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Mauvaise rencontre

Série : CSI : NY
Création : 15.05.2007 à 08h16
Auteur : dangie 
Statut : Terminée

« Danny est retrouvé inconscient et drogué » dangie 

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Chapitre 1

    La nuit avait été difficile pour Joe Callahan. Depuis cinq ans qu’il vivait dans la rue aucune nuit n’avait été agréable, notamment en hiver.  Comment il en était arrivé là, il ne s‘en souvenait plus et puis de toute façon cela n’avait plus aucune importance maintenant.
    Si ce blanc bec  de jeune flic ne l’avait pas fait déguerpir de la bouche d’aération où il avait trouvé refuge, tout n’aurait pas été si mal. Mais là le sort s’acharnait sur lui, manque de sommeil, manque de nourriture, trop d’alcool, trop de tabac… Pourtant, il avait survécu à ce terrible hiver où quelques compagnons d’infortunes avaient trouvé la mort. Maintenant, le printemps était là, les températures redevenaient supportables alors pourquoi pas…
    Pourquoi pas essayer de trouver quelques canettes en aluminium dans les poubelles de cette ruelle. Il est encore tôt et les autres S.D.F. n’ont pas encore tout fouillé.
    Callahan pénétra donc dans la ruelle, inspecta la première poubelle. Ce n’est pas encore le gros lot mais il fallait persévérer. Passons à la deuxième. La roue de son chariot de supermarché plein à craquer de tous ses trésors heurta quelque chose par terre. Callahan poussa un peu plus fort. Certainement un bout de carton ou un débris quelconque. Mais le chariot butte et refuse d’avancer plus loin. Alors seulement, Joe s’approcha pour voir de plus prés ce qui freine sa progression vers le début de la fortune.
    Visiblement, un autre à passé une nuit pire que la sienne, sa dernière nuit. Joe n’a pas à prendre le pouls de l’inconnu étendu là derrière la poubelle. Vu les marques sur son visage et surtout la marre de sang juste sous sa tête, Joe sait que cet homme est mort.
     La tentation est forte de lui voler ses baskets, des pompes à au moins cents dollars, mais Joe sait que si jamais on le retrouve avec ces chaussures, on l’accusera du meurtre et là, la déchéance sera totale. Alors même si ce type n’aura plus jamais besoin de ses baskets, Joe délaisse son butin et ressort de la ruelle. Il va essayer de retrouver le jeune flic.



dangie  (15.05.2007 à 08:21)
Chapitre 2

    Armés de leurs valises à prélèvements, Mac Taylor, Lindsay Monroe et Sheldon Hawkes s’avancèrent d’un pas décidé vers le ruban jaune délimitant la scène de crime. Don Flack les accueilli.
     - Y’a pas d’heure pour les braves !
    - C’est qui les braves toi ou nous ? lui rétorqua Hawkes.
    - Qu’est qu’on a? coupa Mac apparemment fatigué par une trop longue nuit d’insomnie.
    - Kévin Marks 23 ans, un coursier. Il a encore ses papiers mais plus de traces d’argent.
    - Le vol comme mobile? hasarda Lindsay.
    - Si c’est juste pour lui voler son argent, c’est un peu violent, constate Hawkes en s’approchant du corps.
    Tandis que Lindsay commence à prendre les premières photos du cadavre et de la scène de crime , Hawkes muni de gants commence un rapide examen externe.
    - Multiples ecchymoses au niveau du visage, on dirait une marque de semelle.
     En effet, le visage de Kévin Marks outre les traces violacées portait également une marque bien visible, noir, crantée, ressemblant énormément à  l’ empreinte d’une chaussure.
    Repérant le ruban jaune délimitant la scène de crime, Stella gara sa voiture près de celle de Mac. Stella ne savait pas si elle devait être en colère ou inquiète. Quand l’appel pour la prévenir d’un homicide probable avait retenti, elle avait aussitôt tenter d’appeler Danny. Ils étaient d’astreinte tous les deux cette nuit et la moindre des politesses, s’il avait été occupé sur une autre affaire, aurait été de la prévenir. Elle avait du s’occuper seule de relever tous les indices et elle n’avait pas fini…
     Une vieille maison qui n’avait pas vu une femme de ménage depuis bien longtemps, une dame âgée visiblement décédée depuis trois jours au moins. Même si la mort était naturelle, Stella avait encore pas mal de travail pour le prouver et seule.
    Stella s’approcha de ses autres collègues  au moment ou Lindsay se relevait en tenant avec deux doigts gantés une paire de lunettes avec un verre cassé et du sang sur une branche de la monture.
    -  Elles appartiennent peut-être à la victime, il les aura perdues dans la bagarre, proposa Lindsay.
    Est-ce parce qu’elle pensait justement à Danny, mais Stella trouva que ces lunettes ressemblaient beaucoup à celles de son collègue. Un trouble s’insinua dans l’esprit de Lindsay, un drôle de pressentiment. Ces lunettes ne lui sont pas étrangères mais c’est un modèle courant, elles peuvent appartenir à n’importe qui. Mac se retourna et haussa un sourcil.
     - Que faites vous ici, je vous croyait dans le Queens, commença t’il.
    - J’en viens mais j’essaie de joindre Danny depuis cette nuit. Je lui ai laissé plusieurs messages sur son portable et chez lui. Aucune réponse. Alors, je suis passée à son appartement mais là non plus personne. C’est vrai qu’il est un peu bizarre ces derniers temps mais ça ne lui ressemble pas de négliger un appel.
    - Comment ça un peu bizarre? s’étonne Mac.
    Stella n’a pas le temps de lui répondre que l’officier Barnes s’écrie :
    -  On a un autre corps!
    Barnes en vieux flic connaissait son travail à fond et il savait qu’il fallait toujours essayer de trouver des indices en s’éloignant de la scène de crime. C’est ce qu’il avait fait en cherchant derrière les autres poubelles de la ruelle. Son regard habitué avait tout de suite remarqué cet amoncellement de cartons. Poussé par son flair, il avait commencé à dégager les cartons…
    C’est à ce moment là qu’il avait vu une jambe. Flack s’approchait déjà lorsque Barnes finissait de dégager le corps. Don Flack pourtant habitué à voir des personnes en mauvais état n’était pourtant pas préparé au spectacle qu’il avait sous les yeux. Là, juste à ses pieds, gisait le corps de son ami, le corps de Danny.
    Le CSI était couché sur le dos, sa tête ensanglantée était légèrement tournée vers le côte gauche. Ses vêtements étaient couverts de poussière et de sang, une profonde entaille lui barrait la tempe gauche et du sang s’était écoulé de sa blessure jusque sur le sol. Son insigne, son arme et son téléphone portable avaient disparus de la ceinture de son jean.
    Flack, les jambes flageolantes se pencha sur son ami, la bouche soudain très sèche, il approcha sa main du visage de Danny et il senti un souffle faible mais un souffle quand même. Aussitôt, il s’écria :
    - C’est Danny, il est vivant, appelez une ambulance, vite ! Hawkes venez ici.  
    C’est Mac qui fut le plus rapide pour prévenir les secours avec son téléphone portable tout en se précipitant vers le corps de son subordonné suivit de près par toute l’équipe.    Hawkes avait mis a profit toute sa dextérité d’ancien chirurgien pour changer de gants pendant le court trajet jusqu’au bout de la ruelle. Arrivé sur les lieux, il se pencha sur Danny.  
    Une grande marque violacée partait de la profonde entaille qui lui barrait la tempe gauche et descendait jusque sur sa joue. Très doucement, Hawkes palpa le crane de Danny. Muni de sa lampe, le médecin ouvrit délicatement les paupières du CSI et fit passer la lumière sur ses pupilles. Incrédule de sa découverte, Hawkes avala difficilement sa salive et recommença l’opération avec le même résultat. Les pupilles de Danny n’étaient plus qu’une minuscule tête d’épingle, le signe sans équivoque d’une imprégnation par des stupéfiants. Sans relever les yeux vers Mac qui avait sans aucun doute remarqué son trouble, Hawkes hésita d’abord puis approcha lentement ses mains des bras de Danny. Doucement, il commença à relever la manche droite, rien. Il se déplaça légèrement pour atteindre l’autre bras. Le poignet gauche était fracturé c’est donc avec d’infinies précautions que Hawkes releva la manche de la veste de Danny. Ce qu’il redoutait était là sous ses yeux, deux petites marques rouges au niveau du pli du coude. Le doute n’était plus permis. Hawkes releva enfin la tête et croisa le regard dur de Mac.
     Lindsay déjà pâle comme un linge faillit défaillir et ne du son salut qu’au bras que Stella passa rapidement autour de ses épaules. Les deux femmes serrées l’une contre l’autre ne savaient plus quoi penser.
     Et dire que pendant tout ce temps où Stella pestait contre Danny parce qu’il ne venait pas l’aider chez la vieille dame, il était là étendu dans le froid de cette ruelle sale et sombre. Comment aurait-elle pu se rendre compte que son collègue allait mal.  Danny , d’ordinaire toujours prêt à plaisanter même dans les situations les plus difficiles, était plus triste ces derniers temps.
     Lindsay, quand a elle, revoyait la dernière fois où elle avait vu son ami. Ils avaient quittés ensemble le labo cette nuit. Ils étaient tous les deux fatigués par une trop longue journée passée sur un ordinateur à tenter de faire coïncider une série d’empreintes. Elle n’avait même pas été étonnée quand Danny n’avait pas proposé de la raccompagner comme il le faisait de plus en plus souvent ces derniers temps. Elle avait mis ça sur le compte de l’épuisement qui se lisait dans ses yeux mais il en avait été autrement. Que se serait-il passé si elle avait pris l’initiative. Aurait-elle pu empêcher l’horreur qui s’était produite ici.
     Flack, incrédule, senti monter en lui une sourde colère. Que s’est-il passé dans cette ruelle lugubre. Qui avait pu mettre son ami dans un état pareil et surtout que signifiait ces marques. Danny n’était pas un drogué. Don aurait pu le jurer mais il est vrai que son ami s’était montré étrangement distant ces derniers jours, comme renfermé sur lui même.
    Quand a Mac, il avait du mal a croire ce qu’il venait de voir. Il avait confiance en Danny, même après que celui-ci ait tiré au hasard sur un quai de métro, Mac savait que son collègue avait agi pour défendre sa vie. Mais la situation était différente. Danny avait, par le passé, côtoyé de très près un gang impliqué dans de nombreux trafics notamment le trafic de drogue.
    Danny avait toujours été plus que discret sur son passé et n’en avait révélé que des brides au moment où cette vieille affaire du meurtre d’un jeune dealer avait refait surface. Danny avait été innocenté mais son frère, Louis était maintenant en prison pour non dénonciation de crimes et association de malfaiteurs. Mais quand était-il du présent?
      Les pensées de chacun furent interrompues par le hurlement strident de la sirène de l’ambulance. Deux infirmiers en sortirent et se dirigèrent vers l’arrière du véhicule, ouvrirent la porte et firent sortir le brancard ainsi que tout leur matériel.  Ils se dirigèrent rapidement vers le cercle qui s’était formé autour du blessé. Hawkes se releva pour laisser les ambulanciers travailler.
     D’un geste rapide et sûr, ils découpèrent le t-short de Danny, laissant apparaître les hématomes qui couvraient son torse et son abdomen. Ils collèrent les électrodes de l’électrocardiogramme, installèrent un collier cervical pour empêcher tout mouvement intempestif de la tête du blessé, posèrent une perfusion et appliquèrent un masque à oxygène sur le visage tuméfié de Danny. Tous ces gestes de première urgence furent réalisés en un temps record, mais le temps dans la ruelle, pour toute l’équipe de Mac Taylor, semblait suspendu. Chacun observaient les gestes des secouristes tout  en cherchant ce qu’ils auraient pu faire pour éviter ce drame.
    Lorsque Danny fut solidement attaché sur le brancard, Mac sembla se réveiller d’un long et douloureux sommeil. La voix encore légèrement voilée par toutes les émotions qui le submergeaient depuis à peine quelques minutes, il pris résolument la parole :
     - Hawkes, vous allez avec Danny, je ne veux pas qu’il soit seul. Stella vous confiez votre affaire à McNamara, je veux tout le monde ici. Lindsay prenez des photos de toute la ruelle. Je veux qu’on passe cet endroit au peigne fin.   
    Tandis que les ambulanciers s’éloignent avec Danny et Hawkes, les autres les regardent partir espérant en silence que ce n’est pas la dernière fois qu’ils voient leur ami vivant. La porte claque, les sirènes s’animent, l’ambulance s’éloigne et le travail commence.


    Chapitre 3
 
    Se retrouver dans cette ambulance lancée à vive allure  vers l’hôpital de la Trinité, rappelait à Hawkes de nombreux souvenirs. Combien de fois avait-il passé des heures à tenter de sauver un homme tabassé pour quelques grammes d’héroïne.
    Mais les choses avaient changées, il n’était plus chirurgien et même si la victime était son collègue avec qui il aimait travailler, avec qui il aimait plaisanter,  il devait à présent faire son travail.  Relevant la manche gauche de Danny d’une main, il passa un coton tige sur les marques de piqûres  de l’autre et referma l’embout. Il mis cet indice dans une pochette plastique qu’il plaça ensuite dans sa poche.
     Son regard se posa sur le moniteur qui surveillait les fonctions vitales de Danny. Son pouls était faible, sa température basse, combien de temps avait-il passé seul dans cette ruelle. Ses agresseurs s’étaient-ils rendus compte qu’ils lui avait probablement sauvé la vie en le couvrant de cartons réduisant ainsi la morsure du froid. Mais ce n’était qu’une des nombreuses batailles que Danny devraient encore livrer avant d’espérer gagner la guerre.
    Perdu dans ses pensées, Hawkes repris pied dans la dure réalité quand l’ambulance ralenti pour se garer sur le parking des urgences. Le chauffeur ouvrit la porte arrière et, aidé de son collègue, il sortit le brancard. Hawkes les suivit dans les couloirs de l’hôpital. Arrivés en salle de déchoquage, Hawkes se vit refuser l’entrée par un jeune médecin tout juste sorti de la fac.
     -Vous ne pouvez pas entrer Monsieur, c’est réservé à l’équipe médicale.
    -Je suis médecin et c’est mon collègue, il est policier je veux rester avec lui.
    - Je suis désolé mais ce n’est pas possible, le règlement est fait pour tout le monde, on ne doit pas faire d’exception. Ne vous inquiétez pas, nous allons bien nous occuper de lui, répondit le jeune interne.
    - Il faut garder tout ses vêtements , je dois les récupérer, c’est une affaire criminelle,  ajouta Hawkes.
    - Malheureusement, on connaît la procédure. Vous pouvez rester ici si vous voulez,  termina le médecin avant de refermer la porte derrière lui.
    Hawkes se retrouva le nez collé à la vitre, laissant les urgentistes déployer tous leurs talents. Attendre, il n’avait plus que cela à faire et c’est toujours ce qu’il avait le plus détesté.

    Dans la ruelle, le silence était retombé. La sirène de l’ambulance s’était perdue dans le flot du vacarme incessant de la circulation de New York. Mac Taylor s’était éloigné de l’endroit où ils avaient retrouvé leur jeune collègue et s’était rapproché de leur première scène de crime.
     Il voulait se concentrer sur celui que tout le monde semblait avoir oublié, leur victime initiale, Kévin Marks. Le jeune homme avait visiblement été tabassé lui aussi, probablement par les mêmes agresseurs. Mais qui était la personne visée en premier, qui avait simplement été au mauvais endroit au mauvais moment, ou sont-elles toutes les deux impliquées.
    A ce stade de l’enquête, Mac ne voulait négliger aucunes pistes même si l’une des victimes était un lieutenant de police, même si c’était Danny. Mac entreprit d’emballer les mains de Kévin dans des sacs en papiers fixés aux poignets par de l’adhésif pour éviter de perdre des traces pendant le transport vers la morgue.
     A moins d’un mètre du corps, au pied de la poubelle, Mac découvrit un sac en papier kraft détrempé, le genre de sac que l’on donne dans les supermarchés pour emballer les achats. Mac se saisit du sac et commença un examen rapide. Un liquide, sans doute du lait, s’était répandu à l’intérieur du sac trempant tout ce qu’il s’y trouvait.
    Mac ouvrit le sac avec précautions pour ne pas risquer de le déchirer. La bouteille en verre , qui contenait le lait, était cassée ce qui avait pu se produire si le sac était tombé par terre. Le reste des achats, des bananes, une brique de jus d’orange et un paquet de céréales, n’avaient pas énormément souffert du contact avec le liquide, ils étaient pratiquement intacts. Ce qui laissait supposer que la bouteille n’avait pas été cassée depuis trop longtemps, à peine quelques heures, d’autant que le lait n’avait pas encore eu le temps de tourner.
     Étant donné les températures de la veille qui avaient frôlées les vingt degrés, et celles de la nuit qui elles étaient descendues jusqu’à six degrés, on pouvait imaginer que ce sac était là depuis le milieu de la nuit dernière. Ce qui aurait pu vouloir dire que l’une des personnes impliquées dans le meurtre et l’agression a peut-être apporté ce sac.
    C’était une piste qui pouvait ne mener à rien ou qui pouvait être capitale, la suite de l’enquête répondrait à cette question. Mac déposa sa trouvaille dans un sac plastique et se leva pour porter les indices qu’il avait déjà récolté dans le coffre de sa voiture.

    Tout en collectant les indices à l‘endroit où ils avait trouvé Danny, Stella jetait de fréquents regards vers Lindsay. Après un moment où elle avait cru que sa jeune collègue allait craquer, la petite dernière avait su faire preuve de tout le professionnalisme nécessaire  pour se reprendre.
     Stella savait que la relation entre Lindsay  et Danny était un peu plus que professionnelle, une tendre complicité s’était tissée entre les deux CSI.  Lindsay aimait travailler avec Danny et réciproquement mais Stella avait vite compris que Danny était plus indulgent avec celle qu’il appelait « Miss Montana ». Depuis que Lindsay était arrivée, Danny s’était un peu assagit, il était devenu plus calme sans avoir perdu de son enthousiasme et de son humour corrosif. Sauf ses derniers temps.
    Munie de sa lampe, Stella scruta le sol de la ruelle. Sous un carton, elle vit briller un objet. Elle s’avança pour pouvoir le saisir et se retrouva avec la plaque de Danny entre les mains. Était-elle tombée pendant la bagarre ou ses agresseurs l’avaient-elle jetée là. En tout cas, la plaque portait des traces de sang et s’ils avaient de la chance, les empreintes de celui qui l’avait arrachée de la ceinture de Danny.
    Lindsay essaya de se concentrer sur son travail. « Passez toute la ruelle au peigne fin » avait dit Mac. C’est ce qu’elle voulait faire en essayant de faire abstraction du fait que la victime de leur affaire était son ami. La procédure aurait voulu que leur équipe ne s’occupe pas du cas, mais Mac n’aurait jamais laisser faire ça. C’était à eux de mener cette enquête, c’était à eux de retrouver les agresseurs, c’était à eux de trouver ce qui s’était passé ici cette nuit. Lindsay ne voulait pas penser à ce qu’elle aurait pu faire ou dire. Le passé était le passé, l’heure n’était pas aux regrets, elle en aurait bien assez quand ils auront résolu cette affaire.
    Concentrée, elle balaya des yeux le pourtour de la poubelle et là, juste à côté de la roue, elle vit une seringue de celle que les drogués utilisent pour s’injecter leur poison. Avec précautions, elle s’en saisit par le piston. Elle vit , à l’intérieur, une minuscule goutte de sang. En espérant que ce ne soit pas le sang de Danny, elle rangea son indice dans un petit tube en plastique rigide qu’elle étiqueta. Si cette seringue appartenait à Danny, Lindsay avait de gros doutes quand à l’avenir de leur relation, et si tel était le cas, est-ce quelque chose dans son attitude à elle qui avait fait basculer son ami.  Une seule solution pour le moment, se concentrer sur son travail, uniquement sur son travail.
    Don Flack aurait également aimer se concentrer sur son travail, mais les derniers évènements le laissaient dans un état émotionnel qu’il n’avait encore jamais connu. Bien sûr, Danny était son ami, bien sûr, il avait toute sa confiance mais la colère qu’il lisait dans les yeux de Mac lui faisait penser que le chef des CSI n’était pas de son avis.
     Et puis, il y avait Allie, la petite sœur de Danny. Flack la connaissait depuis quelques temps, il avait toujours eu de la tendresse pour cette fille au caractère bien trempé à l’image de ses frères. Mais cette façade cachait en réalité une fragilité qui l’avait toujours touchée encore plus ces huit derniers mois. Aussi l’inspecteur Flack pris une profonde inspiration et s’avança vers Mac Taylor.
    - Mac, je me demandais si je pouvais me charger de prévenir la famille de Danny, je connais sa sœur et j’aimerais lui épargner d’apprendre la nouvelle par un étranger.
     - Je pense que je devrais m’acquitter de cette tâche, mais si vous pensez que c’est mieux pour elle, je vous laisse faire.
    - Merci Mac, dit simplement Flack. Puis avant de s’éloigner, il se retourna et dit :
    - Mac, l’inspecteur Maka m’a appelé pour savoir si elle pouvait donner un coup de main, je peux la rappeler pour lui dire de venir me remplacer. Vous aurez certainement besoin d’elle.
     - C’est une bonne idée, lui répondit Mac.

    Chapitre 4

    Sheldon Hawkes, les épaules basses, comme si elles supportaient un poids énorme marchait d’un pas lourd dans les couloirs du labo. Il portait un sac en papier kraft, un sac contenant ce qu’il avait récupéré à l’hôpital. Perdu dans ses pensées, il fut encore plus surpris quand Mac Taylor l’interpella d’une voix forte :
    -Hawkes, qu’est-ce que vous faites ici ? Pourquoi vous n’êtes pas avec Danny ?
    -Flack est à l’hôpital avec la sœur de Danny, ils nous appelleront dès qu’ils auront des nouvelles. J’ai préféré rapporter ses affaires ici pour essayer d’avancer un peu.
    - Vous avez raison, commença Mac soudain radouci. Comment va Danny ?
    - Il est vivant Mac, c’est déjà presque un miracle. Il a un traumatisme crânien, une hémorragie interne, une hypothermie et … , Hawkes hésita  n’osant terminer sa phrase, finalement il se lança en tendant à Mac une feuille, un résultat toxicologique ,la prise de sang effectuée sur Danny à son arrivée aux urgences.
    - Positif à l’héroïne, c’est ce qu’on craignait, dit calmement Mac.
  Même si le doute n’avait pas vraiment été de mise, Mac avait espérer s’être trompé, jamais il n’avait autant souhaiter avoir tord.  
    - Qu’est- ce que vous en pensez, vous croyez vraiment que Danny aurait pu…
    - Je ne croie rien, Hawkes. Il faut se concentrer sur les faits uniquement les faits et tenter de laisser de côté ses sentiments tels qu’ils soient.
    - Vous y arrivez, vous ? Moi, j’ai vraiment du mal.
    - Je n’ai jamais dit que c’était facile, termina Mac avant de laisser Hawkes au milieu du couloir, le cœur partagé entre son devoir et son amitié.

    Mac se dirigea vers la salle d’autopsie où le Docteur Sid Hammerback terminait son travail. Le médecin leva les yeux  du corps de Kévin Marks qu’il était en train de recoudre.
    - Du nouveau pour moi ? commença directement Mac.
    - Vous d’abord, comment va Danny ? répondit immédiatement Sid.
    - C’est trop tôt, il faut attendre.
    - Attendre toujours attendre, soupira Sid en remettant ses lunettes sur son nez.
    - Ce jeune homme n’a pas eu une mort douce et sans douleurs, commença le médecin légiste. Fractures ouvertes des deux jambes, j’ai prélevé ceci sur la jambe droite, dit-il en levant un minuscule fragment enferme dans un sachet en plastique.
    - On dirait du bois, pensa tout haut Mac
    - Il a été frappé avec un objet, la bonne vieille batte de base-ball est toujours à la mode. Ce qui serait, d’ailleurs compatible avec la forme des hématomes retrouvé sur son thorax, continua Sid en pointant une grande trace bleuâtre sur le torse de Kévin.
    - C’est ce qui lui a fracturé trois côtes dont une a perforé le poumon, il devait déjà être en train de suffoquer quand il a reçu le coup fatal … un coup de talon directement sur l’os du nez, ce qui a provoqué une importante hémorragie cérébrale. Il est mort en quelques minutes, termina Sid.
     -Autre chose?
     - Regardez ces marques sur ses épaules.
     Sid pointa du doigt les traces violacées qui faisaient le tour des bras au niveau des épaules, descendaient sous les aisselles et remontaient dans le dos.
     - Quelqu’un l’a maintenu par derrière pendant qu’un autre le frappait et apparemment ce jeune homme ne s’est pas laissé faire. Il a bien résisté.
     - Il y avait donc au moins deux agresseurs, conclu Mac.
     - Je dirais même trois, annonça Sid en réajustant ses lunettes.
       - Regardez, on distingue nettement la marque d’un poing droit.
     - Ce qui nous donne un qui maintient Kévin pendant qu’un deuxième le frappe à mains nues et un troisième avec un objet, peut-être une batte de base-ball, conclue Mac.
     - Un des hommes que vous recherchez à une sacrée droite, il faut mettre beaucoup de force pour faire des marques pareilles.
     - Ce qui nous donne peut-être un petit avantage, car s’il a frappé à mains nues, il a certainement laissé de son ADN sur les vêtements de ses deux victimes.
     - C’est logique en effet.
     - Des traces de drogue ?
    - L’examen toxicologique n’a rien révélé et il n’y a aucune traces de piqûre récente ou ancienne, rien au niveau des muqueuses nasales. J’ai envoyé un de ses cheveux au labo. Ce serait un contexte de vente de drogue ? s’étonna Sid.
    -C’est encore un peu tôt pour le dire.
    -Que viens faire Danny dans cette histoire ?
    - J’aimerais le savoir, Sid.

    Stella Bonasera, elle, s’occupait du sac en papier retrouvé par Mac. Après un rapide examen de l’extérieur du sac, Stella s’aperçu vite que le lait s’était imprégné profondément dans le papier et qu’elle ne trouverai aucune empreinte exploitable. Elle passa donc à l’étude du contenu du sac. Elle récupéra les débris de la bouteille de lait et les étala pour leur permettre de sécher avant qu’elle puisse reconstituer le puzzle. Outre le lait, Stella retrouva également un ticket de caisse. Le séjour dans le liquide avait dilué l’encre mais elle pourrait peut-être arriver à déchiffrer le nom du magasin, la date ou l’heure des achats, ce qui pourrai l’amener vers le propriétaire du sac.
    Stella essaya plusieurs longueurs d’ondes avant de découvrir que le ticket de caisse ne contenait aucune des indications qui auraient pu la mettre sur une piste. La réponse ne se trouvait pas toujours dans le labo. Elle devrait certainement arpenter le bitume du quartier pour trouver le magasin concerné.
    Stella s’était toujours dit que l’on ne pouvait être un bon expert scientifique sans être un adepte des puzzles. Elle en fit une nouvelle fois la preuve en reconstituant la bouteille en verre. Après un long et harassant travail, elle pu enfin tenter de récolter quelques empreintes. En fait, la bouteille avait été manipulée par de nombreuses mains, au moins quatre différentes. Trois d’entre elles n’étaient pas dans le fichier, quand à la quatrième, un nom ressorti presque immédiatement : Danny Messer. Ainsi, c’est Danny qui avait fait ces achats, sans doute en rentrant chez lui cette nuit là, mais pourquoi s’était-il arrêté dans cette ruelle ?
    Stella préféra laisser cette question en suspends pour le moment et se concentrer sur l’information importante qu’elle pouvait en retirer : Danny avait quitté le labo aux alentours d’ une heure du matin, elle devait donc chercher un magasin ouvert jusque tard dans la nuit.

    Après sa rencontre avec Mac Taylor, le docteur Sheldon Hawkes se dirigea vers le labo ADN où il retrouva Adam Ross en plein travail. Le biologiste avait déjà examiné les vêtements de Kévin Marks et retrouvé des fibres, des éclats de bois, de la poussière et du sang de la victime. Le biologiste salua Hawkes et le mis brièvement au courant de l ‘avancée de ses recherches.
     - A l’hôpital, comment çà se passe ? demanda Adam.
     - Ils sont en train de l ‘opérer, ils vont lui retirer la rate. Apparemment, il saignait doucement depuis pas mal de temps quand on la retrouvé. Une heure de plus et il n’y avait plus rien à faire.
     - Il va s’en sortir alors ?
     - Je l’espère, Adam. Danny est résistant mais parfois ce n’est pas suffisant.
  Les deux hommes restèrent quelques instants silencieux, le temps pour Adam de digérer la nouvelle. L’envie de retrouver les agresseurs leur redonna du courage pour entreprendre ce qu’ils redoutaient tous les deux : examiner les vêtements de Danny.
     A chaque fois où ils devaient passer au peigne fin les affaires d’une victime, c’était comme entrer de force dans sa vie privée, c’était percer les petits secrets d ‘une personne inconnue. Cette fois là, c’était différent. La vie dans laquelle ils allaient mettre un pied, c’était celle de Danny. Ils allaient voir des choses que leur ami ne leur avait jamais révélé, des choses qu’il n’avait pas envie de leur dire. Ils allaient certainement voir Danny sous un jour différent.
     Ils étalèrent la veste de Danny sur la table, ainsi que son pull. Les deux vêtements étaient de couleur sombre, noire pour la veste et kaki pour le pull. Les deux CSI éteignirent la lumière, chaussèrent leur lunettes  et commencèrent à balayer  toute la surface avec leur lampes à ultra-violets. Le sang s’illumina immédiatement sous leurs yeux. Adam prie alors conscience de la violence de la bagarre. La veste de Danny était constellée de petites taches et de grandes traînées. Mais le regard des deux CSI fut attiré par une trace particulière. Sur la gauche, il y avait deux lignes parallèles et on devinait la troisième, indiscutablement, ce ne pouvait être que la marque d’un poing droit. Hawkes approcha sa loupe et sans relever la tête il dit :
    - Si l’agresseur a frappé à  mains nues, avec un peu de chance, il s’est blessé. Ça vaut peut-être le coup de faire un prélèvement.
     - Mais, si les deux ADN sont mélangés, il va me falloir du temps pour les différencier.
    Adam était à la fois excité par la découverte qu’il avait faite et qui pouvait les amener jusqu’aux coupables et un peu effrayé  par l’ampleur de la tâche qui l’attendait.

    Dès son retour au labo, Lindsay s’était attaquée à l’examen de la seringue qu’elle avait rapporté de la ruelle. Le relevé d ‘empreintes s’avéra infructueux, tout était brouillé, inexploitable. Elle s’attaqua alors à prélever  l’ADN et l’envoya à Adam Ross pour qu’il l’analyse. Elle préleva également une petite partie de la substance contenue à l’intérieur. Le spectromètre de masse lui donna ce qu’elle redoutait : Héroïne. Le profil chimique de la drogue s’inscrit en un diagramme que Lindsay édita d’une pression sur un bouton.
    La jeune CSI s’intéressa ensuite aux prélèvements que Hawkes avait fait sur les vêtements de Danny. En essayant d’occulter le nom inscrit au feutre noir sur le sachet qui contenait les indices, Lindsay commença a analyser les poussières retrouvées.
     La recherche de nouveau au spectromètre révéla la présence de particules diverses et variées contenues dans la poussière des rues de New York et des traces d’héroïne, la même que celle contenue dans la seringue. Lindsay ne pu se résoudre à cette nouvelle et recommença le test une nouvelle fois, avec le même résultat. Danny avait donc de la drogue sur ses vêtements.
    La détective Kaile Maka était revenue à son bureau après une courte visite dans la ruelle et une longue conversation téléphonique avec Don Flack. Son collègue lui avait fait un résumé de la situation mais il était resté muet quand elle lui avait demandé son avis sur ce qui s’était passé.
     Kaile était une jeune femme bien dans sa peau. Elle prenait son métier d’officier de police très au sérieux mais n’était jamais contre un peu d’humour dans le travail. C’est pourquoi elle aimait travailler avec Danny Messer. Ils avaient tous les deux le même humour et une réelle complicité s’était tissée entre eux au fil des enquêtes qu’ils avaient menés ensemble. Kaile aimait l’ironie de Danny, sa façon de rire de tout, son énergie et sa ténacité. Jamais elle n’aurait pu imaginer qu’il se laisse aller à se droguer. Ce n’était pas dans le caractère entier de Danny.
    Mais qui connaissait vraiment les gens avec qui on travaillait, ou même sa propre famille. Kaile l’avait trop souvent rencontré dans son boulot. Une mère qui découvrait que sa petite fille chérie faisait le trottoir, un père qui réalisait que son fils dealait et qu’il s’était fait tuer par des concurrents. On pouvait cacher tellement de choses aux personnes qu’on aime.
    Mais qu’importe, des types avaient tabassé un flic et tuer un jeune coursier. Son boulot a elle s’était de leur mettre la main dessus.
    Kaile commencerait donc son enquête par ce qui lui paraissait le plus plausible : une vengeance. Elle interrogea son ordinateur sur les affaires que Danny avait traitées, sur les criminels qui pourraient lui en vouloir. Quand elle vit la liste impressionnante s’afficher sur son écran, elle alla se chercher un café car la journée promettait d’être longue.

    Chapitre 5

    Mac se retrouva seul dans son bureau. Il ferma les yeux pour essayer de faire le vide mais l’image du corps de Danny étendu, le visage en sang, sur le ciment froid de cette ruelle, ne cessait de le poursuivre. Sachant qu’il ne réussirait pas à chasser cette vision, Mac décida de rassembler toute son équipe pour faire le point sur l’avancée de leurs recherches. A peine cinq minutes plus tard, Lindsay Monroe, Stella Bonasera et Sheldon Hawkes entrèrent dans le bureau de Mac. Tous avaient le regard fatigué et inquiet. Lindsay était particulièrement angoissée car elle savait que ce qu’elle s’apprêtait à annoncer aux autres allait certainement autant les toucher qu’elle.
    Mac les regarda tour à tour avant de poser son regard sur la jeune femme.
    - Lindsay, vous commencez.
    La jeune CSI prit une profonde inspiration et se lança :
    - J’ai retrouvé de l’héroïne sur les vêtements de Danny, la même que celle dans la seringue qui était près de lui… et c’est son ADN. Le sang dans la seringue est bien celui de Danny.
    Le regard dur que Mac lui renvoya glaça le sang de Lindsay. Elle n’était pas là depuis très longtemps, mais elle n’avait pas encore vu son patron dans un tel état, entre la fureur et une immense déception.
    - Des empreintes ?
    - Rien d’exploitable.
    Mac se tourna vers Stella et Lindsay se sentie  soulagée que l’attention de Mac ne soit plus sur elle.
    - Stella, du côté du sac?
    - Il appartient bien à Danny. J’ai retrouvé ses empreintes sur  la bouteille de lait, mais le ticket de caisse ne m’a rien révélé.
    -Tu n’as pas pu déchiffrer ce qu’il y a d’écrit ?
    - Si, mais il n’y a que les prix des articles, aucune mention du nom du magasin ou de la date et de l’heure des achats. Je suppose qu’il doit s’agir d’une petite épicerie. Kaile doit me rejoindre ici pour aller faire un tour dans le quartier.
    Stella attendait même avec beaucoup d’impatience l’arrivée de l’inspectrice Maka pour quitter l’atmosphère du labo. Des rumeurs avaient commencées à circuler dans l’enceinte fermée du labo de criminologie de la police de New York et Stella n’aimait pas du tout cela. Danny n’était pas là pour se défendre et pour le moment Stella ne voulait surtout pas prendre un parti ou un autre. Tout ce qu’elle désirait, c’est que Danny puisse s’expliquer seul, qu’il soit enfin sorti d’affaire.              
     - Hawkes, du nouveau? interrogea Mac.
     - Adam et moi, nous avons examiné les taches de sang sur les vêtements de Danny. D’après les premières analyses, il y a du sang de Danny, du sang de Kévin Marks et le sang d’un homme inconnu. C’est certainement notre agresseur. Nous avons retrouvé la marque de son poing.  Adam est en train de travailler sur la différenciation des ADN mais ça va prendre du temps.
    Mac considéra cette information avec celles qu’il avait déjà quant aux meurtriers de Kévin. Avant qu’il ait pu faire part aux membres de son équipe de ce qu’il avait de nouveau, son téléphone sonna dans sa poche. Chacun retint son souffle pendant que Mac décrochait. Quelques secondes plus tard, il dit juste à son correspondant:
     - On arrive.
    Mac referma son téléphone et s’adressa à tous qui attendaient.
    - C’était Flack, Danny est sorti du bloc, il est dans le coma. Hawkes venez avec moi, on va à l’hôpital.
 
    Chapitre 6

    Dans le service de réanimation, la chambre de Danny était plongée dans une douce pénombre. Le moniteur où s’affichait son rythme cardiaque, sa saturation en oxygène, sa tension artérielle renvoyait une lumière bleutée tout autour. Le silence n’était rompu que par le bip régulier des pulsations cardiaques de Danny et par le souffle mécanique du respirateur.
    Malgré les hématomes, le visage de Danny était d’une pâleur extrême à peine plus coloré que le sparadrap qui maintenait la sonde d’intubation en place. Accrochées au dessus de lui, des perfusions coulaient lentement distillant dans ses veines toutes sortes de médicaments, glucose, antibiotiques, antalgiques.
    Assise aussi droite que lui permettait son dos douloureux, Alicia Messer gardait la main de son frère au creux de la sienne. Ses yeux verts étaient maintenant secs. Elle avait noué ses longs cheveux blonds bouclés en un chignon lâche et ne pouvait détacher son regard de Danny, espérant que son frère allait reprendre conscience au plus vite.
     Elle avait l’air d’une adolescente, une jeune fille avec une peau de pêche et même en ce début de printemps, elle avait déjà le teint hâlé. Les cernes qui commençaient à assombrir son visage fatigué ne parvenaient pas à masquer la vivacité de son regard.
    Ce matin là, elle s’était réveillée en pleine forme mais avec une drôle de sensation. Apparemment, elle avait dormi plus de six heures d’affilée, un record en ce moment où le petit être qui grandissait doucement en elle confondait allègrement le jour et la nuit.
    Allie s’était levée en se disant que quelque chose n’allait pas avec le bébé, il était trop calme. Jusqu’au moment où Junior aussi se réveilla et lui décocha un magnifique coup de pied dans les côtes en guise de bonjour. Elle rit toute seule, rassurée sur la santé du bébé mais la drôle de sensation ne disparue pas complètement.
    Sans se presser, elle avait pris une douche et s’était habillée avec le pantalon de grossesse qu’elle traînait depuis quelques semaines et qui serait bientôt trop juste et avait enfilé la chemise rose légèrement cintrée et qui dessinait joliment son ventre arrondi.
    Elle avait envie d’être belle aujourd’hui. Elle devait aller voir Louis. Elle devait lui montrer qu’elle allait bien pour qu’il ne s’inquiète pas. Il avait déjà assez de problèmes comme ça. Elle était en train de chercher le livre qu’elle voulait lui apporter, quand la sonnette de la porte retentie.
     En regardant par le judas, elle avait vu Don Flack. Il avait la tête baissée, aussi n’avait-elle pas pu voir son regard. C’est donc avec enthousiasme qu’elle ouvrit la porte. Ces dernières semaines, Allie avait apprécié la compagnie de Don. Il était gentil, prévenant, charmant. Elle n’avait plus vraiment l’habitude d’être traitée de cette façon par un homme autre que ses frères et c’était une sensation très agréable. Mais quand elle vit le regard du policier, elle su que quelque chose était arrivé. Immédiatement, elle pensa à Louis. Il avait été blessé par un co-détenu. Mais si tel avait été le cas, c’est Danny qui serait venu lui annoncer la nouvelle. C’était forcément Danny qui avait eu un accident et vu la tête de Don c’était certainement grave.

    Et elle était là depuis des heures dans cet hôpital. Don ne l’avait pratiquement pas quitté, mais elle ne s’était jamais sentie aussi seule. Allie ne cessait de penser à cette vieille superstition qui veut que quand un bébé arrive dans une famille, il y a souvent aussi un décès. C’est une sorte d’équilibre cosmique. Elle ne croyait pas à toutes ces histoires et pourtant elle était terrifiée. Terrifiée que çà puisse être vrai. Elle aurait bien voulu prier, mais il y bien longtemps qu’elle avait cesser de croire en Dieu, ce Dieu tout puissant qui laisse ses enfants s’entretuer pour des questions de religions.
    Perdue dans ses pensées, Allie n’entendit pas le retour de Don Flack. Celui-ci l’appela doucement.
    - Allie?
    Elle se retourna vivement et vit que Don n’était pas seul. Elle se leva et approcha son visage de celui de Danny.
     - Danny, je reviens très vite, lui murmura t’elle avant de l’embrasser tendrement sur le front.
    Allie sortit de la chambre de son frère et s’avança vers les trois hommes qui l ‘attendaient.
        - Mademoiselle Messer, je suis le Lieutenant Mac Taylor. Je suis vraiment désolé de faire votre connaissance dans des conditions pareilles et sachez  que tout le labo fait son possible pour retrouver les coupables.
    - Merci Lieutenant Taylor, vous savez Danny m’a tellement parlé de vous que j’ai l’impression de vous connaître.
     Puis en se tournant vers Hawkes, elle esquissa un sourire.
    - Sheldon, je ne pensais pas vous revoir aussi vite.
     S’adressant de nouveau  à Mac elle demanda pleine d’espoir :
    - Vous avez du nouveau ?
    - Nous explorons toutes les pistes.
    - Vous n’avez rien ? répondit-elle plus comme une évidence que comme une question.
     Mac compris tout de suite que cette jeune femme était très perspicace et qu’il avait intérêt à ne rien lui cacher car sinon elle le découvrirait de toute façon toute seule.        
    - Mademoiselle Messer, nous devons prendre des photos des blessures de Danny, c’est la procédure, continua Mac.
     Allie se retourna pour regarder son frère étendu immobile, sans défenses.
    - Je sais, mais s’il vous plait, ne lui faites pas mal, il a déjà assez souffert comme ça.
    - Ne vous inquiétez pas nous ferrons aussi doucement que possible.
    Résignée mais pas entièrement rassurée, Allie s’éloigna en compagnie de Don qui lui avait tendrement passé un bras autour de ses frêles épaules. Mac et Hawkes les observèrent  se diriger vers la salle de repos réservée aux familles.
     Hawkes croisa le regard de Mac et il cru voir une extrême lassitude dans les yeux de son supérieur. Ce qu’ils s’apprêtaient à faire n’était jamais facile mais cette fois, la victime n’était pas un inconnu sur qui ils n’avaient aucun apriorit. Cette fois, la victime était Danny et ils étaient venus pour tenter de prouver que Danny ne se droguait pas.
    Les deux CSI s’approchèrent du lit et déposèrent leur mallette sur le sol. Mac toucha la main de Danny et lui dit doucement :
    - Danny, c’est Mac et Hawkes. Vous savez pourquoi nous sommes là, nous allons faire le plus doucement possible, c’est votre sœur qui nous l’a demandé.
    Hawkes avait sorti son appareil photo et s’était approché du négatoscope où s’étalaient les radios des fractures de Danny. Il soupira avant d’annoncer à Mac à voie basse :
    - Pas de fracture du crane, mais il a le poignet gauche cassé ainsi que trois côtes et double fracture de la jambe droite.
    Sans un mot, Mac jeta un œil aux radios et se concentra sur Danny. Hawkes à gauche et Mac à droite de leur collègue, ils commencèrent leur examen. Hawkes mitrailla de photos le visage commotion

dangie  (15.05.2007 à 08:34)
commotionné de Danny, l’entaille de cinq centimètre, maintenant suturée, sur la tempe gauche.
    - Il a reçu un violent coup sur le côté du crane, ses lunettes l’on blessé, commença Hawkes.
    - Nous avons retrouvé ses lunettes près du corps de Kévin. La bagarre aurait commencée juste à l’entrée de la ruelle pour se finir où on l’a retrouvé.
    Avec d’infinies précautions, Mac retira la chemise d’hôpital du torse de Danny révélant une nouvelle fois les hématomes qui le recouvraient. Mais maintenant, il y avait en plus le pansement du cathéter au niveau du cou et un autre au niveau du flanc gauche où les chirurgiens avaient retiré la rate. Hawkes prie de nouvelles photos et les deux hommes se regardèrent, incrédules. C’est Mac qui rompit le silence qui s’était installé entre eux.
    - Il a été maintenu par derrière comme Kévin mais on dirait qu’il n’a opposé aucune résistance.
    En effet, les marques qui enserraient les bras de Danny étaient à peine visibles, signes qu’un de ses agresseurs l’avait immobilisé  pendant que l’autre le frappait, mais juste pour le maintenir pas pour le maîtriser. Hawkes et Mac s’attardèrent ensuite sur le bras gauche de Danny. Les deux petites traces rouges au niveau du pli du coude s’étaient légèrement atténuées, mais il n’y avait aucun bleu, aucune preuve allant dans le sens où ses agresseurs lui auraient injecté la drogue de force.
    Doucement, Hawkes retourna la main gauche de Danny pendant que Mac retournait la droite. Le dessus des mains de leur collègue n’avait aucune écorchures, aucune marque prouvant qu’il s’était défendu, qu’il avait riposté. Les deux CSI échangèrent un regard, dans celui de Mac, on pouvait y lire toute la déception qu’il ressentait. Il avait espéré dissiper tous les doutes qui l’assaillaient mais c’est exactement le contraire qui s’était produit. Toutes les preuves qui s’accumulaient jusqu’à présent allaient dans le même sens. Danny s’était bel et bien injecté seul la drogue.
    Hawkes, de son côté, ne pouvait croire ce que les faits lui racontaient. Danny aime faire la fête, Danny est un bon vivant, ils partageaient  volontiers une bière après le boulot mais de l’héroïne, c’était définitivement pas dans la personnalité de Danny.
    Mac et Hawkes terminèrent leur travail et remballèrent leur matériel. Il leurs restait encore une chose à faire et ce n’était pas la moins compliquée : il leur fallait expliquer à la sœur de Danny ce qu’ils avaient découvert.
    Assise sur un fauteuil en velours gris de la salle de repos, Allie Messer avait la tête calée contre le dossier. Elle avait les yeux fermés mais son esprit était totalement en éveil. Dés qu’elle entendit les pas des deux CSI, elle se redressa aussi vite que son état le lui permettait.
    A la mine sombre des deux hommes qui s’avançaient vers elle, Allie su immédiatement que quelque chose n’allait pas. Elle n’essaya pas de se lever, elle se sentait si lasse qu’elle avait peur de s’effondrer si elle tentait de se mettre debout. Don lui pris la main et le regard qu’il posa sur elle disait : « ne t’inquiète pas, je suis avec toi ». Mais, elle était morte d’inquiétude, paralysée par la peur.
    - Qu’est ce qui ne va pas, qu’est ce que vous avez trouvé ? demanda t’elle sans préambule.
      Mac et Hawkes échangèrent un regard se demandant lequel aurait le courage de tout lui dire, le courage de lui raconter ce qu’ils soupçonnaient. C’est Mac qui finalement se lança.
    - Il semblerait que Danny ne se soit pas défendu.
    Allie secoua la tête de gauche à droite en esquissant un semblant de sourire.
    - Vous devez vous tromper. Danny sait se battre Lieutenant Taylor. Jamais il n’aurait laissé des types le mettre dans un état pareil sans répliquer.
    - Je le sais, mais Danny n’était peut-être pas dans son état normal.
    Allie se redressa soudain alertée par le ton de la voix de Mac.
    - Qu’est ce que vous voulez dire par là ?
    - Mademoiselle Messer, commença Mac, nous avons retrouvé de l’héroïne sur les vêtements de Danny …
    Allie regarda Mac dans les yeux tout en faisant « non » de la tête.
     - Il y en avait également dans la seringue que nous avons retrouvé près de lui, avec son ADN. La même drogue était aussi sur les deux marques de piqûre sur son bras et les analyses pratiquées ici, à son arrivée aux urgences, montrent également des traces d’héroïne… Et, il y a  l’attitude de Danny ses derniers jours. Ces collègues l’on trouvé « bizarre » ces derniers temps.
     C’en était trop pour Allie. Elle se leva d’un bond, plus vite qu’ils n’auraient pu l’imaginer. Elle marcha furieusement vers la fenêtre sans voir les lumières de la ville. Tous attendaient en silence que la jeune femme digère la nouvelle.
     Don Flack esquissa un geste pour la rejoindre mais avant qu’il ait eu le temps de faire un pas, Allie s’était retournée et lançait un regard noir de colère vers Mac Taylor.
    - Vous entendez ce que vous dites? C’est de Danny que vous parlez. Mon frère n’est pas un drogué Lieutenant Taylor. Vous ne le connaissez pas, moi si.
    Elle s’avançait toujours vers Mac pointant un doigt accusateur vers lui. Toute compassion avait quitté son regard. Il ne restait plus que de la haine envers l’homme qui osait salir l’honneur de son frère.
    - Toutes vos soit disant preuves, j’en aie rien à foutre. Quand au fait que Danny soit un peu « bizarre », dit-elle en mimant les guillemets avec ses doigts, vous, Lieutenant Taylor, vous n’êtes pas un peu « bizarre » quand le 11 septembre approche ? Et bien, sachez que vous n’êtes pas le seul à avoir perdu un être cher, vous n’êtes pas le seul à souffrir.
    Allie repris son souffle avant d’ajouter :
    - Maintenant, allez faire votre travail et ne remettez plus jamais les pieds ici. Je ne veux plus vous voir et je ne veux plus que vous vous approchiez de Danny.
     Elle termina sa phrase le visage à quelques centimètres de celui de Mac qui était resté pétrifié de surprise devant la virulence de la réaction de la jeune femme. Bien sûr, il savait qu’elle allait mal réagir. Il était plus qu’évident qu’Allie aimait son grand frère d’un amour aveugle et immodéré. Elle voulait le protéger de toutes les façons possibles quitte à se voiler la face.
    Il avait touché un point sensible et la réaction d’Allie ne s’était pas fait attendre. Elle avait, à son tour,  touché un point sensible et entendre évoquer le souvenir de Claire, de sa mort, avait réveillé une blessure toujours pas cicatrisée.
    Allie sorti de la pièce sans remarquer le geste que Flack esquissa pour la retenir. Les trois hommes restèrent sans voie. Flack et Hawkes n’osaient regarder Mac qui avait brusquement pâlit. Don rompit le silence.     
    - Excusez-la Mac. Elle est perdue sans ses frères.
    Mac avala difficilement sa salive avant de répondre.
    - Louis n’a pas pu avoir une permission ?
    - Ils ont fait des demandes mais apparemment ce n’est pas la priorité du moment.
    - Et le père de son enfant? demanda Hawkes.
    - Lui, il est parti quand il a su qu’Allie était enceinte.
    - Restez avec elle. Je vais parler au capitaine. Elle a besoin de vous ici.
    - Merci Mac, merci pour elle.
    
    Mac était plus affecté par la réaction d’Allie qu’il ne voulait le laisser paraître. Rare étaient les personnes qui osaient lui parler de la sorte mais surtout, elle avait mis le doigt sur un point que Mac n’avait jamais remarqué depuis toutes les années où il travaillait avec Danny.
    Mac repensait à toutes les fois où il avait discuté avec Danny d’autres sujets que concernant une affaire en cours. Pouvait-il se considérer comme son ami ? Connaissait-il vraiment l’homme avec qui il travaillait ?
    Mac, perdu dans ses pensées, n’entendit pas immédiatement la question d’Hawkes :
     - Mac ça va ? Vous allez bien ?
     Mac secoua la tête comme pour chasser les questions qui l’assaillaient.
    -Ça va. On rentre au labo. J’ai des coups de fils à donner.


    Chapitre 7

    Les lieutenants Stella Bonasera et Kaile Maka arpentaient les rues du quartier est de Brooklyn depuis pratiquement une heure. Tous les propriétaires des épiceries leur avaient fait la même réponse négative. C’est légèrement découragées qu’elles aperçurent la devanture jaune pale d’une minuscule bodega. Visiblement l’épicerie était ancienne mais elle était remarquablement entretenue, propre.
    Stella remarqua avant d ‘entrer que les horaires d’ouverture inscrits sur la porte vitrée pourraient correspondre avec ce qu ‘elles recherchaient.
    Une petite clochette retentie lorsqu’elle poussa la porte et un homme de haute taille les accueillie avec un large sourire.
    - Qu’est que je peux faire pour vous mesdemoiselles ?
    L’homme devait avoir la cinquantaine, un teint cuivré, des cheveux d’un noir de geai. Il était vêtu à l’occidentale avec un jean et une chemise bleue ciel, mais tout en lui indiquait ses origines hindous. La chaleur de sa voix ainsi que son accent mis tout de suite Stella en confiance. Elle eu l’intuition que leurs recherchent touchaient à leur fins.
    - Je suis le lieutenant Stella Bonasera, et voici le lieutenant Kaile Maka, nous sommes de la police de New York. Vous êtes Monsieur? commença Stella en montrant sa plaque.
    - Mon nom est Kadish, Ali Kadish. Mais tout le monde m’appelle Ali.
    - Est-ce que vous connaissez cet homme, dit Kaile en sortant la photo de Danny.
    - Bien sur, c’est Danny, le policier. Il passe souvent faire ses courses ici. Il est très gentil. Il a des ennuis ?
    - Est-ce qu’il est passé hier soir ? demanda Stella sans répondre à la question d’Ali.
    - Hier soir, enfin plutôt dans la nuit. Il est venu un peu avant la fermeture. Il devait être quelque chose comme deux heures moins le quart ou moins vingt maximum.
    - Vous avez remarqué quelque chose de particulier ?
    - D’habitude, on discute un peu. Mais là, il était fatigué. Je crois qu’il est inquiet pour sa sœur , la petite Allie, alors je n’ai pas insisté.
    - Vous vous souvenez de ce qu’il a acheté ?
    - Comme souvent. Des fruits, des bananes je crois. Des céréales, du jus d’orange et une bouteille de lait. Quand il passe le soir, Danny prend souvent pour son petit déjeuner.
    Stella se repassa mentalement la liste des achats que contenait le sac en papier. Visiblement elles avaient trouvés ce qu’elles étaient venues chercher.
    - Connaissez-vous cet homme? continua Kaile en montrant la photo de Kévin prise à la morgue.
    - Il a pas l’air très en forme, je dirais même qu’il a l ‘air mort, mais je n’ai jamais vu ce jeune homme.
    - Vous avez l’air sûr de vous?
    - Je tiens cette boutique depuis plus de dix ans, je connais tous les gens du quartier. Vous savez, mes clients sont pratiquement que des habitués, alors les gens de passage, je les remarque facilement. Et cet homme, je ne le connais pas.
    - Est ce que vous auriez entendu du bruit hier soir vers deux heures du matin? demanda Kaile. Une bagarre peut-être?
    - Du bruit dans ce quartier, il y en a toujours. Et en ce qui concerne les bagarres, c’est monnaie courante ici. Mais, vous dites hier? Il me semble avoir entendu parler d’un mort à deux rues d’ici. C’est de çà que vous parlez? Les gens du quartier disent que c’est  une histoire de drogue et qu’il y a un flic impliqué dedans. Moi, je n’écoute pas les ragots.
    - Auriez vous vu ou entendu quelque chose ? insista Stella.
    - Quand j’ai sorti ma poubelle, il était tout juste deux heures du matin, c’est l ’heure ou je ferme le jeudi, j’ai vu une voiture passer à toute vitesse devant le magasin. Il me semble qu’il y avait trois types à l’intérieur.
    -D’où venaient-ils?
    - Ils venaient de la 44ème, dit l’épicier en désignant de la main la direction de la ruelle où ils avaient découvert Danny et Kévin Marks. Et ils sont partis vers Mannion Street.
    - La voiture, vous pourriez nous la décrire ? demanda Stella pleine d’espoir.
    - Tout ce que je peux vous dire, c’est qu’elle était sombre, noire ou peut-être bleue foncée. Ils sont passés à toute vitesse, je n’ai pas vraiment fait attention à eux. La nuit, il y a souvent des jeunes qui profitent que les rues sont moins encombrées pour faire les fous avec leur bolides. Je suis vraiment désolé de ne pas pouvoir vous en dire plus, termina Ali visiblement déçu.
     Stella et Kaile se regardèrent. Tout espoir n’était pas perdu. Stella avait remarqué la caméra de surveillance qui trônait au dessus du comptoir.
    - Votre caméra elle marche ? demanda t’elle.
    - Oui, bien sûr.
    Soudain un sourire illumina le visage enjoué d’Ali Kadish.
    - Mais oui, ne bougez pas je vais vous chercher la cassette de la nuit dernière, dit-il en disparaissant dans l’arrière boutique.

    Les deux policières restèrent silencieuses pendant le court instant qu’il fallu à Ali pour retrouver la preuve qui pouvait faire faire un bond considérable à leur enquête. Kadish réapparu tenant la cassette mais son sourire avait disparu. Un pli soucieux barrait son front.
    - Avant de vous donner cette cassette, j’aimerai que vous répondiez à une question.
    - Allez-y.
    - Pourquoi m’avez vous montré une photo de Danny, c’est un collège à vous. Qu’est ce qui se passe …
    Mais un éclair traversa son esprit au moment où il commençait sa phrase.
    - Ne me dites pas que le flic impliqué dans la bagarre c’est Danny. Qu’est ce qui lui est arrivé?
    Les deux femmes se regardèrent avant que Stella prenne la parole.
    - Danny a été agressé dans la ruelle tout près d’ici, la nuit dernière, juste après être sorti de chez vous.
    - Il n’est pas mort, les gens disent qu’il y a eu un mort.
    - Non, il n’est pas mort, mais il est dans le coma pour l’instant.
     Ali Kadish sembla plus s’affaisser que s’asseoir sur la chaise derrière le comptoir.
    -C’est pas possible. Sa sœur, vous avez prévenu sa sœur. Elle est enceinte. La pauvre petite j’espère qu’elle va tenir le coup.
     - Nous nous en sommes occupé, ne vous inquiétez pas.
    - J’espère que vous allez retrouver les salauds qui ont fait ça. Si je peux vous aider, n’hésitez pas.
    - Je pense que cette cassette pourra nous faire avancer, dit Stella en saisissant la boite que lui tendait l’épicier. Je vous remercie de votre aide, Monsieur Ali.
    Les deux jeunes femmes se dirigeaient vers la porte, quand Ali leur demanda:    
    - Quand vous verrez Danny ou sa sœur, dites lui que le vieux Ali pense bien à lui et que je prie pour qu’il se rétablisse vite.
    - Nous n’y manquerons pas, termina Stella en franchissant la porte.


    Chapitre 8

    Patrick O’Brien se réveilla tard ce matin là, enfin plus précisément cet après-midi là. Quinze trente même pour lui c’était tard. C’est tout juste si il avait eu la force de se deshabiller et ses vêtements trainaient en tas près de son lit. Si sa pauvre mère était encore de ce monde, elle l’aurait déjà certainement sorti du lit et sa chambre serait impeccable. Seulement voilà, Julie O’Brien n’était plus là pour veiller sur son fils et lui empêcher de faire des bêtises.
     Julie O’Brien était morte de chagrin et de honte. Elle qui avait toujours suivit la loi avec le plus grand respect, elle qui n’avait jamais eu une seule contravention de toute son existance, elle avait perdu son honneur et rien ne pourrait le lui rendre. Patrick chassa le souvenir de sa mère et se leva les jambes légèrement flageolantes. Il avait beaucoup bu la nuit dernière en partie pour essayer d’oublier ce qui s’était passé dans cette ruelle. La rage qui s’était emparée de lui, la haine qu’il avait éprouvée, Patrick pensait naïvement que tout serait terminé.
    Il avait cru qu’en se défoulant sur ce flic, tout son ressentiment accumulé depuis des années, disparaîtrait comme par enchantement, en même temps que s’en irait la vie de ce policier. Mais, il n’en avais pas été ainsi. La boule qui lui rongeait l’estomac était toujours là, peut-être encore un peu plus présente. Il avait pensé, pendant un court instant, que tout ceci n’avait été qu’un rêve, mais les écorchures sur le dessus de ses poings lui rappelaient qu’il n’en était rien. Tout ceci était bien arrivé. Ils avaient tué deux hommes dont un flic.
    Pourtant, il ne regrettait rien. Il avait même pris du plaisir à frapper sans retenue, à se défouler sur ce salaud de Kévin Marks. Quand cet idiot de flic avait tenter de s’interposer, Patrick avait vu cela comme un signe. Un moyen de déverser toute sa hargne envers la police. Un moyen de venger son père humilié en salissant, à son tour,  l’honneur de cet homme qui pensait incarner la loi et l’ordre.
    Patrick se saisit de son portable et regarda la fenêtre d’affichage. Il avait cinq messages, mais il devait dormir très profondément, car il n’avait entendu aucune des sonneries qui lui signalait un appel. Sans perdre un instant, il ouvrit le menu de ses messages. Ils provenaient tous de Matt. Les deux premiers n’avaient rien d’insistants mais les trois qui suivaient étaient de plus en plus inquiétants. Patrick cru presque entendre la voix  suppliante de son ami dans les quelques mots qui s’incrivaient sur son écran. Aussitôt, Patrick composa le numéro de Matt qui décrocha à la première sonnerie.
    - Qu’est ce qui ce passe ? T’as un problème ? commença immédiatement Patrick.
    - Pat, c’est la merde, on est dans la merde jusqu’au cou, annonca la voix suppliante de Matt.
    - Qu’est qui a ? T’as des remords ? Tu trouve pas qu’on s’est bien marré hier soir ?
    -Mais, t’écoute jamais la radio ? Il est pas clamsé.
    -Quoi de quoi tu parle ? T’es malade ou quoi ?
    - Ecoute, on se retrouve au coffee shop de la vingtième dans dix minutes et discute pas c’est important. Grouille toi.
    Matt raccrocha si brusquement que Patrick avait encore la bouche ouverte pour répondre quand il entendit le bip. Son ami avait coupé la communication. Encore un peu étourdi par la conversation, Patrick se dirigea vers la salle de bain où il s’aspergea le visage d’eau bien fraiche pour lui remettre les idées en place. D’ordinaire, Matt était plutôt calme. Ça ne lui ressemblait pas de perdre son sang froid. Mais, les circonstances étaient , elles aussi, particulières. Ils avaient fait pas mal de conneries, défier plus d’une fois la loi et tous ses représentants,mais tuer c’était une première et ça pouvait déstabiliser n’importe qui.
    Moins d’un quart d’heure plus tard, Matt était installé à une table tout au fond du coffee shop. Il avait commandé un café noir, mais c’était plus pour se donner une contenance et passer inaperçu que pour le consommer. Son estomac était tellement retourné qu’il doutait de pouvoir de nouveau boire ou manger quoi que ce soit.
    Patrick entra à son tour et vint s’asseoir à la table.
    - Qu’est que t’a mon vieux ? T’as des remords, c’est un peu tard tu sais.
    - Pat, t’as pas entendu ce que je t’ai dis.
Matt jeta un bref regard apeuré autour de lui et baissa la voix.
    - Il est pas mort. Ce flic, il est pas mort. Il va parler. On est foutus.
    Patrick sentit un frisson glacé lui parcourir le dos. Il croyait pourtant qu’ils avaient frappé assez fort. Bien sûr, lorsqu’ils l’avait laissé agonisant sous ses cartons, il respirait encore mais plus pour longtemps, enfin c’est ce qu’ils pensaient.
    - Comment tu sais çà ?
     Matt baissa les yeux et ne les releva pas pour annoncer :
    - Je suis allé faire un tour ce matin. J’arrivait pas à dormir. J’ai vu tout un tas de voiture de flic.
    - Quelqu’un t’as vu ?
    - Il y avait plein de monde. Mais, Pat, ils l’ont emmené dans une ambulance. Il était vivant. Quand je suis rentré chez moi,  j’ai écouté les infos. Il ont parlé d’un mort et d’un blessé. Pat, je te dis on est foutus.
 Matt secoua la tête, il était au bord des larmes. Patrick resta un instant silencieux avant de reprendre :
    - Qu’est que t’as fais du portable qu’on lui a piqué ?
    - Je l’ai jeté dans une poubelle.
    - T’as effacé tes empreintes ?
    - Je l’ai essuyé avant de le jeter.
     Patrick réfléchit et poursuivit :
     - Bon, on va faire comme si de rien était. Tu vas au boulot normalement. Il ne s’est rien passé. Je me charge de prévenir Jerry.
    - Mais ce flic, il va nous donner. Il va nous reconnaître.
    - Écoute Matt, ce flic, qui te dis qu’il est pas mort maintenant. Avec ce qu’on lui a mis ça m’étonnerais qu’il s’en sorte. De toute façon, qui croirait un drogué. Tu sais très bien qu’on peut pas leur faire confiance. Les flics le savent aussi. Alors t’inquète pas, on a rien à craindre. Ils nous auront pas.
    - T’es sur de ce que tu dis ?
    - Certain mon pote. Ils ont rien contre nous, on est dans aucune base de données. Pour les flics, on existe pas. Allez va gagner ta croûte et surtout ne parle de ça à personne.
     Matt se leva et il quitta le coffee shop d’un pas lent. Patrick attendit que son ami soit dans la rue pour se saisir de son téléphone  et appeler Jerry. Celui-ci décrocha d’une voix encore endormie.
    - Ouaie, qu’est que tu veux ?
    - Il faut qu’on se voit. On a un problème. Je peux être chez toi dans vingt cinq minutes.          -Ok, ça marche mais ramène du café et de l’aspirine, j’ai une de ces gueule de bois.
    Patrick  se saisit du gobelet de Matt et sorti d’un pas résolu dans la rue.


    Chapitre 9

    Après le départ de Mac et Hawkes pour l’hôpital et celui de Stella avec l’inspecteur Maka, Lindsay Monroe se sentit affreusement seule. Elle s’était hasardée jusqu’au labo A.D.N. pour tenter d’aider Adam, mais celui-ci était concentré sur son microscope à balayage et n’avait même pas remarqué sa présence.
    Lindsay s’était donc arrêtée à la salle de repos. Elle avait pris une canette de soda au distributeur et s’était assise sur un des fauteuils en plastique . Sur le coup, elle avait été déçue que Mac ne la choisisse pas pour l’accompagner à l’hôpital. Elle aurait vraiment aimer être auprès de Danny. Même s’il ne pouvait pas l’entendre, elle aurait voulu lui dire une partie de ce qu’elle éprouvait. Mais, finalement, Lindsay se dit que c’était peut-être mieux ainsi. Elle aurait certainement eu le plus grand mal à garder un œil impartial et objectif. Elle aurait eu sans aucun doute le plus grand mal à ne pas laisser parler son cœur.
    Laissant le soda où elle l’avait posé sans même y toucher, Lindsay se leva et se dirigea vers le labo, décidée à « creuser sans relâches » comme Mac aimait  le leur dire.
    D’un geste sur, elle ouvrit le sachet où elle avait enfermé les lunettes de Danny. Elle eu à nouveau un pincement au cœur en les voyant. Combien de fois avait t’elle vu Danny réajuster ses lunettes sur son nez. Elle le soupçonnait  de faire ce geste plus par habitude et pour s’aider dans sa réflexion que par une réelle nécessitée.  Lindsay plaça les lunettes sous la loupe et commença son examen. Sur le côté gauche de la monture, elle découvrit du sang et ce qui paraissait être de la peau. Fichée dans la monture, côté extérieur, Lindsay remarqua un minuscule fragment. Elle en fit un prélèvement ainsi que du sang et des cellules épithéliales qu’elle s’empressa de faire parvenir au labo A.D.N..
    Elle poursuivit l’analyse du fragment retrouvé et se rendit compte après le passage au spectromètre de masse, que le débris était en bois. Mais un bois recouvert d’un vernis tout à fait particulier. Après quelques recherches dans leur base de données, il s’avéra que ce vernis était beaucoup utilisé pour recouvrir les battes de base-ball. Danny avait été frappé à la tête avec une batte. Elle en eu froid dans le dos rien qu’en imaginant la scène.
    Le relevé d’empreinte qu’elle tenta ensuite ne lui rapporta qu’une empreinte partielle sur le coin du verre gauche. Ce n’était pas une trace de doigt comme la plupart des porteurs de lunettes pourrait laisser en remontant les montures sur leur nez, mais cela ressemblait plutôt à la marque laissée par le coté d’un doigt. Lindsay sourit malgré elle. Le souvenir de Danny remontant ses lunettes avec son poing lui revint en tête  Oui, c’était bien sa façon de faire, son geste personnel.
    En y regardant de plus près, Lindsay vit finalement ce qui ressemblait à une empreinte partielle de doigt juste à l’extérieur du verre droit. Elle l’entra dans le Codis et il en ressortit ce qu’elle supposait. C’était bien l’index droit de Danny qui avait laissé une légère trace. Même si Lindsay s’attendait à voir apparaître le visage de Danny sur l’écran, elle n’en fut pas moins troublée et déterminée à croire en lui. Depuis qu’elle l’avait vu partir dans cette ambulance, elle s’était efforcée de traiter toute cette sale affaire d’un point de vue le plus professionnel possible. Mais  voir la photo de Danny avait réveillé en elle ses sentiments qu’elle s’était efforcée d’enfouir. Non décidément, elle ne pouvait pas croire que Danny s’était drogué sans qu’elle puisse déceler des signes avant coureurs.
    Prise d’une soudaine inspiration ou plutôt d’une soudaine impulsion, Lindsay refit un prélèvement du sang sur les lunettes qu’elle entreprit d’analyser pour en déterminer la composition exacte. Le temps que la machine décompose tous les éléments lui paru une éternité, mais quand le résultat sorti enfin de l’imprimante elle n’en cru pas ses yeux et son cœur. Pour plus de sécurité et pour se donner un argument supplémentaire, elle refit deux fois l’examen et arriva au même résultat.

    De retour à son bureau, Mac saisit son téléphone et fit la première chose dont il s’était promis de s’acquitter. Si il avait au moins çà en son pouvoir, pourquoi ne pas en profiter. Ceci fait, il s’adossa dans son fauteuil, posa sa tête sur le dossier et ferma les yeux.
     Toute cette affaire le rongeait, le déstabilisait beaucoup plus qu’il ne l’aurait cru. Il n’était plus sur de rien. Son instinct lui disait de croire en Danny et sa sœur mais les preuves lui racontaient une toute autre histoire. Il était perdu.
    Mac rouvrit les yeux incapable de rester plus longtemps inactif. Il se leva et sortit de son bureau. Le travail permettrait de lui remettre les idées en place mais avant il fit un détour par le bureau du Docteur Peyton Driscoll.
     Il avait besoin de la voir, il avait besoin de lui parler. Elle seule pouvait comprendre ce qu’ il ressentait. Lorsqu’il s’approcha et qu’il la vit par la porte vitrée de son bureau, il se sentit subitement très las. Peyton était en train de travailler sur son ordinateur, elle ne le vit pas tout de suite et il pu la contempler un court instant. Sa tête, légèrement penchée vers le côté, laissait pendre ses longs cheveux châtains, son chemisier vert clair donnait à ses yeux un éclat particulier qui serra le cœur de Mac.    
  Comme si elle avait sentit sa présence, Peyton tourna la tête et sourit.
    - Je pensais que tu viendrais plus tôt, commença t’elle. Vous tenez le coup tous ?
    - On essaie.
    -  Comment va Danny?
    - Apparemment, lui aussi il tient le coup.
    - C’est un dur, Mac. Il va s’en sortir.
    - Je l’espère, dit simplement Mac dans un soupir.
    Peyton le regarda et compris immédiatement dans quel désarroi il se trouvait.
    -J’ai parlé à Sid et à Sheldon. Il y a des rumeurs qui courent dans le labo. Il faut remettre les choses à leurs places. Tout le monde est partagé tu sais. Danny est très apprécié et ces histoires de drogues ce n’est bon pour personne.
    - Je suis perdu Peyton. Tu sais, Alicia, la sœur de Danny, elle a tellement confiance en lu, elle est si passionnée…
    - Elle ressemble à Danny. Et puis, elle t’a parlé de Claire et çà t’a bouleversé.
    - Tu as raison. Depuis ma visite à l’hôpital, je n’arrête pas de repasser tout çà dans ma tête. Pourquoi je n’ai rien vu. Si Danny se drogue, je n’ai rien décelé et si il allait mal pour une autre raison, la non plus je n’ai rien vu.
    - Tu n’est pas responsable du comportement des personnes avec qui tu travailles. Même si Danny a du mal à dissimuler ce qu’il pense, il n’aime pas parler de lui, ni de son passé. Il est très pudique en fait. Il faut dire qu’il a un bon modèle.
    Mac esquissa un sourire ce qui ne lui était pas arrivé depuis longtemps.
    - Il faut que je retourne travailler.
    - Nous discuterons de tout cela quand cette affaire sera bouclée, quand Danny sera sur pieds, conclu Peyton sachant très bien qu’il ne lui en dirait pas plus pour l’instant.
    Mac fit un pas pour sortir du bureau puis se retourna :
    - On se retrouve un peu plus tard ?
    - Sans problèmes, dit Peyton avec un sourire d’encouragement.
    Mac se dirigea vers le labo pour analyser le fragment que Sid avait retrouvé dans les blessures de Kévin Marks. Parler avec Peyton l’avait un peu rassuré sur son état d’esprit. Penser à Danny et à ce qu’il aurait pu faire pour l’aider ne le faisait pas avancer dans cette enquête. Le plus important, pour l’instant était de retrouver les agresseurs de Danny, les meurtriers de Kévin.


    Chapitre 10

    Allie Messer n’avait pas la force de bouger. Tout ce qu’elle voulait c’était rester auprès de son frère, tout ce qu’elle voulait c’était que Danny se réveille enfin. Toutes ses heures avaient été très éprouvantes et elle ne pensait pas qu’elle allait pouvoir tenir encore très longtemps.
    Elle ne voulait pas pleurer devant son frère, même si celui-ci était inconscient, mais elle sentait qu’il n’en faudrait pas beaucoup plus pour qu’elle craque. Les dernières nouvelles qu’elle avait eu de l’avocat de Louis ne lui remontaient pas le moral. Elle était terrifiée. Elle ne voulait pas perdre son frère, elle ne pouvait pas perdre Danny. Il fallait qu’il vive si elle voulait elle aussi pouvoir vivre de nouveau. C’était une évidence Danny allait s’en sortir, c’était plus qu’une évidence, c’était une obligation.
    Don Flack  avait beaucoup de relations dans la police depuis le temps où il avait enfilé son tout premier uniforme, mais apparemment il n’avait pas le bras assez long. Il avait fait choux blanc dans ses démarches et tout ça augmentait d’autant plus sa frustration. Il aurait aimer arpenter les rues à la recherche des agresseurs de Danny. La rue s’était son élément, sa façon de vivre. Il n’était jamais rester inactif pendant aussi longtemps, et toute cette affaire le rongeait. Il avait beau appeler régulièrement Kaile Maka, son sentiment d’impuissance n’allait qu’en grandissant.
    D’un autre côté, Don avait pu observer Allie Messer. Ce qu’il voyait et ce qu’il ressentait ne le laissait pas indifférent. Pour lui, la sœur de Danny avait toujours été une énigme, à la fois forte et fragile, douce et volcanique, sensible et passionnée. Cette jeune femme pouvait vous prendre dans ses bras pour vous embrasser comme vous envoyer balader. En fait, elle ressemblait énormément à son frère. Il aurait voulu la protéger, lui dire que tout irait bien, que tout allait s’arranger.
    Don trouvait qu’elle avait extrêmement bien tenu le coup jusqu’à présent mais sa grossesse la rendait plus vulnérable. Elle était enceinte de huit mois et toutes ses émotions, tout ce stress n’étaient bons ni pour elle ni pour le bébé. Il observait Allie assise auprès de son frère. Elle ne voulait pas lâcher la main de Danny et elle ne cessait de lui parler. Don savait qu’il est toujours recommandé de parler aux personnes dans le coma, on ne savait jamais ce qu’elles pouvaient entendre et comprendre. Il le savait par expérience. C’était toujours bon de sentir quelqu’un qui vous aime auprès de vous surtout dans des moments pareils. Lui aussi avait vécu des instants difficiles couché sur un lit d’hôpital et il aurait aimé avoir une amie comme Allie à côté de lui.
    Don n’avait pas osé s’immiscer dans l’intimité entre le frère et la sœur. Cette complicité qui se lisait dans leurs gestes et dans leurs yeux lorsqu’ils étaient ensemble se retrouvait ici, dans la froideur et l’indifférence de cette chambre. Il attendait patiemment à l’extérieur n’osant pas trop s’éloigner de peur qu’Allie ait besoin de lui.
     Le « bip » de l’ascenseur se fit entendre et la porte s’ouvrit avec un bruit de glissement. Don tourna la tête dans cette direction. Il vit apparaître un fauteuil roulant. Sûrement un malade ou une visite pour un des patients du service de réanimation. Don allait poser son regard ailleurs quand il vit les deux officiers de police en uniforme qui suivaient la personne en fauteuil roulant. Cet homme n’était pas un inconnu, cet homme était bien une visite pour un patient du service.
    Don Flack ne reconnu pas immédiatement Louis Messer. Le grand frère de Danny avait changé. Le passage à tabac qu’il avait subit de la part de Sonny Sassone et de ses amis des Tanglewood Boys avait bien faillit le tuer.  Louis s’était battu avec toute l’énergie du désespoir. Il avait survécu mais il ne pourrait plus jamais marcher. Cette nouvelle aurait pu l’anéantir mais il avait pu compter sur le soutient de Danny tellement heureux d’avoir pu renouer avec son grand frère.
    Louis Messer s’avança vers Flack suivit des deux policiers. Habillé d’un jean sombre et d’une chemise grise, Louis avait le teint pâle. Une inquiétude extrême se lisait sur son visage. Il passa devant Don en lui adressant un signe de la tête. Les deux hommes restèrent un moment cote à cote juste à la porte de la chambre de Danny observant d’un œil attendrit Allie.
    - Je sais que tu aimerais que ce soit un garçon. Comme ça tu pourrais l’emmener au stade, lui apprendre à jouer au base-ball. Je sais que tu sera un oncle formidable, mais tu sais c’est peut-être une fille. Moi, tu sais ça me plairait bien que ce soit une fille. J’aurais un peu moins l’impression d’être en infériorité numérique. Ça rétablirait un peu l’équilibre, murmurait Allie avec un léger sourire.
    Louis fut très troublé de retrouver sa petite sœur. Il la trouva magnifique et une tendresse infinie lui serra le cœur.
    -Hé, ma belle ! dit-il dans un souffle.
    Allie se retourna brusquement. Son visage changea immédiatement. L’inquiétude fit place à l’étonnement puis au soulagement.
    - J’arrive pas à y croire.
    Puis se tournant de nouveau vers Danny :
    - Danny, Louis est arrivé.
    - Viens là ma belle, dit simplement Louis en ouvrant les bras.
    Allie se leva de sa chaise. La lassitude qui pesait sur elle il y a encore quelques instants, c’était miraculeusement envolée. Elle marcha d’un pas résolu vers Louis, s’assis sur ses genoux et le serra dans ses bras. Leur étreinte se prolongea tout les deux tellement heureux de pouvoir de nouveau se toucher.
    - Ton avocat avait dit qu’il faudrait du temps pour que tu obtiennes une permission.
    -Apparemment, tu as un bon génie.
    Allie sourit malgré elle et leva les yeux vers Flack qui s’était un peu éloigné.
    - Il faudra que je le remercie.
    - Comment va t’il ? demanda Louis en regardant Danny allongé dans son lit.
    - Il t’attendait pour se réveiller.
    - Il est dans le coma,  continua Louis plus comme une constatation que comme une question.
    Allie hocha la tête.
    - Et toi, comment va tu ? dit  Louis en reportant son attention sur sa sœur.
    - Maintenant, ça va bien.
    - Tu as l’air épuisée. Tu devrais aller te reposer.
    Louis continua pour contrer toute résistance de la part de sa tête de mule de sœur.
    -Si tu ne le fais pas pour toi, fais le au moins pour le nouveau petit Messer.
    - Hé, c’est peut-être une fille tu sais.
     Louis sourit. Il était heureux de retrouver le caractère entier d’Allie qui démarrait toujours au quart de tour.
    - Dans ce cas, elle sera la plus belle.
    Allie sourit à son tour. Son frère était peut-être diminué physiquement mais il n’avait pas changé dans ses réparties. Elle posa un regard vers Danny puis vers Louis.
    - OK, mais il faut que je dise au revoir à Danny.
    - Viens je t’emmène sur mon carrosse, ma princesse.
    Louis manœuvra son fauteuil avec sa sœur sur ses genoux. Ensemble, ils s’approchèrent du lit de Danny. Allie se leva pour murmurer à l’oreille de Danny :
    - Je vous laisse entre hommes, vous devez avoir des tas de choses à vous raconter.
    S’approchant plus près, elle continua :
    - Je reviens bientôt, alors accroche toi. Je veux pas te perdre, j’ai besoin de toi, me laisse pas, je t’en prie. Je t’aime Danny, termina t-elle en déposant délicatement un tendre baiser sur le front de son frère et en caressant doucement sa joue.
     Allie se retourna vers Louis.
    -Tu reste là, on se retrouve plus tard ?
    - Je bouge pas, j’ai mes deux anges gardiens, dit-il en désignant les policiers dans le couloir.
     Allie embrassa Louis sur la joue et lui murmura :
    - Je t’aime, à tout à l’heure.
     Louis regarda sa sœur s’éloigner le cœur partagé entre la joie de retrouver sa famille et l’angoisse que lui inspirait l’état de Danny mais aussi l’inquiétude pour Allie.  Il savait que sa petite sœur était forte, peut-être la plus forte d’eux trois mais l’épuisement qu’il avait lu dans son regard ne lui inspira rien de bon.
    Allie retrouva Don Flack dans le couloir. Elle s’approcha de lui.
    - Merci Don , dit-elle simplement.
    - Je n’y suis pour rien. J’ai essayé tu sais, j’aurais aimé pouvoir faire çà pour toi.
    - Mais qui ? demanda Allie incrédule.
    - C’est Mac Taylor qui a fait jouer ses relations.
    - Mac Taylor, répéta Allie complètement perdue. Elle baissa la tête et soupira. Elle souriait légèrement lorsqu’elle regarda de nouveau Flack.
     - J’ai l’air ridicule là !
    - Tu n’es pas ridicule, tu es passionnée et c’est ce qui fait ton charme.
    - Tu es trop gentil avec moi.    
    Allie regarda Don droit dans les yeux. Ce qu’elle y lit lui réchauffa le cœur, elle se sentit envahie d’une énergie toute nouvelle.
    - Tu crois que je peux encore te demander quelque chose ?
    - Bien sûr, tout ce que tu veux, répondit Don avec un sourire.

     Chapitre 11
    

    Mac avançait dans le couloir lorsqu’il rencontra Stella. Celle-ci lui dit immédiatement :
    - J’ai la cassette de vidéo surveillance de l’épicerie où Danny a fait ses achats, il y a peut-être quelque chose à en tirer. Et vous?
    - Kévin a été frappé avec une batte de base-ball, c’est confirmé.
    Tous les deux tournèrent la tête pour voir arriver Lindsay, un sourire aux lèvres.
    - J’ai trouvé quelque chose, annonça t-elle. Vous vous souvenez des lunettes de Danny. Je les ai retrouvé tout près du corps de Kévin. On a donc supposé que la bagarre avait commencé à l’entrée de la ruelle pour se terminer un peu plus loin, où on a trouvé Danny. Donc le sang qui est sur les montures a été versé au tout début.
    - Nous sommes d’accord là dessus, dit simplement Mac.
    -J’ai analysé ce sang, continua Lindsay. C’est bien celui de Danny, et il n’y a aucune trace d’héroïne, pas la plus infime.
    Mac fronça les sourcils, réfléchissant à tout ce que cela impliquait. Stella exprima ses pensées tout haut.
    - Étant donné qu’un produit injecté par voie intraveineuse passe directement dans la circulation et que le sang met moins d’une minutes pour parcourir l’ensemble du corps, soit Danny a été attaqué immédiatement après s’être injecté la drogue, soit il se l’ai injecté après…
    -… Vu qu’il n’était plus vraiment en état de le faire après… continua Lindsay.
    -… Se sont ses agresseurs qui l’on drogué, termina Mac.
    Un sourire de soulagement s’inscrit sur leurs visages, enfin une bonne nouvelle, enfin une piste en faveur de Danny.
    - Mais pourquoi l’avoir drogué ? Pour adoucir sa mort , demanda Stella.
    - Il faudra leur demander quand on les aura retrouvé, dit Mac.
    Tous les trois tournèrent la tête pour voir arriver Alicia Messer et Don Flack.
    - Mac, je crois qu’il y a quelqu’un pour vous, dit Stella. Bonjour Allie.
    - Bonjour Stella , dit Allie

dangie  (15.05.2007 à 10:24)
Puis se tournant vers Lindsay, elle dit :
    - Vous devez être « Miss Montana », contente de vous connaître.
    Lindsay sourit malgré elle en entendant le surnom que Danny lui donnait.
    -Moi aussi, heureuse de vous connaître.
    - Lieutenant Taylor, est-ce que vous avez une seconde, demanda Allie en se tournant vers Mac.
    - On vous laisse, dit Stella en entraînant Lindsay et Don avec elle dans le couloir.
    Mac accompagna Allie vers son bureau et lui désigna le canapé où elle s’assit. Mac prit le fauteuil juste en face.
    - Je peux vous offrir quelque chose, un soda ?
    - Non merci, répondit Allie.
    La jeune femme prit une profonde inspiration et commença :
    - Tout d’abord, je suis venue pour vous remercier. Je sais que c’est grâce à vous si Louis a pu avoir une permission aussi rapidement. C’est très important pour tous les deux d’être ensemble en ce moment et c’est à vous qu’ils le doivent. Je vous suis extrêmement reconnaissante.
    - C’était le moins que je pouvais faire.
    - Oh non, c’était très noble de votre part surtout après ce que je vous ai dit à l’hôpital.
     Allie marqua une pause, regarda Mac droit dans les yeux et repris :
    - Ce qui m’amène à la deuxième raison de ma visite. Je voulais vous présenter toutes mes excuses. Je n’avait aucun droit de vous agresser comme je l’ai fait, je vous ai blessé et je suis profondément désolée, d’autant que vous aviez raison. Danny n’est pas bien en ce moment, et c’est en partie de ma faute.
     Mac la regarda un peu perdu.
    - D’habitude, à cette époque de l’année, Danny quitte New York. Lui qui adore sa ville, il va chez des cousins à Chicago ou ailleurs. Mais cette année, il est resté.
    - Il ne voulait pas vous laisser seule en ce moment.
    - Mes frères me prennent encore pour une petite fille, dit simplement Allie dans un sourire.
    - Ils veulent vous protéger.
    - Je sais, mais qui les protège eux ?
    Mac et Allie restèrent un instant silencieux, puis la jeune femme reprit :
    - Votre femme s’appelait Claire, je crois.
    Mac acquiesça  de la tête.
    - Elle s’appelait Marie, reprit Allie. Elle et Danny étaient fous amoureux. Danny venait de rentrer dans la police. C’est bien simple, je n’avait jamais vu mon frère aussi heureux. Un junkie en manque a braqué une pharmacie, il a tiré au hasard. Marie a été tuée sur le coup. Danny a été complètement anéanti, mais s’en ait sorti comme toujours. Déjà avant, il se battait contre la drogue, depuis ça été encore pire. Alors imaginer que Danny pourrait se droguer, c’est tout à fait impossible, vous comprenez ?
    - Je vous comprends et je suis d’accord avec vous.
    Allie, incrédule regarda Mac. Elle se leva et se dirigea vers les fenêtres. Elle contempla la ville en contrebas.
    - Vous avez de nouveau confiance en lui, demanda t’elle dans un souffle.
    - J’ai toujours eu confiance en lui.
    - Mais vous aviez dit …
    - Je sais ce que j’ai dit mais je me devais de ne négliger aucune piste.
    - La fameuse rigueur scientifique, je connais.
Mac s’approcha de la jeune femme, elle semblait tellement épuisée que Mac cru qu’elle allait s’écrouler.
    - Vous allez bien, demanda t’il inquiet.
    Elle le regarda un vague sourire aux lèvres, le visage étonnamment détendu.
    - Je suis tellement soulagée. Danny n’aurait pas supporté de perdre votre confiance. Vous êtes un modèle pour lui, il est tellement fier de travailler pour ce labo, tellement fier de travailler sous vos ordres, il aimerait que vous soyez aussi fier de lui.
    - Je le suis. Je sais que Danny a du faire des choix difficiles dans sa vie. Il n’a pas pris la voie la plus évidente ni la moins risquée, c’était très courageux. .
    Allie sentit une grande partie de la tension qui pesait sur ses épaules s’envoler. Elle alla s’asseoir un instant pour reprendre ses esprits.
    - Mademoiselle Messer, avez vous déjà vu cet homme, reprit Mac en lui montrant la photo de Kévin Marks.
    - Non, je ne crois pas.
    - Est ce que Danny le connaît ?
    - Danny connaît beaucoup de monde, mais en tout cas, ce n’est pas un de ses amis. Mais, que vient-il faire la dedans ?
    - Nous avons retrouvé son corps dans la même ruelle que Danny. Nous pensons qu’il a été tué par les agresseurs de Danny.
    - Comment ça ?
    - Danny et lui ont les mêmes blessures…sauf les marques de piqûres. Nous savons que ce sont ces hommes qui ont drogué Danny, mais nous ne comprenons pas la raison.
    Allie réfléchit un instant et demanda :
    - Ces types, ils savaient que Danny est un flic ?
    - Il ont vu sa plaque, on y a même retrouvé une empreinte inconnue.
    - Vous savez, Lieutenant Taylor, pour certains petits voyous ça leur fait prendre leur pied de compromettre un flic, de faire croire que ce flic est un pourri. Comme ça , si le flic meurt sans pouvoir prouver son innocence, sa famille ne touche pas sa pension.
    - Vous pensez à une vengeance, les Tanglewood Boys ?
    - Les Tanglewoods ne sont rien sans Sonny Sassone.
    - Sonny a peut-être voulu se venger ?
    - Dans ce cas, il s’en serait pris à Louis.
    - Et s’en prendre à Danny pour faire souffrir Louis ?
    - Là, vous le surestimez. Sonny Sassone est fils unique et en plus c’est un monstre d’égoïsme. Il ne peut même pas imaginer faire du mal à Louis en s’en prenant à Danny ou à moi. Ça dépasse son entendement.
    - Vous avez l’air de bien les connaître ?
    - Malheureusement oui.
    Allie grimaça un instant. Mac inquiet lui demanda :
    - Vous allez bien ?
    - Ça va, mais je crois que je vais aller me reposer un peu.
    - Mademoiselle Messer, vous feriez un bon enquêteur, vous savez ?
    - Je laisse ça à Danny, mais s’il vous plait appelez moi Allie.
    - Seulement si vous m’appelez Mac.
    Allie sourit en se levant difficilement. Elle se retourna avant de sortir du bureau :
    - Si vous avez un instant, ça me ferait plaisir si vous passiez voir Danny. Je crois que lui aussi serait heureux de vous voir quand il se réveillera.
    - Nous viendrons tous ne vous inquiétez pas.
    Allie rejoignit Don qui l’attendait un peu plus loin et ils s’éloignèrent tous les deux. Stella et Lindsay retrouvèrent Mac dans son bureau juste au moment où Hawkes et Adam arrivèrent l’air triomphant.
    - On a une correspondance A.D.N.. C’est pas parfait, mais d’après nos recherches, il pourrait s’agir d’un fils, commença Hawkes.
    - Une correspondance avec qui, interrogea Mac.
    - Un flic, Connor O’Brien viré de la police il y a quatre ans pour corruption et trafic de drogue. Il n’a pas été poursuivit fautes de preuve mais sa pension a été annulée. Il est mort il y a deux ans d’un cancer du foie.
    - Un rapport avec Danny ?
    - Aucun, ils n’ont jamais travaillé ensemble.
    - Et son fils, comment s’appelle t-il ?
    - Patrick O’Brien, il a vingt ans.
    - Vous savez où on peut le trouver ?
    - D’après son permis, il vit toujours à la même adresse.
    - Un rapport avec Kévin Marks ?
    - Non plus apparemment.
    Mac réfléchit un instant, il n’était mécontent que l’enquête avance enfin.
    - Je me charge de Patrick O’Brien. Hawkes allez voir le patron de Kévin, il en sait peut-être un peu plus. Stella et Lindsay épluchez cette cassette.
    Puis se tournant vers Adam :
    - Vous avez fait du bon boulot, bravo.
    Adam rougit et reparti tout revigoré vers son labo. Chacun savait ce qui lui restait à faire.


    Chapitre 12

    Accompagné de l’inspecteur Maka, Mac Taylor se rendit au domicile de Patrick O’Brien, persuadé de pouvoir boucler cette affaire rapidement. La plupart des suspects, même les plus arrogants, lorsqu’ils étaient confrontés aux preuves scientifiques se radoucissaient instantanément. Ils trouvèrent Patrick assis sur les marches devant son immeuble en train de fumer une cigarette.
    - Patrick O’Brien, police, dit simplement Mac en montrant sa plaque.
    - C’est moi, qu’est-ce que vous me voulez ?
    - Nous avons retrouvé votre A.D.N. sur une scène de crime, continua Mac.
    - Mon A.D.N.? Çà m’étonnerais, je ne suis pas dans vos fichiers, répondit Patrick sur de lui.
    - Vous non, mais votre père oui. Nous avons retrouvé du sang provenant d’un donneur au profil A.D.N. très semblable à celui de votre père, vraisemblablement un fils, vous.
    - Je suis désolé de vous décevoir, mais mon père était plutôt un chaud lapin et je ne serais vraiment pas étonné d’apprendre que je ne suis pas son seul fils.
    - Monsieur O’Brien, commença Kaile, l’affaire qui nous occupe c’est le meurtre d’un jeune homme et l’agression d’un policier. Votre père était dans la police. En mémoire de lui, vous pourriez vous montrer plus coopératif.
    - En mémoire de mon père ! Mon père était un salaud, je ne suis allé à son enterrement que pour pouvoir cracher sur sa tombe. Alors , si vous voulez mon A.D.N. il vous faudra un ordre du juge.
    - Nous l’aurons lui répondit Mac.
    Patrick leur lança un dernier regard de défi, écrasa sa cigarette sur une marche d’escalier, la garda en main, se leva et rentra à l’intérieur de son immeuble en claquant la porte. Kaile et Mac le regardèrent disparaître. La jeune femme était très en colère et ne comprenait pas  l’apparente passivité de Mac.
    - On le laisse partir ?
    - Pour l’instant. Il a raison, on ne peut pas lui prélever son A.D.N. de force, mais ses chaussures m’intéresse beaucoup, ses poings aussi. Restez ici, ne le quittez pas des yeux, je vais tout de suite voir le juge. Appelez moi si il bouge.
    
    Quand Hawkes arriva chez Blue Sky,la société de coursiers, la journée était déjà très avancée et il craint de ne trouver personne mais la porte du bureau était ouverte et il trouva Mike Danvers, le gérant assis derrière son ordinateur.
    - Monsieur Danvers, Dr Hawkes police scientifique, commença t-il en montrant sa plaque.
    - Vous venez pour la mort de Kévin ?
    - Oui, vous le connaissiez bien  ?
    - Il travaillait ici depuis presque cinq ans. Il n’avait pas de famille, nous sommes un peu sa famille en fait.
    - Je suis désolé, mais Kévin avait-il des ennemis, quelqu’un qui aurait pu lui en vouloir ?
    - Kévin était une perle, tout le monde l’aimait bien. Mais maintenant que j’y pense, il a eu une petite altercation avec un autre coursier. C’était il y a … trois mois peut-être.
    - Qu’est qui s’est passé ?
    - L’autre type avait emprunté le vélo de Kévin, il est tombé, le vélo a été abîmé. Kévin était furieux.
    - Comment  s’appelle ce garçon, il est toujours ici ?
    - Non, je l’ai viré il y a deux semaines environ.
    - Pourquoi ?
    - Je le soupçonnait de faire des petits trafics.
    - Vous avez porté plainte ?
    - Non, je n’avais aucune preuves, juste les dires de Kévin.
    - Et vous l’avez viré et vous avez gardé Kévin.
    - Je connais Kévin depuis des années, ce type n’était là que depuis quelques mois, je n’avais pas confiance en lui.
    - Vous avez son nom ?
    - Je vais vous chercher sa fiche.
    Danvers pianota sur son ordinateur, trouva ce qu’il cherchait et imprima les renseignements qu’il disposait sur Matt Flannery. Hawkes le remercia.
    - Une dernière question, connaissez-vous un certain Patrick O’Brien ?
    - Non, il n’a pas travaillé ici. Vous savez quand on pourra récupérer le corps de Kévin. Ses amis aimeraient lui faire un bel enterrement. On a commencé une collecte.
    - Pas encore tout de suite, on vous préviendra quand ce sera possible.
    De retour dans sa voiture, Hawkes se dirigea vers le domicile de son nouveau suspect. A mi-chemin, il appela Mac.
    - Je suis a quelques  blocs de la ruelle. Mon suspect, Matt Flannery habite tout près, commença t-il.
    - Je suis à quelques rues de là. Je dois retrouver Kaile, elle suit  Patrick O’Brien.
    - O’Brien n’habite pas par ici !
    - Non, mais ça ne doit pas être une coïncidence.
    Mac raccrocha et son téléphone sonna aussitôt.
    - Oui Flack, je vous écoute.
    - Je suis à l’hôpital. Allie avait beaucoup de contractions, je l’ai ramenée et ils ont préféré la garder en surveillance. Mac, il semblerait que Danny montre des signes de réveil. Ils ont enlevé le respirateur, ils parlent de lui refaire passer un scanner.
    - C’est une bonne nouvelle. Je crois aussi  que de notre coté çà avance bien. On va sûrement  mettre la main sur un des coupables. Je vous tiendrai au courant.

    Dans le laboratoire vidéo, Stella et Lindsay bataillèrent de longues minutes avant d’obtenir une image assez nette. Le visage du conducteur d’une voiture foncée qui était passé devant  l’épicerie d’Ali Kadish à exactement  deux heures et  quatorze minutes apparu sur l’écran. Malheureusement, les deux autres occupants de la voiture n’étaient que de vagues silhouettes.
    - On en tient un, dit triomphalement Stella.
 
    Mac retrouva Kaile et Hawkes dans un café d’où ils pouvaient voir toute la rue et l’immeuble de Matt. Patrick attendait en compagnie d’un autre homme juste au coin.
    - Le voilà, dit Hawkes en apercevant Matt qui arrivait de la gauche de la rue.
    Le temps de sortir du café, Patrick et son compagnon avait empoigné Matt et l’avait entraîné dans une ruelle toute proche. Les trois policiers sortirent leurs armes le temps de traverser la rue.
    - Décidément, vous aimez bien les ruelles. Lâchez-le et levez les mains en l’air, police.
    Patrick, surprit, lança un regard plein de colère à Mac et leva les bras.
    - On a plus le droit de discuter avec un pote ?
    - Vous êtes en état d’arrestation, lui répondit Mac en lui mettant son mandat sous le nez. Face au mur  tous les trois.
    Mac fouilla les poches de Patrick et fut plus que ravi d’y découvrir une arme. Il s’en saisit après avoir enfilé un gant.
    - Vous pouvez m’expliquer çà ?
    - C’est  l’arme de mon père.
    - Je ne crois pas. C’est une arme de la police mais on a du reprendre celle de votre père quand il a été destitué. Je pense plutôt  que le numéro de série correspond à celle du policier que vous avez tabassé hier soir. J’ai une bonne nouvelle pour vous, il n’est pas mort.
    Patrick fut prit au dépourvu et ne prononça pas un mot tandis que  les policiers arrivés en renfort  le fit rentrer avec ses complices menottés dans les voitures.

    Danny cligna des paupières, d’abord imperceptiblement puis plus fortement. La lumière douce et bleutée fut la première chose qu’il vit. Tout fut d’abord flou puis il entendit une voix, cette voix qu’il n’avait pas entendue pendant quinze ans et qu’il était heureux de retrouver enfin. Louis était là, il lui tenait la main, il lui racontait le dernier bouquin qu’il était en train de lire, un livre que Danny lui avait apporté en prison, un Stephen King. La lumière, la voix de Louis et puis la douleur. Danny avait mal à la gorge, mal à la tête, mal aux côtes, tellement mal que chaque respiration était un supplice. En fait, il avait l’impression d’être passé sous un bulldozer. Puis tout lui revient.
    La journée au labo, le métro, ses achats chez Ali, la petite marche dans l’air frais de ce printemps  et puis la ruelle. Danny avait vu ces deux types s’en prendre à un troisième. Il avait lâché son sac oubliant la bouteille de lait et son petit déjeuné. Il avait empoigné les deux types surpris de le voir intervenir. Danny se souvient d’avoir entendu un bruit derrière lui mais trop tard pour se retourner. Il sentit une douleur terrible lui traverser le bras gauche au moment où la batte percuta son poignet. Il eu juste le temps de se retourner avant  que la batte ne l’atteignit de nouveau au visage. La douleur fut encore plus terrible, il s’écroula. Les coups suivants, c’est tout juste s’il les sentit, s’enfonçant peu à peu dans l’inconscience, pour se réveiller ici.
    Danny serra les doigts de Louis. Celui-ci  sourit, il regarda son petit frère et soupira :
    -J’ai failli attendre Cendrillon.
    - T’as vu la tête du prince charmant.


    Chapitre 13
    
    L’atmosphère était lourde et pesante dans la salle d’interrogatoire. Mac avait laissé Patrick O’Brien seul, sans ses chaussures, le temps de faire quelques vérifications. Mac était toujours étonné de la bêtise des criminels, il s’était attendu à un peu plus de précautions de la part de ce jeune homme qui avait l’air aussi sur de lui.
    Quand Mac entra a son tour, Patrick leva la tête. Il avait toujours ce regard haineux mais son arrogance avait fait place à une certaine inquiétude.
    - Tu sais, je pensais que tu ferais preuve d’un peu plus d’intelligence, mais que peut-on attendre de la part d’un meurtrier.
    - Je ne vois pas de quoi vous voulez parler.
    - Tes chaussures. Et bien, elles correspondent exactement a la marque sur le visage de Kévin. C’est toi qui lui a porté le coup mortel. Il y a même encore le sang de Kévin. C’est toi qui l’a tué.
    - Je ne vois pas de quoi vous voulez parler.
    - L’arme que l’on a retrouvé sur toi, elle appartient  au Lieutenant  Danny Messer, tu sais le flic sur qui toi et tes copains vous avez passé vos nerfs. Je ne te parle même pas de ton sang qui est partout sur les vêtements de tes deux victimes.
    - Je ne sais pas de quoi vous voulez parler et je veux voir un avocat.
    - Voilà enfin une preuve d’intelligence de ta part.
    Mac sortit de la pièce pour laisser Patrick passer un coup de fil à son avocat. C’est à ce moment que son téléphone sonna.
    - Flack, je vous écoute.
    - Danny est réveillé. Les médecins disent qu’il est sorti d’affaire, commença Don visiblement soulagé.
    - Enfin ! Dites lui qu’on tient ses agresseurs, ils n’ont pas encore avoué mais les preuves sont contre eux. Ce n’est qu’une question de temps pour qu’un des trois se mette à table.
    - Mac, Allie est entrée en salle de  travail. Apparemment , elle va accoucher  dans les heures qui suivent.
    - Restez avec elle, je préviens tout le monde, on vous rejoint dès que possible.

    Assis dans une autre salle, Jerry  Simons  se rongeait les ongles. Il sursauta lorsque Stella ouvrit la porte. Elle s’assit en face de lui et posa le dossier qu’elle tenait sur la table.
    - Jerry, tu sais, tu es très photogénique, commença t-elle en  sortant la photo  qu’elle avait tirée de la cassette de vidéo surveillance.
    Jerry la regarda brièvement tout en transpirant de plus belle.
    - Ta voiture n’est pas mal non plus. Tu as bien fait le ménage, mais tu vois ce n’est pas parce que tu as réussit à faire disparaître les tâches de sang qu’elles ne sont plus là. Tu as eu l’intelligence de te débarrasser de la batte mais dans ton coffre, nous avons retrouvé du sang de Kévin Marks et celui  de Danny Messer, notre collège. S’attaquer à un flic, y rien de pire pour avoir tous les autres policiers à ses trousses.
    - Pat avait dit qu’on risquait rien.
    - Je te rappelle que tu peut avoir un avocat .
    - J’en veux pas, tout ça c’est une idée de Pat. Il avait dit que les flics s’intéresseraient  pas à l’affaire si ils pensaient que ce type était un drogué. Et puis, sa famille toucherait pas sa pension, c’était sa petite vengeance personnelle, comme quand son vieux s’est fait virer.
    - Et toi tu n’y est pour rien ?    
    - Je l’ai frappé d’accord mais le coup de la drogue, c’était Pat.

     Matt  Flannery transpirait la peur par tous les pores de sa peau. Lindsay eu presque pitié de lui. Après tout, ils n’avaient rien contre lui pour le moment et puis Danny allait s’en sortir. Tout ce que Lindsay désirait s’était de boucler cette affaire et d’enfin pouvoir se rendre à l’hôpital. Enfin revoir Danny. Lindsay était d’humeur indulgente, aussi elle déposa une cannette de soda sur la table juste sous le nez de Matt. Celui-ci, reconnaissant, lui adressa  un léger sourire et saisit la cannette dont il bu pratiquement la moitié en quelques gorgées. Lindsay sourit à son tour.
    - Tes amis ont l’air de t’en vouloir.
    - On discutait, c’est tout, répondit Matt en reprenant un peu confiance.
    - Kévin Marks, tu connais, je crois.
    - J’ai un peu bossé avec lui, répondit Matt en pâlissant de nouveau.
    - On pense que tes copains ont tué Kévin.
    - Je n’ai rien à voir la dedans, dit précipitamment Matt.
    - Tu va rester là pour l’instant, tu as encore soif ? demanda Lindsay.
    Matt empoigna une nouvelle fois la cannette, la vida en quelques gorgées et la tendit à Lindsay. Celle-ci  attrapa le soda par le haut de la boite.
    - Je vais t’en faire apporter un autre.
    Lindsay sortit et se dirigea immédiatement  vers le labo pour relever les empreintes sur la cannette. La comparaison avec l’empreinte qu’ils avaient retrouvés sur la plaque de Danny ne lui pris pas beaucoup de temps et c’est avec un nouvel élément  qu’elle revient voir Matt.
    - Peut-tu m’expliquer ce que font tes empreintes sur la plaque d’un policier retrouvé inconscient dans la même ruelle que Kévin ? Qu’est-ce qui s’est passé? Si tu veux un avocat c’est le moment.
    Matt blêmit, il avala difficilement sa salive et baissa les yeux. Lindsay glissa sur la table les photos de Kévin et de Danny prises dans la ruelle. Matt détourna la tête.
    - Je voulais rien lui faire, je voulais juste lui foutre la trouille.
    Matt commença à pleurer comme un enfant.
    - C’est à cause de Kévin que tu a perdu ton boulot.
    - Son vélo, j’ai pas fait exprès, je suis tombé, c’est tout. En plus, il avait rien, son vélo mais il voulait pas partager.
    - Pas partager quoi ?
    - Leur bisness ! Quand je suis tombé avec le vélo de Kévin, j’ai fait tomber sa sacoche, j’ai vu ce qu’il y avait dedans. C’est pour ça que Kévin m’a dénoncé.
    - Qu’est-ce qu’il trafiquait ?
    - De la drogue ! C’est avec ça qu’il arrivait à se payer ses fringues et son vélo.
    - Mais c’est toi que Danvers a renvoyé, il dit que c’est toi qui trafiquait.
    - Bien sur, Kévin travaille pour Danvers. C’est  Kévin qui me l’a dit quand je lui ai proposé de marcher avec lui.
    - Et tu vas me dire que tu n’était pas là hier soir ?
    - Je vous jure, c’était  pas mon idée. Je voulais juste lui piquer son vélo et lui faire peur. Mais Pat a pété un plomb.
    - Qu’est-ce qui s’est passé?
    - J’ai fait que suivre, je vous jure. On se baladait quand on a vu Kévin sur son super vélo. Jerry lui a barré la route. Kévin était furax quand il s’est relevé. Il a commencé à nous insulter. Pat a vu rouge. Il lui a balancé son poing dans la figure et il l’a poussé dans la voiture. On est parti en laissant le vélo sur le trottoir. Et puis, on s’est arrêté un peu au hasard dans une ruelle. Là, Pat a fait descendre Kévin et il a commencé à le frapper. Il m’a demandé de le tenir. C’est tout ce que j’ai fait, je vous jure.
    - Et le policier ?
    - Tout à coup, un type est arrivé, il passait juste par là. Il a attrapé Kévin et Pat. Jerry l’a frappé au bras pour qu’il lâche Pat. On savait pas que c’était un flic. Une fois que Jerry l’a assommé, on a vu sa plaque, alors Pat est devenu comme fou. Il s’est acharné sur lui.
    Matt leva vers Lindsay un regard suppliant mais celle- ci sortit de la pièce.

     Hawkes avait convoqué Mike Danvers pour lui communiquer les démarches à faire pour récupérer le corps de Kévin, mais c’est dans une salle d’interrogatoire qu’il l’installa.
    - Monsieur Danvers, nous avons des raisons de penser que Kévin se livrait à un trafic de drogue par l’intermédiaire de votre société de coursiers.
    - Vous devez vous tromper. Je connaissais Kévin depuis longtemps, je l’aurais remarqué.
    - Certainement puisque c’est vous qui organisez ce trafic.
    Danvers pâlit puis se reprit.
    - Je n’ai rien à voir avec la mort de Kévin !
    - Je sais, mais mes collègues de la brigade des stupéfiants ont quelques questions à vous poser, termina Hawkes en laissant la place à deux inspecteurs à la mine sombre.
  

    Chapitre 14

    Il faisait une chaleur d’enfer dans la salle d’accouchement numéro 12. Alicia Messer transpirait à grosses gouttes, ses cheveux étaient collés sur ses tempes. Elle profitait d’un court instant de répit  entre deux contractions pour reprendre un peu son souffle. Don Flack lui tamponna le front doucement. Il approcha un verre de ses lèvres, elle eu à peine le temps de boire une gorgée qu’une nouvelle contraction reprit. En une fraction de seconde, son ventre devint dur comme de la pierre et tout son corps se raidit .
    Allie n’avait encore jamais ressentit une douleur aussi vive et intense. L’infirmière lui avait bien montré un petit diagramme, une échelle de un à dix pour quantifier sa douleur. Au début du travail, Allie avait donné une note de quatre, mais maintenant, elle avait l’impression d’être au moins à douze voir treize. Elle soupçonnait l’anesthésiste qui devait venir lui faire sa péridurale, d’être en train de boire tranquillement un café. Si il n’arrivait pas maintenant, elle allait l’étrangler de ses mains. Elle écoperait sans aucun doute des circonstances atténuantes.
    L’infirmière s’approcha d’Allie, l’examina et lui dit :
    - A la prochaine contraction, vous allez pousser aussi fort que vous pouvez.
    Allie jeta un regard à Don juste à côté d’elle et lui prit la main. Elle se sentait en confiance avec lui, même si elle aurait préférer que Don ne la voit pas dans un état pareil. Et puis, la douleur revint. Allie jeta ses dernières forces dans la bataille. Son corps tout entier n’était que douleur pendant un temps qui  lui paru infini puis tout s’arrêta d’un seul coup. Comme si on avait appuyé sur un interrupteur, la douleur disparue, envolée, pour laisser la place au plus beau son qu’Allie n’ait jamais entendu, les premiers cris de son bébé.
    
    Lorsque Lindsay, Stella , Mac et Hawkes arrivèrent à l’hôpital, ils trouvèrent Danny auprès de son frère. Ils s’approchèrent  et Danny leur sourit en leur faisant signe d’entrer. Son visage avait quelque peu retrouvé des couleurs mais ses gestes étaient lents et visiblement chaque mouvement semblait lui demander un effort incroyable.
    - Content de vous revoir, on les tient, dit simplement Mac.
    Danny regarda un par un ses amis, il s’attarda sur Lindsay qui avait du mal à retenir ses larmes. Il se dit que la vie était vraiment trop courte pour ressasser le passé. Marie n’était plus là, mais Lindsay, elle, était bien vivante C’est à ce moment , qu’il vit arriver Don Flack qui poussait un fauteuil roulant. Danny sut immédiatement de qui il s’agissait. Il regarda sa petite sœur qui s’approchait. L’anniversaire de la mort de Marie allait coïncider avec la naissance de son neveu ou de sa nièce. Allie était assise et tenait une couverture dans ses bras. Elle articula quelque chose comme quand, enfants, ils se parlaient sans qu’aucun son ne sorte de leur bouche. Mais Allie était un peu trop loin. Danny eu beau froncer les sourcils, décidément sans ses lunettes…
                                                

    



    


dangie  (15.05.2007 à 10:30)
  FIN
 
Merci à tous ceux qui sont allé jusqu'au bout de leur lecture. J'espère que vous avez pris autant de plaisir à lire cet épisode que j'en ai eu à l'écrire...

dangie  (19.05.2007 à 13:32)

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