HypnoFanfics

I got your back

Série : CSI : NY
Création : 06.11.2012 à 20h04
Auteur : RosannaBC 
Statut : Abandonnée

« Spoilers épisode 9x05, Mac & Jo Friendship... » RosannaBC 

COMMENTER CETTE FANFIC

Cette fanfic compte déjà 8 paragraphes

Afficher la fanfic

Résumé: "Fais attention où tu fourres ton nez. Ne t'occupe pas de mes affaires."
Dès qu'il avait dit cette phrase, Mac l'avait regretté. Il vit le visage de Jo s'assombrir, les coins de sa bouche se contracter et il put lire dans ses yeux de la douleur...

Ma première fanfiction sur les Experts Manhattan. Elle se base sur la bande-annonce de l'épisode 5 de la saison 9 "Misconceptions": je n'ai donc pas vu l'épisode, mais c'est la dernière scène entre Mac et Jo de la bande-annonce qui m'a inspirée. J'ai donc essayé de partir de là et d'imaginer ce qui avait bien pu se passer (sans tenir compte de l'enquête, je me suis vraiment concentrée sur Mac et Jo). N'hésitez pas à laisser des commentaires et des critiques: cela m'aide à progresser. Bonne lecture!

Note: les passages en italique sont des flashbacks chronologiquement ordonnés, c'est-à-dire que le premier flashback correspond au début de la journée et le dernier des flashbacks correspond au moment qui a précédé "l'affrontement" (si on peut dire) entre Mac et Jo. Cela a l'air compliqué, mais j'espère que ça sera plus clair en lisant. :)


RosannaBC  (06.11.2012 à 20:06)

Chapitre 1:

« Fais attention où tu fourres ton nez. Ne t'occupe pas de mes affaires. »

Dès qu'il avait dit cette phrase, Mac l'avait regretté. Il vit le visage de Jo s'assombrir, les coins de sa bouche se contracter et il put lire dans ses yeux de la douleur. Tout se passa en une fraction de secondes, mais Mac la connaissait et il se rendit compte qu'il l'avait blessé. Jo se reprit en moins de deux, elle déglutit difficilement et en se forçant de sembler impassible, elle le regarda dans les yeux et dit :

« Je m'excuse patron. Si vous le permettez, je retourne à ma scène de crime. »

Elle ne lui laissa pas le temps de répondre. Elle lui tourna le dos et s'éloigna sans un mot. Elle força un sourire quand elle rejoignit Lindsay et reprit son travail.

                                       ------------------------------------

 

Jo traversait les couloirs encore déserts du labo. Elle était en avance étrangement et elle se dit qu'elle serait allée se chercher un café chaud ainsi qu'un donut au sucre. Elle n'avait pas eu le temps de prendre son petit-déjeuner avant de partir et Ellie avait fini les petits gâteaux dans le placard. Elle posa ses affaires dans son bureau et repartit quand elle vit que Mac était déjà dans son bureau. Elle sourit et décida d'aller le voir pour lui proposer un café chaud. Mac était assis dans sa chaise et tournait le dos à la porte. Il semblait regarder par la fenêtre et ne vit pas Jo entrer. Dès qu'elle s'approcha, elle nota que Mac était sur son iPad. Il soupira.

« Jaune…bleu…et… »

Elle fronça les sourcils et elle le vit tapoter quelque chose sur le clavier. Elle fit un pas en arrière, ne voulant pas sembler trop envahissante et fit remarquer sa présence. Elle se racla la gorge et dit : « Bonjour Mac ! »

Mac se tendit et tourna sa chaise pour faire face à Jo. Il éteignit rapidement son iPad et le rangea. Jo lui sourit et lui dit :

« Désolée Mac, je ne voulais pas te faire peur. Je vais me prendre un café et un donut, tu veux quelque chose ? »

« Non ça va, merci. » répondit-il rapidement.

« Tu es sûr que ça va, Mac ? »

« Oui. »

Ils restèrent un instant à se regarder dans les yeux. Jo était décidée à ne pas laisser tomber et soutint le regard jusqu'à ce que Mac baisse ses yeux et dit :

« Tu ne devais pas aller prendre ton petit-déjeuner ? »

« Euh oui, je vais y aller. »

« Vas-y ».

Jo força un sourire et sortit du bureau. Elle resta troublée par le comportement de Mac: il l'avait subtilement forcée à partir. Elle commença à marcher le long du couloir, et quand elle se retourna, elle vit que Mac avait repris la même position avant qu'elle ne fasse irruption dans son bureau et ne l'interrompe.

                                             ------------------------------

Jo resta un moment immobile, accroupie à fixer le sol. Lindsay le remarqua et elle posa une main sur l'épaule de sa collègue. Jo sursauta et Lindsay lui dit : « Je ne voulais pas te faire sursauter. Tu avais l'air perdue dans tes pensées. »

Jo força un sourire et se releva avant de dire : « Ah j'étais en train de me repasser la liste des courses dans ma tête. Si j'oublie d'acheter les cookies, Ellie ne me le pardonnera pas. »

Lindsay rit et répliqua :

« Je sais ce que c'est. »

Jo sourit à nouveau. Elle ferma sa mallette, la prit et se dirigea vers sa voiture après avoir salué Lindsay. Elle monta à bord, ferma les yeux un instant et prit une profonde inspiration. Quand elle les rouvrit, elle vit au loin Mac parler avec Hawkes, tandis que Lindsay rangeait ses affaires. Tout semblait comme d'habitude.

                                  -------------------------------------

"Jo! Jo!"

Jo s'arrêta dans ses pas quand elle entendit quelqu'un l'appeler. Elle se retourna et vit Christine qui tentait de la rejoindre en se frayant un chemin dans la foule.

"Oh bonjour Christine! Excusez-moi de ne pas vous serrez la main, mais j'ai du sucre plein les doigts."

"Pas de soucis" sourit Christine.

"Mac est déjà à son bureau si vous le cherchez."

"Oui je sais, mais c'est vous que je cherchais."

"Oh. Moi?"

"Oui, vous connaissez Mac mieux que personne."

"Tout de même! Je ne suis pas là depuis longtemps." sourit Jo.

"Mais en attendant, vous êtes la personne qui figure sur la liste des personnes à contacter en cas d'urgence. Il vous fait confiance."

Jo ne répondit rien et se rendit compte de l'importance de ce détail. Mac aurait pu choisir Flack ou Danny: il les connaissait depuis si longtemps. Mais il avait choisi elle.

"Mac est différent. Je l'ai remarqué. Il change d'humeur facilement, il perd plus vite patience et chaque fois que j'essaie de lui en parler, il change de sujet. Il s'est peut-être confié avec vous."

"Ce n'est pas le cas..."

"Vous pouvez peut-être lui en parler..."

"Ecoutez Christine, vous êtes sa copine, compagne...appelez ça comme vous le voulez. C'est à vous de lui en parler. Mac a risqué sa vie il y a quelques mois, il me semble inévitable qu'il ait encore des séquelles. Il faut du temps. Moi aussi je constate qu'il éprouve des difficultés. Je suis son amie et collègue, mais il y a des limites que je ne peux pas dépasser. C'est à vous de l'aider, de rester à ses côtés. Il a vraiment besoin de vous, ne le lâchez pas maintenant."

Jo fixa Christine du regard et cette dernière, après quelques instants d'hésitation, acquiesça et lui dit:

"Merci Jo. Je ne vais pas plus vous retenir, vous devez sûrement avoir du boulot."

"En effet."

"Bonne journée! Au revoir!"

"De même!"

                                         --------------------------------

Jo soupira une nouvelle fois et démarra sa voiture avant de chuchoter:
"Et merde Jo, ça t'apprendra à t'occuper de tes affaires!"


RosannaBC  (06.11.2012 à 20:09)

Chapitre 2:

Elle conduisit jusqu'au labo dans le plus grand silence. Elle était habituée à allumer la radio dès qu'elle montait dans sa voiture, mais aujourd'hui elle avait besoin de silence. Pour penser...ou plutôt pour éviter de penser à ce qui s'était passé auparavant. Une fois sa voiture garée, elle entra dans le bâtiment et prit l'ascenseur.

                                  ---------------------------------------------

 

Jo était sortie une dizaine de minutes pour aller s'acheter un sandwich. Il était déjà 13h et son ventre avait tellement protesté qu'elle avait été contrainte de s'arrêter dans l'analyse de ses indices et d'aller s'acheter à manger. Quand elle retourna au labo, elle remarqua que Christine était dans le bureau de Mac et d'après ce qu'elle voyait, cela ne semblait pas une conversation heureuse. La femme était agitée et plutôt énervée d'après la façon dont elle bougeait ses mains. Mac lui semblait impassible comme toujours, mais Jo était prête à parier que les coins de sa bouche se contractaient, comme à chaque fois que quelque chose le contrariait. Jo accéléra le pas, ne voulant pas que Mac ou Christine la voit. Elle rejoignit son bureau, mais vit du coin de l'œil, Christine poser brusquement un sac en papier (contenant sûrement de la nourriture) sur le bureau de Mac et sortir de la pièce.

                                        ------------------------------------

 

Le bureau de Mac était vide. Jo passa rapidement devant n'osant jeter un coup d'œil à l'intérieur et entra dans son bureau. Elle posa son sac parterre et jeta sa veste sur sa chaise avant de s'asseoir. Elle prit sa tête entre les mains et soupira. C'était une journée à oublier...du début jusqu'à la fin. Elle aurait dû rester dans son lit ce matin: elle aurait fait moins de dégâts. Elle prit une pile de dossiers et se dit que cette paperasse l'aurait occupée en cette fin de journée, ce qui normalement l'aurait extrêmement agacée, mais pas aujourd'hui. Elle était presque...soulagée d'avoir de la paperasse. Elle aurait ainsi évité de sortir de son bureau, et par conséquent, de croiser Mac. Elle ne se sentait pas de se retrouver face à face avec lui après ce qui s'était passé à la scène de crime.

Jo fut interrompue dans sa paperasse par son téléphone qui vibra. Elle sursauta et quand elle prit son portable, elle se rendit compte qu'il était presque 19h30. Le temps était passé plus vite de ce qu'elle croyait. Elle n'avait pas été dérangée une seule fois et bien que ce soit ce qu'elle voulait, elle aurait espéré au fond d'elle que quelqu'un de ses collègues la cherche, qu'ils se rendent compte que son comportement n'était pas habituel. Elle n'était pas du genre à s'enfermer dans son bureau, mais plutôt à ne jamais y être. Elle soupira et lut le message de sa fille:

"Hey M'man, je sors manger une pizza avec Stacy ce soir, donc ne m'attends pas pour diner. xo Ellie"

Jo sourit tristement: une autre soirée passée à manger seule et à attendre que sa fille rentre. Elle passa une main dans ses cheveux et répondit:

"Ok. Ne rentres pas trop tard, il y a cours demain. Amuse-toi bien et sois prudente. xo"

Elle posa son téléphone et vit qu'il ne lui restait que quelques dossiers à revoir. Elle décida de les terminer et de rentrer chez elle ensuite. Elle aurait été toute seule chez elle, de toute façon. Autant se rendre utile au boulot.

                                   ------------------------------------------

 

Absorbée dans sa lecture, elle n'entendit pas quelqu'un frapper à la porte de son bureau. "Jo?"

Elle sursauta et leva le regard du dossier qui était ouvert sur son bureau. Elle ne put cacher sa surprise quand elle vit Mac attendre sur le pas de la porte. Normalement il entrait sans attendre son signal. Là encore, quelque chose avait changé entre eux.

"Oui?" se contenta-t-elle de dire.

"Je peux te parler?"

Elle acquiesça et lui fit signe de s'asseoir. Il referma la porte derrière lui, bien que le labo fut presque désert à cette heure-ci et s'avança, hésitant. Il s'assit et ils restèrent quelques instants en silence, chacun prenant soin d'éviter le regard de l'autre. Un autre changement dans leur relation que Jo remarqua tristement. Elle ne supportait pas le silence et se sentit obligée de dire quelque chose.

"Je suppose que tu es venu jusqu'ici pour me donner une leçon approfondie sur les frontières que je ne dois pas outrepasser..."

"Jo..."

"Je vais te rendre la tâche facile, j'ai retenu la leçon."

"Je m'excuse si mes mots t'ont blessée, j'aurais dû le dire moins brutalement, mais ce n'était pas à toi de questionner mon intégrité...et encore moins d'en parler avec Christine."

"Bon sang Mac Taylor!" s'exclama Jo en frappant du poing sur son bureau et en se levant de sa chaise. "Ton intégrité? C'est la seule chose dont tu te soucies?! Je n'ai jamais questionné ton intégrité! Je me suis inquiétée pour toi en tant qu'amie, et toujours en tant qu'amie, je me suis offerte de t'écouter et de te soutenir, mais tu n'as pas voulu de tout cela, car apparemment je me suis trompée à considérer notre relation amicale. Et d'ailleurs, je n'ai rien dit à Christine. Elle m'a demandé si je savais quelque chose, mais je lui ai dit qu'elle devait directement en parler avec toi, parce que je retenais que ce n'était pas ma place de lui dire ce que je savais."

"Tu ne sais rien de moi, Jo." s'énerva Mac. "Tu prétends me connaître alors que tu es arrivée dans l'équipe depuis peu."

Du moment où cette phrase quitta la bouche de Mac, il le regretta. Encore une fois, sous le coup de la colère, il avait dit quelque chose qu'il ne pensait pas. Il vit Jo changer d'expression, et ses yeux briller. Etaient-ce des larmes qu'il entrevoyait?

Il se sentit mal et regretta de s'être comporté ainsi. Il aurait voulu lui dire combien son amitié comptait à ses yeux, combien il la respectait. Il aurait dû la remercier...de s'inquiéter pour lui, d'avoir toujours été à ses côtés, mais il ne fit rien de cela. Au contraire, il fit tout l'opposer.

Jo prit une profonde inspiration et tenta de faire disparaître le voile qui offusquait sa vision. Elle déglutit et répliqua en s'efforçant de cacher le tremblement de sa voix:

"Je suis peut-être bordélique, extravertie, pipelette et un peu mère poule, mais ne te détrompe pas, je suis perspicace. J'ai remarqué que tu étais différent, j'ai remarqué ta difficulté à trouver les bons mots, je t'ai entendu te corriger plusieurs fois en parlant, je t'ai vu éviter des situations qui autrefois étaient ordinaires...comme interroger des suspects, témoigner à des procès... Je sais que tu as encore des séquelles de ton agression, et je m'y attendais. Tu ne pouvais pas frôler la mort et être la personne que tu as toujours été en seulement quelques mois. Il faut du temps pour s'en remettre et cela vaut pour toi aussi, Mac Taylor, même si tu as du mal à l'admettre. Et moi, j'étais prête à t'aider, à te soutenir parce que c'est à ça que servent les amis. Je n'ai rien dit de tout ça à Christine, j'aurais pu, mais je voulais y aller avec du tact. Je voulais que ce soit toi qui en parles, mais apparemment il faut toujours te tirer les vers du nez! Même si la chose te déplait, il faut du temps pour que ton aphasie disparaisse, et tu as besoin de soutien...que ce soit celui de Christine ou celui de tes amis."

Aphasie... Le mot était finalement sorti. Mac ne s'attendait pas à ce que Jo mette le doigt sur son problème. Lui-même avait du mal à admettre qu'il en souffrait.

"Tu ne sais pas de quoi tu parles." répliqua-t-il froidement.

"Bien sûr que non, je n'en sais rien. Je ne te connais pas. Au fond, je ne suis que ta collègue, pas vrai?"

 


RosannaBC  (09.11.2012 à 17:58)

Chapitre 3:

 

Collègue... Jo prononça ce mot avec une extrême difficulté. Elle savait que les mots pouvaient blesser et le fait de réduire ce qu'elle considérait comme de l'amitié à une simple relation de travail la faisait souffrir.

Mac aurait voulu la corriger, lui dire qu'elle était bien plus qu'une collègue, mais il ne dit rien. Il resta en silence tandis que Jo, qui faisait les cents pas, continua:

"Alors maintenant je vais te parler en tant que collègue. Et en tant que collègue, j'estime avoir le droit de te demander si tout va bien et de m'assurer que tu sois en mesure d'effectuer ton travail, de remplir ton rôle, parce qu'il est inutile que je te rappelle combien cette situation peut être délicate et comment elle peut être utilisée contre toi lors d'un procès pour libérer un suspect…et là, je me soucie de l'intégrité du labo. »

« Je sais ce que je fais, et je n'ai pas besoin de garde-fou. Tu n'as à te soucier de rien. En tant que ton supérieur, je te conseille de rester à ta place et de ne pas outrepasser certaines frontières. Tu as géré la situation jusqu'à mon retour, mais désormais je suis là, et que ça te plaise ou non, c'est moi qui décide. »

« Très bien, patron. » répondit Jo en levant les mains en l'air et en se laissant tomber sur sa chaise. « Mais Mac, le boulot…c'est tout ce à quoi tu peux penser ? On est en train de parler de ta santé ! »

« Je te l'ai dit une fois, et je te le répète: je vais bien. »

Cette fois, c'était Mac qui s'était levé de sa chaise. Jo, ne supportant se trouver en position d'infériorité, se leva également. Ils se fixèrent dans les yeux jusqu'à ce que Jo contourne son bureau et s'arrête en face de Mac. Elle ne le quitta pas des yeux une seconde et elle lui dit :

« Regarde-moi dans les yeux et dis-moi que tu vas bien et que j'ai faux sur toute la ligne. »

« ça devient ridicule. » répondit-il en essayant de la contourner.

« Ce qui est ridicule c'est ton comportement, Mac ! » répliqua-t-elle en s'interposant à nouveau devant lui. « Car pendant que tu tentes de maitriser ton problème, tu te renfermes sur toi-même et repousses toutes les personnes qui s'inquiètent pour toi…toutes ces personnes qui pourraient t'aider…qui ne demandent que de t'aider ! »

« Je te le répète une dernière fois, Jo : occupe-toi de tes affaires…et maintenant, enlève-toi de mon chemin. »

Malgré le ton menaçant de Mac, Jo ne bougea pas. Elle fit un pas de plus vers Mac et murmura d'une façon presque imperceptible :

« Je croyais que tu me faisais confiance, Mac… »

« Tu croyais mal. »

Jo ne se serait jamais attendue à une réponse pareille. De tous les scénarios qu'elle aurait pu imaginer, celui-ci n'y figurait même pas. Elle fit un pas en arrière et Mac en profita pour s'éloigner. Il sortit de la pièce sans se retourner : il savait que ces trois mots avaient fait plus de dégâts que tout ce qu'il avait pu lui dire précédemment. Il avait pu voir l'expression incrédule de Jo se transformer en de la peine, mais il ne s'arrêta pas. Il poursuivit son chemin le long du couloir sans se retourner. S'il l'avait fait, il aurait vu une larme silencieuse descendre le long du visage de Jo.

Jo ouvrit la porte de son appartement. Ellie n'était pas encore rentrée et tout était plongé dans l'obscurité. Elle alluma la lumière et se dirigea au salon. Elle fit tomber son sac parterre, jeta sa veste sur le divan avant de s'étendre. Elle ne prit pas la peine de s'enlever les chaussures avant de s'étendre, elle s'aida de ses pieds pour le faire. Elle entendit la première chaussure tomber au sol, puis la deuxième. Elle ferma un instant les yeux et profita du silence qui régnait dans son appartement. Son mal de tête avait augmenté d'intensité, mais ce n'était pas ce qui la faisait plus souffrir. Elle ne pouvait s'empêcher de revoir dans sa tête sa discussion avec Mac, de réentendre ses mots la frapper comme des lames de couteaux. Elle aurait dû s'occuper de ses affaires, mais elle n'avait pu s'empêcher d'intervenir quand elle voyait avec quelle difficulté Mac reprenait sa vie de tous les jours. Ellie lui avait toujours dit qu'elle était un peu mère poule, elle-même en était consciente, mais si elle se comportait ainsi, c'était tout simplement parce qu'elle accordait une importance primordiale à sa famille et à ses amis.

Ses amis... Mac en faisait partie. Aux yeux de Jo, Mac était une des personnes les plus importantes de sa vie. Il était en quelque sorte son pilier: il lui donnait cette force et cette stabilité qu'elle avait quelques fois de la peine à retrouver dans sa vie privée. Comme les pièces d'un puzzle, ils se complétaient. Elle était une vraie bavarde, il était silencieux. Elle était extravertie, il était plus renfermé. Elle le contaminait avec sa joie de vivre, il lui transmettait la force nécessaire pour qu'elle se relève quand les choses allaient mal. Ils étaient un anion et un cation, des opposés qui s'attiraient, et c'était cette particularité qui rendait leur relation aussi forte et unique.

Jo soupira. Elle ne voulait plus penser à Mac, à cette horrible journée. Elle voulait tout oublier bien qu'elle doutât que cela fut possible. Elle rouvrit les yeux et se leva du divan pour se diriger à la cuisine. Elle n'avait rien mangé, et après ce qu'il s'était passé, son ventre s'était noué et l'envie de déguster un bon repas chaud avait complètement disparu. Elle mit de l'eau à bouillir et sortit une tasse. Elle se prépara tranquillement une tisane et retourna s'asseoir. Elle laissa la vapeur de sa tisane lui caresser le visage et respira l'odeur de la camomille. Elle ferma les yeux et tenta de faire le vide dans sa tête, sans succès. Comme lorsqu'elle visionnait avec Adam des vidéos de surveillance lors d'une enquête, elle revoyait défiler sa discussion avec Mac et elle s'attardait sur des détails.

Stop... Elle s'arrêta un instant sur le début de leur conversation et ne put s'empêcher de penser que leur discussion aurait pu prendre une toute autre direction si elle avait respecté le silence qui s'était installé entre eux et elle s'était tue. Peut-être que Mac avait besoin de ce silence pour trouver les bons mots, peut-être que s'il ne s'était pas senti braqué, il aurait réagi différemment, ...

"Avec des si et des peut-être, tu pourrais refaire le monde, Jo..." murmura-t-elle.

Elle fut interrompue dans ses pensées par le bruit d'une clé dans la serrure. Ellie était là. Jo but une gorgée de sa tisane et la posa sur la table basse avant de se lever. Elle lissa les plis de son pull et força un sourire quand elle vit sa fille ouvrir la porte.

"Bonsoir ma chérie."

"Hey M'man!"

Ellie referma la porte à clé et s'avança vers sa mère pour l'embrasser sur la joue.

"Alors cette soirée?" demanda Jo.

"C'était cool. On est allées chez Tony's et la pizza était excellente!"

"Je parie que tu as pris celle avec le salami piquant et les olives!" sourit Jo.

"Exact! Maintenant, je sens que je vais exploser!"

"Il reste de la tisane dans la cuisine si tu veux..."

Jo se souvint alors qu'elle avait laissé trainer ses affaires parterre. Elle ramassa ses chaussures et sa veste et s'apprêtait à aller les ranger quand sa fille lui demanda:

"Et ta journée?"

"Oh comme d'habitude...beaucoup de boulot."

Elle retourna au salon pour prendre son sac et sa tisane et ajouta:

"D'ailleurs, je vais aller me coucher..."

Ellie fronça les sourcils. Sa mère se couchait plutôt tard et la voir aller au lit à 22h surprit la jeune fille. Ellie pensait qu'elles se seraient assises sur le divan et auraient bu ensemble leurs tisanes en discutant de tout et de rien, comme il leur arrivait souvent de faire.

"Tu es sure que ça va, M'man?"

"Bien sûr, ma chérie. Je suis juste fatiguée, c'était...une longue journée. Je te laisse éteindre la lumière quand tu vas dormir, bonne nuit Ellie." dit Jo en déposant un baiser sur la joue de sa fille.

"Bonne nuit M'man."

Jo sourit une dernière fois à sa fille et s'éloigna. Elle entra dans sa chambre, posa le sac parterre et sa tisane sur la table de chevet. Elle mit son pyjama et se laissa tomber sur son lit. Elle resta quelques instants à contempler le plafond.

Comment devrai-je me comporter demain? pensa-t-elle.

Elle soupira et s'assit sur son lit. Elle essayait tant bien que mal de ne pas y penser, mais chaque fois qu'elle laissait libre cours à ses pensées, elle se retrouvait la tête pleine de questions. Elle prit sa tisane et la but, gorgée par gorgée, en espérant que la camomille l'aurait aidée à dormir. Elle reposa la tasse vide sur sa table de chevet, se glissa sous les couvertures et éteignit la lumière.

La nuit porte conseil, Jo, pensa-t-elle pour s'encourager, mais elle ne put s'empêcher de se demander si l'irréparable n'avait pas été déjà commis.


RosannaBC  (22.11.2012 à 23:56)

Quand le réveil de Jo sonna le lendemain matin, elle eut l'impression qu'elle venait à peine de fermer les yeux. Elle grogna. La nuit avait été agitée et elle avait très peu dormi. Elle se leva péniblement et se dirigea vers la salle de bain. Une douche l'aurait aidée à se réveiller. Elle prit au passage les premiers habits qui lui tombèrent sous la main : un pantalon noir et un pull prune. Elle n'était pas d'humeur à perdre davantage de temps pour choisir sa tenue vestimentaire.

Quand elle ressortit de la salle de bain, elle était presque prête. Elle ouvrit le tiroir de sa table de chevet et en sortir un collier et des bracelets qu'elle mit aussitôt. Elle se dirigea ensuite à la cuisine où elle sortit un bol, des céréales et du lait pour Ellie. Jo grignota en vitesse quelques biscuits et regarda sa montre. Ellie se serait levée d'une minute à l'autre. En effet, il s'écoula seulement quelques secondes et Jo vit sa fille apparaître dans le couloir, encore à moitié endormie. Jo lui sourit et quand elle la rejoignit, elle l'embrassa sur la joue avant de lui dire :

« Bonjour ma chérie ! Tout est déjà sur la table. »

« Merci M'man.. »

« Maintenant je vais y aller. On se voit ce soir ! Bonne journée Ellie ! »

Elle ébouriffa les cheveux de sa fille et ne put s'empêcher de sourire quand elle entendit Ellie soupirer. Jo mit sa veste et prit son sac avant de sortir de chez elle.

                               -----------------------------------------

 

Une fois sa voiture garée et son café acheté, elle entra dans le bâtiment et s'approcha de l'ascenseur. Elle eut un moment d'hésitation quand elle appuya sur le bouton de son étage. Elle appréhendait tout de même ce moment… de se retrouver face à Mac après la discussion d'hier soir. Elle prit une profonde inspiration, consciente qu'elle n'aurait pas pu éviter de le rencontrer. Elle se serait comportée comme elle l'avait toujours fait, elle serait arrivée au labo et aurait salué tout le monde avec un sourire. Et avec Mac? Elle aurait pris en quelque sorte ses distances, tout en continuant à le surveiller, à veiller que ses difficultés ne deviennent pas un handicap. Elle l'aurait aidé à distance, car il était impossible pour elle d'envisager de le laisser seul, même après les mots blessants qu'il lui avait adressée.

Elle sortit de l'ascenseur et traversa les couloirs jusqu'à rejoindre son bureau. Elle ne put s'empêcher de jeter un regard en passant le bureau de Mac. Il semblait absorbé dans la lecture d'un dossier et il ne se rendit pas compte de l'arrivée de Jo. Elle se réfugia donc dans son bureau qui était encore vide, car Lindsay n'était pas encore là. Jo se demandait comment Lindsay pouvait garder son bureau aussi ordonné: les piles de dossiers étaient rangées aux millimètres près, pas une feuille ne dépassait. Si ce n'était pas pour le cadre avec des photos de Lucy et de Danny, ce bureau aurait très bien pu sembler inoccupé. Jo se laissa tomber sur sa chaise et posa son téléphone portable sur son bureau. Elle tenta tant bien que mal d'empiler les dossiers qui menaçaient de s'effondrer, mais la pile n'était pas stable et les dossiers s'éparpillèrent sur son bureau. Elle soupira. Son regard tomba sur les post-it qui encadraient son ordinateur et elle en prit un sur lequel il y avait écrit l'adresse d'une enquête résolue il y a quelques mois. Elle froissa le post-it et le lança dans la poubelle. Elle en fit de même avec les autres jusqu'à ce qu'elle se découvre un post-it dont elle avait oublié l'existence: il avait été caché par d'autres papiers colorés plus récents. Elle sourit tristement en se rappelant du jour où elle avait écrit ces simples mots "Caffè Latte, un demi sucre".

                                ----------------------------------

 

Jo venait d'intégrer l'équipe depuis plus d'une semaine. Elle s'était tout de suite sentie à l'aise, ses collègues l'avaient accueillie chaleureusement. Elle ne pouvait demander plus.

Ils étaient une petite famille et Jo avait craint au début de se sentir exclue, mais elle avait chassé cette pensée en vitesse quand elle vit avec quelle simplicité, malgré leur première rencontre rocambolesque, Mac l'avait faite entrer dans l'équipe.

Jo avait pris l'habitude d'aller saluer Mac chaque matin dès qu'elle arrivait au labo. Avant même qu'elle puisse frapper à la porte, Mac avait levé les yeux et lui avait sourit, lui faisant signe d'entrer.

"Bonjour Mac!" sourit-elle.

"Bonjour Jo! Comment allez-vous?"

"Bien merci, et vous?"

"ça va, je..."

Mac s'interrompit et ne put retenir un bâillement. Jo fronça les sourcils et Mac lui dit embarrassé:

"Je m'excuse Jo..."

"Vous êtes sûr que ça va? Vous n'avez quand même pas passé la nuit ici, pas vrai?... Oh excusez-moi, je suis indiscrète."

Mac lui sourit, faisant comprendre à Jo qu'elle n'avait pas à s'excuser, et elle lui proposa avec un autre sourire:
"Venez, je vous offre un café... Un bon Cappuccino, un espresso bien fort...rien de mieux pour bien se réveiller!"

Mac ne put s'empêcher de sourire: cette femme avait une joie de vivre contagieuse. Il se leva de sa chaise et rejoignit Jo en lui disant:

"Très bien, j'accepte...mais ce que j'aime c'est le Caffè Latte, avec un demi sucre."

"Caffè Latte avec un demi sucre, c'est noté!"

 

                               ---------------------------------

 

Jo resta un instant à contempler le post-it. Après quelques instants d'hésitation, elle froissa le bout de papier et le lança dans la corbeille. Elle soupira et passa une main dans ses cheveux, faisant entrechoquer ses bracelets. Elle ferma les yeux un instant quand elle fut interrompue par Lindsay qui venait d'arriver:

"Bonjour Jo!"

"Bonjour Lindsay! ça va?"

"Oui merci...et toi?"

Le regard de Lindsay se posa sur l'ordinateur de Jo sans aucun post-it. Jo le remarqua et elle dit en souriant:
"J'ai fait un peu de ménage...ou du moins j'ai essayé!"

Lindsay sourit et s'assit à son bureau quand soudain les téléphones des deux femmes sonnèrent. Lindsay prit son portable, tandis que Jo tentait de se souvenir où elle l'avait posé.

"Voilà, à peine le temps d'arriver et on a déjà une enquête!"

"Qu'est-ce qu'on a?" demanda Jo en soulevant des tas de dossiers. "Bon sang, mais ce n'est pas vrai! Où est-ce que je l'ai mis?"

"Un meurtre à Mulberry Street. Flack nous y attend. Tu as besoin d'aide?"

"Mulberry Street? A Little Italy? J'ai posé mon téléphone sur mon bureau...il devrait être par là..."

Jo souleva une autre pile de dossiers et trouva finalement son portable.

"Tadaaaaaaaaa! Le voilà! Ok, on y va."

Lindsay se mit à rire tandis que Jo prit son sac et mit sa veste. Les deux femmes sortirent du bureau et allèrent prendre leur voiture pour se rendre à la scène de crime.

 

                                ----------------------------------------

 

Quand elles arrivèrent sur place, Jo gara la voiture et les deux femmes descendirent. Elles prirent leurs mallettes et jetèrent un regard autour d'elle. Elles étaient au cœur de Little Italy, dans une des rues où se regroupaient le plus grand nombre de restaurants italiens. Les bâtiments étaient décorés de drapeaux et Jo sourit :

« Little Italy…je me souviens quand l'année passé, j'ai amené Ellie pour la fête de San Gennaro. J'en avais tellement entendu parler : on n'a pas été déçues ! On s'est remplies le ventre de spécialités succulentes ! »

« J'imagine ! Oh, mais maintenant que j'y pense ! Il y a quelques années on avait eu une enquête sur un homicide pendant cette fête ! »

« Oh non Linds' ! Ne me dis pas ça ! Tu viens de casser un mythe ! Comment peut-on commettre un meurtre pendant une fête religieuse ? »

Lindsay se mit à rire et les deux femmes marchèrent quelques minutes quand elles repérèrent une voiture de police et Don Flack qui les attendait. Jo observa les alentours, ne pouvant s'empêcher de se demander si Mac était déjà auprès du cadavre. Elle enleva ses lunettes de soleil et salua Flack avant de demander :

« Et Ma… ma scène de crime, enfin notre scène de crime ? »

Jo s'interrompit tout juste. Elle était sur le point de demander des nouvelles de Mac, mais en moins d'une seconde, elle se reprit en proposant une formulation quelque peu hasardeuse. Flack la regarda avec un regard interrogateur et elle se contenta d'ajouter :

« Décidément aujourd'hui, mon cerveau est un peu embrouillé. »

« La scène de crime est dans cette ruelle, derrière la benne à ordures… » répondit Flack avec un sourire.

Elle le remercia, et suivie de Lindsay, elles entrèrent dans la ruelle. Jo remarqua qu'il n'y avait encore personne…mis à part le cadavre d'un homme derrière une benne à ordures. Aucune trace de Mac. Elle se surprit à se sentir soulagée.

Soulagement… c'était normalement le dernier sentiment qu'elle éprouvait lorsqu'elle ne voyait pas Mac. Elle aurait été d'habitude déçue, triste…elle aurait normalement apprécié sa présence, elle qui espérait chaque matin de pouvoir travailler avec Mac, car à se l'avouer, ils étaient une sacré équipe : aucun criminel ne pouvait leur échapper !
Elle sentit une vague de tristesse l'envahir quand elle repensa au fait que peut-être tous ces bons moments appartenaient au passé. Elle se demanda si Mac aussi éprouvait désormais une sorte de soulagement quand il ne l'avait pas à ses côtés.

« Jo ? Jo ? »

Jo sursauta quand elle sentit une main se poser sur son épaule et elle se retourna. Lindsay la regardait avec un regard inquiet et elle lui demanda :

« Je voulais savoir si tu avais de la poudre pour empreintes ? Décidément ce matin, avec tout ce que j'ai eu à faire, j'ai complètement oublié de prendre un autre pot. »

« Oh oui bien sûr. » répondit Jo en posant sa mallette à terre.

Elle l'ouvrit et en sortit le pot de poudre pour empreintes qu'elle tendit à sa collègue.

« Merci Jo… ».

Lindsay parut un instant hésiter. Elle semblait prête à se mettre au travail, la mallette ouverte parterre et l'appareil photo autour du cou, quand elle s'interrompit et demanda à Jo :

« Jo, tu es sure que ça va ? »

Jo haussa les sourcils, se forçant de sembler surprise par la question et dit à Lindsay :

« Pourquoi tu me demandes cela ? »

« Je ne sais pas…tu n'as pas l'air toi-même ce matin… »

« Oh c'est peut-être parce que hier soir, avec Ellie on a fait une soirée entre filles et que je me suis couchée tard. Je n'aurais pas dû, je suis un peu fatiguée, mais tu sais ce que c'est…il m'est impossible de dire non à ma fille. » sourit-elle.

Lindsay sourit également et Jo espérait qu'elle l'avait cru. Mentir ne faisait pas partie de ses habitudes. Elle devait absolument se reprendre. Elle s'accroupit à côté du cadavre et l'observa. Une balle dans la tempe. Le style classique d'une exécution, mais Jo ne se fiait jamais aux apparences, car elle savait qu'elles étaient trompeuses. Elle le savait que trop bien, elle qui prétendait que tout allait bien.


RosannaBC  (07.12.2012 à 15:04)

Jo regardait les photos de la scène de crime qui étaient disposées sur une table, en silence. La victime, Joseph Costa, 53 ans, avait été tué par un coup d'arme à feu tiré à bout portant, contre sa tempe droite. Au premier abord, tout le monde avait pensé à une exécution, à un règlement de comptes de la criminalité organisée, mais Jo n'était pas convaincue par cette hypothèse. Elle avait demandé à Flack de chercher des informations sur la victime afin qu'elle puisse contacter la famille.

Elle prit une photo qui représentait l'ensemble de la scène de crime, et elle repensa à un détail qui l'avait interpelée : l'absence de projection de sang, ce qui avait mené Lindsay et Jo à la conclusion que la victime avait été déposée dans la ruelle après avoir été tuée. Les indices qu'elles avaient récoltés étaient peu nombreux, ce qui n'avait rien d'étonnant étant donné qu'il ne s'agissait pas de leur scène de crime primaire. Elle reposa la photo sur la table quand Flack entra dans la pièce :

« Hey Jo ! Voilà les informations que tu m'avais demandé sur Joseph Costa ».

« Merci Flack. »

Flack lui tendit le dossier et elle le lut.

« Aucun antécédent. Costa travaillait dans une usine de métallurgie. Marié, trois enfants. »

« Il vit trois rues plus loin d'où il a été trouvé mort. » ajouta Jo.

« Oui. Tu veux que je t'accompagne chez la famille ? »

« Je te remercie, Don, mais je me débrouille. Je vais y aller maintenant, en attendant d'avoir les résultats de l'autopsie. »

« Et Lindsay ? »

« Elle est allée s'acheter un café. »

Jo sourit à Flack et le remercia encore une fois avant de se rendre dans son bureau pour prendre sa veste. Elle alla ensuite chercher sa voiture et repartit pour Little Italy.

 

                                 --------------------------------------

 

Les maisons se ressemblaient toutes dans cette rue. Jo descendit de sa voiture et chercha le numéro 15. Elle s'avança lentement jusqu'à la porte de l'habitation et hésita un instant. Jo entendit des rires. Elle détestait cette partie de son boulot : elle détestait briser le quotidien de personnes ordinaires, faire irruption dans la vie de ces personnes pour leur annoncer une nouvelle aussi terrible. Elle soupira et sonna. Elle entendit des pas s'approcher et une femme dire de l'autre côté de la porte :

« Tesoro (trésor), nonno (grand-papa) est rentré ! »

La porte s'ouvrit sur une jeune femme d'une vingtaine d'années qui tenait un petit garçon qui ne devait pas avoir plus de cinq ans dans les bras.

« Oh excusez-moi, je croyais que c'était mon père. Je peux vous aider ? »

« Jo Danville, police scientifique. Est-ce que je pourrais parler à Teresa Costa ? »

« C'est ma mère, je m'appelle Rossella. Que s'est-il passé ? » répondit la jeune femme en posant son fils à terre.

« Je crois qu'il vaut mieux en parler à l'intérieur. »

La jeune femme la fit entrer et la conduisit en silence jusqu'au salon où elle pria Jo de s'asseoir pendant qu'elle allait chercher sa mère. Jo regarda autour d'elle : c'était une maison modestement meublée, mais accueillante. Des cadres photos décoraient les moindres recoins de la pièce: des photos qui dépeignaient une famille heureuse.

Jusqu'à maintenant..., pensa tristement Jo.

Elle fut interrompue dans ses pensées par le petit garçon qui avait traversé la pièce en courant. Il s'arrêta un instant, observa Jo et s'approcha d'elle. Jo lui sourit et dit:

"Bonjour...je m'appelle Jo, et toi?"

"Le-le-leonardo..." bégaya-t-il.

"Contente de te rencontrer, Leonardo." répondit-elle en tendant sa main.

Le petit sourit et prit la main de Jo. Elle lui caressa les cheveux avec un sourire et demanda:

"Quel âge as-tu?"

"Ci-cin-cinque... (cinq)" répondit-il en lui montrant cinq doigts.

"Leo, non disturbare la signora (ne dérange pas la dame)... Veuillez l'excuser, Leo est très curieux."

Jo vit alors que Rossella était revenue, accompagnée de sa mère. Le petit repartit en courant et Jo se leva du divan pour accueillir les deux femmes.

Teresa Costa était une femme d'une cinquantaine d'années. Petite et frêle, elle avait des cheveux noirs tirés dans un chignon et un tablier avec des traces de farine.

« Je m'excuse, j'étais en train de préparer à manger… » dit-elle avec un fort accent italien.

« Je m'appelle Jo Danville, je suis de la police scientifique de New York. »

« La police ? Quel est le problème? »

« Je suis désolée de vous annoncer cela...mais votre mari a été trouvé mort ce matin. »

Les deux femmes restèrent interdites et lentement elles s'assirent. Jo en fit de même quand Rossella lui demanda avec la voix tremblante:

"C-comment?"

Jo n'eut pas le temps de répondre que Teresa dit:

"C'est pas possible... Vous vous êtes trompée. Mon mari est au travail... O mio Dio (oh mon Dieu), il s'est passé quelque chose à l'usine?"

"Non, Madame, on lui a tiré dessus... Je suis vraiment désolée..."

"No, no, no!"

Teresa se mit à pleurer et sa fille la serra dans ses bras. Des larmes silencieuses traversaient les joues de Rossella et Jo eut de la peine à garder son sang-froid. Elle détestait ces moments, elle détestait devoir assister à la souffrance des proches des victimes et se sentir aussi impuissante. Leonardo était retourné au salon et en voyant sa mère et sa grand-mère pleurer, il s'immobilisa et s'approcha lentement. Jo le remarqua et le petit demanda à sa mère:

"Qu-quan-quando arr-arriva n-no-nonno? (quand est-ce qu'il arrive grand-papa?)"

Rossella relâcha sa mère et posa son attention sur son fils. Elle lui fit signe de s'approcher et elle essuya ses yeux avant de le prendre dans ses bras et de le serrer contre elle. Teresa prit une profonde inspiration et essaya de sécher ses larmes avec le dos de sa main. Jo lui tendit alors un mouchoir et la femme la remercia avec la voix tremblante.

"Je sais que c'est un moment très difficile...mais j'aurais besoin de vous poser quelques questions qui pourraient nous aider à arrêter l'assassin de votre mari..." hésita Jo.

"Sì, sì, allez-y... Rossella, porta Leo nella sua camera... (amène Leo dans sa chambre)"
"Mamma (Maman)..."

"Vai (vas-y)... ça va allez..."

Rossella se leva avec son fils dans les bras et s'excusa auprès de Jo avant de quitter la pièce. Jo la regarda s'éloigner et son regard croisa celui de Leonardo. Le petit la salua d'un geste de la main et elle lui sourit tristement avant de tourner son attention sur Teresa Costa qui lui demanda:

"Vous deviez me poser des questions?"

 

                            ---------------------------------------------

 

Jo avait juste eu le temps de s'acheter un sandwich avant de rejoindre le labo. Elle savait que Sid aurait bientôt terminé son autopsie et elle voulait être sur place quand il l'aurait bippée. Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent et Jo s'apprêtait à sortir quand elle s'immobilisa dans ses pas. Mac se tenait devant elle: il devait sûrement attendre l'ascenseur. Leurs regards se croisèrent un bref instant, avant que Jo baisse les yeux. Elle murmura:

"Bonjour Mac..."

"Bonjour Jo..."

Elle était sur le point de s'éloigner quand la voix de Mac l'arrêta dans ses pas:

"Jo?"

"Oui..." demanda-t-elle en se retournant.

"Comment va l'enquête?"

Jo baissa les yeux. Elle avait imaginé pendant quelques instants que Mac voulait lui parler de ce qu'il s'était passé le soir précédent, qu'il voulait peut-être s'excuser...

Tu es une idiote, Jo..., pensa-t-elle.

"L'enquête? Tout va très bien...on est au début bien sûr, on attend les résultats de l'autopsie et Lindsay est en train d'analyser nos indices..."

"Bien."

"Bien..." répéta-t-elle.

Ils restèrent un instant à se fixer, mais aucun des deux ne parla. Jo se sentait mal à l'aise: l'atmosphère était plus que tendue. Elle vit les coins de la bouche de Mac se contracter et ses lèvres s'entrouvrirent légèrement, comme s'il voulait ajouter quelque chose, mais il se ravisa. Jo savait combien Mac tenait à sa fierté, elle savait combien il aurait été difficile pour lui de s'excuser, de lui avouer son problème. Au fond, elle était comme lui. Sa fierté lui empêchait de faire un pas en avant vers Mac, d'agir comme elle l'avait toujours fait avec lui. La blessure était trop récente, les paroles de Mac résonnaient encore dans sa tête et cela la bloquait. Elle n'arrivait pas à prétendre que rien ne s'était passé. Peut-être le temps aurait soulagé ses blessures, peut-être qu'elle aurait réussi avec le temps à faire le premier pas, mais elle craignait que ce temps se retourne contre elle et ne les sépare à jamais. Elle ne pouvait s'empêcher d'espérer des excuses de la part de Mac, même si au fond d'elle, elle doutait que cela se produise un jour.

Ne supportant davantage le regard de Mac, elle baissa encore une fois les yeux et murmura:

"Je-je vais y aller... J'ai du boulot..."

Elle ne lui laissa pas le temps de répondre. Elle lui tourna le dos et s'éloigna rapidement. Mac mordit sa lèvre. Il s'en voulait: il n'arrivait pas à s'excuser avec Jo et il ne pouvait que constater combien leur relation s'était dégradée. Il aurait voulu lui demander comment elle allait, si elle aurait jamais pu le pardonner pour les paroles qu'il lui avait jetées à la figure le soir précédent, mais il ne l'avait pas fait. Il s'en était tenu à une question relative à son enquête, alors que la dernière chose qui l'intéressait était de savoir si elle progressait dans son travail. Il soupira et suivit Jo du regard pendant qu'elle s'éloignait. Il savait qu'elle se dirigeait vers son bureau: il aurait pu la rejoindre et parler plus tranquillement avec elle, en espérant que Lindsay ne soit pas également dans la pièce. Il hésita quelques instants, puis il se tourna vers le bouton de l'ascenseur. Les portes s'ouvrirent et il entra.


RosannaBC  (13.12.2012 à 17:37)

Chapitre 6:

 

 

Jo s'assit à son bureau et sortit le sandwich de son sac. Elle resta quelques instants à l'observer avant de soupirer et de le poser sur son bureau. Elle avait perdu l'appétit.

L'enquête… Voilà tout ce qui intéressait Mac à présent. Jo avait remarqué tristement que désormais ils réussissaient à peine à avoir une conversation professionnelle : l'atmosphère était devenue si tendue, presque insupportable.

Arrête d'y penser, Jo, se dit-elle, tu te fais du mal...

Elle couvrit son visage avec ses mains et soupira. Elle devait se reprendre. Elle était au travail et elle devait à tout prix se ressaisir: elle avait une enquête qui nécessitait toute son attention. Elle se mit alors à faire quelques recherches sur son ordinateur.

Une dizaine de minutes s'écoulèrent quand Lindsay apparut:

"Jo, je te cherchais justement!"

Jo détourna le regard de son ordinateur et vit Lindsay sur le pas de la porte.

"Oh, tu t'apprêtais à manger? Je..."

"Non, pas du tout." l'interrompit Jo. "Je faisais quelques recherches..."

Lindsay fit quelques pas et s'assit à son bureau, en face à celui de Jo. Elle regarda sa collègue quelques instants, puis son regard tomba sur le sandwich encore emballé, laissé dans un coin du bureau.

"Jo, tu devrais manger..."

"J'ai mangé...le sandwich est pour mon quatre heures..." sourit Jo.

A nouveau, un silence s'installa et Jo avait comme l'impression que Lindsay ne la croyait pas. Elle demanda rapidement:

"Tu as des nouveautés sur l'enquête?"

"Pas grand-chose malheureusement... Il est difficile déterminer si les éléments que j'ai ramassé sont reliés à notre scène de crime...je crains que ce ne soient que des déchets de la ruelle..."

"C'était à s'y attendre...compte tenu du fait que nous n'avons pas la scène de crime primaire... On peut par contre espérer quelque chose de l'autopsie."

"En effet. C'est à ce propos que je te cherchais, Sid a terminé l'autopsie."

"Bien, alors allons-y!"

 

                              ------------------------------------

 

"Sid, je t'en supplie! Dis-nous que tu as quelque chose!" s'exclama Jo avec un sourire en entrant dans la salle d'autopsie.

"Bonjour Jo, Lindsay..."

Les deux femmes le saluèrent pendant qu'il se penchait à nouveau sur le cadavre.

"Pour ce qui est de la cause de la mort, je ne pense pas vous surprendre en vous disant que la mort a été causée par un coup d'arme à feu tiré à bout portant, contre la tempe droite. La balle s'est logée dans le cerveau, je l'ai extraite et j'ai recueilli pour vous des résidus de poudre autour du point d'entrée du projectile."

Sid prit alors deux sachets en plastique qu'il tendit à Lindsay. Il souleva ensuite le drap et découvrit les mains de la victime avant d'ajouter:

"Comme vous pouvez le remarquer, aucun signe de lutte sur les mains et les bras..."

"Il avait confiance en la personne qui l'a tué...ou il a été drogué ?" dit Jo.

"Ou alors il a été attaché, immobilisé par quelqu'un d'autre?" ajouta Lindsay.

Sid hocha négativement la tête avant de replacer sous le drap les mains du cadavre.

"Il n'y a pas de contusions...donc j'exclue qu'il ait été attaché ou immobilisé... Je pencherai plutôt pour les hypothèses de Jo. J'attends les résultats de la toxicologie : je pourrai vous en dire plus après cela."

"Et l'heure de la mort?"

"Je la situerai entre 6h-7h du matin... J'ai autre chose pour vous..."
Sid prit alors un sachet en carton et le donna à Jo avant de dire:

"Les habits de la victime... Je pense que vous avez de quoi faire."

"Merci Sid." sourit Jo.

"Dès que j'ai du nouveau, je vous fais savoir."

 

                                    -----------------------------

 

« Alors balistique ou trace ? » demanda Jo alors qu'elle sortait de la salle d'autopsie accompagnée de Lindsay.

« Balistique ? »

« Très bien, je m'occupe des habits. » sourit Jo. « La première qui a du nouveau bipe l'autre. »

Lindsay hocha la tête et elles se séparèrent, chacune partant dans une direction.

Jo rejoignit une salle du labo et s'installa. Elle ouvrit le sachet en carton et sortit les habits de la victime qu'elle disposa sur la table. Elle commença par le jeans qu'elle scruta dans les moindres détails. Elle remarqua que le bas de la jambe gauche du pantalon était légèrement déchiré : à moins que la victime ait une jambe plus courte que l'autre, cette déchirure était loin d'être anodine. Elle documenta cette observation avant de continuer.

En retournant le pantalon, elle remarqua comme de la poussière qui luisait sur sa surface de travail. Elle gratta le jeans et remarqua qu'il tombait encore de la poussière. Elle la prit en photo et la récolta avant de se concentrer sur le t-shirt. Elle remarqua aussitôt des taches : elle découpa alors consciencieusement le tissu taché et le mit de côté. Elle récolta également des résidus sous les semelles des chaussures avant de prendre tous ses indices et de se rendre chez Adam, qui, une fois qu'il la vit arriver avec du boulot, ferma son ordinateur portable et soupira.

« C'est comme ça que tu m'accueilles ! » s'étonna Jo. « Je te donne l'occasion d'être utile aujourd'hui ! »

« Mais je l'étais déjà, figure-toi ! Je bossais sur l'enquête de Danny et Hawkes… »

« Lindsay et moi avons besoin de toi. Voici des traces que j'ai récupérées des habits de la victime… »

Jo posa ses indices sur le bureau et Adam glissa avec sa chaise pour s'approcher de la table. Il soupira :

« Des traces… Jo, tu sais bien que je préfère m'occuper de tout ce qui informatique ! »

« Oui, mais mon cher Adam, tu sais très bien qu'on ne peut pas faire toujours ce qu'on aime ! Comme disait Mick Jagger, « you can't always get what you want ». »

« Très bien…je t'appelle dès que j'ai quelque chose ! »

« C'est ça que je veux entendre ! » sourit Jo en lui tapant dans le dos.

Elle s'apprêtait à partir, mais elle retourna sur ses pas, s'approcha d'Adam et lui chuchota :

« La prochaine fois que tu veux me faire croire que tu bosses, contrôle tes arrières. Sheldon ne travaille pas aujourd'hui. »

Jo vit Adam écarquiller les yeux et ouvrir la bouche pour dire quelque chose, mais il se tut. Elle ne put s'empêcher de sourire et partit trouver Lindsay.

« Alors du nouveau ? »

Lindsay leva les yeux du microscope et sourit. Jo comprit qu'elle tenait peut-être quelque chose.

« J'ai procédé à la comparaison balistique. On a un calibre 38 Special… »

« Un classique… »

« En effet, j'ai rentré notre balle dans la base CIBLE afin de contrôler s'il n'y a pas une correspondance avec une autre affaire…et de ton côté ? »

« J'ai relevé certaines traces sur le t-shirt que j'ai apporté à Adam, mais également des résidus sur le pantalon qui pourrait très bien être du fer…mais je ne veux pas m'exprimer avant que Adam nous donne les résultats… »

« Les résidus de fer pourraient indiquer qu'il était sur son lieu de travail ? »

« Je devrais reparler avec la veuve, mais en effet, s'il s'est changé ce matin, alors cela veut dire qu'il s'est rendu à son travail… »

« Tu as déjà parlé avec la femme de la victime ? »

« Oui, je suis allée un peu avant midi… » répondit Jo en regardant dans le vide.

« Tu m'as l'air pensive… »

« Je le suis… Je repensais à ce que m'avait dit Madame Costa… Quand je lui ai annoncé la mort de son mari, elle était convaincue qu'il avait eu un accident à l'usine… »

Lindsay la regarda intriguée et l'invita à continuer en hochant la tête.

« Elle m'a dit que son mari dernièrement se plaignait du fait que les conditions de travail à l'usine se détérioraient…et qu'il ne se sentait pas en sécurité… »

« Jo… »

« Oui, je sais ce que tu vas me dire. Ce n'est que l'avis d'une personne, on ne peut pas se baser là-dessus et… »

« Jo, regarde ! »

Jo s'arrêta de parler et se tourna vers Lindsay qui s'était précipitée sur l'ordinateur. Elle s'approcha et Lindsay se tourna vers elle, lui annonçant avec un sourire :

« On a une correspondance. Une affaire de 2004... Même modus operandi... La victime, Frank Petrelli a été tué d'une balle dans la tempe droite. C'est une affaire non-résolue. »

« Qui s'est occupé de l'enquête? »

Lindsay pianota sur son clavier et un sourire triste apparut sur son visage quand elle répondit:
« Aiden Burn... »

« Il faudrait qu'on lui parle... Lindsay ? »

Jo remarqua le regard perdu dans le vide de Lindsay et elle posa une main sur l'épaule de la jeune femme qui sursauta avant de lui répondre :

« ça va être difficile... »

Jo fronça les sourcils et Lindsay ajouta :

« J'ai intégré l'équipe suite à son départ...et un jour, elle est devenue une de nos enquêtes. Elle a été assassinée par un violeur récidiviste...une de ses anciennes affaires... »

« Oh, je l'ignorais... » chuchota Jo. « Je suis désolée... »

Lindsay détacha les yeux de l'écran et se tourna vers Jo.

« Il vaut mieux qu'on aille chercher l'affaire aux archives... »

 

                          ----------------------------------------

 

« Voilà les affaires de 2004 devraient être par là... » s'exclama Lindsay.

Elles se trouvaient aux archives. Jo leva les yeux et contempla les rayons remplis de cartons qui s'empilaient les uns sur les autres. Bien qu'elle fut là depuis presque trois ans, c'était la première fois qu'elle entrait dans ces lieux. Il était rare de trouver une correspondance avec une ancienne affaire et le peu de fois où cela s'était produit, quelqu'un d'autre s'était chargé d'aller chercher le carton avec les indices et le dossier.

« Une vraie bibliothèque d'enquêtes ! Quel était le nom de la victime ? »

« Petrelli... Frank Petrelli. »

Elles avancèrent lentement parmi le rayon cherchant des yeux le carton Petrelli. Jo ne pouvait s'empêcher de se demander parmi toutes ces enquêtes combien d'entre elles étaient non résolues, combien de proches des victimes n'avaient pas eu la consolation de savoir que justice avait été faite...

« Parfois je me dis qu'on aurait tout autant de travail si on s'intéressait à toutes ces affaires irrésolues... » murmura Jo.

« C'est vrai, mais en faisant cela, on négligerait les affaires actuelles qui nécessitent notre intervention immédiate et tu sais tout autant que moi que certains indices ne sont pas éternels... »

« Tu as raison, Linds'... C'est pour cela qu'il faut qu'on saisisse cette opportunité. Ces deux enquêtes sont liées, résolvons-les et ainsi nous pourrons apporter le sentiment que justice a été faite aussi à la famille Petrelli. »

Lindsay hocha la tête et elles continuèrent en silence leur recherche, jusqu'à ce que Jo s'exclame avec un sourire :
« Le voilà ! Petrelli Frank ! »

Elle pointa du doigt la rangée la plus haute du rayon et Lindsay soupira. Evidemment leur enquête se trouvait tout en haut ! Elle chercha des yeux l'échelle et alla la chercher. Quand elle retourna auprès de Jo, cette dernière, sans un mot, prit l'échelle des mains de Lindsay et la positionna. Lindsay la regarda faire étonnée et Jo lui dit avec un sourire :

« Je sais que tu ne supportes pas les hauteurs... »

Lindsay lui sourit en gage de remerciement. Jo monta lentement et s'arrêta quand elle arriva à la bonne hauteur. Elle repéra à nouveau le carton et le tira vers elle doucement. Un nuage de poussière se forma et Jo cligna des yeux. Elle fut surprise par le poids de la boîte et elle se tourna pour la saisir à deux mains.

« Jo, fais attention. »

« Je ne m'attendais pas à ce que ça soit si lourd. J'aurais besoin d'un coup de main. Je te tends la boîte, tu arrives à la prendre ? »

Jo baissa le carton vers Lindsay qui réussit à le prendre et le posa sur une table auprès d'elle. Jo redescendit de l'échelle et balaya d'un rapide coup de main son pull pour chasser la poussière. Elle rejoignit Lindsay qui ouvrit la boîte. Un autre nuage de poussière se souleva et cette fois-ci, Jo ne put se retenir d'éternuer.

« A tes souhaits ! » sourit Lindsay.

« Merci ! Pffff cette poussière ! Prenons ce carton et sortons d'ici ! »

 


RosannaBC  (22.12.2012 à 12:28)

Chapitre 7:

 

Lindsay souleva le couvercle du carton et sortit lentement tout ce qui était à l'intérieur. Elle disposa le tout sur la table pendant que Jo lisait silencieusement le dossier.

« Aiden a soigneusement répertorié tous les indices. »

« ça n'a malheureusement pas été suffisant. D'après ce que je lis, la scène de crime primaire n'a jamais été trouvée. »

Lindsay leva alors subitement les yeux de la boîte et Jo lui tendit le dossier avant d'ajouter:

« Comme par hasard, on se retrouve avec un homme qui travaille dans la même usine de notre victime… »

« Cela ne veut rien dire Jo. D'ailleurs, l'usine a été inspectionnée d'après ce que je lis… »

« Une partie de l'établissement. J'ai comme l'impression qu'Aiden également avait des soupçons sur l'usine. Regarde son compte-rendu : « Seulement le casier de la victime et sa place de travail ont pu être inspectionnés ». Ce seulement, Lindsay, me porte à croire qu'Aiden avait autre chose en tête… »

« Mais on ne le saura jamais… Regarde les photos de la scène de crime. »

Lindsay les répartit sur la table et Jo resta en silence, son regard passant d'une photo à l'autre.

« On a le même M.O : une blessure par arme à feu à la tempe droite… »

« Et je dirais même plus, Lindsay. Petrelli a été abandonné dans une ruelle de Little Italy, quelques rues plus loin d'où a été retrouvée notre victime. On veut nous faire croire à une exécution : la balle dans la tempe, une victime italienne trouvée morte dans Little Italy. Tout pourrait nous faire croire à un règlement de comptes de la part de la criminalité organisée… »

« Mais tu n'y crois pas… »

« Pas une seule seconde. Notre victime n'avait aucun antécédent, ce n'était qu'un ouvrier qui se divisait entre son travail et sa famille… Il en va de même pour l'autre victime… »

« Mais Jo, ils auraient pu emprunter de l'argent à des personnes peu recommandables. Ils sont issus de familles plus que modestes : il était fort possible que le revenu du mari ne suffise pas pour maintenir toute la famille. »

Jo fronça les sourcils et Lindsay comprit que sa collègue ne croyait pas à cette option. Elle se concentra à nouveau sur le dossier et elle ajouta :

« Par contre, Petrelli a été assassiné entre 23h et minuit. Sa famille, ne le voyant pas rentrer à la maison, avait dénoncé sa disparition… Son corps n'a été retrouvé que le lendemain matin, dans les alentours de 6h.»

« Voilà qui est intéressant. »

Jo demanda davantage de précision à Lindsay qui commença à lui lire les détails du dossier. Jo écoutait sa collègue avec attention. Elle releva légèrement la tête, détournant le regard des photos sur la table et s'immobilisa. Elle vit que Mac se dirigeait vers la salle où elle et Lindsay étaient. Soudain, il leva les yeux et elle croisa son regard. Elle ne put s'empêcher de retenir son souffle tandis qu'il s'approchait. Elle ne détourna pas le regard, elle continua à le fixer et il en fit tout autant. Mac était désormais sur le pas de la porte, mais il n'annonça pas sa présence : il continuait à regarder droit dans les yeux Jo, la faisant sentir mal à l'aise. Lindsay s'arrêta brusquement dans la lecture du dossier, sentant probablement la présence de quelqu'un dans la salle. Elle leva les yeux et vit Mac qui restait en silence près de la porte. Elle suivit le regard de son supérieur et elle comprit qu'il était en train de fixer Jo. Elle se tourna vers Jo et elle constata que sa collègue en faisait de même. Lindsay fronça les sourcils en constatant ce « ping pong » de regard, mais elle n'eut pas le temps de réagir que Mac, semblant sorti de sa torpeur, dit :

« J'ai cru entendre que vous vous étiez rendues aux archives… »

Lindsay vit du coin de l'œil Jo baisser le regard et jouer avec son collier, et elle comprit que c'était à elle de parler.

« Oui, en effet. » répondit Lindsay. « J'ai entré la balle prélevée dans le crâne de notre victime dans la base CIBLE et j'ai trouvé une correspondance avec une enquête de 2004. »

« Quelle enquête ? »

« Frank Petrelli… »

« C'est une enquête non-résolue d'Aiden… »

Jo vit Mac baisser le regard quand il prononça le nom de la jeune femme, et si les temps avaient été différents, Jo aurait sûrement demandé à en savoir plus sur Aiden à la fin de sa journée, quand elle se serait rendue dans le bureau de Mac pour le saluer.

« Exact. » répondit Lindsay surprise. « Mais comment faites-vous à vous en souvenir ? »

Mac s'approcha de la table et répondit :

« Quand Aiden est partie, elle m'a demandé de faire en sorte que cette enquête ne reste pas irrésolue et j'ai conservé depuis alors ce dossier dans... »

Mac s'interrompit, se rendant compte qu'il ne trouvait pas le bon mot. Cette hésitation ne dura qu'une seconde, car Jo comprit aussitôt et elle ajouta :

« Dans le fameux bac des enquêtes irrésolues sur un coin de ton bureau. »

« Exact. Dans le bac sur mon bureau…»

En prononçant ces mots, il regarda droit dans les yeux Jo et elle soutint le regard, lui faisant comprendre silencieusement que pour cette fois, son hésitation n'avait pas été remarquée, mais que la prochaine fois, elle ne serait peut-être pas dans les parages pour lui sauver la mise. Mac se rendait compte que Jo savait de son problème, et il savait également que tant qu'il continuait à garder cela pour lui et à faire comme si rien ne s'était passé entre eux, elle lui en aurait voulu. Il pouvait lire dans son regard une myriade d'émotions et Jo en avait conscience. En travaillant au FBI, elle avait eu l'occasion de suivre des cours sur les microexpressions et ces manifestations n'avaient plus aucun secret pour elle. Elle savait aussi bien détecter le mensonge sur le visage d'un suspect que maitriser ces propres expressions faciales pour masquer ce qu'elle ressentait, mais s'il y avait une chose dont elle était incapable, c'était de cacher l'expressivité de ses yeux. Dans une situation comme celle-ci, elle était consciente que c'était une faiblesse, car si elle était capable de lire dans les yeux de Mac, lui était tout autant apte à en faire de même avec elle.

Elle fut interrompue dans ses pensées par Mac qui dit :

« Je connais très bien cette affaire. A l'époque, j'avais eu de la peine à convaincre Aiden de lâcher prise. Elle y tenait beaucoup à cette enquête. »

Jo acquiesça et Lindsay demanda :

« Est-ce vrai qu'Aiden avait des soupçons sur l'usine ? »

Mac regarda la jeune femme avec un air interrogateur et Jo se sentit obligé de prendre la parole.

« Moi-même j'ai des soupçons…et je crois qu'Aiden la pensait comme moi. »

« Ce que je conseille à toutes les deux » répondit Mac, « c'est de vous en tenir aux indices. Pas de soupçons sans preuve. Appuyez-vous sur les indices que vous avez récoltés, qu'Aiden a récolté et venez me voir dès que vous tenez une piste. Quelque soit la piste. »

Bien qu'il s'adressait aux deux femmes, il ne quitta pas Jo du regard en disant cela, car il la connaissait trop bien et il savait qu'après ce qu'il s'était passé entre eux, elle l'évitait et il ne voulait pas qu'elle fasse cavalier seul dans cette enquête qui était loin d'être simple. Il espérait que le message était passé.

« Bien sûr, patron ! » répondit Jo. « En attendant, je vais aller voir la famille Petrelli… »

Mac fronça les sourcils à l'utilisation du mot « patron ». Il savait que cet usage n'avait rien d'innocent : Jo ne faisait que de continuer de marquer le fait qu'ils n'étaient que collègues, et bien qu'elle l'ait dit sur un ton plaisantin, il savait très bien détecter un soupçon de reproche dans sa voix. Jo s'apprêtait à prendre le dossier pour y lire l'adresse quand Mac l'interrompit :

« La famille n'habite plus à cette adresse… »

Elle se tourna vers lui et lui répondit :

« Très bien, alors je vais chercher la nouvelle adresse. »

Elle était en train de récolter ses affaires et était prête à sortir de la pièce quand Mac l'appela :

« Jo ? »

« Hmm ? »

« Oublie la famille. Ils sont retournés en Italie deux ans après le meurtre de Petrelli. »

Jo soupira. Cette enquête n'allait pas être des plus simples. Elle indiqua à Lindsay qu'elle allait voir à quel point se trouvait Adam avec les analyses des traces et sortit de la pièce, passant à côté de Mac sans lui daigner un regard.

 

                                                     -----------------------------------

 

Jo savait qu'Adam n'avait sûrement pas terminé ses analyses, mais elle ne supportait plus de rester dans la même pièce de Mac et de faire semblant que tout allait bien. Mac était peut-être bon acteur, mais elle avait plus de difficulté à se comporter comme d'habitude quand il était dans les parages. Elle ne pouvait s'empêcher d'entendre résonner dans sa tête les mots qu'il lui avait dits le soir précédent. Elle passa une main dans ses cheveux et secoua la tête, espérant chasser ainsi ces mauvais souvenirs. Elle continua à marcher dans le couloir et elle s'arrêta sur le pas de la porte de la salle où se trouvait Adam, qui était en plein travail. Elle s'appuya contre le chambranle de la porte et guigna à l'intérieur avant de demander à Adam :
« Alors ça avance ? »

Il sursauta et se tourna vers Jo qui lui sourit.

« Jo ! Tu viens de me donner tes indices ! Un peu de patience ! »

Elle le regarda étonnée avant de jeter un coup d'œil à sa montre et de répondre :

« Voilà presque trois heures que je t'ai tout apporté ! »

« Ta montre est déréglée alors… »

« Je dirais plutôt que ta perception du temps est altérée… » sourit Jo.

« Elle le serait aussi pour toi si tu passais tout ton temps dans cette pièce sans voir le jour comme un rat de laboratoire ! »

Jo leva les yeux au ciel et soupira.

« Adam… »

« Ok, ok désolé ! Je peux te dire que cette « poussière » que tu as récoltée sur les pantalons sont des résidus de fer…résidus que j'ai également détecté dans l'échantillon qui vient des semelles des chaussures de la victime. En plus de cela, il y avait de la terre sous les chaussures, mais je n'ai pas encore eu le temps de l'examiner, tout comme les tâches sur les vêtements… »

« Très bien, merci Adam ! »

« Je t'appelle dès que j'ai du nouveau ! »

Jo hocha la tête et se dirigea vers son bureau. Elle alluma son ordinateur et se mit à pianoter sur son clavier quand son téléphone portable vibra dans sa poche. Elle le sortit et vit un message de Sid qui lui annonçait que les résultats de la toxicologie étaient négatifs. Il n'y avait aucune trace de drogue ou d'autres substances dans les analyses de sang, ce qui éliminait sa deuxième hypothèse. La victime avait donc confiance en son assassin ? Elle se rappela alors du bas de la jambe gauche du pantalon qui était légèrement déchiré et elle envoya un message à Sid lui demandant de mesurer la longueur des jambes de la victime.

Elle porta ensuite de nouveau son attention sur l'écran de son ordinateur et après quelques minutes de recherches, un sourire se dessina sur son visage. Elle prit un de ses post-it et écrivit quelques mots avant de se lever d'un bond de sa chaise. Elle s'immobilisa un instant, saisie tout à coup de vertige. Elle s'était levée trop vite. Elle s'assit à nouveau calmement et son regard tomba sur le sandwich encore emballé. Elle devait manger, sinon elle n'aurait pas tenu une minute de plus. Elle déballa le sandwich et commença à manger, mais elle ne put qu'en avaler deux bouchées que Lindsay apparut dans le bureau. Jo referma immédiatement son sandwich et le posa quand sa collègue lui dit :

« Je te cherchais ! J'ai reçu le message de Sid, toi aussi je suppose ? »

« Exact. Et je suis allée voir Adam : il a trouvé la présence de résidus de fer sur les pantalons et sous les semelles de la victime. »

« Voilà qui est intéressant. Si notre victime s'est changé ce matin, cela indiquerait qu'elle s'est effectivement rendue à son travail ».

« Oui…et Sid situe l'heure de la mort entre 6h et 7h. Il suffit qu'on se renseigne sur l'heure d'arrivée à l'usine et on saura combien de temps il y est resté avant d'être tué ».

« Je peux m'en occuper si tu veux. »

« D'accord. Pendant ce temps, je vais aller parler à la fille de Petrelli. »

« Mais je croyais que la famille était retournée en Italie ? »

« C'est le cas…mais elle est venue à New York pour poursuivre ses études. Elle est à l'université ici. J'y vais maintenant, avec un peu de chances j'arrive à la trouver sur le campus. »

« Tu devrais avertir Mac, Jo… »

« Mais ce n'est pas une piste, je te laisse lui expliquer nos trouvailles… »

« Quelles trouvailles ? » l'interrompit une voix.

Jo se retourna et se trouva face à face avec Mac. Décidément, aujourd'hui, elle ne serait pas parvenue à l'éviter. Elle lui répondit brièvement :

« Lindsay va tout t'expliquer. »

Jo s'apprêtait à sortir de la salle quand Mac lui bloqua le passage :

« Et toi où vas-tu ? »

De quoi je me mêle ? avait-elle envie de lui rétorquer. Elle mordit sa langue et n'eut pas le temps de formuler une réponse adéquate que Lindsay répondit pour elle :

« Elle a trouvé la fille de Petrelli. »

Merci Lindsay, pensa Jo.

Mac la regarda surpris et il demanda plus d'explications à Jo.

« Oui…elle est à l'université ici…je vais aller lui parler. »

« Je viens avec toi. »

« Mac, je peux très bien y aller toute seule. Je suis une grande fille. »

« Je viens avec toi. » répéta-t-il mais cette fois plus fermement.

Ils se défièrent un instant du regard et Jo leva ses bras en signe de défaite avant de répondre :

« Bien, allons-y alors. »

 

 


RosannaBC  (30.03.2013 à 23:35)

Activité récente
Dernières audiences
Logo de la chaîne M6

NCIS, S23E03
Samedi 6 juin à 21:10
0.85m / 5.6% (Part)

Logo de la chaîne France 2

Haute saison, S01E04
Vendredi 5 juin à 22:00
2.82m / 20.3% (Part)

Logo de la chaîne France 2

Haute saison, S01E03
Vendredi 5 juin à 21:10
3.25m / 20.6% (Part)

Logo de la chaîne France 3

Un si grand Soleil, S08E199
Vendredi 5 juin à 20:40
1.47m / 9.7% (Part)

Logo de la chaîne TF1

Demain nous appartient, S09E200
Vendredi 5 juin à 19:15
1.86m / 15.6% (Part)

Logo de la chaîne TF1

Demain nous appartient, S09E199
Jeudi 4 juin à 19:15
2.08m / 15.0% (Part)

Logo de la chaîne TF1

Grey's Anatomy, S22E16
Mercredi 3 juin à 22:00
1.49m / 10.1% (Part)

Logo de la chaîne France 2

L'or bleu, S01E06
Mercredi 3 juin à 22:00
2.29m / 15.0% (Part)

Toutes les audiences

Actualités
Joshua Jackson rejoint la saison 3 de Your Friends & Neighbors

Joshua Jackson rejoint la saison 3 de Your Friends & Neighbors
Après The Affair et plus récemment Doctor Odyssey, Joshua Jackson s'offre un nouveau projet télévisé...

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs anglophones

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs anglophones
Plusieurs nouvelles séries sont à découvrir cette semaine du côté des diffuseurs anglophones....

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs francophones

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs francophones
Les diffuseurs francophones européens vous proposent une dizaine de nouvelles fictions. Lesquelles...

La Petite Maison dans la Prairie a recruté Nellie Oleson et deux personnages emblématiques

La Petite Maison dans la Prairie a recruté Nellie Oleson et deux personnages emblématiques
Alors que la saison 1 du reboot de La Petite Maison dans la Prairie n'arrivera sur Netflix que le 9...

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs francophones

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs francophones
Sept séries sont à découvrir cette semaine du côté des diffuseurs francophones. Allez-vous regarder...

HypnoRooms

ShanInXYZ, 01.06.2026 à 20:39

Nouveau mois sur les quartiers Cat's Eyes et Doctor Who, n'hésitez pas à passer

CastleBeck, 02.06.2026 à 11:38

Bannières et thème en vote, si vous avez 30 secondes pour cliquer. Merci.

choup37, Avant-hier à 12:26

Nouveaux sondages sur kaamelott et Doctor Who

ShanInXYZ, Hier à 02:07

Nouveau sondage sur le quartier Cat's Eyes, pas besoin de connaître la série

Luna25, Hier à 08:58

Nouveau mois sur les quartiers Legends of Tomorrow, Reign et Supernatural, n'hésitez pas à passer !

Viens chatter !

Newsletter

Les nouveautés des séries et de notre site une fois par mois dans ta boîte mail ?

Inscris-toi maintenant

Sondage

Un peu d’amour dans un monde de brutes. Parmi ces couples, lequel aviez-vous vu venir dès le départ ?

Plus d'infos / Commenter

Total : 58 votes
Tous les sondages