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Journal d'un Serial Killer

Série : Dexter
Création : 09.02.2009 à 17h42
Auteur : Juliette67 
Statut : Terminée

« J'écris seule. Deborah trouve par hasard le journal intime de Dexter et découvre au fils de sa lecture la phycologie meurtière de son frère... » Juliette67 

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Deborah Morgan se réveilla de bonne heure ce matin-là. Un regard circulaire lui indiqua qu'elle était dans la maison de son frère. Mais pour quelles raisons ? Elle ferma ses beaux yeux marron, et quelques images lui parvinrent. Des cadavres, un petit ami et un tueur en série. Voilà de quoi avaient été faites ses dernières journées. Son amoureux, celui avec qui elle avait partagé plusieurs journées merveilleuses, était en fait le tueur qu'elle pourchassait, étant policière à la crim' depuis peu.

A son souvenir, elle frissonna légèrement , malgré le fait qu'il faisait très chaud, et décida que se lever ne serait pas inutile pour chasser cette impression d'impuissance.
Sur le frigidaire, un mot de son petit frère. Le seul membre de la famille qui lui restait.

Salut,
Suis au bowling. Frigidaire plein, sers-toi.
Bye,
Dex.

Ces bouts de phrases signées par Dexter la calmèrent un peu. D'un geste rapide, elle attrapa une bouteille d'eau fraîche qu'elle posa sur son front brûlant. Demain, elle partirait. Elle ne pouvait décidément pas rester indéfiniment chez lui, surtout qu'elle avait l'étrange impression de le déranger constamment. Puis, c'était le plus jeune, il n'avait pas à veiller sur elle. Bien que sachant que c'était faux, elle s'en contenta et alla faire sa valise.
Il n'y avait pas grand-chose : juste quelques vêtements qu'elle s'empressa de plier.

Elle alla dans la salle de bain pour regarder son teint cadavérique. Quelque chose manquait au portrait... Mais quoi ? Se penchant pour observer au mieux les cernes violacées qui s'entassés sous ses yeux marrons, elle remarqua l'absence de sa chaîne. Celle que sa mère lui avait offerte, peu avant de mourir. Jamais elle ne se remettrait de l'avoir perdue à cause du tueur de glace. Non ! Elle l'avait perdue, ici, elle devait l'avoir perdue ici... C'était une évidence. Dexter avait dû la mettre en sécurité.

Dans ces caisses ? La maison était sens dessus dessous après qu'elle eut tout fouillé, mais son frère ne supportait pas d'être dérangé pendant une partie , et sa chaîne en valait le coup. Il comprendrait...
Elle ouvrit délicatement le couvercle d'une des boites et découvrit plusieurs carnets identiques, à la couverture de velours noire. Un bel objet, sûrement pour un contenu précieux. Elle en ouvrit un, le plus usagé, qui devait être le plus vieux. Elle parcourut le calepin rapidement et découvrit un texte rédigé d'une belle écriture enfantine.

- Un journal intime, pensa t-elle en souriant.
Mieux : Le journal de son frère. Sur la première page, un titre calligraphié qui l'interloqua.

Journal intime d'un serial killer

Elle devait le laisser à sa place. Ce n'est pas bien de lire le journal d'une autre personne. Pourtant, elle ne put s'empêcher de s'asseoir, l'ouvrage en main, le cœur palpitant. Les premières phrases lui arrachèrent une grimace d'éprouvante. C'était là, rédigée en phrases morbides, la vie de son frère. Et elle lut...


Juliette67  (15.02.2009 à 10:44)

Le 02 Décembre 1993

Je suis Dexter. Un Morgan depuis hier. Harry, mon père adoptif, m'a montré les papiers, ce matin à mon réveil. Il y avait de la joie dans son regard. Moi, je n'ai jamais été joyeux. Ni triste non plus. En fait, je ne sais pas ce que je suis. Vide, sans doute. Comme une huître à laquelle on aurait retiré la chair. Oui, je suis vide, comme un coquillage.

Deborah arrêta sa lecture. Un calcul rapide lui indiqua qu'a cette époque, son petit Dexter avait huit ans. Ce n'était pas l'écriture, ni le langage d'un enfant si jeune. Si ? A cet âge, les enfants ne sont-ils pas tous joyeux ? Mais il faut bien un sentiment pour illuminer le regard innocent d'un enfant...

Le 03 Décembre 1993

Je ne sais pas pourquoi, mais parfois, j'ai l'impression de ne pas être normal. Je sais que je devrais me souvenir... Mais je n'y arrive pas. De quoi dois-je me souvenir exactement ? De ma vie, avant. Harry voudrait que j'essaie de me rappeler, mais j'en suis incapable. Il a dit : « C'est comme si les souvenirs étaient trop difficiles à supporter pour que tu t'en souviennes... » J'ai fait exprès de lui demander de répéter, parce que je n'étais pas sûr de sa phrase, mais il m'a glissé à l'oreille qu'il n'avait rien dit, et que je devrais finir de manger. Qu'est-ce que ça veut dire ? Il ne voulait pas que je sache... Mais c'est une piste à suivre : je cherche un souvenir difficile.

Le 04 Décembre 1993

Pourquoi est-ce que j'écris ? Harry m'a donné ce carnet et il m'a dit que c'était un cadeau de bienvenue dans la famille. Un journal intime, il a précisé. Evidement, je ne pouvais pas refuser et j'écris. Pourtant, je me demande pourquoi il veut que j'écrive. Je pense qu'il sait. Mais il faudrait que j'essaie de m'en persuader. Un jour, peut-être...

Qu'est-ce que Harry savait ? Deborah se le demandait. Elle était partagée entre le désir de savoir et la crainte de trahir son frère. Et si ce dernier l'avait déjà trahi en lui cachant un lourd secret ? Elle allait bientôt le savoir. Juste, il suffisait de tourner la page.

Le 05 Décembre 1993

Je suis un assassin.

C'était tout ce qu'il avait marqué ce jour-là, mais ces quatre mots firent apparaître un sentiment de peur dans le coeur de Deborah. Le plus difficile à supporter, ce dont elle voulait s'assurer. Son petit frère saisissait-il le sens que cachaient ses mots ? Ou les avait-il simplement glissés là, sous un coup de frustration ? Elle espérait tellement qu'il en soit ainsi, juste un moment de colère.

Le 06 Décembre 1993

Avec un couteau. Je préfère les armes blanches, car elles sont simples d'accès et d'utilisation. Comme ça. Je lève la pointe au dessus du rat et je le tue. Le sang gicle sur mes vêtements que je suis obligé de laver. Mais j'aime ça, le sang... Plus tard, je travaillerai sur le sang.

C'en était trop à supporter pour le moment. Elle ferma le journal intime de Dexter et se leva, tremblante, pour se dégourdir les jambes. Elle ne s'aperçut pas immédiatement qu'elle pleurait. Jamais elle ne s'était rendu compte de la psychologie meurtrière de son frère. Respirer un bon coup. Etait-ce la même situation, aujourd'hui ? Elle ne voulait pas savoir.
Le téléphone retentit et elle se précipita :

- Allo ?! dit-elle d'une voix qu'elle aurait voulut moins tremblante.

- Euh... Deborah ? hésita la personne à l'autre bout du fil.

- C'est moi.

- Ah ! Salut, c'est Rita. Est-ce que Dexter t'a dit que nous devions nous voir aujourd'hui ?

- Rita. La petite amie de Dexter. Soudain, elle retomba dans la réalité et se frappa le front avec la paume de sa main. Elle avait raté le rendez-vous que Dexter avait organisé pour qu'elle ait un peu de compagnie.

- Je suis désolée !

- Ce n'est pas grave... Tu dois être fatiguée, on remettra ça.

- Non, j'arrive. Si tu veux bien...

- Bien sûr ! Je pense que sortir te fera du bien, mais ne te force pas trop.

Elle commencerait à aller mieux au moment où les gens arrêteraient de s'occuper de son état.

- Je vais bien, s'exaspéra t-elle.

- D'accord, si tu le dis ! Alors, à tout à l'heure. Chez moi.

Elle raccrocha et alla mettre une veste. C'était l'été et il ne faisait pas réellement froid, à Miami. Elle laça sa paire de basket et prit une petite bouteille d'eau qu'elle fourra dans son sac. Puis, elle se retrouva face au journal intime. Un coup de vent l'avait ouvert à la page de garde de sorte qu'elle avait les yeux fixés sur un mot. Sur le mot. Tueur. Cette fois-ci, elle ne se souciait plus de trahir son frère. Mais aurait-elle le courage de poursuivre sa lecture ? Il le fallait, car elle devait savoir. Elle ne pouvait plus vivre dans le doute et l'ignorance. Elle mit le carnet dans son sac, et ferma la boite qu'elle remit à sa place.

Le trajet pour aller chez Rita n'était pas long. Pourtant, il lui sembla rouler une éternité avant d'atteindre la rue où sa copine habitait. Elle se gara et ne voulut soudainement plus sortir. Lire pour savoir, savoir pour vivre... Oui, elle devait continuer, un peu.

Le 07 Décembre 1993

J'ai trouvé une cachette pour mon carnet. Car personne ne doit le trouver, ni le lire. Jamais ! Il s'agit d'un lieu tranquille, pas chez moi, mais tout près : dans la niche du chien de la voisine. Celui qui hurle la nuit. Elle ne le sort que quand le ciel est noir comme si elle voulait le cacher des gens. Je l'aime bien ce chien, car moi aussi je suis dans la maison pour me cacher des autres.

Le 08 Décembre 1993

Deborah Morgan. C'est ma grande sœur. Je l'aime beaucoup, en sa compagnie, il m'arrive de ne plus penser à ma " psycholophie ".

Elle sourit un peu, en voyant ce mot qui était un mixe entre psychologie et philosophie. Enfin ! Un mot qui aurait pu se trouver dans le registre de son frère, d'un enfant. Elle reprit.

Mais je sais que je ne peux l'oublier. C'est comme une chose qui me poursuit, malgré tous les endroits où je vais. Depuis quand me suit-elle ? Peut-être que c'est à cause de ça que je n'arrive pas à me souvenir ? Ou alors... C'est à cause de mes souvenirs, que je suis ce que je suis.

Le 09 Décembre 1993

Je n'ai jamais décrit de meurtres. Alors voilà :
Je prends d'abord un couteau aiguisé dans la cuisine (celui qui sert à couper le poulet). Puis, je mets une chemise usée, que je ne lave que pendant la nuit , pour qu'on ne me voie pas. Après, je sors de la maison puis je vais à l'arrière, dans le petit potager. Je pars à la chasse. En rampant, j'essaie d'attraper un rat ou un campagnol qui mange nos tomates. C'est une partie très sérieuse, malgré le fait qu'elle ne m'amuse pas. Je déteste être couvert de terre ! Quand j'en ai attrapé un, je le calme en l'étouffant, mais de façon à ce qu'il soit vivant quand je lui plante le couteau en plein cœur. Il ne faut surtout pas cligner des yeux et je vois le regard luisant de la bestiole. Comme si elle me suppliait, m'implorait de l'épargner. Après, je lacère de coups de couteau jusqu'à ce qu'il y ait tellement de sang que ça forme une petite marre qui m'écœure.
Mais je m'ennuie. Il faudrait que j'essaie plus gros, bientôt.

Plus gros ? A quoi Dexter pensait-il ? Un chat, un chien ou... un humain ?


Juliette67  (23.02.2009 à 11:38)

Quelqu'un frappa contre la vitre de la voiture et, surprise, Deborah enfouit le carnet dans son sac à main, le cœur battant à tout rompre. Elle vit Rita, un sourire sur les lèvres, qui lui faisait un signe pour ouvrir sa fenêtre.

- Ca va ? lui dit-elle.

- Bien, mentit Deborah en essayant de cacher ses tremblements.

- J'espère que tu n'as pas déjeuné, j'ai préparé le repas.

- Parfait ! assura t-elle en sortant.

Elles entrèrent dans la maison de Rita où, dans le salon, les couverts étaient mis, prêts à être utilisés. Elle s'assit en face de Rita et se servit des haricots verts puis attrapa le couteau.

- Je le fais, lui dit Rita en attrapant l'ustensile pour couper le poulet.

Deborah voulut ne pas avoir l'image de son petit frère, jeune, un grand couteau comme celui-ce dans la main et tuant froidement un pauvre animal, mais elle ne put s'en empêcher. C'était horrible ! Jusqu'où l'histoire de son frère l'affecterait-elle ?

Rita la regardait étrangement, le couteau en l'air et Deborah se rendit compte qu'elle attendait certainement une réponse.

- Alors, répéta t-elle. Tu veux quelle partie du poulet ?

- Euh... Du blanc, répondit Deborah en se voyant servie.

Le déjeuner se fit dans le silence. Le bruit des fourchettes était pesant mais aucune des deux filles ne parla. L'une ne voulant pas, plongée dans ses sombres pensées, et l'autre, ayant compris le souhait de la première. Deborah était loin d'avoir fini, mais elle repoussa son assiette, écoeurée. Quelqu'un avait tué ce poulet avant qu'il finisse dans leurs assiettes. Quelqu'un comme Dexter. Pourquoi son frère ne calmait-il pas ses pulsions ainsi ? Car la mort de ce poulet n'avait pas été totalement inutile.

- Qu'est-ce qui ne va pas ? se soucia Rita.

- Dès maintenant, je deviens végétarienne, décida Deborah.

A présent, le calme de la pièce l'effrayait.

- Comment ça se passe avec Dexter ? demanda t-elle pour combler le silence.

- Eh bien... commença Rita. Il est difficile. Adorable, j'ai l'impression qu'il ferait tout ce que je lui demande et pourtant, si distant. Sortir les poubelles, coucher les enfants, m'accompagner au travail... Ca ne lui pose aucun problème ! Mais dès qu'on a un moment d'intimité... Il semble vouloir m'éviter.

- Peut-être qu'il se protège, lui aussi. Pour te garder en vie, il a sûrement besoin de distance.

Elle prit conscience de ses paroles trop tard. Un regard vers Rita, qui était visiblement gênée. Elle se leva et l'aida à débarrasser.

- Ne te fatigue pas, lui demanda Rita. Vas te reposer, un peu. Tu as l'air crevée !

Elle voulut nier, mais s'en sentit incapable. D'abord, son mensonge n'aurait servi à rien, car c'était une évidence. Cernes violacées si profondément inscrites dans sa peau pâle que c'était inévitable. Puis, elle ne se sentait pas de faire la vaisselle. Elle alla vers le canapé, chancelante et s'effondra dessus. Bercée par la voix de Rita qui lui commentait la vie scolaire de ses enfants, elle s'endormie...

Dehors, la lune se reflétait dans une flaque rougeâtre. Deborah marchait, sans savoir où elle allait. Le souffle du vent dans les arbres semblait lui murmurer des phrases dont elle ne comprenait pas le sens. Soudain, une main se posa sur sa bouche pour l'empêcher de crier. Elle se débattit furieusement et aperçut son petit ami : le tueur de glace, un couteau dans la main. Il lui fit une piqûre dans le creux du cou, et elle sombra dans l'inconscient.
Quand elle se réveilla, elle était ligotée sur une table, le meurtrier lui tournant le dos. Sa respiration se fit difficile et il se retourna.

- Bonsoir Deborah... murmura t-il en attrapant un couteau.

Elle bougea, tentant de se libérer, mais rien à faire, elle était bien attachée.

- Ne bouge pas trop, amour, je risquerais de te blesser...

Il lui fit une entaille dans la joue droite et préleva du sang qu'il déposa délicatement sur une plaque. Il lui expliqua que c'était son mode opératoire, et éclata d'un rire sans joie. Petit à petit, le rictus de l'assassin se transformait en un sourire qu'elle ne connaissait que trop bien. A la place de son ancien petit ami, se trouvait Dexter qui leva le couteau au dessus de sa poitrine. 

- Je ne suis pas ce que tu crois, soeurette. Navré...

Et il lui enfonça la lame dans l'estomac.

Deborah se réveilla en hurlant. Par la fenêtre du salon, elle vit le ciel noir lui indiquant qu'il faisait encore nuit. Elle était encore sur le canapé de chez Rita. Cependant, on lui avait rajouté une couverture qui était à présent en boule. Des larmes ruisselèrent sur ses joues, et elle entendit des pas précipités. Elle avait réveillé quelqu'un.

- Deborah ! s'exclama Rita en se précipitant sur elle.

Elle s'agenouilla près du canapé et essuya les larmes d'un doigt.

- Un cauchemar ? demanda elle pendant que Deborah répondait par un signe de tête.

Le craquement du sol fit sursauter Deborah qui se retourna vers son frère. Dexter...

- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda t-il, inquiet.

Mais arrivait t-il a être inquiet ou n'était-ce qu'une couverture ? Elle trembla fort et éclata en sanglots. Son frère déclara qu'il valait mieux rentrer et ils allèrent dans sa voiture.
Pendant tout le trajet, elle l'observa.

- Je vais chez moi, déclara t-elle en entrant dans l'appartement de son frère.

- Je ne pense pas que ce soit une bonne idée...

- C'est moi qui décide ! cria t-elle.

Il s'approcha d'elle et prit une mèche de ses cheveux entre ses doigts et elle le repoussa violemment.

- Ne me touche pas ! rugit-elle.

- Comme tu veux...

Elle attrapa son sac qui avait été préparé, quelques heures auparavant et sur le palier, lui lança un timide « au revoir » puis claqua la porte. Dexter resta un instant, à fixer la porte puis sortit une lamelle au milieu de laquelle se trouvait une goutte de sang. Il s'avança vers le ventilateur mural et enleva la grille qui cachait une boite. A coté d'autres lamelles, il déposa la récente en repensant à son crime.
Tout avait été facile. Il traquait sa victime depuis un long mois, et l'avait surprise, pendant son jogging . Le matin... Parce que la nuit, Deborah était réveillée, et c'était plus compliqué, surtout qu'elle le suivait partout. Après l'avoir endormi, il avait traîné Bob Carner chez lui où tous les murs étaient couverts de papier sulfurisé. A son réveil, il lui entailla la joue pour faire sa plaque, son trophée. Là, il lui montra les photos des personnes qu'il avait tuées avant de l'assassiner froidement, à la poinçonneuse.

« Oui, pensa t-il. Tout avait été simple. »

Trop simple...
Le téléphone sonna.

- Allô ?

La voix était frétillante et excitée.

- Oui, c'est moi, Deb! Qu'est-ce qui t'arrive ?

- Tu a regardé les informations, ce soir ?

- Non. Pourquoi ?

- Vas-y.

Il alluma sa télévision d'un geste. Il reconnut l'endroit filmé : c'était là où il noyait les cadavres. Soudainement intéressé, il monta le son et découvrit que la police avait trouvé une trentaine de corps. Ses corps.

« Il semble que nous ayons à faire à un assassin plus cruel que le célèbre tueur de glace. La police est en ce moment en train de faire une enquête mais n'a encore rien découvert. Tous ont une entaille sur une joue, sûrement la signature de ce tueur, mais il semblerait que les victimes n'aient aucun lien. »

Tout sembla s'effondrer autour de Dexter. Tourner, aussi. Il avait affreusement mal à la tête.

- Alors ? insista Deborah. C'est extra ! Je le coincerai, ce salopard... Et il payera à la place de...

Elle n'arrivait pas encore à prononcer son nom, mais il comprit. Seulement, elle ne savait pas qu'il s'agissait de lui.

- Je suis fatigué. Excuse-moi. Je t'embrasse.

- Ah... Salut !

Il avait raccroché. Nauséeux, maintenant. Les jambes flageolantes, il alla vers sa chambre et s'écroula sur son lit. La respiration difficile, il savait que ce n'était que le début d'une pénible enquête...


Juliette67  (25.02.2009 à 18:12)

Deborah se coucha, et mit la main dans son sac, en frôlant le carnet de son frère. C'était le moment de lire.

Le 10 Décembre 1993
J'ai remarqué que les gens essayaient d'avoir des rapports. Je me demande pourquoi ils se donnent tant de mal pour obtenir une chose qu'ils perdront forcément dans la souffrance. Ce doit être agréable d'éprouver de l'amour, mais je ne sais pas. Je ne peux pas...

Le 11 Décembre 1993
J'ai tué plus gros et je me sens revivre. Un chien. Celui de la voisine, qui aboie en empêchant ma sœur de dormir. J'ai mis le cadavres avec les autre : sous le grand chêne. Parfois, j'ai peur que quelqu'un ne remarque la terre retournée. Du moins, je pense que je devrais avoir peur. Il parait que c'est l'instinct de survie qui fait la peur. Et si je ne voulais pas vivre ? Mon subconscient peut-il supprimer mes émotions ?

Le 12 Décembre 1993
C'est les vacances ! Mes premières avec la famille, et je compte en profiter. Profiter demande d'éprouver des sensations... J'en suis incapable ! Seulement, j'essayerai de faire des choses qui paraissent sympathiques et amusantes.

Le 13 Décembre 1993
Harry est au courrant de mon anomalie. Aujourd'hui, nous sommes allés près du lac. Je l'aime bien ce lac. Je voudrais plonger dedans pour ne plus jamais en sortir. Par honte, pour oublier ce que je suis. Un tueur. Il m'a dit qu'il avait trouvé le cadavre du chien. « Tu n'es pas comme les autres, Dexter... ». Il paraissait inquiet. Moi aussi. Copier les ressentis des autres sur mon visage, c'est la seule façon de paraître normal.

Le 14 décembre 1993
Il m'a dit qu'il m'apprendrait à canaliser mes pulsions. J'aime cet homme. Mon père. Il faut que je m'habitue à ce mot. On va le cacher, ce sera notre secret. Pour la vie. Du moins, c'est la promesse qu'il m'a faite.

Le 15 Décembre 1993
Je dois changer de cachette pour mon carnet. La voisine enlèvera la niche. Dans la maison, ce sera plus simple. Il sera dès aujourd'hui dans le creux qu'offre notre ventilateur cassé. Il me suffit de monter sur la chaise et de coulisser la grille pour ensuite la détacher. Là, il reposera en paix. Personne ne regarde jamais dans les vieux ventilateurs, n'est ce pas ?

Le 16 Décembre 1993
Les choses changent, évoluent... Maintenant, nous sommes deux. Il essaye de me comprendre, mais je sais que c'est peine perdue, même s'il est très fort. Je pense que c'est parce que c'est un policier. C'est chouette, il m'a montré son armoire avec plein d'armes à feu. Il a un pistolet de service, et même un fusil, pour la chasse. Grâce à lui, je sais que je ne suis pas le seul à tuer les animaux. Certains le font pour le plaisir d'accrocher une tête dans leur salon. Moi, j'aimerais bien avoir une tête dans le salon, mais Harry ne veut pas. Il faut que je trouve un autre trophée, plus petit.

Le 17 Décembre 1993
Le sang... Cette substance rouge qui coule dans nos veines. Je n'aime pas ça. L'odeur me fait tourner la tête, mais j'aime avoir la tête qui tourne. Il parait que certains ont le cœur qui bat plus vite ou plus lentement quand ils voient du sang. Moi, j'ai le cœur qui bat, normalement. Mais à battre tout le temps à cette vitesse, est-ce normal ?

Deborah s'endormit.

La lune, un parc... Son petit ami la surprit et l'avait solidement ligotée à une table. Entaille à la joue, rire glaçant. Dexter qui se tenait devant elle. Il passa un doigt sur la lame tranchante, l'éleva au dessus de sa poitrine, puis la regarda un instant.

- Pas toi... chuchota t-il.

Puis, tourna la pointe sur lui et se transperça le cœur.

Elle étouffa un cri. Qu'est-ce que ça signifiait ? La lumière lui fit cligner plusieurs fois les yeux, et elle se rappela que c'était son jour de rentrée. C'était la première fois, depuis que son petit ami avait tenté de la tuer, qu'elle dormait une nuit entière. C'était bon signe. Elle aurait sûrement une enquête à faire sur les meurtres passés à la télévision la veille. Elle avait averti son frère car agir normalement était la façon pour qu'il ne se doute de rien. Et s'il découvrait qu'elle avait lu son journal intime, il la tuerait...
Elle laissa un moment couler l'eau sur son corps frissonnant. Le plus apaisant était de croire que l'histoire avait été inventée par Dexter. Ce dernier cachait peut-être un talent d'écrivain ? Pourtant, tout était si réaliste... Elle l'avait même vu aller dans le jardin des voisins, un jour qui correspondait furieusement à l'époque où son journal intime y était encore. Elle aimait penser que c'était pour mieux décrire les scènes de son roman. Mais elle n'y croyait pas vraiment.

Elle arriva en retard, ce matin-là. Tout était normal à la criminelle, jusqu'au moment où elle poussa la porte de son bureau. Là, plein de fleurs étaient posées sur son bureau, avec des chocolats et des bonbons. Ce geste la fit sourire, mais ce n'était pas comme si elle avait été malade !

- Bienvenue, Morgan, la salua Laguerta.

Elle lui adressa un beau sourire et se vit remettre les dossiers de l'enquête. Comme elle l'avait prévu, il s'agissait du crime de la veille.

- C'est un professionnel... Il devait connaître la vie de chacune de ses victimes pour ne laisser aucune trace. Tout est parfait. Il les découpe vivantes...

Ce détail écoeura Deborah et fit monter un sentiment de rage envers ce tueur. Mais même son frère tuait. Alors...

- Où est-ce ? demanda t-elle avec l'envie de se rendre là où les corps reposaient.

- Pas loin, répondit sa supérieure. Les corps ont été transportés chez le légiste qui les étudie. J'espère qu'elle trouvera un indice. Il y en a tellement qu'il n'a pas pu les tuer tous sans commettre de faute.

- J'espère aussi, confirma Deborah.

Mais ils n'y allèrent pas. Deborah fit chargée de trier les dossiers des morts et c'est à ce moment qu'elle se rendit compte du nombre de victimes. Rien ne les reliait. A croire qu'il les choisissait au hasard !

Arrêtée pour intention de meurtre, détenu pour... Tentative de meurtre aussi ? Cela faisait un long moment que Deborah étudiait le dossier de chacune des victimes, et elle semblait sur le point de trouver quelque chose. Elle se pencha et attrapa les dossiers qu'elle avait posés sur le sol pour libérer son bureau.
Tous avaient été temporairement en prison. Ou presque... Peut-être une piste à suivre ?


Juliette67  (09.03.2009 à 14:32)

- Salut Deb' ! lança une voix qu'elle ne connaissait que trop bien.

Le mieux était de faire semblant de ne pas savoir. Comme il faisait semblant de vivre.

- Salut Dexter. Ca sent bon les beignets !

- Tu en veux un ? proposa t-il.

- Non, ça ira.

- Alors je vais...

- Non ! Reste un peu, je voudrais te parler du tueur.

A ces mots, il se raidit.

- Je me demandais comment il choisissait ses victimes.

- Et... Tu as trouvé quelque chose ?

- Il semble que tous ont été arrêtés, puis relâchés. Je me demande ce que ça veut dire...

Lui ne le se demandait pas, il le savait. Il avait passé la matinée, penché sur ses propres victimes pour étudier les taches de sang qu'il avait laissé, à ses débuts dans le meurtre. Mais il détournait les preuves. A une époque, aller en prison ne l'aurait pas dérangé, mais aujourd'hui qu'il avait trouvé un but à ses tendances meurtrières, l'idée lui était insupportable.

- Je ne sais pas, Deborah ! Je ne peux pas non plus tout savoir sur tes affaires !

- C'est notre affaire, d'ailleurs. Bon, ce n'est pas grave... Va faire ta distribution de beignets, alors ! A toute à l'heure.

- Désolé, hein ! Bye.

Et il sortit. Dès que la porte fût fermée, Deborah mit la main dans son sac pour sortir le précieux carnet.

18 Décembre 1993
J'ai tiré une balle. Avec un pistolet de Harry... Mais je préfère le couteau. C'est un moyen de me rapprocher des animaux que j'abats. Plus tard, je tuerai avec un couteau encore plus grand !

19 Décembre 1993
Je suis fou. Mon... père (puisque c'est comme ça que je dois l'appeler) veut que je parle à quelqu'un. Un psychologue, il a dit. Demain, j'irai en rendez-vous. Aujourd'hui, on a rien fait. Ma mère était malade, mon père travaillait et Deborah était avec une copine. J'aimerais bien en avoir, même sans les aimer, ils pourraient me protéger de moi-même.

20 Décembre 1993
Finalement, je retire ce que j'ai dit hier. Je ne suis pas fou, le psychologue est fou. Il m'a montré pleins de taches de sang et m'a demandé de dire ce que je voyais. A la fin, après avoir répété « du sang » une dizaine de fois, il avait l'air embêté. Je lui ais demandé son métier exact et il m'a répondu : « Je suis spécialiste des troubles psychologiques des enfants » et j'ai dit que je ne voulais pas. Puis, je suis sorti et Harry m'a dit que si je ne voulais vraiment pas, je n'y retournerais plus. Je n'y retournerai pas : j'ai peur qu'il me rende fou !

Deborah éclata de rire. Ce n'était absolument pas drôle, mais c'était le passage le moins violent qu'elle lisait et elle en était contente, et en même triste qu'on lui ait caché.

- Eh bien, Morgan !
Elle sursauta et rangea vite fait le journal intime dans son sac.

- - Je vois que vous allez beaucoup mieux... continua Laguerta. Alors, ce rapport ?
- C'est un professionnel, répondit Deborah.

- On le savait, ça. Pas besoin de vous ! Et sinon, quoi d'autre ?

- Il semblerait que toutes les victimes aient été une fois dans leur vie, maintenues en prison, puis relâchées pour manque de preuves... Mais, je n'ai pas trouvé cette similitude sur toutes les victimes. Peut-être les tuait-il à leur sortie de prison... Mais à partir d'une époque particulière, ce qui expliquerait qu'il ne l'a pas fait à chaque fois.
-
- Les dossiers sont classés dans l'ordre supposé des dates de la mort des gens. Vous pouvez vérifier si çà ne couvre qu' une période, puis je vous autoriserai à rentrer chez vous.

- Elle soupira longuement.

- - Euh... C'est juste que je ne savais pas que c'était dans l'ordre et j'ai éparpillé tous les dossiers qui ne sont plus classés, du coup .
-
- Bon, eh bien... classez-les de nouveau, puis vous rentrerez chez vous. Bon après-midi, Morgan...

21 Décembre 1993
J'ai fouillé la maison, à la recherche de mon dossier de naissance.

A ce mot, Deborah se raidit. Elle avait passé plus de trois heures à tout classer, puis, s'était rendu compte qu'elle avait rangé dans le sens décroissant , et dût recommencer.

Mais je n'ai rien trouvé. Je ne sais même pas s'ils l'ont gardé. J'aimerais savoir si mon père, ou ma mère, étaient des tueurs. Je suis peut-être troublé (comme dirait le psychologue) par leur faute. Et s'ils sont morts, j'espère qu'ils ne se souviennent pas de moi. Je ne crois en aucune religion, et pourtant, parfois, je me dis que peut-être, ils m'observent. Ils doivent être déçus... Je le suis, aussi.

22 Décembre 1993
Je ne sais pas qui je suis. Mais, je ne pense pas que les gens sachant d'où ils viennent soient plus avancés que moi.

23 Décembre 1993
Harry est fâché. Je ne le voulais pas. Il m'a demandé de lui dire quand j'avais envie de tuer, mais je ne l'ai pas fait. J'avais peur qu'il me l'interdise. Je suis déjà interdit de sortir à cause de l'épidémie de grippe qui a touché ma mère, Deborah et maintenant mon père. C'est bête, car à côté de gens grippaux, j'ai autant de chance de l'attraper ici, que dehors. Alors, j'ai fais saigner le lapin de ma sœur. Elle est triste. Je ne le voulais pas. Je ne veux jamais ce qui arrive. Je ne voulais pas naître.

24 Décembre 1993
J'aime le sang. Plutôt, j'aime ne pas aimer le sang, ça me fait tourner la tête : ça m'excite. Si je ne peux pas garder une tête en trophée, je garderai du sang. Comme ça, je m'exciterai à chaque fois que je le regarderai et je n'aurais plus jamais besoin de tuer ! Je me suis guéri, maintenant, je peux vivre.

Deborah se rassit plus confortablement sur sa chaise. Il y avait du suspens. Insoutenable... Est-ce que son frère était encore tueur aujourd'hui ? Que tuait-il ? Avait-il réellement arrêté, ce jour de Décembre 1993 ? Et surtout, s'il avait encore des pulsions, comment les canalisait-il ?


Juliette67  (12.03.2009 à 17:31)

26 Décembre 1993
Je n'ai pas écrit, hier. Je ne pouvais pas aller seul dans la cuisine, il y avait trop de mouvement. Un dîner de famille... C'était atroce ! Pas le dîner, qui, en lui-même, était très bon, mais la famille !
Je ne savais pas que tant de monde pouvait tenir dans un endroit aussi petit que le salon. Puis, malgré les rallonges de la table, on était tous très serrés. J'étais collé à ma sœur et, à ma droite, quelqu'un que je ne connaissais pas mais qui voulait vraiment parler. On a reçu tous des cadeaux, mais je ne les ai pas ouverts. Harry me l'a demandé gentiment, comme si l'incident d'hier était oublié, mais j'ai refusé. Je ne veux pas avoir de cadeaux, la seule chose qui me ferait plaisir serait de ne plus tuer.

Deborah ne pouvait plus tenir sans lire plus rapidement. Mais le texte méritait d'être étudié, c'est pourquoi elle lisait si lentement. Elle aurait voulut tout savoir vite, mais elle tourna quelques pages.

06 Janvier 1994
Je ne tiens plus. Il me faut découper un corps vivant.

Elle grimaça et sauta encore plusieurs pages.

24 Janvier 1994
Je suis vivant. Ou pas... Aujourd'hui, je suis monté sur le toit de l'école. J'ai avancé, lentement, vers le bord. Mais mon cœur n'a pas eu peur. J'ai attendu, mon père est arrivé, très en colère et m'a hurlé de descendre. Je ne voulais pas mourir, comme il m'a dit, mais au contraire, me sentir vivant.


Deborah se souvenait vaguement de ce jour. Tout était vrai. Chaque journée décrite avait existé, chaque sentiment avait été ressenti... Elle éprouva même de la peine, pour son frère. Il avait sûrement besoin d'aide et avait tout surmonté, seul. Même si Harry l'avait aidé, il ne l'avait pas réellement accompagné.
Comme lorsqu'elle était encore choquée du comportement de son petit ami, comme quand Dexter avait essayé de l'aider, mais qu'elle était tout de même seule. Elle prit le téléphone pour l'appeler, mais personne ne répondit. Elle l'appela sur son portable et attendit un moment.

- Allô ? dit-elle.

- Oui... Je suis occupé là, Deb. Je te rappelle.

Il raccrocha et se pencha sur l'homme chauve attaché sur la table.

- Alors, vous ne vous souvenez toujours pas ? demanda t-il.

L'homme s'agita et Dexter décolla le scotch qui lui maintenait la bouche.

- Vous êtes un salopard, cria l'homme.

Dexter se retourna, guettant le moindre signe de vie.

- Mais je ne m'attaque jamais aux innocents ! se justifia t-il. C'étaient tous des enfants, ils n'avaient rien demandé...

-C'est qui Deb ? demanda la victime avec un sourire vicieux. Elle est au courant que son petit ami est un assassin ?

Son portable sonna, pour la deuxième fois.

-Oh ! Rita... Je suis occupé, je te rappelle !

Il regarda les yeux noirs, profonds, de l'assassin qui lui faisait face.

- Elle sait que vous la trompez ?

Il lui mit sa main gantée sur la bouche et attrapa son couteau avec lequel il lui incisa la joue . Il fit soigneusement tomber une goutte sur sa lamelle qu'il recouvrit et posa sur la table, à ses côtés. Là, il alluma sa poinçonneuse et l'enfonça sur le torse de l'homme qui mourut d'une grave hémorragie.

Deborah feuilletait le carnet, lisant quelques passages.

31 Mars 1994
Un pas de plus. Un pas dans le vide. Autour, le néant. Celui de ma personne. Et le sang... Partout, tout le temps. Ca m'obsède. Je ne veux plus lutter contre ce destin qui s'annonce évident : je suis une bombe à retardement, et un jour, je tuerai un humain.

C'était trop horrible. Surtout que c'était la fin du carnet. Elle devait savoir, connaître la vérité. Et elle se promit que le lendemain, lorsque le soleil pointerait à l'horizon et que Dexter serait parti, elle irait chez lui et trouverait la réponse.


Juliette67  (16.03.2009 à 15:52)

Elle dormit très mal , se répétant sans cesse les phrases qui l'avaient choquée. Je suis une bombe à retardement... Le néant de ma personne, il me faut découper un corps vivant, je suis vide, je suis un assassin...
Le temps passait très lentement, mais elle y arriva. 7h35. Dexter se levait, à cette heure. Pour avoir habité plusieurs jours chez lui, elle connaissait ses habitudes. 7h40. Il mangeait. Comme il passait sa vie à manger, ce n'était pas difficile de savoir ce qu'il faisait. 8h00. Son cœur battait vite. Elle était déjà habillée d'un vieux T-shirt blanc avec un jean délavé et alla vers sa voiture. 8h15... Elle vit Dexter sortir de chez lui et s'éloigner au bout de la rue. C'était le bon moment.

Elle avança et prit les clés que son frère lui avait données quand elle vivait chez lui. Evidement, tout était fermé et l'appartement plongé dans le noir. Comme toujours ! Mais à présent, elle savait qu'il se cachait du monde. Ses pas résonnaient sur le carrelage et elle se retourna plusieurs fois, craignant que son frère apparaisse dans l'ombre. Son regard se porta immédiatement sur le ventilateur qu'elle tenta d'oublier, allant directement dans la chambre. Le placard, la boite... Les carnets y étaient toujours. Cette fois-ci, elle prit le plus neuf et s'assit sur le lit de son frère, lisant l'actuel.

14 Juin 2009
Parfois je me demande pourquoi je vis, pourquoi je lutte. On ne peut pas vraiment dire que je souffre...Non... je ne ressens rien, c'est un vide effroyable dans ma tête. J'ai tué. Malgré l'enquête... ça recommence. Encore et encore... Mon cœur rate un battement. Toujours un battement. Et puis, rien. Je reste à contempler ce regard si vert, si intense qui semble me prouver l'inutilité de l'existence que je mène.

Deborah pouvait avoir une idée de la souffrance de son frère. Souffrance qui ressortait à la lecture. Pourquoi avait-il continué à écrire ? Elle prit un autre carnet. La suite du premier.

01 Avril 1994
J'ai peur... Je voudrais tellement m'effacer. Je déteste ce que je suis. Peut-être que je m'en veux de ne pas m'aimer ? C'est peut-être aussi pour ça que j'écris.

02 Avril 1994
J'écris pour y voir plus clair dans ma vie. Je tue parce que je ne suis pas normal. J'écris parce que j'ai l'impression de me noyer dans le meurtre. De sombrer dans la délinquance.

03 Avril 1994
Pauvre lapin. Pauvres chats, pauvres chiens, pauvres poissons... Je m'effraie moi-même. Je devrais peut-être y retourner... Chez le spécialiste des troubles psychologique de l'enfant.

Elle changea de carnet et l'ouvrit à la dernière page.

13 Juin 2009
J'ai passé la journée penché sur mes cadavres. Jouant le parfait imbécile, je n'ai pas mis de gants. S'il y a des empreintes que j'avais laissées en les tuant, elles ne seront pas prises en compte. Je mériterais la prison... Même si je ne tue que des tueurs qui n'ont pas été arrêtés. J'ai tué mon frère. Et j'ai retrouvé le goût du meurtre.


12 Juin 2009
Je suis en vie. Je me sens, me retrouve, quelque part dans l'abîme. J'existe. Ils m'ont découvert. J'en viens à me demander comment ils ont fait. Je le sais, quelque part au fond de moi. J'ai peur... Pour la première fois de ma vie. Je ne dois pas aller en prison, pas maintenant que je ressens quelque chose.

Deborah n'y croyait pas. Ce n'était pas possible, ce ne pouvait pas être vrai. Dexter... Le tueur sanglant qu'elle étudiait ? Elle continua. Tout y était. Chaque détail de ses meurtres.

11 Juin 2009
Une incision sur la joue. Une goutte, une seule. Marquant l'existence de mon tueur. Puis-je me l'approprier ? Car je connais ses secrets, mieux que personne. Ses hantises, ses raisons de tuer. Je les ai vécus. Je les vis. Puis, malgré le fait que j'aurais aimé le découvrir plus profondément, je le tue. Froidement, sans impressions. Sans sensations. Comme toujours.

10 Juin 2009
Les gens se cherchent dans l'art. Je ne me trouve pas. Pourquoi est-ce que je continue d'écrire ? Peut-être ai-je envie de me persuader que je suis gentil ?

09 Juin 2009
Une goutte parmi toutes les autres, pourrissant dans mon ventilateur. Parfois, je vais les voir, les observe tranquillement, pensant que chacune de mes lamelles était un humain avant. Je m'effraie.

Deborah se leva, d'un coup, sans faire attention au carnet qui tomba sur le sol ;elle alla dans la cuisine. Là, elle souleva avec précaution la devanture du ventilateur.
Une petite boite en bois était perdue à l'intérieur. Elle la prit et faillit lâcher tant il y avait de lamelles. Et du sang, classé proprement. Le téléphone sonna et Deborah s'empressa d'aller répondre.

- Allô ?! dit-elle avant de s'apercevoir de sa bêtise.

- Euh...

C'était Dexter. Elle continua quand même...

- Pourquoi est-ce que tu appelles chez toi, alors que tu sais qu'il n'y a personne ?

- Pourquoi est-ce que tu es chez moi ? demanda t-il a son tour.

Deborah posa ses yeux sur la boite ouverte. Que pouvait t-elle faire chez son frère ?

- Pourquoi tu n'es pas au travail ? continua- t-il.

C'était son frère. Un tueur sanglant, certes... Mais son frère. Le petit Dexter qu'elle avait toujours protégée. Pourquoi lui cacher la vérité ? Surtout qu'elle le concernait. Il avait le droit de savoir. Il devait savoir...

- Ca dépend si tu veux la vérité ou un mensonge...

- C'est si grave que ça ? ria -t-il.

- Assez, oui, avoua Deborah.

- Je t'écoute.

Elle respira tranquillement, et parla calmement, cherchant de bons mots sans que ça s'entende.

- Je résolvais l'enquête...

- Chez moi ? dit-il d'un ton qui pouvait paraître moqueur mais elle avait presque senti son tressaillement.

- Oh Dexter ! s'exclama t-elle. Dis-moi vraiment si tu te soupçonnes toi-même ?

- Pourquoi ? Tu penses vraiment que c'est moi ?

- Je ne le pense pas...

- Alors pourquoi tu es chez moi ?

- Laisse-moi finir ! s'exaspéra t-elle.

- Très bien, continua t-elle au bout d'un moment. Alors... Je le sais, Dex, je ne le pense pas, je connais la vérité.

Silence. Puis, il toussota dans l'appareil et lui demanda de lui expliquer plus clairement.

- D'accord, Dex. Je vais t'expliquer. Mais pas par téléphone. On se retrouve dans une heure, au café à coté de chez moi.

- J'y serai, déclara Dexter en raccrochant violemment.


Juliette67  (13.04.2009 à 10:38)

-Vous voulez boire quelque chose ? demanda un homme, au comptoir.

- Non, merci, répondit-elle avant de replonger dans sa lecture.

21 Mai 2009

Cela fait plusieurs jours que j'ai tué mon frère. Depuis, plus rien. La mort semble s'être arrêtée. Je devrais être content d'avoir débarrassé le pays du tueur de glace... Et pourtant, je ne le suis pas. C'est comme si j'avais tué une partie de moi. Puisque ce frère, en quelque sorte, me ressemblait. Sauf qu'il n'avait eu personne pour le canaliser. J'en éprouve presque de la pitié.

Deborah trembla. Le tueur de glace, frère de Dexter... ça ne collait pas. Ce ne pouvait pas être vrai. Et puis, d'abord, Dexter n'avait pas de frère !

- Salut Deb ! lança t-il en arrivant par derrière.

Elle grogna.

- Ouh là... murmura- t-il. ça n'a pas l'air d'aller fort ! Tu veux un beignet ? ça aide toujours dans les moments comme ça.

- - Assieds-toi ! ordonna t-elle.

Il s'exécuta en silence et elle lui jeta son journal intime sur les genoux. Il ouvrit la bouche plusieurs fois, la refermant bruyamment.

- Qu'est-ce - que c'est que ça ? hurla- t-elle, les larmes aux yeux.

- Zut !

- C'est tout ce que tu trouves à dire ? dit-elle en se levant brusquement.

Toute la salle était silencieuse,et les gens les fixaient bizarrement.

- Ce n'est peut-être pas l'endroit idéal, finit par répliquer Dexter.

- Pourquoi ? Tu as peur que les gens sachent, hein ?

Dexter l'attrapa et la força à mettre sa veste.

- On part ! expliqua - t-il en l'entraînant dehors.

- Je ne veux pas rester seule avec toi !

Il la lâcha. Evidement, c'était compréhensible qu'elle ne veuille plus de lui si elle avait lu son journal ! Il soupira et s'excusa, avant de partir d'une marche lente.

- Mais je voudrais juste que tu me dises si...

- Si quoi ? la coupa- t-il. Si je vais te tuer ? Si je me contrôle ? Si j'ai peur d'aller en prison ? Si...

- Si tu ne m'en veux pas ! finit Deborah.

Il s'arrêta de marcher et elle le rejoignit.

- Un peu, avoua- t-il. Mais ça fait du bien de savoir que quelqu'un est au courant.
- D'accord... Alors, qu'est-ce qu'on fait ?

- Par rapport à quoi ?

- Tes cadavres ont été découverts et tu risques d'aller en prison...
- Rien ! répondit Dexter. On ne fait rien, c'est formidable ! Pour la première fois dans ma vie, j'ai peur... C'est génial comme sensation. Cela fait toujours comme ça, d'éprouver quelque chose ?

Elle se surprit à rire.

- ça dépend. C'est vrai que la peur, ressemble un peu à l'amour. Cœur qui bat plus rapidement, esprit fixé sur une seule pensée... C'est agréable, l'amour. D'ailleurs... Comment est-ce que tu sais si tu aimes quelqu'un ?

- Je ne le sais pas, répondit-il. Et la haine, ça fait comment ?

- C'est pas le meilleur... Pourquoi est-ce que tu veux savoir ça ?

- Maintenant que je peux en parler ouvertement et poser des questions sans qu'on me prenne pour un fou, je ne me gène pas ! Alors, la haine ?

- Je ne sais pas. Tu ne veux pas la colère, plutôt ?

- Tu n'as jamais éprouvé de haine ? demanda- t-il surpris.

- Et j'en suis fière !

-Même pas contre moi ? Après tout, je t'ai caché un énorme secret et tué des gens.

-Pas de la haine, Dex. Juste, de la tristesse. Que tu ne m'en aies pas parlé. Parce que je pensais qu'on se disait tout, non ? Comme des frères et sœurs...

- C'était difficile... De la tristesse. Cela fait comment la tristesse ?

-ça fait mal. Et j'avais peur, aussi.

- Je suis désolé.

- Non, tu n'éprouve pas de compassion, alors tu ne peux pas être désolé.

Il se laissa tomber contre le mur du bâtiment blanc qui était derrière eux et Deborah s'appuya à ses cotés.

-Je me sens bien, maintenant.

-C'est une bonne sensation ? demanda Deborah avec un sourire.

- Excellente... Je ne me suis jamais senti aussi vivant.

- J'aimerais te parler d'une chose...
- Je t'écoute !

- Ton frère... ça me concernait directement, ça ! Pourquoi est-ce que tu ne m'en as pas parlé ?

Il ne répondit pas. Du moins, pas directement, mais ses yeux hurlaient qu'il était désolé et qu'il l'aurait fait s'il avait pu et s'il n'avait pas eu si honte de lui-même.

- Et aussi... Pourquoi tu écrivais, en sachant que quelqu'un pouvait te lire et tout découvrir ?

- Et pourquoi j'ai gardé mes écrits ? J'essayais de me découvrir et évacuer mon manque de sentiments par l'écriture. J'essayais de me retrouver, quelque part, au fond de ma vie. Et j'aimais bien relire. Ca me donnait l'impression d'exister...

-Tu existes, Dexter... Pas en tant que Killer, mais tu existes. Encore plus vivant maintenant que je le sais. Tu devrais peut-être en parler à Rita.

-Certainement pas ! rugit-il en se redressant.

- Si tu ne le fais pas, je le ferai à ta place. Je pense qu'elle préférerait l'apprendre par toi.
-Je t'interdis de la voir, et de l'approcher ! dit-il en l'empoignant.

- Tu parles comme... Un tueur.

- Je suis un tueur ! Et je n'essaie pas de me mentir. Je le sais, je ne peux pas l'ignorer.

Et elle partit, le laissant seul avec ses pensées. Il aurait voulus la rattraper, savoir où elle allait. Mais il savait qu'elle avait raison. Il devait tout dire à Rita. Il caressa du bout des doigts son carnet noir qu'il avait silencieusement glissé dans sa poche. Il l'ouvrit et vit une écriture plus soignée que la sienne.

15 Juin 2009
Fais attention à toi. Maintenant, je sais tout, tu peux m'en parler. Ce sera libérateur. Mais, s'il- te- plait, ce serait gentil de ta part que tu en parles à Rita. Elle t'aime et ne comprend pas pourquoi tu es si distant. Tu n'existes pas, quelque part dans l'abîme, mais dans un endroit beaucoup plus chaud et sécurisé. Tu es à l'abri de mon cœur, et tu y resteras pour toujours, malgré tout.

Et il laissa échapper un sourire. Un vrai sourire, sans trucages... Pour la première fois de sa vie, il se sentait bien. Vraiment bien et heureux.


Juliette67  (14.05.2009 à 18:37)

Chère Rita,

Je voulais tout d'abord te faire part d'un terrible secret. Par lettre, n'est-ce pas honteux ? Il s'agit sans doute de la chose la plus improbable que tu puisses découvrir, mais c'est la vérité. Trop lourde pour que je puisse continuer à te la cacher... Je suis un tueur en série.
N'aies pas peur, je t'en prie. Jamais je ne te ferais de mal. Ce serait me faire souffrir moi d'abord, plus que toi. Car je t'aime plus que moi-même. Plus que ma vie. Plus que tout. Je ne voudrais surtout pas que ça t'effraie. Mais, je vais te confier quelque chose : je me fais parfois peur à moi-même! Alors, si tu as peur toi aussi, je comprendrai, évidement !
Et j'ai une deuxième chose à te confier : Je suis le tueur en série qui mobilise actuellement tout le pays. Le sanglant tueur que toute la police recherche.
Je ne peux pas arrêter, je ne peux pas me contrôler. Je peux éventuellement continuer ma vie. Tout dépendra de toi.
Affectueusement,
Dexter.

Cela faisait un moment que Rita lisait, encore et encore, la lettre de Dexter. Elle devait lui parler immédiatement ! Elle posa le papier plié sur la table et s'empara du téléphone en composant le numéro de son petit ami.

- Allô ? répondit la voix fatiguée de Dexter.

-Je suis désolée, je te réveille ?

-Non, non. Pas du tout, mentit-il. Tu as... Tout va bien ?

- Plutôt, oui, répondit-elle.

Un long silence s'installa. Lourd, pénible...

-Euh... Très bien alors, continua Dexter. Tu as reçu mon message ?

La réponse mit du temps à venir.

- Oui.

-Ah... D'accord. Je suis désolé !

-Ne le sois pas !

-Tu ne m'en veux pas ? s'étonna Dexter.

-T'en vouloir pourquoi ? Parce que tu es malade psychologiquement ? Ce n'est pas tellement de ta faute. Puis, je suis contente que tu me l'ait dis. C'est vrai que par lettre, c'était un peu minable, mais c'était difficile autrement.

- Sûrement, oui.

- J'aimerais que tu fasses plusieurs choses...

-Tout ce que tu voudras ! s'exclama Dex.

-Tu pourrais aller voir un psychologue ?

-Oh... Pitié ! Ö Grande Rita, magnifique Rita... Je vous en supplie, ayez pitié du pauvre Dex...

-Arrête de faire l'idiot ! Je parle sérieusement.

-Moi aussi. C'est horrible, les psy rendent dingues ! Je t'en prie...

- Peut-être qu'il pourrait t'éclairer et t'aider.

-Mon dernier médecin psychiatre en date... Autant que je m'en souvienne, tuait ses patients en les poussant au suicide.

-Tu es sûr ? Ca parait dingue...

- C'est ce que j'essaie de te faire comprendre. Je l'ai tué à mon tour, d'ailleurs. Je ne tue que les tueurs.

- Dexter, je t'aime tellement. Je savais que tu étais différent...

-Tu aurais préféré une autre différence ? Tu ne me mérites pas. Tes enfants non plus !

-Je voudrais que tu acceptes de m'épouser.

Dexter s'assit sur son lit. La conversation tournait au ridicule !

-Tu es certaine d'avoir reçu ma lettre ? hésita-t-il

- Oui. Et je te comprends mieux. Je t'aime de manière plus évidente, maintenant, et je ne vivrais heureuse qu'avec toi. Alors, veux-tu m'épouser ?

- Oui, oui, oui, oui... Mille fois oui !

Il se releva de son lit et une chose tomba au sol. Une chaîne... Celle de Deborah.

- Merci, dit alors Rita.

Il la ramassa et laissa couler l'or sous ses doigts. C'était tellement doux. Comment avait-elle pu s'en séparer ? Elle ne l'avait pas prévenue qu'elle l'avait perdue.

- Tu es occupé ? demanda Rita.

- Un peu, avoua Dexter. Il me faut juste me remettre de la joie que tu m'as procuré. Mon cœur n'a jamais battu aussi rapidement.

Il posa une main sur son cœur qui effectivement, battait plus vite qu'à l'ordinaire.

- Je te laisse, alors.

- Je t'aime, murmura Dexter.

C'était la première fois qu'il prononçait ces mots et il se demanda pourquoi il ne l'avait jamais fait auparavant. C'était tellement enrichissant de faire en sorte que les gens soient heureux !

- Moi aussi Dexter. N'en doute pas, malgré tout ce que tu pourras jamais faire, je t'aimerai !

Elle raccrocha. Une vision de mariage parvint à Dexter... Une fête, des cris, des rires. Du bonheur. Du sang, des morts, les ténèbres... Jamais cette partie ne le quitterait. Et ça recommencerait. Encore, et encore.
Il soupira et reprit le téléphone.

- Deb' ? dit-il. J'ai trouvé ta chaîne, chez moi.

-Je sais, dit-elle. Je te vois...

Il jeta un œil à la fenêtre et il la vit qui lui faisait signe de le rejoindre dans le jardin. Sans penser qu'il était encore en pyjama, il se rua dehors et se laissa tomber contre sa sœur. Les bras autour de son cou, il y raccrocha la précieuse chaîne de leur mère. Il se détacha d'elle et vit Rita et ses deux enfants. Coddy l'élança fort.

- Dexter ! cria t-il en sautillant autour de lui.

- Coucou, champion ! le salua Dexter en lui donnant une tape amicale dans le dos.
Rita lui lança un regard rempli d'amour.

- C'est le moment de laisser maman et Dexter seuls, commenta Deborah.

- Pourquoi ? Ils vont s'embrasser ?

-Peut-être, répondit Deborah avec un demi - sourire.

- Beurk !

Ils rentrèrent dans l'appartement, laissant les futurs mariés seuls, face à face.

- Ce serait le moment idéal pour un bon beignet ! s'exclama Dexter en riant. Mais, malheureusement, je n'ai pas prévu votre venus : je n'ai pas de beignets...

- Je pense que j'ai mieux que tous les meilleurs beignets de la Terre, dit-elle en se penchant vers lui pour l'embrasser.

20 Juin 2009
Ce jour sera le dernier. J'arrête ce journal comme un nouveau commencement à ma vie. Demain, je me marie. Je ne peux pas dire que ma vie de tueur en série est finie... Juste différente. C'est la fin du doute et de l'ombre... Le début d'une vie, la fin d'un récit.

FIN.


(relecture et correc des chapîtres : JR)


Juliette67  (19.05.2009 à 17:54)

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