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Série : Robin Hood
Création : 15.12.2014 à 10h01
Auteur : byoann
Statut : Terminée
« Il s'agit de la suite de l'épisode "Le pardon". Cet EV comporte 26 chapitres. J'écris seul merci. » byoann
Cette fanfic compte déjà 48 paragraphes
CHAPITRE XXIV
« POUR LA DEFENSE DE VOTRE TERRE... POUR L'ANGLETERRE ! »
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vec précaution, Robin s’en retourna au campement. La plupart de ses habitants se reposaient, allongés dans l’herbe. Seul un petit nombre d’entre eux éprouvait le besoin de s’occuper. Petit Jean pansait les chevaux avec deux paysans. Much finissait de ranger la vaisselle. Will s’était remis à fabriquer des flèches afin de remplacer celles perdues dans la bataille contre les mercenaires. Godwin entraînait à l’épée un groupe de jeunes villageois ainsi que le Comte en personne. Et Djaq finissait d’examiner les blessures d’Allan. |
Djaq : « Très bien. La plupart de tes blessures sont guéries. Il ne reste que quelques hématomes au niveau de l’abdomen et ta blessure à l’épaule. Mais elle est en voie de guérison, elle aussi. »
Allan : « Pourtant, je me sens toujours un peu faible. »
Djaq, sur un ton de reproche : « Ça, c’est parce que tu ne te reposes pas assez, Allan de Dale !... Tu vas me faire le plaisir de passer le reste de la journée allongée ! »
Allan : « Ouais mais après je n’arriverai pas à dormir, moi, cette nuit ! »
Mécontente, Djaq expira profondément : Il était pire qu’un enfant de quatre ans.
Arrivant près d’eux, Robin : « Mais tu n’as pas fini de te plaindre !... On croirait entendre Much ! »
Heureusement, Much, trop loin, n’entendit pas sa remarque. Allan, surpris, se releva d’un seul bond au grand désespoir de Djaq.
Djaq, sur un ton de reproche : « Allan ! »
Will, souriant, à Djaq : « Tu ne le changeras pas ! »
Allan, bombardant Robin de questions : « Alors ? Tu as vu Annie ?... Elle va bien ?... Elle ne s’inquiète pas trop ? »
Robin, s’asseyant : « Holà ! Holà ! Doucement… Ah ! L’impatience de l’amoureux ! »
Toute la bande rit, excepté Allan qui n’aimait pas que l’on plaisante sur sa relation avec Annie. Petit Jean se joignit au groupe. Voyant que Robin était revenu, Godwin et James se joignirent aux hors-la-loi.
Robin : « Ne t’inquiète pas… Les femmes vont bien, même très bien puisque elles m’ont aidé à mettre au point un plan pour prendre le château. »
Allan : « Est-ce qu’elle t’a parlé de moi ? »
A nouveau, toute la bande rit de devant l’impatience enfantine et le manque de concentration de leur compagnon.
Robin : « Oh oui !... Elle a parlé de toi et je crois… Enfin je dirais plutôt… Je crains qu’elle ait une surprise pour toi ! »
Allan, réjoui : « Ah oui ?... Qu’est-ce que c’est ? »
Petit Jean : « Bon, ça suffit… Il y a des choses plus importantes ! »
Robin, souriant : « Jean a raison. »
Allan : « Désolé ! »
Robin : « Ça fait rien... Cela nous fait plaisir de te voir comme ça ! »
Djaq, sur un ton de reproche : « Oui mais il devrait plutôt être en train de se reposer ! »
Allan : « Bon, ça va… Je m’assois et je me tais ! »
Allan alla se rasseoir sur sa couchette puis se laissa tomber sur le dos.
Will, riant : « Nous avons deux Much sur les bras à présent ! »
Arrivant de la rivière, Much : « On parle de moi ? »
Ne voulant pas que cela dégénère, Robin : « Non, pas du tout… Asseyons-nous !... Je vais vous expliquer mon plan. »
Robin demanda à Godwin de faire un plan schématique du château sur le sol afin qu’il puisse expliquer son plan. Une fois terminé, Robin leur détailla son plan dans les moindres détails. Il répondit patiemment à chacune de leurs questions afin que tout soit parfaitement clair pour tout le monde.
Petit Jean : « Qui vas-tu désigner pour t’accompagner ? »
Robin : « Djaq, Will, Much et toi. »
Allan, surpris : « Ben et moi ? »
Robin : « Tu n’es pas encore suffisamment bien rétabli, Allan ! »
Allan : « Mais si… »
Robin le regarda d’un air sceptique.
Allan : « Euh… Bon d’accord… Pas tout à fait, je l’admets ! Mais je pourrais très bien m’occuper de l’alarme du château, par exemple. »
Robin : « Tu crois que tu vas pouvoir faire sonner le tocsin avec un seul bras ? »
James : « Je pourrais l’accompagner ? »
Robin : « Non, je préfèrerais que tu supervises un des groupes de villageois avec Godwin. Il est important que ces gens voient leur seigneur se battre à leur côté. Tu comprends ? »
James : « Oui, je comprends ! »
Allan, s’entêtant : « Je peux le faire. Fais-moi confiance ! »
Robin, ferme : « Désolé, Allan ! Mais je préférerais que tu restes ici. Tu n’as pas encore retrouvé tes pleines capacités. Je ne veux pas prendre de risque. »
Alors que Robin ne cherchait qu’à le protéger, Allan prit cela comme une preuve de manque de confiance de sa part envers lui. Blessé, il baissa la tête sans répondre. Un silence pesant tomba alors sur la bande.
Much, d’une voix timide : « Euh… Cela ne fait que quatre personnes contre trois patrouilles ! »
Robin, espiègle : « Et alors ?... Cela fait deux soldats chacun. Nous sommes les hors-la-loi de Sherwood, non ? Cela ne devrait pas nous faire peur, pas vrai ? »
Much, sceptique : « Ouais… à condition qu’il n’y ait pas d’autres patrouilles qui se cachent ailleurs que Marianne aurait omis de nous parler ! »
Djaq : « Oh ce que tu peux être négatif ! »
Much : « Je ne suis pas négatif, je suis prévoyant. Nuance ! »
Petit Jean : « Tu crois qu’on sera assez nombreux ? »
Robin : « Oui, je pense. Je vais renvoyer les villageois chez eux afin qu’ils distribuent les vivres que nous avons volés aux mercenaires. De ce fait, ils pourront convaincre d’autres hommes de se joindre à nous. Mais nous n’aurons qu’une journée pour les préparer. »
Petit Jean, inquiet : « Une journée ? »
Robin : « Oui, je sais, c’est très court. Mais cela devrait suffire. J’espère que nous n’aurons pas à nous battre bien longtemps. Je compte sur l’effet de masse pour impressionner les soldats et les contraindre à se rendre sans combattre. »
Will : « D’accord... Et qu’est-ce qu’on fait en attendant ? »
Robin : « Will… Tu vas remplacer les flèches que nous avons utilisées contre les mercenaires et fabriquaient de nouveaux arcs pour demain… »
Will : « J’ai déjà commencé. »
Robin : «… Excellent... Much ?... Nous aurons besoin de vivres en grande quantité pour demain afin de nourrir tout le monde... »
Much : « Compris ! »
Robin : «… Djaq ?... J’aimerais que tu nous accompagnes, James, Godwin, Jean et moi dans les villages que nous allons visiter pour la distribution afin que tu puisses soigner les éventuels blessés. »
Djaq : « D’accord. Je prends mon sac à potions. »
Elle se releva pour aller chercher son sac quand elle vit Allan se redresser. Il aurait bien aimé participer mais Djaq lui fit les gros yeux en mettant ses deux mains sur les hanches. Sans échanger un mot, Allan comprit qu’il ferait mieux de se recoucher.
Allan : « Bon ben euh… Finalement, cette couche est très confortable ! »
Le reste de la bande se leva. Djaq partit chercher son sac à potions pendant que Robin vint se placer devant les villageois. Les hors-la-loi se placèrent en éventail derrière lui.
Robin : « Ecoutez-moi !... »
Il attendit que tous les villageois se réunissent devant lui.
Robin : « Ce matin, nous avons remporté une grande victoire !... »
Les villageois : « OUAIS !!!!! »
Robin : «… mais le combat n’est pas terminé !... Nous avons un dernier obstacle à surmonter et je ne pourrai pas le faire seul. J’ai besoin de vous ! »
Un des villageois : « Nous sommes tous avec vous, Robin ! »
Robin : « Merci, mon ami… Mais je crains que vous ne soyez pas assez nombreux car nous devons… prendre d’assaut le château de Maidstone. »
L’enthousiasme du début fit place à l’inquiétude. Chacun des villageois partagea ses craintes avec son voisin.
Un des villageois : « Surprendre des mercenaires au petit jour est une chose mais se battre contre toute une armée de soldats aguerris en est une autre ! »
Robin : « J’en ai conscience mais vous n’aurez pas à vous battre, en tout cas, pas contre toute l’armée… Mes hommes et moi, nous nous infiltrerons à l’intérieur du château et nous neutraliserons la plus grosse partie de la garnison. Puis, nous vous ouvrirons les portes. »
Un des villageois : « Et comment accomplirez-vous un tel exploit ? »
Robin : « Grâce à une complicité à l’intérieur du château… Mais ce qui est le plus important, c’est que, privés de renfort et devant le nombre important d’assaillants, les gardes seront contraints de se rendre avant même de se battre… Alors il est important d’augmenter notre nombre. C’est pourquoi, je vous propose de retourner dans vos villages avec une part des provisions que nous avons pris aux mercenaires et je vous demande de convaincre le plus d’hommes que vous pourrez afin qu’ils nous rejoignent !... Tous ensemble, nous vaincrons ! »
Les villageois : « OUAIS !!!!! »
Alors que l’enthousiasme gagnait à nouveau les rangs de la troupe, Petit Jean, Will et Much répartirent la nourriture entre chaque représentant des différents villages. Puis Robin leur fit une dernière recommandation.
Robin : « Surtout parlez-en uniquement à des hommes de confiance. Il ne faudrait pas que les espions de Gisborne soient informés de notre projet. »
Puis il leur donna rendez-vous le lendemain matin au lever du jour. Les hommes des villages les plus éloignés s’en allèrent les premiers. Robin choisit d’accompagner ceux qui retournaient à Sittingbourne, laissant Much, Will et Allan seuls au campement.
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En fin d’après-midi, à Sittingbourne…
Robin et ses compagnons s’arrêtèrent sur la place centrale du village. Ils attendirent que la curiosité des habitants soient plus fortes que leurs craintes et, qu’une fois qu’ils les eussent reconnus, qu’ils se rassemblèrent autour d’eux.
Robin : « Nous sommes venus ici afin de vous donner de la nourriture au nom de James Kent, ici présent, seigneur de ce comté… Venez... N’ayez pas peur… Approchez… Tout le monde aura droit à sa part. »
Les villageois s’approchèrent. Les hommes, issus de ce village et qui avaient accompagnés Robin, firent la distribution avec James et Petit Jean. Djaq avisa, dans la file d’attente, une jeune femme avec un enfant blessé dans ses bras.
Djaq : « Ton enfant a l’air souffrant… Je peux l’examiner si tu veux. »
La jeune femme hésita. Un des villageois distribuant la nourriture intervint.
Le villageois : « Tu peux lui faire confiance… Elle sait soigner les gens ! »
La jeune femme, tendant son enfant : « Ma fille a été brûlée lors de l’incendie de notre maison. »
Djaq : « Où pourrais-je m’installer pour la soigner ? »
Une autre femme : « Venez chez moi ! »
Djaq suivit les deux jeunes femmes jusqu’à une maison. Elle allongea le bébé sur la table.
Djaq : « Je vais lui appliquer cette potion puis je lui ferai un bandage. Tu devras t’assurer que son bandage reste propre et je te donnerai un peu de cette potion que tu lui appliqueras sur le bras chaque jour. »
La jeune femme, reconnaissante : « Entendu ! »
Djaq soigna le bébé sous le regard inquiet de la mère de l’enfant. Puis un autre villageois se présenta afin qu’elle vienne soigner un adolescent blessé par une épée. Pendant que la distribution se poursuivait, la rumeur d’une guérisseuse soignant tout le monde se propagea et Djaq fut très occupée. Dès que le chariot fut vide, un des villageois, ayant combattu à ses côtés, s’approcha de Robin.
L’homme : « Nous avons tout distribué ! »
Robin : « Parfait ! »
L’homme : « Pendant qu’on distribuait la nourriture, j’ai parlé avec des hommes de confiance et je leur ai donné rendez-vous au moulin. »
Robin : « Très bien… Jean, James ?... Venez avec moi ! »
Les quatre hommes se présentèrent au moulin.
Le villageois : « Voici les hommes qui ont accepté de vous suivre ! »
Robin : « Je vous remercie d’être venu. »
Il y avait une dizaine d’hommes qui avait accepté de l’aider dans leur projet de prendre d’assaut le château.
Robin : « Ils vous ont prévenu que c’était une entreprise risquée ? »
Les villageois : « Oui ! »
Robin : « Je ferai le maximum pour que cela n’arrive pas mais il est possible que certains d’entre vous n’en reviennent pas ! »
Un villageois : « Nous en sommes conscients. Mais nous préférons nous battre aujourd’hui pour ne plus avoir à nous soumettre plus tard ! »
Robin : « Très bien… Dans ce cas, permettez-moi de vous présenter l’homme qui vous mènera au combat… »
Ce faisant, il mit sa main sur l’épaule de James.
Robin : «… Le Comte de Kent ! »
Un villageois, méprisant : « Lui ?... Mais il n’a rien fait jusqu’à présent pour nous protéger ! »
Un autre villageois, mécontent : « Mon frère a été enlevé par les mercenaires et… [Il pointa James du doigt]… ses soldats n’ont rien fait pour nous aider à le retrouver ! »
Robin : « Il ne pouvait rien faire… C’est le shérif de Nottingham qui a tout manigancé. James était prisonnier dans son propre château… Les soldats ne lui obéissaient plus. Et c’est pourquoi il a fait appel à moi et à mes hommes. Il se bat maintenant avec nous pour reprendre le contrôle du comté ! »
Les villageois, méfiant vis-à-vis du jeune homme, discutèrent entre eux du fait d’être sous le commandement du jeune Comte.
Le villageois avec Robin : « Ecoutez-moi ! C’est vrai… Il vous dit la vérité. J’ai vu moi-même le Comte combattre les mercenaires et délivrer un groupe d’hommes qui, comme ton frère, avait été fait prisonnier ! »
Ces propos ébranlèrent la résistance des villageois
James : « Bon… Ecoutez !… C’est vrai que je n’ai pas pu empêcher ces mercenaires d’envahir nos terres comme mon devoir l’exigeait. Mais je peux vous promettre une chose. C’est que je donnerais ma vie pour reprendre le contrôle de nos terres et y assurer l’ordre et la justice. Je vous en fais le serment ! »
Les villageois discutèrent entre eux encore un petit moment puis l’un d’eux s’avança.
Le villageois : « Nous acceptons de vous suivre. »
Robin, lui donnant une poignée de main : « Tu ne le regretteras pas… Je vous laisse avec James. Il va vous expliquer notre plan. Quant à moi, je vous dis à demain matin à notre campement. »
Le villageois : « A demain ! »
Robin repartit avec Petit Jean.
Petit Jean : « Tu crois que ça va aller ? »
Robin, confiant : « Oui, j’en suis persuadé !... Ces hommes sont très motivés. Ils se battent pour leur liberté. C’est une bonne chose pour James de voir que ces hommes sont prêts à mourir pour une cause juste. C’est un bon exemple pour lui. »
Robin retrouva Djaq occupée à soigner un vieillard. Il l’accompagna dans sa tournée. En début de soirée, le dernier malade reçu ses bons soins.
Djaq : « C’était le dernier ! »
Robin : « Nous pouvons partir dans ce cas ? »
Djaq : « Oui. »
James arriva accompagné du villageois ayant combattu les mercenaires avec Robin.
Robin : « Nous devons repartir à présent. »
Le villageois : « Très bien. »
Robin : « Rejoignez-nous au campement le plus tôt possible demain matin afin de commencer l’entraînement ! »
Le villageois : « Entendu ! »
Robin le salua puis les hors-la-loi prirent le chemin du retour.
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Pendant que le recrutement allait bon train à Sittingbourne, Will et Much étaient partis à la chasse afin de préparer le repas du soir, laissant Allan tout seul.
Allan, dos appuyé contre un arbre, s’était mis à la fabrication de flèches. Même si c’était une activité déconseillée pour son épaule, il s’attela à cette tâche pour se désennuyer. Puisque Djaq voulait qu’il se repose, il ne pouvait donc pas aller à la chasse avec ses amis. Mais comme il mourrait d’ennui, il pensa que cette activité était un excellent compromis. Concentré sur la flèche qu’il était en train de tailler, il n’entendit pas Will et Much s’approcher de lui.
Much : « Devine ce qu’on a pris ? »
Allan sursauta et scruta les deux hommes à la recherche de leur gibier. Mais ils le dissimulèrent derrière leurs dos.
Allan, souriant : « Ben… Je sais pas ! »
Much, sourire aux lèvres, lui montra ses prises.
Allan, perdant le sien : « Du lapin ! »
Will, souriant : « On savait que ça te ferait plaisir. Alors on les a attrapés exprès pour toi ! »
Allan, sourire forcé : « Oh !... Fallait pas ! »
Much, s’asseyant à ses côtés : « Tu vas nous aider à préparer le repas ! »
Allan : « Quoi ?... Maintenant ? »
Will, s’asseyant à son tour : « Oui… Je suis sûr que Robin voudra qu’on mange de bonne heure car on devra se lever aux aurores demain matin. »
Much, souriant : « Alors on va préparer un succulent ragoût de lapin ! »
Allan, peu enthousiaste : « Oh… Comme j’ai hâte ! »
Much : « Quoi ? »
Allan : « Enfin Je veux dire… Comme j’ai hâte… d’y goûter ! »
Much : « Oh merci… ça c’est gentil ! »
Allan, regardant Will de travers : « Je t’en prie ! »
Ils préparèrent le ragoût tous ensemble. Il mijotait déjà dans la marmite lorsque Robin, James, Djaq et Petit Jean furent de retour à la nuit tombée.
Much : « Ah vous tombez bien, le dîner est prêt ! »
Robin, surpris : « Déjà ? »
Will : « On a supposé que tu voudrais manger tôt ! »
Robin : « Vous avez vu juste ! »
Robin vint s’asseoir autour du feu. Djaq alla examiner Allan un peu à l’écart pendant que Petit Jean et James s’occupaient des chevaux et du chariot.
Allan, voyant Djaq arriver : « Ah !... Je te jure que je n’ai pas bougé d’ici ! »
Djaq, s’agenouillant auprès de lui, souriant : « Je l’espère bien !... Retire ta chemise, je vais te faire un nouveau bandage. »
Il s’exécuta sans broncher. Elle l’examina et l’informa que la guérison se poursuivait. Elle lui refit son bandage et s’aperçut qu’il ne rouspéta pas contrairement à ses habitudes.
Djaq : « Qu’est-ce qu’il y a ? »
Allan, regardant le travail de Djaq : « Pourquoi ? »
Djaq : « Je sais pas. Tu as l’air ailleurs ! »
Allan : « Non... Je réfléchissais. »
Djaq : « A quoi ? »
Allan, gêné, ne répondit pas
Djaq, terminant son bandage : « Voilà, c’est terminé... Tu peux te rhabiller. »
Allan : « Merci. »
Il remit sa chemise.
Djaq, dévisagea son compagnon : « Tu penses à Annie, c’est ça ? »
Allan la regarda sans répondre. Voyant qu’il ne désirait pas se confier, Djaq n’insista pas. Elle retourna auprès des autres.
Much, servant Petit Jean : « Ben… Allan ne vient pas ? »
Djaq : « Non, pas tout de suite. »
Robin : « Il n’est pas souffrant au moins ? »
Djaq, recevant son assiette des mains de Much : « Pas physiquement du moins. »
Will : « C’est Annie, c’est ça ? »
Djaq hocha affirmativement de la tête.
Robin : « Je vois ! »
Il se dirigea vers Allan laissant son assiette dans les mains de Much qui la lui tendait.
Much : « Hé… Mais… Maître ? »
Robin, s’agenouillant devant Allan : « Tu penses encore à Annie ? »
Allan : « Mais qu’est-ce que vous avez tous avec Annie ?... En fait, non !... Je ne pensais pas à elle ! »
Robin le regarda fixement en se croisant les bras.
Allan : « En fait… Je pensais à notre mission. »
Robin, sceptique : « A notre mission ? »
Allan : « oui, parfaitement… Je pensais que peut-être… Il faudrait… »
Soudain, il s’arrêta, ferma les yeux puis souffla bruyamment. Il fut incapable de continuer à lui mentir.
Résigné, Allan : « Oh pis… Tu as raison. Je pense à Annie. Je me demande ce qu’elle fait en ce moment… Tu vois ?... Des trucs comme ça ! »
Robin : « T’en fais pas. Elle est probablement en train de dîner dans les appartements de Lady Jane afin de fuir le shérif ! »
Allan, inquiet : « Parce que le shérif est là-bas ? »
Robin : « Oui, il est arrivé à Maidstone dans la matinée ! »
Allan : « Mais pourquoi tu me l’as pas dit plus tôt ? »
Robin : « Je ne voulais pas t’inquiéter ! »
Allan ne répliqua pas mais il était évident qu’il était toujours mécontent.
Robin : « Cela ne sert à rien de te faire du mauvais sang pour elle… Nous attaquerons bientôt le château… Tu vas bientôt pouvoir la revoir, t’en fais pas… Sois patient ! »
Allan maugréa un peu puis réalisant qu’il se comportait comme un enfant, il finit par lui sourire.
Robin, se relevant : « Allez… Viens faire honneur au repas que Will et Much nous ont préparé ! »
Allan : « D’accord… [Sur un ton plus bas]… mais c’est encore du lapin ! »
Allan se leva. Robin mit son bras sur ses épaules et l’emmena vers les autres.
Robin : « Tenez !... Je vous amène un amoureux transi ! »
Allan : « Bon vous n’avez pas fini de me charrier avec ça ? »
Much : « Ben pour une fois que c’est pas moi qu’on charrie ! »
Toute la bande se mit à rire. Much tendit deux assiettes à Robin et Allan. Ils s’assirent avec les autres et prirent leur repas. Robin raconta à Will, Much et Allan leur expédition à Sittingbourne. C’est donc plein d’espoir qu’ils allèrent tous se coucher de bonne heure car le lendemain serait une journée cruciale pour l’avenir du comté, mais également, pour celui de l’Angleterre.
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Le lendemain matin…
Toute la troupe fut réveillée de bonne heure. Le jour se levait à peine. Robin espérait de tout son cœur que les recrutements dans les autres villages avaient bien fonctionné.
Much, avalant son petit déjeuner : « Vous croyez qu’on sera nombreux, maître ? »
Robin : « Je l’espère, Much… Je l’espère. »
Much : « Et si cela n’est pas le cas ? »
Robin ne répondit pas. Il n’avait pas le cœur de lui dire qu’il tenterait quand même l’opération afin de ne pas démoraliser l’équipe.
Djaq : « Nous verrons bien… Bassamomo dit toujours qu’il ne sert à rien de s’inquiéter pour une chose qui n’est pas encore arrivée ! »
Robin, souriant : « Ton ami Bassam est un homme sage ! »
Petit Jean, ses yeux fixant le sous-bois : « Oui, eh bien… De toute façon, on ne va pas tarder à le savoir ! »
Il fit signe de la tête en direction de la forêt. Robin se tourna et vit apparaître un groupe d’une vingtaine d’hommes. Ils se levèrent tous d’un bond. Ils reconnurent certains des villageois qui les avaient aidés contre les mercenaires. Robin alla au-devant d’eux.
Un villageois : « Nous venons des villages de Canbrook, Tenterden et Tonbridge. »
Robin, les accueillant chaleureusement : « Soyez les bienvenus… Venez… Souhaitez-vous prendre part à notre repas ? »
Le villageois : « Non merci, Messire… Nous avons mangé très tôt avant de partir ce matin. »
Les villageois qui connaissaient déjà les hors-la-loi furent chaleureusement salués par ces derniers.
Much, en retrait : « Une vingtaine d’hommes, c’est peu ! »
Robin semblait approuver son compagnon.
Godwin : « Ce n’est que le début ! »
Much : « Le début ? »
Godwin : « Oui. Les villages d’où proviennent ces hommes sont les plus éloignés de notre campement. Il est normal qu’ils soient arrivés en premier. Je suis certain que d’autres hommes provenant de villages plus près vont se joindre à nous ! »
Robin, inquiet : « Je l’espère… Je l’espère sincèrement ! »
Mais Robin s’inquiétait pour rien car, effectivement, au cours de la matinée, d’autres hommes arrivèrent. Le dernier groupe à mettre le pied au campement fut celui des hommes de Sittingbourne.
Un villageois de Sittingbourne : « Je suis navré d’arriver si tard, Messire Robin… Mais nous avons préféré faire évacuer notre village au cas où l’attaque des soldats du shérif aurait bien lieu ! »
Robin : « Tu as bien fait, mon ami…. Mieux vaut être trop prudent que pas assez ! »
Robin invita ce dernier groupe à se joindre aux autres qui avaient déjà commencé à apprendre le maniement des armes. Robin se mit en retrait et scruta la clairière. Celle-ci était maintenant remplie de près de quatre-vingt hommes, tous prêts à se battre pour leur comté. A ses côtés, James éprouva un vertige à la vue de ses hommes prêts à sacrifier leur vie pour leur seigneur.
Robin : « Il serait bon que tu te mêles à ces hommes, James. »
James : « Oui mais… Je suis impressionné par leur courage… Enfermé au château, je ne me doutais pas que… »
Etreint par l’émotion, James ne put finir sa phrase.
Robin : « C’est normal, tu es jeune… Tu as encore beaucoup à apprendre... Tu as appris une importante leçon aujourd’hui. »
James : « Oui mais je crains de ne pas être à la hauteur… Je crains de les décevoir. »
Robin : « Fais de ton mieux… Ecoute ton cœur et laisse-les te montrer le chemin à suivre... Va leur parler. Ecoute-les et tu seras ce qu’ils attendent de toi. »
Ne comprenant pas tout à fait ce que Robin voulait dire, James, peu sûr de lui, se fit violence et marcha vers un groupe d’hommes. Robin le regarda partir en souriant.
Robin, pour lui-même : « Il n’y a pas trente-six manière d’apprendre ! »
Les nouvelles recrues s’entraînèrent ardemment avec leurs professeurs : Godwin, Petit Jean, Will, Much et Robin pendant tout le reste de la matinée. Djaq fut obligée d’intervenir à plusieurs reprises pour soigner quelques blessures, heureusement sans gravité, dues à l’inexpérience des combattants. Elle retourna ensuite auprès d’Allan afin de l’obliger à rester couché. Sachant qu’il voudrait participer à l’assaut final, elle le força à se reposer toute la matinée. Much, quant à lui, quitta son groupe avec trois hommes afin d’aller à la chasse pour rapporter du gibier en quantité pour le repas du midi. Heureusement, la chasse fut fructueuse et ils rapportèrent une vingtaine de pièces. Much montrant fièrent son butin à Djaq et Allan.
Allan, déçu : « Oh encore du lapin ! »
Much : « Oui ben… On est allé au plus pressé, hein !… On a quatre-vingt personnes à nourrir en peu temps. Alors on ne fait pas la fine bouche ! »
Allan, se plaignant : « Oui mais encore du lapin ! »
Djaq : « Moi, je trouve que tu as eu absolument raison, Much ! »
Much : « Merci, Djaq… Au moins une qui n’est pas ingrate ! »
Allan, persistant : « Peut-être mais du lap… »
Djaq l’interrompit en lui donnant une petite tape sur la tête.
Allan, rouspétant : « Hé !... »
James, arrivant avec son groupe : « T’en fais pas, Allan… Je te promets que lorsque tout sera terminé, j’offrirai un immense banquet où tout le monde sera convié ! »
Allan, plein d’espoir : « C’est vrai ? »
Much, ravi : « Et il y aurait de la biche ? »
James, sourire aux lèvres : « De la biche, du cerf, du sanglier… Tout ce que vous voudrez et à volonté ! »
Much, se léchant les lèvres : « Oh ce que j’ai hâte d’y être ! »
Robin : « Oui… Bon en attendant, Much, on commence à avoir faim ! »
Much, revenant à la réalité : « Oh oui, c’est vrai… Bon ben on va s’occuper de nos lapins ! »
Robin : « Merci beaucoup ! »
Des villageois du groupe de James se proposèrent d’aider Much à préparer le repas. Celui-ci accepta avec plaisir car préparer un repas pour quatre-vingt personnes n’était pas une mince affaire.
Petit à petit, tiraillés par la faim, les différents groupes de combattants, éparpillés dans la clairière, se rapprochèrent de la marmite. Quand Much annonça que c’était prêt, un regain de vigueur se fit sentir dans la troupe. Much, Will et quelques villageois firent la distribution. Heureusement que quelques épouses prévoyantes avaient forcés leurs maris à emporter des provisions et des ustensiles ce qui permit à nos cuisiniers de pourvoir servir tout le monde car les hors-la-loi n’avaient pas assez d’assiettes pour tous.
Le repas se passa dans le calme. Chacun mangea avec son groupe avec qui il s’était entraîné. Les discussions allaient bon train. Robin expédia rapidement son déjeuner et en profita pour passer dans chaque groupe afin de prendre la température du moral de la troupe. L’inquiétude la plus marquée concernait le plan, encore méconnu, qu’ils allaient devoir suivre. Robin les rassura en leur promettant de leur exposer son plan juste après le repas.
Une fois que tout le monde eut fini de déjeuner, Robin vint se placer au pied de l’arbre face à l’ensemble de ses troupes.
Robin : « Tout d’abord, je tiens à vous remercier d’être venu aussi nombreux… Je sais que vous n’êtes pas des combattants aguerris mais vous avez une chose que vos adversaires n’ont pas, la certitude de combattre pour la justice ! »
La troupe : « OUAIS !!!! »
Robin : « Voici notre plan… Petit Jean, Much, Djaq, Will et moi allons nous introduire à l’intérieur du château. Vous autres… Vous serez sous le commandement de James et Godwin. Vous attendrez dans les quartiers de la ville basse afin que la sentinelle sur les remparts ne vous repère pas… Nous avons des complices à l’intérieur du château qui s’occuperont de bloquer la majeure partie des gardes dans leur baraquement. On n’aura plus que les sentinelles sur les remparts, celles qui gardent le pont-levis et les baraquements et éventuellement quelques hommes à l’intérieur du château. Nous nous occuperons des gardes du pont-levis et des baraquements. Une fois que cela sera fait, un de mes hommes fera sonner le tocsin et nous abaisserons le pont-levis. Ce sera le signal pour vous de foncer dans la cour. A ce moment-là, vous n’aurez plus qu’à vous occuper des gardes se trouvant sur les remparts et ceux qui pourraient éventuellement se trouver à l’intérieur du château. Mais étant donné votre nombre, je pense qu’ils se rendront sans résister. Nous… Nous nous chargeons de capturer Blackson et ses derniers fidèles lieutenants... Après cela, le château sera à nous ! »
La troupe : « OUAIS !!!! »
Robin : « Vous avez des questions ? »
La troupe hocha négativement la tête.
Robin : « Bien dans ce cas, je vous suggère de retourner vous entraîner car même si vos adversaires seront moins nombreux que vous, n’oubliez pas que vous aurez à faire à des soldats entraînés au combat. Par ailleurs, il est toujours possible que la majeure partie de la troupe puisse s’échapper de leur baraquement. »
Suivant ces conseils, les villageois retournèrent en groupe s’entraîner. Godwin et James les suivirent afin de connaître davantage les hommes qu’ils auront sous leurs ordres dans quelques heures. Petit Jean, Much et Will se joignirent à eux. Allan en profita pour prendre Robin à part.
Allan : « Je peux te parler ? »
Robin : « Oui… Je t’écoute ! »
Allan, revenant à la charge : « J’aimerais vraiment faire partie de l’assaut ! »
Robin : « Mais tu es blessé, Allan ! »
Allan : « Mais ça va beaucoup mieux ! »
Robin regarda fixement le bras droit en écharpe d’Allan puis le regarda droit dans les yeux avec une mine interrogative.
Allan, enlevant son bras de l’écharpe : « Mais c’est rien, ça… Tiens regarde… ça va bien maintenant ! »
Il bougea son bras dans tous les sens mais Robin remarqua qu’il restait raide.
Robin : « Tu peux porter une épée ? »
Allan, désinvolte : « Bien sûr… Sans problème ! »
Connaissant la facétie de son compagnon, Robin décida de le tester immédiatement.
Robin, prenant son épée : « Eh bien, on va vérifier ça tout de suite. »
Allan perdit momentanément son sourire puis lorsque Robin le regarda de nouveau, il reprit un sourire forcé.
Allan : « Euh… Je n’ai pas d’épée ! »
Robin : « Eh bien, prends une ! »
Allan, peu assuré : « Euh oui… Tout de suite. »
Il se dirigea vers l’endroit du campement où étaient entreposées les armes. Mais Much, à proximité, intervint.
Much, lui tendant sa propre épée : « Tiens Allan… Prends la mienne ! »
Il ne sut pas trop s’il devait le remercier ou l’étrangler.
Allan, forçant un sourire : « Merci beaucoup, Much ! »
Car Allan ne le montrait mais sa blessure le faisait encore un peu souffrir mais il ne voulait pas être, une fois de plus, écarté de la bande. Alors même si sa blessure se rappelait à lui par intermittence, il décida de serrer les dents pour affronter Robin. Allan alla se placer devant Robin. Il s’échauffa les bras en tournant sur lui-même afin de cacher la douleur qu’il éprouvait. Quand il fut face à Robin, celui-ci l’attaqua sans crier garde. Allan, surpris, fit un geste inconscient afin de le contrer. Mais il n’eut pu masquer la grimace qu’il fit lors de l’impact des deux épées. Robin s’en aperçut mais, au lieu d’arrêter le combat, il mena plusieurs attaques successives poussant Allan dans ses derniers retranchements. Robin ne voulait pas lui faire de mal, mais simplement l’obliger à admettre qu’il n’était pas assez rétabli pour participer à l’opération. Les attaques violentes et répétées de Robin obligèrent Allan à toujours se défendre et à ne jamais attaquer. Par ailleurs, sa blessure lui faisait de plus en plus mal. A bout de souffle, il finit par demander grâce et, à contrecœur, il rendit les armes.
Allan, vexé et grimaçant : « C’est bon… Tu as gagné ! »
Robin : « Ce n’était pas le but… Mais seulement que tu admettes que ton bras n’est pas encore tout à fait rétabli ! »
Allan, bougonnant : « Oui bon d’accord… Mais je veux toujours participé à l’opération ! »
Levant les yeux au ciel, Robin souffla de lassitude.
Voyant qu’il allait refuser, Allan, insistant : « Je sais que mon bras n’est pas encore tout à fait guéri. Mais je suis sûr qu’il l’est suffisamment pour pouvoir sonner le tocsin ?... Je pourrais toujours épauler Djaq ! »
Djaq, qui avait assisté au combat : « Il pourrait m’accompagner en effet. Je ne peux pas à la fois sonner l’alarme et surveiller si des gardes arrivent. »
Allan, plein d’espoir : « Excellent argument ! »
Robin : « Et si des gardes vous attaquent ?... Seras-tu en mesure de te défendre ? »
Allan, rassurant : « Contre un ou deux adversaires sûrement !... Et puis, je ne serai pas seul… Djaq se tiendra à mes côtés ! »
Mais étant donné ce qu’il avait vu lors de son combat contre lui, Robin doutait de sa capacité à se défendre. Il ne voulait pour rien au monde perdre un de ses hommes, quitte à blesser son amour-propre. Mais devant le regard insistant d’Allan, Robin flancha. Il se mit à sa place et pensa qu’il aurait eu le même désir que lui de participer à l’opération. Alors pour se décider, il demanda l’avis de Djaq.
Robin : « Est-ce que tu crois qu’avec son bras, il est raisonnable qu’il vienne avec nous ? »
Djaq : « Son bras est en phase de guérison alors je préférerais qu’il reste se reposer. Mais le connaissant, s’il reste seul ici, il ne se reposera pas alors autant l’emmener avec nous ! »
Allan, triomphant : « Elle a encore raison ! »
Robin lui jeta un regard désapprobateur.
Robin : « Ce que je crains, c’est surtout si vous vous faites attaquer… Sera-t-il en mesure de se défendre ou… de te défendre ? »
Allan : « Je ne suis pas totalement impotent, quand même !... Je ne peux peut-être pas me battre à l’épée, à loyale, mais je peux encore donner des coups bas avec mon bras gauche ! »
Djaq : « Oui et puis toute la garnison ne va pas nous tomber dessus ! »
Robin : « Bon… Dans ces conditions… Je suis d’accord ! »
Allan, tapotant l’épaule de Robin : « Formidable !... Merci Robin ! Tu ne le regretteras pas. »
Djaq se racla la gorge.
Allan : « Euh oui… Merci à toi aussi, Djaq ! »
Robin à Allan : « Mais ne commets pas d’imprudence ! »
Allan : « Promis ! »
Robin : « C’est à Djaq que tu devras obéir ! »
Allan : « Sans problème ! »
Devinant les véritables motivations qui poussaient Allan à vouloir l’accompagner, Robin, souriant, tapota son épaule puis retourna dans la clairière afin de suivre l’entraînement des villageois. Mais Djaq, elle, contrairement à Robin poussa Allan à avouer.
Djaq, soupçonneuse : « Pourquoi insistes-tu tant à nous accompagner ? »
Allan : « Mais par solidarité bien sûr ! »
Djaq, sceptique : « Bien sûr ! »
Allan, vexé : « Oui par solidarité !... Parfaitement ! Par ailleurs, je ne veux pas me retrouver mis à l’écart pour cette mission encore une fois… Je fais partie de cette bande ! »
Djaq : « Ouais… Tu sais très bien que tu as toute ta place dans la bande, Allan… Tu n’as pas à te sentir menacé. »
Allan : « Je suis heureux de te l’entendre dire. Mais je ne pense pas que ça soit aussi clair pour Robin. »
Djaq : « Moi, je pense qu’il y a une autre raison ! »
Allan, faisant l’innocent : « Une autre raison ?... Je ne vois pas ! »
Djaq : « Tu fais ça pour revoir Annie ! »
Allan, évitant le regard de Djaq : « Annie ?... Je ne vois absolument pas de quoi tu veux parler. »
Djaq, souriant : « Allez, avoue !... Y’a rien de mal à ça, tu sais… Elle te manque et tu veux la voir. »
Allan ne répondit pas tout de suite puis, finalement : « Ben oui, c’est vrai… Elle me manque… Mais je fais ça aussi pour prouver à Robin que je fais partie de la bande. Je t’assure ! »
Djaq, souriant : « Bien sûr !... Je te crois ! »
Rougissant comme un enfant, Allan lui sourit sans répliquer.
Djaq : « C’est trop mignon… C’est stupide… mais trop mignon ! »
Puis elle lui demanda de se reposer le reste de l’après-midi ce qu’il fit sans rouspéter. L’entraînement des villageois se prolongea tout l’après-midi. Comme ceux-ci n’avaient que très peu de temps avant l’assaut prévu à la nuit tombée, Robin et ses compagnons passèrent le reste de la journée à leur donner quelques rudiments de base dans l’art du combat, montrant aux uns à tenir correctement une épée et corrigeant la position des autres.
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Pendant ce temps…

Si Robin préparait les villageois à se battre, Marianne et Jane étaient également en plein préparatif. Marianne avait rejoint Jane dans ses appartements.
Jane : « Nous aurons besoin de combien de potions ? »
Marianne, réfléchissant : « Mumm… Voyons… Deux. Une pour chaque entrée du bâtiment. »
Elisabeth : « Mais comment allons-nous leur faire prendre ses potions ? »
Annie : « J’ai une idée… On pourrait la verser dans un pichet de vin et leur proposer un verre ? »
Marianne : « Excellent ! Je ne connais pas un seul soldat refusant de boire une gorgée de bon vin. »
On frappa à la porte.
Jane : « Elisabeth ?... Allez ouvrir, c’est certainement Ozias. Je lui ai demandé de venir ! »
Elisabeth alla ouvrir et fit entrer le vieil homme.
Jane : « Ozias ?... Pouvez-vous nous donner votre potion somnifère ? »
Ozias, inquiet : « Pourquoi ?... Eprouveriez-vous des difficultés à vous endormir, Lady Jane ? »
Jane, rassurante : « Non. Non, rassurez-vous… [Elle baissa le ton de sa voix]… Nous avons besoin de faire dormir quelques soldats afin que mon frère et Robin puissent prendre le château d’assaut. »
Ozias, réjoui : « Oh !!! Monsieur le Comte sera bientôt de retour ? »
Jane : « Oui ! S'il plaît à Dieu... »
Marianne : « Et nous voudrions du vin aussi… Deux pichets de vin. »
Ozias, souriant : « Je vois… Je vais vous préparer tout ça… Je sais quelle potion je vais vous donner… Mélanger au vin, elle est indétectable !... J’y vais de ce pas. »
Le vieil homme prit le chemin de la porte, le sourire aux lèvres à l’idée de revoir bientôt son jeune maître.
Jane, le raccompagnant : « Merci beaucoup, Ozias… Mais soyez prudent. Il ne faudrait pas que… certaines personnes soient au courant. »
Ozias, sur le pas de la porte : « Ne vous en faites pas, Milady. Personne ne le saura. Je vais vous les préparer tout de suite et je vous apporte tout ça moi-même par la porte de service ! »
Jane : « D’accord… Merci encore, Ozias. »
Elle laissa partir le vieil homme puis referma la porte.
Marianne : « Bien… Il ne nous reste plus que la corde pour attacher les portes d’entrée des baraquements. »
Jane, réfléchissant : « On devrait en trouver dans les entrepôts. »
Elisabeth : « Je m’en occupe. »
Annie : « Je t’accompagne. »
Les deux femmes partirent aux entrepôts, chercher deux solides cordes. Elles mirent plus de temps à revenir car elles devaient éviter les sentinelles qui circulaient dans le château. Elles revinrent dans les appartements de Lady Jane.
Jane, ouvrant la porte : « Vous les avez ? »
Annie : « Oui mais… »
Marianne : « Qu’y a-t-il ?... Vous avez rencontré des difficultés ? »
Annie : « Non. Mais en revenant, on a aperçu le shérif et Blackson qui se dirigeaient vers la grande salle. »
Marianne, inquiète : « Le shérif ? »
Annie : « Oui et il était accompagné de plusieurs gardes. »
En effet, le shérif était venu accompagner de son escorte personnelle. S’il décidait de rester pour la nuit, Robin et ses compagnons risquaient d’avoir à affronter plus d’hommes que prévu.
Jane : « Qu’est-ce qu’on fait ?... Il faut avertir Robin, tu crois ? »
Marianne : « D’abord, allons voir ce qu’il est venu faire ici. On avisera ensuite. »
Jane : « D’accord. »
Jane prit les devants et emmena les trois femmes espionner le shérif par la galerie de la grande salle.
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Dans la salle d’apparat…
Quand elles arrivèrent à la galerie, le shérif était arrivé depuis quelques minutes seulement.
Le shérif : « Je vous ai apporté les costumes pour les soldats comme convenu. »
Blackson : « Si vite ? Comment avez-vu pu… ? »
Le shérif, le coupant : « Avec un peu de persuasion, les femmes de ses paysans travaillent vite et bien ! »
Gisborne : « Mes hommes sont en ce moment même en train de se changer dans les baraquements. »
Le shérif, souriant : « Oui… Nous ne pouvions pas le faire depuis notre quartier général, car, après tout, nous sommes les gentils. »
Blackson : « Mais la population pourrait croire que je suis mêlé à leurs exactions ? »
Le shérif : « Mais non. Mais non… Ils pilleront des villages éloignés. Personne ne fera le rapprochement. »
Blackson n’aima pas cette idée : Il pensait que le shérif aurait pu commanditer cette opération depuis son quartier général.
Blackson : « Quand vous voulez-vous attaquer ? »
Le shérif : « En plein nuit…. pendant que les paysans dormiront. Mais de toute façon, je donnerai les ordres le moment venu. »
Blackson : « Parce que vous comptez rester ici pour la nuit ? »
Le shérif : « Oui !... Pourquoi cela vous pose un problème ? »
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A l’étage, Marianne et Jane échangèrent un regard inquiet…
Jane, tout bas : « Robin et ses amis vont se retrouver nez à nez avec le shérif ! »
Marianne, sur le même ton : « Ce n’est pas ce qui m’inquiète ! Les soldats seront donc plus nombreux, armés et prêts à partir. Nous allons devoir passer à l’action plus tôt. »
Jane : « Plus tôt ? »
Marianne : « Oui… Dès que Robin arrivera ! »
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En bas, dans la salle…
Gisborne : « Monseigneur ?... Ne croyez-vous pas qu’il serait plus judicieux de ne pas vous montrer au château pendant l’attaque ?... Après tout, nous sommes censés venir en aide à ce peuple ! »
Le shérif : « Vous avez raison, Gisborne. Mais étant donné l’incompétence des gens qui m’entourent, je préfère faire les choses moi-même ! »
Gisborne et Blackson encaissèrent la remarque acerbe du shérif sans répliquer.
Le shérif : « Bien… Je pense que nous nous reverrons au dîner… J’espère que Lady Jane me fera l’honneur de sa présence, ce soir, à ma table ! »
Blackson : « J’y veillerai personnellement, Monseigneur… Mais Lady Jane a une invitée et je crains qu’elle… »
Le shérif, l’interrompant : « Une invitée ? »
Blackson : « Sa cousine, Lady Marianne Fitzwalter, Monseigneur. »
Le shérif : « Tiens. Tiens. Marianne est ici. Mais vous ne me l’aviez pas dit, Gisborne ? »
Gisborne, ennuyé de voir Marianne impliquée dans cette affaire : « Je n’en voyais pas l’utilité, Monseigneur. »
Le shérif : « Vous n’en voyiez pas l’utilité ?... Marianne est ici… Locksley, aussi. Curieux, ne trouvez-vous pas ? »
Gisborne : « Il ne s’agit que d’une simple coïncidence, Monseigneur ! »
Le shérif : « Une coïncidence... Si vous le dites !... Voyez Blackson… Voyez comment une femme peut transformer un homme qui avait un brillant avenir devant lui… en un pauvre hominidé aveugle et stupide ! »
Blackson se mit à rire avec le shérif. Mais Gisborne ne goûta pas du tout la plaisanterie.
Gisborne, mécontent : « Je ne vous permets pas, Monseigneur ! »
Le shérif, redevenant sérieux : « Elle se joue de vous, mon ami. Ouvrez les yeux !... Elle vous mène en bateau avec son joli petit minois mais, au fond, elle ne vous désire pas, Gisborne ! »
Gisborne : « Elle apprendra à m’aimer ! »
Le shérif : « Vous êtes désespérant mon pauvre Gisborne !... [Se tournant vers Simeon]… J’espère que vous n’êtes pas le même genre d’homme, Blackson ! »
Blackson : « Oh ne craignez rien, Monseigneur ! Je me fiche de savoir si Lady Jane m’aime ou pas. Elle m’épousera de toute façon. Je la prendrai de force s’il le faut… Mais en tout cas, elle m’aidera à avoir ce que je désire… Le pouvoir ! »
Le shérif : « Bien raisonné, Blackson… Voyez Gisborne, c’est comme ça qu’il faut voir les femmes… Comme un marchepied vers le pouvoir ! »
Gisborne ne répondit pas. Cette conversation le mettait mal à l’aise car il ne percevait pas Marianne comme un moyen pour atteindre le pouvoir. Il ne voulait qu’une chose : qu’elle l’aime une fois qu’il aurait obtenu le pouvoir et l’argent afin de lui offrir la vie qu’elle désirait.
Le shérif : « Bon, je pense que nous avons assez tourmenté notre ami. Blackson ?... Veuillez me conduire à mes appartements. »
Blackson : « Tout de suite, Monseigneur ! »
Simeon prit les devants et quitta la pièce, suivi par le shérif et Gisborne. Ce dernier accompagna le duo contraint et forcé. Il n’avait pas apprécié sa discussion avec le shérif. Tête basse, il marcha derrière le shérif en pensant à Marianne. A l’étage supérieur, les femmes s’empressèrent de retourner dans les appartements de Lady Jane. Elles ne voulaient pas, pour rien au monde, rencontrer le shérif avant le repas du soir.
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Pendant qu’à Maidstone les femmes regagnaient en toute sécurité leurs appartements, Robin recevait de la visite en son campement….
Robin observa avec beaucoup d’intérêt l’entraînement des villageois. Il passa de groupe en groupe afin de vérifier leur progrès. Il fut impressionné par le savoir-faire de Godwin qui en savait aussi long que lui sur le maniement des armes malgré son jeune âge.
Godwin, retrouvant Robin : « Qu’est-ce que tu en penses ? »
Robin : « Ils ont de la volonté. Ils leur manquent juste de la pratique ! Tu crois qu’ils seront prêts pour ce soir ? »
Godwin, regardant son groupe : « Je le pense oui… A condition que les combats soient brefs et que leurs adversaires ne soient pas trop nombreux. Il manque d’endurance pendant les combats et… ils pourraient facilement se laisser impressionner. Mais avec ton plan, je pense qu’on a une grande chance de vaincre ! »
Robin, rassuré et souriant : « Bon tu me rassures. Je… »
Il s’arrêta net quand il vit que les groupes, se trouvant aux abords de la forêt, avaient arrêté leur entraînement, attirés par quelque chose.
Godwin, regardant dans la même direction que Robin : « Qu’est-ce que c’est ?... Des soldats ? »
Robin, marchant en direction de la forêt : « Non, je ne crois pas… »
Plus il s’avançait, plus il reconnaissait les deux hommes qu’il avait envoyé surveiller le départ des mercenaires. Toute la troupe se réunit autour des deux hommes.
L’homme le plus âgé : « ça y est, Messire Robin !... Les mercenaires sont repartis chez eux ! »
Les villageois manifestèrent leur joie.
Robin : « Vous les avez bien vu partir ? »
L’homme : « Oui. Ils sont montés dans leur bateau et ils sont partis vers le large. Nous sommes restés sur la plage jusqu’à ce qu’on ne les voit plus. Ils sont repartis vers l’Ouest et ils n’ont pas reparu. »
Robin, réjoui : « Parfait… Bon travail, mes amis… Venez… Venez vous rafraîchir, vous l’avez bien mérité… Much ? »
Much invita les deux hommes à le suivre jusqu’au campement. Ils furent suivis par toute la troupe qui en profita pour leur demander davantage de détails. Robin et ses compagnons leur emboitèrent le pas.
Will : « Voilà une bonne chose de faite ! »
Petit Jean : « Oui. Au moins on ne risque pas d’avoir de mauvaises surprises de ce côté-là ! »
Allan : « Pourquoi ?... Tu doutes de notre plan, Petit Jean ? »
Petit Jean bougonna puis lâcha : « Pff… J’en sais rien ! »
Robin : « Jean… Je sais que notre plan n’est pas le meilleur mais je suis sûr qu’il marchera ! »
Petit Jean : « Je l’espère ! »
Robin : « Nous l’espérons tous ! »
Ils rejoignirent le reste de la troupe et écoutèrent, comme tous les autres, le récit des deux hommes racontant la retraite des mercenaires. Puis Robin ordonna aux villageois de retourner à l’entraînement. Galvanisés par cette nouvelle, les villageois se remirent avec plus d’entrain aux combats. Allan se leva pour aller assister aux exercices. Mais Djaq intervint.
Djaq, mécontente : « Allan ? »
Allan : « Mais Djaq… »
Il s’arrêta net quand Djaq lui fit les gros yeux. Tel un enfant ne voulant pas aller se coucher, il bougonna puis traîna les pieds jusqu’à sa couche. Il ne voulait pas qu’elle se plaigne de lui à Robin et qu’elle le persuade de ne pas le laisser participer à l’assaut du château. Satisfaite, Djaq retourna vers son groupe, sourire aux lèvres.
L’entraînement dura jusqu’au repas du soir. Celui-ci fut servi plus tôt que prévu afin de se rendre au château à la tombée de la nuit. Lorsque le dîner fut prêt, les villageois convergèrent vers le foyer. Le repas fut plutôt léger car il s’agissait de finir les restes du déjeuner. Une fois servi, les hommes restèrent entre membres du groupe formé pendant l’entraînement. Le repas se passa dans le silence. Chacun pensait au combat qu’il allait bientôt mené. Mais un homme était plus angoissé que les autres. James ne parvint pas à avaler une bouchée de son repas.
Robin, s’asseyant à côté de James : « Tu devrais manger au moins un morceau sinon Much sera vexé. »
James sourit en continuant de remuer sa cuillère dans son écuelle sans y toucher.
Robin : « Qu’est-ce qui ne va pas ? »
James : « Oh rien… C’est juste que tout à l’heure, c’est… [Il souffla un grand coup] le moment de vérité… »
Robin : « Tu appréhendes ? »
James, secouant d’abord négativement la tête puis : « Je suis terrifié… Si on échoue ma famille perdra ses terres et ses titres… Et ce sera de ma faute. Je serai alors la honte de la famille. »
Robin : « Il ne faut pas songer à cela. Tu dois te concentrer sur ta mission avant tout. Il faut que tu ne penses qu’à ça. Tu dois mener ces hommes au combat. Ils sont prêts à se battre pour toi alors tu as une grande responsabilité envers eux et ils comptent sur toi… Ce n’est pas le moment de se poser ce genre de question. Tu dois te concentrer uniquement sur cette mission. »
James, affaissant les épaules : « C’est plus facile à dire qu’à faire ! »
Robin : « Je sais… mais c’est ton devoir. »
Accablé, James baissa la tête.
Voyant que ces propos n’étaient guère encourageants pour le jeune homme, Robin ajouta en tapotant son épaule : « Mais je sais que tu peux le faire et ton frère aussi d’ailleurs... Sinon il ne t’aurait jamais confié le comté ! »
James releva la tête et sourit à Robin.
James, reconnaissant : « Merci, Robin. C’est gentil ! »
Robin : « Oh mais ce n’est pas gentil. C’est la vérité ! »
Robin mit son bras sur les épaules du jeune homme.
Robin : « Tu as changé… Tu n’es plus le jeune homme, arrogant et fier, que j’ai intercepté dans la forêt de Sherwood… Les évènements récents t’ont changé... Tu as beaucoup mûri ces derniers temps. »
James : « Tu crois ? »
Robin : « Oui… Nous l’avons tous remarqué. »
James, gêné, ne répondit pas.
Robin : « En tout cas, ne pense pas à demain. Concentre-toi sur l’instant présent : Conduire ces hommes à la victoire. Le reste n’a pas d’importance, pour l’instant. »
James, plus confiant : « D’accord ! »
Le repas se termina dans le silence le plus total. De plus en plus anxieux, les hommes se regroupèrent dans la clairière autour de leurs lieutenants. Seuls quelques échanges de paroles brisèrent le silence. Chacun prépara ses armes afin d’être prêt pour le départ qu’ils savaient tous imminent. Robin voulut partir tôt afin de s’assurer que la troupe puisse avoir le temps de se dissimuler dans les quartiers de la ville basse, et pour que lui et ses hommes puissent voir Marianne afin qu’elle lui fournisse les dernières informations avant d’agir. Car il prévoyait de passer à l’action en début de nuit quand la majeure partie des soldats dormirait dans leur baraquement.
Robin à sa troupe : « POUR LA DEFENSE DE VOTRE TERRE… POUR L’ANGLETERRE ! »
La troupe : « POUR L’ANGLETERRE ! »
Quand le soleil commença à disparaître à l’horizon, Robin ordonna le départ. Les hors-la-loi prirent la tête de la cohorte tandis que Godwin et James fermèrent la marche. A pied et en silence, la colonne s’élança en direction de Maidstone.
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CHAPITRE XXV
« A L'ATTAQUE ! »
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rrivés à l’entrée de la ville, Robin ordonna à la troupe de se diviser en deux. Godwin et James prirent le commandement de chacun des groupes. Il n’y avait qu’une route menant au château de Maidstone. Chacun des villageois se fondit discrètement dans le décor de chaque côté de la route principale. James se cacha sous un appentis proche de l’entrée du château tandis que Godwin se dissimula sous l’étal d’un marchand. Etant donné l’heure tardive et le faible éclairage, la rue était déserte et les hommes sur les remparts du château ne virent pas les mouvements de la troupe. Tapis dans l’ombre, ils attendaient tous anxieux le signal pour attaquer. |
Une fois qu’il fut certain que la troupe était bien en place, Robin et ses compagnons empruntèrent les petites rues afin de longer les remparts pour se rendre jusqu’aux cuisines. Ils prirent le même chemin que Robin et Godwin avaient emprunté lorsqu’ils étaient venus chercher les potions de Djaq afin de soigner Allan. Ils arrivèrent sans encombre dans le boudoir attenant à la chambre de Marianne. Robin colla son oreille à la porte de sa chambre afin de vérifier que sa belle était bien seule.
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Dans la chambre de Marianne…
Un serviteur : « Votre présence est requise dans la grande salle par le shérif de Nottingham. »
Lady Jane : « Nous arrivons tout de suite ! »
Le serviteur quitta la pièce en refermant la porte derrière lui.
Jane : « Nous ne pouvons pas le faire patienter plus longtemps. Nous devons aller le retrouver ! »
Marianne : « Pas tout de suite. Nous devons attendre Robin ! »
Robin, ouvrant la porte de service : « Mais je suis là, mon amour ! »
Marianne, mécontente d’être encore une fois surprise de la sorte : « Tu as entendu ?... Le shérif veut dîner avec nous ! »
Robin : « Le shérif et Gisborne ! »
Marianne : « Robin !... C’est vraiment pas le moment… Qu’est-ce qu’on va faire ? »
Les hors-la-loi entrèrent dans la pièce. Voyant entrer Allan, Annie se précipita dans ses bras.
Annie, heureuse : « Allan ! »
Il l’a reçu en émettant une plainte.
Annie, inquiète : « Tu as mal ? »
Allan : « Non… C’est juste un peu douloureux. »
Annie : « Tu ne devrais pas être couché pour te reposer ? »
Djaq : « C’est ce que je n’arrête pas de lui dire mais il n’a rien voulu entendre ! »
Annie : « Tu aurais dû l’écouter Allan parce que… »
Allan, la coupant : « Bon, vous n’avez pas fini toutes les deux ?... Je vais bien et il s’agit, quand même, de ma décision. Par ailleurs, je vous rappelle que nous somme en mission alors ce n’est pas le moment de discuter ! »
Vexées, Annie et Djaq se turent mais Allan se reprocha immédiatement d’avoir été un peu trop dur. Il risquait de subir les foudres d’Annie un peu plus tard.
Marianne : « En parlant de la mission… Comment allons-nous faire ? »
Robin : « Jane et toi ?... [Marianne acquiesça] Allez dîner avec Gisborne et le shérif. »
Marianne : « Mais qui va s’occuper des soldats dans les baraquements ?... Tu n’auras pas le temps de t’occuper des baraquements et des gardes à l’entrée. Vous vous ferez repérer ! »
Jane : « Marianne a raison. »
Robin dut l’admettre.
Annie : « Nous le ferons ! »
Comme si une abeille l’avait piqué, Allan se redressa.
Marianne : « Nous ? »
Annie : « Oui. Elisabeth et moi ! »
Elisabeth, surprise, regarda Annie avec angoisse.
Annie à Elisabeth : « Pas vrai ? »
Elisabeth, très inquiète : « Je ne sais pas… Euh… Affronter des soldats…. Je ne suis pas une combattante, moi. »
Annie : « Mais nous devons aider Robin à reprendre ce château ! »
Allan, anxieux : « Non mais attends !... J’ai peut-être mon mot à dire, moi ! »
Annie l’embrassa puis : « Comme tu nous l’as si délicatement dit tout à l’heure, il s’agit de ma décision. Et je te rappelle, mon amour, que nous sommes en mission alors ce n’est pas le moment de discuter. »
Elle l’embrassa encore une fois et vint se placer à côté d’Elisabeth. Pris au piège, Allan la laissa partir sans dire un mot.
Will, lui mettant son bras sur l’épaule et dans l’oreille : « Elle t’a eu, mon grand ! »
Vexé, Allan repoussa le bras de Will en faisant rire son compagnon.
Elisabeth : « Je suis désolée !... [Elle regarda Jane]… Je suis désolée, maîtresse mais je ne me sens pas de taille pour ça. »
Jane : « Ce n’est rien. Je comprends ! »
Marianne : « Dans ce cas, je dois y aller ! »
Robin : « Tu ne peux pas. Tu dois distraire le shérif avec Jane. »
Marianne : « Quelle autre solution avons-nous ? »
Djaq : « Je vais y aller. »
Robin : « Mais tu dois aider Allan à faire sonner le tocsin ! »
Allan : « Je peux m’en charger seul. »
Robin, secouant la tête : « Il faut quelqu’un avec toi pour faire le guet. »
Elisabeth : « ça, je peux le faire… Je peux vous y conduire ! »
Jane : « Tu en es sûre ? »
Elisabeth : « Oui. »
Jane : « Cela peut être dangereux. »
Elisabeth : « Moins que d’affronter toute une armée ! »
Robin : « Très bien, dans ce cas... Marianne et Jane, allez rejoindre vos hôtes pendant que Djaq et Annie se préparent. »
Marianne embrassa Robin.
Marianne, toujours dans les bras de Robin : « Fais bien attention à toi ! »
Robin : « C’est surtout à toi qu’il faut dire ça. Ne te laisse pas séduire par Gisborne ! »
Elle l’embrassa encore fois puis il la serra très fort dans ses bras.
Robin : « T’en fais pas. Dans quelques heures, tout sera fini. Nous pourrons profiter pleinement du temps qu’il nous reste à passer ici avant de retourner à Nottingham. »
Marianne, minaudant : « Oh je suis impatiente ! »
Robin : « Et lorsque l’assaut aura commencé, ne fais rien surtout qui pourrait faire croire au shérif que tu es avec nous ! »
Marianne, se défaisant de lui : « Promis. »
Avec inquiétude et un soupçon de jalousie, Robin regarda Marianne quitter la pièce. Une part de lui voulait aider James et le comté de Kent mais l’autre part voulait emmener Marianne loin de Gisborne. Lorsque les deux femmes quittèrent la pièce, Djaq et Annie se préparèrent. Ils convinrent que ce serait Djaq qui neutraliserait, avec la corde, la porte d’entrée des baraquements donnant sur la cour.
Annie : « Tenez, voici la corde et là… les deux pichets de vin ! »
Much : « Ah ben ça tombe bien… J’ai rudement soif ! »
Il prit le pichet et le porta à sa bouche.
Annie, inquiète : « NON ! »
Elle l’empêcha de continuer.
Much, inquiet : « Ben qu’est-ce qu’il y a ? »
Annie : « Il y a une potion dedans qui fait dormir ! »
Much : « Oh ! »
Il reposa délicatement le pichet.
Will : « Much… T’en rates pas une, toi ! »
Much, vexé : « Ben quoi ? J’avais soif… ça arrive à tout le monde d’avoir soif ! »
Djaq se prépara en enroulant la corde autour de sa taille puis elle enfila le costume d’une servante qu’Ozias avait apporté pour Elisabeth. Annie tendit un plateau à Djaq puis elle prit le sien.
Robin à Djaq : « Bon… Tu sais où tu dois te rendre ? »
Djaq : « Oui, je sais… J’ai vu les portes d’entrée lorsqu’on est arrivé au château. »
Robin : « Très Bien. Allez-y et soyez prudentes… Nous, nous nous cacherons dans les étals des marchands de l’autre côté de la cour, et dès que Djaq aura bloqué la porte des baraquements, je donnerai l’ordre de faire sonner l’alarme. Il faut que, dans le même temps, toi, Annie, tu aies rempli ta mission à la deuxième porte donnant à l’intérieur du château. »
Annie, confiante : « Ne vous en faites pas, Messire Robin. Le temps que Djaq aille jusqu’à l’entrée dans la cour, j’en aurai fini avec mes gardes. Ils sont plus près ! »
Robin, souriant : « D’accord… Mais sois prudente et surtout dès que tu as fini, retourne aux cuisines. Il te faut un alibi au cas où nous échouerons. »
Annie, avec un large sourire : « Mais je sais que vous n’échouerez pas ! »
Mais Allan, lui, ne souriait pas. Il s’inquiétait énormément pour elle. Mais il n’osa pas manifester son désaccord devant tout le monde. Il la laissa partir avec angoisse.
Robin, devant la mine inquiète d’Allan : « T’inquiète pas pour elle. Elle sait ce qu’elle fait ! »
Djaq et Annie partirent, munies de leur plateau. Elles se séparèrent dans le hall. Djaq sortit dans la cour pendant qu’Annie continuait de suivre le couloir jusqu’à la porte intérieure donnant sur les baraquements des soldats
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La dame de compagnie de Marianne arriva au bout du couloir. A sa gauche, un peu en retrait, la porte des baraquements étaient gardés par deux soldats. A sa droite, se trouvait une porte donnant accès aux appartements seigneuriaux. Elle obliqua sur sa gauche et se présenta aux deux gardes.
Annie : « Bonsoir messieurs. Vous prendriez bien un petit verre avec moi ? »
Les deux soldats se regardèrent et sourirent. Ils furent ravis de se voir inviter par une belle jeune fille.
Un garde : « Oh mais une telle invitation venant d’une ravissante demoiselle ne se refuse pas ! »
L’autre garde : « Ouais d’autant plus qu’il a fait rudement chaud aujourd’hui ! »
Les deux hommes quittèrent leur poste et se joignirent à Annie qui avait posé son plateau sur une commode et qui commençait à verser le vin dans les coupes.
Annie, tenant la coupe à l’un des hommes : « Tenez !... Voici pour vous ! »
Puis elle donna la deuxième coupe à l’autre soldat. Les deux hommes burent de concert. Annie fut soulagée de les voir avaler tout le breuvage en même temps. Mais elle se figea quand ils eurent fini.
Un garde : « Tu veux bien m’en donner encore ? J’ai très soif ! »
Elle regarda le soldat sans répondre. Elle s’attendait à ce que les gardes tombent de sommeil. Mais il n’en fut rien.
Le garde, s’inquiétant : « Ben qu’est-ce qu’il y a ?... Tu veux pas ? »
Annie, revenant à elle : « Si. Si… Si »
Annie, le servant une deuxième fois : « Tenez… Allez !... Buvez à ma san… »
Elle n’eut pas le temps de terminer sa phrase que les deux hommes se regardèrent d’un air interrogatif et s’écroulèrent instantanément sur le sol.
Annie, les regardant au sol : «… té ! »
Puis elle les entendit ronfler. Rassurée, elle se hâta vers la porte. Elle devait faire vite au cas où d’autres gardes arriveraient. Elle regarda tout autour d’elle, prit l’un des chandeliers à pied du couloir et le plaça entre les poignées de la porte, bloquant celle-ci. Puis elle prit la corde qu’elle avait apportée et l’enroula autour des poignées.
Annie, satisfaite : « Voilà comment ça, personne ne pourra sortir ! «
Elle se retourna et vit les deux soldats qu’elle avait endormis. Comme ils se trouvaient dans le couloir principal, elle se mit en tête de les déplacer afin qu’ils ne soient pas découverts tout de suite. Elle attrapa l’un des deux hommes par les bras. Mais celui-ci portant son armure se trouva être très lourd pour elle.
Annie, tentant de traîner le soldat au sol : « Oh c’est pas vrai… T’es trop lourd ! »
Une voix masculine : « Je vais t’aider ! »
Surprise, Annie se releva d’un coup et croisa le sourire radieux d’Ozias.
Annie : « Ozias ? »
Ozias : « Tu veux le mettre où ? »
Il prit le garde par les jambes tandis qu’Annie lui reprit les bras.
Annie : « Près de la porte des baraquements ! »
Ils déposèrent le garde contre la porte. Ils firent de même avec le second soldat.
Ozias : « Et maintenant ? »
Annie : « Mon travail est terminé. Je dois me rendre aux cuisines ! »
Ozias : « Eh bien, allons-y ! »
Ozias lui tendit son bras. En souriant, Annie le lui prit et ils se dirigèrent ensemble vers les cuisines.
Annie, en pensée : « J’espère que ça se passe aussi bien pour Djaq ! »
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A l’entrée du château…
Pour Djaq, la situation était plus difficile. En effet, elle devait sortir dans la cour afin de neutraliser les soldats, gardant l’entrée des baraquements, tout en veillant à ce que les sentinelles sur les remparts ne la repèrent pas. De plus, il y avait également les soldats gardant le pont-levis. Heureusement, à cette heure-ci, celui-ci était relevé et les gardes passaient le plus clair de leur temps dans leur logis à côté de l’entrée.
Djaq, sortant du château, sur le perron, à elle-même : « Heureusement que l’entrée du château n’est pas gardée ! »
En effet, pendant la nuit, l’entrée n’était pas gardée. Les sentinelles sur les remparts et ceux se trouvant dans la cour suffisaient. Comme le pont-levis était relevé pour la nuit, la cour était déserte ce qui n’était pas le cas dans la journée où deux soldats empêchaient les paysans d’entrer dans le château.
La cour était très mal éclairée mais Djaq se trouvait sur le perron illuminé par deux torches. Elle se dépêcha de descendre les marches et se dirigea vers l’autre point lumineux de la cour : La porte d’entrée des baraquements. Tout comme Annie, elle se présenta devant les gardes.
Djaq regarda derrière elle et jeta un coup d’œil sur les remparts avant de s’adresser aux soldats. Par chance, la sentinelle se trouvait plus loin. Elle pourrait donc agir en toute quiétude. Elle fit du charme aux soldats afin qu’ils viennent boire du vin avec elle. Tout comme Annie, le stratagème fonctionna à merveille mais plus forte que la dame de compagnie de Marianne, elle réussit à traîner les deux soldats derrière les étals qui étaient installés de chaque côté de la porte. Contrairement à ceux installés en face, ceux-ci étaient provisoires mais ils offraient une cachette parfaite pour les deux soldats drogués. Dissimulée derrière un étal, Djaq défit la corde qu’elle avait autour de la taille tout en scrutant le haut des remparts, de l’autre côté de la cour. Soudain, elle se tapit dans l’ombre. Deux soldats marchèrent lentement sur le chemin de ronde tout en discutant entre eux.
Djaq : « Oh non !... Pourvu qu’ils ne remarquent pas l’absence des gardes ! »
Mais elle s’inquiétait pour rien. Les gardes, trop occupés à bavarder entre eux et à scruter l’horizon, ne prirent pas la peine de surveiller la cour. Ils continuèrent leur chemin. Elle attendit qu’ils se trouvent près du logis des soldats de garde pour commencer son travail.
Elle n’était pas la seule à retenir son souffle. Robin, Will, Much et Petit Jean surveillaient la progression des sentinelles afin de s’infiltrer dans la cour le plus discrètement possible. Quelques minutes plus tôt, Allan et Elisabeth avait quitté le groupe afin de se tenir prêt à faire sonner le tocsin.
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Quelques minutes plus tôt, dans la chambre de Marianne…
Robin n’avait pas accompagné Djaq et Annie afin de ne pas attirer l’attention sur elles. De plus, il était absurde de risquer de se faire prendre tous ensemble. Voyant que l’alarme n’avait pas retenti, ce qui signifiait qu’elles n’avaient pas été découvertes, Robin ordonna le départ.
Robin : « Allons-y ! »
Discrètement, la bande se dirigea vers le hall. Tout était calme à l’intérieur, seul quelques domestiques circulaient dans le château afin d’apporter les plats dans la grande salle où le shérif dînait en compagnie de Lady Jane, Marianne, Gisborne et Blackson. Arrivé à un croisement, Elisabeth stoppa le groupe.
Elisabeth : « L’alarme du château se trouve de ce côté ! »
Elle pointa son doigt dans la direction opposée à celle du hall.
Robin : « Très bien. Allez-y… [À Allan]… ça va aller ? »
Allan, souriant : « Oui, sans problème ! »
Robin : « Bon… Dès que vous aurez sonné l’alarme, mets Lady Elisabeth en sûreté ! »
Allan : « D’accord… Et ensuite, je vous rejoins dans la cour ! »
Robin marqua un temps d’arrêt car il ne voulait pas qu’Allan s’expose inutilement puisqu’il était encore convalescent. Mais ne voulant pas le vexer, il ne s’y opposa pas.
Robin : « Entendu ! »
Ils se séparèrent. Allan et Elisabeth arrivèrent au pied de la grande tour incorporée au château. Tout en haut, une grosse cloche attendait immobile. Celle-ci pouvait être manipulé par une corde qui pendait jusqu’en bas. Le problème était qu’il y avait deux entrées à surveiller. Allan décida de bloquer l’une d’elle avec l’armoire qui se trouvait à proximité. Avec l’aide d’Elisabeth, il réussit à placer l’armoire contre la porte. Puis ils vinrent se poster à l’autre porte afin de surveiller les allées et venues.
Allan à lui-même : « C’est bon Robin, nous sommes prêts. »
Il regarda le haut du clocher ouvert aux quatre vents. Il attendit le signal.
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A l’entrée du château…
Pendant qu’Allan et Elisabeth sécurisaient les lieux au pied de la tour, Robin surveillait la progression de la sentinelle sur le chemin de ronde. Celle-ci s’éloignait.
Robin, faisant signe aux autres de le suivre : « C’est bon ! On peut y aller ! »
Les hors-la-loi coururent jusqu’à l’étal le plus près de la porte d’entrée puis, cachés par ces structures en bois, ils purent avancer discrètement, sans se faire voir, en direction du logis des soldats de garde. Arrivé au dernier étal, Robin arrêta son groupe.
Robin, tout bas : « Maintenant, il n’y a plus qu’à attendre que Djaq est finie ! »
Toute la troupe tourna son regard en direction des bâtiments de l’autre côté de la cour. Grâce à la lumière des deux torches qui encadraient l’entrée des baraquements, ils purent voir Djaq en train d’enrouler la corde qu’elle avait amenée avec elle autour des poignées de la porte. Quand elle eut fini, Djaq se tourna vers eux. Elle savait qu’ils l’observaient mais elle ne pouvait pas les voir. Elle marqua un temps d’arrêt, leur fit un signe d’acquiescement puis se cacha derrière un étal.
Petit Jean, surveillant les remparts : « Robin ?... C’est le moment ! »
Robin se leva. Il prépara une flèche, banda son arc et tira en direction du clocher. La flèche vint se planter sur la poutre supportant la cloche. C’était le signal ! Allan la vit et prit la corde à deux mains afin de faire sonner le tocsin. Il tira une première fois dessus puis il poussa une plainte sourde et se plia en deux en se tenant l’épaule. Elisabeth vint à son aide.
Elisabeth, inquiète : « ça va aller ? »
Allan, se redressant, en grimaçant : « oui. Oui. Ça va aller. »
Il tira une deuxième fois sur la corde. Le battant de la cloche vint à peine toucher le bord de celle-ci. Il gémit une seconde fois mais ne lâcha pas la corde pour autant. Déterminé, il continua à tirer dessus. Elisabeth, voyant qu’il souffrait, l’aida de son mieux. Le tintement de la cloche se fit à peine entendre. Après avoir tiré sur la corde une quatrième fois, la cloche se mit enfin à sonner plus fort. Ils continuèrent ainsi jusqu’à ce qu’ils entendirent le hurlement des gardes dans la cour.
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Quelques minutes plus tôt, dans la salle d’apparat…
Alors que les hors-la-loi s’infiltraient dans la cour du château, dans la grande salle, le shérif se sentait comme chez lui et recevait ses hôtes à dîner…
Voyant Marianne et Jane arrivées, le shérif : « Lady Marianne… Comme je suis étonné de vous voir ici ? »
Marianne, s’avançant vers le shérif et le saluant : « Monseigneur. »
Puis se dirigeant vers son siège, Marianne : « Il n’y a pas de quoi être étonné, Monseigneur. La famille de Kent et la mienne ont lié des liens étroits lorsque mon père était le shérif de Nottingham. Par ailleurs, je vous rappelle que nous sommes parents. Il est donc normal que nous nous rendions visite régulièrement. Ne trouvez-vous pas ? »
Devant l’impertinence de Marianne, le shérif, forçant un sourire : « Certes, oui… Certes ! »
Gisborne, avançant la chaise près de lui : « Asseyez-vous là, ma chère Marianne… Votre dame de compagnie n’est pas avec vous ? »
Marianne, regardant Jane devant elle : « Non. Elle vous prie de l’excuser mais elle ne se sentait pas bien. Elle a dû s’aliter. »
Gisborne, sourire aux lèvres : « J’en suis navré pour elle mais pas pour moi. Car nous pourrons ainsi passé un petit moment en tête-à-tête après le repas. »
Marianne, ennuyée : « Si vous le souhaitez… »
Le shérif : « Et vous Lady Jane ? Vous êtes seule également ? »
Blackson, répondant pour elle : « Je suis comme Gisborne, enchanté de cette situation… [Il lui prit la main et y déposa un baiser]… J’ai hâte de passer un petit moment en tête-à-tête avec vous, madame. »
Jane, avec dégoût, retirant brutalement sa main : « Je crains de vous décevoir, Messire Blackson. Je ne suis pas d’une très bonne compagnie, ce soir. J’ai la migraine et si je suis ici, présentement, c’est uniquement pour notre invité. En tant que maîtresse de ce château, il était de mon devoir d’accueillir mon hôte, le shérif de Nottingham, comme il se doit ! »
Puisque tout le monde était arrivé, le repas pouvait commencer. Le shérif était installé en bout de table. A sa gauche, étaient placés Lady Marianne et Gisborne et à sa droite, Lady Jane et Blackson.
Le shérif, souriant et levant son verre : « Et je vous en remercie !... Alors… A votre santé, dans ce cas ! »
Blackson n’apprécia pas du tout les paroles de Jane mais il ne répliqua pas et se joignit au toast porté par le shérif. Quand celui-ci avala le contenu de sa coupe, Blackson s’adressa discrètement à Jane.
Blackson, reposant son verre et tout bas : « Vous apprendrez à m’aimer que vous le vouliez ou non !... Et je vous apprendrez également le respect ! »
Jane reposa sa coupe sans lui adresser ni la parole ni un regard.
Marianne : « Shérif ?… Je suis surprise de vous trouver ici aussi loin de Nottingham ! »
Le shérif, posant son verre : « Je vais là où l’on m’ordonne d’aller ma chère !... Messire Blackson a requis mon aide afin de restaurer l’ordre dans ce comté. J’ai bien entendu demandé la permission au Prince Jean comme il est d’usage. Etant donné l’incompétence manifeste du seigneur de ces lieux, le Prince a donc considéré qu’il était urgent d’intervenir… pour le bien du royaume naturellement… et il m’a autorisé à délaisser temporairement Nottingham afin d’aider les malheureux de ce comté. Voilà tout ! »
Devant tant de mensonges, Marianne, forçant un sourire : « Eh bien, j’en suis ravie. »
Le shérif : « Par ailleurs, mon devoir d’homme d’Etat n’est pas la seule raison de ma venue dans ce charmant comté… »
Il sortit de sa poche un parchemin.
Le shérif à Jane : «… Votre frère a signé ce document s’engageant à verser au comté de Nottingham la somme de deux milles livres par mois. Or jusqu’à présent, je n’ai reçu… enfin le comté de Nottingham n’a reçu qu’un premier versement de six milles livres... Voyez… Le compte n’y est pas… Si je peux me permettre cette expression ! »
Souriant, il remit le document dans sa poche.
Marianne : « Mais peut-être que le comte attend que vous ayez rempli vos engagements en rétablissant l’ordre sur ses terres ? »
Jane : « D’ailleurs, je me pose toujours la question de savoir comment allez-vous procéder, shérif ? Et surtout quand allez-vous agir ?... Il y a encore eu de nouvelles émeutes ! »
Le shérif : « Oui, c’est fort regrettable… Mais c’est la faute d’un hors-la-loi qui sévit également à Nottingham d’ailleurs et que vous connaissez fort bien Lady Jane puisque vous l’avez accueilli ici-même, m’a-t-on dit ! »
Jane : « Vous parlez sans doute de Robin des bois ? »
Le shérif : « C’est exact, très chère !... D’ailleurs vous le connaissez également Lady Marianne, n’est-ce-pas ?... Il est bien curieux de vous trouver ici en même temps que lui ? »
Jane, venant au secours de Marianne : « C’est une simple coïncidence, Monseigneur. Lady Marianne est arrivée ici bien avant ce Robin des bois. Et par ailleurs, je vous rappelle que ce Robin est un ami de mon frère, feu Matthew Kent avec qui il a fait ses études. »
Le shérif : « Je vois… Et c’est votre autre frère qui l’a invité ici ? »
Jane : « Je ne saurais vous dire les circonstances qui ont amené ce gentilhomme ici ! »
Le shérif : « Gentilhomme ?... Ce mot est incorrect pour qualifier un hors-la-loi. Il bafoue la loi et l’autorité du Prince Jean ! »
Marianne : « La seule autorité qui compte est celle du Roi Richard, non ? »
Gisborne : « En l’absence de celui-ci, il convient de respecter celle de son héritier ! »
Marianne : « Le Prince Jean n’est pas son héritier ! »
Le shérif : « Le Roi Richard n’a pas d’enfant, à ce que je sache. Par conséquent, s’il devait lui arriver malheur… [Sur un ton des plus hypocrites]… Et que Dieu nous en préserve, c’est au Prince Jean que reviendra la couronne. Vous en conviendrez ? »
Marianne, embarrassée : « Certes. »
Le shérif : « Bien… Portons alors un toast en son honneur. Voulez-vous ? »
Les convives levèrent leurs coupes.
Le shérif : « Au Prince Jea… »
Soudain, l’alarme retentit. Les deux femmes furent soulagées mais elles ne le montrèrent pas.
Le shérif, agacé : « Mais que signifie tout ceci ?... Blackson ! Ne restez pas planté là à bailler aux corneilles. Vous êtes le commandant de ce château, oui ou non ? Allez voir ! »
Blackson, se levant : « Oui. Tout de suite, Monseigneur ! »
Il partit en courant et quitta la pièce. Il traversa à vive allure le hall et déboucha sur le perron dans la cour. Ebahi, il regarda les villageois envahirent la cour. Alors que quelques minutes plus tôt, on pouvait y entendre une mouche volée, on entendait maintenant plus que les hurlements des envahisseurs et le bruit des lames qui s’entrechoquaient.
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En effet, quelques minutes plus tôt, dans la cour…
Robin tira sa flèche qui donna le signal à Allan. Pendant que celui-ci mettant en branle l’énorme cloche, Robin, Much et Will se précipitèrent à l’intérieur du logis des gardes et se saisirent de leurs occupants. Petit Jean en profita pour commencer à lever la herse. Surpris pendant leur partie de dés, les soldats de garde n’eurent pas le temps de donner l’alerte, les hors-la-loi les assommèrent rapidement. Will et Much sortirent pour abaisser le pont-levis. Après avoir enfermé les deux gardes dans une pièce adjacente, Robin vint donner un coup de main à Will et à Much. Le pont-levis s’abaissa lentement tandis que Petit Jean avait fini de remonter la herse. Soudain, l’alarme retentit. Robin surveilla alors le haut des remparts. Will laissa sa place à Petit Jean plus à même de manœuvrer l’énorme treuil qui contrôlait la montée et la descente du pont-levis. Robin vit les sentinelles des remparts descendre dans la cour. D’autres soldats arrivèrent du château.
Robin : « Dépêchez-vous, on a de la visite ! »
Il dégaina son épée. Alors que l’alarme retentissait de plus en plus fort, à l’extérieur des remparts, on trépignait d’impatience. Godwin et James gardèrent leur position tant que le pont-levis n’était pas complétement baissé. A la minute où celui-ci toucha terre, ils ordonnèrent l’assaut.
James : « A L’ATTAQUE ! »
En hurlant, les villageois envahirent la route principale menant au château puis se ruèrent sur le pont-levis. A l’intérieur de la cour, Petit Jean et Much vinrent en aide à Robin et à Will qui étaient allés au-devant des soldats afin de laisser le champ libre à leurs compagnons pour qu’ils accomplissent leur mission. La masse compacte des envahisseurs se répandit dans la cour. Robin en profita pour se mettre en retrait des combats. C’est alors qu’il vit un homme sur le perron. Il reconnut immédiatement Blackson malgré la faible luminosité. Celui-ci, hébété, regarda la situation de ses soldats. Son regard se posa sur les baraquements où il vit ses hommes hurler leur mécontentement d’être enfermés dans leurs quartiers. Puis il reporta son attention sur les soldats se trouvant dans la cour. Alors qu’ils se battaient férocement contre les hors-la-loi, les gardes furent rapidement submergés. Acculés contre le mur de leur propre baraquement, ils choisirent de se rendre à l’envahisseur. Voyant que la situation était perdue et avant que les villageois n’eussent l’idée de pénétrer dans le château, Blackson fit rapidement demi-tour.
Robin, se lançant à sa poursuite : « A nous deux, Blackson ! »
Mais il n’était pas le seul à l’avoir vu, James se lança également à ses trousses. Les deux hommes s’engouffrèrent dans le château. Voyant leur commandant partir en courant, les membres du groupe de James le suivirent à l’intérieur.
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Dans la grande salle…
Le shérif, s’impatientant : « Mais qu’est-ce qu’il fiche ?... Il en met un temps pour se rendre compte de la situation ! »
Les convives entendirent alors les cris des envahisseurs dans la cour. Marianne et Jane dissimulèrent leur enthousiasme tandis que Le teint de Gisborne et du shérif devinrent crayeux. Blackson fit irruption dans la pièce.
Blackson, dans un état de panique : « Monseigneur, c’est la révolte !... Le Comte de Kent est à la tête d’au moins une soixantaine d’homme et ils ont pris le château d’assaut !... Nous devons fuir, Monseigneur ! »
Il ferma la porte et la bloqua avec une commode pendant que Gisborne faisait de même avec la seconde entrée. Mais à peine Siméon avait-il installé le meuble que déjà la porte tremblait sur ses gonds : De l’autre côté, les hors-la-loi avaient commencé à l’enfoncer.
Gisborne, impatient : « Mais comment sortir d’ici ? »
Blackson montra le mur en face d’eux. Il souleva un pan de la lourde tapisserie qui le recouvrait et il ouvrit une petite porte dissimulée.
Blackson : « Par ici Monseigneur, cette porte mène à un passage secret qui débouche au pied des remparts. »
Le shérif : « Très bien, nous partons !... Prenez une torche, Gisborne et passez devant. »
Gisborne passa devant Marianne.
Marianne, tout bas : « Courage fuyons !... Vous me décevez, Messire Guy de Gisborne ! »
Gisborne entendit les propos de Marianne mais ne réagit pas. Il la regarda le visage fermé puis exécuta les ordres du shérif. Il prit une des torches de la grande salle et ouvrit le passage pour le shérif. Ce dernier le suivit. Blackson voulut lui emboîter le pas mais le shérif l’arrêta.
Le shérif : « Non. Pas vous, Blackson ! »
Blackson, ébahi : « Quoi ? Mais Monseigneur… »
Le shérif : « Tout ceci est de votre faute, Blackson ! Vous devez assumer la responsabilité de cet échec. »
Blackson, paniqué : « Mais ils vont me tuer ! »
Le shérif : « Peut-être...Mais vous avez une épée ! Servez-vous en ! »
Sur ce, il referma la porte derrière lui. Il demanda à Gisborne de bloquer la porte avec un meuble bas qui se trouvait dans le passage. Puis ils poursuivirent leur chemin, laissant Blackson désespéré. Ce dernier tenta en vain d’ouvrir la porte.
Au même moment, Robin, aidé de Petit Jean, réussit à enfoncer la porte. Il se précipita à l’intérieur, suivi de toute la troupe de James. Il se dirigea immédiatement vers Marianne et Jane de l’autre côté de la pièce. C’est alors qu’il vit Blackson contre le mur d’en face.
Robin : « Alors Blackson ?... Comme on se retrouve ! »
Il se dirigea vers lui lentement, son épée à la main.
James : « Non. Laisse-le-moi ! »
Blackson se retourna rapidement en brandissant son épée devant lui. Respirant avec beaucoup de difficulté, il menaça les deux hors-la-loi qui s’avançaient vers lui.
Robin, souriant : « Il est à toi ! »
Much : « Vous croyez que c’est prudent, maître ? »
Robin : « C’est son combat, Much ! »
Les hors-la-loi empêchèrent les villageois de s’en prendre à Blackson afin de laisser le champ libre à James. Allan et Elisabeth se joignirent à eux.
Blackson, hargneux : « J’aurais dû te tuer ! »
En proie au désespoir, il fonça sur le jeune homme. Celui-ci para l’attaque sans difficulté puis James passa à l’offensive. Galvanisé par la réussite de l’assaut, James se sentit pousser des ailes. Il laissa échapper sa fureur et attaqua son adversaire sans relâche. Blackson recula de plus en plus. Effrayé par la vigueur de son adversaire, il tenta de passer à l’offensive mais il échoua. James n’était plus le jeune écervelé et insouciant qu’il avait connu. L’expérience acquise auprès des hors-la-loi avait transformé le jeune homme en combattant acharné. Le capitaine des gardes sentit qu’il devait mettre un terme rapidement à ce combat s’il ne voulait pas se faire tuer. Mais son adversaire ne lui laissa aucune ouverture. Sentant la victoire finale proche et encouragé par les villageois, James attaqua sauvagement Blackson. Ce dernier para le coup maladroitement et fut blessé à l’épaule. Il recula le dos au mur.
James, enragé : « C’est fini pour toi, Blackson ! »
Simeon ne reconnut pas son adversaire. James était décidé à lui faire payer toutes les humiliations qu’il lui avait fait subir et il voulait le faire au nom de son père et de ses frères. Une dernière estocade et la lame de Blackson vola dans les airs et atterrit au pied de Jane et de Marianne. James prit Blackson par le col de sa tunique et leva son épée au-dessus de sa tête.
Robin, prenant le bras de James : « NON, JAMES ! »
Jane : « Non... Ne fais pas ça ! »
James, en colère : « Il le mérite ! »
Robin : « Peut-être bien mais il doit être jugé selon les règles. »
Jane : « Robin a raison. Je t’en prie. Ne fais pas ça. Tu n’es pas un assassin. »
Robin : « Tu ne peux pas faire justice toi-même ! »
James, pleurant de rage : « Je veux lui faire payer pour tous les morts que ses mercenaires ont causés dans la ville basse et dans tous les villages du comté … Pour ses hommes qu’ils ont enlevés… Pour l’honneur de mon père qu’il a bafoué ! »
Robin : « Il paiera !... Je te jure, James, il paiera… Mais pas comme ça ! »
Jane, l’implorant : « Je t’en prie, James. Ecoute, Robin ! Pose ton épée. Je t’en prie, petit frère ! »
Robin se plaça entre Blackson et James.
Robin : « Ecoute ta sœur… Fais-le pour elle… Fais-le aussi pour eux. »
Il fit un signe de tête en direction des villageois. James regarda derrière lui et vit les visages marqués par l’inquiétude de son groupe qu’il a mené à l’assaut de son propre château.
Robin : « Ce n’est pas l’image d’un homme assoiffé de vengeance que tu veux qu’ils aient de leur seigneur mais plutôt celui d’un homme digne et juste… non ? »
James, pleurant : « Je ne sais plus… »
Il baissa sa lame et lâcha Blackson. Robin le prit dans ses bras. Simeon avisa l’épée au pied de Jane et se précipita vers elle. Aussi rapide que l’éclair, il reprit son arme et prit Jane en otage.
Blackson, reculant vers l’escalier qui donnait sur la galerie : « QUE PERSONNE NE BOUGE… SINON ELLE EST MORTE ! »
Robin lâcha immédiatement James. Fou de colère, ce dernier voulut s’attaquer de nouveau à Blackson. Mais Robin l’en empêcha. Il prit son arc qu’il portait en bandoulière. Il encocha une flèche.
Blackson, commençant à monter l’escalier à reculons : « Pas un geste Robin sinon je lui tranche la gorge ! »
Jane, terrorisée, regarda Robin droit dans les yeux. Elle ne sut pas comment mais elle comprit ses intentions. Robin banda son arc et le pointa en direction de Blackson et de Jane.
Continuant de gravir l’escalier à reculons, Blackson, furieux : « POSE TON ARC A TERRE, ROBIN ! »
| Stoïque, Robin continua froidement de bander son arc dans sa direction. | ![]() |
James, inquiet pour sa sœur : « Robin, non ! »
Robin regarda Jane droit dans les yeux. Soudain, Jane donna un violent coup de coude dans l’estomac de Blackson. Celui-ci se tordit de douleur mais sans relâcher complètement Jane. Cependant, cela suffit à offrir une ouverture à Robin. Il laissa partir sa flèche qui se planta dans l’épaule de Blackson qui hurla de douleur. Jane en profita pour lui échapper. Marianne la recueillit dans ses bras. Blackson tomba à la renverse mais, en bon soldat, il ne s’avoua pas vaincu pour autant. Il se remit debout avec difficultés tout en continuant à menacer tous ceux qui s’approchaient de lui. Il monta les dernières marches tant bien que mal. James se lança à sa poursuite. Blackson se trouvait sur la galerie quand James mit le pied sur la dernière marche de l’escalier.
James, hurlant : « BLACKSON ! »
Celui-ci se retourna.
James : « Rends-toi ! C’est terminé !... Je te promets la vie sauve jusqu’à ton procès. »
Blackson se mit à rire.
Blackson, reculant et dédaigneux : « Tu crois vraiment que je vais déposer les armes au pied d’un damoiseau ? »
James : « Je suis le Comte de Kent et je peux t’assurer que tu auras droit à un procès et... »
Blackson, en colère, le coupant : « Je n’ai fait qu’obéir aux ordres du shérif de Nottingham et de Gisborne ! »
James, avançant vers lui : « Tu pourras t’expliquer lors de ton procès ! »
Blackson, souffrant de plus en plus de sa blessure à l’épaule : « Jamais. Petit Comte… Jamais, tu m’entends ! »
Soudain, il attaqua le jeune homme en hurlant. James para son attaque en l’évitant puis le repoussa violement contre la vielle balustrade entourant la galerie. Mais celle-ci, en bois, céda sous le poids de Blackson qui vint s’écraser en contrebas. James se pencha par le trou béant de la balustrade. Son adversaire gisait au sol. Le silence s’abattit aussitôt sur le château. Blackson fut tout de suite entouré par les hors-la-loi et les villageois. Djaq posa un genou à terre et vérifia si le capitaine des gardes était encore en vie. Elle leva les yeux vers James et hocha négativement la tête. Bizarrement, James se sentit triste d’avoir perdu Blackson. Il ne comprenait pas pourquoi puisque, quelques instants plus tôt, il voulait sa mort. Mais maintenant qu’il l’était, il le regrettait. Il descendit les escaliers quatre à quatre et vint se placer à côté de Robin. Il leva un regard triste sur lui.
Robin : « Ce n’est pas ta faute. Tu ne pouvais pas faire autrement. »
Djaq, se relevant : « Oui... Tu n’as fait que te défendre ! »
Cela ne consola pourtant pas le jeune homme. Mais James n’eut pas le temps de s’apitoyer sur sa propre détresse. Des protestations énergiques, suivies de grincement, se firent entendre. Tout le monde s’écarta du mur où était suspendue la tenture quand celle-ci se mit à bouger. De derrière la tapisserie, émergea un shérif fort mécontent suivi d’un Gisborne au visage fermé et enfin, Godwin, sourire aux lèvres accompagné de trois hommes.
Godwin, triomphant, épée à la main : « Regardez ce que j’ai trouvé dans le passage secret ! »
Much : « Ouais !!!! Bien joué, Godwin ! »
Godwin : « Quand j’ai vu Blackson se réfugier à l’intérieur du château, j’ai compris qu’il emprunterait le passage secret pour s’échapper mais je ne pensais pas attraper un autre gibier ! »
Il força ses prisonniers à avancer au centre de la pièce au milieu des rires des villageois.
Le shérif : « NE ME TOUCHEZ PAS, ESPECE DE MECREANTS !»
Il avisa son ancien associé au sol, puis regarda froidement Robin qui se planta devant lui.
Le shérif : « Eh bien, Locksley ? On dirait que tu as changé de politique ! »
Robin : « Il ne s’est pas montré coopératif !... J’espère en revanche que vous, vous le serez davantage… shérif ! »
Le shérif ravala son commentaire et masqua son inquiétude derrière un visage hautain et dédaigneux.
Le shérif : « Tu sais très bien que tu ne peux pas me tuer ! »
Robin, souriant : « A Nottingham, je suis d’accord… Mais ici, nous sommes loin de Nottingham. Et je crains fort que votre arrangement avec le Prince Jean n’ait pas cours dans le comté de Kent… Après tout, des bandits peuvent très bien s’en prendre à vous et les pauvres gens de Nottingham n’y sont pour rien. Le Prince Jean n’a donc aucune raison de leur faire payer ainsi votre mort, hum ? »
Le shérif avala de travers.
Robin, poursuivant : « Mais rassurez-vous, je ne désire pas votre mort, shérif. Ce sera à notre Roi de vous juger quand il reviendra. Pas à moi ! »
Le shérif, relevant fièrement la tête : « Alors que voulez-vous ? »
Jane : « La reconnaissance de dette signée par mon frère ! »
Le shérif : « Je ne l’ai pas sur moi ! »
Jane : « C’est faux ! Vous nous l’avez montré pendant le dîner, ce soir. »
Robin posa un regard interrogateur sur le shérif.
Le shérif : « C’est ridicule ! »
Robin fit un signe de tête à Godwin. Celui-ci fouilla le shérif. Ce dernier n’apprécia pas du tout la palpation mais serra les dents face à cette humiliation publique. Quand Godwin eut terminé, il eut un geste de colère. La foule voulut s’en prendre à lui mais Robin les stoppa.
Godwin : « Il n’a rien sur lui ! »
Le shérif : « Tu vois ?... Tout ceci est franchement ridicule. Tu perds ton temps et le mien. Je désire me retirer à présent ! »
Robin, calme mais insistant : « Pas avant que vous m’ayez donné la reconnaissance de dette. »
Le shérif : « JE TE DIS QUE JE NE L’AI PAS ! »
Robin prit la dague de Much et s’avança lentement vers le shérif.
Robin : « N’abusez pas de ma patience, shérif. S’il est vrai que je ne désire pas votre mort. Rien ne m’empêche de vous torturer avant de vous renvoyer à Nottingham ! »
Le shérif, provoquant : « Et que comptes-tu me faire ?... Le Prince Jean ne laissera pas passer cela ! »
Robin, prenant la main gauche du shérif : « Le Prince Jean souhaite seulement savoir si vous êtes en vie, exact ? »
Le shérif, méfiant : « Exact ? »
Robin : « Il n’a pas demandé à Sir Jasper de vérifier que vous êtes entier, non ? »
Le shérif : « Je ne comprends pas ! »
Robin : « Bien par exemple… Vous n’avez pas besoin de vos deux mains pour apposer votre sceau sur le carnet de Sir Jasper, hum ? »
Robin passa sa lame sur le poignet du shérif. Ce dernier comprit immédiatement où Robin voulait en venir. Il ne répliqua pas, ne voulant pas donner la satisfaction à Robin de le voir le supplier. Les deux hommes se regardèrent avec défi. Puis d’un geste rapide, Robin déchira la manche du shérif, mettant à jour un parchemin plié sous son bras. Fixant le shérif en souriant, Robin prit le document et le tendit à Jane.
Jane, dépliant le document : « C’est bien la reconnaissance de dette ! »
Much : « Ben comment vous saviez qu’elle était là ? »
Robin : « Godwin n’a rien trouvé pendant la fouille de notre ami mais il n’avait pas vérifié ses manches. »
Will : « Oui mais pourquoi la manche gauche ? »
Djaq, souriant : « Parce que le shérif est droitier ! »
Admirant sa perspicacité, Robin fit un clin d’œil à Djaq, indiquant aux autres qu’elle avait vu juste. Intérieurement, le shérif fulmina de rage car tout son plan venait de s’écrouler. Plus question maintenant, une fois retourné à Nottingham, de demander au Prince Jean l’arrestation du Comte pour dette impayée.
Much : « Qu’est-ce qu’on va faire d’eux à présent ? »
Robin : « On va les laisser repartir à Nottingham ! »
Les hors-la-loi ne furent pas très emballés à l’idée de laisser partir leur ennemi. Les villageois, eux, étaient carrément hostiles. Ils auraient bien aimé se venger d’avoir été trompés par le shérif. Mais devant l’assentiment de James à la proposition de Robin, ceux-ci se contentèrent de bougonner sans s’opposer à cette décision.
Robin : « Qu’on amène le cheval du shérif ! »
Godwin, souriant : « Non. J’ai une bien meilleure idée ! »
Il se pencha vers un homme à ses côtés et lui parla dans le creux de l’oreille. Celui-ci sourit puis quitta la pièce en courant.
Robin au shérif : « Après vous, Monseigneur ! »
Godwin bouscula ses prisonniers pour qu’ils avancent en direction de la sortie. Les villageois formèrent une haie d’honneur. Le shérif redressa fièrement la tête malgré les quolibets et les injures que lui proféraient la population jusqu’à sa sortie dans la cour. Gisborne, lui, supporta mal cette humiliation et baissa la tête pendant tout le trajet.
Quand les deux hommes apparurent sur le perron, prisonniers de Godwin, la foule cria sa joie. Comme il faisait nuit, on avait allumé des braseros dans la cour afin d’augmenter la visibilité. Le shérif put apercevoir le reste de l’armée du Comte ainsi que des quelques soldats qui restaient, prisonniers eux-aussi des villageois. Il remarqua alors la monture qu’on lui avait réservée !
Le shérif, se tournant vers Robin et furieux : « C’EST UNE PLAISANTERIE ! »
Robin, ne sachant pas de quoi il parlait, s’arrêta à ses côtés et avisa le destrier du shérif au bas du perron, il se mit à rire. En effet, Godwin avait demandé à l’un de ses hommes d’aller chercher… un âne.
Godwin, intervenant : « Quand nous attendions le moment d’attaquer le château, j’ai remarqué dans un parc un peu plus loin, à côté duquel je mettais posté, cette ravissante bête qui paissait tranquillement, alors quand Robin a demandé une monture pour vous, j’ai immédiatement pensé à elle ! »
Le shérif : « JE REFUSE DE MONTER SUR CET ANIMAL ! »
Godwin, le menaçant avec son épée : « Montez sur votre destrier, Monseigneur. Ou vous goûterez à mon épée ! »
Le shérif avisa Robin, voulant que celui-ci intervienne.
Robin, souriant : « Je suis navré mais je ne peux rien faire pour vous, shérif. Nous sommes dans le comté de Kent ici et nous devons nous soumettre au jugement du seigneur de ces lieux et à ses représentants. C’est la loi ! »
Le shérif : « LA LOI ?... CE FRELUQUET N’EST QU’UN VULGAIRE MERCENAIRE ! »
James : « C’est faux ! Cet homme est mon nouveau capitaine des gardes… [Puis s’adressant aux soldats présents dans la cour et à ceux, prisonniers dans leur baraquement.]… A compter de cet instant, je nomme Messire Godwin Keegan, capitaine des gardes du comté de Kent… Par conséquent, vous lui devez obéissance et soumission sous peine de sanctions sévères ! »
James, se tournant vers le shérif : « Alors Monseigneur ?... Je vous prie de vous retirer immédiatement… et je ne veux plus jamais vous revoir ! »
Godwin : « Vous avez entendu ?... Alors montez ! »
Il força le shérif et Gisborne à descendre du perron.
Le shérif, en colère : « Tu me paieras ça, Robin des bois ! »
Contraint, le shérif, se hissa sur le dos de l’âne sous les rires des villageois. Un des villageois tendit la longe à Gisborne. Celui-ci la prit et il tira l’animal à travers la cour. Comme dans la grande salle, les villageois formèrent une haie d’honneur. Fier et la tête haute, le shérif serra les dents durant la traversée de la cour sous les rires moqueurs des villageois. Ceux-ci redoublèrent lorsque l’âne refusa d’avancer sur le pont-levis. Gisborne eut toutes les peines du monde à le faire avancer. Il tira de toutes ses forces en invectivant l’animal mais rien n’y fit. Un des villageois donna une claque sur l’arrière train de l’âne. Celui-ci, surpris, se rebiffa. Le shérif se cramponna tant bien que mal tandis que l’âne partit au galop.
Le shérif, se tenant à la crinière : « GISBORNE !... GISBORNE ! »
Gisborne dut courir derrière eux. Les deux hommes et l’animal disparurent dans la forêt.
Après avoir bien ri des mésaventures du shérif, Robin s’adressa à la foule.
Robin : « VOUS AVEZ TRIOMPHE ! »
La foule, exultant de joie : « OUAIS !!!!! »
Les villageois se congratulèrent entre eux dans la liesse générale. Robin prit James dans ses bras et le serra très fort.
Un villageois : « VIVE ROBIN DES BOIS ! »
La foule, reprenant en cœur : « VIVE ROBIN DES BOIS ! »
Un autre villageois : « ET VIVE JAMES DE KENT ! »
La foule : « VIVE JAMES DE KENT ! »
Robin à James : « Tu vois ?... Je t’avais dit qu’on réussirait ! »
James, souriant et larmes aux yeux : « Oui, tu avais raison ! »
Il regarda autour de lui et ne vit que des visages heureux. Cela lui réchauffa le cœur. Enfin, il était revenu chez lui. Il avisa sa sœur, pleurant à chaudes larmes, dans les bras de Marianne. Il se dirigea vers elle. Quand elle le vit approcher, Jane se jeta dans ses bras.
Jane : « Tu as réussi, petit frère… Je suis fière de toi ! »
James : « Non !... Nous avons réussi. Je n’aurais rien pu faire sans toi et Robin. Merci pour tes précieux conseils, sœurette. »
Il l’étreignit avec force. Un peu plus loin, un vieil homme était tout aussi fier et heureux de retrouver son maître. Ozias s’approcha des enfants de Monsieur le Comte.
James, apercevant le vieil homme : « OZIAS ! »
Il se défit de sa sœur et prit le vieil homme dans ses bras.
James : « Mais pourquoi tu pleures ? »
Ozias : « Je suis content de vous revoir chez vous, Monsieur le Comte ! »
James : « Oh décidément vous changerez jamais, mon brave Ozias ! »
Ozias, se défaisant du jeune homme : « Oh je suis trop vieux pour ça, Monseigneur. Mais vous… Vous avez drôlement changé. »
James : « Ah oui ?... Et en mieux, j’espère ? »
Ozias, un peu triste : « Vous devenu un homme. Et je suis fier de vous. Mais vous aurez bientôt plus besoin de moi ! »
James, le reprit immédiatement dans ses bras : « Ne dites pas cela, Ozias ! J’aurais toujours besoin de vous !... Vous entendez ? »
Ozias acquiesça gentiment de la tête.
James, se défaisant de lui et se voulant sérieux : « A partir de maintenant, Je vous ordonne de rester toujours auprès de moi ! »
Ozias, souriant et réconforté : « Bien… Monsieur le Comte. »
James mit un bras sur l’épaule de sa sœur et l’autre bras sur les épaules du vieil homme. Il était heureux. Il promena son regard sur la foule en liesse devant lui et profita de ce bonheur retrouvé.
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CHAPITRE XXVI
« En AVANT... DIRECTION SHERWOOD ! »
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lors que, dans la cour, les villageois se réjouissaient de leur victoire, à l’intérieur des baraquements, les soldats trépignaient d’impatience. Dans l’allégresse générale, on les avait oubliés. En joignant leur force, ils arrivèrent à défoncer la porte d’entrée de leur baraquement donnant sur la cour. Dans un fracas épouvantable, la porte céda et les soldats, armés, sortirent dans la cour. Les villageois, surpris, reculèrent puis encerclèrent les soldats. Ne voulant pas que la bataille recommence, Robin, James et Godwin s’interposèrent. |
James : « DEPOSEZ LES ARMES ! »
Les soldats, ne sachant pas que Blackson était mort, hésitèrent.
Godwin : « MESSIEURS… DEPOSEZ VOS ARMES ! »
Un des soldats : « De quel droit nous donnes-tu des ordres ! »
James : « Comme je l’ai dit tout à l’heure, voici Godwin, votre nouveau capitaine des gardes ! »
Le soldat, promptement : « C’est Messire Blackson, notre capitaine ! »
James : « Blackson est mort ! Et j’ai nommé Godwin à sa place. Par conséquent, vous lui devez obéissance ! »
La mort de leur capitaine jeta le trouble dans leur esprit.
James : « Je promets mon pardon à tous ceux qui se railleront à moi et à Godwin. Je pardonne pour toutes les fautes commises à mon égard sous le commandement de Messire Blackson. Vous pourrez garder votre grade et l’intégralité de votre solde à la seule condition de me jurer obéissance et fidélité. Je vous jure solennellement de ne prendre aucune sanction à l’encontre de tous ceux qui déposeront les armes… maintenant ! Si vous refusez, vous serez bannis à jamais du comté de Kent ! »
Consternés, les soldats se regardèrent les uns les autres, ne sachant que faire. James se raidit, craignant de ne pas avoir réussir à les convaincre. Robin se rapprocha du jeune homme au cas où les soldats décideraient d’attaquer. D’ailleurs, les hors-la-loi se préparaient déjà à l’affrontement. Mais ce fut inutile. Un soldat déposa son arme, puis un second puis un troisième… Finalement, un à un, tous les soldats déposèrent leurs armes sous les acclamations des villageois. James et les hors-la-loi se détendirent.
Monsieur le Comte leur fit prêter serment. Il les invita ensuite à soigner leurs blessés puis à prendre part aux festivités qui auraient lieu dès le lever du jour. Les hors-la-loi soignèrent les quelques blessés dans les rangs des villageois mais aussi dans celui des soldats.
Accompagné de James, Robin vint à la rencontre de Djaq : « Il y a beaucoup de blessés ? »
Djaq : « Parmi les villageois seulement trois. »
Robin : « Et pour les soldats ? »
Djaq : « Il y a deux morts et cinq blessés. »
Son regard se porta vers le perron du château où deux soldats, accompagnés par Godwin et portant une civière recouvert d’un drap, se dirigeaient vers eux. James et Robin se retournèrent.
Godwin : « Monseigneur, nous avons trouvé ceci sur Messire Blackson. »
Il tendit à James la proclamation que le jeune homme avait dû signer sous la contrainte, donnant les pleins pouvoirs à Simeon.
James, rangeant le document dans sa poche : « Merci… Je la brûlerai plus tard. »
Godwin : « Et que fait-on du corps ? »
Robin laissa à James le soin de répondre.
James, regardant avec tristesse le corps de son ancien capitaine des gardes : « Fais appel à un prêtre et fais en sorte qu’il soit enterré dignement ! »
Godwin : « Oui, Monseigneur ! »
Ils partirent en direction du pont-levis. James sentit alors de la peine envahir son cœur. En effet, il regarda s’éloigner le corps de cet homme qu’il avait tant détesté avec, pourtant, une profonde tristesse. Avant de se laisser complètement submergé par ses émotions, il reporta son attention sur les héros du jour.
James à Robin : « Vous restez avec nous ?... Vous ne partez pas tout de suite, n’est-ce pas ? »
Robin : « Eh bien… Si tu m’offres l’hospitalité, je l’accepte avec plaisir au moins jusqu’à demain. »
James : « Je te l’offre, Robin… Je vous l’offre à tous avec joie ! »
Il tapota l’épaule de Robin, ravi de voir les héros qui l’avaient accompagné s’installer chez lui.
James au serviteur : « Que l’on prépare des chambres pour chacun de mes amis ! »
Much, plein d’espoir : « C’est vrai ?... On va rester ici quelques jours ? »
Robin : « Oui… Enfin jusqu’à après-demain seulement. »
Much, ravi : « On va pouvoir dormir dans un vrai lit ? »
James : « Absolument !... Et vous pourrez boire et manger autant que vous voudrez ! »
Allan : « Formidable ! Mais euh… Pas de ragoût de lapin, j’espère ? »
Much, vexé : « Ben qu’est-ce qu’il a mon ragoût ? »
James, souriant : « Non… Je vais vous faire préparer de la biche et du sanglier ! »
Les hors-la-loi approuvèrent bruyamment la réponse du jeune homme.
James à l’ensemble des personnes se trouvant dans la cour : « D’ailleurs, j’invite tout le monde à partager notre repas afin de fêter notre victoire… [Aux hors-la-loi]… Enfin… Si vous êtes d’accord ? »
Robin : « C’est une excellente idée… J’en serais ravi et enchanté ! »
James : « Parfait… Mais en attendant de festoyer, je vous invite à vous reposer dans vos appartements. »
La proposition reçut une nouvelle fois un bruyant assentiment de la part des hors-la-loi. Alors que James les invita à le suivre, Petit Jean prit Robin par le bras et le tira à l’écart.
Petit Jean : « Et le peuple de Nottingham ? »
Robin : « Quoi, le peuple de Nottingham ? »
Petit Jean : « Tu y penses ?... Nous sommes partis depuis trop longtemps. Il est grand temps de rentrer, tu ne crois pas ? »
Robin : « Rassure-toi, Jean. Je ne les ai pas oubliés. Mais nous avons bien mérité une journée de repos. Tu ne crois pas ?... Et puis Wayne s’occupe d’eux de toute façon, non ? »
Petit Jean, pas convaincu : « Ouais. »
Robin, lui mettant la main sur l’épaule : « Je te promets, Jean, de partir pour Sherwood après-demain… très tôt dans la matinée. Ça te va ? »
Petit Jean acquiesça de la tête sans dire un mot. Robin lui sourit puis l’invita à le suivre à l’intérieur du château. Pendant que les soldats et les villageois sympathisaient, les hors-la-loi furent conduits dans leurs appartements.
James, fier : « Je t’ai réservé un appartement près du mien… à moins bien sûr que tu préfères partager celui de Marianne ? »
Robin, tenté par cette proposition : « Eh bien euh… »
Marianne, catégorique et rougissante : « Non !... Je veux dire que… Robin a besoin de euh… d’espace pour se reposer. »
James, surpris : « D’espace ? »
Marianne, dans sa tête : « D’espace ?... Mais qu’est-ce qui m’a pris de dire une chose pareille ? »
Devant les regards interrogateurs de chacun, Marianne, confirmant : « Oui c’est ça… d’espace ! »
James, ne la comprenant pas, regarda Robin.
Robin, souriant et acquiesçant de la tête : « D’espace ! »
James : « Bien ! »
Il conduisit Robin à la porte de son appartement en face du sien.
James : « Voilà, c’est là… Bon, eh bien repose-toi mon ami et à demain matin. »
Il salua les hors-la-loi et entra dans ses quartiers. Le serviteur qui les accompagnait continua son chemin afin de conduire le reste des hors-la-loi dans leurs appartements. Marianne s’apprêta à les suivre mais Robin l’attrapa par le poignet.
Robin, sérieux : « Hep !...Tu ne veux pas venir voir euh… mon espace ? »
Marianne, vexée, lui fit lâcher son poignet et tourna les talons en direction de sa chambre. Robin éclata de rire en la regardant s’éloigner puis entra dans sa chambre.
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Il posa son arc et son carquois sur la commode. Puis il retira sa tunique et s’aspergea le visage. Il s’assit sur le lit, enleva ses bottes et se coucha lentement, appréciant la sensation de se retrouver dans un confortable lit moelleux. Il mit ses mains derrière sa tête et repensa à tout ce qu’il avait vécu depuis sa rencontre avec James dans la forêt de Sherwood. Tant de choses s’étaient produites depuis qu’il avait intercepté le fier et fougueux jeune homme. Il sourit en repensant à ce moment qui avait déclenché une suite d’évènements qui avait abouti à la victoire récente qu’il venait de vivre. Epuisé mais heureux d’avoir déjoué, encore une fois, les plans du shérif, il laissa ensuite son esprit vagabonder et, lentement, le sommeil le gagna. Il s’endormit à moitié habillé et lumière allumée.
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Si Marianne n’avait pas suivi Robin dans sa chambre, Annie, en revanche, avait même devancé Allan dans la sienne. Sous les rires moqueurs de ses compagnons, Allan avait été tiré par le bras par sa belle. Quand il eut refermé la porte, elle se jeta dans ses bras. Il poussa une plainte.
Se rappelant que son bien-aimé avait été grièvement blessé, Annie : « Oh, je suis désolée. Est-ce que ça va ? »
Allan : « Oui, ça va. »
Il s’assit lentement sur son lit.
Annie : « Retire ta chemise ! »
Allan : « Oh. Oh. Je t’aurais manqué à ce point ? »
Annie : « Ne dis donc pas de bêtises !... Je veux juste vérifier tes blessures. »
Elle l’aida à retirer sa chemise et avisa le bandage sur son épaule. Puis elle vit les traces laissées par les tortures de Gisborne. Avec sa main, elle fit délicatement le tour d’une blessure sur son torse puis elle le regarda droit dans les yeux.
Annie, les yeux humides : « ça te fais encore mal ? »
Allan : « Non, pas du tout. Djaq s’est bien occupée de moi ! »
Ses caresses sur son torse provoquèrent un début de désir chez le jeune homme mais Annie n’était pas dans les mêmes dispositions. Elle s’imaginait les supplices que son amour avait dû endurer.
Annie : « J’ai eu très peur, tu sais ? »
Allan, redevenant sérieux : « C’est fini, maintenant ! »
Annie, versant une larme : « Oui mais je n’étais pas auprès de toi lorsque tu… Et si tu avais été… »
Allan, l’interrompant et doucement : « Chutttt… Ne t’en fais pas. Je n’étais pas tout seul. Djaq était là… Et Will aussi… Et tous les autres… Et puis je savais que tu pensais à moi… Moi, en tout cas, je pensais tout le temps à toi. »
Annie : « C’est vrai ?...Oui mais c’est Djaq qui t’as soignée ! »
Allan, voulant la faire sourire : « Ben je préfères ça… Après tout, tu es cuisinière pas guérisseuse ! »
Annie le poussa. Allan tomba en arrière sur son lit en riant. Elle vint se coucher lentement contre lui.
Annie : « Tu as mal si je me mets là ? »
Allan, espiègle : « Non, tu peux même venir encore plus près, si tu veux ! »
Annie, sur un ton de reproche : « Tu n’as pas fini ! »
Allan referma ses bras sur elle. Blotti l’un contre l’autre, ils regardaient ensemble le plafond de leur chambre en profitant de ce cocon d’intimité, plutôt rare, depuis qu’Allan avait réintégré la bande. Ils restèrent silencieux quelques instants.
Annie, regardant toujours le plafond dans les bras d’Allan : « Tu sais ?... J’aimerais vraiment te voir plus souvent… Lorsque Robin m’a dit que tu avais été fait prisonnier, j’ai pris conscience que… que je t’aimais que plus tout au monde… que tu étais l’homme de ma vie et que je ne voulais pas te perdre… Alors j’aimerais... Enfin je sais que cela ne va pas aller sans difficultés mais j’aimerais qu’on passe plus de temps ensemble… J’aimerais te voir plus souvent… et pourquoi pas se… »
Voyant qu’il ne réagissait pas à ses propos, elle leva la tête vers lui et vit qu’il s’était endormi.
Annie, un peu désappointée : «… se marier. Bon… Ben, je crois que nous devrons remettre cette discussion à plus tard. »
Elle fut un peu déçue, il est vrai mais elle comprenait aussi qu’après tout ce qu’il avait enduré, il était normal qu’il soit épuisé. Elle se leva et alla chercher une cuvette remplie d’eau. Elle entreprit de lui faire sa toilette. Elle enleva d’abord le bandage de son épaule puis lui lava doucement le torse.
Annie : « J’ai bien de la chance de t’avoir, Allan de Dale ! »
Elle aimait cet homme même s’il se montrait parfois un peu sarcastique voire même puéril dans ses réflexions. Elle l’aimait quand même avec tous ses défauts car elle ne doutait pas au fond d’elle-même que, derrière ses sarcasmes, se cachait un homme timide, bon et généreux et qu’il ne tenait qu’à elle de le découvrir. Elle l’essuya tout en douceur de peur de lui faire mal à cause de ses blessures. Puis elle lui retira ses bottes. Elle le recouvrit ensuite avec une couverture et se pencha sur son bien-aimé.
Annie : « Bonne nuit, mon amour ! »
Elle l’embrassa puis quitta ses appartements pour retourner dans sa chambre.
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Pendant qu’Annie lavait le pauvre Allan, Djaq finissait sa toilette. Cela faisait tellement longtemps qu’elle n’avait pas dormi dans un vrai lit, que bien qu’il ne restait que quelques heures avant le lever du soleil, elle décida d’enfiler la robe de nuit que les servantes avaient posée sur le lit. Puis elle se glissa avec bonheur dans les draps.
Elle repensa aux évènements de la journée et se réjouit qu’aucun de ses compagnons n’aient été blessés, en particulier son cher et tendre Will. Elle aurait aimé partager ce moment de repos bien mérité avec lui mais, n’étant pas mariés, il n’aurait pas été convenable de l’inviter dans sa chambre même si elle en mourrait d’envie. Elle sourit en pensant à l’expression du visage de son bien-aimé quand il la vit entrer dans sa chambre sans l’inviter.
Elle s’imagina alors ce qui aurait pu se passer s’ils avaient été mariés… Elle aurait pu passer le reste de la nuit dans ses bras. Réconfortée par cette idée, elle s’endormit paisiblement.
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Si Djaq pensait à Will et à ce qu’ils auraient fait s’ils avaient été mari et femme, Will, lui, aurait bien aimé pouvoir profiter du réconfort des bras de sa bien-aimée, sans attendre d’être marié. Lorsqu’il referma la porte de sa chambre, il s’appuya contre celle-ci et ferma les yeux. Frustré, il souffla bruyamment en pensant que sa chère et tendre se trouvait, toute seule, à quelques pas de lui seulement. Il mourrait d’envie d’aller la rejoindre pour passer les quelques heures qui restaient avant le lever du jour, enlacés l’un contre l’autre. Mais il savait que Djaq ne le permettrait pas.
Il se dirigea vers la commode, déposa ses armes puis retira sa tunique. Il se lava puis s’essuya en pensant que Djaq devait certainement faire la même chose que lui en ce moment même. Il s’assit sur le lit pour retirer ses bottes. Puis il se leva pour enlever son pantalon et il aperçut le vêtement de nuit que les serviteurs avaient déposé à son attention. Il apprécia beaucoup ce petit geste mais, ayant l’habitude de dormir dans les bois, il déposa le vêtement sur la malle se trouvant au pied du lit.
Will, retirant son pantalon et souriant : « Je parie que Djaq l’a revêtu ! »
Il se coucha sur le lit sans défaire les draps. Puis les mains derrière la tête, il se mit à penser à la jeune femme.
Will : « Tu mérites d’avoir une vraie maison… un vrai toit au-dessus de tête. »
Il se promit de lui offrir tout le confort qu’elle méritait, une fois qu’ils seraient mariés. Il en vint alors à repenser à la conversation qu’il avait eue avec Allan dans la forêt d’Ashdown. Il continua de s’interroger sur le fait d’épouser Djaq. Maintenant que la mission était terminée, la bande allait bientôt retrouver ses habitudes à Sherwood et il se disait que c’était là peut-être l’occasion de parler sérieusement avec Djaq. Mais d’un autre côté, Robin pourrait ne pas être d’accord, pensant que leur union pourrait nuire à la cohésion du groupe. Et puis… Comment vivre une histoire d’amour en logeant au campement, entassés les uns sur les autres ? Toutes ses questions et bien d’autres encore méritaient d’être débattues avec l’élue de son cœur. Assaillis par toutes ces interrogations et épuisé par les combats, le jeune homme finit par s’endormir sans avoir décidé s’il parlerait de tout ceci à Djaq à son retour à Sherwood.
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Si Will pensait à faire de Djaq son épouse, Petit Jean, lui, pensait à la sienne et à son fils, Jean. Quand il eut refermé la porte et qu’il vit le confort de sa chambre, il n’eut pu s’empêcher de penser à Alice et Jean. Il aurait bien voulu qu’ils partagent avec lui le luxe dans lequel il allait devoir vivre durant quelques heures. Il posa son bâton contre le mur, prêt de la porte et enleva son lourd manteau. Il se déshabilla puis fit sa toilette. Après s’être essuyé, il vint se coucher sur le lit. Il avisa le vêtement de nuit posé sur le couvre-lit.
Petit Jean : « Mais qu’est-ce que c’est que ça ?... Et voilà !... C’est bien un truc de riche, ça ! »
Il balança le vêtement sur la malle installée au pied de son lit. En posa la tête sur l’oreiller, il eut une pensée pour les pauvres de Nottingham.
Petit Jean, soufflant : « Voilà qu’on se vautre dans le luxe pendant que les pauvres de Nottingham meurent de faim ! »
Il se tourna sur le côté et regarda par la fenêtre. La nuit semblait paisible mais Petit Jean ne l’était pas. Il culpabilisait de se trouver dans ce château à profiter des privilèges du seigneur de Kent.
Petit Jean, gêné : « Il faut absolument regagner Sherwood le plus rapidement possible. »
Mais la fatigue eut raison des remords du colosse. Le sommeil gagna le géant de la forêt de Sherwood et il s’endormit en quelques minutes.
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Pendant que Petit Jean culpabilisait, Much, au contraire, savourait pleinement le confort de sa nouvelle demeure.
Much, fermant la porte de sa chambre : « Ah !!!! Un bon lit bien moelleux !!! »
Il déposa ses armes sur une commode et se dirigea vers son lit.
Much, testant le matelas et ravi : « ça fait tellement longtemps que j’en rêvais ! »
Il retira sa tunique, son pantalon et ses bottes et commença sa toilette. Mais on frappa à la porte.
Much, surpris, se retournant : « Oui, un inst... »
Il n’eut pas le temps d’inviter la personne à patienter qu’une jeune servante entra précipitamment dans sa chambre.
La servante : « Pardonnez-moi, Messire, mais j’ai oublié de vous apporter votre vêtement de… Oh ! »
Elle s’arrêta net en voyant que le locataire de la chambre se trouvait en tenue d’Adam. Much, terriblement gêné, rougit jusqu’aux oreilles, attrapa en vitesse une serviette et essaya tant bien que mal de se cacher derrière ce tout petit morceau de tissu.
La servante, tournant la tête : « Pardonnez-moi, Messire ! »
Much, embarrassé : « Ben euh… C’est rien… Euh… [Il se racla la gorge puis pris un ton plus autoritaire]… Veuillez poser ça sur le lit, je vous prie ! »
Ne le regardant toujours pas, la servante, lui faisant une révérence : « Bien, Messire ! »
Elle posa le vêtement sur le lit puis elle se tourna vers lui.
La servante, souriant de l’embarras de Much : « Y’a-t-il autre chose pour votre service, Messire ? »
Much, essayant toujours de se dissimuler derrière la serviette : « Non, ce sera tout… Euh… Je vous prie de… Euh… vous retirer ! »
La servante : « Bien, Messire ! »
Elle se retira. Quand elle eut fermé la porte, il laissa tomber la serviette et souffla bruyamment.
Much, bougonnant : « J’avais bien plus d’intimité dans la forêt de Sherwood que dans ce fichu château ! »
Il se dépêcha de finir sa toilette et se sécha tout aussi rapidement. En jetant de petits coups d’œil furtif en direction de la porte au cas où on viendrait le déranger à nouveau, et, contrairement à Petit Jean, il s’empressa d’enfiler le vêtement de nuit. Il apprécia tout particulièrement la légèreté du tissu sur sa peau. Il ouvrit religieusement son lit et se coucha.
Much, ravi et savourant : « Haaa ! Ce qu’on est bien… Ça change de notre couche au campement ! »
Il se blottit au fond de son lit puis rabattit les couvertures.
Much : « Hum… Ce sera comme ça tous les jours quand je serai fait Comte de Bonchurch ! »
Pensant à sa vie de futur Comte, il se laissa peu à peu gagner par le sommeil. Il s’endormit en quelques minutes à peine.
Mais la nuit fut très courte pour les hors-la-loi. En effet, au moment où Much tomba dans les bras de Morphée, la nuit commençait déjà à laisser sa place à une nouvelle journée. Déjà, des serviteurs circulaient dans le château afin de s’atteler à leurs tâches quotidiennes. Mais ni les hors-la-loi ni les villageois que les soldats avaient invité dans leur baraquement n’en furent pour le moins dérangés. Ereintés par leur victoire, ils purent dormir quelques heures. D’autant plus que le Comte de Kent avait donné l’ordre de ne pas les réveiller.
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Quelques heures plus tard, le soleil était déjà bien haut dans le ciel lorsque Robin ouvrit les yeux. Il mit quelques secondes à réaliser qu’il se trouvait dans un lit moelleux de l’une des chambres du château de Maidstone. C’est alors qu’il entendit du bruit provenant de la cour.
| Il se leva, s’étira longuement pour se réveiller complètement, se dirigea vers la fenêtre et l’ouvrit. | ![]() |
Il s’accouda à la fenêtre en souriant. Une légère brise entra dans la pièce et acheva de le réveiller. Le spectacle, qui s’offrait à lui, lui réchauffa le cœur : Alors qu’ils étaient encore ennemis la veille, les villageois et les soldats travaillaient de concert afin de préparer les tables pour le banquet qui aurait lieu dans la cour, quelques heures plus tard. Il porta alors son regard sur James au centre de la place. Il n’avait plus rien à voir avec le jeune homme, un peu turbulent, qu’il avait attrapé dans la forêt de Sherwood. Il semblait avoir mûri. Paré de ses habits de cérémonie, le jeune Comte de Kent donnait des ordres aux serviteurs.
Un villageois, apercevant Robin, accoudé à sa fenêtre et, levant la main : « Bonjour, Messire Robin ! »
Robin, souriant et levant la main : « Bonjour, l’ami ! »
En entendant le villageois, James tourna la tête en direction du château. Il aperçut Robin à sa fenêtre.
James, s’arrêtant au pied du château : « Ben alors ?... On dirait que cette fois-ci, c’est toi qui ait du mal à te lever le matin ? »
Robin, souriant : « On dirait bien, oui. Ta chaleureuse hospitalité a eu raison de mes rudes habitudes de hors-la-loi ! »
James, souriant : « Rassure-toi !... Je ne dirai rien à personne et puis tu n’es pas le seul dans ce cas. Les autres aussi ne sont pas encore réveillés ! »
Robin : « En tout cas toi, tu sembles avoir adopté nos habitudes ! »
James : « Je n’ai pas fermé l’œil de la nuit. J’étais trop excité par mon retour dans ces murs !... Alors je me suis levé et je me suis attelé à la préparation du banquet ! »
Robin : « Nous allons venir t’aider ! »
James : « Non, pas question. Vous en avez assez fait comme ça. Profitez de votre séjour parmi nous pour vous détendre et vous reposer ! »
Robin : « Comme tu voudras… Monsieur le Comte ! »
James haussa les épaules en souriant puis répondit à la sollicitation d’un serviteur. Robin le regarda vaquer à ses occupations encore quelques minutes puis il retourna à l’intérieur. Alors qu’il s’étira une nouvelle fois, on frappa à la porte.
Robin à lui-même : « Ouf… Je ne sais pas ce que j’ai à être fatigué comme ça, moi !… [A haute voix] Oui ? »
Une voix féminine, derrière la porte : « Je viens vous apporter de l’eau fraîche, Messire ! »
Robin, se retournant vers la fenêtre pour profiter des rayons du soleil sur sa peau : « Entrez ! »
Il s’étira pour délier ses muscles encore endormis pendant que la servante posa la cuvette remplie d’eau sur la commode. Soudain, il sentit deux mains se poser sur ses épaules nues.
La servante : « Voulez-vous un massage pour vous remettre de cette nuit difficile, Messire ? »
Robin fut d’abord surpris par l’audace de cette femme. Puis, ayant reconnu la personne qui lui faisait cette aguichante proposition, il décida de jouer le jeu et ne se retourna pas.
Robin, souriant : « Avec plaisir, gente dame ! »
La servante commença à lui masser délicatement les épaules.
Robin, fermant les yeux et savourant : « Mumm… C’est divin ! »
Elle descendit ses mains le long de son dos. Voyant qu’il ne protestait pas, elle s’arrêta.
La femme, mécontente : « Alors comme ça, tu acceptes les caresses d’une inconnue ? »
Souriant, Robin ouvrit les yeux et se retourna.
Robin, faisant mine d’être surpris : « Marianne ? »
Voyant son air malicieux, elle sut immédiatement qu’il se moquait d’elle.
Marianne : « Tu savais que c’était moi ? »
Robin, l’attirant contre lui : « Evidemment !... Que crois-tu ?... Que je me laisse dorloter, comme ça, par de parfaites inconnues ?... Alors que je connais une femme parfaite qui pourrait s’en charger ! »
Elle mit ses bras autour de son cou et l’embrassa longuement.
Robin : « Mumm… Que c’est bon d’être réveillé ainsi ! »
Marianne, minaudant : « Ah oui ? »
Robin : « Oui… Que dirais-tu de rester encore un peu ? »
Souriante, Marianne caressa les joues de son bien-aimé puis descendit le long de son torse. Croyant qu’elle allait céder, il la serra davantage contre lui. Mais soudain, elle lui donna une petite tape sur l’épaule.
Marianne : « Bon je te laisse te préparer ! »
Elle voulut s’en aller mais il la retint.
Frustré et minaudant, Robin : « Mais pourquoi ne veux-tu pas rester ? »
Marianne : « Je dois aider Jane à préparer les festivités qui auront lieu en ton honneur, Robin de Locksley ! »
Robin : « Mais elle n’a pas besoin de toi mais moi... en revanche ! »
Marianne, minaudant : « Ah oui ? »
Robin, la serrant contre lui : « Oui... Tu pourrais m’aider à faire ma toilette, par exemple ? »
Marianne, se défaisant de lui : « Je regrette mon amour… Mais il serait inconvenant pour une femme de fréquenter la chambre d’un homme avec lequel elle n’est pas mariée ! »
Robin : « Pourtant tu es bien là… Et si des gens nous surprenaient ainsi… »
Marianne : « Raison de plus… [Puis prenant un ton peu sûr]… Je suis venue ici que pour euh… que pour changer l’eau. »
Elle s’empara de la cuvette avec laquelle Robin avait fait sa toilette la veille.
Robin, ne la croyant pas : « Ah parce que cela relève de tes tâches à présent de changer l’eau ? »
Marianne, souriant : « Exactement !... Je donne un coup de main ! »
Elle ne voulait surtout pas lui dire qu’elle avait intercepté la servante à la porte de sa chambre afin d’avoir un petit moment d’intimité avec son bien-aimé.
Marianne, exhibant la cuvette : « Tu as d’autres questions ? »
Robin regarda la vasque et devina les intentions de Marianne. S’il se montrait trop insistant, il risquait de voir son contenu lui arrivait directement à la figure.
Marianne, souriant : « Tu tiens vraiment à ce que je t’aide à faire ta toilette ? »
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Robin, se ravisant : « Euh non... Finalement, ce n’est pas la peine… J’y arriverai bien tout seul ! » |
Marianne, retournant vers la porte : « Dans ce cas, je te laisse mon amour et je te dis à tout à l’heure ! »
Elle lui fit un grand sourire avant de refermer la porte derrière elle. Robin la laissa partir en souriant. Il adorait la provoquer. Finalement, il fit seul sa toilette puis s’habilla avant de descendre dans la grande salle.
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Dans la salle d’apparat…
Quand Robin arriva, il fut bien surpris de trouver Much, attablé avec Marianne, Jane et James. Son compagnon avalait goulument son repas.
Robin, surpris : « Much ?... Mais le banquet ne va pas tarder à commencer ! »
Much : « Je sais !... C’est juste une mise en bouche ! »
James, souriant : « Il semblerait que ton ami ait un solide appétit ! »
Much, entre deux bouchés : « J’ai besoin de reprendre des forces. »
James à Robin : « Tu veux qu’on te serve quelque chose ? »
James : « Non, je te remercie. Je vais attendre le banquet si tu le veux bien. »
Robin s’assit auprès de Marianne.
Robin, souriant : « Bonjour, Marianne ! »
Marianne, espiègle : « Bonjour, Robin… Alors ?... Est-ce tu as pu finalement faire ta toilette tout seul ? »
Robin se contenta de lui sourire.
Robin : « Où sont les autres ? »
Much, dévorant son repas : « Petit Jean… Scrunch… Scronch… aide les soldats… Groumpf… Chomp… dehors à mettre les tables… Crontch… Scrunch… Djaq rend visite… Scrunch… Scronch… à ses malades… Groumpf… Chomp… Accompagnée de Will, tu penses bien. »
Robin : « Et Allan ? »
Much : « Ben… Crontch… Scrunch… On l’a pas encore vu ! »
Une voix masculine, derrière eux : « On parle de moi ? »
Les convives se tournèrent vers la porte. Allan fit son entrée en tenant Annie par la main.
Allan, s’avançant : « Je suis le dernier ? »
Much : « Ouais… Comme d’habitude ! »
Marianne : « Non… En fait Robin vient tout juste d’arriver ! »
Allan, s’asseyant avec Annie à ses côtés : « Je suis peut-être le dernier Much mais, toi, tu es le premier pour ce qui est de te goinfrer ! »
Much s’arrêta de mastiquer et regarda Allan de travers.
Much : « Tu veux que je te dise ce que je pense de toi ? »
Marianne : « Bon cela suffit vous deux… Allan ? Annie ? Vous voulez quelque chose ? »
Annie : « Non merci, Lady Marianne. J’ai tout ce qu’il me faut ! »
Elle se blottit contre Allan.
Allan : « Moi en revanche, je prendrais bien un verre de cidre. »
Marianne lui passa le pichet. Il le prit avec son bras blessé. Il grimaça de douleur puis changea de bras.
Robin : « Djaq a-t-elle vérifié l’état de ta blessure ? »
Allan, se servant un verre : « Euh non… Pas encore ! »
Robin : « Eh bien, fais-le tout de suite. Il serait bon qu’elle t’examine avant notre départ. Je ne voudrais pas qu’il y ait des complications. »
Allan, désinvolte et regardant Annie : « Ouais ouais… De toute façon, on ne repart pas aujourd’hui… [Plus sérieux et fixant Robin]… n’est-ce pas ? »
Bien qu’Allan eût été nostalgique de leur vie à Sherwood lorsqu’il campait dans la forêt d’Ashdown, il avait changé d’avis depuis qu’il avait goûté à la quiétude qui régnait au château de Maidstone. Quiétude d’autant plus savoureuse qu’Annie était à ses côtés. Il voulait passer le plus de temps possible avec elle avant de repartir. Tout comme Allan, Much désirait prolonger le séjour mais pour des raisons différentes de celle de son compagnon. Il voulait tout simplement profiter du confort du château ; confort qu’il avait souvent rêvé lorsqu’il était dans les camps en Terre Sainte et dont il rêvait depuis qu’il avait rejoint Robin dans son combat contre le shérif. Il s’arrêta de manger pour entendre la réponse de Robin.
James : « J’aimerais beaucoup que tu restes pendant quelques jours. »
Jane : « Oui, cela nous ferait énormément plaisir, Robin. »
Ayant déjà promis à Petit Jean de partir le lendemain, il dut décliner son invitation.
Robin : « Je suis navré, James, mais je ne peux pas laisser les pauvres de Nottingham seuls plus longtemps. D’autant plus avec le retour du shérif. »
Allan, insistant : « Ouais… N’empêche qu’avec la monture qu’on lui a fournie, il n’est pas prêt d’arriver ! »
Ils rirent en se remémorant le shérif monté sur son âne.
Robin, souriant : « Cependant, il reviendra tôt ou tard. »
Allan : « C’est vrai mais pas tout de suite ! »
Much, soutenant Allan : « Ouais… Il ne sera pas à Nottingham avant une semaine voire plus ! »
Robin : « Sauf s’il change de moyen de transport ! »
Déçus, Much et Allan baissèrent la tête.
Robin à James : « Nous partirons demain matin très tôt ! Et puis, tu seras très occupé dans les prochains jours… Tu dois regagner la confiance de tout un peuple, reconstruire les villages incendiés, venir en aide aux veuves et aux orphelins que les pillages ont engendrés. »
James : « Tu as raison… D’ailleurs, j’ai prévu de commencer dès demain à Sittingbourne… Et puis, il est normal que je rende leurs héros au peuple de Nottingham. Je leur dois bien cela car après tout, ils ont également souffert des taxes que le shérif a levées pour aider le peuple de Kent. »
Robin, se tournant vers ses compagnons : « Alors profitez bien de cette journée car, demain à cette heure-ci, nous serons sur le chemin du retour. »
Allan, se levant : « Bien… Dans ce cas… A tout à l’heure ! »
Il prit la main d’Annie et l’emmena précipitamment à l’extérieur. Robin fit de même avec Marianne. James alla voir où en était les préparatifs du banquet pendant que Jane rendit visite à Godwin qui inspectait les baraquements. Much se retrouva ainsi seul à la table dans la grande salle.
Much : « Evidement, moi, je me retrouve tout seul !... Comme d’habitude ! »
En attendant le début du festin donné en leur honneur, Allan emmena Annie dans le jardin. Celui-ci se situait dans la cour intérieure, derrière le château, entouré par les hauts murs des remparts. Le soleil était haut dans le ciel et la lumière se reflétait sur les parterres de fleurs. Ils sillonnèrent le jardin très lentement, serrés l’un contre l’autre puis ils s’arrêtèrent au pied d’un grand arbre.
Allan : « Tiens, tu vois ?... C’est au pied d’un arbre comme celui-là qu’on avait établi notre campement dans la forêt d’Ashdown. »
Annie : « Ah bon ?... J’aurais bien aimé partagé ça avec toi ! »
Les deux tourtereaux parlèrent de beaucoup de choses, excepté de ce qu’il les tourmentait tous les deux : leur avenir commun. Mais ni l’un ni l’autre n’osa aborder le sujet de peur de briser l’harmonie du moment. Ils étaient heureux, assis l’un contre l’autre, à l’ombre d’un géant vert. Ils voulurent profiter ensemble de l’instant présent puisqu’il allait bientôt prend fin. Chacun jugea qu’il serait toujours temps d’en discuter une fois de retour à Sherwood.
Pour Robin et Marianne, les choses étaient plus simples puisque leur mariage était prévu après le retour du Roi. Mais les deux amants voulurent pouvoir profiter l’un de l’autre sans être dérangé. C’est pourquoi Marianne décida de faire une balade à cheval.
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Robin s’arrêta sur le perron lorsqu’il vit Marianne réglée les sangles de son cheval. |
Il descendit à pas feutrés et vint glisser ses bras autour de sa taille.
Robin, dans le creux de son oreille : « Tu es ravissante dans cette robe ! »
Marianne, souriant : « Je ne l’ai porté qu’une fois et je n’ai jamais eu l’occasion de la remettre. »
Il fit tourner Marianne sur elle-même pour l’embrasser. Puis il la regarda des pieds à la tête en réfléchissant.
Robin : « Tu ne la portais pas quand tu nous as présenté ce Friedrich machin chose ? »
Marianne, souriant et le reprenant : « C’était le Comte Friedrich Berthold Otto Von Wittelsberg ! »
Robin : « Oui, c’est ça ! Le Prussien. »
Marianne : « Il ne venait pas de Prusse mais du duché de Bavière ! »
Robin, souriant : « Ah !... Autant pour moi ! »
Marianne : « Si je me souviens bien, tu étais un peu jaloux ? »
Robin : « De lui ?... Pff... Bien sûr que non ! »
Marianne : « En tout cas, il avait de biens meilleures manières que toi et il me traitait avec plus d’égards ! »
Robin : « Ah oui ? »
Marianne, le provoquant : « Oui ! »
Robin : « Eh bien, on va pouvoir le vérifier aisément… »
Il tendit sa main afin d’aider Marianne à monter sur son cheval.
Marianne, en selle et souriant : « Merci beaucoup, Monsieur le Comte de Huntington ! »
Robin : « Ce fut un honneur, Milady ! »
Il se dépêcha d’aller aux écuries afin de prendre son cheval puis l’invita à le suivre.
Robin : « Si Lady Marianne veut bien se donner la peine de me suivre ! »
Marianne : « Avec plaisir, Messire Locksley. »
Ils partirent au petit trop jusqu’au pont-levis puis ils mirent leurs chevaux aux pas pour traverser Maidstone. Une fois à la sortie de la ville, ils galopèrent à bride abattue jusqu’à la lisière de la forêt. Ils longèrent celle-ci puis ils s’arrêtèrent sur une petite colline surplombant la ville et son château. Ils laissèrent leurs chevaux paître librement pendant qu’ils s’installèrent dans l’herbe. Marianne vint se blottir contre la poitrine de Robin. Les deux tourtereaux se laissèrent bercer par le vent et réchauffer par les rayons du soleil. Ils discutèrent ainsi de leur avenir, non seulement, immédiat mais également de leur projet de mariage. Loin de ses obligations de chef des hors-la-loi, Robin prit du plaisir à se consacrer pleinement à sa relation avec Marianne. D’ailleurs, ils étaient si bien ensemble qu’ils ne virent pas le temps passer. En effet, la matinée était maintenant presque terminée. Il était temps pour eux de rentrer au château pour se préparer pour le banquet. Alors que Marianne appréciait d’avoir enfin Robin pour elle toute seule, ce dernier fut donc contraint de mettre un terme à leur moment d’intimité. Bien qu’un peu déçue que ce moment soit déjà terminé, Marianne ne s’y opposa pas et remonta sur son cheval en espérant qu’ils puissent avoir, à l’avenir, d’autres moments comme celui-là.
Lorsqu’ils arrivèrent dans la cour, celle-ci, commençait déjà à se remplir. En effet, James avait envoyé des hérauts dans tous les villages avoisinants afin d’inviter la population à venir fêter leurs héros. Après s’être habillés pour l’occasion, Robin et Marianne se mêlèrent à la foule. Robin accepta les remerciements des villageois avec gratitude et insista à chaque fois sur le fait qu’il n’aurait rien pu faire sans ses compagnons et surtout sans Monsieur le Comte. Lorsque les tables furent toutes dressées, James invita Robin et ses compagnons à le rejoindre. Ils s’installèrent à la table principale au bas du perron tandis que le reste des convives s’installèrent à des tables placées perpendiculairement à la leur, le long des baraquements et des étals des marchands. James fit asseoir Robin à sa droite et Jane à sa gauche. Il se leva et réclama toute l’attention. Peu à peu, le silence se fit dans la cour.
James : « Rassurez-vous ! Je ne vais pas faire un long discours. Simplement, je tenais à dire à Robin et à ses compagnons combien nous leur sommes reconnaissants de s’être portés au secours du comté de Kent… Je leur serai éternellement reconnaissant d’avoir permis à ma famille de retrouver ses terres, ses titres et son honneur… Merci. Merci du fond du cœur, mes amis…. Alors si d’aventures vous avez besoin de nous… à Nottingham… pour vous aider à déjouer les pièges du vil shérif Vaizey, n’hésitez pas !... Je répondrai toujours présent à votre appel… Et croyez-moi !... Je ne serai pas le seul !... »
La foule : « OUAIS ! »
James, poursuivant : «… Alors encore une fois, merci pour tout… Je lève donc mon verre… »
Les convives se levèrent en tenant leur verre à la main.
James : «… A la santé de nos héros !... Vive Robin des bois ! »
Les convives, reprenant : « Vive Robin des bois ! »
Le verre à la main, Robin se leva à son tour.
Robin : « Et moi, je te remercie, James… Comte de Kent d’avoir permis de faire échouer les plans du shérif et, par conséquent, d’avoir contribué à sauver notre Roi… ainsi que l’Angleterre… Vive James de Kent ! »
Les convives, reprenant : « Vive James de Kent ! »
James, les joues rougies : « Allons. Allons. Assez de remerciements pour aujourd’hui et… place à la fête ! »
Les serviteurs apportèrent les plats au grand bonheur des convives. Chacun mangea à satiété dans la joie et la bonne humeur. Le vin et le cidre coulèrent à flots. Sur le perron, un groupe de musicien se mit à accompagner les joyeux convives pendant que des artistes faisaient leur numéro entre les tables.
Allan : « Eh mais Much ?... Tu vas finir par éclater, mon vieux ? »
Much : « T’en fais pas pour moi… Il me reste encore de la place. »
Un domestique : « Un morceau de biche, Messire ? »
Much : « Ah !!! Oui et pas qu’un peu ! »
Ses voisins de table éclatèrent de rire.
Allan : « Et au fait, Much ?... On attend toujours que tu nous prépares de la biche pour notre repas ! »
Ses voisins acquiescèrent bruyamment.
Much : « Viens un peu par ici, Allan ! Et tu l’auras, ta biche ! »
Les rires reprirent de plus belle. Robin contempla ses hommes avec bonheur. Il observa chacun d’eux et constata qu’ils s’amusaient tous.
Robin, dans sa tête : « Ils l’ont bien mérité ! »
Marianne : « Tu m’as l’air absent ? »
Robin, se tournant vers elle : « Non, pas du tout !... Je repensais à notre balade à cheval. »
Marianne : « Menteur… Tu pensais à tes hommes… [Elle souffla]… Tu changeras donc jamais ! »
Elle prit le verre de Robin et le mit dans sa main puis elle prit le sien et l’invita à trinquer. Ils enlacèrent leurs bras, burent une gorgée puis ils s’embrassèrent sous les huées d’approbation de leurs voisins de table. Voyant cela, Allan et Annie en profitèrent pour s’embrasser également. Will et Djaq se regardèrent puis ils rougirent tous les deux en même temps. Ils avaient eu la même idée au même moment mais aucun d’eux n’osa poser ce geste en public.
Le repas se poursuivit ainsi dans la joie et la bonne humeur. Robin resta tout de même vigilant et scruta l’assemblée. Tout se passait bien. A l’autre bout de leur table, Godwin et Jane était en pleine discussion. Puis il observa son voisin de table, Il trouva James renfermé sur lui-même, perdu dans ses pensées.
Robin, se penchant sur lui : « Eh bien, Monsieur le Comte n’a pas l’air bien gai ! »
James, sursauta et se tourna ver Robin.
James : « Hein ?... Quoi ? »
Robin : « Tu as l’air triste. Quelque chose te tourmente ?... C’est la tâche qu’il te reste à accomplir qui te préoccupe ainsi ? »
James : « Non, ce n’est pas cela… [Il observa les alentours et baissa d’un ton]… Je pensais… Je pensais à Blackson. »
Robin, surpris : « Blackson ? »
James, honteux : « Hier on transportait son corps sur cette place qu’aujourd’hui nous occupons pour festoyer ! »
Robin : « C’est la vie, James ! »
James : « Je sais mais… »
Robin : « Qu’est-ce qui te préoccupe réellement ? »
James, hésitant : « Je… Je n’avais jamais tué un homme de ma vie auparavant, Robin. Tu sais… Je détestais Blackson, c’est vrai mais pas au point de vouloir sa mort. »
Robin : « Tu n’as rien à te reprocher, James. Si toi, tu ne voulais pas sa mort, lui voulait la tienne. Tu n’as fait que protéger ta propre vie. Par ailleurs, c’est lui qui a fait le choix de s’en prendre à toi au lieu de se rendre. Tu lui avais donné le choix… Tu lui as tendu la main mais c’est lui qui l’a refusé. Il a préféré la mort à la reddition. Tu as eu un comportement digne d’un chevalier, James. Crois-moi ! »
James, un peu rassuré : « Tu le penses vraiment ? »
Robin : « Absolument. Et si tes frères avaient été présents, ils auraient agi de la même manière ! »
James : « Merci Robin pour ces paroles réconfortantes. »
Robin : « Je t’en prie. »
James : « Euh en parlant de mon frère… Si tu pouvais éviter de parler à Andrew de ce qui s’est passé ici, ça serait gentil de ta part ! »
Robin, surpris : « Mais pourquoi ?... Tu n’as rien fait ici dont tu puisses avoir honte ! »
James : « J’ai quand même failli perdre nos terres et nos titres ! »
Robin : « Mais… »
James, suppliant : « Je t’en prie ! »
Robin : « Moi, je veux bien, mais tu sais, il finira bien par le savoir… Le peuple parlera alors il vaut mieux que tu lui en parles le premier plutôt qu’il ne l’apprenne par un autre qui risque de déformer la réalité. Et puis je te le répète, tu n’as rien fait de mal ! »
James : « Oui je sais mais… Je préférerais lui dire mais seulement quand je serai prêt. »
Robin : « Bon, très bien comme tu voudras… Je te promets de ne pas lui en toucher un mot à moins qu’il n’aborde lui-même le sujet. Entendu ? »
James, soulagé : « Entendu ! »
Le repas se prolongea jusqu’en début de soirée puis les tables furent remisées contre les murs de la cour afin de laisser la place au bal. Les convives dansèrent une bonne partie de la nuit. Nos hors-la-loi y participèrent. Marianne et Annie attirèrent Robin et Allan dans la valse des danseurs. Au grand étonnement de leur compagnon, ils s’en tirèrent avec les honneurs. Ne connaissant pas les mouvements de ces danses anglaises, Djaq n’entraîna pas Will à la suite de Robin et d’Allan au grand soulagement du jeune homme. Mais bien vite, les héros de la soirée se rendirent compte qu’ils n’avaient pas assez d’entraînement en la matière pour pouvoir suivre les autres danseurs. Après tout, ce n’était pas une activité fréquente dans la forêt de Sherwood. Par ailleurs, devant se lever très tôt le lendemain, les hors-la-loi quittèrent les uns après les autres le bal afin d’aller dormir. Alors qu’ils se couchèrent tous dans leurs appartements respectifs, ils continuèrent d’entendre les participants de la fête qui perdura jusque tard dans la nuit. Mais cela n’empêcha nullement les héros du jour de s’endormir pour la dernière fois dans leurs confortables lits.
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Le lendemain matin, dans la cour du château de Maidstone…
Alors que les serviteurs commençaient à ranger les tables et à dégager la cour des restes de la fête de la veille, l’heure du départ avait sonné pour les hors-la-loi. Les visages étaient fermés. Mais on ne pouvait savoir si cela était dû à la tristesse de quitter un ami ainsi que la douceur d’un foyer ou au mauvais temps qui semblait s’annoncer. En effet, alors que la veille avait été une journée ensoleillée, celle qui s’annonçait voyait des nuages noirs s’amoncelaient à l’horizon.
Accompagnés de James, les hors-la-loi sortirent sur le perron. Au pied de celui-ci, Jane, Marianne et Godwin les attendaient près de leurs chevaux. Les villageois avaient insisté pour être présents lors de leur départ. Ils s’étaient tous rangés de façon à former une haie d’honneur du perron jusqu’au pont-levis.
James : « J’ai pris la liberté de faire préparer vos chevaux. »
Robin : « Je te remercie. »
Much, sortant le dernier et bougonnant : « Grrr… Et en plus, il va pleuvoir ! »
Personne n’eut le cœur de lui faire de remontrances. Chacun était triste de quitter le château. Pendant ces deux jours, ils avaient eu l’impression d’être enfin libres, heureux de ne plus avoir à se cacher. Mais maintenant, c’était fini. Il devait retourner à leur vie de hors-la-loi recherchés par le pouvoir en place. Même Petit Jean eu un pincement au cœur. Robin descendit les marches, suivi de sa bande et de James. Il s’arrêta près de son cheval et se tourna vers le seigneur des lieux.
Robin : « Au revoir James et porte toi bien. »
Il le serra dans ses bras.
Robin : « Et courage !… Car tu as encore beaucoup de travail à accomplir pour regagner la confiance de tous… Mais je sais que tu y arriveras. »
James : « Merci… D’ailleurs j’ai prévu, dès ce matin, de faire le tour des villages sinistrés afin de leur apporter mon aide... Peu importe le temps que cela prendra mais je jure d’aider chaque personne dans la détresse… [Se tournant vers Godwin et lui mettant une main sur l’épaule]… Avec l’aide de mes amis, je suis certain d’y arriver. »
Robin : « Je n’en doute pas un instant. »
Il donna une poignée de main à Godwin.
Robin : « Godwin ?... Veille bien sur Monsieur le Comte… [Lui faisant un clin d’œil] mais aussi sur sa sœur. »
Godwin, rougissant : « Je n’y manquerai pas, Messire Robin ! »
Triste de voir partir son héros, James, le regard humide mais reconnaissant : « Merci Robin… Merci pour tout ce que tu as fait pour nous. »
Il le prit encore une fois dans ses bras et le serra très fort.
Jane : « Oui. Merci, Robin… Et reviens-nous voir quand tu voudras ! »
Elle l’embrassa sur la joue puis retourna près de Marianne.
Jane aux autres hors-la-loi : « Vous serez tous, toujours les bienvenus, ici ! »
Les autres hors-la-loi la remercièrent chaleureusement de son invitation.
Robin à Marianne : « Tu rentres avec nous ? »
Marianne : « Non… Je vais rester ici encore quelques jours …Il ne faudrait pas qu’on réapparaisse ensemble à Nottingham. Cela ferait jaser ! »
Robin, souriant : « Oui… et ce n’est pas… ce qu’on le veut !... N’est-ce pas ? »
Marianne : « Exacte ! »
Il donna une tape amicale sur l’épaule de James puis monta sur son cheval. Les autres hors-la-loi firent de même. Allan embrassa Annie avant de monter sur le sien.
Allan : « On se retrouve à Nottingham ? »
Annie, déçue de le voir partir si vite, masqua sa tristesse.
Annie : « Oui, bien sûr ! »
Robin : « EN AVANT… DIRECTION SHERWOOD ! »
Robin talonna son cheval et prit la tête du convoi. James, Jane, Godwin et Marianne reculèrent puis remontèrent sur le perron pour les voir partir. Les hors-la-loi marchèrent aux pas dans l’allée formée par les soldats et les villageois. A travers la foule, on pouvait entendre ici ou là « Merci, Robin », « Au revoir, Robin »… Les hors-la-loi eurent tous un pincement au cœur de devoir quitter Maidstone. Ils arrivèrent au pont-levis. Robin s’arrêta puis se retourna en direction du perron du château où se tenaient toujours James et les autres. Il les salua de la main puis mit son cheval au trot. Ses compagnons le suivirent à travers la ville. Une fois sortie de celle-ci, ils mirent leurs chevaux au galop en direction du comté de Nottingham.
Tout comme le départ de son grand frère quelques mois plus tôt, James eut la gorge serrée. Jane vint se blottir contre lui afin de le réconforter. Ils répondirent au salut de Robin puis lorsque les hors-la-loi furent en dehors de l’enceinte, ils retournèrent à l’intérieur du château pendant que les villageois et les soldats se dispersèrent. Une nouvelle journée commençait et avec elle, l’espoir que tout redevienne comme avant dans le Comté de Kent.
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A quelques lieues de Nottingham…
Alors que Robin faisait ses adieux à la famille Kent, le shérif et Gisborne n’étaient plus très loin de Nottingham.
Gisborne, descendant de cheval : « Nous devrions camper ici, Monseigneur ! »
Le shérif descendit de sa monture en maugréant. Il n’avait toujours pas digérer l’humiliation que Robin lui avait fait subir dans la cour du château de Maidstone. Gisborne prépara un feu. Le shérif s’y installa sans dire un mot. Il ruminait sa vengeance.
Gisborne, s’asseyant à son tour : « Nous ne sommes plus très loin de Nottingham, Monseigneur... »
Fixant les flammes, le shérif resta silencieux.
Gisborne : «… Nous y serons dans la matinée… Heureusement que nous avons pu trouver ces chevaux ! »
Aussitôt, le shérif le fixa méchamment du regard.
Le shérif, maugréant : « Me voilà réduit à une vie de de… hors-la-loi ! »
Gisborne : « Ce n’est que provisoire, Monseigneur. »
Soudain, quelques gouttes de pluie se mirent à tomber.
Le shérif, fort mécontent : « ET EN PLUS, IL PLEUT ! »
Gisborne prit une bûche du foyer et alla se placer à l’abri sous un arbre.
Gisborne : « Venez vous abriter, Monseigneur. »
Une pluie drue s’abattit alors sur la région. Le shérif se leva lentement et, toujours en colère, vint se placer à côté de son bras droit. Il avisa alors la torche que Gisborne tenait dans sa main. D’un geste brusque, il la lui ravit.
Le shérif, frôlant l’hystérie : « J’AI TROUVE… J’AI TROUVE, GISBORNE… NOUS ALLONS FAIRE ROTIR CE JEUNE BLANC-BEC ! »
Le seigneur de Locksley fronça les sourcils ne comprenant pas où il voulait en venir. Le shérif eut un rire nerveux. Gisborne préféra le laisser tranquille et attendre un peu avant de le questionner.
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Alors que Robin filait vers Nottingham sans se douter un seul instant du plan retord qui germait dans l’esprit du shérif, à quelques centaines de kilomètres de Maidstone, un navire d’allure suspecte mouillait au large des côtes du comté de Kent…

Loin du port où accostaient généralement les bateaux de commerce, un navire jeta l’ancre à proximité d’une plage déserte. Une chaloupe fut mise à l’eau et quatre hommes y prirent place. L’un resta debout à l’avant pendant que deux autres ramèrent en silence ; le quatrième resta assis au milieu de la barque.
Quand elle échoua sur la plage, seul l’homme à l’avant et le quatrième homme en descendirent. Ils sautèrent dans l’eau qui leur arriva au-dessous du genou, repoussèrent la chaloupe vers le large et se dirigèrent vers la plage. Tandis que la barque regagnait tranquillement le navire, les deux hommes cherchèrent à s’orienter. Visiblement, ils n’étaient pas anglais. Les deux hommes portaient des turbans à la manière des sarrasins. Le premier avait une allure mince et élancée tandis que le second arborait une musculature très impressionnante.
L’homme costaud : « Nasir ? Où cela doit-il avoir lieu ? »
Nasir, regardant autour de lui : « A Nottingham ! »
L’homme costaud : « C’est par où ? »
Il frappa son poing contre sa main.
L’homme costaud, méchamment : « J’ai vraiment hâte de me retrouver en face de lui ! »
Nasir : « Patience, Hassan ! Patience… Nous devons d’abord nous rendre à Londres pour nous faire engager ! »
Hassan : « Eh bien, dépêchons-nous ! »
Les deux hommes quittèrent la plage et s’enfoncèrent dans la forêt bordant cette paisible petite crique.

