas fait craquer que Lisa et moi … »
« Explique plutôt à Jack le sujet de ta thèse » coupa Ianto.
Dommage, l’imagination de Jack s’était déjà emballée et il n’attendait plus que les détails …