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Torchwood Sans Dessus Dessous

Série : Torchwood
Création : 17.12.2009 à 15h18
Auteur : cachecache 
Statut : Terminée

« Fanfiction libre. Le but est d'écrire une histoire un peu, voire même très rocambolesque. Toute les informations et consignes sont sur le forum, partie jeux topic du même nom! A vos plumes... » cachecache 

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Jeu n° 3

Titre proposé: Mandela, Monroe et les autres...

 

        Une fois n'était pas coutume, l'équipe était de sortie. Grand Seigneur, Jack les avait invités à dîner dans un restaurant sans prétention mais délicieux et sympathique. Puis ils avaient décidé de finir cette soirée spéciale dans un pub.

Owen avait mit la bonne humeur plutôt contagieuse de leur chef sur le compte d'une relation plus que fructueuse avec le tea-boy. Une relation amoureuse encore non officielle mais qui se transformait en secret de polichinelle. Dans tout les cas, depuis quelques temps, l'humeur de l'équipe était au beau fixe. Cela changeait un peu.

Installés sur les banquettes du pub bondé, les 4 équipiers de Torchwood devenaient soudain membre à part entière d'une humanité normale, avec des préoccupations normales.

Owen, assis entre Gwen et Tosh était aux anges. Il avait lancé un jeu idiot avec Gwen à propos du nombre de bières qu'ils pourraient boire sans éclater de rire. Souriante, Tosh sirotait son soda, se contentant de secouer la tête à chaque bière qui arrivait sur la table, mais ne manquait pas de faire comprendre qu'elle se posait en arbitre impartial dans ce jeu absurde.

Ianto, coincé entre le mur et un Jack très très entreprenant, savourait, l'air béat, la simple sensation de faire partie de l'équipe et de voir Jack si attentif. Ce dernier n'avait-il pas fait changer Gwen de place pour pouvoir être seul près de lui? Et puis parfois, une main baladeuse ou caressante s'invitait sur son genou ou son épaule. Des gestes naturels d'affection ou de désir que Ianto dégustait bien plus que son unique pinte de bière.

La soirée avançant, l'ambiance aidant, les langues se déliaient aussi vite que les voix montaient. Et particulièrement entre deux gars au comptoir. Le ton monta vite et bientôt tout le monde comprit le sujet de leur dispute. L'un se disait Afrikaner ayant été contraint de quitter l'Afrique du sud à cause de Nelson Mandela, l'autre défendant la cause des noirs avec virulence. Ennuyé de les voir se donner ainsi en spectacle, le patron tentait de les arrêter poliment, en vain.

Jack lança un clin d'oeil à son équipe.

– Bougez pas! Je m'en occupe...

Les 4 autres n'eurent pas le temps de réagir, Jack intervenait déjà auprès des deux clients surpris. Ils acceptèrent pourtant de le suivre dehors sans faire d'histoire tandis que le pub retrouvait son ambiance normale. Les équipiers de Torchwood se regardèrent, étonnés. Surtout que Jack revenait seul et s'asseyait déjà auprès de Ianto comme si rien n'était arrivé. Gwen parla la première:

– Ben... Où sont passés les deux autres?

– Oh! Ils ont décidé de rentrer chez eux.

Tosh intervint:

– Mais... comment tu as fait pour...

– Quand je leur ai dit que Nelson Mandela n'aurait jamais voulu les voir se disputer de cette façon, ils se sont arrêté.

– Comment ça? Sans s'énerver?

– Il faut croire que je suis convaincant... Surtout que c'est exactement ce que me disait Nelson. Il ne voulait pas voir son peuple continuer à se déchirer. Un type formidable...

Gwen, Tosh et Ianto écarquillèrent les yeux tandis que Owen secouait la tête en ricanant:

– Ouais... C'est ça... Arrête de nous faire le coup à chaque fois, Harkness... Si tu as connu Mandela, moi je suis Marylin Monroe...

Tosh pouffa en complétant:

– Au moins une qu'il n' a pas rencontrée...

Les yeux de Jack brillèrent. Et devant son regard amusé, Owen affirma, plutôt incrédule:

– Non! Non? Mais arrête de te foutre de nous, Jack! Tu peux pas avoir connu tout le monde, c'est impossible!

Sans répondre, une lueur amusée dans les yeux, Jack se contenta de boire une gorgée d'eau.

– Rien n'est impossible à Torchwood, Owen, déclara Tosh amusée. Moi je te crois, Jack.

Déjà un peu ivre, Gwen reposa sa bière l'air décidé.

– Moi aussi... Tu me dirais que tu t'es envoyé les gardes du corps d'Elvis, je te croirais, de toute façon.

– Hm... Pas d'Elvis... Des Beattles... Des gars charmants, d'ailleurs, compléta Jack, l'air innocent, l'oeil malicieux.

L'air ahuri d'Owen, déclancha l'hilarité de ses 3 collègues qui se mirent à le charrier gentiment. Jack, souriant, se pencha vers le jeune homme, bougon.

– Tu devrais plutôt être content. Tu as gagné ton pari...

En l'entendant, Gwen s'arrêta net de rire pour protester. Owen, tout content, soutenu par Tosh soudain partisane, se fit un plaisir de malmener une Gwen mauvaise joueuse.

Jack se pencha alors vers Ianto pour lui glisser à l'oreille, l'air entendu:

– Ça me rappelle que nous avons un dossier à boucler d'urgence... Tu m'accompagnes à la base?

– Aucun problème, Capitaine.

Jack se leva, enfila son manteau, suivi par Ianto.

– Bonne fin de soirée, les enfants... Profitez-en bien... Ianto et moi, nous avons encore à faire à la base.

Les 3 autres les saluèrent en riant, montrant qu'aucun n'était dupe du manège.

– Pensez juste à venir au boulot demain, laissa tomber Jack en partant, déclanchant une vague de fous rire au milieu de son équipe.

Jack et Ianto retrouvèrent l'air frais de la rue presque déserte.

– On rentre à pied? J'ai envie de marcher un peu.

– Ok!

Ianto aurait tout accepté pour profiter seul de son Capitaine. Tout pour apprécier ce moment complice et calme auprès de l'homme qu'il aimait plus que tout. Mandela, Monroe, Elvis et les Beattles seraient alors loin... très loin...


evalyre  (20.04.2010 à 13:33)

Ianto et Jack déambulaient nonchalamment le long des quais de Cardiff, profitant de la vue, magnifique, et surtout profitant l’un de l’autre. Les moments où ils étaient seuls, tous les  deux, étaient trop rares à leur goût. Ils marchaient donc lentement, prolongeant leur plaisir. Epaule contre épaule, ils discutaient à bâtons rompus. Au beau milieu de la conversation, Ianto déclara tout net :

— Finalement, je n’ai pas trop envie de retourner au Hub !

— Et pourquoi donc ? demanda Jack, un peu déçu : il avait espéré une nuit câline ! Et dans ce cas, où voudrais-tu aller ?

— Je ne t’ai jamais emmené chez moi, me semble-t-il ! Cela te tenterait, une soirée bien bourgeoise pour une fois ? Télé, cacahuètes, biscuits, café… et pousse-café ?

— C’est bien tentant en effet, surtout les cacahuètes… J’en rêve depuis des années.

Ianto éclata de rire et la promenade reprit dans une direction différente et en silence cette fois. Jack souriait au souvenir de la soirée. Comme il était facile de surprendre ces jeunes coéquipiers ! Et comme ils étaient crédules parfois ! Jack n’avait pas pu s’empêcher de frimer un peu : les gardes du corps des Beatles, non mais !! Pour le reste cependant, il n’avait pas menti ou si peu ! Juste à ce moment, Ianto brisa le silence et sa question surprit Jack :

— Tu as vraiment connu Marylin Monroe ?

Ianto lirait-il dans ses pensées ?

— Et oui ! Je l’ai rencontrée une fois ou deux pendant le tournage de « Certains l’aiment chaud » en compagnie de Tony Curtis. Déguisé en femme, il vaut son pesant d’or !

— Et Nelson Mandela ?

— je lui ai effectivement parlé.

Admiratif et de plus en plus curieux, Ianto poursuivit :

— Et les Beatles ?

— Eux, je les ai vus en concert à leurs débuts, à Liverpool, au Cavern Club.

— Alors, tu ne les connais pas vraiment ? Et leurs gardes du corps non plus, par conséquence ? Tu n’es qu’un menteur, Jack  Harkness ! Toujours à épater la galerie, hein ?

Jack sourit d’un air faussement contrit. Il adorait ces petites escarmouches avec Ianto et surtout les réconciliations qui suivaient immanquablement.

 

Absorbés par leur fausse querelle, les deux hommes ne remarquèrent pas une ombre furtive qui les suivait, une ombre au profil un peu bizarre, une ombre peu humaine.

 

Ianto fit les honneurs de son appartement et tout en montrant ses trésors à Jack, il continuait à le harceler de questions

— Et Kennedy, tu l’as rencontré ? Tu sais qui l’a assassiné ?...

Etc., etc.

Jack se contentait de rire et, arrivé dans la chambre à coucher, dont Ianto semblait très fier, il décida d’en finir. Les armes étaient là à portée de sa main : deux gros oreillers apparemment fort moelleux et très doux au toucher. Marron foncé, ils tranchaient sur un polochon d’une blancheur immaculée sur lequel ils reposaient. Jack s’empara prestement de l’un d’entre eux et visa Ianto à la tête ; avant que le jeune homme, surpris, n’ait eu le temps de réagir, Jack avait lancé le second oreiller avec la même précision. Cette fois, Ianto put riposter, il fit main basse sur le polochon et s’en servit comme d’un bélier pour renverser Jack sur le lit. Ce qui ne fut pas bien difficile, tant Jack s’étouffait de rire, mais cela ne l’empêcha pas d’agripper son compagnon et de le faire tomber sur lui. Très rapidement, ils oublièrent oreillers et polochon pour ne plus s’occuper que d’eux-mêmes.

 

Pendant ce temps, dans la ruelle jouxtant l’immeuble de Ianto, l’ombre s’était immobilisée et attendait patiemment, grignotant des friandises.

 

Le lendemain matin, Jack fut réveillé par les rayons du soleil qui illuminaient la chambre de Ianto. Au souvenir de la soirée et surtout de la nuit, inoubliable, il fut immédiatement submergé par une vague de bonheur. Il serrait dans ses bras le compagnon qu’il chérissait : sa douceur, sa fraicheur, sa mollesse… Sa mollesse ? Jack ne reconnaissait pas le corps de son amant. Il ouvrit grand les yeux et s’aperçut qu’en réalité, c’était le polochon qu’il serrait dans ses bras. Immédiatement, le sentiment de bonheur qu’il avait ressenti au réveil, fut remplacé par de l’inquiétude puis par de la panique lorsqu’il aperçut les plumes qui voletaient dans les rayons de soleil, s’échappant de plusieurs déchirures dans le polochon et surtout les quelques gouttes de sang qui tâchaient son enveloppe hier soir parfaitement blanche. Il se rua dans les autres pièces. Vides ! Ianto avait bel et bien disparu et, apparemment, il n’avait pas pris la peine de s’habiller, ou on ne lui avait pas laissé le temps de le faire.

 

En bas, dans la ruelle, au pied de l’immeuble, il ne restait de la présence de l’ombre que quelques papiers de bonbons… et quelques plumes du polochon qui voltigeaient au gré du vent frais du matin.


tessa  (24.04.2010 à 00:17)

Avec sa vivacité d’esprit qui le caractérisait, associé à son talent inné de l’action méthodique et ciblée, Jack, toujours sur le coup de l’inquiétude, réussit pourtant à faire quatre choses en même temps.

Il se rhabilla. Il récupéra les vêtements de Ianto ainsi que la taie du polochon , du moins ce qu’il en restait. Il contacta son équipe pour les mettre au parfum. Et repéra assez vite, à deux pas de la porte, un petit papier froissé et brillant sous les rayons qui filtraient timidement à travers les fenêtres de la chambre. Il le ramassa, intrigué. Une papillote de bonbon? Il l’a plongea dans sa poche. Ianto était du genre maniaque, et ce papier n’était pas là hier. Il en était persuadé.

- Quoi? Ianto se balade quelque part tout nu ? Se moqua Owen, au téléphone. Arrête tes fantasmes Harkness tu veux!

- Il est vraiment tout nu? Se renseigna Gwen, légèrement aguichée par l’idée qui se dessinait dans son esprit de midinette. Rhys avait fait la gueule la veille au soir et la jeune femme avait dû dormir à l’auberge du cul tournée. Il n’en fallait pas plus pour l’émoustiller, de bon matin.

- Non, il a gardé son caleçon et ses chaussures.

- Ah je le croyais moins frileux avec toi, continuait Owen, ravi.

- Stop Owen ! Tu as vu le froid qu’il fait? Il faut le retrouver avant qu’il ne se congèle sur place! Tosh, quadrille toute la ville au millimètre près. Owen et Gwen, rejoignez-moi sur les quais d’ici 10 minutes. Je vous ramène des devoirs.

En quittant l’appartement de Ianto, son barda sous le bras, Jack marcha jusqu’au coin de la rue, dans une ruelle sombre et abritée. Ses yeux furent happés par un petit tas de papiers de bonbon identiques à celui retrouvé chez le jeune homme.

Jack les ramassa tous en se servant de la taie pour ne pas effacer les éventuelles traces d’ADN, puis il courut rejoindre ses acolytes.

- C’est quoi tout ça? Tu te lances dans la friperie? Lui lança Owen, frigorifié mais de bonne humeur , visiblement.

Jack le fixa, d’un air sévère.

- Tu as froid? Alors imagine Ianto en ce moment…

- Calme-toi, Jack. Dit Gwen en le débarrassant de son encombrant colis. Il y a sûrement une explication à sa disparition. Vous vous êtes disputés?

- Oui, à coup de polochon. Si tu vois à quel genre de dispute je fais allusion.

Il extirpa la taie du lot que Gwen tenait dans ses bras et la tendit à Owen.

- Examine-moi ce sang, Owen, immédiatement!

Le visage des deux jeunes gens se crispèrent.

- C’est le sang de…Ianto? Fit Gwen, soudainement prise d’angoisse.

- C’est fort probable. Tosh? Dit-il via son intercom. Tu as trouvé quelque chose?

- Non, Jack. Je fais un scan complet de son quartier mais rien pour le moment. Je suis désolée.

- Continue. Owen, tu fais quoi là? Tu devrais déjà être en train d’analyser ce tissu.

Le médecin manipulait avec soin la taie ensanglantée mais son attention était toute aux petits poils de duvet qui y étaient encore accrochés.

- Owen !!!

- Ceci n’est pas du duvet, Jack. S’exclama-t-il triomphant, en brandissant uns touffe de poils blancs.

- Quoi? Firent en chœur Jack et Gwen.

- On dirait du poil à gratter. Regardez, ça ne ressemble pas à des plumes. C’est évident comme le nez au milieu de la figure.

- Et comment sais-tu que c’est du poil à gratter? Lui demanda Gwen, moqueuse.

- Parce que je suis en train de me gratter la main jusqu’au sang, lâcha Owen, qui labourait effectivement sa main gauche de ses ongles. Putain, c’est atroce.

- Tu veux dire que ce polochon est bourré de ce truc?

- Non, Jack, le reste c’est bien du duvet, des plumes d’oie. Classique.

- Tu es peut-être allergique aux plumes d’oie? Déclara Jack, sans réfléchir.

La mine déconfite du médecin le mit dans une colère noire. L’heure n’était pas à l’amateurisme.

- Tu es allergique ???????

- Eh bien, c’est possible. Je n’y avais pas pensé.

- Triple andouille ! Au boulot, Owen, ou c’est moi qui vais te gratter jusqu’aux os !

Gwen ne put s’empêcher de pouffer.

- Gwen, avec moi. On va s’acheter des confiseries. Le sucre c’est excellent pour l’effort physique et on ne se reposera pas tant qu’on n’aura pas retrouvé Ianto.

La jeune femme et Owen échangèrent un regard incrédule puis l’équipe se sépara pour agir au plus vite.


chrismaz66  (04.05.2010 à 13:41)

Tosh eut soudain une idée. Elle se tourna vers son capitaine et le petit sourire qu'elle avait s'effaça de son visage à la vue de la mine soucieuse de Jack.

- J'ai une idée, Jack. Si on résume, Ianto a disparu chez lui alors que tu étais à ces côtés. Tu n'as rien vu ni rien entendu pourtant ce n'est pas ton genre. Il n'y a rien sur les caméras de surveillance mais ça ne veut rien dire car certaines zones ne sont pas filmées. Tu n'as pas d'indices si ce n'est les quelques gouttes de sang sur ce polochon et ces papiers de bonbons. Ils sont bien liés à l'affaire puisque celui que tu as trouvé dans l'appartement est le même que ceux de l'extérieur. Je vais donc analyser ces papiers afin de trouver de l'adn, une empreinte digitale ou n'importe quel renseignement qui pourra nous être utile. Ne t'inquiètes pas, on va le retrouver sain et sauf.

Owen ne put s'empêcher de faire l'idiot pour détendre l'atmosphère.

- Ouais, t'inquiètes pas, Capt'ain, le coffee boy va réapparaître comme si de rien n'étais, tu le connais.

Jack regarda son collègue mais ne dis rien, trop inquiet pour relever.

Tosh était déjà plongée dans ses recherches et plusieurs heures passèrent pendant lesquelles l'équipe était sortie afin de fouiller le moindre recoin entre le hub, l'appartement de Ianto et les environs à la recherche d'indices ou de témoins. Soudain jack reçut un appel. Il activa son oreillette, comme les deux autres et une Tosh réjouie s'adressa à eux.

- J'ai trouvé quelque chose, Jack. Aucune trace sur les papiers de bonbons, par contre j'en connais la marque!

- Et en quoi ça nous avance? Tu veux les mêmes? Owen était goguenard.

Mais non, idiot. Il ne s'agit pas de bonbons traditionnels. C'est une nouvelle marque que produit une entreprise récemment installée sur les quais de Cardiff. La société Arc-en-ciel.

- C'est quoi ce nom idiot? Le jeune docteur avait l'air vexé de s^'etre fait traité d'idiot.

- Arrêtes de m'interrompre, Owen, sinon Ianto risque de ne pas revenir. En fait, cette fabrique est une énigme, un peu comme la chocolaterie de Willy Wonka. Personne ne connaît le patron, ni les employés. Les rares témoignages parlent d'ombres mystérieuses, de silhouettes allongées et plutôt bizarres. Mais le plus inquiétant vient des bonbons. Il semblerait qu'ils aient des effets bizarres. Le nom de l'entreprise n'est pas du au hasard: arc-en-ciel. Les papiers des bonbons et les bonbons eux-mêmes ont chacun une couleur de l'arc-en-ciel et, en fonction de celle-ci, leur humeur semble altérée. Le violet donne des pensées suicidaires, le bleu conduit à une attitude amoureuse, le vert donne envie de vivre en harmonie avec la nature et de se dénuder entre autre, le jaune réveille les jalousies endormies, le orange nous fait avoir peur et le rouge déchaîne les colères les plus violentes.

Quelques secondes de silence accueillirent ces informations.

- Mais qu'allons-nous faire et quel rapport avec Ianto? Tu crois qu'il est dans cette fabrique?

Tosh reprit la parole. En fournissant ces explications à ses collègues, la jeune femme avait continué ses recherches.

- Jack, le pire reste à venir. Je viens de trouver quelque chose qui ne me rassure pas vraiment. Ianto n'est pas le premier à disparaître ainsi. Sur le dernier mois, il y a eu pas moins de cinq disparitions inexpliquées. Tous des hommes, à leur domicile. Leurs compagnes ou amis ont tous dis à la police avoir trouver des emballages de bonbons arc-en-ciel et quelques tâches de sang sur les draps ou les oreillers.

- Ok, merci Tosh. Bon, pas de panique. Nous devrions faire une descente dans cette mystérieuse fabrique et voir ce qu'il en retourne.

 


owhar  (05.05.2010 à 14:46)

Une goutte tombait sur un évier en métal, plic, plic, plic, un son horripilant, une espèce de torture mentale pour l'homme qui se trouvait attaché dans la pièce sombre.

Ianto avait repris connaissance, quelques minutes auparavant. Sa tête lui faisait un mal de chien, un goût de sang lui emplissait la bouche et le nez. Il avait la gorge douloureuse, comme s'il avait avalé du papier de verre et une vague nausée lui retournait le cœur.

Il tenta de bouger les bras, mais évidemment il était attaché, assis sur une chaise dure, les bras dans le dos. Il remarqua qu'il portait  heureusement son caleçon et ses chaussures. La pièce était humide et fraîche, il le sentait sur sa peau, peut-être une cave. Il tenta de crier mais il n'émit qu'un petit croassement ridicule qui lui déchira la gorge.

Ok, il respira profondément, tentant d'analyser la situation. Torchwood l'avait bien entrainé, après tout. Mais il n'aimait pas ça du tout. Il s'obligea à revivre les évènements de la soirée. Elle avait si bien commencée, Jack les avait titillés avec ses soi-disant coucheries avec des célébrités, la bataille de polochons et ce qui en avait suivi. Malgré sa position particulièrement pénible et angoissante, il ne put réprimer une vague chaude et puissante l'envahir à cette pensée. Il s'en trouva ragaillardi. Jack n'allait sûrement pas le laisser tomber, ni lui, ni ses amis.

Il se força à revenir à la situation présente, bien moins agréable. Il tenta de se rappeler comment il avait atterri ici. Après la séance de gymkhana amoureux, il s'était endormi dans les bras de Jack.

Puis… puis, il avait du mal à se rappeler, un son remonta dans sa mémoire, quelque chose qui tintinnabulait légèrement. Il se souvint avoir été réveillé par ce bruit agaçant. Il avait enfilé caleçon et chaussures pour découvrir ce que c'était. Il n'avait pas voulu réveiller Jack, jugeant qu'il avait besoin de sommeil.

Il s'en mordait les doigts maintenant. Il avait visité son appartement sur la pointe des pieds sans trouver la source du son. Il se rappela être retourné auprès de Jack. Une odeur étrange flottait dans la pièce, une odeur qui n'appartenait pas au Capitaine, quelque chose de sucré, doucereux avec une pointe de cannelle qui cachait un relent corrompu.

Jack dormait la bouche ouverte, bizarrement inconscient de sa présence, abruti de sommeil. Il se pencha sur lui, pour l'embrasser et il sentit sur son visage la même odeur étrange. Drogué ! Il venait de comprendre quand un mouchoir s'écrasa sur son nez et sa bouche. L'odeur le submergea, lui coupant les jambes, lui noyant le cerveau dans des brumes grises.

D'instinct, il s'était débattu et son assaillant lui avait appuyé si fort sur le nez qu'il l'avait cru brisé. Il avait reniflé fortement en sentant le sang couler et ce qui imbibait le tissu lui avait totalement tourné la tête. Il avait perdu connaissance pour se réveiller ici. Il sentait les effluves qui restaient encore sur sa peau, ce n'était pas du chloroforme, mais cela avait été fichtrement efficace.

Ianto releva soudain la tête, il entendit le même bruit, ce tintinnabulement qui se rapprochait de lui. La lumière inonda brutalement la pièce révélant le lieu où il se trouvait.

Les murs étaient carrelés de blanc, deux paillasses immaculées, dotées de tout le nécessaire du parfait petit chimiste, se faisaient face. Un laboratoire, il enregistra le plus de détails possible avant que la porte qui lui faisait face ne s'ouvre : des fenêtres aux volets clos, des instruments soigneusement rangés et nettoyés, un tableau blanc où s'inscrivaient des colonnes de chiffres, des formules, un ordinateur qui s'alluma sous ses yeux, et plus étrangement, des bonbons de toutes les couleurs dans des tubes à essai.

Le bruit s'intensifia, la porte s'ouvrit et il découvrit un personnage bizarre. Le corps courbé, mince, chauve et le teint gris, presque cuit par les produits chimiques, l'homme referma la porte silencieusement. Le bruit qui avait tant intrigué Ianto provenait d'un grand nombre de chaînes et de colliers métalliques autour de son cou maigre et noueux, qui dansaient au moindre de ses mouvements. Cela créait une drôle d'impression comme si Ygor, le fidèle serviteur du Docteur Frankenstein, jouait les danseuses indiennes. Ianto resta impassible, même s'il commençait à s'angoisser sérieusement. Dans quoi était-il tombé ? Et comment allait-il sortir d'ici ?


Rhea01  (07.05.2010 à 19:31)

L'individu, sans un regard pour son prisonnier, s'installa devant son ordinateur afin d'établir un nouveau protocole de travail. Il avait déjà testé l'effet de  quelques confiseries, mais aujourd'hui il tenterai une nouvelle expérience. Il avait prévu de donner à son nouveau cobaye, un cocktail qu'il espérait explosif. Il sorti d'un frigo 6 tubes contenant chacun un liquide de couleur différente, les installa sur un diluteur et démarra la machine.

Ianto, face à l'indifférence du personnage singulier qui déambulait tranquillement dans la pièce, sentait la peur l'étreindre. Tous ses sens lui criaient qu'il devait absolument fuir ce lieu. Il tenta de se défaire de ses liens mais compris rapidement qu'il ne pourrait pas se libérer seul. Malheureusement les efforts qu'il venait de fournir n'étaient pas passés inaperçus. Il avait attiré l'attention sur lui et commençait à le regretter amèrement. L'homme le toisa. Son sourire détraqué découvrait des dents pourries et déformait les traits de son visage. 

-Eh bien je vois qu'on s 'agite! Pauvre petite chose tu sembles perdue, effrayée. N'espère aucun secours, cet endroit est une véritable forteresse. Tu es à moi. Tu n'imagines pas ce que j'ai dû payer pour avoir un spécimen de ta qualité. Abandonne tout espoir, car tu finiras sous peu ta vie ici et ton cerveau ira rejoindre, dans un bocal, celui de tes cinq prédécesseurs. Je sais, je sais, c'est un peu cruel mais je n'ai rien trouvé de mieux que l'expérimentation animale pour faire avancer mes recherches.

Une alarme retentit dans le laboratoire, le savant  s'interrompant,  se dirigea vers l'appareil qu'il avait utilisé plus tôt. Il en sortit une éprouvette contenant une solution vermeil. Il lui fallut une heure de travail pour cristalliser le liquide et obtenir une pastille.

Il s'approcha, pinça méchamment le nez du gallois qui à bout de souffle  finit par ouvrir la bouche  et avaler contre son gré le bonbon rouge que l'homme venait de fabriquer.

Ianto sentit la drogue se répendre insidieusement dans son organisme, ses muscles se contractèrent douloureusement, ses pensées devenaient incohérentes. Submergé par une rage insensée, il écumait, rugissait, se débattait comme un fauve. La chaise ne résista pas à cette violence et céda. Le jeune homme libéré  se rua sur le seul être vivant présent. Ses mains s'étaient déjà refermées sur le cou rachitique de son ennemi lorsque la porte du laboratoire s'ouvrit brusquement.


ozias  (09.05.2010 à 16:29)

Paprika.

Le docteur démoniaque profita de l'aubaine pour échapper aux griffes de Ianto. Il pulvérisa un spray toxique en plein dans le visage de son assaillant et disparut à travers une trappe secrète qui se trouvait derrière son plan de travail haute technologie. Le produit lui brûlait les yeux et la peau mais dès que Ianto entendit la voix nasillarde d'Owen, il se redressa et appela à l'aide.

Très vite il entendit des voix féminines. Deux jeunes femmes l'aidèrent à s'asseoir tandis que le médecin lui prodiguait les premiers soins. La douleur sur son visage était insoutenable.

- Reste calme, Ianto !

Ianto sentit un liquide froid couler dans ses yeux qu'Owen ouvrait en un quart de seconde, d'un geste habile, rapide et professionnel.

- Comment te sens-tu? demanda Tosh, qui se tenait à sa droite.

- Qui êtes-vous?

- Quoi? Tu es sérieux, teaboy? Maintenez-lui les bras que je puisse lui administrer un calmant sans qu'il ne me mordre.

Gwen et Tosh s'exécutèrent mais le jeune homme recouvrait peu à peu la vue et paniqua devant ces trois personnes qu'il ne connaissait ni d'È ve ni d'Adam.

- Laissez-moi partir !!!! Rugit-il en se levant avec rage.

Il renversa le kit de soins d'Owen et courut vers la porte. Quitter cet endroit et ces inconnus malveillants à tout prix, en caleçon ou en smoking, aucune importance. Ianto bavait, salivait, éructait, transpirait, et grognait de colère, de confusion, de douleurs au crâne et de pulsions sexuelles. Passée la porte , il tourna à gauche et aperçut une ombre imposante qui avançait vers lui trop vite, beaucoup trop vite. Ianto prit peur. L'homme portait un long manteau sombre et tenait une arme à la main. Ianto referma la porte à clé derrière lui, enfermant ainsi les trois personnes dans le labo. Mais l'homme fut dans son dos avant qu'il n'ait eu le temps de se retourner pour l'affronter. Il sentit deux grands bras costauds lui serrer la taille.

- Ianto, tu es sain et sauf, j'ai eu très peur.. .lui murmurait l'homme dans sa nuque.

- Ne me touchez pas ! Je vais vous égorger !!!

Ianto lui asséna un coup de tête d'une force inouï e. L'homme bascula en arrière et heurta le mur en face. Toujours possédé par la drogue non identifiée du petit homme chauve et malingre, Ianto se rua sur l'homme au manteau et le roua de coups de poings au visage et à l'estomac. L'homme perdit l'équilibre et Ianto le saisit par le col pour le relever. C'est là qu'il croisa pour la première fois de sa vie le regard azur le plus magnifiquement sexy du monde.

la bave aux lèvres, il embrassa goulûment la bouche en sang de l'homme et défit sa ceinture. Mais l'homme sexy le plaqua au mur et le neutralisa d'une décharge électrique qui l'envoya à terre.

- Mais qu'est-ce qu'il a bouffé..?

Jack éternua à plusieurs reprises, puis se racla la gorge qui lui piquait atrocement. Il eut l'impression qu'il allait dégobiller.

- Jack ! Jack! Ouvre la porte !

Le Capitaine libéra sa petite équipe et demanda à Owen de s'occuper de Ianto, allongé au sol.

- Jack, que s'est-il passé ici pour que tu nous le rendes dans cet état? Se plaignit le médecin braillard qui prenait déjà le pouls du jeune homme évanoui.

- Rien qui ne sorte de l'ordinaire, répondit Jack. Tosh , sors de ce labo ! Il ne me dit rien qui vaille...

- Il t'a cogné? Il t'a insulté? Il t'a dragué? Il t'a violé? Il a voulu fuir? demandait Owen, très sérieusement.

- En gros, oui, sauf pour le viol, je suis toujours consentant et puis il n'en a pas eu le temps. Pourquoi?

- D'après les résidus de ces éprouvettes, et ce que j'ai trouvé dans l'ordinateur, expliqua Tosh, Ianto aurait été drogué avec une sorte de concentré actif de tous ces bonbons aux couleurs arc-en-ciel, et aux pulsions les plus extrêmes.

Jack éternua encore, du sang coula de ses narines et Owen se précipita sur son patron pour lui venir en aide.

- Cette odeur est infecte ! râla Jack. C'est lui qui me l'a refilée, ce goût immonde dans sa bouche !

Owen respira l'haleine de Jack et grimaça.

- C'est pourtant vrai, on se croirait à Paprika-land ! C'est épicé mais nauséabond et un peu âpre...

- Jack !

Tosh l'appelait, la voix inquiète. Elle était restée dans le labo, comme fascinée par ces tubes colorés.

Jack, viens voir !

Gwen et le Capitaine entrèrent prudemment dans le labo, talonnés par Owen qui jeta un dernier coup d'oeil à Ianto. Tosh tenait une fiole plus petite que les autres et qui contenait un fond chimique et granuleux de couleur indigo.

- C'est quoi?

- C'est la septième couleur de l'arc-en-ciel, Jack. L'indigo. On ne la cite pas souvent car elle est plus fine et à peine visible mais elle existe. Et j'ignore quel effet elle peut induire sur une personne .

- L'amnésie, peut-être? proposa Owen. Sauf qu'après un tel trauma, l'amnésie est très fréquente et temporaire.

Tous réfléchissaient en silence quand la voix éraillée de Ianto depuis le couloir les tétanisèrent d'angoisse.

- Jaaaaaaaaaaaaaack !!!! Aide-moi, ils arrivent !!!! Je t'en supplie , sors-moi de là !!!! Jack !!!!

Jack courut dans le couloir, arme au poing. Bientôt imité par les autres. Ils étaient rompus à toutes les bizarreries de l'univers. Ils étaient blasés. Mais ce qu'ils virent en face, au bout du couloir étroit, ils s'en souviendraient tous encore dans cent ans !...

 

 


chrismaz66  (24.05.2010 à 10:47)

Ianto ouvrit les yeux. Il se demanda quelques secondes où il avait pu atterrir. Le décors lui parut familier, quoique incongru. La salle d'autopsie de Owen. La tête lui tournait, les idées pas toutes en place, mais une chose était sûre, il était sur la table d'autopsie, non pas attaché... Mais complètement sanglé. En essayant de bouger, il sentait les liens qui le maintenaient aux poignets, aux chevilles, la sangle qui lui traversait la poitrine et les jambes. Que se passait-il? Que faisait-il là? Pourquoi ainsi attaché?

Perdu, il allait essayer de crier pour appeler quelqu'un lorsque le doux visage de Gwen apparut das son champ de vision.

– Doucement... Reste tranquille, Ianto... Ça va aller.

Elle avait l'air épuisé, soucieuse, mais elle porta un verre à la bouche sèche de Ianto avec une douceur maternelle. La boisson fraîche et sucrée dissipa la brume de son cerveau et raffermit une voix défaillante.

– Gwen, qu'est-ce que je fais là? Pourquoi suis-je attaché?

Sans répondre, Gwen dégrafait les sangles, soulageant Ianto surpris de ne pas avoir de réponses.

– Gwen?

Elle le recouvrit d'une couverture avec tendresse.

– Ne t'inquiète pas, tout est fini... J vais appeler les autres... Reste là, surtout...

Elle s'empara d'un livre assez épais resté sur la chaise d'où elle l'avait veillé. Ianto continuait de l'interroger du regard. Gwen se méprit sur le sens de la vraie question. Elle montra son dictionnaire ambulant.

– Oh! J'essaie de lire la biographie de Mandela... Mais la préface m'a déjà donné mal à la tête... Je crois que je demanderai directement les infos à Jack...

Elle s'éclipsa avec un petit sourire presque géné. Ianto en resta ébahi. Il avait l'impression qu'un immense brouillard s'estompait devant lui. Sa mémoire défaillante avait des ratés. Mandela... Monroe... Oui... Mes deux gars, la dispute, la soirée au pub... Le pari stupide de Gwen et Owen et la bataille de polochon... Et après... Et après? Après... Plus rien... Le vide complet...

Il gémit doucement en tentant de s'asseoir. Tous ces muscles se révélaient douloureux. Comment en était-il arrivé là?

Face à lui, dans le petit labo de Owen, il remarqua plusieurs tubes à essai évoquant les couleurs de l'arc-en-ciel. Bizarre...

– Oh! Non non non, jeune homme, on reste couché! S'exclama une voix bien connue.

Son Capitaine. En tenue de combat, l'oreillette en place.

– C'est un ordre! Affirma-t-il tranquillement, les mains dans le dos.

Ianto obéit. De toute façon, il n'était pas en état, il devait bien le reconnaître...

Owen fit son apparition derrière Jack, décidément très concentré. Le médecin vint prendre sa place habituelle et entreprit d'examiner son patient. Tosh, restée derrière Jack offrit à son collègue un petit sourire soulagé, quoique timide.

Le fait que Owen ne fasse pas de blague intrigua Ianto.

– Alors? Interrogea Jack qui n'avait pas bougé.

– C'est bon... Tout est normal...

Inato les regardait tour à tour. Un sentiment de panique naissait au fond de son ventre...

– Eh! Qu'est-ce qui est bon? Qu'est ce qui n'est pas normal? Qu'est-ce qui s'est passé?

Owen lui demanda:

– Quel est ton dernier souvenir?

Ianto rougit en regarda Jack. Ce dernier, toujours impassible, hocha la tête. Son sérieux inquiéta Ianto.

– Tu peux répondre, Ianto.

– Après le pub... On est allé chez moi, avec Jack... Et on a joué comme des gamins...

Il s'attendait à une vanne de la part de Owen. Mais rien. Il demanda même:

– Rien ensuite?

– le trou noir... Pourquoi ? Qu'est-il arrivé? Eh! Pourquoi j'étais attaché? J'ai le droit de savoir!

Cette fois, Ianto haussait le ton... La panique n'était pas loin.

Jack fit signe à Owen et Tosh de le laisser seul. Ils obéirent. Leur attitude presque triste faisait peur à Ianto qui tenta de se lever.

Jack l'en empêcha.

– Reste allongé, Ianto. Crois-moi, c'est ce que tu as de mieux à faire.

– Que s'est-il passé?

– Tout ce que tu dois savoir, c'est que tu avais été kidnappé. Que nous t'avons retrouvé... Drogué... Avec des centaines d'autres personnes...

– Comment ça, « tout ce que je dois savoir »?

– Tu as subit un grand choc et un grand traumatisme, Ianto... nous t'avons retconé.

Jack devança ses protestations.

– Et ne m'en demande pas plus, Ianto... Ta santé mentale était en jeu... Crois-moi sur parole... Ça vaut mieux comme ça...

– Et... Les autres... Ils savent?

– Oui... Sauf Gwen. Elle a choisi le retcon aussi pour en pas devenir folle après ce qu'elle a vu...

– Et les kidnappeurs?

– Nous sommes sur leurs traces... A tout moment, nous sommes prêts à partir...

– Et les autres victimes?

– Sauvées... Enfin, celles qui ont survécu...

Ianto se laissa retomber sur le lit, l'air très fatigué.

– Repose-toi, Ianto... On s'occupe de tout ça, hein?

Jack fit volte face pour repartir lorsqu'il entendit son prénom dans un appel presque déchirant.

Il hésita une seconde pour retourner vers Ianto. Ce dernier ne prononça pas un mot, en avait-il le droit avec la froideur que lui témoignait soudain Jack? Mais bon, sang, le laisser partir après tout ça...

– Qu'y a-t-il, Ianto?

Rassuré par la douceur du regard posé sur lui, le jeune homme demanda timidement:

– Si Owen estime que je vais mieux... Est-ce que je pourrais au moins m'habiller décemment?

Cette fois, les yeux de Jack scintillèrent.

– Gwen a déjà ordre de te mener dans ma... hm... « notre » chambre. Tu pourras prendre une douche et t'habiller... Avec obligation de rester couché! Dès que toute cette histoire est fini, je la renverrai... et c'est moi qui aurait le plaisir de m'occuper de toi...

Sans attendre une réplique de Ianto, soufflé, Jack tourna les talons et rejoignit son équipe.

Après tout, Ianto pouvait peut-être aider Gwen à lire le pavé qu'elle avait commencé...

Malgré sa peur, les dernières paroles de Jack le firent sourire. Après tout, que les autres se débrouillent... Sa situation était inédite, mais vu les douleurs que le moindre geste lui arrachait, il pouvait estimer qu'il avait déjà donné...


evalyre  (06.06.2010 à 18:59)

((Hm.. millle fois pardon pour les fôtes... en voulant aller trop vite... oups... lol)) Eva


evalyre  (06.06.2010 à 19:29)

Toréador

 

« Jack ! Je t’en supplie ! Sors-moi de là ! Le labyrinthe ! Je ne peux pas sortir… »

Du laboratoire au couloir, il n’y avait que quelques pas, quelques secondes… mais cela avait suffi pour que le gémissement de Ianto s’enfle brutalement, pour que le son de sa voix devienne plus grave pour se transformer finalement en une sorte de mugissement désespéré… Quelques secondes pour que naisse un monstre… Un coup d’œil et, livide, Jack referma la porte aussi vite qu’il l’avait ouverte et il la verrouilla soigneusement.

— Je crains qu’une décharge électrique ne soit pas suffisante dans ce cas. Il faut savoir ce qu’on lui a fait avaler !

Tosh qui était restée un peu en arrière pour examiner le laboratoire poussa une exclamation.

— Là ! Jack ! Sur les écrans de surveillance ! Le fou qui s’est échappé quand on est arrivé ! Il se dirige vers le parking !

Jack n’eut aucun mal à rattraper le savant fou que la poigne de Ianto avait déjà pas mal amoché. Il dut d’ailleurs se maîtriser pour ne pas achever le travail commencé par son compagnon. Mais il lui fallait des informations. Il lui fallait savoir avec quoi Ianto avait été drogué et ce qu’il avait entrevu dans le couloir l’avait convaincu de l’urgence de la situation. Le scientifique fut donc ramené manu militari au laboratoire, assis de force sur la chaise où Ianto avait été ligoté et interrogé sans la moindre douceur. Mais à la grande surprise de l’équipe, l’émule de Frankenstein ne demandait qu’à parler tant il était fier de son œuvre.

— J’ai réussi ! J’ai fini mes recherches !... Mon dernier spécimen… Il faut que je m’assure que tout a bien fonctionné… mais oui, apparemment, d’après le bruit que j’entends dans le couloir.

Tosh lui brandit sous le nez la petite éprouvette indigo

— Nous savons tout sur vos soi-disant recherches ! Nous connaissons les propriétés de vos bonbons. Nous connaissons les effets de chaque couleur, mais pas pour celle-ci !

— Celle-ci, ma chère, a été essayée par le charmant jeune homme que vous avez délivré. Mais, croyez-moi, vous allez le regretter !

Jack gronda :

— Qu’est-ce que tu lui as fait avaler, sale vermine ?

— En fait, à peu près tout. Surtout un cocktail de jaune, d’orange, de rouge. Je trouve que ces couleurs vont bien ensemble. J’y ai ajouté une bonne dose d’indigo. Un test nouveau, mais efficace manifestement.

En effet, derrière la porte, on entendait des coups sourds, des beuglements de rage.

— Il est en colère, très en colère ! Il est dominé par une passion amoureuse qui le rend fou de jalousie. C’est d’autant plus douloureux qu’il est en pleine excitation sexuelle. En plus, il doit avoir des visions…  Il a bien eu des visions, n’est-ce pas ?

Le petit homme étouffa un rire :

— Vous imaginez le tableau ?... En fait, pas la peine d’imaginer avec mon bonbon indigo, mon dernier né, ma petite merveille ! Je l’ai appelé bonbon  « Dorian Gray ». C’est la cerise sur le gâteau : il transforme l’aspect physique des cobayes pour qu’il reflète leurs sentiments. Ça marche sur les lapins, ils deviennent des petits monstres enragés et ils ressemblent à des lions miniatures. Trop drôle ! C’est ce qui arrive à votre copain. Dommage ! Un si beau jeune homme…

Fou de rage, Jack s’apprêtait à faire subir un mauvais sort au rabougri quand un coup violent le fit sursauter. Ahuris, les trois équipiers contemplaient la porte pourtant blindée se déformer peu à peu sous la violence de l’attaque.

Gwen saisit Jack par le bras :

— Regarde ! Les écrans de surveillance…

Une caméra balayait partiellement le couloir et, par intermittence, elle montrait une créature bizarre et fort agitée. Owen étouffa un rire devant le caleçon à la dernière mode que portait l’étrange apparition, tant l’image en était incongrue. Mais le rire mourut sur ses lèvres lorsqu’il détailla le reste de l’individu. Des muscles gonflés par la colère, luisants de transpiration ! Une tête monstrueusement déformée : un mufle plutôt qu’un visage, des yeux rouges et flamboyants, de l’écume et de la bave coulant le long des joues et sur le menton et par-dessus le tout, des cheveux emmêlés et hérissés dessinant comme des petites cornes.

Le discret, gentil, poli et élégant Ianto s’était transformé en son contraire : un monstre hurlant, furieux et féroce ! Stupéfaite, l’équipe contemplait la chose qui avait été leur ami lorsque celle-ci leva le nez en l’air et poussa un rugissement rauque et profond qui fit frémir tout le monde.

Sauf le démoniaque docteur qui sauta de joie sur sa chaise :

— Le Minotaure !...J’ai réussi ! J’ai recréé le Minotaure !

Fou de colère et de chagrin, Jack le saisit par le col et le traîna vers la porte.

— Ah ! Tu as réussi ! Et bien, maintenant, mon petit monsieur, il va falloir défaire ce que tu as fait !

Pendant que Tosh restait en arrière, vérifiant le contenu des éprouvettes et cherchant un antidote, Jack, précédé du savant maintenu par une poigne de fer et suivi par Owen et Gwen, pénétra dans le refuge du monstre. Il fut surpris de la fulgurance de l’attaque : en quelques secondes, la bête s’était emparée du savant, lui avait tordu le cou et s’apprêtait à l’étriper lorsqu’elle fut distraite par les hurlements stridents de Gwen. Tout aussi rapidement qu’il s’était emparé du maigrichon, le monstre se jeta sur la jeune femme, lui mugit au visage, puis la renifla d’un air libidineux. Il s’en saisit ensuite dans une intention évidente. Ni les cris de Jack, ni le pistolet électrique d’Owen ne pouvaient apparemment pas le détourner de ses intentions, lorsque…

— Toréador ! Toréador ! Prend garde à toi ! Prend gaaaarde à toi ! Toréador…L’amour t’attend…

— Bon sang, Owen ! Tu devrais changer ta sonnerie de téléphone. En plus, c’est pas le… Eh ! Mais…Regarde !

Le monstre, aux accents de « Carmen »,  s’était détourné de Gwen.

— Owen ! Remet la musique ! Il a l’air d’aimer ça !

— Pas étonnant ! C’est lui qui l’a mis sur mon portable !

Progressivement, la créature s’apaisait, écoutant la musique, hochant parfois la tête, presqu’en mesure. C’est à ce moment qu’une Tosh triomphante fit irruption dans le couloir.

— Jack ! J’ai trouvé l’antidote !

Elle brandissait une seringue pleine d’un liquide rose fuchsia qu’elle faillit lâcher devant le spectacle. Owen se jeta sur la seringue et d’un pas résolument mesuré, il se dirigea vers la créature. Comme inspiré par la musique nasillarde distillée par son portable, il avait pris la posture du matador, le mobile devant lui, tel la muleta, la seringue brandie bien haut dans l’autre main, telle l’épée du torero. Arrivé à deux pas de la bête, profitant de sa fascination pour le petit appareil, il lui enfonça l’aiguille dans le cou ! L’effet fut instantané : le monstre s’écroula.

La suite, on la connait ! Gwen, traumatisée par l’agression, avait préféré tout oublier. Quant à Ianto, il ne garda aucun souvenir de l’aventure, hormis des courbatures. Il fut, cependant, parfois un peu surpris des regards inquiets qu’échangeaient Tosh et Owen lorsqu’il s’énervait quelque peu. Ce qui suffisait d’ailleurs pour le calmer.

Tosh n’avait pas assisté à toute la scène, occupée qu’elle était dans le laboratoire et, fascinée par les petites fioles multicolores, elle avait souhaité entreprendre d’autres recherches. Recherches qu’elle menait dans le plus grand secret avec l’aide de Jack. Après tout, on ne savait pas si le créateur des bonbons sataniques avait travaillé seul. Toute menace n’était donc pas écartée !

Jack, lui, était le chef, le responsable et donc l’oubli, même s’il avait voulu, n’était pas pour lui. En outre, il se sentait coupable de ne pas avoir su protéger son compagnon, de l’avoir abandonné aux mains du savant fou, d’avoir permis qu’il devienne un monstre, même temporairement, même contre son gré. Il savait que Ianto ne se le pardonnerait pas. Sans Torchwood, jamais le calme et intelligent jeune homme n’aurait agi aussi bestialement et Jack ne voulait pas oublier sa propre responsabilité dans l’affaire.

Quant à Owen, en tant que médecin, il devait veiller sur Ianto et donc tout connaître de lui. Il ne l’avoua jamais, mais à partir de ce moment-là, il considéra le jeune homme d’un œil neuf, avec même un peu de crainte. Il cessa ses plaisanteries cyniques, mais Ianto ne comprit jamais pourquoi.

 

FIN


tessa  (17.06.2010 à 16:28)

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