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Série : Robin Hood
Création : 18.02.2010 à 17h39
Auteur : Evangeline
Statut : Terminée
« Attention cette fic contient des spoilers. Elle se situe juste après le dernier épisode de la saison 2... C'est reparti pour une nouvelle aventure! Bonne lecture! » Evangeline
Cette fanfic compte déjà 49 paragraphes
Au cours de la soirée, beaucoup de nomades vinrent saluer Robin et sa bande toujours avec respect et bienveillance. Robin se pencha vers Much.
- Pourquoi sont- ils si gentils avec nous?
Much haussa les épaules.
- Je pense que c'est dans leur nature, répondit- il. Et puis je pense que c'est aussi grâce à elle...
Much désigna Yasmina d'un signe de tête.
- C'est grâce à elle si on est là, reprit- il. Quand nous sommes arrivés près de la caravane, ils nous ont encerclés, armes à la main...
Robin hocha la tête. Il le comprenait. Après tout, les anglais faisaient la guerre à leur peuple. Il était normal qu'ils aient une conduite hostile envers eux.
- On a essayé de leur faire comprendre qu'on avait besoin d'aide, reprit Much. Mais ils n'ont rien voulu savoir. Ils se sont rapprochés, l'air menaçant. Et là, elle, est arrivée. Elle leur a dit quelques mots en arabe et puis elle s'est mit à nous parler, en anglais. Elle nous as demandé ce qu'on faisait là et puis elle nous as conduit jusqu'à sa tente malgré les protestations de son père. Au départ ça a été tendu mais ils ont vite compris qu'on n'était pas une menace. Et puis Yasmina leur à raconté notre histoire... Ils ont aussitôt changé d'attitude!
Robin hocha la tête mais ne rajouta rien. Il ne voulait pas parler de leur histoire, il ne voulait pas se souvenir de ce qui les avaient conduit ici. Pas ce soir. Ce soir il voulait se vider l'esprit.
Et c'est pour ça qu'il recommença à s'intéresser aux nomades qui les avaient accueillis.
En les étudiant le reste de la soirée, Robin comprit pourquoi les nomades étaient si heureux et si gentils: ils ne possédaient pas grand chose, quelques tentes et quelques animaux, mais ça leur était suffisant car à côté de cela, ils avaient le plus important: leur famille. C'était des gens d'une grande humanité. C'était là leur plus grande force. Tout ces gens profitaient des choses simples de la vie et vivaient en harmonie. Ils ne pensaient pas à l'avenir juste au présent. Ils vivaient chaque instant comme si c'était le dernier. Robin pensa qu'ils avaient bien raison...
Chapitre 4
Le lendemain, la caravane se mit en route.
Robin trouva tout de suite que ça n'allait pas assez vite mais il préféra ne rien dire.
Pendant deux jours, la caravane traversa le désert. Un désert qui ne semblait ne jamais vouloir finir, au grand dam de Robin. Alors que Much, Jean et Allan s'intégrèrent vite au groupe, Robin lui resta à l'écart. Il se plaça à la tête du convoi et marcha toute la journée et celle du lendemain, seul et perdu dans ses pensées. En fin d'après midi, le deuxième jour, la caravane s'arrêta et s'installa pour passer la nuit. Allan et Jean aidèrent les sarrasins à monter les tentes. Much, lui, aida à préparer le repas. Quant à Robin, il s'isola encore une fois en haut de la colline la plus proche.
Il contemplait encore les étoiles quand il sentit une présence approcher derrière lui.
- Robin...
C'était Yasmina.
- Le repas est prêt...Tu te joins à nous?
Robin haussa les épaules. Il avait encore envie de rester seul mais il ne voulait pas se montrer impoli...
- Je crois que je vais rester encore un petit moment ici, finit -il par dire. Ce n'est pas contre toi et les tiens, ajouta- t- il, mais...
- Je sais, l'interrompit Yasmina.
Robin la fixa alors qu'elle s'asseyait à côté de lui.
- Much m'a raconté ce qui s'est passé...
Elle regarda Robin d'un air triste.
- Je suis désolée pour ta femme...
- Merci, murmura Robin en serrant les poings.
A chaque fois que quelqu'un lui parlait de Marian, la douleur était encore plus intense. Il ferma les yeux et respira un grand coup.
- Je ne sais pas trop quoi te dire, continua Yasmina. Si ce n'est que je suis déjà passée par là, je sais ce que c'est...
Robin lui jeta un regard surpris. Yasmina ne sembla pas l'avoir remarqué. Elle reprit, les yeux dans le vague.
- Je sais combien ça peut faire mal...
- Qui ? voulut savoir Robin.
- Mon fiancé...
Yasmina lui adressa un sourire triste et se plongea dans ses souvenirs.
- Il s'appelait David. C'était un croisé...
Robin garda le silence, le temps d'assimiler ce que venait de lui dire la jeune sarrasine.
- C'est lui qui t'a appris notre langue ? demanda- t- il alors.
La jeune femme acquiesça.
- Aimer un ennemi de ton peuple, reprit Robin. Votre relation n'a pas du être facile...
- C'est le moins que l'on puisse dire, confirma Yasmina.
Elle se tourna vers lui.
- Je suis prête à raconter mon histoire si tu en fait autant...
Robin secoua la tête et sentit son coeur se compresser. Yasmina dû sentir son mal être. Elle lui posa une main affectueuse sur le bras.
- Robin. Tu as subi une épreuve terrible. Et je comprends que tu sois fou de chagrin. Mais tu ne dois pas rester seul. Tu ne dois pas t'isoler. Il faut que tu en parle à quelqu'un...de ce qui s'est passé, de ce que tu ressens...Crois- moi, c'est la seule solution pour te sentir mieux...
Robin secoua de nouveau la tête et serra les dents.
- Non je ne veux pas...je ne peux pas...
Il mit une main contre son coeur. Il avait tellement mal. Comme il aurait voulu que la douleur s'arrête! Yasmina surprit son geste mais ne dit rien. Robin la regarda. Il savait qu'elle voulait l'aider, mais lui voulait seulement rester seul.
- Je n'ai pas besoin de ton aide, assura- t- il alors.
- Non c'est sûr tu préfères te morfondre! répliqua Yasmina.
Elle ne voulait pas être méchante, simplement le faire réagir. Robin lui lança un regard choqué.
- Tu as le droit d'être triste, repris Yasmina. Mais tu ne dois surtout pas baisser les bras! Tu dois continuer à te battre!
Robin soupira et se leva.
- Je ne suis pas prêt, murmura- t- il.
Et il commença à s'éloigner. Il stoppa quand Yasmina recommença à parler:
- J'en voulais à la terre entière quand David est mort...
Robin se retourna. Il vit que Yasmina regardait le ciel étoilé.
- J'étais tellement en colère, continua- t- elle. Contre tout le monde. Y compris moi.
Robin se rapprocha.
- Je m'en voulais tellement, confia la jeune femme. Je me répétais sans cesse que j'aurais pu empêcher sa mort...
Robin se rassit à côté de Yasmina. Celle- ci continuait de fixer le ciel.
- Je souffrais terriblement, reprit- elle. La douleur était insupportable...
Alors qu'elle parlait, Robin comprit qu'elle avait vécu exactement ce que lui était en train de vivre. Il décida finalement de rester à l'écouter. Peut- être avait- elle une solution pour que la douleur disparaisse...
Yasmina et Robin passèrent l'heure suivante à se parler. A se parler de leur passé respectif. Yasmina parla de son amour interdit pour un ennemi de son peuple.
- Entre nous ça a été le coup de foudre, raconta- t- elle. C'était il y a 5 ans. A l'époque, ma famille et moi n'étions pas des nomades. Nous habitions un petit village près de Jérusalem... Et puis les croisés sont arrivés... Il y a eu de terribles batailles... Notre village n'a pas été touché mais il a été réquisitionner par les croisés qui y emmenaient leurs blessés. David en faisait partie... C'était le seul à se montrer gentil avec nous, à nous remercier de "supporter leur intrusion", comme il disait...
Yasmina esquissa un sourire.
- J'avais eu de nombreux prétendants mais je n'avais jamais trouvé le bon, au grand dam de mon père, continua- t- elle. Et il a fallu que je tombe amoureuse d'un ennemi de mon peuple! Bref. Trois semaines après son arrivée, nous échangions notre premier baiser. Après, tout est allé très vite. Il est reparti en croisades mais il s'arrangeait pour revenir très souvent au village.
Notre relation est restée secrète pendant un an. Seuls mon père et mon frère étaient au courant. Ils avaient fini par accepter David pour mon plus grand bonheur! Un bonheur qui n'a pas durer: il venait de me demander ma main quand un drame s'est produit. Une jeune sarrasine de mon village a été violée par un croisé. Les esprits se sont échauffés. Des deux côtés. Et David s'est rangé de notre côté à la stupeur général. Il voulait que le coupable soit jugé pour son crime. Notre relation a été découverte. Bien attendu peu de monde l'a accepté. David a été démis de ses charges. Le soir même, le croisé qui avait violé la jeune fille, est venu trouvé David. Ils se sont battus...et... David l'a tué... Il s'est lui même dénoncé pour ne pas qu'un musulman soit accusé à tord. Il a été accusé de trahison et arrêté.
Yasmina s'arrêta un instant et ferma les yeux. Robin n'osait pas parler de peur de la perturber. Il ne pensait plus à rien. Seulement à l'histoire que racontait Yasmina. Cette dernière reprit:
- Il...Il a été condamné à mort... J'ai essayé...j'ai essayé de le faire s'échapper...
Elle secoua la tête. Des larmes coulèrent le long de ses joues.
- J'entends encore ses cris quand ils l'ont brûlé sur le bûcher...
Il y eut un moment de silence.
- Après ça, ma famille et moi avons tout quitté et nous avons pris la route, dit finalement Yasmina.
Elle se tut et sécha ses larmes.
- Voilà, ajouta- t- elle. Tu connais mon histoire...
Robin secoua la tête d'un air désolé.
- Je...je suis désolé, murmura- t- il.
Yasmina hocha la tête.
- Merci.
Elle tourna la tête et le regarda dans les yeux. Robin comprit que c'était à lui de parler.
Au départ, il eu beaucoup de mal à parler, à se confier sur sa vie, sur ce qui s'était passé. Mais petit à petit, il se détendit et évoqua les moments tristes comme les moments heureux de sa vie avec Marian. Il parla de leur première rencontre, de leur premier baiser, de leurs fiançailles, de son départ en croisade qui avait tout changé, de leurs nombreuses disputes à son retour en Angleterre. Mais il parla aussi de leur combat commun contre le shériff, de l'évolution de leur relation de leur baiser après le mariage raté de Marian et Gisborne et de leur fiançailles dans la forêt de Sherwood. Et puis il parla des terribles évènements qui s'étaient déroulés en Terre Sainte.
A ce moment là, il serra les poings et se concentra pour ne pas pleurer. Il évoqua alors les derniers moments qu'il avait eu avec Marian, les derniers instants durant lesquels il avait fait d'elle sa femme...
Puis ce fut le silence. Robin semblait perdu dans ses pensées. On avait l'impression qu'il avait oublié la présence de Yasmina à ses côtés. Il soupira et laissa son regard dérivé sur l'Océan de sable qui s'étendait à l'infini.
- Elle était merveilleuse, reprit- il finalement.
Il esquissa un sourire triste.
- Tellement forte, tellement déterminée. Mais aussi tellement belle et tellement pleine de vie. Et elle voulait toujours aidé les autres et elle adorait n'en faire qu'à sa tête!
Son sourire s'effaça.
- Et pour tout ça, je l'aimais...non je l'aime, je l'aime encore à la folie! C'était...c'est la femme de ma vie!
Il se tut. Les deux jeunes gens gardèrent le silence pendant un moment, le temps d'assimiler tout ce qui venait d'être dit. Finalement, Yasmina tourna la tête vers Robin et lui prit la main. Robin la regarda surprise. La jeune sarrasine esquissa un sourire triste.
- On a tous les deux vécu une tragédie, commença- t- elle. Mais on ne doit pas pour autant arrêter de vivre. Il faut continuer à se battre! Moi au départ, j'étais comme toi...et puis j'ai repris goût à la vie...
- Comment?
- Grâce à mes proches, reprit Yasmina. Robin, tu ne dois pas t'isoler...
Robin haussa les épaules.
- C'est plus facile à dire qu'à faire, murmura- t- il.
- Yasmina?
Yasmina et Robin se retournèrent. Caleb arrivait à leur rencontre.
- Tu viens? demanda- t- il.
Yasmina se leva et s'adressa à Robin:
- Oui mais tu y arriveras, assura- t- elle en époussetant sa robe. Tu es sûr que tu ne veux pas redescendre avec moi? ajouta- t- elle.
- J'ai envie de rester un peu seul, répondit Robin.
Yasmina hocha la tête et commença à descendre la dune avec son frère. Robin l'interpella:
- Yasmina ?
La jeune femme se retourna.
- Merci. De vouloir m'aider.
Yasmina lui adressa un sourire chaleureux puis s'éloigna.
Robin resta encore un moment à contempler les étoiles et à réfléchir. A réfléchir à sa discussion avec Yasmina. Si au départ, il avait cru qu'il ne pourrait jamais se confier, il avait fini par y parvenir. Il avait réussi à parler de tout ce qu'il avait sur le coeur. Et à son grand étonnement, cela lui avait fait du bien. Lui qui aujourd'hui, avait du mal à parler avec Much, Allan ou Jean, il avait réussi à parler avec Yasmina. Et au fond de lui, il savait très bien pourquoi il avait été plus facile pour lui de se confier à la jeune sarrasine. Voir le reste de la bande ou leur parler, lui rappelait trop toutes les choses qu'il avait vécu avec Marian. Yasmina elle, était quelqu'un d'étranger à la vie qu'il avait eu avec Marian. Et puis comme lui, elle avait perdu l'amour de sa vie. Comme elle l'avait dit, elle savait exactement ce qu'il pouvait ressentir...
Robin prit une grande bouffée d'air frais. Il était toujours aussi fou de chagrin et de douleur. Mais il était plus calme. Et plus déterminé. En temps voulu, il se vengerait de Gisborne, il s'en fit le serment.
Il soupira. Il savait qu'il devait retourner au campement. Avant que quelqu'un d'autre ne vienne le chercher. Il jeta un dernier regard au magnifique ciel étoilé puis il se leva et prit le chemin du campement en songeant avec tristesse que cela faisait maintenant 8 jours que Marian était partie. Le temps passait mais la douleur était toujours là, toujours aussi forte. Il sentit les larmes venir. Il se contrôla et les empêcha de couler...
*
*
Le lendemain, la caravane reprit la route. Contrairement aux jours précédents, Robin ne resta pas à l'écart. Il se plaça en milieu de convoi et passa le plus clair de son temps à parler avec Yasmina. Much se rendit compte de ce changement et comprit avec soulagement que la discussion que Robin avait eu avec Yasmina la veille avait été bénéfique. Il sourit. Robin n'était peut- être pas encore sortit d'affaire, mais la présence de Yasmina semblait l'avoir apaisé. Bien sûr, Much se garda bien de raconter tout cela à Robin. Il préféra l'observer en remerciant le ciel d'avoir croisé la route de cette caravane...
La route se passa sans encombre et à la nuit tombée, la caravane stoppa et s'installa pour la nuit.
Ce soir là, Robin mangea avec ses compagnons. Ils ne parlèrent pas beaucoup. Mais ils étaient ensemble, tous les quatre. C'était suffisant.
Chapitre 5
A plat ventre au milieu du désert, Karim observait. Il observait la caravane qui avait établie son campement entre deux immenses dunes de sables. Les tentes avaient été dressées et les nomades s'occupaient maintenant d'allumer des feux et de préparer à manger. Sans faire attention à ce qui se passait autour d'eux.
Karim sourit. Parfait. Il se releva discrètement et redescendit la dune sur lequel il s'était perché. Il marcha pendant environ 15 min et arriva devant un autre campement, plus petit. Il s'était mis à l'écart avec ses hommes pour ne pas attirer l'attention de la caravane.
Karim avait rejoint ses hommes aussitôt après avoir discuté avec le shériff et son bras droit. Ils avaient pris la route sans perdre une seconde. Le lendemain en fin de journée, il avait retrouvé la trace de Robin des Bois. Mais il avait découvert avec colère, que ce serait moins facile que prévue: en effet Robin et sa bande voyageait désormais avec une caravane de nomades. Karim ne possédait qu'une douzaine d'hommes. Il avait compris qu'ils n'étaient pas assez nombreux. Mais il avait remédié à cette situation. Avec ses hommes, il s'était rendu à quelques kilomètres de là près du village de Lithy. Là- bas se trouvait une des plus importantes mines de la région. Et le patron de cette mine, Salam, avait toujours besoin d'esclaves supplémentaires. Karim avait donc été le trouver et lui avait proposé un marché. Un marché que Salam s'était empressé d'accepter.
Karim s'avança au milieu du campement et chercha Salam du regard. Quand il le vit, il lui fit signe de le rejoindre dans sa tente. Quelques secondes plus tard, les deux hommes se retrouvèrent face à face dans la tente de Karim.
- Ils sont juste là, commença aussitôt Karim. Ils se sont installés pour la nuit. Il n'est pas nécessaire d'attendre un jour de plus. Nous attaquerons cette nuit.
Salam hocha la tête. C'était un homme barbu et bedonnant d'une cinquantaine d'années qui malgré la vieillesse avait conservé une certaine vigueur. Le marché que Karim lui proposait était une aubaine pour lui. C'était un des hommes les plus riches de la région grâce à son énorme exploitation minière. Mais ces temps ci, beaucoup de mineurs avaient perdus la vie dans des éboulements. Il devait donc renouveler sa main d'oeuvre.
- Mes hommes seront prêts, dit- il alors à Karim.
- J'y compte bien, répliqua ce dernier. Avec vos hommes et les miens, nous sommes vingt cinq, enchaîna- t- il. Nous serons bien assez pour mener une attaque rapide et facile.
Salam hocha de nouveau la tête. Karim continua:
- Notre accord est donc clair? Tous les nomades sont à vous, ainsi que les trois blancs. Mais l'Anglais et la fille sont à moi...
- Oui tout est parfaitement clair, mes hommes ne toucheront pas à vos deux cibles.
- Bien, alors tout est clair, repris Karim. Si on fêtait notre accord autour d'un bon repas? proposa- t- il alors.
Et il entraîna Salam à l'extérieur pour manger. Avant de prendre place autour du feu, Karim laissa porter son regard dans la direction où se trouvait la caravane. Il souri. Dans quelques heures, ils allaient piller, tuer et faire des prisonniers. Pour son plus grand plaisir. Il soupira. Il adorait son métier. Et ce Robin des Bois n'allait pas tarder à en faire les frais...
*
Les dromadaires avançaient à vive allure. Sur leurs dos, leurs cavaliers les pressaient d'avancer plus vite. La nuit était déjà tombée depuis quelques minutes mais les 4 dromadaires continuaient leur course en plein milieu du désert.
Juchés sur le deuxième dromadaire, Will et Djaq fixaient la première monture devant eux. Ils priaient pour que l'homme monté sur cette dernière sache vers où ils se dirigeaient. Le temps leur était compté. Ils n'avaient pas le droit à l'erreur...
Après avoir quittés la demeure de Bassam, Will et Djaq s'étaient rendus à l'adresse que leur avait indiqué le vieil homme. C'était la maison qui se trouvait le plus en bordure du village où vivait Bassam. Ils avaient aussitôt stopper leurs chevaux et s'étaient précipités vers la porte. Celle- ci s'ouvrit à la volée et deux grands sarrasins apparurent sur le seuil.
- Nous venons voir Omar, annonça Djaq en arabe, en arrivant devant eux.
- Que lui voulez- vous? demanda l'un des deux, d'un air méfiant.
- Son aide..., répondit Djaq.
Les deux hommes se regardèrent. Vu leur ressemblance, Will se dit qu'il devait être frères. Il n'avais pas saisi ce qui s'était dit mais il les vit le fixer et comprit qu'il se méfiait de lui.
- S'il vous plaît, insista Djaq.
Finalement, celui qui semblait être le plus jeune, hocha la tête.
- Venez, dit- il en leur faisant signe d'entrer.
Djaq et Will pénétrèrent dans la grande bâtisse. Ils traversèrent un long couloir et arrivèrent devant une belle porte en bois sculptée. Le jeune sarrasin ouvrit la porte. Will et Djaq se retrouvèrent dans un magnifique jardin. A l'intérieur, c'était une vraie oasis. Il faisait frais et la flore était luxuriante. Une fontaine trônait au milieu du jardin et des oiseaux chantaient. Un homme se dirigea vers eux. Très grand, la quarantaine, il avait un visage doux et bienveillant. Il ouvrit les bras dans en signe de bienvenue.
- Salam aleikoum! Bienvenue dans mon petit coin de paradis!
Djaq et Will le saluèrent.
- Que me vaut l'honneur de votre visite? demanda Omar.
- C'est Bassam qui m'a recommandé de venir vous voir, commença Djaq. Je m'appelle Saphia, reprit- elle en se présentant sous son vrai nom.
- Saphia! s'exclama Omar. Bassam m'a beaucoup parlé de vous!
Djaq se tourna vers Will.
- Et voici mon fiancé, Will...
Omar se tourna vers les deux autres sarrasins:
- Et voici mes fils...
Il désigna le plus âgé:
- Medhi....et Mohamed, dit- il en posant une main sur l'épaule du plus jeune.
Mohamed salua les nouveaux venus mais Medhi continuait à fixer Wil d'un air méfiant. Will secoua la tête et leva les mains en signe de paix:
- Tu n'as aucune raison de te méfier de moi...
Omar regarda son fils et hocha la tête. Medhi se détendit mais ses yeux restèrent vigilants. Omar se concentra alors sur ses invités et leur demanda la raison de leur venue. Djaq ne perdit pas de temps et expliqua rapidement qu'ils avaient besoin d'aide pour sauver un de leurs amis. Malgré les réticences de Medhi, Omar accepta aussitôt. Finalement alors qu'Omar et ses fils préparaient leurs affaires, Djaq commença:
- Bassam ne m'avait jamais parlé de vous...
Omar se tourna vers elle.
- Et vous vous demandez pourquoi il vous a envoyé vers moi, compléta- t- il dans un sourire.
Il ouvrit son sac et fit mine à Djaq de s'approcher. La jeune femme vit qu'il y avait tout un tas d'armes. Elle releva la tête attendant des explications.
- J'ai été un mercenaire dans ma jeunesse, avoua alors Omar. Mais attention, je me battais pour ceux qui en avait besoin. Je ne faisais pas ça pour l'argent. Et puis j'ai fini par entrée au service du sultan Saladin. Ce dernier m'a récompensé en m'offrant une retraite bien méritée. Je pense être assez qualifié pour ce genre de mission. Quant à mes fils, je les ai bien entraîné...
Quelques minutes plus tard, juchés sur des dromadaires, ils étaient partis...
Dès lors, ils ne s'étaient presque pas arrêté, pour essayer de rattraper leur retard coûte que coûte. A présent, la nuit était tombée une nouvelle fois sur les dunes de sables, mais les dromadaires continuaient à avancer. Will et Djaq étaient tous les deux sur le second dromadaire. Ils suivaient Omar qui semblait savoir où aller. Derrière eux, Medhi et Mohamed fermaient la marche. Personne ne parlait et c'était inutile. Chacun savait qu'ils étaient en retard et chacun savait qu'ils risquaient de ne pas arriver à temps....
Chapitre 6
Ce fut dès les premières lueurs de l'aube que l'attaque eut lieu. Le campement était encore paisiblement endormi. Karim, Salam et leurs hommes encerclèrent prudemment les tentes sans faire le moindre bruit. Ils comptaient se saisir des nomades encore endormis. Mais le destin en décida autrement...
Ce jour là, Caleb se réveilla plus tôt que prévu. Il s'assit sur sa paillasse en se demandant ce qui avait bien pu le tirer de son sommeil. Il sentit aussitôt que quelque chose n'allait pas. Il eut un mauvais pressentiment. Il se leva et se dirigea vers l'entrée de la tente. Il sentit alors une présence à l'extérieur. Il jeta un coup d'oeil...et s'écarta tout de suite de l'entrée de la tente. Des hommes qu'ils n'avaient jamais vu étaient là dehors. Et ils avaient des armes... Caleb se précipita vers son père qui dormait au fond de la tente.
- Père réveillez- vous nous sommes attaqués! murmura- t- il en secouant Assan.
Assan fut aussitôt sur pied. Il s'approcha de l'entrée de la tente. Avant de sortir, il tourna la tête vers son fils.
- Surtout tu ne bouges pas....
Et il sortit. Il ne prit pas le temps de se cacher ou de compter le nombre de leurs assaillants. Il se contenta de se mettre à crier:
- Attaque!!! Nous sommes attaqués!!!
Tout le campement fut aussitôt réveillé et ce fut bientôt le désordre complet. Malgré la perte de leur effet de surprise, les assaillants maîtrisèrent rapidement un grand nombre de personnes, en particuliers les femmes et les enfants. Les hommes eux se saisirent de leurs armes et commencèrent à combattre les ennemis.
Robin avait armer son arc et ne cessait de tirer contre les hommes du désert. Dans le même temps, il se demandait qui pouvait bien être ces hommes. Il jeta un coup d'oeil à côté de lui. Much, Allan et Jean combattaient férocement leurs adversaires. Robin ne put s'empêcher d'esquisser un sourire. Il reconnaissait bien là ces fidèles amis. A court de flèches, Robin se saisit de son épée et reprit le combat...
Des femmes criaient, des enfants pleuraient. Bon nombre de nomades étaient déjà prisonniers de l'ennemi. Robin réalisa avec étonnement que leurs assaillants essayaient de faire le moins de victimes possibles. Il comprit pourquoi quand il entendit un homme crier:
- Vivants!!! Il me les faut vivants!!!
Robin n'eut pas le temps de se demander pourquoi, un nouvel adversaire lui fit face. Il était plutôt petit mais Robin vit aussitôt qu'il était très agile et très adroit. Il faisait tournoyer son épée avec une telle aisance qu'on avait l'impression qu'il avait fait ça toute sa vie. Le sarrasin attaqua le premier. Robin para le coup de justesse. Mais déjà son adversaire avait lancé une deuxième attaque. Robin sentit la lame lui effleurer le bras. Le sarrasin sourit.
- La prochaine fois, je raterais pas, lança- t- il dans un anglais approximatif.
Et de nouveau, il fit tournoyer son épée. Robin resta stoïque et attendit que son adversaire se rapproche. Tandis que le sarrasin faisait tout pour paraître impressionnant, Robin lâcha son épée. Après tout se passa en une seconde. Alors que le sarrasin, surprit par le geste de Robin, stoppait, le hors- la- loi se saisit du poignard qu'il avait à sa ceinture. Son ennemi le reçut en plein coeur et s'effondra.
"Idiot", pensa Robin en allant récupérer son poignard. Au même moment, il entendit quelqu'un crier:
- Père!!!
C'était Yasmina. Robin se retourna. La jeune sarrasine se précipitait vers son père qui gisait à terre, une épée en travers du corps. Un assaillant était debout à côté. Il souriait. Il était grand, musclé et une cicatrice lui zébrait le visage. Il se saisit de Yasmina par la taille avant qu'elle n'atteigne son père.
- Viens par là toi! s'exclama- t- il.
- Lâchez- moi! cria Yasmina en se débattant violemment.
Robin courut aussitôt vers eux. Mais il ne put jamais porter secours à Yasmina. Trois autres ennemis s'avancèrent et l'encerclèrent. Robin mit facilement le premier homme à terre. Mais les deux autres l'attaquèrent en même temps. Les trois épées s'entremêlèrent. Robin parvint à se dégager et frappa violemment l'un de ses adversaires avec le pommeau de son épée. Son ennemi recula mais l'autre revint immédiatement à la charge. Robin para l'attaque. Très concentré sur ses deux adversaires, il ne vit pas l'homme s'avancer derrière lui. Alors qu'il repoussait un nouvel assaut, il ressentit une immense douleur derrière la tête. Avant de s'évanouir, il eu juste le temps de se retourner et d'apercevoir l'homme qui l'avait frappé: un grand sarrasin avec une cicatrice sur le visage. Puis ce fut le trou noir...
*
Robin l'entendit avant de le voir.
- Allez on se réveille!
Une voix grave et profonde. Elle parlait en anglais mais avec un accent. Il savait que s'il ouvrait les yeux, il verrait le sarrasin à la cicatrice qui l'avait assommé.
- Réveille toi!
L'homme qui parlait la gifla.
Robin ouvrit les yeux.
La première chose qu'il vit fut le visage tailladé de son ennemi. Ce dernier souriait.
- Ah te revoilà!
Robin cligna des yeux pour se réhabituer à la lumière. Il avait mal à la tête. Son ennemi avait frappé fort. Robin se concentra sur lui. Il était vraiment très grand. Et très musclé. Et la cicatrice qu'il avait au visage le rendait encore plus effrayant.
Malgré la douleur lancinante dans sa tête, Robin savait qu'il devait reprendre ses esprits. Il essaya de bouger...et se rendit compte qu'il était attaché. Il avait les deux bras et les deux jambes attachés et il sentait les poutres derrières lui...Comme sur une croix...
- Alors le damoiseau a bien dormi?
Robin regarda l'homme à la cicatrice. Il semblait aussi heureux que si cela avait été le jour de son anniversaire. Robin comprit que cela ne présageait rien de bon.
- Que me voulez vous? demanda- t- il d'une voix pâteuse.
Son interlocuteur se mit à rire. Un rire dément, dénué de toute humanité.
- Si tu savais ce qui t'attends, finit- il par lâcher. Vois- tu, je m'appelle Karim et je suis un mercenaire. Et il y a quelques jours, j'ai rencontré un de tes ennemis, continua- t- il. Ah ce cher shériff de Nottingham... Il m'a payé gracieusement pour que tu ne revois jamais l'Angleterre vivant...
Karim rapprocha son visage de celui de Robin.
- Et vois tu, c'est exactement ce que je compte faire, souffla- t- il.
Et il s'éloigna vers ses hommes.
Robin en profita et jeta un coup d'oeil au tour de lui. Il ne vit...rien. Tout le campement avait été dévasté. Et hormis Karim et ses hommes, il n'y avait plus personne.
- Où sont les autres? demanda- t- il.
Karim sourit.
- Ceux qui n'ont pas été tué ont été emmenés. Ils auront le privilège de servir d'esclaves dans les mines de la région. D'ailleurs, c'est ce qui attends tes trois amis...
Robin ne put s'empêcher d'imaginer Jean, Allan et Much enchaînés à creuser dans la roche et la poussière. "Mon Dieu", pensa- t- il.
- Tu ne devrais pas te préoccuper de leur sort mais plutôt du tien, continua Karim. Car ce qui t'attends est encore moins réjouissant...crois moi...
Il esquissa un rictus qui fini de déformer son effroyable visage.
- Bon si on passait aux choses sérieuses, reprit- il visiblement pressé de passer à la suite.
Un de ses hommes lui apporta un sac. Karim le posa à terre et en sortit tout un tas d'instruments et d'armes. Des instruments de torture. Robin fixa les instruments pendant un moment. Instinctivement, il essaya de se libérer des cordes qui lui emprisonnaient chaque membre. Mais il lui était impossible de bouger. A ce moment précis, Robin comprit qu'il n'allait pas s'en sortir. Karim s'accroupit et inspecta les instruments du regard, sans doute pour décider par lequel il allait commencer.
- Oh j'allais oublier! s'exclama- t- il en se relevant soudainement.
Il se tourna vers deux de ses hommes.
- Aller la chercher! ordonna- t- il.
Les deux hommes s'éloignèrent et revinrent quelques secondes plus tard avec Yasmina. Elle avait les mains et les pieds enchaînés et elle était bâillonnée. Mais cela ne l'empêchait pas de se débattre. Quand elle vit Robin, elle stoppa net et ses yeux s'agrandirent d'effroi.
- Tu vois tu n'es pas tout seul finalement, commença Karim. Bon elle j'ai dû la bâillonner parce qu'elle n'arrêtait pas de crier...
Il s'adressa à elle.
- Je veux bien t'enlever le bâillon si tu la fermes...
Yasmina ne répondit rien, se contentant de continuer à fixer Robin. Karim dut prendre ça pour un oui et ses hommes enlevèrent le bâillon. Karim fit ensuite signe à ses hommes de l'amener jusqu'à lui. Il la prit solidement par le bras. Yasmina ne lui jeta même pas un regard. Elle ne quittait pas Robin des yeux. Ce dernier ressentit pour elle un énorme élan d'affection. Elle se souciait plus de lui que de son propre sort. Un élan de colère monta en lui.
- Libérez- là! cracha- t- il à Karim. Qu'allez vous faire d'elle?
Karim passa un bras autour de la taille de la jeune femme. Yasmina essaya de se dégager mais Karim la tenait fermement de son autre bras. Karim regarda Robin.
- Allons Robin, tu n'as pas une petite idée...
Une lueur malsaine apparut au fond de ses yeux.
- Après avoir effectué le boulot du shériff, j'aurais bien le droit à une petite récompense...
Il regarda Yasmina.
- Cette beauté devrais faire l'affaire...
Yasmina tenta de nouveau de se dégager.
- Vous ne me toucherez pas! cria- t- elle.
Et elle lui cracha à la figure. Il y eut un moment de silence durant lequel personne ne bougea. Puis, Karim lâcha Yasmina et s'essuya le visage.
- Ca tu vas me le payer, murmura- t- il.
Et d'un geste rapide, il frappa violemment Yasmina au visage.
La jeune femme s'effondra dans le sable.
- Non! s'écria Robin.
Il se sentait impuissant. Il aurait tellement voulut la défendre. Mais il était solidement attaché. Il ne pouvait rien faire. Quand Yasmina releva la tête, Robin vit que du sang coulait du coin de sa lèvre.
- Ca va? ne put- il s'empêcher de demander.
- Ne t'en fais pas pour moi, répondit Yasmina avec tristesse.
Elle se releva. Deux hommes s'emparèrent de nouveau d'elle. Karim avait recommencé à sourire.
- Elle a raison. Tu ne devrais pas t'en faire pour elle. C'est plutôt pour toi que tu devrais t'inquiéter...
Et il se dirigea vers les instruments étalés sur le sable.
- Alors par quoi je vais commencer, dit- il en les effleurant de la main.
Derrière lui, il ne vit pas que Yasmina le regardait avec horreur. Cet homme était le diable incarné. Il avait tué son père et là, il allait torturé Robin sans aucun état d'âme. La jeune femme jeta un coup d'oeil à ce dernier. Robin semblait étrangement calme au vu de sa situation. Yasmina croisa alors son regard et y lu de la résignation. La jeune femme comprit qu'il acceptait son sort. Elle aurait voulu lui crier qu'il avait tort et qu'il fallait garder espoir. Mais malheureusement, elle même ne voyait pas comment ils pourraient se sortir de ce cauchemar...
- Ah!
Karim poussa un cri de victoire. Il se saisit d'un instrument et se retourna vers Robin.
- Nous allons commencer par celui- ci, lança- t- il gaiement.
Quand Robin vit ce que Karim avait dans les mains, il ne put s'empêcher de déglutir. Karim tenait une sorte de disque en métal avec des dents pointues. Karim s'avança vers Robin.
- Le shériff a bien insisté pour que tu souffres le martyre, dit- il au prisonnier. Il est temps de respecter sa volonté...
Quelques secondes plus tard, les cris de douleur de Robin retentissaient dans l'immensité du désert...