HypnoFanfics

A la recherche du Prince

Série : Robin Hood
Création : 12.10.2015 à 09h10
Auteur : byoann 
Statut : Terminée

« Il s’agit de la suite de l’épisode « Face à son passé ». Cet EV comporte 26 chapitres. J’écris seul merci. »

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Sans attendre sa réponse, elle s'assoie au bord de la trappe et s'apprête à descendre dans le souterrain.
« Oh, vous n’en avez pas encore vu la moitié ! »

 

 

 

 

 

Un des hommes de Legrand referme alors brusquement le judas à la barbe du shérif.

Le shérif : « Oh !... OUVREZ CETTE PORTE ! »

Robin se retourne vers ses compagnons tandis que la Reine-Mère descend dans les bras de Petit Jean.

« Allez vite… On y va ! »

 

 

 

 

 

Le shérif tambourine à la porte pendant que Petit Jean aide la Reine-Mère à descendre dans le souterrain. Elle n'hésite pas à se plaquer contre son « bel ours brun » et à lui lancer son regard le plus aguicheur.

Aliénor : « Oh quels bras puissants vous avez ! »

Le shérif, tambourinant à la porte : « AH !... OUVREZ CETTE PORTE ! HE !... OUVREZ CETTE PORTE ! »

*******

Dans les jardins du Palais des Ducs d’Aquitaine…

Aliénor, sortant de sa rêverie et arborant un sourire espiègle : « Mais aussi de Sherwood, non ? »

Carter, souriant : « Oui… Et nous y avons un allié de poids. »

Aliénor, sachant de qui il voulait parler : « Par conséquent, si d’aventure, votre première piste ne se révèle pas la bonne, il serait donc judicieux de recourir à toute l’aide que l’on voudra bien vous apporter. »

Elle insista sur les derniers mots de sa phrase. Carter comprit alors le sous-entendu de la Reine-Mère. En clair, elle l’autorisait à demander de l’aide à Robin et à ses compagnons si la piste les conduisait à Manchester. La musique cessa. Carter se courba devant elle pour prendre congé.

Aliénor, tout haut : « Je vous remercie pour cette danse, Messire Carter. »

Carter : « Tout le plaisir a été pour moi, Votre Altesse. »

Ils se séparèrent et allèrent chacun de leur côté. La Reine-Mère entama une conversation avec l’une de ses dames de compagnie tandis que Carter s’approcha de la table des rafraîchissements. Il aurait bien voulu quitter immédiatement la fête mais cela aurait paru trop suspect aux yeux des hommes du Prince Jean, qui, et il en était certain, les espionnaient à l’instant même.

Il resta encore pendant deux jours s’occupant comme il pouvait. Puis le matin suivant, il quitta enfin le Palais des Ducs d’Aquitaine.

Aliénor, à sa fenêtre, regardant le jeune homme partir : « Retrouvez mon petit-fils… Je vous en supplie. »


byoann  (03.12.2015 à 09:25)

CHAPITRE IX

« JE RETOURNE CHEZ MOI A MAIDSTONE. »

 

uelques jours plus tard, devant l’auberge de Barbeflo…

Andrew aperçut Carter arrivant à cheval. Il vint à sa rencontre. Carter descendit de sa monture. Heureux de se retrouver, les deux hommes se serrèrent l’un contre l’autre pour se saluer.

Andrew, souriant : « Bienvenue, mon ami. Tu n’as pas eu d’ennuis pendant ton voyage ? »

Carter : « Non… Et toi ?... Tout se passe bien ? »

Andrew, faisant entrer son ami à l’intérieur : « Non, tout s’est bien passé… »

Une fois qu’ils furent dans la chambre qu’Andrew avait louée pour lui et Carter, le fils du Comte de Kent lui expliqua la suite des évènements.

Andrew : «… J’ai tout préparé… Je me suis arrangé avec un capitaine de bateau… Il peut nous prendre à son bord moyennant finance évidemment. »

Carter, déballant ses affaires : « Parfait… Quand partons-nous ? »

Andrew : « Demain soir à la marée… Allez viens… En attendant, je t’offre le dîner… Tu dois mourir de faim après cette longue chevauchée. »

Carter : « En effet, j’ai une faim de loup ! »

Après que Carter ait fini de ranger ses affaires, les deux amis sortirent de leur chambre et s’installèrent dans la grande salle de l’auberge afin de se restaurer. Il y avait déjà quelques clients attablés dont certains étaient très remuants. Trois hommes se tenaient au comptoir dont un semblait particulièrement intéressé par nos deux compères. Mais ni Andrew ni Carter ne semblèrent s’en apercevoir. Le patron de l’auberge leur servit à boire en attendant que leur repas soit servi.

Andrew, trinquant avec Carter : « A notre mission ! »

Carter : « Puisse-t-elle être couronnée de succès ! »

Soudain, un client enivré vint les interrompre.

L’ivrogne : « Hé… Vous deux… Je peux trinquer avec vous ? »

Andrew, poliment : « Non, je ne crois pas. »

L’ivrogne : « Hé !... Pourquoi ça ?... Parce que j’suis pas anglais ? Hein, c’est ça ? »

Andrew : « Non, absolument pas. »

L’ivrogne : « Eh puis d’abord… Vous trinquez à quoi ?... Hein ? À vot’ roi qui passe plus de temps en dehors de son pays qu’en d’dans… [Au reste des clients] Hé. Hé. A croire qu’il déteste les anglais ! »

Les clients rirent.

Andrew, se relevant : « Faites attention à vos paroles, Monsieur ! »

Carter : « Doucement, Andrew. Tu vois bien qu’il est ivre. »

L’ivrogne à Carter : « Hé !... J’suis peut-être ivre mais je sais à qui je m’adresse… [Aux autres] Et vous autres ?... Vous trouvez pas que ça put l’anglais, par ici ? »

Un des clients : « Ouais, t’as raison ! »

Un des hommes du bar vint s’interposer.

L’homme : « ça suffit, Bertrand… Arrête d’embêter ces honnêtes voyageurs. »

L’ivrogne : « Hé… De toute façon, t’es toujours du côté de ses sales anglais ! »

L’homme, tendant de le prendre par le bras : « Bon, ça suffit ! Va cuver ailleurs ! »

L’ivrogne, se dégageant violemment : « Ne me touche pas… Sale bâtard… Et vous savez quoi vous autres ?… Si monsieur aime tant les anglais c’est parce que sa mère s’est faite engrossée par l’un de ses pouilleux d’anglais. »

L’homme, perdant patience : « Sors d’ici ! »

L’ivrogne, se redressant mais titubant : « Ne me touche pas, sale bâtard ! »

Il tenta de lui donner un coup de poing mais l’homme l’évita, l’attrapa par le bras et le planqua contre la table d’Andrew et Carter.

L’homme : « Allez maintenant file avant que je ne m’énerve ! »

Il relâcha l’ivrogne qui se retourna pour lui faire face. Il le regarda de la tête au pied en titubant. Il aurait voulu lui tenir tête mais il ne se sentit pas de taille. Il préféra renoncer.

L’ivrogne : « Allez, venez les gars… Il vaut mieux laisser les anglais entre eux. »

Il sortit de l’auberge.

Andrew, à leur sauveur : « Je te remercie, l’ami. »

L’homme : « Il n’y a pas de quoi… C’est un pauvre gars… Il n’est pas bien méchant. »

Carter : « Viens t’assoir et laisse nous t’offrir un verre pour te remercier. »

L’homme accepta et s’assit à leur table.

Andrew, se rasseyant : « Tu t’appelles comment ? »

L’homme : « Bernard. »

Andrew : « Enchanté, Bernard. Moi, c’est Andrew et lui, c’est Carter. »

Bernard : « Vous êtes anglais ? »

Andrew : « Oui. »

Bernard : « Qu’est-ce qui vous amène dans notre petite ville de Barbeflo ? »

Carter : « Nous rentrons chez nous. »

L’aubergiste apporta un autre verre pour leur invité.

Bernard : « Dans ce cas, trinquons à votre retour ! »

Andrew : « A notre chez nous ! »

Les trois hommes trinquèrent puis burent une gorgée de leur verre.

Bernard : « Et vous partez quand ? »

Andrew trouva que leur nouvel ami se montrait très curieux.

Carter : « Dans quelques jours. »

Bernard : « Nous serons peut-être amenés à nous revoir ? »

Carter : « Sûrement. »

Andrew et Carter échangèrent un regard entendu. Chacun comprit que l’autre trouvait aussi leur sauveur un peu trop curieux.

Bernard : « Et vous veniez d’où avant d’arriver à Barbeflo ? »

Andrew : « De Terre sainte ! »

Carter : « Nous avons été démobilisé et nous avons eu l’autorisation de rentrer chez nous. »

Bernard : « Hein. Hein. »

Andrew et Carter comprirent alors que Bernard était sûrement un espion à la solde du Prince Jean et qu’ils cherchaient à en savoir plus sur eux et sur leur mission.

Carter : « Et toi que fais-tu dans la vie ? »

Bernard : « Oh je suis… marin… marin sur un bateau de pêche. D’ailleurs, j’embarque bientôt. »

Carter : « Ça doit être intéressant comme métier. »

Bernard, un peu mal à l’aise : « Très… Oui… Mais beaucoup moins que de servir dans l’armée du Roi Richard, non ? »

Andrew : « C’est… différent. »

Il était clair que Bernard cherchait à changer de sujet. Le repas arriva. Mais au lieu de s’éclipser, Bernard s’invita à leur table. Ces derniers ne l’empêchèrent pas mais pendant tout le repas, ils restèrent sur leur garde afin de ne pas révéler, par inadvertance, une information capitale sur le but de leur mission.

Much : « A mon avis, ce Bernard était un espion. »

Allan, provoquant : « Non, tu crois ? »

Andrew : « C’est ce que nous en avons déduit aussi. »

Carter : « Car il nous a pas lâché comme ça ! »

« Ne me dis pas qu’il vous a suivi jusqu’au bateau ? »
« Encore mieux… Il a pris un autre bateau pour l’Angleterre. »

Much : « Mais comment a-t-il su dans quel port vous alliez accoster ? »

Andrew : « Il a dû m’espionner pendant que je préparais le voyage. »

Carter : « Toujours est-il que nous l’avons retrouvé à Douvres. »

Much : « Mais il a aussi dit qu’il était marin, non ? »

Carter : « Oui, c’est vrai mais les bateaux de pêche ne traversent pas la Manche. Nous n’avons pas embarqué sur un bateau de pêche mais sur un navire de commerce… »

Dans le port de Barbeflo quelques jours plus tôt…

Sur les quais, les hommes d’équipage chargèrent sur leur dos des caisses et des sacs qui avait été entreposés sur le port afin qu’ils soient rapportés en Angleterre. Un peu plus loin, Bernard replaça correctement la toile servant à protéger de la pluie une autre cargaison qui attendait d’être chargée sur un bateau puis il se joignit aux hommes d’équipage. Pendant ce temps, une légère bise souleva légèrement la toile et dévoila les jambes d’un homme couché sur le ventre entre les caisses. Bernard prit l’un des sacs sur son épaule, monta sur le bateau et passa devant le second du capitaine.

Le second : « Hé toi ?... Je ne te connais pas ! »

Bernard : « Je remplace Anselme… Il est malade. »

Le second : « Ah bon très bien. »

Il lui ordonna d’avancer. Bernard continua et descendit dans la cale pour déposer son fardeau. Pendant ce temps, Andrew et Carter discutèrent avec le capitaine.

Carter : « Dans combien de temps partons-nous ? »

Le capitaine : « D’ici une vingtaine de minutes, Messires. »

Carter : « Très bien. »

Le capitaine prit congé et rejoignit son second afin de voir où en était le chargement.

Andrew à Carter : « T’en fais pas… Dans deux jours, nous arrivons à Douvres. »

Carter, tourné vers la mer : « Oui mais ensuite il nous faudra au moins une semaine pour atteindre Londres et là… Comment ferons-nous pour le retrouver ? »

Andrew, pensif : « S’il y est encore ! »


byoann  (07.12.2015 à 09:05)

Vingt minutes plus tard…

Le capitaine : « LEVEZ L’ANCRE ! »

Les deux hommes se retournèrent et constatèrent que c’était le départ. Les hommes d’équipage courraient dans tous les sens puis le bateau se mit en branle vers le large : Direction l’Angleterre.

Deux jours plus tard, en fin d’après-midi, dans le port de Douvres…

Le bateau arriva en vue du port de Douvres. Andrew fut ravi de retrouver sa terre natale car cela faisait maintenant plusieurs mois qu’il en était parti. Le bateau accosta et Andrew et Carter en descendirent.

Carter : « Comment fait-on pour nous rendre à Londres ?... On loue deux chevaux ? »

Andrew : « Non. Trop risqué… Je te propose de passer chez moi. »

Carter : « A Maidstone ? »

Andrew : « Oui. Nous emprunterons alors des chevaux à mon père. Ainsi cela évitera qu’on nous questionne quant à notre véritable destination. »

Carter : « D’accord… Tu as raison. C’est plus sûr. »

Andrew : « Occupons-nous d’abord de notre logement. Nous louerons des chevaux après. »

Carter : « Je te suis. »

Les deux hommes quittèrent le quai. Ils ne virent pas Bernard descendre du bateau après eux avec un sac sur l’épaule. Il déposa son fardeau sur le quai avec les autres sacs puis suivit les deux envoyés de la Reine-Mère. Andrew et Carter ne surent jamais qu’il avait pris le même bateau qu’eux. Sur le navire, il avait pris bien soin de ne jamais se retrouver en leur présence. Bernard les suivit à travers la ville. Il s’arrêta lorsqu’il aperçut les deux hommes entrer dans une auberge. Certain qu’ils y passeraient la nuit, le marin repartit vers le port et se dirigea vers les quartiers mal famés de la ville. Il retrouva dans une auberge dont il avait eu l’adresse par l’un de ses collègues espion au service du Prince Jean un autre sycophante qui l’attendait.

Bernard, s’approchant prudemment d’un homme attablé : « Edwin ? »

L’homme relevant la tête : « Oui ? »

Bernard lui tendit un petit morceau de parchemin. Edwin en fit autant.

Sur l’un et l’autre document se trouvait la marque des chevaliers noirs.

Rassuré, Bernard s’assit.

Bernard, se penchant vers Edwin : « Ils sont arrivés à Douvres. »

Edwin, se penchant vers Bernard : « Où ? »

Bernard : « A l’auberge près des quais. »

Edwin : « As-tu réussi à savoir où ils comptent se rendre ? »

Bernard : « Non. Malheureusement, ils ne sont pas très bavards. »

Edwin, mécontent : « Tu dois impérativement le découvrir. »

Bernard : « Mais comment veux-tu que je fasse ?... Et puis… Je pense qu’ils se doutent de quelque chose à mon sujet. »

Edwin, ennuyé : « Ah bon ?… [Bernard acquiesça de la tête] Dans ce cas, je vais prendre le relais. »

Sans dire un mot de plus, il se leva et sortit de l’auberge. Bernard, voyant qu’il ne pourrait rien faire de plus, décida de repartir pour la France.

Bernard, à lui-même : « Après tout, j’ai fait mon travail ! » 

Il aperçut le verre de son interlocuteur. Il le prit et but tout son contenu. Il se leva et quitta à son tour l’auberge. Mais au détour d’une rue, il tomba nez à nez avec Carter et Andrew.

Carter, surpris : « Bernard ?... Mais que fais-tu ici ? »

Bernard, mal à l’aise : « Euh… Je… Je débarque à peine. »

Andrew : « Je croyais que tu étais marin sur un bateau de pêche ? »

Bernard : « Euh oui… Mais… Mais j’ai dû remplacer un ami au pied levé… Il devait embarquer sur un navire de commerce et il a eu un empêchement… Alors je lui ai rendu ce service… Et puis il m’a promis de partager ses gages… Et pis dites… Marin sur un navire de commerce rapporte plus que matelot sur un bateau de pêche, pas vrai ? »

Carter, souriant : « Je veux bien te croire. »

Bernard : « Et vous que faites-vous à Douvres ? »

Andrew : « Nous nous promenons avant le souper. »

Bernard, ne les croyant pas : « Ah... Eh bien… Bonne promenade, alors. Je dois retourner sur les quais. Nous levons l’ancre à marée montante… Adieu, mes amis. »

Carter, regardant Bernard s’éloigner : « Adieu ! »

Andrew, le regardant disparaître parmi les passants du soir : « C’est ça… Tu crois qu’il sait où nous allons ? »

Carter : « J’espère que non… Bon, il est où ton maréchal-ferrant ? »

Andrew : « Par là-bas ! »

Il pointa du doigt une route qui bifurquait sur la droite. Quelques minutes plus tard, ils entamèrent la discussion avec l’artisan.

Andrew : « Nous voulons louer des chevaux. »

Le maréchal-ferrant : « Euh oui… Pour combien de temps ? »

Andrew : « Pour une semaine. »

Le maréchal-ferrant : « Une semaine ? Et vous allez où ? »

Andrew : « Je retourne chez moi à Maidstone. Je suis le fils du Comte de Kent. Deux de nos gardes vous les ramèneront. Soyez rassuré. »

Le maréchal-ferrant : « Dans ce cas, cela fera cinq couronnes. »

Carter, sifflant : « C’est pas donné ! »

Le maréchal-ferrant : « Ah mais c’est que mes chevaux sont d’excellentes qualités… Cela se paye, Messire. »

Andrew, versant la somme sur la table : « Tenez ! Nous viendrons les prendre demain matin au lever du jour. »

Le maréchal-ferrant, prenant l’argent : « Bien, Messire. Ils seront prêts. »

Andrew se retourna et son regard fut attiré par un mouvement rapide à la fenêtre. Il courut à la porte et, une fois dehors, il scruta la rue qui peu à peu se vidait.

Carter, venant à ses côtés : « Qu’est-ce que tu as vu ? »

Andrew : « Rien… J’ai simplement cru que quelqu’un nous espionnait. »

Carter : « Tu penses à Bernard ? »

Andrew : « Peut-être. »

Carter, scrutant lui-aussi les environs : « Allez viens... Rentrons à l’auberge. »

Les deux hommes rentrèrent à l’auberge où ils étaient descendus. Afin de ne pas se faire remarquer, ils décidèrent de prendre leur repas dans leur chambre. Ils en avisèrent l’aubergiste qui en fut tout étonné car cela ne se faisait habituellement pas. Andrew dut encore une fois mettre la main à la poche pour qu’il accepte. Les envoyés de la Reine-Mère mangèrent leur repas puis se couchèrent tôt car ils devaient se lever aux aurores le lendemain.

Le matin suivant, Andrew et Carter se présentèrent chez le maréchal-ferrant. Celui-ci avait bien préparé les chevaux. Ils montèrent sur leurs montures et filèrent en direction de Maidstone.

Trois jours plus tard, en fin d’après-midi…

Ils arrivèrent aux portes de la ville de Maidstone. Andrew était ravi de retrouver sa ville natale. Mais quand il traversa les quartiers de la ville basse, il fut troublé mais il n’arrivait pas à en connaître la raison.

Carter : « Quelque chose ne va pas ? »

Andrew, fronçant les sourcils : « Euh… Non… Enfin… [Il arrêta son cheval et scruta les alentours] Oui mais je n’arrive pas à savoir ce que c’est. »

Carter, scrutant les alentours : « Ben je ne vois pas ce qui te dérange… Tout m’a l’air normal. »

Andrew regarda avec beaucoup d’attention les gens dans la rue, les maisons, les boutiques des marchands. Tout semblait effectivement normal. Lorsque son regard se porta sur une maison en plein travaux, Andrew comprit immédiatement ce qu’il le tracassait.

Andrew : « Ça y est, j’ai trouvé ce qui ne vas pas ! »

Carter : « Qu’est-ce que c’est ? »

Andrew : « Regarde cette maison. »

Carter : « Oui. Et alors ? »

Andrew : « Quand je suis parti, cette maison n’était pas en travaux. »

Carter : « Et alors ? Les propriétaires font faire des travaux d’aménagement ? Qu’est-ce qui te dérange là-dedans ? »

Andrew : « Non… Ce ne sont pas des travaux d’aménagement. Ce sont des travaux de reconstruction. »

Carter regarda la maison et ses environs. Effectivement, des gravats se trouvaient sur le côté et les ouvriers semblaient recouvrir à la chaux des murs noircis par la fumée.

Andrew : « Et regarde celle-là… [Il pointa du doigt une maison en bois] Elle semble toute neuve… Et celle-ci, elle n’existait pas quand je suis parti et elle semble neuve aussi. »

Carter regarda plus attentivement son environnement. Effectivement, ici et là, il remarqua que les façades des maisons avaient été refaites.

Andrew : « Tu ne vas pas me dire que la population de la ville a soudainement augmenté pendant que j’étais en France, non ? »

Carter, talonnant son cheval : « Non… Mais tu as raison. Il s’est passé quelque chose ici. »

Andrew, le suivant : « Oui. Et nous le serons dès que j’aurais vu mon frère. Vite, au château. »

Ils s’empressèrent de remonter la rue principale conduisant aux portes du château de Maidstone.

Carter, descendant de cheval : « Ah on dirait qu’ici, il n’y ait rien eu. »

Andrew, descendant de cheval : « Oui… Cela semble se cantonner à la ville basse. »

Suivi de Carter, Andrew pénétra à pied dans la cour du château de son enfance. La vue de ses gens allants et venants entre les échoppes des marchands le remplissait de bonheur. Cela lui rappelait son enfance quand avec son père, il parcourait le marché en discutant avec tout le monde. Mais un garde le ramena à la réalité.

Le garde, étonné : « Monsieur le Comte ? »

Andrew, revenant vers lui : « Ah c’est de mon frère que vous parlez ! »

Le garde, confus : « Euh oui… Enfin non, je voulais dire… Monseigneur Andrew… Messire Andrew… Je… »

Andrew, lui tapant l’épaule : « Je vous taquinais… Vous êtes nouveau ici ? »

Le garde : « Oui, Messire. »

Andrew : « Bien… Veuillez prévenir Simeon que je suis là. Je l’attendrai dans la grande salle. »

Le jeune garde parut soudain très embarrassé.


byoann  (07.12.2015 à 09:10)

Le garde : « Euh… C’est que… Messire Simeon… euh… »

Andrew : « Eh bien qu’y-a-t-il ?... Il s’est absenté pour la journée ? »

Le garde, paniqué : « Euh… non… Il est… »

Andrew, impatient : « Eh bien parle, mon ami. Parle sans craintes. »

Andrew crut que Simeon se livrait de nouveau à quelques menus larcins pour arrondir sa solde et que ce jeune garde hésitait à le dénoncer.

Le garde : « Euh… Attendez-moi là, Messire. Je vais chercher mon capitaine. »

Andrew : « Ah tout de même. »

Carter à Andrew : « Il y a un problème ? »

Andrew : « Je ne sais pas… Je demande à voir mon capitaine des gardes et il ne semble pas ici. »

Carter allait répliquer mais il vit approcher le jeune garde accompagné d’un autre homme légèrement plus âgé. Andrew se retourna vers eux. Surpris de voir arriver un jeune homme au lieu de Simeon, Andrew commença à perdre patience.

Andrew : « J’avais demandé à voir mon capitaine des gardes. »

La garde : « Monseigneur, je vous présente Messire Godwin, capitaine des gardes de Monsieur le comte de Kent. »

Godwin, se courbant : « Mes respects, Monseigneur. »

Andrew, surpris : « Pardon ?... Vous êtes… »

Godwin : «… Le nouveau capitaine des gardes, Monseigneur. Votre frère m’a nommé à ce poste il y a plusieurs mois déjà. »

Andrew : « Mais qu’est-il arrivé à Simeon ? »

Godwin et le jeune garde échangèrent un regard embarrassé. Ils savaient que James voulaient informer lui-même son frère des évènements qui avaient eu lieu à Maidstone et dans tout le comté quelques mois auparavant.

Godwin, gêné : « Je vais vous conduire auprès de votre frère. Il sera plus à même de tout vous expliquer… [Au garde] Occupe-toi des chevaux de Monseigneur et de son invité. »

Le garde : « Tout de suite, capitaine. »

Le jeune homme prit les chevaux de Carter et d’Andrew et les emmena aux écuries pendant que Godwin les conduisit au château. Les gens que croisa Andrew le reconnurent et furent ravis de le revoir.

Une femme, souriant et lui faisant sa révérence : « Monsieur le Comte. »

Un homme, ravi et se courbant : « Vous voilà de retour, Monsieur le Comte ? »

Les trois hommes atteignirent les marches du perron et entrèrent dans le hall. Godwin les mena directement dans la grande salle.

Godwin : « Je vais prévenir immédiatement Monsieur le Comte de votre arrivée. »

Andrew hocha la tête, lui indiquant son accord.

Carter, regardant autour de lui : « En tout cas, quoiqu’il se soit passé, ton château n’a pas été touché. »

Andrew : « Oui mais… »

Un domestique, les interrompant : « Un rafraîchissement, messeigneurs ? »

Andrew : « Oui, merci. »

Le serviteur posa son plateau sur la table au centre de la pièce et versa du vin dans deux coupes qu’il présenta à Andrew et Carter.

Carter, prenant la coupe : « Je meurs de soif. »

Il but entièrement son verre tandis qu’Andrew se contenta d’une gorgée. Le serviteur resservit Carter. Ravi, celui-ci but une gorgée mais son regard se porta sur son ami.

Carter : « Qui est Simeon ? »

Andrew, soucieux : « C’est… Enfin c’était mon capitaine des gardes. Je lui avais demandé de veiller sur mon frère pendant mon absence. »

Carter : « Etait-il digne de confiance ? »

Andrew hésita puis : « Je le pense. »

Carter : « Tu crois qu’il a déserté son poste ? »

Andrew, se mettant à la fenêtre : « Je ne crois pas, non… Je crains plutôt qu’il lui soit arrivé malheur. »

Carter : « En rapport avec ce qui s’est passé dans la ville basse ? »

Andrew : « Possible. »

Soudain, Carter vit arriver Godwin en compagnie d’un jeune homme et d’une jeune femme.

Le jeune homme, enchanté : « Andrew ? »

Alors que Godwin se retira, Andrew se retourna. Le sourire qui illumina le visage d’Andrew fit comprendre à Carter qu’il s’agissait de son petit frère. Andrew s’avança vers son frère et sa sœur, posa sa coupe sur la table au passage et prit son frère dans ses bras.

Andrew, le serrant très fort contre lui : « Crapaud ! »

James, tentant de l’étrangler : « Ne m’appelle pas comme ça ! »

Jane : « Oh non… A peine vous êtes vous retrouvés que vous vous bagarrez déjà ? »

Andrew et James mirent fin à leur bagarre en rigolant. Andrew mit son frère à bout de bras et le regarda attentivement.

Andrew : « Tu as l’air différent. »

James, avec fierté : « J’ai mûri voilà tout ! »

Andrew se tourna vers sa sœur croyant qu’elle allait lui lançait une petite pique comme elle en avait l’habitude mais rien ne se produisit. Elle se contenta de regarder Andrew avec bonheur.

Andrew, tendant les bras à sœur et affectueusement : « Jane, ma petite sœur. »

A l’instar de son frère, il la prit dans ses bras et la serra très fort contre lui.

Jane, contente : « Tu es revenu ? »

Andrew se défit de sa sœur et perdit son sourire.

Andrew : « Pas tout à fait… [James et Jane perdirent leur sourire]… Mais tout d’abord, laissez-moi vous présenter mon ami Carter. »

Polie, Jane fit une révérence à l’invité de son frère.

Jane, avec le sourire : « Messire Carter. »

Quant à James, il n’accorda que peu d’intérêt à Carter car il craignait que son frère ne reparte déjà.

James, froidement : « Messire… [A Andrew d’une voix inquiète]… Tu ne restes pas ? »

Andrew : « Carter… Je te présente ma sœur Lady Jane… »

Carter, se courbant : « Lady Jane. »

Andrew : «… Et mon insupportable petit frère, James, le Comte de Kent ! »

Carter, se courbant : « Monseigneur. »


byoann  (07.12.2015 à 09:15)

James ne répliqua pas à la petite pique que venait de lui lancer son grand frère car il se rendit compte qu’il s’était montré un peu léger avec son invité. Andrew posa un bras sur les épaules de son frère et l’autre sur celles de sa sœur et il les conduisit tous les deux à la table. Andrew fit d’abord assoir sa sœur. James s’apprêta à s’installer à côté d’elle mais Andrew l’entraîna en bout de table tout en discutant.

Andrew, offrant le siège à son frère et répondant à sa question : « Non… Malheureusement, je ne peux pas rester bien longtemps… Notre mission n’est pas terminée. »

James fut un peu gêné de s’assoir dans le fauteuil de son père. En son absence, c’était toujours à Andrew que revenait cet honneur. Mais à la minute où il sut que son grand frère était revenu, James s’était senti reprendre sa place de fils cadet. Et après avoir eu à gérer le comté, cela ne le dérangeait nullement qu’Andrew reprenne le titre de « Monsieur le Comte ». Au contraire, cela lui semblait tout à fait naturel. Embarrassé, il regarda son frère s’assoir à sa droite, en face de Jane, tandis qu’Andrew invita Carter à s’assoir à ses côtés. Par ce simple geste, Andrew signifiait à son petit frère qu’il le considérait toujours comme le Comte de Kent.

James, les joues rouges et ravi : « Tu es là parce que tu as besoin d’aide ? »

Andrew : « En quelque sorte… J’ai encore une affaire à mener au nord du pays. J’ai donc dit à Carter que Monsieur le Comte de Kent, ici présent, accepterait sûrement de nous offrir l’hospitalité pour la nuit. Ai-je eu raison ? »

James, rougissant encore plus : « Bien sûr… Vous pouvez rester aussi longtemps que vous le désirez. »

Jane, avec une pointe d’inquiétude : « Tu repartiras pour la France ensuite ? »

Andrew : « C’est fort possible, oui. »

Jane cacha sa déception ce que ne fit pas son petit frère.

Andrew, changeant de sujet : « Dis-moi, le jeune homme qui nous a accueilli tout à l’heure… »

James : « Godwin ? »

Andrew vit sa sœur tressaillir dès qu’il prononça ce nom.

Andrew : « Oui, c’est ça… Godwin… Comment se fait-il que tu l’as nommé capitaine des gardes ? Qu’est-il arrivé à Simeon ? »

Andrew et Carter virent les visages de leurs hôtes se refermer. James, anxieux, regarda sa sœur. Ils échangèrent un regard complice.

James : « Euh… Simeon… Simeon est mort. »

Andrew, inquiet : « Mort ?... Mais qu’est-ce qui s’est passé ? »

James, échangeant un regard avec sa sœur : « Il… Il a été tué. »

Andrew : « Tué ?... Mais par qui ? »

James, rassemblant son courage : « Moi. »

Andrew fut stupéfait. Il regarda son petit frère sans comprendre. James, paniqué de lire dans ses yeux sa stupeur, craignit que son frère ne comprenne pas ses raisons. Il pensait qu’Andrew le prenait toujours pour un gamin capricieux et il eut peur qu’il pense qu’il avait agi avec légèreté.

James, se défendant : « Mais j’avais de bonnes raisons. Tu peux me croire ! »

Andrew : « Est-ce en rapport avec ce qui s’est passé dans la ville basse ? »

Cette fois-ci, ce fut James et Jane qui furent surpris. Comment avait-il su qu’il y avait eu des exactions dans la ville basse ?

James, penaud : « Qui te l’a dit ? »

Andrew : « Personne… Alors ? »

James ne se sentit pas le courage de lui avouer tout ce qui s’était passé alors qu’ils venaient tout juste de se retrouver.

James, les yeux suppliants : « Euh… C’est une longue histoire… Si tu veux bien, je… je te raconterai tout au dîner. T’es d’accord ? »

Andrew, regardant attentivement son petit frère : « Très bien… J’attendrai le dîner… Après tout si c’est Monsieur le Comte qui le demande, je ne peux que me plier à son souhait ! »

James, bombant le torse et mal à l’aise : « Exact !... C’est ce qu’il veut… Enfin je dire… C’est… C’est mon souhait. »

Andrew : « Très bien… Dans ce cas, si Monsieur le Comte le permet, j’aimerai accompagner mon ami dans ses quartiers avant de retourner dans les miens pour me changer et me reposer. Puis-je ? »

James, jouant les grands seigneurs : « Mais certainement. Faites... Faites, mon ami. »

Andrew se leva en faisant signe à Carter. James l’imita et suivit son frère et son invité jusqu’à la porte.

Andrew, se courbant devant James : « Monsieur le Comte. »

James aurait aimé lui sauter dans les bras car il était ravi de le revoir enfin mais surtout il voulait tout savoir de sa mission. Mais devant Carter, il s’en empêcha.

James : « Messires. »

Andrew lui fit un clin d’œil puis se dirigea vers les appartements des invités sous le regard de James, déçu de ne pas pouvoir les suivre.

Aussitôt que la nouvelle de l’arrivée d’Andrew et de Carter fut connue de tous les habitants du château, les domestiques préparèrent la chambre du maître ainsi que celle des quartiers des invités. Andrew laissa son compagnon à la porte de sa chambre.

Andrew : « A tout à l’heure pour le dîner. »

Carter, lui souriant : « Entendu. »

Puis celui-ci entra dans ses quartiers. Andrew retourna sur ses pas et se dirigea vers ses appartements. Il y entra et vit que sa chambre avait été entretenue pendant son absence. Des serviteurs avaient déposé une bassine d’eau afin qu’il puisse faire un brin de toilette. Il détacha sa ceinture et posa son épée sur une commode près de la porte d’entrée puis il retira sa tunique. Il commença à faire sa toilette lorsqu’on frappa à la porte.

Andrew : « Qui est là ? »

Une voix masculine : « C’est moi. »

Il reconnut immédiatement la voix de son petit frère.

Andrew : « Entre. »

Le jeune homme entra avec une serviette dans les mains.

James : « Tiens, je t’apporte une serviette. Je me suis dit que tu en aurais besoin. »

Andrew regarda sur la commode et vit que les serviteurs lui avaient déjà fourni le nécessaire. Il comprit alors que James voulait passer un peu de temps avec lui, seul à seul. Le jeune homme s’approcha de la commode où Andrew continuait de se laver.

James : « Alors ?... C’était quoi cette mission que la Reine-Mère vous a confié ? »

Andrew, se lavant : « Tu sais très bien que je ne peux rien te dire ! »

James : « Allez… Personne ne le saura ! »

Andrew, se rinçant : « Si… Moi, je le saurai ! »

James, insistant : « Je te promets que je ne dirai rien à personne. »

Andrew le regarda un petit moment mais garda le silence. James comprit qu’il ne lui révèlerait rien. Il regarda son frère en faisant la moue.

Andrew, s’essuyant : « Je ne suis pas le seul à garder des secrets, ici ! »

James, le regard fuyant : « C’est faux… Je vais tout te dire mais pas maintenant ! »

Andrew : « Pourquoi pas ? »

James marcha jusqu’au lit de son frère et s’y assit. Andrew se retourna et lui fit face.

James : « Parce que… Il vaut mieux être deux pour tout te raconter. »

Andrew vint s’assoir près de son frère.

Andrew, sérieux : « Cela a été si terrible ? »

James, le regardant droit dans les yeux : « Pire que ça… On a… On a frôlé la catastrophe… »

James baissa la tête.

James, honteux : « … Et c’est de ma faute ! »

Andrew comprit que le jeune homme se sentait coupable des évènements qui avaient eu lieu pendant son absence et qu’il craignait que son grand frère ne le juge trop sévèrement. Andrew posa son bras sur les épaules de son petit frère.

Andrew : « En tout cas, tout s’est arrangé, non ? »

James, retrouvant le sourire : « Oui. »

Andrew : « Et je pense que tu y es aussi pour beaucoup ? »

James : « Oui… Enfin on m’a aidé. »

Andrew fut intrigué mais il s’abstint de questionner son frère.

Andrew : « Au fait, je n’ai pas encore vu Ozias. Il va bien j’espère ? »

Andrew savait que James était très proche du vieil homme.

James : « Oh, il va bien… Il est parti pour quelques jours rendre visite à son frère. »

Andrew, souriant : « Tant mieux. Tant mieux… »        

Il donna une petite tape derrière la tête du jeune homme et se leva.

Andrew, se dirigeant vers la commode : « Bon allez… laisse-moi terminer ma toilette à présent… Je te retrouve au dîner. »

James, se levant et souriant : « D’accord. »

Il se dirigea vers la porte puis soudain, sans dire un mot, il fit demi-tour et se jeta dans les bras de son frère et le serra très fort contre lui.

James, ému : « Je suis soulagé que tu sois revenu sain et sauf, mon frère. »

Andrew, touché par son geste, ne sut quoi lui répondre et se contenta de le serrer dans ses bras. Puis évitant le regard de son grand frère, le jeune homme se sépara de lui et quitta sa chambre sans dire un mot. Andrew retourna à sa toilette.

Un peu plus tard…

Au repas du soir, Carter retrouva Andrew, James et Lady Jane dans la grande salle. Avec beaucoup d’émotions, le jeune comte raconta sans omettre aucuns détails la mésaventure qu’ils leur étaient arrivés pendant l’absence d’Andrew.

Andrew, furieux : « Quel gredin, ce shérif ! »

James, baissant la tête : « Je suis désolé, Andrew. »

Andrew, solennel : « Tu as fait ce qu’il fallait, petit frère… Je n’aurais pas agi autrement. Je suis fier de toi. »

James, les joues rouges : « Merci… Mais je n’aurais rien pu faire sans Robin et sa bande. »

Jane : « Oui. Nous leur devons notre victoire sur ce maudit shérif. »

James, honteux : « Sans eux, j’aurais perdu nos terres et nos titres. »

Andrew : « Mais cela n’a pas été le cas… Ne t’inquiète pas… Et puis je saurai remercier mon ami, Robin. »

Andrew et Carter échangèrent un regard entendu.

Jane : « Quand dois-tu repartir ? »

Andrew : « Dès demain matin… [A James] A ce propos… Peux-tu nous prêter des chevaux ? »

James : « Bien entendu. »

Andrew : « Merci… Ah… Et reconduit ceux qui nous ont amené ici au maréchal-ferrant de Douvres. »

James : « Pas de problème. »

Le repas se poursuivit dans la bonne humeur jusqu’à ce qu’Andrew et Carter décident d’aller se coucher de bonne heure car une longue route les attendait le lendemain. James et Jane furent un peu déçus car ils auraient voulu profiter encore un peu plus de leur frère mais ils masquèrent leur déception comme ils purent.

Le lendemain matin…

Dans la cour du château, deux chevaux attendaient au pied des marches du perron. Carter et Andrew sortirent dehors en compagnie de James, Jane et de Godwin. Ils furent étonnés de trouver de si bonne heure une foule de villageois au bas des marches.

Andrew : « Mais comment ont-ils su ? »

James se contenta d’hausser les épaules. Au fur et à mesure qu’ils rejoignirent leurs montures, les villageois manifestèrent leur déception de voir leur seigneur quitter à nouveau le comté.

Un homme, déçu : « Vous repartez déjà, Monseigneur ? »

Une femme, inquiète : « Vous allez revenir, n’est-ce pas ? »

Une autre femme : « Quand revenez-vous ? »

Andrew, levant les bras : « Ne vous inquiétez pas, mes amis. Ma mission va bientôt prendre fin et je serai bientôt de retour. Par ailleurs, je vous laisse entre de bonnes mains… [Il mit sa main sur l’épaule de James] Mon frère saura prendre soin de vous. »

Carter et Andrew grimpèrent sur leur monture respective.

Jane, prenant la main d’Andrew : « Reviens vite et surtout pas d’imprudence. »

Andrew, souriant : « Tu ne me l’as pas déjà dit ça ? »

James, prenant le bras de son frère : « Fais attention à toi, mon frère. »

Andrew, lui faisant un clin d’œil : « T’en fais pas… [Se reprenant] Je veux dire ‟Merci, Monsieur le comte″. »

James esquissa un sourire et laissa partir son frère une deuxième fois. Mais contrairement à la première, il afficha un léger sourire, un peu forcé eu égard à la présence des villageois. Mais c’est sa sœur qui, cette fois, essuya une petite larme.

James, prenant sa sœur dans ses bras et regardant Andrew et Carter s’en aller : « T’en fais. Il sera bientôt de nouveau parmi nous. »

Le comte et sa sœur étaient tellement préoccupés par le départ de leur frère qu’ils ne virent pas un homme dans la foule, qui ne semblait pas aussi attristé que les autres de voir partir son maître. Il suivit la foule qui accompagna les deux cavaliers à travers la rue principale. Puis il fit un signe de tête à un autre homme, monté sur un cheval qui attendait au coin d’une rue. Aussitôt, le cavalier prit la même route que les deux envoyés de la Reine-Mère.

Carter et Andrew mirent leurs chevaux au galop lorsqu’ils quittèrent l’enceinte de la ville. Mais quelques minutes à peine après avoir atteint le sous-bois, ils entendirent un cavalier les apostropher.

Le cavalier : « Monseigneur !... Monseigneur ! »

Les deux envoyés stoppèrent leurs chevaux et se retournèrent.

Carter : « Qui est-ce ? Tu le connais ? »

Andrew : « Non ! »

Le cavalier stoppa sa monture devant les deux hommes.

Le cavalier, essoufflé : « Lequel de vous est le comte Andrew de Kent ? »

Andrew : « C’est moi. »

Le cavalier, lui tendant une lettre : « Cette missive est pour vous, Monseigneur. »

Carter, inquiet : « Qui sait que tu es rentré ?... [Au cavalier] D’où viens-tu ? Et qui t’envoie ? »

Le cavalier : « Je viens du comté de Nottingham où l’on m’a chargé de remettre ce pli en mains propres à Monsieur le comte Andrew de Kent ! »

Carter, menaçant : « Qui t’envoie ? »

Andrew déplia la missive et la parcourut rapidement. Ses épaules s’affaissèrent.

Andrew, souriant : « C’est notre de ami de Sherwood qui l’envoie ! »

Carter, le regardant : « Robin ? »

Andrew : « Oui. »

Carter, surpris : « Que veut-il ? »

Andrew : « Il a besoin d’aide. »

Carter : « Pour faire quoi exactement ? »

Andrew : « Il ne le précise pas. Il me demande simplement de le rejoindre au carrefour du pendu dans la forêt de Sherwood. »

Carter : « Mais je te rappelle qu’on nous a confié une mission. »

Andrew : « Je sais mais Robin a besoin de moi pour restaurer l’honneur et l’autorité du roi et par ailleurs… Il a sauvé le comté de Kent. Je ne peux pas l’abandonner comme ça. »

Carter : « Qu’est-ce qu’on fait alors ? »

Andrew : « Pars devant… Installe-toi dans l’auberge en face de la Tour de Londres. Je t’y retrouverai dès que j’en aurai terminé avec Robin. »

Carter : « Entendu... Je commencerai les recherches en t’attendant. »

Hochant la tête, Andrew, prenant le bras de Carter : « Bonne chance, mon ami. »

Carter, lui serrant le bras : « Toi aussi. A très vite ! »

Les deux hommes se séparèrent. Carter prit la direction de Londres tandis qu’Andrew et le coursier coupèrent à travers la forêt pour reprendre la route de Nottingham.


byoann  (10.12.2015 à 08:55)

Robin : « Si j’ai bien compris, il s’en est fallu de peu que mon message n’arrive pas jusqu’à toi ? »

Andrew, souriant : « Eh oui. »

Robin : « Mais pourquoi est-ce que tu ne m’as rien dit lorsque tu es venu chercher les coins ? »

Andrew : « Je n’ai pas eu le temps… Par ailleurs, tu avais déjà aidé ma famille… [Aux autres] Et je tiens vraiment à vous remercier tous pour ce que vous avez fait pour elle... Merci… Merci beaucoup… [A Robin]… Il était donc normal que je t’aide à mon tour et puis nous étions tenus au secret. Nos recherches n’avaient pas encore débuté. Nous pensions vraiment le retrouver à Londres. »

Carter : « Oui… J’ai commencé les recherches à Londres en l’attendant mais ça n’a rien donné. »

Andrew : « J’ai ramené les coins monétaires à la Tour de Londres comme tu me l’avais demandé puis j’ai ensuite poursuivi les recherches avec Carter. »

Carter : « On a cherché pendant des semaines. »

Andrew : « On a même étendu nos recherches aux alentours de Londres. »

Carter : « Et rien ! »

Andrew : « Alors on sait dit que le jeune prince ne pouvait qu’être à… »

Robin : « … Manchester ! »

Andrew : « C’est ça ! »

Carter : « Alors c’est pour ça qu’on est là ! »

Andrew : « Je vais te demander de m’aider une nouvelle fois... à retrouver le fils de notre roi. »

Robin, souriant : « Je ne le fais pas parce que tu me le demandes, mon ami mais parce que c’est mon devoir... C’est une mission qui ne se refuse pas ! »

Carter : « Bien parlé ! »

Andrew : « Mais je te dois encore un service, Robin… Si tu as besoin de mon aide, un jour, n’hésite pas. »

Robin, souriant : « Ce n’est pas nécessaire, Andrew. »

Andrew, sérieux : « Si ça l’est ! James m’a tout raconté. Cela aurait été une catastrophe non seulement pour ma famille mais aussi pour tout le pays si le shérif avait réussi son plan… Une simple course à Londres ne serait soldée la dette que j’ai envers toi, mon ami. »

Robin, touché : « Je saurai m’en souvenir. »

Much : « Mais ça sera inutile. Puisque le roi sera bientôt de retour ! »

Carter : « Attends un peu avant de te réjouir. »

Much : « Mais pourquoi ? »

« Carter a raison. »

Much : « Pff… Vous êtes trop pessimiste. On devrait le dire à tout le monde. Ça leur donnerait du courage pour se battre contre le shérif et ses chevaliers noirs. »

Carter : « Et en même temps, tu avertirais les ennemis du roi de son retour ! »

Will : « Oui et ils mettraient ainsi l’opération Shah Mat en œuvre. »

Much : « Mais ils ne savent même pas où il va débarquer ? »

Robin : « Non mais ils pourraient s’en prendre à lui bien avant de débarquer en Angleterre… Je te rappelle que le roi n’a pas que le shérif et ses chevaliers noirs comme ennemi. »

« En effet, il y a aussi le Roi de France pour nommer que celui-là. »
Much, réalisant la dangerosité de la situation : « Ah ! »

Robin : « Donc, Much, pour le bien de notre roi, il ne faudra dire à personne qu’il est sur le chemin du retour. C’est bien compris ? »

Much hocha la tête.

Robin : « Et ceci est valable pour chacun d’entre vous. »

Le reste de la troupe : « Compris ! »

Much : « N’empêche que bientôt nous pourrons tous rentrer chez nous ! »

La troupe, sur un ton de reproche : « MUCH ! »

Much, bougonnant : « Ben quoi, c’est vrai ? »

Djaq et Will se regardèrent l’un et l’autre en souriant. Bientôt, ils allaient pouvoir non seulement vivre leur amour au grand jour mais en plus en toute liberté. Petit Jean pensa à sa femme et à son fils. Mais avant que l’excitation de Much ne gagne les autres hors-la-loi, Robin rappela les priorités.

Robin : « Nous devons d’abord retrouver le prince et pour ça… Il va nous falloir des chevaux… »

Will : « Je m’en occupe ! »

Robin : « … et de l’énergie ! »

Il se tourna vers Much en souriant. Le reste de la bande en fit autant.

Much : « Quoi ? »

Allan : « Ben qu’est-ce qu’on mange ? »

Much : « Ah parce que c’est encore moi qui doit… »

Robin, le coupant : « Much ! »

Allan : « Ne rouspète pas… Je vais t’aider ! »

Djaq : « Oui, moi aussi. »

Much : « Bon dans ce cas, ça va alors ! »

Will : « Je vais à Nettlestone pour prendre des chevaux. »

Petit Jean : « Je viens avec toi. »

Robin regarda en souriant Much partir en bougonnant dans le coin « repas » du camp en compagnie d’Allan et de Djaq. Will et Petit Jean quittèrent le campement pour aller prendre les chevaux qui leur serviraient le lendemain pour leur mission. Il resta ainsi seul avec les deux invités.

Carter, sérieux : « Robin… On peut te parler un petit moment ? »

Robin, sérieux : « Oui, je vous écoute. »

Andrew, mystérieux : « Non, pas ici… Allons dehors plutôt. »

Robin, intrigué, suivit les deux hommes à l’extérieur. Ces derniers s’arrêtèrent à une bonne distance du campement.

Robin, légèrement inquiet : « Qu’y-a-t-il ? »

Carter : « Nous ne t’avons pas tout dit… à propos du prince. »

Robin, se croisant les bras : « Je vous écoute. »

Andrew : « La Reine-Mère nous a appris que le prince portait sur son flanc droit une marque de naissance de couleur rouge. »

Robin, se réjouissant : « Mais c’est parfait. Il sera ainsi reconnaissable parmi d’autres… Mais pourquoi nous l’avoir caché ? »

Carter : « Nous avons pensé que moins nous étions nombreux à le savoir mieux le prince serait en sécurité. »

Andrew : « Oui. Et ce n’est pas parce que nous n’avons pas confiance en tes compagnons mais si jamais cela venait à se savoir, tous les fous et autres ambitieux sans scrupules du pays pourraient se faire passer eux-mêmes ou l’un de leurs proches pour le fils du roi. Tu comprends ? »

Robin, soucieux : « Oui, je comprends. »

Carter : « Mais si tu penses que tes compagnons doivent le savoir… »

Robin : « Non... Ce n’est pas nécessaire...Vous avez bien fait… Par ailleurs, il en va de la sécurité du prince… Je suis sûr qu’ils comprendront. »

Carter : « Bon… Ben dans ce cas… Allons-voir ce que Much nous a préparé de bon ! »

Robin, souriant : « Ouais, allons-y ! »

Les trois hommes retournèrent au campement où déjà un ragout mijotait dans la marmite. Quand Will et Petit Jean furent de retour de Nettlestone, le repas fut servi. Toute la bande mangea avec appétit dans la joie et la bonne humeur car ils savaient que bientôt leur statut de hors-la-loi allait prendre fin même si avant cela, ils devaient retrouver le fils du roi se trouvant quelque part à Manchester. Mais ne sachant pas que le shérif de Nottingham était au courant de l’affaire, ils envisageaient ce voyage comme un moment de répit dans leur vie tumultueuse de hors-la-loi.

Robin à Will : « C’est bon pour les chevaux ? »

Will : « Aucun problème. Ils sont tous là. »

Petit Jean : « Nous les avons nourris. Ils seront tous frais et dispo pour demain. »

Robin : « Bien… Nous partirons donc demain matin au lever du jour. Il vaut mieux partir à la fraîche… Nous nous arrêterons uniquement pour faire boire les chevaux. »

Allan : « Et une fois là-bas, comment comptes-tu retrouver le prince ? »

Carter : « Nous ferons comme à Poitiers… Nous ferons le tour des maréchaux-ferrants. »

Much : « Et vous croyez qu’il se trouve toujours là-bas ? »

Robin : « Il n’y a pas de raison de penser le contraire ? »

Allan, souriant : « Bon… Une vraie promenade de santé quoi ! »

Andrew : « Ne crois pas ça ! »

Robin, fronçant les sourcils : « Pourquoi ? »

Andrew : « Parce que nous avons été suivi ! »

Robin, inquiet : « Suivi ? »

Much : « Pas ici en tout cas ! »

Andrew : « Peut-être pas jusqu’ici mais depuis que nous avons quitté la France, je me sens suivi… et nous avons rencontré des personnages très singuliers. »

Robin regarda Carter.

Carter : « C’est vrai que nous avons été espionnés. Mais depuis notre départ de Maidstone, nous n’avons rencontré personne. »

Andrew : « Nous avons peut-être vu personne mais j’avais quand même une drôle d’impression. »

Les propos d’Andrew commencèrent à inquiéter le groupe. Robin intervint.

Robin : « Très bien… Dans ce cas, tâchons de nous montrer vigilant… On devra se montrer prudent et surtout très discret lorsque nous arriverons à Manchester. »

Sur ces paroles, il regarda avec insistance Much.

Much, vexé : « Et pourquoi vous me dites ça à moi, maître ? »

Allan : « Parce que partout où tu passes, la discrétion trépasse ! »

Le reste de la troupe rit excepté Much qui bougonna.

Robin : « En fait, je dis ça pour tout le monde ! »

Le reste de la troupe acquiesça. Le repas se poursuivit dans la bonne humeur puis les hors-la-loi se mirent au lit. Ils installèrent deux lits provisoires dans le coin « repos » du campement où Andrew et Carter purent enfin se remettre de leur long périple. Tous les hors-la-loi se couchèrent en pensant que leur recherche permettrait bientôt de mettre un terme au règne du Prince Jean et aux basses œuvres du shérif. Par ailleurs, la perspective du retour du roi était dans tous les esprits. Ils s’endormirent, apaisés, confiants et impatients d’en finir une bonne foi pour toute avec leur vie de hors-la-loi.


byoann  (10.12.2015 à 09:05)

CHAPITRE X

« EST-CE QUE TU VEUX BIEN M’EPOUSER ? »

urant la nuit…

Il fit encore très chaud cette nuit-là. L’été touchait pourtant à sa fin mais la chaleur persistait le jour comme la nuit. Djaq éprouva des difficultés à trouver le sommeil : Elle se réveillait au bout de quelques minutes puis se rendormait pour se réveiller à nouveau. Las, elle se mit sur ses coudes et écouta les alentours. Elle n’entendit que la respiration des autres dormeurs tout proche.

Djaq, en pensée : « Oh… Mais comment font-ils pour dormir avec cette chaleur ? »

Djaq, étant une sarrasine, elle aurait dû être habituée à cette chaleur mais dans son pays c’était une chaleur sèche contrairement à celle de son pays d’adoption beaucoup plus humide. Elle eut alors l’idée d’aller se rafraîchir en se baignant à l’endroit où elle avait pris l’habitude de se laver tous les matins. Elle descendit de son lit et s’agenouilla sur le sol afin de retirer ses affaires de toilettes rangées sous son sommier. Elle n’emporta qu’une serviette de bain. Elle sortit alors à pas de loup du campement afin de ne pas réveiller ses compagnons. En raison des fortes chaleurs, la porte du campement n’avait pas été fermée. Elle put alors sortir sans faire de bruit. Grâce à la luminosité qu’offrait la pleine lune, elle se dirigea vers la rivière, la serviette sur l’épaule.

Arrivée près du cours d’eau, elle commença à déboutonner son vêtement de nuit lorsqu’elle remarqua qu’une serviette était posée sur le sol à côté d’elle. Elle se pencha et la prit entre ses mains en se demandant si ce n’était pas une des siennes qui avait été oubliée ici, le matin même. Au même instant, une colonne d’eau s’éleva soudainement de la rivière. Surprise, Djaq se releva vivement et fixa l’homme qui venait d’émerger face à elle. Celui-ci se frotta le visage pour chasser l’eau qui y ruisselait. Il n’aperçut pas tout de suite que quelqu’un l’observait. Croyant reconnaître le baigneur nocturne, Djaq s’avança vers le rebord afin de l’observer davantage.

Djaq, surprise : « Will ? »

Il s’agissait effectivement de Will. Elle n’avait pas entendu qu’il avait quitté son lit quelques instants plus tôt afin de se rafraîchir lui-aussi. Elle n’avait pas vu non plus les vêtements du jeune homme posés sur un buisson un peu plus loin. Le cœur battant la chamade, Djaq le fixa sans bouger. Elle remarqua d’abord ses cheveux mouillés qu’il plaqua en arrière afin qu’ils ne retombent pas sur ses yeux. Puis elle fut attirée par la lumière lunaire qui se reflétait dans les gouttelettes d’eau qui ruisselaient sur son corps, mettant en valeur les muscles de ses épaules et de son torse. Il lui faisait penser à Poséidon, le dieu des mers, sortant de l’océan. De l’eau jusqu’à la taille, Will passa sa main sur son visage pour chasser l’eau de ses yeux qui l’empêchait de discerner les traits de son visiteur.

Hébété, Will : « Djaq ? »

Djaq, revenant à la réalité : « Euh… Mais qu’est-ce que tu fais là ? »

Will : « Je n’arrivais pas à dormir alors… »

Djaq, finissant sa phrase : « Tu es venu te rafraîchir ? »

Will, souriant : « Oui. »

Djaq, un peu gênée, ne sut pas quoi faire : Rester ou partir. Elle s’attendait à être toute seule. Contrairement à ses compagnons, elle se baignait chaque jour à cet endroit précis. D’ailleurs c’était elle qui avait parlé de cet endroit à Will.

Will, se mettant dans l’eau jusqu’au cou : « Cela fait du bien… Elle est bonne… Tu devrais venir… »

Djaq : « Je sais pas euh… »

Elle regarda derrière elle.

Will, se relevant : « Nous sommes seuls, tu sais… »

Il s’avança lentement vers elle puis lui tendit la main l’invitant à le rejoindre. Mais Djaq semblait toujours comme hypnotiser par son compagnon. Elle ne bougea pas. En fait, elle n’arrivait pas à se décider. D’un côté, elle désirait ardemment suivre l’homme qu’elle aimait mais d’un autre côté, elle craignait ce moment d’intimité que cette nuit chaude et sans nuage avait créée pour eux, surtout aussi proche du camp. Voyant qu’elle ne se décidait pas, Will sortit lentement de l’eau et s’approcha de sa belle. Le cœur battant et le regard rempli de désir, il passa délicatement ses bras autour de sa taille et l’attira doucement contre lui.

Will, la regardant droit dans les yeux : « Je t’aime, Djaq. »

Puis doucement il se pencha sur elle et l’embrassa. Son cœur s’enflammant à mesure que ses craintes s’évaporèrent, elle se laissa peu à peu gagner par le désir et s’accrocha aux épaules du jeune homme.

Djaq, éprise d’amour : « Je t’aime aussi, Will. »

Ils s’embrassèrent à nouveau.

Djaq, mettant fin au baiser : « Tu es tout froid ! »

Will, malicieux : « Alors viens me réchauffer. »

La jeune femme ne lui répondit que par un grand sourire que Will prit pour un encouragement. Il commença à déboutonner la chemise de Djaq lentement, boutons après boutons. Elle le regarda faire non seulement sans protester mais en plus elle lui souriait, l’invitant à poursuivre. Encouragé, il déboutonna entièrement sa chemise et la lui retira entièrement. Il la serra contre lui et, lentement, l’embrassa de nouveau. Puis sans échanger un seul mot, il lui prit la main et l’entraîna vers la rivière. Au milieu du cours d’eau, il l’attira de nouveau contre lui.

Will, en souriant : « Tu es prête ? »

Devinant son intention, Djaq acquiesça de la tête. Elle s’agrippa à ses épaules pendant que Will la tint fermement par la taille et ils s’embrassèrent tout en s’enfonçant dans l’eau jusqu’à ce que la rivière les ait entièrement engloutis. Puis ils ressurgirent brutalement hors de l’eau toujours collés l’un contre l’autre. Ils reprirent leur souffle en riant.

Djaq, mettant ses bras autour du cou de Will et redevenant sérieuse : « Je t’aime, Will Scarlett. Je ne sais pas comment j’ai fait pour vivre sans toi durant toutes ses années. »

Will admira ses grands yeux noirs qui l’observaient avec passion puis essuya délicatement une goutte d’eau qui coulait le long de sa joue. Djaq se pencha pour lui baiser la main. Toute souriante, elle le fixa à nouveau. Ils s’observèrent en silence. Will était subjugué par cette jeune femme. A partir de cet instant, il la voyait autrement. Ce n’était plus Djaq, le garçon manqué, qu’il tenait dans ses bras mais Saffyia, la jeune femme sarrasine dont les formes généreuses, mises en valeur par la lumière de l’astre nocturne éveillaient en lui un profond et fougueux désir qu’il n’avait jamais connu auparavant. Il la serra davantage contre lui et, pour toute réplique, il l’embrassa de nouveau.

Will, s’écartant légèrement et la dévorant des yeux : « Je ressens la même chose… Djaq… C’est pourquoi… »

Will baissa la tête afin de rassembler son courage.

Djaq, l’encourageant : « Oui ? »

Il redressa fièrement la tête, bomba le torse et la regarda droit dans les yeux. L’air soudainement sérieux de son compagnon commença par inquiéter la jeune femme. Puis les propos qui suivirent la laissa bouche-bée.

Will : « Est-ce que tu veux bien m’épouser ? »

Prise au dépourvu, Djaq ne répondit pas immédiatement. Elle le regarda avec de grands yeux interrogateurs en se demandant si elle avait bien entendu la question. Car évidemment elle était prête depuis longtemps. Il lui arrivait souvent d’imaginer la vie en tant que Mme Will Scarlett. Mais cette demande en mariage, qu’elle n’avait pas vu venir, avec comme seuls témoins la lune et les étoiles, était si soudaine mais tellement romantique qu’elle n’arrivait pas à prononcer le mot qu’elle criait dans sa tête : « OUI ».  Le silence de sa compagne inquiéta le jeune homme. Il perdit graduellement son sourire à mesure que le silence perdurait. Réalisant qu’il attendait une réponse, Djaq s’empressa de répondre. Mais toujours sous le choc de la question, elle ne prononça qu’un timide et inintelligible : « Oui. »

Will, retrouvant le sourire mais n’étant pas sûr de ce qu’il avait entendu : « Quoi ? »

Djaq, revenant à elle : « Oui… Je veux t’épouser. »

Will : « C’est vrai ? »

Djaq, folle de joie : « Oui… Oui, je veux t’épouser… Will Scarlett ! »

Will, fou de joie : « Waouh ! »

En riant, il la souleva dans les airs, tourna sur lui-même et la reposa à ses côtés. Heureuse, Djaq s’accrocha à ses épaules. Des oiseaux nocturnes s’envolèrent en émettant des cris de colère, furieux d’avoir été ainsi dérangés.

Djaq, riant : « Chuuttttt. Les autres dorment. »

Will la serra contre lui et l’embrassa fougueusement.

Ils étaient fous de joie. Ils auraient voulu le crier au monde entier mais ils réalisèrent qu’ils étaient au beau milieu de la nuit. Ils devraient attendre le matin avant de le faire savoir à tout le monde. Pour le moment, seuls la lune, les étoiles et quelques volatiles étaient témoins de leur bonheur.

Alors qu’ils étaient venus chacun de leur côté à la rivière pour se rafraîchir, ils allaient repartir fiancés l’un à l’autre. Mais ils ne voulaient pas retourner au campement tout de suite, ils désiraient savourer ce moment d’intimité qui risquait de ne pas se reproduire de si tôt. Ils mirent fin à leur baiser au milieu de la rivière puis Will entraîna sa fiancée hors de l’eau. Afin de prolonger ce délicieux moment, les futurs mariés décidèrent de se laisser sécher sur le bord de la rivière. Will étendit une serviette sur le sol et se coucha dessus invitant sa belle à le rejoindre. Djaq prit sa main et s’allongea à ses côtés. Les deux amoureux durent se serrer car la serviette n’était pas très grande. Djaq posa sa tête sur le torse de Will ; sa main caressant son abdomen. Will passa son bras droit derrière le dos de Djaq pour la maintenir contre lui et mit son bras gauche sous sa tête afin de la maintenir légèrement surélevée pour pouvoir admirer sa future épouse.

Soudain, une bise légère vint caresser les corps humides des deux amoureux. Si, pour Will, elle eut un effet rafraîchissant. Djaq se serra davantage contre son futur époux malgré la chaleur nocturne. Prévenant, le jeune fiancé prit la deuxième serviette qui se trouvait à ses côtés et la déposa sur les épaules de sa future épouse.

Djaq, se blottissant contre Will et appréciant sa prévenance : « Merci. »

Will, souriant : « De rien, Madame Will Scarlett. »

Les deux amants regardèrent la voute étoilée et discutèrent de leur avenir.

Will : « Il faudra en parler à Robin dès demain. »

Djaq : « Oui… Mais tu devais déjà lui parler de nous, il me semble ? »

Will : « Oui, c’est vrai mais après ce qui s’est passé… »

Djaq : « Oui, je comprends. »

Will : « Mais là c’est différent. Nous irons voir Robin avant notre départ demain matin. »

Djaq : « Je crois qu’il vaut mieux que vous en parliez tous les deux… en privé. »

Will, un peu étonné : « Pourquoi ?... Nous pourrions le faire tous les deux ensemble ? C’est notre mariage, après tout ! »

Djaq se tourna vers son fiancé. Elle posa son menton sur son torse et caressa son visage. 

Djaq : « Pendant ce temps-là, moi, je m’occuperai d’éloigner Allan et Much. Comme ça, ça te donnera du temps pour faire ta demande à Robin. »

Will : « Ma demande ? »

Djaq : « Oui, j’aimerais que ce soit lui qui nous marie… Et puis…Je sais pas… Tu as peut-être des questions à lui poser ? »

Will : « Des questions ? »

Djaq : « Oui, des questions… des questions… Je sais pas… à voir… entre hommes. »

Will sourit.

Djaq : « Comme ton père n’est plus… »

Perdant le sourire, Will se défit lentement de Djaq et s’assit. La jeune femme se rapprocha de lui et lui caressa la nuque tout en posant son menton sur son épaule.

Will : « C’est vrai que j’aurais aimé que mon père soit là. »

Djaq : « Je sais… Moi aussi j’aurais aimé que ma famille soit présente. »

Will se tourna vers elle.

Will : « Tu souhaites retourner vivre dans ton pays ? »

Djaq continua de lui caresser la nuque sans lui répondre.

Djaq : « Je souhaite être avec toi. »

Will : « Oui mais… Ici ou là-bas ? »

Djaq, résolue : « Ici… Toi et Robin, vous êtes ma famille maintenant. »

Will : « Vraiment ?... Tu es sûre ? Tu ne risques pas de le regretter un jour ? »

Djaq : « Non. Mon cœur est ici désormais. »

Will, lui prenant la main : « Tu sais… J’y ai beaucoup réfléchi et voilà ce que je te propose… Tout de suite après le mariage, nous allons rendre visite à ta famille en Terre Sainte. Et là, nous déciderons si nous voulons rentrer ou pas. »

Djaq : « Tu veux dire en Palestine ? »

Will : « Euh oui… en Palestine. »

Djaq, ravie : « Vraiment ?... C’est ce que tu veux ? »

Will : « Oui… Et puis… Nous pourrions même nous marier selon les coutumes de l’Islam si ça peut rassurer ta famille… Tout ce que je veux, c’est être avec toi, Djaq… pour l’éternité. »


byoann  (14.12.2015 à 08:40)

Djaq se jeta dans ses bras.

Will, souriant : « Alors c’est entendu ! »

Ils s’embrassèrent longuement puis se recouchèrent l’un contre l’autre.

Djaq : « Mais d’abord nous devons organiser la cérémonie. »

Will : « Elle devra avoir lieu dans la forêt. Nous ne pourrons pas nous marier à Locksley. »

Djaq : « Oui. Robin nous mariera et je demanderai à Petit Jean de me conduire à l’autel. »

Will : « Et moi, à Allan et Much d’être mes témoins. »

Djaq : « Much préféra peut-être s’occuper du buffet. Tu ne crois pas ? »

Ils éclatèrent de rire.

Will, finissant de rire : « Oui, sûrement. »

Djaq : « Je demanderai à Marianne et à Annie d’être mes demoiselles d’honneur. »

Will : « Bonne idée…  Finalement ce mariage sera parfait. »

Djaq regarda son futur époux.

Djaq : « Oui, parfait. »

Ils s’embrassèrent de nouveau. Mais Will s’arrêta.

Will : « Mais au fait quand veux-tu m’épouser ? »

Djaq : « Ah oui… Euh avant la fin de l’été…. [Se blottissant contre Will] J’aimerais passer le prochain hiver blotti contre mon mari. »

Will : « D’accord… Je parlerai donc à Robin dès demain. »

Djaq : « Entendu. »

Elle se recoucha à ses côtés. Puis il y eut un bref silence. Chacun pensa à ce qu’il l’attendait dans les prochains jours.

Will, regardant la voute étoilée : « Tu sais si jamais nous décidons de revenir à Sherwood. Ça f’ra bizarre d’habiter au camp tout en étant marié, non ? »

Djaq : « Oui, peut-être. Tu penses que nous devrions nous installer ailleurs ? »

Will : « Je sais pas. »

Djaq : « Tu crois que Robin pourrait refuser qu’on se marie à cause de ça ? »

Will, sûr de lui : « Non, absolument pas. Je suis certain qu’il sera content pour nous. Mais s’il me demande si on veut quitter la bande, qu’est-ce que je réponds ? »

Djaq : « Euh… Tu lui diras que… tu dois d’abord en discuter avec ta femme. »

Will, souriant : « Excellente réponse ! »

Djaq : « Puis nous en discuterons ensemble si la question se présente. »

Will : « Entendu ! »

Djaq soupira un grand coup et, heureuse, resserra son étreinte.

Djaq : « Tu sais cette nuit pourrait bien être notre nuit Kalilah et Dimnah ! »

Will : « Notre nuit quoi ? »

Djaq : « Kalilah et Dimnah !... Vous n’avez pas de nuit Kalilah et Dimnah ? »

Will, secouant négativement la tête : « Non, qu’est-ce que c’est ? »

Djaq : « Eh bien, les nuits Kalilah et Dimnah, on s’en souvient toute sa vie. On est obligé de dire la vérité. On doit poser toutes ses questions, partager tous ses rêves, avouer tous ses secrets. »

Will : « Moi, mon seul rêve est de passer le reste de ma vie avec toi, Djaq. Je suis si heureux. Je ne me rappelle pas l’avoir été auparavant ! »

Djaq : « Moi aussi, Will. »

Will : « Je t’aime…. Je t’aime depuis le premier jour que je t’ai vu ! »

Djaq, le taquinant : « Ah oui ?... Mais pourtant vous pensiez tous que j’étais un garçon et tu m’aimais quand même ?... Je trouve ça un peu bizarre. »

Will, souriant : « Tu as pu abuser mes yeux mais mon cœur ne s’y est pas trompé ! »

Djaq l’embrassa tendrement.

Will : « Et toi ?... Quand est-ce que tu… tu as su que tous les deux, nous… »

Djaq, espiègle : « Mmmm… Pas tout de suite. »

Will : « Comment ça pas tout de suite ? »

Espiègle, il la chatouilla. Djaq rit de bon cœur.

Djaq : « Non… En fait, lorsque je vous ai vu la première fois je vous ai tous pris pour des bandits… sales et complètement idiots ! »

Will : « Ah oui ?... Je vais te montrer si on est des bandits complètement idiots ! »

Il commença par la chatouiller de nouveau puis la renversa sur le côté et se retrouva au dessus d’elle. Djaq s’arrêta soudainement de rire, hypnotisée par le regard envoutant du jeune homme puis ils s’embrassèrent pendant de longues minutes. Will se coucha sur elle en la prenant dans ses bras puis ils roulèrent de nouveau, revenant sur la serviette. Djaq se retrouva couchée sur son amant. Ils mirent fin au baiser. Elle resta la tête posée sur son torse pendant qu’il remettait la couverture sur elle. Puis il referma ses bras sur sa future femme.

Djaq : « Et ton plus grand secret ? »

Will : « Je n’en ai pas ! »

Djaq : « Tu dois bien en avoir un ? »

Will : « Non, je t’assure. »

Djaq le chatouilla sur le côté.

Djaq : « Allez ! »

Will, riant : « Arrête !... Je t’assure… Arrête !... Bon d’accord. D’accord. »

Djaq : « Ah tu vois ? »

Will : « En fait… C’est pas vraiment un secret… C’est même quelque chose qui te concerne ! »

Djaq, intriguée : « Ah oui ? Qu’est-ce que c’est ? »

Will : « Je ne sais pas si tu l’avais remarqué mais je n’étais pas le seul à avoir succombé à tes charmes ! »

Djaq, surprise : « Ah oui ? »

Will : « Tu l’ignorais ? »

Djaq : « Complètement. »

Will : « Tu es sûre ? Tu ne t’es jamais aperçu qu’Allan avait aussi des sentiments pour toi ? »

Se redressant, Djaq, étonnée : « Allan ? »

Will : « Oui, Allan !... Et je peux te dire que j’ai eu peur que tu tombes dans ses bras au lieu de tomber dans les miens…. Il y a même eu, pendant quelques temps, un peu de compétition entre nous. »

Djaq, souriant : « Avec Allan ?... Non, je ne l’ai jamais su… [Se recouchant sur Will]… Ah ! C’est pour ça que tu t’es montré un tantinet jaloux quand nous sommes revenus de Terre Sainte ? »

Will, se renfrognant : « Je ne vois pas de quoi tu veux parler ! »

Djaq : « Allez… T’en fais pas. Je n’ai toujours eu d’yeux que pour toi et ce depuis le début. »

Will : « Ah oui et c’était quand le début ? »

Djaq, souriante et pensive : « Mumm… Lorsque je t’ai vu te battre pour la première fois ! Car c’est à ce moment-là que j’ai réalisé à quel point tu étais fort, juste et généreux et que tu te battais pour défendre ce en quoi tu croyais et c’est pour ça que je t’aime, Will Scarlett. »

Will : « Moi aussi je t’aime, Djaq. J’aime ta façon de dire ce que tu penses. J’aime ton accent un peu idiot. »

Djaq : « Un peu idiot ? »

Will sourit.

Djaq : « Bon d’accord très bien, je retire tout ce que j’ai dit. Je t’aime plus. »

Will : « Et j’aime aussi ta façon féroce de te battre comme un homme… et ta façon d’être en toute circonstance et quoiqu’il arrive une femme. »

Djaq leva la tête et l’embrassa fougueusement. Will referma ses bras sur elle et l’étreignit passionnément. Quelques minutes plus tard, ils mirent fin au baiser mais ils restèrent à se regarder dans les yeux en souriant.

Will : « J’aimerais que cette nuit ne finisse jamais ! »

Djaq, posant la tête sur son torse : « Moi aussi. »

Une légère brise souffla sur les deux tourtereaux. Djaq se colla contre son amant.

Will : « Tu veux retourner dormir au camp ? »

Djaq : « Non, je préfère rester encore un peu ici. »

Il la serra davantage, déposa un baiser sur son front et remit la serviette sur elle. Les deux amants restèrent silencieux pendant de longues minutes, écoutant les bruits de la nuit, rassurés par les battements de cœur de l’être aimé. Ils auraient pu se croire seuls au monde. Mais ils savaient que cela n’allait pas durer.

Will : « Il fera jour dans quelques heures. »

Djaq, mettant ses bras de chaque côté du torse de Will et le serrant contre elle : « Oui… Nous ferions mieux de dormir. Une longue journée nous attend demain. »

Will, caressant les cheveux de Djaq : « Oui, tu as raison… Bonne nuit, mon cœur. »

Il remit de nouveau la couverture sur Djaq.

Djaq : « Bonne nuit, mon amour. »

Mais les futurs époux étaient trop excités par leur passion amoureuse pour s’endormir tout de suite. Alors ils passèrent une bonne partie de la nuit à parler d’eux, de leur peur, de leur crainte mais surtout de leur bonheur et de leur avenir commun. Si bien qu’ils ne s’endormirent que peu de temps avant le lever du soleil.


byoann  (14.12.2015 à 08:45)

Le lendemain matin…

Much s’étira sur son lit et remarqua que Robin venait de son lever, Allan dormait encore et Petit Jean n’était pas là. Il se leva à son tour et s’approcha de Robin.

Much : « Je vous sers votre petit déjeuner, maître ? »

Robin : « Non, ça ira Much. Je vais me servir. »

Les deux hommes arrivèrent devant le foyer et constatèrent que le petit-déjeuner n’était pas prêt.

Robin : « C’était à qui de faire le petit-déjeuner ? »

Much : « Euh… à Will, je crois. »

Robin, souriant et mettant la main sur l’épaule de Much : « Bon ben… Si tu veux manger, il va falloir te mettre au fourneau, mon ami. »

Much, mécontent : « Ah non ! J’ai préparé les repas toute la semaine ! C’est au tour de Will à présent… Je vais aller lui secouer les puces, moi ! »

Il partit en direction du coin « repos » du campement. En chemin, il croisa Allan à peine réveillé.

« Tu ferais mieux de demander ça à Djaq. Elle se fera un plaisir de lui secouer tout ce que tu veux ! »

Allan rit de sa plaisanterie.

Robin se contenta de sourire.

 

 

 

 

 

Much, revenant l’air catastrophé : « Ben il n’est plus là ! »

Robin : « Comment ça, il n’est plus là ? »

Much : « Ben non. Son lit est défait et il n’est pas dedans. »

Robin : « Ben… Il a dû se lever de bonne heure et chercher du bois pour le feu ! »

Much : « Et le lit de Djaq est vide également ! »

Allan, souriant : « Alors c’est qu’ils sont allés chercher du miel ! »

Petit Jean, arrivant les bras chargés de bois : « Non… Ils sont partis cette nuit ! »

Much : « Quoi ? Tu les as vus ? »

Allan, souriant : « Oh-Oh-Oh ! Y’aurait bien anguille sous roche, les amis ! »

Robin à Petit Jean : « Tu les as vu partir cette nuit ? »

Petit Jean, rangeant les bûches : « Oui, j’ai eu beaucoup de mal à dormir cette nuit avec cette chaleur. Et je n’ai pas été le seul. Will s’est levé et est sorti. Djaq la suivit quelques minutes plus tard. »

Much : « Et t’as pas essayé de les arrêter ? »

Petit Jean : « Pour quoi faire ? »

Much : « Ben parce que euh… Euh… »

Allan : « Quoi ? Il est interdit de quitter le campement sans ta permission ? »

Much : « Non mais… Euh…. On doit toujours prévenir les autres quand on s’absente… C’est une question de sécurité… N’est-ce pas, maître ? »

Robin : « Oui mais seulement en mission, Much ! »

Allan, espiègle : « En ce moment, je ne crois pas que leur sécurité soit une de leur préoccupation majeure, si vous voulez mon avis ! »

Petit Jean : « Ils sont grands. Ils peuvent faire ce qu’ils veulent. Ça ne nous regarde pas. Nous devrions nous concentrer sur les livraisons que nous devons faire ce matin. »

Robin : « Petit Jean a raison. Ce ne sont pas nos affaires… Andrew et Carter dorment toujours ? »

Allan : « Oui ! »

Robin : « Much ? Tu nous prépares un petit quelque chose ? »

Much, un peu contraint : « Oui… Bien sûr… »

Much se mit au fourneau et prépara le petit déjeuner tout en maugréant sur l’absence de Will dont c’était la tâche.

Au bord de la rivière près du campement des hors-la-loi…

Un rayon du soleil vint frapper le visage de Will, l’obligeant à ouvrir les yeux. Se sentant très fatigué, il se mit sur ses coudes et constata qu’il n’était pas dans son lit et qu’il ne portait pratiquement rien sur lui. Il regarda à ses côtés et vit Djaq allongée et emmitouflée dans une serviette de bain. Il se remémora alors la nuit qu’ils avaient passée ensemble, blottis l’un contre l’autre. Il sourit en regardant la futur Mme Scarlett dormir paisiblement. Il se pencha sur elle et déposa un baiser sur ses lèvres. Elle ne se réveilla pas. Il recommença en enlevant légèrement « sa couverture ».

Will, souriant, d’une voix douce et parsemant son épaule de baisers : « Djaq… Djaq… Réveille-toi mon amour… Nous avons une longue jour… »

Soudain, il s’arrêta et regarda le soleil. Il constata avec stupeur que celui-ci se trouvait déjà bien au haut dans le ciel. Leurs compagnons devaient certainement les attendre en se demandant où ils avaient bien pu passer voire pire… Ils pourraient se mettre à leur recherche. N’osant pas imaginer ce qui se passerait si jamais ils les trouvaient ensemble dans cette tenue, Will s’activa.

Mais il ne savait pas que la nuit avait été aussi difficile pour ses compagnons. Ces derniers s’étaient levés beaucoup plus tard que d’habitude. Pour l’heure, Robin, Allan, Petit Jean et Much commençaient leur petit déjeuner.

Will, paniqué : « Djaq ? Debout lève-toi, le soleil est déjà levé. »

Il remua Djaq gentiment. Elle ouvrit les yeux en catastrophe.

Djaq : « Quoi ? »

Will, se levant : « Oui, le soleil est déjà levé ! Les autres doivent nous attendre. »

Affolée, Djaq se leva en vitesse.

« On doit retourner au camp et vite ! »

Acquiesçant de la tête, Will l’aida à rassembler ses habits et à s’habiller. Il alla ensuite chercher les siens, enfila son pantalon et ses chaussures pendant que Djaq ramassait leurs serviettes. Will fit de même avec sa chemise, rejoignit Djaq et ils foncèrent tous les deux vers le campement. Arrivés à quelques mètres du camp, ils s’arrêtèrent.

Will, enfilant sa chemise : « Attends... Qu’est-ce qu’on va bien pouvoir leur raconter ? »

Djaq, ajustant la chemise de son futur époux : « Je sais pas mais je pense qu’ils doivent déjà se douter de quelque chose… Tiens… Reprends ta serviette. »

Will : « Oui, merci… J’ai une idée !… On va leur raconter qu’on est allé se laver puis qu’on a trouvé des fruits en chemin pour le petit déjeuner. »

Djaq : « Bonne idée… Allons par là. Je sais où on peut en trouver. »

Les deux amants filèrent vers l’endroit de la forêt indiquée par la jeune femme. Ils revinrent quelques minutes plus tard au campement avec le produit de leur cueillette au moment même où les hors-la-loi finissaient leur petit-déjeuner.

Allan, espiègle : « Tiens. Tiens. Tiens. Mais qui nous arrive-là ? »

Much, levant les yeux : « Vous vous êtes levés bien tôt ? »

Les deux amants se regardèrent en souriant.

Will : « Oui, nous sommes allés nous baigner puis… »

Allan, l’interrompant : « Ensemble ? »

Djaq, un peu tendue : « Non !... Will s’est baigné d’un côté et… moi… de l’autre. »

Allan et Much se rapprochèrent des deux retardataires et les scrutèrent de la tête au pied. Robin, debout appuyé contre poteau du camp, arborait un grand sourire devant les mensonges évidents de ses compagnons. Petit Jean, lui, assis, finissait son repas en souriant ; preuve que lui non plus ne les croyait pas. Mais Allan et Much ne voulurent pas en rester là.

Will, regardant Allan lui tourner autour et d’une voix timide : «… et puis on vous a rapporté des fruits sauvages. »

Les deux amants baissèrent les yeux.

Allan, dubitatif : « Hein. Hein. »

Il regarda Much avec un sourire en coin. Ce dernier comprit qu’il avait l’intention de les confondre et il se joignit à lui pour mettre les deux tourtereaux sur le gril. Will avança timidement vers la table et y déposa les fruits qu’ils avaient rapportés.

Much à Djaq : « Vous venez de vous baigner mais pourtant vous êtes bien secs ? »

Will, volant au secours de Djaq : « Nous avions des serviettes ! »

Allan : « Hein. Hein. »

Allan regarda les mains des deux retardataires.

Allan : « Et vous n’aviez pas apporté de savon… pour vous laver ? »

Embarrassé, Will regarda Djaq avec de grands yeux puis les deux amants répondirent en même temps.

Djaq : « Nous l’avons fini ! »

Will : « Il est tombé dans la rivière ! »

Baissant la tête, Robin éclata de rire.

Will, regardant Allan : « Euh oui c’est ça… Djaq a fini le sien et, moi… J’ai fait tomber le mien dans la rivière !... [Il se racla la gorge puis avec un ton plus désinvolte] Bon… [Il passa devant Allan et se dirigea vers la table] Qu’est-ce qu’on mange avec ses fruits ? »

Allan, faisant un clin d’œil à Much : « Bien sûr ! »

Much : « Attends une minute, Will. Comment se fait-il que vos cheveux ne soient pas mouillés ? »

Djaq, volant au secours de Will : « Parce qu’ils sèchent très vite… [Changeant de ton] Veux-tu que je te fasse réchauffer un peu de bouillon, Will ? »

Will, sur le même ton : « Oui, je veux bien. Merci, Djaq. »

Mais Allan et Much n’en restèrent pas là.

Allan, s’approchant de Will : « Dis-moi, mon grand ? Alors comme ça tu reviens de la rivière où tu as pris un bain, c’est ça ? »

Will, mal à l’aise : « Oui, je te l’ai dit ! »

Allan, mettant son bras sur les épaules de Will : « Alors tu peux m’expliquer pourquoi tu as… [Il passa sa main dans les cheveux de Will] comme des… des feuilles dans les cheveux ? »

Djaq baissa la tête pour s’empêcher de rire.

Much, s’approchant : « Moi, je dirais plutôt de la mousse ! »

Allan, jouant le jeu avec Much : « De la mousse ?... Oui… Tu as peut-être raison… de la mousse. »

Much, passant la main dans les cheveux de Will : « Je dirais même de la mousse avec un petit peu de terre. »

Allan : « Tu crois ? Ah oui, c’est juste ! Il y a bien de la terre, effectivement. »

Allan et Much se plantèrent devant Will en croisant les bras : « Alors ? »

Will, coincé, baissa la tête en souriant nerveusement. Djaq étouffa un rire.

Allan : « Tu as dû mal te laver, mon garçon. La prochaine fois, on viendra avec toi pour vérifier que tu t’es bien lavé partout ! »

Much, mettant sur sa main sur l’épaule d’Allan : « Oui, ton père a raison ! »

Robin, s’avançant vers eux et souriant : « Bon allez, ça suffit. Arrêtez de les ennuyer tous les deux. Will, Djaq… Vous n’avez pas d’explications à nous donner. »

Will : « Mais si nous y tenons… Seulement, il faudrait d’abord que je te parle, Robin euh… en privé, si tu veux bien. »

Much, offensé : « Ben pourquoi pas maintenant ?... Et pourquoi en privé ? »

Allan : « Ouais, c’est vrai ! On est ta famille, non ? Alors raconte-nous, Will. On t’écoute. »


byoann  (17.12.2015 à 08:45)

Djaq : « Plus tard… Après avoir rempli notre mission. »

Robin : « Vous en êtes certains ? »

Djaq : « Certain… Maintenant allez vous laver pendant que je commence à préparer les provisions pour la livraison de ce matin. »

Robin : « Bien… Comme vous voudrez ! Vous venez, les gars ! »

Robin, Allan, Much et Petit Jean prirent chacun du savon et une serviette et quittèrent le camp en direction de la rivière. Will en profita pour embrasser Djaq.

Djaq, souriant : « Tu devrais peut-être les rejoindre. C’est vrai que tu as encore de la terre dans les cheveux ! »

Will, souriant et tout bas : « C’est pas étonnant tu as pris toute la place sur la serviette, cette nuit ! »

Il l’embrassa à nouveau, l’empêchant ainsi de répliquer, puis il sortit en courant rejoindre ses compagnons. Djaq regarda s’éloigner l’homme de sa vie en souriant, heureuse d’avoir trouvé son âme-sœur. Elle sut alors qu’elle sera heureuse jusqu’à la fin de sa vie lorsqu’elle sera unie à ce bandit de la forêt de Sherwood.

Will rejoignit ses compagnons qui continuèrent de le taquiner pendant tout le long du chemin les conduisant à la rivière. Il espéra que cela cesserait une fois qu’ils se seraient mis à faire leur toilette mais ce ne fut pas le cas. Les hors-la-loi se dévêtirent et entrèrent dans l’eau en s’écartant des uns des autres. Les sarcasmes d’Allan et de Much reprirent de plus belle sous les regards complices de Petit Jean et de Robin.

Allan, frictionnant la tête de Much : « Hé Will… Regarde bien comment on se lave les cheveux… Tu vois… Il faut bien frictionner partout. »

Much, prenant une voix aigüe : « Oh ça fait du bien… Continue, mon chéri. »

Allan : « Mais bien sûr, mon amour… »

Tout en se lavant, Robin et Petit Jean sourirent des enfantillages de leurs compagnons. Ils regardèrent Will qui ne semblait pas apprécier la plaisanterie. Ce dernier fixa Allan sans lui répondre.

Allan : « Hé Will !… Faudra que tu demandes à Djaq de… »

Mais Will n’entendit pas la fin de la phrase. Il continuait pourtant de le fixer mais il n’arrivait plus à l’entendre. Il ne sentit plus également l’eau de la rivière qui lui arrivait pourtant aux genoux. Il tourna alors la tête vers Robin. Celui-ci, souriant, le regardait et s’apprêtait à se rincer. Il s’immergea dans la rivière comme à son habitude puis il émergea brusquement en silence. Puis soudain, tout se ralentit. Will commença à s’inquiéter lorsqu’il vit l’eau ruisselait lentement sur le corps de Robin sans faire le moindre bruit. Le chef des hors-la-loi le regarda en souriant puis ses lèvres bougèrent mais Will n’entendirent rien. Il tourna la tête vers Petit Jean où le même phénomène se produisit. Il reporta alors son attention sur Allan qui se mouvait également au ralenti. Will ne comprenait pas ce qui se passait. C’est alors qu’il vit Allan se rapprocher de lui.

Allan, d’une voix extrêmement lente et grave : « Hé Will ?... Tu dors ou quoi ?… Réveille-toi, mon grand ! »

Allan continua d’avancer vers lui. Will voulut reculer mais il ne pouvait plus bouger

Allan, lentement : « Will ?... Will ?... Réveille-toi… Réveille-toi ! »

Allan avançait toujours. Will, paralysé, ne pouvait toujours pas reculer. Soudain, il ne vit plus que le visage d’Allan près du sien.

Allan, lentement : « Will… Will… Réveille-toi ! »

Subitement, de chaque côté du visage d’Allan, le décor disparut : La forêt, la rivière, Robin, Much et Petit Jean disparurent pendant que raisonnait, plus fortement mais de moins en moins lente et grave, la voix d’Allan dans sa tête. Seul son visage demeurait près du sien.

Allan, penché sur Will : « Hé réveille-toi, mon grand… On va bientôt partir ! »

Will, confus : « Quoi ? »

Allan, se redressant : « Si ça continue, on va partir sans toi ! »

Will tourna la tête vers Allan pour le regarder de la tête aux pieds.

Will, l’esprit embrouillé : « Mais tu es habillé ? »

Allan, se regardant et surpris : « Euh… Oui… Quand on se lève, en général, on s’habille tout de suite après ! »

Will : « Mais t’étais pas habillé à l’instant ? »

Allan : « Pardon ? »

Will se mit sur ses coudes, regarda attentivement autour de lui et réalisa qu’il n’était pas à la rivière mais couché dans son lit.

Se recouchant, Will, à lui-même et déçu : « Oh, ce n’était qu’un rêve ! »

Allan, lui prenant le bras : « Oh non, non, non… Il faut que tu te lèves maintenant sinon on partira sans toi. »

Will, s’asseyant sur le rebord de son lit : « Partir ?... Où ça ? »

Allan : « Holà… Et ben dis donc… Je ne sais pas ce que t’as fait cette nuit, toi. Mais… On doit partir pour Manchester… Souviens-toi… Carter ! Andrew ! Le prince ! »

Will : « Ah oui, c’est vrai… Je me souviens à présent. »

Allan : « Bon allez… Va te laver pendant que je te réchauffe un truc vite fait. »

Will se leva et regarda Allan. Il s’attendait à ce qu’il lui fasse une plaisanterie au sujet du bain mais il n’en fit rien… Pas de doute, c’était bien un rêve. Aussi agréable soit-il, il n’en restait pas moins qu’un rêve !

Le jeune homme enfila juste un pantalon puis prit une serviette et du savon et fila en direction de la rivière en se remémorant avec bonheur son rêve avec Djaq. A son retour, il vit Allan occupé à lui servir son bouillon du matin. Il se dirigea vers le coin « repos » du campement et se planta devant son lit. Celui-ci avait été fait et une tunique propre était posée dessus. Le jeune homme sourit. Il savait qui était responsable de cette délicate attention. Il se pencha pour prendre la tunique puis quand il se releva, il sentit deux mains parcourir lentement son dos nu puis deux bras lui encerclèrent le torse. Un baiser sur ses épaules vint clore ce délicieux moment. Il se retourna et aperçut les deux grands yeux noisette de Djaq.

Djaq, souriante : « Bonjour, la marmotte. »

Will, la serrant contre lui : « Bonjour, Madame… »

Soudain, il s’arrêta. Il prit conscience qu’il n’était plus dans son rêve mais dans la réalité.

Will : « … Djaq. »

Djaq, posant ses bras sur ses épaules : « Madame Djaq ? »

Will : « Euh oui… Enfin… Djaq. »

Djaq : « Tu es sûr que tu as suffisamment dormi ? »

Will : « Euh oui… Où sont les autres ? »

Par précaution, Djaq s’écarta de Will car les autres hors-la-loi n’étaient pas très loin. Heureux hasard car Robin se présenta à eux.

Robin, fixant les deux tourtereaux : « Je vous dérange ? »

Embarrassé, Will, enfilant rapidement sa tunique : « Euh oui… Enfin je veux dire… Non, bien sûr. »

Robin : « Tu vas bien, toi ? »

Will : « Euh… Oui. Bien sûr. »

Robin : « Bon... Départ dans un quart-heure ! »

Will : « Pas de problème. »

Robin repartit à l’extérieur où Petit Jean, Much, Andrew et Carter préparaient les chevaux pour leur voyage à Manchester. Djaq et Will s’assirent dans le coin « repas » du campement.

Allan, tenant une écuelle à Will : « Tiens… Et il faut tout finir car on ne doit rien laisser ! »

Will prit l’assiette et commença à manger. Djaq se tint à ses côtés en le dévorant des yeux.

Allan : « Holà… On croirait entendre Much ! »

Voyant que sa plaisanterie n’eut pas de succès, Allan regarda les deux tourtereaux en souriant. Il se releva sans bruit afin de terminer le rangement de la cuisine. Will regarda Djaq en repensant à son rêve. Il aurait bien voulu lui en parler mais, en même temps, il craignit qu’elle ne se conduise pas tout à fait comme dans son rêve.

Allan, constatant que Will s’était arrêté de manger : « Ben dis donc t’es pas du matin, toi ! »

Will, sortant de sa rêverie : « Hein… Euh pourquoi ? »

Allan : « Pourquoi ?... Ben on a mis un temps fou à te réveiller. »

Will, rougissant : « Ah oui ? »

Djaq : « Oui… On s’y est tous essayé mais sans succès. »

Allan : « Ouais et puis t’arrêtais pas de marmonner des trucs incompréhensibles. »

Mal à l’aise, Will avala une bouchée pour éviter de devoir s’expliquer.

Allan : « De quoi as-tu rêvé ? »

Will, mangeant : « Euh… Je me souviens pas. »

Robin, entrant dans le campement : « Vous êtes bientôt prêts, les gars ? »

Allan : « Oui dès que notre marmotte aura fini de manger ! »

Robin, souriant : « Tiens. D’habitude, c’est Much qui n’a jamais fini de manger. »

Much, entrant dans la pièce : « Quoi ?... On parle de moi ? »

Will : « Désolé, je me dépêche. »

Will se pressa de terminer son écuelle.

Much : « Alors ça y est ?... Vous avez réussi à le réveiller ? »

Robin : « Oui… [A Allan et Much] Bon, vous venez m’aider les gars ? »

Much : « Quoi ? Tous les deux ? »

Robin : « Oui, tous les deux !… Tu viens, Allan ? »

Allan : « Non, j’ai encore à faire ici. »

Mais Robin l’attrapa par la nuque et le força à le suivre, laissant Djaq et Will tous seuls.

Allan : « Euh. Bon d’accord, j’arrive ! »

Djaq : « La nuit a été difficile ? »

Will, souriant : « Oh non… au contraire. »

Djaq : « Ah oui ?... Raconte ! »

Will : « Euh… Plus tard peut-être… Plus tard. Je dois me dépêcher sinon ils partiront sans moi. »

Djaq : « Tout est prêt. Je me suis déjà occupée de tout. »

Will la regarda droit dans les yeux. Pendant un instant, il se sentit le courage de lui avouer ce qu’il avait vécu en songe ; songe qui revenait fréquemment hanter ses nuits depuis quelque temps. Peut-être était-ce son inconscient qui s’exprimait à travers ce rêve… Il lui indiquait qu’il était peut-être temps qu’il lui avoue enfin ses sentiments les plus profonds… mais la voix d’Allan lui fit perdre tous ses moyens.

Allan, de l’extérieur : « Bon alors ? Vous venez ? »

Décidément, il avait le chic pour sortir Will de ses moments les plus intimes avec Djaq. A l’extérieur, les hors-la-loi étaient rassemblés autour des chevaux. Ils n’attendaient plus que Will et Djaq.

Much, montant sur son cheval : « Bon, vous venez les amoureux ? »

Will et Djaq sortirent en courant du campement.

Much à Allan : « Tu vois ?… Il faut savoir leur parler ! »

Carter : « Pourquoi ?... Ils sont ensembles ? »

Allan : « Alors ça, c’est une autre histoire ! »

Après avoir refermé la porte du campement, Will et Djaq, les joues rouges, approchèrent de leurs compagnons et, sans un mot, ils grimpèrent sur leurs montures. Quand tous furent en selle, Robin lança la troupe au galop et filèrent en direction de Manchester.


byoann  (17.12.2015 à 08:50)

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