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Série : Robin Hood
Création : 12.10.2015 à 09h10
Auteur : byoann
Statut : Terminée
« Il s’agit de la suite de l’épisode « Face à son passé ». Cet EV comporte 26 chapitres. J’écris seul merci. »
Cette fanfic compte déjà 121 paragraphes
Jasper, soufflant : « En tout cas, les envoyés de la Reine-Mère ont une piste, eux : Manchester. C’est tout ce que nous savons pour le moment. »
| « Manchester, vous dites ? » | ![]() |
Jasper : « Oui. »
Le shérif : « Bien… Savez-vous le nom de ces envoyés ? »
Jasper : « Oui, il s’agit d’un dénommé Carter [Le shérif fit une grimace en entendant ce nom] et le fils de Monsieur le Comte de Kent, Andrew. »
Le shérif : « Et si je retrouve le gamin… Quelles sont les consignes ? »
Jasper : « Le Prince Jean veut que vous le gardiez en vie ! »
Le shérif, surpris et mécontent : « Quoi ? Mais c’est pure folie ! »
Jasper : « Le prince souhaite dans un premier temps s’en servir contre le Roi Richard puis si l’opération Shat Mat est une réussite, il permettra de rallier à lui les seigneurs les plus récalcitrants. »
Le shérif : « Bien… Comme il plaira au prince. »
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« Je vous rappelle… [Plus lentement] amicalement qu’il en va de notre avenir commun, shérif… Retrouvez-le coûte que coûte… » |
Jasper : «… Et éliminez tous les obstacles qui pourraient se dresser entre vous et lui. Est-ce que je me suis bien fait comprendre ? »
Le shérif, dédaigneux : « Parfaitement ! »
Jasper : « Alors bonne chance ! J’attends très vite de vos nouvelles. »
Le shérif et Gisborne prirent congés de leur hôte.
Le shérif, s’éloignant du carrosse : « Ce n’est qu’un petit arriviste prétentieux et couard de surcroît !... Il ne nous aidera même pas dans nos recherches. »
La voiture de Jasper s’éloigna.
Gisborne, tenant la porte de la voiture du shérif : « Mais qui devons-nous retrouver, Monseigneur ? »
Le shérif, montant dans sa voiture : « Le fils du roi ! »
Gisborne regarda avec stupeur le shérif puis jeta un dernier coup d’œil à la voiture de Sir Jasper qui disparut dans la forêt.
Gisborne, s’installant en face du shérif et stupéfait : « Le roi a un fils ? »
Le shérif : « Oui… Personne n’en a jamais rien su… Même le roi lui-même n’était pas au courant. »
Gisborne : « Mais comment est-ce possible ? »
Le shérif : « Ça remonte à dix-huit ans. Je n’étais alors que le bras droit de Stephen O’Connor, capitaine des gardes du Prince Jean. A cette époque, la famille royale séjournait régulièrement à Poitiers, en France, au Palais des Ducs d’Aquitaine. Tout le monde attendait l’arrivée imminente de l’héritier… Enfin presque… Le Roi Richard était parti punir une révolte de quelques comtes français soutenus par le Roi de France au nord du duché. Le Prince Jean, lui, évidemment avait refusé de prendre part au combat au côté de son frère… »
Gisborne haussa les épaules. Cela ressemblait bien au prince de refuser le combat.
Le shérif : «… Si bien que toute la cour lui en tenait rigueur. Ce qui, en plus de l’arrivée de l’héritier, avait mis le Prince Jean de très mauvaise humeur… »
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Dix-huit ans plus tôt…

Dans ses appartements, le Prince Jean, aigri, était affalé dans un fauteuil une coupe à la main. Son capitaine des gardes et son bras droit se tinrent en face de lui.
Le Prince Jean, légèrement éméché : « Je lève mon verre à la venue de l’héritier du trône ! »
Le Prince avala tout le contenu de son verre. Le capitaine et Vaizey ne répliquèrent pas.
Le Prince Jean, s’énervant : « Ce bâtard n’aura plus qu’à prendre la place qui me revenait de droit ! »
Il se versa un autre verre de vin.
Le Prince, à lui-même : « La seule chance qui me reste, c’est qu’il ne survive pas à sa propre naissance ! »
Vaizey : « Cela peut toujours arriver, Votre Altesse. »
Le Prince, dubitatif : « Hein !... Malheureusement, je crains de ne pas avoir cette chance. Mon très cher frère s’est entouré des meilleurs médecins qui existent dans tout le royaume. »
Vaizey, énigmatique : « On pourrait dans ce cas… forcer cette chance ! »
Le Prince fut comme piqué par un insecte. Il se redressa sur son fauteuil et sembla subitement très intéressé par ses propos.
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« Que voulez-vous dire ? » |
Vaizey : « Votre Altesse semble désireuse de ne pas voir naître cet enfant, n’est-ce pas ? »
Le Prince Jean : « En effet. »
Vaizey : « Vous savez… Il arrive encore fréquemment qu’un enfant meurt quelques minutes après qu’il soit venu au monde. »
Le Prince Jean, faussement horrifié : « Vous ne suggérez tout de même pas que je puisse vouloir tuer le fils de mon frère, n’est-ce-pas ? »
Vaizey : « Oh non, Votre Altesse ! Non. Bien sûr que non… Mais il se peut que Dieu rappelle à lui cet enfant tout juste après sa naissance… Du moins c’est ce que les médecins affirmeront à la mère de l’enfant. »
Le Prince Jean : « Ah… Bon… C’est vrai que si c’est constaté par les médecins, c’est différent… »
Le Prince s’avança vers Vaizey.
Le Prince Jean, tout bas : « Mais comment le pourront-ils si l’enfant est vivant lors de sa naissance ? »
Vaizey : « Sauf si on leur présente un nourrisson mort !... Votre Altesse. »
Le Prince Jean fut un peu décontenancé par le plan du bras droit de son capitaine des gardes. Cependant, comme cela servait ses intérêts, il décida de le mettre en œuvre mais il ne désirait pas en savoir tous les détails.
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Le Prince Jean, retournant s’asseoir : « Faites pour le mieux… Et si vous réussissez, je saurai me montrer très reconnaissant. Nous nous comprenons, n’est-ce pas ? » |
Vaizey, se courbant : « Parfaitement, Votre Altesse. »
Vaizey se retira afin de mettre son plan à exécution, laissant seuls le Prince Jean et son capitaine des gardes. Lorsqu’il referma la porte, il eut un sourire aux lèvres. Enfin, l’occasion qu’il attendait depuis longtemps se présentait à lui. Il était prêt à tout pour satisfaire son ambition personnelle car il ne voulait pas rester simple soldat dans la garde du Prince Jean toute sa vie. S’il réussissait son coup, il pourrait espérer s’élever dans le monde tout en s’attirant la sympathie du prince.
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Quelques jours plus tard dans la chambre de la Reine…
La nuit était tombée cependant c’était l’effervescence dans la chambre de la Reine Bérangère de Navarre. Des femmes de chambre allaient et venaient dans la pièce, portant tantôt des linges tantôt des bassines d’eau chaude. Elles se bousculaient parfois aux nombreux courtisans venus assister à la naissance de l’héritier. Chacun espérant que cela soit un garçon. Car le couple marié depuis un certain temps n’avait toujours pas d’enfant pour assurer la lignée des Plantagenêt sur le trône d’Angleterre.
La Reine-Mère Aliénor arriva aux côtés de la jeune Reine et lui prit la main pour la soutenir pendant qu’on installait un paravent entre eux et les curieux qui se pressaient de plus en plus nombreux dans la chambre. Le futur shérif de Nottingham se trouva parmi eux. Le Prince Jean entra à son tour dans la pièce. Il vint se placer à côté du paravent puisqu’il avait le privilège d’assister à la naissance afin d’en être le témoin ce qu’il ne l’enchantait nullement. Mais il fit bonne figure.
Le Prince Jean, se forçant à sourire et à la foule : « Grâce à Dieu, mon frère aura bientôt un héritier ! »
Les courtisans approuvèrent. La Reine-Mère regarda froidement son plus jeune fils se demandant ce qu’il pouvait bien avoir réellement en tête. Puis elle reporta son attention sur la future maman. Le Prince Jean regarda sa mère puis se tourna vers le shérif, un peu plus loin. Les deux hommes échangèrent un regard entendu.
La Reine-Mère : « Tenez bon ma chère… Vous serez bientôt libéré de vos souffrances. »
La Reine avait de plus en plus mal et la fréquence de ses hurlements indiqua aux courtisans que sa délivrance était toute proche. Puis le travail commença et deux heures plus tard, les courtisans entendirent les pleurs d’un enfant. Ils se réjouirent en se congratulant les uns les autres. Maintenant la question était de savoir s’il s’agissait d’une fille ou d’un garçon. Cette tâche revint au Prince Jean. Celui-ci regarda l’enfant et perdit pendant quelques secondes le sourire. Le futur shérif comprit immédiatement et se retira.
Le Prince Jean, se forçant à sourire : « C’est un garçon ! »
Pendant que les courtisans s’extasiaient de la bonne nouvelle, le prince regarda en direction du shérif mais celui-ci avait déjà quitté la salle.
La Reine-Mère : « C’est un beau bébé, ma chère ! »
La Reine, en sueur mais toute souriante : « Je vous remercie, Votre Altesse. »
Puis la sage-femme prit l’enfant dans ses bras afin qu’il soit nettoyé dans la pièce d’à-côté. Elle se dirigea vers la porte, l’ouvrit puis entra dans la petite pièce. A peine avait-elle refermée la porte qu’elle se retrouva devant le futur shérif de Nottingham. Sans un mot, il tendit les bras. La jeune femme regarda l’enfant puis eut un mouvement d’hésitation.
Vaizey, froidement : « Votre petit garçon a besoin de sa maman et vice-et-versa… n’est-ce pas ? »
Tiraillée entre le désir de protéger son fils et sa bonne conscience, la jeune femme, affligée, emmitoufla le bambin pour qu’il n’attrape pas froid.
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En resserrant la couverture autour de lui, elle aperçut une petite tâche rougeâtre sur le torse de l’enfant. |
Elle l’embrassa une dernière fois en le serrant très forte contre elle.
La sage-femme, tout bas : « Pardonne-moi. »
Et à contrecœur, elle le confia au futur shérif de Nottingham.
Le shérif : « Très touchant !… Maintenant, prenez ça ! »
Il fit signe de la tête en direction d’une petite table sur laquelle reposait une couverture. La jeune femme s’avança et déplia la couverture.
La sage-femme, les yeux exorbités : « Oh mon dieu ! »
Le shérif, s’avançant près d’elle et menaçant : « Prenez-le !... Ou votre fils ne verra pas le jour se lever ! »
Toute tremblante et pleurant à chaudes larmes, la sage-femme prit la couverture dans ses bras.
Le shérif : « Bien… Excellent, les larmes… Excellent. Et maintenant, tâchez d’être convaincante. »
La jeune femme ouvrit la porte et s’avança dans la pièce vers les médecins qui s’occupaient de la Reine. Vaizey ne referma pas entièrement la porte. Il resta derrière aux écoutes.
La Reine-Mère, inquiète : « Eh bien ma fille, qu’avez-vous ? »
La jeune femme, incapable de se contrôler, pleuraient maintenant à chaudes larmes.
La sage-femme, montrant la couverture qu’elle tenait dans ses bras : « Le bébé… Le bébé. »
Un des médecins qui s’occupaient de la Reine se précipita sur la jeune femme, lui prit l’enfant qu’elle tenait dans ses bras et l’examina. Subitement, il s’arrêta et avec une solennité inquiétante pour l’entourage, il se tourna vers la reine, morte d’angoisse.
Le médecin, avec gravité : « Je suis vraiment navré, Votre Altesse mais votre fils est mort. »
La Reine, hurlant de tristesse : « OH NOOOOOON ! »
La sage-femme, ne supportant pas de voir le désespoir de la Reine, sortit en courant de la chambre. La Reine-Mère Aliénor fut sous le choc. Tous les courtisans qui restaient encore dans la chambre à ce moment-là étaient consternés. Seul le Prince Jean sembla accepter la nouvelle avec énormément de retenu. Ce n’était pas de la tristesse qu’il retenait mais de la joie. Il s’avança vers la Reine et tenta de la consoler.
Le Prince Jean, hypocrite : « C’est tragique ce qu’il vous arrive ma belle-sœur et je me joins à vous et à mon frère dans votre peine. Mais il arrive parfois que Dieu reprenne la vie qu’il vient tout juste d’accorder. C’est ainsi. Nous n’y pouvons rien. »
Un des médecins : « Son Altesse a raison. Il semblerait que le prince nouveau-né n’ait pas été suffisamment fort pour vivre plus longtemps parmi nous. Dans sa grande bonté, Dieu l’a repris afin de lui épargner une vie de souffrance mais ne doutez pas que Dieu vous en confiera encore bien d’autres. »
Le Prince Jean, satisfait de la tournure des évènements, aurait voulu prendre le bras droit de son capitaine des gardes dans ses bras afin de le remercier. Mais celui-ci n’était déjà plus derrière la porte. Dès qu’il entendit les hurlements de la Reine, il s’éclipsa par une porte dérobée. Il se faufila dans les couloirs de service et aboutit derrière le château où un homme et une femme attendaient. Ces derniers étaient de condition modeste. L’homme portait une torche à la main tandis que la femme se croisait nerveusement les bras. Le futur shérif arriva, accompagné d’un soldat.
Vaizey, donnant le bébé à la femme : « Il est à vous. »
La jeune femme, mal à l’aise, prit l’enfant dans ses bras. Puis le shérif prit la bourse que le soldat avait à la main.
Vaizey, à l’homme : « Et ça… C’est pour vous. »
Il voulut remettre la bourse à l’homme qui hésita.
Vaizey, mécontent : « Que se passe-t-il ? »
L’homme, nerveux : « C’est que… J’en ai parlé avec ma femme et… C’est pas… C’est pas bien ce qu’on fait là, Messire. »
La jeune femme, tout aussi nerveuse que son mari, regarda avec inquiétude son époux puis Vaizey.
Vaizey : « Et ne pas payer ses taxes ?... S’adonner aux braconnages ?... Ce n’est pas bien non plus !... Et c’est même passible de la peine de mort ! »
L’homme, se défendant : « Mais c’était pour nourrir mes enfants ! »
Vaizey : « Tiens, Maréchal-ferrant !... Avec ça, tu auras de quoi les nourrir d’autant plus que tu en as un de plus. C’est clair ? »
L’homme, baissant la tête et acceptant la bourse : « Oui… Oui. Messire. »
Vaizey prit alors une bourse à sa ceinture.
Vaizey : « Et je rajoute ceci pour calmer tes inquiétudes. »
L’homme allait prendre la bourse quand Vaizey la retira.
Vaizey : « Mais à condition que tu quittes la France pour ne jamais y revenir ! »
L’homme, inquiet : « Oui, Messire… Je… Je vais aller en Angleterre… J’y ai de la famille. »
Vaizey, retrouvant le sourire : « Excellent… Excellent. Partez dès cette nuit ! »
L’homme, se courbant : « Oui, Messire. »
Il prit le bras de sa femme et s’empressa de retourner vers leur chariot. Le futur shérif resta jusqu’à ce que le chariot disparaisse dans la nuit puis il retourna dans le Palais. Pour ce faire, il passa devant une porte fermée donnant également dans la cour. Celle-ci s’ouvrit et une jeune femme en larmes en sortit. Il s’agissait de la sage-femme qui avait remis l’enfant au futur shérif de Nottingham. Elle était tellement bouleversée parce qu’elle avait été obligé de faire qu’une fois qu’elle eut quitté la chambre de la Reine, elle avait voulu sortir pour prendre l’air. Cependant, en ouvrant la porte, elle avait surpris Vaizey et un couple de villageois en pleine discussion. Heureusement pour elle, la nuit aidant, personne ne l’avait vu. Elle avait refermé la porte et écoutait leur conversation. Lorsque Vaizey déserta la place, la jeune femme partit en courant dans la nuit noire.
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Dix-huit ans plus tard, dans la voiture qui ramenait le shérif à Nottingham…
Gisborne, choqué : « Mais où avez-vous trouvé un nourrisson mort-né ? »
Le shérif : « J’ai simplement utilisé les connaissances d’un médecin de campagne. »
Gisborne le regarda sans comprendre.
Le shérif : « Il sait quelles sont les femmes prêtes à accoucher et… il a donc pu m’en fournir un. »
Gisborne : « Quel chance qu’un enfant mâle soit justement mort-né le jour de la naissance du prince ? »
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Le shérif, regardant négligemment au dehors : « Mumm mais vous savez… Un corps se conserve très bien plusieurs jours dans de la glace. » |
Puis il se tourna vers Gisborne.
Le shérif : «… Et qui vous dit qu’il était mort à la naissance, hum ? »
Choqué, Gisborne regarda le shérif tout en appuyant son dos contre le dossier. Il comprit alors que le shérif avait sûrement tué un nouveau-né et l’avait conservé dans de la glace afin de le présenter à la reine le moment venu.
Le shérif : « Il faut savoir être prévoyant, Gisborne… Si l’on veut s’élever dans le monde ! »
Ne voulant pas poursuivre cette conversation qu’il le mettait mal à l’aise, Gisborne préféra changer de sujet.
Gisborne : « Le Prince Jean a dû être satisfait de… la situation. »
Le shérif, se remémorant : « Oh oui… Il était aux anges… »
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Dix-huit ans plus tôt, dans les appartements du prince…

Le Prince Jean arpentait la pièce en souriant à pleine dent. Vaizey, tout sourire, se tenait devant lui.
Prince Jean, applaudissant : « Bravo… Bravo, mon cher Vaizey ! Et je ne sais pas où vous avez trouvé cette fille mais elle a été des plus convaincantes. »
Le Prince Jean s’affala dans son fauteuil en soufflant.
Le Prince Jean, imitant en exagérant la sage-femme en pleurs : « Le bébé… Le bébé… »
Il termina par un éclat de rire.
Le Prince Jean : « Et cet imbécile de médecin… ‟Je suis vraiment navré, Votre Altesse mais votre fils est mort″… »
Il rit à nouveau puis il soupira.
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« … J’en aurais pleuré tiens… de rire évidemment. » |
Vaizey : « Je suis ravi de constater que Votre Altesse est satisfaite de mon action. »
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Le Prince Jean, le regardant : « Oh oui, je suis satisfait... Très satisfait. Quand je pense que mon frère va pleurer un bâtard pendant que le sien sera élevé comme un paysan. Cela me rempli de joie. » |
Puis tout excité, le prince se releva et mit sa main sur l’épaule de Vaizey.
Le Prince Jean : « Il faut fêter ça… Venez… Nous allons trinquer ensemble à la mort de l’héritier et puis… nous parlerons aussi de votre avenir. »
Vaizey, faussement : « Mon avenir ? »
Le Prince Jean : « Oui… Que diriez-vous de devenir shérif d’un immense comté, hum ? »
Vaizey, les yeux pétillants de désir : « Shérif ? »
Le Prince Jean : « Oui… Voyons… Où aimeriez-vous exercer vos talents ? »
Vaizey : « Je ne sais pas, Votre Altesse. »
Il emmena le futur shérif dans une autre pièce.
Le Prince Jean : « Nous laisserons donc le sort en décider ! »
Les deux hommes sortirent de la pièce.
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Dix-huit ans plus tard, dans la voiture qui ramenait le shérif à Nottingham…
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« Et c’est ainsi que je suis devenu le shérif du comté de Nottingham ! » |
Gisborne, fronçant les sourcils : « Mais vous n’avez été nommé ici qu’il y a quelques années seulement ? »
Le shérif, soufflant : « Le Prince Jean est une personne disons… dilettante ! »
Gisborne : « Je vois. »
Le shérif : « Par ailleurs, il a fallu attendre que son très cher frère s’en aille guerroyer au loin. »
Gisborne : « Oui, bien sûr. »
Le shérif : « En tout cas pour en revenir à ce qui nous préoccupe, nous devons retrouver ce gamin… Il devrait avoir aujourd’hui dans les dix-huit ans. »
Gisborne : « Oui, s’il a survécu. »
Le shérif : « Évidemment ! »
Gisborne : « Et vous avez une idée pour le retrouver ? »
Le shérif : « Pas la moindre ! J’ai eu beau chercher dans mes souvenirs… Un indice quelque chose qui me permettrait de retrouver la trace de ce couple de villageois…. Mais rien. Tout ce dont je me souviens, c’est qu’il était maréchal-ferrant et qu’il est venu ici en Angleterre. »
Gisborne : « Comment allons-nous procéder ? Manchester est une grande ville ! »
Le shérif : « Puisque nous ne pourrons pas le retrouver par nous-mêmes, nous allons laisser Locksley le retrouver pour nous ! »
Gisborne : « Locksley ?... Qui vous fait croire qu’il est également à la recherche du gamin ? »
Le shérif : « Les envoyés de la Reine-Mère, Gisborne… Les envoyés de la Reine-Mère ! »
Gisborne, ne comprenant pas : « Carter et le comte de Kent ? »
Le shérif : « Ceux là-même… Ce sont des amis intimes de Robin des bois. Rappelez quand nous voulions nous emparer du comté de Kent… Qui est intervenu ? »
Gisborne : « Robin ! »
Le shérif : « Exact ! Et quant à ce cher Carter… Nous savons tous les deux quel camp ce traître a choisi, hum ? »
Gisborne : « Et vous pensez qu’ils sont tous les deux ici pour demander de l’aide à Robin ? »
Le shérif : « Evidemment !... Ils devront passer par le comté de Nottingham pour se rendre à Manchester… Et ils ne vont pas se priver de l’appui du plus fervent partisan du Roi Richard… Je suis certain qu’ils ont une piste. Nous n’avons plus qu’à les suivre… non mieux encore… Envoyez dès maintenant des espions… Qu’ils se postent à l’entrée de la ville et qu’ils surveillent bien l’arrivée des deux envoyés. »
Gisborne : « Devons-nous en informer le shérif de Manchester et solliciter son aide ? »
Le shérif, irrité : « Surtout pas !... Nous devons être le plus discret possible. Cette affaire ne doit en aucun cas être révélée aux chevaliers noirs… du moins pour le moment. »
Gisborne : « Bien, Monseigneur. »
Le shérif, réfléchissant : « A la réflexion, prenez vos espions parmi les soldats qui ont déjà vu Carter lorsqu’il était venu à Nottingham. »
Gisborne : « Oui, Monseigneur… Et s’ils retrouvent le gamin, quels sont les ordres ? »
Le shérif, réfléchissant : « Qu’ils reviennent immédiatement nous en informer. Nous leur organiserons un comité d’accueil très particulier sur la route de Manchester. »
Gisborne : « Vous croyez que Locksley reviendra avec le gamin à Sherwood ? »
Le shérif : « Oui, il voudra d’abord le mettre en sûreté puis lui faire quitter le pays le plus vite possible… Par ailleurs, il ne se doute pas qu’on veuille aussi le récupérer. »
| « Très bien… Dans ce cas, je m’en occuperai dès notre arrivée, Monseigneur. » | ![]() |
Trois heures plus tard, la voiture du shérif pénétra dans la cour du château de Nottingham.
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CHAPITRE VIII
« RETROUVEZ MON PETIT-FILS… JE VOUS EN SUPPLIE. »
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endant que Vaizey racontait à Gisborne ce qu’il avait fait pour obtenir ses galons de shérif, Andrew et Carter révélèrent aux hors-la-loi le but de leur mission. |
Andrew, faisant un clin d’œil à Robin : « Je crois savoir que tu sais déjà que j’ai reçu une lettre venant de France, il y a plusieurs mois de cela. »
Robin, souriant et baissant la tête : « Oui. »
Andrew faisait évidemment référence aux évènements qui avaient conduit, quelques mois plus tôt, les hors-la-loi dans le comté de Kent afin d’aider le jeune James à se sortir d’un piège tendu par le shérif de Nottingham. Robin sourit en repensant à cette aventure et à la demande incongrue de James de ne pas en parler à son grand frère.
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Quelques mois plus tôt dans la salle d’apparat du château de Maidstone, un homme attendait…
Voyant Andrew arrivait, l’homme se leva et s’avança vers son hôte.
Le messager : « Bonjour Messire, vous êtes le Comte de Kent ? »
Andrew : « Oui, en l’absence de mon père. »
Le messager : « Alors vous êtes la personne que je cherche. On m’a remis cette missive pour vous, Monseigneur. »
Andrew prit la lettre et, intrigué : « De qui provient-elle ? »
Le messager : « Tout est expliqué dans la lettre, Monseigneur. »
Andrew parcourut la lettre et parut inquiet.
A la fin de sa lecture, Andrew : « Très bien… Je ferai ce qui est demandé… Nous partirons demain matin aux aurores. Allez voir mon intendant pour qu’il vous installe dans une de nos chambres pour la nuit. »
Le messager, se courbant : « Merci, Monseigneur. »
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Andrew : « Eh bien… Cette lettre provenait de la Reine-Mère Aliénor. Elle me disait de me rendre immédiatement auprès d’elle. Elle ne pouvait pas en dire plus dans cette missive mais l’avenir de l’Angleterre était en jeu… Sur le coup, j’ai pensé qu’il était arrivé malheur au Roi Richard. »
Much : « Et c’était pas le roi ? »
Andrew : « Non mais je ne l’ai su qu’en arrivant… Je suis donc parti le lendemain matin… »
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Au petit matin, le lendemain…
Une voiture attendait le maître des lieux devant les portes du château. Le messager qui avait apporté la lettre de France était déjà installé dans la voiture. Pendant que les serviteurs finissaient de monter le peu de bagages qu’Andrew emmenait avec lui, ce dernier, suivi de Jane et de James, arriva devant sa voiture où Simeon tenait la porte ouverte. Andrew se tourna vers son petit frère.
Andrew : « Bon… James… Je te confie les rênes à présent et surtout suis bien les conseils que je t’ai donné… »
James, encore ensommeillé, baissa la tête et ressentit alors tout le poids de la charge que son frère, en quittant le pays, venait de mettre sur ses jeunes épaules.
Andrew, pour lui remonter le moral : « Mais je suis certain que tu sauras prendre les bonnes décisions… N’hésite pas à demander conseil à Jane et appuie-toi sur Blackson pour te faire respecter. »
Ce faisant, il mit sa main sur l’épaule du soldat qui se trouvait à côté de lui.
James, relevant la tête : « Je te le promets… mon frère ! »
Soudain, James, désemparé, se jeta brutalement dans les bras d’Andrew.
James, les yeux humides et d’une voix timide : « Reviens vite ! »
Touché par l’émotivité de son frère, Andrew le serra très fort puis il se défit lentement de lui en lui souriant.
Andrew, lui tapotant l’épaule : « T’inquiète pas… Aie confiance en toi et tout se passera bien… Moi, j’ai confiance en toi, mon frère ! »
Emu par la confiance qu’Andrew lui manifestait, James lui sourit puis se mit en retrait afin de laisser sa sœur lui dire au revoir. Andrew embrassa Jane sur la joue puis la prit dans ses bras.
Andrew, dans l’oreille de sa sœur : « Veille bien sur James pendant mon absence. »
Jane, pleurant légèrement : « Je te le promets, grand frère… »
Elle eut du mal à se défaire de lui mais elle se contraint à s’écarter pour qu’il puisse monter dans la voiture.
Jane : « Et surtout fais bien attention à toi… »
Andrew : « Je te le promets ! »
Jane : « … Et ne prends pas de risques inutiles ! »
Andrew, souriant devant les recommandations maternelles de sa sœur : « Je te le promets ! »
Il monta dans sa voiture.
James, avec empressement : « Donne-nous vite de tes nouvelles ! »
Andrew, se pencha à la fenêtre et baissant la tête : « Comme vous voudrez, Monsieur le Comte ! »
En temps normal, James aurait été très fier d’avoir été appelé ainsi. Mais à cet instant, l’angoisse prévalait sur sa fierté. James essaya de ne pas le montrer en le cachant derrière un sourire forcé. Mais Andrew n’était pas dupe et il savait que son départ mettait sur les épaules de son jeune frère une charge très lourde pour son âge. Afin de ne pas augmenter d’avantage l’angoisse du jeune homme, Andrew lui sourit. Puis il lui fit un clin d’œil lorsque la voiture commença à se mouvoir. Il passa sa tête par la fenêtre et leur fit signe de la main. Jane vint se blottir contre son frère et tous les deux répondirent en imitant le geste d’Andrew.
Jane : « Au revoir, Andrew. A bientôt, j’espère ! »
Comme James ne disait rien, elle regarda son frère et vit une petite larme coulée le long sa joue.
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Ne voulant pas l’embarrasser, elle ne lui en fit pas la remarque et regarda le carrosse d’Andrew disparaître derrière la lourde porte d’entrée de la cour du château. |
La voiture d’Andrew fila à toute allure jusqu’au port de Douvres où il s’embarqua pour la France. Il débarqua deux jours plus tard dans le port de Barbeflo puis il traversa le duché de Normandie avant d’entrer dans le duché d’Aquitaine, terre natale de la Reine-Mère. Deux semaines plus tard, il arriva au Palais des ducs d’Aquitaine à Poitiers.
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Much : « Et c’est là que tu as vu la Reine-Mère ? »
Andrew : « Non. »
Robin, surpris : « Non ? »
Andrew : « Quand je suis arrivé au palais, un domestique de la Reine-Mère m’a remis un courrier dans lequel elle m’invitait à patienter quelques jours au palais mais qu’en aucun cas, je devais essayer d’entrer en contact avec elle. »
Will : « Pourquoi a-t-elle fait ça après t’avoir expressément demandé de venir ? »
Robin : « C’était une question de sécurité. Elle sait que son palais fourmille d’espions à la solde du Prince Jean. »
Andrew : « Oui… Et puis elle attendait un autre messager. »
Robin, réfléchissant : « Carter ? »
Celui-ci hocha affirmativement la tête.
Carter : « Elle m’a également fait attendre… Ainsi, on éveillait moins les soupçons si on nous voyait ensemble… Les gens pouvaient se dire qu’on faisait connaissance. »
Andrew : « Mais une nuit, elle nous a réuni dans la salle des pas perdus. »
Robin : « Et c’est là qu’elle vous a parlé de votre mission ? »
Carter : « Oui. »
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Quelques mois plus tôt, dans la salle des pas perdus du Palais des Ducs d’Aquitaine à Poitiers…

La Reine-Mère faisait les cents pas, seule, dans la grande salle lorsqu’elle vit deux hommes s’approcher. D’abord inquiète, elle se détendit lorsqu’elle les reconnut. Il s’agissait de Carter et d’Andrew.
Carter et Andrew, mettant un genou à terre : « Votre Majesté. »
Aliénor : « Allons messieurs, relevez-vous… Point de formalisme ce soir... »
Elle marqua un temps d’arrêt pendant que les deux jeunes hommes se relevèrent.
Aliénor : «… Tout d’abord, veuillez excuser la façon dont je vous ai accueilli à ma cour, messieurs. Mais je me devais d’agir de la sorte afin d’assurer votre propre sécurité… »
Les deux hommes semblèrent intrigués.
Aliénor : «… Ce que je m’apprête à vous révéler devra rester entre nous tout le temps que durera votre mission. Vous ne devrez en aucun cas en divulguer l’objet à quiconque, excepté en cas d’extrême nécessité... Il en va de l’avenir de l’Angleterre. »
Carter : « Vous m’intriguez, Votre Altesse ! »
Aliénor : « Le roi vous a-t-il remis une lettre pour moi ? »
Carter : « Oui, Votre Majesté. »
Carter fouilla sous sa tunique et en retira une lettre qu’il tendit à la Reine-Mère. Celle-ci la parcourut rapidement.
| « Bien… Mon fils et moi-même vous demandons instamment de retrouver… [Elle expira bruyamment] le fils du roi. » | ![]() |
Carter et Andrew en restèrent bouche-bée. Ils se regardèrent l’un et l’autre en pensant n’avoir pas bien entendu. Mais étant donné la consternation que l’un lisait sur le visage de l’autre et réciproquement, ils furent contraints d’admettre qu’ils avaient bien entendu. La Reine-Mère acheva de les convaincre.
Aliénor : « Vous avez bien entendu, messieurs. Il s’agit pour vous de retrouver mon petit-fils. »
Andrew : « Mais Votre Majesté… Comment… Comment est-ce possible ?... Enfin je veux dire, comment se fait-il qu’on… ignorait que le roi avait eu un fils ? »
Aliénor : « Parce que le roi lui-même l’ignorait ! »
Les deux hommes allèrent de surprise en surprise.
Carter : « Je vous demande pardon ? »
Aliénor : « Je ne l’ai appris en réalité qu’il y a quelque mois par la sage-femme qui avait aidé à l’accouchement… Sur son lit de mort, elle m’a révélé que l’enfant avait été échangé à la naissance avec un nourrisson mort-né. »
Andrew : « Mais qui a osé faire une telle chose ? »
Aliénor : « La pauvre femme n’a jamais su son nom… Tout ce qu’elle m’a dit, c’est que cet homme faisait partie de la garde personnelle du Prince Jean et qu’il l’avait menacé de s’en prendre à sa famille si elle ne lui obéissait pas… La malheureuse a dû obtempérer. »
Carter : « Sait-elle où le prince a été emmené ? »
Aliénor : « Malheureusement non… Tout ce qu’elle sait c’est que l’homme qui lui a pris l’enfant l’a remis à un couple dont le mari est maréchal-ferrant et qu’ils ont quitté la France la nuit même pour l’Angleterre. »
Andrew : « Mais où en Angleterre ? »
Aliénor : « Elle l’ignore… Je sais que les indices sont minces mais c’est tout ce que nous avons. »
Carter : « Ne vous en faites pas, Votre Majesté… Je vous jure que nous reviendrons, accompagnés de notre prince. »
Aliénor, souriante : « Je vous remercie et je sais que je peux compter sur votre loyauté. Soyez sûrs que vous en serez largement récompensés. »
Andrew : « Nul besoin de récompense. Nous ne faisons que notre devoir, Votre Majesté. »
Carter : « Et nous devons nous y atteler dès maintenant. »
Aliénor, inquiète : « Non, pas tout de suite… Il ne faudrait pas… [Elle regarda autour d’elle] qu’on associe votre départ à cet entrevu au cas où on nous aurait espionné… Attendez quelques jours et… Si vous ne me faites pas vos adieux, sachez que je n’en porterai pas ombrage. »
Carter : « Compris… Votre Majesté. »
Les deux hommes se courbèrent et quittèrent la salle des pas perdus.
| Aliénor, les regardant s’éloigner : « Bonne chance, messieurs… [Elle souffla] Je vous en supplie, Seigneur, aidez-les à retrouver mon petit-fils ! » | ![]() |
Carter et Andrew retournèrent dans leur quartier. N’étant que de passage, la Reine-Mère s’était arrangée afin que les deux hommes partagent la même chambre.
Andrew, se déshabillant : « Je ne vois pas comment on va pouvoir retrouver le jeune prince. »
Carter, enlevant ses bottes : « La sage-femme a dit que l’homme qui a recueilli l’enfant était maréchal-ferrant. Nous allons donc interroger tous les maréchaux-ferrants de la ville… Ils ne devraient pas y en avoir énormément. »
Andrew, se glissant dans son lit : « Et tu crois que ça va nous menait quelque part ? »
Carter, se dévêtant : « Je ne sais pas… Peut-être que l’un deux se rappellera où est parti l’un de ses confrères… Tu sais… Ils forment tous une puissante corporation… Je suis sûr que l’un d’eux se souviendra de l’histoire d’un homme qui part, sans rien dire, en pleine nuit. »
Les mains derrière la tête, Andrew, regardant le plafond : « Tu as peut-être raison. »
Carter, se mettant au lit : « Bien sûr que j’ai raison… Nous mettrons le temps qu’il faudra mais on le retrouvera. J’en suis convaincu. »
Carter souffla la bougie posée sur la table de chevet entre les deux lits puis se coucha.
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Le lendemain matin, Carter et Andrew arpentèrent les rues de Poitiers…

Carter : « Un domestique du château m’a donné l’adresse d’un maréchal-ferrant pas très loin… Tiens, c’est là-bas. »
Les deux hommes s’approchèrent de l’atelier. Un homme leur tournait le dos, occupé à frapper sur son enclume.
Carter : « Hé l’ami ? »
L’homme se retourna. Carter et Andrew furent déçus. L’homme avait une trentaine d’années. Il était donc trop jeune pour pouvoir les renseigner.
Carter : « Pardonne-moi. Je t’ai pris pour quelqu’un d’autre. »
Le maréchal-ferrant : « Il n’y a pas de mal. »
Puis il se remit au travail. Carter et Andrew reprirent leur route un peu hasard.
Andrew : « Nous devrions demander à quelqu’un l’adresse des autres maréchaux-ferrants. »
Carter : « Tu as raison… [Pointant du doigt]… Essayons cette auberge, le patron devrait pouvoir nous renseigner. »
Les deux hommes s’approchèrent de l’établissement. Ils entrèrent à l’intérieur. Un homme, dans la cinquantaine s’afférait derrière le comptoir.
L’aubergiste : « Bonjour, Messires… Vous désirez une chambre ? »
Andrew : « Non, merci… Vous êtes le patron de cet établissement ? »
L’aubergiste, souriant : « Absolument ! »
Carter : « Vous allez peut-être pouvoir nous renseigner ? »
L’aubergiste : « Si je le peux, ce sera avec plaisir, Messire. »
Carter : « Nous recherchons un maréchal-ferrant. »
L’aubergiste : « Oh, eh bien… vous en avez un justement un peu plus loin dans cette rue. »
Andrew : « Non. Non. Nous désirons voir un maréchal-ferrant plus… »
Carter : « Quel est le plus ancien de la ville ? »
L’aubergiste, un peu surpris, haussa les sourcils.
Andrew : « Oui, nous avons un important travail à lui confier et nous désirons prendre le plus d’expérimenté, vous comprenez ? »
L’aubergiste, reprenant son sourire : « Je vois !... Eh bien dans ce cas, vous devriez aller voir le père Gauthier… Son atelier se trouve derrière l’église. Vous ne pourrez pas le rater. »
Carter : « C’est le plus ancien ? »
L’aubergiste : « Oh oui… Ce vieux bougre était bien là avant tout le monde, croyez-moi ! »
Andrew, souriant : « Nous vous remercions. »
Il prit quelques pièces de sa bourse et les posa sur le comptoir.
L’aubergiste, prenant les pièces : « Non, merci à vous… [Inclinant la tête] Messires. »
Carter et Andrew quittèrent l’auberge et se dirigèrent vers l’église.
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Ils n’eurent en effet aucun mal à trouver l’atelier du père Gauthier. |
A l’instar de son confrère plus jeune, celui-ci frappait son enclume mais face à la rue. Quand il vit s’approcher les deux hommes, il cessa son travail et s’essuya les mains sur son tablier.
Le maréchal-ferrant, soupçonneux : « Que désirez-vous ? »
Andrew, avec un grand sourire : « Vous êtes monsieur Gauthier ? »
Le maréchal-ferrant, méfiant : « Ça se pourrait ?... Que lui voulez-vous ? »
Carter : « Nous désirons simplement lui parler. »
Gauthier : « Lui parler de quoi ? »
Carter : « Eh bien… Nous lui dirons nous-même quand nous le verrons. »
Gauthier : « Eh bien… C’est moi. »
Andrew : « Voilà, nous avons besoin d’un renseignement. »
Gauthier : « Un renseignement ?... À propos de quoi ? »
Carter : « Nous recherchons un maréchal-ferrant qui a travaillé dans cette ville il y a dix-huit ans environ. »
Gauthier : « Il y a dix-huit ans ?... C’est qu’il y en a eu du monde qui a travaillé ici en dix-huit ans ! »
Andrew : « On nous a dit que vous étiez le plus ancien maréchal-ferrant de la ville. »
Gauthier, avec fierté : « C’est exact, Messire… Et je compte le rester jusqu’à ma mort ! »
Andrew et Carter se regardèrent en essayant de ne pas rire.
Gauthier : « Quel est le nom de l’homme que vous recherchez ? »
Carter : « Nous l’ignorons. »
Gauthier, se moquant : « Alors comment voulez-vous le retrouver dans ce cas ? Autant chercher une aiguille dans une botte de foin. »
Andrew, dans sa tête : « Il n’a pas tort. »
Carter : « Le maréchal-ferrant que nous recherchons a dû quitter précipitamment la ville… en pleine nuit. »
Gauthier perdit instantanément le sourire. Carter et Andrew surent alors qu’ils avaient frappé à la bonne porte.
Carter : « Vous savez de qui nous parlons, n’est-ce pas ? »
Gauthier : « Euh… Peut-être mais que vous lui voulez-vous ? »
Andrew : « Ne vous inquiétez pas, nous ne lui voulons aucun mal. Nous désirons simplement lui poser quelques questions. »
Gauthier : « A quel sujet ? »
| « Cela ne vous concerne pas ! » | ![]() |
Gauthier avisa les deux hommes. Etant l’ami de l’homme qu’ils recherchaient, le vieil homme se demandait s’il était bien sage de satisfaire leur curiosité.
Andrew : « Nous voulons simplement savoir ce qu’il est devenu. »
Gauthier : « J’en sais rien du tout. »
Carter : « Vous le connaissiez, alors ? »
Gauthier : « Oui. Il a travaillé ici avec moi pendant quelque temps et puis un jour, il n’est plus venu. »
Andrew : « Comme ça ? Du jour au lendemain ? »
Gauthier : « Oui. »
Carter : « C’était quand ? »
Gauthier, réfléchissant : « C’était il y a très longtemps… environ dix-huit ans. »
Andrew : « Et vous n’avez jamais eu de ses nouvelles ? »
Gauthier : « Non, jamais. Ni de lui ni de sa femme. Je suis bien allé chez lui mais il n’y avait plus rien. »
Andrew : « Il était marié ? »
Gauthier : « Oui mais… son couple n’allait pas bien parce qu’ils n’avaient toujours pas d’enfant pourtant il adorait sa femme … Et ça le minait… Certains pensent qu’il a tué sa femme et s’est enfui mais je suis sûr que c’est faux ! »
Andrew : « Nous le pensons également. »
Gauthier : « C’est vrai ?... Bah en tout cas, je n’ai jamais plus entendu parler de lui. Je pense qu’il a dû s’établir ailleurs pour ouvrir son propre atelier. Je sais qu’il voulait être son propre patron et, dans un sens, je peux le comprendre. »
Andrew : « Vous ne savez pas où il a bien pu aller ? »
Gauthier, hésitant : « Bah… Euh… Je sais pas… Peut-être qu’il est retourné auprès de sa famille. »
Andrew : « Et sa famille ? Elle vit ici ? En France ? »
Gauthier : « Non… Vous savez… Je l’aimais bien le bougre bien qu’il soit anglais… C’était un honnête homme. »
Andrew, le pressant : « Je n’en doute pas. Et vous savez où demeure sa famille en Angleterre ? »
Gauthier : « Non… Oh il a dû me le dire un jour mais je n’ai pas bien retenu le nom… C’est trop compliqué… Vous autres les anglais, vous parlez bizarrement ! »
Andrew, lui souriant : « Oui. Je vous l’accorde. »
Carter et Andrew semblèrent déçus. Ils avaient une piste : L’Angleterre mais c’était plutôt vaste.
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« L’ANGLETTERRE ?... Mais ça prendra des années pour le retrouver ! » |
Robin, sur un ton de reproche : « Much ! »
Much, se défendant : « Ben quoi ?... C’est vrai ? »
Andrew : « Mais nous avons eu une indication… »
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Dans l’atelier du père Gauthier à Poitiers…

Gauthier : « Mais si vous voulez en savoir plus, vous pouvez demander à son propriétaire… Sa femme et lui avaient loué une petite maison à la sortie de la ville. »
Andrew, reprenant espoir : « Et où on peut le trouver ? »
Gauthier : « Oh c’est facile… C’est la petite boucherie sur votre droite à la sortie de la ville. Demander le patron… Il s’en rappelle le bougre ! Al est parti sans le payer et radin comme il est… ! »
Carter, l’interrompant : « Al ? »
Gauthier, avec regret : « C’est le nom de l’homme que vous recherchez, Alfred ! »
Andrew : « Alfred comment ? »
Gauthier : « Oh euh c’est un nom comme ‟Samson″… Je n’ai jamais pu le prononcer… D’ailleurs, je l’appelais toujours Al… Pas besoin de connaître son nom de famille. »
Andrew : « Ça fait rien… Son propriétaire le saura peut-être. »
Gauthier, souriant : « Je pense bien ! »
Puis le maréchal-ferrant leur indiqua le chemin à suivre pour aller voir le boucher. Les deux hommes se remirent en route, heureux d’avoir trouvé une bonne piste.
Carter : « Bon au moins on sait qu’il s’appelle Alfred et qu’il est reparti pour l’Angleterre. Tiens… C’est là. »
Andrew : « Oui, c’est déjà ça ! Mais il faudrait savoir où il a pu se rendre en Angleterre. Cela réduirait grandement nos recherches ! »
Carter : « Peut-être que le patron pourra nous renseigner. »
Andrew se retourna soudain et inspecta la foule.
Carter, se retournant à son tour : « Qu’y-a-t-il ? »
Andrew : « J’ai comme une impression bizarre… Comme si on nous suivait. »
Les deux hommes attendirent quelques minutes et scrutèrent la foule qui s’affairait à ses tâches quotidiennes.
Carter, la main sur la poignée de la porte d’entrée : « Tu te fais des idées !... Il y a personne. »
Puis il entra.
Andrew, regardant la foule : « Non, je ne crois pas. »
Il suivit Carter à l’intérieur de la boutique. Mais Andrew ne se trompait pas. Un homme, caché derrière un pilier d’une maison monté sur pilotis, marcha le plus discrètement possible sur les traces de Carter et Andrew. Il vint à s’appuyer sur la devanture de la boucherie afin d’entendre la conversation qui commençait à l’intérieur.
Carter : « Pardonnez-moi. Vous êtes le patron ? »
Le boucher : « Oui, Messire. Qu’est-ce que je vous sers ? »
Andrew : « Rien, merci… C’est Messire Gauthier qui nous envoie vers vous. »
Le boucher : « Ah et qu’est-ce que ce vieux fou a-t-il bien pu vous raconter ? »
Andrew, souriant : « Il nous a simplement parlé d’un certain Alfred que vous auriez connu. »
Le boucher ne comprit pas.
Andrew : « Il parait que vous lui aviez loué une petite maison à lui et à sa femme, il y a dix-huit ans environ. Vous vous souvenez ? »
Le boucher, levant les bras au ciel : « Oh !!! Ce gredin… Si je m’en souviens… Et comment ! Ce filou est parti du jour au lendemain sans payer son dû… Un peu que je m’en souviens… Pourquoi ? C’est un ami à vous ? »
Andrew : « Non… Mais nous le recherchons. »
Le boucher : « Pourquoi ?... A vous aussi, il vous doit de l’argent ? »
Carter : « Non mais il a quelque chose que nous voulons récupérer. »
Andrew : « Savez-vous où il est parti ? »
Le boucher : « Non puisque je viens de vous dire qu’il est parti en pleine nuit sans payer ! »
Andrew : « Savez-vous s’il avait de la famille en Angleterre ? »
Le boucher : « Pour sûr qu’il en avait. Il venait de là-bas… J’aurais jamais dû louer à un anglais… On ne peut pas leur faire confiance. »
Andrew et Carter ne s’offensèrent des remarques de leur interlocuteur.
Andrew : « Où exactement ? »
Le boucher : « Lui était de Londres je crois. »
Carter : « Vous croyez ? »
Le boucher : « Euh… ou peut-être bien de la région de Londres… J’sais plus… ça fait un sacré bout de temps. En tout cas, il m’a parlé plusieurs fois de Londres. »
Andrew, un peu déçu : « [regardant Carter] Je vois… [Regardant le boucher] Et sa femme ? »
Le boucher : « Oh dite… Vous m’en demandez beaucoup là ! »
Andrew : « Je vous en prie… Faites un effort ! »
Le boucher : « Attendez-voir… Je vais demander à ma moitié. Elle a parlé plus souvent avec sa femme que moi… [A son épouse se trouvant dans l’arrière boutique]… Madeleine ! Viens donc par là, j’ai quelqu’chose à te demander ! »
Sa femme arriva plutôt inquiète.
Andrew : « Bonjour, Madame. »
Carter la salua de la tête.
Madeleine : « Bonjour, Messires. »
Le boucher : « Dis-moi tu te souviens d’Alfred à qui j’avais loué la petite maison au coin de la rue ? »
Madeleine, regardant son mari : « Oh oui ! »
Le boucher : « Eh bien… Ses messieurs veulent savoir d’où que la femme d’Alfred était originaire. »
Madeleine : « Oh ! C’est que ça remonte à si longtemps ! »
Andrew, gentiment : « Nous le savons mais si vous pouviez nous fournir ne serait-ce qu’une indication. Ce serait grandement apprécié… Rassurez-vous nous souhaitons simplement leur parler… C’est très important. »
Le boucher : « Tu te souviens de ça ?... Elle t’en a déjà parlé pendant vos causeries ou pas ? »
Madeleine, réfléchissant : « Euh oui je crois… Euh… Elle était de… de Ma… Man… Mancheteur. »
Carter, avec espoir : « Manchester ? »
Madeleine : « Oui c’est ça ! »
Andrew : « Et son nom de famille ?... Vous vous en rappelez ? »
Le boucher, répondant à la place de sa femme : « Pour sûr !... Il s’appelait Alfred Sawnson… J’suis pas prêt d’oublier le nom de ce gredin d’anglais… Qu’il revienne par ici celui-là et il aura affaire à moi. »
Andrew, lui souriant : « Je vous remercie pour tous ces renseignements. »
Comme il l’avait fait pour l’aubergiste, il déposa quelques pièces sur le comptoir.
Le boucher, prenant les pièces : « Oh merci à vous, Messire… Je vais peut-être changé d’avis à propos des anglais… Après tout, tous ne sont peut-être pas de fieffés filous. »
Andrew et Carter quittèrent la petite boucherie et se dirigèrent vers le palais.
Andrew : « Eh bien maintenant, nous voilà bien renseigner ! »
Carter : « Oui, il s’appelle Alfred Swanson et si on ne se trompe pas, il est reparti soit pour Londres soit pour Manchester. »
Andrew : « De toute façon, nous n’avons pas de meilleurs pistes. »
Carter : « Donc nous devons retourner en Angleterre. »
Andrew : « Et au plus vite. »
Carter : « Mais n’oublie pas ce que nous a dit la Reine-Mère. Il ne faudrait pas éveiller les soupçons des espions du Prince Jean. »
Andrew, regardant attentivement autour de lui : « Oui, c’est vrai. Dans ce cas, je te propose qu’on parte séparément et pas le même jour. »
Carter : « Tu as raison. »
Andrew : « Je partirai le premier dans deux jours. Toi, tu partiras trois jours plus tard et on se rejoint à l’auberge du port de Barbeflo. J’arrangerai notre voyage en t’attendant. »
Carter : « Bonne idée. »
Les deux hommes reprirent la direction du château.
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Deux jours plus tard au Palais des Ducs d’Aquitaine…

La Reine-Mère organisait une fête dans la salle des pas perdus. Toute la cour y assista. Au menu : Danses, jeux, poésie et discussions avec les plus grands artistes de l’époque. Le tout devant se terminait par un repas aux chandelles dans les magnifiques jardins.
A la nuit tombée, la fête se poursuivit donc à l’extérieur. La Reine-Mère sortit du Palais avec ses dames de compagnies dans le jardin intérieur dans lequel sera servi le repas quelques instants plus tard. Mais pour le moment, les musiciens s’étaient installés et commençaient à jouer afin de divertir les participants avant la collation du soir.
Une voix masculine, derrière la Reine-Mère : « Votre Altesse veut-elle bien m’accorder cette danse ? »
Aliénor se retourna et se retrouva face à Carter.
Aliénor, se rafraîchissant avec son éventail : « Mais avec plaisir. »
Elle tendit la main que Carter prit délicatement puis les danseurs se dirigèrent au centre de la piste improvisée. En silence, ils débutèrent leur danse seuls au milieu des convives. Aliénor ne s’adressa à son cavalier que lorsque les courtisans se mirent à danser eux-aussi.
Aliénor : « Vous êtes un bon danseur, Messire Carter. »
Carter, lui souriant : « Je vous remercie, Votre Altesse. »
Aliénor, regardant furtivement autour d’elle et baissant le ton de sa voix : « Je vois que le Comte de Kent n’est pas avec vous. »
Carter, faisant de même : « Il est parti ce matin pour l’Angleterre. »
Aliénor : « L’Angleterre ? »
Carter : « Oui, nous avons une piste. Il semblerait que le prin… »
Aliénor : « Chut !... Vous êtes fou pas ici ! »
Carter : « Oh ! Pardonnez-moi… Je voulais dire qu’il semblerait que la personne que vous recherchez se trouve présentement à Londres… ou à Manchester. »
La Reine-mère ne fut par surprise qu’une des pistes mène à Londres puisque c’était la ville la plus importante du pays. Il y avait donc une forte probabilité d’y retrouver le jeune prince. En revanche, la seconde piste l’interpella.
Aliénor, surprise et ravie : « Manchester ? »
Carter : « Oui. Andrew de Kent est déjà en route pour Barbeflo. Je m’y rendrai à mon tour dans trois jours. »
Aliénor : « Fort bien… Dans ce cas, il nous faudra éviter tout contact jusqu’à votre départ… Mieux vaut être trop prudents que pas assez. »
Carter : « Comme il vous plaira, Votre Altesse. »
Aliénor, comme pour se convaincre : « Manchester ?... C’est tout près de Nottingham, n’est-ce pas ? »
Carter : « En effet. »
La Reine-Mère se souvint alors d’un pénible souvenir avec le shérif de cette ville. Celui-ci avait voulu l’enlever pour le compte de son plus jeune fils, le Prince Jean.
*******
Un an plus tôt à l’église de Barnsdale, en Angleterre…
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Aliénor faisait la connaissance des célèbres hors-la-loi de Sherwood en particulier de Petit Jean lorsque deux flèches tirées par les mercenaires du shérif se plantent tout près d’elle.
| Legrand, couvrant Aliénor : « Derrière moi, Majesté ! » | ![]() |
Il offre à la Reine la protection de son corps. Petit Jean vient aussitôt se placer à ses côtés tandis que les compagnons d'armes de Legrand referment la porte.
Robin, armant son arc : « Il est temps de filer ! »
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Djaq, désignant la porte : « La seule issue, c’est celle-là ! » |
Much : « Et c’est reparti ! »
Les hors-la-loi se regroupent et se placent entre la Reine-Mère et la porte que les mercenaires tentent d’enfoncer.
Aliénor : « Des dispositions ont été prises pour parer à toutes les éventualités ! »
| Elle désigne, à ses pieds, une trappe munie de deux anneaux insérés dans la pierre. | ![]() |
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Aliénor, baisant la tête : « Ceci mène directement dans la forêt de Barnsdale. » |
Alors que des cris retentissent à l'extérieur, elle désigne Petit Jean.
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Aliénor : « Pourquoi pas vous, hein ?... A vous l’honneur ! Vous… Bel ours brun ! » |
| Petit Jean, maugréant : « Bel ours brun ? » | ![]() |
Il obéit cependant à la Reine-Mère tandis que dans le corridor, le Shérif rejoint les mercenaires qui s'acharnent toujours sur la porte close.
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Le shérif : « Arrêtez de cogner, bande de gougnafiers ! » |
A l’intérieur, alors que Petit Jean se penche pour ouvrir la trappe, la Reine-Mère le gratifie d'une tape sur les fesses.
| Outré, il se redresse et lui lance un regard noir tandis qu'elle affiche un air innocent. | ![]() |
Robin encoche une flèche et pointe son arc vers l'entrée.
Le shérif, de l’extérieur : « Il n’y a pas d’issue !... Mes hommes sont partout dans la forêt. »
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S'emparant chacun d'un anneau, Legrand et Petit Jean soulèvent la lourde trappe en pierre qui fermait l'accès à leur issue de secours. |
Robin : « Vous arrivez trop tard, shérif. Le trésor est à nous ! »
Vaizey s'avance vers la porte et regarde à travers le judas. Il découvre avec stupéfaction la Reine-Mère Aliénor, debout dans la pièce.
| « Oh ! Voilà donc ce trésor national ! » | ![]() |
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Aliénor, avec autorité : « Qui est cet homme ? » |
Le shérif : « Shérif de Nottingham !... Très jolie robe ! Il faut venir avec moi ! »
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Robin, le menaçant toujours de son arc : « Pourquoi ? Pour la retenir en otage dans votre donjon ? N’y comptez pas trop ! » |
| Le shérif, s’énervant et montrant du doigt Robin : « CET HOMME… EST UN ENNEMI JURE DE L’ETAT ! Et en particulier de votre fils, le Prince Jean. » | ![]() |
| Aliénor : « Hélas… {Regardant les hors-la-loi] on peut choisir ses amis mais… [Regardant le shérif] pas sa famille. Vous et Jean êtes bien assortis ! » | ![]() |
| « Oh !... Dans ce cas… Hélas ! Vous ne quitterez pas l’Angleterre vivante ! » | ![]() |
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« Est-ce que vous êtes toujours aussi grossier ou vous faites un effort particulier pour moi ? » |