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Série : Robin Hood
Création : 15.12.2014 à 10h01
Auteur : byoann
Statut : Terminée
« Il s'agit de la suite de l'épisode "Le pardon". Cet EV comporte 26 chapitres. J'écris seul merci. » byoann
Cette fanfic compte déjà 48 paragraphes
CHAPITRE XIX
« ROBIN N'ABANDONNE JAMAIS PERSONNE ! »
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endant que l’interrogatoire musclé d’Allan commençait au sous-sol, le maître des lieux prenait tranquillement son repas à l’étage au-dessus. Mais ce que Gisborne et son prisonnier ignoraient, c’est que Robin et sa bande étaient arrivés à la lisière de la forêt en face du portique d’entrée du manoir, préparant l’évasion de leur compagnon. Djaq donna sa torche à Godwin. |
Robin à James et Godwin : « Je compte sur vous. Mettez le feu à la grange puis revenez ici. Il se peut que nous ayons besoin de vous pour nous couvrir lors de notre sortie… Et tenez les chevaux prêts à partir. »
Godwin : « Entendu… Bonne chance ! »
Les deux hommes partirent en direction de la grange. Il fallait attendre quelques minutes avant que la diversion ne commence, car ils ne pouvaient atteindre leur cible qu’en passant derrière les écuries par la forêt.
Pendant ce temps, la bande réfléchit au meilleur moyen d’entrer dans le manoir sans se faire repérer.
Much : « On pourrait assommer quelques gardes et prendre leurs uniformes ? »
Robin, pas convaincu : « Hum… Non… Les gardes devront éteindre l’incendie. Cela paraîtra étrange que cinq gardes circulent à l’intérieur du manoir pendant qu’un incendie fait rage à l’extérieur. »
Will : « On pourrait faire comme James ? »
Much : « Comment ça ? »
Will : « Il s’est fait passer pour un cuisinier, non ?... L’incendie va faire sortir non seulement les gardes mais également quelques curieux. On s’empare d’un des domestiques et on se fait passer pour l’un d’eux. »
Robin : « Oui, bonne idée !... Comme ça, on pourra aller et venir librement à l’intérieur ! »
Much : « Ouais ben… C’est pas loin de mon idée quand même ! »
Will, soufflant : « Oui Much, tu as raison… C’est toi qui m’en as donné l’idée ! »
Laissant leurs chevaux, les hors-la-loi allèrent se poster en face de l’étroit passage donnant sur les cuisines et ils attendirent patiemment que Godwin et James passent à l’action. Tout à coup, ils entendirent les premiers cris d’alarme. Ils scrutèrent la scène et aperçurent quelques domestiques sortirent des cuisines pour voir l’incendie. L’un deux resta à l’écart du groupe dans le coin du manoir tandis que les autres s’avancèrent davantage dans la cour arrière. Will tenta sa chance.
Will : « J’y vais ! »
Djaq, inquiète : « Fais attention ! »
Robin sourit devant sa recommandation puis il vit Will s’approcher par derrière du domestique isolé. D’un seul bond, il l’attrapa par derrière, le coucha au sol et le traîna jusqu’au massif de fleurs où ils disparurent. Quelques secondes plus tard, Will se releva, ajustant son costume et marcha tranquillement vers l’entrée des cuisines. Il regarda à l’intérieur puis il fit signe à ses compagnons de venir le rejoindre.
Robin : « Il a réussi !... Allons-y ! »
Sous la surveillance de Will, les hors-la-loi s’engouffrèrent un à un dans le bâtiment puis ils rentèrent dans la pièce où James avait trouvé son accoutrement.
Much à Will : « Tu sais que t’es mignon tout plein déguisé en commis de cuisine ! »
Robin à Much : « Eh bien, puisque tu aimes son costume, Much... »
Il lui tendit les mêmes vêtements que ceux de Will. Much en perdit son sourire et prit les habits à contrecœur. Chacun s’habilla avec les affaires qu’ils trouvèrent.
Much : « Et maintenant ? »
Robin : « James m’a dit que l’entrée de la cave devait se trouver quelque part au pied de l’escalier menant aux étages supérieures. »
Much : « Formidable !... Il ne nous reste plus qu’à fouiller toutes les pièces pour trouver cet escalier ! »
Djaq : « En tout cas, il n’est pas dans les cuisines ! »
Robin : « Oui, tu as raison… Nous devons d’abord sortir des cuisines et l’escalier devrait se trouver tout près puisque c’est par là que James a réussi à s’échapper. »
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Grâce à l’incendie qui faisait maintenant rage à l’extérieur, les cuisines étaient désertes. |
Les hors-la-loi arrivèrent sans encombre à la porte d’entrée des cuisines. Robin passa la tête prudemment. Comme il n’y avait personne, Il poursuivit son chemin. Il entra alors dans un large espace où débouchait un escalier.
Djaq : « Ça doit être quelque part par ici ! »
En effet, trois portes donnaient dans cette pièce dont celle des cuisines.
Robin : « Essayons celle-là ! »
Robin désigna la porte qui se trouvait près de l’escalier. Elle était plus petite et plus proche des cuisines que les autres. Les autres issues donnaient certainement vers les appartements du maître du logis. Il ouvrit lentement la porte afin d’éviter qu’elle ne grince et tendit l’oreille. Ce qu’ils entendirent alors glaça le sang de toute la bande. Tous reconnurent Allan qui hurlaient de douleur. Sans attendre, ils descendirent à pas de loup l’escalier menant à la cave. Avant de mettre le pied sur la dernière marche, Robin pencha la tête à l’intérieur afin d’avoir une vue d’ensemble de la pièce et trouver un endroit pour se cacher avant d’intervenir. Par chance, à côté de l’entrée, des tonneaux de vin étaient alignés contre le mur mais suffisamment espacé de celui-ci pour qu’un homme puisse s’y faufiler. Robin attendit que les gardes se tournent de nouveau vers Allan pour se glisser entre les tonneaux. Le reste de bande lui suivit.
Le garde : « ALORS TU VAS PARLER ? »
Allan lui cracha au visage. Le garde, furieux, lui appliqua, sur le torse, le tison chauffé à blanc qu’il tenait à la main. Allan hurla de nouveau. Djaq et Will voulurent se porter à son secours sans tarder mais Robin les stoppa.
Will, mécontent, mais tout bas : « Allons-y, maintenant... Ils ne sont que deux ! »
Robin, sur le même ton : « Nous sommes trop loin. Si nous intervenons maintenant, il pourrait s’en prendre à Allan. Déployons-nous et attaquons-les par derrière tous ensemble… Petit Jean, Much, prenez de l’autre côté. Will, Djaq et moi, on prend ce côté-là. »
Petit Jean et Much rebroussèrent chemin. Ils attendirent que le garde torture de nouveau leur compagnon pour traverser le passage menant à l’escalier afin de se réfugier derrière des caisses et autre bric-à-brac, entassés de l’autre côté de la cave.
Le garde : « Tu ferais mieux de parler car si mon maître n’a pas ses informations rapidement, il va venir s’occuper de toi personnellement ! »
Allan, en sueur : « Eh bien qu’il vienne. Je l’attends… De toute façon, je ne bouge pas d’ici ! »
Le garde, furieux, le gifla.
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A l’étage…
Dès que Gisborne entendit les cris avertissant de l’incendie de la grange, il s’arrêta de manger et alla immédiatement voir de quoi il en retournait. Lorsqu’il arriva dans la cour, il vit que ses hommes tentaient déjà d’éteindre l’incendie.
Gisborne : « ALLEZ CHERCHER DE L’EAU ! VITE ! DEPECHEZ-VOUS ! »
Il enragea de voir que son travail était de nouveau réduit à néant. En effet, lorsque Robin avait volé tout ce qu’il avait amassé, il avait demandé aux mercenaires de lui fournir de la marchandise provenant de leurs pillages afin de reconstituer son stock. Mais une fois de plus, il risquait de tout perdre. Dès que l’effet de surprise fut passé, Gisborne se mit à réfléchir sur les causes de cet incendie. Comment ce bâtiment, et seulement celui-ci, pouvait-il avoir pris feu alors que la forêt aux alentours était intacte ? Tout à coup, il eut comme un pressentiment.
Gisborne, à lui-même : « Locksley ! »
Gisborne, à un garde près de lui : « Prends des hommes avec toi et fouille les environs. Je suis sûr que c’est un coup de Locksley… Fouille également le manoir… Je suis certain qu’il est dans les parages… TROUVEZ-LE ! »
Ses hommes partirent immédiatement à la recherche des hors-la-loi. Ils commencèrent par fouiller les environs de la grange en flamme. Mais ce qu’ils ignoraient, c’était que les hors-la-loi se trouvaient déjà à l’intérieur de la demeure. Gisborne fit demi-tour et retourna dans le manoir : Il voulut s’assurer que le prisonnier ne pouvait pas être libéré. De plus, il sentit qu’il était temps qu’il s’occupe personnellement de son invité. Il tenait enfin sa revanche.
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Dans la cave…
Robin fixa du regard Petit Jean et Much afin de leur faire savoir le moment de l’attaque lorsqu’il entendit des pas lourds dans l’escalier. Les hors-la-loi se tapirent entre les tonneaux et regardèrent passer le nouvel arrivant.
Robin, déçu : « Gisborne ! »
Mais Gisborne n’était pas seul. Il était accompagné de trois autres soldats. Robin jugea que le nombre d’adversaires était trop important dans un espace aussi restreint. Il préféra attendre. Cependant, il pouvait ressentir l’impatience de Will et de Djaq.
Gisborne : « Alors il a parlé ? »
Le garde : « Non, Messire Gisborne. »
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Gisborne : « Alors Allan ?... J’espère que tu apprécies mon hospitalité ? » |
Allan : « Ben, peut mieux faire… La nourriture est bonne mais mes compagnons de chambrée laissent à désirer ! »
Le garde le gifla.
Gisborne, souriant : « Toujours le même… Toujours le bon mot ! »
Allan, relevant difficilement la tête mais provoquant : « Qu’est-ce que vous voulez ? On se refait pas ! »
Gisborne : « Nous verrons ça… car je vais personnellement m’occuper de toi, maintenant ! »
Allan, parlant avec difficulté mais toujours insolent : « Je n’en attendais pas moins de votre part !... Mais… Ça a un air de déjà vu, non ? »
Gisborne : « Non !... Car cette fois, Allan… Tu ne quitteras cette pièce que les pieds devant !... Mais avant, je vais prendre plaisir à te voir te tordre de douleur… Tu vas payer pour tout ce que tu m’as fait ! »
Allan : « Oh allez… C’était y’a longtemps… Faut savoir tourner la page, mon grand ! »
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« Oh mais rassure-toi, je vais tourner la page… une fois que tu seras mort ! » |
Gisborne sortit une dague et la plaça au-dessus des flammes d’un brasero.
Gisborne, faisant chauffer sa lame : « Comment as-tu pu me faire ça, Allan ?... Je t’ai recueilli alors que Locksley t’avait chassé. Je t’ai donné ta chance. Tu aurais pu devenir quelqu’un d’important. Et qu’est-ce que tu as fait ?... Tu m’as poignardé dans le dos !... Tu te souviens ?... En Terre sainte ? »
Allan, la tête en appui sur le pilier : « Si je peux me permettre… je ne vous ai pas poignardé dans le dos… mais seulement un coup d’épée dans le bras… [Plus sérieusement en regardant Gisborne]… Je ne pouvais pas vous laisser faire ça !... Vous m’aviez promis que vous ne toucheriez pas à Robin ! »
Gisborne, souriant : « Décidément, tu es bien naïf… Tu n’as jamais rien compris… C’est une question de pouvoir… Avec la mort de Robin, j’aurais eu le pouvoir !... Et tu aurais pu en bénéficier si tu ne m’avais pas frappé en traître que tu es !... Et que tu as toujours été, d’ailleurs ! »
Allan, faisant fi de la dernière remarque : « Nous avions un marché !... Je vous donnais des renseignements et vous ne tuiez aucun d’entre nous ! »
Gisborne, souriant : « Et tu m’as cru ? »
Allan, mécontent puis désabusé : « Evidemment !... Du moins au début… Car j’ai vite compris que vous n’hésiteriez pas à tuer vos amis et même votre propre famille pour arriver à vos fins, n’est-ce pas ? »
Gisborne : « Quelle ironie ? Entendre de telles paroles de la bouche d’un homme qui a trahi les siens !... Mais c’est exact !... Il faut savoir faire des sacrifices si on veut s’élever au-dessus des autres ! »
Allan : « Alors j’ai eu raison de protéger Robin… Robin n’est pas comme ça, lui. C’est un homme de parole et un allié fidèle !... Jamais, il ne mettrait la vie d’un de ses hommes en danger pour assouvir n’importe quelle soif de pouvoir ! »
Gisborne : « Oh tu crois ?... Robin ? Un allié fidèle ?... Tu y crois encore à cet instant ? »
Allan : « Bien sûr que j’y crois et je le croirai jusqu’à ma mort ! »
Gisborne : « Tu penses qu’il va venir te chercher, n’est-ce pas ? »
Allan resta silencieux mais continua de fixer intensément Gisborne. Ce dernier s’avança vers lui avec sa lame rougie par les flammes.
Gisborne, s’arrêtant devant Allan : « Mais il ne viendra pas… Tu es et tu resteras toujours un traître à ses yeux… Il sait que tu es un lâche, Allan… Il sait que pour sauver ta peau, tu vendrais père et mère… »
Allan, furieux, le coupant : « C’est faux ! »
Gisborne : « Ah oui ?... Mais pourtant tu l’as déjà fait ! »
Allan détourna le regard. Puis il fixa de nouveau son geôlier.
Allan : « J’ai changé !... Et Robin le sait ! »
Gisborne, tenant fermement Allan à la gorge, l’obligeant à le regarder : « Non, tu n’as pas changé... Tu essaies de t’en convaincre mais les gens ne changent pas, Allan. Tu es toujours motivé par la seule chose qui vaille dans ce monde… l’argent…. Et tu le seras toujours. »
Sans avertissement, il plaqua sa lame sur le torse d’Allan. Ce dernier commença par serrer les dents. Mais Gisborne continua de faire parcourir sa lame le long de son corps couvert de sueur. Le hors-la-loi finit par hurler de douleur. Son geôlier le relâcha. Essoufflé, sa tête s’affaissa. Gisborne le prit par les cheveux et lui redressa la tête.
| « Allons, Allons… On vient tout juste de commencer ! » | ![]() |
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Allan, essoufflé et mécontent : « Qu’est-ce que vous voulez, Gisborne ? » |
Gisborne, retournant chauffer sa lame : « Ah tu vois ?... Tu commences à fléchir… Tu veux peut-être négocier ta libération ?... Finalement, tu n’as pas changé ! »
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Allan, se redressant : « Je ne vous dirai rien ! » |
| « C’est ce que tu disais au début… Dis-moi où se cache Robin ? » | ![]() |
Allan, souriant et hautain : « Hein !... Et vous croyez sincèrement que je vais répondre à ça ?... Je ne vous l’ai jamais dit lorsque nous étions à Nottingham ?... Alors vous croyez vraiment que je vais vous le révéler maintenant ? »
Gisborne : « Si tu parles, je te promets une mort rapide ! »
Allan : « Une promesse ?… Je connais la valeur de vos promesses, Guy. Elles ne valent rien !... Jamais, je ne parlerai !... Vous ne m’aurez pas cette fois, Guy de Gisborne ! »
Gisborne : « Allez… Personne ne le saura à part moi !... Et puis, je pourrais même envisager de te laisser partir si j’ai toute la bande. »
Allan : « Plutôt mourir !... Je ne referai pas la même erreur, Gisborne. J’ai foi en Robin… J’ai foi dans ce qu’il fait et je ne ferai rien pour nuire à la cause qu’il défend ! »
Gisborne, ironique : « Oh ! La cause !... A quoi cela peut-il bien te servir une fois que tu seras mort ? »
Allan : « Vous ne pouvez pas comprendre et jamais vous ne le pourrez ? »
Gisborne, s’approchant d’Allan avec sa lame : « Tu l’aimes tant que ça ton Robin des bois... Et pourtant, tu sais très bien qu’à la minute où le Roi reviendra, tu n’existeras plus pour lui… Tu redeviendras un vulgaire voleur qu’il se fera un plaisir d’enfermer dans ses cachots. »
| Allan ne répondit pas tout de suite. Il marqua un temps. Gisborne avait pointé du doigt l’une de ses plus grandes craintes. | ![]() |
Allan : « Robin n’abandonne jamais personne ! »
Gisborne : « Pourtant la dernière fois, il t’avait abandonné à ton triste sort. Souviens-toi !... »
Il plaqua une fois de plus la lame rougie sur l’épaule droite d’Allan jusqu’à ce qu’il hurle de douleur.
Gisborne, poursuivant : «… Et c’est moi qui t’ai sauvé !... C’est grâce à moi que tu as pu entrer au service du shérif ! »
Allan, essoufflé mais ironique : « Oui… Sauvé… En vendant mon âme au diable ! »
Gisborne, prenant Allan par le menton : « Un peu de respect envers le shérif, veux-tu ?... Tu oublies qu’il a été extrêmement généreux avec toi ! »
Gisborne relâcha Allan.
Allan : « Uniquement parce qu’il avait besoin de moi… Exactement comme avec vous. Mais dès qu’il n’aura plus besoin de vos services, il se débarrassera de vous. Vous n’êtes qu’un pion pour lui. »
Gisborne : « Mais cela me convient parfaitement comme ça… Et tu oublies une chose… Le shérif ne serait-il pas également un pion pour moi ?… que j’utiliserais afin d’arriver au sommet ? »
Allan : « Alors vous jouez les subalternes en attendant le bon moment pour vous débarrasser de lui ? »
Gisborne : « Exactement ! »
Allan : « Oui… A moins qu’il vous supprime avant !... Comment j’ai pu vouloir travailler pour des hommes comme vous !... Vous me dégoutez ! »
Gisborne : « Mais pour l’argent, mon cher ami ! »
Allan : « Eh bien, je le regrette !... Vous me faites pitié en vérité ! »
Furieux, Gisborne l’attrapa par le menton et lui entailla le bras droit avec sa lame.
Gisborne, mécontent : « Tu n’auras pas à le regretter bien longtemps ! »
Allan hurla de douleur. Craignant pour la vie de son compagnon, Robin n’avait plus le choix. Il s’apprêta à passer à l’attaque lorsqu’une patrouille descendit l’escalier.
Un garde : « Messire Gisborne ! »
Gisborne, se tournant vers son garde : « Qu’y-a-t-il ? »
Le garde : « Nous avons vu des hommes près de la grange en flamme mais ils se sont enfuis ! »
Gisborne : « Mais qu’est-ce que vous attendez ? Rattrapez-les et ramenez-les-moi ! »
Tous les soldats, à l’exception de trois d’entre eux, reprirent l’escalier.
Gisborne, souriant, se tournant vers Allan : « Tu vois ? Je te l’avais bien dit. Locksley était ici mais il est reparti !... Tu es seul, Allan… Alors ? Dis-moi ce que je veux savoir et ta mort n’en sera que plus douce. »
Allan, essoufflé et peinant à parler à cause de la douleur : « Il viendra… Il viendra… »
Gisborne : « Non, il ne viendra pas… Alors parles et tu te sentiras beaucoup mieux. »
| Allan, au bord de l’évanouissement : « Il viendra… Je suis sûr qu’il viendra… » | ![]() |
Puis il perdit conscience. Gisborne le ranima en le giflant à plusieurs reprises.
Gisborne : « Non ! Non ! Non !... Nous n’avons pas fini… »
Robin choisit cet instant pour lancer l’attaque. Malgré l’étroitesse des lieux, il réussit à armer son arc puis il se leva d’un bond, menaçant Gisborne.
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« ECARTE-TOI, GISBORNE ! » |
Ses compagnons bondirent d’un seul coup de derrière les caisses et les tonneaux de vin. Surpris, les hommes de Gisborne dégainèrent leurs épées mais ne se lancèrent pas à l’attaque de ses intrus plus nombreux qu’eux.
Robin : « Ordonne à tes hommes de lâcher leurs armes. »
Gisborne sourit. Puis, vif comme l’éclair, il vint se placer derrière Allan, le prenant par les cheveux et plaçant sa dague au niveau de sa gorge ; ses hommes vinrent l’entourer.
Gisborne : « C’est plutôt à toi et à tes hommes de lâcher leurs armes. Sinon ton Allan est un homme mort ! »
Much, inquiet : « Maître ?... Qu’est-ce qu’on fait ? »
Arc bandé à la main, Robin, s’avançant : « Ne bougez pas ! »
Much : « Mais maître ? »
Robin, d’un ton ferme : « Obéit Much ! »
Much fut surpris par le ton employé par Robin. Mais ce que visiblement il n’avait pas vu, c’était que le visage de Gisborne avait changé subitement d’expression. Robin le remarqua et pencha la tête sur le côté pour voir ce qui se passait derrière Gisborne.
Revenant sur ce dernier, Robin, souriant et plus calmement : « Je répète... Dis à tes hommes de lâcher leurs armes ! »
Gisborne, lâchant lentement Allan : « Faites ce qu’il vous dit !... Lâchez vos armes. »
Un des gardes : « Quoi ? Mais Messire Gisb… »
Gisborne, levant les mains en l’air : « OBEIS ! »
Much, surpris : « Mais qu’est-ce qui se passe ? »
Robin, redescendant son arc et espiègle : « Je crois que nous avons reçu une aide providentielle ! »
Much, étonné : « De qui ? »
Une voix masculine : « Moi ! »
Les hors-la-loi explorèrent du regard l’intérieur de la cave afin de savoir à qui appartenait cette voix. Ils virent alors un soldat sortir de derrière Gisborne. Il brandissait dans le dos de ce dernier son épée.
Much : « C’est nouveau ça ? »
Le soldat : « Non, ce n’est que moi ! »
Sur ce, il baissa la tête et, avec sa main libre, il enleva son casque et le haut de sa cotte de mailles.
Djaq, surprise : « Godwin ? »
Will, ravi : « Mais comment tu… et quand as-tu… ? »
Godwin, souriant et fier de lui : « Après que nous ayons incendié la grange, le Comte et moi, nous avons pensons que vous auriez besoin d’aide pour sortir d’ici… Alors quand les gardes nous ont courus après dans la forêt, on en a assommé un puis j’ai pris son armure et je me suis fait passer pour l’un d’entre eux. »
Djaq : « James est avec toi ? »
Godwin : « Non, il est resté avec les villageois. Ils les dirigent pour tendre des embuscades aux soldats qui font la bêtise de nous poursuivre dans la forêt. »
Will : « Donc ça devrait être facile de sortir d’ici, maintenant ! »
Godwin, pointant Gisborne : « Quand j’ai vu cet homme rentrer précipitamment dans le manoir, j’ai cru qu’il vous avait capturé alors j’en ai profité pour m’infiltrer parmi eux ! »
Much : « Alors ça, c’est bien… Que c’est bien ça ! »
Robin : « Tu vois Much ?... On a fini par suivre ton idée, finalement ! »
Much, bombant le torse : « Je le savais que c’était une bonne idée en fin de compte ! »
Il tapota amicalement l’épaule de Godwin. S’il ne tenait pas Gisborne en respect, il l’aurait embrassé.
Robin : « Much, Will ?... Attachez bien nos amis ! »
Les deux hommes s’empressèrent de ficeler comme un saucisson l’escorte de Gisborne. Les hors-la-loi félicitèrent encore une fois Godwin pour son initiative mais un bruit sourd les ramena à l’urgence de la situation. Toujours attaché au poteau et ses jambes ne pouvant plus le porter, Allan venait de s’écrouler sur le sol.
Djaq, inquiète : « Allan ! »
Toute la bande entoura le prisonnier. Djaq se mit à genoux à la droite du pauvre Allan tandis que Robin faisait de même de l’autre côté. Elle lui prit son pouls. Il battait encore mais faiblement.
Djaq, sérieuse : « Il est inconscient. »
En fait, quand Robin avait ordonné l’attaque, Allan commençait graduellement à perdre conscience. Ses sens, et en particulier sa vue, étaient brouillés mais il avait senti qu’il se passait quelque chose d’important autour de lui. Cependant, il n’avait pas reconnu ses amis. Djaq examina son bras qui saignait abondamment.
Djaq : « Will ?... Passe-moi ton foulard. »
Il le lui remit immédiatement. Elle s’en saisit et s’en servit pour panser la plaie. Lorsqu’elle fit un nœud serré sur son bras, la douleur ranima le pauvre homme.
Djaq, doucement : « Allan ? »
Avachi sur le sol, la tête appuyée contre le poteau, Allan mit un peu de temps avant de répondre.
Allan, clignant des yeux et péniblement : « Djaq ? »
Djaq, doucement et lentement : « Oui, je suis là… On est tous là ! »
Allan, parlant avec difficulté et fermant les yeux par intermittence : « Je savais… Je savais que… »
Djaq : « Chuuuut !... Ne parle pas… »
Robin : « On va te ramener au campement. »
Surpris d’entendre une autre voix, Allan tourna la tête : « Robin ? »
Robin : « Je suis là… T’en fais pas !... On te ramène au camp pour te soigner. »
Allan, souriant : « Tu es venu ?… Je savais que tu viendrais… »
Robin : « Oui, je suis venu… Chuuuut… Ne parle pas, on va te sortir de là ! »
Allan, parlant d’une voix faible : « Je savais que tu viendrais… Je… Je savais que… »
Rassuré d’être entouré par ses amis, il se laissa tomber dans l’inconscience.
Djaq : « Ça devrait aller si on le soigne mais il faut faire vite… Sinon… il risque de mourir. »
Robin : « Will ?... Détache-le… Nous allons le ramener au camp. »
Djaq, s’empressa d’ajouter : « Il ne doit pas monter à cheval… Le mieux serait qu’il voyage couché dans un chariot. »
Will, coupant les liens d’Allan qui le retenaient encore : « J’en ai vu un près des écuries dehors ! »
Robin : « Très bien… Gisborne va nous montrer le chemin… Jean ? Tu peux t’occuper d’Allan ? »
Petit Jean prit Allan le plus délicatement possible et le hissa sur son dos sous le regard très inquiet de Djaq.
Djaq : « Doucement ! »
Robin, s’avançant vers Gisborne : « Après toi ! »
Gisborne : « Pff ! »
Godwin lui piqua le dos avec son épée. Gisborne fut donc contraint d’obtempérer. Il précéda les hors-la-loi dans l’escalier menant à l’étage. Toujours grâce à leur prisonnier, ils réussirent à sortir, sans encombre, du manoir par la porte de derrière. Quand ils virent leur chef aux mains des hors-la-loi, les soldats qui restaient voulurent lui venir en aide.
Gisborne, piqué une nouvelle fois par l’épée de Godwin : « Déposez les armes et reculez ! »
Ils obéirent sans discuter. Will et Much s’empressèrent de ramasser leurs armes et les jetèrent dans la mare se trouvant non loin d’eux. Quant aux domestiques, dès qu’ils virent les hors-la-loi menacer leur maître, ils filèrent se cacher dans leurs quartiers. Puis Will s’absenta. Il revint peu de temps après avec un chariot rempli de caisses.
Robin à Gisborne : « Décharge le chariot ! »
Gisborne, mécontent : « Tu plaisantes ? »
Robin, le fixant d’un regard noir : « Est-ce que j’en ai l’air ? »
De nouveau, Godwin piqua Gisborne.
Robin à deux gardes : « Aidez-le, vous autres ! »
Gisborne obtempéra. Ils commencèrent à décharger le chariot. Pendant ce temps, Petit Jean avait soigneusement déposé Allan sur le tas de foin. Djaq commença les premiers soins.
Djaq : « Will ? Je vais avoir besoin d’eau pour nettoyer ses plaies. »
Il partit aux cuisines et revint quelques instants plus tard avec une gourde remplie d’eau qu’il lui tendit. Elle mouilla le foulard de Will et commença à nettoyer l’une des nombreuses plaies qui parsemées le torse, le dos et le visage du pauvre Allan. Elle ne nettoya que les plaies les moins graves. Elle préféra attendre d’être au campement afin de s’occuper des blessures les plus sérieuses. Soudain, Allan se mit à trembler.
Djaq : « Vite !... Il faut le couvrir ! »
Much, lui tendant sa veste de cuisinier : « Tiens, prends ça ! »
Djaq : « Merci, Much. »
Robin s’approcha tandis que Much s’agenouilla près du blessé.
Much, inquiet : « Il va s’en sortir ? »
Djaq, le regardant fixement : « Il commence à avoir de la fièvre. »
Much : « Ce n’est pas très bon signe ! »
Djaq, regardant Allan : « Pas vraiment ! »
Robin revint vers Gisborne et ses hommes, toujours surveillés étroitement par Godwin. Une fois qu’ils eurent terminé de décharger le chariot, Robin alla chercher la fourche se trouvant sur le tas de foin et la planta devant Gisborne.
Robin à Gisborne : « Mon ami a besoin d’un lit confortable pour le transport ! »
Gisborne n’eut pas le temps de répliquer que Godwin se rappelait déjà à son bon souvenir en lui piquant le dos avec sa lame. Serrant les dents, Gisborne prit la fourche et tapissa le chariot de foin. Pendant ce temps, Petit Jean aperçut, par le portique de l’entrée, la silhouette d’individus se trouvant à la lisière de la forêt de l’autre côté de la route.
Petit Jean : « Robin ? »
Il pointa son doigt en direction de la forêt. Robin s’avança et put reconnaître les visages de ceux qui portaient les torches enflammés qui avaient servi à mettre le feu à la grange. Car ses silhouettes n’étaient nulle autre que James et les villageois attendant patiemment conformément aux ordres qu’ils avaient reçus.

Pouvant voir ce que les hors-la-loi faisaient lorsqu’ils étaient près du tas de foin, et ce, grâce à la lumière dégagée par l’incendie de la grange, James avait ordonné de rallumer les torches et de se tenir prêt à recevoir les ordres de Robin. Justement, ce dernier leur fit signe d’approcher. Ils rejoignirent les hors-la-loi, accompagnés des chevaux de toute la bande.
James : « Vous avez réussi ? »
Robin, sérieux : « Oui mais il est sérieusement blessé. Nous devons le transporter en chariot jusqu’au campement. »
James : « Je suis navré ! »
Robin, se tournant vers les villageois : « Je vous remercie de votre aide… Vous pouvez retourner dans votre village à présent. »
Un villageois, avisant Allan : « Vous êtes sûr, Messire ?... Nous pouvons assurer votre protection pendant que vous soignez votre ami ! »
Robin, après un léger sourire : « Je te remercie de ton offre mais ça va aller… Merci encore… Et il se peut que, dans un proche avenir, je fasse encore appel à vous. »
Le villageois : « N’hésitez pas, Messire. Mes compagnons et moi répondrons toujours présents ! »
Robin leur donna une chaleureuse poignée de main puis les villageois prirent congés des hors-la-loi. Pendant ce temps, Gisborne avait fini de remplir le chariot de foin. On y attela le cheval de Petit Jean puis on y installa Allan le plus confortablement possible. Celui-ci était toujours inconscient et il transpirait abondamment. Djaq et Will montèrent à ses côtés pendant que Petit Jean prit les rennes du chariot.
Robin : « Much ?... Attache Gisborne… Nous l’emmenons avec nous ! »
Much : « Avec plaisir ! »
Il prit la corde qui avait servi à ligoter Allan et qu’il avait emportée avec lui et attacha les mains de Gisborne dans son dos. Le reste de la bande monta à cheval.
Gisborne, ligoté : « Et comment vais-je monter sur mon cheval à présent ? »
Robin : « Le seigneur t’a pourvu de jambes, non ?... Eh bien, sers-t’en ! »
Assis sur le chariot, Petit Jean fouetta son cheval. Il prit la tête du convoi suivi de Robin, tenant la corde qui entravait les mains de Gisborne puis, fermant la marche, Godwin et Much sécurisèrent l’arrière au cas où les hommes de Gisborne auraient l’idée saugrenue de tenter un sauvetage désespéré.
Robin, se retournant vers les soldats et, menaçant : « Je vous conseille de rester tranquille ou sinon… »
Il tira violement sur la corde entravant Gisborne ce qui eut pour effet de ramener brutalement son prisonnier près de lui. Celui-ci fixa Robin d’un regard noir.
Gisborne, serrant les dents : « Faites ce qu’il vous dit ! »
Voyant que son avertissement avait été pris très sérieux par les soldats, Robin, suivi de Godwin et Much rattrapa Petit Jean au portique d’entrée du domaine. Les hors-la-loi prirent alors la route d’Ashford. Craignant pour la vie de leur maître, les soldats désarmés les suivirent jusqu’à la route sans jamais intervenir. Impuissants, ils regardèrent les kidnappeurs disparaître dans la forêt d’Ashdown. En raison du transport du blessé, le convoi se déplaçait lentement. Alors qu’ils étaient en sûreté dans la forêt, Much vint se placer à la hauteur de Robin.
Much, tout bas : « Maître ?... Vous n’allez pas tout de même pas emmener Gisborne jusqu’à notre campement ? »
Robin : « Bien sûr que non !... Dès que nous serons suffisamment éloignés de Maidstone, nous l’abonnerons en pleine forêt. »
Much, soulagé et souriant : « Ah bon ! Je me disais aussi !... Et quand serons-nous suffisamment éloignés ? »
Robin : « Je te le dirai, Much. Je te le dirai ! »
Finalement, ce fut Djaq qui lui donna l’occasion de laisser choir le prisonnier. En effet, Allan gémissait de plus en plus. L’inconfort du voyage sortait Allan périodiquement de l’inconscience. Elle réclama une pause. Robin descendit de cheval, laissant Gisborne sous la surveillance de Much et Godwin. Il rejoignit le blessé.
Djaq : « C’est éprouvant pour Allan. »
Robin : « D’accord mais que quelques minutes seulement. »
Allan, reprenant conscience : « Djaq ? »
Djaq : « Je suis là... Tiens bon, nous arrivons bientôt au campement… Et je pourrai te soigner correctement. »
Allan, d’une voix faible : « J’ai soif. »
Will : « Tiens… Bois ! »
Allan, tournant les yeux vers lui et, surpris : « Will ? »
Will, amenant une gourde près de sa bouche : « Oui, je suis là. Tiens… Bois un petit peu. »
Il souleva légèrement la tête de son ami et lui fit boire quelques gorgées.
Allan, rassasié et fermant les yeux : « Merci. »
Il sombra de nouveau dans l’inconscience.
Djaq, inquiète : « Nous devons arriver au camp le plus vite possible ! »
Robin : « On y va !... Mais avant... »
Sans dire un mot de plus, il se dirigea vers Gisborne.
Robin, poursuivant : «… Je dois me débarrasser d’un poids mort ! »
Il lui asséna un violent coup de poing au visage qui assomma le prisonnier. Puis il grimpa sur son cheval et le convoi put reprendre son chemin laissant Gisborne, inconscient, couché dans l’herbe au beau milieu de la forêt.
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Une demi-heure plus tard, le convoi arriva enfin au campement…
Much s’empressa de rallumer le feu tandis que Will fonça à la rivière pour ramener une grande bassine d’eau fraîche. Petit Jean installa Allan sur sa couche. Djaq prit à part Robin et lui fit part de ses inquiétudes.
Djaq : « Robin ?... Je n’ai pas ce qu’il faut ici pour le soigner correctement. Je peux nettoyer à l’eau chaude et au savon ses blessures les plus légères. Mais pour la fièvre et pour sa blessure au bras, j’aurais besoin de mes potions que l’on m’a confisquées et qui sont au château. »
Robin : « Je vois… Dans ce cas, je vais me rendre au château récupérer tes potions… En attendant…Fais de ton mieux… «
Djaq : « Tu peux compter sur moi ! »
Godwin : « Je t’accompagne... Je sais comment entrer dans le château sans se faire repérer. »
Robin : « Entendu. »
Djaq : « Faites-vite ! »
Les deux hommes hochèrent la tête sans répondre. Djaq retourna auprès d’Allan tandis que Robin et Godwin reprirent leurs chevaux et filèrent à toute allure en direction du château de Maidstone.
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CHAPITRE XX
« BON SANG, ROBIN ! OU ES-TU ? »
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endant ce temps… |
Marianne faisait les cents pas dans sa chambre. La nuit était tombée depuis longtemps et elle devait rejoindre Lady Jane dans ses appartements pour le dîner.
Annie : « Il est déjà tard, Madame… Vous devez vous préparer pour le repas. »
Marianne, pensive : « Oui… tout de suite. »
Annie, lui montrant deux robes : « Quelle robe souhaitez-vous porter ?... La bleue ou la rouge ? »
Marianne, l’esprit ailleurs : « Oui, oui… Ce sera parfait ! »
Annie posa les deux robes sur le lit et s’avança vers sa maîtresse.
Annie : « Vous vous inquiétez pour Robin, n’est-ce pas ? »
Marianne : « Cela va faire presque trois jours que nous sommes sans nouvelles… Je ne comprends pas… »
Annie : « Qu’est-ce que vous ne comprenez pas ? »
Marianne : « Je suis allée en ville aujourd’hui et on m’a dit qu’il y a encore eu des pillages cette nuit… Cela continue et Robin ne fait rien pour les arrêter… Ce n’est pas normal… Il a dû se passer quelque chose ! »
Annie, se montrant rassurante : « Ils ont peut-être eu un simple contretemps. »
Marianne, sceptique et nerveuse : « Un contretemps ? Alors que des villageois se font massacrés ?… Non… Et si cela avait été le cas, Robin m’aurait prévenu. »
Annie : « Il n’en a peut-être pas eu le temps ou… Il est possible qu’il n’ait pas pu venir jusqu’ici. »
Marianne : « Non, cela j’en doute… Cela ne lui posait aucun problème à Nottingham… Non… Il a dû se passer quelque chose de suffisamment grave pour retarder ses plans. »
Annie : « Vous m’inquiétez tout à coup… Vous croyez qu’il a été blessé ou même… »
Elle ne termina pas sa phrase tant cela lui paraissait inimaginable. Marianne ne chercha pas à réconforter sa dame de compagnie tant elle était inquiète elle-aussi. Elle se posta à la fenêtre et regarda au loin en direction de la forêt. Mais il faisait nuit. Elle ne put alors que distinguer la silhouette des arbres. Elle perdit son regard dans cette masse sombre qui entourait le château aux deux-tiers. Ce qu’elle ignorait, c’était que Robin et Godwin avaient réussi à s’infiltrer dans le château en passant par le passage secret. Celui-ci partait du pied des remparts et aboutissait aux appartements du 1er étage où se trouvait Marianne. Il avait dû être construit afin de permettre au maître des lieux de pouvoir s’échapper en cas d’invasion. Au 1er étage, ce passage secret aboutissait juste à côté de la chambre de Marianne dans son boudoir. La porte d’entrée y était dissimulée derrière une gigantesque tapisserie.
Marianne : « Bon sang, Robin ! Où es-tu ? »
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Une voix masculine, derrière elle : « Mais je suis là, ma douce ! » |
Marianne sursauta puis se retourna. Robin se tenait debout devant elle tout sourire. En effet, les deux hors-la-loi, ayant emprunté le passage secret qui menait au boudoir, s’étaient retrouvés devant la chambre de Marianne lorsqu’ils entendirent les inquiétudes de cette dernière. Ils étaient alors entrés discrètement dans sa chambre par la porte de service cachée derrière un paravent. Puis, dès qu’il fut certain qu’elle était seule avec Annie, Robin s’était montré. Elle fit quelques pas qui le séparaient de lui et lui sauta dans les bras. Elle l’embrassa doucement puis elle mit fin au baiser.
Marianne, lui frappant l’épaule et mécontente : « Mais où étais-tu donc passé ? Cela fait des jours que nous sommes sans nouvelles. »
Robin, souriant : « Tu t’inquiétais pour moi ? »
Marianne : « Evidemment que je m’inquiétais ! »
Robin, s’approchant et essayant de la prendre dans ses bras : « Comme c’est mignon. »
Mais elle n’était pas d’humeur à la cajolerie.
Marianne : « Je te rappelle que vous deviez faire cesser les pillages. Mais ils continuent… Des gens se font assassiner et… »
Elle s’arrêta net quand elle vit un jeune homme derrière Robin.
Marianne, un peu gênée : « Messire Godwin… Je suis ravie de vous revoir. »
Godwin, la saluant : « Moi de même, Lady Marianne… Je vous remercie encore pour toute l’aide que vous m’avez apportée. »
Marianne : « Oh ce n’est pas moi qu’il vous faut remercier mais Lady Jane. »
Godwin, souriant : « Je n’y manquerai pas. »
Marianne, souriant : « J’en suis certaine ! »
Godwin à Robin : « Il nous faut nous dépêcher ! »
Robin, plus sérieux : « Oui, tu as raison. »
Marianne, inquiète : « Pourquoi ?... Qu’y-a-t-il ? »
Robin regarda gravement Marianne puis Annie.
Robin : « L’un des nôtres a été gravement blessé. Nous sommes venus chercher les potions de Djaq. »
Annie se leva de son fauteuil en regardant Robin avec effroi. Elle redoutait que ce soit son bien-aimé qui ait été blessé.
Annie, tremblante : « Qui a été blessé ? »
Robin s’apprêtait à répondre quand quelqu’un frappa à la porte. Les deux hors-la-loi se cachèrent derrière le paravent. Craignant que ce soit Blackson, Marianne et Annie reprirent une constance en affichant un sourire de façade. Annie se fit violence et alla ouvrir la porte en affichant un sourire forcé. Elle fut soulagée quand elle vit qu’il s’agissait de Lady Jane.
Jane : « Je vous attends dans mes appartements pour le repas... Je m’inquiétais de ne pas vous voir arriver… Est-il arrivé quelque chose à Marianne ? »
Marianne : « Non. Non. Je vais bien… [À Annie]… Ferme la porte, veux-tu ? »
Annie s’exécuta pendant que Jane vint se placer à côté de Marianne. Robin et Godwin sortirent de leur cachette.
Jane, surprise : « Robin ?... Godwin ? »
Elle se réjouit de revoir son bien-aimé et elle aurait voulu lui sauter dans les bras mais le visage grave de Robin lui fit craindre le pire.
Jane, inquiète : « Que se passe-t-il ? »
Marianne : « L’un des compagnons de Robin a été blessé. »
Jane : « De qui s’agit-t-il ? »
Robin ne fit pas durer le suspense plus longtemps. Il regarda Annie avec bienveillance.
Robin : « Il s’agit d’Allan. »
Annie, bouleversée : « Oh non ! »
Elle éclata en sanglots. Marianne alla réconforter sa dame de compagnie.
Robin : « Ne t’inquiète pas. Djaq va le soigner et je suis sûr qu’il va s’en sortir. »
Annie : « Mais c’est grave, n’est-ce pas ? »
Robin, hésitant : « Je ne te cache pas que sa situation est préoccupante... Gisborne l’avait capturé et torturé... Il est sérieusement blessé au bras… Quand nous sommes partis, il était inconscient sûrement à cause de la fièvre. »
Annie : « Je veux aller le voir. »
Marianne : « Ce ne serait pas une bonne idée. »
Annie : « Mais je veux être à ses côtés au cas où… »
Les mots s’étranglèrent dans sa gorge et elle éclata de nouveau en sanglots.
Marianne, lui frottant le dos pour la réconforter : « Allan est fort… Et Djaq est une bonne guérisseuse… Je suis certaine que ça va aller. »
Godwin : « Si vous pouviez nous dire où se trouvent les potions de Djaq ? »
Robin, à Lady Jane : « Oui… Où ont-ils mis nos affaires après notre arrestation ? »
Lady Jane, réfléchissant : « Probablement dans la salle des gardes… Je vais y aller ! »
Annie, s’essuyant les yeux : « Non !... C’est moi qui irais ! »
Marianne : « Est-ce que tu en es sûre ? »
Annie : « Oui… Je connais déjà quelques gardes et… je veux le faire… pour mon Allan. »
Marianne : « Très bien… Vas-y mais soit prudente surtout. »
Annie : « Ne vous en faites pas ! »
Elle se leva et s’essuya les yeux. Elle se passa un mouchoir sur le visage, inspira profondément puis alla jusqu’à la porte.
Annie, se retournant : « Comment reconnaîtrais-je ce que je dois vous rapporter ? »
Robin : « il s’agit d’une besace de couleur brune. »
Annie, sûre d’elle : « Entendu… Allez… [Elle souffla profondément]… Pour Allan ! »
Elle ouvrit la porte et se dirigea vers la salle des gardes.
Marianne : « Elle est vraiment courageuse… Je ne sais pas si j’aurais réagi comme elle s’il t’était arrivé la même chose. »
Robin, l’enlaçant tendrement : « Oh je suis sûr que si… Tu aurais été comme une lionne blessée cherchant à protéger ses petits ! »
Marianne accepta le compliment en souriant mais également le baiser qui l’accompagnait. Godwin et Lady Jane se regardèrent et, gênés, détournèrent leur regard l’un de l’autre. De voir Robin et Marianne s’embrasser réconfortait les deux amants mais leur donnait également des idées. Mais les convenances et les circonstances ne permirent pas aux jeunes amoureux de laisser libre cours à leurs pulsions.
En attendant le retour d’Annie, Robin raconta les derniers évènements à Marianne. Il donna à Jane des nouvelles rassurantes de son frère James. Puis il exposa son plan aux deux femmes.
Robin : « Nous devons nous occuper en priorité des mercenaires. Puis ensuite, nous convaincrons la population du comté de marcher sur le château et c’est là que je compte sur toi, Marianne… Tu seras mes yeux et mes oreilles. »
Marianne, souriant : « Il y a des choses qui ne changent pas ! »
Jane, inquiète : « Vous croyez que la population vous suivra ? »
Robin : « Nous essayerons d’en convaincre le maximum. Il faudra que nous soyons nombreux si on veut réussir… Et ici comment cela se passe ? »
Marianne : « Etrangement, Blackson reçoit souvent des invités. Il dit que ce sont des émissaires étrangers venus pour tisser des liens commerciaux avec le comté... Mais ses émissaires me semblent plutôt louches, si tu veux mon avis. »
Jane : « Il se prend déjà pour le Comte de Kent. »
Robin, soucieux : « Le shérif lui a certainement promis que s’il arrivait à spolier votre frère de ses terres, elles lui reviendraient. »
Marianne : « Il s’imagine que c’est déjà fait. »
Jane, abattue : « Dans les faits, c’est déjà le cas. Mon frère s’est vu contraint d’accepter de signer un document donnant tout pouvoir à ce scélérat. Et comme James est absent, la population se tournera naturellement vers Blackson. »
Robin : « Nous ferons en sorte que cela n’arrive pas !... Quant à ses émissaires, j’imagine qu’il s’agit des mercenaires que le shérif de Nottingham a fait venir en leur promettant de fructueuses récompenses. »
Marianne : « Oui, je suppose mais que pouvons-nous y faire ? »
Robin : « Vous ?... Rien pour le moment. Nous nous en chargerons. Mais lorsqu’il faudra prendre le château d’assaut, nous aurons besoin d’un allié à l’intérieur. »
Marianne, inquiète : « Tu veux prendre ce château d’assaut ?... Mais c’est de la folie ! »
Robin : « C’est risqué mais nous n’aurons pas d’autre choix. Et j’espère qu’avec l’aide de Dieu… et la tienne, nous pourrons nous en emparer sans verser trop de sang. »
Marianne : « Comment ? »
Robin : « Observe les gardes. Note leurs habitudes. Où et quand se fait la relève ?... Leur trajet pendant la ronde, etc… Tout renseignement qui pourra nous être utile. »
Marianne : « D’accord. »
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Pendant que Robin demandait de l’aide à Marianne et à Jane, Annie, après être passée par les cuisines, avançait vers la salle des gardes, munie d’un plateau sur lequel elle avait disposait trois bouteilles de vin et trois verres. Au détour d’un couloir, elle tomba nez à nez avec Elisabeth, la dame de compagnie de Lady Jane qui revenait de la lingerie les bras chargés de draps pour sa maîtresse.
Annie : « Oh ! Vous m’avez fait peur ! »
Elisabeth : « Mais que faites-vous avec ce plateau ? »
Annie lui fit signe de la tête et l’attirer contre le mur.
Annie, tout bas : « Robin se trouve dans les appartements de Lady Marianne. Il a besoin des potions qui lui ont été confisquées lorsqu’il est arrivé au château. »
Elisabeth : « Pour quoi faire ? Il est arrivé quelque chose à Monsieur le Comte ? »
Annie, baissant la tête : « Non, pas à lui… C’est Allan. »
Connaissant l’attachement d’Annie pour ce hors-la-loi, Elisabeth : « Oh ma chère, je suis vraiment navrée. »
Annie : « Il s’en sortira si je retrouve ces potions ! »
Elisabeth : « Je vais vous aider ! »
Annie, surprise : « Vous ? »
Elisabeth : « Oui, moi !... Oh bien sûr, je ne suis pas très courageuse mais je veux quand même vous aider. Et puis de toute façon, vous ne pourrez pas distraire les gardes et chercher les potions en même temps, n’est-ce pas ? »
Annie, réfléchissant : « Euh… Non, en effet ! »
Elisabeth venait de soulever un problème auquel elle n’avait pas pensé.
Elisabeth : « Alors c’est dit ! Je chercherai les potions pendant que vous distrairez les gardes. »
Annie : « Bon, très bien. Les potions sont dans une besace de couleur brune. »
Elisabeth : « D’accord. Je les cacherai dans ma pile de linge et personne n’y verra rien. »
Rassurée d’avoir une partenaire pour réaliser cette opération délicate, Annie reprit sa route en compagnie d’Elisabeth. Elles arrivèrent à l’entrée de la salle des gardes. A l’intérieur, cinq gardes passaient le temps en jouant aux dés.
Annie, arborant un sourire invitant : « Vous prendrez bien un verre de vin avec moi, Messieurs ? »
Les gardes abandonnèrent leur partie et vinrent aussitôt entourer la jeune femme en la complimentant autant pour son geste que pour ses formes féminines. Pendant ce temps, Elisabeth se faufila derrière eux et se dirigea prestement vers la table du fond où étaient entreposés les biens des prisonniers.
Elisabeth, tout bas : « Mais où peut-elle bien être, cette besace ? »
Elle fouilla le bric-à-brac composé d’armes en tout genre, de vêtements et autres objets plus ou moins insolites. La plupart de ces objets avaient appartenu aux prisonniers qui avaient précédé Robin et ses compagnons. Mais ils n’avaient pas été restitués à leurs légitimes propriétaires. Soit parce que les gardes voulaient les conserver pour eux-mêmes soit parce que leur légitime propriétaire était mort en prison. Elle tourna la tête vers Annie pour s’assurer que celle-ci occupait toujours les gardes.
Annie, minaudant, à l’un des gardes : « C’est pour vous remercier de m’avoir raccompagné aux cuisines l’autre jour. »
Le garde, souriant : « Alors ça, c’est gentil ! »
Du coin de l’œil, elle surveilla Elisabeth puis elle remplit encore une fois le verre du soldat.
Annie : « J’espère que vous n’avez pas eu d’ennuis à cause de moi ? »
Les autres gardes répondirent tous en même temps puis ils incitèrent leur compagnon à aller plus loin. Mais pour éviter cela, elle remplit de nouveau leurs verres. Elisabeth trouva finalement deux besaces de couleurs pratiquement identiques. Elle examina l’intérieur de chacune d’elles.
Elisabeth : « Ça doit être celle-là ! »
Elle l’enfouit entre deux draps et se faufila vers la sortie tout en faisant un signe de tête à Annie pour lui indiquer qu’elle avait trouvé ce qu’elle cherchait.
Annie aux gardes : « Oh je suis vraiment navrée, messieurs, mais je dois vous quitter. »
Le garde, la retenant par le bras : « Pas déjà ma belle… Tu viens à peine d’arriver ! »
Annie, lui souriant et s’approchant de lui comme pour l’embrasser : « Ne t’en fais pas mon beau… Je reviendrai te voir quand tu seras seul ! »
Les autres gardes se manifestèrent bruyamment.
Annie : « En attendant… Patiente avec ça ! »
Elle lui donna le plateau avec les bouteilles de vin puis se dirigea vers la sortie. Les gardes se moquèrent de leur camarade tout en le délestant des bouteilles de vin. Arrivée dans le couloir, elle rejoignit Elisabeth qui l’attendait.
Annie : « Tu l’as trouvée ? »
Elisabeth : « Oui, il y a en avait deux mais je pense que j’ai pris la bonne ! »
Annie : « Parfait !... Allons la porter à Robin pour qu’il sauve mon Allan ! »
Les deux femmes marchèrent le plus vite possible en essayant tout de même de ne pas trop attirer l’attention sur elles. Elles arrivèrent à la porte des appartements de Lady Marianne. Elles frappèrent à la porte et s’annoncèrent. Lady Jane vint leur ouvrir. Les deux femmes se hâtèrent d’entrer. Elles ne virent pas tout de suite les deux hommes que Marianne cachait chez elle. Ils s’étaient dissimulés derrière le paravent en entendant frapper à la porte.
Marianne : « Tu as réussi ? »
Annie secoua la tête en souriant. Robin et Godwin sortirent de leur cachette.
Robin : « Merci beaucoup, Annie… Je retourne immédiatement au campement donner ça à Djaq. Allan sera ravi d’apprendre ce que tu as fait. »
Annie : « Oh ce n’est pas la peine de le lui dire… Dites-lui plutôt que… Euh… que je l’aime et que je lui souhaite un bon rétablissement. »
Robin : « Je le lui dirai. »
Il passa devant Marianne et il l’embrassa.
Robin : « Je te recontacterai après que nous nous soyons occupés des mercenaires… En attendant, fais bien attention à toi ! »
Marianne, souriant : « C’est plutôt à toi de faire attention ! »
Lady Jane s’approcha de Godwin. Les deux amants étaient embarrassés car chacun voulait prendre l’autre dans ses bras mais n’étant pas seuls, ils gardèrent leurs distances.
Jane : « Prends bien soin de toi et de mon petit frère, Godwin. »
Godwin : « Je n’y manquerai, Lady Jane. »
Robin et Godwin repartirent vers le boudoir attenant à la chambre de Marianne. Ils prirent le même chemin qu’à aller et ils purent, sans encombre, rejoindre la sécurité de la forêt. Sous la lumière de la lune, ils galopèrent à bride abattue afin d’arriver le plus rapidement possible auprès de leur compagnon blessé.
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Quelques minutes plus tard…

Les deux hors-la-loi arrivèrent en trombe au campement. Robin descendit de cheval et tendit les rennes à Godwin et fonça rejoindre Djaq. Elle était assise près de son malade. Allan était installé sur sa couche et des torches étaient disposées tout autour de lui. Djaq avait profité de l’absence de Robin pour laver au savon les plaies les moins graves. Mais pour les autres et en particulier pour celle de son bras, elle avait besoin de ces potions. Pendant que Will et Djaq s’occupaient de ses blessures légères, Allan n’avait pas repris connaissance. Une fois ce travail achevait, toute la bande attendit patiemment le retour de leur chef.
Djaq, voyant Robin courir vers elle : « Robin ! »
Robin : « Tiens ! C’est bien ça ? »
Djaq, fouillant dans sa besace : « Oui, c’est bien ça ! »
Elle en sortit quatre flacons.
Djaq : « Will ?... Prends ces deux-là et mélange-les jusqu’à en faire une pâte… Je vais faire pareil de mon côté. »
Ils se mirent immédiatement au travail. Les deux amants passèrent le reste de la nuit à soigner leur ami sous le regard angoissé de leurs compagnons. Will et Djaq appliquèrent un baume cicatrisant sur chacune des blessures sérieuses et les pansèrent une par une. Quand Djaq fit de même avec celle de son bras, la douleur réveilla Allan.
Allan, ouvrant les yeux et cherchant à s’orienter : « Djaq ? »
Djaq, doucement : « Oui, c’est moi… »
Elle lui toucha le bras et il poussa un cri de douleur.
Djaq : « Je sais que ça fait mal mais c’est nécessaire pour que tu guérisses. »
Allan : « Djaq ?... C’est bien toi ? »
Djaq : « Oui, c’est moi ! »
Apparemment, la fièvre lui faisait perdre un peu la tête. Allan, à bout de souffle, chercha à parler.
Will : « Chuuut… Ne parle pas Allan et laisse-toi faire ! »
Allan, tournant lentement la tête de son côté et, surpris : « Will ?... Est-ce que c’est toi ? »
Djaq : « Oui, c’est nous… Nous t’avons ramené au campement… Tu t’en souviens ? »
Will : « Tu n’es plus prisonnier de Gisborne… Nous t’avons libéré. »
Allan, parlant avec difficulté : « Alors… Vous êtes… venus me chercher… finalement ? »
Allan ouvrait et fermait constamment les paupières. Il luttait visiblement pour rester éveiller.
Djaq : « Oui, nous sommes venus… Je dois soigner ton bras… Est-ce que tu veux bien me laisser faire ? »
Allan : « Mon bras ? »
Djaq : « Oui, Gisborne t’a gravement blessé au bras pendant qu’il te torturait. »
Allan, réfléchissant : « Gisborne… [Il ferma les yeux puis reprit son souffle] Djaq ? »
Il se tourna vers elle.
Allan : « Djaq ?... Dis... Dis à Robin… que je n’ai rien dit cette fois ! »
Djaq : « Tu le lui diras toi-même quand tu iras mieux ! »
Allan : « Non... Dis-le-lui tout de suite… Dis-lui… Dis-lui surtout… que je n’ai rien dit… je ne l’ai pas trahi… »
Djaq : « Allan… »
Allan : « Djaq… Dis-le-lui !… Je t’en prie ! »
Robin, ayant suivi la conversation, s’agenouilla près de Will et prit doucement la main d’Allan.
Robin, doucement : « Je suis là, Allan ! »
Allan rouvrit les yeux et tourna lentement la tête de son côté.
Allan : « Robin ?... Je te jure… Je te jure que je n’ai pas parlé cette fois ! »
Robin : « Je sais Allan… Je sais. »
Allan : « Il faut que tu me crois… Je te jure. »
Robin : « Je te crois, mon ami… Je te crois ! »
Allan, ému, versa quelques larmes avant de refermer les yeux.
Allan : « Je ne t’ai pas… trahi cette fois. »
La fin de phrase fut à peine audible pour ses compagnons. Il venait à nouveau de perdre connaissance. Djaq s’empressa de poursuivre ses soins.
Robin, se tournant vers le reste de la bande : « Much ?... Prépare-nous à manger, veux-tu ? »
Much hésita. Il ne voulait pas quitter le chevet de son ami de peur que celui-ci ne rende son dernier soupir, seul, sans personne à ses côtés.
Robin, insistant : « Cela ne sert à rien de rester tous là… Il va s’en sortir… Djaq va bien le soigner et à son réveil, il aura besoin de manger afin de reprendre des forces. »
Le dernier argument eut raison de sa résistance et il partit préparer le repas. Le reste de la bande se regroupa autour du foyer laissant Djaq et Will au chevet de leur compagnon qui de toute manière se trouvait à proximité. James vint s’asseoir près de Robin.
James : « Je ne voudrais pas paraître égoïste mais est-ce que tu as vu Jane ? »
Robin : « Oui, je l’ai vu. Je lui ai même parlé. Ne t’inquiète pas, elle va bien. Blackson a trop à faire pour l’importuner. »
James, soulagé : « Ouf… Tant mieux… Depuis que je suis parti du château, j’ai l’impression de l’avoir abandonné. »
Robin : « Rassure-toi ! Elle ne pense pas cela. Marianne et Jane vont se renseigner pour nous et elles vont nous aider dans la prise du château. »
James : « Parce que tu as toujours l’intention de prendre d’assaut mon château ? »
Robin : « Oui, bien sûr ! »
James, montrant Allan sur sa couche : « Mais il te manque déjà un homme et nous nous sommes même pas encore occupés des mercenaires ? »
Robin : « Allan va s’en sortir… Et puis je n’ai pas l’intention de sacrifier des hommes pour mener à bien notre mission. Parfois, il convient d’utiliser la ruse et l’intelligence au lieu de la force brute. »
Djaq et Will revinrent près du foyer.
Djaq : « ça y est… Nous avons terminé… Maintenant, il n’y a plus qu’à attendre. »
Much, lui tendant une assiette : « Mais tu crois qu’il a des chances de s’en sortir ? »
Djaq : « Je ne sais pas, Much… En tout cas, le point positif, c’est que la lame que Gisborne a utilisé n’était pas empoisonnée. »
Robin : « Mais pour son bras ?... Tu crois qu’il a des chances de récupérer… C’est son bras d’épée ! »
Ils comprirent tous le sous-entendu de Robin. Si Allan ne pouvait plus se servir de son bras, il serait sérieusement handicapé lors des combats. Sa place dans la bande pourrait alors être remise en question.
Djaq, résignée : « Il faut attendre ! »
La réponse de Djaq ne fit qu’augmenter l’angoisse de l’équipe. Much finit de distribuer les assiettes. Ils s’installèrent en silence et mangèrent leur repas en pensant à leur compagnon, inconscient, couché à quelques mètres d’eux. Ils prièrent tous en silence pour son rétablissement. A la fin du repas, ils allèrent tous directement se coucher. La vaisselle attendrait bien le lendemain. Après cette journée riche en émotions, ils n’avaient qu’une hâte, c’était qu’elle se termine le plus vite possible. Djaq vérifia l’état de santé de son patient avant de se blottir dans le dos de son bien-aimé. A peine quelques minutes plus tard, ils sombraient tous dans un sommeil réparateur.
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CHAPITRE XXI
« ON ESPERE QU'IL SE REVEILLERA D'ICI CE SOIR ! »
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e lendemain matin… |
James ouvrit les yeux quand il sentit une bonne odeur venant du foyer. Il se leva et s’aperçut qu’il était le seul encore couché.
Much, passant près de lui : « Bonjour la marmotte ! »
James fut mécontent de voir qu’il était, encore une fois, le dernier à se lever car il ne voulait pas passer pour un fainéant aux yeux de ses sauveteurs. Il s’étira en scrutant le campement. Djaq et Will étaient penchés sur le blessé en train de lui refaire ses pansements. Much s’occupait de préparer le petit déjeuner. Quant à Petit Jean et Godwin, ils nourrissaient les chevaux. En revanche, Robin n’était nulle part.
James, s’avançant près de Much : « Où est Robin ? »
Much, souriant : « Il est parti à la chasse. Où veux-tu qu’il soit ? »
Djaq et Will se joignirent à eux.
Much, sérieusement : « Alors ?... Comment va Allan ce matin ? »
Djaq : « Sa fièvre a un peu baissé. »
Much : « C’est bon signe ça, non ? »
Djaq : « Oui mais… Il ne se réveille pas ! »
Much : « Oh mais je suis certain qu’il va bientôt se réveiller… Si ça se trouve, il fait semblant de dormir pour échapper aux corvées du matin… ça serait bien dans son style de faire ça, non ? »
Will et Djaq comprirent que Much faisait de l’humour uniquement pour échapper à l’angoisse de l’éventuelle disparition de leur ami qui les hantait tous. Robin arriva sur ces entrefaites avec son butin. Il le brandit devant le nez de Much.
Much, déçu : « Oh !... Encore du lapin ! »
Robin : « Ben quoi ? »
Much : « Oh rien… Seulement ça va faire presque deux semaines que vous nous ramenez que du lapin… J’en ai marre de manger que du ragoût de lapin. »
Robin : « Et que veux-tu manger d’autre ? »
Much, plus entrain : « Je ne sais pas moi mais… des cailles, des pigeons ou… de la biche, par exemple ? »
Robin, ironique : « De la biche ?… Monsieur désire de la biche pour ses repas ? »
Much, hésitant puis fier de lui : « Oui, c’est ça !... Euh… De la biche ! »
Robin : « Eh bien, de la biche tu auras ! »
Much, plein d’espoir : « C’est vrai ? »
Robin : « Pour sûr… Puisque c’est toi qui iras à la chasse la prochaine fois… Et moi, je préparerai le repas ! »
Much : « Oh !... Euh… Eh bien, d’accord !... J’irais… J’en suis capable, vous savez ! »
Robin, tapotant l’épaule de son compagnon : « Je ne doute pas une seconde, mon ami… Je n’en doute pas une seconde… [Puis plus sérieusement se tournant vers Djaq et Will]… Comment va Allan ? »
Djaq : « Il est toujours inconscient mais sa fièvre a baissé. »
Will : « On espère qu’il se réveillera d’ici ce soir ! »
Robin : « Bien… Bien ! »
Robin attendit que Petit Jean et Godwin les rejoignent pour le repas afin de leur exposer son plan pour la journée. Much distribua des galettes de céréales ainsi que des verres de cidre. Il y avait également quelques fruits dans un plat à la portée de tous.
Robin : « Merci, Much… Bon… Demain matin, nous devrons nous occuper des mercenaires... Nous avons donc la journée entière pour nous préparer… Voilà ce que je vous propose... Nous allons faire le tour des villages pour distribuer le reste de l’argent et des provisions. Nous en profiterons pour essayer de convaincre le plus d’hommes possible de nous aider à chasser les mercenaires de ce comté. »
Will : « Ça ne va pas être facile de persuader ces pauvres gens d’affronter les hommes qui ont causé la mort de leur famille. »
Much : « Ou l’enlèvement de leur père ou de leur frère ! »
Robin : « Je sais que cela ne va pas être simple… A nous de nous montrer persuasif… Will ?... Il nous faudra des arcs et des flèches… en grand nombre. »
Will : « Je vais voir ce que je peux faire… Mais il me faudra de l’aide. »
Godwin : « Je veux bien t’aider ! »
Robin : « Non, je préfère que tu viennes avec nous. On aura besoin de toi pour persuader les villageois que Monsieur le Comte, ici présent, est bien de notre côté. Tu es connu dans la région… Ils savent que tu es au service du Comte alors ils seront plus enclins à nous écouter. »
Godwin, hochant la tête : « D’accord ! »
Much : « Dans ce cas, ce sera moi ! »
Robin : « Entendu… Vous avez des questions ? »
Petit Jean : « Et pour les mercenaires ?... Comment comptes-tu t’y prendre pour les persuader de quitter le pays ? »
Robin : « Je ne sais pas encore. Tout dépendra du nombre d’hommes que j’aurai à ma disposition… Mais le mieux serait de les encercler au petit matin… Après avoir passé la nuit à piller, ils seront fatigués et donc plus vulnérables. »
Will : « Je pourrais m’infiltrer parmi eux et vous faire entrer dans leur camp, en toute discrétion ? »
Djaq, inquiète : « Non, ce serait beaucoup trop dangereux ! »
Robin : « Je te remercie, Will, mais tu n’as pas franchement l’air d’un mercenaire… Et puis, je préfèrerais garder cette option en réserve au cas où mon plan échouerait, si tu es d’accord ? »
Will se contenta de hocher la tête.
Robin : « Pas d’autres questions ? »
Much : « Si… Vous comptez visiter combien de villages ? »
Robin, souriant : « Je pense que nous devrions d’abord retourner à Sittingbourne… Il y a beaucoup d’hommes qui ont manifesté le désir de nous aider…. Ensuite, nous irons à Canbrook et Tenterden. »
Much à Godwin : « C’est loin ? »
Godwin : « Plusieurs heures de marche ! »
Much, fatigué : « Oh… »
Robin, se levant et entraînant Much avec lui : « Allez Much !... Un peu de courage que diable ! »
Much, debout et peu enthousiaste : « Ouais ouais… »
Robin : « Autre chose ? »
Will : « Et pour Gisborne ?... Tu ne crains pas de le croiser dans un de ses villages ? »
Robin : « Non, je ne crois pas. Nous avons brulé toutes ses provisions. Il lui faudra un certain temps pour reconstituer son stock, et puis, nous n’y resterons pas longtemps, de toute façon. »
Much : « Ben ouais… Si faut faire toute cette route dans la journée ! »
Robin : « Tout juste, Much !... Sauf qu’on ira à cheval ! »
Much, bougonnant : « Ouais mais quand même ! »
Robin : « Allons nous préparer ! »
Alors que les préparatifs allaient bon train, Allan ouvrit les yeux. Il reprit lentement ses esprits. La première chose qu’il vit fut la toile tendue au-dessus de lui qui servait d’abri aux hors-la-loi. Il sut alors qu’il était revenu parmi les siens. Il remua la main et il sentit qu’il était torse nu. Il voulut se relever pour chercher sa tunique mais il ressentit une violente douleur à son bras droit. Il se mit à gémir et plaqua sa main gauche sur son bras en écharpe. Il respira profondément pour calmer la douleur. Il entendit alors du bruit sur le côté gauche. Il tourna lentement la tête et il vit ses compagnons charger un chariot de provisions.
Allan, grimaçant : « Ben ?... Vous partez sans moi ? »
Trop occupés à leurs préparatifs, ses compagnons ne l’avaient pas entendu se réveiller.
Djaq, contente : « Allan ? »
Toute la troupe vint l‘entourer. Allan chercha à s’asseoir.
Djaq, s’agenouillant : « Non, attends… Que je regarde ta blessure, avant ! »
Elle enleva lentement le bandage sous les grimaces de son malade. La plaie n’était pas belle à voir mais elle lui sembla être sur le chemin de la guérison.
Djaq : « Je pense que ça devrait aller… Mais tu vas devoir rester tranquille pendant un bon moment… Il faut que la plaie se referme entièrement et s’assurer qu’il n’y ait pas d’infection. »
Allan, souriant mais un peu faible : « Oui docteur ! »
Elle mit sa main sur son front pour vérifier sa température.
Djaq, réjouie : « Ta fièvre a baissé… C’est très bon signe. »
Allan chercha à se relever.
Djaq : « Attention à ne pas tirer sur ta blessure ! »
Allan : « Je veux juste m’asseoir… J’en ai marre d’être allongé. »
Will lui donna un coup de main puis il lui mit une selle derrière son dos afin qu’il puisse se tenir assis.
Much, souriant : « Bon ben, s’il râle c’est qu’il est en voie de guérison ! »
Allan, souriant : « Je ne sais pas si je suis en voie de guérison, mais en tout cas, je meurs de faim ! »
Petit Jean, souriant : « Tiens… Voilà des galettes de blé et du cidre. »
Allan : « Merci, mon grand ! »
Much, ravi de le voir réveillé : « Et à midi, tu auras droit à un ragoût de lapin ! »
Robin, espiègle : « Oui mais ce soir, nous aurons droit à un met de choix… de la biche ! N’est-ce pas, Much ? »
Much, hésitant : « Euh... Oui, bien sûr ! »
Robin, plus sérieusement : « Content de te revoir parmi nous. »
Much : « Ouais, ça fait plaisir. »
Il tapota son épaule valide en souriant. Chacun vint lui souhaiter un bon rétablissement.
Robin : « Nous allions partir pour Sittingbourne pour recruter des hommes. »
Allan : « Recruter des hommes ? »
Robin : « Je t’expliquerai tout à notre retour… En attendant, mange et repose-toi. »
Allan : « D’accord… »
Toute la troupe retourna s’occuper de l’attelage du chariot. Robin se leva et s’apprêta à les rejoindre mais Allan le retint.
Allan : « Euh Robin !... Euh… Je voudrais te remercier de… enfin d’être venu me chercher. »
Robin : « Mais tu n’as pas à me remercier, Allan… C’était normal… Tu sais bien que je ne laisse jamais un de mes hommes derrière moi ! »
Robin, lui faisant un clin d’œil : « Allez... Repose-toi bien… Profites-en, cela ne va pas durer…. Je compte sur toi pour la suite ! »
Robin rejoignit sa bande.
Djaq : « Robin ?... J’aimerais rester avec Allan. Sa blessure est grave et je serais plus tranquille si je restais pour le surveiller. »
Robin, inquiet : « Tu crois que c’est indispensable ? »
Djaq hoche affirmativement la tête.
Robin : « Très bien, tu peux rester… Les autres, prenez vos chevaux !... On y va ! »
Djaq : « J’en profiterai pour commencer à fabriquer des arcs. »
Robin, en selle, lui fit un clin d’œil lui signifiant ainsi son accord. Il talonna son cheval et le reste de la troupe le suivit ; Direction : le premier village, Sittingbourne.
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A Sittingbourne…
L’arrivée des hors-la-loi provoquèrent un attroupement au centre du village. Profitant de la distribution des vivres et des quelques bourses en leur possession, Robin en profita pour recruter les hommes du village. Ces derniers s’étaient rassemblés autour de Robin.
Robin : « Vous nous connaissez... Vous savez que nous sommes de votre côté ! »
Un villageois : « Bien sûr… Nous savons ce que nous vous devons, à vous et à vos hommes. »
Robin : « Mais mes hommes et moi, nous ne pouvons pas, à nous seuls, mettre en déroute la horde de barbares qui saccage le comté…. Je vais avoir besoin de vous ! »
Un autre villageois, mécontent : « C’est au Comte de veiller à notre sécurité !... Mais il ne fait rien ! »
Le reste des hommes approuvèrent bruyamment la réflexion.
Le 1er villageois : « C’est faux !... J’ai vu moi-même le Comte nous libérer, mon frère et moi, lorsque nous étions emprisonnés par les mercenaires. »
Cette nouvelle consterna les autres hommes du village.
Robin : « Ecoutez… James est mon ami… Il est le Comte de Kent… à qui vous devez respect et loyauté… Mais il est encore bien jeune et… »
James, intervenant : « Trop jeune peut-être… »
Il traversa la foule qui s’écarta devant lui. Puis arrivé à côté de Robin, il poursuivit.
James : «… Le shérif de Nottingham en a profité… J’ai fait ce que j’ai pu… avec les moyens qui étaient les miens... Mais mes soldats ne m’obéissaient plus… Pour arrêter les pillages, j’ai même dû remettre au shérif un document lui donnant tout pouvoir… »
Le villageois mécontent : « Et vous seriez prêt à renoncer à vos terres ? »
James, faisant de gros efforts pour se montrer courageux : «… Si cela permettrait de sauver des vies… Oui ! »
Robin : « C’est le shérif de Nottingham, le responsable de tout ceci !... Avec son complice, Blackson, il a engagé des mercenaires pour se livrer aux pillages de la région… »
Le villageois mécontent, le coupant : « Mais c’est lui qui est venu à notre secours avec de l’argent et des provisions. »
Robin : « Parce que ça fait partie de son plan… Ainsi, il discrédite James à vos yeux… Mais c’est grâce aux pillages et aux taxes prélevées durement sur le peuple de Nottingham qu’il peut vous apporter tout cela. »
James : « D’ailleurs où est-il aujourd’hui ?... Vous-a-t-il apporté de l’aide ?... Arrête-t-il les mercenaires ?... Non… Ils continuent encore de piller et de tuer impunément ! »
Robin : « D’ailleurs les vivres que nous vous apportons, nous les avons trouvé dans la grange du manoir du shérif… Elles attendaient bien sagement que les pillards aient fait leur œuvre avant d’être distribuées pour montrer aux braves gens que vous êtes que le shérif est votre ami…. Mais en réalité, il se joue de vous… Il a besoin de chasser James et sa famille de ses terres afin de s’en servir pour attenter à la vie de notre Roi. »
La révélation de Robin plongea les villageois dans la consternation. Ces derniers ne savaient plus très bien qui ils devaient croire.
Le villageois mécontent : « Et pourquoi devrions-nous vous croire ?... C’est vrai… Après tout, si le shérif de Nottingham nous a dupés une fois, pourquoi devrions-nous vous croire vous ? Vous pourriez très bien nous mentir aussi pour votre propre compte ! »
Robin, souriant : « Et pour quelles raisons ferions-nous cela ? »
Le villageois mécontent : « Je sais pas… pour nous voler par exemple !... On raconte que vous vivez dans les bois et il n’y a que des brigands et autres coupeurs de bourse qui vivent dans les bois. »
Les autres villageois approuvèrent.
Le 1er villageois : « C’est faux !... Je connais ces hommes. Ils se battent pour nous… Je les ai vu combattre au côté de Monsieur le Comte afin de nous sauver et non pas pour s’accaparer nos maigres richesses ! »
Le villageois mécontent : « Ça fait peut-être partie de leur plan… Ils gagnent ta confiance afin que tu les ramènes chez toi et là… Ils te tranchent la gorge et ils prennent toutes économies ! »
Le 1er villageois : « Tu dis n’importe quoi ! »
Une fois de plus, tous les villageois donnèrent leur avis sur la question. Mais la plupart ne savait pas quoi penser. Ils débâtèrent tous en même temps. Un peu à l’écart des villageois, Robin fit un signe de la tête à Petit Jean et Godwin. Ayant terminé la distribution, le reste de la bande avait rejoint Robin et ils étaient tous consternés par la réaction hostile des villageois.
Robin, regardant le villageois mécontent et à Petit Jean et Godwin : « Cet homme semble nous connaître et… Il essaie de monter la population contre nous. »
Petit Jean : « Tu crois que c’est… »
Robin : « Il n’y a qu’une façon de s’en assurer. »
Robin s’avança vers le villageois mécontent.
Robin : « Comment t’appelles-tu, l’ami ? »
Le villageois mécontent : « Mika ! »
Robin : « Eh bien Mika, je vais te demander de vider tes poches ! »
Le reste des hommes se turent graduellement tandis que Petit Jean et Godwin vinrent se placer derrière Mika.
Mika, surpris : « Quoi ?... Mais pourquoi ? »
Robin : « Je voudrais vérifier quelque chose… Si je me trompe, je te présenterai toutes mes excuses ! »
Mika, mal à l’aise : « Mais… En voilà des manières !... [Aux villageois] Voyez !... Ils se comportent comme les bandits de grands chemins qui dépouillent les braves gens ! »
Mais Robin n’avait pas le temps de tergiverser. Il fit un signe de tête à ses deux comparses. Petit Jean prit brutalement le villageois par derrière pendant que Godwin fouillait ses poches. Mika se débattit en hurlant mais Petit Jean tint bon.
Mika, hurlant : « MAIS LACHEZ-MOI ! »
Petit Jean : « Du calme… Ça ne dura pas longtemps ! »
Mika : « LACHEZ-MOI, IMMEDIATEMENT ! »
Soudain, Godwin sortit d’une de ses poches un insigne qu’il présenta à Robin.
Robin : « Je m’en doutais ! »
Il brandit l’insigne devant Mika qui arrêta de se débattre.
Robin : « Tu travailles pour le shérif ! »
Mika, très mal à l’aise : « Non, c’est faux ! »
Robin montra l’insigne au reste du village.
Robin : « Ceci mes amis, c’est le symbole qui permet aux espions de Guy de Gisborne, bras droit du shérif, de se reconnaître ! »
La foule commenta à voix basse cette révélation.
Mika, nerveux : « Non, ne l’écoutez pas… C’est faux ! »
Much : « Alors pourquoi essayais-tu de monter les villageois contre nous alors que nous vous avions apporté des vivres et de l’argent ? »
Petit Jean relâcha le villageois de plus en plus nerveux.
Mika : « Non… C’est faux. »
Robin aux villageois : « Ils prennent un homme dans le besoin et ils l’obligent à espionner pour leur propre compte… Il leur rapporte ainsi alors les moindres faits et gestes de tout le village. »
Un homme dans la foule : « C’est vrai qu’il est allé souvent à Maidstone ces derniers temps ! »
Un autre homme : « Ouais, c’est vrai… Et il n’était pas là quand les mercenaires ont attaqués… et les deux fois… T’étais où ?... Hein ? »
Mika : « Euh… J’étais… J’étais… à la chasse ! »
Un autre homme, soupçonneux : « A chaque fois ? »
Acculé, Mika prit peur et s’enfuit en courant. Certains hommes tentèrent de le courser.
Robin : « Laissez-le partir ! »
Much : « Mais il risque de prévenir Gisborne que nous sommes ici ! »
Robin : « Quel importance ?... Je ne compte pas rester longtemps ici. Nous devons repartir. »
Le 1er villageois, souriant : « En tout cas merci d’avoir démasqué ce traître… [Aux autres villageois] J’avais déjà confiance en ses hommes et là, vous venez d’avoir la preuve de leur honnêteté… [A Robin]… Vous pouvez compter sur moi… et sur pas mal de monde ici ! »
Finalement, les villageois furent convaincus de la sincérité de leurs hôtes. Le reste des hommes approuvèrent.
Robin : « Merci beaucoup l’ami pour ta confiance… Eh bien justement, nous avons besoin de vous pour les arrêter ! »
Le 1er villageois : « Comment ? »
Robin : « Nous savons où est leur campement et nous devons les attaquer pour leur montrer que les gens de ce comté en ont assez de plier l’échine… Il faut que vous leur montriez qu’ici c’est votre terre, qu’elle vous appartient et que personne n’a le droit d’y faire régner le chaos ! »
La foule : « OUAIS ! »
Will : « Robin ?... Mais pour les armes ? On va faire comment ? Je ne peux pas fabriquer autant d’arcs en si peu de temps ! »
Le 1er villageois : « C’est pas la peine ! »
Surpris, Robin et ses compagnons relevèrent les sourcils.
Le 1er villageois, gêné : « Enfin je veux dire que… Euh… Bon nombre d’entre nous… Euh… possède des arcs pour… euh… »
Il jeta des coups d’œil embarrassés en direction de James.
Robin, tout bas au villageois : « Pour braconner ? »
Le 1er villageois, sur le même ton : « Euh…Oui ! »
Robin, souriant et à haute voix : « Eh bien, je pense que pour cette fois Monsieur le Comte regardera ailleurs pendant que vous nous aiderez… N’est-ce pas, James ? »
Malgré le ton employé par Robin, James entendit son échange avec le villageois.
James, souriant : « Je pense que je peux même fermer les yeux pour cette fois !... Pour le bien du comté ! »
Soulagé, les villageois manifestèrent leur enthousiasme.
Robin : « Très bien, dans ce cas… Accompagnez-nous dans les villages voisins pour y distribuer le reste de la nourriture et y convaincre les hommes de se joindre à nous. Plus nous serons nombreux, plus nous aurons une chance de réussir ! »
Ils manifestèrent de nouveau leur enthousiasme et filèrent vers leurs demeures afin d’y chercher leurs armes pendant que leurs épouses leur préparèrent un petit encas.
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Pendant ce temps…

Djaq s’affairait à la fabrication des arcs tandis qu’Allan se reposait, couché près d’elle. Mais tous deux pensaient à leurs compagnons, partis recruter des volontaires pour leur prochaine mission.
Allan : « Tu crois que je vais pouvoir faire partie de l’opération contre les mercenaires ? »
Djaq : « Hum… Je ne crois pas. Tu dois encore te reposer. »
Allan : « Mais je me sens déjà beaucoup mieux ! »
Djaq : « C’est parce que tu restes allongé et que… tu as mangé comme un ogre ! »
Allan, souriant : « Oui… Alors que c’est Much qui a fait la cuisine !… Mais surtout ne lui répète pas ! »
Djaq, souriant : « Entendu ! »
Allan, se tortillant : « Oh j’ai quand même mal partout ! »
Djaq : « C’est pas étonnant ! Gisborne n’y est pas allé de mains mortes ! »
Allan, sérieux : « Tu sais… J’ai rien dit cette fois… A Gisborne, je veux dire ! »
Djaq : « Je sais. On a tout entendu… On ne pouvait pas intervenir mais… »
Allan, l’interrompant : « Ou vous ne le vouliez pas ! »
Djaq, mécontente : « Je t’interdis de dire ça ! »
Allan : « Oh c’est pas grave… Robin a sûrement hésité avant de… »
Djaq : « C’EST FAUX !... Robin voulait agir immédiatement autant que nous. Mais nous ne pouvions pas intervenir sans risquer de mettre ta vie en danger. Il a fallu attendre le moment propice pour agir…. J’étais avec Robin et Will… Et je peux te dire qu’il nous en a coûté de te voir torturé ainsi ! »
Allan : « C’est vrai ?... Même Robin ? »
Djaq : « Même Robin !... Et si ce n’était pas encore évident pour certain que tu ne nous trahirais plus, maintenant tout le monde en est convaincu ! »
Allan : « Ah bon ?... Ben c’est déjà ça ! »
Djaq, sérieuse : « Je trouve que tu as été très courageux, Allan de Dale ! »
Allan, gêné, tenta d’échapper à ce moment d’embarras en cherchant sa tunique des yeux.
Allan : « Tu n’as pas vu ma tunique ? »
Djaq : « Les hommes de Gisborne l’ont mises en pièces. »
Allan : « Ah ! »
Djaq : « Mais je préfèrerais que tu restes comme ça ! »
Allan, espiègle : « Oh ! Oh !... Annie aussi aime me voir sans ma chemise ! »
Djaq : « Pff !... Je dis ça uniquement pour que tes plaies cicatrisent plus vite, il faut qu’elles restent à l’air le plus possible. »
Allan, toujours espiègle : « Si tu le dis !... Bon évidemment, si j’avais été Will, tu m’aurais certainement enlevé davantage que ma tunique, n’est-ce pas ? »
Djaq se leva et alla fouiller dans les affaires de la bande et en revint avec une tunique propre qu’elle lui lança au visage.
Djaq : « Tiens… Essaie celle-là au lieu de dire des âneries ! »
Allan : « Ben je croyais que mes plaies devaient rester à l’air ? »
Djaq, mécontente : « Fais comme tu veux ! »
Allan se mit à rire devant le visage renfrogné de Djaq. Il posa le vêtement à côté de lui et poursuivit son déjeuner en silence. Mais à la fin du repas, Allan ressentit une profonde lassitude.
Allan, déposant son assiette au sol : « Oh je crois que j’ai encore besoin de dormir… Je suis fatigué tout à coup. »
Djaq, s’approchant : « Pourquoi ?... ça ne va pas ? »
Allan, se recouchant : « Non, c’est rien. Je suis juste un peu fatigué et puis… J’ai chaud. »
Djaq mit sa main sur son front.
Djaq : « Tu as encore un peu de fièvre. Laisse-moi voir ta blessure. »
Allan : « Non, c’est rien. C’est juste que j’ai un peu trop mangé et j’ai besoin de dormir pour digérer. »
Djaq : « Allan de Dale !... Je voudrais voir ta blessure ! »
Allan, soufflant : « Hum… Si tu insistes ! »
Djaq, enlevant le bandage de son épaule : « Oui, j’insiste ! »
Elle finit de retirer tout le bandage et inspecta minutieusement la blessure.
Djaq, inquiète : « Oh non ! »
Allan, inquiet : « Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ? »
Djaq : « Il y a un début d’infection. Il faut que je retire les peaux infectées pour éviter que l’infection ne se propage. »
Allan : « Comment ça retirer ?... Tu ne peux pas me mettre une de tes décoctions miraculeuses ? »
Djaq : « Il n’y a rien de miraculeux dans mes potions, Allan !... Et non, nous n’avons pas le temps. Il faut revenir aux bonnes vieilles méthodes ! »
Allan, très inquiet : « Aux bonnes vieilles méthodes ? »
Djaq se leva et plaça une dague au-dessus des flammes.
Djaq : « Je suis désolée mais c’est la seule solution ! »
Allan, s’étranglant : « Oh non !... C’est pas vrai ! »
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Au même moment, dans les villages avoisinants Sittingbourne…
Les hors-la-loi continuèrent leur distribution d’argent et de provisions. Celle-ci fut rapidement expédiée. Quant au recrutement de volontaires, il fut plus facile et rapide grâce aux hommes de Sittingbourne qui n’eurent aucun mal à convaincre les hommes à se joindre à eux. Lorsqu’ils revinrent du dernier village en compagnie de tous ces volontaires, Robin disposaient environ d’une cinquantaine d’hommes. Sur le chemin du campement, Robin était confiant. Maintenant, son plan devenait réalisable. Much vint à ses côtés.
Much, inquiet : « Maître ? »
Robin : « Qu’y-a-t-il, Much ?... Tu sembles inquiet ? »
Much : « Oui c’est que… Bien que l’heure du déjeuner soit passée, je me disais euh… Comment on va nourrir tout ce monde ?... Je n’ai pas assez de ragoût pour tout le monde ! »
Robin éclata de rire. Much fut décontenancé par sa réaction car, pour lui, c’était une question sérieuse.
Robin, reprenant son sérieux : « Mais Much... On n’a pas le temps de manger !... On retourne au campement uniquement pour prendre Djaq et des armes puis on file vers le camp de base des mercenaires, voyons ! »
Arrêtant son cheval, Much perdit son sourire d’un seul coup, laissant Robin continuer le sourire aux lèvres. Puis il rattrapa Robin.
Much, arrivant à sa hauteur : « Comment ça, maître ? »
Il regarda Robin qui tenta de masquer son sourire.
Much : « Oh !!! Vous vous moquez encore de moi, n’est-ce pas ? »
Robin ne peut s’empêcher de rire à nouveau.
Much : « Oh mais je ne trouve pas ça drôle ! »
Robin, s’essuyant les yeux : « Rassure-toi Much, la plupart des villageois ont emmené des provisions. Ils partageront avec les autres… T’en fais pas ! »
Much, rassuré : « Ah bon… Dans ce cas… »
De nouveau, Robin éclata de rire. Vexé, Much talonna son cheval et prit la tête du convoi. De bonne humeur, la troupe avança rapidement à travers la forêt malgré la crainte du combat à venir. Mais l’espoir de voir les pillages s’arrêter donner du courage à ces villageois, fermiers pour la plupart. Mais en arrivant près du campement, la bonne humeur fit place à l’inquiétude. En effet, des hurlements de douleur, provenant du camp des hors-la-loi, se firent entendre. Robin remonta la file et vint se placer à côté de Much. Il fit signe de s’arrêter et mit pied à terre.
Robin : « Much ? Viens avec moi… Les autres… Rester ici ! »
Les deux hommes se faufilèrent entre les arbres et se rapprochèrent discrètement de leur camp. Ils craignaient que le campement ait été découvert et que Djaq et Allan fussent aux prises avec les hommes de Blackson. Pourtant, à travers le feuillage, ils constatèrent que leurs compagnons étaient seuls. Ils ne semblaient pas en difficultés. Ils ne se souciaient même pas de ce qui pouvait se passer autour d’eux. Robin remarqua tout de suite que Djaq s’affairait autour d’Allan. Il chercha l’auteur des cris qu’ils avaient entendu précédemment. Lorsque tout à coup, Allan hurla, Robin et Much sortirent des buissons et coururent jusqu’à eux. Lorsqu’ils arrivèrent à leur hauteur, ils aperçurent Djaq, tenant une dague chauffée à blanc et s’apprêtant à l’appliquer, à nouveau, sur la blessure d’Allan.
Robin, inquiet, s’agenouillant : « Que se passe-t-il ? »
Djaq : « Sa blessure s’est infectée ! »
Much vint se placer derrière Robin.
Allan, se tortillant de douleur et en sueur : « Mais c’est rien… ça va aller ! »
Djaq : « ça va aller… quand j’en aurai terminé ! »
Allan, essoufflé : « Non… non… C’est bon. C’est terminé, maintenant !... C’est pas la peine de continuer ! »
Djaq appliqua la dague brûlante sur son bras. Allan hurla de nouveau.
Djaq : « Tiens-toi tranquille, Allan !... »
Elle reposa la dague puis avec une autre, elle enleva les peaux brûlées. Allan gesticulait de douleur en s’empêchant de crier.
Djaq, poursuivant : «… J’ai presque terminé ! »
Allan : « Tu m’as déjà dit ça tout à l’heure ! »
Robin, ferme : « Allan !... Reste tranquille et laisse faire Djaq. »
Le blessé ne répliqua pas mais son visage parlait pour lui. Il aurait bien aimé pouvoir étrangler Djaq sur le champ tellement la douleur était vive. Much fit signe de venir à Will et à Petit Jean, cachés dans les fourrés avec le reste de la troupe. Robin laissa Much avec Allan et Djaq, et vint au-devant de la troupe menée par Petit Jean.
Robin aux villageois : « Reposez-vous le plus possible… [Il se tourna vers Much et les autres puis revint vers eux] quand nous aurons fini ici… Je vous exposerai alors mon plan. »
Petit Jean : « Que se passe-t-il ? »
Robin, le visage inquiet : « Rien de grave… La blessure d’Allan s’est infectée. Mais Djaq s’en occupe. »
Robin, Will, Petit Jean et James rejoignirent Allan tandis que Godwin veillait à l’installation des villageois. Ceux qui avaient apporté de la nourriture la partagèrent avec le reste de la troupe.
Will, s’agenouillant à la tête d’Allan : « C’est grave ? »
Djaq : « Non, si on s’en occupe tout de suite… »
Mais Allan l’interrompit en l’empêchant de poser la dague sur son bras.
Allan, en sueur : « Non !... Cette fois-ci, j’en ai marre. »
Djaq : « Mais Allan, j’ai… »
Allan : « Ouais, je sais. Tu as bientôt fini !... Eh bien moi, je te le dis : Tu as fini !... Et c’est fini maintenant ! »
Djaq regarda Will. Et sans échanger un seul mot, il comprit ce qu’elle attendait de lui. Il souleva doucement la tête et les épaules d’Allan qu’il posa sur ses genoux. Puis il l’emprisonna dans ses bras afin qu’il ne puisse plus bouger.
Allan, surpris : « Hé ?… Mais qu’est-ce que tu fais ? »
Will : « C’est pour ton bien ! »
Djaq : « Jean… Tiens-lui les jambes… Much… Son bras ! »
Djaq mit son genou sur le bras qu’elle tentait de soigner afin qu’il ne se dérobe pas. Comprenant que ses compagnons allaient contre sa volonté, Allan protesta énergiquement.
Allan, essayant de se débattre : « Non !... Non !... Hé !... Mais qu’est-ce que vous faites ?... Lâchez-moi !... Ça suffit ! »
Mais le malheureux ne pouvait plus faire un seul geste. Will, Much et Petit Jean le maintenaient fermement. Djaq put continuer à le soigner. Ne pouvant plus se débattre, Allan comprit qu’il n’avait plus le choix. Au lieu de rouspéter davantage, ce qui n’aurait servi à rien, il décida de se montrer courageux et il serra les dents à chaque passage de la dague sur sa blessure. Robin assista aux soins sans intervenir jusqu’à ce que Djaq ait terminé.
Robin : « Ça y est, elle a terminé… Tu vois ?... C’était pas si terrible ! »
Will, Much et Petit Jean relâchèrent le blessé. Allan était couvert de sueur et respirait fortement.
Allan, maugréant : « Grrr… »
Djaq : « Je dois encore faire le pansement ! »
Allan, soufflant : « Ah non !... Tu ne peux pas me lâcher un peu, non ? »
Djaq : « Je suis désolée !... Mais si tu ne veux pas que je sois obligée de recommencer demain, je dois te faire un pansement propre afin d’éviter toutes nouvelles infections…. A toi de décider ! »
Allan, se mettant sur le côté gauche : « Bon d’accord… Vas-y ! »
Les autres se relevèrent en silence.
Will, souriant : « S’il te pose encore des difficultés, fais-nous signe. Nous serons ravis de t’aider à soigner ce grand douillet ! »
Allan, vexé : « Hein… Ça vous amuse, n’est-ce pas ? »
Much, souriant : « Ouais, je dois dire que… Tu n’as jamais été aussi drôle que maintenant, Allan ! »
Allan voulut se lever pour lui faire un mauvais parti mais il en oublia sa blessure qui se rappela à lui. Il grimaça de douleur.
Djaq, préparant son pansement : « Tiens-toi, tranquille ! »
Allan : « Mais arrête de me dire ça ! »
Djaq : « Ben alors arrête de bouger ! »
Voyant qu’Allan se calmait et que Djaq maîtrisait la situation, le reste de la bande se retira. Much et Will allèrent préparer à manger pendant que Petit Jean et Robin s’occupèrent de leurs invités.
Djaq, faisant le pansement d’Allan : « Je ne pensais pas que tu étais si douillet ! Marianne faisait moins de manières que toi lorsque nous l’avions soigné. Tu te souviens ? »
Allan maugréa mais ne répondit pas à sa provocation. Epuisé par les soins que Djaq venait de lui prodiguer, il commença à ressentir le contrecoup. Il sentit soudainement une grande fatigue l’envahir. Djaq finit de faire son pansement. Comment elle ne l’entendait plus rouspéter, elle se pencha sur lui pour lui dire que c’était terminé. Mais elle remarqua qu’il s’était endormi. Elle alla chercher de l’eau à la rivière puis elle lui lava le visage, le torse et les bras et le couvrit d’une couverture.
Djaq, remontant la couverture et à voix basse : « Voilà, j’ai terminé de t’embêter !... Repose-toi bien maintenant, Allan de Dale ! »
Elle laissa le blessé et rejoignit le reste de la troupe qui avait décidé de se restaurer un peu à l’écart du foyer afin de laisser Allan se reposer tranquillement. Quand Much vit Djaq s’approcher, il se leva et lui prépara une assiette de ragoût.
Much, lui tendant son assiette : « ça va aller, maintenant ? »
Djaq, prenant l’assiette : « Merci, Much… Oui, je pense… Nous serons fixé demain matin. »
Robin : « Bien… Mais je préférerais que l’un de vous reste auprès de lui au lieu de nous accompagner au camp des mercenaires. »
Djaq : « Entendu. »
A la fin du repas, l’après-midi était bien avancé. Une fois que Much et Will eurent fini de ranger la vaisselle. Robin exposa son plan.
Robin : « Bon, les amis ! J’ai bien réfléchi… Notre meilleure chance de les vaincre est de les surprendre au petit matin. »
Petit Jean : « Mais cela signifie qu’ils pourront piller n’importe quel village cette nuit ? »
Robin, baissant la tête : « Je sais, Jean. Mais je pense qu’il vaut mieux passer le reste de l’après-midi à nous entraîner et à préparer notre attaque. »
Djaq : « Ça veut dire qu’on ne va même pas aider les villageois à faire face à leur attaque ? »
Robin : « Je suis navré mais nous devrons nous coucher tôt afin de partir avant le lever du jour si on veut les surprendre au petit matin ! »
Will : « De toute façon, nous ne connaissons pas leur prochaine cible ! »
Robin : « Will a raison… Je regrette de ne pas pouvoir agir dès aujourd’hui mais je pense qu’on aura de bien meilleures chances si on procède de cette façon… Donc, il nous faut le plus de flèches possibles, et Jean ?… Distribue le peu d’armes qu’il nous reste aux hommes qui le veulent… Il faudra également les entraîner sommairement. »
Petit Jean, sceptique : « Très bien !... Et une fois là-bas, tu comptes faire comment ? »
Robin : « On les encercle puis on les attaque sans sommation… L’idéal serait de prendre leur chef vivant afin de l’obliger à négocier. »
James : « A négocier ? »
Robin : « Oui… Si on arrive à les convaincre de s’en aller sans trop verser de sang alors nous aurons réussi. Dans le cas contraire, je crains une véritable boucherie… Nous ne sommes pas assez nombreux. »
James, mécontent : « Mais on ne négocie pas avec des mercenaires. »
Robin : « Ces hommes se battent uniquement pour l’argent. Si on leur fait croire que le rapport de force est en notre faveur, ils ne prendront pas de risques. Ils préfèreront se retirer. »
Will : « Donc tu espères les tromper ? »
Robin : « Oui… En les encerclant et en leur faisant croire qu’on attend des renforts, et avec le chef des mercenaires en otage, cela devrait suffire à persuader les autres de retourner chez eux. »
Le silence tomba sur le campement, chacun analysant la situation.
Robin : « Je sais que c’est un plan risqué mais je n’en ai pas de meilleurs… [Aux villageois qui les accompagnaient]… Si l’un de vous ne souhaite pas prendre part à cette opération qu’il se retire maintenant… Sa réputation n’en souffrira pas… Je sais que vous êtes des fermiers pour la plupart et pas des combattants… Alors prenez le temps d’y réfléchir… Vous avez jusqu’au coucher du soleil pour vous décider. »
Un villageois, s’avançant : « Ce n’est pas la peine, Messire Robin. On vous suit !... Nous en avons assez de nous terrer chez nous chaque fois que ces brigands pillent nos villages... Nous préférons nous battre aujourd’hui plutôt que de risquer de mourir demain ! »
La foule : « OUAIS ! »
Le villageois : « Alors nous sommes avec vous ! Je sais qu’avec vous nous vaincrons ! »
La foule : « OUAIS ! »
Robin, souriant : « Je te remercie pour ta confiance… Mais je dois vous prévenir que vous risquez de ne pas en revenir ! »
Le villageois : « Nous le savons ! »
La foule acquiesça de nouveau.
Robin : « Très bien… Dans ce cas… Préparons-nous ! »
La foule se dispersa. Will, Djaq et Much prirent la tête d’un groupe afin de fabriquer des arcs et des flèches tandis que Petit Jean et Godwin conduisirent quelques hommes à l’intérieur du camp afin de prendre les quelques épées qui leur restaient.
James : « Tu crois vraiment qu’on a une chance ? »
Robin, confiant : « J’en suis certain ! »
Il tapota l’épaule du jeune homme et le conduisit auprès du groupe de Petit Jean. Alors que celui-ci avait distribué les épées aux hommes qui le désiraient et que Godwin leur donnait quelques leçons de maniement d’armes, le groupe de Will s’installa près du foyer et commença la fabrication d’arcs et de flèches. Tout en exécutant son travail, Djaq vérifia de temps en temps l’état de santé d’Allan qui se trouvait à côté d’elle. Robin passa son temps entre les différents groupes afin de s’assurer du moral des troupes. Mais au milieu de l’après-midi, Allan se réveilla en sursaut. A ses côtés, Djaq continuait la fabrication des flèches avec son groupe.
Djaq, inquiète : « Allan ? Ça va ? »
Allan, surpris : « Hein ?... Euh… Oui !... Oui oui, ça va…. C’était juste un mauvais rêve. »
Djaq : « Et c’était quoi ce rêve ? »
Allan, essayant de s’asseoir et grimaçant : « Oh je sais plus… J’ai déjà oublié ! »
Djaq : « Tu as mal ? »
Allan, arrivant enfin à s’asseoir : «Oui, ça tire un peu. »
Djaq : « Laisse-moi voir ! »
Elle enleva le pansement et examina la blessure.
Allan : « J’ai la tête qui tourne un peu. »
Djaq : « Je vais te donner à manger… En tout cas, je ne vois plus de trace d’infection. Je ne vais pas refaire ton pansement maintenant mais seulement avant notre départ. Il faut gard… »
Allan, rouspétant : « Garder la blessure à l’air. Oui, je sais ! Tu me l’as déjà dit ! »
Djaq, souriant : « Bon !... Je vais te chercher à manger… Surtout restes ici et ne te lève pas ! »
Allan : « Oh de doute façon, j’en serais bien incapable… Je me sens trop faible pour ça ! »
Elle se dirigea vers le foyer et prépara une assiette de ragoût pour son patient. Petit Jean et Robin discutaient de l’avancée des préparatifs lorsqu’ils la virent préparer à manger.
Djaq, devançant leur question : « Allan s’est réveillé et il meurt de faim ! »
Petit Jean : « Et sa blessure ? »
Djaq : « Il n’y a plus de trace d’infection… C’est bon signe. »
Robin : « Donc il est tiré d’affaires ? »
Djaq, confiante : « Je pense que oui. Il doit beaucoup se reposer afin de récupérer au plus vite mais je pense qu’il ne risque plus rien ! »
Robin : « Très bien… C’est une bonne nouvelle !... [Tendant la main vers Djaq]… Tu permets ? »
Djaq, surprise, lui tendit l’assiette. Robin se dirigea alors vers Allan pour la lui donner. Elle le suivit du regard mais lui emboîta tout de même le pas. Elle retourna à ses occupations non loin des deux hommes afin de garder un œil discret sur eux. Quand Allan vit Robin arriver avec son repas, il se tint sur ses gardes. Il calma son angoisse en faisant de l’humour.
Allan, espiègle : « Oh là !... Le dîner servi par le chef en personne, quel honneur ! »
Robin, souriant et lui tendant l’assiette : « Oui eh bien profites-en car ce n’est pas prêt de se reproduire de sitôt ! »
Allan, prenant l’assiette : « Merci, Robin. Je meurs de faim ! »
Robin : « Tiens, régale-toi mais vas-y doucement ! »
Allan, regardant son assiette : « Oh !... Mais je croyais qu’on devait avoir de la biche ? »
Robin, souriant : « Oui…Peut-être pour ce soir ! »
Allan commença son repas en avalant de grosses cuillerées.
Robin : « Dis-moi, Allan ?... Où se trouve le campement des mercenaires ? »
Robin fit signe à Godwin et à James, non loin d’eux, de venir le rejoindre.
Allan, tout en mangeant : « Chomp… Crontch… Il se trouve… Scrunch… Groumph… à environ trois-quarts d’heure à pied du manoir du shérif sur la route d’Ashford. Chomp…. Groumpf… Il y a une clairière assez vaste près de la rivière. Scrunch… Groumph… Là où elle fait un coude… »
Robin : « Un coude ? »
James : « Oui, je vois où c’est… C’est un endroit interdit. Personne n’a le droit de s’y installer. Mon père en a fait une réserve pour la chasse. Il s’agit d’East Sutton Park. »
Robin : « Pratique... Comme ça, ils ne risquent pas d’être dérangés !... Godwin ? Tu pourras nous y conduire ? »
Godwin : « Sans problème ! »
Robin, devançant la réaction de James : « Toi, tu resteras près de moi. J’enverrai Jean et Godwin en éclaireur. »
James, déçu : « Entendu ! »
Robin à Allan : « Quand tu y étais, tu as vu combien d’hommes ? »
Allan, continuant à manger avec avidité : « Chomp… Crontch… J’en avais vu… Oh je dirais une bonne cinquantaine Scrunch… Groumph… Ils se sont éparpillés autour de feux de camp Crontch… Scrunch… en petit groupe de quatre ou cinq hommes dans toute la clairière. Chomp…. Groumpf… Mais les feux étaient plus nombreux près de la cage et de la tente. »
Godwin : « La cage ? »
Robin : « La tente ? »
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Allan, s’arrêtant de manger : « Oui… Près de la rivière, il y avait une sorte de cage en bois ou peut-être bien un enclos… mais elle était vide. » |
Godwin : « Certainement pour y enfermer les hommes qu’ils enlèvent pour en faire des mercenaires. »
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« Ouais… Et un peu plus loin, il y a une toile tendue entre deux arbres… un peu comme ici ! » |
Robin : « Certainement la tente de leur chef ! »
Godwin : « Probablement ! »
Robin à Allan : « Est-ce que cette tente se situe près de la rivière ? »
Allan : « Non, pas tout à fait... Elle est un peu en retrait de la rivière. »
Godwin : « Tu songes à passer par la rivière ? »
Allan : « Dans ce cas, tu devras passer devant la cage des prisonniers et un groupe de mercenaires. Il y a au moins un feu entre la rivière et la tente. »
James : « Probablement celui des hommes qui surveillent les prisonniers ! »
Robin, réfléchissant : « Oui… Probablement ! »
Allan se remit à dévorer son repas tout en observant son chef au cas où celui-ci aurait encore d’autres questions. Mais Robin préféra s’isoler afin de modifier son plan en fonction des nouveaux éléments qu’il venait de lui fournir. James et Godwin laissèrent le blessé se restaurer et retournèrent vers leur groupe qui apprenait à se battre avec Petit Jean, tout en discutant de la meilleure façon de s’attaquer aux mercenaires.
Pendant tout le reste de l’après-midi et ce jusqu’au repas du soir, Robin essaya de chercher un nouveau plan. Alors que ses hommes s’installaient pour le dernier repas de la journée, Robin avait le regard perdu dans les flammes. Il ne fit pas attention à eux. C’est donc, surpris, qu’il accepta l’assiette de ragoût que lui tendait Much.
Much : « Maître ? »
Robin : « Oui… »
Much : « Vous pensiez à Marianne, je parie ! »
Afin de ne pas communiquer son angoisse au reste de ses compagnons, Robin préféra mentir.
Robin, peu convaincant : « Oui, c’est ça ! »
Il prit l’assiette puis regarda la nourriture.
Robin : « Much ?... Je croyais que nous devions avoir de la biche ce soir ? »
Much : « Euh… Oui… Je sais mais avec tout ce monde à nourrir… Nous avons préféré miser sur la quantité plutôt que sur la qualité ! »
Robin : « Nous ? »
Much : « Ben oui… Will, Jean et moi !... On vous a prévenu cet après-midi pourtant… Quand nous sommes partis à la chasse pour fournir à manger à tout le monde… Vous vous souvenez pas ? »
Robin, gêné : « Euh non… J’avais l’esprit occupé sans doute… »
Much, sourire aux lèvres : « Occupé par Marianne ? »
Robin, timide : « Oui. »
Le repas se poursuivit dans un silence relatif. Les hors-la-loi s’étaient rassemblés autour du foyer près d’Allan tandis que le reste de la troupe avait décidé de faire un feu, légèrement en retrait de Robin et de ses compagnons. Godwin avait préféré manger avec la troupe qu’il serait amené à diriger le lendemain. Quant à James, il avait évidemment suivi Robin et ses compagnons. Robin réfléchissait toujours au moyen d’améliorer son plan. Il craignait de perdre des vies dans l’opération à venir et il cherchait un moyen pour éviter cela. Ses compagnons ne troublèrent pas ses pensées et ils mangèrent donc en silence. On entendait seulement les villageois, quoique peu loquasses ce soir-là.
A la fin du repas, Robin : « Je vous conseille de vous coucher dans l’instant. Nous devrons être sur les lieux avant le lever du soleil. »
Les hors-la-loi obéirent sans discuter. Ils savaient que, le lendemain, ils avaient une dure mission qui les attendait. Much et Will s’occupèrent de faire la vaisselle pendant que Robin et James parlèrent avec les villageois. Djaq refit le pansement d’Allan et passa un baume sur ses autres blessures. Petit Jean s’occupa des chevaux. Quelques instants plus tard, tout le monde alla se coucher. Les villageois qui n’avaient pas eu l’idée d’emporter le nécessaire de chez eux, durent partager le peu de couvertures que les hors-la-loi leur prêtèrent. Ce qui fait qu’ils eurent qu’une couverture pour deux. Malgré tout, tout le monde trouva une place confortable où s’installer. Si bien que quelques minutes plus tard, on n’entendit plus que le bruit des flammes dans la nuit étoilée.
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CHAPITRE XXII
« TU ES DIGNE DE TON PERE, JAMES ! »
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u campement des hors-la-loi, avant le lever du soleil… |
Il faisait encore nuit noire lorsque les hors-la-loi se préparèrent pour aller combattre les mercenaires. Tout le monde mit la main à la pâte. Même Allan essaya d’aider ses compagnons. Djaq avait examiné sa blessure et l’infection avait bel et bien disparu. Même s’il avait réussi à se mettre debout et à s’habiller seul, il n’était pas encore très vaillant sur ses jambes, et il souffrait encore un peu de ses autres blessures consécutives aux tortures infligées par Gisborne. Déçu de ne pas pouvoir accompagner ses amis, il tentait de les aider comme il pouvait : Il essaya d’attraper un carquois rempli de flèches avec sa seule main valide.
Allan, se frottant le bras en écharpe : « Grrr. »
Djaq : « Tu as mal ? »
Allan : « Seulement quand je bouge. »
Djaq : « Eh bien alors, assis-toi ! »
Allan, rouspétant : « Mais je voudrais vous aider à… »
Djaq, le coupant : « A-ssis-toi !... Et laisse-moi faire. »
Elle le fit asseoir sur un arbre mort, tombé au sol puis elle prit le carquois par terre et le donna à l’un des villageois qui passa à proximité. Robin et Will vinrent vers eux.
Djaq : « Nous serons bientôt prêts à partir ! »
Robin : « Bien… »
Allan : « Je suppose que je ne peux pas venir ? »
Robin : « Non… Je suis content de te voir debout mais tu ferais mieux de te reposer… [À Djaq et Will]… J’aimerais que l’un de vous reste auprès de lui ! »
Allan, manifestant son désaccord : « Hé !... Mais je peux très bien me débrouiller tout seul, tu sais !... je ne suis pas à l’article de la mort… je suis simplement convalescent, c’est tout ! »
Robin : « Je sais mais tu vas te retrouver seul… Et nous ne sommes pas à Sherwood ici… Tu pourrais très bien être attaqué et tu dois admettre que tu n’es pas en mesure de te défendre… enfin disons… correctement ! »
Robin n’avait pas tort. S’ils avaient été à Sherwood, Robin n’aurait pas hésité une seconde à le laisser seul car personne ne connaissait l’emplacement du camp et, de plus, il possédait un dispositif de camouflage sûr. Mais ici, il en allait autrement. N’importe qui suivant le cours de la rivière pouvait découvrir le camp et surprendre Allan. Par ailleurs, blessé à son bras d’épée, ce dernier pouvait difficilement se défendre tout seul. Même si sa fierté en souffrait, il admit que Robin avait raison. Il hocha de la tête pour donner son accord. Robin se tourna alors vers Will et Djaq.
Will, autoritaire : « Djaq va rester ! »
Djaq, surprise : « Comment ça ‟Djaq va rester″ ?... Et pourquoi ce ne serait pas toi qui resterais, hein ? »
Will, gêné vis-à-vis de Robin : « Euh… Ben… Je pense que tu es la plus à même de rester… »
Djaq, le coupant : « Et pourquoi, je te prie ?... Parce que je suis une femme ? »
Will : « Non ! Non. Non. C’est que... Euh… C’est toi qui soigne tout le monde ici, d’habitude… »
Ne voulant pour rien au monde intervenir dans cette querelle entre amoureux, Robin, s’éclipsant : « Bon ben… Je vous laisse régler ça entre vous, hein ? »
Will : « Il vaut mieux que tu restes veiller sur Allan ! »
Djaq : « Non, c’est inutile. Il va beaucoup mieux... Et puis vous aurez besoin de tout le monde. »
Will : « Oui mais Robin veut que l’un de nous reste pour veiller sur lui. Et puis je pense que cette mission est trop dangereuse. Donc il faut que tu restes ici. »
Djaq, n’en croyant pas ses oreilles : « Attends !... Tu t’inquiètes pour la santé d’Allan ou tu remets en cause mes qualités de combattante ? »
Will, gêné : « Mais non !… Euh… Je veux dire que… Euh… J’aime beaucoup Allan et sa guérison me tient à cœur… Et comme tu es la meilleure dans ce domaine, je serais plus rassuré si c’était toi qui veillais sur lui, voilà tout. »
Robin, au loin : « Nous partons ! »
Will : « Tu as entendu les ordres de Robin… Et les ordres sont les ordres ! »
Djaq : « Tu as raison ! [A Robin, au loin]… Will restera avec Allan ! »
Will, surpris : « Quoi ?... Mais pourquoi ? »
Djaq : « Tu m’as bien dit que sa guérison te tenait beaucoup à cœur, non ? »
Will : « Euh oui mais… »
Djaq : « Alors je ne fais que respecter ton souhait, mon amour ! »
Will : « Mais je… »
Djaq, l’embrassant sur la joue : « A tout à l’heure, les hommes ! »
Puis elle détala comme un lapin afin de rejoindre le reste de la bande.
Allan, riant : « Alors là !... Tu t’es fait avoir, mon vieux ! »
Penaud, Will regarda partir la troupe en direction du campement des mercenaires. Mécontent, il souffla bruyamment.
Allan, réconfortant : « Allez… Viens t’asseoir mon grand… Ah les femmes ! C’est dur de les comprendre parfois. »
Will, s’asseyant près de lui : « Oooooh… C’est bien vrai… Parfois, je ne la comprends pas… Tiens là, par exemple… Je voulais juste la protéger… C’est normal pour un homme de protéger la femme qu’il aime, non ?... Mais t’as bien vu comment elle a réagi ?... On aurait dit que je l’avais insulté ! »
Allan, tapotant le dos de Will : « Eh oui !... Les femmes ne sont pas comme nous ! »
Will : « Tu as raison !... Tiens… autre exemple… Par moment, elle veut que je sois plus démonstratif avec elle. Et quand je le suis, elle veut que je le sois moins… Pff… C’est à rien y comprendre ! »
Allan, hochant la tête : « Mumm… C’est comme moi avec Annie… Quand j’étais au château, elle n’arrêtait pas de me dire que je devais retourner auprès de Robin et maintenant que je l’ai fait, elle me reproche d’être jamais auprès d’elle ! »
Will : « Oh oui !... Je me demande ce qu’elles ont dans la tête ! »
Allan : « Moi, je te le dis. Elle ne raisonne pas comme nous ! »
Will : « T’as raison ! »
Allan, après un bref silence : « Mais c’est pour ça aussi qu’on les aime, non ? »
Will, souriant : « Oui… à en mourir ! »
Après un bref silence, Will, se tournant vers Allan : « Tu l’as rencontré comment Annie ? »
Allan, gêné : « Ben… Euh…. Elle travaillait aux cuisines du château et moi… Je… Euh… enfin je l’ai souvent croisé lorsque je prenais mes repas aux cuisines. »
Will, curieux : « Tu mangeais pas avec Gisborne ? »
Allan, baissant la tête : « Non. Il mangeait souvent seul dans ses appartements ou quelque fois avec le shérif. »
Parler de cette période de sa vie dont il n’était pas vraiment très fier rendait Allan très mal à l’aise. Il préféra changer de sujet.
Allan : « Pourquoi, Djaq et toi, vous ne vivez pas votre relation au grand jour ? »
Will : « Moi, je ne serais pas contre mais Djaq s’y refuse. »
Allan : « Pourquoi ? »
Will : « J’en sais rien. J’ai essayé d’aborder le sujet à plusieurs reprises mais nous avons été dérangés à chaque fois. »
Allan : « Tu crois qu’elle attend que tu lui proposes le mariage ? »
Will, se tournant vers lui et sérieusement : « Tu crois ? »
Allan : « Ben j’en sais rien… peut-être ! »
Will : « Et toi ?... Quand est-ce que tu épouses Annie ? »
Allan : « J’en sais rien… Mais ça ne me dérangerai pas, tu sais ! »
Will : « Moi non plus, ça ne me dérangerai pas ! »
Allan : « Ben alors qu’est-ce que t’attends ? »
Will : « Ben et toi ? »
Allan : « Mais moi, c’est différent ! »
Will : « Ah oui ? Et comment ça ? »
Allan : « Ben euh… Annie travaille auprès de Marianne et il est difficile d’entretenir une relation à distance…. »
Will : « Tu parles ! »
Allan, poursuivant : «… Alors que toi, Djaq vit avec nous ! Tu peux très bien lui demander dès son retour ! »
Will : « Oui, je pourrais ! »
Allan, provoquant : « Eh bien, alors ? Vas-y, fais-le ! »
Will, jouant les fiers à bras : « Mais ouais je vais le faire ! »
Allan : « A moins que t’aies la trouille ? »
Will : « Moins que toi en tous cas ! »
Allan : « Hé !... Mais j’ai pas la trouille, moi ! »
Will : « Ben alors qu’est-ce que t’attends, mon vieux ?... Moi, je suis capable de le lui demander dès qu’elle reviendra ! »
Allan, provoquant : « Ah oui ? »
Will, répondant à la provocation : « Ouais ! »
Allan, roulant des mécaniques : « Ah ouais ? »
Subitement, les deux hommes s’arrêtèrent, se demandant pourquoi ils se disputaient ainsi.
Allan, réfléchissant : « Euh… Non mais attends !... Pourquoi est-ce qu’on parle de mariage, déjà ? »
Will, réfléchissant à son tour : « Euh ben, je sais pas… C’est toi qui voulais que j’épouse Djaq ! »
Allan : « Mais non !... C’est toi qui voulais que j’épouse Annie ! »
Will : « Tout ceci est ridicule !... On épousera nos fiancées quand nous serons prêts ! »
Allan : « T’as raison !... Mais pour l’instant, nous avons une mission à remplir ! »
Will : « Ouais … C’est ça ! La mission avant tout ! »
Allan, embarrassé : « Ouais… Il faut d’abord penser aux habitants du comté de Kent qui souffrent le martyr ! »
Will, gêné : « T’as raison !... Les habitants du comté de Kent, avant tout ! »
Contents d’avoir trouvés une excuse pour faire cesser cette ridicule course au mariage et permettant par la même occasion à chacun de sauver la face devant l’autre, les deux futurs mariés se turent et le silence s’installa entre les deux hommes. Mais chacun de leur côté, ils repensèrent à la possibilité d’épouser leurs compagnes respectives. Will s’interrogeait sur le fait de rester dans la bande à Robin une fois qu’il serait marié à Djaq. De plus, le voulait-elle ? Ne préférerait-elle pas retourner dans son pays ? S’ils décidaient de rester, où s’installeraient-ils puisque Locksley n’était pas envisageable pour le moment ? Et que feraient-ils pour gagner leur vie ? Il devait d’abord parler de tout cela avec elle avant d’envisager les épousailles. Pour Allan, la problématique était légèrement différente. Puisque Annie travaillait chez Marianne, ils ne pourraient pas se voir souvent. Devait-il lui demander de faire partie de la bande puisqu’il était exclu de la rejoindre chez Marianne ? Robin serait-il d’accord ? De plus, l’expérience de Petit Jean lui montrait les conséquences négatives d’une relation à distance. Ou faudrait-il partir du comté de Nottingham pour aller s’installer ailleurs, là où il ne serait pas considéré comme un hors-la-loi ? Devait-il attendre le retour du roi comme Robin pour qu’il puisse jouir de la liberté nécessaire afin de construire ensemble un foyer ? Est-ce qu’Annie attendra jusque là ? Tout ceci méritait réflexion et il devait en parler avec la principale intéressée. Finalement, tous les deux en vinrent à la même conclusion : Il était encore trop tôt.
Au pied de l’arbre mort, Will, s’allongeant sur le dos, les mains derrière la tête : « En tout cas, il faudra que j’en parle sérieusement avec Djaq à notre retour à Sherwood ! »
Allan, pensif : « Oui. Moi aussi avec Annie. »
Il s’assit près de Will et tenta de s’allonger.
Will : « Tu veux que je t’aide ? »
Allan, grimaçant de douleur : « Non, ça va aller ! »
Puis il finit par s’adosser sur le tronc.
Will, regardant le ciel : « Mais on n’est pas prêt de rentrer chez nous ! »
Allan, appuyant sa tête contre le tronc et regardant le ciel lui aussi : « Oui… Sherwood ne te manque pas, toi ? »
Will : « Oui parfois… Pourquoi ? Ça te manque ? »
Allan, un peu embarrassé : « Oui… J’aime bien le campement que tu nous as construit ! »
Will, ironique : « C’est pour ça que tu ne l’as jamais montré à Gisborne ? »
Allan fut blessé par sa remarque. Will regretta aussitôt ses paroles.
Will : « Excuse-moi !... Je ne voulais pas te blesser ! »
Allan : « C’est pas grave… J’ai l’habitude avec Much !... Le camp me manque… Sherwood me manque… On n’y est bien mieux installé qu’ici. »
Will : « Oui mais ici, c’est seulement provisoire ! »
Allan, soufflant : « Oui mais ça dure ! »
Will : « Tu regrettes d’être venu ? »
Allan, se tournant vers lui et sérieusement : « Absolument pas ! »
Allan, reprenant son ton habituel : « Je sais pas peut-être que je deviens comme Much… J’ai l’habitude de mon petit confort et je n’aime pas qu’on me bouscule ! »
Will, souriant : « S’il t’entendait ! »
Allan sourit puis : « Je sais pas mais je me sens en sécurité au camp ! »
Will : « En sécurité ? A Sherwood ?... Plus qu’au château ? »
Allan : « Eh bien… Tu vas peut-être pas me croire mais… Oui… Plus qu’au château… Tu sais… La vie au château, ce n’est pas comme je l’avais imaginé… C’est vrai qu’il y a plus de confort : un toit et des murs qui nous protègent de la pluie et du vent, un bon feu dans la cheminée et un bon lit douillet mais… il me manquait quelque chose. »
Will : « Quoi donc ? »
Allan, embarrassé : « Vous !... Je me suis senti souvent très seul dans ce château pourtant bondé… Je me suis souvent demandé ce que vous pouviez être en train de faire… Là, je me disais… Much leur a préparé un bon dîner et ils doivent être tous ensemble… Et là, ils sont sûrement sur la route du nord en train de dépouiller des voyageurs… Ces petites choses me manquaient énormément. »
Will : « A qui la faute ? »
Allan : « La mienne, je sais… Il n’y a pas eu un jour qui passe sans que je regrette ce que je vous avais fait ! »
Will : « Bon… Mais c’est fini maintenant… Tu regrettes d’être revenu parmi nous ? »
Allan, souriant : « Pas une seconde !... Même entendre Much râler à tout bout de champs me réjouit encore plus qu’avant ! »
Will : « Ben dis donc… Si le bavardage incessant de Much t’as manqué à ce point, c’est que vraiment la vie au château devait être insupportable. »
Allan, souriant : « Ouais !... C’est surtout d’être tous ensemble… en sécurité, qui m’a manqué !... On formait une équipe unie et solidaire… une famille, quoi… Quel imbécile, j’ai été !... Risqué ça pour de l’argent ! »
Will : « Allez, c’est du passé !... Maintenant, il faut penser à l’avenir ! »
Allan : « Tu as raison ! Alors… parlons de ton mariage ! »
Will se tourna subitement vers lui et lui jeta son foulard au visage. Allan éclata de rire.
Will, souriant et se relevant : « Préparons plutôt le repas pour nos vaillants combattants car cela va en faire du monde à nourrir. »
Allan, subitement triste : « Oui… mais j’espère que nous ne perdrons personne. »
Will : « Je l’espère aussi mais nous savons bien tous les deux qu’il y a souvent des pertes dans les combats. »
Allan, essayant de se relever et pour changer de sujet : « Oui… Allons chasser. Nous devons ramener du gibier de choix pour nos héros. »
Will, surpris et l’aidant à se relever : « Tu veux chasser ?... Dans ton état ? »
Allan : « Je n’ai pas dit que j’allais chasser. J’ai dit ‟Allons chasser″. Toi, tu chasses et moi, je te soutiens ! »
Will : « Ah ouais, évidemment !… Et que veux-tu chasser ? »
Une fois debout, Allan, arborant un grand sourire : « De la biche, pardi ! »
Will : « De la biche ?... Rien que ça ! »
Allan, se dirigeant vers la tente : « Oui !... T’en as pas marre de manger toujours la même chose… du ragoût de lapin ! »
Will, le suivant : « C’est que les lapins foisonnent dans le coin… Mais je ne sais pas si on va trouver de la biche par ici ! »
Allan, cherchant un arc et un carquois avec son bras valide : « Il n’y a qu’un moyen de le savoir !... Et puis, je suis sûr que ça fera du bien au moral des troupes ! »
Allan trouva ce qu’il cherchait. Il prit l’arc et coinça le carquois contre sa poitrine.
Will, prenant l’arc et le carquois des mains d’Allan : « Surtout à Much ! »
Allan, se dirigeant vers la forêt : « Oui, on l’entendra moins râler ! »
Will, le suivant : « Mais je croyais que tu adorais l’entendre rouspéter ! »
Allan, s’arrêtant et se tournant vers Will : « C’est vrai… Mais… Il y a des limites à ce qu’un homme peut supporter ! »
Will ne répondit pas. Il se contenta de rire à sa remarque. Lui tapotant l’épaule valide, il passa devant son compagnon et s’enfonça dans la forêt. Les deux hommes marchèrent pendant un long moment en silence sans trouver de gibier.
Derrière Will, Allan : « J’espère que les autres s’en sortent mieux que nous avec les mercenaires. »
Will, l’arc à la main : « Oh j’en suis sûr… Leur gibier est plus facile à débusquer que le nôtre ! »
Cette pointe d’humour ne détendit pas Allan. Ce dernier savait bien que la plaisanterie de son ami ne faisait que dissimuler son angoisse de savoir que Djaq affrontait les mercenaires en ce moment même. Allan s’inquiétait également pour ses amis et, surtout, il s’en voulait d’être coincé ici pendant que ceux-ci risquaient leur vie. Le soleil commençait à pointer son nez lorsque les deux amis tombèrent sur un troupeau de biches. La vue de leurs proies fit oublier momentanément aux deux chasseurs leurs inquiétudes. D’autant plus qu’il n’y avait plus de quoi s’inquiéter puisque lorsque Will décocha sa première flèche, la bataille au campement des mercenaires était déjà terminée.
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Une heure plus tôt aux abords du campement des mercenaires…
Arrivant près du camp des pillards grâce aux renseignements fournis par Allan, Robin, accompagné de James, remonta la file et vint se placer près de Godwin. Il ordonna de descendre de cheval. Il laissa James avec les villageois et partit en éclaireur à pied avec Godwin, Much, Djaq et Petit Jean.
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Arrivés aux abords du campement des mercenaires, ils s’accroupirent tous et scrutèrent le camp en silence. |
Much : « Ben dis donc !... Ils sont bien plus nombreux que ce qu’Allan nous avait dit ! »
Djaq : « Probablement parce qu’ils n’étaient pas tous là quand Allan est venu. Certains étaient peut-être en train de piller des villages aux alentours. »
Robin, analysant la situation : « Probablement ! »
Much : « Maître ?... Vous ne songez tout de même attaqué quand même ?... Ils sont beaucoup trop nombreux ! »
Robin : « C’est vrai qu’ils sont plus nombreux mais on ne peut pas renoncer. »
Much : « Mais… »
Regardant Much, Robin, le coupant et espiègle : « On va simplement changer de stratégie… Voilà tout ! »
Il reporta son attention sur le campement. La clairière était immense et les mercenaires en occupaient tout l’espace. Ils s’étaient regroupés autour d’une dizaine de foyers éparpillés un peu partout. La plupart des combattants dormaient. Seuls quelques-uns faisaient des rondes autour des feux afin d’assurer une surveillance sommaire.
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Mais Robin observa très vite que les gardes préféraient passaient leur temps à discuter à voix basse entre eux, délaissant la surveillance des dormeurs. |
Près de la berge, il remarqua également la cage qu’Allan avait mentionnée mais, cette fois-ci, elle était pleine. Une quinzaine d’hommes y était entassée, essayant tant bien que mal de trouver le sommeil. Le ponton qui permettait aux bateaux de décharger leurs cargaisons se trouvait un peu plus loin. En continuant de balayer du regard le camp, il vit la tente du chef des mercenaires. Aucune lumière ne s’en échappait. Il devait probablement déjà dormir.
Godwin, tout bas : « Si tu veux atteindre la tente du chef en passant par le fleuve, tu vas avoir du mal. Allan avait raison. Il y a un garde de ce côté-là. »
Robin observa les lieux. En effet, il y avait un garde qui contrairement aux autres faisait correctement sa ronde entre la cage des prisonniers et la tente de son chef. Il ne pourrait donc pas s’approcher sans attirer son attention.
Robin, tout bas : « Je crois que nous allons devoir suivre le plan de Will finalement ! »
Robin retourna sur ses pas afin de rejoindre le reste de la troupe et leur expliqua son plan.
Much, derrière lui : « Le plan de Will ?... Quel plan ? »
Une fois entouré de l’ensemble de ses hommes, Robin : « Il faut que l’un de vous s’infiltre dans le camp et se fasse passer pour un mercenaire afin que je puisse atteindre la tente de leur chef. »
Godwin : « Je t’accompagne !... Quelqu’un devra assurer tes arrières au cas où tu serais découvert ! »
Robin : « Mais je vais passer par le fleuve ! »
Godwin : « Je suis un excellent nageur ! »
Robin : « Très bien… [Aux autres]…Il me faudrait donc un volontaire pour s’infiltrer dans leur camp. »
Petit Jean : « Moi, je veux bien ! »
Robin : « Désolé, Petit Jean ! Mais étant donné ta corpulence, tu te ferais tout de suite remarquer… Par ailleurs, j’aimerais que tu aides James à coordonner notre attaque avec le reste de la troupe. »
Toutes les têtes se tournèrent alors vers Much.
Much, se sentant visé : « Bon eh bien… Il ne reste plus que moi, si je comprends bien ! »
Robin, souriant : « Merci mon ami »
Much, renfrogné : « Mais j’ai pas dit que j’acceptais ! »
Robin, sur un ton de reproche : « Much ! »
Much, bougonnant : « Ben quoi ?... Vous pourriez au moins me le demander ? »
Robin, soufflant : « D’accord !... Much ?... Voudrais-tu t’infiltrer dans le camp pour moi et m’aider ainsi à capturer le chef des mercenaires afin que les pillages cessent et que l’on puisse tous rentrer à Sherwood ?... Hum ? »
Much, se redressant : « Oui, je veux bien ! »
Robin : « Merci beaucoup, Much ! »
Much : « Y’a pas de quoi !... Et pis, c’était pas la peine de poser la question. Je me serais proposé de toute façon ! »
S’ils n’étaient pas à la veille d’un combat, ils l’auraient bien volontiers écharpé.
Robin, reprenant son calme : « Bon, Jean ?… Dès que je serai entré dans la tente, tu lances l’assaut. Vous devez attaquer les mercenaires par les trois côtés : Nord, Est et Sud. Avec un peu de chance, la bataille ne dura pas longtemps. J’obligerai leur chef à rendre les armes. »
Petit Jean : « Compris. »
Robin divisa le groupe de villageois en trois. Il donna à Djaq le commandement du groupe attaquant par le Nord où le nombre de mercenaires étaient moindres. James prit celui du Sud où se trouvait la cage et la tente des prisonniers et où Robin et Godwin pourraient lui porter secours. Petit Jean se chargea du plus gros de la troupe en prenant le côté Est du camp où se trouvait la majeur partie des mercenaires. Confiant, Robin les regarda partir se mettre en position.
Robin à Godwin et Much : « Bon… A nous maintenant ! »
Les trois hommes retournèrent aux abords du campement puis se rapprochèrent le plus près possible de la cage des prisonniers. Ils s’accroupirent attendant le moment idéal afin que Much puisse infiltrer le campement.
Robin, tout bas à Much : « Quand l’attaque commencera, libère les prisonniers. Nous serons ainsi plus nombreux pour les combattre. »
Much, sur le même ton : « Entendu. »
Ils reportèrent leur attention sur le campement attendant que le garde s’écarte des autres afin de pouvoir s’en saisir. Mais ce dernier parcourait inlassablement le même chemin sans jamais dévier de sa route. Much commença à s’agiter.
Robin, sur un ton de reproche : « Much ! Reste tranquille ! Tu vas nous faire repérer !»
Much : « Je n’y peux rien mais j’ai des crampes à force de rester accroupis !... ça va faire bientôt une heure qu’on attend… Pff… Si ça se trouve, on ne va jamais pouvoir s’emparer de lui. »
Robin regarda le garde marchant jusqu’à la cage, une bouteille à la main. Il partageait l’inquiétude de Much d’autant plus que le soleil allait bientôt se lever, tout comme les mercenaires. Une attaque en plein jour se révèlerait bien plus périlleuse. Il commença à réfléchir à un nouveau plan d’attaque. Mais sa réflexion n’alla pas bien loin. Le garde s’était enfin décidé à s’écarter du campement. A force de boire, il avait ressenti le besoin de se soulager. Par chance, il vint à quelques mètres des hors-la-loi. Ces derniers le suivirent en se faufilant entre les arbres tels des félins traquant leur proie. Puis tout alla très vite. Ils bondirent tous sur lui en même temps. Le malheureux n’eut pas le temps de donner l’alerte. Pendant que Robin et Much l’empêchaient de hurler, Godwin l’assomma avec une grosse branche. Ils le mirent à l’abri plus loin dans le sous-bois. Ils le déshabillèrent puis Much enfila ses vêtements. Fin prêts, les hors-la-loi se présentèrent alors à la lisière de la forêt.
Robin à Much : « Et surtout, fais bien tout comme lui ! »
Much : « Ne vous en faites pas… J’ai eu suffisamment de temps pour l’observer. »
Le casque sur la tête, Much s’avança avec hésitation. Robin le regarda partir non sans une certaine appréhension. Voyant que les autres gardes ne faisaient pas attention à lui, Much prit de l’assurance et commença sa ronde en imitant le mercenaire dont il avait pris la place. Robin resta quelques minutes afin de s’assurer que Much n’éveillait pas les soupçons.
Robin : « A nous de jouer, maintenant ! »
Godwin : « Par ici ! »
Godwin mena Robin en amont du fleuve à travers la forêt. Les deux hommes entrèrent dans l’eau discrètement. L’eau était glacée. Ils gardèrent leurs vêtements afin de se protéger du froid.
Godwin : « Nous n’avons plus qu’à nous laisser porter par le courant. »
Ils se laissèrent porter par les flots puis, lorsqu’ils arrivèrent au camp, ils s’accrochèrent au ponton afin de sortir de la rivière. Heureusement, celui-ci n’était pas éclairé. Ils scrutèrent les environs avant de sortir de l’eau. Seul Much les avait vus, les autres mercenaires étaient bien trop loin. Much les escorta du ponton jusqu’à des caisses entreposées sur la berge où Robin et Godwin purent se préparer. Après avoir vidé leurs bottes de l’eau qu’elles contenaient, les deux hommes ne gardèrent que leur tunique et leur pantalon, se débarrassant de la couche supérieure de vêtements alourdie par le poids de l’eau. Puis Robin prépara son arc tandis que Godwin prit son épée à la main. Much retourna faire sa ronde et se posta près de la cage des prisonniers. Robin et Godwin poursuivirent leur route vers la tente du chef. Ils se cachèrent derrière une pile de caisses à quelques mètres de l’entrée de la tente.
Robin à Godwin : « T’es prêt ? »
Godwin opina de la tête.
Robin, se précipitant vers la tente : « Allons-y ! »
Ce fut alors le signal de l’attaque. Petit Jean, Djaq et James suivirent Robin des yeux. A la minute où il entra dans la tente, ils partirent à l’assaut.
« A L’ATTAQUE »
L’ensemble de la troupe fonça sur les mercenaires. Pris totalement par surprise, la plupart d’entre eux n’eurent même pas le temps d’atteindre leurs épées. Les hors-la-loi s’emparèrent en priorité de leurs armes que les mercenaires avaient disposées en pyramide à certains endroits du camp, à la façon des romains. Ne pouvant se défendre avec leurs armes, certains tentèrent de se battre à mains nus mais face à des arcs et des flèches, ils capitulèrent rapidement. Si les hommes se trouvant à proximité de la forêt se rendirent rapidement, ceux situés à l’intérieur du campement eurent le temps de prendre leurs armes et d’engager le combat. Mais le nombre des assaillants diminua rapidement en raison des hommes manquants chargés de surveiller les prisonniers qu’on regroupait tant bien que mal pendant les combats. Un renfort inattendu arriva lorsque Much libéra les prisonniers.
Much : « N’ayez pas peur ! On vient vous sortir de là ! »
La quinzaine d’homme sortit en courant et fonça vers les mercenaires les prenant ainsi à revers. Mais ils n’étaient des combattants et de plus, ils n’étaient pas armés. Ils se battaient avec des objets pris çà et là. Rapidement, les mercenaires commençaient à regagner du terrain.
Alors que le combat tournait à l’avantage des mercenaires, à l’intérieur de la tente de leur chef, la situation était tout autre. Robin, armé de son arc, avait pénétré dans la tente, suivi de très près par Godwin. Dès qu’il eut entendu l’attaque des hors-la-loi, le chef des mercenaires s’était penché pour prendre son épée posée au sol près de sa couche. Mais il n’en eut pas le temps. Une flèche vint se planter au sol entre son épée et sa main, égratignant cette dernière au passage.
Robin, réarmant son arc : « A ta place, je resterais tranquille ! »
Robin s’avança afin de laisser passer Godwin qui se positionna à la tête du lit et plaça sa dague sous la gorge du mercenaire.
Le mercenaire, mécontent : « Que voulez-vous ? »
Robin : « Nous sommes venus te proposer un marché ! »
Le mercenaire : « Un marché ? »
Robin : « Oui… Mais avant, tu vas faire quelque chose pour moi ! »
Le mercenaire, de mauvaise humeur : « Et quoi donc ? »
Robin : « Tu vas te lever et tu vas dire à tes hommes de se rendre sur le champ ! »
Le mercenaire, dédaigneux : « Tu rêves ! »
Godwin, resserrant sa dague sous sa gorge : « Tu vas faire ce qu’on te dit ou sinon… tu ne verras pas le jour se lever ! »
Robin : « Mon ami n’est pas très patient comme tu peux le voir. A ta place, j’obéirais. »
Le mercenaire se leva à contrecœur sous la menace de la dague de Godwin et l’arc de Robin. Il sortit le premier suivi de très près par Godwin et Robin.
Le mercenaire : « Déposez les armes ! »
Robin : « Je n’ai rien entendu ! »
Godwin, resserrant le couteau sous sa gorge : « Plus fort ! »
Le mercenaire : « DEPOSEZ LES ARMES ! »
Les mercenaires se trouvant à proximité stoppèrent leur geste en plein élan. Surpris, ils se tournèrent vers leur chef afin de s’assurer que l’ordre s’adressait bien à eux. Les hors-la-loi en profitèrent pour les désarmer sur le champ. En revanche, plus au nord, les combats continuaient. Godwin incita le mercenaire à réitérer son ordre.
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« J’AI DIT… DEPOSEZ LES ARMES ! » |
Pendant ce temps, James, aidé de Much, eut l’idée d’enfermer le plus de mercenaires possible dans la cage afin de libérer des hommes pour prêter main forte aux autres. Robin leur fit signe alors d’aller aider ceux qui se battaient plus au Nord. Tout à coup, il vit Djaq tombait à la renverse ; son épée lui échappant des mains. Elle se retrouva à terre, seule, face à un mercenaire prêt à l’achever. Robin tourna alors son arc vers elle et tira.
| La flèche vint se planter dans le dos du mercenaire. | ![]() |
Celui-ci poussa un cri d’agonie et s’écroula, l’épée à la main. Les combattants se trouvant à ses côtés furent surpris car, ne pouvant plus se battre avec leurs arcs dans une telle cohue, les hors-la-loi se battaient à l’épée.
Godwin, menaçant le chef des mercenaires : « Allez… Fais-nous encore entendre ta jolie voix ! »
Le mercenaire : « DEPOSEZ LES ARMES ! »
Cette fois-ci, tous les mercenaires entendirent son ordre et ils déposèrent un à un leurs épées au sol. Sous les cris de joie des villageois, les mercenaires furent tous rassemblés à proximité de la cage.
Much, arrivant près de Robin : « Hé !... On a réussi ! »
Robin, réjoui : « Oui… [Et regardant Much de la tête au pied]… Tu sais que tu es très séduisant habillé comme ça ! »
Much fit la moue tandis que Robin s’éloigna en riant. Il se plaça devant les prisonniers. Derrière lui, les premiers rayons du soleil apparurent au-dessus de la cime des arbres.
Robin, inquiet à ses hommes : « Y’a-t-il des morts ou des blessés parmi les villageois ? »
Much : « Aucun mort. Quant aux blessés, rien de très grave. Djaq s’en occupe déjà. »
Robin, soulagé : « Bien. Bien. »
Il reporta son attention sur la cage des prisonniers où Godwin et Petit Jean tentèrent d’y faire entrer le chef des mercenaires. Mais étant pleine, celui-ci rechigna à entrer.
Petit Jean, le poussant fortement : « Allez !... Rentre là-dedans ! »
Les prisonniers rouspétèrent de devoir se serrer comme des sardines.
Une fois entré, le chef des mercenaires se retourna et mécontent : « Je croyais que tu avais un marché à me proposer ? »
Robin, espiègle : « J’ai dit ça moi ? »
Much, entrant dans son jeu : « Oui, oui… Je crois bien ! »
Robin : « Ah bon ! »
Le mercenaire n’apprécia pas du tout la plaisanterie mais il ne répliqua pas car il voulait sortir de cette cage le plus vite possible.
Robin : « Ah oui… [Il s’approcha près des barreaux de la cage et lentement] Voilà ce que je te propose... Tu retournes chez toi avec tes hommes et tu ne remets plus jamais les pieds sur le sol anglais ! »
Le mercenaire : « Et en échange ?... Qu’est-ce j’ai, moi ? »
Robin, froidement : « La vie sauve ! »
Much, ajoutant : « Et c’est déjà beaucoup ! »
Le mercenaire ne répondit pas.
Voyant qu’il continuait à hésiter, Robin : « Tu sais… [Il pointa du doigt les villageois qui l’avaient accompagné]… Ces hommes sont les pères, les frères, les oncles ou les amis des hommes que toi et ta bande avaient enlevés voir même… assassinés. »
Le mercenaire : « Mais c’était un accord avec le shérif de Nottingham. »
Robin : « Mais le shérif n’est pas là pour te protéger ! »
Le mercenaire : « Me protéger ? »
Robin : « Oui… Car tu penses bien que ces hommes ne te portent pas dans leur cœur, toi et ta bande d’assassins... Et leur famille non plus, d’ailleurs !... Ils n’attendent plus qu’une seule chose… Et tu veux savoir ce que c’est ? »
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Le mercenaire opina de la tête. |
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Robin, lentement et froidement : « C’est de pouvoir vous trancher la gorge !... Alors si j’étais à ta place, je n’hésiterais pas plus longtemps… Car pour le moment, j’arrive encore à les retenir mais je ne pourrai pas le faire bien longtemps. Tu saisis ? »
Le message était bien passé puisque le mercenaire céda.
Le mercenaire, pointant du doigt les caisses entreposées un peu plus loin : « Et pour mon butin ? »
Petit Jean, froidement : « Quel butin ? »
Le mercenaire comprit immédiatement qu’il n’était pas question de l’emporter.
Robin : « Alors ? »
Le mercenaire : « Est-ce que j’ai le choix ? »
Les hors-la-loi ne répondirent pas et attendirent sa réponse.
| Le mercenaire, contraint : « D’accord ! » | ![]() |
Robin leur ouvrit la porte pendant que les villageois formèrent une allée hostile jusqu’au ponton où se trouvait leur bateau.
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Ils poussèrent leurs prisonniers à avancer dans cette direction. |
Le mercenaire, s’arrêtant devant Robin : « Et nos armes ?... C’est suicidaire de voyager sans armes ! »
Robin : « Prie pour ne pas rencontrer de brigands en chemin ! »
Petit Jean, poussant le chef des mercenaires à suivre sa troupe : « Allez… Avance ! »

Une fois que tous leurs prisonniers furent montés à bord, les villageois larguèrent les amarres et le bateau commença à descendre la rivière.
Robin à la troupe : « Il me faudrait deux volontaires pour s’assurer qu’ils rejoignent bien leur navire et qu’ils quittent le pays. »
Deux hommes s’avancèrent.
L’un deux : « Nous sommes volontaires. »
Robin : « Très bien. Suivez-les et assurez-vous qu’ils ne descendent pas de leur bateau quelque part sur la rive entre ici et l’embouchure. Si c’est le cas, revenez me prévenir immédiatement. Ne tentez rien seul surtout ! »
Le villageois : « Entendu. »
Sur ce, ils partirent en courant rechercher leurs chevaux afin de suivre le bateau des mercenaires depuis la rive.
Much : « Bon ben et nous ?... Que fait-on à présent ? »
Robin, tapotant l’épaule de Much : « Nous retournons à notre campement évidemment ! »
Djaq, un peu plus loin : « Robin ?... »
Djaq se tenait près du butin des mercenaires. Robin arriva en face d’elle.
Djaq : « Que va-t-on faire de tout ça ? »
Elle avait ouvert une des caisses. Robin s’approcha et vit qu’elle était pleine d’armes. Il ordonna à Much et Petit Jean d’ouvrir les autres. Une fois toutes ouvertes, toute la bande se regroupa autour du butin des mercenaires. Ils dénombrèrent au total une vingtaine de caisses. Certaines contenaient des armes : Epées, arcs, flèches et autres arbalètes. D’autres contenaient des pièces d’or, des bijoux et de la vaisselle en or. Enfin, les dernières contenaient de la nourriture.
Robin : « Pour la nourriture, nos amis l’emporteront afin de la distribuer dans leur village. Ils l’ont bien mérité. Pour les armes, nous allons en avoir besoin si on veut prendre le château d’assaut. »
Much : « A parce que vous êtes toujours décidé à attaquer le château ? »
Robin : « Bien sûr, Much… Après cette victoire, je ne vois pas ce qui pourrait nous arrêter, non ? »
Much était moins enthousiaste que Robin mais il n’eut pas le temps de répliquer, Petit Jean intervint.
Petit Jean : « Et pour l’or ? »
Djaq : « Il appartient aux habitants du comté de Kent ! »
Robin : « Djaq a raison. Nous ne pouvons pas le garder. »
Petit Jean : « On ne va le laisser là ? »
Robin : « Non… »
James, le coupant : « Voilà ce que je propose… Nous le ramenons à Maidstone. Une fois que le shérif et Blackson seront chassés du comté, j’inscrirai tout cet argent sur les livres de compte en tant que contribution des habitants du comté au trésor royal. Ainsi, le comté ne percevra pas d’impôt pendant au moins deux ans. Le peuple pourra alors reconstruire leurs maisons et leurs commerces. Qu’en dites-vous ? »
Robin, mettant sa main sur son épaule : « Tu es digne de ton père, James ! »
Toute la bande fut d’accord avec sa proposition. Les villageois qui se tenaient à proximité manifestèrent bruyamment leur accord.
Les villageois : « Vive Monsieur le Comte ! »
Surpris, James rougit jusqu’aux oreilles.
Djaq : « Mais comment va-t-on faire pour transporter toutes ces caisses jusqu’à notre campement ? »
Robin : « Nous allons devoir fabriquer un chariot pour les transporter… Much ? »
Much, avec une pointe d’inquiétude dans la voix : « Quoi ? »
Robin : « Tu pourrais aller dans la forêt avec Petit Jean pour nous ramener du bois ? »
Much, bougonnant : « Evidemment, Will n’est jamais là quand on a besoin de lui…. Si j’avais su, c’est moi qui serais resté avec Allan ! »
Deux hommes s’approchèrent de la bande. Le plus vieux s’adressa à Robin.
L’homme : « Pardonnez-moi, je n’ai pas pu m’empêcher d’entendre. Mais, je peux vous aider. Je suis menuisier et voici mon apprenti. »
Robin : « Ah ben très bien… Nous avons besoin de transporter ces caisses jusqu’à notre campement. Vous pouvez faire quelque chose ? »
Le menuisier : « Oui, sans problème. Avec de l’aide… »
Godwin : « Je vous accompagne… Mon père était menuisier. Il m’a appris un peu à travailler le bois. »
Les quatre hommes s’enfoncèrent dans la forêt.
Robin au reste des villageois : « Reposez-vous... Nous repartons bientôt. »
Les hommes s’installèrent autour des foyers existants pendant que Robin alla ramasser ses vêtements et ceux de Godwin pour les sécher auprès du feu. Mais quand les menuisiers revinrent de la forêt avec le bois nécessaire à leur ouvrage, ils se mirent tous au travail. Deux heures plus tard, le travail était terminé. Ils avaient réussi à bricoler deux sortes de charrette sans roue que l’on traîne derrière un cheval comme une civière mais bien plus plate. Après avoir ramené leurs chevaux dans la clairière, ils chargèrent les caisses sur les deux charrettes. Ils éteignirent l’ensemble des feux sauf un : Robin en avait encore besoin. Devinant ce qu’il allait faire, Djaq s’empressa de détacher la toile qui servait d’abri au chef des prisonniers.
Djaq : « On ne sait jamais, ça peut toujours servir. »
Elle vint se placer à côté de Robin. Il planta quatre flèches sur le sol. Puis une par une, il y mit le feu et tira deux fois sur la cage et deux fois sur l’armature en bois sur laquelle reposait la toile de tente. La cage et la tente s’enflammèrent rapidement. Ils n’attendirent pas que ces deux structures se consument entièrement. Une fois certain que les flammes ne se propageraient pas à la forêt environnante, Robin éteignit le dernier foyer et ordonna le départ pour le campement.
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CHAPITRE XXIII
« ÇA SUFFIT, VOUS DEUX !... ON DIRAIT DEUX MEGERES ! »
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e retour au campement se passa dans la joie et la bonne humeur. Ils arrivèrent à proximité du camp aux alentours de midi. S’étant levés très tôt, leurs estomacs commencèrent à se manifester. Bien sûr, certains se manifestèrent plus que d’autres. |
Much : « J’ai hâte d’arriver... Je meurs de faim ! »
Robin : « Sois patient, Much ! Nous ne sommes plus très loin. »
Much : « Dites cela à mon estomac. Il crie famine. »
Djaq : « Tu as toujours faim, Much ! »
L’estomac de Much se manifesta encore plus à l’approche du campement : Une délicieuse odeur envahissait alors le sous-bois.
Much, reniflant : « Hum… Qu’est-ce que c’est ? »
Djaq : « Tu ne sais pas ce que c’est ?... Et tu te prétends être un grand cuisinier ? »
Much : « Je ne prétends pas être un grand cuisinier. J’aime bien manger, c’est tout ! »
Robin : « En tout cas, cela provient de notre campement. »
Ils accélèrent la cadence, distançant les villageois à pied. Arrivés au camp, Robin et les autres mirent pied à terre. Ils regardèrent en direction du foyer et ils virent un énorme chaudron d’où s’échappait une légère fumée. Will remuait son contenu tout en discutant avec Allan, debout, à ses côtés. Ils s’approchèrent en silence. Allan, s’apercevant de leur arrivée, vint à leur rencontre.
Allan : « Bienvenue mesdames et messieurs… à l’auberge ‟Chez Allan et Will″ ! »
Il se mit sur le côté, les invitant à approcher du feu.
Allan : « Aujourd’hui, nous avons un menu spécial. Si ces messieurs dames veuillent bien se donner la peine d’avancer. »
Robin, souriant, passant devant lui, suivi de Much et des autres.
Much : « Mais qu’est-ce que c’est que cette histoire ? »
Djaq, passant devant Allan : « Tu devrais être couché, toi ! »
Allan : « Mais je me sens beaucoup mieux. »
Djaq : « Je devrais t’examiner ! »
Allan : « D’accord mais après le repas. »
Toute la bande se regroupa autour du chaudron.
Robin, pointant le chaudron : « Mais où avez-vous eu ça ? »
Will : « Nous sommes allés à Sittingbourne. Sachant que nous avions beaucoup de bouches à nourrir, les femmes du village nous l’ont gentiment prêté. Elles nous ont donné aussi des fruits et des légumes. »
Much, reniflant au-dessus du chaudron : « Et pour la viande ?... Qu’est-ce que c’est ? »
Allan, faisant un clin d’œil à Will : « Si notre expert veut bien se donner la peine de goûter ! »
Will, souriant, prit une cuillère, la plongea dans le chaudron et en sortit un morceau de viande qu’il tendit ensuite à Much. Solennellement, celui-ci avala le contenu de la cuillère.
Djaq, curieuse : « Alors ? »
Much, surpris : « Mais ce n’est pas du lapin ? »
Allan, fièrement : « Non ! C’est un animal plus gros. »
Much : « Du lièvre ? »
Allan : « Non…Plus gros ! »
Petit Jean : « Bon allez… Arrête ce petit jeu et dis-nous ce que c’est ! »
Allan, solennellement : « De la biche ! »
Much, ébahi puis ravi : « De la biche ? »
Allan, fièrement : « Oui, nous sommes allées à la chasse et nous sommes tombés sur un troupeau de biches ! »
Will, le reprenant : « Nous ? »
Allan : « Enfin je veux dire… Will est allé à la chasse… Mais je l’ai accompagné et nous sommes tombés sur tout un troupeau. Et Will en a eu deux. »
Robin : « Et vous avez préparé ce festin tout seul ? »
Allan : « Oui... Enfin les habitants de Sittingbourne nous ont un peu aidés … Alors on leur a donné le reste de la viande… On voulait vous faire une surprise pour votre retour. »
Will : « Vous êtes contents, j’espère ? »
Much, aux anges : « Ah oui ! Depuis le temps que j’attendais qu’on mange autre chose que du lapin ! »
Le reste de la troupe arriva au même moment en transportant le butin des mercenaires.
Allan : « Je vois que votre mission s’est bien passée ! »
Robin : « On ne peut mieux ! Nous n’avons pas eu de morts mais seulement quelques blessés et nous avons rapporté quelques souvenirs. »
Much, prenant une assiette : « Mais on va vous raconter tout ça pendant le repas ! »
Toute la bande rit devant l’impatience de Much.
Will : « Much ?... Tu vas avoir l’insigne honneur d’être le premier à savourer notre menu spécial. »
Fièrement, Much tendit son assiette. Will le servit.
Much, après avoir pris une bouchée : « Mumm… C’est succulent ! »
Robin : « Puisque maître Much approuve votre pitance, à nous à présent ! »
Robin tendit son assiette, imité par le reste de la troupe. Les uns derrière les autres, Will servit tout le monde. Puis les villageois s’isolèrent afin de déguster ce délicieux repas. Les hors-la-loi se retrouvèrent donc entre eux.
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Pendant que les hors-la-loi renseignèrent Allan et Will sur ce qui s’était passé au campement des mercenaires, à quelques kilomètres de là, l’heure était à l’inquiétude…

Suivie d’Annie, Marianne arriva dans la grande salle pour déjeuner avec Lady Jane. En effet, Simeon avait exigé que les deux femmes prennent au moins un repas par jour, en sa présence, dans la grande salle. Ne pouvant sans cesse l’éviter, Jane avait été contrainte d’accepter.
Jane : « Quelque chose vous préoccupe, Marianne ? »
Marianne s’assit à la table en regardant autour d’elle.
Jane : « Il n’est pas encore arrivé. Vous pouvez parler librement. »
Marianne, se servant du lait : « Je n’ai pas eu de nouvelles de Robin. C’est inquiétant. »
Jane : « Ne vous en faites pas… Je suis sûre qu’ils sont trop occupés à restaurer l’autorité de mon frère pour nous faire part de leurs moindres faits et gestes. Et je suis certaine qu’il le fera quand cela lui sera possible. »
Marianne : « Oui. Dès qu’il aura besoin de moi, évidemment ! »
Jane se mit à rire ce qui détendit Marianne. Seule, Annie, à ces côtés, n’était pas d’humeur joyeuse. Elle continuait de s’inquiéter pour son bien-aimé.
Jane, s’apercevant de la tristesse d’Annie : « Ne t’en fais pas. S’il était arrivé malheur à l’un de nos fiancés, Robin nous aurait fait prévenir immédiatement. Donc c’est plutôt rassurant de ne pas avoir de nouvelles, non ? »
C’était une façon originale de voir les choses et, finalement, cela convint très bien à la jeune femme. Elle se convainquit que Lady Jane avait raison et elle chassa ses idées noires.
Simeon, entrant dans la pièce : « Ah !... Cela me fait plaisir de vous voir aussi rayonnante, Mesdames ! »
Aussitôt les visages de ces dames se refermèrent et affichèrent un sourire de façade. Simeon ne s’en offusqua pas et vint s’asseoir à la table à la place habituellement réservée au seigneur du comté.
Jane, sèchement : « Ce siège est à mon frère ! »
Simeon, se penchant vers elle : « Mais il sera mien lorsque nous serons mariés ma chère et tendre, alors inutile d’attendre cet heureux évènement et commencez à vous y faire ! »
Simeon se servit dans les plats sans plus de façons.
Simeon : « Que comptez-vous faire aujourd’hui, Mesdames ? »
Marianne : « Je désirerai faire une balade à cheval… Votre comté est magnifique et Jane pourrait me… »
Simeon, l’interrompant : « Je crains que cela soit impossible ! »
Jane : « Et pourquoi cela, je vous prie ? »
Simeon : « C’est pour votre sécurité, Milady… Des émeutes ont encore éclatés hier soir. D’ailleurs, je m’apprête à partir pour retrouver ses bandits. »
Marianne : « Et où cela s’est-il produit ?... Nous pourrions vous accompagner afin d’aider ces malheureux ? »
Simeon : « Je regrette mais je me vois dans l’obligation de refuser. C’est encore beaucoup trop dangereux. Vous comprenez… Les villageois sont furieux d’être victimes des pillages et ils en tiennent le château pour responsable… »
Marianne, avec ironie : « Et ont-ils tort selon vous ? »
Simeon, ne relevant pas la remarque cinglante de Marianne : «… Par conséquent, ils pourraient s’en prendre à vous. Je ne pourrai pas assurer votre protection car j’ai besoin de tous mes hommes afin d’arrêter ce bandit de Robin des bois ! »
Marianne, piquée au vif : « Robin des bois, dites-vous ? »
Simeon : « Oui, ma chère. C’est bien ce que j’ai dit ! »
Jane : « Vous pensez que c’est Robin le responsable de ces pillages ? »
Simeon : « Affirmatif ! »
Jane : « Mais c’est ridicule ! Robin n’était pas encore arrivé que les pillages avaient déjà commencé. »
Simeon : « En tout cas, les villages, pillés hier soir, sont tous à proximité de la forêt. Coïncidence ?... Par ailleurs, Messire Gisborne m’a affirmé que ce Robin des bois commettait déjà de semblables délits à Nottingham. »
Marianne : « Est-ce également une coïncidence que le shérif soit arrivé de Nottingham au moment où les pillages ont débutés ? »
Simeon, terminant son repas : « Ne vous posez pas tant de questions, Lady Marianne. Vous êtes ici l’invité de Lady Jane. Vous n’avez pas à vous préoccuper des affaires du comté. Restez donc à votre place et laissez-moi gérer cette affaire à ma guise, voulez-vous ? »
Face à ses propos sexistes, Marianne aurait voulu répliquer avec fougue mais un serviteur vint interrompre leur conversation. Ce dernier se pencha à l’oreille de Simeon. Au fur à mesure que le serviteur lui parlait, le visage de Simeon se décomposa. Visiblement contrarié, il congédia sèchement le domestique d’un geste de la main.
Marianne, avec un sourire espiègle : « Un ennui, Messire ? »
Simeon, regardant froidement les convives : « Veuillez vous retirer dans vos appartements, Mesdames ! Je dois m’entretenir d’affaires urgentes ! »
Marianne : « Mais pour la balade à cheval… »
Jane, l’interrompant : « Marianne ?... Il vaudrait mieux suivre les conseils de Messire Blackson et rester ici… C’est pour votre sécurité, bien entendu. »
Simeon, sèchement : « Suivez donc les conseils de votre cousine et retirez-vous, je vous prie ! »
Marianne voulut une nouvelle fois protester car elle tenait absolument à faire cette balade à cheval dans l’idée d’aller retrouver Robin. Mais son regard se posa sur sa cousine qui la fixa avec insistance. Apparemment, cette dernière avait une autre idée en tête.
Marianne, visiblement contrariée et se relevant : « Bien. »
Jane, Elisabeth et Annie l’imitèrent et les jeunes femmes se retirèrent. A l’extérieur de la grande salle, Jane ne retourna pas dans la partie du château où se situaient leurs appartements. Elle se dirigea plutôt vers une petite porte dérobée.
Marianne, surprise : « Mais où allez-vous ? »
Jane, ouvrant la porte et lui faisant signe : « Venez ! Vous verrez bien ! »
Les quatre femmes montèrent un escalier de pierre très étroit.
Jane, en montant et baissant d’un ton : « On venait souvent ici avec Matthew et Andrew pour espionner père… [Arrivant en haut de l’escalier]… Chuuut !!! »
Elle ouvrit une seconde porte qui déboucha sur une galerie surplombant la grande salle. Elles se cachèrent dans la partie de la galerie faisant face à la cheminée et donc à la table où se trouvait Simeon. Cette galerie était réservée habituellement aux musiciens mais uniquement lors de grandes manifestations tels que les mariages, la visite de personnalités et autres banquets offerts par le châtelain. En dehors de ces évènements, cette galerie était constamment dissimulée par une grande tapisserie qui courait du sol au plafond.
Simeon était nerveux. Il s’était relevé de table et faisait les quatre cent pas devant la cheminée. Il ne se passa rien pendant de longues minutes puis un serviteur annonça l’arrivée d’un visiteur. Simeon se retourna vers la porte.
Simeon : « Je vous attendais !... Votre coursier m’a prévenu de votre arrivée imminente. »
Gisborne entra dans la pièce, visiblement contrarié lui-aussi.
Gisborne, mécontent : « J’aurais préféré vous revoir dans d’autres circonstances. »
Simeon, inquiet : « Mais enfin que se passe-t-il ?... Je croyais que les pillages devaient continuer. »
Gisborne, scrutant la pièce : « Pouvons-nous parler librement ? »
Simeon : « Bien sûr… Entrez... »
Gisborne souffla puis : « Ce n’est pas donc pas vous qui leur avez donné des ordres dans ce sens ? »
Simeon, ne comprenant pas : « Non !... Bien sûr que non ! »
Gisborne, mécontent : « Et pourtant, lorsque je me suis rendu à Canbrook ce matin afin de les aider, le village était intacte… Il n’avait subi aucunes attaques depuis plusieurs semaines. Je ne comprends pas…. Nous étions convenus qu’il serait attaqué au petit matin afin que mes hommes et moi puissions faire la distribution de vivre dans la matinée. »
Simeon, essayant de se défendre : « Je sais oui ! Mais… »
Gisborne, l’interrompant : « J’ai envoyé mes hommes dans les autres villages que nous devions visiter et rien. Les pillages n’ont pas eu lieu… Alors je me suis dit que vous y étiez pour quelque chose ! »
Simeon, sur la défensive : « Mais non enfin !... Je vous assure que non ! »
Gisborne, soupçonneux : « Pourtant vous étiez formellement opposé à ce que les pillages continuent ? Pas vrai ? »
Simeon : « Il est vrai que cela me semblait inapproprié maintenant que je tenais le comté mais je n’ai pas donné d’ordre dans ce sens. Je vous assure ! Avez-vous envoyé des hommes au camp des mercenaires ? »
Gisborne, se calmant : « Oui… Ils devraient être de retour d’ici quelques minutes. Je leur ai dit de me retrouver ici ! »
Simeon : « Très bien… Dans ce cas, nous allons les attendre et nous tirerons cette affaire au clair... Tenez… Prenez un siège. »
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A l’étage…
Marianne, murmurant : « Cela signifie que Robin a réussi à se débarrasser des mercenaires ! »
Jane, sourire aux lèvres et sur le même ton : « Oui… Enfin de bonnes nouvelles. »
Marianne : « Ecoutons la suite pour en informer Robin ! »
Elles reportèrent leur attention sur les deux compères attablés en bas.
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En bas, près de la cheminée…
Les deux hommes s’assirent et se firent servir à boire.
Gisborne, abattu, en buvant une gorgée : « Si jamais le shérif venait à apprendre que… »
Une voix masculine, derrière lui : « Apprendre quoi ? »
Gisborne se retourna et, ébahi, se leva de sa chaise, imité par Simeon.
La voix : « Apprendre quoi… Hein, Gisborne ? »
Gisborne, surpris : « Monseigneur ? »
Le shérif entra dans la pièce les mains derrière le dos, satisfait de l’effet qu’il provoquait sur ses hôtes.
Le shérif, se plantant devant Gisborne : « Apprendre quoi ?... Que vous êtes incompétent ?... ça, je le savais déjà ! »
Gisborne : « Mais Monseigneur… »
Le shérif, le coupant : « Mais il est vrai que vous n’êtes pas le seul à avoir cette qualité. N’est-ce pas Blackson ? »
Simeon : « Monseigneur ?... Avec le tout le respect que je vous dois… »
Le shérif, le coupant : « Le respect ?... Vous osez parler de respect alors que vous n’êtes pas capable d’exécuter mes ordres. Vous ne méritez pas d’être capitaine des gardes. Tout juste bon à être un valet d’écurie et encore… »
| «… Quant à vous Gisborne, je suis déçu. Pour une fois que je vous confie l’entière responsabilité d’une opération, tout fout le camp ! » | ![]() |
Gisborne : « Mais comment vous savez… »
Le shérif, parcourant et admirant la pièce : « J’ai aussi mes sources, Gisborne. Qu’est-ce que vous croyez ?… Que je suis devenu shérif par la simple volonté d’un prince arrogant et borné ? »
Gisborne aurait bien voulu lui dire le fond de sa pensée mais il jugea qu’il était préférable de ne pas attiser sa colère.
Le shérif : « Alors faisons le point, voulez-vous ? Tout d’abord, j’ai attendu le petit comte afin qu’il me verse les indemnités qu’il me devait et il n’est jamais paru à Nottingham… »
Gisborne : « C’est Robin des bois qui… »
Le shérif, poursuivant sans prêter attention à Gisborne : «… Par ailleurs j’apprends que Robin est ici… Coïncidence ? Réponse… Non !… [Mécontent]… Robin est ici pour aider ce jeune freluquet prétentieux… Mais, que ce soit ici ou à Nottingham, vous n’arrivez pas à l’attraper ! »
Gisborne : « J’ai pourtant dit à Blackson de… »
Sans prêter davantage attention à Gisborne, Le shérif, se tournant vers Simeon : « Ah Blackson !… Quel est votre problème ? »
Blackson, baissant la tête : « Je ne comprends pas, Monseigneur. »
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« Gisborne vous a ordonné de tuer Robin des bois et, au lieu de ça, j’apprends qu’il s’est échappé. Vous ne savez donc pas obéir à un ordre simple ? Hum… » |
Blackson : « Je ne pouvais pas prévoir que… »
Le shérif, sur un ton cassant : « Il faut toujours prévoir, Blackson… Toujours prévoir le pire…. Sinon vous n’irez pas loin !... Vous vous êtes crus déjà le maître de ses lieux, n’est-ce pas ? »
Blackson : « Non. Non. Monseigneur… Je… »
Le shérif, le coupant : « Mais vous ne l’êtes pas encore mon ami… Vous êtes mon larbin pour le moment. Tâchez de ne pas l’oublier ou sinon vous pourriez le regretter amèrement. C’est bien compris ? »
Blackson : « Oui, Monseigneur ! »
Gisborne afficha un sourire de satisfaction.
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« Ne pavoisez pas trop, Gisborne ! ... » |
Le shérif : «… Je reviens à l’instant du manoir et je constate que non seulement les vivres et les provisions que j’y avais stocké pour notre opération ont été dérobés mais qu’un plus la grange a été incendiée ! »
Gisborne : « C’est Robin ! »
Le shérif, soufflant : « Oui. Oui. Oui. Encore Robin !... Et vos gardes à quoi vous servent-ils, hein ? Sont-ils tous aussi incompétents que vous ? »
Au même moment, un garde se présenta à la porte.
Le shérif, mécontent : « Que veux-tu ? »
Le garde : « J’ai un message pour Messire Gisborne. »
Gisborne : « Parle ! »
Le garde : « Je me suis rendu au camp des mercenaires conformément à vos ordres, Messire. Mais je n’ai trouvé personne. »
Gisborne, surpris : « Personne ? »
Le garde : « Personne… Leur bateau n’était plus là. Mais je peux affirmer que leur campement a été la proie d’un incendie. »
Blackson : « D’un incendie ? »
Le garde : « Oui, Messire. Nous avons trouvé à deux endroits des braises encore chaudes et qui ne provenaient pas de leurs feux de camp. »
Gisborne lui fit signe de se retirer. Le garde sortit de la pièce.
Gisborne : « Locksley ! »
Le shérif, s’énervant : « Eh bien, bravo messieurs ! »
Gisborne : « Monseigneur, je n’y suis pour rien. C’est Blackson qui aurait dû… »
Blackson, l’interrompant : « Je ne pouvais pas savoir… »
Gisborne, le coupant : « JE VOUS AVAIS DONNE UN ORDRE ! »
Blackson : « MAIS VOUS N’AVIEZ PAS A ME DONNER D’ORDRE… »
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Le shérif, hurlant de colère : « ÇA SUFFIT, VOUS DEUX !... ON DIRAIT DEUX MEGERES ! » |
Le shérif arpenta la pièce afin de faire retomber sa colère.
Gisborne : « Qu’allons-nous faire, Monseigneur ? »
Le shérif, réfléchissant tout haut : « Nous ne pouvons plus compter sur les mercenaires. Mais sans eux, il n’y a plus de pillages et donc, on ne peut plus monter la population contre le Comte de Kent !... Par conséquent, nous ne pourrons pas récupérer le comté pour notre opération et sans cela, je ne retrouverai pas les faveurs du Prince Jean. »
Gisborne : « Il est possible que ce que nous avons fait jusqu’à présent peut suffire au Prince pour destituer le Comte de Kent ?... Après tout, il a signé une reconnaissance de dette qu’il n’a pas honorée. Rien qu’avec cela, vous pourriez le faire mettre en prison ? »
Le shérif : « C’est vrai que j’ai toujours sur moi la reconnaissance de dette mais cela ne suffira pas pour le destituer de ses terres. Et si je vais à Londres pour voir le Prince et que, pendant mon absence, Locksley en profite pour renverser la situation au profit du Comte… Quand les hommes du Prince Jean viendront pour s’assurer de mes déclarations, mon avenir se résumera aux quatre murs d’un cachot… Enfin, si j’ai de la chance !... Non. Non. Il faut reprendre l’avantage. »
Gisborne : « Mais comment ? »
Blackson : « Il faudrait faire appel à d’autres mercenaires ! »
Le shérif se retourna subitement vers lui.
Le shérif : « Voilà qui n’est pas bête ! »
Gisborne : « Mais Monseigneur ?... Cela va prendre des mois ! »
Le shérif : « Pas pour de faux mercenaires ! »
Blackson : « Des faux mercenaires ? »
Le shérif : « Oui… Vous allez prendre une vingtaine de vos hommes et les déguiser en affreux bandits venus de l’étranger. »
Blackson : « Mes hommes refuseront de le faire. Ils sont originaires d’ici. Leurs familles vivent ici. »
Le shérif, agacé : « Eh bien, on se passera d’eux. Gisborne ?... Vous m’avez bien compris ? »
Gisborne : « Parfaitement, Monseigneur… Et quand voulez-vous commencer ?... Dès ce soir ? »
Le shérif : « Non !... Comme je viens d’arriver dans le comté, je vais passer la journée à me montrer à ces braves gens afin de les rassurer… Non… Disons demain soir… Attaquez de préférence les villages éloignés de la route d’Ashford. »
Gisborne se tourna vers Blackson qui connaissait davantage la région.
Blackson : « Dans ce cas, je vous suggère Sittingbourne. »
Le shérif, regardant les deux hommes avant de quitter la pièce : « Parfait ! Et ne me décevez pas cette fois-ci, messieurs. »
Blackson et Gisborne se courbèrent devant le shérif. Gisborne attendit que le shérif soit parti puis regarda froidement Blackson. Les deux hommes se regardèrent avec défiance sans dire un mot puis Gisborne quitta la pièce.
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A l’étage…
Marianne enregistra chaque mot de la conversation. Il fallait maintenant donner ses informations à Robin. Mais comment entrer en contact avec lui ? Les quatre femmes rebroussèrent chemin en silence. Arrivées au bas de l’escalier, elles attendirent qu’il n’y ait plus personne dans le hall d’entrée de la grande salle avant d’ouvrir prudemment la porte. Marianne conduisit son hôte dans ses appartements. Annie referma la porte derrière elle.
Marianne : « Nous devons absolument prévenir Robin ? »
Jane : « Moi, je veux bien mais comment ?... Blackson a interdit notre promenade à cheval ! »
Marianne, déterminée : « Eh bien, j’irai quand même ! »
Annie : « Vous n’y pensez pas. Défier Blackson est beaucoup trop dangereux ! »
Marianne : « Je sais bien mais comment veux-tu faire ?... Il faut absolument prévenir Robin des intentions du shérif ! »
Une voix masculine, derrière elle : « Ah je reconnais bien là ma douce et belle Marianne ! »
Elles sursautèrent toutes puis se retournèrent. Caché derrière le paravent, un homme apparut. Il s’agissait de Robin, sourire aux lèvres et bras croisés. Il appuya son épaule sur un des montants du lit à baldaquin.
Robin, espiègle : « [Les saluant]… Mesdemoiselles !... [Regardant Marianne]… Toujours aussi impulsive ! »
Marianne, soulagée : « Robin ! »
Les quatre femmes se détendirent d’un seul coup. Marianne se jeta dans les bras de son bien-aimé et l’embrassa.
Marianne, mettant fin au baiser : « Mais comment savais-tu que je voulais te parler ? »
Robin : « Je l’ignorais. J’étais juste venu apporter à Annie des nouvelles d’Allan. »
Annie perdit subitement son sourire craignant qu’il soit arrivé malheur à son cher et tendre. Mais Robin l’a rassura aussitôt.
Robin : « Ne t’inquiète pas. Il est sorti d’affaire… »
Soulagée, les épaules d’Annie s’affaissèrent.
Robin, poursuivant : «… Il est convalescent mais il va bien. D’ailleurs avec Will, ils nous ont préparé un festin de roi ! »
Annie, surpris : « Ah bon parce qu’il sait cuisiner ? »
Robin, surpris : « Euh… Oui pourquoi ? »
Annie, mettant les mains sur les hanches : « Parce que quand il est avec moi, il dit qu’il ne sait pas cuisiner donc il vaut mieux que je m’en charge ! »
Robin, embarrassé : « Ah euh… Je ne sais pas… Euh c’est Will qui a dû… préparer le repas, je suppose ! »
Annie : « Ah tu vas voir mon gaillard !… Il va voir de quel bois je me chauffe, Allan de Dalle ! »
Robin : « Euh… Oui bon… [Se tournant vers Marianne] En tout cas, je suis venu te dire que nous avons réussi notre mission. Les mercenaires sont partis ! »
Marianne : « Nous le savons. Un messager l’a appris à Gisborne. Ah oui au fait ! Tu ne connais pas la dernière ?... Le shérif de Nottingham est revenu. »
Robin, sérieux et inquiet : « Le shérif est revenu ? »
Marianne : « Oui et c’est pas tout. Il projette de faire passer des soldats pour des mercenaires et d’attaquer Sittingbourne pour te discréditer. »
Robin : « Quand ? »
Marianne : « Demain soir ! »
Robin ferma les yeux. Cette nouvelle ne l’arrangeait pas.
Marianne : « Tu dois te porter au secours de Sittingbourne. Organise la défense du village et… »
Robin, l’interrompant : « Non !... Nous n’aurons pas le temps et puis cela ne résoudra rien. Le lendemain, ce sera un autre village puis le lendemain encore un autre. Nous ne pourrons pas continuellement assurer la défense de chacun des villages. Il faut absolument prendre les devants, et ce, dès demain soir ! »
Marianne : « Tu veux dire… »
Robin : « Oui !... Nous devons prendre d’assaut ce château, demain soir ! »
Marianne, inquiète : « Mais de combien d’hommes disposes-tu ? »
Robin : « Pas beaucoup mais avec un peu de chance, cela suffira. Que peux-tu me dire sur les habitudes des gardes ? »
Marianne : « Dans la journée, ils patrouillent par groupe de quatre hommes et il y a quatre sentinelles. Mais la nuit, ils sont moins nombreux. Quatre gardes surveillent le pont-levis, deux font des rondes sur les remparts et enfin deux soldats gardent l’entrée des baraquements donnant sur la cour. »
Robin : « Des baraquements ? »
Jane : « Oui, notre château dispose d’une aile où loge tous les soldats. C’est le bâtiment à gauche en entrant. Dans la journée, il n’y a personne. »
Robin, réfléchissant : « Donc la nuit, les soldats y sont tous regroupés ? »
Jane : « Oui, à part deux patrouilles qui restent à l’intérieur du château pour assurer notre sécurité. »
Robin : « De combien d’entrées disposent ces baraquements ? »
Jane : « Deux. Une sur la cour et l’autre à l’extrémité Nord du bâtiment, à l’intérieur du château. On peut ainsi aller directement dans les baraquements sans sortir à l’extérieur. »
Robin : « Je vois !... Si on veut prendre le château sans trop de risque, nous devrons le faire le soir quand la plupart des gardes seront couchés. »
Jane : « Oui mais dès qu’ils entendront l’alarme, ils débarqueront dans la cour et vous serez pris ! »
Robin : « Pas si on arrive à les coincer à l’intérieur ! »
Marianne : « C’est faisable. En me promenant dans la cour, j’ai remarqué que le bâtiment avait des barreaux à toutes les fenêtres du rez-de-chaussée et, quant à la porte, une simple corde solidement attachée aux deux poignés devrait suffire ! On peut s’en charger ! »
Robin, inquiet : « Qui ça ‟on″ ? »
Marianne, avec un grand sourire : « Eh bien nous, les femmes ! »
Robin n’était pas très chaud pour qu’elles prennent part activement à son opération.
Voyant qu’il allait refuser, Marianne : « De toute façon, tu n’as pas d’autres solutions. N’est-ce pas ? »
Robin dut admettre qu’elle n’avait pas tort et il détestait ça.
Robin, sceptique : « Et comment comptes-tu t’y prendre ? »
Marianne, enthousiaste : « On neutralise les gardes et on bloque les deux entrées en même temps ! »
Robin : « Et comment neutralises-tu les gardes ? »
N’ayant pas réfléchi à la question, Marianne, embarrassée : « Euh... »
Jane : « Moi, je sais ! »
Tout le monde se tourna vers elle.
Jane : « On leur fait boire une potion qui endort ! »
Marianne : « Tu as de telles potions ici ? »
Jane : « Non… Mais je sais qui peut en avoir. Ozias en donne fréquemment à mon frère quand il a des insomnies ! »
Robin : « Cet Ozias ?... Est-il sûr ? »
Jane : « Aussi sûr que mon propre frère ! Je suis certaine qu’il nous aidera ! »
Marianne, la mine réjouie : « Parfait ! »
Robin, moins enthousiaste : « Bien. Cela neutralisera une bonne partie des gardes mais il reste un problème majeur. Comment entrer dans le château en grand nombre ? »
Jane : « Les remparts sont infranchissables. Ils sont trop hauts pour pouvoir être escaladés. »
Robin : « Il ne reste donc que le pont-levis… Je ne vois qu’un seul moyen… Je viendrai avec un petit nombre d’hommes. Nous passerons par le même chemin que j’ai pris pour arriver ici puis nous attaquerons les gardes qui surveillent l’entrée. On fait sonner l’alarme. On descend le pont-levis et on pénètre tous dans la cour. »
Marianne, ravie de participer à l’opération : « Oui. Je crois que c’est un bon plan. »
Robin, sourire aux lèvres : « Content qu’il te plaise… Puisque j’ai ton accord, est-ce que je peux y aller maintenant ? »
Marianne, imitant son ton narquois : « Oui, tu peux y aller maintenant ! »
Il l’enlaça et l’embrassa tendrement. Puis il mit fin au baiser.
Robin : « Je dois y aller. Fais-bien attention à toi. »
Marianne : « Arrête de t’inquiéter pour moi ! »
Robin : « Je n’y peux rien. Je ne peux pas m’en empêcher ! »
Marianne : « C’est plutôt moi qui devrais m’inquiéter. Car je ne voudrais pas que tu tombes dans un traquenard et que je sois encore obligée d’aller te secourir ! »
Robin préféra ne pas répondre à sa provocation puisque il était certain de ne pas avoir le dernier mot.
Robin, souriant : « Rendez-vous ici, demain soir, à la nuit tombée ! »
Marianne : « Je vous attendrai… Je prétexterai une migraine pour me coucher tôt ! »
Robin lui fit un clin d’œil et quitta les appartements de Marianne.
Annie, avec inquiétude : « J’espère que tout se déroulera bien suivant le plan. »
Marianne, souriant : « Il n’y a pas de raison ! »
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