HypnoFanfics

Menaces venues d'Orient

Série : Robin Hood
Création : 29.06.2015 à 08h35
Auteur : byoann 
Statut : Terminée

« Il s'agit de la suite de l'épisode "Chantage". Cet EV comporte 15 chapitres. J'écris seul merci. » byoann 

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Les hors-la-loi finissaient de déjeuner dans la joie et la bonne humeur.

« Much !… Le repas était excellent ! »

 

 

 

 

 

Allan : « Oui… Pour une fois ! »

Much : « Quoi ? Mais… »

Djaq, le coupant : « Il plaisante, Much ! »

Soudain, l’alarme retentit.

Will : « Ah !... Un voyageur sur la route du Nord ! »

Robin : « Allons-y ! »

Much : « C’est parti ! »

Allan, allant se préparer : « Alors Hassan… Maintenant, tu vas devoir réfréner ton côté boute-en-train… »

Allan : « … Je sais que ça va pas être facile pour toi mais il va falloir te montrer féroce ! »
Chacun prit ses armes en souriant.

Une fois que tout le monde fut paré, ils coururent vers la route du Nord. Ils y arrivèrent en silence puis cachés dans les fourrés, ils observèrent leur proie : Un chariot avait été pris dans le piège. Le propriétaire, un riche marchand, s’échinait à fouetter ses chevaux pour qu’ils avancent mais la roue arrière était bel et bien embourbée.

Robin, tout bas : « Hassan, Allan, Will par derrière… Les autres, devant avec moi. »

Robin se releva, prit une flèche dans son carquois et s’avança en bandant son arc.

Robin : « Un coup de main, mon ami ? »

Le marchand, relevant la tête : « Oh non ! »

Much, derrière Robin : « Oh si ! »

Robin, lui faisant signe : « Descends de là ! »

Le marchand obéit. Petit Jean alla rassurer les chevaux pendant que Much et Djaq secondèrent Robin. Allan et Will arrivèrent par derrière, laissant Hassan faire le guet au cas où d’autres voyageurs ou soldats arriveraient.

Le marchand : « Ecoutez… Je n’ai pratiquement rien sur moi. »

Robin : « Et que transportes-tu dans ce chariot ? »

Le marchand : « Rien. Rien… Il est vide, Messire. »

Robin : « Pourtant tu as l’air bien coincé… Un chariot vide ne se serait pas embourbé autant. »

Le marchand, très inquiet : « Pourtant je vous assure… Je n’ai rien. Il est vide. »

Djaq, menaçant avec son épée : « Dis-nous combien tu as ? »

Will : « Et nous ne prendrons que dix pour cent. »

Robin, souriant : « Avoue que c’est raisonnable ? »

Allan : « Sinon on prend tout ! »

Pendant que les hors-la-loi parlementaient avec le marchand, ils ne virent pas la porte de derrière du chariot s’ouvrir, et un homme armé d’une massue en sortir. Il s’approcha discrètement derrière Allan.

Soudain, Petit Jean, revenant vers Robin : « ALLAN ! DERRIERE TOI ! »

La bande se tourna vers lui. Robin banda immédiatement son arc. Allan se retourna et se retrouva devant un colosse soulevant une massue au dessus de sa tête.

Allan : « Oh. Oh ! »

Mais ils n’eurent pas le temps de réagir. Hassan, de son poste de guetteur, avait vu l’homme sortir et s’était lancé après lui. Il le plaqua violement contre le chariot, bousculant Allan qui se retrouva à terre. Hassan assomma violemment le colosse. Robin baissa son arc. Allan, penaud, regarda l’homme qui faillit lui fendre le crâne s’effondrer à ses côtés.

Hassan, lui tendant la main : « Est-ce assez féroce pour toi ? »

Allan, acceptant son aide : « Euh… Oui… C’était… C’était parfait, mon grand… Merci…. Je te remercie beaucoup… Hou ! »

Robin, mécontent au marchand : « Alors comme ça il était vide, hein ? »

Le Marchand, très inquiet : « Euh ! »

Robin : « Dans ce cas, on prend tout !... Jean, détache les chevaux… [Au marchand] Tu as de la chance, tu ne retourneras pas chez toi à pied … Hassan, aide Petit Jean à… [Désignant l’homme à terre] l’installer sur le cheval. Nous… On va faire l’inventaire. »

Petit Jean et Hassan installèrent l’homme que le sarrasin avait assommé sur l’un des deux chevaux et forcèrent le marchand à monter sur le second ; abandonnant son précieux chargement.

Petit Jean : « Allez file ! »

Il donna une claque sur la croupe de l’animal. Les deux chevaux partirent au petit trop. Hassan et Petit Jean rejoignirent le reste de la bande. Ces derniers avaient déjà ouvert les portes de derrière et inspectaient le contenu du chariot

Petit Jean, se mettant à la porte : « Alors qu’est-ce qu’on a ? »

A l’intérieur, Allan, souriant portant un collier autour du cou : « Oh un peu de tout… des bijoux, des robes, de l’argenterie... »

Will : « Ouais… Encore un autre Léon la chance, on dirait. »

Le sourire d’Allan s’effaça à l’évocation de cet homme qui lui rappelait les circonstances de la mort de son frère.

Robin : « Nous terminerons l’inventaire au campement. »

Allan, sortant du chariot : « On va devoir faire plusieurs voyages, si on veut tout ramener. »

Much : « Dommage qu’on n’ait pas garder les chevaux ! »

Robin : « Nous allons ramener ce qu’on peut au campement puis on y ira chercher des chevaux pour ramener le reste. »

Grâce à la force conjuguée d’Hassan et de Petit Jean, ils purent sortir le chariot du piège et le cacher dans le sous-bois, bien à l’écart de la route. Puis chacun des hors-la-loi prit une part du butin avant de s’en retourner au campement.


byoann  (05.10.2015 à 09:45)

Quelques minutes plus tard…

Ils déposèrent leur butin dans leur cachette. Ils sortirent du camp et s’apprêtèrent à prendre la direction de la route du Nord lorsqu’Hassan annonça son intention de s’en aller. Le visage de Djaq s’assombrit.

Much : « Déjà ? »

Robin : « Tu pourrais rester encore quelques jours avec nous, tu sais ? »

Allan : « Ouais… Much te fera une petite place… Il te cédera volontiers son lit. »

Much : « Ben eh moi… Je dormirai où ? »

Allan : « Bah… La cage est très confortable, tu sais ! »

Much : « C’est vrai que t’en sais quelque chose. »

Allan le regarda froidement sans répliquer.

Hassan, souriant légèrement : « C’est gentil mais il est grand temps que je retourne chez moi. »

Tout le monde se tourna vers Djaq.

Djaq, s’avançant vers lui et triste : « Cela pourrait être ici chez toi ? »

Robin : « Elle a raison. Tu serais le bienvenu. »

Much : « C’est vrai... Tu nous as bien aidés… Sans toi, Allan ne serait plus de ce monde… Tu lui as sauvé la vie. Quoique je me demande, si c’est une bonne chose ! »

Allan : « HE ! »

Hassan : « Je te remercie, Robin. Mais j’ai besoin de revoir mon pays. »

Robin, retournant au campement : « Dans ce cas… »

Le chef des hors-la-loi alla chercher un parchemin, prit une plume et se mit à écrire une lettre. Pendant ce temps, Hassan commença à faire ses adieux. Il prit Djaq dans ses bras et échangèrent des paroles en arabe. La jeune femme versa une larme et se blottit contre son frère.

Hassan : « Mon cœur est triste de te quitter à nouveau mais je sais que tu seras bien ici. »

Puis il regarda Will tout en parlant dans sa langue natale à Djaq. Ce qui la fit sourire.

Souriant, Hassan la serrant dans ses bras : « Dommage qu’il ne soit pas musulman ! »

Elle lui donna une tape amicale. Puis le frère et la sœur s’embrassèrent.

Hassan : « Au revoir… Djaq ! »

La jeune femme fut très touchée. C’était la première fois qu’il l’appelait ainsi.

Emue, Djaq : « Au revoir… Hassan ! »

Hassan, serrant la main de Much : « Tu es un excellent ‟tahen kbyrun″. »

Much, avec un sourire de façade : « Euh… Merci… »

Il regarda Djaq.

Djaq, traduisant : « Un grand chef cuisinier. »

Allan pouffa de rire. 

Much, fier : « Ah ! Merci... [A la bande] Vous voyez je suis un excellent tahen machin chose ! »

Allan : « Il a voulu être poli. »

Hassan, se postant devant Allan : « Tu as la langue bien pendu pour un ‟hwmmy shytyf″. Et je suis désolé d’avoir essayé par deux fois de te tuer. »

Much : « T’es pas le premier ! »

Allan, souriant, croyant à un compliment : « Oh ça fait rien... Je te remercie, mon grand… [A Djaq] Qu’est-ce que ça veut dire ? »

Djaq, souriant : « Petit homme ! »

Allan perdit aussitôt le sourire et regarda Hassan de travers pendant que Much pouffa de rire.

Allan, mécontent à Hassan : « Tu sais que t’es tordant, toi ! »

Souriant, Hassan se posta devant Petit Jean.

Hassan : « Tu es le plus vieux… »

Petit Jean, pas très content : « Je te remercie. »

Hassan : «… et donc le plus sage… Veille bien sur Safiyya ! Guide-la et conseille-la dans ses choix à venir… Même si je sais que les plus jeunes n’écoutent pas toujours les conseils des plus sages. »

Finalement, Petit Jean, reconnaissant et lui serrant la main : « Je te le promets. »

Hassan, revenant vers Djaq et Will : « Will… Veille bien sur ma grande sœur… Prends bien soin d’elle. Elle m’est précieuse. »

Will, avec honnêteté : « Elle m’est précieuse, à moi aussi. »

Ce commentaire fait devant tout le monde étonna le reste de la bande.

Hassan : « Tu es un jeune homme courageux… Tu l’as prouvé en risquant ta vie pour la sauver… »

Allan, rouspétant : « Hé !... Nous aussi, on a risqué notre vie pour elle. »

Much, lui mettant un coup de coude : « Chut… Petit homme ! »

Robin revint vers ses compagnons.

Hassan à Will : «… Tu es digne de ma sœur et je serai honoré de t’accueillir un jour dans ma famille et de t’appeler mon frère… En attendant ce jour, je te la confie. C’est à toi que revient le devoir de la rendre heureuse. Protège-la comme je le ferai moi-même. »

Will, ému : « Je te remercie… Je te fais le serment de toujours veiller sur elle. Je le jure sur ma vie. »

Will lui tendit la main. Hassan saisit la main du jeune homme puis l’attira dans ses bras. Emue, Djaq versa une petite larme. Les deux hommes de sa vie s’étreignirent, se tapèrent amicalement dans le dos puis se séparèrent. Djaq, regrettant le départ de son petit frère, se jeta à nouveau dans ses bras. Ils s’étreignirent pendant quelques secondes en silence puis Hassan l’écarta gentiment de lui, l’embrassa sur le front en lui susurrant, à voix basse, quelques mots en arabe.

Will prit alors Djaq par la taille. Elle se blottit contre lui tandis qu’Hassan se présenta devant Robin.

Hassan : « Robin des bois… Seigneur de Sherwood… Je te suis infiniment reconnaissant de m’avoir accueilli chez toi et de m’avoir ouvert les yeux sur mes erreurs. »

Robin : « C’est Djaq que tu dois surtout remercier pour cela… C’est elle qui nous a convaincu de te donner une chance… Elle a toujours cru en toi. »

Un peu ému, Hassan tendit le bras et caressa la joue humide de la jeune femme.

Hassan, se tournant vers Djaq : « Oui… Grâce à toi, je sais qui je suis à présent. »

« Que vas-tu faire maintenant ? »

Much : « Tu ne vas pas retourner à la guerre ? »

Hassan : « Non… Je vais suivre les conseils de ma sœur… »

Djaq, fière de lui : « Il va se mettre au service du Prince Malik comme je l’ai fait. »

Hassan : «... C’est un homme qui veut la paix… Comme toi, Robin des bois. »

Robin : « Comme nous tous !... Si c’est ton choix, je le respecterai mais si tu changes d’avis, tu seras toujours le bienvenu ici. »

Hassan, se courbant : « Je te remercie. »                                                              

Les hors-la-loi firent un bout de chemin avec Hassan.

Much : « Oui, avec toi dans l’équipe, le Prince Jean et le shérif auraient eu des soucis à faire ! »

Will : « En parlant du shérif, tu devras être prudent tant que tu n’es pas sorti de Sherwood. »

Robin : « Si tu veux, on peut t’accompagner jusqu’à la limite du comté. »

Hassan : « Non, je te remercie mais vous avez une mission à accomplir. »

Ils arrivèrent sur la grande route.

Robin : « Comme tu veux… Je te conseille de quitter l’Angleterre par le comté de Kent… Tiens… Voici une lettre pour le Comte de Kent…. »

Hassan, souriant : « Le comté de Kent ?... Je connais. »

Sur le chemin de retour de Locksley, Hassan avait raconté à Robin son arrivée sur le sol anglais.

Robin : « Oui mais cette fois tu pourras passer par le port de Douvres… Tu remettras ce billet au Comte de ma part… Il habite à Maidstone… C’est un ami. Il t’aidera à quitter le pays en toute sécurité. Tu peux lui faire confiance. »

Much, souriant : « Oui… On lui a donné un petit coup de main, y’a pas longtemps. »

Hassan, prenant la lettre : « Merci beaucoup. »

Il embrassa une dernière fois sa sœur dont le visage était à présent baigné de larmes. Elle n’avait pas pu se retenir plus longtemps car elle eut l’impression de le perdre une seconde fois.

Hassan : « A très bientôt ! »

Djaq, la voix étranglée par l’émotion : « Oui… A très bientôt. »

Ils se séparèrent puis Hassan se mit en marche. Ils restèrent à le regarder jusqu’à ce qu’il disparaisse au détour du chemin, non sans être retourné, une dernière fois, afin de graver dans sa mémoire l’image de sa sœur entourée des héros de Sherwood. Il leur fit un signe de la main auquel les hors-la-loi répondirent puis il disparut dans la forêt.

Much : « Comme dirait Jean… lui, je l’aimais bien finalement. »

Allan : « Moi aussi, finalement… Même si je trouve qu’il n’est pas très doué pour l’humour. »

Will : « Oh j’suis pas d’accord… Moi, je l’ai trouvé très drôle. »

Much : « Ouais, moi aussi… Bon ben… Y’a du boulot qui nous attend… Y faut ramener le chariot au campement… [A Allan]… Allez… Suis-moi… Petit homme ! »

Allan se mit à courir après Much.

Allan : « Attends un peu… Tu vas voir si je suis un petit homme, mon bonhomme ! »

Petit Jean les suivit en souriant. Robin allait se joindre à eux mais il se retourna lorsqu’il s’aperçut que Will et Djaq étaient toujours l’un contre l’autre, à regarder en direction de la forêt.

Will à Djaq : « ça va aller ? »

Toujours aussi émue, Djaq, se blottissant contre lui : « Oui… Mais il va beaucoup me manquer. »

Pour toute réponse, le jeune homme la serra contre lui.

Robin, d’une voix douce : « Vous venez vous deux ? »

Se tournant vers lui, Will, doucement : « On arrive. »

Puis délicatement, il conduisit la jeune femme à la suite du reste de la bande. Sans dire un mot, afin de ne pas attrister davantage la jeune femme, Robin lui caressa affectueusement l’épaule lorsque les deux amoureux passèrent devant lui. Il les regarda quelques instants puis il les suivit jusqu’au campement.


byoann  (08.10.2015 à 21:05)

En fin d’après-midi…

Alors qu’Hassan se dirigeait vers Maidstone, dans le comté de Kent afin de rencontrer le Comte, un bateau, provenant de France arriva en vue du port de Douvres. Un homme aux cheveux châtains, se tenant sur le pont, semblait ravi d’accoster. Un homme aux cheveux blond le rejoignit.

L’homme blond : « Content d’être de retour chez toi ? » 

L’autre homme : « Oh oui… J’ai l’impression que ça fait des années que j’en suis parti. »

L’homme blond : « Et pourtant cela ne fait que quelques mois qu’on cherche seulement. »

L’autre homme : « Oui… et on ne l’a pas encore retrouvé ! »

L’homme blond, regardant la côte : « Non… mais on va y arriver ! »

Puis ils gardèrent le silence jusqu’à ce que le bateau entre dans le port. Il accosta et les deux hommes descendirent sur les quais.

L’homme blond : « Comment fait-on pour nous rendre à Londres ?... On loue deux chevaux ? »

L’autre homme : « Non. Trop risqué… Je te propose de passer chez moi. »

L’homme blond : « A Maidstone ? »

L’autre homme : « Oui. Nous emprunterons alors des chevaux à mon père. Ainsi cela évitera qu’on nous questionne quant à notre véritable destination. »

L’homme blond : « D’accord… Tu as raison. C’est plus sûr. »

L’autre homme : « Occupons-nous d’abord de notre logement. Nous louerons des chevaux plus tard. »

L’homme blond : « Je te suis. »

Les deux hommes quittèrent le quai. Ils ne virent pas l’un des marins, plutôt louche, descendre du bateau après eux avec un sac sur l’épaule. Il déposa son fardeau sur le quai avec les autres sacs puis suivit les deux hommes à travers la ville. Il s’arrêta lorsqu’il les aperçut entrer dans une auberge. Certain qu’ils y passeraient la nuit, le marin repartit vers le port et se dirigea vers les quartiers mal famés de la ville. Il retrouva alors, dans une auberge, un autre homme qui semblait l’attendre.

Le marin, s’approchant prudemment d’un homme attablé : « Edwin ? »

L’homme, relevant la tête : « Oui ? »

Le marin lui tendit un petit morceau de parchemin. Edwin en fit autant.

Sur l’un et l’autre document se trouvait la marque des chevaliers noirs.

Rassuré, le marin s’assit.

Le marin, se penchant vers Edwin : « Ils sont arrivés à Douvres. »

Edwin, se penchant vers le marin : « Où ? »

Le marin : « A l’auberge près des quais. »

Edwin : « As-tu réussi à savoir où ils comptent se rendre ? »

Le marin : « Non. Malheureusement, ils ne sont pas très bavards. »

Edwin, mécontent : « Tu dois impérativement le découvrir. »

Le marin : « Mais comment veux-tu que je fasse ?... Et puis… Je pense qu’ils se doutent de quelque chose à mon sujet. »

Edwin, ennuyé : « Ah bon ?… [Le marin acquiesça de la tête] Dans ce cas, je vais prendre le relais. »

Sans dire un mot de plus, il se leva et sortit de l’auberge. Le marin, voyant qu’il ne pourrait rien faire de plus, décida de repartir pour la France.

Le marin, à lui-même : « Après tout, j’ai fait mon travail ! » 

Le lendemain, au fond des bois entre Rochdale et Manchester…

Trois hommes à moitié ivres s’amusèrent devant une vieille bâtisse dont la cheminée fumait à plein régime. Un homme grassouillet d’une cinquantaine d’année arriva à cheval.

Un des hommes, riant avec les autres : « Walter ? Qu’est-ce que vous faites ici ? »

Walter, mécontent : « Je viens faire une inspection ! »

L’homme : « Il est tôt… D’habitude à cette heure-ci, vous écumez toutes les auberges de Manchester ! »

Les autres hommes rirent.

Walter : « J’ai reçu ce matin une lettre du shérif… Il va venir ce soir ! »

L’homme, redevenant sérieux : « Il va passer ici ? »

Walter : « Je n’en sais rien… Il ne le précise pas dans sa lettre mais il vaut mieux s’y préparer… Ils sont à l’intérieur ? »

L’homme : « Evidemment. »

Walter se dirigea vers l’entrée du bâtiment.

Un autre homme : « Où voulait-il qu’ils soient ? »

Les autres hommes rirent et se remirent à boire et à s’amuser. Walter entra dans la maison et s’arrêta à l’entrée afin que ses yeux s’habituent à l’obscurité.

En effet, il y faisait très sombre et il y régnait une chaleur étouffante. Sur sa droite, son regard s’arrêta sur des enfants qui frappaient sur des pièces de cuivre pendant que d’autres les découpaient et les entassaient dans des caisses en bois. Quand ils virent l’adulte entrer à l’intérieur, les enfants, apeurés, s’arrêtèrent de travailler.

Walter, désagréable : « Continuer à travailler vous autres ! »

Ils se remirent immédiatement au travail. Walter porta alors son regard vers le fond de la pièce. Des adolescents, torse nu et en sueur, s’activaient autour d’un petit bassin rempli de métal en fusion.

Walter : « RICHARD ! » 

Aussitôt un jeune homme, plus âgé que les autres, se présenta devant lui.

Richard : « Messire Fischer ? »

Walter, mécontent, pointant les caisses : « C’est tout ce que vous avez fabriqué aujourd’hui ? »

Richard, baissant la tête : « Oui, Messire… Trois de nos frappeurs sont malades et… »

Walter : « ça m’est égal !... Remplace-les ! »

Richard : « Mais je n’ai personne pour… »

Walter, pointant les enfants près d’eux « Et eux ? »

Richard : « Mais ils sont trop jeunes… ils ne sont pas assez forts pour soulever le marteau. »

Walter : « Débrouille-toi comme tu veux mais il faut doubler la production, tu m’entends ? »

Richard : « Mais Messire Fisher… C’est impossible ! »

Walter, giflant Richard : « NE DISCUTE PAS MES ORDRES ! OBEIS ! »

S’inquiétant pour Richard, tout le monde cessa le travail. Soudain, un jeune garçon, ayant un bras en écharpe, se releva et se précipita sur Richard.

Le garçon : « Laissez mon frère tranquille ! » 

Richard, le tirant à l’écart de Walter : « Adrien, non ! »

Walter, s’avançant vers le garçonnet : « Est-ce que tu crois me faire peur ?... Hein ? Vous m’appartenez ! Ne l’oubliez pas ! Vous m’appartenez tous !... Désobéissez-moi et vous finirez comme William ! »

Adrien voulut s’en prendre à Walter mais Richard le maintint contre lui. Walter fixa le garçonnet avec colère pendant quelques instants. Richard crut qu’il allait s’en prendre à lui.

Richard, pour calmer la colère de Walter : « Nous obéirons, Messire… Nous obéirons. »

Walter, se calmant : « Je préfère ça… Je t’enverrai des renforts cet après-midi. »

Richard, baissant la tête : « Merci Messire. »

Walter fit mine de faire demi-tour puis se retourna.

Walter : « Ah j’oubliais… Il n’y aura pas de livraison à faire ce soir. Donc je ne veux pas te voir ! »

Richard : « Oui, Messire. »

Puis Walter quitta l’atelier. Richard s’empressa de fermer la porte. A l’intérieur, les enfants exprimèrent leur joie à voix basse.

Adrien, avec espoir : « ça veut dire qu’on va terminer plus tôt aujourd’hui ? »

Les autres enfants attendirent la réponse de Richard.

Richard, fronçant les sourcils : « Oui. »

Les enfants : « Ouais ! »

Richard : « Chut !... Retournez au travail ! Il ne faudrait pas que Walter vous entende. »

Les enfants lui obéirent sans rechigner.

Adrien : « Pourquoi es-tu inquiet, Richard ? »

Richard, gentiment : « Retourne avec les autres. »

Adrien s’exécuta. Mais le garçon s’était aperçu que la nouvelle n’avait pas rejoué le jeune homme et il ne comprenait pas pourquoi. Richard s’inquiétait car ce n’était pas dans les habitudes de Walter de donner quartier libre à ses « employés ». Il resta à la porte et observa Walter à travers deux planches de bois.

Walter aux hommes dehors : « Il n’y aura pas de livraison ce soir alors vous les enfermerez de bonne heure. »

Un homme : « Entendu. »

Puis Walter reprit son cheval et repartit au petit trop.

Richard, inquiet à lui-même : « Qu’est-ce qu’il prépare ? C’est pas normal. Il faut absolument que je sache ce qui se passe, si je ne veux pas finir comme William. »

Tout en réfléchissant à ce qu’il pouvait faire, il retourna au fond de l’atelier pour reprendre son travail avec ses camarades pendant que « leur employeur » disparaissait dans la forêt.


byoann  (08.10.2015 à 21:10)

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