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Chantage

Série : Robin Hood
Création : 15.12.2014 à 10h01
Auteur : byoann 
Statut : Terminée

« Il s'agit de la suite de l'épisode "Le pardon". Cet EV comporte 26 chapitres. J'écris seul merci. » byoann 

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CHAPITRE VII

« PETIT JEAN ?... TU ES DE RETOUR ? »

uelques semaines plus tard, dans la forêt de Sherwood, les hors-la-loi revenaient vers leur campement après avoir dévalisé des voyageurs…

Much, rigolant : « La tête de leur escorte quand ils ont vu Robin qui revenait d’entre les morts ! »

Toute la bande rit en repensant à la terreur qu’avait éprouvée l’escorte de ce riche marchand. Ce dernier s’était retrouvé seul, sans protection, car ses vaillants défenseurs avaient déserté quand ils virent Robin revenir à la vie.

Allan, riant aux éclats : « Ouais… et la tête du marchand qui demandait à Robin s’il était bien vivant ? »

Will, les larmes aux yeux : « Ouais… Il n’en revenait pas ! »

Mais Will s’aperçut que Djaq avait l’esprit ailleurs. Laissant Allan et Much converser sur leurs impressions réciproques, il s’approcha d’elle.

Will : « Ça ne va pas, Djaq ? »

Djaq, lui souriant : « Si. Si. Ça va. »

Will : « Non, ça ne va pas ! A quoi tu penses ? Tu n’es pas heureuse ?... [S’adressant à tout le groupe]… On a fait une belle prise aujourd’hui. Il faut qu’on fête ça ! »

Allan et Much approuvèrent bruyamment la requête de leur ami. Robin se contenta d’acquiescer de la tête en souriant.

Allan : « Oh là là… Vous n’êtes pas drôles aujourd’hui. Que vous arrivent-ils ? Hein ?... Robin ?... Djaq ? Tu ne veux pas faire la fête avec nous ? »

Djaq, un peu triste : « Si mais… Il manquera quelqu’un à la fête ! »

La bande comprit immédiatement que Djaq faisait référence à Petit Jean qui était parti rejoindre sa femme et son fils. Cela faisait maintenant plusieurs mois qu’il s’était absenté et Djaq commençait à craindre qu’il ne revienne pas. Robin ressentait la même chose mais il essaya de donner le change à Djaq.

Robin : « Je suis sûr qu’il va bientôt revenir, Djaq ! »

Djaq, sceptique : « Ça fait plus de trois mois maintenant ! »

Robin : « Oui mais il avait plus de dix ans à rattraper avec son fils. Alors c’est un peu normal qu’il se soit absenté aussi longtemps. Tu ne crois pas ? »

Djaq : « Oui… Oui, c’est vrai. »

Allan : « Moi, je te fais le pari qu’il sera revenu avant la fin de la semaine… Qui parie avec moi ? »

Allan, regardant sérieusement Robin : « C’est un pari tout ce qui a de plus amical, tu peux me croire !... [Regardant les autres en souriant] Alors ? »

Allan tourna sur lui-même en regardant ses compagnons puis il se figea.

Allan : « Robin ! »

Il pointa du doigt un groupe de voyageurs qui, au loin, marchait sur la route conduisant à Nottingham.

Robin, se retournant : « Allons voir ! »

La bande arriva en bordure du chemin et vit un groupe de villageois transportant tout ce qu’il possédait dans des charrettes et filant aussi vite que leurs jambes fatiguées leur permettaient.

Djaq : « Ce sont de pauvres gens, Robin ! On ne peut pas prendre ce qu’ils ont ! »

Robin : « Oui, tu as raison… Mais où vont-ils comme ça ? »

Allan : « Et surtout d’où est-ce qu’ils viennent ? Ils sont très nombreux ! »

Much : « Ben… C’est pas en restant ici qu’on va le savoir ! »

Robin, mettant sa main sur l’épaule de Much : « Tu as absolument raison, mon ami. »

Robin sortit de sa cachette et alla au-devant des voyageurs. Le reste de la bande le suivit. Devant l’arrivée des hors-la-loi, les voyageurs, apeurés, resserrèrent les rangs et levèrent devant eux leurs bâtons de marche afin de se défendre. Certains hommes se préparèrent à combattre. Robin se présenta à eux en levant les mains.

Robin, s’adressant à l’homme de tête : « Salut l’ami… Attends… Nous ne te voulons aucun mal ! »

L’homme, méfiant : « Que voulez-vous ?... Nous n’avons rien de valeur ! »

Robin, souriant : « Nous ne voulons rien. Je veux juste parler avec toi. »

L’homme, sur ses gardes : « Et de quoi ? »

Robin, baissant lentement les mains : « D’où venez-vous ? »

L’homme : « Nous venons du Sud… du comté de Kent. »

Robin, surpris : « De Kent ? »

L’homme : « Ouais et alors ? »

Robin : « Mais pourquoi fuyez-vous ce comté ? »

L’homme : « C’est devenu invivable car le Comte n’arrive plus à y faire régner l’ordre. Des bandits de tout poil pillent nos récoltes et attaquent nos villages sans raison, et Monsieur le Comte reste dans son château à ne rien faire !... »

Robin, à lui-même : « C’est étonnant !... »

Will, l’interrompant, à Robin : « Tu connais le Comte de Kent ? »

Robin acquiesça de la tête.

L’homme : « C’est le fils de Monsieur le Comte qui a repris le flambeau depuis que son père est parti en Terre Sainte. »

Un autre homme, crachant par terre : « Tu parles !... Pendant qu’on tue nos femmes et nos enfants, Monsieur le Comte reste tapi dans son château ! »

Robin, dans sa tête : « Cela ne ressemble pas à Andrew ! »

L’homme : « Heureusement que le shérif de Nottingham est arrivé, tiens ! »

La bande, interloquée : « Quoi ? »

L’homme : « Ouais... Heureusement qu’il est arrivé avec ses soldats… Et il nous a proposé de nous aider. Mais avec aussi peu d’hommes, il ne peut pas assurer la sécurité de tous. »

Robin, incrédule : « Le shérif Vaizey de Nottingham est venu, tu dis ? »

L’homme : « Oui, je l’ai vu comme je vous vois. C’est un homme de grande bonté qui a à cœur notre sécurité. Il a chassé les bandits de notre village et a distribué de l’argent aux plus pauvres d’entre nous. Il nous a promis de nous protéger dans la mesure que Monsieur le Comte le lui autoriserait. Mais ce bandit l’a chassé de ses terres parce qu’il devenait trop populaire. Nous l’avons supplié de rester mais il ne pouvait pas aller à l’encontre de la volonté du maître des lieux alors il est parti en nous laissant quand même un petit groupe de soldats pour nous protéger. Mais ça n’a pas suffit. Alors nous avons préféré partir avec nos familles pour nous installer dans le comté de Nottingham ! »

Much, éberlué : « Le shérif de Nottingham ? D’une grande bonté ? Non mais de qui se moque-t-on ! »

Robin, sur un ton de reproche : « Much ! »

Much : « Non mais maître, vous entendez ça ? »

Un autre homme du groupe, furieux : « Il nous a sauvé la vie cet homme-là… Et je vous interdis d’en dire du mal ! »

Much : « Non mais il faudrait que tu saches… »

Robin, l’interrompant, s’adressant à son compagnon : « Much, ça suffit !... Visiblement le shérif s’est fait une réputation bien différente là-bas…. Il ne sert à rien d’essayer de les convaincre. »

Robin, au groupe de villageois : « Vous avez raison… Nous avons certainement confondu avec un autre shérif. »

L’homme de tête : « Ouais certainement ! »

Pendant qu’il conversait avec les villageois, Robin remarqua un homme, dissimulé sous une cape, essayant de se cacher parmi les voyageurs. Il fit un signe de tête à Allan et Will en direction de l’inconnu qui visiblement essayait de rejoindre discrètement la forêt. Les deux hommes le remarquèrent aisément puisque c’était la seule personne qui ne les dévisageait pas et qui semblait les fuir. L’homme à la cape arriva à l’arrière du convoi puis se faufila derrière les arbres bordant le sentier. Les deux hors-la-loi arrivèrent au moment où le fuyard disparaissait dans la forêt. Allan allait le suivre mais Will le stoppa. Du regard, il lui montra les voyageurs, craintifs, qui les observaient. Allan comprit ses intentions. Ne voulant pas les inquiéter davantage, les deux hommes repérèrent l’endroit où l’homme à la cape était entré dans la forêt et attendirent les ordres de leur chef.

Robin s’aperçut que ses hommes étaient restés sur le sentier. Se doutant qu’ils ne voulaient pas effrayer davantage les voyageurs et qu’ils attendaient que le groupe reparte pour poursuivre cet étrange visiteur, Robin mit alors fin à sa conversation.

Robin à l’homme de tête : « Eh bien… Vous pouvez continuer votre chemin, l’ami ! »

L’homme : « C’est vrai ?... Vous n’allez pas nous voler nos affaires ?... Parce qu’on nous a prévenu qu’il y avait de redoutables coupeurs de bourses par ici ! »

Robin, souriant : « Sois rassuré ! Nous ne prenons qu’aux riches pour donner aux pauvres ! »

Une femme du groupe : « Vous n’allez pas nous tuer, n’est-ce pas ? »

Robin : « Nous ne tuons jamais les voyageurs, madame ! »

Robin s’écarta afin qu’ils puissent reprendre leur route. Il arbora un large sourire tout le temps que le groupe passa devant lui. Puis il alla rejoindre Will et Allan.

Will : « L’homme à la cape est parti par là. »

Il désigna du doigt l’endroit où l’étrange visiteur était entré dans la forêt.

Much : « Quel homme ? »

Djaq : « Ben tu n’as pas vu l’homme qui se cachait sous une cape lorsque Robin a commencé à parler avec le voyageur ? »

Much : « Euh non !... J’ai rien vu. J’étais trop préoccupé par cette histoire ahurissante avec le shérif. »

Djaq : « C’est vrai que ce n’est pas très clair cette histoire ! »

Robin, réfléchissant : « Oui… Mais pour l’instant allons voir qui nous rend visite ! »

Robin s’engouffra dans la forêt suivi du reste de la bande. Ils n’eurent aucun mal à rattraper le fuyard qui se déplaçait étrangement lentement. L’homme s’était arrêté et il semblait écouter les environs soit pour se repérer soit pour entendre si on le suivait. Robin en profita pour donner ses directives.

Robin : « Will ?... Prends à gauche. Allan ?... A droite et rabattez-le vers nous… Much et Djaq restez à mes côtés. Dès que Will et Allan l’auront rabattu vers nous, ce sera à nous de jouer. »

Masqués par la densité de la forêt, Will et Allan contournèrent leur proie puis se présentèrent à elle à une bonne distance. L’homme prit peur, ramassa un objet, que les hors-la-loi n’arrivèrent pas identifier et fit demi-tour.

Robin : « C’est le moment ! »

Il sortit des fourrés, accompagné de Djaq et de Much qui s’écartèrent l’un de l’autre, formant ainsi un éventail. Will et Allan coururent les rejoindre. L’homme se retrouva rapidement piégé au centre d’un cercle formé par les hors-la-loi. Ces derniers n’eurent plus qu’à resserrer les rangs autour de leur victime.

Robin : « Eh bien… Qu’avons-nous là ? »

L’homme, apeuré, serrant contre lui ce qui pourrait ressembler à une petite caisse de bois, prit un couteau et menaça tour à tour les hors-la-loi qui s’approchaient trop de lui.

L’homme, effrayé : « Laissez-moi tranquille ! »

Allan essaya d’attraper son petit coffre mais l’homme se retourna face à lui.

L’homme, tenant son petit coffre contre lui et menaçant : « Laissez-moi ! »

Much le toucha avec le bout de son épée. L’homme prit peur et se retourna vers lui en brandissant son arme. Les hors-la-loi continuèrent de tourner autour de lui comme des vautours. Ils pouvaient ressentir la terreur de leur victime qui, impuissante, les menaçait tour à tour à chaque fois que l’un deux essayait de lui prendre son bien.

Robin s’avançant en souriant : « Si tu nous dis combien tu as sur toi, nous te prendrons qu’un dixième sinon… »

Pendant que l’homme menaçait Robin, Allan et Will se précipitèrent sur lui par derrière et l’attrapèrent par les bras.

L’homme, lâchant son petit coffre et son couteau : « NON, LAISSEZ ÇA ! C’EST A MOI !... VOUS N’AVEZ PAS LE DROIT ! »

Robin, ramassant la caisse : «… Ici, c’est nous la loi, mon ami… Alors dernière chance, tu nous dis combien il y a sinon nous prenons tout ! »

L’homme se débattit furieusement mais Allan et Will le retinrent fermement.

Allan, essayant de le maîtriser : « Mais c’est qu’il mordrait le bougre ! »

En essayant de se défaire de ses agresseurs, la capuche de la cape tomba et le visage de leur victime apparut.

Djaq, surprise : « Mais il est très jeune !... C’est encore qu’un enfant ! »

Le jeune homme, se débattant toujours férocement : « Je ne suis plus un enfant !... J’ai dix-sept ans ! »

Will, tentant de maîtriser le jeune homme : «Hé là ! Du calme… Nous ne te ferons rien si tu restes tranquille ! »

Robin, se relevant et gardant le coffre avec lui : « Tu t’appelles comment ? »

Le jeune homme, acerbe : « Qu’est-ce que cela peut bien vous faire ! »

Allan, souriant : « Il a du mordant le gamin ! »

Le jeune homme essaya d’attraper Allan se trouvant derrière lui afin de lui faire un mauvais parti. Mais Robin s’avança vers lui.

Robin, menaçant : « Calme-toi ! Ne nous oblige pas à te manquer de respect, veux-tu ? »

Robin à Allan et Will : « Lâchez-le ! »

« Quoi ? Mais maître, il va s’enfuir ! »

 

 

 

 

 

Allan : « Much a raison… Méfie-toi… Il a le diable au corps, ce gamin ! »

Le jeune homme regarda méchamment Allan et fit un geste pour s’en prendre à lui mais se ravisa.

Allan, répondant à sa provocation : « Quoi ?... Qu’est-ce qu’il y a ? »

Le captif le regarda puis scruta tour à tour les visages qui l’entouraient. Il était cerné. S’il s’en prenait à Allan, les autres lui tomberaient dessus. Frustré, il détourna la tête et regarda Robin avec colère mais aussi avec une certaine appréhension. Le jeune homme devina que ce dernier était le chef de ses agresseurs.

Robin, bienveillant : « Tu t’appelles comment ? »

Le jeune homme ne répondit et regarda le sol.

Allan, lui donnant une petite tape derrière la tête : « Tu vas répondre, oui ? »

Le jeune homme regarda méchamment Allan puis reporta son attention sur Robin.

Robin : « Tu n’as rien à craindre. Nous ne te ferons aucun mal, tu sais. »

Le jeune homme, crachant : « Alors rendez-moi ça, cela ne vous appartient pas ! »

Allan, le poussant légèrement dans le dos : « Hé un peu de respect, veux-tu ? »

Robin, en souriant et désignant la caisse : « Ça, c’est une autre histoire… Je te demande ton nom ! »

Trop fier, le jeune homme ne voulait rien leur dire mais il était cerné. Allan le menaçait mollement pour l’instant mais il s’en méfia. Et puis le chef des hors-la-loi tenait son avenir entre ses mains. Alors, à contrecœur, il céda.

Le jeune homme, baissant la tête et à voix basse : « James ! »

Allan, le bousculant : « On n’a pas entendu ! »

Le jeune homme le fusilla du regard puis regardant Robin, d’une voix forte : « James ! »

Robin, souriant : « James comment ? »

James, toujours mordant : « Juste James ! »

Robin, s’avançant près de lui : « Eh bien… Juste James… Tu peux nous dire combien il y a dans ton petit coffre ? »

James le regarda sans répondre. Allan le bouscula en lui donnant un petit coup de coude dans le dos. Cette fois, James ne réagit pas. Robin et Allan étaient trop prêts de lui pour pouvoir se protéger en cas de riposte des deux hors-la-loi.

Robin : « Tu sais… Si tu ne nous dis rien, on va tout prendre ! »

James, avec empressement : « Mais j’ai besoin de chacune de ces pièces ! »

Robin : « Ah oui ? Et pour quoi faire ? »

James baissa la tête, refusant de répondre. Même le coup de coude d’Allan n’arriva pas à lui délier la langue.

Robin, en faisant demi-tour : « Très bien alors je prends tout ! »

James, effrayé à l’idée de perdre son argent : « Non, attendez ! »

Robin fit demi-tour et se planta devant lui.

Robin, espiègle : « Alors ? »

James, ravalant sa fierté : « Deux milles livres ! »

Allan siffla puis : « Deux milles livres… Hé ben ! »

Much, réjoui : « C’est notre jour de chance ! »

James, en colère : « Mais ils sont à moi ! »

Robin, suspicieux : « Mais que fait un jeune homme comme toi avec une telle somme ? »

James, retrouvant sa morgue : « Cela me regarde ! »

Allan : « Mais qu’est-ce qu’il peut être mal élevé celui-là ! »

James, le regardant : « Venant d’un détrousseur de bourses, c’est un compliment ! »

Toute la bande ne put s’en empêcher de sourire.

Much, souriant : « C'est qu'il a de la répartie, le gamin ! »

James : « Oh toi, le larbin, on t’a rien demandé ! »

Much, vexé, allait répondre à ce petit avorton quand soudain, profitant d’une seconde d’inattention du groupe, James fonça sur Robin, lui reprit le coffre des mains et s’enfuit à toute enjambée vers la route conduisant à Nottingham.

Allan, surpris : « Hé ! »

Déstabilisé, Robin tomba à terre. Blessés dans leur fierté, les hors-la-loi se mirent à sa poursuite.

Robin : « Il faut le rattraper !... Il vaut deux mille livres ! »

Much : « Si jamais je le rattrape celui-là, il va voir si je suis un larbin ! »

Ne pouvant pas courir très vite à cause du coffre, James fut en vue de la bande assez rapidement.

Robin, criant à James : « ARRETE-TOI ! »

Allan : « Parce que tu crois qu’il va s’arrêter ? »

D’un seul coup, Robin s’immobilisa obligeant les autres à s’arrêter derrière lui.

Will : « Mais qu’est-ce que tu fais ?... Il va nous échapper ! »

Robin ne répondit pas et bandait déjà son arc.

Much, inquiet : « Maître ?... Vous n’allez pas quand même pas… »

Much n’eut pas le temps de terminer sa phrase. La flèche de Robin partit. Aussitôt, celui-ci se remit à courir entrainant les autres avec lui. Sa flèche accrocha la cape du jeune homme avant de se planter dans le sol derrière lui. James fut arrêter brutalement et tomba sur son postérieur. Sans regarder derrière lui, il comprit immédiatement que sa cape était prise dans quelque chose. Il la détacha et se remit à courir. Au détour d’un chemin, il disparut de la vue de ses poursuivants. Les hors-la-loi arrivèrent sur les lieux mêmes où James se tenait quelques secondes plus tôt.

Much : « Oh mais c’est pas vrai !... Il est pire qu’un lapin fuyant les chasseurs. »

Allan : « Je vous l’avais dit… Il a le diable au corps, ce gamin ! »

Robin, mécontent de voir sa proie lui échapper : « Il se dirige vers Nottingham… »

Mais il fut interrompu par le bruit d’une altercation entre deux personnes.

Robin : «… Ecoutez… Allons-y ! »

La bande arriva rapidement devant deux hommes qui semblaient se chamailler. L’un tenait l’autre par derrière et par les épaules, obligeant celui-ci à baisser la tête. La bande reconnut immédiatement les protagonistes.

Djaq, heureuse : « Petit Jean ! »

Suivie des autres, elle courut vers lui.

Much, aux anges : « Petit Jean ?... Tu es de retour ? »

Will et Allan tapotant l’épaule de Petit Jean, en souriant : « Hé… Content de te revoir, Jean ! »

Heureux de leur témoignage d’affection, Petit Jean les remercia tous en souriant. Il ne pouvait pas les prendre dans ses bras car il tenait toujours James par les épaules. Le pauvre jeune homme, complètement impuissant, vociférait à tout va pendant les retrouvailles des hors-la-loi.

Robin, ravi : « Petit Jean !... Content de te revoir ! »

Petit Jean : « Je suis content d’être revenu !... [Désignant James]… Mais dites-moi ?... Vous savez qui c’est ça ? »

Petit Jean resserra son emprise sur son prisonnier. Celui-ci avait le dos contre le géant, les deux bras écartés à l’horizontale et la tête penchée en avant, forcé par les deux mains de Petit Jean.

Robin se penchant à la hauteur de James : « Je vois que tu as fait la connaissance de notre ami James… [Ramassant le petit coffre tombé au sol]… qui nous fait un don de deux mille livres ! »

James, essayant de se défaire de Petit Jean : « Non, laissez ça ! C’est à moi ! »

Petit Jean, resserrant son étreinte : « Ce chenapan est arrivé en trombe et m’a bousculé. Il ne s’est même pas excusé ! »

James, furieux et se débattant : « Je n’avais pas le temps ! »

Petit Jean : « Oui, je comprends maintenant pourquoi ! »

James se débattit de plus en plus farouchement.

Petit Jean : « Hé là !… Doucement petit ! »

James : « JE NE SUIS PAS PETIT ! »

Allan : « Méfie-toi, Jean… Il a le… »

Le reste de la bande, finissant sa phrase : « Le diable au corps ! »

Allan : « Non mais c’est pas pour faire de l’humour, je suis sérieux. Il a vraiment le diable au corps, ce gamin !... Tu peux me croire ! »

Petit Jean, dubitatif : « Ce n’est qu’un môme ! »

James, en colère : « Je ne suis plus un enfant… Je suis un homme… Je pourrais être chevalier ! »

Robin, ironique : « Voyez-vous ça !... Eh bien Monsieur le Chevalier, merci pour votre générosité… »

Will, l’interrompant : « Robin !... Des soldats arrivent ! »

Robin : « Jean ! »

Petit Jean comprit tout de suite qu’il fallait qu’il neutralise James. Ils quittèrent rapidement le chemin pour se réfugier à l’intérieur de la forêt. Petit Jean plaqua James contre lui et mit sa main sur sa bouche. En silence, ils regardèrent passer la troupe. Totalement impuissant entre les bras du colosse, James ne put demander du secours. Une fois les soldats passés, Petit Jean relâcha James au milieu du cercle, cette fois-ci, plus restreint des hors-la-loi. Le jeune homme ne pouvait donc plus s’échapper d’autant plus qu’un géant se trouvait parmi eux.

Robin, reprenant sa discussion et espiègle : « Alors les amis !... Nous avons un véritable chevalier parmi nous. »

James, se défendant : « Hein !... Riez manants !... Mais c’est la vérité… Enfin… Je vais devenir chevalier… Comme mes frères ! Et moi aussi, je servirai le Roi en Terre Sainte. »

Toute la bande, se moquant de lui : « Ho ! »

Much : « Mais mon maître et moi avons aussi servi en Terre Sainte, tu sais ? »

James, moqueur : « Ah oui ? Eh bien tu ferais mieux d’y retourner ! »

Much fut vexé mais le reste de la bande rit.

Robin, plus sérieux : « Ton frère sert en Terre Sainte ? »

James, grave, se tourna vers Robin content qu’on le prenne enfin au sérieux.

James, fier, se redressant : « Oui ! »

Robin : « Comment se prénomme-t-il ? »

James hésita. Après tout c’était une bande de hors-la-loi qui détroussait les nobles mais il se rappela les propos que Robin avait tenus aux voyageurs sur la grande route de Nottingham. Ces hors-la-loi ne tuaient jamais leur victime.

James : « Matthew Kent. »

Robin, surpris : « Tu es le frère de Matthew ?... Le petit James ? »

James, en colère : « Je ne suis pas petit ! »

Robin : « Pardonne-moi. Je voulais dire le jeune frère de Matthew et Andrew Kent, James Kent. L’un des fils du Comte Georges de Kent ? »

James : « Oui, c’est moi… Mais je ne vous connais pas ! »

Robin : « Non !... Mais moi, j’ai parfaitement connu Matthew. J’étais présent lorsqu’il a été tué. »

Ne s’attendant par à trouver des amis de ses frères, James fut décontenancé. Il ne sut quoi répondre à Robin. De plus, il n’aimait pas qu’on parle de la mort de son héros. Attristé, James baissa la tête.

Robin : « Et je connais aussi Andrew avec qui j’ai fait mes études à l’université d’Oxford. »

Devant un ami de son frère, James changea radicalement d’attitude. Son arrogance fit soudainement place à une timidité et une humilité qui étonnèrent la bande.

James, fébrile : « Vous connaissez mes frères ? »

Robin : « Oui… Je m’appelle Robin. »

Il tendit la main au jeune homme.

Much : « C’est Robin de Locksley, Comte de Huntington ! »

James, lui prenant la main et admiratif : « Et moi je suis James de Maidstone, Comte de Kent. »

Much, souriant : « Comte ? Toi ? »

James, vexé mais résigné : « Oui, je suis Comte. [Las, il souffla]… Andrew est parti et m’a laissé les affaires du comté à gérer. »

Après autant d’émotion, le jeune homme ne se sentit plus la force ni de répliquer à Much ni de continuer à tenir tête à toute la bande. Et cela était d’autant plus inutile que le chef des hors-la-loi qui lui faisait face était un ami de son frère. Il n’avait plus à faire bonne figure. Epuisé, le jeune homme s’affaissa sur le sol et fondit en larmes. Robin se rappelant les propos des voyageurs fuyant le comté de Kent.

Robin, s’agenouilla devant lui : « James ?... Que se passe-t-il à Maidstone ? »

Touché par sa gentillesse, James releva la tête : « C’est une longue histoire ! »

Robin : « Alors debout ! Lève-toi ! Nous allons te ramener au camp et tu vas nous raconter tout ça ! »

James, se relevant et reprenant espoir : « D’accord. »

Il suivit Robin qui se dirigea vers le campement en compagnie de Djaq et de Petit Jean.

Will, avant de partir à Allan : « Tu te rends compte... Tu as malmené un Comte ! »

Will fit un clin d’œil à Much puis se mit en route.

Much, laissant Allan seul : « Oui… et c’est un ami de Robin de surcroît ! »

Allan, le visage défait : « Hé !... Mais je savais pas, moi ! »

Puis il courut rejoindre le reste de la bande.


byoann  (02.02.2015 à 10:10)

CHAPITRE VIII

« ALORS RACONTE-NOUS CE QUI SE PASSE DANS LE COMTE DE KENT ! »

endant le trajet conduisant au campement…

Much, tapotant le dos de Petit Jean : « Je suis content de te revoir ! »

Djaq : « Oui, ça plaisir de te retrouver… Comment vont ta femme et ton fils ? »

Petit Jean, souriant : « Bien. Ils vont bien. »

Robin : « Ils ne vont trop te manquer ? »

Petit Jean : « Oh peut-être un peu mais je sais où ils sont maintenant et surtout… Là où ils sont, je sais qu’ils ne risquent plus rien. Ils sont loin du shérif et de ses sbires. Ma famille est en sécurité et c’est là, l’essentiel. »

Robin : « Oui, tu as raison, mon ami… Et puis tu peux retourner auprès d’eux à chaque fois que tu en ressentiras le besoin, tu sais ? »

Petit Jean, regardant Robin et reconnaissant : « Oui, je sais. »

Petit Jean, sur un ton humoristique : « Mais c’est dernier temps, je me languissais de vous. Alors Alice en a eu marre et elle m’a pratiquement mis à la porte. »

Much : « Ouais… Je le savais que tu ne pourrais pas vivre sans nous… Je le savais ! »

Djaq, Will et Allan le conspuèrent.

Much, persistant : « Au fond de moi, je le savais ! »

Djaq : « Et tu as pu passer beaucoup de temps avec ton fils ? »

Petit Jean : « Oh oui. Nous avons accompagné Percy pendant ses rondes. Nous avons été à la chasse et à la pêche ensemble. Et puis je lui ai appris à tirer à l’arc…. Il est très doué le bougre. Je suis sûr que Robin n’arriverait pas à le battre. »

Robin, souriant : « Oh j’en suis persuadé ! »

Will, pensant à son frère qu’il n’avait pas revu depuis la mort de leur père : « Alors on dirait que ça t’a fait du bien de revoir ta famille ? »

Petit Jean : « Le plus grand bien !... Maintenant, je suis prêt à donner de grands coups de pieds au derrière du shérif et de Gisborne ! »

Heureux d’être à nouveau tous réunis, toute la bande se mit à rire.

Petit Jean à Robin : « Alors qu’est-ce que j’ai manqué ?... Qui c’est ce gamin après qui vous courriez avec peine ? »

Much, piqué au vif : « Oh mais on allait le rattraper, hein… Pas vrai, maître ? »

Robin sourit à Much puis se tourna vers Petit Jean : « C’est le frère d’un excellent ami à moi, Andrew Kent. Il semble qu’il y ait des problèmes dans ce comté et que le shérif y serait plus ou moins mêlé. »

Petit Jean, surpris : « Le shérif de Nottingham ?... Mais qu’irait-il faire là-bas ? »

Robin : « Ben ça mon ami, c’est ce que nous allons bientôt savoir. »

Robin s’arrêta et attendit que James soit devant lui pour s’adresser à lui.

Robin à James : « Nous allons bientôt arriver à notre campement… »

James, trop impatient, l’interrompit : « Alors c’est vrai ? »

Robin : « Quoi ? Qu’est-ce qui est vrai ? »

James : « Que vous avez perdu vos terres et vos titres et que, par voie de conséquence, vous résidez dans la forêt ? »

James, centré sur lui-même, n’avait écouté que d’une oreille distraite les histoires qu’avaient racontées Andrew au reste de sa famille. En effet, ce dernier avait appris ce qui était arrivé à son ami d’enfance par les gazetiers de la cour de Londres. Mais James, ne connaissant pas Robin, n’avait pas prêté attention à ce qu’on racontait sur des hors-la-loi vivant à Sherwood.

Robin, souriant : « Oui, c’est vrai !... D’ailleurs, nous t’emmenons dans notre campement dont l’emplacement est secret. Normalement, nous n’y amenons personne mais on va faire une exception pour toi. Cela signifie que nous avons une grande confiance en toi. »

James, bombant le torse : « Tu peux compter sur moi. Je ne dirais rien même sous la torture ! »

Allan ne put s’empêcher d’ajouter : « ça, c’est facile à dire maintenant, mais ligoté dans une salle de torture… »

Will l’empêcha de terminer sa phrase en lui donnant un coup de coude. James n’apprécia pas la remarque d’Allan mais, devant Robin, il n’osa pas riposter.

Robin : « Très bien... Alors allons-y ! »

Un quart d’heure plus tard, toute la bande arriva au campement. Petit Jean était ravi de retrouver ses quartiers mais il n’eut pas le temps d’en profiter. Il déposa ses affaires sur son lit pendant que Robin installait James sur le lit d’en face et s’asseyait à ses côtés pour écouter son récit.

Robin : « Est-ce que tu veux manger quelque chose ? »

James, fier : « Non merci ! »

Mais son estomac se fit entendre, manifestant ainsi son désaccord.

James, se reprenant, gêné : « Euh… Bon… Peut-être un petit bout de pain ! »

Robin : « Much ?... Tu t’en charges, s’il te plait ? »

Celui-ci partit aussitôt à la cuisine et en revint avec un plateau composé d’une miche de pain, du fromage, d’une grappe de raison et d’un grand verre d’eau. Il le tendit à leur invité. James le prit avec empressement indiquant qu’il avait effectivement très faim, puis commença à dévorer tout ce qu’il lui tomba sous la main.

Robin : « Alors raconte-nous ce qui se passe dans le comté de Kent ! »

James s’arrêta de manger, et regardant Robin : « C’est la révolte ! »

Robin, surpris : « La révolte ?... Pourtant aussi loin que je me souvienne, le Comte de Kent a toujours été très apprécié par ses habitants. Il les a toujours traités avec beaucoup d’égard, de respect et de justice. »

Much, ironique : « Eh bien, ça change de Nottingham ! »

James, baissant la tête : « ça, c’était avant qu’Andrew ne parte mais depuis… C’est… Des émeutes pratiquement chaque nuit… Des vols... Des assassinats… Et je ne peux rien faire pour empêcher ça ! »

James, regardant le petit coffre que Robin avait déposé par terre devant eux : « Enfin presque ! »

Robin : « Que veux-tu dire ?... [Regardant lui-aussi le coffre]… A qui est destiné cet argent, James ? »

James, d’une voix timide : « Au shérif de Nottingham ! »

La bande : « Quoi ? »

Much, furieux : « Il n’est pas question que le shérif reçoive cet argent !... Vous imaginez ?... Il va s’en servir pour ses chevaliers noirs et assassiner le Roi ! »

James, se relevant : « SI VOUS CROYEZ QUE ÇA ME FAIT PLAISIR ! MAIS JE N’AI PAS LE CHOIX ! »

Puis James, se radoucissant et s’asseyant : « C’est ça ou la spoliation de ma famille des terres de Kent ! »

Robin, d’une voix apaisante : « Raconte-nous depuis le début, veux-tu ? »

James : « Eh bien voilà… Un jour, Andrew a reçu une lettre de France qui lui donnait l’ordre de partir sur le champ. Il nous a quittés le lendemain en me laissant la direction du comté… Et puis c’est là que tout a commencé… Les émeutes, les vols, les assassinats… »

Djaq : « Mais vous ne pouviez pas envoyer vos soldats ? »

James, les larmes aux yeux : « Les soldats ?... Ils ne m’obéissent pas. Ils obéissaient à mon père et à mon frère mais pas à moi en particulier Simeon. »

Will : « Simeon ? »

James : « Simeon Blackson, c’est le capitaine des gardes de mon père. C’est un homme vil et cupide qui ne souhaite qu’une chose c’est obtenir des terres en épousant ma sœur ! »

Robin, pensant à Gisborne : « Il me rappelle quelqu’un ! »

James, continuant : « Je le hais !... Il n’a aucun respect pour moi. Il me prend de haut et se considère déjà comme le seigneur du comté. Il donne des ordres aux domestiques et il me fait même surveiller. Du coup, les autres soldats ne m’obéissent plus. »

Much : « D’accord mais qu’est-ce que le shérif de Nottingham à avoir avec tout ça ? »

Robin, sur un ton de reproche : « Much ! »

Petit Jean, amusé : « Décidément tu n’as pas changé, toi ! »

Much, surpris : « Ben quoi ? »

Djaq, tout bas, à Much : « Tu pourrais avoir plus de tact ! »

Passant outre le manque de tact de Much, James continua : « Un matin, Simeon est arrivé avec le shérif de Nottingham… »

****

Quelques semaines plus tôt, dans la chambre de James…

James, mécontent : « Mais Simeon ? Que signifie tout ceci ? »

Simeon : « Oh !... Je vous présente le shérif Vaizey de Nottingham… [Au shérif]… Monseigneur, je vous présente James Kent, le dernier fils de Monsieur le Comte de Kent et sa sœur, la ravissante Jane. »

James n’apprécia pas du tout la présentation quelque peu cavalière que fit son capitaine des gardes.

James, en colère : « Je suis le Comte de Kent et ma sœur est... »

Le shérif, l’interrompant : « Oui. Oui. Oui…. On ne va pas s’attarder sur ces futilités, voulez-vous ? »

James et Jane furent outrés du comportement désinvolte du shérif. Celui-ci arpenta la chambre comme s’il était chez lui.

Le shérif, admirant la pièce : « Bien… J’ai le moyen de vous aider à vous sortir de cette mauvaise passe… Enfin… Si vous le souhaitez, bien entendu. »

James et Jane se regardèrent ne sachant quoi répondre. Devant le silence du jeune homme, le shérif s’impatienta mais ne le montra pas.

Le shérif : « J’ai entendu dire que vous éprouviez… Monsieur le Comte… des difficultés avec votre populace. »

James, mécontent, regardant Simeon : « Et je peux savoir d’où vous tenez cette information ? »

Le shérif, ironique : « Oh c’est un petit oiseau qui me l’a susurré à l’oreille. »

Simeon sourit à la plaisanterie. James et Jane eurent alors la confirmation qu’il était de mèche avec le shérif.

Le shérif, plus sérieux : « De toute façon, il importe peu de savoir comment je l’ai su. L’important est que je peux vous aider à vous sortir de cette mauvaise passe. »

James, fier : « Je suis désolé shérif mais je n’ai nul besoin de vous ! »

Le shérif : « Ah vraiment ? »

James : « Vraiment ! »

Le shérif : « Pourtant, toujours d’après mon petit oiseau, on m’a dit qu’il y avait maintenant des émeutes ici aussi... à votre porte… On ne sait jamais ce qui pourrait arriver. La populace peut se montrer parfois sanguinaire et je pense que vous êtes… probablement… apte à vous défendre… Monsieur le Comte… [Le shérif le regarda de haut en bas]…Enfin faut l’espérer… Mais quand est-il de votre ravissante sœur ?… [Il s’avança vers elle et lui baisa la main]… Il ne faudrait pas qu’elle tombe sur cette bande de coupe-gorges qui s’est installée dans votre joli petit comté, n’est-ce pas ? »

James, en colère : « Je suis parfaitement capable de veiller à la sécurité de … »

Le shérif, l’interrompant : « En êtes-vous bien certain ?... Ce n’est pas ce que l’on raconte ! »

James, ravalant sa colère : « Et que raconte-t-on ? »

Le shérif : « On dit que le petit Comte se terre dans son château pendant que la population se fait massacrer ! »

James sentit de nouveau la colère montée en lui mais Jane lui tint le bras. Il comprit alors qu’il devait essayer de garder son calme.

James, contenant sa colère et regardant Blackson : « Mais qui ose colporter de telles sornettes ? »

Le shérif : « Oh, encore une fois, cela importe peu. L’important est que je peux vous aider à rétablir la situation. »

James : « Et que voulez-vous en échange ? »

Le shérif, jouant la surprise : « Moi ?... Mais je ne veux rien de plus que vous aider. »

James, méprisant : « M’aider ? »

Le shérif : « Parfaitement ! Vous aidez… à garder vos terres et vos titres ! »

James, se contenant : « Comment ? »

Le shérif : « Vous n’êtes pas sans ignorer que si un seigneur est incapable d’assurer la sécurité des sujets de sa Majesté dont il a la charge, ceux-ci peuvent légitimement demander le secours de Son Altesse qui se fera un devoir de déchoir le seigneur de ses terres et de ses titres puisque celui-ci a failli à son devoir. »

James : « Mais mon père… »

Le shérif, le coupant vivement : « Mais votre père n’est pas là !… Et en son absence, c’est vous qui devez assurer la sécurité de la populace et je constate que vous vous y attelez très mal ! »

James : « Mais qu’est-ce que cela peut bien vous rapporter ? »

Le shérif, faussement : « A moi ?... Rien du tout… Simplement le sentiment du devoir accompli. »

Le shérif se planta devant le jeune homme et lui sourit de toutes ses dents. James, contenant sa colère, le fixa du regard. Il ne croyait pas un mot de ce qu’il lui racontait sauf pour une chose : La perte de ses terres et de ses titres étaient plausibles et cela il ne pouvait absolument pas le laisser faire. Mais s’allier avec le shérif le dégoûtait. Blackson, derrière le shérif, affichait un sourire de satisfaction.

Le shérif : « Alors ? Concluons-nous cette affaire, hum ? »

James, baissant la tête : « Comment comptez-vous vous y prendre ? »

Le shérif, remuant le couteau dans la plaie : « Dois-je en conclure que vous acceptez mon aide ? »

James, le regardant froidement : « Oui. »

Le shérif : « Bien… Dans ce cas, nous devons absolument fêter ça…. [A Blackson]… Veuillez nous préparer un festin… Nous discuterons des détails autour d’une bonne table… au frais de Monsieur le Comte, bien entendu. »

Blackson, se courbant devant le shérif : « Oui, Monseigneur. »

Le shérif, regardant Blackson s’éloigner : « Hum… Il est bien élevé…. [À James]… Cet homme est très compétent, vous devriez l’écouter d’avantage. »

Puis le shérif se retira. James voulut s’en prendre physiquement à lui mais Jane le retint.

Jane : « Non !... N’oublie pas les conseils qu’Andrew t’a donnés avant de partir. »

James souffla profondément pour se calmer puis : « Je sais mais là… »

Jane : « Il le fait exprès pour t’exaspérer. Ne lui laisse pas cette satisfaction. »

James bougonna en s’affaissant sur son lit.

James, désespéré : « Tout est fichu ! »

Jane, s’asseyant à ses côtés : « Non peut-être pas… Ecoute d’abord ce que le shérif va te proposer. »

James : « Je ne lui fais pas confiance ! »

Jane : « Moi non plus mais ça ne coûte rien de l’écouter ! »

James, résigné : « Tu as raison. »

Jane : « Ne t’inquiète pas. Ça va sûrement s’arranger. »

James : « Pff… »

****

Much : « Avec le shérif dans le coin ? Tu parles que ça va s’arranger ! » 

Robin, sur un ton de reproche : « Much ! »

Djaq : « Mais c’est vrai que le shérif ne fais jamais rien pour rien ! »

Robin : « Il a sûrement un plan derrière la tête… [Regardant le petit coffre en bois]… Et cet argent, c’est pourquoi ? »

James : « C’est le prix de son aide ! »

Much : « Evidement rien n’est jamais gratuit avec lui ! »

James : « Oui !... Je l’ai appris à mes dépends… plus tard au cours de la soirée… »

****


byoann  (09.02.2015 à 09:35)

Dans la salle de réception…

Le shérif était attablé en compagnie de Blackson. James et Jane firent leur entrée. Le jeune homme se crispa quand il vit que le shérif avait pris la place d’Andrew en bout de table.

Jane, tout bas : « Garde ton calme, James. N’oublie pas qu’on a besoin de lui pour garder nos terres et nos titres. »

James, sur le même ton : « Ce porc se croit déjà maître du château ! »

Jane, souriant au shérif : « Laisse faire le porc… enfin je veux dire… Laisse le shérif agir à sa guise pour l’instant. Pense à Père. »

James, souriant au shérif : « Tu as raison… Mais j’aimerais l’embrocher pour faire un bon méchoui ! »

Baissant la tête, Jane se mit à rire ce qui détendit les deux jeunes gens. Le shérif, voyant ses hôtes arrivés, leva son verre dans leur direction.

Le shérif : « Ah !... Soyez le bienvenu à votre table, Monsieur le Comte ! »

James sourit jaune et vint s’asseoir à côté du shérif tandis que Jane est contrainte de s’installer à côté de Blackson.

Le shérif : « Allez… Prenez donc un verre Monsieur le Comte et trinquons à notre collaboration. »

Suivant les conseils de sa sœur, le jeune homme dut trinquer avec lui.

James, tout en s’exécutant : « Vous ne m’avez toujours pas dit quelle forme aurait cette collaboration, shérif. »

Le shérif, redevenant sérieux : « Eh bien, je pensais vous offrir ma garnison afin d’assurer la sécurité de ce charmant comté… Moyennant une légère rétribution, évidement. »

James, méfiant : « Légère à quel point ? »

Le shérif : « Oh disons… deux mille livres ! »

James, en colère : « QUOI ?... DEUX MILLE LIVRES ? »

Le shérif, souriant : «… par mois ! »

James, furieux, se leva de table. Jane, inquiète, voulut lui faire comprendre qu’il devait se rasseoir et négocier avec le shérif mais James ne regardait pas dans sa direction. Il fixait avec colère le shérif qui continuait de lui sourire à pleines dents. Celui-ci s’attendait à la violente réaction du jeune homme.

Le shérif : « Bien entendu, ces frais n’incluent pas la solde et les divers dépenses d’entretien des troupes se trouvant dans votre comté. Ceux-ci restant à votre charge, évidemment. »

James, voulut protester : « Mais… »

Le shérif, le coupant : « Ces deux milles livres sont une espèce de compensation en quelque sorte. Vous comprenez bien que si je vous prête des hommes pour assurer la sécurité de votre comté, je devrai, de mon côté, engager des hommes pour assurer la sécurité dans le mien en l’absence des soldats que je vous aurais fourni. Vous saisissez ? »

James, ravalant sa colère, se rassit d’un seul coup.

Le shérif : « Bien… Je vois que vous avez saisi la situation. Je vous ai préparé un contrat afin de sceller notre accord… [Devant la mine méfiante de James]… C’est une simple formalité afin que les deux parties en présence n’oublient pas leurs engagements respectifs, c’est tout ! »

Un homme, derrière le shérif, lui tendit un parchemin. Ce dernier le tendit à James en souriant. Ce dernier, mécontent, lui ravit brutalement le document.

James : « Deux milles, c’est beaucoup trop ! »

Le shérif, mielleux : « Je regrette la somme est non négociable ! [Lui tendant une plume]… Veuillez apposer votre signature ici je vous prie. »

James prit la plume mais n’apposa pas sa signature. Il prit d’abord le temps de lire entièrement le document.

James, mécontent et jetant la plume : « Jamais je ne signerais cela ! »

Le shérif, étrangement calme : « Et pourquoi cela je vous prie ? »

James, furieux : « Vous exigez un paiement immédiatement de six milles livres et ensuite deux milles par mois !... Jamais nous ne pourrons payer une telle somme. »

Le shérif : « J’ai ouï-dire que le comté de Kent était l’un des plus riches du royaume. Vous n’avez qu’à prélever un impôt exceptionnel. »

James : « Mais depuis que la croisade a débuté, nous manquons de bras pour les récoltes et les rendements ont baissé. »

Le shérif : « Tout ceci n’est pas mon problème mais le vôtre… Je suis certain que vous trouverez une solution. »

James : « Oui, bien sûr… Cela vous arrangerez que nous ne puissions pas payer car ainsi vous récupérerez nos titres et les droits sur nos terres ! »

Le shérif : « C’est une simple garantie. Je vous prie de le croire. »

James : « Je refuse de signer ! »

Blackson : « Je crains que vous n’ayez pas le choix ! »

Soudain, l’alarme du château retentit.

Le shérif, jouant la comédie : « Oh ! Mais qu’est-ce donc cela ? »

Un serviteur arriva en courant dans la grande salle.

Le serviteur : « Monseigneur ?... Monseigneur ?... La ville basse est attaquée ! »

James, suivi de Jane et des autres convives se précipita à l’extérieur du château. Déjà, des habitants sinistrés commençaient à pénétrer dans la cour du château. James et Jane grimpèrent sur les remparts. Le shérif et Blackson les suivirent d’un pas lent.

James, regardant en direction de la ville basse et, abattu : « Oh non ! »

Au loin, des incendies faisaient rage. Des cris de peur, mêlés de féroces hurlements se faisaient entendre. Un groupe de brigands mettait à sac la ville basse et se dirigeait lentement vers le château.

Blackson : « FERMER LES PORTES ! »

James, hurlant : « NON ! »

Blackson : « Nous devons nous protéger de ces brigands ! »

La herse s’abaissa. Les habitants qui n’avaient pas eu le temps d‘entrer dans la cour du château s’agglutinaient derrière la herse suppliant pour qu’on les laisse entrer.

Jane, affolée : « Mais que vont devenir ces gens ? »

James, en colère : « Je vous ordonne de lever la herse ! »

Calmement, Blackson à Jane : « Mille excuses, Milady… Mais je dois penser avant tout à la sécurité du château… [Regardant James]… Votre frère m’a confié la défense du château et de tous ses habitants. Je ne fais qu’obéir à ses ordres. »

James, se tournant vers le shérif : « Et l’aide que vous m’aviez promise ? Où est-elle ? »

Le shérif : « D’abord votre signature… Monsieur le Comte ! »

Le shérif lui tendit le parchemin. James tourna la tête du côté de la ville. Il vit les flammes se propager de maison en maison puis son regard se porta vers ces pauvres gens qui s’agglutinaient encore et encore devant les portes du château. Il croisa enfin le regard désespéré de sa sœur. Celle-ci, en larmes, le regarda droit dans les yeux. Sans échanger une parole, ils se comprirent : Il devait signer !

James, le cœur lourd, prit le parchemin des mains du shérif puis la plume que Blackson lui tendait et, en prenant appui sur le rempart, il apposa sa signature sur le parchemin.

Le shérif, satisfait : « Bien… Sage décision. »

Jane : « Faites lever la herse ! »

Le shérif hésita, regarda tour à tour James et sa sœur.

Le shérif à Blackson : « Lady Jane a raison. Laissez donc entrer ces malheureux ! »

Blackson : « AU NOM DU SHERIF DE NOTTINGHAM, LEVEZ LA HERSE ! »

James voulut s’en prendre au shérif mais Jane l’en empêcha.

Le shérif : « Allons. Allons. Ne soyez pas mauvais joueur ! »

James : « Quitter immédiatement mon château ! »

Le shérif : « Ce sera avec plaisir mais pas avant d’avoir touché mon argent ! »

James, fixant le shérif : « Les incendies d’abord ! »

Le shérif : « Hum… Je vois que vous apprenez vite… [A Blackson]… Vous savez quoi faire ? »

Blackson acquiesça de la tête et partit sur le champ aux écuries.

Le shérif : « Voila c’est fait !... Maintenant mon argent, je vous prie. »

James vit Blackson partir à la tête d’une troupe de soldats composée des hommes de Maidstone et de ceux de Nottingham.

Le shérif, insistant : « Mon argent ? »

James revint vers le shérif : « Je vais chercher ce que je vous dois et ensuite vous fichez le camp ! »

Le shérif : « Comme vous voudrez… Après tout, vous êtes chez vous… Monsieur le Comte ! »

Jane arrêta son frère qui voulut s’en prendre encore une fois au shérif.

Jane : « Je vais tenir compagnie au shérif pendant que tu vas chercher ce que nous lui devons. »

James la regarda sans rien dire. Elle fixa son frère avec insistance. Il comprit alors qu’elle jouait la comédie afin que la situation ne s’envenime pas.

Le shérif : « Vous devriez prendre exemple sur votre sœur. Elle a de bien meilleures manières. »

Jane fit avancer son frère afin qu’il parte chercher l’argent. James lui obéit sans répondre à la remarque cinglante du shérif. Quelques minutes plus tard, il revint avec une bourse contenant les six mille livres.

James, la lançant au shérif : « Et maintenant fichez le camp ! »

Le shérif, recevant brutalement la bourse : « Hein !... Mais certainement… De toute façon, je ne souhaite pas résider au château. J’ai loué une grande maison à la sortie de la ville en direction d’Ashford. Je serais ravi de vous y accueillir à l’occasion. »

James, furieux : « Je vous ordonne de quitter mon comté ! »

Jane : « Allons voyons, James ! … Le shérif a eu la bonté de nous venir en aide. Il est normal, qu’en retour, nous lui offrions l’hospitalité de notre comté. »

Le shérif, souriant : « Je vois que nous nous comprenons très bien, Milady. Dommage que votre frère ne partage pas votre point de vue… [A James]… Et puis ainsi je serai plus près afin de recevoir le premier versement. »

Jane : « Décidément, le shérif est plein d’attention à notre égard. Tu ne trouves pas, James ? »

James, manquant de s’étrangler, regarda sa sœur sans comprendre : « Co…Comment ? »

Jane lui lança un regard insistant. Il comprit alors qu’elle était encore entrée dans le jeu du shérif afin d’endormir sa vigilance et surtout pour se débarrasser de lui le plus rapidement possible.

Jane : « Bien… Tout ceci m’a épuisé. Je pense, shérif, qu’il est temps pour vous de regagner votre logis. »

Le shérif : « Vous avez raison, gente dame. »

Le shérif se courba légèrement devant elle puis lança un regard chargé d’avertissements en direction de James avant de s’éloigner vers les écuries. James fut soulagé lorsqu’il vit la voiture du shérif quitter enfin l’enceinte du château.

James : « Mais pourquoi t’es-tu montrée aussi serviable avec ce porc ? »

Jane, regardant la ville basse : « Parce qu’il était le seul à pouvoir faire quelque chose pour la ville. Et puis… se le mettre à dos ne servirait à rien… Il fallait gagner un peu de temps pour trouver un moyen pour nous sortir de là !... Il fallait l’éloigner le plus rapidement possible. »

James : « Tu as une idée pour nous sortir de ce guêpier ? »

Jane, baissant la tête : « Pas la moindre ! »

Les deux jeunes gens se serrèrent l’un contre l’autre et regardèrent en direction de la ville basse. On n’entendait déjà plus les cris de détresse de ses habitants et les incendies avaient commencé à être éteints. Preuve il en était que le shérif et Blackson étaient de mèches avec les brigands.

****

James : « Et depuis ça n’a fait qu’empirer. »

Allan : « Maintenant on sait ce qu’a trafiqué le shérif pendant que nous cavalions dans la forêt pour échapper à Gisborne et à ses chiens. »

Robin, pensif : « Oui et je parie que c’était même une diversion. »

Much : « Mais pourquoi le shérif fomenterait des émeutes dans le comté de Kent ? »

Robin : « Pour s’en emparer, pardi ! »

Much : « Mais pour quoi faire ? »

Robin : « Il espère ainsi retrouver les bonnes grâces du Prince Jean. »

Djaq : « Mais il n’a pas le pouvoir de destituer un noble de ses terres, non ? »

Robin : « Non, mais le Prince Jean l’a, lui ! »

Much : « Mais le Prince Jean et le shérif sont en froid depuis qu’on a fait échouer son plan en Terre Sainte ! »

Robin : « C’est justement pour ça que le shérif va proposer au Prince Jean le comté de Kent… qui se trouve au Sud. Ne l’oublie pas… Probablement là où le Roi risque de débarquer. Le Prince Jean y verra là une opportunité de placer à la tête de ce comté un homme à lui avec toute une garnison de chevaliers noirs. »

Will : « Et ainsi le shérif redevient un homme de premier plan dans l’opération Shah Mat ! »

Robin : « Exactement !... Et nous devons absolument empêcher ça ! »

Much : « Oui, d’accord. Moi, je veux bien mais on fait ça comment ? »

Robin, posant sa main sur l’épaule de James : « En aidant notre ami à assurer la sécurité de son comté ! »

Will : « Mais ces brigands sont beaucoup plus nombreux que nous ? »

Robin : « Je pense qu’il doit d’agir de mercenaires étrangers que le shérif a fait venir exprès. »

James : « Oui, ça se tient. Les émeutes ont commencé dans les villages de l’Ouest avant de se propager vers l’intérieur des terres ! »

Robin, souriant : « Eh bien tu vois ? »

Allan : « Et je suppose que tu vas simplement aller les voir et leur demander de se retirer ? »

Robin : « Oui pourquoi pas ?... Avec quelques bourses en main, il pourrait peut-être aller voir ailleurs… et, au besoin,… [Montrant son arc] nous les convaincrons d’accepter. »

Djaq : « Et pour le document que James a signé ? »

Robin : « On n’aura qu’à le lui reprendre… Après tout, on l’a déjà fait avec le Pacte de Nottingham, non ? »

Petit Jean : « Et les habitants du comté de Nottingham ? Que vont-ils devenir pendant ce temps ? »

Robin : « Nous avons fait beaucoup de livraisons ces derniers temps. Nous pouvons nous absenter quelques semaines et puis… Marianne sera là en cas de besoin. »

Petit Jean, sceptique : « Oh je sais pas…. Nous avons déjà fort à faire avec les pauvres de Nottingham… »

Robin, le coupant : « Jean… Si on laisse le shérif s’accaparer les terres du comté de Kent, le Roi sera en danger lorsqu’il rentrera !... Je suis sûr que ce n’est pas cela que tu veux ? »

Petit Jean : « Non bien sûr que non mais… »

Robin : « Ecoute… Je te promets que nous ne resterons à Maidstone que le temps nécessaire et nous reviendrons immédiatement après…. Tu sais très bien que je ne laisserais pas les pauvres de Nottingham trop longtemps. D’accord ? »

Petit Jean, bougonnant : « D’accord ! »

Robin à l’équipe : « Très bien… Bon, écoutez-moi tous… Préparez-vous pour un voyage de plusieurs jours… Will ?... Trouve-nous des chevaux !... Les autres, emmener ce qui reste de nourriture à notre ami Wayne…. Il pourra aider les plus démunis en cas de besoin. »

Tout le monde acquiesça.

Much : « Et vous ? Qu’allez-vous faire pendant ce temps-là ? »

Robin, en souriant : « Je vais prévenir Marianne de notre départ. »

Much : « De notre départ ? Dites plutôt de votre départ, oui ! »

Robin : « Il faut bien que je la prévienne afin qu’elle puisse parer aux urgences en cas de besoin, non ? »

Much : « C’est ça… C’est pour les urgences ! »

Lui souriant, Robin s’éloigna à reculons en écartant les bras sans rien dire.

Puis avant de se retourner, Robin : « Soyez prêts à mon retour. Nous partirons aussitôt ! »

Robin se mit à courir en direction de Knighton.


byoann  (09.02.2015 à 09:45)

CHAPITRE IX

« NON... PARCE QUE NOUS Y ALLONS, NOUS AUSSI ! » 

endant le trajet menant à Knighton…

Robin prépara mentalement ses arguments pour empêcher Marianne de le suivre à Maidstone.

Robin, dans sa tête : «… C’est trop dangereux… Non ! Si je lui dis ça, elle voudra m’accompagner pour me prouver le contraire !... Hum… Il faut que je trouve autre chose… Euh voyons… Il faut bien que quelqu’un reste ici pour aider les pauvres de Nottingham !... Voilà… ça, c’est imparable… Là, elle ne pourra pas rien répondre ! »

Satisfait de lui, Robin fit un grand sourire.

Une voix féminine à ses côtés : « A qui souris-tu comme ça ? »

Robin, surpris, se tournant : « Hein ?... Euh… Moi ? À personne ! » 

C’était Marianne, qui revenant d’une course au village, s’approchait de sa maison quand elle aperçut Robin, très concentré, qui sortait de la forêt. Ce dernier, ayant l’esprit très occupé, n’avait pas du tout remarqué qu’elle se trouvait à ses côtés. Elle l’entraîna dans les écuries attenantes au manoir afin de pouvoir discuter en toute quiétude.

Marianne : « Alors de quoi as-tu besoin ? »

Robin, surpris et souriant : « Pourquoi crois-tu que j’ai besoin de ton aide ? »
« Parce que tu viens jamais me voir pour autre chose que mon aide ! »

Toujours souriant, Robin baissa le regard mais ne répondit pas. Son silence prouva à Marianne qu’elle avait raison.

Marianne : « Alors ? Que veux-tu ? »

Robin : « « Eh bien… J’aimerais que tu prennes soin des pauvres de Nottingham ! »

Marianne, inquiète : « Pourquoi ?... Que se passe-t-il ? » 
« Nous devons nous absenter pendant quelques jours… »

Marianne, surprise : « Quelques jours ? »

Robin : « … ou quelques semaines ? »

Marianne : « Mais où allez-vous ? »

Robin, hésitant : « Euh… A Maidstone dans le comté de Kent ! »

Marianne : « Quoi ?... Dans le comté de Kent ?... Mais pour quelles raisons ? »

Robin : « Le shérif de Nottingham y fomente des révoltes afin de récupérer le comté pour le donner au Prince Jean pour son opération Shat Mat. Et nous devons impérativement le stopper ! »

Marianne comprit la gravité de la situation, mais, dans le même temps, elle ne voulait pas être écartée de cette mission.

Robin, sachant qu’elle voudrait l’accompagner : « Et j’ai besoin de toi pour nous remplacer pendant notre absence. »

Marianne : « Toute seule ? »

Robin, provocateur : « C’est bien ce que tu faisais avant que je ne revienne des croisades, non ? »

Marianne, coincée : « Oui… Bien sûr ! Cette fois-ci, tu t’en souviens… Mais je ne pourrai pas aider autant de monde que vous. »

Robin : « T’inquiète pas ! Nous avons fait beaucoup de livraisons ces derniers temps et… tu pourras toujours te faire aider par Wayne… Et puis avec les bonnes récoltes, il y aura moins de pauvres à nourrir. »

Marianne : « Oui mais j’aurais aimé… »

Robin s’approcha de Marianne et lui prit les mains.

Robin, minaudant à voix basse : « Tu peux faire ça pour moi ? »

Il l’enlaça tendrement et déposa un baiser sur ses lèvres.

Marianne : « Tu essaies de m’amadouer, Robin de Locksley ? »

Robin : « Non, j’essaie de te convaincre… Est-ce que ça marche ? »

Marianne, résignée : « Oui, ça marche… Tu peux compter sur moi. »

Robin, surpris que Marianne n’insiste pas davantage : « Tu es sûre ? »

Au même moment, Annie entra dans la grange.

Annie : « Oups… Je suis navrée… Je ne savais pas que vous étiez là ! »

Marianne à Annie : « T’en fais pas Robin s’en allait justement. »

Robin : « Euh… »

Marianne à Robin : « N’est-ce pas ce que tu allais faire ? »

Robin, hésitant : « Oui… mais… pas avant d’être certain que tu acceptes de rester ici ! »

Marianne : « Ne t’inquiète pas, j’ai parfaitement compris… Tu fais tout cela pour me protéger… Et tu peux compter sur moi. Les pauvres de Nottingham ne seront pas abandonnés à leur triste sort lorsque tu seras à Maidstone. Je t’en donne ma parole. »

Robin, un peu rassuré : « Bon dans ce cas, je peux y aller. Mes hommes m’attendent. »

Marianne : « Fais donc cela… Bon voyage ! »

Robin s’aperçut que sa chère et tendre était contrariée.

Mais devant Annie et devant rejoindre rapidement ses compagnons, il ne la questionna pas. Il lui donna un baiser avant de sortir des écuries. En quittant Knighton, Robin éprouva un malaise en repensant à son entrevue avec Marianne. Cette dernière était visiblement très contrariée par son départ mais elle n’avait pas insisté pour l’accompagner comme à son habitude.

Robin, dans sa tête : « Qu’est-ce qu’elle manigance ? »

Il soupira un grand coup et s’arrêta pour réfléchir.

Robin, dans sa tête : « Peut-être que je me fais des idées… Peut-être que mon argument concernant les pauvres l’a convaincu… Ouais, c’est sûrement ça… Elle a enfin compris qu’elle serait plus utile ici qu’avec moi… oui, c’est sûrement ça. »

Rassuré, Robin se remit en marche en direction du campement. S’il pensait que Marianne resterait bien tranquille à Nottingham, il se trompait lourdement.

Pensive, appuyée contre la porte de la grange, Marianne regarda Robin disparaître dans la forêt.

Annie, inquiète : « Robin et ses compagnons s’en vont ? »

Marianne, sortant de sa rêverie : « Oui, ils doivent aller dans le comté de Kent. »

Annie, pensant à Allan : « Ils y vont tous ? »

Marianne se retourna et souriante : « Tu penses à ton bien-aimé ? »

Annie : « Euh non… C’était juste une question. »

Marianne, souriante : « Oui, c’est évident !... Oui, ils y vont tous… Mais ne t’inquiète pas pour ton Allan. Tu le reverras très bientôt. »

Annie, soulagée : « Ah bon ?... Parce qu’ils ne vont pas s’absenter longtemps ? »

Marianne, se précipitant vers les chevaux : « Non... parce que nous y allons, nous aussi ! »

Annie, surprise : « Quoi ? »

« Va me préparer quelques malles, nous partons immédiatement. Je vais m’occuper des chevaux avec le cocher. »

Annie : « Mais vous avez promis à Messire Robin de rester ici ! »

Marianne se retourna vers Annie et avec un sourire espiègle : « Non, pas tout à fait…. Je lui ai promis que les pauvres ne seraient pas abandonnés… Nous irons d’abord à Nottingham prévenir Wayne avant de filer vers le Sud ! » 

Annie : « Mais… Et votre père ? »

Marianne, s’arrêtant t’atteler son cheval : « Ah oui… Il est parti pour l’après-midi… Je vais lui laisser une lettre. »

Annie, inquiète : « Mais où va-t-on loger là-bas ? »

Marianne : « Chez ma cousine ! »

Annie : « Votre cousine ? »

Marianne : « Oui. Robin a oublié que le Comte de Kent est un petit-cousin du côté de ma mère. »

Annie : « Je ne suis pas certaine que Messire Robin sera heureux de vous retrouver chez votre cousine. »

Marianne, souriante : « Messire Robin n’aura pas le choix. Et puis après tout, j’ai parfaitement le droit de rendre visite à ma famille. Je n’ai pas à lui demander la permission. »

Annie : « Mais ça pourrait être dangereux ! »

Marianne, inquiète : « Justement ! Si le shérif est mêlé à tout ça, je me dois de venir en aide à ma famille… non ? »

Annie soupira profondément mais ne préféra pas répondre. Il n’aurait servi à rien d’essayer de l’en dissuader. Depuis qu’Allan l’avait fait entrer à son service, Annie avait appris à la connaître. Elle connaissait l’entêtement de sa maîtresse.

Annie se rendit à la chambre de Marianne afin de préparer ses malles. Pendant ce temps, après avoir prévenu le cocher afin qu’il finisse d’atteler les chevaux au carrosse, Marianne retourna dans le manoir afin d’écrire une lettre pour son père. Elle se contenta de lui dire qu’elle partait quelques jours auprès de ses cousins dans le comté de Kent sans lui préciser les ennuis que ces derniers rencontraient.

Marianne : « Il est inutile de l’inquiéter d’avantage. »


byoann  (16.02.2015 à 09:20)

Quand le carrosse fut prêt, Marianne et Annie montèrent à bord et filèrent à toute allure vers Nottingham.

Sans descendre de la voiture, Marianne demanda à parler à Wayne.

Wayne : « Lady Marianne ?... Que puis-je faire pour vous ?... Donnez-vous la peine d’entrer. »

Marianne : « Non merci, nous n’avons pas le temps. Je dois me rendre auprès de ma cousine immédiatement… [Puis à voix basse]… Je me demandais si tu pouvais t’occuper des pauvres de Nottingham pendant mon absence et celle de qui tu sais… »

Wayne, à voix basse : « Oui, bien sûr… D’ailleurs, Petit Jean m’a averti qu’ils devaient s’absenter. »

Marianne : « Ah oui… Il y a longtemps de cela ? »

Wayne : « Non, il y a quelques minutes seulement. Vous auriez pu vous croiser. »

Marianne fut soulagée de l’apprendre car elle voulait arriver à Maidstone avant Robin et sa bande pour éviter que ces derniers ne l’interceptent sur la route et que Robin ne lui ordonne de retourner à Nottingham ; ce qu’elle ne voulait pour rien au monde.

Marianne : « Alors je peux compter sur toi ? »

Wayne : « Bien sûr, Lady Marianne. Vous pouvez compter sur nous. »

Marianne, surprise : « Sur nous ? »

Wayne : « Ben oui… Sur moi et Mitzie ! »

Wayne désigna le chien qui attendait sagement, couché à ses pieds.

Marianne, souriante, dans sa tête : « Alors c’est elle, la fameuse Mitzie ! »

Marianne à Wayne : « Bien… Dans ce cas, je pars rassurée… En avant cocher ! »

Wayne : « Partez tranquille Lady Marianne et faites bien attention à vous. »

Marianne : « Merci pour tout, Wayne. »

Le carrosse repartit en direction de la porte Sud de Nottingham. Une fois sorti de la ville, il fila à toute allure vers le comté de Kent. Le trajet allait durer plusieurs jours et Marianne craignait de rencontrer Robin et ses compagnons.

Marianne, regardant par la fenêtre la forêt de Sherwood : « Pourvu qu’ils ne soient pas encore partis. »

Mais elle s’inquiétait pour rien car pendant que son carrosse filait vers le Sud, Robin se trouvait toujours au campement des hors-la-loi.

Pendant ce temps…

Robin : « Bien… Tout le monde est prêt ? »

Djaq : « Non. Nous attendons toujours Allan et Petit Jean. Ils ne sont pas encore revenus de Nottingham. »

Robin s’impatienta.

Djaq, s’empressa d’ajouter : « Mais ils ne devraient plus tarder maintenant. »

Robin, à lui-même : « Mais j’aurais voulu partir avant la nuit. »

Il croisa le regard admiratif de James.

James : « Pourquoi faites-vous tout cela ? »

Robin vint s’asseoir près de lui.

James : « C’est à cause de mes frères ? »

Robin : « Oui et non… Tu sais mes hommes et moi nous intervenons à chaque fois qu’une injustice est commise. »

James : « Oui mais c’est bien loin de chez vous ! »

Robin, souriant : « Oui mais… C’est aussi en souvenir de ton frère Matthew. Tu sais, c’était un homme bien. Il a sauvé la vie à bon nombre d’entre nous. Alors je ne peux laisser sa famille se faire spolier de ses terres. »

James, affaissant les épaules et regardant le coffre à ses pieds : « Et ce par ma faute ! »

Robin : « Non, tu ne dois pas dire ça. Il n’y a qu’un responsable : C’est le shérif de Nottingham. »

James : « N’empêche que si mon père ou mes frères étaient présents, il n’aurait jamais osé s’attaquer à notre comté… Il a profité que je sois à la tête du comté… »

Le jeune homme se leva d’un seul coup et chercha à s’éloigna.

James : «… où il est le plus vulnérable ! »

Robin se leva derrière lui.

Robin : « Il ne faut pas voir les choses ainsi. C’est vrai que tu es jeune et sans expérience. Mais ton frère t’a laissé à la tête du comté parce qu’il… »

James, se retournant et le coupant : «… parce qu’il n’avait pas le choix ! »  

Robin : « Non, parce qu’il croit en toi. Il a confiance en tes capacités. »

James : « Eh bien, il a eu tort ! »

James contourna Robin et donna un violent coup de pied dans le petit coffre contenant l’argent pour le shérif.

James : «… Et voilà le résultat ! »

Robin : « Tu ne pouvais pas faire autrement !... Même ton frère n’aurait pas pu éviter le piège du shérif. »

James, se tournant vers Robin : « Tu crois ? »

Robin : « J’en suis sûr… Il y avait un traître dans vos rangs. Il n’aurait rien pu faire de plus. »

James : « Simeon n’aurait jamais osé nous trahir si Andrew était resté ! »

Robin : « Ne crois pas ça !... Je connais ce genre d’hommes. Ils sont prêts à tout pour arriver à leur fin. »

James, incertain : « Et que crois-tu qu’Andrew aurait fait à ma place ? »

Robin, souriant : « Il m’aurait demandé de l’aide comme tu le fais ! »

James voyait bien que Robin essayait de le réconforter mais cela fonctionnait. Touché par les paroles du chef des hors-la-loi, il se sentit apaisé. Ses yeux se portèrent sur le petit coffre de bois à terre.

James : « Et qu’est-ce que je fais de l’argent destiné au shérif ? »

Robin : « Hum… Emportons-le avec nous. On ne sait jamais. On peut toujours en avoir besoin. De plus, il est hors de question que le shérif touche une livre de plus du comté de Kent. »

James, inquiet : « Mais j’ai signé un document qui… »

Robin, le coupant : « Ne t’inquiète pas pour ça. Il t’a forcé à signer donc cela ne t’engage à rien. On va s’en occuper à notre façon. Je t’en donne ma parole. »

Robin prit le jeune homme dans ses bras. James, tout sourire, se laissa faire. Rassuré quant à l’avenir de son comté, il faisait entièrement confiance à l’ami de son héros. Robin relâcha le jeune homme au moment où Petit Jean et Allan revinrent de Nottingham.

James : « Tu pourras me parler de mon frère ? »

Robin, le prenant par la nuque : « Bien sûr… Pendant le trajet, nous aurons tout le temps de parler. »

James, souriant : « Merci, Robin. »

James retourna vers le reste du groupe qui avait rassemblé leurs affaires à l’entrée du campement. Robin attendit qu’Allan et Petit Jean soient à sa hauteur avant de leur parler.

Robin : « Alors ça y est ? Vous avez pu parler à Wayne ? »

Petit Jean : « Oui, on l’a vu…. Tout est arrangé. »

Allan : « Oui, il accepte de nous remplacer quelque temps. »

Les trois hommes se dirigèrent vers le reste du groupe.

Robin : « Parfait…. Avec l’aide de Marianne, il devrait y arriver… [À Petit Jean]… Tu vois… Tu n’as aucune crainte à avoir concernant les pauvres du comté de Nottingham. Ils sont entre de bonnes mains. »

Petit Jean, grognant : « Si tu le dis ! »

Allan, souriant à Robin : « T’en fais pas. Il bougonne toujours un peu au début et puis après tu verras, il se donnera à fond pour la mission ! »

Robin, souriant, au groupe : « Bien… Tout le monde est paraît ?... Will ?... Tu as trouvé des chevaux ? »

Will : « Oui, ils sont là-bas ! »

Robin : « Bon, il n’y a plus qu’à charger nos affaires. »

Tout le monde commença à charger leurs affaires sur leurs épaules.

Robin : « Much ?... Tu es sûr de n’avoir rien oublié ? »

Much : « Pourquoi me dites-vous cela à moi, maître ? »

Robin : « Euh juste pour être sûr… car je préviens tout le monde, nous serons certainement parti pour un bon bout de temps. Nous ne pourrons pas revenir avant plusieurs semaines voire plusieurs mois ! »

Tout le monde acquiesça de la tête montrant qu’ils savaient à quoi s’en tenir.

Robin : « Bon. Parfait !... Much, je te laisse l’honneur de fermer notre campement. »

Much, fier comme un paon, se dirigea vers la poignée et ce n’est pas sans une certaine émotion qu’il l’a poussa vers le haut fermant ainsi leur camp ; le rendant pratiquement invisible aux yeux des habitants de Sherwood. Toute la troupe se dirigea vers l’endroit où Will avait parqué les chevaux.

Much se retourna une dernière fois vers le camp.

Robin, au loin : « Tu viens Much ? »

Much, ému : « J’arrive. »

Très casanier, Much avait du mal à quitter la sécurité de Sherwood. Il se retourna vers Robin, arborant un sourire forcé afin de dissimuler son malaise. Toute la bande était déjà montée sur leurs chevaux attendant que Much en fasse autant.

Allan, espiègle : « ça va aller, Much ? »

Visage fermé, Much mit ses affaires sur son cheval puis agrippant la selle : « Ben oui !... Pourquoi ça n’irait pas ? »

Il se hissa en selle, regarda Allan et haussa les épaules. Avant que ce dernier puisse répliquer, Robin ordonna le départ : Direction le comté de Kent.


byoann  (16.02.2015 à 09:30)

CHAPITRE X

« EH BIEN, CE SERA LA DERNIERE ! »

 

 

 

 

 

e voyage de Robin et sa bande dura une semaine. Arrivés à quelques kilomètres de Maidstone, le groupe décida de passer la dernière nuit dans une clairière de la forêt d'Ashdown. Cette forêt s’étendait jusqu’au pied du château de Maidstone. Au fur et à mesure qu’il se rapprochait de chez lui, James était de plus en plus nerveux. Après le repas, Robin s’approcha du jeune comte. Une couverture sur ses épaules, le jeune homme avait le regard perdu dans les flammes.

Robin : « Puis-je m’asseoir ? »

James, sortant de sa rêverie : « Oui, bien sûr ! »

Robin : « Tu pensais à ton frère ? »

James, gêné : « Oui. J’espère que sa mission en France se passe bien… [Et tout bas, en baissant la tête]… Il ne me reste plus que lui. »

Robin : « T’inquiète pas. Je suis sûr qu’il sera très prudent et puis la Reine-Mère ne mettrait jamais en danger un vaillant chevalier tel que lui. »

James sourit légèrement à Robin puis après un bref silence : « Raconte-moi comment est mort Matthew ? »

Robin, devenant sérieux, soupira puis : « Nous étions près d’un village qui s’appelle Emmaüs. J’ai demandé des volontaires pour porter secours à un groupe d’hommes tombés dans une embuscade. Ton frère n’a pas hésité une seconde. Il a été le premier à sortir du rang. Quand nous sommes arrivés, la bataille faisait rage. Mais il n’a pas hésité un seul instant. Il s’est jeté dans la mêlée avec ses hommes. Cela a permis à plusieurs de nos hommes coincés dans ce village de sortir des combats… Il a permis de sauver une dizaine de vie… »

James, les larmes aux yeux : « Comment est-il mort ? »

Robin : « Il s’est porté au secours de soldats tombés dans un guet-apens à l’écart du village mais les sarrasins étaient beaucoup plus nombreux… Il n’a rien pu faire… C’était un vrai carnage… Quand nous nous sommes portés à leur secours, le combat était déjà terminé… Les sarrasins s’étaient enfuis… Nous nous sommes alors occupés des blessés… »

James, pleurant : « Etait-il… blessé ? »

Robin, le regardant droit dans les yeux et d’une voix douce : « Non… Il était déjà mort… Il avait reçu un coup d’épée en plein cœur. Il est mort sur le coup. »

James se jeta dans les bras de Robin. Ce dernier, pleurant à son tour, prit le visage de James dans ses mains et l’obligea à lui faire face.

Robin, fixant James : « Tu peux être fier de ton frère, James !... Ton frère s’est comporté en héros ce jour-là… N’en doute jamais ! Tu m’entends ? »

James acquiesça lentement de la tête puis Robin le serra très fort contre lui, le laissant épancher sa peine. Le reste de la troupe resta silencieuse afin de respecter la douleur du jeune homme.

James, sentant ses forces revenir et sanglotant : « J’espère être digne de mon frère ! »

Robin lui tapota amicalement la nuque et lui souriant : « J’en suis convaincu… Tout comme Andrew ! »

James, reconnaissant, lui sourit.

Robin : « Bon… Allons nous coucher… Demain, nous devons partir de bonne heure si nous voulons arriver avant la nuit au château de Maidstone. »

Réconforté, James se coucha dans sa couverture. Le reste de la bande l’imita. Robin regarda ses compagnons se coucher les uns après les autres puis quand le dernier fut installé, il mit du bois dans le feu et se coucha à son tour.

Le lendemain matin, le réveil fut un peu difficile pour James. Habitué à être choyé par Ozias, son serviteur, le jeune homme n’avait pas la résistance nécessaire à la vie de hors-la-loi. Cependant, il fit bonne figure et essaya de rester éveiller pendant le repas du matin. Robin décida de ralentir la cadence du convoi sous le faux prétexte de ne pas attirer l’attention des habitants du coin. En fait, il voulait ménager le jeune homme. Tout se passa sans incident notable jusqu’au repas du midi. La troupe décida de s’arrêter afin de se restaurer.

James : « Quoi, maintenant ?... Mais le château est en vue… En se dépêchant, on peut y être avant la nuit ! »

Djaq : « Peut-être bien mais les chevaux sont épuisés ! »

Much : « Et nous aussi d’ailleurs ! »  

James : « Mais… »

Robin, le coupant gentiment : « Ils ont raison. Il vaut mieux se reposer ici afin de ne pas arriver épuisés à Maidstone. »

James : « Mais les habitants risquent d’être attaqués… »

Allan : « Raison de plus pour se reposer avant. Comment pourra-t-on les aider si on ne tient plus debout ? »

Robin : « Allan a raison. Je sais que tu t’inquiètes pour les villageois… »

James, l’interrompant : « Ils sont sous ma responsabilité ! »

Robin : « Je sais… Sois patient… On est venu ici pour t’aider et on n’a pas l’attention de repartir avant d’avoir fait le travail. Pas vrai, les gars ? »

Le reste du groupe acquiesça bruyamment. Se rappelant des recommandations de son frère Andrew quant à son impatience et à la nécessité parfois d’écouter les autres, James ne répliqua pas et alla s’asseoir avec le reste de la bande. Le repas se déroula sans incident. Mais lorsqu’ils commencèrent à ranger leurs affaires pour repartir, une bande de brigands les attaqua. Rapidement une vingtaine d’hommes armés jusqu’aux dents entourèrent Robin et ses compagnons. Ces derniers dégainèrent leurs épées et se regroupèrent en formant un cercle tout en faisant face à leurs agresseurs. Robin prit soin de se placer à côté de James. Un des brigands s’avança.

Le brigand, dédaigneux : « Jeter vos bourses à terre et vous aurez la vie sauve ! »

Robin tira James par le bras et le plaça au centre du cercle formé par ses compagnons avant de répondre au voleur de grand chemin.

Robin, gardant son calme : « Nous n’avons pas l’attention de faire cela, mon ami. »

Le brigand, se plantant devant Robin : « Tu as donc décidé de mourir aujourd’hui ? »

Robin, souriant : « Hum !... C’est pas la première fois que l’on me dit ça ! »

Le brigand : « Eh bien, ce sera la dernière ! »

A peine avait-il fini sa phrase qu’il dégaina son épée et chargea Robin. Ses compagnons furent assaillis, en même temps, par les autres brigands qui foncèrent sur eux comme un seul homme. Ils s’écartèrent des uns des autres afin d’avoir plus d’espace pour se mouvoir et, se faisant, ils en oublièrent de protéger James. Avec une moyenne de deux ou trois bandits chacun, la bande avait fort à faire. Ils durent donc se concentrer sur leur combat. Malheureusement, James n’était pas aussi aguerri qu’eux. Pendant qu’il se battait avec un des voleurs, il en oublia de surveiller ses arrières. Alors que son adversaire lui entailla le bras, un autre arriva par derrière et lui asséna un violent coup sur le crâne. Le jeune homme s’effondra la tête la première. Les deux bandits en profitèrent pour détrousser leur victime et se portèrent au secours de leurs compagnons, moins chanceux, qui avaient fort à faire avec le reste de l’équipe.

En effet, Robin et ses hommes n’étaient pas de simples paysans que l’on pouvait facilement impressionner. En suivant leur proie, les bandits pensèrent les détrousser assez rapidement comme ils en avaient l’habitude avec les paysans du coin. Cependant, Robin et ses hommes se battaient comme des soldats. Malgré la supériorité numérique des bandits, Robin et les autres leur infligeaient de sérieuses blessures en particulier Petit Jean qui pouvait en assommer deux à la fois. N’’étant pas des mercenaires mais simplement des voleurs à la recherche d’argent facile, ils durent battre en retraite s’ils ne voulaient pas être tous massacrés. D’ailleurs, dès les premières blessures infligées par Robin et ses compagnons, presque la moitié des bandits avaient fui les combats.

Un des brigands : « ON SE REPLIE ! »

Much, poursuivant son adversaire en fuite : « C’EST ÇA !... BANDE DE COUARDS !...  ET QUE L’ON VOUS Y REPRENNE PAS SINON GARE ! »  

Robin, essoufflé : « Tout le monde va bien ? »

Face à lui, Will, le teint livide : « Oh non ! »

Robin se retourna et vit James, inconscient, allongé face contre terre.

Robin, se précipitant vers James : « Djaq ! »

Tandis que le reste de la bande se regroupa autour du blessé, Robin retourna délicatement le jeune homme sur le dos.

Much, inquiet : « Est-ce qu’il est mort ? »

Djaq approcha la lame de son épée de la bouche de James.

Djaq : « Non, il est seulement inconscient. »

Cela sembla rassurer tout le monde à l’exception de Robin. Le jeune homme saignait abondamment de la tête et avait une entaille au niveau du bras.

Will : « C’est grave ? »

Djaq, rassurante : « Non, cela saigne toujours beaucoup à la tête mais ce n’est pas grave. Il s’est simplement cogné la tête en tombant. »

Robin, inquiet : « Et son bras ? »

Djaq, tamponnant la blessure à la tête avec un linge : « L’entaille est peu profonde. Un simple onguent cicatrisant devrait faire l’affaire… Allan ? »

Allan, comprenant ce qu’on attendait de lui : « C’est bon, je m’en occupe ! »

Ayant déjà soigné Marianne, le reste de la bande s’écarta pour le laisser passer. Il se mit immédiatement au travail.

Robin : « Bon… Très bien. Nous allons restés ici jusqu’à ce qu’il aille mieux… Much, Petit Jean ?... Occupez-vous des chevaux. »

Much : « Entendu ! »

Les deux hommes partirent desseller les chevaux tandis que Robin et Will assistèrent aux soins apportés au blessé.

Allan : « Voilà, j’ai terminé ! »

Djaq : « Moi également… Transportez-le sur une couverture près du feu… Faites bien attention à sa tête. »

Robin et Will transportèrent le jeune homme près du foyer. En fin d’après-midi, James reprit connaissance.

James, se tenant la tête : « Mais qu’est-ce qui s’est passé ? »

Djaq, ne l’ayant pas quitté : « Des brigands nous ont attaqués et tu as été blessé. »

James essaya de s’asseoir mais il était trop faible pour le faire seul. Will l’aida en plaçant la selle de son cheval derrière lui.

James : « Ai-je été le seul à être blessé ? »

Will : « Oui. »

James, déçu : « Evidemment ! »

Robin, se rapprochant d’eux : « Alors comment te sens-tu ? »

James : « Je me sens mieux. »

Djaq : « Mais il doit se reposer. Tu as reçu un grand coup derrière la tête. »

James : « Mais je me sens bien. On peut repartir immédiatement pour Maidstone ! »

Will : « Tu tiens à peine assis par terre alors sur un cheval ! »

James : « Mais… »

Robin, le coupant : « Nous passerons la nuit ici ! »

James : « Quoi ?... Mais cela va encore nous retarder. »

Robin : « Mais nous arriverons frais et dispos demain matin à Maidstone… Much ? Tu m’accompagnes ? »

Much : « Oui… Mais pour aller où ? »

Robin : « A la chasse !... Nous allons faire un festin de roi ce soir ! »

Much, ravi : « D’accord ! »

Robin : « Qui veux venir avec nous ? »

Petit Jean : « Non, je préfère rester ici pour surveiller les environs. »

Robin, tapotant l’épaule de Petit Jean : « D’accord…. Will ? Allan ? »

Allan : « Non, je dois rester ici pour soigner le bras de notre blessé. »

Will, un peu gêné : « Euh… Non merci… Moi, je dois euh… Je vais… Euh je vais essayer de trouver des fruits pour agrémenter notre repas de ce soir. »

Allan, se moquant : « Tu devrais demander à Djaq de t’accompagner… C’est vrai… Vous êtes les meilleurs dans ce domaine… Faut dire que vous vous entraînez souvent à Sherwood… Je veux dire… à chercher des fruits… seuls… Tous les deux. »

Tout le monde se mit à rire à l’exception de Will qui, les joues rouges, haussa les épaules et partit immédiatement dans la forêt. Même Djaq ne put s’empêcher s’esquisser un sourire devant l’excuse maladroite de son bien-aimé.

Robin, souriant : « D’accord, très bien… Eh bien, Much ?... Allons-y ! »

Les deux chasseurs s’enfoncèrent dans la forêt tandis que Petit Jean alla s’assurer que les chevaux ne manquaient de rien tout en surveillant les alentours, laissant Djaq, Allan et James tous seuls.

Allan à James : « Tiens au fait ! »

Il fouilla dans sa poche et en ressortit une bourse qui donna à James.

Allan : « Je l’ai trouvé sur un de tes adversaires quand Petit Jean l’a assommé. Elle doit t’appartenir, il y a les armoiries de ta famille dessus. »

James, reconnaissant et honteux à la fois : « Merci. »

Allan : « De rien. »

Djaq : « Je vais vérifier ta blessure à la tête et refaire ton bandage. »

James : « D’accord. »

Djaq se mit immédiatement au travail. Allan en profita pour vérifier la blessure au bras. La plaie se cicatrisait rapidement. Il remit un bandage propre au jeune homme.

Allan : « Voilà d’ici quelques jours, il n’y paraîtra plus. »

James ne lui répondit que par un léger sourire. Il sembla sombrer dans la mélancolie.

Allan : « Ta blessure n’est pas grave, tu sais… Tu vas t’en tirer. »

James, pas très enthousiaste : « Je sais. »

Allan : « Quoi ? T’aurais préféré que ça soit plus grave ? »

James, en colère : « Non ! J’aurais préféré ne pas être blessé stupidement!... J’ai manqué d’attention et puis voilà… »

Djaq, terminant le bandage à la tête de James : « Nous aurions dû te protéger davantage… »

James, en colère : « Pourquoi ?... Je ne suis plus un enfant… »

Allan, le coupant : « Nous le savons ! Tu manques juste d’un peu d’expérience… C’est tout ! »

James : « Hum !... [Il soupira profondément] Je commence à me demander si Andrew n’a pas eu tort de me confier la responsabilité du comté ! »

Djaq : « Tu dramatises tout parce que tu as été blessé. Mais ça n’a rien à voir avec ta capacité à gérer le comté ! »

Allan : « Djaq a raison… Regarde Robin ! Il a déjà été blessé plusieurs fois et bien plus sérieusement et ça ne l’empêche pas d’être à la tête de notre bande ! »

Djaq : « Oui… Allan a raison et puis ça te fera une expérience. Tu te montreras plus prudent lors de ton prochain combat. »

Allan, lui faisant un clin d’œil : « Oui… et puis tu sais… les blessés de guerre plaisent toujours aux femmes ! »

James finit par sourire. Allan lui tapota affectueusement l’épaule. Au même moment, Petit Jean revint vers le campement.

Petit Jean : « Attention, voilà nos chasseurs qui reviennent ! »

Djaq : « Déjà ? »

Robin arriva avec une demi-douzaine de pièces tandis que Much revenait bredouille.

Robin, triomphant, brandissant ses trophées : « Voilà !... Ragoût de lapin pour tout le monde ! »

Le reste de la bande manifestèrent bruyamment leur joie. Much, visage fermé, se croisa les bras.

Allan, regardant Much de la tête aux pieds : « Ben Much ?... T’a rien pris ? »

Vexé, celui-ci prit brutalement les lapins des mains de Robin et les emmena plus loin afin de préparer le repas.

Much : « Y’en a qui ont eu plus de chance que d’autres, voilà tout ! »

Djaq : « Oh Much… C’est pas grave ! »

Robin : « Oui… Allez Much… Reste avec nous ! »

Much, se retournant : « Je vais préparer le dîner si vous n’y voyez pas d’inconvénients ! »

Robin, cachant son sourire : « Mais non, mon ami !... Fais comme tu le sens ! »

James ne put s’empêcher de penser à ses frères. La réaction de Much lui faisait penser à son propre comportement lorsque, enfant, ils jouaient avec eux. Ceux-ci n’arrêtaient pas de l’asticoter. Il comprit aujourd’hui que ce n’était qu’un jeu pour eux comme les hors-la-loi vis-à-vis de Much. Puis une voix discordante le sortit de sa rêverie. C’était Will qui était revenu de sa cueillette

Will : « Much est encore vexé ? »

Allan : « Oui. Il est revenu bredouille de la chasse avec Robin. »

Will : « Ah ! Je vois. »

Allan : « Ben je croyais que tu devais nous rapporter des fruits ? »

Will : « Je n’en ai pas trouvé. J’ai parcouru autant de chemin possible mais je n’ai rien trouvé. »

Allan : « Oh mais c’est normal ! »

Will : « Pourquoi ? »

Allan : « Parce que Djaq n’était pas avec toi ! »

Will prit une couverture qui se trouvait à ses côtés et la lança au visage d’Allan.

Robin : « Ça suffit vous d’eux ! »

Deux heures plus tard, Much eut terminé la préparation du repas. Toute la troupe se retrouva autour du feu pour déguster le ragoût de lapin.

Petit Jean, acceptant l’assiette que Much lui tendait : « Merci Much… Robin ?... Tu as une idée de comment on va s’y prendre à Maidstone ? »

Robin : « D’abord, nous devrons aller au château essayer de convaincre le plus de soldats possible de nous suivre. »

James : « Avec Simeon dans le coin… Cela ne sera pas facile ! Ils lui sont très loyaux, tu sais. »

Robin : « Alors il faudra s’occuper de Simeon. »

Will : « Et ensuite ? »

Robin : « Ensuite ? Nous irons voir les mercenaires et leur demander gentiment d’aller voir ailleurs ! »

Allan : « Mais bien sûr et tout ça dans la joie et la bonne humeur ! »

James : « Robin… La population est au bord de la révolte. Je crois que tu sous-estimes l’ampleur de la tâche à accomplir. »

Robin, redevenant plus sérieux : « Je ne sous-estime rien du tout, James. Il ne sert à rien d’établir un plan précis sans savoir ce qui nous attend. C’est pourquoi nous devons d’abord évaluer la situation… »

James, s’emportant : « Mais la situation est pourtant claire ! Des émeutes et des pillages toutes les nuits. Une population apeurée et au bord de la révolte. Voilà la situation ! »

Robin, ne se laissant pas intimidé par son emportement : « C’est pourquoi nous devons prendre le plus de renseignements possibles avant d’agir. A qui profitent les émeutes ? Qui commettent ces méfaits ? Combien sont-ils ? Qui les commanditent ? Où se cachent-ils ? »

James : « C’est simple, c’est Simeon et le shérif qui sont derrière tout ça ! »

Robin : « Agissent-ils seuls ? Quels sont leurs complices ? Le sais-tu ? »

James, embarrassé : « Euh non ! »

Robin : « Eh bien, c’est ce que nous devons découvrir afin de pouvoir agir efficacement. Nous devons d’abord faire cesser les émeutes, calmer la population afin que tu puisses regagner leur confiance… C’est ainsi que nous devons procéder. »

Réalisant l’énorme tâche qu’il l’attendait, James souffla bruyamment.

Robin : « Mais tu peux nous faire confiance. Nous y arriverons. Pas vrai, les gars ? »

La bande : « OUAIS ! »

Much : « Ouais mais pour l’instant le mieux que tu as à faire, c’est de manger !... »

Toute la bande rit pendant que Much remplit de nouveau l’assiette du jeune comte.

Much : «… Sinon tu ne pourras pas nous suivre ! »

James, voulant protester : « Mais… »

Much, le coupant : « Mange ! »

Toute la bande pouffa de rire devant la mine sérieuse de Much. 

Allan à James : « Tu ferais mieux de finir ton assiette car quand il s’agit de manger, Much est impitoyable ! »

James commença son assiette sous l’œil vigilant de Much. Le reste du repas se passa dans un relatif silence. La nuit commençait à tomber quand le repas fut terminé. Fatiguée, la bande se coucha de bonne heure car une dure journée les attendait le lendemain. James, anxieux, se demandait comment ils allaient être accueillis le lendemain au château et, surtout, il se demandait comment sa sœur s’en était sortie sans lui pendant son absence qui avait duré presque quinze jours.

James, dans sa tête : « J’arrive Jane… J’arrive ! »


byoann  (23.02.2015 à 09:30)

CHAPITRE XI

« SIMEON, JE VOUS EN CONJURE... LAISSEZ-LUI LA VIE SAUVE. »

endant que James se demandait comment Jane s’en été sortie à Maidstone pendant son absence, cette dernière se mettait au lit après une journée épuisante mais riche en émotions. Quelques heures plus tôt…

Alors que James et Robin se battaient pour conserver leur vie dans la forêt d'Ashdown, sa sœur était confrontée à bien d’autres difficultés tout aussi périlleuses.

Dans la cour du château, un carrosse arriva en plein milieu d’un esclandre. Il s’agissait de Marianne et d’Annie qui précédaient de quelques heures Robin et sa bande. Un valet aida les deux jeunes femmes à descendre du carrosse. Leur attention se porta immédiatement sur la scène qui se déroulait à quelques mètres d’eux : Un jeune soldat se trouvait à genou entre deux gardes. Simeon, Jane et sa dame de compagnie se tenaient debout devant lui.

Attentive, Marianne attendit néanmoins patiemment près du carrosse la conclusion de l’altercation.

Jane, suppliant : « Simeon, je vous en conjure… Laissez-lui la vie sauve. » 

Simeon, furieux : « Pourquoi le ferais-je ?... Cet homme a levé la main sur moi ! »

Jane : « Il a simplement voulu se porter à mon secours ! »

Simeon, se radoucissant en se tournant vers Jane : « Vous porter secours ?... Mais vous n’étiez pas en danger ma chère et tendre. »

Jane, gênée : « Mais c’est que euh… Il a cru… Il a simplement mal interprété vos intentions. »

Le prisonnier, furieux : « Pas du tout ! Je connais parfaitement les intentions de cet arriviste ! »

Simeon le gifla violement.

Jane : « SIMEON ! »

Simeon : « Insolent !... Tu mériterais la corde ! »

Le prisonnier : « Pour qui vous prenez vous ?... Le seigneur de ces lieux ?... Nous sommes des soldats alors traitez-moi comme tel… Réglons ce différent comme des soldats !... Affrontez-moi en duel ! »

Jane, bouleversée : « NON ! »

Simeon, méprisant, regarda le prisonnier mais ne répondit pas. Il ne voulait pas perdre la face devant ses hommes et sa bien-aimée mais il ne voulait pas non plus risquer de perdre la vie à cause d’un jeune soldat plus alerte que lui. Devant le silence de Simeon, le jeune homme le provoqua.

Le prisonnier : « Auriez-vous peur de m’affronter en duel ?... Etes-vous aussi lâche qu’on le prétend ? »

Simeon fit un geste pour le frapper mais se ravisa au dernier moment.

Simeon, sourire en coin : « Je n’ai que faire de tes provocations… Je ne crains absolument pas un jeune freluquet à peine pubère. Si je t’affrontais, je serais obligé de te trancher la gorge afin de faire cesser ces flots d’injures… Mais je m’en voudrais d’infliger à un tel spectacle à Lady Jane… Alors par égard pour elle… [Aux soldats tenant le prisonnier] Emmenez-le AU cachot !... Je m’occuperai de son cas plus tard. »

Jane fut soulagée mais elle ne le montra pas afin de ne pas afficher ses sentiments pour ce jeune soldat. Le prisonnier fut traîné par les gardes en direction des cachots. Il se débattit furieusement mais en vain.

Le prisonnier, hurlant : « ESPECE DE LACHE ! »

Le cœur en pièce, Jane regarda partir son bien-aimé. Affichant un sourire de circonstance, Simeon se tourna vers elle en lui tendant la main.

Simeon : « Vous avez des invitées… Permettez-moi de vous conduire jusqu’à ces dames. »

Toucher cet homme la dégoûtait mais elle ne voulait pas l’indisposer davantage car ce serait son cher et tendre qui risquerait d’en payer le prix. Alors elle lui saisit la main et se laissa conduire jusqu’à Marianne.

Jane, lâchant vivement la main de Simeon et contente : « Marianne, ma cousine !… Je suis si heureuse de vous revoir. »

Un peu surprise, Marianne reçut Jane dans ses bras. En effet, il n’était pas dans les habitudes de la famille de se conduire avec autant de familiarité malgré les liens profonds qui unissaient les deux maisons. Durant le temps que le père de Marianne avait été shérif de Nottingham, les deux familles s’étaient souvent retrouvées réunies notamment à Londres pour des raisons professionnelles. Et les deux familles se visitaient souvent. Lorsqu’Edouard fut écarté du poste de shérif, les visites ne furent pas interrompues pour autant. Cependant, elles se firent plus espacées.

Marianne, souriant : « Jane, ma cousine… Je suis heureuse de vous retrouver en parfaite santé. »

Les deux femmes se séparèrent. Il était évident qu’elles étaient contentes de se retrouver. De plus, Jane était ravie de trouver une excuse pour repousser les avances de Simeon.

Jane : « Lady Marianne Fitzwalter de Knighton, je vous présente notre capitaine des gardes, Messire Simeon Blackson… Messire Simeon, je vous présente ma cousine, Lady Marianne Fitzwalter de Knighton. »

Simeon, se penchant en baisant la main de Marianne : « Lady Marianne… Je vous souhaite la bienvenue à Maidstone. »

Marianne : « Je vous remercie beaucoup, Messire Blackson. »

Marianne : « Et Je vous présente Annie, ma dame de compagnie. »

Jane : « Ah… Et voici ma dame de compagnie, Elisabeth. »

Les deux jeunes femmes firent une courte révérence.

Jane au valet : « Prenez les malles de Lady Marianne et transportez-les dans la suite des invités, je vous prie… Simeon ? Pouvez-vous aider à monter les bagages de ma cousine pendant que je lui fais visiter les lieux ?... Je vous en serais gré, merci. » 

Cela ne faisait pas partie des fonctions d’un capitaine des gardes mais Simeon fut contraint d’accepter afin de ne pas perdre la face devant ces dames. Jane, quant à elle, était ravie de le rabaisser afin de lui faire payer ce qu’il avait fait subir à son bien-aimé.

Simeon, avec un sourire forcé : « Mais certainement, Lady Jane ! »

Il se mit au travail tandis que Jane entraîna Marianne et Annie vers l’entrée du château.

Jane, avec une loquacité que Marianne ne lui connaissait pas : « Nous avons réaménagé les jardins vous allez voir. Mais nous n’avons pas touché à la fontaine… Vous vous souvenez lorsque nous allions jouer près de l’étang, Matthew et Andrew finissaient toujours dans l’eau et père devait les punir à chaque fois… »

Marianne sourit en se rappelant les bons moments passés ensemble dans ce château. Lorsqu’elles ne furent plus à porter de voix de Simeon, le comportement de Jane changea brusquement.

Jane, bouleversée : « Oh Marianne !... Je suis contente que vous soyez ici… Je suis désespérée ! »

Inquiète, Marianne voulut s’arrêter mais Jane l’en empêcha.

Jane : « Non, pas ici. Continuons de marcher. Allons jusqu’à mes appartements, nous y serons plus tranquilles pour parler. »

Les deux femmes ne se pressèrent pas de rentrer afin de ne pas alerter Simeon. Lady Jane se contenta de montrer les bâtiments du doigt en lui racontant des banalités. Marianne acquiesça simplement de la tête en souriant. Une fois arrivées dans le vestibule, les deux femmes accélérèrent le pas afin de se retrouver le plus rapidement possible dans les appartements de Jane. Cette dernière fit entrer les deux femmes.

Jane à Elisabeth : « Peux-tu nous apporter des rafraichissements ? »

Elisabeth : « Oui, Madame. »

Jane referma la porte et poussa un soupir de soulagement.

Marianne : « Vos ennuis ont-ils un rapport avec le jeune homme qui a été arrêté tout à l’heure quand nous sommes arrivés ? »

Jane, bouleversée : « S’il n’y avait que cela ! »

Elle fit asseoir ses invités autour d’une petite table près de la fenêtre donnant sur la cour principale du château. Elle prit un siège à côté de Marianne.

Marianne : « Je sais que le shérif de Nottingham est venu ici et que… »

Jane, surprise : « Mais… Comment se fait-il que vous soyez au courant ?... Est-ce la raison de votre venue ici ? »

Marianne : « Oui… En fait, Robin m’a prévenu qu’il y avait des problèmes ici avec le shérif de Nottingham. »

Jane : « Robin ? »

Marianne : « Oui, Robin de Locksley… Il est en route pour venir vous aider, ton frère et toi. »

Jane, émue : « Oh… Robin de Locksley ?... C’était un très bon ami de Matthew et d’Andrew. Mais comment l’a-t-il su ? »

Marianne : « Je n’en sais rien. Il ne m’a rien dit à ce sujet. »

Jane : « Ah parce que Robin et vous… »

Annie : « Ils s’aiment ! »

Marianne, embarrassée : « Annie !... Disons plutôt que nous nous apprécions… »

Annie rajouta : «… beaucoup ! »

Marianne : « Annie, il suffit !... Peu importe… Robin et ses compagnons ne devraient pas tarder. Je ne les devance que de quelques heures… Ils vont venir vous prêter main forte ton frère et toi… Tiens d’ailleurs, vous ne m’avez pas présenté à votre frère. »

Jane : « Il n’est pas ici. James est parti pour Nottingham afin d’honorer nos dettes. »

Marianne, surprise : « Vos dettes ? »

Jane raconta à Marianne la façon dont le shérif de Nottingham a extorqué de l’argent à James.

Marianne, mettant son bras sur les épaules de sa cousine : « Ne vous inquiétez pas, nous vous sortirons de ce mauvais pas. Nous rétablirons la paix dans le comté et vous garderez vos terres et vos titres. Je vous le promets, ma cousine. »

Jane, avec un léger sourire : « Merci, Marianne. J’avais vraiment besoin d’une alliée au sein de ce château. Vous m’aiderez aussi à échapper à cet ignoble individu. »

Quelqu’un frappa à la porte. Jane se raidit en regardant la porte. Marianne lui prit la main.

Jane : « Entrez ! »

Ce n’était que sa dame de compagnie qui rapportait les rafraichissements. Jane poussa un soupir de soulagement pendant qu’Elisabeth commença à faire le service.

Marianne, prenant le verre qu’Elisabeth lui tendait : « Je vous remercie… [À Jane]… Je suppose que vous parlez de votre capitaine des gardes ? »

Jane, triste : « Oui… Vous l’ignorez peut-être mais mon père m’a promise au Comte de Winchester mais Simeon n’en a que faire et ne cesse de me faire ouvertement la cour. Il prend de plus en plus ses aises… »

Annie : « Cela me rappelle quelqu’un ! »

Marianne, sur un ton de reproche : « Annie ! »

Jane : «… Tant qu’Andrew était présent, il se faisait plus discret mais maintenant, il est de plus en plus insistant. »

Marianne, inquiète : « Vous a-t-il violenté ? »

Jane : « Non mais il n’en s’est fallu de peu. Si Godwin… »

Elle s’arrêta trop émue pour continuer.

Marianne : « Godwin ? »

Jane, après un profond soupir : « Godwin est le jeune homme que Simeon a fait arrêter quand vous êtes arrivées. »

Marianne : « Que s’est-il passé ? »

Jane : « Simeon me courtisait disons… avec un peu trop d’impatience. Je l’ai pourtant repoussé lui expliquant que j’étais déjà promise à un autre homme. Mais il a insisté plus violemment. Godwin est alors intervenu. Il a ordonné à Simeon de me lâcher. Mais Godwin est un simple soldat du rang alors que Simeon est capitaine des gardes. »

Marianne : « Je vois. »

Jane : « Le ton est monté et Simeon l’a fait arrêter et puis vous connaissez la suite. »

Marianne : « Simeon n’a pas supporté qu’un simple soldat ne lui tienne tête… Ah ces hommes !... Tous les mêmes ! »

Jane : « Oui et je m’inquiète pour la vie de Godwin maintenant. »

Marianne, espiègle : « Mais dites-moi ? Vous connaissez les noms de tous les soldats du rang du comté ou seulement celui-là ? »

Marianne vit Jane rougir jusqu’aux oreilles. Embarrassée, cette dernière baissa la tête. Elle ne voulait pas que cela se sache puisqu’elle était promise au Comte de Winchester.

Marianne, souriant : « Ne vous inquiétez pas, je n’en parlerai à personne. »

Jane : « Oh je vous en remercie infiniment. Si jamais quelqu’un apprenait que… »

Marianne, l’interrompant : « Ne vous tracassez pas pour cela. Je garderai le secret. Après tout, lorsque nous étions enfants, nous partagions tous nos secrets, n’est-il pas vrai ? »

Jane fut soulagée. Etant toute seule au château depuis le départ de James, elle devait tout assumer : Les émeutes quasi quotidiennes, l’insistance de Simeon et son amour impossible pour Godwin.

Jane, les larmes aux yeux : « Merci Marianne. »

Elles burent quelques gorgées en silence, savourant ce moment de répit.

Jane, réconfortée : « Mais comment avez-vous su pour moi et Godwin ? »

Marianne, souriant : « Oh il n’y a qu’à voir la façon dont vous le regardiez, dans la cour, quand les gardes l’ont emmené. »

Jane sourit puis inquiète : « Mais si vous l’avez vu, Simeon…. »

Marianne, l’interrompant : « Ne vous angoissez pas !... Simeon est un homme… Les hommes ne sont pas doués pour détecter ce genre de chose. Vous auriez pu embrasser Godwin devant lui qu’il n’aurait rien soupçonné. »

Les jeunes femmes éclatèrent de rire.

Marianne, continuant : « Et puis, il était bien trop occupé à prendre soin de son orgueil pour faire attention à cela. »

Jane, plus sereine : « Vous semblez parler par expérience. »

Marianne, jetant un regard complice vers Annie : « Oh oui ! Je parle par expérience. »

Jane : « Robin ne prend-il pas bien soin de vous ? »

Marianne : « Disons qu’il préfère défendre des causes perdues plutôt que de plaider sa cause auprès de moi. »

De nouveau, elles éclatèrent de rire. Buvant une gorgée, Annie faillit même s’étouffer ce qui ne manqua pas de faire rire encore une fois ses commensaux.

Marianne : « Dites-moi ?... Je comprends vos sentiments pour Godwin. Il est plutôt bel homme mais… Partage-t-il vos sentiments ? »

Jane, les yeux pétillants : « Oui, il s’est déclaré un jour lorsque nous revenions d’une visite dans la famille de ma mère sur la côte. Nous avons été attaqués par des bandits et son escorte nous a protégés. A l’escale suivante, il m’a demandé de me promener avec lui dans les bois et c’est là qu’il s’est déclaré. »

Annie, pensant à Allan, dans sa tête : « Oh que c’est romantique… Ce n’est pas à moi que cela arriverait ! »

Marianne, réjouie : « J’en suis ravie pour vous, sincèrement. »

Jane perdit son sourire.

Jane : « Mais cela n’aboutira jamais ! »

Marianne : « Pourquoi cela ? »

Jane : « Mais comme je vous l’ai dit, père m’a promise au Comte de Winchester. »

Marianne : « Mais Jane ?... Le Comte de Winchester est mort ! »

Jane : « Quoi ? Mais comment ? »

Marianne : « Oui, il a été tué par le shérif à Nottingham… Enfin officiellement, des bandits l’ont attaqué dans la forêt de Sherwood et l’ont tué pour le voler. Mais en fait c’est le shérif qui l’a assassiné… Mais je vous raconterai. »

Jane, reprenant espoir : « Alors cela veut que dire Godwin et moi nous pouvons… »

Marianne, souriant : « Oui, bien sûr ! »

Jane : « Oh mais c’est merveilleux… Il faut absolument que je le lui dise. »

Jane se leva mais Marianne la retint et la fit se rasseoir.

Marianne : « Non, attendez !... Je ne pense pas que cela soit une bonne idée. Si Simeon vous surprend dans sa cellule, il risque de l’exécuter sur le champ. »

Jane, terrifiée à l’idée de perdre Godwin : « Oui, c’est vrai. Vous avez raison. Mais je voudrais m’assurer qu’il va bien et il faut qu’il sache que je ne l’abandonnerai pas. »

Marianne : « J’irai ! »

Jane : « Vous ? »

Marianne : « Oui. Il suffit que vous occupiez Simeon un moment et j’en profiterai pour me rendre au cachot. »

Jane, sautant dans les bras de Marianne : « Oh merci, Marianne. Je ne sais pas comment vous remercier ! »

Marianne : « Oh tu n’as pas à me remercier… Bon maintenant, il nous faudrait un plan. »

Les quatre jeunes femmes préparèrent alors un plan et le mirent en œuvre en fin d’après-midi.

En fin d’après-midi, à l’entrée de la salle d’apparat…

Marianne, Jane et leurs dames de compagnie se tenaient à l’entrée de la grande salle, espionnant Simeon parlant à l’un de ses soldats. Jane s’adressa à Elisabeth tenant un plateau contenant deux tasses de thé et des petits gâteaux secs.

Jane : « Suis-moi… [A Marianne] Bonne chance ! »

Sur ce, Jane et Elisabeth pénétrèrent dans la salle. Ce tête-à-tête avec Simeon l’a répugné mais, pour Godwin, elle était prête à tout.

Jane, s’avançant vers Simeon et se forçant à sourire, en pensée : « Pour Godwin ! »

Jane à Simeon : « Pardonnez-moi Messire Simeon, accepteriez-vous de prendre une tasse de thé en ma compagnie ? »

Simeon, congédiant le soldat, ravi : « Mais avec plaisir Lady Jane… Lady Marianne se joindra-t-elle à nous ? »

Jane, minaudant : « Non, elle défait ses malles dans ses appartements. »

Simeon, ravi de se retrouver seul avec sa bien-aimée, hypocrite : « Oh quel dommage ! »

A l’autre bout de la salle, Marianne ne suivit pas la conversation. Dès que Simeon accepta l’invitation de Jane, elle fila, suivie d’Annie, directement vers les cachots en suivant les indications données par Jane quelques minutes plus tôt.

Elles allèrent atteindre leur but lorsqu’elles constatèrent qu’un garde surveillait l’entrée du couloir menant aux cachots.

Elles s’écrasèrent au mur.

Marianne, tout bas : « Ah ! Cela n’était pas prévu ! »

Annie regarda le garde puis sur le même ton : « Je m’en occupe ! »

Marianne voulut l’en empêcher mais il était trop tard la jeune femme avait pris le vase posé sur une commode, non loin d’elle et s’élançait déjà dans le couloir.

Annie, passant devant le garde et lui faisant un grand sourire : « Messire ! »

Croyant qu’Annie avait pris le vase pour l’assommer, Marianne fut surprise de la voir continuait son chemin. Mais quand elle fut suffisamment éloignée, Annie trébucha. Le vase se brisa répandant les fleurs et l’eau qu’il contenait partout sur le sol.

Annie, se tenant la cheville et pleurnichant : « Aille… Oh non, mon vase ! [Annie essaya de se relever]… Aille… »

Les lamentations de la jeune femme eurent raison du professionnalisme du garde qui se porta à son secours. Marianne en profita pour se faufiler dans le couloir menant aux cachots en refermant doucement la porte derrière elle.

Marianne, courant vers les cachots : « Bon maintenant, il va falloir trouver dans quelle cellule Godwin a été enfermé. »

Par chance, le château de Maidstone ne contenait qu’une dizaine de cellules et seulement deux d’entre elles étaient occupées. La première que Marianne visita renfermait un homme d’une cinquantaine d’année qui visiblement avait beaucoup trop bu. Elle continua à la suivante jusqu’à ce qu’elle tombe sur celle de Godwin à l’autre bout des cachots.

Marianne à voix basse : « Godwin ? »

Godwin, surpris et sur le même ton : « Oui… Mais qui êtes-vous ? »     

Marianne : « Je m’appelle Marianne et je suis une cousine de Lady Jane. Elle m’envoie vous donner ceci.»

Marianne sortit d’une besace en toile un morceau de fromage et du pain qu’elle passa à travers les barreaux. Affamé, Godwin se jeta sur la nourriture.

Marianne : « Lady Jane se doutait que vous n’aviez rien mangé de la journée. » 

Godwin, dévorant la nourriture : « Remerciez Lady Jane pour moi. »

Marianne : « Je le ferai. Et soyez sans craintes, nous ferons tout pour vous sortir de là. »

Godwin : « N’en faites rien. C’est de la folie. »

Marianne : « Ne vous inquiétez pas. Les renforts seront bientôt là… Surtout gardez espoir. Tout n’est pas perdu…. Vous la retrouverez. »

Godwin, hésitant : « Euh… Je ne vois pas de quoi vous voulez parler. »

Marianne, souriant : « Jane m’a tout dit à propos de vous deux. »

Godwin : « Elle vous a raconté ? »

Marianne : « Oui… Mais je ne peux pas rester plus longtemps. Je ne sais pas si ma dame de compagnie va pouvoir continuer à distraire le garde…. Je dois partir… Je suis juste venir vous dire qu’on pense à vous. Soyez patient ! »

Marianne se retourna et rebroussa chemin. Arrivée devant la porte d’entrée des cachots, elle entrouvrit légèrement la porte. Stupéfaite, elle constata qu’il n’y avait personne. Le garde avait disparu. Elle en profita pour sortir. Elle accéléra le pas pour atteindre ses appartements le plus rapidement possible, mais, au détour d’un couloir, elle se heurta à deux gardes qui faisaient leur ronde.

Le garde : « Milady ? Que faites-vous dans cette partie du château ?... Loin de vos appartements ? »

Marianne : « Euh… Veuillez m’excuser mais je cherche ma dame de compagnie. Ne l’auriez-vous pas vu par hasard ? »

L’autre garde : « Si, je l’ai vu. Mon collègue a dû la conduire jusqu’aux cuisines. Elle s’était foulé la cheville en tombant. »

Marianne : « Ah très bien. Dans ce cas, je retourne à mes appartements. Je l’y attendrai. Je vous remercie messieurs. »

Elle n’attendit pas que les soldats lui répondent. Elle contourna les deux hommes et fila jusqu’à ses appartements. A peine avait-elle refermé la porte derrière elle que quelqu’un frappa.

La voix derrière la porte : « C’est moi, Annie ! »

Marianne lui ouvrit aussitôt la porte.

Marianne : « Mais où étais-tu donc passée ? »

Annie : « Je me doutais que vous auriez besoin d’une diversion pour sortir des cachots alors j’ai feint de ne plus pouvoir marcher. Le garde s’est alors proposé de me raccompagner. Je l’ai emmené jusqu’aux cuisines. Mais cet imbécile ne voulait plus me quitter. J’ai eu toute les peines du monde à m’en débarrasser ! »

Marianne : « Eh bien… Si Allan savait ça ! »

Annie, inquiète : « Vous n’allez pas lui dire ? »

Marianne, souriant : « Non, rassure-toi. Cela restera entre nous ! »

Annie, retrouvant le sourire : « ça a marché ?... Vous avez pu parler à Godwin ? »

Marianne : « Oui, j’ai pu lui parler quelques minutes. »

Annie : « Qu’allons-nous faire maintenant ? »

Marianne : « Il faut attendre Jane. Sais-tu si elle est toujours avec Simeon ? »

Annie : « En revenant ici, j’ai vu qu’elle était toujours en discussion avec lui. »

Marianne soupira et vint se placer à la fenêtre donnant sur la cour principale.

Annie : « Quelque chose ne va pas ? »

Marianne : « Je m’inquiète pour Robin. Il devrait être là maintenant. » 

Annie : « Vous ne pensez pas qu’il leur soit arrivé quelque chose tout de même ? »

Marianne, inquiète : « Avec tous ces brigands qui rôdent dans la région et tu connais l’orgueil de Robin ! »

Annie, s’approchant de Marianne : « Vous vous inquiétez pour rien. Je suis sûre qu’ils ont dû croiser un malheureux dans le besoin et vous savez comment ils sont… Ils lui ont porté assistance ! Hum ? »

Marianne, se montrant rassurante et souriant : « Tu as probablement raison. »

Annie : « Vous savez ce que l’on va faire ? Je vais finir de défaire vos malles pendant que vous vous reposez. »

Au même moment, on frappa à la porte.

Annie, s’approchant de la porte : « Qui est là ? »

Le visiteur, derrière la porte : « C’est Jane. Puis-je entrer ? »

Annie ouvrit immédiatement la porte.

Marianne : « Vous voilà. Vous avez réussi à vous échapper ? »

Jane, soupirant : « Oui. Par chance, des gardes désiraient lui parler. J’en ai profité pour m’éclipser. Faire des sourires et des convenances à cet arriviste sans scrupules commençait à me donner la nausée. Je n’aurais pas pu continuer plus longtemps. »

Marianne, pensive : « Je sais ce que vous ressentez ma chère. »

Jane : « Alors vous avez parlé à mon Godwin ? »

Marianne : « Oui mais pas longtemps. Je lui ai donné à manger et je lui ai dit qu’on pensait toujours à lui… qu’on ne le laisserait pas tomber. Soyez rassurée, il a le moral et il pense sans cesse à vous. »

Jane fut complètement rassurée par les nouvelles que Marianne lui apportait. Mais quand elle lui fit part de ses inquiétudes concernant Robin, elle se joignit à Annie pour la réconforter. Elle décida alors qu’elle dînerait dans les appartements de Marianne ce soir-là. Elle se réjouit également du fait qu’elle échappait ainsi à un repas avec Simeon.

Le soir venu, au dîner, Marianne lui relata toutes les aventures qui avaient eu lieu à Sherwood. A la fin du repas, Marianne se leva et se posta à la fenêtre. Dehors, la nuit était tombée. Son regard se porta plus loin que la cour déserte, encore illuminée par les flambeaux.

Marianne, tout bas : « Mais où es-tu Robin ? »

Elle ne se doutait pas que Robin et ses compagnons avaient préféré retarder leur arrivée afin de ménager le jeune Comte. Tandis que Marianne perdait son regard dans la sombre forêt que l’on devinait au loin au-delà des remparts du château, au cœur de celle-ci, Robin, emmitouflé dans sa couverture, regardait les étoiles en pensant à sa bien-aimée, croyant cette dernière, bien à l’abri, à Knighton.

 


byoann  (02.03.2015 à 08:50)

CHAPITRE XII

« ET TOI, GISBORNE ?... QUE VIENS-TU FAIRE ICI ? »

e lendemain matin, Robin et sa bande se mirent en route dès les premières lueurs du jour. Ils chevauchèrent à bride abattue et atteignirent les quartiers de la ville basse en milieu de matinée sous une pluie battante. Le spectacle qui s’offrait à eux était affligeant.

Much : « Oh mon dieu… C’est pas possible… »

James, les larmes aux yeux : « Oh non… »

Des corps gisaient ici et là. Des maisons avaient été incendiées. Certaines continuaient de se consumer malgré la pluie qui tombait. Certains villageois rescapés soignaient les blessés pendant que d’autres entassaient les morts sur le bord du chemin. On entendait les pleurs des veuves et des jeunes enfants. Petit Jean se porta au secours d’une vieille femme qui tenait à peine sur ses jambes. Il l’aida à s’asseoir.

Petit Jean, ému : « Mais que s’est-il passé ici ? »

Une voix masculine, mécontente : « Je vais vous le dire moi ce qui s’est passé ! »

Un villageois dans la quarantaine s’approcha fixant avec colère le jeune Comte.

Le villageois, en colère : « Nous avons encore été attaqués cette nuit ! Et Monsieur le Comte… ici présent… n’a rien fait pour nous protéger ! »

James, hésitant, ne sachant quoi dire : « Je n’étais pas là… »

Le villageois, s’approchant encore de James : « Evidemment !... Vous n’étiez pas là !... Vous étiez tapi dans votre château à nous regarder crever… et vous n’avez pas levé le petit doigt ! »

James : « Mais que pouvais-je faire ? »

Le villageois, hurlant : « ENVOYER VOS GARDES POUR NOUS PROTEGER !... LE SHERIF DE NOTTINGHAM VOUS L'AVEZ PROPOSE MAIS VOUS AVEZ REFUSEZ... PAR VANITE… NOUS ALLONS TOUS MOURIR PAR VOTRE FAUTE !!! »

Le villageois, ivre de colère, voulut s’en prendre à James mais Robin et ses compagnons l’en empêchèrent. James, sous le choc, ne bougea pas. Robin prit le jeune homme par les épaules et l’obligea à avancer.

Robin : « Viens… Ne restons pas là ! »

Le villageois, retenu par Allan et Petit Jean : « C’EST ÇA ! RETOURNE DE TERRER DANS TON CHÂTEAU ! »

Petit Jean, le relâchant : « RESTE CALME, L’AMI. »

Le villageois : « Comment pouvez-vous le défendre ? »

Robin à James, d’une voix réconfortante : « Ne fais pas attention à ce que raconte cet homme ! Il est encore sous le choc. »

Recroquevillé sous sa capuche, James, choqué et abattu ne répliqua pas. La bande continua d’avancer sur la route principale ; celle qui menait directement au château. Au fur et à mesure qu’ils avançaient, ils pouvaient constater les dégâts causés par les pillages. Robin remarqua curieusement que les dégâts matériels se situaient tous dans la ville basse. Les alentours du château n’avaient subi aucune attaque mais la colère de la population envers le Comte ne diminua pas pour autant. Le pauvre James se faisait insulter et cracher dessus malgré la protection que lui apportait la bande. Profondément humilié et découragé, le jeune seigneur arriva aux portes menant à la cour du château de son enfance. Mais l’humiliation du jeune homme ne s’arrêta pas là. Incapable de parler, Robin prit les devants en s’adressant aux sentinelles sur les remparts.

Robin : « OUVREZ LES PORTES POUR LE COMTE DE KENT ! »

La sentinelle : « REBROUSSEZ CHEMIN, MANANTS ! LE COMTE EST ABSENT ! »

Robin : « JE VOUS ORDONNE D’OUVRIR LES PORTES ! »

La sentinelle : « JE NE PRENDS MES ORDRES QUE DE MESSIRE BLACKSON !... ET VOUS N'ÊTES PAS MESSIRE BLACKSON ! »

Ce commentaire fit rire le reste des gardes. Voyant que Robin allait s’énerver, Allan tenta sa chance.

Allan : « HE L’AMI !... NE RECONNAIS-TU POINT TON MAITRE ! NOUS SOMMES AVEC LE COMTE DE KENT. ALORS TU FERAIS MIEUX DE NOUS OUVRIR ! »

La sentinelle : « BIEN ESSAYER, L’AMI… »

James, fou de rage, enlevant sa capuche : « OUVRE-MOI IMMEDIATEMENT CETTE PORTE OU JE TE PASSE, TOI ET TA BANDE DE CLOPORTES, AU FIL DE MON EPEE !!!! »

La sentinelle, surprise par le ton employé par le jeune homme, se pencha davantage vers les intrus et fit mine de reconnaître le comte.

La sentinelle : « Monsieur le Comte ?... Oh ! Pardonnez-moi. Je ne vous avais pas reconnu… Mais vous savez après le pillage de cette nuit, nous avons reçu des ordres et… »

James : « JE N’AI QUE FAIRE DE TES EXCUSES ! OUVRE CETTE PORTE ! »

La sentinelle : « EUH OUI… TOUT DE SUITE, MONSEIGNEUR… OUVREZ LES PORTES ! »

Les portes s’ouvrirent lentement, ne laissant passer qu’une personne à la fois. Toute la bande s’y engouffra un par un. La sentinelle ne prit pas la peine de descendre afin de s’excuser. C’est seule que la bande pénétra dans la cour en direction de l’entrée du château. La cour principale du château de Maidstone était beaucoup plus grande que celle de Nottingham. Le logis du seigneur se trouvait à l’autre extrémité de la place. James eut le cœur serré lorsqu’il commença à se diriger vers le château. D’habitude, grouillante de monde, la cour était déserte. En raison des pillages, les commerçants et les paysans ne venaient plus jusqu’au château pour vendre leurs produits. Les étals des marchands étaient désespérément vides.

James, s’arrêtant : « Mais où sont les gens ? »

Robin : « De quels gens parles-tu ? »

James : « Avant mon départ, ma sœur et moi avions recueilli les habitants de la ville basse qui avait subi des attaques. Nous les avions installés comme on a pu dans la cour. Mais il n’y a plus personne. »

Robin, mentant à James pour ne pas l’accabler davantage : « Ils ont dû repartir dans leur famille. »

James, se remettant en marche : « Tu as probablement raison. »

En mettant un pied dans le vestibule, James fut fou de joie d’être accueilli par Ozias.

Ozias, visiblement heureux de retrouver son maître : « Maître ! »

James, tout aussi enthousiaste : « Ozias ! »

Il se jeta dans les bras réconfortant du vieil homme.

Ozias : « Oh mais vous êtes tous trempés, Monseigneur. Donnez-moi votre manteau et allez vous réchauffer dans la grande salle. »

James, ravi : « Merci beaucoup, mon ami… Venez que je vous présente… Ozias ?… Voici Robin de Locksley, Djaq, Allan, Will, Petit Jean et Much… Vous savez Robin est un ami d’Andrew… Il est venu pour nous aider… Il faut prévenir ma sœur… D’ailleurs où est-elle ?... Est-ce que tu l’as vue ? »

Ozias : « Oui, Monseigneur. Je vais la faire prévenir mais vos invités sont trempés… Peut-être devrions-nous les installer près d’un bon feu pour les réchauffer ? »

Tellement heureux de retrouver son serviteur ainsi que son foyer, James en oublia les bonnes manières. Heureusement qu’Ozias était là.

James : « Oui, vous avez raison. Je manque à tous mes devoirs. »

La bande salua le serviteur puis le suivit jusqu’à la salle d’apparat. Ozias prit les manteaux des invités de Monsieur le Comte afin de les mettre à sécher.

Ozias, en partant : « Je vais immédiatement faire prévenir Lady Jane de votre arrivée. »

Des serviteurs apportèrent des serviettes et une boisson chaude qu’ils déposèrent sur une des tables rangée contre le mur. La bande se précipita vers la cheminée pour se réchauffer.

Much : « Oh je suis trempé jusqu’aux os ! »

Djaq à Robin, tout bas : « Nous avons été plutôt bien accueillis ! »

Robin, sur le même ton : « Oui, jusqu’à présent ! »

James se joignit à Robin en lui apportant un verre.

James : « Tiens, cela te réchauffera ! »

Robin : « Merci beaucoup. »

James au reste de la bande : « Allez vous servir. Il y a en a pour tout le monde !... Tu vas rencontrer Jane, ma sœur. Tu vas voir elle est formidable… Elle m’aide à faire face… »

James s’arrêta en repensant à la scène qu’il avait vue lors de son arrivée à Maidstone. Au même moment, la porte d’entrée s’ouvrit. Une femme entra. Toute la bande se retourna.

Jane, courant vers eux : « James ? Tu es revenu ! »

La sœur embrassa affectueusement son frère. La bande vint entourer leurs hôtes.

James : « Oui, ma sœur… Et je ne suis pas revenu seul. Je suis revenu avec quelqu’un qui pourra nous sortir des griffes de cet infâme shérif. Il s’agit de… »

Jane, reportant son regard sur Robin : « Robin de Locksley… Je sais ! »

Robin, surpris : « Nous sommes-nous déjà rencontrés ? »

Jane : « Non Messire mais je savais que vous deviez venir. »

Robin, surpris : « Vous le saviez ? Mais qui vous a prévenu ? »

Une voix féminine, derrière lui : « C’est moi ! »

Toute la bande se retourna et fut stupéfait de se retrouver devant Marianne et Annie.

Robin, ébahi : « Marianne ? »

Allan, tout aussi surpris que Robin : « Annie ? »

Annie, heureuse : « Allan ! »

Elle se jeta dans les bras d’Allan et ils s’embrassèrent. Si les retrouvailles entre Allan et Annie étaient plutôt chaleureuses, il en allait autrement entre Robin et Marianne.

Djaq : « Marianne ? Mais que faites-vous ici ? »

Marianne : « Je suis venue rendre visite à ma cousine ! »

Mécontent, Robin tira Marianne par le bras et l’emmena à l’écart du groupe.

Robin, mécontent : « Tu m’avais promis de rester à Nottingham… »

Marianne, l’interrompant : « Non, je t’ai simplement promis que les pauvres ne resteraient pas sans aide et j’ai respecté ma parole puisque que Wayne va pallier à notre absence ! »

Robin : « Wayne ne pourra pas tout faire seul ! »

Marianne allait répliquer quand elle fut coupée dans son élan par une voix familière derrière eux.

Une voix masculine : « Comme c’est touchant ! »

Surpris et mécontent, Robin : « Gisborne ! »

Gisborne se tenait au côté de Simeon. Toute la bande dégaina leurs armes.

Simeon : « Allons allons Messieurs… Tout ceci est inutile ! »

Des soldats en armes surgirent des deux entrées de la pièce, encerclant ainsi Robin et ses compagnons.

Simeon : « Veuillez nous épargner une bataille rangée perdue d’avance qui aurait tôt fait d’indisposer ces dames… Déposez les armes, Messieurs. »

James s’avançant vers son capitaine des gardes : « Mais que signifie tout ceci, Simeon ? Robin et ses compagnons sont mes invités et je vous ordonne… »

Simeon, en colère : « Vous n’avez plus d’ordre à me donner… Monsieur le Comte. A compter de cet instant, je prends le commandement de ce château. »

Jane, volant au secours de son frère : « Simeon ! Comment osez-vous ? »

Simeon : « Epargnez votre salive, Milady… Je fais ce qui aurait dû être fait depuis longtemps afin de faire respecter l’ordre dans ce comté… [Aux gardes] Arrêter Robin et ses compagnons et… consigner Monsieur le Comte dans ses appartements. »

James, furieux : « QUOI ? »

Le jeune homme voulut s’en prendre à Simeon mais des gardes l’en empêchèrent.

Simeon : « Du calme !... Monsieur le Comte… Je comprends que vous soyez quelque peu contrarié mais j’agis pour le bien du comté… Comme votre frère m’en a donné l’ordre. »

James, se débattant : « ESPECE DE… »

Un des gardes frappa le jeune homme à l’estomac.

Simeon : « Emmenez-le dans sa chambre ! »

Les gardes portèrent le jeune homme plié en deux dans ses appartements. Gisborne reporta son attention sur Marianne.

Gisborne, surpris : « Marianne ? Que faites-vous ici au milieu de cette racaille ? »

« Et toi, Gisborne ?... Que viens-tu faire ici ? »
« Bien que cela ne te concerne en rien, Locksley… Sache que c’est Messire Blackson qui m’a cordialement invité à cette petite fête. »

Robin : « Non !... Pourquoi es-tu ici, à Maidstone, au lieu d’être auprès de ton maître à Nottingham ? »

Gisborne : « Pour les mêmes raisons que toi j’imagine… Pour aider un peu ! »

Robin : « Pour aider ?... C’est ça… »

Gisborne : « Parfaitement ! Messire Blackson a estimé que le petit Comte n’était pas à la hauteur de la situation, et il a demandé la protection du shérif de Nottingham. Celui-ci a évidement accepté et me voilà ! »

Robin : « Comme toujours… Toujours là à exécuter les basses œuvres du shérif. »

Gisborne, souriant : « Hum… Toujours aussi incisif Locksley !... Nous verrons si tu le seras encore lorsque tu verras tes compagnons se balancer au bout d’une corde. »

Simeon : « Emmenez-les aux cachots. Nous nous occuperons d’eux plus tard. »

Pendant que les gardes escortaient Robin et la bande vers les cachots, Gisborne se dirigea vers Marianne. Il ne restait plus que Jane, Marianne et leurs dames de compagnie.

Gisborne : « J’ose espérer Marianne que vous n’êtes pas de connivence avec Locksley. »

Marianne : « Comment pouvez-vous le croire, messire Guy ? »

Gisborne : « Je vous retrouve ici pratiquement dans ses bras et… »

Marianne, le coupant : « Je suis venue visiter ma cousine et je viens tout juste de rencontrer Robin. Ceci n’est qu’une simple coïncidence. »

Gisborne, septique : « Votre cousine ?... Une coïncidence ? »

Jane : « C’est la vérité, Messire. Lady Marianne est arrivée hier dans l’après-midi. Mon frère et ses invités viennent tout juste d’arriver. Nous n’avions aucune idée qu’il avait l’intention de les faire venir ici. N’est pas Elisabeth ? »

Elisabeth : « C’est exact, Madame ! »

Jane : « Vous voyez ?… Eh bien maintenant, veuillez m’excuser. Mais tout ceci m’a fatigué et je désire retourner dans mes appartements en compagnie de mon invitée… [À Simeon] Vous permettez ? Ou suis-je également en état d’arrestation ? »

Simeon : « Non, Milady… Vous êtes libre d’aller où bon vous semble. »

Jane, d’un ton sec : « Merci beaucoup, Messire ! »

Jane prit Marianne par le bras et se dirigea vers la sortie suivie par les dames de compagnie. Gisborne se rapprocha de Simeon tout en regardant partir Jane et son invitée.

Gisborne : « Elle se moque de nous, Blackson ! »

Simeon : « Patience, Gisborne… Patience. Nous pourrions avoir encore besoin de Lady Jane pour convaincre son frère. »

Gisborne : « En attendant, exécutez Robin et toute la bande… Le shérif vous en serez éternellement reconnaissant. »

Simeon : « Non… C’est beaucoup trop tôt ! »

Gisborne : « Je vois que prenez vos aises… Attention Blackson, vous n’êtes pas encore le seigneur des lieux. »

Simeon : « Non pas officiellement mais c’est tout comme ! »

Gisborne : « Méfiez-vous de Robin des bois. Il a plus d’un tour dans son sac. Il est aussi insaisissable qu’un serpent. »

Simeon, septique : « Il se trouve dans mes cachots. Que peut-il bien faire ? »

Gisborne : « Vos cachots ? »

Simeon, ignorant sa remarque : « Je ne peux pas exécuter Robin maintenant. Parce que j’ai besoin d’une pression sur le petit Comte pour qu’il signe la proclamation. Si j’exécute son sauveur maintenant, il n’aura plus rien à perdre ! »

Gisborne : « Excepté sa vie ! »

Simeon, méprisant : « Orgueilleux et fier comme il est... Il est prêt à mourir pour prouver à sa famille qu’il est le digne fils de de son père. »

Gisborne : « Sa famille, dites-vous ?... Alors menacez de vous en prendre à sa sœur dans ce cas ? »

Simeon, incisif : « Jamais !... J’ai besoin de me marier avec elle pour obtenir richesse et puissance. Vous devriez le comprendre mieux que quiconque ! »

Gisborne : « Que voulez-vous dire ? »

Simeon : « Le shérif m’a déjà mis en garde contre les élans du cœur vis-à-vis du beau sexe. Il vous a pris comme exemple. Il m’a alors affirmé que vous échouer régulièrement dans votre quête du pouvoir à cause, et ce sont ses propres mots, d’un joli petit minois. »

Gisborne, furieux : « Comme osez-vous… »

Simeon, le coupant : « Du calme, Gisborne… A voir votre réaction, j’en conclu que le joli petit minois en question est celui de Lady Marianne. »

Gisborne préféra se taire.

Simeon : « Votre silence parle pour vous. »

Gisborne voulut dégainer son épée mais Simeon le retint.

Simeon : « Je vous en prie… Je comprends mieux que quiconque vos intentions… Ma Marianne à moi est la belle Lady Jane… Mais cela ne veut pas dire pour autant qu’elle doit me manquer de respect. »

Gisborne : « Pourtant de ce que j’ai vu, elle semble vous maltraiter ! »

Simeon : « Pour l’instant mais dès qu’elle sera mienne. Je lui montrerai le respect qui m’est dû. »

Gisborne ne répondit pas. Même si Marianne avait parfois abusé de lui, il lui serait impossible de lever la main sur la femme qu’il aime.

Simeon : « Venez Gisborne. Allons nous restaurer. Nous irons parler au petit Comte après le repas. »

Simeon entraîna Gisborne vers les appartements de Monsieur le Comte-père qu’il avait fait sien.


byoann  (09.03.2015 à 07:55)

CHAPITRE XIII

« UN HOMME SUR LES REMPARTS ! »

e capitaine des gardes de Maidstone avait peut-être tort de ne pas écouter Gisborne, car pendant que ce dernier l’accompagnait dans ses appartements, plus bas, dans les cachots, les esprits s’échauffaient.

Après avoir arrêté toute la bande, les gardes les conduisirent dans les cellules tout au fond des cachots. Robin et ses compagnons furent enfermés tous ensemble dans la cellule faisant face à celle de Godwin.

Un garde, de mauvaise humeur : « Allez dépêchez-vous… Rentrez là-dedans. »

Un des gardes bouscula Much. Allan et Will voulurent en profiter pour s’en prendre au reste des soldats. Robin et Petit Jean s’apprêtaient à leur prêter main forte mais l’aide de camp de Simeon prit Djaq par derrière et plaça la lame de son épée sous sa gorge.

Robin : « Allan ! Will !... Non ! »

Les deux hommes relâchèrent les soldats qu’ils avaient réussi à désarmer et à prendre en otage.

Le garde, bousculant violement Allan et Will : « Allez !... Bougez-vous ! »

Allan, trébuchant : « Hé là, doucement ! Pourquoi es-tu aussi agressif, mon ami ? »

Le garde, refermant la porte de la cellule : « Je t’en ficherai moi des ‟mon ami″ !... Pour la peine, t’auras rien à manger. Ça t’apprendra ! »

Allan, souriant : « Je crois que ce type m’adore ! »

L’aide de camp, sérieusement : « Vous n’aurez rien à manger ce soir. Cela vous fera réfléchir ! »

Allan : « Compte là-dessus, mon grand ! »

Un des soldats frappa les barreaux de la cellule avec son épée pour faire taire le prisonnier puis les gardes firent demi-tour et quittèrent les cachots.

Much, gémissant : « Oh c’est pas vrai ! Moi qui meure faim !... Je savais que j’aurai dû me resservir tout à l’heure quand nous étions dans la grande salle ! »

Petit Jean : « Much, tais-toi ! »

Much : « J’espère qu’au moins nous mangerons copieusement demain soir ! »

Djaq : « Much ?... Je crains qu’il n’y ait pas de demain soir pour nous ! »

Much, comprenant le sous-entendu : « Oh ! »

Robin arpenta la cellule pendant que ses compagnons s’installèrent. La seule ouverture de leur cachot hormis la porte faite de barreaux était une fenêtre hors d’atteinte pour un homme même monté sur les épaules de Petit Jean.

Much, inquiet : « Maître ?... Vous allez trouver un plan pour nous sortir de là ? »

Robin : « Je m’y emploie, Much… Je m’y emploie. »

Much : « Mais vous n’avez pas l’air très sûr de vous ! »

Will : « Much, laisse-le réfléchir ! »

Much : « Parce que moi, j’ai pas l’attention de rester ici et de mourir de faim ! »

Une voix masculine, à l’extérieur de la cellule : « Il n’y a aucun moyen de s’échapper d’ici ! »

Robin s’avança vers la porte de la cellule pour identifier l’homme qui s’adressait à eux depuis la cellule d’en face.

Robin : « Qui es-tu ? »

Le prisonnier : « Godwin… Godwin Keegan. »

Robin : « Et pourquoi es-tu ici ? »

Godwin : « Je me suis opposé à Simeon. »

Robin : « Je vois… Donc, tu es un ami. »

Godwin, méfiant : « Crois-tu ?... Et vous ?... Pourquoi êtes-vous là ? »

Robin : « Pour la même raison que toi… Nous nous sommes également opposés à Simeon. »

Godwin : « Mais encore ? »

Robin : « Toi d’abord ! »

Godwin hésita un instant puis : «… Je suis soldat de la garde au service de Monsieur le Comte de Kent et, à ce titre, j’ai jugé qu’il était en mon devoir de protéger Lady Jane des avances un peu trop insistantes de Simeon et il ne l’a pas supporté. »

Allan : « Un tantinet susceptible ce garçon ! »

Godwin : « Et vous ? »

Robin : « Nous sommes venus aider mon ami James Kent à restaurer l’ordre et la justice dans ce comté. »

Godwin, souriant : « Eh bien, vous commencez bien mal ! »

Robin, souriant et désinvolte : « C’est notre tactique habituel. »

Much : « Ah oui ?... Parce que se faire arrêter faisait partie de votre plan ? »

Robin : « Euh non… Mais on a vu pire, non ? »

Allan : « Ah oui et quand ? »

Robin : « Ben on s’est déjà trouvé enfermé… Et on a toujours trouvé une solution pour s’en sortir, pas vrai ?... Je suis sûr qu’il en sera de même cette fois-ci encore ! »

Allan : « Tu es optimiste ! »

Robin : « Et toi, bougrement pessimiste ! »

Allan : « Je dirais plutôt réaliste ! »

Much : « Cette fois, je partage l’avis d’Allan ! »

Allan : « Ah oui ?... Oh là, il faudra que je revoie mon jugement ! »

Robin, se montrant confiant : « Ecoutez… Je suis sûr que l’on va nous sortir de là ! »

Djaq : « Ah oui ?... Et qui ça ‟on″ ? »

Robin : « Le veilleur de nuit ! »

Godwin : « Qui est le veilleur de nuit ? »

Robin : « Une vieille connaissance ! »

Djaq, souriant, au reste de la bande : « Je ne crois pas que Marianne serait ravie d’entendre ça. »

La bande sourit en pensant à la réaction de Marianne si elle avait entendu Robin l’a traité de ‟vieille″ connaissance. Ce dernier se réjouit de voir que le moral de la troupe était meilleur.

Will : « D’ailleurs, comment se fait-il que Marianne soit ici ? »

Robin : « Lady Jane est sa cousine… Elle est venue lui prêter main forte. »

Allan : « Lui prêter main forte ou te prêter main forte. »

Robin : « Tu connais Marianne ! »

Godwin : « Vous connaissez Lady Marianne ? »

Robin, se tournant vers Godwin : « Oui… Pourquoi tu la connais ? »

Godwin : « Oui. Enfin… Elle est arrivée au château lorsque l’on m’a arrêté puis elle est venue jusqu’ici pour me donner à manger. Elle m’a dit de ne pas désespérer, qu’on viendrait me sortir de là. En vous voyant tout à l’heure, j’ai cru que vous étiez les secours que j’attendais ! »

Robin : « Ne t’en fais pas, Godwin. Nous ne partirons pas d’ici sans toi ! »

Godwin : « Parce que vous pensez toujours pouvoir sortir de là ? »

Robin, arborant un large sourire : « Maintenant plus que jamais, mon ami ! »

Devant la mine interrogatrice de ses compagnons, Robin se sentit obligé de s’expliquer.

Robin : « Ben oui. Si Marianne a dit à Godwin qu’elle allait le sortir de là, cela veut dire qu’elle a déjà commencé à réfléchir à un plan. »

Allan : « Et tu ne crois pas que notre arrestation a pu faire capoter son plan ? »

Robin, souriant : « Non, pourquoi ?... Faire évader un ou sept prisonniers c’est du pareil au même, non ? »

Much : « Pff ! »

Pendant que Robin et sa bande rencontraient Godwin et tentaient de trouver un moyen de s’évader, dans les étages supérieurs, on faisait également travaillé ses méninges.

Dans les appartements de Lady Jane…

Annie, inquiète : « Comment allons-nous sortir Robin et ses compagnons de cellule ? »

Jane, Marianne, Elisabeth et Annie se restauraient autour d’une table dans l’antichambre.

Jane : « Je suis sûre que nous allons trouvez quelque chose ! »

Annie : « Quand je pense que je suis là à me remplir la panse alors que mon Allan n’a rien à manger. »

Marianne : « Il faut bien prendre des forces si on veut les libérer. »

Jane : « Et nous devons le faire dès ce soir ! »

Marianne, inquiète : « Pourquoi cela ? »

Jane : « Parce que tel que je connais Simeon, il n’est pas du genre à s’embarrasser de gêneurs ! »

Marianne, pour elle-même : « Et avec Guy dans les parages… »

Annie : « Alors il faut faire vite !... Comment s’y prend-on ? »

Jane : « Il faudrait faire une diversion pendant que l’une d’entre nous les libèrera. »

Marianne : « Mais pour la clé ? Simeon doit toujours l’avoir sur lui ? »

Jane : « Non !... En fait, personne ne l’a porte. Cela évite les risques de vol ou de perte. Elle se trouve dans un local juste à l’entrée du couloir menant aux cachots. Comme cela, elle ne quitte pas le sous-sol du château. »

Marianne : « Est-elle gardée ? »

Jane : « Juste par la garde qui surveille l’entrée du couloir. »

Annie : « Mais qui fera la diversion ? »

Marianne : « Je m’en occupe ! »

Annie : « Vous ? »

Jane : « Non, Marianne. Il vaut mieux que cela soit moi qui m’en charge. Je connais le château mieux que vous. »

Marianne : « Non. Il vaut mieux que vous occupiez Simeon pendant que je ferai activer l’alarme du château et Annie libèrera nos amis. »

Jane : « Mais comment ferez-vous ?... Vous allez sûrement être reconnue ! »

Annie, sourire aux lèvres : « Je m’occupe de ça ! Mais il faudrait retourner dans vos appartements, Lady Marianne. »

Marianne : « Très bien. Nous mettrons notre plan en œuvre tout de suite après le repas. D’accord ? »

Toutes les convives hochèrent affirmativement la tête. Elles passèrent le reste du repas à peaufiner les détails. Jane lui décrivit avec le plus de détails possible tous les coins et recoins du château. A la fin du repas, Marianne et Annie se levèrent.

Marianne à Jane : « Nous y allons maintenant. Je vous rejoindrai ici dans vos appartements. Je prétexterai me réfugier auprès de vous lorsque l’alarme retentira. »

Jane : « D’accord. Vous… »

Jane fut interrompue par quelqu’un frappant à sa porte.

Une voix masculine, derrière la porte : « Lady Jane ?... Messire Simeon vous prie de bien vouloir le retrouver immédiatement dans les appartements de votre frère. »

Jane, surprise, à ses convives : « Dans les appartements de James ?... Mais pour quoi faire ? »

Marianne : « Je n’en sais rien. Mais cela n’augure rien de bon. Allez-y. Ne le faites pas attendre… Nous… Nous en profiterons pour mettre notre plan à exécution. »

Jane au serviteur : « Entendu !... Nous y allons de ce pas. Elisabeth ? »

La jeune femme se leva et ouvrit la porte. Le messager de Simeon attendait patiemment.

Jane à Marianne : « Je suis vraiment navrée de devoir vous quitter si tôt chère cousine. Pourrez-vous retrouver votre chemin seule jusqu’à vos appartements ? »

Marianne : « Oui, chère cousine. Allez-y. Je me débrouillerai. Je suis lasse de toute manière. »

Jane s’approcha pour lui serrer les mains.

Jane : « Dans ce cas… Je vous reverrai en début de soirée. Reposez-vous bien, Marianne. »

Marianne : « Merci, Jane. »

Jane, à voix basse : « Et bonne chance ! »

Jane et Elisabeth suivirent le messager jusqu’aux appartements du jeune Comte. Marianne, quant à elle, fila vers ses quartiers. Annie lui ouvrit les portes et laissa passer sa maîtresse. Une fois qu’Annie eût refermé les portes, Marianne l’interrogea.

Marianne : « Que voulais-tu dire par ‟je m’en occupe″ tout à l’heure ? »

Annie : « Vous ne pourrez pas faire une diversion dans cette tenue ! Alors… »

Annie alla jusqu’à la malle posée au pied du lit de Marianne. Elle vida tout son contenu.

Marianne : « Mais que fais-tu ? »

Annie, vidant la malle : « Je cherche quelque chose ! »

Marianne : « Mais quoi ? »

Une fois la malle vide, Annie souleva le double fond et en retira un vêtement qu’elle présenta à Marianne.

Annie, espiègle : « Ceci ! »

Marianne, souriant : « Mais ? C’est mon costume de veilleur de nuit !... Tu l’avais donc emporté ? »

Annie : « Bah… Quand vous m’avez dit que nous partions pour aider Robin, je me suis dit qu’on allait au-devant de gros ennuis alors j’ai pensé que le veilleur de nuit pourrait nous être utile ! »

Marianne, caressant l’épaule d’Annie : « Tu as bien fait !... Aide-moi à m’habiller, veux-tu ? »

Pendant qu’Annie aidait Marianne à revêtir le costume du veilleur de nuit, Jane et Elisabeth arrivèrent à proximité de la chambre de James. Jane s’inquiéta lorsqu’elle entendit les éclats de voix tonitruants de son frère.

Jane, pénétrant dans la chambre de James, à voix basse : « Qu’est-ce que ce damné de Simeon a encore inventé ? »

James, hurlant et tapant son point sur sa table de travail : « JAMAIS !... VOUS ENTENDEZ !... JAMAIS, JE NE SIGNERAI CELA ! »

Lorsqu’elle entra dans la chambre, elle vit que James s’était relevé de sa chaise et s’était retourné vers la fenêtre afin de faire retomber sa colère. Derrière lui, Gisborne et Simeon se tenaient assis devant la table de travail du jeune homme sur lequel reposait un parchemin. Jane fit le tour de la table et vint se poster à côté de son frère.

Simeon, apercevant Jane : « Ah ma chère !… J’espère que vous arriverez à apaiser votre frère afin qu’il soit dans de meilleurs dispositions pour accepter de signer ceci. »

James, se retournant : « JAMAIS ! »

Jane : « Qu’est-ce donc ? »

James, lisant : « Ecoute ceci…‟Je soussigné James, Comte de Kent, proclame par la présente que je laisse à mon capitaine des gardes, le sieur Simeon Blackson, le soin de restaurer mon autorité et l’ordre dans tout le comté par tous moyens qu’il jugera nécessaire. Par conséquent, je me plierai, sans aucune réserve, à toutes décisions qu’il jugera bon de prendre pour le bien du comté″… Tu te rends compte, Jane ?... SIMEON VEUT USURPER MA PLACE ! »

Simeon, très calme : « Pas du tout… Mon cher Comte ! »

Jane : « Alors que voulez-vous ? »

Simeon : « Que votre frère signe cette proclamation. Ainsi je pourrai instaurer la loi martiale dans tout le comté et par conséquent restaurer l’ordre partout sur le territoire ! »

James, en colère : « Et aussi remettre tous les pouvoirs entre les mains de l’homme qui aura la tâche de faire respecter cette proclamation. C’est-à-dire vous, Simeon ! »

Simeon : « C’est la tâche que votre frère m’a confié. Je ne fais que me conformer à ses ordres. »

Gisborne à James : « Vous ferez mieux de signer… dans votre intérêt et celui de vos invités… Monsieur le Comte. »

James : « Quoi ?... Des menaces ?… Encore des menaces ? »

Gisborne : « Non, une simple recommandation… Monsieur le Comte ! »

James : « Votre recommandation a tout l’air d’une menace, Monsieur le larbin ! »

Gisborne, tapant sur la table : « UN PEU DE RESPECT ! Je suis Guy de Gisborne, bras droit du shérif de Nottingham ! »

James : « C’est ce que je disais. Vous n’êtes que le sous-fifre du shérif. Vous accomplissez ces basses œuvres afin que ce lâche ne se salisse pas les mains ! »

Gisborne : « ASSEZ !... OBEISSEZ !... Signez ce document sinon vous en répondrez de votre vie ! »

James : « Je préfère mourir plutôt que de remettre mon autorité à un vulgaire capitaine de garde arriviste et prétentieux. »

Gisborne, avec un sourire moqueur : « Votre autorité !... Cela fait bien longtemps que votre autorité ne s’exerce plus sur ce territoire, même pas à l’intérieur de ce château. Quant à votre volonté de mourir, je peux la satisfaire dès maintenant. »

Gisborne se leva et dégaina lentement son épée. Jane s’interposa aussitôt.

Jane : « Non… Messieurs, je vous en prie. Messire Gisborne, je vous en supplie. Rengainez votre épée. Pardonnez à mon frère son entêtement dû à sa jeunesse…. Acceptez les excuses que je vous fais en son nom. »

Les deux hommes continuèrent de se défier du regard. Puis, avisant le regard de Jane qui n’était pas sans lui rappeler celui-ci de Marianne, Gisborne obtempéra, à la grande surprise de Simeon.

Gisborne, rengainant son épée : « Soit, Lady Jane. J’épargne la vie de votre frère mais votre protection ne s’étend pas jusqu’à vos invités qui se trouvent présentement dans les cachots. »

Jane, effrayée : « Non ! »

James : « Vous n’oseriez pas ? »

Gisborne, arborant un sourire sadique : « Vous me connaissez bien mal… Monsieur le Comte… Signez ! »

Désemparés, Jane et James se regardèrent. Puis sans dire un mot, ils se comprirent. James serra sa sœur contre lui puis se rapprocha de la table.

Jane, en pensée : « Marianne, c’est le moment où jamais ! »

Pendant que Gisborne et Simeon tentèrent de persuader James de signer la proclamation, Marianne et Annie s’apprêtaient à passer à l’action.

Une main sur la poignée de la porte de service de sa chambre, Marianne : « Tu as bien compris ce que tu devais faire ? »

Annie : « Oui. Dès que les gardes seront à vos trousses, je dois prendre la clé qui se trouve dans la première pièce à droite dans le couloir menant aux cachots. Je libère Robin. Je remets la clé à sa place et je retourne vous attendre dans les appartements de Lady Jane ! »

Marianne : « Très bien ! »

Annie, inquiète : « Mais et vous ? Comment allez-vous réussir à attirer les gardes ? »

Marianne : « C’est simple. Je vais faire une apparition sur les remparts. La sentinelle fera sonner l’alarme ainsi tous les soldats partiront à ma recherche. Jane m’a indiqué un passage secret qui me conduira du bas des remparts jusqu’au couloir de service près de mes appartements. Ensuite, je me change et je te retrouve chez Jane. »

Annie, soufflant : « C’est quand même risqué ! »

Marianne : « Peut-être mais nous n’avons pas le choix. Allons-y… Dépêchons-nous ! »

Marianne ouvrit la porte de service et s’élança dans l’étroit couloir. Annie revint à la porte principale et attendit que l’alarme retentisse pour passer à l’action.

Pendant ce temps, dans la chambre de James…

James, le cœur lourd se rassit à sa table de travail.

Simeon, un sourire triomphant sur les lèvres : « Signez, Monsieur le Comte et vous vous sentirez soulagé… Ainsi, tous vos problèmes s’envoleront ! »

A contrecœur, James prit sa plume et apposa sa signature au bas du document. Au moment où James reposa sa plume, l’alarme du château retentit. Comprenant que l’évasion de Robin était en œuvre, Jane voulut s’emparer de la proclamation que son frère venait de signer afin de la détruire mais Simeon fut plus rapide qu’elle et la lui ravit.

Simeon : « Permettez !... Ceci m’appartient, désormais ! »

Gisborne à Simeon : « Que se passe-t-il ? »

Simeon : « C’est l’alarme du château ! »

Gisborne, comprenant immédiatement : « Robin ! »

Simeon : « C’est absurde !... Il se trouve aux cachots. »

Gisborne : « Je vous conseille d’aller vérifier sur le champ… Monsieur le capitaine des gardes. Et s’il s’y trouve encore, exécutez-le immédiatement ! »

Les deux hommes s’empressèrent de quitter la pièce laissant le pauvre James abattu et honteux.

Jane, pleine d’espoir : « Ne t’en fais pas mon frère, tout n’est pas encore perdu ! »

James : « Je crains que si ma sœur. Je viens de signer le déshonneur de la famille Kent. »

Jane, faisant face à son frère : « Non, James ! Non !... L’alarme… C’est Robin qui s’est enfui. »

James : « Quoi ? »

Jane : « Oui. Marianne et moi avons organisé son évasion. Pars avec lui. Organise une contre-offensive afin de reprendre ce qui est à nous. Fais-le, mon frère. Nous comptons tous sur vous ! »

James, reprenant espoir : « Mais… Et toi ? »

Jane : « Je reste ici… Je ne pourrais que vous gênez dans cette entreprise. »

James : « Non, il n’est pas question que je t’abandonne seule ici… avec Simeon. »

Jane : « Il ne me fera rien. Il a trop besoin de moi pour devenir seigneur des lieux… et puis Marianne se tiendra à mes côtés. Allez… Dépêche-toi… Rejoins Robin !... C’est notre seule chance ! »

James étreignit sa sœur puis s’élança vers la porte. Mais pris de remords de devoir la laisser seule, il se retourna.

Jane : « Allez !... Vas-y ! N’aie aucun regret ! Tout se passera bien pour moi ! »

Obéissant à sa sœur, James s’élança dans le couloir et fila en direction des cachots.


byoann  (16.03.2015 à 08:10)

Justement devant les cachots, quelques minutes auparavant…

A l’abri des regards dans un renforcement du corridor, Annie se tenait prêt à agir, surveillant le soldat qui veillait à la porte d’entrée du couloir menant aux cachots.

Annie, pour elle-même : « Allez-y Marianne, je suis prête !... [Elle soupira]… Pourvu que notre plan marche ! »

Comme si Marianne l’avait entendu, l’alarme se mit à retentir. Pendant quelques secondes, il ne se passa rien puis un bataillon de soldats emprunta le couloir.

Le chef du bataillon : « Un homme se trouve sur les remparts ! »

Le garde surveillant l’entrée de la porte se joignit à eux.

Annie, soulagée : « Ah quelle chance ! »

Mais son soulagement ne dura pas. Cachée derrière une tapisserie, elle se blottit davantage contre le mur lorsque le bataillon de soldats passa devant sa cachette. Elle retint son souffle lorsque le chef du bataillon se posta devant elle. Heureusement, il lui tournait le dos. L’homme laissa passer ses hommes devant lui en les motivant.

Le chef du bataillon : « ALLEZ ! ALLEZ ! ALLEZ !... PLUS VITE ! »

Annie faillit s’évanouir lorsque ce dernier apostropha un des soldats. Elle crut qu’il l’avait découverte. En réalité, il s’adressait au garde surveillant la porte des cachots.

Le chef du bataillon : « Hé toi…Que fais-tu ici ?... Retourne à ton poste !... Et ne laisse entrer personne sans autorisation !... Tu m’as bien compris ? »

Le garde, le saluant : « A vos ordres, Messire ! »

Annie, inquiète : « Oh non ! »

Le reste de la troupe continua son chemin et emprunta un autre couloir. Le garde rejoignit son poste. Mais avant qu’il puisse l’atteindre, Annie, vive comme l’éclair et aussi silencieuse qu’un chat, attrapa l’un des vases qui ornaient un meuble bas du couloir et se précipita vers le garde par derrière. Son cœur battant la chamade, elle lui brisa le vase sur l’arrière du crâne.

Le garde s’écroula à terre.

Elle lui prit les clés et ouvrit la porte du couloir menant aux cachots.

Comme on lui avait indiqué, une porte se trouvait à droite de l’entrée. Elle y entra et aperçut un panneau de bois sur lequel une dizaine de clés correspondantes à chaque cellule étaient suspendues à un crochet.

Annie : « Oh non ! Laquelle est-ce ? »

Elle remarqua que seul deux des clés n’étaient pas recouvertes de poussière. Elle supposa qu’il s’agissait de l’une de ses deux clés.

Elle les prit aussitôt et descendit vers les cachots.

Lorsqu’ils entendirent l’alarme retentir à l’extérieur, les hors-la-loi se doutèrent qu’il s’agissait d’une diversion. Ils se tenaient prêts à agir mais ils ne savaient pas qu’on viendrait les délivrer. Quand ils entendirent la porte d’entrée des cachots s’ouvrir, ils crurent qu’il s’agissait des gardes voulant s’assurer que les prisonniers étaient toujours là ! Les hors-la-loi pensèrent alors à s’emparer d’un des soldats à travers les barreaux et forcer les autres à ouvrir la cellule. Ils patientèrent en silence attendant leur heure pour agir. Quel ne fut pas leur surprise, en particulier pour Allan, quand ils virent débarquer la dame de compagnie de Marianne. Allan fut évidemment le premier à reconnaître sa bien-aimée.

Allan, ébahi : « Annie ?... Mais que fais-tu ici ? »

Annie, souriant et se dépêchant de trouver la bonne clé : « Mais je viens vous délivrer mon amour. »

Allan l’attrapa à travers les barreaux de sa cellule et l’embrassa. Après un furtif baiser, Annie reprit son travail car évidement la première clé n’était pas la bonne.

Much : « Oui… Bon ben… Vous ferez ça plus tard ! »

Annie trouva la bonne clé et libéra Robin et ses compagnons. Allan en profita pour remercier sa belle en l’embrassa fougueusement une nouvelle fois.

Robin, se précipitant devant la cellule de Godwin : « A toi maintenant ! »

Annie, se défaisant d’Allan : « Mais je n’ai que deux clés ! »

Robin, lui ravisant la deuxième clé : « Eh bien, espérons que ça soit la bonne ! »

Il mit la clé dans la serrure et ouvrit la cellule de Godwin.

Godwin : « Merci beaucoup, l’ami. Je te revaudrai ça. »

Robin : « De rien… Mais attends avant de me remercier. Nous ne sommes pas encore sortis d’ici. Annie ?... Combien d’hommes gardent les cachots ? »

Annie : « Aucun. Je l’ai assommé. Mais je ne sais pas s’il va rester longtemps inconscient. »

Djaq : « Dans ce cas, nous ferions mieux de décamper ! »

Robin à Annie : « Pour qui est cette alarme ? »

Annie : « Pour Marianne, elle fait diversion ! »

Robin, inquiet et furieux : « Quoi ? »

Annie, défendant sa maîtresse : « Nous n’avions pas le choix. Nous devions faire une diversion pour vous libérer… Et puis on ne la reconnaîtra pas de toute façon ! »

Robin s’inquiéta de ces dernières paroles mais n’eut pas le temps d’interroger davantage leur libératrice. Déjà ses compagnons remontaient vers la sortie.

Much : « Vous venez maître ? »

Robin : « Oui, j’arrive ! »

Il fit passer Annie devant lui puis ils remontèrent jusqu’à la porte d’entrée. La bande attendit que Robin les rejoigne. Annie remit en place les clés puis attendit derrière le groupe.

Will : « Que fait-on maintenant ? »

Robin : « Nous allons nous réfugier dans la forêt ! »

Allan : « Hum !... Ben au moins, on ne va pas être dépaysé ! »

Robin : « Jean ?... La voie est libre ? »

Petit Jean regarda par la petite fenêtre de la porte et ne vit que le garde allongé par terre.

Petit Jean : « Ça semble désert ! »

Robin : « Très bien… Alors allons-y ! »

Petit Jean ouvrit la porte. Robin se précipita vers le garde et lui prit son arme. Mais un groupe de cinq soldats les surprit.

Un garde : « Hé vous !... Arrêtez-vous ! »

Chacun se mit en position. Robin, étant armé, se mit en avant. Petit Jean se plaça à ses côtés muni d’un des chandeliers sur pied du couloir tandis que Will, Djaq et Allan prirent chacun des torches. Allan referma la porte menant aux cachots en laissant Annie à l’intérieur afin que les gardes ne la voient pas. Il resta devant la porte et garda l’accès jusqu’à la fin des combats.

Mais ils ne durèrent que quelques minutes. Petit Jean et Robin chargèrent leur adversaire avec une telle ferveur que ceux-ci furent surpris et perdirent rapidement le combat. Les autres soldats furent attirés par Will, Djaq et Godwin. Gardés à bonne distance grâce aux torches, ils attendirent que Robin et Petit Jean les assomment par derrière quand ceux-ci eurent terrassé leurs propres adversaires.

Robin : « Tout le monde est entier ? »

Will : « Oui ! »

Robin : « Bien... Prenez leurs armes et allons-nous en d’ici. »

Allan, libérant Annie : « Bonne idée !... Viens avec nous ! »

Annie : « Non, je ne peux pas ! »

Allan, inquiet : « Mais pourquoi ? »

Annie : « Je ne peux pas laisser Lady Marianne toute seule… De plus, nous avions convenu de nous rejoindre dans les appartements de Lady Jane. Je ne peux pas lui faire défaut ! »

Robin : « Dans ce cas, tu devrais y aller maintenant. »

Allan protesta : « Mais Robin… »

Robin, le coupant : « Si les gardes la voient avec nous, ils accuseront Marianne. C’est ce que tu veux ? »

Allan : « Non, bien sûr que non ! »

Annie ne voulant pas qu’une dispute éclate entre les deux hommes : « Ne t’en fais pas, ça va aller. Les appartements de Lady Jane ne sont pas bien loin… et puis si ça se trouve Lady Marianne m’attend déjà. »

Allan, à contrecœur : « Très bien, vas-y… Merci encore, ma belle. »

Il l’embrassa avec fougue comme si c’était la dernière fois qu’il la voyait puis il la laissa partir.

Much : « Bon très bien mais nous ?... Nous allons où ? »

Godwin : « Suivez-moi. Je connais ce château comme ma poche. Je sais comment en sortir en toute discrétion. »

Godwin entraîna la bande à l’opposé du chemin qu’avait pris Annie. Robin et Allan furent les derniers à partir.

Robin : « Ne t’en fais pas pour elle !... Elle a de la ressource. La preuve, nous sommes libres ! »

Allan : « De la ressource ?... Comme Marianne ? »

Allan s’élança à la suite de ses compagnons. Robin le suivit après avoir marqué un temps d’arrêt, souriant à la réflexion d’Allan. Il est vrai que sa bien-aimée ne manquait pas de ressources. Mais il ne pouvait pas s’empêcher de s’inquiéter pour elle car elle ne faisait pas toujours preuve de prudence et elle en avait déjà fait la douloureuse expérience au château de Nottingham. Robin comprenait l’inquiétude d’Allan puisqu’il la partageait. Mais pour l’heure, il était urgent de gagner la quiétude de la forêt.

Mais Robin s’inquiétait pour rien car Marianne avait appris de ses erreurs et avait agi avec une grande prudence. En effet, après avoir laissé Annie dans ses appartements, Marianne avait décidé de se faire voir à l’autre extrémité du château afin d’attirer à elle le plus de gardes possible pour que Robin puisse avoir le champ libre. Elle profita de chaque coin et recoin sombre d’un couloir, d’un boudoir ou d’une antichambre pour avancer lentement vers le hall d’entrée du château sans attirer l’attention. Une fois arrivée à la porte d’entrée, elle profita de la relève de la garde pour se faufiler derrière des domestiques qui sortaient dans la cour. Sur le perron, elle avisa les étals des marchands sur sa gauche et descendit rapidement les marches. Cachée par les étals, elle avança prudemment vers les escaliers menant aux remparts près du logis des soldats de garde.

Une fois qu’elle fut certaine qu’Annie avait eu le temps de se mettre en position et que Jane ait commencé à distraire Simeon, Marianne passa à l’action. Elle grimpa rapidement les marches menant sur le chemin de ronde et se mit à courir en direction du château. Elle vit au loin le garde qui patrouillait sur les remparts. Celui-ci lui tournait le dos. Le garde, entendant des bruits de pas, se retourna. Mais Marianne était déjà sur lui. Surpris de se retrouver devant un inconnu, il ne réagit pas assez vite. Marianne lui asséna un violent coup à la tête. Assommé, l’homme tomba des remparts en criant, alertant la patrouille dans la cour. Elle ne s’arrêta pas et continua sa folle course. Le chemin de ronde du château de Maidstone était deux fois plus long que celui de Nottingham. Elle continua à vive allure tout en espérant qu’on finisse par la remarquer. Car tout ce qu’elle voulait, c’était qu’on croit qu’elle veuille pénétrer dans le château afin de libérer les prisonniers. Et c’est ce qu’il arriva. La sentinelle qui patrouillait dans la cour l’aperçut qui filait vers le château. Ils donnèrent l’alerte.

Un soldat : « UN HOMME SUR LES REMPARTS ! »

Un soldat à un autre : « Fais sonner le tocsin ! »

Le garde partit sur le champ tandis que ses compères se mirent à courir pour intercepter Marianne. Cette dernière s’était engouffrée dans le château mais n’alla pas plus loin. Elle s’aplatit contre le mur et par une fenêtre regarda ce qui se passait dans la cour. Elle put ainsi rependre son souffle. Marianne sourit lorsque le tocsin commença à retentir. Quelques instants plus tard, Simeon et Gisborne arrivèrent dans la cour suivis par quelques gardes. En quelques secondes, tous les gardes ou presque du château furent réunis dans la cour.

Simeon : « Que se passe-t-il ? »

Un garde : « J’ai vu un homme qui courrait sur les remparts ! »

Simeon : « Où est-il à présent ? »

Un garde : « Je l’ai vu entré dans le château ! »

Simeon : « Eh bien, qu’attendez-vous ?... Rattrapez-le ! »

A ces mots, Marianne ne s’attarda pas davantage. Elle se précipita vers ses appartements. Mais au lieu de le faire par les couloirs principaux du château, elle choisit les couloirs de service plus petits et tortueux pour se rendre aussi discrètement que possible dans ses appartements. Les gardes se mirent à fouiller tout le château. Elle se montra d’une extrême prudence, ne s’engageant dans un couloir que lorsqu’elle était sûre qu’il n’y avait plus personne. Elle mit du temps à arriver dans sa chambre mais elle y arriva finalement en toute sécurité et Annie, folle d’inquiétude, l’y attendait déjà.

Marianne : « Cela a marché ? »

Annie : « Oui, ils sont libres ! »

Marianne, soulagée : « Parfait… Aide-moi à me dévêtir et allons chez Jane. »

Annie : « Bien Madame ! »

Alors que le veilleur de nuit retournait vers ses appartements, dans la cour, Gisborne et Simeon s’inquiétèrent de cette intrusion.

Gisborne : « Tout ceci est étrange ! »

Simeon : « Pour quelle raison ? »

Gisborne : « Un homme seul essayant de s’introduire dans le château, l’endroit le plus sécuritaire de la région, et vous ne trouvez pas cela étrange ? »

Simeon : « Peut être un voleur téméraire ou inconscient ? »

Gisborne, comprenant soudain la situation mais trop tard : « Ou une diversion ! »

Un soldat, hurlant du château : « LES PRISONNIERS SE SONT ECHAPPES ! »

Simeon : « QUOI ? »

Gisborne : « Locksley ! »

Simeon : « Mais c’est impossible !... [Aux soldats près de lui]… FERMEZ TOUTES LES ISSUES ET RETROUVEZ-LES-MOI… Ils n’ont pas dû aller bien loin. »

Gisborne, faisant face à Simeon : « C’est inutile, Locksley est déjà loin… Je ne vous félicite pas Messire Blackson… Je retourne de suite au manoir pour informer le shérif des derniers rebondissements... et je crains qu’il ne les apprécie guère. »

Gisborne fit signe à un de ses gardes d’aller chercher les chevaux.

Simeon, surpris : « Vous n’allez pas m’aider à les retrouver ? Ils iront certainement se cacher dans la forêt. En combinant nos forces, nous les retrouverons plus facilement ! »

Gisborne, sourire en coin : « Ce serait peine perdue. Locksley est dans son élément dans la forêt… Il ne s’appelle pas Robin des bois pour rien… Par ailleurs, il n’est pas bon que l’on nous voit ensemble. Après tout, vous œuvrez pour l’abominable Comte de Kent et moi pour le gentil shérif de Nottingham. Vous comprenez ? »

Simeon, masquant son mécontentement : « Oui… Oui… Je comprends. »

Gisborne, montant sur le cheval qu’on venait d’amener : « Venez me voir demain matin au manoir. Nous verrons ensemble quelle stratégie nous allons adopter au vu des derniers évènements. »

Simeon : « Entendu, Messire Gisborne ! »

Gisborne, talonnant son cheval et avec un sourire en coin : « Bonsoir, Messire Blackson ! »

Humilié par l’évasion de Robin devant son associé, Simeon ne répondit pas à Gisborne et reporta sa colère sur les soldats restés près de lui.

Simeon : « EH BIEN, QU’ATTENDEZ-VOUS ? RETROUVEZ-MOI CE ROBIN DES BOIS ! »

Les soldats déguerpirent en vitesse et se joignirent à leurs collègues à la recherche des hors-la-loi. Cette fois-ci, Gisborne avait peut-être un peu surestimé Robin et ses compagnons. En effet, ces derniers se trouvaient encore dans le château lorsque Gisborne le quitta.

En effet, Godwin conduisit les hors-la-loi vers les communs mais les différentes patrouilles de soldats rendirent l’entreprise délicate et il fallait constamment se cacher. Au détour d’un couloir, ils tombèrent nez à nez avec James. 

James, fou de joie : « Robin !... Vous vous êtes échappés ? »

Robin : « Oui mais je n’ai pas le temps de t’expliquer comment… Nous devons partir sur le champ. Explique nous comment sortir le plus discrètement possible de ce château. »

James : « Venez… Je vais vous conduire… »

Godwin, le coupant : « Et Lady Jane ?... Vous ne l’emmenez pas avec vous ? »

James : « Non, elle a décidé de rester ici avec Lady Marianne. »

Godwin : « Mais c’est trop dangereux. Simeon… »

Robin, le coupant : « Plus tard, voulez-vous !... Nous en discuterons lorsque nous serons en sûreté et ce couloir ne me semble pas sûr ! »

Robin avait raison. Une patrouille arriva sur eux. Les hors-la-loi foncèrent vers les cuisines. Ils les traversèrent en courant, renversant le plus d’objets possible sur leur passage afin de ralentir leurs poursuivants. James ouvrit une porte et ils se retrouvèrent tous dans un petit cagibi. Petit Jean referma derrière lui.

Much : « Mais c’est un cul-de-sac ? »

James : « Non, il y a une autre porte derrière le rideau. Il donne à l’extérieur des remparts. Les domestiques s’en servent pour le ravitaillement ».

Robin : « Très bien mais d’abord il faut bloquer nos poursuivants. Jean, tu peux m’aider ? »

Petit Jean aida Robin à déplacer un vaisselier afin de bloquer la porte. Il était temps. Les soldats commencèrent à enfoncer la porte.

Much, en riant : « Et voilà le travail !... A nous la liberté ! »

Will ouvrit la porte et toute la bande se précipita dehors. Mais hélas, ils se retrouvèrent devant une vingtaine d’hommes armés et Simeon se trouvait parmi eux.

Simeon, le sourire aux lèvres : « Bonsoir !... Je crains que votre promenade ne s’achève ici, messieurs ! »

Robin, lui souriant : « Et moi je crains de devoir prendre congé de vous, Messire ! »

Simeon : « Hélas, je ne saurai l’autoriser… ATTRAPEZ-LES ! »

Les gardes se jetèrent sur les hors-la-loi. Robin protégea James en le forçant à rester derrière eux. Mais le jeune Comte, voulant montrer sa valeur, se mêla à la bataille et se retrouva face à Simeon.

Simeon : « Cette fois-ci, je vais en finir avec le petit Comte ! »

James : « N’en soyez pas si sûr ! »

Le capitaine des gardes attaqua le jeune homme avec force mais celui-ci para les coups sans trop de difficultés. Cependant, Simeon ne lui laissa pas le temps de contre-attaquer. Très vite, James sentit ses forces faiblir. Il n’avait pas l’endurance d’un combattant aguerri tel que Simeon. Ce dernier sentit son adversaire faiblir et, en souriant, multiplia les offensives. James para les coups de plus en plus difficilement. Il se concentrait tellement sur Simeon qu’il ne vit pas qu’il reculait dangereusement vers les premières habitations. Malheureusement, James se heurta à un tabouret tombé au sol. Dans sa chute, il lâcha son épée. Simeon le tenait à sa merci.

Simeon, s’apprêtant à lui porter le coup de grâce : « Cette fois, c’est fini. Tu feras mes amitiés à ton frère aîné ! »

Simeon voulut lui planter son épée en pleine cœur. James crut sa dernière heure arrivée mais la lame d’une autre épée vint dévier celle de Simeon. Godwin avait remarqué du coin de l’œil que le jeune Comte était en difficulté. En soldat d’expérience malgré son jeune âge, il se débarrassa aisément de son adversaire et se porta au secours de James.

Godwin : « Toujours aussi lâche, Blackson !... S’en prendre ainsi à un homme sans défense ! »

Simeon : « Toi, j’aurais dû t’exécuter sur le champ… Mais je vais y remédier tout de suite ! »

Godwin : « Essaie un peu pour voir ! »

Les deux hommes engagèrent le combat. Malgré la supériorité physique de Simeon, celui-ci ne parvint pas à toucher Godwin. Ce dernier était beaucoup plus agile que son aîné. Par ailleurs, Simeon commença à ressentir de la fatigue. Il devait absolument mettre un terme à ce combat rapidement s’il ne voulait pas risquer d’être blessé ou pire. Pendant ce temps, les hors-la-loi mirent en déroute sans trop de difficultés les gardes de Maidstone. Petit Jean les assommait à tour de bras pendant que Robin, Will et Allan les harcelaient à l’épée. Djaq mit fin à son combat et se porta au secours de James toujours à terre.

Djaq, s’agenouillant : « James ? Est-ce que ça va ? »

James, se relevant tout en ne perdant pas des yeux le combat entre Godwin et Simeon et un peu en colère : « Oui. Oui, ça va ! »

Quand les hors-la-loi n’eurent plus d’adversaires à combattre, ils encerclèrent Godwin et Simeon. Ce dernier s’aperçut qu’il était encerclé. Inquiet, il essaya de prendre Godwin en otage mais en vain, celui-ci se déroba. Les deux adversaires se replièrent tout en se faisant face pour reprendre leur souffle. Mais avant qu’ils reprennent leur combat, Robin intervint.

Robin : « Rendez-vous, Simeon ! »

Voyant qu’il ne parviendrait pas à se défaire aisément de son adversaire et, encerclé comme il était, il sut qu’il n’avait aucun moyen de s’en sortir sinon en attendant d’hypothétiques renforts. Il fallait donc gagner du temps.

Simeon, jetant son épée à terre et aigri : « Très bien. Vous l’emportez !... Et maintenant ?... Vous allez me tuer ? »

Godwin : « C’est une bonne idée ! »

Robin, s’avançant vers Simeon et froidement : « Non… Nous n’avons pas le temps ! »

Sans plus d’explications, il assomma Simeon.

Robin, se retournant : « Partons avant que les renforts n’arrivent ! »

Godwin : « Quoi ?... Mais il est à notre merci. Il faut en profiter ! »

Robin, l’emmenant vivement par le bras : « Sache que nous tuions jamais à moins d’y être contraint ! Ce n’est pas en le tuant que James retrouvera la confiance de la population du comté ! »

Pendant que Godwin acceptait à contrecœur la leçon que Robin venait de lui donner, celui-ci se dirigea vers James.

Robin : « Est-ce que ça va ? »

James, honteux : « Oui ! »

Will : « Dépêchons-nous ! Ne traînons pas ici. J’aperçois les renforts qui arrivent ! »

Will s’était placé dans l’angle des remparts menant à l’entrée de la porte principale et une dizaine d’hommes arrivaient à cheval.

Robin : « Allons-y !... Jean, montre-nous le chemin avec Godwin. »

Petit Jean entraîna Godwin, toujours hésitant à laisser Simeon s’en sortir, sur le chemin qui menait à la sortie de la ville en direction de la forêt d’Ashdown. Robin et Will fermèrent le cortège en prenant bien soin de faire marcher James devant eux.


byoann  (19.03.2015 à 08:46)

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