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Série : Robin Hood
Création : 29.06.2015 à 08h35
Auteur : byoann
Statut : Terminée
« Il s'agit de la suite de l'épisode "Chantage". Cet EV comporte 15 chapitres. J'écris seul merci. » byoann
Cette fanfic compte déjà 73 paragraphes
Hassan : « Pas avant d’avoir fait mes ablutions et ma prière ! »
Nasir, le regardant des pieds à la tête mais n’osant le défier : « Comme tu voudras. »
Nasir se retourna et sortit de la roulotte. Hassan l’imita non sans avoir jeté un dernier coup d’œil protecteur à Djaq. Nasir se dirigea vers le centre de la place où déjà des artistes commençaient à répéter leur numéro tandis qu’Hassan retournait à son baquet où il commença ses ablutions. Lorsque la porte de la caravane se referma, Djaq ouvrit les yeux.
Djaq, inquiète : « Tuer le Prince Jean ? »
Elle voulut se redresser mais une violente douleur derrière la tête se fit ressentir. Elle retomba sur le matelas à demi-consciente.
Pendant ce temps, tout près de là, dans une ruelle adjacente…
Les hors-la-loi étaient arrivés dans une ruelle à l’autre bout de la place.
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Ils surveillaient l’entrée de la roulotte de Nasir. |
Will, impatient : « Qu’est-ce qu’on attend ? »
Robin, regardant la place : « Y’a trop de monde sur la place… On ne pourra pas s’approcher davantage sans éveiller les soupçons. »
Will : « Qu’est-ce qu’on fait alors ? »
Robin se mit à réfléchir à différents scénarios pour approcher la roulotte sans trop se faire remarquer. Mais sa réflexion n’allait pas bien loin car ils virent Nasir sortir de la caravane, suivi d’Hassan.
Allan : « Sacré morceau… Il serait peut-être temps que tu fasses davantage connaissance avec ton futur beau-frère, Will ? »
Mais Will n’était pas d’humeur à la plaisanterie.
Will, mécontent et inquiet : « Mais où est Djaq ? »
Robin, suivant Nasir des yeux : « Probablement à l’intérieur. »
Lorsqu’il vit Nasir se mêler aux autres saltimbanques, Robin reporta son attention sur Hassan. Celui-ci se dirigea derrière la roulotte.
Robin : « J’y vais… Attendez-moi ici ! »
Will : « Je viens avec toi ! »
Connaissant l’attachement du jeune homme pour Djaq, Robin n’essaya pas de l’en dissuader.
Robin : « Très bien… Ta capuche. »
Il rabattit la sienne et se fraya, le plus discrètement possible, un chemin entre les roulottes et le matériel déposé ça et là. Will le suivit. Les deux hommes atteignirent la roulotte. Contrairement à ce que pensait Will, Robin se dirigea non pas vers la porte de la caravane mais à l’arrière. Il longea silencieusement l’arrière de la roulotte afin de savoir ce que faisait Hassan. Car il ne voulait pas qu’il leur tombe dessus une fois qu’ils seraient à l’intérieur. Robin fit signe à Will de garder le silence. Les deux hommes passèrent leurs têtes dans l’impasse. Ils virent alors Hassan leur tournant le dos, nu comme un ver, entrain de se laver d’une manière qui parut étrange aux yeux de Will. Les hors-la-loi rebroussèrent chemin.
Will, tout bas : « Mais qu’est-ce qu’il fait ? »
Tout en marchant, Robin, sur le même ton : « Il pratique le ghousl. »
Will : « Le quoi ? »
Robin : « Je t’expliquerai ! »
Les deux hommes atteignirent l’entrée de la roulotte et ouvrirent la porte avec beaucoup de précaution.
Will, tout bas : « Djaq ? »
La jeune femme ne réagit pas.
Will, inquiet : « Oh non !... Djaq ? »
Les hors-la-loi se précipitèrent à l’intérieur. Robin referma rapidement la porte derrière lui.
Robin : « Doucement, Will… Hassan est juste là ! »
Il pointa du doigt le mur opposé.
Will : « Euh oui… C’est vrai… [Se tournant vers la captive] Djaq ? »
Il prit la jeune femme dans ses bras. Robin prit son poignard et sectionna les cordes qui entravaient les pieds de la jeune femme.
Will, inquiet : « Djaq ? »
La jeune femme reprit connaissance.
Djaq : « Will ? »
Sur un ton de reproche, Robin, coupant les liens entravant ses mains : « Tu peux m’expliquer ce que tu fais ici ? »
Will aida Djaq à se relever.
Djaq : « Je suis désolée, Robin… Mais je devais lui parler ! »
Robin, mécontent : « Au risque de te faire capturer ? »
Djaq : « Ce n’est pas Hassan qui m’a fait ça… C’est Nasir ! »
Will, s’interposant : « On verra ça plus tard… Faut pas rester là ! »
Regardant méchamment Djaq, Robin à Will : « Tu as raison. Allons retrouvez les autres. »
Robin se pressa contre la porte et l’ouvrit légèrement afin de voir si la voie était libre.
Robin : « C’est bon. On peut y aller. »
Les hors-la-loi sortirent de la roulotte en regardant autour d’eux. Comme la caravane était isolée des autres, elle était cachée par les autres roulottes entourant la place où aurait lieu les festivités. On pouvait donc entrer et sortir pratiquement sans être vu par ceux qui se trouvaient près du ring. Prudemment, Robin, Djaq et Will se faufilèrent jusqu’à la ruelle où ils retrouvèrent Much, Allan et Petit Jean.
Much : « Est-ce que ça va, Djaq ? »
Djaq : « Oui, Much. Je te remercie… Juste une petite bosse. »
Allan : « C’est un cadeau de ton petit frère ? »
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« Hassan n’a pas levé la main sur moi ! » |
Will : « C’est Nasir. »
| Robin, toujours mécontent : « On t’a pourtant retrouvé ligotée dans sa caravane ? » | ![]() |
Djaq : « C’était une idée de Nasir ! »
Robin : « Mais ton frère ne s’y est pas opposé ? »
Djaq ne répondit pas et baissa la tête non pas parce qu’elle pensait son frère coupable mais parce qu’elle était furieuse que Robin le condamne sans le connaître.
Petit Jean : « Attention… Il y a du mouvement. »
Les hors-la-loi se plaquèrent contre le mûr. Seul Robin passa sa tête en dehors de la ruelle pour voir ce qui se passait. Il vit Nasir revenir près de la roulotte tandis qu’Hassan ouvrait la porte de la caravane.
Allan, à quatre pattes, regardant sur la place : « Si jamais ils découvrent que Djaq est partie, on a intérêt à filer d’ici ! »
Djaq vint se coller contre Robin pour voir ce qui se passait sur la place. Mais Hassan se contenta d’ouvrir la porte de la roulotte sans y entrer. Il referma la porte tout en discutant avec Nasir.
Allan, surpris : « Bah ? »
Robin : « Il n’a fait que ranger son tapis de prière ! »
Allan : « Comment tu le sais ? »
Robin : « Nous l’avons vu faire ses ablutions… Et nous sommes vendredi. »
Allan : « Ses quoi ? »
Robin : « Peu importe… [Regardant les deux hommes se dirigeaient vers le château] Mais qu’est-ce qu’ils peuvent bien encore avoir à faire au château ? »
Djaq, regardant avec tristesse son petit frère : « Ils ont l’intention de tuer le Prince Jean. »
Toute la bande : « QUOI ? »
Robin se retourna vers la jeune femme.
| Très inquiet, Robin : « Explique-toi ! » | ![]() |
Djaq : « Je n’en sais pas plus… Nasir a juste dit à Hassan que Gisborne voulait les voir au château pour leur montrer où ils tueraient le Prince Jean. »
Much, comme pour se convaincre : « Tuer le Prince Jean ? »
Petit Jean : « Ça s’rait pas une si mauvaise chose ! »
Robin : « Tu te trompes, Jean… Même si on n’aime pas le Prince, il reste, qu’on le veuille ou non, le garant de l’autorité royale en l’absence de notre Roi Richard…. S’il venait à mourir, il n’y a aurait plus d’ordre… Les seigneurs les plus ambitieux se feraient la guerre pour s’emparer du trône… Ce serait le chaos dans le pays ! »
Will : « Mais cela n’a pas de sens… Pourquoi le shérif voudrait tuer le Prince Jean ? Ils sont dans le même camp, non ? »
Djaq : « Peut-être que le shérif a peur pour sa vie à cause de tous les échecs qu’il a subi à cause de nous… S’il veut survivre, il doit tuer le Prince. »
Petit Jean : « J’en doute… S’il avait vraiment peur pour sa vie, il aurait quitté le pays ! »
Djaq : « Mais d’après Hassan, le shérif voudrait mettre un terme à la guerre en Palestine. »
Much, moqueur : « Mettre un terme à la guerre ? Depuis quand le shérif est devenu pacifiste ? »
Allan : « Much a raison… Wow !... J’aurais jamais cru que je dirais ça un jour… »
Toute la bande sourit, à l’exception de Much évidemment.
Allan : «… Souvenez-vous de ce qui s’est passé en Terre Sainte !... Je n’y ai pas vu là les actions d’un pacifiste mais plutôt celles d’un homme belliqueux et qui avait tout intérêt à ce que la guerre continue. »
Robin, réfléchissant : « Tu as raison… [Regardant vers le château] Quelque chose doit nous échapper. »
Petit Jean : « De toute façon, ce n’est pas notre affaire ! Nous devons nous préparer pour la distribution que tu feras dans la cour du château. »
Robin : « L’opération est annulée. »
Petit Jean, mécontent : « ROBIN ! »
Robin : « Jean !... Notre devoir est de venir en aide au Prince Jean ! »
Toute la bande le regarda avec étonnement.
Robin, regardant Allan : « Moi non plus, je n’aurais jamais cru que je dirais ça un jour. »
Mais personne n’avait le cœur à rire.
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« J’ai bien entendu ?... Tu veux aider ce prince de pacotille ? » |
Much : « On ne le ridiculise plus devant tout le monde alors ? »
Robin : « Non… Il faut empêcher que Nasir et Hassan n’assassinent notre Prince. »
Allan : « Mais comment ? »
Robin, se tournant vers le château : « ça… Je n’en sais rien encore ! »
Much : « Sauver le Prince Jean… On aura tout vu ! »
Allan, moqueur : « On aura tout fait, tu veux dire !... Des hors-la-loi qui viennent en aide à un Prince !... [Plus sérieusement] Prince qui veut notre mort, je te le rappelle ! »
Petit Jean, regardant Robin : « Exact !... Moi, je préfèrerai plutôt qu’on vienne en aide aux pauvres. Ils ont plus besoin de nous que ce prince à la noix. »
Robin, avec persuasion : « Si nous sauvons le Prince, nous sauverons le trône et donc l’Angleterre ! Nous serons ainsi venus en aide à tous les pauvres du pays, Jean… et pas seulement à ceux du comté de Nottingham. »
Allan : « Moi je veux bien, mais il faudrait d’abord savoir comment nos deux compères comptent l’éliminer ! »
Robin : « A mon avis, si Nasir et Hassan se sont fait engagés comme saltimbanques, c’est pour mieux approcher le Prince. Donc ils feront parti des artistes présentés lors de la représentation privée… Il faudrait savoir quel numéro ils présenteront. »
Allan : « Pour Hassan, c’est pas sorcier à deviner ! »
Djaq : « Robin, je suis d’accord avec toi… Il faut sauver le Prince mais je voudrais aussi… qu’on sauve Hassan… Il se fait manipuler dans cette histoire. »
Le reste de la bande cacha à peine son désaccord.
Djaq : « C’est mon frère, Robin ! »
Robin : « Mais je crains que ton frère ne se laisse pas convaincre aussi facilement. »
Djaq : « Il faut quand même essayer ! »
Robin : « Soit… Je suis d’accord pour que tu essayes de lui faire entendre raison mais notre objectif prioritaire reste le Prince Jean, et s’il se met encore une fois sur ma route… »
Il ne termina pas sa phrase mais Djaq comprit parfaitement le sous-entendu. Contrainte, elle acquiesça de la tête.
Robin, se tournant vers le château : « Je dois absolument savoir comment ils comptent procéder. »
Much : « Peut-être que Marianne sait quelque chose ? »
Robin : « J’en doute… Elle ne connaît pas Nasir. Elle ne sait pas qu’il faut garder un œil sur lui. »
Allan : « Ben… On a qu’à la prévenir ? »
Robin : « Et comment ? »
En effet, de plus en plus de monde circulait maintenant sur la place du marché. Il aurait été difficile de s’approcher du château sans se faire remarquer.
Allan : « Pendant la représentation de ce matin !... Il devrait y avoir pas mal de monde sur la place, non ?… »
Robin, intéressé : « Continue ! »
Allan : «… Des jeux seront organisés après pour le peuple… »
Much, moqueur : « Et pour les soldats, je te rappelle… La place grouillera de gardes ! »
Allan, sur le même ton : « Oui mais ça voudra dire qu’il n’y en aura presque plus dans le château. »
Robin : « Mais cela ne nous laissera pas beaucoup de temps pour préparer un plan. »
Allan : « Le temps de la distribution des pièces d’or par le Prince Jean. »
Robin : « Mais cela nous ne dit pas comment entrer dans le château ! »
Djaq : « J’ai été engagée comme serveuse… Je pourrais donc vous faire entrer par les cuisines ? »
Allan : « Non. A cette heure-ci, tout le personnel a déjà été embauché pour les préparatifs… [Souriant] Ils ont déjà dû te trouver une remplaçante ! »
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« Euh… Moi, j’ai bien une petite idée. » |
Robin, se tournant vers lui : « Laquelle ? »
Will : « Il est entendu que Nasir va s’en prendre au Prince durant la représentation privée, exact ? »
Robin : « Exact. »
Will : « Bien. Donc… Nous devrons y être nous aussi ? »
Allan : « Evidemment. »
Will : « Il y aura les artistes… qui présenteront leur numéro bien sûr mais… ils ne le feront pas sans musique. »
Voyant où il voulait en venir, Robin se redressa.
Robin, réfléchissant : « Oui. »
Toute la bande comprit son plan à l’exception d’Allan.
Allan, surpris : « Sans musique ?... Quelle musique ? »
Petit Jean à Will : « Tu veux refaire le coup des musiciens ? »
Allan, regardant Petit Jean puis Will : « Le coup des musiciens ? »
Will : « ça avait marché la dernière fois ? »
Allan : « La dernière fois ? »
Much : « Justement ! Ils ne risquent pas de se méfier ? »
Allan, s’impatientant : « De se méfier ? Mais de quoi ? »
Robin : « Non justement… Ils ne s’attendront pas à ce que nous utilisions la même ruse. »
Allan, s’emportant : « Mais quelle ruse ?... Vous allez enfin me dire de quoi vous parlez ? »
Much : « Tu le saurais si tu n’avais pas préféré la compagnie de Gisborne à la nôtre ! »
Empêchant Allan de s’emporter, Djaq : « Au cours d’une ne nos missions, nous nous étions fait passer pour des musiciens. »
Allan, réfléchissant : « Ah oui ? Et c’était quand, ça ? »
Robin : « Le jour où nous nous sommes battus au dessus d’un chaudron de poix pour amuser le shérif. »
Se remémorant ce triste évènement, Allan baissa la tête.
Allan, pas très fier de lui : « Oh. »
Robin à Will : « Bonne idée… Comme ça, nous serons dans la salle et qu’importe la manière dont Nasir et Hassan comptent s’y prendre, nous serons là pour contrarier leur projet. »
Faisant le guet, Allan regarda sur la place pour voir si personne ne les avait remarqués.
Allan, regardant sur la place : « Donc il n’y a plus besoin de prévenir Marianne ? »
Robin : « Non… Pourquoi ? »
Allan : « Parce que je la vois en ce moment même. »
Robin se retourna et passa sa tête en dehors de l’impasse.
Allan : « Elle se dirige vers le marché… »
La place ordinairement utilisé pour le marché ayant été vidée de ses occupants habituels, les marchands s’étaient rassemblés sur une autre place, à côté, plus petite, autour d’un puit qui alimentait le quartier.
Allan : «… et Annie est avec elle. »
Robin sourit devant la précision de son ami qui manifestement avait envie de retrouver sa belle. Allan se tourna vers lui.
Allan : « Tu n’as vraiment rien à lui dire alors ? »
Robin, essayant de garder son sérieux : « Euh non…. C’est inutile. »
Allan, tournant la tête vers la place et déçu : « Ah ! »
Robin et le reste de la bande se regardèrent en souriant.
Robin : « Euh… Peut-être qu’il serait bon quand même qu’on la mette au courant de ce qui se trame… histoire de la protéger. »
Allan : « Oh bah… C’est comme tu veux… mais je crois que ce serait plus sage en effet. »
Robin : « Oui… Much ? Tu viens avec moi ? »
Contrarié, Allan regarda Much mais n’osa pas intervenir.
Much : « Bien sûr, maître. »
Le visage d’Allan se durcit.
Robin : « Allan ? »
Allan, plein d’espoir : « Oui. »
Robin, mettant sa capuche : « Tu peux vérifier si la voie est libre ? »
Allan, contrarié : « Euh… Oui. »
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Maugréant intérieurement, il se plaça dans l’angle d’une maison. |
Robin : « C’est bon ? »
Allan, de mauvaise humeur : « Oui… C’est bon. Vous pouvez y aller. »
Robin passa à côté de lui puis se retourna en souriant. Much s’arrêta à côté d’Allan.
Much, mettant sa main sur son épaule : « Allez va la retrouver ! »
Allan, ne comprenant pas : « Quoi ? »
Robin : « Allez viens !... On sait que tu meures d’envie de voir Annie. »
Allan, bougonnant : « Oh non !... Pas spécialement… »
Le reste de la bande manifesta bruyamment son désaccord.
Much, le coupant : « Je croyais que tu avais promis de toujours nous dire la vérité ? »
Allan, coincé : « Euh… Ben… Euh… »
Djaq, venant à son secours : « Tu vois pas qu’ils te charrient ! »
Much : « Mais oui !... Allez file la retrouver… Elle a bien du mérite cette femme pour s’être amourachée d’un affreux dans ton genre. »
Il lui tapota le dos pendant qu’Allan mettait sa capuche sur sa tête.
Robin, redevenant sérieux : « Jean, Much… Nous allons avoir besoin d’une petite diversion. »
Allan, voulant échapper à la moquerie de ses compagnons : « On va donc avoir besoin d’accessoires… Wayne va nous dépanner. »
Much : « D’accessoires ? »
Robin : « Djaq, tu restes ici avec Will… au cas où nous rencontrerions ton frère… »
Djaq acquiesça de la tête.
Robin : «… Euh Will ?... Je compte sur toi. »
Il fixa Djaq d’un regard chargé d’avertissement.
Will, s’interposant : « Tant fait pas… Tout se passera bien. »
Petit Jean et Much mirent leurs capuches et les quatre hommes se dirigèrent vers la place du marché provisoire.
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Quelques minutes plus tôt…
Lady Marianne et Annie sortirent de la cour du château.
Annie, excitée : « Ouah… Regardez cet avaleur de sabre, ces jongleurs et ces lutteurs… »
Marianne : « Tu n’avais jamais vu de saltimbanques auparavant, on dirait ? »
Annie, suivant Marianne : « Si. Si mais de loin… Quand je travaillais aux cuisines… à travers la fenêtre de l’arrière-cuisine. Mais je ne suis jamais allée à l’une de leurs représentations. »
Marianne, souriante : « Eh bien là, tu vas pouvoir assister à une représentation privée. »
Annie, ravie : « Formidable ! J’ai hâte d’y être. »
Marianne se retourna à plusieurs reprises et perdit son sourire.
Annie : « Un ennui ? »
Marianne, mécontente, se retournant : « Vous ne pouvez pas aller voir ailleurs ? »
Annie se retourna et fixa méchamment les soldats qui les suivaient.
Le soldat : « Je regrette Milady mais ce sont les ordres de son Altesse en personne. Nous devons vous accompagner afin de vous protéger. »
Lady Marianne : « Mais nous n’avons rien à craindre ici… Quel danger croyez-vous qu’il y ait à faire le marché ? »
Le soldat : « Nous ne devons pas vous quitter d’une semelle… Ce sont les ordres ! »
Marianne, se remettant en route : « Grrr ! Les hommes ! »
Les deux femmes continuèrent leur route en silence jusqu’au marché où elles se mêlèrent ensuite à la foule. Elles s’arrêtèrent à un étal où des vêtements de toute sorte étaient exposés. Quand soudain, Marianne fut importunée par un homme dissimulé sous une capuche.
| L’homme : « Une petite breloque pour la jolie demoiselle ? » | ![]() |
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Marianne le reconnut aussitôt et sourit à son bien-aimé. |
| Robin se glissa derrière elle en se cachant du garde qui suivait la jeune femme et… |
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… fit un signe à Much et Petit Jean. |
Robin à Allan : « On se retrouve dans la ruelle dans dix minutes ! »
Allan : « Entendu. »
| Much, prenant un légume sur un étalage : « C’est frais ça pour vous ? » |
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Le marchand, surpris : « Ben ouais ! »
Much : « Vous ne croyez tout de même pas qu’on va manger cette cochonnerie ? »
Il bouscula le pauvre marchand qui riposta. Petit Jean s’en mêla et une bagarre éclata. Les deux gardes qui surveillaient Marianne et Annie tentèrent de s’interposer. Robin en profita pour emmener Marianne dans une ruelle adjacente.
| Marianne, moqueuse : « Tu devrais te renouveler ! » | ![]() |
Robin : « Ah oui ? Pourquoi me dis-tu ça ? »
Marianne : « Tu as déjà utilisé cette ruse auparavant… A l’occasion de la venue du Comte Friedrich Berthold Otto Von Wittelsberg… Tu te souviens de lui ? »
Robin, avec le sourire : « Hum… Vaguement ! »
Marianne : « Les soldats du shérif sont peut-être incompétents mais pas complètement idiots. Ils finiront bien par comprendre tes ruses, Robin. »
Pendant ce temps, Allan avait emmené Annie derrière les étals à l’abri des regards. Folle de joie de retrouver l’homme qu’elle aimait, elle lui enleva sa capuche et l’embrassa fougueusement.
Allan, mettant fin au baiser : « Annie… J’avais tellement envie te voir… Mais je n’ai pas beaucoup de temps. »
Annie : « Moi je voulais te voir car… »
Elle perdit son sourire et baissa la tête.
Allan, inquiet : « Tu as des ennuis ? »
Annie : « Oui… Enfin… Pas moi… C’est mon père. »
Allan : « Ton père ? »
Annie, avec inquiétude : « Il est tombé gravement malade. Ma mère me demande de rentrer pour l’aider à le soigner. Mais j’ai peur que… »
Allan, réconfortant : « Hé ! »
Il serra Annie dans ses bras
Allan : « T’en fais pas. Je suis sûr que ça va aller ! »
Annie : « Je n’ai pas envie de te quitter, mais d’un autre côté, je veux être présent auprès de mon père au cas où… »
Allan : « Je comprends… [La tenant face à lui] Retourne auprès de ta famille… Je sais ce que c’est… Ma famille avait besoin de moi et… je suis arrivé trop tard. »
Annie : « Tu veux parler de Tom ? »
Allan, mal à l’aise : « Oui… Quand dois-tu partir ? »
Annie : « Le plus vite possible. »
Allan : « Alors ne tarde pas trop ! »
Il l’embrassa fougueusement.
Allan : « Je t’attendrai… Je penserai à toi tous les jours ! »
Annie : « Moi aussi, mon amour. »
Elle l’embrassa passionnément.
Allan, se faisant violence : « Je dois retourner auprès des autres. »
Annie : « Euh oui, c’est vrai… Vas-y ! »
Elle laissa son bien-aimé s’en aller. Mais à peine avait-il fait quelques pas qu’il revint vers elle et l’embrassa.
Allan : « Ne pars pas sans m’avoir dit au revoir ! »
Annie, souriante : « Entendu. »
Puis le jeune homme disparut dans la foule du marché.
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A quelques pas de là, à l’écart du marché, une scène similaire se reproduisait entre Robin et Marianne.
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« Qu’est-ce que tu dis ? » |
Marianne : « J’ai dit que j’avais surpris deux sarrasins en pleine conversation avec le shérif et Gisborne, et qu’ils projetaient de tuer le Prince Jean. »
Robin : « Non. Non. Après ça ! »
Marianne, ne comprenant pas : « Après quoi ? »
Robin : « Après que Nasir et Hassan soient partis ! »
Marianne : « Nasir ? Hassan ?... Tu les connais ? »
Robin : « Oui. Ce sont les deux sarrasins qui font partie des saltimbanques. »
Marianne : « Le shérif veut que Gisborne les élimine. »
Robin : « Alors on a un problème ! »
Marianne : « Bien sûr puisqu’ils veulent tuer le Prince ! »
Robin : « Non pas ça… Enfin je veux dire… Je sais ça. Je suis déjà au courant. »
Marianne : « Mais comment l’as-tu appris ? »
Robin : « Par Djaq ! »
Marianne, confuse : « Djaq ? »
Robin : « Oui… Hassan est son frère ! »
Marianne, interloquée : « Comment ? »
Robin : « Le grand balaise est le petit frère de Djaq qu’elle croyait mort… Lui aussi la croyait morte d’ailleurs… Ils projettent de tuer le Prince Jean pour obliger le Roi Richard à quitter la Terre Sainte… Ainsi ils pensent mettre un terme à la guerre. »
Marianne : « Mais c’est pure folie… On risque d’avoir une guerre civile dans le royaume. »
Robin : « Si tu crois que cet argument les arrêtera… et attends, tu ne sais pas tout… Hassan pense que le shérif veut, lui aussi, la paix... »
Marianne : « Le shérif ?… Un pacifiste ? »
Robin : « Après ce que tu viens de me dire, je commence à comprendre. Le shérif a engagé les sarrasins pour qu’ils tentent de tuer le Prince… Mais le shérif s’interpose et le sauve. Ils capturent les sarrasins et les exécutent. Il retrouve alors grâce aux yeux du Prince et reprend sa place auprès des chevaliers noirs. Par ailleurs, cet attentat contre un prince d’Angleterre va renforcer le sentiment anti-sarrasin, et les fervents défenseurs du Roi Richard voudront venger cette offense et poursuivre la guerre. »
Marianne : « Alors au lieu d’achever cette guerre… »
Robin, finissant sa phrase : «… Ils risquent de la faire durer ! »
Marianne : « Il faut les convaincre d’abandonner ce projet. »
Robin : « Hassan ne sera pas facile à convaincre… Il hait les chrétiens qui tuent les siens à tour de bras dans son pays… Par ailleurs, il est accompagné de Nasir. »
Marianne, réfléchissant : « Nasir… Je connais ce nom. »
Robin : « C’est l’homme qui a tenté de tuer notre roi en Terre Sainte. »
Marianne : « Tu ne l’avais pas tué ? »
Robin : « Je le croyais mais il a été sauvé par des villageois. »
Marianne : « Décidemment, les morts reviennent en force en ce moment. »
Robin : « Oui… Mais pour l’heure, il faut empêcher que le Prince Jean ne fasse partie de la liste, tout en faisant passer le shérif pour un imbécile incompétent. »
Marianne : « Et comment comptes-tu faire cela ? »
Robin, réfléchissant : « Je ne sais pas encore… Je dois y réfléchir. »
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Il lui fit un grand sourire puis il l’embrassa. |
Robin : « Je dois retourner auprès de mes hommes. »
Il commença à s’éloigner.
Marianne : « Et pour la distribution des pièces d’or par le Prince ? Interviendras-tu ? »
Robin, écartant les bras : « Non… J’ai un autre plan ! »
Il disparut dans la foule.
Marianne : « Mais quel plan ? »
Elle souffla, mécontente.
Marianne : « Je déteste quand il fait ça ! »
Elle retourna sur la place du marché et retrouva Annie près de l’étal où Robin l’avait abordé. Pendant ce temps, Robin arriva dans la ruelle où le reste de la bande l’attendait.
Robin : « Allan est là ? »
Allan : « Je suis là ! »
Caché par Petit Jean, il s’écarta de lui.
Robin : « Bien… J’ai du nouveau…. Allons chez Wayne… Nous serons mieux pour discuter. »
Les hors-la-loi remirent leurs capuches et se dirigèrent vers la maison de leur ami commerçant.
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CHAPITRE VI
« JE N’IRAI PAS, MÊME POUR CENT PIECES D’OR ! »
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ans la grange de Wayne, Robin avait informé ses compagnons des derniers rebondissements… |
Allan, revenant de la maison de Wayne : « ça y est !... J’ai redonné les marchandises à Wayne. »
Robin : « Merci Allan. »
Djaq, folle d’inquiétude : « Ils veulent tuer mon petit Hassan ? »
Allan : « Petit. Petit… Moi je trouve qu’il n’est pas si petit que ça ! »
Will lui donna un coup de coude dans l’estomac, lui indiquant que l’heure n’était pas à la plaisanterie.
Djaq : « Je dois absolument le prévenir ! »
Much : « Mais il nous dénoncera à Gisborne. »
Djaq : « J’en prends le risque ! »
| « Et qui nous dit qu’il te croira ? Tu as bien vu comment il a réagi la dernière fois ? » | ![]() |
Djaq : « Mais c’est mon frère ! »
Robin : « Allan a raison… Il sera difficile de le… »
Djaq, le coupant : « Je dois essayer ! »
Allan : « Tu te feras prendre ! »
Djaq : « Je pensais qu’au moins, toi, tu serais de mon côté… Tu sais ce que ça fait d’avoir un frère en danger ! »
Se souvenant comment cela s’était terminé pour Tom, Djaq se reprocha aussitôt ces dernières paroles.
Allan, sur un ton dur : « Justement… Mon frère n’a pas voulu m’écouter et tu as vu le résultat ?... Alors imagine dans quel guêpier ton Hassan risque de t’entraîner… de tous nous entraîner !... [Se radoucissant] Ce n’est plus l’homme que tu as connu, Djaq ! »
Djaq encaissa le coup sans répliquer car elle savait au fond d’elle-même que l’homme, qu’elle avait eu en face d’elle sur la place de Nottingham, n’était effectivement plus le petit Hassan qu’elle avait élevé.
Will : « Mais on doit penser au Prince Jean… On ne peut pas laisser le shérif se servir du frère de Djaq pour se rapprocher du Prince… Moi, je dis qu’on doit essayer de le convaincre… Peut-être que toi, Robin, tu sauras lui expliquer… comme tu viens de le faire pour nous. »
Allan : « Mais Hassan n’a que faire de l’Angleterre. Il ne pense qu’à ses propres intérêts. »
Much : « Tu en sais quelque chose. »
Allan, agacé : « Oh ça va avec ça !... Tu vas me le reprocher encore longtemps ? »
Much : « Ben en fait… »
Petit Jean, s’interposant : « Bon ça suffit vous deux… Robin ?… Que décides-tu ? »
Toute la bande se tourna vers lui.
Robin : « Allan n’a pas tort. Hassan ne saura pas facile à convaincre mais… nous devons tenter le coup… J’accompagnerai Djaq et on essaiera de le convaincre. »
Djaq releva la tête, soulagée que Robin abonde dans son sens.
Much : « Et ensuite ? »
Robin : « Si Hassan est avec nous, cela fera un homme supplémentaire pour exécuter notre plan. »
Much : « Celui de Will ? »
Robin : « Oui. »
Will : « Et s’il n’est pas avec nous ? »
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Djaq le regarda avec angoisse. |
Robin : « On aura un ennemi de plus à combattre dans la grande salle… Il y a une représentation pour le peuple ce matin… Djaq et moi, nous nous faufilerons dans la roulotte d’Hassan avant le spectacle pour lui parler. »
Much : « Et nous ? »
Robin : « Vous, vous ferez le guet… Il ne faudrait pas que Nasir vienne nous déranger. »
Petit Jean : « Entendu. »
Much : « Est-ce qu’il faut qu’on mette nos costumes tout de suite ? »
Robin : « Non…. Il faut rester discret… Nous reviendrons au campement à midi… La fête du Prince ne commence qu’en début d’après-midi… Occupons-nous d’abord d’Hassan. »
Il se tourna vers Djaq qui le regarda avec reconnaissance.
Robin : « J’espère sincèrement qu’on arrivera à le convaincre. »
Djaq, inquiète : « Je l’espère aussi. »
Le chef des hors-la-loi ouvrit légèrement la porte puis, après avoir mis sa capuche, sortit à l’extérieur. Toute la bande le suivit jusqu’à la caravane d’Hassan et de Nasir. Il y avait foule maintenant sur la place.
Much : « Et maintenant, maître ? »
Robin : « Il faut voir s’il est à l’intérieur. Djaq, Much avec moi… Vous autres, dispersez-vous mais restez tout de même dans le coin. »
Tout le monde acquiesça et se dispersa. Djaq et Much sur ses talons, Robin se dirigea derrière la roulotte, là où il avait vu Hassan faire ses ablutions. Il passa la tête dans l’impasse mais ne vit personne.
Robin à Much et Djaq : « Restez ici et prévenez-moi si quelqu’un arrive. »
Much : « Entendu. »
Il se dirigea directement vers la seule fenêtre de la roulotte qui donnait sur l’impasse. Discrètement, Robin jeta un coup d’œil à l’intérieur. Il revint ensuite vers ses compagnons.
Djaq, pleine d’espoir : « Alors ? »
Robin, déçu : « Il n’est pas là. »
Ils se dirigèrent vers le centre de la place. Leurs compagnons les rejoignirent. C’est alors que le spectacle commença mais les hors-la-loi n’y prêtaient guerre attention.
Monsieur Loyal : « Mesdames et messieurs… J’ai le plaisir de vous présenter un des meilleurs lutteurs du pays… »
Will à Robin : « Alors ? Tu l’as vu ? »
Robin : « Non, sa roulotte est vide ! »
Allan : « Qu’est-ce qu’on fait ? »
Much : « On ne va tout de même pas le chercher partout ? »
Djaq regarda Robin avec espoir.
Robin : « Il pourrait être n’importe où ! »
Petit Jean, regardant vers le centre de la place : « Je ne crois pas. »
Il fit un signe de tête en direction du ring. Toute la bande se retourna.
Djaq : « Hassan ! »
Le petit frère de Djaq monta sur le ring.
Monsieur Loyal : «… C’est le plus grand lutteur de tout le Moyen-Orient, mesdames et messieurs… »
Torse nu, le visage haineux, Hassan leva les bras au ciel en hurlant de colère. La foule manifesta tout autant son admiration que sa crainte.
Monsieur Loyal, tout bas à Hassan : « N’en fais pas trop sinon personne ne voudra se battre contre toi… [Tout haut] Qui aura assez d’audace et de témérité pour venir l’affronter sur le ring… Cet après-midi… et ce… devant notre bien-aimé Prince Jean ?... Allons messieurs, montrez votre courage… Montrez à ces dames vos talents de combattant… et vous remporterez cent pièces d’or… remis par le Prince en personne. »
La foule : « Oh…. »
Petit Jean à Robin : « Tu entends ça ? »
Robin : « Oui mais je ne comprends pas pourquoi le Prince irait jusqu’à cent pièces d’or pour un combat. »
Allan : « C’est sûrement pas son argent ! »
Much : « Surtout avec ce Hassan qui veut le tuer. »
Un homme dans la foule : « Moi, j’accepte ! »
Un autre homme : « Moi aussi ! »
Monsieur Loyal : « Bien… Venez… Approchez messieurs… Applaudissez-les mesdames et messieurs... Applaudissez bien fort ces hommes courageux… »
Allan : « Mais ils sont fous… Ils n’ont aucune chance de gagner ! »
Robin : « La perspective de gagner cent pièces d’or peut rendre les gens bien téméraires et imprudents. »
Monsieur Loyal : « Vous acceptez de combattre notre champion venu d’Orient ? »
Les deux hommes : « Ouais ! »
Monsieur Loyal : « Mais avant ça, vous devrez prouver votre valeur en combattant mes lutteurs ! »
Un des hommes : « Quoi ? »
Deux hommes, torses nus et portant chaun un masque, sortirent d’une tente dressée à proximité. Les deux hommes paradent et s’exhibent à travers la foule.
Monsieur Loyal : « Eh oui, mesdames et messieurs… Si nos valeureux volontaires gagnent leur combat contre mes lutteurs, ils remporteront chacun dix pièces d’or, mesdames et messieurs… dix pièces d’or… De plus, ils pourront gagner cents pièces d’or supplémentaires… Vous avez bien entendu mesdames et messieurs, cent pièces d’or !... S’ils acceptent d’affronter le sarrasin lors de la représentation privée que donnera, cet après-midi, notre bien-aimé Prince Jean !... »
Allan, sifflant : « Ça fait une coquette somme. »
Will : « Tu veux tenter ta chance ? »
Allan : « Euh sans façon… C’est vrai que j’aime l’argent mais il y a des limites. »
Much : « Froussard ! »
Allan : « Moi je dirais plutôt prudent ! »
Djaq, regardant la scène : « Où est Hassan ? »
Les hors-la-loi inspectèrent du regard toute la place.
Much : « Il est là-bas ! »
Il pointa son doigt en direction du château. En effet, lorsque les lutteurs de la troupe étaient sortis de leur tente, Hassan était descendu du ring et s’était dirigé vers le château où Gisborne et Nasir l’attendaient.
Djaq : « Il faut que je lui parle. »
Djaq tenta de se frayer un chemin à travers la foule mais Robin la rattrapa.
Robin : « C’est trop tard, Djaq… Il est déjà dans la cour du château. On ne peut pas le rejoindre. »
A son grand désarroi, Djaq vit disparaître son petit frère dans la cour du château.
Allan : « Qu’est-ce qu’on fait ? »
Much : « On ne pourra pas lui parler avant la fête du Prince ! »
Déçue, Djaq baissa la tête.
Robin : « T’en fais pas, Djaq… On ressayera juste avant la représentation si on peut… D’accord ? »
La jeune femme hocha la tête en souriant légèrement. Les hors-la-loi se regroupèrent à l’écart de la foule venue assister au combat.
Monsieur Loyal : « Alors messieurs ?... Vous acceptez le défi ? »
Les deux hommes, sûrs d’eux : « Ouais ! »
Monsieur Loyal : « Ils acceptent, mesdames et messieurs !... Veuillez applaudir le courage de ces hommes qui vont affronter les meilleurs lutteurs du pays … Alors préparez-vous et que l’un de vous vienne me rejoindre ! »
Un des deux hommes, encouragés par son comparse, ôta sa tunique et monta sur le ring. Il rejoignit au centre un des lutteurs masqués et le Monsieur Loyal.
Monsieur Loyal : « Et maintenant, gente dame, réfugiez-vous dans les bras de vos maris car c’est l’heure… du combat ! »
La foule, applaudissant : « Ouais ! »
Monsieur Loyal : « Ces hommes vont se battre pour l’honneur et la gloire !... Que le spectacle commence… maintenant ! »
Les deux hommes se mirent en position et commencèrent à se tourner autour. Puis, sous les encouragements de la foule, ils se précipitèrent l’un sur l’autre…
Will : « Puisqu’Hassan ne combattra pas ce matin, on n’a plus rien à faire ici, non ? »
Contrarié, Robin, regardant le combat et réfléchissant : « Non… »
Mais le combat tourna court. Le lutteur prit le villageois par la taille, le souleva dans les airs et le jeta au sol. Le combat était terminé. Le lutteur leva les bras en ciel en hurlant sous les applaudissements du public. Le deuxième volontaire se mit alors torse nu et monta à son tour tandis qu’on descendait son malheureux compagnon.
Monsieur Loyal, accroché à la corde : « Prêt messieurs ?... Que le spectacle commence ! »
Sans autre préambule, les deux combattants se jetèrent l’un sur l’autre.
Much : « On devrait aller se préparer, non ? »
Robin : « On a tout le temps… Les musiciens ne vont arrivés qu’en début d’après-midi. »
La bande regarda le combat.
Will, en aparté à Robin : « Tu cherches toujours un moyen pour entrer en contact avec Hassan, n’est-ce pas ? »
Robin, sur le même ton : « Oui… pour Djaq… Je ne voudrais pas avoir à faire un choix douloureux le moment venu. »
Will comprit immédiatement que Robin ne voulait pas être obligé de tuer Hassan où cas où se dernier s’en prendrait au Prince Jean. Le regard du chef des hors-la-loi se figea quelques instants sur les deux combattants puis sur Petit Jean.
Robin, regardant en direction de la tente d’où était sorti les deux lutteurs professionnels : « Jean… Viens avec moi… Vous autres, restez ici ! »
Much : « Mais maître, où est-ce que vous… allez ? »
Les deux hors-la-loi se dirigèrent le plus discrètement possible vers la tente, car de nombreux soldats se trouvaient maintenant sur la place. Mais ces derniers étaient beaucoup trop intéressés par le combat pour remarquer deux hommes se faufilant sous la tente.
Petit Jean : « Qu’est-ce qu’on fait là ? »
Robin, mettant un foulard sur son nez : « Tu crois que ça t’irait ça ? »
Petit Jean arqua un sourcil.
Pendant ce temps, le combat se finissait comme le précédent. Le malheureux villageois mordit la poussière. Alors qu’on le descendait du ring, Monsieur Loyal y monta.
Monsieur Loyal, tout bas au lutteur : « Moins vite… Fais durer un peu plus le combat sinon les paris ne rapporteront rien ! »
Le lutteur : « D’accord mais alors trouve-moi des adversaires à ma taille ! »
Monsieur Loyal : « Le prochain, tu le laisses gagner ! »
Le lutteur : « Quoi ? »
Monsieur Loyal, faisant bonne figure devant la foule : « Ne discute pas. Même si c’est un gringalet, tu le laisses gagner… C’est compris ! »
Le lutteur, à contrecœur : « Compris ! »
Monsieur Loyal à la foule : « A qui le tour, messieurs ?... Ne soyez pas timides !... N’oubliez qu’il y a dix pièces d’or à gagner et cents pièces d’or supplémentaire si vous remportez le combat contre le sarrasin… Alors messieurs ?… Montrez donc à ces dames votre courage… Non ?... Allons allons… Nottingham ne serait-il habité que par des enfants et des couards ?… Vous ? [Pointant du doigt un homme dans la foule]… »
L’homme secoua négativement la tête.
Monsieur Loyal : « Vous alors ?... Ou vous ? »
Tous les hommes refusèrent.
Monsieur Loyal : « Les hommes de ce comté ne seraient-ils que des enfants apeurés ?... Dans ce cas, je vais m’adresser à de vrais hommes… aux soldats du shérif !... Vous savez vous battre, non ? Que diriez-vous d’arrondir votre solde de dix pièces d’or, hum ?... Il suffit de battre mon lutteur et ils sont à vous ? »
Mais les soldats ne semblèrent pas plus emballés que les villageois par cette idée.
Monsieur Loyal, tentant : « Dans ce cas… Je pourrais monter à quinze pièces d’or ?... Qu’en dites-vous ? »
Allan : « Je n’irai pas, même pour cent pièces d’or ! »
Une voix dans la foule : « J’accepte ! »
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Le maître de cérémonie se retourna et avisa un homme, torse nu, portant un foulard sur le visage, sortir de la tente. |
Djaq, reconnaissant l’individu : « Mais c’est Petit Jean ? »
Much : « Quoi ? »
Allan : « Ouais… On dirait bien que c’est lui ! »
Will : « Mais qu’est-ce qu’il fait ? »
Monsieur Loyal : « Tu veux te mesurer à mon lutteur ? »
Petit Jean : « Oui. »
Monsieur Loyal à son deuxième lutteur : « Tu relèves le défi ? »
Le lutteur, levant les bras : « OUAIS ! »
Monsieur Loyal à la foule : « Eh bien mesdames et messieurs… Veuillez accueillir l’homme mystère ! »
La foule l’acclama.
Robin, capuche sur la tête, derrière Petit Jean : « On compte sur toi ! »
Petit Jean, sans grand enthousiasme : « Ouais. Ouais. »
Il continua son chemin vers le ring tandis que Robin retourna près de ses compagnons.
Much : « Pourquoi est-ce que Jean va se battre ? »
Robin : « Il est toujours bon d’avoir deux cordes à son arc. »
Much : « Hein ? »
Robin : « Je t’expliquerai après le combat. »
Djaq, inquiète : « Pourvu que Jean gagne. »
Allan : « Si j’avais su que Jean participerai, j’aurais parié sur lui. »
Le reste de la bande secouèrent la tête.
Djaq, sur un ton de reproche : « Allan ! »
Allan, avec un large sourire : « Ben quoi ? »
Ils reportèrent leur attention sur le combat qui avait débuté. Mais Petit Jean n’avait rien à voir avec les deux adversaires précédents. Il donna du fil à retordre au lutteur, et ce dernier, piqué dans son orgueil, ne voulait pas perdre la face devant un adversaire de cette taille. Il envoya valser Petit Jean. Monsieur Loyal vint se placer derrière son lutteur.
Monsieur Loyal à voix basse : « Bon sang... Mais qu’est-ce que tu fais ?... Tu dois le laisser gagner ! »
Le lutteur, agacé : « Ouais… Je sais ! »
Il laissa le temps à Petit Jean de se relever et de reprendre ses esprits. Sa fierté en ayant pris un coup, Petit Jean lui fonça dessus tel un taureau blessé. La foule l’applaudit à tout rompre.
Allan, se prenant au jeu : « Allez !... vas-y mon grand ! »
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Pendant ce temps…

Si comme Allan, la foule appréciait le combat, il en allait différemment pour le Prince Jean. Ce dernier, accompagné de Marianne, entra dans le bureau du shérif.
Le Prince Jean, s’arrêtant à la fenêtre : « Shérif ?... Quelle est donc la cause de ce raffut ?... C’est insupportable ! »
Le shérif, le rejoignant à la fenêtre : « Euh… Il s’agit de la représentation pour le peuple, Votre Altesse… Il y a d’abord un tournoi de lutte puis diverses activités pour amuser le bas peuple. »
Gisborne, saluant Marianne : « Lady Marianne. »
Marianne : « Messire Guy ! »
Le Prince Jean, un peu vexé : « Un tournoi de lutte, vous dites ? »
Le shérif : « Oui, Sire… mais rien de comparable au combat qui aura lieu devant vous, Sire. »
Le Prince Jean : « Vraiment ? »
Le shérif : « Je vous le certifie… Un des meilleurs lutteurs du Moyen-Orient vous fera une formidable démonstration de ses talents… Je suis certain que Votre Altesse sera ravie du spectacle. »
La foule applaudit à tout rompre.
Le shérif, regardant par la fenêtre : « Ce n’est qu’un amuse-bouche en comparaison de la représentation de cet après-midi… Par ailleurs, nous devons bien trouver des adversaires à notre lutteur oriental. »
Le Prince Jean : « Vous voulez dire que des villageois vont se mesurer à cet homme… un professionnel du combat. »
Le shérif : « Oui, Sire. Les vainqueurs de ce matin auront le privilège de se battre devant vous… et pour vous, Votre Altesse. »
Le Prince Jean, avec le sourire : « Oh shérif, j’adore cette idée… Il est vrai qu’il est bon que le peuple puisse montrer sa loyauté envers moi… N’est-ce pas, Lady Marianne ? »
Marianne : « Pardonnez-moi, Votre Altesse mais je dois dire que je goutte assez peu à la lutte et au combat. »
Le Prince Jean, souriant : « Evidemment… Charmante créature. »
Le shérif, souriant et faussement : « Oui... Charmante, en effet. »
Le Prince Jean : « Mais comment avez-vous convaincu ces villageois de se battre ? »
Le shérif : « Oh mais le peuple de Nottingham est prêt à se sacrifier pour divertir son prince, Sire… Comme le faisait jadis les romains envers leur bien-aimé empereur. »
Marianne, en aparté : « Oui jusqu’à ce que le bien-aimé se fasse assassiner par ses proches ! »
Le shérif, mécontent, la fixa d’un regard noir. Mais comme le Prince Jean n’avait pas entendu la remarque de la jeune femme, il ne la réprimanda pas.
Le Prince Jean, ravi : « Oh shérif, vous savez trouver les mots !... [Plus sérieusement] Vous leur avez promis combien ? »
Le shérif : « Cent pièces d’or, Sire. »
Le Prince, sarcastique : « Eh bien dites-moi ?… La distribution d’une pièce d’or au peuple, cent pièces d’or au vainqueur du tournoi… Cela va vous revenir fort cher, shérif ? »
Marianne arqua un sourcil en apprenant que c’était le shérif qui devait mettre la main à la poche, et non le Prince Jean.
Le shérif : « Mais rien n’est trop cher pour satisfaire mon Prince, Sire. »
Le Prince Jean : « A ce propos, tout est prêt pour la distribution ? »
Le shérif : « Oui, Votre Altesse… Mes gardes apporteront l’argent dans la cour dès que Son Altesse en donnera l’ordre. »
Le Prince Jean, souriant : « Excellent !... Je suis impatient ! »
Sur la place, la foule applaudit une nouvelle fois.
| « Oh ce bruit m’insupporte !... Venez ma chère… Allons dans mes appartements, nous y serons mieux pour… discuter. » | ![]() |
Marianne, se courbant : « Je vous suis, Sire. »
Le Prince Jean présenta son bras à Marianne qui s’y accrocha puis sortit des appartements du shérif.
Gisborne, s’approchant du shérif et regardant le Prince sortir : « Je suis étonné de vous voir aussi serein malgré la somme astronomique que le Prince Jean va distribuer. »
Le shérif, sur le même ton : « Ce n’est qu’un investissement, Gisborne. Rien de plus… Lorsque ce benêt sera reparti, je créerai une nouvelle taxe afin de reprendre à ses gueux ce qu’il leur a donné… [Puis en souriant] Taxe qui sera bien sûr collectée en son nom. »
Les deux hommes rirent légèrement avant de se séparer.
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Le bruit de la foule qui avait incommodé le Prince Jean était dû à la joie du peuple qui fêtait la victoire de l’un des leurs. En effet, sur la place du marché, Petit Jean venait de remporter le combat. Celui-ci, toujours masqué, leva les bras en signe de victoire.
Allan, regrettant de ne pas avoir parié : « Oh ! Si j’avais su ! »
Robin : « Venez… Allons le retrouver sous la tente. »
Monsieur Loyal, montant sur le ring : « Une ovation pour notre nouveau champion, mesdames et messieurs. »
La foule acclama de nouveau Petit Jean.
Monsieur Loyal : « Pouvons-nous voir le visage de notre héros ? »
Il s’apprêta à descendre le foulard de Petit Jean mais celui-ci lui attrapa brutalement la main.
Petit Jean, durement : « Bas les pattes ! »
Monsieur Loyal, un peu gêné : « Je vois… Eh bien… Notre champion préfère garder l’anonymat… Parfait !... En tout cas, il a d’ores et déjà gagné dix pièces d’or et… il aura la possibilité de gagner dix fois cette somme, mesdames et messieurs… Oui, vous avez bien entendu dix fois dix pièces d’or en combattant cet après-midi devant notre bien-aimé Prince Jean… Est-ce que vous voulez vous aussi gagner facilement dix pièces d’or ?... Il suffit de remporter un seul combat… un seul et malheureux combat et ces dix pièces d’or sont à vous !... Qui veut tenter sa chance ? »
Parmi la foule, un jeune homme, se démarquant : « Moi !... Je veux bien essayer ! »
Monsieur Loyal : « Parfait !… Venez me rejoindre jeune homme ! »
Pendant que le jeune homme, encouragé par ses amis, ôta sa chemise, Monsieur Loyal s’adressa à Petit Jean en aparté.
Monsieur Loyal : « Descendez du ring pour que le spectacle puisse continuer ! »
Petit Jean : « Et mon argent ? »
Monsieur Loyal : « Allez m’attendre sous la tente… Je lance le prochain combat et je vous rejoins ! »
Petit Jean descendit du ring au moment où le jeune homme y monta en même temps que son futur adversaire.
Monsieur Loyal, avisant l’adversaire de Petit Jean sur le sol : « Descendez-moi ça ! »
Petit Jean prit son adversaire avec lui et le confia à ses compagnons afin qu’ils le prennent en charge. Il se tourna ensuite vers le Monsieur Loyal qui lui fit signe de rentrer sous la tente. Puis sans s’occuper d’avantage de lui, le maître de cérémonie reporta son attention sur le jeune homme à ses côtés.
Monsieur Loyal : « Comment t’appelles-tu ? »
Le jeune homme, souriant : « Peter ! »
Monsieur Loyal, lui mettant une main sur l’épaule : « Peter !... En voilà un jeune homme courageux, mesdames et messieurs… Peter… Es-tu prêt à relever le défi ? »
Peter : « Oui, monsieur ! »
Petit Jean secoua la tête et rentra sous la tente.
Allan, lui mettant sa main sur l’épaule : « Tu as été époustouflant, Jean ! »
Much, ravi : « Ouais… ça a été un combat grandiose ! »
Robin, plus mesuré : « Bravo Jean… [Lui tendant ses affaires] Tiens… Tu peux te rhabiller. »
Petit Jean, enlevant son foulard : « Merci Robin. »
Puis il enfila sa chemise et son manteau. Soudain, ils entendirent la foule applaudir, indiquant que le prochain combat avait commencé. Le Monsieur Loyal entra alors sous la tente et fut surpris de trouver autant de monde.
Monsieur Loyal : « Mais… Qui êtes-vous ? »
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Petit Jean, plantant son bâton devant lui : « Ce sont mes amis !... Maintenant, je veux mon argent ! » |
Monsieur Loyal : « Euh oui voilà…Tenez dix pièces d’or. »
Il sortit de sa poche dix pièces d’or puis s’apprêta à se retirer. Petit Jean l’attrapa par le col et le ramena contre lui sans dire un mot.
Robin, dramatisant : « Doucement, Jean !... [En souriant au Monsieur Loyal] Vous aviez dit quinze… pièces d’or ! »
Monsieur Loyal, regardant Robin : « J’ai dit ça, moi ? »
Petit Jean resserra sa prise et émit un grognement.
Pas très rassuré, Monsieur Loyal, regardant Petit Jean : « Ah oui c’est vrai, j’avais oublié… Mais je m’en rappelle à présent. »
Il fouilla de nouveau dans sa poche et en retira cinq pièces de plus qu’il donna à Petit Jean.
Robin, avec ironie : « Merci infiniment. »
Petit Jean le relâcha brutalement.
Robin : « On s’en va ! »
Monsieur Loyal : « Euh mais vous devez combattre devant notre Prince. »
Petit Jean, brutal : « On sait ! »
Robin : « C’est à quelle heure ? »
Monsieur Loyal : « Euh je ne sais pas trop… Dès que le shérif le décidera… Durant l’après-midi… au cours du repas. »
Robin : « Ne vous inquiétez pas… Nous serons là ! »
Monsieur Loyal, surpris : « Nous ? »
Remettant leur capuche, les hors-la-loi quittèrent la tente un à un.
Sérieux, Much, passant devant le Monsieur Loyal : « Nous ! »
Monsieur Loyal : « Ah très bien ! »
Les hors-la-loi quittèrent alors Nottingham pour Sherwood.
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Djaq, retirant son manteau : « Tu pourrais nous expliquer pourquoi tu as demandé à Petit Jean de se battre ? »
Much, faisant de même : « Ouais c’est vrai… On avait déjà un plan, non ? »
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Robin : « Si Jean est parmi les lutteurs, il pourra plus facilement approcher Hassan. » |
Petit Jean : « Comme ça, je pourrai essayer de le convaincre de renoncer à son plan. »
Allan, sarcastique : « Ouais… C’est vrai que Jean est le plus doué d’entre nous dans l’art de la conversation. »
Robin : « Tu veux peut-être prendre sa place ? »
Allan : « Euh non… sans façon ! »
Robin : « Nous ne savons pas comment Nasir et Hassan vont opérer. On ne sait pas si c’est Nasir ou Hassan qui va tenter de tuer le Prince ni même quand… En faisant engager Petit Jean comme lutteur, il s’occupera d’Hassan le même venu… Djaq, Will et Allan vous le seconderez… Much et moi, on s’occupera de Nasir. »
Much : « Seulement nous deux ? »
Robin : « Oui, c’est largement suffisant ! »
Much, peu convaincu : « Si vous le dites ! »
| Robin : « Ecoutez… Voilà comment je vois les choses… » | ![]() |
Puis Robin exposa son plan au reste de la bande…
Will : « Il y a beaucoup d’incertitudes dans ton plan. »
Robin : « Oui je sais mais je n’en ai pas de meilleur… Will, tu sors les costumes ?... On avale un morceau en vitesse, on se change et on s’occupe des musiciens… Pas de questions ? »
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« Et pour mon frère ? » |
Robin : « Pendant que les autres s’occuperont des musiciens, toi et moi referons une ultime tentative auprès de ton frère… A cette heure-là, il devrait être dans sa roulotte… D’accord ? »
Djaq, rassurée : « D’accord ! »
Pendant que Will s’assurait que les costumes et les « instruments de musique » qu’il avait confectionnés pour une précédente mission étaient toujours en bon état, Much, Allan et Petit Jean préparèrent le repas. Robin prit Djaq à part.
Djaq, sur ses gardes : « Tu ne crois pas qu’on arrivera à convaincre Hassan, n’est-ce pas ?... C’est pour ça que tu as fait engager Petit Jean comme lutteur. »
Robin, baissant la tête : « En toute franchise, je dois te dire que j’ai de sérieux doutes… »
Djaq, déçue, baissa la tête en soupirant.
Robin : «… Mais on essaiera quand même !... Mais il vaut mieux être trop prudent que pas assez… Le Prince Jean reste notre priorité, Djaq, je suis désolé. Si Hassan tente quoi que se soit contre le Prince… »
Djaq, le coupant : « Ne le tue pas, Robin… Je t’en supplie. »
Robin, mettant sa main sur son épaule : « J’essaierai, Djaq. C’est tout ce que je peux te promettre. »
Il lui caressa affectueusement l’épaule afin de la réconforter. Djaq lui adressa un sourire timide qui ne convainquit pas le chef des hors-la-loi.
Robin, rejoignant les autres : « Je suis vraiment navré, Djaq. »
Djaq, pour elle-même : « Il faudra alors que je me monte très persuasive ! »
Robin retrouva le reste de la troupe autour du foyer où, déjà, Much faisait la distribution. Le repas fut très léger et tout le monde mangea en silence. Une fois terminé, les hors-la-loi posèrent tour à tour leurs écuelles sur la table.
Allan à Robin : « Moi, j’ai une question. Comment comptes-tu utiliser ton arc alors qu’on est censé être des musiciens ? »
Toute la bande sourit.
Will, avec malice : « Comme ça… »
Il prit l’un des instruments de musique.
| « Voilà une harpe… » | ![]() |
![]() |
Il donna un petit coup sec sur l’instrument… |
| … qui se transforma en un arc courbé. | ![]() |
Allan, stupéfait : « Un arc ? »
Much, avec fierté : « Ouais et c’est pas fini ! »
| Will prit un autre instrument et le donna à Allan. | ![]() |
Allan, le retournant dans tous les sens : « Une flûte ? »
Will : « Pas exactement. »
| Il tira sur le bout et une épée sortit de l’instrument. |
Allan : « Fabuleux ! »
![]() |
Much, avec fierté : « Et moi, j’ai ça ! » |
Allan : « Une cithare ? Mais tu sais pas en jouer ! »
Much, avec le sourire : « Non mais je sais me servir de ça ! »
| Much retourna l’instrument constitué d’un bouclier et d’une épée dans son manche. | ![]() |
Allan, avec admiration : « Très ingénieux ! »
Much, souriant : « Hé ! »
Allan, prenant le dernier objet : « Et ça, ça fait quoi ? »
| Will : « Euh ça… Ce sont juste des grelots. » | ![]() |
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Petit Jean, les lui prenant des mains et boudeur : « Ce sont mes grelots ! » |
Allan : « Ah ! Je vois ! »
Petit Jean, mécontentent : « Quoi ? Qu’est-ce que tu vois ? »
Allan : « Euh rien… [Se frottant les mains]… Et moi, je vais avoir quoi ? »
Will, gêné : « Euh ben en fait… Je n’avais fabriqué que ça comme instrument… A l’époque, tu n’étais pas… »
Allan, baissant la tête : « Ouais, je comprends… [Puis relevant la tête avec le sourire] Puisque Jean va faire partie des lutteurs, je pourrais avoir les grelots ? »
Petit Jean, avec une pointe de jalousie dans la voix : « Mes grelots ? »
Robin : « En fait, j’avais autre chose en tête pour toi… Quelque chose qui t’ira comme un gant, j’en suis certain. »
Allan, avec impatience : « Ah oui ? »
Pendant que le reste de ses compagnons finissaient de s’habiller, Robin alla au fond du campement et revint quelques secondes plus tard avec un sac de toile. Il le déposa devant son compagnon avec le sourire. Allan l’ouvrit et se pencha. Il perdit instantanément le sourire.
Allan, releva la tête : « Tu plaisantes ? »
Robin : « Non. Pourquoi ? Tu es le plus qualifié d’entre nous pour porter ce genre de choses, non ? »
Puis il éclata de rire.
Allan, prenant son sac : « Et tu trouves ça drôle !... Si tu t’y mets aussi maintenant… »
Il se dirigea vers le coin « repos » du campement afin de se changer. Robin en profita pour faire de même.
![]() |
Visage fermé, Allan revint quelques minutes plus tard, habillé en soldat de la garde. |
Allan, sérieusement : « Le premier qui fait une remarque ! »
Robin, sourire aux lèvres et lui tapotant l’épaule : « Tu es parfait ! »
Allan : « Mais d’abord où est-ce que tu as trouvé cet uniforme ? »
Robin : « Un garde m’a surpris après que j’ai laissé Petit Jean sous la tente des lutteurs. Nous avons eu une petite discussion et il en a perdu son uniforme, le bougre. Je l’ai ensuite ramené en le cachant sous mon manteau. »
| Allan, pas très enthousiaste : « Bon alors ?... C’est quoi ton plan maintenant ? » | ![]() |
Robin : « C’est toujours le même. Nous allons intercepter les musiciens avant qu’ils n’atteignent le château… Ils devront passer obligatoirement par la route principale devant chez Wayne. »
Will : « Tu veux leur tendre une embuscade si près du château ? »
Robin : « Oui… On les ligote et on les cache dans la grange de notre ami Wayne… On les libérera plus tard. »
Much : « Oui mais, si près du château, c’est pas un peu risqué, non ? »
Robin, mettant sa main sur l’épaule d’Allan : « Non ! Pas avec un homme du shérif avec nous ! »
Allan n’apprécia pas beaucoup cette remarque.
Robin, optimiste : « Ne vous en faites pas… Tout ira bien ! »
Much : « Ouais bien sûr… jusqu’à ce que ça tourne mal ! »
Robin : « Much !... Bon tout le monde est prêt ?... Alors allons-y ! »
Les hors-la-loi quittèrent le campement et filèrent vers Nottingham.
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CHAPITRE VII
« DESOLE MON GRAND, MAIS ELLE N'IRA NULLE PART ! »
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uelques instants plus tard… |

Caché sous sa capuche, Much discutait tranquillement avec Wayne, devant sa boutique, en surveillant les passants dans la rue.
Much : « Les voilà ! »
Il fit signe à Allan et Petit Jean. Un groupe de quatre hommes, soigneusement habillés et munis d’instruments de musique, passa devant Much et Wayne. Soudain, un chariot conduit par Petit Jean leur barra la route et perdit son chargement. Un soldat arriva sur le champ.
Le soldat, mécontent : « Tu ne peux pas faire attention, non ? »
Petit Jean, ramassant les objets tombés au sol : « Je suis désolé, messire. »
Le soldat : « Dépêche-toi de me ramasser tout ça ! Et que ça saute ! »
Petit Jean lui jeta un regard noir mais s’exécuta tout de même.
Le soldat, se tournant vers le groupe des quatre hommes : « Vous êtes les musiciens qui doivent se produire pour la fête du Prince Jean ? »
Un des hommes : « Oui, messire. »
Le soldat : « Venez… Je vais vous escorter jusqu’au château. »
Le musicien, montrant la rue bloquée : « Mais on nous a dit que c’était le chemin… »
Le soldat : « On va prendre un raccourci ! Venez...»
Le musicien : « D’accord. On vous suit. »
Le soldat, qui n’était autre qu’Allan, passa devant Much qui se tenait toujours dans l’angle du magasin de Wayne et lui fit un signe discret.
Much à Wayne : « Merci Wayne… Tu peux reprendre ton chariot à présent. »
Wayne : « Content d’avoir pu vous aider. »
Le groupe de musiciens suivit le soldat dans la rue déserte, longeant le côté Est de la maison de Wayne. Much et Petit Jean les suivirent.
| Soudain, Allan se retourna en souriant. | ![]() |
Allan : « Je suis vraiment navré, messieurs… mais le spectacle est annulé ! »
Un des musiciens, ne comprenant pas : « Hein… Quoi ? »
Sortant de la grange de Wayne, Will et le reste de la bande se précipitèrent sur les quatre hommes et les emmenèrent de force à l’intérieur où ils les ligotèrent soigneusement.
Allan, bâillonnant un des musiciens : « Allez… Soyez sages ! »
Faisant de même, Will : « Ne vous en faites pas… On vous délivrera dans quelques heures et on vous dédommagera pour le dérangement. »
Allan et Will rejoignirent leurs compagnons près de la porte.
Much : « Et maintenant ? »
Petit Jean : « On attend Robin ! »
Les hors-la-loi se mirent à guetter l’arrivée de leur chef. Chacun appréhendait un peu la rencontre entre Robin et Hassan, et Will un peu plus que les autres. En effet, il s’inquiétait énormément pour Djaq au cas où Robin n’arriverait pas à convaincre le petit frère de la jeune femme d’abandonner son projet. Cela risquait d’être extrêmement dur pour sa bien-aimée si Robin était contraint de lui ôter la vie.
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Pendant ce temps, Robin et Djaq atteignirent la place du marché…
Le tournoi de lutte était maintenant terminé. Entre les troubadours, les jongleurs et autres acrobates qui avaient envahi la place du marché, des jeux tels que les quilles, les anneaux ou bien le jeu de massacre, entre autres, étaient proposées au peuple de Nottingham. Malgré la présence en nombre de soldats, Djaq et Robin n’eurent aucun à mal à se cacher parmi la foule. Ils arrivèrent à la roulotte d’Hassan et de Nasir. Robin regarda discrètement à l’intérieur de la caravane à travers la fenêtre.
Robin : « Il n’y a personne. »
Djaq : « Il doit être entrain de faire sa prière. »
Robin, longeant la caravane : « Alors dans ce cas, je sais où il est. »
Il passa derrière la roulotte et fit sortir sa tête dans l’impasse formée entre le mur de la maison et la roulotte. Il vit alors Hassan de dos, agenouillé sur son tapis de prière. Robin recula.
Robin à Djaq, tout bas : « Il est là… Tu sais ce que tu vas lui dire ? »
Djaq : « Pas vraiment. »
Il laissa sa place à la jeune femme qui attendit que son frère finisse sa prière. Quelques minutes plus tard, Hassan se releva et commença à rouler son tapis.
Djaq, s’avançant dans l’impasse : « Je vois que tu suis les préceptes du Coran à la lettre. »
Hassan, sursautant : « Safiyya ?... Comment t’es-tu échappée ? »
Djaq : « Robin m’a délivré mais écoute-moi… »
Hassan, furieux : « Robin ! »
Il laissa tomber son tapis et se précipita vers son épée.
Djaq, inquiète : « Qu’est-ce que tu fais ? »
| « Où est-il ? » | ![]() |
Djaq : « Il n’est pas très loin. Mais écoute-moi, je suis venue te parler. »
Hassan : « Tu n’as rien à dire. Tu vas retourner dans la caravane et m’y attendre jusqu’à ce qu’on retourne chez nous ! »
Djaq : « Pas question ! Je reste ici… J’ai encore des choses à faire. »
Hassan : « Tu vas obéir, femme ! »
Il se dirigea vers Djaq. Inquiet, Robin prit sa harpe, donna un petit coup sec et l’instrument de musique se transforma en un arc courbé.
Robin, visant Hassan : « Désolé mon grand, mais elle n’ira nulle part ! »
Djaq, s’interposant : « Robin ! »
Hassan : « Robin ? »
| Robin : « En chair et en os ! » | ![]() |
Hassan : « Alors c’est toi, Robin de Locksley… C’est toi qui as corrompu ma sœur… qui l’empêche de rentrer chez elle. »
Robin : « Djaq est parfaitement libre de ses mouvements. Mais si elle te dit qu’elle ne veut pas rentrer, tu n’as plus qu’à t’incliner. »
Hassan : « Chez nous, chrétiens, les femmes obéissent aux hommes. »
Robin : « Chez toi peut-être, mais pas ici. »
Hassan : « Rentre à l’intérieur, Safiyya… Je m’occupe de lui. »
Robin, menaçant de son arc : « A ta place, je ne ferais pas ça ! »
Djaq : « Robin, non !... Hassan, je suis venue te demander d’abandonner ton projet d’assassiner le Prince Jean. »
Hassan : « Tu es donc l’une des leurs maintenant ! »
Djaq, agacée : « Je suis du côté de la paix ! »
Hassan : « Moi aussi. »
Djaq : « Non tu te trompes, Hassan. Le shérif se sert de vous pour obtenir les faveurs du Prince. »
Hassan : « Le shérif veut la même chose que moi… La paix… Quand le Prince Jean sera mort, le Roi Richard sera forcé de quitter la Palestine. »
Djaq : « Le shérif ne veut pas qu’il y ait la paix… Tant qu’il y a la guerre en Palestine, le Prince Jean peut faire ce qu’il veut ici… Le shérif est à son service… Ils projettent de tuer le Roi Richard pour avoir le trône d’Angleterre. »
Robin : « Tu devrais l’écouter, Hassan. Elle te dit la vérité. »
Hassan : « Je n’ai que faire que les chrétiens s’entretuent pour le trône. Au contraire, s’ils s’entretuent, ils ne tueront plus les miens. »
Robin : « Mais tu ne seras plus là pour le voir… A la minute où vous vous approcherez du Prince, le shérif vous fera tuer. Ils accuseront ainsi les sarrasins d’avoir attenté à la vie d’un prince d’Angleterre… Comment croies-tu que notre Roi Richard va réagir en apprenant cela ? »
Robin sembla marquer un point. Il remarqua qu’Hassan hésitait.
Hassan, se ressaisissant : « Pourquoi croirais-je tes mensonges ? »
Djaq : « C’est la vérité, Hassan… Si tu te rends à la fête cet après-midi, tu mourras !... Je t’en prie… N’y vas pas… Renonce à ce plan insensé. »
Hassan : « Jamais !... Tu m’entends ?… Jamais !... Je tuerai ce Prince aujourd’hui… C’est la volonté d’Allah ! »
Robin comprit qu’il ne changerait pas d’avis. Contraint, il releva son arc, prêt à tirer.
Djaq, se plaçant devant Robin : « ROBIN, NON ! »
Hassan, provoquant : « Si tu veux sauver ton prince, tu vas devoir me tuer ! Mais vise bien chrétien car moi… je ne te raterai pas ! »
Terrorisée à l’idée que Robin ne tue son petit frère, Djaq, d’un geste rapide, fit tomber devant Hassan le baquet d’eau avec lequel il avait fait ses ablutions avant sa prière. Elle prit un peu de terre sur le sol et les jeta à la figure de son frère puis se précipita sur Robin.
Djaq : « Vite !... Partons !... Allons-nous-en ! »
Robin regarda Hassan, furieux, se frotter les yeux. Il hésita à le laisser en vie. Mais devant le regard suppliant de Djaq, il céda, expira profondément puis, contrarié, il suivit la jeune femme. Il ramassa les morceaux de sa harpe à l’arrière de la caravane, les camoufla sous son manteau puis les deux hors-la-loi se fondirent dans la foule. Furieux, les yeux plein de larmes et de poussière, Hassan se précipita sur la place et l’examina attentivement, mais ne retrouva pas les deux fuyards.
Robin, se dirigeant vers la maison de Wayne, fort mécontent : « Je n’aurais pas dû le laisser vivre ! »
Djaq : « Je ne pouvais pas te laisser tuer mon petit frère ! »
Ils poursuivirent leur route en silence, en évitant les soldats qui patrouillaient dans les rues où la foule, nombreuse, participait à toutes sortes de jeux. Les deux hors-la-loi atteignirent finalement la maison de leur ami Wayne et entrèrent dans la grange située sur le côté de la maison où ils retrouvèrent le reste de la bande.
Robin, toujours mécontent : « J’espère qu’on n’aura pas à le regretter plus tard ! »
Allan : « Apparemment, la rencontre avec le petit frère ne s’est pas très bien passée ? »
Robin, le visage fermé : « Non, pas vraiment !... Et vous ? »
Much : « Nous en revanche, tout s’est bien passé ! »
Il pointa du doigt les quatre hommes ficelés au fond de la pièce.
Robin, les regardant à peine : « Bien…. Bien… Will ? Tu peux me réparer ça, s’il te plaît ? »
Il lui donna les morceaux de sa « harpe ».
Will : « Sans problème. »
Il se mit immédiatement au travail.
Robin : « Parfait… Puisqu’on n’a pas réussi avec Hassan, ça veut dire qu’on aura bien deux cibles à surveiller. Donc Jean, Allan, Will et toi, Djaq vous vous occuperez d’Hassan… [Sérieusement] Jean… Tu as carte blanche. Il ne doit en aucun cas s’approcher du Prince Jean… »
Djaq baissa la tête sans répliquer.
Robin : «… Je me réserve Nasir avec Much… J’ai un petit compte à régler avec lui…. Vous avez des questions ? »
La bande resta silencieuse. Will avait terminé de « réparer » la harpe de Robin et la lui redonna.
Robin : « Parfait, alors allons-y ! »
Les hors-la-loi quittèrent alors la demeure de leur ami Wayne et se dirigèrent vers le château de Nottingham.
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Pendant ce temps…

Le shérif s’entretint avec Nasir et Gisborne dans la grande salle.
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« Où est donc votre petit ami ? » |
| « Il fait ses prières. » | ![]() |
Le shérif : « Excellent… Brave petit. »
Nasir : « Pourquoi m’avoir fait venir ici, seul, shérif ? »
Le shérif : « Parce que votre ami est disons… un peu… impulsif. »
Nasir : « Il est loyal ! »
Le shérif : « Je n’en doute pas mais, vu la manière dont il s’est invité à notre petite fête, je tenais à mettre les choses au point, Nasir. »
Nasir : « Je vous écoute. »
Le shérif : « C’est vous qui tuerez le Prince et non votre ami Hassan… Son numéro de lutte avec les villageois du coin n’aura pas lieu… En revanche, le vôtre devra conclure cette fête. »
Nasir : « La mort du Prince conclura cette fête, vous voulez dire ? »
Le shérif, regardant Gisborne en souriant : « Hein… Absolument… Gisborne vous a montré l’endroit où vous ferez votre numéro ? »
Nasir : « Oui… Je me tiendrai ici… en face de la table de Son Altesse. »
Le shérif : « Et je me tiendrai à ses côtés… Dès que je vous donnerai le signal, vous n’aurez qu’à agir. »
| Nasir, souriant : « Oui… Mais comment nous échapperons nous ? » | ![]() |
Le shérif regarda Gisborne.
Gisborne : « L’assassinat du prince devrait créer un mouvement de panique parmi les convives. Vous en profiterez pour vous échapper par cette issue… »
Gisborne ouvrit une petite porte sur le côté.
Gisborne : «… Elle conduit directement aux cuisines. Un chariot vous attendra à la sortie. Vous vous y cacherez. Un homme à ma solde vous conduira à la sortie de la ville. »
Nasir : « Très bien… Et en ce qui concerne le solde. »
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Le shérif, faisant mine de ne pas comprendre : « Hum ?... Oh !... Eh bien, il vous attendra dans le chariot, cela va de soi… » |
Le shérif, poursuivant : «… Vous pouvez me faire confiance. »
| Nasir, le saluant : « Mais naturellement… Je vous fais entièrement confiance, shérif ! » | ![]() |
Le shérif : « Entre alliés, cela est bien normal… Ah j’oubliais… Si vous pouvez faire en sorte que votre ami vous attende aux cuisines pendant la représentation. »