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Ryô des Bois

Série : Shiti Hanta
Création : 18.01.2023 à 01h00
Auteur : ShanInXYZ 
Statut : Terminée

Ryô tombe dans le coma après avoir sauvé un enfant, il se réveille dans un autre monde que le sien, il a regardé "Robin des bois" la veille et se retrouve dans le film.

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Beta: Nanou/Emilie1905

Synopsis: Ryô tombe dans le coma en sauvant un enfant, alors que tout le monde s’inquiète pour lui, et quand il se réveille il n’est plus dans son monde, il a regardé « Robin des Bois » la veille et il se retrouve dans l’histoire.

Note de l’auteur : J’utilise les noms des personnages originaux et pas ceux français. Les personnages de City Hunter appartiennent à Tsukasa Hojo. Certaines scènes sont la propriété des producteurs du film « Robin des Bois, Prince des Voleurs ». J'ai commencé d'écrire cette histoire en 2008.

 

Présentation des personnages de City Hunter :

Ryô Saeba (Nicky Larson) : Nettoyeur numéro un du Japon, connu sous le nom de City Hunter, il a un don exceptionnel pour le tir. Amateur de jolies femmes, il n’accepte que de travailler pour des clientes. Il faisait équipe avec Hideyuki Makimura (Tony Marconi), le frère de Kaori (Laura) avant qu’il ne soit assassiné. Il a promis à son ami de veiller sur sa sœur et tient cette promesse comme une interdiction d’avoir des sentiments pour elle. Seul rescapé d’un accident d’avion lorsqu’il était enfant, il a été élevé par des mercenaires en pleine guérilla et ne connaît pas sa véritable identité.

Kaori Makimura (Laura Marconi) : Partenaire de Ryô depuis la mort de son frère, même s’il fait tout pour la faire fuir. Elle a le cœur sur la main mais quand Ryô se met à draguer les clientes, ses colères sont phénoménales et il termine le plus souvent écrasé sous sa massue.

Saeko Nogami (Hélène Lamberti) : Flic japonaise, ancienne partenaire d’Hideyuki Makimura qui sait user des charmes pour que Ryô accepte de l’aider en lui promettant des “coups”, promesse qu’elle ne tient jamais. C’est également une redoutable combattante.

Reika Nogami (Rackel) : Sœur de Saeko et ancienne flic, elle est détective privé après la mort de son ancien partenaire, elle a installé son agence dans l’immeuble voisin de City Hunter.

Mick Angel (Robert Harrisson) : Tueur à gages, ancien partenaire de Ryô quand il vivait aux Etats-Unis. Engagé pour tuer Ryô, il renonce à sa mission pour ne pas faire de peine à Kaori dont il est tombé amoureux, ce qu’il paiera très cher. Son comportement est assez similaire à celui de Ryô.

Umibozu (Mammouth) : Ancien mercenaire, ami et rival de Ryô. Aveugle à cause d’une blessure infligée par Ryô dans le passé, il s’est retiré puis devient gérant du café Cat’s Eye.

Miki (Mimi) : Ancienne mercenaire, compagne d’Umibozu. C’est lui qui l’a formée, elle est la patronne du café Cat’s Eye.

Kazue Natori (Christelle Martin) : Ancienne cliente de Ryô, elle est chimiste et a perdu son fiancé, assassiné. D’abord amoureuse de Ryô, elle décide d’assister le Doc dans sa clinique pour rester proche de Ryô et tombe amoureuse de Mick quand il est blessé grièvement.

Hideyuki Makimura (Tony Marconi) : Ancien flic devenu l’équipier de Ryô. Frère adoptif de Kaori, même si cette dernière ignore la vérité.

Doc (Professeur) : Médecin qui tient une clinique clandestine et vieil ami de Ryô, qu’il a connu très jeune, il était médecin dans le camp des mercenaires qui l’ont reccueilli enfant.

Shin Kaïbara (pas d’équivalent dans l’anime) : Père adoptif de Ryô et dirigeant de l’Union Teope.


ShanInXYZ  (18.01.2023 à 01:02)
Message édité : 18.01.2023 à 01:19

Chapitre 1

 

  • Hum ! Je vous déclare mari et femme, fit le moine. Tu peux embrasser la mariée, fit ce dernier.
  • Je sais, répondit le marié avant de prendre les lèvres de sa femme.
  • Hâtez-vous, il est temps d’aller vider quelques chopines ! fit le moine avec un clin d’œil.

Les mariés sourirent et s’embrassèrent de plus belle sous les acclamations de la foule assistant au mariage.

 

Kaori ferma les yeux après la dernière scène de « Robin des Bois, Prince des Voleurs » et chantonna le générique de fin. Quand la chanson prit fin, elle leva une paupière pour voir quel était le son qu’elle captait depuis quelques minutes. C’est à ce moment-là qu’elle découvrit que son partenaire ronflait dans le canapé. Elle était émue par cette histoire d’amour et par les paroles de la chanson et ce grand nigaud de Ryô n’avait rien trouvé de mieux que de s’endormir en plein milieu du film !

Mais qu’est-ce qu’elle fichait avec cet abruti, insensible au moindre sentiment humain ? Elle rêvait qu’il puisse un jour lui dire des choses comme le racontait cette chanson, vraiment elle adorait ce film. Elle avait dû batailler avec Ryô pour le regarder car ce dernier avait un autre programme en tête, à savoir un concours de Miss t-shirt mouillé mais elle était parvenue à le convaincre.

Elle pensait que ça lui donnerait peut-être des idées romantiques car depuis son enlèvement où il avait dit, sans vraiment le dire, qu’il l’aimait, leur relation n’avait pas franchement évolué. Et voilà que ce crétin s’était endormi en plein milieu du film ! Furieuse, elle éteignit la télé et rejoignit sa chambre. Ce n’était pas encore cette nuit qu’elle aurait une déclaration d’amour de l’Etalon de Shinjuku !

Le lendemain, Ryô se réveilla tout courbaturé car il avait fini la nuit dans le canapé. Il se souvenait vaguement d’un film, une histoire de voleur sur fond de romance comme les aimait Kaori mais apparemment il n’en avait pas vu la fin.

Il faut dire qu’il était un peu crevé. Il venait de terminer une enquête qu’il avait faite en solo pour Saeko. Ça lui avait valu quelques nuits blanches mais c’était payé et il comptait sur cet argent pour faire un petit cadeau à Kaori pour son anniversaire. Et pour qu’elle ne soupçonne rien, il avait fait semblant d’aller traîner dans les cabarets tous les soirs de la semaine alors qu’en fait il allait enquêter sur un trafic de drogue. 

Il avait résolu l’affaire la veille et manque de bol, Kaori avait voulu regarder ce film, il avait tenté une excuse foireuse mais elle voulait qu’il le regarde avec elle. Il avait donc accepté mais la fatigue accumulée avait sans doute pris le dessus et il s’était endormi.

Là, il avait intérêt à numéroter ses abattis car Kaori allait sûrement lui en vouloir !

Que pouvait-il faire pour rattraper le coup ? Il réfléchit un instant et décida de filer avant qu’elle ne se réveille. Il irait récupérer l’argent et s’occuperait de trouver le cadeau idéal pour sa partenaire. Son anniversaire était dans quelques jours et il espérait qu’elle lui pardonnerait quand il lui ferait la surprise de l’inviter à dîner. En attendant, il n’aurait qu’à faire comme si de rien n’était en espérant qu’elle évite de lui fracasser la tête à coup de massue !

Il venait de quitter l’appartement quand Kaori émergea de son sommeil. Elle s’habilla et décida d’aller réveiller l’énergumène qui lui servait de partenaire malgré son comportement de la veille mais à sa grande surprise, le goujat avait déjà filé. Elle prit le petit-déjeuner et décida d’aller voir le tableau à messages. En chemin, elle aperçut l’objet de ses tourments devant une vitrine. « Il est sûrement en train de baver devant une jolie fille » pensa-t-elle. Elle soupira et entreprit de traverser la rue, prête à l’encastrer dans le trottoir avec sa massue.

Elle venait de rejoindre l’autre côté de la rue quand Ryô se retourna et partit en courant. Elle le suivit du regard et vit une petite fille qui venait d’échapper à la vigilance de sa mère. Elle se retrouva à courir au milieu de la rue alors qu’une voiture arrivait à vive allure. L’enfant allait être percuté quand une ombre l’attrapa au vol et ils atterrirent sur le trottoir opposé. La petite fille se releva en pleurant et rejoignit les bras de sa maman. Kaori regarda l’homme qui, lui, restait au sol.

Ryô avait sauvé la petite mais il ne se relevait pas. Kaori se précipita vers lui et constata qu’il avait une blessure à la tête. Il avait dû heurter le poteau qui se trouvait juste à côté. Elle le secoua et l’appela mais il n’eut aucune réaction. Elle craignait le pire et cria son prénom : RYO !

Quelques instants plus tard, Mick, ayant aperçu la scène, se précipita vers eux. Il constata l’état de son ami et le conduisit chez le Doc avec Kaori.

Le diagnostic de ce dernier était vague, apparemment, Ryô allait bien, il n’avait rien de grave à part une bosse à la tête mais il ne se réveillait pas. Pourtant, il n’était pas vraiment dans le coma. Le Doc constata seulement une sorte de sommeil mais il ne savait pas s’il allait se réveiller.

Tout le monde s’inquiétait pour le nettoyeur et ne savait quoi faire. Kaori était à son chevet, lui tenant la main et l’implorant de se réveiller …

**********************************

  • RYO ! Réveille-toi, ils arrivent !
  • Quoi ? Qui ça ?

Il ouvrit les yeux péniblement. Il était enchaîné dans une sorte de cellule ; ça sentait mauvais, et il y avait cette voix qui ne cessait de lui parler. Il se retourna et fit un bond en arrière.

  • Ryô, ça va ?
  • Makimura ! Je suis mort ou quoi ?
  • Si on veut, mon vieux, c’est vrai que c’est bien comme cela que j’imagine l’enfer !
  • Mais, où on est ?
  • Dans les prisons, je savais bien que la privation de nourriture finirait par nous rendre fous, mais je pensais que tu étais plus fort que moi et que ça me prendrait avant toi !
  • Les prisons ?
  • Ça fait quatre ans que nous sommes prisonniers, Ryô ! Bon sang, ce n’est pas le moment de perdre la boule ! On a tenu jusqu’à présent, ne me lâche pas !
  • Ça va, ça va ! Je vais bien mais je ne comprends rien !
  • Comment ça tu ne….
  • Vous là-bas, taisez-vous ! Cet homme dit que vous lui avez volé son pain !
  • Il ment, dit Makimura ! Je l’ai pris à voler le nôtre !
  • Eh bien, vous paierez tous les trois, fit l’homme qui devait être un geôlier.

Il les détacha et emmena Ryô, Makimura et l’autre homme qui les avait accusés dans une salle éclairée par le feu d’une forge. Un homme attendait avec un sabre devant un billot. A la lumière, Ryô constata que son ami avait le teint blafard. Le manque de nutrition l’avait effectivement bien marqué. L’homme qui avait menti fut amené jusqu’au billot et on lui coupa la main. Le geôlier tira Makimura pour qu’il subisse le même sort mais Ryô le ramena en arrière et prit sa place.

Il tendit la main et dit au bourreau d’observer le vrai courage ! Au moment où le bourreau allait lui couper la main, il tira sur la corde par laquelle un autre geôlier le maintenait en place et c’est ce dernier qui y perdit la main. Il s’empara du sabre du bourreau et élimina les gardes avant de s’enfuir avec son ami.

Machinalement, il trouva la sortie et ils débouchèrent sur une sorte de bouche d’égout. Makimura sortit le premier mais un garde les repéra et tira une flèche dans sa direction. A ce moment-là, Ryô le projeta au sol et la flèche les loupa. Ils se cachèrent et les gardes les cherchèrent longuement. Quand ils retrouvèrent leur trace, cela faisait bien longtemps qu’ils avaient trouvé un bateau pour quitter ce fichu pays.

Pendant la traversée, Ryô avait eu tout le temps de réfléchir, il n’était définitivement pas à son époque mais il ne comprenait pas ce qu’il fichait là et encore moins pourquoi Makimura s’y trouvait aussi. Ce dernier lui avait parlé d’une guerre et ils auraient été faits prisonniers. En plus, il avait l’impression de savoir les choses à l’avance, il avait su quoi faire pour s’échapper, il avait su que Makimura risquait d’être blessé, mais il ne comprenait pas comment. Aurait-il soudainement un don de voyance ? Non, il avait une impression de déjà-vu. Qu’est-ce qu’il lui arrivait ? Où était passé son « chez lui » et surtout où était Kaori ?

Quand Makimura vint l’avertir qu’ils approchaient des côtes et qu’ils étaient enfin chez eux, il regarda le paysage qui s’offrait à lui et vit une plage et des falaises. Ce n’était pas le Japon mais le lieu lui était familier. Une barque les déposa sur la plage et Makimura hurla de joie en disant qu’il était enfin chez lui. Mais Ryô, lui, n’était pas chez lui.

Makimura l’attrapa par le bras et l’entraîna avec lui. Ils montèrent en haut des falaises et traversèrent la lande.

  • On ira chez toi en premier, dit Makimura. C’est plus près. Et puis ton père doit t’attendre avec impatience malgré vos désaccords.
  • Mon père ?
  • Oui, idiot ton père ! Je sais que tu lui en voulais et qu’avant de partir vous étiez fâchés mais toutes ces années auront sûrement effacé vos petites querelles.
  • Si tu le dis ! répondit seulement Ryô ne comprenant rien à ce que lui racontait son ami. C’est quoi ce bruit ? fit-il en entendant des martèlements.

Il se retourna pour voir arriver une bande à cheval qui poursuivait un jeune gamin. L’enfant passa devant eux et grimpa dans un arbre. Le chef de ce qui semblait être un groupe de soldats, intima à ses hommes de faire tomber l’enfant quitte à couper l’arbre. Ryô et Hide s’approchèrent discrètement et Ryô demanda soudainement à l’homme qui commandait ce qu’avait pu faire ce gamin pour qu’on le pourchasse ainsi.

  • Il a tué un cerf.
  • Sans doute avait-il faim.
  • Il l’a fait sur les terres du Shérif.
  • Erreur l’ami, intervint Hide, ces terres sont à mon ami.
  • Vraiment ? firent Ryô et l’homme sur son cheval en même temps, puis Ryô se reprit. Oui, elles sont à moi et tout ce qui s’y trouve, l’arbre y compris, donc je ne vous retiens pas.
  • Ah bon et puis-je savoir à qui j’ai affaire, pour savoir qui je vais tuer ?
  • Ryô Saeba, fit-il machinalement.
  • Le fils prodigue, tiens, tiens… fit l’autre avant de le charger avec son épée.

Ryô tira sur un des soldats avec une arbalète qu'il avait empruntée au passage, Hide en assomma quelques-uns tandis que son ami sautait sur le cheval de son assaillant pour le mettre à terre.

  • Puis-je savoir à qui j’ai affaire, pour savoir qui je vais tuer ? l’imita Ryô, en pointant la lame de son épée sur le cou de son assaillant.
  • Guy de Guysbourne, cousin du Shérif, articula l’autre difficilement.
  • Eh bien, va dire à ton cousin que je suis chez moi et qu’ici on ne s’en prend pas aux enfants !

L’homme détala comme s’il avait le diable aux trousses. Hide vint taper sur l’épaule de son ami tout en lui disant que leur pays semblait être devenu fou pendant leur absence. Ryô ne répondit rien, car pour lui ce n’était pas son pays.

Il se tourna vers le gamin qui était toujours perché dans son arbre pour lui dire de descendre. Hide interrogea le gamin à propos du cerf et l’enfant répondit qu’il en avait tué des centaines puis il partit en courant, le sourire aux lèvres.

Nos deux compagnons continuèrent donc leur chemin jusqu’à la demeure de Ryô, enfin, d’après les dires de Hide, mais quand ils arrivèrent sur les lieux ils ne trouvèrent que des cendres. Un bruit attira leur attention et ils pénétrèrent prudemment dans les ruines ; ce qu’ils y découvrirent les fit frémir d’horreur : le corps d’un homme était suspendu, abandonné aux charognards.

  • Mon Dieu, Ryô, je suis désolé, fit Hide avec un chagrin évident.
  • C’est vraiment abject de faire une chose pareille, répondit notre nettoyeur.
  • Oui, mais c’est ton père !
  • Ah… C’est pas vrai, mais qui a pu faire une chose pareille ? fit-il d’un ton qui voulait montrer la colère alors que cet homme mort lui était totalement inconnu.
  • Qu’est-ce qui a bien pu se passer ici ? fit son ami.
  • J’aimerais bien le savoir, fit Ryô avant de se retourner vers un bruit derrière eux.
  • Qui est là ? dit une voix.
  • Duncan ! s’écria aussitôt Hide en se ruant vers lui, Duncan, mais bon sang pourquoi n’as-tu pas enterré le corps ?
  • Hide, arrête, regarde-le…
  • Je l’aurais fait si j’avais pu voir, rétorqua le vieillard aveugle.
  • Qui t’a fait ça ? demanda Ryô.
  • Oh, Maître Ryô, vous êtes revenu, je suis vraiment désolé !
  • Ne t’inquiète pas, dis-moi plutôt ce qui s’est passé.
  • Le Shérif a accusé votre père d’adorer le diable et il en a profité pour vous voler tous vos biens.
  • Et tu as prêté foi à ces accusations ? intervint Hide.
  • Pas même quand son cousin m’a crevé les yeux.
  • J’aurais mieux fait de le buter celui-là, marmonna Ryô.
  • Comment ? firent les deux hommes.
  • Euh, rien, ils ne manquent rien pour attendre, je le jure, je vengerai mon père !

Après avoir enterré le corps de l’homme qui était censé être le père de Ryô, ils décidèrent de partir chez Hide ; ce dernier leur dit qu’ils trouveraient de quoi se nourrir et qu’il espérait y retrouver sa soeur.

Ryô eut soudain l’espoir de revoir enfin Kaori mais il se demandait bien dans quelle histoire il se trouvait et ce que le destin lui réservait.


ShanInXYZ  (18.01.2023 à 01:08)
Message édité : 18.01.2023 à 02:54

 

Chapitre 2

Quand ils arrivèrent enfin sur les terres de Hideyuki Makimura, ils constatèrent que tout avait l’air bien désolé. Ils n’avaient croisé personne en chemin et Ryô commençait à se poser des questions sur ce qu’ils allaient trouver en arrivant à destination.

  • Tu es sûr qu’on va trouver quelqu’un chez toi ? fit Ryô à son ami.
  • Pourquoi dis-tu cela ? répondit Hide étonné.
  • Eh bien, on dirait qu’il n’y a pas âme qui vive dans le coin.
  • Ne t’inquiète donc pas, arrivés au château nous serons bien accueillis et nous festoierons avec ma famille !
  • Tu crois vraiment qu’on va nous laisser rentrer avec la dégaine qu’on se traîne ?
  • La quoi ?
  • Euh, nos atours ne sont pas de la première fraîcheur, on est à faire peur ! 
  • Mais non, dès que je dirais que je suis de retour, on nous accueillera à bras ouverts !
  • Justement, tu ferais peut-être mieux de taire ton identité, il ne fait pas bon être un revenant par ici, t’as vu ce qu’on a trouvé chez moi !
  • Bon eh bien, nous attendrons d’être face à ma mère pour être plus sûr, si cela peut te rassurer.
  • Je pense, en effet, qu’il vaut mieux être prudents. Moi, on sait que je suis là, je me présenterais et je dirais que je viens de ta part.
  • C’est ridicule…
  • On ne sait jamais !
  • Si tu le dis, fit Hide en soufflant.

Quelques heures plus tard, ils virent se profiler à l’horizon la demeure de la famille Makimura. Ryô se dit qu’au moins, ce château n’était pas en cendres, il avait peut-être, en plus, une chance d’y trouver Kaori.

Arrivés devant la porte, ils cognèrent contre le battant où se trouvait une petite fente qui s’ouvrit rapidement, ils aperçurent brièvement des yeux et on leur dit qu’on n’ouvrait plus aux mendiants et on referma.

  • Charmante l’hospitalité chez toi ! dit Ryô en rigolant.
  • Tais-toi ! répondit son ami en frappant à nouveau à la porte et en demandant si sa grâce était là.
  • Peut-être ben que oui, peut-être ben que non, rétorqua la voix avant de refermer l’ouverture, lui coinçant les doigts dedans. 
  • Laisse-moi faire, fit Ryô, en écartant son ami qui avait failli se faire amputer d’une main.

Il frappa à son tour et demanda à ce qu’on dise à l’intérieur que Ryô Saeba était là pour remettre un message à Mademoiselle Makimura. L’ouverture se referma aussi vite que précédemment.

Makimura fulminait, il jurait qu’il allait corriger cette servante pour ne même pas l’avoir reconnu ; il remit sur le tapis qu’il aurait dû s’annoncer mais Ryô lui dit qu’il ne valait mieux pas. Vu l’accueil, qui sait ce qu’il pouvait s’attendre à trouver à l’intérieur.

Il en était là de ses réflexions quand la porte s’entrouvrit et la servante passa la tête par l’embrasure ; elle les regarda tous les trois avant de s’adresser à Ryô.

  • Vous pouvez entrer mais sans arme, fit-elle. Ils enlevèrent tous les trois leurs armes, quand elle rajouta : lui seulement, en montrant Ryô.
  • Très bien, attendez-moi là, fit Ryô à ses compagnons. Hide, je t’en prie, garde ton sang-froid, je sais que ça t’énerve mais on ne sait jamais, j’aurais peut-être besoin que tu viennes à mon aide si c’est un piège, glissa-t-il à l’oreille de son ami.
  • D’accord, fais attention, lui souffla Makimura.

Ryô fut introduit dans une grande salle et la servante lui indiqua l’endroit où il devait attendre. Il attendait depuis un petit moment déjà quand il entendit une voix qui provenait des hauteurs, il leva la tête vers une sorte de balcon et vit une ombre.

  • Qui êtes-vous ? fit la voix de femme.
  • Ryô Saeba.
  • Ryô Saeba est mort.
  • Je trouve que je me porte plutôt bien.
  • Avancez-vous dans la lumière ! Tournez-vous pour que je vous voie. Ryô s’exécuta et demanda s’il faudrait qu’il danse. La voix lui répondit que le Ryô Saeba qu’elle avait connu n’était qu’un sale garnement qui ne songeait qu’à faire ripaille ! 
  • On peut changer, se défendit Ryô. Puis-je savoir à mon tour à qui j’ai l’honneur ?
  • Je suis Dame Kaori !
  • Puis-je vous voir, à mon tour, afin de reconnaître celle que j’ai connue jadis ? tenta-t-il.

La femme sortit de l’ombre et Ryô faillit s’étrangler sur place. Ce n’était pas du tout sa Kaori. Pourtant il ne connaissait que trop bien ce visage et il ne savait qu’en penser ; qu’est-ce que Saeko foutait là et pourquoi elle se faisait passer pour Kaori ?

  • Toujours aussi belle, Mademoiselle Kaori, insista Ryô.
  • Merci mais vous comprendrez qu’en l’absence du Roi, nous ne pouvons faire confiance à n’importe quel étranger qui pourrait s’en prendre à sa cousine ! Vous pouvez partir ! fit Saeko toujours sur le même ton.
  • Mais j’ai promis de vous protéger, fit-il tout en sentant la lame d’une épée pointée contre son dos.
  • Comme vous pouvez le voir, je n’ai nullement besoin d’être protégée, fit-elle tout en reculant dans l’ombre.
  • Vous êtes désarmante, fit Ryô avant de se retourner vers son assaillant masqué et de le pousser contre le mur. Et toi mon pote, tu manques pas de culot de t’attaquer à un mec désarmé ! fit-il en le chargeant.

Surpris, son adversaire recula mais reprit vite l’avantage car il était armé, contrairement à notre ami. Ce dernier essaya de l’occuper en lui balançant tout ce qui lui tombait sous la main, mais rien n’y faisait, l’autre réduisait tout en charpie.

Entendant le bruit de la lutte menée à l’intérieur, Hideyuki et Duncan commencèrent à essayer d’enfoncer la porte pour aider leur ami. Ryô évitait les coups d’épée assez facilement mais il n’arrivait toujours pas à désarmer son assaillant. Il esquiva un dernier coup avant d’arriver à le plaquer contre le mur et lui mit de force le bras au-dessus d’une bougie, afin de lui faire lâcher son arme.

L’assaillant cria en se brûlant, Ryô reconnu cette voix et lui enleva son masque. A ce moment-là, Hideyuki parvint à forcer la porte ; Ryô se détourna un instant et ce répit suffit à son attaquante pour l’écraser contre le plancher. Hideyuki resta interloqué tandis qu’une femme qu’il ne connaissait pas fonçait sur lui d’un air menaçant, munie d’un couteau. Ryô parvint à pousser la massue qu’il avait prise sur la tête et tout le monde s’arrêta net quand il parvint à articuler une phrase pas très compréhensible.

  • Monfour Paori (Traduction : Bonjour Kaori), articula-t-il avant de retomber à la renverse.
  • Kaori ! fit aussitôt Hideyuki, c’est toi ?
  • Hide ! Tu es revenu ? Tu es vivant ? fit la jeune femme en sautant dans les bras de son frère tandis que l’autre femme rangeait son poignard en comprenant qu’il ne s’agissait pas d’un ennemi.
  • Ma petite sœur adorée ! Mais qu’est-ce que c’est que cet accoutrement ? fit Hide en regardant mieux sa sœur.
  • Disons que les hommes étant une espèce rare au château, il faut bien donner le change et faire croire qu’il y en a quand même un ici pour défendre la demeure.
  • Toujours un sacré caractère !
  • Et un bon coup de massue, ajouta Ryô qui venait de reprendre ses esprits.
  • Désolée, mais je ne pouvais pas deviner que mon frère était avec vous, fit Kaori.
  • Ben voyons, la bonne excuse…
  • Je vous demande pardon ?
  • J’ai rien dit, abandonna Ryô.
  • Mais qui est cette jeune femme ? fit Hide en montrant Saeko.
  • Oh, c’est une amie, répondit Kaori.
  • Vraiment ? J’ai cru qu’elle allait me tailler en pièces ! fit Hide.
  • Excusez-moi, j’ignorais qui vous étiez donc je voulais protéger Kaori.
  • Ah, dans ce cas, je ne peux vous en vouloir, charmante demoiselle, fit Hideyuki tout sourire, sous l’œil amusé de Ryô.
  • J’aimerais tout de même savoir ce que Mademoiselle Saeko Nogami fiche ici, moi, intervint Ryô.
  • Vous vous connaissez ? dit Kaori étonnée.
  • Il semblerait que oui, fit Saeko, puisque ce monsieur connaît mon véritable nom.
  • Ton véritable nom ? répéta un Ryô étonné.
  • Oui, pour l’instant je me fais appeler Sarah, et je suis censée être la servante de Kaori.
  • Mais en réalité… fit Ryô pour la pousser à en dire plus.
  • Je suis la fille du précédent Shérif qui est mort mystérieusement, je suis sûre que ce Kaïbara l’a tué pour prendre sa place et j’ai juré de le venger.
  • Le nouveau Shérif s’appelle Kaïbara ? fit Ryô perplexe.
  • Oui, mais ça vous ne pouviez pas le savoir, vous étiez en train de vous amuser à guerroyer pendant qu’il a mis le comté sous sa coupe.
  • Eh oh, doucement ! fit Ryô n’aimant pas trop qu’on l’attaque comme ça.
  • Certes, nous n’étions pas là, mais imaginez qu’à notre retour, on a eu de nombreuses surprises, fit Hide à son tour. A commencer par la maison de Ryô, le corps de son père et les divagations de ce pauvre Duncan.
  • Il ne faut pas croire ce qu’on dit sur votre père, fit Kaori en s’adressant à Ryô.
  • Mais je ne le crois pas…

Soudain, une jeune femme accourut dans la pièce, tout essoufflée ; Ryô la reconnut immédiatement et se demanda s’il allait encore rencontrer des têtes connues sur son chemin.

  • Kazue, mais que se passe-t-il ? demanda Kaori à la jeune femme.
  • Kazue ? Tu veux dire, notre cousine ? fit Hide. Mais qu’est-ce qu’elle fait là ?
  • Elle se cache tout comme Saeko mais là n’est pas le problème.
  • Les soldats, ils viennent ici, je les ai vus quand j’étais dans le jardin, ils sont armés.
  • Mais pourquoi ? se demanda Kaori.
  • Je crois qu’ils viennent pour nous, fit Ryô en grimaçant. On leur a foutu une raclée ce matin.
  • C’est bien les hommes ça ! Et c’est comme ça que vous êtes censés nous protéger ? hurla Kaori.
  • Désolée Soeurette, on pouvait pas deviner mais on va se battre.
  • Vous allez ficher le camp, oui !
  • Mais je ne peux pas te laisser seule !
  • Arrête de faire l’idiot, ils vont vous tuer, filez !
  • A vos ordres, Mademoiselle Kaori, fit Ryô en tirant ses deux compagnons derrière lui.

Ils foncèrent dans la cour et empruntèrent des chevaux avant de filer, bientôt suivi par les soldats avec à leur tête Guy de Guysbourne. Ce dernier s’arrêta quelques instants à la hauteur de Kaori, qui avait vite enfilé un manteau par-dessus sa tenue d’homme.

  • Vous recevez des hors-la-loi, Milady ?
  • Vous voyez bien qu’ils sont venus me voler.
  • Il est heureux qu’ils ne vous aient volé votre vertu, rétorqua-t-il avant de suivre ses hommes à la poursuite des fugitifs. 

Ryô avait pris Duncan derrière lui sur son cheval et Hide avait sa monture blessée par une flèche. Ils avaient un peu d’avance mais dans les conditions actuelles, ils avaient peu de chance d’échapper à leurs poursuivants. Ryô regarda de tous les côtés et opta pour se cacher dans les bois. Duncan protesta en disant que la forêt était hantée.

  • Quitte à choisir, je préfère les fantômes, allez, on y va !
  • Tu as raison, fit Hide en talonnant son cheval pour le suivre

Ils pénétrèrent dans la forêt et attendirent cachés ; Guysbourne s’égosillait devant les bois car aucun de ses hommes ne voulait continuer la chasse à cause des spectres. Ne pouvant rien faire d’autre, il abandonna tout en balançant des horreurs à Ryô sur la façon dont son père était mort. Ce dernier ne bougea pas mais en lui-même il se dit que ce connard ne perdait rien pour attendre.

Ils reprirent donc leur chemin en traversant la forêt de Sherwood, ils entendirent des bruits étranges mais ils découvrirent bientôt que les spectres étaient en fait des harpes éoliennes, un jouet d’enfant habilement utilisé. Hideyuki rigola de ce subterfuge mais Ryô ne dit rien, il sentait que cette forêt cachait quelque chose, il avait l’impression d’être observé, il en était sûr.

Ils n’étaient sûrement pas au bout de leurs surprises…


ShanInXYZ  (22.01.2023 à 18:30)

Chapitre 3

Nos amis continuaient tranquillement leur traversée de la forêt quand ils atteignirent une rivière. Ils mirent pied à terre et Ryô aida Duncan à descendre de la monture avant de le confier à Hide sous le prétexte qu’il ne voulait pas aller le chercher s’il tombait à l’eau.  

 

Puis il se dirigea vers la rivière en leur disant qu’il allait voir s’ils pouvaient traverser. Il sortit son épée et commença à traverser tout en tâtant la profondeur de l’eau. Soudain, alors qu’il se tournait vers ses compagnons pour leur dire qu’à priori, ils pourraient passer, une corde se tendit et il tomba dans la rivière.  

 

Il se demandait qui avait bien pu lui jouer un tour pareil quand une voix chantonnante parvint jusqu’à ses oreilles.  

 

- Un jour, un riche damoiseau, une rivière traverse, mais ce couillon tombe à l’eau et se trempe les fesses. 

- Nom de Dieu ! s’exclama Ryô en reconnaissant la voix. J’aurais dû me douter qu’il n’y avait qu’un crétin d’amerloque comme toi pour t’amuser à des conneries pareilles !  

- Bonjour, Messire, désolé pour la petite plaisanterie, répliqua celui qui se tenait à l’autre bout de la corde et qui n’était autre que Mick, mais visiblement il ne connaissait pas Ryô. Cette rivière est à nous et toute personne qui souhaite la traverser doit payer la taxe.  

- Quelle taxe, espèce de débile ? Tu veux mon blé pour aller faire le tour des cabarets, tu peux toujours te brosser !  

- Visiblement, vous n’êtes pas d’accord, rétorqua Mick en interprétant ce drôle de langage comme un refus.  

- En plein dans le mille, mon pote ! Alors tu comptes faire quoi ?  

- Moi, rien, tu vas en discuter avec notre chef, répondit le blondinet en rigolant tandis que toute une bande sortait des buissons, bientôt devancée par un géant que ne connaissait que trop bien notre nettoyeur.  

- Tête de Poulpe ! fit Ryô en éclatant de rire.  

- Dis donc l’avorton, pour qui tu te prends ? Ici, c’est moi le chef et si tu veux passer il va te falloir payer la taxe !  

- Désolé, mais j’ai pas un radis sur moi !  

- De quoi ? Qui te parle de légumes, on te parle d’or ou de bijoux, de tout ce qui pourrait avoir de la valeur sur toi.

- J’ai rien du tout ! fit Ryô avec un grand sourire.  

- L’homme qui voyage avec deux serviteurs et qui se dit pauvre est soit un menteur soit un idiot !  

- Il est les deux, rajouta Mick en fanfaronnant.  

- Toi, tu la fermes ! s’écria Ryô avec un regard mauvais vers l’amerloque.  

- Je n’ai pas de serviteurs, ce sont mes amis et eux non plus n’ont rien sur eux, alors on fait comment ?  

- Eh bien, essaie de me battre ! lui proposa-t-il en lui tendant un gros bâton tandis qu’un jeune gamin venait lui en donner un autre. Si tu y arrives, je te laisserai passer, sinon vous repartirez à pied.  

- Père, fais attention, il a battu plusieurs hommes du shérif ce matin !  

- T’inquiète pas pour ça, fit Falcon.  

- Eh toi, fit Ryô, interpellant le gamin qui était en fait celui qu’ils avaient sauvé de Guysbourne. C’est ton père ? Le gamin fit « oui » de la tête avec un grand sourire et s’enfuit. Alors là je rêve, je sauve la vie de ton mioche et tu vas me taper dessus avec un bâton, autant me filer un coup de bazooka !  

- Cesse de babiller comme une femme et bats-toi ! gronda Falcon en lui balançant le premier coup directement sur les doigts.  

- Aïeuh ! fit Ryô. Tu m’as fait mal espèce de grosse brute !  

- Défends-toi dans ce cas !  

- D’accord, répondit Ryô en lui balançant un coup à son tour mais en le loupant. Au fait, fit-il, est ce que ta chère Miki sait que tu as un mioche de cet âge-là ?  

- Pourquoi tu parles de ma femme ? Comment tu la connais ?  

- Parce que c’est une exquise jeune femme et que je ne cesse de lui dire de te quitter pour venir vivre avec moi !  

- Quoi ?! fit Falcon en lui balançant un coup sous le menton qui l’envoya valdinguer dans la rivière.  

- Eh ben, t’es susceptible mon gros ! le provoqua Ryô en émergeant de l’eau.  

- Je vais t’écrabouiller la tête ! rugit Falcon en rigolant.  

- Eh Hide, tu peux pas me dégoter un chat dans le coin ? cria Ryô à son ami.  

- Qu’est-ce que tu veux faire d’un chat ?  

- Il en a une trouille pas possible, lui expliqua notre nettoyeur en montrant le géant du doigt avec un air de comploteur.  

- Arrête tes idioties et sois plus agile ! lui conseilla Hide en secouant la tête.  

- Sois plus agile ? T’en as de bonnes, tu veux ma place ?! protesta-t-il sans avoir vu venir un autre coup qui le propulsa un peu plus loin dans la rivière.  

- Alors, il est noyé le damoiseau ? demanda Falcon en regardant la surface de l’eau alors que Ryô n’était plus visible. C’est bête, je me serais bien amusé plus longtemps fit-il à la cantonade avant de sentir quelque chose entre ses jambes qui le tira dans l’eau.  

- Alors on fait moins le malin ? fit Ryô en le maintenant sous l’eau.  

- Arrête, je ne sais pas nager ! lui cria Falcon tout rouge.  

- C’est donc ça, ici, c’est l’eau qui te fait peur.  

- Oui, arrête, je t’en prie !  

- Tu en as assez ? Eh bien tu n’as qu’à te mettre debout, Tête de Poulpe, tu as pied, crétin !  

- Alors là, on peut dire que tu m’as bien eu ! Éclata-t-il de rire en se relevant. Dis-moi comment tu t’appelles que je sache à qui je serre la main.  

- Ryô Saeba, se présenta ce dernier en acceptant cette marque de respect.  

- Allez, venez avec nous, vous nous raconterez comment vous avez atterri dans la forêt hantée de Sherwood, les invita Falcon en entraînant son nouvel ami.  

 

Ils suivirent leurs nouveaux amis jusqu’à leur campement et Falcon leur expliqua qu’ils étaient tous des hors-la-loi, que le shérif avait mis leurs têtes à prix juste parce qu’ils n’avaient pas pu payer toutes les taxes dont il les assommait.  

 

- Pourquoi vous ne vous battez pas ? demanda Hide.  

- Nous ne sommes que des fermiers ! Et puis ce shérif est étrange, il n’est pas comme le précédent. Il est conseillé par une sorcière et on dirait qu’il ne veut que faire le mal, expliqua Falcon.  

- Une sorcière ? répéta Ryô sceptique.  

- Oui, elle jette des sorts et vole, rajouta le gamin perché sur une branche.  

- Arrête de dire des bêtises ! Ça, ce sont des histoires pour faire peur aux enfants ! intervint Falcon.  

- En quoi, nos malheureuses histoires peuvent intéresser le fils d’un homme qui adorait le malin ? interrogea soudain Mick en sortant de derrière un arbre.  

- Mon maître n’a jamais fait ça ! s’écria Duncan, qui ose dire de telles vilénies ?  

- Arrête Duncan, calme-toi ! Puis s’adressant aux autres. Il est vrai qu’on raconte ces choses-là mais je tuerai ceux qui y apporteront foi ! Je suis désormais un hors-la-loi, comme vous.  

- Non, tu n’es certainement pas comme nous, tu es noble ! lui balança Mick à la figure.  

- C’est exact, mais le shérif me hait sans même que je ne l’ai croisé une seule fois. C’est d’ailleurs étonnant mais ma noblesse ne change rien au fait qu’il me traque.  

- Tu n’as rien à faire avec nous ! insista Mick d’un air hargneux.  

- Tais-toi, Angel ! intervint Falcon tandis que Mick s’éloignait très énervé. Ne t’en fais pas, il parle beaucoup mais c’est pas un mauvais gars, il n’aime pas beaucoup les nobles.  

- Ca peut se comprendre, vu le contexte actuel, remarqua Ryô.  

- En tout cas, vous êtes les bienvenus dans notre modeste campement, on n’a pas grand-chose mais on est chez nous.  

 

Ryô, Hide et Duncan dormirent donc au campement de Falcon et ses amis. Notre nettoyeur se posait beaucoup de questions, il avait atterri dans une autre époque, parmi les gens qu’il croisait, certains étaient ses amis mais ils vivaient différemment. C’était à devenir fou mais il décida de voir comment les choses évolueraient et de s’adapter en fonction.  

 

Qui sait, peut-être faisait-il un mauvais rêve et qu’il n’allait pas tarder à se réveiller ? Il en était même à la limite de prier pour que ce soit ça. Il finit par s’endormir et se réveilla en sursaut pour réveiller Duncan ; il ne savait pas pourquoi mais en envisageant la prière, il avait pensé à une église et donc avait eu un flash à propos de la messe qui se donnait en ville. Duncan lui confirma qu’il y avait toujours l’office et Ryô décida de s’y rendre.  

 

Il assista à la messe caché dans un coin de l’église et put constater que cette ordure de Kaïbara était là à se pavaner en tant que shérif, accompagné de son cousin et qu’il n’arrêtait pas de regarder Kaori. Cette dernière tentait tant bien que mal de se dérober à son regard en s’enfonçant un peu plus dans son siège, de manière à se retrouver cachée par Saeko.  

 

Quand la messe fut terminée, Kaori demanda à Saeko de donner de l’argent aux pauvres gens qui mendiaient et alla se recueillir devant l’autel de la Vierge. Soudain, elle entendit toussoter et fit comme si elle n’avait rien entendu mais l’importun finit par lui parler.  

 

- Mademoiselle, ayez pitié pour un pauvre aveugle qui ne peut pas voir votre beauté !  

- Vous ? s’écria Kaori en se retournant. Mais vous êtes fou, le shérif veut votre tête, il a même promis une récompense de 500 livres !  

- C’est tout ? répondit Ryô en souriant. Bientôt il donnera plus, disons 1000 !  

- A ce prix-là, je vous livrerai moi-même !  

- Ce n’est pas très gentil, Mademoiselle Kaori.  

- Comment va mon frère ? Et qu’est-ce que vous fichez là, on pourrait vous voir !  

- Hide se porte comme un charme, il a préféré faire la grasse mat’ plutôt que de venir avec moi pour voir tout ce beau monde et la tronche de ce shérif de pacotille !  

- La grasse mat’ ? La tronche de pacotille ?  

- Hum, laissez tomber… Hide dormait, mais vous inquiétez pas il est en sécurité.  

- Très bien, maintenant filez, passez par la sacristie, le shérif est de l’autre côté !  

- Merci du conseil ! fit Ryô avec un clin d’œil.  

- Ryô !  

- Quoi ?  

- Faites quelque chose pour moi !  

- Tout ce que vous voulez, ma chère Kaori.  

- Prenez un bain !!  

- Un bain ?  

- Oui, s’il vous plaît, fit-elle en souriant devant son regard perplexe.  

- Pas de problème, Milady, que ne ferais-je pas pour vous faire plaisir ! ajouta-t-il tout en prenant congé de Kaori avec une courbette.  

 

Le shérif Kaïbara arriva sur cette entrefaite et alla parler à Kaori pour l’informer qu’il était au courant du vol de chevaux ; il lui proposa de venir s’installer à l’abri chez lui pour sa sécurité. Elle dit que ce n’était que des chevaux et qu’elle se sentait parfaitement en sécurité chez elle pour l’instant. Tout en lui parlant elle essaya tant bien que mal de l’attirer à l’opposé de la direction qu’avait prise Ryô. Mais ce dernier continua à se diriger vers la sacristie. Soudain il insista pour lui offrir un présent : un poignard orné de pierres précieuses ; elle le remercia vivement en prenant soin de s’assurer que Ryô n’était plus à portée de vue. Puis elle mit ce misérable cadeau dans la poche de son manteau et rejoignit Saeko pour regagner leur demeure.  

 

Ryô entra dans la sacristie et tomba nez à nez avec le prêtre ; ce dernier fit un bond, comme s’il avait vu un fantôme, ce qui intrigua Ryô. C’est pourquoi il insista en saluant l’homme d’église. Ce dernier lui répondit qu’il l’avait bien connu enfant et qu’il était désolé de ce qui s’était passé par la suite. Notre nettoyeur ne retint pas tout mais le laissa continuer. Il comprit quand l’homme fit allusion à son père. Ce type était un homme d’église mais sûrement le complice de Kaïbara pour faire croire aux gens qu’un homme adorait le diable ; il était sur le point de le corriger quand la porte s’ouvrit sur le shérif. Ryô prit son couteau et lui balafra la joue avant de refermer la porte sur le nouvel arrivant.  

 

Puis, tandis que les hommes du shérif défonçaient la porte, il attrapa la corde du lustre et la coupa ; cette dernière agit comme une poulie et il s’envola vers le haut de la pièce où une petite ouverture lui permit de s’échapper. Kaïbara eut beau vociférer qu’il lui arracherait le cœur avec une petite cuillère, Ryô lui rétorqua qu’il faudrait d’abord qu’il l’attrape et il se sauva. Arrivé sur le bord du toit, il sauta sur un cheval qui se trouvait là et fila. Il assomma un garde avec un sac de pain qu’il vola au passage et rejoignit Sherwood en filant comme le vent.  

 

Quand il arriva, il se fit aussitôt attaquer par Mick car il avait volé le cheval du shérif. Quand Ryô lui rétorqua qu’il l’avait piqué au vif, l’autre apprécia encore moins, prétextant qu’il les mettait tous en danger. Quoiqu’il en soit, personne ne dit rien, trop occupé à se servir dans le sac de pain qu’avait ramené notre nettoyeur.  

 

- Tu aurais pu me prévenir, je serais venu avec toi, c’était dangereux de faire ça ! protesta Hideyuki.  

- Ne t’inquiète donc pas ! Au fait, j’ai vu ta charmante sœur, elle s’inquiétait pour toi.  

- Et qu’est-ce qu’elle t’a dit ?  

- De prendre un bain ! grogna Ryô avec une moue qui fit éclater de rire son ami.  

- Tu croyais vraiment pouvoir charmer ma sœur comme ça ?  

- Charmer ta sœur ! Mais ce n’est pas ce que tu crois !  

- Ce n’est pas grave mais elle t’a bien eu, avoue-le !  

- C’est vrai, répondit Ryô en souriant à son ami.  

 

Notre nettoyeur avait enfin rencontré l’ennemi à abattre et il se ferait un plaisir de le harceler d’autant qu’il n’appréciait pas trop le fait que Kaïbara lorgne ainsi sur sa Kaori.  

 

Sa Kaori…ça l’amusait de l’appeler comme ça. Ce petit jeu de charme avec elle n’était pas pour lui déplaire, ici il n’était pas un tueur, il était quelqu’un de normal, enfin, aux yeux des autres et il se voyait bien lui servir de chevalier servant sans se soucier des conséquences. Il se disait qu’il avait peut-être enfin le droit de l’aimer… 


ShanInXYZ  (05.02.2023 à 17:46)
Message édité : 05.02.2023 à 17:48

Chapitre 4

La journée arrivait presque à son terme et les exploits de Ryô avaient fait le tour du campement avec différentes réactions, certains s'en amusaient, d'autres s'inquiétaient mais sans vraiment en vouloir à Ryô. Il avait osé s'en prendre à l'homme qui les persécutait depuis des années alors dans un certain sens c'était une petite vengeance.

Ryô était en train d'expliquer ce qu'il pensait du fameux Shérif Kaïbara à Hideyuki quand un bruit attira leur attention. Plusieurs personnes arrivaient à l'entrée du camp, ils semblaient porter avec eux toute leur vie, certains étaient blessés mais la colère semblait être le sentiment qui ressortait le plus parmi eux.

Falcon s'approcha des arrivants et une femme se jeta dans ses bras. Ryô reconnut aussitôt Miki ; au moins une chose ne changeait pas dans ce monde, la jolie Miki en pinçait toujours pour son gros nounours et cela le fit sourire.

Il l'entendit expliquer que les soldats avaient attaqué le village, qu'ils cherchaient un certain Ryô qui traînait avec son mari. Elle expliqua qu'elle leur avait rétorqué être veuve mais pour plus de sécurité elle avait préféré le rejoindre et pratiquement tout le village l'avait suivie.

Un homme s'approcha de Mick et lui demanda où se trouvait ce Ryô Saeba, l'amerloque s'empressa de lui indiquer le tronc d'arbre sur lequel discutaient les deux amis. L'inconnu s'approcha et fit voir les blessures infligées à son enfant à cause de lui. Ryô s'en excusa mais il leur expliqua qu'il valait mieux se battre plutôt que de subir les violences du shérif et de ses soldats.

Mick le traita de beau parleur, qu'une récompense était promise pour le livrer au shérif, qu'ils devraient tous le livrer et empocher l'argent. Ryô éclata de rire et lui demanda s'il croyait vraiment que le shérif allait leur donner l'argent.

  • Je te croyais plus futé, Angel. Il vous fera pendre dès qu'il m'aura.
  • Et tu crois faire quoi de mieux, le damoiseau !
  • Il faut vous battre, intervint Hideyuki.
  • Il plaisante, fit Falcon, nous ne sommes que des fermiers.
  • Peut-être bien, fit Ryô, mais un seul homme prêt à protéger sa famille peut se montrer plus féroce qu'un simple soldat.
  • Et on va vivre de quoi ?
  • La forêt est le lieu parfait, elle nous abritera et nous apportera tout ce qu'il faut pour se nourrir.
  • Et les récoltes qu'ils nous ont prises ?
  • On va les leur reprendre !
  • Foutu damoiseau, fit Mick, tu te crois où, nous ne sommes pas à tes ordres, tu veux nous régenter comme tes serviteurs ?
  • Non, je peux vous aider à vous débarrasser d'un shérif qui abuse de son autorité pour vous voler vos biens et vos vies ! Mais si tu n'es pas d'accord avec ça, rien ne t'empêche de refuser ! Je vous propose mon aide et celle de mon meilleur ami car nous connaissons la guerre mais je ne forcerai personne à me suivre.
  • Je suis d'accord, fit soudain une voix parmi la foule. Il faut se débarrasser de ce foutu shérif et lui montrer de quoi nous sommes capables, fit Miki.
  • Miki ! Ravie de te revoir, ma belle, toujours un aussi fort caractère, fit Ryô en souriant.
  • Tu le connais ? fit Falcon à son épouse.
  • Peut-être bien, j'ai travaillé quelque temps au château des Saeba, mais je pensais pas qu'il m'avait remarquée.
  • Ce serait difficile, une belle plante comme toi !
  • Une quoi ?
  • Hum, rien... Revenons à nos moutons.
  • Pourquoi tu parles de moutons ? fit Hide.
  • ... Si on parlait plutôt de notre organisation future.
  • T'as raison, alors, qui est d'accord ?

Tout le monde cria pour signifier qu'ils étaient désormais avec celui que les soldats appelaient Ryô des Bois. Ce dernier avait failli s'étouffer de rire en découvrant son surnom, c'était loin de valoir City Hunter ou l'Etalon de Shinjuku.

L'organisation se fit rapidement, le campement devint une base d'entraînement où Ryô et Hide dispensaient leur savoir. Les forgerons fabriquaient des épées et des pointes pour les flèches, un arsenal fut bientôt à leur disposition et bientôt ils songèrent à leur première cible.

Ils commencèrent par récupérer les récoltes confisquées par les soldats puis dès que les soldats attaquaient, ils n'étaient pas loin et ils leur rendaient la monnaie de leur pièce.

Le mot était passé, tout ce que le shérif faisait subir aux pauvres gens, Ryô des Bois et sa bande promettaient de lui faire payer au centuple. Du coup, les nobles n'osaient plus traverser la forêt car ils étaient attaqués et on leur volait tout, ils ne pouvaient plus payer l'impôt promis au shérif.

Ce dernier enrageait, comment ce Saeba pouvait gagner autant en popularité alors qu'il le forçait à malmener de plus en plus la populace ? Son clerc lui expliqua que les gens l'aimaient car tout ce que le shérif leur prenait, le voleur des bois le leur rendait. Kaïbara était furieux mais il ne voyait pas de solution à ce problème épineux.

Il décida de consulter sa conseillère secrète, il descendit dans les tréfonds du château et rejoignit l'antre de Fortiana ; elle était morte depuis des années mais il avait découvert une femme qui pouvait lui permettre de communiquer avec grâce à ses dons de voyance. Elle avait le pouvoir de parler avec les esprits et il l'avait enfermée ici pour qu'elle lui serve d'interprète avec celle qui l'avait élevé.

Reika était donc prisonnière du shérif depuis la mort de la sorcière et n'avait d'autre choix que de lui transmettre les instructions de cette dernière en provenance des enfers car elle était sûre que c'était là que se trouvait cette affreuse bonne femme et ses idées diaboliques.

Le shérif repartit avec la confirmation que le fils d'un mort en avait après lui et qu'il fallait à tout prix se débarrasser de lui, il devait organiser une alliance avec les barons et faire en sorte que le roi ne revienne jamais, lui laissant ainsi le champ libre pour ses idées de grandeurs.

Pour arriver à ses fins il fallait qu'ils parviennent à acheter les ennemis du royaume pour que jamais Richard ne revoie le sol anglais. Il envoya son cousin en escorte de l'or qui servirait ses desseins. Une trentaine de gardes étaient sous les ordres de Guysbourne et pour motiver les troupes une cargaison de bière accompagnait l'équipage.

La bande des bois avait été prévenue d'un chargement qui devait traverser la forêt mais quand Ryô les vit arriver il se demanda ce qui méritait une telle escorte. Heureusement, il avait prévu un plan pour diviser les hommes du shérif.

Deux hommes de la bande devaient attirer l’attention des soldats et c’est ce qu’ils firent avec brio en simulant une dispute en plein milieu de la route que les soldats avaient empruntée. En voyant ces deux hommes au loin, Guysbourne fit arrêter le convoi et ordonna à ses hommes de le suivre pour attraper les deux hommes de la bande de Ryô, chose qu’il ne savait évidemment pas. Résultat, il laissa un convoi nettement moins surveillé, la bande des bois eut vite fait de s’occuper des soldats restants et de s’emparer de l’or et de la bière.

Quand Guysbourne revint bredouille de sa course-poursuite, il ne retrouva ni le convoi ni ses hommes, son cousin allait être vraiment fou de rage et c’est sûrement sur lui qu’il passerait ses nerfs !

Pendant ce temps-là, Ryô et toute la bande ramenaient leur butin au campement. Sur le chemin, Falcon fit un arrêt car il venait de découvrir le propriétaire du chariot de bière qu’il conduisait, il avait, semble-t-il, basculé à l’arrière pendant l’attaque.

Falcon fit descendre l’individu, un moine apparemment, d’après ce que put constater Ryo ; il portait en effet un vêtement très à la mode dans les monastères, serré à la taille et évasé sur les côtés. Mais quand il se retourna et que sa capuche tomba sur ses épaules, notre nettoyeur faillit s’étouffer de rire en reconnaissant dans cet accoutrement religieux, le plus vieux pervers que cette terre n’ait jamais porté.

Il avait en face de lui son ami Doc et l’idée que ce dernier soit rentré dans les ordres l’amusait beaucoup.

Ryô fit semblant de ne pas le connaître et se dirigea vers lui afin de lui réclamer à boire pour ses hommes mais ce dernier ne semblait pas vouloir partager sa bière et il balança à l’assemblée quelques jurons bien sentis sur le fait que personne ne boirait son breuvage puis il sauta sur son chariot et fit claquer les rênes. En se tournant pour se moquer de la bande des bois, il ne vit pas une branche d’arbre et se retrouva les quatre fers en l’air.

Ryô le rejoignit en rigolant et se présenta car de toute évidence, comme les autres, Doc ne le connaissait pas. Ce dernier fit l’homme étonné de faire la connaissance d’une personnalité comme lui mais lui attrapa la jambe pour le mordre jusqu’au sang.

Ryô essayait de s’en défaire tant bien que mal quand Miki s’approcha à son tour pour rire de la situation. En voyant la jeune femme, le moine s’arrêta net et s’empressa d’aller lui conter fleurette. Il se prit un coup de bâton direct de Falcon qui n’apprécia guère les manières de ce moinillon vis-à-vis de sa femme. Après cela, Falcon lui fit traîner son chariot à la place des chevaux pour lui apprendre l’humilité.

Arrivé au campement, Ryô aida le moine à se libérer de sa punition falconienne et à reprendre un peu de dignité, il lui dit qu’un homme d’Eglise serait le bienvenu dans leur campement, qu’il ne le regretterait pas ; Frère Doc, car c’est comme cela qu’il se faisait appeler, accepta tout en disant que Ryô le regretterait peut-être, lui. Mais cela ne sembla pas inquiéter le fameux Ryô des Bois.

Les hommes étaient heureux, ils étaient tombés sur un trésor, de l’or à ne plus savoir qu’en faire mais Ryô et Hide étaient inquiets, tout cet or ce n’était pas normal, ils l’expliquèrent à toute la bande.

Visiblement le shérif préparait un sale coup et il y avait de grandes chances pour qu’il essaie de mettre les ennemis du Roi Richard de son côté. Tout le monde cria à la trahison et tous décidèrent de l’empêcher de réaliser ses sinistres projets.

Pendant ce temps-là, Guysbourne alla avertir le shérif de son échec et ce dernier régla vite le problème malgré les pleurs de son cousin, qui s’était une fois de plus fait ridiculiser par Saeba et sa bande. Il le transperça de son épée car il ne voulait plus d’un incapable à ses côtés mais il lui dit tout en le tuant que s’il le tuait aussi rapidement, c’était juste car il était son cousin.

Il laissa son cousin baigner dans son sang et quitta la pièce, bien décidé à se débarrasser de ce Ryô Saeba.


ShanInXYZ  (12.02.2023 à 16:51)
Message édité : 19.03.2023 à 17:09

Chapitre 5

Quelques jours plus tard, Kaori et Saeko, qui avaient appris que le shérif voulait faire appel à des mercenaires, se rendirent dans les bois et se firent arrêter par deux hommes de la bande à Ryô des Bois sur l’un des grands chemins de la forêt, sous le prétexte de payer la taxe.

Ces deux-là furent bien étonnés de découvrir que les cavaliers étaient des dames et qu’en plus elles ne se laissaient pas faire, l’un d’eux se prit un coup de pied dans la figure et se retrouva les quatre fers en l’air, et l’autre sentit une lame sous sa gorge et sa propriétaire exigea d’être conduite à ce fameux Ryô des Bois.

Les deux hommes obéirent, tout en sachant que Ryô allait être furieux en les voyant débarquer.

Ce dernier était en train de barboter tranquillement dans l’eau d’une cascade quand il vit arriver son ami qui se demandait ce qu’il pouvait bien faire dans l’eau au lieu d’être au campement en train d’élaborer leur prochain plan. Ryô attrapa Hide par la jambe et le fit tomber à l’eau en lui disant qu’ils avaient bien le temps de prendre un bon bain, qu’ils réfléchiraient mieux en étant propres. 

Hide ne comprenait pas trop le comportement de son ami mais se laissa convaincre, de toute façon il n’avait pas le choix, maintenant qu’il était trempé il n’avait plus qu’à sécher.

Entretemps, les deux hommes avaient guidé Kaori et Saeko jusqu’à la cascade. Saeko s’offusqua du regard de Kaori en voyant la tenue légère des deux hommes au loin mais cette dernière lui rétorqua qu’elle-même lorgnait bien sur son frère. 

C’est à cet instant que l’un de leur accompagnateur choisit d’hurler à Ryô qu’il avait de la visite si bien que les deux femmes ne savaient plus comment se comporter.

Surpris, les deux amis enfilèrent rapidement leurs vêtements afin de les rejoindre ; ils eurent la surprise de se trouver face à une Kaori rougissante et une Saeko moins effarouchée que son amie. Visiblement, elles avaient eu tout le loisir de contempler leur anatomie et quand cette idée parvint au cerveau de Ryô, il éclata de rire.

Hideyuki rit moins en se rendant compte que son ami s’était retrouvé nu devant sa sœur mais Ryô lui répondit que lui aussi s’était exhibé devant Saeko. 

Kaori interpella aussitôt Ryô en lui demandant ce qu’il était en train de faire. Ce dernier lui répondit tout simplement qu’il faisait ce qu’elle lui avait demandé de faire. La jeune femme rougit de plus belle sous le regard amusé de Ryô en pensant au fait qu’elle lui avait demandé de prendre un bain.

Hide regarda les deux hommes qui étaient censés monter la garde et donna un coup de coude à Ryô pour lui montrer leurs mines défaites.

  • Vous en avez une tête tous les deux, qu’est-ce qui s’est passé ? demanda Ryô, même s’il avait une petite idée.
  • C’est que nous avons dû nous battre, répondit le plus brave.
  • Et combien d’assaillants avez-vous affronté ?
  • Une bonne dizaine et des costauds, inventa l’autre.
  • Tiens donc, fit Saeko en pouffant de rire aussitôt imitée par Kaori.

Après ces retrouvailles confuses et embarrassantes, Ryô et son ami décidèrent de leur faire visiter leur campement.

Ils avaient construit un vrai petit village au milieu des bois ; Kaori était épatée par le travail réalisé mais quand Ryô lui montra l’or récolté, elle s’indigna en lui demandant s’il croyait l’impressionner car ce n’était pas le cas du tout.

Ryô lui expliqua à quoi le shérif voulait utiliser cet or. A savoir, acheter tous les ennemis du Roi Richard pour les unir contre lui. C’est pourquoi il avait décidé de voler cet or pour l’en empêcher, de plus, cela lui permettait d’aider les gens qui pâtissaient des taxes du shérif.

Se trouvant soudain idiote, Kaori lui dit qu’elle voulait contribuer elle aussi et déposa le poignard que le shérif lui avait donné au milieu du trésor récolté ; il refusa mais elle insista en disant qu’il n’avait aucune valeur, du moins pour elle et s’enfuit à l’extérieur.

Il récupéra le poignard et le glissa dans sa botte avant de la rejoindre pour descendre car toute la scène s’était passée dans une cabane nichée en haut d’un arbre et Kaori ne savait pas comment redescendre. Il la prit dans ses bras et tout en attrapant une corde, il se laissa descendre jusqu’au sol en profitant du fait que Kaori se serrait contre lui.

La journée était bien avancée, Ryô les avaient invités à diner avec eux, le repas se terminait tranquillement, Kaori se demandait qui était cet homme qu’elle ne reconnaissait pas comme celui qui jouait avec elle quand elle était enfant.

  • Vous avez changé, fit Kaori. Tout ce que vous avez réalisé ici est incroyable, comment faites-vous ?
  • Je n’ai aucun mérite, tous ces gens sont incroyables, je n’ai fait que les aider un peu.
  • Etes-vous satisfait de cette vie ?
  • Quoi ? Oh que non, je veux plein de choses, une vie normale, l’amour, une famille, des enfants.
  • Quand les hommes évoquent l’amour c’est pour parvenir à leurs fins.
  • Disons que je suis prêt à tout pour la femme de mes pensées, dit-il avec un clin d’œil, mais ne le répétez pas à votre frère sinon il m’embroche !
  • Qu’allez-vous faire, maintenant ? le questionna Kaori en rougissant.
  • Je vais vous renvoyer chez vous, si ce que vous m’avez dit sur le shérif s’avère exact vous êtes en danger avec nous. Donc demain à la première heure, retour à la maison, ma chère. On vous accueille pour la nuit en tout bien tout honneur et demain vous partez.
  • Et vous croyez que c’est le mieux ?
  • Je le pense en effet et je préfère ne pas vous avoir près de moi, j’ai du mal à rester concentré.
  • Vraiment ? fit-elle en le voyant sourire.
  • Oui et n’en profitez pas trop !

Elle fut vite sortie de ses pensées quand un cri déchirant retentit. Umi déboula, affolé : Miki était en train d’accoucher.

Ryô resta deux minutes la bouche ouverte, Miki en train d’accoucher, il n’avait même pas vu qu’elle était enceinte !

Le temps que l’information monte au cerveau, il se vit secouer comme un prunier par Kaori qui l’avait attrapé par la chemise car il ne réagissait plus et que ce n’était vraiment pas le moment.

Le bébé se présentait mal et on risquait de perdre l’enfant voire la mère si ce n’était pas les deux.

Ryô se précipita au chevet de la future maman, Frère Doc y avait épuisé sa science, il était tout pâle face à la triste tournure que prenait la situation.

Ryô s’approcha et lui demanda pourquoi il ne faisait pas une césarienne. Frère Doc le regarda, éberlué, en lui demandant de quoi il parlait.

  • Mince, ça n’existe pas encore à cette époque et moi je vais encore passer pour un fou se dit mentalement Ryô. Tant pis, faut bien faire quelque chose. Je m’en charge, Umi va vouloir me tuer quand je vais expliquer mon plan mais je n’ai pas le choix, allez je me lance ! Laissez-moi faire, je sais comment faire, j’ai appris ça pendant les croisades, annonça-t-il tout haut.
  • Appris quoi ? demanda aussitôt Hide.
  • On peut faire sortir le bébé d’une autre façon, va chercher de l’eau chaude et fait sortir le futur papa.
  • T’es sûr de ce que tu fais ? interrogea à nouveau Hide.
  • Oui, t’inquiète pas, fais ce que je te dis. Kaori, vous voudrez bien m’assister, je vais avoir besoin de votre aide aussi.
  • Que puis-je faire ?
  • Il va falloir la tenir de toutes vos forces !
  • Comment ça, me tenir? balbutia Miki, soudain apeurée.
  • Miki, ne t’inquiète pas, ça fera sûrement mal, mais je te le jure, je peux te sauver et ton bébé aussi. Pour cela il faut que tu sois forte mais je sais que tu l’es, fais-moi juste confiance. Puis s’adressant à Saeko, il me faudrait aussi du fil et une aiguille.
  • Il va la tuer ! hurla le Doc.
  • Il dit qu’il peut sauver mon enfant, je le crois fit Miki. Laissez-le faire ! C’est à moi de décider ! Par contre, retenez mon mari car il risque de le tuer !
  • Il ne me fait pas peur et nous avons plus important à faire, aller on se presse ! les encouragea Ryô avec un sourire.

Chacun prit son rôle au sérieux ; Ryô le premier et aidé par Kaori et Saeko, pratiqua la première césarienne de l’histoire. Pendant tout ce temps, Hide essayait de calmer Umibozu qui entendait les cris de sa femme depuis l’extérieur de la cabane.

Tout se passa pour le mieux et Umi put bientôt présenter son fils à toute la bande.

 

Doc n’y comprenait rien ; sur le coup, il avait pris Ryô pour un fou, mais la mère et l’enfant étaient en vie, alors quoi dire à part offrir un verre au sauveur ?

 

Ce dernier aurait volontiers accepté mais une farandole s’était improvisée autour du feu et il s’empressa d’aller inviter Kaori car Mick était en train de le faire. Il dit que cette danse lui était déjà réservée et il entraîna la jeune femme tandis que le blondinet regardait son rival de travers.

 

Kaori ne se rendit compte de rien, tout ce dont elle avait besoin était de s’amuser un peu, ce n’était pas tous les jours qu’elle assistait un homme dans une tentative désespérée de sauver une mère et son bébé.

 

Ils fêtèrent la naissance du bébé pendant une bonne partie de la nuit. Saeko et Kaori dormirent dans la cabane que Ryô s’était aménagée dans les arbres et qu’il leur avait volontiers cédée.

 

Le lendemain, elles furent conduites à la rivière. Kaori qui ne comprenait pas bien, alla demander des explications à Ryô.

 

  • Un bateau ! Qu’est-ce que c’est que cette histoire ?
  • Simplement pour que vous soyez incapable de dire où nous sommes cachés même contre votre gré.
  • On nous avait bandé les yeux !
  • Je sais mais c’est plus prudent. Au fait, pouvez-vous emmener Duncan avec vous ? Le pauvre, il n’est pas en état de combattre.
  • Vous me chassez mon maître ? intervint Duncan.
  • Je veux que tu veilles sur Kaori, lui souffla Ryô en l’accompagnant à la barque.
  • Vous pouvez compter sur moi, mon maître.
  • Je le sais Duncan, je le sais.
  • Est-ce tout ? demanda Kaori.
  • En fait, non, j’ai un service à vous demander mais c’est dangereux pour vous.
  • Quoi ?
  • Vous êtes la cousine du Roi, essayez de le prévenir de ce que le shérif essaie de faire en son absence…
  • J’ai tout à perdre, à me mettre le shérif à dos !
  • Je le sais, faites-le pour Richard.
  • Non, je le ferai pour vous, fit Kaori tout en s’approchant de lui pour déposer un doux baiser sur ses lèvres.

 

Puis elle se précipita vers la barque qui l’attendait pour rejoindre Saeko et Duncan.

 

Ryô resta sur la berge à les regarder partir. Elle le regardait aussi avec un petit sourire.

 

  • Vous comptez beaucoup pour mon maître, constata Duncan. Je n’ai pas besoin de mes yeux pour voir certaines choses.
  • Tout le monde le voit, de toute façon, ajouta Saeko.
  • Tu veux qu’on reparle de mon frère ? rétorqua Kaori, tu crois sans doute que je ne vous ai pas vus tous les deux hier soir !
  • Moi je ne les ai pas vus en tout cas, fit Duncan avec amusement et elles éclatèrent de rire. 

ShanInXYZ  (19.02.2023 à 17:23)
Message édité : 19.02.2023 à 17:23

Chapitre 6

 

Dès qu’elle eut regagné sa demeure, Kaori s’empressa d’écrire un courrier à son cousin Richard. Quand elle le confia à l’évêque pour qu’il lui fasse parvenir, il lui promit qu’un de ses hommes partirait sur-le-champ l’amener à son destinataire et malgré les protestations de l’homme d’Eglise, elle insista pour que Saeko l’accompagne.

 

Elles avaient peur que le message n’arrive pas à bon port mais étaient loin de se douter que l’évêque n’avait pas l’intention de le laisser arriver jusqu’au Roi. En chemin, son homme de main trompa Saeko en lui faisant croire que son cheval était blessé et en profita pour l’assommer quand elle voulut vérifier ses dires.

 

De son côté, le shérif qui avait été prévenu par l’évêque alla demander à Reika de lui transmettre les conseils de sa précieuse Fortiana. Cette dernière était vraiment folle et Reika était plus que réticente à transmettre le message mais Kaïbara la menaça des pires tortures si elle ne lui disait pas ce que la vieille sorcière voulait.

 

Elle finit par lui révéler l’idée complètement folle de Fortiana, mettre son sang sur le trône grâce à la cousine du Roi.

 

  • Un héritier, intéressant, mais Lady Kaori est un peu trop proche de ce Ryô des Bois, fit le shérif. Qu’en pense-t-elle ? questionna-t-il en demandant l’avis de la sorcière.
  • Elle dit qu’il suffit de s’en débarrasser, que les mercenaires celtes que vous avez contactés n’auront pas peur des fantômes, transmit Reika à contrecœur.

 

Un grand sourire se dessina sur le visage de Kaïbara. Elle avait raison, ils le débarrasseraient du héros du peuple, ainsi il serait à nouveau le chef de cette contrée et plus personne ne s’opposerait à lui. Il repartit tout content de son plan en chantant la marche nuptiale.

 

Reika se demanda comment faire pour empêcher tout cela d’arriver mais elle ne pouvait rien faire, enchaînée dans son cachot. Aussi, commença-t-elle à chanter des chansons grivoises dans l’espoir qu’un garde soit attiré par sa présence et qu’elle puisse s’échapper.

 

La nuit suivante, Kaori eut la mauvaise surprise de voir débarquer les hommes du shérif chez elle et malgré ses protestations, ils l’emmenèrent au château de Nottingham.

 

Duncan qui avait assisté à l’enlèvement de la dame de cœur de son maître, trouva une monture pour aller prévenir Ryô de ce qui s’était passé. Il endura le voyage, tout en priant que la monture puisse l’amener à destination car lui ne pouvait pas la guider.

 

Quand il parvint au camp, il eut à peine la force de prévenir Ryô pour Kaori avant de s’effondrer d’épuisement dans les bras de son maître.

 

Malheureusement, ce ne fut que le préambule d’un autre désastre, car le shérif avait tout prévu et c’est avec les hommes qu’il avait engagés pour se débarrasser de son ennemi qu’il lança l’attaque sur le camp en demandant qu’on fasse quelques prisonniers. 

 

Le pauvre Duncan avait à peine rendu l’âme que des flèches sifflèrent autour d’eux pour prévenir de l’attaque.

  • Ryô, cria Hide. Ils nous encerclent !
  • Ils ont suivi ce vieux fou, fit Mick.
  • Et alors, il est mort, tu veux le tuer une deuxième fois ? rugit Ryô.
  • Ne t’énerve pas mon ami, ce n’est pas le moment, fit Hide.
  • Tu as raison, prenez vos armes, nous allons devoir nous défendre.
  • Ils sont nombreux, remarqua Hide.
  • On a vu pire, non ? fit Ryô avec un sourire.
  • Tu es sûr ? répondit son ami.
  • Il faut tenir le plus longtemps possible.
  • Pourquoi ? fit Hide.
  • Laisser le temps aux autres de fuir, dit Ryô.
  • Umi, Doc, occupez-vous des femmes et des enfants et foutez le camp ! hurla Ryô.
  • Mais Ryô… firent les deux hommes.
  • Il faut éviter qu’ils ne fassent un massacre, donc on se bouge et vite !
  • Et pendant ce temps-là, on fout une raclée à un bataillon qui fait le triple de nous, intervint Mick.
  • On va faire au mieux pour les occuper, fit Ryô, pourquoi, tu as peur ?
  • Certainement pas !
  • Très bien dans ce cas, couvre-moi, j’ai une petite idée, ce crétin de shérif n’a pas assez de soldats pour nous encercler, il a sûrement engagé des mercenaires.
  • Et alors ? fit Mick.
  • Les mercenaires sont là pour l’argent et je vais leur en donner, dit-il en grimpant jusqu’à son repaire.
  • Il ne serait pas un peu fou ? fit Mick à l’attention de Hide.
  • Parfois je me le demande. Surtout depuis notre retour !

 

 

L’ennemi arrivait de toutes parts : des cavaliers qui détruisaient tout sur leur passage, des hommes armés jusqu’aux dents mais qui avaient tout de même du fil à retordre car la bande de Ryô n’avait pas l’intention de se laisser faire.

 

La bataille fut plutôt rude, mais Ryô savait se battre et plus d’un furent étonnés de ses techniques de combat plutôt originales, il regrettait juste son magnum, ça l’aurait grandement aidé. Et si Umibozu avait eu son bazooka, il n’imaginait même pas le carnage. Mais il devait faire avec ce qu’il avait.

 

Des soldats tiraient sur le camp depuis le haut de la colline, espérant faire pas mal de dégâts mais rien n’y faisait. En plus, Ryô avait balancé tout le butin récupéré et les mercenaires préféraient se jeter sur l’or à ramasser que de se battre avec des paysans.

 

En haut de la colline, le shérif s’énervait et il demanda à ce qu’on donne le coup de grâce. Les soldats armèrent à nouveau leurs arcs mais cette fois-ci, les flèches étaient enflammées. Quand elles tombèrent sur le campement ce fut comme une pluie de feu.

 

Au campement, Ryô se montrait le plus coriace des adversaires jusqu’au moment où il vit que Miki était en difficulté avec son bébé ; elle était coincée dans une des cabanes en haut des arbres et tout était en flamme. Umi ne pouvait l’atteindre. Ryô vit une corde et sans se poser de questions il sauta dans le vide et rejoignit Miki, puis il l’aida à rejoindre Umi et leur dit de filer avant d’attraper à nouveau la corde providentielle qui avait sauvé son amie mais il ne vit pas qu’elle était en flammes, elle lâcha sous son poids et il disparut dans les flammes.

 

 

De son côté, Kaori était au château de Nottingham dans la chapelle, avec l’évêque. Quand le shérif vint se présenter à elle, elle lui demanda pourquoi elle était prisonnière.

 

  • Pour votre bien, ma chère, il semblerait que l’on se soit servi de vous pour m’atteindre fit Kaïbara.
  • Et puis-je savoir, d’où vous tenez de telles inepties ? fit Kaori.
  • Mais de vous, fit le shérif en lui montrant la lettre qu’elle avait confiée à l’homme d’Eglise.

 

Kaori était furieuse et aurait bien arraché les yeux à l’évêque qui vint lui expliquer qu’il s’était senti obligé de la protéger contre elle-même.

 

Elle allait quitter la chapelle quand le shérif fit signe à un garde de faire entrer un groupe d’enfants. Devant le regard d’incompréhension de Kaori, il s’avança et s’approcha d’une fillette.

 

  • Pauvre petite, si fragile et maintenant seule, sans sa famille. Moi aussi, je suis orphelin et si je n’avais pas eu d’aide, je serais sans doute devenu fou.
  • Où diable voulez-vous en venir ? fit Kaori.

 

Le shérif lui montra la cour du château où des hommes amenaient des prisonniers, surtout des enfants.

 

  • La bataille est terminée, Sherwood a brûlé, ces enfants étaient mes ennemis, il ne tient qu’à vous d’en faire mes alliés.
  • Et comment ?
  • Un mariage, ma chère, rétorqua Kaïbara.
  • Et puis-je savoir qui vous comptez me faire épouser ?

 

Le shérif recula, laissant place à l’évêque pour qu’il lui explique toutes les bonnes raisons d’une alliance avec Kaïbara pour guérir les maux de l’Angleterre.

 

  • Un seul homme peut guérir les maux de l’Angleterre, rétorqua Kaori.
  • Désolé, ma chère, fit le Shérif en lui donnant le pendentif que Ryô avait récupéré sur le corps de son père. Il est mort mais vous pouvez épargner les autres et je suis prêt à pardonner à votre servante, fit-il tout en montrant la pauvre Saeko parmi les prisonniers.

 

Kaori serra le pendentif dans sa main et partit en courant vers ses appartements, les larmes lui montaient aux yeux mais elle ne voyait plus d’espoir dans ce cauchemar.

 

Ryô était mort, son frère l’était probablement aussi et elle devait agir pour préserver ce qu’il restait, quoiqu’il lui en coûte à son grand désespoir.

 

Pendant ce temps-là à Sherwood, Umibozu et Hideyuki découvraient l’ampleur des dégâts. Ils n’auraient jamais cru qu’en voulant se rebeller contre ce fou de Kaïbara, ils se retrouveraient dans une situation pareille.

 

Tout avait brûlé, il y avait de nombreux blessés, mais il comptait aussi des pertes, certains avaient péri pendant l’assaut car ils n’avaient pas eu le temps de les aider à se sauver.

 

Certains avaient été arrêtés et parmi eux Mick et Petit Loup, le fils d’Umi.

 

C’était la désolation et ils se demandaient ce qu’ils allaient bien pouvoir faire, d’autant que leur meneur avait perdu la vie en sauvant Miki.

 

Ils n’osaient même pas parler tellement ils étaient abattus quand soudain, quelqu’un cria.

 

  • Regardez, c’est lui ! hurla un de leur compagnon.
  • Il est vivant, firent en même temps Hide et Umi stupéfaits de voir Ryô apparaître au milieu de la fumée.
  • Ben quoi, les gars, faites pas cette tête ! On dirait que vous avez vu un fantôme ! fit ce dernier en riant.

 

Le lendemain, Kaïbara faisait un petit tour dans les geôles du château pour voir si les quelques prisonniers qu’ils avaient récupérés et qu’on était en train de torturer pouvaient lui confirmer une rumeur qui ne lui plaisait pas du tout.

 

  • On me dit que votre ami, Ryô des Bois, serait encore en vie. Est-ce vrai ?
  • Monseigneur, s’il ne l’est pas, je peux le tuer pour vous, hurla Mick qui était enchaîné à un mur.
  • Ah bon, fit le shérif en s’approchant. Il est donc en vie ?
  • Je ne le sais pas, mais si vous me libérez, je peux aller vérifier, répondit Mick.
  • Espèce de traître ! fit Petit Loup qui était enchaîné un peu plus loin.
  • Vraiment ? Et qui me dit que ce n’est pas juste une ruse pour te sauver ? fit Kaïbara en ignorant le jeune garçon.
  • Je fais partie de ceux qui peuvent l’approcher, insista Mick.
  • Menteur ! Il sait que tu le détestes ! cria Petit Loup.
  • Silence !!! cria le shérif.
  • C’est vrai, il ne m’apprécie guère et s’il a des doutes, il me tuera, qu’avez-vous à perdre ? fit Mick d’un ton décidé.
  • Et tu le tuerais pour moi ? fit Kaïbara.
  • Sans hésiter, Monseigneur, rétorqua Mick.

 

 

Kaïbara ordonna qu’on le détache, il devait avoir une petite discussion avec le traître.


ShanInXYZ  (26.02.2023 à 17:20)

Chapitre 7

 

Au campement, Ryô, Hide et les autres avaient passé une grande partie de la journée à s’occuper de leurs compagnons perdus lors du combat. Chacun d’eux avait désormais une sépulture certes modeste mais au moins pouvaient-ils reposer en paix. Ryô et Hide étaient devant la tombe de Duncan. L’un et l’autre se demandaient s’ils avaient bien fait d’embarquer tous ces pauvres gens dans cette histoire, eux étaient des combattants, mais pas ces pauvres gens qui avaient péri et ils se sentaient responsables.

 

  • On s’est cru trop malin pour le shérif et voilà ce qu’il a fait, fit Ryô. Je me suis pris pour qui, franchement ? City Hunter, tu parles, une grande gueule, oui, et maintenant je dis quoi aux familles de ces pauvres gens, j’ai suivi mon orgueil et ….
  • Ton orgueil a rendu leur fierté au peuple, Ryô. Grâce à toi, ils ont eu le courage de se battre et j’espère bien que tu vas continuer, sinon gare à toi, le damoiseau ! fit Umibozu.
  • Il a raison, Ryô, fit Hide. On leur doit de continuer cette bataille et de la mener jusqu’au bout.
  • C’est vrai, mais...

 

Il s’interrompit en voyant une silhouette approcher au loin, il titubait mais il reconnut de suite Mick. Avant qu’il n’ait eu le temps de lui parler, Umibozu lui fonçait dessus pour le rouer de coups.

 

  • Espèce de traître, qu’as-tu fait pour être libre aussi vite ! criait le géant en le secouant pour qu’il lui réponde.
  • Umi, arrête, regarde, fit Hide en soulevant la tunique de Mick, ses blessures montraient qu’il avait été torturé.
  • Que fais-tu ici ? demanda Ryô.
  • J’apporte un message du shérif, répondit Mick.
  • Je vais te massacrer ! hurla Umibozu.
  • Laisse-le parler, demanda Ryô. Je t’écoute, Mick.
  • Demain, en l’honneur de son mariage, le shérif fera pendre dix de nos compagnons.
  • Son mariage avec qui ? demanda Ryô.
  • Lady Kaori, répondit l’Américain.
  • Il entrera dans la famille royale afin de s’approprier le trône, fit Hide.
  • Et Petit Loup ? demanda Miki.
  • Il sera dans les dix, souffla Mick.
  • Et tu comptes profiter de ton rôle de messager pour me tuer l’Amerloque ?! fit Ryô en l’attrapant par le col. Qu’est-ce que je t’ai fait, bon sang, tu me détestes depuis que j’ai débarqué, pourquoi ?
  • Cela me vient du fait que notre père t’a aimé plus que moi ! hurla Mick.
  • Hein, t’as fumé la moquette ou quoi ? rétorqua Ryô.
  • Souviens-toi de la femme qui t’a servi de mère quand tu as perdu la tienne et que ta colère a éloigné de mon père quand tu as compris le sentiment qui les liait, expliqua l’Américain.
  • Euh…. Je vois, je suis pas tout clair dans cette histoire, donc en gros, j’ai fait un gros caprice et mon père a foutu ta mère dehors, belle mentalité… conclut Ryô.
  • Nul n’a plus de raison de te détester que moi, fit Mick, mais je me surprends à vouloir croire en toi. Alors, que comptes-tu faire, Ryô des Bois, vas-tu prendre la poudre d’escampette comme je me l’imagine ou vas-tu nous mener au combat pour nous débarrasser du shérif ?
  • Je suis avec toi, frangin, compte sur moi, il va pas s’en sortir comme ça, ce connard de Kaïbara ! fit Ryô en tendant la main à ce frère inattendu.

 

 

Le lendemain, dès l’aube, Ryô et Hideyuki mettaient en place un plan pour infiltrer la petite fête du shérif et y mettre leur grain de sel. A cet effet, Hide avait dessiné un plan du château pour que chacun voie où ils pouvaient se positionner.

 

  • Mick, tu te tiendras près de la potence pour délivrer nos amis, indiqua Ryô.
  • Et je fais comment pour approcher sans me faire remarquer ? rétorqua ce dernier.
  • On va s’occuper de la diversion, Frère Doc a suffisamment d’alcool pour foutre le feu. Ils ont détruit notre camp comme ça, s’il le faut, on a de quoi leur rendre la pareille mais pour l’instant, Hide s’occupe du petit souvenir qu’on a ramené des croisades.
  • Un souvenir ! fit Mick avec une grimace, avant de sursauter en entendant un gros boum du côté de Hide et de Doc.
  • C’est pas possible, tu es sorcier ? fit Doc à Hide.
  • Mais non, fit Hide en rigolant. On a appris ça pendant nos batailles en Terre Sainte, ils utilisaient ça contre nous….
  • Et quand on a eu marre de s’en prendre plein la tronche fit Ryô, on s’est dit qu’apprendre de l’ennemi ne serait pas un mal et Hide a très vite compris comment ça marchait.
  • Le secret est dans la poudre noire, fit Hide.
  • Et vous avez ramené ça de là-bas ? demanda Doc.
  • Si on avait su qu’on en aurait besoin, on l’aurait fait, répondit Ryô, mais non, on a dû faire avec les ressources locales. Heureusement que Hide s’est souvenu comment ça se fabriquait.
  • Je ne me tracasse pas pour ça, fit Hide, t’aurais trouvé autre chose, fit-il en s’adressant à Ryô.
  • Quelques cocktails Molotov avec l’alcool de Frère Doc auraient aidé, mais il aurait peut-être pas apprécié qu’on abîme son stock, fit Ryô en souriant.
  • Un coq...quoi ? fit Doc.
  • Rien d’important, conclut Ryô. Donc Hide et Doc entreront par la porte, ils installeront la poudre sous prétexte d’amener de quoi boire pour le mariage. Umi, tu te tiendras sur les remparts prêts à venir aider Mick dès que le feu d’artifice aura commencé. Je vous couvrirai avec Hide, après qu’on aura lancé l’attaque.
  • Et moi ? fit soudain la voix de Miki.
  • Rentre à la maison, fit Umi, va t’occuper des enfants.
  • Les enfants sont avec ma mère, on veut tuer mon fils, faut pas croire que je vais rester sans rien faire ! fit Miki.
  • Ryô, dis-lui, fit Umi.
  • Miki, tu te tiendras en haut du rempart pour aider ton lourdaud de mari à rentrer dans la place. Tout le monde sait ce qu’il a à faire, dans ce cas, la phase « je vais exploser le shérif » va pouvoir commencer.

 

 

Hide et Frère Doc furent les premiers à pénétrer dans la place, les gardes surveillaient toutes les entrées mais quand ils comprirent que le chariot amenait des libations, ils les laissèrent entrer sans problème malgré le fait que Hide soit recouvert de bandages pour éviter qu’on ne reconnaisse le frère de la future mariée. Et au moindre soldat un peu curieux de cette momie qui installait des tonneaux devant la potence, Frère Doc faisait allusion à la lèpre et ils n’en demandaient pas plus avant de les laisser tranquilles.

 

Miki entra sans problème et se dirigea vers le rempart où elle s’installa tranquillement, tout en balançant une corde à son mari qui attendait à l’extérieur avec un fagot de bois qui cachait quelques surprises puisque les armes étaient interdites à l’entrée. Miki remonta le fagot et distribua son contenu ni vu ni connu à Mick, Ryô et les quelques compagnons qui les aidaient pendant que son mari grimpait par le même chemin pour la rejoindre. Un garde qui se permettait de venir lui conter fleurette tout en vérifiant son fagot de bois se vit rapidement alpaguer par une main qui arrivait en haut du rempart et il finit directement en bas du mur extérieur.

 

Ryô était entré déguisé en pèlerin soit disant aveugle mais il avait surtout aveuglé le garde avec une odeur pestilentielle telle qu’on l’avait expédié à l’intérieur avec force. Il en rigolait encore, pas très futés les gardes du shérif. Après que Miki lui a remis un arc et des flèches, il alla se positionner pour couvrir ses amis dès que Hide aura fait exploser la poudre.

 

C’est à ce moment-là que des trompettes retentirent et que le Shérif arriva avec Kaori à son bras. Il lui fit une remarque quand il vit qu’elle portait le pendentif de Ryô mais elle rétorqua que ce n’était pas plus déplacé que son présent nuptial.

 

Piqué au vif, il ordonna qu’on amène les prisonniers pour la pendaison. Une grille s’ouvrit et les soldats poussèrent Petit Loup et ses compagnons au milieu de la foule. Miki serra la main de Umi en voyant son fils. Ce dernier regardait partout, un peu perdu et soudain il vit un visage familier. Mick comprit trop tard qu’il aurait dû attendre pour se rapprocher des prisonniers ; Petit Loup ne savait pas qu’il était dans le bon camp, tout ce qu’il savait c’est qu’il l’avait vu parlementer avec le shérif pour tuer Ryô et malgré les signes qu’il essaya de lui faire, le jeune garçon lui sauta dessus en le traitant de traître.

 

Il y eut une cohue et le shérif ordonna à ses hommes d’attraper le responsable de cette bagarre. Quand on lui montra l’homme en lui disant qu’il était armé, Kaïbara devint soupçonneux.

 

  • Tiens, mais c’est notre traître ! Alors quelles nouvelles as-tu à me rapporter ?
  • Il est mort, affirma Mick avec assez d’aplomb.
  • Tu as vu son corps ? insista le Shérif.
  • Non, mais on m’a montré sa tombe, fit Mick.
  • Et maintenant, tu viens ici armé alors que tu es censé travailler pour moi !
  • C’est pour veiller à votre sécurité, Monseigneur.
  • Tu te crois sans doute malin, mais on verra si tu as autant de répartie au bout d’une corde ! conclut le Shérif.

 

Un soldat mena Mick jusqu’au gibet, où étaient déjà installés tous les prisonniers. Le bourreau l’attrapa par le col et l’amena près de Petit Loup mais resta un instant en arrêt.

 

  • Monseigneur, il semblerait qu’on manque de corde, mais ce n’est que partie remise, on verra une autre fois ! cria Mick.

 

Le bourreau l’attrapa brusquement et l’attacha après un des barils de poudre que venaient de déposer Hide et Doc. Ryô et Hide se regardèrent, le plan tournait mal, Mick se retrouvait attaché à leur diversion. Soudain le shérif cria pour qu’on attaque les exécutions et quand ils virent leur compagnon commencer à se balancer au bout de leur corde, Umi ne put se contenir et fonça vers la potence pour sauver son fils aussitôt suivi par Ryô et Hide pour le couvrir de leurs flèches.

 

Ryô parvint à couper la corde de Petit Loup d’un coup de flèche et ce dernier essaya d’aider son voisin, puis son père fonça comme un taureau contre la charpente en bois de l’échafaud et il parvint à le faire basculer afin que tous aient de nouveau les pieds sur terre.

 

Le bourreau quant à lui n’avait pas dit son dernier mot, il sortit une hache pour s’occuper de Mick. Ce dernier regarda Ryô et comprit qu’il avait confiance en son frère donc il n’avait plus qu’une chose à faire, lui montrer qu’il ne se trompait pas. Il prit son arc et avant que le bourreau n’ait accompli sa basse besogne, il lui logea une flèche entre les deux yeux, s’épatant lui-même d’être aussi doué au tir avec un bout de bois qu’avec son magnum.

 

A ce moment-là, le shérif, furieux, ordonna à la garde d’intervenir mais elle en fut incapable car Miki avait profité de l’affolement pour couper la corde qui retenait la herse entre la cour et le château et les soldats ne pouvaient pas en sortir.

Kaïbara était hors de lui alors il s’énerva après ses invités et attrapa Kaori pour l’emmener à la chapelle. Elle essaya de se débattre mais rien n’y fit, il était trop fort, aussi se mit-elle à crier.

 

  • RYÔ !!!
  • Kaori !!! firent en même temps Ryô et Hide tout en regardant vers le château et en se demandant comment ils allaient faire pour aller à son secours. Ryô regarda la cour rapidement et aperçu une catapulte.
  • Umi, tu peux nous filer un coup de main ? hurla-t-il tandis que toute la bande s’affairait pour les aider.

 

Une fois en place, Ryô prit place sur la catapulte, Hide s’assit à ses côtés et l’interpella.

 

  • Dis-moi, tu peux m’expliquer pourquoi c’est toi que ma sœur appelle à l’aide au lieu d’appeler son frère, autrement dit, moi ? demanda Hideyuki.
  • Euh, eh bien comment dire… fit Ryô un peu embêté.
  • Tu es prêt à tout pour elle ? fit Hide avec un regard sérieux.
  • J’irai même jusqu’à mourir ! rétorqua Ryô.
  • Dans ce cas, ça me va ! fit Hide en lui serrant la main avec un grand sourire.
  • Mick, vas-y, fit Ryô en ordonnant de déclencher la catapulte.

 

Mick actionna la manette et la machine les propulsa en l’air. Ils parvinrent à passer le mur sans difficulté et heureusement pour eux, il y avait un tas de foin de l’autre côté pour amortir leur chute.

 

  • Ils sont passés ? Nom de Dieu ! fit Mick en rigolant.

ShanInXYZ  (05.03.2023 à 17:25)

Chapitre 8

Ryô et Hideyuki ne laissèrent pas le temps aux soldats de réagir à leur arrivée soudaine et se précipitèrent dans le château. Ce n’était qu’un dédale de couloirs et d’escaliers qui allaient dans tous les sens et ils ne savaient pas vraiment où le shérif comptait aller. Ryô finit par attraper un serviteur par l’encolure et le plaqua contre le mur en lui demandant où était son patron. Ce dernier lui répondit qu’il était parti à la chapelle et qu’il avait fait demander l’évêque.

 

  • La chapelle, ça nous avance vachement ! lâcha Ryô qui tenait toujours l’homme contre le mur.
  • L’escalier au fond du couloir, ajouta l’homme qui souffla quand Ryô le lâcha.
  • Voilà, c’est plus clair, merci l’ami ! lui cria Ryô tandis qu’il se précipitait vers le bout du couloir avec Hide.
  • L’évêque ! Il ne manque pas de culot, celui-là, franchement, quelle attitude pour un homme d’Eglise ! fit Hide.
  • J’avais déjà capté qu’il n’était pas clair mais à ce point-là c’est plus de la bêtise due à ses bondieuseries qui lui font croire au Malin, mais plutôt de l’avidité si tu veux mon avis.
  • On s’occupera de son cas plus tard, pour l’instant je n’ai absolument pas envie d’avoir Kaïbara pour beau-frère ! 
  • T’inquiète pas, je ne vais certainement pas laisser faire ça, fit Ryô tout en accélérant la grimpée des escaliers.

 

Pendant ce temps-là dans la cour, tout le monde était affolé par ce qui venait de se passer et essayait de se sauver. Un mur avait explosé dans la bagarre et la plupart s’y dirigeaient. Mick et Umi se regardèrent en se demandant s’il ne fallait pas intervenir. Quand soudain, Miki qui avait récupéré son fiston et était bien décidé à en finir avec le fou furieux qui avait failli pendre son petit, grimpa sur un chariot et se mit à siffler pour attirer l’attention de la foule.

 

  • Excusez-moi de vous déranger pendant votre fuite, mais je me pose une question plutôt importante qui vous concerne également. N’en avez-vous pas assez de ce shérif et de son règne de terreur ? Personnellement, je trouve que ça suffit, alors je vais me battre et je vous conseille d’en faire autant. Rejoignez-nous, rejoignez la bande de Ryô des Bois et aidons-le à nous débarrasser de ce foutu shérif !

 

Tous les gens présents l’acclamèrent et foncèrent vers la herse afin de rentrer dans le château et bien décidés à en finir avec ce shérif de malheur. 

 

  • Je ne veux pas me mêler de ce qui ne me regarde pas mais, elle en a ta femme, fit Mick, devant un Umi qui se mit à rougir tandis qu’ils rejoignaient cette nouvelle armée prête à en découdre avec les soldats.

 

Pendant ce temps-là, Ryô et Hide arrivaient en haut de l’escalier ; ils tombèrent nez à nez avec une Reika qui manqua de leur flanquer un coup de poêle dans la figure. Ryô lui attrapa le bras juste à temps.

 

  • Eh, doucement, ma jolie, pas la peine de nous frapper, on te veut pas de mal, lui fit Hide.
  • Pas question que je retourne dans les geôles de ce fou, plutôt mourir ! fit la demoiselle d’un ton sans équivoque.
  • Si tu parles du shérif, rassure-toi, on est les gentils, on va s’occuper de son cas et sauver la sœur de mon ami au passage si ça ne te dérange pas, intervint Ryô.
  • Vous êtes Ryô des Bois ? Vous n’êtes pas mort ? Tant mieux, j’espère que vous ferez en sorte que les lubies de la vieille sorcière ne deviennent pas réalité ! lui fit Reika.
  • De quoi tu parles, quelle sorcière ? demanda Ryô.
  • La folle avec qui ce fou me force à parler depuis l’enfer afin de réaliser ses plans diaboliques. Sans elle, je ne me serais pas retrouvée prisonnière à cause de mon don.
  • Un don, une sorcière, je comprends rien ! fit Ryô avec une grimace.
  • La femme qui l’a élevé est morte, j’ai le don de communiquer avec les défunts et il m’a emprisonnée pour me forcer à lui parler et à lui transmettre ses idées complètement folles.
  • Mais il t’a laissé une poêle à frire pour le cas où tu t’ennuierais, c’est ça ? fit Ryô un peu soupçonneux sur la présence de la sœur de Saeko dans l’histoire.
  • Non, quand j’ai vu que ça devenait vraiment grave, j’ai tout fait pour attirer l’attention du garde, je l’ai assommé et je suis venue pour aider Lady Kaori, j’ai piqué ça dans la cuisine en passant pour me défendre, rétorqua Reika.
  • Mais comment tu savais pour Kaori ou moi ? fit Ryô.
  • C’est l’autre folle, elle lui a dit de vous tuer et d’épouser Kaori pour prendre le trône.
  • J’hallucine, ce taré fait tout ça sur commande d’une pseudo-voyante ? ! fit Ryô.
  • Mais c’est pas moi, je ne suis que la messagère, comment j’aurais pu savoir qu’il voulait parler à une folle et se servir de moi pour ça ?
  • Admettons que je te crois, où est Kaori ? demanda Ryô.
  • Ils sont enfermés dans la chapelle, l’évêque doit les marier, j’ai bien essayé de rentrer mais je n’y arrive pas, mais maintenant que vous êtes là, on va peut-être pouvoir l’arrêter, enfin si vous n’avez plus de questions à me poser parce que franchement, je pense qu’on n’a pas le temps.
  • Trop fort, on va se faire remonter les bretelles maintenant !!!
  • Et bien vous vous disputerez plus tard, intervint Hide, car comme la demoiselle vient de nous le dire, on a autre chose à faire.
  • T’as raison, mon frère, alors, elle est où cette foutue chapelle ? demanda Ryô.
  • Suivez-moi, fit Reika.

 

Elle les conduit devant une porte en chêne où l’on entendait des cris, apparemment Kaïbara hurlait après l’évêque pour qu’il le marie à Kaori et celle-ci hurlait plus fort car il était hors de question qu’elle l’épouse. Ryô se demandait la tête que pouvait faire l’homme d’Eglise entre les deux, le pauvre, il devait prier pour se trouver dans un autre lieu, le plus loin possible ! Cela le fit sourire un instant mais il toqua à la porte avec force.

 

  • Kaïbara ! Laisse tomber, on est là, tu ne peux plus rien faire ! fit Ryô.
  • Je suis en train d’épouser Lady Kaori, tu permets ? cria Kaïbara.
  • Ah non, je ne permets rien du tout, d’autant que tu n’as pas demandé la permission à son frère, ici présent, et qui ne te veut pas comme beau-frère, désolé, alors ne vas pas me l’énerver et sors d’ici tout de suite, compris ? fit Ryô en essayant de garder son calme.
  • Pas question, une fois le mariage célébré, vous ne pourrez plus rien faire, le nargua Kaïbara.
  • Arrête de jouer au con et sois un homme, si tu ne sors pas tout de suite, je te jure que je vais te faire sortir moi-même et là tu vas le sentir passer ! cria Ryô.
  • Cause toujours, vous ne pourrez pas rentrer ! répondit le shérif en riant.
  • D’accord tu l’auras voulu, fit Ryô.

 

Il cogna la porte mais se rendit vite compte qu’elle était beaucoup trop épaisse. Il regarda autour de lui à la recherche d’un outil qui pourrait les aider. Ne voyant rien, il commençait à bouillir d’impatience et pendant ce temps-là, le shérif avait réussi à convaincre l’évêque de célébrer la cérémonie.

 

  • Reika, tu files dehors et tu nous ramènes Umibozu, tu peux pas le louper, c’est un colosse, il va nous exploser cette porte en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, dépêche-toi ! Hide, tu restes là, si tu trouves un truc pour ouvrir te gênes pas mais au cas où, reste devant la porte pour leur couper le chemin quand ce salaud voudra sortir, ordonna Ryô.
  • Et toi, fit Hide, qu’est-ce que tu vas faire ?
  • Je change de film, si Kaïbara ne vient pas à Ryô, et bien c’est Ryô qui ira à lui et je te jure que je vais lui botter les fesses ! T’inquiète pas, je t’ai promis que Kaori n’épouserait pas ce bâtard, et je tiens toujours mes promesses, d’autant qu’il m’a légèrement énervé cet abruti !

Ryô fonça dans le couloir et rejoignit les escaliers, il monta dans les étages supérieurs et arriva en haut des tours. Il se pencha au bord pour jauger de la distance entre la chapelle et lui avant de se rendre compte qu’il n’avait pas de corde, mais ce léger détail ne l’arrêta pas en si bon chemin ; il y avait de longs drapeaux qui ornaient le bâtiment et après en avoir rapidement testé la solidité, il se jeta dans le vide pour atterrir directement dans la chapelle en passant à travers la fenêtre.

 

Son atterrissage fit son petit effet puisqu’il envoya valdinguer l’homme d’Eglise par-dessus l’autel, et que ce dernier ne se releva que pour aller se planquer dans un coin au fond de la chapelle, au grand dam du shérif qui voyait son plan s’écrouler.

 

  • Je suis en train d’épouser Kaori ! Hurla-t-il à Ryô.
  • Certainement pas, d’ailleurs elle n’a pas l’air d’accord et ça m’étonne qu’elle ne t’ait pas déjà assommé, mais je comprends mieux, vu que tu l’as attachée, espèce de lâche ! fit Ryô en se dirigeant vers Kaori pour la détacher.
  • Tu ne l’approcheras pas, c’est ma femme ! hurla Kaïbara.
  • Sale menteur, vous avez essayé de me faire dire oui, mais vous n’y êtes pas arrivé, je suis peut-être dans l’incapacité de vous frapper, mais j’ai encore ma langue !
  • Méfiez-vous ma chère, ne me tentez pas, fit-il en la menaçant.
  • Dis donc, si tu t’en prenais plutôt à quelqu’un de ta taille, shérif à la noix ! fit Ryô.
  • De quoi ? fit Kaïbara en se retournant. Comment oses-tu t’adresser à moi de cette façon ?!
  • Je parle de toi, le taré de service qui au lieu de servir le peuple comme il le devrait, l’affame et le maltraite. Et je ne parle pas de tes combines tordues pour piquer l’argent de ceux qui ne veulent pas te suivre dans tes délires et que tu accuses de diableries pour les tuer. Et maintenant tu veux carrément monter sur le trône, non mais y a quoi dans ta tête, t’as pété un boulon ou quoi ? Je sais pas si ça vient de la vieille folle qui t’a élevé mais une chose est sûre, t’es complètement fêlé et tu vas t’arrêter là, crois-moi !!! 
  • Et qui m’arrêtera, toi peut-être ?
  • Je t’ai prévenu, t’as rien voulu entendre, maintenant c’est entre toi et moi et là plus moyen de te comporter en lâche en envoyant les autres au casse-pipe à ta place !
  • Un lâche, moi ? Je vais te couper en rondelles ! fit le shérif en lui montrant son épée. Au fait, tu la reconnais ? C’est celle de ton père, il est normal qu’elle serve à vous réunir !
  • Pourquoi aurais-je peur de l’arme d’un homme qui a osé t’affronter, toi et tes sbires, car lui n’acceptait pas tes magouilles ? C’était sûrement un homme de bien et toi tu as sûrement récupéré son épée sur son cadavre, pleutre que tu es !

 

Le shérif fonça en hurlant sur Ryô pour essayer de le pourfendre avec son épée. Ce dernier l’évita et la lame toucha le mur dans un bruit métallique. Ryô en profita pour aller détacher Kaori qui sauta de son siège juste avant que le shérif qui revenait à la charge ne démolisse le fauteuil où elle était attachée.

 

  • Et alors, mon vieux, tu sais plus viser ? T’as failli toucher ta future épouse, ce serait ballot pour un futur roi de pacotille ! le nargua Ryô avant que Kaïbara n’essaie à nouveau de le toucher.
  • Tu me traites de lâche mais pour l’instant tout ce que tu fais c’est de jouer l’acrobate pour m’éviter et faire le beau parleur !
  • T’inquiète pas, tu vas la prendre la raclée. Estime-toi heureux, j’aurais pu tout simplement te mettre une flèche entre les deux yeux, mais ça aurait été trop facile. Laisse-moi récupérer l’arme qu’il convient pour un duel digne de ce nom et je m’occupe de ton cas.
  • Ryô, c’est de cela que vous avez besoin ? fit Kaori en lui montrant une épée qu’elle venait de décrocher du mur et en la lui lançant.
  • Merci, Gente Dame, exactement, ce qu’il me fallait, fit Ryô après avoir rattrapé l’arme au vol. Il lui fit la révérence et un clin d’œil pour la remercier.
  • Arrête de faire le joli cœur avec Ma Dame, cria le Shérif.
  • Il est de mauvaise humeur, non ? fit Ryô à l’attention de Kaori qui pouffait de rire.

 

Leur complicité énervait le shérif au plus au point et sa rage était telle qu’il détruisait tout sur son passage en espérant bien parvenir à tuer son rival. Le combat fut très rude et Ryô, malgré quelques égratignures, parvenait à faire face à son adversaire en parant tous ses coups et en lui montrant que même si c’était pas son arme de prédilection, il était tout même une fine lame lui aussi. Il savait s’adapter à toutes les situations et en plus Kaori ne manquait pas une occasion de l’aider en balançant tout ce qu’elle trouvait dans les pattes du shérif.

 

Ce dernier, excédé, poussa un banc dans les jambes de Ryô, qui perdit l’équilibre et tandis que sa tête heurtait le rebord d’une table dans sa chute, le shérif frappa avec son épée mais il ne lui coupa qu’une mèche de cheveux. C’était pas passé loin, à un cheveu, s’il avait voulu faire de l’humour. Mais là, il commençait à saturer.

 

  • Bon, ça suffit, maintenant, je t’ai pas demandé une coupe de cheveux ! Non mais, franchement, t’appelles ça un combat, tu veux que je me la joue façon « massacre à la tronçonneuse » moi aussi ? Je te préviens tu risques de te prendre quelques meubles dans la gueule. C’est pas un duel, c’est du grand n’importe quoi !!!
  • Tais-toi ! hurla le shérif en attaquant à nouveau Ryô qui para le coup aussitôt mais l’impact fut si violent que son épée cassa.
  • Pas aussi solide que je le pensais, m’étonne pas qu’elle faisait la déco au mur, fit Ryô avec une grimace.
  • Ta fin est proche, Saeba ! cria Kaïbara d’un ton victorieux.
  • On t’a jamais dit qu’il ne fallait pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué ? rétorqua Ryô tout en évitant les coups du shérif et en répliquant comme il pouvait avec une moitié d’épée.
  • On verra si tu parles autant avec mon épée dans le gosier, fit le shérif en attaquant de plus belle.
  • Encore faudrait-il que tu me touches car pour l’instant à ma part une mèche de cheveux que tu voudras sûrement garder en souvenir, j’ai pas vraiment eu la démonstration de ton talent.

 

Le shérif s’énerva et continua ses attaques, Ryô parvenait à faire de son mieux pour lui tenir tête malgré le fait qu’il n’avait pas l’avantage au niveau des armes, il prenait tout ce qui lui tombait sous la main pour se défendre.

 

Malheureusement, en voulant éviter un nouveau coup du shérif, il trébucha et tomba dans le renfoncement d’un mur tandis que ce qu’il restait de son épée, volait dans le coin opposé. Kaïbara fonça sur lui sûr de sa victoire et avant de donner le coup de grâce à Ryô, il se retourna pour interpeller Kaori.

 

  • Préparez-vous Ma Dame, nous pourrons bientôt finir ce que nous avons commencé !
  • RYÔ, hurla Kaori tout en tentant de s’approcher d’eux pour l’aider alors que le shérif soulevait déjà son épée au-dessus de son adversaire.

 

Soudain, Kaïbara fut surpris de ressentir une douleur intense au niveau du cœur, il constata avec stupeur que Ryô avait eu le temps de le toucher mortellement. Kaïbara lâcha son épée et quand il retira le poignard que Ryô avait sorti de sa botte quelques instants auparavant, il constata qu’il s’agissait de celui qu’il avait offert à Kaori avant de s’écrouler au sol. 

 

Ryô souffla un instant, en se disant qu’il avait eu drôlement chaud mais il avait enfin réussi à se débarrasser de Kaïbara. Kaori avait les larmes aux yeux en voyant que finalement tout avait bien tourné dans ce combat de fous.

 

Ryô se releva et commença à se diriger vers Kaori. Elle fit de même tout en lui parlant.

 

  • Tu es venu pour moi ? fit-elle.
  • Je serais mort s’il avait fallu. Répondit-il.
  • Ne dis pas de bêtises…

 

Ils allaient se prendre dans les bras, quand il la repoussa brusquement. Sur le coup, elle fût surprise mais elle entendit un grand fracas et la porte de la chapelle traversa la pièce juste devant elle. Elle se retourna pour voir d’où ça venait et elle aperçut son frère et toute la bande de Ryô qui venaient à la rescousse.

 

Voyant Kaïbara à terre, Hideyuki fut soulagé de voir sa chère petite sœur sauvée de son bourreau. De son côté, Frère Doc décida de s’occuper du cas de l’évêque qu’il venait de coincer alors que ce dernier essayait de se sauver discrètement. Petit Loup se chargea d’aller annoncer la défaite du shérif. Mick et Umi le suivirent au cas où quelques récalcitrants ne lâcheraient pas les armes après cette nouvelle. Ils revinrent vite avec quelques bouteilles pour fêter la victoire et se félicitant d’y avoir contribué. Les uns se tapant sur l’épaule ou se prenant dans les bras.

 

  • Dites-le si je vous dérange, c’est quand même moi qui ai fait pratiquement tout le boulot et franchement vous avez mis le temps pour rappliquer ! bougonna une voix pas très audible qui semblait parvenir de derrière ce qu’il restait de la porte. Ils se précipitèrent quand ils comprirent que Ryô avait subi les conséquences inattendues de l’intervention d’Umibozu.
  • Ryô, tu vas bien ? fit Kaori affolée tandis que son frère essayait de décoincer son ami.
  • Impeccable, j’adore me prendre des portes en chêne dans la tronche, fit ce dernier, mais vous direz à Umichou, que niveau timing, c’était un peu loupé, c’était l’autre barjo qu’il fallait assommer, pas moi et en plus, pile au moment où je voulais enfin te dire que je t’…
  • Ryô ? Fit Kaori quand elle se rendit compte qu’il venait de perdre connaissance. Je t’en prie, réponds-moi ! fit-elle d’une voix inquiète.

 


ShanInXYZ  (12.03.2023 à 17:23)
Message édité : 12.03.2023 à 17:25

Chapitre 9

 

  • … c’était l’autre barjo qu’il fallait assommer, pas moi et en plus, pile au moment où je voulais enfin te dire que je t’aime, marmonna Ryô.
  • Ryô ? Tu m’entends ? Tu vas bien ? Réponds-moi ! fit Kaori après avoir sursauté en l’entendant parler.
  • Hum, grogna Ryô en émergeant tant bien que mal du brouillard.

 

La lumière lui faisait mal aux yeux et il devinait vaguement le visage de Kaori près du sien. Au son de sa voix, il y percevait de l’inquiétude, alors il lui caressa la joue pour l’apaiser.

 

  • Bien sûr que ça va, ne t’inquiète pas, c’est pas la première fois que je me prends un truc dans la tronche, bon c’est vrai qu’une porte en chêne, c’est une première, mais ça va, fit Ryô d’un ton qui se voulait rassurant.
  • Une porte ? Mais de quoi tu parles ? Tu es sûr que ça va ? Je vais appeler Doc pour être plus sûre.
  • Frère Doc, mais que veux-tu qu’il fasse ? Bon d’accord, j’ai un bon mal de crâne et je vois un peu flou mais ça va ! On est où au fait, toujours au château ?
  • Un château ! fit soudain la voix de Mick qui entrait dans la pièce.
  • T’inquiète pas, frangin, ça va, tu vois on l’a eu cet abruti, fit Ryô.
  • Bien sûr, je vois que ça va nettement mieux, fit Mick avec une grimace. Alors mon vieux, c’était bien ta petite sieste ? Je parie que tu t’es bien amusé pendant que nous on se demandait si t’allais te réveiller !
  • J’ai dormi longtemps ? Et Hide, il est où ? fit Ryô sous le regard étonné de Kaori.
  • Si j’avais pas assisté à la scène, je jurerais que c’est pas contre un lampadaire qu’il s’est cogné mais qu’il est passé sous un semi-remorque, murmura Mick à l’attention de Doc qu’il était allé chercher dès que Ryô s’était réveillé. Doc s’approcha de son patient en souriant.
  • Alors l’étalon, on se réveille enfin, tu as foutu une sacrée trouille à ta partenaire, la prochaine fois que tu joues les héros essaie d’éviter le poteau ! Bon je vais t’examiner, tu as dit que tu avais mal à la tête et que tu voyais flou.
  • Heu, Doc ? fit Ryô d’un ton un peu perdu. Je suis à ta clinique ?
  • Exactement, mon grand, je ne sais pas où tu te croyais jusqu’à présent mais tu es revenu à la maison, mais t’inquiète pas, je vais m’occuper de toi. Voyons voir tes yeux, fit-il tout en attaquant son examen.

 

Quelques minutes plus tard, il conclut que tout allait bien, Ryô verrait mieux sous peu, le choc à la tête et la perte de connaissance avaient dû altérer sa vision provisoirement. Il dit à son patient de se reposer et de ne pas s’inquiéter.

 

Plus facile à dire qu’à faire après tout ce qu’il avait vécu, c’était tellement réel qu’il avait encore des doutes. Il était revenu dans son monde, c’est la seule chose dont il était sûr, mais ce qu’il venait de vivre, était-ce vraiment un rêve ?

 

Mick vint le chercher le lendemain pour le ramener à l’appartement. Kaori avait apparemment préféré rester pour préparer son retour. Il se demandait si elle était contente qu’il revienne car il était pratiquement sûr qu’elle l’avait entendu quand il avait dit qu’il l’aimait mais comme elle ne savait pas à qui il s’adressait, il se demandait ce que pouvait imaginer sa partenaire.

 

D’un autre côté, il était embêté, revenir à cette vie après tout ce qui s’était passé dans l’autre, il ne savait plus trop où il en était. Ce qu’il avait vécu était tellement réel qu’il s’inquiétait presque pour ses amis de l’autre monde.

 

  • Dis donc, mon pote, t’as bien l’air soucieux, t’es pas content de rentrer chez toi ?
  • Disons que j’ai l’impression d’avoir été longtemps absent et que les choses ne sont plus vraiment comme elles l’étaient auparavant.
  • C’est vrai que t’as l’air changé et pas seulement parce que tu ne vois pas à cent mètres. Je ne sais pas où tu croyais te trouver mais t’as dû vivre de sacrés trucs pendant que tu pionçais.
  • Tu peux pas imaginer !
  • Oh je me doute que toute la bande était là parce qu’à ton réveil, tu parlais d’Umi qui t’avait assommé, tu me prenais pour ton frère et tu cherchais ton ancien coéquipier. Et je ne parle pas de ta déclaration à Kaori. Une chose dont je suis quasi sûr c’est que si on était tous dans ta tête, t’en as peut-être profité pour être dans un monde différent pour laisser ta connerie au vestiaire. Tu avais peut-être même fini par te lâcher et te décider à lui avouer tes sentiments. C’est con que tu te sois réveillé à ce moment-là !
  • Tu crois qu’elle a compris que je parlais d’elle ?
  • Comment veux-tu savoir ? Je ne suis pas dans sa tête, enfin j’espère que oui, sinon elle voudra savoir à qui tu déclarais ta flamme et là t’es pas sorti de l’auberge à moins que tu te décides à enfin lui dire en face ce que tu ressens.
  • C’est pas aussi simple. Là-bas, c’était plus facile.
  • Ah ouais et pourquoi ?
  • Parce que c’était pas ici ! 
  • Réfléchis, t’as failli y passer et si pendant ton absence tu étais avec elle, tu crois vraiment que ça vaut le coup de continuer tes bêtises ?
  • Je sais pas, t’as peut-être raison, mais comment aborder le sujet ? Là-bas, je savais que ce n’était pas réel alors je faisais un peu ce que j’avais envie de faire, mais je suis revenu dans la vraie vie.
  • Je serais curieux de savoir où tu étais.
  • Dans un film.
  • Quoi ? Qu’est-ce que tu racontes ?
  • Ben oui, j’étais dans Ryô des Bois.
  • Dans quoi ?! fit l’autre en éclatant de rire.
  • Euh, je voulais dire Robin des Bois. Kaori adore ce film et elle a voulu le regarder la veille de l’accident. D’ailleurs, elle était en pétard parce que je me suis endormi pendant. Eh bien quand je me suis cogné la tête, je me suis réveillé dans le film.

 

Mick se gara sur un parking, il rigolait tellement qu’il préférait éviter un autre accident. Ryô lui raconta alors toute l’histoire. De l’évasion au retour en Angleterre, sa rencontre avec toute cette clique leur ressemblant sans être eux, les bagarres, les batailles jusqu’à la porte qu’il s’était pris dans la figure et qui l’avait ramené à la réalité.

 

  • Ya qu’à toi que ça peut arriver une histoire comme ça, t’as joué à Robin des Bois ? Punaise, je paierais cher pour te voir en collant vert !
  • J’en avais pas.
  • Mais c’est trop drôle ton histoire, Lady Kaori, le Shérif, Umi en Petit Jean
  • Et toi, mon demi-frère, le ménestrel grande gueule, c’est sûr que ça valait le coup d’œil !
  • Dommage que t’aies pas pu filmer, ce film-là vaut largement l’original !
  • Heureux que tu trouves ça drôle mais moi, j’émerge à peine de là-bas et ça me fait bizarre d’être là.
  • T’es pas content d’être revenu ?
  • C’est pas ce que je veux dire, j’ai vécu plein de choses là-bas, c’est difficile de se défaire de tout ça même si ce n’était qu’un rêve.
  • Tant que ça t’aide à ouvrir les yeux dans ce monde-là !
  • Si c’était aussi facile, fit Ryô pas vraiment convaincu.

 

Pendant ce temps-là, à l’appartement, Kaori préparait le retour de son partenaire. Elle avait rangé sa chambre et avait fait semblant de ne pas trouver certaines revues. Elle avait préparé un bon petit plat pour le repas même si elle se doutait qu’il ne ferait pas grand cas de toutes ses attentions.

 

Pourtant, quelque chose l’intriguait, Ryô lui paraissait bizarre, quand il s’était réveillé, il s’était montré si tendre avec elle pour la rassurer. Elle se souvenait encore de sa main sur sa joue, il avait été si différent de celui qu’elle connaissait. Après elle avait bien compris que Monsieur avait rêvé pendant son coma et que son comportement était dû à cela mais qu’avait-il vécu dans ses rêves pour être aussi attentionné en se réveillant et elle préférait ne pas penser à ses premiers mots. A qui avait-il fait une déclaration d’amour, était-ce à elle ? Elle avait peur de croire à une chose impossible d’autant qu’il n’était pas dans son état normal quand il avait dit ça.

 

Elle entendit du bruit dans le couloir, c’était sans doute eux. Mick ramenait Ryô à la maison et elle se demandait bien comment les retrouvailles allaient se passer. Elle n’était pas la seule à se poser des questions. Ryô, était devant la porte et hésitait à rentrer, il réfléchissait à tout ce que Mick lui avait dit, il avait l’impression que sa tête allait exploser. De plus, il appréhendait les retrouvailles avec Kaori. S’il n’avait pas eu cette légère défaillance, il serait rentré en fanfaronnant comme à son habitude mais là, il s’inquiétait un peu.

 

Mick lui donna un coup de coude en lui demanda s’il allait se décider à ouvrir cette foutue porte.

  • Dans ton rêve, elle était en chêne et t’as tout fait pour rentrer, alors pourquoi tu restes sur le paillasson alors que là, t’as les clés ? Il lui attrapa la main et la mit sur la poignée en lui disant,  « Tu ne vas pas faire demi-tour maintenant ? »

 

Quand elle le vit rentrer dans l’appartement, Kaori n’eut pas l’impression qu’il ne voyait rien. Sans doute parce qu’il connaissait les lieux par cœur et que même les yeux fermés, il aurait pu s’y promener. Elle se dit qu’elle ferait mieux de ne pas changer les meubles de place tant qu’il n’irait pas mieux.

 

Elle lui lança un timide, « bienvenue à la maison », auquel il répondit par un merci accompagné d’un sourire gêné. Mick leva les yeux au ciel, se demandant ce qu’il allait faire avec des empotés pareils. Kaori indiqua qu’elle avait préparé le repas et invita Mick à se joindre à eux. Alors là, pas question de tenir la chandelle, il déclina gentiment en prétextant que sa moitié l’attendait et qu’il repasserait plus tard puis il planta là, nos deux nettoyeurs en espérant qu’ils finiraient par sortir de leur réserve.

 

Ryô s’installa à table et remercia Kaori quand elle posa une assiette devant lui. Il lui dit que c’était délicieux et continua à manger. Kaori n’était pas plus causante et elle ne savait pas quoi dire. Avant l’accident, ils s’envoyaient des vannes, se hurlaient dessus mais au moins ils communiquaient et là rien, on aurait dit que leur mécanique habituelle avait été cassée. Elle se voyait mal balancer une massue sur un type qui sortait du coma, d’autant qu’il ne lui avait rien dit de méchant.

 

Quand le repas fut terminé, Ryô prit son courage à deux mains pour tenter une discussion et il commença par demander si tout s’était bien passé en son absence. Elle répondit qu’ils n’avaient pas eu d’affaires à gérer et qu’au pire si ça avait été le cas, elle aurait délégué à Mick. Il lui dit qu’elle devrait peut-être continuer le temps qu’il se remette et qu’il faudrait éviter de faire savoir qu’il était handicapé en ce moment.

 

Elle s’énerva en disant qu’il était capable de se défendre même aveugle et que de toute façon, elle était là. C’est là qu’il sentit qu’il avait encore dit une connerie.

 

  • Franchement, Ryô, tu crois que j’ai fait comment, pendant que tu dormais ? Il faudra bien qu’un jour, tu te mettes dans la tête que je ne suis pas une pauvre petite chose fragile que le grand City Hunter doit protéger !
  • Excuse-moi, je n’ai pas voulu dire ça, je m’inquiète un peu c’est tout.
  • Eh bien, mets-toi dans le crâne, une bonne fois pour toutes que je ne suis pas une demoiselle en détresse, je sais me défendre !
  • Une demoiselle en détresse, fit-il en souriant car cela lui avait fait penser à Lady Kaori qui ne l’était pas non plus malgré les apparences.
  • C’est ça, moque-toi de moi ! fit Kaori hors d’elle. Je ne sais pas ce qui me retient de t’en coller une !

 

Elle était si énervée, qu’elle partit en claquant la porte sans qu’il ait eu le temps de dire quoi que ce soit. Il attrapa son téléphone et appela Mick.

 

  • Qu’est-ce que t’as foutu ? fit ce dernier. Tout le quartier a dû entendre Kaori se barrer en pestant après toi !
  • Mais rien, j’ai juste évoqué que tu pourrais nous seconder le temps que je sois de nouveau d’attaque et elle s’est vexée.
  • Tu l’as encore mis au second plan, t’es vraiment con !
  • Je sais, tu peux…
  • T’inquiète pas, je la suis déjà, fit l’Américain avant de raccrocher.

 

Mick la retrouva dans un coin éloigné du parc, elle était assise sur un banc et il devina qu’elle pleurait. Il fit du bruit pour faire voir qu’il était là.

 

  • Qu’est-ce que tu fais ici ? hurla-t-elle. C’est l’autre débile qui t’envoie ?
  • Ah non, ce n’est pas ça du tout, en fait, il fallait que je promène le chien.
  • T’as pas de chien, fit Kaori en pouffant de rire tout en essuyant ses larmes.
  • Tiens, c’est vrai, quel idiot je fais ! fit-il en souriant.
  • Un mauvais menteur, surtout, fit-elle.
  • Je te jure que ce n’est pas lui qui m’envoie.
  • Vraiment ?
  • Quand il m’a appelé, j’étais déjà en train de te suivre.
  • Comment ça ?
  • Tu sais bien que je n’aime pas quand tu n’es pas bien, donc après ta sortie fracassante, je n’ai pas pu m’empêcher de venir voir si tu allais bien. Ce n’est pas parce que je suis casé que ça m’empêche d’être présent pour toi, ma belle.
  • Mais il t’a téléphoné.
  • Oui, et je lui ai dit qu’il était con.
  • C’est pas faux. Moi qui pensais qu’il avait peut-être changé, fit Kaori avec une petite moue.
  • Je ne pense pas que tu aies tout à fait tort, mais il y a autre chose.
  • Comment ça ?
  • Ne me dis pas que tu ne connais pas l’énergumène depuis le temps. Il vient de se réveiller d’un coma. Il est complètement à côté de ses pompes et n’y voit rien. C’est normal, il flippe !
  • Mais, tu sais comme moi, qu’un pro comme lui peut se défendre même aveugle, regarde Umibozu. Et moi aussi je peux me débrouiller, pourquoi, il ne peut pas comprendre ça ?
  • C’est plus fort que lui, il veut te protéger et là, il se sent perdu et incapable de le faire. Faut pas lui en vouloir, ça part d’un bon sentiment, même s’il n’est pas foutu de le dire correctement.
  • C’est vrai, qu’il est con ! fit Kaori en souriant à Mick.
  • Mais bien sûr, qu’il l’est, ma belle. Allez viens, je te raccompagne avant qu’il appelle l’armée !

 

Quelques minutes plus tard, Ryô entendit la porte de l’appartement s’ouvrir. Il savait qu’elle était de retour car il avait reconnu son parfum, mais elle ne disait rien. Il ne savait pas trop s’il devait dire quelque chose ou se taire pour éviter de dire une autre ânerie. Il entendait ses pas sur le plancher, elle se rapprochait de lui. Elle ne disait toujours rien, lui non plus. Quand elle fut face à lui, il eut envie de lui prendre la main, mais il n’osait pas bouger. Et c’est là qu’il entendit un « crétin » et qu’il se prit une baffe qui manqua de lui décoller la tête du corps.

 

Le coup lui fit voir 36 chandelles mais pas seulement, car sitôt le choc passé, il se rendit compte qu’il voyait bel et bien. Il était tellement content en voyant le visage de sa partenaire qu’il la prit dans ses bras pour la serrer contre lui à la grande surprise de cette dernière.

 

  • Je suis vraiment désolé, Kaori, je te supplie de me pardonner si j’ai été maladroit mais j’avais la trouille. Je sais que c’est bête et tu as eu raison de t’énerver. File-moi un coup de massue, si tu veux, je l’ai mérité.
  • Ryô, tu es sûr que tu vas bien ? Je n’aurais pas dû te gifler, je crois que ça a fait des dégâts.
  • Mais pourquoi tu dis ça, Sugar Boy ? fit Ryô.
  • Parce que tu ne te comportes pas comme d’habitude. Je t’ai frappé alors que tu es blessé, j’aurais jamais dû.

 

Ryô éclata de rire devant le regard affolé de sa partenaire.

 

  • Dis-moi une chose ? Et je veux que tu sois franche avec moi, fit-il d’un ton sérieux.
  • Ryô, qu’est-ce que tu racontes ?
  • Laisse-moi finir. Je voudrais juste savoir si le fait que je me rende compte que je suis un imbécile pour ne pas t’avoir avoué plus tôt mes sentiments vient d’un problème dans ma tête de malade.
  • Je ne suis pas sûre d’avoir compris, fit Kaori. 
  • Toi aussi, tu ne m’aides pas, fit Ryô en soufflant. Mais bon, t’as bien le droit de te venger un peu de ton abruti de partenaire.
  • J’ai vraiment dû taper trop fort, tu veux que j’appelle Doc ?
  • Non, je veux que tu m’écoutes, que tu t’assoies car je veux te dire à toi, ma chère partenaire que pendant que je n’étais pas là, j’ai pu réaliser ma connerie. D’ailleurs quand je me suis réveillé, je t’ai fait une déclaration, tu as peut-être cru que tu n’en étais pas la destinataire car je ne voyais rien mais je te rassure, maintenant, je vois très bien, je sais qui se trouve en face de moi. Et je voudrais te dire que je t’aime. Voilà, c’est fait et j’espère simplement que je ne vais pas me prendre une autre claque.
  • T’es sérieux ? fit Kaori surprise.
  • Si tu savais à quel point. J’ai fait des trucs de fou dans l’autre monde pour te le prouver.
  • Dans l’autre monde ?
  • Je te raconterai plus tard, mais je peux quand même te dire que j’ai sauté du haut d’un château pour te sauver.
  • J’ai vraiment des doutes sur ta santé mentale. 
  • Et avec ça, tu as toujours des doutes ? fit-il en l’attirant contre lui pour l’embrasser fougueusement.

 

Kaori ne s’attendait pas à cela mais elle savoura cet instant avec plaisir. Elle réalisait à peine ce qui lui arrivait, trop grisée par la passion et l’intensité de ce baiser.

 

Ryô stoppa ce doux intermède, Kaori était presque déçue quand elle le vit regarder autour de lui.

  • Qu’est-ce que tu fais ? T’as peur qu’on nous voit ou quoi ? fit-elle soupçonneuse.
  • Ah ça non, c’est juste que la dernière fois que j’ai essayé de t’embrasser j’ai pris une porte dans la figure alors je me méfie !

 

Kaori pouffa de rire et Ryô, voyant que personne ne venait les déranger, en profita pour l’embrasser à nouveau et elle n’eut aucune envie de le repousser.

 

Elle ne savait pas pourquoi, il agissait comme cela, un coup de folie dû à son accident qui lui aurait remis les idées en place, qui sait ?

 

Franchement, elle s’en fichait, il lui avait avoué son amour et elle n’avait pas envie de se poser des questions. Elle répondit à son baiser avec une fougue qu’il n’aurait pas soupçonné et qui risquait fort de les entraîner plus loin.

 

Lui non plus, n’avait pas envie de réfléchir. Il avait enfin sauté le pas et il se maudissait d’avoir attendu si longtemps car ça en valait vraiment la peine. Il quitta ses lèvres pour lui embrasser le cou, elle émit un léger gémissement et elle lui murmura un « je t’aime » qui le mit dans tous ses états.

 

Il la souleva passant un bras sous ses jambes, tout en continuant de l’embrasser. Elle noua ses bras autour de son cou et se laissa emporter vers la chambre.

 

De l’autre côté de la rue, un Américain qui matait les réconciliations à la jumelle, souffla en disant : « Eh ben, quand même, ils ont mis le temps ! » puis il tira le rideau avec un sourire avant de rejoindre sa compagne.

 

Le lendemain, ils se réveillèrent blottis dans les bras l’un de l’autre. Kaori n’avait aucune envie de bouger et Ryô encore moins. Elle ne voyait pas d’autre endroit où elle aurait pu vouloir se trouver et lui n’avait aucune envie de la lâcher pas même du regard. Il lui dit à nouveau à quel point il l’aimait et elle lui répondit qu’elle aussi avant de l’embrasser.

 

Plus tard, serrés l’un contre l’autre, il lui raconta tout ce qui lui était arrivé et elle rit beaucoup. Il s’excusa de s’être endormi pendant le film à qui il devait cette histoire de fou. Il ajouta que s’il était fatigué c’était parce qu’il avait travaillé en douce pour lui faire un cadeau d’anniversaire et elle répondit avec un petit air coquin qu’elle était déjà très contente de celui qu’il venait de lui offrir. Il rétorqua que dans ce cas-là, il se ferait un plaisir de la couvrir de cadeaux pendant le reste de sa vie avant de l’embrasser.

 

Autant dire que les jours qui suivirent, on ne vit pas beaucoup nos nettoyeurs. Mick racontait aux amis que Ryô profitait de sa convalescence mais son petit sourire en coin faisait douter certain d’entre eux…

 

FIN


ShanInXYZ  (19.03.2023 à 17:04)
Message édité : 19.03.2023 à 17:05

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