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Série : Robin Hood
Création : 29.06.2015 à 08h35
Auteur : byoann
Statut : Terminée
« Il s'agit de la suite de l'épisode "Chantage". Cet EV comporte 15 chapitres. J'écris seul merci. » byoann
Cette fanfic compte déjà 73 paragraphes
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Allan, souriant et moqueur : « Wow !... C’est vrai que l’amour donne des ailes ! » |
Le commentaire fit sourire les hors-la-loi à l’exception de Djaq qui continuait de s’inquiéter pour son bien-aimé, et Hassan qui ne voyait pas d’un très bon œil l’amour de sa sœur pour un chrétien. Il avait hâte de faire la connaissance de l’homme qui visiblement faisait battre le cœur de sa grande sœur. Le groupe se hâta et atteignit le campement quelques minutes plus tard.

Djaq se précipita à l’intérieur, suivie par toute la troupe.
Marianne : « Djaq !... Je suis contente de te voir. »
Djaq, reconnaissante : « Merci, Lady Marianne. »
Will, souriant et se redressant : « Djaq ! »
La jeune femme se précipita au chevet de son fiancé.
Djaq, à genoux et lui prenant la main : « Comment vas-tu ? »
Will, en sueur : « ça peut aller… juste un peu fatigué. »
Djaq : « Je voudrais t’examiner. »
Will hocha la tête et releva le drap. Allan s’approcha des deux amoureux.
Djaq, posant la main sur le front du blessé : « Tu as de la fièvre. »
Allan : « Je ne comprends pas… Il avait pourtant moins de fièvre quand je suis parti… Je n’ai pas refais son bandage… J’ai pensé que tu voudrais t’en charger. »
La jeune femme esquissa un sourire puis examina la blessure.
Djaq : « Il y a une petite infection sur le côté… Je vais devoir enlever les tissus atteints… Allan ? »
Il comprit ce que Djaq lui demandait. Il alla donc mettre une dague sur le feu.
Allan : « Avec Wayne, nous avons bien nettoyé sa blessure et elle semble bien se refermer... »
Djaq : « Oui, en effet. »
Allan : «… Mais il a perdu beaucoup de sang. »
Djaq à Will : « C’est pour ça que tu te sens très fatigué… Tu vas devoir garder le lit pendant un bon moment. »
Cette fois, Will ne rouspéta pas.
Allan : « Ben au moins toi, il t’écoute ! »
Cette remarque fit sourire le blessé.
Robin, en souriant aux autres hors-la-loi : « Venez… Laissons-les travailler. »
Much : « Si tu as besoin de quoique ce soit… Je suis là. »
Djaq, reconnaissante : « Merci beaucoup, Much. »
Robin, Marianne, Much, Petit Jean et Hassan laissèrent Allan et Djaq s’occuper de Will. Ils s’installèrent sur le pas de la porte.
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Robin à Marianne : « Je te remercie d’avoir veillé sur Will. » |
Marianne : « Je t’en prie. Cela m’a fait plaisir. »
Robin : « Tu veux rentrer à Knighton maintenant ? Si tu veux manger avec nous, ce sera avec plaisir. »
| Marianne : « Non, c’est gentil mais il faut que je rentre avant la nuit sinon mon père va s’inquiéter. » | ![]() |
Robin : « Tu veux que je te raccompagne ? »
Marianne : « Si tu y tiens ! »
Robin, en souriant : « J’y tiens beaucoup même. »
Marianne, quittant le camp et l’invitant à la suivre : « Dans ce cas… »
Much : « Non, attendez ! »
Robin, surpris : « Much ? »
Celui-ci retourna dans le campement. Il revint quelques secondes plus tard avec un manteau à capuche et le tendit à Robin.
Robin : « Merci Much, mais je n’en ai pas besoin. »
Much : « C’est pas pour vous. C’est pour Marianne. Il ne faudrait pas que le Prince Jean l’a reconnaisse. »
Robin, un peu vexé : « Oh… Mais de toute façon tu as mis des branches devant la cage… »
Much : « Je sais mais… mieux vaux être trop prudent que pas assez. »
Marianne revint sur ses pas et prit le manteau des mains de Robin.
Marianne, enfilant le manteau : « Il a raison… Merci, Much. »
Much, fier de lui : « De rien. »
Marianne : « Au revoir, Jean… Hassan. »
Les deux hommes la saluèrent de la tête puis Robin et Marianne quittèrent le campement.
Robin, à voix basse, à Marianne : « Je trouve qu’il en fait un peu trop parfois ! »
Marianne ne lui répondit que par un sourire puis les deux amants disparurent dans la forêt. Le reste de la bande retourna à l’intérieur pour prendre des nouvelles de Will. Djaq et Allan avaient terminé de le soigner. Ils les rejoignirent dans la partie « repas » du campement.
Petit Jean : « Ça va aller ? »
Djaq : « Oui, je pense. Il a une petite infection mais on l’a soigné à temps. Avec beaucoup de repos, il devrait aller mieux. Je lui referai un bandage avant de me coucher. »
Much : « Je vais lui préparer un bon bouillon pour ce soir. »
Djaq : « C’est gentil, Much. »
Much : « C’est normal. »
Djaq, regardant son frère : « Je vais aller cueillir des herbes pour Will. »
Much : « Je vais commencer à préparer à manger. »
Allan : « Je vais te donner un coup de main. »
Petit Jean : « Et moi, je vais voir si notre invité n’a besoin de rien. »
Djaq fit quelques pas vers la sortie en regardant Hassan. Celui-ci la suivit à l’extérieur. Ils marchèrent en silence jusqu’à ce qu’ils fussent assez loin du campement.
Hassan : « Alors c’est comme ça que tu vis ? »
Djaq : « Que reproches-tu à ma vie ? »
Hassan : « Tu vis seule, au milieu des bois, entourée de tous ces hommes ! Ce n’est pas digne d’une femme musulmane ! »
Djaq : « Ces hommes me traitent avec plus de respect que toi depuis qu’on s’est retrouvé !... Je fais partie de cette bande, Hassan, et j’œuvre pour une bonne cause. »
Hassan : « Celle des chrétiens !... Qui combattent notre peuple ! »
Djaq : « Robin ne combat plus en Terre Sainte… Il est de notre côté à présent. »
Hassan : « Je sais… Il m’a déjà parlé. »
Djaq : « Alors pourquoi refuses-tu de l’accepter ? »
Hassan : « Reviens avec moi… Chez nous… En Palestine. »
Djaq comprit aussitôt que son petit frère tenait encore à elle. Touchée, elle posa délicatement sa main sur sa joue.
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Djaq, émue : « Hassamomo… » |
Hassan : « Ce temps-là est bien loin, Safiyya. »
Djaq : « Pas si loin que ça… Je suis heureuse de te revoir… Nous croyions que tu étais mort. »
Hassan : « Je le croyais aussi. »
Djaq : « Je serai plus qu’enchantée de retourner chez nous mais ma place est ici. »
Hassan : « A cause de cet homme ? »
Djaq : « Robin ? »
Hassan : « Non, l’autre… Celui qui est blessé. »
Djaq, rougissant : « Je ne comprends pas. »
Hassan : « J’ai bien vu la manière dont tu le regardes et que lui te regarde… Même les autres se sont aperçus qu’il y avait quelque chose entre lui et toi. »
Djaq, baissant la tête : « Il s’appelle Will. »
Hassan : « Tu l’aimes ? »
Djaq : « Je te trouve bien indiscret… Cela ne te regarde en rien. »
Hassan : « Tu es ma sœur. »
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« Oui… Ta grande sœur… Et je pourrais encore te botter les fesses si cela s’avérait nécessaire. » |
Le frère et la sœur se regardèrent avec défi puis les deux jeunes gens éclatèrent de rire. Devant la stature imposante de son petit frère, Djaq paraissait plutôt fluette et il lui aurait été difficile de mettre sa menace à exécution. Mais par cette remarque, Hassan comprit qu’il avait retrouvé sa grande sœur aimante et bienveillante.
Hassan : « Je vois… Je n’ai pas mon mot à dire, alors ? »
Djaq : « Non ! Mais j’aimerais que tu lui donnes une chance. »
Hassan : « Une chance de quoi ? »
Djaq, passant ses bras autour du torse de son frère : « De te faire voir pourquoi je suis tombée amoureuse de lui. »
Elle l’étreignit. Vaincu, Hassan se laissa aller à ses émotions. Fou de joie d’avoir retrouvé sa grande sœur, il la serra dans ses bras pendant de longues minutes même si c’était loin de chez eux, en terre chrétienne.
Djaq, se défaisant de lui : « Raconte-moi ce qui t’es arrivé. »
Aussitôt, Hassan perdit son sourire.
Djaq, s’asseyant dans l’herbe : « S’il te plaît… Qu’est-ce que tu as fait après la mort de Djaq ? »
Apparemment, la douleur était toujours aussi vive pour Hassan. Il lui tourna le dos. Elle attendit qu’il trouve la force de s’ouvrir à elle.
Hassan, se retournant vers elle, les yeux embués de larme : « Djaq… Pourquoi te fais-tu appeler comme lui ? »
Djaq : « Pour ne pas l’oublier… Ainsi il reste toujours près de moi. »
Hassan baissa la tête.
Hassan : « Je me suis engagé pour lui ! »
Djaq : « Pour Djaq ? »
Hassan : « Oui… pour l’honorer… pour venger sa mort. J’ai cru que de le venger apaiserait ma souffrance. »
Djaq : « La vengeance n’apporte aucun réconfort, Hassan. »
Hassan, s’asseyant à côté de sa sœur : « J’ai fini par le comprendre… J’ai tué des chrétiens… en grand nombre tu peux me croire. Mais ma blessure ne cicatrisait pourtant pas. J’ai compris qu’en fait ma douleur provenait du fait que je n’avais jamais pu faire la paix avec mon frère. Alors je me suis dit qu’il fallait que je marche sur ses pas. Ainsi là où il est, il serait fier de moi et m’aurait pardonné toutes les méchancetés que je lui ai dites. Alors j’ai repris la cause qu’il défendait… Celui de défendre notre peuple contre les barbares. »
Djaq : « Tu te trompes… Djaq savait ce que tu l’aimais et que tu ne pensais pas ce que tu disais… Nous voulions simplement te protéger… Il est parti à la guerre en me demandant de veiller sur toi…. Et j’ai malheureusement échoué. »
Hassan : « Non, tu n’as rien à te reprocher… Nous y sommes pour rien. Tous ces malheurs proviennent de cette guerre que les chrétiens ont commencée ! »
Djaq : « Et qui va bientôt s’achever, Hassan… Le roi de ce pays est entrain de faire la paix avec Saladin… Je le sais car j’étais en Palestine, il y a quelques mois… Des pourparlers sont en cours. »
Hassan : « Mais les combats continuent… C’est trop long… pendant ce temps notre peuple souffre. »
Djaq : « Tout comme le peuple d’ici, Hassan. Et si tu avais tué le Prince Jean, les pourparlers auraient été compromis et la guerre aurait continué. »
Hassan : « Mais c’est long ! »
Djaq, mettant son bras sur ses épaules : « Je sais… Moi aussi, j’attends avec impatience la fin cette guerre. »
Hassan, moqueur : « Et en attendant, tu sillonnes la forêt de Sherwood avec ce Robin ! »
Djaq, souriant : « Oui… pour aider ce peuple en attendant le retour du Roi Richard qui mettra un terme, une bonne fois pour toutes, aux agissements de son frère et du shérif. Mais avant cela, il doit faire la paix avec Saladin. »
Hassan : « Tu y crois sincèrement ? »
Djaq : « Nous y croyons tous… Alors tu vois pourquoi le prince doit rester en vie ? »
Hassan hocha la tête.
Djaq, après un bref silence : « Que comptes-tu faire maintenant ? »
Hassan : « Retournez chez nous ! »
Djaq : « Pour y faire quoi ? »
Hassan : « La même chose que toi… Œuvrer pour la paix. »
Djaq : « Ce n’est pas dangereux pour toi de retourner là-bas ?... Tu n’as pas rempli ta mission… Ils pourraient te punir pour ça. »
Hassan : « C’est peu probable… Ce n’était pas une mission officielle… C’est mon commandant qui a parlé de moi à Nasir… Je ne sais pas d’où ils se connaissaient… Cela m’importait peu à l’époque de le savoir… Il me l’a fait rencontrer chez lui et m’a demandé si j’étais intéressé par cette mission… Il savait que je ferais tout pour mettre fin à cette guerre. C’est pour ça qu’il m’avait choisi. »
Djaq : « Je serais plus tranquille si tu te mettais au service du Prince Malik. C’est un homme de paix. »
Hassan, fronçant les sourcils : « Le neveu de Saladin ? »
Djaq : « Oui, il est venu ici et, par la grâce d’Allah, nous l’avons même aidé à échapper à un attentat. »
Hassan, se tournant vers sa sœur : « Cela te rassurerait ? »
Djaq : « Oui. »
Hassan, la regardant avec tendresse : « Dans ce cas, je le ferai. »
Djaq : « Tu me le jures ? »
Hassan : « Sur mon honneur. »
Djaq enlaça son frère, heureuse qu’ils aient fait la paix.
Hassan : « Tu peux t’en assurer par toi-même en venant avec moi ? »
Djaq, se défaisant de lui et sur un ton de reproche : « Hassan ! »
Elle lui fit les gros yeux comme lorsqu’il était petit et qu’elle devait le réprimander. Elle retrouva là le garçon espiègle qu’elle avait connu lorsqu’il était enfant. Cela lui réchauffa le cœur.
Djaq : « Nous devons rentrer. Il va faire bientôt nuit. »
Hassan : « Tu ne devais pas cueillir des plantes pour ton ami ? »
Djaq, confuse : « Euh oui… C’est vrai… Dépêchons-nous alors. »
Elle entraîna son frère dans la forêt à la recherche des plantes médicinales qu’elle utilisait dans ses potions. Elle apprécia énormément ce moment d’intimité avec son petit frère. Elle se serait crue chez elle en Palestine si elle ne déambulait pas dans une forêt humide et verdoyante. Elle eut un pincement au cœur lorsqu’ils durent retourner au campement. Il faisait presque nuit quand elle rentra au beau milieu d’une discussion, plutôt animée, entre Will et Allan. Apparemment, Will était réveillé et voulait absolument se lever.
Allan : « Djaq a dit que tu devais rester couché. »
Will : « Je veux prendre mon repas avec vous. J’en ai marre d’être allongé. »
Allan : « Tu n’es resté couché qu’une petite journée… Moi à ta place, j’en profiterais pour me faire dorloter encore un peu. »
Will : « Justement je ne suis pas comme toi, Allan ! »
Allan : « ça c’est pas très gentil. »
Will : « Tu sais bien ce que je voulais dire. »
Allan : « Reste couché… Je vais t’apporter ton bouillon. »
Will tenta de s’asseoir sur son lit.
Allan : « Non, tu ne…. »
Djaq allait intervenir mais son frère la devança.
Hassan, se plantant devant la couche du blessé : « Safiyya a dit que tu devais rester allongé ! »
Will, surpris : « Hassan ? »
Le sarrasin mit sa main sur le torse du jeune homme et le plaqua sur le lit.
Hassan, d’une voix autoritaire : « Tu dois obéir ! »
Il remonta la couverture sur Will. Ce dernier n’osa pas le défier et resta couché.
Allan siffla puis : « Quelle autorité ! »
Hassan tourna la tête vers lui.
Allan, s’empressant d’ajouter : « Euh… Je vais chercher le bouillon. »
Djaq sourit puis s’approcha des deux hommes de sa vie.
Djaq à Will : « Il a raison. Tu dois rester allongé… C’est pour ton bien. »
Allan, revenant avec le bol : « Et voilà… Monsieur est servi. »
Djaq, prenant le bol : « Je m’en occupe. »
Allan : « Ah bon… ben nous… on vous laisse. Tu viens Hassan ? »
Le sarrasin ne répondit pas et se contenta de regarder sa grande sœur avec un regard soupçonneux mais il suivit tout de même Allan. Ils rejoignirent le coin « repas » du campement.
Much : « Et Will ? »
Allan : « Oh il se fait dorloter par Djaq… Le veinard ! »
Much : « Tu en aurais fait autant, toi avec Annie ! »
Dès qu’il entendit le prénom de sa bien-aimée, Allan perdit momentanément le sourire. Il se rappela tout à coup qu’elle était partie pour un long voyage.
Changeant de sujet pour ne pas tomber dans la mélancolie, Allan, s’asseyant : « Où est Petit Jean ? »
Much, servant le bouillon dans un bol : « Il est parti apporter son repas à notre invité. »
Il donna un bol à Allan.
Allan : « Merci. »
Much à Hassan : « C’est du bouillon. Tu aimes ça ? »
Hassan hocha la tête. Much lui servit un bol et le lui donna.
Hassan, s’asseyant à son tour : « Merci. »
Petit Jean les rejoignit.
Allan : « Comment va le prince ? »
Petit Jean, s’asseyant à côté d’Hassan : « Il se plaint comme toujours…. [A Much] Merci. »
Much se servit à son tour.
Petit Jean : « On n’attend pas Robin ? »
Much, plongeant sa cuillère dans son bol : « Oh non… Il est parti à Knighton alors il en a pour un bon moment... Si vous voyez ce que je veux dire. »
Une voix masculine, provenant de la porte : « Non… Moi, je ne vois pas ! »
Much sursauta et faillit s’étrangler avec le bouillon.
Much : « Maître ?... Vous êtes déjà de retour ? »
Robin, les rejoignant : « Tu sembles déçu ? »
Much : « Non… non mais je pensais que… »
Allan : « Bah… Arrête de penser, ça te réussit pas. »
La bande sourit.
Much : « Très drôle. »
Allan : « Mais c’était pour rire, Much. »
Much : « Tu as un curieux sens de l’humour, mon pauvre ami. »
Allan : « Nous n’avons pas le même, voilà tout. »
Much : « ça tu l’as dit et je… »
Robin, le coupant : « Much ?... [Pointant son bol] C’est seulement sur invitation ou je peux en avoir, moi aussi ? »
Much : « Oh pardon maître… Non attendez… Je vais vous en donner. »
Il prit un bol, le remplit et le donna à Robin.
Robin : « Je te remercie. »
Petit Jean : « Quand allons-nous être débarrassés de notre invité ? »
Robin, souriant : « Dès demain matin… »
Djaq rejoignit le reste de la troupe et s’assit à côté d’Hassan.
| « Et Will ?… Comment va-t-il ? » | ![]() |
Djaq, recevant un bol de la part de Much : « Merci… Il devrait aller mieux dans quelques jours. Il devra garder le lit pendant quelques temps mais ça ira. »
Robin : « Tant mieux. »
Djaq : « Et pour le prince ? Tu comptes t’y prendre comment pour le rendre au shérif. »
Robin, souriant : « J’y ai bien réfléchi et notre petite escapade au carrefour du Pendu m’a donné une idée… »
Il exposa alors son plan au reste de la bande pendant qu’ils finissaient leur repas puis répondit à toutes leurs questions.
Much, souriant : « J’aimerais bien voir la tête du shérif quand il le verra ! »
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« Ouais mais il va falloir opérer avant l’aube si on ne veut pas se faire prendre… Hassan ? Tu marches avec nous ? » |
Hassan : « Tu peux compter sur moi ! »
Robin : « Bien… Dans ce cas, nous ferions mieux d’aller nous coucher tout de suite… Réveil avant l’aube ! »
Tout le monde hocha la tête et se prépara à aller se coucher.
Robin : « Much, tu t’occupes de la couche d’Hassan ? »
Much : « Oui… Bien sûr. »
Alors que Much s’occupait du lit du sarrasin, Petit Jean et Allan rangèrent la cuisine et Robin accompagna Djaq au chevet de Will.
Djaq, s’agenouillant : « Je vais te faire un bandage pour la nuit. »
Will manifesta son accord en soulevant le drap. Djaq commença à préparer son bandage et les ingrédients pour l’onguent qu’elle appliquera sur la blessure.
Robin : « Will… Nous devrons partir tôt demain matin… Nous allons devoir te laisser seul ici. »
Will : « Je pourrais peut-être venir avec vous ? »
Robin : « Je crains que ce soit encore un peu trop tôt. »
Will, déçu : « Très bien… Comme tu veux. »
Robin : « On va juste rendre le prince au shérif… On sera sûrement de retour avant que tu ne te réveilles. »
Will : « Entendu. »
Robin : « Parfait… [Clin d’œil à Djaq] Tu t’occupes bien de lui ?... Je compte sur toi ! »
Djaq, avec le sourire : « Tu peux compter sur moi ! »
Souriant, il laissa les deux amoureux ensemble. La jeune femme nettoya la blessure au savon puis y apposa un onguent cicatrisant avant de faire un bandage bien serré autour de l’abdomen du blessé.
Djaq, lui tendant une tunique : « Voilà, c’est fini… Je t’embêterai plus aujourd’hui. »
Will, reconnaissant : « Merci, Djaq. »
Djaq, étonnée : « Elle est à toi cette tunique ? »
Will : « Non. C’est celle d’Allan… Il me l’a prêté car il a pris les miennes pour en faire des bandages. »
Djaq : « Je vois… Ben maintenant on saura quoi t’offrir à ton prochain anniversaire. »
Il prit sa tunique et sa main toucha celle de Djaq. Troublés, les deux jeunes gens se regardèrent dans les yeux sans échanger un seul mot. Will, appuyé sur son coude, s’avança lentement vers elle. Djaq en fit autant. Elle posa sa main sur l’épaule nue du jeune homme et sans se soucier de savoir si on les observait, les deux amants s’embrassèrent. Tout à coup, ils réalisèrent qu’ils étaient au campement et se séparèrent brutalement.
Djaq, se levant : « Euh… Bonne nuit, Will ! »
Puis elle se dirigea vers les lits des autres hors-la-loi.
Will, la suivant du regard : « Bonne nuit, Djaq ! »
Il enfila sa tunique malgré la douleur que cela lui causait puis se recoucha en repensant à ce délicieux moment ; même si celui-ci n’avait duré que quelques secondes. Will ayant pris son lit, la jeune femme se coucha dans celui du blessé avec les autres hors-la-loi. Visiblement personne n’avait remarqué le baisé échangé entre les deux amoureux. Tout le monde s’affaira à se mettre au lit. Elle en fit autant mais son regard se porta sur son frère qui, depuis son lit improvisé sur le sol, la regarda en souriant. Gênée, elle s’empressa de se mettre au lit. Hassan se tourna sur le côté, amusé de l’attitude de sa grande sœur. Puis, un à un, les hors-la-loi s’endormirent.
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CHAPITRE XIV
« TU M'AS DEÇU MON AMOUR…
POURQUOI EST-CE QUE TU AS FAIT ÇA ? »
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vant l’aube… |

Il faisait encore nuit noire lorsqu’Allan se réveilla en sursaut, assailli par un mauvais pressentiment. Il scruta les alentours mais n’entendit que la respiration sereine des dormeurs autour de lui. Il referma les yeux lorsqu’il ressentit une main se poser délicatement au milieu de sa poitrine. Il rouvrit aussitôt les yeux en se mettant sur ses coudes.
Allan, étonné : « Annie ? »
Assise sur son lit, la jeune femme, éclairée par une lumière blanche semblant venir d’ailleurs, avait une main posée sur son torse et le fixait avec un regard désolé.
Allan, ébahi : « Annie ?... Tu es revenue ? »
Annie, calmement : « Pourquoi est-ce que tu as fait ça ? »
Allan : « Fais quoi ?... Je ne comprends pas. »
Il voulut se relever mais la main d’Annie sembla le clouer sur place.
Annie, avec un regard triste : « Tu m’as déçu mon amour ! »
Allan, inquiet : « Déçu ?... Mais pourquoi ? J’ai rien fait ? »
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« Pourquoi est-ce que tu as fait ça ? » |
Elle retira sa main, se releva et recula tout en le fixant d’un regard désolé.
Annie : « Robin te faisait confiance… Ils te faisaient tous confiance, Allan. Pourquoi est-ce que tu as fait ça ? »
Allan, s’énervant : « Mais je ne comprends pas… Annie ?… De quoi est-ce que tu parles ? Dis-moi… Annie ? »
La jeune femme tourna la tête vers la porte du campement.
Annie : « Ils te faisaient pourtant tous confiance… Tu m’as déçu mon amour…. Pourquoi est-ce que tu as fait ça ? »
Allan : « Mais fait quoi ? »
Tout à coup, les hommes du shérif envahirent le campement.
Voulant sortir du lit, Allan, terrorisé : « ROBIN ! »
Deux gardes le plaquèrent durement sur le lit.
Allan : « Annie ! Sauve-toi ! »
Mais les soldats ne semblèrent pas la voir. Ils passèrent même à travers elle.
Annie, continuant de répéter inlassablement : « Pourquoi est-ce que tu as fait ça ?... »
Allan, se débattant : « Je n’ai rien fait, Annie !… Je te jure ! »
Soudain, Gisborne sortit de l'ombre et marcha lentement vers Allan.
| Gisborne, souriant : « Ben voyons… Mais c’est grâce à toi, si on est là ! » | ![]() |
Allan, tenu fermement sur le lit : « NON…. NON… »
Annie : « Pourquoi est-ce que tu as fait ça ?... »
Les autres hors-la-loi se jetèrent sur leurs armes mais trop tard. Trois gardes maitrisèrent Petit Jean et l’amenèrent devant Gisborne.
Appuyant son épaule contre le poteau au niveau de la tête de lit d’Allan, Gisborne à Allan : « Tes amis vont mourir… et par ta faute ! »
Allan : « NON… NON… »
Annie : «… Pourquoi est-ce que tu as fait ça ?… Tu m’as déçu mon amour... »
Petit Jean, furieux, voulant s’en prendre à Allan : « TRAITRE ! »
Allan, se débattant : « JEAN ? NON… NON, CE N’EST PAS MOI ! JE N’AI RIEN DIT… JE N’AI JAMAIS RIEN DIT ! »
Sans crier gare, un soldat enfonça son épée dans le ventre de Petit Jean.
ALLAN, choqué : « JEAN ! »
Le colosse s’effondra sur le sol.
Annie, imperturbable : «… Pourquoi est-ce tu as fait ça ?... »
Allan : « ANNIE… Ce n’est pas moi ! Ce n’est pas moi ! »
Gisborne : « Bien sûr que si… C’est toi qui m’as amené jusqu’ici. »
Allan : « Non… Non… C’est pas vrai ! »
Annie : «… Tu m’as déçu mon amour. »
Pendant ce temps, les soldats tentèrent d’extraire Djaq de son lit mais elle se débattait comme une tigresse. Finalement, les gardes eurent raison de la fureur de la jeune femme et l’amenèrent devant Gisborne.
Djaq, regardant Allan : « Pourquoi ?... Tu es pourtant quelqu’un de bien Allan de Dale ! Alors pourquoi ? »
Allan, ne pouvant pas bouger : « Ce n’est pas moi !... Ce n’est pas moi ! Je te jure ! »
Annie : «… Pourquoi est-ce que tu as fait ça ? »
Gisborne, jouant avec des pièces de monnaie : « Mais pour l’argent bien sûr. »
Allan, se débattant furieusement : « NON… Ce n’est pas vrai ! »
Soudain, les yeux de Djaq se figèrent. La pointe d’une épée dépassa de sa poitrine. Un garde venait de la transpercer avec son arme. Allan, horrifié, hurla de terreur. Elle s’écroula sur le sol à côté de Petit Jean. Will se précipita sur elle.
Will, en larmes, tenant Djaq dans ses bras : « Pourquoi ?... T'as délibérément trahi tous tes amis !... POURQUOI ?... Pour de l’argent ? »
Allan : « NON… NON… CE N’EST PAS MOI ! »
Annie : «… Pourquoi est-ce que tu as fait ça ?... »
Fou de rage, Will se précipita sur Allan mais il n’eut pas le temps de l’atteindre. Un soldat le transperça avec son épée. Son corps tomba sur celui de Djaq. Devant les corps inanimés de ses compagnons, Allan, en état de choc fondit en larmes.
Annie : «… Tu m’as déçu mon amour… Pourquoi est-ce que tu as fait ça ? »
Puis les soldats amenèrent Robin et Much devant leur maître.
Robin, se débattant : « Ce n’est pas fini Gisborne... »
| « Oh si ! C’est terminé pour toi, Locksley… Tu vas mourir et Marianne sera mienne, et ce [Il pointa Allan du doigt] grâce à ton ami… » | ![]() |
Gisborne aux soldats : «… Emmenez-le dehors ! Le shérif veut le pendre lui-même. »
Le shérif, de l’extérieur : « Hou ! Hou ! Robin ! »
Emmené par les soldats, Robin, furieux à Allan : « On se retrouvera en enfer, Allan ! »
Le soldat, tenant Much : « Et pour lui ? »
Gisborne : « Qu’il partage le même sort que son maître. Il lui restera ainsi fidèle jusqu’au bout. »
Gisborne tapota les joues de Much qui se débattit furieusement.
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Gisborne : « Emmenez-le ! » |
Furieux, Much à Allan : « Trahir tes amis pour quelques misérables piécettes ! »
| Allan, hochant négativement la tête, incapable d’émettre le moindre son : « Non… » | ![]() |
Annie : «… Pourquoi est-ce que tu as fait ?... Tu m’as déçu mon amour… »
Annie se retourna et quitta tranquillement le campement sans un regard pour Allan.
Allan : « NON ! ANNIE ! NE PARS PAS ! REVIENS !... C’EST PAS MOI ! JE TE JURE !... CE N’EST PAS MA FAUTE ! »
Puis la jeune femme s’évapora.
Gisborne : « Elle est partie, Allan… Parce qu’elle ne voulait pas d’un traître comme toi comme compagnon. »
Allan, terrorisé : « NON !... ELLE VA REVENIR !... ANNIE ?... ANNIE ? »
Gisborne : « Mais toi, tu ne seras plus là ! »
Allan : « Quoi ? »
Gisborne : « Eh oui… Maintenant que tes amis sont morts, je n’ai plus besoin de toi. »
Allan : « Non !… Guy… Attendez ! »
Gisborne : « Mais on ne peut pas attendre, Allan… Tu as un rendez-vous… »
Allan, ne comprenant pas : « Un rendez-vous ? »
Gisborne : « Avec Robin… »
Allan, perdu : « Avec Robin ? »
Puis sans avertissement, il prit son épée à deux mains.
Gisborne, enfonçant brutalement son épée au milieu de la poitrine d’Allan : «… en Enfer ! »
Fermant les yeux, Allan, se tordant de douleur : « NOOOOOOOOOOOOOOOOOOON ! »
Puis il ouvrit les yeux pour reprendre de l’oxygène. A sa grande surprise, il respirait encore. Haletant et en sueur, il regarda autour de lui. Contrairement à la lumière forte qui régnait lorsque les gardes avaient investi le repaire, le campement baignait dans une demi-pénombre. Une faible lumière jaunâtre traversait le rideau délimitant le coin « repos » du reste du campement. En état de choc, il ne vit plus ni Gisborne, ni les corps de ses compagnons sur le sol. Il passa la main sur son torse.
Retombant sur son lit et soufflant : « Oh !... Ce n’était qu’un cauchemar ! »
Le rideau se souleva et une ombre s’approcha du lit d’Allan.
Une voix masculine : « T’es enfin réveillé ? »
Allan sursauta et se mit sur ses coudes.
Allan, inquiet : « Qui est là ? »
La voix : « Ben c’est moi… Much ! »
Il s’avança et s’assit sur le lit.
| « Ben qu’est-ce qui t’arrive ? T’as pas l’air bien ? » | ![]() |
Allan, s’asseyant sur son lit : « Euh non… Non. Non… Ça va. Où sont les autres ? »
Much : « Tout le monde est déjà levé sauf Will qui dort encore… C’est pour ça qu’il ne faut pas parler trop fort… On a essayé de te réveiller mais on n’y arrivait pas. »
Allan, se frottant le visage : « Ah !... J’ai pas très bien dormi. »
Much, regardant attentivement son ami : « On dirait ! »
Allan lui sembla agité. Il cherchait quelque chose.
Allan : « T’as pas vu ma tunique ? »
Much, se penchant : « Si… Elle est par terre. »
Il la ramassa et lui redonna.
Allan, se levant : « Merci. »
Le rideau se leva et la lumière envahit le coin « repos » indisposant Allan. C’était Robin qui venait voir où ils en étaient.
Robin : « Enfin réveillé ? »
Allan, gêné par la lumière : « Oui… J’arrive. »
Il enfila sa tunique.
Robin : « Dépêche-toi car on a un rendez-vous ! »
Allan se figea.
![]() |
« Quoi ?... Qu’est-ce que t’as dit ? » |
Robin : « J’ai dit… qu’on avait un rendez-vous. »
Allan, anxieux : « Un rendez-vous ?... Où ça ? »
Much : « Ben à Nottingham !… T’as oublié qu’on devait rendre le Prince Jean au shérif ou quoi ? »
Allan : « Oh !... Le Prince Jean !... Oui, c’est vrai… J’avais oublié. »
Robin secoua la tête devant l’inattention de son compagnon puis s’en retourna auprès du reste de la bande.
Much, lui donna une tape amicale sur l’épaule : « Ben dis donc… T’es pas du matin, toi ! »
Puis il suivit Robin. Allan enfila son pantalon et ses chaussures. Puis, avant de passer derrière le rideau, il se retourna et fixa l’endroit où il avait vu tombé ses compagnons.
Allan : « Non… Je ne suis pas du matin. »
Il frissonna d’effroi puis rejoignit ses amis autour du foyer qui baignait dans une rassurante lumière chaude.
Much, annonçant Allan : « Voilà la marmotte. »
Allan, timidement : « Bonjour tout le monde. »
Djaq à Much : « Pour une fois que c’est pas toi à qui on doit verser un sceau d’eau sur la tête pour le faire sortir du lit. »
Much, moqueur à Allan : « T’as de la chance… J’étais prêt à te le faire. »
Il lui tendit son petit-déjeuner. Mais Allan semblait ailleurs. Il ne répondit pas. Il n’arrivait pas à sortir de sa tête les atroces images de son cauchemar.
Djaq : « Tu ne te sens pas bien ? »
Robin : « C’est la mission de ce matin qui te préoccupe ? »
Allan, peu convaincant : « Oui… Un peu. »
Much : « Pour une fois, je partage son avis. Maître ?… Rappelez-nous comment on va s’y prendre ! »
Robin : « Jean et Allan vont se faire passer pour des commerçants en prenant le chariot à l’intérieur duquel nous aurons caché le prince. »
Much : « Mais à cette heure-ci, les portes de la ville seront fermées ? »
Robin : « Non… Ils les ouvrent de bonne heure pour que les marchands apportent leurs produits aux commerçants de la ville. »
Djaq : « Tu le saurais si tu te levais plus tôt le matin. »
Robin : « Nous aurons donc aucun problème pour passer. »
Petit Jean : « Mais il risque d’y avoir du monde devant le château. »
Robin : « Je ne crois pas… Les saltimbanques sont encore sur la place du marché. Les commerçants n’ont pas encore ré-ouvert leurs échoppes. Normalement, nous devrions être tranquilles si on ne fait pas de bruit. »
Tout le monde se tourna vers Much.
Much : « Très amusant ! »
Allan : « Et la sentinelle ? »
Robin, désinvolte : « On s’en débarrasse vite fait ! »
| « Ben voyons ! On s’occupe des gardes… On dépose notre colis et on s’en va. » | ![]() |
Robin, souriant et lui tapant sur l’épaule : « T’as tout compris, mon cher Much !... Mais il nous faut partir tout de suite. »
Petit Jean, se relevant : « Je m’occupe du chariot. »
Much : « Je vais t’aider. »
Djaq : « Je vais préparer la potion et je vous rejoins. »
Allan ne prononça pas un mot et continua de boire son bouillon. Il ne resta bientôt plus que lui et Djaq. Un silence pesant envahit alors le campement.
Allan : « Et Will va se retrouver tout seul ? »
Djaq : « Il dort… Il ne s’apercevra même pas qu’on est parti. »
Allan continua de prendre son repas.
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Tout en s’affairant à écraser des baies dans une coupelle pour sa potion somnifère, Djaq regarda attentivement Allan. |
Elle sentit que quelque chose le tourmentait.
Djaq : « Tu as mal dormi ? »
Allan : « Non… Qu’est-ce qui te fait dire ça ? »
Djaq : « Much nous a dit que tu as parlé durant ton sommeil. »
Allan s’arrêta un bref instant avant de reprendre une gorgée de son petit-déjeuner.
Djaq : « Tu appelais sans cesse Annie. »
Allan baissa le regard puis reprit son petit déjeuner.
Djaq : « Il a dit aussi que t’arrêtais pas de dire ‟Non, ce n’est pas moi″. »
Allan reposa le bol en soufflant bruyamment.
Allan : « Much parle beaucoup trop ! »
Djaq : « Il s’inquiète pour toi, c’est tout. »
Allan, se levant : « Mais bon sang, lâchez-moi un peu ! »
Djaq, surprise : « Mais pourquoi est-ce que tu réagis comme ça ?... On veut simplement t’aider, c’est tout. »
Allan : « Oh excuse-moi… C’est que… J’ai pas beaucoup dormi cette nuit… et c’est vrai que le départ d’Annie m’a plus affecté que je ne l’avais cru. »
Djaq : « Tu recommences à faire des cauchemars ? »
Allan la fixa sans répondre.
| Puis il se tourna vers la porte du campement pour voir si quelqu’un pouvait les entendre. | ![]() |
Allan : « Oui… Mais je comprends pas… J’en faisais plus depuis un petit moment et là, ça recommence. »
Djaq : « Depuis le départ d’Annie ! »
Allan : « Tu crois qu’il y a un rapport ? »
| « Bien sûr… Les rêves nous révèlent nos peurs les plus profondes. » | ![]() |
Allan, se rasseyant : « Mais cela n’a pas de sens car… Je rêve qu’Annie me quitte parce qu’elle me reproche… »
Il baissa la tête.
Djaq : « Quoi ? »
Allan baissa d’un ton et lui raconta en détail son cauchemar.
Allan : «… C’est vrai que ma plus grande peur, lorsque j’étais au service de Gisborne, c’était qu’il découvre l’emplacement du campement. »
Djaq, moqueuse : « Robin avait la même crainte. »
Allan : « Tu m’aides pas là ! »
Djaq : « Désolée… Pour en revenir à ton cauchemar… Je pense que le départ d’Annie a réveillé ta plus grande peur et c’est une bonne chose. »
Allan : « Ah oui ? »
Djaq : « Oui… Cela permet de te rappeler tout le chemin que tu as parcouru… Dans un certain sens, la présence d’Annie te confortait dans le choix que tu as fait de revenir parmi nous. Elle te rappelait les raisons qui t’ont poussé à revenir vers nous… »
Allan, grimaçant et sceptique : « Ah oui ? »
Djaq : «… Euh… Cela te rassurait en quelque sorte sur le choix que tu as fait de revenir dans la bande. »
Allan : « Et maintenant qu’elle est partie, tu crois que j’en doute ?... Pourtant, je ne veux pas retourner auprès de Gisborne. Je t’assure ! »
Djaq : « J’en suis sûre mais c’est simplement ton inconscient qui te rappelle pourquoi tu es revenu vivre avec nous en te faisant revivre ta peur la plus profonde ; celle que tu avais lorsque tu étais au service de Gisborne. »
Allan, sceptique : « C’est plutôt tordu comme explication. »
Djaq : « Nos savants ont beaucoup étudié les rêves et leurs significations mais si tu ne me crois pas tant pis ! Interprète-les comme tu veux ! »
Allan, peu convaincant : « Non. Non. Je te crois. En tout cas, ça ne veut pas dire que je vais trahir la bande dans un proche avenir et qu’Annie va me quitter, n’est-ce pas ? »
Djaq, souriant : « Mais non. Rassure-toi. »
Allan : « T’es sûre ? »
Djaq : « Absolument. »
Allan, rassuré : « Bon… Tant mieux. Je suis soulagé ! »
Il avala alors d’une seule gorgée le reste de son bol puis il le reposa sur la table.
Djaq, souriant : « Tous les mêmes ! »
Elle termina sa potion et rejoignit le reste de la bande se trouvant près de la cage du prisonnier.
Djaq, tendant un gobelet à Robin : « La potion est prête. »
Prenant le gobelet, Robin à Petit Jean : « Jean, ouvre-moi la porte. »
Le Prince Jean : « Qu’est-ce que c’est ? »
Much, en souriant : « C’est du sirop de fraises ! »
Le Prince Jean, méfiant : « Il n’est pas question que je boive ceci ! »
Much : « Vous avez tort, c’est excellent pour la santé ! »
Robin : « Vous voulez rentrer chez vous, n’est-ce pas ? »
Le Prince Jean : « Mais pas à n’importe quel prix ! J’ai ma dignité, moi, monsieur ! »
Robin, souriant et moqueur : « Votre dignité… [Sérieux] Ecoutez… Soit vous buvez sagement ce breuvage et vous rentrerez chez vous sain et sauf. Soit votre dignité sera le dernier de vos soucis !... Jean ? »
Petit Jean s’avança dans la cage. Après un petit moment de réflexion, le Prince Jean, comprenant que son intégrité physique risquait très compromis s’il ne buvait pas la potion, consentit à obtempérer.
Le Prince Jean : « Hum !... Des menaces… Ce n’est pas digne du rang que vous occupiez ! »
Le Prince Jean porta le gobelet à ses lèvres.
Robin : « La trahison, non plus. Mais cela ne vous empêche pas de la pratiquer au quotidien ! »
Le prince encaissa la remarque sans répliquer. Il but une gorgée de la potion de Djaq.
Djaq : « Il faut tout boire ! »
Le Prince Jean, pour lui-même : « Hein !... On ne m’aura rien épargné ! »
Much, souriant : « Et vous n’avez encore rien vu ! »
Il but le reste de la potion.
Le Prince Jean, dédaigneux : « Ce qui signifie ? »
Mais soudain, le prince battit des paupières, vacilla sur ses jambes et tomba dans les bras de Petit Jean.
Robin, ouvrant la porte pour laisser passer Petit Jean : « C’est bon, Allons-y ! »
Petit Jean transporta le prince jusqu’au chariot.
Robin : « Il devrait dormir combien de temps ? »
Djaq : « Environ deux heures. »
Robin : « Parfait… Cela nous laissera suffisant de temps ! »
Les hors-la-loi recouvrirent le prince de fourrage.
Robin : « Jean, Allan vous conduiraient le chariot… Nous, on y va à pied. »
Les deux hommes hochèrent la tête et grimpèrent sur le chariot. Much referma la porte du campement et rejoignit la troupe qui mit le cap sur Nottingham.
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Quelques minutes plus tard…

Le chariot conduit par Petit Jean et Allan arriva à l’entrée de la ville gardée par deux soldats. Robin et Much, munis chacun d’une torche l’escortèrent à pied de chaque côté ; Djaq et Hassan marchant derrière eux. A l’exception d’Allan et de Petit Jean, les hors-la-loi portaient tous leur manteau à capuche.
Le soldat, les arrêtant : « Hé là ! Vous arrivez drôlement tôt ! »
Allan : « L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt, mon ami ! »
Le soldat : « Ouais… Bien sûr ! »
Allan : « Notre client veut son fourrage pour ses bêtes avant l’aube pour l’ouverture du marché. »
Le soldat, regardant le contenu du chariot : « Du fourrage ? C’est ce que tu vends ? »
Allan : « Pour sûr ! Et c’est de la bonne qualité ! Vous n’en trouverez pas de meilleur dans tout le comté ! »
Le soldat, pointant Robin : « Ouais. Ouais… Et eux c’est qui ? »
Allan : « Eux ?… Ce sont nos apprentis… »
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«… Mon associé et moi devons satisfaire tant de clients qu’on n’a pas assez de nos deux bras. » |
Le soldat, regardant son collègue : « Je vois… [A Allan] Trois sous pour le droit de passage ! »
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« Hé mais c’est du vol autorisé ! » |
Petit Jean, mal à l’aise, tout à bas : « Allan ! »
Le soldat, en souriant : « T’as les moyens… pour avoir tous ces apprentis qui font le travail à ta place ! »
Les deux gardes rirent.
| Petit Jean, tout bas : « Paie-le ! » | ![]() |
Allan fouilla dans sa poche et en sortit trois sous.
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Allan : « Tenez ! » |
Le soldat, prenant l’argent et moqueur : « Merci mon brave. »
Petit Jean n’attendit pas que le garde lui dise d’avancer. Il fouetta le cheval et le convoi entra dans la ville. Quelques minutes plus tard, ils arrivèrent devant l’entrée du château, forcément fermée à cette heure matinale. La place du marché était silencieuse. Les saltimbanques, encore présents dans la ville, dormaient tous à point fermé dans leur roulotte.
Robin à voix basse : « Il faut s’occuper des gardes. Jean, Much, de ce côté !... Djaq, Hassan par là. »
Les hors-la-loi se cachèrent dans la pénombre de chaque coté de l’entrée. Robin resta au milieu et frappa à la porte. Il attendit quelques instants puis recommença l’opération. Le soldat de garde ouvrit le judas.
Le garde : « Qu’est-ce que c’est ? »
Robin ne répondit pas et cogna de nouveau à la porte.
Le garde : « Qui va là ? »
Robin frappa de nouveau. Agacé, le soldat finit par entrouvrir la porte. Ne voyant qu’une ombre silencieuse se tenir devant lui, il s’avança pour identifier l’individu avant de refermer la porte derrière lui.
Le garde : « T’es sourd ?... J’ai dit qui va là ? »
Robin, la capuche rabaissée sur sa tête, resta sans bouger.
Le garde, faisant un pas vers lui : « Hé ! Mais t’es sourd, ma parole ? »
Soudain, une main s’abattit sur sa bouche et il fut violemment tiré par derrière. Puis un bruit sourd se fit entendre. Petit Jean venait de l’assommer.
L’autre garde à l’intérieur : « Oliver ?... Alors c’était qui ? »
Robin frappa de nouveau à la porte sans dire un mot. L’autre soldat intrigué passa sa tête pour voir ce qui se passait.
Le soldat : « Oliver ? »
Il s’avança prudemment vers le visiteur. Malheureusement pour lui, il subit le même sort que son collègue. Il se retrouva assommé par Hassan. Robin referma la porte afin que les autres gardes à l’intérieur du château ne se doutent de rien.
Robin, tout bas : « C’est bon… Amenez-le par ici… Jean, la corde ! »
Petit Jean lui tendit la corde avec laquelle ils avaient ligoté le Prince Jean toujours endormi. Robin leva la tête et lança la corde en l’air…
Quelques minutes plus tard…
Robin, souriant : « Hé. Hé. Hé… C’est bon, on s’en va ! »
Much, souriant : « Oh ce que j’aimerais bien voir la tête du shérif quand il va voir ça ! »
Robin : « Oh mais tu la verras ! »
Much : « Pardon ? »
Robin : « On va devoir attendre qu’il y ait un peu plus de monde dans les rues avant de retourner chez nous. En attendant, on va emmener le cheval chez Wayne. »
Les hors-la-loi quittèrent la place le plus discrètement possible.
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Très tôt, le lendemain matin…

Le shérif en robe de chambre arpentait déjà les couloirs.
Le shérif, mécontent : « Que signifie tout ce tapage ! Il n’y a donc pas moyen de dormir en paix ! »
Il arriva sur le perron.
Le shérif à un garde passant par là : « Qui fait donc tout ce boucan ? »
Le garde : « Il semblerait que ce soit la population à l’extérieur, Monseigneur. »
Le shérif : « Mais que font-ils ? »
Le garde : « Il jette des fruits pourris sur un pantin, Monseigneur. »
Le shérif, étonné : « Quoi ?... Arrêtez-moi ça immédiatement ! »
Le garde : « C’est que… nous n’arrivons pas à sortir, Monseigneur. »
Le shérif regarda vers les portes grandes ouvertes et vit plusieurs soldats tenter de déplacer un chariot qui avait été placé en travers.
Le shérif : « Mais allez chercher du renfort ! »
Le garde : « Oui, Monseigneur. »
D’autres soldats arrivèrent.
Le shérif : « ALLEZ. ALLEZ. DEPECHEZ-VOUS ! OTEZ-MOI CE CHARIOT DE LA ! METTEZ-Y LE FEU S’IL LE FAUT, MAIS VIREZ-MOI ÇA DE LA ! »
Grâce à l’appui de renfort, les soldats débloquèrent le passage. Le shérif se précipita à l’extérieur.
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« BANDE DE FAINEANTS ! VOUS N'AVEZ DONC RIEN DE MIEUX A FAIRE ? » |
La foule, composée essentiellement de saltimbanques, se dispersa aussitôt.
| Le shérif se retourna vers le mannequin et remarqua tout de suite qu’il s’agissait d’un homme en chair et en os. | ![]() |
Le shérif : « Descendez-moi cet imbécile de là et mettez-le au cachot ! »
Le garde : « Oui, Monseigneur. »
Un garde coupa la corde qui le maintenait dans les airs. L’homme tomba durement à terre.
| « Qui es-tu ? » | ![]() |
Tout en se relevant, l’homme marmonna quelques mots incompréhensibles, indisposant d’avantage le shérif.
Le shérif, énervé, enlevant le sac de toile recouvrant la tête du pantin : « Qu’est-ce qu’il y a ? Tu as perdu ta langue ou tu es l’idiot du village ? »
Soudain, le visage du shérif se décomposa.
Le shérif, pris au dépourvu : « Votre Altesse ? »
« Le pantin » ne pouvait pas répondre puisque les hors-la-loi l’avaient bâillonné.
Le shérif, retirant le bâillon : « Oh ! Pardonnez-moi, Sire… Je ne vous avais pas reconnu… [Aux deux soldats tenant le Prince] Coupez ses liens, espèces d’idiots ! »
Un des gardes s’exécuta. Le Prince Jean se débarrassa de ses liens ainsi que d’une planchette de bois que les hors-la-loi avait pendu dans son dos.
Le Prince, retournant vers la porte : « S’il y a un idiot ici, shérif, cela ne peut être que vous ! »
Le Shérif : « Mais Votre Altesse… »
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Offensé, le Prince, s’arrêtant : « Je n’ai jamais subi une telle humiliation de toute ma vie et je vous en tiens pour seul responsable, shérif… » |
Le Prince Jean, poursuivant : «… Vous ainsi que l’ensemble de cette ville… Non seulement, vous m’avez mal protégé mais cette ville collabore avec une bande de criminels notoires… Et je vous jure que vous allez me le payez, shérif, cher… très très cher… Nottingham devra débourser jusqu’à son dernier penny ! »
Le shérif : « Mais Sire… Rappelez-vous… C’est vous qui avait dit… »
Le Prince Jean : « Plaît-il ?... Tout ceci est de votre faute !... Je pars sur le champ… Je ne resterai pas une minute de plus ici. »
Le Prince Jean se dirigea vers le château en gardant la tête haute.
| Le shérif, frappant la tête du soldat près de lui : « Un pantin, hein ? » | ![]() |
Puis il courut rejoindre le Prince.
Le shérif : « Mais Votre Altesse… Je vous assure que j’ai tout tenté pour vous libérer de cette bande de criminels…. »
Le garde, se frottant le crâne : « Hé ? »
C’est alors qu’il vit la planchette en bois qui avait été suspendue dans le dos du « pantin ». Il la ramassa et remarqua qu’en dessous d’une inscription, une flèche pointant vers le fessier du Prince Jean avait été dessinée sur la planche de bois.
Le garde, lisant : « Visez ici. »
Cela fit sourire le soldat. Mais celui-ci n’était pas le seul à trouver la situation cocasse. A l’autre bout de la place, dans une petite ruelle en face de l’entrée du château, les hors-la-loi avaient observé toute la scène en riant aux éclats.
Much, souriant à plein dents : « Je suis fier de mon petit écriteau. »
Allan : « Ouais je dois dire que j’aurais pas fait mieux ! »
Djaq : « Le Prince Jean aura au moins reçu une leçon d’humilité. »
Petit Jean, perdant son sourire : « Oui mais j’espère que le shérif sera le seul à en pâtir. »
Robin : « T’en fais pas. Nous serons là pour y veiller. »
Allan à Hassan : « Alors mon grand… Tu vois à présent le travail que nous faisons. »
Hassan avait souri à la plaisanterie des hors-la-loi mais il n’en avait pas vu l’utilité.
Robin : « Ce n’est pas notre travail… enfin pas uniquement… Nous te montrerons ce que nous faisons ce matin et j’espère que tu comprendras mieux pourquoi Djaq nous a rejoints dans notre combat. »
Hassan : « Je ne demande pas mieux. »
Djaq : « Dans ce cas, il faut retourner au campement. »
Petit Jean : « Nous avons une livraison à faire ce matin. »
Djaq : « Et Will doit s’inquiéter de ne pas nous voir arriver. »
Robin, souriant : « Alors on y va ! »
Puisque le chariot était maintenant aux mains du shérif et le cheval entre ceux de Wayne, les hors-la-loi retournèrent à pied au campement en se faufilant parmi la foule venue assister à la dernière représentation des saltimbanques.
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CHAPITRE XV
« C’EST GENTIL MAIS IL EST TEMPS QUE JE RETOURNE CHEZ MOI. »
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uelques instants plus tard… |
Quand les hors-la-loi arrivèrent au camp, ils trouvèrent Will assis dans le coin « repos ».
Djaq, s’avançant vers lui : « Tu t’es levé ? »
Will, se moquant : « Euh oui… Tu vois bien ? »
Djaq : « Tu n’aurais pas dû… Tu dois rester allongé le plus possible ! »
Will : « J’ai passé toute la nuit allongé, Djaq. Et en plus, j’avais faim. »
Djaq, essayant de lui prendre la casserole des mains : « Je vais m’en occuper ! »
Will, résistant : « Djaq, je peux me débrouiller tout seul. »
Djaq, sur un ton de reproche et insistant : « Will Scarlett ! »
Will, la défiant : « Djaq ! »
Voyant qu’elle n’arriverait pas à lui faire entendre raison, elle abdiqua et le laissa se servir son bouillon. Elle lui apporta tout de même une cuillère, une miche de pain, du fromage et des fruits qu’elle plaça méticuleusement en face de lui. Cette marque d’attention fit sourire les hors-la-loi qui tinrent compagnie au blessé.
Will : « Alors vous avez réussi ? »
Much, fier : « Oui. Les doigts dans le nez ! »
Allan : « Ça a fait son petit effet. Le Prince Jean était furieux et c’est le shérif qui a tout pris. »
Petit Jean : « Bien fait ! »
Will à Robin : « Tu ne crains pas qu’il se venge sur le peuple ? »
Robin : « Nous serons là pour l’en empêcher… Et je compte sur toi pour ça. »
Will : « Tu peux… Je serais rapidement sur pied. »
Djaq : « Nous verrons ça ! »
Petit Jean : « Je vous rappelle que nous avons une livraison ce matin. Je vais voir ce qu’il nous reste. »
Robin : « Entendu… Nous allons devoir te laisser encore une fois. »
Will : « Pourquoi ?... Je peux venir cette fois ! »
Djaq : « Will… »
Will, la coupant : « Djaq… Je peux marcher… et il n’y aura sûrement pas de combat… Par ailleurs, je pourrais distribuer la nourriture du moment que je ne porte aucune charge. »
Apparemment, il avait anticipé les réserves de la jeune femme et avaient préparé ses arguments soigneusement à l’avance. Robin se tourna vers Djaq. La jeune femme regarda tour à tour les deux hommes, et sachant qu’elle n’arriverait pas à le remettre au lit, elle préféra qu’il vienne avec eux ainsi elle pourrait mieux le surveiller.
Djaq, vaincue : « D’accord. »
Will : « Ouais ! »
Mais il fit aussitôt la grimace. Ce geste de victoire avait tiré sur sa blessure.
Djaq : « Mais avant de partir, je veux examiner ta blessure et refaire un bandage. »
Ayant déjà obtenu tout ce qu’il voulait, il lui accorda cette faveur.
Will : « D’accord. »
Ils partirent dans le coin « repos » du campement afin de faire les soins du convalescent. Petit Jean revint vers ses compagnons.
Petit Jean : « On n’en aura pas assez ! »
Robin : « Alors on va devoir aller à notre réserve… [Se tournant vers Hassan] Tu vas nous aider dans notre tâche et tu pourras ainsi te rendre compte du travail accompli par Djaq. »
Allan, moqueur : « Ouais… Mais tu vas devoir sourire un peu, si tu ne veux pas leur faire peur. Tu sais faire ça ? »
Hassan, impassible : « Faire quoi ? »
Allan : « Euh ben… Sourire ? »
Hassan le regarda froidement en grognant.
Allan : « Bon ben il est temps d’y aller, je crois ! »
Et il sortit rapidement du campement. Petit Jean le suivit.
Hassan, souriant à Robin : « Oui… Je sais faire ! »
Puis il suivit Petit Jean. Robin et Much se regardèrent en souriant.
Robin à Djaq et Will : « On se retrouve dehors ! »
Djaq : « Entendu ! »
Robin à Much : « Sortons ! »
Les deux hommes sortirent du campement et rejoignirent Allan et Petit Jean. Hassan s’attarda dans le camp et s’approcha de Djaq et Will sans se faire remarquer. Il admira le travail de sa grande sœur et remarqua tout de suite la douceur et la tendresse qu’elle mettait dans ses gestes pour soigner cet homme ainsi que le regard empli de gratitude et d’amour du blessé envers sa soigneuse. Mais Hassan était partagé. Il était certain que Safiyya était amoureuse de ce Will et ce dernier visiblement partageait ses sentiments. Par ailleurs, le prétendant ne lui avait pas fait mauvaise impression. Cependant, cet homme était un chrétien et non un musulman, et cela, Hassan avait du mal à l’accepter. Que sa grande sœur épouse un jour un non musulman lui paraissait encore être contre nature. Il regarda, une dernière fois, les deux amoureux puis sortit sur la pointe des pieds et alla rejoindre le reste de la bande.
Allan : « Djaq et Will ont fini de jouer au docteur ? »
La plaisanterie ne plut pas au sarrasin.
Hassan, impassible : « Ils sont prêts ! »
Quelques secondes plus tard, Djaq et Will sortirent du campement. Ils refermèrent la porte et rejoignirent leurs compagnons. Robin se mit en route, suivi par le reste de la troupe. Ils s’arrêtèrent à leur réserve où ils firent le plein de provisions avant de se rendre à leur destination finale : Le village natal de Robin.
Sur la route de Locksley, Robin expliqua en détail à Hassan en quoi consistait leur principale mission : Venir en aide aux plus démunis grâce à l’argent volé aux plus riches.
Robin : « A cause de la guerre en Terre Sainte, le Roi Richard n’est pas là et son frère complote pour prendre le pouvoir. Et grâce à ses sbires comme le shérif, il exploite le peuple afin de leur prendre leur maigre richesse pour asseoir son autorité et augmenter son pouvoir. »
Hassan : « Raison de plus pour l’éliminer. »
Robin : « Nous ne pouvons pas faire justice nous-mêmes. C’est au Roi Richard de punir son frère et de rendre la justice... Par ailleurs, il ne sort jamais rien de bon de l’injustice ! »
Hassan médita sur ses paroles jusqu’à l’arrivée au village de Locksley. Après s’être assurés qu’il n’y avait pas de soldats dans les environs, les hors-la-loi procédèrent à la distribution de leurs provisions.
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« Il n’y a rien de plus gratifiant et réconfortant que de voir leurs visages s’illuminer. Tu ne trouves pas ?... » |
Robin, poursuivant : «… C’est là qu’on se rend compte que le combat est ici… Pas en Terre Sainte. »
Hassan : « Tu es un homme généreux… Tu as bon cœur, ici. Mais l’étais-tu lorsque tu tuais les miens en Terre Sainte ? »
Touché par sa remarque, Robin baissa la tête.
Djaq, outrée : « Hassan ! »
Robin : « Non, laisse ! Il a raison. »
Il le regarda droit dans les yeux.
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Robin, sincère : « C’est vrai que j’ai tué bon nombre de braves guerriers musulmans… et je le regrette... » |
Robin, poursuivant : «… Tout comme toi, tu as tué de nombreux valeureux guerriers chrétiens… Et cela nous a amené où ? »
Hassan baissa la tête.
Robin : « Dis-moi ?... A encore plus de morts ? Des dizaines ? Des centaines de morts… ? Quand cela s’arrêtera-t-il ? »
Hassan : « Quand nous aurons éliminé tous les chrétiens ! »
Robin : « Tu crois ça ? Tu penses vraiment que tuer peut conduire à la paix ?… On ne peut pas imposer la paix par les armes, Hassan…. Chrétiens, musulmans… Nous avons tous la foi… Nous n’avons pas le même dieu certes mais nous partageons tous la même foi en lui… Pourquoi devrions-nous nous faire la guerre ?... Dans nos religions respectives, rien n’indique que nous devons nous entretuer. »
Hassan : « Alors pourquoi avoir envahi mon pays ? »
Robin : « Par ignorance… Par peur de ce qui est différent…. Et tu n’es pas différent de nous… Puisque tu veux tuer ceux qui sont différents de toi !... »
Robin marqua un point. Hassan se retrouva déstabiliser.
Robin : «… Mais depuis que tu as débarqué ici, tu as bien pu te rendre compte que nous sommes pareils… que nous avons les mêmes peurs, les mêmes joies et les mêmes peines… C’est ce que j’ai finalement compris en Terre Sainte, et c’est pourquoi je ne veux plus faire la guerre… Je veux la paix. Et j’espère qu’un jour tu en seras, toi aussi, convaincu. »
Il laissa Hassan seul pour réfléchir à ses dernières paroles. Djaq le regarda un instant puis s’éloigna.
Djaq : « Je dois aller soigner un petit garçon. »
Il la regarda s’éloigner puis son regard balaya le village. Il observa les hors-la-loi et notamment Will qui donnait de la nourriture à une jeune maman qui portait un bébé dans les bras. Il repensa alors aux paroles de Robin. Il marcha dans le village et regarda attentivement les gens qui l’entouraient. Il les voyait maintenant d’une autre façon : Une mère donnait à manger à ses enfants, deux hommes chargeaient un tonneau dans une charrette, un adolescent aidait son père à engranger le foin, des enfants couraient dans la rue… Ces différentes scènes de la vie quotidienne auraient très bien pu aussi se passer chez lui. Il arriva à côté de Djaq qui finissait de bander le bras d’un jeune garçon.
Djaq : « Et ne saute plus de l’échelle, compris ? »
Le jeune garçon, intimidé : « Compris ! »
Il sauta de sa chaise et s’enfuit en courant.
La mère : « Je vous remercie infiniment. »
Djaq, souriant : « Je vous en prie. »
La mère s’éloigna en regardant craintivement le sarrasin.
Djaq, se relevant : « Tu ne passes pas inaperçu ! »
Hassan lui sourit.
Djaq, surprise : « C’est bien la première fois que je te vois sourire depuis que nous nous sommes retrouvés. »
Hassan : « Parce que je viens de comprendre… »
Il s’arrêta.
Djaq : « Quoi ? »
Hassan : « Rien… Disons que je me sens en paix maintenant. Avant j’étais plein de haine et maintenant je crois que j’ai trouvé la paix. »
Djaq, lui caressant le bras avec affection : « La paix de l’âme ? »
Hassan, regardant sérieusement sa sœur : « Oui. »
Djaq : « J’ai ressenti la même chose lorsque j’ai rejoint Robin. »
Hassan, moqueur : « Ce ne serait pas plutôt ce Will ? »
Elle lui donna un coup de coude. Il prit sa sœur par les épaules et ils rejoignirent le reste de la bande au centre du village. C’était la première fois que, spontanément, il eut un geste tendre envers sa sœur et elle apprécia grandement cette complicité retrouvée. La distribution étant terminée, il était grand temps de repartir pour le campement. Les hors-la-loi reprirent donc le chemin de leur sanctuaire.
Much, à lui-même et tout haut : « Au fait… Qu’est-ce qu’on a mangé ? »
Les hors-la-loi disparurent dans la forêt en riant.
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Pendant ce temps…

Si la bonne humeur était de mise à Sherwood, il en allait fort autrement dans les appartements du shérif. Celui-ci arpentait furieusement sa chambre lorsqu’un serviteur frappa à la porte.
Le shérif, désagréable : « Qu’est-ce que c’est ? »
Le serviteur : « Le repas, Monseigneur. »
Le shérif : « Entrez… Déposez-moi ça là et fichez-le camp ! »
Le serviteur posa le plateau sur le bureau du shérif puis quitta la pièce. Il croisa Gisborne qui entra dans la chambre.
Gisborne : « J’ai raccompagné le Prince Jean jusqu’à la limite du comté conformément à vos ordres, Monseigneur. »
Le shérif, désagréable : « Fermez la porte ! »
Gisborne leva les yeux au ciel mais se contenta d’obéir pendant que le shérif s’assit à son bureau et se mit à écrire une lettre. Gisborne resta debout face à lui.
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Le shérif, tout en écrivant : « Le Prince Jean… va nous faire payer ce qu’il vient de se passer, Gisborne… Il faut donc… se tenir prêt à satisfaire… ses moindres désirs. » |
| « Vous croyez qu’il pourrait nous écarter définitivement de l’opération Shah Mat ? » | ![]() |
Le shérif, le regardant froidement : « C’est à envisager… sauf si nous lui prouvons notre loyauté. »
Gisborne : « Comment ? »
Le shérif, cachetant la lettre qu’il venait d’écrire : « Par l’argent, Gisborne ! Par l’argent… Le Prince Jean est de ceux qui croient qu’on peut tout avoir avec de l’argent… L’honneur, la loyauté et même l’amour de ses semblables. »
Gisborne : « C’est grotesque. »
Le shérif : « Certes. Mais c’est ce qu’il croit… alors… à nous de lui prouver à quel point nous l’aimons. »
Gisborne : « Mais les caisses du comté sont quasiment vides, Monseigneur. Et je doute que Locksley nous laisse prélever un impôt supplémentaire. »
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« Oh mais je ne compte pas sur ces misérables villageois pour m’aider à retrouver l’estime du Prince Jean. Non… » |
Le shérif, poursuivant en se levant : «… Laissons les petits protégés de Locksley s’échinaient à gratter leur lopin de terre autant qu’ils veulent… J’ai une bien meilleure idée... »
Il lui tendit la lettre cachetée.
Le shérif : « Faites appel à votre meilleur coursier, et qu’il amène ce billet à destination et… en toute discrétion, cela va de soi. »
Gisborne, prenant la lettre et lisant : « Rochdale ? »
Le shérif, revenant vers sa table : « Qu’il se mette en route immédiatement mais pas en tenue de soldats… Ainsi Locksley ne sera pas tenté de l’arrêter. »
Gisborne : « Oui, Monseigneur. »
Il se dirigea vers la porte.
Le shérif : « Ah !... Comme j’ai été contraint de changer mes plans, nous devrons partir demain soir pour régler cette affaire… [S’asseyant à sa table de travail et savourant des yeux son repas]… Chargez-vous des préparatifs, voulez-vous ? »
Gisborne : « Et où devons-nous allez ? »
Le shérif, levant le nez de son assiette : « Hum… Oh ! Rien ne presse. Vous le saurez en temps et en heure… Je ne voudrais pas que mon départ ne s’ébruite trop vite ! »
Gisborne crut que le shérif ne lui faisait pas confiance. Ce qu’il ignorait, c’est que ce dernier n’avait pas tenu au courant son bras droit de l’opération à Rochdale. Mais la colère du Prince Jean avait contraint le shérif à changer ses projets et il devait donc, à présent, y impliquer Gisborne.
Gisborne, se courbant : « Bien, Monseigneur. »
Gisborne quitta la pièce pendant que le shérif attaqua son repas.
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