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Le pardon

Série : Robin Hood
Création : 19.08.2013 à 18h56
Auteur : byoann 
Statut : Terminée

« Cet épisode remplace les épisodes 12 et 13 de la saison 2 excepté qu’Edouard n’est pas mort, que Knighton n’a pas été réduit en cendres et que Gisborne ignore toujours l’identité du veilleur de nuit. » byoann 

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Gisborne s’installa en face du shérif. Marianne et Allan échangèrent un regard entendu puis ce dernier prit place au côté de Gisborne. Le serviteur ferma la porte indiquant au cocher qu’il était temps de partir. Celui-ci fouetta les chevaux et le carrosse quitta la cour du château. Puis, il se dirigea vers la porte Sud de la ville.

Marianne le regarda partir jusqu’à ce que le carrosse ne soit plus visible. Le serviteur s’approcha pour recevoir ses ordres.

Marianne : « Montez mes malles dans ma chambre, je vous prie. »

Le serviteur : « Tout de suite, lady Marianne ! »

Elle fila vers les écuries et se fit remettre un cheval. Elle se fit aider pour grimper sur le cheval car elle souffrait encore un peu de sa blessure à l’abdomen puis elle galopa jusqu’au campement des hors-la-loi.

Au même instant, au campement des hors-la-loi …

Much faisait réchauffer le dîner pendant que les autres s'installaient autour du feu en discutant des préparatifs de leur futur voyage.

Much : « Ah !... Enfin, on va pouvoir se reposer et se restaurer. La journée a été longue ! »

Petit Jean : « Oui !... Pour une fois je suis d’accord avec Much. Cela fait du bien de s’arrêter un peu. »

Robin : « Reposez-vous et festoyez car vous l’avez bien mérité… Et surtout, nous ne savons pas quand nous pourrons le refaire ! »

Much se releva pour remplir une écuelle.

Much : « Oh, mais je suis sûr qu’en Terre Sainte, on trouvera un petit coin tranquille pour se remplir la panse… »

Will : « Much !... On y va pour sauver le Roi. Pas pour faire visiter les lieux. »

Much : « Je sais mais… On ne peut pas remplir à bien une mission en ayant le ventre vide !... [Il donna l’écuelle à Robin]… N’est-ce pas, Maître ? »

Robin, lui sourit en lui donnant une claque amicale sur l’épaule : « Tu as bien raison, mon ami ! »

Much, fier de lui, à Will : « Hum, tu vois ? »

Au même moment, Marianne arriva au galop au campement. Souffrant toujours un peu de sa blessure, Marianne ne descendit pas de son cheval. Ayant entendu les sabots du destrier, la bande de hors-la-loi, sur la défensive, sortirent tous armés du campement.

Marianne : « Robin ! Le shérif vient de partir pour la Terre Sainte ! »

Robin : « Quoi ? »

Toute la bande s’en inquiéta.

Marianne : « Oui. Je ne sais pas pourquoi mais le shérif a avancé l’heure de son départ… Je viens tout juste de rentrer de Mansfield. »

Much, sur un ton de reproche : « Et Allan ne nous a pas prévenu, évidement ! »

Marianne : « Oui, mais c’est de ma faute ! »

Will : « De votre faute ? »

Marianne : « Il ne pouvait pas s’absenter du château. Il comptait sur moi pour vous prévenir. Mais sur la route de Mansfield, nous avons cassé une roue. Nous avons donc dû la réparer et c’est pour ça que je n’ai pas pu vous prévenir plus tôt. Je rentre à peine. D’ailleurs, j’ai même failli les manquer. Ils étaient dans la cour entrain de monter dans leur voiture quand je suis arrivée. Et j’ai fait aussi vite que possible. »

Robin s’approcha de Marianne et se hissa sur une souche pour l’embrasser : « Ne t’inquiète pas, tu n’y es pour rien… Et puis ce n’est pas grave. Tu nous as prévenus à temps. Après tout, le shérif n’aura qu’une heure ou deux d’avance sur nous, pas vrai ? »

Tenant son écuelle dans une main et son épée dans l’autre, Much, inquiet : « Alors, cela veut dire que nous n’allons pas pouvoir manger avant de partir ? »

Robin : « Encore une fois, tu as vu juste mon ami ! Allez préparer vos affaires, nous partons sur le champ ! »

Pendant que Robin embrassa une nouvelle fois Marianne, le reste de la bande s’engouffra dans le campement pour y prendre leurs affaires. En quelques minutes, ils furent tous prêts même Much avait rangé son écuelle et prit son balluchon. Puis il se tint prêt à côté des autres qui entouraient les deux amoureux.

Marianne, toujours sur son cheval : « Fais-bien attention à toi en Terre Sainte ! »

Robin : « Et toi… Fais bien attention à toi à Nottingham… N’en fais pas trop et repose-toi souvent. »

Il l’embrassa tendrement embarrassant leur entourage. Il se défit de sa belle et se tourna vers ses compagnons.

Robin : « Alors vous êtes prêts ? »

Much : « Nous oui !... Mais vous, maître ? »

Robin, feignant l’étonnement : « Eh bien je croyais que tu allais me rapporter mes affaires, Much ? »

Much, offensé : « Mais je vous rappelle que je ne suis plus votre serviteur, Maît… Euh Robin ! »

Tout en rentrant dans le campement, Robin en souriant : « Mais je le sais mon ami ! »

Djaq à Marianne : « Ne vous inquiétez pas, nous veillerons sur Robin ! »

Marianne : « Merci beaucoup et faites attention à vous aussi. »

Petit Jean s’approcha et lui serra les mains avec affection.

Petit Jean, en reculant : « Et c’est valable aussi pour vous. N’en faites pas trop ! »

Marianne, touchée par sa sollicitude : « D’accord, je te le promets, Petit Jean. »

Will s’approcha pour la saluer.

Will : « A très bientôt, Marianne ! »

Marianne : « En revoir Will… [Elle lui fit un clin d’œil]… Et prends bien soin de Djaq ! »

Will ne lui répondit que par un sourire embarrassé. Puis il rejoignit Petit Jean qui était parti chercher les chevaux. Djaq la salua puis se fut au tour de Much.

Much, ému : « Bon ben… Prenez bien soin de vous pour euh… que euh… vous guérissiez vite, quoi ! »

Marianne : « Merci Much. Et toi, fais de même avec Robin. Je sais que je peux compter sur toi ! »

Much, les yeux humides : « Oui vous le pouvez… Je veillerais sur lui comme une mère sur son petit. »

Marianne sourit de l’image choisie par Much. Robin sortit du campement au même moment tandis que Will et Petit Jean amenèrent les chevaux.

Robin : « Une mère sur son petit ?... Qui est la mère ?... Et qui est son petit ? »

De connivence, Marianne et Much rirent de bon cœur.

Much : « C’est rien, on vous expliquera ! »

Much, regardant les affaires de Robin : « Vous n’emmenez pas le Pacte de Nottingham pour le montrer au Roi, Maître ? »

Robin : « Non, je préfère emmener uniquement la missive du shérif. Cela suffira à convaincre le Roi et puis je ne voudrais pas me le faire dérober. C’est la seule preuve tangible que nous ayons. »

Toute la bande comprit qu’il craignait, qu’une fois en Terre Sainte, Allan ne le lui reprenne pour le compte du shérif. Il fut évident pour tout le monde qu’il n’avait pas encore confiance en lui. Robin grimpa sur son cheval et alla embrasser Marianne une dernière fois.

Robin : « Ne t’inquiète pas mon amour, tout va bien se passer. »

Puis il se tourna vers ses compagnons : « Allez les amis, en route !... Pour l’Angleterre !... Pour le Roi ! »

Le reste de la bande : « Pour l’Angleterre !... Pour le Roi ! »

Puis ils talonnèrent leurs montures et filèrent en direction du sud.

Ils arrivèrent au port de Portsmouth quelques jours plus tard un peu avant midi. Ils questionnèrent les marins du port sur la possibilité d’embarquer pour la Terre Sainte. Un marin leur répondit qu’il y a deux heures environ un bateau venait tout juste de partir. Excessivement déçus, ils se consolèrent en apprenant qu’un second bateau y ferait route en fin d’après-midi. Le plan d’Allan tombait à l’eau. Une fois débarqués, ils ne pourraient plus retrouver le repère du shérif. Il avait trop de longueur d’avance. Il fut décidé qu’ils iraient directement chez l’ami de l’oncle de Djaq. Ils prirent un bon repas dans une des nombreuses tavernes du port non sans avoir, au préalable, dérobé quelques bourses à de riches marchands d’esclaves qui faisaient escale à Portsmouth avant de se rendre sur le continent africain. Puis l’heure de l’embarquement arriva. Robin discuta des modalités pécuniaires de leur voyage avec le capitaine du navire puis ils s’embarquèrent pour la Terre Sainte.


byoann  (04.02.2014 à 17:40)

Chapitre XVII

« Ce n’est pas fini, Robin !... Ce n’est pas fini et j’aurai l’Angleterre ! »

uelques semaines plus tard, au port d’Acre en Terre Sainte…

En pleine nuit, deux sarrasins marchèrent dans une ruelle. Ils scrutèrent les environs pour voir si personne ne les suivait. Ils s’arrêtèrent devant une maison et frappèrent à la porte. Gisborne l’entrouvrit et le shérif y passa la tête pour voir qui était leur visiteur.

Le sarrasin, méfiant, montra sa main portant une bague surmontée d’un emblème puis : « Shérif ? »

Le shérif regarda l’emblème de la bague du sarrasin puis montra le sien.

Le shérif, rassuré : « Nasir… »

Il fit signe à Gisborne de le laisser entrer.

Le shérif : « Mon cher petit ! »

Les deux sarrasins entrèrent dans la maison pendant que Gisborne ferma la porte. Le second sarrasin était un homme extrêmement musclé.

Passant devant le shérif, il se présenta : « Karim. »

Le shérif, impressionné et le dévisageant : « Excellent… Oh oui ! Excellent ! »

Nasir, scrutant chaque recoin de la maison : « Quel est le plan ? »

Le shérif : « Tu vas… aller rendre visite au Roi Richard… [Il lui remit un sceau]… Tu es le nouvel émissaire du prince Saladin. »

Nasir, incrédule : « Le sceau royal de Saladin… Où l’as-tu eu ? »

Le shérif, souriant : « Sur l’ancien émissaire du prince Saladin. »

Nasir : « Mais il faut un mot de passe. »

Le shérif : « Oui, ça a été très difficile de l’arracher. Un peu comme une dent d’ailleurs… C’est drôle… [Se tournant vers Karim]… Il a fallu en arracher quelques unes. »

Karim : « Dès qu’on est devant lui, je le tue ! »

Le shérif : « Oh non, non, non. Vous vous tiendrez toujours à plus de mille pas de la tente royale. Je veux que vous l’attiriez quelques parts à l’extérieur. »

Nasir : « Et comment ? »

Le shérif : « En le berçant avec ce qu’il a envi d’entendre… la paix ! »

Le shérif et Nasir sourirent.

Le shérif, confiant : « Désormais, rien ne peut nous arrêter. »

Au même moment sur le littoral vers Acre…

Robin débarqua avec sa bande. Il mit pied à terre le dernier. Ils marchèrent jusqu’au haut plateau surmontant la plage. Puis Robin vint se placer devant ses compagnons.

Robin : « Bon, les gars. On a du travail. Sauvez le Roi et Sauvez l’Angleterre ! »

Sur la route d’Acre…

La bande s’arrêta dans une vieille bâtisse en ruine.

Much : « Qu’est-ce qu’on fait si le Roi a levé le camp ? S’il n’est plus à Acre ? »

Robin : « On ira chez l’ami de l’oncle de Djaq. »

Will, inspectant la maison : « Bassam ? »

Djaq : « Je vais aller voir ce qu’il y a là-haut. »

Robin, acquiesçant de la tête : « Très bien. »

Djaq redescendit et : « Robin ? »

Robin monta avec elle sur le toit de la maison.

Djaq : « Je voudrais te montrer quelque chose. »

En pointant son doigt, Djaq à Robin : « Tu vois ces gardes ici ?... Ce sont des soldats sarrasins. Cela veut dire que cette ville est retombée entre les mains de mon peuple. La ville est sous couvre-feu et ça va être risqué. Et la mauvaise nouvelle c’est que ton Roi ne va pas être là. »

Robin, réfléchissant à la situation : « Oui… Allons trouver ton ami Bassam. »

Ils empruntèrent les rues étroites de la ville en se cachant des patrouilles sarrasines. Djaq, Will et Petit Jean réussirent à traverser une ruelle plus large mais deux gardes à cheval empêchèrent Robin et Much de les rejoindre. Djaq leur fit signe d’attendre.

Much à Robin : « Je peux vous poser une question ?... Pour vous, être là… De retour en Terre Sainte… ça vous fait pas bizarre ?... Moi, ça me fait bizarre de me retrouver à être l’ennemi. Si ces gens savaient qu’on est anglais… Qu’est-ce qu’ils nous feraient ! »

Ne laissant pas le temps à Robin de répondre, Djaq : « Robin ? »

Robin et Much pouvaient traverser à présent. Ils essayèrent de rejoindre le reste du groupe. Mais Djaq, Will et Petit Jean furent découverts.

Much, en se cachant avec Robin : « Des sarrasins ! »

Pendant ce temps, les sarrasins fouillèrent leurs compagnons de la tête au pied. Petit Jean vit Robin se faufiler sur le toit au-dessus de l’endroit où ils se trouvaient. Robin redescendit brutalement devant les sarrasins créant ainsi une diversion. Will et Petit Jean se débarrassèrent de leurs gardes respectifs pendant que Robin s’occupait des autres et que Djaq guettait l’arrivée d’autres gardes.

Djaq, revenant vers eux en courant : « Il y en a trois autres qui arrivent ! »

Les gardes poursuivirent Djaq qui les attira dans un guet-apens. Robin et les autres les attendaient. Ils leur tombèrent dessus et les assommèrent rapidement puis ils les transportèrent à l’abri des regards.

Robin, en souriant : « La maison de Bassam ? »

Djaq : « C’est par là ! »

Ils la suivirent tous en courant vers la maison de Bassam.

 

Dans la demeure de Bassam…

Djaq devança la bande. Emerveillés, ils regardèrent tout autour d’eux. Ils passèrent à côté de la volière de Bassam.

Will : « Ce sont les oiseaux de Bassam. »               

Djaq, émue : « C’est aussi beau que dans mes souvenirs ! » 

Djaq regarda partout se rappelant les moments qu’elle avait passés ici. Derrière elle, une servante amena le maître des lieux à la rencontre de ses invités.

Bassam : « Safiyya ? »

Djaq se retourna et s’avança vers lui en parlant dans sa langue natale. Ils s’étreignirent avec joie.

Fou de joie de la retrouver, Bassam : « Tu es encore en vie, toi ? »

Djaq, radieuse : « Mais vous aussi ! »

Bassam : « Mais moi, bien sûr que je vis ! Mon vieux corps peut tomber en ruine, mais il faut bien que je continue à m’occuper de mes oiseaux. »

Djaq : « Mais vous les aimez. »

Bassam, prenant Djaq par les épaules : « C’est toi que je t’aime surtout. »

Il l’emmena avec lui... Quelques minutes plus tard, dans la volière de Bassam, Djaq regarda Will remettre la porte de la cage d’un des oiseaux de Bassam sous l’œil protecteur de ce dernier, assis sur des coussins avec le reste de la bande. Will regarda Djaq en souriant.

Djaq : « Quand j’étais petite, j’adorais ces oiseaux… [Elle reconduisit Will auprès de Bassam]… Je me disais quand je serais grande, j’allais habiter ici et que j’allais les dresser. Ç’aurait été un peu comme si c’était moi qui volait. Tu vois ce que je veux dire ? »

Will : « Oui… Oui, tout à fait. »

Puis ils s’assirent autour la table où Bassam et le reste de la bande les attendaient.

Bassam, se servant dans un des bols, posé sur la table : « Bismillah »

Robin prononça quelques mots d’arabes.

Bassam, surpris : « Et il parle notre langue ? »

Robin, souriant : « Vous parlez bien la mienne. Ce n’est que justice. »

Pendant ce temps, le reste de la bande commença à manger. Much semblait ravi.

Robin, redevenant sérieux : « Je dois trouver notre Roi. »

Bassam : « Pourquoi devrais-je vous aider ? »

Robin : « Parce que ses jours sont en danger. »

Une servante, s’occupant de donner à boire à Much, s’intéressa de près à la conversation entre Robin et Bassam.

Bassam : « Vous voulez le sauver afin qu’il puisse continuer à faire la guerre contre mon peuple ? »

Robin : « Non… Je veux faire la paix et le ramener dans son pays afin qu’il libère son peuple de certaines personnes malveillantes. »

Djaq : « Robin est un homme de paix. Vous pouvez lui faire confiance. »

Bassam, d’abord méfiant, regarda tous les visages qui l’entouraient.

Robin : « Je vous en prie. »

Bassam réfléchit quelques instants puis : « Il est campé vers le nord. Je vous montrerai demain matin. »

Robin : « Merci. »

La servante s’éclipsa discrètement et fila vers les quartiers du shérif.

Dans les quartiers du shérif…

La servante de Bassam frappa à la porte de la maison où résida le shérif. Nasir lui ouvrit la porte. Puis elle se confia dans sa langue à Nasir.

Nasir la fit entrer dans la maison en regardant de chaque côté pour voir si on ne l’avait pas suivi.

Gisborne, mécontent : « Robin des bois ? C’est impossible ! »

Nasir : « Il est à Acre avec ses hommes. Et il cherche le Roi. »

Le shérif écouta ses compagnons dans le calme. Il ne sembla pas contrarié par la nouvelle. Allan, lui, se réjouissait intérieurement de l’arrivée de Robin. Mais il se demandait comment il pourrait entrer en contact avec lui.

Le shérif : « Aucun problème. »

Gisborne : « Expliquez-vous ? »

Le shérif : « Ils le cherchent encore donc ils ne l’ont pas trouvé… [Le shérif réfléchit]… Par conséquent, nous allons ajouter un petit extra au message du Prince Saladin. Nous allons amener le Roi Richard à tuer Robin des bois. »

Gisborne fut perplexe tandis qu’Allan était catastrophé. Il lui était impossible de renseigner Robin sur le complot visant le Roi ni sur le sort que le shérif lui réservait car il ignorait l’endroit où s’était réfugié Robin et ses compagnons. Tandis qu’Allan cherchait désespérément une solution, le shérif, lui, s’amusa de son nouveau plan.

Le lendemain, à la frontière des territoires occupés…

Nasir galopa jusqu’au devant d’un groupe de croisés se déplaçant à cheval. Il s’arrêta à quelques mètres devant eux. Un des cavaliers se détacha du groupe et vint à sa rencontre.

Nasir : « Je suis envoyé par son altesse royale le prince Saladin, souverain légitime de ces terres, sultan de la dynastie ayyoubide. »

L’homme, nullement impressionné par son interlocuteur, ironisant : « Ah, oui ? Et moi, je suis le Roi d’Angleterre. »

Les autres cavaliers se mirent à rire. Nasir, ne sachant pas quoi en penser, lui donna le sceau royal de Saladin. Sans un mot, le croisé repartit vers son groupe et le donna à un autre homme.

L’homme : « Merci, Carter. »

L’homme regarda le sceau qu’il lui avait été remis puis fixa Nasir. Finalement, ce dernier fut emmené au campement du Roi.

Au campement du Roi…

Nasir fut brutalement conduit sous une tente. Les soldats le fouillèrent en le malmenant un peu. Puis ils le firent ressortir.

Un des hommes : « Avance… Emmenez-le à la tente du Roi. »

Il le poussa mais Nasir se releva fièrement. Il suivit le croisé à qui Carter avait remis le sceau de Saladin, Carter fermant la marche. Le croisé alla directement au fond de la tente.

Nasir, impatient : « Où est votre Roi ? »

Le croisé, enlevant ses bottes : « Je gouverne depuis les premières lignes. »

Puis il se retourna vers son interlocuteur.

Le croisé : « Voilà pourquoi, ton prince ne me vaincra jamais. »

Le Roi se dirigea vers une bassine remplie d’eau.

Le Roi : « J’admire Aristote. »


byoann  (04.02.2014 à 18:12)

Puis il s’aspergea le visage.

Nasir, le défiant : « Je préfère Platon. »

Le Roi ne releva pas l’impertinence de l’envoyé de Saladin. Carter entra sous la tente royale.

Le Roi : « Tu as le mot de passe. Parle.»

Le roi mit sa couronne sur sa tête et écouta l’envoyé du prince.

Nasir : « Mon prince a prêté l’oreille à votre offre de paix. »

Le Roi : « Oh ! »

Nasir : « Il ne veut faire aucune promesse, mais il est, en revanche, tout disposé à parlementer. »

Le Roi regarda la réaction de Carter.

Nasir : « Mon prince consent à vous rencontrer, face à face, d’homme à homme, dans le désert. »

Le Roi, s’avançant vers Nasir : « A quel endroit ? »

Nasir : « A proximité d’Emmaüs. La ville que vos croisés ont détruite. »

Le Roi : « Quand ça ? »

Nasir : « Tout à l’heure. » 

Carter : « Votre Majesté. Est-ce bien sage ? »

Le Roi, se retournant, prit le temps de réfléchir.

Nasir, pour lui forcer la main : « Mon prince le savait. Vous ne souhaitez pas la paix. »

Nasir se dirigea vers la sortie.

Le Roi : « Attends ! »

Nasir s’arrêta juste avant la porte puis se retourna vers le Roi.

Le Roi, toujours de dos : « J’y serai. »

Le Roi se retourna. Carter semblait déçu de la décision prise par son Roi.

Nasir : « Mon prince vous offre un présent afin de vous signifier sa bonne volonté. »

Le Roi : « Quel est-il ? »

Nasir : « Il vous offre la vie en cadeau. »

Le Roi resta impassible. Nasir regarda Carter.

Le Roi à Carter : « Laisse-nous. »

Tandis que Carter quitta la tente, les deux hommes se rapprochèrent l’un de l’autre.

Nasir : « Dans votre pays, il y a des gens qui ont l’intention de vous tuer. »

Le Roi : « Je te remercie mais je suis au courant pour les Chevaliers Noirs. » 

Nasir : « Ils savent que vous êtes au courant. »

Le Roi : « Et je vais m’occuper de ses hommes, dès mon retour. »

Nasir : « C’est pourquoi ils ont recruté le plus fidèle de tous vos serviteurs et ils l’ont envoyé ici. »

Le Roi, mécontent : « Qui ça ? »

« Un homme à qui vous confieriez sans hésiter votre corps et votre âme... »

Nasir, poursuivant : « … Et qui voyage accompagné d’une femme de mon peuple. Cet homme va offrir de vous protéger et puis, quand vous aurez baissé la garde alors il vous tranchera la gorge. »

Nasir se retira laissant le Roi dans une grande confusion. Carter fit alors son entrée.

Carter : « Pour cette rencontre, je viens avec vous. »

Le Roi : « Non. »

Carter : « Mais votre Majesté, aller voir Saladin tout seul, sans protection… »

Le Roi, le coupant : « Parfois la paix demande plus de bravoure que la guerre. »

A proximité du campement des croisés…

Conduit par Bassam, Robin et ses compagnons marchèrent vers le campement du Roi.

Bassam : « Le voilà, le camp de votre Roi. »

Toute la bande admira le campement du haut de la dune. Robin remercia Bassam dans sa langue puis ce dernier se retourna vers Djaq.

Bassam : « Il sait ce que c’est que le vol d’un oiseau, ton pâlichon ? »

Djaq : « De qui tu parles ? »

Bassam lui sourit.

Djaq, souriant : « Oui… Je crois qu’il sait. »

Bassam : « Tu as ma bénédiction. »

Djaq, heureuse, étreignit Bassam pendant que le reste de la bande commença sa descente vers le campement. Arrivant à l’entrée du bivouac, Robin se présenta à l’un des soldats gardant l’accès.

Robin : « Mon nom est Robin de Locksley et, eux, ce sont mes amis, de fidèles sujets du Roi. »

Much, fier : « Mieux que ça ! Mon maître et moi avons servi dans sa garde personnelle. »

Robin : « Nous devons le voir de toute urgence. »

Le garde les laissa passer.

Much au garde : « On vient lui sauver la vie… [Puis à Petit Jean]… Tiens, Jean, regarde ! »

Much tendit le bras avec fierté.

Much : « La tente du Roi… Ut prosim !... C’est notre devise, en latin. »

Petit Jean : « ça veut dire ? »

Much le regarda en secouant la tête, signe qu’il n’en avait pas la moindre idée.

Much à Robin : « C’était nous ça !...Ah, c’était le bon temps… Enfin, en fait non. Il y avait la mort, la destruction et tout ça mais… Vous voyez quoi ? Mis à part ça, c’était… »

Il fut interrompu par Carter qui descendait d’une dune.

Carter : « Robin ! »

Robin : « Carter ! »

Robin courut vers lui et l’étreignit.

Robin : « Je croyais que tu avais renoncé à te battre ? »

Carter, se dirigeant vers les autres membres du groupe : « Je me bats toujours mais pour la paix. »

Il salua Much puis revint vers Robin pour le conduire à la tente du Roi.

Carter : « Il semblerait qu’on commence à progresser dans ce sens. »

Le Roi sortit de sa tente.

Le Roi : « Robin de Locksley ! »

Imité par Much, Robin, en s’agenouillant et baissant la tête : « Votre Majesté. »

Le Roi : « Relève-toi. Se serait à moi de m’incliner devant toi, mon ami. Viens. »

Le Roi retourna dans sa tente suivi par Robin, Carter et Much.

Le Roi, content de le revoir : « Robin. »

Robin, inquiet : « Votre Majesté. J’apporte de graves nouvelles. Vous avez dû recevoir mes messages. »

Le Roi, inquiet : « Je les ai eu. »

Robin : « Donc, vous savez que le shérif de Nottingham et les Chevaliers Noirs conspirent contre vous. Ils veulent faire main basse sur l’Angleterre. »

Le Roi : « C’est ce que tu m’as écrit et je t’ai cru. »

Robin : « Mais maintenant le shérif est en chemin. Il arrive avec l’intention de vous tuer. »

Le Roi : « C’est vrai ? »

Robin : « Vous devez me laisser vous protéger. »

Le Roi : « Je dois t’autoriser à me protéger ? »

Robin : « Oui. »

Le Roi vit alors s’approcher Djaq suivie de Will.

Le Roi, déçu : « Oh, Robin ! Entre tous, il a fallu que ce soit toi ! »

Robin, ne comprenant pas : « Votre Majesté ? »

Le Roi, mécontent : « De tous les hommes qui m’ont servi, c’est toi que j’aimais le plus. »

Robin : « Et j’en suis fier. »

Le Roi : « Quand Je t’ai renvoyé en Angleterre, j’ai cru y envoyer une part de moi-même. J’ai cru que tu me représenterais. »

Robin, un peu perdu : « C’est un peu ce que j’ai fait. »

Le Roi : « Robin, je t’en prie ! Arrête ! Je connais la vérité. »

Robin : « Quelle vérité ? Votre Majesté, vous êtes en danger. »

Le Roi, se retournant : « Pourquoi ?... N’ai-je pas été juste envers toi ? »

Robin, inquiet : « Si, vous le savez. Et moi, je suis venu pour vous sauver ! »

Le Roi, très mécontent : « Et tu persistes à nier. Tu es venu jusqu’ici pour tuer ton Roi ! »

Carter : « Non, votre Majesté ! Je me porte garant de Robin. Quand j’étais en Angleterre… »

Le Roi à Carter : « Silence !... »

Le Roi à Robin : « Tu es un archer remarquable qui ne manque jamais sa cible, oui ou non ? »

Robin : « En effet. »

Le Roi : « Alors tu as eu mille fois l’occasion de tuer mes ennemis. Et tu veux me faire croire que tu es venu en Terre Sainte pour me protéger au lieu d’envoyer une simple flèche à Nottingham ? »

Much : « Votre Majesté, on ne pouvait pas faire… »

Un des croisés, accompagnant le Roi : « N’interromps pas le Roi ! »

Il frappa Much qui se répandit de tout son long.

Robin comprit alors que sa parole ne valait plus rien aux yeux du Roi. Il abandonna, alors, l’idée de lui parler de la lettre codée que le shérif avait reçu.

Le Roi au soldat : « Rassemblez les hommes ! »

Le Roi, regardant Robin : « Exécutez toute la bande ! »

Pendant ce temps devant le repère du shérif…

Le shérif : « Le bonheur ? »

Nasir : « Le bonheur. »

Le shérif, tout souriant : « Il sera au rendez-vous ? »

Nasir, acquiesçant : « Hum, hum. »

Le shérif, farceur : « Hé ! Méfiez-vous du Robin qui rôde ! »

Nasir sourit au shérif.

Le shérif, souriant : « Ooooooooooh ! Viens mon petit ! »

Le shérif, au comble de la joie, prit Nasir dans ses bras puis il regarda Karim.

Le shérif : « Alors Karim, mon garçon, tu sais quoi faire. »

Le shérif s’en retourna dans son repère mais Karim le questionna.

Karim : « Et si le Roi Richard sait à quoi ressemble le prince Saladin ? »

Le shérif : « Bon et alors ? Tu n’as pas l’intention de tenir salon. »

Le shérif leur fit signe de sortir avant de retourner dans la maison.

Au campement du Roi…

Robin et ses compagnons furent ligotés et amenés devant le Roi.

Much : « Pitié, votre Majesté ! Ut prosim ! »

Robin : « Votre Majesté, c’est vrai ! Ces gens auprès de moi sont innocents. Si vous devez prendre une vie, prenez la mienne mais épargnez-les. »

Le Roi : « Enfin ! Voilà le Robin dont je me souviens. Celui qui pense aux autres. »

Djaq : « Il est toujours le Robin dont vous vous souvenez. »

Much : « Il vous a sauvé la vie ! Mais ça, vous vous en souvenez pas ? »

Le Roi, sensible à cet argument, descendit et se plaça devant Robin.

Le Roi, embarrassé : « Je dois dire non à ta requête. Vous devez tous être châtiés. Cependant, tu m’as sauvé la vie et non, je ne l’ai pas oublié. Donc, je ne prendrai pas la tienne... »

Puis le Roi, s’adressant à tout le camp… : « Je laisse le désert en décider. »

Much, inquiet : « Attendez ! Le désert ?... [Il regarda Robin]… Qu’est-ce que cela veut dire ?... »

Robin baissa la tête et ne répondit pas.

Much, se tournant vers le Roi :      «… Décider de quoi, là ? »

Quelques instants plus tard dans le désert…

Toute la bande fut attachée à des poteaux en plein milieu du désert sous un soleil de plomb.

Will au Roi : « ça équivaut à une exécution. »

Le Roi à Will : « Oui. Mais si Dieu le veut, il reste toujours une chance. »

Robin : « Pff… »


byoann  (04.02.2014 à 18:35)

Le Roi à Robin : « Ce n’est pas ce souvenir que je garderai de toi, Robin. Dans mon souvenir, tu resteras le héros qui m’a sauvé la vie. »

Robin : « Et pour moi, vous resterez le Roi qui a passé trop de temps à la guerre. Cela a entaché votre jugement. Vous avez oublié votre peuple. »

Le Roi, séduit par son audace : « Tu es dans le vrai. Il est temps de cesser les combats. Je dois voir Saladin tout à l’heure. Je vais faire la paix avec lui et ensuite je vais rentrer en Angleterre. »

Robin : « Bien. Au moins, mes amis et moi, nous aurons accompli quelque chose. »

Le Roi : « Adieu. »

Le Roi repartit sous le regard de Carter impuissant.

Devant le repère du shérif…

Le shérif, Gisborne, Allan, Nasir et Karim s’apprêtaient à se rendre au rendez-vous fixé au Roi lorsqu’un cavalier se présenta devant le shérif. Il s’agissait d’un croisé. Au lieu de fuir devant un homme à priori à la solde du Roi, le shérif l’accueillit chaleureusement.

Le shérif, souriant : « Ah !... Mon cher James ! J’espère que vous m’apportez de bonnes nouvelles. »

James : « Oh ! Elles sont excellentes, Monseigneur ! »

Le shérif, impatient et réjoui : « Ah oui ? »

James : « Robin de Locksley et ses hommes sont en ce moment même ligotés en plein désert, Monseigneur ! »

Le shérif : « Excellent !!! Oh ! Excellent !!!... Dommage, que nous devions aller changer le cours de l’Histoire sinon j’aurais été me délecter avec un plaisir non simulé du spectacle que nous offre notre bon Roi Richard… [Avec regret]…Mais nous avons du travail… Peut-être plus tard ! Qu’en dites-vous, Gisborne ? »

Gisborne, pensant à Robin agonisant dans le désert : « Oh oui ! Ce sera un immense plaisir que de vous accompagner, Monseigneur ! »

Allan, en état de choc, dans sa tête : « Oh non !... C’est pas vrai… Pas Robin !... Comment faire pour les sortir de là ?... Et le Roi ?... Sans Robin, il est fichu ! »

Allan se sentait complètement perdu et isolé. En effet, il était le seul à pouvoir les sortir de là. Mais il ne pouvait pas s’éclipser sans compromettre sa couverture d’autant plus qu’il y avait encore le Roi à sauver. Deux choix s’offraient à lui. Soit il partait sur le champ sauver Robin et ses anciens compagnons mais en laissant le Roi sans protection. Ainsi, le shérif et Gisborne avaient le champ libre pour le tuer. Soit il restait avec Gisborne pour défendre le Roi le moment venu tout comme Robin l’aurait fait mais dans ce cas, il mettait en danger la vie de Robin et des autres. Finalement, après quelques hésitations, Allan opta pour la seconde solution. Seul, le Roi pouvait en même temps leur sauver la vie et les réhabiliter. Il pria, cependant de toutes ces forces, pour que Robin et les autres soient encore en vie lorsqu’il l’aura sauvé. S’il parvenait à le sauver ! Il en était arrivé à cette conclusion lorsque Gisborne mit un terme à sa réflexion.

Gisborne, se retournant sur son cheval : « Bon alors ?... Tu viens ? »

Trop occupé à essayer de trouver une solution, il n’avait pas remarqué que le shérif avait ordonné le départ et que toute la troupe était déjà en marche. Il ne restait plus que Gisborne et lui.

Allan : « Euh oui… J’arrive ! »

Gisborne, soupçonneux : « Que t’arrive-t-il ? »

Allan : « Oh euh… C’est le soleil !... ça tape fort ! »

Gisborne, avec un sourire en coin : « De quoi te plains-tu ?... Tu n’es pas pieds et poings liés en plein milieu du désert à attendre la mort ! »

Puis il talonna son cheval afin de rattraper le shérif.

Allan, dissimulant son malaise, en talonnant le sien : « Euh non… Bien sûr ! »

Quelques heures plus tard, toujours sous le soleil accablant du désert…

Toujours ligotés, Robin et ses compagnons attendaient la mort.

Will : « ça va être long ? »

Djaq : « Par cette chaleur… Et sans eau… »

Djaq, secouant la tête : « Tsss… »

Will : « Je suis navré, Djaq. Nous aurions dû te laisser chez Bassam. »

Djaq : « Je ne vous abandonnerai jamais, Will Scarlett ! »

Cela adoucit la peine de Will.

Much : « Si on pouvait déjà tenir jusqu’au crépuscule, après… »

Petit Jean : « Quoi après ? »

Much : « Ben ensuite… Il fera plus frais… La chaleur tombera… Oh, ce soleil !»

Djaq : « Much ! On ne tiendra pas jusqu’au crépuscule. »

Les heures passèrent... Le soleil les accabla toujours de ses rayons ardents… Ils ressentirent de plus en plus la soif… La mort rodait.

Much, avec peine : « Vous savez je vous aime tous… Jean, Djaq, Will, Robin. Maître, quand je servais le Roi, c’est vous que je servais. Quand je pense à l’Angleterre, c’est à vous que je pense. »

Robin, parlant avec difficulté : « Merci, mon ami… Merci à tous… Pour tout le bien que vous avez fait… aux pauvres… à moi… et à l’Angleterre… Sans vous, jamais je n’aurais pu… jamais je n’aurais pu accomplir… ne serait-ce que la moitié de ce que je fais… Encore merci à tous et rendez-vous… au paradis. »

Much, fortement ému, se mit à pleurer.

En l’entendant, Robin, bienveillant : « Much, ne pleure pas mon ami. »

Une voix, derrière eux : « Il ne pleure pas... »

Toute la bande se tourna sur le côté. Un homme, portant l’uniforme des croisés, arriva tenant plusieurs gourdes à la main.

Le croisé : « …Il rit aux larmes. C’est pas pleurer ça ! »

Robin et Much, ravis : « Carter ! »                                         

Robin : « Je croyais que t’allais nous laisser là ! »

Carter commença à libérer Petit Jean.

Carter : « Désolé. Par ici, on perd facilement la boule. »

Much, au comble de la joie : « Oh, je croyais que je ne t’aimais pas avant. »

Carter : « Ah oui, je sais. »

Much : « Mais là, ça y est ! »

Libéré par Petit Jean, Much, épuisé, s’écroula pendant que Carter libéra Robin.

Carter : « On a les chevaux. On a des armes. »

Robin : « Allez, il faut qu’on aille aller sauver le Roi. »

Much, passant près de Carter : « Tous en chœur… Nous sommes Robin des bois ! »

Carter, surpris : « Pardon ? »

Toute la bande se réunit pour se désaltérer.

Will : « On t’expliquera plus tard. »

Petit Jean : « C’est bon. Tout le monde dit ensemble : Nous sommes Robin des bois ! Allez à vous ! »

Tout le monde cria : « Nous sommes Robin des bois ! »

Puis ils filèrent vers l’endroit où le Roi avait prévu de rencontrer Saladin.

Sur la route d’Emmaüs…

Le Roi, à cheval, se dirigeait vers le lieu de son entretien de paix avec Saladin quand la bande surgit.

Much : « Le désert a décidé. »

Sur les hauteurs d’Emmaüs en face de la position du Roi…

Nasir, le Shérif, Gisborne et Allan étaient couchés à plat ventre regardant Karim se rendre au rendez-vous. Allan était au comble de l’angoisse. Il se demandait comment il allait bien pouvoir sortir le Roi du piège que le shérif lui tendait. Devant l’urgence de la situation, une seule et unique solution lui vint à l’esprit mais celle-ci lui sera probablement fatale. Avant que Karim n’arrive jusqu’au Roi, il devait crier à ce dernier que c’était un piège et qu’il fallait qu’il s’enfuit. De là où il était, c’était la seule opportunité qu’Allan pouvait offrir au Roi. Ensuite, ce dernier ne pourrait compter que sur lui-même soit pour s’enfuir soit pour affronter Karim. Car pour Allan, bien sûr, les chances de survie étaient minimes. A la seconde où il aura prévenu le Roi, le shérif, Gisborne, Nasir et James lui tomberaient dessus pour le faire taire définitivement. Allan le savait. Mais il prit la décision d’aller jusqu’au bout. Il eut une dernière pensée pour Annie. Puis il se prépara mentalement et attendit le moment opportun. Il mit la main sur le pommeau de son épée et avisa le bas de la colline. Il pensa alors, qu’une fois le Roi prévenu, il pourrait essayer de s’échapper en se laissant tomber du haut de la dune. Réconforté à l’idée qu’il y avait peut-être une échappatoire possible, il prit une profonde inspiration et attendit que Karim s’arrête près du Roi.

Pendant qu’Allan réfléchissait au moyen de s’en sortir…

Le shérif, en avisant Karim : « C’est excellent ça… Absolument excellent. »

En bas, un homme, portant une cape rouge, attendait Karim qui arriva au galop. C’était Robin. Les deux hommes s’approchèrent l’un de l’autre en silence.

Karim, se démasquant : « En fait, je ne suis pas Saladin ! »

Il dégaina son épée et se jeta sur Robin. 

Alors qu’Allan s’apprêtait à bondir pour prévenir le Roi, Robin, enlevant la cape et dégainant à son tour : « En fait, je ne suis pas le Roi Richard ! »

Sur les hauteurs, le shérif, mécontent : « C’est Robin des bois ! »

Contrairement à ses voisins, Allan éprouva un énorme soulagement en même temps qu’une immense joie. Robin était en vie ! Mais il ne le montra pas car le shérif fulminait de rage tandis qu’en bas…

Karim : « Tu devrais être mort ! »

Robin : « ça plus d’une fois mon ami !... Plus d’une fois ! »

Puis le combat commença entre les deux hommes.

 

Sur les hauteurs du côté du Roi…

Much, se tournant vers le Roi : « Et maintenant vous nous croyez ? »

Le Roi, regardant le combat : « Je n’ai pas cru en votre loyauté… Comment puis-je me racheter ? »

Much : « A vrai dire…Je sais que c’est pas le moment, votre Majesté, mais il y a un petit coin près de Nottingham qui s’appelle Bonchurch et justement ce petit coin… »

Petit Jean, sur un ton de reproche : « Much ! »

Much : « Euh ça fait rien. C’est pas grave. »

Pendant ce temps, le combat continuait entre Karim et Robin mais ce dernier se retrouva projeté à terre.

Will : « Il a besoin de notre aide. »

Ils prirent leur chevaux et foncèrent aider Robin.

Les voyant arriver, Karim s’enfuit.   Le shérif et ses amis l’imitèrent. Robin remonta sur son cheval dans l’espoir de les poursuivre. Le Roi arriva à sa hauteur.

Le Roi : « Robin ! Pardonne-moi. »

Robin regardant Karim s’enfuir pour rejoindre le shérif et ses acolytes : « C’est déjà fait. »

Robin à ses compagnons : « Finissons-en maintenant ! Poursuivons-les ! »

Le shérif s’enfuit poursuivi par le Roi, Robin et sa bande. Il se réfugia dans le village d’Emmaüs que la guerre sainte avait vidé de ses habitants.

Le shérif, donnant ses ordres : « Il n’est pas trop tard pour avoir le Roi. Vous deux, par ici ! Gisborne, avec moi ! »

Nasir et Karim attendirent Robin à l’entrée d’Emmaüs tandis que le shérif, Gisborne et Allan s’enfoncèrent davantage dans le village.

Nasir laissa passer le Roi mais tira sur les derniers entrants. La flèche effraya le cheval de Much qui se cabra et éjecta celui-ci. Much se mit à l’abri. Robin le rejoignit.

Robin : « C’est un piège…»

Robin à Much : «… ça va ? »

Much, acquiesçant vivement de la tête : « Oui ! »

Nasir s’enfuit pour les attirer à lui.

Robin : « Où est passé le Roi ? »

Much : « Il est parti à la poursuite du shérif. »

Robin : « Il faut qu’on le sorte d’ici, tout de suite ! »

N’étant plus en danger immédiat, Robin et Much se dispersèrent.

Dans les ruelles du village, Gisborne et le shérif guettèrent le Roi. Dans l’affolement général, ils ne s’aperçurent pas qu’Allan ne les avait pas suivis.

Le shérif à Gisborne : « Empêchez-les d’aller plus loin… Je vais les prendre à revers. »

Gisborne tira une flèche en direction du Roi. Carter se cacha à temps et se retourna vers le Roi.

Carter : « Vite, Majesté ! Vous devez sortir d’ici. Laissez-moi faire. »

Carter fonça dans la direction que Gisborne avait prise après avoir tiré sur lui.

Pendant ce temps, Djaq, Will et Petit Jean arrivèrent sur une des places du village.

Petit Jean : « Ça sent le roussi. Dispersons-nous. »

L’équipe s’éparpilla. Pendant ce temps, Robin grimpa sur le toit d’une maison afin de couvrir la retraite du Roi. Il lui fit signer d’avancer.

Robin : « Allez-y ! »

Mais Karim surgit derrière Robin. Le Roi dégaina son épée et la lança sur Karim, le tuant instantanément. Robin remercia le Roi d’un signe de tête. Ce dernier poursuivit sa route. Nasir sortit d’une des maisons et pointa son arbalète dans le dos du Roi. Robin sauta sur le toit de la maison d’en face et décocha une flèche mortelle sur Nasir.

Le Roi ayant réussi à sortir de la ruelle, le shérif se pointa derrière lui un arc à la main.

Le shérif, visant le Roi : « Longue vie au Roi !... Non. »

Il tira et atteignit le Roi à l’épaule gauche. Ce dernier hurla de douleur. Son cri retentit dans tout le village. Le Roi, gravement blessé et tenant à peine sur son cheval, arriva sur la place centrale du village. Il s’écroula près de la fontaine se trouvant au centre de la place. Gisborne arriva derrière lui. Conscient qu’il allait changer le cours de l’Histoire, il dégaina son épée et s’avança lentement vers lui.

Le Roi, couché sur le côté, à bout de forces, perdit connaissance. Arrivé à sa hauteur, Gisborne le retourna sur le ventre en le poussant avec son pied. Puis, il prit son épée à deux mains et la leva au dessus de sa tête. Surgissant d’une ruelle adjacente, Robin vit avec effroi, Gisborne au dessus du Roi tenant son épée à deux mains.

Robin, criant : « GISBORNE ! NOOOOOOON ! »

N’ayant pas le temps de s’arrêter pour armer une flèche, Robin lâcha son arc et courut de toutes ses forces vers eux en tirant son épée de son fourreau. Il para à temps le coup mortel porté par Gisborne.

Robin, hurlant : « SALE TRAITRE ! »

Gisborne, haineux : « Tu ne comprendras jamais rien Locksley… Il s’agit de pouvoir ! »

Robin, sur le même ton : « Non, il s’agit d’un meurtre ! »

Robin attaqua Gisborne. Le combat fut rude et dura de longues minutes. Mais Robin, affaibli par les heures passées ligoté dans le désert en plein soleil, sentit ses forces déclinées rapidement. Il devait mettre un terme au combat le plus rapidement possible. Mais il était en bien mauvaise posture. Acculé à la fontaine, Gisborne cherchait à le désarmer et à le noyer. Robin para un coup d’épée de Gisborne qui visait sa gorge. Guy appuya de toutes ses forces. Robin avait dû mal à le contenir. Leurs visages n’étaient qu’à quelques centimètres l’un de l’autre, uniquement séparés par leurs épées.

Gisborne, pratiquement couché sur Robin : « Tu vas mourir Locksley !... Et après cela, Marianne sera à moi ! »

Robin, en entendant le nom de sa belle, reprit des forces : « Non, Gisborne ! Jamais, elle ne t’aimera ! »

Robin replia sa jambe sous le corps de Gisborne puis, avec son pied, il le propulsa plus loin. Il reprit des forces quelques secondes en regardant le Roi allongé un peu plus loin derrière lui puis se jeta sur Gisborne à terre. Celui-ci s’était relevé mais il restait agenouillé. Au moment où Robin s’apprêta à l’achever, Gisborne, vif comme l’éclair, se retourna et planta son épée dans le ventre de Robin. Celui-ci surpris, s’arrêta net en lâchant son épée.

Gisborne, souriant : « Cette fois, tu as perdu Robin des bois ! »

Gisborne mit son pied sur l’abdomen de Robin puis le poussa afin de retirer son épée.

Robin tomba à la renverse. Sa tête vint heurter le bord de la fontaine.

Il s’écroula sur le sol inconscient.

Gisborne, triomphant : « Je vais t’achever et ensuite je m’occuperai du Roi. »

Gisborne leva son épée mais une voix le stoppa.

La voix : « Guy, non ! Ne faites pas ça ! »

C’était Allan qui arrivait en courant, l’épée à la main. Gisborne fixa Allan sans répondre puis reporta son attention sur l’objet de sa colère. Allan n’eut pas d’autre choix que de lui enfoncer son épée dans le bras. Gisborne hurla de douleur. Mais Allan avait réussi à lui faire oublier sa victime.

Gisborne, ivre de colère : « Mais comment as-tu pu me faire ça, Allan ? »

Perdant tout son sang, Gisborne commença à vaciller. Mais il avait une mission à accomplir. Il regarda le Roi. Mais Allan s’interposa.

Allan : « C’est terminé, Guy ! Partez !...Partez avant que les autres n’arrivent ! »

Au même instant, le shérif arriva sur la place tandis qu’à l’opposé le reste de la bande accourait.

Le shérif, mécontent, fila vers son cheval en hurlant : « GISBORNE !... »

Gisborne courut comme il put jusqu’au shérif. Le shérif, croyant Robin simplement blessé, lui hurla : « …CE N’EST PAS FINI, ROBIN !... CE N’EST PAS FINI ET J’AURAI L’ANGLETERRE ! »

Celui-ci aida Gisborne à se hisser sur son cheval puis ils s’enfuirent au triple galop. Lâchant son épée, Allan se précipita sur Robin et le prit dans ses bras.

Allan, désespéré : « Oh non ! Robin, je t’en prie ! Ne meurs pas !... Nous avons tous besoin de toi... L’Angleterre a besoin de toi ! »

Voyant que le Roi et Robin étaient à terre, la bande se précipita sur les lieux du drame.


byoann  (04.02.2014 à 19:00)

Chapitre XVIII

« Sale traître !... Tu as tué Robin ! »

jaq se précipita au secours du Roi.

Elle retira la flèche de son épaule. Will et Carter vinrent l’aider. Le Roi revint lentement à lui.

Djaq : « Ce n’est pas très grave, votre Majesté. Vous devriez vous en sortir si l’on vous soigne rapidement. »

Le Roi : « Merci… Euh ? »

Djaq : « Djaq ! Mon nom est Djaq. »

Le Roi, reconnaissant : « Merci, Djaq. Aidez-moi à me relever. Je vous prie. »

Will et Carter l’aidèrent à se remettre debout. C’est alors qu’ils virent Robin, inconscient, étendu sur le sol. Pendant ce temps, Petit Jean et Much avaient rejoint Robin et Allan. Petit Jean avisa l’épée couverte de sang sur le sol puis Allan, tenant Robin dans ses bras. Fou de rage, il se précipita sur Allan. Il le prit à la gorge et le poussa jusqu’à la fontaine.

Petit Jean, hurlant : « SALE TRAÎTRE !... TU AS TUE ROBIN ! »

Allan, essayant de parler : « Non, ce n’est pas… »

Petit Jean : « TU L’AS TUE !... ALLEZ… AVOUE-LE ! »

Much, en état de choc, regarda le corps inanimé de Robin.

Petit Jean, bousculant fortement Allan : « JE VAIS TE TUER !... SALE TRAÎTRE ! »

Allan, essayant de se justifier : « Mais laisse-moi parler ! Puisque je vous dis que… »

Petit Jean, le coupant : « Oh oui ça, t’es très fort pour parler, Allan ! »

Allan : « Mais puisque je vous dis que ce n’est pas moi… Je n’ai rien fait ! »

Carter, Djaq, Will et le Roi se joignirent à eux. Djaq se porta au secours de Robin.

Le Roi, d’une voix autoritaire : « Lâchez-le ! »

Petit Jean, ivre de colère, n’avait pas l’intention de le relâcher. Voyant qu’il n’obéissait pas, Carter et Will l’obligèrent à lâcher sa proie.

Allan, se frottant la gorge : « Je vous jure que ce n’est pas moi ! »

Petit Jean, pointant du doigt l’épée ensanglantée : « Et ça hein ? »

Le Roi, solennel : « Cette épée est-elle à toi ? »

Allan : « Oui mais… »

Petit Jean, l’interrompant : « Alors, tu avoues ? »

Allan, en colère : « Non ! Ce n’est pas moi !... Je n’ai fait aucun mal à Robin. »

Le Roi, ne voulant pas commettre une erreur une nouvelle fois : « A qui appartient ce sang alors ? »

Allan : « A Gisborne ! C’est lui qui a blessé Robin… »

Much, revenant à lui et furieux : « C’est ça !... C’est toi qui l’as tué et tu fais porter le chapeau à Gisborne. Je le savais !... Un traître restera toujours un traître ! »

Le Roi à Djaq : « Est-ce que Robin est… ? »

Djaq : « Non ! Mais il est gravement blessé à l’abdomen et à la tête. »

Le Roi : « Nous allons le ramener au camp pour le soigner. »

Will : « Et pour Allan ? »

Le Roi, regardant Allan : « Il est en état d’arrestation pour haute trahison envers la couronne et tentative de meurtre sur un croisé. »

Allan, incrédule : « Quoi ?... Mais je n’ai rien fait !... Je suis innocent ! »

Le Roi : « Prie pour que Robin s’en sorte. »

Carter prit les poignets d’Allan par derrière et le menaça avec son arme.

Allan, désespéré, à Djaq : « Je te jure que je suis innocent… Djaq ?... Will ? »

En état de choc, ils ne répondirent pas. Ils ne savaient pas quoi en penser. Ils priaient de toutes leurs forces pour que Robin s’en sorte. Car lui seul pourrait leur dire la vérité mais ils espéraient au fond d’eux-mêmes qu’Allan soit innocent. Quant à Much et Petit Jean, cela ne faisait aucun doute. Allan était coupable. Pour eux, toute cette histoire n’avait été qu’un piège pour tuer Robin. Ce scélérat avait été commandité par le shérif pour assassiner le chef des hors-la-loi.

Ils retournèrent à leurs chevaux. Allan fut ligoté et dû marcher derrière le cheval de Carter tout le long du chemin qui les ramenait au campement du Roi.

Robin avait été placé sur une civière fabriquée à la hâte par Will et harnachée au cheval du Roi.

Djaq se mit juste derrière pour surveiller son état de santé. Le chemin du retour se fit dans un silence de plomb. A l’arrivée dans le campement, le Roi donna ses ordres.

Le Roi, à des croisés qui venaient à sa rencontre : « Emmenez-le sous la tente médicale et apportez-lui tous les soins nécessaires comme s’il s’agissait de moi. »

Le croisé : « Oui, votre Majesté ! »

Djaq : « J’aimerais l’accompagner ! »

Le Roi, touché par sa dévotion envers Robin : « Accordez ! »

Djaq partit avec les croisés qui emportaient Robin vers la tente médicale. Le Roi se tourna alors vers Allan.

Le Roi à Carter : « Conduis-le à l’isolement. Nous nous occuperons de son cas ultérieurement. »

Carter : « Tout de suite, votre Majesté. »

Carter prit Allan et l’emmena sous une tente un peu à l’écart et plaça deux gardes devant la porte.

Will au Roi : « Majesté. Vous devriez faire soigner votre épaule. »

Le Roi, réalisant qu’il était encore blessé : « Oui, je te remercie. Mais avant… [Il regarda Petit Jean et Much]… Je voudrais que vous me juriez, ici, sur votre loyauté envers Robin que vous ne vous en prendrez pas à cet homme… [Il pointa du doigt la tente dans laquelle Carter avait isolé Allan]… Il doit être traduit en justice et punit selon les règles. »

Petit Jean et Much, qui ne songeaient qu’à venger Robin, se virent forcer de se soumettre à la justice royale.

Much, du bout des lèvres : « Nous… Nous vous le promettons, votre Majesté. »

Le Roi fixa alors Petit Jean. Mais ce dernier ne décocha pas un mot. Much lui mit un coup de coude dans l’estomac.

Petit Jean, contraint : « Je vous le promets aussi !... Votre Majesté ! »

Le Roi, satisfait, se mit en route pour la tente médicale accompagné de Will qui n’avait qu’une hâte, après toutes ses émotions, c’était de trouver du réconfort auprès de sa belle. Le Roi se fit soigner pendant qu’on administrait les premiers soins à Robin. Penchés au dessus de ce dernier, les médecins arrêtèrent les hémorragies et recousirent chaque muscle de son abdomen. La blessure à la tête paraissait spectaculaire car elle saignait beaucoup mais le cuir chevelu fut lui-aussi très rapidement recousu. Cependant, Robin n’avait toujours pas repris connaissance.

Abattue et sans chef, la bande resta auprès du Roi pendant plusieurs jours. Djaq et Will prenaient soin de Robin. Les autres s’occupaient comme ils le pouvaient car ils avaient promis au Roi de ne pas s’approcher d’Allan. A chaque fois que Djaq ou Will sortait de la tente médicale, ils se précipitaient pour avoir des nouvelles mais, à chaque fois, la réponse était toujours la même : « Il n’y a pas de changement ! »

Un jour, après avoir apporté la même réponse à ses compagnons, Djaq fila discrètement vers la tente où était retenu Allan. Le pauvre était toujours désespéré que personne ne le croie. Mais, après tout, il n’avait jamais cessé de mentir à tout le monde jusqu’à présent. Alors maintenant c’était normal que personne ne le croie. Du moins, c’est ce qu’il pensait depuis qu’il avait été enchaîné à l’un des poteaux de la tente.

Allan à lui-même : « Si jamais je m’en sors, je promets de ne plus jamais mentir ! »

Allan, voyant Djaq entrer : « Et Robin, comment va-t-il ? »

Djaq : « Il ne s’est toujours pas réveillé ! »

Découragé, Allan soupira puis levant les yeux sur elle : « Je te jure, Djaq. Je n’ai rien fait à Robin. Dis-moi que tu me croies toi au moins ? »

Djaq, hésitante : « Je… Je ne sais pas qui croire Allan… Je suis désolée. »

Déçu, Allan : « C’est pas grave… C’est normal après tout !… »

Djaq : « Que s’est-il vraiment passé ? »

Allan : « Pourquoi te le dire ?... Tu ne me croies pas… Personne ne me croie et… de toute façon, je vais être pendu d’ici peu. Alors à quoi bon ? »

Djaq, le coupant : « Non, Allan ! Pas si j’intercède pour toi auprès du Roi. »

Allan, reprenant espoir : « Tu ferais ça ? »

Djaq : « Bien sûr. Au fond de moi, j’aspire à te croire quand tu dis que tu es innocent mais il n’y a que Robin qui puisse convaincre les autres. »

Allan : « Et si il meurt ? »

Djaq baissa la tête et ne répliqua pas immédiatement.

Djaq : « Raconte-moi, Allan. Dis-moi ce qui s’est passé avant que nous arrivions sur la place du village. »

N’ayant plus rien à perdre, Allan se confia : « Quand je suis arrivé, Robin se battait déjà avec Gisborne. Le Roi avait été blessé. Il était à terre. Ils se sont battus puis Gisborne a planté son épée dans le ventre de Robin puis il l’a poussé violemment contre la fontaine… »

Djaq, l’interrompant : « C’est donc comme ça qu’il s’est blessé à la tête ? »

Allan : « Oui… Puis ensuite, j’ai vu Gisborne qui allait l’achever. Alors j’ai enfoncé mon épée dans son bras. Et puis le shérif et vous, vous êtes arrivés…. Je me suis précipité vers Robin et je l’ai pris dans mes bras en espérant qu’il ne soit pas mort car… [Il fixa Djaq dans les yeux]… Jamais, tu m’entends, jamais je ne serai capable de faire du mal à l’un d’entre vous, en particulier à Robin… Il faut que tu me croies, Djaq ! C’est la vérité ! »

Djaq : « Je pense que tu me dis la vérité, Allan de Dale. J’ai toujours cru en toi. Mais après ce qui s’est passé à Sherwood, c’est difficile de… »

Allan, accablé, finissant sa phrase : « …De me faire confiance… [Il soupira]… La seule chance de m’en sortir est que Robin s’en sorte et révèle la vérité. »

Djaq, triste : « J’en ai bien peur. »

Allan, plein d’espoir : « Alors Djaq, guéris-le ! »

Djaq, se relevant : « Je ferai tout mon possible, Allan… Mais en attendant, garde espoir. J'irai parler au Roi pour toi. »

Elle lui sourit en lui tenant les mains. En se forçant un peu, il lui rendit son sourire puis Djaq quitta la tente et alla parler au Roi.

Sous la tente royale…

Djaq : « Votre Majesté ? Puis-je vous parler ? »

Le Roi : « Bien sûr, les compagnons de Robin seront toujours les bienvenus chez moi. »

Djaq : « Merci. Votre Majesté ! Je voudrais vous parler d’Allan. Que comptez-vous faire de lui ? »

Le Roi, plus grave : « Je dois rendre la justice. Robin était… »

Djaq, le coupant : « Robin n’est pas mort ! »

S’apercevant de son audace, Djaq se reprit : « Pardonnez-moi, votre Majesté, je pense qu’il faut attendre que Robin revienne à lui avant de…. »

Le Roi, l’interrompant et sans espoir : « Mais cela fait déjà plusieurs jours. Et s’il ne se réveille pas, hum ?... »

Djaq ne sut que répondre.

Le Roi, sur le même ton : « Je n’ai pas le droit de laisser ce crime impuni trop longtemps. Cet homme était à la solde du shérif. Il a donc conspiré contre moi. Il doit donc être châtié… Par ailleurs, il serait cruel de le laisser ainsi trop longtemps. »

Djaq : « Mais, Majesté, et s’il était innocent ?… Nous ne savons pas ce qui s’est réellement passé sur cette place. Seul, Robin pourrait nous le dire. Quant à ces liens avec le shérif, c’est vrai qu’il a travaillé pour Gisborne. Mais il s’est racheté. C’est lui qui a prévenu Robin du complot contre votre personne. C’est encore lui qui s’est proposé d’espionner le shérif pour nous. Bon cela n’a pas bien marché mais ce n’est pas sa faute… Je supplie votre Majesté d’en tenir compte dans son jugement. S’il vous plaît, attendez encore quelques jours que Robin se réveille… Je vous en conjure. »

Le Roi : « Vos compagnons ne sont pas du même avis ! »

Djaq : « Ils sont aveuglés par la colère. Il ne faut pas leur en vouloir. »

Le Roi : « Mais vous, non ? »

Djaq : « J’ai déjà perdu beaucoup de membres de ma famille à cause de la guerre et j’ai appris que la vengeance ne menait à rien. Cela ne permet pas de faire revenir les êtres chers qu’on a perdus… La mort est quelque chose d’irréversible. Alors si vous vous trompez… »

Djaq ne termina pas sa phrase mais le Roi avait bien reçu le message. Il prit alors le temps de la réflexion. Djaq lui laissa tout le temps nécessaire, sans intervenir. Mais Carter fit irruption sous la tente royale.

Carter, nerveux : « Votre Majesté, nos éclaireurs viennent de rentrer. Ils nous informent que les sarrasins sont en route en ce moment même. Ils préparent une grande offensive. Ils ont réunis tous les hommes disponibles qu’ils avaient et se dirigent actuellement vers nous.»

Le Roi, inquiet : « Quoi ?... Combien sont-ils exactement ? »

Carter : « Trois fois plus nombreux que nous, votre Majesté ! »

Le Roi : « Dans combien de temps seront-ils ici ? »

Carter : « Dans deux ou trois jours pas plus ! »

Le Roi : « Bien. Rassemblez les hommes et donnez l’ordre de lever le camp. Nous devrons être partis demain matin au plus tard. Nous allons remonter vers le nord et rejoindre nos alliés français. »

Carter : « A vos ordres, votre Majesté ! »

Carter s’inclina et sortit de la tente.

Djaq, inquiète : « Votre Majesté ?... Et pour Allan ? »

Le Roi ne lui répondit pas. Il sortit de la tente. Inquiète, Djaq le suivit.

Le Roi, s’adressant à un croisé : « Amenez-moi le prisonnier. »

A l’extérieur du camp, c’était l’effervescence. Tout le monde courait dans tous les sens. Certaines tentes étaient déjà en phase de démantèlement. Carter avait mis au courant le reste de la bande qui se trouvait près de la tente médicale. Ils ne furent pas surpris de voir le Roi arriver suivi de Djaq.

Much : « Vous partez, votre Majesté ? »

Le Roi : « Oui, les sarrasins arrivent. Nous remontons vers le nord. »

Will : « Mais pour Robin ? »

Le Roi : « Nous ne pouvons pas l’emmener avec nous. Alors je vous propose de le ramener avec vous à Locksley. Je sais qu’un bateau doit partir d’Acre d’ici quatre jours pour l’Angleterre. »

Much, inquiet : « Euh oui très bien mais… En attendant on va où, nous ? »

Djaq, intervenant : « Nous irons chez mon ami Bassam. Je suis sûr qu’il acceptera de nous héberger pour quelques jours… Et je pourrais continuer à veiller sur Robin. »

Petit Jean, mécontent : « Et pour Allan ? »

Le Roi se planta devant lui.

Le Roi : « Je vous ordonne de le ramener en Angleterre avec vous sans attenter à ses jours. Il devra être jugé par ces pairs en mon nom. Robin était… est seigneur de Locksley alors c’est à Locksley que justice doit lui être rendu. »

Much : « Mais, c’est le shérif de Nottingham la justice ! »

Le Roi : « Non, pas cette fois. Si Robin s’en sort, le prisonnier devra être jugé sur le sol anglais par Robin lui-même. Sinon c’est vous qui devrait le faire et ainsi Robin pourra reposer en paix chez lui. Je vous demande de prêter serment sur votre honneur et sur votre loyauté envers Robin que mes exigences seront rigoureusement respectées. »

Ils prêtèrent tous serments même Petit Jean. Allan avait obtenu un sursis. D’ailleurs celui-ci arriva escorté par deux gardes qui le remirent à Petit Jean.

Djaq à Allan : « Nous devons partir immédiatement. Nous retournons chez Bassam. »

Allan : « Bassam ? C’est qui Bassam ? »

Djaq : « C’est un ami de mon oncle. Tu sais ? Celui qui élève des oiseaux !... Larner. Cela ne te rappelle rien ? »

Much : « Ouais tu sais, c’est celui que ton ami le shérif a cru abattre dans la forêt de Sherwood. »

Allan se rappela parfaitement de cet évènement mais il préféra de ne pas répliquer. Quoiqu’il dise, de toute façon, cela se retournerait contre lui. Djaq eut mal au cœur de voir ses amis maltraité Allan de la sorte. Elle appréhendait un peu le voyage du retour vers l’Angleterre. Mais pour l’heure, ils devaient aller se réfugier chez Bassam. On prépara une civière et on y installa Robin le plus confortablement possible.

Pourtant allant dans la direction opposée, le Roi tint à les accompagner pendant une partie du trajet. Il voulait ainsi rendre un dernier hommage à l’un de ses plus fidèles compagnons. Puis, arrivé pratiquement à la moitié du chemin, il s’arrêta pour leur faire ses adieux.

Le Roi : « Rentrez chez vous à présent et veuillez bien sur mon ami Robin. Faites-moi parvenir de ces nouvelles ! »

Much : « Nous n’y manquerons pas, votre Majesté ! »

Le Roi : « Et n’oubliez pas votre promesse ! Parce que c’est vous, maintenant, qui me représenterez en Angleterre. »

Will : « Nous ne l’oublierons pas votre Majesté et c’est pour nous un très grand honneur. »

Carter : « A bientôt les amis !... A bientôt… Robin des bois ! »

Le Roi les salua de la tête et fit demi-tour. Il retourna, escorté par Carter, à son campement quasiment démantelé à présent avant de filer vers le nord.

Much à Will, regardant le Roi s’éloigner : « On ne lui a pas remis la lettre codée du shérif ! »

Will : « Ah oui, c’est vrai ! »

Petit Jean : « Cela ne fait rien. Sans Robin, il ne nous aurait pas cru, de toute façon ! Seul, Robin aurait pu réussir à le convaincre ! »

Djaq : « Tu crois ? »

Petit Jean : « Certain !... Allez remettons-nous en route ! » 

La bande reprit son chemin vers la maison de Bassam.

 


byoann  (04.02.2014 à 20:45)

Chapitre XIX

« Il faut absolument que tu te réveilles

sinon je suis perdu ! »

uand ils arrivèrent à la maison de Bassam, ils transportèrent Robin dans l’une des nombreuses chambres fraîches que comportait la demeure. Allan, lui, resta ligoté dans la chambre qu’allaient occuper Petit Jean et Much. Quand Bassam apprit que Djaq était de retour, inquiet, il se mit immédiatement à sa recherche. Il la trouva dans la chambre de Robin. Il fut triste d’apprendre ce qui était arrivé au chef des hors-la-loi.

Angoissée, la bande passa ainsi trois jours à attendre que Robin se réveille. Malheureusement, cela n’arriva pas. Quant à Allan, prostré, il semblait s’être résigné à son sort. Le dernier soir, avant leur départ, Bassam rejoignit Djaq au chevet de Robin. Elle avait fini de le laver et était entrain de remettre la couverture sur lui quand Bassam entra.

Bassam : « Toujours pas d’amélioration ? »

Djaq, déçue : « Non, toujours pas ! »

Bassam : « Il ne faut pas te décourager, ma fille ! »

Djaq : « Je ne comprends pas, Bassa Momo. Sa blessure à l’abdomen est en phase de guérison. Il devrait être réveillé maintenant. »

Bassam : « Mais tu sais, il se peut que cela ne soit pas à cause de sa blessure au ventre qu’il ne se réveille pas. »

Djaq, angoissée : « Alors, il est perdu ? »

Bassam : « Non, il ne faut pas dire ça… J’ai déjà vu des hommes qui étaient tombés de toits et qui sont restés endormis pendant des mois. »

Djaq, effrayée : « Pendant des mois ? »

Bassam : « Oui. Et quand enfin, ils se sont réveillés et, après une petite période d’adaptation, ils allaient parfaitement bien… Enfin, pour la plupart. »

Djaq : « Et pour les autres ? »

Bassam : « Hum, ne pense pas à cela… Il faut rester positif. »

Djaq : « Non Bassam, dis-moi, je t’en prie. J’ai besoin de savoir. »

Bassam : « Ben certains ont perdu la mémoire. D’autres ne savaient plus parler ou marcher comme les autres hommes. »

Djaq, effrayée : « Oh non ! »

Bassam : « Mais rien nous dit que cela arrivera à ton ami, Robin. »

Djaq : « Que pourrais-je faire pour éviter ça ? »

Bassam la prit dans ses bras : « Il n’y a rien à faire, ma fille. Tout est entre les mains d’Allah maintenant… Tout ce que tu peux faire c’est de continuer à l’entourer d’amour comme toi et tes compagnons le faites aujourd’hui. »

Djaq, découragée : « Oui mais je crains d’être toute seule pour ça. »

Bassam : « Pourquoi dis-tu ça Safiyya ? »

Djaq se défit de son ami.

Djaq : « Les autres ne songent qu’à le venger. Car pour eux, Robin est déjà mort... Ils ne pensent qu’à le mettre à mort ! »

Bassam : « Tu parles de l’autre homme qui est attaché dans une des chambres ? »

Djaq : « Oui, c’est Allan, un ami. Ils veulent le voir pendu le plus rapidement possible.»

Bassam : « Même ton pâlichon ? »

Djaq sourit légèrement puis : « Non, mais il se sent obligé d’être solidaire avec les autres… Tu sais, Robin compte beaucoup pour lui alors… »

Bassam : « Et cet Allan ? Tu le crois coupable ? »

Djaq : « Non… Non, je ne le crois pas mais il n’y a que Robin qui puisse le prouver… Et puis de toute façon, le Roi nous a ordonné de le juger en Angleterre. »

Bassam : « Alors dans l’immédiat, tu n’as pas à t’inquiéter ! »

Djaq : « Oui, mais j’appréhende le retour en Angleterre. Si Robin ne se réveille pas, Allan est perdu ! »

Bassam : « Ecoute-moi, Safiyya ! Il ne sert à rien de ressasser ces vilaines pensées. Cela n’aidera pas ton ami Robin ni cet Allan que tu semble beaucoup apprécier. »

Djaq : « Oui, je sais mais je ne peux pas m’en empêcher. »

Bassam : « Chasse ces vilaines pensées de ta tête et ne pense qu’à l’instant présent. Sache que le futur n’est jamais écrit à l’avance, ma fille. Tu auras le temps d’y penser quand tu y seras confronté. Allez maintenant… »

Il l’embrassa sur le front.

Bassam : « … Va te coucher. Une longue route t’attend demain. »

Djaq, reconnaissante : « Oui, c’est vrai. Vous avez raison… Merci, Bassa Momo… Bonne nuit ! A demain ! »

Réconfortée, Djaq alla se coucher. Le lendemain matin, tout le monde fut prêt aux aurores. Petit Jean et Will amenèrent Robin sur sa civière jusqu’au pas de la porte tandis que Much arriva en poussant Allan devant lui. Ce dernier était ligoté les mains derrière le dos. Petit Jean et Will déposèrent Robin sur le sol et firent face à Bassam : C’était l’heure des adieux. Ils laissèrent à Djaq le temps qu’elle voulait pour dire au revoir à sa famille et à son pays.

« Ha… Safiyya… Es-tu vraiment sûr de vouloir retourner chez nos ennemis ? »

Djaq : « Oui, j’en suis sûre… Si Allah m’a conduit jusqu’à là-bas, c’était pour que je rencontre Robin. Il peut changer les choses pour mon peuple même de là-bas… »

Djaq, continuant : « … Par ailleurs, je n’ai pas fini ma mission auprès de lui… Il faut que je le fasse car j’aurais l’impression d’avoir manqué quelque chose… »

Bassam, regardant Will : « …ou quelqu’un ? »

Djaq, gênée, tout bas : « …ou quelqu’un ! »

Ils s’étreignirent longuement puis le reste de la bande vint tour à tour faire ses adieux après l’avoir tous remercié pour son hospitalité excepté Allan, qui toujours ligoté, semblait dépérir.

Much à Bassam : « Merci pour tout Bassam… Nous vous remercions de nous avoir accueillis chaleureusement chez vous. »

Bassam : « Je vous en prie. Ce n’est rien…. [Puis il regarda Will]… Mais vous ! Prenez bien soin de ma Safiyya surtout… »

Will, souriant : « Je vous le promets. »

Bassam : « Et j’espère que votre compagnon se rétablira très bientôt. »

Much, reconnaissant : « Oui… Merci. »

Ils le saluèrent tous de la tête. Puis Petit Jean et Will reprirent la civière et ils se dirigèrent vers le port où un bateau devait partir pour l’Angleterre en fin d’après-midi. Djaq, larmes à l’œil, étreignit une dernière fois Bassam avant de courir rejoindre le reste de l’équipe.

Ils arrivèrent sur la plage aux environs de midi. Ils mangèrent les provisions que Bassam leur avait si gentiment fournies. En début d’après-midi, un bateau fit son entrée au port. Petit Jean parlementa avec le capitaine. Celui-ci accepta de les emmener gratuitement jusqu’en Angleterre mais à condition d’aider ses hommes à décharger la cargaison qu’il avait ramené d’Angleterre et à recharger celle qui devait y aller. Petit Jean accepta le marché.

Il laissa Robin et Allan sous la surveillance de Djaq pendant que Much, Will et lui gagnaient à la sueur de leur front leur voyage de retour. Djaq et Allan s’installèrent à quelques mètres du bateau.

Djaq : « Ne t’inquiète pas, Allan de Dale. Je suis sûre que Robin se réveillera et te disculpera. »

Désabusé, Allan ne répondit pas.

Djaq : « Je suis désolée que nos compagnons te traitent de cette façon… Moi… Je suis sûre que tu es innocent et Will aussi… J’en suis certaine ! »

Allan ne lui répondit que par un timide sourire. Il se tortilla dans tous les sens afin de trouver une position plus confortable tout en ayant les mains attachées derrière le dos. Djaq eu pitié de lui.

Djaq : « Attends, retourne-toi ! »

Il fit ce qu’elle demandait. Elle prit son épée et sectionna les liens qui l’entravaient.

Allan, soulagé : « Oh que cela fait du bien… Merci beaucoup, Djaq ! »

Il se frotta les poignets tout en regardant les autres travailler.

Djaq : « Tu me promets de ne pas t’enfuir ? »

Allan, un peu vexé par son manque de confiance : « Oui, je te donne ma parole même si… Elle ne compte plus pour vous. »

Djaq : « Elle compte pour moi ! »

Allan, reconnaissant, lui sourit. Il reporta ensuite son regard sur ses anciens compagnons. Puis il se leva d’un seul coup.

Djaq, inquiète et ne pouvant pas quitter Robin : « Mais où est-ce que tu vas ? »

Il ne lui répondit pas et alla aider Much à soulever une caisse trop lourde pour lui. Ces anciens compagnons furent surpris de le retrouver parmi eux.

Petit Jean, mécontent : « Mais qu’est-ce que tu fais… »

Allan, l’interrompant : « Plus on sera nombreux à charger, plus vite nous serons rentrés chez nous ! »

Sur ce, Allan prit la caisse de Much qu’il réussit tant bien que mal à transporter jusqu’au bateau. Petit Jean ne riposta pas et le laissa faire. Will apprécia son geste tandis que Much ne savait pas trop quoi en penser. C’est vrai, pourquoi Allan était si pressé de rentrer sachant qu’il allait être jugé ? Peut-être était-il innocent finalement ? A moins qu’il désirait retrouver le shérif et Gisborne au plus vite ? Mais Will le tira de ses réflexions.

Will : « Much ?... Much ? »

Much, sortant de ces pensées : « Quoi ? »

Will : « Bon ben t’avances !... C’est lourd. »

Much s’était arrêté dans le passage avec une caisse dans les bras bloquant Will se trouvant derrière lui. 

Much : « Hein ?... Euh oui j’y vais. »

Il regarda Allan une dernière fois et continua son chemin. Djaq fut ravie de voir qu’Allan donnait un coup de main à ses anciens amis.

Djaq à elle-même : « Il ne peut pas être coupable, j’en suis sûre ! »

A ses côtés, Robin se mit à gémir.

Robin, lentement, les yeux clos et d’une voix basse et inquiète : « Marianne… »

Djaq : « Robin ?... Robin, réveille-toi… Robin, c’est moi…Djaq ! »

Robin : « Marianne… »

Puis il se tut. Découragée, Djaq lui épongea le front pour le rafraîchir un peu.

En fin d’après-midi, la cargaison avait été chargée à bord et le bateau était prêt à repartir. Petit Jean, Much, Will et Allan transportèrent Robin dans la soute afin de le protéger des rayons ardents du soleil. Djaq resta près de lui. Petit Jean se dirigea vers Allan avec l’intention de le ligoter pour le voyage. Ce dernier le regarda en suppliant. Djaq intervint.

Djaq : « Jean non !... Ce n’est pas nécessaire. Où veux-tu qu’il aille ? »

Petit Jean, grommelant : « Oui, si tu veux… [A Allan]… Mais toi, tu restes sur le pont avec nous ! »

Avant de remonter sur le pont, Allan, reconnaissant : « Merci, Djaq ! »

Ne pouvant pas tous tenir dans la soute avec la cargaison, il avait été décidé que, seule, Djaq resterait avec Robin. Allan, Petit Jean, Much et Will remontèrent sur le pont lorsque le capitaine hurla.

Le capitaine : « Larguez les amarres... Hissez la grande voile ! »

Puis le bateau se mit en branle et prit la direction de l’Angleterre. Le voyage dura plusieurs semaines et fut émaillé d’aucun incident notoire.

En vue des côtes anglaises, en fin d’après-midi…

Much : « Ah ce que cela fait du bien d’être de retour chez nous ! »

Petit Jean, pensant à Robin : « Oui mais dommage que tout le monde ne puisse pas en profiter. »

Allan baissa la tête car il savait que la liberté qu’il avait eue sur le bateau allait bientôt prendre fin. Dès qu’ils seraient à terre, Petit Jean le ligoterait à nouveau. Et il ne se trompa pas. Petit Jean remercia chaleureusement le capitaine du vaisseau puis il ligota Allan avant de descendre à terre. Les récriminations de Djaq et de Will n’y changèrent rien. Ayant laissé leurs chevaux au maréchal-ferrant lors de leur départ, ils les récupèrent à leur descente du bateau. Ils fixèrent la civière au cheval de Petit Jean et prirent la direction de Nottingham.

A la tombée de la nuit, ils s’arrêtèrent dans une auberge près de Portsmouth.

Ils mangèrent un morceau et prirent une chambre avec le peu d’argent qu’ils leur restaient. Ils s’entassèrent dans une seule pièce qui ressemblait davantage à un dortoir qu’à une chambre mais même Allan eut droit à un bon lit. Cependant, il resta attaché. Tout le monde s’endormit sauf Allan qui n’arrêtait pas de réfléchir. Il regarda Robin qui dormait non loin de lui.

Allan, réfléchissant : « Que vais-je faire s’il ne se réveille pas ?... Il faut absolument que je m’échappe avant qu’ils me jugent. Car s’ils me jugent, je suis foutu. Ils m’ont déjà condamné d’avance…. J’aurais fait tout ça pour rien… Et Annie… Que va-t-elle penser ?... Que je suis coupable ?... Non c’est trop injuste car cette fois je suis totalement innocent !... Mais comment le prouver ?... Oh Robin, je t’en supplie. Il faut absolument que tu te réveilles sinon je suis perdu ! »

Même s’il ne l’avait pas souvent appelé car sa foi variait beaucoup en fonction des circonstances, Allan, luttant contre la fatigue, implora Dieu de lui venir en aide jusqu’à ce que, finalement, le sommeil ne l’emporte.

Le lendemain matin, pressés de rentrer chez eux, ils expédièrent rapidement le petit déjeuner et prirent la direction du campement. Ils s’arrêtèrent régulièrement afin de ménager Robin et faire reposer les chevaux. Ils mirent, donc, deux fois plus de temps qu’à l’aller pour revenir chez eux. Ils arrivèrent près de cinq jours plus tard en fin d’après-midi. Quand ils furent en vue de leur cher campement, ils s’aperçurent que la porte était ouverte... C’était Marianne qui les attendait impatiemment.


byoann  (04.02.2014 à 21:00)

Chapitre XX

« Nous allons juger Allan ! »

epuis leur retour de Terre Sainte, le shérif s’était cloîtré dans son château à ruminer son échec tandis que Gisborne se remettait de ses blessures chez lui, à Locksley. Edouard étant revenu d’Ecosse, Marianne avait regagné Knighton. Complètement remise de ses blessures et libre de ses mouvements grâce à la convalescence de Gisborne, elle put aider les villageois comme elle avait eu l’habitude de le faire avant que Robin ne revienne de croisades. Mais lorsque Gisborne fut complétement rétabli, il devint plus difficile pour le veilleur de nuit de venir en aide aux plus démunis.

La mission en Terre Sainte étant secrète, Gisborne ne pouvait pas révéler à Marianne que Robin des bois avait été mortellement blessé. Il attendait impatiemment la confirmation. Se réjouissant de la mort probable du hors-la-loi, Gisborne se remit à courtiser assidûment Marianne. Cependant, elle arrivait toujours à repousser ses avances en pensant au retour prochain de son cher et tendre Robin. Elle l’attendait impatiemment et chaque jour un peu plus que la veille. Elle prit, alors, l’habitude de venir au camp tous les jours, une fois le matin et une fois en fin d’après-midi dans l’espoir de les voir arrivés. Et puis un jour…

Les hors-la-loi laissèrent leurs chevaux à quelques mètres de l’entrée du camp puis mirent tous pied à terre. Much emmena Allan, toujours ligoté à l’intérieur pendant que Petit Jean et Will détachaient la civière du cheval du chef provisoire de la bande. Marianne sortit à ce moment-là. Folle de joie, elle alla à leur rencontre.

Marianne : « Enfin ! Comme je suis heureuse de vous… »

Mais, en arrivant près de Much, elle s’arrêta net en avisant les mains entravées d’Allan. Elle le fixa. Allan baissa la tête.

Puis Marianne, regardant Much, perdit son sourire et s’alarma : « Mais qu’est-ce qui se passe ? »

Much, embarrassé, ne répondit pas tout de suite.

Much : « Ben euh… »

Marianne, insistant : « Much ! »

Son regard fut attiré par un mouvement derrière les deux hommes. Son cœur s’arrêta lorsqu’elle remarqua Petit Jean et Will transportant une personne sur une civière avec Djaq à ses côtés.

Marianne, devinant l’identité de la personne allongée sur la civière : « Oh non ! »

Elle s’élança vers eux.

Marianne, en apercevant Robin sur la civière : « ROBIN ! »

Marianne lui caressa le visage tandis que Petit Jean et Will continuèrent leur chemin jusqu’au lit de Robin.

Marianne : « Robin !... Comment est-ce arrivé ?... Mais que s’est-il passé ? »

Petit Jean et Will déposèrent la civière à terre. Le lit de Robin, étant en hauteur, ils décidèrent de le mettre sur le lit du bas. Marianne, en larmes, s’agenouilla auprès de lui.

« Robin, non !... Je t’en prie, Robin !... Réveille-toi, mon amour !... Réveille-toi… Je t’en supplie ! »

Marianne le serra contre elle en pleurant à chaudes larmes. Puis reprenant son souffle, elle tourna la tête vers Djaq.

Marianne : « Djaq ?… Dis-moi qu’il va s’en sortir ?... Djaq ? »

Djaq : « Je n’en sais rien, Marianne ! »

Marianne, implorant : « Mais que s’est-il passé ? »

Much, tenant toujours Allan : « Allan l’a gravement blessé ! »

Marianne, surprise, regarda Allan : « Quoi ? »

Allan allait protester énergiquement mais Djaq le coupa dans son élan.

Djaq : « Nous ne savons pas qui l’a blessé ! »

Marianne : « Mais comment… »

Djaq, l’interrompant : « Tout ce que nous savons c’est que, quand nous sommes arrivés, Allan tenait Robin dans ses bras tandis que Gisborne s’enfuyait avec le shérif. »

Marianne, se tournant vers Allan : « Allan ? Que lui as-tu fait ? »

Allan : « Mais rien ! C’est Gisborne qui l’a gravement blessé. Puis ensuite, il l’a violemment poussé et sa tête a heurté la fontaine. »

Djaq, confirmant les propos d’Allan : « Sa blessure à l’abdomen, causée par une épée, est en voie de guérison. Et effectivement, il a bien eu une blessure à la tête. Mais bien qu’elle soit guérie depuis longtemps, il ne se réveille toujours pas. »

Marianne, implorant : « Mais il va se réveiller un jour, n’est-ce pas ? »

Djaq, voulant se montrer honnête : « Oui, il peut se réveiller demain comme il peut ne jamais se relever… Je suis désolée, Marianne. »

Marianne fondit en larmes sur le torse de Robin. Le reste de la bande préféra la laisser seule avec lui. Ils se retirèrent à côté dans la pièce où ils prenaient habituellement leur repas.

Much à Petit Jean au sujet d’Allan : « Qu’est-ce qu’on va faire de lui, à présent ? »

Petit Jean : « Will ?... Tu vas construire une cage pour qu’on puisse l’enfermer… »

Allan protesta : « Quoi ?... Mais ça va pas ? Non, attendez ! »

Petit Jean s’emparant de la corde retenant Allan que Much tenait dans ses mains : « … En attendant, je vais l’attacher dehors à un arbre. »

Allan : « Non… non… non… Jean ! Ne fais pas ça ! Je t’en prie !... Je te promets de ne pas m’enfuir.»

Will : « Petit Jean, est-ce bien nécessaire ? »

Djaq : « Oui, ce n’est pas un peu trop dur ? Après tout c’est l’un des nôtres ! »

Petit Jean, sur un ton vif : « C’était… l’un des nôtres ! »

Il emmena Allan qui le supplia encore de ne pas le ligoter. Mais rien n’y fit. Il l’attacha à un arbre suffisamment proche de l’entrée pour le surveiller mais assez éloigné pour qu’il n’entende pas les conversations à l’intérieur. Sur le pas de la porte, Djaq et Will eurent le cœur serré à la vue d’Allan, seul, ligoté à un arbre.

Petit Jean, en revenant, passant près d’eux : « Et personne ne doit le libérer avant que Robin ne revienne à lui. Est-ce bien compris ? »

Will : « Et s’il ne se réveille pas ? »

Petit Jean, continuant son chemin : « Alors, on fera ce que le Roi a ordonné ! »

Will, soufflant : « J’espère que Robin va vite se rétablir. »

Etant devant l’entrée du campement, à l’abri des regards des autres, Djaq enlaça Will tendrement et l’embrassa autant pour le rassurer que pour se rassurer elle-même car elle éprouvait les mêmes angoisses que son bien-aimé.

Mais Robin ne se réveilla pas. Les semaines passèrent sans que celui-ci n’ouvre l’œil. Marianne passait toutes ses journées à ses côtés. Elle se nourrissait que contrainte et forcée par Djaq. Plus le temps passait, plus l’espoir de voir Robin se rétablir, s’amenuisait. Bien que les habitudes aient reprises, ils attendaient tous que Robin reprenne sa place. En attendant, Petit Jean avait reprit le flambeau. Il organisa, comme Robin l’aurait voulu, la vie du campement. Ils reprirent les embuscades et les livraisons mais ils revenaient constamment au camp dans l’espoir de voir Robin se réveiller. Mais lorsqu’ils revenaient, ils ne voyaient que Marianne extrêmement amincie au chevet de Robin allongé mais serein.

Au fur et à mesure que le temps passait, la situation d’Allan s’aggravait. En effet, Petit Jean et Much le tenant responsable de ce qui était arrivé à Robin, ils l’avaient pris en grippe. L’inconscience de Robin commençait à peser de plus en plus lourd sur le moral de la troupe. Petit Jean, augurant que Robin ne se réveillerai jamais, décida qu’il était temps de tourner la page définitivement et d’obéir au Roi. Au repas du soir, dans un silence pesant, il annonça la nouvelle à ses compagnons.

Petit Jean : « Bon, écoutez-moi… Je crois que nous avons attendu assez longtemps comme ça…. Il est temps de faire ce que le Roi nous a ordonné. »

Djaq, inquiète : « Que veux-tu dire exactement ? »

Petit Jean, sans détour : « Nous allons juger Allan ! »

Will : « Mais nous n’avons pas la légitimité pour le faire !... Robin, oui ! »

Petit Jean, sur un ton vif : « Robin est mort ! »

Djaq, mécontente : « Non ! Robin est toujours là. Il est simplement inconscient. »

Petit Jean : « Cela fait des semaines que tu nous répètes ça… Je suis désolé, Djaq. J’aimais beaucoup Robin. Tu peux me croire. Mais on ne peut pas continuer à vivre comme ça et à garder Allan dans cette cage indéfiniment…. Nous devons penser à l’avenir et aux pauvres qui ont besoin de nous à plein temps… C’est pourquoi je vous propose de régler ça dès demain. »

Djaq ne savait plus quoi répondre. Petit Jean n’avait pas tout à fait tort. La bande ne pouvait pas éternellement vivre dans l’espoir que Robin se réveille un jour. Mais elle désapprouva, tout de même, le procès qu’ils allaient faire à Allan. Puisque plus personne ne protestait, la décision fut prise de juger Allan en début d’après-midi le lendemain après les livraisons du matin.

Petit Jean : « Bon, je vous conseille d’aller vous reposer sans tarder. Nous avons une grosse journée demain. »

Ils obéirent sans grand enthousiasme. Djaq alla voir Robin avant de se coucher. Elle vit Marianne la tête posée sur le lit à ses côtés. Elle avait les yeux clos. Djaq vérifia le rythme cardiaque de Robin et épongea son front. Son geste réveilla Marianne.

Djaq : « Oh, je suis désolée. Je ne voulais pas vous réveiller. »

Marianne : « Ce n’est rien. Je devais me lever de toute façon. »

Djaq : « Nous avons gardé votre part de ragout. Il est sur les braises, si vous voulez manger ? »

Marianne : « Non merci, je n’ai pas faim. »

Djaq : « Marianne, il faut que vous mangiez. Sinon vous n’aurez plus de force pour vous occupez de Robin. »

Marianne, pleurant : « Je ne mangerai que lorsqu’il mangera ! »

Djaq : « Mais il mange. Je vous assure. Je lui donne régulièrement du bouillon et des jus de fruit par l’intermédiaire d’un bout de roseau que je mets dans sa bouche. J’espère ainsi qu’il garde un peu de ces forces. »

Marianne, désespérée : « Mais cela ne sert à rien. Il n’est toujours pas réveillé !... Djaq ! Je crois que Petit Jean a raison… Robin est mort ! »

Djaq : « Vous avez entendu notre conversation ? »

Marianne acquiesça : « Oui… Et je commence à croire qu’il ne se réveillera jamais. »

Djaq, combative : « Ne perdez pas espoir, Marianne ! »

Marianne : « Parce que tu y croies encore toi ? »

Djaq : « Oui, parce que Robin est fort ! Et que cela ne peut pas se terminer ainsi. Vous avez encore des tas de choses à vivre ensemble… Tous les deux ! »

Touchée par ses paroles, Marianne lui sourit.

Marianne : « Merci Djaq pour ses mots réconfortants. »

Djaq, lui rendant son sourire : « C’est rien. Entre femmes, il faut bien se serrer les coudes. »

Djaq se retira laissant Marianne s’occuper de Robin. Au lieu d’aller se coucher, elle sortit du camp pour aller voir Allan dans sa prison. Elle s’avança l’air grave.

La voyant arriver, Allan, alarmée : « Oh non !... Robin est mort ? »

Djaq, se voulant rassurante : « Non ! Non ! Non, non. Il est toujours vivant. Je t’assure mais… »

Allan, devinant la suite : « Alors ça y est ! Ils ont décidé de me juger ! »

Djaq : « Comment le sais-tu ? »

Allan : « A la tête que tu fais. D’habitude quand tu viens me voir, tu masques d’avantage tes sentiments… Il n’y a plus d’espoir alors ? »

« Tu ne dois pas dire ça, Allan ! »
« Oh je t’en prie, Djaq ! Nous savons parfaitement tous les deux que Robin ne se réveillera pas d’ici demain et que ce procès est complètement inutile… Ils m’ont déjà condamné d’avance. »

Djaq, s’avançant près des barreaux : « Much et Petit Jean peut-être mais pas Will et moi. »

Allan, avec une lueur d’espoir dans le regard : « Will ?... Vraiment ? »

Djaq : « Oui, j’en suis sûre. Il regrette autant que moi la façon dont ils te traitent… Même s’il ne le montre. »

Allan : « Tu crois que demain il va oser le montrer ? »

Djaq ne répondit pas et son silence fut éloquent pour Allan.

Allan, pessimiste : « Mais de toute façon, cela ne fait que deux contre deux ! »

Djaq : « Mais il y a Marianne ? »

Allan : « Marianne ?... Elle est la fiancée de la victime ! »

Djaq : « Et alors ? »

Allan : « Depuis que je suis dans cette cage, elle ne m’a pas adressé la parole !... Pour elle aussi, je suis coupable… Alors tu vois tout est couru d’avance. »

Djaq : « Non, pas si je peux la convaincre. Ton procès n’a lieu que demain après-midi. J’aurais du temps dans la matinée pour lui parler et j’essaierai de la convaincre. »

Allan, résigné : « Djaq, j’apprécie ce que tu fais pour moi mais c’est inutile… »

Une voix derrière eux : « Oui, c’est inutile… Car tu peux le faire maintenant ! »

C’était Marianne qui avançait vers eux. Après s’être occupée de Robin, elle avait décidé de sortir prendre l’air car cela ne lui était pas arrivé beaucoup ces derniers temps. Et c’est là qu’elle entendit la conversation entre Djaq et Allan.

Marianne, fixant Allan droit dans les yeux : « Allan ! Soit franc avec moi et dis-moi la vérité. Que s’est-il vraiment passé ? »

Allan souffla puis réfléchit quelques instants le temps d’organiser ses pensées.

Allan : « Voilà !... Quand je suis arrivé sur la place du village, j’ai vu Robin et Gisborne qui se battaient. Le Roi était déjà inconscient un peu plus loin. Et je vous jure que j’ignore pourquoi !... Et puis, Gisborne a planté son épée dans le ventre de Robin. Ensuite, il l’a violement poussé afin de se dégager et sa tête a heurté la fontaine. Et il s’est effondré. Gisborne a ensuite levé son épée pour l’achever et c’est là que je suis intervenu. J’ai touché le bras de Gisborne avec mon épée. Il s’est alors mis à hurler et puis tout le monde est arrivé, le shérif et la bande… Gisborne s’est enfuit avec le shérif. J’ai lâché mon épée et j’ai pris Robin dans mes bras pour… Je ne sais pas pourquoi j’ai fait ça mais…Marianne… Je vous jure… Jamais ! Vous entendez ! Jamais, je n’aurai pu faire du mal à Robin. Il faut me croire. »

Marianne : « Mais pourquoi les autres t’accusent-ils alors ? »

Allan : « A cause de mon épée pleine de sang. Ils pensent que c’est celui de Robin… Ils n’ont pas vu Gisborne le menacer ni quand je l’ai blessé… Par ailleurs, il pense que c’était une manœuvre du shérif pour se débarrasser de Robin… Marianne ?... Je vous jure… Souvenez-vous de ce qu’on s’est dit avant notre départ… Pourquoi aurais-je essayé de tuer Robin alors que je voulais revenir dans la bande ? Cela n’a pas de sens ! »

Marianne, concluant : « Mais les autres l’ignorent ! »

Allan : « Vous n’aurez qu’à leur dire au cours de mon procès ! »

Marianne : « Tu crois qu’ils m’écouteront ? »

Allan : « J’en suis sûr. De toute façon je n’ai plus rien à perdre… Mais… »

Marianne : « Mais ?... Allan, est-ce qu’il y a quelque chose que tu ne me dis pas et que je dois savoir ? »

Allan : « Non, il y a rien d’autre… Mais… Si jamais cela tournait mal pour moi, est-ce que vous garderez malgré tout à votre service la personne dont nous avons parlé avant mon départ ? »

Marianne, touchée par la sollicitude d’Allan envers Annie : « Mais oui, bien sûr ! »

Allan, rassuré : « Bien. Tant mieux… Et pour Robin ? Est-ce que vous me croyez coupable ? »

Marianne, réfléchissant puis : « Non !... Je suis sûre que tu es innocent. »

Soulagé, Allan expira profondément. Il venait peut-être de sauver sa tête à condition bien sûr que Marianne fasse parti de ces juges.

Allan : « Oh merci Marianne… Je vous remercie pour votre soutien. »

Marianne : « Je n’oublie pas que tu m’as sauvé la vie. Alors comment l’homme qui m’a sauvé la vie aurait put prendre la vie de l’homme que j’aime le plus au monde ? Cela n’a pas de sens ! »

Il tendit ses mains à travers les barreaux de bois de sa cellule. Marianne, souriante, les lui serra avec affection.

Marianne : « Bon maintenant, allons nous coucher ! Nous avons demain un important travail à faire. »

Djaq : « Oui, vous avez raison. »

Djaq serra également les mains d’Allan.

Djaq : « Bonne nuit Allan !... Demain, tu sortiras de ta prison… Je te le promets. »

Allan : « Merci, Djaq. Bonne nuit ! »

Marianne : « Bonne nuit, Allan ! »

Allan : « Bonne nuit, lady Marianne. »

Les deux femmes retournèrent au campement. Allan eut chaud au cœur quand il vit qu’elle lui jeta un dernier regard bienveillant avant de refermer la porte du sanctuaire des hors-la-Loi qui lui a été, jusqu’à présent, formellement interdit de franchir.

Allan à lui-même : « Je refranchirai cette porte un jour !... J’en suis certain. »

Réconforté par Djaq et Marianne, Allan put s’endormir sans trop de difficulté malgré la pression du procès qui allait avoir lieu le lendemain.


byoann  (04.02.2014 à 21:15)

Chapitre XXI

« Eh bien je te le dis, mon ami… Libère-le ! »

 

l’aube au campement des hors-la-loi…

Tout le monde, même Allan dans sa prison en bois, semblait dormir paisiblement. Tout comme ces compagnons, Robin paraissait serin. Son visage ne montrait aucune émotion négative. On pourrait même le prendre pour un dormeur parmi les autres.

Et pourtant, là où il était, ce n’était ni le calme ni la sérénité qui prévalait. Parmi toutes les images qui se bousculaient dans sa tête, toutes plus invraisemblables les unes que les autres, certaines, moins floues mais incroyablement réelles pour lui, le ramenaient en Terre Sainte…

Sur la place du village d’Emmaüs…

Le Roi, gravement blessé et tenant à peine sur son cheval, arriva sur la place centrale du village. Il s’écroula près de la fontaine se trouvant au centre de la place. Gisborne arriva derrière lui. Conscient qu’il allait changer le cours de l’Histoire, il dégaina son épée et s’avança lentement vers lui.

Mais Marianne surgit de nulle part.

Marianne : « GUY ! »

Marianne descendit les escaliers et vint se mettre entre Gisborne et le Roi encore conscient.

Marianne : « Arrêtez !... C’est terminé, Guy ! »

Gisborne, avançant vers le Roi : « Ecartez-vous ! »

Marianne, reculant face à Guy : « J’ai passé ma vie à me battre pour l’Angleterre. Vous croyez que je vais vous laisser tuer l’Angleterre ? »

Gisborne, fendant l’air avec son épée et hurlant : « MARIANNE, ÔTEZ-VOUS DE Là ! »

Marianne esquiva le coup puis, reculant toujours : « Il faudra me tuer d’abord, Guy. »

Guy, avançant toujours : « Non !... On va sortir de cette histoire… Je vais le faire et ensuite j’aurai un pouvoir incommensurable et nous serons enfin ensemble. »

Marianne, reculant et souriant avec mépris : « Vivre avec vous ?...Plutôt mourir Guy de Gisborne ! »

Gisborne, incrédule : « Non ! »

Marianne lui sourit puis le défia : « Je vais me marier avec Robin des bois. »

Gisborne fut sous le choc mais Marianne continua.

Marianne, souriante, en pensant à Robin : « J’aime Robin des bois… »

Gisborne se rendit compte que Marianne l’avait trahi mais celle-ci continua de le défier.

Marianne lui répéta : « J’aime Robin des bois. »

Gisborne sentit la colère monter en lui. Bafoué par les propos de Marianne, il fit les quelques pas qui la séparait d’elle et lui planta son épée dans le ventre.

Marianne encaissa le coup tandis que Gisborne, ne réalisant pas bien ce qu’il venait de faire, la prit dans ses bras.

Marianne le regarda puis s’effondra. Au même moment, Robin arriva sur la place et avisa Marianne au sol.

Robin, hurlant : « MARIANNE ! »

Il courut aussi vite qu’il le put et s’agenouilla devant sa belle. Gisborne, en était de choc, regarda sans bouger le corps de Marianne à ses pieds.

Robin, en larmes : « Marianne !... Marianne ! »

 

 

 

 

 

Anéanti, il l’embrassa une dernière fois et se blottit contre elle en fermant les yeux. Puis lorsqu’il les rouvrit, il ne vit pas Marianne. Il ne se trouvait plus auprès du corps de sa belle. Affolé, il regarda autour de lui. Il n’était plus sur la place du village en Terre Sainte. Il n’y avait plus aucune maison caractéristique des habitations du désert ni même de dunes de sable à perte de vue. Non. Il se retrouvait dans une forêt typique de son pays natal. Totalement perdu, il regarda vers le ciel s’attendant à voir un soleil rayonnant dans un ciel bleu sans nuage.

Mais au lieu de cela, il vit, au dessus de lui, des arbres à travers desquels les rayons du soleil essayaient de se frayer un chemin jusqu’à lui.

Enfin, c’est ce qu’il croyait. Il referma les yeux puis les rouvrit aussitôt. Il se retrouva pratiquement dans le noir. En réalité, il faisait à peine jour. Mais lorsque ses yeux s’habituèrent à la faible luminosité du matin, il s’aperçut que c’était des planches en bois au dessus de lui et non des arbres. Déboussolé, il regarda sur le côté. C’est alors qu’il vit Marianne endormie, le visage reposant sur son lit et lui tenant la main.

L’esprit embrouillé, Robin, inquiet : « Marianne ? »

Marianne, inconsciemment, lui serra la main. Robin porta la main de Marianne à ses lèvres.

Robin, en y déposant un baiser : « Marianne ? »

Le baiser acheva de réveiller la belle endormie.

Marianne, étonnée : « Robin ? »

Robin : « Oui ! »

Marianne, folle de joie : « ROBIN ! »

Elle se jeta dans ses bras avec une telle violence qu’il en aurait tombé à terre s’il avait été debout. 

Marianne, pleurant de joie : « Robin, tu es réveillé… Tu es réveillé ! »

Robin, complétement perdu : « Oui. Mais toi, tu es vivante ? »

Marianne : « Bien sûr que je suis vivante et toi aussi… »

Elle parsema son visage de baisers. Les cris de joie de Marianne avaient réveillé tout le camp. Much fut le premier auprès de Robin.

Much, ému aux larmes : « Oh ! Maître, vous êtes réveillé… Oh je suis content de vous voir réveiller. »

Djaq : « Oh oui moi aussi, je suis contente que tu te sois enfin réveillé. »

Petit Jean, heureux mais plus sobre : « Content de te revoir parmi nous, Robin. »

Marianne serrant encore plus fort Robin dans ses bras : « Oh oui, tu es finalement réveillé. »

Robin, un peu groggy : « Mais oui, je suis réveillé ! Mais pourquoi vous paraissez tellement surpris de me voir réveillé ?... [Il regarda autour de lui]… Et puis d’abord… On est camp ?... On n’est plus en Terre Sainte ?... [Il s’affola en s’asseyant brusquement sur son lit]… Le Roi ? Comment va le Roi ? Est-il mort ? »

Djaq, s’avança : « Chuuuttt, Robin ! Calme-toi ! Le Roi est sain et sauf. Ne t’inquiète pas… Tu as dormi pendant presque trois mois… »

Robin, ébahi : « QUOI ?... TROIS MOIS ? »

Djaq : « Oui, tu as reçu un coup à la tête et tu es resté inconscient pendant tout ce temps. Tu te rappelles de ce qu’il t’est arrivé ? »

Robin, essayant de réfléchir : « Euh… Non… Je ne me rappelle pas... »

Djaq et Will furent extrêmement déçus car cela ne présageait rien de bon pour Allan mais ils ne le montrèrent pas, tellement contents que Robin soit enfin parmi eux. Robin essaya de se lever mais il fut pris d’un terrible malaise. Will et Petit Jean le rattrapèrent à temps avant qu’il ne s’écroule à terre.

Marianne, alarmée : « Robin ! »

Djaq, les rassurèrent tous : « C’est normal... Ton corps a besoin de reprendre des forces, Robin. Pendant tout le temps que tu étais inconscient, je ne t’ai nourri qu’avec du liquide. Il faut maintenant que tu manges du solide comme de la viande, des légumes et du pain. »

Robin, ayant du mal à rester assis : « C’est vrai que je meure de faim. »

Much, ravi de pouvoir se rendre utile auprès de Robin : « Ne bougez-pas maître, je m’en occupe immédiatement. »

Marianne : « Oh je t’en prie Robin, n’emploie pas cette expression ! »

Robin, embrassant Marianne : « Oh je suis désolé, mon amour ! »

Il la regarda, longuement, réalisant brusquement que sa mort n’avait été heureusement qu’un mauvais rêve. Much fonça à la cuisine. Il ralluma le feu et réchauffa le ragout de la veille et prit une bonne miche de pain. Il déposa le tout sur un plateau qu’il s’empressa d’apporter à Robin.

Much : « Tenez Maître !... Régalez-vous ! »

Robin le regarda et reconnaissant : « Merci beaucoup, mon ami. »

L’odeur du ragout, aussi excellent soit-il, lui tourna légèrement la tête mais il avait une telle faim qu’il en fit abstraction et se jeta sur la nourriture. Tout le monde le regarda manger avec bonheur. Cependant, ils s’alarmèrent quand ils virent son visage devenir blanc comme un linge.

Marianne, inquiète : « Robin, que t’arrive-t-il ? »

Pour toute réponse, ils le virent se pencher sur le côté du lit où il régurgita tout ce qu’il venait d’avaler.

Marianne à Djaq : « Qu’est-ce qu’il a ?... Il est malade ? »

Djaq, rassurante : « Non, c’est normal… »

Much, inquiet que sa nourriture l’ait rendu malade : « Quoi c’est mon ragout ?... Il n’est plus bon ? »

Djaq, souriante : « Non, c’est son estomac… Pendant des mois, il n’a reçu que du liquide. Alors maintenant il faut qu’il s’habitue à recevoir de la nourriture solide… »

Ce diagnostic échappa à beaucoup de ses compagnons. Mais comme ils avaient tous confiance en elle, ils acceptèrent cette explication plus que douteuse pour eux.

Much, pas sûr de lui : « Ah ! Oui… Je le savais ! »

Djaq, à Robin : « Tu devrais manger moins vite… Et en petite quantité, seulement. »

Mais Robin protesta : « Mais c’est que j’ai très faim, moi ! »

Djaq : « Je sais mais c’est la seule façon d’habituer ton estomac a assimilé la nourriture. »

Much, tout haut : « C’est vraiment bizarre que notre estomac ne nous obéisse pas et qu’il n’en fasse qu’à sa tête. »

Tout le monde se mit à rire même Robin se mit de la partie. Mais Much, lui, resta de marbre car il ne comprenait pas en quoi ce qu’il venait de dire pouvait être drôle. Mais cela détendit l’atmosphère. Robin reprit son repas plus lentement.

Djaq, aux petits soins pour Robin : « Et dès que tu vois que ton estomac n’en veut plus, ne force pas… Tu remangeras un peu plus tard quand il sera prêt ! »

Robin, ironisant : « Much avait raison alors ? »

Djaq ne lui répondit que par un sourire puis elle s’éloigna pour laisser les deux amoureux seuls en tête à tête. Elle fut imitée par ses compagnons qui se rendirent autour du feu afin de prendre leur premier repas de la journée. Celui-ci se passa dans l’allégresse. Ils étaient tous fous de joie que Robin soit de retour parmi eux. Mais Djaq paraissant soucieuse, Will vint s’asseoir à ses côtés.

Will, arborant un large sourire : « Tu n’es pas contente de revoir Robin enfin parmi nous ? »

Djaq, essayant de se montrer ravie : « Oh si… Si. »

Will, perdant son sourire : « Dis-moi ce qui t’inquiète, Djaq ! »

Mais voyant que les autres étaient tous fous de joie à cause du retour de Robin, elle ne voulut pas gâcher leur bonheur.

Djaq : « Oh rien ! »

Will, la connaissant fort bien : « Allez, dis-moi ! Je vois à ton visage que quelque chose te préoccupe. »

Djaq se tourna vers lui et tout bas : « C’est Robin… A Acre, Bassa Momo m’a dit des choses qui… »

Will, insistant : « Qui… ? »

Djaq souffla puis : «… Il a déjà vu des hommes qui avaient dormi très longtemps comme Robin mais quand ils se sont réveillés… Euh… Ils n’étaient plus vraiment eux-mêmes. » 

Will : « Pourtant, Robin a l’air comme d’habitude ? »

Djaq : « Oui et c’est bon signe. Mais cela peut-être moins voyant. »

Will, curieux et inquiet : « Comme quoi ? »

Djaq : « Comme le fait de ne plus savoir marcher ou… parler… ou tirer à l’arc ou même il pourrait avoir perdu une partie de sa mémoire. »

Will, réalisant la gravité de la situation : « Oh !... Eh bien… Tu n’as plus qu’à l’examiner dès qu’il aura fini de manger… Et comme ça, tu seras à quoi t’en tenir ! »

Djaq, devant l’évidence : « Ben oui… Tu as raison. Je vais faire ça… Mais en attendant, n’en parle pas aux autres. Je ne voudrais pas gâcher leur plaisir inutilement.»

Will, compréhensif : « Je te le promets ! »

Il s’avança pour déposer un baiser sur les lèvres mais elle s’esquiva.

Djaq, regardant si l’un des ses compagnons les avait vu : « Oh non !... Pas devant tout le monde, voyons ! »

Will, surpris : « Pourquoi pas ?... On s’aime, non ?

Djaq, gênée : « Oui… Oui mais c’est encore trop tôt pour en parler à tout le monde ! »

Un peu déçu et amusé à la fois par son embarras, Will : « D’accord, comme tu veux ! »

Puis ils reprirent leur repas mais Will eut un comportement inusité. Sans prêter attention à ceux qui l’entouraient, il était comme hypnotisé par son écuelle. Il mélangeait son ragout avec le bout de sa cuillère sans y toucher. Djaq le remarqua aussitôt.

Djaq : « Que se passe-t-il Will ?... Tu n’as plus faim ? »

Will, perdu dans ses pensées : « Hein ? »

Djaq : « Je disais tu n’as plus faim ? »

Will se retourna vers elle et se mordit les lèvres.

Djaq : « Qu’y-a-t-il, Will Scarlett ?...Qu’est-ce que tu veux me demander ? »

Will, surpris : « Moi ?... Oh euh… Rien. »

Djaq : « Je vois bien à ta tête que tu veux me demander quelque chose. Alors vas-y ! »

Will, hésitant : « Eh bien c’est… C’est à propos d’Allan ! »

Djaq, étonnée : « Allan ? »

Will : « Oui. Tu te rappelles quand il est venu te chercher pour sauver Marianne… Bien avant notre départ pour la Terre Sainte ? »

Djaq, réfléchissant : « Euh… oui ! »

Will, embarrassé : « Et bien… Il a dit… Il a dit que… »

Djaq, impatiente : « Quoi ? Qu’est-ce qu’il a dit ? »

Will souffla puis : « Il a dit que vous vous étiez déjà rencontrés avant… à Clun ! »

Amusée par sa jalousie, Djaq lui offrit un large sourire qu’il n’apprécia que modérément.

Djaq : « Ah ! Et tu veux savoir ce qui s’est passé à Clun ?... Tu crois peut-être que j’entretiens des relations secrètes avec lui ? »

Will, gêné : « Oh non ! C’était juste pour savoir… Euh… Pour le bien de l’équipe, évidemment… Pour savoir sur qui on pouvait compter… Tout ça quoi… »

Djaq n’en crut rien car cette conversation remontait à plusieurs mois déjà et il ne lui en avait jamais touché un mot auparavant. Mais étant donné ce qui était arrivé par la suite, l’occasion ne s’était jamais présentée. Mais maintenant que Robin était de retour parmi eux, tout était revenu à la normal. Toujours est-il qu’il voulait savoir s’il avait bien un rival avec lequel il fallait compter et l’équipe n’avait rien à voir là-dedans. Car il n’avait pas oublié qu’Allan avait eu des sentiments pour elle à une époque.

Djaq : « Tu n’as absolument rien à craindre… [A voix basse]… mon amour. »

Will, gêné : « Oh mais je… »

Djaq, ne voulant pas le mettre davantage dans l’embarras : « Je l’ai juste revu une fois. C’était quand nous avons rencontré Carter pour la première fois… »

*******

Quelques mois plus tôt, à Clun…

Des soldats investirent le village. Ils bousculèrent les habitants sans ménagement. Marianne et les hors-la-loi arrivèrent sur les lieux et observèrent la scène du haut d'une colline.

Marianne : « Robin ! Les hommes du shérif ! »

Elle s'apprêta à s'élancer mais Robin la retint par le bras.

Robin : « Reste ici ! Tu ne dois pas être vue en compagnie de hors-la-loi. »

Marianne, fâchée : « Ça m'est égal ! Ils attaquent les villageois et il faut les défendre ! »

Robin, perplexe : « Pourquoi est-ce qu'ils font ça ? »

Marianne, énervée : « Pourquoi ? Robin, on n'a pas de temps à perdre avec des ‟ pourquoi ”, intervenons ! »

Robin, tentant de garder son calme : « Marianne, attendons de voir combien... »

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase, la jeune femme s'élança l’épée à la main.

Marianne : « Allons-y ! »

Petit Jean tenta bien de l'intercepter mais elle fut plus rapide que lui.

Much : « Marianne ! »

Robin passa sa main sur ses yeux, déçu et ennuyé par l'attitude de Marianne.

Much : « Ils sont beaucoup trop nombreux ! »

Marianne était déjà en bas de la colline quand Robin s'élança à son tour.

Robin, en soupirant : « Allons-y. »

Aussitôt, tous lui emboîtèrent le pas et dévalèrent la colline, armes à la main. Marianne avait déjà engagé le combat avec l’un des soldats. Alors qu'elle venait de le vaincre, Robin arriva dans son dos et la saisit.

Robin : « Marianne ! Pousse-toi ! »

Il l'entraîna de force à l'écart du village. Alors que ses compagnons engagèrent, à leur tour, le combat avec les hommes du shérif, Robin attacha les mains de Marianne à une palissade en bois.

Robin, furieux : « Toi, tu restes ici et tu ne bouges pas ! »

Il repartit aussi vite combattre les soldats tandis que la jeune femme maugréa et gesticula en essayant de se détacher.

Alors que le combat faisait rage entre les hommes du shérif et les hors-la-loi, un cavalier surgit du haut d'une des collines entourant le village. L’homme s'élança au grand galop vers le lieu des combats. En arrivant en bas, il lança une dague qui vint se ficher dans la poitrine d'un des soldats.

Much, sidéré : « C'est qui lui ? … Robin ! Le gibet ! »

Les hommes du shérif s'apprêtaient en effet à pendre plusieurs villageois.

Le mystérieux cavalier s'avéra être Carter. Il lança une autre dague, tuant un deuxième soldat. Robin fut aux prises avec deux soldats dont il peina à se débarrasser. Quand il y parvint, il courut se placer dans un endroit dégagé, planta une poignée de flèches dans le sol devant lui et arma son arc. Carter surgit à ses côtés.

Carter, en criant : « Prends garde l'ami, derrière toi ! »

Robin se releva brusquement alors qu'un homme allait l'attaquer dans le dos.

Tous deux s'empoignèrent et le hors-la-loi réussit à se débarrasser de son agresseur.

Quand il se retourna, Robin découvrit Carter, accroupi, son arc à la main, en train de viser la potence.

Abasourdi, Robin regarda la flèche décochée par cet homme qu'il ne connaissait pas, s'envoler et venir sectionner la corde qui était déjà passée au cou d'un des villageois. Les soldats prirent peur et s’enfuirent à toutes jambes au grand soulagement des villageois.

Djaq : « Les hommes du shérif prennent la fuite ! »

Les hors-la-loi se regroupèrent autour de l'inconnu.

Much, aux autres : « Il est doué ! »

Will : « Il est très doué ! »

Carter rendit son arc à Robin qui fut tout sourire après cette brillante démonstration et la mise en déroute des soldats puis Carter commença à s'éloigner sans dire un seul mot.


byoann  (05.02.2014 à 08:40)

Pendant ce temps, Djaq porta secours à une femme qui essayait vainement de rentrer chez elle en s’appuyant contre la clôture de sa maison.

Djaq : « Attends, je vais t’aider. »

La pauvre femme, délirante : « Mon mari… Il faut aider mon mari… »

Djaq aida la jeune femme à rentrer chez elle. Mais quand elle poussa la porte, elle trouva un homme vêtu de noir, armé d’une épée, prêt à bondir sur elles.

Djaq, surprise : « Mais qu’est-ce que tu fais ici, toi ? »

L’homme, encore plus étonné qu’elle : « Djaq ?... »

Inquiet, il regarda derrière elle pour s’assurer qu’elle était vraiment seule.

Djaq, aidant la femme à s’asseoir à la table : « Ne t’en fais pas, je suis seule ! »

Cet homme était Allan. Soulagé que Robin ne soit pas avec elle, il rengaina son épée.

Allan, ravi : « Djaq… Je suis content de te voir. »

Djaq, méfiante, regarda Allan et vit qu’il avait dans sa main gauche un linge tâché de sang.

Djaq, commençant à soigner la jeune femme : « Que fais-tu ici ? »

Allan : « Euh… Je suis venu… pour aider un peu… »

Il se déporta sur le côté et Djaq aperçut qu’il y avait un homme, inconscient et blessé, couché sur le lit.

Djaq, étonnée : « Mais… Mais comment as-tu su qu’ils allaient être attaqués ? »

Allan : « J’ai entendu Gisborne et le shérif qui parlaient de… créer le chaos dans Clun alors je me suis dit… »

Djaq, dégoutée : « Parce c’est toi qui était à la tête de ces hommes ? »

Allan, révolté : « Non !... Bien sûr que non !... Je t’assure que je ne sais pas pourquoi ils ont mis le village à feu et à sang… Je te jure ! »

Djaq, méfiante : « Gisborne ne te l’a pas dit ? »

Allan : « Non… Tu sais, contrairement à ce que tu penses, il ne me dit pas tout ! »

Djaq : « Alors pourquoi es-tu venu ?... Tu sais très bien que si jamais Robin te trouve ici ! »

Allan : « Oui, je sais !... C’est pourquoi je me suis fait très discret… Tu sais je ne suis pas très fier de… tout ça. Alors si je pouvais réparer un peu… »

Djaq, le coupant brutalement : « Tu ne peux pas être, à la fois, le bourreau et le sauveur, Allan de Dale ! »

Voyant que Djaq était toujours furieuse contre lui, il préféra changer de sujet.

Regardant l’homme blessé, Allan : « Je n’arrive pas à arrêter le saignement !... Est-ce que tu peux faire quelque chose pour lui ? »

Djaq, appliquant un linge sur le front de la jeune femme : « Tiens, garde le bien serré pendant quelques minutes. »

Puis elle se dirigea vers le mari de sa patiente. Elle s’agenouilla et l’examina brièvement. Elle fouilla dans un petit sac attaché à sa ceinture.

Djaq à Allan : « Tiens, tu vas lui appliquer ça sur sa blessure. Cela devrait arrêter les saignements. »

Elle lui tendit un petit récipient.

Allan : « Qu’est-ce que c’est ? »

Djaq : « C’est un onguent cicatrisant ! »

Djaq se releva vivement et lui fit face.

Djaq : « Je ne peux pas rester plus longtemps ici sinon Robin… »

Elle ne termina pas sa phrase mais il avait bien compris. Elle craignait que Robin ne les découvre ensemble.

Djaq, regardant l’onguent qu’elle lui avait donné, sur un ton humoristique : «Tu devrais toujours en avoir sur toi !... On ne s’est jamais ! »

Allan, souriant : « Oui, c’est vrai… On ne sait jamais ! »

Allan la regarda longuement dans les yeux dans dire un mot. Il était ravi de la revoir. Il avait tant de chose à lui dire. Les mots se bousculaient dans son esprit mais aucun son ne put sortir de sa bouche. Djaq, quant à elle, était finalement heureuse de le retrouver même si elle ne le montra pas. Elle était ravie de savoir qu’il allait bien malgré tout. Mais son cœur se serrait à chaque fois qu’elle regardait son uniforme noir lui rappelant que dorénavant il était de l’autre côté.

Puis finalement, Allan : « Djaq, je voudrais te dire que… »

Mais il fut coupé dans son élan par la voix de Marianne au dehors.

 

A l’extérieur de la maison…

Marianne, inquiète : « Cet homme est blessé ! »

 

A l’intérieur de la maison…

Djaq à Allan : « Je dois y aller ! »

Elle sortit précipitamment de la maison.

Allan, fortement déçu, finissant sa phrase : « …Je suis vraiment désolé ! »

Pendant ce temps, à l’extérieur, Djaq allait s’occuper de soigner une femme quand...

Carter : « Ce n'est rien... »

Mais aussitôt après, Carter vacilla et fit mine de commencer à perdre connaissance.

Robin et Much eurent juste le temps de le retenir avant qu'il ne fléchisse.
Robin : « Djaq ! »

 

 

 

 

 

La jeune femme accourut aussitôt. Robin et Much soutinrent le blessé.

Robin : « Venez ! Aidez-moi ! On va s'occuper de lui. Jean !... Jean ! Viens nous aider ! »

******

Djaq : « Et puis nous sommes repartis au camp avec Carter et tu connais la suite ! »

Will, surpris : « Et c’est tout ? »

Djaq, riant : « Oui, c’est tout !... Alors tu vois, tu n’as pas de raison de te montrer jaloux ! »

Will, offensé : « Oh mais… Je ne suis pas jaloux ! »

Il la regarda puis, se rendant compte qu’il était véritablement jaloux, rit de ses propres paroles. Ils stoppèrent leur rire lorsqu’ils constatèrent que cela attirait l’attention des autres convives. Ils terminèrent alors leur repas en s’envoyant des regards complices qui n’échappèrent pas au reste de la bande mais personne ne leur en fit la remarque. Puis Djaq retourna voir Robin. Il avait terminé son repas et Marianne ne le quittait pas des yeux.

Djaq : « Robin ? Est-ce que cela va mieux ? »

Robin : « Oh oui, beaucoup mieux. Merci. Mais je me sens encore très faible. »

Marianne : « Dans combien de temps crois-tu qu’il pourra se lever ? »

Djaq : « Je ne sais pas. Mais, à mon avis, il faudra attendre encore quelques jours avant qu’il puisse quitter ce lit. »

Robin à Marianne : « Hum… Dans ce cas, tu devras venir me rendre visite assez souvent durant ses quelques jours ? »

Marianne : « Ne compte pas trop là-dessus, Robin de Locksley ! J’ai plein de choses à faire. »

Robin, feignant l’inquiétude : « Mais tu oublies que j’ai failli passer de vie à trépas ? » 

Marianne : « Oui, c’est vrai ! Mais maintenant cela va beaucoup mieux ! »

Robin, faisant comme s’il se sentait mal : « Oh je ne me sens pas très bien tout à coup ! »

Marianne, entrant dans son jeu : « Ah oui ? Et tu as mal où ? »

Robin, lui montrant ses lèvres : « Ici ! »

Marianne, souriant : « Ah oui ? Et bien je vais arranger cela tout de suite. »

Elle se pencha vers lui et l’embrassa tendrement.

Marianne : « ça va mieux ? »

Robin : « Oh non ! Je crois que j’ai encore besoin de vos bons soins, docteur ! »

Marianne lui donna une petite tape derrière la tête.

Marianne : « Je crois que cela suffit pour aujourd’hui ! »

Djaq sourit de la petite comédie jouée par Robin et Marianne puis elle redevint sérieuse.

Djaq : « Robin ? »

Robin, plus sérieux : « Oui ? »

Djaq : « J’aimerais t’examiner si tu le permets ? »

Robin ne vit aucun inconvénient mais Marianne s’en inquiéta.

Marianne : « Pourquoi ? Qu’y-a-t-il ? Tu crois qu’il pourrait retomber dans le coma. »

Djaq : « Oh non !!!... Non. Je veux juste vérifier quelques petites choses. »

Djaq lui fit passer toute une batterie de petits tests. Sous l’œil inquiet de Marianne et devant un Robin perplexe, elle lui fit remuer chacun de ses membres, vérifia ses réflexes puis la sensibilité de sa peau sur ses jambes et ses bras. Tout était normal. En dernier lieu, elle demanda à Marianne de l’aider à le soutenir pour qu’il puisse faire quelques pas. Encore une fois, tout était normal.

Rallongeant Robin dans son lit, Marianne : « Alors Djaq ? »

Djaq, rassurée : « Tout va bien de ce côté-là. Je pense que tu vas pouvoir reprendre tes activités comme avant. »

Robin, dans une colère froide : « Tant mieux car j’ai un compte à régler avec Gisborne ! »

Djaq : « Robin ?... De quoi te souviens-tu exactement ? »

Robin réfléchit quelques instants.

Robin : « Euh… Tout ce que je me souviens c’est que J’ai vu le Roi… allongé près de la fontaine et… Gisborne qui se tenait debout près de lui… Il était prêt à l’achever alors je me suis jeté sur lui… »

Djaq : « Et ensuite ? »

Robin, faisant de gros efforts pour se souvenir : « Euh… Ensuite, on s’est battu puis… »

Robin s’arrêta puis ferma les yeux. Djaq et Marianne ne le brusquèrent pas.

Robin, rouvrant les yeux : « Puis… Il m’a transpercé avec son épée puis poussé en arrière… J’ai ressenti comme un grand coup derrière la tête et puis plus rien… Le noir complet. »

Djaq, plein d’espoir : « Donc, c’est bien Gisborne qui t’as blessé ? »

Robin : « Euh oui… Pourquoi ? »

Djaq, regardant Marianne : « Euh non pour rien !... [Puis se tourna vers Robin]…Et avant ça, tu te rappelles de tout ? »

Quand Djaq la regarda, Marianne comprit que c’était à elle de parler du cas d’Allan à Robin.

Robin, surpris : « Oui, bien sûr ! »

Djaq : « De tout, tu es sûr ?... Les blessures de Marianne à Nottingham, notre départ pour la Terre Sainte et la visite chez mon ami Bassam ? »

Robin, sûr de lui : « Oui. Absolument ! »

Djaq, insistante : « Et aussi notre emprisonnement par le Roi et quand Carter nous a délivré dans le désert ? »

Robin : « Mais enfin, Djaq ! Oui, je me rappelle de tout ! »

Djaq, pleinement rassurée : « Alors, ça va ! »

Elle lui fit un grand sourire.

Djaq, soulagée : « Je suis rassurée ! Je sais maintenant que tu vas retrouver toutes tes capacités. J’en suis certaine !»

Marianne, inquiète : « Parce que tu en doutais ? »

Djaq : « Oui, un peu. Mais maintenant, je n’ai plus aucun doute. Je suis soulagée !... Je vous laisse. Je vais annoncer la bonne nouvelle aux autres. »

Elle partit toute heureuse rejoindre le groupe laissant Robin, seul, avec Marianne. Will devina ses pensées en la voyant arriver le sourire aux lèvres.

Will : « Alors, Robin est tiré d’affaire ! N’est-ce pas ? »

Djaq, radieuse : « Oui, maintenant j’en suis sûre et… Allan est innocent ! »

Petit Jean et Much se levèrent ensemble : « Quoi ? »

Pendant ce temps du côté de Marianne et Robin…

Marianne, sérieuse : « Robin !... Nous ne t’avons pas tout dit à propos de ton retour de Terre Sainte. »

Robin, intrigué : « Ah oui, quoi ? »

Marianne : « C’est à propos d’Allan ! »

Robin, mécontent : « Ah oui, je ne l’ai pas vu, celui-là en Terre Sainte, pour m’aider à protéger le Roi !... Contrairement à ce qu’il nous avait promis ! »

Marianne, embarrassée : « Robin… »

Robin, la coupant : « Je sais ce que tu vas me dire… Je sais aussi que tu vas encore prendre sa défense… Mais avoue qu’il n’a pas fait grand-chose en Terre Sainte pour protéger le Roi alors qu’il nous l’avait promis ici-même, tu te rappelles ? »

Marianne : « Robin… D’abord je n’y étais pas, moi, en Terre Sainte… »

Robin, encore un peu confus à cause de son cauchemar : « Ah oui… »

Marianne : « Et puis ensuite Allan… »

Robin, impatient : « Quoi Allan ?… Je suppose qu’il est retourné auprès de son maître, n’est-ce pas ? »

Marianne : « Non. En fait, il est ici. »

Robin, étonné : « Hein ?... Ici ?...Mais pourquoi ? »

Marianne : « Le Roi l’a fait arrêter ! »

Robin, ne comprenant plus rien : « Arrêter ? Mais pour quels motifs ? Et pourquoi est-il retenu ici ?

Marianne : « La bande est persuadée que c’est lui qui t’a mortellement blessé. Alors le Roi l’a fait arrêter pour haute trahison et tentative de meurtre sur un croisé. »

Robin : « Tentative de meurtre, c’est ridicule !… Haute trahison… Hum… Ma foi, cela peut s’envisager ! »

Marianne, outrée : « Robin !... Allan prétend qu’il t’a sauvé la vie… Et moi, je le crois ! »

Voyant que Marianne était extrêmement sérieuse, Robin : « Et où est-il à présent ? »

Marianne, avec un petit sourire de vainqueur : « Il est dehors... Will a fabriqué une cage où ils l’ont enfermé depuis votre retour. »

Robin : « Depuis tout ce temps ?... Hum… »

Il se recoucha.

Marianne, choquée par son attitude : « Mais… tu ne vas pas aller le voir ? »

Robin : « Eh bien, non ! T’as entendu, Djaq… Je dois me reposer le plus possible… Et puis il ne va pas s’envoler ? »

Marianne lui donnant une petite tape sur la tête : « Robin de Locksley ! Tu ne vas le laisser moisir dans cette cage une heure de plus alors que tu sais pertinemment qu’il n’a rien fait ! »

Robin : « Pourquoi pas ?... Cela lui aura au moins servi de châtiment pour ce qu’il nous a fait auparavant ! »

Marianne essaya de le frapper plus durement mais il lui prit les deux mains et l’attira à lui pour l’embrasser ce qui ne fit qu’augmenter davantage sa colère.

Pendant ce temps du côté des autres hors-la-loi…

Will : « Innocent, tu en es certaine ? »

Djaq : « Robin vient de confirmer les propos d’Allan sur ce qui s’est vraiment passé. Il s’est battu avec Gisborne et c’est lui qui l’a blessé. »

Much : « C’est vrai ? »

Djaq : « Oui. Alors, on peut aller le libérer ! »

Elle se dirigea dehors avec l’intention de libérer Allan de sa prison. Mais Petit Jean ne l’entendait pas ainsi. Quand il vit arriver Djaq le sourire aux lèvres, Allan se leva plein d’espoir.

« Robin s’est réveillé ? »

 

 

 

 

 

 

Djaq, arrivant devant lui : « Oui et il a confirmé tes propos… Nous savons que tu es innocent, Allan de Dale ! »

Petit Jean, Much et Will accoururent à ses côtés. Elle s’apprêta à ouvrir la cellule d’Allan quand Petit Jean lui saisit la main.

Petit Jean : « Pas si vite ! »

Djaq : « Mais Jean, Robin a dit… »

Petit Jean : « Nous le libérerons quand Robin me l’aura dit, à moi ! Je veux l’entendre de sa bouche. »

Une voix derrière lui : « Eh bien je te le dis, mon ami… Libère-le ! »

Surpris, ils se retournèrent. C’était Robin qui, aidé de Marianne, se tenait difficilement debout à l’entrée du camp. Will accourut pour l’aider à marcher jusqu’à la prison d’Allan.

Regardant Robin s’avancé jusqu’à lui, Allan, ému jusqu’aux larmes : « Robin ! »

Robin défit les liens qui entravaient l’ouverture de la porte de sa prison.

Robin : « Tu peux sortir ! »

Much : « Mais Maître, est-ce que vous êtes sûr que… »

Robin, l’interrompant : « Oui Much, j’en suis sûr !... C’est Gisborne qui m’a fait ça !... Pas Allan. »

Allan sortit enfin de sa prison. Robin le laissa quelques instants se dégourdir les jambes pendant que Will et Marianne le firent asseoir au pied d’un arbre.

Robin : « Allan ? »

Allan revint vers lui, heureux d’avoir enfin retrouvé sa liberté.

Robin : « Raconte-moi ce qui s’est passé après que j’ai perdu connaissance. »

Allan regarda ses anciens compagnons et se lança une fois de plus dans le récit de cette journée riche en émotions.

Allan, achevant : « …Et puis Gisborne était sur le point de t’achever quand je l’ai blessé au bras. Ensuite, il s’est enfui avec le shérif et toute la bande a rappliqué. »

Robin : « Et ils t’ont accusé ! »

Allan : « Oui… Mais à présent, cela n’a plus aucune importance… [Il s’adressa au reste de la bande]… Parce que vous me croyez maintenant, n’est-ce pas ? »

Djaq : « Bien sûr. »

Will : « Evidemment ! »

Petit Jean et Much furent moins démonstratifs voire un peu hypocrite.

Much : « Bien sûr. Mais moi, je le savais que… t’étais innocent ! »

Djaq : « Oh Much ! »

Much : « Ben quoi ?... Au fond de moi, je le savais ! »

Plus direct et sans fioritures, Petit Jean s’avança et devant Allan : « Excuse-moi pour tout ça ! »

Allan, sur le ton de la plaisanterie et lui donnant une tape sur l’épaule : « T’en fais pas, mon grand !... C’est déjà oublié ! »

Paradoxalement, il ne leur en voulait pas. Maintenant que Robin était revenu, il ne leur en voulait plus. Après tout, après ce qu’il leur avait fait, c’était un peu normal qu’ils aient réagi de cette manière. A leur place, aurait-il réagi autrement ? Sûrement pas. Ils s’assirent alors tous, en formant un demi-cercle face à Robin.


byoann  (05.02.2014 à 08:55)

Chapitre XXII

« Je suis de retour, Much ! »

ill, heureux d’avoir retrouvé Allan : « Après avoir blessé Gisborne, tu ne dois plus être le bienvenu au château, n’est-ce pas ? »

Allan était tellement heureux d’avoir retrouvé Robin et sa liberté qu’il n’avait pas pensé à son avenir au cas où Robin s’en sortirait. Le sourire radieux d’Allan s’effaça.

Allan, soucieux : « Ah oui ! »

Much : « Alors, qu’est-ce que tu vas faire ? »

Allan, se tournant vers Robin et hésitant : « Je ne sais pas ! »

Robin, le regardant : « Est-ce une façon de me dire que tu désires revenir parmi nous ? »

Allan, le cœur battant : « ça dépend ?... Euh…Tu serais d’accord ? »

Robin reporta son regard devant lui et réfléchit quelques instants. Ce fut, pour Allan, les secondes les plus longues de toute sa vie. Puis le chef des hors-la-loi regarda ses hommes.

Robin : « Et vous qu’en pensez-vous ? Voyez-vous un inconvénient à ce qu’Allan réintègre notre groupe ? »

Djaq prit immédiatement la parole et, souriante : « Non ! Aucun ! »

« Moi, non plus ! »

Allan les regarda tour à tour plein d’espoir.

Robin : « Much ? »

Much regarda Petit Jean puis Robin.

Much, hésitant : « Et vous, maître qu’est-ce que vous en pensez ? »

Robin, amusé : « Mais c’est ton opinion qui m’intéresse, Much ! Tu te plains sans cesse que je ne te demande jamais ton avis alors, c’est le moment, mon ami. Dis-moi ce que, toi, tu en penses et je te ferai part de mon opinion, après. »

Much, hésitant : « Oh euh… Eh bien… Euh… Je pense que… Euh non ! »

Allan perdit subitement son sourire.

Robin : « Non quoi ?... Non, tu ne vois aucun inconvénient à son retour parmi nous ? Ou non, tu ne veux pas qu’il revienne ? »

Much, toujours hésitant et peu sûr de lui : « Non je ne vois… aucun… in-con-vé-nient. » 

Allan poussa un soupir de soulagement et retrouva le sourire.

Robin : « Petit Jean ? »

Sans montrer aucune émotion, Petit Jean fixa Allan qui le regardait plein d’espoir.

Voyant que le colosse ne répondait pas, Allan crut qu’il s’y opposerait. Déçu, il baissa la tête.

Robin, insistant : « Jean ? »

Voyant qu’il serait le seul à s’y opposer, Petit Jean d’une voix neutre : « Il peut revenir ! »

Allan releva vivement la tête et reprit espoir. Ils ne restaient plus que Robin, mis à part Marianne, mais il savait déjà qu’elle était de son côté.

« Marianne ? »

 

 

 

 

 

Marianne, souriant : « Tu connais déjà ma réponse ! »

Much, un brin jaloux : « Mais elle ne fait pas partie officiellement de la bande ? »

Will : « Oh Much ! Décidément, t’en rate pas une, toi ? » 

Much : « Ben quoi ? C’est vrai, non ? »

Robin embrassa fougueusement Marianne qui se tenait à ses côtés.

Robin à Much : « Et comme ça, elle en fait officiellement partie ? »

Much rétorqua : « En tout cas, vous nous avez pas embrassé comme ça quand on vous a rejoint dans la forêt de Sherwood ! »

Cette fois, toute la bande rit de bon cœur.

Même Allan ne peut s’empêcher d’ajouter : « Tu m’as beaucoup manqué, Much ! »

Much : « Ce n’est pas encore gagné, Allan. Robin n’a encore rien dit ! »

Allan : « Oui, tu as raison… Mais avant que tu ne le fasses, j’aimerais vous dire quelque chose. J’aimerais… essayer de vous expliquer pourquoi j’ai fait… ça. »

Much : « Nous trahir, tu veux dire ? »

Djaq : « Much, tais-toi ! »

Allan à Much : « Oui. »

Il regarda Robin et prit une profonde inspiration.

Allan : « Je ne l’ai pas fait pour te faire du mal, Robin. Ni pour te blesser ni parce que je n’étais pas bien avec vous. »

Much : « Ben pourquoi alors ?... Pour l’argent ? »

Allan, hésitant : « Au début, peut-être oui… [Il soupira]… Quand Gisborne m’a capturé, j’ai refusé de dire où se trouvait le campement et je ne lui ai jamais dit. Même sous la torture. Ça, tu peux pas dire le contraire, Robin… Puis il m’a dit que… que tu étais parti du château sans essayer de me venir en aide… »

Robin, sérieux : « J’ignorais que tu y étais, Allan ! Sinon je te jure que j’aurais tout fait pour te libérer. »

Allan : « Oui, maintenant je le sais mais à ce moment-là… J’ai eu des doutes. »

Will, surpris : « Pourquoi ?... Tu doutais de nous ? »

Allan soupira puis : « … Eh bien… Au début, j’ai beaucoup aimé l’idée de voler les bourses des voyageurs et de les donner aux pauvres. Et j’aime toujours ça… Mais au bout de quelques temps, j’ai commencé à me poser des questions… »

Djaq : « Quel genre de questions ? »

Allan : « Ben où cela allait nous mener ?... Qu’allait-il se passer quand le Roi reviendrait ?... Tu sais, Robin, au début, je t’ai suivi uniquement parce que tu croies en la cause que tu défends. Moi, je viens d’un milieu où c’est plutôt chacun pour soi. Alors quand tu as perdu tout ce que tu avais : Tes terres, tes titres et l’argent qui va avec… J’ai été impressionné… Avant je méprisais les nobles. Pour moi, ce n’était que des parasites qui s’enrichissaient sur notre dos. Mais tu m’as fait découvrir un autre aspect de ces gens-là. Alors je t’ai suivi… »

Much : « Incrusté, tu veux dire ! Car si je me rappelle bien tu t’es fait passer pour un habitant de Locksley afin que Robin te sauve la vie ! »

Robin désapprouva du regard l’indélicatesse de Much.

Allan : « Précisément… De vous tous, je suis le seul qui n’ait aucune attache. C’est vrai, Robin. Je m’en suis rendu compte quand il y a eu la rumeur du retour du Roi à Nottingham… J’ai réalisé que chacun d’entre vous aurait une vie après. Much serait devenu le nouveau comte de Bonchurch. Petit Jean allait retrouver sa femme et son fils. Toi, Robin, tu retrouverais ton domaine, tes titres et tu épouserais Marianne. Et puis Will et Djaq se marieraient et ils auraient un tas d’enfant qui voudront devenir médecin ou quelque chose comme ça comme leur mère et menuisier comme leur père. Mais moi ?... Que me restait-il ?... Je retournerais voler et braconner tout seul comme avant ?... Je doute que le nouveau comte de Huntington accepte que je pratique mes talents sur ses terres ! »

Robin : « Jamais nous t’aurions laissé sans rien, Allan ? »

Allan, pessimiste : « Ah oui ?... Mais pour faire quoi ? »

Robin, ne sachant quoi répondre, baissa la tête.

Allan : « En tout cas, nous n’en avons jamais parlé auparavant…. Alors j’ai eu… j’ai eu peur de me retrouver seul sans rien… Et puis… Gisborne m’a proposé un marché. »

Much : « Ouais, on le connait ce marché ! Vendre tes amis pour quelques malheureuses piécettes ! »

Allan : « Tu te trompes Much !... Je ne vous ai jamais vendu. La preuve, vous êtes encore ici. »

Djaq, plus diplomate : « C’était quoi ce marché ? »

Allan : « Il m’a demandé de lui fournir quelques renseignements comme… Savoir s’il devait renforcer la garde ici ou là, quel itinéraire choisir sans danger en échange de quelques pièces et de la promesse que Robin ne se ferait pas tuer pendant les opérations… Comme ça, lui, il sauvait sa réputation auprès du shérif et, nous, on pouvait continuer à aider les pauvres. Et en plus, je m’assurais un avenir pour quand tout serait fini… »

Robin secoua lentement la tête de gauche à droite.

Allan, le regardant : « Je sais que cela peut paraître ridicule dit comme ça mais, croyez-moi, cela n’avait rien de ridicule dans la salle de tortures… Alors j’ai accepté… Je ne voyais pas le mal que cela pouvait causer…. Mais je dois avouer que j’ai eu quand même mauvaise conscience…»

Will : « Alors pourquoi tu n’as rien dit ? Et surtout, pourquoi as-tu continué ? »

Allan : « Parce que j’ai eu peur !... J’ai eu peur de tout perdre si je vous avouais la vérité et puis… l’argent que Gisborne me donnait me rassurer pour l’avenir… »

Much : « Donc, tu as continué pour l’argent ? »

Allan : « Oui mais je n’en étais pas très fier et puis j’ai continué jusqu’à ce je comprenne mon erreur… Quand j’ai vu Gisborne ramener le corps de ce pauvre Roger de Stocke… Alors j’ai réalisé qu’il m’avait manipulé. »

Robin : « C’était toi qui a renseigné Gisborne pour Roger ? »

Allan, baissant la tête : « Oui et j’en ai vraiment honte… Je suis désolé… Je ne pensais pas que… qu’il irait jusqu’à le tuer. Moi, je pensais sincèrement qu’il lui reprendrait la lettre en lui laissant la vie sauve… J’ai alors décidé d’arrêter mais Gisborne s’est mis en colère. Et là, j’ai compris dans quel guêpier je mettais fourré…. »

Djaq : « Tu aurais dû tout arrêter à ce moment-là et tout nous dire ! »

Allan : « Je ne pouvais pas. J’étais piégé. Je craignais que vous ne compreniez pas. Je craignais… d’être rejeté. »

Djaq : « C’est pourtant ce qui est arrivé ! »

Allan : « Oui. Mais j’ai essayé d’effacer mes traces. J’avais tellement honte de vous avoir fait ça. D’abord, j’ai dû lâcher un dernier renseignement auprès de Gisborne pour qu’il me laisse filer tellement il était furieux. Puis ensuite, je me suis juré de ne plus jamais revenir dans cette fichue auberge. »

Will : « Mais de toute façon, Gisborne ne t’aurait jamais laissé partir comme ça… Il l’aurait révélé tôt ou tard à Robin. »

Much, perplexe : « Pourquoi il aurait fait ça ? Pour nous rendre service ? »

Will : « Non ! Pour semer le trouble et la discorde entre nous ! »

Allan : « Oui, sûrement. Mais entre nous, Will, sur le moment je n’ai pas réfléchi à tout ça… »

Allan regarda Robin droit dans les yeux.

Allan : « J’avais vraiment mauvaise conscience. J’étais prêt même à me dénoncer mais… J’étais tétanisé à l’idée que tu me chasses voire pire… Alors je me suis dit qu’il fallait mieux ne rien dire et que ma mauvaise conscience serait ma punition. Et qu’il fallait que je sois le meilleur de tes hommes pour te faire oublier les embuscades ratées et toutes les autres opérations qui ont échouées à cause de moi. Mais voilà… »

Robin : « J’ai tout découvert ! »

Allan : « Oui… D’ailleurs, je n’ai jamais compris pourquoi tu as mis autant de temps à découvrir l’identité de l’espion ! C’est vrai, cela ne pouvait pas être Petit Jean puisqu’il était déjà un hors-la-loi avant que tu ne reviennes de Terre Sainte. Djaq te doit sa liberté et elle n’est même pas d’ici. Will te voue une admiration sans borne. Quand à Much, il t’a suivi jusqu’en Terre Sainte et tu lui as promis un titre dès que le Roi reviendrait. Alors il ne restait plus que moi. Moi, qui t’avais menti, dès notre première rencontre, afin que tu me sauves la vie. »

Robin : « Parce que j’avais confiance en toi, Allan !... En chacun d’entre vous ! »

Allan : « Oui… C’est ce que j’ai compris de ta réaction quand tu m’as surpris à l’auberge. C’est là que j’ai réalisé que tu tenais beaucoup à nous et même à moi ! Je… Je suis désolé… Je ne sais pas quoi dire pour me faire pardonner… Je voudrais simplement avoir une seconde chance… Une seconde chance pour vous montrer que j’ai compris… que j’ai appris de mes erreurs et j’aimerais vous le prouver. »

Robin : « Mais ce que je n’arrive pas à comprendre c’est que… pourquoi t’es-tu mis au service de Gisborne ? »

Allan : « Parce que je n’avais nulle part où aller… Parce que tu n’avais pas voulu me donner une seconde chance. Cela m’avait brisé le cœur… »

Après un bref silence, Allan : « …J’ai été très en colère contre toi… J’avais vraiment cru que tu serais assez généreux pour me donner une seconde chance… Comme tu étais dégouté par mon attitude alors je me suis dit autant correspondre à l’image que tu avais de moi… »

Djaq : « Mais Gisborne travaille pour le shérif qui a fait pendre ton frère ? »

Allan : « Oui, je sais ! Mais quand on se retrouve sans rien ni personne, on ne fait pas la fine bouche… On prend ce qu’on trouve… Et puis Gisborne me devait bien ça. Après tout, c’était à cause de lui que je me suis retrouvé à la rue… Au début, je pensais que j’allais amasser suffisamment d’argent pour m’installer quelque part loin de Nottingham puis ensuite… Ensuite, je me suis dis que je pouvais… que je pouvais toujours vous être utile, ici, en étant de ce côté. »

Much : « Pff… en travaillant pour l’ennemi ? »

Allan à Robin : « Je sais que ça parait ridicule mais, j’espérais, au fond de moi, qu’un jour… Tu veuilles bien me reprendre… [Il s’arrête un moment puis] Alors ?… Qu’en penses-tu ? »

Robin baissa la tête quelques instants pour réfléchir puis prit une profonde inspiration en relevant la tête.

Il fixa intensément Allan du regard.

Il ne laissa transparaître aucune émotion positive ou négative laissant Allan dans une inquiétude grandissante. Ce dernier ne baissa pas les yeux. Son cœur battant la chamade, il essaya de soutenir le regard de Robin tout en essayant de démêler les sentiments contradictoires qui l’assaillaient à une vitesse vertigineuse. Calme et excité ; Serein et angoissé. Il était à la fois au comble de la joie de penser qu’il allait enfin peut-être revenir au camp et, dans le même temps, désespéré car il avait peur que Robin refuse.

Puis Robin fouilla dans sa poche. Allan le regarda en retenant sa respiration. Robin leva la tête vers lui puis lui tendit un objet. 

Robin, l’insigne à la main : « Bienvenu parmi nous, Allan ! »

Allan, contenant difficilement sa joie, souriant et se relevant : « Merci Robin !... Tu ne le regretteras pas ! Je t’en fais le serment. »

Allan prit l’insigne avec un très grand respect comme s’il tenait le Saint Graal entre ses mains. A l’annonce du verdict de Robin, Will et Djaq sourirent et félicitèrent tout de suite leur compagnon. Will serra dans ses bras son ami qui lui avait beaucoup manqué. Djaq l’embrassa d’abord tendrement sur la joue avant de le prendre dans ses bras. Much fut moins démonstratif mais, en présence de Robin, il félicita amicalement le retour de son compagnon.

Much : « Félicitations, Allan ! Te voilà revenu parmi nous à présent... Content de te revoir. »

Allan : « Merci Much ! Cela me fait plaisir d’être là, avec vous tous ! »

En prononçant ses paroles, il croisa les yeux de Petit Jean. Celui-ci ne parut pas satisfait de la décision prise par le chef des hors-la-loi. Mais, comme Robin avait déjà pris sa décision, il ne convenait pas de la contester ouvertement alors il l’accepta sans joie.

Petit Jean, sèchement : « Félicitations ! »

Puis il repartit en direction du campement.

Robin : « Jean… »

Allan, tenant toujours à la main l’insigne du groupe, regardant Petit Jean s’éloigner. Il comprit que ce dernier n’était finalement pas d’accord avec son retour. Ne tenant plus compte des compliments qu’on lui adressait autour de lui, il réfléchit un court instant puis il regarda l’insigne dans sa main et finalement prit une décision inattendue.

Allan : « Robin ? »

Robin qui s’apprêtait à rejoindre Petit Jean afin qu’ils s’expliquent : « Oui ? »

Allan : « Tiens. »

Il embrassa l’insigne et lui tendit.

Will, surpris : « Quoi ? »

Djaq, étonnée : « Mais qu’est-ce que tu fais ? »

Allan : « S’il te plaît, reprends-le ! »

Robin, en reprenant l’insigne : « Dois-je en conclure que tu ne désires plus faire parti de la bande ? »

Will, insistant pour qu’il le reprenne : « Allan… »

Allan : « Oh si !... Si. Si. Je veux absolument en faire partie. Mais je pense… [avec peine] qu’il est encore trop tôt ! »

Djaq, perplexe : « Trop tôt ? Comment ça ? »

Allan, gêné : « Euh… Je veux dire que… Qu’il y a des personnes qui pensent que peut-être je n’ai plus ma place parmi vous… »

Robin : « Si c’est à propos de Petit Jean… »

Allan : « Ce n’est pas qu’à cause de lui… Je sais que, toi aussi, tu n’es pas très favorable à mon retour. »

Will : « Mais il a voté pourtant dans ce sens. »

Allan à Robin : « Uniquement parce que Djaq et toi le voulaient, n’est-ce pas ? »

Robin ne répondit pas. Il baissa la tête puis le regarda sans rien dire. Son silence était significatif : Allan avait vu juste !

Allan, un peu déçu : « Quoiqu’il en soit, je voudrais que tu le gardes pour moi et… quand… quand tu seras prêt, j’aimerais que tu me le redonnes… Je voudrais d’abord faire mes preuves. J’aimerais qu’il n’y est plus aucun doute pour qui que ce soit. »

Robin : « Tu en es sûr ? »

Allan : « Certain. Je sais que tu ne me fais pas confiance et tu as de bonnes raisons d’ailleurs. Mais je veux te prouver que j’ai changé. Je veux regagner ta confiance et… ton respect. »

Robin, surpris : « Très bien comme tu veux. J’avoue que je ne m’attendais pas à ça de te part mais si c’est ce que tu veux… »

Allan : « Oui, c’est ce que je veux ! »

Robin : « Tu sais que cela peut-être long ? »

Allan, sérieux : « Oui, je sais ! Mais cela en vaut la peine. »

Much, ne comprenant pas : « Mais euh… Cela veut dire quoi ?... Allan est avec nous ou il n’est pas avec nous ? »

Allan, souriant, mit son bras sur ses épaules.

Allan : « Je suis de retour, Much ! »

Will tapota l’épaule d’Allan en souriant.

Will : « Allez viens ! On va voir où tu vas pouvoir t’installer. »

Much, Allan, Will et Djaq partirent en direction du campement.

Allan : « Ben je vais reprendre mon ancien lit ? »

Much : « Ah euh… Non. Cela ne va pas être possible. J’avais besoin de plus de place pour entreposer la nourriture. »

Allan, lui tapotant l’estomac : « Ah bon ! Parce que tu n’avais plus assez de place là-dedans. »

Much : « Hein, c’est hilarant. Vraiment hilarant ! »

Robin et Marianne les regardèrent s’éloigner en souriant. Puis Marianne reporta son attention sur Robin.

Marianne, espiègle : « Tu vois j’avais raison ! »

Robin : « A propos de quoi ? »

Marianne : « D’Allan !... D’Allan et toi ! »

Robin se retourna vers elle en affichant une mine interrogative.

Marianne : « Je savais que tu te rattraperais de la conduite odieuse que tu as eu avec lui quand il m’a sauvé la vie… » 

Robin : « Pff… Marianne, tu dis n’importe quoi ! Si j’ai accepté qu’il revienne, c’est surtout pour Will et Djaq. »

Marianne, persistante : « Oui parce que tu es un homme généreux, Robin des bois. C’est la réaction typique d’un héros désintéressé ! »

Robin : « J’ai agit pour le bien de l’équipe. »

Marianne : « Bien sûr !... N’empêche que je préfère te voir ainsi, Robin de Locksley. Cela correspond mieux à l’image que les gens se font de leur héros… Je savais qu’un jour au l’autre tu regretterais ton attitude. Je savais aussi que tu finirais par lui donner une seconde chance. »

Robin, un peu agacé : « Oh Marianne ! »

Marianne : « Je le savais ! »

Robin : « Bon arrête !... On croirait entendre Much ! »

Elle lui donna un coup de coude. Il se plia en deux et elle en profita pour l’embrasser.

Puis, tout bas, Marianne : « Merci de lui avoir donné une seconde chance. »

Robin n’eut pas le temps de répondre car Marianne se dirigeait déjà vers le campement. Il la suivit lentement mais avec plaisir.


byoann  (10.02.2014 à 08:40)

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