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Torchwood Sans Dessus Dessous

Série : Torchwood
Création : 17.12.2009 à 15h18
Auteur : cachecache 
Statut : Terminée

« Fanfiction libre. Le but est d'écrire une histoire un peu, voire même très rocambolesque. Toute les informations et consignes sont sur le forum, partie jeux topic du même nom! A vos plumes... » cachecache 

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Jeu N° 2

 

Un hub vide…ou presque 



Jack devait partir en mission hyper-méga secrète. Il avait donc décidé de donner une semaine de congés à tout le monde. Toute l’équipe en avait été ravie. Une semaine de répit, après ces dernier mois, n’était pas de trop. 

Le lundi matin, aucun bruit dans les couloirs ni dans les bureaux, un silence presque pesant. Seul le cri de Myfawny résonnait dans le hub, ou pas… 


Une voix : Ah, enfin seule, j’ai bien cru qu’il ne prendrait jamais de vacances, boulot, boulot, boulot, c’est ce qui m’a tué, mon petit Jack. 
Une deuxième voix : Nan, ce qui t’a tué, Eric, c’est que tu es un vrai idiot en puissance ! 
Eric : De quoi je me mêle Paulina? Ce n’est pas moi qui suis morte en tombant de l’ascenseur ! 
Paulina : Il n’était pas stable à l’époque, et puis il pleuvait ce jour-là. La plaque était glissante. Et puis, toi tu as bu du cyanure, ce n’est pas mieux… 
Eric : Ça faisait quatre jours que j’avais pas fermé l’œil, je me suis trompé de verre. Et puis, si mes souvenirs sont corrects, tu étais bien contente de me voir. 
Paulina : Absolument pas. 
Un autre fantôme apparut. 
Léo : Menteuse ! Depuis qu’il est arrivé ici tu fondais littéralement pour lui 
Paulina : Tiens, voilà Benjamin ! 
Léo : Change pas de sujet ! 
Benjamin : Encore en train vous disputer sur qui a eu la mort la plus stupide ? 
Léo : Nan, au bout de 40 ans j’ai préféré arrêter ce sujet ! 
Eric : On doit bien s’occuper ! 
Benjamin : Cela fait plus de deux cent ans que je hante ce hub, donc des morts stupides j’en ai vues ! Et la palme reste Emilie ! 
Emilie : Mais, j’ ai un faible pour les caramels, je ne pouvais pas savoir ! 
Benjamin : Jack avait prévenu toute l’équipe que les caramels étaient empoisonnés ! 
Emilie : J’ai oublié, ça arrive ! 
Léo : Ça n’arrive qu’a toi 
Paulina : Tiens, où est Louis? D’habitude c’est le premier ici ? 
Louis : Je suis là, et j’ai une petite histoire à vous raconter ! 
Léo : Sur qui ? 
Louis : Sur Gwen ! Une véritable honte et le seul témoin, c’est moi ! 
Paulina : Allez, raconte ! 
Louis : Je ne sais pas… j’ai quoi en échange ? 
Léo : Raconte ou je dis à tout le monde ce que tu faisais vendredi soir ! 
Louis : Il suffisait de dire s’il te plait ! Pas la peine de me menacer !  


cachecache  (11.07.2010 à 19:24)

- Alors voilà, c'était un soir et il ne restait plus que Jack et Ianto au hub car tout était calme.

- Un peu comme aujourd'hui ?

- Oui, Emilie, mais ne me coupe pas la parole sinon je vais perdre le fil de mon récit.

- D'accord, excuse-moi, continues.

- Donc, Gwen pensait rentrer puisque tout était calme mais avant, elle a appelé Rhys pour savoir s'il était chez eux car elle voulait le convaincre de sortir. Il n'était pas à l'appartement ni au travail mais dehors, en train de se promener dans le parc. Il regardait les enfants s'amuser sur les jeux, manger de la barbe à papa et faire des tours de manège. Il raccrocha presque au nez de Gwen. La jeune femme était en colère et moi, je l'observais de mon coin.

- Tu squattes toujours le canapé, Louis ?

- Ouais, Léo, mes goûts n'ont pas changé de puis ma mort, j'aime toujours paresser sur ce bon vieux canapé.

- Que s'est-il passé après ?

- Et bien, Paulina, Gwen a fait les cent pas un bon moment, essayant de se calmer et puis, d'un seul coup, elle est sortie.

- Qu'as-tu fais alors ?

Louis regarda Eric. Ils s'étaient connus de leur vivant, brièvement, sans être devenus vraiment copains. Il soupira. Dire qu'ils étaient morts, tous les six, après une période plus ou moins longue au service de Torchwood. Bizarrement, à part Léo et Benjamin, aucun n'était mort à cause de leur travail mais par accident, bêtement, du moins en apparence.

- Louis ? Tu m'entends ? Qu'est-il arrivé à Gwen ?

Le fantôme reprit ses esprits.

- Où en étais-je ? Ah, oui, Gwen est sortie rapidement du hub puis elle s'est rendue directement dans le parc mais il n'y avait plus personne, il venait de fermer. Elle était furieuse. Elle s'est adossée à une barrière en regardant les jeux, morose et puis son visage s'est éclairé. Elle regardait le manège de chevaux de bois et soudain, on aurait dit une petite fille. Elle a regardé autour d'elle puis elle a sauté la barrière et a couru jusqu'au manège. Je me rappelle qu'elle a manqué glisser dans la boue car il avait beaucoup plu les jours précédents et ça m'a fait rire.

- Non, elle n'a pas osé ?

- Et si, Emilie, elle s'est glissée sous la bâche de protection du manège et elle l'a mis en route. On aurait vraiment dit une gamine de six ans. Elle riait aux éclats et puis, soudain, elle s'est mise debout sur son cheval. Et ce qui devait arriver arriva. Son pied a glissé et elle est tombée. Autant dire qu'elle était pas mal sonnée.

- Et c'est ça ton secret honteux ?

- Attends, Léo, la suite arrive. Elle est ressortie du manège mais comme elle était sonnée, elle a glissé et s'est étalée de tout son long dans la boue. J'étais mort de rire mais, si j'avais pu, je l'aurais aidé. Elle s'est relevée en piteux état, a regardé autour d'elle mais il n'y avait personne alors elle a couru chez elle. Rhys était déjà là et il a éclaté de rire en la voyant. Gwen avait honte de son comportement alors elle lui a fait croire qu'elle revenait d'une mission dangereuse pour ne pas perdre la face et son chéri l'a bichonnée tout le reste de la soirée. Alors que pensez-vous de mon histoire ?

- Marrante mais j'ai mieux.

Tous les regards étaient tournés vers Benjamin. Il continua.

- C'est quelque chose qui concerne Torchwood. Mais je vous préviens, contrairement à Louis, ce n'est pas drôle, plutôt glauque car Torchwood cache de lourds secrets et nous sommes les premiers à en pâtir. Alors ouvrez vos oreilles et tremblez car je vais tout vous dire et vous comprendrez mieux pourquoi nous sommes morts!


owhar  (15.07.2010 à 11:09)

    Mais ils devraient attendre encore pour entendre l'histoire de L'Ancien. Le bruit caractéristique de la porte qui s'ouvrait fit s'évanouir aussitôt nos ectoplasmes très surpris.

Ianto transportait une mallette l'air à la fois affairé et préoccupé.

Il déposa l'attaché-case sur une table et l'ouvrit. Il en sortit une sorte de petite boîte métallique cubique d'une couleur oscillant entre le blanc et le rose. Il l'observa un instant à la lueur d'une lampe. Parfaitement lisse, l'objet ne portait aucune marque, aucune inscription ni de gravure quelconque. Un ouvrage parfait, sans prise possible pour l'ouvrir.

Ianto la posa délicatement sur un tissu et partit chercher de quoi classer et ranger l'objet en attendant le retour de l'équipe.

Curieux, Benjamin montra le bout de son nez. Louis se montra également.

– Qu'est-ce que c'est encore que ce truc? Fit Eric en apparaissant à son tour, râleur.

– Aucune idée... murmura Louis. Mais je n'aime pas beaucoup le fait que Ianto prenne des initiatives seul...

    Ses amis fantômes qui l'avait rejoint savaient qu'il pensait à Lisa. Des années durant, ils avaient vu le danger couver dans les sous-sol de la base. Paulina avait bien trouvé des excuses au jeune équipier débutant et amoureux. Mais Benjamin avait été furieux et frustré de ne pouvoir prévenir Jack.

Paulina s'enhardit pour voler vers la boîte étrange.

– Que c'est beau! Une si belle chose ne peut provoquer le malheur. Si?

Se disant, elle fit le geste d'effleurer l'objet et poussa un cri de surprise quand ce dernier émit un léger chuintement.

– Et voilà! Quand je vous dis qu'il faut absolument arrêter de vouloir tout toucher dans cette base! S'exclama Louis furieux.

– Mais... Enfin... commença la jeune fantôme un peu perdue.

Les 4 faces latérales du cube s'affaissèrent doucement sur la table tandis que celle du dessus disparut, révélant ainsi un nouveau cube à peine plus petit de couleur oranger, cette fois.

– Cela doit fonctionner à la manière des poupées russes, chuchota Eric fasciné par la couleur apaisante de l'objet.

– Qu'y-a-t-il dedans, alors? A quoi cela pourrait servir?

– Sais pas!! Attention! Il revient!

En effet, Ianto, chargé d'une boîte de rangement d'objets alien et des documents à remplir, fut surpris de trouver son objet changé. Il le prit avec précaution. La première boîte ouverte en étoile sur la la table. Il manipula le nouveau cube pour essayer de l'ouvrir, en vain.

– Eh bien tant pis, ce mystère attendra le retour de Jack.

Il disposa donc la boîte dans son coffret sécurisé, incapable de refermer la première. Il rangea soigneusement le tout et partit nourrir Myfawny.

Puis, quelques minutes plus tard, il quittait tout simplement le Hub.

Louis réapparut aussitôt, vite suivit de ses compagnons d'outre-tombe.

– Vous ne trouvez pas ça bizarre? Demanda Leo, préoccupé.

– Absolument! Il faudrait mettre cette affaire au clair... affirma Benjamin.

Le rire de Paulina le fit réagir.

– Hé! Pourquoi ris-tu?

– Parce que tu parles comme si tu bossais encore à Torchwood!

– Hé bien, dans un sens, c'est encore le cas! Fit Benjamin en se téléportant vers le bureau de Jack.

Les autres vinrent le rejoindre face au coffre-fort.

– Eric? Tu te souviens du code?

Paulina intervint:

– Hé! Ne me dites pas que vous allez essayer de...

– Si! Et avec un grand plaisir! Affirma Leo avec un petit sourire de contentement.

Une affaire, rien que pour, eux! Plutôt inespéré! Ils n'allaient pas se priver de s'amuser un peu...

– Alors, Eric? Ce code?


evalyre  (17.08.2010 à 15:05)

 

— Non, Léo ! Tu n’oseras pas faire ça !

Louis se mêla à la conversation :

— Du calme, Paulina ! Ne t’énerve pas ! Il n’y a aucun mal à donner un coup de main à nos successeurs !

— Mais, Louis, ce n’est pas toi qui disais tout à l’heure de ne toucher à rien ?

— Sans doute ! Mais j’ai changé d’avis ! J’en ai assez de rester assis sur mon canapé, les yeux dans le vague, en train de ressasser le passé… à vous écouter vous chamailler sur la façon dont vous êtes morts ! Pouah !

— Au fait, tu es mort comment, toi, Louis ?

A cette question innocente de Pauline, Eric se mit à glousser, pendant que la silhouette fantomatique de son ancien collègue se mettait à enfler, à frémir et à rougir :

— Un conseil, Eric ! Tu te tais ! Sinon…

— Bouh ! Sinon quoi ? Qu’est-ce que tu peux me faire maintenant ? Me frapper ? Il y a longtemps que je ne souffre plus ! Me tuer ? Trop tard !...Paillettes ! Paillettes ! ajouta-t-il sur l’air des lampions.

Ce fut au tour de Benjamin de se mettre en colère :

— Oh ! Les gamins ! Taisez-vous ! Ianto va peut-être revenir. Examinons vite cette boîte avant de nous faire pincer.

Ce qui fut dit fut fait : le coffre fut ouvert et la boîte, débarrassée de son coffret, posée sur la table. Eric fit alors remarquer :

— C’est quand même bien pratique cette faculté que nous avons gardée de pouvoir toucher les objets. De mon vivant, je pensais que les fantômes ne pouvaient pas agir sur leur environnement. C’est vrai que je pensais également qu’ils n’existaient pas !

— C’est l’effet Torchwood, mon coco ! Bon ! Voyons cette boîte.

La petite boîte luisait faiblement, dégageant une douce lumière couleur miel, tout à fait rassurante et Paulina, comme la fois précédente, ne put s’empêcher de l’effleurer du bout des doigts. La boîte émit une sorte de soupir et à nouveau, elle s’ouvrit : la fine pellicule orangée se souleva et forma une seconde étoile sur la première, créant une fleur aux pétales roses et orange.

Emilie battit des mains :

— C’est magnifique !

Benjamin fit la moue :

— Oui, c’est joli, mais à quoi cela sert ?

Louis commençait à s’inquiéter :

— Et si on la refermait ? Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais moi, cela me fait peur !

Les autres acquiescèrent et entreprirent de replier les pétales déployées. Rien à faire ! Ils décidèrent de faire une pause pour réfléchir à la situation, et ils étaient plongés dans leurs réflexions lorsque l’alarme déchira le silence. Louis se précipita sur l’ordinateur de Tosh d’où venait le vacarme infernal.

— C’est l’hôpital ! Il ne peut pas faire face aux urgences ! Les malades arrivent de toutes parts ! Des multitudes de malades ! Ça tombe comme des mouches dans la rue !

— Qu’est-ce qu’on peut faire ? Glapit Pauline.

— En l’absence d’Owen, je ne sais pas bien ! Essayons plutôt de refermer cette boîte, les autres vont rappliquer, c’est sûr !

La petite boîte, débarrassée de son enveloppe orange, émettant cette fois une lueur rouge, d’un rouge éclatant, magnifique, étincelant comme un rubis.

— Oh ! Fit Pauline, en caressant derechef le vernis couleur sang.

Poufff !!! La pellicule rouge sang s’ouvrit et forma une troisième corolle de pétales autour d’un cœur couleur parme.

Nos fantômes, éberlués, contemplaient leur œuvre avec de plus en plus de méfiance quand l’alarme se mit à mugir une seconde fois. Louis se planta de nouveau devant l’ordinateur.

— Cela empire, dirait-on ! Des appels au secours arrivent de toute la ville : les gens s’injurient, en viennent aux mains sans aucune raison, des femmes s’étripent dans les magasins. Ils sont devenus fous ! Tous fous !

Puis après un temps de réflexion, il ajouta :

— Cela n’aurait pas un rapport avec cette satanée boîte ?

Au même moment, la quatrième coquille s’ouvrit, se déploya comme les autres et la couleur parme laissa la place à un magnifique bleu. Mais nos fantômes n’eurent pas le temps de l’admirer pour les uns ou de la redouter pour les autres, que la télévision se mit à vociférer :

— Dernières nouvelles ! La situation s’aggrave : rupture diplomatique entre la Corée et la Tanzanie ! L’armée suisse se prépare à envahir le Jura français ! Les Ecossais viennent de se déclarer indépendants ! C’est la panique à l’ONU…. Partout dans le monde, ce n’est que rumeurs de guerre et bruits de bottes !

Benjamin se mit à crier :

— Qu’avons-nous fait là ?

Et devant les regards ébahis des autres, il ajouta :

— Vous ne comprenez pas ? Cet objet, c’est la boîte de Pandore ! La légende est en train de se réaliser. Nous avons libéré tous les maux de la Terre : la maladie, la folie, la guerre…qu’est-ce qui nous attend encore ?

Il ne restait plus qu’un petit cube bleu, bleu comme l’horizon le plus pur, l’horizon d’un matin d’été. Et Benjamin murmura :

— Selon la légende, dans cette boîte, il ne reste que l’espérance !

Mais elle ne s’ouvrit pas !


tessa  (26.09.2010 à 16:56)

— Qu’est-ce que tu veux dire, Benjamin ?

— Cela veut dire que nous avons déchainé sur Terre tous les maux possibles, imaginables ou inimaginables. C’est la fin du monde, l’Apocalypse…

Paulina haussa les épaules :

— Oui, bon, d’accord ! Mais qu’est-ce que cela change pour nous ? De toute façon, nous sommes déjà morts.

Eric l’approuva :

— C’est certain ! Pour nous, le mal est fait.

Mais Louis n’était pas de cet avis.

— Vous ne comprenez rien, ma parole ! Nous sommes des fantômes, certes, mais nous continuons à exister ! Nous sommes ensemble, nous pouvons parler, nous occuper, espionner les agents de Torchwood… Nous vivons – oui, je sais, ce n’est pas le mot juste – dans un endroit agréable.

Emilie l’interrompit :

— Agréable ! Agréable ! C’est vite dit ! On ne voit jamais la lumière du jour, on est bouclé dans cette espèce de cave, avec pour tout décor des tuyaux tout rouillés, à supporter les cris de cette bestiole de la Préhistoire – et, du doigt, elle montra Myfawny – Ah non merci ! J’aurais préféré hanter un château écossais, tiens ! Faire peur aux touristes…

Rêveur, Eric acquiesça :

— Et moi, j’aurais aimé déambuler dans les coulisses de l’Opéra de Paris… Jouer le « Fantôme de l’Opéra ». Ecouter les grands airs du répertoire, admirer les danseuses étoiles… faire peur aux petits rats en soulevant leur jupette…

— Eric, tu n’es qu’un pervers ! Toi si sérieux de ton vivant !

— Et oui, ma petite Paulina ! Mais avec le temps, on change !

Louis les écoutait en tapant du pied, du moins, il aurait tapé du pied s’il en avait eu.

— Vous êtes incroyables, tous autant que vous êtes. Rien qu’à vous entendre, la moutarde me monte au nez ! Où allez-vous vous réfugier si le monde cesse d’exister ? Le Hub n’est pas éternel, ceux qui s’en occupent non plus.

Emilie se mit à glousser :

— Mais si ! Jack est immortel, tu le sais bien.

— Parce que tu crois qu’il resterait là pour sauver la Terre s’il n’y a plus de Terre à sauver ?

Mais les autres refusaient de le prendre au sérieux. Surtout Eric :

— Ce n’est pas parce que tu as la palme de la façon la plus stupide de mourir que tu dois nous terroriser.

— Eric ! Un conseil ! Tais-toi ou je me fâche !

— Et tu feras quoi ? Tu ne peux pas me frapper, et encore moins me tuer !

Emilie, toujours insouciante et mutine, s’exclama alors :

— Raconte-nous, Eric ! Raconte-nous !

Louis prit une profonde inspiration, c’est du moins l’illusion qu’il donna :

— Non ! MOI, je raconte ! Je le ferai mieux que toi, Eric. J’y étais, pas toi !... Je n’en suis pas très fier, mais il fut une époque où, après le travail, j’aimais bien aller m’encanailler : les bistrots, les cabarets, les boîtes à striptease…

— Ouh, ouh ! Glissa Emilie toute émoustillée.

— Et c’est là que je suis mort. J’admirais une danseuse superbe, au talent extraordinaire.

— Oui ! l’interrompit Eric, à la poitrine extraordinaire…

— Certes, reprit Louis, perdu dans ses souvenirs. Elle me plaisait et je lui plaisais bien…

— Mmm, fit Eric, elle aimait surtout les billets que tu glissais dans son string !

— Arrête de m’interrompre, Eric ou je me tais !... Bref, elle m’a autorisé à monter sur scène et à lui dégrafer son soutien-gorge.

— Oh ! Fit Paulina, un peu choquée.

— Avec les dents ! Poursuivit Louis.

Paulina se récria derechef.

— Et c’est là, conclut Louis, que, malencontreusement, j’ai avalé quelques paillettes du costume de la belle et je me suis étouffé avec.

Tous se mirent à hurler de rire, même Paulina.

— Pour une mort stupide, c’est une mort stupide ! Gloussa-t-elle. Mais puisque nous sommes en veine de confidences, Benjamin, toi qui es le plus ancien, comment tu es mort, toi ? Et ces secrets dont tu parlais tout à l’heure ?

— Oui, Benjamin, renchérit Louis. Si c’est la fin du monde, on a bien le droit de savoir !

Mais curieusement, Benjamin se faisait tirer l’oreille.

— Je ne crois pas que ce soit le bon moment…

— Eh oh ! Tu as dit il n’y a pas si longtemps que tu étais là depuis plus de deux cents ans ! Il est temps de parler !

Mais tout en houspillant Benjamin, Louis semblait troublé :

— Mais j’y pense ! Plus de deux cents ans ? C’est bien ce que tu as toujours dit, n’est-ce pas ?

— Bien sûr ! Tout le monde est témoin ici !

— Impossible, Benjamin, impossible ! Nous sommes en 2011 ! Tu ôtes deux cents de 2011 ! Tu es donc là depuis 1811. Or, l’Institut Torchwood a été créé par la reine Victoria, tout le monde est bien d’accord ? Mais en 1811, elle n’était même pas née et elle n’a créé Torchwood que dans les années  70. Tu ne peux pas hanter le Hub depuis deux cents ans. Impossible ! Qui es-tu, Benjamin ? Qui es-tu ?

 


tessa  (05.02.2011 à 19:56)

Un lourd soupir accueillit la question. Tous les fantômes fixaient le pauvre Benjamin qui ondoyait tristement dans la lumière bleuté du Hub. Il sembla se dégonfler comme une baudruche, baissant sa tête pâle. Il avait dû être joli garçon, enfin avant sa mort. Paulina qui avait toujours eu un cœur de chamalow fut touchée par sa bouille de pierrot lunaire. Il avait vraiment l’air malheureux.

- Allez, Benjamin, tu  raconte-nous, demanda-t-elle plus doucement, comment est-tu mort ? Pourquoi  hantes-tu le Hub depuis si longtemps ?

- Parce que je suis responsable de tout ça ! dit-il en montrant d’un geste large l’Institut. J’étais un savant, un scientifique qui cherchait à connaître la vérité derrière les apparences. Il y avait quelque chose de mystérieux dans cette cité de Cardiff, je l’ai toujours su.

- Ça, ça n’explique rien du tout, gronda Louis avec une voix d’outre-tombe. Le mystère, c’est la faille, on le sait tous.

- Sauf que la faille, c’est moi qui l’ai ouverte, dit Benjamin dans un soupir, et j’en suis mort.

- Mais comment ? s’écria Emilie.

- Un peu comme Paulina tout à l’heure, en mettant les doigts où il ne fallait pas. J’ai trouvé un artefact qui permettait de l’ouvrir,  mais comme pour cette boîte, je n’ai jamais pu la refermer.

- C’est malin ! fit Eric, alors qu’Emilie hochait la tête.

- Mais ce n’est pas ça le pire, dit Benjamin en tentant d’échapper à leurs regards.

- Soit tu t’expliques, soit je me débrouille pour te faire exorciser, dit Eric sévèrement, retrouvant sa gravité d’avant sa mort. Comme ça, on aura la paix. Tu étais un ami, et maintenant, j’ai l’impression de ne plus savoir qui tu es.

- Je suis toujours Benjamin, celui qui a assisté à vos morts et qui vous a souhaité la bienvenue les uns après les autres dans cette « après-vie ». Je suis là depuis plus longtemps que Jack, j’en sais plus sur cette base que vous tous réunis.

- C’est vrai, les amis, dit Emilie, il a toujours été présent, même quand Louis nous a fait sa déprime, croyant communiquer avec Owen.

- Je vous dis qu’il pouvait m’entendre, bougonna le fantôme amateur de string et de strass. Il était entre les deux mondes, je suis sûr qu’il pouvait m’entendre.

- Je pense plutôt que vous aviez la même façon de penser et que tu croyais avoir un lien avec lui.

- Oui, concéda Louis tristement, je l’aimais comme un fils, c’est dommage qu’il ne soit pas venu nous rejoindre. D’ailleurs, je me demande s’il ne hante pas la centrale de Turnmill...

-  Va savoir, dit Paulina, lui coupant la parole, Benjamin, tu as dit que ce n’était pas le pire. nous t’écoutons.

 

Les fantômes faisaient cercle autour de l’ancien scientifique qui cherchait ses mots pour expliquer sa théorie.

-  en 200 ans, j’ai eu le temps de réfléchir à la situation et à la faille. Elle se comporte comme un être vivant, en réalité. Elle a une vie propre avec ses bons et ses mauvais jours et son propre système de survie. Je crois qu’elle a provoqué nos morts pour s’en nourrir.

- Quoi ? s’étrangla Paulina, mais pourquoi ?

- Je l’ignore, dit le fantôme de Benjamin, en tordant ses mains.

-  C’est pour ça que tu ne voulais pas en parler, dit Emilie, ça met beaucoup de choses en perspective.

- Mouais, maugréa Louis, mais cela n’explique pas tout. Comment éviter que les autres – je veux dire, les vivants ne soient pas affectés ? Il faut qu’on prévienne Jack !

- Il a sûrement autre chose à penser en ce moment, tu ne crois pas ? dit doucement la sage Emilie.

- C’est vrai, il y a l’Apocalypse dehors et on ne sait pas comment l’arrêter, dit Eric, alors que la faille soit une entité dévoreuse d’êtres humains, c’est une goutte d’eau dans un océan de m…

- Eric ! fit Paulina.

- Désolée ma chère, mais c’est de ta faute aussi, avec ta manie de toucher à tout. Ça ne m’étonne pas que tu t’entendes si bien avec Benjamin !

- Qu’est-ce qu’on peut faire alors ? demanda Léo qui avait gardé le silence jusqu’ici.


Rhea01  (15.02.2011 à 22:53)

 

— Qu’est-ce qu’on peut faire alors ?

Cette simple question de Léo résonna dans le silence lugubre de la base désertée. Après un grand moment où chacun oscillait entre stupeur, colère et incrédulité, Pauline reprit d’une petite voix plaintive :

 — Tu veux dire, Benjamin, que, si j’ai glissé de l’ascenseur, c’est à cause de la faille, donc de ta faute en réalité ?

— Et, c’est à cause d’elle, donc de toi, que je me suis trompé de verre ? Gronda Eric.

— Et, les caramels, c’est aussi de ta faute ? Renchérit Emilie.

— Hélas, je le crains ! avoua Benjamin.

Louis ne put s’empêcher de glousser :

 — Et ma jolie strip-teaseuse ? Tu ne vas pas me dire qu’elle était une réincarnation de la faille, tout de même ?

— Je n’irais pas jusque-là, concéda Benjamin, mais quel concours de circonstances tout de même : être invité par cette belle fille à dégrafer son soutien-gorge, avaler des paillettes mal cousues – comme par hasard – et s’étouffer avec ! Cela n’arrive pas tous les jours, admets-le !

— Peut-être ! Mais bon ! Je ne regrette rien : pour une belle mort, c’était réussi ! Toujours mieux que de se faire éventrer par un weevil, n’est-ce pas Léo ?

Là-dessus le silence retomba, juste troublé par les vociférations affolées du journaliste de la télévision. Benjamin reprit :

— De plus, en deux cents ans, j’ai eu le temps de l’étudier cette faille. Au début, il n’y avait pas grand danger : elle s’ouvrait de temps en temps et il n’y avait pas de conséquences spectaculaires, des pluies plus intenses que d’habitude, des nuées de moineaux, des sauterelles – ça, c’était déjà plus inquiétant  —. Les choses se sont vraiment gâtées avec la création de Torchwood, comme si la faille avait deviné qu’elle avait un ennemi. Les moineaux sont devenus gros comme des autruches, des créatures bizarres et pas très aimables ont commencé à apparaître, etc. Vous connaissez la chanson ! Bien sûr, je n’étais plus réellement là, mais je hantais les lieux et j’observais… Les membres de Torchwood mouraient les uns après les autres, tous très jeunes, et, à chaque disparition, la faille devenait plus forte, plus active, plus redoutable… Vous n’avez pas fait exception !

— Ce qui nous ramène à la question d’origine, l’interrompit Léo, toujours pragmatique. Comment prévenir nos successeurs ? Pour Jack, je ne me fais pas de souci, mais Gwen et Ianto ? Comment les protéger ? Comment refermer cette faille ?

— Tu oublies un problème urgent, mon cher ! Glissa perfidement Paulina. Ce chantier que nous avons provoqué par notre curiosité ? Tu t’en souviens ?

— Pour m’en souvenir, je m’en souviens ! Je résume ! Nous avons deux problèmes sur les bras : petit a, arrêter l’Apocalypse, rien que ça ! petit b : refermer la faille ouverte si bêtement par Benjamin.

Emilie soupira :

— Quand tu auras fini de réciter l’alphabet, Léo, tu te rendras compte que nous ne pouvons rien faire. Nous ne pouvons PLUS rien faire ! Nous ne pourrons PLUS JAMAIS rien faire !

Elle hurlait à présent, mais elle se tut si brutalement que tous les autres sursautèrent et la fixèrent. Elle reprit plus doucement :

— Mais Torchwood est encore là, bon sang ! Où sont-ils, tous ? Qu’attendent-ils pour revenir ? On ne part pas en vacances quand le monde est en train d’exploser !

A cet instant précis, le « pschh » si particulier de l’ouverture de la porte blindée se fit entendre, semant un vent de panique parmi nos fantômes.

— Cachons-nous ! Vite !

— Oh ! Pauline ! Calme-toi ! Nous sommes invisibles, tu te souviens ?

— Oui, Emile ! Mais l’artéfact…Il est là, sur la table ! On n’a pas eu le temps de le ranger ! Et il est bien visible, lui !

— Taisez-vous, bon sang ! On ne nous voit pas ! Mais peut-être qu’on peut nous entendre !

Et notre petit groupe d’ectoplasmes de se précipiter comme un seul homme vers le refuge de la baie médicale.

                                                                                    *

                                                                               *           *

— Je suis désolé, Ianto, de t’avoir arraché à ta famille. Tu vois ta sœur si rarement…

La voix de Jack était chaleureuse : en fait, il n’était pas si désolé que cela. Le Gallois lui avait manqué plus qu’il ne l’aurait imaginé, et pas seulement au lit… mais Jack se rendit vite compte que l’heure n’était pas à la plaisanterie, ni aux allusions salaces. Le jeune homme était manifestement bouleversé et il avait la mine sombre et soucieuse :

— J’ai peur, Jack ! Cette fois, la situation est désespérée : j’ai peur, un peu pour moi, mais surtout pour ma famille, pour tous ces gens, dehors… C’est la fin du monde, Jack ! La fin de mon monde !

La voix du jeune homme tremblait. A ces accents de désespoir, la petite boîte s’assombrissait de plus en plus. Mais aucun des deux hommes ne l’avait encore remarquée. Seuls, les fantômes lui jetaient des regards inquiets.

Jack se fit apaisant, il se rapprocha de son ami, le serra dans ses bras, le berçant de façon imperceptible, lui murmurant à l’oreille des paroles d’encouragement. Finalement, il se recula un peu et regarda Ianto dans les yeux :

— La fin de ton monde ? Oh ! Que non ! Jamais je ne laisserai faire cela ! Et tu vas m’y aider ! Tu es fort, Ianto, plus que tu ne le crois. A nous deux, nous sommes invincibles et nous allons régler le problème, comme nous l’avons toujours fait. Ce n’est pas la première fois que la Terre est menacée et, à chaque fois, nous avons fait face. Allez ! Souris-moi ! Reprend espoir.

Ianto s’abandonna un instant dans les bras de Jack, puis il s’ébroua et se raidit :

— Tu as raison, Jack ! Nous viendrons à bout de ce nouveau danger ! J’en suis convaincu ! Parle, Jack ! A nous deux, que peut-on faire ?

— A nous trois, clama une voix féminine.

Les deux hommes se tournèrent vers la nouvelle venue.

— Gwen ! Je n’espérais pas te voir… Je pensais que tu resterais aux côtés de Rhys… dans ces circonstances…

Jack s’interrompit de surprise. Pas de larmes, pas de visage ravagé par le chagrin ou la peur. Au contraire : de la détermination, certes, mais pas seulement. Gwen rayonnait de joie et de bonheur, ses yeux reflétaient un immense espoir…

— Justement, les circonstances…fit-elle. Oui, les nouvelles sont mauvaises : les journalistes évoquent l’Apocalypse avec des trémolos dans la voix… Et bien, moi, je n’y crois pas… Je ne peux tout simplement pas y croire… Je ne veux pas y croire ! Pas en ce moment ! Pas aujourd’hui ! C’est impossible. S’il y a un Dieu quelque part, il ne peut pas autoriser cela ! Cela serait si absurde !

Abasourdi par tant de véhémence, Ianto hasarda un timide :

— Mais de quoi tu parles ? Absurde ? Pourquoi aujourd’hui plus qu’hier ?

— Parce que je suis enceinte ! Et que je viens de l’apprendre, aujourd’hui ! Il y a à peine une heure ! J’apporte la vie et on ne peut pas me l’ôter maintenant ! J’en suis convaincue ! Je me battrai bec et ongles, mais jamais je n’autoriserai la fin du monde ! Personne, sur Terre ou ailleurs ne me prendra cet enfant !

Elle martelait ces mots, sans crier, mais avec détermination, convaincue jusqu’au fond de son ventre que rien ne pourrait menacer son enfant à naître. Jack et Ianto se mirent à rire, tant son optimisme était communicatif.

— Nous sommes avec toi, Gwen ! Il n’arrivera rien à ton bébé, ni au reste de l’humanité !

Les fantômes, pelotonnés qui derrière une armoire, qui sous la table d’examen, les regardaient, plutôt perplexes, quand Benjamin chuchota :

— Regardez la boîte ! On dirait qu’elle change… Et même qu’elle chante… Vous entendez ?

Effectivement, une musique très douce se répandait dans tous les recoins du Hub, un son mélodieux, apaisant, rassurant. Même Myfawny était tombé sous le charme, son grand bec tourné de côté, il semblait écouter. Gwen et ses deux compagnons se retournèrent ébahis et découvrirent la petite boîte bleue.

— Mais qu’est-ce que c’est que ça ? Chuchota Jack.

Et, sous leurs yeux stupéfaits, la petite boîte se mit à briller, à tanguer doucement, avant de s’ouvrir très lentement, avec une sorte de soupir de béatitude. Et elle resta là, ouverte, offerte comme une fleur que donnerait un amant à sa bien-aimée.

— C’est magnifique ! Je n’ai jamais rien vu d’aussi beau ! Chuchota Ianto.

Les trois amis, fascinés, se rapprochèrent l’un de l’autre dans une sorte de communion extatique. Lorsque…

— Dernières nouvelles ! clamait un journaliste surexcité à la télévision. Les services hospitaliers nous informent que ce qu’ils avaient pris pour des épidémies gravissimes n’est en fait qu’une légère intoxication due à un pic de pollution. L’ONU annonce des discussions fructueuses entre les gouvernements, les risques de guerre s’éloignent, les armées sont démobilisées. Dans les rues, c’est l’euphorie : les gens rient, applaudissent, s’embrassent. On danse sur les places publiques…

Gwen arbora son plus grand sourire :

— Alors, les garçons, qu’est-ce que je vous avais dit ?

Ianto se jeta sur elle et la fit pirouetter :

— Bravo, petite maman ! Tu vas pouvoir profiter de ton bonheur tout neuf, cette fois !

Les fantômes, toujours cachés, étaient ravis et, tout excités, ils chuchotaient.

— Vous n’avez rien entendu ? Fit Jack. Comme des voix dans la baie médicale ?

— Ma foi, non ! Répondit Ianto. Mais observez Myfawny ! Il fixe la baie comme s’il y avait vu quelque chose.

— Il n’y a rien pourtant. Des fantômes, peut-être ?

— Les anciens de Torchwood qui se moquent de nous ? répliqua Jack à cette remarque de Gwen. Cette affaire finit bien, sans que nous y soyons pour quelque chose. Mais peux-tu me dire, Ianto, quelle est cette boîte ? Qu’est-ce qu’elle fait là ? A-t-elle joué un rôle dans tout ce tohu-bohu ?

— J’avoue, Jack, que je n’y comprends rien. Un vieil antiquaire m’a confié une boîte ce matin —il en avait peur, m’a-t-il dit — Mais elle ne ressemblait pas à celle-ci ; elle était légèrement plus grande, d’un rose très pâle. Quelques instants plus tard, le temps de la ranger, elle avait changé de couleur. Et maintenant, elle est encore différente… Et je l’avais mise au coffre, Jack, je te l’assure.

— Je te fais confiance ! Bref, résumons : une boîte qui change de couleur, un coffre qui s’ouvre tout seul, l’Apocalypse évitée de peu… Voilà qui n’est pas banal ! Ianto, range cet objet et rejoins-nous en salle de conférence. Il est temps de faire le point.

 

Les fantômes attendirent le départ de l’équipe et regagnèrent vite l’étage supérieur. Benjamin s’avachit sur le canapé.

— Pfouh ! On a eu chaud ! commenta Louis. Enfin… Tout est bien qui finit bien.

Mais ces paroles lui attirèrent un regard furibond de Léo :

— Ah ! Tu crois ça, toi ? Et la faille ? Et nos amis encore en vie ? Benjamin, au lieu de rester vautré sur le canapé, comme un gros sac à patates, réfléchis un peu ! Comment va-t-on refermer la faille ? Et peut-on la refermer ?


tessa  (02.08.2011 à 16:57)

De ces paroles, Louis n’avait retenu qu’une chose
_ Gros sac à patates ? Gros sac à patates toi-même !
Léo haussa les épaules, en arborant un petit sourire satisfait :
_ Cause toujours ! De tous, ici, je suis le seul à avoir eu une mort glorieuse…
_ « glorieuse « ? Ricana Louis. Tu parles ! Perdre ses boyaux dans un égout…Quelle gloire !
Benjamin frappa du pied (du moins c’est l’impression qu’il voulait donner) et haussa le ton :
_ Vous n’êtes que des gamins ! Réfléchissez plutôt à ce que nous pouvons faire… Vous savez qui il nous faudrait ? Tosh et ses connaissances en informatique !
Du coup, Pauline se mit à hennir :
_ Mais, au fait, où est-elle ? Elle devrait être là avec nous.
Rire gras d’Eric :
_ Avec Owen, pardi ! Elle ne l’a pas eu de son vivant, mais elle a du lui mettre le grappin dessus après sa mort.
Et nos fantômes de hoqueter de rire. Seule Emilie gardait son sérieux :
_ C’est tout de même bizarre. Certains meurent et restent au Hub, même s’ils sont morts ailleurs et d’autres disparaissent purement et simplement. Finalement, c’est comme si certains partaient pour le Paradis, tandis que les autres restent en enfer…Nous, par exemple, condamnés à hanter le Hub peut-être éternellement. Qu’avons-nous fait ? Ou pas fait pour mériter ce sort ?

Tandis que nos fantômes se plongeaient dans de profondes méditations philosophiques, on discutait ferme en salle de conférences.
_ Sacré nom d’un petit bonhomme en bois ! Que s’est-il passé ? Et pourquoi ?
_ Facile de répondre à ta première question, Jack ! Nous avons frôlé l’Apocalypse. Quand à la seconde, j’avoue mon ignorance. Et toi, Ianto, tu as une idée ?
_ Peut-être… Cette boite qui change de couleur…Elle me fait penser à une vieille légende de l’Antiquité…
_ Oui, oui…Attendez un peu… La boite de Pandore…
Les doigts de Gwen s’agitaient furieusement sur le clavier d’ordinateur.
_ Voilà ce que dit le Net : La boite de Pandore contient tous les maux de l’humanité et, en l’ouvrant, on les lâche sur Terre.
_ Cela, on s’en doutait déjà, mais pourquoi cette boite s’est-elle interrompue ? Tout s’est arrêté si brusquement.
Jack prit l’air songeur :
_ J’ai peut-être une explication. Si je me souviens bien de cette légende, dans la boite, il y a également l’espoir. Et c’est peut-être cela qui nous a sauvés. L’espoir de Ianto d’abord, bien timide il est vrai, et le tien surtout, Gwen, avec ton enthousiasme de future maman. C’est peut-être cela qui a refermé la boite.
_ Cela fait beaucoup de « peut-être », Jack. A propos de peut-être, peut-être pourrions-nous nous rendre chez l’antiquaire qui m’a donné la boite ? Il semblait inquiet. Il en sait sans doute plus qu’il ne le dit.
Et, de nouveau, le Hub se vida de ses occupants…

Pas pour longtemps…En silence, nos ectoplasmes se regroupèrent autour des ordinateurs :
_ C’est fini ? hasarda Pauline.
_ J’en ai l’impress…
Le hurlement strident du signal d’alarme interrompit Benjamin.
_ La faille ! Et ils ne sont même pas là !
_ Du calme, Pauline. Ce n’est pas le moment de paniquer. Regardez les écrans : le danger est là, dans cette petite rue. Et où est Jack ? Aïe ! Aïe ! Il y va tout droit ! Les autres sont derrière lui. Vite ! Le prévenir…Mais comment ?
Benjamin se grattait le crane (si tant est qu’un fantôme en ait un)
_ Dans le temps, j’étais un as du bricolage…Léo, passe-moi cette vieille radio.
Quelques ordres plus tard, quelques bidouillages mystérieux et :
_ Voila ! Avec ça, je peux « biper » Jack.
Emilie s’extasia
_ Tu es un génie, Benjamin, un vrai Mac Gyver !
_ Un « quoi » ?
_ Laisse tomber, ce n’est pas de ta génération.

Pendant ce temps, l’équipe s’apprêtait à entrer dans la boutique de l’Antiquaire et, juste à ce moment, le bracelet de Jack se mit à couiner, couinement immédiatement suivi par les aboiements et les miaulements de tous les animaux du voisinage. L’équipe se pétrifia sur place.
_ Cela ne me dit rien qui vaille, chuchota Ianto.
_ Ecoutez ! On dirait qu’on se bat là-dedans ! J’y vais !
_ Gwen ! Tu es inconsciente…Dans ton état…
_ Jack ! Je suis enceinte, pas invalide.
Ce fut cependant Jack qui ouvrit prudemment la porte et ce qu’ils virent alors les laissa pantois : un capharnaüm indescriptible s’offrait à leurs yeux : des papiers réduits en charpie, des débris de poteries un peu partout, des tableaux réduits en miettes. Même les meubles en bois massif avaient souffert, entaillés de profondes griffures et morsures. L’antiquaire était recroquevillé sous un vieux bureau sur lequel trônait une magnifique peluche bleue aux grands yeux et au sourire aimable.
_ Ah ça ! Fit Gwen, c’est inattendu ! C’est ce nounours bleu qui a fait tout ça ?
_ N’approche pas, Gwen. Je crois que je connais cette créature…
Jack ne put terminer sa phrase. La petite créature toute douce s’était hérissée, sa gueule s’était ouverte dévoilant une impressionnante rangée de dents et ses intentions semblaient fort peu amicales. Gwen tenta une approche en douceur
_ Viens, mon gentil nounours ! Tu veux un bonbon ? Tu as un nom ?
_ M’en fous de ton bonbon ! Et ne me parle pas comme si j’étais débile ! Un nom ? bien sûr que j’en ai un, 626, que mon créateur m’ a appelé. Mais ça ne me plaît pas ! Stitch, c’est le nom que je veux. Et ce que je veux, c’est MA BOITE, celle que le vieux fossile là en-dessous m’a volé. A moi, elle est à moi…Je veux MA BOITE
Jack ne le laissa pas finir sa diatribe et l’étourdit avec son arme paralysante :
_ Allez ! On le saucissonne ! On l’enferme et on le renvoie d’où il vient. Si on trouve où c’est ! Quant à la boite, au plus profond du coffre.

Mais une surprise attendait notre trio une fois arrivé au Hub. A l’arrière du SUV, point de petite créature bleue, mais des liens rongés par des dents bien acérées. Pendant que l’équipe se perdait en conjectures, que les fantômes enfermés au hub essayaient désespérément de trouver une façon de s’échapper, sur une plage, à Hawaï, une petite fille jouait avec son chien. Curieuse bête ! De grandes oreilles, de gros yeux ronds, des grandes dents et surtout une fourrure bleue des plus inattendues.

FIN (peut-être)


tessa  (10.07.2014 à 14:49)

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