HypnoFanfics

A la recherche du Prince

Série : Robin Hood
Création : 12.10.2015 à 09h10
Auteur : byoann 
Statut : Terminée

« Il s’agit de la suite de l’épisode « Face à son passé ». Cet EV comporte 26 chapitres. J’écris seul merci. »

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Allan, enjoué : « C’est ça ? »

Will, timidement : « oui. »

Allan exprima sa joie avec exubérance.

Will, sur un ton de reproche : « Arrête ! »

Allan : « Mais pourquoi ?... Je suis ravi pour vous deux… Et je suis sûr que les autres le seront aussi. »

Will : « Justement… Je dois d’abord en parler avec Robin. »

Allan : « Pourquoi ? »

Will, agacé : « Oh !... Ben c’est ce que Djaq souhaite. »

Allan : « Hein. Hein. Alors c’est elle qui porte la culotte ? »

Will, voulut s’en aller : « Bon ben puisque c’est comme ça… »

Allan le retint en mettant son bras sur ses épaules.

Allan : « Je plaisantais, mon grand… Alors ? … Dis-moi ce que tu veux savoir ? »

Will : « Comment as-tu présenté la chose à Robin ? »

Allan, sérieux : « Ben en fait… Il n’y avait pas trente-six manières d’aborder le sujet… Comme j’avais promis d’être toujours honnête et franc avec lui... enfin avec vous… J’ai été forcé de le lui dire. »

Will : « Comme ça ? … De but en blanc ? »

Allan : « Ben oui… Tu vas le voir. Tu lui dis que tu veux lui parler et tu lui balances tout. »

Will ne sembla pas tellement emballé par cette solution.

Allan : « Il ne va pas te manger, tu sais ? »

Will : « Je sais mais je n’ai pas tellement envie de lui parler de mes sentiments pour Djaq. »

Allan : « Ben pourquoi ? »

Will, soupirant : « Bah… C’est plutôt intime. »

Allan : « Ben si tu veux pouvoir vivre ton amour au grand jour, tu n’as pas trop le choix. »

Will : « Tu crois qu’il pourrait s’y opposer ? »

Allan : « Non, je ne crois pas. N’oublie pas qu’il entretient lui-même une relation amoureuse avec Marianne. Il ne te dira jamais de ne plus revoir la femme que tu aimes alors qu’il le fait lui-même tous les jours. Ce n’est pas son style. »

Cela sembla rassurer le jeune homme.

Will : « Mais Marianne ne vit pas au campement. »

Allan : « Tu te prends trop la tête, Will… Va le voir et vide ton sac, c’est la seule solution. »

Will, s’énervant : « Mais c’est que le mariage est une question sérieuse ! »

Allan ouvrit grand les yeux. Will s’aperçut qu’il en avait un peu trop dit.

Allan, ébahi : « LE MARIA… »

Will l’interrompit aussitôt. Il mit ses mains sur les épaules d’Allan et le plongea de force dans la rivière. Observant le comportement curieux de ses deux compagnons, Robin s’approcha.

Robin : « Un problème, messieurs ? »

Will releva Allan qui, ayant bu la tasse, émergea en toussant.

Will, lui tapant dans le dos assez fortement : « Non !... Aucun problème, Robin. Aucun… N’est-ce pas, Allan ? »

Allan, toussant : « Non... Aucun. »

Robin les fixa un petit moment. Will mit son bras sur les épaules d’Allan tout en souriant à Robin. Allan reprit lentement son souffle.

Robin : « Vous avez terminé ? »

Allan : « Euh… Moi, j’ai… »

Will, retenant Allan : « Euh non pas encore. »

Robin, se dirigeant vers la berge : « Bon ben nous, on a fini… Vous nous rejoignez au campement ? »

Will : « Entendu. »

Robin : « Ne soyez pas trop long. Nous devons nous rendre à l’orphelinat… enfin je veux dire à Locksley. »

Will : « Compris. »

Will attendit que ses compagnons aient repris leurs affaires et quitté la rivière.

Will, lâchant Allan : « Tu m’as juré ! »

Allan : « Le mariage ? Tu l’as demandé en mariage ? »

Will, souriant et trop rapidement : « Oui… »

Will se rappela alors que sa demande en mariage n’avait été qu’un rêve.

Will : « Enfin non… Non. Mais… [Souriant] j’y songe sérieusement. »

Allan : « Ben alors vas-y ! Arrête d’y penser et lance-toi, mon grand ! »

Will : « Oui mais c’est que je n’en ai jamais vraiment eu l’occasion… Je voulais le faire en rentrant de notre baignade avec les orphelins après en avoir parlé avec Robin mais il y a eu la mort du Père Swain puis ensuite on s’est mis à la recherche de Richard et puis après c’était le problème du shérif. Alors tu vois… ? »

Allan : « Ouais, je vois. »

Will : « Tu me promets de ne rien dire tant que je n’ai pas fait ma demande à Djaq et parlé à Robin… Tu promets ? »

Allan, le taquinant : « Mais tu sais… Quand je suis revenu dans la bande, j’ai juré de ne plus avoir de secret pour personne ! »

Will, mécontent : « Allan ! »

Allan : « Je plaisante. Je plaisante. Je te promets de ne rien dire à personne. »

Will : « Bon. »

Allan : « Te marier ! Je n’arrive pas à croire que tu vas te marier ! »

Will, souriant : « Moi non plus… mais attends… elle n’a pas encore dit oui. »

Allan, souriant : « Mais elle le fera. J’en suis persuadé ! »

Allan regarda Will.

Allan : « Où est le savon ?... Tu dois absolument te laver. Tu ne peux pas te présenter à la future madame Scarlett crasseux comme tu es. »

Will : « Il a dû tomber dans l’eau. »

Allan plongea dans la rivière et récupéra le savon.

Allan : « Tiens. Fini de te laver… Monsieur Djaq ! »

Il pouffa de rire. Will lui prit le savon et l’éclaboussa au passage. Allan laissa Will terminer sa toilette. Il retourna sur la berge en pensant au prochain mariage de son ami.

Allan, s’essuyant : « Au fait… Le nom de famille de Djaq, c’est quoi ? »

Will, se savonnant : « Ben à vrai dire, j’en sais rien. »

Allan : « Te marier… Et quand est-ce que tu veux te marier ? »

Will : « Euh ben… J’en sais rien. »

Allan : « Et qui sera tes témoins ? »

Will : « Je… J’en sais rien. »

Allan : « Ben dit donc… Tu en sais des choses sur ton mariage. Ce sera bien toi le marié quand même ? »

Will, se défendant : « Attends un peu… Je ne lui ai même pas encore demandé. Alors ce genre de détails peut attendre ! »

Will s’immergea pour se rincer. Allan se mit alors à réfléchir à ce qu’Annie penserait de ce mariage. Peut-être lui donnerait-il des idées ? Et si Annie voudrait m’épouser pensa-t-il ? Cette idée ne lui déplaisait pas. Will sortit de l’eau et s’approcha de son ami.

Will, prenant sa serviette et commençant à se sécher : « Ben c’est toi qui rêve à présent ? »

Allan, sortant de sa rêverie : « Hein ? Oui… Je me posais des questions. Tu vas te marier avant moi alors que tu es le plus jeune ! »

Will, finissant de se sécher : « Oui et le plus beau aussi. »

Allan lui lança sa serviette au visage.

Allan, commençant à se revêtir et provoquant : « Mouais… Moi, je pense plutôt que Djaq ne t’épousera que par pitié car elle aurait pu trouver beaucoup mieux ! Moi par exemple ! »

Will, sur le même ton et enfilant son pantalon : « Peut-être bien mais elle a dû te trouver trop vieux ! »

Allan voulut s’en prendre à Will mais ce dernier détala comme un lapin. Riant comme des enfants, ils revinrent à l’endroit où ils avaient laissé leurs vêtements. Les deux hommes finirent de s’habiller tout en discutant de la vie du futur marié. Ils rassemblèrent ensuite leurs affaires et retournèrent au campement.

Arrivés au camp, les deux retardataires trouvèrent que l’ambiance avait changé. De la joie de la victoire, on était passé à la gravité. Ils allèrent ranger leurs affaires puis revinrent vers leurs compagnons.

« Qu’est-ce qui se passe ? »
« Will ? Est-ce que tu as terminé ce que je t’avais demandé ? »

Tous comprirent qu’il faisait allusion à la croix de bois que Robin avait demandé à Will de fabriquer pour la tombe du Père Swain.

Will : « Pratiquement. »

Robin : « Parce que j’aimerais organiser une cérémonie d’adieu le plus vite possible avant le départ de Richard. »

Will : « J’aurai terminé d’ici demain matin. »

Robin : « Merci, Will. »

Malgré tout ce qui s’était passé, Robin n’avait pas oublié la mort de son père spirituel.

Robin : « Bien… Tout le monde est prêt ? »

Ils hochèrent tous la tête.

Richard : « je peux venir cette fois ? »

Robin : « Bien sûr… Ce sera l’occasion de préparer Adrien à ton départ. »

Richard baissa la tête.

Robin : « Allons-y ! »

Toute la troupe se mit en route pour Locksley.


byoann  (24.03.2016 à 10:00)

CHAPITRE XXV

« JE SUIS FIERE DE TOI… MON HEROS ! »

uelques minutes plus tard…

Les hors-la loi arrivèrent à l’église de Locksley en toute fin d’après-midi. Les enfants jouèrent à l’extérieur pendant que les sœurs préparaient le repas du soir. Après s’être assuré que Gisborne ne faisait plus surveiller les lieux, les hors-la-loi se dirigèrent vers le bâtiment. Adrien, assis un peu à l’écart des autres enfants, fut le premier à apercevoir les hors-la-loi.

Adrien, sautant sur ses pieds : « RICHARD ! »

Il courut au-devant des hors-la-loi. Richard fit de même et les deux frères se jetèrent dans les bras l’un de l’autre.

Richard, serrant son frère contre lui : « Adrien ! »

Adrien, pleurant à chaudes larmes : « Oh Richard !... Je savais que t’étais pas mort ! Je le savais ! »

Allan, s’agenouillant : « Je t’avais promis qu’on te le ramènerait ! »

Adrien, souriant : « Oui, merci Allan ! [Levant les yeux sur Richard] … Plus jamais tu me quitteras maintenant, hein ? Plus jamais ! »

Richard perdit son sourire et fixa Robin. Ce dernier le regarda d’un air grave.

Robin, se penchant sur Richard : « Nous allons vous laisser. »

Les hors-la-loi laissèrent les deux frères à leurs retrouvailles. Ils se dirigèrent vers l’église au moment au Frère Tuck en sortait. Robin lui tendit alors un document qu’il avait coincé dans sa ceinture.

Robin, fièrement : « Frère Tuck, ceci est à vous ! »

Tuck, prenant le document : « Qu’est-ce que c’est ? »

Robin : « La cession de l’orphelinat au profit de l’abbaye de Kirklees ! »

Tuck, lisant le document et incrédule : « Comment ? »

Robin : « Oui. Le shérif, dans sa grande bonté, a donné l’orphelinat et les terres environnantes à l’abbaye de Kirklees. Ainsi les orphelins n’auront plus rien à craindre du shérif ou du Prince Jean. Dorénavant, l’orphelinat est sous l’autorité de l’Église… J’irai porter moi-même ce document à Monseigneur l’abbé afin que ce soit officiel. »

Frère Tuck, se réjouissant et incrédule : « C’est vrai ? Mais… le shérif ? … dans sa grande bonté ? »

Much : « Disons que nous l’avons un peu aidé ! »

Frère Tuck, souriant : « Je vois… Merci Robin… Merci… Merci à tous… »

Robin : « Les enfants ne passeront pas l’hiver ici ! »

Frère Tuck : « En effet… Même si avec cette chaleur, l’hiver nous paraît encore bien loin… C’était ma plus grande crainte, je dois l’avouer… Venez… Entrez… Fêtons cela dignement. Je vous invite à notre repas. »

Robin, regardant ses compagnons : « Nous acceptons avec plaisir. »

Djaq : « Nous allons vous aider à préparer le repas. »

Tuck, ému : « Merci mes amis… Cela fera très plaisir aux enfants. »

Sœur Margaret sortit alors de l’église avec un seau.

Sœur Margaret : « Oh quelle chaleur à l’intérieur… Oh ! Messire Robin ? Quel plaisir de vous revoir ainsi que vous tous d’ailleurs. »

Frère Tuck : « Ma sœur… Ils sont porteurs d’une excellente nouvelle. Nous allons pouvoir retourner à l’orphelinat dès demain. »

Sœur Marie Robert, se réjouissant : « Par la grâce de Dieu… C’est vrai ? »

Robin, souriant : « C’est vrai, ma sœur. »

Sœur Margaret : « Oh merci, Messire Robin… Au nom de tous les enfants, je vous remercie du fond du cœur. »

Robin : « C’est inutile de nous remercier ma sœur. »

Frère Tuck : « C’est exact. Je l’ai déjà fait à plusieurs reprises. J’ai donc convié nos sauveurs à partager notre repas. »

Sœur Margaret : « C’est une excellente idée, Frère Tuck… Les enfants seront enchantés. »

Robin, souriant : « Nous de même, ma sœur. »

Sœur Margaret : « Je dois aller chercher de l’eau à la rivière pour le repas. »

Djaq : « Laissez !... Nous allons nous en charger. »

Allan et Much, ne désirant pas se retrouver dans l’église par cette chaleur, s’empressèrent d’intervenir.

Much et Allan : « J’y vais ! »

Ils prirent le seau des mains de la none et se le disputèrent.

Much : « Mais laisse ! C’est moi qui y vais ! »

Allan : « Non, je te dis que c’est moi ! »

Much : « Et pourquoi ce serait toi ? C’est toujours moi qui fais le repas au campement ! »

Allan : « Eh bien raison de plus pour laisser la place aux autres ! »

Much : « Quoi ? Tu ne manques pas d’air ! »

Il lâcha le seau. Allan en profita pour le lui subtiliser et courut à la rivière.

Une voix féminine : « Mais qu’est-ce qui se passe ici ? »

Robin, tournant la tête : « Marianne ? »

Marianne, sortant de l’église : « Ah tout de même… »

Robin : « Je ne pensais pas te voir ici… du moins pas à cette heure. »

Marianne : « Tu m’avais pourtant dit que tu passerais à Locksley mais étant donné l’heure tardive, j’ai cru que tu y avais renoncé. »

Robin, avec malice : « Moi ? Renoncé ? »

Marianne, levant les bras au ciel : « Évidemment ! »

Frère Tuck : « Marianne est venue nous apporter… »

Marianne, l’interrompant : « Son soutien. »

Robin, intrigué : « Son soutien ? »

Marianne : « Robin, je peux te parler un instant ? »

Robin, méfiant : « Oui, bien sûr. »

Pendant que Marianne entraîna Robin à l’écart de l’entrée de l’église, le reste de la bande s’éparpilla et se rendit utile. Djaq, Will et Petit Jean aidèrent les nones à préparer le repas tandis que Much, Carter et Andrew restèrent avec les enfants. Ils tenaient à rester dehors pour veiller à la sécurité du jeune prince. Mais celui-ci semblait avoir des difficultés avec Adrien.

Adrien, ravi de se retrouver dans les bras de son frère : « Je savais que tu étais encore en vie ! »

Richard : « C’est vrai ?... [Adrien hocha vivement la tête] J’ai pensé à toi tout le temps ! »

Adrien, réconforté : « C’est vrai ? »

Richard : « À chaque instant. »

Adrien : « Moi aussi, je n’ai pas cessé de penser à toi… [Inquiet] Est-ce que le shérif t’a fait du mal ? »

Richard, rassurant : « Non. Pas du tout… J’étais bien traité. »

Adrien fut rassuré. Un petit mensonge n’était pas très cher payé pour ne pas inquiéter le gamin. D’autant plus que Richard savait qu’il allait lui faire de la peine en lui apprenant son départ.

Richard : « Et euh…  Est-ce que Marianne ou Robin t’ont dit pourquoi le shérif m’avait capturé ? »

Adrien hocha négativement la tête.

Richard : « Eh bien… Euh… Eh bien c’est parce qu’il croit que… que je suis le fils du Roi Richard. »

Adrien, se redressant : « Quoi ?... Le roi a un fils ? »

Richard : « Oui… Oui. Et il a été enlevé à sa naissance et ramené ici en Angleterre. »

Adrien : « Mais… Mais pourquoi est-ce qu’il pense que c’est toi ? »

Richard : « Parce que le fils du roi porte une marque de naissance sur le flanc et je... »

Adrien, regardant le torse de son frère et se rappelant : « … tu en as une aussi. »

Adrien commença à réaliser que l’homme qu’il avait devait lui n’était plus un simple villageois comme lui mais un noble seigneur. Il se remit debout et fit face à Richard.

Adrien, fixant Richard avec un regard nouveau : « Alors cela veut dire que tu es… »

Richard : « Prince d’Angleterre. »

N’étant pas noble de naissance, Adrien se sentit soudain comme un étranger vis-à-vis de celui qu’il prenait pour son grand frère. Il comprit alors que Richard allait devoir partir et, par conséquent, qu’il allait perdre une fois de plus son protecteur.

Adrien, se retourna et larmes aux yeux : « ALORS VA-T-EN ! »

Richard, surpris par sa réaction : « Mais Adrien… »

Adrien, se retournant et pleurant : « VA-T-EN ! JE TE DIS !... TU N’ES PLUS MON FRERE… DE TOUTE FAÇON, TU NE L’AS JAMAIS ETE ALORS… ET PUIS… TU ES UN PRINCE ET DONC [Submergé par l’émotion, il tomba à genou] tu… n’es plus… mon frère. »

Richard l’attrapa par derrière et voulut le serrer contre lui mais il se défendit comme un beau diable.

Adrien : « LAISSE-MOI… LAISSE-MOI, JE TE DIS… VA-T-EN ! »

Mais Richard persista et malgré les coups de son frère, il l’emprisonna dans ses bras. Comprenant qu’il voulait juste le réconforter, Adrien, vaincu, cessa de se débattre et se jeta dans ses bras en pleurant.

Adrien : « Va-t’en ! »

Richard : « Non ! »

Adrien : « Va-t’en, je te dis ! »

Richard : « Non…. Chhhhhhhhut… Vas-y, pleure mon frère… Pleure. »

Affligé, Richard versa une larme devant la peine qui submergeait son petit frère.

Adrien, le serrant très fort contre lui : « Je t’en prie ! Ne t’en va pas !... Reste ! »

Richard, doucement : « Je ne peux pas… Messire Carter et le Comte Andrew sont… »

Adrien, se redressant vivement : « Le Comte ? »

Richard, désignant les deux hommes près des enfants : « Oui, c’est le Comte de Kent, Messire Andrew ! »

Adrien, boudant : « Tu parles déjà comme un prince ! »

Il se retourna et fit la moue.

Richard : « Adrien… »

Adrien, se retournant vers lui et plein d’espoir : « Emmène-moi avec toi ! … Je t’en prie… Je ne prends pas beaucoup de place et je pourrais t’être très utile. S’il te plaît… Emmène-toi avec toi. »

Richard : « Adrien… Écoute… Je… J’aimerais beaucoup t’emmener mais… »

Adrien : « Non pas de mais… Emmène-moi. Je ferai tout ce que tu voudras. S’il te plait, ne me laisse pas seul ici. »

Richard : « Mais tu as tous tes amis ici… et puis il y a les sœurs… Tu l’aimes bien, Sœur Margaret. N’est-ce pas ? »

Adrien, baissant la tête, réalisant ce qu’il allait devoir quitter : « Oui, un peu. »

Richard : « Et puis en France, je serai… »

Adrien, le coupant : « En France ? »

Adrien fut surpris car il pensait que Richard allait juste rejoindre l’autre prince de la famille qui habitait Londres.

Richard : « Oui, je pars pour la France. Et je risque d’être très occupé et il n’y aura personne pour s’occuper de toi. »

Adrien : « On pourrait emmener Sœur Margaret ? »

Richard, doucement : « Je crains que ce ne soit pas possible. »

Adrien commença à se faire à l’idée qu’il allait voir partir un second frère. Il se rappela alors à quel point cela avait été extrêmement douloureux pour lui lorsque les hommes des frères Witt avaient emmené son frère aîné. Il allait bientôt devoir revivre cette douloureuse expérience. Il ne s’en sentit pas la force. Le gamin se jeta dans les bras de son frère.

Adrien : « Reste… Je t’en prie… Reste avec moi. T’en vas pas. »

Ne sachant plus quoi lui dire pour le réconforter, Richard referma ses bras sur le jeune garçon.

Richard, versant une larme : « Je suis désolé… »

Il laissa Adrien épancher sa peine. De douloureux souvenirs lui revinrent alors en mémoire. Il revit la scène au cours de laquelle, William, le grand frère d’Adrien avait été emmené de force par les gardes qui les surveillaient dans cette fonderie clandestine au fond des bois près de Manchester. Il se revoyait encore lui promettre qu’il veillerait toujours sur Adrien quoi qu’il arrive. Rassuré, William avait alors suivi docilement le garde. Richard ne le revit plus jamais vivant. Il trembla d’effroi lorsqu’il se remémora le drame qui avait eu lieu le lendemain lorsque lui et Adrien, partis faire une course, étaient tombés par hasard sur le corps sans vie de William, pendu à un gibet. Adrien avait été inconsolable par la suite. Richard avait eu toutes les peines du monde à lui faire reprendre goût à la vie. Il n’osa pas imaginer ce que le jeune garçon serait capable de se faire une fois que lui-même serait parti. Le cœur de Richard s’effondra à l’idée qu’Adrien s’ôte la vie à cause de lui alors même qu’il avait fait une promesse à son grand frère à qui il vouait le plus grand respect.

Richard, serrant Adrien contre lui : « Non… Non, je ne peux pas… »

Adrien : « Quoi ? »

Richard : « Je ne peux pas te laisser ici… Je n’ai pas le droit ! »

Adrien, relevant vivement la tête : « C’est vrai ?... Tu veux bien que je vienne, alors ? »

Richard, pleurant et souriant en même temps, hocha affirmativement la tête. Adrien explosa de joie.

Richard : « Mais tu devras bien te comporter ! »

Adrien, fou de joie : « D’accord. »

Richard : « Je ne pourrai pas toujours être avec toi alors pas de caprices… Tu es grand maintenant. »

Adrien, aux anges : « Tout ce que tu voudras. »

Richard : « C’est un pays différent… On ne pourra pas revenir. Tu le sais ça ? »

Adrien : « Oui, je sais. »

Richard : « Et puis… Il faudra que tu m’aides car j’aurai des tas de choses à apprendre. Tu veux bien ? »

Adrien, sautant dans les bras de son frère : « Oui, tout ce que tu veux du moment que je suis avec toi… C’est tout ce qui compte !... Je t’aime… Mon frère ! »

Touché par ses propos, Richard, serrant Adrien très fort contre lui et d’une voix étranglée : « Je t’aime aussi… Petit frère. »

Les deux garçons restèrent un moment serrés l’un contre l’autre sous l’œil approbateur de leurs gardiens croyant que les deux garçons faisaient leurs adieux.

Au même moment, à côté de l’église…

Pendant que Richard apprenait à Adrien qu’il était prince d’Angleterre, Marianne avait emmené Robin un peu en retrait de l’entrée de l’église de Locksley.

Robin, méfiant : « Qu’est-ce que tu as fait ? »

Marianne : « Pourquoi crois-tu que j’ai fait quelque chose de répréhensible ? »

Robin : « Je n’ai rien dit de tel mais… »

Marianne, provoquante : « Mais quoi ? »

Robin : « Il y a dans ton regard un petit je ne sois quoi… »

Il passa ses bras autour de sa taille et l’attira contre lui.

Robin : « … qui dit… Je suis désolée Robin mais je devais le faire malgré ce que tu en penses ! »

Marianne, mettant ses bras autour de son cou : « Ah oui ? »

Robin, souriant : « Oui. »

La jeune femme était coincée car il avait vu juste. Elle détestait devoir lui rendre des comptes. Et quand elle avait décidé d’intervenir quelque part, elle n’aimait pas que son bien-aimé l’en dissuade. Et en l’occurrence, elle avait été ravie de pouvoir agir en toute liberté même si elle avait encouru quelques risques. Après tout, Robin le faisait bien quotidiennement.

Robin : « Alors ?... Qu’est-ce que tu as fait ? »

Marianne l’embrassa.

Robin, souriant : « Oh !... Tu as donc dû prendre des risques insensés ? »

Marianne : « Non. Pas tant que ça ! J’ai ramené un petit souvenir du château. »

Robin, légèrement inquiet : « Un petit souvenir ? »

Marianne : « Oui… Comme je savais que tu arriverais à reprendre l’orphelinat au shérif et, étant donné que celui-ci est toujours en travaux, je me suis dit… »

Robin, lentement : « Tu t’es dit ? »

Marianne : « Je me suis dit que Frère Tuck aurait besoin… d’un peu d’argent pour achever l’agrandissement de l’orphelinat et comme je me trouvais au château pour la fête… »

Robin, l’écartant de lui et mécontent : « Tu as volé le shérif ? »

« Non !... Non…. Pas le shérif… Juste le Prince Jean ! »

Robin, faillant s’étouffer : « Qu… Quoi ? Le Prince Jean ! Non mais est-ce que tu te rends compte de ce que tu as fait ? Marianne, c’était extrêmement dangereux. »

Marianne : « Pas tant que ça puisqu’il était occupé ailleurs. »

Robin : « Mais et les hommes du shérif ? »

Marianne : « Presque tous à l’extérieur. »

Robin, réfléchissant : « C’est vrai que Gisborne nous avait laissé le champ libre. » 

Marianne : « Tu vois ?... Il y avait peu de risques et puis l’occasion était trop belle. »

Robin, se radoucissant : « Oui bon peut-être mais tu aurais dû m’en parler d’abord ! »

Marianne, provoquante : « Ah oui ?... Comme toi tu m’as parlé de Will déguisé en prince ! »

Robin, gêné : « Euh… Mais c’est que… Euh… Je n’en ai pas eu le temps ! »

Marianne : « Eh bien, moi non plus. »

Robin se calma et reprit Marianne dans ses bras. Elle se laissa faire afin de faire retomber la colère de son bien-aimé.

Robin, se radoucissant : « Bon c’est vrai que j’aurais peut-être dû t’en parler. »

Marianne : « Je suis contente de te l’entendre dire. »

Elle l’embrassa. Elle sentit alors sa colère s’évanouir.


byoann  (28.03.2016 à 09:10)

Marianne : « Et puis tout s’est bien passé finalement ? »

Robin : « Quand même voler le Prince Jean ! »

Marianne : « Robin !... C’est fini et puis… Ce n’était pas vraiment mon but en réalité. »

Robin : « Comment ça, ce n’était pas ton but ? »

Marianne, minaudant : « Je t’ai un petit peu menti… car je savais que tu allais te mettre en colère ! »

Robin : « Dis-moi au moins que tu avais bien préparé ton coup avant ? »

Marianne : « Euh… »

Robin, mécontent : « Oh c’est pas vrai, Marianne ! Tu as déjà oublié ta mésaventure sur les remparts de Nottingham ? »

Marianne, ne l’écoutant pas : « En réalité, je voulais sauver Matthew. »

Robin : « Mais Matthew était resté à l’extérieur ! »

Marianne : « Je l’ignorais !... Quand j’ai vu Gisborne emmené Matthew à Locksley, j’ai promis à Kate de faire quelque chose pour lui et puis… quand j’ai vu le Prince Jean emmener Will j’ai cru que Matthew serait reconduit dans ses quartiers. Il y avait une telle foule que je n’ai pas remarqué qu’il n’avait pas suivi le prince. Alors je l’ai recherché dans le château. Quand je suis arrivée dans sa chambre, j’ai vu un sac posé sur la commode. Je l’ai ouvert et il était rempli d’argent alors je l’ai pris. »

Robin, intrigué : « Un sac d’argent ? »

Marianne : « Oui, j’ai trouvé ça plutôt étrange… »

Robin, réfléchissant : « Ce n’est pas le shérif puisqu’il était avec nous. »

Marianne : « J’ai cru que c’était Jasper… sur ordre du Prince Jean. »

Robin : « Possible… Peut-être que le Prince Jean avait voulu acheter son neveu. »

Marianne : « J’aurais plutôt pensé qu’il veuille l’assassiner ! »

Robin : « Moi aussi... Mais il était peut-être préférable de l’avoir vivant. L’argent était peut-être là pour apaiser les inquiétudes du jeune Prince. Ensuite, il n’avait plus qu’à le ramener tranquillement à Londres où il l’aurait enfermé à triple tour dans un cachot. Ainsi il s’assurait de la loyauté des nobles favorable au Roi Richard… Rappelle-toi qu’il l’a déjà tenté avec sa propre mère. »

Marianne : « En tout cas, j’ai pris l’argent et j’ai filé. »

Robin : « Comment l’as-tu sorti du château ?... Tu ne portais rien sur toi lorsque je t’ai vu. »

Marianne, malicieuse : « Annie m’attendait bien sagement dans les cuisines. Elle s’était faite engagée comme serveuse pour la fête. »

Robin, désapprouvant : « Oh Marianne ! »

Marianne : « Quoi ? Tout s’est bien passé finalement ! »

Robin, réfléchissant : « Oui mais si… Tu n’as rencontré personne pendant ton périple ?... Gisborne par exemple ? »

Marianne : « Non… Ah si !... Ce traître d’Allan ! Mais rassure-toi, je l’ai giflé tellement fort qu’il n’est pas prêt de recroiser mon chemin. »

Robin, grimaçant : « Oh non, Marianne ! »

Marianne : « Pourquoi ?... Qu’y-a-t-il ? »

Robin : « Euh… J’ai encore oublié de te dire une petite chose ? »

Marianne : « Tiens. Tiens. Encore des cachoteries ?... Qu’est-ce que c’est ? »

Robin, embarrassé : « Euh… En fait, Allan ne nous a jamais trahis… Enfin pas cette fois-ci en tout cas. »

Marianne : « Quoi ?... Comment ça, il ne vous a jamais trahi ? Mais je l’ai vu avec Guy ! »

Robin : « Oui… Mais c’était un stratagème que j’ai monté avec lui pour retrouver Richard. »

Marianne, mécontente : « Mais pourquoi est-ce que tu ne me l’as pas dit ? »

Robin : « J’ai préféré garder ça pour moi… Même mes hommes n’étaient pas au courant. »

« Mais je ne suis pas un de tes hommes, Robin… J’espère que je suis un peu plus que ça ? »

Robin, la prenant dans ses bras : « Mais bien sûr mais… pour sa sécurité, il était préférable que tu crois… enfin que tout le monde croit qu’il nous avait une nouvelle fois trahi. »

Marianne, souriant : « Oh !... Quand je passe à ce que je lui ai dit et la gifle que je lui ai donnée… Oh !... Je m’en veux ! »

Robin : « Tu ne pouvais pas savoir. »

Marianne : « Je vais aller m’excuser. »

Robin, la retenant : « Oh il peut bien attendre quelques minutes ! »

Il tenta de l’embrasser.

Marianne : « Non… Je veux le faire tout de suite. Où est-il ? »

Déçu, Robin, regardant près de la rivière : « Euh… Il n’est plus à la rivière, il doit être rentré à l’intérieur. »

Marianne, tournant vivement la tête vers lui et inquiète : « Tu l’as dit à Annie ? »

Robin, voulant lui donner un baiser dans le cou : « Quoi donc ? »

Marianne, le repoussant : « Eh bien qu’Allan ne vous avait pas trahi ! »

Robin, relevant vivement la tête : « Non… Je n’en ai pas eu l’occasion bien qu’Allan me… »

Il s’interrompit.

Robin, inquiet : « Annie est à l’intérieur ? »

Marianne, inquiète : « Oui. »

Robin : « Oh bon sang ! Allons-y vite avant que… »

Mais ce fut trop tard. Ils entendirent un vacarme assourdissant provenant de l’église. Des bruits de casseroles qu’on frappait les unes contre les autres ou qui tombaient sur le sol se firent entendre. Puis une voix hurlant de colère s’éleva du bâtiment.

Une voix de femme : « COMMENT OSES-TU REMETTRE LES PIEDS ICI, ALLAN DE DALE !!!!! »

Marianne et Robin arrivèrent à l’entrée de l’église au moment où Allan en sortit en courant à toute jambe. Robin vit une casserole lui passer devant le visage. Annie sortit à son tour en furie. Elle s’arrêta et chercha du regard où son homme s’était réfugié. Elle le repéra bien vite et partit aussitôt à ses trousses. Elle avait bien essayé de se contenir lorsqu’elle l’avait vu entrer à l’intérieur de l’église avec son seau d’eau. Mais elle n’eut pu se contenir lorsqu’il se fut approché d’elle en l’appelant ‟ma douce″. Elle avait alors laissé éclater sa colère. 

Robin, essayant de l’agripper au passage : « Annie… Attends… »

Mais elle n’écoutait plus personne. Elle fixa Allan avec colère et le pourchassa avec une casserole à la main.

Allan, désespéré et caché derrière un arbre : « Attends !... Mais ma douce… »

Annie : « NE M’APPELLE PLUS COMME ÇA !... JE T’INTERDIS DE M’APPELER AINSI ! »

Allan : « D’accord mais attends, laisse-moi t’expliquer ! »

Annie, courant après lui : « Il n’y a rien à expliquer. Tu es un sale traître ! »

Allan, courant derrière un buisson de fleurs : « Mais non !... Attends que je t’explique ! »

Annie : « COMMENT AS-TU PU ME FAIRE ÇA ? »

Allan : « Mais tu n’étais pas là pour… »

La colère d’Annie redoubla. Elle le pourchassa à nouveau.

Allan, revenant près de l’arbre : « Attends ma dou… Je veux dire Annie… Je ne suis pas retourné auprès de Gisborne ! »

Annie : « JE T’AI POURTANT VU AVEC LUI ET MARIANNE AUSSI T’A VU… TOUT LE MONDE T’A VU ! »

Allan : « Mais c’était un coup monté ! »

Annie, ne le croyant pas : « Oh oui, bien sûr. Tu essaies encore de me duper ! »

Allan : « Quoi ? Mais non ! »

Annie : « Tu m’avais promis que tu ne recommencerais plus ces bêtises. »

Allan : « Oui, c’est vrai et j’ai tenu parole. C’est Robin qui… »

Annie, le coupant : « Tu avais également promis à Messire Robin de lui être toujours fidèle ! »

Allan : « Mais justement c’est lui qui… »

Annie, folle de rage, ne le laissa pas continuer et le pourchassa à nouveau. Voyant qu’il n’arriverait pas à lui faire entendre raison, Allan aperçut Robin au loin et courut se mettre à l’abri derrière lui.

Allan, se cachant dans le dos de Robin : « Robin, je t’en prie. Fais quelque chose, c’est une véritable furie. »

Annie se précipita sur Robin. Avant qu’elle n’abatte son ‟arme″ sur le dos du pauvre Allan, Robin attrapa les poignets de la jeune femme.

Robin : « Annie… Annie… Annie. Écoute-moi ! »

Tellement furieuse contre son bien-aimé, elle n’avait pas remarqué les hors-la-loi qui les observaient à l’entrée de l’église.

Annie, surprise de se trouver devant le chef des hors-la-loi : « Messire Robin ? »

Robin, calme : « Annie... Écoute-moi ! »

Allan, sortant sa tête par-dessus l’épaule de Robin : « Oui, ma douce. Écoute-le. »

Exaspérée qu’il l’appelle ainsi, Annie voulut s’en prendre une nouvelle fois à lui. 

Robin, lui tenant les mains : « Annie…. Non… Écoute-moi… Allan a raison. Il ne nous a jamais trahis… »

La tête d’Allan : « Ah tu vois ! »

Robin : « … Enfin pas cette fois-ci ! »

La tête d’Allan : « Je te remercie pour cette précision ! »

Annie, surprise : « Il ne vous a pas trahi ? »

Robin : « Non… C’était un coup monté que j’ai mis au point avec lui pour retrouver Richard… Même mes hommes n’étaient pas au courant. »

Annie, incrédule : « Pour retrouver Richard ? »

Robin : « Oui… le fils du roi. »

Annie : « Et il a réussi ? »

Robin : « Oui puisqu’il est là. »

Il pointa du doigt Richard et Adrien qui discutaient toujours ensemble.

Annie, assimilant cette information : « Alors… Ça veut dire… que… tu n’es pas un… mais… Tu as sauvé la vie d’un prince ?... Mais alors… [Souriante] tu es… tu es un héros ! ... »

Allan, bombant le torse : « Euh… Oui, c’est vrai… T’as raison… Je suis un héros. N’est-ce pas vous autres ? »

Le reste de la troupe ne l’appuya que très modérément.

Allan : « Merci les gars ! »

Robin, s’écartant du couple : « Il a fait son devoir ! »

Allan, fier et regardant Annie : « Oui c’est ça, j’ai fait mon devoir. »

Annie, se jetant dans ses bras : « Oh je te demande pardon, mon cœur. »

Elle l’embrassa passionnément sous les acclamations des hors-la-loi et des enfants.

Annie : « Pardonne-moi, mon amour. »

Allan, se remettant du baiser : « Oh c’est rien… Au contraire. On devrait se disputer plus souvent car j’adore me réconcilier avec toi. »

Il la prit par la taille, la serra contre lui et l’embrassa tendrement.

Much : « Bon !... Le héros pourrait-il se remettre au fourneau car j’ai une faim de loup, moi ! »

Djaq, heureuse pour Annie et Allan : « Oh Much ! »

Allan, se perdant dans le regard d’Annie : « Euh oui… Tout de suite. »

Robin : « Et si on laissait plutôt les amoureux seuls et qu’on s’occupait nous-même du repas. »

Djaq : « Bonne idée ! »

Le soleil commençant sa descente vers l’horizon, les hors-la-loi entrainèrent les enfants à l’intérieur.

Annie, dans les bras d’Allan : « Je suis désolée de ne pas t’avoir écouté. »

Allan : « Oh t’en fais pas, j’ai l’habitude ! »

Annie, relevant vivement la tête : « Quoi ? Tu veux dire que je ne t’écoute jamais ? »

Allan : « Non ! C’est pas ça… Je veux dire qu’en général personne ne me croit ! »

Annie, se blottissant dans ses bras : « Oh !... Tu m’as manqué depuis mon départ. »

Allan : « Toi aussi, tu m’as manqué… Tu sais quand Robin m’a proposé cette mission, j’ai d’abord refusé. »

Annie : « Une telle mission ne se refuse pourtant pas. »

Allan : « Mais je ne voulais pas que tu penses… enfin que tu crois que… enfin… Je ne voulais pas te faire de la peine... Alors comme tu n’étais pas là, j’ai accepté… Je ne pensais pas que cette mission durerait aussi longtemps. »

Annie : « Et quand t’as vu que j’étais rentrée ? »

Allan : « En fait, je n’ai su que tu étais rentrée qu’après mon retour dans la bande. »

Annie : « Je suis fière de toi… Mon héros ! »

Allan : « Oui ben le héros est bien fatigué. Et il aurait besoin d’un bon câlin… Et si on s’éclipsait à la rivière rien que nous deux ? »

Annie : « Tu n’as pas faim ? »

Allan, se penchant sur elle et l’embrassa dans le cou : « Oh si j’ai très faim ! »

Annie, se dégageant du jeune homme et l’entraînant vers l’église : « Je regrette mais tu dois rester auprès de tes compagnons et moi de ma maîtresse ! »

Allan, rechignant : « Oh… Allez…Pour une fois ! J’ai bien mérité une petite récompense, non ? »

Annie, se pressant contre lui : « Lady Marianne m’a donné ma journée d’après-demain et si tu arrives à te libérer… On passera toute la journée ensemble… où tu voudras ! »

Allan, l’embrassant : « Ah oui ? »

Annie, provoquante : « Toute… la… jour… née. »

Motivé, Allan se laissa reconduire à l’intérieur. Ils rejoignirent le reste de la bande et préparèrent le repas. La température dans l’église était insupportable dans la journée. Il fut donc décidé de se restaurer à l’extérieur une fois que le soleil serait couché. Après avoir ouvert toutes les portes et les fenêtres du bâtiment pour faire sortir la chaleur, les hors-la-loi dressèrent les tables et s’installèrent avec les enfants pour manger. Ces derniers étaient ravis et très fier de manger avec eux.

Marianne à Robin : « Je dois rentrer à Knighton. »

Robin : « Tu ne veux pas rester pour dîner ? »

Marianne : « Non, tu es gentil mais la journée a été longue. »

Robin : « Je vais te raccompagner. »

Marianne : « Non, ne te dérange pas. »

Robin, souriant : « Mais cela ne me dérange nullement. »

Marianne : « Je suis une grande fille, Robin. »

Robin : « Je n’insiste pas ? »

Marianne secoua la tête en souriant puis l’embrassa.

Robin, sérieux : « J’aimerais que tu sois auprès de moi demain matin pour la cérémonie. »

Marianne, tout aussi sérieuse : « Je serai là. »

Robin, d’une voix timide et déçu : « D’accord. »

Marianne, l’embrassant : « Bonne nuit, Robin. »

Robin, se laissant faire et savourant le moment : « Mum… Bonne nuit. »

Marianne quitta Robin et marcha en direction d’Allan. Celui-ci était installé au côté d’Annie. Il se faisait chahuter par Much qui l’imitait lorsqu’il essayait d’échapper à la fureur d’Annie plus tôt dans la journée à la grande joie de l’auditoire.

Marianne, mettant sa main sur l’épaule du jeune homme : « Allan… Je te dois des excuses. »

Allan : « Marianne ? »

Marianne : « Oui. Excuse-moi pour la gifle et pour tout le reste… Je ne savais pas. »

Much, curieux : « La gifle ?... Quelle gifle ? »

Allan, mal à l’aise : « Je te raconterai plus tard !... [À Marianne] Oh c’est rien… J’en ai vu d’autres. »

Marianne : « En tout cas, excuse-moi et bravo… Tu joues la comédie à la perfection. »

Allan, embarrassé : « Merci. »

Marianne lui sourit puis au reste de la bande : « Bonne nuit à tous. »

Annie, surprise et se levant : « Nous partons ? »

Marianne, l’empêchant de se relever : « Non… Reste-toi… Reste avec… »

Much : « Le héros ! »

Marianne, souriant : « Oui… Reste avec le héros du jour… Je peux rentrer toute seule et puis je lui dois bien ça… [Tout bas à Annie] Tâche de me faire pardonner auprès de lui. »

Annie, les joues rouges : « J’essaierai. »

Marianne : « A demain matin. »

Annie : « A demain, Lady Marianne. »

Marianne se retira discrètement et repartit pour Knighton. Ce départ assombrit un peu le cœur du chef des hors-la-loi. Il aurait aimé passer cette soirée en sa compagnie d’autant plus que le lendemain matin il devait faire ses adieux à son mentor. Il n’avait pas envie de passer la soirée seul bien qu’il fût entouré de ses hommes et des orphelins. Pour ne pas sombrer davantage dans la mélancolie, il reporta son attention sur les enfants. Il regarda tout particulièrement Richard et Adrien. Il trouva étrange qu’Adrien ne soit pas davantage attristé par le départ imminent de son grand frère. Il se promit d’en toucher un mot au jeune homme sur le chemin du retour.

Après qu’il ait récité le bénédicité, Frère Tuck annonça une bonne nouvelle aux orphelins.

Frère Tuck : « Les enfants ?... J’ai une excellente nouvelle à vous annoncer. Ce soir est notre dernier soir en ces lieux... Dès demain et ce grâce à Robin et ses compagnons, nous pourrons regagner l’orphelinat... »

Les enfants manifestèrent bruyamment leur enthousiasme.

Frère Tuck : « … Par conséquent, il n’y aura pas de cours demain. »

Les enfants redoublèrent de joie.

Frère Tuck, attendant le silence : « Mais… Mais… Mais aussi… Nous… Nous profiterons que nous soyons, une dernière fois, réunis tous ensemble pour faire nos adieux au Père Swain… »

Les enfants arrêtèrent de s’agiter, baissèrent la tête et écoutèrent respectueusement Frère Tuck.

Frère Tuck : « … Richard devant nous quitter demain pour retrouver sa famille alors nous ferons une petite cérémonie pour le Père Swain avant son départ. »

Le silence s’abattit sur le groupe.

Robin, pour alléger l’atmosphère : « Mais avant ça, le Père Swain aurait voulu que nous célébrions dans la joie nos retrouvailles car il aimait profondément la vie. »

Sœur Margaret : « Messire Robin a raison… Alors qui a faim ? »

Les enfants se manifestèrent tous en même temps. Frère Tuck et les sœurs firent le service. Le reste du repas se poursuivit sur un ton plus léger et se termina dans la joie et la bonne humeur.

Après le repas, les sœurs demandèrent aux enfants d’aller se coucher. Robin remarqua qu’Adrien suivit les autres sans rouspéter après avoir salué Richard.

Frère Tuck : « Je vous remercie encore Messire Robin pour tout ce que vous avez fait pour eux. »

Robin, prenant les mains de Tuck : « Ce n’est rien… Demain… vous dormirez chez vous, Frère Tuck… À demain. »

Frère Tuck, reconnaissant : « À demain. »

Munis de deux torches, les hors-la-loi quittèrent Locksley et retournèrent dans leur campement.

Sur le chemin du retour…

Robin vint se placer à côté de Richard.

Robin : « Comment Adrien a réagi lorsque tu lui as dit que tu partais ? »

Richard, mal à l’aise : « Bien… Bien. Il était un peu triste mais… j’ai réussi à… le réconforter. »

Robin : « Parfait… Et t’en fais pas. Nous veillerons sur lui quand tu ne seras plus là ! »

Richard, évitant de croiser son regard : « Oui, je sais… Merci pour lui. »

Le jeune homme reporta immédiatement son attention sur Much qui se moquait encore d’Allan et Annie. Il rit de ses plaisanteries. Robin haussa les sourcils devant son comportement étrange. Il pensa d’abord que Richard lui cachait quelque chose puis il mit cela sur le compte de la nervosité de devoir quitter le pays le lendemain.


byoann  (28.03.2016 à 09:20)

Much, bâillant : « Je vais me coucher… Je suis épuisé. »

Richard : « Je te suis. »

Allan à Much : « Tu as trop mangé surtout, oui. »

Much, moqueur : « Oui ‟ma douce″ ! »

Allan : « Tu n’as pas fini avec ça ! »

Il voulut s’en prendre à lui mais Much tourna les talons et fila se coucher en vitesse.

Petit Jean : « Je vais faire comme lui. »

Allan : « Moi aussi. »

Carter et Andrew suivirent les deux hommes.

Robin : « Bonne nuit, les gars. »

Djaq : « Will, tu viens ? »

Surpris, les hors-la-loi regardèrent la jeune femme.

Djaq, se reprenant : « Je veux dire se coucher… enfin je veux dire chacun de son côté… Évidemment. »

Robin, réprimant un sourire : « Évidemment ! »

Will, mal à l’aise : « Non, je… je vais rester encore un peu… je veux finir pour demain. »

Il reprit son travail sur la croix pour la tombe du Père Swain.

Robin : « Tu n’es pas obligé d’y passer toute la nuit. »

Will : « Je sais. Mais il ne me reste plus grand chose à faire de toute façon. »

Robin : « Bon… Dans ce cas… Ne te couche pas trop tard. On a du travail demain. »

Will, souriant : « Promis. »

Robin alla se coucha laissant Will, seul, finir son travail de menuiserie.

Le lendemain matin…

Robin ouvrit les yeux de très bonne heure. Le soleil venait à peine de se lever. L’air était déjà doux, la journée promettait d’être aussi chaude que les précédentes. Le chef des hors-la-loi écouta son environnement. Il n’entendit que les oiseaux dans les branches et la respiration de ses compagnons à ses côtés.  Il se mit sur ses coudes et les contempla. Il pensa qu’il avait bien de la chance de les avoir à ses côtés. Tous de braves hommes, loyaux, et qui n’avaient pas hésité à mettre leur vie en péril pour sauver la vie du jeune prince. Il reporta son attention sur la couche de Richard. Celui-ci dormait entre Carter et Andrew sur des matelas provisoirement installés à même le sol. Robin n’arrivait pas à croire que ce jeune homme qu’il avait sauvé des griffes du père d’Allan était en réalité le fils du roi. Ce dernier, dormant torse nu en raison des fortes chaleurs nocturnes, se retourna sur le dos. Le regard de Robin se posa alors sur sa marque de naissance.

Robin, dans sa tête : « Et pourtant… »

Cette marque le prouvait. Avant la fin de la journée, le jeune homme allait devoir les quitter pour retrouver sa famille en Aquitaine. Mais avant cela, les hors-la-loi avaient du travail. Robin sortit de son lit en faisant bien attention de ne pas réveiller les autres dormeurs. Il attrapa son pantalon. Il l’allait l’enfiler quand il fit tomber un objet sur le sol. Il arrêta son geste et se tourna vers Much car celui-ci, gêné par le bruit, se retourna dans son lit mais ne se réveilla pas.

Robin enfila son pantalon et ses bottes puis s’accroupit pour voir ce qu’il avait fait tomber.

Il ramassa l’objet en question et se releva. Il s’agissait de la croix en bois destinée à la tombe du Père Swain. Avant de se coucher, Will l’avait mise bien en évidence près des affaires de Robin afin que celui-ci la trouve à son réveil. Souriant, Robin se tourna vers son compagnon qui dormait encore. Puis il reporta son attention sur l’objet. La croix était faite de bois et entièrement sculptée de rosaces. Robin admira longuement chaque détail de ce travail de précision et de minutie magnifiquement réalisé par son compagnon. Puis le chef des hors-la-loi, encore un peu endormi, s’étira. Il prit ensuite sa tunique et s’apprêta à l’enfiler lorsqu’il arrêta son geste pour réfléchir. Réalisant que ses compagnons dormaient encore et risquaient de ne pas se réveiller de sitôt, il décida de profiter de cette solitude, si rare, pour aller se baigner.

Il reposa sa tunique sur son matelas, s’accroupit et prit doucement ses affaires de toilette sous le lit superposé.

Serviette sur l’épaule, affaires de toilette dans une main et la croix en bois dans l’autre, il partit sur la pointe des pieds à la rivière. Il passa devant le lit vide de Petit Jean sans le remarquer. Il ne se rendit compte que le colosse était déjà levé que lorsqu’il le croisa de retour de la rivière.

Robin, donnant une poignée de main à Petit Jean : « Déjà levé ? »

Petit Jean : « Je n’arrivais pas à dormir avec cette chaleur… Les autres sont réveillés ? »

Robin : « Non, ils dorment encore. »

Petit Jean : « Ils en ont de la chance. »

Robin, souriant : « Ils sont plus jeunes. »

Petit Jean, souriant : « Oui… Je vais préparer le petit déjeuner. »

Il donna une claque amicale sur l’épaule de Robin.

Petit Jean, souriant et désignant la rivière : « La place est chaude ! »

Puis il repartit vers le campement.

Robin, souriant : « Merci… Garde moi une part ! »

Petit Jean, disparaissant dans la forêt : « Ouais. Ouais… On verra ! »

Après avoir ramassé sa serviette tombée au sol lorsqu’il avait salué Petit Jean, Robin continua sa route vers la rivière. Il choisit de s’installer un peu à l’écart du lieu où habituellement les hors-la-loi se baignèrent au cas où un de ses compagnons se réveillerait plus tôt et aurait la même idée que lui. Car ce matin-là, il ressentit le besoin de s’isoler un peu. Il déposa ses affaires sur le sol, retira son pantalon et son sous-vêtement puis sauta dans la rivière. La fraîcheur de l’eau le saisit aussitôt.

Robin : « La place est chaude !... Tu parles ! »

Il comprit alors pourquoi Petit Jean lui avait dit cela en souriant. Le soleil venait à peine de se lever. Ses rayons ne traversaient pas encore le plafond végétal formé par les branches des arbres et, par conséquent, ils ne pouvaient pas réchauffer l’eau de la rivière. Le contraste avec l’air ambiant, beaucoup plus chaud, était saisissant mais, finalement, pas si désagréable.

Robin, souriant : « Much n’aimera pas ça ! »

Il resta près du bord où l’eau lui arrivait déjà à la taille. Il s’immergea dans l’eau et puis remonta à la surface. Il laissa ensuite l’eau ruisselait sur son corps. Il aimait beaucoup cette sensation. Il se frotta le visage afin de chasser l’eau de ses yeux. Son regard se porta alors sur la croix de bois. Il s’approcha du bord, l’attrapa et la fit tenir debout contre ses bottes.

Il la regarda, admirant encore une fois le travail minutieux de Will.

byoann  (31.03.2016 à 09:46)

Il croisa les bras sur la berge et posa son menton dessus. Continuant de l’admirer, il se perdit alors dans ses souvenirs. L’eau ruisselante sur ses épaules lui fit penser à un souvenir particulier où il se revoyait, enfant, à la rivière avec le Père Swain. Devenu orphelin, le Père Swain l’avait pris sous son aile et le garçonnet le suivait partout. Un jour, il avait accompagné le Père et deux hommes à la rivière. Robin ne savait pas ce qu’ils allaient faire. L’homme le plus jeune se dévêtit et entra dans l’eau suivit par le Père Swain qui s’arrêta quand l’eau lui arriva aux genoux. Le jeune homme continua plus loin et s’immergea par trois fois puis revint vers le Père Swain et s’agenouilla devant lui. Celui-ci prononça des paroles incompréhensibles pour le garçonnet. Ensuite, le jeune homme sortit de l’eau, se rhabilla et tout le monde repartit pour Locksley.

Robin du haut de ses treize ans avait trouvé cette cérémonie des plus étranges.

Une fois qu’ils eurent quitté les deux villageois, Robin avait bombardé le père Swain de questions. Le chef des hors-la-loi sourit en repensant notamment à une question qu’il lui avait posée.

Robin, enfant : « Pourquoi est-ce que cet homme s’est baigné et pas nous ? »

Le Père Swain avait lors installé Robin sur une chaise et lui avait patiemment expliqué ce qui venait d’avoir lieu. En réalité, le jeune homme ne s’était pas baigné, le Père Swain l’avait simplement baptisé. Mais l’enfant croyait que tout le monde était baptisé à sa naissance comme lui l’avait été. Le Père Swain le détrompa et lui apprit que beaucoup de gens ne l’étaient pas et que le jeune homme qu’il avait vu lui en avait fait la demande avant son mariage qui devait avoir lieu le jour même. Puis il prit un peu de temps pour lui expliquer tout le symbolique de la cérémonie du baptême.

Fixant toujours la croix, Robin laissa son esprit vagabonder de souvenirs en souvenirs. Soudain, un bruit sec le ramena à la réalité. Il se redressa et scruta les alentours. C’est alors qu’il vit, un peu plus loin, une biche accompagnée de son faon se rapprochant du cours d’eau. L’immobilité de Robin avait permis de déjouer la méfiance de l’animal. Fasciné, Robin les regarda sans bouger. La mère s’approcha du cours d’eau, regarda dans tous les directions en humant l’air. Ne sentant aucun danger immédiat, la mère se pencha et but quelques gorgées.

Imitant sa mère, le faon s’approcha et s’abreuva à son tour.

Robin fut touché par ce tableau bucolique. Malheureusement, il ne dura que quelques secondes. Un souffle de vent plus violent que les autres fit craquer des branches d’un arbre tout proche, faisant ainsi fuir la mère et son petit.

Robin revint alors à la réalité. Il prit le pain de savon. Il ne savait pas combien de temps il avait passé à rêvasser mais il entreprit donc ce qu’il était venu faire c’est-à-dire sa toilette. Il se savonna copieusement puis se rinça en s’immergeant trois fois dans l’eau puis grimpa sur la berge.

Robin, se séchant avec sa serviette : « Les autres vont se demander ce que je fabrique ! »

Il se hâta de se sécher, remit son sous-vêtement, son pantalon et ses bottes puis il rassembla ses affaires de toilette et repartit pour le campement. Mais Robin se dépêcha pour rien. En effet, quand il arriva au campement, le reste de ses compagnons se réveillaient à peine.

Petit Jean servait le petit déjeuner à Djaq. Much, assis sur un tabouret, dormait le nez au-dessus de son écuelle. Richard ne présentait pas un visage plus réveillé que Much mais ils mangeaient tous en silence. Carter et Andrew, eux, semblaient bien réveillés et mangeaient avec appétit. Souriant, les deux hommes saluèrent Robin d’un signe de tête. Il ne vit nulle part Allan et Will. Il se rendit dans le coin « repos » du campement où il faillit entrer en collision avec Allan qui justement se réveillait. Ce dernier surgit de derrière le rideau, les yeux embués de sommeil. Apparemment, le réveil avait été plutôt difficile. Allan bâilla et s’étira. C’est alors qu’il remarqua Robin. Il le regarda de la tête au pied.

Allan, se grattant la tête : « Tu es déjà allé te baigner ? »

Robin, souriant, lui tapant l’épaule : « Oui… Tu devrais en faire autant cela te ferait du bien ! »

« Oh non !... Attends que je me réveille avant ! »

Il alla rejoindre ses compagnons.

Robin : « Will dort encore ? »

La voix de Will : « Non, je suis là. »

Le jeune homme entrouvrit le rideau. A l’instar d’Allan, la nuit avait été plutôt courte pour lui aussi. Will se présenta devant le chef des hors-la-loi, enfila sa tunique et s’apprêta à suivre Allan mais Robin le retint par le bras.

Robin, reconnaissant : « Merci, Will… Tu as fait de l’excellent travail. »

Il lui montra la croix de bois.

Robin : « Le Père Swain aurait été très content. »

Will, souriant : « De rien. »

Robin, lui tapant l’épaule et souriant : « Allez va manger ! »

Will rejoignit ses compagnons en bâillant. Robin passa derrière le rideau et se dirigea vers son lit. Il y déposa la croix puis s’agenouilla et rangea ses affaires de toilettes sous son lit où il prit également un petit sac de jute. Il se releva et mit la croix dans le sac qu’il laissa sur son lit. Il prit alors sa tunique, l’enfila et rejoignit ses compagnons.

Robin, s’asseyant parmi les hors-la-loi : « Aujourd’hui est une journée importante… Tout d’abord parce que les orphelins vont retrouver leur foyer qu’ils n’auraient jamais dû quitter… Ensuite parce que nous rendrons un dernier hommage au Père Swain et puis enfin… Parce que nous devrons faire nos adieux à Richard. »

Ce dernier cessa de mastiquer et baissa la tête. Il regarda ensuite Robin sans grand enthousiasme. Manifestement, il n’était pas très désireux de partir. Jusqu’à présent, son départ avait été plutôt abstrait pour lui. Mais depuis qu’il était revenu la veille au soir au campement, cette idée devenait de plus en plus concrète.

Robin : « Toi qui récemment cherchait encore ta voie… Tu l’as trouvé. Tu vas pouvoir réaliser de grandes choses… Tu pourras aider ton peuple à sortir de la misère... »

Cette fois c’en était de trop. Le jeune homme laissa tomber son écuelle au sol et sortit en courant du campement.

Allan, se levant : « Richard ? »

Robin, se levant : « Non, laisse ! J’y vais. »

Robin retrouva Richard devant l’ancienne prison du shérif. Il tentait désespérément de retenir ses larmes car il ne voulait pas pleurer devant ces hommes qu’il admirait et respectait plus que tout au monde.

Robin : « C’est pour Adrien que tu t’inquiètes ? »

Richard, tournant le dos à Robin : « Non. Ce n’est pas ça. »

Le jeune homme baissa la tête. Il rassembla alors son courage.

Richard : « J’ai peur. »

Robin, s’avançant : « C’est normal d’avoir peur… Tu pars pour un pays inconnu… Tu vas faire la connaissance de ta famille… de ton père. »

Richard, se retournant : « Je m’en sens pas capable, Robin… Je suis né pauvre et je vais devoir vivre parmi des gens qui… »

Robin : « Justement... Tu pourras leur apporter une façon différente de voir les choses. Tu seras comme le porte-parole des pauvres gens. »

Richard : « Mais je ne veux pas être le porte-parole de qui que ce soit… Je veux… Je veux rester avec toi… ici… à Sherwood. Tu sais… Depuis qu’Allan et toi m’avaient libéré… Je ne sais pas je… Je me sens bien ici… Je me sens comme chez moi et vous… [Il baissa la tête] vous êtes tous montrés si gentil avec moi… C’était… C’était comme avec le Père Swain sauf qu’ici je me sentais utile… enfin en tout cas j’aurai pu me rendre utile. »

Robin, mettant ses deux mains sur les épaules du jeune homme : « Mais tu seras utile là tu vas… »

Richard expira.

Robin : « Je sais que pour le moment tout ceci t’effraie et je le comprends… Nous le comprenons tous… Mais tu apprendras… Je connais personnellement la Reine-Mère Aliénor… C’est une femme admirable… Elle t’apprendra tout ce qu’un prince doit savoir… N’oublie pas qu’elle a élevé notre Roi Richard… Ton père... »

Ce commentaire fit sourire le jeune homme.

Robin : « … Et puis tu peux aussi compter sur Carter et Andrew… Ce sont des hommes de confiance… Et puis tu vas aussi voir ton père… Il est en route en ce moment même… Il t’associera aux affaires du royaume… C’est un homme droit et honnête… Lui-aussi t’apprendra ton futur métier de roi. »

Richard, triste : « Oui mais et vous ? ... »

Robin : « Nous ?... Nous serons tes plus fidèles et tes plus dévoués sujets le jour où tu deviendras roi. En attendant, nous continuerons à nous battre contre l’injustice, ici, à Nottingham jusqu’à ce que tu nous ramènes notre roi. Je compte sur toi, hein ?... Nous comptons tous sur toi ! »

Richard sourit.

Robin, le bousculant gentiment et le prenant par les épaules : « D’accord ? »

Richard : « D’accord ! »

Robin : « Et cette journée-là marquera la fin du shérif, du Prince Jean et des chevaliers noirs. »

Richard, ne comprenant pas : « Les chevaliers noirs ? »

Robin : « Ton père t’expliquera… Alors tu vois ?... Tu seras bien entouré. Tu n’as pas de raison de t’inquiéter. »

Richard, souriant : « Oui, c’est vrai que vu comme ça… Mais… »

Robin, l’interrompant et sérieusement : « Cela aurait été un honneur de te garder avec nous. »

Ému, Richard regarda Robin droit dans les yeux. Ce fut enfin les mots que le jeune homme attendait. Cela apaisa aussitôt les craintes du jeune prince.

Richard, rassuré : « Mais je dois suivre mon destin, c’est ça ? »

Robin hocha la tête. Richard avait enfin compris qu’un destin plus grand l’attendait en France.

Robin : « Allez ! On rentre… Faut que tu prépares tes affaires. »

Richard, souriant : « Oui. »

Robin entraîna le jeune homme vers le campement. Lorsqu’ils rentrèrent, tout le monde se préparait déjà pour aller à la rivière. Djaq fut la première à quitter ses compagnons. Elle croisa Robin et Richard.

Carter, se présenta devant Richard : « Voici vos affaires, Votre Altesse ! J’ai pris la liberté de réunir le nécessaire de toilette. »


byoann  (31.03.2016 à 09:55)

Surpris, Richard regarda Robin.

Robin : « Tu vas devoir t’habituer à ce genre de traitement. »

Richard, très embarrassé : « Ah... Euh Merci… Carter. »

Andrew : « Nous devons nous préparer, Votre Altesse. »

Richard : « Ah bon… Ben… Allons-y. »

Robin laissa Richard, mal à l’aise, au bon soin de Carter et d’Andrew. Ces trois hommes allaient devoir passer beaucoup de temps ensemble durant les trois prochaines semaines sur la route les conduisant en France. Il jugea qu’il était grand temps qu’ils fassent plus ample connaissance. Le jeune prince et les envoyés de la Reine-Mère partirent à la rivière. Robin poursuivit son chemin et croisa Allan et Will qui sortirent à leur tour pour aller se baigner. Quand il entra dans le camp, il vit Much ingurgiter en vitesse son écuelle.

Robin : « Ben Much… Dépêche-toi… On va bientôt partir ! »

Much, entre deux cuillérées : « Ben qu’est-ce que vous croyez que je fais ? »

Mais Much ne se contenta pas de son écuelle. Il réclama une part de fromage et des fruits.

Much : « Mais c’est que j’ai très faim, moi et je ne peux pas travailler le ventre vide. »

Petit Jean : « Eh ben… ça risque pas d’arriver ! »

Much, offensé : « Quoi ? Travailler ? »

Petit Jean : « Non ! Que tu aies le ventre vide. »

Much n’apprécia pas non plus cette réponse et lui fit savoir. Les deux hommes se chamaillaient encore lorsque Djaq revint au campement.

Robin : « Much, dépêche-toi !... On doit partir ! »

Much : « Mais vous non plus, vous n’êtes pas prêts, maître ! »

Robin : « Je n’en ai pas pour longtemps. »

Much : « Bon ça va… J’y vais. »       

Much se hâta de se rendre dans le coin « repos » du campement et prit ses affaires de toilette. Il s’apprêta à sortir lorsque Robin le retint.

Robin : « Hé Much ? »

Much : « Quoi ? »

Robin : « Pour aller plus vite, saute directement dans l’eau… Tu verras, elle est bonne…. Et cela te fera du bien. »

Much arqua un sourcil ne sachant pas comment prendre cette remarque.

Much, incertain : « Euh… D’accord. »

Puis il sortit en courant du campement. Sur la route, il croisa Richard, Carter et Andrew qui revenaient. Lorsqu’il arriva sur la berge, il retrouva Allan et Will qui se rhabillaient.

Much, se déshabillant rapidement : « Euh… Attendez-moi je n’en ai pas pour très longtemps. »

Allan et Will s’en retournèrent au campement.

Allan, se retourna vers Much : « Tu peux y aller les yeux fermés, Much. Elle est bonne. »

Le sourire aux lèvres, Allan disparut dans la forêt. Se rappelant ce que Robin lui avait dit, Much sauta à l’eau.

Au campement, les hors-la-loi s’affairèrent. Petit Jean rangea la vaisselle pendant que Robin, Carter et Andrew s’occupèrent de défaire les lits provisoires qu’ils avaient occupés pendant leur séjour à Sherwood.

Carter : « On en n'aura plus besoin ! »

Soudain, un hurlement venant de la rivière se fit entendre.

Richard, inquiet : « Qu’est-ce que c’était ? »

Robin, souriant : « Ah ! Much est arrivé à la rivière !... Il ne devrait pas tarder alors ! »

Richard aida Carter et Andrew puis les trois hommes rassemblèrent le peu d’affaires qu’ils avaient apportés avec eux. Une fois le campement en ordre, les hors-la-loi se préparèrent. Malgré la chaleur, Robin enfila sa veste. Djaq prépara quelques potions au cas où de petites blessures surviendraient lors du déménagement. Will affuta sa hache, Allan son épée et Petit Jean prit son grand manteau. Ses préparatifs étaient nécessaires au cas où d’aventures, ils se retrouvaient loin du campement ou que le temps changerait brusquement. Much arriva sur ces entrefaites. Il ne semblait pas ravi de sa baignade.

Robin, souriant : « Alors elle était bonne ? »

Much, mécontent : « Elle était glacée ! »

Allan, ironique : « Moi, je dirais plutôt tonique ! »

Robin : « Mais au moins ça t’a réveillé ? »

Se préparant, Djaq étouffa un rire pour ne pas indisposer son compagnon.

Se rendant compte que ses amis se moquaient de lui, Much ne leur répondit pas et se rendit à son lit en bougonnant. Il s’habilla pendant que les hors-la-loi sortirent à l’extérieur. Avant de quitter les lieux, Richard, son sac sur l’épaule, jeta un dernier coup d’œil à ce campement qu’il aimait bien mais qu’il ne reverrait plus jamais.

Much, sur le pas de la porte : « Tu viens ? »

Richard, soufflant : « J’arrive. »

Les deux hommes rejoignirent le reste de la bande. En passant devant le mécanisme de fermeture de la porte du sanctuaire des hors-la-loi, Much agrippa la poignée.

Richard : « Est-ce que je peux ? »

Much, regardant Robin : « Euh… Oui, bien sûr. »

Richard prit la poignée et se tourna vers le camp.

Il actionna le mécanisme et la porte se referma, rendant le campement totalement invisible comme s’il n’avait jamais existé.

Comprenant la détresse du jeune homme qu’il avait lui-même maintes fois ressentie lorsqu’il devait s’absentait longtemps, Much prit Richard par les épaules et le ramena vers le reste de la bande. Puis Robin ordonna le départ et la colonne de hors-la-loi se mit en marche : Direction Locksley. 


byoann  (31.03.2016 à 10:00)

CHAPITRE XXVI

« AU REVOIR, MON PRINCE ! »

uelques minutes plus tard…

 

Après avoir vérifié que les hommes de Gisborne ne surveillaient plus les environs, les hors-la-loi se dirigèrent vers l’église du village. Ils constatèrent que les enfants et les sœurs étaient déjà à pied d’œuvre. Ils faisaient des allers et retours entre le bâtiment et un chariot où s’entassait déjà des couvertures, casseroles et livres de lecture. Annie et Marianne sortirent à leur tour les bras chargés.

Robin : « Marianne ?... Déjà en plein travail ? »

Marianne : « On ne vous attendait plus ! »

Annie l’aida à déposer son fardeau dans le chariot.

Robin, se tournant vers Much : « Euh…Nous avons été retardé ! »

Marianne, souriant : « Je vois. »

Il l’embrassa.

Annie s’approcha d’Allan et l’embrassa également. Avec la même idée en tête, Will et Djaq se regardèrent puis baissèrent immédiatement la tête. Petit Jean et Much se regardèrent. Ils étaient les seuls des hors-la-loi à n’avoir personne à embrasser.

Much, s’approchant : « Un chariot ? »

Matthew, arrivant de l’église : « C’est le mien… J’ai su par Kate que les enfants allaient retrouver leur ancien foyer alors je me suis dit… »

Robin : « Tu as bien fait… Comment ça va depuis la dernière fois ? »

Matthew : « ça va bien… Je vous remercie, Messire Robin. »

Une voix d’enfant, sortant de l’église : « Richard ? »

Ce dernier se retourna.

Richard : « Adrien ! »

L’enfant courut jusqu’à lui malgré ses bras chargés. Il laissa tomber les affaires au sol et sauta au cou de son frère.

Adrien : « Alors c’est le grand jour ? »

Richard, gêné : « Euh oui… C’est le grand jour ! »

Frère Tuck, sortant de l’église : « Nous avons presque terminé. »

Robin, le saluant : « Frère Tuck. »

Frère Tuck : « Messire Robin… Merci d’être venu mais nous avons fini, je crois. »

Robin : « Eh bien dans ce cas on va vous aider à vous réinstaller à l’orphelinat. »

Frère Tuck : « Ce n’est pas de refus. »

Les hors-la-loi aidèrent les orphelins à rassembler leurs dernières affaires puis accompagnèrent le convoi jusqu’à l’orphelinat. Un quart d’heure plus tard, la colonne des orphelins arriva devant le bâtiment. Celui-ci ne ressemblait plus à celui qu’ils avaient connus. Toujours en chantier, le bâtiment avait deux ailes perpendiculaires de chaque côté du corps principal. Bien sûr, elles n’étaient pas terminées et les enfants ne pourraient pas s’y installer tout de suite.

Much : « Waouh… Y’a du boulot ! »

Frère Tuck : « Oui… Mais avec l’argent que nous a donné Lady Marianne et avec l’aide des habitants de Locksley, nous en viendrons à bout petit à petit. On pourra alors accueillir plus d’enfants ! »

Robin : « Oui, c’est vrai. Les orphelinats des comtés voisins sont saturés. »

Frère Tuck, regardant le bâtiment et heureux : « Nous aurons de quoi les accueillir dignement. »

Marianne, frottant le dos de Robin : « Le Père Swain aurait de quoi être très fier. »

Robin, un peu triste : « Oui. »

Frère Tuck : « Mais pour l’heure, nous devons nous installer. Alors les enfants… Vous allez reprendre vos anciennes chambres. Nous verrons comment nous installer plus confortablement plus tard. »

Robin : « Je vais d’abord inspecter le bâtiment. »

Will : « Je viens avec toi. »

Robin : « Les autres… Commencez à décharger le chariot. »

Les hors-la-loi obéirent et aidèrent les enfants à vider le contenu du chariot puis quand Robin revint, après avoir constaté que les chambres étaient habitables, ils aidèrent les enfants à s’installer. Deux heures plus tard, l’installation était enfin terminée. Mais le piaillement des enfants et leurs incessants va-et-vient entre les chambres mirent la patience des hors-la-loi à rude épreuve. Finalement, ils sortirent du bâtiment encore plus fatigué que s’ils avaient combattu les hommes du shérif pendant tout l’après-midi. Richard se joignit à eux, accompagné d’Adrien qui ne voulait pas lâcher son frère d’une semelle.

Much, s’étirant au soleil : « Ouf… enfin terminé ! »

Allan, l’imitant : « Je ne ferais pas ça tous les jours ! »

Petit Jean : « Moi non plus ! »

Djaq : « Petite nature. »

Richard : « Et c’est tous les matins comme ça ! »

Sourire aux lèvres, Robin, sur le pas de la porte, s’apprêtait à les rejoindre lorsqu’il remarqua qu’un sac avait été oublié à l’entrée.

Robin, se tournant vers l’intérieur : « Les enfants ?... L’un de vous a oublié ses affaires dehors ! »

Adrien, se rapprochant : « Non. Non. Ce sont les miennes. Tout ce que j’emporte est ici. »

Robin, se retournant : « Pardon ? »

Djaq : « Ce que tu emportes ? »

Allan : « Mais où ça ? »

Adrien, souriant : « Bah… En France… Avec mon frère, Richard ! »

Robin, s’agenouillant : « Adrien… Écoute… Euh… Je regrette mais tu… tu vas devoir rester ici. »

Adrien : « Non… Je pars avec lui. Il me l’a dit. »

« Mais qui te l’a dit ? »

Richard, se plaçant derrière son frère : « C’est moi ! »

Robin, levant la tête : « C’est toi ? »

Richard, fièrement : « Oui, c’est moi. »

Se relevant, Robin, gêné par la présence d’Adrien : « Richard… Écoute… tu… tu ne peux pas l’emmener. »

Adrien, rouspétant : « Si, il peut ! »

Robin à Richard : « Rappelle-toi la conversation que nous avons eue ! »


byoann  (11.04.2016 à 08:25)

Adrien, méfiant : « Quelle conversation ? »

Richard, sur un ton ferme : « Je sais ce que tu penses et je me doute que ça ne se fera pas sans quelques difficultés. Mais j’ai décidé qu’il viendrait avec moi en France et je ne reviendrai pas là-dessus. »

Les hors-la-loi furent surpris par le ton inhabituel employé par le jeune homme.

Robin : « Tu te rends compte de ce que ça signifie pour Adrien ?... Il va devoir quitter ses amis, son foyer, son village. »

Richard : « Son foyer est avec moi !... Par ailleurs, j’ai fait une promesse à son frère, Robin… [Avec une émotion dans la voix] Je… Je lui ai promis de m’occuper de lui quoi qu’il arrive et ce n’est pas parce que je dois suivre mon destin comme tu dis qu’il faut que je renie ma parole… Ah quoi bon travailler au bonheur de tout un peuple si je ne peux pas m’occuper de l’un d’entre eux. [Poussant Adrien devant lui] Allez viens… On rentre. »

Robin, impressionné par son discours, ne le contredit pas et le laissa entrer à l’intérieur. Son regard se porta alors sur Allan qui baissa la tête.

Robin : « Tu le savais qu’il voulait emmener son frère ? »

Allan, sur la défensive : « Ben toi aussi tu le savais, non ? »

Robin : « Oui mais j’ai essayé de l’en dissuader. »

Allan : « Eh bien… Pas moi… Je ne vois pas au nom de quoi nous devrions séparer deux frères ! Après tout, ils ont toujours vécu ainsi… Je ne vois pas ce qu’il y a de mal à ça. Richard pourra très bien s’occuper de lui comme il l’a toujours fait. Et comme il l’a dit lui-même, ce n’est pas parce qu’il est prince qu’il doit renier sa parole… Par ailleurs, j’aurais toujours davantage confiance en un gueux qui respecte sa parole qu’en un prince qui ne pense qu’à son royaume ! »

Djaq : « C’est vrai que ce serait cruel d’obliger Adrien à se séparer de son frère même si, et je suis d’accord avec toi, Richard ne pourra pas lui accorder autant d’attention que s’il restait ici… Et puis, après tout Richard est notre prince, non ? »

Robin : « C’est vrai… J’oublie parfois qu’il est le fils de notre roi. »

Much : « C’est vrai qu’on a du mal à s’y faire ! »

Allan : « Bah c’est sûr… Habillé avec des haillons, on fait rarement prince, Much… Will ? Tu devrais peut-être lui refiler ton déguisement ? »

Carter : « Surtout pas… Je ne voudrais qu’on sache que nous voyageons avec le fils de notre souverain. »

Allan : « Je plaisantais, Carter… Détends-toi un peu, mon vieux. »

La bande se détendit.

Andrew : « En tout cas, moi, cela ne me dérange pas. Si le prince souhaite que le garçon vienne, cela ne me pose aucun problème. »

Robin, se rangeant à l’avis général : « Bon, vous avez raison… Je m’inquiète peut-être inutilement. »

Allan, mettant son bras sur les épaules de Robin : « Eh oui, Robin. Ça c’est ton problème... Tu… Tu es parfois un peu trop mère poule avec ceux qui t’entourent !... Regarde avec Much… Il serait temps que tu coupes le cordon, mon vieux… Il faut le laisser voler de ses propres ailes… Sinon il viendra toujours réclamer sa pitance… »

Le sourire de Much s’effaça.

Allan : « … ou bien tu devras toujours lui faire prendre un bon bain bien glacé à chaque fois qu’il est un peu grognon… comme ce matin ! »

Much se précipita sur Allan qui, anticipant le coup, détala comme un lapin sous les rires des hors-la-loi. Much poursuivit Allan en vociférant.

Marianne, sortant de l’orphelinat : « Mais qu’est-ce qui se passe ? »

Robin, souriant : « Rien de grave… C’est Allan et Much qui font les imbéciles ! »

Marianne entraîna Robin vers la lisière de la forêt bordant l’orphelinat.

Marianne, prenant Robin par la taille : « Cela va bientôt être l’heure de manger. »

Robin, l’enlaçant à son tour : « Tu restes déjeuner avec nous ? »

Marianne, souriant : « J’attendais que tu me le proposes. »

Robin : « Mais je te le propose. »

Marianne : « Qu’est-ce qu’il y a à manger ? »

Robin haussa les épaules.

« Les sœurs n’ont pas eu le temps d’aller au marché. Tu ne pourrais pas nous prouver ton adresse à l’arc et nous ramener le gibier de ton choix. »

Robin : « Tu veux venir avec moi ?... [Tout bas] Toi et moi… Rien que nous deux dans la forêt ? Je pourrais te montrer que mon habileté ne se réduit pas au seul maniement de l’arc ! »

Marianne, secouant la tête : « Prétentieux !… Non… Je préfère rester ici pour aider les sœurs. »

Robin, d’une voix suppliante : « Tu es sûre ?.. »

Marianne, gentiment : « Robin ! »

Robin : « Tant pis… Tu ne sais pas ce que tu rates ! »

Marianne, se défaisant de Robin : « Tant pis pour moi ! »

Robin : « Un baiser pour m’encourager ? »

Marianne, se rapprochant de lui : « C’est uniquement parce que les enfants ont très faim. »

Robin, peu convaincu : « Oui, bien sûr… C’est pour les enfants ! »

Marianne, souriant : « Absolument… Pour les enfants ! »

Marianne l’embrassa.
Robin, savourant le baiser : « Hum… Bon… Allons nourrir ces enfants affamés ! »

Marianne lui fit un clin d’œil et retourna à l’intérieur. Robin demanda des volontaires pour venir avec lui. Much et Petit Jean se proposèrent. Il demanda ensuite à Will d’aller à Nettlestone chercher quatre chevaux pour Carter, Andrew, Richard et Adrien. Will accepta et partit aussitôt tandis que les autres restèrent pour donner un coup de main aux sœurs à dresser le couvert et surtout à canaliser l’énergie des enfants, heureux d’être revenus chez eux.


byoann  (11.04.2016 à 08:35)

Dans la grande salle…

Pendant que Robin chassait le gibier pour nourrir les orphelins, le shérif mordait dans la cuisse d’un chevreuil qu’il avait fait préparer pour fêter son retour.

Le shérif, la bouche pleine et le menton couvert de sauce : « Vous devriez goûter ça, Gisborne. C’est excellent. »

Gisborne, dégouté par sa façon de manger : « Non merci, Monseigneur. J’ai déjà déjeuné. »

Le shérif : « Vous avez tort ce chevreuil est succulent. »

Gisborne : « Je pensais plutôt que vous seriez furieux que Robin nous ait encore une fois échappé. »

Le shérif, faisant l’étonné : « Oh ! C’est vrai… [Plus sérieusement] Mais vous oubliez que ce jeune freluquet n’a été qu’un pion entre mes mains, Gisborne. »

Gisborne : « Un pion ? »

Le shérif, le regardant fixement : « Parfaitement un pion… Car nous avons fait une partie d’échec, voyez-vous… Jasper a voulu jouer contre moi et il a perdu… Locksley n’a été que le pion qui a manqué à Jasper pour faire échec au roi… Hein… ou plutôt au prince en l’occurrence. »

Gisborne : « Vous voulez dire que vous avez manipulé Robin des bois ? »

Le shérif : « Je l’ai amené à faire ce que je voulais c’est-à-dire à travailler pour moi. »

Gisborne : « Comment ? »

Le shérif : « En lui démontrant que nous partagions… momentanément… un intérêt commun. »

Gisborne : « Mais pour cela vous avez été contraint à prendre des engagements... disons malheureux. »

Le shérif : « Concernant les impôts ?... C’est un engagement que je ne compte pas suivre. »

Gisborne : « Mais Locksley… »

Le shérif : « Que fera-t-il, hein ?... Déposer plainte contre moi devant le roi, hum ? »

Gisborne : « Et pour l’orphelinat ? En ce moment-même, Frère Tuck reprend possession des lieux. »

Le shérif, redevenant sérieux : « ça, c’est plus embêtant ! »

Gisborne : « C’est plus qu’embêtant ?... Cela remet en cause notre participation à l’opération Shat Mat !... Permettez-moi de prendre des hommes avec moi et nous reprendrons le bâtiment dans l’heure. Locksley ne pourra pas s’y opposer. »

Le shérif : « Ce serait une faute, Gisborne. J’ai donné l’entière propriété de ces terres à l’abbaye de Kirklees. Si je tente quoique ce soit, l’abbé fera intervenir l’archevêque de Canterburry qui fera pression sur le Prince Jean. Et je ne tiens pas à cela. »

Gisborne : « Alors c’est fichu ? »

Le shérif : « Pour l’orphelinat, il faut oublier mais… nous n’avons pas tout perdu… Grâce à notre petite mise en scène, le Prince Jean m’a redonné toute sa confiance. Par ailleurs, il s’est enfin rendu compte à quel point Robin des bois était difficile à capturer… De plus, avec l’humiliation que lui a fait subir notre jeune blanc-bec, le prince devrait maintenant nous donner tous les moyens nécessaires à son élimination. »

Gisborne : « Vous croyez ? »

Le shérif : « J’en suis presque sûr et puis… j’ai retrouvé mon poste… Vous voyez, Gisborne… L’unité… Il faut que nous soyons toujours ensemble, côte à côte, pour faire face à l’adversité et nous gagnerons toujours ! »

Gisborne : « Oui, Monseigneur. »

Mais Gisborne avait une opinion légèrement différente. Il pensa que sans Robin, le shérif n’aurait jamais pu retrouver son poste et cela, il avait dû mal à l’accepter. Et même si ce dernier avait retrouvé sa place, ce que Gisborne considérait comme un moindre mal, surtout qu’il s’était imaginé pendant un temps titulaire du poste, le seigneur de Locksley considérait que c’était Robin le grand gagnant dans cette affaire. Baissant la tête, Gisborne regarda le shérif s’empiffrer tandis qu’il ruminait sa défaite contre son ennemi juré.

Une heure plus tard, à l’orphelinat de Locksley…

Les hors-la-loi avaient également la tête baissée mais ce n’était pas par honte qu’ils agissaient ainsi mais plutôt par respect. En effet, ils s’étaient rassemblés autour de la tombe du Père Swain en présence des enfants. Robin avait ôté la croix faite de branche d’arbres, bricolée à la hâte et l’avait remplacé par celle méticuleusement fabriquait par Will. Puis il revint vers ses compagnons.

Marianne se tint à son bras.

Frère Tuck : « Nous sommes tous rassemblés ici aujourd’hui pour rendre un dernier hommage à celui qui fut notre guide à tous… le Père Swain… »

Marianne sentit les muscles de Robin se contracter. Elle se sera davantage contre lui et lui caressa le bras afin de lui faire sentir qu’elle partageait sa peine.

Frère Tuck : « … Je n’ai malheureusement pas eu le bonheur et le privilège de connaître le Père Swain. Mais je sais grâce à tous ceux qui l’ont rencontré qu’il était le plus merveilleux des hommes qui puissent exister sur cette terre... Il avait voué sa vie à Dieu et à ses enfants. Il leur a non seulement trouvé un foyer, de quoi se nourrir et se vêtir mais il leur a également donné de l’amour et de l’espoir en l’avenir… Il aimait son prochain comme il aimait Dieu. Il voyait en chaque enfant qu’il prenait sous son aile le fils de Dieu. C’est pourquoi il ne supportait pas la souffrance que l’on pouvait infliger à son prochain et encore moins à des enfants. C’est pour cela qu’il avait créé cet orphelinat. Pour mettre les enfants à l’abri du danger des hommes… Beaucoup de ses enfants ont aujourd’hui grandi et ont quitté ce foyer pour voler de leurs propres ailes à la plus grande joie du Père Swain même si chaque départ lui brisait le cœur. Mais il savait que c’était dans l’ordre naturel des choses. Les enfants grandissent… deviennent des adultes puis meurent. Le Père Swain ne l’ignorait pas. C’est pourquoi il a créé cet endroit pour protéger la vie. Et c’est donc tout naturellement ici que le Père Swain a choisi de vivre… et de mourir… Nous sommes aujourd’hui accablés par la tristesse parce qu’il nous a quitté. Mais je suis sûr qu’il nous observe depuis le paradis et il continuera à garder un œil sur nous. Alors nous devons nous montrer dignes de lui succéder. Notre devoir à présent est de continuer son œuvre afin qu’il reste toujours présent dans nos mémoires et dans nos cœurs… Amen. »

L’assistance : « Amen. »

Tout le monde garda le silence. On entendit seulement quelques sanglots provenant des enfants. Robin baissa la tête tandis qu’une larme coula le long de sa joue. Il releva la tête et regarda le ciel. Tout le monde se recueillit même la nature sembla rendre hommage au Père Swain. Des nuages blancs vinrent cacher le soleil et un vent léger se leva. Un oiseau vint se percher sur une branche au-dessus de la tombe.

Seul, Robin sembla le remarquer.

Curieusement, l’oiseau ne fit pas de bruit. Il se contenta d’observer la scène. Malgré la tristesse, Robin sourit légèrement à l’idée que cet oiseau ait peut-être été envoyé par le Père Swain ou peut-être même est-ce le Père Swain lui-même qui venait voir ce qu’ils faisaient comme pour les surveiller comme jadis. Cette pensée soulagea la peine de Robin. Frère Tuck avait raison. Il restera toujours dans leurs cœurs tant que sera préserver ce pourquoi il avait voué son existence : L’orphelinat.

Après s’être recueillis pendant de longues minutes en silence, les sœurs et Frère Tuck ramenèrent les enfants à l’orphelinat. Un à un, les hors-la-loi quittèrent la tombe du Père Swain. Marianne fut la dernière à partir laissant Robin seul. Il s’agenouilla devant la tombe.

Robin, avec émotion : « Au revoir, Père Swain… Merci pour tout ce que vous m’avez donné… »

Robin, poursuivant, en retenant ses larmes : « … Merci de m’avoir fait tel que je suis… Je vous dois tout… Je vous promets de prendre soin de votre foyer. Je veillerai toujours à ce que chaque enfant qui y entre trouve l’amour, la compassion et la sécurité que vous m’avez donnés et que vous avez donné durant toute votre vie à tous les orphelins qui ont vécu ici… Adieu… Adieu, mon Père. »

Robin se releva et retourna auprès des enfants et de ses hommes. Il était l’heure de passer à table. Grâce à la chasse fructueuse de Robin, Much et Petit Jean, le repas fut exceptionnellement copieux car il fallait marquer cette journée importante. En plus de célébrer leur retour à l’orphelinat et de la cérémonie d’adieu au Père Swain, les orphelins fêtaient le départ de deux des leurs. Malgré une ambiance un peu pesante en début de repas, celui-ci se poursuivit dans une atmosphère plus joyeuse. Et Robin y pourvut car comme le Père Swain l’aurait dit : La vie doit reprendre ses droits. Alors il encouragea ses compagnons à mettre un peu d’ambiance. Tout le monde participa à la bonne humeur générale. Même Richard et Adrien prirent plaisir à partager leur dernier repas avec leurs camarades. Cependant à mesure que le temps passait, Richard avait de moins en moins d’entrain car il appréhendait de plus en plus le moment du départ.


byoann  (11.04.2016 à 08:40)

Deux heures plus tard…

Le moment tant redouté arriva : Ce fut l’heure des adieux. Les hors-la-loi, Richard, Adrien et les enfants sortirent de l’orphelinat pour se dire au revoir. Le ciel s’était légèrement assombri tout comme l’humeur des orphelins. Ces derniers suivirent les adultes en silence.

Carter à Robin : « Bon ben… Il est temps de partir. »   
Robin, la serrant avec gratitude : « Oui… et puis merci pour tout. »

Andrew, s’avançant : « Non, merci à toi. Nous avons retrouvé notre prince grâce à toi. »

Robin, souriant : « Nous avons fait une bonne équipe… Vous serez toujours les bienvenus à Sherwood si toutefois la vie de château ne vous convenait plus. »

Carter, prenant Robin dans ses bras et reconnaissant : « Entendu ! »

Robin, se défaisant de son ami : « Portez-vous bien et prenez bien soin de notre jeune prince. »

Andrew, prenant Robin dans ses bras : « Promis. »

Il lui tapa amicalement dans le dos et libéra son ami.

Robin : « Ramenez notre roi ici dès que possible ! »

Carter : « Nous n’y manquerons pas. »

Carter et Andrew firent leurs adieux au reste de l’équipe puis se dirigèrent vers les chevaux que Will avait ramenés de Nettlestone. Ils attendaient patiemment leurs cavaliers à quelques pas de l’entrée du bâtiment. Les deux hommes accrochèrent leurs affaires sur leurs selles puis Carter grimpa sur sa monture tandis qu’Andrew attendit le jeune prince et son frère.

Pendant ce temps, Richard à Adrien : « Tu devrais dire au revoir à tes amis. »

Adrien, la gorge serrée : « Oui. »

Ce n’est pas non sans une vive émotion qu’Adrien prit chacun de ses amis dans ses bras pour les saluer. Certains versèrent une petite larme et se réfugièrent dans les bras des sœurs. Puis Richard fit à son tour ses adieux.

Richard : « Au revoir, les enfants. »

Les enfants : « Au revoir, Richard. »

Étonnant tout le monde, Erwan, avec une émotion non feinte : « Prends bien soin d’Adrien. »

Sœur Margaret : « Erwan a raison… Même si c’est inutile de te le dire. Occupe-toi bien de ton petit frère. »

La sœur le prit dans ses bras et le serra très fort contre elle.

Richard : « Je n’y manquerai, ma sœur. »

Elle relâcha le jeune homme en versant une larme.

Richard à Frère Tuck : « Au revoir, mon père. »

Frère Tuck, lui serrant chaleureusement la main : « Au revoir Richard et que Dieu te garde… Garde toujours la foi en notre seigneur et… Aie confiance en toi… Je suis certain que tu feras de grande chose pour tous ceux qui souffrent... Adieu, mon fils. »

Soudain, Richard sentit une lourde charge pesée sur ses épaules. Il était arrivé ici comme simple orphelin de Manchester et il repartait en prince d’Angleterre. Il ressentit alors de la tristesse qui ne cessa de grandir et qui redoubla même lorsqu’il dut faire ses adieux aux hors-la-loi, lui qui avait rêvé de se joindre à eux.

Richard à Petit Jean : « Au revoir, Jean. »

Petit Jean : « Au revoir, petit prince. »

Cela fit sourire Richard. Il est vrai que comparé au colosse, le jeune homme paraissait bien frêle mais il ne s’en offusqua pas.

Petit Jean à Adrien : « Au revoir, p’tit bonhomme. »

Intimidé par le géant de la forêt, Adrien ne rouspéta pas d’avoir été qualifié de « petit » par le hors-la-loi.

Adrien, timidement : « Au revoir. »

Richard, donnant une poignée de main et souriant : « Much… Merci pour tous ces bons repas. »

Much, ému : « Ce n’est rien… Au revoir, Rich… enfin je veux dire mon prince. »

Richard sourit. Il devra s’habituer à ce genre de lapsus pendant un certain temps. À cet instant, lui-même ne se sentait pas vraiment prince. Much posa chaleureusement sa main sur l’épaule d’Adrien et lui fit un clin d’œil ce qui fit sourire le garçon.

Richard : « Djaq… »

La jeune femme le prit dans ses bras. Richard était de plus en plus ému à chaque hors-la-loi à qui il devait faire ses adieux.

Richard : « Djaq… Merci de m’avoir soigné… Je me souviendrai toujours de ta gentillesse et de ta patience aussi bien envers moi qu’envers Adrien. »

Djaq : « Ce n’était rien… Tiens… »                 

Elle lui glissa un petit sac dans la main. 

Djaq : « …  Voici un onguent pour le voyage… Il soigne tous les petites blessures que l’on peut rencontrer lorsqu’on fait un si grand chemin… J’en ai toujours sur moi… [Désignant ses compagnons] avec eux c’est plus prudent… Surtout avec Much. »

Toute la bande sourit même Much ne s’offensa pas de sa remarque.

Richard, souriant : « Merci, Djaq. »

Il accrocha le petit sac à sa ceinture.

Djaq à Adrien et émue : « Au revoir, Adrien. »

Adrien, triste : « Au revoir, Djaq. »

Will : « Tiens… Moi je tiens à t’offrir ceci. »

Il ouvrit la main de Richard et y déposa un insigne : Celui des hors-la-loi. Interloqué, Richard regard Robin qui se tenait à côté de Will.

Robin, souriant : « Tu l’as bien mérité. »

Will, souriant : « Tu as fait partie de notre équipe pendant un bout de temps alors tu devais avoir un et puis… comme ça tu ne nous oublieras pas ! »

Richard regarda Will sans pouvoir répondre. Il ne connaissait pas bien ce jeune homme mais il le regardait comme s’il le découvrait pour la première fois. Ne pouvant plus contenir ses larmes, il commença à pleurer. Mais il ne savait plus si c’était des larmes de joie dû au cadeau du hors-la-loi ou des larmes de tristesse dû fait de son départ. Il prit Will dans ses bras.

Richard, avec gratitude : « Merci, Will… Merci… Je… Je ne m’en séparerai jamais. »

Will, se défaisant de lui : « J’ai gravé quelque chose au dos. »

Richard le retourna et lut : « A NOTRE PRINCE. »

Submergé par une nouvelle vague d’émotion, le jeune homme tenta désespérément de retenir ses larmes à nouveau car il ne voulait pas laisser l’image d’un prince pleurnichard à ses héros.

Richard, avec difficulté et gratitude : « Merci. »

Will, posa sa main sur l’épaule d’Adrien : « Au revoir, Adrien. Prends bien soin de ton grand frère ! »

Adrien, ému mais souriant : « Je n’y manquerai pas… Au revoir. »

Et comme il l’avait vu le faire par Allan, Richard embrassa son insigne avant de le passer autour de son cou.

Étreint par l’émotion, Allan baissa la tête puis tenta de reporter son attention sur l’horizon où des nuages noirs s’amoncelaient.

Richard se déplaça alors devant Robin. Impressionné de se retrouver devant le chef des hors-la-loi, Richard ne savait pas quoi lui dire. Il ne trouvait pas les mots pour lui exprimer toute sa gratitude pour tout ce qu’il avait fait pour lui. Il n’y avait pas de mots assez forts pour exprimer ce qu’il ressentait pour lui.

Richard, les larmes coulant sur ses joues : « Je ne sais pas quoi dire… Tu as tellement fait pour moi. »

Robin, ému lui aussi, prenant le jeune homme dans ses bras : « Il n’y a plus rien à dire… Nous nous sommes déjà tous dit… »

Il le serra très fort contre lui.

Robin, se défaisant de lui et désignant Carter et Andrew : « Je te confie à des hommes très bien. »

Richard, osant à peine le regarder : « Je sais. »

Robin : « J’ai confiance en toi, Richard… Je veux dire mon prince… Tu es notre espoir maintenant…. À nous et à tous les pauvres de ce pays… Reviens vite… et ramène ton père avec toi. »

Richard hocha la tête en contenant difficilement ses larmes. Robin lui tapa amicalement le dos pour lui redonner du courage. Le jeune prince continua son chemin et vint se placer devant Allan. Ce dernier avait tant redouté ce moment. Il voyait partir ceux qu’il considérait un peu comme ses frères. Adrien et lui avaient remplacé son frère Tom dans son cœur. Et les voir partir tous les deux lui brisait le cœur. Devant la tristesse qu’il ressentait et celle visible de Richard, Allan crut qu’il ne tiendrait pas le coup alors pour échapper à ce moment délicat, il tenta l’humour. Richard, quant à lui, tenait Allan en très grand estime. Il avait toujours été son confident depuis son arrivé dans le comté. Il avait été le seul capable de franchir la barrière qu’il avait dressé entre lui et les autres afin de se protéger. Le fait qu’ils aient été, tous les deux, exploités par le père d’Allan les avait beaucoup rapprochés. Richard ne lui en avait jamais tenu rigueur. Les deux hommes se regardèrent, essayant chacun de faire bonne figure devant l’autre.

Allan : « Euh… Désolé mais… Je n’ai pas de cadeau à t’offrir. »

Richard se jeta dans les bras de son « grand frère ».

Richard : « ça fait rien… Tu m’as déjà fait le plus beau des cadeaux. Tu m’as offert ton amitié… [Se défaisant de lui] et puis je te dois la vie. »

Allan, embarrassé : « J’étais pas tout seul ! »

Richard : « Mais c’est toi qui a pris le plus de risque… Rien que pour moi ! »

Allan : « Ben… Il paraît que t’es le fils du roi alors si tu pouvais parler de moi à ton père... Une seigneurie me plairait bien ! »

Le reste de la bande secoua la tête.

Much : « C’est pas vrai… Il est incorrigible. »

Allan, écartant les bras : « Je plaisantais ! »

Richard lui sourit.

Richard, redevenant sérieux : « Adieux, Allan. »

Ému, Allan l’agrippa par le cou et le serra contre lui.

Allan, larmes aux yeux : « Non… Pas adieu… Simplement au revoir ! »

Il se défit du jeune homme.

Allan : « Tu as promis à Robin de revenir nous voir, non ? »

Richard : « C’est juste. »

Allan, faisant un clin d’œil à Adrien, se tenant à côté de son frère : « Je te le confie… Veille bien sur ton grand frère, bonhomme. »

Adrien, retenant ses larmes : « Promis. »

Allan s’agenouilla et prit le garçonnet dans ses bras.

Allan, le serrant très fort contre lui : « Allez viens-là toi ! »

Puis il libéra le garçon. Richard et Adrien s’écartèrent des hors-la-loi pour aller prendre leurs affaires. Ils les regardèrent en silence un moment comme s’ils voulaient imprimer leur image dans leurs esprits.

Carter, attendant sur son cheval : « Nous devons y aller, Votre Altesse. »

Richard, sans quitter les hors-la-loi des yeux : « J’arrive. »

Quelques secondes plus tard, Richard et Adrien se dirigèrent vers leurs chevaux. Andrew prit le sac d’Adrien et le fixa à la selle du cheval du garçon puis Richard et lui aidèrent le garçonnet à monter sur l’animal. Le jeune prince attacha ensuite son sac à sa selle et se hissa sur sa monture pendant qu’Andrew grimpa sur la sienne. Les hors-la-loi vinrent entourer les cavaliers tandis que les enfants restèrent à la porte de l’orphelinat, sanglotant en voyant partir leurs amis.

Robin, donnant une poignée de main à Andrew : « Bonne route et prenez bien soin de notre prince. »

Andrew : « T’en fais pas. Nous garderons toujours un œil sur eux. »

Richard aux hors-la-loi : « Au revoir, mes amis ! »

Robin : « Au revoir, mon prince ! »

Saluant de la main les hors-la-loi, Carter talonna son cheval.

Andrew attendit que Richard et Adrien fassent de même. Mais comme il était difficile pour les deux frères de quitter cet endroit qui avait été pour eux un paradis comparé à ce qu’ils avaient vécu auparavant, Richard et Adrien dévisagèrent chacun des visages des hors-la-loi espérant les revoir le plus rapidement possible puis leur regard se portèrent vers l’orphelinat et leurs camarades.

Richard, versant une larme : « Au revoir ! »

Il leur fit un signe de la main. Adrien se joignit à lui. Leurs camarades leur répondirent en chœur en hurlant : « Au revoir ! »

Puis Richard et Adrien talonnèrent leurs montures et suivirent Carter. Andrew ferma la marche. Richard, imité par son frère, se retourna une dernière fois et leva la main en direction des hors-la-loi. Ces derniers leur répondirent en les imitant. Ils restèrent dehors jusqu’à ce que les cavaliers aient disparu dans la forêt. Les sœurs firent alors rentrer les enfants à l’intérieur. Un à un, les hors-la-loi les suivirent. Il ne resta plus qu’Allan et Robin.

Allan, regardant toujours l’endroit où Richard et Adrien avaient disparu : « Ils vont me manquer. »

Robin, prenant Allan par les épaules et le ramenant vers le bâtiment : « Comme à nous tous… Mais dis-toi que tu les reverras bientôt… au retour du roi. »

Allan, triste : « Si tu le dis. »

Soudain, les deux hommes s’arrêtèrent et eurent le même réflexe : Ils levèrent la tête vers le ciel.

Ils s’aperçurent alors que celui-ci était plutôt couvert. Pendant leurs adieux, le soleil avait peu à peu laissé place à des nuages bas et sombres. Allan reçut une goutte d’eau sur le visage.

Allan, incrédule : « Ben… Il pleut ? »

Robin, souriant et recevant de plus en plus de gouttes : « On dirait bien oui ! »

Les gouttes d’eau se mirent à tomber de plus en plus fort. Lorsque les deux hommes atteignirent l’orphelinat, une pluie drue s’abattit sur le village.

Se réjouissant, Robin, vers l’intérieur : « Hé les amis… Il pleut ! »

Une none, se présentant à la porte : « Quoi ? »

Robin : « Il pleut ! »

En entendant la bonne nouvelle, les enfants se bousculèrent aux fenêtres. Lorsqu’ils réalisèrent qu’il pleuvait bel et bien, ils se précipitèrent à l’extérieur en exultant de joie. Les hors-la-loi se joignirent à eux. Ils étaient tous fous de joie car cette pluie annonçait enfin la fin de la vague de chaleur. Courant dans tous les sens, les enfants jouaient avec la pluie. Much se joignit à eux. Sœur Margaret tenta en vain de les faire rentrer.

Sœur Margaret, courant derrière les enfants : « Allez rentrer tout de suite, les enfants… Vous allez être malades… Allez ! Dépêchez-vous ! »

Mais trop contents de l’aubaine, les enfants ne l’écoutèrent pas. Frère Tuck et Petit Jean sortirent à leur tour tout en restant à l’abri du bâtiment.

Frère Tuck, se réjouissant : « Cela va faire du bien à tout le monde… Les paysans vont pouvoir sauver leur récolte de la sécheresse… Les puits vont se remplir… Nous ne risquons plus de manquer d’eau. »

Petit Jean, regardant les enfants s’amuser : « Oui, c’est certain… Et regarder comme ils sont heureux ! »

Frère Tuck : « Oh oui… On ne sera plus obligé de les tenir enfermé dans cette fournaise. On va enfin pouvoir les faire dormir tranquillement. »


byoann  (14.04.2016 à 21:05)

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