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La Tribu

Série : CSI : NY
Création : 28.08.2007 à 13h24
Auteur : dangie 
Statut : Terminée

« Un braquage tourne mal, deux policiers, amis de Danny sont blessés. Voila la suite de Mauvaise Rencontre. Bonne lecture » dangie 

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Chapitre 1

    La journée se terminait enfin pour Evan Cortez et Tim Bayliss. Le soleil de cette fin d’été avait, une nouvelle fois, fait exploser la température à l’intérieur de leur voiture de patrouille et ils n’étaient pas mécontents de pouvoir bientôt savourer une bonne bière bien fraîche sur le toit de leur immeuble. Le petit coin de paradis qu’ils s’étaient installé là-haut était devenu leur refuge, l’endroit où ils passaient tous leurs week-end.
    Tim connaissait Evan depuis maintenant presque neuf ans. La complicité qui était née entre eux avait quasiment été immédiate. Ils étaient devenus des partenaires mais surtout, ils étaient devenus des amis, des frères. Tim était un grand échalas de 1m95, il était musclé et sa carrure impressionnait toujours les petits voyous si bien que de toute sa carrière, il avait rarement eu recourt à la force pour appréhender les suspects. Son sourire charmeur et son sens de l’humour lui valait une réputation de séducteur. Il ne se gênait pas d’ailleurs pour multiplier les conquêtes mais il restait désespérément, aux yeux de ses amis, célibataire.
    Evan était d’origine porto-ricaine. Ses cheveux foncés, son teint mat et ses yeux presque noirs avaient également fait des ravages dans la gente féminine. Mais, depuis bientôt douze ans, Evan n’avait d’yeux que pour Johanna, Jo, sa femme. Ils s’étaient rencontré par hasard dans la rue et le coup de foudre avait été immédiat, fulgurant. Ils s’étaient mariés très vite, certains de ses amis de l’époque avaient dis trop vite mais leur amour était toujours là, aussi fort et puissant qu’au premier jour. Ils avaient eus trois enfants et se posaient la question quand à en avoir un quatrième, leur décision n’était pas encore prise mais, après tout, ils étaient encore jeunes et ils avait toute la vie devant eux.
    Les deux amis avaient trouvés des appartements dans le même immeuble ce qui fait qu’ils passaient pratiquement toutes leurs journées ensembles. Le reste du temps, ils ne se quittaient quasiment jamais, avec Jo, les enfants et deux amis d’enfance d’Evan, ils formaient « la tribu ». Depuis bientôt six ans, celle-ci avait un peu perdu de son âme et Evan commençait à croire qu’il serait peut-être temps de faire taire les dissensions, de reformer les liens avec celui qui manquait, avec celui qui lui manquait tellement.
     Evan et Tim avaient désormais terminé leur service, ils étaient tranquillement sur le chemin du retour. Arrêtés à un feu rouge, Tim regarda machinalement la petite boutique qui faisait l’angle et ce qu’il vit lui fit pousser un soupir.
    - Qu’est ce qui t’arrives ? demanda Evan.
    - Regardes toi-même, répondit Tim en pointant la boutique allumée.
    Evan jeta un coup d’œil, le feu passa au vert, il redémarra et dit :
    - Appelle des renforts pendant que je me gare.
    Tim s’exécuta. Ils sortirent de la voiture et allèrent se poster à gauche de la porte de façon à voir l’intérieur de l’épicerie sans être vus par les personnes qui s’y trouvaient.
Tim et Evan avaient rangés leur uniformes mais ils avaient gardés leurs armes de service. C’est donc avec la main sur la crosse de leur revolver qu’ils observèrent la scène qui se déroulait dans la boutique. Ils attendaient impatiemment leurs collègues qui ne devaient pas tarder pour leur passer le relais et enfin rentrer chez eux.


    Chapitre 2


    Mac Taylor, Stella Bonasera et Sheldon Hawkes se frayèrent un passage parmi les nombreux policiers présents sur place et ils passèrent sous le ruban jaune délimitant la scène de crime. Don Flack vint à leur rencontre la mine sombre.
    - Trois victimes, le propriétaire du magasin, Samuel Miller et deux policiers, les sergents Evan Cortez et Tim Bayliss du 44ème à Brooklyn. Ils ont tous les trois été transportés à l’hôpital.
    - Dans quel état ? demanda Hawkes.
    - Mr Miller a apparemment été frappé a la tête, il était inconscient mais les ambulanciers ont dit qu’il allait certainement s’en remettre. Bayliss a reçu une balle dans la tête, il respirait encore quand ils l’ont emmené. Quand à Cortez, il a pris deux balles dans le thorax. Ca n’avait pas l’air bien brillant non plus.
    - Une idée de ce qui s’est passé?
    - Apparemment, ça ressemble à un braquage qui a mal tourné. Cortez et Bayliss n’étaient plus de service, ils ont appelé le central à 22h14 pour signaler un vol à main armée.  Quand la patrouille est arrivée cinq minutes plus tard, ils les ont trouvé à l’intérieur, blessés.
    - Des témoins ? demanda Mac qui avait posé sa mallette et observait l’intérieur de l’épicerie.
    - Les voisins ont entendus les coups de feu. Mes hommes sont en train de les interroger mais pour l’instant, on a pas grand chose.
    - Et la caméra de surveillance, là au dessus du comptoir, remarqua Stella en pointant l’appareil qui les regardait de son œil noir.
    - J’attends la famille de Mr Miller. On en saura un peu plus quand ils seront là.
    Un pli soucieux marquait le front de Mac, il s’avança dans le magasin et commença un rapide examen de la scène de crime. A à peine un mètre l’une de l’autre, deux mares de sang s’étalaient sur le sol. De nombreuses traces de pas sanglantes maculaient une bonne partie du magasin, signe de la précipitation dont avait fait preuve les ambulanciers pour porter secours aux blessés. Mac se dit qu’ils allaient devoir relever les empreintes de tous ceux qui étaient intervenus pour tenter de retrouver si, par hasard, le tireur n’avait pas, lui aussi, laissé son empreinte.
    Lorsqu’un policier était touché, aussitôt la nouvelle se répandait comme une traînée de poudre. Chacun se sentait concerné, touché et Mac n’avait pas été étonné de trouver autant de policiers sur place. Mais maintenant, c’était à eux de faire leur travail. Chacun s’activait déjà. Hawkes s’occupait du comptoir où le propriétaire avait été blessé, Mac et Stella scrutaient le moindre recoin du magasin à la recherche d’indices.
    Quand il entendit des pas précipités, Mac releva la tête pour voir Danny qui s’approchait. Il ralenti instantanément en voyant le sang répandu sur le sol. Mac observa son rapidement son collègue, il avait l’air fatigué mais il portait sa mallette et semblait prêt à se jeter dans l’arène lui aussi.
    - J’ai entendu la nouvelle à la radio, je peux vous donner un coup de main, commença Danny.
    - Je croyais que vous aviez fini votre service ?
    - Mac, je veux vous aider, je connais Evan, laissez moi participer à l’enquête.
    - Vous avez travaillé avec lui ?
    - Non, Evan est un ami d’enfance, on a grandit ensemble. Quand il est entré dans la police, je l’ai suivit.
    - Vous le connaissez bien alors.
    Danny acquiesça de la tête, il revoyait le sourire d’Evan, son caractère entier, sa façon de répondre aux profs quand il n’était pas d’accord, son impétuosité qui lui avait valu bien des déboires à l’école.
    - Est t-il  du genre à agir seul, a vouloir intervenir sans attendre les renforts?
    - Vous m’auriez dit ça au début de sa carrière, je vous aurait certainement dit oui, mais maintenant, Evan est marié, il a des enfants. Il les aiment trop pour risquer sa vie sans avoir pris toutes les précautions. Il ne joue plus les héros. Mais qu’est-ce qui vous fait penser ça ?
    - Ils n’ont pas pu attendre cinq minutes que les renforts arrivent, ils sont intervenus et ils ont été blessés.
    - Peut-être qu’il s’est passé quelque chose dans le magasin qui les a poussé à entrer, proposa Danny.
    - C’est possible, ils pourront s’expliquer s’ils s’en sortent, continua Mac.
    Danny pâlit. Il avait entendu qu’Evan et Tim avaient été transportés à l’hôpital, mais il redoutait de connaître leur état préférant se consacrer à l’enquête. Mac remarqua immédiatement que son jeune collègue était très affecté. Lui n’aurait pas aimer être écarté, mais Mac se dit que c’était certainement la meilleure chose à faire pour le moment.
    - Danny, je pense que vous devriez aller à l’hôpital pour être avec votre ami. Ne vous inquiétez pas, nous allons retrouver le ou les coupables.
    - Mais, Mac…
    - Danny, faites ce que je vous dit. La famille d’Evan a besoin de vous.
    Danny baissa la tête, vaincu. Mac était son supérieur, il devait lui obéir même si c’était difficile. Il jeta un dernier regard dans le magasin, à la mare de sang répandue par terre et il tourna les talons. A la porte de la boutique, il croisa un homme, grand, le front légèrement dégarni, il transpirait abondamment. L’homme avait l’air paniqué. Danny se dit qu’il devait s’agir d’un membre de la famille du propriétaire. Au moins, il ne serait pas obligé de lui annoncer des mauvaises nouvelles. Danny regretta aussitôt de ne pas avoir avoué à Mac qu’il n’avait pas revu Evan depuis six ans. Au lieu de cela, Danny monta dans sa voiture et pris la direction de l’hôpital. Les retrouvailles   avec   «  la  tribu » n’auraient pas pu se faire dans de plus mauvaises circonstances. Danny les redoutait mais il redoutait encore plus de perdre ses amis.


    Chapitre 3


    Robert Miller fit son entrée dans le magasin de son oncle accompagné de Flack qui le guida jusqu’à Mac. Son regard tomba lui aussi sur la mare de sang et il s’arrêta net. Son visage était rouge comme si il avait couru sous la chaleur de ce début de nuit et son expression trahissait une intense inquiétude.
    - Mac, voici Robert Miller, le neveu du propriétaire, commença Flack.
    - Bonsoir Mr Miller, je suis le Lieutenant Mac Taylor de la police scientifique. C’est moi qui dirige cette enquête.
    - Lieutenant Taylor, comment va mon oncle ? Qu’est-ce qui s’est passé ici ? parvint à articuler Robert visiblement bouleversé.
    - D’après les premiers éléments de l’enquête, il s’agirait d’un braquage qui a mal tourné. Votre oncle ainsi que deux policiers ont été blessés.
    Robert pâlit brusquement, un voile passa devant ses yeux. Il chercha une chaise pour se reposer un instant le temps de reprendre ses esprits. Mac et Flack échangèrent un regard. Aucun des deux n’aimait annoncer ce genre de nouvelle à une famille mais Robert Miller semblait particulièrement émotif.
    - Monsieur Miller, votre oncle devrait bien s’en sortir d’après les ambulanciers, reprit Flack pour tenter de redonner du courage à David.
    - Deux policiers ont été blessés ! Comment vont ils ?
    - C’est encore trop tôt pour le savoir, dit Mac.
    Robert ne semblait pas plus rassuré. Il ne cessait de se tordre les mains, visiblement très mal à l’aise. Il leva les yeux vers Mac et Flack qui commençaient à trouver son attitude un peu exagérée et aussitôt il se reprit.
    - Excusez-moi, je n’ai jamais pu supporter la vue du sang. Vous devez trouver cela ridicule.
    - Pas du tout, Mr Miller, ne vous excusez pas, vous avez le droit d’être bouleversé mais nous avons quelques questions a vous poser, continua Mac.
    - Je vous écoute, dit Robert la voix encore tremblotante.
    - Pouvez vous nous donner les bandes de vidéosurveillance, commença Mac en pointant la caméra au dessus du comptoir.
    - J’aimerais mais elle est tombée en panne hier, le réparateur n’avait pas les pièces et de toutes façons il ne pouvait pas venir avant deux jours. Je suis vraiment désolé de ne pas pouvoir vous aider.
    - C’est dommage, vous avez le nom de ce réparateur ? demanda Mac visiblement déçu.
    - Franck Walters. Si vous n’avez plus besoin de moi, j’aimerais aller à l’hôpital pour voir mon oncle. Vous saurez où me trouver si vous avez encore des questions à me poser, répondit Robert en se levant.
    Il sortit du magasin et rejoignit sa voiture laissant Mac et Don sur leur faim.
    - C’est vraiment dommage pour nous mais c’est un sacré coup de chance pour les braqueurs, reprit Flack.
    - C’est certain à deux jours près, on aurait eu un bon avantage. Ça serait intéressant de savoir si c’est vraiment une coïncidence.
    - Je vais essayer de trouver ce réparateur surbooké. Il aura peut-être quelque chose d’intéressant à nous raconter, dit Flack en saisissant son téléphone.


    Chapitre 4


     Le trajet jusqu’à l’hôpital lui pris une dizaine de minutes pendant lesquelles Danny imagina ce qu’il allait pouvoir dire ou faire. Tout allait dépendre de l’accueil qui lui serait réservé. Danny se gara sur le parking des urgences. Il était fatigué autant physiquement que psychologiquement. Il enleva ses lunettes et se frotta longuement les yeux. Il resta ainsi, les yeux fermés, sa tête reposant sur l’appui-tête, tentant de rassembler tout son courage. Quand il rouvrit les yeux, elle était là assise sur des marches d’escaliers, elle tirait furieusement sur une cigarette. Danny sourit malgré lui. Jo n’avait pas changée depuis toutes ces années. Elle avait toujours eu deux manières autant contradictoires qu’antagonistes de calmer son stress et ses angoisses. Soit elle enfilait ses baskets et allait courir pendant dix kilomètres, soit elle fumait cigarette sur cigarette.
    A la voir ainsi, on aurait pu croire qu’elle était fragile, chétive, vulnérable, mais Danny savait qu’il n’en était rien. Au contraire, Jo était forte, vive, enjouée. Elle avait gagnée l’estime de ses collègues grâce à son courage et à sa ténacité. Elle avait eu trois enfants pourtant elle était aussi mince que dans son souvenir et Danny supposa qu’elle faisait toujours autant de sport ce qui était indispensable si elle voulait garder sa place au sein de la caserne de pompiers où elle travaillait depuis dix ans.
    Ses cheveux châtains étaient décolorés par le soleil. Elle les avait attachés en queue de cheval. Son visage ainsi dégagé, bronzé, elle ressemblait énormément à Marie. Danny en eu le cœur serré. Que ce serait-il passé si Marie n’avait pas été tuée ? Tout aurait été différent, ou peut-être pas, personne ne peut le dire? En tout cas, Danny n’aurait certainement pas rencontré Lindsay et ce qu’il vivait désormais avec elle, il ne voulait l’échanger pour rien au monde. Danny remis ses lunettes sur son nez, sortit de sa voiture et se dirigea vers Jo.
    Quand elle le vit se diriger vers elle, l’expression de Jo changea. Elle fut d’abord surprise puis un sourire illumina son visage, de ce sourire qui avait toujours fait craquer Danny. Elle se précipita vers lui et se jeta dans ses bras.
    - Oh, Danny, tu es venu, je ne voulais pas l’espérer.
    - Je me devais d’être là, avec toi, avec vous tous.
    Danny lui rendit son étreinte. Ca faisait vraiment du bien de pouvoir de nouveau la serrer dans ses bras, il aurait voulu prolonger ce moment mais Jo s’écarta doucement et le regarda droit dans les yeux.
    - Tu n’as pas changé, tu sais, dit-elle en lui caressant tendrement la joue. Ses doigts effleurèrent la cicatrice juste au-dessus de son œil gauche.
    - J’ai appris ce qui t’étais arrivé, je suis profondément désolée de ne pas être venue te voir à l’hôpital et après. Je sais que tu as passé des moments difficiles. Est-ce que tu pourra nous pardonner ?
    - C’est du passé, ne t’inquiète pas. Tu as des nouvelles ?
    - Pas encore, Evan est au bloc et Tim est encore au scanner, il faut attendre.
    - Tu es toute seule ici ?
    - Mike est à l’intérieur, il est parti me chercher un café, Chris est à la maison avec les enfants. C’est bien que tu soit là.
    - J’aurais préféré te revoir dans d’autres circonstances, je suis désolé, tellement désolé de ce qui est arrivé…
    Jo lui mis un doigt sur la bouche pour l’empêcher de parler.    
    - Tout ça, c’est du passé, n’en parlons plus s’il te plait. Si vous n’étiez pas tous aussi têtus,  aussi fiers, toute cette histoire serait oubliée depuis longtemps… Mais dis-moi comment vas tu ? Tu as l’air en forme, tu as bien récupéré ?
    - Je vais bien, j’ai repris le boulot, tout va pour le mieux, répondit Danny.
    - Je crois même savoir qu’il y a quelqu’un dans ta vie !
    Danny sourit, Jo n’avait décidément pas changée, elle savait déjà tout de vous avant même que vous ouvriez la bouche mais Danny n’eut pas le temps de se demander qui avait pu lui parler de Lindsay, qu’il entendit les pas lourds et rapides d’un homme qui se dirigeait vers eux.
    - Qu’est- ce que tu fais ici, tu n’as rien à faire ici !
    Mike, par contre, avait énormément changé mais Danny n’eut aucun mal à reconnaître le jeune homme furieux qui tentait de s’interposer entre lui et Jo.
 Mike n’était encore qu’un adolescent, il y a six ans. Maintenant, il était devenu un grand et beau jeune homme, musclé, les cheveux très courts, presque rasés.
 Ses yeux presque gris reflétaient toute la haine qui l’habitait encore malgré ces années. Le regard qu’il jeta à Danny le fit reculer d’un pas.
    - T’énerve pas Mike, si tu veux que je m’en aille, je m’en irais quand j’aurais des nouvelles d’Evan et de Tim alors calme toi.
    - Tu n’as rien à faire ici, répéta Mike.
    Jo, que les deux hommes dépassait de presque une tête, ne se laissa pas démonter. Elle parvient à se glisser entre eux et les regarda tour à tour.
    - Ca suffit tout les deux, ce n’est ni le lieu, ni le moment de régler vos comptes. Danny est là pour Evan et pour Tim et il a autant le droit d’être là que toi. Et moi, j’ai besoin de vous deux, de vous tous, termina Jo dans un souffle.
    Mike posa son regard sur Jo, il sembla se radoucir. La tendresse qu’il avait pour elle était plus forte que sa colère envers Danny, il baissa les yeux, soupira et dit :
    - Ok, si c’est bon pour toi, c’est bon pour moi, y pas de problèmes.
    - Pas de problèmes, répéta Danny.
    - On va rentrer maintenant tous ensemble.
    Jo les pris chacun par un bras et les guida vers l’entrée des urgences. Elle était à la fois heureuse d’avoir reformé « la  tribu » et terrifiée à l’idée que celle-ci puisse être de nouveau séparée.


    Chapitre 5


    Dans le magasin de Samuel Miller, Stella, Mac et Hawkes s’affairaient chacun de son côté. Mac avait déjà récolté trois balles dans le mur à droite de la porte. Les balles avaient été très déformées par leur rencontre avec le béton du mur et Mac se demandait en les déposant dans des petits sachets en plastique si il pourrait les faire correspondre avec une arme répertoriée dans le fichier balistique. Stella l’appela :
    - Mac, dit-elle en levant une main pour qu’il la voit cachée derrière une pile de boites de conserves.
    Il la rejoint en quelques pas.
    - J’ai des traces de poudre et six douilles, juste là, dit-elle en lui montrant l’endroit ou les petits cylindres avaient roulés.
     - Notre tireur se trouvait donc là, conclu Mac en se retournant vers la porte d’entrée.     Celle-ci était bien visible de l’endroit où il se trouvait mais il doutait que quelqu’un resté de l’autre côté de la porte, dans la rue puisse le voir. Pour en avoir le cœur net, il sortit et tenta de s’imaginer Cortes et Bayliss regardant vers le comptoir. Il passa en revue tout le magasin, mais ne vit Stella que parce qu’elle s’était légèrement décalée vers la gauche.
    - Ils n’ont certainement vu le tireur que quand ils avaient franchi la porte et qu’ils se trouvaient déjà dans sa ligne de mire, commença Mac en rejoignant l’intérieur.
    - Mais pourquoi sont ils entrés? Ils ne pouvaient pas attendre les renforts? demanda Stella.
    Hawkes, à son tour les appela :
    - J’ai quelque chose ici, dit-il de derrière le comptoir.
    Mac et Stella le rejoignait quand il déposait du réactif sur la poudre blanche qu’il avait trouvé. Ses différentes tentatives se soldèrent par des échecs, aucune réaction. La poudre blanche qu’il avait ramassé n’était pas de la drogue, il continuerait son analyse plus en profondeur au labo. Tournant la tête vers Stella et Mac, il leur exposa ses découvertes:
    - J’ai cette poudre blanche retrouvée par terre dans ce qui semble être une empreinte de chaussure, j’ai du sang, qui doit certainement être celui de Mr Miller sur le comptoir et j’ai une multitudes d’empreintes sur la caisse enregistreuse. J’espère que j’en aurait au moins une à notre tireur.
    - Je pense que notre tireur devait se trouver là bas, commença Mac en désignant l’endroit où Stella avait retrouvé les douilles. Mais ils devaient être deux braqueurs.
    - Ce qui explique pourquoi Cortes et Bayliss ce sont fait tirer dessus et que Mr Miller a été frappé. Deux façons de neutraliser les gêneurs  donc deux braqueurs, continua Stella.
    Ce n’était qu’une petite avancée dans une enquête que promettait d’être éprouvante pour Danny. Mac espérait que le jeune expert avait aussi bien récupéré qu’il en avait l’air.
 A peine six mois s’étaient écoulés depuis que Danny avait été blessé. Sa convalescence avait été longue et douloureuse et il n’avait repris le travail que depuis quelques semaines, s’appliquant à faire croire à tout le monde qu’il allait bien, que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes.
    


dangie  (28.08.2007 à 13:31)
Chapitre 6


    Don Flack se dirigeait vers le Bronx où il espérait pouvoir mettre la main sur son nouveau suspect. Il s’était déjà rendu chez Frank Walters, le réparateur du système de vidéosurveillance. Il l’avait trouvé dans son bureau malgré l’heure tardive. Walters était accompagné de son comptable et tout les deux étaient en train de mettre de l’ordre dans les livres de comptes avant un prochain contrôle fiscal. Ils paraissaient fatigués par l’ampleur de la tâche et le nombre de gobelets de café qui emplissaient la poubelle témoignait qu’ils étaient là depuis longtemps. Don avait paru se contenter de l’alibi fourni et était reparti en quête du seul et unique employé de Walters, Tony Larue.
    Pendant le trajet, Flack avait rapidement contacté le central et avait découvert que Larue avait un casier de petit délinquant marqué notamment par un cambriolage. Le C.V. de Larue ne faisait pas mention d’acte de violence mais les gens pouvaient changer et c’est accompagné de deux agents en uniforme que Flack se dirigeait chez Tony.
    Don était plus affecté par toute cette affaire qu’il ne voulait le laisser paraître. Quand un flic était touché, cela réveillait chez les autres cette vieille peur que chacun tentait vainement de camoufler, celle d’être blessé. Puis venait ce sentiment moins avouable mais on ne peut plus humain : le soulagement. Le soulagement de ne pas avoir été touché cette fois ci, mais que la prochaine balle, le prochain coup serait peut-être pour eux. Mais ce qui était différent, c’est que Don connaissait Evan et Tim. Ils les avait rencontré au cours d’un déjeuner organisé par Jo  au début de cet été. Bien sûr, les autres n’avaient pas été heureux de le rencontrer surtout quand ils avaient appris que Don était un ami de Danny mais la tension avait diminuée au cours de l’après-midi en même temps que la température avait grimpée.
    Jo et Allie étaient restées en contact depuis toutes ces années, prouvant ainsi qu’en matière de relations humaines, les femmes faisaient preuve de plus d’intelligence et de compréhension que les hommes. La naissance du bébé avait rapproché les deux jeunes femmes. Allie avait tenu à présenter les deux nouvelles personnes qui partageaient désormais sa vie et Don avait ainsi fait la connaissance de toute « la tribu ». Flack avait immédiatement été séduit par l’énergie et la joie de vivre de Jo, elle était la véritable âme du groupe. Son amour pour Evan était plus fort que tout, sa famille était sa priorité, le bonheur de tous sa raison de vivre.
    Don voulait boucler cette affaire au plus vite et retourner voir Allie. Il redoutait la façon dont elle allait prendre cette nouvelle épreuve et voulait être là quand elle apprendrait la nouvelle. Son amour pour elle était allé en grandissant, il se prenait même à rêver qu’il pourrait être le père de son enfant. C’est donc avec impatience qu’il frappa à la porte de Tony Larue. N’obtenant pas de réponse, il recommença plus fort sentant la colère monter en lui.
    - Ouvrez, Police de New York!
    - C’est pas bientôt fini ce cirque ! fit une voix à l’autre bout du couloir.
    Don se retourna pour découvrir une jeune fille d’à peine vingt ans, les cheveux ébouriffés.
    - Police, Mademoiselle, on cherche Tony Larue.
    - Je voie bien que vous êtes de la police et tout le monde l’entend aussi. Mais c’est pas la peine de défoncer la porte de Tony, il est pas là, il est au boulot.
    - Je viens de parler à son patron, il a fini sa journée depuis longtemps.
    - Peut-être, mais son autre journée continue. Il a un deuxième boulot, il est gardien de nuit dans un foyer d’accueil.
    - Quel foyer ?
    - St Luc sur Georges Street, il commence à 21h, il sera de retour vers 6h si vous voulez lui parler.
    - Merci…et excusez moi pour le dérangement.
    Don s’éloigna et prit la direction de Georges Street. Si sa voisine disait la vérité et que Tony faisait deux boulots, il n’était peut-être pas contre le fait de gagner un peu d’argent sans risques : un magasin sans caméra de surveillance, un vieux monsieur  fatigué, dommage que deux policiers soient passés par là.


    Chapitre 7


    Jo, Danny et Mike attendaient depuis ce qui leur sembla des heures dans ce couloir des urgences. Ils avaient gardé le silence, chacun enfermé dans ses pensées, dans ses souvenirs, ses ressentiments. Quand un médecin à la mine sombre s’avança vers eux, ils se levèrent tous d’un bond.    
    - Vous êtes la famille de Tim Bayliss ?
    - Tim n’a pas de famille proche, mais nous sommes ce qui s’en rapproche le plus, commença Jo. Comment va t’il ?
    Le médecin baissa la tête, prit une grande inspiration et se lança :
    - Votre ami est en état de mort cérébrale, le scanner a confirmé ce que nous craignons.
    Mike n’aurait pas été plus sonné s’il avait reçu un uppercut en plein visage, il se rassit et se recroquevilla sur sa chaise comme un enfant. Danny, lui ne croyait pas ce que le médecin venait de leur annoncer, il se rapprocha de Jo et lui prit la main. Celle-ci le regarda avec une expression résignée, entendue. Ses yeux brillaient mais elle ne pleura pas, elle serra juste un peu plus fort la main de Danny et se retourna pour saisir celle de Mike.
    - Vous ne semblez pas surprise Madame, demanda le médecin.
    -Je l’ai vu quand il est parti pour le scanner, je savais déjà à ce moment là…
    Jo ne fini pas sa phrase. Bien que son chagrin fut immense, elle savait que Tim était parti pour un monde qu’elle espérait meilleur. Tim qui avait passé sa vie à « protéger et servir », Tim avait perdu sa vie en protégeant et en servant.
    - Est-ce que je peux faire quelque chose pour vous ? demanda le médecin d’un ton doux.
    - Pouvons- nous le voir? demanda Jo d’une voix blanche.
    Le médecin les accompagna dans la salle où attendait Tim. Il était allongé, la tête légèrement remontée, pratiquement tout son visage disparaissait derrière un bandage. Les seuls bruits était le bip régulier de ses pulsations cardiaques et le doux souffle du respirateur qui le maintenait en vie. Jo s’approcha de lui et prit doucement sa main dans la sienne. Elle avança son visage jusqu’à toucher celui de Tim et lui parla doucement, tendrement. Sa voix n’était qu ‘un murmure que seul Tim aurait pu entendre s’il avait été encore là.
    Danny et Mike restèrent côte à côte, plus proches qu’ils ne l’avaient jamais été, chacun reclus dans ses sentiments n’osait faire un geste. Finalement, Mike se décida à faire les quelques pas qui le séparaient de Tim, saisit sa main. Ses yeux s’embrumèrent, Mike avait toujours considéré Tim comme son grand frère, sa référence, le plus sage et le plus posé d’entre eux. Qu’allait-il pouvoir faire s’il n’était plus là, à qui allait il pouvoir se confier. Tim avait toujours été de bon conseil et Mike ne pouvait se résoudre à le perdre, à le laisser partir. Tim ne pouvait pas être mort, sa main était chaude, son cœur battait encore. Mike croisa le regard de Jo, elle aussi avait les yeux brillants. On pouvait lire toute la peine d’avoir perdu Tim et toute la peur de perdre Evan. Jo prit Mike par la main et ils restèrent, ainsi tous les trois, unis une dernière fois avec Tim. Danny se sentit de trop et, sans faire de bruit, il quitta discrètement la pièce pour se retrouver dans le couloir fortement éclairé et bruyant du service des urgences. Au bout d’un moment, Jo le rejoignit laissant Mike faire ses adieux seul à Tim.
    - Tu devrais lui dire au revoir aussi, commença Jo.
    - Je ne crois pas qu’il l’aurais voulu.
    - Tu te trompes. Tim ne t’a jamais tenu rigueur de ce que tu as fais, peut-être parce qu’il aurait fait la même chose s’il avait été a ta place.
    Danny sourit et se remémora les instants trop courts passés avec Tim. Danny avait aimé la désinvolture et la nonchalance de Tim. Sa façon de ne pas s’en faire, son incroyable optimisme et la manière qu’il avait de « laisser couler ». Tim ne s’intéressait qu’à ce qu’il pouvait changer, pour lui le passé était le passé, il ne servait à rien de regretter sans cesse ce que l’on avait fait ou pas fait, l’important était de faire bouger les choses. Aussi, Danny se laissa guider par Jo et ils retournèrent ensemble auprès de Tim.
    Quand le médecin revint les voir, Jo avait pris sa décision. Elle se demandait même pourquoi elle n’y avait pas pensé plus tôt car ce n’était pas sa décision mais plutôt celle de Tim. Ils en avait parlé il y a si longtemps qu’elle avait presque oublié cette conversation. Jo regarda le médecin et son air désemparé lui fit pitié. Vu sa jeunesse, c’était sans doute la première fois qu’il était dans une situation pareille et Jo voulu lui faciliter les choses.
    - Docteur, je ne sais pas si c’est possible, mais … Nous en avions parlé tous ensemble… Tim aurait voulu aider même après sa mort, il aurait voulu donner ses organes.
    Le médecin esquissa un sourire mais se reprit aussitôt.
    - Vous lisez dans mes pensées, Madame. J’était justement venu vous demander si votre ami avait émis ce désir. Il semblerait que vous ayez toujours de l ‘avance sur moi. Je vais chercher les papiers que vous devrez remplir.
    - Je vais contacter mes supérieurs pour voir si c’est possible dans le cadre d’une affaire criminelle, dit Danny en s’approchant.
    Jo le regarda reconnaissante mais Mike lui jeta un regard noir :
    - C’était la volonté de Tim, tu ne peux pas aller contre, commença Mike sa colère reprenant le dessus.
    - Je dois respecter la loi, lui répondit Danny calmement.
    - Tu n’as vraiment que ce mot là à la bouche, tu n’as vraiment pas changé.
    - Mike, calme toi, intervint Jo d’une voix sûre, je vous l’ai déjà dit ce n’est ni le lieu ni le moment pour les disputes, et de plus Danny a raison. Alors, laisse le faire et va chercher Chris et les enfants, ils doivent dire adieu à Tim eux aussi.
    Mike baissa les yeux comme un enfant prit en faute, il jeta un dernier coup d’œil à Tim et parti faire ce que Jo lui avait demandé. Il savait par expérience qu’il n’aurait jamais le dernier mot avec elle et, tout au fond de lui, il savait que Danny avait raison mais pour rien au monde, il ne voulait lui laisser l’avantage.
    Mike parti, Danny au téléphone, Jo resta un instant auprès de Tim. Elle voulait lui dire encore tellement de choses, partager avec lui encore quelques bons moments mais elle savait que tout cela était fini pour toujours. Perdu dans ses souvenirs, elle n’entendit pas le retour du médecin, des formulaires à la main.
    - Voilà ce qu’il y a à remplir et à signer, si vous êtes toujours d’accord, lui dit il en lui tendant les papiers et un stylo.
    - Je vous remercie, répondit Jo sortie de sa torpeur.
    - Vous savez, je vous trouve très courageuse, c’est une belle action que vous êtes en train de faire, se risqua le jeune médecin hésitant.
    - Je n’y suis pour rien, c’est Tim qui a prit la décision, je ne fais que respecter sa volonté.
    - Si je peux faire quelque chose pour vous, dites le moi !
    Jo releva la tête des papiers qu ‘elle avait commencé à survoler. Malgré toute sa peine, elle ne cessait de se dire qu’au moins comme ça Tim serait toujours, d’une certaine manière, encore en vie. Mais, elle ne savait rien d’Evan, son amour, son double.
    - Est-ce que vous croyez que vous pourriez vous renseigner sur l’état de mon mari, Evan Cortez. Il est au bloc depuis des heures et je n’ai aucunes nouvelles.
    -Bien sûr, je vais tout de suite monter en chirurgie.
    Le médecin parti, Jo se retrouva un instant seule, elle pu enfin laisser couler son chagrin, sa peine immense.


    Chapitre 8


    Plus Don Flack approchait de Georges Street, plus il sentait monter en lui une impatience de plus en plus grande. Même s’il doutait de pouvoir boucler cette affaire aussi rapidement, il ne voulait négliger aucune piste. Les petits voleurs qu’il connaissait bien, n’étaient pas souvent des  modèles d’intelligence. Il en avait coincé tellement qui se croyaient bien malins et qui laissaient sur place des indices si évidents que même un bleu n’aurait eu aucun mal à les retrouver. Peut-être qu’avec un peu de chance, il en serait ainsi pour cette sale affaire. Don l’espérait pour Allie mais surtout pour Danny. Bien sûr, son ami avait repris le travail depuis quelques temps déjà, il y avait été autorisé par la psychologue de la police. Mais Don savait que Danny était particulièrement doué pour dissimuler ses sentiments. Le jeune expert s’était étonnamment bien remis physiquement de son agression mais Flack doutait qu’il en soit de même moralement. Pas plus tard qu’il y à quinze jours, alors qu’ils étaient tout les deux dans un bar à fêter la fin d’une affaire difficile, Don avait décelé une faille dans l’armure que Danny s’était forgé. Lorsque deux hommes passablement éméchés avaient brusquement élevés la voix, débutant une bagarre, Flack avait surpris dans les yeux de son ami une lueur de peur, de panique quand il s’était retourné pour voir ce qu’il se passait.
Cet instant avait été si furtif, si indistinct que Don avait cru rêver, mais quand Danny avait repris son verre, Flack s’était aperçu que la main de l’expert tremblait légèrement.
    - Ca va Danny ? avait il demandé immédiatement.
    - Ils sont nuls ces deux là, lui répondit Danny reprenant le contrôle.
    - Tout va bien ?
    - Je vais bien, t’inquiète pas.
    Mais Don s’inquiétait, il ne pouvait s’en empêcher, c’était plus fort que lui.

    Ce n’était pas la foule des grands soirs au foyer pour sans-abris de St Luc. A peine quelques S.D.F. à la recherche d’un repas équilibré, d’un peu d’eau fraîche, d’un bon lit pas loin des gros ventilateurs, de quoi se refaire une santé pour affronter la nouvelle vague de chaleur que la météo annonçait pour le lendemain. C’est d’ailleurs un calme étonnant qui accueillit Don à l’intérieur. Les quelques personnes présentes avaient depuis longtemps sombré dans le sommeil ou s’y préparaient, épuisés. Seul le ronronnement des ventilos rompait cette tranquillité.
    Assis seul dans un fauteuil à l’intérieur du bureau vitré qui faisait face à l’entrée, Tony Larue regardait la télévision. Tournant le dos à la porte, absorbé par le film, il n’avait pas vu ni entendu les policiers entrer. Sur l’écran, Jack Nicholson, les cheveux en bataille, le regard possédé,  au rire de dément, frappait à grands coups de hache sur la porte derrière laquelle sa femme s’était réfugiée. Complètement hypnotisé, Tony sursauta lorsque Don frappa à la vitre et faillit en tomber de son siège. Malgré la tension, Flack se surpris à sourire, il est vrai que « Shinning » lui faisait à lui aussi toujours beaucoup d’effet. Une fois que Larue fut remis de ses émotions, il se dirigea d’un pas nonchalant vers la porte et ouvrit aux policiers.
    - Vous m’avez fait une trouille d’enfer, qu’est ce qui se passe ?
    - Tony Larue ? demanda Flack sans répondre à sa question.
    - Oui, qu’est ce qui se passe ? répéta Tony.
    - Police. Où étiez vous aux alentours de 22h 22h15 ?
    - Ici, j’ai pris mon service à 21h. Pourquoi ?
    - Est-ce que quelqu’un peut en témoigner ?
    - Mon collègue de jour, il pourra vous dire à quelle heure je suis arrivé.
    - Vous connaissez le magasin de Mr Miller ?
    - Le vieux monsieur, bien sûr, je n’ai pas pu réparer sa caméra de surveillance, il me fallait des pièces que mon patron a du commander. Mais qu’est qui se passe ?
    - Mr Miller a été attaqué hier ce soir.
    - Quoi, qu’est ce que vous racontez ? Vous pensez que j’ai quelque chose à voir la dedans ?
    - T’es pas vraiment un enfant de cœur et les braquages ça te connais, il me semble.
    - Tout ça, c’est du passé, j’ai purgé ma peine, j’ai tourné la page, c’est plus ma vie maintenant.
    - Bla, bla, bla, je sais, les gens changent, les petits voyous deviennent des citoyens modèles. Mais, tu vois, moi, je crois personne sur parole, encore moins ceux qui ont un casier comme le tien. En plus, le magasin de Mr Miller est à moins de dix minutes à pied d’ici, alors si tu n’as pas quelqu’un qui peut certifier que tu n’as pas quitté ton poste, ne serait ce qu’une demi-heure, je t ‘embarque au poste et on pourra discuter.
    - Laissez-moi au moins appeler mon chef pour qu’il envoie quelqu’un d’autre, répondit Larue, résigné.
    Tony avait assez fréquenté les flics pour savoir que sa parole ne valait pas grand chose à leurs yeux et que sa bonne foie ne pesait pas bien lourd dans la balance.


    Chapitre 9


    Mac Taylor avait enfin rejoint le labo après avoir rencontré tous les policiers et ambulanciers présents sur la scène de crime et avoir relevé l’empreinte de leur semelles. Tous avaient accepté bon grès, mal grès. Tous étaient d’accord pour faire l’impossible pour mettre la main sur ceux qu’ils pouvaient désormais considérer comme des tueurs de flic. En effet, un peu plus tôt, Danny avait prévenu Mac au téléphone. Au ton très affecté de son jeune collègue, Mac avait immédiatement su que les nouvelles n’étaient pas bonnes mais il avait supposé, à tord, qu’il s’agissait d’Evan. Mac avait tout de suite senti que Danny ne lui avait pas encore tout dit et Mac n’avait pas hésité à le presser de questions. Le souvenir de ce qui s’était passé quelques mois auparavant, le fait que Mac n’avait rien vu venir de la détresse de Danny, avait radicalement changé les rapports entre les deux hommes. Mac faisait tout son possible pour que le jeune expert se confie enfin à lui, mais en même temps, il se disait que lui non plus n’aimait pas se mettre à nu.
    - Danny, il y a autre chose ? avait tout de suite demandé Mac.
    Est-ce à cause de la fatigue ou tout simplement parce que Danny avait envie à cet instant précis de partager sa peine, il répondit :
    - Tim est aussi un ami, je le connais depuis qu’il a commencé à faire équipe avec Evan, ils sont inséparables ces deux là… enfin jusqu’à aujourd’hui.
    - Pourquoi ne pas me l’avoir dit plus tôt ?
    - Je ne sais pas, quand j’ai appris la nouvelle, j’ai tout de suite pensé à Evan, nous étions comme des frères…
    Mac laissa à Danny le temps de se reprendre, un silence s’installa entre les deux hommes, l’un dans un couloir bruyant d’un service d’urgence surpeuplé, l’autre dans la tranquillité de son bureau vitré.
    - Vouliez-vous me dire encore quelque chose ? se lança Mac.
    - … Je ne vous ait pas exactement tout dit tout à l’heure, dans le magasin… Je n’ai pas revu Evan depuis six ans, nous nous sommes disputé, j’ai perdu le contact avec lui, avec eux tous…
    - Vous voulez m’en parler ?
    - Pas maintenant, peut-être plus tard si vous le voulez bien.
    - Je suis à votre disposition.
    Après avoir raccroché, Mac fut à la fois peiné et inquiet pour Danny mais aussi heureux et confiant. Son jeune collègue s’était enfin livré ne serait ce qu’un peu mais ils avançaient pas à pas, doucement dans la bonne direction et surtout ensemble.
Mac soupira, ferma les yeux un peu découragé par l’ampleur de la tâche qui l’attendait et la fatigue qui s’immisçait lentement mais sûrement. Il se dit qu’une grande tasse de café lui était pour le moins indispensable. Il se dirigea donc d’un pas décidé vers la salle de repos.
    Un autre expert s’accordait une courte pause, le docteur Sheldon Hawkes, lui aussi tentait de faire le point sur ses idées devant une tasse de café.
    - Du nouveau ? demanda t’il instantanément à Mac.
    - Rien de précis, je vais seulement commencer avec les traces de pas.Et vous ?
    - Vous savez la poudre blanche qui n’était pas de la drogue et bien c’est tout simplement de la farine et même de la farine utilisée en boulangerie pour être précis. L’un de nos braqueur a marché dans une grande quantité de farine, peut-être travaille t-il dans une boulangerie ou une pâtisserie. Ce qui nous laisse encore pas mal de possibilités.
    - C’est quand même une première piste. Des nouvelles de Flack ?
    - Il interroge en ce moment l’employé du réparateur du système de vidéosurveillance. Un certain Tony Larue, déjà arrêté pour cambriolage. Il n’a pas d’alibi confirmé.
    - Des résidus de poudre sur lui ?
    - Aucun, mais c’est peut-être lui qui a frappé Mr Miller et son complice qui a tiré.
    - Et l’arme ?
    - Un Glock 9mm, fit une voix derrière eux.
    Stella s’approchait, ses boucles dansant au rythme de ses pas. Elle rejoint les deux hommes et se servit également un café.
    - J’ai pu établir une concordance. Une des balles retrouvée dans le mur était en assez bon état. Cette arme a été utilisé pour un braquage il y a neuf mois dans le Bronx. Le coupable, un certain Leroy Black,  a été arrêté deux jours plus tard, il est en prison en ce moment, continua Stella tout en tournant son café.
    - Et son arme ?
    - Elle n’a jamais été retrouvée, Black a certifié l’avoir balancé mais il ne se souvient plus où. D’après le rapport, il était très porté sur la bouteille à cette époque, il était saoul quand il s’en ait débarrassé.
    - Un rapport avec le suspect de Flack ?
    - Tony Larue ? Don est en train de vérifier mais pour l’instant ça ne donne pas grand chose. J’ai aussi retrouvé des empreintes sur les douilles mais ça ne correspond à personne dans nos fichiers.
    - Une nouvelle impasse ? demanda Hawkes légèrement découragé.
    - Peut-être pas, Black peut avoir retrouvé  la mémoire en prison, répondit Mac.
    - Je dois rejoindre Flack pour aller l’interroger en prison, on aura peut-être quelque chose de nouveau, termina Stella.
    Tout les trois terminèrent leur tasse de café en silence, tentant chacun de recharger leurs batteries avant de repartir de plus belle.




dangie  (28.08.2007 à 13:37)
Chapitre 10


    Ils n’étaient maintenant plus que trois à attendre que les différentes équipes chirurgicales se coordonnent. Mike était reparti avec les enfants après que ceux-ci aient fait leurs adieux à Tim. Ils avaient onze, neuf et six ans et demi mais tous avaient voulu dire au revoir à celui qu’ils considéraient comme leur oncle, celui qui racontait des histoires de fantômes juste pour rire, celui qui achetait des friandises pour Halloween et qui aimait se déguiser pour faire la tournée avec eux. Un adulte qui avait gardé ses yeux d’enfant.
     Chris, lui, avait voulu rester jusqu’au bout. Le frère de Mike était comme lui, musclé, imposant. Ses cheveux coupés très courts et son nez cassé, souvenir d’un bagarre de jeunesse, le faisait ressembler à un boxeur, d’autant que ses mains étaient d’une taille considérables, imposantes. Tout en lui pouvait le faire passer pour un méchant, pourtant, il n’y  avait personne de plus doux que Chris. Il était posé autant que Mike était impulsif, il était aussi calme que son frère était soupe au lait. Chris avait rencontré, il y a des années une jeune française, il était tombé autant amoureux de la fille que de la cuisine qu’elle lui avait fait découvrir. La fille était partie depuis longtemps mais la passion de Chris pour la cuisine française n’avait fait que grandir tant et si bien qu’il en avait fait son métier. Il envisageait même d’ouvrir son propre restaurant. Il en avait parlé avec Tim qui l’avait encouragé dans cette voie, mais maintenant que Tim n’était plus là, Chris se demandait s’il aurait encore le courage et la force de se lancer dans une telle aventure.
    Danny avait appréhendé la rencontre avec Chris comme avec n’importe quel membre de « la tribu » mais les retrouvailles avaient été très chaleureuses, preuve une nouvelle fois de la différence entre les deux frères. Les deux hommes s’étaient d’abord jaugé du regard, Danny ne sachant pas à quoi s’attendre, puis Chris s’était approché, doucement, ne quittant pas le jeune expert des yeux et quand il fut assez près, il prit Danny dans ses bras et le serra fort en lui murmurant : « Tu m’as manqué. »
    Jo, elle, était en proie à des sentiments contradictoires. Elle était à la fois heureuse de retrouver Danny et de pouvoir enfin espérer que tout redevienne comme avant mais elle était aussi folle d’inquiétude pour Evan. Quand à ses sentiments pour Tim, ils étaient aussi contradictoires, elle ne pouvait que regretter la mort de son ami mais elle savait aussi que grâce à lui, des malades allaient pouvoir être sauvés et elle ne cessait de penser que Tim serait heureux de cette perspective.
    Finalement, le jeune médecin était revenu, un peu plus tôt, avec de meilleures nouvelles. Evan allait bientôt sortir de salle d’opération. Une des balles avait touché le foie, provoquant une importante hémorragie que les chirurgiens avaient réussit à stopper au prix d’efforts considérables, l’autre balle s’était logée dans le poumon droit, laissant de gros dégâts. Les médecins avaient du lui retirer un lobe de poumon, il faudrait de longs mois avant qu’Evan envisage de nouveau de remonter dans une voiture de patrouille. Jo doutait même qu’il en ait l’envie sans Tim. Pour l’instant, Evan n’avait toujours pas reprit conscience et le jeune médecin lui avait promis de la prévenir quand il montrerait les premiers signes de réveil.
Jo se raccrochait à cette idée, les urgentissimes n’avaient pas tendance à être optimistes et l’interne avait dit « quand » et non pas « si » ce qui voulait dire qu’Evan allait se réveiller, l’attente serait peut-être longue mais il allait survivre, elle allait retrouver son amour.
    En attendant, Jo voulait passer ses derniers instants auprès de Tim. Le soleil se levait lentement mais dans la salle sans fenêtres personne ne semblait s’en rendre compte, chacun concentré sur sa peine jusqu’à ce que les portes s’ouvrent brusquement laissant la place à trois hommes coiffés de calots bleus et habillés de pyjamas et de longues blouses de la même couleur qui flottaient derrière eux. Jo, Danny et Chris se levèrent instantanément, chacun s’approcha une dernière fois de leur ami, lui murmura un dernier petit mot à l’oreille, un dernier baiser, une dernière caresse, une dernière pression de la main.  Puis les trois chirurgiens emportèrent Tim pour qu’il livre, une dernière fois, le combat de sa vie, sauver des gens.
    Sans parler, les trois amis se rapprochèrent comme pour combler le grand vide qu’avait laissé Tim en partant et doucement ils tombèrent dans les bras l’un de l’autre. Danny ressentit une immense chaleur coincé entre la force de Chris et la fragilité de Jo mais aussi un immense bien-être, il ne sentait plus la fatigue, il avait retrouvé « la tribu », sa famille. Leur étreinte se prolongea, chacun semblant se regonfler de la chaleur de l’autre jusqu’à ce que le téléphone de Danny mette fin à ce moment de communion. Ils s’écartèrent lentement, les yeux encore remplis de toute l’émotion qu’ils venaient de partager. Danny jeta un œil à son portable : Lindsay. Il eut instantanément un coup au cœur, il n’avait pas pensé à la prévenir de ce qui se passait, elle devait passer la soirée avec une amie venue la voir de son Montana natal, une soirée entre filles. Pendant toute cette nuit où Danny s’était replongé dans son passé, il avait tout simplement oublié de l’appeler et il s’en sentait affreusement coupable.
    Danny passa dans le couloir pour prendre cet appel.
    - Oui ? dit il simplement.
    - Danny, je te réveille?
    Il ne se sentait pas le courage de tout lui dire maintenant, il préférait la voir en face, tranquillement, elle aurait sans aucun doute de nombreuses questions à lui poser, il aurait de nombreuses explications à donner.
    - Non, ta soirée s’est bien passée ?
    - Oui super, mais on a un corps, à Brooklyn, tu veux que je passe te prendre?
    - Non, donnes moi l’adresse et on se retrouve là-bas.
    De retour dans sa voiture, sur le parking des urgences, Danny retira ses lunettes, se frotta longuement l’arrête du nez, ferma les yeux et laissa sa tête reposer sur le volant. Il était passé juste un instant en réanimation pour voir Evan. Il savait que Jo le préviendrait dès que celui-ci ouvrirait un œil. Il était donc parti travailler. Il s’attendait à être fatigué, même épuisé, mais il en était autrement. Il était étonnamment calme et serein, plus calme et serein qu’il ne l’avait été depuis des mois peut-être même des années. Il savait ce qu’il avait à faire, il savait ce qu’il allait faire. Ravaler sa fierté, même s’il savait qu’il n’avait fait que son boulot, les autres étaient en droit d’avoir des excuses de sa part. Pas des excuses pour avoir suivit la procédure mais des excuses pour avoir été intolérant, pour avoir été sans pitié. Bien qu’il avait espéré les voir quand il avait frôlé la mort de si près, il n’était même pas déçu, juste résigné. Résigné à vivre désormais sans eux, sans leur tendresse, sans leur chaleur, sans leur amour, mais maintenant Danny savait que c’était à lui de faire le premier pas. Il le sentait au plus profond de lui même, il avait besoin d’eux pour oublier ses peines et ses douleurs, il avait besoin d’eux pour oublier la peur.


    Chapitre 11


    Dans l’appartement exigu, l’air était déjà irrespirable, mais cela n’était pas seulement dû à la vague de chaleur qui sévissait depuis quelques jours sur New York, mais surtout à la négligence du locataire des lieux. En effet, l’évier de la cuisine disparaissait sous une montagne de vaisselle sale, des emballages de chips, de pizza, de bouteilles de soda s’amoncelaient sur le sol jusqu’à faire disparaître la moquette élimée qui recouvrait le sol. La chambre n’était pas épargnée par le massacre, des tas de vêtements sales gisaient ici et là, peut-être un léger signe d’une tentative de rangement. Au milieu de la pièce, prenant quasiment toute la place, un simple matelas, qui avait connu des jours meilleurs, faisait office de lit où gisait le corps d’un jeune homme. Le teint très pâle, les joues creuses, les cernes gris sous ses yeux , tout en lui indiquait qu’il s’agissait d’un drogué. Il portait un simple t-shirt avec le logo des Cubs et un short très large faisant paraître ses jambes encore plus maigres qu’elles ne l’étaient en réalité. Sur ses bras, les innombrables marques de piqûres semblaient indiquer que la victime était tombée dans la drogue depuis un bout de temps.
    Lorsque Danny passa la porte de l’appartement, Lindsay était déjà au travail depuis un bon moment. Elle leva les yeux quand il s’approcha et suspendit immédiatement les prélèvements qu’elle était en train de faire.
    - Qu’est-ce qui t’arrive, tu as une tête affreuse, commença t-elle sans préambule.
    - Merci pour l’accueil et pour le compliment, ça fait toujours plaisir.
    - Attends, on dirait que tu n’as pas dormi et… mais oui, tu portes les mêmes vêtements qu’hier…
    - Écoute, Lindsay, je t’expliquerai tout mais plus tard, s’il te plait, coupa Danny d’un air las. Dis moi de quoi il s’agit et qu’on en finisse vite.
    Au ton de Danny, à l’épuisement qu’elle lisait dans son regard et dans sa voix et le fait qu’il ne l’ait pas appelée « Montana », Lindsay comprit immédiatement qu’elle devrait attendre  pour avoir des réponses  à ses questions.
    - La victime s’appelle Sean Reilly, 28 ans, il loue cet appartement depuis trois ans, d’après le concierge, c’est ses parents qui payent le loyer, ils vivent à Chicago, répondit l’inspecteur Kaile Maka en sortant de la cuisine. Puis se rapprochant de Danny, elle attendit que Lindsay ait repris son travail pour lui demander doucement:
    - Tu vas bien ? T’as passé toute la nuit à l’hôpital ?
     Danny hocha la tête mais ne dit rien. Il était bien trop épuisé pour se lancer dans une grande discussion. Bizarrement, il se sentait plus proche de Kaile en ce moment précis, il savait qu’il n’avait pas d’explications à lui donner, Kaile connaissait Evan, ils avaient travaillé ensemble. Avec elle, Danny n’avait pas à faire semblant d’aller bien.
     - Evan va s’en sortir ? demanda t’elle dans un souffle.
    - Apparemment oui… Merci Kaile, répondit Danny en esquissant un sourire.
    Kaile, elle aussi, sourit, elle s’éloigna pour reprendre son travail et continuer d’interroger les voisins de Sean Reilly. Danny s’approcha du corps en faisant bien attention de ne pas croiser le regard de Lindsay. Il savait qu’elle le surveillait du coin de l’œil, tentant de comprendre ce qui s’était passé, échafaudant les pires histoires.
    Penchée au dessus de la victime, le docteur Peyton Driscoll terminait son examen préliminaire, elle se redressa en entendant les pas de Danny. Elle lui lança un regard interrogateur, elle aussi savait ce qu’il traversait, Danny lui répondit par un sourire timide. Ils n’avaient pas besoin d’en dire plus, les paroles étaient superflues.
    - Alors Doc, vos conclusions? demanda t-il en sachant déjà à quoi s’en tenir vu le spectacle qui s’offrait à lui.
    - Ca ressemble à une overdose mais je ne pourrais en être sûre qu’une fois l’autopsie terminée.
    - Des traces de lutte ?
    - Pas récente, mais ce jeune homme ne devait pas avoir une vie très facile, il devait être un habitué des bagarres. Je pense que je vais trouver différentes traces de fractures anciennes une fois que j’aurais fait quelques radios.
    - Une idée de l’heure de la mort?
    - A première vue, je dirais entre deux et quatre heures du matin, je vous préciserais tout ça plus tard.
    - OK, on emballe tout et on attends vos conclusions, termina Danny en posant sa mallette sur le sol pour commencer, lui aussi, à travailler.
    Ce junkie avait sans doute fait le grand saut sans l’aide de personne, mais pour l’instant, ils devaient considérer cette mort comme suspecte, aussi Danny poussa un long soupir avant de s’atteler à la tâche qui promettait  d’être ardue. Pourquoi n’hérite t’il jamais des enquêtes avec un maniaque de la propreté comme victime ?



    Chapitre 12


    De retour au labo, Danny s’était immédiatement mit à la recherche de Mac. Même s’il ne pouvait pas participer à l’enquête, il pouvait au moins se tenir au courant des avancées de ses collègues. Il retrouva Mac dans la salle de repos, occupé à se servir une nième tasse de café. Son patron avait l’air fatigué, tout comme lui. Danny avait jeté un rapide coup d’œil dans le rétroviseur, à son arrivée sur le parking, et ce qu’il avait découvert ne l ‘avait pas surpris outre mesure : les traits tirés, des cernes gris qui s’agrandissaient d’heure en heure. Il doutait qu’une seule nuit de sommeil puisse réparer tous les dégâts.
    - Des nouvelles, Mac ? demanda t-il immédiatement.
    - On avance petit à petit. Il ne me reste qu’une empreinte partielle de semelle que je n’ai pas pu faire correspondre avec celles que j’avais recueillis auprès des policiers et ambulanciers. C’est sans doute celle d’un des tueurs, une fois qu’on l’aura arrêté, on pourra faire des comparaisons.
    - Et Stella ?
    - Elle est partie avec Flack à la prison de Rikers pour interroger l’ancien propriétaire de l’arme qui a servi au braquage. Il pourra peut-être nous dire à qui il l’a confiée.
    - Hawkes ?
    - Il a retrouvé de la farine dans le magasin. Il fait des recherches sur les employés des boulangeries du quartier mais pour l’instant, ça ne donne pas grand chose.
    - Vous avez trouvé pourquoi Evan et Tim n’ont pas attendu les renforts ?
    - Pas encore. Quelque chose les a poussé à entrer mais je n’ai aucune idée de ce que c’est.
    - Mac, il faut que vous prouviez qu’ils n’ont pas agi inconsidérément. Ce sont des bons flics, tous les deux…il faut que Tim soit enterré avec les honneurs.
    - Je vais faire mon possible. Je pense qu’on en saura un peu plus quand le propriétaire pourra nous faire une déposition. Et votre affaire, comment ça se présente?
    - Pour l’instant, rien ne dit que ce n’est pas une overdose accidentelle. J’attends les résultats de l’autopsie. On a relevé des indices, quelques empreintes.
    - Vous devriez vous reposer un peu tant que Peyton n’en a pas fini avec votre victime. Je vous préviendrai.
    - Je ne sais pas si je peux ?
    - Bien sûr que vous le pouvez, vous avez besoin de repos. Vous ne pouvez rien faire de plus dans l’immédiat. Alors suivez mon conseil.
    - C’est ce que je vais faire, répondit Danny en s’asseyant sur le canapé.
    Mac s’éloignait déjà, saisissant sa tasse de café fumant, quand il entendit la voix de  Danny. Une voix qui semblait venir de très loin, d’au delà ses souvenirs.
    - Je suis désolé de ne pas vous avoir tout dit dès le début… pour Evan et Tim.
    Mac fit volte face, il regarda son jeune collègue. Celui ci paraissait vulnérable, fragile, déstabilisé.
    - Si vous avez envie de parler…
    - On étaient des gamins, on traînaient tout le temps ensemble avec Evan et Chris. On a fait les quatre cents coups… Vraiment…Le temps a passé, on a grandit et Mike, le petit frère de Chris, nous a rejoint. Mike et son copain Jared. Ces deux là, ils étaient inséparables, comme des frères, ils nous suivaient partout…
    Danny sourit en évoquant tous ses bons moments. Mac attendit patiemment, il n’osait dire un mot. Danny était lancé, il ne devait pas l’arrêter.
    - Et puis Evan a rencontré Jo, ils ont eu une petite fille, Lisa. Avec elles, on est vraiment devenu comme une famille, on est devenu « la tribu ».J’ai rencontré Marie… Je crois que je n’ai jamais été aussi heureux qu’à cette époque… Et puis Marie a été tuée et moi je suis devenu comme fou. J’avais tout le temps les nerfs à fleur de peau, j’étais tout le temps en colère contre le monde entier. Je voulais tout casser, j’étais toujours furieux et surtout contre les dealers et les drogués. Les autres partageaient ma peine mais ils ne comprenaient pas ma haine…
    Danny s’interrompit un instant pour reprendre son souffle. Repenser à cette époque avait déjà été difficile mais en parler, c’était quasiment au dessus de ses forces, expliquer ce qui s’était passé, il voulait tellement oublier ce moment, il aurait tout donné pour que les choses se passent autrement.
    - Un soir, j’ai vu Jared, il dealait…J’ai pas réfléchi, j’ai oublié que je j’avais vu grandir ce gosse, je n’ai eu aucune pitié pour lui, je l’ai arrêté et je l’ai emmené au poste. Je voulais lui donner une leçon…je voulais qu’il paye…
    La voix de Danny se brisa. Trop d’émotions en si peu de temps, trop de fatigue. Mac s’approcha de lui et s’assit juste à coté. Il posa une main réconfortante sur l’épaule de Danny l’encourageant à continuer son récit pour enfin exorciser la culpabilité qui le rongeait.
    - Jared ne devait rester qu’une nuit en prison, peut-être deux au maximum. C’était sa première arrestation, rien de bien sérieux. Mais, il y a eu une bagarre dans sa cellule cette nuit là. Il y avait au moins vingt types déchaînés et quand les gardiens ont enfin réussit à calmer tout le monde, ils ont découvert le corps de Jared, il avait eu la nuque brisée…
    - C’est depuis cette époque que vous ne voyez plus vos amis ? questionna Mac.
    - Mike m’en voulait et je le comprends. Les autres l’ont soutenu, ils se sont rangés de son coté, je ne leur en veux pas, enfin maintenant, parce qu’à ce moment là, je ne comprenais pas qu’Evan  me laisse tomber. Il était flic comme moi.
    - Et Tim ?
    - Tim était le coéquipier d’Evan, il passait toute la journée avec lui, je comprends sa réaction, je crois que j’aurais fais la même chose si j’avais été à sa place. La seule avec qui je sois resté en contact après, c’est Jo. Elle m’appelait régulièrement et puis c’est moi qui ai coupé les ponts, c’était trop difficile de savoir ce qu’ils faisaient sans pourvoir y participer. J’ai préférer tout laisser tomber.
    - Vous n’avez jamais tenter de vous rapprocher d’eux ?
    - J’étais trop fier pour admettre mon erreur et trop lâche pour leur demander pardon.
    - Je vous arrête tout de suite, Danny. Trop fier, y a pas de doute, mais lâche, vous êtes tout sauf lâche. Eux ne sont pas venu vers vous non plus, même quand vous avez été blessé. C’est vous qui avez fait le premier pas, c’est vous qui êtes allé vers eux. Danny, vous n’avez fait que votre travail, vous ne pouviez pas savoir que les choses tourneraient de cette façon. Arrêtez de vous torturer et maintenant vous devriez vous reposer un peu, Peyton vous préviendra dès qu’elle aura terminé l’autopsie de votre victime.
    Danny leva les yeux vers son supérieur. Mac le soutenait, il était avec lui, il le comprenait. Il poussa un long soupir et murmura dans un souffle :
    - Merci Mac. Merci pour tout.
    Mac quitta sans  bruit la salle de repos laissant Danny avec ses souvenirs. Déjà, le jeune expert avait retiré ses lunettes et s’était allongé sur le canapé qui lui tendait les bras. Moins de cinq minutes plus tard, lorsque Lindsay passa, à son tour, par la salle de repos, elle trouva Danny profondément endormi. Il paraissait tellement fragile et vulnérable qu’elle n’eu pas le courage de le réveiller, même si elle aurait aimé des explications sur la nuit agitée qu’il venait de vivre. Lindsay fut, à la fois, attendrie par le spectacle qui s’offrait à elle, mais elle ne pu réprimer un sentiment de jalousie par rapport à la complicité entre Danny et Kaile. Ils partageaient un secret tous les deux, un secret qui excluait Lindsay. Elle devait éclaircir cette situation et au plus vite pour empêcher son esprit de vagabonder.



dangie  (28.08.2007 à 13:43)
Chapitre 13


    Stella s’était accordé quelques heures de repos en revenant de la prison. Son entretien avec Leroy Black avait été assez surréaliste, le détenu ayant apparemment rencontré Dieu ou quelque chose s’en rapprochant, c’était du moins ce qu’il se plaisait à raconter à toutes les personnes qui lui faisait l’honneur de solliciter une entrevue avec lui. Black était arrivé les cheveux hirsutes, furieux d’avoir été réveillé de si bonne heure mais il s’était vite radouci en comprenant qu’il avait pour lui un public venu boire ses paroles. Stella n’avait retenu du flot de phrases qui était sorti de la bouche de Black, que le fait qu’il avait jeté l’arme dans une bouche d’égout à quelques rues de l’endroit du braquage. Stella se demandait ce qu’elle pouvait croire ou non de la part de cet homme complètement halluciné, mais de toute façon, son histoire était invérifiable. N’importe quel S.D.F., n’importe quel employé de la ville avait pu récupérer l’arme et la revendre à n’importe qui. C’est donc légèrement découragée que Stella marchait dans les couloirs du labo à la recherche de Mac, lorsque son biper se mit à sonner. Elle leva un sourcil perplexe à la vue du message qui s’affichait et se rendit immédiatement à l’endroit indiqué.
    C’est l’appel insistant de son biper qui tira Danny du profond sommeil dans lequel il avait sombré. Malgré les quelques instants qu’il lui fallut pour comprendre ce qu’il faisait allongé sur le canapé de la salle de repos, il se réveilla étonnamment reposé et détendu, plus détendu qu’il ne l’avait été depuis un temps considérable. Il s’étira longuement, remis ses lunettes sur son nez et parti rejoindre le Docteur Peyton Driscoll.
    Quelle ne fut pas sa surprise en découvrant qu’il n’était pas le seul attendu à la morgue, en effet Mac et Stella étaient là eux aussi.
    - Qu’est ce qui se passe ? questionna Danny à la fois surpris et inquiet que Mac puisse mettre un nez dans son affaire.
    - J’ai terminé l’autopsie de votre victime, Sean Reilly, commença Peyton.
    - Et ?
    - Il est bien mort d’une overdose.
    - Ca ne doit pas être accidentel sinon vous ne seriez pas là, n’est ce pas, répondit Danny en se tournant vers Mac.
    - Votre victime est mort d’une overdose d’insuline.
    - Comment ça d’insuline, je croyait que c’était pratiquement indétectable et ce type est bien un junkie ?Non?
    - J’ai bien trouvé de l’héroïne à l’analyse toxicologique mais pas assez pour le tuer et son taux de sucre était extrêmement bas, donc j’ai cherché un peu plus loin.
    - Et ? demanda Danny impatient.
    - J’ai trouvé une marque d’injection très récente, une injection sous-cutanée. J’ai retrouvé de l’insuline au niveau du site d’injection. Je vous ai fait un prélèvement, continua Peyton en tendant un petit flacon à Danny.
    - Ce type n’était pas diabétique, on a retourné tout son appartement et pas une seule trace d’insuline, répondit Danny visiblement agacé par la tournure des évènements.
    Danny regarda tour à tour Mac, Stella et Peyton, il poussa un soupir et dit :
     - Bon d’accord, c’est un meurtre mais je ne comprends toujours pas ce que vous venez faire dans mon affaire
    - Les empreintes de Sean Reilly correspondent à celles que j’ai relevé sur les douilles, celles du braquage d’hier soir, répondit Stella calmement.
    Danny mit quelques secondes pour comprendre ce que cela impliquait, il ne pouvait pas croire ce que Stella lui disait.
    - Il a des résidus de tir ?
    - Oui, répondit simplement Peyton.
    - Vous voulez dire que c’est ce type qui a tiré sur Evan et Tim? demanda Danny incrédule.
    - Il semblerait, lui répondit Mac.
    - Mais qui l’a tué, lui ?
    - Je pencherais pour son complice.
    - Et vous avez une idée de qui ça peut être? De l’heure de la mort ?
    - Je dirais vers trois heures et demi du matin, mais l’injection a  pu être faite bien avant, de une à deux heures avant, dit Peyton.
    - Flack et Hawkes sont en train de faire des recherches avec les quelques autres éléments que nous avions déjà, continua Mac
    - Waouw! ou je suis pas bien réveillé ou ça va un peu vite pour moi, répondit Danny.
    - On va peut-être boucler cette affaire rapidement, lui dit Stella dans un sourire.
    Les portes métalliques de la morgue s’ouvrirent brusquement pour laisser le passage au Docteur Sid Hammerback visiblement plein d’énergie pour une nouvelle journée de travail.
    - Oh désolé Danny, je ne savais pas que vous seriez là.
    - Pourquoi, si je dérange il faut me le dire, doc!
    - Non pas du tout…c’est juste que je devais commencer par l’autopsie de Tim Bayliss, j’ai appris que vous le connaissiez.
    Danny avala difficilement sa salive. Il savait que Tim était mort, il avait vu partir son corps, mais il n’avait pas prévu qu’il le retrouverait ici, allongé, nu sur l’acier froid d’une table d’autopsie. Tout était si différent quand la victime était un ami. Mais, Danny savait que Sid traiterait Tim avec tout le respect et l’attention qu’il réservait à ses patients.
    - Ne vous inquiétez pas, je vais bien prendre soin de lui, continua Sid réconfortant.
    - Je n’en doute pas, Sid…c’est juste que…je ne sais pas, je suis un peu déboussolé.
    - Je vous préviendrez dès que j’aurais terminé, vous pourrez le voir si vous le voulez.
    - Merci Sid, merci infiniment, murmura Danny.
    - Nous devrions peut-être vous laissez travailler, Sid, termina Mac en entraînant Danny et Stella avec lui.
    Ils quittèrent tous les trois la morgue, en silence, chacun tentant de mettre en ordre leurs idées. Ils marchèrent d’un même pas jusqu’au labo lorsqu’ils entendirent des pas précipités. Hawkes et Flack se pressaient dans leur direction, le sourire aux lèvres.
    - Qu’est ce qui vous rend si joyeux tous les deux ? interrogea Mac, surpris.
    - On a peut-être une piste !
    - Une piste qui mène où?
    - Dans une boulangerie sur la 25ème à Brooklyn ! commença Flack.
    - Sean Reilly y  travaille depuis quasiment trois ans, continua Hawkes.
    - On s’apprêtait à aller y faire un tour, Reilly a peut-être des amis là-bas, termina Flack.
    - Bien, je vous accompagne, repris Mac. Stella, Danny essayez de déterminer le type d’insuline utilisée…
    -…Mais Mac, cette affaire est aussi la mienne, laissez-moi venir avec vous ? supplia Danny.
    - Je ne peux pas vous laissez venir, vous devez rester en dehors de cette affaire jusqu’au bout…c’est dans votre intérêt.
    - Mac je vous promet de rester à distance mais ne me laissez pas à l’écart comme ça!
    Danny s’avançait vers Mac, il perdait patience, le ton commençait à monter.
    - Mac, laissez-moi lui parler, intervint Don.
    Fermement, il prit Danny par le bras et le conduisit un peu plus loin.
    - Arrêtes ça tout de suite, tu sais très bien que Mac ne peut pas te laisser faire, il veut juste te protéger.
    - J’ai pas besoin qu’il me protège, je veux coincer les types qui ont tiré sur mes amis.
    - Je le sais et tout le monde le veut aussi, mais qu’est ce qui se passera si jamais on arrive à mettre leur la main dessus là-bas? Tu vas leur sauter dessus, leur faire regretter d’être né? Mac n’a pas envie que tu pètes les plombs et moi non plus…
    Danny baissa les yeux, la fatigue semblait l’avoir rattrapé, il se sentait, tout à coup, comme vidé, exténué, il n’avait plus envie de se battre.
    - Danny regarde moi, s’il te plait.
    Danny leva la tête et croisa le regard de son ami.
    - Je connais Evan et Tim, je les ai rencontré avec Allie, il y a pas longtemps, je sais que ce sont des types biens et je te promet que je vais coincer les gars qui les ont attaqués.
    - Tu les a rencontré? demanda Danny, incrédule.
    - Je crois qu’Evan regrette beaucoup ce qui s’est passé, les autres aussi.
    - Ils te l’ont dit?
    - Non, pas directement, mais vous vous ressemblez tellement tous, vous et votre fierté à la con. J’te jure on dirait des gamins, devenez un peu adulte!!
    Danny sourit légèrement et repris :
    - Tu as raison…mais question fierté, t’es pas mal non plus, tu sais.
    Don sourit à son tour, il retrouvait un peu le Danny d’avant, son ami.
    - J’ai une petite chose à te demander, si tu veux bien? demanda Don en baissant la voix.
    - Tout ce que tu veux, enfin presque !
    - Est-ce que tu pourrais prévenir ta sœur de ce qui s’est passé. Je n’ai pas eu le temps de passer la voir et je ne voulais pas lui annoncer la nouvelle par téléphone.
    - Bien sûr que je vais y aller puisque de toute façon, je n’ai même plus d’affaire. Mais j’aimerais bien savoir ce que tu faisais avec ma sœur et Evan ?
    - C’est Jo qui nous a invité. Tu savais qu’elle et Allie sont restée en contact ?
    - Je m’en doutais mais je ne lui ai rien demandé.
    - C’est bien ce que je disais : toi et ta fierté à la con.
    - Je te signale que ma fierté, je l’ai mise de côté, je suis allé leur parler.
    - Et ?
    - A part Mike, ils ont tous été supers. Ca fait un bien fou de retrouver sa famille. Je me rends compte à quel point ils m’ont manqué.
    - Quelque chose de bien va peut-être sortir de cette tragédie, ça serait pas mal, non ?
    - Sans aucun doute.
     Don reparti vers Mac en jetant un dernier regard vers Danny, celui-ci souriait  en fermant les yeux, adossé contre le mur. Le travail n’attend pas, ils allaient peut-être mettre la main sur le complice du meurtrier. Don sentit un frisson lui parcourir le dos, en général, c’était un bon signe, le signe qu’il touchait au but.



    Chapitre 14


    Le soleil était déjà haut quand Mac et Flack rejoignirent la boulangerie où  travaillait Sean Reilly. La chaleur avait repris ses droits et c’est un peu à contre cœur que les deux hommes quittèrent l’abri confortable et climatisé de leur voiture. La caissière appela immédiatement son patron à la vue des plaques que lui présentèrent les deux policiers. Un homme trapu, les biceps saillants, fit son apparition derrière le comptoir. Greg Reardon était de mauvaise humeur, il était fatigué et son taux de résistance à la colère était pratiquement au niveau zéro. La présence de deux policiers au milieu de sa boulangerie n’était pas fait pour l ‘apaiser.
    - Qu’est ce qui se passe? demanda t-il sans préambules.
    - Avez vous un employé du nom de Sean Reilly ? commença Mac.
    - J’avais un employé. Ce petit con ne s’est pas pointé cette nuit, c’est pas la première fois qu’il me fait le coup, alors s’il se repointe, c’est simple, je le vire.
    - Ne vous donnez pas cette peine, Sean est mort.
    Reardon resta la bouche ouverte, complètement prit au dépourvu par la réponse de Mac. Les deux policiers échangèrent un regard. Au moins, il pouvait éliminer son patron comme complice éventuel ou alors celui-ci pouvait se reconvertir et concourir pour l’oscar.
    - Est ce que Sean a des amis ici ?
    - Heu… Oui. Excusez-moi, mais j’ai un peu du mal à réaliser. Sean est pas un mauvais gars, je sais qu’il se drogue, mais il est…enfin il était doué pour la pâtisserie. J’arrive pas à croire qu’il est mort. Qu’est ce qui s’est passé ? Enfin, si vous êtes là, c’est que c’est pas un accident, hein?
    - Non, ce n’est pas un accident, Monsieur Reardon. Mais, je ne peux pas vous en dire plus pour l’instant. Alors, est ce que vous connaissez les amis de Sean?
    - Y’a Desmond qui travaille ici. Je sais qu’ils s’entendent bien ces deux là.
    - Desmond comment ? demanda Flack en ouvrant son carnet.
    - Desmond Collins, il là, juste derrière, répondit Reardon en désignant une porte sur la gauche.
    Mac et Flack se dirigèrent d’un même pas dans cette direction mais il eurent un mouvement de recul en poussant la porte. L’enfer aurait certainement été plus agréable que la fournaise qui régnait à côté des fours. Trois employés, blanc de farine, semblaient avancer, tels des automates, avec des gestes rapides et précis.
 Tout d’abord, aucun ne prêta attention aux nouveaux arrivants, tout absorbés par leur travail, puis l’un d’eux, le plus près de la porte,  tourna lentement la tête pour découvrir d’où venait ce courant d’air légèrement plus frais, ce semblant de bien-être.
Le jeune homme suspendit son geste, regarda tour à tour Mac et Don puis lâcha son plateau couvert de petits pains qu’il venait à peine de sortir du four et couru directement vers l’issue de secours située à l’autre bout de la pièce tout en renversant un de ses collègues et son chargement qui alla, lui aussi, rejoindre le sol.
    Don Flack réagit immédiatement et se précipita à la poursuite de Desmond. Il parvint à le maîtriser sans peine alors que Desmond n’avait fait que quelques pas dans l’ allée située juste derrière la boulangerie.
    - Desmond, on t’a jamais dit que tu risquais la crise cardiaque à courir comme ça dans cette chaleur?
    - Qu’est ce que vous me voulez, j’ai rien fait!
    - Si t’as rien fait, pourquoi tu te barres quand tu vois la police?
    - J’sais pas, un réflexe.
    - Alors, tu vois, celle là, on me l’avait jamais faite, non, franchement, Desmond, tu me déçois, moi qui pensais que t’étais un type intelligent. Enfin, c’est vrai, un type intelligent irait pas braquer un magasin avec ses pompes de travail, un type intelligent irait pas tirer sur deux flics.
    - J’ai pas tiré, c’est pas moi, je vous jure.
    - On sait que c’est pas toi, c’est ton pote Sean, intervint Mac.
    - Si vous savez que c’est Sean, allez le chercher.
    - C’est ce qu’on a fait, mais ton copain n’est pas très bavard.
    - Alors, continuez de l’interroger, il vous dira que c’est pas moi qui ai tiré.
    - On va avoir du mal, ton pote est mort, lança Flack qui commençait lentement mais sûrement à perdre patience.
    Desmond regarda les deux policiers qui lui faisait face, son visage se décomposa.
    -Qu’est ce que…balbutia t-il, incrédule.
    Puis son attitude changea du tout au tout, son visage se durcit, il releva la tête les yeux haineux.
    - Qu’est-ce que vous lui avez fait, hurla t-il en se jetant sur Flack qui eu juste le temps de lever les mains pour protéger son visage.
    La réaction du jeune homme fut aussi violente que brève. En effet, après seulement quelques secondes de lutte avec le policier, Desmond céda d’un seul coup et fondit en larmes.
    - Vous avez tué Sean, pleura t-il dans les bras de Don.
    - On a rien fait, mais on pense que toi, tu as peut-être une idée de ce qui s’est passé.
    - Qu’est ce que vous racontez ? dit le jeune homme en se s’écartant du policier.
    - On pense que tu as quelque chose à voir avec la mort de Sean, répondit simplement Mac.
    - Vous croyez que c’est moi qui l’ai tué? Mais pourquoi j’aurais tué mon meilleur ami…Pourquoi j’aurais tué celui qui…
    La voix de Desmond se brisa et il recommença à pleurer doucement. Mac et Don se regardèrent. La détresse du jeune homme semblait sincère, son chagrin sonnait juste.
    - Peut-être que Sean voulait aller se livrer à la police et que toi, tu as juste tenter de l’en dissuader… hasarda Mac.
    - Non, pas du tout ! Sean était excité comme une puce, il avait trouvé ça génial…
    Desmond s’arrêta brusquement, son esprit embrumé par la fatigue et le choc de la nouvelle de la mort de son ami se mit à  fonctionner à toute allure.
    - Je veux un avocat, je ne vous dirais rien de plus, vous voulez m’embrouiller.
    - Si tu le prends comme ça, on t’embarque au poste, tu pourra passer un coup de fil, là-bas, reprit Flack en attrapant les bras de Desmond et en lui passant les menottes.
    - Eh, attendez, il faut que je prennes un bout de pain.
    - Qu’est ce qui y’a, t’as un petit creux, dit Flack, moqueur.
    - Je suis diabétique, et si je mange pas quelque chose bientôt, c’est pas au poste que vous allez m’emmener, c’est à l’hôpital, répondit Desmond, le plus innocemment du monde.
    Les deux policiers échangèrent un regard entendu.
    - Plus on te connaît et plus tu deviens intéressant, Desmond. Je crois qu’on va avoir des tas de choses à se dire, dit Flack dans un sourire.


dangie  (29.08.2007 à 07:30)
Chapitre 15


    Danny avait quitté le labo juste après Mac et Don, Stella lui ayant assurée qu’elle n’avait pas besoin d’aide pour déterminer le type d’insuline utilisée pour le meurtre de Sean Reilly. Il ne savait pas si cela devait le réjouir ou l’inquiéter, cette affaire lui échappait complètement désormais. Mais, de toute façon, sa priorité, pour le moment, c’était Allie. Danny s’était lancé à la recherche de sa sœur et de sa nièce et les avait finalement retrouvées là où il s’y attendait : le refuge qu’elles s’étaient trouvé dans Central Park, un endroit tranquille, ombragé, à l’abri du tumulte, le feuillage des arbres leur apportant une douce fraîcheur dans l’enfer de la fournaise. Danny s’était approché lentement tout en les observant, sa sœur, sa silhouette fragile, son teint hâlé, ses cheveux bouclés flottant doucement au rythme de la légère brise était assise dans l’herbe. Le dos calé contre elle, la petite Sara était également assise et tentait d’attraper ses pieds nus avec ses minuscules mains.
    Comment une aussi petite fille d’à peine six mois avait pu conquérir son cœur aussi vite ? Danny en était tous les jours surpris, il en avait tous les jours le souffle coupé. Avec elle, il avait oublié la douleur, avec elle il avait pansé ses blessures, pour elle, il avait voulu se battre et reconstruire sa vie. Il pouvait passer des heures à faire l’imbécile rien que pour la faire sourire, pour entendre son rire résonner et illuminer sa journée. Il aurait voulu faire durer ce moment de bonheur qu’il avait sous les yeux, il aurait voulu ne pas être obligé de gâcher cet instant. Au fur et à mesure qu’il s’avançait, Danny aurait aimé faire marche arrière, repartir par le chemin qu’il avait emprunté. Juste au moment ou il avait décidé de faire demi-tour, Allie avait levé la tête et avait croisé son regard. Aussitôt, elle avait sourit et Sara en avait fait autant. Danny s’était immédiatement assis près d’elle pour échapper au regard insistant de sa sœur.
    - Eh, salut, avait elle commencé en lui caressant tendrement la joue et en y déposant un baiser sucré.
    - Salut ma belle et salut mon petit ange, avait-il continué en baissant la tête et en s’adressant au bébé qui le regardait de ses grands yeux bleus.
    -Qu’est-ce qui t’arrive , avait demandé Allie en posant sa main sur  menton de son frère  et en l’obligeant à la regarder.
    - …Il y a eu une fusillade, avait-il commencé, Don n’a rien, ne t’inquiètes pas, avait-il rajouté précipitamment.
    - Je m’inquiète déjà, alors qui?
    - C’est Evan et Tim.
    Danny lui avait tout raconté, depuis l’appel qu’il avait intercepté annonçant que deux policiers avaient été blessés jusqu’à sa discussion avec Mac. Il ne lui avait rien caché de ses doutes et de ses peurs, de ses craintes et de ses espoirs. Avec Allie, il savait qu’il pouvait laisser parler son cœur, elle ne l ’avait jamais jugé et elle ne le ferait jamais. Ils avaient passé un long moment serrés l’un contre l’autre à se demander ce qu’ils devaient faire désormais.



    Chapitre 16


    Danny avait accompagné sa sœur jusqu’à l’hôpital, s’était rapidement assuré qu’Evan allait bien, même s’il n’avait pas encore reprit conscience, et il avait reprit le chemin du labo pour tenter de donner un coup de main à Stella et remettre un pied dans cette affaire. Il marchait distraitement dans les couloirs du labo, son esprit vagabondant dans les méandres de ses souvenirs, quand il tomba nez à nez avec Lindsay. La jeune femme semblait en colère et aussitôt, Danny se sentit coupable de l’avoir laisser à l’écart.
    - Waouw, eh Montana, où est ce que tu courres comme ça ? tentant désespérément d’apaiser la colère de la jeune femme.
    - J’ai du boulot, Danny, répondit-elle d’un ton sec.
    - On peut parler un instant, je te dois des explications, je sais que tu dois m’en vouloir.
    - T’en vouloir, mais pourquoi je devrais t’en vouloir, on est pas marié, je crois. Alors, pourquoi je devrais t’en vouloir de passer la nuit avec Kaile, lança t-elle ironiquement.
    - Passer la nuit avec Kaile ? Mais où est-ce que tu vas chercher ça ?
    - Je vous ai vu ce matin, tu voulais pas que je passe te prendre chez toi, c’est juste parce que tu n’y était pas. Tu crois que je n’ai pas remarqué que tu as les même vêtements qu’hier, tu crois que je n’ai pas remarqué les regards que vous vous lanciez ce matin, sur la scène de crime. Tu crois que je n’ai pas remarqué vos messes basses, cette façon de me laisser à l’écart, lança Lindsay en élevant la voix.
     Danny regarda les différentes personnes qui se retournaient sur eux et qui tentaient de suivre leur conversation d’un air intéressé. Il saisit Lindsay par l’épaule et la conduisit dans un endroit un peu plus discret, mais la jeune femme lui résista tout d’abord puis se laissa faire.
    - Je ne sais pas de quoi tu veux parler, je suis désolé si je t’ai caché quelque chose mais toi aussi tu n’es pas toujours très franche avec moi, toi aussi tu as des secrets, répondit-il en baissant la voix.
    Lindsay fixa son regard dans celui de Danny, puis elle tourna les talons et s’enfuit en direction de son bureau. Danny la rattrapa au bout de quelques mètres, il lui saisit le bras et l’obligea à se retourner. Il regretta aussitôt ce geste de colère quand il découvrit les larmes qui commençaient à inonder les yeux de la jeune femme.
    - Lindsay, je suis désolé si je t’ai fais de la peine, ce n’était pas mon intention, dit-il implorant.
    - Tu ne voulais pas me faire du mal mais tu passe la nuit avec une autre femme !
    - Passer la nuit avec une autre femme, mais ce n’est pas du tout ça.
    - Tu crois peut-être que je n’ai pas sentit cet autre parfum sur ta chemise, alors arrêtes de me prendre pour une idiote…
    - C’est avec moi qu’il a passé la nuit, dit une voix à quelques mètres d’eux.
    Danny et Lindsay se tournèrent tous les deux vers la nouvelle venue. Lindsay regarda la jeune femme qui s’avançait, elle était belle et le regard que Danny portait sur elle était rempli de tendresse et de chaleur.
    - Jo, qu’est ce que tu fais ici, lui demanda doucement Danny en oubliant une nouvelle fois sa collègue juste à ses côtés.
    Lindsay sembla ressentir toute la complicité et l’amour qui les unissaient et elle se sentit d’un seul coup de trop. Elle ne pouvait plus rester en leur compagnie, elle se sentit bafouée et préféra abandonner le terrain. Danny la regarda partir, poussa un soupir, il était décidément trop fatigué pour comprendre les femmes et à ce moment précis, il n’avait même pas envie d’essayer.
    - Ne la laisse pas partir comme ça, rattrapes la ou tu vas le regretter toute ta vie, lui murmura Jo.
    - Lindsay, attends s’il te plait, supplia t-il en tentant de rattraper la jeune femme.
    Lindsay s’arrêta dans sa fuite, elle aurait aimé être loin déjà mais elle sentit de la sincérité dans la voix de Danny.
    - Je suis sincèrement désolé de ne pas t’avoir appelé pour t’expliquer ce qui se passait, je ne voulais pas gâcher tes retrouvailles avec ton amie. Je te présente Jo Cortez, nous sommes amis depuis des années et son mari a été blessé cette nuit.
    Lindsay se retourna et scruta le visage de Danny puis celui de Jo qui, elle, n’avait pas bougé et lançait vers elle un regard plein de sympathie. Elle sentit brusquement ridicule et honteuse d’avoir pu imaginer que Danny ait pu lui mentir de cette façon. Elle baissa la tête pour tenter de masquer le rouge qui lui montait aux joues.
    - Ne vous formalisez pas si Danny ne vous a rien dit. Toute cette histoire est assez compliquée.
    Lindsay regarda Jo se rapprocher doucement d’elle en se demandant pourquoi Danny ne lui avait pas parlé de son amie si ils étaient si proches comme elle pouvait le ressentir.
    - Nous avions perdu le contact depuis trop longtemps. Une vieille histoire nous avait séparée mais c’est du passé maintenant, en tout cas si Danny le veut bien.
    - Bien sûr que je le veux.
    - Danny et moi, nous ne sommes que des amis. C’est vous qu’il aime, murmura Jo à l’oreille de Lindsay.
    La jeune expert sourit, confuse de son erreur et ravie de ce que Jo venait de lui dire.
    - Je suis vraiment désolée, parvint à articuler Lindsay.
    - C’est moi qui suis désolé, j’aurais du t’en parler depuis longtemps, excuse-moi.
    - Aucun problème…Je pense que vous avez beaucoup de choses à vous dire, je vais vous laisser, j’ai encore pas mal de boulot. J’ai été ravie de vous rencontrer, dit Lindsay en s’éclipsant discrètement.
    - On se retrouve tout à l’heure, lui répondit Danny en la regardant s’éloigner. Il attendit que Lindsay ait disparue au coin du couloir pour de nouveau s ‘adresser à Jo.
    - Qu’est ce que tu fais ici ?
    - Mike voulait dire un dernier adieu à Tim et je crois qu’il voulait aussi te parler mais ça il ne me l’a pas avoué. Il a sa fierté, comme toi, comme vous tous. Tu sais,  il est très nerveux, il se sent coupable de ce qui est arrivé…
    - Coupable de quoi ?
    - Il savait que Jared dealait, il savait dans quel état d’esprit tu était à cette époque. Il se reproche de n’avoir rien fait, de n’avoir rien dit ni à Jared, ni a toi… Il pense que c’est à cause de lui que tu es parti…
    - Mais ce n’est pas du tout ça !
    - Je le sais, je le lui ait dit mais ce n’est pas de moi qu’il doit l’entendre pour s’en convaincre.
    - Je vais aller lui parler, dit Danny en déposant un tendre baiser sur la joue de Jo.
    Il se dirigea vers le parking du labo où il pensait pouvoir retrouver le jeune homme. C’est effectivement là qu’il le découvrit, assis à l’ombre du bâtiment, fumant nerveusement une cigarette.
    - Moi qui croyait que tu étais un grand sportif, commença Danny en le voyant.
    - Je teste la « méthode Jo » mais sans grands résultats, lui répondit Mike.
    Il observa Danny qui se rapprochait et qui s’assit juste à côté de lui.
    - Tu boites encore?
    Danny le regarda étonné. Sa jambe droite le faisait encore un peu souffrir surtout quand il était épuisé, comme aujourd’hui, mais surtout, il était surpris que Mike l’ai remarqué et il avait peur que Mac l’ai vu lui aussi.
    - Ca m’arrive de temps en temps mais aussi de moins en moins souvent.
    - Ne t’inquiète pas, c’est quasiment imperceptible.
    - Mais toi, tu l’a vu.
    - Je n’ai aucun mérite, je fais des études pour être kiné, c’est devenu une seconde nature chez moi.
    - Ca te plait ?
    - Oui, énormément et j’en suis le premier surpris… Tu sais, Danny, j’ai beaucoup réfléchit depuis que je t’ai revu à l’hôpital tout à l’heure, j‘ai parlé avec Chris…J’ai repensé à des tas de choses qui se sont passées à l’époque…Tout m’est apparu sous un autre angle. Il y a longtemps que j’aurais du venir te voir.  Tout est ma faute.
    - Qu’est ce que tu racontes…Je ne peux pas te laisser dire ça…
    - Laisses-moi finir, s’il te plait.
    Danny regarda le jeune homme assis près de lui, le gamin qu’il avait connu était devenu un homme.
    - Si tu n’avais pas arrêté Jared ce soir là, il aurait sans doute terminé dans une cellule de toute façon. Jared était mon ami, mais tout ce qu’il voulait c’était gagner un maximum de fric en un minimum de temps quelques qu’en soient les conséquences. Il ne pensait à personne d’autre qu’à lui…Il se foutait de ta peine…Et moi, j’ai l’impression de t’avoir trahi…
    - Arrêtes, je t’en prie. Je ne t’en veux pas, je ne t’en ai jamais voulu.
    - Moi, je t’en ai voulu…au début à cause de Jared et après je t’en voulais d’être parti…J’ai été tellement nul pendant toutes ces années.
    - Tu étais encore un gamin et moi j’étais complètement aveugle. Ca ne sert à rien de ressasser le passé.
    - On dirait Tim…Tu sais, il me manque déjà.
    - Je sais.
    - Danny, il y a quelque chose qui me gène.
    - Qu’est ce qui t’arrive ?
    - J’ai entendu deux policiers discuter à l’hôpital, ils disaient qu’Evan et Tim ont voulu jouer les héros, qu’ils sont intervenus sans attendre les renforts, qu’ils ont agit inconsidérément. C’est pas leur genre, c’est pas eux.
    - Je le sais et Evan dissipera ce malentendu quand il se réveillera, dit Danny confiant.
    - Si il se réveille!
    - Tu en doute?
    - Je préfère m’attendre au pire, j’ai pas envie d’attendre des choses qui ne se réaliseront peut-être jamais.
    - Certains diraient que tu es un pessimiste.
    - Je sais mais c’est ma façon de penser.
    - C’est surtout ta façon de te protéger, dit Danny en attrapant l’épaule de Mike et en le serrant contre lui.
    - Danny, il y a encore quelque chose que je dois te dire, reprit Mike hésitant.
    - Je t’écoute.
    - Quand tu as été blessé, je t’ai vu à l’hôpital, quand tu faisais ta rééducation…
    - Je ne t’ai pas vu.
    - Je sais, tu était concentré sur tes exercices , concentré sur ta douleur et moi, je me suis caché dès que je t’ai vu… Je suis désolé, j’aurais du venir te parler à ce moment là, j’aurais dû être là pour te soutenir…
    -  Arrêtes Mike, c’est fini, de toute façon si tu étais venu à ce moment là, je ne sais pas comment je t’aurais reçu, je n’étais pas à prendre avec des pincettes…
    - Toujours ton sale caractère, dit Mike dans un sourire.
     Les deux hommes se rapprochèrent encore un peu plus, leur rancœur oubliée, leur amitié retrouvée. Il y avait si longtemps qu’ils ne s’étaient pas sentis si proches. Danny avait  finalement retrouvé ses amis, ils avaient fait la paix, il n’y avait plus qu’Evan. C’est certainement son avis que Danny craignait le plus, c’était sans aucun doute son amitié qui avait le plus de valeur à ses yeux.
    

    Chapitre 17


    Un mandat de perquisition en poche pour le domicile de Desmond Collins, Mac accompagné de Hawkes, n’avait pas mis beaucoup de temps pour trouver ce qu’il était venu chercher : l’insuline que Desmond utilisait pour la comparer à celle retrouvée sous la peau de Sean Reilly. Mais par contre, ils avaient eu beau retourner l’appartement de fond en comble, ils n’avaient pas pu mettre la main sur l’arme utilisée pour le braquage. Mac avait confié les flacons à Stella et avait repris le chemin des salles d’interrogatoire. Lorsqu’il arriva, Desmond était en grande discussion avec son avocat. Le jeune homme paraissait extrêmement nerveux et Mac ne pu s’empêcher d’avoir une drôle d’impression. D’habitude, lorsqu’ils avaient été arrêtés, les coupables se détendaient, ils y en a même qui s’endormaient en attendant les policiers qui devaient les interroger. Toute la tension accumulée prenait fin brutalement, ils étaient pris, ils pouvaient enfin lâcher la pression. Mais, là, Desmond ne semblait pas du tout réagir de cette façon et Mac commençait à douter de sa culpabilité. Non pas qu’il n’ai pas participé au braquage, mais que Desmond soit responsable de la mort de Sean.
    Don Flack fit son apparition, un café à la main et ensemble ils entrèrent dans la salle d’interrogatoire. Aussitôt, Desmond sembla se recroqueviller sur lui-même. Son avocat lui murmura quelque chose à l’oreille que les deux policiers ne purent entendre et le jeune homme se détendit légèrement.
    - Mon client a une déclaration a vous faire, commença l’avocat en prenant les devants.
    - On t’écoute, lui répondit Don.
    - J’ai pas tué Sean, mais j’ai peut-être une idée de qui l’a fait…murmura Desmond timidement.
    - On t ‘écoute, répéta Don.
    - Un type nous a demandé de braquer le magasin, il a dit qu’il y avait plein de fric à se faire, que c’était sans risques, mais en fait dans la caisse, il y avait à peine cinquante dollars…
    - Quoi ! T’as tiré sur des flics pour cinquante dollars? s’énerva Don immédiatement.
    - C’est pas moi qui ai tiré, je vous jure, vous pouvez faire toutes les analyses que vous voulez, c’est pas moi, je vous jure, supplia Desmond en pleurant.
    - On sait que ce n’est pas toi qui a tiré, c’est Sean, dit doucement Mac, tentant désespérément de calmer le jeune homme.
    - Qui t’as demandé de braquer le magasin, reprit Don toujours menaçant.
    - Un type, il s’appelle Bobby, c’est tout ce que je sais.
    - Bobby comment ?
    - Je vous dit que je sais pas.
    - Comment tu le connais ? demanda Don reprenant légèrement son calme.
    - Je fais parti d’une association qui aide les diabétiques…
    - Mais, ma parole, t’es un bon samaritain ! plaisanta Flack.
    Mac lui jeta un regard noir, il ne voulait pas que Desmond prenne peur et ne veuille plus leur parler, mais d’un autre côté, il comprenait la colère de Don et son impatience à boucler cette affaire.
    - Je connais juste son prénom, c’est tout .
    - T’es aux diabétiques anonymes ? lança de nouveau Don.
    - Je vous jure, c’est tout ce qu’il m’a dit, dit Desmond en jetant un regard suppliant à Mac.
    - Tu pourrais faire un portrait robot de cet homme ? demanda Mac doucement;
    - Je crois.
    Les deux policiers se regardèrent une seconde, le temps de jauger s’ils pouvaient faire confiance à Desmond. C’est à ce moment là que le téléphone de Mac se mit à sonner. Il répondit discrètement, n’ouvrant la bouche que pour dire : « J’arrive ».
    - Mr Miller vient de se réveiller, je vais à l’hôpital, murmura t-il à l’oreille de Don.


dangie  (29.08.2007 à 07:35)
Chapitre 18


    La chambre de Samuel Miller était plongée dans le noir. Malgré la pénombre, Mac parvient à distinguer le vieil homme. Il était allongé, les yeux fermés, paraissant dormir. Tout le côté droit de son visage était recouvert d’un énorme hématome. Vu la violence du coup qu’il avait reçu et la fragilité du vieillard, Mac fut presque étonné qu’il soit encore en vie et il fut soudain envahi d’une vague de colère. Il avait toujours eu du mal à supporter les voyous qui s’en prenaient aux personnes vulnérables, à celles qui ne pouvaient pas se défendre.
    Le vieil homme remua légèrement et regarda Mac qui était resté sur le pas de la porte.
    - Entrez, je vous en prie et approchez vous que je vous voie, dit-il d’une voix assurée.
    - Je suis le Lieutenant Taylor, de la police scientifique, je suis désolé de vous déranger, Monsieur Miller, mais j’ai quelques questions a vous poser.
    - Vous ne me dérangez pas, mais je voudrais savoir comment vont les deux policiers.
    - L’un d’eux est mort, l’autre est encore dans le coma mais les médecins espèrent qu’il va se réveiller bientôt.
    Mr Miller accusa le coup, il ferma les yeux, poussa un soupir.
    - Pouvez-vous me raconter ce qui s’est passé ? continua Mac.
    - Deux jeunes types sont entrés un peu après 22heures, j’allais fermer. L’un, je ne l’ai pas bien vu, il est allé dans les rayons, il ne s’est pas approché de moi, mais l’autre, celui-là, je me souviendrai de son visage pour le peu de vie qu’il me reste. Il était nerveux, il tenait pas en place, il s’est approché de moi et il m’a demandé d’ouvrir ma caisse. Je n’ai pas résisté, je lui ai ouvert tout de suite mais quand il a vu que je n’avais presque rien dedans, il est devenu comme fou. Il a commencé à crier, il m’a demandé où était le reste de l’argent. Il n’a pas voulu me croire quand je lui ai répondu que je venais de déposer ma caisse à la banque, ça l’a rendu encore plus furieux. Il a levé son arme et il l’a pointé sur ma tête. Il a hurlé que si je ne lui donnais pas le reste de l’argent, il allait me tirer une balle dans la tête. Je peux vous dire que je l’ai cru, je n’ai jamais eu aussi peur de toute ma vie, mais je ne pouvais lui dire que la vérité, je ne pouvais pas inventer un argent que je n’avais plus…
    Le vieil homme reprit son souffle, Mac commençait à comprendre l’enfer qu’il avait vécu, il ne le pressa pas de questions, le laissant aller à son rythme.
    - Il ne me croyait pas, alors il a posé son arme sur ma tempe et là, j’ai fermé les yeux, j’ai vraiment cru que ma dernière heure était arrivée…Et puis, la porte s’est ouverte et ces deux policiers sont entrés…Sans eux, je ne serais pas là pour vous parler, il m’ont sauvé la vie.
    Le vieil homme se tut un instant et Mac se dit qu’il tenait enfin une réponse à la question qu’ils se posaient depuis le début : pourquoi Evan et Tim n’avaient pas attendu les renforts, ils n’avaient tout simplement pas pu attendre. Au moins, il allait pouvoir rassurer Danny et la famille des deux policiers, ils avaient fait leur devoir.
Mac s’apprêtait à poser une nouvelle question à Mr Miller, lorsqu’une infirmière fit son entrée dans la chambre.
    - Je dois vérifier votre glycémie, Mr Miller, dit-elle joyeusement.
    - Vous êtes diabétique? demanda Mac incrédule.
    - Ca fait des années, c’est familial malheureusement.
    - Qui d’autre est diabétique dans votre famille, demanda Mac prit d’une soudaine inspiration.
    - Dans ceux qui sont encore vivants, il y a mon frère, et mon neveu, Bobby enfin Robert si vous préférez.
    - Votre neveu est diabétique aussi ?
    - Oui, il l’a découvert il y a à peine neufs mois, ça été un coup très dur pour lui, il a même dû changer de travail.
    - Comment ça ?
    - Il travaillait pour la ville, il inspectait les canalisations, les égouts. Je sais que ce n’est pas un travail très noble mais Bobby aimait son travail, je ne sais pas vraiment pourquoi, je crois que c’est tous ces tunnels qui l’attiraient. Mais, il n’a jamais fait attention à lui, il ne fait pas attention à ce qu’il mange, d’ailleurs, il ne mange jamais à la même heure. Pour un diabétique, ce n’est pas très bon, il a fait des malaises à son travail. Ses collègues ont été obligés de l’emmener à l’hôpital. Son chef a eu peur que ça recommence, il l’a cantonné dans un bureau…
    - Depuis combien de temps votre neveu a t-il quitté son travail ?
    - Ca fait à peu près huit mois.
    - Dans quel secteur travaillait-il ?
    - Dans le Bronx, il disait toujours qu’il trouvait de tout et n’importe quoi dans les égouts là-bas.
    Mac sourit imperceptiblement, bien sûr que l’ on trouvait de tout, même des armes jetées juste après un braquage. Et Mac repensa à l’attitude, pour le moins, bizarre de Robert Miller dans le magasin, ce soir là. Sa nervosité, sa transpiration abondante, ses rougeurs au visage. Mac avait mis cela sur le compte de l’émotion, de la chaleur ambiante mais Robert pouvait tout aussi bien être en hyperglycémie, ce qui expliquerait aussi ses symptômes. Mac prit congé rapidement du vieil homme et saisit son téléphone pour appeler Don Flack et lui donner rendez-vous au domicile de Robert Miller.
      


    Chapitre 19
    

    L’appartement de Robert Miller était situé au sixième étage d’un immeuble qui en contenait sept. Sans ascenseur, la chaleur dans la cage d’escalier était suffocante et Flack se mit à espérer que leur suspect était bien présent chez lui car il ne voulait pas faire cette ascension pour rien. Ses prières furent récompensées plus vite qu’il ne l’aurait cru, car sur le palier du deuxième étage, ils tombèrent nez à nez avec celui qu’ils étaient venus chercher.
    Après un bref moment de surprise en découvrant les deux policiers, Robert Miller se reprit et tenta une fuite désespérée vers les étages supérieurs. C’était sans compter sur la vivacité de Flack et son envie d’en finir avec cette affaire. En quelques enjambées, il rattrapa le suspect et c’est avec un plaisir non dissimulé qu’il le plaqua au sol et le maîtrisa. Sans ménagements, il lui passa les menottes.
    - Robert Miller, je vous arrêtes pour les meurtres du Sergent Tim Bayliss et de Sean Reilly et pour la tentative de meurtre sur la personne du Sergent Evan Cortez, commença t-il rageusement. Vous pouvez garder le silence. Tout ce que vous direz pourra être utilisé contre vous. Vous pouvez demander la présence d’un avocat. Si vous n’avez pas les moyens de vous en payer un, l’Etat vous en fournira un. Avez vous bien compris vos droits ou est-ce qu’il faut que je recommence, termina t-il en serrant un peu plus les menottes.
    - Ca ne devait pas se passer comme ça. C’est Desmond et son copain qui ont merdé. J’y suis pour rien, pleurnicha Robert.
    - C’est toi qui les a engagé, tu es donc responsable de tout ce qu’ils ont fait et pas de bol, c’est sur des flics qu’ils ont tiré. C’est comme si c’était toi qui avais appuyé sur la gâchette, lança Don en poussant le suspect devant lui et en lui faisant descendre les marches.
    Ils avaient à peine fait deux pas que Mac les rattrapa et posa une main sur l’épaule de Don.
    - On doit aller inspecter son appartement. Ils nous faut des preuves matérielles, dit-il simplement.
    - Mais, Mac, six étages !
    - Je sais, mais voyez le bon côté des choses, on a déjà presque monté la moitié, répondit Mac dans un sourire.
    Décidément, cette journée n’en finirait donc jamais. Tout ce que Don désirait, en ce moment, c’était de retrouver Allie et la petite Sara, les serrer dans ses bras, entendre le rire mélodieux de la petite fille, sentir la douceur du corps de la jeune femme tout contre lui. Mais, il devait encore patienter un peu. Un dernier petit effort, la dernière ligne droite, le sprint final.



    Chapitre 20


    Danny avait pris place dans la petite pièce jouxtant la salle d’interrogatoire numéro trois. Il était énervé, impatient, inquiet, il ne tenait pas en place, dansant sans cesse d’un pied sur l’autre. Comment Mac pouvait-il garder son calme en toutes circonstances, comment pouvait-il à ce point maîtriser ses émotions et ne rien laisser paraître ? Sans doute le résultat de son entraînement de Marines.
    Le type qu’il avait devant lui, à l’abri derrière la glace sans tain, Danny se souvenait de l’avoir croisé alors que Mac l’avait envoyé à l’hôpital, lui refusant le droit de participer à l’enquête. Mais, il l’avait revu plus tard, beaucoup plus tard. Sur le parking des urgences, alors qu’il prenait un peu l’air au cours de cette interminable nuit passée au chevet de ses amis. Danny avait vu ce type arriver. Il se souvient vaguement s’être fait la réflexion que la famille du propriétaire du magasin venait bien tard prendre des nouvelles, mais aussitôt, il avait pensé que ce n’était peut-être pas la première fois que cette homme venait à l’hôpital cette nuit là, qu’il était déjà venu puis reparti. Mais, Danny était furieux contre lui même, il ne pouvait même pas dire à qu’elle heure il l’avait vu, il n’était sûr de rien. Peut-être vers quatre heures du matin mais il ne pouvait pas être affirmatif. Son témoignage ne tiendrait jamais devant un tribunal. Il ne pouvait même pas contribuer à mettre cet assassin derrière les barreaux pour le restant de sa vie.
    - Mr Miller vous avez engagé Desmond Collins et Sean Reilly pour attaquer le magasin de votre oncle, commença Mac calmement.
    Robert lança un regard apeuré vers son avocat assis juste à côté de lui. Celui-ci lui fit un signe de la tête incitant son client à avouer pour tenter de minimiser son rôle dans cette histoire.
    - Oui, j’ai rencontré Desmond dans une association, il disait avoir besoin d’argent, je lui ai proposé un petit travail…
    - Un petit travail ! s’étrangla Flack qui commençait déjà à bouillir devant l’irresponsabilité de ce type qui rejetait la faute sur les autres.
    Mac lui posa une main sur le bras pour le calmer et repris l’interrogatoire.
    - En quoi consistait ce « petit travail »?
    - Ils devaient faire peur à mon oncle.
    - Lui faire peur en le braquant ?
    - Oui, il refuse de me léguer le magasin, il dit qu’il n’est pas trop vieux pour s’en occuper, qu’il n’a pas peur des petits voyous qui traînent dans le quartier.
    - Vous avez besoin d’argent, vous aussi ?
    Robert baissa la tête, honteux
    - J’ai des dettes de jeu, de grosses dettes. Si je récupérais le magasin, j’aurais pu en tirer un bon prix, j’ai eu des proposition très intéressantes…
    L’avocat posa, à son tour, une main sur le bras de son client. En dire le minimum, ne pas s’embarquer dans des déclarations que l’on pourrait regretter plus tard.
    - Vous avez dit à Desmond qu’il y avait toujours beaucoup d’argent dans la caisse ?
    - Mais c’est vrai! Le magasin de mon oncle marche très bien, en fin de journée, sa caisse est toujours pleine à craquer!
    - Mais, là, il n’y avait que cinquante dollars, constata Mac.
    - Je ne le savais pas, je ne pouvais pas le savoir, répondit Robert tentant de se justifier.
    - C’est ce qui a mis Desmond en colère, c’est ce qui l’a poussé à braquer son arme sur la tête de votre oncle, c’est ce qui a poussé les policiers à entrer, insista Mac.
    - Je ne pouvais pas le savoir, répéta Robert suppliant. Tout devait se passer sans violence, je ne pouvais pas savoir qu’ils allaient péter les plombs!
    - Alors, pourquoi, leur fournir une arme ? demanda Flack calmement.
    Robert Miller regarda tour à tour les deux policiers qui lui faisait face, puis son avocat.
    - Je n’ai jamais eu d’arme, vous pouvez vérifier dans vos registres, dit-il catégorique.
    - Je ne parle pas d’une arme enregistrée, mais plutôt de celle que vous avez trouvée dans les égouts, il y a neuf mois environ et que vous avez gardée…au cas où.
    Robert avala difficilement sa salive, l’étau se resserrait autour de lui. Personne n’était au courant de sa découverte, il n’avait pas dit à Desmond d’où il tenait l’arme. Comment ces policiers pouvaient être au courant, ou alors il bluffaient mais Robert n’avait jamais été très fort pour repérer les bluffeurs sinon il n’aurait pas perdu autant d’argent au poker.
    - Vous gardez cette arme depuis neuf mois, le procureur pourra retenir de la préméditation…recommença Mac.
    - Quand je l’ai trouvée, je ne pensais pas m’en servir, lâcha Desmond d’un coup.
    Son avocat lui lança un regard furieux, lui intimant l’ordre de se taire.
    - Quand vous avez compris que vos amis pouvaient vous dénoncer, vous avez décidé de les supprimer. Vous avez commencé par le plus faible, Sean. C’était facile de le tuer vu qu’il était défoncé, il ne pouvait pas se défendre. Mais malheureusement pour vous, Desmond était déjà à son travail  quand vous avez voulu vous débarrasser de lui.
    - Je n’ai rien fait, se défendit  Robert.
    - Sean a été tué par une dose massive d’insuline, vous êtes diabétique, je crois, dit Mac en faisant semblant de chercher dans ses notes.
    - Desmond l’est aussi, c’est sûrement lui qui a tué son ami, répondit précipitamment Robert.
    - Malheureusement pour vous, l’insuline qui a servit à tuer Sean, ne correspond pas à celle utilisée par Desmond. Vous voyez, Desmond utilise de l’insuline retard qui a une action lente et Sean a été tué avec une insuline rapide, exactement du même type que celle qui vous a été prescrite et que nous avons retrouvé dans votre armoire à pharmacie.
    - Des tas de diabétiques ont la même prescription, tenta Robert.
    - Oui, mais des tas de diabétiques n’ont pas laissés leurs empreintes dans l’appartement de Sean. Je vous le concède, vous avez bien fait le ménage, ce qui en soit était déjà un peu suspect dans un appartement aussi peu soigné, mais vous avez négligé un petit détail… le bouton de la cuvette des toilettes que vous avez actionné, sans doute pour vous débarrasser de preuves gênantes, les gants que vous avez utilisés par exemple.
    Mac sembla jeter un regard à Danny à travers la vitre, il savait que son jeune collègue se trouvait juste derrière et lui sourit discrètement. Danny lui renvoya son sourire. Mac ne pouvait pas le voir, mais il savait, ils savaient tous les deux. Cette empreinte, c’est Danny qui l’avait relevée. Il avait quand même, ne serait-ce qu’un peu, contribué à incriminer le coupable.


    Chapitre 21


    Qu’est ce que je fais ici. J’ai l’impression de flotter dans du coton, non, plutôt de la barbe à papa. J’ai toujours adoré la barbe à papa, surtout celle qu’on achetait sur la fête foraine et qu’on partageait tous ensemble. On ouvrait grand la bouche et quand on la refermait tout ce qu’il restait c’était le goût du sucre sur la langue, le goût de l’amitié, le goût de l’enfance…
    …Je me souviens exactement de ce qui s’est passé. Le vacarme assourdissant des coups de feu, cette vague glacée qui me renverse et me submerge, elle m’emporte et j’aimerais me laisser couler avec elle mais une main m’agrippe, une main solide et ferme me retient vers la vie. C’est ma planche de salut, ma bouée de sauvetage…
     …Ils sont tous là , je sens leur présence près de moi, j’entends leurs voix, leurs rires. Sur la droite, les garçons sont assis à une table, ils jouent au poker. Chris, Mike et mes deux fils, Jeff et Eric, mes trésors, mes soleils. Quelle idée d’apprendre ce jeu à des enfants d’à peine neuf et six ans ? Deux paires, vas y mon grand, tu vas tous les plumer…
    …Juste devant la fenêtre, les deux femmes de ma vie discutent tranquillement. Toi, ma Jo, ma vie, mon passé, mon présent et mon avenir, tu es toujours là près de moi, je ne suis rien sans toi. Et toi, ma Lisa, ma grande, ma princesse, tu ressemble tellement à ta mère. Est -ce pour ça que vous ne pouvez pas vous entendre? C’est bizarre de vous entendre parler sans hurler. Si j’ai au moins réussi ça aujourd’hui, ça valait le coup…
    …Je ne te cherche pas Tim, je sais que tu n’est pas là, je sais que tu n’est plus là. Je t’ai vu tomber juste après moi, j’ai vu ta tête exploser, j’ai vu ton âme s’envoler. J’espère que là où tu es maintenant, tu as trouvé la paix. Quelque soit cet endroit, je sais que tu es heureux car j’entends encore ton rire résonner dans ma tête. Veilles encore un peu sur moi, même si moi je n’ai pas réussi à veiller sur toi. La vie ne sera plus jamais pareille sans toi, je ne t’oublierais jamais…
    …Et enfin toi, tu es là, tu es revenu, je sens ta main serrer la mienne. Est-ce que tu te souviens du jour où je suis tombé avec mon skate. Je me suis ouvert le genou, il y avait du sang partout et tout les autres ont détalés, mais toi tu es resté avec moi. Tu es resté avec moi jusqu’à l’hôpital, tu es resté quand le médecin a nettoyé la plaie, tu es resté quand il a recousu ma blessure, point par point. Tu serrais ma main comme tu le fais aujourd’hui. Je ne me souviens pas de la douleur mais je me souviens parfaitement de l’histoire à dormir debout que tu m’as raconté pour distraire mon attention. Tu m’a soutenu, mon ami, mon complice, mon frère mais moi je t’ai laissé tomber. Je suis désolé de t’avoir abandonné au moment où tu avais tant besoin de moi. Je n’ai aucune excuse pour mon attitude durant toutes ces années. Je doute que tu puisse un jour me pardonner. Je n’arrive pas à comprendre comment j’ai pu être aussi con pendant si longtemps.
    - Danny, s’il te plait, ne part pas, reste avec moi, tu m’as tellement manqué…
    …Des larmes coulent sur ma joue, je ne peux pas les empêcher, je ne veux pas les retenir. Toute ma peine s’écoule avec elles. Ta main se pose doucement sur ma joue pour les sécher…
    - Evan, je suis là, ne t’inquiète pas, je ne pars pas.
    Nos mains se rejoignent, il y a si longtemps que j’attends ce moment, toi mon ami, mon frère,tu es là, tu es revenu, je suis si bien…


                                                                                                FIN




    P.S.: j'espère que cet épisode vous a plu, en tout cas, moi, j'ai beaucoup aimé l'écrire ( j'me repète un peu mais tant pis). Merci à toi Brooklyn, ta présentation dans les news m'a beaucoup touchée.  




                       

dangie  (30.08.2007 à 13:36)

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