HypnoFanfics

A la recherche du Prince

Série : Robin Hood
Création : 12.10.2015 à 09h10
Auteur : byoann 
Statut : Terminée

« Il s’agit de la suite de l’épisode « Face à son passé ». Cet EV comporte 26 chapitres. J’écris seul merci. »

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Un peu plus au sud, au bord de la rivière…

Si Allan pensait à Djaq et Will, ces derniers, en revanche, avaient complètement oublié, à l’instar de Marianne et Robin, qu’ils avaient des compagnons pas très loin d’eux. Lorsque Will avait averti le reste de la bande que Djaq et lui allaient chercher des fruits, il n’avait pas attendu leur réponse. Il avait pris la main de Djaq et les deux tourtereaux s’étaient enfoncés dans la forêt. Il ne répondit même pas aux provocations de Much. Tout comme Robin et Marianne, ils longèrent la rivière et ne s’arrêtèrent que lorsque les cris des enfants devinrent lointains. Ils stoppèrent leur marche à un endroit où la rivière s’élargissait. Les berges étaient beaucoup moins abruptes et descendaient en pente douce dans l’eau ; du sable à gros grain s’accumulait à divers endroits. Contrairement au cocon d’intimité trouvé par le chef des hors-la-loi, celui de Will et Djaq était inondé de soleil. Il y avait beaucoup moins d’arbres sur les rives.

Les deux amoureux s’arrêtèrent sur la berge sablonneuse. Ils retirèrent leurs chaussures afin de sentir le sable chaud sous leurs pieds puis ils se firent face. Will baisa la main de Djaq qu’il tenait encore dans la sienne puis l’enlaça par la taille.

Will, la serra contre lui et soupirant : « Enfin seul ! »

Djaq, souriante : « Oui… Cela fait longtemps qu’on n’a pas été cherché des fruits dans la forêt tous les deux ! »

Will, avec un regard plein de malice : « Oh oui. »

Il se pencha sur elle et l’embrassa pendant un long moment.

Ils savourèrent ce moment unique d’intimité. Mais les rayons ardents du soleil eurent raison de la passion des amoureux. C’est Djaq qui mit fin au baiser. Will, lui, aurait bien voulu continuer mais sa belle avait une toute autre idée en tête. Elle regarda autour d’elle. Will fit de même croyant à un danger imminent. Puis elle revint sur lui. Il la regarda avec une mine interrogative. Elle garda le silence et tourna la tête vers la rivière puis le regarda, de nouveau, avec malice. Will suivit son regard vers la rivière mais ne comprit pas son sous-entendu. Voyant cela, Djaq dut se montrer plus directe.

Djaq, tirant sur la tunique de Will : « Tu n’as pas trop chaud là-dessous ? »

Se faisant, elle glissa ses mains sous la tunique du jeune homme. Elle les plaça de chaque côté de son abdomen puis remonta lentement vers son torse. Will comprit alors ses intentions et ne rétorqua que par un grand sourire, l’invitant à poursuivre son geste. Puis il leva les bras au ciel. Djaq lui retira alors entièrement sa chemise. Il la jeta sur le sol et rabattit ses bras derrière elle et l’embrassa en la maintenant contre lui. Djaq s’accrocha aux épaules nues de son bien-aimé et s’abandonna à son étreinte. Tout en embrassant sa belle, le jeune homme lui caressa délicatement le dos puis, à son tour, ses mains se glissèrent sous la tunique légère de la jeune femme. Il remonta alors de chaque côté du torse de sa bien-aimée et lui retira complètement son vêtement. A la fois intimidé par leur degré d’intimité et subjugué par le corps de sa belle, Will laissa tomber le vêtement par inadvertance. Djaq s’avança encore plus près et se blottit dans ses bras. Les deux amants échangèrent des caresses avant de s’embrasser à nouveau. Tout comme Marianne l’avait fait à Robin, Djaq entreprit de déboutonner le pantalon de son amant. Mais à la différence du chef des hors-la-loi, Will manquait d’expérience. Embarrassé, le jeune homme lui prit la main et l’arrêta. Djaq, d’abord confuse, s’aperçut de la gêne éprouvée par son compagnon et s’en amusa.

Will, les joues rouges de confusion : « Euh… je… je préfère… le… le faire moi-même. »

Il lui tourna alors le dos. Djaq le laissa faire et sourit devant son manque d’expérience. Le jeune homme s’était retourné mais il regrettait déjà son geste.

Will, dans sa tête : « Non mais qu’est-ce qui me prend ?... »

Tout en se reprochant son inexpérience, il tenta nerveusement de déboutonner son pantalon.

Will, dans sa tête : « …. Je suis là avec la femme de mes rêves et je me comporte comme un gamin ! Non mais quel idiot !... De quoi je vais avoir l’air à présent ? »

Et comme pour augmenter son mal-être, il n’arriva pas à défaire les boutons de son pantalon à cause de son manque de concentration.

Will, s’énervant, dans sa tête : « Bon sang ! Mais qu’est-ce qu’il a ce pantalon ? »

C’est alors qu’il entendit un plongeon dans la rivière. Il se retourna et ne vit plus Djaq derrière lui. Inquiet, il scruta la surface de l’eau.

Will, s’approchant de l’eau : « Djaq ? »

C’est alors qu’elle émergea subitement de la rivière telle une nymphe des eaux. Subjugué par cette vision, le jeune homme la regarda sans dire un mot. De l’eau jusqu’à la taille, elle plaqua ses cheveux en arrière et chassa l’eau de ses grands yeux noisettes et les darda sur son amant encore sur la berge. Will suivit des yeux l’eau qui ruisselait d’abord sur le visage de la jeune femme puis qui descendait en zigzagant entre ses seins pour terminer sa course dans la rivière. Follement amoureux, Will continuait de la scruter avec un air hébété. Voyant qu’il n’avait pas l’intention de venir la rejoindre, elle l’éclaboussa ce qui fit sortir le jeune homme de sa léthargie. Espiègle, elle s’enfonça dans l’eau jusqu’aux épaules et attendit sa réaction. Will se retourna afin de défaire son pantalon qu’il réussit cette fois à quitter sans problème. Voyant qu’il se décidait enfin, Djaq se mit à nager vers le milieu de la rivière mais suffisamment lentement pour que Will puisse la rejoindre. Elle se retourna et aperçut son compagnon en tenu d’Adam qui entra dans l’eau. Il s’allongea et commença à nager vers elle. Djaq continua de nager un peu plus loin certaine qu’il était derrière elle puis elle se retourna. Cette fois, c’était Will qui avait disparu. Ne pouvant pas aller plus loin puisqu’elle n’aurait plus pied, elle s’arrêta et se remit debout, l’eau lui arrivant en dessous des épaules. Elle scruta la rivière. Mais elle n’eut pas le temps d’appeler le jeune homme que celui-ci émergea subitement à quelques centimètres à peine d’elle, l’éclaboussant au passage.

Djaq, sur un ton de reproche : « Will ! »

Will, avec une large sourire : « Quoi ?... Moi aussi, j’ai droit de te surprendre, non ? »

Elle ne répliqua pas. Tout en lui souriant, elle caressa ses avant-bras puis lentement remonta vers ses biceps et termina sur ses épaules pendant que son amant la prenait par la taille et la serrait contre lui.

Will, se penchant sur elle : « Je sais comment me faire pardonner. »

Ils s’embrassèrent passionnément pendant un long moment puis front contre front, ils se regardèrent en se dévorant des yeux.

Will : « Je t’aime, Djaq. »

Djaq : « Je t’aime, Will Scarlett. »

Will : « Je t’ai attendu toute ma vie… »

Djaq, souriante : « Parce que tu es si vieux que ça ? »

Will, souriant : « Non… Ce que je veux dire c’est que… »

Djaq, mettant sa main sur ses lèvres : « Chuuuuut. »

Puis elle recula et se mit à nager sur le dos, invitant Will la suivre. Le jeune homme aurait voulu lui dire à quel point il l’aimait et qu’il voulait passer le reste de ses jours avec elle mais Djaq n’était pas dans les mêmes dispositions du moins pour le moment.

Djaq : « On a tout notre temps. »

Elle se mit à nager en remontant le cours de la rivière. Will la suivit. Ils se laissèrent ensuite dériver par le courant en se tenant l’un à l’autre puis ils recommencèrent. Ils jouèrent dans l’eau comme des enfants à la différence que leurs jeux à eux étaient entrecoupés de caresses et de baisers.

En amont de Will et de Djaq…

Le jeu des orphelins, plus raisonnable que celui des deux tourtereaux, consistant à sauter de la branche d’un arbre battait son plein. Les enfants criaient de joie en sautant les uns après les autres. Puis le jeu se transforma en une compétition : Le gagnant serait celui qui sauterait le plus loin possible.

Allan qui était parti nager un peu à l’écart en pensant à sa bien-aimée revint vers les enfants. C’est alors qu’il aperçut que tous les enfants ne participaient pas à la compétition.

Allan : « Adrien ? »

En retrait près du rebord, le gamin l’entendit et se dirigea vers la berge. Allan nagea rapidement pour le rattraper puis se mit debout et marcha dans l’eau jusqu’à lui.

Allan, essayant de le rattraper : « Adrien, attends-moi ! »

Il rattrapa le gamin au moment où celui-ci remonta sur la berge. Il l’attrapa par le bras et l’obligea à lui faire face.

Allan, gentiment : « Qu’est qui t’arrive ? »

Adrien, se renfermant : « Rien ! »

Il se dégagea de l’emprise de l’adulte et s’assit par terre. Il replia ses jambes, posa ses bras sur ses genoux et se cacha le visage. Allan sortit de l’eau et vint s’assoir à côté de lui. Il se mit dans la même position qu’Adrien sauf qu’il ne cacha pas son visage. Il regarda le garçon.

Allan, donnant un petit coup d’épaule au gamin : « Allez… raconte-moi ce qui ne va pas ! »

Adrien redressa la tête et regarda, en silence, en direction des autres enfants plongeant dans la rivière. Allan suivit son regard.

Allan : « Ah je vois… Tu as peur de sauter de l’arbre ? »

Adrien, se tournant vers lui et baissant la tête : « Oui. »

Allan : « Pourtant y’a pas de raison d’avoir peur. »

Adrien, le regardant dans les yeux et avec colère : « C’est trop haut !... J’ai peur du vide ! »

Il voulut se relever afin de partir mais Allan l’en empêcha et l’attira contre lui afin de l’apaiser.

Allan, doucement : « Eh… chuuuuut… calme-toi… »

Il se détacha du garçon et le regarda droit dans les yeux.

Allan, réfléchissant : « Euh… Tu sais ce qu’on va faire ? »

Adrien secoua négativement la tête.

Allan : « On va se trouver un coin bien tranquille et je vais t’apprendre à sauter sans avoir peur. »

Adrien : « Tu peux faire ça ? »

Allan, bombant le torse : « Bien sûr… Quand j’en aurai fini avec toi, tu seras capable de sauter dans les douves du château depuis le haut du donjon. »

Adrien lui sourit sachant que c’était physiquement impossible mais cela rassura le gamin.

Allan, prenant Adrien par la main et se dirigeant vers la rivière : « Allez viens… On va se trouver un coin à nous. »

Il laissa Adrien entrer dans l’eau le premier afin de s’assurer que le gamin ne change pas d’avis et fasse demi-tour puis il se mit à l’eau derrière lui. Ils nagèrent tous les deux en aval de la rivière à l’opposé des orphelins qui s’en donnaient toujours à cœur joie.

Allan arrêta Adrien lorsqu’il aperçut un arbre couché en travers de la rivière qui formait comme un pont au dessus de l’eau.

Allan, nageant vers le pont improvisé : « Tiens… Tu vas pouvoir t’entraîner ici. »

Adrien le rejoignit.

Adrien, pas très enthousiaste : « C’est quand même haut ! »

Allan : « Mais non… Bien moins en tout cas que la branche basse de l’arbre… Ensuite quand tu seras prêt, tu essaieras là-bas. »

Il pointa du doigt un énorme rocher sur la berge probablement transporté jusqu’ici par les crues répétées de la rivière. La hauteur de ce dernier dépassait largement la hauteur de la branche basse qui servait de plongeoir aux orphelins.

Allan : « Quand tu sauras sauter de là-haut, sauter de la branche de l’arbre sera un jeu d’enfant pour toi. »

Adrien avala de travers en voyant la hauteur de ce plongeoir improvisé.

Pour ne pas que le gamin se laisse gagner par le découragement, Allan : « Bon en attendant… Essaie plutôt celui-là. »

Bien que l’arbre couché lui paraissait moins haut comparé au rocher, Adrien hésita.

Allan, voyant son hésitation : « Je vais te montrer… Comme ça, tu verras qu’il n’y a rien à craindre. »

Adrien s’écarta mais n’ayant pas pied, il dut continuer à agiter les bras afin de se maintenir hors de l’eau. Il regarda Allan qui marchait prudemment sur le pont improvisé. Afin de détendre Adrien, Allan fanfaronna.

Allan, bombant le torse et levant les bras au dessus de lui : « Mesdames et messieurs, je vais exécuter devant vous un saut spectaculaire, digne d’un roi ! »


byoann  (22.10.2015 à 08:55)

Puis il se jeta à l’eau. Mais au lieu de sauter bien droit, comme un « i », il choisit de replier les jambes sous son torse, la tête entre ses genoux et les bras entourant ses cuisses et sauta comme une pierre, éclaboussant tout sur son passage. Puis il émergea de l’eau avec un énorme sourire aux lèvres. Mais la manœuvre avait réussi puisqu’Adrien se détendit et rit de ses fanfaronnades.

Allan, nagea vers lui : « Tu vois ? Y’a rien à craindre et en plus c’est plutôt marrant… A toi maintenant… Essaie. »

Adrien perdit le sourire mais se força à essayer. Il nagea vers la berge. D’un pas incertain, il sortit de l’eau et marcha prudemment sur le tronc d’arbre sous les encouragements d’Allan.

Allan : « Allez !... Vas-y mon grand ! »

Adrien regarda vers le bas et eut comme un vertige.

Allan : « Si tu veux, tu peux commencer assis. »

Adrien le regarda sans comprendre. Allan s’avança vers le pont.

Allan : « Assis-toi au bord… Puis tu te laisses tomber. »

Cette solution parut plus abordable au jeune garçon. Il s’exécuta non sans trembler. Prudemment il s’assit puis sauta à l’eau sans avertissement. Allan nagea vers l’endroit où Adrien avait atterri mais déjà le garçon émergea de l’eau le sourire aux lèvres.

Adrien, battant des bras : « J’ai réussi ! »

Allan : « Ouais bravo !... Tu vois, je te l’avais que c’était pas sorcier ! »

Adrien, nageant sur place : « Ouais… Je vais recommencer… mais debout cette fois ! »

Allan : « D’accord… Allez vas-y ! »

Le gamin se précipita vers la berge et se prépara à effectuer un saut debout.

Allan, pour l’encourager : « Allez… Bombe le torse… Épaules en arrière… et hop ! »

Adrien lui sourit et se redressa fièrement. Mais il hésita un peu.

Allan : « T’inquiète pas, je suis là pour te rattraper ! »

Adrien se jeta à l’eau puis il émergea en souriant.

Adrien : « J’ai réussi ! »

Il recommença le saut à plusieurs reprises. Allan le laissa faire afin que le garçon prenne confiance en lui. Puis il le mit au défi.

Allan : « Est-ce que t’es prêt pour le rocher maintenant ? »

Adrien, avec moins d’assurance : « Euh… Oui. »

Ils rebroussèrent chemin vers le rocher. Celui-ci se trouvait plus en amont, entre l’arbre qui servait de plongeoir aux enfants et le pont improvisé. Adrien nagea jusqu’à la base du rocher.

Celui-ci lui parut gigantesque.

Allan, pour l’encourager : « C’est pareil que sur le pont ! »

Adrien ne répondit pas mais son expression indiquait à Allan qu’il n’était pas tout à fait d’accord avec lui.

Allan, pour le rassurer : « Tu veux qu’on saute ensemble la première fois ? »

Adrien hocha vivement de la tête.

Allan : « Alors viens. »

Allan et Adrien longèrent la base du rocher et sortirent de l’eau par la berge composée de sable à gros grain de couleur brunâtre. En effet, le rocher semblait retenir le sable charrié par la rivière et celui-ci s’accumulait du côté où le courant venait frapper le rocher. Au fil du temps, le sable avait formé un banc qui peu à peu redessinait le contour de la rive. Une fois sur la berge, le rocher parut moins imposant à Adrien. Cependant, il fallut l’escalader. Mais ce fut chose aisée puisque des rochers plus petits s’empiler les uns sur les autres formant comme un escalier naturel presque parfait. Allan passa le premier et aida Adrien pour l’escalade puis ils se retrouvèrent au sommet du rocher. Ils s’approchèrent du bord surplombant ainsi la rivière.

Allan regarda vers le bas et tendit la main à Adrien.

Puis son regard se porta sur sa gauche où il put apercevoir les orphelins qui continuaient de plonger un à un dans la rivière. Mais Adrien, lui, regarda avec anxiété vers le bas.

Allan, montrant du doigt les enfants au loin : « Tiens, regarde. On peut les voir d’ici ! »

Adrien regarda que brièvement en direction des autres enfants. Allan sentit l’anxiété du garçonnet car celui-ci lui serrait fortement la main. Il n’aurait servi à rien d’essayer de le raisonner en lui disant qu’il n’y avait pas de quoi avoir peur. Le mieux était de sauter sans tarder.

Allan : « Tu es prêt ? »

Adrien hocha mollement de la tête mais devant Allan, il n’osa pas faire demi-tour.

Allan : « Je vais compter jusqu’à trois… Et à trois on saute… Un… Deux… Trois ! »

Allan se jeta à l’eau entraînant Adrien avec lui. Quelques secondes plus tard, les deux plongeurs sortirent la tête de l’eau. 

Allan, émergeant de l’eau : « Alors comment c’était ? »

Adrien, encore un peu secoué et analysant ses propres émotions : « Euh… C’était… C’était… C’était formidable ! »

Allan : « C’est vrai ? »

Adrien : « Oh ouais… J’ai presque pas eu peur ! »

Allan, souriant : « Tu veux essayer tout seul cette fois ? »

Adrien : « Euh… D’accord ! »

Il se dirigea vers la berge. Allan recula un peu pour lui laisser de la place pour son saut en solitaire. C’est alors qu’il vit arriver les autres enfants.

Erwan : « C’était quoi ce gros bruit ? »

Richard qui avait suivi les enfants nagea vers Allan.

Richard : « On aurait dit un énorme plongeon. »

Allan : « Oui, c’était Adrien et moi. On a sauté du haut de ce rocher. »

Les enfants s’exclamèrent d’admiration sauf un.

Erwan : « Pff… C’est pas possible. Adrien a peur de sauter ! »

Allan : « Non plus maintenant… Tiens regarde là-haut et tu verras. »

Tout le monde se tourna vers le rocher au sommet duquel Adrien apparut.

Allan : « ALLEZ MON GRAND !... ON EST TOUS LA POUR T’ENCOURAGER ! »

Les enfants se joignirent à Allan et encouragèrent leur ami.

Les enfants : « ALLEZ ! VAS-Y, ADRIEN !… TU PEUX LE FAIRE ! »

Mais Erwan ne se joignit pas à eux certain qu’Adrien n’irait pas jusqu’au bout. Cependant, il fut étonné quand il le vit se jeter dans le vide sous les acclamations des autres enfants. Allan, Richard et les enfants nagèrent jusqu’à Adrien. Ils arrivèrent près de lui au moment où celui-ci émergea de l’eau le sourire aux lèvres.

Adrien, nageant frénétiquement sur place pour ne pas couler : « T’as vu ?... J’ai réussi… J’ai réussi. »

Allan le prit dans ses bras afin qu’il ne se fatigue pas inutilement. Adrian s’accrocha à son cou avec son bras droit. Allan le soutenant avec son bras gauche se servant de l’autre pour flotter.

Adrien, tout excité : « T’as vu ?... J’ai réussi… J’ai réussi et tout seul cette fois ! »

Allan, souriant : « Ouais j’ai vu… On a tous vu… D’ailleurs, il faut que tu salues la foule. »

Allan leva son bras gauche, battant des jambes pour se maintenir hors de l’eau et attendit qu’Adrien l’imite. Ce dernier tout sourire leva son bras libre. Allan se tourna vers les enfants et se pencha légèrement pour les saluer.

Allan : « Et on peut applaudir… C’est pas interdit. »

Mais il n’était pas facile d’applaudir et garder la tête hors de l’eau en même temps. Les enfants tapèrent des mains et acclamèrent Adrien de leur mieux.

Adrien, se tournant vers Allan : « Merci, Allan ! »

Allan, lui tapotant l’épaule : « C’est rien mon grand ! »

Adrien le serra contre lui. Richard se rapprocha de son frère.

Richard, tapotant le dos de son frère : « Je suis fier de toi, petit frère ! »

Adrien, se redressant : « T’as vu ?… T’as vu ? J’ai sauté de là-haut et je n’ai même pas eu peur ! »

Richard, souriant : « Oui, je sais. J’ai vu… Bravo, frérot. »

Allan, jetant Adrien à l’eau : « Bon allez !... Hop ! Si on retournait là-bas ? »

Un garçon : « Moi aussi, je voudrais sauter de là-haut. »

Aussitôt Allan fut assailli par tous les gamins. Mais il refusa. Il n’était pas question de laisser une dizaine d’enfants sautait de cette hauteur même sous la surveillance de deux adultes. Un seul enfant oui mais une dizaine, non… Les enfants manifestèrent bruyamment leur déception

Un garçon : « C’est pas juste ! »

Allan : « Ah oui ?... Tu veux voir quelque chose d’injuste ? »

Les gamins le regardèrent sans comprendre.

Allan, plaisantant : « Je suis le shérif et si je vous attrape je vous enferme dans mes cachots pour toujours ! »

Il se mit à la poursuite des enfants qui détalèrent en criant en direction de leur aire de jeux habituelle. Allan laissa les enfants le distancer et nagea tranquillement avec Richard.

Richard : « Je ne savais pas qu’Adrien avait peur du vide. »

Allan : « Ça t’ennuie pas que je l’ai aidé ? »

Richard, peu convaincant : « Non… Non. Bien sûr que non. »

Mais en fait, Richard ressentait un peu de jalousie parce qu’Adrien avait demandé à Allan, et non à lui, de lui venir en aide.

Allan : « Tu sais… C’est un petit homme maintenant. Je pense qu’il n’a pas voulu t’avouer qu’il avait peur… Par crainte de décevoir son grand frère. »

Richard : « Ouais… Sûrement. »

Les deux hommes arrivèrent près des enfants au moment où une altercation se produisit entre Adrien et Erwan.

Erwan : « Non, je te dis ! »

Adrien : « Eh bien moi je te dis que si ! »

Les deux garçons allaient en venir aux mains lorsqu’Allan s’interposa d’autant plus vite qu’il craignait que, les deux gamins n’ayant pas pied là où ils étaient, l’un des deux se noient pendant la bagarre. Mais Allan ayant pied, il se mit debout entre les deux garçons.

Allan, prenant le bras de chacun des deux belligérants : « Eh là… Eh là qu’est-ce qui se passe ? »

Un autre garçon : « Erwan ne veut pas admettre qu’Adrien a sauté plus haut que lui ! »

Erwan : « C’est moi qui ai remporté le défi ! »

Adrien : « Non, c’est faux !...  J’ai sauté de plus haut que toi ! »

Erwan : « Non ce n’est même pas vrai d’abord ! »

Adrien : « Si je te dis ! »

Allan : « D’accord… D’accord… D’accord ! On arrête ! »

Les enfants se turent. Allan, n’ayant pas l’habitude de résoudre des querelles d’enfants, ne sut pas très bien comment gérer la situation. Il regarda Richard afin qu’il lui vienne en aide. D’un air provoquant, celui-ci haussa les épaules en souriant et attendit sa réaction.

Allan : « Très bien… Je ne vois qu’une seule façon de régler ça ! »

Il lâcha les deux enfants et plongea dans l’eau.

Richard, étonné par sa réaction : « Ben qu’est-ce qu’il fait ? »

Erwan, apeuré : « Hé… Ho ! »

Richard vit alors Erwan s’élevé dans les airs, monté sur les épaules d’Allan.

Allan, chassant l’eau de son visage et faisant un clin d’œil à Richard : « On va faire… une bataille navale ! »

Les enfants exprimèrent bruyamment leur accord. Richard comprit immédiatement le message. Il plongea dans l’eau et mit son frère sur ses épaules. Celui-ci se retrouva propulsé au dessus de l’eau. Les deux combattants et leurs montures s’enfoncèrent un peu plus loin dans la rivière afin que les enfants puissent tomber à l’eau sans se faire mal. Lorsque l’eau arriva au niveau de la poitrine de Richard, Allan s’arrêta et passa sans avertissement à l’attaque. Les deux ‟cavaliers″ s’empoignèrent et essayèrent de se faire tomber mutuellement. Leurs montures se bousculèrent également gentiment déséquilibrant ainsi leurs cavaliers. Les belligérants furent évidemment encouragés par les cris de joie des autres enfants.


byoann  (22.10.2015 à 09:00)

CHAPITRE III

« TU VEUX FAIRE PARTIE DE LA BANDE ? »

lus en amont de la rivière…

Si la bataille faisait rage entre Allan, Richard et les enfants, la situation était beaucoup plus calme plus au nord entre Marianne et Robin. Les deux amants nageaient à contre-courant puis se laissaient dériver tout en discutant de leur passé, du présent et surtout de leur futur. Mais lassé de ce petit jeu, Robin laissa Marianne au milieu de la rivière et nagea vers la berge où il aperçut quelques fleurs poussant sur la rive. Surprise, elle le regarda sans rien dire attendant de voir ce qu’il tramait. Robin s’agrippa au rebord, sortit de l’eau à la force des bras, marcha jusqu’à une fleur qu’il cueillit délicatement afin de ne pas l’abîmer et fit demi-tour. Marianne sourit devant ce geste délicat. Il s’approcha du bord, mit la fleur entre ses dents, sauta à l’eau et nagea jusqu’à elle. Arrivé devant elle, il glissa la fleur derrière son oreille.

Robin : « Une fleur pour mon amour. »

Marianne lui sourit tout en s’accrochant à ses épaules. Touchée par son geste, elle ne sut quoi lui répondre. En effet, un comportement aussi attentionné de la part du chef des hors-la-loi était plutôt rare.

Marianne, gênée : « Merci. »

Elle l’embrassa. Puis Robin se mit à nager sur le dos, invitant Marianne à le suivre vers le bord de la rivière.

Robin, avec un regard enjôleur : « Tu viens ? »

Marianne : « Tu ne veux plus nager ? »

Robin : « Non, j’en ai assez. »

Marianne, provocante : « Tu te fais vieux ! »

Arrivant à un endroit où il avait pied, Robin soulevant Marianne dans les airs : « Je vais te montrer si je me fais vieux. »

Marianne, inquiète et s’agrippant à ses épaules : « Hé !... Robin, non !… »

Mais contrairement à ce qu’elle craignait, Robin ne la rejeta pas à l’eau. Il la laissa glisser contre lui et dès que son visage frôla le sien, il la serra contre lui et l’embrassa. Puis il s’éloigna en nageant sur le dos. Il la regarda avec un air invitant. Il arriva près du bord. Tout en restant face à Marianne, il écarta les bras à l’horizontale qu’il posa sur la berge et posa sa tête en arrière en fermant les yeux. Puis il laissa le reste de son corps se faire chahuter par le courant de la rivière. Il avait choisi l’un des rares endroits où le soleil arrivait à percer le plafond de vert de la forêt pour se détendre pleinement et il espérait que Marianne le rejoigne pour partager ce délicieux moment. Cette dernière avisa le visage serein de son amant et s’en amusa. Il était rare pour elle de voir Robin aussi détendu. Elle n’avait l’habitude de voir son bien-aimé que lorsqu’il avait besoin d’elle pour contrer les basses œuvres du shérif. Mais ce dernier semblait bien loin en cette fin d’après-midi et Marianne s’en réjouissait. Cependant, elle savait aussi que ce délicieux moment allait bientôt prendre fin car cela faisait un bon moment qu’ils avaient quitté le reste de la bande. Elle nagea dans sa direction et vint se lover contre lui. Elle lui caressa d’abord son bras gauche. A son contact, Robin, toujours les yeux clos, eut un sourire. Puis elle passa sa main droite derrière la nuque du jeune homme tandis que l’autre caressait son torse au fur et à mesure qu’elle se rapprochait. Elle finit par s’accrocher littéralement à lui et posa sa tête sur son épaule.

Robin, les yeux fermés : « On n’est pas bien là ?... Seul rien que tous les deux ? »

Marianne, lui caressant la joue : « Absolument. »

Il tourna la tête et déposa un baiser sur sa main.

Marianne : « Mais il commence à se faire tard… »

Robin : « Oh non. Non. Non. Ne dis rien et profite encore un peu de ce moment. »

Marianne : « Mais… Et les enfants ? »

Robin : « Allan, Much et Richard s’en occupent, non ? »

Marianne : « Mais depuis un bon moment déjà… Tu ne crois pas qu’il serait temps qu’on leur vienne en aide ? »

Robin, se comportant comme un gamin : « Non ! »

Marianne, lui caressant machinalement l’épaule : « Non ?... Pourtant… Cela pourrait te servir d’entraînement. »

Robin, ouvrant les yeux et tournant la tête vers elle : « D’entraînement ? »

Marianne : « Oui pour quand… lorsque tu… enfin… Lorsque nous aurons des enfants ! »

Robin, soulagé et refermant les yeux : « Ah ! »

Mais Marianne avait une idée en tête et Robin ne semblait pas vouloir continuer cette conversation. Elle insista.

Marianne : « Nous en avons jamais parlé mais… Combien d’enfants voudrais-tu avoir ? »

Robin ouvrit les yeux et réfléchit tout en regardant le ciel.

Robin, sérieusement : « Hum… Cinq. »

Marianne, surprise : « Cinq ? »

Robin : « Oui, trois garçons et deux filles. »

Marianne : « Mais tu ne crois pas que ça fait un peu beaucoup, non ? »

Voyant qu’elle ne le laisserait pas en paix, Robin se redressa et se tourna vers Marianne emprisonnant cette dernière entre lui et la berge.

Robin : « D’accord !... Alors toi ?... Combien en veux-tu ? »

Marianne, souriante : « Deux. »

Robin : « Seulement deux ? »

Marianne : « Oui, un garçon et une fille. »

Robin : « Et si on en faisait plutôt quatre ? »

Marianne : « Robin, je suis sérieuse. »

Robin : « Mais moi aussi… alors quatre ? »

Marianne : « Non, deux ! »

Robin l’embrassa puis : « Bon alors disons trois ! »

Et il l’embrassa de nouveau.

Marianne, sur un ton de reproche : « Robin ! »

Robin : « Trois. Deux garçons aussi grand et fort que leur père et une fille aussi belle et intelligente que sa mère. »

Marianne : « Bon mais tu comptes t’en occuper comme tu le fais avec les orphelins ? »

Robin : « Non, je prendrai les garçons avec moi pour gérer les terres. »

Marianne, mécontente : « Et ta fille ? »

Robin : « Elle sera avec sa maman. »

Marianne : « Parce que tu crois que je vais rester enfermé chez nous à m’occuper des enfants et de la maison toute seule ? »

Robin, provocant : « Non, bien sûr que non !… Tu auras des domestiques pour t’aider ! »

Marianne, furieuse : « Robin !... »

Elle leva la main pour le frapper mais Robin fut plus rapide et l’attrapa par les poignets avant qu’elle ne termine son geste. Prisonnière, Robin en profita pour l’embrassa.

Robin, souriant : « Tu es ravissante quand tu es en colère ! »

Mais Marianne était toujours furieuse contre lui. Elle se dégagea de l’emprise de Robin en s’échappant vers la rivière. Se faisant, elle oublia qu’elle n’avait pas pied. En effet, dans cette partie du ruisseau, le bord de la rivière était très profond. Elle but alors la tasse. Robin la rattrapa dans ses bras en riant puis la ramena avec lui vers le rebord.

Marianne, toussant et s’agrippant aux épaules de Robin : « Ce n’est pas drôle ! »

Elle le frappa à l’abdomen.

Robin, cachant son sourire : « Non, tu as raison. C’est pas drôle. »

Il l’attira contre lui.

Marianne : « Je te déteste, Robin de Locksley ! »

Robin : « Moi aussi. »

Il l’embrassa. Vaincue, Marianne se laissa aller. Ils se serrèrent l’un contre l’autre et s’abandonna à leur passion une nouvelle fois.

Marianne, accrochée au cou de Robin : « Je commence à avoir froid. »

Robin, étonné : « Avoir froid ?... Par cette chaleur ? »

Il l’a regarda attentivement pour voir si elle ne se payait pas sa tête. Marianne lâcha Robin et se mit à nager en direction de la berge de l’autre côté de la rivière, là où ils avaient laissé leurs vêtements. En réalité, elle cherchait un prétexte pour obliger Robin à sortir de l’eau afin de retrouver les autres.

Robin avait repris sa position de farniente mais voyant qu’il allait se retrouver seul, il souffla bruyamment puis se résolut à suivre sa belle.

Lorsqu’il arriva sur le bord, Marianne était déjà sortie de l’eau. Elle s’était assise sur l’herbe et toute contente d’avoir réussi son coup, elle regarda son amant sortir de la rivière.

Marianne, souriante : « Comme on n’a pas pensé à prendre de serviettes, on va devoir attendre un peu avant de se revêtir. »

Marchant vers elle, Robin retrouva le sourire. Il avait encore un moment de répit avant que ne prendre fin leur escapade solitaire. Robin s’allongea sur le dos puis Marianne vint se coller contre lui. Une bise chaude se leva et vint caresser les corps humides des deux tourtereaux. Ils restèrent ainsi enlacés un bon moment à discuter de leur avenir.

En aval de la rivière…

Tout comme Robin, Will en eut assez de nager. Mais contrairement à son chef, le jeune homme souhaitait s’entretenir avec sa belle en toute tranquillité. Il avisa une portion de la rivière qui formait un coude à l’extérieur duquel s’était formait un banc de sable brunâtre qui remontait en pente douce jusqu’à la berge. Un rocher, infiniment plus petit que celui qui avait servi de plongeoir à Adrien et Allan, était fiché dans le sable. Will pensa que c’était un emplacement idéal pour avoir une discussion sérieuse avec sa bien-aimée. Au lieu de suivre Djaq qui remontait le cours d’eau afin de se laisser dériver, il obliqua vers la droite et nagea vers le banc de sable. Djaq se retourna et s’arrêta lorsqu’elle vit que son compagnon ne la suivait pas.

Djaq : « Will ? »

Mais celui-ci ne répondit pas. Elle le suivit à la nage craignant qu’il ait un problème l’obligeant à sortir de l’eau. Le jeune homme arriva à proximité du banc de sable. Peu à peu, le niveau de l’eau baissa. Il ne resta plus qu’une vingtaine de centimètres d’eau à proximité du rocher. Il se servit alors de ses mains et se laissa dériver. Il se retourna et s’assit dans l’eau, appuyant son dos contre le rocher. De l’eau jusqu’au nombril, le jeune homme replia son genou gauche et posa son bras dessus ; faisant signe à Djaq de le rejoindre. Devant le sourire du jeune homme, Djaq fut rassurée et, souriante, elle ne se fit pas prier pour le rejoindre. Elle nagea jusqu’au banc de sable, s’agrippa à la cuisse de Will qui l’aida à se hisser jusqu’à lui. Elle appuya son dos contre son torse et lova sa tête dans le creux de son épaule. Il replia ses bras sous la poitrine de la jeune femme qui lui agrippa les avant-bras. Will appuya son menton sur la tête de Djaq puis il la serra très fort contre lui. Etant donné le faible niveau d’eau sur le banc de sable, celle-ci, chauffée par le soleil, était d’une température très agréable. Réchauffé par les rayons du soleil et baignant dans une eau chaude, Djaq avait l’impression d’être de retour chez elle, en Palestine. Les deux jeunes gens se sentaient comme au Paradis.

Djaq : « Mumm… Ce qu’on est bien là ! Tu ne trouves pas ? »

Will, resserrant son étreinte : « Oui… »

Djaq ferma les yeux et se laissa chauffer par les rayons du soleil tandis que Will semblait tracasser. Il désirait parler à Djaq mais en même temps, il ne voulait pas briser la magie de ce moment, trop rare, d’intimité. Mais c’était aussi l’occasion ou jamais…


byoann  (26.10.2015 à 06:45)

Will, se contorsionnant pour l’embrasser : « Djaq ? »

Djaq, souriant : « Hum ? »

Will : « Je… Je me disais qu’il serait temps que… Enfin que… nous… nous disions aux autres qu’on… qu’on est ensemble. Tu ne crois pas ? »

Djaq perdit le sourire et se tourna sur le côté afin de le regarder dans les yeux.

Will : « Je sais que tu n’es pas encore prête… et d’ailleurs, tu ne m’as toujours pas dit pourquoi. »

Djaq : « Ah bon mais je… »

Will, la coupant : « Non… Attends… Laisse-moi finir, veux-tu ? Cela fait des mois maintenant que j’y ai réfléchi et cela ne peut plus continuer comme ça… Je ne veux plus me cacher… Je ne veux plus cacher au monde entier que je t’aime, Djaq… Surtout au reste de la bande. »

Djaq, souriant : « Mais ils doivent s’en douter, non ? »

Will : « Peut-être bien… Mais je pense qu’il faudrait officialiser les choses ? »

Djaq, étonnée : « Officialiser ? »

Will : « Enfin je veux dire… annoncer publiquement les choses. »

Djaq : « Quoi donc exactement ? »

Will : « Eh bien… qu’on se fréquente ! »

Djaq : « Ah ça ! »

Will : « Oui… [La regardant droit dans les yeux et prenant un air sérieux] Quand le shérif t’avait fait prisonnière… J’ai… J’ai eu la peur de ma vie. J’ai pris conscience que… que je risquais de ne plus jamais te revoir… que je ne pourrais plus jamais ni t’embrasser ni te tenir dans mes bras comme aujourd’hui… Et je ne pouvais parler de ma souffrance à personne car notre relation était secrète… Alors j’aimerais que cette situation cesse. »

Djaq : « Tu as raison. »

Will, étonné : « Ah oui ? »

Djaq : « Tu as raison… Puisqu’on en est aux confidences, j’ai moi aussi pris conscience que cela devait changer. Avant, je ne voulais pas que cela se sache afin de préserver notre relation. Je craignais qu’avec nos compagnons au courant de notre relation, nous serions toujours épiés… »

Will : « Epiés ? »

Djaq : « Oui. Enfin disons… sous surveillance... »

Machinalement, elle déposa de l’eau sur le torse du jeune homme pour le rafraîchir tout en lui parlant. Will la regarda distraitement faire car il porta toute son attention à ses propos.

Djaq : «… Je me disais que nous serions plus tranquilles si personne n’était au courant pour nous. »

Will : « Et qu’est-ce qui t’a fait changé d’avis ? »

Djaq : « Lorsqu’Allan a été fait prisonnier par Gisborne… à Maidstone…. »

Will, avec un brin de jalousie dans la voix : « Allan ? »

Djaq : « Oui… Je ne sais pas pourquoi mais lorsque je l’ai vu attaché dans la cave, couvert de blessures infligées par Gisborne… J’ai pensé à toi. »

Will, inquiet : « A moi. Mais pourquoi ? »

Djaq : « J’ai eu peur pour toi… Je t’ai imaginé, toi, attaché à ce poteau et… j’ai même pensé… »

Emue, Djaq s’arrêta.

Will, doucement : « A quoi ?... A quoi as-tu pensé ? »

Djaq, les larmes aux yeux : « C’est horrible ce que je vais dire mais… j’ai… j’ai pensé que… heureusement que c’était Allan qui était attaché à ce poteau de tortures et pas toi… C’est mal de penser ça, je sais. Et je m’en veux de… »

Will, la serrant très fort contre lui : « Chuuut… C’est normal, au contraire…. »

Djaq, blottie contre Will : « Mais c’est pas juste pour Allan. »

Will : « C’est humain… Je suis sûr qu’il le comprendrait. »

Il la serra contre lui jusqu’à ce qu’elle ait repris de l’assurance.

Djaq, se défaisant de Will : « En tout cas, depuis ce jour, j’ai beaucoup réfléchi à notre situation et à cause de mon petit séjour chez le shérif, j’en suis venue à la même conclusion que toi… Nous risquons notre vie toujours les jours alors il faut savoir profiter des bienfaits que Dieu nous envoie. Il est temps de vivre notre amour au grand jour et de l’annoncer aux autres. »

Will, la mine réjouie : « C’est vrai ?... Tu es d’accord ? »

Djaq : « Oui… Moi aussi je veux que le monde entier sache que j’aime cet homme qui fait battre mon cœur depuis le premier jour que je l’ai vu. »

Will se précipita pour l’embrasser. Satisfait, le jeune homme s’appuya de nouveau contre le rocher et Djaq, souriante, replaça sa tête dans le creux de son épaule.

Will, regardant la rivière et sûr de lui : « Nous en parlerons à nos compagnons dès notre retour au campement. »

Djaq : « Il faudrait peut-être d’abord en parler à Robin, seul, avant d’en parler aux autres… Après tout, c’est notre chef. »

Will, perdant son sourire : « Tu crois ? »

Djaq : « Ben… Oui. Il serait plus sage de connaître son opinion à ce sujet avant d’en parler aux autres. »

Will : « Pourquoi tu crains qu’il ne s’y oppose ? »

Djaq : « Il est possible que cela ne lui plaise pas. »

Will, mécontent : « Mais pourquoi ? »

Djaq : « Cela pourrait créer des problèmes au sein de l’équipe. »

Will, piqué au vif : « Pourquoi ? Quels problèmes ? Est-il interdit de s’aimer dans la bande à Robin des bois ? »

Djaq : « Je n’ai pas dit ça ! »

Will, légèrement échauffé : « Il aime bien Marianne lui... Et puis, il n’a rien dit pour Allan et Annie. »

Djaq s’amusa de voir Will se rebeller. Il se comportait comme un jeune mâle vivant au sein d’un troupeau durant la période des amours.

Djaq, lui caressant le visage : « Mais Annie ne vit pas au camp avec Allan… Je dis simplement qu’il vaudrait mieux en parler à Robin pour dissiper toutes ses craintes et ainsi nous pourrions obtenir son approbation… Mais je suis certaine qu’il sera d’accord. »

Will, s’apaisant : « Ah !... Ouais… Ce serait peut-être plus sage en effet. »

Djaq, reposant sa tête sur l’épaule de Will : « Oui, ce serait plus sage… Donc, c’est d’accord. Tu lui parleras dès ce soir ? »

Will, concentré : « Oui, je lui parlerai dès… »

Will se redressa et se tourna vers Djaq.

Will : « Comment ça, je lui parlerai ce soir ? J’avais plutôt pensé que nous le ferions ensemble. »

Djaq l’obligea à se recoucher. Elle fit de même mais resta face à lui. Il replia son bras droit sous sa tête afin qu’elle soit surélevé pour voir les grands yeux noisettes de sa belle.

Djaq, minaudant : « Écoute… Il serait préférable que vous voyiez ça entre hommes. »

Will, méfiant : « Entre hommes ? »

Djaq : « Parfaitement… Je me vois mal confier mes sentiments vis-à-vis d’un homme à un autre homme. Même si c’est Robin. Tu comprends ? Alors que… entre garçons la confidence sera plus aisée, non ? »

Mais Will n’en était pas aussi convaincu. Il se voyait mal parler à Robin des sentiments qu’il éprouvait pour Djaq. Même s’il admirait énormément le chef des hors-la-loi, il aurait dû mal à partager ses pensées intimes avec lui. Djaq, de son côté, savait que les hommes de ce pays se confiaient rarement et elle pensait que c’était un tort car ils passaient ainsi à côté de quelque chose qui pourrait leur être profitable. Par ailleurs, cela éviterait bien souvent des querelles et des malentendus. Alors elle pensa qu’il était temps que son bien-aimé en fasse l’expérience. Will, lui, étaient loin de ses considérations philosophiques. Il tenta de rationnaliser les choses.

Will, réfléchissant dans sa tête : « Après tout, Allan a dû le faire en son temps lorsqu’il est revenu dans la bande et il fréquentait déjà Annie… Je devrais peut-être lui en parler avant d’aller voir Robin ? »

Djaq : « Alors tu iras lui parler ? »

Will : « Euh… Oui… Entendu… J’irai lui parler. »

Rassurés, les deux tourtereaux se recouchèrent, serrés l’un contre l’autre, profitant des rayons du soleil réchauffant le haut de leurs corps et de l’eau chaude qui leur massait les jambes. Ils fermèrent leurs yeux et, dans un silence seulement brisé par le souffle du vent, les deux amants imaginèrent ce que pourrait être leur vie futur au sein de la bande de Robin des bois. Mais très vite, le sommeil gagna les deux jeunes gens.

Ce fut qu’une heure plus tard que l’ombre d’un arbre à proximité d’eux vint à passer sur les dormeurs ce qui fit sortir Will de son sommeil. Il redressa la tête et réalisa qu’il était toujours dans la rivière mais à l’ombre et l’eau paraissait plus fraîche. Il tourna la tête et vit Djaq collée contre lui. En souriant, il la serra tendrement puis il la réveilla doucement.

Will, délicatement : « Djaq ?... Djaq ? »

La jeune femme s’éveilla, se redressa et vint poser son menton sur le torse du jeune homme.

Djaq, souriante : « Bien dormi, mon amour ? »

Will, s’asseyant et soulevant la jeune femme jusqu’à lui : « Oui, mon cœur. »

Il l’embrassa.

Djaq : « Il commence à se faire tard… On devrait peut-être sortir de l’eau ? »

Will, regardant le ciel : « Oui… Robin ne devrait pas tarder à nous rappeler. »

Les deux amants traversèrent la rivière puisqu’ils avaient laissé leurs vêtements sur la rive opposée. Ils sortirent de l’eau et tout comme Robin et Marianne, en l’absence de serviette pour s’essuyer, ils durent patienter en s’allongeant sur la berge. Will se coucha sur son côté gauche et Djaq, face à lui, sur son côté droit. En sortant de l’eau, Will avait vu une fleur sur le côté et il l’avait cueilli pour Djaq.

Will, lui tendant la fleur : « Je me rappellerai de cette journée toute ma vie. »

Djaq, prenant la fleur et sentant son parfum : « Moi aussi… mais j’espère qu’il y en aura plein d’autres. »

Will, souriant : « Oui… Plein d’autres. »

Il s’approcha et l’embrassa à nouveau.

Un peu en amont de Will et de Djaq…

Alors que les deux tourtereaux s’embrassèrent sur la berge, ils ne firent pas attention au silence anormal qui régnait dans la forêt. En effet, ils n’entendaient plus les enfants rire et s’amuser. Richard avait ordonné de sortir de l’eau car l’après-midi touchait à sa fin. Mais les enfants eurent du mal à obéir car ils voulaient encore profiter de ce moment de liberté qu’ils n’étaient pas prêts de retrouver. Ils s’étaient dépensés sans compter tout au long de l’après-midi et ce grâce, en partie, à Allan qui avait, entre autres choses, déclenché une bataille navale entre Adrien et Erwan afin de régler un conflit naissant entre les deux garçons. Allan avait pris Erwan sur ses épaules tandis que Richard avait pris son frère sur les siennes. Les deux hommes avaient emmené leurs cavaliers un peu plus loin dans la rivière. Puis Allan avait ordonné l’attaque en se rapprochant de Richard. Adrien et Erwan se cramponnèrent l’un à l’autre et essayèrent de se faire tomber mutuelle. Allan secoua ses épaules afin de pimenter un peu plus le jeu et de compliquer la tâche de son cavalier. Tenant fermement les jambes de son frère, Richard l’imita. Mais les deux gamins étaient de force égale. Ils ne parvinrent donc pas à se départager. Allan s’en mêla et donna un puissant coup d’épaule à la monture d’Adrien. Ayant une stature plus imposante que Richard, ce dernier se retrouva fortement déséquilibré. Adrien faillit tomber à l’eau mais Richard s’écarta du champ de bataille et réussit, en se contorsionnant, à garder son cavalier sur ses épaules. Il avisa alors Allan, le regard malicieux et le sourire aux lèvres et repartit au combat sous les cris d’encouragement des autres enfants. Richard voulut lui rendre la monnaie de sa pièce mais Allan tint bon jusqu’à ce qu’une charge plus forte que les autres lui fit perdre l’équilibre. Il recula devant l’offensive mais son pied glissa sur un caillou. Il bascula alors en arrière propulsant son cavalier à l’eau. Adrien exulta de joie sous les applaudissements des autres orphelins. Le cavalier et sa monture levèrent les bras au ciel en signe de victoire. Allan émergea de l’eau et se joignit aux applaudissements de la foule. Pendant que Richard et Adrien se dirigeaient vers la berge, il se porta au secours de son cavalier qu’il prit dans ses bras afin de le ramener à un endroit où il avait pied. Mais Erwan faisait la tête.

Allan, marchant dans l’eau : « Allez… Il faut allez féliciter les vainqueurs. »

Erwan se renfrogna. De l’eau jusqu’à la taille, Allan fit descendre le garçon.

Allan : « Hé !... Il faut se montrer beau joueur, Erwan… Ils ont gagné à la loyal, non ? »

Erwan, bougonnant : « Oui… Oui peut-être. »

Ils continuèrent d’avancer et s’arrêta devant les vainqueurs.

Allan, donnant une poignée de main chaleureuse à Adrien : « Félicitations, mon grand. Tu es notre champion. »

Bombant le torse et grand sourire, Adrien accepta avec joie les compliments de l’adulte. Allan se tourna alors vers Erwan.

Allan : « Erwan ? »

Le gamin le regarda puis s’avança vers Adrien.

Erwan, lui tendant la main et à voix basse : « Félicitations. »

Adrien : « Merci… Et si on retournait sauter de l’arbre ? »

Voyant l’occasion de reprendre sa revanche, Erwan, enthousiaste : « Oh ouais ! »

Les deux gamins sortirent en courant de l’eau et entraînèrent les autres enfants avec eux, laissant seul les deux hommes.

Allan, les regardant partir : « Eh bien au moins leur brouille n’aura pas duré bien longtemps ! »

Richard, les suivant des yeux : « Ouais… A cet âge, on oublie vite ! »

Allan aux enfants : « ET SURTOUT NE MONTER PAS TOUS EN MEME TEMPS DANS L’ARBRE… SINON GARE ! »

Les enfants : « Ouais. Ouais. »

Allan, soufflant : « Oh, ils m’épuisent ! »


byoann  (26.10.2015 à 06:50)

Puis il se tourna vers Richard et lui mit son bras sur ses épaules.

Allan : « Tu t’es pas mal débrouillé durant la bataille. »

Les deux adultes marchèrent vers la berge.

Richard : « Toi non plus ! Mais tu triches ! »

Allan, faussement offensé : « Moi ?... Je triche ? »

Puis Richard remarqua qu’Allan boitait un peu.

Richard : « Qu’est-ce que t’as ? »

Allan : « Je me suis fait mal tout à l’heure pendant la bataille. Mon pied a glissé sur une pierre. »

Richard : « Attends je vais t’aider. »

Richard voulut prendre Allan par les épaules mais celui-ci se dégagea.

Allan : « Non, c’est bon. Je suis pas impotent quand même. Va donc plutôt surveiller les jeunes ! »

Allan sortit de l’eau.

Richard, le suivant : « Non, je préfère rester avec les vieux. »

Allan s’assit par terre et le fusilla du regard.

Allan, prenant son pied douloureux : « Attends un peu et tu vas voir si je suis un vieux. »

Richard s’assit à sa droite. Les deux hommes surveillèrent de loin le jeu des orphelins.

Richard, regardant les enfants : « Ça leur fait du bien de quitter un peu l’orphelinat. »

Allan : « Oui, je pense aussi… [Puis regardant Adrien sauter de l’arbre] Je suis bien content de voir qu’Adrien et toi vous vous êtes bien adaptés à l’orphelinat.  »

Richard : « Oui… Adrien s’est fait beaucoup d’amis ici… Il a l’air très heureux et le père Swain est formidable avec lui. »

Allan : « Mais toi aussi tu es heureux, non ? »

Richard le regarda brièvement puis reporta son attention sur les enfants.

Richard, faiblement : « Oui. »

Mais cela ne convainquit pas Allan.

Allan : « Il y a quelque chose qui ne va pas ? »

Richard se tourna vers le hors-la-loi et hésita. Il sembla vouloir se confier à lui mais il n’osa pas.

Allan, donnant un coup d’épaule à Richard : « Allez dis-moi tout !... Raconte à tonton Allan ce qui te tracasse. »

Richard baissa la tête en souriant mais ne répondit pas.

Allan : « Bon tant pis… En tout cas, ça avait marché avec ton frère. »

Mais Allan ne voulait pas en rester là. Il regarda les enfants sauter dans la rivière mais du coin de l’œil il observa Richard. Il y avait visiblement quelque chose qui avait dû mal à sortir et Allan mourrait d’envie de savoir quoi. Il mit alors son bras sur les épaules du jeune homme.

Allan, sérieux : « Tu sais, tu peux tout me dire… Adrien et toi vous êtes… un peu comme… Enfin, je vous considère comme mes petits frères. »

Richard : « C’est gentil, merci. »

Allan : « Alors si quelque chose te tracasse, n’hésite pas… Je suis là pour ça... Enfin nous sommes là. Après tout, ça fait parti de notre travail de secourir la veuve et l’orphelin. »

Richard perdit subitement le sourire et se dégagea de l’emprise d’Allan en s’allongeant sur l’herbe. Il ferma les yeux en laissant les rayons du soleil réchauffé son corps mais aussi son cœur rempli de tristesse. Allan fut étonné par sa réaction car il ne l’avait pas vu aussi renfermé depuis le jour où Robin et la bande l’avait secouru des griffes de son père. Regardant Richard, Allan se rappela ce triste évènement.

Afin de ne pas tomber dans la mélancolie lui aussi, il chassa ce souvenir de sa mémoire et observa Richard. Le jeune homme avait beaucoup changé depuis leur première rencontre aussi bien mentalement que physiquement. Il avait grandit et pris du poids. Il avait repris confiance en lui et se lier plus facilement avec autrui même si Adrien et lui avaient gardé un lien privilégié avec Allan. Se rappelant de sa promesse lorsque la bande avait laissé les deux enfants à l’orphelinat, Allan se promit d’aider son ami à se confier à lui. Alors il changea de stratégie et prit un chemin détourné.

Allan : « Tu as beaucoup forcir depuis qu’on… »

Allan baissa la tête en rappelant à sa mémoire sa dernière rencontre avec son père.

Richard, ouvrant les yeux et tournant la tête vers lui : «… que vous nous avez trouvé dans la forêt de Sherwood ? »

Allan, appréciant le tact de Richard : « Oui. »

Richard, se tournant sur le côté face à Allan : « C’est grâce à vous… et au Père Swain… Si vous nous aviez pas sorti des griffes de ce… »

Richard s’arrêta réalisant qu’il parlait du père de son interlocuteur.

Richard : «… Enfin, si vous ne nous aviez pas confié aux bons soins du Père Swain, je ne sais pas où nous en serions aujourd’hui, Adrien et moi… Le Père Swain est d’une rare gentillesse. C’est un homme bon et généreux. Il est formidable avec les enfants. »

Allan : « Donc tu es heureux avec… »

Mais Allan s’arrêta lorsqu’il vit sur le flanc droit du jeune homme une marque rougeâtre.

Allan, inquiet : « Tu t’es blessé ? »

Richard, baissant la tête sur son torse : « Non, c’est rien. C’est une tâche de naissance. »

N’ayant jamais vraiment regardé le jeune homme sous toutes les coutures lorsqu’il jouait avec les enfants, Allan ne l’avait jamais remarqué. Par ailleurs, lorsqu’il l’avait soigné avec Djaq lors de son sauvetage, Richard se trouvait dans un tel état qu’il lui aurait été impossible de remarquer cette petite tâche rouge.

Allan : « Ah d’accord !... Donc je disais… tu es heureux avec le Père Swain, non ? »

Richard, peu convaincant : « Oui. »

Allan : « Ouais… Il faudra que t’apprenne à mentir avec un peu plus de conviction. »

Ce commentaire amena un sourire sur les lèvres de Richard.

Allan, se couchant sur le côté face à Richard : « Allez !... Dis-moi ce qui te tracasse ?... C’est Adrien ? »

Richard : « Non… Tout va bien avec Adrien… Justement. »

Allan : « Comment ça justement ? »

Richard tourna la tête pour vérifier que personne ne l’écoutait en particulier Adrien.

Richard : « Lorsque nous étions à Rochdale, je devais m’occuper d’Adrien constamment… Mais ici, c’est le Père Swain et les sœurs qui s’en occupent… Il a moins besoin de moi. »

Allan : « Mais il aura toujours besoin de toi… Tu es son frère. »

Richard se redressa brusquement. Il replia ses jambes et posa ses avant-bras sur ses genoux. Allan fit de même. Il ne put s’empêcher de remarquer qu’il prenait la même position que son frère quand le hors-la-loi avait voulu savoir pourquoi le jeune garçon ne nageait pas avec les autres.

Richard : « Oh mais tu ne peux pas comprendre ! »

Allan : « Oh mais si je comprends… Je pense que tu te sens moins utile maintenant qu’Adrien commence à s’émanciper. »

Richard, relevant la tête : « Oui, c’est ça… Je ne l’aurais pas dit comme ça mais c’est ça ! »

Allan, souriant : « Je dois passer trop temps avec Djaq, moi ! Sa sagesse commence à déteindre sur moi ! »

Richard lui sourit.

Allan : « Ah je préfère te voir comme ça… Bon pour en revenir à ton problème… Tu avais endossé à la fois le rôle de père, de mère et de frère auprès d’Adrien lorsque vous étiez livrés à vous-même mais maintenant que vous êtes ici, il n’a juste besoin que de son grand frère… Et c’est bien aussi tu sais… »

Richard : « Ah oui et en quoi ? »

Allan, réfléchissant : « Eh bien… Ça… te laisse plus de temps à toi ! »

Richard : « Pour quoi faire ? »

Allan : « Euh… Ben je sais pas… Pour voir tes amis. »

Richard, baissant la tête : « Ils sont tous partis. »

Soudain, Allan réalisa que Richard était le seul orphelin âgé de plus de dix-huit ans depuis quelques temps. Lorsqu’il avait été amené à l’orphelinat, il y avait deux autres garçons de son âge. Il avait fini par sympathiser avec eux. Mais malheureusement cette amitié ne dura pas. L’un des garçons trouva l’amour en la personne d’une jeune demoiselle, fille d’un paysan du nord rencontrée sur le marché de Nottingham. Il partit alors sur les terres de son beau-père. Et c’est donc avec tristesse que Richard avait assisté à son mariage. Tristesse d’autant plus grande que l’autre garçon, âgé de vingt ans, était parti quelques jours plus tôt tenter sa chance à Londres d’où il était originaire. Richard se retrouva donc seul de son âge dans cette maison qu’il trouvait soudainement vide malgré la quinzaine d’enfants qui y logeait. Adrien avait bien vu que son frère sombrait dans la tristesse alors il avait tenté de l’égayer comme il pouvait en passant beaucoup de temps avec lui. Richard, s’apercevant qu’Adrien faisait de son mieux pour le distraire, était entré dans son jeu mais lorsque, le soir venu, il retournait dans sa chambre de l’orphelinat qu’il ne partageait plus avec personne, il se couchait sur son lit et réfléchissait pendant des heures à son avenir. Allan comprit alors que cette solitude commençait à peser lourd sur les épaules du jeune homme.

Allan : « Ben il faut t’en faire d’autres ! »

Richard : « Oui… Facile à dire mais je passe tout mon temps à aider le Père Swain ou Matthew dans son atelier alors… Et puis j’ai dix-huit ans maintenant, il est peut-être temps que je trouve un travail... Je veux dire un vrai travail. »

Allan : « Oui, bonne idée… Mais qu’est-ce que tu veux faire ? »

Richard, haussant les épaules et peu convaincant : « Je sais pas. »

Allan : « Tu veux monter un commerce comme Matthew et sa mère ? »

Richard, pas enthousiaste : « Hum… Non. »

Allan, réfléchissant : « Mumm… Je ne te vois pas travailler la terre. »

Richard : « Non. »

Allan, se creusant la tête : « Voyons… Qu’est-ce que tu pourrais bien faire ? »

Richard, n’osant pas regarder Allan : « Je sais travailler le métal. »

Allan : « Ben voilà… Tu pourrais ouvrir ton propre atelier ? »

Richard, le regard fuyant : « Non… Je ne me vois pas avoir mon propre atelier. »

Allan : « Ben alors euh... »

Allan le regarda plus attentivement. Richard détourna immédiatement les yeux.

Allan : «… Attends une minute… Tu as déjà une idée en tête, non ? »

Richard, faussement : « Moi ?... Non ! »

Allan approcha son visage en le regardant droit dans les yeux.

Richard, intimidé et baissant les yeux : « Ben euh… Peut-être… ça dépend. »

Allan : « ça dépend de quoi ? »

Richard, le regardant dans les yeux : « De toi ? »

Allan, étonné : « De moi ? »

Richard se mit face à Allan et prit un air sérieux. Il expira profondément puis il s’ouvrit à lui.

Richard : « Tu es ami avec Robin, exact ? »

Allan, ne comprenant pas où il voulait en venir et lentement : « Exact. »

Richard : « Il te fait confiance ? »

Allan : « Euh ben… Oui, plutôt. Pourquoi ? »

Richard : « Il a certainement confiance en toi puisque tu fais partie de sa bande, non ?... Donc cela veut dire qu’il t’écoute ?... Qu’il prend en compte ton opinion, pas vrai ? »

Allan : « Euh mais où veux-tu en venir ? »

Richard, hésitant : « Euh… Je t’ai aidé tout à l’heure à surveiller les enfants, hein ?... »

Allan hocha la tête.

Richard, le regard fuyant : «… Donc… on peut… considérer que…. j’ai été utile à Robin, non ?... Et… je suis sûr que je pourrais… être encore utile dans bien d’autres occasions... »

Soudain, Allan comprit où il voulait en venir.

Allan : « Holà attends une seconde… »

Richard, inquiet : « Quoi ? »


byoann  (29.10.2015 à 08:40)

Allan : « … Tu veux faire partie de la bande ? »

Richard, craignant sa réaction : « Oui. »

Allan : « Ecoute Richard, je sais pas si… »

Richard : « Attends !... Laisse-moi finir veux-tu ?... »

Devant le silence d’Allan, Richard rassembla son courage et se lança dans une argumentation qu’il avait maintes fois répétée seul dans sa chambre.

Richard : « Je sais que je suis plutôt jeune mais… Will n’était pas beaucoup plus âgé que moi lorsqu’il a intégré la bande à Robin, n’est-ce pas ? »

Allan, un peu gêné : « Ouais, c’est vrai. »

Richard : « Et pourtant il se débrouille fort bien ?... Robin a confiance en lui, non ? »

Allan : « Oui. »

Encouragé, Richard : « Et puis je sais travailler le métal. Je pourrais fabriquer des armes ou n’importe quoi qui serait utile à la bande. Ça pourrait être un plus pour l’équipe, tu ne crois pas ? »

Allan : « Mouais… T’as pas tort. »

Richard : « Je pourrais ainsi enfin me sentir utile et… je pourrais rendre ce qu’on m’a donné. Tu comprends ? »

Allan comprenait parfaitement la situation. Richard était un peu perdu et il cherchait simplement à avoir un but dans la vie. Lui-même avait été dans le même cas il n’y a pas encore si longtemps. Il avait enfin réussi à trouver son équilibre depuis qu’il était revenu dans la bande. Pouvait-il empêcher Richard de vivre la même chose ? Mais il savait aussi que la vie de hors-la-loi était très risquée. Le danger les guettait régulièrement et la présence de son petit frère à l’orphelinat pourrait causer quelques problèmes. Allan tenta de l’en dissuader.

Allan : « Mais tu n’as aucune expérience du maniement des armes ? »

Richard, plein d’espoir : « Tu pourrais m’apprendre ? »

Allan : « Moi ? »

Richard, malicieux : « Ben ça sert à ça… un grand frère ! »

Piégé, Allan : « Ah oui évidemment !... Maintenant que ça t’arrange, je suis ton grand frère ! »

Richard : « Non… C’est toi qui me l’a dit tout à l’heure. »

Allan : « Je parle trop, moi ! »

Richard : « Et puis tu as bien aidé Adrien ? »

Allan : « Oui mais c’est différent. »

Richard, insistant : « En quoi ? »

Allan : « Mais c’est que… Je… Je ne pourrai pas être disponible souvent ! »

Richard : « Robin pourra bien se passer de l’un de ses meilleurs éléments quelques heures par semaine, non ? »

Allan sourit devant la réponse flatteuse du jeune homme.

Allan : « Tu apprends vite ! »

Richard : « Tu es un bon professeur ! »

Voyant qu’il n’arriverait pas à lui faire changer d’avis, Allan ne voyait plus qu’une solution pour se sortir de là.

Allan : « Mais de toute façon, ce n’est pas moi qui décide qui peut ou qui ne peut pas entrer dans la bande. »

Richard, plein d’espoir : « Je sais mais tu pourrais peut-être glisser un mot pour moi à Robin... Histoire de voir ce qu’il en pense. »

Allan : « Tu veux que je le persuade en somme ? »

Richard, souriant : « Oui… Grand frère ! »

Allan soupira fortement puis il mit son bras sur les épaules de Richard.

Allan, vaincu : « Entendu… Je vais voir ce que je peux faire. »

Richard, souriant à pleine dents : « Oh merci, Allan ! »

Allan : « Mais attention, je ne te promets rien… C’est Robin qui décidera si tu peux nous rejoindre. On est bien d’accord ? »

Richard hocha la tête. Le jeune homme avait retrouvé sa bonne humeur ce qui ravit le hors-la-loi. Cependant, Allan craignit sa réaction si jamais Robin en venait à refuser son admission au sein de la bande. Richard se recoucha dans l’herbe. Le sourire aux lèvres, il mit les mains derrière la tête, ferma les yeux et se laissa paresseusement sécher au soleil. Souriant, Allan allait l’imiter lorsqu’une voix masculine se fit entendre derrière eux.

La voix : « Alors on prend le soleil ? »

Allan se mit sur ses coudes tandis que Richard ouvrit les yeux sur l’homme qui se penchait sur eux.

Allan : « Petit Jean ?... Mais où est-ce que tu étais passé pendant tout ce temps ? »

Allan se remit debout et chercha les fruits qu’il était censé avoir ramené.

Allan : « Ben t’as rien rapporté ? »

Petit Jean, regardant les enfants au loin : « C’est comme ça que tu surveilles les enfants ? »

Allan : « T’inquiète ! Je les surveille du coin de l’œil… Mais t’as pas répondu à ma question. »

Petit Jean : « J’ai tout déposé au pied du grand chêne. »

Allan regarda au loin et il vit deux grands paniers posés sur une couverture au pied de l’arbre.

Allan, moqueur : « C’est dans la forêt que tu as trouvé ces paniers ? »

Petit Jean : « Non, je les ai ramené de Knighton, cadeau de Sir Édouard… Je me suis dit qu’après avoir dépensé tant d’énergie, quelques fruits n’auraient pas suffi aux enfants alors j’ai ramené d’autres provisions. »

Richard, se relevant : « C’est vrai que je commence à avoir faim ! »

Petit Jean : « Faites sortir les enfants… On va bientôt devoir repartir… Ils pourront se sécher pendant qu’ils mangeront !... Je vais chercher les provisions. »

Richard : « Bonne idée ! »

Le jeune homme partit sur le champ chercher les enfants pendant que Petit Jean se dirigea vers le grand chêne.

Petit Jean, se retournant : « Mais où est Much ? »

Allan : « Tiens mais c’est vrai... Où est-ce qu’il est ? »

La dernière fois qu’il l’avait vu, Much avait été furieux d’avoir été jeté à l’eau. Il s’était mis à l’écart en se couchant au pied d’un arbre en attendant que ses vêtements sèchent.

Allan, dans sa tête : « Ils doivent être bien secs maintenant ! »

Il tourna la tête vers l’arbre au pied duquel il avait vu Much se réfugier quelques heures plus tôt. Il y était toujours. Il n’avait pas bougé de place, ses affaires l’attendant toujours au soleil. Much s’était endormi et ni les cris ni les plongeons des enfants n’avaient réussi à le réveiller. Allan fit un signe de tête en direction de Much à Petit Jean. Celui-ci se retourna et, avant de regagner le grand chêne, il secoua la tête. Estimant qu’il avait assez embêté Much pour la journée, Allan décida de le laisser tranquille et rejoignit Petit Jean pour l’aider à installer le repas des enfants. Ils rapportèrent la couverture et les vivres près de la berge. Le géant de la forêt étala la grande couverture sur l’herbe au soleil pendant qu’Allan vérifiait le contenu des paniers.

Allan, sur un ton de reproche : « T’aurais pu nous ramener des serviettes pour nous sécher ! »

Petit Jean s’arrêta et le regarda froidement.

Allan, se rattrapant : « Mais du pain et du fromage, c’est encore mieux ! »

Les gamins arrivèrent en courant vers eux. Alors qu’ils avaient protesté lorsque Richard leur avait demandé de sortir de l’eau, ils avaient changé d’avis dès qu’il leur avait annoncé qu’un repas les attendait sur la berge. Les gamins se précipitèrent vers la nourriture. Après avoir passé une bonne partie de l’après-midi dans l’eau, ils mourraient de faim. Au menu, ils avaient droit à du pain, du fromage, des galettes de blé et des fruits. Petit Jean chargea Allan et Richard de remplir les gourdes afin de désaltérer tous ces baigneurs. Les deux hommes repartirent pour la rivière laissant à Petit Jean le soin de faire le service afin qu’il n’y ait pas de disputes. Ils revinrent à la couverture où tout le monde avait été servi. Les deux hommes se joignirent à eux avec joie. Richard dévora son repas tandis qu’Allan en dégusta chaque bouchée. Regardant les enfants se régaler, le hors-la-loi se disait que c’était ça le bonheur. Il ne lui manquait qu’une seule chose pour être totalement heureux : La femme de sa vie à ses côtés. Le combat quotidien contre les hommes du shérif, les embuscades pour détrousser les voyageurs… Tout ceci semblait bien loin. Cependant dès le lendemain, il faudra retourner à la tâche. Mais pour l’heure, il profita de l’instant présent. Il sourit à Adrien qui vint s’assoir entre lui et Richard.

Richard : « Alors c’est bon ? »

Adrien, sourire aux lèvres : « Oh oui ! »

Allan : « T’as passé une bonne journée ? »

Adrien : « Excellente !... Dommage que Messire Robin ne soit pas resté plus longtemps avec nous. »

Allan, dans sa tête : « Oui, c’est vrai. Mais où est-ce qu’ils sont donc passés ? »

Allan : « Oui c’est vrai mais il avait… un important travail à terminer. »

Cette explication sembla suffire à Adrien qui reprit son goûter avec entrain.

Allan, tout bas, à Petit Jean : « On devrait peut-être avertir Robin qu’on va bientôt partir, non ? »

Petit Jean, souriant : « Oui. »

Allan, se relevant : « J’y vais. Reste avec les enfants. »

Il enfila ses chaussures et son pantalon et partit en direction de l’endroit où Robin et Marianne s’étaient réfugiés. Il s’enfonça dans le sous-bois jusqu’à ce qu’il repère d’assez loin Robin et Marianne, en tenu d’Adam et Eve, couchés l’un contre l’autre dans l’herbe.

Allan, gêné : « Oh ! »

 

 

 

 

 

 

Il fit demi-tour afin de ne plus les voir et surtout de ne pas être vu.

Allan, hurlant : « ROBIN !... MARIANNE ! NOUS SOMMES BIENTÔT PRETS A PARTIR ! »

Il n’attendit pas la réponse. Sûr d’avoir été entendu, il fit demi-tour afin de ne pas importuner davantage les amoureux.

Voyant Allan arrivé, Petit Jean : « Tu les as vu ? »

Allan : « Euh… De loin… Ils ne devraient pas tarder ! »

Petit Jean : « Tant mieux… Tiens pendant que tu y es, va chercher Will et Djaq. »

N’aimant pas jouer les trouble-fêtes dans les relations intimes de ces compagnons, surtout depuis qu’il fréquentait Annie, il essaya de se décharger de cette tâche auprès de Richard.

Allan à Richard : « Tu veux pas t’en charger ? »

Richard hocha négativement la tête.

Allan : « Ben si tu veux faire partie de la bande un jour… ! »

Petit Jean fronça les sourcils.

Allan : « [A Petit Jean] Je t’expliquerai !... [Au groupe] Bon ben, j’y vais alors ! »

Il réitéra l’opération du côté de Djaq et de Will mais sans chercher à les apercevoir cette fois-ci.

Allan, revenant : « ça y est ! Tout le monde est prévenu. »

Puis il retourna à son repas tout en surveillant les enfants. Quant à Robin, Marianne, Djaq et Will, ils surent grâce à la voix mélodieuse de leur compagnon que leur moment d’intimité était fini.


byoann  (29.10.2015 à 08:45)

CHAPITRE IV

« MESSIRE ROBIN… LE PERE SWAIN VIENT DE S'ETEINDRE. »

u nord, du côté de Robin et Marianne…

Les deux amants étaient entrain de s’embrasser lorsqu’ils entendirent la voix d’Allan.

Robin, embrassant Marianne : « Mumm… ce que j’aimerais pouvoir l’étrangler celui-là ! »

Marianne, riant : « Il fallait bien repartir un jour ou l’autre. Nous devions attendre d’être secs et je crois que cela fait déjà un petit moment que nous aurions dû repartir. »

Mais Robin n’était pas d’humeur à retrouver ses compagnons. Il se mit sur le côté, appuyé sur son coude, et regarda Marianne en faisant la moue comme un petit garçon refusant d’obéir.

Robin : « Tu crois vraiment qu’il le faut ?... Je ne suis pas encore tout à faire sec. »

Marianne, souriante, lui caressa le torse. Il emprisonna sa main et y déposa un baiser.

Marianne : « Tu es parfaitement sec ! »

Robin : « Non, je ne crois pas. »

Il mit le bras de Marianne sur son épaule.

Robin, espiègle : « Il faut que tu vérifies partout. »

Elle lui caressa le dos. Il en profita pour l’embrasser à l’intérieur de son coude. Voyant qu’il essayait de l’attirer dans un jeu amoureux, Marianne tenta de le raisonner.

Marianne : « Robin ! »

Il continua de l’embrasser en avançant sur son bras.

Robin : « Ben quoi je vérifie si tu es bien sèche partout. »

Il l’embrassa sur l’épaule.

Marianne, sur un ton de reproche : « Robin ! »

Il continua de l’embrasser mais dans le cou cette fois.

Marianne, insistante : « Robin ! »

Mais il continua. Sentant qu’elle ne pourrait pas lui résister bien longtemps, elle se releva et lui tourna le dos. Elle attrapa son sous-vêtement avec l’intention de le revêtir.

Marianne : « Nous devons nous habiller, maintenant. »

Mais Robin n’abandonna pas pour autant la partie. Il se leva vivement, se glissa derrière elle puis passa ses bras autour de sa taille et la serra contre lui. Il l’embrassa de nouveau dans le cou. Cette fois-ci, Marianne n’eut pas d’autres choix que de se fâcher. Elle se fâcha d’autant plus fort que sa volonté ne résisterait pas à un autre assaut de baisers de la part de Robin.

Marianne, se tournant vers lui et se cachant derrière son vêtement : « Robin, ça suffit ! Nous devons rejoindre les autres… Va te rhabiller !… S’il te plaît. »

Robin la regarda sans bouger, souriant, les mains sur les hanches. Il voyait bien qu’elle ne pourrait pas lui résister bien longtemps. Les joues rouges, Marianne espéra qu’il lui obéisse.

Elle fut soulagée quand elle le vit se diriger vers ses affaires non sans lui avoir fait un malicieux clin d’œil.

Robin, souriant : « Comme tu voudras… »

Le regard toujours attiré par sa belle, il enfila son sous-vêtement, son pantalon, ses chaussettes et ses chaussures tandis que Marianne se rhabillait de son côté. Il retourna près d’elle afin de l’aider à remettre sa robe. Comme elle se reprochait d’avoir été un peu dur avec lui, elle lui fit un grand sourire et prit l’initiative de l’embrasser.

Ravi de son baiser, Robin : « On y va ? »

Marianne : « Et ta chemise ? »

Il baissa les yeux et vit qu’il était toujours torse nu. Il scruta les environs pour voir où il l’avait mise. Marianne l’aida à la chercher mais ils ne la retrouvèrent pas.

Robin, revenant vers Marianne : « Mais où est-ce que je l’ai mise ? »

Marianne, espiègle : « C’est ça que tu cherches ? »

Elle tendit le bras sur le côté et lui montra sa tunique. Robin, la reconnaissant, s’apprêta à l’attraper quand elle la lui déroba.

Marianne : « Non ! [Souriante]… Lève les bras ! »

Il s’exécuta sans dire un mot puis elle lui enfila lentement le vêtement. Quand elle l’eu correctement ajusté, elle déposa un baiser sur ses lèvres.

Marianne : « Maintenant, on peut y aller. »

Elle prit la main de Robin et retourna vers leurs compagnons. Robin dut se faire une raison : Leur petit tête-à-tête était bel et bien terminé.

Plus au sud, du côté de Will et Djaq…

A l’instar de Robin et Marianne, les deux tourtereaux s’embrassaient lorsqu’ils entendirent la voix d’Allan.

Will, contrarié : « Oh… Quel rabat-joie ! »

Déçue, Djaq se contenta de sourire en hochant la tête, amusée par la frustration de son amant.

Will, moqueur : « Quand est-ce qu’Annie doit revenir, déjà ? »

Djaq, riant : « Parce que tu crois que si elle avait été là, il n’aurait pas fallu rejoindre les autres ? »

Will, se rendant à l’évidence : « Ben… Non bien sûr mais il nous aurait fichu la paix encore un petit moment ! »

Djaq, fataliste : « Y’a plus qu’à se rhabiller. »

Déçu, Will, baissa la tête. Djaq l’embrassa pour l’encourager avant de se relever pour se revêtir. Mais tout comme Robin, Will n’était pas pressé.

Djaq, se rhabillant : « Dépêche-toi sinon ils partiront sans nous ! »

Soupirant profondément, Will se releva et se dirigea vers ses affaires puis il commença à se vêtir sous l’œil amusé de Djaq. A l’instar de Robin, Will vint à la rescousse de Djaq lorsqu’elle éprouva des difficultés à se rhabiller. Elle le remercia en l’embrassant.

Djaq : « Merci, Will… Mais dépêche-toi, mon cœur. »

Will, retournant à ses affaires : « Oui. Oui… J’arrive. »

Elle le regarda s’éloigner et s’amusa de son air contrarié. Il ne voulait manifestement pas partir. Il voulait rester avec elle ce qui lui fit un grand plaisir d’autant plus qu’elle ne voulait pas non plus le quitter. Mais le devoir les appeler et il convenait de ne pas être sourd. Will enfila ses chaussures puis finit de boutonner son pantalon. Djaq commença à s’éloigner.

Will : « J’arrive… Attends-moi ! »

Il attrapa sa tunique au passage et courut la rejoindre. Arrivé à sa hauteur, ils s’arrêtèrent.

Will, enfilant sa tunique : « Qu’est-ce qu’on va bien pourvoir leur dire au sujet des fruits qu’on était censés rapporter ? »

Djaq, ajustant la chemise de son amant : « On trouvera bien quelque chose… Euh… On dira qu’on n’en a pas trouvé ! »

Will, mettant son bras sur les épaules de Djaq : « Parfait… Il est vrai qu’on n’en a pas trouvé ! »

Djaq, passant son bras autour de la taille de Will : « Faut dire qu’on n’a pas beaucoup cherché, non plus ! »

Will ne lui répondit que par un grand sourire. Elle le lui rendit puis ils s’embrassèrent avant de se remettre en route en direction du grand chêne.

Au bord de la rivière, près du grand chêne…

Will et Djaq s’éloignèrent l’un de l’autre lorsqu’ils arrivèrent dans la clairière du grand chêne. Ils virent alors les enfants se rhabillaient sous la supervision d’Allan, Richard et de Petit Jean. Ils arrivèrent à un moment opportun puisque les adultes semblaient complétement dépassés. En effet, dans l’euphorie de l’arrivée à la rivière, les enfants avaient jeté leurs habits n’importe où. Si bien que maintenant, ils n’arrivaient plus à s’y retrouver.

Un gamin : « Allan ?... Je ne retrouve pas ma chaussette. »

A genou, Allan, cherchant la chaussette de l’enfant : « Ta chaussette. Ta chaussette. »

Un autre gamin : « Et moi, je ne retrouve pas ma chaussure droite. »

Allan, relevant la tête : « Toi… C’est ta chaussure droite. »

Un autre gamin, se postant devant Allan et pleurnichant : « Allan… Je sais plus où j’ai mis ma tunique. »

Allan, se relevant : « AAAAAH !... Aidez-moi, seigneur ! »

Un peu plus loin, Richard aida un enfant à enfiler sa tunique et se mit à rire devant l’air paniqué d’Allan.

Richard : « Tu vois ?... C’est comme ça tous les matins ! »

Allan : « Je comprends maintenant pourquoi tu veux trouver un vrai travail !... [A un gamin] Euh… attends. Tiens. Ça, c’est à toi. »

Il tendit à l’enfant une chaussette qu’il tenait à la main.

L’enfant : « Non. Moi, il me manque une chaussure ! »

Allan, s’énervant : « Bon alors c’est à qui cette chaussette ? »

Will et Djaq arrivèrent à ce moment précis.

Djaq, souriante : « Du calme, Allan. Je suis certaine qu’on va pouvoir retrouver son propriétaire. »

Allan, soulagé : « Oh ! De l’aide. Merci, seigneur. Je ne sais pas où donner de la tête. Là, il manque une tunique, là c’est une chaussette et là une chaussure droite bien sûr puisque je n’ai retrouvé qu’une chaussure gauche !... Je vais devenir dingue. Je n’ai même pas eu le temps de me rhabiller. »

Richard, mettant sa main sur l’épaule d’Allan : « C’est toujours comme ça qu’on procède. On habille d’abord les plus petits pour ensuite s’occuper des plus grands et enfin seulement tu peux penser à toi ! »

Allan se mit à hurler.

Robin, arrivant sur ses entrefaites : « Ben qu’est-ce qui se passe ici ? »

Allan, soulagé : « Oh Robin ! »

Il se faufila entre les gamins.

Allan : « Je t’en supplie... Viens à mon secours. J’ai 15 gamins, 15 pantalons, 15 tuniques sans parler des 30 paires de chaussures et autant de chaussettes. Et on ne sait plus quoi appartient à qui. Sauve-moi, par pitié ! »

Robin, souriant : « Du calme, Allan… Du calme… On va t’aider. »

Il tapota l’épaule de son compagnon afin de le rassurer.

Robin : « Va t’habiller. On s’occupe du reste. »

Soulagé, Allan partit chercher sa tunique. Mais il revint subitement vers Robin sans dire un mot.

Allan, prenant Robin dans ses bras : « Sois béni, Robin. »

En silence, il déposa ensuite dans les mains de Robin une chaussette et une chaussure puis s’éloigna de la cohue. Richard le suivit des yeux et, profitant que Robin, Marianne, Will, Djaq et Petit Jean fussent occupés avec les enfants, il rejoignit Allan. Celui-ci s’apprêta à enfiler sa tunique lorsque Richard l’arrêta.

Richard : « Hé… Tu n’oublies pas ta promesse, hein ? »

Allan : « Quelle promesse ? »

Richard, mécontent : « Allan ! »

Allan, enfilant sa tunique et souriant : « Mais non ! Je n’ai oublié pas ma promesse… Mais n’oublie pas que c’est Robin qui décidera en dernier lieu ! »

Richard, soulagé et souriant : « Oui, je sais. Mais tu peux le convaincre. J’en suis sûr. Tu es le meilleur dans ce domaine. »

Allan, souriant et lui tapant sur l’épaule : « Vile flatteur, va !... Allez, file t’habiller ! »

Richard, s’en allant : « J’y cours… [Puis se retournant]… Merci, Allan. »

Allan le regarda s’éloigner. Puis il se tourna vers Robin qui, apparemment se débrouillait fort bien avec les enfants, mieux que lui en tout cas.

Allan, dans sa tête : « Comment je vais pouvoir aborder le sujet avec Robin ?... Et surtout comment je vais réussir à le convaincre ? »

Il expira profondément et retourna auprès des enfants.

Allan, dans sa tête : « Pourvu qu’il accepte ! »

Grâce aux renforts, l’habillage des enfants se déroula dans l’ordre et dans le calme. Petit à petit, les enfants furent tous prêts à partir.

Allan, reprenant son ton habituel : « Bon… Ceux qui sont prêts vous attendez bien sagement près du grand chêne. »

Adrien étant rhabillé, il se dirigea vers le grand chêne mais en chemin, il croisa Robin.

Adrien : « Messire Robin, c’est dommage que vous n’êtes pas resté avec nous. »

Robin, un peu gêné : « Euh… Oui c’est regrettable mais j’ai dû… patrouiller les environs pour m’assurer qu’il n’y avait pas de danger. »

Adrien : « Oh ! »

Allan à Will et Djaq : « Et vous aussi, vous avez patrouillé tout l’après-midi, je suppose ? »

Will et Djaq se regardèrent et échangèrent un sourire.

Will, sérieusement : « Absolument ! »

Robin à Adrien : « Mais je te promets que la prochaine fois je passerai tout mon temps avec vous. »

Adrien : « C’est vrai ? »

Robin : « Oui… et on organisera même un tournoi d’archers. Vous êtes d’accords ? »

Les enfants : « Oh oui… Oui ! »

Robin, souriant : « Alors c’est entendu… Êtes-vous tous prêts ? Tout le monde est là ? »

Les enfants : « Oui ! »

Adrien : « Non, il manque Much ! »

Robin levant les yeux vers ses compagnons : « Mais oui, c’est vrai. Où est Much ? »

Allan, levant les yeux vers Robin : « Bon sang ! J’ai oublié, Much ! »

Robin : « Pourquoi où est-il ? »


byoann  (02.11.2015 à 09:20)

Allan fit un signe de tête à Robin en direction de Much se trouvant derrière lui. Robin se retourna et vit Much, en sous-vêtement, dormant profondément, recroquevillé à l’ombre d’un arbre. Robin se dirigea vers lui, suivi par toute la troupe.

Allan : « Eh ben, en tous cas, on peut pas dire qu’il a le sommeil léger ! »

Robin ramassa le pantalon de Much au passage puis s’agenouilla au pied de son ami endormi. Allan fit le tour de l’arbre et vint se placer au niveau de sa tête.

Robin, doucement : « Much ?... Ooooh Much ! »

Les enfants s’empêchèrent de rire bruyamment.

Much, les yeux clos : « Rrr… Allan ! Laisse-moi tranquille ! »

Tous bas, les enfants pouffèrent de rire.

Allan : « Ben ! J’ai rien dit, moi ! »

Robin, souriant : « Much ? »

Réalisant que ce n’était pas la voix d’Allan qu’il l’avait appelé, Much s’assit subitement et se retrouva face à Robin tenant son pantalon à la main.

Robin : « Je pense que ceci t’appartient, mon ami. »

A peine réveillé, il regarda Robin puis son pantalon.

Much : « Maître ? »

Allan, se rapprochant de Robin : « Alors t’as bien dormi ? »

Much regarda Allan de la tête au pied.

Much : « Mais… »

Puis il reporta son attention sur l’assistance qui accompagnait Robin.

Much : « Mais vous êtes tous habillés ? »

Il baissa la tête et réalisa qu’il était encore en sous-vêtement. Embarrassé, Much se remit subitement debout et attrapa son pantalon que Robin lui tendait.

Much : « Oh bon sang… Maître… Je suis désolé… Je… »

Les enfants éclatèrent de rire. Much s’énerva tellement qu’il eut du mal à enfiler son pantalon et il tomba à la renverse, doublant ainsi le fou rire des enfants.

Much, mécontent et mettant ses chaussettes : « Bon sang, Allan ! Pourquoi est-ce que tu ne m’as pas réveillé plus tôt ! »

Allan, lui tendant ses chaussures : « Je suis navré… Tu dormais si bien ! »

Robin, riant avec les orphelins : « Bon, les enfants… On retourne au grand chêne afin de laisser le temps à Much de se préparer. »

Il ramena la troupe près de l’arbre, laissant Allan et Much s’expliquer.

Much, laçant ses chaussures et toujours mécontent : « Je suis sûr que tu l’as fait exprès ! »

Allan, lui tendant sa chemise : « Mais non, je te jure que non ! »

Much se remit debout et arracha sa chemise des mains d’Allan en passant près de lui. Il remit sa tunique tout en continuant à marcher vers le grand chêne. Allan attendit qu’il se soit éloigné pour pouffer de rire puis il suivit son ami jusqu’au reste de la troupe.

Lorsqu’il fut certain que tout le monde, cette fois, était bien là, Robin ordonna le départ.

Robin : « Much ? Tu veux bien prendre la tête du groupe ? »

Allan : « Oh ça doit pas lui poser de problème ! Il doit être bien reposé à présent ! »

Les enfants rirent discrètement pour ne pas froisser l’adulte qui passa devant eux. Much fusilla Allan du regard et se plaça en tête de file aux côtés de Djaq et de Will. Robin, accompagné de Petit Jean, resta au milieu du groupe à répondre aux multiples questions des enfants. Allan, Richard et Marianne fermèrent la marche.

Marianne à Allan : « Tu y es allé un peu fort avec Much ? »

Allan, haussant les épaules et se défendant : « Quoi ? J’ai rien fait… Je l’ai simplement oublié !... Je vous jure ! »

Mais Allan continua de sourire rendant sa défense inefficace. Marianne secoua la tête en signe de désapprobation et rejoignit la troupe. Allan et Richard la suivirent.

Si l’aller avait été plutôt joyeux et légèrement bruyant, le retour se passa dans le calme, seulement interrompu par les questions que les enfants posaient à Robin sur la vie dans la forêt. L’activité de baignade avait réussi à venir à bout de la vitalité de la jeunesse. Le retour prit donc plus de temps. Une demi-heure plus tard, ils arrivèrent en vue de l’orphelinat.

Soudain, Much fit arrêta la troupe et s’accroupit dans l’herbe. Pressentant un danger, les hors-la-loi convergèrent vers lui.

Robin, s’asseyant à ses côtés : « Qu’y-a-t-il, Much ? »

Much : « Il y a une voiture à la porte de l’orphelinat que je ne reconnais pas ! »

Robin, intrigué : « Tu as raison. »

Much : « Qu’est-ce qu’on fait, maître ? »

Marianne et Allan arrivèrent à ce moment-là.

Marianne : « Je la reconnais. C’est la voiture du médecin de Knighton ! »

Et comme pour vérifier ses dires, Sœur Margaret et un homme d’une cinquantaine d’années portant une sacoche de médecin sortirent du bâtiment. Ce dernier salua la none et monta dans sa voiture.

Robin, soudain, très inquiet : « Le Père Swain !... Venez ! »

Robin s’approcha de l’entrée de l’orphelinat en regardant s’éloigner la voiture du médecin.

Sœur Margaret qui avait vu arriver les hors-la-loi les attendit sur le pas de la porte, les mains cachées dans les manches de sa robe.

Robin, reporta son attention sur la none et inquiet : « Il s’agit du Père Swain, n’est-ce pas ? »

Sœur Margaret, très émue : « Oui. »

Les enfants se regroupèrent autour de la none. Le regard rempli de tristesse, Sœur Margaret secoua légèrement la tête de gauche à droite. Les plus vieux des enfants comprirent ce qu’ils venaient de se passer et éclatèrent en sanglots entraînant les plus jeunes qui sentirent que quelque chose de grave était arrivé. Robin emmena Sœur Margaret un peu à l’écart. Richard les suivit.

Sœur Margaret, les larmes aux yeux : « Messire Robin… Le Père Swain vient de s’éteindre. »

Robin, ébranlé : « Oh non ! »

Sœur Margaret : « D’après le médecin, la forte chaleur de cet après-midi a eu raison de son cœur si fragile. »

Très affecté par cette disparition, Robin ferma les yeux.

Il resta silencieux quelques instants afin d’assimiler cette terrible nouvelle.

Robin, d’une voix grave : « Il doit être enterré le plus rapidement possible. »

Sœur Margaret : « Mais nous n’avons pas de prêtre pour procéder à l’enterrement. Il ne serait pas convenable qu’il soit enterré sans recevoir les derniers sacrements. »

Robin : « Vous avez raison. Il doit être enterré avec tous les honneurs qui lui sont dus. C’était un homme… [Ému] C’était un homme brave et respectueux des enseignements de la foi…. Je… Je vais aller chercher l’abbé de Kirklees... »

Richard, le coupant : « Non, c’est à moi d’y aller ! »

Robin se tourna vers lui.

Robin : « Richard, il va bientôt faire nuit… »

Richard, le coupant : « Et alors ?... Je dois bien ça au Père Swain. Il l’aurait fait pour moi !... S’il te plaît, laisse-moi y aller ! »

Robin : « Mais Kirklees est loin d’ici… »

Richard, s’obstinant : « J’irai en chariot… Je demanderai à Matthew de me prêter le sien. Je suis sûr qu’il acceptera. »

Le chef des hors-la-loi savait que le frère de Kate, sympathisant de Robin des bois, lui viendrait en aide.

Robin : « D’accord, vas-y. Tu peux y aller. »

Richard : « Merci, Robin. »

Robin, posant sa main sur son épaule : « Mais fais bien attention à toi ! »

Richard : « Entendu ! »

Le jeune homme se mit en route s’en tarder. En larmes, Adrien vit partir son frère.

Adrien, très inquiet : « Où est-ce qu’il va ? »

Robin, essayant de retenir ses larmes, s’accroupit face au garçonnet.

Robin, posant ses mains sur les épaules d’Adrien : « Il va revenir. Il est parti chercher l’abbé afin que nous puissions dire au revoir au Père Swain. »

Repensant à la perte de son mentor, Adrien fondit en larmes et se jeta dans les bras de Robin. Celui-ci partageait la peine des orphelins puisque lui-aussi avait eu un lien particulier avec le prêtre : Il l’avait beaucoup aidé à la mort de ses parents. Robin pleura la mort du Père Swain dans les bras d’Adrien pendant que le reste de ses compagnons tentèrent de consoler les autres enfants. Lorsque les larmes cessèrent, les hors-la-loi aidèrent les nones et Marianne à faire rentrer les enfants. Comme ils venaient de manger avec les hors-la-loi et le soleil se couchant, les enfants montèrent directement se coucher. Mais les visages étaient tristes et les hors-la-loi durent faire preuve de beaucoup de patience afin de convaincre les enfants d’aller dormir. Mais Robin ne participa pas à l’opération.

Il s’éclipsa quelques instants et entra dans la chambre mortuaire afin de se recueillir auprès de la dépouille du Père Swain.

 

Pendant ce temps-là…

Au soleil couchant, Richard arriva en courant à la maison où résidait la famille de Kate. Il frappa à la porte et un jeune homme lui ouvrit.

Le jeune homme : « Richard ?... Mais que viens-tu faire ici à cette heure ? »

Richard, très ému : « Matthew… Il s’est produit un drame… Le Père… Le Père Swain est mort. »

Matthew, affecté : « Oh non ! »

Kate, arrivant à côté de son frère et fébrile : « Quoi ? Oh non, c’est pas possible ? »

Richard : « Malheureusement si… Il est mort en fin d’après-midi… [A Matthew] Peux-tu me prêter ta voiture pour que je puisse aller chercher l’abbé de Kirklees ? »

Matthew : « Bien sûr… Viens ! »

Il s’apprêta à sortir afin d’atteler son chariot pour son ami mais Kate l’arrêta.

Kate : « C’est inutile ! »

Matthew : « Pourquoi ça ? »

Kate : « L’abbé de Kirklees est au château de Nottingham… Je l’ai vu ce midi arrivé dans la cour et d’après ce qu’on dit, il n’est pas reparti. »

Richard : « Dans ce cas, je pars immédiatement pour Nottingham. »

Kate : « Et les enfants ?... Comment vont-ils ? »

Richard : « Ils sont bouleversés… Robin et ses compagnons sont restés auprès d’eux pour les réconforter. »

Matthew, inquiet : « Comment ?... Robin est toujours là-bas ? »

Richard : « Oui. »

Matthew : « Mais si jamais l’abbé revenait escorté par les hommes du shérif ? »

Soudain, Richard réalisa qu’il risquait de compromettre ses amis. Mais d’un autre côté, le Père Swain méritait des funérailles dans les règles. Il ne sut quoi faire.

Matthew : « Je vais aller prévenir Robin… Pendant ce temps-là, toi, cours à Nottingham. »

Kate : « Non laisse, j’y vais. »

Matthew : « Mais Kate, il va bientôt faire nuit ! »

Kate : « Et alors ?... Je resterai à l’orphelinat cette nuit. Il faut bien que quelqu’un reste pour aider Sœur Margaret quand les hors-la-loi seront repartis ! »

Matthew : « Très bien… Dans ce cas, mets-toi en route immédiatement. »

Elle sortit de la maison et courut en direction de l’orphelinat pendant que Richard se dirigea vers Nottingham.


byoann  (02.11.2015 à 09:30)

Lorsqu’il arriva devant les portes donnant sur la cour du château, il faisait nuit et les portes avaient déjà été refermées. Il tambourina à la porte.

Le garde, de derrière la porte : « Qui va là ? »

Richard : « Je m’appelle Richard Fisher et je viens voir Monseigneur l’abbé de Kirklees. »

Le garde, mécontent : « Non mais t’as vu l’heure !... Repasse demain ! »

Richard : « Non, c’est impossible. Il faut que je le voie maintenant… Le Père Swain est mort et il est le seul à pouvoir procéder à ses funérailles… Je vous en supplie… Ouvrez-moi ! »

 

A l’intérieur de la cour…

Le garde, tout bas à un autre garde : « Qu’est-ce qu’on fait ?... Tu crois que ça fait partie d’un cas de force majeur ? »

L’autre garde, sur le même ton : « Ben… C’est le rôle de l’abbé de procéder à des enterrements. Si y’a pas de prêtre pour le faire et… comme c’est le prêtre qui est décédé… Euh… Je crois qu’il vaut mieux que tu le laisses entrer. »

Richard, de l’extérieur : « Je vous en prie… Ouvrez-moi ! »

Le garde : « D’accord. D’accord. »

Il ouvrit l’une des deux lourdes portes. Richard s’y faufila.

Richard : « Merci, Messire. »

Le garde : « Monseigneur l’abbé est entrain de dîner avec le shérif dans la grande salle. Va tout droit et demande ensuite ton chemin au garde de service. »

Richard, se mettant à courir : « D’accord… Merci. »

Il monta quatre à quatre les marches du perron et entra dans le château. Il demanda son chemin à un domestique qui passait par là. Mais une fois arrivé devant la porte de la grande salle, il se heurta à deux gardes beaucoup moins compréhensifs que ceux de la porte d’entrée de la cour.

Le garde, retenant Richard par l’épaule : « Je te dis qu’il est interdit d’entrer ! »

Richard, forçant le passage : « Mais je vous dis que c’est très important ! »

Le garde attrapa Richard et voulut l’empêcher de continuer d’avancer mais le jeune homme se débattit.

Le garde, excédé : « NON MAIS CA SUFFIT, GAMIN !... DEGAGE DE LA ! »

Il repoussa violemment Richard qui tomba sur le sol. Mais cela ne découragea nullement le jeune homme. Il se remit sur ses pieds et fonça sur les gardes. Cette fois, ils durent se mettre à deux pour l’empêcher d’entrer dans la grande salle.

A l’intérieur, le shérif avait invité l’abbé à partager son dîner. Ils venaient à peine de se mettre à table lorsque Richard se présenta à la porte d’entrée de la cour du château.

« Alors Monseigneur l’abbé ?... Avez-vous eu le temps de réfléchir à ma proposition concernant l’orphelinat de Locksley ? »

L’abbé, sèchement : « Je n’ai fait que cela ! »

Le shérif, souriant : « Et ? »

Mais soudain, ils entendirent des bruits de bagarre derrière la porte.

Une voix derrière la porte : « Mais tu vas te calmer, sale gamin ! »

Le shérif, mécontent : « Mais quel est donc ce tapage ? »

La porte s’ouvrit brutalement et l’un des gardes fut pratiquement poussé à l’intérieur. Il rattrapa son casque qui manqua de tomber à terre.

Le garde : « Monseigneur ? »

Le shérif, mécontent : « Qu’y-a-t-il ?... J’ai demandé à ne pas être déranger ! »

Il se pencha sur le côté afin d’observer son garde ainsi que l’autre soldat qui emprisonnait dans ses bras un jeune homme qui se débattait furieusement. L’abbé, assis à l’autre bout de la table, dos à la porte, se retourna. Il eut un bref sourire lorsqu’il vit Richard donnait du fil à retordre au soldat de garde puis il reporta son attention sur le soldat à ses côtés.

Le garde : « Il y a là un jeune homme qui désire parler à Monseigneur l’abbé. »

« Un jeune homme ? »

Le garde : « Oui. Il souhaite vous parler d’un certain Père Swain. »

L’abbé : « Faites entrer ! »

Il recula sa chaise et se mit debout face à la porte. Le shérif n’apprécia pas qu’il donne ainsi des ordres à ses soldats.

Le shérif : « Vous prenez vos aises, mon cher abbé ! »

L’abbé, sarcastique : « Vous êtes un hôte si parfait que je me sens comme chez moi ! » 

Le shérif ne répondit pas mais il lui lança un regard dédaigneux que l’abbé ne vit pas car il s’était retourné face à la porte par où le jeune homme fut introduit. Richard mit un genou à terre et baisa la main de l’abbé.

Richard : « Monseigneur, je suis porteur d’une bien mauvaise nouvelle. C’est avec une profonde tristesse que je viens vous apprendre la mort du Père Swain. »

L’abbé, affecté, se signa en prononçant des paroles en latin. Le shérif se releva vivement comme s’il avait été piqué par un insecte. La mort du Père Swain servait grandement ses desseins. Il vint se placer à côté de l’abbé.

Le shérif : « Le Père Swain est mort, tu dis ? »

Richard, se relevant : « Oui, Monseigneur. Et je viens demander à Monseigneur l’abbé de venir procéder à ses funérailles dès ce soir. »

Le shérif : « Mais bien sûr !... Monseigneur l’abbé est là pour ça…. N’est-ce pas ? »

L’abbé à Richard : « Bien sûr, mon fils… Je viens immédiatement. Le Père Swain était l’un de mes plus vieux amis alors c’est bien la moindre des choses que je puisse faire pour lui… [Tout bas et regardant de travers le shérif] A défaut d’autres choses !... [Tout haut à Richard] Va m’attendre dehors, mon fils. »

Le shérif : « Oui, c’est ça ! Va nous attendre dehors. »

L’abbé, surpris et se retournant vers le shérif : « Nous ?... Comment ça, nous ? »

Le shérif : « Je vous accompagne, l’abbé ! »

L’abbé, ne voulant pas se disputer avec le shérif devant Richard, essaya de se contenir.

L’abbé, sèchement : « Je n’ai nul besoin de vous ! »

Le shérif : « C’est la seule solution si vous voulez sortir d’ici. »

Richard ne comprit pas comment un shérif pouvait dicter ses volontés à un abbé car après tout un abbé, homme de Dieu, était plus puissant qu’un simple shérif. L’abbé comprit que le shérif ferait tout pour le retenir s’il ne venait pas avec lui et comme il tenait absolument à donner les derniers sacrements à son vieil ami, il céda.

« Très bien... Comme vous voudrez ! »

 

 

 

 

 

 

 

Le shérif, retrouvant le sourire : « Allons ne le prenez pas comme ça, l’abbé. Mes hommes vous protègeront… La forêt est si peu sûre en particulier la nuit. »

L’abbé à Richard : « Attends-moi dans la cour, mon fils… Je t’y rejoins dans quelques minutes. »

Richard lui obéit et sortit de la pièce, troublé par cet échange. Il patienta dans la cour jusqu’à ce que l’abbé, le shérif et Gisborne se présentent sur le perron. La voiture du shérif fut amenée au bas des marches. Les quatre hommes y prirent place et filèrent en direction de l’orphelinat de Locksley. Evidement, le shérif avait pris soin de se faire escorter par une dizaine de soldats.

Pendant que Richard annonçait la mort du Père Swain à l’abbé et au shérif, Kate fonçait avertir Robin du danger qu’il courait en restant à l’orphelinat. Après avoir rendu ses derniers hommages au Père Swain, Robin redescendit à l’étage où les enfants dormaient. Il regarda ses compagnons mettre les enfants au lit. Le visage fermé, il resta à l’écart du groupe visiblement encore ébranlé par la disparition du prêtre. Marianne s’approcha de lui.

Marianne, doucement : « Ça va aller ? »

Les yeux baignés de larmes, il ne répondit que par un hochement de la tête. Elle lui caressa la joue pour lui rappeler qu’il n’était pas tout seul. Il tourna la tête vers elle, lui sourit et lui baisa la main. Puis il tourna le dos et redescendit dans la salle principale. Marianne ne le retint pas. Elle le laissa partir puis retourna auprès des orphelins. Lorsque tous les enfants furent mis au lit, les hors-la-loi redescendirent. Robin se tenait face à la cheminée qui, en cette saison, était évidemment éteinte. Marianne alla vers lui et sans rien dire lui frotta doucement le dos. C’est alors que Kate fit irruption dans la pièce.

Kate : « Robin ?... Vous devez quitter l’orphelinat sans tarder. »

Immédiatement, les réflexes du hors-la-loi reprirent le dessus.

Robin, inquiet et se tournant vers elle : « Pourquoi ? Qu’y-a-t-il ? »

Kate : « L’abbé de Kirklees est au château de Nottingham. Il risque de venir ici escorté par les hommes du shérif. »

Toute la bande se mit en alerte. Robin se mit à réfléchir. Il tenait absolument à assister à l’enterrement du Père Swain. Mais si les hommes du shérif accompagnaient l’abbé, cela risquait de tourner à l’affrontement.

Djaq : « Robin ?... Nous devons partir ! »

Petit Jean : « Elle a raison. Tu pourras toujours revenir lui rendre hommage demain, Robin. »

Malgré son désir de rester, Robin, ne voulant pas faire éclater un esclandre pendant l’enterrement du Père Swain, se rangea à leur avis.

Robin : « Très bien... Nous partons. »

Sœur Margaret : « Messire Robin… Nous organiserons une cérémonie dans quelques jours pour que les enfants puissent lui faire leurs adieux… Si vous voulez y assister… »

Robin, prenant la main de la none et reconnaissant : « Je vous remercie ma sœur… Vous pouvez compter sur moi, je viendrai… Je viendrai. »

Sans dire un mot de plus, il se dirigea vers la porte, ses compagnons sur les talons.

Djaq, se retournant : « Marianne ?... Vous ne venez pas avec nous ? »

Marianne : « Non, je reste ici. »

Robin se retourna sans dire un mot. Marianne s’avança et posa sa main sur son bras.

Marianne : « Les sœurs vont avoir besoin d’aide demain matin. Le réveil sera sûrement difficile pour les enfants. »

Kate : « C’est pourquoi, je reste aussi. »

Visiblement toujours ému, Robin se contenta de regarder les deux jeunes femmes en hochant la tête. Marianne l’embrassa puis il tourna les talons. Il ouvrit la porte, scruta les alentours et ne voyant aucun danger, il courut en direction de la forêt. Sœur Margaret se présenta à la porte et regarda les hors-la-loi disparaître dans la nuit. Le cœur lourd, elle referma derrière eux. Mais à peine avait-elle refermée la porte qu’on frappa. Elle ouvrit et reconnut deux hommes venant de Locksley.

Sœur Margaret : « Entrez messieurs. »

Les deux hommes : « Ma sœur. »

Sœur Margaret : « Il est en haut. »

Une none : « Je vais vous y conduire. »

Elle se leva et devançant les deux villageois avant de grimper à l’escalier. Ces hommes avaient été prévenus par Sœur Margaret pour qu’ils viennent préparer et transporter le corps du défunt le moment venu.

Sœur Margaret retourna s’assoir auprès de Marianne et de Kate. Elles se remémorèrent ensemble, à voix basse, leurs souvenirs avec le Père Swain en attendant l’arrivée de l’abbé qui procédera à l’enterrement. Habituellement, on ne procédait pas immédiatement à la mise en terre du défunt. Il y avait tout un travail de préparation du corps et de mise en bière. Seulement avec cette vague de chaleur, on ne pouvait pas laisser le corps du Père Swain pendant des heures dans sa chambre sous les combles.

Un quart-d’heure plus tard, les trois femmes entendirent un carrosse s’arrêter devant l’orphelinat. Sœur Margaret alla les accueillir. L’abbé descendit le premier.

Sœur Margaret : « Monseigneur l’abbé. »

L’abbé : « Ma fille. »

Le shérif descendit à son tour.

Sœur Margaret, surprise : « Monseigneur ? »

Le shérif, regardant autour de lui sans vraiment prêter attention à la sœur : « Oui, je me suis permis de venir afin d’apporter mon soutien à monsieur l’abbé durant ses douloureux évènements. »

L’abbé, coupant court à la fausseté du shérif : « Conduisez-moi, mon enfant. »

Sœur Margaret : « Par ici, Monseigneur. »

L’abbé suivit la sœur à l’intérieur.  

Le shérif à Gisborne : « Postez des hommes autour de l’orphelinat… On ne sait jamais. »

Gisborne : « Oui, Monseigneur. »


byoann  (05.11.2015 à 09:45)

Le shérif entra à son tour dans le bâtiment pendant que Gisborne donnait ses ordres à l’escorte qui les avait accompagnés. Alors que Sœur Margaret et l’abbé étaient montés à l’étage, Marianne fut surprise de voir arrivé le shérif en personne. Elle s’attendait plus à voir ses soldats que lui-même.

Alors que l’ambiance était pesante et solennel, le shérif, débonnaire : « Marianne ?... Je suis étonné de vous voir ici à une heure aussi tardive. »

Tout en parlant avec Marianne, le shérif scruta du regard la pièce de long en large.

Marianne : « Monseigneur ?… Je pourrai vous faire la même remarque. »

Ayant relevé son impertinence, le shérif arrêta soudainement son regard sur elle.

Marianne, aussitôt : « Dès que j’ai su la nouvelle au sujet du Père Swain, je me suis immédiatement portée volontaire afin d’aider les sœurs à apaiser les enfants. »

Le shérif, souriant : « Je vois… Et comment l’avez-vous su, jeune demoiselle ? »

Marianne se sentit soudainement piégée. Elle ne pouvait pas lui dire qu’elle l’avait su en même temps que Robin des bois.

Kate, s’empressant d’intervenir : « C’est moi, Monseigneur !... C’est moi qui ai prévenu Lady Marianne. »

Marianne : « Oui… Tout le monde sait que mon père a énormément fait pour l’orphelinat et il aimait beaucoup le Père Swain. »

Le shérif, mécontent mais gardant le sourire : « Oui… C’est exact… Mais alors où est votre père ? »

Il fit mine de le chercher.

Marianne : « Il n’était pas présent lorsqu’on m’a prévenu pour la mort du Père Swain. J’aurai la pénible tâche de le lui apprendre. Mais je serai là pour le représenter lors de l’enterrement. »

Le shérif : « Evidemment… »

Mais le shérif s’arrêta car le corps du défunt, porté par les deux hommes de Locksley, descendait l’escalier. Le silence envahit alors la salle. Richard prit une torche et sortit le premier. Le défunt, couvert d’un drap blanc, fut transporté à l’extérieur et déposait au pied d’un énorme chêne à l’arrière du bâtiment. Une tombe avait déjà été creusée par les deux hommes. Sœur Margaret avait fait respecter les dernières volontés du prêtre. En effet, celui-ci n’avait pas voulu être enterré dans le cimetière de Locksley mais au fond du jardin à l’arrière de l’orphelinat. Il avait passé toute sa vie à s’occuper des orphelins et il ne voulait en aucun être séparé d’eux même après sa mort.

L’abbé prononça les paroles rituelles et chacun put se recueillir un moment en silence.

Puis le Père Swain fut déposé dans sa dernière demeure. Les hommes de Locksley recouvrèrent de terre le corps du défunt. Une croix en bois, fabriqué à la hâte, fut plantée devant sa tombe et Sœur Margaret, les larmes aux yeux, y enroula le chapelet du prêtre. Après un bref recueillement, ils retournèrent tous en direction de l’orphelinat.

Le shérif à Sœur Margaret, sur un ton respectueux : « Je vous présente mes sincères condoléances, ma sœur. »

Sœur Margaret : « Je vous remercie, Monseigneur. »

Le shérif, changeant de ton : « Vous voilà maintenant à la tête de l’orphelinat, hum ? »

Le groupe arriva à la porte de l’orphelinat.

Sœur Margaret : « Oui, je suppose… jusqu’à ce que Monseigneur désigne un remplaçant. »

Le shérif : « Oui, je vois mais… ma sœur… vous avez une importante décision à prendre et je crains de ne pouvoir attendre la désignation du successeur de feu Père Swain. »

L’abbé, voyant où il voulait en venir : « Shérif !... Vous n’avez pas honte… Alors que le Père Swain est à peine enterré, vous... »

Le shérif, le coupant : « Précisément, monsieur l’abbé !... Le Père Swain n’étant plus de ce monde, vous ne pourrez pas honorer toutes ses dettes… »

L’abbé : « Ça suffit ! »

Le shérif : « Non ! Vous, écoutez-moi !... C’est vous qui m’obligez à recourir à un tel procédé… Je vous avais demandé votre aide et vous ne m’avez pas répondu ! »

Sœur Margaret : « Monseigneur, je ne comprends pas… »

Le shérif : « C’est fort simple… Ma sœur… Le Père Swain, grâce aux généreux dons de ses paroissiens, pouvait subvenir aux besoins de l’orphelinat mais étant donné les circonstances, il n’en sera plus ainsi… »

Marianne, outrée par le comportement du shérif, voulut intervenir mais celui-ci continua.

Le shérif : «… Par ailleurs, l’orphelinat a accumulé d’énormes dettes. »

Sœur Margaret : « Des dettes ? »

Le shérif : « Oui. Le seigneur de Locksley, ici présent, n’a jamais reçu un seul penny du Père Swain pour l’occupation du terrain de l’orphelinat. »

Marianne, ulcérée, se tourna alors vers Gisborne. Celui-ci, honteux, croisa son regard et baissa la tête. Il n’était pas très fier d’être embarqué par le shérif dans cette sordide histoire d’argent.

Le shérif : « Par conséquent, je vous propose de payer les dettes de l’orphelinat en échange de cette magnifique demeure sinon… vous devrez comparaître devant la justice du Roi. »

Sœur Margaret, inquiète : « Mais… et les enfants ? »

Le shérif : « C’est votre problème, ma sœur… [Joyeux à l’abbé] Vous venez, monsieur l’abbé ? »

Le shérif retourna vers sa voiture en sifflotant comme il en avait l’habitude lorsque les évènements allaient dans son sens.

L’abbé regarda Sœur Margaret avec consternation et impuissance.

 

Comme il ne se décidait pas à bouger, Gisborne, évitant toujours le regard désapprobateur de Marianne, le prit par le bras et l’obligea à suivre le shérif. Après que Sœur Margaret ait remercié les deux hommes de Locksley, Marianne courut rattraper le shérif laissant à Kate et Richard le soin de réconforter la none.

Marianne : « Monseigneur !... Vous n’avez pas le droit d’expulser ses malheureux ! »

Le shérif, sur la marche de sa voiture : « Lady Marianne ! [Il expira]… Je vous conseillerai de vous trouver un mari et de cesser de vous mêlez des affaires du royaume, voulez-vous ? Car il pourrait vous en coûter fort cher, hum ? »

Il la fixa d’un regard chargé d’avertissement puis il monta dans sa voiture. Gisborne qui attendait patiemment avec l’abbé obligea celui-ci à monter dans la voiture.

L’abbé regarda Marianne avec tristesse.

 

 

 

 

 

 

 

Cette dernière comprit alors qu’il était dans l’incapacité de venir en aide à l’orphelinat.

Le shérif, se pointant à la fenêtre : « Ah j’oubliais… Vous pourrez dire à la bonne sœur qu’elle a jusqu’à demain soir pour se décider… Vous voyez que je sais être charitable quelque fois !... En avant, cocher ! »

Impuissante, Marianne regarda partir la voiture du shérif avec colère. Elle retourna vers Sœur Margaret et Kate qui attendaient sur le pas de la porte.

Sœur Margaret : « Que vous a-t-il dit ? »

Marianne, hésitante : « Vous n’avez… que jusqu’à demain soir pour vous décider. »

Sœur Margaret, affolée : « Mais qu’allons-nous devenir ? »

Marianne, se voulant rassurante : « Ne vous inquiétez pas ! Vous n’êtes pas toute seule. J’en parlerai dès demain matin à Robin et on vous aidera. Soyez-en sûre, personne ne quittera cet orphelinat ! »

Ses propos semblèrent apaiser la none. Richard et les trois femmes retournèrent à l’intérieur en remerciant le ciel que les enfants n’aient pas entendu les menaces du shérif.

Au moment où le shérif quittait l’orphelinat, les hors-la-loi se retirèrent pour la nuit. Alors que l’après-midi avait commencé dans la joie et l’allégresse en compagnie des orphelins, la journée se termina dans la tristesse et le recueillement. Le retour au campement se fit dans un silence de plomb. Robin ne prononça pas un seul mot et, arrivé au campement, il s’isola un peu à l’écart de l’entrée. Personne n’osa le déranger. Le reste de la troupe entra dans le camp pour y déposèrent leurs armes. Bien que personne n’ait vraiment faim, Much prépara un repas léger composé de fruit, de fromage et de pain. Comme il faisait trop chaud à l’intérieur, ils décidèrent de manger à l’extérieur. Petit Jean installa quatre torches à la porte du camp. Chacun apporta son écuelle et son verre et s’assit sur le sol.

Much, tenant deux assiettes et doucement : « Maître ?... Vous venez manger ? »

Robin, au loin : « Je te remercie, Much. Mais je n’ai pas faim. »

Djaq, gentiment : « Tu devrais essayer quand même de manger un peu, Robin… Mange au moins quelques fruits. »

Robin souffla légèrement mais touché par leur sollicitude, il se releva et se joignit à eux.

Robin, prenant son écuelle des mains de Much : « Merci, Much. »

Puis il s’assit par terre, le dos appuyé contre le rocher à l’entrée de leur campement. Ils commencèrent à manger en silence en pensant tous à la disparition du Père Swain.

Robin : « J’aurais dû rester pour assister à ses funérailles ! »

Much : « C’était trop dangereux, maître. »

Robin : « Je lui devais bien ça, Much !... Le Père Swain a été comme un père pour moi lorsque mon propre père est… »

Il s’arrêta les larmes aux yeux et essaya de contenir sa peine.

Robin, se reprenant : «… C’est grâce à son soutien que j’ai réussi à surmonter cette épreuve. »

Ses compagnons ne répliquèrent pas. Ils comprirent tous sa peine. Certains plus que d’autres : En particulier Allan, Will et Djaq. Allan pensa à son frère Tom, exécuté par le shérif, et à qui, lui non plus, il n’avait pas pu faire ses adieux, n’ayant pas pu assister à son enterrement. Will pensa à son père à qui il avait rendu un vibrant hommage avec l’aide de son frère Luke en créant un dispositif qui, grâce à la lumière du soleil, projetait sur un rocher l’ombre de la silhouette de leur défunt père. Quant à Djaq, elle avait tellement vu bon nombre des siens mourir au cours de la guerre qui ravageait son pays natal qu’elle comprenait parfaitement la douleur du chef des hors-la-loi.

Robin, se reprochant : « J’aurais dû rester ! »

Will : « Mais les hommes du shérif t’auraient arrêté, Robin, voire même pire… Tu n’avais pas le droit de faire ça aux pauvres de Nottingham. »

Robin, vif : « Et au Père Swain ? »

Will n’osa pas répliquer.

Djaq, d’une voix compréhensive : « De là où il est, je suis sûre qu’il comprend… Il a toujours été de ton côté, Robin et... »

Robin : « Tu crois ?... Je lui ai si peu souvent rendu visite. »

Djaq : « C’est parce que tu te bats pour aider tout un peuple, Robin ! Et cela prend tellement de temps qu’il peut arriver qu’on délaisse un peu ceux qu’on aime. Et je suis certaine qu’il l’avait compris… Lui-même avait passé toute sa vie à s’occuper des orphelins, n’est-ce pas ? »

La remarque de Djaq fit mouche et sembla apaiser Robin.

Robin, appuyant sa tête contre le rocher : « Tu as peut-être raison. »

Le chef des hors-la-loi avala quelques bouchées. Finalement, le fait de parler lui avait permis de soulager un peu sa peine. Mais ils continuèrent de manger en silence.

Robin : « Will ? »

Will : « Oui ? »

Robin : « Est-ce que… Est-ce que tu pourrais faire quelque chose pour moi ? »

Will : « Bien sûr. »

Robin, d’une une voix vibrante : « Pourrais-tu… Pourrais-tu fabriquer une belle croix… pour sa tombe ? »

Will, gentiment : « Bien entendu… Je m’y mettrai dès demain matin. »

Robin, reconnaissant : « Je t’en remercie. »

Ils poursuivirent leur repas sans échanger d’autres paroles. Une fois terminé, tout le monde décida d’aller se coucher malgré la chaleur qui persistait. Robin retira sa tunique, se coucha sur son lit et regarda le ciel étoilé. Ses pensées étaient évidemment pour le Père Swain. Cet homme avait été pour lui un père de remplacement lorsque le sien disparut. Et c’est donc comme si, ce soir, il était devenu orphelin une deuxième fois. Cela raviva en lui de douloureux souvenirs. Autrefois, il avait pu compter sur le soutien du Père Swain mais ce soir, il n’avait plus personne… Enfin pas tout à fait… car il avait ses compagnons avec lui. Robin pensa à chacun d’eux. Il les remercia intérieurement d’avoir respecté sa peine. Ils l’avaient compris. Ils avaient compris sa douleur et cela lui mit du baume au cœur. Apaisé, il réussit finalement à s’endormir.


byoann  (05.11.2015 à 09:55)

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