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Série : Robin Hood
Création : 29.06.2015 à 08h35
Auteur : byoann
Statut : Terminée
« Il s'agit de la suite de l'épisode "Chantage". Cet EV comporte 15 chapitres. J'écris seul merci. » byoann
Cette fanfic compte déjà 73 paragraphes
Au même moment…

Dans son bureau, le shérif se tenait debout devant la fenêtre n’écoutant que d’une oreille distraite les propos du Prince Jean.
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Le shérif, dans sa tête et apercevant le lutteur sarrasin : « Ils sont arrivés ! Excellent ! » |
Le Prince Jean : «… Ne trouvez-vous pas shérif ? »
Le shérif : « Oh… Absolument, Sire ! »
Le Prince Jean : « Mais que diable regardez-vous par cette fenêtre ? Ce que je vous dis, ne vous intéresse-t-il donc pas ? »
Le shérif, se retournant : « Oh détrompez-vous, Votre Altesse. Je regardais seulement les artistes qui se produiront, demain, à votre fête … Ils viennent d’arriver ! »
Le Prince Jean, tout souriant, se dirigea vers la fenêtre.
Le Prince Jean : « Oh vraiment ? »
Le shérif, laissant sa place : « Voyez-vous par vous-même ! »
Le Prince Jean, regardant à la fenêtre : « Oh comme c’est excitant !... J’ai hâte de les voir à l’œuvre ! Y-aura-t-il des combats ? »
Le shérif : « Bien sûr, Votre Altesse ! »
Le Prince Jean : « J’aime les combats. C’est tellement excitant. J’aime les voir se battre pour leur Prince ! »
Le shérif, avec espoir : « Si vous le désirez, vous pourrez assister à la représentation qu’ils donneront pour le peuple de Nottingham demain matin. »
Le Prince Jean : « Euh non !... Je préfère les voir se battre uniquement pour moi lors de ma fête privée ! »
Le shérif, déçu : « Comme il vous plaira ! »
Le Prince Jean : « Je l’espère bien ! »
Le shérif : « Permettez-moi de me retirer, Sire. J’ai des dispositions à prendre pour votre fête de demain. »
Le Prince Jean, ne s’intéressant plus au shérif : « Faites mon ami… Faites. »
Le shérif se retira laissant le Prince Jean à la fenêtre, assistant à l’installation des saltimbanques.
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Dans le couloir…
Une fois sorti de son bureau, le shérif évacua sa colère en marchant d’un pas rapide en direction des appartements de Gisborne.
Le shérif, maugréant : « Il veut des combats ! Eh bien, il va en avoir des combats ! Ce… stupide Prince ! »
Il arriva devant les appartements de Gisborne au moment où ce dernier en sortait.
Le shérif : « Ah Gisborne, c’est vous que je voulais voir !... [Baissant d’un ton et regardant autour de lui] nos amis viennent d’arriver. »
Gisborne : « Les sarrasins ? »
Le shérif : « Chuuuut… Pas si fort !... Oui, ceux-là même. Amenez-les dans mes appartements cette nuit. Nous devons discuter du plan pour demain ! »
Gisborne : « Bien, Monseigneur ! »
Le shérif repartit vers ses appartements.
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Dans la chambre de Marianne…
Annie : « Désirez-vous porter la rouge ou la bleue lors de la fête de demain soir ? »
Marianne s’approcha d’Annie qui portait les deux robes à bout de bras. Elle caressa la manche de la robe rouge, se remémorant les souvenirs où elle l’avait porté…

Souriante, Marianne, sortant de sa rêverie : « Non, plutôt la bleue. Je n’y vais pas pour le plaisir mais pour travailler. »
Annie : « Travailler ? »
Marianne : « Oui ! Je vais essayer d’influencer le Prince Jean en faveur de Robin. »
Annie : « Mais Robin ne vous a-t-il pas fait promettre de ne pas lui en parler ? »
Marianne : « C’est exact. Je lui ai promis de ne pas aborder le sujet avec lui mais pas d’en discuter avec lui… »
Annie mit ses mains sur ses hanches.
Marianne, en souriant : «… s’il vient à aborder lui-même le sujet. Cela va de soi ! »
Annie allait répliquer lorsqu’elles entendirent frapper à la porte d’entrée du rez-de-chaussée. Marianne entrouvrit la porte de sa chambre afin d’entendre la conversation.
Un homme, solennellement : «… Lady Marianne et vous êtes cordialement invités par Son Altesse Royale le Prince Jean à séjourner au château de Nottingham, et ce, jusqu’à la fête de demain soir donnée en l’honneur de Son Altesse pour la Saint-Jean. Veuillez vous préparer à partir immédiatement. »
Edouard, un peu surpris : « Très bien... Je monte prévenir ma fille. »
L’homme : « Nous vous attendrons dehors afin de vous escorter jusqu’au château. »
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Edouard referma la porte, monta les escaliers et arriva devant Marianne. |
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« Tu as entendu ? » |
| « Oui, père. » | ![]() |
Edouard : « Alors dépêche de te préparer, nous partons dans l’heure. »
Il redescendit l’escalier pendant que Marianne rentra dans sa chambre.
Marianne : « Annie ?... Prépare-moi une malle pour deux jours. »
Annie : « Nous allons au château ? »
Marianne se dirigea dans la pièce d’à côté où elle entreposait son costume de veilleur de nuit. Elle caressa le vêtement.
Marianne, pensive et souriante : « Oui, nous allons au château. »
Annie vint voir ce qui pouvait bien préoccuper la jeune femme.
Annie, pointant du doigt le costume : « Dois-je aussi l’emporter ? »
Marianne se tourna vers elle et lui fit un grand sourire. Annie comprit alors ce qu’elle devait faire.
A peine une heure plus tard, Sir Edouard, Marianne et Annie montèrent dans leur voiture et furent escortés par les hommes du shérif jusqu’au château de Nottingham.
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Pendant ce temps-là, sur la place de Nottingham…
Les hors-la-loi se regroupèrent dans une petite ruelle adjacente. Allan observa discrètement la foule entourant les artistes.
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« On dirait que les saltimbanques vont s’installer sur la place ! » |
Robin vint à ses côtés sans se faire remarquer et observa lui-aussi les soldats qui chassaient les commerçants de la place.
Robin : « Oui… Tu as réussi à repérer Nasir ? »
Très inquiète, Djaq s’approcha à son tour et tenta de retrouver l’homme qu’elle avait repéré quelques instants plus tôt.
Allan : « Non… Y’a trop de monde. »
Will : « Il vaudrait mieux revenir dans la soirée ! »
Mais Robin ne voulait pas en rester là.
Allan, se retournant vers lui : « Tu veux toujours entrer dans le château ? »
Inquiet, Much, montrant les soldats : « Avec tous ces gardes ? »
Robin : « Justement !... Ils seront bien trop occupés avec les saltimbanques. »
Djaq, pointant la place du marché : « MARIANNE ! »
Robin et Allan se retournèrent et virent le carrosse de Marianne se frayer un chemin à travers la foule. Même s’ils étaient loin, les deux hommes purent apercevoir brièvement les femmes de leur vie.
Allan, inquiet : « Qu’est-ce qu’elles peuvent bien venir faire au château ? »
Much : « Elles viennent pour la fête ! »
Robin, inquiet : « Mais elle n’a lieu que demain soir ! »
Allan : « Qu’est-ce qu’on fait ?
Robin : « On fait comme on a dit ! On va aller à la pêche aux renseignements. »
Much : « Et comment ? »
Robin : « Allan ? »
Allan : « Comme à Maidstone !... On va passer par les cuisines mais il faudrait que quelqu’un nous fasse entrer… »
Il se tourna alors vers Djaq mais la jeune femme ne l’écoutait pas. Elle continuait de chercher des yeux le sarrasin.
Allan : «… Avec les préparatifs de la fête, ils devraient avoir besoin de personnel alors… j’ai pensé que… Djaq pourrait… »
Toute la bande se tourna vers elle.
Robin : « Djaq ? »
Will lui donna un coup de coude.
Djaq : « Euh…Quoi ? »
Robin : « Un problème ? »
Djaq : « Non !... Non. Rien d’important. »
Will jeta un regard appuyé au chef des hors-la-loi. Ce dernier avait également remarqué le comportement étrange de la jeune femme. Il allait lui demander des explications mais Allan le coupa dans son élan.
Allan à Djaq : « Tu vas essayer de te faire embaucher aux cuisines puis tu nous feras entrer. »
Djaq : « Entendu. »
Will, pas rassuré : « Mais Gisborne ou le shérif pourraient la reconnaître ? »
Allan : « Impossible... Ils n’engagent pas le petit personnel. »
Much, souriant : « Oui, c’est vrai. Ils n’engagent que les espions ! Tu en sais quelque chose ! »
Agacé, Allan souffla en lui lançant un regard noir mais ne répliqua pas.
Robin, mécontent : « Much ! »
Much : « Désolé ! »
Allan, reportant son attention sur Djaq : « Nous t’attendrons à la porte des livraisons. Une fois que tu seras à l’intérieur, t’auras plus qu’à nous ouvrir. »
Djaq, hochant la tête : « D’accord. »
Elle rabattit sa capuche et sortit de l’impasse.
Much : « Et nous ?... Qu’est-ce qu’on fait en attendant ? »
Robin, rabattant sa capuche : « Essayez de savoir dans quelles roulottes se trouvent Nasir. »
Petit Jean : « Entendu. »
Allan et Robin suivirent Djaq. Les hors-la-loi n’eurent aucun mal à pénétrer dans la cour du château car les portes étaient grandes ouvertes afin de laisser passer les domestiques chargés des préparatifs. Les deux hommes remarquèrent tout de suite à leur gauche, le ring en construction au milieu de la cour en lieu et place de la potence habituelle. Puis leur regard se porta sur leur droite où ils virent une estrade en bois.
Allan, à voix basse : « Probablement pour les musiciens. »
Robin, sur le même ton : « Sûrement. »
Soudain, Robin avisa deux gardes arrivant droit sur eux. D’un geste rapide, le chef des hors-la-loi s’empara d’une planche de bois se trouvant près de lui qu’il mit sur son épaule. Allan l’imita aussitôt. Les prenant pour des ouvriers, les soldats continuèrent leur chemin sans les importuner. Les faux ouvriers s’éloignèrent du chantier. Ils abandonnèrent leurs planches contre le mur du bâtiment le plus éloigné de l’entrée avant de le contourner pour atteindre la porte des livraisons.
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Quelques minutes plus tôt, dans la voiture de Sir Edouard…
Annie, émerveillée devant les roulottes des saltimbanques : « Ouah… ça va être une grande fête ! »
Marianne, dans sa tête : « Si Robin s’en mêle, certainement ! »
Le carrosse s’arrêta au pied des marches du perron. Sir Edouard descendit le premier et tendit la main à sa fille pour l’aider à descendre.
Edouard, regardant vers le perron : « Cela ne présage rien de bon ! »
Marianne, prenant la main de son père et descendant : « De quoi parlez-vous ? »
Elle regarda dans la même direction et aperçut le shérif sur le perron qui visiblement l’attendait.
Marianne : « En effet. »
Le père et la fille échangèrent un regard entendu et commencèrent à gravir les marches.
Le shérif : « Soyez la bienvenue Lady Marianne… Messire Edouard. »
Marianne, faisant la révérence : « Monseigneur. »
Le shérif lui offrit son bras. Marianne, étonnée, regarda son père puis, ennuyée, elle s’y accrocha. Le shérif l’entraîna à l’intérieur.
Le shérif : « Le Prince Jean a souhaité ardemment votre compagnie. »
Marianne : « Ardemment ? »
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Le shérif, avec un sourire forcé : « Oui... Et je compte sur vous, petite demoiselle pour le mettre dans les meilleures dispositions pour sa fête. » |
| Marianne : « Tiens donc... Les femmes ne serviraient donc qu’à distraire vos invités, Monseigneur ? » | ![]() |
Le shérif : « Ça... et à perpétrer l’espèce, bien entendu ! »
Marianne, dans sa tête : « Quel goujat ! »
Le shérif, devant la porte de la grande salle : « Enfin… Faîtes ce que vous faites habituellement avec Gisborne. Si cela marche avec ce grand benêt, cela marchera aussi avec le Prince ! »
Le shérif ouvrit la porte et s’avança vers le Prince Jean, assis à la grande table de réception.
Le Prince Jean, réjoui : « Ah… Lady Marianne ! »
Marianne fit une révérence. Le Prince se leva et, sans porter la moindre attention au shérif et à Edouard, baisa la main de Marianne.
Le Prince Jean : « Je suis charmé de vous avoir à mes côtés. »
Marianne : « Mais je suis honorée de tenir compagnie à mon Prince, Sire. »
Le Prince Jean au shérif et à Sir Edouard : « Elle est exquise. Ne trouvez-vous pas ?... Venez ma chère. Je vous invite à partager une petite collation. Venez-vous s’asseoir à mes côtés. »
Le shérif et Sir Edouard les suivirent mais le Prince Jean se retourna.
Le Prince Jean : « Laissez-moi seule avec Lady Marianne, je vous prie. »
Le shérif : « Mais… Votre Altesse …. Je pensais que… »
Le Prince Jean, regardant Marianne en souriant : « Eh bien, ne pensez pas mon ami. Cela ne vous réussit pas !... Allez donc… faire visiter votre château à Messire Edouard ou autre chose... Qu’importe ! »
Le shérif, un sourire forcé sur les lèvres : « Comme vous voudrez, Votre Altesse. »
Il se courba et fit demi-tour, accompagné de Sir Edouard pendant que le Prince Jean installait Marianne à sa table.
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Dans le couloir…
Edouard : « Eh bien… On dirait qu’il n’y a plus que vous et moi, Monseigneur. »
Le shérif, sourire aux lèvres : « On dirait oui ! »
Un serviteur passa devant eux.
Le shérif, perdant son sourire : « Toi !... Conduis Sir Edouard à ses appartements. »
Puis il se tourna vers son hôte en se radoucissant.
Le shérif, faussement : « Pardonnez-moi mais je dois m’entretenir de l’avancement des préparatifs pour la fête de demain. »
Le serviteur à Edouard : « Par ici, Messire. »
Sir Edouard suivit alors le jeune homme puis se retourna vers le shérif.
Le shérif, en souriant : « Allez-y ! »
Dès que le père de Marianne disparut au détour d’un couloir, le shérif perdit son sourire et continua son chemin vers ses appartements.
Le shérif, hurlant : « GISBORNE !!!!!!!!!!!! »
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Pendant ce temps, dans la grande salle…
Le Prince Jean regarda Marianne se sustenter. Le menton appuyé sur la paume de sa main, il la regarda avec un air triste.
Le Prince Jean : « Est-ce que vous m’aimez, Lady Marianne ? »
Marianne, prise au dépourvu : « Euh… Oui, Sire. »
Il lui prit la main.
Le Prince Jean, d’un air boudeur : «Vous en êtes certaine ? »
Stupéfaite, Marianne le dévisagea.
Le Prince Jean, attristé : « Car je sens que les gens d’ici ne m’aiment pas. »
Marianne : « C’est faux, Sire. Le shérif vous a organisé cette réception. »
Le Prince Jean : « Oh, il ne fait ça que pour se faire pardonner ! »
Marianne, faussement : « Pardonner ? Mais de quoi ? »
Le Prince Jean : « De son incompétence ! »
Marianne : « Ah ! »
Le Prince Jean, boudeur : « A mon arrivée, le peuple ne m’a pas acclamé comme il acclame mon frère. Ils semblaient indifférents. Pourtant je suis gentil, n’est-ce pas ? »
Marianne : « Bien sûr, Sire. Mais peut-être que… ce que vous prenez pour de l’indifférence n’est tout simplement que du respect. »
Le Prince Jean : « Vous croyez ? »
Marianne : « Absolument. »
Le Prince Jean, se redressant : « Mais je veux qu’ils m’aiment et qu’ils m’acclament comme ils le font avec mon frère ! »
Marianne : « Peut-être devriez-vous faire un geste envers eu ?. »
Le Prince Jean : « Un geste, vous dites ?... Comme quoi par exemple ? »
Marianne, réfléchissant : « Mumm… Je ne sais pas… Peut-être devriez-vous leur montrer à quel point leur sort vous tient à cœur. Et pour cela, vous pourriez… offrir une pièce d’or à chaque famille… demain… pour fêter la Saint-Jean. »
Le Prince Jean, dubitatif : « Une pièce d’or ? »
Marianne : « Oui... Ainsi ils honoreront votre nom et vous passeriez pour un homme bon et généreux à l’opposé de ce shérif incompétent… Et le peuple vous acclamera, j’en suis certaine. »
Le Prince Jean : « Vous croyez ?... [Il réfléchit] Hum… Vous aussi, vous trouvez que le shérif est incompétent ? »
Marianne : « Absolument, Votre Altesse. »
Le Prince Jean, réfléchissant : « Une pièce d’or… »
Souriante, Marianne but une gorgée en pensant à la tête du shérif s’il avait été présent. Peut-être arriverait-elle à faire chasser le shérif de Nottingham ? Du moins, à cet instant, cette exquise pensée lui traversa l’esprit.
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De l’autre côté du château, devant la porte des livraisons…
Deux hommes, cachés sous des manteaux à capuche, attendaient discrètement près de la porte.
Allan, surveillant l’entrée de l’impasse menant aux cuisines : « C’est un peu long !... J’espère qu’elle n’a pas eu de problème ! »
Robin, souriant : « Je ne crois pas non ! »
Allan se retourna et vit Djaq, tout sourire, sur le pas de la porte.
Djaq : « Bon alors vous venez ? »
Robin, entrant : « Bon travail. »
Allan, passant devant elle : « Tu en as mis du temps ? »
Allan prit les devants et conduisit ses compagnons à l’abri des regards dans l’une des pièces attenantes aux cuisines où on entreposait des provisions ; beaucoup moins fréquentées à cette heure de la journée.
Djaq : « Il a fallu que j’attende la fin des consignes. »
Allan : « Des consignes ? »
Djaq : « J’ai été engagé comme serveuse pour ce soir et… à la table du prince de surcroit. J’ai eu droit à un long discours sur ce que je devais faire et ne pas faire ! »
Allan, souriant : « Tu seras ravissante en serveuse ! »
Djaq : « Vile flatteur, va ! »
Allan : « Non mais je plaisante pas, là ! »
Robin : « Est-ce que tu as vu Marianne ? »
Djaq, redevenant sérieuse : « Non. Mais j’ai entendu dire qu’elle prenait une collation avec le Prince Jean. »
Robin : « Le shérif et Gisborne sont avec eux ? »
Djaq : « Non. J’ai croisé le shérif tout à l’heure dans le couloir. Heureusement, il ne m’a pas reconnu. Il avait l’air très contrarié… »
Allan : « Ouais comme d’habitude ! »
Djaq : «… Il était à la recherche de Gisborne. »
Allan : « Il va donc falloir se montrer très prudent. Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? »
Robin, après avoir brièvement réfléchi : « Allons dans les appartements de Marianne ! »
Allan, passant devant Robin : « Par ici… Je connais un chemin plus discret pour nous rendre dans les appartements des invités. »
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Quelques minutes plus tard, dans les appartements de Marianne…
Quelqu’un frappa à la porte de la chambre.
Une voix masculine : « Marianne ?... Marianne ? »
La porte s’ouvrit lentement et l’homme entra dans la pièce. Il s’agissait de Sir Edouard.
Edouard : « Marianne ? »
Une voix masculine, derrière lui : « Elle n’est pas ici ! »
Sir Edouard se retourna brusquement mais ses épaules s’affaissèrent lorsqu’il reconnut son interlocuteur. Il s’agissait du chef des hors-la-loi qui s’était caché derrière la porte lorsqu’il avait entendu frapper. Puis le vieil homme entendit du bruit à ses côtés.
| Edouard, tournant la tête : « Mais… » | ![]() |
Il s’arrêta, surpris, de voir Allan sortir de sous le lit puis Djaq de derrière une commode.
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Edouard, reportant son attention sur Robin : « Mais qu’est-ce que vous faites là ? » |
| « Nous sommes venus voir les préparatifs de la fête. » | ![]() |
Edouard : « Vous n’avez quand même pas l’intention de vous attaquer au Prince Jean ? Ce serait pure folie ! »
Robin : « Je veux simplement défier le shérif devant le Prince afin de le discréditer une bonne fois pour toute ! »
Edouard : « Et comment ? »
Soudain, Marianne fit irruption dans la pièce.
Marianne, ouvrant la porte : « Excellente question ! »
Robin, s’avançant vers elle en souriant : « Marianne. »
Elle referma la porte puis Robin la prit dans ses bras et l’embrassa.
Marianne, mettant fin au baiser : « Mon père t’a posé une question, il me semble. »
Robin fut un peu contrarié que Marianne mette fin au baiser. La jeune femme vint se placer à côté de son père.
Robin : « Je compte intervenir au moment du discours du Prince Jean lors de sa fête. »
Edouard : « Mais la salle sera fortement gardée ! »
Marianne : « Non. Pas nécessairement. »
Robin : « Qu’est-ce qui te fait dire ça ? »
Marianne : « J’étais avec le Prince Jean, il y a un instant… »
Robin, moqueur : « En tête-à-tête ? »
Marianne : «… Il m’a seulement convié à une collation… Enfin bref… il m’a confié qu’il y aurait une représentation pour le peuple et les soldats demain matin puis des jeux seront organisés tout l’après-midi pendant la représentation privée au château. »
Djaq, surprise : « Il n’y aura pas de gardes alors pour protéger le Prince ? »
Marianne : « Seulement une dizaine d’hommes dans tous le château et ils ne seront même pas tous dans la salle pendant la fête. »
Allan, méfiant : « ça sent le piège à plein nez, Robin. On dirait que le shérif t’invite à venir à sa petite sauterie. »
Après avoir réfléchi, Robin : « Je suis d’accord avec toi mais ai-je d’autres choix ? »
Marianne : « Peut-être bien. »
Robin : « Explique-toi. »
Marianne : « J’ai convaincu le Prince de donner une pièce d’or à chaque famille de la ville pour fêter la Saint-Jean… »
Allan : « Avare comme il est, pourquoi est-ce qu’il fera ça ? »
Marianne : «… parce qu’il veut que les gens l’aiment. D’ailleurs, c’est pour cela qu’il m’a congédié. Il a convié le shérif afin de tout organiser pour demain. »
Robin : « Où cette distribution devrait avoir lieu ? »
Marianne : « Dans la cour du château… Ainsi tu pourrais toi-aussi offrir de l’argent au peuple… Mais beaucoup plus que lui, ce qui le rendra ridicule avec sa petite pièce. »
Robin, réfléchissant : « Et il en tiendra le shérif pour responsable ! »
Marianne : « Exactement ! »
Allan : « Tu pourras intervenir depuis les remparts. »
Djaq : « C’est moins risqué que dans la grande salle. »
Robin, après avoir réfléchi : « Entendu… On fera comme tu as dit. »
Il s’avança vers elle. Heureuse qu’il ait adopté son idée, elle se laissa embrasser.
Marianne, souriant : « Tu devrais t’en aller maintenant. »
Robin, voulant l’embrasser : « Déjà ? »
Sir Edouard se racla la gorge. Se rappelant qu’il n’était pas seul avec la femme de sa vie et qu’il y avait, de surcroit, à ses côtés, le père de sa fiancée, Robin lâcha Marianne.
Robin, se reprenant : « Bon… Euh… Il est temps d’y aller. »
Il lui déposa quand même un rapide baiser sur les lèvres puis entrouvrit la porte. Djaq baissa la tête en passant devant Marianne afin de cacher son sourire. Allan se planta devant la jeune femme.
Allan, embarrassé : « Vous pourrez dire à Annie que… je… euh… »
Robin, ouvrant la porte : « La voie est libre… Tu viens, Allan ? »
Allan : « Euh… que je… [Se tournant vers Robin] J’arrive… [Regardant Marianne] que je… enfin… »
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Marianne, le sourire aux lèvres : « Je le lui dirai ! » |
Allan : « Euh… Merci. »
Puis il suivit Robin et Djaq. Les hors-la-loi reprirent, mais en sens inverse, le chemin qui les avait conduits dans les appartements de Marianne. En passant par le local attenant aux cuisines, ils purent reprendre leurs manteaux à capuche avant de retrouver Will, Much et Petit Jean dans la ruelle où ils les avaient laissés.
Robin, arrivant devant Much : « Vous avez pu savoir quelle roulotte occupe Nasir ? »
Much : « Oui… C’est celle-là. »
Il pointa du doigt une roulotte qui, par chance, se trouvait à la périphérie des autres caravanes. En effet, elles avaient été placées en cercle tout autour de la place au centre de laquelle un ring était en pleine construction, et celle de Nasir se trouvait isolée des autres près d’un mur sans fenêtre d’une maison.
Robin, se tournant vers elle : « Ce sera facile d’y entrer. »
Will : « Pas si facile que ça ! »
Robin, se tournant vers le jeune homme : « Pourquoi ? »
Will : « Parce qu’il la partage avec cet homme ! »
Il pointa du doigt le sarrasin à la musculature impressionnante. Soudain, Djaq parut vivement intéressée par ses propos. Robin regarda l’homme que Will lui désignait. Celui-ci aidait à la construction du ring au centre de la place du marché.
Robin : « Je vois. »
Allan siffla puis : « Eh bien mon vieux, je te souhaite bonne chance ! »
Djaq vint se placer à coté de lui et dévisagea le sarrasin.
Robin : « Et… Où est notre ami, Nasir ? »
Petit Jean : « Il s’est enfermé dans sa roulotte. »
Much, suspicieux : « Maître… Vous ne comptez tout de même pas intervenir en plein jour ? »
Robin, regardant la roulotte : « Non. Bien sûr que non. Nous reviendrons ce soir à la tombée de la nuit…. Allez venez… Rentrons au campement. »
Après avoir donné un dernier coup d’œil à la roulotte et au sarrasin sur la place du marché, Robin remit sa capuche sur sa tête et se mêla à la foule qui se pressait sur la place pour voir l’installation des saltimbanques. Ses compagnons l’imitèrent. Will se retourna lorsqu’il s’aperçut que Djaq ne les suivait pas.
Will : « Tu viens Djaq ? »
Djaq, regardant le sarrasin : « J’arrive. »
Will tourna la tête vers la place du marché et vit l’homme que Djaq dévisageait. Il en éprouva un peu de jalousie. Est-ce que Djaq aurait des sentiments pour cet homme ? Pourtant elle ne le connaissait pas. Cependant, il était sarrasin comme elle. Il réalisa alors qu’il avait un rival potentiel et en ressentit un léger sentiment d’infériorité. Il se promit de parler de cet homme à Djaq au repas du soir.
Djaq, le sortant de se réflexion et passant devant lui : « Tu viens ? »
Will : « Euh… Oui, j’arrive ! »
Il regarda vers la place du marché mais ne vit nulle part son rival.
Djaq, au loin : « Dépêche-toi ! Sinon on va perdre les autres. »
Il courut et rattrapa la jeune femme. Les hors-la-loi marchèrent en contre-sens de la foule qui allait voir les saltimbanques. Ils durent se cacher à plusieurs reprises à cause des patrouilles qui circulaient dans les rues.
Plaqué contre un mur d’une maison, Much, maugréant : « On croirait que tous les soldats sont de sortie ! »
Robin, souriant : « Tu ne crois pas si bien dire ! »
Une fois le danger écarté, ils reprirent leur route, puis quelques minutes plus tard, ils atteignirent, avec soulagement, la sécurité de la forêt de Sherwood.
Au repas du soir…

Will prit son écuelle sur la table et rejoignit ses compagnons.
Will, s’asseyant : « Tu comptes toujours intervenir à la fête afin de discréditer le shérif ? »
Robin : « Oui… Mais nous avons un nouveau plan. »
Much, étonné : « Nous ? »
Petit Jean : « Lequel ? »
Robin : « Nous allons ridiculiser le Prince Jean lors de sa fête. »
Much : « Comment ça ? »
Robin : « Marianne l’a convaincu de distribuer une pièce d’or à chaque famille de la ville… Oui… Il veut que les gens l’aiment. »
Much : « Et alors ? »
Robin : « Nous allons faire de même mais avec toutes nos réserves. »
Petit Jean, croyant avoir mal entendu : « Tu veux utiliser toutes nos réserves ? »
Robin : « Oui… Je jetterai l’argent depuis les remparts. Les villageois se précipiteront pour le ramasser et ils ne feront plus attention au Prince. »
Djaq : « Cela devrait le rendre malade de jalousie. »
Robin, souriant : « Oui… Et il en rejettera toute la responsabilité sur le shérif. »
Petit Jean : « Et les soldats ? »
Allan : « Eux aussi voudront leur part du gâteau ! »
Robin : « De toute façon, on ne restera pas longtemps. Je jette les pièces. Je lui sors une réplique bien sentie et on file. »
Much : « Mais comment ferez-vous pour amener autant d’argent sur les remparts ? »
Robin, mettant sa main sur son épaule : « Grâce à ton aide, bien sûr ! »
Much : « Moi ?... ça veut dire qu’il faudra que je grimpe à la corde avec l’argent sur le dos ? »
Robin : « Oui… Comme je le ferai moi-même ! »
Allan, souriant : « Alors tu devrais manger léger à partir de maintenant, Much ! »
Toute la bande sourit sauf Much qui ne trouva pas amusant ni la blague d’Allan ni le fait de grimper à la corde sur les remparts du château de Nottingham.
Robin : « Mais ça, c’est pour demain soir. D’ici là, je voudrais découvrir ce que manigance Nasir. »
Djaq releva vivement la tête. Will s’en aperçut et ne la quitta pas des yeux.
Allan : « Oui ben alors là, bonne chance ! Car tu vas devoir affronter son acolyte, si tu veux l’approcher. »
Much, moqueur : « Ben qu’est-ce qu’il y a ? T’as peur ? »
Allan : « Pas plus que toi que de grimper sur les remparts ! »
Much : « Oh mais j’ai pas peur, je peux le faire ! »
Empêchant Allan de répliquer, Petit Jean : « ça suffit vous deux !... [A Robin] Comment veux-tu procéder ? »
Robin, réfléchissant : « Il n’y a pas trente-six manières. Je ne vois que la manière directe. »
Djaq, inquiète : « C’est-à-dire ? »
Robin : « On y va à la nuit tombée. On s’empare de Nasir et on le fait parler ! »
Allan : « Et si on rencontre son copain ? »
Djaq se figea appréhendant la réponse de son chef.
Robin : « On n’aura pas le choix. Il faudra le neutraliser. »
Djaq : « Mais sans lui faire de mal ? »
Surprise, toute la troupe se tourna vers elle.
Djaq, se reprenant : « Enfin je veux dire… Euh… Je croyais qu’on ne tuait que si on ne pouvait pas faire autrement ? »
Robin : « C’est vrai... Donc tout dépendra de lui. Mais je crains que ce ne soit pas le genre d’hommes à entendre raison. »
Sa réponse glaça le sang de la jeune femme.
Djaq, dans sa tête : « J’espère qu’on n’en arrivera pas là ! »
Robin se leva et posa son écuelle sur la table.
Robin : « Allons nous préparer… Je veux y être au moment du repas. La place sera déserte à cette heure. »
Tout le monde se leva, déposèrent leurs assiettes sur la table et allèrent se préparer. Will suivit Djaq. Il laissa ses compagnons aller chercher leurs affaires et prit Djaq par le bras.
Will : « Hé !... Qu’est-ce qui se passe Djaq ? »
Djaq : « Je ne comprends pas ! »
Will : « Tu parais bizarre depuis que tu as vu ses saltimbanques. »
Djaq, évitant son regard : « Euh… Je ne vois pas ce que tu veux dire. »
Will, insistant : « Djaq !... Le sarrasin ?... Tu le connais c’est ça ? »
Djaq : « Nasir ?... Evidemment que je le connais… comme nous tous ! »
Will : « Non, l’autre !... Le plus costaud ! »
Il la vit tressaillir légèrement.
Will, un ton plus bas : « Tu peux tout me dire, tu sais. »
La jeune femme regarda son compagnon droit dans les yeux. Elle mourrait d’envie de se confier à lui, mais, dans le même temps, elle hésitait car elle n’ignorait pas la loyauté de son compagnon vis-à-vis de Robin. Et comme elle craignait que le sarrasin ne prépare un mauvais coup, elle préféra se taire, jugeant qu’il valait mieux vérifier les attentions de cet homme avant de dévoiler son identité à quiconque.
Will, insistant : « Djaq ? »
Robin, passant près d’eux : « Vous êtes prêts vous deux ? »
Djaq, allant chercher son arme : « Presque. »
Robin : « Will… Dépêche-toi, veux-tu ? »
Will, déçu : « J’y vais ! »
Il regarda Djaq aller se préparer puis se hâta de faire de même. Une fois que tout le monde fut prêt, les hors-la-loi quittèrent leur campement et se rendirent sans attendre à Nottingham.
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Pendant ce temps…

Gisborne fit entrer deux hommes dans les appartements du shérif.
Le shérif, ouvrant ses bras : « Nasir ! »
Il étreint le sarrasin.
Nasir : « Cela faisait longtemps, shérif ! »
Le shérif : « Trop longtemps, mon ami… Trop longtemps. »
Il relâcha Nasir.
| « Je vois que vous n’avez eu aucun ennui malgré votre échec en Terre Sainte. » | ![]() |
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Le shérif, souriant jaune : « Hein… Je vois que vous vous êtes remis de vos blessures… [Se tournant vers l’autre homme] Qui est-ce ? » |
Nasir : « Hassan. »
Le shérif : « Impressionnant… Je vous en prie, asseyez-vous ! »
Nasir : « Nous préférons rester debout. »
Le shérif, sourire forcé : « Hein… Comme vous voudrez. »
Nasir : « N’est-ce pas dangereux de nous entretenir ici, shérif ? »
Le shérif : « Non, ne vous inquiétez pas. Il se trouve bien loin… dans une autre aile. Il se croit à l’abri ici. »
Nasir : « Bien… Quel est votre plan ? »
Le shérif : « La petite fête commencera en fin d’après-midi par un combat de lutteurs dans la cour du château où notre ami Hassan fera un malheur… »
| Hassan, le coupant : « Oui ! Et c’est là que je le tuerai ! » | ![]() |
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« Non… Non… Non. C’est Nasir qui s’en chargera au cours du repas. » |
| Nasir : « Comment ? » | ![]() |
Le shérif : « Vous ferez votre numéro au début du repas. Il sera assis à mes côtés et donc une cible facile pour vous. »
Hassan, mécontent : « Et moi ? »
Le shérif : « Vous ?... Vous attendrez bien sagement à l’extérieur ! »
Hassan, furieux : « Comment ? »
Gisborne mit sa main sur le pommeau de son épée.
Hassan : « Je veux participer. Je n’ai pas accepté de me plier à tout ceci pour être écarté à la dernière minute ! »
Nasir : « Hassan devra être présent dans la salle… au cas où je raterais mon coup. »
Le shérif échangea un regard avec Gisborne car cela ne faisait pas partie de ses plans. Mais devant la mine peu avenante du colosse, le shérif dut céder.
Le shérif : « Hum… Très bien… Voilà ce qu’on va faire… [Montrant Hassan] Vous ne combattrez pas tout de suite… Nous organiserons un concours afin de sélectionner vos futurs adversaires… Ils gagneront encore plus d’argent s’ils acceptent de combattre contre vous lors de la fête devant Son Altesse. Le prince adorera ça ! »
Satisfait, Hassan retrouva son calme.
Nasir : « Mais personne n’acceptera de l’affronter au cours d’un combat. »
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« Oh ! Vous seriez surpris de voir ce que les manants sont prêts à faire pour de l’argent… » |
Le shérif : «… Et puis nous ne sommes pas obligés de tout leur dire. »
| Nasir, souriant : « Je vois… Et que se passera-t-il une fois que notre tâche aura été accomplie ? » | ![]() |
Le shérif : « Oh ! Ne vous inquiétez pas. Gisborne profitera de la confusion qui régnera dans la salle pour vous faire sortir en toute sécurité. »
Nasir, baissant la tête : « Très bien ! »
Hassan, se frappant les mains : « J’ai hâte d’être à demain pour tuer ce sale rat ! »
Le shérif, souriant : « Hein…. Brave petit ! »
Nasir, se courbant légèrement : « Eh bien… à demain, shérif ! »
Le shérif, l’imitant : « A demain ! »
Les deux sarrasins quittèrent les lieux. Le shérif et Gisborne les accompagnèrent à la porte.
Une fois suffisamment loin, Hassan : « Tu lui fais confiance ? »
Nasir : « Pas du tout ! »
A l’autre bout du couloir…
Le shérif, regardant les sarrasins s’éloigner : « Dès que j’aurai sauvé le prince, tuez-les ! »
Gisborne : « Oui, Monseigneur. »
Le shérif retourna dans ses appartements pendant que Gisborne s’assura que leurs visiteurs quittaient bien le château. Mais soudain, il s’arrêta. Il crut entendre un bruit et scruta la pièce du regard. Comme la nuit était tombée, il faisait très sombre et il ne vit rien. Soudain une souris traversa le couloir.
Gisborne, surpris : « Saleté de bestiole ! »
Il continua son chemin. Il ne vit pas, dans l’ombre, qu’une personne avait assisté au départ des sarrasins et avait entendu la dernière réplique du shérif. Il s’agissait de Marianne qui s’était cachée derrière un pilier dès que les portes de l’appartement du shérif s’étaient ouvertes.
| Marianne, le cœur battant la chamade, tout bas : « Je dois prévenir Robin ! » | ![]() |
Elle retourna discrètement à ses appartements.
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CHAPITRE IV
« SAFIYYA ? C’EST BIEN TOI ? »
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endant ce temps, sur la place du marché de Nottingham… |
Les hors-la-loi arrivèrent sur la place puis se faufilèrent entre les roulottes. Les saltimbanques s’étaient rassemblés autour d’un feu, à côté du ring, au centre de la place, pour se restaurer.
Caché derrière une roulotte, Robin, scrutant les convives : « Vous voyez Nasir ? »
Much, à ses côtés : « Non… Ni son comparse, d’ailleurs. »
Robin, retournant sur ses pas : « Allons voir dans sa roulotte ! »
Toute la bande le suivit. Visiblement anxieuse, Djaq ferma les yeux un instant puis inspira profondément avant de les rejoindre. Les hors-la-loi se faufilèrent entre les caravanes et arrivèrent devant celle qu’ils cherchaient. Robin s’approcha discrètement et regarda par la fenêtre.
Robin à ses compagnons : « Il n’y a personne… Ils ne sont pas là ! »
Much : « Qu’est-ce qu’on fait ? On rentre ? »
Robin : « Il n’est pas question d’abandonner ! Il faut absolument découvrir ce qu’il est venu faire ici ! »
Allan : « Moi, je veux bien mais… Comment fait-on pour le savoir s’ils ne sont pas là ? Si ça se trouve, ils dorment ailleurs ? »
Robin : « On va les attendre ! »
Il se dirigera vers une roulotte à proximité de celle de Nasir et qui faisait face au château. Les hors-la-loi se cachèrent derrière.
Much : « Combien de temps on va attendre ici ? »
Robin : « Le temps qu’il faudra ! »
Mais les hors-la-loi n’eurent pas à patienter bien longtemps. Quelques minutes plus tard, ils reconnurent, grâce à la pleine lune, la musculature imposante de l’un des sarrasins.
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Ils sortaient tous les deux de la cour du château et se dirigeaient non pas vers leurs compagnons pour se restaurer mais vers leur roulotte. |
Petit Jean : « Tu as vu d’où ils sortaient ? »
Robin : « Oui… Cela ne présage rien de bon pour le peuple de Nottingham ! »
Avant que les deux hommes n’atteignent leurs roulottes, Robin ordonna l’attaque.
Robin : « Allons-y ! »
Djaq retint son souffle et resta près de la roulotte pendant que ses compagnons foncèrent sur leurs proies avant qu’ils ne rentrent dans leur caravane. Mais ces derniers avaient préféré rester discuter autour d’un brasero qui brûlait à la porte de leur roulotte.
Hassan, se frottant les mains et mécontent : « Dans ce pays, il fait aussi froid que dans le désert la nuit ! »
Nasir allait répliquer qu’il faisait plutôt bon puisque c’était l’été mais Robin et ses compagnons se jetèrent sur eux. Aussitôt les sarrasins dégainèrent leurs épées. Robin se chargea personnellement de Nasir tandis que Petit Jean chargea immédiatement Hassan à main nue. Ce dernier repoussa violement le colosse de Sherwood. Much et Will le chargèrent à leur tour mais n’eurent pas plus de succès que Petit Jean et furent renvoyés au tapis. Allan préféra tenter sa chance à l’épée.
A l’instar de Robin et Nasir, les deux hommes s’affrontèrent à l’arme blanche. Les hors-la-loi n’avaient pas intérêt à ce que le combat s’éternise car ils risquaient d’attirer l’attention sur eux. Mais malheureusement, le combat ne tourna pas à leur avantage. Alors que Nasir venait de tomber à terre et étaient pratiquement sous la coupe de Robin, Hassan désarma Allan et lui donna un coup d’épaule qui le propulsa violement contre la caravane. Puis le colosse lui donna un coup de coude au visage. Meurtri, Allan n’eut pu se défendre quand Hassan le souleva par le cou et mit la lame de son sabre sur sa joue.
Hassan à Robin : « ÇA SUFFIT ! LACHE TON EPEE OU TON AMI MOURRA ! »
Robin releva la tête et vit Allan qui tentait désespérément de ne pas suffoquer à la pression qu’exerçait sur son cou les doigts du sarrasin. Petit Jean, Much et Will se relevèrent et firent un pas en avant pour venir en aide à leur ami.
Hassan, passant sa lame sur la joue d’Allan : « Restez où vous êtes ! »
Robin à ses compagnons : « Non !... Ne bougez pas !... [A Hassan] Très bien, j’obéis ! »
Robin déposa son épée sur le sol. Nasir se releva.
Nasir : « Je savais qu’on allait se revoir un jour ou l’autre ! »
Robin : « Pas moi… Je te croyais mort ! »
Nasir : « J’ai bien failli l’être à cause de toi !... »
Il lui donna un coup de poing au visage mais Robin ne tomba pas à terre.
Nasir : «… Mais heureusement pour moi, une famille charitable d’Emmaüs m’a retrouvé et soigné… Tu aurais dû m’achever, chrétien ! »
Robin : « J’y penserai la prochaine fois ! Compte sur moi. »
Nasir eut un petit sourire en coin.
Nasir : « Toujours le bon mot !... On verra si tu auras encore de l’humour quand ton ami baignera dans son sang… [A Hassan, tout en regardant Robin] Tue-le ! »
Hassan : « Avec plaisir ! »
Les hors-la-loi furent saisis d’effroi. Ne pouvant pas parler, les yeux d’Allan exprimèrent toute la terreur qu’il ressentait lorsqu’il vit la lame du sarrasin se lever devant lui. Alors qu’il allait abattre son épée, Hassan fut interrompu par une voix féminine.
La voix : « HASSAN, NON !... NE FAIS PAS ÇA ! »
Le sarrasin tourna la tête sur le côté.
Hassan, surpris et décontenancé : « Safiyya ? »
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Much, interloqué : « Euh... Safiyya ? » |
Djaq s’avança prudemment vers le sarrasin. En effet, lors de l’assaut, elle n’avait pas suivi ses compagnons. Elle ne voulait en aucun cas faire du mal à cet homme mais lorsqu’elle le vit prendre Allan en otage, elle courut immédiatement vers lui pour l’empêcher de commettre l’irréparable.
Petit Jean à Djaq : « Tu le connais ? »
Djaq, regardant Hassan : « Oui. »
Etonnés, les hors-la-loi se regardèrent les uns les autres. Même Nasir sembla surpris par cette nouvelle. Il parla en arabe à Hassan mais ce fut Djaq qui lui répondit car le sarrasin semblait sous le choc.
Hassan, médusé : « Safiyya ?... C’est bien toi ? »
Djaq continua d’avancer.
Robin, craignant la réaction du colosse : « Djaq fait bien attention ! »
Hassan, abasourdi : « Djaq ?... Mais qu’est-ce que… »
Djaq : « Je vais tout t’expliquer mais d’abord… Je t’en prie… Lâche-le. »
Nasir : « Surtout pas Hassan, tue-le ! »
Profitant de l’inattention de Nasir, Robin ramassa son épée et le prit en otage.
Robin à Hassan : « Fais ce qu’elle te demande ! Lâche-le ! »
Hassan, se ressaisissant : « Pas question ! »
| Il resserra son étreinte. Allan commença à suffoquer. | ![]() |
Djaq, affolée : « Non ! Non ! Non ! Lâche-le. Je t’en prie… Hassamomo… Tu te souviens quand je t’appelais Hassamomo ? »
Hassan regarda Djaq droit dans les yeux.
Hassan, attendri : « Safiyya… C’est bien toi… Tu es vivante ! »
D’une voix douce, Djaq, se rapprochant de lui et posant une main sur son bras : « Oui. C’est bien moi. »
Les larmes aux yeux, le colosse lâcha Allan. Celui-ci s’effondra sur le sol. Tout en étant inquiet de voir sa bien-aimée aussi près du sarrasin, Will vint s’assurer qu’Allan était toujours conscient. Ce dernier reprit son souffle tout en se frottant la gorge.
Will, le prenant par le bras : « ça va aller ? »
Allan, difficilement : « Oui… Je crois. »
Will l’éloigna du colosse.
Profitant de l’inattention des hors-la-loi, Nasir : « GARDES ! A MOI ! »
Les gardes, qui surveillaient l’entrée de la cour du château, se mirent à courir vers eux.
Robin : « ALLONS-NOUS-EN ! »
Il donna un violent coup d’épée à Nasir qui s’effondra sur le sol puis il rengaina son arme et commença à s’éloigner. Il se retourna pour voir si tout le monde le suivait. Much était à ses côtés tandis que Petit Jean aida Allan encore un peu faible à marcher. Mais Djaq était toujours à coté du sarrasin. Ils se regardaient dans les yeux sans échanger un mot. Chacun semblait comme fasciné par l’autre.
Will, la tirant par le bras : « Viens Djaq ! Il faut partir ! »
Voyant Djaq s’éloignée, Hassan : « Safiyya… Non ! »
Djaq à Hassan : « Je reviendrai... Je te promets ! Je reviendrai. »
Les soldats se rapprochant dangereusement, elle se mit à courir derrière ses compagnons. Les hors-la-loi disparurent alors dans la nuit.
Nasir, se relevant et furieux : « Tu peux m’expliquer ce qu’il vient de se passer ? »
Hassan, encore sous le coup de l’émotion : « Si nous avions été dans le désert, je t’aurais dit que j’ai vu un mirage ! »
Nasir : « Quoi ?... Mais qui est cette fille ? »
Mais Hassan ne lui répondit pas et préféra rentrer dans sa roulotte tandis que les soldats arrivèrent sur les lieux.
Un soldat : « Que se passe-t-il ? »
Nasir : « Je n’en sais rien encore. Mais je vais pas tarder à le savoir ! »
Mécontent, il rentra à son tour.
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Pendant ce temps…

Les hors-la-loi rentrèrent au campement encore sous le coup de l’émotion. Allan s’assit sur un lit.
Robin, mettant sa main sur son épaule : « Ça va aller ? »
Allan, se frottant machinalement le cou : « Euh oui… mais j’ai eu chaud ! »
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Petit Jean, mécontent, se tournant vers Djaq : « On a tous eu chaud ! » |
| Aussitôt, Will : « Ce n’est pas sa faute ! Nous nous étions mal préparés pour les affronter, voilà tout. » | ![]() |
Much : « Peut-être… Mais elle ne nous avait pas dit qu’elle le connaissait ! »
| Djaq baissa la tête. | ![]() |
Will voulut prendre une nouvelle fois la défense de la jeune femme mais Robin intervint.
Robin, la regardant : « Djaq ?... Après ce qu’il vient de se passer, tu nous dois une explication ! »
Djaq : « Tu as raison. »
Robin : « Tu connais cet homme, n’est-ce pas ? »
Djaq : « En effet… C’est… [Elle expira profondément]… C’est mon petit frère. »
Toute la bande, surprise : « QUOI ? »
Djaq : « Il s’appelle Hassan. »
Much, incrédule : « Ton petit frère ! »
Toute la bande s’assit autour d’elle pour l’écouter.
Allan : « Eh ben dis donc ! Il a une sacré poigne le petit dernier… Je n’ose imaginer ce qu’il serait advenu de mon cou si j’avais eu affaire à ton grand frère ! »
Will lui mit un coup de coude dans l’estomac pour le faire taire.
Robin : « Mais qu’est-ce que ton frère vient faire ici ? »
Djaq : « Je ne sais pas ! »
Much, découragé : « Et en plus, il est avec Nasir ! »
Djaq, les larmes aux yeux : « Je le croyais mort ! »
Allan, se frottant le cou : « Eh ben… Il a l’air pourtant en pleine forme pour un mort ! »
Djaq : « Je ne comprends pas… »
Much : « Mais tu es sûre que c’était lui au moins ? »
Robin, levant les yeux au ciel : « Much ! »
Djaq : « Absolument… Tu sais, je l’ai pratiquement élevé. C’était un petit garçon très doux et très attentionné, toujours souriant. Il respirait la joie de vivre. »
Allan, moqueur : « Oh tu sais… Si tu lui enlèves ses muscles et son regard de tueur, je suis sûr que c’est un charmant garçon. »
Will le fixa d’un regard chargé de reproches.
Petit Jean : « Tu ne l’avais pas vu depuis longtemps ? »
Djaq : « Cinq ans environ. »
Much : « Waouh… ça fait un bout de temps ! »
|
|
Robin, d’une voix douce : « Les gens peuvent changer en cinq ans. » |
Djaq : « Mais pas lui ! Il était si doux, si gentil même si il a toujours été un peu… fort. »
Allan : « Un peu ? »
Will le fixa durement l’incitant à se taire. Allan ne poursuivit pas.
| « Quand il était petit, il était déjà un peu plus costaud que les garçons de son âge, mais il n’était jamais violent envers les autres même quand… » | ![]() |
Elle s’arrêta. Elle eut de la peine en repensant à sa dernière entrevue avec son frère.
Robin, l’encourageant : « Même quand ? »
Djaq : « Même s’il avait changé la dernière fois que je l’ai vu. »
Will, lui prenant la main : « Tu veux nous raconter ? »
Djaq : « C’était un peu avant que je ne sois faite prisonnière et vendue comme esclave… Quand Saladin s’est proclamé Sultan, Hassan n’était qu’un enfant. Mais très vite, il a été fasciné par les récits des batailles victorieuses de Saladin. Alors quand la croisade a commencé, il a voulu accompagner Djaq à la guerre. Mais Djaq a refusé en prétextant qu’il était trop jeune. Hassan l’a très mal pris. Ils ont eu une terrible dispute à ce sujet puis Djaq est parti combattre… »
Will : « Mais il ne voulait que protéger son petit frère. »
Djaq : «… Oui, certainement mais… Hassan ne voyait pas les choses comme ça. Il lui en a beaucoup voulu ainsi qu’à Bassam et à moi. Il a cru que nous étions tous contre lui… qu’on ne croyait pas en lui… en ses capacités. J’ai cru qu’avec le temps, il comprendrait… »
Will : « Et ça n’a pas été le cas ? »
Djaq, larmes aux yeux : « Non… Il s’est renfermé de plus en plus sur lui-même et… quand on nous a annoncé que… Djaq était mort au combat. ça été terrible… »
Robin : « Il avait perdu son grand frère avant d’avoir pu faire la paix avec lui. »
Djaq : « Oui… alors il s’est mis en tête de suivre ses traces. Un jour, il nous a annoncé qu’il allait s’engager. Bassam et moi avons tenté de l’en dissuader. Une violente dispute a éclaté puis il est parti en claquant la porte et je ne l’ai plus jamais revu. »
Will, compatissant : « Jusqu’à aujourd’hui ! »
Djaq, hochant de la tête : « Oui… Quelques jours avant que je ne sois capturée par les marchands d’esclaves, des soldats sont venus nous annoncer qu’il était tombé au champ d’honneur lors de la bataille de Jaffa. »
Much, ironique : « Apparemment, ce n’était pas le cas ! »
Will, mécontent : « Much ! »
Robin : « Je suis désolé, Djaq… Cela dû être un choc pour toi de le voir ici. »
Will la prit dans ses bras pour la réconforter.
Djaq : « Oui… Mais ce que je n’arrive pas à comprendre c’est ce qu’il peut bien faire ici !... Et surtout avec Nasir. »
Robin, réfléchissant : « De toute évidence, ils préparent quelque chose avec le shérif. »
Will : « Je ne sais pas dans quel guêpier ton frère s’est mis mais… T’en fais pas... On va t’aider à l’en faire sortir. »
Djaq, reconnaissante : « Merci Will… [Se tournant vers le chef des hors-la-loi] Robin… Je dois absolument le voir. Il me parlera à moi. Il me dira ce qu’il fait ici. »
Robin : « Tu crois qu’il t’écoutera ? Après ce qui s’est passé tout à l’heure ? J’en doute. »
Djaq : « Si je suis seule avec lui, je saurai trouver les mots qu’il faut. N’oublie pas que je l’ai élevé. Je sais comment lui parler. »
Robin : « Il pourrait très bien être encore plus fanatique qu’avant… La guerre change souvent les hommes, tu sais. »
Djaq, insistante : « Je dois essayer. Je t’en prie, Robin. »
Robin réfléchit quelques instants.
Robin : « Je suis désolé, Djaq. Mais je ne peux pas répondre favorablement à ta demande…. Ce soir, il est déjà tard, et, à cette heure, tous les gardes ont sûrement été prévenus de notre venue. »
Djaq : « Pour tout un groupe de hors-la-loi oui, mais pas pour une seule personne. »
Will : « Ce serait trop risqué ! »
Robin : « Will a raison. Demain, nous verrons… »
Djaq, contrariée : « Mais demain, il sera trop tard pour… »
Robin, la coupant : « N’insiste pas, Djaq !... [Au reste de la bande]… Il est tard. Nous ferions mieux d’aller tous nous coucher. »
Il se leva et marcha jusqu’à son lit. Much, Allan et Petit Jean l’imitèrent. Will se leva à son tour.
Will, mettant une main chaleureuse sur l’épaule de Djaq et compatissant : « T’en fais pas. On va l’aider, ton petit frère… Bonne nuit, Djaq. »
La jeune femme se leva tout en réfléchissant intensément sous la surveillance de Robin.
Djaq, un peu ailleurs : « Bonne nuit, Will. »
Elle quitta la partie du ‟dortoir″ réservé aux garçons et marcha vers son lit un peu à l’écart des autres. Will la regarda s’éloigner avec beaucoup d’inquiétude. Il craignait que Djaq profite qu’ils soient tous endormis pour aller retrouver Hassan. Les hors-la-loi se dévêtirent puis se mirent au lit les uns après les autres.
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Durant la nuit, aux abords de la rivière, près du campement…
Tout était calme. Le silence régnait en maître absolu ; seule la rivière coulant sur son lit et quelques insectes nocturnes troublèrent la quiétude de la forêt.
Soudain, une gerbe d’eau jaillit soudainement de la rivière. Un homme émergea, soufflant et se frottant le visage.
Une voix de femme derrière lui, surprise : « Will ? »
Le baigneur se retourna prestement. Il s’agissait effectivement de Will. De l’eau jusqu’à la taille, le jeune homme passa sa main sur ses yeux pour y chasser l’eau qui l’empêchait de discerner les traits de son visiteur.
Hébété, Will : « Djaq ? »
La jeune femme était sortie du campement sans remarquer qu’il avait quitté son lit quelques instants plus tôt. Elle n’avait pas vu non plus les vêtements du jeune homme posés sur un buisson un peu plus loin. Le cœur battant la chamade, Djaq le fixa sans bouger.
Se rapprochant de la berge, Will : « Djaq ? »
Djaq, revenant à la réalité : « Euh oui… Mais qu’est-ce que tu fais là ? »
Will : « Je n’arrivais pas à dormir alors… »
Djaq : « Tu es venu te rafraichir ! »
Will, souriant : « Oui. »
Djaq, gênée, ne sut quoi faire : Rester ou partir. Elle s’attendait à être toute seule. Contrairement à ses compagnons, elle se baignait chaque jour à cet endroit précis. D’ailleurs, c’était elle qui avait parlé de cet endroit au jeune homme.
Will, se mettant dans l’eau jusqu’au cou : « Ça fait du bien… Elle est bonne… Tu devrais venir… »
Djaq : « Je sais pas euh… »
Elle regarda derrière elle.
Will, se relevant : « Nous sommes seuls, tu sais… »
Il s’avança lentement vers elle puis lui tendit la main l’invitant à le rejoindre. Mais Djaq semblait toujours comme hypnotiser par lui. Elle ne bougea pas. En fait, elle n’arrivait pas à se décider. D’un côté, elle désirait ardemment suivre l’homme qu’elle aimait, mais de l’autre côté, elle craignait ce moment d’intimité que cette nuit chaude et sans nuage avait créée pour eux, surtout aussi proche du campement. Voyant qu’elle ne se décidait pas, Will sortit lentement de l’eau et s’approcha de sa belle. Le cœur battant et le regard empli de désir, il passa délicatement ses bras autour de sa taille et l’attira doucement contre lui.
Will, la regardant droit dans les yeux : « Je t’aime, Djaq. »
Puis doucement, il se pencha sur elle et l’embrassa. Le cœur de la jeune femme s’enflamma au fur et à mesure que ces craintes s’envolèrent. S’accrochant aux épaules nues du jeune homme, elle se laissa peu à peu gagner par le désir qu’elle éprouvait pour lui.
Djaq, éprise d’amour : « Je t’aime aussi, Will. »
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Ils s’embrassèrent à nouveau. |
Djaq, mettant fin au baiser : « Tu es tout froid ! »
Will, malicieux : « Alors viens me réchauffer. »
Djaq ne lui répondit que par un grand sourire que Will prit pour un encouragement. Il commença à déboutonner la chemise de la jeune femme lentement, boutons après boutons. Elle le regarda faire non seulement sans protester, mais en plus, en lui souriant, l’invitant à poursuivre. Encouragé, il déboutonna entièrement sa chemise et la lui retira. Il la serra contre lui et, lentement, l’embrassa de nouveau. Puis sans échanger un seul mot, il lui prit la main et l’entraina vers la rivière. Au milieu du cours d’eau, il l’attira de nouveau contre lui.
Will, en souriant : « Tu es prête ? »
Devinant son intention, Djaq acquiesça de la tête. Elle s’agrippa à ses épaules pendant que Will la tint fermement par la taille et ils s’embrassèrent tout en s’enfonçant dans l’eau jusqu’à ce que la rivière les ait entièrement engloutis. Puis, ils ressurgirent brutalement hors de l’eau, toujours collés l’un contre l’autre. Ils reprirent leur souffle en riant.
Djaq, mettant ses bras autour du cou de Will et redevenant sérieuse : « Je t’aime, Will Scarlett. Je ne sais pas comment j’ai fait pour vivre sans toi durant toutes ses années. »
Will admira ses grands yeux noirs qui l’observaient avec passion puis essuya délicatement une goutte d’eau qui coulait le long de sa joue. Djaq se pencha pour lui baiser la main. Toute souriante, elle le fixa à nouveau. Ils s’observèrent en silence. Will était subjugué par cette jeune femme. A partir de cet instant, il la voyait autrement. Ce n’était peut-être plus Djaq, le garçon manqué, qu’il tenait dans ses bras mais Saffyia, la jeune femme sarrasine dont les formes généreuses, mises en valeur par la lumière de l’astre nocturne, éveillaient en lui un profond et fougueux désir qu’il n’avait jamais connu auparavant. Il ne voulut pour rien au monde que cet instant ne se termine. Il n’arrivait toujours pas à croire qu’il tenait enfin dans ses bras la femme qui faisait battre son cœur depuis le premier regard posé sur elle, il y a presque deux ans maintenant. Il la serra davantage contre lui et, pour toute réplique, il l’embrassa de nouveau.
Puis, Will, s’écartant légèrement et la dévorant des yeux : « Je ressens la même chose, Djaq… C’est pourquoi… »
Will baissa la tête afin de rassembler son courage.
Djaq, l’encourageant : « Oui ? »
Il redressa fièrement la tête, bomba le torse et la regarda droit dans les yeux. L’air soudainement sérieux de son compagnon commença par inquiéter la jeune femme. Puis les propos qui suivirent la laissa bouche-bée.
Will : « Est-ce que tu veux m’épouser ? »
Prise au dépourvu, Djaq ne répondit pas immédiatement. Elle le regarda avec de grands yeux interrogateurs en se demandant si elle avait bien entendu la question. Will attendit avec angoisse sa réponse mais un bruit sourd provenant de la forêt détourna son attention. Le jeune homme, craignant d’être surpris par l’un de leur compagnon, tourna la tête vers le sous-bois. Il ne vit rien. Mais au lieu d’être rassuré, la panique s’empara de lui : Tout à coup, la forêt, la rivière et même son âme-sœur qu’il tenait dans ses bras, il y a quelques secondes à peine, disparurent brutalement.
Will, affolé : « DJAQ ?... DJAQ ? »
Il tourna sur lui-même mais ne vit que l’obscurité. Puis peu à peu, ses yeux aperçurent, au dessus de lui, une faible lumière à travers un feuillage. Complètement désorienté, il tenta de se calmer. Il ferma les yeux et prit plusieurs grandes inspirations. Lorsqu’il rouvrit les yeux, il prit conscience qu’il était dans son lit au campement et non pas aux abords de la rivière. Il se mit sur ses coudes, se pencha sur le côté afin d’apercevoir ses compagnons. La faible luminosité lui permit de les entre-apercevoir. Rassuré, il regarda machinalement vers la porte, puis ensuite, du côté de Djaq mais la jeune femme avait baissé le rideau. Déçu que cela n’avait été qu’un rêve, il se recoucha en soupirant. Peut-être que s’il se rendormait immédiatement, il pourrait poursuivre son rêve et ainsi connaître la réponse de sa bien-aimée. Plein d’espoir, il ferma les yeux et se rendormit.
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Le lendemain matin…

Malheureusement pour Will, il passa le reste de la nuit sans faire le moindre rêve. Il ouvrit les yeux et se rendit compte immédiatement qu’il était l’un des derniers encore couché puisqu’il entendait les autres discuter à voix basse en prenant leur petit déjeuner. Déçu, il se leva, s’étira longuement et enfila son pantalon et ses chaussures. Il prit sa tunique posée sur le bord de son lit et se dirigea vers ses compagnons.
Will, les yeux encore ensommeillés : « Bonjour tout le monde. »
Puis il enfila sa chemise.
Allan : « Ah ! La marmotte est enfin réveillée ? »
Much, lui tendant son écuelle : « Tiens… Je t’ai gardé ton assiette bien au chaud. »
Will, lui prenant des mains : « Merci, Much… [Regardant ses compagnons puis son écuelle] Je suis le dernier debout ce matin ? »
| « Non, Djaq n’est pas encore levée mais il est encore très tôt. » | ![]() |
Will releva vivement la tête car, habituellement, la jeune femme était toujours la première debout. Puis au lieu de s’asseoir, il regarda vers le lit de Djaq. Le rideau était toujours tiré. Se rappelant soudainement du bruit qu’il avait entendu durant la nuit et qu’il l’avait empêché de poursuivre son rêve, Will eut comme un mauvais pressentiment. Très inquiet, il redonna son assiette à Much sans dire un mot puis se dirigea vers le lit de Djaq.
Much : « Eh mais… Qu’est-ce que tu veux que j’en fasse ? »
Le jeune homme ne répondit pas.
Robin, fronçant les sourcils : « Will ? »
Petit Jean et Allan levèrent le nez de leur assiette. Wil arriva devant le lit de Djaq.
Will, doucement : « Djaq ? »
Il attendit quelques instants.
Will : « Djaq ?... [Tirant lentement le rideau] Djaq ? »
Lorsqu’il l’ouvrit, il s’aperçut que le lit de la jeune femme était vide.
Catastrophé, Will, se tournant vers ses compagnons : « Robin ! Djaq n’est plus là ! »
Toute la bande se précipita à ses côtés.
Much, regardant le lit vide de la jeune femme : « Mais où est-ce qu’elle a bien pu aller ? »
Robin, regardant Will : « Elle est allée retrouver son frère… Dépêchons-nous ! »
Les hors-la-loi laissèrent leur petit-déjeuner en plan et prirent rapidement leurs armes avant de partir pour Nottingham.
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CHAPITRE V
« JE T’AIME, HASSAMOMO ! »
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eux heures plus tôt… |
Djaq se retourna encore et encore dans son lit, sans réussir à trouver le sommeil. Elle n’arrêtait pas de penser à son petit frère.
Djaq, dans son esprit : « J’arrive pas à croire qu’il soit encore en vie. Mais qu’est-ce qu’il fait ici ?... Loin de chez nous ! »
Elle expira profondément puis se mit sur le dos, les yeux grands ouverts sur le plafond végétal du campement.
Djaq, dans son esprit : « Il ne peut pas être venu pour moi… Il ne savait pas que j’avais été capturée par un marchand d’esclaves… et puis, il n’aurait pas su dans quel pays me chercher… Non… D’ailleurs, il a été aussi surpris que moi de me voir… Alors pourquoi est-il venu ici ?… en Angleterre... Et avec ce Nasir… Je n’aime pas ça ! »
Elle souffla bruyamment. Tant de questions se bousculaient dans sa tête depuis sa rencontre avec Hassan. Elle devait absolument trouver des réponses. Elle remarqua alors une faible luminosité passée à travers le plafond de feuilles du campement.
Djaq, soufflant : « Le jour va bientôt se lever !... Je devrais peut-être aller me lav… »
Aussitôt, elle eut une idée.
Djaq, tout bas à elle-même : « Ce serait peut-être le seul moment où je pourrais lui parler ! »
Elle se mit sur ses coudes et écouta les alentours. Elle n’entendit que ses compagnons dormir un peu plus loin.
Djaq, dans son esprit : « Parfait. Ils dorment encore. »
Silencieusement, la jeune femme ouvrit le rideau de son lit. Elle se leva, enfila doucement ses vêtements, referma le rideau puis se dirigea vers la porte d’entrée du campement, en prenant bien soin de prendre son épée avec elle. Elle actionna le dispositif permettant d’ouvrir la porte de l’intérieur. Celle-ci s’ouvrit en faisant grincer l’armature en bois. Djaq se retourna vers ses compagnons en retenant son souffle. Seul Much se retourna bruyamment dans son lit mais ne se réveilla pas. Elle quitta alors sur la pointe des pieds le campement puis referma la porte derrière elle.
Djaq, actionnant le dispositif de l’extérieur : « Pardonne-moi Robin de te désobéir. »
Puis elle courut en direction de Nottingham. Le jour se levant, elle n’eut aucun mal à trouver son chemin à travers la forêt.
A l’intérieur, lorsque la porte se referma en grinçant légèrement, Allan se réveilla en sursaut. En sueur, il se palpa le torse avec angoisse. Quand il réalisa qu’il n’avait fait qu’un cauchemar, il retomba sur son lit en soupirant. Comme pour se rassurer, il se rassit sur son lit et regarda autour de lui. Il avait cru entendre la porte s’ouvrir mais celle-ci semblait pourtant bien fermée. Il regarda si tous ces compagnons étaient bien là, ce qui était effectivement le cas. Il jeta un dernier coup d’œil vers le lit de Djaq mais comme le rideau était tiré, il crut qu’elle était bien sagement dans son lit. Apaisé, Allan se recoucha et s’endormit quelques minutes plus tard.
Pendant ce temps, Djaq arrivait en vue de Nottingham. Les portes de la ville venaient à peine d’être ouvertes afin de laisser passer les marchandises pour les commerçants de la ville. La jeune femme se faufila entre deux chariots puis se dirigea vers la place du marché où dormait les saltimbanques. Elle se cacha dans une ruelle proche de la roulotte où se trouvait son petit frère. De là, elle pouvait surveiller les allées et venues de la caravane isolée, car déjà, quelques saltimbanques circulaient sur la place.
Djaq : « J’espère qu’il n’a pas changé ses habitudes ! »
Elle espérait le voir avant que tous les saltimbanques ne se réveillent. Par chance, elle n’eut pas à patienter bien longtemps. Soudain, deux silhouettes sortirent de la caravane. Elle n’eut aucun mal à reconnaitre son petit frère.
Nasir : « Je te retrouve plus tard… Je vais m’assurer que tout est prêt pour cet après-midi. »
Hassan : « Entendu. »
A la satisfaction de Djaq, les deux hommes se séparèrent. Alors que Nasir semblait se diriger vers le château, Hassan, portant un rouleau de tissu, disparut dans l’impasse formée entre le mûr d’une maison à deux étages et sa propre roulotte. Djaq se demanda s’il était bien prudent de le suivre. Elle suivit du regard Nasir, et quand celui-ci disparut derrière les caravanes de l’autre côté de la place, elle sortit de sa cachette pour aller retrouver son petit frère. Mais Hassan ressortit de derrière sa roulotte, portant sur ses épaules un porte-seaux. Surprise, elle se cacha derrière une charrette. Elle suivit alors discrètement le sarrasin. Il se dirigea vers la place où se trouvait le puit le plus proche. L’endroit était désert à cette heure. Il puisa de l’eau afin de remplir ses quatre seaux qu’il put porter aisément sur ses épaules grâce à sa force exceptionnelle. Il revint sur ses pas et disparut derrière sa caravane. Regardant autour d’elle pour voir s’il n’y avait personne dans les environs, Djaq longea la roulotte, passa derrière et fit dépasser sa tête dans l’impasse afin d’espionner son petit frère. Hassan vida consciencieusement les quatre seaux dans un cuvier. Après avoir vérifié qu’il était bien seul, Djaq s’aventura dans l’impasse.
Djaq : « Tu as bien retenu mes leçons, on dirait ? »
D’un geste rapide, Hassan attrapa son épée appuyée contre le mur de la maison et se retourna vers son visiteur. L’air féroce, il brandit son arme.
Hassan : « Safiyya ? »
Djaq, s’avançant vers le cuvier : « Oui, c’est moi. »
Le visage d’Hassan se décrispa mais il garda tout de même son épée à la main.
Djaq, regardant l’eau dans le cuvier : « Tu t’apprêtais à faire le ghousl avant ta prière du vendredi ? »
Hassan, sur ses gardes : « C’est ce que tu m’as appris. »
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Djaq, avec émotion : « Hassamomo… » |
Se rappelant le temps où elle l’appelait par ce surnom affectueux lorsqu’il était enfant, le sarrasin regarda les grands yeux noisette de sa grande sœur avec émotion.
Djaq : «… Nous t’avions cru mort… J’ai été anéantie lorsqu’on nous a annoncé ta mort. ça m’a brisé le cœur de savoir que tu étais mort sans que j’ai pu de te dire à quel point je t’aimais… que nous t’aimions, Hassan… Et te voir là, devant moi… je…[Les larmes aux yeux] je suis folle de bonheur de te revoir… J’ai envi de crier au monde entier ma joie de t’avoir retrouvé… et te dire… »
Emu, Hassan laissa tomber son épée, se précipita sur sa sœur et la prit dans ses bras.
Djaq : « Je t’aime, Hassamomo ! »
Hassan, la serrant très fort contre lui : « Je t’aime, Safiyya. Moi aussi, je suis content de te revoir… grande sœur. »
Le frère et la sœur profitèrent quelques instants de leurs retrouvailles.
Puis se défaisant de son frère, Djaq, avec le sourire : « Même si tu as beaucoup grandi ! »
Hassan, sérieux : « Je ne suis plus un enfant. Je suis un homme… un combattant de dieu ! »
Djaq, s’efforçant de garder le sourire : « C’est ce que je constate ! »
Hassan : « Vous ne m’en croyiez pas capable ! »
Djaq, aussitôt : « Non, c’est faux… Si on n’a pas voulu que tu t’engages, c’était pour te protéger. »
Hassan : « Tu parles ! Djaq et toi n’avez jamais cru en moi… Alors j’ai dû faire mes preuves par moi-même. »
Djaq : « C’est faux… Nous avions simplement peur pour toi, et après ce qui est arrivé à Djaq… »
Étreinte par l’émotion, Djaq s’arrêta. Hassan, tout aussi ému, regarda sa grande sœur.
Hassan : « J’ai su que tu avais été capturée par des marchands d’esclaves mais j’ignorais que c’était par les chrétiens ! »
Djaq : « Le marchand était musulman… Il m’a vendu au shérif pour travailler dans sa mine. »
Hassan : « Tu sembles pourtant libre de tes mouvements aujourd’hui… Pourquoi n’as-tu pas regagné ton pays ? »
Djaq : « Parce que je me bats avec Robin maintenant ! »
Hassan, mécontent : « Un chrétien ! »
Djaq : « Il m’a libéré de l’esclavage ! »
Hassan, furieux : « C’est un croisé ! »
Djaq, surprise : « Comment le sais-tu ?... C’est Nasir qui te l’a dit ? »
Hassan : « Oui… »
Djaq : « Ne crois pas tout ce que cet homme te raconte ! »
Hassan, provoquant : « Dis-moi que c’est pas vrai ?… Que ce Robin n’est pas un croisé ? »
Djaq, hésitante : « Euh… Il ne l’est plus ! »
Hassan : « C’est peut-être lui qui a tué Djaq et tu le défends ?... Que t’arrive-t-il, femme ? »
Djaq : « Robin se bat pour la justice… pour son peuple et il est contre cette guerre… »
Hassan, la coupant avec rage : « Après avoir tué tant des nôtres ? »
Djaq : «… Nous avons, nous aussi, tué des chrétiens, Hassan… Peut-être même des amis de Robin et… »
Hassan, la coupant encore : « Et je compte bien mettre un terme à tout ça ! »
Djaq : « Qu’est-ce que tu veux dire ? »
Hassan, avec mépris : « Pourquoi te le dirais-je ? Tu es du côté des chrétiens à présent ! »
Djaq : « Je suis du côté de la paix, Hassan !... Tout comme Robin et ses compagnons… Et c’est pour ça que j’ai décidé de rester avec eux… Pour que la paix triomphe chez nous, je dois me battre ici. »
Hassan : « Mais c’est exactement ce que je vais faire ! »
Djaq, inquiète : « De quelle façon ? »
Hassan : « Il y a ici un homme qui croit aussi que cette guerre n’a que trop duré, et qui est prêt à faire ce qu’il faut pour qu’elle cesse ! »
Djaq : « Oui, c’est Robin… Si tu veux, je pourrais te… »
Hassan : « Non… Ce n’est pas lui. C’est pas un lâche qui se cache dans la forêt et qui envoie une femme se battre à sa place… Il agit au grand jour, lui. »
Djaq : « Mais de qui est-ce que tu parles ? »
Hassan : « Le shérif de Nott… ! »
Soudain, Djaq reçut un violent coup sur la tête. Nasir venait de l’assommer.
Hassan, mécontent : « Mais pourquoi est-ce que tu as fait ça ? »
Nasir : « Du calme… Je n’avais pas le choix… Tu allais tout lui révéler. »
Hassan : « C’est ma sœur. Elle nous aurait suivis. Elle aussi veut la paix. »
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Nasir, avec calme : « Mais elle a passé trop de temps dans ce pays. Elle a été corrompue par les chrétiens. » |
| « Je suis son frère. J’aurais trouvé les mots pour la convaincre ! » | ![]() |
Nasir, ne voulant pas se disputer avec son partenaire : « Peut-être… En attendant, elle va rester avec nous. »
Il se pencha pour prendre Djaq.
Hassan : « Non !… C’est à moi de m’occuper d’elle. »
Hassan bouscula Nasir et se pencha au-dessus de sa sœur.
Nasir, levant les mains : « Comme tu voudras ! »
Le colosse prit délicatement sa sœur dans ses bras et l’emmena dans la roulotte qu’il partageait avec Nasir puis il la déposa en douceur sur son lit.
Nasir : « Tu devrais l’attacher ! »
Hassan se redressa et fit face à Nasir. Il manifesta son déplaisir en gonflant son torse et en fixant méchamment son comparse.
Nasir, humblement : « Elle pourrait s’échapper avant que t’es pu la convaincre de se joindre à nous et avertir les chrétiens ! »
Hassan réfléchit quelques instants puis, un peu contraint, se rangea à son avis. Il prit alors une corde près de lui et ligota sa sœur.
Nasir : « Parfait… En attendant que tu lui aies parlé, elle sera bien ici… à l’abri… [Changeant de sujet] Viens avec moi au château, Guy de Gisborne doit nous montrer où nous placer pour tuer le Prince Jean. »
Hassan, fronçant les sourcils et montrant sa sœur : « Chut… »
Nasir : « Hum t’en fais pas… Elle est encore inconsciente… Tu viens ? »