Chapitre 11
Aiden avait finalement quitté l’hôpital après que Danny se soit paisiblement endormi. Bien qu’elle n’ait plus rien à craindre pour son ami, elle avait quand même tenue à attendre le retour d’Hawkes pour partir. Maintenant, elle avait rejoint cet univers qu’elle aimait tant, cet univers qui la rassurait et la passionnait, le labo de police scientifique. Après un rapide coup de téléphone à Mac, elle savait ce qu’il lui restait à faire.
Aiden avait revêtue une salopette bleue marine, attachée ses longs cheveux, enfilée des gants de cuir et chaussée des lunettes de protection. Avec enthousiasme, elle s’était attaquée à la portière de la voiture de Don Flack, découpant le métal avec adresse. Très vite, elle s’était rendu compte que la balle avait quasiment traversé toute l’épaisseur de la portière. Elle s’attaqua donc par l’intérieur faisant sauter d’un coup de tournevis le plastique de protection. Juste sous ses yeux le précieux petit morceau de métal attendait patiemment qu’elle le découvre pour lui livrer tous ses secrets. Du bout des doigts, elle s’en saisit et l’observa dans la lumière. La balle était en mauvais état, vu son parcours, c’était assez évident, mais elle pourrait certainement déterminer le type d’arme utilisée.
Elle ne voulu pas attendre le retour de Mac et Stella, elle se précipita donc au labo balistique pour commencer les recherches.
Chapitre 11 bis
Il va bien ! Il va bien ! II est sauvé !… Je n’aurais jamais supporté de le perdre lui aussi, je n’aurais jamais supporté de me retrouver toute seule une nouvelle fois… C’est marrant comme ils se ressemblent tous les deux… Pas physiquement bien sûr ! Même si je ne sais pas comment serait Miguel maintenant, mais ils ont le même éclat dans les yeux, ce même petit grain de folie qui me fait totalement craquer…
…C’est bizarre, je viens de me rendre compte que je ne l’avais jamais vu dormir… Avec le nombre incalculable de fois où je suis venue le réveiller, je ne l’avais jamais vu dormir…C’est sûr que ça change un peu ma vision des choses…Heureusement qu’Hawkes est arrivé sinon, je crois que je me serais laisser attendrir…Mais peut-être que j’ai envie de me laisser attendrir…Mais, bon ! Pas maintenant ! Le boulot d’abord…
…Je sais que je l’ai laissé entre de bonnes mains… J’ai l’impression qu’ils s’entendent bien tous les deux…. Moi, il me fait un peu froid dans le dos ! Passer tout son temps avec des cadavres…Bon, nous aussi, on en côtoient plein des cadavres mais moi je me suis pas installé un lit dans le labo…J’ai une vie en dehors!!! Sort un peu de ta bulle Hawkes!!!
…Allez, au boulot, enfin, je revis !…Bon d’accord ! Moi aussi, je suis un peu une obsédée du travail…Mais surtout, ça va me faire du bien après cette attente interminable dans cet hosto…J’ai jamais aimé les hostos, encore moins aujourd’hui!…Enfin, aujourd’hui, c’est la première fois que j’ai une bonne nouvelle dans un hosto, c’est pas trop tôt !…
…La voiture de Flack !…Super ! Magnifique ! Je suis certaine que Danny aurait bien aimé être à ma place…Je crois que je vais savourer cet instant…peut-être faire un trou un peu plus grand que nécessaire, juste pour voir la tête de Don quand il viendra au labo…Je pourrais même faire une petite photo…juste pour rigoler un peu, juste pour la montrer à Danny…
…A te voilà, toi! Toi qui a faillit tuer mon ami, je vais te faire parler et tu vas me dire d’où tu viens, à qui tu appartiens…
dangie (16.10.2007 à 08:55)
Chapitre 12
Ils avaient ramassé, étiqueté, emballé le peu d’indices dont ils disposaient : une petite goutte d’urine, une serrure apparemment intacte et son jeu de clef, les traces de poudre sur le montant de la fenêtre, un valet de cœur. Mac savait pertinemment que cette carte ne les mènerait nulle part comme elle n’avait rien révélé à Chicago. Leur moisson était plutôt maigre mais c’est visiblement détendus qu’ils étaient tous les trois sortis de l’ascenseur. Quelques instants avant, alors qu’ils attendaient la cabine au huitième étage, le téléphone de Mac s’était mit à sonner. Le soulagement s’était immédiatement lu sur son visage et Stella et Don n’avaient pas eu à attendre qu’il raccroche pour être, à leur tour, soulagés. Danny était hors de danger, ils allaient pouvoir un peu se détendre.
Pourtant, lorsqu’ils sortirent dans la rue, la tension remonta d’un cran. Avec appréhension, ils scrutèrent les environs, pressant le pas pour rejoindre leurs voitures. Même si Mac avait exigé que tous les officiers qui travaillaient avec la police scientifique portent un gilet pare-balle jusqu’à nouvel ordre, ils n’en étaient pas moins inquiets. Ils étaient une cible facile, aussi évidente que l’avait été Olivia et Danny.
Si ils avaient regardé un peu plus attentivement, si ils n’avaient pas été aussi pressés de rejoindre l’abri rassurant de leurs voitures, ils auraient pu observer un homme juste à l’angle de la rue. Il portait une veste de sport bleue et un jean, rien de bien distinctif. La casquette vissée sur son crane mangeait pratiquement la moitié de son visage et masquait la haine qui hantait son regard. Même si Mac Taylor avait pu savoir qu’il était là, il n’aurait eu du mal à le reconnaître. Toutes ces années l’avaient changé, la prison l’avait changé, la vengeance l’avait changé, transformant le tueur qu’il était déjà en un meurtrier froid, calculateur, précis, implacable.
Chapitre 12bis
Pas mal ! Pas mal ! Je dirais même excellent !… Beaucoup mieux qu’à Chicago ! Il faut dire que là-bas, ils n’ont plus l’immense chance, l’incommensurable honneur d’avoir avec eux le grand, le seul, l’unique Mac Taylor !… T’as pas vraiment changé depuis toutes ces années... T’as peut-être juste un peu perdu ton regard insolent de confiance en toi !..
…Qu’est ce que ça te fait de savoir que tes petits protégés sont morts à cause de toi? C’était encore plus jouissif de les suivre, de les observer, de les traquer et de les achever que de directement te mettre une balle dans le cœur… Bon! Je sais que je l’ai un peu raté le dernier… le petit Messer… un moment d’égarement peut-être! mais je voulais pas risquer de toucher la belle petite Aiden. Elle sera peut-être la prochaine, ou alors Stella…qui sait!
…Dommage que ta femme soit déjà morte. J’avais tellement rêver de ce moment, c’est ce qui m’a fait tenir pendant toutes ses années… J’avais imaginé le moment, le lieu, la balle je l’allais utiliser…tout!… Je l’aurais tuée juste sous tes yeux et tu n’aurais rien pu faire… comme aujourd’hui … Je regrette juste que les terroristes aient été plus rapides que moi…Mais, c’était quand même le pied!!!…
dangie (17.10.2007 à 07:19)
Chapitre 13
Au labo balistique, Aiden avait retrouvé son calme et sa sérénité, sa concentration et son attention. Elle était penchée sur un écran, consultant l’immense base de données de la police de New York pour tenter de retrouver l’arme utilisée par le sniper. La balle qui avait tuée Michael Matters et que Mac avait retiré du trottoir était trop abîmée pour lui être d’une quelconque utilité, par contre celle qu’elle avait extirpé de la voiture de Flack lui avait permis de réduire les recherches à deux armes : un AR-15 ou un M-16. Forte de sa découverte et des indications de Mac, Aiden avait contacté la police de Chicago. L’inspecteur chargé de l’enquête lui avait immédiatement envoyé les quelques informations dont ils disposaient et Aiden était en train de faire des recoupements quand elle entendit le retour de Stella et de Mac.
Elle détourna la tête de son écran et aperçu son patron pour la première fois de la journée. Celui-ci avait la mine sombre, le dos légèrement voûté, attitude qu’Aiden n’avait encore jamais vu de la part de son supérieur. Il semblait éviter le regard de Stella. Tous les deux marchaient en silence dans les couloirs du labo. Seule Stella semblait au courant que l’état de Danny n’inspirait plus d’inquiétude. Mac, quand à lui, avait le visage fermé, presque hostile. Laissant sa première impression de côté, Aiden s’avança d’un pas décidé vers les deux nouveaux arrivants.
- J’ai peut-être une piste, commença t’elle.
- On vous écoute, répondit simplement Mac.
- L’arme utilisée par le sniper est apparemment un AR-15... en tout cas si on considère que le tueur est le même que celui de Chicago.
Mac lui lança un regard noir, ce qui coupa un peu l’élan de la jeune femme mais elle se reprit très vite et poursuivit :
- Les munitions sont des balles recouvertes de téflon, pouvant facilement transpercer un gilet pare-balle, continua Aiden en jetant un œil sur Mac et Stella qui transpiraient sous leur gilet.
Un silence s’immisça entre les trois experts. Même si ils n’avaient pas vraiment cru être en sécurité en revêtant un gilet pare-balle, ils savaient désormais qu’aucun d’entre eux n’était vraiment à l’abri.
- D’après les marques sur la balle, le tireur a utilisé un silencieux, ce qui expliquerait qu’il soit passé totalement inaperçu, que personne n’ai entendu de coup de feu, reprit Aiden.
Le tueur avait définitivement tout prévu, tout préparé minutieusement.
- Et Danny ? demanda Stella.
- Il va bien. Quand je suis partie, il s’était endormi, Hawkes était avec lui. Le médecin a dit qu’il lui faudrait certainement plusieurs semaines avant de pouvoir reprendre le travail mais il ne devrait avoir aucunes séquelles.
- C’est bien, dit simplement Mac. Aiden, cette arme est une arme militaire, continuez vos recherches dans ce sens.
Sur ce, Mac laissa les deux jeunes femmes au milieu de couloir et parti en direction de son bureau.
Chapitre 13 bis
…Je vais te trouver ! Tu ne pourra pas te cacher longtemps ! Tu ne me connais pas… je ne suis pas du genre à laisser tomber… surtout après ce que tu as fait à mon Danny… Non! C’est Danny ! Juste Danny ! C’est simplement parce que je suis fatiguée que mes défenses tombent un peu, il faut que je me reprenne… Allez, concentres toi, reprends un peu de café !…
…C’est pas croyable le nombre d’armes différentes qui existent ! Autant de moyens pour détruire la vie, j’en suis malade ! On a beau en retirer de la circulation tous les jours, il y en a toujours des nouvelles… Mais, je te trouverais, tu peux y compter…
…Ca y est ! je te tiens !… en tous cas, si les indications de ce flic de Chicago sont exactes!… Je comprends toujours pas pourquoi Mac est aussi sûr que ces deux affaires sont liées, que c’est le même tueur. Je sais que Mac ne fonctionne pas à l’intuition, il doit avoir ses raisons mais j’aime pas travailler à l’aveuglette, j’aime pas ne pas comprendre le pourquoi du comment ! Je suis quand même pas une débutante, il pourrait m’expliquer un peu, me mettre au courant !!!…
…Tiens ! Les voilà déjà ! J’ai pas l’impression que Mac soit passé à l’hôpital ! Pourquoi, il dit à Flack qu’il va aller voir Danny et rien ? Cette histoire est vraiment bizarre, trop bizarre !… C’est plutôt Mac qui est bizarre… Y’a certainement un truc que j’ai raté. En tout cas, c’est pas le genre de Mac de laisser tomber un membre de son équipe, ou alors Danny a encore fait un truc qui a mis Mac en colère ?…Non ! Si c’était le cas, je serais au courant… c’est le genre de truc qui passe difficilement inaperçu… En tout cas, y’a quelque chose, parce que Mac a sa mine des mauvais jours et après ce que je vais lui dire, y’a peu de chances pour que ça change… Ils se sont trimballés combien de temps avec leur gilet qui ne sert à rien? Si la situation n’était pas si grave, ça en serait presque risible…Le si stoïque Mac Taylor transpirant à grosses gouttes pour rien!… Il faudra que je raconte ça à Danny…
…Hey ! Mac ! Je suis pas une novice, je sais très bien que cette arme est utilisée par les militaires ! Si vous étiez passé juste quelques instants prendre des nouvelles de Danny à l’hôpital et que vous m’aviez laissé un peu plus de temps, j’aurais pu vous en dire plus !… Et si vous me faisiez un peu plus confiance sur cette affaire, ce serait certainement un peu plus facile pour moi !…
…Hey ! Mais où est ce que vous allez? C’est pas croyable, qu’est ce qu’il a le boss aujourd’hui ???
dangie (18.10.2007 à 11:10)
Chapitre 14
Stella s’était accordé une petite pause, rien qu’un petit café pour repartir de plus belle et se lancer dans l’analyse d’un des seuls indices dont ils disposaient. Après un rapide examen, elle découvrit vite que l’A.D.N de l’échantillon d’urines était trop dégradé. Elle ne pu déterminer que le sexe : un homme. Mais, poursuivant sa recherche, elle mit le doigt sur une piste qui pouvait s’avérer intéressante. Outre, les éléments « classiques » contenus normalement dans l’urine humaine, Stella découvrit des traces d’un médicament, un morphinique à libération prolongée, ainsi que d‘un produit de chimiothérapie. Après un rapide coup d’œil dans la liste des utilisations habituelles de ce produit, Stella pu en conclure que la personne qui avait laissé cette goutte d’urine, devait certainement souffrir d’un cancer du poumon, un cancer déjà à un stade avancé.
Forte de sa découverte, elle partit rejoindre Aiden et ensemble, elles entreprirent de croiser les données dont elles disposaient. Leur tireur devait certainement être un ancien militaire qui était soigné pour un cancer. Mais, malheureusement pour elles, elles découvrirent assez vite que les malades parmi les militaires étaient nombreux. Elles devaient à tout prix réduire leur champ d’investigation, trouver d’autres éléments leur permettant de diminuer les possibilités.
De son côté, Mac était retourné dans son bureau avec une idée, pas encore bien définie, mais une impression qu’il n’arrivait pas à préciser tout à fait. Depuis qu’il avait quitté le gardien de l’immeuble, que celui-ci avait si rapidement fuit le huitième étage, Mac ne cessait de se dire que cet homme ne lui était pas inconnu, qu’il l’avait vu auparavant. Suivant sa première impression, il entra le nom de Sam Rendel dans son ordinateur. La réponse à sa question ne se fit pas attendre : le gardien de l’immeuble avait, certes, eu quelques contraventions mais rien de bien méchant et il n’y avait aucune trace d’un quelconque casier judiciaire. Un peu dépité, Mac recommença à chercher dans sa mémoire où il avait bien pu rencontrer cet homme. Puisqu’il n’avait jamais été impliqué dans une affaire judiciaire, il devait bien s’agir d’autre chose. Fort des conclusions qu’Aiden avait découvert de son côté, Mac lança une nouvelle recherche, qui, elle, fut couronnée de succès.
Chapitre 14 bis
…Pourquoi ce type ne m’est pas inconnu? Où est ce que je l’ai déjà rencontré? Peut-être que je l’ai déjà arrêté… que je l’ai coffré pour une affaire quelconque !… Il y a peut-être plusieurs années et je ne m’en souviens pas…
…Non, apparemment ce type est blanc comme neige… non pas tout à fait, il a quelque chose à se reprocher ! Il n’a pas la conscience tranquille et si il a rapport avec cette affaire, il a raison de s’en faire…
…Mais, pourquoi je n’arrive pas à me souvenir? Il faut peut-être que j’arrêtes de me triturer le cerveau et que je lâche un peu prise?…Si je pouvais, ne serait-ce qu’un instant, ne plus penser à tout ça, je suis sûr que ma mémoire reviendrait sans problèmes… Mais, c’est pas possible, cette histoire va me hanter jusqu’à ce que je mette la main sur ce tueur. Même une fois qu’il sera bien l’abri derrière des barreaux, je ne sais pas si je pourrais me défaire de cette culpabilité qui me ronge…Et si Danny ne voulait plus travailler avec moi? Et si il ne pouvait pas me pardonner ?…
…Arrêtes ! Arrêtes maintenant ! Tu ne peux plus rien changer de ce qui est déjà fait, tu ne peux que tenter de faire ton boulot aussi bien que possible sans te laisser entraîner par tes sentiments…restes professionnel, uniquement professionnel, rien que professionnel.
…Mais, oui ! Pourquoi je n’y ai pas pensé plus tôt ? C’était tellement évident que je ne le voyais pas !… Au lieu de chercher midi à quatorze heure, j’aurais mieux fait de regarder devant moi ou plutôt derrière moi…
dangie (19.10.2007 à 15:33)
Chapitre 15
Mac Taylor retrouva de nouveau Don Flack au 284, 25ème rue est à Brooklyn. Mac avait rapidement expliqué à Don ce qui le reliait à Sam Rendel. En 1983, ils étaient dans la même unité à Beyrouth. Ils n’étaient pas proches à l’époque mais il n’y avait aucune animosité entre eux, aucune rancœur qui avait pu se renforcer en vingt ans. Mais, la coïncidence avait de quoi intriguer Mac. Ils étaient à la recherche d’un militaire, un militaire qui avait connu Mac, un militaire qui avait eu tout le temps de ruminer et de préparer sa vengeance.
Ils avaient retrouvé le gardien au sous-sol, occupé à réparer une fuite. Lorsqu’il aperçu les deux policiers, Sam Rendel ne fit aucun mouvement pour tenter de fuir. Il baissa simplement les yeux, résigné, posa ses outils sur le sol et se releva.
- J’étais sur que vous alliez revenir, commença t’il.
- Je me disais bien que votre visage ne mettais pas inconnu. Vous, vous m’avez tout de suite reconnu, n’est ce pas ?
- Vous n’avez pas beaucoup changé, tandis que moi…La vie n’a pas été très tendre avec moi depuis vingt ans…
- Où étiez vous de cinq heures à cinq heures et demi ce matin, coupa Flack.
- Dans mon lit, je dormais. Je ne commence qu’à sept heures.
- Est ce que quelqu’un peut le confirmer ?
- Je vis seul et je dors seul aussi malheureusement.
- Vous savez ce qui s’est passé ici ? demanda Mac.
- J’en ai une petite idée. Quelqu’un s’est introduit dans le bureau libre du huitième, mais je ne suis au courant de rien.
- Permettez moi d’en douter ! lança Flack
- Je n’ai rien fait je vous jure. Je ne sais même pas ce qui s’est passé !
- Moi, ce que je ne comprends pas, c’est ce que vous avez à me reprocher. Je vous ai à peine connu. Qu’est ce que je vous ai fait ? demanda Mac en élevant la voix.
- Je ne sais pas de quoi vous voulez parler, je vous dit que je n’ai rien fait, répéta Rendel suppliant.
- Si vous n’avez rien fait, vous êtes certainement au courant de quelque chose. Alors, si vous ne voulez pas êtes accusé de meurtre et de tentative de meurtre, vous avez intérêt à vous mettre à table, sinon, vous allez vraiment avoir des raisons de m’en vouloir.
Sam Rendel n’osa pas soutenir le regard de Mac plus que quelques secondes. Il baissa rapidement la tête. Il était visiblement terrifié et Mac douta que ce soit lui qui lui inspire autant de frayeur.
- Je veux un avocat, je vous dirais rien de plus tant que j’aurais pas vu un avocat, reprit Rendel la voix tremblante.
- C’est comme vous voulez, dit enfin Flack en passant les menottes au gardien.
Chapitre 15 bis
Mais qu’est ce qui lui arrive à Mac ? Il a la mémoire qui flanche ? C’est L’Alzheimer qui le guète ? Il aurait pas pu s’en souvenir plus tôt qu’il avait déjà vu ce mec quelque part. J’ai pas que ça à faire, moi!.. J’ai aussi une vie ! J’ai un boulot, quoi !… En plus, j’ai récupéré une espèce de poubelle sur roues… Y’a pas la clim, et heureusement qu’on est pas en plein hiver car je pense pas que le chauffage marche! Je sais même pas quand je vais pouvoir retrouver ma voiture… C’est pas que j’ai une relation spéciale avec elle, mais à force, je me suis habitué. Les taches qui sont sur les sièges, je sais à quoi elles sont dues! Les taches, dans cette poubelle, y’en a tellement, qu’on voit même plus la couleur des sièges et je veux surtout pas savoir ce que c’est!… Je suis sûr, que Danny avec sa lampe à ultra-machin chose, il découvrirait des trésors…
…Mais, bon passons. J’ai du mal à imaginer que cette espèce de loque soit un tireur d’élite!… Je me demande déjà comment il fait pour tenir debout, alors pour tirer, je sais pas comment il aurait fait! Bon ! C’est vrai que c’est bizarre cette histoire, mais j’ai du mal à le croire…
… Il pourrait même pas faire un effort et essayer de se sauver ! C’est pas possible, les bonnes vieilles habitudes se perdent !… Moi, j’avais envie de me dégourdir les jambes! Il est vraiment à pleurer ce type, c’est déprimant…D’un autre côté, si j’avais été obligé de lui courir après et de le plaquer au sol, je crois bien que je lui aurais cassé quelque chose. Ce mec a l’air tellement fragile, tellement liquéfié par la peur qu’il fait mal à voir…J’aurais bien envie de le secouer un peu… T’as rien d’autre à dire que « j’ai rien fait »? Tu pourrais pas cracher le morceau tout de suite, ça irait plus vite?…
…Allez ! On y va ! J’aurais pu le parier que ça allait se terminer comme ça. On est repartit pour un tour. C’est pas encore maintenant que je pourrais aller voir Danny… Je sais qu’il va bien, mais tant que je l’aurais pas vu de mes yeux, j’aurais toujours son image dans la tête… comme je l’ai vu partir dans cette ambulance… J’espère pour ce type qu’il n’a rien à voir dans cette histoire, parce que si c’est pas Mac qui se le fait, moi, je m’en charge !…
dangie (20.10.2007 à 08:15)
Chapitre 16
De retour au labo, Mac avait laissé Sam Rendel en compagnie d’un policier en tenue qui attendait avec lui la venue de son avocat. L’ancien militaire n’avait pas ouvert la bouche pendant tout le trajet, mais il pouvait aisément sentir qu’il était terrorisé. Mac doutait fortement qu’il puisse lui faire une telle impression et penchait plutôt pour le tireur lui-même. Rendel connaissait le sniper, il savait de quoi il était capable, il se doutait du sort qu’il lui réserverait si jamais il se mettait à table. Même si Rendel ne leur apprenait rien, son complice devait savoir qu’il avait été arrêté. Mac comptait sur ce point pour faire réagir le tueur, pour l’obliger à commettre une erreur, pour le faire sortir de sa planque.
Tellement de temps s’était écoulé depuis son séjour au Liban, tellement de choses dont il ne voulait pas vraiment se souvenir. Mais, si il voulait avancer dans cette affaire, il devait faire l’effort de chercher dans sa mémoire, il devait à tout prix retrouver celui qui avait décider de faire de sa vie un enfer, avant qu’il ne se choisisse une autre victime.
Perdu dans ses souvenirs, Mac avançait comme un automate. Sans vraiment s’en rendre compte, il se retrouva devant le bureau de Stella où il retrouva la jeune femme en train d’éplucher de vieux dossiers.
- Du nouveau ? demanda t’il sans préambules.
Stella releva la tête, légèrement surprise par le retour inopiné de son patron.
- Je crois, oui.
- Je vous écoute.
- J’ai un peu fouillé dans le passé militaire de Sam Rendel et j’ai découvert qu’il était au Liban en 83...Comme il n’est pas malade, même si il en a l’air, j’ai donc supposé qu’il connaissait peut-être le tireur. J’ai fait un recoupement avec les militaires présents à Beyrouth à cette époque et les patients traités pour un cancer du poumon. J’ai trouvé cinq noms qui pourraient correspondrent. J’ai ensuite recoupé cette liste avec les personnes ayant été condamnées…et je suis tombée sur un nom : Greg Wincott, le lieutenant Greg Wincott.
Stella laissa Mac digérer la nouvelle un instant. Elle avait encore d’autres nouvelles a lui apprendre, mais Aiden ne lui en laissa pas le temps.
- J’ai fini d’examiner la serrure du bureau, annonça t’elle joyeusement en entrant.
- Et ? demanda simplement Mac.
- La serrure n’a pas été forcée, mais on a utilisé un double pour entrer.
- Le gardien avait deux jeux de clef en plus de son exemplaire, constata Stella.
- Oui, et c’est un de ces jeux qui a été utilisé pour faire un double.
- Très bien, allez communiquer cette info à Flack , je vous retrouve là-bas, reprit Mac.
Puis se tournant de nouveau vers Stella, Mac continua :
- Wincott a été condamné à vingt cinq ans de prison, il est déjà sorti ?
- Il a été libéré il y a sept mois, il a bénéficié d‘une remise de peine… Il n’en a plus que pour quelques mois d’après les médecins de l’hôpital militaire.
- Vous savez où on peut le trouver ?
- Non, pas actuellement. Il a disparu dès sa libération. Les médecins qui lui ont fait sa première chimiothérapie n’ont plus jamais entendu parler de lui. Ils pensaient même qu’il était décédé.
- Il est dans la nature alors ?
- Pas tout à fait. J’ai retrouvé des traces de chimio dans ses urines, ce qui veut dire qu’il est actuellement en traitement. Je m’apprêtais à vérifier dans tous les hôpitaux.
- Bien, très bien, dit Mac d’un air pensif.
- Mac, ça va ?
- Oui…Je repensait juste à cette affaire…
- Ce viol et ce meurtre à Beyrouth ?
- Oui…Je n’oublierai jamais le corps de cette fille complètement mutilé. J’aurais du penser plutôt à Wincott. Déjà à l’époque, c’était un malade, il prenait plaisir à faire mal et c’était un tireur d’élite…
- Vous pensiez qu’il était encore sous les verrous, vous ne pouviez pas savoir qu’il avait déjà été libéré.
Stella observa son patron qui semblait à des centaines de kilomètres de New York
- Vous aviez témoigné contre lui ?
- Oui, c’est moi qui ai découvert cette fille. Wincott avait ses rangers recouvertes par son sang. Il n’a même pas essayer de nier.
- Il prépare sa vengeance depuis vingt ans.
- Oui, mais je ne lui laisserais pas le temps de faire une nouvelle victime, termina Mac.
Mac reparti vers les salles d’interrogatoire, il était décidé à faire parler Rendell coûte que coûte.
Chapitre 16 bis
Cet ordinateur et tous ces vieux dossiers sont en train de me tuer les yeux !…Enfin, c’est quand même mieux que de se faire tuer tout court!… J’ai quand même la trouille… je sais pas si je vais sortir du labo ce soir !…D’habitude, je suis pas du genre à avoir peur pour un rien, mais là, j’ai vraiment… vraiment la trouille !…Surtout depuis que je sais que nos magnifiques gilets pare-balle ne servent à rien ! Et dire que je me suis baladée avec ce machin inutile sur les épaules pendant des heures ! A part m’avoir fait transpirer toute l’eau de mon corps, ce truc n’a servit à rien !…D’un autre côté…Je me demande si ils en font qui protègent les fesses…Ca pourrait au moins être utile pour la culotte de cheval !!! Tiens, c’est une idée que je devrais soumettre à Mac…mais peut-être pas tout de suite, je vais attendre un petit peu…
…Il est pas dans ses meilleurs jours en ce moment… Enfin, si c’est à moi que ça arriverait, je pense que je serais pas bien non plus… Faut dire qu’il a des raisons de s’en vouloir, surtout que ce type est un grand malade à tous les sens du terme ! J’ai déjà du mal à regarder les photos de cette fille complètement défigurée et mutilée, alors je m’imagine Mac découvrant le spectacle…J’espère que Don sera dans les environs quand il mettra la main sur ce type, sinon je donne pas cher de sa peau !… Mac va le massacrer comme Wincott a massacré cette fille…a moins que Wincott soit le plus rapide…
dangie (22.10.2007 à 08:22)
Chapitre 17
Assis à la table dans la salle d’interrogatoire, Sam Rendel et son avocat avaient une discussion plutôt animée. Mac ne pouvait pas entendre ce qu’ils se disaient, mais, visiblement, les deux hommes n’étaient pas d’accord sur la stratégie à adopter. La terreur était encore visible dans le regard de Rendel et étant donné les antécédents de Greg Wincott, Mac ne pouvait pas le lui reprocher. Rendel savait de quoi son complice était capable, il en avait été témoin, mais contrairement à Mac, il était toujours resté muet, pensant à tord, que Wincott allait passer le restant de ses jours en prison. Mac se demandait encore comment il allait aborder Rendel et son avocat quand Don Flack le rejoint, le sourire aux lèvres.
- J’ai déniché quelque chose d’intéressant, commença t’il en entraînant Mac avec lui pour entrer dans la salle d’interrogatoire.
A leur entrée, le suspect et son avocat stoppèrent immédiatement leur conversation. Les deux policiers s’installèrent tranquillement en face d’eux et Don posa, bien en évidence, un dossier sur la table.
- J’espère que tu as une bonne explication a nous donner, parce que avec ce que j’ai trouvé, tu n’es pas près de revoir le soleil, commença Flack.
Sam Rendel jeta un coup d’œil apeuré à son avocat et reporta son attention sur les policiers.
-Qu’est ce que vous reprochez à mon client, reprit l’avocat.
- Votre client est soupçonné de quatre meurtres et d’une tentative de meurtre, dit simplement Flack.
Mac le regarda un peu incrédule, se demandant ce que Don avait pu découvrir qui le rendait si sûr de lui.
- Où étiez-vous le 15 février ? demanda Flack tout en sachant pertinemment la réponse.
A son tour, l’avocat jeta à son client un regard d’incompréhension.
-Attention à ce que vous allez dire, lui murmura t’il à l’oreille.
Sam Rendel regarda tour à tour Mac puis Don puis son avocat. Lui aussi ne semblait pas comprendre où le policier voulait en venir.
- Comment voulez-vous que je me souvienne de ce que j’ai fait il y a des mois de ça, finit-il par répondre.
- C’était il y a exactement cinq mois et moi je peux vous dire que vous étiez à Seattle, votre carte de crédit peut en témoigner, reprit Don.
- Qu’est ce que Seattle a à voir dans cette histoire ? demanda l’avocat.
- C’est la ville où un de vos collègues ainsi que sa femme ont trouvés la mort, continua Flack toujours énigmatique.
- Vous n’allez quand même pas accuser mon client de tous les meurtres commis à Seattle le 15 février ?
- Non, juste de celui de l’avocat du J.A.G. qui avait défendu Greg Wincott, celui qui n’a rien fait pour lui éviter vingt cinq ans de prison, continua Flack triomphant.
Mac eu le plus grand mal à masquer sa surprise, comment Don avait t‘il pu mettre la main sur ce nom alors que lui-même n’avait pas été en mesure de le retrouver seul. L’avocat, lui semblait complètement perdu dans une affaire qui le dépassait totalement.
- Je n’ai rien à voir dans cette histoire, dit précipitamment Rendel.
- Parce que vous n’étiez pas à Seattle à cette époque ? Pourtant, vous y avez fait des achats : de l’essence, un repas dans un fast food, reprit Flack en consultant ses notes.
- Je n’ai pas quitté New York depuis des mois, continua désespérément Rendel.
- Mais bien sûr, et ta carte de crédit s’est offert un petit voyage toute seule ! A qui est-ce que tu veux faire avaler ça? lança Flack, légèrement énervé.
- On lui a certainement volé sa carte, hasarda l’avocat à court d’idées.
- Mais il n’a fait aucune déclaration de vol ou de perte et comme par hasard, la carte est revenue toute seule à New York le 17 février où votre client à de nouveau fait le plein de sa voiture. Alors, ou le progrès fait des bonds de géant en matière de carte de crédit ou votre client est un menteur. Moi, je pencherais pour la deuxième solution.
Sam Rendel, déjà au bord de l’évanouissement au début de l’interrogatoire, se prit la tête dans les mains et ne pu retenir ses larmes. Les trois hommes le regardèrent avec des sentiments partagés. Flack, quand à lui, savourait sa victoire. Il sentait que leur suspect allait craquer, il allait donner son complice, le tireur.
- Si je vous dit quoi que ce soit, je suis un homme mort. Je le connais, il plaisante pas, finit t’il par articuler entre deux sanglots.
- Si tu ne dis rien, c’est toi qui va finir en taule pour meurtre, alors donnes-nous ton pote, reprit Don.
- Mais, j’ai rien fait. Je lui ai juste prêté ma carte pour deux jours. Il m’a dit qu’il avait besoin d’argent et j’avais pas de liquide, implora Rendel.
- Tu lui a juste prêté les clefs du bureau du huitième étage, sans savoir ce qu’il allait y faire ?
- Il avait besoin d’un endroit où dormir. Il est à peine resté deux nuits. Il m’a rendu les clefs il y a trois jours.
- Mais, avant, il avait fait un double, dit enfin Mac.
- Vous le connaissez, vous savez ce qu’il va me faire si jamais je parle, lança Rendel dont le regard ne contenait plus que de la terreur.
- Tu n’a pas besoin de parler. Mais, je pense que lui sait déjà que tu as été arrêté. J’ai juste à laisser courir le bruit que tu t’es mis à table, dit calmement Mac.
- Vous ne pouvez pas faire ça, demanda Rendel incrédule cherchant de l’aide auprès de son avocat.
- Tu crois peut-être que je vais me gêner. Je suis prêt à tout pour coincer Wincott, même à te sacrifier si il le faut, repris Mac le regard noir.
- N’écoutez pas ce qu’il vous dit, il veut simplement vous faire peur, coupa l’avocat.
- Faites comprendre à votre client qu’il devrait plus me craindre moi que Greg Wincott, je peux devenir son pire cauchemar, dit Mac le plus calmement du monde.
Un silence s’installa dans la salle d’interrogatoire. L’avocat tentait désespérément de résonner son client. Au bout de longues minutes, Rendel reprit enfin la parole :
- Je ne l’ai pas revu depuis trois jours au moins, je ne sais pas où il vit…la seule chose que je sais, c’est qu’il fait de la chimio tous les jeudis soirs.
- Dans quel hôpital ?
- Je ne sais pas, il ne me l’a pas dit, termina Rendel a bout de force.
Don et Mac échangèrent un regard, Stella était en train de vérifier dans tous les hôpitaux pratiquant de la chimiothérapie. Ils ne leur restait plus que quelques heures pour découvrir où Wincott suivait son traitement.
Chapitre 17 bis
…Hé ! Mac ! Vous êtes dans la lune ou quoi !…«Houston, nous avons un problème!»…Mais non, je rigole ! On a plus de problème ! J’ai résolu le problème !…Eh oui ! Tout n’est pas toujours caché au fond d’un tube à essai ! Toutes les affaires ne se résolvent pas à coup d’A.D.N. ou d’A.R.N., de diméthyl truc muche de mes deux !… Eh oui ! Moi aussi je sais me servir d’un ordinateur… pas besoin d’être surdiplômé… pas besoin de machine aussi sophistiquée et hors de prix que même en travaillant jusqu’à cent dix ans, je pourrais jamais m’en payer une !… Moi, j’ai juste eu besoin d’une simple petite machine, rien qu’une petite machine… à café…et un peu de flair, bien sûr.
…Eh oui, Mac ! L’intuition, ça vous dit quelque chose ??? Ce petit truc en plus qui ne s’apprend dans aucune école ? Ce petit truc que vous refusez de suivre ? Je dis pas que vous avez tord… mais de temps en temps ça marche…et là, ça à marché!!! Peut-être que vous êtes arrivé à la même conclusion que moi et on va se le faire cette espèce de loque… il va nous donner son pote ! Je lui donne même pas dix minutes pour se mettre à table!… J’suis prêt à prendre les paris…Bon, je pense pas que je vais demander à Mac si il veut se joindre à moi, on dirait que c’est pas son truc…en tout cas, c’est pas son jour!… Dommage que Danny ne soit pas là, au moins avec lui, je suis sûr qu’il m’aurais suivit… « Combien? Dix billets ? »…
…A bien le regarder, je lui donne pas plus de cinq minutes, il va craquer c’est évident ! J’ai du mal à croire que ce type était un Marines. « Marines un jour, Marines toujours » et puis quoi encore!… Si j’avais pas vu son dossier militaire, je l’aurais jamais cru… Et dire que l’Oncle Sam lui a confié une arme, j’en reviens pas ! Moi, je lui confierais même pas ma voiture pour la garer…Enfin, dans l’état où elle est ma voiture maintenant, je crois que même lui, il n’aurait pas pu lui faire plus de mal qu’Aiden n’en a déjà fait… Mais… d’un autre côté… avec énormément de chance… peut-être qu’après… je vais récupérer un 4x4, comme la police scientifique ??? Je comprends pas pourquoi, ils ont droit à des 4x4 et pas nous??? C’est pas comme si il y avait des canyons à franchir à New York !!! Mais bon, je m’égare !…
…Allez, arrête de résister, de toute façon je te tiens… J’ai tout vérifié, ton dossier, celui de Mac, celui de Wincott, celui de cette affaire sordide d’il y a vingt ans, et ce supposé accident de l’avocat du J.A.G…. Tu croyais peut-être que les collègues de Seattle allaient pas retrouver la balle dans la tête du gars, même après que sa voiture ait explosé?…
…Moi, je serais à ta place, je suivrais sans hésiter les conseils de Mac!… J’ai une petite idée de ce que ton copain pourrait te faire si tu le donnes, mais, ça sera une partie de plaisir comparé à ce que Mac pourrait te faire…
…Voilà, c’est bien, tu vois que c’était pas si compliqué…Je te promet de faire tout mon possible pour que toi et ton pote, vous soyez dans la même prison…dans la même cellule…Je voudrais pas te priver d’un ami aussi sympathique…
dangie (23.10.2007 à 08:31)
Chapitre 18
Dans le service d’oncologie de l’hôpital St Luc, l’effervescence de la journée avait cédé la place à un calme relatif. La plupart des malades avaient quittés l’hôpital de jour et, à cette heure tardive, il ne restait plus que quelques personnes qui terminaient leur traitement. Assis dans un fauteuil, Greg Wincott regardait d’un œil fatigué le liquide s’écouler goutte à goutte. Même si les médecins lui affirmaient que ce nouveau produit pouvait lui faire gagner quelques mois, lui ne voyait que les inconvénients : ses cheveux qu’il avait perdu par poignées, les nausées, cette fatigue qui s’abattait sur lui, le laissant dans un état de délabrement qu’il avait de plus en plus de mal à supporter.
C’était la haine qui l’avait maintenu en vie jusqu’à maintenant. La haine et la vengeance. Cette soif de vengeance qu’il n’assouvira que quand il verra la dernière étincelle de vie s’échapper du regard de Mac Taylor. Vingt ans qu’il attend ce moment, vingt ans qu’il ne vit que pour ce moment, il peut encore attendre un peu, juste le temps de le laisser mariner un peu dans sa culpabilité.
Tuer cet incapable d’avocat n’avait été qu’une mise en jambe, juste pour se remettre le pied à l’étrier, juste pour voir si il était encore capable de bien viser. Le fait que ce type roulait en voiture avec sa femme n’avait fait que rajouter un peu de difficultés mais pour encore plus de plaisir.
Perdu dans ses pensées, Greg Wincott ne remarqua pas l’infirmière qui s’était discrètement approchée de lui :
- Votre traitement est terminé, je vous libère et vous pourrez rentrer chez vous.
Pendant que la jeune femme retira la perfusion de son bras, Wincott la détailla d’un œil intéressé, si intéressé qu’il ne remarqua pas immédiatement les deux hommes qui s’approchaient de lui. En une fraction de seconde, Wincott se leva, empoigna la jeune femme et lui appliqua son couteau à cran d’arrêt sous la gorge.
- Fais pas un pas de plus, ou je l’égorge, hurla t’il.
Mac Taylor et Don Flack avaient déjà sortit leurs armes et, sans hésitations, les pointèrent sur la tête de Wincott.
- Lâches ça tout de suite, tu ne pourras pas aller plus loin, lança Mac d’une voix forte.
- Parce que tu crois que je vais me laisser faire aussi facilement. Tu me connais pourtant.
Tout en disant cela, Wincott réajusta sa prise et sans s’en rendre compte, se décala légèrement vers la droite. Mac saisit l’opportunité qui se présentait à lui et fit feu, une seule fois, atteignant Wincott à l’épaule. Celui-ci s’écroula en laissant échapper son couteau qui tomba aux pieds de l’infirmière totalement paralysée par la peur.
Mac et Don se précipitèrent vers leur suspect, tout en continuant de le braquer avec leurs armes. Flack donna un coup de pied dans le couteau qui termina sa course sous un fauteuil. Mac s’approcha un peu plus de Wincott, le dominant de toute sa hauteur. Le regard froid et noir, il garda son revolver pointé sur la tête du sniper pendant que Flack vérifiait qu’il n’avait pas d’autres armes sur lui.
- Vas-y, tires. Je sais que tu en meurs d’envie, l’exhorta Wincott.
Flack scruta le regard de Mac, tentant d’y déceler un indice sur ses intentions. Un silence s’installa, silence pendant lequel chacun retint son souffle. Finalement, Mac reprit le contrôle de lui-même.
- Je ne vais pas te faire ce plaisir.
Chapitre 18 bis
…Je ne sais pas ce qui va me tuer en premier… ce poison que cette fille fait couler dans mes veines, ou cette saloperie de crabe qui me ronge doucement? C’est vrai que j’avais rêvé d’une mort plus digne, plus rapide, moins douloureuse… Finalement, je leur ai fait une fleur à tous en les achevant ! Ils ne savent pas ce qu’il faut endurer pour arriver de toute façon, au même résultat!… Mais, je veux pas mourir sans avoir terminé ce que j’ai commencé. C’est décidé ! Fini de jouer au chat et à la souris ! Demain, je règle le problème Mac Taylor !… Je l’attendrai devant chez lui et dès qu’il sortira, je lui mettrai une balle dans le cœur !… Terminé, finito, asta la vista, bye bye, ciao…
…Ensuite, je pourrai me concentrer sur une autre proie… Depuis le nombre de semaines que je viens ici, elle est toujours là ! Jusqu’à présent, je me suis retenu, j’avais un objectif… Mais, une fois Taylor disparu de la surface de la terre, je vais pouvoir me consacrer à cette fille…
…Non, je le crois pas, il est là, comment a t’il fait pour me retrouver ici ??? Décidément, ce type est né pour foutre ma vie en l’air. Mais, je ne vais pas te rendre la tâche facile !… Il va falloir montrer si tu as des couilles !…
…Il l’a fait !…Incroyable ! II m’a tiré dessus ! J’en reviens pas !… Mais termines ce que tu as commencé ! Achèves-moi ! Je t’en prie, je t’en supplie!!! Je veux par mourir à petit feu, je veux mourir comme un Marine…Je veux pas être le Lieutenant Dan de Forrest Gump, je dois mourir au combat !!!…
…NON, NON, NON, tu peux pas me faire ça !!! Pense à la jolie petite Mayer, au petit Messer, penses à ce que je leur ai fait par ta faute !!!… NON, NON, NON, tues moi !!!
Chapitre 18 ter
…Et si je le reconnaissait pas ? Il doit avoir beaucoup changé en vingt ans et le fait qu’il soit malade aussi. Mais, je pense que son regard est ancré, à jamais, dans ma mémoire et malgré les années, le regard ne change pas… Heureusement, il n’y a pas grand monde ici mais j’espère qu’il n’est pas déjà parti… Non, le voilà !!!
…Je ne sais pas pourquoi, mais j’étais certain qu’il allait nous faire quelque chose dans cette veine là…J’aurais du attendre qu’il ressorte de cet hôpital… Bon, maintenant, ce n’est pas le moment des regrets, c’est le moment de l’action… Allez ! Bouges un peu ! Un tout petit peu ! Rien qu’un peu ! Juste pour moi…
…Alors???C’est pas pareil quand la balle est pour toi???Qu’est ce que ça te fait ??? J’espère que t’as mal… très mal !…Vas y ! …Bouges !… Tentes quelque chose ! Donnes moi une raison !… Rien qu’une raison !… Après tout ce que tu as fait, tu ne mérites que de mourir et, moi, je meurs d’envie d’exaucer tes souhaits… mais Noël est encore loin et je ne te ferais pas ce cadeau… ne comptes pas sur moi pour t’accorder une faveur… Tu vas devoir vivre avec ça comme moi je vais devoir le faire… chacun sa croix… chacun son fardeau…
Chapitre 18 # 4
Cette journée se termine enfin, j’en peux plus !… J’ai les pieds et le dos en compote… C’est bien ma veine, y’a encore ce type !… A chaque fois qu’il vient, c’est pour ma pomme, on dirait que c’est fait exprès…En plus, ce mec me fout les jetons!…C’est pas dans son attitude… il est toujours super poli… charmant… souriant… jamais un mot plus haut que l’autre… mais c’est son regard !… Y’a un je ne sais quoi qui fait que je me sens mal à l’aise avec lui… quelque chose dans son regard qui me fait froid dans le dos…c’est ça !… ce type c’est pas des yeux qu’il a…c’est des glaçons!…
…Heureusement, il va partir et moi je vais me sentir un peu mieux, plus détendue…Il faut vraiment que je change mes horaires!Je veux plus m’occuper de lui, c’est décidé !…
Hé!!! Mais qu’est ce qui se passe !… Il est malade ou quoi !!! NON, JE VEUX PAS MOURIR, je suis trop jeune!!! Pitié ! Me tuez pas ! Pitié !…
…Je devrais toujours me fier à mes premières intuitions… je le sentais pas ce type…J’aurais tellement aimé ne pas avoir raison ! Non ! Je veux pas mourir !… Qui va s’occuper de mon chat si je suis plus là ? Pitié !!!
…Ca y est ! J’suis morte ou quoi ??? NON ??? C’est pas vrai, j’ai rien ! J’en reviens pas ! Mais je peux pas m’arrêter de trembler… je peux pas faire un pas ! Je crois que je vais rester plantée là jusqu’à la fin de mes jours… Enfin, peut-être pas !!!
…C’est qui ce type qui s’avance vers moi? C’est mon sauveur, mon héros ???
Finalement, heureusement que j’ai pas changé d’horaire de travail… Waouw !!! Ses yeux bleus!!! Sa cravate est à chier, mais ses yeux !… Je craque!!! Ca y est, j’suis amoureuse…
Chapitre 18 #5
…Bon ! Mac ! Ce type, y ressemble à quoi ?… La seule photo que j’ai vu de lui, c’est celle de son dossier militaire et elle date de Matusalem, alors, je compte sur vous !… En fait, pas besoin !… Il nous facilite un peu le travail ! Enfin, si il lâchait tout seul son couteau, ça, ça nous faciliterais la vie!Mais je crois pas qu’il en ai l’intention!… Tout ce qu’il veut, c’est en finir… Mon pote si c’est ce que tu veux… je peux t’aider…aucun problème !…
… Hé !!! Mais c’est pas moi qui ai tiré !!! Même si c’est pas l’envie qui m’as manquée… juste le temps…D’un autre côté, heureusement que c’est pas moi qui ai tiré, sinon j’avais de la paperasse à remplir jusqu’à Noël…J’ai d’autres choses à faire! Tiens, commençons par secourir cette jeune fille en détresse !…
« Ne craignez rien, mademoiselle, je suis de la police. Enchanté de faire votre connaissance… »
…Ca y est ! J’suis amoureux…
dangie (24.10.2007 à 14:00)
Épilogue
…Hé !… Mais je rêve pas? C’est Mac qui est là !… Tiens, je me demandais si il allait se décider à venir ?…Je sais très bien que ce type m’a tiré dessus pour se venger de lui et j’ai qu’à voir la tête du boss pour comprendre qu’il se sent mal… Je ne sais pas si je dois le regretter ou me dire que ça signifie que j’ai une certaine importance pour Mac? …
…En tout cas, avec toute cette histoire, je crois que je vais pouvoir lui demander tout ce que je veux !… Pourquoi pas deux semaines de vacances à HawaÏ ??? Pour soigner ma blessure ! Je suis certain que je guérirai beaucoup plus vite au soleil !… Le soleil, c’est sûr, y’a rien de mieux! … En plus, si je me débrouille bien, en faisant vibrer la corde sensible, je pourrais demander à Mac qu’il donne deux semaines à Aiden en même temps !…
…« Vous comprenez Mac, je pourrais pas me servir de mon bras, il me faudra bien quelqu’un pour m’étaler de la crème solaire sur la plage et pour m’apporter des cocktails…vous voulez pas que j’ai des coups de soleil… ou que je meure de soif !!! »…
… Bon, je rêve et alors c’est permis !…mais, sérieusement, j’oublie toute cette histoire si vous me débarrassez le lino vite fait !… Fini les palabres et les excuses… C’est bon ! Excuses acceptées !… mais n’y revenez pas une deuxième fois !!! Allez, maintenant, il faut partir!!! J’attends du monde!!!…
…Elle a promis qu’elle allait me préparer des lasagnes maison parce que la bouffe ici, ça laisse un peu à désirer !… Alors, comme elle veut que je me rétablisse vite, elle va me faire à manger et on va dîner en tête à tête !…Alors… Mac… C’est pas que je vous aime pas… mais, j’ai des choses beaucoup plus importantes en tête! … Allez cassez-vous, elle va arriver!!!
Si vous me cassez mon coup avec Aiden… là… je vous en veux à mort !!!…
FIN
Voilà, c'est (enfin) fini, merci à tous ceux qui sont allés au bout.
dangie (25.10.2007 à 14:00)