HypnoFanfics

A la recherche du Prince

Série : Robin Hood
Création : 12.10.2015 à 09h10
Auteur : byoann 
Statut : Terminée

« Il s’agit de la suite de l’épisode « Face à son passé ». Cet EV comporte 26 chapitres. J’écris seul merci. »

COMMENTER CETTE FANFIC

Cette fanfic compte déjà 121 paragraphes

Afficher la fanfic

CHAPITRE V

« TU ES UNE BELLE BÊTE MAIS TU MANQUES D'EXERCICE. »

e lendemain matin…

Ayant très mal dormi, Robin fut le dernier à se réveiller. Lorsqu’il ouvrit les yeux, il remarqua que le soleil était déjà bien haut dans le ciel. Il se leva. Much entra au même moment.

Much, avec compassion : « Bonjour, maître. Comment ça va, ce matin ? »

Robin, s’étirant et se frottant les yeux : « Ça va. Il est déjà tard. Pourquoi ne m’avez-vous pas réveillé ? » 

Robin chercha sa tunique du regard. Much fit de même et la retrouva sous le lit.

Much, lui tendant sa chemise : « Ben… Euh… On a pensé que vous aviez besoin de vous reposer après… tout ce qui s’était passé. »

Appréciant la délicatesse de ses compagnons, Robin enfila sa tunique.

Robin, mettant sa main sur l’épaule de Much et sérieusement : « Merci, Much. » 

Much, un peu gêné : « Oh euh… C’est rien… Vous avez faim ? On vous a gardé du bouillon. »

Robin, encore mal réveillé : « Euh… Non merci. Je n’ai pas très faim ce matin. Je vais plutôt aller à la rivière me laver avant d’aller à l’orphelinat. »

Much : « Je peux venir avec vous ? »

Robin, le regardant avec malice : « Plait-il ? »

Much, embarrassé : « Je veux dire à l’orphelinat… Pas à la rivière… Non… à l’orphelinat. »

Mais Robin avait bien compris. Il voulut simplement faire comprendre à son ami qu’il se sentait beaucoup mieux et que la vie devait reprendre son cours normal.

Robin, avec un air sérieux : « Je te remercie mais je préfère m’y rendre seul si cela ne t’ennuie pas. »

Much : « Non… Pas du tout. »

Robin, prenant un ton plus joyeux : « Tant mieux... Où sont les autres ? »

Robin sortit de dessous du lit une serviette et du savon.

Much, le regardant se préparer : « Oh euh… Djaq est allée cueillir des herbes pour je ne sais quelle potion… Allan l’accompagne mais je ne sais pas pourquoi non plus… Jean est allé vérifier nos pièges et Will a commencé à fabriquer la croix pour euh… »

Robin : « Très bien. »

Il sourit à Much et, serviette sur l’épaule, sortit du campement, Much sur ses talons. Il passa devant Will, assis à l’entrée du camp. Ce dernier travaillait un morceau de bois. Robin s’arrêta devant lui quelques secondes, jeta un coup d’œil sur son travail puis lui donna une tape sur l’épaule avant de s’en aller vers la rivière sans dire un mot. Much ne le suivit pas.

Will : « Où est-ce qu’il va ? »

Much, regardant Robin disparaître dans la forêt : « A la rivière. »

Will : « Et comment il va ce matin ? »

Much : « Il semblerait qu’il va mieux ! »

Arrivé à la rivière, Robin se dévêtit et entra dans l’eau. Sa fraîcheur sembla soulager un peu sa peine. Il s’enfonça dans le ruisseau jusqu’à ce que l’eau lui arrive à la taille. Puis il s’immergea complètement et remonta aussitôt. Les yeux clos, tourné vers le soleil, il laissa l’eau ruisseler sur son corps. Cette sensation lui fit le plus grand bien comme si l’eau emmenait sa tristesse avec elle. Il refit l’opération à plusieurs reprises puis il retourna vers le bord où il attrapa le pain de savon qu’il avait apporté.

Tout en se lavant, Robin se promit de prendre sous sa protection l’orphelinat de Locksley car, après tout, il était seigneur de Locksley, comte de Huntington. Il se reprochait encore de ne pas avoir été suffisamment présent au côté du Père Swain et des enfants. Il se promit alors de rendre plus souvent visite aux orphelins. Content de cette décision, Robin s’immergea une dernière fois pour se rincer. Il se sécha, se rhabilla et reprit la direction du campement.

Sur le chemin du retour, il fit le point sur ses émotions.

Il se sentait apaisé, plus serein comme si la rivière avait purifié non seulement son corps mais également son âme en y chassant la mélancolie. Bien sûr, il pensait toujours au Père Swain mais cela lui faisait moins mal surtout depuis qu’il avait pris la décision de s’occuper plus sérieusement de l’orphelinat. Inconsciemment, il se disait sûrement que tant que l’orphelinat existerait, le Père Swain serait toujours là.

Lorsqu’il arriva au campement, tout le monde était rassemblé devant la porte d’entrée.

Robin : « Bien… Puisque tout le monde est là, je tiens à vous remercier de votre soutien… pour hier. »

Much : « C’est normal. »

Djaq : « ça va mieux ? »

Robin : « Beaucoup mieux, merci… Je vais me rendre à l’orphelinat pour faire mes adieux au Père Swain. Pouvez-vous assurer les livraisons de ce matin sans moi ? »

Petit Jean : « Evidemment… Prends tout ton temps ! »

Robin : « Je vous remercie. »

Il se rendit à l’intérieur du campement, rangea ses affaires de toilette et finit de se préparer pour partir à Locksley. Pendant ce temps, les autres hors-la-loi préparèrent les provisions pour la livraison à Clun.

Robin : « Je vous retrouve ici aux alentours de midi. »

Le reste de la bande approuva en hochant la tête et regarda Robin quitter le campement pour Locksley.


byoann  (09.11.2015 à 09:05)

Ce matin-là, le sort de l’orphelinat semblait être dans tous les esprits. Pendant que Robin se baignait dans la rivière tout en se promettant d’aller plus souvent à l’orphelinat, le shérif, lui, ne pensait qu’à y installer ses chevaliers noirs. Exceptionnellement, du fait de l’invité de marque présent au château, l’abbé de Kirklees, le shérif décida de prendre son petit-déjeuner avec son invité et Gisborne dans la grande salle. Il y entra, suivi de Gisborne. Ce dernier remarqua immédiatement un homme attendant le shérif à côté de sa chaise. Il tenait à la main ce qui pourrait ressembler à des plans.

Le shérif, avisant la chaise vide de son invité : « Il semblerait que l’abbé est décliné mon invitation. »

Gisborne : « Cela ne me semble guère étonnant, Monseigneur. Après l’humiliation que vous lui avez infligé hier soir ! »

Le shérif, reportant son attention sur l’homme : « Ah ! Parfait… Vous êtes là !... Avez-vous terminé ce que je vous avais demandé ? »

L’homme, se courbant : « Oui, Monseigneur ! » 

Le shérif : « Gisborne… Je vous présente mon architecte ! »

Gisborne, surpris : « Votre architecte ?... Vous comptez effectuer des travaux au château ? »

Le shérif, ricanant : « Non. Non… Pas au château… [A l’architecte] Faites-donc moi voir ça ! »

L’architecte déroula sur la table un large parchemin. Gisborne le regarda attentivement et constata qu’il ne s’agissait effectivement pas du château. Cependant, il ne reconnut pas le bâtiment.

L’architecte : « Conformément à vos instructions, Monseigneur, j’ai rajouté deux ailes au bâtiment existant… [Pointant son doigt sur le plan] Ici et ici… Les écuries seront construites derrière le bâtiment… à cet endroit… [Le shérif regarda le plan avec attention]… Ce qui formera une immense cour intérieure… Le bâtiment lui-même sera rehaussé de deux étages et rallongé par deux tours carrés qui feront la liaison avec les deux ailes perpendiculaires… ce qui augmentera encore davantage la cour intérieure… »

Le shérif, ravi : « Excellent… Excellent… Tu as fait du bon travail, architecte. »

L’architecte : « Merci, Monseigneur… Quant aux puits qu’il faudra creuser, il faudrait que je me rendre sur les lieux afin d’effectuer quelques relevés. »

Le shérif, souriant : « Bien entendu… Gisborne vous y conduira bientôt. »

L’architecte : « Je me suis permis de vous faire le détail de tout ce que nous aurons besoin pour effectuer les travaux : Comme les matériaux tels que le bois, la chaux, les tuiles pour le toit etc… ainsi que le matériel de construction : les pelles, les pioches, les truelles et autres ustensiles sans parler de la manœuvre nécessaire. »

Le shérif : « Parfait !... Laissez-moi tout ça ici. J’y jetterai un petit coup d’œil plus tard. »

L’architecte, s’inclinant : « Bien, Monseigneur… Mais si je puis me permettre, il aurait été moins coûteux de construire un nouveau bâtiment. »

Le shérif, énigmatique : « J’ai trouvé un bon moyen pour que cela nous revienne moins cher. »

Le shérif fit signe à l’architecte de se retirer. Celui-ci s’inclina une deuxième fois et quitta la pièce. Le shérif s’installa à sa place tandis que Gisborne s’assit à côté de lui. Le shérif semblait de très bonne humeur ce matin-là ce qui signifiait qu’une seule chose : Ses affaires se présentaient bien.

Le shérif, se servant dans la plat : « Hum… Tout ceci me parait délicieux… J’ai une faim de loup… Je pourrais manger… un abbé tout entier ! »

Il rit à sa plaisanterie. Gisborne sourit à peine.

Le shérif : « Souriez, Gisborne… Souriez. La vie n’est-elle pas merveilleuse, ce matin, hum ?... [Faisant semblant d’être triste] Oh !  Vous êtes encore fâchés parce que Marianne était présente quand j’ai parlé de l’argent qu’on vous devait et qu’elle n’avait pas l’air d’apprécié… Hum ?… C’est ça, mon Guytounet ? »

Gisborne, n’appréciant pas : « C’est ça. »

Le shérif : « Arrêtez de vous soucier de ce que pense de vous cette donzelle… Pensez d’avantage à votre avenir, Gisborne ! »

Gisborne : « C’est ce que je fais, Monseigneur ! »

Le shérif : « Je veux parler de votre carrière. Le joli petit minois de Marianne ne vous servira pas à obtenir le pouvoir, Gisborne ! »

Gisborne : « Parce que l’orphelinat de Locksley le pourra, lui ? »

Le shérif, très sérieux : « Parfaitement ! »

Gisborne fit la grimace et mordit dans une pomme sans répliquer.

Le shérif, soufflant : « Ooooh !... Vous n’êtes pas sans ignorer qu’à cause de vos échecs à répétitions, je ne suis plus en odeur de sainteté auprès du Prince Jean. Par conséquent, je me dois de donner des gages de bonne volonté au prince si je ne veux pas perdre ma place… voire ma tête… et je me dois de vous rappeler que si je perds la mienne, vous perdez aussi la vôtre… »

Gisborne ne répondit pas et afficha un visage stoïque, sans expression.

Mais dans son fort intérieur, il n’était pas d’accord. Le shérif sous-entendait qu’ils marchaient en tandem. Par conséquent si l’un d’eux chutait, il entraînait fatalement l’autre dans sa chute. Mais Gisborne ne l’entendait pas ainsi. Si le shérif venait à tomber, il serait le premier à se mettre sur les rangs pour le remplacer. Mais il s’abstint de le lui signaler.

Le shérif : « … Il est donc urgent de contenter le Prince Jean par tous les moyens. Le reproche le plus sévère à notre égard est notre incapacité à remplir nos obligations envers les chevaliers noirs en particulier en ce qui concerne leur installation. »

Gisborne : « Mais nous avons essayé par deux fois de nous approprier le village de Clun sans succès. »

Le shérif : « Exact !... Et nous avons échoué par deux fois ! Car ce village ne nous appartenait pas et donc Robin est intervenu. Nous devons donc offrir un campement qui nous appartient. »

Gisborne, étonné : « Qui nous appartient ? »

Le shérif : « Ainsi, Robin ne pourra pas s’y opposer ! »

Gisborne : « Oh je vois… Et c’est là que l’orphelinat rentre en jeu ! »

Le shérif : « Exact ! »

Gisborne : « Et c’est pour cela que vous avez engagé cet architecte pour qu’il… »

Le shérif, le coupant : « … agrandisse le bâtiment pour y loger une armée de chevaliers noirs. »

Gisborne : « Mais Locksley s’y opposera ! »

Le shérif : « Comment le pourrait-il ?... Cet endroit m’appartiendra dès ce soir…. A ce propos, vous irez expulser les sœurs et les enfants en fin d’après-midi. »

Gisborne : « Comme vous voudrez. »

Le shérif, souriant : « Avouez que c’est amusant !... »

Gisborne : « Quoi donc ? »

Le shérif : « … C’est le village où a grandi notre cher Robin, fervent défenseur du Roi, qui va accueillir et nourrir les hommes qui tueront le roi. »

Le shérif se mit à rire nerveusement. Gisborne sourit à l’idée de mettre ainsi en difficulté son ennemi de toujours. Les deux hommes se détendirent et savourèrent leur repas lorsqu’un domestique entra dans la pièce.

Le domestique : « Monseigneur, un messager est arrivé. »

Le shérif : « Qu’il attende ! »

Le domestique : « Il dit qu’il vient de la part du Prince Jean et que c’est urgent. »

Le shérif, perdant son sourire : « Faites-le entrer ! »

Le domestique : « Bien, Monseigneur. »

Gisborne : « Vous attendiez des nouvelles du prince ? »

Le shérif, le regard inquiet : « Pas du tout. »

Le domestique fit entrer le messager puis se retira. Ce dernier portait effectivement les couleurs du Prince Jean. Le shérif et Gisborne se relevèrent.

Le messager, s’inclinant : « Son Altesse m’a chargé personnellement de vous remettre cette lettre, Monseigneur. »

Le shérif, méfiant et inquiet à la fois, s’approcha du messager et lui ravit la lettre.

Il brisa le cachet et commença la lecture de la missive.

Gisborne vit alors le visage du shérif blêmir à vue d’œil.

Gisborne : « Des ennuis, Monseigneur ? »

Le shérif, livide au messager : « Vous pouvez compter sur moi… J’y serai. »

Le messager se retira.

Gisborne : « Monseigneur ? »

Le shérif, en proie à une vive réflexion : « Laissez-moi, je vous prie. »

Gisborne, frustré et s’apprêtant à quitter la pièce : « Très bien comme vous voulez… Je vais préparer l’opération d’expulsion de ce soir. »

Le shérif, très concentré : « Non. Attendez !... L’opération est annulée… Restez à Nottingham… Je pourrais avoir besoin de vous. »

Gisborne, perplexe : « Bien, Monseigneur. »

Il se courba face au shérif mais celui-ci ne le remarqua même pas tant il était concentré. Gisborne quitta la pièce, inquiet de l’attitude du shérif. Que pouvait-il bien avoir pu se passer pour le troubler ainsi ?


byoann  (09.11.2015 à 09:10)

Au même moment, à l’orphelinat de Locksley…

Au fond de la cour, au pied d’un grand chêne, Robin se recueillait sur la tombe du Père Swain.

Il s’était dirigé directement vers la sépulture sans s’annoncer aux habitants de l’orphelinat si bien que ces derniers ne s’aperçurent pas immédiatement de sa présence. Les orphelins avaient fini de prendre leur petit-déjeuner depuis un bon moment. Ils étaient maintenant en salle d’études. Les sœurs en profitèrent pour s’atteler à la vaisselle aidées de Marianne, Kate et Richard qui ne fréquentait plus maintenant les bancs de l’école.

Marianne : « Tu peux nous ramener de l’eau pour la vaisselle ? »

Richard, prenant deux seaux : « Bien sûr. »

Il sortit de la pièce pendant que Marianne et Kate rassemblaient la vaisselle du petit-déjeuner sur le plan de travail. Marianne regarda machinalement par la fenêtre qui donnait sur l’arrière du bâtiment.

Marianne, surprise : « Robin ? »

Kate, revenant les bras chargés de vaisselle : « Vous devriez me laisser faire ça et aller tout de suite au camp prévenir Robin pour le shérif. »

Marianne : « Je crois que ce n’est pas nécessaire. »

Elle pointa son doigt en direction de Robin.

Marianne : « Il est dehors. »

Kate : « Vous devriez lui en parler tout de suite ! »

Marianne : « Je vais attendre qu’il fasse ses adieux au Père Swain. »

Les deux femmes regardèrent par la fenêtre en direction de Robin. Elles imaginèrent la tristesse qu’il pouvait ressentir.

Agenouillé au pied de la tombe, Robin avec remords : «… Je n’ai pas souvent été présent auprès de vous, mon Père ! »

Il coupa un brin d’herbe et regarda la tombe.

Robin : « Pourtant vous avez été très présent quand mon père est mort. C’est grâce à vous que je suis devenu l’homme que je suis et je… je n’ai jamais eu l’occasion de vous remercier… Merci, mon Père… Merci pour tout ce que vous m’avez donné… Merci pour tout ce que vous m’avez appris : La compassion, la générosité, le sens du devoir et de la justice… Finalement c’est grâce à vous que les pauvres de Nottingham peuvent survivre… C’est vous Robin des bois, en réalité… [Il s’arrêta et expira profondément et avec regret]… Comment vous montrer ma reconnaissance maintenant que vous n’êtes plus ? »

Une voix féminine derrière lui : « En préservant ce qu’il a réussi à bâtir sa vie durant. »

Robin se releva vivement, se retourna et se retrouva face à Marianne. Le regard triste, Robin tourna la tête vers la tombe. Marianne s’avança et plaça ses bras autour de sa taille.

Marianne, d’une voix douce : « Je pense qu’il serait heureux de savoir que tu veilles sur ce qui lui tenait le plus à cœur… Les orphelins. Cet endroit n’était pas juste que des murs et un toit de chaume. C’était également un foyer rempli d’amour où des enfants, marqués par le destin, pouvaient se reconstruire, grandir et s’épanouir… Comme tu l’as fait… Et si tu pouvais préserver cela, le Père Swain resterait à jamais parmi nous. »

Emu, Robin ne répondit pas immédiatement. Il médita ses paroles. Il est vrai que maintenant Robin ne pouvait plus rien faire pour le Père Swain et Marianne avait raison. La seule chose qu’il pouvait encore faire pour lui, c’était de s’occuper de son œuvre.

Robin, se retourna vers elle : « ‟Préserver″, dis-tu ?... Pourquoi ? L’orphelinat est menacé ? »

Marianne, déçue : « Oui… Par le shérif. »

Marianne lui relata alors l’incident qui avait eu lieu juste après l’enterrement du prêtre.

Robin, s’énervant : « Oh ! Ce vautour !... Et les enfants ? »

Marianne : « Ils n’étaient pas présents heureusement. »

Robin, se calmant : « Comment vont-ils ce matin ? »

Marianne : « Ils sont encore sous le choc mais ils tiennent le coup… Les sœurs ont pensé qu’il valait mieux ne pas changer leurs habitudes. Ils sont à l’étude en ce moment… Si tu pouvais aller les voir, je suis certaine qu’ils en seraient ravis et cela… les rassurerait. »

Robin, souriant : « Bien sûr. »

Robin et Marianne retournèrent à l’orphelinat. Il resta avec les enfants pendant presque une heure. Il bavarda ensuite avec Sœur Margaret au sujet de l’ultimatum du shérif. Il lui promit alors de tout mettre en œuvre pour sauver l’établissement.

Sœur Margaret, sur le pas de la porte et serrant les mains de Robin : « Oh, je vous remercie infiniment, Messire Robin. »

Robin : « Mes hommes et moi feront le maximum pour récolter la somme demandée par le shérif. Je vous le promets. »

Sœur Margaret : « Que Dieu vous bénisse, vous et vos compagnons ! »

Il sourit à la sœur puis embrassa Marianne.

Robin, souriant : « Merci de m’avoir réconforté tout à l’heure. »

Marianne, souriant : « De rien ! »

Puis il courut en direction de la forêt. Il prit le chemin du campement et, comme promis, il y arriva aux alentours de midi.

La chaleur était étouffante mais personne ne s’en plaignait. Pour réconforter Robin, Much décida de préparer son repas favori.

Much, se frottant les mains : « C’est bientôt prêt ! »

Une voix masculine derrière lui : « Tant mieux parce que je meurs de faim ! »

C’était Robin qui était revenu. Il souriait et paraissait de très bonne humeur. Cela rassura aussitôt ses compagnons.

Djaq : « Tu as pu dire au revoir au Père Swain. »

Robin : « Oui. »

Djaq : « Tant mieux. »

Robin : « J’ai discuté également avec les enfants et les sœurs… Nous organiserons une cérémonie lorsque le remplaçant du Père Swain sera arrivé et quand… tout sera fini ! »

Allan, curieux : « Quand tout sera fini ?... Qu’est-ce que ça veut dire ? »
« Marianne m’a appris qu’hier soir, le shérif était venu à l’orphelinat avec l’abbé. Et après l’enterrement, il a posé un ultimatum à sœur Margaret. »

Will, inquiet : « Un ultimatum ? »

Robin : « Oui… Elle doit lui rembourser une importante somme avant ce soir. »

Much : « Ce soir ? »

Allan : « Combien ? »

Robin, hésitant : « Deux milles couronnes. »

« Deux milles couronnes ?... Mais c’est impossible ! »

Djaq : « Mais pourquoi est-ce que le shérif s’intéresse-t-il à l’orphelinat ? »

Robin : « J’ai pas arrêté d’y réfléchir sur le chemin du retour… Et j’en suis venu à la conclusion qu’il le veut pour y loger ses chevaliers noirs. »

Allan, dubitatif : « Mais c’est trop petit !... Il a déjà essayé de s’emparer du village de Clun par deux fois pour ça… alors un seul bâtiment ! »

Will : « Sauf s’il fait des travaux d’agrandissement ! »

Much : « C’est vrai qu’il y a de quoi faire. »

Robin : « Toujours est-il qu’on ne peut pas le laisser faire quelque soit ses intentions…Nous allons devoir puiser dans nos réserves et nous mettre au travail immédiatement après le repas. »

Petit Jean, mécontent : « Robin… Tu veux vider entièrement nos coffres ? »

Robin : « Nous n’avons pas le choix, Petit Jean, sinon les enfants vont se retrouver à la rue ! C’est ce que tu veux ? »

Allan : « On ne pourrait pas forcer le shérif à renoncer à ce plan ? »

Robin : « Ah oui ? Et comment ?... Tu as une idée ? »

Allan baissa la tête. Les autres firent de même car ils n’avaient aucune idée sur la façon de forcer le shérif à renoncer à expulser les orphelins.

Robin : « Ecoutez, nous allons devoir mettre les bouchées doubles, si on veut sauver l’orphelinat. Et il n’y a pas une minute à perdre ! Vous êtes avec moi ? »

Les autres : « Ouais ! »

Robin : « Parfait !... Alors on mange un morceau et on se met au travail tout de suite après ! »

Les autres : « Entendu… D’accord… Allons-y ! »

Much, tendant une écuelle à Robin : « Tenez ! »

Robin remarqua tout de suite qu’il s’agissait de son met préféré. Il fut touché par son geste car il savait qu’il l’avait fait exprès pour lui.

Robin, prenant l’assiette et regardant Much avec un sourire reconnaissant : « Merci beaucoup, Much. »

Allan à Much : « Ben et nous alors ? »

Much à Robin : « De rien. »

Much à Allan : « Tu n’as que te servir ! Tu as des jambes, non ? »

Le reste de la troupe alla se servir. Ils avalèrent rapidement leur repas tout en s’interrogeant sur le meilleur endroit pour piéger les voyageurs. A la fin du repas, il fut décidé de tendre une embuscade sur la route du nord. Les hors-la-loi s’armèrent puis prirent la direction de leur terrain de chasse favori.

Ils y passèrent une bonne partie de l’après-midi à soulager les voyageurs qui avaient l’imprudence de passer par là. La chasse avait été plutôt bonne mais hélas insuffisante.

Robin, déçu : « Oui… Nous donnerons tout ce que nous avons à Sœur Margaret mais nous serons quand même sur place quand le shérif et Gisborne viendront ce soir. »

Djaq : « Nous avons récolté beaucoup mais je crains que cela ne soit pas suffisant… même si on vide nos réserves. »

Les hors-la-loi approuvèrent mais au fond d’eux-mêmes, ils ne voyaient pas en quoi leur présence allait pouvoir changer les choses.

Petit Jean, un peu plus loin : « Hé… On va peut-être pouvoir augmenter notre cagnotte… Regardez, là-bas ! »

Il brandit son bâton sur sa gauche, montrant un voyageur qui semblait égaré.

Djaq : « Mais il est seul… Et il n’a pas l’air de posséder grand-chose. »

Robin : « On ne peut pas se permettre de faire la fine bouche… Allons-y ! »

Les hors-la-loi se précipitèrent sur leur victime. Ils employèrent leur technique habituelle. Ils commencèrent par encercler leur proie afin de l’étudier. Il s’agissait d’un voyageur plutôt grand. Son visage était camouflé sous une large capuche et il se déplaçait à l’aide d’un bâton de marche. Comme il n’avait pas l’air armé, Robin ordonna l’attaque et ils l’encerclèrent aussitôt.


byoann  (09.11.2015 à 09:20)

Cependant, ils furent surpris par la réaction du voyageur. D’habitude, leurs victimes s’effrayaient lorsqu’ils fonçaient ainsi sur eux. Mais dans le cas présent, celui-ci n’eut aucune réaction comme si il s’y attendait.

Robin, méfiant : « Et où vas-tu comme ça, l’ami ? »

Ce dernier ne répondit pas.

Robin, ironique : « Tu as perdu ta langue ? »

Le voyageur resta sans réaction. Les hors-la-loi tournèrent autour de lui.

Much : « Peut-être qu’il ne peut pas parler ? »

Robin, sur ses gardes : « Montre-nous ton visage, étranger ! »

Celui-ci se contenta de suivre le mouvement des hors-la-loi.

Djaq : « Il ne parle peut-être pas notre langue ? »

Leur victime ne prononça aucune parole ce qui rendit nerveux les hors-la-loi. Allan commença à s’impatienter.

Allan : « Si on ne se dépêche pas, on risque d’être en retard à notre rendez-vous ! »

Petit Jean : « Allan a raison… Il faut en finir !... [Au voyageur] Toi. Donne-nous ta bourse et tu pourras repartir sain et sauf. »

L’absence de réponse de son interlocuteur exaspéra Petit Jean.

Petit Jean, se précipitant vers le voyageur : « Cette fois, ça suffit ! »

Le colosse voulut s’en prendre à lui mais le voyageur l’attrapa par le bras et l’envoya à terre.

Allan, se précipitant vers lui : « Hé ! »

Il n’eut pas plus de chance que Petit Jean. Le voyageur lui tordit le bas…
… et le poussa sur Petit Jean qui venait à peine de se relever.

Much se précipita à son tour. Il reçut alors un coup de poing dans l’estomac puis l’étranger lui tordit le bras et le garda serrer contre lui. Il allait subir le même sort que ses deux autres compagnons mais Robin s’interposa.

Robin, flèche prête à partir : « Et pas si vite, l’ami ! »

Much, fixant Robin avec un regard suppliant : « Maître… »

Dans l’altercation qu’il avait eue avec Allan et Petit Jean, le visage de l’étranger s’était découvert et une croix suspendue à son cou était sortie de sa tunique.

Djaq, regardant la croix : « Robin ?... »

Will, regardant la même chose que Djaq : « … C’est un moine ! »

Pointant toujours son arc vers l’individu, Robin baissa son regard et avisa la croix en métal puis il reporta son attention sur le visage de l’étranger. Celui-ci était grand et de noir de peau.

L’étranger, surpris mais gardant toujours Much contre lui : « Robin ?... Robin de Locksley ? »

Vexés, Allan et Petit Jean se relevèrent prêts à en découdre une nouvelle fois avec l’intrus.

Robin : « On se connaît ? »

Le moine : « Non. On ne se connaît pas. Du moins pas en personne. »

Petit Jean, mécontent : « Qui es-tu ? »

Le moine, ironique : « Un inconnu, grand et noir ! »

Allan, méfiant : « Il ne répond à aucune question directe ! »

Le moine : « Vous non plus ! »

Robin : « C’est juste !... Je suis bien Robin de Locksley et maintenant veuillez relâcher mon ami. »

Le moine : « Entendu. »

Il lâcha Much qui tomba sur ses genoux.

Robin, baissant son arc : « Maintenant, réponds à ma question ! »

Le Moine : « Laquelle ? »

Petit Jean voulut s’en prendre une nouvelle fois à lui.

Robin : « Jean ! Non ! »

Robin s’interposa entre Petit Jean et le moine.

Petit Jean : « Réponds à la question, beau parleur ! »

Le moine, regardant Petit Jean : « Tu es une belle bête mais tu manques d’exercice. »

Petit Jean, offensé : « Quoi ? »

Robin : « Jean !... [Au moine] Qui es-tu ? »

Le moine : « Je suis Frère Tuck. Je viens seconder le Père Swain à l’église de Locksley et à l’orphelinat. »

La bande : « Quoi ? »

Robin : « Le Père Swain m’avait prévenu que l’abbé lui enverrait quelqu’un mais... »

Les hors-la-loi baissèrent leurs armes et soudain, ils parurent embarrassés.

Tuck : « Que se passe-t-il ? »

Robin : « J’ai bien peur que vous n’ayez plus personne à seconder, Frère Tuck. »

Tuck, inquiet : « Pourquoi ? Il est arrivé quelque chose ? »

Robin : « Hélas... Le Père Swain nous a quitté hier après-midi. »

Tuck, se signant : « Que Dieu ait son âme. »

Allan, méfiant : « Moi, y’a quelque chose qui me chiffonne !... Comment l’abbé a-t-il pu envoyer quelqu’un à Locksley alors qu’il est à Nottingham depuis plusieurs jours ? »

Tuck : « En effet, Monseigneur l’abbé de Kirklees n’est pas à l’abbaye. Il était parti à Rome lorsqu’une lettre provenant du Père Swain est arrivé à l’abbaye demandant de l’aide dans ses fonctions. Le conseil de sage que Monseigneur l’abbé a constitué avant son départ pour gérer, pendant son absence, les affaires courantes m’a donc envoyé ici... »

Petit Jean, aussi méfiant qu’Allan : « Et comment connais-tu Robin ? »

Will : « Oui, c’est vrai. Tu avais l’air de le connaître. »

Tuck, continuant : «… Je venais juste d’arriver à l’abbaye quand la lettre du Père Swain est arrivée... »

Robin : « Et d’où venais-tu ? »

Tuck : « De Terre Sainte ! »

Les hors-la-loi furent surpris.

Robin, intéressé : « De Terre sainte ? »

Tuck : « Oui… C’est le roi lui-même qui m’a ordonné de retourner au pays. C’est même lui qui m’a fait nommer à l’abbaye de Kirklees. »

Robin : « Pourquoi ? »

Tuck : « Je ne sais pas... Toujours est-il qu’il m’a beaucoup parlé de toi, Robin. Il m’a dit tout le bien que tu faisais ici en son nom. Et il m’a dit aussi que si jamais j’avais besoin d’aide, il suffirait que je fasse appel à toi, Robin de Locksley. »

Much, naïf : « Alors ça veut dire que le roi savait pour le Père Swain ? »

Djaq leva les yeux au ciel.

Tuck, souriant : « Non… Je ne crois pas, non. »

Robin, regardant Tuck en réfléchissant : « Non… Il l’a juste envoyé ici pour que nous ayons un allié supplémentaire dans notre lutte contre le shérif et le Prince Jean. »

Tuck : « Oui, je pense aussi… Quand la lettre du Père Swain est arrivée, j’y ai vu là l’occasion de te rencontrer. Alors j’ai convaincu le conseil des sages de m’y envoyer. Et c’est pour ça que je suis là aujourd’hui… Le roi m’avait prévenu que toi et tes compagnons sévissaient dans la forêt de Sherwood. »

Allan, pas convaincu : « Si tu savais que c’était nous, alors pourquoi nous avoir joué ce petit numéro ? »

Petit Jean : « Oui… Pourquoi tu t’es pas simplement présenté à nous ? »

Tuck : « Mettez-vous à ma place. Je marche seul dans une immense forêt inconnue lorsque tout à coup six hommes armés me tombent dessus. Je n’avais aucun moyen de savoir que c’était Robin jusqu’à ce que l’un de vous ne prononce son nom. » 

Robin : « En tout cas, tu sais te défendre ! »

Will : « C’est en Terre Sainte que tu as appris à te battre comme ça ? »
« Oui mais j’y ai aussi appris bien d’autre chose. La foi ne peut pas être imposée par la force. Seule la sagesse peut guider l’individu vers la foi. »

Allan, ne comprenant pas : « Quoi ? »

Robin : « Oui. La guerre doit servir seulement à nous défendre et non pas à imposer notre point de vue aux autres. Chacun devrait être libre de se tourner vers la foi qu’il a choisie. »

Tuck : « Amen, mon frère. »

Robin : « Nous allons te conduire jusqu’à l’orphelinat. »

Tuck : « Avec plaisir. »

Les hors-la-loi escortèrent Frère Tuck jusqu’à Locksley. En chemin, ils eurent tout le temps pour lui expliquer la situation en détail.

Tuck : « Et il n’y a aucun moyen de se défaire de l’emprise du shérif ? »

Much : « Hormis de payer ? Non. »

Petit Jean : « Et le tuer ?... C’est hors de question ! »

Robin, expliquant : « S’il arrive malheur au shérif, le Prince Jean fait raser Nottingham. »

Tuck : « Dans ce cas, je pourrais peut-être lui parler et demander un délai supplémentaire. »

Robin : « Je doute qu’il t’écoute. Il veut à tout prix ce bâtiment pour y loger ces chevaliers noirs. »

Tuck : « Je vois… »

En fin d’après-midi, les hors-la-loi arrivèrent à l’orphelinat. Les enfants jouaient dans la cour sous la surveillance de Sœur Margaret et de Richard. Robin s’assura qu’il n’y avait pas de danger puis ils rejoignirent les enfants.

Ces derniers étaient enchantés de revoir Robin et ses compagnons. Robin fit les présentations. Sœur Margaret fut soulagée de l’arrivé de Frère Tuck.

Tuck : « Robin m’a mis au courant de ce qui arrive à l’orphelinat. Ne vous inquiétez pas, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour sauvegarder l’œuvre du Père Swain. »

Robin : « Marianne n’est pas là ? »

Richard : « Non, elle est partie pour Nottingham. »

Robin, inquiet : « Nottingham ? »

Il craignit que Marianne ne tente quelque chose auprès du shérif et de Gisborne pour sauver l’orphelinat. Et il avait vu juste.

Richard : « Elle est partie pour parler à Gisborne. Elle veut le convaincre de retirer sa plainte. »

Robin, mécontent : « Rrr Marianne ! »

Richard : « T’inquiète pas. Elle m’a dit qu’elle serait prudente. »

Adrien : « Messire Robin, vous allez rester avec nous ? »

Robin était partagé entre le désir de protéger Marianne et sa promesse de protéger l’orphelinat lorsque le shérif viendrait plus tard dans la soirée. Cependant, Marianne était déjà à Nottingham. Il ne pouvait donc plus rien faire pour elle.

Robin : « Oui. Nous allons rester dans le coin. »

Adrien, réjoui : « On va faire un tournoi d’archers, alors ? »

Robin : « Un autre jour si tu veux bien, d’accord ? »

Adrien, déçu : « D’accord. »

Robin : « Much, Will, Petit Jean... Retournez au campement, videz tous nos coffres et rapportez l’argent ici. Nous autres, nous tiendrons compagnie à Frère Tuck et aux sœurs. »

Petit Jean : « Entendu. »

Les trois hommes repartirent pour le campement laissant Robin, Allan et Djaq à l’orphelinat. Ces derniers jouèrent avec les enfants durant le reste de l’après-midi.


byoann  (12.11.2015 à 20:50)

C’était l’effervescence dans la cour du château en cette fin d’après-midi. Très nerveux et irritable, le shérif arpenta le couloir autour de la cour.

Le shérif à Gisborne : « L’abbé est bien parti ? »

Gisborne, courant pratiquement derrière lui : « Oui, Monseigneur. Il est parti il y a une heure de cela. »

Le shérif : « Bien. Bien. Je ne veux pas l’avoir dans les pattes en ce moment ! »

Gisborne : « Puis-je savoir ce qui se passe, Monseigneur ? »

Le shérif, faisant fi de sa question : « Tenez vous prêt à partir. Je tiens à traverser Sherwood de nuit ! Est-ce bien compris ? »

Gisborne : « Parfaitement, Monseigneur. Mais puis-je au moins savoir où nous allons ? »

Le shérif : « Faites préparer provisions et bagages pour deux jours de voyage. »

Gisborne : « Oui, Monseigneur. Mais encore une fois. Pourquoi ce départ précipité ? »

En haut du perron, le shérif, s’arrêta d’un seul coup : « Je vous dirai tout ce qui vous avez besoin de savoir en route, Gisborne. En attendant pas un mot de tout ceci à quiconque. Vous entendez ? »

Gisborne hocha la tête. Le shérif reprit sa course folle et rentra dans le château. C’était la première fois que Gisborne le voyait ainsi. Il devait se tramer quelque chose de grave pour qu’il se comporte de cette étrange manière.

Après avoir quitté l’orphelinat, Marianne était repassée par Knighton pour se changer et pour prévenir son père de ce qui s’était passé à l’orphelinat la veille. Puis elle avait pris la direction de Nottingham. Elle arriva dans la cour du château mais quand elle vit les soldats qui se préparaient à partir, elle s’inquiéta vivement.

Marianne, dans sa tête : « Oh non ! Ils se préparent à partir pour l’orphelinat. Je dois faire quelque chose. »

C’est alors qu’elle vit Gisborne sur le perron en pleine discussion avec le shérif. Elle allait s’adresser à ce dernier quand il disparut à l’intérieur du château.

Marianne : « Guy ?... Guy ? »

Gisborne, descendant du perron : « Marianne ?... Mais que faites-vous ici ? »

Marianne : « Je suis venue vous parler, Guy. »

Gisborne : « A moi ? Et de quoi voulez-vous parler ? »

Marianne : « C’est au sujet de l’orphelinat. »

Gisborne, sur un ton de reproche : « Marianne ! »

Marianne : « Ne me dites pas que vous êtes d’accord avec le shérif ? Je vous ai vu hier soir. Vous n’aviez pas l’air ravi de l’ultimatum imposé par le shérif. J’ai vu dans votre regard de la désapprobation. »

Gisborne : « Là n’est pas la question, Marianne. »

Marianne : « Au contraire, Guy. Si vous n’êtes pas d’accord avec le shérif, vous devez le faire savoir et vous opposer à lui. Je suis certaine que les habitants de Locksley vous en seront reconnaissants et ils vous respecteront d’autant plus. »

Gisborne, se fâchant : « Marianne ! Je n’ai que faire de leur reconnaissance. Ce sont les ordres du shérif. Il est le représentant du roi ici. Et nous lui devons, vous comme moi, obéissance et loyauté ! Alors je vous prie de repartir chez vous. »

Gisborne remonta les escaliers. Marianne le suivit.

Marianne : « Guy ! Je n’ai pas fini… »

Gisborne : « IL SUFFIT ! N’INSISTEZ PAS MARIANNE. RENTREZ CHEZ VOUS ! »

Marianne, ne baissant pas le regard : « Je veux parler au shérif ! »

Gisborne, se maîtrisant : « Il ne peut pas vous recevoir pour le moment. »

Marianne : « Très bien… Je repasserai demain alors. »

Gisborne : « C’est inutile. »

Marianne, provoquante : « Je repasserai quand même. Chaque jour s’il le faut mais je dois absolument le convaincre de ne pas exproprier ces enfants. »

Gisborne regarda Marianne qui soutint son regard. Attendri devant son expression téméraire et provoquante, il se radoucit.

Gisborne, redescendant à sa hauteur, la prenant par le bras et tout bas : « C’est inutile de revenir demain, je vous dis…. Normalement, je ne devrais pas vous dire cela mais… »

Son visage près du sien et hypnotisé par son regard, il s’arrêta un instant.

Gisborne, continuant : «… le shérif et moi devons nous absenter pour deux jours. »

Marianne : « Mais où allez-vous ? »

Gisborne, tout bas : « Il ne m’a rien dit… En tout cas, ne revenez plus… Par ailleurs, cela serait inutile puisque l’opération à l’orphelinat est annulée pour le moment. »

Marianne, surprise : « Annulée ?... Pour quelles raisons ? »

Gisborne fut exaspéré. Il expira bruyamment. Elle était toujours insatisfaite des informations qu’il lui donnait et, que pourtant, il n’avait pas le droit de divulguer.

Gisborne : « Je l’ignore. Il n’a pas voulu m’en dire plus… En tout cas, il est fort perturbé depuis que… »

Soudain, il se rendit compte qu’il allait en dire beaucoup trop. Il se rappela qu’il devait se montrer loyal envers le shérif malgré les yeux doux de Marianne qui le dévorait des yeux, curieuse d’en savoir plus.

Marianne, doucement : « Depuis ? »

Gisborne, froidement : « Je dois m’en aller. »

Il lâcha le bras de Marianne et grimpa les dernières marches du perron sans se retourner. Marianne était à la fois heureuse et très inquiète. Heureuse d’apprendre que les orphelins ne seraient pas expulser le soir-même mais en même temps très inquiète du départ du shérif et de son état perturbé. Que pouvait-il bien se passer pour qu’il soit aussi troublé au point d’annuler une opération aussi juteuse pour lui ? Elle cessa de se triturer les méninges et fila sans attendre à l’orphelinat.

A l’orphelinat de Locksley…

En début de soirée, les hors-la-loi prirent congés des nones et des enfants mais restèrent cachés à proximité du bâtiment. Robin avait demandé aux sœurs de se comporter normalement. Malgré la nervosité des nones, la vie à l’orphelinat suivit son cours habituel. Elles mirent donc les enfants au lit comme si de rien n’était afin de ne pas les inquiéter.

Allan : « Qu’est-ce qu’on fait si le shérif arrive avec toute une armée ? »

Robin réfléchit à la meilleure stratégie possible.

Much : « Nous sommes que six. »

Une voix masculine derrière eux : « Non, sept ! »

Les hors-la-loi se retournèrent et virent Richard devant eux un bâton à la main.

Allan, s’avançant vers lui : « Mais qu’est-ce que tu fais ici, toi ? »

Richard : « Je suis venu vous aider… [Tout bas à Allan] T’as pas oublié notre conversion ? »

Allan, sur le même ton : « Non, je n’ai pas oublié mais ce n’est pas le moment ! »

Richard : « Non, au contraire ! C’est le moment où jamais ! »

Il contourna Allan et se planta devant Robin.

Richard : « Robin, laissez-moi vous aider. C’est mon devoir de protéger l’orphelinat. Après tout, c’est chez moi ici, non ? »

Robin fut mal à l’aise. Il ne savait pas comment réagir face à sa demande. D’un côté, il voulait protéger le jeune homme qui n’avait pas l’expérience du combat mais d’un autre côté, il comprenait, plus que n’importe quel autre de ses compagnons, ses motivations puisqu’il les partageait : Richard voulait défendre lui aussi ce qu’avait bâti le Père Swain pour préserver son héritage et ainsi pouvoir transmettre aux autres ce qu’il avait lui-même reçu.

Much, dubitatif : « Et c’est avec ça que tu veux te battre ? »

Much pointa le bout de bois qu’il tenait entre les mains.

Richard : « Eh ben quoi ?... Il y a en a d’autres qui le font bien. »

Il pointa du doigt Petit Jean.

Allan, inquiet : « Robin… Richard manque d’expérience. »

Richard : « Eh bien, il faut bien commencer un jour, non ? Alors pourquoi pas aujourd’hui ? »

Much à Richard : « Tu ne connais rien au maniement des armes. »

Richard : « Je sais me servir d’un bâton ! »

Allan, mécontent : « Mais les soldats, eux, utilisent des épées… [Se tournant vers Robin] Tu n’envisages pas sérieusement qu’il se joigne à nous ? »

Robin fixa Allan puis reporta son regard sur Richard.

Robin : « Tu es sûr d’être prêt à te battre ? »

Richard, sûr de lui : « Absolument ! »

Robin hésita puis : « C’est d’accord. »

Allan leva les yeux au ciel.

Richard, content : « Merci, Robin ! »

Allan, mécontent : « Robin ! »

Robin, tout bas à Allan : « T’en fais pas. Je garderai un œil sur lui. »

Mais Allan ne sembla pas rassuré pour autant. Il continua de penser que c’était une folie. Djaq et Will pensaient la même chose mais puisque leur chef avait accepté le jeune homme dans leur rang, ils se rangèrent à son avis.

Robin : « Richard ? Tu seras avec Petit Jean… Tu dois te conformer à ses ordres sans discuter. C’est bien compris ? »

Richard, ravi : « Compris. »

Petit Jean, prenant le bâton de Richard et le balançant sur le côté : « Bon d’abord… ça, ça va pas ! »

Il scruta le sous-bois à la recherche d’un bâton plus solide pour le jeune homme. Il en trouva un et le lui rapporta.

Petit Jean, lui donnant le bâton : « ça, c’est mieux… Ensuite, montre-moi ce que tu sais faire avec. »

Petit Jean se recula. Richard commença par soupeser le bâton puis le fit tourner sur le côté de gauche à droite puis de droite à gauche. Soudain, il arrêta le bâton sous son bras puis le projeta d’abord en avant contre un ennemi invisible devant lui puis en arrière. Les hors-la-loi furent tous surpris de la dextérité du jeune homme.

Allan, dans sa tête : « Mais où a-t-il appris à faire ça ? »

Petit Jean, stoïque : « C’est pas mal ! »

Robin sourit devant l’enthousiasme de son compagnon. Il savait que Petit Jean avait apprécié la démonstration du jeune homme mais il n’était pas homme à afficher ses sentiments.

Robin : « Bon, très bien… Jean, Much et… Richard… Vous allez allés de ce côté-là… Will, Allan et Djaq par là-bas… Moi, je reste ici pour guetter l’arrivée du shérif. »

Will : « Quel est ton plan ? »

Robin : « Nous allons essayer de les bluffer. Quand ils arriveront, je sortirai en les prévenant qu’ils sont encerclés. A ce moment-là, vous tirerez des flèches devant et derrière eux… Ainsi j’espère qu’ils croiront qu’ils sont cernés et qu’ils n’engageront pas le combat. »

Much : « Et sinon ? »

Robin, après un bref silence : « Nous ferons ce que nous pourrons ! »

Cela ne rassura pas la bande.

Robin : « Allons-y ! »

Les hors-la-loi se positionnèrent aux endroits indiqués par leur chef. Petit Jean, Much et Richard se tapirent dans le sous-bois à gauche du bâtiment tandis qu’Allan, Will et Djaq se cachèrent à droite ; Robin restant près du chemin menant à l’orphelinat.

Allan, rouspétant : « C’est une folie d’avoir accepter que Richard reste avec nous. »

Djaq : « Il a l’air de se débrouiller plutôt bien, pourtant ! »

Will : « Oui, c’est vrai… C’est toi qui lui as appris à manier le bâton de cette manière ? »

Allan, mécontent : « Non bien sûr que non ! »

Djaq : « Pourquoi est-ce que cela te met en colère ? »

Allan : « Je ne suis pas en colère. Je suis inquiet, nuance ! »

Will, provocateur : « Oooh !! »

Allan : « Bon, est-ce que vous n’allez pas vous taire ?... Sinon on risque de se faire repérer par le shérif. »              

Will et Djaq se regardèrent en souriant mais ils ne répliquèrent pas. Ils n’ignoraient pas qu’Allan avait été pris d’affection pour Richard et Adrien depuis que la bande les avait secouru des griffes de son père. Ils savaient que leur compagnon se sentait en partie responsable de ce qu’ils leur étaient arrivés. Et ils aimaient bien parfois le taquiner à ce sujet. Mais ce soir, Allan n’était pas d’humeur. Il s’inquiétait beaucoup pour Richard car, sachant qu’il voulait à tout prix intégrer la bande, il craignait que le jeune homme ne se montre trop téméraire afin de prouver sa valeur au chef des hors-la-loi.

Mais Allan s’inquiétait pour rien car pour l’heure, le shérif avait d’autres préoccupations en tête. Au moment où les hors-la-loi prenaient leurs positions autour de l’orphelinat, le shérif, lui, filait à toute allure vers le sud.


byoann  (12.11.2015 à 20:55)

CHAPITRE VI

« QUE TU NOUS AIDES A RETROUVER QUELQU’UN ! »

ans la voiture du shérif…

Gisborne, assis en face du shérif : « Monseigneur, puis-je maintenant savoir où nous allons ? »

Le shérif, revenant de ses pensées : « Hum… »

Gisborne : « Que se passe-t-il, Monseigneur ? Vous semblez très préoccupé. »

Le shérif : « Je le suis, Gisborne... Je le suis. »

Gisborne : « Et où allons-nous ? »

Le shérif : « A Northampton… Nous avons rendez-vous sur la route de Northampton dans la matinée. »

Gisborne : « Northampton ?... Mais nous aurions pu partir que demain matin. Pourquoi cet empressement ? »

Le shérif : « Je voulais faire la route de nuit. Ainsi, nous risquons moins de rencontrer… de vieilles connaissances, hum ? »

Gisborne comprit qu’il faisait évidemment référence à Robin des bois.

Gisborne, regardant par la fenêtre et dans sa tête : « Qu’est-ce qui peut bien y avoir à Northampton pour qu’il agisse ainsi ?... Le Prince Jean ?... Non, c’est impossible. Il l’aurait accueilli au château. »

Gisborne continua de se creuser les méninges afin de connaître l’identité de la personne qu’ils allaient rencontrer. Son regard se perdit alors dans l’obscurité. Il faisait nuit et, malgré la pleine lune, il ne distinguait qu’à peine les arbres sur le bord de la route. Le shérif passa sa tête par la portière afin de s’assurer qu’ils n’étaient pas suivis. Et comme il n’y avait personne derrière eux, il ordonna au cocher de ralentir l’allure. La voiture continua ainsi d’avancer mais à un rythme plus normal. Rassuré, le shérif se détendit et commença à somnoler.

Heureusement qu’il faisait nuit car sinon il aurait été plutôt inquiet car sur cette route, il n’était pas vraiment tout seul. En effet, un peu à l’écart de la route, deux hommes s’étaient couchés sur des lits de feuilles mortes afin d’y passer la nuit. Il faisait encore tellement chaud cette nuit-là que les deux campeurs n’allumèrent aucun feu ce qui leur permit de passer inaperçus lorsqu’ils entendirent la voiture arriver.

Le 1er homme : « Hé !... Debout ! Réveille-toi ! Quelqu’un arrive ! »

Le 2ème homme : « Vite ! Cachons-nous dans les buissons. »

Les deux hommes n’eurent pas le temps de ramasser leurs affaires mais juste assez pour se cacher derrière un buisson au bord de la route lorsque la voiture du shérif, escortée par cinq soldats, passa devant eux. Ils attendirent qu’elle disparaisse dans la forêt pour sortir de leur cachette, la lune éclairant le chemin.

Le 1er homme, marchant sur la route : « Ouf… Je ne sais pas où ils vont comme ça mais ils avaient l’air pressé. »

Le 2ème homme : « Ouais… Je me demande qui ça pouvait bien être ! »

Le 1er homme, provoquant : « Au moins maintenant, on est sûr qu’ils ne nous suivaient pas ! »

Le 2ème homme, sur la défensive : « Peut-être mais j’ai toujours cette désagréable impression d’être suivi ! »

Le 1er homme, rejoignant leur campement de fortune : « Allez… Retournons-nous coucher… Demain, on a un rendez-vous ! »

Le 2ème homme : « Oui…Si on arrive à le trouver ! »

Le 1er homme : « On le trouvera ! Et puis tu oublies que je connais l’emplacement de son campement ! »

Le 2ème homme : « Ah oui c’est vrai, j’oubliais… »

L’homme s’arrêta brusquement pendant que son comparse se recoucha.

Le 1er homme : « Qu’y-a-t-il ? »

Le 2ème homme, croyant avoir vu quelque chose : « Euh… Non, rien. »

Le 1er homme : « Allez, viens te coucher. Demain… Départ aux aurores ! »

Le 2ème homme retourna près de son compagnon. Il regarda une dernière fois autour de lui puis se coucha.

Le 2ème homme : « Je ne sais pas comment tu fais pour dormir avec une chaleur pareille. »

Le 1er homme : « Tu sais en Terre Sainte, tu t’habitues vite à la chaleur… Quoique… cette nuit… Il fait plus chaud ici que dans le désert. »

Le 2ème homme, soufflant : « Et c’est comme ça depuis qu’on a débarqué ! »

Le 1er homme : « Pas tout à fait, je trouve qu’il faisait plus frais à Londres, tu ne trouves pas ? »

Le 2ème homme, avec regret : « Ouais… Dommage qu’on ne l’ait pas trouvé là-bas ! »

Le 1er homme, sûr de lui : « On le retrouvera… Avec l’aide de notre ami, je suis certain qu’on le retrouvera. »

Le 2ème homme : « Je l’espère… [Se tournant sur le côté] Je l’espère. »

Le 1er homme : « Bonne nuit. »

Le 2ème homme : « Bonne nuit. »

Pendant ce temps, à l’orphelinat…

Cachés dans la forêt, Robin et ses compagnons attendaient toujours le shérif. Le chef des hors-la-loi fixait avec inquiétude le chemin, éclairé par la lune, menant à l’orphelinat. Il s’arrêtait de respirer chaque fois qu’il entendait un bruit suspect. Mais à chaque fois, il s’agissait d’animaux nocturnes qui chassaient dans le sous-bois.

Robin, dans sa tête : « C’est pas normal… Il aurait déjà dû être là ! »

C’est exactement ce que se disaient ses compagnons, tapis dans l’ombre. Soudain, ils dressèrent l’oreille. Ils entendirent les sabots d’un cheval au galop.

Robin, dans sa tête : « ça y est !... Ils arrivent. »

Puis il fronça les sourcils. Ce bruit lui parut étrange. Quelque chose n’allait pas. Soudain, il comprit ce que c’était : Il n’y avait qu’un seul cheval ! Robin attendit que le cavalier passe devant lui. Il le reconnut aussitôt.

Robin, sortant de sa cachette : « Marianne ? »

Marianne regarda en arrière et stoppa son cheval. Robin la rejoignit.

Robin, l’aidant à descendre : « Mais qu’est-ce que tu fais ici… à cette heure ? »

Reconnaissant la cavalière, les hors-la-loi sortirent à leur tour de leur cachette et entourèrent le couple.

Marianne : « Je devais te prévenir, Robin. Le shérif ne viendra pas ! »

Robin, surpris : « Quoi ? »

Ses compagnons furent aussi surpris que lui.

Marianne : « Il est parti ! »

Much, étonné : « Comment ça, il est parti ? »

Djaq : « Mais pour aller où ? »

Marianne : « Il a quitté le château en fin d’après-midi mais je ne connais pas sa destination. Il sera absent pendant deux jours. »

Robin, inquiet : « En es-tu certaine ? »

Marianne : « C’est Gisborne lui-même qui me l’a appris… Et cela doit être important car il a annulé l’expropriation de l’orphelinat. »

Richard : « Alors cela veut dire que l’orphelinat est sauvé ? »

Petit Jean, méfiant : « Hum… J’en doute. »

Marianne : « En tout cas, Gisborne m’a dit que le shérif était très perturbé. »

Much : « Il doit l’être pour laisser tomber l’affaire. »

Robin réfléchit à la situation en intégrant les informations que Marianne venait de lui donner.

Will : « Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? »

Robin : « Bon pour cette nuit, il est inutile de rester ici. »

Djaq : « Mais il pourrait revenir. »

Robin : « Si les renseignements de Marianne sont exacts, l’orphelinat ne risque rien durant les deux prochains jours. »

Much : « Ouais, c’est vrai mais après ? »

Robin : « Après, nous aviserons. En attendant, nous allons augmenter notre trésor de guerre… Et ce dès demain matin… afin d’être prêt pour payer le shérif s’il se décide à revenir à l’attaque. »

Robin marcha jusqu’à Richard et posa sa main sur son épaule.

Robin : « Richard… Retourne à l’orphelinat et explique tout ça à Frère Tuck et aux sœurs. Dis-leur bien surtout que tout n’est pas encore terminé. »

Richard : « Entendu. »

Le jeune homme baissa la tête devant les hors-la-loi en guise de salut et courut rejoindre l’orphelinat.

Much : « Et nous ? »

Robin : « Nous ? On retourne au campement ! »


byoann  (16.11.2015 à 08:10)

Much fut ravi de l’entendre car l’attente, dans cette chaleur, avait été éprouvante pour lui. Il attendait avec impatience le moment où il allait enfin pouvoir se coucher. Il prit avec joie la tête du convoi et toute l’équipe le suivit. Robin et Marianne fermèrent la marche. Robin tenait les brides du cheval de Marianne d’une main et avait passé son autre bras sur les épaules de la jeune femme.

Robin : « Tu veux que je te raccompagne jusque chez toi ? »

Marianne : « Non, c’est inutile… Ce n’est pas très loin… Et puis je suis venue qu’avec un seul cheval. »

Robin, espiègle : « Ce n’est pas un problème… Je monterai derrière toi ! »

Souriante, Marianne enleva gentiment le bras de Robin de ses épaules et se plaça devant lui.

« Fais attention… Cette jument est très capricieuse et tu pourrais te retrouver à terre… Alors... Donne-moi les rênes. »

Robin, lui donnant les rênes : « À qui appartient ce cheval ? »

Marianne : « A Wayne… Je lui ai emprunté pour arriver plus vite mais j’ai dû attendre qu’il revienne d’une course. C’est pourquoi je n’ai pas pu vous prévenir plus tôt. »

Robin aida Marianne à monter sur son cheval.

Robin : « L’important c’est de nous avoir prévenu. »

Marianne se pencha sur la selle et Robin lui donna un baiser.

Robin : « Tu es certaine de ne pas vouloir que je te raccompagne. Il fait nuit. »

Marianne : « Certaine !... Au revoir, Robin. »

Elle talonna son cheval et repartit au galop pour Knighton.

Robin, la regardant partir : « Au revoir, ma douce. »

Puis il courut pour rattraper les autres. Les hors-la-loi arrivèrent quelques instants plus tard à leur campement, heureux de ne pas avoir eu à se battre. Epuisés par la chaleur et fatigués d’avoir attendu en vain la venue du shérif, les hors-la-loi allèrent directement se coucher sans dîner à l’exception de Much qui ne put s’empêcher de prendre quelques fruits avec lui sur sa couche. Ils s’endormirent peu de temps après.

Le lendemain matin…

Les hors-la-loi se levèrent les uns après les autres et se regroupèrent autour du foyer. N’ayant rien avalés la veille au soir, ils mourraient tous de faim. Will et Much préparèrent un bouillon, du fromage, du pain et quelques fruits des bois.

Robin : « Nous avons des livraisons de prévue ce matin ? »

Petit Jean : « Oui. A Nettlestone et à Clun. »

Robin : « Tu peux t’en occuper avec Djaq ? »

Petit Jean : « Pas de problème. »

Djaq : « Oui. J’avais des patients à voir à Clun. »

Robin : « Bien. Les autres… Nous allons continuer à amasser des fonds pour l’orphelinat. »

Petit Jean, légèrement irrité : « Et jusqu’à quand ? »

Robin, vif : « Le temps qu’il faudra ! »

Will : « Robin ?... J’aimerais plutôt aider Jean. Nous ne serions pas trop de trois pour faire les livraisons. »

Robin : « Entendu. »

Une fois, le repas terminé et la toilette effectuée, Robin, Allan et Much partirent en direction de la route du nord.

Petit Jean : « On va aller voir ce qui nous reste dans le garde-manger pour préparer les provisions. »

Will : « Allez-y. Moi, je reste. »

Djaq, étonnée : « Tu ne viens pas ? »

Will : « Non, je vais rester ici pour terminer la croix du Père Swain. J’ai déjà commencé mais je suis loin d’avoir terminé. »

Petit Jean : « Entendu. »

Djaq et Petit Jean quittèrent le campement en direction de la réserve des hors-la-loi, laissant Will tout seul.

Petit Jean : « Robin m’inquiète. »

Djaq : « Pourquoi ça ? »

Petit Jean : « Il ne pense qu’à l’orphelinat. »

Djaq, s’arrêtant : « C’est normal, Jean. Il veut les aider le mieux possible car il était très proche du Père Swain. Et puis c’est notre rôle de secourir les plus démunis. »

Petit Jean, s’arrêtant en face d’elle : « Tout comme les pauvres de Nottingham, de Locksley, de Clun et de Nettlestone… Il engage toutes nos ressources uniquement pour l’orphelinat qu’il n’est même pas sûr de sauver… »

Petit Jean n’avait pas tort. Djaq ne répondit pas.

«… Il ferait mieux de s’activer pour trouver un autre endroit pour abriter les enfants ! »
« Et laisser le bâtiment au shérif pour ses chevaliers noirs ? »

Petit Jean : « Ce qui compte  pour moi avant tout, c’est de mettre les enfants à l’abri. Le reste n’est que de la politique et je n’ai que faire de la politique ! »

Ils reprirent leur chemin en direction de la réserve.

Pendant ce temps, tout près de Northampton…

Le shérif et Gisborne avaient passé la nuit dans leur voiture sur le bord de la route. Ils avalèrent les quelques provisions qu’ils avaient emportés.

Gisborne : « A quelle heure avons-nous rendez-vous ? »

Le shérif : « Le messager du Prince Jean sera au carrefour de la croix blanche dans la matinée. »

Gisborne : « Comment le reconnaîtrons-nous ? »

Le shérif, irrité : « Il ne devrait pas y avoir grand monde à ce carrefour ! Il sera donc facile de le reconnaître… [Se calmant] Par ailleurs, le message a dit que je n’aurai aucun mal à le reconnaître. »

Gisborne : « Une connaissance ? »

Le shérif haussa les épaules.


byoann  (16.11.2015 à 08:20)

Sur la route du nord…

Allan : « Ça fait deux heures qu’on est là et on n’a pas récolté grand-chose. »

Robin, regardant dans leur grand sac : « Non, effectivement. »

Much : « Il faudrait peut-être mieux changer de coin. »

Robin : « Oui, tu as raison… Allons au sud… On croisera peut-être la route des marchands venant de Londres. »

Much : « Bonne idée. »

Les trois hommes se mirent en route vers le sud. Ils se postèrent à leur endroit favori sur la route allant de Nottingham à Londres. Ils affectionnaient tout particulièrement une portion de la route qui se rétrécissait en passant à travers un bosquet d’arbres et d’arbustes très touffus.

Much : « Hé ? Mais on n’a pas apporté les filets ! »

Allan, renversant le contenu de leur grand sac sur le sol : « Qu’a cela ne tienne !... Et voilà ! Monsieur est servi. »

Il le tendit à Much.

Robin : « Parfait. Much, tu grimpes là-haut avec le sac… Moi, je monte à cet arbre-là… Allan, tu fais le guet et tu les empêches de battre en retraite. »

Allan : « Entendu. »

Robin grimpa à l’arbre qu’il s’était désigné. Celui-ci lui permettait de voir au loin s’il y avait une victime potentielle sur la route. Much grimpa à l’arbre se trouvant face à lui. Leur proie devait obligatoirement passée dessous pour poursuivre son chemin. Quant à Allan, il était posté derrière eux, caché dans les fourrés. Puis ils attendirent leur première victime. Ils n’eurent pas à patienter bien longtemps. Robin aperçut au loin deux cavaliers qui approchaient. Il siffla indiquant à ses compagnons qu’il fallait qu’ils se tiennent prêts à agir.

A cause du feuillage, il ne pouvait pas distinguer leur visage.

Il ne le pourrait uniquement que lorsque leurs victimes passeraient sous l’arbre de Much et seulement si ceux-ci se retournaient.

Les deux cavaliers galopaient au petit trop tout en discutant. Lorsqu’ils passèrent sous l’arbre de Much, un des cavaliers se vit tout à coup recouvert d’un sac. Surpris, son cheval se cabra et le cavalier tomba à terre. Le second cavalier voulut lui porter secours mais une flèche, tirée par Robin, vint se planter devant sa monture qui prit peur et se cabra à son tour. Allan sortit du fourré et vint placer sa lame sous la gorge du cavalier à terre qui n’eut même pas le temps de dégainer son arme.

Allan : « Ah. Ah. Ah. A ta place, je m’abstiendrai ! »

Pendant ce temps, Much avait sauté sur le 1er cavalier afin qu’il ne se libère pas du sac qu’il lui avait lancé. Le cavalier fulminait de rage pendant que Much le ceinturait. Robin descendit de son perchoir.

Robin : « Messieurs, nous vous remercions infiniment de vous êtes arrêtés… »

Il vint se placer à côté d’Allan.

Robin : «… Nous allons faire appel à votre… »

Ebahi, il s’arrêta.

Robin : « Andrew ? »

Allan, surpris : « Quoi ?... Tu le connais ? »

L’homme sous le sac : « Robin ? »

Much, étonné : « Mais qu’est-ce que ça veut dire ? »

Soudain, l’homme sous le sac éclata de rire.

Andrew : « Oui, c’est moi. »

Robin : « Mais qu’est-ce que tu… [Pointant l’autre cavalier] Et qui est-ce ? »

Much relâcha sa victime. L’homme retira le sac de sa tête.

L’homme, souriant : « C’est moi ! »

Robin et Much, étonnés : « Carter ? »

Allan baissa son épée pendant que Robin aida Andrew à se relever.

Carter, se relevant, à Andrew : « Je t’avais bien dit qu’on le retrouverai ! »

Robin fut fou de joie de retrouver son ami d’enfance.

Robin, prenant Andrew dans ses bras : « Andrew… Oh ! Je suis content de te revoir. »

Much serra Carter dans ses bras.

Andrew, souriant : « Robin ! »

Ils se tapèrent dans le dos sous le regard amusé de Much et d’Allan. Puis Robin s’avança vers Carter et le prit dans ses bras.

Robin : « Carter !... Mais qu’est-ce que tu fais ici ?

Robin, relâchant son ami : «… Mais qu’est-ce que vous faites ici ?... Je ne savais pas que vous vous connaissiez… »

Andrew, faussement offensé : « On se fait lâchement attaquer dans la forêt de Sherwood !... Par de vils bandits qui ne reconnaissent même pas leurs amis ! »

Much : « Désolé… Mais on savait pas qui vous étiez !... [Tout bas à Allan] C’est qui lui ? »

Robin, souriant : « M’enfin, Much ? Tu ne reconnais pas Carter ? »

Much : « Oh si lui, je le reconnais mais par contre… »

Robin, tapant l’épaule d’Andrew : « Lui, c’est Andrew… Andrew, comte de Kent. »

Andrew : « Ah ! Tu fais erreur ! C’est mon frère James qui est le comte de Kent. »

Much : « Ah, oui ! Vous êtes le frère de James… Ravi de vous connaître. »

Andrew : « En fait, nous nous sommes déjà rencontrés… ici même dans cette forêt… Robin m’avait confié les coins volés au Trésor Royal… qui ont d’ailleurs retrouvé leur juste place. »

Robin : « Je te fais confiance pour ça. »

Much : « Ah oui… Maintenant que vous le dites. »

Robin à Carter : « Désolé pour tout ça. »

 

 

 

 

 

Carter, souriant : « Oh, ce n’est rien… On savait ce qu’on risquait en traversant Sherwood et puis de toute façon… [Plus sérieux] On est venu pour te voir Robin ou plutôt… [Il regarda Andrew] »

Andrew : «… Pour te demander ton aide. »

Robin, sérieux : « Mon aide ? »

Carter : « Oui... Mais j’aimerais mieux qu’on en discute dans un endroit plus… discret, si tu le veux bien. »

Robin, intrigué : « Cela semble être important ? »

Andrew : « Très important. »

Devant le visage sérieux des deux hommes, Robin comprit qu’il s’agissait d’une affaire grave.

Robin : « Venez… Allons au campement. »


byoann  (19.11.2015 à 09:20)

Sur le trajet menant au campement…

Robin marcha entre Andrew et Carter.

Robin, tapant dans le dos de ses amis : « Ah ! Je suis ravi de vous revoir. »

Carter : « Eh moi donc !... D’autant plus que la dernière que je t’ai vu, tu n’avais pas bonne mine ! »

Much, souriant, à Andrew : « Oui c’est la fois où on croyait qu’Allan avait essayé de le tuer ! »

N’appréciant pas du tout son commentaire, Allan se retourna sur Much et le fusilla du regard.

Robin, sur un ton de reproche : « Much ! »

Carter, tout bas à Robin : « Finalement, je vois que ça s’est arrangé avec ton ami. Ce n’est pas lui qui t’avait… »

Robin, sur le même ton : « Non, ce n’était pas lui ! »

Carter : « Tant mieux… Tant mieux. »

Robin : « Mais dis-moi... Comment ça se passe en Terre Sainte ? »

Carter, souriant : « On ne peut mieux… La guerre est finie ! »

Tous les hors-la-loi s’arrêtèrent d’un seul coup et le regardèrent les yeux grands ouverts.

Robin : « Comment ? »

Carter, se retournant vers eux et souriant : « Oui !... A l’heure qu’il est le roi doit être sur le chemin du retour ! »

Much, incrédule : « C’est pas vrai ? »

Carter : « Si, c’est vrai ! Quand je suis parti, il était sur le point de signer un traité de paix avec Saladin. »

Les hors-la-loi explosèrent de joie. Chacun réalisa ce que cela signifiait pour eux. Le Roi Richard allait rentrer au pays et le shérif serait alors mis hors d’état de nuire. Much se voyait déjà Comte de Bonchurch. Robin, lui, se voyait en marié à côté de la belle Marianne. Même Allan qui ne savait pas trop ce qu’il allait devenir fut enchanté de la nouvelle.

Much, fou de joie : « Waouh !!! Le roi est de retour !... Le roi est de retour ! »

Les hors-la-loi se jetèrent dans les bras des uns et des autres. Carter et Andrew y eurent droit aussi. Cela réchauffa le cœur des deux envoyés de voir ces hommes se réjouir ainsi. Ces derniers avaient tant donné à la cause du roi qu’ils méritaient enfin de vivre leur vie comme ils l’entendaient. Quand les effusions de joie prirent fin, la troupe se remit en marche. Mais c’est dans la joie et la bonne humeur qu’ils reprirent la route pour le campement.

Quelques minutes plus tard…

Robin, Allan, Much et leurs invités retrouvèrent Will, Petit Jean et Djaq. Ces derniers étaient revenus de leurs livraisons et s’affairaient à préparer le déjeuner.

Much, entrant dans le campement et souriant : « Vous pouvez mettre deux couverts de plus. Nous avons des invités. »

Djaq : « Qui ça ? »

Robin entra accompagné de Carter et d’Andrew, Allan finissant la marche.

Djaq, surprise et ravie : « Carter ? »

Elle prit le jeune homme dans ses bras.

Robin : « Et vous vous souvenez d’Andrew de Kent. »

Djaq à Andrew : « Oui, bien sûr… Le frère de James. »

Will à Andrew : « Ravi de te revoir. »

Will prit Carter dans ses bras tandis que Petit Jean lui donna une chaleureuse poignée de mains. Il réitéra son geste pour le frère du comte de Kent.

Andrew : « Will… Petit Jean. »

Much à Djaq : « Et tu sais pas la nouvelle ? »

Djaq secoua la tête.

Much, le sourire aux lèvres : « La guerre est finie ! Le roi est de retour ! »

Petit Jean : « Quoi ? »

Will, incrédule : « C’est vrai ? »

Djaq, Will et Petit Jean se tournèrent vers Robin.

Robin, grand sourire : « Oui, c’est vrai ! »

 

 

 

 

 

Petit Jean, Djaq et Will furent sous le choc. Eux aussi imaginèrent les conséquences de cette nouvelle sur leur vie future. Petit Jean allait pouvoir retrouver sa femme et son fils. Quant à Will et Djaq, ils pensèrent tous deux qu’ils pourraient enfin vivre leur amour au grand jour et même s’unir l’un à l’autre. Fous de joie, ils se sautèrent dans les bras l’un de l’autre et s’embrassèrent sous le regard ébahi du reste de la troupe. Soudain, les tourtereaux réalisèrent qu’ils n’étaient pas seuls et se séparèrent rapidement en rougissant.

Allan : « Eh ben dis donc !... Vous en avez mis du temps ! »

Djaq, le regard fuyant : « Quoi ?... Je ne comprends pas. »

Much : « Comment ça quoi ?... Le baiser… avec Will. »

Djaq : « Cela ne signifie rien du tout… C’était juste… euh… une… »

Will, de concert avec Djaq : « … manifestation de joie ! »

Djaq, fortement gênée : « Oui, c’est ça…. J’étais tellement contente de savoir que la guerre était finie… que j’ai… voulu partager ma joie… avec… Will. »

Allan et Much regardèrent alors Will qui baissa le regard en rougissant. Les hors-la-loi rirent de l’explication maladroite donnée par la jeune femme.

Allan : « Ah oui ?... Tu ne voudrais pas partager ta joie avec moi, par hasard ? »

Much : « Oh oui… Moi, je ne serais pas contre non plus ! »

Djaq : « Pff ! C’est malin ! »

Djaq s’écarta d’Allan et de Much pour se planter devant Carter.

Pour changer de sujet, Djaq à Carter : « je ne savais pas que vous vous connaissiez. »

Carter : « En fait, on ne se connaissait pas avant qu’on nous confie une mission. »

Andrew : « Mission qui nous a conduit jusqu’ici. »

Robin, redevenant sérieux : « Et pour laquelle vous souhaitez mon aide ? » 

Carter : « Exact. »

Robin : « Qu’attendez-vous de moi exactement ? »

Carter : « Que tu nous aides à retrouver quelqu’un ! »

Much, surpris : « Quelqu’un ? »

Robin, intrigué : « Qui ça ? »

Andrew : « Le fils du roi ! »

Cette révélation eut l’effet d’une bombe sur la troupe.

Toute la bande, sous le choc : « Quoi ? »

Les hors-la-loi, incrédules, se regardèrent les uns les autres pour être sûr d’avoir bien entendu.

Much, bouche bée : « Le roi a un fils ? »

Will, ébahi : « Mais comment… »

Much, répétant pour mieux s’en convaincre : « Le roi a un fils ! »

Carter, calmement : « Oui. »

Il laissa le temps aux hors-la-loi de digérer la nouvelle.

Will : « Tu le savais, Robin ? »

Robin, tout aussi décontenancé qu’eux : « Non… Non, je… je l’ignorais. »

Djaq, ébahie : « Mais comment est-ce possible ? »

Carter : « C’est une longue histoire. »

Robin, méfiant : « Qui vous en a parlé ? »

Carter : « La Reine-Mère Aliénor. »

Si la Reine-Mère, elle-même, en avait informé ses deux compagnons alors cela signifiait que l’information était vraie. Robin la considéra donc comme telle.

Robin, sérieux : « Est-ce que le Roi Richard est au courant ? »

Carter : « Il me semble. C’est pourquoi je suis ici. »

Robin : « Comment ça, il te semble ? Le roi est-il au courant oui ou non ? »

Carter : « Je ne sais pas… Il ne m’a pas donné les raisons de mon départ. »

Robin, impatient : « Mais pourquoi ? »

Andrew : « Le mieux est que l’on te raconte tout depuis le début. »

Les hors-la-loi invitèrent leurs hôtes à venir s’assoir. Robin proposa à Carter de s’installer sur un petit tabouret à sa gauche. Andrew choisit de se placer à côté de l’envoyé de la Reine-mère. Le reste des hors-la-loi se placèrent en demi-cercle devant eux. Puis Carter commença son récit.


byoann  (19.11.2015 à 09:25)

CHAPITRE VII

« JE LEVE MON VERRE A LA VENUE DE L'HERITIER DU TRONE ! »

endant que Robin retrouvait de vieilles connaissances, le shérif faisait de même sur la route menant à Northampton.

Après s’être restaurés brièvement, le shérif et Gisborne avaient mis le cap sur le carrefour de la croix blanche, appelé ainsi parce qu’une immense croix immaculée avait été placée à l’intersection de deux routes à quelques lieues à peine au nord de Northampton. Ils y arrivèrent dans la matinée. Une voiture était déjà garée sur le côté. Elle semblait les attendre. Le shérif et Gisborne descendirent de leur voiture et marchèrent en direction du carrosse. Les deux hommes s’arrêtèrent devant la voiture aux rideaux rouges et noirs baissés.

Une voix masculine provenant du carrosse : « Vous êtes en retard ! »

Le shérif, souriant mais méfiant : « C’est à cause du trafic… hein ! »

La voix, sur un ton de reproche : « Le moment est vraiment mal choisi pour faire de l’humour, shérif ! »

Gisborne, tout bas au shérif : « Comment pouvons-nous être sûr qu’il s’agit bien de l’envoyé du Prince Jean ? »

Le shérif dut reconnaître que Gisborne avait raison. Il allait demander à leur interlocuteur de s’identifier mais ce dernier le devança.

Le messager : « Parce que vous me connaissez… [Se montrant à la fenêtre et les saluant] Messieurs ! »

Le shérif, surpris : « Sir Jasper ? »

Jasper, regardant dehors de chaque côté du carrosse : « Mes hommes patrouillent aux alentours… Montez !... Nous y serons mieux pour discuter. »

Le shérif et Gisborne, d’abord surpris puis ensuite un peu inquiet, montèrent à bord de la voiture et se placèrent tous les deux face à Sir Jasper.

Jasper : « Alors ?... J’espère que vous avez fait bon voyage ? »

Le shérif, inquiet : « Excellent… Je vous remercie. »

Jasper : « Bien. Je ne vais pas tourner autour du pot. Nous avons de gros ennuis, shérif. »

Le shérif : « Je le sais ça… Je l’ai lu dans la lettre ! »

Jasper, regardant Gisborne d’un air méfiant : « Pouvons-nous vraiment en parler devant votre bras droit ? »

Le shérif, un peu agacé : « Evidemment ! »

Jasper : « Est-il au courant de votre coup d’éclat d’il y a dix-huit ans ? »

Gisborne, étonné : « Votre coup d’éclat ? »

Jasper : « Le shérif, ici présent, n’a pas toujours été shérif de Nottingham. »

Gisborne : « Oui, je sais… [Regardant le shérif] Vous avez été nommé il y a quelques années à ce poste. »

Jasper : « Et vous ne vous êtes jamais posé la question de savoir ce qu’il avait bien pu faire pour mériter ce titre ? »

Gisborne, regardant le shérif : « Non, en effet. »

Le shérif, agacé : « Aucune importance… Ça remonte à dix-huit ans ! »

« Au contraire, shérif… Cela a son importance parce que… le roi sait tout ! »
Le shérif, blêmissant : « Il sait tout ? »
« Parfaitement...  Tout comme la Reine-Mère. »
« Mais comment ? »

 

 

 

 

 

Jasper : « La sage-femme a parlé et elle a tout raconté à Aliénor. »

Gisborne suivit l’échange sans comprendre de quoi ils parlaient.

Le shérif : « Et les envoyés ?... »

Jasper : « Ils sont déjà ici... C’est pourquoi je suis là. Le prince aimerait savoir si vous savez où il est ? »

Le shérif, agacé : « Non, bien sûr que non… Le couple a quitté la France et je ne sais rien de plus. »

Jasper : « Vous en êtes bien sûr ? »

Le shérif, vif : « Evidemment ! Que croyez-vous ? Que je l’ai gardé enfermé dans mes cachots pendant tout ce temps ! »

Jasper, regardant fixement le shérif : « Calmez-vous, shérif… Je vous conseille vivement de trouver un moyen de remettre la main sur lui car sinon… »

Jasper : «… il en sera fini de vous, de moi et du Prince Jean ! »

Le shérif : « Je sais cela… Mais comment voulez-vous que je le retrouve ? L’Angleterre est vaste ! »

Jasper : « Rappelez-vous de cette nuit-là. Ne vous souvenez-vous pas d’un détail qui vous permettrez de le retrouver ? »

Le shérif : « Depuis que j’ai reçu la lettre, j’ai eu beau cherché… Je ne vois pas, non… Et puis tout ceci remonte à dix-huit ans ! »


byoann  (23.11.2015 à 09:10)

Activité récente
Dernières audiences
Logo de la chaîne France 3

Vanina - Un vicequestore a Catania, S02E03
Dimanche 7 juin à 21:10
2.22m / 13.3% (Part)

Logo de la chaîne M6

NCIS, S23E03
Samedi 6 juin à 21:10
0.85m / 5.6% (Part)

Logo de la chaîne France 2

Haute saison, S01E04
Vendredi 5 juin à 22:00
2.82m / 20.3% (Part)

Logo de la chaîne France 2

Haute saison, S01E03
Vendredi 5 juin à 21:10
3.25m / 20.6% (Part)

Logo de la chaîne France 3

Un si grand Soleil, S08E199
Vendredi 5 juin à 20:40
1.47m / 9.7% (Part)

Logo de la chaîne TF1

Demain nous appartient, S09E200
Vendredi 5 juin à 19:15
1.86m / 15.6% (Part)

Logo de la chaîne TF1

Demain nous appartient, S09E199
Jeudi 4 juin à 19:15
2.08m / 15.0% (Part)

Logo de la chaîne TF1

Grey's Anatomy, S22E16
Mercredi 3 juin à 22:00
1.49m / 10.1% (Part)

Toutes les audiences

Actualités
Joshua Jackson rejoint la saison 3 de Your Friends & Neighbors

Joshua Jackson rejoint la saison 3 de Your Friends & Neighbors
Après The Affair et plus récemment Doctor Odyssey, Joshua Jackson s'offre un nouveau projet télévisé...

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs anglophones

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs anglophones
Plusieurs nouvelles séries sont à découvrir cette semaine du côté des diffuseurs anglophones....

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs francophones

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs francophones
Les diffuseurs francophones européens vous proposent une dizaine de nouvelles fictions. Lesquelles...

La Petite Maison dans la Prairie a recruté Nellie Oleson et deux personnages emblématiques

La Petite Maison dans la Prairie a recruté Nellie Oleson et deux personnages emblématiques
Alors que la saison 1 du reboot de La Petite Maison dans la Prairie n'arrivera sur Netflix que le 9...

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs francophones

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs francophones
Sept séries sont à découvrir cette semaine du côté des diffuseurs francophones. Allez-vous regarder...

HypnoRooms

ShanInXYZ, 01.06.2026 à 20:39

Nouveau mois sur les quartiers Cat's Eyes et Doctor Who, n'hésitez pas à passer

CastleBeck, 02.06.2026 à 11:38

Bannières et thème en vote, si vous avez 30 secondes pour cliquer. Merci.

choup37, Avant-hier à 12:26

Nouveaux sondages sur kaamelott et Doctor Who

ShanInXYZ, Hier à 02:07

Nouveau sondage sur le quartier Cat's Eyes, pas besoin de connaître la série

Luna25, Hier à 08:58

Nouveau mois sur les quartiers Legends of Tomorrow, Reign et Supernatural, n'hésitez pas à passer !

Viens chatter !

Newsletter

Les nouveautés des séries et de notre site une fois par mois dans ta boîte mail ?

Inscris-toi maintenant

Sondage

Un peu d’amour dans un monde de brutes. Parmi ces couples, lequel aviez-vous vu venir dès le départ ?

Plus d'infos / Commenter

Total : 58 votes
Tous les sondages