HypnoFanfics

Le pardon

Série : Robin Hood
Création : 19.08.2013 à 18h56
Auteur : byoann 
Statut : Terminée

« Cet épisode remplace les épisodes 12 et 13 de la saison 2 excepté qu’Edouard n’est pas mort, que Knighton n’a pas été réduit en cendres et que Gisborne ignore toujours l’identité du veilleur de nuit. » byoann 

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Chapitre XI

« Robin, donne la dague à Allan. »

orsqu’ils entrèrent dans la maison, ils trouvèrent Marianne allongée sur un lit près d’une cheminée éteinte. Robin et Djaq se précipitèrent à ces côtés.
Robin, pleurant de joie : « MARIANNE !... »

Tout le monde fut heureux et soulagé de la retrouver vivante. Cependant, elle paraissait extrêmement faible. Petit Jean, Much et Will se pressèrent au pied du lit. Robin s’agenouilla à sa gauche puis lui prit la main pendant que Djaq et Allan s’agenouillèrent à sa droite. En entendant l’arrivée de toute la bande, Marianne ouvrit légèrement les yeux.

Marianne, très faible : « Robin ?... »

Robin, pleurant de joie, baisa et serra sa main contre sa joue : « Oui, Marianne... Mon amour... C’est bien moi, Marianne... Ne t’inquiète pas… ça va aller, maintenant je suis là ! »

Marianne, fermant puis rouvrant les yeux : « Robin ? C’est bien toi ? »

Robin : « Oui... Oui… C’est moi ! »

Marianne tourna la tête du côté de Djaq et s’adressa à Allan.

Marianne, souriant faiblement : « Tu as réussi… à le prévenir… sans te faire tuer. »

Allan, doucement : « Je vous l’avais bien dit que je réussirais ! »

Djaq, s’inquiétant de la pâleur de Marianne, souhaita immédiatement commencer à la soigner.

Djaq : « Marianne, où avez-vous mal ? »

Marianne, d’une voix très faible : « Un peu partout mais surtout ici ! »

Se faisant, elle indiqua son ventre.

Allan : « Elle est tombée du haut des remparts mais sa chute a été amortie par des couvertures. »

Djaq : « Je vois. »

Allan : « Et puis Gisborne lui a tiré une flèche qui l'a atteinte à l’épaule droite. J’ai réussi à la lui retirer et je l’ai soigné avec l’onguent que tu m’avais donné. »

Tandis que toute l’équipe se regardait en s’interrogeant sur le fait que Djaq et Allan s’étaient vus en cachette, ce dernier défit un sac qui pendait à sa ceinture et le tendit à Djaq.

Djaq, examinant le contenu puis la blessure à l’épaule de Marianne : « Très bien... Tu as fait ce qu’il fallait. »

Le reste de l’équipe se regarda étonné par le comportement d’Allan. Seul Robin continua de le fixer des yeux avec colère mais il ne l’interrompit pas.

Allan : « Oui mais je n’ai pas pu faire de bandage. »

Djaq : « ça ne fait rien. Pour l’instant, ce linge seul suffira. Nous lui ferons un bandage plus tard. »

Allan : « En revanche, sa blessure au ventre est plus grave. J’y ai mis ton onguent cicatrisant mais cela n’a pas marché. Et c’est pour ça que je suis venu te chercher.»

Djaq passa de l’autre côté du lit et souleva le linge qu’Allan avait posé sur la blessure à défaut d’autre chose. Marianne grimaça de douleur.

Djaq : « Je suis désolée, Marianne. Je sais que cela vous fait mal mais je suis obligée. »

Robin serra davantage sa main et y déposa un baiser.

Robin, doucement : « Sois courageuse mon amour… Tu vas t’en sortir... Je sais que tu peux le faire. »

Djaq grimaça ce qui ne rassura pas le reste de l’équipe.

Much, très inquiet : « Elle va s’en sortir ?... N’est-ce pas ? »

Djaq, affairée auprès de Marianne : « En tout cas, on va tout faire pour. »

Petit Jean : « Djaq, de quoi as-tu besoin ? »

Djaq : « J’ai besoin que vous fassiez un feu. Il faut la garder bien au chaud et puis il me faut de l’eau chaude. »

Much : « Je vais faire du feu. »

Petit Jean : « Et moi, je vais ramener de l’eau. »

Will, ne voulant pas voir l’opération : « Et moi… Euh… Je vais monter la garde. »

Petit Jean fouilla la maison pour voir s’il ne restait pas un vieux seau qui traînait quelque part pour ramener l’eau. Il en trouva un et alla aux abreuvoirs de l’écurie pour le remplir. Après avoir allumé le feu, Much trouva dans la cuisine abandonnée un chaudron. Petit Jean y versa l’eau et le mit au dessus du feu qui commençait à crépiter dans la cheminée. Pendant ce temps, Djaq examina Marianne.

Djaq à Allan : « L’onguent que tu as utilisé n’a pas refermé tous les vaisseaux. »  

Allan : « Et j’en ai presque plus… Tu as de quoi en refaire ? »

Djaq : « On n’a pas le temps et puis de toute façon, il y a de forts risques que cela ne fonctionne pas. »

Robin, la voix étranglée par l’inquiétude : « Djaq, que vas-tu faire ? »

Djaq se releva et retira son manteau.

Djaq : « Nous allons devoir cautériser les tissus endommagés. »

Petit Jean : « Nous ? »

Djaq : « Oui, Allan et moi ! »

Much, surpris : « Quoi ?... Allan ? »

Allan, inquiet : « Comment ça Allan ? »

Petit jean, méfiant : « Djaq !... »

Djaq, l’interrompant : « Ecoutez ! Nous n’avons pas le temps de discuter. Petit Jean, tiens-la par les épaules et, toi, Much, par les jambes. Il faut éviter qu’elle ne bouge pendant l’opération. Robin… Soutiens-la… Elle va en avoir besoin. »

Petit Jean et Much regardèrent Robin pour avoir son assentiment. Robin hésita. Il regardait toujours méchamment Allan puis il se tourna vers Marianne.

Marianne lui serrant la main et esquissant un sourire : « Moi, j’ai confiance ! »

Allan, très inquiet : « Oui, mais pas moi ! »

En d’autres circonstances, cela aurait faire sourire tout le monde mais, là, l’heure était grave. Bien que la sollicitude de Marianne le touchait profondément, Allan ne s’en sentait pas capable. Il commença à défaillir.

Djaq, d’une voix ferme : « Allan ! J’ai vraiment besoin de toi !... Nous avons… besoin de toi ! »

Allan, inquiet : « Mais pourquoi tu ne la recouds pas avec du fil et une aiguille, tout simplement ? »

Djaq : « Parce que je n’ai pas les instruments qu’il faut et puis je ne suis pas chirurgien. »

Allan : « Ah !... Et pourquoi ne le fais-tu pas tout seule ? Tu n’as pas besoin de moi pour faire ça ! »

Djaq : « Parce que pendant que tu cautériseras la plaie, je retirerai tous les tissus abîmés puis je la nettoierai avec de l’eau claire. Je ne peux pas tout faire toute seule, Allan ! »

Allan, mort de peur, regarda Robin espérant que celui-ci s’y opposerait. Mais il n’en fit rien. Il ne répliqua pas et reporta son attention sur Marianne.

Robin : « Je suis là, Marianne… Sers ma main et hurle aussi fort que tu veux… D’accord ? »

Marianne acquiesça de la tête.

Robin : « Je sais que tu es courageuse… Et tu vas nous le prouver. »

Puisque Robin n’avait fait aucune objection, Djaq en déduisit qu’il était d’accord.

Djaq à Allan : « Mets-toi à l’aise et viens te laver les mains avec moi. »

Toujours mort de peur, Allan retira sa cape et s’approcha de Djaq. Celle-ci mit une dague sur le feu. Ils se lavèrent les mains avec le savon qu’elle avait apporté. Puis ils s’installèrent auprès de Marianne. Djaq se plaça à côté de Robin et Allan en face tandis que Petit Jean et Much se placèrent à la tête et au pied du lit.

Djaq à Robin : « Quand je te le dirais, passe la dague à Allan. »

Robin regarda Allan sans sourciller. Ce dernier n’en menait pas large. Mais ce n’était pas le regard haineux de Robin qui l’effrayait le plus, c’était ce qu’il s’apprêtait à faire. Petit Jean et Much n’étaient pas tranquilles non plus. En particulier Much.

Much : « On aurait dû aller chercher un vrai médecin. »

Allan : « Oh mais j’y ai pensé mais… Etant donné ce qui s’est passé la dernière fois… dans la grotte. J’ai préféré d’abord voir ça avec Djaq. »

Djaq : « De toute façon, nous n’avons plus le temps... Vous êtes tous prêts ? »

Tous hochèrent la tête même Allan qui essaya de se montrer courageux.

Djaq : « Robin, donne la dague à Allan. »

Robin prit délicatement la dague dont la lame avait rougi sur les braises et la tendit froidement à Allan sans prononcer un mot. Celui-ci la prit religieusement puis regarda Djaq.

Djaq : « Allez vas-y… Commence par là. »

Allan regarda d’abord l’endroit indiqué par Djaq puis Marianne. Celle-ci lui sourit légèrement. Il regarda tour à tour ses anciens compagnons. Tous attendaient qu’il le fasse. Il ne pouvait pas se défiler mais, faire du mal à Marianne, l’horrifiait. Toutefois devant le regard froid de Robin, il souffla un grand coup en levant les yeux au ciel.

Allan : « Priez pour nous seigneur ! »

Puis il appliqua la dague brulante sur la chair à vif de Marianne. Elle hurla de douleur en essayant de se débattre. Petit Jean et Much la retinrent de toutes leurs forces. Robin serra encore plus fort sa main et y déposa un baiser.

Robin, doucement : « Courage mon amour. »

Il lui caressa le front.

Allan, terrifié : « Non, je lui fais trop mal ! »

Djaq : « Allan, t’arrêtes pas ! Continue !... ALLEZ ! DEPECHE-TOI ! »

Petit Jean, maîtrisant Marianne : « ALLAN ! »

Allan le regarda quelques secondes puis voyant Marianne se torde de douleur, secoua la tête.

Allan : « Non. Non. Je ne peux pas ! »

Djaq, d’une voix ferme : « DEPECHE-TOI, ALLAN ! Plus tu attends plus elle souffre et plus elle risque de mourir. Alors VAS-Y ! »

Allan ne voulait pour rien au monde qu’elle meure. Alors il prit son courage à deux mains et recommença l’opération. La pauvre Marianne hurla jusqu’à ce que la douleur devienne si forte qu’elle s’évanouit.

Robin, inquiet : « Marianne ? »

Djaq, continuant de retirer les peaux mortes : « Elle est simplement évanouie. Ne t’inquiète pas. »

Remettant régulièrement la dague au feu, Allan continua méticuleusement son travail rendu plus facile par l’évanouissement de Marianne. Petit Jean et Much qui détournèrent la tête dès le commencement de l’intervention, désertèrent la table d’opération et retournèrent auprès de Will. Maintenant qu’elle était inconsciente, elle ne risquait plus trop de bouger. Au bout d’une heure et demie qui en paraissait trois, Djaq annonça que c’était terminé. Petit Jean, Much et Will s’empressèrent de les rejoindre pour avoir des nouvelles.

Much, inquiet mais plein d’espoir : « Elle va s’en sortir, n’est-ce pas ? »

Djaq, finissant de passer de l’eau sur la blessure : « Je ne sais pas. J’ai fait... [Elle regarda Allan en souriant, reconnaissante]… Nous avons fait de notre mieux. Maintenant cela dépend d’elle… et de ton dieu… Mais je pense que cela va aller. »

Robin : « Quand va-t-elle se réveiller ? »

Djaq : « Cela peut prendre plusieurs jours. »

Allan, voyant que son rôle de chirurgien était terminé, poussa un grand soupir de soulagement puis sans réfléchir, il balança, derrière lui, la dague encore chaude. Elle atterrit sur le plancher recouvert de paille dans un coin de la maison. Elle y mit le feu immédiatement.

Much, se précipitant pour aller l’éteindre : « Non, mais ça va pas bien, toi ? »

Allan, en sueur : « Oh je suis désolé, Much. Mais euh… Il faut euh… absolument que je sorte. »

Il se dirigea en titubant vers la sortie sous les regards admiratifs de Will et Djaq. Même Petit Jean n’essaya pas de le retenir. Ils furent impressionnés par ce qu’il venait d’accomplir. Il avait contribué à sauver l’une des leurs. A l’extérieur, Allan avisa les abreuvoirs et y plongea entièrement la tête. A l’intérieur, Djaq termina de faire le bandage de Marianne au ventre et à son épaule.

Djaq : « Nous devrions la laisser seule afin qu’elle se repose. »

Mais Robin refusa de lui lâcher la main.

Petit Jean, en regardant Much : « Tu as raison… Venez, sortons ! »

Much n’avait pas très envi de quitter son maître mais Petit Jean le prit par les épaules et le força à se diriger vers la sortie. Quand ils débouchèrent à l’extérieur, ils virent Allan la tête plongée dans l’abreuvoir.

Much à Djaq : « On devrait peut-être la ramener au camp, ce serait plus sûr ? »

Djaq : « Surtout pas ! Les saignements pourraient recommencer. Elle est déjà très affaiblie, cela risquerait de la tuer. »

Will : « Bon dans ce cas, on va installer un campement à l’extérieur pour laisser la maison à Robin et Marianne. Much, tu viens m’aider ? »

Much : « Et pourquoi on s’installerait pas dans la grange ou les écuries ? »

Djaq : « Non, je préférerais rester près de ma patiente cette nuit. »

Petit Jean : « Dans ce cas, je vais faire du feu ici. Much, va voir s’il reste du bois dans la grange. Will, apporte un peu de paille pour qu’on puisse dormir confortablement. »

Pendant que les hommes préparaient le campement, Djaq regarda en direction des écuries. Allan venait de replonger la tête dans l’abreuvoir. Finalement, il s’était très bien débrouillé. Elle était très fière de lui et elle voulut qu’il le sache. Djaq alla le rejoindre. Allan sortit la tête de l’eau quand elle le rejoignit.

Djaq : « Je suis fier de toi, Allan de Dale. »

Encore sous le coup de l’émotion, Allan, trempé, ne répondit pas.

Djaq, se plaçant devant Allan : « Tu lui as peut-être sauvé la vie. »

Allan, gêné, ne répondit toujours pas. Soudain, sa vision se troubla. La douleur à son épaule se fit plus vive. La pression due à l’intervention sur Marianne avait anesthésié sa douleur. Mais maintenant que la tension était redescendue, la douleur s’était réveillée.

Djaq, inquiète : « Allan, est-ce que ça va ? »

Allan, commençant à s’affaisser : « Ooooh noooon. Je crois que… Je ne me sens pas très bien. »

Djaq, hurlant à ses compagnons : « HE ! VENEZ M’AIDER ! »

Will arriva juste à temps pour aider Djaq à le soutenir car Allan s’effondra mais resta tout de même conscient. Djaq se rappela alors de sa blessure à l’épaule gauche. Ils le ramenèrent devant la maison.

Much, désapprouvant : « Je ne sais pas si Robin sera d’accord ! »

Djaq, affirmative : « Allan est blessé. Je dois le soigner. Je refuse de laisser un être humain souffrir quoiqu’il est fait !»

Elle commença à le soigner avec l’aide de Will.

Allan voulut se relever : « Much a raison. Si Robin me trouve encore ici… »

Djaq, le coupant fermement : « Ne bouge pas, Allan de Dale. Tu as été blessé à l’épaule. Je vais te soigner et tu partiras après ! »

Will, durement : « Fais ce qu’elle te dit ! »

Much et Petit Jean assistèrent à la scène. Ils semblèrent désapprouver mais ne l’empêchèrent pas. Robin sortit de la maison au même moment. Il jeta un coup d’œil du côté d’Allan. Il croisa le regard de Djaq, inquiète, de peur qu’il lui dise d’arrêter voire même qu’il s’en prenne à lui. Mais il ne dit rien et alla se rafraichir avec Much sur les talons lui demandant des nouvelles de Marianne. Quand il revint, elle interrompit ses soins.

Djaq : « Marianne dort toujours ? »

Robin, inquiet : « Oui ! »

Djaq, se voulant rassurante : « C’est bon signe. Tu sais cela peut durer plusieurs jours. »

Robin : « Je sais. »

Il s’assit avec le reste du groupe en face d’Allan. Celui-ci nerveux, n’osa pas le regarder dans les yeux d’autant plus que Djaq n’était pas très tendre avec lui.

Djaq : « Qu’est-ce que tu peux être douillet ? »

Habituellement, il aurait fait de l’humour mais il tenta plutôt de faire profil bas et se fit oublier. Robin regarda le feu qui se trouvait entre lui et Allan. Il était perdu dans ses pensées…

Il fut tiré de sa rêverie par les protestations d’Allan.

Allan : « Mais arrête, ça fait mal ça ! »

Djaq termina ses soins puis : « Ah les hommes ! Tous les mêmes ! De vraies poules mouillées. »

La remarque fit naître un léger sourire à l’équipe même à Robin. Puis elle se leva pour ranger ses affaires. Allan décida alors qu’il était temps pour lui de repartir. Quand il se leva, aidé de Will, il fut sujet, de nouveau, à des vertiges. Il se rassit aussitôt.

Djaq, le grondant : « Mais où comptes-tu aller comme ça, Allan de Dale. Tu as été blessé ! »

Allan, se rappelant qui l’avait blessé, et gêné : « Euh… Je dois rentrer. »

Encore plus embarrassé de devoir dire qu’il devait rentrer au château, il ne termina pas sa phrase mais tout le monde l’avait bien compris. Honteux, il baissa la tête.

Djaq, jouant les mères fouettardes : « Tu vas devoir attendre plusieurs heures. En attendant, tu vas manger ! »

Allan hésita mais il n’avait pas vraiment le choix. Il n’était pas assez en forme pour retourner au château surtout si Robin était décidé à le poursuivre pour le tuer. Mais il était très inquiet et, en même temps, ravi de devoir rester avec ses anciens compagnons. Il guetta discrètement la réaction de Robin. Ce dernier avait suivi l’échange mais n’avait pas réagi. Il semblait donner son accord à la proposition de Djaq.

Djaq : « Much ? Qu’est-ce que tu nous as fait de bon ? »

Much avait regardé dans le sac de provision qu’Allan avait ramené du château mais il ne contenait de la nourriture que pour une seule personne. Alors il préféra la garder pour Marianne. Par conséquent, il fut contraint de se débrouiller autrement.

Much : « Oh pas grand chose. Je suis allé demander de la nourriture au voisin d’à côté. Ils m’ont donné un petit peu de ragout. »

Will, outré : « Much, t’as pas osé quémander de la nourriture pour sept personnes à ses pauvres gens ? »

Much : « Non, pour six ! Pas pour sept ! »

Il se tourna vers Allan.

Much, gêné : « Ben je croyais pas que… Tu mangerais avec nous. »

Petit Jean : « Oh Much ! »

Will : « On ne te parlait pas de ça mais des pauvres gens ! »

Much : « Ben quoi ? On les nourrit toutes les semaines. Ils peuvent bien nous dépanner de temps en temps, non ? »

Mettant fin à la querelle, Robin, d’une voix calme et posée : « Tu as bien fait, mon ami ! »

Le repas se fit alors en silence. Un silence gêné dû à la présence d’Allan. Puis Robin le rompit en donnant ses ordres.

Robin, calme et résigné : « Je vais rester ici plusieurs jours… Jusqu’à ce que Marianne… »

Robin ne put terminer sa phrase alors, après un moment de silence, Much le fit à sa place.

Much : « …Jusqu’à ce que Marianne aille mieux. »

Robin, reconnaissant : « Oui, c’est ça. »

Will : « On reste avec toi, Robin. »

Robin, toujours calme : « Non. Non c’est gentil mais vous ne pouvez rien faire de plus. Par contre, les pauvres ont besoin de vous. Demain, il va falloir nous réapprovisionner en nourriture et en argent. J’aimerai que vous le fassiez sans moi. Petit Jean, je te redonne le flambeau. Après le repas, retournez au campement ! Vous y serez mieux pour vous reposer. »

Petit Jean, ferme : « Non, Robin. Nous allons rester ici. Tous ensembles. »

Will : « Petit Jean a raison. On ne peut pas te laisser tout seul ici sans défense. »

Djaq, inquiète autant pour Marianne que pour Allan : « Et puis je dois surveiller l’état de Marianne. »

La compassion de ses compagnons lui réchauffa le cœur. Il reporta son regard sur le foyer.

Robin, calmement : « Bien. Comme vous voulez. »

Allan suivit l’échange avec angoisse. Il ne voulait pour rien au monde se retrouver, seul, avec Robin surtout blessé comme il l’était. Car Robin semblait certes abattu mais il pourrait brutalement sorti de cet état surtout si Marianne venait à trépasser. Le repas se poursuivit dans le silence. La bande s’inquiéta de l’état étrangement calme de Robin en comparaison de celui dans lequel il était lors de l’exposition du corps du veilleur de nuit à Nottingham et surtout lors de son altercation avec Allan qui s’en suivit.

Le soir venu, ils décidèrent de rentrer à l’intérieur de la maison afin d’y passer la nuit. Allan se sentit trop faible pour pouvoir repartir au château. Marianne dormait à poings fermés. Robin et Djaq dormirent à ses côtés. Allan s’installa à côté de Will. Même pour une seule nuit, il était ravi d’être redevenu un des compagnons de Robin des bois. Il s’endormit paisiblement et ne fit aucun cauchemar cette nuit-là.

Au petit matin, après une nuit courte, Petit Jean fut le premier à se réveiller. Il ranimait le feu lorsque les autres se réveillèrent. Seuls, Marianne et Allan dormaient encore.

Much, essayant de ne pas parler trop fort : « Je vais voir si y’a des œufs dans les poulaillers des voisins… Pour le petit-déjeuner. »

Will, sur le même ton : « Je viens avec toi. Je fais chercher de l’eau. »

Djaq vérifia les blessures de Marianne puis s’adressa à Robin qui tenait toujours la main de sa bien-aimée.

Djaq : « Marianne dort paisiblement et ses plaies ne se sont pas remises à saigner. C’est plutôt encourageant. »

Robin leva sur elle un regard reconnaissant mais ne répliqua pas. Elle regarda ensuite la blessure d’Allan toujours endormi. Tout allait bien. Elle retourna alors s’assoir près de la cheminée pour prendre son petit déjeuner avec les autres. Much était revenu avec des œufs et Will avait mis de l’eau à chauffer. Après avoir préparé une omelette pour le petit-déjeuner, Much distribua les rations dans des récipients trouvés ici et là dans la maison. Le petit-déjeuner se passa dans un silence respectueux. Tout le monde avait une pensée pour Marianne qui se reposait à côté d’eux. Ils prièrent tous pour qu’elle guérisse rapidement. Robin était toujours très marqué par les évènements mais il n’en oublia pas pour autant sa mission. Il rompit le silence.

Robin : « Petit Jean ? Comme je l’ai dit hier soir, je te passe le flambeau. Il faut s’occuper du réapprovisionnement en nourriture et en argent dès aujourd’hui si on veut reprendre les livraisons prochainement.»

Petit Jean : « C’est entendu. Nous allons nous y atteler toute la journée mais nous reviendrons prendre les repas, ici, avec toi et Marianne. »

Djaq : « Je préfère rester auprès de Marianne. »

Robin : « C’est inutile. Je serais là… Cette fois-ci… Et puis je te préviendrais si quelque chose n’allait pas. »

Will : « Oui et de toute façon, nous reviendrons dans la matinée pour apporter quelques affaires. »

Djaq, toujours inquiète : « Et pour Allan ? Que comptes-tu faire ? »

Robin regarda le feu sans répondre.

Petit Jean, ferme : « Il va repartir pour le château. C’est là-bas sa place ! »

Déçue, Djaq ne répliqua pas tout de suite. Elle aurait espérer que Robin pardonne à Allan mais c’était sûrement encore trop tôt.

Finalement, elle demanda : « Robin, jure-moi que tu ne feras rien à Allan ? »

Celui-ci ne répondit toujours pas.

Djaq, insistante : « Robin… Promets-le-moi !... S’il te plait… Sans lui, Marianne serait morte à l’heure qu’il est. Je t’en prie, Robin. Promets-le-moi ! »

Robin regarda Djaq et les larmes aux yeux : « Je te le promets ! »

Djaq fut rassurée. La bande terminait son petit-déjeuner lorsqu’Allan se réveilla. Blessé et n’ayant jamais aussi bien dormi depuis longtemps, il avait sommeillé beaucoup plus longtemps que les autres. Il avait bien récupéré. Il se sentait en pleine forme, exception faite de cette petite douleur à l’épaule. Mais quand il voulut se lever, il fut pris d’un vertige et la douleur s’intensifia. Djaq alla le voir avec l’assiette de son petit-déjeuner.

Djaq : « Il faudra attendre quelques heures que ton corps se réveille. »

Allan : « Mais je me sens parfaitement réveillé, moi ! »

Djaq, en souriant : « Non, je veux dire que ton corps a été mis à dure épreuve et qu’il a besoin de temps pour reprendre ses habitudes. »

Allan : « Ah ! Et combien de temps ? »

Djaq : « Hum… Après ton petit déjeuner, tu te sentiras déjà beaucoup mieux mais, attention, cela ne veut pas dire que tu es guéri. Tu dois beaucoup te reposer pour que ta blessure cicatrise le plus rapidement possible. Mais tu pourras repartir… A pied. Evite de prendre le cheval pendant quelques temps. »

Allan, ironisant : « Ah ! Très bien docteur ! »

Djaq : « Tiens, voilà ton petit-déjeuner. »

Allan : « Merci. »

Djaq se releva pour partir mais Allan l’a retint.

Allan : « Djaq ? »

Djaq : « Oui ? »

Allan, reconnaissant : « Euh… Merci. »

Djaq : « Je sais. Tu me l’as déjà dit. »

Allan : « Euh non… Je ne parlais pas de mon assiette, je voulais te remercier de m’avoir soigné. »

Djaq : « De rien. »

Allan : « Et pour Marianne ? »

Djaq : « Elle est toujours endormie mais il n’y a pas de traces d’infection ni de saignements. »

Allan, plein d’espoir : « Alors elle va s’en sortir ? »

Djaq : « Je l’espère. »

Allan : « Et Robin ? Comment réagit-il ? »

Djaq : « Il fait face. » 

Cela ne rassura pas du tout Allan. Il entama son petit déjeuner en se promettant de quitter la bande le plus rapidement possible. Puis il se leva péniblement et réussit à se joindre au reste du groupe en se plaçant le plus loin possible de Robin qui était adossé à l’un des piliers de la cheminée en pierre. L’accueil fut glacial. Aucun bonjour et des regards fuyants. Seule Djaq le traita comme un ami même Will garda ses distances. Etant donné l’altercation qui a eu lieu entre les deux hommes, tout le monde se demandait comment Robin allait réagir.

Ne décochant pas un regard au nouveau venu, Robin s’adressant à la bande : « Vous devriez vous mettre en route dès maintenant. »

Petit Jean : « Oui, tu as raison. »

Ce dernier se mit debout indiquant aux autres qu’il était temps de partir. Chacun se leva. Djaq alla revoir Marianne une dernière fois avant de partir puis s’adressa à Allan.

Djaq : « Ne pars pas tout de suite. Je vais revenir dans deux heures à peu près. Je te ferais ton pansement et tu pourras repartir après. En attendant, laisse la plaie à l’air libre et repose-toi, d’accord ? »

Allan, dans sa tête : « Comment veux-tu que je me repose avec Robin qui veut me trancher la gorge ? »

Allan à Djaq, essayant de donner le change : « Euh… Oui d’accord ! »

Le groupe se dirigea alors vers la porte.

Avant de sortir, Djaq se retourna vers Robin : « N’oublie pas ta promesse, Robin ? »

Robin ne répondit pas et se contenta d’acquiescer de la tête. Much, le dernier du groupe, referma la porte derrière lui, les laissant seuls. Allan vit le groupe s’en aller avec angoisse. Les deux hommes étaient pratiquement face à face. Ils se regardèrent yeux dans les yeux un bref instant. Puis Allan finit par baisser les yeux. Un silence lourd et pesant s’installa entre les deux hommes. On entendait plus que le crépitement des flammes dans la cheminée.


byoann  (11.11.2013 à 21:00)

Chapitre XII

« Cet homme ne peut être le veilleur de nuit ! »

llan, se sentant de plus en plus mal à l’aise en présence de Robin, essaya de se relever mais il grimaça de douleur et se rassit aussitôt.

Robin, sans même le regarder, froidement : « Djaq t’a dit de rester tranquille ! »

Allan : « Tu ne veux pas de moi ici, n’est-ce-pas ? »

Robin, le fixant du regard : « Djaq t’a demandé de rester ici jusqu’à ce qu’elle revienne. Alors tu fais ce qu’elle te demande… et en silence ! »

Robin, reportant son regard sur le feu : « Tu ferais mieux de te reposer ! »

Allan, après un bref silence : « Tu ne me pardonneras jamais, n’est-ce pas ? »

Robin poussa un soupir d’agacement. Mais Allan continua.

Allan, en regardant en Marianne : « Pourtant je t’ai prouvé que je n’étais pas si mauvais et que je ne pourrais jamais faire de mal à Marianne… »

Furieux, Robin, le coupa brutalement et le fixant d’un regard noir : « MARIANNE !... [Puis se rappelant qu’elle dormait à côté d’eux, il baissa d’un ton]… Comment oses-tu me parler de Marianne !... Tu es responsable de son état ! »

Allan, interloqué : « Quoi ?... Mais je n’y suis pour rien. J’ai même essayé de la dissuader de… »

Robin : « C’est justement ça que je te reproche, Allan ! Jamais, elle ne se serait lancée dans cette folle aventure si elle n’avait pas trouvé quelqu’un pour la seconder… Marianne t’a fait confiance et voilà le résultat. »

Allan, le trouvant injuste : « Oh mais je n’y suis pour rien moi. Je lui ai simplement demandé un coup de main pour aider ces malheureux et… »

Robin, mécontent : « Ah parce qu’en plus, c’est toi qui à l’origine de cette stupide initiative ? »

Allan, sur la défensive : « Oui… Mais attends, que je t’explique… Moi, j’ai voulu qu’on te prévienne pour que tu nous aides à les libérer. Mais Marianne a dit que nous n’avions plus le temps car vous n’étiez déjà plus au... »

Robin, l’interrompant, sarcastique : « Mais toi, évidemment, tu étais déjà là, Allan… Au château… A travailler pour Gisborne ! »

Allan regarda Robin droit dans les yeux. Devant une telle mauvaise foi, toute tentative d’explications était peine perdue. Tout ce qu’il pourrait lui dire pour se justifier, Robin le retournerait contre lui. Alors il décida de se taire. Robin, satisfait d’avoir eu le dernier mot, reporta son attention sur le feu. Allan, extrêmement déçu par sa réaction, se coucha sur le sol et essaya de dormir. Il était résolu à repartir d’ici guéri ou pas dès que Djaq aura fait son bandage. Le silence envahit de nouveau la maisonnée mais les gémissements de Marianne vinrent le troubler.

Robin, prenant la main de Marianne : « Marianne ? »

Marianne ouvrit légèrement les yeux et grimaça de douleur. Allan s’approcha tout en restant à bonne distance.

Marianne, d’une voix faible : « Robin… Robin, j’ai mal. »

Robin : « Je sais mon amour… Je sais mais c’est bon signe… Cela veut dire que tu es entrain de guérir. »

Marianne sourit en fermant les yeux puis : « Alors dans ce cas je vais bientôt… pouvoir galoper sur… mon… cheval. »

La fin de sa phrase fut à peine audible car elle avait, de nouveau, perdu connaissance.

Robin, doucement : « Marianne ?... Marianne ? »

Il mit son oreille contre sa poitrine et constata, avec soulagement, qu’elle respirait encore.

Robin, apaisé : « Elle s’est juste rendormie. »

Allan, soulagé, retourna se coucher et réussit à se rendormir. Il fut réveillé une petit heure plus tard par l’arrivée du reste de la bande.

Djaq, inquiète de voir Allan allongé sur le dos : « Robin, est-ce que tout va bien ? »

Robin, regardant dans la même direction qu’elle : « Ne t’inquiète pas, il n’est qu’endormi ! »

Allan, les yeux lourds : « Mais non, je ne dors pas ! »

Djaq sourit devant son visage marqué par le sommeil. Elle se dirigea vers lui mais Robin lui prit soudainement la main au passage.

Robin : « Occupe-toi d’abord de Marianne ! Elle s’est réveillée quelques minutes puis elle s’est rendormie. »

Much : « Elle a dit quelque chose ? »

Robin : « Non, pas grand-chose. Elle n’est pas restée éveillée très longtemps. »

Djaq : « C’est normal. Elle a besoin de beaucoup de repos pour réparer tous les dégâts à l’intérieur de son corps. »

Elle s’agenouilla et nettoya ses blessures avec de l’eau claire et du savon. Elle refit ses bandages sous le regard très inquiet de Robin.

Djaq : « Ne t’inquiète pas. Marianne est forte et je suis sûre qu’elle va s’en sortir. Mais cela risque d’être très long. »

Robin, reprenant la main de sa belle entre les siennes : « Merci Djaq, pour tout ce que tu fais pour elle. »

Elle lui sourit puis se dirigea vers Allan.

Djaq : « Alors, comment te sens-tu ? »

Allan : « Beaucoup mieux. Merci Djaq. »

Djaq nettoya sa blessure et lui fit un bandage bien serré.

Allan : « Encore merci Djaq !... Mais je dois y aller à présent. »

Djaq : « Mais euh… Tu ne veux pas rester maintenant que euh… »

Allan, regardant Robin agenouillé près de Marianne : « Je ne crois pas que se soit une bonne idée… Et puis de toute façon, tout le monde n’est pas prêt à me pardonner ce que j’ai fait. »

Djaq : « Mais je peux lui parler, si tu veux ? Tu as sauvé Marianne ! Cela devrait compter. »

Allan, hésitant : « Euh… Non c’est inutile et puis… Je ne peux pas quitter le château comme ça. »

Djaq : « C’est à cause de l’argent ? »

Allan fut blessé par sa question car s’il ne voulait pas quitter le château, sur un coup de tête, ce n’était pas à cause de la solde que lui versait Gisborne mais c’était à cause d’Annie. Mais Robin et ses compagnons ignoraient son existence et Allan hésitait en leur en parler.

Allan, d’une voix hésitante : « Euh…Non… Ce n’est pas pour… ça ! »

Djaq, insistante : « Alors pourquoi ?... J’ai bien vu depuis hier que tu étais content d’être de nouveau parmi nous, n’est-ce pas ? »

Allan, lui souriant et embarrassé : « Euh… Oui… C’est vrai… Mais ce n’est pas aussi simple. Robin ne me pardonne pas pour ce que je lui ai fait et maintenant avec Marianne… »

Djaq : « Mais pour Marianne, tu n’y es pour rien ! »

Allan : « Ben va dire ça à Robin ! »

Djaq : « Je peux lui parler, tu sais ? »

Allan : « Non… Non et puis de toute façon c’est plus compliqué que ça… Le mieux c’est que je retourne au château… J’ai des choses y à faire ! »

Djaq, ne lâchant pas : « Quel genre de choses ? »

Allan soufflant puis : « Il faut que j’y retourne pour euh… pour… Pour justifier l’absence de Marianne et…pour préparer son retour quand elle ira mieux. Enfin, si elle décide d’y retourner. »

Djaq, peu convaincue : « Hein, hein ! »

Allan se leva, prit la direction de la porte puis se retourna vers ses anciens compagnons.

Allan, gêné : « Merci de m’avoir accueilli et de… Enfin, merci ! »

Robin ne le regarda même pas. Le reste du groupe fut embarrassé, ne sachant pas quoi répondre. Ils lui étaient reconnaissants d’avoir sauvé Marianne mais ils lui en voulaient encore pour sa défection. Devant leur embarras, Djaq fut la seule à prendre position, pour lui, ouvertement.

Djaq : « Allan, merci de m’avoir aidé à sauver Marianne. »

Les autres l’approuvèrent mollement et à voix basse puis Allan quitta la maisonnée et prit la direction du château.

 

Quand Allan arriva dans la cour du château, il y trouva Gisborne donnant des ordres à ses hommes.

Gisborne, voyant arriver Allan à pied : « Mais d’où est-ce que tu sors, toi ? »

Allan, désinvolte : « Oh moi ?... Ben j’ai… J’ai fait un petit tour d’inspection, très tôt, ce matin au cas où Robin aurait eu l’idée de venir voir le corps du veilleur de nuit. »

Un garde descendit les marches du château : « Monseigneur ! Le shérif demande à vous voir dans la chapelle. »

Gisborne : « J’arrive. »

Gisborne et Allan filèrent en direction de la chapelle du château.

Le corps du veilleur de nuit devant lui, le shérif, mécontent : « Alors Gisborne ? Est-ce que notre ami hors-la-loi est venu rendre visite à son petit-ami, hum ? »

Gisborne, embarrassé : « Il semblerait que non, Monseigneur ! »

Le shérif : « Alors qu’en concluez-vous ? »

Gisborne ne comprenant pas, le shérif arracha complètement le masque du veilleur de nuit.

Le shérif, affirmatif : « Cet homme ne peut être le veilleur de nuit ! »

Gisborne : « Mais pourtant Monseigneur, Allan m’a certifié que… »

Le shérif, le coupant et s’approchant d’Allan : « Et bien laissons votre petit protégé nous expliquer ça ! Voulez-vous ? »

Allan, sur la défensive : « Euh quoi ?… Expliquer quoi ? »

Le shérif, pointant du doigt le cadavre du veilleur de nuit : « Votre veilleur de nuit me paraît un peu trop… négligé pour un voleur qui s’enrichit en me prenant tout mon argent ! On pourrait presque le prendre pour un mendiant ! »

Allan : « Ben oui… Et alors ? »

Gisborne, craignant qu’Allan l’ait leurré, le regarda avec insistance. Allan, de plus en plus mal à l’aise, devait rapidement trouver une bonne explication. Pour paraître plus crédible, un bon mensonge devait parfois être teinté de vérité alors il décida de dire la vérité… Enfin en partie.

Allan : « Euh… Et ben en fait, c’en est un ! »

Le shérif et Gisborne : « Quoi ? »

« Ben oui… En fait, c’était plutôt malin de sa part, quand on y pense. C’est vrai… Réfléchissez ! Qui se soucie des mendiants, hein ? Est-ce que vous faites attention à leur présence ?... »

Allan, poursuivant : « … Non ! Ils réclament de l’argent à de riches passants toute la journée… Ainsi en étant l’un des leurs, il sait qui il doit voler en tant que veilleur de nuit. Et ensuite il sait aussi qui en a le plus besoin. Puisque étant lui-même un pauvre. »

Il se rapprocha du cadavre et le désigna du doigt…

« Par ailleurs, se déplaçant sans arrêt pour mendier, il peut écouter les conversations pour se renseigner, en toute discrétion, sans qu’on le remarque… » 

Allan, continuant : « … D’autre part, qui irait soupçonner un pauvre mendiant de distribuer de l’argent à d’autres pauvres, hein ?... J’ai pas raison ?... En tout quoi, moi, je n’y aurai jamais pensé ! »

Le shérif et Gisborne se regardèrent. Peu convaincu au début, ils durent admettre qu’il n’avait pas tout à fait tort. Finalement, le raisonnement d’Allan tenait la route et ils se laissèrent convaincre.

Le shérif : « Bien... Tu as peut-être raison. En tout cas, notre ami commun n’est pas venu ! »

Allan : « Oh à mon avis, il n’a pas voulu faire prendre de risque à ses hommes. Moi, je pense qu’il était présent, hier, lorsque vous avez présenté le corps à la foule. Alors, il a dû lui rendre un dernier hommage avec les autres dans la forêt. »

Le shérif : « Autrement dit, ce cadavre ne m’ait plus d’aucune utilité ? »

Allan, soulagé : « Oui, Monseigneur. »

Le shérif, se tournant vers Gisborne : « Votre petit protégé a raison. Débarrassez-moi de ce corps au plus vite ! »

Gisborne, se courbant : « Tout de suite, Monseigneur ! »

Le shérif retourna dans ses appartements. Allan s’apprêta à quitter la chapelle quand Gisborne l’interpella.

Gisborne : « Je croyais que tu craignais que Robin puisse venir le voir ? D’où ta petite visite d’inspection de ce matin très tôt. »

Allan, sur la défensive : « Oh euh… On n’est jamais trop prudent !... Il vaut mieux prévoir le pire. »

Gisborne, suspicieux : « Hein, hein ! »

Allan : « Avez-vous encore besoin de moi, Guy ? »

Gisborne : « Non… Non, je vais demander à deux de mes hommes de s’occuper du corps. Tu peux te retirer. »

Allan : « Merci, Guy ! »

Gisborne, toujours suspicieux : « Ah Allan !... Va donc te reposer dans ta chambre... Je vais avoir besoin de toi plus tard…Tu dois être… fatigué de t’être levé si tôt ? »

Allan, dissimulant son embarras : « Euh oui c’est vrai... J’y vais de ce pas ! »

Gisborne : « Oh !... Et je vais me rendre à Clun pour voir comment s’est passé la quarantaine. Je serais de retour pour le déjeuner… J’espère que tu seras bien reposé d’ici là ! »

Allan ne répondit pas. Il se contenta de le saluer de la tête et sortit de la pièce. Sur le chemin le conduisant à sa chambre, il accéléra le pas. Sa blessure à l’épaule le lançait de plus en plus. Il entra dans sa chambre avec soulagement. Il alla directement à sa commode et en retira une chemise et un pantalon propre qu’il déposa sur le lit et commença à se dévêtir. Il était trop occupé pour remarquer que quelqu’un l’espionnait de derrière les rideaux. L’espion ou plutôt l’espionne s’était cachée lorsqu’elle avait entendu des pas résonnés dans le couloir. Quand elle s’aperçut qu’il s’agissait d’Allan, elle s’apprêta à se montrer. Cependant quand il commença à se déshabiller, elle préféra l’observer pour profiter du spectacle. Mais lorsqu’il se retrouva torse nu et qu’elle vit le bandage à son épaule gauche, elle se précipita vers lui visiblement très inquiète.

L’espionne : « Mais tu es blessé ?

Allan sursauta puis se retourna : « Ah !... Annie ?...Mais tu m’as fait peur !... Mais qu’est-ce que tu fais ici ? »

Elle l’emmena s’assoir sur le lit tout en examinant son épaule.

Annie, regardant sa blessure : « Ben et toi, que t’est-il arrivé ? »

Allan : « Tu n’as pas répondu à ma question ! »

Annie, aussi têtue que lui : « Ben toi non plus, je te signale ! »

Elle prit une éponge et commença sa toilette en essayant de ne pas mouiller le pansement.

Allan voulut protester : « Hé ! Mais je peux très bien le faire moi-même. Je ne suis pas complétement impotent. C’est mon bras gauche qui est atteint pas le droit ! »

Annie, continuant de le laver : « Tttt Tttt Tttt. Laisse-moi faire et raconte-moi plutôt ce qu’il t’est arrivé. »

Allan, la taquinant : « Pas avant de m’avoir dit ce que tu fais dans ma chambre ! »

Annie lui leva brutalement le bras gauche.

Allan, grimaçant : « Aille ! »

Annie, feignant la surprise : « ça fait mal ? »

Allan : « Ben oui ! »

Annie, avec un petit sourire : « Tant mieux ! »

Allan la regarda avec insistance. Elle finit par céder.

Annie : « Je t’ai attendu hier soir. Nous devions passer la soirée ensemble si tu te souviens bien. Alors je me suis inquiétée… Et quand j’ai vu que ton lit n’était pas défait…. »

Allan, l’interrompit en souriant : « Tu as cru que j’étais avec une autre femme ! »

Annie souleva brutalement son bras gauche pour l’essuyer.

Allan, grimaçant : « Aille ! »

Annie, le fixant : « Non ! J’ai cru qu’il t’était arrivé quelque chose… [Elle avisa le bandage sur son épaule.]… Et apparemment, j’avais raison. »

Après avoir achevé de faire sa toilette, Annie se rassit à ses côtés.

Annie, inquiète : « Maintenant raconte-moi ce qui s’est passé ! »

Allan refusa de l’impliquer dans cette histoire. Il l’aimait beaucoup trop pour lui faire prendre un tel risque. Sa toilette étant terminée, il voulut se pencher pour prendre sa chemise mais Annie l’attrapa la première. Elle se leva, mit la chemise derrière son dos et se plaça devant lui.

Annie, le menaçant : « Tu resteras ainsi jusqu’à ce que tu m’aies dit ce qui s’est passé. »

Allan se levant et lui faisant face : « Hum !... Qu’est-ce que tu ne ferais pas pour me voir sans ma chemise ! »

Annie, mécontente, lui balança un méchant coup de poing dans l’estomac.

Allan, coupé en deux : « Hé !... Mais tu pourrais avoir un peu de compassion pour un grand blessé de guerre ! »

Annie, s’apprêtant à récidiver : « Allan ? »  

Allan, en lui prenant le poignet : « D’accord, d’accord, d’accord. Je me rends. »

Il lui déplaisait de devoir lui mentir mais il n’avait pas le choix.

Allan : « Je me suis blessé, hier,… en recherchant le veilleur de nuit dans… une grange… Cela te va ? »

Il n’attendit pas sa réponse et se pencha sur elle pour déposer un baiser sur ses lèvres. Tout en l’embrassant, il passa sa main derrière elle pour lui ravir sa chemise mais elle fut plus prompte que lui.

Annie, insatisfaite de sa réponse, se dégagea de son étreinte.

Annie : « Mais tu n’avais pas mal hier lorsque tu m’as rejointe dans les cuisines ? »

Allan, soufflant légèrement : « Mais c’est que… La douleur s’est réveillée bien plus tard… En fait, cela s’était infecté alors… j’ai décidé d’aller voir un médecin ! »

Annie, peu convaincue, se rapprocha de son bien-aimé et minaudant : « Et il t’a gardé toute la nuit ? »

Allan ouvrit la bouche pour répondre mais Gisborne entra dans la chambre, surpris de trouver Allan, à peine vêtu, avec une servante. Arrivant sur sa droite, Allan, surpris, tourna vivement la tête vers lui.

Gisborne, avec un sourire en coin : « Eh bien, moi qui te croyais entrain de te reposer ! »

Allan, gêné, se figea sur place. En restant ainsi, il dissimula à Gisborne son épaule gauche.

Allan, comme un enfant pris sur le fait : « Guy ? Euh… Elle… Elle m’aidait juste pour ma toilette, c’est tout ! »

Sur ce, Annie aida Allan en enfiler sa chemise en faisant bien attention à ce qu’il ne repère pas le bandage.

Annie : « Vous n’avez plus besoin de mes services, Messire Allan ? »

Allan, essayant de jouer les grands seigneurs : « Euh Non… Merci… Vous pouvez disposer ! »

Annie : « Bien, Messire. »

Elle se courba devant lui et devant Gisborne : « Monseigneur ! »

Puis Annie quitta la pièce. Gisborne, toujours le sourire en coin, lui répondit par un simple signe de tête. Il ne fut pas dupe et il ne manqua pas de le faire remarquer à Allan.

Gisborne : « Allez finis de t’habiller ! J’ai une mission à te confier. »

Gisborne repartit en direction de la porte puis il se retourna vers Allan.

Gisborne, sourire aux lèvres : « Oh, à propos…A l’avenir… Réserve ce genre de distraction pendant ton temps libre, veux-tu ? Je ne voudrais pas que tu sois distrait pendant les missions que je te confie. »

Allan, balbutiant : « Mais Guy… Je… Je… Je vous assure qu’elle m’aidait… juste… pour ma toilette. »

Gisborne tourna les talons mais une fois arrivé à la porte, il se retourna un sourire en coin et avant de franchir le seuil : « Ah oui ?... Alors je suis arrivé trop tôt… [Il regarda Allan en dessous de la ceinture]… Elle n’avait pas encore terminé son travail à ce que je vois ! »

Allan se pencha pour regarder son pantalon qu’il n’avait pas ôté pour faire sa toilette. Gisborne l’avait piégé. Heureusement, celui-ci ne voulait pas en savoir davantage et avait déjà quitté la pièce. Sinon, comment aurait-il pu se justifier ?... Soulagé, il finit de se rhabiller le plus rapidement possible et alla rejoindre Gisborne dans la cour du château.

Dans la cour du château de Nottingham…

Le shérif, impatient : « Mais bon sang que fait votre petit protégé, Gisborne ? »

Allan arriva au même moment.

Gisborne, assis sur son cheval, le sourire en coin : « Il faisait sa toilette, Monseigneur ! »

Le shérif, ne sachant pas quoi en penser, regarda Allan puis se tourna vers Gisborne.

Le shérif : « Oui… Bon et bien rapportez-moi de bonnes nouvelles de Clun, Gisborne ! Il en va de notre intérêt à tous les deux ! »

Sur ce, il retourna dans son bureau.

Gisborne : « Le shérif t’a confié une mission, Allan. Prends quelques hommes avec toi et escorte le convoi qui emmène le corps du veilleur de nuit jusqu’à la fosse commune. »

Allan : « Euh… Mais pourquoi ? Il ne risque plus de s’envoler à présent. »

Gisborne, d’accord avec lui, contraint : « Le shérif pense que Locksley pourrait vouloir l’enterrer dans une tombe. Et il ne voudrait pas qu’elle devienne un lieu de pèlerinage pour tous les coupeurs de bourse en herbe. Il ne veut pas qu’on en fasse un martyr. Alors, prends autant d’hommes que tu voudras et quadrille les villages environnants s’il le faut mais rien ne doit entraver l’enterrement du veilleur de nuit. »

Allan : « Oui, Guy. »

Sur ce, Gisborne, profitant de la relève, prit la direction de Clun afin de savoir si la quarantaine s’était bien passée. Allan prit une vingtaine d’hommes avec lui et devança l’escorte qui devait emmener le corps du veilleur de nuit jusqu’à la fosse commune à l’extérieur de la ville. En arrivant au cimetière de Nottingham à côté duquel se trouvait la fosse commune, Allan ordonna à cinq hommes de monter la garde au cimetière en attendant le corps du veilleur de nuit. Puis il divisa le reste de ses hommes en prenant bien soin d’en prévoir moins pour le village de Locksley et les dispersa dans les villages environnants. Il prit, évidemment, la tête du groupe allant à Locksley.

Arrivé sur les lieux, il envoya ses hommes dans des directions opposées à la ferme isolée dans laquelle se trouvait Robin, Marianne et les autres. Puis, s’assurant qu’aucun de ses hommes ne l’observait, il fonça rejoindre ses anciens compagnons.


byoann  (18.11.2013 à 09:30)

Chapitre XIII

« Il n’y a qu’Allan qui pourrait nous le dire ! »

orsqu’il entra en trombe dans la maison, ses occupants n’étaient pas surpris. Prévenus par Will de son arrivée, ils l’accueillirent plutôt froidement. Tous, à part Will, étaient rassemblés autour du lit. Allan se réjouit d’y trouver Marianne encore très faible mais réveillée. Djaq était entrain de l’examiner quand il entra.

Allan, agité : « Il faut qu’on s’en aille immédiatement ! Les hommes de Gisborne fouillent actuellement le village ! »

Much, ironique : « On ?... Les hommes de Gisborne, tu dis ?... Et toi, tu es quoi, Allan ? »

Allan, se rendant compte qu’il se prenait encore pour l’un des leurs, dut admettre que Much avait raison mais il fut quand même blessé par sa remarque.

Allan, se reprenant : « Euh oui bon. Vous devez retourner immédiatement au campement. Je couvrirai votre fuite. »

Much : « Toi ?... Par ce que tu crois qu’on a assez confiance en toi pour ça ? »

Allan, exaspéré par ces réflexions : « Tu veux peut-être t’en charger, Much ?... Et ben vas-y ! »

Allan, poursuivant : « … Allez ! Va leur expliquer toi-même qu’il ne faut pas qu’ils entrent ici et que c’est aussi normal que vous emmeniez un blessé en cachette dans la forêt. »

Petit Jean, agacé : « Bon, arrêtez tous les deux ! Ce n’est pas le moment !… Djaq ? Est-ce que Marianne peut être déplacée sans trop de risque ? »

Djaq : « Non, c’est encore trop tôt ! »

Marianne, d’une voix faible : « Mais je me sens beaucoup mieux. »

Djaq : « C’est parce que vous avez beaucoup dormi. Mais je crains que le voyage ne vous épuise et que votre blessure ne se remette à saigner. Elle commence seulement à se cicatriser… [Puis se tournant vers Robin]… Robin, c’est encore trop tôt ! »

Robin : « Très bien !... Djaq et moi nous restons ici. Vous autres, attirez-les le plus loin possible de la maison. »

Much : « Non, maître ! Je refuse de vous abandonner ici tout seul, une fois de plus ! Je reste ! »

Robin, sur un ton de reproche : « Much ! »

Allan : « Mais il y a des soldats dans tous les villages avoisinants… Le shérif craint que tu interviennes pendant l’enterrement du veilleur de nuit ! »

Marianne, surprise : « Mon enterrement ? »

Allan : « Oh ça serait trop long à vous expliquer ! »

Robin : « Bon, Much ! Tu… »

Il fut interrompu par des coups martelant la porte d’entrée.

Une voix derrière la porte : « Au nom du shérif de Nottingham, ouvrez la porte ! »

Toute la bande se figea dans le silence le plus total.

La voix, s’impatientant : « Ouvrez-la porte ! C’est un ordre du shérif ! »

Allan : « Vite ! Allez vous planquer ! »

Sur ce, il courut jusqu’à la porte et l’ouvrit. Le reste de la bande eut tout juste le temps de s’aplatir au sol ou sur les murs. Will, armé de sa hache, se faufila derrière la porte. Allan n’entrouvrit que légèrement la porte ne laissant de la place que pour lui.

Allan : « Euh… Salut les gars ! Alors ?…Quel bon vent vous amène ? »

Le garde, surpris : « Euh ben… Comme tu le sais, on a ordre de fouiller toutes les maisons. Et comme on a vu de la fumée sortir par la cheminée, alors on s’est dit que cette ferme était habitée. »

Le garde s’apprêtait à pénétrer à l’intérieur quand Allan s’avança dehors en refermant pratiquement la porte derrière lui empêchant ainsi les gardes d’entrer. Toute la bande retint son souffle.

Allan : « Euh Attendez… Ne fouillez pas celle-ci ! »

Le garde, soupçonneux : « Et pour quelles raisons ? »

Allan, embarrassé : « Ben c’est que euh… Vous voyez je ne suis pas seul… »

A l’intérieur de la maison, Much, à voix basse : « Je le savais ! »

Robin, sur le même ton : « Chut ! »

Much : « N’empêche que je le savais. Je le savais qu’il ne pourrait pas s’empêcher de nous trahir ! »

Robin : « Much ! Tais-toi ! »

Allan, dehors avec les gardes : «… Alors si vous entrez, vous risquez de l’effrayer… Et puis des hommes en armes ce n’est pas l’idéal pour détendre une damoiselle. Si vous voyez ce que je veux dire ! »

Le garde, souriant : « Ouais, je vois ! »

Allan : « Et puis s’il y avait des hors-la-loi ici, croyez-vous que je resterais là à bavarder avec eux… Non, il faut être sérieux. »

Le garde : « Oui, c’est sûr… Bon, je ne voudrais pas que ta donzelle refroidisse. »

Allan : « Hein ?... Euh oui… Merci, les gars ! »

L’autre garde : « Hé Peter ! On a fait du feu ici. »

Il s’était agenouillé à l’endroit où, la veille, la bande avait installé son campement. Le garde discutant avec Allan rejoignit son compagnon. Allan en profita pour fermer la porte derrière lui.

Allan : « Ah oui ! C’est moi !... J’ai invité mon amie à un petit dîner romantique au clair de lune hier au soir. »

Peter, sur un ton plutôt grivois : « Ha ! Ha ! Ha !... Et là, tu attaques le dessert ? »

Les gardes se mirent à rire. Allan, voulant donner le change, se joignit à eux. Will se posta à la fenêtre, entrouvrit le volet intérieur et observa la scène.

Petit Jean, à voix basse : « Alors, ils s’en vont ? »

Will, sur le même ton : « Non. Ils discutent avec Allan autour du feu de camp que nous avions fait hier. »

Much : « Moi, je vous dis qu’il va nous dénoncer ! »

Djaq : « Oh Much, ça suffit ! S’il avait voulu nous dénoncer, tu ne crois pas qu’il aurait laisser les gardes entrer dans la maison ? »

Will : « Djaq a raison ! »

Much : « Oh toi évidement quand il s’agit de Djaq ! T’es toujours d’accord avec elle ! »

Will : « Qu’est ce que tu veux dire par là ? »

Petit Jean : « Oh ça va ! C’est pas le moment !... Will s’en est où dehors ? »

Will reporta son attention sur Allan et les gardes.

Will : « ça y est, ils s’en vont. Allan revient ! »

Allan réapparut et ferma la porte derrière lui.

Allan, soulagé : « ça y est ! Ils sont partis. On est tranquille pour un bon bout de temps. »

Djaq : « Oui et c’est grâce à toi ! »

Will mit la main sur l’épaule d’Allan et reconnaissant : « Oui, merci vieux ! »

Allan, touché par son geste : « Oh mais y a pas de quoi ! »

 Puis il se dirigea vers Marianne.

Allan : « Alors Marianne, comment vous sentez-vous ? »

Marianne, reconnaissante : « Beaucoup mieux merci et c’est grâce à toi. »

Allan : « Oh moi je n’ai pas fait grand-chose. Je suis juste allé chercher Djaq…Oh ! A ce propos… »

Il fouilla dans sa poche et sortit la bague de fiançailles que Marianne lui avait donnée.

Allan : « Tenez ! Je vous la rends. Je n’en ai plus besoin. »

Marianne : « Oh merci. Elle t’a quand même était utile ? »

Allan, embarrassé : « Euh… Non pas vraiment ! »

Marianne, voulant en savoir plus, chercha à se redresser mais, se faisant, elle gémit de douleur.

Robin : « Marianne ? »

Marianne : « Non, c’est rien. Je veux juste essayer de m’asseoir. Mais j’ai mal partout ! »

Much : « Ce n’est pas étonnant après ce qu’il vous est arrivé ! »

Marianne : « Que m’est-il arrivé exactement ? »

Robin : « Tu n’en sais rien ? »

Marianne, essayant de réfléchir : « Euh et bien… tout ce que je me rappelle c’est que je me battais contre les hommes de Gisborne sur les remparts… »

Marianne, poursuivant : « … Un des gardes m’a planté son épée dans le ventre… Et puis quelque chose m’a percuté à l’épaule et… Après je vois juste Allan penché sur moi et ensuite plus rien… C’est le noir complet. Quand j’ai repris mes esprits, j’étais allongée ici sur ce lit. »

Much, sans délicatesse : « Vous êtes tombé du haut des remparts. »

Djaq : « Oui et c’est même étonnant que vous ne soyez pas plus gravement blessée. Vous êtes couvertes d’ecchymoses et vous avez même quelques côtes de fêlées mais rien de bien sérieux… à part vos blessures à l’abdomen et à l’épaule, évidement. Normalement à cette hauteur-là et en étant sérieusement blessée vous auriez dû être… »

Djaq n’osant pas terminer sa phrase, Robin s’en chargea.

Robin, triste : « …morte ! »

Much : « D’ailleurs, on vous a tous cru morte ! »

Marianne, étonnée : « Mais alors comment se fait-il que je sois ici ?... Qu’est-ce qui s’est passé ? » 

Djaq : « Il n’y a qu’Allan qui pourrait nous le dire ! »

Marianne, surprise : « Allan ? »

Allan : « Oh mais cela serait trop long à vous expliquer. Le plus important, c’est que vous alliez bien maintenant. »

Marianne : « Oh s’il te plaît, Allan ! J’aimerais savoir ce qui s’est passé ! Ai-je au moins réussi à éviter la potence à ces malheureux ? »

Allan : « Oh ben ça oui. Vous avez même réussi à éviter la potence à bien d’autres également puisque vous l’avez pratiquement réduite en cendres. »

Marianne sourit puis : « Alors que s’est-il passé ensuite ? »

Allan regarda Robin afin d’obtenir son assentiment. Celui-ci, tenant toujours la main de Marianne, acquiesça de la tête. Comme il savait qu’il en avait pour un bout de temps à tout raconter, il s’assit sur le sol au pied du lit de Marianne. Les autres s’installèrent en demi-cercle allant d’Allan jusqu’à Robin.

Allan : « Lorsque vous avez tiré vos flèches enflammées et que la potence a commencé à prendre feu, l’un des bourreaux a essayé d’éteindre l’incendie. Mais au lieu de ça, il a mit le feu à une charrette. Le cheval s’est cabré et a causé une pagaille d’enfer dans la cour. Quand Gisborne a fait ouvrir les portes de la cour pour aller à votre poursuite, le cheval s’est enfui. Les prisonniers en ont profité pour ce faire la malle… »

Much, ravi : « Ouais, bravo Marianne ! Cela avait l’air d’être marrant. J’aurais bien voulu voir la tête du shérif à ce moment-là ! »

Marianne, souriant : « Bon et bien, au moins, les prisonniers sont sains et saufs ». »

Allan : « Ouais… Mais ensuite votre cheval s’est cabré et vous vous êtes retrouvée coincée sur les remparts par trois des gardes de Gisborne… »

Marianne : « Ouais ça je m’en souviens... L’un deux m’a blessé et ensuite j’ai été percutée par quelque chose. »

Allan : « … C’était une flèche tirée par Gisborne. J’ai essayé de l’en empêcher mais… »

Much, désagréable : « Ah oui ? Et en faisant quoi ? »

Robin, sur un ton de reproche : « Much ! »

Allan : « En lui lançant une pomme que j’ai trouvé sur un étal à proximité mais j’ai pas été assez rapide. Cela n’a fait que dévier la flèche. Ensuite, en vous percutant, la flèche vous avez fait perdre l’équilibre et vous êtes tombé de l’autre côté… Je ne sais pas ce qui s’est réellement passé de l’autre côté mais je pense que les mendiants qui vivent au pied des remparts, ont vu votre combat avec les gardes et comme vous les avez souvent aidé, ils vous ont aidé à leur tour. Ils ont dû entasser toutes les couvertures qu’ils avaient là, au dessous de l’endroit où vous étiez coincés et quand vous êtes tombé… »

Marianne, attentive : « Les couvertures ont amorties ma chute ! »

Allan : « Oui, c’est ce que je pense car quand nous sommes arrivés, Gisborne et moi, sur le pont, vous n’y étiez plus là et je peux vous dire que j’étais mort de trouille. Et c’est là que Gisborne nous a ordonné de vous retrouver… »

*******

La veille, à la porte d’entrée de la ville de Nottingham…

Gisborne, à ses hommes : « Dispersez-vous et retrouvez-moi son corps ! »

Il se tourna vers la ville s’apprêtant à se retirer quand il s’arrêta devant Allan.

Gisborne, contrarié : « Et ne reviens pas tant que tu n’auras pas réussi à retrouver son corps. »

Allan, machinalement : « Entendu Guy ! »

Pendant que Gisborne retournait auprès du shérif afin de lui raconter ce qui s’était passé, les soldats s’éparpillèrent pour chercher le veilleur de nuit. Allan, revivant toujours la chute de Marianne, scruta machinalement la zone près du pont où il se trouvait. Il aperçut alors dissimulé par de hautes herbes et des détritus, au pied du mur, le corps d’un individu allongé sur le ventre. Plein d’espoir, il voulut vérifier si c’était vraiment celle qu’il cherchait. Il descendit du pont et s’approcha du corps mais un garde, croyant qu’il avait repéré l’individu recherché, vint lui porter main forte.

Allan : « Va plutôt par là. Il est tombé de ce créneau… [Il pointa du doigt un créneau éloigné de la porte d’entrée de la ville]… A mon avis, il est parti plus au sud… Peut-être même qu’il a réussi à atteindre un de ces villages là-bas… [Il pointa du doigt des villages au loin vers le sud]. »

Le garde obtempéra laissant Allan, seul, plein d’espoir. Quelques mendiants essayèrent de l’empêcher d’approcher. Mais tellement pressé de vérifier son hypothèse, il sortit son épée et les menaça de les embrocher. Finalement, ils le laissèrent passer. Le cœur battant la chamade, Allan s’agenouilla et retourna le corps. Mais hélas, c’était le cadavre d’un homme, probablement un mendiant, d’une quarantaine d’année, décédé peu de temps auparavant. Extrêmement déçu, il allait remonter sur le pont quand il entendit de tous petits gémissements. Se fiant à ses oreilles, il se dirigea vers un tas de couverture caché sous le pont où il se trouvait tout à l’heure. Il retira la première d’entre elles et découvrit Marianne à demi consciente. Du sang s’échappait de ses blessures à l’épaule et à l’abdomen.

Allan, tout bas, se penchant sur elle : « Oh mon dieu non !... Marianne !... Marianne ! »

Il vérifia son pouls. Il était très faible. Il regarda autour de lui en cherchant le moyen de la sortir de là. Puis il s’adressa à un mendiant proche de lui.

Allan : « Bon, écoutez-moi ! Je suis avec lui. Je vais aller chercher une charrette pour le transporter ailleurs. En attendant, veuillez bien sur lui. Entendu ? »

Le mendiant acquiesça de la tête. Allan recouvra correctement Marianne juste à temps. Un garde approcha.

Le garde : « Nous n’avons rien trouvé, Messire Allan. »

Allan : « Bon ben euh… Emmenez vos hommes dans les villages par là-bas. »

Il pointa du doigt les villages se trouvant plus au sud, projetant d’emmener Marianne à l’Est vers Locksley. Les gardes obéirent sur le champ et partirent chercher leurs chevaux afin de se lancer à la poursuite du veilleur de nuit. Allan les accompagna jusqu’à l’entrée de la ville puis il s’adressa à un des commerçants de Nottingham qu’il savait proche de Robin.

Allan : « Ecoute, Wayne ! J’ai besoin de ta charrette mais je ne peux pas te dire pourquoi. »

Wayne : « Hé ! Mais je te reconnais, toi ! Tu étais avec Robin... [Il regarda Allan de la tête au pied]… Mais maintenant, tu travailles pour Gisborne. Jamais je n’aiderais l’un de ses sbires. »

Allan encaissa le coup mais ne lui en tint pas rigueur : « Ecoute, je peux te payer mais pas tout de suite. Je dois emmener un ami loin de Gisborne et de ses sbires, comme tu dis. C’est très important. C’est une question de vie ou de mort. »

Wayne : « Loin de Gisborne ?... C’est un ennemi de Gisborne ? »

Allan : « Oui, c’est même un ami de Robin des bois ! »

Wayne, soupçonneux : «Et depuis quand les suppôts de Gisborne aident-ils les amis de Robin des bois ? »

Allan, exaspéré de perdre ainsi un temps précieux : « Bon écoute, je n’ai vraiment pas le temps de t’expliquer. Veux-tu m’aider oui ou non ? » 

Wayne, toujours méfiant : « C’est d’accord mais je viens avec toi ! »

Allan : « Cela peut être très dangereux si nous sommes découverts ! »

Wayne : « Si c’est pour aider un ami de Robin des bois, j’en prends le risque. Cet homme m’a sauvé, ma famille et moi, de la famine. Je lui dois la vie. »

Allan : « Bon, très bien. Allons-y ! »

L’homme déchargea rapidement les quelques paniers qui se trouvaient encore dans sa charrette puis partit avec Allan à la sortie de la ville. Ils descendirent en direction du tas de couvertures se trouvant sous le pont.

Wayne, toujours méfiant : « Ben où est-il, ton ami ? »

Allan, soulevant une des couvertures, montrant le visage masqué du veilleur de nuit : « Il est là ! »

Wayne : « Oh mince ! Mais c’est… »

Alla, l’interrompant : « Chut !... Oui, c’est lui ! Alors ? Toujours décider à m’aider ? »

Wayne, rassuré : « Et comment ! Plus que jamais ! »

Les deux hommes décidèrent de laisser Marianne dans les couvertures et de transporter le tas de couvertures dans le chariot. Ils étaient pratiquement sortis de la fosse aux mendiants quand la patrouille qu’Allan commandait passa sur le pont pour aller fouiller les villages du sud.

Un des soldats, ne pouvant pas voir Allan derrière le tas de couvertures : « Hé là ? Que faites-vous avec ses couvertures ? »

Wayne : « Euh… Nous les avons ramassées… Elles étaient tombées de mon chariot, Messire. »

Le garde : « Ah d’accord ! Mais ne restez pas trop longtemps… Vous bloquez le passage. »

Wayne : « Oui, Messire. »

Le garde : « En avant, vous autres ! »

Les soldats repartirent au galop vers les villages au sud de Nottingham. Allan et Wayne déposèrent le tas de couvertures dans le chariot. Allan vérifia que Marianne n’avait pas été étouffée par les couvertures. Non, elle respirait encore. Soulagé, il monta à côté du commerçant et se dirigea vers Locksley. Il connaissait une vieille ferme abandonnée un peu à l’écart du village. Il y venait souvent s’y réfugier pour échapper aux soldats lorsqu’il braconnait dans les bois avoisinants. Ils déposèrent Marianne toujours enveloppée dans les couvertures sur le sol pendant qu’ils remettaient sur pied un vieux lit qui traînait encore au fond de la pièce puis ils s’y installèrent Marianne le plus confortablement possible.

Allan à Wayne : « Je te remercie l’ami. »

Wayne : « De rien… Mais il a l’air très mal en point. Tu veux que j’aille te chercher un docteur ? »

Allan, se souvenant de la fois où Marianne avait été trahie par un docteur à la solde de Gisborne, ne préféra pas prendre de risque.

Allan : « Non… Ne t’inquiète pas. Je vais m’en occuper. Tu peux retourner à Nottingham à présent. Et n’en parle à personne. Je peux compter sur toi ? »

Wayne : « Bien sûr que tu peux compter sur moi…. Et si t’as besoin de quoi que ce soit, n’hésite pas. »

Allan : « D’accord, je m’en souviendrai ! »

Le commerçant sortit de la maison et repartit avec sa charrette à Nottingham. A ce moment-là, Marianne reprit connaissance. Elle commença par gémir de douleur puis ouvrit les yeux.

Marianne, d’une voix faible : « Mais où suis-je ? »

Allan : « Vous êtes à Locksley ! »

Marianne : « Allan ?... Mais qu’est-ce qui s’est passé ?... J’ai mal partout. »

Allan : « Vous avez été gravement blessé. Je dois vous retirer vos vêtements afin que je puisse vous soigner. »

Marianne : « Quoi ?... Il n’en est pas question ! »

Allan : « On n’a pas le temps de discuter. Vous avez perdu beaucoup de sang. »

Il commença par lui retirer sa cape et son plastron. Il allait lui enlever son pantalon mais elle insista pour le faire elle-même. Luttant contre la douleur qui lui tiraillait le ventre et l’épaule, elle ôta son pantalon et se couvrit avec une couverture tandis qu’Allan lui avait retiré ses chaussures. Cette opération avait complétement épuisé Marianne.

Allan : « Montrez-moi votre épaule. Je vais vous soigner avec ça. »

Marianne : « Est-ce que tu es sûr… de savoir ce que… tu fais ? »

Allan, désinvolte : « Ben oui ! »

Marianne souleva la partie de la couverture couvrant son épaule. Mais épuisée, elle sombra dans l’inconscience. Allan prit l’eau qui restait dans sa gourde constamment accrochée à sa taille et nettoya la plaie avant de lui appliquer l’onguent cicatrisant que Djaq lui avait donnait lorsqu’ils s’étaient vus à Clun. Puis il déchira un bout de la cape de Marianne et s’en servit comme pansement. Il fit la même opération pour la blessure à l’abdomen. Ensuite, il la couvrit convenablement avec les couvertures ramenées de la fosse aux mendiants. Puis, il s’assit en essayant de récupérer un peu. Il se remémora tout se qui s’était passé durant cette longue journée et elle n’était pas finie. Au bout de trois quart d’heure, Marianne reprit de nouveau connaissance.

Allan, doucement : « Marianne ?... Marianne ? »

Marianne, d’une voix faible : « Oui ? »

Allan : « Je ne peux pas rester ici plus longtemps. Je dois absolument retourner au château… Je dois vous laisser ici toute seule mais je vais revenir. Je vous le promets… avec des vivres et des médicaments. Ne vous inquiétez pas, ça va aller. »

En réalité, Allan était très inquiet mais il ne le montra. Si Marianne venait à mourir, Robin ne s’en remettrait jamais et lui en imputerait l’entière responsabilité. Marianne prononça des paroles inaudibles avant de replonger dans l’inconscience. Mais Allan ne pouvait plus attendre. Il devait absolument mettre en œuvre son plan pour que les hommes du shérif arrêtent de rechercher le veilleur de nuit définitivement et ainsi sauver Marianne d’une chasse à l’homme. Il prit les affaires du veilleur de nuit et repartit discrètement pour Nottingham.

En arrivant en ville, il repassa voir Wayne, le commerçant, qui l’avait aidé à transporter Marianne. Il le convainquit de lui prêter de nouveau sa charrette. Cette fois-ci, l’homme lui fit entièrement confiance puisqu’Allan avait aidé le veilleur de nuit. Il lui obéit sans poser de questions quand Allan lui demanda de récupérer le corps du mendiant qu’il avait vu quelques heures plus tôt dans la fosse aux mendiants lorsqu’il cherchait Marianne. L’homme partit chercher le cadavre avec sa charrette.

Allan à lui-même : « Pourvu qu’il y soit encore ! »

Finalement, un quart d’heure plus tard, Wayne revint avec le corps du mendiant dans sa charrette. Allan l’habilla avec les habits du veilleur de nuit. Ils étaient un peu trop grands pour lui car, étant mendiant, le pauvre homme ne mangeait pas souvent à sa faim. Mais une fois allongé dans la charrette, cela ne se voyait pas trop.

Allan à Wayne : « T’inquiète pas, je te rapporterai ta charrette bientôt ! »

Le commerçant donnant une claque amical dans le dos d’Allan : « Ne t’en fais pas pour ça, l’ami ! »

Puis Allan prit le chemin du château en transportant le corps du faux veilleur de nuit derrière lui.

*******

Dans la maison abandonnée de Locksley…

Allan : « … Puis ensuite vous savez ce qui s’est passé. »

Marianne : « Non. Pas moi. Racontez-moi ! »

Much : « Oh ben Allan a amené le corps du veilleur de nuit dans la cour du château et la exposa à la foule. Et tout le monde a cru que c’était vous. »

Marianne : « Et le shérif a marché ? »

Allan : « Ouais… Enfin il a eu un petit doute quand Robin n’est pas venu récupérer le corps mais j’ai réussi à le convaincre. »

Much : « Ouais c’est sûr ! Pour ça, tu es très fort ! »

Allan ne répliqua pas, se contentant de baisser la tête.

Djaq : « N’empêche que sans lui, Marianne serait probablement morte à l’heure qu’il est ! »

Much : « Oui mais c’est toi qui l’a soigné ! »

Will, venant au secours de Djaq : « Parce qu’Allan est venu demander de l’aide à Djaq ! »

Marianne, regardant Allan : « Et je t’en suis infiniment reconnaissante… [Puis en regardant Robin]… »

« …Cela n’a pas dû être simple te connaissant ! »

Allan regarda Robin puis, gêné, détourna son regard : « Oh non… Cela n’a pas été sans quelques difficultés. Mais quand je suis revenu du château avec les provisions, votre état avait empiré… »

*******

La veille, dans la ferme abandonnée…

Allan, refermant la porte derrière lui : « Marianne ? »

Portant son sac de provision sur l’épaule, il s’arrêta au pied du lit.

Allan : « Marianne ?... Marianne ? »

Il déposa son sac au sol, s’agenouilla près d’elle et la secoua légèrement. 

Allan : « Marianne ? »

Marianne se réveilla en gémissant.

Marianne, d’une voix faible : « Oui ? »

Allan : « C’est moi. Je suis revenu vous apporter à manger. »

Marianne, fermant les yeux : « Non merci, je n’ai pas faim. »

Allan : « Non, non, non. Ne fermez pas les yeux… Regardez-moi… Il faut que vous mangiez un peu pour reprendre des forces. »

Mais Marianne avait beaucoup de mal à garder les yeux ouverts. Il décida de vérifier l’état de ses blessures. Il commença par celle à l’épaule. Celle-ci semblait en bonne voie.

Allan : « Marianne ? Laissez-moi regarder votre blessure au ventre. Vous voulez bien ? »

Marianne n’émettant aucune objection, Allan prit cela pour un assentiment. Il souleva la couverture et découvrit que la plaie s’était rouverte et elle avait beaucoup saigné.

Allan : « Oh non ! »

Marianne : « Quoi ? C’est mauvais ? »

Allan, essayant de masquer son inquiétude : « Oh euh… Ce n’est pas très bon signe ! »

Allan essaya de réfléchir aux solutions qui lui restaient. En réalité, il n’y en avait pas trente-six.

Allan, dans sa tête : « Il faut que j’aille chercher Djaq ! »

Il n’avait plus le choix. Il ne pouvait pas aller chercher un médecin au risque que celui-ci ne les dénonce à Gisborne comme c’était déjà arrivé par le passé. Il ne restait plus que Djaq. Elle représentait la dernière chance de survie de Marianne. Mais comment arriver jusqu’à elle sans se faire tuer par Robin ?

Allan : « Marianne ?... Je vais aller au camp chercher Djaq ! »

Marianne : « Oh la... Cela doit aller très mal… pour que tu veuilles aller jusqu’au campement de Robin... Tu sais ce qu’il risque de te faire… s’il te trouve dans son repère ? »

Allan : « Oui, je sais mais je dois prendre ce risque pour vous !... A près tout, je n’ai pas oublié que je vous devais la vie. »

Marianne fut très touchée. Il n’avait pas oublié. Allan avait finalement raison quand il disait qu’il n’était pas si mauvais. Marianne, surmontant la douleur, leva la tête et enleva le collier qu’elle portait autour du cou et le tendit à Allan.

Marianne : « Tiens. Prends ça !... C’est la bague de fiançailles que Robin m’avait offerte. Je la porte toujours sur moi quand je suis le veilleur de nuit pour me porter chance… Cela n’a pas vraiment bien marché cette fois ! »

Allan, prenant la bague : « Moi, je dirais au contraire… Elle a bien marché puisque vous êtes toujours parmi nous ! »

Marianne, reconnaissante, lui sourit.

Marianne, d’une voix faible : « Prends-la et montre-la à Robin si tu le rencontres… Je suis sûre qu’il l’a reconnaitra. »

Allan, voyant l’état de Marianne s’empirer : « D’accord… Merci. Je pars immédiatement… Vous n’avez besoin de rien ? »

Marianne, avant de sombrer dans l’inconscience : « Si… de Robin. »

Allan : « Je ne sais pas si je vais pouvoir le ramener sans y perdre la vie mais je vais essayer, Marianne… Je vous le promets. »

Il mit la bague dans sa poche et courut en direction du campement des hors-la-loi.

*******

Actuellement, dans la maison abandonnée…

Allan : « Ensuite, je suis parti pour le camp en espérant que Djaq y soit restée ! »

Will : « Alors c’était bien toi qui avait activé le piège de la route du nord pour nous attirer loin du campement ? »

Allan, embarrassé, regarda Robin puis détourna son regard.

Allan : « Euh… oui. Je savais que je n’étais pas le bienvenu. Alors… J’ai pris mes précautions. »

Marianne, regardant Robin qui ne semblait pas très fier de lui : « Alors que s’est-il passé ensuite ?... Tu as vu Djaq ? »

Allan : « Euh… Non, pas exactement. En fait euh… C’était Robin… Mais j’ai réussi à le convaincre grâce à votre bague et puis nous voilà ! »

Allan avait menti pour ménager Robin. Il n’aurait servi à rien de le mettre dans l’embarras devant sa chère et tendre. Marianne fit semblant de le croire.

Mais devant la mine légèrement honteuse de Robin, elle se doutait que cela n’avait pas été aussi facile qu’Allan voulait bien lui faire croire.

Elle sourit à Robin et lui baisa la main.

Marianne : « Merci… Merci à vous tous d’être venu à mon secours ! »

Much : « Oh c’est rien ! C’était normal… Après tout, vous faites presque parti de la bande ! »

Marianne : « Presque ? »

Tout le monde rit de la subtilité de Much. Même Robin esquissa un sourire ce qui rassura le reste de la bande. Car c’était bien la première fois, depuis qu’il était au chevet de Marianne, qu’ils le voyaient sourire.

Much, voulant changer de sujet : « Bon, quand est-ce qu’on mange ? »

Will : « Ben dès que tu auras préparé à manger ! »

Much : « Ah parce que c’est moi qui doit encore se mettre aux fourneaux ? »

Will : « Ben c’est toi qui as encore faim ! »

Much grogna un peu. Mais de voir Marianne se remettre et Robin de bonne humeur lui fit oublier les moqueries de ses camarades et décida de se mettre au travail immédiatement.

Much à Allan : « Tu manges avec nous ? »

Marianne : « Oh oui ! Reste, s’il te plaît ! »

Allan : « Non. Non c’est gentil mais Gisb… Euh…On m’attend au château… J’étais juste venu vous prévenir et voir comment vous alliez… Mais, c’est gentil. J’apprécie le geste. »

Il aurait aimé rester avec ces anciens compagnons. Cela lui déchira le cœur de devoir les quitter mais Gisborne allait revenir de Clun et il devrait faire son rapport sur l’enterrement du veilleur de nuit auquel il n’avait d’ailleurs pas assisté. Et puis Annie devait sûrement l’attendre. Marianne, Djaq et Will ne masquèrent pas leur déception de le voir partir. Robin et Petit Jean se montrèrent indifférents. Quant à Much, il balançait en permanence entre ses deux sentiments. Mais pour l’heure, il aurait voulu qu’il reste. Allan se leva puis à contrecœur prit la direction de la sortie. Il se retourna avant de refermer la porte.

Allan : « Mais je reviendrai pour voir si vous allez mieux ! »

Marianne : « J’en serai ravie ! »

Robin le fut bien moins mais il n’émit aucune objection.

Allan : « Ah au fait !... Il faudrait que vous me fassiez une lettre disant que vous êtes partie rejoindre votre père en Ecosse… Euh c’est pour justifier votre absence du château… Je dirai que je suis passé à Knighton pour voir s’il ne vous était rien arrivé et je dirai que j’ai trouvé la lettre chez vous… Comme ça, je la donnerai à Gisborne et vous serez couverte au cas où vous voudriez retourner au château… Enfin dès que vous irez mieux, évidement. »

Marianne : « Bonne idée !... Merci Allan ! »

Allan : « De rien. »

Allan, rasséréné, lui sourit puis referma la porte. Il retrouva son cheval et se dirigea vers Nottingham.


byoann  (25.11.2013 à 10:00)

Chapitre XIV

« Tu n’as plus rien à faire ici, Allan ! »

endant les jours qui suivirent, Allan passa régulièrement prendre des nouvelles de Marianne ce qui déplaisait de plus en plus à Robin. Au début, ce dernier restait constamment auprès d’elle. Le reste de la bande s’occupait de tout. Petit Jean avait pris, provisoirement, la place de chef. Ils dépouillaient les voyageurs, achetaient de la nourriture et faisaient leurs livraisons comme avant mais sans la présence de Robin. Puis Marianne reprit, petit à petit, des couleurs alors Robin recommença à les aider. Mais il retournait très vite auprès de Marianne. D’ailleurs, le camp avait été déserté et ils s’installèrent tous dans la maison abandonnée occupant ainsi toutes les pièces.

Allan était ravi de passer du temps avec ses anciens compagnons. Djaq et Will étaient de ceux qui l’avaient le mieux accepté comme si rien n’avait changé. Cela lui réchauffa le cœur. Depuis, il ne faisait plus aucun cauchemar. Much, lui, appréciait sa présence mais il ne pouvait pas s’empêcher de temps à autre de lui lancer quelques répliques acerbes. Mais ce qui ternit un peu son bonheur, ce fut la réaction de Petit Jean et surtout celle de Robin. Petit Jean resta toujours poli mais il garda ses distances. Il ne lui faisait aucune remarque désobligeante mais il n’entamait jamais de lui-même une conversation avec lui. Quant à Robin, il était carrément glacial avec lui. Il ne lui adressait jamais la parole. C’est à peine s’il levait les yeux sur lui quand il arrivait. En présence d’Allan, Robin ne prononçait quasiment aucune parole. Il supportait la présence d’Allan uniquement par égard envers Marianne. Celle-ci, reconnaissante, l’accueillait toujours avec le sourire. Elle espérait qu’Allan reprenne rapidement sa place dans la bande. Elle se jura de toucher deux mots à Robin à se sujet car elle déplorait sa réaction de rejet vis-à-vis d’Allan. Elle le trouvait injuste envers lui. Retrouvant de plus en plus son mordant, elle allait bientôt dire à Robin ce qu’elle pensait de son attitude.

Un jour, en début d’après-midi, Allan décida de rendre visite à Marianne afin de lui demander si elle voulait rentrer au château. Il y avait bien réfléchi. Il avait eu une idée et il voulait savoir ce qu’elle en pensait. Quand il arriva devant la porte, Allan cogna. D’habitude, Marianne lui demandait d’entrer mais, là, ce fut Robin qui se présenta à la porte.

Allan, surpris, reculant légèrement : « Robin ?... Euh Bonjour. »

Il s’apprêta à rentrer mais Robin lui bloqua le passage en refermant la porte derrière lui.

Robin, froidement mais calmement : « Allan, je ne veux plus que tu viennes voir Marianne ! »

Allan, étonné : « Mais je… Je venais simplement voir comment elle allait. »

Robin, toujours sur le même ton : « Elle va beaucoup mieux. D’ailleurs, nous allons bientôt repartir pour notre campement. »

Allan : « Mais je voulais lui demander… »

Robin, l’interrompit sur un ton cassant : « Tu n’as plus rien à faire ici, Allan !... Tu es avec Gisborne maintenant. Tu ne peux pas arriver ici, manger avec nous puis repartir au château… Il faut faire un choix Allan… Et ce choix tu l’as déjà fait en te mettant au service du shérif et de Gisborne… Alors je ne veux plus te voir, ni ici, ni au campement… Ai-je été suffisamment claire ? »

Ne s’y attendant pas, Allan, décontenancé : « Oui… Oui c’est… Très clair ! »

Robin : « Bien. Alors tu devrais repartir chez toi maintenant ! »

Allan fut profondément blessé par cet échange. Cela aurait été moins douloureux pour lui si Robin lui avait planté une dague en plein cœur. Choqué, Allan le regarda en silence, assommé par ce qu’il venait d’entendre. Pourtant, il croyait que les choses avaient évolué durant les jours qui avaient suivi le sauvetage de Marianne. Et surtout, il pensait que cela avait effacé son image de traître aux yeux de ses anciens compagnons. Mais il se leurrait. Pour Robin, rien n’avait changé.

Devant le visage fermé de Robin, Allan comprit qu’il n’aurait servi à rien de protester et préféra rentrer au château. Le cœur lourd, il recula en regardant Robin puis la maisonnée, espérant voir un visage familier à l’une des fenêtres. Mais hélas, il ne vit personne. Il voyait cette ferme autrement maintenant. Elle lui semblait d’un seul coup encore plus froid et insalubre que les jours précédents. Finalement, le cœur en pièces, il tourna les talons et repartit en direction du château. Robin ferma la porte au moment où Marianne se réveilla.

« Qui c’était ? »

 

 

 

 

 

Robin : « Personne. »

Mais Marianne ne fut pas dupe. Elle reconnaissait l’expression de son visage. Il avait le même à chaque fois qu’Allan venait la voir.

Marianne : « C’était Allan ? »

Robin, soufflant : « Oui. »

Marianne : « Pourquoi ne lui as-tu pas dit d’entrer ? »

Robin : « Je lui ai interdit de revenir ici ! »

Marianne, mécontente : « Et je peux savoir pourquoi ? »

Robin, regardant en l’air : « Oh Marianne ! »

Marianne essaya de s’assoir dans son lit.

Marianne : « Allez, dis-moi ? »

Robin : « Parce qu’il n’a rien à faire ici ! »

Marianne : « Et pourquoi je te prie ? Qui es-tu donc pour décider qui peut venir me voir et qui ne le peut pas, hein ? Allan est… »

Robin, la coupant et haussant la voix : « Est surtout un traître ! Marianne…. Il m’a trahi. Il a trahi l’équipe et il a trahi notre cause… Et il travaille pour… Gisborne. »

Marianne : « Hum ! Ce n’est pas la vraie raison et tu le sais ! »

Robin, étonné : « Quoi ? »

Marianne, le regardant droit dans les yeux : « Non, ce n’est pas sa trahison qui te pousse à réagir ainsi ! »

Robin, curieux : « Ah oui ?... Alors, qu’est-ce que c’est ? »

Marianne : « C’est ta propre culpabilité, Robin de Locksley ! »

Robin, ébahi : « Quoi !... N’importe quoi ! Quelle culpabilité ? »

Marianne : « Allan m’a sauvé la vie et c’est ça que tu ne lui pardonnes pas !... ou plutôt que tu ne te pardonnes pas ! »

Robin, furieux : « Tu dis n’importe quoi !... Il t’a mis en danger. »

Marianne, répondant du tac au tac : « Il était simplement présent au château ! »
« C’est bien ce que je disais. S’il n’avait pas été là… »

Marianne, l’interrompant : « Je serais probablement morte ! »

Robin, ignorant sa remarque : « Jamais tu n’aurais essayé ce sauvetage toute seule ! »

Marianne : « C’est ridicule !... Tu crois que j’ai besoin d’un homme pour passer à l’action ? »

Robin : « Ce n’est pas ce que j’ai dit ! »

Marianne : « Et sache, pour ton information, qu’il a même essayé de m’en dissuader ! »

« Eh bien, il a échoué ! »
Marianne n’en revint pas de sa mauvaise foi.

Marianne : « Mais il faudrait savoir. Tu lui reproches quoi exactement ? D’avoir été présent pour me soutenir ou de ne pas avoir réussi à me persuader de renoncer à ce projet ? »

Robin, piégé : « Euh… Les deux !... Je savais qu’un jour au l’autre il te mettrait en danger… Je te l’avais dit !… J’aurais dû le tuer quand j’en avais eu l’occasion. »

Marianne, furieuse : « Et bien heureusement que je t’en ai empêché car je serais morte à l’heure qu’il est. Car, sache que même si Allan ne t’avait pas trahi, j’aurais quand même tenté de sauver ses malheureux. Donc, je serais morte ! Alors tu vois… On peut dire qu’heureusement qu’Allan t’a trahi !... Mais tous cela ne sont que des excuses que tu t’inventes. »

Robin, mécontent : « Marianne, arrête ! »

Marianne, d’une voix ferme : « Oh que non je ne m’arrêterai pas !... La vérité est que tu t’en veux de ne pas avoir été là quand j’ai eu besoin de toi. Tu t’en veux de ne pas avoir réussi à me sauver. Et tu t’en veux qu’Allan ait réussi là où toi tu as échoué... Elle est, là, la vérité !... Alors tu reportes toute ta colère sur lui et tu te sers de sa trahison comme d’un prétexte. Car tu sais, aussi bien que moi, qu’Allan ne t’a pas totalement trahi et qu’il s’en veut d’avoir fait ce qu’il t’a fait et qu’il ferait n’importe quoi pour se racheter… Il ne reporte pas la faute qu’il a commise sur un autre, lui ! »

Touché, Robin baissa les yeux.

Marianne, sur le même ton : « Je suis vraiment déçue par ta réaction vis-à-vis d’Allan, Robin ! Je m’attendais à mieux de la part du héros de Sherwood. Même si tu n’es pas encore prêt à lui pardonner ses fautes passées, tu aurais pu au moins reconnaître ses mérites et le remercier pour mon sauvetage mais, au lieu de ça, tu t’es montré froid et méprisant. Et tu as été totalement injuste en le mettant dehors… Tu vaux mieux que ça, Robin de Locksley… J’en suis sûre ! »

A ce moment-là, la bande rentra d’une de ses missions. Gênée, Marianne releva les couvertures tandis que Robin fit un tour sur lui-même pour chasser sa mauvaise humeur qui se lisait encore sur son visage.

S’apercevant qu’il y avait un malaise, Djaq : « Euh… on dérange ? »

Robin, se radoucissant : « Mais non ! Ne dis pas de bêtises… Entrez ! Nous avions fini de toute façon. »

Marianne acquiesça de la tête. Le reste de l’équipe rentra bruyamment en se racontant les détails de leur dernière mission. Pendant qu’il faisait leur rapport à Robin, Marianne le regarda en repensant à leur conversation. Elle affichait un visage déçu. De son côté, Robin, toujours un peu honteux, sentit son regard et tourna la tête dans sa direction. Quand leurs regards se croisèrent, ils détournèrent rapidement les yeux et fixèrent leur attention sur Much qui leur donnait moult détails sur leur dernière mission. Djaq avait surpris cet échange de regard et comprit qu’ils avaient eu une dispute. Mais elle ne chercha pas à en savoir la cause ce qui la distinguait de Much qui, pensant bien faire, aurait sans doute maladroitement questionné les amoureux afin de les aider à surmonter cette crise. Mais Djaq avait plus de retenu et préféra attendre que l’un des deux se confie à elle. Quand l’équipe eut terminé de raconter leur péripétie, Robin fit une annonce inattendue.

Robin : « Nous repartons cet après-midi pour notre campement. »

Will, surpris : « Ah !... Mais Marianne peut voyager ? »

Robin : « Oui… J’en ai déjà discuté avec Djaq. Elle peut voyager. Il faut simplement éviter de trop la brusquer. Donc, on ne va pas repartir à cheval. »

Marianne, mécontente : « Hé ! J’aimerais bien pouvoir donner mon avis ! »

Robin, ironique : « Mais, bien sûr ma chérie. Qu’en penses-tu ? »

Marianne, se sentant piégée : « Bien j’en dis que… J’ai hâte de quitter ce lit ! »

Djaq : « Mais vous devrez rester quand même allongée, une fois que nous serons au campement ! »

Marianne, déçue : « Oh non ! »

Robin sourit puis se tourna vers Will.

Robin : « Will ? Peux-tu nous construire une sorte de civière pour qu’on puisse ramener Marianne au camp avant la nuit ? »

Will : « Euh oui… Sans problème, si je m’y mets tout de suite. »

Robin : « Je te remercie, mon ami. »

Will : « De rien ! »

Will s’attela immédiatement à la tâche. Trouvant les matériaux qu’il avait besoin dans la maison et aidé de Petit Jean et de Much, Will construisit une civière qu’il garnit de couvertures en provenance de la fosse aux mendiants. En fin d’après-midi, elle était prête. Petit Jean et Robin installèrent Marianne le plus confortablement possible. Puis Robin, Petit Jean, Much et Will la portèrent jusqu’à leur campement. Ils y arrivèrent un peu avant le dîner. Avec Djaq, Robin installa Marianne dans un lit près du sien. Robin ayant demandé à Djaq, lors de sa dernière mission, de ramener de Knighton des vêtements de rechange pour Marianne, cette dernière put ainsi se changer avec l’aide de Djaq. Tandis que Much rallumait le feu, Petit Jean et Will rangeaient les affaires qu’ils avaient ramenées de la maison abandonnée.

Much : « Ah, ça fait du bien d’être de retour à la maison ! »

Pendant que Djaq et Robin s’occupaient de Marianne, Much, Will et Petit Jean préparèrent le repas.

Much : « C’est prêt, maître !... Vous pouvez venir manger. »

Robin arriva soutenant Marianne par le bras, Djaq soutenant l’autre.

Petit Jean à Robin : « Est-ce bien prudent ? »

Djaq : « C’est elle qui a insisté ! »

Marianne, mécontente : « Mais est-ce que vous allez arrêter de parler de moi comme si je n’étais pas là ! Que cela peut m’agacer. »

Robin : « Oui, d’accord mais ne t’énerve pas. »

Marianne : « Arrête de me dire ce que j’ai à faire ! »

Robin, la taquinant : « Oui, c’est vrai ! Toi, tu préfères dire aux autres ce qu’ils doivent faire ! »

Il faisait évidement référence à leur dernière conversation dans la ferme abandonnée.

Marianne, souriante et en le provoquant : « C’est normal… Parfois un enfant a besoin qu’on lui mette les points sur les i. »

Robin lui sourit mais ne répliqua pas. Il savait qu’il n’arriverait pas à avoir le dernier mot avec elle. Mais il se réjouit de la voir aussi combative. Elle était sur le chemin de la guérison. Robin avait abdiqué mais pas Marianne.

Marianne, tout bas à Robin : « Alors, tu as réfléchi ? »

Robin, sur le même ton : « Hum… A quoi ? »

Elle lui donna un coup de coude mais cela réveilla sa blessure à l’abdomen et grimaça de douleur. 

Robin : « Hé ! Fais attention tu n’es pas encore complément rétablie. »

Marianne : « Robin, je ne suis pas en sucre ! »

Robin : « Hum ! C’est bien dommage… J’aurais bien aimé recevoir un petit baiser sucré… »

Il se pencha pour l’embrasser mais elle se déroba.

Marianne : « Robin, tu essaies de changer de sujet ! Alors tu as réfléchi à ce que je t’ai dit à Locksley ? »

Robin, légèrement agacé, souffla bruyamment puis : « Oui, un peu. »

Marianne : « Alors ? »

Robin : « Alors quoi ? »

Marianne, agacée : « Mais alors que comptes-tu faire ? »

Robin réfléchit puis prenant un air sérieux : «Hum… Eh bien… J’ai décidé… »

Marianne, le pressant : « Oui, quoi ? »

Robin, espiègle : « …De continuer à y réfléchir ! »

Puis il éclata de rire. Marianne, furieuse, qu’il se moque ainsi d’elle alla le frapper mais il la devança. Il attrapa ses poignets et lui vola un baiser sur les lèvres.

Robin : « Eh bien, j’ai finalement réussi à l’avoir mon petit baiser en sucre ! » 

Marianne, dont la colère s’était évanouie en même temps que sa passion avait grimpé dans son cœur au fur et à mesure que Robin l’embrassait, finalement, abdiqua à son tour. Mais elle savait, au fond d’elle-même, que les paroles échangées dans la maison abandonnée allaient faire leur chemin. Et que tôt ou tard, Robin allait se rendre compte que son attitude n’avait pas été à la hauteur de la situation et qu’il se rachèterait auprès d’Allan. Elle en était persuadée. Le baiser entre Marianne et Robin réchauffa le cœur de la bande. Ils étaient heureux de les retrouver, comme avant, aussi amoureux l’un de l’autre. Djaq fut rassurée et comprit que la dispute dans la ferme abandonnée n’avait été sans conséquence. Du moins pour l’instant. Le reste du repas se passait sans autres incidents. Ils allèrent ensuite se coucher, heureux d’avoir retrouver leur foyer.

 

Au même instant, dans une chambre du château de Nottingham…

Allan ne dormait pas. Il avait les deux mains placées derrière la tête et fixait, sans vraiment le voir, le plafond de sa chambre. Il était perdu dans ses pensées.

Allan, dans sa tête : « Qu’est-ce qu’ils peuvent bien être entrain de faire en ce moment ?... Oh à cette heure-ci, ils ont probablement dû aller se coucher. Much a dû faire un bon ragout… et il a dû les bassiner pendant tout le repas et, là, ils doivent tous être ravis d’aller se coucher pour ne plus l’entendre ! »

Allan sourit puis perdit brutalement son sourire.

Allan soufflant, toujours dans sa tête : «Qu’est-ce que je donnerais pas pour y être ! »

Puis il se remit à penser à la conversation qu’il avait eue avec Robin sur le pas de la porte de la ferme abandonnée à Locksley. Il ressentit de nouveau la peine qu’il avait eue quand Robin lui avait ordonné de ne plus revenir. Et il ressentit également la solitude qu’il avait éprouvé lorsqu’il était rentré au château. Il s’était senti soudainement très fatigué et, seul, dans cette cour pourtant bondée. Il n’avait eu plus envie de rien. Mais un garde était venu lui dire que sa présence était requise dans le bureau du shérif…

*******

Quelques heures auparavant, dans le bureau du shérif …

Se sentant toujours fatigué, Allan s’arrêta devant la porte du bureau du shérif et ne put saisir que quelques bribes de leur conversation. Visiblement, le shérif était en colère.

Le shérif : « …L’opération menée à Clun est un échec total, Gisborne ! »

Gisborne : « Mais Monseigneur ! Peut-être qu’avec plus d’hommes…. »

Le shérif : « Suffit, Gisborne ! Et pourquoi pas toute la garnison tant que vous y êtes ?... Non. A chaque fois, Locksley trouve un moyen pour ravitailler le village… [Il soupira]… Comment voulez-vous que je recrute des hommes pour l’opération Shah Mat si je n’ai pas d’endroit où les installer, hein ? »

Il soupira de nouveau. Allan en profita pour cogner à la porte.

Le shérif, indifférent : « Oui ! »

Allan entra. Le shérif le regarda à peine.

Sans se préoccuper de lui, le shérif : « De tous les notables qui ont signé le pacte de Nottingham, je suis le seul à ne pas avoir rempli mes obligations. Je suis la risée de toute l’Angleterre ! »

Gisborne : « Je ne pense pas Monseigneur que la nouvelle soit déjà parvenu jusqu’au… »

Le shérif, le coupant : « Il le sait déjà !... Il a des espions partout. Tenez, lisez ça ! Je viens de la recevoir par porteur spécial ! »

Il tendit à Gisborne une missive codée. Gisborne en commença la lecture et sourit dès les premiers mots.

Le shérif, désagréable : « Qu’est-ce qui vous fait sourire… Gisborne ? »

Gisborne, perdant son sourire : « Rien, Monseigneur ! »


byoann  (03.12.2013 à 09:32)

Il continua la lecture de la lettre* qui disait ceci :


byoann  (03.12.2013 à 09:35)

Au fur et mesure qu’il lisait le texte, le visage de Gisborne blêmit. Allan comprit tout de suite que quelque chose de tragique se préparait.

Gisborne, repliant la missive : « Et que comptez-vous faire, Monseigneur ? »

Le shérif : « Hum ! Quelle question !... Exécuter ses ordres… Préparez vos affaires Gisborne, nous partons dans deux jours. J’ai déjà envoyé un coursier pour Portsmouth. Un bateau nous y attendra… »

Gisborne tendit la lettre au shérif. 

Le shérif : « Non ! Brûlez-la ! Il ne faudrait pas qu’elle tombe entre de mauvaises mains. »

Sans se retourner complétement, Gisborne donna la lettre à Allan pour qu’il la brûle.

Gisborne au shérif : « Très bien, Monseigneur. Je vais donner des ordres immédiatement pour que tout soit prêt pour notre départ. »

Pendant ce temps, Allan s’était dirigé vers la cheminée. Rapide comme l’éclair, il prit un papier qui traînait sur une commode et le jeta au feu en lieu et place de la missive qu’il mit discrètement dans sa poche. Gisborne se dirigea vers la porte.

Le shérif, ne le regardant pas : « Ah !...Et emportez votre larbin avec vous. Il pourra nous être utile. »

Gisborne, avant de refermer la porte : « Oui, Monseigneur… Allan ? »

Allan sursauta et, se retournant : « Oui ? »

Il comprit qu’il était temps de quitter le bureau du shérif. Soulagé de ne pas avoir été découvert, il suivit Gisborne dans le couloir menant dans la cour.

Allan : « Portsmouth ? »
Gisborne réfléchissant et ignorant sa question : « Est-ce que tu as eu des nouvelles de Marianne ? »

Allan : « Non. Pas depuis son départ pour l’Ecosse. »

Gisborne, contrarié : « Ah !... J’avais espéré la voir avant mon départ. J’aurais aimé pouvoir lui dire au revoir. »

Gisborne poursuivit son chemin, Allan sur les talons.

Allan, toujours curieux : « Votre départ ? »

Gisborne, revenant à lui : « Oui !... Nous allons à Portsmouth et ensuite direction… »

Gisborne s’arrêta et le fixa droit dans les yeux.

Gisborne : « As-tu besoin que je te fasse un dessin, Allan ? »

Ils arrivèrent en haut des marches de l’escalier menant dans la cour. Puis Gisborne se retourna vers Allan.

Allan, tout bas : « La Terre Sainte ? »
Gisborne : « Tu es dans le saint des saints maintenant Allan. »

Allan se doutait que le shérif et Gisborne tramaient quelque chose mais maintenant il en avait la certitude. Ils allaient tuer le Roi ! Il ne pouvait pas croire qu’il allait devoir participer à l’assassinat du Roi.

Choqué, il resta quelques instants à réfléchir aux conséquences.

Il n’était pas un ange mais il n’était pas un meurtrier non plus. Et qu’allaient penser de lui Robin et ses compagnons. Il pourrait dire adieu à la possibilité de retourner dans le camp de Robin. Il pouvait même dire adieu à la vie tout court. Et puis que va penser sa chère et tendre Annie ?... Non, ce n’était possible de laisser faire ça.

Allan, revenant à lui, dans sa tête : « Même si Robin m’a interdit de retourner les voir, je dois absolument y aller pour les prévenir ! »

Profitant que Gisborne donnait ses ordres pour préparer le voyage, Allan s’éclipsa discrètement du château et fila vers la ferme abandonnée de Locksley. Lorsqu’il entra dans la maison, il vit que Robin et ses compagnons avaient plié bagages. Il devait donc se rendre au campement des hors-la-loi.

En arrivant au camp, il prit la précaution de s’annoncer avant d’entrer.

Allan : « Hé ho ! Y a quelqu’un ? »

Robin, en armes, sortit le premier suivi du reste de la bande.

Allan : « Hé ! Attendez !... Ce n’est que moi ! »

Marianne, sortant la dernière : « Allan ?... »

Elle marcha très lentement vers lui, se tenant le ventre. Toute la bande lui prit le bras pour la soutenir afin de la laisser passer devant eux. Elle s’immobilisa à côté de Robin. Mais avant même qu’elle ne s’arrête à ses côtés, Robin, mécontent, intervint. 

Robin : « Que viens-tu faire ici ? »

Marianne, choquée : « Est-ce une façon d’accueillir un ami ? »

Le reste de la bande se jetèrent des coups d’œil interrogatifs.

Robin, ignorant la remarque : « Je t’avais pourtant dit de ne plus remettre les pieds ici. »

Allan : « Je sais mais il fallait absolument que je te prévienne. C’est très important ! »

Djaq, soutenant Marianne : « Cela doit l’être pour que tu es pris le risque de venir jusqu’ici ! »

Allan : « C’est le shérif et Gisborne ! »

Much, ironisant : « Oui ben, c’est comme d’habitude ! Il y a rien de nouveau à cela. Ils sont les méchants et nous les gentils ! On est déjà au courant, Allan ! On te remercie ! »

Allan : « Non, cette fois, c’est sérieux. Ils partent dans deux jours pour Portsmouth où un bateau les attend. »

Marianne, inquiète, craignant la réponse : « Et il les emmène où ce bateau ? »

Allan : « En Terre sainte !... Ils vont tuer le Roi ! »

Extrêmement inquiets, ils se regardèrent les uns les autres se demandant s’ils avaient bien tous entendus la même chose.

Découragé, Robin ferma les yeux.

Much, finalement sceptique : « Et comment le sais-tu ? »

Allan : « Le shérif a reçu une missive d’une personne importante dont il craint la colère. D’après ce que j’ai compris, la personne qui lui a écrit a su que l’opération menée à Clun pour vider le village afin d’y mettre des troupes a été un échec. Et par conséquent, le shérif doit… »

Robin, terminant sa phrase : « … doit prouver sa valeur en essayant d’assassiner le Roi en Terre Sainte. »

Allan sortit la lettre de sa poche et la tendit à Robin mais Much la lui ravit.

Much, soupçonneux : « Mais qu’est-ce que c’est que cette histoire de lettre ? »

Ne sachant pas lire, Much tendit la lettre à Will qui la lit à haute voix du début à la fin.

Much : « Je le savais… Cette lettre ne prouve rien. Ce n’est qu’un mari un peu bizarre qui écrit à sa femme c’est tout ! »

Robin : « C’est justement ce ‟bizarre” qui ne va pas, Much. C’est un message codé. »

Allan suivit l’échange avec inquiétude. Il craignait que Robin ne le croie pas et, sans lui, le Roi serait perdu. Robin prit le document des mains de Will.

« Il faut lire entres les lignes, Much. Pour une personne non initiée, c’est une banale lettre d’un homme à sa femme mais pour ceux qui connaissent le complot du shérif, ce sont des instructions. Tiens regarde… Elle porte la marque des chevaliers noirs. »

Much, pas convaincu : « Pff… Ce gribouillis ? »

Petit Jean, aussi soupçonneux que Much et regardant Allan de travers : « Tu es sûr de toi, Robin ? »

« Mais oui ! Tiens, par exemple, la maison dont il parle pour ses enfants. Il s’agit certainement du village de Clun que le shérif a essayé par deux fois de vider de ses habitants… Ensuite, il parle de l’usurpateur qui est à Tera Sientre, cela ne peut être que le Roi Richard qui se trouve en Terre Sainte… »

Robin, poursuivant : « … Et la partie d’échec désigne sans aucun doute l’opération Shah Mat… Pour moi, cela ne fait aucun doute. Ils vont en Terre Sainte pour tuer notre Roi. »

Will : « Mais pourquoi ne pas se contenter d’attendre son retour ? »

Robin : « On ne sait pas quand le Roi va revenir. Cela peut être long. Et l’instigateur de l’opération Shah Mat doit prouver qu’il peut mener l’opération à son terme. Pour que son plan réussisse, il doit garder coûte que coûte la confiance et l’appui de tous les signataires du Pacte de Nottingham. Mais devant les échecs répétés du shérif, il ne peut pas se permettre de le garder auprès de lui…. Alors, c’est ce qu’il dit dans la lettre en parlant de se séparer de son épouse, s’il réussit l’opération, ce sera un succès. S’il échoue, le commanditaire du complot se débarrassera d’un poids mort. »

Much, méfiant vis à dis d’Allan : « Mais c’est qui se Pearce Jinn et puis d’abord est-ce qu’il existe vraiment… C’est vrai, cet homme habite Rosneld et je ne connais aucun village qui porte ce nom-là. »

Robin, après un bref silence : « D’après cette lettre, je pense qu’il s’agit sûrement du Prince Jean ! »

Le reste de la bande, surpris : « Le Prince Jean ?... Le frère du roi ? »

Robin relisant mentalement la lettre : « Oui, il parle de l’usurpateur à qui il veut rependre ses biens et rentrer la tête haute chez lui… Il s’agit probablement du trône d’Angleterre… à Londres ! »

Djaq, incrédule : « Le Prince Jean voudrait tuer son propre frère pour prendre sa place sur le trône ? »

Will : « Oui, ça se tient ! »

Robin : « Oui et il faut absolument empêcher ça. Si le Prince Jean gouverne, l’Angleterre est finie !... Il faut prévenir le Roi Richard. »

Much : « Mais comment espérez-vous le convaincre de la forfaiture de son frère ? »

Robin : « Avec cette lettre, nous avons une preuve ! »

Will : « C’est un message codé ! Penses-tu que le Roi croira à ton interprétation ? »

Robin, confiant : « Je saurai le convaincre !... Et puis nous avons le pacte de Nottingham !»

Robin réfléchit tout en regardant Allan droit dans les yeux.

Robin à Allan : « Et toi bien sûr, tu les accompagnes ? »

Allan, honteux : « Oui ! »

Robin n’approuva pas.

Allan se dépêcha de répliqua afin de lever tout ambiguïté : « Ce n’est pas aussi simple… Je n’ai pas le choix ! »

Robin : « On a toujours le choix… Je te l’ai déjà dit… Tout est une question de choix. »

Allan : « Oui, je sais… Eh bien, j’ai choisi de rester avec Gisborne ! »

Marianne : « Mais pourquoi ?... Après m’avoir sauvé de ses griffes, pourquoi… »

Allan, l’interrompant : « Parce que je ne suis pas seul ! »

Djaq, surprise : « De qui est-ce que tu parles, Allan ? »  


byoann  (03.12.2013 à 09:45)

Allan, ignorant la question de Djaq, s’avança près de Robin.

« Ecoute, Robin… Si je reste avec Gisborne encore quelques temps, je pourrais peut-être vous aider de l’intérieur... Je sais… »

Allan, poursuivant : « … Je sais que tu n’as pas confiance… Mais qu’est-ce que tu as à perdre, hein ?... C’est moi qui courrai le plus de risques… » 

Robin regarda attentivement Allan en prenant en compte sa suggestion.

Allan, essayant de le convaincre : « C’est vrai que je travaille pour Gisborne mais… moi… je ne veux pas la mort du Roi… Et je ne l’ai jamais voulu... Alors, qu’en penses-tu ?... On pourrait retravailler exceptionnellement ensemble… comme ça juste pour voir si cela peut marcher !... J’ai un plan. »

Much : « Maître, vous n’allez quand même pas accepter après ce qu’il nous a fait ? »

Djaq : « Much ! Tais-toi un peu ! »

Will : « C’est quoi ton plan ? »

Allan : « Voilà. Vous partez en avance en Terre Sainte. Vous nous attendez au port puis vous nous suivrez jusqu’au repère du shérif. J’essaierai d’apprendre comment ils comptent assassiner le Roi pour vous prévenir. Pendant ce temps-là, vous préviendrez le Roi du complot du shérif ! »

Will : « C’est plutôt hasardeux comme plan ! »

Petit Jean : « Moi, ça ne me plaît pas ! »

Allan : « Peut-être mais je n’ai pas mieux à vous offrir pour l’instant ! »

Much : « Et puis comment serons-nous dans quel port vous allez accoster ? »

Allan : « J’en sais rien mais, le Roi est à Acre, non ?... Le shérif va certainement accoster dans le port le plus proche. Il ne va pas prendre le risque de franchir de grandes distances dans une contrée hostile en pleine guerre… Et puis, il ne doit pas y avoir une quantité importante de ports dans la région, non ? »

Le reste de la bande resta dubitatif mais comme ils n’avaient pas d’autre plan à proposer, ils ne répliquèrent pas. C’était à Robin de prendre la décision d’adopter ou de refuser celui-ci.

Allan, impatient et plein d’espoir, regardant Robin : « Alors ? »

Fixant toujours Allan, Robin ne répondit pas.

Marianne : « Robin ?... Est-ce que je peux te parler ? »

Le reste de l’équipe s’écarta du couple pour les laisser seuls tous les deux.

Marianne, à voix basse : « Pourquoi hésites-tu à travailler avec Allan ? »

Robin, sur le même ton : « Il travaille pour Gisborne, Marianne ! »

Marianne : « Et alors, nous le savons déjà !… Pourquoi n’essayerais-tu pas de collaborer avec lui ? Pour voir ce que cela donne ! Cela serait un bon moyen pour savoir s’il a réellement changé, non ? Qu’as-tu à perdre ?... Qu’il te trahisse ?... Bon et bien, tu es déjà au courant !... Alors ? Et peut-être que… si cela se passe bien… tu pourrais envisager… Je ne sais pas moi… mais tu pourrais peut-être envisager de le reprendre dans l’équipe ! »

Robin, soufflant : « Marianne ! » 

Marianne, feignant la surprise : « Quoi ? »

Robin : « Il n’a rien demandé ! »

Marianne, du tac au tac : « Tu ne lui as pas demandé ! »

Robin se croisa les bras et lui fit les gros yeux.

Marianne, plus sérieuse : « Ecoute, il est venu jusqu’ici pour te prévenir. Il a pris le risque de te déplaire pour sauver le Roi. Ça tu dois en tenir compte et puis, pour sauver le Roi, on aura besoin de toute l’aide possible. »

Robin : « ‟On” ?... Comment ça ‟on” ? »

Marianne : « Bien oui, je viens avec vous ! »

Robin : « Oh non ! Tu n’y penses pas sérieusement ? »

Marianne, haussant la voix : « Et pourquoi pas, je te prie ? »

Toute la bande entendit la question.

Robin : « Parce que tu es encore souffrante, Marianne ! »

Marianne : « Mais il y a des semaines de voyage ! Je serai complétement rétablie d’ici notre arrivée. »

Robin : « Tu risquerais de nous retarder ! »

Marianne : « Ah oui ? Et comment ? »

Djaq : « Marianne, il serait préférable que vous ne voyagez pas dans votre état ! »

Marianne : « Et pourquoi ça ? »

Djaq : « Vos blessures sont à peine refermées. Il vous faudra plusieurs semaines de repos pour vous rétablir totalement. Cela ne serait pas raisonnable ! »

Will, conciliant : « Et puis, il faut bien que quelqu’un reste pour venir en aide aux pauvres pendant que nous serons absents. »

Robin : « Will a raison. Il serait beaucoup plus sage que tu restes ici. Tu pourras ainsi aider les pauvres gens de Nottingham. »

Allan : « Oui, à condition qu’elle revienne ! »

Much, confus : « Quoi, comment ça ? »

Allan : « Ben oui ! Je vous rappelle que Marianne est censée être retournée en Ecosse rejoindre son père. Alors si vous voulez qu’elle vienne aider les pauvres de Nottingham, il faut d’abord la faire revenir ! »

Marianne, ajoutant : « Et le plus tôt sera le mieux ! »

Allan : « Oui mais quand ? »

Marianne : « Aujourd’hui ! »

Robin : « Quoi ? Mais pourquoi aujourd’hui ? Tu peux très bien revenir au château une fois que Gisborne et le shérif seront partis ! »

Marianne : « Non, impossible. Le château risque d’être fermé. Ils n’y accepteront certainement pas un visiteur en l’absence du maître des lieux. Même pour moi ! »

Allan : « Alors dans ce cas, il faut partir tout de suite ! »

Robin, méfiant : « Pourquoi tout de suite ?... Quel est ton plan, Allan ? »

Allan : « Voilà. A Mansfield, j’ai un ami qui pourra lui prêter une voiture avec un cocher… Puis Marianne passe ensuite par Knighton pour prendre quelques malles puis elle revient au château comme si elle revenait d’Ecosse… Ah ! Et il faudrait que vous fassiez une lettre à votre père pour tout lui expliquer. »

Much : « Mais pourquoi faire ? Puisqu’il est loin ! »

Allan : « Eh bien justement ! Comme ça, il ne commettra pas d’impair quand il rentrera. »

Much, insistant : « Mais de toute façon, il ne rentrera pas avant le départ du shérif pour la Terre sainte. »

Allan : « Oh mais on est jamais trop prudent. Et puis, les domestiques peuvent parler ! »

Marianne : « Oh, tu penses à tout ! »

Much, ironique : « Ben c’est comme ça qu’il est devenu le bras droit de Gisborne ! »

Allan encaissa la remarque sans y répondre mais il n’en pensait pas moins. Il avait été profondément blessé mais ne désirant pas dégrader encore davantage sa situation vis-à-vis de Robin, il s’abstint de répliquer.

Marianne à Robin : « Bon alors ? Qu’est-ce que tu en penses ? »

Robin réfléchit quelques secondes.

Ravi que Marianne ait laissé tomber son idée de l’accompagner en Terre Sainte, Robin : « D’accord mais tu me promets de rester prudente ! »

Marianne l’embrassa rapidement puis dans le creux de l’oreille : « Je te le promets si, toi, tu me promets de travailler avec Allan ! »

Robin souffla bruyamment d’exaspération puis : « Je n’ai pas suffisamment d’hommes pour t’escorter jusqu’à Mansfield. »

Marianne : « C’est pas grave. Allan sera avec moi ! »

Cette idée ne lui plut pas tellement.

Marianne, le voyant hésiter : « De toute façon, tu n’as pas le choix alors autant fait mauvaise fortune bon cœur… Et puis… [Elle s’avança vers lui et tout bas]… Cela prouvera à Allan que tu recommences à lui faire confiance. »

Décidément, elle était obstinée. Depuis sa convalescence suite à sa mésaventure survenue sur les remparts de Nottingham, elle cherchait à réconcilier les deux hommes par tous les moyens possibles et imaginables. Cependant, Marianne n’avait pas tort. Pour pouvoir partir dans deux jours, il avait besoin de tous ces hommes afin de préparer le voyage. Alors il céda.

Robin, sans grand enthousiasme : « D’accord ! »

Marianne, heureuse : « Merci, mon amour. Je savais que tu prendrais la bonne décision. »

Comme s’il avait vraiment eu le choix. Mais étant donné les efforts qu’Allan avait déployés pour sauver Marianne, Robin se résolut à la lui confier. Marianne l’embrassa longuement suscitant des chuchotements dans les rangs des hors-la-loi. Quant à Allan, attendri, il les regarda en pensant au baiser qu’il donnerait à Annie le jour de son départ. Puis Robin le ramena à la réalité.

Robin : « Bon, c’est d’accord. Vous pouvez y aller. »

Allan : « Nous devrions y aller à cheval, nous gagnerons du temps. Est-ce que cela ira pour vous ? »

Marianne acquiesça tandis que Djaq semblait désapprouver mais Robin commença à donner ses directives.

Robin : « Bon. Nous avons deux jours pour nous préparer. Il va falloir augmenter les livraisons en prévision de notre absence afin que les villageois ne soient pas laissés sans rien. Même si Marianne nous remplacera un peu, elle ne pourra pas tout faire. Petit Jean, Much. Vous vous en chargez ? Je vous aiderai. »

Petit Jean et Much acquiescèrent.

Robin : « Djaq et Will. Il nous faudra des provisions pour notre voyage et de quoi nous soigner en cas de confrontation avec le shérif. Je peux compter sur vous ? »

Voyant que cela leur permettrait de passer plus de temps, seul à seul, ils acceptèrent avec plaisir.

Robin : « Quant à moi, je vais aller à la chasse pour augmenter nos provisions de viande. Bien, tout le monde a compris ? Alors allez-y ! »

Allan était ravi. Il retrouvait l’ambiance des opérations qu’ils menaient autrefois avec la bande. Il se rendit compte alors que cela lui avait énormément manqué. Il avait été quand même un peu déçu parce que Robin ne lui avait confié aucune tache. Mais il se consola en pensant qu’après tout, il allait conduire Marianne à Mansfield et que, pour Robin, elle représentait tout à ses yeux. Ce que leurs adieux lui confirmèrent.

Robin : « Et surtout fais bien attention à toi ! »

Marianne : « Oui, tu me l’as déjà dit !... Mais c’est surtout à toi qu’il faut dire cela ! Ne commets pas d’imprudence, Robin ! »

Robin, désinvolte : « Moi ? Mais tu me connais ! »

Marianne : « Oui, justement !… Je sais que tu es capable de faire n’importe quoi pour ton Roi. »

Robin : « Mais c’est mon devoir ! »

Marianne : « Oui, oui, oui… Toujours la même chanson. Il faudra penser à te renouveler mon cher et tendre ami ! »

Will apporta un cheval pour Marianne tandis qu’Allan grimpa sur le sien.

Robin allait répondre mais elle l’en empêcha en déposant un baiser sur ses lèvres. Vaincu, il se laissa embrasser comme si c’était la dernière fois qu’ils se voyaient. Puis elle réussit à se défaire de son emprise.

Marianne : « Allez ! Je dois y aller… Aide-moi à grimper, veux-tu ? »

Robin l’aida à monter sur le cheval puis lui envoya un baiser. Elle lui répondit en souriant puis talonna son cheval. Robin la regarda partir avec un léger voile de tristesse sur le visage. Puis Allan talonna sa monture à son tour. Ce faisant, il croisa le regard chargé d’avertissement de Robin. Il avala sa salive avec beaucoup de difficulté puis mit son cheval au trot pour rattraper Marianne.

(*) Si comme Much, vous avez eu des difficultés à déchiffrer la lettre codée reçue par le shérif, une version décodée de cette missive sera publiée à la fin de l'épisode soit après le 24ème chapitre.


byoann  (03.12.2013 à 09:55)

Chapitre XV

« Mais à condition de ne plus mentir, Allan !  »

our ménager Marianne, ils firent aller leurs chevaux au petit trot. Mais à ce rythme-là, cela prendrait un petit peu plus de temps que prévu.

Allan : « Nous arriverons probablement après le coucher du soleil. Vous ne pourrez pas repartir pour Nottingham avant demain matin pour y arriver en début d’après-midi. »

Marianne : « Cela ne fait rien. Cela me laisse encore du temps. Vous ne devez partir que dans deux jours, non ? »

Allan : « Oui. Si le shérif ne décide pas d’avancer notre départ ! »

Marianne acquiesça de la tête et reporta son attention sur son cheval.

Allan la fixa, n’osant pas lui poser une question mais Marianne sentit son regard sur elle.

Marianne : « Tu veux me demander quelque chose, Allan ? »

Allan : « Euh… Oui… Voilà… j’ai une petite course à faire… pour un ami… à Stoke-on-Trent… C’est juste à quelques kilomètres de Mansfield… Cela fait un petit détour mais je n’en ai pas pour très longtemps… Juste le temps de déposer un paquet et c’est tout. »

Marianne, curieuse : « Un paquet ? »

Allan, gêné : « Oui... C’est de la part… d’un ami qui me l’a demandé quand j’ai quitté le château… au cas où je passerais dans le coin. »

Marianne : « Ah et… Cet ami, ce n’est pas Gisborne ? »

Allan : « Oh non ! Non, non, non. Il n’y a rien à craindre… C’est juste, un ami. »

Marianne : « Bon et bien, si c’est pour un ami. Allons-y. »

Arrivés à quelques kilomètres de Mansfield, ils firent un détour et s’arrêtèrent à quelques mètres du village de Stoke-on-Trent.

Allan : « Attendez-moi ici, je reviens. Je n’en ai pas pour très longtemps. »

Marianne : « Tu ne veux pas que je vienne avec toi ? »

Allan : « Oh non !... Euh… Ce n’est pas la peine. Mon ami est plutôt du genre timide et puis… Vous devez vous ménager… Reposez-vous un peu pendant mon absence. »

Marianne, peu convaincue par ses explications : « Très bien… Comme tu veux ! »

Allan partit au galop puis descendit de cheval lorsqu’il arriva au niveau des premières maisons. Marianne, désirant en savoir plus, le suivit discrètement à cheval. Elle le vit entrain de raser les murs jusqu’à la plus grande maison qui se trouvait au centre du village. Là, il accrocha à une des fenêtres du manoir ce qui pourrait ressemblait à une petite bourse. Elle était beaucoup trop loin pour bien voir ce dont il s’agissait d’autant plus que la nuit commençait à tomber. Puis il rebroussa chemin. Marianne retourna immédiatement à l’endroit où Allan l’avait laissé. Il fut de retour près d’elle quelques minutes plus tard.

Marianne : « Alors, ton ami a-t-il était content de recevoir son paquet ? »

Allan : « Euh oui… Très content. Très content... Il a même voulu m’offrir à boire pour me remercier mais j’ai refusé puisque nous sommes pressés. »

Marianne, un peu déçue qu’Allan lui mente : « Oui, c’est dommage ! »

Allan : « Oui, c’est bien dommage mais se sera pour une prochaine fois ! »

Il talonna son cheval, suivi de Marianne et se dirigea vers Mansfield. Mettant de côté ce qu’il venait de se passer, Marianne avait une question qui lui brûlait les lèvres et elle mourrait d’envi de la lui poser. Finalement, elle se lança.

Marianne : « Pourquoi fais-tu tout ça, Allan ? »

Allan, surpris : « Comment ça ? » 

Marianne : « Bien oui, tout ça !... Tu m’as sauvé la vie. Tu veux aider Robin à sauver le Roi et maintenant tu m’aides à retourner au château. Pourquoi ?... Et ne me dis pas que c’est parce que tu as une dette envers moi ! Cela va bien au delà ! »

Allan : « Ben, je ne sais pas… Mais j’ai toujours été de votre côté, vous savez ! »

Marianne : « Alors pourquoi continues-tu toujours de travailler pour Gisborne ? »

Allan, gêné : « C’est un peu compliqué ! »

Marianne, tenace : « Et bien, explique-moi ! »

Allan, embarrassé, ne sachant pas trop comment lui en parler.

Marianne : « C’est à cause de Robin ? »

Allan : « Euh oui…En partie. »

Marianne, franche : « Allan ?... Aimerais-tu reprendre ta place au sein de la bande ? »

Allan, souriant : « Oh oui mais…. »

Marianne : « Robin ? »

Allan, perdant son sourire : « Oui… Il n’est pas prêt à me pardonner. Il m’en veut encore beaucoup… Et il n’est pas le seul. »

Marianne, se voulant rassurante : « Oh moi, je suis sûre qu’il y est plus prêt que tu ne le penses ! »

Allan, plein d’espoir : « Vous croyez ?... Pourtant il m’a interdit de remettre les pieds au campement et il n’était pas du tout très enthousiaste à l’idée de me voir vous accompagner à Mansfield. »

Marianne : « Oh mais cela, ce n’est rien... Cela va passer... Je suis certaine que si je lui parlais en ta faveur, il accepterait de te reprendre. »

Allan, réjoui : « Vous feriez ça ? »

Marianne : « Et je te dois bien ça, non ? »

Allan ne répondit que par un sourire en songeant au bonheur qu’il aurait quand il retrouvera sa famille.

Marianne : « Mais à condition de ne plus mentir, Allan ! »

Allan perdit aussitôt son sourire.

Allan, gêné : « Mais il n’y a pas que ça… Il y a… »

Marianne : « Quoi ? »

Allan, de plus en plus embarrassé, évita le regard de Marianne à plusieurs reprises. Il regarda distraitement défiler le paysage tout en essayant de rassembler son courage afin de lui avouer ce qu’il le gênait. Mais Marianne le devança.

Marianne : « C’est à propos d’Annie ? »


byoann  (09.12.2013 à 09:22)
Allan, surpris, stoppa son cheval : « Ben… Comment vous le savez ? » 

 

Marianne, stoppant également : « Je t’ai souvent vu en compagnie de cette jeune servante au château. Sur le moment, je n’y ai pas prêté attention. Mais quand tu as dit à Robin que tu n’étais pas seul alors j’ai compris que… tu tenais beaucoup à elle. »

Allan, inquiet : « Vous croyez que Gisborne se doute de quelque chose ? »

Marianne, le rassurant : « Non ! Non, je ne crois pas. »

Allan, souriant béatement et talonnant son cheval : « Annie aussi, souhaite que je réintègre la bande de Robin. Elle ne m’a pas jugé pour ce que j’ai fait, elle. »

Marianne, surprise, rattrapant Allan : « Parce que tu l’as mise au courant ? »

Allan : « Bien sûr. Je me suis souvent confié à elle. C’est pourquoi je crains des représailles sur elle si je retourne auprès de Robin. Et je ne peux l’emmener avec moi dans les bois. Cela m’étonnerait que Robin l’accepte et puis de toute façon elle ne sait pas se battre. »

Marianne : « Si tu veux, je pourrais la prendre à mon service à Knighton. Qu’en penses-tu ? »

Allan, ravi : « Oh oui ! Cela serait formidable ! »

Marianne : « Mais tu penses qu’elle serait d’accord ? »

Allan : « Oh oui, ça je n’ai aucun doute là-dessus. »

Marianne : « Bon et bien, je lui en parlerai dès mon retour à Nottingham ! »

Allan, reconnaissant : « Merci beaucoup, lady Marianne… Merci pour tout ce que vous faites pour moi. »

Marianne : « Ce n’est rien. C’est normal. C’est ma façon à moi de te remercier de m’avoir sauvé la vie. »

Rassuré quant à l’avenir de sa belle, Allan pouvait se lancer, sans crainte, dans le sauvetage du Roi au côté de Robin. Dorénavant, plus rien ne pourrait l’arrêter. Car maintenant, il était sûr. Il voulait retrouver sa place dans la bande et sauver le Roi. Et avec une alliée comme Marianne, c’était pratiquement gagné d’avance.

Ils arrivèrent à la maison de l’ami d’Allan un peu après la tombée de la nuit. Comme il était trop tard pour repartir pour Nottingham, il fut décidé que Marianne passerait la nuit à Mansfield. Mais Allan ne pouvait pas se permettre de s’absenter toute une nuit. Alors avant de repartir, il lui fit ses dernières recommandations.

Allan : « Et surtout, n’oubliez pas de repasser par Knighton afin de remplir quelques malles montrant ainsi que vous revenez d’Ecosse. »

Marianne souffla bruyamment puis : « Ouuuiiiii ! »

Allan : « Ha ! Et aussi d’écrire à votre père pour lui dire que…. »

Marianne, l’interrompant : « Oui je sais déjà tout ça. Allez file ! Tu dois retourner à Nottingham avant que Gisborne ne s’aperçoive de ton absence. »

Allan : « D’accord ! »

Marianne : « Et bonne chance… pour le Roi en Terre Sainte ! »

Allan : « Merci ! On va en avoir besoin… Et euh… Si je ne peux pas voir Annie avant mon départ, pouvez-vous la rassurer pour moi ?»

Marianne : « Ne t’inquiète pas. Je veillerai sur elle. »

Allan : « Bonsoir Marianne ! »

Marianne : « Bonsoir et bonne route ! »

Il prit un nouveau cheval et galopa à vive allure jusqu’à Nottingham.

Il y arriva au milieu de la nuit. Il se dépêcha de réintégrer sa chambre le plus discrètement possible. Il se déshabilla puis se coucha confiant quant à son avenir. Cependant, il n’arriva pas à s’endormir. Mais cette fois-ci, ce n’était pas à cause de ses cauchemars. Il repensait sans cesse aux évènements de la journée et surtout à ce qui l’attendait ces prochains jours.

*******


byoann  (09.12.2013 à 09:30)

Chapitre XVI

« Pour l’Angleterre !... Pour le Roi ! »

e lendemain fut consacré aux préparatifs du voyage aussi bien du côté du shérif de Nottingham que celui des hors-la-loi de Sherwood. Ces derniers multipliaient les embuscades et les guets-apens en tout genre afin d’augmenter les fonds pour les achats de vivres et les dons en argent aux pauvres. Les livraisons se multiplièrent toute la journée. Robin avait fixé le départ le lendemain matin très tôt pour devancer le shérif de quelques heures. Mais celui-ci changea ses plans. Il fixa l’heure du départ le jour-même dans la soirée. Dès lors, le château fourmilla de serviteurs s’agitant dans tous les sens afin que tout soit prêt pour le départ. Allan, qui était revenu dans la nuit de Mansfield, se réveilla tard dans la matinée. Il entendit aussitôt l’effervescence dans le couloir. Sortant de sa chambre, il attrapa un serviteur au passage.

Allan : « Et mais qu’est-ce qui se passe ici ? »

Le serviteur allait répondre quand une voix derrière Allan se fit entendre.

La voix : « Eh bien, ce n’est pas trop tôt ! »

Allan lâcha le serviteur qui déguerpit en vitesse puis se retourna.

Allan : « Ah, Guy ! Euh… Ce n’est pas pour faire de l’humour mais quelle mouche les a piqué pour qu’ils s’agitent tous comme ça, dans tous les sens ? »

Gisborne : « Et bien tu le saurais si tu avais quitté ton lit plus tôt ! »

Allan : « Oh ce que… J’ai… J’ai eu… une insomnie cette nuit. »

Gisborne, sourire en coin : « Et cette… insomnie s’appelle ? »

Allan : « Oh non, sans blague ! Je vous jure… J’ai vraiment eu une insomnie cette nuit ! »

Gisborne, poursuivant son chemin : « Le shérif a avancé d’un jour notre départ pour la Terre Sainte. Nous partons ce soir ! »

Allan, dans sa tête : « Oh non, ce n’est pas vrai !... Il faut absolument prévenir Robin. »

Gisborne, au loin : « Et tache d’être à l’heure, cette fois ! »

Allan : « Euh… Oui ! Vous pouvez compter sur moi, Guy. »

Allan retourna dans sa chambre pour préparer ses affaires pour le voyage. Tout en s’attelant à cette tâche, il se demandait comment il pourrait prévenir Robin que le shérif avait avancé son départ. Marianne n’étant plus à Nottingham, elle risquait elle-aussi de ne pas être arrivée avant leur départ car, avec une voiture, il lui faudrait certainement plus de temps pour arriver qu’il n’en avait mis, lui à cheval, pour revenir de Mansfield.

Allan, à lui-même : « Oh et puis non, je suis sûr que je m’inquiète pour rien. Je suis certain qu’elle sera là en milieu d’après-midi, au plus tard. Elle aura ainsi assez de temps pour prévenir Robin. »

Car lui, bien sûr, devait participer aux préparatifs. Il n’eut même pas le temps d’avertir sa chère et tendre de son imminent départ. Il s’attelait à la tache en essayant de faire ralentir les choses. Mais malgré tous ses efforts, les préparatifs allaient bon train. L’inquiétude d’Allan augmenta au fur et à mesure que les heures passaient. Et ce d’autant plus que Marianne n’était toujours pas arrivée. En début de soirée, son inquiétude vira à l’angoisse. Etait-il arrivé quelque chose à Marianne ? Devait-il abandonner Gisborne, et donc abandonner le Roi, et prévenir Robin ou partir avec Gisborne et courir le risque que Robin arrive tôt tard en Terre Sainte ? Il en était encore à se poser la question quand, au moment où il chargeait la dernière malle dans le carrosse du shérif, une voiture entra en trombe dans la cour du château. C’était Marianne.

Allan alla au devant du carrosse puis l’aida à descendre.

Allan, discrètement, en s'éloignant du carrosse : « Mais bon sang ! Où étiez-vous ?... J’ai cru qu’il vous était arrivé quelque chose ? »

Marianne, surprise : « Mais vous partez déjà ? Je croyais que vous ne deviez partir que demain ? »

Allan : « Le shérif a fait avancer notre départ ! »

Marianne : « Robin est au courant ? »

Allan : « Non ! J’ai été coincé au château toute la journée pour les préparatifs alors je n’ai pas pu le prévenir. C’est pourquoi, je comptais sur vous ! »
Marianne : « Nous avons cassé une roue à cinq lieux d’ici. Le cocher a dû la changer. Cela a pris un temps infini. »

Gisborne descendit les marches du château.

Gisborne, au serviteur : « Met ces malles dans le carrosse et fait bien attention. »

Gisborne, apercevant Marianne et surpris : « Marianne ? »

Marianne, le saluant : « Messire Guy ! »

Gisborne : « Mais que faites-vous ici ? Je vous croyais avec votre père en Ecosse. »

Marianne : « Mon père n’avait plus besoin de moi... Mon oncle va beaucoup mieux et comme ils voulaient passer plus de temps ensemble, à se remémorer le bon vieux temps, père m’a demandé de rentrer un peu avant lui afin de préparer son arrivée. »

Gisborne : « Je suis ravi de vous revoir, Marianne. »

Marianne, avisant le carrosse et feignant la surprise : « Vous partez ? »

Gisborne, redevenant distant : « Oui. »

Marianne : « Et pour longtemps ? »

Gisborne : « Je le crains. »

Marianne, minaudant : « Puis-je vous demander votre destination ? »

Gisborne : « Je ne puis vous en dire davantage. Je regrette. »

Marianne : « Eh bien dites-moi messire Guy, je vous ai connu plus loquasse. »

Une voix désagréable se fit entendre derrière Guy. Le shérif fit son apparition.

Le shérif : « Messire Guy a reçu des consignes, jeune demoiselle. »

Le shérif se joignit au trio puis, en regardant Gisborne : « Et il ne peut, par conséquent, vous renseigner malgré votre joli petit minois. »

Le shérif, se retournant vers Marianne : « Que me vaut encore le plaisir de votre présence dans mon château, Marianne ? »

Marianne, le salua puis : « Monseigneur !... Mon père ne rentre que dans quelques jours et comme j’ai laissé quelques affaires dans ma chambre au château… »

Le shérif, la coupant : « Vous vous êtes dit que vous pourriez y retourner en attendant papa. »

Marianne : « Oui, Monseigneur. Mais puisque je vois que vous vous préparez à partir je crains que ma demande… »

Le shérif : « Non ! Pensez-vous !... [Il monta dans sa voiture]… Vous êtes toujours la bienvenue chez moi… [Il se tourna vers Gisborne]… N’est-ce pas, Gisborne ? »

Il ne laissa pas le temps à Gisborne de répondre.

Le shérif, ironisant : « Ah mais malheureusement je ne peux pas vous le laisser pour faire joujou… [Il désigna du doigt Gisborne]… Alors il vous faudra trouver quelqu’un d’autre pendant son absence. »

Gisborne n’apprécia pas la dernière remarque du shérif mais il ne répliqua pas et se contenta de monter dans le carrosse.

Gisborne, sur la marche du carrosse, se retourna vers Marianne : « Au revoir, Marianne et j’espère avoir le plaisir de vous voir plus longuement à mon retour. »

Marianne : « Au revoir, Messire Guy et à bientôt. »


byoann  (16.12.2013 à 09:32)

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