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Série : Robin Hood
Création : 29.06.2015 à 08h35
Auteur : byoann
Statut : Terminée
« Il s'agit de la suite de l'épisode "Chantage". Cet EV comporte 15 chapitres. J'écris seul merci. » byoann
Cette fanfic compte déjà 73 paragraphes
Nasir, méfiant : « Pourquoi cela ?... Que craignez-vous ? »
Le shérif : « Oh moi rien mais… étant donné que son numéro n’aura pas lieu, il devrait plutôt vous attendre au chariot, hum ?... Il couvrira ainsi votre fuite. »
Nasir : « J’ai une bien meilleur idée… Il sera avec moi. Il m’assistera pendant le numéro… Comme ça, si je rate mon coup, il pourra tenter sa chance. Ainsi notre plan aura plus de chances de réussir. Ne trouvez-vous pas, shérif ? »
Le shérif, sourire forcé : « Si… Si, bien sûr. »
Nasir, le saluant : « Bien… Maintenant que tout est clair entre nous, shérif. Permettez-moi de me retirer afin de me préparer pour ce grand moment que nous attendons tous ! »
Le shérif, sourire forcé : « Faites… Je vous en prie ! »
Nasir, les saluant : « Shérif… Guy de Gisborne ! »
Gisborne le salua de la tête et attendit que le sarrasin ait quitté la pièce pour s’adresser au shérif.
Gisborne, tout bas au shérif : « Mais pourquoi vouliez-vous écarter Hassan de la grande salle ? »
Le shérif : « Il y aura peu de gardes présents pendant la représentation alors quand Nasir aura… assassiné le Prince, il sera plus facile pour eux de l’éliminer s’il est tout seul. Par ailleurs, une dizaine de gardes bien armés aurait plus de chance de venir à bout du colosse dans la cour que deux ou trois pauvres soldats, ici, dans la grande salle… Vous saisissez ? »
Gisborne : « Parfaitement, Monseigneur… Dans ce cas, mettons plus de gardes dans la grande salle ? »
Le shérif : « Cela éveillerait les soupçons de Nasir… Par ailleurs, vous oubliez que notre Prince bien-aimé s’est porté volontaire pour attirer Robin des bois, ici. »
Gisborne, surpris : « Parce que vous pensez qu’il viendra ? »
Le shérif : « Bien sûr que non !... Il ne risquera pas la vie de ses chers compagnons pour si peu. »
Gisborne : « Alors qu’est-ce qu’on fait ? »
Le shérif : « Prévoyez du renfort au rez-de-chaussée et à l’étage… Ils devront éliminer Nasir et Hassan avant qu’ils ne quittent cette pièce. Vous avez bien compris ? »
Gisborne : « Oui, Monseigneur. »
Un serviteur, entrant dans la salle : « Les musiciens viennent d’arriver, Monseigneur ! »
Le shérif, avec un grand sourire : « Ah ! Parfait… On va pouvoir commencer… Que le spectacle commence ! »
Gisborne salua le shérif et quitta la pièce afin de prendre ses dispositions. Le shérif, lui, fila vers les appartements du Prince afin de lui annoncer que la fête pouvait commencer.
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Une heure plus tard…

Le Prince Jean, le shérif et Gisborne allaient procéder à la distribution des pièces d’or dans la cour du château.
Le Prince Jean, contrarié : « Mais où est donc Lady Marianne, shérif ?... Je ne peux décemment pas commencer sans elle, voyons ! »
Le shérif à Gisborne : « Trouvez-la ! »
Gisborne : « Tout de suite, Monseigneur. »
Le shérif au Prince Jean : « Elle ne devrait pas tarder… Vous savez comment sont les femmes, Sire ? »
Le Prince Jean : « Oh oui… Toujours à se pomponner… Exquise créature. »
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Au même moment, dans les appartements de Marianne…
Annie, présentant une robe à Marianne : « Hâtez-vous madame, le Prince doit certainement déjà nous attendre. »
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Soudain, un garde entra sans frapper. |
Marianne, mécontente : « Comment osez-vous pénétrer de la sorte dans mes appartements ?... Veuillez vous retirer sur le champ ! »
Le garde, soulevant le casque et à voix basse : « Hé, c’est moi… C’est Allan ! »
Marianne, surpris : « Allan ? Mais qu’est-ce que tu fiches ici ? »
Une voix masculine, derrière lui : « Il vient en éclaireur. »
Marianne, se penchant sur le côté : « Robin ? »
Toute la troupe entra dans les appartements de Marianne.
Marianne : « Mais... »
Elle referma rapidement la porte.
Marianne : « Mais qu’est-ce que vous faites habillés comme ça ? »
Robin, la prenant par la taille : « Quoi ? Je ne te plais pas, habillé en harpiste ? »
Allan, déçu, à Annie : « Moi, je n’ai eu droit qu’à un costume de soldat ! »
Annie, le prenant par les épaules : « J’ai toujours eu un petit faible pour les hommes en uniforme. »
Allan, la prenant par la taille : « Ah oui ? »
Ils s’embrassèrent.
Moqueuse, Marianne à Robin : « Tu ressembles davantage à un épouvantail à moineaux qu’à un harpiste ! »
Robin, vexé : « Ah oui ? »
Il l’embrassa pour la faire taire. Will et Djaq échangèrent un regard rempli de désir.
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Much, regardant les deux couples : « Bon ! Vous croyez que c’est bien le moment pour ça ? » |
Robin, lâchant Marianne : « Mais Much… C’est toujours le bon moment pour l’amour ! »
Marianne, surprise par ses propos, haussa les sourcils.
Marianne : « Ah oui ? »
Robin se tourna vers elle, en souriant.
Much : « Oui bon… Je vous rappelle qu’on a un prince à sauver. »
Robin, redevenant sérieux : « Oui, c’est vrai… »
Marianne : « Tu as changé d’avis ? Tu es venu pour la distribution finalement ? »
Robin : « Non… Nous sommes là pour empêcher Nasir de tuer le Prince Jean et éviter un rapprochement entre le prince et le shérif. »
Marianne : « Comment comptes-tu t’y prendre ?... Tu veux les neutraliser en jouant de la harpe ? »
Soudain, on frappa à la porte. Marianne ouvrit les yeux avec effroi lorsqu’elle reconnut la voix de son visiteur.
Marianne à la bande, à voix basse : « C’est Gisborne… Vite ! Cachez vous ! »
Will et Djaq se cachèrent sous le lit. Much choisit de se faufiler derrière le rideau du lit à baldaquin. Allan, Petit Jean et Robin passèrent derrière le paravent.
Avant de se joindre à eux, Marianne : « Annie, va ouvrir ! »
Gisborne, frappant de nouveau à la porte : « Marianne ?... Je sais que vous êtes là… Ouvrez, je vous prie. »
Annie attendit que Marianne se cache derrière le paravent avec Robin, Allan et Petit Jean avant d’ouvrir à Gisborne.
Annie, entrouvrant la porte : « Lady Marianne est entrain de se changer, Messire. »
| « Qui est avec vous ? » | ![]() |
Annie, feignant la surprise : « Je vous demande pardon ? »
Gisborne : « J’ai entendu des voix avant que vous m’ouvriez. »
Annie : « Ce n’était que Lady Marianne et moi, Messire. »
Gisborne : « Je n’en crois rien ! »
Il força la porte et bouscula Annie. Il scruta la chambre mais ne découvrit personne.
Annie : « Vous voyez bien ? Il n’y a personne d’autres que Lady Marianne et moi, ici ! »
Marianne, derrière le paravent : « Annie ?... Peux-tu m’apporter ma robe, je te prie ? »
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Gisborne s’avança vers le paravent. |
Annie, très inquiète : « Tout de suite, madame. »
Annie alla chercher la robe sur le lit et aperçut les pieds de Much, dépassant du rideau.
Gisborne, s’adressant à Marianne : « Marianne ? »
Marianne, feignant la surprise : « Guy ?... Mais que faites-vous ici ? »
Gisborne : « Je désirerais vous voir ! »
Annie passa derrière le paravent avec la robe de Marianne dans les bras. Elle vit alors Marianne ôter précipitamment sa robe tandis que Petit Jean et Allan détournèrent les yeux. Robin, concentré, se prépara à sauter sur Gisborne si celui-ci avait l’audace de passer derrière le paravent. Marianne cacha sa poitrine avec ses bras et passa la tête sur le côté du paravent. En apercevant la jeune femme à demi-nue, Gisborne se troubla et en oublia les voix qu’il avait cru entendre quelques minutes plus tôt.
Marianne : « Je suis navrée, Guy, mais je ne puis vous recevoir maintenant car je dois me préparer pour la fête du Prince Jean. »
Gisborne, troublé : « Euh oui… C’est d’ailleurs… C’est d’ailleurs la raison de ma présence en ces lieux. Le Prince vous attend. »
Marianne : « Pouvez-vous lui dire que j’arrive ? »
Elle retourna derrière le paravent.
Gisborne, reprenant ses esprits : « Euh… Comme vous voudrez. »
Il se dirigea vers la porte au grand soulagement d’Annie mais il s’arrêta et fit volte face. Annie, croyant qu’il avait découvert les hors-la-loi, retint son souffle.
Gisborne, un peu gêné par la présence d’Annie : « Marianne… Puis-je vous demander de me faire l’honneur d’une danse lors du bal de ce soir ? »
Le chef des hors-la-loi, derrière le paravent, leva les yeux au ciel. Marianne le regarda en haussant les épaules. Robin regarda Marianne avec un brin de jalousie tandis que la jeune femme semblait embarrassée par la demande de Gisborne, surtout faite devant Robin et toute la bande.
Marianne, essayant de garder son calme : « J’en serai honorée, messire Guy. »
| Gisborne, retournant vers la porte : « Alors à ce soir. » | ![]() |
Marianne : « A ce soir ! »
Il sortit de la pièce au grand soulagement de la bande. Marianne s’empressa de se rhabiller.
Much, sortant de derrière le rideau : « Ouf… On a eu chaud ! »
Robin, mécontent : « A ce soir… Tu parles ! »
Marianne, lui prenant les bras : « Tu n’as aucune raison d’être jaloux puisque tu vas gâcher la réception du Prince… Donc il n’y aura pas de bal et donc pas de danse avec Gisborne, n’est-ce pas ? »
Much : « C’est pas faux ! »
Robin se tourna vers lui et lui lança un regard chargé d’avertissement.
Much : « Oh ben moi ce que j’en dis, hein ! »
Robin : « Il continue de te faire la cour ! »
Marianne : « Oui et alors ?... Tu sais bien qu’Il ne se passera jamais rien entre lui et moi, Robin… C’est toi que j’aime et personne d’autre. Tu le sais ça pourtant, n’est-ce pas ? »
Tel un petit garçon contrarié, Robin baissa la tête et ne répliqua pas.
Marianne : « Et puis, c’est bien pratique parfois pour avoir des renseignements, non ? Tu en profites souvent. »
Robin : « Oui mais il ne fait pas ça devant moi ! »
Marianne : « Ah parce qu’il a le droit de me faire la cour mais uniquement lorsque tu es loin ? »
Robin : « Oui. Non !... Non. Ce n’est pas ce que je voulais dire ! »
Marianne : « Robin, parfois tu te comportes comme un véritable gamin. »
Le reste de la bande eut un petit rire, ce qui fit comprendre à Robin qu’ils étaient tous d’accord avec elle.
Annie, inquiète : « Madame ?... Je ne voudrais pas vous importuner mais on vous attend. »
Marianne : « Tu as raison… [A la bande] Je crois que vous feriez mieux de filer avant que Gisb… avant qu’on vienne me chercher à nouveau. »
Petit Jean : « Elle a raison… On devrait peut-être aller dans la grande salle pour nous préparer. »
Robin, sans grand enthousiasme : « Oui… Allons-y. »
Allan passa le premier. Il entrouvrit la porte et passa la tête à l’extérieur.
Allan : « La voix est libre. »
Il sortit de la chambre, suivi du reste de la bande. Robin se précipita sur Marianne, l’embrassa puis rejoignit ses compagnons.
Marianne, souriante : « Un vrai gamin ! »
Puis elle retourna derrière le paravent afin de se préparer pour rejoindre le Prince Jean. Pendant ce temps, Allan marchait en tête de la troupe dans les corridors du château. Soudain, un serviteur surgit au détour d’un couloir.
Le serviteur : « Mais où allez-vous comme ça ? »
Allan : « Euh… Ce sont les musiciens. Je les escorte jusqu’à la grande salle. »
Le serviteur : « Mais ils ne doivent entrer en scène qu’après le repas ! »
Allan : « Ah bon ? Mais… ils devraient jouer pendant le repas... Ce serait plus gai, non ? »
Le serviteur, exaspéré : « Au risque de déranger les artistes pendant leur numéro ? »
Robin, s’avançant : « Pardonnez-moi, savez-vous quels numéros seront présentés pendant le repas ? »
Le serviteur : « Bien sûr ! Il y aura d’abord un lanceur de couteaux, un montreur d’ours, des jongleurs et des… »
Robin, l’interrompant : « Quand doit avoir lieu le lancer de couteaux ?... J’en ai jamais vu… J’aimerais bien voir ça. »
Le serviteur : « Il passe en premier juste après les hors d’œuvres ! »
Robin : « Je vous remercie. »
Le serviteur : « Allez dans votre loge. Nous viendrons vous chercher le moment venu. »
Allan : « Tout de suite… [Tournant la tête] Euh c’est par où ? »
Le serviteur, soufflant : « Oh c’est pas vrai !… Vous n’avez pas l’air très dégourdi, vous… Venez avec moi. Je vais vous y conduire. »
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Il les conduisit dans une pièce à proximité de la grande salle. |
C’était une petite chambre donnant sur la cour, probablement la chambre des soldats de garde.
Robin, entrant dans la pièce : « Je vous remercie. Vous êtes bien aimable. »
Le serviteur : « Je vous en prie. »
Il se retira vers la porte.
Le serviteur, tout bas à Allan : « Et vous… Restez devant la porte. Ils ne doivent, en aucun cas, se promener seuls dans le château. Ce sont les ordres du shérif. »
Allan : « Pas de problème ! »
Il sortit de la pièce en même temps que le serviteur, mais dès que celui-ci fut hors de vue, il rentra dans la chambre.
| Much : « Qu’est-ce qu’on va faire ? » | ![]() |
Djaq, inquiète : « On ne sera pas dans la salle au moment du numéro. »
Robin réfléchit. Au même moment, les trompettes retentirent à l’extérieur.
Will, regardant par la fenêtre : « Le Prince Jean vient d’arriver. La distribution va commencer. »
Allan : « Robin ?... T’as un plan de secours, j’espère ? »
Robin : « J’y réfléchis ! »
Allan : « Oui eh ben, fais vite ! Car on a que le temps de la distribution pour le mettre au point ! »
Robin, faisant les cents pas : « Je sais Allan. Je sais. »
Petit Jean : « Je peux toujours entrer dans la salle en tant que lutteur. »
Robin : « Mais je crains que le numéro de lutte soit annulé. »
Much : « Qu’est-ce qui vous fait dire ça ? »
Robin : « Le lancé de couteau a lieu en premier, Much… Hassan et Nasir seront rapidement arrêtés et exécutés donc plus de lutteurs à combattre. »
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« Tu penses que ce sera Nasir le lanceur de couteaux ? » |
Robin : « Tu vois un meilleur moyen de tuer un homme à distance devant tant de gens ? »
Soudain, on frappa à la porte. Les hors-la-loi se turent. Robin fit signe à Allan d’aller ouvrir, ce qu’il fit.
Allan, surpris : « Annie ?... Mais comment savais-tu qu’on était là ? »
Annie, entrant dans la chambre : « J’ai demandé à un serviteur où se trouver les musiciens, sous prétexte que ma maîtresse souhaitait les engager pour une fête qu’elle comptait donner. »
Allan referma la porte.
Robin : « Pourquoi es-tu ici ? »
Annie : « C’est Lady Marianne qui m’envoie… On se dirigeait vers le hall du château pour aller rejoindre le Prince Jean, lorsqu’on a vu deux sarrasins discutaient ensemble. Elle m’a demandé de les suivre et de vous rapporter leurs moindres faits et gestes. »
Robin, intéressé : « Qu’as-tu appris ? »
Annie : « Je les ai suivis jusqu’à la salle d’armes où ils se sont mis à aiguiser des couteaux… »
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Quelques instants plus tôt, dans la salle d’arme…
Annie se cacha derrière une rangée d’épée de toutes sortes près de la porte d’entrée pendant que Nasir et Hassan se dirigeaient vers le centre de la pièce.
Nasir, commençant à aiguiser un couteau : « On devrait prévoir un plan de secours au cas où cela tournerait mal. »
Hassan, s’occupant de son épée : « Pourquoi ?... Gisborne devrait assurer notre évasion ? »
Nasir : « Je n’ai pas confiance. »
Hassan : « Tu crois qu’il pourrait vouloir sauver le Prince ? »
Nasir, aussitôt : « Non. Bien sûr que non ! »
Hassan : « Tu m’as pourtant dit qu’ils poursuivaient le même but que nous ? »
Nasir, se voulant rassurant : « Oui et je te le redis… Ils veulent la mort du Prince autant que nous bien sûr mais… ils pourraient tout aussi bien nous doubler. Ils pourraient nous faire arrêter puis nous faire pendre pour se faire bien voir du Roi Richard. Ainsi ils retrouveraient les bonnes grâces de leur roi. »
| Hassan regarda Nasir avec méfiance. Et si Djaq et le chrétien avaient finalement raison ? | ![]() |
Nasir : « Il nous faut un plan de repli. »
Hassan : « Le chariot est pourtant bien devant les cuisines, comme le shérif nous l’avait dit. »
Nasir : « As-tu vu si l’argent se trouvait à l’intérieur ? »
Hassan : « Non… Alors qu’est-ce que tu proposes ? »
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« Dès que je commencerai mon numéro, tu te placeras à proximité du shérif… » |
Nasir : «… Quand j’aurai tué le Prince, tu le prendras en otage et on s’enfuira par les cuisines avec le chariot. Ainsi nous ferons deux pierres deux coups : On aura de quoi se protéger et une monnaie d’échange au cas où l’argent promis ne serait pas dans le chariot. »
Hassan : « Entendu. »
Annie s’apprêta à se retirer lorsque son pied heurta le râtelier où reposaient les épées. Hassan cessa immédiatement son travail et se retourna.
Nasir : « Qu’est-ce qu’il y a ? »
Hassan, se concentrant : « J’ai entendu quelque chose. »
Les deux hommes demeurèrent silencieux quelques instants. Annie, terrifiée, cessa de respirer.
Nasir : « Tu as rêvé… Il n’y a personne ici. Ils sont bien trop occupés à célébrer leur prince. »
Hassan, revenant vers lui en souriant : « Et bientôt ils fêteront ce jour comme celui de ses funérailles ! »
Nasir : « Oui dès que le shérif me donnera le signal, l’Angleterre n’aura plus de prince ! »
Les deux sarrasins rirent légèrement, tout en continuant à aiguiser leurs couteaux.
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Dans la loge des musiciens…
Allan, mécontent : « Quoi ? Tu t’es aventurée là-bas toute seule ? »
Annie : « Ben quoi ? Je m’en suis sortie non ? »
Allan : « Et de quelle façon ? »
Annie, moqueuse : « En me cachant plus au fond ! »
Allan : « Oui cette fois ça… »
Annie, le coupant : « Mais de toute façon, c’est pas ça l’important… Le plus important était de vous prévenir. »
Robin : « Je te remercie, Annie. »
Annie, narguant Allan : « Je vous remercie, Messire Robin. En voilà un au moins qui apprécie mon action ! »
Allan : « Mais… »
Petit Jean, l’interrompant : « Voilà la preuve que c’est bien Nasir qui va tenter de tuer le Prince Jean. »
Robin : « Oui. »
Will : « Et on sait maintenant comment ils comptent s’échapper. »
Much : « Qu’est-ce qu’on fait alors ? »
Robin : « Il faut à tout prix qu’on entre dans la salle. »
Allan : « Moi, je pourrais entrer. »
Robin : « Mais seul, tu ne pourras pas faire grand chose. »
Annie : « Vous n’avez qu’à prendre les uniformes des autres soldats. »
Robin, intéressé : « Quels soldats ? »
Annie : « Ceux que Gisborne a fait poster aux deux entrées de la grande salle. »
| « Je croyais que la majorité des soldats devaient se trouver à la fête sur la place du marché ? » | ![]() |
Annie : « Il n’y a qu’une dizaine d’hommes qui sont restés pour assurer la sécurité du Prince et de ses invités. »
Robin : « Oui, il a besoin d’hommes pour éliminer Nasir et Hassan… [Réfléchissant, à Annie] Une dizaine d’hommes, tu dis ? »
Annie : « Oui… Répartis entre les deux entrées ! »
Robin, sourire en coin : « Ça devrait donc être réalisable. »
Il exposa ensuite son plan au reste de la bande.
Robin : « Vous avez bien tous compris ? »
Tout le monde hocha la tête.
Robin : « Annie ? Vois ce que tu peux faire pour Djaq ! On t’attend ici. »
Annie : « Entendu. »
Annie et Djaq quittèrent la chambre. Robin se présenta à la fenêtre donnant sur la cour.
Robin : « Il n’y a plus qu’à attendre que le Prince retourne dans la grande salle. »
Le reste de la bande s’assit et attendit la fin de la distribution des pièces d’or par le Prince Jean.
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CHAPITRE VIII
« OH MON DIEU !... SHERIF ? CET HOMME A ESSAYE DE ME TUER ! »
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ans la loge des musiciens… |
Une jeune serveuse, munie d’un plateau, entra dans la pièce. Allan et Much sifflèrent d’admiration.
Much, en souriant : « Tu devrais t’habiller en fille plus souvent ! »
Allan : « Oui, ça te va drôlement bien. »
Tous les hors-la-loi avaient reconnu Djaq, déguisée en serveuse. Mais Will ne sembla pas apprécier les commentaires de ses compagnons.
Petit Jean : « Cela te va très bien. »
| Djaq, souriante : « Je te remercie. » |
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Robin, redevenant sérieux : « Tu n’as rencontré personne ? »
Djaq : « Non, personne. Mais j’ai vu qu’il y avait cinq gardes qui attendaient à l’entrée du bas, et pendant que je me changeais, Annie est allé voir à l’entrée du haut et elle en a vu six. »
Robin : « Parfait… On va devoir s’occuper de ceux du haut en premier puis vous vous occuperez de ceux du bas. »
Djaq : « Le Prince est toujours dans la cour ? »
Robin, regardant à la fenêtre : « Oui, mais je pense qu’il va bientôt avoir terminé. »
Much, s’asseyant : « Oh ben vite alors… J’en ai marre de rester là à ne rien faire. »
Djaq : « Tu penses plutôt à toute la nourriture qui attend dans la grande salle, oui. »
Much, vexé : « Pas du tout… Je suis un aventurier moi, madame… J’aime l’action, l’aventure ! »
Will, moqueur : « Toi ? Un aventurier ? »
Much : « Parfaitement !... N’est-ce pas, maître ? »
Robin : « Absolument !... A condition bien sûr, que ta panse ait été auparavant bien remplie ! »
| Toute la bande sourit à la plaisanterie sauf Much évidemment. | ![]() |
Much, mécontent : « Bon, elle se termine bientôt cette distribution ? »
Mais Much n’était pas le seul à trouver le temps long : Le shérif et Gisborne étaient, eux-aussi, impatients que la fête privée du Prince ne commence.
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Dans la cour du château…
Marianne se tenait à côté du Prince Jean en bas des marches du perron tandis que le shérif et Gisborne se tenaient sur les marches supérieures. Le Prince donna avec fierté une pièce d’or à un villageois.
Le Prince Jean : « Tenez, mon brave ! »
Le villageois, reconnaissant : « Je vous remercie infiniment mon Prince… Bonne fête et que Dieu vous garde. »
Il se courba puis laissa sa place à un autre villageois.
Le Prince Jean à Marianne, ravi : « Ils m’aiment… Vous aviez raison. »
Marianne : « Oh oui, Sire. Ils n’oublieront jamais ce jour. Ils vous en seront éternellement reconnaissants. »
Le Prince Jean, ayant un rire nerveux : « Hihihi… [Au villageois] Tenez, mon brave ! »
Gisborne, soufflant puis tout bas au shérif : « Oh !!! Cela ne finira donc jamais ? »
| Le shérif, sourire forcé : « Un peu de patience Gisborne… Une fois ce cirque terminé, le Prince sera tout à nous. » | ![]() |
Gisborne : « Comment pouvez-vous rester calme à le regarder dilapider votre argent ? »
Le shérif : « Nous le récupèrerons, Gisborne. Nous le récupérerons… Quand nos amis interviendront, le Prince me récompensera chaleureusement et puis… comme je vous l’ai déjà dit… Nous organiserons une collecte d’impôt exceptionnel quand il sera parti ! »
Pendant ce temps, la distribution toucha à sa fin.
Le Prince Jean, se levant à la foule : « Je suis désolé, mes amis. C’est terminé… »
La foule sembla déçue.
Gisborne : « Enfin ! »
Le Prince Jean, se levant : «… Mais je reviendrai l’année prochaine ! »
La foule applaudit et manifesta sa joie.
La foule : « Vive le Prince Jean !… Longue vie au Prince Jean ! »
Marianne : « Vous entendez, Sire… Ils vous acclament. »
Le Prince Jean, goûtant cet instant : « J’entends, Lady Marianne ! »
Marianne : « Voyez comme ils vous aiment, Sire. »
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Le Prince Jean, exalté, à la foule : « Je vous aime aussi. » |
La foule : « Vive le Prince Jean ! »
Le shérif descendit les marches et vint à côté du Prince Jean.
Le shérif : « Votre Altesse ? Il serait peut-être temps de rentrer sinon le repas va refroidir, hein ! »
Le Prince Jean, déçu : « Oh ! Déjà ? »
Le shérif : « D’autres surprises vous attendent à l’intérieur, Sire. »
Le Prince Jean : « C’est vrai ?... Dans ce cas… »
Il offrit son bras à Marianne.
Le Prince Jean, montant les marches avec Marianne à son bras : « Rentrons ! »
Le shérif devança Marianne et le Prince.
Le Prince, sur le pas de la porte, se retournant : « Au revoir, mes amis ! »
La foule l’applaudit et lui fit signe de la main.
Le shérif : « Par ici, Votre Altesse. »
Le Prince et Marianne suivirent donc le shérif ; Gisborne fermant la marche.
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Dans la loge des musiciens…
Robin, regardant par la fenêtre : « ça y est ! Le shérif conduit le Prince à l’intérieur ! »
Il rejoignit ses compagnons près de la porte.
Robin : « Tout le monde a bien compris ce qu’il avait à faire ? »
Toute la bande hocha la tête.
Robin : « Parfait… Allan ? A toi, l’honneur. »
Allan ouvrit la porte et passa la tête à l’extérieur.
Allan : « C’est parti ! »
Toute la troupe sortit de la pièce et se dirigèrent vers l’entrée de la grande salle se situant à l’étage. Soudain, Allan s’aplatit contre le mur.
Allan, tout bas : « Ils sont là ! »
Robin vint se placer près de lui.
Robin : « Ils sont combien ? »
Allan : « Six comme Djaq l’avait dit !... T’as une idée pour les neutraliser sans trop de casse ? »
Robin : « Non. J’ai pensé que toi, t’en aurais une ?... Tu as toujours eu beaucoup d’imagination ! »
Allan lui fit la grimace.
Will : « Il faudrait les attirer de l’autre côté pour qu’on puisse les prendre à revers. »
Robin : « Oui… Il nous faudrait donc un appât. »
Soudain, il sourit en regardant Allan de la tête aux pieds.
Allan, inquiet : « Quoi ? »
Il regarda ses compagnons qui affichèrent la même expression que Robin.
Allan : « Oh non !... Mais qu’est-ce que je vais pouvoir leur dire ? »
Much : « On te fait confiance… Tu trouveras bien quelque chose. »
Robin, souriant : « Much a raison ! »
Il poussa Allan dans le couloir. D’abord hésitant, il se rappela ensuite qu’il portait toujours l’uniforme de soldat et se mit à se comporter comme tel.
| Il se dirigea alors, d’un pas décidé, vers le groupe de soldats. | ![]() |
Puis il s’arrêta devant eux avec un grand sourire.
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Allan : « Bonjour messieurs… L’opération est annulée ! Vous pouvez rentrer dans vos quartiers ! » |
Les soldats surpris se regardèrent les uns les autres.
| Un soldat, sortant du groupe : « Quoi ?... Qui est-ce qui t’as dit ça ? » | ![]() |
Allan : « Le shérif en personne ! »
Mais le soldat ne fut pas convaincu.
Allan : « Ben si vous ne me croyez pas, vous n’avez qu’à aller lui demander. »
Le soldat, regardant Allan avec suspicion : « Steven, avec moi. Les autres, gardez vos positions. »
Allan : « Ben si vous avez du temps à perdre ! »
Le soldat à Allan : « Toi, tu restes ici ! »
Allan, désinvolte : « D’accord ! »
Les deux soldats quittèrent le groupe. Allan les suivit du regard jusqu’à ce qu’ils disparaissent au bout du couloir. Soudain, ils entendirent les bruits d’une bagarre. Mais elle ne dura qu’un instant puis se fut le silence. En entendant cela, les autres soldats voulurent intervenir.
Un soldat, bloquant les autres : « Non… Nous avons reçu des ordres. Gardez vos positions ! »
Un autre soldat : « Mais ils sont peut-être en difficulté ? »
Le 1er soldat : « Si ça avait été le cas, ils nous auraient appelé en renfort ! »
L’autre soldat : « Ils n’en ont peut-être pas eu le temps ! »
Tendu, le 1er soldat ne répliqua pas. Quelques minutes plus tard, les soldats se détendirent.
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Deux hommes tournèrent au bout du couloir et se dirigèrent vers eux. |
Allan s’inquiéta quand il vit que ses hommes portaient un uniforme de soldats. La bande aurait-elle été défaite par deux hommes seulement ? Non, impossible ! A moins qu’ils n’aient été surpris par une autre sentinelle et qu’ils aient été obligés de déposer les armes…
Mais les inquiétudes d’Allan s’envolèrent lorsque les deux soldats arrivèrent près d’eux. Il reconnut immédiatement Robin et Much sous le déguisement.
Robin : « Messieurs… Vous avez quartier libre ! »
Allan se plaça discrètement à l’arrière du groupe de soldats qui faisait face à Robin et Much.
Un soldat : « Où sont Mackay et Steven ? »
Robin, faisant un signe discret de la tête à Allan : « Ils se reposent ! »
Le soldat : « Quoi ?... »
| Mais il n’eut pas le temps de poursuivre son interrogatoire qu’il reçu un coup de poing dans le ventre de la part de Robin. | ![]() |
Pendant ce temps, Allan poussa violement les deux gardes devant lui contre le mur et Much s’attaqua au garde le plus proche de lui. Ce fut le signal qu’attendait le reste de la bande pour se jeter dans la mêlée. Les combattants dégainèrent leurs armes. Mais la bataille ne dura guère. Pendant qu’un soldat se battait avec un des hors-la-loi, Petit Jean arrivait derrière lui et l’assommait. Rapidement, tous les soldats furent mis hors d’état de nuire.
| Robin : « Emmenons-les avec les deux autres. » | ![]() |
Ils trainèrent les soldats dans une des pièces donnant sur le couloir. Ils en déshabillèrent deux avant de tous les ligoter solidement. Will et Petit Jean revêtirent leurs uniformes.
Much, regardant Petit Jean : « T’as l’air un peu boudiné là-dedans ! »
Finissant d’enfiler son uniforme trop petit pour lui, Petit Jean se mit à grogner. Much rejoignit aussitôt Robin et Allan près de la porte. Petit Jean et Will se joignirent à eux.
Allan : « C’est vrai. On dirait que t’as avalé le shérif ! »
Petit Jean émit un grognement de mécontentement en le fusillant du regard. Will et Djaq sourirent en baissant la tête. Robin jeta un coup d’œil et s’empêcha de sourire afin de ne pas indisposer son ami.
Robin, entrouvrant la porte : « C’est bon… Allons-y ! »
Toute la bande sortit. Petit Jean ferma la porte à clé et s’apprêta à briser la clé à l’intérieur de la serrure.
Robin, l’empêchant : « Non, attends ! »
Petit Jean : « Pourquoi ? Comme ça on est sûr au moins qu’ils ne nous tomberont pas dessus plus tard. »
Robin : « Je suis d’accord mais il y a encore quelqu’un dont il faut s’occuper ! »
Intrigué, Petit Jean arqua un sourcil. Robin leur fit signe de le suivre. Il arriva devant la porte donnant dans la grande salle, l’entrouvrit et montra aux autres le garde qui surveillait la grande salle depuis la mezzanine. Robin fit signe à la bande de se cacher derrière la porte en face de lui, ce qu’ils firent aussitôt.
Robin, apostrophant le garde : « Psitt hey !... Hey ! Viens voir. »
Intrigué, le garde se retourna.
Le garde, mettant une main sur sa poitrine : « Moi ? »
Robin : « Oui. Toi… Viens voir. »
Curieux, le soldat sortit de la pièce et se posta devant Robin.
Robin, tout bas : « J’ai besoin de quelque chose ? »
Le soldat : « Oui. Quoi ? »
Robin : « Ta place ! »
Il lui donna un violent coup de poing au visage qui assomma le malheureux soldat et le fit tomber dans les bras de Petit Jean.
Enlevant son casque, Robin : « Enfermez-le avec les autres. »
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Discrètement, Robin jeta un coup d’œil dans la grande salle. |
Robin, tournant la tête vers ses compagnons et tout bas : « Les invités s’installent. Dès que tout le monde sera arrivé, vous neutraliserez les gardes de l’entrée du bas. Entendu ? »
Tout le monde hocha la tête.
Robin : « Bonne chance ! »
Il remit son casque, « défit » sa harpe et plaça son arc sur l’épaule avant d’entrer dans la salle. Il referma la porte derrière lui et prit la pause comme un véritable soldat du shérif l’aurait fait.
De l’autre côté de la porte, Petit Jean mit le soldat sur son épaule et le déposa dans la petite pièce avec ses comparses. Ils le ligotèrent comme les autres puis fermèrent la porte à clé. Cette fois-ci, Petit Jean brisa la clé à l’intérieur de la serrure.
Petit Jean : « Redescendons maintenant ! »
Ils se dirigèrent vers la porte d’entrée du bas de la grande salle.
Petit Jean, tout bas : « C’est bon… Tous les invités sont rentrés. On peut y aller ! »
Will : « Il y a combien de gardes ? »
Petit Jean : « Il n’y en a que cinq ! »
Puis il regarda Allan. Toute la bande se tourna alors vers lui.
Allan : « Oh non !... Trouvez autre chose, cette fois ! »
Will : « Tu t’en es pourtant pas trop mal tiré toute à l’heure ? »
Allan : « Oui, grâce à Robin et à Much… Là, c’est différent ! »
Sans ajouter un mot de plus, elle retourna dans la loge des musiciens.
Petit Jean, irrité : « Mais où est-ce qu’elle va ? »
Se trouvant dans un couloir débouchant devant la salle, les hors-la-loi ne pouvaient pas être vus par les gardes qui surveillaient l’entrée. En revanche, n’importe qui venant du couloir pouvait les surprendre à tout moment.
Much : « T’inquiète pas. La plupart des gardes sont sur la place du marché. Il n’y a que ceux-là qui pourraient nous repérer. »
Petit Jean : « Et les serviteurs ? »
Much, réfléchissant : « Ah !... Euh… Oui… Aussi »
Mais l’inquiétude de Petit Jean ne dura pas puisque Djaq revenait déjà avec un plateau sur lequel reposaient une pinte et des verres. Elle passa devant les hors-la-loi sans s’arrêter.
Djaq : « Tenez-vous prêts ! »
Allan, la regardant passé en souriant : « Bonne idée ! »
Elle effaça son sourire lorsqu’elle s’arrêta devant les gardes qui lui bloquaient l’accès à la grande salle.
Le soldat, désagréable : « Qu’est-ce que tu viens faire ici, toi ? »
Djaq : « Je viens pour servir les invités. »
Le soldat : « Passe par l’entrée de service… Ici, c’est réservé aux invités. »
Djaq : « Mais on m’a dit de passer par ici ? »
Le soldat : « Je m’en fiche !... Fiche le camp ! »
Djaq : « D’accord ! »
Faisant mine de se retirer, elle balança le plateau sur l’un des soldats, donna un coup de poing dans l’estomac à un deuxième homme et poussa un troisième garde contre le mur. Ce fut le signal pour le reste de la bande qui se précipita sur eux afin d‘aider la jeune femme à en venir à bout.
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A l’intérieur de la grande salle, les invités discutaient bruyamment et n’entendirent donc pas le bruit du combat.
Marianne à Annie : « Tu as pu parler à Robin ? »
Annie, discrètement : « Oui. Je les ai avertis. Djaq s’est déguisée en serveuse et les hors-la-loi en soldats. Ils ne devraient pas tarder. »
Marianne, surprise : « En soldats ? »
Comme pour corroborer ses propos, Annie fit un signe discret à Marianne en direction de la porte de service sous l’escalier. Elles virent entrer une serveuse avec un plateau, suivie de près par un garde. Marianne reconnut immédiatement la jeune femme. Celle-ci se mêla aux autres serveuses qui déambulaient parmi les invités. Le soldat, lui, se posta près de la porte de service. Djaq repéra Marianne parmi les invités et la rejoignit.
Djaq : « Un rafraichissement, Madame ? »
Marianne, jouant le jeu : « Volontiers. »
Elle prit un des verres vides sur le plateau.
Marianne, tout bas : « Où est Robin ? »
Djaq porta son regard en haut de l’escalier. Marianne le suivit et scruta attentivement l’homme qui s’y trouvait.
| Djaq, servant Annie : « Allan garde la porte de service. Les autres attendent dans le couloir à l’autre entrée… Est-ce que vous avez vu mon petit frère ? » | ![]() |
Marianne : « Non pas encore… [Tout haut] Merci bien. »
Djaq quitta les deux jeunes femmes en regardant tout autour d’elle pour voir si Hassan était arrivé. Mais rien. Afin de donner le change, elle continua son travail de serveuse.
Marianne, regardant attentivement Annie : « Ne t’inquiète pas. Le plan de Robin va sûrement réussir. »
Annie : « Oh je ne m’en fais pas pour ça. »
Marianne : « Alors pourquoi es-tu si songeuse ? Tu as peur pour ton Allan ? »
Annie : « Non… Je… J’ai peur de ne pas pouvoir le revoir avant de… »
Annie baissa la tête.
Marianne : « Avant de partir ? Mais il sait que tu pars aujourd’hui, non ? »
Annie : « Non. Je n’ai pas eu le temps de le lui dire. »
Marianne : « Oh je vois… Et moi qui t’ai entraîné dans cette histoire. »
Annie : « Ce n’est pas de votre faute. Je suis heureuse d’avoir pu aider les hors-la-loi seulement… J’aimerais pouvoir le revoir avant de partir. »
Marianne : « Je comprends… Seulement maintenant, ce serait risqué. »
Annie : « Je sais… Alors je me disais que peut-être devrais-je retardé mon départ ? »
Marianne : « Mais tu ne le peux. Tu as déjà prévenu ta famille que tu arrivais... Tu dois penser à ton père… [Réfléchissant] Ecoute… Voilà ce que je te propose… Quand la fête sera finie, nous irons au campement afin que tu lui fasses tes adieux. D’accord ? »
Annie, souriant : « D’accord… Merci. »
Marianne : « De rien… C’est la moindre des choses que je puisse faire pour ma bonne amie. »
Marianne sourit à Annie.
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Gisborne s’immisçant dans la conversation : « Je vois que vous êtes de bien bonne humeur, Marianne… Puis-je vous offrir un verre ? » |
Marianne, brandissant le mien : « C’est inutile… mais je vous remercie quand même. »

Annie laissa sa maîtresse et se dirigea discrètement vers Allan. Elle se mit à ses côtés, tout en regardant les invités.
Annie, faisant semblant de boire une gorgée : « Allan… J’aurai à te parler. »
Allan, droit comme un piquet, ne bougeant pas la tête : « Ce n’est pas le moment, mon cœur. »
Annie : « Je sais mais c’est important. »
Allan regarda en direction du shérif et du Prince Jean qui discutaient avec des invités à l’autre bout de la salle.
Allan : « Dès que la mission sera terminée, on aura tout le temps de se parler. »
Annie : « Très bien… Dans ce cas, on se retrouve au campement après ? »
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« Entendu mais je… » |
Allan s’arrêta de parler lorsqu’il vit s’ouvrir la porte de service et Hassan et Nasir entrer dans la grande salle. Les deux hommes passèrent devant eux en dévisageant le Prince Jean. Annie comprit qu’il était temps qu’elle rejoigne sa maîtresse.
Annie, tout bas à Allan : « Bonne chance, mon cœur. »
Du coin de l’œil, le shérif remarqua l’arrivée d’Hassan et Nasir. Il fit un signe de tête aux trompettistes qui se mirent immédiatement à jouer.
Le shérif au Prince Jean : « Ah ! Votre Altesse, le repas va être servi. »
Du haut de son perchoir, Robin vit la mise en place de tous les acteurs de la fête : Le shérif emmena le Prince Jean à sa table puis il s’assit à sa gauche. Gisborne amena Marianne, à sa place, à la droite du Prince et revint s’asseoir à gauche du shérif. Nasir et Hassan prirent place sur sa gauche avec les autres artistes, à quelques pas d’Allan. Alors que les serviteurs apportaient les plats, un bouffon s’avança et commença à divertir les invités.
Le bouffon, se déplaçant parmi les invités : « Et oui ! ... Richard Cœur de Lion qu'il le surnomme ! Quand on part se battre en terre étrangère, ce n'est pas du cœur d'un lion dont on a besoin, n'est-ce pas ? Depuis quand un cœur est-il capable d'abattre le moindre ennemi, hein !... [Les invités rient]... Approchez ! Approchez ! Prenez garde, j'ai le cœur d'un lion ! Je vous laisse imaginer comment les sarrasins vont traduire ça, n'est-ce pas ? Il a quoi d'un lion ? Serait-ce les crocs ? Ou alors les mâchoires ? Ou les griffes ? Non ! Le cœur ! Richard Griffes de Lion, Jérusalem est à toi, entre donc, prends place je t'en prie, sers-toi ! Richard Cœur de Lion, couic… [Mimant le souverain qui se ferait égorger]... »
Le Prince Jean au shérif : « Il est drôle ce garçon ! »
Le Prince Jean applaudit tandis que le shérif sourit. Alors que le bouffon continuait de divertir les invités, du haut de l’escalier, Robin surveilla Nasir. Celui-ci se rapprochait de la scène tandis qu’Hassan vint se placer près de la table des invités. Le chef des hors-la-loi sortit discrètement une flèche de son carquois puis prit son arc et le posa debout sur le sol.
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«… Ce n'est pas étonnant que sa croisade lui prenne autant de temps, n'est-ce pas ? » |
La foule applaudit le bouffon.
Le bouffon, se courbant : « Je vous remercie infiniment... Et maintenant, gente dame et nobles seigneurs, voici un homme qui manie avec autant d’adresse les armes que moi les mots… J’ai nommé Nasir le sarrasin ! »
La foule applaudit Nasir qui monta sur scène. Pendant que des serviteurs apportaient et installaient la cible sur l’estrade, le shérif se redressa sur sa chaise. Une servante lui apporta un plateau chargé de verres et d’une bouteille de vin. Elle le déposa devant lui. Robin prit son arc et encocha sa flèche. Allan mit la main sur la garde de son épée. Près de la cheminée, Djaq tenta d’accrocher le regard d’Hassan mais il se tenait de l’autre côté de la pièce, se rapprochant de plus en plus de la table princière. Elle regarda avec angoisse Robin préparer son arme. A peine les serviteurs redescendus de la scène, Nasir lança successivement les trois couteaux sur la cible. Le public manifesta son admiration.
| « Et maintenant encore plus fort… Mesdames et messieurs. Il va lancer ses couteaux sur une cible vivante… » | ![]() |
Le bouffon : «… Y-a-t-il des volontaires parmi vous ? »
Les invités rirent légèrement. Un jeune serviteur vint se placer sur la cible.
Le bouffon : « Mais cela est trop facile pour... »
Nasir recule de quelques pas.
Le bouffon : «… Nasir… »
Sans avertissement, le sarrasin lança un couteau.
Le bouffon : «… le… »
Il lança un second couteau.
Le bouffon : «… sarrasin ! »
Il lança son dernier couteau. Les trois armes vinrent se planter autour de la tête du jeune homme. Le public admiratif applaudit fortement. Robin, Djaq et Allan, après avoir retenu leur souffle, respirèrent de nouveau mais ils restèrent sur leurs gardes car le numéro n’était pas terminé.
Le Prince Jean, applaudissant : « Oh ! Il est doué… Dommage qu’il n’exerce pas ses talents en Terre Sainte sur mon frère. »
Le shérif, souriant et fixant Nasir : « Oui… C’est dommage, en effet. »
Le bouffon, annonçant : « Et encore plus fort, il lancera ses couteaux les yeux bandés !... [Les invités s’inquiétèrent]… Personnellement… [Pointant du doigt le jeune homme attaché sur la cible] Je préfère être à ma place qu’à la sienne. »
Les invités rirent légèrement ce qui détendit un peu l’atmosphère. Un homme vint près de Nasir avec un bandeau noir. Nasir regarda le shérif qui lui fit un signe discret de la tête mais qui n’échappa pas à Robin. L’homme banda les yeux de Nasir puis le tourna vers la cible. Le shérif regarda le Prince dont toute l’attention était tournée vers le numéro. Il posa sa main discrètement sur le plateau devant lui. Marianne et Annie regardèrent Robin et virent qu’il se tenait prêt à agir. Elles comprirent que l’heure était venue. Impuissantes, elles retinrent leur souffle. Les invités se turent progressivement. Nasir leva son bras. Robin banda son arc et visa le sarrasin mais celui-ci lança son premier couteau sur la cible. Après un bref moment de stupeur, les invités applaudirent. Le couteau s’était planté à la droite de la tête du jeune homme. Nasir réitéra son exploit lors de son second lancé.
Le Prince Jean : « Oh bravo ! Splendide ! Quelle adresse ! »
Robin, dans sa tête : « Cette fois-ci, on y est ! »
Lorsque Nasir leva son bras pour lancer son dernier couteau, Robin arma son arc et le visa une nouvelle fois. Puis tout alla très vite. D’un mouvement rapide, Nasir se tourna sur le côté et, faisant face à la table princière, s’apprêta à lancer son couteau sur le Prince mais son geste fut stoppé net par une flèche lui transperçant la poitrine, le tuant instantanément. Les invités se mirent alors à hurler.
Le Prince Jean, effrayé, se relevant : « Oh mon dieu !... Shérif ? Cet homme a essayé de me tuer ! »
Robin, du haut de l’escalier : « Exact !... Et c’est moi qui vous ai sauvé ! »
Le Prince Jean, étonné : « Robin des bois ? »
Le shérif s’était saisi du plateau en face de lui pour protéger le Prince mais il n’en avait pas eu pas le temps.
Robin : « Que faites-vous avec ce plateau, shérif ? »
Gisborne, se levant : « Locksley ! »
Robin : « Vous vouliez protéger le Prince, sans doute ?... Mais dites-moi ?… Comment saviez-vous qu’il avait besoin d’être protégé ? »
Le shérif, furieux : « GARDES ! GARDES !... ATTRAPEZ-L… »
Mais il ne termina pas sa phrase. Il fut assommé par Hassan. En effet, lorsque Nasir avait commencé son numéro, Hassan s’était rapproché discrètement du seul soldat aux ordres du shérif dans la grande salle. Et lorsque Nasir s’effondra, mort sur le sol, il assomma le garde avant de se jeter sur le shérif. Comme son comparse avait échoué, Hassan se devait de terminer la mission. Il se précipita alors sur le Prince et commença à l’étrangler. Gisborne tenta de s’interposer mais Allan, qui avait suivi Hassan, s’amena derrière lui et assomma le bras droit du shérif avec le pommeau de son épée. Se croyant attaqués de toute part, les invités prirent peur et s’enfuirent en hurlant. Robin prit une flèche et banda son arc.
Robin, visant Hassan : « LACHE-LE ! »
Djaq se mit immédiatement entre Hassan et Robin.
Djaq : « Robin, non ! »
Robin : « DJAQ ! ECARTE-TOI ! »
Djaq, se tournant vers Hassan : « Je t’en prie, Hassan. Ne fais pas ça ! »
Elle tenta de séparer les deux hommes mais en vain. Le Prince Jean commença à suffoquer. Dès qu’ils entendirent les hurlements des invités, Petit Jean, Will et Much entrèrent dans la salle en se frayant un passage à travers la foule. Allan, Petit Jean, Will et Much encerclèrent Hassan et le Prince Jean.
Djaq, suppliant : « Je t’en prie ! »
Les hors-la-loi auraient pu utiliser leurs épées contre le frère de Djaq mais personne n’osa intervenir.
Will : « Il faut faire vite… Les gardes ne vont plus tarder ! »
Petit Jean, s’avançant : « Tu as raison ! »
Il asséna un violent coup sur la tête d’Hassan avec le pommeau de son épée. Le sarrasin s’effondra sur le côté, en même temps que sa victime.