HypnoFanfics

Face à son passé

Série : Robin Hood
Création : 17.11.2012 à 16h49
Auteur : byoann 
Statut : Terminée

« Il s’agit d’un épisode pouvant se situer dans une saison 3 différente de celle que nous connaissons. En effet, Allan est bien revenu dans la bande. Mais Marianne n’est pas morte. » byoann 

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Chapitre XVIII : « Mais Monseigneur, elles sont vraies ! »

Au petit matin au campement des hors-la-loi…

Le campement s’éveilla lentement.

 

Robin s’étira pendant que Much réactivait le feu pour préparer le petit déjeuner composé d’un bouillon et d’une miche de pain.

Djaq s’assurait que tout allait bien pour Adrien et Richard toujours endormis tandis que Petit Jean quittait à peine sa couche. Will dormait encore à poings fermés. Près de lui, les faux coins étaient alignés. Il y avait passé une bonne partie de la nuit. Robin le laissa profiter de ce repos bien mérité. Puis ses yeux fixèrent la couche vide d’Allan. Robin s’en inquiéta mais il ne fit pas paraître la moindre émotion sur son visage. Much le tira de ses pensés.

Much : « Tenez maître. »

Il tendit le bol de bouillon à Robin. Celui-ci l’attrapa avec reconnaissance.

Robin : « Merci mon ami. »

Robin commença son repas. Son regard se porta sur Petit Jean qui revenait près du feu. Il était allé voir Walter.

Robin : « Comment se porte notre invité ? »

Petit Jean : « Il se plaint. Il a faim. »

Robin : « Je pense qu’un jeûne ne lui fera pas de mal. Qu’en penses-tu ? »

Petit Jean sourit : « Oui y’a pas de doutes. »

Richard et Adrien se réveillèrent l’un après l’autre et prirent leur petit déjeuner avec le reste de la bande. Même Will s’était levé et mangé avec les autres. Mais ces traits tirés prouvaient qu’il était encore très fatigué. Le repas se termina dans un relatif silence dû aussi bien à l’appréhension de la mission qui les attendait qu’au manque de sommeil de la nuit passée. Par ailleurs, tout le monde avait remarqué l’absence d’Allan. Quand ils eurent fini de se sustenter, Robin exposa son plan.

Robin : « Nous allons nous rendre à Locksley avec Walter à qui je vais remettre cette lettre pour le shérif. »

Il sortit le document de sa poche et le brandit devant la bande.

Much : « Que lui avez-vous écrit ? »

Robin : « Je lui fais une proposition : Il proclame sur le champ qu’une erreur a été commise, qu’il n’y a jamais eu de fausses pièces en circulation dans le comté de Nottingham et que, par conséquent, les villageois emprisonnés pour ce crime sont libres. En échange, je lui propose une rencontre, sans gardes, dans la clairière près du carrefour du pendu pour lui remettre les coins. »

Tout le monde écouta en silence en analysant la situation.

Robin : « Petit Jean ! Je te charge de veiller sur notre invité jusqu’à Locksley. »

Petit Jean : « Avec plaisir. »

Robin : « Djaq et Much vous resterez sur les hauteurs de Locksley pour nous couvrir en cas de danger. Petit Jean et moi nous accompagnerons Walter jusqu’aux premières maisons où on le relâchera. Ensuite, nous attendrons la réaction du shérif. S’il fait la proclamation, Djaq et Much, vous filez sans attendre vous postez à la clairière. Nous vous y rejoindrons plus tard. »

Djaq et Much acquiescèrent. Will, très fatigué et déçu de ne pas participer aux réjouissances, baissa la tête.

Robin : « Will, tu sais ce que tu as à faire ? »

Will : « Oui. »

Robin : « N’attendez pas. Partez en même temps que nous pour le campement. »

Puis il se tourna vers Richard et Adrien : « Vous allez avec Will à notre véritable camp. Vous y serez à l’abri. D’accord ? »

Les deux garçons hochèrent affirmativement de la tête.

Robin soupira : « J’aurais aimé qu’Allan vous accompagne car vous allez être chargés pour ramener tout ça. »

Une voix derrière lui : « T’inquiète pas, je suis là ! Je leur donnerai un coup de main. »

Surpris, tout le monde se retourna vivement. C’était Allan, l’épaule appuyée nonchalamment contre un arbre et les bras croisés. Visiblement fatigué, il fit comme si de rien n’était.

Robin, soulagé : « Je suis content de te voir parmi nous. »

Allan, feignant l’étonnement : « Pourquoi ?... Tu m’as confié une mission hier, non ?... Ne t’ai-je pas promis que je te serai toujours loyal, Robin ? »

Il s’installa parmi les autres et attendit la suite des instructions. Mais personne n’était dupe. Allan était visiblement toujours blessé que Robin l’écarte ainsi mais il essaya de le dissimuler derrière un visage sérieux et attentif.

Robin, secouant la tête : « Bien. »

Much : « Et que comptez-vous faire de Walter une fois qu’il aura remis la lettre au shérif ? »

Tout le monde reporta son attention sur Robin en particulier Allan.

Robin : « Rien pour l’instant. Notre priorité est de libérer les villageois. Nous nous occuperons de lui plus tard. Vous avez bien tous compris ce que vous avez à faire ? »

La bande : « Oui. »

Robin : « Alors allons-y ! »

Robin prit la boite contenant les faux coins avec lui. Petit Jean alla chercher Walter qu’il ficela comme un saucisson puis toute la bande se mit en route pour Locksley.

*****

Quelques heures plus tard au village de Locksley…

Djaq et Much regardèrent s’éloigner Robin, Petit Jean et Walter.

Much : « Oh la la je n’aime pas ça. Si jamais Walter dénonce Robin au shérif nous sommes fichus et je… »

Djaq, le coupant : « Oh Much ça suffit ! Nous sommes justement là pour couvrir leur retraite au cas où cela tournerait mal. Alors tiens-toi prêt ! »

Much : « Ouais mais nous sommes que deux. Je me serais senti mieux si Allan et Will nous avaient accompagnés. »

Djaq : « Il faut faire confiance à Robin. S’il n’a pas jugé nécessaire qu’ils soient là, c’est qu’il sait qu’il n’y a pas de danger. »

Much : « Il peut parfois se tromper. »

Djaq : « Et puis Walter n’en fera rien ! Il sait ce que Robin lui fera s’il nous trahit. »

Pendant ce temps, Robin rappelait à Walter les termes de leur marché.

Robin tendant la lettre à Walter : « N’oublie pas Walter. Tu remets cette lettre au shérif et rien de plus sinon… »

Petit Jean délivra Walter qui prit rageusement la lettre des mains du hors-la-loi.

Walter, désignant le sac que Robin gardait à la main : « Et mon argent, quand est-ce que je vais le récupérer ? »

Robin, souriant : « Ceci mon ami… »

Il se dirigea vers un tas de paille adossé à la grange où ils se trouvaient. Puis tout en continuant à lui parler, il y enfouit le sac.

Robin : « Tu pourras le récupérer une fois que mes hommes et moi serons à l’abri… Et évidement une fois que le shérif aurait fait ce que je lui demande dans cette lettre. »

Walter, méfiant : « Et qui me dit que vous n’allez pas repartir avec, une fois que j’aurai remis la lettre ? »

Robin, agacé, revient lentement devant Walter : « Rien du tout… »

Il fut interrompu par l’arrivée du shérif. Petit Jean força Walter à se cacha davantage. Robin fit de même puis se retourna en direction de Much et de Djaq. Mais ces derniers avaient vu le shérif arrivé et ils s’étaient déjà tapis au sol.

Pendant que ses hommes s’installaient pour la perception des impôts, le shérif se lança dans une diatribe sur les devoirs des sujets de sa majesté envers le Roi devant des villageois résignés.

Petit Jean s’impatienta.

Petit Jean : « C’est maintenant Robin ! Il faut envoyer Walter ! »

Robin regardant le shérif déclamé : « Non pas encore ! »

Petit Jean : « Non ! Il faut le faire avant qu’un des villageois à qui nous n’avons pas pu reprendre les fausses pièces ne se fassent prendre ! »

Robin se tournant vers Petit Jean : « Au contraire Petit Jean ! C’est justement à ce moment-là qu’on saura si le shérif suit nos instructions ou pas. S’il ne fait pas arrêter le villageois c’est qu’il suit nos instructions. »

Petit Jean : « Mais s’il le fait arrêter ? »

Robin se retournant en direction du shérif : « Cela signifie que nous aurons une personne de plus à sauver. »

Par cette ironique réponse, il voulut montrer à Petit Jean qu’il ne croyait pas à cette hypothèse. En effet, il connaissait fort bien le shérif et il était convaincu qu’il voudrait coûte que coûte récupérer les coins. Mais Petit Jean ne sembla pas pour autant convaincu. Pendant ce temps, le shérif avait terminé son discours et le percepteur appela le premier contribuable.

L’homme appelé s’avança et donna quelques pièces au précepteur. Le shérif sourit discrètement certain de salir encore un peu plus la réputation de Robin.

Le précepteur inspecta les pièces puis d’une voix hésitante : « Euh… A payé ! »

Le second préposé inscrit sur son registre le paiement effectué.

Le shérif, surpris et agacé, se pencha sur le précepteur et tout bas : « Mais qu’est-ce que vous faites ? »

Le précepteur, inquiet : « Ben je perçois les taxes, Monseigneur… »

Le shérif : « Je sais ça imbécile !... Mais au sujet des pièces ?…Elles sont fausses, pourquoi les acceptes-tu ? »

Le précepteur : « Mais Monseigneur, elles sont vraies ! »

Le shérif, furieux,  se leva précipitamment de sa chaise : « QUOI ? »

Il attrapa une des pièces et l’examina puis il recommença l’opération avec d’autres pièces. Sa violente réaction troubla les villageois. Ils ne comprenaient pas pourquoi le shérif était furieux alors qu’ils lui payaient ses taxes. Voyant l’incompréhension des villageois et ne pouvant pas expliquer son geste, le shérif sourit à la population puis remit lentement les pièces dans le coffre. Il se rassit lentement sur sa chaise et s’adressa poliment au précepteur. 

Le shérif : « Je vous en prie, continuez. »

Le précepteur appela un second contribuable.

Pendant la transaction, le shérif était inquiet et soupçonneux. Lorsqu’il constata que, là non plus, les pièces étaient vraies, le précepteur d’une voix timide regarda le shérif avec inquiétude : « A payé ! »

Le shérif fut visiblement contrarié mais il tenta de se contrôler. Ce manège allait même continuer jusqu’au sixième contribuable.

Cette fois, le visage du précepteur s’égaya : « Monseigneur, ce sont des fausses ! »

Le villageois, surpris : « Quoi ? »

Le shérif, radieux : « Tiens, Tiens ! Mais ce n’est pas… »

Le shérif fut coupé par l’arrivée d’un homme essoufflé.  C’était Walter que Robin avait forcé à courir jusqu’au shérif.

Walter : « …Shérif… ! »

Le shérif, furieux : « QUOI ! QU’Y-A-T-IL ? »

Il se tourna vers l’homme qui l’avait interrompu à un moment très importun.

Il reconnut immédiatement Walter mais, voyant les villageois le dévisager, il fit comme s’il ne le connaissait pas.

Walter : « …Monseigneur !... Cette lettre est pour vous. »

Le shérif prit violement la lettre des mains de Walter qui s’écroula de fatigue haletant comme un bœuf. Le shérif parcourut la lettre, réfléchit un court instant puis, frustré, regarda le villageois avec un sourire forcé.

Le shérif : « C’est bon mon ami. Tu as payé ce que tu devais au roi. »

Le villageois, reconnaissant : « Merci Monseigneur. »

Le villageois se retira bien vite avant que le shérif ne change d’avis.

Le précepteur : « Mais Monseigneur… ! »

Le shérif, furieux : « ASSEZ ! » puis se radoucissant : « Je vous prie de procéder au reste de la collecte. »

Le préposé appela alors un autre contribuable. Le shérif retourna vers son siège en regardant autour de lui, essayant de repérer l’auteur de la lettre. Il fit un signe discret à Gisborne. Celui-ci, qui jusqu’à présent n’avait pas dit un mot, s’approcha du shérif.

Gisborne, tout bas : « Que se passe-t-il Monseigneur ? »

Le shérif, tout bas, regardant la foule : « C’est ce damné Robin des bois qui a les coins ! »

Gisborne : « Quoi ? Mais comment… »

Le shérif contenant sa colère : « Qu’importe ! Robin exige que je disculpe publiquement les villageois en échange de quoi il me fixe rendez-vous dans une clairière où il me les redonnera. »

Gisborne : « Mais qu’allez-vous faire Monseigneur ? »

Le shérif, soupirant de colère : « Je n’en sais rien ! »

Gisborne, regardant Walter toujours assis par terre essayant de récupérer de son effort : « Etes-vous sûrs que c’est Robin qui les as ? »

Le shérif, soupçonneux : « Expliquez-vous Gisborne ! »

Gisborne : « Avez-vous confiance en Walter ? Après tout, il était associé avec les frères Witt avant de s’associer avec vous ! »

Pendant que la perception des taxes se poursuivait, le shérif réfléchit aux propos de Gisborne.

*****

Pendant ce temps, dans les hauteurs de Locksley…

Much, impatient : « Bon, qu’est-ce qu’il fait ce satané shérif ? »

Djaq : « Attends un peu. Regarde ! Robin nous fait signe d’attendre. »

Tout comme Much, Petit Jean s’impatienta.

Petit Jean : « Je n’aime pas ça. »

Robin : « Pourquoi ? Le shérif doit surement réfléchir à ma proposition avant de se décider. »

Petit Jean : « C’est beaucoup trop long. Il aurait dû faire la déclaration dès qu’il a reçu ta lettre. Il mijote quelque chose. »

Robin : « C’est normal qu’il mijote quelque chose, c’est le shérif ! Mais ne t’inquiète pas… »

Robin se tourna à nouveau vers Djaq et Much pour leur faire signe d’attendre puis se retourna vers le shérif.

Robin : « … Si Walter nous avait dénoncés, les soldats seraient déjà à notre poursuite. »

Petit Jean, peu convaincu : « Ouais, si tu le dis. »

Robin et Petit Jean se tournèrent en direction du shérif. La collecte se poursuivait toujours. Le précepteur acceptait toutes les pièces qu’on lui donnait, y compris les fausses, puisque le shérif les avait accepté.

Le shérif à Gisborne : « Je vais accepter la proposition de Robin. »

Gisborne : « Mais Monseigneur… »

Le shérif : « Suffit Gisborne ! Cela ne peut être que Robin l’auteur de cette lettre. Il n’y a que lui pour s’intéresser au sort de ces gueux. Je vois mal Walter s’en préoccuper. Par ailleurs, qu’a-t-il à gagner dans cette histoire ? »

Soupçonneux de nature, Gisborne n’avait pas réfléchi au mobile de Walter : «Euh… Je ne sais pas Monseigneur… Gagner du temps… Et une fois au château… Voler l’argent de la salle des coffres pendant que vous serez à ce soi-disant rendez-vous… »

Le shérif : « Vous avez de l’imagination Gisborne. Mais je ne crois pas que ce gros benêt soit capable d’échafauder un plan pareil. Il est trop couard. Cependant, vous m’avez donné une idée Gisborne ! »

Tout en souriant à la foule, le shérif : « Vous allez partir immédiatement à Nottingham et revenir à la clairière avec les villageois que ce cher Robin désire tant que je libère. Mais vous emmènerez ce cher Walter avec vous et vous l’installerez bien confortablement dans l’un de mes cachots. Compris ? »

Gisborne sourit au shérif : « Oui, Monseigneur. »

Le shérif : « Tâchez de savoir comment il a eu cette lettre. Je compte sur vous Gisborne. Ne me décevait pas... Ah j’oubliais ! Ne le tuez pas tout de suite Gisborne… J’en ai encore besoin.»

Gisborne, se courbant : « Oui Monseigneur. »  

Gisborne emmena discrètement Walter avec lui et partit pour Nottingham au moment où la collecte prenait fin. Le shérif se leva de sa chaise et s’adressa à la foule 

Le shérif : « J’ai une importante proclamation à faire. Mes chers amis ! Une regrettable erreur a été commise hier au nom de sa majesté le Roi. Et je vais la réparer immédiatement. En effet, des faquins à la solde des ennemis du Roi ont fait circuler de la fausse monnaie que d’honnêtes villageois ont utilisée pour payer leurs taxes. Il est évident que ces malheureux ont été les victimes de ces fourbes tout autant que sa majesté. Et c’est pourquoi, moi, shérif Vaizey de Nottingham, je m’engage à faire libérer sur le champ ces malheureux… »

Les villageois applaudirent à tout rompre.

Le shérif, se dirigeant vers sa voiture : « …Et au nom de notre bon Roi Richard, Je vous demande de dénoncer ces bandits afin que cette injustice ne puisse plus se reproduire. Et ainsi les fidèles sujets de sa majesté pourront vivre en paix et dans la justice. »

Les applaudissement reprirent de plus belles et continuèrent tout au long du parcours qui mena le shérif à sa voiture. Celui-ci y monta après avoir salué la foule puis il se dirigea vers le lieu du rendez-vous convenu dans la lettre de Robin.

*****

Mais sur les hauteurs…

Petit Jean : « Qu’est-ce qu’il ne faut pas entendre ! »

Dès les premières paroles de la proclamation du shérif, Robin s’était retourné vers Djaq et Much pour leur faire signe de partir.

Robin : « Le shérif, comme d’habitude, veut se donner le bon rôle. »

Petit Jean : « Tu as vu ? Gisborne a emmené Walter. »

Robin : « Oui, j’ai vu. »

Petit Jean : « Mais pourquoi faire ? »

Robin : « Peut-être pour l’interroger… Qu’importe… Maintenant nous devons attendre le shérif à la clairière. Tu vas surveiller l’entrée de Nottingham. Dès que Gisborne se pointe avec les villageois, viens nous rejoindre immédiatement, d’accord ? »

Petit Jean : « D’accord. »

Robin et Petit Jean se séparèrent. Petit Jean partit se dissimuler à la lisière de la forêt face à l’entrée de la ville de Nottingham. Quant à Robin, il rejoignit Djaq et Much afin de préparer l’entrevue avec le shérif.


byoann  (03.01.2013 à 09:00)

Chapitre XIX : « Qui va te tuer ? »

Pendant ce temps, au campement, Will, Allan, Richard et Adrien rassemblèrent leurs affaires et se préparèrent à partir.

Will : « Nous ne pourrons pas tout emporter. »

Allan : « Ouais, il va falloir faire deux tours. »

Will : « Alors, allons-y tout de suite avant que Robin et les autres ne reviennent. »

Tout le monde prit quelques sacs même Adrien. Mais ce dernier a vu un peu trop grand et s’évertua à hisser sur ses épaules un sac bien trop lourd pour lui. Allan intervint.

Allan : «Oh, là, là. Ce n’est pas un peu trop lourd pour toi, mon grand ! Tiens prends plutôt celui là. »

Il lui tendit un sac plus petit et plus léger.

Allan, provoquant : « Il va falloir marcher jusqu’au camp. Tu crois que tu vas arriver à nous suivre. »

Adrien, fier : « Bien sûr que je peux ! Mon bras est pratiquement guéri…. Et puis je suis presque aussi fort que mon frère ! »

Will, Allan et Richard sourirent devant le visage emprunt de fierté du jeune garçon. Allan se tourna ensuite vers Richard.

Allan, plus sérieux : « Tiens, prends celui-là. Il n’est pas trop lourd. »

Richard, vexé : « Je suis fort ! Je peux très bien porter un sac bien plus lourd ! »

Will : « On n’en doute pas mais Djaq a dit que tu devais absolument ne pas faire d’efforts importants à cause de ta blessure qui risquerait de s’aggraver. »

Allan : « Will a raison. Il faut obéir au docteur Djaq. Donc tu prends celui-là et moi je m’occupe du reste. »

Richard prit le sac à contrecœur et le hissa, en grimaçant, sur ses épaules.

Allan : « Bon tout le monde est prêt ? Alors allons-y ! »

La petite troupe se mit en route. Le campement se trouvait à environ vingt minutes à pied mais, pour ménager Richard et son frère, ils marchèrent lentement. Au bout de trente-cinq minutes, ils arrivèrent au camp. Ils déposèrent leur fardeau sur le sol. Richard, en particulier, ne fut pas mécontent d’être enfin arrivé. La douleur s’était réveillée mais il essaya de ne pas le montrer. Cependant, Will et Allan n’étaient pas dupes. Pendant tout le trajet, ils avaient surveillé leurs compagnons. Adrien était plutôt content de se dégourdir les jambes et de se rendre utile. Quant à Richard, les deux hommes virent que, malgré ses efforts pour le dissimuler, il souffrait toujours de sa blessure au thorax. Ils s’accordèrent sur le fait que Richard ne serait pas du second voyage. Seuls Adrien et Allan le feraient. Et puis, de toute façon, il ne restait pas grand-chose à ramener.

Allan : « Will ! Tu vas rester ici et commencer à ranger tout ça… »

Richard et Adrien s’assirent sur un des lits de la bande.

Allan : « Tu en profiteras pour changer le pansement de Richard pendant qu’Adrien et moi faisons le dernier voyage. »

Adrien s’écria de joie contrairement à son frère.

Richard, mécontent : « Je ne suis pas fatigué ! Je peux très bien faire un autre voyage avec vous. »

Allan ne put s’empêcher de sourire. Non pas pour se moquer de Richard mais la réaction de ce dernier lui faisait penser à sa propre réaction lorsque Robin l’avait écarté de la mission. Il comprenait la déception de Richard.

Allan, réconfortant : « Richard. Tu es blessé. Nous ne mettons pas en cause tes facultés, je t’assure. Mais si tu veux continuer à veiller sur ton frère, il faut que tu guérisses le plus vite possible, tu comprends ? »

Richard, à contrecœur, hocha de la tête. Adrien s’approcha davantage et mit son bras sur les épaules de son grand frère et le regarda droit dans les yeux.

Adrien : « Grand frère, tu t’es toujours occupé de moi jusqu’à présent. Maintenant c’est à mon tour de prendre soin de toi. »

Richard sourit à Adrien puis tendrement : « D’accord petit frère ! »

Will et Allan furent attendris par ce court échange entre les deux frères. Will se mit alors à penser aux bons moments passés avec son petit frère Luke. Pour Allan, il s’agissait de souvenirs de son enfance avec Tom. Mais ils furent plus douloureux et surtout plus tragiques que ceux de son compagnon. Pour éviter de sombrer encore davantage dans la mélancolie, Allan s’adressa à Richard.

Allan : « Alors tout ce que tu as à faire, c’est de te reposer et d’obéir au docteur Djaq et… à son assistant ! »

Will, avec une pointe de jalousie : « Ben c’est qui son assistant ? »

Allan : « Ben c’est toi grand nigaud ! »

Will : « Euh non !... Pourquoi dis-tu ça ?... Je ne suis pas son assistant ! »

Allan : « Ah bon ?… Pourtant on trouve que tu passes beaucoup de temps avec Djaq ces derniers temps…Seuls tous les deux… Dans la forêt… On se demande si elle ne t’apprend pas autre chose que la médecine par les plantes. »

Richard ne put s’empêcher de sourire aux allusions d’Allan.

Will, embarrassé : « Pour ton information Allan, sache que si nous passons beaucoup de temps ensemble dans la forêt… C’est pour le ravitaillement du camp c’est tout ! On va à la chasse…On cueille des champignons…Ou des fruits sauvages… Ou on va chercher du miel… »

Allan fit un clin d’œil à Richard : « Ah oui le miel… Much dit que c’est un euphémisme ! »

Will, ne comprenant pas : « Un euphémisme ? »

Allan, souriant, donna un claque amicale à Will : « Oui… Mais Much t’expliquera ça mieux que moi... »

Puis plus sérieux, il se tourna vers Richard : « Tiens tu peux t’installer sur mon lit. »

Il aida Richard à s’y installer.

Allan : « Will va changer ton pansement et nous [il se tourna vers Adrien et lui fait un clin d’œil] nous allons chercher le reste des affaires. Tu es prêt Adrien ? »

Adrien, souriant : « Bien sûr que je suis prêt ! »

Allan et Adrien partirent dans la forêt. Pendant ce temps, Will avait rallumé le feu et fait bouillir de l’eau. Il apporta l’eau chaude et le savon à Richard.

Will : « Tiens… Enlève ta chemise et lave-toi un peu pendant que je vais chercher de quoi te refaire ton pansement. »

Will partit chercher dans les affaires de Djaq de quoi faire un pansement propre puis il revint vers Richard qui venait de terminer sa toilette. Il installa ses affaires à côté de Richard : Il y avait la potion de Djaq ainsi que du tissu pour faire des pansements.

Richard : « Toi aussi tu soignes les gens…comme Djaq ? »

Will : « Oh non ! Mais j’ai suffisamment vu Djaq le faire et elle m’a enseigné quelques petites choses. Suffisamment en tout cas pour pouvoir te faire un bon pansement… Par contre euh… Cela risque de faire un peu mal… Je suis désolé. »

Richard : « Oui je sais. Mais ne t’en fais pas… J’ai l’habitude de… »

Richard se rendit compte qu’il allait se confier et s’arrêta aussitôt.

Will qui avait commencé à apposer la potion sur les côtes du jeune homme le regarda : « Tu as l’habitude de quoi ? »

Richard, regardant le travail de Will : « De rien. »

Will, après un silence : « Tu as l’habitude de te blesser ?... Remarque ce n’est pas un crime… Regarde Much, il se blesse tout le temps. Faut dire qu’il est très maladroit. »

Richard sourit légèrement à Will.

Will finissant de passer la potion : « Mais lui ne s’est jamais cassé les côtes… Tu t’es fait ça comment, dis-moi ? »

Richard, évitant le regard de Will : « En tombant d’un toit. »

Will, dubitatif : « Hein Hein ! »

Il prépara le bandage qu’il allait mettre à Richard.

Will : « Bon, je vais te mettre ton pansement. C’est là que ça va faire un peu mal. Tu es prêt ? »

Richard acquiesça de la tête. Will commença son travail mais comme il l’avait fait avec Djaq, Richard refusa de montrer son dos. Will dut passer la bande de tissu, à l’aveugle, d’une main à l’autre dans le dos de Richard.

Will : « Tu sais, t’as plus besoin de mentir… On sait que c’est Walter qui vous a fait ça. »

Richard regarda Will terminé son pansement en silence. Will, ne voulant pas le brusquer, respecta son silence. Quand il fit un nœud au pansement, il regarda le reste du tissu sur le lit.

Will : « Bon, c’est bon. Il m’en reste encore. Quand Allan et ton frère seront revenus, j’en aurai assez pour changer celui de ton frère… Tu peux te coucher maintenant. »

Richard, hésitant : « Mais je n’ai pas sommeil… »

Will : « Oui je sais. Mais il faut que tu restes allongé pour guérir plus vite… Allez allonge-toi... Tiens ta chemise. »

Il lui tendit sa chemise qui était tombée à terre.

Richard, reprenant sa chemise : « Merci beaucoup, Will. »

Will : « De rien. »

Richard était surpris qu’un homme puisse prendre soin de lui. Cela ne lui était pas arrivé depuis sa rencontre avec le frère d’Adrien, William, qui l’avait pris sous son aile à son arrivée dans l’atelier de Walter.

Tenant toujours sa chemise dans les mains, il hésita : « Will… ? »

Will se retourna : « Oui qu’est-ce qu’il y a ?... Tu as mal ?... C’est au niveau du pansement ? Il est trop serré ? »

Richard : « Non. Non, non ce n’est pas ça. Tu crois que…Euh… Tu peux… Euh faire quelque chose pour… »

Will : « Pour quoi ? »

Richard, en se retournant : « Pour ça. »

Will vit alors les traces de coups, de lacérations, de blessures à armes blanches et même de brûlures couvrant le dos de Richard. Certaines blessures avaient dû saigner et s’étaient infectées. Il fut saisi d’effroi.

Will : « Oh mon dieu ! »

Devant l’importance des blessures, Will préféra ne pas y toucher.

Will, prévenant : « Euh… Il faut mieux que ce soit Djaq qui t’examine. Elle saura mieux que moi te soigner. Tu veux bien ? »

Richard se retourna et remit sa chemise : « Oui d’accord. »

Will, gentiment : « Je lui demanderai dès qu’elle arrivera. Il ne faut pas que tu restes comme ça. Pourquoi ne lui as-tu pas demandé hier soir ? »

Richard, honteux : « Euh… Je n’ai pas osé. »

Will : « Oui… Je comprends... T’inquiète pas dès qu’elle arrive, je te l’envoi. Promis... Maintenant, essaye de t’allonger quand même car si elle te voit debout, elle va me tuer ! »

Une voix derrière lui : « Qui va te tuer ? »

C’était Allan et Adrien qui étaient revenu, les bras chargés du reste des affaires de la bande. Richard réussit tant bien que mal à se recoucher.

Will, surpris, se tourna brusquement vers Allan : « Personne ! »

Puis il reporta son regard sur Adrien : « Ah tu tombes bien. J’en ai fini avec ton frère. Je vais pouvoir refaire ton bandage. »

Will le fit asseoir sur le lit à côté de celui où son frère était allongé. Adrien se lava puis Will commença à lui refaire son bandage. Pendant ce temps, Allan, qui avait juste déposé le reste des affaires sur le sol, assistait au soin d’Adrien épaule adossé au lit derrière Will. Au début, il suivit attentivement les gestes de Will puis, petit à petit, il se perdit dans ses pensées. Il se demandait comment se passer l’entrevue entre Robin et le shérif.


byoann  (07.01.2013 à 08:50)

Chapitre XX : « Les sceaux, je te prie. »

Alors que Petit Jean était posté à la lisière de la forêt face à l’entrée de Nottingham, Robin approchait de la clairière dans laquelle il avait donné rendez-vous au shérif.

Il y retrouva Djaq et Much.

Robin : « Bien, le shérif ne va pas tarder. »

Much : « Ben où est Petit Jean ? »

Robin : « Il est à Nottingham pour vérifier si Gisborne ramène bien les villageois. Il nous préviendra également s’il ramène beaucoup de soldats. On ne sait jamais ! »

Much : « Alors ça veut dire qu’on est que trois contre le shérif et ses hommes ? »

Djaq : « Oh Much… »

Robin, souriant : « Oui, mon ami. Mais c’est largement suffisant ! »

Much : « Pff… Moi j’aurais préféré que… »

Djaq, le coupant : « Quel est ton plan Robin ? »

Robin : « Le shérif devrait arriver par là. Vous allez aller de chaque côté muni d’une torche. Moi je reste ici pour l’accueillir. Dès que je vous ferai signe, vous sortirez des fourrés avec votre arc tendu avec une flèche enflammée. On va lui faire croire qu’on va mettre le feu à la boite s’il ne libère pas les villageois ou s’il tente de nous encercler avec ses hommes. Je pense que Petit Jean nous aura rejoints d’ici-là. Compris ? »

Djaq et Much : « Compris. »

Djaq se mit au travail et alluma un feu.

Much alla chercher deux branches d’arbres pour en faire des torches qu’ils enflammèrent.

Puis ils se dirigèrent vers l’endroit que Robin leur avait assigné, laissant ainsi seul ce dernier dans la clairière attendant leur invité.
Le shérif arriva quelques minutes plus tard dans sa voiture, accompagné de son escorte composée de trois soldats.

Il descendit et se plaça à environ une dizaine de mètres de Robin.

« Je vous avais dit de venir sans gardes. » 

Le shérif : « Un homme dans ma position ne peut se permettre de se déplacer sans un minimum de protection. »

Robin, ironique : « Ah bon ? Pourtant vous êtes tellement aimé par le peuple. Que pourrait-il vous arriver ? »

Le shérif, sourire forcé, changea de conversation : « Alors Locksley, on fait dans le crime de lèse-majesté à présent. Tu n’es pas sans savoir que le vol des sceaux royaux est considéré comme une trahison, n’est-ce pas ?... Cela risque de ternir ta réputation auprès de cette populace qui tu aimes tant. »

Robin ramassa la boite qu’il avait posée au sol.

« Je vous remercie de vous soucier de ma réputation, shérif. Mais, ce n’est pas moi qui les aie volé, c’est votre ami Walter… Par ailleurs pour votre information, shérif, ce ne sont pas des sceaux mais des coins monétaires… Lorsqu’on se lance dans la carrière de faux-monnayeur, il convient de connaître ceci… Si vous voulez mon avis, Walter est un piètre maître d’apprentissage. »

Le shérif : « Je ne vois pas de quoi vous parlez Locksley. L’homme que vous appelez Walter a été emmené aux cachots à Nottingham par Gisborne… Tu vois ? Je ne suis ici que pour faire mon devoir de shérif et reprendre les sceaux… Les coins, qui sont propriétés de la couronne. »

Robin : « Et qu’en ferez-vous ? »

Le shérif : « J’irai personnellement à Londres les remettre au trésorier royal. »

Robin secoua la tête en souriant. Il aperçut alors brièvement Petit Jean au côté de Djaq. Il entendit alors le cri d’un oiseau. C’était le signal pour dire que tout se dérouler comme prévu. Gisborne n’allait pas tarder à arriver. Il fallait donc gagner du temps.

Robin : « Bien entendu. Nous connaissons tous votre honnêteté légendaire. »

Le shérif, tendant les mains : « Les sceaux, je te prie. »

Robin : « Vous voulez dire les coins ! »

Le shérif s’impatienta : « Qu’importe ! Donne-les-moi ! »

Robin souriant : « Mais nous avions un accord, shérif… Les coins en échange des villageois que vous avez injustement accusé et enfermé aux cachots. »

Le shérif, agacé : « J’ai fait la proclamation que tu voulais, Locksley. Qu’est-ce que tu veux de plus ? Ils seront libérés très vite. »

Robin : « Et bien, nous attendrons que Gisborne les ait ramené ici… Les paroles s’en vont, surtout les vôtres, mais les actes, eux, restent. »

Le shérif, avec dédain : « Hum… Belle tirade Locksley… C’est dans tes bois que tu es devenu aussi philosophe à moins bien sûr que ce soit au contact des barbares en Terre Sainte ? »

Robin, souriant : « Pas besoin d’aller en Terre Sainte pour trouver des barbares, shérif. Il suffit de se rendre au château de Nottingham. »

Le shérif bâilla puis : « Hum… Cette conversation m’ennuie... Qu’on en finisse et vite… »

La joute verbale entre Robin et le shérif continua jusqu’à l’arrivée de Gisborne et des villageois. Gisborne descendit de cheval et se plaça face au shérif, tournant ainsi le dos à Robin.

Le shérif tout bas : « Alors Gisborne, est-ce que notre ami a parlé ? »

Gisborne : « Non Monseigneur, il n’a pas été bavard. »

Le shérif mécontent : « Décidément, vous n’êtes qu’un bon à rien. Vous n’êtes pas fichu de faire parler ce gros balourd. »

Gisborne : « Je vous assure Monseigneur que j’ai fait tout ce que j’ai pu en matière de tortures et rien… Peut-être qu’il ne sait vraiment rien… Il dit que Robin l’a attaché à un arbre loin de leur campement et qu’il ne l’a libéré uniquement pour l’emmener à Locksley pour vous remettre la lettre. C’est tout. »

Le shérif : « Ouais donc je n’ai pas le choix. Je dois libérer ces gueux si je veux récupérer les coins. »

Gisborne : « Oui Monseigneur. Walter est resté dans les cachots. Ainsi quand vous les aurez repris, vous pourrez reprendre la fabrication et vous débarrassez de Walter quand bon vous semblera… Les prisonniers qui essaient de s’échapper sont abattus sans somation… et en toute discrétion. »

Le shérif : « Bien pensé Gisborne ! Finalement, vous n’êtes pas aussi sot que vous le laissez paraître. »

Robin commençait à s’impatienter : « Shérif ? Pourriez-vous me faire participer à votre discussion ? »

Le shérif, souriant à Robin mais tout bas à Gisborne : « Ah le gringalet s’impatiente ! Préparez-vous à reprendre la boite à ce vaurien. »

Gisborne, sur le même ton : « Et pour les villageois ? »

Le shérif : « Qu’ils les emmènent, cela m’est égal. Il me faut absolument les coins. »

Le shérif à Robin : « Oh Il ne s’agit que de petits problèmes domestiques. Il n’y a rien qui pourrait t’intéresser Locksley. Alors comment veux-tu procéder ? »

Robin : « C’est simple. Vous commencez par dire à vos hommes de laisser tomber leurs armes à terre puis vous libérez les villageois. Dès que cela sera fait, Je déposerai la boite à terre et vous pourrez la récupérer… »

Robin fit un signe de tête. Djaq, Much et Petit Jean sortirent des fourrés, arcs bandés prêts à tirer une flèche enflammée.

Robin : « … Dès que mes hommes et moi seront partis évidement… Sinon ils mettront le feu à la boite et tout partira en fumée avant même que vous ou vos hommes n’ayez pu l’atteindre. Nous avons pris soin de l’enduire de poix. »

Bien qu’ils ne le montrèrent pas, les hommes de Robin furent surpris par ces dernières paroles car cela ne faisait pas parti du plan. Mais il était évident pour eux que Robin mentait pour se ménager une issue de secours.

Le shérif, soupçonneux : « Qui me dit qu’ils sont bien à l’intérieur ? »

Robin ouvrit la boite et montra, de loin, le contenu au shérif.

Le shérif : « Hum… La poix… Ce n’est pas très orignal…Tu m’as déjà fait le coup Locksley. »

Robin : « Vous savez donc que j’en suis capable. »

Le shérif ne pouvait pas prendre le risque que les coins partent en fumée. D’autant plus que Robin avait déjà utilisé une stratégie similaire qu’il avait réussi à déjouer grâce aux renseignements divulgués par Allan.

Le shérif : « Et qui me dit que tu ne vas pas y mettre le feu avant que je ne les ai en ma possession ? »

Robin haussant les épaules et faisant la moue : « Hum vous avez ma parole… shérif. »

Le shérif réfléchit quelques instants.

Robin, le pressa : « Alors shérif ?... Concluons-nous cette affaire, oui ou non ? »

Les villageois, inquiets, s’agitaient de plus en plus. Les gardes avaient dû mal à les maitriser.

Le shérif : « Soit ! On fera comme tu voudras. »

Il ordonna à ses hommes de jeter leurs armes à terre et de libérer les villageois.

Robin aux villageois : « Courez vous réfugiez dans la forêt. »

Mais lorsqu’il ne resta plus que trois villageois, le shérif ordonna aux gardes d’attendre avant de les libérer.

Le shérif à Robin : « Maintenant c’est à ton tour Locksley de tenir ta parole. Dépose la boite à terre. Ecarte-toi et je libérerai ces villageois. »

Robin, n’ayant pas le choix, déposa la boite à terre et commença à reculer lentement.

Robin au shérif : « Maintenant libérez-les ! »

Le shérif et Gisborne commençaient à se rapprocher. Robin tendit la main vers Djaq.

Robin : « Un pas de plus et la boite partira en fumée ! »

Le shérif avait oublié les deux compagnons de Robin armés d’une flèche enflammée chacun. Le shérif et Gisborne stoppèrent sur le champ. Le shérif se retournant vers le garde qui retenait les villageois.

Le shérif : « Libère-les. »

Tout alla très vite. A la minute où le dernier villageois s’engouffra dans la forêt, Robin et ses compagnons disparurent également. Quant le shérif et Gisborne reportèrent leur attention sur Robin, celui-ci avait disparu. Il ne restait plus que la boite dans l’herbe. Le shérif se précipita sur celle-ci et l’ouvrit. A la vue des premiers coins et étant donné son poids, il pensa qu’ils étaient bien tous là. Il la refermât précipitamment.

Le shérif à Gisborne : « Ne traînons pas ici. Retournons à Nottingham avant que Locksley ne change d’avis et décide de me les reprendre. »

Le shérif montât dans sa voiture et prit la route de Nottingham escorté par Gisborne et ses hommes. Il avait bien tort de s’inquiéter car, au moment où il avait ouvert la boite pour vérifier son contenu, Robin et sa bande étaient déjà en route vers leur campement.


byoann  (10.01.2013 à 08:46)

Chapitre XXI : « Il va être surpris… Mais au fait on n’a pas vu Walter ! »

Sur la route qui menait au campement des hors-la-loi…

Robin : « Dépêchons-nous de partir avant que le shérif ne s’aperçoive que les coins sont faux. »

Much, souriant : « Il n’a même pas essayé de nous capturer. Tout ce qu’il l’intéressait c’était la boite ! »

Djaq : « Il va être surpris… Mais au fait on n’a pas vu Walter ! »

Much, redevenant sérieux : « Ben oui c’est vrai… Où est-il passé ? »

Robin : « Le shérif le retient sans doute dans ses cachots. »

Djaq : « Qu’est-ce que tu comptes faire pour lui ? »

Robin : « Rien… Nous devons d’abord en discuter avec Allan. »

Petit Jean : « Oui. Pour l’instant, il faut s’assurer que les villageois retournent sans encombre dans leur village. »

Robin : « Petit Jean a raison. Occupons-nous d’abord de ces malheureux. Nous allons les raccompagner avant de retourner au camp. »

Robin arrêta la troupe qu’il divisa en deux. Le groupe allant à Clun fut confié à Djaq et Petit Jean. Il se réserva, avec Much, l’autre groupe, celui allant à Locksley. A l’intersection d’un chemin, les deux groupes se séparèrent.

Robin : « Rendez-vous au campement vers midi ! »

Robin et Much partirent donc pour Locksley. Much était ravi de se retrouver seul avec Robin pour escorter les villageois. Mais sa joie ne dura pas.

Robin : « Much, je dois aller à Knighton voir Marianne… »

Much, contrarié, l’interrompant : « Encore ? Mais pourquoi faire ? »

Robin : « …Je dois lui demander d’envoyer un coursier au comte de Kent pour lui donner rendez-vous ici. Pour qu’il puisse ramener les coins officiels. »

Much : « Mais on peut faire ça demain. Rien ne presse. »

Robin : « Je préfère qu’ils retournent à leur place… à Londres… Le plus vite possible. Nous n’avons pas le droit de les garder ici. »

Much : « Oh mais un jour de plus, ça ne va pas changer grand-chose. »

Robin, soupirant : « Much… »

Much, résigné : « Bon d’accord allez-y… Allez batifoler encore une fois… De toute façon, j’ai l’habitude de faire tout le travail tout seul. »

Robin : « Je ne vais pas batifoler. C’est pour la  cause… pour le Roi. »

Much : « C’est ça… pour le Roi… Vous l’embrasserez pour moi. »

Robin, s’éloignant : « Qui ça le Roi ? »

Much : « Pff ! »

Robin, souriant, se retourna et se mit à courir en direction de Knighton. Much poursuivit sa route jusqu’à Locksley. Une fois qu’il fut sûr que les villageois ne risquaient plus rien, Much retourna au campement. Il fut le premier à arriver. Il trouva Will entrain de préparer à manger et Allan qui finissait de ranger les affaires ramenés du camp provisoire.

Much : « Hum ça sent drôlement bon ! »

Allan : « Evidement, j’étais sûr que tu serais le premier arrivé. »

Much : « Comment ça ? »

Allan : « Ben… Il suffit qu’on prépare à manger pour que tu rappliques aussitôt. »

Much : « Pour ton information Allan, j’ai raccompagné les villageois à Locksley qui, comme tu le sais, est le village le plus proche du campement. Donc… Tu en conviendras… C’est parfaitement normal que je sois le premier. Les autres ne vont pas tarder. »

Will, voulant empêcher que ces deux compagnons ne se chamaillent : « Comment ça s’est passé avec le shérif ? »

Much, remuant le bouillon qui cuisait sur le feu : « Oh bien... On a réussit. Le shérif était tellement obsédé par la boite qu’il convoitait qu’il n’a même pas essayé de nous capturer. »

Allan : « Et où sont les autres ? »

Much, goûtant le déjeuner : « Il ne manque pas un peu de sel ? »

Will, vexé : « Non ! »

Much, voyant le regard insistant d’Allan : « Oh les autres… Djaq et Petit Jean ont raccompagné les villageois à Clun et Robin est parti folâtrer avec Marianne à Knighton. Rien d’inhabituel quoi. » 

Much, goûtant à nouveau : « Je suis désolé Will mais… Tu conviendras que ça manque de sel ! »

Will lui ravit la cuillère au moment où le reste de la bande arriva. Djaq se dirigea vers Adrien et Richard couché sur le lit d’Allan. Tout en fixant Much du regard, Will remit violement la cuillère dans la marmite puis suivit la jeune femme.

Much à Robin : « Ben dis donc... Ça devait être un très long message pour que vous soyez resté aussi longtemps chez Marianne. »

Tout le monde sourit devant la jalousie de Much.

Robin : « Much t’exagères, je ne suis pas resté longtemps… Qu’est-ce que tu nous as fait de bon ? »

Much : « C’est pas moi qui ai fait ça. J’avais une mission de la plus haute importance à accomplir… pour le Roi ! C’est Will le cuisinier aujourd’hui ! »

Robin, ne relevant pas l’ironie : « C’est vrai, j’avais oublié… »

Much : « Hum ! D’habitude, vous n’oubliez jamais rien quand vous êtes en mission ! »

Robin, soupirant : « Much ! »

Much prit une assiette et commença à se servir. Djaq revint vers le foyer et fit bouillir de l’eau.

Robin, inquiet : « Djaq, qu’y-a-t-il ? »

Djaq : « Oh rien, ne t’inquiète pas. Richard m’a demandé de soigner ses blessures dans le dos. C’est tout. »

Robin, se dirigeant vers le lit d’Allan suivi du reste du groupe : « Il a été blessé mais quand ? »

Djaq, l’accompagnant : « Ce sont d’anciennes blessures mais certaines ont mal cicatrisées. »

Quand ils arrivèrent près du lit d’Allan, ils virent Richard, torse nu, couché sur le ventre. Will, à genoux, disposait des linges autour de Richard afin d’isoler les blessures à soigner. Le dos du jeune homme était couvert d’hématomes plus ou moins foncés, de traces de brûlures et des plaies dont certaines étaient d’une couleur inquiétante. Devant ce spectacle, chacun mit de côté ses petits tracas quotidiens. Un silence respectueux tomba sur le campement. Dans la position où il était, Richard ne pouvait pas les voir. Cependant, il ressentait leur présence et leur regard. Il voulut se relever mais Djaq l'en empêcha.

Djaq : « Non. Reste couché Richard. Je vais appliquer une nouvelle potion mais je dois la préparer d’abord. Il n’y en a pas pour longtemps. Mais reste tranquille. »

Allan, comprenant qu’il y avait un peu trop de monde : « Bon ben pendant ce temps, nous, on peut manger non ?... [S’adressant au reste de la bande] Vous allez nous raconter ? Comment ça s’est passé avec le shérif ? »

Much et Petit Jean repartirent vers le foyer.

Robin : « Allan a raison. Allons nous restaurer. Adrien viens manger avec nous. »

Adrien : « Non je préfère rester avec mon frère. »

Djaq, compréhensive : « C’est bon. Il ne nous gêne pas. »

Robin : « Bien. »

Il mit ses mains sur l’épaule de Djaq et de Will : « Je te laisse entre de bonnes mains Richard. »

Allan s’accroupissant pour se mettre à la hauteur du visage de Richard : « Oui c’est vrai. Et ne t’inquiète pas, je me battrai contre Much, s’il le faut, mais je te garderai ta part. »

Richard, reconnaissant, lui sourit puis Allan suivit Robin.

Much : « … Si ce n’est pas honteux de voir ça… Comment ce pourri a pu… »

Much s’arrêta dès qu’il s’aperçut qu’Allan l’avait entendu.

Much : « Oh je suis désolé Allan… »

Allan, le coupant : « C’est rien t’en fais pas… D’ailleurs où est-il passé celui-là ? »

Petit Jean : « Le shérif l’a fait enfermer à Nottingham. »

Allan, souriant : « Ah ! Ben tant mieux ! Il n’a pas finit d’en baver. »

Le reste du groupe fut surpris.

Robin : « Comment ça ? »

Allan : « Ben oui… Quand le shérif va s’apercevoir que les coins sont faux, il va être fou de rage. Il va vouloir passer ses nerfs sur quelqu’un et comme, maintenant, Walter ne lui sert plus à rien… »

Robin, terminant sa phrase : « Il risque de le faire pendre… Et cela ne te pose pas de problème ? »

Allan, remplissant son assiette : « Aucun problème ! »

Il s’éloigna pour commencer son repas. Même s’il essayait de le cacher, il était évident pour tout le monde que cela l’affectait beaucoup. Mais personne n’osa répliquer. Robin préféra le laisser seul et se servit également à manger. Quand Djaq et Will eurent terminé de soigner Richard, ils amenèrent les enfants près du foyer pour qu’ils puissent prendre leur repas avec le reste de la bande. Pendant que Much racontait, en détail, leur aventure dans la clairière près du carrefour du pendu, Robin observa Richard et Adrien et se demanda ce qu’il allait bien pouvoir faire d’eux. Dans l’immédiat, il pensait les confier à l’orphelinat de Locksley en attendant de leur trouver une famille. Car il ne pouvait pas les garder ici, d’autant plus que Richard avait besoin de repos et qu’Adrien avait besoin qu’on s’occupe de lui. Mais il se mit, tout d’un coup, à penser à Marianne qui, si elle était mariée avec lui, accepterait sans aucun doute de s’occuper d’Adrien. Il se mit alors à rêver à la vie qu’il aurait pu avoir avec elle s’il n’était pas parti en Terre Sainte. Mais Will le tira de sa rêverie.

Will : « Robin ? »

Robin : « Hum ? »

Will : « Tu ne m’as pas répondu ? »

Robin : « A quoi ? »

Much : « Hum… C’est au Roi que vous pensiez, naturellement ? »

Robin, ne voulant pas entrer dans le jeu de Much : « Non. C’est à Adrien et à Richard… A leur avenir que je pensais. »

Much n’en crut pas un mot.

Robin à Will : « C’était quoi ta question ? »

Will, souriant : « Où et quand avons-nous rendez-vous avec ton ami… Le comte de Kent ? »

Robin : « Ah euh… En milieu d’après-midi au carrefour du pendu. »

Will : « Et tu es sûr de lui ? On peut lui faire confiance ? »

Robin : « Oui j’en suis sûr. Je m’en porte garant. Le comte de Kent est auprès de notre Roi en Terre Sainte. Ce sont ses fils qui administrent ces terres en son absence. J’ai fait mes études avec l’aîné. Il est digne de confiance. Je lui confirais ma vie sans hésiter. »

Will, tendant un petit sac qui contenait les vrais coins : « Bon, ben en attendant, je préférerais que tu en aies la garde. »

Robin : « D’accord. Merci encore Will pour ton excellent travail. »

Reconnaissant, Will lui fit un sourire.

Much : « Ben et nous alors ?... »

Robin, le coupant : « Oui c’est vrai, vous avez, tous, fait de l’excellent travail aujourd’hui. On a libéré les villageois et on a empêché le shérif d’inonder le comté avec sa fausse monnaie. »

Robin, se tournant vers les garçons : « Et maintenant, il ne nous reste plus qu’à s’occuper de vous… Comme je vous l’avais promis. »


byoann  (14.01.2013 à 21:35)

Chapitre XXII : « Gisborne ! Où est Walter ? »

En arrivant au château de Nottingham, le shérif fila directement vers son bureau avec son « trésor» qu’il déposa sur sa table de travail.

Le shérif à Gisborne : « Amenez-moi Walter sur le champ. »

Quelques minutes plus tard, Gisborne revint avec Walter qui porte les traces des sévices qu’il lui a infligés.

Le shérif, assis à son bureau, lentement : « Alors, cher ami, avez-vous aimé la compagnie de Gisborne ? »

Walter ne répondit pas.

Le shérif, se levant, marcha en direction de Walter prenant dans ses mains la boite prise à Robin : « Apparemment la réponse est non. Voyez Gisborne, je vous l’ai toujours dit. Vous n’êtes pas d’une bonne compagnie et mon ami Walter, ici présent, est d’accord avec moi. »

Gisborne arbora un sourire sadique. Le shérif s’arrêta devant Walter.

« Bien. Finalement, j’ai pallié à ton incompétence puisque j’ai réussi à récupérer les coins. Par conséquent, c’est à toi de jouer, mon cher Walter. Tu dois remplir ta part du marché… A moins bien sûr que tu ne préfères retourner jouer avec Gisborne… Hum ? »

Walter, regardant la boite : « Non Monseigneur… Je vais… Je vais me mettre au travail immédiatement. »

Le shérif lui tendit la boite : « Bien. Sage décision Walter. »

Il retourna à son bureau pendant que Walter ouvrit la boite. Ce dernier s’aperçut alors que les coins étaient faux.

Walter, tremblant de peur : « Mais…Euh Monseigneur ? »

Le shérif, agacé : « Quoi encore ? »

Walter : « Je… Je ne peux pas… »

Le shérif, très contrarié, se dirigea vers lui : « Tu vas faire ce qui était convenu !... GISBORNE ! »

Gisborne s’avança vers Walter.

Walter, apeuré : « Non attendez… Moi je veux bien mais je ne peux pas… Pas avec ça…. Ils sont faux. Regardez. »

Walter s’avança vers une des bougies allumées près du bureau du shérif et mit un des coins au dessus de la flamme. Celui-ci commença à prendre feu.

Walter : « Ils sont en bois, Monseigneur. Ils ont été peints pour qu’on y voie que du feu mais ils sont en bois. »

Le shérif, comprenant qu’il s’était fait roulé par Robin, entra dans une colère noire. Il mit à sac son bureau en maudissant Robin. Devant la fureur du shérif, Walter et Gisborne s’écartèrent d’abord de son passage. Puis Gisborne essaya de le raisonner.

Gisborne : « Monseigneur. Nous pouvons essayer de récupérer les coins. Il suffirait d’arrêter quelques villageois que nous pourrions échanger. Robin ne pourra pas résister à la tentation de les sauver. »

Le shérif : « MAIS ESPECE D’IMBECILE. A CETTE HEURE-CI, ROBIN S’EST CERTAINEMENT DEBARASSE DE CES FICHUS COINS ! »

Gisborne : «  Nous pourrions peut-être utiliser ceux-là pendant quelques temps ? »

Le shérif qui commençait à se calmer reprit de plus belle : « AH OUI ! VOUS EN AVEZ ENCORE DE BRILLANTES IDEES COMME CELLES-LA, GISBORNE ? ILS VONT SE BRISER DES QU’ON LES FRAPPERA, S’ILS N’ONT PAS CRAME AVANT SUR LA PLAQUE DE CUIVRE. ESPECE D’IDIOT ! »

Gisborne, à court d’arguments, encaissa les remontrances du shérif sans sourciller.

Le shérif, se calmant : « Tout est fichu ! L’aménagement du sous-sol n’aura servi à rien ! Et le prince Jean qui en veut toujours plus. Comment je vais faire moi ? »

Gisborne : « Et pourquoi ne fabriquerions-nous pas de faux coins, Monseigneur ? Si Walter sait travailler le métal, il peut très bien nous faire ça ? »

Le shérif se redressa lentement en dévisageant Gisborne : « Mais oui. En voilà une idée… »

Le shérif chercha Walter du regard mais il ne trouva personne.

Le shérif : « GISBORNE ! OU EST WALTER ? »

Gisborne, après avoir cherché Walter dans la pièce : « Je ne sais pas, Monseigneur. Il a dû s’enfuir ! »

« ET BIEN NE RESTEZ PAS LA ! RATTRAPEZ-LE ! »

Gisborne sortit de la pièce en courant à la recherche de Walter. Mais ce dernier avait filé discrètement dès que Gisborne avait commencé à apaiser le shérif. Il était sorti, sans encombre, du château par la porte des employés et s’était dirigé vers Locksley pour récupérer le sac que Robin avait caché dans la meule de foin. Quand il eut repris son butin, il prit la route du nord.


byoann  (17.01.2013 à 18:45)

Chapitre XXIII : « Ah oui ? On est célèbres à Londres ? »

Après le repas du midi, toute la troupe partit au rendez-vous fixé au comte de Kent au carrefour du pendu.

Quant ils arrivèrent, un homme les attendait déjà…

Robin : « Bien le bonjour mon ami. »

L’homme se retourna et lui sourit en s’avançant vers lui. Robin le serra dans ses bras.

L’homme : « Bonjour Robin. Comment te portes-tu ? »

Robin : « Bien comme tu peux le constater. »

Les deux hommes se séparèrent. Robin se tourna vers sa troupe.

Robin : « Les amis, je vous présente mon grand ami Andrew de Kent, fils du comte Georges de Kent. »

Toute la troupe le salua.

Andrew : « Bonjour, messieurs. Je suis ravi de faire la connaissance de ses célèbres hors-la-loi qui donnent du fil à retordre au Prince Jean et qui ravissent le Roi. »

Much : « Ah oui ? On est célèbres à Londres ? »

Robin, intrigué : « Parce que tu as eu des nouvelles du Roi ? »

Andrew, ignorant la question de Much : « Non, pas directement. Mais des hommes qui sont partis à la guerre avec mon père ont été gravement blessés et ont été renvoyés chez eux. Et c’est par eux que je sais que non seulement tu as sauvé le Roi en Terre Sainte mais aussi ici. Il t’a chargé de protéger son trône des visés de son frère. »

Allan : « Oui et croyez-moi c’est un boulot à plein temps ! »

Allan était mal placé pour faire ce genre de remarque puisqu’il avait, pendant un temps, déserté la cause à l’inverse de ses compagnons. Much allait lui en faire la remarque mais Petit Jean l’en empêcha en lui donnant un coup de coude.

Andrew : « Je veux bien vous croire les amis. Robin, si tu as besoin de moi n’hésite pas. Tu sais que tu peux compter sur moi. Mon frère et moi serons toujours à tes côtés pour défendre notre Roi. »

Robin, souriant : « Oui je sais. Tiens à propos, comment va James ? »

Andrew : « Oh il va bien. Il grandit… Pas assez vite à son goût mais il grandit. Nous venons de fêter son dix-huitième anniversaire. »

Robin : « Oh je suis sûr qu’il apportera sa contribution à notre cause un jour…. Quand il sera prêt. »

Andrew : « Oh mais selon lui, il est prêt ! Il voudrait déjà rejoindre père en Terre Sainte. »

Robin lui sourit puis plus bas : « En attendant, c’est à toi mon ami, à qui je demande de m’aider à servir notre Roi. »

Le coursier ne lui ayant pas dit ce que voulait Robin, au cas où il serait intercepté, Andrew fut intrigué. Robin lui tendit une boite.

Robin : « Tiens. Ce sont les coins monétaires appartenant à la couronne qui ont été volés à Londres. Je te charge de les remettre au Trésorier Royal. »

Andrew, sérieux : « Tu peux compter sur moi, Robin. Ils ne me quitteront pas jusqu’à mon arrivée à Londres. »

Robin : « Dans ce cas, tu devrais partir tout de suite. Des hommes peu recommandables les convoitent. »

Andrew se hissa sur son cheval : « Fais-moi confiance. Je pars immédiatement pour Londres. Dans quelques jours, ils seront en sûreté. »

Robin, lui souriant : « Je sais que je peux te faire confiance mon ami. »

Robin : « Much ? Vas voir si la voie est libre. »

Much partit se poster sur les hauteurs et lui fit un signe indiquant qu’il n’y avait personne en vue.

Robin : « Vas-y maintenant. La voie est libre. »

Robin serra chaleureusement le bras de son ami.

Robin : « Bonne chance et fais bien attention à toi mon ami. »

Andrew, reconnaissant : « Promis. »

Andrew talonna son cheval et s’adressant au reste de la bande : « A bientôt les amis. »

Le reste de la bande le salua. Robin le regarda s’éloigner en espérant qu’il ne lui arriverait rien d’ici jusqu’à Londres. Much, quant à lui, était resté sur la corniche et regardait partir Andrew. Mais un léger bruit se fit entendre sur le côté. Il se tourna et vit au loin, sur la route qu’avait empruntée Andrew, un homme qu’il n’eut aucun mal à reconnaître. Il se tourna vers ses compagnons.

Much : « MAÎTRE ! »

Toute la bande rejoignit Much en courant excepté Richard et Adrien encore un peu faibles.

Robin : « Qu’y-a-t-il Much ? »

Much : « Là-bas, regardez. »

Tous les regards se portèrent dans la direction indiquée par Much.

Un homme seul, plutôt petit et grassouillet, portant un sac sur l’épaule se dirigeait vers le nord. Visiblement, il semblait inquiet puisqu’il regardait sans cesse derrière lui pour voir si personne ne le suivait. Toute la bande reconnut Walter.

Will : « Apparemment, il a réussi à se sortir des griffes du shérif. »

Petit Jean plantant violement son bâton dans le sol : « Oui mais pas des nôtres ! »

Djaq s’approcha d’Allan qui resta silencieux et posa une main affectueuse sur son épaule.

Much : « On ne va pas le laisser sans sortir comme ça après tout ce qu’il a fait ? Maître ? »

Robin ne répondit pas tout de suite. Il tourna la tête vers Allan.

Robin doucement : « Allan ?... Veux-tu qu’on l’intercepte ? »

Allan prit son temps avant de répondre.

Finalement, Allan lâcha : « Non ! »

Much en colère : « Quoi ! Tu vas le laisser libre après tout ce qu’il t’a fait ? »

Petit Jean, sur le même ton : « Et à Richard et à Adrien ! »

Allan, résigné, regardant Walter s’éloigner : « A quoi bon ? Ce qui est fait est fait. De toute façon, on lui a prit tout ce qu’il chérissait au monde… Son argent ! »

Djaq : « Mais il pourrait recommencer. »

Allan, avec un léger sourire : « Je ne crois pas non. S’il retourne à Rochdale, les frères Witt vont lui faire payer sa défection. »

Will : « Il peut très bien recommencer ailleurs. »

Allan : « Avec quoi, l’argent que Robin lui a laissé ? Il va vite s’apercevoir que les pièces sont fausses ou bien il se fera arrêter tôt ou tard… Il n’aura alors que ce qu’il mérite. »

Robin mit une main sur l’épaule d’Allan : « Tu es sûr ?...Tu as bien réfléchi ? »

Allan, visiblement ému, força un sourire et hocha de la tête.

Much : « Mais Allan… »

Robin, le coupant : « Much ça suffit ! Allan a pris sa décision et nous devons la respecter. »

Much et Petit Jean ne répliquèrent pas mais visiblement, ils ne semblaient pas d’accord avec sa décision. Pour éviter une nouvelle altercation et échapper à son malaise, Allan reprit son entrain habituellement.

Allan : « Et puis nous avons mieux à faire aujourd’hui non ? »

Il pointa du doigt Adrien et Richard qui se tenaient l’un contre l’autre au bas de l’escarpement visiblement inquiets à l’idée que Walter soit toujours en liberté.

Robin : « Allan a raison. Nous devons nous occuper des enfants. »

Djaq s’approcha de Robin et tout bas, afin que les enfants ne l’entendent pas : « Robin ? Qu’est-ce que tu comptes faire d’eux ? » 

Robin, sur le même ton : « Je crois que nous n’avons pas le choix. Nous allons devoir les emmener à l’orphelinat de Locksley. »

Allan : « L’orphelinat ? »

Robin : « Oui. Ce n’est peut-être pas l’idéal mais c’est mieux que de les laisser livrer à eux-mêmes. Et puis ils ont besoin qu’on s’occuper d’eux en particulier Adrien. Et ainsi ils ne seront pas séparés. »

Allan : « Mais Richard pourrait s’occuper de son frère ? »

Will : « Oui mais où ? »

Allan : « Bah je ne sais pas… »

Robin, devinant les intentions d’Allan puisqu’il avait eu la même idée : « Ici avec nous ? »

Allan haussa les épaules : « Pourquoi pas ? »

Robin : « Ce n’est pas raisonnable. Adrien a besoin qu’on s’occupe de lui quotidiennement dans un environnement sécurisé. Et je ne crois pas que la forêt de Sherwood soit l’endroit le plus approprié. Et puis, ils y resteront jusqu’à ce qu’on leur trouve une bonne famille. Je crois que c’est le mieux que l’on puisse leur offrir. »

Ils prirent le temps de réfléchir aux arguments de Robin. Finalement, ils durent admettre qu’il n’avait pas tout à fait tort. Voyant que personne ne contestait plus sa décision, Robin, suivi de la bande, redescendit rejoindre les garçons afin de leur annoncer la nouvelle.


byoann  (21.01.2013 à 17:55)

Chapitre XXIV : « Robin !... Un visiteur sur la route du nord. »

 

En arrivant devant l’orphelinat, Richard plaça son frère devant lui et mit ses mains sur ses épaules.

Robin : « Vous verrez, vous serez en sécurité ici. On va bien s’occuper de vous. Et ne vous inquiétez plus pour Walter. Il est loin à présent. Il ne remettra plus les pieds ici. »

Comme s’il s’était préparé à la séparation, Richard essaya de masquer sa tristesse : « Nous vous remercions pour tout ce que vous avez fait pour nous Messire Robin. »

Mais il en était autrement pour Adrien qui baissa la tête et versa quelques larmes.

Robin : « Nous n’avons fait que ce que nous croyons être juste Richard. Bonne chance à toi. »

Il donna une poignée de main à Richard puis il s’agenouilla devant Adrien.

« Je sais que cela risque d’être un peu dur, au début, pour toi Adrien. Mais vous y serez bien. Et puis tu as toujours ton frère qui veille sur toi. »

Robin redressa la tête de l’enfant : « Et je serai toujours là, si toi ou ton frère avaient besoin de moi. Et on pourra continuer à se voir de temps à temps. »

Cela sembla rassurer le jeune garçon.

Adrien souriant : « C’est vrai ? »

Much, s’approchant : « Oui c’est vrai. J’aurai toujours besoin d’un petit coup de main pour préparer à manger à tout ce petit monde. »

Allan, s’approchant : « Hum pour préparer le repas c’est sûr ! Mais pas pour le manger ! »

Tout le monde se mit à rire sauf Much évidement.

Allan, plus sérieux, à Richard : « Je suis désolé de ce que mon père t’as fait endurer. » 

Richard : « Ce n’est pas de votre faute. »

Allan : « En tout cas, tu peux compter sur moi en cas de coup dur. Tu n’es pas seul. N’hésite pas à faire appel à moi, entendu ? »

Il lui tendit la main.

Richard, reconnaissant, lui serrant la main : « Entendu. »

Will, s’approchant également pour le saluer : « Tu peux compter sur nous tous ! »

Il lui serra également la main puis le reste de la bande vinrent les saluer chaleureusement. Robin fut le dernier à le faire tandis que les autres s’étaient déjà un peu éloignés. Robin était ému. Visiblement, il s’était attaché à eux. Il ébouriffa les cheveux d’Adrien et donna une dernière poignée de main à Richard.

Robin : « A très bientôt. »

Il fit un clin d’œil à Adrien.

Robin, s’éloignant : « Prends bien soin de ton frère. »

Richard : « Entendu. »

Puis il rejoignit le reste de la bande. Richard et Adrien resta à les regarder en les saluant de la main jusqu’à ce que Robin et ses compagnons disparaissent dans la forêt.

Adrien, ne quittant pas Robin des yeux : « Tu crois qu’on les reverra ? »

Richard : « J’en suis certain ! »

Quand Robin rejoignit ses compagnons, il était un peu mélancolique. Avant de disparaître dans la forêt, tous se tournèrent vers les enfants pour les saluer de la main une dernière fois. Une fois dans la forêt, les activités habituelles reprirent. A peine étaient-ils tous revenus au campement que l’alarme retentit.

Will : « Robin !... Un visiteur sur la route du nord. »

Much, soufflant : « Déjà ? Mais maître on vient à peine d’arriver. On ne pourrait pas se reposer un peu avant de remettre ça ? »

Robin, se préparant : « Non Much ! Tu pourras te reposer après.  N’oublie pas que, maintenant, on a deux bouches de plus à nourrir. »

Allan à Much : « Oui mais certaines sont plus gourmandes que d’autres ! »

Much, se préparant : « Qu’est-ce que cela veut dire, Allan ? »

Allan : « Oh rien. Mais j’ai remarqué que le garde-manger était déjà vide. Il va falloir faire les courses. Et pour ça, il faut de l’argent. »

Much : « Attends ! Tu sous-entends que c’est moi qui… »

Djaq : « Much ! Il te fait marcher. »

Allan : « Non pas du tout. J’essaie seulement de le motiver, c’est tout. »

Petit Jean : « Bon ça suffit. Allons-y sinon ils vont nous échapper ! »

Robin, souriant : « Petit Jean a raison… Suivez-moi ! »

Toute la bande suivit Robin vers le piège de la route du nord où tout avait commencé quelques jours plutôt. Qu’allaient-ils découvrir cette fois-ci ?

Allan : « Au fait, Will ! Tu paries sur quoi cette fois ? Un chariot ou un homme seul ? »

Toute la bande : « Tais-toi Allan ! »

 


byoann  (24.01.2013 à 08:40)

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