HypnoFanfics

Le pardon

Série : Robin Hood
Création : 19.08.2013 à 18h56
Auteur : byoann 
Statut : Terminée

« Cet épisode remplace les épisodes 12 et 13 de la saison 2 excepté qu’Edouard n’est pas mort, que Knighton n’a pas été réduit en cendres et que Gisborne ignore toujours l’identité du veilleur de nuit. » byoann 

COMMENTER CETTE FANFIC

Cette fanfic compte déjà 35 paragraphes

Afficher la fanfic

Chapitre XXIII

« Que se passe-t-il avec Alice ? »

u campement des hors-la-loi, quelques jours plus tard…

Allan reprenait petit à petit ses marques au sein de l’équipe. Il était aidé en cela par Djaq et Will qui étaient aux petits soins pour lui. Djaq était ravie de le revoir car il lui avait beaucoup manqué et aussi à cause de Will. Elle était contente de voir ce dernier de si bonne humeur. Son bien-aimé avait été très affecté par la trahison d’Allan quoiqu’il ne l’ait pas beaucoup montré. Il fut donc ravi de le voir reprendre sa place parmi eux. Même Much fit une place à Allan. D’abord réticent, il a fini très vite par l’accepter. Le seul qui gardait une humeur maussade fut Petit Jean. Même si, d’habitude, il ne faisait pas preuve d’un enthousiasme débordant, tout le monde s’aperçut qu’il s’était renfermé sur lui-même. En fin de matinée, Djaq et Allan préparèrent à manger pour toute la bande.

Allan, en regardant un peu plus loin, Petit Jean, assis sur une souche, regardant le sol : « Qu’est-ce qu’il a, Petit Jean ? »

Djaq, distraite, remuant la marmite : « Quoi ?... Comment ça ? »

Allan : « Ben, je sais pas. Il n’a pas l’air dans son assiette depuis quelques jours… Tu crois que c’est à cause de moi ?... Je veux dire… A cause de mon retour ? »

Djaq, regardant dans la même direction qu’Allan : « Non. Non, je ne crois pas. Cela fait déjà plusieurs mois qu’il est comme ça. »

Allan : « Ah bon ? Je n’avais pas remarqué. Pourtant il avait l’air d’aller bien en Terre Sainte ? »

Djaq : « Oh oui mais c’était avant ça ! En fait, c’est sa femme et son fils. Ils lui manquent beaucoup… D’ailleurs juste avant de partir en Terre Sainte, il devait aller les retrouver !... Mais à cause de ce qui s’est passé… Marianne, le Roi tout ça… Il y a renoncé. »

Allan fut légèrement secoué par ce qu’il venait d’apprendre mais il le cacha à Djaq. Voyant que Robin s’approchait de Petit Jean pour lui parler. Allan se déplaça discrètement de façon à pouvoir les entendre et il tendit l’oreille.

Robin, s’asseyant à côté de Petit Jean : « Eh bien, mon ami !... ça n’a pas l’air d’aller ce matin ? »

Petit Jean grommela dans sa barbe.

Robin : « Tu peux peut-être maintenant aller rejoindre ta femme et ton fils, si tu en as toujours envie, bien sûr. »

Petit Jean : « Bien sûr que j’en ai toujours envie. »

Robin : « Bon ben alors ? Qu’est-ce qui t’en empêche ? »

Petit Jean fixa du regard Allan. Robin suivit son regard.

Robin, ennuyé : « Oh Petit Jean… »

Petit Jean, le coupant : « Je ne lui fais pas confiance ! »

Robin : « Moi non plus… »

Pas surpris de la réaction de Petit Jean, Allan fut néanmoins blessé par la réponse de Robin.

Allan, dans sa tête : « Cela va être long ! »

Robin, continuant : « … mais nous devons essayer de lui donner une seconde chance ! »

Petit Jean : « Oui, tu parles ! Une seconde chance de nous trahir oui ! »

Robin souffla un grand coup puis : «… Et puis, de toute manière, qu’est-ce que cela à avoir avec ta femme et ton fils ? »

Petit Jean : « Je ne veux pas te laisser seul avec lui ! »

Robin : « Tu sais, je suis un grand garçon ! Je peux me débrouiller tout seul. »

Petit Jean : « Après ce qui s’est passé en Terre Sainte ? »

Robin, sérieux : « Jean ! Allan m’a sauvé la vie… C’est Gisborne, le responsable ! »

Petit Jean ne répondit pas. Il continua de dessiner inconsciemment sur le sol avec son bâton.

Djaq : « A table ! C’est prêt ! »

Robin : « Bon ! Allons manger un morceau, veux-tu ? »

Petit Jean grommela en se levant. Puis il suivit Robin. Les autres arrivèrent pour le déjeuner. Djaq tendit une écuelle à Robin et à Petit Jean.

Robin, prenant son écuelle : « Merci Djaq ! »

Petit Jean ne lui fit qu’un signe de tête en guise de remerciement. Quand tout le monde fut servi et commença à manger. Robin prit la parole.

Pour forcer la main à Petit Jean, Robin : « Les amis ?... Petit Jean va nous quitter quelques temps ! »

Much : « Ah oui ?... Tu vas aller retrouver ton fils ? »

Petit Jean, pris de court, lança un regard noir à Robin. Puis il regarda Much.

Petit Jean, d’abord hésitant puis plus joyeux : « Euh oui… Oui, je vais aller les retrouver. »

Tout le monde se réjouit de voir Petit Jean de meilleure humeur. Mais Allan fit semblant. Il ne pouvait pas laisser Petit Jean partir ainsi mais il ne pouvait pas non plus lui dire pourquoi.

Par ailleurs, depuis quelques jours, Allan essayait de ne pas le montrer mais il était très préoccupé. Son ancienne vie avec Gisborne ne lui manqua pas vraiment car il était parfaitement heureux d’avoir retrouvé sa famille. Cependant, certains à-côtés de son ancienne vie lui manquaient, comme par exemple, Annie. Il n’avait pas osé parler d’elle ni à Robin ni aux autres, de peur qu’ils ne la rejettent sous prétexte qu’elle représenterait une arme que pourrait facilement utiliser contre eux le shérif de Nottingham. Cependant, maintenant que Marianne l’avait prise à son service, cette menace n’existait plus. Mais depuis son retour, il ne l’avait pas revu et même s’il se doutait que Marianne l’avait mise au courant de la situation, il aurait aimé lui raconter son aventure en Terre Sainte et les suites qui en ont découlées. Mais il y avait aussi un autre point qui lui tenait particulièrement à cœur mais dont il n’avait pas, là non plus, encore parlé aux autres.

Après l’euphorie des premiers jours, ses inquiétudes finirent par avoir le dessus. Comme il avait promis de ne plus jamais rien leur cacher, il devrait donc un jour où l’autre le leur avouer. Ne sachant pas comment si prendre, il avait toujours repoussé à plus tard le moment de se confier à Robin. La visite de Petit Jean à sa famille lui procurait une excellente occasion. Il décida donc de parler à Robin de ce qu’il le tracassait juste après le repas.

Comme il n’y avait pas de livraisons de prévues aujourd’hui, la bande se dispersa juste après le déjeuner. Chacun allant vaquer à ses occupations personnelles. Robin, pour sa part, choisit d’aller faire une partie de chasse. Il était entrain de remplir son carquois lorsqu’Allan se plaça devant lui.

Allan : « Robin ?... Est-ce que je peux te parler ?... [Il regarda tout autour de lui]… En privé ? »

Robin, d’abord surpris puis méfiant : « Euh oui… On va se mettre là-bas. »

Allan suivit Robin un peu à l’écart du campement à l’abri des oreilles indiscrètes.

Robin prit son carquois et le plaça avec son arc sur son dos puis il se retourna les bras croisés vers Allan. Robin le regarda avec un air inquiet et soupçonneux. Allan le remarqua aussitôt.

Allan : « Non, ne t’inquiète pas !... Je n’ai rien fait de mal… Ce n’est pas de moi que je voudrais te parler mais de quelqu’un d’autre… Enfin si, c’est un peu de moi… Mais pas directement… Enfin si on considère ce que je lui ai promis… Mais c’était pour ne pas le rendre encore plus malheureux, tu vois ? Bon… Oui, bien sûr, j’étais avec Gisborne mais… Mais comme maintenant je suis revenu… Alors je… »

Robin : « Allan ? Je ne comprends pas un traître de mots de ce que tu me racontes ! »

Allan, gêné : « Ah ! Euh oui… »

Robin : « Commence par me dire de qui veux-tu me parler ! »

Allan, regardant derrière lui pour voir si on pouvait l’entendre : « C’est à propos de Petit Jean ! »

Robin, intrigué : « Oui ? Eh bien ? »

Allan, ne sachant pas comment s’y prendre : « Ben voila… Euh… J’aurais dû t’en parler avant mais… Je n’ai pas osé… Mais maintenant, il faut que je te le dise... »

Robin, perplexe : « Dire quoi ? »

Allan, ignorant sa question : «… Parce que maintenant que Petit Jean a décidé d’y aller… Moi, je ne sais plus quoi faire… Mais en même temps, j’ai aussi promis de ne rien lui dire alors il faut que tu me promettes aussi de ne rien lui dire. »

Robin, toujours perdu : « Mais à qui as-tu fait cette promesse, Allan ? »

Allan, hésitant : « Euh… A Alice ! »

Robin, surpris : « Alice ? La femme de Petit Jean ? »

Allan : « Oui…. Elle m’a fait promettre de ne rien dire. »

Robin : « Alors, tu dois respecter ta promesse ! »

Allan : « Mais j’ai aussi promis de ne plus rien vous cacher !... Et je t’avoue que cela me met un peu mal à l’aise vis-à-vis de Petit Jean.»

Robin : « Mais tu lui as donné ta parole, Allan. Tu n’as pas le droit de la renier ! »

Allan : « Même si cela doit faire du mal à Petit Jean ? »

Robin : « Petit Jean risque d’en souffrir ? »

Allan, ennuyé : « Oui, je le crains…. Et je ne veux pas que cela arrive... Si je lui dis tout, il sera peut-être fâché au début mais il pourra aller la retrouver. Mais moi, je n’aurais pas respecté ma promesse auprès d’Alice. Mais si je ne dis rien, Petit Jean risque de souffrir inutilement car, moi, je saurais la vérité… Du coup, je ne sais plus ce que je dois faire… Aide-moi, s’il te plait ! »

Robin : « Bon, eh bien, dis-moi ce qui est arrivé à Alice et nous aviserons, tous les deux, s’il convient d’en parler à Petit Jean. Qu’en dis-tu ? »

Allan, soulagé : « Oui… Oui. D’accord ! »

Allan expira un grand coup tout en regardant Robin.

Allan : « Eh bien voilà, un jour, en début de soirée, je revenais d’une patrouille dans Nottingham quand, lorsque je suis rentré dans la cour du château, j’ai vu un groupe de personnes rassemblées dans la cour… »

*******

Dans la cour du château de Nottingham…

Allan, à la tête d’une patrouille, rentra à cheval au château.

Allan aux soldats gardant l’entrée du château : « Allan de Dale, service de Gisborne ! »

Les gardes ouvrirent les portes et les laissèrent pénétrer dans la cour du château. Allan remarqua alors un groupe d’individus qu’on emmenait dans les cachots. Parmi eux, il crut reconnaître deux personnes. Intrigué, il alla se renseigner auprès du garçon d’écurie qui arrivait pour prendre son cheval.

Allan, descendant de son cheval : « Qu’est-ce qui se passe ? Qui sont ces personnes ? »

Le garçon d’écurie : « Ce sont des vagabonds qui ont été arrêtés sur la route près de Clun par une patrouille. »

Allan : « Des vagabonds ?... Mais qu’est-ce le shérif à l’attention de faire d’eux ? »

Le garçon d’écurie : « Je ne sais pas, Messire. »

Toujours intrigué, Allan les regarda s’engagea un à un dans le château. Mais il n’était pas le seul à les contempler. A l’étage, dans la galerie, le shérif et Gisborne discutèrent.

Le shérif, regardant les prisonniers, écouta Gisborne, lui faire son rapport.

Puis il remarqua, parmi les prisonniers, une femme et un jeune garçon qui lui rappelaient vaguement quelque chose.

Le shérif, les pointant du doigt : « Gisborne ?... Cette femme et son mioche me rappellent quelqu’un. Ne les aurait-on pas déjà vus auparavant ? »

Gisborne, regardant lui aussi le groupe de prisonniers : « Non. Je ne crois pas, Monseigneur ! »

Le shérif, réfléchissant : « … Oh mais si… Je me souviens… C’était pendant ma fête de la douleur… Je la reconnais. C’était la femme de l’un des hommes de Locksley. Le grand balourd qui m’a mis dans une fâcheuse situation qui… »

Le shérif s’arrêta net en constatant que Gisborne s’était mis à sourire très discrètement. Ce dernier s’était souvenu de la position dans laquelle il avait retrouvé le shérif. Celui-ci le fixa méchamment du regard et attendit avant de continuer. Gisborne effaça rapidement son sourire.

Le shérif, continuant : « …Il s’était moqué de moi, ce jour-là. Eh bien, il va voir ce qu’il en coûte… Pendez-les immédiatement ! »

Gisborne : « Mais, Monseigneur, il va faire nuit. Le bourreau est retourné chez lui à cette heure. »

Le shérif, contrarié : « Dans ce cas, pendez-les demain matin aux aurores. »

Gisborne, baissant la tête : « Oui, Monseigneur. »

Le shérif, souriant et confiant : « Et puis de si bonne heure, je suis certain que Robin des bois ne pourra pas être prévenu… Ainsi je pourrai enfin assouvir ma vengeance et réparer le préjudice que j’ai subi ! »

Gisborne quitta le shérif et se dirigea vers les cachots pour préparer l’exécution du lendemain. En chemin, il croisa Allan qui revenait de sa patrouille.

Gisborne : « Allan, suis-moi ! »

Ils arrivèrent dans les cachots. Le geôlier emmena Gisborne jusqu’à la cellule où on avait entassé les vagabonds.

Gisborne, regardant dans la cellule et s’adressant au gardien : « Met à l’isolement cette femme et son rejeton. Ils doivent être pendus demain matin aux aurores ! »

Allan reconnut immédiatement les malheureux. Ils s’agissaient d’Alice, la femme de Petit Jean et de Jean Petit, son fils.

Tout en essayant de ne pas se faire voir des prisonniers, Allan, choqué : « Pendus ?... Mais pourquoi ? Qu’est-ce qu’ils ont fait ? »

Gisborne, se rappelant qu’Allan devait les connaître : « Tu sais très bien pourquoi…. Tu ne les reconnais pas ? »

Allan, essayant de bluffer : « Euh non ! »

Gisborne, souriant et s’approchant d’Allan : « Allons, fais un petit effort… Tu ne reconnais pas la femme et le fils d’un de tes anciens compagnons ? »

Allan était piégé. Il ne répondit pas. Pour Gisborne, son silence était un aveu. Satisfait, celui-ci remonta les marches qui menaient aux cachots.

Gisborne, sans se retourner : « Tu n’es pas assez idiot pour tenter de les libérer, dis-moi ? »

Allan, mal à l’aise : « Non… Bien sûr ! »

Gisborne : « Bien. Alors, ne reste pas ici. »

Honteux, Allan obéit et remonta l’escalier.

Gisborne à Allan : « Dépêche un coursier auprès du bourreau. Il doit être, ici, à l’aube pour assurer son service. »

Allan, sans grand enthousiasme : « Tout de suite, Guy. »

Contraint, il partit faire ce que Gisborne lui avait demandé.

Gisborne, s’adressant au soldat qui gardait l’entrée des cachots et parlant d’Allan : « Ne le laisse entrer sous aucun prétexte. Tu m’as bien compris ? »

Le soldat : « Oui, Monseigneur. »

Puis Gisborne remonta dans ses appartements. Quant à Allan, après avoir envoyé un coursier chez le bourreau, il regagna sa chambre. Son malaise n’arrêta pas de grandir pendant tout le reste de la soirée. Il se demandait sans cesse s’il pourrait dormir tranquillement après avoir laissé faire cela. Il ne le pourrait pas ! Car même si Petit Jean le traitait en ennemi, lui, avait toujours de l’affection pour chacun de ses anciens compagnons. Alors il décida de risquer de perdre sa confortable situation pour les sauver. Il prit une des bourses qu’il entreposait dans sa commode et quitta sa chambre puis se rendit discrètement aux portes des cachots. Prenant un air serin et détaché, Allan s’apprêta à descendre dans les geôles comme il avait l’habitude de le faire. Mais le garde s’interposa.

Le garde : « Désolé Messire, on ne passe pas ! »

Allan : « Quoi ?... Mais c’est moi, Allan de Dale, bras droit de Guy de Gisborne. Tu me remets pas ? »

Le garde : « Si, Messire. Mais j’ai reçu l’ordre de ne pas vous laisser passer. »

Allan, surpris : « Ah oui ?... Mais de qui vient cet ordre ? »

Le garde : « De Monseigneur Guy de Gisborne. »

Allan, dans sa tête : «…Oh…Oh… Donc il a des doutes à mon sujet ! » 

Allan au garde : « Le shérif m’a ordonné de lui amener deux prisonniers dans son bureau afin de les interroger ! »

Le garde, incrédule : « A cette heure-ci ? »

Allan, ironisant : « Hé ! Mais que veux-tu ? C’est pas moi qui donne les ordres ! Je ne suis que le larbin ici ! »

Le garde hésita mais : « Non… Je suis désolé... Mais les ordres sont les ordres ! »

Comme il n’avait pas vraiment d’ordre émanant du shérif à lui présenter et craignant que le garde le fasse appeler, lui ou Gisborne, pour vérifier ses dires, Allan changea de stratégie.

Allan au garde : « Bon allez, vieux !… Personne ne le saura, hum ?... Cela restera entre nous. »

Le garde : « N’insistez pas, Messire ! »

Allan fouilla dans sa bourse et en ressortit quelques pièces. Il les montra au garde.

Allan : « Et si… Tu regardais ailleurs pendant quelques minutes, hein ? »

Le garde : « Non, Messire. »

Allan lui tendit deux pièces de plus.

Allan : « T’aurais pas envi d’aller au petit coin, hum ? »

Le garde avisa la somme rondelette qu’Allan tenait dans sa main. Il hésita quelques instants.

Puis, le garde : « Bon d’accord. Mais faites vite ! »

Allan, souriant : « D’accord, mon ami ! »

Il rajouta une troisième pièce qu’il déposa dans la paume du garde.

Allan, en lui tapotant l’épaule : « Allez tiens… Pour éviter que tu aies des scrupules ! »

Le garde : « Merci, Messire. »

Allan fila en direction des cachots. Il se dirigea droit vers celles où étaient retenus les condamnés à mort.

Il vit Alice serrant très fort son fils et tentant de le rassurer.

Allan : « Alice ? »

Alice se retourna vivement vers lui.

Allan : « Je ne sais pas si vous vous souvenez de moi mais… »

Alice, pleine d’espoir : « Si. Si. Je me souviens. Vous êtes un des hommes de Robin des bois. »

Jean : « Vous êtes comme mon père alors ? »

Allan fut très embarrassé car il n’était pas très fier d’avoir quitté Robin alors il préféra leur cacher la vérité. De plus, il pensa que s’il leur disait la vérité, ils ne lui feraient pas assez confiance pour sortir d’ici.

Alice, regardant les vêtements d’Allan : « Mais… Mais vous portez l’uniforme des hommes de Gisborne ? »

Allan, gêné : « Euh oui… Mais c’est normal… Je me suis infiltré ici pour une mission… pour Robin. »

Il n’en fallut pas plus pour qu’Alice et son fils croient ses paroles.

Allan : « Ne vous inquiétez pas, je vais vous faire sortir d’ici… Je vais aller chercher la clé et je reviens. »

Allan partit quelques instants. Il assomma, par derrière, le gardien qui apportait à manger aux prisonniers. Il libéra tous les prisonniers se trouvant dans les cachots puis se fut au tour d’Alice et de son fils. Il profita de la cohue des prisonniers en fuite pour faire sortir Alice et Jean. Le garde qui surveillait l’entrée des cachots se retrouva face à une marée humaine trop importante pour être arrêter par un seul homme. Les prisonniers le piétinèrent sans vergogne. Arrivés dans la cour, les évadés furent un peu perdus mais ils retrouvèrent rapidement le chemin de la sortie et filèrent à toute à l’allure vers les portes du château quand l’alarme retentit. Les gardes commencèrent alors à refermer les portes pendant que d’autres soldats reprenaient les retardataires encore coincés dans la cour à ce moment-là. Mais Allan n’avait pas suivi le mouvement général.

Allan, tirant Alice et Jean par les bras : « Non !... Par ici ! Venez ! »

Il les tira vers les cuisines où il retrouva sa bien-aimée.

Annie : « Allan ?... Mais qu’est-ce que tu… »

Allan, l’interrompant : « Je n’ai pas le temps de t’expliquer…. Il faut que je file par la porte de l’office. Tu peux m’aider ? »

Annie fut troublée par la présence de cette femme qu’il tenait par le bras. Un tantinet jalouse, elle coopéra tout de même.

Annie : « Oui, venez. C’est par ici ! »

Allan prit une torche dans le couloir, l’éteignit puis suivit sa belle. Elle les conduisit jusqu’à la porte de service qui donnait sur la ville. Elle l’ouvrit. Allan fit passer Alice et Jean en premier puis ferma la marche.

Allan, avant de refermer la porte, embrassa rapidement Annie et lui dit : « Merci, mon amour. »

Alice, Jean et Allan se dépêchèrent de rejoindre la sécurité des premières habitations afin de s’y cacher des soldats qui patrouillaient déjà à la recherche de ceux qui avaient réussi à franchir les portes du château.

Allan, tout bas : « Vous avez un endroit où aller ? »

Jean à sa mère : « On pourrait aller rejoindre père dans la forêt ! »

Alice : « Non. Je ne veux pas qu’on aille le déranger. »

Jean, déçu : « Mais pourquoi ? »

Alice : « Parce que ce n’est pas un endroit pour élever un enfant. »

Jean, fier : « Mais je suis plus un enfant. Je suis un homme maintenant. »

Alice, ignorant la réponse de Jean : « Et puis de toute façon, nous risquerions de gêner Robin et ses compagnons dans leur lutte contre le shérif. »

Jean, insistant : « Mais maman… »

Alice, le coupant : « Suffit, Jean ! J’ai dit non. »

Alice à Allan : « Quand nous avons été arrêtés, nous faisions route vers Mansfield. J’ai un cousin qui n’habite pas très loin sur cette route et qui pourra nous venir en aide. »

Allan fut soulagé quand Alice refusa d’aller rejoindre Petit Jean. Car il ne savait pas comment lui dire qu’il ne pourrait pas la mener jusqu’à lui sans risquer d’y perdre la vie.

Allan : « Très bien. Allons-y maintenant. Nous allons passer par la forêt. »

Jean, enthousiaste : « Chouette ! On va peut-être se faire capturer par Robin et ses compagnons ? »

Allan, ne voulant pour rien au monde se faire prendre : « Non. Je connais parfaitement Sherwood et tous ces pièges. Je sais comment les éviter. »

Jean, déçu : « Oh ! »

Alice à Jean : « Ne sois pas triste. Quand nous serons installés chez mon cousin Percy, je te promets qu’on ira voir ton père. D’accord ? »

Jean, reprenant espoir : « Promis ? »

Alice, sûre d’elle : « Promis ! »

Allan, regardant s’il n’y avait aucun garde à l’horizon : « C’est bon, y’a personne. Allez-y ! »

Allan alluma la torche grâce à un brasero qui brûlait dans la rue puis ils partirent en direction de la forêt de Sherwood. Une fois en sécurité sur les chemins secondaires, ils ralentirent l’allure. Alice et Jean marchèrent en silence. A plusieurs reprises, Allan voulut lui poser une question qui lui brûlait les lèvres. Mais il n’osa pas. Alice finit par se rendre compte qu’il mourait d’envie de savoir quelque chose et elle se doutait ce dont il s’agissait.

Alice : « Vous voulez savoir où est Luc, n’est-ce pas ? »

Allan, un peu gêné mais curieux : « Oh non… Enfin vous n’êtes pas obligé… Ce ne sont pas mes affaires après tout… Mais c’est vrai que je me posais la question... La dernière fois que je vous ai vu, vous partiez avec Luc le tonnelier de Locksley. »

Alice et Jean baissèrent la tête. Allan comprit tout de suite qu’il y avait eu un drame.

Alice, sans détour : « Il est mort. »

Allan, ému : « Oh ! Je suis vraiment navré. »

Alice : « La peste s’est déclarée dans la ville où nous étions puis… Luc est tombé malade… »

Jean, triste : « Et il est mort. »

Alice, les larmes aux yeux : « En a peine quelques jours… »

Elle essuya ses larmes puis : «… Après ça, les habitants qui avaient eu la chance de ne pas contracter la maladie nous ont obligés à quitter la ville. »

Allan : « Mais pourquoi ?... Ce n’est pas vous qui étiez malades ? »

Alice : « Oui mais mon mari l’était et cela leur suffisait. D’ailleurs, tous ceux qui avaient côtoyés un malade ont été obligés de quitter leur maison sous peine de mort. »

Allan : « Mais c’est horrible ! »

Alice, désabusée : « Oh, mais la peur fait faire parfois des choses insensées ! »

Allan, devinant la suite : « Alors c’est en fuyant votre maison que les soldats vous ont arrêtés ? »

Alice : « Oui… Une patrouille nous a arrêtés. Voyant que nous étions nombreux, ils nous ont demandé les raisons de notre présence sur ce chemin. Alors quand on leur a expliqué qu’on a été obligé de fuir la ville à cause de la peste, ils nous ont arrêtés. Ils ne voulaient pas nous voir nous installer un peu partout et propager la maladie, je suppose… Et c’est comme ça qu’on s’est retrouvé dans les cachots de Nottingham. »

Allan, touché : « Je suis vraiment désolé pour vous. »

Alice, reconnaissante : « Merci. Mais cela va mieux maintenant… Grâce à vous. »

Allan, embarrassé : « Oh c’est rien, je… »

Jean, l’interrompant : « Oh je suis sûr que mon père t’en sera très reconnaissant quand il le saura ! »

Allan avala de travers en pensant à ce que lui ferait Petit Jean s’il savait qu’il était seul avec sa femme et son fils et ce, même s’il leur avait sauvé la vie.

Allan, évasif : « Euh oui certainement… »

Alice, souriant à Jean : « J’en suis sûre, mon trésor… »

Alice se tournant vers Allan : « … Mais je vous demanderai de ne pas lui en parler. »

Allan, surpris : « Mais pourquoi ? »

Alice : « Je ne voudrais pas qu’il ait à choisir entre nous et Sherwood. L’action qu’il mène avec Robin est très importante pour l’Angleterre et je ne voudrais pas qu’il l’abandonne pour nous. J’ai compris maintenant l’importance de secourir les plus démunis. Et je ne voudrais pas l’obliger à choisir entre la cause qu’il défend avec passion et nous. »

Allan : « C’est tout à votre honneur mais vous ne pensez pas qu’il souhaiterait d’abord et avant tout venir en aide à sa propre famille ? »

Alice : « Oh mais nous, nous n’avons pas à nous plaindre. Je suis sûre que nous serons très bien chez mon cousin. Il a un grand cœur, vous savez. Il a perdu sa femme il y a quelques années et il sera très content d’avoir quelqu’un pour s’occuper de lui.»

Allan : « Oh mais, je n’en doute pas ! »  

Alice : « Alors vous me promettez de ne rien dire à Petit Jean ? »

Allan, rassuré : « Je vous le promets ! »

Il pensa qu’il s’agissait, là, d’une promesse qu’il n’aurait aucun mal à respecter puisqu’il ne voyait plus Robin et ses compagnons. Mais il se garda bien de le révéler à Alice. Ils marchèrent ensuite en silence jusqu’à leur destination qu’ils atteignirent en plein milieu de la nuit. Lorsqu’ils cognèrent à la porte de Percy, celui-ci, d’abord, prudent ouvrit que très légèrement la porte. Puis lorsqu’il s’assura de l’identité de ses visiteurs nocturnes, il les accueillit chaleureusement. Alice n’avait pas menti quand à la générosité de son cousin. Leur hôte leur offrit de s’asseoir et de prendre un verre de cidre. Il apporta également une miche de pain et un morceau de fromage qu’il restait de son dîner. Alice, Jean et Allan, affamés, acceptèrent avec soulagement. Pendant qu’ils se rassasiaient, Alice raconta à son cousin la raison de sa visite. Ce dernier accepta aussitôt de l’héberger, elle et son fils, aussi longtemps qu’elle le désirait.

Une fois restauré et voyant qu’Alice et Jean étaient entre de bonnes mains, Allan les avertit qu’il devait rentrer immédiatement à Nottingham. Percy lui proposa son cheval. Allan commença par le refuser poliment.

Percy : « Mais, à pied, vous n’y arriverez pas avant midi ! »

Allan, ennuyé : « Mais c’est que je ne peux pas me permettre d’être aussi longtemps absent ! »

Percy : « C’est pour ça qu’il vaut mieux prendre mon cheval ! Vous me le rendrez quand vous reviendrez rendre visite à Alice. »

Allan dut se rendre à l’évidence. S’il voulait être rentré à l’aube, il devait accepter sa proposition.

Allan, tendant la main : « Dans ce cas, je vous remercie et je vous promets de vous le rendre le plus vite possible ! »

Percy serra la main qu’on lui tendait puis sortit chercher son cheval. Allan se leva et se dirigea vers la porte. Jetant un coup d’œil à Jean qui s’était endormi sur la table, Alice le suivit dehors. Elle vit arriver son cousin qui tenait son cheval par la bride.

Alice à Allan : « Et surtout ne dites pas à Petit Jean où je me trouve. »

Allan, en montant à cheval : « Je vous le promets ! »

Il remercia une fois de plus son hôte pour tous ses bons soins. Il talonna le cheval et fila à toute à allure vers Nottingham. Il y arriva un peu après l’aube. Il passa chez son ami, Wayne le commerçant, qui l’avait aidé à sauver Marianne de la fosse aux mendiants. Il lui demanda de prendre soin de son cheval pendant quelques jours en échange de quelques pièces qu’il tira de sa bourse et lui promit de venir le reprendre, bientôt, afin de le ramener à son légitime propriétaire. Sachant qu’il avait à faire à un ami du veilleur de nuit, Wayne ne posa aucune question. Allan repartit donc à pied pour rentrer au château. Quand il pénétra dans la cour, il y avait déjà une forte activité, inhabituelle, surtout à cette heure matinale. Il vit alors le garde qu’il avait soudoyé pour faire sortir Alice, bâillonné, les mains attachés dans le dos, qui se balançait au bout de la corde du gibet. Allan fut terrorisé quand il vit Gisborne s’avancer vers lui. Si le garde lui avait parlé du pot-de-vin qu’il lui avait donné, il irait le rejoindre sans tarder.


byoann  (17.02.2014 à 10:10)

Gisborne, en colère : « ALLAN !... Mais où est-ce que tu étais encore passé ? »

Allan essaya de se maîtriser avant de répondre.

Allan : « Ben j’ai essayé de rattraper les fuyards. »

Gisborne, soupçonneux : « A pied ? »

Allan : « Non ! J’ai laissé mon cheval… à un garde dehors mais… »

Il s’arrêta en regardant avec un air interrogatif le soldat pendu à la potence.

Gisborne, répondant à sa question silencieuse : « Le shérif voulait une pendaison alors il en a eu une ! »

Allan : « Ah oui mais… Euh pourquoi lui ? »

Gisborne, se retournant vers le château : « C’était lui qui surveillait l’entrée des cachots ! »

Allan fut grandement soulagé de voir Gisborne quitter la cour du château. Cela signifiait que le garde n’avait pas parlé ou qu’il n’avait pas pu parler ou bien encore que Gisborne ne l’avait pas cru. Il reporta son regard sur le pauvre homme sans vie qui se balançait au bout de la corde. Il se sentit responsable de sa mort car s’il ne l’avait pas soudoyé, il serait encore en vie. Mais dans le même temps, il était très heureux d’avoir mis à l’abri la femme et le fils d’un de ses meilleurs amis. Il se força à chasser sa culpabilité en se répétant qu’il avait commis une bonne action. Il regagna alors sa chambre pour essayer de récupérer un peu de son périple nocturne.

*******

Allan : « … Voilà, tu sais tout. Tu comprends bien, maintenant, que nous ne pouvons pas laisser Petit Jean se rendre à Scarborough ! »

Robin, calmement : « Allan, tu dois le lui dire... » 

Allan, surpris : « Quoi ? Mais tout à l’heure, tu m’as dit le contraire ! »

Robin : « Je sais… Je sais. Mais tu ne peux pas le laisser dans l’ignorance. Il doit savoir ce qui est arrivé à sa femme et à son fils. »

Allan, inquiet : « Tu es sûr ?... Et ma promesse à Alice ? »

Robin : « Et que feras-tu quand il ira voir Alice et qu’il ne la trouvera pas ? Tu y as pensé ? Il sera encore plus malheureux. Il pensera qu’il les a perdus pour toujours. Ce n’est pas ça que tu veux, n’est-ce pas ? »

Allan : « Non, bien sûr que non. Mais… Moi qui avais promis de devenir quelqu’un de bien, je commence par ne pas tenir ma promesse ! »

Robin sourit devant sa mine déconfite.

Robin : « Personne ne t’en voudras. Je suis sûr que tout le monde comprendra les raisons qui t’ont poussé agir ainsi. Ne t’en fais-pas ! »

Allan : « Même Alice ? »

Robin, lui tapotant l’épaule : « Je lui parlerai. Je lui dirai que c’est moi qui t’es obligé à tout révéler à Petit Jean. »

Allan : « Bon alors comme ça, ça va ! Et même que… peut-être que tu devrais… parler toi-même à Petit Jean ? »

Robin : « Oh non ! C’est à toi de le faire ! »

Allan, pas très enthousiaste : « Tu en es sûr ? »

Robin : « Certain... Allez fais-le tout de suite ! Comme ça, tu en seras débarrassé. »

Robin allait l’entraîner vers Petit Jean mais Allan résista.

Allan, hésitant : « Euh… Il y a encore deux petites choses… que je dois… te dire. »

Robin, inquiet : « Eh bien ! Dis-moi, c’est le jour des confessions aujourd’hui ? »

Allan, gêné : « Oui… J’ai bien réfléchir depuis mon retour et je voudrais qu’on reparte sur des bases saines et pour cela je dois tout te dire sur… [Il se racla la gorge puis poursuivit sur un ton plus bas] mes agissements d’avant…. Enfin… Quand j’étais avec Gisborne… Pour qu’il n’y ait plus le moindre malentendu entre nous. »

Robin, de plus en plus inquiet : « Je suis ravi de l’entendre Allan mais tu m’intrigues. Que veux-tu me révéler ? » 

Allan : « Ben voilà… Tu sais que j’ai réalisé ce que j’avais fait et surtout dans quel guêpier je me mettais fourrer quand… Euh… quand j’ai vu ce que Gisborne avait fait à ce pauvre Roger de Stocke… Et depuis, je n’arrête de revoir Roger étendu dans la cour du château au pied de Gisborne et… je… je me sens un peu responsable de sa mort. Je te jure que j’ignorais ce qu’il allait faire… je te jure sur ma vie… Alors une fois par mois, je donne un petit quelque chose à sa famille. »

Robin, surpris, releva les sourcils.

Allan : « Je sais que sa famille est riche et qu’elle n’en a pas besoin. Mais étant donné que… Roger n’est plus là pour subvenir à leurs besoins… Je me suis dit que je pourrais les aider un peu, le temps que ses enfants grandissent et puissent prendre le relais…  Mais voilà… Depuis que je suis revenu, je n’ai plus d’argent à moi et donc euh… Je ne peux plus leur venir en aide. Alors je me disais que… Nous pourrions peut-être… »

Robin, le coupant et finissant sa phrase : « … leur donner un petit quelque chose quand nous faisons nos livraisons ? »

Allan : « Oui... Je sais ce que tu vas me dire que nous aidons les pauvres et que la famille Stocke ne l’est pas… Et que si nous leur donnons un peu d’argent, il y a en aurait moins pour les autres… Mais je te promets de travailler davantage pour compenser, comme ça, personne ne sera lésé, qu’en penses-tu ? »

Robin, surpris par son geste : « Cela ne sera pas nécessaire. Nous en avons suffisamment pour répondre à la demande… Mais que pense la famille de Roger de Stocke de ton initiative ? »

Allan, embarrassé, baissant la tête : « Euh… Ben en fait… Euh… Je n’en sais rien ! »

Robin, perplexe : « Comment ça, tu n’en sais rien ? Ils doivent bien te dire quelque chose quand tu leur donnes la bourse ? »

Allan, de plus en plus gêné : « Ben euh en fait… Euh Je… Je la dépose devant chez eux sans qu’il me voie ! »

Robin : « Hein !... Alors c’est ça que tu accroches discrètement à leur fenêtre ? Une bourse ? »

Allan, surpris, relevant vivement la tête : « Ben tu étais au courant ? Qui te l’a dit ? »

Robin, sourire en coin : « C’est Marianne !...

Allan, surpris : « Marianne ? »

Robin : « Oui, c’est elle qui m’en a parlé pendant ma convalescence. Tu sais, elle m’a beaucoup parlé de toi… Elle a pris ta défense à de nombreuses reprises mais elle a été intriguée par ton comportement lorsque tu l’as raccompagné à Mansfield. Alors, elle m’en a parlé. »

Allan, résigné : « Ah… Donc t’es au courant pour Annie ? »

Robin, surpris : « Annie ? Non ! »

Allan, fermant les yeux : « Oups ! »

Robin : « Qui est cette Annie ? »

Marianne n’en avait pas parlé à Robin car elle pensait qu’il s’agissait là d’une affaire strictement privée et que donc, c’était à Allan d’en parler le premier à Robin. Allan apprécia la discrétion de Marianne à ce sujet car il n’avait pas envie d’en parler à tout le monde. Mais il venait de se trahir donc il fut contraint de parler à Robin des sentiments qu’il éprouvait pour la jeune servante.

Allan, mal à l’aise : « Ben voilà… Quand j’étais avec Gisborne, j’ai rencontré une fille qui travaillait aux cuisines…. On a sympathisé très vite et je… la courtise depuis un petit moment déjà. »

Robin : « Et comment crois-tu qu’elle va réagir quand elle va apprendre que tu nous as rejoint dans la forêt de Sherwood ? »

Allan : « Oh très bien ! En fait… Euh elle est au courant de tous… Enfin je veux dire… Euh… A propos de moi… Elle sait que j’ai été à tes côtés et euh… Elle sait aussi pourquoi je ne l’étais plus. »

Robin, surpris et inquiet : « Ah oui ? »

Allan, voyant que Robin s’inquiétait, répondit aussitôt : « Oui, mais je ne lui ai jamais rien dit qu’il puisse mettre l’équipe en danger. Tu peux me croire… Tu peux lui faire confiance, Robin. Elle m’a d’ailleurs permis de m’échapper avec Alice et son fils… Et puis elle m’a toujours encouragé à faire tout ce qu’il fallait pour réintégrer la bande… Alors tu vois, il n’y a pas de danger qu’elle le prenne mal. »

Robin : « Bon, si tu lui fais confiance, je dois, moi aussi, lui faire confiance. Mais j’aimerais malgré tout lui parler si tu n’y vois pas d’inconvénient. »

Allan : « Non, pas du tout ! »

Robin : « Le problème, Allan, c’est que quand tu voudras la voir, il faudra te rendre au château et ça, je ne peux pas te permettre de t’y rendre seul… C’est beaucoup trop tôt et surtout… beaucoup trop risqué. »

Allan : « Oh mais elle ne travaille plus au château. Marianne a accepté de la prendre à son service juste avant que je ne parte pour la Terre Sainte. »

Robin : « Alors elle se trouve à Knighton avec Marianne ? »

Allan, heureux : « Oui ! »

Robin réfléchit aux conséquences des dernières révélations d’Allan. Celui-ci, plein d’espoir, bouillait d’impatience mais ne le brusqua pas. Il ne voulait pas risquer de perdre la seule chance qu’il avait de revoir sa belle. Robin remarqua son attitude et s’amusa à le faire attendre. Puis finalement, il prit sa décision.

Robin : « Bon, en tout cas, pour la famille de Roger, je suis d’accord pour que l’on prélève une partie de l’argent des pauvres pour sa famille. Mais à condition que cela soit toi qui t’en occupe. Et puis, quant à Annie… [Robin continua de le faire languir en faisant exprès de prendre son temps pour réfléchir] nous irons ensemble la voir à Knighton. Mais il faudra que nous soyons de retour pour les livraisons en fin de soirée. »

Allan, plein d’espoir, expira de soulagement quand Robin lui donna son accord.

Allan, fou de joie : « Oh merci, Robin ! Je suis soulagé… Maintenant que je t’ai tout dit… Bon alors, on y va tout de suite ?… Si on veut être de retour à temps pour les livraisons ! »

Robin : « Hep Attend ! Pas si vite ! Tu n’oublies pas quelque chose, avant ? »

Allan, sincère : « Non, quoi ? »

Robin : « Tu dois parler à Petit Jean à propos d’Alice ? »

Allan, réticent : « Ah oui, tu es sûr qu’il faut le faire maintenant ? »

Robin : « Oui. Absolument ! »

Allan, résigné et peu enthousiaste : « Bon si tu veux. Alors, allons-y ! »

Ils allèrent retrouver Petit Jean qui était en pleine discussion avec Much. Robin laissa Allan le rejoindre seul. Il se planta devant Petit Jean et Much, assis l’un à côté de l’autre.

Allan, nerveux : « Euh Petit Jean… J’ai euh… quelque chose à te dire ? »

Petit Jean, levant les yeux vers lui et froidement : « Oui ? Quoi ? »

Allan regarda Robin situé sur le côté attendant les bras croisés qu’Allan se soit confessé à Petit Jean. Mais Robin restait tout de même vigilant au cas où il devrait intervenir rapidement pour calmer Petit Jean.

Allan : « C’est euh… C’est à propos d’Alice ! »

Petit Jean le fixa méchamment du regard et se releva lentement.

Robin : « Jean, du calme ! Laisse-le parler ! »

Petit Jean, froidement : « Eh bien ?... Que se passe-t-il avec Alice ? »

Allan regarda Robin qui lui fit signe de poursuivre.

Allan : « Eh bien… Elle n’est plus… Elle n’est plus avec Luc le tonnelier. »

Petit Jean, s’avançant rapidement vers Allan : « Quoi ?... Mais qu’est ce que tu en sais ? »

Robin s’avança vers le colosse pour parer tout geste impulsif.

Allan : « Eh bien euh… D’abord, il faut que tu saches qu’elle m’avait fait promettre de ne rien te dire… »

Much, ironisant : « Oh bah ça c’est facile puisque tu ne faisais plus partie de l’équipe ! »

Robin, sur un ton de reproche : « Much ! »

Allan, ignorant la réflexion de Much : « Un soir que je rentrais au château, j’ai aperçu ta femme et ton fils qui étaient emmenés dans les cachots avec d’autres de leur village. »

Djaq et Will se rapprochèrent pour entendre la suite.

Will : « Mais pourquoi ? Qu’avaient-ils fait ? »

Allan : « Rien… Mais c’est simplement qu’ils fuyaient leurs maisons… Ils… Ils en ont été chassés par les habitants de la ville à cause de la peste qui s’y était déclarée. »

Petit Jean, alarmé : « La peste ? »

Allan : « Mais ne t’inquiète pas ! Ton fils et ta femme n’ont rien eu. En revanche, Luc, lui… »

Djaq, devinant la suite : « Il l’a attrapé. Et il en est mort ? »

Allan : « Oui. »

Allan leur laissa un peu de temps pour assimiler l’information.

Allan, doucement : « Maintenant, Alice et Jean se trouvent dans un petit village sur la route de Mansfield chez son cousin Percy. Alors si tu veux la voir, c’est là-bas que tu dois te rendre. »

Djaq : « Mais comment a-t-elle fait pour sortir des cachots ? »

Allan regarda Robin. D’un regard, il lui demanda s’il fallait vraiment raconter toute l’affaire. Robin lui fit signe de s’exécuter.

Allan : « Euh… J’ai réussi à les faire sortir du cachot… Avant que… »

Petit Jean, appréhendant la fin : « Avant que quoi ? »

Allan prit une profonde inspiration et regarda Petit Jean droit dans les yeux.

Allan, essayant de soutenir son regard : « Le shérif a appris… Je ne sais pas comment, je te jure… qu’Alice et Jean étaient ta femme et ton fils. Alors, il a ordonné de les pendre à l’aube. »

Petit Jean, furieux, attrapant Allan par le col : « QUOI ? »

Robin intervint immédiatement : « Jean… Jean, calme-toi !... »

Il força Petit Jean à relâcher Allan tout en le retenant amicalement.

Petit Jean : « Si jamais je me retrouve en face de ce…, je jure de lui faire la peau ! »

Robin : « Jean… Ne te mets pas en colère, mon ami. Cela ne sert à rien, ta femme et ton fils n’ont rien. Allan les a fait sortir. »

Petit Jean, soupçonneux et toujours en colère : « Et comment le shérif l’a-t-il su qu’Alice était ma femme, hein ?»

Allan, inquiet : « Je ne sais pas… Je te jure… Je te jure que ce n’est pas moi qui lui aie dit ! Pourquoi j’aurais fait ça, hein ? »

Petit Jean, retenu par Robin : « Pour te faire bien voir de Gisborne par exemple ? »

Inquiète, Djaq regarda Allan.

               

 

 

 

 

 

 

Cette hypothèse était très plausible connaissant Allan. Mais elle avait dû mal à y croire. Allan, voyant que Will et Djaq se posaient la même question, fut, à la fois déçu et révolté qu’ils pensèrent cela de lui.

Allan, révolté : « Mais non !... Bon c’est vrai que j’ai des défauts… Que j’ai commis des erreurs mais jamais de ce genre là… »

Much, l’interrompant : « Tu oublies Roger de Stocke ! »

Allan s’arrêta net. Profondément blessé, il regarda tour à tour ses compagnons. Robin sentit qu’il fallait qu’il intervienne pour mettre fin à cette injustice. 

Robin : « Much, tais-toi !... Tu dis n’importe quoi ! »

Much, vexé : « Quoi ? C’est vrai pour Roger de… »

Robin, haussant le ton : « ça suffit, Much ! »

Allan, regardant Petit Jean droit dans les yeux : « Je te jure Petit Jean que je n’ai rien dit au shérif à propos de ta femme et de ton fils... Il faut que tu me croies car c’est la vérité. »

Robin : « Moi, je te crois, Allan. »

Much, surpris : « Maître, vous le croyez ? »

Robin : « Evidement que je le croie ! Et vous devriez en faire autant si vous aviez bien écouté son histoire. C’est Allan qui les a sauvés de la pendaison et qui les a conduits en lieu sûr. Pourquoi aurait-il fait ça après les avoir dénoncé. Réfléchissez, cela n’a aucun sens ! »

Petit Jean se calma progressivement en réfléchissant aux paroles de Robin. Mais Much raviva la flamme.

Much : « Peut-être ne les a-t-il sauvés uniquement parce qu’il avait des remords de les avoir dénoncés ? »

Robin lui lança un regard noir tandis qu’Allan leva les bras au ciel, désespéré de ne pas arriver à les convaincre. Will, sentant venir l’orage, prit Much par le bras et le tira vers lui pour l’entraîner un peu plus loin. Le plus loin possible de Petit Jean et de Robin.

Will : « Oh Much, tais-toi donc !... Et viens par ici ! »

Une fois que Much fut éloigné, Robin regarda Petit Jean et tenta une nouvelle fois de le convaincre.

Robin : « Jean. J’ai foi en les paroles d’Allan et tu devrais en faire autant… Le shérif les connaissait peut-être déjà avant… Je ne sais pas moi euh… »

Petit Jean, peu convaincu : « Ouais, possible. »

Djaq, brutalement : « La fête de la douleur ! »

Robin : « Mais oui, c’est fort probable… Souviens-toi Jean, quand tu les as sauvés des braises avec Luc le tonnelier… Tu as peut-être fait comprendre au shérif qu’Alice était ta femme. Et le connaissant, rancunier comme il est ! Il aura voulu se venger… Et puis finalement, qu’importe, comment il l’a su ! Le plus important, c’est qu’ils soient vivants, non ? »

Petit Jean grommela un peu mais il sembla d’accord avec lui.

Robin : « Alors au lieu de t’en prendre à Allan, tu devrais plutôt le remercier et te préparer pour aller la retrouver. »

Petit Jean ne manifesta pas un enthousiasme débordant à l’idée d’aller remercier Allan. Mais, devant le regard insistant de Robin, il céda.

Petit Jean, en lui donnant brutalement une claque qui se voulait amicale sur l’épaule d’Allan, lui lança un simple : « Merci ! »

Puis il se dirigea vers le campement pour rassembler ses affaires.

Allan, essayant d’encaisser le coup avec le sourire : « Oh !... De rien ! »

Robin secoua doucement la tête mais ne réprimanda pas Petit Jean. Il savait qu’il n’obtiendrait rien de plus chaleureux de la part du géant de la forêt en particulier face à Allan. Car il savait qu’il n’acceptait pas encore, tout à fait, le retour de ce dernier. Malgré la claque virile de Petit Jean, Allan fut soulagé. Enfin, on le croyait. Suivant Petit Jean, Allan et Robin rentrèrent dans le campement. Puis Robin fit une déclaration qui surprit tout le monde.

Robin : « Allan et moi, nous devons nous rendre à Knighton avant de partir pour Mansfield. »

Much, étonné : « A Knighton ? »

Will, tout aussi surpris : « Mansfield ? »

Robin : « Oui, je dois aller voir une personne qu’Allan connaît. »

Much : « Pourquoi faire, maître ? »

Robin : « Much ! Je n’ai pas le temps de t’en parler maintenant mais je te promets de le faire plus tard. »

Much n’était pas ravi de voir que Robin partageait des secrets avec Allan. Mais déjà vexé par les précédentes remarques de Robin, il ne chercha pas à en savoir davantage.

Robin : « Et en ce qui concerne Mansfield, j’ai décidé que nous devons tous accompagné notre compagnon. Cela remontra le moral de l’équipe qui en a bien besoin après tout ce que nous avons vécu ces derniers mois ! »

Djaq : « Mais, Robin, nous avons des livraisons prévues pour ce soir. »

Robin : « Oui, je sais. Nous n’y resterons pas longtemps et puis nous reviendrons pour faire nos livraisons. Nous déposons Petit Jean chez le cousin d’Alice. On s’assure qu’elle et Jean vont bien et nous rentrons directement à Sherwood. »

Petit Jean : « Dans ce cas, dépêche-toi de filer à Knighton car moi, je serai bientôt prêt à partir ! »

Robin, souriant : « D’accord, nous y allions tout de suite ! »

Robin et Allan prirent leurs chevaux et filèrent rapidement à Knighton.

A Knighton…

Robin cogna à la porte du manoir et, contrairement à ce qu’il espérait, ce fut le père de Marianne qui lui ouvrit.

Edouard : « Robin ? »

Robin, le saluant : « Messire Edouard. »

Edouard : « Je suis content de vous voir rétabli. »

Robin qui voulait voir Marianne rapidement : « Je vous remercie Messire Edouard… Marianne était-elle là ? »

Edouard, souriant : « Oui mais elle est à l’écurie. Elle s’apprêtait à sortir. »

Robin : « Merci. »

Il fila sans attendre vers l’écurie.

Edouard à haute voix, en refermant la porte : « Oh l’impatience de la jeunesse ! »

Robin et Allan trouvèrent Marianne dans l’écurie. Mais Allan fut très déçu de ne pas y trouver Annie.

Robin : « Marianne ? »

Marianne, surprise : « Robin ?... Mais que viens-tu faire ici ? »

Robin, espiègle : « Eh bien, n’est-il pas permis à un jeune homme, fou amoureux comme je le suis, de venir jusqu’ici pour admirer l’élue de son cœur ? »

Marianne, méfiante : « C’est ça. Que veux-tu exactement ? »

Robin, redevant sérieux : « Je voudrai parler à Annie. »

Marianne, légèrement inquiète et regardant Allan : « A Annie ? Mais pourquoi ? »

Allan : « Je lui ai tout dit… pour Annie et moi. »

Marianne, soulagée : « Ah bon, très bien. Elle se trouve dans ma chambre. Je vais la chercher. Ne bougez pas d’ici. »

Marianne partit la chercher et revint quelques minutes plus tard. Annie, voyant Allan, se jeta à son cou.

Annie, folle de joie : « ALLAN ! »

Allan la reçut dans ses bras quelque peu embarrassé par la présence de Marianne et de Robin. Marianne s’en amusa. Allan déposa un timide baiser sur ces lèvres puis l’écarta doucement de lui.

Allan, rouge de timidité : « Annie. Je voudrais te présenter quelqu’un. »

Annie, un peu déçue par son manque d’enthousiasme, se défit lentement de lui en faisant la moue. Puis elle reprit son comportement habituel quand elle vit l’homme qu’il souhaitait lui présenter.

Allan : « Annie. Je te présente Robin des bois. »

Annie, heureuse : « Alors cela veut dire que tu fais partie de sa bande à nouveau ? »

Sans attendre sa réponse, elle lui sauta au cou. Robin et Marianne en furent attendris malgré eux. Mais se rappelant que l’équipe les attendait pour partir à Mansfield, Robin écourta les réjouissances.

Robin : « Annie ? »

Annie se défit de son amoureux et, ravie, fixa Robin sans détour.

Robin : « J’aimerais savoir si cela ne te pose aucun problème de savoir qu’Allan est avec nous désormais. »

Annie : « Oh non, aucun problème, Messire. Au contraire, je suis ravie et extrêmement fière de lui. Vous savez je suis au courant de ce qu’il vous a fait. Et je suis heureuse de voir que vous lui avez pardonné… »

Allan, gêné qu’Annie parle autant : « Annie ! »

Robin sourit puis : « Tu sais aussi que, maintenant qu’il est revenu parmi nous et si le shérif a vent de votre liaison, il pourrait se servir de toi pour nous atteindre. En es-tu consciente ? »

Annie réfléchit un bref instant puis : « Oui, Messire ! Mais cela m’est égal. Je suis fière qu’il fasse partie de votre bande. Personnellement, vous m’avez beaucoup aidé quand j’en ai eu besoin. Et je vous en serai éternellement reconnaissante. Et s’il y a la moindre chose que je puisse faire pour vous, n’hésitez pas Messire Robin. »

Robin, embarrassé de devoir faire subir un tel interrogatoire à une personne qui l’admire : « Je t’en remercie… Maintenant… J’aimerais savoir ce qu’Allan t’a dit à notre sujet ? »

Annie fut intriguée par la question et regarda Allan. Celui-ci l’incita à répondre.

Annie : « Oh rassurez-vous ! Il ne m’a dit que des choses gentilles à votre sujet ! »

Ce commentaire fit sourire Marianne et Robin. Quoi que flatteur, ce n’était pas exactement ce qu’il désirait savoir.

Robin, en souriant : « C’est gentil… Mais ce n’est pas ce que je voulais dire. Euh… Est-ce que tu sais où se trouve notre campement, par exemple ? »

Annie, sincère : « Oh non, pas du tout ! Je le jure devant Dieu, Messire Robin. Il ne m’a jamais rien dit qui pourrait vous nuire. »

Robin, insistant : « Il ne t’a pas dit non plus où se trouvait nos cachettes pour les provisions ni nos points de livraisons ? »

Marianne commença à ne pas tellement apprécier cet interrogatoire. Elle trouvait que Robin en faisait un peu trop même si elle se doutait que c’était une question de sécurité pour la bande. Allan, lui, ne prononça pas un seul mot afin de ne pas interférer dans le jugement que Robin porte sur Annie et sur leur relation à venir.

Annie : « Non, Messire ! Rien de tout cela. Je vous le jure ! »

Robin : « Je te crois. »

Marianne, un peu contrariée : « Bien. Est-ce terminé à présent ? Car je dois partir pour Nottingham ! »

Robin : « Oui, c’est terminé… [A Annie]… Je te remercie d’avoir répondu avec mes questions. »

Marianne, toujours contrariée : « Alors quel est le verdict ? »

Robin, un peu las : « Marianne !... C’était nécessaire pour la sécurité de mes hommes. »

Marianne, toujours sur le même ton : « Bien sûr. Alors ?... Peuvent-ils s’aimer librement ? Ou vas-tu y mettre des conditions ? »

Robin, surpris : « Quoi ?... Moi ? Mais je ne mets jamais de conditions… »

Marianne, l’interrompant : « Tu mets toujours des conditions à l’amour ! »

Robin : « Tu parles d’Annie et d’Allan ou de toi et moi ? »

Marianne, gênée : « Je parle… Euh d’Annie et d’Allan évidement… Alors ? »

Robin : « Bien alors, je n’y vois aucune objection… Tout ce que je vous demande à tous les deux, c’est d’être très discret. »

Marianne, persistant : « Mais ils s’aiment Robin ! Est-il donc interdit de s’aimer à présent ? »

Robin, surpris : « Mais Marianne ! C’est pour leur propre sécurité que je dis ça. Leur sécurité et la nôtre. C’est tout. Et je suis d’accord avec toi… Je préférerais vivre notre amour au grand jour plutôt que de devoir le cacher. Mais nous n’avons pas le choix pour le moment. Quand le Roi Richard reviendra… »

Marianne, le coupant : « Et voilà encore une condition ! »

Robin : « Marianne, tu es injuste ! »

Marianne, contrariée : « Oui c’est vrai, peut-être un peu, mais je suis lasse de devoir attendre. »

Robin comprenait son impatience puisqu’il la partageait. Mais il ne pouvait pas se permettre de vivre leur amour au grand jour sans risquer de la mettre en danger. Elle le comprenait mais il arrivait, parfois, qu’il faille le lui rappeler et la réconforter. Allan comprenait les précautions de Robin. Il se rendit compte alors qu’il venait de se mettre une lourde responsabilité sur ses épaules : Veiller sur sa bien-aimée comme Robin veillait sur Marianne. Il fit comme Robin. Il enlaça sa belle et l’embrassa longuement avant de la quitter.

Ils quittèrent l’écurie chacun avec sa dame dans ses bras puis, après un dernier baiser, ils montèrent sur leurs chevaux et quittèrent Knighton, à pas lent, même s’ils devaient se dépêcher car les autres les attendaient pour aller à Mansfield. Une fois dans la forêt, ils mirent leurs chevaux au triple galop. Ils arrivèrent quelques minutes plus tard au campement. Les autres membres de l’équipe les attendaient déjà, impatients de se mettre en route. Robin et Allan ne descendirent pas de cheval.

Much, sur un ton de reproche : « Eh bien, c’est pas trop tôt ! »

Petit Jean : « Bon allez, Much ! C’est pas le moment. Allons-y, maintenant ! »

Will : « Tu n’as pas oublié le cadeau pour ton fils ? »

Allan, surpris : « Ah le cadeau ? Quel cadeau ? »

Petit Jean : « Non, il est ici ! »

Djaq : « Nous lui avons fabriqué un arc et des flèches à sa taille. »

Allan, réjoui : « Ah oui ! C’est une bonne idée. Jean pourra accompagner Percy dans la forêt. Ça va beaucoup lui plaire. »

Petit Jean : « Ah oui, qu’est-ce que tu en sais ? »

Allan, hésitant : « Ben parce que je… Je leur ai rendu quelques visites… depuis je les ai y conduit ! »

Much : « Au oui ! Mais tu ne nous l’avais pas dit ça, Allan ! »

Robin, ne voulant pas rallumer la flamme de la discorde : « Oui, bon. On en parlera plus tard. Il faut y aller à présent. Sinon nous ne serons pas revenus à temps pour les livraisons. »

Will : « Robin a raison. En avant… Ya ! » 

Will talonna son cheval. Le reste de la bande le suivit. Il prit la tête de la colonne et emprunta la route allant à Mansfield.


byoann  (17.02.2014 à 10:25)

Chapitre XXIV

« Sois en digne, Allan…

ou je te découpe en morceaux ! »

urant le trajet sur la route de Mansfield…

Sous l’œil inquiet de Robin, Petit Jean vint se placer à côté d’Allan.

Petit Jean, d’une voix neutre, à Allan : « Que sais-tu à propos de mon fils ? »

Allan : « Oh, pas grand-chose. »

Petit Jean : « Mais tu as dit que tu leur avais rendu quelques visites ? »

Allan : « Oui, quelques fois mais je ne suis jamais resté très longtemps. En tout cas, tout ce que je peux de dire c’est que ton fils t’aime énormément et que tu lui manques beaucoup. »

Petit Jean, pensif : « Ah oui ? »

Allan : « Oui. Il accompagne souvent Percy dans ses patrouilles en forêt. Il s’imagine être avec son père guettant de riches voyageurs pour leur prendre leur or et le donner aux pauvres comme Robin et toi. »

Petit Jean sourit à la pensée que son fils ne l’avait pas oublié. Pour arriver plus vite à destination, il mit son cheval au galop. Les autres durent talonner leurs montures afin de ne pas le perdre. Quand ils arrivèrent en vue de la maison du garde forestier du seigneur de Mansfield, ce dernier s’apprêtait à faire une inspection en compagnie de Jean.

A la vue de son père, Jean, ravi : « Père ! »

Il courut jusqu’à son père. Petit Jean eu juste le temps de descendre de son cheval avant de le recevoir dans ses bras. Il le serra avec tendresse profitant de chaque seconde passée entre ses bras.

Petit Jean, savourant l’instant : « Mon fils ! »

Le cri de Jean alerta sa mère. Alice sortit en courant de la maison. Inquiète, elle courut jusqu’au groupe d’hommes qui entourait son fils. A la vue de Petit Jean, elle s’arrêta net incrédule.

Alice : « Jean ? »

Petit Jean, souriant : « Alice ! »

Alice, n’en revenant pas : « Jean ?... Mais… que fais-tu ici ?... Et comment tu… ? »

Etreinte par l’émotion, elle ne put continuer.

Jean, heureux : « C’est père, il est venu nous chercher ! »

Alice : « Est-ce que c’est vrai ? »

Petit Jean : « Je suis venu pour vous voir. »

Alice avisa ses compagnons et reconnut Allan.

Alice : « Allan ? »

Allan, s’avançant : « Bonjour Alice… Bonjour Jean. »

Jean : « Bonjour Allan ! Alors qu’est-ce que tu nous a apporté aujourd’hui ? »

Toute la bande se regarda surpris par la question de Jean.

Alice, réprimant son fils : « Jean ! Cela ne se fait pas ! »

Much, surpris : « Apporté ? »

Alice prit les mains d’Allan dans les siennes.

Alice, reconnaissante : « Oui. Allan a eu la bonté de nous apporter des provisions et quelques fois de l’argent… [Puis se tournant vers Robin]… en votre nom. Je vous remercie du fond du cœur pour tous vos généreux cadeaux, Messire Robin. »

A l’instar de ses compagnons, Robin, tout aussi décontenancé que les autres, se tourna vers Allan pour obtenir quelques éclaircissements.

Allan, très embarrassé : « Ben euh oui… Je… J’ai dit à Alice que… Euh… que les provisions venaient de toi, Robin. »

Robin, incrédule : « Comment ? »

Allan : « Ben oui, je... Je lui ai dit que je t’avais mis au courant et que c’était toi qui m’envoyais lui porter des vivres sans en avoir parlé à Petit Jean afin de respecter son souhait… Tu comprends… Je ne pouvais pas lui dire que… »

Much : « Que tu nous avais trahi ! »

Allan : « Merci, Much ! Pour cette précision ! »

Jean, surpris : « Trahi ?... Mais Allan, de quoi est-ce qu’il parle ? »

Allan : « Euh… Eh bien… Je dois te faire un aveu à ta mère et à toi…. Quand… Quand je vous ai fait sortir du château, je vous ai dit que j’étais en mission pour Robin et ben… C’était faux ! »

Alice, surprise : « C’était faux ? »

Allan, honteux : « Oui… En fait, je travaillais pour Gisborne. »

Alice, prenant Jean dans ses bras et l’écartant d’Allan : « Pour Gisborne ? »

Allan : « Oui. Robin m’avait chassé de la bande parce que j’avais vendu des renseignements à Gisborne… Je suis désolé Jean, de t’avoir menti mais je n’ai pas eu le choix. Si je vous avais dit la vérité, vous ne m’auriez pas fait confiance pour sortir du château. »

Alice regarda tour à tour Allan et le reste de la bande.

Alice : « Mais je ne comprends pas ? »

Robin intervint : « Nous avons pardonné à Allan et maintenant il est de nouveau avec nous. Jean !... Ne lui refuse pas ta confiance pour des erreurs passées. Erreurs qui ne te concernaient en rien. Pense aux bienfaits qu’il t’a apportés, à ta mère et à toi alors que tu le croyais avec moi. Cela devrait compter plus que ses fautes, tu ne croies pas ? »

Jean, déçu : « Oui, c’est vrai. »

Petit Jean : « Et c’est lui qui m’a raconté ce qui vous étiez arrivé et qui a permis qu’on se retrouve réuni aujourd’hui. »

Alice : « Oui, alors que je lui avais fait promettre de ne rien te dire ! »

Allan allait répliquer pour se défendre mais Robin vint à son secours.

Robin : « C’est moi qui l’ai obligé à tout raconter à Petit Jean. Petit Jean se morfondait de ton absence. Il voulait aller te rejoindre. Et comme il ne t’aurait pas trouvé, il aurait été en proie au doute et au désespoir et cela je ne pouvais pas le supporter et Allan non plus. »

« C’est vrai, Alice ! De toute façon, tu n’avais pas le droit de lui demander ça. J’avais le droit de savoir où vivait mon fils, non ? »

Alice : « Mais je ne voulais pas te contraindre à choisir entre nous et Sherwood. »

Petit Jean : « C’est à moi d’en décider, tu ne croies pas ? »

Alice : « Je sais l’importance que revêt pour toi le travail que tu accomplis auprès de Robin. Je sais quel grand cœur tu as, Jean. »

Petit Jean : « Mais ma famille est plus importante. Mon cœur saignerait de savoir qu’elle a besoin de moi alors que je suis loin d’elle. »

Il enlaça Alice.

Petit Jean, se défaisant d’elle : « Je t’aime toujours, Alice. »

Elle baissa les yeux sans répondre et réfléchit un court instant.

Alice, relevant la tête : « Moi aussi, Jean Petit ! »

Ils s’embrassèrent devant la bande réjouie pour eux.

Robin ne pouvant pas s’empêcher de penser à Marianne et Allan à Annie.

Jean, se sentant exclu : « Et moi aussi, je vous aime. »

Il s’immisça entre ses parents.

Amusé, Will à Petit Jean : « Et Jean ? N’oublie pas le cadeau ! »

Jean, curieux : « Quel cadeau ? »

Petit Jean regarda son fils. Puis il retourna à son cheval et décrocha le sac dans lequel se trouvait le cadeau. Avec un regard plein de malice, Petit Jean lui tendit un objet enveloppé dans une couverture.

Petit Jean : « Tiens. C’est pour toi, mon fils ! »

Jean se précipita dessus et, d’un geste brusque, enleva la couverture.

Jean, découvrant l’arc : « Ouah… Un arc !... Hé maman ! C’est un arc !... Et il y a même des flèches ! Formidable… »

Petit Jean : « Je t’apprendrais à t’en servir. »

Jean : « Oh merci, père ! »

Il sauta dans les bras de son père.

Petit Jean : « C’est un cadeau de la part de toute la bande. » 

Jean : « Merci à tous ! C’est un formidable cadeau. Je l’adore. »

La bande sourit ; heureuse de le voir si ravi de son cadeau.

Jean : « Je vais l’essayer maintenant. Est-ce que je peux, maman ? »

Alice acquiesça de la tête. Aussitôt, Jean se dirigea vers la forêt à proximité de la maison.

Allan : « Attends, je viens avec toi. »

Will : « Oui, moi aussi. Nous allons te montrer comment l’utiliser. »

Ils filèrent à la lisière de la forêt pendant qu’Alice, sérieuse, se plaça devant Petit Jean.

Petit Jean, regardant son fils s’éloigner : « Regarde-le comment il est heureux. »

Alice, hésitante : « Oui… Mais si tu veux lui apprendre à s’en servir, il faudra que tu restes quelques temps ? »

Petit Jean : « Oui, si tu veux bien de moi ? »

Alice : « Pour toujours ? »

Robin, intervenant : « Si je peux me permettre, prenez le temps d’en discuter. Vous n’êtes pas obligé de prendre une décision tout de suite… Jean !... Reste autant de temps qu’il te faudra. Passe du temps avec ton fils et ensuite prends ta décision. »

Petit jean à Alice : « Tu veux bien que je reste quelques temps ? »

Alice, lui sautant au cou : « Oh mais oui, bien sûr que je le veux ! »

Pendant que ses parents renouaient des liens, Jean, debout sur une souche d’arbre, apprenait les premiers rudiments du maniement de l’arc.

Allan : « Tiens… Maintenant, encoche ta flèche… Voilà comme ça et pince-la avec le bout de tes doigts… Bien… Maintenant tends bien ton bras et … »

Mais Jean, trop pressé, tira sa flèche qui se perdit dans la forêt.

Allan, amusé : « … trop tard ! »

Jean, déçu : « Oh non ! »

Will : « Bouge pas, je vais la chercher. »

Will partit à la recherche de la flèche pendant qu’Alice, Jean et le reste de la troupe se rapprocha d’eux par derrière.

Allan, le consolant : « T’inquiète pas. C’est normal que ce soit un peu difficile au début. Tu sais, même Robin a eu des difficultés au début. »

Jean, relevant la tête : « C’est vrai ? »

Allan : « Ouais, je t’assure ! Il lui a fallu beaucoup d’entraînement avant de devenir le surdoué qu’il est aujourd’hui. »

Jean, le dévisageant : « Et tu crois que je peux devenir aussi bon que lui un jour ? »

Allan : « Bien sûr. Et avec l’aide de ton père, tu pourrais même devenir encore plus fort que Robin. »

Jean ne répondit pas car il semblait chercher quelque chose sur Allan.


byoann  (24.02.2014 à 09:10)

Allan, se regardant : « Qu’est-ce qu’il y a ?... J’ai de la boue sur mes vêtements. »

Jean : « Non, ce n’est pas ça. »

Allan : « Ah ! Alors qu’est-ce que c’est ? »

Jean hésita puis : « Est-ce que je peux te poser une question ? »

Allan : « Bien sûr, Jean… Tu sais qu’on est ami et entre ami on peut tout se dire ! »

Jean : « Tous les hommes de Robin portent un insigne comme celui-là et je me demandais... »

Il brandit l’insigne que Robin lui avait offert la première fois où il avait rencontré son père. Allan perdit momentanément son sourire.

Allan, masquant son désarroi et finissant sa phrase : « Pourquoi je n’arbore pas le mien ? »

Jean : « Oui. Puisque Robin a dit que tu étais revenu dans la bande alors tu devrais en porter un, non ?... Est-ce qu’il en n’avait plus ?... Si tu veux, je te donne le mien. »

Ce commentaire fit sourire toute l’équipe même Allan.

Allan : « Euh non… Ce n’est pas la peine. Je te remercie… »

Will revint à ce moment-là et tendit la flèche à son compagnon. Allan la prit machinalement tout en cherchant ses mots afin d’expliquer pourquoi il ne portait pas d’insigne.

Allan : « Eh bien voilà... Quand je suis revenu, j’ai demandé à Robin de le garder pour moi. »

Jean, fronçant les sourcils : « Mais pourquoi ? »

Allan : « Ben parce que… Tu vois… Je crois qu’il faut laisser un peu de temps à tout le monde… pour euh… S’habituer à mon retour, en quelque sorte... Il faut qu’on réapprenne à me faire confiance et à voir si je fais bien mon travail. Tu comprends ? »

Jean : « Alors c’est comme Percy lorsqu’il a pris un apprenti à l’essai pendant quelques jours ? »

Allan, souriant : « Oui… En quelque sorte… C’est comme Percy avec son apprenti ! »

Jean : « Et c’est quand la fin de ton essai ? »

Allan, ennuyé : « Ah euh… Ben en fait… Je ne sais pas trop. »

Sans un mot, Robin et Petit Jean se regardèrent et se comprirent.

Pour s’assurer qu’il pensait la même chose que Petit Jean, Robin fouilla dans sa poche, sortit un insigne et le montra discrètement à Petit Jean en l’interrogeant du regard.

Ce dernier observa l’insigne un petit moment puis leva les yeux sur Robin et lui fit un signe d’acquiescement de la tête. Ils étaient d’accord.

Robin, s’avançant vers Allan : « Allan ? »

Allan, surpris, se retournant : « Oui ? »

Robin : « Il y a quelques jours, tu me l’avais confié en me demandant de te le redonner quand je serais prêt. Eh bien, je crois que c’est le moment... Nous sommes prêts. »

Il lui tendit son insigne.

Allan, toujours surpris : « Mais tu avais dit que cela pourrait être long ? »

Robin, souriant : « Eh bien tout le monde peut se tromper. Et puis, après ce que l’on vient d’apprendre, je crois que… Enfin nous pensons que tu le mérites. Alors ?... Tu le veux, oui ou non ? »

Allan, ému, hésita.

Jean, avec un sourire éclatant : « Eh ben alors vas-y, prends-le ! Il est à toi ! »

Alice, sur un ton de reproche : « Jean ! »

Jean à sa mère : « Ben quoi c’est vrai… [Puis à Allan]…Vas-y puisqu’il te le propose ! »

Alice : « Grrr… Jean ! »

Cette fois-ci, Petit Jean attrapa son fils et le tint prisonnier dans ses bras mais il ne le réprimanda pas.

Allan, touché par le geste de Robin : « Tu as raison, Jean !... Je vais le prendre ! »

Puis il prit l’insigne et il allait le mettre à son cou quand il s’arrêta.

Allan : « Tu es sûr de toi, Robin ?... Ce n’est pas un geste que tu vas regretter ? »

Robin regarda Petit Jean puis revint sur Allan : « Oui, je suis sûr… Je veux dire… Nous sommes sûrs… Et quant à mes regrets, il ne tient qu’à toi de ne pas m’en donner ! »

Allan reçut le message. Robin et Petit Jean lui avaient pardonné. Ils l’acceptaient maintenant comme un membre à part entière de l’équipe. Mais il ne tenait encore qu’à lui de prouver que la confiance, que Robin et Petit Jean lui manifestaient par ce geste, ne serait pas vaine. Toujours fortement ému, Allan regarda Robin et embrassa l’insigne.

Allan : « Je te le promets, Robin ! »

Robin lui tapota amicalement l’épaule et regarda ses compagnons.

Robin : « Bien, mes amis… Je crois qu’il est temps de quitter Petit Jean et nos hôtes. »

Jean, déçu : « Oh non, pas déjà ? »

Robin, s’agenouillant devant Jean : « Je suis désolé mon ami mais nous devons partir maintenant si nous voulons être à l’heure pour nos livraisons. Tu sais, il y a des gens qui comptent sur nous ! »

Jean : « Oui, je sais mais j’aurais aimé que vous me montriez comment vous tirez à l’arc. »

Robin : « La prochaine fois, mon grand. Je te promets que nous ferons un concours de tirs rien que tous les deux. »

Jean, ravi : « Oh oui ! »

Robin : « Donc il va falloir que tu t’entraînes dur !... Mais avec un professeur comme ton père, je suis sûr que tu y arriveras. »

Jean, fier : « J’en suis sûr aussi. Mon père est le plus fort… dans tous les domaines. »

Alice : « Jean ! Tu surestimes peut-être un peu ton père ! »

Robin, se plaçant devant Petit Jean : « Oh tu te trompes, Alice… Jean Petit est vraiment le meilleur d’entre nous. »

Il prit Petit Jean dans ses bras et le serra contre lui.

Robin, se défaisant de lui : « J’espère que tu nous reviendras, Petit Jean. »

Il lui tapota l’épaule et s’écarta de lui afin que ses compagnons lui fassent ses adieux. Ils réitérèrent leurs adieux qu’ils avaient prononcés au moment où Petit Jean avait voulu rejoindre Alice avant d’être interrompu par Marianne. Puis se fut autour d’Allan. Il le prit dans ses bras.

Allan : « Merci pour tous, Petit Jean… [Il se défit de lui et brandit l’insigne] Je sais ce que je te dois. Merci encore et j’espère que tu reviendras vite pour que je puisse te montrer que tu as eu raison de me faire confiance à nouveau. »

Petit Jean : « Sois en digne, Allan… ou je te découpe en morceaux ! »

Allan, souriant : « Je te le promets ! »

Ils remontèrent tous vers la maison et les chevaux qui attendaient attachés à l’enclos en face de la demeure.

Robin, mettant sa main sur l’épaule de Percy : « Je te remercie d’accueillir Petit Jean chez toi pendant quelques temps. »

Percy, serrant la main que Robin lui tendait : « Oh mais il n’y a pas de quoi. Vous savez, depuis que j’ai perdu ma femme, il y a quelques années, la maison me paraissait bien vide. Alors cela me fait très plaisir d’avoir de la compagnie. »

Robin : « Merci encore. »

Puis il monta sur son cheval. Le reste de la troupe l’imita.

Robin, avant de talonner son cheval, à Jean : « Et surtout, veille bien sur ton vieux père ! »

Jean, souriant, le regardant s’avancer : « Promis ! »

Petit Jean, feignant d’être vexé : « Vieux ? Moi ?... Non mais attends un peu, tu vas voir… »

Robin fit un clin d’œil à Jean avant que Petit Jean ne soit à sa hauteur puis il s’éloigna. Jean lui répondit par un grand sourire. Puis tout le reste de l’équipe rejoignit Robin sur la route qui les ramenait à Sherwood. Jean s’avança sur le chemin en leur faisant au revoir de la main.

Puis brandissant son insigne devant lui, il leur cria à pleins poumons : « Nous sommes Robin des bois ! »

Au loin, Robin entendit les dernières paroles de Jean qui lui allèrent droit au cœur. Mais comment Jean pouvait-il les connaître ? Ce n’était certainement pas son père qu’il les lui avait apprises car il n’en avait pas encore eu le temps. Tous en déduisirent que c’était Allan qui avait dû les lui enseigner.

Si ces paroles firent du bien à l’âme de Robin et de ses compagnons, il en aurait été autrement pour un autre habitant de Nottingham. Depuis son retour de Terre Sainte, le shérif ruminait sa défaite en vilipendant comme à son habitude le pauvre Gisborne. Il le rendait évidement responsable de l’échec de la mission. Pendant les quelques semaines qui suivirent son retour, le shérif se cloîtra dans son château appréhendant les représailles que le Prince Jean n’allait pas manquer de lui infliger.

Mais ce temps n’était pas perdu pour tout le monde. Car il permit à Gisborne de se remettre de sa blessure et de poursuivre de ses avances la belle Marianne. A la sortie d’un conseil des nobles au cours duquel le shérif s’était fait représenter par Gisborne, Marianne essayait de lui échapper pour la énième fois de la journée quand un serviteur s’adressa à Gisborne.

Le serviteur : « Monseigneur, le shérif vous demande sur les remparts. »

Gisborne, dans sa tête : « Oh non, ça y est ! Mes vacances sont terminées. »

Gisborne à Marianne : « Lady Marianne, veuillez m’excuser ! »

En effet, les jours passants et aucunes représailles n’ayant eu lieues, le shérif se rassura en pensant que le Prince Jean ne voulait pas le punir et qu’il lui donnait implicitement une autre chance. Du moins, c’est ce qu’il croyait. Alors, il se mit à réfléchir au moyen de rentrer dans les bonnes grâces du Prince.

Marianne fit un signe de tête à Gisborne et dans son esprit : « Ouf… C’est bien la première fois que je suis contente grâce au shérif… Les remparts ? Mais que fait-il sur les remparts ?... Que prépare-t-il encore ? »

Gisborne se posait la même question lorsqu’il monta les escaliers menant aux remparts qui faisaient face à la forêt de Sherwood.

Gisborne, souriant et dans sa tête : « Peut-être prépare-t-il un plan pour raser la forêt afin de faire sortir Locksley de sa tanière ? »

Mais il fut surpris car il ne trouva pas le shérif face à l’Ouest mais regardant plutôt vers le Sud.

Gisborne, se plaçant derrière lui : « Monseigneur, vous m’avez fait demander ? »

Le shérif, perdu dans ses pensées, ne répondit pas.

Gisborne, insistant, se déplaçant sur la gauche : « Monseigneur ? »

Le shérif : « Hum ? »

Gisborne, insistant : « Monseigneur ! »

Le shérif se tourna finalement vers lui.

Le shérif : « Ah Gisborne !... Vous voilà enfin ! »

Gisborne ne releva pas la remarque culotée du shérif.

Le shérif : « Je pense avoir trouvé un moyen de revenir dans les bonnes grâces du Prince Jean après votre désastre en Terre Sainte. »

Gisborne, préférant ignorer la dernière partie de sa phrase : « Et comment, Monseigneur ? »

Le shérif passa devant lui et reporta son attention sur la forêt de Sherwood.

Le shérif, pensif : « Hum… Plus tard, Gisborne... Plus tard… Avant cela, il va falloir s’occuper de notre ami… »

Le shérif se perdit une fois de plus dans ses pensées en reportant son regard sur l’horizon laissant Gisborne dans l’ignorance.

Mais celui-ci se doutait bien que, dans la tête de ce perfide individu, se préparait un plan qui, d’une manière ou d’une autre, mettrait en difficulté son ennemi juré, Robin des bois.

Gisborne, sourire en coin, se joignit au shérif et perdit, à son tour, son regard dans la forêt de Sherwood.

 


byoann  (24.02.2014 à 09:25)

Voici la lettre décodée reçue par le shérif de Nottingham dans le chapitre XIV :


byoann  (24.02.2014 à 09:35)

Activité récente
Dernières audiences
Logo de la chaîne France 3

Vanina - Un vicequestore a Catania, S02E03
Dimanche 7 juin à 21:10
2.22m / 13.3% (Part)

Logo de la chaîne M6

NCIS, S23E03
Samedi 6 juin à 21:10
0.85m / 5.6% (Part)

Logo de la chaîne France 2

Haute saison, S01E04
Vendredi 5 juin à 22:00
2.82m / 20.3% (Part)

Logo de la chaîne France 2

Haute saison, S01E03
Vendredi 5 juin à 21:10
3.25m / 20.6% (Part)

Logo de la chaîne France 3

Un si grand Soleil, S08E199
Vendredi 5 juin à 20:40
1.47m / 9.7% (Part)

Logo de la chaîne TF1

Demain nous appartient, S09E200
Vendredi 5 juin à 19:15
1.86m / 15.6% (Part)

Logo de la chaîne TF1

Demain nous appartient, S09E199
Jeudi 4 juin à 19:15
2.08m / 15.0% (Part)

Logo de la chaîne TF1

Grey's Anatomy, S22E16
Mercredi 3 juin à 22:00
1.49m / 10.1% (Part)

Toutes les audiences

Actualités
Joshua Jackson rejoint la saison 3 de Your Friends & Neighbors

Joshua Jackson rejoint la saison 3 de Your Friends & Neighbors
Après The Affair et plus récemment Doctor Odyssey, Joshua Jackson s'offre un nouveau projet télévisé...

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs anglophones

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs anglophones
Plusieurs nouvelles séries sont à découvrir cette semaine du côté des diffuseurs anglophones....

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs francophones

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs francophones
Les diffuseurs francophones européens vous proposent une dizaine de nouvelles fictions. Lesquelles...

La Petite Maison dans la Prairie a recruté Nellie Oleson et deux personnages emblématiques

La Petite Maison dans la Prairie a recruté Nellie Oleson et deux personnages emblématiques
Alors que la saison 1 du reboot de La Petite Maison dans la Prairie n'arrivera sur Netflix que le 9...

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs francophones

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs francophones
Sept séries sont à découvrir cette semaine du côté des diffuseurs francophones. Allez-vous regarder...

HypnoRooms

ShanInXYZ, 01.06.2026 à 20:39

Nouveau mois sur les quartiers Cat's Eyes et Doctor Who, n'hésitez pas à passer

CastleBeck, 02.06.2026 à 11:38

Bannières et thème en vote, si vous avez 30 secondes pour cliquer. Merci.

choup37, Avant-hier à 12:26

Nouveaux sondages sur kaamelott et Doctor Who

ShanInXYZ, Hier à 02:07

Nouveau sondage sur le quartier Cat's Eyes, pas besoin de connaître la série

Luna25, Hier à 08:58

Nouveau mois sur les quartiers Legends of Tomorrow, Reign et Supernatural, n'hésitez pas à passer !

Viens chatter !

Newsletter

Les nouveautés des séries et de notre site une fois par mois dans ta boîte mail ?

Inscris-toi maintenant

Sondage

Un peu d’amour dans un monde de brutes. Parmi ces couples, lequel aviez-vous vu venir dès le départ ?

Plus d'infos / Commenter

Total : 58 votes
Tous les sondages