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Série : Robin Hood
Création : 17.11.2012 à 16h49
Auteur : byoann
Statut : Terminée
« Il s’agit d’un épisode pouvant se situer dans une saison 3 différente de celle que nous connaissons. En effet, Allan est bien revenu dans la bande. Mais Marianne n’est pas morte. » byoann
Cette fanfic compte déjà 27 paragraphes
Chapitre XI : « Commence par l’endroit où tu as été élevé. »
Attentif, Robin était assis en face d’Allan entre Much et Petit Jean. Allan demeura silencieux quelques minutes mais personne ne le pressa. Il prit une profonde inspiration puis il se lança.
Allan, timide : « Pff… Ce n’est pas facile… Euh par où commencer ? »
Il ne regardait personne. Son regard balayait le sol puis le haut des arbres. Il ressentait de la pudeur à parler de lui. Voyant qu’il avait dû mal à commencer, Djaq vint à son secours.
Djaq : « Tu n’as que des amis ici… »
Ses mots vinrent frapper de plein fouet le cœur d’Allan. Il regarda Djaq mais garda le silence. Les larmes lui montèrent aux yeux.
Robin : « Djaq a raison, Allan. »
Allan le fixa droit dans les yeux. Rien ne pouvait lui procurer plus de réconfort que ces mots prononcés par Robin lui-même.
Djaq gentiment : « Commence par l’endroit où tu as été élevé. »
Il leva les yeux au ciel et prit une bouffée d’air.
Allan : « Oh !... Je suis né et j’ai grandi dans le petit village de… Rochdale au Nord-Est de Manchester… Mes parents… Mes parents avaient une petite ferme avec quelques terres et quelques animaux. Oh ce n’était pas très grand mais on n’y était heureux… Du moins au début. »
Much, insensible à l’émotivité d’Allan : « Mais je croyais que ton père était maréchal-ferrant ? »
Will, sur un ton de reproche : « Oh Much ! »
Comme les autres, Robin désapprouva du regard l’intervention de Much. Cependant, il admit qu’il avait raison et il attendit la réponse d’Allan en silence.
Allan, blessé, mais souriant : « Oui ! C’est vrai, Much. Mon… mon père… avait une forge qu’il tenait de son père mais un jour… Il a annoncé à ma mère qu’il l’avait vendu car cela ne lui rapportait pas assez… Et que maintenant… avec une bouche de plus à nourrir… Il fallait mieux avoir des terres cela rapporterait davantage… Il a acheté… enfin je suppose… des terres en dehors de Rochdale et on est parti s’installer à la ferme… J’étais très jeune à l’époque. Pour moi, c’était comme partir à l’aventure. »
Allan fit une pause en essayant de retenir ses larmes puis continua : « Mes parents travaillaient durs… du moins ma mère en tout cas… Mon père, lui, s’en allait parfois quelques jours voire des semaines… Ma mère nous racontait que c’était pour gagner un peu plus d’argent… Je l’ai cru à l’époque… Par contre, ma mère travaillait sans relâche à la ferme. Mon frère et moi nous l’aidions comme nous pouvions mais on était très jeune... Elle travaillait si dure qu’elle en est tombée malade… »
Allan ferma les yeux en se remémorant ce douloureux souvenir. Il fut surpris de ressentir une émotion toujours aussi vive à l’évocation de ce souvenir ; lui qui croyait l’avoir enfoui au plus profond de son cœur.
Allan, larmoyant : « Nous avons supplié notre père d’aller chercher le médecin au village... Mais il nous a dit que cela allait passer et que le lendemain elle irait mieux... Mais le lendemain, cela a empiré… Sa fièvre est montée et par moment elle sombrait dans l’inconscience... Alors nous l’avons supplié à nouveau. Il a fini par céder... On lui a donné tout l’argent qu’on avait gagné ici et là… en aidant les voisins… puis il est parti… »
Allan s’arrêta, le souffle coupé par l’émotion.
Djaq : « Et qu’est-ce qui s’est passé ? »
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Allan la regarda : « On ne l’a pas revu pendant trois jours... Elle… Elle a agonisé… pendant deux jours… Puis elle est… morte à l’aube du troisième jour… » |
Allan ne pouvant pas retenir ses larmes plus longtemps les laissa couler le long de ses joues à l’instar de Marianne, Much, Djaq et de Will. Petit Jean baissa la tête pour se retenir et Robin avait les yeux rougis par l’émotion. Allan leva les yeux au ciel puis reprit.
Allan : « Mon frère et moi l’avons… enterré… comme on a pu dans son petit jardin qu’elle aimait tant… Puis… notre… notre père est rentré le soir-même… Il est arrivé complètement ivre… Il était accompagné de deux gamins qui avaient à peu près nos âges à Tom et à moi… On s’est jeté à son cou en pleurant… Et on lui a dit que notre mère était morte… Mais… Il nous a balancé sur le côté avec colère, car on le gênait, en disant qu’il n’en avait rien à faire… Et qu’il avait autre chose à penser… Puis il s’est dirigé en titubant vers le lit… Là où notre mère avait agonisé… Puis il s’est écroulé et s’il s’est endormi… »
Il regarda au loin, avec haine, Walter, toujours attaché au pied de l’arbre.
Allan : « …Voilà ce qu’a représenté notre mère pour lui !... Il n’en a plus jamais reparlé ! »
Allan s’arrêta un peu, se racla la gorge puis continua : « Le lendemain, tout a changé !... Il a décidé qu’on devait arrêter les travaux de la ferme car cela ne rapportait pas encore assez… Il nous a alors présenté Matthew et Edouard… Matthew avait mon âge, environ huit ans, et Edouard était un peu plus âgé dans les quatorze ans. Il nous a dit que c’était des gamins des rues, que leurs parents les avaient abandonnés et qu’il avait eu la bonté de les recueillir... Et donc pour le remercier de son geste, on devait travailler pour lui… »
Will : « Même ses propres enfants, Tom et toi ? »
Allan honteux : « Oui !... Au début, j’ai cru, avec un peu d’arrogance, que seul Matthew et Edouard allait devoir travaillé pour lui… »
Allan se tourna vers Adrien et Richard puis revint vers le groupe : « Mais je me trompais… En fait, on lui coûtait trop cher et donc il fallait qu’on se rende utile… pour lui. »
Much : « Mais qu’est-ce que vous avez fait comme travail ? Vous n’étiez que des mômes ! »
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Allan, honteux, les larmes aux yeux, baissa la tête : « Mendier !... Il nous conduisait chaque matin à l’entrée de Manchester… Et il… Il nous reprenait le soir tard. » |
Tout le monde ne put s’empêcher de compatir à la douleur d’Allan.
Allan : « Quand on ne ramenait pas assez d’argent, il nous frappait avec rage… Surtout quand il avait bu… Il nous frappait avec tout ce qu’il lui tombait sous la main : les bûches de la cheminée ou la cravache des chevaux. Tout était bon pour nous… MOTIVER… Un jour, il… Il a cassé le bras de Matthew sans le vouloir mais quand il a vu que cela avait permis de rapporter plus d’argent, cela lui a donné des idées… »
Tout le monde retint son souffle en pensant aux atrocités que Walter avait bien pu imaginer.
Allan : « Il s’est mit à moins nous nourrir… Il nous interdisait de nous laver régulièrement et… Certains mois où la recette était insuffisante, il… Il cassait un bras à l’un d’entre nous… Surtout aux plus jeunes car leurs os sont plus faciles à briser. »
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Allan fondit en larmes : « Comme ça… On faisait davantage pitié disait-il… Et les nobles dames… au passage de l’octroi se montraient… plus généreuses… Elles étaient plus compatissantes envers nous. » |
A son tour, Adrien fondit en larmes. Richard le serra contre lui pour l’apaiser. Tout le monde comprit alors que Walter avait recommencé et que, c’était lui qui lui avait cassé le bras et non la conséquence d’une chute d’un toit. Petit Jean enrageait devant la cruauté de Walter envers les enfants. Il eut envie de se lever et de faire rendre gorge à ce monstre mais Robin devança sa réaction et posa sa main sur le bras du géant pour l’inciter au calme.
Much à lui-même : « Mais quel monstre ! »
Robin lui chuchota : « Il paiera pour ça ! Je te le promets ! »
Richard réussit à apaiser son frère. Lorsque les pleurs d’Adrien se firent de moins en moins entendre, Allan put poursuivre son récit.
Allan : « Toujours pour augmenter son revenu, il décida que les plus grands ne devaient plus mendier car ils n’étaient pas assez attendrissants… Il disait que les gens préféraient donner à des très jeunes plutôt qu’à des adolescents… Alors il leur trouva une occupation plus… adéquate… Le vol. Au début, Edouard et Tom devaient voler les bourses des clients sur les marchés ou des badauds dans les rues très passantes... Tant pis pour celui qui se faisait prendre… Il devait se débrouiller tout seul. Personne ne viendrait à son secours… Evidement au début, cela ne rapportait pas beaucoup. Alors… Ils étaient punis… Mais très vite ils ont appris toutes les ficelles du métier… Mais une fois, Edouard s’est fait prendre. Tom a supplié notre père de l’aider mais, au lieu de ça, il l’a battu férocement. Il ne supportait pas qu’on le défie… Et il l’a forcé à aller travailler…»
Allan s’arrêta quelques instants en repensant à son frère puis il continua.
Allan : « …Car lui bien sûr ne faisait rien. Il passait son temps dans les auberges à jouer et à boire. A la fin, on devait même lui rapporter directement à l’auberge ce que nous avions gagné dans la journée. Et il le dépensait immédiatement… sans rien nous donner pour manger… Alors on s’est mis à voler un peu de nourriture ici et là…»
Allan regardant en direction de Walter : « Enfin en tout cas pendant qu’il jouait… Cela nous faisait du repos… Car il pouvait s’absenter deux jours entiers. Alors on en a profité pour faire évader Edouard de la prison parce qu’il… Il devait être pendu le lendemain matin… »
Robin se remémora comment il avait sauvé de la pendaison Allan, Will et son frère.
*****
*****
Le peuple de Nottingham est rassemblé devant les portes du château pour assister à la pendaison de quatre personnes.

Robin et Much traversent une foule hostile. Elle traite Robin d’assassin et lui crache dessus. Cependant, Robin continue son chemin et s’arrête devant le père de Luke et Will Scarlett.
Le père de Will : « Robin… Ce n’est pas de votre faute. »
Les portes du château s’ouvrent et le shérif fait son apparition. Le shérif descend quelques marches sous le regard haineux de Dan.
| « Mes seigneurs ! Mesdames ! Peuple de Nottingham. » | ![]() |
Robin rejoint le shérif. Marianne et son père s’installent.
Le shérif : « Nous sommes assemblés ici ce jour pour assister à l’œuvre de la justice au nom du Très Haut et du roi Richard. »
| Le shérif : « Faites sortir les prisonniers ! » | ![]() |
Le shérif à la foule : « Robin… de Locksley, comte de Huntington qui vient de nous revenir de la guerre sainte avec une distinction personnelle du roi lui-même va nous lire la proclamation. »
Les prisonniers sont amenés dans la cour sous le regard de la foule inquiète. Allan essaye de s’enfuir mais il est rattrapé par l’un des geôliers. Pendant ce temps, le shérif tend la proclamation à Robin.
Le shérif à Robin : « Savourez. »
Les prisonniers sont amenés un à un sur l’échafaud sous le regard désespéré du père de Will et Luke Scarlett.
Le shérif à Robin : « Et n’essayer pas de changer d’avis Locksley sinon votre ami Much risque de faire une entrée fracassante ! »
Le shérif regarde vers le haut des remparts. Sur les remparts, Much est retenu par deux gardes qui menacent de le jeter dans le vide. Ravi de son stratagème, le shérif est dans ses petits souliers. Tandis que Robin semble ne plus avoir le choix. Il commence la lecture de la proclamation.
Robin : « Afin que nul de l’ignore, de par les terres et les royaumes de sa majesté Richard, roi d’Angleterre, proclamons en ce vingt-sixième jour du mois d’avril de l’an de grâce mille cent quatre-vingt-douze ont été jugés et reconnus coupables d’après la loi les sires prénommés… »
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« …Bénédicte Giddens de Locksley… » |
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« … Will Scarlett de Locksley… » |
Will regarde son père en larmes au pied de la potence.
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« … Luke Scarlett de Locksley… » |
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« … Allan de Dale de Locksley… » |
Robin : « …Les susnommés ont, par conséquent, été condamnés à être pendu jusqu’à ce que mort s’en suive. »
Le tambour retentit. Les bourreaux couvrent la tête de chacun des prisonniers avec une cagoule.
Dans la foule : « WILL… WILL »
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Un prêtre, dans la foule, interroge Robin du regard. |
Robin fixe d’un regard insistant le prêtre.
Le shérif : « Procédez. »
Le prêtre : « Attendez ! »
Le shérif, agacé. « Nan, Nan, Nan. Pitié. Ne tuez pas mon petit frère, mon petit bébé, mon petit COUSIN ! »
Le prêtre : « Au nom de notre évêque Anthony, je revendique le privilège du clergé pour ces hommes. »
Le shérif est désagréablement surpris.
Le prêtre : « Il ne faut pas les pendre. »
Le shérif : « Ce ne sont pas des moines ! Ils n’appartiennent pas à l’Eglise. Poursuivez !»
Le prêtre précipitamment : « Je suis allez leur administrer les derniers sacrements hier soir. »
Le shérif regarde le geôlier. Celui-ci lui répond en haussant les épaules.
Le shérif mécontent : « Et donc ? »
Le prêtre regarde Robin par intermittence.
Le prêtre : « Ils se sont remis entre les mains du Christ, se sont repentis de leurs fautes et ont demandé à prendre la défroque. J’ai jugé de mon devoir d’en référer à l’évêque qui m’a, en retour, chargé de conférer le statut de novice à ses quatre repentis. »
Le shérif, mécontent : « Taisez-vous ! »
Le prêtre déroule précipitamment un parchemin qu’il tenait à la main et commence à en faire la lecture.
Le prêtre : « Moi, Anthony, très révérend vicaire apostolique, par la présente confère… »
Mais furieux, le shérif l’interrompt : « Taisez-vous ! »
Puis il se tourne vers le prêtre près de lui : « Est-ce possible ? »
Le prêtre : « Ils ne peuvent pas être devenus novices en une nuit, non.»
Le prêtre, dans la foule, se presse de répondre : « Ils sont devenus postulants ! Novices. »
Mais sa voix devient hésitante et peu sûr : « Novices-novices… en quelque sorte. Et ils sont de ce fait sous la protection… de l’Eglise.»
Le prêtre jette un regard rapide à Robin qui sourit discrètement.
Le shérif surprend cet échange de regard et devient soupçonneux.
Le shérif se radoucit.
| « Novices-novices ?… » | ![]() |
Le shérif : « …Tiens c’est nouveau !... Bon…Pendez-les… et arrêtez-le ! »
Le prêtre essaye de s’enfuir mais les gardes l’arrêtent rapidement.
Le prêtre : « Vous ne pouvez… »
Un des gardes lui arrache sa fausse barbe.
Le prêtre, regrettant que la ruse n’ait pas fonctionné, regarde Robin. Robin semble déçu.
Le shérif : « Où est le tambour ? »
Le tambour retentit.
Le shérif s’amusant : « Pam Pam Pam… »
Dan, dans la foule : « Priez pour eux. »
Le stratagème de Robin a échoué. Il semble qu’il ne peut plus éviter la pendaison des fils de Dan Scarlett. Le shérif, certain d’avoir gagné la partie, nargue Robin. Il s’adresse à Robin sur un ton moqueur.
Le shérif : « Regardez et savourez Robin... Bientôt votre prêtre va avouer... Après quoi, ce sera finit de vous, mon bon ami»
Le tambour accélère.
Le shérif : « Que les âmes de ces pêcheurs trouvent miséricorde au royaume des cieux. »
Le shérif fait un signe de la tête aux bourreaux afin qu’ils accomplissent leurs sales besognes. Ils tirent sur les cordes. Les tabourets sur lesquels se maintenaient les condamnés basculent et les prisonniers se balancent au bout de la corde attendant la mort. La foule est sous le choc. Dan Scarlett est en larmes. Marianne est choquée.
Dan Scarlett, implorant, parmi la foule : « Je vous aime les garçons. Je t’aime Will. Je t’aime Luke. Je vous retrouverai au ciel… »
Le shérif, ravi, se retire suivi de Gisborne narguant Robin.
Devant faire un choix : Intervenir tout de suite et s’opposer ouvertement au shérif ou laisser faire et consolider ses positions afin de le destituer plus tard, Robin hésite mais des souvenirs l’assaillent.
Ca y est ! Robin a fait son choix. Il décide d’intervenir. Il aperçoit deux soldats armés prêts de lui. Il se précipite sur eux, s’en débarrasse rapidement et leur prend un arc et des flèches. Le combat retient l’attention de Marianne et attirent le shérif et Gisborne qui accourent à la fenêtre pour voir ce qui se passe. Robin bande son arc en direction de la potence et s’adresse à la foule.
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« Peuple de Nottingham ! » |
A la stupéfaction des soldats, Robin tire une flèche et libère ainsi Allan sous les acclamations de la foule. La foule se précipite sur Allan pour l’aider à s’échapper tandis que Dan Scarlett reprend espoir pour ses fils. Robin s’apprête à tirer une nouvelle fois.
Robin : « … ses hommes n’ont pas commis …de crimes qui méritent plus…qu’une peine de piloris. »
Robin tire en direction de la potence et libère Will Scarlett. Les soldats sont ébahis et la foule empêche les bourreaux de s’emparer de Will sous le regard de son père. Robin se prépare à tirer avec deux flèches en même temps.
Robin : « Allez-vous tolérer cette injustice ?… »
Robin : « …Quant à moi… je ne le serai. »
Les flèches partent et viennent couper net les cordes qui retenaient Luke et Bénédict. Sortant enfin de leur torpeur, les gardes dégainent leurs épées. Un garde arrive derrière Robin. Celui-ci parvient à s’en débarrasser facilement sous le regard furieux du shérif et de Gisborne. Marianne paraît inquiète car un deuxième puis un troisième garde fonce sur Robin. Pendant ce temps, Dan a récupéré Will et le libère de ses liens tandis que la foule fait de même avec Allan. Dan emmène Will à l’écart des combats et de la potence. Tandis qu’il se débarrasse des gardes qui l’assaillaient, Robin entend une voix au loin. Il se retourne.
Much : « Maître ! A l’aide ! »
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Allan : « …Je ne sais pas comment Tom s’y est pris… Moi je devais juste faire le guet avec Matthew… Edouard était dans un sale état. Il avait dû être tabassé par les hommes du shérif… En tout cas, le lendemain, notre père estima qu’il devait gagner son gagne-pain comme les autres et il… Il l’a envoyé dans la rue comme d’habitude. »
Much : « Mais vous ne vous êtes jamais rebellés ? »
Allan : « Oh on a essayé… Surtout Tom qui était plus âgé que moi mais… Quand il se mettait en colère… Il pouvait être extrêmement violent. Il aurait pu nous tuer… Surtout quand il avait bu… Edouard et mon frère étaient suffisamment grands. Ils auraient pu se sauver mais ils ne l’ont pas fait… A cause de Matthew et moi…Ils sont restés pour nous protéger… Je dois beaucoup à Tom… Il… Il a pris de nombreux coups à ma place… Et il ne m’a jamais abandonné… »
Allan fondit en larmes. Tout le monde ne put s’empêcher de se remémorer la tragique disparition de Tom.
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Le shérif fait son entrée au son des trompettes dans la cour du château où est dressée la potence. Il goûte visiblement son triomphe. Les habitants de Nottingham sont rassemblés pour l'exécution.
Le shérif : « Tous ces visages impatients ! »
Debout parmi les nobles, Marianne l'écoute commencer son discours d'un ton enjoué.
Le shérif : « Vous attendez tous que Robin des bois apparaisse, hum? Et nous fasse un petit tour avec son arc !... [Il ricane] Et bien, l'heure n'est pas aux jeux de petits garçons, l'heure est à la Justice. »
Dissimulés dans une tour du château, Much et Robin, déguisés en soldats, observent la scène et attendent le moment propice pour intervenir.
Le shérif : « Nous avons des lois ! Robin des bois, lui, n'a aucun respect pour nos lois. Robin des bois se moque des lois ! Il aimerait faire des criminels de chacun de nous, des meurtriers, des voleurs et pourtant, vous attendez là en espérant qu'il va venir sauver ses... ses comparses ! »
Robin encoche une flèche sur son arc et se tient prêt à tirer du haut de la tour entre deux créneaux.
Le shérif : « Oui, bien sûr que vous attendez et c'est pourquoi j'ai fait avancer l'heure de l'exécution pour qu'on les pende il y a une heure!... »
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Puis en criant et en désignant le chemin de ronde, le shérif : « Regardez là-haut ! » |
Toutes les têtes se tournent vers le chemin de ronde. Trois potences ont été dressées là-haut et trois corps enveloppés dans de grands draps se balancent au gré du vent. Sous les cris d'horreur de la foule, trois soldats découvrent les corps des trois voleurs exécutés.
Caché parmi les habitants, Allan est sous le choc de la pendaison de Tom. Marianne est, elle aussi, bouleversée. Quant à Robin, il est désespéré par cette manœuvre du shérif.
Le Shérif, criant : « Tu arrives trop tard Robin des bois! Tes hommes sont déjà morts ! »
Allan, fou de douleur, veut se jeter sur le shérif mais Djaq le retient. En haut de la tour, Robin, anéanti, s'affaisse par terre.
Le shérif : « Oh, j'aurais voulu que tu puisses voir l'expression de leurs visages juste avant qu'ils réalisent que tu n'allais pas venir à leur secours. Hum, c'était bouleversant... »
Allan lance un regard haineux en direction du shérif tandis que Marian, les larmes aux yeux, l'écoute poursuivre son discours de manière théâtrale.
Le shérif : « D'abord, il y a eu le … le désappointement, teinté de confusion qui a bientôt fait place à la colère suivi des larmes... jusqu'au moment où ils ont réalisé qu'il s'agissait de leurs dernières larmes. C'était très émouvant, très touchant ! »
Allan hoche tristement la tête devant tant d'hypocrisie. Depuis une fenêtre de la tour, Much est consterné et écoute le shérif poursuivre.
Le shérif, criant : « Oui, j'aurais voulu que tu vois ça Robin des bois !... (puis ironique) Bon, merci infiniment ! Au fait, l'un d'entre vous pourrait-il prévenir Robin s'il le voit ? Merci.... Des visages impatients et souriants, bien... »
Il regagne l'intérieur du château en sifflotant joyeusement.
Le shérif : « Et voilà une bonne journée de travail !... Ah, ah, le shérif passe ! »
Les portes se referment sur le shérif. Much voit Marianne partir, il interpelle Robin qui se trouve toujours dans la tour à l'étage supérieur.
Much : « Robin ! … Marianne ! »
Robin ramasse ses affaires et court rejoindre Much.
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Quand les larmes d’Allan s’estompèrent, Will demanda : « Et est-ce que tu sais ce que sont devenus Matthew et Edouard ? »
Allan séchant ses larmes : « Non ! Ils sont restés avec nous environ quatre ans… Et un après-midi alors que nous ne l’avions pas vu depuis deux jours, notre père est arrivé avec son sourire mielleux et sournois accompagné de trois hommes… Mon père leur a montré Edouard et Matthew comme on exhibe des chevaux à la foire aux bestiaux… L’un des hommes lui a tendu une bourse… Moi, je ne comprenais pas ce qui se passait mais Edouard et Matthew, eux le savaient… Ils baissaient la tête… Ils le savaient car ils l’avaient déjà vécu… Mon père… Mon cher père se plaignit qu’il n’y en avait pas assez mais l’homme lui a répondu… qu’il croyait que le grand était plus costaud et que le petit avait l’air souffrant… J’avais environ douze ans … Et j’étais encore bien naïf car… Je ne comprenais pas… Je ne pouvais pas croire que mon père… Mon père était en train de… de… vendre mes amis… J’ai regardé Tom qui se trouvait derrière moi en le suppliant du regard… Mais je l’ai vu qui baissait la tête et qu’il pleurait… Alors là, j’ai compris… J’ai compris que c’était fini pour Edouard et Matthew… J’ai voulu courir pour les prendre dans mes bras une dernière fois… pour leur dire au revoir mais… Tom m’en a empêché… Il ne fallait pas provoquer la colère de mon père… Alors je suis resté là sans bouger dans les bras de Tom… L’homme a fini par conclu l’affaire et ils sont partis… Je ne les ai jamais revus depuis… Je ne sais pas… Je ne sais pas ce que s’ils sont devenus… »
Djaq très émue : « Ce n’est pas ta faute… Tu ne pouvais rien faire pour eux… »
Allan amère et en colère : « On aurait dû s’enfuir… S’enfuir tous les quatre ! »
Petit Jean aux bords des larmes : « Ce n’est pas ta faute Allan… C’est la faute de ce porc ! »
Robin : « Djaq et Petit Jean ont raison !… Vous étiez trop jeunes pour vous enfuir. »
Allan : « Et pourtant on l’a fait ! Mais on l’a fait bien plus tard. Dans la nuit qui a suivi le départ de Matthew et Edouard, j’ai tant pleuré que je me sentais… comme vide à l’intérieur… Tom… Tom m’a alors expliqué comment Matthew et Edouard sont arrivés à la maison. Je ne m’étais jamais posé la question… L’explication de notre père m’avait suffi. Mais cette nuit-là, j’ai compris. J’ai réalisé quel monstre il était. Jusqu’à présent, j’avais pensé que… que s’il était si méchant… C’est qu’il était très malheureux à cause de la mort de ma mère… et que… C’était pour ça… qu’il n’en parlait jamais… Et qu’on n’avait pas le droit d’en parler… Alors là, j’ai… j’ai eu très peur… J’ai réalisé que j’étais tout seul… Maman était morte et … Notre père n’était plus un père à mes yeux… Heureusement qu’il me restait Tom… Sans Tom, j’aurais été perdu… Je l’ai serré très fort… Et je lui ai demandé de me promettre… de rester ensemble toute notre vie… Il me l’a promis… »
Will se rappelant qu’Allan avait toujours vécu seul jusqu’à sa rencontre avec Robin : « Et qu’est-ce qui s’est passé après ? »
Allan inspirant profondément : « … Quand… Quand Matthew et Edouard sont partis… afin de solder sa dette de jeu… Mon père m’a promu… Pour éviter que les revenus baissent, je devais remplacer Edouard… Mais moi, je ne voulais pas… J’étais terrifié à l’idée de… de me faire attraper et qu’on me pende… Je l’ai supplié de ne pas m’envoyer voler dans la rue… Mais je n’ai eu qu’une bonne correction en guise de réponse. Alors… Tom… Tom m’a pris sous son aile… Et il m’a tout appris… »
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Allan souriant : « Cela peut vous paraître bizarre mais au début, je n’étais pas très doué… Et euh… Je détestais ça… Alors je ne rapportais pas beaucoup. » |
Allan perdant son sourire : « Alors Tom… Tom redoublait d’effort pour compenser… pour m’éviter la correction… ou il… Il me donnait un peu de son butin… Et alors c’était lui qui prenait les coups à ma place… »
Djaq : « Ton frère t’a protégé… C’était quelqu’un de bien ! »
Robin comprit alors pourquoi Allan avait tant insisté pour qu’il lui donne une seconde chance quand celui-ci n’avait pas respecté ses consignes au moment où Tom avait intégré l’équipe.
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Il fait nuit, Robin s'explique calmement avec Allan. Tom et ses deux amis assis un peu plus loin attendent le verdict du hors-la-loi.

Robin : « J'avais accepté que tu reprennes ton frère en main. »
Allan : « Oui. »
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« Et j'ai changé d'avis. » |
| « Il a fait ça pour t'impressionner! Il ne savait pas qui il volait. Il a vu une grosse maison c'est tout et il réfléchit pas ! Tu n'as pas à leur faire confiance mais fais-moi confiance à moi. J'aurais dû le garder à l'œil. » | ![]() |
Robin : « Oui, t'aurais dû. »
Allan : « Écoute ! Quand est-ce que je t'ai jamais demandé quelque chose...hum ? … »
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Il croise le regard de Robin. |
| « …Oui bon, à part de me sauver la vie... Il a fait un paquet de bêtises, je le sais, j'ai tenté de l'aider. Avant j'étais comme lui, tu sais... à faire n'importe quoi... » | ![]() |
Allan : « … Mais j'ai changé... Grâce à toi et puis parce que je suis là. Si tu voulais lui donner une seconde chance... »
Robin l'interrompant : « Mais il a eu sa seconde chance ! »
Allan : « Tu vois, s'il était avec nous, avec des hommes bien, je suis sûr qu'il changerait. »
La plaidoirie d'Allan touche Robin qui hésite.
Allan : « Si je le reprends en main et que je m'occupe bien de lui, t'auras plus aucun souci avec Tom. S'il te plaît... »
| « … petite chance ? » | ![]() |
Robin : « Même toi, il t'a volé et tu le défends quand même ? »
Allan : « Ben c'est mon frère. »
Robin, en soupirant : « Son ultime chance... »
Allan est ravi et reconnaissant.
| « Merci Robin ! » | ![]() |
Allan va annoncer la bonne nouvelle à son frère.
Allan : « Dernière chance, tu m'as bien compris. »
Tom : « Oui. »
Tom et ses complices semblent soulagés.
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Allan, les larmes aux yeux : « Oui je sais ! Je lui dois énormément et je ne lui ai pas… »
Il s’étrangla de chagrin. Il se reprochait toujours la mort de Tom. Il se reprochait également de l’avoir quitté pour vivre sa vie, de l’avoir abandonné.
Allan plus calme : « Toujours est-il que… J’ai rapidement progressé… Mais cela ne satisfaisait toujours pas notre père… Il n’en avait jamais assez… Alors il a entrainé mon frère dans des affaires louches… très risquées… Une fois, il a essayait d’escroquer des types peu recommandables… Tom a failli se faire tuer. Il a eu très peur… Tellement peur que… qu’il s’est rebellé une nouvelle fois et il l’a menacé de quitter la maison avec moi… J’ai cru que mon père allait… allait le fouetter ou le battre… Mais il n’en a rien fait… Il a pris un ton mielleux et sournois… qu’il n’avait jamais avec nous… Et il a essayé de nous rassurer… en disant que c’était vrai. C’était trop dangereux pour nous… et… qu’il ne le referait plus… qu’il ne nous mettrait plus en danger… Tom et moi, on s’est regardé. On était un peu surpris. On ne savait pas ce qu’on devait faire… Pour nous encourager à rester, il nous a dit de nous assoir à table et de manger… D’abord sur nos gardes, on a fini par lui obéir… Il nous a servi à manger. Cela n’était jamais arrivé en cinq ans… »
Much : « Hum, ce n’est pas son genre. Vous auriez dû vous méfier ! »
Allan le regarda brièvement : « Oui tu as raison !... Mais nous, on ne s’est pas assez méfié ! Au cours du repas, il nous a redit que c’était fini tout ça. Qu’il ne nous mettra plus jamais en danger et qu’il avait un moyen infaillible de gagner de l’argent rapidement… Et sans risque. »
Much : « Si un tel moyen existait, cela se saurait ! …Et il n’y aurait plus de pauvres non ? »
Will : « Peut-être bien ! Mais t’as vu son chariot rempli d’or ? »
Much regarda en direction du chariot toujours éventré et des pièces d’or éparpillées sur le sol. Choqué par les révélations d’Allan et voulant en savoir davantage, personne n’avait encore eu l’idée de les ramasser.
Much : « Et c’était quoi ce moyen ? »
Allan évasif : « On ne l’a jamais su ! »
Toute la troupe fut perplexe.
Much : « Comment ça ? Il ne vous l’a pas dit ? »
Allan, aux prises avec une soudaine et vive émotion : « Pendant qu’on finissait notre repas, il a dit qu’il s’absentait quelques minutes… Qu’on n’avait pas à s’inquiéter… Nous… Nous avons cru qu’il allait disparaître quelques jours comme à son habitude… Mais il est revenu au bout de quelques minutes… Il était toujours… gentil avec nous… Tom l’a questionné au sujet de ce moyen de gagner de l’argent… Il nous a répondu de ne pas s’inquiéter… et qu’il nous dévoilerait ses plans le lendemain… Puis il nous a dit d’aller nous coucher... Mais en plein nuit, trois hommes… trois hommes sont arrivés… Mon père leur a ouvert la porte… Il l’aurait dit où nous trouver… Deux des trois hommes nous ont agrippés avec force. Ils ont ligoté Tom qui, pourtant se débattait comme un lion… Ils m’ont bâillonné pour que j’arrête d’hurler… et ils nous ont emmenés de force dehors… »
Djaq choqué : « Il ne vous a quand même pas vendu ? »
Allan : « Je suppose que si… »
Will : « Comment ça tu supposes ? »
Allan, les larmes coulant silencieusement le long de ses joues : « … J’étais très jeune… Mais je m’en souviens très bien… Quand ils… Quand ils nous ont emmenés dehors… J’ai vu le troisième homme… donner une boite à mon père… Il ne lui a pas donné une bourse pleine d’argent comme avec Matthew et Edouard… Non, c’était une simple boite… Elle devait avoir de la valeur… Car mon père la lui a prise avec empressement et… Il était aux anges… Je n’ai jamais su ce qui… ce qui avait dans cette boite. En tout cas, cela avait plus de valeur à ses yeux que… que ses propres fils. »
Petit Jean, regardant avec colère Walter qui s’éveillait au loin : « Tu peux le savoir… maintenant ! »
Allan regardant dans la même direction : « Oui c’est vrai !... Mais je ne sais pas… Je ne sais plus si j’ai vraiment… envie de le savoir. »
Allan revenant sur le groupe : « Enfin, on s’est retrouvé chez un riche fermier… à quelques kilomètres de chez nous… Ce type était encore plus tyrannique que mon père… On était traité… comme des esclaves… Alors quand Tom a eu dix-huit ans, il a décidé qu’il était temps... Qu’il était temps qu’on se sauve… Et une nuit… On est parti. Je devais avoir… Quatorze ans… J’avais un peu peur de partir… comme ça… Car malgré les mauvais traitements… On avait quand même un toit… Mais si Tom partait… Alors moi je n’aurais eu plus rien… »
Robin se remémora les paroles d’Allan quand celui-ci essayait de lui expliquer pourquoi il l’avait trahi.
*****
*****
| « Alors tu me trahis moi, tu te trahis toi-même, tu trahis ton roi. » | ![]() |
Robin se tourne vers la table et puis il continue : « … Pourquoi ? Pour quelques pièces d’argent... Qu’est-ce que tu as dit à Gisborne, Allan ? »
Allan, silencieux, détourne son regard et essaye de réfléchir.
Robin : « Hein ? »
Allan : « Euh… Rien… A vrai dire c’est… »
Allan s’arrête de parler, incapable de continuer.
Robin, le pressant : « Est-ce qu’il sait où se trouve le camp ? »
Allan réagit vivement, surpris qu’il lui pose cette question et regarde Robin dans les yeux.
Allan : « Non ! »
Robin, plus insistant : « Est-ce qu’il sait pour Marianne ? »
Allan : « Oh non ! »
Robin fixant toujours méchamment Allan.
Robin : « Tu mens encore ! »
Allan fait profil bas.
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« Mais non !... C’était la dernière fois, je te promets. J’ai eu tort… Il m’a capturé, Robin. Ils m’ont torturé, j’avais pas le choix ! » |
Robin furieux, pousse violement Allan à plusieurs reprises.
| « Non, on a toujours le choix. Toujours ! Chacun de nos actes est un choix. » | ![]() |
Allan réalise que Robin ne peut pas comprendre. Robin s’éloigne. Allan, suivant du regard Robin, s’enhardit.
Allan : « Ouais, c’est facile pour toi de dire ça. »
Robin se retourne et regarde méchamment Allan puis revient vers lui.
Allan : « Non ? »
Allan avance vers Robin.
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« Tu es couvert de gloire. Tu as Marianne, tout le monde t’apprécie. Et puis quand le roi reviendra, tu auras tes terres, un domaine, une femme. Oui, tu auras tout ! Mais moi qu’est-ce que j’aurais moi ? » |
Robin est partagé entre colère et compréhension. Il se détourne puis fait face à Allan. Allan tourne le dos à Robin, revient sur ses pas puis se tourne vers Robin.
Allan : « Je resterais toujours dans l’ombre, Robin. Et toi, t’as ta place au soleil.»
Robin, furieux, agrippe Allan par le col et le pousse contre un des poteaux de l’auberge.
Robin : « Parce que tu penses que c’est une excuse ? Hein ? »
*****
*****
Allan souriant : « …Mais j’étais avec Tom… Alors j’étais quand même heureux et je me sentais à l’abri avec lui… Nous sommes allés à Manchester… On s’est remis à voler comme on nous l’avait appris… On réussissait à survivre tant bien que mal… On logeait dans une vieille grange abandonnée… On était bien. C’était la première fois depuis la mort de notre mère… C’était la première fois que l’on se sentait heureux. On n’avait pas grand-chose… Mais on était ensemble… Et on faisait ce qu’on voulait… »
Will : « Mais cela n’a pas duré ? »
Allan déçu : « Non… Malheureusement non ! On a vécu comme ça pendant environ trois ans… et puis Tom s’est mis à côtoyer une bande de voyous… pas très fréquentable… »
Tout le monde sourit à la pensée qu’Allan se considérait comme un voyou fréquentable.
Allan, s’apercevant du sourire des autres, essaya de se justifier : «… Ce que je veux dire… C’est que nous, on volait que pour se nourrir… Uniquement ce que nous avions besoin et puis… On n’était pas violent. La plupart du temps, on arnaquait les gens. C’est tout ! »
Mais voyant que son explication n’était pas plus convaincante, il sourit également : « Enfin… On faisait un peu comme nous aujourd’hui sauf que nous… Nous ne redonnions pas aux pauvres… Puisque c’était nous, les pauvres. »
Much : « Et vous ne voliez pas qu’aux riches ? »
Allan : « Ben… Euh On volait qui on pouvait. Tu sais… Contrairement à ce qu’on croit, ce n’est pas facile de voler… C’est un métier. »
Tout le monde se mit à rire. Ce fut un rire léger qui permit, cependant, de détendre l’atmosphère.
Ainsi Allan, apaisé, put continuer son récit : « Enfin bref… Je n’avais pas envie de suivre cette voie-là… et Tom lui était de plus en plus attiré par l’argent. A tel point qu’un jour… J’ai failli de me faire prendre à cause de lui… On a eu une grosse dispute… Il m’a rappelé de plus en plus notre père et comme il n’avait pas l’air… Il n’avait pas l’air de se rendre compte de ce qu’il m’avait fait… »
Allan s’arrêta et réfléchit à ce qu’il venait de dire et s’aperçut que Robin pouvait lui faire le même reproche.
Il regarda Robin avec un léger sourire : « Euh je sais… Vous en connaissais un autre. »
Puis il reprit plus sérieux : « Mais lui… Lui ne semblait pas regretter son geste… Alors je lui ai annoncé que je voulais m’en aller. Il s’est mis en colère… On a même failli se battre… Le lendemain matin, Tom avait disparu et il avait emmené ma bourse, mon épée et mon cheval… J’ai donc quitté Manchester et je suis parti vers le sud pour tout recommencé… Enfin j’ai repris mon métier ici à Nottingham. »
Allan plus léger : « Et là, je me suis fait attraper par les hommes du shérif sur les terres de Nottinghamshire où j’ai rencontré le célèbre hors-la-loi : Robin des bois ! »
Djaq : « Est-ce que tu avais revu ton père avant-hier ? »
Allan plus sérieux : « Oui… oui à deux reprises… La première fois c’était lorsqu’on était chez le fermier. Il nous avait demandé d’aller en ville pour rapporter des provisions je crois… Et là j’ai vu mon père qui sortait de l’auberge… Je devais peut-être avoir treize ans… Quand je l’ai revu, j’ai immédiatement couru après lui et je… Je me suis jeté à ses pieds en le suppliant de nous reprendre Tom et moi… J’étais prêt à tout lui pardonner… En dépit de ce qu’il nous avait fait, je voulais retrouver… retrouver ma famille… Comme avant… »
Robin se rappela alors son altercation avec lui quand il le suppliait de lui donner une seconde chance…
*****
*****
Allan, respirant bruyamment, implore : « Donne-moi une seconde chance, s’il te plaît. Je n’aurais jamais permis à Gisborne de faire du mal à l’un d’entre nous. Je ne lui ai jamais rien dit de cet ordre- là. »
Robin s’aperçoit qu’Allan ne se rend pas compte de ce qu’il a fait.
Robin : « Les mensonges inoffensifs, les trahisons innocentes cela n’existe pas… Allan ! »
Allan : « Non Robin, cette fois j’ai changé. Qu’est-ce que je peux faire pour que tu me croies ? »
Robin secoue la tête négativement : « Rien non ! Le plus drôle… C’est que je pense que tu me dis la vérité. »
Allan : « Mais c’est vrai ! »
Robin désabusé : « Peut-être mais comment veux-tu que je te fasse encore confiance ? »
Il lâche Allan qui l’implore.
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« Robin, je te le jure. Sur ma vie, je te le jure… » |
Robin sort précipitamment sa dague de sa ceinture. Allan se tait et s’écarte vivement en regardant Robin. Il n’arrive pas à croire que Robin le menace avec sa lame. Allan recule jusqu’au poteau. Robin semble hésiter sur la démarche à suivre. Il regarde ailleurs puis fixe de nouveau Allan.
Robin se ressaisit et lui place sa lame sous la gorge.
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« Ne me tue pas… Je t’en supplie. » |
Robin fixant Allan du regard ne répond pas. Il hésite encore. Puis d’un coup sec, il sectionne son insigne. Allan se crispe et ferme les yeux. Puis il rouvre les yeux. Il est en sueur. Robin s’approche de lui, l’agrippe une nouvelle fois et pose sa lame sur sa joue gauche. Robin s’adresse à Allan à voix basse et dangereusement calme.
| « T’as de la chance que je te laisse une vie sur laquelle tu puisse encore jurer. » | ![]() |
Allan, résigné, se tait. Il attend la suite des évènements.
Robin continue sur le même ton : « Arrange-toi pour que, plus jamais… plus jamais je ne retombe sur toi. »
Allan sait que c’est fini. Il regarde derrière Robin pour ne plus avoir à soutenir son regard. Il attend avec angoisse le départ de Robin.
Robin, silencieux, fixe toujours Allan puis il se retourne et s’en va. Allan, soulagé, se frotte le cou et regarde, toujours sous le choc, Robin s’en aller.
*****
*****
Allan : « Mais… Mais il m’a à peine regardé. Il était ivre… Il m’a flanqué par terre puis il a continué son chemin. »
Will : « Et la deuxième fois ? »
Allan réfléchit : « La deuxième fois… C’était un peu avant que je ne parte de Manchester… Je ne l’ai pas vraiment revu mais… Tom était sur un coup avec la bande des frères Witt. On ne m’avait pas dit exactement le but de la mission mais… Je crois qu’on leur avait demandé de voler un riche marchand je crois bien ou… Un artisan… Enfin je ne sais plus. En tout cas un homme plutôt riche… Et Tom avait voulu que je l’accompagne. Je devais faire le guet… J’ai guetté la maison que l’on m’a indiquée et j’ai cru voir… Mon père en sortir… Mais il faisait sombre… J’ai prévenu Tom que la voie était libre… En tout cas moi, j’étais presque sûr que c’était lui ! Je n’ai rien dit à Tom concernant mes soupçons… Plus tard, Tom m’a appris que l’homme dont j’ai surveillé la demeure était en affaire avec les Witt et qu’il les avait doublés dans une affaire de gros sous… Il n’avait pas respecté ses engagements et les frères Witt avaient chargé Tom de récupérer un objet chez lui mais qu’il ne l’avait pas trouvé. C’est tout ce que Tom m’a dit mais je ne sais pas s’il était au courant de tout. »
Puis Allan se tut. Le silence tomba sur le groupe. Chacun essayait d’assimiler les révélations d’Allan. Mais Much fut le premier à briser le silence.
Much : « Et ben… En voilà une sacrée histoire ! »
Robin sur un ton de reproche : « Much ! »
Much : « Ben quoi ?… Je suis désolé Allan mais c’est vrai… Je n’aurais jamais cru que… Ben que tu aies vécu des moments aussi douloureux. C’est vrai, t’es toujours en train de plaisanter ! »
Petit Jean : « Oui c’est vrai ! Much n’a pas tort pour une fois ! On comprend mieux certaines choses. »
Tout le monde comprenait l’allusion de Petit Jean.
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Allan, ne sachant pas quoi répondre, baissa la tête. |
| « Allan ! Tout ceci est derrière nous à présent… Maintenant, Tu es avec nous. D’accord ? » | ![]() |
Allan le regardant avec reconnaissance : « D’accord ! »
Robin se mettant debout et pointant du doigt Walter : « Que veux-tu qu’on fasse de lui à présent ? »
Tout le monde imita Robin.
Allan, découragé : « A vrai dire, je ne sais plus ! »
Chapitre XII : « Il faut voir plus grand, Gisborne ! »
Pendant ce temps au château de Nottingham, dans le bureau du shérif…
Un garde : « Toujours rien, Monseigneur ! »
Le shérif, furieux, se leva brutalement de son fauteuil en grommelant et se posta à la fenêtre.
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Le shérif, en colère : « Mais bon sang, qu’est-ce qu’il fiche ! » |
Il se retourna et vit que le garde était toujours là : « RETOURNE A TON POSTE ! ESPECE D’IDIOT ! ET PREVIENS-MOI QUAND IL SERA là ! »
Le garde effrayé : « Oui Monseigneur. »
Guy eut un léger sourire qu’il effaça aussitôt. Il était ravi de voir que le plan du shérif ne se passait pas exactement comme il l’avait prévu. Guy avait été écarté de cette affaire par le shérif. Ce dernier lui avait juste expliqué, lors de leur visite à Rochdale, que le but de ce voyage était de discréditer Robin des bois sans autres explications. Le shérif allait enfin se rendre compte que ce n’était pas si facile qu’il semblait le croire de s’en prendre à Robin.
Guy, très calme : « Pardonnez-moi Monseigneur mais je ne vois pas en quoi la venue de cet artisan à Nottingham va discréditer Robin des bois. »
Le shérif, essayant de se calmer, se retourna vers Gisborne : « Parce que, mon cher Gisborne, cet… artisan… comme vous dîtes est un artiste dans son genre. »
Il se déplaça vers son bureau, tira le premier tiroir et en ressortit une bourse. Il la lança à Gisborne. Celui-ci surpris, ouvrit la bourse et constata qu’elle était pleine.
Gisborne releva la tête et regarda, perplexe, le shérif : « Je ne comprends pas comment cette… »
Le shérif s’avança lentement vers Gisborne et en baissant le ton de sa voix : « Parce que ces pièces sont fausses. Gisborne ! »
Gisborne, surpris, regarda plus attentivement le contenu de la bourse.
Le shérif, fier : « C’est bien imité non ? On jurait qu’elles sont vraies. Et c’est, ce cher Walter qui les fabrique, pour moi, à Rochdale depuis quelques semaines maintenant. »
Gisborne : « Mais pourquoi ai-je été écarté de cette affaire ? »
Le shérif : « Hum… Vous me sembliez un peu distrait ces derniers temps, Gisborne ! »
Gisborne encaissa sans broncher.
Le shérif : « Donc depuis quelque temps, un de vos soldats se fait passer pour un des hommes de Robin des bois et distribue ces bourses aux paysans. Tenez, hier soir, c’était à Locksley je crois ! Et cet après-midi, vous et moi allons nous rendre là-bas pour récolter les taxes. Et là, nous allons découvrir avec horreur que ce sont de fausses pièces. Donc je devrais rendre la justice en exécutant, sans délai, quelques paysans qui auront commis ce crime de haute trahison envers la couronne. La populace sera furieuse contre celui qui leur aura fait ce cadeau… »
Gisborne avec le sourire : « C'est-à-dire Robin des bois ! »
Le shérif : « Exact ! Mon cher Gisborne. »
Gisborne : « Mais pourquoi prendre le risque de faire venir Walter jusqu’ici ? Robin pourrait remonter jusqu’à nous ? Il aurait été plus sage de laisser Walter loin du château. »
Le shérif : « Peut-être bien… Mais j’ai besoin d’augmenter la production. Et Ici je pourrais le faire plus aisément et… Je pourrais aussi le supprimer… plus aisément… Si cela s’avère nécessaire, bien entendu ! »
Gisborne : « Pourquoi vous en faut-il plus ? Les quelques bourses que l’on distribue et que l’on confisque ensuite suffiront largement pour ruiner la réputation de Locksley ? »
Le shérif soupira puis en baissant le ton : « Parce que… Il faut voir plus grand, Gisborne ! »
Gisborne perdu : « Plus grand ? »
Le shérif : « Croyez-vous que je ferais tant d’efforts pour un simple hors-la-loi de pacotille ? Réponse…Non. Le Prince Jean se montre de plus en plus gourmand en ce qui concerne les taxes. »
Gisborne, commençant à comprendre, incrédule : « Non ? Vous ne voulez pas dire que… »
Le shérif riant : « Mais si mon cher Gisborne ! Cela fait déjà plusieurs semaines que je remplace une partie des sommes collectées par les pièces de Walter. »
Gisborne inquiet : « Mais c’est un crime de lèse-majesté. Et si le Prince Jean s’en aperçoit… »
Le shérif sur un ton vif : « Gisborne, reprenez-vous ! Voyez donc la stupidité du Prince et de ses employés. Ils ne se sont aperçus de rien. J’ai même reçu une lettre du Prince Jean lui-même me félicitant de mon travail de collecteur d’impôts et il m’encourage à lui envoyer encore plus d’argent. Avouez que c’est drôle non ? »
Gisborne : « Si vous le dites Monseigneur ! »
Le shérif : « Et puis je vous rappelle que nous essayons de renverser le roi depuis longtemps déjà. Hum ?... Ce n’est pas un crime de haute trahison ça ? »
Gisborne un peu honteux, tout bas : « Oui Monseigneur. »
Le shérif plus jovial : « Et puis si le Prince Jean s’en aperçoit nous dirons que nous avons été dupé nous aussi et que c’est la faute de ce Robin des bois. Et que s’il souhaite que nous nous débarrassions de ce brigand au plus vite, nous aurons besoin de plus de moyens en hommes et en argent pour faire notre devoir envers la couronne. »
Gisborne sourit à la pensée que Robin ne pourra pas sortir de ce piège cette fois-ci.
Le shérif : « Et ce qui rend la situation encore plus savoureuse, en dehors de l’argent que je détourne pour notre grand dessein, c’est que c’est Robin lui-même qui va nous aider à conclure cette affaire… Enfin si vous ne faites pas tout raté comme d’habitude ! »
Ignorant la remarque blessante, Gisborne surpris : « Comment ? »
Le shérif, agacé : « En volant les caisses d’argent collectée auprès du peuple, que j’expédie à Londres régulièrement, Robin et toute sa bande de va-nu-pieds redistribuent l’argent et la fausse monnaie à ces chers malheureux qu’il aime tant, sans se rendre compte qu’il les mène lui-même à la potence. Et par conséquent, il se condamne lui-même. »
Le shérif, fier de lui, se redressa.
Gisborne, pour lui-même : « Et après ça… Marianne sera à moi. »
Chapitre XIII : « Nous n’avons plus besoin de vous, Messire Robin ! »
Au campement des hors-la-loi, après qu’Allan ait raconté son histoire…
Robin : « Rassemblez-vous ! »
Toute la bande se regroupa autour de Robin.
Robin : « Bon, nous avions des livraisons de prévu ce matin. Non ? »
Djaq : « Oui, à Clun et à Locksley. Le shérif doit y venir cet après-midi pour récolter les taxes je crois. »
Robin : « Bon alors, il ne faut pas perdre de temps. Des gens comptent sur nous. Allan, Much et Will vous allez aller à Clun. Petit Jean et Djaq vous irez à Locksley. Je vous y rejoindrai. »
Much : « Et bien ! Et vous ? Vous allez où ? »
Robin, amusé : « Moi, je vais raccompagner Marianne, chez elle, à Knighton. »
Much déçu : « Oh ! »
Robin, soupirant : « Qu’y-a-t-il Much ? »
Much : « Oh non rien… Rien ! Seulement c’est nous qui faisons tout le travail pendant que vous vous irez batifoler… comme d’habitude ? »
Marianne surprise : « Batifoler ? »
Robin : « Much ! »
Allan, redevenant lui-même, mit son bras sur les épaules de Much : « Et bien si tu veux, on pourra batifoler tout les deux ? »
Pendant que les autres riaient, Much, vexé, se dégagea rapidement d’Allan : « Très drôle Allan ! »
Much s’écarta du groupe.
Allan persistant : « Non ? Pourtant, je suis sûr qu’on pourrait trouver une grange un peu isolée ! »
Robin redevenant sérieux : « Bon, tout le monde a compris ? »
Toute la bande, même Much, acquiesça de la tête.
Djaq : « Et Richard et Adrien ? On ne peut pas les emmener avec nous, ils sont beaucoup trop faibles ! »
Les deux jeunes gens étaient toujours blottis l’un contre l’autre. Robin se dirigea vers eux puis il s’accroupit lentement pour ne pas les effrayer.
Robin d’un ton calme : « Nous devons nous absenter. Mais je ne peux pas vous emmener avec nous. Je voudrais que vous restiez ici quelques heures. Nous allons revenir. Ne vous inquiétez pas. D’accord ? »
Richard porta un regard inquiet vers Walter.
Robin : « T’inquiète pas, il est solidement attaché. Il ne pourra plus rien vous faire. Profitez-en pour reposer. Vous l’avez bien mérité. D’accord ? »
Richard acquiesça de la tête.
Mais Adrien plus inquiet : « Mais vous allez revenir ? »
Robin mit sa main sur son épaule : « Ne t’en fais pas... Nous allons revenir. Je t’en fais la promesse… Nous ne vous laisserons jamais tomber. »
Cela sembla le rassurer. Robin se releva et se dirigea vers le groupe.
Robin : « Tout le monde devra être revenu au camp au crépuscule. Et surtout, faites attention aux hommes du shérif à Clun d’accord ? »
Will : « Oui. Ne t’inquiète pas ! »
Robin : « Much, t’as bien compris ! »
Much, toujours vexé et à l’écart : « Oui j’ai compris. »
Much, plus bas : « N’empêche que si je me faisant prendre, vous ne seriez pas là pour venir à mon secours ! »
Petit Jean agacé : « Oh ! Much ça suffit ! »
Allan allait répliquer mais Will le stoppa en lui donnant un coup de coude dans l’estomac.
Will : « Non. Tais-toi Allan ! »
Will prit Much par les épaules et le poussa en direction de Clun tandis que Djaq et Petit Jean se dirigeaient déjà vers Locksley.
Allan, en souriant : « Ben quoi ! Je voulais simplement lui dire qu’il pouvait compter sur nous pour le libérer c’est tout ! »
Allan courut jusqu’à son groupe. Dès que le dernier de la bande eut disparu dans la forêt, Robin se tourna vers Marianne et lui tendit la main.
Robin : « Nous y allons belle dame ? »
Marianne prenant la main de Robin : « Oh ! Un rustre des forêts qui a de belles manières envers les dames ! »
Robin souriant : « Ah bon une dame ? Où ça ? »
Marianne lui donna un coup de poing dans l’estomac.
Marianne : « Malotru ! »
Robin raccompagna Marianne chez elle.
****
A la porte du manoir de Knighton…
Marianne : « Tu crois à ce qu’Allan nous a raconté ? »
Robin : « Oui bien sûr ! Pas toi ? »
Marianne : « Si. Si. Bien sûr mais… Euh ça semble tellement impensable ! »
Robin : « Peut-être oui mais il était sincère. J’en suis sûr. »
Marianne : « Much avait raison. Cela ne lui ressemble tellement pas ! Je veux dire… Tu connais Allan. Toujours à plaisanter tout le temps, un peu désinvolte, qui ne prend rien au sérieux. »
Robin : « Hum !... Tu sembles bien le connaître ? »
Marianne : « Et oui ! Jaloux ? »
Robin : « Moi jaloux ?... D’Allan ? »
Marianne, un sourire en coin : « Oui pourquoi pas ? Il est… plutôt bel homme. »
Robin, détournant la tête : « Pff… »
Marianne : « Mais non, je plaisante ! Je n’aime que les rustres sans manières vivant au fond des bois. »
Elle mit ses bras autour de son cou.
Marianne : « Mais cela m’amuse que tu sois jaloux. »
Robin : « Pff ! Je ne suis pas jaloux ! »
Marianne : « Si tu l’es ! »
Robin, sérieux : « Non, je ne le suis pas ! »
Marianne : « Si tu l’es ! »
Robin : « Non… »
Marianne ne le laissa pas finir sa phrase. Elle l’embrassa sur les lèvres pendant qu’il l’enlaça tendrement.
Marianne se défaisant de Robin : « Pour en revenir à Allan… »
Robin, qui aurait aimé continuer d’embrasser sa belle, déçu et soupirant : « Oh !!! »
Marianne : « Tu sais. J’ai passé beaucoup de temps avec lui quand il était au château… »
Robin, moqueur : « Ah oui ? »
Marianne : « Pff… Enfin je veux dire que je l’ai côtoyé souvent et… Il ne m’a jamais parlé de son passé. Et on ne dirait pas à le voir qu’il ait vécu de moments si terribles… C’est étrange, non ? »
Robin : « Non, je ne pense pas. Tu sais les hommes, en général, ne montrent pas facilement leurs sentiments. Et parfois, on peut les masquer derrière une attitude… »
Marianne le coupant : « On ? »
Robin ignorant la remarque : « …totalement opposée à celle que notre entourage connaît comme… la désinvolture ou … »
Marianne ouvrit la porte de sa demeure puis se retourna en fermant presque la porte ; ne laissant apparaître que son visage.
Marianne moqueuse : « La fanfaronnade ?… Et tous les hommes font ça ? »
Robin, piégé : « Oui presque tous… Et de quoi parlais-tu avec Allan ? »
Marianne tout sourire : « Mais de toi, mon amour ! »
Robin, surpris, ouvrit la bouche pour en savoir plus mais elle le coupa dans son élan.
Marianne : « Mais tu devras revenir pour le savoir ! »
Robin, juste avant que Marianne ne ferme la porte : « Au fait ! Je ne suis pas jaloux ! »
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Marianne referma la porte en souriant à ces dernières paroles. |
Robin prit le chemin de Locksley content de lui : Il avait eu le dernier mot avec Marianne. Mais pendant le trajet, plus il y repensa plus il en vint à la conclusion que finalement Marianne avait peut-être raison.
Robin pour se convaincre : « Non. Je ne suis pas jaloux ! »
*****
En fin d’après-midi, Robin arriva sur les hauteurs de Locksley...

Il fut étonné de voir ces compagnons prendre le chemin de retour si rapidement et encore plus étonné quand il constata qu’ils revenaient les bras chargés des provisions destinées aux villageois.
Robin : « Mais qu’est-ce que vous faites ? Et pourquoi vous ne leur avez pas donné les vivres ? »
Djaq gêné : « C’est que… »
Petit Jean plus direct : « Ils n’en veulent pas Robin ! »
Robin : « Quoi ? »
Petit Jean : « Ils n’en veulent pas ! On a essayé plusieurs maisons et, tous, nous ont répondu qu’ils n’en avaient pas besoin… Qu’ils avaient tout ce qu’il fallait. »
Djaq : « Même les bourses, ils n’en ont pas voulu. »
Robin, ne voulant pas le croire, prit une bourse : « Mais qu’est-ce que c’est que cette histoire ? »
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Il descendit d’un pas décidé vers la première maison du village, ses compagnons sur les talons. |
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Il frappa à la porte et un homme d’âge mûr lui ouvrit. |
Robin : « Bonjour l’ami. Je suis Robin des bois et je t’apporte des vivres pour toi et ta famille… »
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Le villageois le coupa : « J’ai besoin de rien et j’ai tout ce qu’il me faut. » |
Sur ce, il referma la porte. Robin, surpris de sa réaction, ne voulut pas abandonner et frappa à une deuxième porte. Un homme, plus jeune, lui ouvrit.
Robin : « Bonjour l’ami. Je suis Robin des bois et… »
Le villageois, le coupa mais reconnaissant : « Oh merci Messire Robin… Merci pour ce que vous avez fait ! »
Robin étonné : « Mais nous n’avons encore rien fait. Justement mes hommes et moi t’apportons des vivres pour toi et ta famille. »
Il pointa Djaq et Petit Jean.
Le villageois reconnaissant : « Oh mais j’ai ce qu’il me faut merci. J’ai acheté ce qu’il me fallait grâce à la bourse que vous m’avez donnée. »
Robin se tournant vers Djaq et Petit Jean : « Vous lui avez donné une bourse ? »
Djaq et Petit Jean hochèrent négativement la tête.
Le villageois : « Non, ce n’était pas eux. C’était un cavalier, hier soir, qui a distribué des bourses pleines d’or à presque tout le village. Il a dit qu’il était de la bande à Robin des bois ! Et il portait un insigne comme le vôtre à ce qu’on m’a dit.»
L’homme pointa du doigt l’insigne que Robin portait autour du cou.
Le villageois : « En tout cas, je vous remercie infiniment Messire. Maintenant, je vais pouvoir payer mes taxes demain au shérif et avoir de bon repas pendant des semaines. »
Robin et sa bande sont consternés.
Le villageois : « Nous n’avons plus besoin de vous Messire Robin ! »
Le villageois allait refermer la porte quand Robin l’arrêta.
Robin : « Euh dis-moi pourrais-je voir cette bourse ? »
Le villageois hésitant : « Euh… »
Il regarda tour à tour Robin et ses compagnons. Robin, comprenant son hésitation, fouilla dans le sac que tenait Djaq.
Robin : « Tiens, voilà pour toi ! »
Il lui tendit trois grosses bourses. Petit Jean allait protester qu’il ne pouvait pas donner autant à ce villageois sans risquer de priver une autre famille mais, d’un geste vif, Robin lui fit comprendre de se taire. Comprenant que ce qu’on lui offrait était supérieur à ce qu’il restait dans sa bourse, le villageois ne se fit pas prier davantage et alla chercher sa bourse pour la lui remettre. Une fois l’échange effectué, Robin ordonna de retourner au campement improvisé.
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Chapitre XIV : « Robin… Elles sont fausses ! »
En arrivant au campement, il constata avec soulagement que Walter était toujours attaché. Il s’était endormi. Le pauvre homme n’avait pas l’habitude de travailler autant et la punition que lui avait infligée Robin l’avait épuisé. Quant aux deux frères, il dormait paisiblement sur la couverture à l’endroit même où Robin les avait quittés. Une fois que Djaq et Petit Jean avait remis les vivres à leur place, ce dernier alla vérifier que Walter était toujours solidement attaché. Djaq, quant à elle, alla voir ses jeunes patients. Richard avait pris Adrien dans ses bras. Djaq trouva cela très touchant de sa part. Mais elle craignait que cela retarde la guérison de ses blessures. Alors elle entreprit de prendre Adrien dans ses bras. Elle s’assit, adossé à l’arbre au pied duquel les enfants dormaient et le prit délicatement dans ses bras sans le réveiller.
Robin observa la scène avec tendresse. Il alla rejoindre Djaq et s’accroupit devant elle.
Robin chuchotant : « Tu feras une bonne mère ! »
Djaq surprise, sur le même ton : « Quoi ?
Robin attendri : « Will a de la chance ! »
Djaq gênée : « Mais je… Je voulais juste que… »
Robin moqueur : « Que quoi ? »
Djaq : « …Qu’Adrien ne s’appuie pas sur les côtes de son frère. »
Robin souriant : «Voyez-vous ça ! »
Djaq : « …Et que… Euh…Sinon elles ne cicatriseront pas rapidement c’est tout ! »
Robin se relevant : « Si tu le dis ! »
Djaq ne pouvant pas rattrapa Robin ni hausser la voix : « Ben oui, c’est ce que je dis ! »
Influencée par les propos de Robin, Djaq se mit à rêver, en berçant Adrien, à la vie qu’elle voudrait avoir avec Will. Mais elle fut brutalement rappelée à la réalité par l’arrivée au campement d’Allan, Will et de Much. Ce dernier ne cessa de rouspéter et de maudire les villageois de Clun ce qui réveilla les enfants.
Djaq soupira et, à elle-même : « Ah les hommes ! Sont bien tous pareils ! »
Much faisant les cents pas : « …Non mais c’est vrai vous en conviendrez. »
Petit Jean : « MUCH Assis-toi ! »
Much s’assit mais continua de ronchonner : « On se démène tous les jours pour leur trouver à manger et voilà comment on nous remercie ! »
Robin, amusé, reprit son sérieux et pointa du doigt les vivres qu’ils rapportaient : « J’en conclus que les villageois ont refusé les vivres ! »
Allan : « Oui ! On a fait choux blanc. »
Will : « Ils nous ont dit qu’ils… »
Robin le coupa : « qu’ils n’avaient plus besoin de nous. »
Much : « Non mais vous vous rendez-compte ? Tout à coup, on ne sert plus à rien ! Alors qu’on a toujours été là pour eux ! »
Much se remit à faire les cents pas.
Will : « Oui, comment le sais-tu ? »
Robin : « C’est la même chose à Locksley ! »
Much : « A Locksley aussi ! Alors là, c’est le bouquet ! Si à Lock… »
Robin le coupa : « Much ! Va nous préparer à manger. »
Much offensé : « Pourquoi moi ? »
Robin sur un ton cinglant : « Parce que j’ai faim ! »
Much, vexé, se dirigea vers le foyer mais continua de rouspéter : « D’abord il m’envoie donner à manger à des ingrats et, maintenant, voilà qu’il faut que je lui fasse à manger… J’en ai marre moi que l’on me prenne pour le cuisinier ici… »
Allan ne put s’empêcher d’éclater de rire en regardant Much s’éloigner. Contrairement au reste de la bande, Robin n’avait pas le cœur à rire. Il irait parler à Much plus tard mais pour l’instant la réaction des villageois l’inquiétait davantage.
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Robin examina attentivement la bourse qu’il avait ramenée de Locksley. |
Robin : « Elle ne porte aucune marque particulière… »
Robin leva son regard sur la bande : « Aucun de vous n’a fait de livraisons ses derniers jours ? »
Will : « Non. Bien sûr que non ! On te l’aurait dit ! »
Petit Jean : « Et puis ce cavalier leur a donné beaucoup plus que ce que nous avons ! »
Robin : « C’est exact ! Donc il doit y avoir toute une bande pour récolter autant d’argent. »
Petit Jean : « Mais les villageois nous ont dit qu’il n’y avait qu’un seul cavalier. »
Djaq : « Mais il y a peut-être plusieurs cavaliers. Ce n’est peut-être pas le même à chaque livraison. »
Robin : « Mais alors dans ce cas, pourquoi livrer ces bourses dans un seul village à la fois et à la nuit tombée ? »
Will : « … Et en se faisant passer pour l’un d’entre nous. »
Petit Jean : « Les villageois ont dit qu’il portait notre insigne. »
Will : « C’est impossible ! Nos insignes sont infalsifiables. »
Djaq : « Tu es sûr de ne pas en avoir perdu… Ou qu’on ne te les ait pas volés ?
Allan silencieux jusqu’à présent : « Ah, voler un voleur ! Cela serait amusant non ? »
Will : « Non impossible. Je les fabrique uniquement au campement et sur ordre de Robin. J’en ai que quelques uns d’avance et je les garde au campement. Ils sont bien cachés. »
Allan : « Ils sont tellement bien cachés que je ne sais même pas où ils sont. Sans déconner Will, tu les mets où ? »
Robin : « Même moi, je ne sais pas où ils sont… Peu importe… Will, va t’assurer qu’ils soient toujours là. »
Will partit sur le champ pour le campement.
Petit Jean : « Il faisait presque nuit quand le cavalier a donné ses bourses. Les villageois ont peut –être mal vu et ils ont confondu l’insigne avec un banal collier. »
Djaq : « Ou bien il s’agissait d’une copie grossière mais suffisamment réussie pour faire croire, vue de loin ou la nuit, que ce sont des vrais. »
Robin pensif : « Oui c’est possible… »
Allan : « Le mieux serait de capturer le cavalier et de lui demander qui lui a remis cet insigne, vous ne croyez pas ? »
Robin : « Oui bien sûr ! Mais on ne sait pas quand il se montrera ni où puisqu’il semble qu’il ne fasse qu’un village à la fois. »
Much au loin : « A TABLE ! »
Robin : « Déjà ! »
Allan en se relevant : « Oh ben, dès qu’il s’agit de manger Much n’est pas le dernier ! »
Le groupe se dirige en souriant vers Much qui avait déjà réveillé Richard et Adrien afin qu’ils prennent leur repas avec eux.
Robin à Much : « Et bien mon ami, tu n’as pas perdu de temps dis-moi. »
Much, toujours vexé : « Oh j’ai rien préparé ! On va finir les restes du repas de ce midi c’est tout ! »
Allan à Robin : « Je peux jeter un coup d’œil sur cette bourse ? »
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Robin lui lança la bourse. |
Il posa ensuite ses mains sur les épaules de Much : « C’est très bien Much. Je te remercie. Excuse-moi pour tout à l’heure. Je m’inquiète pour cette histoire de bourse. Mais je sais tous les efforts que tu fournis pour notre cause et pour nous. »
Much : « Vraiment ? »
Robin soupirant : « Oui vraiment ! »
Much : « Non mais c’est vrai... Ça fait du bien de temps en temps de savoir qu’on est utile à quelque chose non ? »
Robin leva les yeux au ciel. Pendant qu’il réconfortait Much et que le reste de la bande s’installait pour le repas, Allan examinait attentivement la bourse et son contenu.
Much : « Allan ? »
Allan leva la tête. Much lui tendait une assiette.
Allan : « Oh merci garçon ! »
Tout le monde ria discrètement. Allan prit l’assiette, la posa à terre et reporta son attention sur la bourse. Much, vexé par l’attitude d’Allan, allait répliquer quand Will réapparut. Will prit l’assiette que Much lui tendait et il s’assit avec le groupe.
Will : « Robin !... Merci Much. Non. Les insignes sont tous là. Il n’en manque aucun. »
Robin fut un peu déçu. Car si cet insigne ne venait pas de Will, d’où pouvait-il bien venir ?... Et ce cavalier ?... Mais Robin ne se tortura pas longtemps les méninges. Allan l’interrompit dans sa réflexion.
Allan : « Robin… Elles sont fausses ! »
Toute la bande se tourna vers lui : « Quoi ? »
Allan : « Je te dis qu’elles sont fausses ! »
Will et Robin se levèrent et l’entourèrent. Will attrapa une pièce et l’examina attentivement.
Robin : « Tu en es sûr ? »
Allan : « Et tu sais, j’ai coupé tellement de bourses dans ma vie que je saurais te dire combien il y a de pièces dans une bourse rien quand la tenant dans la main. »
Robin se montra sceptique.
Allan : « Je te jure. Elles sont trop légères. Etant donné le nombre de pièces, la bourse devrait être plus lourde que ça. Crois-moi. »
Robin se tourna vers Will.
Will dubitatif : « Elles ont l’air pourtant tout à fait authentiques. »
Allan : « Ben c’est facile, il suffit de comparer le poids de celles-ci avec les nôtres. Tu verras, les nôtres seront plus lourdes ! »
Djaq : « Tu crois vraiment ? »
Allan : « Faites-moi confiance. Les faussaires mettent moins de métal dans chaque pièce ainsi ils peuvent en fabriquer davantage. Et tout le monde n’y voit que du feu car, la plupart du temps, les gens n’ont que quelques pièces dans leurs poches et la différence de poids n’est pas perceptible. Cela commence à se voir seulement quand la quantité de pièces devient très importante. »
La bande resta silencieuse.
Djaq : « Et comment tu connais tout ça toi ? »
Allan : « Oh ben… J’ai quelques connaissances… Tu sais je n’ai jamais eu de précepteur mais j’aime me cultiver. »
Much : « Ouais surtout quand il s’agit d’argent. »
Allan : « Ben c’est un domaine comme un autre, non ? »
Robin : « Bon admettons. Comment comptes-tu prouver ta théorie ? »
Allan : « Il me faut juste une balance. »
Robin : « Ah ! »
Allan : « Much ? »
Toute la bande se tourna vers lui.
Much : « Quoi ? »
Allan : « Tu dois bien avoir une balance dans ta cuisine ? »
Much, offensé : « Comment ça dans ma cuisine ? Je vous rappelle que c’est aussi la vôtre… »
Craignant que les deux compagnons ne se remettent à se chamailler ce qui leur ferait perdre du temps, Robin s’avança vers Much. Il posa sa main sur son épaule et le regarda droit dans les yeux sans rien dire.
Much se calma et à contrecœur : « Hum…Sur l’étagère du haut. »
Robin : « Merci mon ami. »
Will partit pour le campement récupérer la balance. Quelques minutes plus tard, il la déposa devant Allan et Robin. Allan déposa cinq cents livres de la bourse de Locksley sur l’un des plateaux et cinq cents livres provenant du butin des hors-la-loi sur l’autre plateau de la balance. Effectivement, elle pencha nettement du côté des cinq cents livres des hors-la-loi.
Allan triomphant : « Tu vois, je te l’avais dit ! »
Robin donna une claque amicale sur l’épaule d’Allan : « Bien joué. Bon travail. »
Will : « Mais qui peut bien les fabriquer ?... Le shérif ? »
Djaq : « Non, ça m’étonnerait. Il collecte les taxes pour le Prince Jean. Et si celui-ci s’en aperçoit, le shérif sera accusé. Ce n’est pas son intérêt. »
Petit Jean : « Bah qui alors ? »
Allan : « Ben en tout cas, les habitants de Clun et de Locksley vont avoir des ennuis si le shérif s’en aperçoit ! »
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Robin écouta attentivement ses compagnons. |
Much : « Et nous également. Puisque on a dit aux villageois que c’était l’un d’entre nous. »
Robin : « Much a raison. On doit agir avant que le shérif s’en aperçoive. »
Will : « Oui mais comment ? Ça m’étonnerait que les villageois nous donnent leurs bourses même si on leur dit que ce sont de fausses pièces. Et puis le cavalier a distribué beaucoup plus que ce que nous avons amassé ».
Much : « Hum… On va voler les pauvres maintenant c’est le monde à l’envers ! »
Robin : « Oui mais on n’a pas le choix. Si on n’échange pas les fausses pièces par les vraies, les villageois seront pendus. »
Petit Jean : « Mais Robin, on n’en aura jamais assez. Et s’ils n’ont pas de quoi payer les taxes, le shérif les arrêtera de toute façon. »
Allan suivait la conversation sans rien dire puis son regard se porta sur Richard et Adrien. Les deux garçons suivaient, anxieux, la conversation en gardant la tête basse en espérant qu’on ne les interroge pas. Il se tourna ensuite vers Walter et aperçut le chariot éventré. Personne n’avait encore eu le temps de ramasser les pièces d’or qui gisaient toujours un peu partout sur le sol. Un sourire illumina son visage.
Much : « Mais qu’est-ce que t’as à sourire bêtement comme ça ? Je te signale qu’on a un problème là, Allan ! »
Allan : « Mais moi, j’ai une solution ! »
Petit Jean : « Ah oui et c’est quoi gros malin ? »
Allan pointa son doigt en direction du chariot : « Et ça ? On a un chariot plein d’or, non ? »
Robin : « Walter bien sûr ! Je l’avais oublié celui-là ! »
Djaq : « ça te pose pas de problème qu’on vole ton père ? »
Allan d’un ton vif : « Mon père est mort depuis longtemps ! D’accord ? »
Robin : « Allez chercher des sacs. On va prendre l’argent de Walter puis les échanger avec les fausses pièces de Locksley et de Clun. »
Much : « Quoi maintenant ? Mais il va faire nuit et on n’a pas finit de manger ! »
Robin : « On n’a pas le temps Much ! Il faut empêcher que les villageois de Locksley et de Clun ne se fassent prendre avant… »
Djaq le coupant : « Mais Robin, le shérif a récolté les taxes à Clun cet après-midi ! »
Robin : « Ah ça vrai j’avais oublié… Dans ce cas, notre priorité c’est Locksley. Il faut reprendre toutes les bourses aux villageois. »
Petit Jean : « Et s’ils refusent ? »
Robin hésitant : « Employez la force si nécessaire. »
Petit Jean n’approuva pas. Un sentiment de malaise s’installa dans le groupe.
Robin : « Nous n’avons pas le choix. C’est ça ou la potence du shérif. »
Will et Djaq distribuèrent des sacs aux membres du groupe. Allan le refusa mais Djaq n’insista pas. Elle partit rejoindre les autres qui avaient commencé à ramasser les pièces. Allan, tout en les rassurant, se joignit aux enfants et surveilla, de loin, le ramassage de la fortune de Walter.
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Ce dernier fut réveillé par le bruit des pièces que l’on entassait dans les sacs.
Walter hurlant : « LAISSEZ çA, BANDE DE CLOPORTES PUANTS. CE N’EST PAS A VOUS ! »
Robin tout en ramassant les pièces : « Et bien l’ami ! Tu étais beaucoup plus aimable tout à l’heure. Tu devrais pourtant nous remercier. Nous te délestons un peu. Comme ça, tu seras plus léger pour poursuivre ton chemin et ainsi ton dos ne te fera pas souffrir ! »
En fulminant de rage, Walter essaya de se dégager mais ses liens étaient bien trop serrés. Il continua alors à les injurier.
Robin : « Petit Jean, sois aimable avec notre ami, veux-tu ? Souhaites-lui une bonne nuit de ma part. »
Petit Jean : « Avec plaisir ! »
Petit Jean s’approcha du prisonnier et lui donna un violent coup de poing au visage. Walter fut assommé. Ayant ramassé le plus gros des pièces, Robin ordonna à Will et Djaq de ramasser ce qui restait et de les rejoindre autour du feu.
Robin : « Petit Jean, avec moi ! »
Ils retournèrent près du foyer pour préparer leur départ pour Locksley. Will s’aperçut qu’il restait encore quelques pièces au fond du chariot éventré. Il décida de le détruire complètement. Il sortit sa hache et commença sa besogne.
Will : « C’est Much qui va être content. Il n’y aura pas de corvée de bois pendant plusieurs jours. »
Djaq sourit en regardant Will s’atteler à la tâche. Elle continua de ramasser les dernières pièces.
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Quand tout à coup, à la suite d’un coup de hache de Will, une dernière vague de pièces déferla sur le sol. Mais au milieu de celles-ci, une mystérieuse boite apparut. |
Djaq : « Qu’est-ce que c’est ? »
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Will prit la boite, la retourna dans tous les sens puis essaya de l’ouvrir mais elle semblait verrouiller. |
Djaq : « Emmenons-la à Robin. »
Will criant : « ROBIN ? »
Robin était en entrain de discuter avec Much lorsqu’il l’entendit. Will et Djaq accoururent.
Djaq : « On a trouvé ça au milieu des pièces de Walter. »
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Will tendit la boite à Robin. |
Allan s’était approché comme les autres mais lorsqu’il vit l’objet que Will tendit à Robin, il lui ravit aussitôt.
Allan médusé : « La boite ! »
Djaq : « C’est la fameuse boite dont tu nous as parlé ? »
Allan ému : « Oui ! Mais… Comment est-ce possible ? Après tout ce temps, il l’a gardé ? »
Much : « Ben ouvre-là pour qu’on voit ce qu’il y a dedans ! »
Robin regarda Much avec insistance. Décidément, il ne changera jamais. Allan essaya de l’ouvrir. Mais n’y arrivant pas, il s’apprêta à la lancer violement contre un rocher pour la briser.
Tout le groupe : « Et oh doucement ! »
Robin lui reprit la boite des mains : « Attends, on ne sait pas ce qu’il y a dedans. Tu pourrais abîmer son contenu. »
Il la redonna à Will : « Tiens, Will ! Il y a comme une serrure sur le côté. Essaye de voir si tu peux la forcer s’il te plaît. »
Will la prit délicatement et commença son travail. Pendant ce temps, Robin se tourna vers Allan qui regardait, avec anxiété, la boite que Will essayait d’ouvrir.
Robin : « ça va aller ? »
Allan regardant toujours le travail de Will : « Ben oui ! Pourquoi ça n’irait pas ? »
Robin : « Tu vas peut-être savoir maintenant contre quoi tu as été échangé. »
Allan regarda alors Robin mais ne répliqua pas. Un bruit sourd retentit, la serrure venait de céder. Will tendit la boite à Allan.
Will : « Tu veux l’ouvrir ? »
Allan nerveux : « Euh non… Finalement non… Je ne préfère pas. »
Robin : « Tu permets ? »
Allan acquiesça de la tête. Robin prit la boite et l’ouvrit.
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Chapitre XV : « Oh Walter ! Je reconnais bien là ta grandeur d’âme ! »
Toute la bande se pencha sur la boite.
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Robin en retira un objet en fer de forme cylindrique. |
Much : « Ben qu’est-ce que c’est ? »
Will prit l’objet des mains de Robin.
Will : « Ce sont des coins monétaires... »
Il le retourna puis : « …portant le sceau du Roi Richard. On s’en sert pour fabriquer des pièces de monnaie. On fixe un coin dans une enclume spéciale puis on pose une plaque faite d’un alliage de cuivre, d’or ou d’argent. Ensuite, on place le deuxième coin au dessus et on le frappe avec un petit marteau pour laisser la marque royale sur les deux faces. Enfin, il n’y a plus qu’à découper la plaque pour obtenir une pièce de monnaie. Normalement, il en faut deux.»
Djaq : « Le deuxième est ici. »
Will : « Il devrait y avoir deux coins pour chaque pièce de monnaie. »
Robin enleva le dernier coin et découvrit que le fond de la boite s’enlevait. Il le souleva et découvrit les coins permettant la fabrication des autres pièces.
Robin : « Maintenant, on sait qui fabrique les fausses pièces. »
Puis il porta son regard sur Allan : « ça va aller ? »
Allan regarda Robin mais ne répondit pas. Il savait maintenant contre quoi son propre père l’avait vendu. Il était encore sous le choc.
Djaq : « Mais Robin, ça ne peut pas être lui. On l’a capturé alors qui allait à Nottingham par la route du nord tandis que le cavalier venait de faire sa distribution à Locksley.»
Petit Jean : « Ou alors, cela signifie qu’ils sont effectivement plusieurs. »
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« Rien que pour la fabrication des pièces, il y a du travail pour au moins trois ou quatre personnes. Et puis ensuite, il faut les transporter et les écouler sans que cela ne se remarque. Cela demande une grande organisation. C’est impossible à faire pour une personne seule. » |
Pendant qu’il laissait ses compagnons réfléchir tout haut, Robin regarda Richard et Adrien qui s’étaient finalement rendormis. Mais il fut durement ramené à la réalité par la violente réaction d’Allan. Le choc avait fait place à la colère. Il prit brutalement la boite des mains de Robin et courut vers Walter en bousculant Much qui se trouvait sur son passage.
Much, surpris : « Et mais qu’est-ce qu’il te prend de… ».
Allan n’entendit pas la fin. Il courrait à vive allure vers l’objet de sa colère. Arrivé face à Walter, il l’agrippa violement par le col et le secoua de plus en plus fort ce qui le réveilla brutalement.
Allan : « ALORS C’EST POUR çA QUE TU NOUS AS ECHANGE TOM ET MOI ? »
Il continua de le secouer toujours de plus en plus fort. Walter ne pouvait pas répondre.
Arrêtant de le malmener, Allan toujours ivre de colère : « HEIN ?... DIS-LE !… OU ES-TU TROP COUARD POUR LE DIRE ? »
Walter était sonné. Devant son silence, Allan lui plaqua la boite sous le nez.
Puis il reprit de plus belle : « ALORS ?... DIS-LE ! C’EST POUR çA ?... HEIN ?... C’EST POUR çA ? ».
Le reste de la bande arriva sur ces entrefaites. Petit Jean et Will prirent Allan chacun par un bras et le tirèrent loin de son père. Sentant celui-ci lui échapper, Allan continua de vociférer en essayant de le frapper avec ces pieds.
Petit Jean : « ALLAN ! CALME-TOI ! »
Will : « ARRÊTE ! On va s’en occuper mais pas comme ça ! »
Walter reprit peu à peu ses esprits puis se tourna vers son fils.
Walter le sourire aux lèvres : « Ton frère et toi, vous me coûtiez trop cher et vous ne me rapportiez pas assez ! Alors j’ai conclu un marché avec les frères Witt. Ils avaient volé les coins à l’hôtel des monnaies de Londres. Mais comme ils ne savaient pas travailler les métaux, ils me les ont proposés. Une aubaine pour moi ! Mais je n’avais pas un sou en poche et ils en demandaient un prix exorbitant. Alors, c’est là que j’ai eu l’idée de vous échanger ton frère et toi. Ensuite, ils n’avaient plus qu’à se payer sur le prix de votre vente. »
A ses mots, Allan voulut s’en prendre de nouveau à lui mais Petit Jean et Will resserrent leurs emprises.
Robin en colère mais d’une voix calme : « Tu n’as pas pu mettre en œuvre une telle entreprise tout seul ! »
Walter, dédaigneux mais fier de lui : « Au début non ! Les frères Witt avaient le réseau nécessaire. Je m’occupais de la fabrication et eux s’occupaient du recrutement et écoulaient la marchandise en échange d’une petite commission… Bah oui, je ne pouvais pas tout faire tout seul ! »
Much : « Ben oui, surtout pour un mordu de travail comme toi ! »
Ignorant la remarque, Walter continua sur un ton provoquant : « Le personnel était recruté parmi les gamins abandonnés de la ville. Au bout d’un certain temps, on les revendait à de riches fermiers en dehors de la ville afin qu’ils ne parlent pas. Si on n’arrivait pas à les revendre, il leur arrivait… un fâcheux accident ! »
Toute la bande fut écœurée.
Walter à Allan : « Alors tu vois ? Ton frère et toi avaient eu beaucoup de chance finalement ! »
Robin avança son visage près de celui de Walter : « Oh Walter ! Je reconnais bien là ta grandeur d’âme ! »
Il lui asséna un violent coup de poing qui l’assomma.
Petit Jean : « Mais pourquoi t’as fait ça ? Il ne pourra pas nous dire pour qui il travaille ! »
Robin : « C’est pas grave. Je connais quelqu’un qui pourra nous renseigner. »
Son regard se porta alors sur Richard endormi près de son frère.
Au même moment, un cavalier à vive allure approchait du campement improvisé. Tout le monde se mit sur la défensive mais rapidement ils se rassurèrent car c’était le veilleur de nuit qui venait vers eux. Robin alla seul au devant de Marianne pendant que Will et Petit Jean essayèrent de calmer Allan en le ramenant près du feu.
Robin, surpris : « Marianne ? Mais qu’est-ce que tu fais ici à cette heure –ci ? Il est tard.»
Marianne : « Oui je sais merci. Mais je suis assez grande pour sortir le soir mon cher ! »
Robin, mécontent : « Peut-être mais pas habillé comme ça ! »
Marianne, ironique : « Comme ça au moins je passe davantage inaperçu. Avec une robe et un manteau de cour, cela aurait été plus difficile ! »
Sachant qu’il ne pourrait pas avoir le dernier mot, Robin soupira.
Marianne changeant de ton : « Par ailleurs, il fallait que je te prévienne. Des villageois de Clun ont été arrêtés et seront pendus demain matin pour haute-trahison. »
Robin, découragé : « Je sais. »
Marianne : « Comment ça tu sais ? Tu y étais ? Et tu n’as rien fait pour les libérer ? »
Robin : « Non. On n’y était pas… »
Marianne, le coupant : « Bah comment le sais-tu alors ? »
Robin, amusé : « Si tu me laissais finir, je pourrais te le dire. »
Marianne se renfrogna.
Robin : « Quelqu’un a distribué des fausses pièces aux villageois de Clun et de Locksley mais nous ignorons de qui il s’agit. »
Marianne, surprise, voulut l’interrompre mais il la devança : « Mais on vient de découvrir qui les fabrique. »
Il pointa du doigt Walter, assommé, toujours ligoté à son arbre.
Jetant un coup d’œil sur le groupe où se trouvait Allan, Marianne surprise : « Walter ? Le père d’Allan ? »
Revenant sur Robin, Marianne : « Et comment va Allan ? »
Robin, se voulant sérieux : « Tiens ça t’intéresse ? »
Marianne lui répondit par un sourire.
Robin redevenant sérieux : « Il fait face. »
Marianne : « Et que comptes-tu faire pour les habitants de Clun ? Et ceux de Locksley ? Tu ne peux pas être partout à la fois. Laisse le veilleur de nuit t’aider ! »
Robin, catégorique : « Non, il n’en est pas question ! »
Marianne : « Mais enfin Robin… »
Robin : « N’insiste pas Marianne ! »
Marianne : « Bien ! »
Robin, surpris que Marianne laisse tomber aussi rapidement : « Bien ? »
Marianne : « Ben oui. Je sais qu’il est inutile d’insister. Tu vois, je respecte ton autorité… Bien que je ne fasse pas partie de la bande.»
Robin, soupirant : « Marianne… »
Marianne commença à se diriger vers le foyer obligeant Robin à la suivre.
Marianne, le coupant : « Alors comment vas-tu procéder ? »
Robin s’adressant à sa bande : « Il faut d’abord s’occuper des habitants de Locksley. Vous allez aller tous à Locksley. Il faut absolument que tous les villageois vous remettent toutes leurs bourses. Essayez de le faire en douceur mais ne perdez pas trop de temps. Vous avez bien compris ? »
Much : « Et bien et vous ? Vous allez faire quoi pendant ce temps-là ? »
Robin : « Je vais rester ici avec Marianne. Nous allons essayer d’en savoir un peu plus au sujet de ces fausses pièces en interrogeant Richard. Mais je préfère rester seul avec lui pour ne pas l’effrayer. »
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Djaq, un peu inquiète : « Robin, Richard doit se reposer… » |
Robin, l’interrompant : « Ne t’inquiète pas, Djaq. Je n’ai pas l’intention de le brusquer. »
Much, avec une pointe de jalousie : « Seul vous dites ?... Hein ?… Seul ?… Mais avec Marianne ! »
Tout en se préparant à leur départ pour Locksley, toute l’équipe ne put s’empêcher de rire de la jalousie de Much excepté Allan. Son visage resta fermé. Robin surveilla les préparatifs de la bande. Ces derniers s’étaient répartis l’argent entre eux. Chacun portait deux sacs. L’un servait à transporter l’argent de Walter qui sera distribué aux villageois et l’autre servirait à recueillir les fausses pièces. Affairé à ses préparatifs, Allan, perdu dans ses pensées, n’entendit pas Robin approcher.
Robin, tout bas : « Ça va aller Allan ? »
Allan sursauta et répliqua machinalement sur le même ton : « Oui bien sûr ! Pourquoi ça n’y irait ?... Y’a pas de problème ! »
Les deux hommes n’étaient pas dupes : L’un comme l’autre savait que c’était faux. Mais Robin, ne voulant pas accroître le malaise de son ami, feignit de le croire.
Allan, essayant d’échapper à son mal être, se tourna vers ses compagnons : « Bon vous êtes prêts ou quoi ? Moi, je vous attends depuis au moins une heure ! »
Tout le monde comprit qu’Allan essayait d’échapper à Robin et ne répondit que mollement à sa provocation. Petit Jean prit la tête du groupe.
Robin : « Et surtout essayer de faire vite avant l’arrivée du shérif. »
Tout le monde acquiesça en silence et la bande se mit en route.
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Chapitre XVI : « En fait, Adrien n’est pas mon frère. »
Robin revint vers Marianne assise près du feu.
Marianne regardant les deux garçons endormis : « Ils ont l’air de bien dormir. Tu ne peux pas attendre le levé du jour ? »
Robin, navré : « Non malheureusement. Dès que la bande sera revenue de Locksley, nous devrons préparer un plan pour libérer les villageois de Clun. Ensuite nous profiterons de la visite matinale du shérif à Locksley pour récolter ses taxes afin de les libérer. »
Robin s’approcha des deux garçons et, à contrecœur, secoua doucement Richard en essayant de ne pas réveiller Adrien dormant près de lui.
Robin, murmurant : « Richard… Richard réveille-toi ! »
Richard, inquiet, prit peur et voulut se relever rapidement tout en gardant son frère près de lui. Mais sa douleur au thorax l’arrêta dans son élan.
Robin tenta de le rassurer : « Non, non du calme… Calme-toi… Chut… Je veux juste te parler. Rien de plus. »
Richard réussit malgré tout à s’assoir, le dos appuyé à l’arbre. Adrien était tellement épuisé que les rapides mouvements de son frère ne réussirent pas à le réveiller. Robin replaça tendrement la couverture sur les épaules d’Adrien puis leva les yeux sur Richard. Il allait s’adresser à lui mais, contre toute attente, Richard le devança.
Richard, inquiet : « C’est à propos des pièces, n’est-ce pas ? »
Robin, d’un ton amical : « Oui… Dis-moi tout ce que tu sais à ce sujet... Et ne t’inquiète pas. Nous t’aiderons à te sortir de là, toi et ton frère. Quoique vous ayez fait... Je t’en fais la promesse. »
Richard regarda Robin droit dans les yeux. Il hésita
Richard, sur la défensive : « Vous voulez fabriquer des pièces vous aussi ? »
Robin, surpris : « Non. Bien sûr que non. »
Richard, toujours sur le même ton : « Pourtant vous aussi, vous êtes des hors-la-loi et vous avez déjà beaucoup d’argent. »
Richard faisait référence à l’argent que la bande volait aux riches et qu’elle entreposait dans le campement. Robin comprit que Richard les assimilait à la bande des frères Witt.
Robin, toujours d’un ton calme et amical : « Oui, c’est vrai. Mais nous ne volons que les riches pour donner aux pauvres. Rien de plus. Nous ne gardons rien pour nous. Si tu veux, plus tard, je te montrerai en quoi consiste notre travail et, comme ça, tu verras que je t’ai dit la vérité. Mais pour l’instant, je veux juste aider les habitants de Locksley qui risquent de se retrouver dans les cachots du shérif si je n’arrête pas le trafic de fausses pièces. Tu comprends ? »
Richard, inquiet : « Ce n’est pas notre faute ! On nous a forcés. »
Pour l’apaiser, Robin mit sa main sur son épaule.
Robin, sur un ton rassurant : « Je sais. Je ne vous accuse ni ton frère ni toi. Je sais que c’est Walter qui vous a forcé à fabriquer ses pièces. Vous êtes aussi des victimes tout comme les habitants de Clun et de Locksley. Et je veux aider toutes ses victimes. Est-ce que tu comprends ?... Mais pour cela, j’ai besoin de ton aide. Acceptes-tu m’aider ? »
Richard, plus serein, acquiesça de la tête. Robin retira sa main de son épaule.
Robin : « Je veux juste savoir qui a ordonné à Walter de fabriquer ces pièces ? Est-ce que tu le sais ? »
Richard baissa les yeux : « Non… Je n’en sais rien… Je travaille pour Walter depuis peu de temps… Je vous le jure Messire. »
Robin n’en crut rien mais ne le brusqua pas.
Robin, se montrant rassurant : « Je te crois… Et bien… Raconte-moi comment en es-tu arrivé à travailler pour Walter. Tu veux bien ? »
Mais Richard resta sur ses gardes. Marianne s’approcha avec une coupe remplie de lait chaud qu’elle avait préparé.
Marianne, rassurante : « Tiens Richard. Cela te fera du bien. »
Richard, surpris par ce geste d’attention, hésita mais finalement prit la coupe dans ses mains.
Afin de le rassurer, Marianne à Robin : « C’est Djaq qui l’a ordonnée ! »
Puis à Richard : « D’après elle, cela aidera tes os à se réparer plus vite. »
Robin ne fut pas agacé par l’intervention de Marianne dans sa conversation avec Richard. Au contraire, il comprit ses intentions. Il savait que Djaq n’avait jamais fait de telles recommandations. Elle voulait simplement apaiser les craintes de Richard en lui rappelant que Robin et sa bande avaient bien pris soin de lui et de son frère et que, de ce fait, on ne lui voulait aucun mal. De plus, Marianne pensait qu’une présence féminine pendant l’interrogatoire de Richard serait de nature à rassurer ce dernier. Il sourit à la pensée que Marianne faisait cela, aussi, pour lui faire comprendre qu’elle lui était indispensable. A l’évocation du prénom de Djaq, en qui il était reconnaissant de ses bons soins, Richard, rassuré, but lentement quelques gorgées.
Robin le laissa savourer le breuvage puis reprit en douceur : « Raconte-nous comment ton frère et toi êtes arrivés chez Walter. »
Richard baissa la tête en serrant la coupe dans ses mains. Puis il regarda son frère allongé à côté de lui.
Richard : « En fait, Adrien n’est pas mon frère. »
Marianne et Robin furent très surpris mais ils ne l’interrompirent pas.
Regardant toujours Adrien, Richard : « Quand je suis arrivé chez Walter, il y a deux ans, Adrien s’y trouvé déjà depuis un an avec son grand frère William. »
Robin, appréhendant la réponse : « Et où est-il maintenant ? »
Richard releva la tête vers Robin et les larmes aux yeux : « Il est mort il y a environ un an. »
Attristée, Marianne baissa la tête. Robin, ému, continua de fixer Richard.
Richard continua : « Mes parents sont morts pendant l’épidémie de peste à Manchester il y a deux ans. Je n’avais aucune famille alors je me suis débrouillé tout seul dans la rue. »
Robin : « En volant ? »
Richard, honteux : « Oui... Puis j’ai rencontré d’autres enfants comme moi qui m’ont présenté aux frères Witt... Ils m’ont promis de me nourrir et de me protéger et, en échange, je devais travailler pour eux. Comme je ne mangeai pas toujours à ma faim et, qu’à plusieurs reprises j’ai bien failli me faire prendre par les gardes, j’ai accepté. C’est comme ça que je suis entré dans leur bande... En fait, je n’avais pas trop le choix car ce sont eux qui contrôlent les quartiers les plus pauvres de Manchester. Les soldats les laissent faire leurs petits trafics dans certains quartiers en échange de quelques pièces d’or. »
Marianne, en colère : « Et le shérif de Manchester laisse faire cela ? »
Richard : « Oh le shérif ! Tant qu’on laisse tranquille les notables de la ville, cela lui convient parfaitement. »
Robin, ne voulant pas que la discussion dévie : « Donc c’est à partir de ce moment-là que tu as commencé à travailler pour Walter ? »
Richard : « Oui... Au début, je croyais que j’allai continuer à voler les bourses des passants dans la rue. Mais au bout de quelques jours, les plus âgés d’entre nous étions emmenés dans une maison isolée au fond des bois... En fait c’était une espèce de fonderie. Il y faisait extrême chaud et le travail y était harassant. C’est là que j’ai rencontré William… C’était le plus vieux d’entre nous, il avait environ dix-sept ans, et c’est lui qui dirigeait l’atelier en l’absence de Walter. Il connaissait tout le monde dans mon groupe avec lequel j’étais arrivé... J’ai été surpris de voir que mes compagnons savaient exactement où aller et quoi faire. Comme j’étais complètement perdu, William s’est présenté à moi et m’a expliqué ce que je devais faire... J’ai travaillé à ces côtés pendant un an. Il m’a pris sous son aile et m’a tout appris... Il travaillait autant que nous mais, en plus, il s’occupait du travail des autres et devait rendre des comptes à Walter quand il venait. »
Robin : « Parce que vous étiez seuls ? Où était Walter pendant ce temps et que faisait-il ? »
Richard : « Non, il y avait aussi trois hommes de la bande des Witt qui nous surveillaient. Mais à cause de la chaleur, ils restaient souvent à l’extérieur à boire et à s’amuser entre eux. Quant à Walter, il passait de temps en temps pour vérifier la production et nous… réprimander si cela ne lui convenait pas. »
Robin : « Il vous battait ? »
Richard baissa la tête en acquiesçant puis continua : « Il emmenait parfois les plus jeunes au travail le matin à Manchester puis il passait sa journée à la taverne. Il ne les reprenait que le soir. Il les ramenait à la fonderie où ils nous enfermaient tous pour la nuit dans une petite pièce à côté de l’atelier... Ce n’est qu’à ce moment là qu’Adrien pouvait passer du temps avec William. »
Marianne, choquée : « Ils vous enfermaient à clé pour la nuit ? »
Richard : « Oui. Car certains ont essayé de s’enfuir. Mais la bande des frères Witt avait tôt fait de les retrouver. Et là, ils les ramenaient à la fonderie où ils nous rassemblaient à l’extérieur et, là, ils les… exécutaient devant nous afin que cela nous serve de leçon. »
Marianne et Robin furent horrifiés. Ce dernier se tourna vers Walter le regard haineux.
Marianne, voulant changer de sujet : « Et est-ce qu’ils vous nourrissaient au moins ? »
Richard : « Ah ça par contre, on mangeait plutôt bien. Enfin ceux qui travaillaient à la fonderie car les autres se nourrissaient comme ils le pouvaient dans la rue. Comme le travail était assez dur à la fonderie, il nous donnait suffisamment à manger pour rester productif. Les plus âgés d’entre nous devions fabriquer les flans… »
Marianne : « Les flans ? »
Richard : « Ce sont des plaques faites d’un alliage de différents métaux comme le fer, le cuivre et un peu d’or pour faire illusion. »
Robin : « Où trouvaient-ils tout le cuivre et l’or nécessaire ? »
Richard : « Nous fondions tous les objets en cuivre ou en or que les autres ramenaient de leur rapine. Et quand il n’y en avait pas assez, Walter ramenait des plaques déjà prêtes à l’emploi. Mais je ne sais pas où il les prenait. »
Robin : « Et ensuite, comment les pièces étaient fabriquées ? »
Richard : « En fait, nous travaillions par roulement. Nous étions divisés en deux groupes. Je travaillais dans le groupe d’Adrien. Nous alternions le travail à la fonderie et celui dans les rues de Manchester à chaque fin de mois... Seul William restait à la fonderie tout le temps comme responsable en quelque sorte. Walter lui faisait totalement confiance. Enfin au début... Les plus âgés faisaient les plaques de cuivre et les autres frappaient les pièces avec les coins. Puis ensuite, on découpait chaque pièce pour les séparer de la plaque de cuivre. Ce qui occasionnait bons nombres de blessures et de mutilations... Puis le soir, les plus jeunes, comme Adrien, remplissaient les sacs qui étaient ensuite chargés sur un chariot à double fond comme celui-là… [Il pointa son doigt en direction du chariot ou du moins ce qu’il en restait] A la nuit tombée, William et moi emmenions le chariot chez Walter qui vérifiait la marchandise. Puis on le garnissait ensuite de foins… Ensuite, je revenais à pied à la fonderie et William partait avec le chariot dans le repaire des frères Witt. Et il revenait avec un autre chariot, vide celui-là. »
Richard s’arrêta quelques instants. Il était soulagé de pouvoir se confier. Pendant ce temps, Robin et Marianne essayèrent d’assimiler ces révélations.
Puis Marianne brisa le silence : « Et qu’est-il arrivé à William ? »
Richard remonta machinalement la couverture sur les épaules de son frère ; geste inutile puisque Robin l’avait déjà fait. Robin comprit qu’il essayait de se donner du courage afin de rappeler ce douloureux souvenir à sa mémoire.
Richard : « J’ai travaillé avec lui dès mon arrivée. Et j’ai tout de suite été très admiratif de la force qu’il avait pour endurer tout ça. Il prenait souvent notre défense contre Walter... Il était souvent battu à cause de nous… Et même à cause de moi. Mais il continuait… pour son frère. Il ne pouvait pas partir sans risquer de provoquer des représailles sur Adrien. Et ils n’étaient ensemble que la nuit et enfermés à clé... Et puis au poste qu’il occupait, il pouvait nous protéger disait-il. Mais il savait que cela ne pouvait pas durer. »
Robin : « Pourquoi ?... Pourtant Walter lui faisait confiance ? »
Richard : « Oui. Mais une fois adulte, Walter craignait que William ne demande sa part du butin. Il devrait donc partager ses gains et, avare comme il est, c’était hors de question. De plus, le travail à la fonderie était très physique, William devenait de plus en plus costaud et, par conséquent, difficile à contrôler contrairement à des enfants apeurés. »
Robin : « Walter l’a exécuté pour ça ? »
Richard : « Non, il ne l’a pas exécuté... William était très protecteur avec nous, en particulier avec Adrien et moi. Alors quand il a vu son frère arriver le soir à la fonderie le bras cassé, cela l’a rendu fou de rage. Il s’en est pris à Walter qui l’accompagnait. J’ai essayé de l’en empêcher mais je n’en ai pas eu le temps. Je ne l’avais jamais vu dans un état pareil… Mais ce soir-là, les hommes des frères Witt accompagnaient Walter. Ils ont entendu l’altercation et sont intervenus. J’ai essayé de séparer William de Walter. Mais comme il était plus costaud que moi, je n’y suis pas arrivé. Ils nous ont battus. Walter, furieux, leur a ordonné d’emmener William dehors et de lui donner une bonne correction. »
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Marianne, d’une voix tremblante : « Ils l’ont tués ? » |
Richard inspira profondément avant de continuer : « Non… Quand il a vu que les hommes emmenaient son frère, Adrien a voulu se précipiter à son secours. J’ai réussi à l’en empêcher et je l’ai persuadé de rester tranquille sinon cela risquait d’aggraver la situation de William… Walter nous a ordonné de continuer le travail et c’est ce que nous avons fait. Lorsque nous nous sommes couchés, j’ai pris Adrien avec moi et nous avons pleuré notre frère. Nous étions persuadé que William était mort... Mais contre toute attente, les gardes l’ont ramené dans notre chambre. Il était dans un triste état. J’étais persuadé qu’il ne passerait pas la nuit. Le lendemain, il a ouvert les yeux et il m’a dit que c’était à moi de reprendre le flambeau… Ne pouvant pas travailler, je l’ai remplacé. Je craignais que Walter ne se mette en colère mais il n’en fit rien. Du moment que le travail était fait, il se fichait du reste... Quelques jours plus tard, William est revenu à son poste. J’ai essayé de le dissuader car il était encore trop faible mais il disait qu’il se sentait beaucoup mieux. J’appréhendais la venue de Walter le soir mais ils ont fait comme si rien ne s’était passé. Je me suis donc couché confiant sûr que le plus dur était passé. »
Robin : « Mais Walter n’a pas voulu passer l’éponge ? »
Richard : « Non... Le lendemain, William et moi coulions une plaque de cuivre quand un des gardes est entré... Il s’est dirigé directement vers William et lui a empoigné le bras. Il lui a dit sèchement de remettre sa chemise et de venir avec lui sans discuter... Je lui ai lancé sa chemise pendant que l’homme le tirait vers la sortie. J’étais très inquiet mais William semblait serein. Il a même forcé le garde à s’arrêter afin qu’il puisse remettre sa chemise... »
Richard marqua une pause.
Richard, les larmes aux yeux : « William savait qu’il allait mourir… Pendant qu’il se rhabillait, il m’a dit de prendre soin d’Adrien… Qu’il avait confiance en moi pour le protéger… Et que je devais dire à Adrien qu’il l’aimait de tout son cœur… »
Marianne versa une larme.
Robin, larme à l’œil : « C’était un brave ! »
Richard, pleurant : « Oui… Mais je… Je n’ai pas pu lui dire que … J’étais tellement surpris et terrorisé que je lui ai juste dit je le promettais… Et c’est tout... L’homme s’est agacé et l’a pressé d’avancer... Nous l’avons tous accompagné jusqu’à la sortie mais un autre homme nous a barré la route... L’homme l’a poussé dans un chariot puis ils sont partis… William nous a regardés aussi longtemps que la route le permettait... Puis il a disparu. »
Richard pleura à chaudes larmes. Au même moment, Adrien, toujours endormi, remua dans son sommeil comme si celui-ci réagissait à la douleur éprouvée par son frère. Puis Richard essaya de contenir sa peine afin de ne pas le réveiller puis il continua la gorge serrée.
Richard : « Le soir, j’ai tout raconté à Adrien. Mais il était persuadé que William allait revenir comme quelques jours auparavant. Je n’ai pas eu la force de le contredire. »
Robin : « C’était une terrible vérité à entendre, en particulier pour un si jeune garçon. Il faut du temps pour l’accepter. »
Richard : « Oui… Mais il ne l’a pas eu ce temps. Le lendemain matin, Walter m’a ordonné d’aller chercher des provisions à Manchester... Je suis passé par le quartier où travaille habituellement Adrien. Je voulais m’assurer qu’il allait bien. Alors nous y sommes allés ensemble. Nous avons laissé le chariot au coin d’une rue puis on s’est dirigé vers le marché à pied… Juste avant d’arriver sur la place du marché, nous devions traverser une autre place où habituellement ont lieu les exécutions… Justement à notre arrivée, on venait de pendre un homme... J’ai demandé à un badaud ce qui se passait et il m’a répondu… Que c’était un voleur que les soldats avaient pris la veille au soir. Adrien et moi sommes approchés et… »
Devinant la suite, Marianne se mit à pleurer.
Robin versant une larme : « C’était William ? »
Richard ne répondit pas tout de suite.
Reprenant courage, Richard : « Oui… Les frères Witt l’avaient livré aux soldats comme étant un voleur pris sur le fait... Nous étions anéantis... Adrien n’arrêtait pas de pleurer... J’ai eu toutes les peines du monde à l’empêcher de monter à la potence rejoindre son frère... Si seulement nous étions arrivés quelques minutes plus tôt… »
Robin : « Vous n’auriez rien pu faire. Les soldats étaient certainement trop nombreux pour que vous pussiez tenter quelque chose. »
Marianne : « Robin a raison. Vous vous seriez fait prendre et vous auriez été pendu comme lui. »
Robin : « De plus, il aurait insupportable pour Adrien d’assister à la pendaison de son frère. »
Richard réfléchit quelques instants avant de continuer : « Peut-être bien… Je l’ai ramené de force au chariot et j’ai essayé de le consoler. Je lui ai alors fait une promesse ce jour-là. La promesse que je veillerais sur lui jusqu’à ma mort comme son frère l’avait fait avant moi... Et depuis, il est devenu mon frère.»
Robin : « Et tu t’en occupes très bien. Tu peux être fier de toi. C’est très courageux de ta part de prendre soin de lui. »
Richard regardant le bras cassé d’Adrien : « Oui mais je n’ai pas réussi à le protéger de tout… »
Robin, regardant Adrien : « C’est Walter qui a fait ça, n’est-ce-pas ? »
Richard : « Oui, comme votre compagnon l’a dit, cela rapporte plus lorsqu’on mendie. »
Robin ferma les yeux dégouttés par ce qu’avaient enduré ces deux garçons.
Richard : « Mais… Mais maintenant que William était mort, Walter avait besoin de le remplacer. Comme je travaillais tout le temps avec William, c’est moi que Walter à désigner comme responsable. Si vous ne nous aviez pas interceptés dans la forêt, j’aurai certainement connu le même sort que William. »
Marianne avec des sanglots dans la voix : « Ne t’inquiète plus maintenant. Tu es en sécurité ici. Robin vous protégera toi et ton frère. Et on vous trouvera une bonne famille chaleureuse et aimante. »
Robin : « Marianne a raison. Je te l’ai promis. Ton calvaire s’achève ici mon ami. »
Devant la gentillesse de Marianne et Robin, Richard eut des remords et se confessa.
Richard un peu honteux : « Je ne vous ai pas tout dit… »
Robin : « A propos de quoi ? »
Richard : «Après la mort de William, tout a changé brusquement… Walter se disputait de plus en plus souvent avec les gardes des frères Witt… Il revenait plus souvent à la fonderie et toujours en colère… Et les gardes se montraient plus impatients et brutaux avec nous. »
Robin : « Ah ! L’entente avec ses associés ne devait plus être aussi cordiale qu’au début. »
Richard : « Je ne sais pas… Mais, nous, en tout cas, nous travaillions toujours plus… Parfois des hommes venaient directement à la fonderie chercher une bourse ou deux… Cela n’arrivait jamais avant. »
Robin : « Walter avait donc des clients à lui. Il se passait donc d’intermédiaire. »
Richard : « Mais les livraisons étaient toujours assurées. »
Marianne : « Hum…Il ne fallait pas éveiller les soupçons des frères Witt ! »
Richard : « En tout cas, pour assurer le travail supplémentaire, on travaillait plus longtemps. On commençait plus tôt le matin et on finissait très tard le soir. Et les repas étaient rapidement expédiés du moins quand on avait à manger… Certains sont tombés malades. »
Marianne, furieuse : « C’est pas étonnant… Faire travailler des enfants… Et sans les nourrir de surcroit ! »
Richard : « Beaucoup d’entre nous n’ont pas survécu. Si bien qu’avec moins de monde, le travail est devenu encore plus dur. »
Robin : « Oui, il ne pouvait pas les remplacer tous sans éveiller les soupçons de ses associés. »
Marianne : « Tu ne vas quand même pas lui trouver des excuses ? »
Robin : « Bien sûr que non ! J’essaye seulement de comprendre la situation… »
Marianne, le coupant : « Walter est un tortionnaire et un esclavagiste. Il n’y a rien d’autre à comprendre ! »
Robin, se tournant vers Richard : « Mais maintenant c’est fini. Tu n’as plus rien à craindre. »
Richard, regardant Robin avec reconnaissance : « Oui Messire et c’est grâce à vous. »
Robin : « Ce n’est rien. C’est notre devoir d’intervenir partout où se trouve l’injustice et de protéger les innocents. »
Robin, qui voulait toujours en savoir plus sur le commanditaire de Walter, marqua une pause puis, détaché, demanda : « Comment ton frère et toi êtes-vous retrouvés dans le convoi pour Nottingham ? »
Richard : « Euh… Un matin, Walter m’a annoncé qu’il n’y aurait pas de livraison à faire le soir. Cela m’a beaucoup intrigué car cela n’était jamais arrivé enfin à ma connaissance... Je craignais que cela soit une ruse pour se débarrasser de quelques uns d’entre nous… De plus, cela devait être important puisqu’il en a oublié d’avertir les gardes qui nous enfermaient la nuit. Si bien que le soir venu, pendant que les autres faisaient semblant de travailler pour ne pas inquiéter les gardes, j’en ai profité pour me rendre chez Walter. A la nuit tombée, une calèche richement décorée s’est arrêtée devant chez lui et deux hommes en sont sortis. Walter, tout en politesse, les a fait entrer chez lui. »
Robin, intrigué : « Tu peux me décrire ses hommes ? »
Richard, réfléchissant : « Euh oui… Le plus petit était plutôt chauve et barbu. Il parlait tout le temps et il piquait des colères. L’autre, plus jeune, était un homme grand et brun. Il était habillé tout en cuir noir et il ne parlait pas beaucoup. Je n’ai pas pu entendre ce qu’ils se sont racontés. »
Robin, regardant Marianne : « Le shérif et Gisborne ! »
Richard : « Toujours est-il que c’est le lendemain que Walter m’a annoncé que nous partions le soir même pour Nottingham. Il m’a alors demandé de choisir quelqu’un qui nous accompagnerait et de préparer une charrette vide pour le soir. Et surtout de ne rien dire à personne. J’ai demandé combien de temps nous serions partis et ce qu’allait faire les autres. Il m’a répondu qu’il ne savait pas combien de temps il passerait à Nottingham et que les autres retourneraient travailler pour les frères Witt. Et avec un rire narquois, il a même ajouté que cela les dédommagerait de la perte subie. Je n’ai pas bien compris ce que cela voulait dire.»
Robin, réfléchissant : « Je pense qu’il n’avait pas l’attention de revenir à Rochdale travailler avec eux. En s’associant avec le shérif, il les a doublés... »
Marianne l’interrompant : « Et tu as choisi Adrien ! »
Richard : « Oui. Je ne pouvais pas le laisser là-bas tout seul surtout que je ne savais pas quand j’allais rentrer. »
Robin : « Et Walter n’a rien dit ? »
Richard : « Si. Quand il est arrivé le soir et qu’il a vu que j’étais seul avec Adrien, il s’est mis en colère. Mais je lui ai tenu tête : C’était Adrien ou je n’y allais pas ! »
Marianne : « Tu t’es montré très courageux ! Mais il n’a pas dû apprécier. »
Richard : « Non... Il m’a flanqué une correction mais je n’ai pas cédé et Adrien m’a aidé... Comme on résistait et qu’il avait renvoyé les gardes en leur donnant une bourse chacun, il n’a pas eu le choix. D’autant plus qu’il y avait encore la charrette à charger. Alors il a cédé. Il a regardé le bras d’Adrien et il a dit que cela pourrait servir lorsqu’on traverserait la forêt de Sherwood… Que cela pourrait attendrir les hors-la-loi. Je suppose qu’il parlait de vous… »
Marianne et Robin pestaient intérieurement contre Walter.
Richard : « …Walter nous a ensuite emmené chez lui et il nous a ordonné de charger son argent qu’il cachait dans le plancher de sa maison dans le double fond du chariot. Puis nous avons entassé quelques paniers sur le dessus et nous sommes partis mais… »
Robin : « Mais ? »
Richard : « …Sur la route, nous avons rencontré les gardes qu’il avait soudoyé. Ils nous ont arrêtés et faits descendre brutalement. Ils voulaient plus d’argent au prétexte qu’ils devaient quitter la ville avant que les frères Witt ne découvrent que Walter était parti… »
Robin, raisonnant : « Donc il avait bien l’intention de partir pour toujours. »
Richard : « Mais les gardes, eux, semblaient l’ignorer… »
Robin fut dubitatif.
Richard : « Quand ils ont vu la boite que Walter gardait sous le bras, ils se sont mis en colère en traitant Walter de traître et de voleur. Ils ont sorti leurs épées. Walter a réussi à les calmer en leur promettant encore plus d’argent qui se trouvait dans le chariot… Mais au lieu de sortir une bourse, il a sortit une dague et il les a tué tous les deux. »
Robin, visiblement en colère, regardant dans la direction de Walter : « Et un assassin de surcroit ! »
Richard : « A la suite de ça, il a décidé de cacher la boite dans le double fond et il nous a fait jurer d’en parler à personne sinon il nous tranchait la gorge. Puis nous avons repris la route jusqu’ici.»
Robin mit sa main sur l’épaule de Richard et le regarda droit dans les yeux.
Robin : « Merci Richard. Tu nous as bien aidés. Grâce à toi, nous allons mettre un terme aux exactions de Walter. Je te remercie infiniment pour ton aide… Tu peux te recoucher et dormir tranquille mon ami. Nous nous chargeons du reste. »
Confiant, Richard reçu les remerciements de Robin avec fierté. Il se sentait libéré. Il sourit à Marianne et à Robin puis se recoucha près de son frère le cœur plus léger. Il savait maintenant qu’Adrien et lui ne risquaient plus rien puisque Robin et sa bande les protégeraient. A cette idée, il se sentait apaisé et s’endormit rapidement.
Robin et Marianne s’éloigna des deux garçons afin de laisser Richard se rendormir.
Marianne : « Que comptes-tu faire pour le shérif ? »
Robin, feignant de réfléchir : « Il faut le stopper. »
Marianne agacé : « Rrrr Robin !... Je m’en doute mais comment ? »
Robin, amusé : « J’ai un plan. »
Marianne, le dévisageant, soupira d’agacement puis : « Non tu n’en as pas ! »
Robin : « Mais si j’en ai un !... Enfin la moitié d’un. »
Marianne : « Tu changeras donc jamais. Tout n’est qu’amusement à tes yeux… »
Robin, la coupant : « Uniquement lorsqu’il s’agit d’enflammer le cœur d’une jolie damoiselle. »
Il l’embrassa rapidement sur les lèvres pour la faire taire. Devant la fanfaronnerie de Robin, Marianne, furieuse, essaya de lui donner un coup de poing dans le ventre mais il esquiva le coup en s’éloignant. Robin se retourna vers elle, le sourire aux lèvres
Robin : « Allons plutôt aider les autres à récupérer les bourses des villageois de Locksley ! »
Marianne, qui ne voulait pas en rester là, mécontente : « Robin ! »
Robin : « Quoi ? Tu préfères continuer nos petits jeux amoureux plutôt que d’aider les villageois ? Toi qui me reproches de m’amuser sans cesse ! »
Tout en lui parlant, Robin s’éloignait du campement en direction de Locksley. Marianne dut courir pour le rattraper. Une fois arrivée à sa hauteur, Robin redevint sérieux.
Robin : « Pendant le trajet, nous élaborons un plan pour mettre un terme aux actes ignobles de Walter, arrêter le shérif et libérer les villageois de Clun. Cela te convient-il ? »
Devant le sérieux de Robin, Marianne fut un peu décontenancé mais devant les objectifs qu’ils venaient de fixer, elle se résigna à se venger plus tard car, là, il y avait plus urgent.
Marianne : « Cela me convient, mon damoiseau. »
Robin lui sourit en lui offrant son bras que Marianne prit aussitôt. Il continua ainsi jusqu’à Locksley.
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Chapitre XVII : « Walter, j’ai un marché à te proposer. »
Tout au long du chemin qui les menait à Locksley, Robin et Marianne faisaient le point de la situation : Puisque les coins servant à la fabrication des pièces étaient en sa possession, le shérif ne pourrait plus continuer sa carrière de faux-monnayeur. Il fallait donc simplement rendre les coins à leur légitime propriétaire londonien. De plus, Walter, toujours attaché à son arbre, n’était plus une menace pour quiconque. Encore restait-il à lui trouver un châtiment pour ces exactions. Mais il restait Adrien et Richard à qui il faudrait trouver un foyer pour les accueillir. De plus, ils ne savaient pas encore comment libérer les villageois de Clun arrêtés par le shérif. Surtout si des villageois de Locksley s’ajoutaient au nombre des prisonniers. Robin décida de remettre tout cela à plus tard et de se concentrer sur la mission actuelle : Aider ses hommes à protéger les habitants de Locksley.
Quand Robin et Marianne arrivèrent à hauteur des premières maisons de Locksley, la nuit était bien avancée. La récolte des fausses pièces se faisait très lentement. Quand Robin rejoignit ses hommes, seule la moitié des maisons avait été visitée. Alors qu’ils revenaient de l’une d’elles, Will et Djaq aperçurent Robin qui discutait avec Petit Jean, Allan et Much. Ils coururent les rejoindre.
| Robin, inquiet : « C’est tout ce que vous avez récolté ? » | ![]() |
Petit Jean, mécontent : « Les villageois sont méfiants. Ils ne comprennent pas pourquoi des hommes de Robin des bois doivent absolument récupérer les bourses qu’un homme de Robin des bois leur a données si gentiment. »
Djaq ajouta : « Surtout en pleine nuit ! »
Robin, soupirant : « Je vois. »
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« On passe trop de temps à expliquer en détail les raisons de cet échange. Et puis, quand on a réussi à les persuader, souvent ils refusent la bourse qu’on leur donne en échange car ils estiment qu’il n’y en a pas autant que dans l’autre. » |
Allan : « Et les heures passants, il est de plus en plus difficile de leur faire ouvrir leurs portes. »
Frustré, Robin écouta attentivement le rapport de ces hommes.
Petit Jean : « Nous n’arriverons pas à tout récupérer ! »
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Robin, furieux : « On doit absolument toutes les rependre ! » |
Will : « Petit Jean a raison. Le jour va se lever dans quelques heures. Les villageois dorment à présent. Ils n’ouvriront plus leur porte maintenant. »
| « Robin, nous avons fait le maximum je t’assure. » | ![]() |
Robin n’en doutait pas. Au fond de lui, il savait qu’ils avaient raison. Mais il savait aussi que les villageois à qui ils n’avaient pas repris leurs bourses seraient arrêtés au matin et qu’ils viendraient grossir le nombre de personne à sauver, rendant l’opération encore plus difficile.
Marianne : « Ils ont raison Robin. Tu ne peux plus rien faire maintenant. Il vaut mieux ne pas rester là et retourner au campement se reposer et peut-être qu’on trouvera une solution. »
Toute la bande attendit les ordres de Robin. Résigné, celui-ci ordonna le retour au camp. Toute la troupe se mit en marche. Robin regarda une dernière fois son village.
Marianne, attendant Robin, d’une voix douce : « Robin ? »
Robin, embrassant du regard l'ensemble du village : « J’arrive. »
Elle lui prit doucement le bras, le sortant de sa rêverie et se dirigea vers la forêt. Durant le retour, tout le monde marchait en silence. Soucieux, Robin fermait la marche avec Marianne. Elle savait qu’il s’en voulait de ne pas avoir réussi à protéger tous les villageois.
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Marianne à voix basse : « Tu ne peux pas sauver tout le monde. » |
Cela ne le réconforta pas du tout. L’arrivée au campement se fit dans le silence. Tout le monde était fatigué et insatisfait de la mission. Djaq alla vérifier l’état de ses patients. Richard et Adrien était profondément endormis. Petit Jean alla s’assurer que le prisonnier était toujours solidement attaché. Much remit du bois dans le feu pour ranimer les flammes. Will et Allan s’assirent près du feu. Robin et Marianne arrivèrent les derniers.
Marianne : « Je retourne à Knighton auprès de mon père. »
Robin, toujours soucieux, acquiesça de la tête. Elle l’embrassa sur la joue. Il ne lui répondit que par un léger sourire. Il n’était pas d’humeur à la tendresse.
Marianne : « Robin, je suis sûr que tu trouveras une solution. Ne dit-on pas que la nuit porte conseil ? »
Robin, un peu ailleurs : « Bonne nuit, Marianne. »
Elle récupéra son cheval et repartit pour Knighton. Robin rejoignit Allan et Will.
Will : « Comment va-ton pouvoir empêcher les villageois de Locksley de se faire arrêter ? »
Allan : « C’est impossible. Le shérif sera là-bas dans quelques heures. »
Will : « Et il va nous faire porter le chapeau. »
Much : « C’est injuste ! D’autant plus qu’on y est pour rien. »
Allan : « Ah oui ? Tu crois que le shérif se soucie de savoir si nous sommes réellement coupables. D’autant plus que tout nous accuse mon ami ! Nous avons capturé Walter et nous avons les coins qui servent à … »
Petit Jean et Djaq arrivèrent près du feu.
Robin, le coupant : « LES COINS ! »
Toute la bande se tourna vers lui.
Allan : « Quoi ? »
Robin : « LES COINS ! »
Allan : « Ben quoi les coins ? »
Robin : « Les coins ! Il est certain que le shérif voudra les récupérer ! »
Allan : « Tu pourrais peut-être nous expliquer parce que, là, je ne comprends rien. Pourquoi le shérif voudrait les récupérer ? »
N’ayant pas écouté le récit de Richard, la bande ignorait que le shérif était le commanditaire de Walter. Robin leur en fit un résumé.
Petit Jean : « Tu vas quand même pas les lui redonner. Il continuera son trafic et il nous accusera. »
Robin : « Je ne le sais que trop bien. »
Robin se rapprocha de Will et mit son bras sur ses épaules.
Robin : « Mais nous avons, nous aussi, un faussaire hors-pair. »
Will ne comprit pas ce que Robin attendait de lui.
Much : « Maître ? Expliquez-vous parce que moi, là, je ne comprends rien du tout. »
Allan : « Oh ben c’est pas nouveau ! »
Robin, les interrompant : « C’est simple ! Will va fabriquer des faux coins que nous mettrons dans la boite que nous échangerons contre les villageois arrêtés par le shérif. Tu peux nous faire ça Will ? »
Will : « Sans problème… Je les fais tous ? »
Robin : « Non juste deux ou trois paires nous mettrons du plomb enveloppé dans un linge dans le fond pour faire bon poids. »
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Will partit chercher la boite et se mit immédiatement au travail. |
Djaq : « Mais si tu fais ça, tu accréditeras l’idée que nous sommes des faux-monnayeurs. Et les villageois ne nous feront plus jamais confiance. »
Robin: « Non ! Pas si l’échange se fait dans un endroit discret à l’abri des regards. »
Much, inquiet : « Mais comment allez-vous prévenir le shérif ?... Oh non ! Ne me dites pas que vous allez encore vous rendre ? »
Robin, désignant Walter : « Non pas du tout, mon bon ami ! Nous lui ferons porter une lettre par notre messager demain matin pendant qu’il sera à Locksley. »
Much, plutôt inquiet : « Et que dira cette lettre ? »
Robin : « Qu’il ordonne immédiatement la libération des villageois accusés à tort puisqu’il n’y a jamais eu de fausses monnaies dans le comté de Nottingham. Les villageois seront donc à jour de leur paiement. Et en échange, nous lui restituerons les faux coins, cela va s’en dire, dans un endroit isolé comme la clairière près du carrefour du pendu.»
Allan, ramassant la boite près de Will : « Et ceux-là, t’en fais quoi ? »
Robin : « Je vais les donner au comte de Kent. C’est un ami en qui j’ai toute confiance, il les ramènera à Londres. »
Petit Jean, de mauvaise humeur et pointant du doigt Walter : « Parce que t’as confiance en lui ? »
Robin, énigmatique : « Non, bien sûr que non. Mais je vais lui proposer un marché qu’il ne pourra pas refuser. »
Il sourit à Petit Jean tout en lui faisant un signe de tête pour qu’il le suive. Robin prit un des sacs que ses hommes avaient ramené de Locksley puis, suivi de Much, les trois hommes se dirigèrent vers Walter. Allan préféra rester avec Will. Quant à Djaq, elle s’installa pour la nuit près de ses jeunes patients.
A peine arrivé devant Walter, Robin s’écria : « ALORS ! Mon ami ! »
Petit Jean le secoua un peu. Walter, surpris et inquiet, se redressa vivement.
Robin : « Es-tu satisfait de ton petit séjour parmi nous ? »
Walter, le regard haineux, maugréa à voix basse.
Robin : « Quoi ? Je n’ai pas bien saisi. »
Petit Jean le brusqua un peu. Walter ne répliqua pas.
Robin : « Bien. Walter, j’ai un marché à te proposer… Si tu es d’accord ? »
Walter cracha : « Comme si j’avais le choix ! »
Il tira sur les cordes qui l’entravaient pour essayer de se libérer mais ce fut en pure perte. Petit Jean l’avait bien attaché.
Robin : « Allons, allons mon ami. Tu devrais t’estimer heureux du sort qui est le tien... »
Robin s’approcha à quelques centimètres du visage de Walter. Le visage de Robin devint soudainement sérieux. Il fixa Walter droit dans les yeux. Celui-ci, alarmé, tenta de masquer sa peur en se redressant fièrement.
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« Ce que tu as fait subir à ces pauvres garçons est ignoble et tu mériterais la mort pour ça. » |
Robin se retourna pour chasser la colère qui montait en lui. Puis il reprit son ton désinvolte. Petit Jean continuait de fixer Walter avec haine.
Robin : « Donc je disais que j’ai un marché à te proposer. »
Walter, résigné : « Oui ? Qu’est-ce c’est ? »
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« Tu vas remettre une lettre au shérif de Nottingham de ma part. » |
Walter : « Et ? »
Robin : « C’est tout ! »
Walter, très étonné : « C’est tout ?... Et je pourrais partir ensuite ? »
Robin : « Tu pourras mettre partir avec ceci. »
Il ouvrit le sac contenant quelques centaines de fausses pièces. Walter crut qu’il s’agissait de son argent que les hors-la-loi lui avaient dérobé quelques heures auparavant.
Walter : « Et le reste ? »
Robin, agacé par sa cupidité, le fixa méchamment du regard mais ne répliqua pas.
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Much, écœuré : « Pff… Non mais c’est pas vrai ! On lui offre de rester en vie et tout ce qu’il l’intéresse c’est son argent. Mais quel genre d’homme es-tu ? » |
Petit Jean cracha : « ça ! Ce n’est pas un homme ! »
Robin, froidement : « Tu devras te contenter de cela… Bien entendu, si tu préviens le shérif de notre présence d’une quelconque façon que ce soit… Tu n’entendras pas arriver la flèche qui te transpercera le cœur... Est-ce bien compris ? »
Walter avala difficilement sa salive : Il avait compris.
Much : « Mais comment on saura qu’il ne nous a pas trahi ? »
Robin : « C’est le shérif lui-même qui nous le dira. »
Much : « Hein ? »
Aussi perplexe que Much, Petit Jean se retourna vers Robin.
Robin fixant Walter : « Par les ordres que le shérif va donner, quand il aura eu notre message, je saurai si tu nous as trahi, Walter. »
Puis Robin à ses compagnons : « Je vais immédiatement rédiger la lettre puis, au petit matin, nous irons à Locksley attendre le shérif. Et c’est là que notre ami Walter va entrer en scène… Allez vous reposer. Une longue journée nous attend demain. »
Les trois hommes regagnèrent le campement quand, soudain, Robin se tourna vers Walter en levant le sac plein d’argent devant lui.
Robin : « Réfléchis bien Walter. Tu as le reste de la nuit pour décider dans quel camp tu veux être : Celui des riches et vivants ou celui des pauvres et morts. »
Much, ironique : « Tu parles d’un choix ! »
Arrivé près du foyer, Petit Jean : « Je n’aime pas ça Robin. Il pourrait très bien s’allier au shérif et revenir ici pour tout reprendre. »
Robin : « C’est pourquoi, dès demain matin, pendant que nous serons à Locksley, Allan et Will emmèneront Adrien et Richard à notre campement avec le reste du butin. »
Will et Allan relevèrent vivement la tête : « Quoi ? »
Will, surpris : « Tu ne nous emmènes pas avec toi ? Mais tu vas avoir besoin de tout le monde si cela tourne mal ! »
Robin, rassurant : « Rassure-toi tout se passera bien. Et puis de toute façon, nous y allons juste pour voir si le shérif a bien reçu le message. C’est tout ! »
Will voulut protester de nouveau mais Robin lui mit la main derrière la nuque.
Robin, gentiment, le devança : « Et puis tu auras besoin de te reposer. Car tu vas devoir travailler toute la nuit. J’ai vraiment besoin que tout soit prêt pour demain matin. Je compte sur toi Will. »
Will fut un peu déçu mais comme Robin n’avait pas tout à fait tort il accepta les ordres. Il se remit alors au travail. Mais pour Allan, il en allait autrement. Il ne comprenait pas pourquoi Robin l’écartait.
Allan, mécontent : « Robin, je comprends que tu veuilles laisser Will ici mais, moi, pourquoi m’écartes-tu ainsi ? »
Robin souffla. Il savait que cela être plus difficile de faire entendre raison à Allan. Sentant que la discussion risquait d’être houleuse, le reste de la bande préféra s’écarter légèrement afin de les laisser seuls tous les deux. Robin en profita pour l’emmener encore un peu plus loin.
Allan, inquiet : « T’as pas confiance, c’est ça ? »
Robin : « Mais non. »
Allan : « Alors pourquoi ? Qu’est-ce que j’ai fait ? Dis-moi ? »
Robin : « Mais rien. »
Allan : « Alors pourquoi ? Je pensais que je t’avais déjà prouvé que j’avais changé… »
Robin, le coupant : « Allan ce n’est pas ça ! »
Allan : « Ben alors c’est quoi ? Tu sais, je ne suis pas comme mon père… »
Robin : « Justement ! »
Allan, perdu : « Quoi ? »
Robin plaça ses mains sur les épaules d’Allan.
Robin, le fixant : « Justement tu n’es pas comme ton père. Il n’a aucune compassion pour les autres. Tu as vu ce qu’il a fait endurer à Richard et Adrien, il n’a aucun remords… »
Allan, de plus en plus perdu : « Oui… Mais je ne comprends pas ce que… »
Robin, le coupant : « Demain, si ton père apporte son soutien au shérif, je devrai prendre une décision difficile. »
Robin n’osa pas aller plus loin mais Allan avait compris. Robin craignait qu’il l’empêche de tuer son père.
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Allan, voulant affirmant sa loyauté quelque soit les circonstances : « Je ne ferais rien pour t’empêcher de remplir ta mission. Tu le sais. » |
Robin savait qu’il était facile de le dire ici, au camp, mais lorsque viendra le moment de prendre la décision, il risquait de flancher ; après tout c’était son père. Un très mauvais père d’accord mais son père quand même.
Robin : « Je préfère ne prendre aucun risque. »
Allan se retourna en soufflant, déçu du manque de confiance de Robin. Celui-ci ressentit la peine qu’il lui faisait.
Robin : « Et puis cela sera très difficile pour moi de tirer la flèche qui… tuera un père devant son fils. »
Allan, furieux, se retourna vers lui : « Je n’ai plus de père ! Mon père est… »
Envahi par une soudaine émotion qu’il ne comprenait pas, Il s’arrêta net.
Puis il continua d’un ton mal aisé avec des sanglots dans la voix : « Mon père est mort il y a longtemps ! »
Robin n’était pas dupe. La réaction de son compagnon confirma sa décision de ne pas l’emmener. Allan, surpris par cette soudaine et vive émotion, dut se rendre à l’évidence que Robin avait raison. Ne pouvant plus se contenir et furieux contre lui-même, il partit s’isoler dans la forêt. Robin comprenant sa peine, le laissa partir. Il retourna près des autres. Tout le monde avait vu Allan partir. Djaq, inquiète, alla au devant de Robin
Djaq : « Où va-t-il ? »
Robin : « Il a juste besoin d’être seul… Il reviendra quand il se sentira mieux. »
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Djaq regarda l’endroit où Allan avait disparu. |
Elle aurait aimé s’assurer qu’il allait bien et peut-être même lui parler pour le consoler et le ramener au camp. Elle n’aimait pas que ses compagnons restassent seuls trop longtemps surtout quand ils étaient en plein désarroi comme Allan. C’était dans ses moments-là qu’on avait le plus besoin du soutient de sa famille et de ses amis. Mais ces anglais ne se comportaient pas comme les gens de son pays. Ramené à la réalité par la question que posait Robin et, attristée par le départ d’Allan, elle se força à retourner se coucher près de ses malades.
Robin à Much : « Est-ce tu as du papier et de l’encre dans tout ce fourbi ? »
Much, vexé : « Hé ! Mais c’est vous qui… »
Robin : « Much, je n’ai pas le temps de discuter. Il faut faire vite. Je dois écrire le message pour le shérif. »
Much : « Et puis ce n’est pas mon fourbi… C’est aussi le vôtre ! »
Il fouilla dans ses affaires et trouva du papier et de l’encre qu’il tendit à Robin.
Robin : « Merci, mon ami. »
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Il partit s’isoler sous un arbre muni d’une bûche enflammée prise dans le feu. |
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