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L'amour est un champ de bataille

Série : Rome
Création : 08.11.2023 à 18h18
Auteur : Emilie1905 
Statut : Terminée

EV écrit par Lee333. Niobé, la femme de Lucius s’est suicidée. Pullo, vit à la campagne avec Eirene, qui lui a pardonnée.

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Cela fait cinq ans que la femme de Lucius est morte mais il ne s’est pas laissé abattre. En effet, il est retourné dans la légion romaine en tant que soldat et Pullo le suit comme son ombre.

La légion vient de partir depuis seulement trois mois en Germanie pour conquérir le peu de terre qui restent. Lucius se bat avec rage et violence mais aujourd’hui, les deux meilleurs amis et valeureux soldats se reposent dans un camp militaire.

Un soldat : Courrier !, dit-il alors qu'il marche dans tout le camp romain.

Pullo : J’espère qu'il y a une lettre d’Eirene, dit-il à son ami alors qu'ils sont à l’écart.

Lucius :… A mon avis, elle a autre chose à faire que de t’envoyer une lettre.

Pullo : Quel optimiste que tu fais.

Le soldat : Pullo !! (Hurle t-il, alors qu'il brandit une lettre vers le ciel).

Pullo : C’est moi !, sourit-il et en accourant pour prendre la lettre. Puis il revient auprès de Lucius. Je suis nerveux.

Lucius :…Qu’est-ce que tu attends, ouvre-la.

Pullo : Peut-être que c’est une mauvaise nouvelle ? Peut-être qu’elle m’a écrit pour me dire quelle aime quelqu'un d’autre !

Lucius :... Elle aura au moins eu le cran d’être honnête avec toi mais rien ne prouve ce que tu dis.

Titus ouvre la lettre et la lit. Voyant qu'il fait une drôle de tête, Lucius pose sa main sur l’épaule de son ami.

Je suis désolé Pullo mais tu sais qu’on ne peut pas faire confiance aux femmes.

Pullo :... Un enfant, dit-il doucement.

Lucius : Quoi ?!

Pullo : Elle attend un enfant, sourit-il.

Lucius :…Qui te dit que c’est le tien ?

Pullo : Nous ne sommes partis que depuis trois mois et nous sommes mariés maintenant.

Lucius : Et alors ?

Pullo :…Elle, elle m’aime et elle n’est pas comme ça, dit-il la tête baissée.

Lucius : Je pensais que Niobé n’était pas comme ça… et regarde ce qu'elle m'a fait !

Il part, laissant Pullo seul. Celui-ci décide d’écrire une lettre à Eirene. Le soir même, Lucius se saoule.

Lucius: Ah, mon ami !, dit-il en titubant.

Pullo : Qu'est-ce que tu fêtes ?

Lucius : La naissance de ton futur enfant !, dit-il en levant son verre. Bois avec moi mon ami.

Pullo se sert un verre, alors que les deux hommes sont autour d’un feu.

Pullo : Au bébé !

Ils lèvent leurs verres.

Lucius : Au bébé !

Ils le boivent et Lucius s’en sert un autre.

Je trinque à cet enfant !!...Qui n’est sûrement pas le tien d’ailleurs.

Il boit.

Pullo : Pourquoi il ne serait pas de moi ?

Lucius : Je t’en prie, tu sais comment sont les femmes… toutes des putains.

Pullo lui donne un coup de poing.

Pullo : Ne parle pas d’Eirene comme ça.

Lucius : Je veux juste t’ouvrir les yeux, sourit-il.

Pullo :…Bonne nuit Lucius.

Il part, laissant son ami, seul.

Lucius boit encore un peu puis il finit par fermer les yeux. Alors qu’il somnole, il revoit sa femme se jeter dans le vide, ce qui le réveille. Il boit un verre et va dans une tente, gardée par un soldat. Lucius lui donne de l’argent et le garde ouvre la tente.

A l’intérieur, il y a quelques hommes, des prisonniers de guerre mais il y a surtout des femmes, capturées pour le moral des troupes romaines. Lucius en choisit une, la prend par le bras et l’entraîne dehors. Il l’emmène un peu plus loin et il couchera avec elle contre un arbre. Le lendemain, Pullo vient le voir.

Pullo : Lucius, euh…je tenais à m’excuser pour…

Lucius : Oh, ne t’inquiète pas pour ça, c’est oublié.

Le colonel de l’armée arrive vers eux. Les deux hommes se tiennent au garde à vous.

Le colonel : Préparez-vous soldat, nous levons le camp…nous partons vers l’Est.

Pullo : Bien colonel.

Le colonel :…Vous pouvez disposer soldat, dit-il à Titus.

Pullo : Oui colonel, merci colonel.

Il fait le salut militaire et s’éloigne mais une fois à l’écart, le colonel regarde Titus, ainsi que Lucius et s’arrête.

Le colonel : Vos exploits m'ont été rapportés et je dois dire…

Lucius : Avec tout le respect que je te dois…je n’ai pas à me justifier de mes actes, nous sommes en guerre et…

Le colonel : J’apprécie ta fougue Vorénus mais à l’avenir, évite de me couper la parole. Lucius incline la tête. Je voulais te dire, que tu étais l’un de mes meilleurs éléments et que, je compte sur toi pour que ça ne change pas.

Lucius : Je ferais en sorte de ne pas te décevoir.

Le colonel : Tu peux disposer.

Lucius fait le salut romain et part se préparer.

La troupe avance lentement vers l’Est quelques minutes plus tard mais ils tombent dans une embuscade.

Un des soldats de l’armée romaine : Les Germains !!, dit-il alors que la bataille s’est déjà engagée.

Pullo se défend et tue ses ennemies mais Lucius torture ses victimes. Il est dans une telle colère, que plus rien ne l’arrête. La bataille a duré plusieurs heures et les pertes sont nombreuses, des deux côtés mais la victoire est romaine.

Lucius marche entre les corps morts et les Germains qui agonisent, sont tués de son épée. Il est en train de se défouler sur l’un d’eux.

Pullo : Lucius, il est mort. Mais il ne s’arrête pas, alors que du sang gicle sur son visage. Lucius !! Il s’arrête. Ça suffit, dit-il plus doucement. Il est mort, ils sont tous morts !

Le colonel arrive vers eux, les deux hommes se tiennent droit.

Le colonel : Messieurs, nous avons découvert un village derrière cette colline et il se peut que des soldats s’y cachent. Nous allons y aller pour être sûrs.

Les soldats et le reste de la troupe se rendent au village mais ils restent à une distance raisonnable pour que personne ne puisse les voir.

Lancez l’attaque, dit-il doucement.

Un des soldats de l’armée romaine : Lancez l’attaque !!, hurle t-il au reste du régiment et celui-ci fonce droit au village.

Mais il n’est pratiquement occupé que par des femmes et des enfants.

Le colonel : Brûlez tout.

Un des soldats de l’armée romaine : Brûlez tout !!, dit-il au reste des soldats.

Pullo : Je ne suis pas venu ici pour brûler des villages mais pour tuer des hommes!, dit-il à Lucius qui est côté de lui.

Lucius : Il faut obéir aux ordres.

Pullo : Les ordres ? Ce ne sont que des femmes et des enfants… ils n’ont rien à voir avec cette guerre. Tu sais que j’ai raison. Alors que Lucius le regarde, un soldat tend une torche à Pullo. Tu sais où tu peux te la mettre ta torche.

Voyant le regard de Titus, le soldat ne dit rien mais il tend la torche à Lucius. Il finit par la prendre et il la jette sur une hutte puis il part, sous le regard de Pullo.


Emilie1905  (08.11.2023 à 18:20)

Le soir même, Lucius est ivre et Pullo suit ses moindres faits et gestes. Il sait que cette situation ne peut plus durer, il se rend alors dans la tente du colonel. Le soldat se met au garde à vous devant son supérieur.

Le colonel : Repos soldat. Il obéit. Que me vaut cette visite en pleine nuit, Pullo?

Pullo : Hé bien je, je voulais vous, vous dire que Lucius et moi, nous, nous quittons l’armée.

Le colonel : Ah oui ?, dit-il derrière son bureau puis il se lève et marche autour de lui. Tu n’aimes pas la guerre soldat ?

Pullo : Si.

Le colonel : Tu n’aimes pas que l’on te porte en triomphe ?

Pullo : Si.

Le colonel : Parce que c’est ce qui t’attend ! De retour à Rome, vous serez considérés comme des héros…

Pullo : Je le sais mais nous voulons partir.

Le colonel :…Non.

Pullo : Non ?

Le colonel : Non.

Pullo : Mais vous ne pouvez pas vous opposer à notre démission…

Le colonel : Oh si je le peux… et vous savez pourquoi ? Parce que je suis votre supérieur !...Et puis de toute façon, j’ai besoin d’hommes…

Pullo : Nous démissionnons quand même.

Le colonel : Vous n’entendez pas ce que je dis ?

Pullo : C’est vous qui n’écoutez pas !! Vous n’avez pas le droit de nous faire ça ! Le code de l’armée est très clair…

Le colonel : Vous voulez vraiment partir on dirait ?

Pullo :…Il le faut.

Le colonel : Et vous seriez prêts à tout ?

Pullo :…Qu’est-ce que, qu’est-ce que vous voulez dire par là ?

Le colonel : Que la liberté a un prix…voyez-vous, Lucius est l’un de mes meilleurs éléments et…

Pullo : Combien ?

Le colonel lui sourit et la transaction aura lieu en secret.

Le colonel : Je vous laisse mentir à votre ami.

Pullo le regarde et il se dirige vers la tente de Lucius. Celui-ci dort en tenant une bouteille dans sa main.

Le lendemain matin, Titus l’informe qu’ils sont renvoyés.

Lucius : Comment ça, trop vieux ?

Pullo : C’est ce qu’il ma dit…il a dit que nous étions trop lents, qu'on ralentissait les troupes et qu’il n’y avait pas à discuter. (Il ment).

Lucius : Foutaises…il a besoin de nous.

Il marche dans tous les sens.

Il a besoin d’hommes !...L’autre jour, il ma dit que j’étais l’un de ses meilleurs soldats…il m'a menti ! Il m'a menti et je devrais me taire !!

Pullo : Il m'a dit que l’on ne devait pas insister.

Lucius : Je me fiche de ce qu’il a dit.

Il sort de la tente et Titus le rattrape.

Pullo : Qu’est-ce que tu fais ?

Lucius : Je vais essayer de le convaincre et lui prouver que notre place est ici.

Pullo : Il risque de te tuer !

Lucius : Quoi ?!

Il s’arrête.

Pullo :…Je ne voulais pas te le dire mais…il m'a fait comprendre que si on demandait des explications, il nous tuerait.

Lucius : Mais il ne peut pas faire ça ! 

Pullo : Je sais et je lui ai dit mais il m'a dit que ça lui était égal.

Lucius baisse la tête, déçu mais ils quittent définitivement le camp. Alors, ils se mettent à marcher tranquillement pour rentrer chez eux.

Allez, ne fais pas cette tête, nous sommes libres !

Lucius : Libres de quoi au juste ?

Pullo : Libres de faire ce qu’on veut ! Plus de guerre, plus de tueries, plus de…

Lucius : On va s’ennuyer.

Pullo : Quel rabas-joie, je te jure…on retourne au pays, ont ne recevra plus jamais d’ordre et monsieur n’est pas content !...Mais qu’est-ce qui ne va pas chez toi ?

Lucius s’arrête.

Lucius : Je vais te le dire…

Il tourne en rond.

Pullo : Hé ben vas-y, je t’écoute.

Lucius : Qu’est-ce qu’on va faire maintenant ?

Pullo : Quoi ?!...Je t’ai dit ce qu’on allait faire, on va rentrer à Rome et…

Lucius : Et tu retrouveras ta femme…et puis vous élèverez votre enfant mais moi dans tout ça ! Hein, où est-ce que je suis dans tout ça ?!, dit-il en faisant de grands gestes.

Pullo : Tu pourras nous voir aussi souvent que tu veux…

Lucius : Oh je t’en prie, garde ta pitié pour toi.

Pullo : Ce n’est pas de la pitié.

Lucius le regarde d’un air à faire peur, car il sait que c’est justement de la pitié.

Lucius :…Si je me suis engagé dans l’armée, c’était pour… (Voyant que Pullo le regarde bizarrement, il n’insiste pas). Oh, laisse tomber.

Il se met à marcher.

Pullo : Non, vas-y, parle-moi.

Il reste sur place.

Lucius : Je tournais en rond !! Il se retourne. Je restais assis dans cette maison vide et je, je repensais sans cesse à son visage, à ses cheveux, à sa façon de me regarder… je, je ne pouvais plus tourner en rond dans cette maison, alors je me suis engagé… je pensais que, que ça m’aiderait à oublier et c’est ce qui s’est passé, pendant un certain temps…mais maintenant qu’on rentre …j’en sais rien, je me dis que je ne suis pas prêt.

Il baisse la tête.

Pullo :…Il aurait fallu rentrer tôt ou tard.

Lucius : Je sais, je sais…ça va faire cinq ans quelle… j’étais seul dans cette maison depuis cinq ans et je priais pour qu’on parte en guerre…et maintenant que nous y sommes, nous devons rentrer…ce n’est pas juste.

Pullo :…C’est la volonté des dieux, c’est peut-être un signe.

Lucius : Qu’est-ce qu’ils essayent de me dire ? S’ils espèrent me rendre plus fort, ils se trompent !

Pullo :…C’est peut-être toi qui te trompe. Peut-être que tu es prêt et que tu ne le sais pas.

Lucius :…Tu crois vraiment qu’un homme peut se relever après ça ?

Pullo : Si les dieux l’ont décidé, nous ne pouvons rien faire contre ça.

Lucius : Qu’est-ce que j’ai fait aux dieux, pour qu’ils me détestent autant ?...Je ne méritais pas ça.

Il marche la tête basse, sous le regard triste de Pullo, qui se demande s’il a bien fait.

Lucius se rend compte que maintenant qu’il est libre, il marche droit vers sa prison. Les deux hommes marchent depuis trois semaines maintenant mais ils croisent un vendeur d’esclave.

Pullo : Regarde-moi ça, on dirait que les affaires marchent bien pour certains, dit-il à son ami, alors que le chariot avance vers eux.

Lucius : Que veux-tu, les guerres facilitent les prises d’esclaves…et puis de quoi tu te plains, n’oublie pas que c’est grâce à ça que tu as rencontré Eirenne.

Pullo : C’est vrai, sourit-il, alors que le chariot passe à côté d’eux.

Le vendeur transporte une vingtaine de personnes, des femmes, des enfants, des vieux, des jeunes, tout y est pour satisfaire la clientèle.

Lucius pose les yeux sur une jeune femme, recouverte de saleté mais le chariot passe son chemin.

Tu crois que Rome a changé ?

Lucius : Nous ne sommes partis que depuis trois mois.

Pullo : Oh, tu serais étonné de voir ce qui peut changer en trois mois…

Mais alors qu’il continue à marcher et à parler, Lucius s’arrête. Puis il court en direction du chariot, sans que Pullo ne s’en aperçoive.

Tu m’écoutes Lucius ?

Il se retourne et il voit que son ami marchande avec le vendeur.

Mais qu’est-ce qu’il fait?

Lucius : Je viens te le dire, je veux cette fille et pas une autre, je suis un soldat, alors n’essaye pas de me jouer un tour.

Le marchand : Très bien soldat mais je tiens à te dire qu'elle n’est pas à vendre.

Lucius : Comment ça elle n’est pas à vendre ?

Le marchand : Elle sera vendue en Orient et pas ailleurs.

Lucius : Et pourrais-je savoir pourquoi ?

Pullo : Bon, qu’est-ce qui se passe ici ?, dit-il alors qu’il vient d’arriver.

Lucius : Cet homme refuse de me vendre cette fille, dit-il en la montrant du doigt.

Pullo : C’est vrai ça ? Tu refuses de vendre une esclave à un soldat ?

Le marchand : C’est que…

Il les prend à part.

Lucius : Tu as intérêt à t’expliquer et ne me dis pas que c’est à cause de son âge. 

Le marchand : Son âge n’a rien à voir…nous, nous avons constaté qu'elle est vierge.

Lucius : Quoi ?!

Pullo : Impossible.

Le marchand : Mais si, je vous assure.

Lucius : Elle a quoi, peut-être, seize, dix-sept ans ?

Le marchand : Dix-neuf ans.

Pullo : Dix-neuf ans ! Il y a sûrement une erreur ?

Le marchand : J’étais aussi étonné que vous mais c’est la vérité… Vous comprenez que je ne peux pas la vendre comme ça.

Pullo : Oh oui, nous comprenons. A ta place, j’aurais fait la même chose, sourit-il.

Lucius : Combien ?

Le marchand : Je viens te le dire, elle n’est pas à vendre. Mais une fois que je serais en Orient, vous pourrez l’acheter au marché des esclaves.

Lucius : C’est absurde !

Pulo : Lucius, il vient te dire qu’il ne pouvait pas la vendre.

Lucius : Oh si il peut la vendre mais il ne veut pas la vendre à des gens comme nous !

Pullo : Comment ça, comme nous ?

Lucius : A de simples soldats !

Le marchand : Mais non, vous n’y êtes pour rien...

Pullo : On le sait qu’on n'y est pour rien.

Lucius insiste du regard envers son ami.

Mais peut-être que tu nous mens ?, dit-il pour jouer le jeu.

Le marchand : Quoi ?! Non !!

Les deux hommes le regardent et il finira par la vendre par peur d’avoir des représailles.

Pullo : Tu as fait une bonne affaire mon ami, dit-il en tapant le marchand sur l’épaule, alors qu’il ose à peine sourire.

Le marchand : Je préfère te prévenir soldat, elle ne parle pas, dit-il à Lucius.

Pullo : Oh, c’est pas grave ça.

Lucius : Pourquoi ?, dit-il en regardant la jeune femme, alors qu'elle baisse les yeux.

Pullo : Oui pourquoi ?

Le marchand : Elle a assisté au massacre de ses parents, lorsque des soldats sont venus détruire son village.

Lucius et Pullo se regardent.

Lucius : C’était quel village ?

Le marchand : Vers l’Est, près de Génovia.

Lucius :… Bien, nous devons reprendre notre route. Nous n’allons pas te faire perdre plus de ton temps. Que les dieux te soutiennent dans ton voyage.

Ils se serrent la main et Pullo incline la tête.


Emilie1905  (08.11.2023 à 18:22)

Le chariot reprend la route, alors que les deux hommes restent sur place. Lucius attache les deux mains de la jeune femme avec une longue corde.

Elle les suit, alors que son maître tient l’extrémité de la corde, quelques mètres plus loin. Comme si elle était attachée avec une laisse.

Pullo : Quand je pense que tu as acheté cette fille à moitié prix… non mais tu te rends compte.

Il ne parle pas trop fort pour que l’esclave n’entende pas ce qu’ils disent.

Lucius : En tout cas, je te remercie du coup de main…sans toi, je crois que je ne l’aurais pas eue. Et pourtant, c’était pas gagné.

Pullo : Je sais mais tu aurais dû me prévenir. Au lieu de ça, il a fallu que j’improvise.

Lucius : Oui mais ça a marché.

Pullo :…Tu n’as pas peur ?

Lucius : Peur de quoi ?, sourit-il.

Pullo : Qu'elle nous reconnaisse… T'as entendu ce qu’il a dit ? Le massacre à son village, c’était nous, dit-il un peu plus fort.

Lucius : Chut !, murmure t-il.

Puis les deux hommes se retournent et sourient à la jeune femme, qui a l’air de ne pas avoir entendu.

Je le sais que c’était nous mais toi et moi, on a tué personne dans ce village.

Pullo : T'as raison…on a juste mis le feu.

Lucius : J’ai mis le feu… et puis, si elle nous avait reconnus, tu ne crois pas qu’elle aurait hurlé en nous voyant ?

Pullo :…T'as peut-être raison.

Lucius : J’ai raison.

Pullo :…Qu’est-ce que tu vas faire ?

Lucius : Quoi ?!

Pullo : T'as bien une idée ?

Lucius : Est-ce que je te demande ce que tu fais avec ta femme ?!

Pullo :…Excuse-moi, c’était déplacé.

Lucius : Ça je te l’accorde…mais ne pose plus de questions de ce genre à l’avenir.

Et ils continuent leur marche mais après plusieurs kilomètres, Lucius s’arrête. Il apporte de l’eau à la jeune femme.

Je me suis dit que tu devais avoir soif.

Il lui tend la gourde et elle ose à peine la prendre.

Vas-y.

Elle le regarde et boit mais elle s’étouffe.

Voilà ce que c’est quand on boit vite… ne t’inquiète pas, tu n’as rien à craindre de moi. Si tu obéis, alors tout se passera bien…d’accord ?

Elle hoche la tête et se remet à boire.

Doucement.

Elle lui obéit.

Voilà, c’est bien.

Elle lui redonne la gourde.

Tu, tu veux me dire comment tu t’appelles ?

Mais il voit bien qu'elle ne veut rien dire.

Non ?...C’est pas grave, on aura tout notre temps.

Il esquisse un sourire et il repart vers Pullo. 

Pullo : Le soleil ne va pas tarder à se coucher.

Lucius : Je sais.

Pullo : Qu’est-ce que tu proposes ?

Lucius :…On va marcher un peu et puis…

La jeune femme tire doucement sur la manche de son maître.

Que veux-tu ?

Mais elle se contente de tirailler sa manche.

Pullo : Euh, je crois qu'elle a besoin d’aller…tu sais ? (Elle veut aller aux toilettes).

Lucius :…Oh, euh, oui…bon on, on va aller derrière ce buisson là-bas.

Il l’emmène près du buisson et lui tourne le dos, alors que Poulo ricane. Une fois qu'elle a terminé, ils reviennent vers lui.

Bon, qu’est-ce que tu attends ? En route!, dit-il à son ami.

Pullo : Je te suis.

Après quelques kilomètres, le soleil disparaît peu à peu. Les deux hommes décident de s’arrêter et de faire un feu.

Lucius : Nous serons très bien ici, dit-il en plantant le dernier piquet de sa tente. Mais la jeune femme lui tiraille de nouveau la manche. Encore ?!

Pullo : Elle n’y peut rien.

Lucius : Merci je le sais.

Mais à peine a-t-il terminé sa phrase, qu'elle l’entraîne.

Hé !...Mais qu’est-ce que…

Elle s’avance près d’un bois mais il s’arrête, ce qui l’oblige à s’arrêter aussi. Puis il attend un peu et s’avance vers elle, elle n’ose plus bouger.

N’oublie pas que c’est moi ton maître…c’est à moi que tu appartiens!...Je ne suis pas un chien, que tu peux traîner comme ça !!, dit-il en tournant autour d’elle alors qu'elle sursaute à chaque ossement de ton.

C’est compris ?!

Elle hoche timidement la tête puis il se met à avancer devant elle mais quelques secondes plus tard, il se rend compte qu’il n’avance plus.

Mais qu’est-ce que…

Il se retourne et là, il découvre la jeune esclave qui cueille des baies sur un arbuste. Puis elle accourt vers lui, s’agenouille, baisse la tête et tend les fruits à son maître. Il finit par les prendre.

Relève-toi.

Ce qu'elle fait mais elle garde la tête basse.

…Merci, dit-il hésitant alors qu'elle relève doucement la tête. Il esquisse un sourire et elle le lui renvoit.

Allez viens, on retourne près du feu.

Ce qu’ils font, Pullo se réchauffe et Lucius fait asseoir la jeune femme entre eux deux.

Pullo : Vous en avez mis du temps.

Lucius : Elle nous a trouvé quelques fruits.

Pullo : Oh… tiens, ton morceau de viande. Il le donne à Lucius. Mais on, on n’a que deux morceaux…c’est, qu'elle n’était pas prévue.

Lucius : Je partagerai le mien avec elle.

Pullo : Je vais faire comme toi.

Lucius : C’est mon esclave, c’est à moi de m’en occuper.

Pullo : ça me fait plaisir.

Son morceau est déjà cuit et il en donne un bout à l’esclave. Mais elle ne le mange pas. Mange.

Elle regarde Lucius.

Lucius : Fait ce qu’il dit.

Elle le mange.

Pullo : C’est bon hein ?

Elle hoche la tête.

Lucius :…Merci, dit-il à son ami, celui-ci hoche la tête pour lui dire que ce n’est rien. Lucius partagera lui aussi son bout de viande et le dîner se terminera par des rires.

Pullo :…Bon, on a encore une longue journée de marche demain… alors, à demain.

Il se dirige vers sa tente.

Lucius : Bonne nuit.

Il s’amuse avec un bâton puis il regarde la jeune femme.

Celle-ci est en train de dormir assise. Mais soudain il se lève, sc qui la réveille en sursaut. Puis il l’entraîne dans sa tente et la jette sur le sol.

Il se met sur elle et commence à l’embrasser dans le cou. Celle-ci se laisse faire. Lucius l’embrasse doucement et ce baiser l’arrête. Il la regarde et se lève puis il quitte la tente. Elle s’assoit et verse une larme, pensant qu’il y a quelque chose qui ne va pas chez elle.

Lucius, qui se trouve dehors, regarde le ciel et tape dans un caillou avec son pied. Il s’endort devant le feu mais en pleine nuit, celui-ci s’éteint. Lucius se met à trembler de froid, ce que l’esclave entend. Elle se lève et le rejoint, elle l’entoure d’une couverture puis elle le lève et prend sa main. Elle l’emmène dans la tente et ils se couchent puis ils s’endormiront.

Le lendemain matin, il se réveille avant elle. Il la regarde, alors qu'elle dort encore paisiblement mais elle finit par ouvrir les yeux. Elle lui sourit et il se lève, en osant à peine la regarder. Pullo sort également de sa tente, il s’étire.

Pullo : Ah ! Quelle merveilleuse journée.

La jeune esclave sort de la tente à son tour.

Bonjour, dit-il à la jeune femme qui le salue timidement de la tête. Lucius prépare la corde. Ce n’est peut-être pas nécessaire.

Lucius : Je préfère être prudent, c’est tout.

Mais l’esclave se met devant lui et mime par des gestes, qu'elle veut se laver.

C’est hors de question.

Pullo : Oh, fais un effort.

Lucius : Elle va nous retardez…non, elle se lavera plus tard, dit-il en faisant des nœuds à sa corde.

Pullo : Tu en a pour longtemps ?, demande t-il à la jeune femme, qui secoue la tête. Pullo regarde son ami, en lui faisant comprendre qu’il doit la laisser y aller.

Lucius : Bon, très bien mais tu fais vite.

Elle lui sort un énorme sourire, elle est heureuse et ça se voit. Elle part se laver près d’une rivière, qui se situe un peu plus loin. Lucius reste sur place et s’assoit sur une pierre, Pullo lui amène à manger.

Pullo : Tu as vue comme elle est heureuse ?

Lucius : J’aimerais que tu sois de mon côté.

Pullo : Je suis de ton côté mais essaye d’être gentil avec elle.

Lucius : C’est une esclave, je n’ai pas à être gentil avec elle…elle est censée m’obéir !

Pullo : Mais elle t’obéit…

Lucius : Arrête de la défendre…c’est mon esclave et je me comporterai comme je veux avec elle… c’est compris ?

Pullo :…Excuse-moi, ce ne sont pas mes affaires. Je donnais juste mon opinion.

Lucius : Je te remercie mais je n’en ai pas besoin.

Pullo :…Très bien mais je crois que ce n’est pas la peine de s’énerver pour ça.

Lucius : Je suis calme.

Pullo : On ne dirait pas.

Lucius : Je suis calme je te dis.

Le ton de celui-ci, montre que Pullo ne doit pas insister. 

Pullo : Très bien, si tu le dis.

Lucius :…Qu’est-ce qu'elle fait ?

Pullo : Tu sais comment sont les femmes, elles mettent toujours des heures à se préparer, sourit-il.

Lucius : Je vais la chercher.

Ce qu’il fait. Il arrive à la rivière puis il la découvre. Elle est dos à lui, assise sur une pierre, près d’une cascade. Mais elle se retourne, il baisse la tête, alors qu'elle se recouvre à l’aide de ses vêtements.

Dépêche-toi, on t’attend.

Elle se rhabille et le rejoint puis elle tend ses mains. Il les attache puis le groupe reprend la marche pour le chemin du retour.

Un soleil de plomb s’abat sur eux et même s’ils se partagent l’eau, la jeune femme a des difficultés pour marcher.

Pullo : On marche depuis un moment et je ne sais pas si elle va tenir encore longtemps.

Lucius : Je sais, dit-il en essuyant son front. Dès qu’on trouvera un coin d’ombre, on s’arrêtera.

Mais il se rend compte qu’il ne peut plus marcher. Il se retourne et il découvre la jeune esclave sur le sol. Il accourt vers elle, alors qu’elle a du mal à garder ses yeux ouverts. Pullo qui est resté sur place, scrute l’horizon.

Pullo : Comment va-t-elle ?

Lucius pose sa main sur le front de la jeune femme, alors que Pullo arrive près d’eux.

Lucius : Elle a besoin de repos.

Pullo : On en a tous besoin…tiens le coup petite, dit-il accroupi près d’elle.

Lucius : Il nous faut de l’ombre.

Pullo :…On n’en trouvera pas avant plusieurs heures de route.

Lucius : Il faut continuer.

Il la porte dans ses bras, alors qu'elle le regarde, faible et fragile.


Emilie1905  (08.11.2023 à 18:24)

Ils reprennent la route et tout le monde est de plus en plus faible, surtout depuis qu’ils donnent un peu plus de leur eau à l’esclave. Mais ils finissent par trouver un coin d’ombre et c’est fatigué que Lucius pose délicatement la jeune femme sur le sol.

Pullo et lui sont éreintés, alors qu'elle se sent mieux. Lucius la regarde mais elle part, les laissant seuls. Au bout de plusieurs minutes, elle revient avec de l’eau dans ses mains. Elle fait boire les deux hommes puis elle lève difficilement Poulo.

Elle l’emmène en le soutenant, jusqu’à la source. Elle fait de même avec Lucius puis une fois arrivée, elle pose la tête de celui-ci sur ses genoux. Elle mouille ses mains et les pose sur le visage du soldat. Elle le fera boire et elle s’occupera de lui, jusqu’à ce qu’il se sente mieux.

La nuit tombe peu de temps après et les deux hommes sont autour d’un feu, alors qu'elle remplit leurs gourdes.

Pullo : Elle aurait pu nous abandonner… elle aurait pu nous laisser à notre sort et s’enfuir…mais elle ne l'a pas fait. Je me demande pourquoi ?

Lucius :…Oui, moi aussi.

Pullo :…Je suis affamé et toi ?

Lucius : Je meurs de faim… viens te joindre à nous, dit-il en s’adressant à l’esclave. Elle lui obéit et ils dévoreront leur repas.

Pullo : Je voulais te remercier pour m’avoir sauvé tout à l’heure.

Il prend la petite dans ses bras, qui esquisse un sourire.

Bon allez, si la journée de demain est comme celle d’aujourd’hui, je ferais mieux d’aller me reposer.

Il se lève et se dirige vers sa tente.

Lucius : Bonne nuit.

Pullo part se coucher. Alors que la nuit est déjà bien entamée, Lucius rejoint l’esclave dans sa tente. Il la réveille en la secouant doucement.

Chut !

Il met son index sur sa bouche.

Viens, dit-il en l’entraînant dehors. J’ai, j’ai bien réfléchi et je crois que, tu devrais partir…ne t’en fais pas, tu n’as rien fait de mal, tu es très gentille et tu es une très bonne esclave mais…je te rends ta liberté.

Elle n’ose pas bouger.

Pars, tu es libre… je dirai à Pullo que tu t’es enfuie…on ne te rattrapera pas, tu as ma parole.

La jeune femme :…Latone.

Lucius : Latone est le nom de la déesse de la santé…mais je suis heureux de connaître enfin ton nom.

Elle s’avance, lui bise la joue, marche à reculon, sourit et se sauve en courant. Il touche sa joue et esquisse un sourire. Le lendemain matin, Pullo sort de sa tente mais Lucius est déjà autour du feu.

Pullo : Ah, quelle nuit ! J’ai dormi comme un bébé.

Lucius sourit, alors que son ami le rejoint.

Qu’est-ce qui te fais sourire ?

Il s’assoit à côté de Lucius.

Lucius :…Elle s’est sauvée.

Pullo : Quoi ?! Mais quand ?

Lucius : J’en sais rien mais quand je me suis levé ce matin, elle n’était plus là.

Pullo :…C’est étrange.

Lucius : Quoi ?

Pullo : Si elle était si pressée de s’enfuir, pourquoi elle ne l'a pas fait hier ? Elle aurait pu partir mais il a elle nous a aidés…moi je trouve ça bizarre.

Il a bien compris que Lucius lui mentait mais il décide de jouer le jeu pour découvrir la vérité.

Tu veux qu’on essaye de la retrouver ?

Lucius : C’est pas la peine, elle doit être loin.

Pullo :…Et tu n’es pas en colère ? Elle t'a coûté de l’argent et maintenant elle est partie.

Lucius : Si, je suis en colère mais qu’est-ce que tu veux que je fasse ?...Elle n’est plus là…alors, soit on continue à en parler, soit ont reprend la route.

Pullo :…Très bien, comme tu veux.

Les deux soldats finissent par reprendre la route. Après quelques jours de marche, les deux hommes croisent le chemin d’une bande de voleurs.

Un des hommes de la bande : Tiens, tiens…qu’est-ce que deux soldats romains font sur nos terres ?

Lucius : Écoutez, on ne cherche pas les ennuis…

Un autre hommes de la bande : Ah oui ? Pourtant en marchant sur nos terres, vous nous provoquez.

Lucius : On veut juste passer, c’est tout.

Le chef de la bande :…Vous voulez passer ? Très bien. Mais vous devrez nous payer.

Pullo : On ne payera rien du tout. Non mais t'as vu nos têtes où quoi ?!

Lucius : Du calme Pullo, dit-il doucement. On va les payer et…

Pullo : Je m’abaisse devant personne, moi !!

Lucius : Écoute, tu vois bien qu’ils sont plus nombreux que nous…on a aucune chance, dit-il presque en chuchotant.

Pullo : On a vu bien pire lorsqu'on était en guerre…

Lucius : Oui mais on n’est plus en guerre…

Le chef de la bande : Bon, on n’a pas toute la journée. Alors, vous nous payez ou vous...

Lucius et Pullo les attaquent mais ils sont vite maîtrisés et maintenus. Le chef de la bande leur tourne autour, alors que les deux hommes sont agenouillés.

Vous avez tué trois de mes amis…c’était mes meilleurs amis…mes frères d’armes !!

Pullo :…Laisse-nous une minute pour pleurer.

Le chef le frappe.

Le chef de la bande : Ne t’en fais pas, tu en auras du temps…tu auras tout le temps, une fois que tu seras mort.

Soudain, il reçoit une flèche en plein cœur et il s’écroule sous les yeux du reste de ses hommes.

Les deux soldats se relèvent et se battent. Ils gagnent leur combat et ils découvrent dans un bosquet, que c’est la jeune esclave qui vient de les secourir. Puis elle part en courant. Les deux soldats reprennent doucement la route.

Pullo : Est-ce que tu as vu que…

Lucius : Oui je sais et je ne veux pas entendre tes remarques.

Pullo :…Et tu ne veux toujours pas qu’on la rattrape ?

Lucius lui lance un regard qui en dit long.

J’ai rien dit, d’accord… on ne sait même pas son nom.

Lucius le regarde à nouveau.

J’aurais voulu la remercier dans mes prières, c’est tout.

Lucius :…Latone.

Pullo : Quoi ?

Lucius : Elle s’appelle Latone.

Pullo : Tu le sais depuis quand ?

Lucius :…Elle me l'a dit le jour ou je l’ai achetée.

Il ment. Pullo secoue la tête et souffle.

Je ne sais pas pourquoi je ne t’en ai pas parlé avant.

Pullo :…C’est gentil de me prévenir.

Ils se regardent et se sourient. Après plusieurs semaines de marche, ils arrivent enfin à Rome. Mais Pullo habite à Célèbe, un petit village qui se situe dans la campagne. Ils sont obligés de se séparer.

Ma maison est par là.

Il montre l’horizon du doigt.

Lucius : Je sais.

Pullo :…Au moins, nous sommes revenus vivants, sourit-il.

Lucius : Ouais.

Pullo : Bon, si je veux surprendre Eirenne, il faut que je…

Lucius : D’accord.

Ils se regardent et se prennent dans les bras.

Allez, va rejoindre ta femme. Pullo s’éloigne. Pullo. Il s’arrête et se retourne. …Merci.

Pullo :…Prend soin de toi Lucius.

Puis il part et Lucius en fait autant.


Emilie1905  (08.11.2023 à 18:25)

Lucius rentre difficilement chez lui mais il le fait. Il s’assoit dans cette maison vide, elle n’est plus recouverte de rires d’enfant. En effet, il a laissé ses enfants chez la sœur de sa défunte femme, depuis le jour où elle est morte. Mais très vite, il étouffe dans cette maison remplie de souvenirs.

De son côté, Pullo regarde sa femme qui est en train de laver du linge. Elle ne l'a pas remarqué mais elle relève la tête. Elle se lève, souriante et s’approche.

Eirenne : Tu es rentré !

Pullo : Je suis rentré.

Elle le prend dans ses bras et ils s’embrassent.

Comment va le petit ?, dit-il en lui touchant le ventre.

Eirenne : Il grandit, sourit-elle. Il sera peut-être soldat comme son père.

Pullo : Rien ne me rendrait plus fier.

Ils se regardent et s’embrassent, heureux. Quant à Lucius, il est seul dans son lit et dans la nuit. Quatre jours plus tard, Pullo vient lui rendre visite mais il trouve la maison vide. Lucius ?

Le voisin de Lucius : Oh, vous ne le trouverez pas ici, dit-il derrière lui.

Pullo : Et, où je peux le trouver ?

Le voisin de Lucius : Il est dans l’arène à cette heure-ci.

Pullo : Dans l’arène ?!

Le voisin de Lucius : Si je vous le dit.

Pullo :…Merci.

Il se rend dans l’arène.

A l’entrée de celle-ci, la foule se bouscule et hurle le nom de ses favoris. Il finit par se frayer un chemin et lorsqu’il entre à l’intérieur, la foule est debout, hurlante et passionnée. Il s’assoit et regarde autour de lui, le peuple de Rome. Et lorsque ses yeux se posent sur le combat, il découvre que c’est Lucius qui rend la foule en délire.

Il se bat contre deux autres gladiateurs, avec acharnement, rage et haine. Soudain, les deux adversaires du soldat sont à terre, incapables de se relever. Lucius regarde tout autour de lui et la foule est unanime. Tous les pouces sont vers le bas, Lucius exécute alors la sentence. Il tue les deux hommes sans remord et sans ménagement.

Pullo a déjà donné la mort, il l'a déjà vue de près mais là, c’est différent. Le nom de Lucius est scandé et il résonne jusqu’au ciel. Le soldat esquisse un sourire et rentre dans la fosse, puis la herse se referme derrière lui. Ce n’est pas la gloire qu’il cherche, c’est le frisson d’approcher la mort de près.

Au bout de plusieurs minutes, Pullo va à sa rencontre. Il marche à travers des cages où sont isolés chaque gladiateur en plein air. Mais certains sont enfermés par dizaines, ils mangent à même le sable alors que d’autres s’entraînent. Pullo pose ses mains sur la cage de Lucius, celui-ci est assis sur un banc et il est dos à son ami.

C’est à ça que se résume ta vie maintenant ?...A une cage !

Lucius : Le spectacle ne ta pas plu ? Pullo ne répond pas. Alors rentre chez toi.

Pullo : Tu parles d’un spectacle !...Toi rentre chez toi.

Lucius :…Je n’ai plus de chez moi.

Pullo :…Je comprends pourquoi tu as laissé ta maison…vivre comme un animal, c’est tellement mieux…pas vrai ?

Lucius : C’est ma vie et j’en fais ce que je veux.

Pullo : Ta vie ?...Ta vie ?! Parce que tu appelles ça vivre ?!!...Moi j’appelle ça mourir !!!

Lucius :…Je savais que tu ne comprendrais pas.

Pullo :Je ne vois pas ce qu’il y a à comprendre ?!...On a survécu à la guerre, on est de retour chez nous et toi…

Lucius : C’est ici chez moi !, dit-il en se levant et en se mettant face à lui. Je te donne ma maison, tu pourras y vivre avec Eirenne et tu verras tes enfants grandir…

Pullo : Quoi ?

Lucius :…Prend-la, elle est à toi.

Pullo : J’en veux pas.

Ils se regardent.

Lucius :…Pourquoi tu n’en veux pas ?

Pullo : Parce que j’ai déjà une maison…

Lucius : C’est à cause de ce qui s’est passé ?

Pullo : Tu sais bien que non.

Lucius : Si, je sais que c’est ça et je le comprends…un mort dans une maison porte malheur mais tu pourras toujours…

Pullo : Arrête, dit-il doucement.

Lucius se met à faire les cents pas.

Lucius :…Tu n’en veux pas alors ?

Pullo : Non.

Lucius s’arrête.

Lucius :…Et si tu me rejoignais dans l’arène ?

Pullo : Quoi ?!

Lucius : Oui, toi et moi à nouveau réunis, comme lorsque l’on était en guerre.

Pullo : Mais on n’est plus en guerre !!...Tu as perdu la raison ?!...Tu sais que je ne peux pas te suivre…je ne suis plus seul maintenant, dit-il timidement.

Lucius :…Mais moi oui !!...Moi oui. C’est pour ça que je suis ici, parce que je n’ai plus rien à perdre.

Pullo le sait bien mais il est tout de même sous le choc d’entendre ça.

Pullo :…Je crois que je n’ai plus rien à faire ici.

Il commence à partir mais il s’arrête et lui parle le dos tourné.

Ne me cherche plus dans l’arène, tu ne m'y trouveras pas.

Puis il part alors que Lucius hoche plusieurs fois la tête, seul. Le soir même, Pullo est dans son lit, au côté de sa femme.

Eirenne : J’ai besoin de dormir.

Pullo : Quoi ?

Eirenne : Si tu penses trop fort, je ne pourrais pas dormir, dit-elle en se retournant vers lui.

Pullo :…Excuse-moi, c’est juste que…

Eirenne : Tu t’inquiètes pour Lucius, affirme t-elle.

Pullo :…Je vais te confier un secret…lorsque nous étions en guerre, je le voyais changer…il devenait différent et ça m’inquiétait… j’ai payé le colonel pour qu’il nous libère mais Lucius ne le sait pas.

Eirenne : Il ne se pose pas de questions ?

Pullo : Il doit s’en poser mais il ne m’en a pas parlé.

Eirenne :…Pourquoi tu as fait ça ?

Pullo :…Je croyais qu'en le sortant de toutes ces tueries, tout ces massacres…il recommencerait à vivre…mais quelques heures après qu’on ait quitté le camp, il m'a fait comprendre que…c’était chez lui la véritable guerre.

Il baisse la tête et Eirenne pose sa main sur le visage de son mari.

Eirenne : Tu as fait ce que tu as pu.

Pullo : Tu crois ? Elle hoche plusieurs fois la tête. J’ai peur que ça ne suffise pas…je me sens responsable de ce qui lui arrive en ce moment. Peut-être que si on était resté là-bas…

Eirenne : Vous seriez peut-être mort.

Pullo :…Oh, oh excuse-moi.

Il embrase le front de celle-ci et il la prend dans ses bras.

Je sais que ça a dû être pénible pour toi mais… il a toujours été là pour moi et j’aimerais l’aider comme il m'a aidé.

Eirenne :…Alors dis-lui…dis-lui ce que tu as fait pour lui…

Pullo : Il ne devra jamais savoir.

Eirenne : Pourquoi ?!

Pullo : Parce qu’à ses yeux, je serais celui qui l'a arraché de l’endroit où il se sentait le mieux.

Eirenne :…S’il était vraiment ton ami, il verrait que tu l'a sauvé.

Pullo :…De toute façon, il serait trop fier pour le dire.

Eirenne :…ça me rappelle quelqu’un.

Pullo : Ah oui ?, sourit-il et il l’embrasse. Et qui ?

Il l’embrasse dans le cou, alors qu'elle rit.

Pour Lucius, les jours et les semaines passent dans l’arène. Il réussit à survivre, les combats lui laissent plusieurs cicatrices mais il est toujours vivant. Il tue, torture, blesse et le public apprécie.


Emilie1905  (08.11.2023 à 18:26)

Un après-midi, Pullo, assis devant sa table sur sa terrasse, boit un verre en regardant l’horizon. Eirenne arrive près de lui, s’assoit et pose sa main sur celle ce son mari.

Eirenne :…Va le voir. Il ne te verra même pas dans toute cette foule…va le voir.

Pullo :…Je peux pas.

Eirenne : Pourquoi ?

Pullo :…Je ne peux pas le regarder mourir…il est comme mon frère. (Elle lui sourit et se baisse pour embrasser sa main).

Elle comprend et n’insiste pas. Un jour, alors que Lucius entre dans l’arène, un homme qui se trouve dans la foule fait signe à celle-ci, qu'elle doit se taire. C’est difficilement qu’elle le fait mais le silence finit par régner. L’homme qui porte une toge, se met à hurler debout.

L’homme : Peuple de Rome !...Hier, un procès à eu lieu sur la place public ! Et la sentence est… la mort !

La foule se met à hurler, heureuse. L’homme essaye de la maîtriser, de la calmer, de la faire taire et il réussit.

Faites entrer l’accusée !!

La herse s’ouvre et la foule découvre une silhouette de femme.

Le peuple se met à hurler, à lui lancer des tomates et à l’insulter. Mais Lucius est vite décomposé lorsqu’il s’aperçoit que cette jeune femme n’est autre que Latone, l’esclave qu’il avait achetée. Elle s’avance, se met en face de lui, s’agenouille, baisse la tête et attend la sentence. Lucius ne sait pas quoi faire, il la regarde et la relève.

Lucius : Qu’est-ce que tu as fait ?, demande-t-il en posant les mains sur les épaules de la jeune femme.

Latone : Quoi ?

Lucius : Pourquoi tu es ici ?

L’homme : Que se passe-t-il gladiateur ?

Soudain, la foule se tait.

Lucius : Quel est son crime ?

L’homme : Excuse-moi ?

Lucius : Si je dois la tuer, j’aimerais savoir si elle le mérite vraiment.

L’homme :…Qui es-tu pour décider si quelqu’un doit vivre où mourir ?

La foule se met à chuchoter de plus en plus fort.

Lucius : J’ai pensé que…

L’homme : Penser ? Tu es un gladiateur, tu n’as pas à penser, c’est la foule qui le fait pour toi…c’est elle qui décide !

(La foule se met à applaudir et à hurler puis elle se tait de nouveau.

Que décidez-vous ?!!, demande-t-il à la foule, qui n’ose pas répondre mais Pullo se lève.

Pullo : Explique au peuple, de quoi cette femme est coupable… il a le droit de savoir, nous avons tous le droit de savoir !!

La foule est en transe et les deux amis échangent des regards de respect.

L’homme : Très bien…cette fille est accusée de meurtre, elle a tué involontairement un homme qui la battait !

La foule la hue.

Lucius : C’est vrai ?, demande t-il à la jeune femme qui hoche la tête, les larmes aux yeux.

La foule continue de hurler.

L’homme : Elle mérite de mourir !!

Le peuple a l’air d’accord.

Lucius : C’est une femme.

L’homme :…Oui, je l’avais remarqué, dit-il d’un ton coquin, ce qui fait rire la foule.

Lucius : Elle se prénomme Latone, comme la déesse de la santé !

L’homme : Elle pourrait s’appeler Vénus ou Aphrodite, que ça me serait égal!... Une femme ne peux tuer un homme sous prétexte qu’il la bat… Qui serions-nous, si on laissait faire ça ?...Nous sommes à Rome !!

La foule applaudit et apprécie ses paroles.

Assez perdu de temps gladiateur…elle a été jugée, elle doit mourir !!!

Lucius la regarde puis il jette ses armes, sous les yeux interloqué de Pullo et du peuple romain.

Lucius :…Je ne peux pas faire ça, dit-il doucement.

L’homme : Quoi ?!

Lucius : Je ne peux pas faire ça !!

L’homme : Tu es un gladiateur et les gladiateurs obéissent !!

Lucius : Je regrette.

Il commence à partir.

L’homme : Arrête-toi !

Mais il ne le fait pas.

Je te demande d’arrêter !!

Toujours rien.

...Obéis !!!

Lucius : Je n’obéis à personne !!!, dit-il en se retournant. Je suis Lucius Vorénus et je n’obéis à personne !!

L’homme : C’est ce que nous allons voir… Levez la herse !!

La grille se lève et cinq hommes entrent dans l’arène. Ils tournent autour de lui.

Lucius : Je ne me battrai pas avec vous.

Un des gladiateurs : C’est ce que tu crois.

Il fait signe à un autre gladiateur et celui-ci se dirige droit sur l’ancienne esclave.

Lucius : Rappelle-le.

Le même gladiateur :...Tu veux la sauver ? Alors bas-toi.

Lucius n’a plus d’arme et il regarde le guerrier prendre Latone par les cheveux.

Fou de rage, il se bat et les tue mais d’autres viennent. La foule crie et admire le spectacle. Latone est dans un coin mais Lucius est blessé. Il reçoit un puis deux et trois coups d’épée, sous le regard de Latone, qui verse une larme.

Il se retrouve sur le sol et la jeune femme se met à se battre mais elle se retrouve vite désarmée. Un gladiateur la gifle, elle se retrouve au sol. Elle recule, alors que son adversaire avance doucement.

Lucius : Laisse-la !, dit-il souffrant puis il se lève et se jette sur lui.

Lucius réussit à le tuer, elle est près de lui, assise sur le sol, alors qu’il est allongé. Ils se regardent et elle regarde l’organisateur des combats, qui est sur le point d’appeler d’autres hommes.

Latone : Arrêtez !!!

La foule se tait et l’organisateur ne bouge plus. Elle essaye tant bien que mal de le relever.

Doucement.

Il tient à peine sur ses jambes, elle le soutient et ils se regardent. Puis ils se mettent à marcher, vers la sortie de l’arène.

Pullo : Lucius, Lucius, Lucius !!!, hurle-t-il.

La foule : Lucius, Lucius, Lucius !!!

Elle scande le nom du héros du jour et l’applaudit, alors que Pullo verse une larme et hurle le nom de son ami. Alors qu’ils sont dans les entrailles de l’arène, Lucius s’écroule, les yeux à moitié ouverts.

Lucius :...Il aura fallu que je meurs, pour entendre le son de ta voix.

Il est dans ses bras.

Latone : Reste avec moi, on va te soigner.

Elle le regarde et verse une larme.

Lucius :…L’homme que tu as, que tu as tué… il ne t'a pas touchée ? Dis-moi qu’il ne t'a pas touchée, parce que sinon… (Il lui demande en fait, si elle est toujours pure).

Latone : Il n’a rien fait…je ne l’aurais jamais laissé faire.

Il essuie les larmes de la jeune femme.

Lucius : Je peux partir tranquille…

Latone : Non.

Elle pleure et ils s’embrassent puis il ferme les yeux.


Emilie1905  (08.11.2023 à 18:27)

Six mois plus tard, Lucius est assis sur une chaise de sa terrasse. Il contemple l’horizon, fait d’arbres et de verdure.

Latone lui apporte de l’eau et l’embrasse sur la joue. Mais Pullo arrive avec Eirenne et celle-ci tient son fils dans ses bras. Lucius essaye de se lever.

Pullo : Reste assis mon ami.

Ce qu’il fait.

Que dit le guérisseur ?, demande-t-il en s’asseyant à ses côtés.

Lucius : Qu’il me faut du repos mais je vais déjà mieux.

Pullo se sert un verre.

Pullo : Heureux de l’entendre.

Lucius regarde Latone qui sourit au bébé et qui discute avec Eirenne.

Lucius : Ton fils est magnifique.

Pullo : Il a la beauté de sa mère… l’air de la campagne te réussit on dirait ?

Lucius : Oui…mais je dois dire que Latone m’aide beaucoup.

Pullo boit une gorgée.

J’ai vendu ma maison.

Pullo : Tu as pu la vendre ?

Lucius : Oui, j’ai réussi.

Pullo :…Alors c’est décidé, tu t’installes ici ?

Lucius : On dirait bien, sourit-il. Et, j’ai demandé à Latone de devenir ma femme…et elle a accepté.

Pullo : Toutes mes félicitations !, sourit-il, alors qu’il le tape doucement à l’épaule. Je suis heureux pour toi, tu le mérites.

Lucius : Merci… je sais ce que tu as fait.

Pullo : De quoi tu parles ?

Lucius :…On n’a pas été renvoyé de l’armée, parce qu’on était vieux, n’est-ce pas ?

Pullo :…Non.

Lucius le regarde et attend qu’il s’explique.

J’ai acheté notre liberté.

Lucius : Pourquoi ?

Pullo :…Je te regardais te détruire et je devais t’aider… Qu’est-ce que tu veux que je te dise ?...Tu as toujours été là pour moi, alors je voulais…

Lucius : Merci… Si tu ne l’avais pas fait, je serais peut-être mort et…jamais je n’aurais connu Latone.

Pullo hoche la tête pour lui faire comprendre que ce n’est rien.

Pullo :…Comment tu l'as su ?

Lucius :…Je crois que je l’ai toujours su mais…je ne voulais pas ouvrir les yeux.

Pullo :…Tu as l’air guéri.

Il parle des blessures que Lucius a dans son cœur.

Lucius : J’ai la déesse de la santé avec moi.

Les deux jeunes femmes s’avancent et les discussions vont bon train. Mais un après-midi comme les autres, Lucius, qui va de mieux en mieux, rejoint Latone dans la cuisine.

Ton village… j’y étais.

Elle se retourne.

On nous avait donné l’ordre de détruire ton village et c’est ce qu’on a fait… Je n’ai pas tué tes parents, je n’ai tué personne ce jour-là… j’ai juste mis le feu…je voulais que tu le saches. Si tu veux partir, tu es libre.

Il baisse la tête, attend un peu et commence à s’éloigner.

Latone : Lucius.

Il se retourne et elle accourt dans ses bras.

Je t’aime, murmure t-elle à son oreille.

Ils s’embrassent et ils feront l'amour ensemble. Lucius lui avouera son amour. Un matin, Lucius est anxieux.

Lucius : Tu es sûre que tout est prêt ?

Latone : Absolument...tout ira bien, dit-elle, alors qu'elle le prend dans ses bras.

Lucius : Tu es sûre ?

Mais la jeune femme fixe droit devant elle, Lucius se retourne et découvre ses enfants, dont celui qui n’est pas de lui. Ses filles restent sur place, il s’accroupit et tend les bras puis elles accourent se réfugier auprès de lui.

Après les embrassades, il regarde le petit, qui est âgée de huit ans maintenant. Celui-ci s’avance doucement.

Le petit : Papa.

Il pleure dans les bras de Lucius.

Lucius : Chut, tout va bien mon fils...tout va bien.

Il regarde Latone, qui verse une larme. Quelques mois plus tard, le couple sera marié et elle lui donnera deux fils.

FIN


Emilie1905  (08.11.2023 à 18:28)

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