HypnoFanfics

A la recherche du Prince

Série : Robin Hood
Création : 12.10.2015 à 09h10
Auteur : byoann 
Statut : Terminée

« Il s’agit de la suite de l’épisode « Face à son passé ». Cet EV comporte 26 chapitres. J’écris seul merci. »

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CHAPITRE XI

« ASSEZ PERDU DE TEMPS… DIRECTION LOCKSLEY !... YA ! »

es hors-la-loi galopèrent vers Manchester durant toute la matinée, s’arrêtant uniquement pour faire boire les chevaux. Mais aux alentours de midi, Much réclama une pause plus conséquente afin de pouvoir se restaurer. Robin accepta et chacun descendit de cheval.

Allan, se dégourdissant les jambes : « Oh que ça fait du bien ! »

Much : « On n’a pas arrêté de galoper depuis ce matin. »

Robin : « On s’arrête juste le temps de manger quelques provisions. »

Tous les hors-la-loi avaient préparé un petit sac de provision pour le voyage, composé de pain, de fromages, de galettes de blé et de quelques fruits. Ils se dispersèrent chacun de leur côté. Will et Djaq partirent ensemble. Petit Jean et Much restèrent près des chevaux. Andrew et Carter leur tinrent compagnie. Robin préféra s’isoler légèrement et s’écarta du groupe. Allan, ne sachant pas où s’installer, regarda chacun de ses compagnons. Son regard se posa sur Robin. La promesse qu’il avait faite à Richard lui revint alors en mémoire.

Allan, à lui-même : « Bon ben, je crois que c’est le moment ou jamais. »

Mal à l’aise, il s’approcha de Robin.

Allan : « Euh… Je peux… je peux manger avec toi ? »

Robin : « Oui, bien sûr. »

Allan, rassuré : « Merci. »

Il s’installa près de Robin. Ce dernier le regarda avec insistance, trouvant son compagnon soudainement nerveux.

Allan, regardant autour de lui : « Ah !... ça fait du bien de sortir un peu de Sherwood, tu ne trouves pas ? »

Se tournant lentement vers lui, Robin le fixa sans répliquer.

Allan : « J’ai pas raison ? »

Robin, concentré : « Si tu le dis. »

Robin continua son repas.

Allan : « J’espère sincèrement que nous retrouverons le prince à Manchester ! »

Robin, entre deux bouchées : « Je l’espère aussi. »

Allan commença à avaler un morceau de son repas tout en se demandant comment aborder le sujet.

Allan : « Mais peut-être… peut-être que nous ne sommes pas assez nombreux pour ça ? »

Robin, regardant Allan : « Non, je ne crois pas. Je crains même que nous soyons trop nombreux. Nous risquons d’attirer l’attention en arrivant à Manchester. »

Allan, déçu : « Ah !… C’est pas faux. »

Il avala une bouchée pendant que Robin but une gorgée de sa gourde.

Robin, déposant sa gourde : « Tu doutes qu’on puisse y arriver avec huit hommes ? »

Allan : « Oh non !... Non. Non. Non… »

Robin : « Ah bon ! »

Allan, toujours nerveux, mordit dans une galette de blé. Robin le regarda avec un léger sourire. Visiblement, il cherchait à lui dire quelque chose mais apparemment il n’osait pas aborder frontalement le sujet. Cela amusa beaucoup Robin.

Allan, regardant les chevaux : « Tu t’y connais pour ferrer les chevaux ? »

Robin, s’arrêtant de manger surpris par sa question : « Euh non… Pourquoi ? »

Allan : « Ça pourrait être un plus pour l’équipe si l’un de nous savait ferrer les chevaux, non ?... Ça éviterait de nous rendre à chaque fois à Nettlestone, tu ne crois pas ? »

Robin, après avoir bu : « Euh oui… Pourquoi ? Tu songes à te reconvertir en maréchal-ferrant ? »

Allan, aussitôt : « Non. Non. Non. Pas moi… Je parlais comme ça… Je pensais juste que ça s’rait un atout… pour l’équipe… d’avoir une personne capable de travailler le métal. »

Robin, posant sa gourde : « Allan ?... [Ce dernier se tourna vers lui]… Tu n’aurais pas quelque chose à me demander par hasard ? »

Allan, faussement : « Moi ?... Non, je ne vois pas non… »

Robin le fixa avec insistance.

Allan : « Bon d’accord… C’est vrai… Euh… J’ai effectivement quelque chose à te demander… mais c’est pas pour moi… C’est pour un ami. »

Robin, devinant : « Un ami qui souhaiterait se joindre à nous ? »

Allan hocha la tête.

Robin : « Qui est-ce ? »

Robin vit Allan hésiter. Il en conclut que cela devait être non seulement quelqu’un qu’il connaissait mais en plus qu’il hésiterait sûrement à prendre dans l’équipe.

Robin : « Je le connais ? »

Allan, se lançant : « Oui… C’est Richard ! »

Robin, étonné : « Quoi ?... Richard ?... Richard Fisher de l’orphelinat ? »

Allan : « Oui… [Voyant l’expression négative de Robin]… Oui, je sais ce que tu penses… qu’il est un peu jeune et qu’il manque d’expérience. »

Robin : « Mais tu lui en as déjà parlé ? »

Allan : « En fait, c’est lui qui m’en a parlé… hier à la rivière. »

Robin, réticent : « Ecoute… Je ne sais pas... »

Allan, le coupant : « C’est vrai qu’il manque d’expérience au combat mais je pourrais l’entraîner… »

Robin : « Toi ?... Tu veux l’entraîner ? »

Allan : « Oui, pourquoi pas ?… Je trouverai bien un petit moment entre deux missions… Derrière l’orphelinat… Personne ne pourra nous voir. »

Robin : « Bon, admettons ! »

Allan : «… Et puis ce n’est plus un gamin… Il est juste un peu paumé. Il ne sait pas quoi faire de sa vie et… je pense qu’on devrait l’aider. Il veut juste se rendre utile… Parle au moins avec lui et ensuite tu aviseras. »

Robin : « Ça te semble te tenir à cœur, on dirait ? »

Allan : « Ben… Oui, c’est vrai…. Je sais ce qu’il éprouve. Je suis passé par là, moi, il n’y a pas si longtemps… et puis je lui dois bien ça. »

Robin comprit qu’Allan faisait référence à ce que son père avait fait subir au jeune homme avant leur rencontre dans la forêt de Sherwood.

Robin : « Tu n’es pas responsable des actes de ton père, Allan ! »

Allan : « Je sais… mais je dois respecter la promesse que je lui ai faite ! »

Robin souffla puis regarda Allan en réfléchissant.
Allan, inquiet de son silence : « Je te demande juste de lui parler. C’est tout. »

Bien qu’il aimât Richard, Robin ne fut pas très enthousiaste à l’idée que le jeune homme les rejoigne dans la bande car celui-ci était, non seulement, jeune mais, en plus, il n’avait aucune expérience du combat. Mais visiblement son compagnon semblait y tenir.

Robin, vaincu : « Bon, c’est d’accord ! »

Allan, ravi : « Formidable ! »
« Mais je veux d’abord lui parler afin de mieux connaître ses motivations… Et ensuite, nous déciderons. »

Allan : « Pas de problème ! »

Soulagé, il mordit avec entrain dans une galette de blé. Robin, satisfait, continua son repas. Les deux hommes terminèrent leur déjeuner en partageant leur impression sur leur mission. Puis Robin ordonna le rassemblement. Ils grimpèrent alors en selle et filèrent vers Manchester.


byoann  (21.12.2015 à 09:30)

En fin d’après-midi, un peu avant l’entrée de la ville…

Robin : « Bon, les gars. On va devoir se disperser. Carter et moi, nous irons parler aux maréchaux-ferrants. Vous autres, dispersez-vous par groupe de trois. Fondez-vous dans le décor et surtout ne vous faites pas remarquer. »

Andrew : « Il y aune auberge à l’entrée de la ville. Je propose qu’on s’y retrouve à la tombée de la nuit. »

Le reste de la troupe approuva. Petit Jean, Andrew et Allan partirent les premiers et empruntèrent la route conduisant aux portes de la ville. Robin et Carter suivirent quelques minutes plus tard puis ce fut au tour de Djaq, Will et Much de fermer la marche.

Il y avait foule aujourd’hui à la porte de la ville car c’était jour de marché. Deux soldats fouillaient les arrivants quand Carter et Robin arrivèrent.

Le soldat : « Rien à déclarer, Messire ? »

Carter : « Non. »

Le soldat fit le tour des deux cavaliers. Il fouilla leurs sacoches mais ne trouva rien.

Le soldat : « C’est bon allez-y !... Au suivant ! »

Non loin de là, deux hommes discutèrent en face de la porte d’entrée de la ville. Un homme appuyé, dos au mur, fit un signe de tête à son comparse.

L’homme : « Hé, regarde !... C’est lui ! »

L’autre homme : « Très bien… On les suit. Tu prends le blond. Je prends l’autre. »

Le 1er homme : « Entendu. »

Ils se séparèrent et suivirent Carter et Robin chacun de leur côté. Comme à Poitiers, ces derniers demandèrent à un passant l’adresse du plus ancien maréchal-ferrant de la ville. Une fois renseignés, ils s’empressèrent de s’y rendre. Les deux hommes descendirent de cheval et les attachèrent à la barrière de l’enclos juxtaposant l’atelier de l’artisan.

Carter : « J’espère qu’on aura de la chance et qu’on n’aura pas à interroger tous les maréchaux-ferrants de la ville. »

Robin, se mettant en route : « Restons optimiste ! »

Les deux hommes arrivèrent devant l’entrée de l’atelier. Ils y pénétrèrent puis patientèrent quelques secondes afin que leurs yeux s’habituent à la pénombre.

Une voix d’homme derrière eux : « Je peux vous aider ? »

Robin et Carter se retournèrent brusquement et aperçurent dans l’embrasure de la porte la silhouette plutôt imposante du maître des lieux. Celui-ci s’approcha afin que ses visiteurs puissent le voir.

Carter : « Vous êtes le maréchal-ferrant ? »

L’homme : « Ça se voit, non ? »

Robin, souriant : « Oui, en effet… Vous êtes le plus ancien de la ville, nous a-t-on dit ? »

Le maréchal-ferrant : « Ouais… Pourquoi ? »

Carter : « Nous aimerions retrouver quelqu’un… un maréchal-ferrant répondant au nom d’Alfred Swanson. »

Robin : « Il serait arrivé en ville il y a dix-huit ans. »

Le maréchal-ferrant, mettant ses mains sur ses hanches : « Dix-huit ans !... c’est que j’en ai vu passé du monde, moi, en dix-huit ans. »

Robin : « Mais il devrait y en avoir peu qui se soit installé comme maréchal-ferrant ? »

Le maréchal-ferrant, réfléchissant : « Euh… Attendez voir… Alfred Swanson, vous dites ? »

Plein d’espoir, Robin et Carter hochèrent la tête.

Le maréchal-ferrant : « Ouais… Alfred… ça me dit quelque chose… J’ai connu un confrère qui s’appelait bien Alfred mais j’sais plus si c’était Swanson. »

Robin : « Il venait d’où ? »

Le maréchal-ferrant : « Il venait de France… Je m’en souviens parce qu’il a travaillé un peu avec moi avant d’avoir son propre atelier. »

Carter : « Avait-il une femme et un enfant ? »

Le maréchal-ferrant : « Oui… Je m’en souviens parce que je venais moi-même de devenir père… C’était un garçon, comme le mien… Il venait à peine de naître quand il a débarqué ici… Comme il n’avait pas un sou en poche, je les ai hébergés quelques temps. »

Robin : « Et où sont-ils à présent ? »

Le maréchal-ferrant, triste : « Oh malheureusement, ils ne sont plus de ce monde. »

Robin et Carter furent abattus par la nouvelle.

Le maréchal-ferrant : « Ils ont été emporté tous les deux par l’épidémie de peste il y a une trois ans. »

Robin, plein d’espoir : « Et leur fils ? »

Le maréchal-ferrant : « Lui a survécu… Pauv’ gamin… Je l’aurais bien pris avec moi mais j’ai moi-même perdu ma femme et j’avais mes cinq enfants à nourrir… [Avec regret] Oh ! C’était un brave gosse… Dommage que je ne me souviens plus de son nom ! »

Robin : « Vous l’avez revu depuis ? »

Le maréchal-ferrant : « Non… Je suis désolé… Il a dû se débrouiller tout seul… Vous savez, il y a beaucoup de gosses qui sont livrés à eux-mêmes par ici. Alors s’il a réussi à échapper aux soldats, il a dû survivre en volant par-ci par-là. »

Robin, fortement déçu : « Je vous remercie quand même. »

Le maréchal-ferrant : « Y’a pas de quoi ! »

Désappointés, Robin et Carter sortirent de l’atelier et retrouvèrent leurs chevaux.

Carter : « Cette fois-ci, c’est fichu. »

Robin, regardant au loin : « Peut-être pas. »

 

 

 

 

 

 

Il abandonna son cheval et traversa la rue en direction d’un groupe de gamins qui se partageaient le fruit de leur rapine. Quand ils le virent arrivés, tous les enfants fuirent en vitesse. Robin attrapa un retardataire et l’emmena dans une petite ruelle adjacente.

L’enfant, apeuré et furieux : « Hé mais… Lâchez-moi…. J’ai rien fait… Je les ai trouvées par terre…. Je vous le jure, Messire. »

Robin avisa les quelques pièces qu’il tenait dans sa main. Au même moment, Carter arriva à ses côtés.

Robin, lâchant le gamin : « Tu veux en avoir d’autres ? »

Le garçon d’une dizaine d’année ne répondit pas tout de suite. Il évalua d’abord la situation. L’homme en face de lui ne paraissait pas menaçant et lui proposait même de l’argent. Cependant, il ne pouvait pas s’enfuir car les deux adultes en face de lui bloquaient le passage.

L’enfant, sur ses gardes : « Faut voir ! »

Robin sortit deux pièces de sa bourse et les montra au gamin.

L’enfant, méfiant : « Qu’est-ce que je dois faire ? »

Robin : « Répondre à quelques questions ? »

L’enfant : « C’est tout ? »

Robin, souriant : « Oui, c’est tout. »

Robin lui donna une première pièce pour l’encourager.

L’enfant : « D’accord. »

Robin : « Est-ce que tu connais un garçon qui s’appelle Swanson ? »

L’enfant : « Pourquoi ?... Qu’est-ce qu’il a fait ? »

Robin : « Rien… Rassure-toi… Nous voulons simplement lui parler. »

L’enfant, réfléchissant : « Swanson, vous dites ? »

Robin, souriant : « Oui. »

Carter : « Il devrait avoir environ dix-huit ans ! »

L’enfant : « Non… Je ne vois pas, Messire. »

Robin : « Tu es sûr ? »

L’enfant : « Certain !... Par ailleurs, les grands ne travaillent généralement pas avec nous mais plutôt avec les frères Witt. »

Robin, pensif : « Les frères Witt ? »

Carter : « Tu les connais ? »

Robin : « Il me semble déjà avoir entendu ce nom quelque part. »

L’enfant : « Bon… Je pourrais avoir ma pièce maintenant. »

Robin : « Tiens. »

Il lui tendit la pièce. L’enfant lui arracha des mains, donna un coup de poing dans l’estomac de Carter, le contourna et s’enfuit à toutes jambes. Carter se plia en deux, le souffle coupé.

Robin, souriant : « ça va aller ? »

Carter, avec peine : « Il est plus costaux qu’il en a l’air. »

Robin, souriant : « Heureusement qu’il ne t’a pas frappé plus bas. »

Les deux hommes retournèrent à leurs chevaux. Frustrés d’être arrivé si près du but, ils décidèrent de se rendre à l’auberge et d’y attendre leurs compagnons. Ils décideront ensemble ce qu’il conviendra de faire.


byoann  (21.12.2015 à 09:35)

A la tombée de la nuit, à l’auberge se trouvant à l’entrée de la ville…

Robin et Carter s’installèrent à une table dans un coin de l’auberge légèrement éloigné des autres convives pour parler en toute tranquillité. Malheureusement, ils ne virent pas que les deux hommes qui les avaient suivis tout l’après-midi s’étaient attablés juste à côté. Robin et Carter commandèrent à boire en attendant l’arrivée de leurs compagnons. Djaq, Will et Much entrèrent quelques minutes plus tard et vinrent les rejoindre.

Much, en s’asseyant : « Alors vous savez où il est, maître ?

Robin, baissant d’un ton et regardant autour d’eux : « Chut !... Moins fort, Much ! »

Much, baissant la voix : « Désolé… Alors vous l’avez retrouvé ? »

Robin hocha négativement la tête. Jean, Allan et Andrew arrivèrent à leur tour. Robin attendit qu’ils s’installent avant de leur dire ce qu’ils avaient appris. Les hors-la-loi furent extrêmement déçus lorsqu’ils apprirent que le couple qui avait emmené le jeune prince avec eux était mort.

Much : « Alors ça veut dire que tout est fichu ? »

Robin : « Non. Il ne faut pas dire ça, Much ! »

Allan : « Pourquoi ?... Cette fois-ci, je suis d’accord avec Much. On ne le retrouvera jamais ! »

Robin : « Non, il y a sûrement un moyen ! »

Allan, sarcastique : « Ah ouais et comment ? Tu comptes interroger tous les gamins des rues de Manchester pour savoir s’ils ne connaissent pas un gars qui s’appelle Swanson et qui a environ dix-huit ans ? »

Robin : « Pourquoi pas ?... J’ai déjà essayé. »

Djaq : « Et alors ? »

Robin, déçu : « Le gamin ne le connaît pas. »

Much : « Vous voyez ! »

Robin : « Mais ce n’était qu’un gamin d’une dizaine années… Peut-être ne connaît-il pas ceux qui sont plus âgés ?… D’ailleurs, il m’a dit que les plus vieux travaillés avec les frères Witt… Peut-être devrait-on leur parler ? »

Allan, fronçant les sourcils : « Les frères Witt ? »

Robin, fixant Allan : « Oui… Pourquoi ?... Tu les connais ? »

Allan : « Non… Enfin… Nous les connaissons un peu. »

Tous les regards se tournèrent vers Allan.

Robin : « Comment ça ? »

Allan : « Souviens-toi… Ceux sont ces hommes qui travaillaient avec mon… »

Allan s’arrêta et baissa la tête.

Robin, se souvenant : «… ton père ! »

Allan hocha la tête.

Will : « C’est vrai qu’il a travaillé avec des gamins des rues. »

Djaq : « Y compris Richard et Adrien. »

Robin : « … Donc ça veut dire que Richard ou Adrien pourraient peut-être nous renseigner. »

Much : « Comment ça ?... Vous croyez qu’ils sauront s’il y avait un gamin qui s’appelait Swanson avec eux ? »

Robin : « Richard sûrement… Après tout, il a à peu près le même âge avec le jeune prince, non ? »

Carter : « Et puis il y a un moyen de reconnaître le jeune prince. »

Much, curieux : « Lequel ? »

Carter regarda Robin. Celui-ci hocha la tête.

Carter, baissant le ton de sa voix : « Il porte une marque de naissance. »

Much, incrédule et à haute voix : « Une marque de naissance ? »

Robin, le fusillant du regard : « Much, moins fort ! »

Much, tout bas : « Une marque de naissance ? »

Carter : « Oui, de couleur rouge. »

Allan se figea sur place. Un souvenir particulier lui revint aussitôt en mémoire.

En état de choc, il fixa Carter. Djaq, assise à ses côtés, remarqua son teint blême.

Djaq : « Allan ? Est-ce que ça va ? »

Tout le monde regarda dans sa direction.

Allan, incrédule : « Une marque de naissance ?… De couleur rouge ?… Sur le flanc droit, c’est ça ? »

Carter, surpris : « Euh… Oui. C’est ça. »

Robin, plein d’espoir : « Pourquoi ?... Tu l’as déjà vu ? »

Allan hocha lentement la tête.

Much, impatient : « Eh ben où ça ? »

Allan : « Sur Richard. »

Toute la bande, étonnée : « Quoi ?... Richard ? »

Les regards des autres convives de l’auberge se tournèrent vers eux tout particulièrement ceux des deux hommes assis tout près d’eux qui écoutaient toute leur conversation.

Robin, baissant d’un ton : « Richard ?... Tu en es sûr ? »

Allan : « Absolument, je l’ai vu lorsque nous étions à la rivière… Je lui ai même posé la question et il m’a confirmé que c’était bien une marque de naissance… Je te jure. »

Robin, pensif : « Je te crois, Allan. Je te crois. »

Much, se réjouissant : « Alors comme ça, Richard est le fils du roi ? »

Djaq : « Moins fort, Much ! »

Much : « Non mais tu te rends compte qu’on a galopé toute la matinée jusqu’ici, qu’on a parcouru à pied toute la ville tout l’après-midi à la recherche du fils du roi qui se trouve bien tranquillement, chez nous, à Locksley. C’est fou, non ? »

Djaq : « Je sais Much mais baisse d’un ton, tu veux ! »

Petit Jean : « Que fait-on, Robin ? »

Robin : « Il faut retourner immédiatement à Locksley. »

Much : « Maintenant ?... ça veut dire qu’on va devoir galoper toute la nuit ? »

Robin : « Hé oui, Much ! »

Much : « Pourquoi se presser ?... Après tout, personne ne sait qu’on le recherche ? »

Andrew : « Je ne partage pas ton avis, mon ami. Je crains que le Prince Jean ait envoyé des espions pour mettre la main sur le jeune prince. »

Much : « Mais il est à Locksley… Comment ces espions pourraient-ils le savoir ? »

Mais Much était bien naïf de penser cela d’autant plus qu’il venait lui-même d’avouer aux espions du Prince Jean où se trouvait le jeune prince. Les deux hommes, assis non loin d’eux, sourirent. L’un deux finit son verre.

Le 1er homme, se relevant et tout bas : « Je vais avertir immédiatement le shérif. Fais tout ce que tu peux pour les ralentir. »

Le 2d homme : « Entendu. »

Ils se serrèrent la main et se saluèrent comme s’ils allaient se revoir le lendemain. Puis le 1er homme quitta son comparse. Le second resta encore quelques minutes jusqu’à ce qu’une bagarre éclate au fond de l’auberge. Il profita de la confusion pour s’éclipser discrètement. L’altercation mit fin à la discussion des hors-la-loi. Ces derniers ne prirent pas part à la querelle. Ils restèrent sur le côté attendant que les soldats du shérif de Manchester interviennent.

Le soldat : « Allez, ça suffit vous deux. »

Le 1er combattant : « Mais je n’ai rien fait… C’est lui qui m’a agressé ! »

Le 2d combattant : « Non, c’est faux… C’est lui qui a commencé ! »

Le soldat : « Bon, ça suffit, j’ai dit… On les embarque tous les deux. »

Il fit signe aux soldats qui l’accompagnaient de s’emparer des deux hommes. La soldatesque emmena les combattants à l’extérieur de l’auberge. Les clients reprirent peu à peu leur place. Robin en profita pour donner l’ordre du départ.

Robin : « Bon allons-y… Profitons-en pour filer. »

Il déposa quelques pièces sur la table en paiement de ce qu’ils avaient bu et suivit ses compagnons. A l’extérieur, ils reprirent leurs chevaux.

Robin, sur son cheval : « Nous sortirons dans le même ordre que nous sommes entrés dans la ville. Ainsi on attira moins l’attention. »

Toute la troupe acquiesça.

Robin, talonnant son cheval : « On se retrouve à la sortie. »

Ils se divisèrent en trois groupes et prirent tous un chemin différent. Une demi-heure plus tard, ils se regroupèrent à la sortie de la ville.

Robin : « Assez perdu de temps… Direction Locksley !... [Talonnant son cheval] Ya ! »

Ils partirent au triple galop. La nuit s’apprêtant à tomber, il leur aurait été difficile de poursuivre ce rythme dans le noir. Mais grâce à la pleine lune, Robin profita de la lumière de l’astre nocturne et d’un sous-bois assez dégagé pour parcourir le plus de chemin possible.


byoann  (21.12.2015 à 09:40)

Pendant que Robin et ses compagnons cherchaient le jeune prince dans les rues de Manchester, celui-ci aidait Marianne, Kate et Frère Tuck à s’occuper des orphelins.

A l’orphelinat peu après midi…

Marianne et Kate aidèrent Frère Tuck à la cuisine pendant que Richard surveillait l’étude des orphelins avec les sœurs.

Tuck, souriant : « J’ai combattu les infidèles, procédé à des mariages et des enterrements, guidé mes fidèles mais je dois dire que m’occuper de ces jeunes gens est la tâche la plus difficile qu’il m’ait été confiée jusqu’ici. »

Marianne, souriant et lavant une assiette : « Ne vous en faites pas… Vous vous en sortez très bien. »

Kate, le sourire aux lèvres : « Oui… pour un homme ! »

Soudain, ils entendirent une voix masculine à l’extérieur.

La voix : « DEPLOYEZ-VOUS ET METTEZ-MOI TOUT LE MONDE DEHORS ! »

Richard, entrant dans la cuisine, paniqué : « Gisborne et ses hommes encerclent l’orphelinat ! »

Tuck, Marianne, Kate, Richard et Sœur Margaret sortirent en courant du bâtiment. Le moment tant redouté était arrivé.

Tuck : « Mais que signifie tout ceci ? »

Gisborne descendit de son cheval et vint à leur rencontre.

Gisborne : « Qui êtes-vous ? »

Sœur Margaret : « C’est Frère Tuck. Il a été envoyé ici pour gérer l’orphelinat en remplacement du Père Swain. »

Gisborne, sourire en coin : « Gérer l’orphelinat, hein ? »

Tuck : « Absolument ! Et je ne vois pas ce qu’il peut vous faire sourire ! »

Gisborne, perdant son sourire : « Parce qu’il n’y a plus d’orphelinat ! »

Marianne : « Guy !... Comment pouvez-vous… »

Gisborne, la coupant et d’un ton sec : « Marianne, je vous en prie rester en dehors de ça… »

Sœur Margaret : « Je vous en prie, Messire Gisborne. Laissez-nous un peu plus de temps pour… »

Gisborne, l’interrompant : « Le shérif vous avait donné du temps et vous n’avez rien fait… Maintenant, il est temps que justice se fasse. »

Tuck : « Mais Messire Gisborne, pensez aux enfants ! Que vont-ils devenir ? »

Gisborne : « Ce n’est pas mon problème !... [Aux soldats] ALLEZ-Y !... METTEZ TOUT LE MONDE DEHORS ! »

Sœur Margaret, paniquée, rentra immédiatement à l’intérieur pour protéger les enfants. Richard fit de même pour rester auprès d’Adrien. Gisborne retourna à son cheval.

Marianne, le suivit : « Guy… Guy… Guy, Écoutez-moi ! »

Gisborne se retourna.

« Vous m’aviez promis que les enfants ne seraient pas expulsés ! »

Gisborne, avec colère : « Je ne vous ai rien dit de tel, Marianne !... Je vous ai seulement dit que l’opération était provisoirement annulée ! »

Marianne, après avoir laissé la colère de Gisborne retombée un peu : « Vous ne pouvez pas les expulser de la sorte…  Laissez-leur au moins un peu de temps pour rassembler quelques affaires. »

Gisborne regarda froidement Marianne sans répliquer.

Marianne : « Je vous en supplie, Guy… Je sais que vous ne faites pas cela de gaieté de cœur… s’il vous plaît, Guy. »

Marianne avait vu juste. Gisborne, en effet, n’était pas fier de ce qu’il était entrain de faire mais il devait obéir aux ordres du shérif. Il fut touché que Marianne s’en soit aperçue.

Gisborne, en remontant sur son cheval : « Très bien… Vous avez une heure… pas une minute de plus. »

Marianne, souriante : « Merci, Guy. »

Gisborne, aux soldats : « ON SE REPLIE ! »

Les soldats qui se trouvaient déjà à l’intérieur pour expulser les enfants sortirent du bâtiment et quittèrent l’orphelinat. Tuck, Sœur Margaret et Richard entourèrent Marianne.

Richard : « On n’est plus expulsé ? »

Marianne : « Malheureusement si… Mais nous avons une heure pour rassembler quelques affaires. »

Richard : « Mais où va-t-on aller ? »

Sœur Margaret, se signant : « Oh seigneur… Aidez-nous, je vous en supplie. »

Tuck, comme piqué par un insecte : « L’église ! »

Marianne, secouant légèrement la tête, ne comprenant pas : « L’église ? »

Tuck : « Oui, l’église de Locksley… On y sera un peu à l’étroit mais au moins les enfants auront un toit au dessus de leur tête. »   

Marianne : « Bonne idée !... En attendant que Robin trouve une solution. »

L’église de Locksley ne serait qu’une solution provisoire car quand viendra l’hiver, les enfants y mourront de froid et tout le monde le savait. Mais en attendant, ils devaient s’en contenter.

Tuck : « Il va nous falloir toutes les couvertures que nous ayons afin d’en faire des couches confortables pour les enfants. »

Sœur Margaret : « Très bien, je m’en occupe. »

Marianne : « Richard ?... Cours chez Kate et demande à Matthew de nous prêter son chariot. Amène-le devant l’entrée dès que tu pourras. »

Le jeune homme hocha la tête.

Tuck : « Je vais rassembler de la vaisselle et quelques ustensiles de cuisine pour préparer les repas. »

Marianne : « Bonne idée ! Pendant ce temps, je vais aider les sœurs à préparer les affaires des enfants. »

Tuck : « Ils ne pourront emmener que ce qu’ils pourront porter sur leur dos. Pas plus. »

Marianne : « Entendu. »

Ils partirent tous afin d’accomplir la tâche qu’ils s’étaient assignés. Les orphelins furent un peu perturbés par ce départ précipité mais les sœurs leur expliquèrent le plus calmement possible la situation en sous-entendant qu’il s’agissait d’une situation provisoire afin de ne pas trop les traumatiser. Les enfants préparèrent chacun un baluchon dans lequel étaient entassés quelques vêtements et un jouet pour les plus petits. Quand Richard eut amené le chariot devant la porte, il se hâta de préparer le sien. Il avisa la dizaine de livres qu’il avait sur une étagère et regretta de ne pas pouvoir les emporter tous avec lui. Il termina son paquetage et s’assura qu’Adrien avait fini le sien. Ce dernier était triste parce qu’il ne pouvait pas emmener les figurines en bois qu’Allan et Will lui avaient fabriqué.

Richard : « Attends, je vais les mettre dans mon sac. »

Adrien, reconnaissant : « Oh ! Merci Richard. »

Une heure plus tard, lorsque Gisborne revint avec ses hommes. Les enfants se trouvaient tous dans la cour.

Gisborne : « FOUILLEZ TOUT LE BÂTIMENT ! ASSUREZ-VOUS QU’IL NE RESTE PLUS PERSONNE A L’INTERIEUR ! »

Marianne, tout bas à Richard : « Quand nous nous serons éloignés de Gisborne, cours avertir Robin de qui se passe ici ! »

Richard, tout bas : « Entendu. »

Les soldats entrèrent dans l’orphelinat et mirent tout sens dessus dessous. Ce fut un crève-cœur pour les sœurs qui avaient toujours vécu ici que d’entendre les soldats mettre à sac leur foyer. Pour éviter ce triste spectacle aux enfants, Frère Tuck ordonna le départ. Sœur Margaret se plaça en tête du cortège en montant sur le chariot au côté de Richard tandis que les deux autres nones, en compagnie de Kate, se mêlèrent aux enfants. Tuck et Marianne fermèrent la marche pour s’assurer que tous les enfants suivaient sans difficulté. Une fois que le cortège ne fut plus en vue de l’orphelinat, Richard donna les rênes à Sœur Margaret et sauta du chariot. Il courut en direction du campement des hors-la-loi.

Adrien, voyant son frère disparaître dans la forêt et inquiet : « où est-ce qu’il va ? »

Marianne : « Ne t’inquiète pas, il va bientôt revenir… [Tout bas] Il est parti avertir un ami. »

Adrien comprit immédiatement qu’elle parlait de Robin des bois ce qui rassura l’enfant.

En milieu d’après-midi, les habitants de Locksley virent arriver le cortège. Ils interrogèrent les expulsés sur ce qu’ils leur étaient arrivés. Ils eurent pitié d’eux alors ils les aidèrent à s’installer dans l’église. Certains même proposèrent à quelques enfants de s’installer provisoirement chez eux mais les orphelins refusèrent, préférant rester ensemble.

Ils passèrent le reste de l’après-midi à aménager l’église en dortoir. Ils y retirèrent les bancs et les chaises des fidèles puis ils fabriquèrent des couches de fortune avec de la paille, que les habitants de Locksley avaient la gentillesse de leur fournir, et les couvertures qu’ils avaient rapporté de l’orphelinat. Adrien prit soin de fabriquer deux couches qu’il plaça l’une à côté de l’autre : L’une étant la sienne et l’autre étant réservée à son grand frère. Il y plaça dessus le baluchon de Richard. Inquiet qu’il ne soit pas encore revenu, il guetta périodiquement la porte dans l’espoir de le voir arriver. Soudain, le gamin sourit. Richard arriva. Celui-ci scruta l’église à la recherche de quelqu’un. Quand il l’eu trouvé, il se dirigea vers la personne recherchée.

Richard à Marianne : « Robin n’est pas au campement ! »

Marianne, contrariée : « Tu es sûr ? »

Richard : « Oui. Et ils n’ont pas dû y aller depuis un petit moment ! »

Marianne, inquiète : « Pourquoi dis-tu ça ? »

Richard : « Il n’y a plus de braise dans le foyer. A mon avis, ils n’ont pas dû y séjourner depuis ce matin. »

Marianne : « Mais où est-ce qu’ils ont bien pu passer ? »

Richard : « J’en sais rien… Mais qu’est-ce qu’on fait en attendant ? »

Marianne : « T’en fais pas… Ils ne vont pas indéfiniment s’absenter. Je sais qu’ils ont des livraisons de prévu cette semaine… Ils ne devraient pas tarder… En attendant, tu devrais aller rassurer ton frère… En tout cas, merci. »

Richard : « De rien. »

Il scruta les différentes couches qui s’étalaient de chaque côté de l’allée principale et son regard croisa celui, anxieux, d’Adrien. Richard lui fit un grand sourire et s’approcha de lui. Quand il le vit arriver, Adrien fut immédiatement réconforté et accueillit son frère avec un grand sourire. Richard le prit dans ses bras et le serra contre lui. Marianne regarda les deux frères avec tendresse puis repensa à Robin. Même si elle avait réussi à convaincre Richard que Robin allait revenir, elle ne s’expliquait pas son absence et craignit qu’il ne soit arrivé quelque chose de fâcheux aux hors-la-loi.

Marianne, dans sa tête : « Bon sang Robin, où es-tu ? »

Elle chassa ses craintes de son esprit afin de se concentrer sur l’installation des orphelins. Elle se remit à la tâche pendant que des villageois apportaient quelques provisions pour le repas du soir des enfants. Elle aida ensuite Kate, Sœur Margaret et Frère Tuck à préparer le repas puis elle fit le service. Lorsque tous les enfants furent servis, elle s’approcha de Frère Tuck.

Marianne, tout bas : « Je reviendrai demain matin pour vous aider. »

Tuck, lui prenant la main avec reconnaissance : « Merci beaucoup, Lady Marianne, pour tout ce que vous faites pour eux. »

Marianne, souriant : « Ce n’est rien. »

Tuck : « Non, ce n’est pas rien… Que Dieu vous bénisse, mon enfant. »

Marianne s’éloigna de l’église. Richard la rejoignit en courant une torche à la main.

Richard : « Vous ne voulez pas que je vous raccompagne ?… Il n’est pas prudent de marcher seule la nuit. »

Marianne, appréciant son geste : « Je te remercie. »

Richard et Marianne marchèrent en direction de Knighton et disparurent dans la nuit.


byoann  (24.12.2015 à 08:30)

Pendant ce temps, sur la route de Manchester…

Robin et ses compagnons avaient été obligés de ralentir leur allure depuis que la nuit était tombée.

Much : « Maître, ne pourrait-on pas s’arrêter pour se reposer un peu ? »

Robin : « Nous n’avons pas le temps, Much ! »

Much : « Mais… »

Soudain, il fut interrompu par une bande de brigands qui s’abattirent sur eux. Un peu plus d’une dizaine d’hommes, masqués, armés d’épées et de torches encerclèrent les hors-la-loi. Aussitôt ces derniers descendirent de cheval et se regroupèrent.

Un brigand : « La bourse ou la vie ? »

Robin : « Désolé, je garde les deux ! »

Le brigand, aux autres bandits : « Dans ce cas… Tuez-les ! »

Ils se ruèrent sur les hors-la-loi. Robin engagea le combat contre deux brigands mais très vite, il se rendit compte qu’ils ne savaient pas très bien se battre. Aussitôt après avoir désarmés l’un deux, celui-ci s’enfuit à toutes jambes. Ces compagnons se firent la même remarque concernant les autres bandits. Petit Jean poussa violement trois d’entre d’eux contre un arbre en poussant un terrible rugissement, digne d’un lion et, à la grande surprise du colosse, les trois hommes détalèrent comme des lapins.

Petit Jean, étonné : « Tiens !... Curieux ! »

Il se tourna ensuite vers ses camarades. Robin mit en déroute le brigand qui s’était adressé à lui.

Le brigand : « ON S’EN VA ! »

Tous les bandits disparurent aussi rapidement qu’ils étaient apparus, laissant les hors-la-loi perplexes.

Much, essoufflé : « C’est très bizarre, ça ! »

Djaq : « C’est vrai… Ils ne savaient pas très bien se battre. »

Will : « Et en plus, ils n’ont même pas essayé de nous voler les chevaux ou nos bourses. »

Robin, pensif : « Je pense qu’ils n’étaient là que pour nous retarder. »

Petit Jean, peu convaincu : « Nous retarder ? »

Carter : « Je crains que Robin n’ait raison… Ces hommes ne savaient pas se battre. Ils ont prétexté vouloir nous voler pour nous empêcher de rejoindre rapidement le comté de Nottingham. »

Djaq : « Ça veut dire que le Prince Jean serait au courant pour euh… son neveu ? »

Robin : « Et donc le shérif également ! »

Carter : « Nous devons repartir immédiatement ! »

Andrew : « Non, c’est impossible… Nous n’arriverons pas à avancer rapidement en pleine nuit… Par ailleurs, nous sommes tous fatigués… Et je ne parle pas que des chevaux… Je pense que le mieux qu’on a à faire, c’est de nous reposer ici et de repartir très tôt demain matin. »

Carter : « Robin ? »

Robin voulait à tout prix continuer sa route mais il regarda ses compagnons et constata qu’ils étaient effectivement épuisés. Il n’avait donc pas le choix.

Robin, un peu déçu : « Très bien… Nous camperons ici cette nuit. Mais nous devrons être repartis avant le lever du jour ! »

Grâce aux torches laissées par leurs agresseurs, les hors-la-loi retrouvèrent leurs chevaux. Ils les rassemblèrent autour d’un groupe d’arbres puis, un à un, ils installèrent leur couverture les uns à côtés des autres. Quelques minutes plus tard, ils furent tous allongés sur leurs couches respectives. Malgré la chaleur qui persistait, la fatigue eut rapidement raison de leur dernière force et ils sombrèrent dans le sommeil.

Alors que les hors-la-loi se laissaient gagner par le sommeil, le shérif, lui, se faisait tirer du lit.

Un garde, cognant à la porte de la chambre du shérif : « Monseigneur ?... Monseigneur ? »

Le shérif, grognant : « QUOI ? »

Le garde : « Un homme est arrivé et il désire vous voir de toute urgence. »

Le shérif : « Qu’il revienne demain ! »

Le garde : « Euh… Pardonnez-moi, Monseigneur. Mais il dit qu’il vient de Manchester. »

Le garde s’attendait à une réponse hargneuse du shérif mais il n’entendit rien. Soudain, la porte s’ouvrit.

Le shérif, de bonne humeur : « Où est-il ? »

Le garde, un peu décontenancé : « Euh… Il… Il vous attend dans la grande salle, Monseigneur. »

Le shérif : « Dis-lui que j’arrive immédiatement et… allez me chercher Gisborne ! »

Le garde : « Bien, Monseigneur. »

Quelques minutes plus tard, dans le couloir menant à la grande salle…

Portant une robe de chambre, le shérif marcha d’un pas rapide dans le couloir.

Gisborne vint se joindre à lui. Ce dernier portait sa tunique noire habituelle.

Le shérif, ouvrant la porte de la grande salle et regardant sa tunique : « Vous devriez essayer autre chose comme pyjama, Gisborne ! Vous seriez ainsi certainement de meilleure humeur dans la journée ! »

Gisborne ne releva pas la plaisanterie et s’intéressa davantage à leur visiteur nocturne.

Le shérif au messager : « Alors ?... Vous m’apportez de bonnes nouvelles, j’espère ? »

Le messager : « Oui, Monseigneur. »

Le shérif : « Qu’elles sont elles ? »

Le messager : « Robin et ses compagnons n’ont pas retrouvé le prince, Monseigneur. »

Le shérif, mécontent : « Et en quoi, c’est une bonne nouvelle ? »

Le messager : « Parce que c’est vous qui détenez le prince, Monseigneur… Enfin presque. »

Le shérif : « Explique-toi ! »

Le messager : « Le prince se trouve ici dans le comté de Nottingham. »

Le shérif et Gisborne, abasourdis : « Comment ? »

Le messager : « Oui. »

Le shérif, impatient : « Où ça ? »

Le messager : « A Locksley. »

Gisborne, n’arrivant pas à le croire : « Locksley ? »

Le shérif : « Comment s’appelle-t-il ? »

Le messager : « Je l’ignore. »

Le shérif, en colère : « Mais comment veux-tu que je le retrouve si je ne connais même pas son nom, imbécile !... »

Le messager allait lui répondre mais le shérif n’avait pas fini sa colère.

Le shérif : «… Tu penses peut-être que je vais arrêter tous les jeunes gens de dix-huit ans et leur demander bien gentiment s’ils sont le fils du roi, hum ? »

Le messager : « Mais il y a un moyen de le reconnaître, Monseigneur. »

Le shérif, stoppant net : « Lequel ? »

Le messager : « Le prince porte une marque de naissance sur son flanc droit, Monseigneur. »

Les yeux du shérif se mirent à pétiller.

Le shérif, réfléchissant : « Gisborne… Tenez-vous prêts… Vous et vos hommes… à partir… demain matin pour Locksley ! »

Gisborne fut surpris par cet ordre. Devant son impatience, il aurait cru que le shérif lui aurait intimé l’ordre de ramener le prince sur le champ. Mais le shérif voulait réfléchir à ce qu’il pourrait bien faire par la suite, une fois que le prince serait en sa possession. Car plusieurs choix s’offraient à lui. Devait-il le tuer en prétextant que c’était un accident ? Le garder en vie et aller personnellement à Londres le remettre au Prince Jean moyennant une récompense ? Devait-il en faire part à Sir Jasper ? Tout ceci méritait réflexion.

Gisborne : « Pourquoi n’allons-nous pas le chercher immédiatement ? »

Le shérif : « Je dois d’abord réfléchir… Et puis nous savons où il est. Il ne va pas se sauver ! [Sarcastique] Par ailleurs, il fait nuit et vous connaissant, Gisborne, vous risquerez de le laisser filer... Mieux vaut attendre le jour. »

Gisborne : « Mais Locksley pourrait nous le ravir ! »

Le messager : « Ne vous inquiétez pas, Messire. J’ai placé des hommes à moi sur leur chemin afin qu’ils les retardent un peu. »

Le shérif : « Vous voyez ?... Inutile de s’inquiéter !... [Puis les yeux brillants] Demain matin, Gisborne… Demain matin, notre destin va changer ! »

Gisborne, ne voyant pas très bien ce que cela changerait pour lui : « Oui, Monseigneur. »


byoann  (24.12.2015 à 08:35)

CHAPITRE XII

« IL… IL VOULAIT SAVOIR OU ETAIT RICHARD. »

e lendemain matin…

 

Comme prévu, Marianne arriva à l’église de Locksley. Frère Tuck était déjà levé pour préparer le petit déjeuner devant la porte. Les enfants sortirent un à un de l’église en baillant.

Marianne : « Bonjour Frère Tuck, vous avez réussi à dormir malgré cette chaleur ? »

Tuck : « Bonjour, Lady Marianne… Difficilement, je dois dire… [S’étirant le dos] et le sol est dur ! »

Sœur Margaret arriva avec Adrien.

Adrien, ravi : « Bonjour, Lady Marianne ! »

Marianne, souriante : « Bonjour, Adrien. Tu as bien dormi ? »

Adrien : « Non, pas très bien… J’ai eu chaud. »

Marianne : « Oui et je crains que cette journée s’annonce aussi chaude que les autres. »

Sœur Margaret : « Bonjour, Lady Marianne. »

Marianne : « Bonjour, ma sœur. »

Adrien : « On pourrait peut-être aller à la rivière avec Messire Robin ? »

Marianne : « Oh, je crains que cela ne soit pas possible… Il s’est absenté pour quelques jours. »

Adrien, déçu : « Oh. »

Sœur Margaret : « Va réveiller ton frère… J’aimerais qu’il m’accompagne au marché ce matin. »

Adrien : « D’accord. »

Tuck : « Et quand tu reviendras, tu auras droit à un bon bol de gruau. »

Adrien, faisant la grimace : « Oh ! Merci, Frère Tuck. »

Sa mimique fit sourire les adultes tandis qu’il retournait à l’intérieur de l’église.

Tuck, sérieux à Marianne : « Vous n’avez toujours pas de nouvelles de Robin ? »

Marianne, baissant la tête : « Pas la moindre. »

Tuck : « Bah… Peut-être aujourd’hui ? »

Marianne : « Je l’espère. »

Sortant de l’église, Richard arriva près d’eux.

Richard : « Bonjour Lady Marianne, avez-vous bien dormi ? »

Marianne, le saluant de la tête : « Bonjour… Mieux que toi, on dirait ? »

Richard, s’étirant : « C’est certain. »

Sœur Margaret : « J’ai besoin de toi pour aller au marché. Peux-tu m’y conduire avec la voiture avant qu’on la rende à son propriétaire ? »

Richard : « Mais certainement, ma sœur. »

Tuck, lui montrant une cuillère de son gruau : « Tu ne veux pas manger un peu avant d’y aller ? »

Richard, avec dégout : « Euh… Non merci ! »

Adrien se mit à rire.

Richard, retournant dans l’église : « Je donne ma part à Adrien ! »

Adrien, se retournant vers son frère : « Hé ! » 

Tuck, avec malice et montrant sa cuillère : « Adrien ?... Tu veux goûter ? »

Le garçon regarda Tuck en fermant la bouche puis s’enfuit vers l’église.

Adrien : « Attends-moi, Richard ! »

Richard fit sa toilette derrière l’église en compagnie de son petit frère puis, avec Sœur Margaret, il partit à Nottingham pour faire le marché. Mais il dut pour cela convaincre Adrien de rester auprès de Tuck pour le petit-déjeuner.

Alors que tous les enfants étaient réveillés et assis devant l’église entrain de prendre leur premier repas de la journée, une troupe de soldats conduit par Gisborne et le shérif fit irruption dans le village.

« AMENEZ-LES DEVANT MOI ! »                       
Les soldats se dispersèrent dans le village et s’en prirent uniquement aux jeunes hommes.

Kate et sa mère essayèrent d’empêcher un soldat d’emmener Matthew.

Le soldat, tirant le jeune homme par le bras : « Allez viens par-là, toi ! »

Kate : « Non !... Laissez-le tranquille !... Il n’a rien fait ! »

Le garde poussa violement le jeune homme devant lui. Kate tenta de s’interposer mais le soldat la repoussa. Sa mère l’aida à se relever et l’empêcha de s’attaquer à nouveau au garde.

Le soldat, poussant encore Matthew : « Allez avance, toi ! »

Kate, très inquiète : « Matthew ! »

Les autres villageois apeurés s’enfuirent devant les soldats. Certains parents tentèrent, à l’instar de Kate, d’empêcher les soldats de prendre leur fils mais en vain. Une dizaine de jeunes hommes furent conduits de force et mis en ligne devant le shérif et Gisborne.

Gisborne, froidement : « Retirez votre chemise. »

Intrigués par la demande inhabituelle de leur seigneur, les jeunes gens se regardèrent. Les villageois autour d’eux prirent peur, craignant que Gisborne ne les châtie.

Marianne, sortant des rangs des villageois : « Guy… »

Gisborne, d’un ton sec : « Marianne, ne vous mêlez pas de cette affaire ! »

Gisborne : « OTEZ VOS TUNIQUES ! C’EST UN ORDRE ! »

Poussés par les gardes derrière eux, les jeunes gens, inquiets, obéirent. Ils retirèrent tous leur tunique et attendirent en baissant la tête.

Marianne, inquiète, s’interposa : « Qu’allez-vous leur faire ? Qu’ont-ils fait pour être punis de la sorte ? »

Le shérif, passant devant Marianne, d’un ton sec : « Calmez-vous, Marianne... Je sais bien que la vue de beaux jeunes hommes excite toujours les pucelles de votre âge. Mais faites un effort… Ou alors allez prendre une bonne douche froide avant de retourner bien sagement auprès de papa ! »

Marianne baissa la tête et laissa le shérif poursuivre son chemin. Puis elle vint se placer à côté de Frère Tuck. Le shérif passa devant chaque garçon et scruta leur flanc droit.

Le shérif : « Non… [Puis passant à un autre]… Non… [Puis à un autre]… Non… »

Il continua ainsi jusqu’au dernier puis il revint se placer à côté de Gisborne.

Le shérif, tout bas à Gisborne et fort mécontent : « Il n’est pas parmi eux… D’autres garçons doivent se cacher quelque part… Faites ce qu’il faut mais retrouvez-le, Gisborne ! »

Gisborne : « Oui, Monseigneur. »

Il attrapa le garçon le plus près de lui et le poussa devant lui. Quand Kate vit que Gisborne s’en prenait à Matthew, elle voulut intervenir mais sa mère la retint prisonnière.

La mère de Kate : « Reste ici, Kate ! Tu risques de lui attirer encore plus d’ennuis. »

Gisborne poussa si violement Matthew qu’il tomba à genoux.

Gisborne : « Dites-moi où sont les autres ? »

Les garçons se regardèrent sans comprendre.

Gisborne : « Il manque au moins un garçon de votre âge et je veux que vous me disiez où est-ce qu’il se cache ! »

Matthew, avec défi : « Nous ne voyons pas de qui vous voulez parler. »

Fixant froidement son prisonnier, Gisborne tendit la main vers l’un de ses soldats. Celui-ci lui remit son fouet. Comprenant ses intentions, la foule retint son souffle. Kate se débattit dans les bras de sa mère.

Marianne, inquiète et d’une voix faible : « Guy… »

Tuck, l’interrompant et la retenant par le bras : « Marianne, non !... Vous risquez d’attiser sa colère. »

Marianne : « Mais il va le fouetter ! »

Gisborne, levant le bras : « Dernière chance... Où est-il ? »

Matthew, regardant le fouet et rassemblant son courage : « Je ne vois pas de qui vous voulez parler… Monseigneur. »

Puis il lui tourna le dos. Les autres garçons s’effrayèrent.

Gisborne, froidement : « Comme tu veux ! » 

Puis il abaissa le bras. Le fouet vient frapper violemment le dos de Matthew mais celui-ci se retint de crier malgré la douleur. Au contraire, il releva la tête et bomba le torse avec défi.

Gisborne : « Alors ?... Où est-il ? »

Le silence qui s’en suivit fit comprendre à Gisborne qu’ils ne lui diraient rien. Il leva de nouveau le bras afin de punir encore une fois le jeune homme.

Kate, se débattant dans les bras de sa mère : « NON !... ATTENDEZ ! »

Elle réussit à se défaire de l’emprise de sa mère et se jeta à genoux à côté de Matthew.

Kate, implorant : « Attendez… Je vais vous dire ce que vous voulez savoir ! »

Matthew : « Kate, NON ! »

Elle regarda son frère puis leva les yeux sur Gisborne.

Kate : « Je vous dirai ce que vous voulez mais ne faites plus de mal à mon frère… Je vous en supplie. »

Gisborne, baissant le bras : « Parle ! »

Kate : « Il y a… Il y a effectivement un autre garçon du même âge que mon frère… »

Gisborne, la regarda, intéressé : « Où est-il ? »

Matthew regarda sa sœur avec colère.

Matthew, secouant la tête et tout bas : « Kate, non !... Non !... Je t’en prie. Ne dis rien ! »

Kate, regardant son frère et en larmes : « Il est au marché de Nottingham ! »

Déçu, Matthew ferma les yeux. Honteuse, Kate regarda son frère. Elle savait qu’elle avait trahi Richard mais elle ne l’avait fait que dans le but de sauver son frère et elle espérait que celui-ci le comprenne.

Adrien, réalisant qu’ils parlaient de son frère : « Nottingham ?... Mais… mon frère est à… [De plus en plus inquiet] C’est à mon frère que le shérif en veut ? »


byoann  (28.12.2015 à 09:10)

Frère Tuck prit Adrien par les épaules et l’emmena rapidement à l’écart près de la porte de l’église.

Tuck, s’agenouillant devant le garçon affolé : « Ecoute-moi bien, Adrien !... »

Adrien, affolé : « Il veut faire du mal à mon frère ! »

Tuck : « Chut ! Ecoute-moi !... Il est important que tu gardes ton calme. »

Adrien : « Il veut s’en prendre à Rich… »

Tuck : « Tais-toi !... Surtout ne prononce pas son nom…. Je sais… Je sais que le shérif veut capturer ton frère mais il ne l’a pas encore fait. Il semble que le shérif ne sache pas à quoi il ressemble ni que tu es son frère… C’est un avantage pour Richard. Ce sera ainsi plus dure pour le shérif de le capturer. Nous ne pouvons rien faire pour prévenir ton frère du danger qui le guette. Tous ce qu’on peut faire, c’est protéger son anonymat. D’accord ?…. Par ailleurs, il ne faudrait pas que le shérif se serve de toi pour le prendre dans ses filets, n’est-ce pas ?... [Le gamin hocha la tête]… Donc tu dois garder le silence et surtout ne pas attirer l’attention du shérif sur toi. Tu comprends ? »

Adrien, effrayé et inquiet : « Oui… Oui, je comprends. »

Tuck, lui tapotant l’épaule et rassurant : « Bien… Bien. »

Il se releva et se tourna vers le centre de la place. Gisborne se tourna vers le shérif. Celui-ci avait écouté attentivement les révélations de Kate.

Le shérif : « Retournez immédiatement à Nottingham… Encerclez la place du marché et capturez-le moi vivant ! »

Gisborne, courant à son cheval : « Oui, Monseigneur… Soldats à cheval ! »

Tous les soldats, à l’exception de quatre gardes attachés à la personne du shérif, grimpèrent sur leurs montures et filèrent en direction de Nottingham. Adrien se crispa lorsqu’il vit les soldats se dirigeaient vers la ville. Frère Tuck mit ses mains sur les épaules du garçon pour l’inciter au calme. Le shérif se dirigea lentement vers son cheval lorsqu’il s’arrêta près de Marianne.

Le shérif, se tournant vers les jeunes hommes : « Vous devriez peut-être profiter de la situation pour vous trouver un gentil petit mari parmi ces jeunes gens… petite demoiselle !... »

Il rit légèrement puis se tourna vers Marianne.

Le shérif, plus sérieusement : «… Dernier avertissement… Cessez de mettre votre joli petit nez dans mes affaires !... Hum ? »

Marianne le regarda sans répliquer. Il la fixa méchamment du regard pendant quelques secondes puis poursuivit sa route en sifflotant.

Arrivé à sa monture, un garde se mit à quatre pattes afin d’aider le shérif à monter sur son cheval.

Une fois installé, il regarda une dernière fois le village puis prit la direction de Nottingham. Marianne regretta amèrement que Robin ne soit pas présent afin d’en remontrer au shérif. En réalité, le hors-la-loi n’était pas très loin puisqu’il avait assisté à toute la scène.

Quelques instants plus tôt…

Bien qu’ils aient mené leurs chevaux au triple galop, les hors-la-loi arrivèrent trop tard à Locksley. Le shérif était déjà sur place. Ils descendirent de leurs montures et s’approchèrent du village. Apercevant les soldats, ils redoublèrent de prudence et se faufilèrent le plus discrètement possible à travers les ruelles de Locksley afin d’être au plus près de la place devant l’église où les villageois étaient rassemblés. Cachés sous un appentis, les hors-la-loi observèrent la scène avec inquiétude.

Much : « Mais qu’est- ce que le shérif fait ici ? »

Robin, inquiet : « Je ne sais pas. »

C’est alors qu’ils virent les jeunes hommes, alignés devant le shérif et Gisborne, retirer leur tunique.

Djaq, affolée : « Oh non ! »

Much, ne comprenant pas : « Quoi ? »

Robin, voyant ses soupçons confirmés : « Il cherche Richard ! »

Much : « Mais c’est pas possible. Comment a-t-il su qu’il était ici ? »

Carter : « Probablement par un espion qui nous a suivi. »

Will : « Mais pour la marque de naissance ?... Comment l’ont-ils appris ?... Nous étions les seuls à le savoir. »

Andrew : « Nous avons dû manquer de discrétion. »

Tous les hors-les-loi se tournèrent vers Much. Celui-ci se sentit visé.

Much : « Quoi ? C’est pas moi… J’ai rien dit. »

Robin, regardant toujours le shérif : « Peu importe de savoir comment ils l’ont su. L’important maintenant c’est de retrouver Richard avant eux. »

Les hors-la-loi reportèrent leur attention sur ce qui se passait sur la place de l’église de Locksley. Le shérif passa en revu les jeunes gens un à un. Les hors-la-loi retinrent leur souffle.

Robin : « Est-ce que vous voyez Richard parmi les captifs ? »

Tous passèrent en revu les prisonniers.

Djaq, soulagée : « Non. Il n’est pas parmi eux. »

Much : « Ben alors, où est-ce qu’il est ? »

Robin, regardant ce que le shérif allait faire : « ça mon ami, j’aimerais bien le savoir. »

Will : « Il s’est peut-être caché quelque part dans le village ? »

Robin, ne croyant pas trop à cette hypothèse : « Je l’espère. »

Par précaution, ils scrutèrent tous les villageois rassemblés autour du shérif et de Gisborne. Mais ils ne virent Richard nullement. C’est alors que Gisborne attrapa l’un des prisonniers.

Much, inquiet : « C’est Matthew, le frère de Kate. »

Djaq : « Oh mon Dieu, Robin… Gisborne va le fouetter ! »

Mais Robin l’avait également pressenti. Il se prépara. Il retira une flèche de son carquois et se mit en position pour tirer. Mais Kate intervint.

Très inquiet, Much, voulant intervenir : « Oh non, Kate… »

Petit Jean, retenant Much : « Reste ici, Much ! »

Much : « Qu’est-ce qu’il va lui faire ? »

Inquiets, ils se tournèrent tous vers Gisborne. Celui-ci discutait avec Kate. De là où ils se trouvaient, les hors-la-loi ne pouvaient pas entendre leur conversation. Soudain, ils virent Gisborne courir vers son cheval.

Will : « Ils s’en vont ! »

Robin : « Allons-y ! »

Tant que le shérif se trouvait dans le village, ses habitants ne bougèrent pas. Mais dès qu’il disparut, les parents des garçons qu’on avait amenés devant le shérif se précipitèrent sur eux. La plupart des mères prenaient leurs « petits » dans leur bras, contentes qu’il ne leur soit rien arrivé. Une fois rassurés, ils purent se revêtir. Frère Tuck confia Adrien aux nones et rejoignit Marianne qui se dirigeait vers Matthew.

Marianne à Tuck : « Mais pourquoi en veulent-ils à Richard ? »

Tuck : « Je ne sais pas. Mais en tout cas, il est en danger. »

Tuck ramassa la chemise de Matthew qu’il avait laissé tombé au sol quand Gisborne l’avait poussé devant lui pendant que Kate aida le jeune homme à se relever.

Kate : « Ça va aller ? »

Matthew, grimaçant : « Oui… Ça va… Mais tu n’aurais pas dû lui dire où se trouvait Richard ! »

Kate : « Je n’avais pas le choix. Il allait te fouetter. »

La mère de Kate, Frère Tuck et Marianne arrivèrent près d’eux.

La mère de Kate, inquiet : « Ça va aller, mon grand ? »

Matthew, se montrant rassurant : « Oui… Oui, T’en fais pas. »

La mère de Kate : « Allons à la maison. Je vais te soigner ça. »

Matthew : « Ce n’est pas la peine, mère. Ça ira… Je t’assure que ça ira. »

Tuck, donnant sa chemise à Matthew : « Tu devrais écouter ta mère, petit. »

Matthew, prenant sa chemise : « Merci… Mais je vous dis que ce n’est rien… [Plus sérieusement]… Pourquoi voulaient-ils voir Richard ? »

Tuck : « Je ne sais pas. »

Kate : « En tout cas, ton Robin n’était pas là pour nous protéger ! »

Marianne n’apprécia pas du tout la remarque incisive de la jeune femme mais elle dut se rendre à l’évidence, elle avait, cette fois-ci, raison.

Matthew, mécontent : « Comment peux-tu dire de telles… »

Il s’interrompit lorsque son regard fut attiré par un mouvement au loin.

Matthew : « Robin ! »

Frère Tuck, Marianne et Kate se retournèrent et virent approcher les hors-la-loi.

Robin, arrivant près de Matthew : « Est-ce que ça va ? »

Matthew : « Oui. Oui. Ça va. »

Robin : « Tant mieux… Qu’est-ce que le shérif faisait ici ? »

Matthew regarda sa sœur avant de répondre.

Matthew, gêné : « Il… Il voulait savoir où était Richard. »

Allan : « Et vous le leur avait dit ? »

Matthew baissa la tête. Frère Tuck et Marianne regardèrent Kate.

Kate, faisant de gros efforts pour se maîtriser : « C’est moi qui leur ai dit où se trouvait Richard !... [Et d’une voix étranglée] Je suis désolée. »

Fermant les yeux, Robin, intérieurement : « Oh non ! »

Les autres hors-la-loi ne masquèrent pas leur déception et leur colère.

Kate, les larmes aux yeux, baissant la tête : « Je suis désolée. »

Comprenant les raisons qui avaient poussé sa sœur à tout avouer à Gisborne, Matthew la prit dans ses bras.

Robin, se maîtrisant : « Je comprends pourquoi tu as fait ça… Tu voulais protéger ton frère et c’est normal… Mais maintenant tu dois me dire ce que tu as raconté au shérif. »

Kate : « Je lui ai dit que Richard était au marché de Nottingham. »

Robin : « Allons-y ! »

Matthew : « Robin ?... Pourquoi en veulent-ils à Richard ? »

Robin : « Ce serait trop long à t’expliquer maintenant ! »

Les hors-la-loi firent demi-tour. Marianne et Frère Tuck se joignirent à eux.

Marianne, tout en marchant : « Où est-ce que t’étais passé depuis hier ? »

Robin : « Ça aussi, ça serait trop long à t’expliquer ! »

Robin s’arrêta, lui fit un clin d’œil avant de l’embrasser.

Robin, avant de courir vers la forêt : « Je te raconterai tout plus tard. C’est promis ! »

Tuck à Marianne : « Allez venez... Retournons auprès des enfants. »

Marianne regarda les hors-la-loi courir vers leurs chevaux. Ils grimpèrent en selle et foncèrent à toute allure en direction de Nottingham.


byoann  (28.12.2015 à 09:20)

Pendant ce temps…

Richard et Sœur Margaret circulaient tranquillement entre les étales des marchands sur le marché de Nottingham sans se douter un seul instant de ce qui se tramait à Locksley. Richard déposa le panier rempli de provisions dans le chariot tout en discutant avec Sœur Margaret lorsque surgirent les soldats du shérif avec à leur tête, Guy de Gisborne. Les femmes prirent leurs enfants et les serrèrent contre elles. Les hommes en alerte se placèrent devant elle.

Gisborne : « ENCERCLEZ LA PLACE… ET AMENEZ-LES MOI TOUS ! »

Sœur Margaret, inquiète : « Mais qu’est-ce qui se passe ? »

Richard : « Je n’en sais rien. Je… » 

Un soldat, l’interrompant et le prenant par le bras : « Allez… Viens par là, toi ! »

Richard : « Mais pourquoi ? »

Le soldat, le poussant devant lui : « Ne discute pas… C’est un ordre. »

Sœur Margaret : « Richard ! »

Richard, bousculé par le soldat, à la none : « Ne vous inquiétez pas !... Tout va bien se passer… Je n’ai rien fait, après tout ! »

Comme à Locksley, tous les garçons d’environ dix-huit ans furent amenés et alignés devant Gisborne. Ils furent seulement quatre. Gisborne leur ordonna d’enlever leur chemise ce qu’ils firent sous la menace des soldats.

Gisborne, regardant le flanc droit des jeunes gens : « Non… [Passant à un autre]… Non… Non… »

Arrivé au dernier, Gisborne se figea lorsqu’il aperçut la marque de naissance sur le flanc de Richard.

Gisborne, intérieurement : « C’est lui ! »

Il leva froidement les yeux sur le jeune homme.

Gisborne aux soldats : « EMMENEZ-LE ! »

Les soldats l’attrapèrent par derrière et le tinrent chacun par un bras.

Richard, essayant de se débattre : « Quoi ?... Mais pourquoi ?... Je n’ai rien fait, Messire ! »

Gisborne : « CONDUISEZ-LE AU CACHOT ! »

Richard : « Je suis innocent ! »

Richard se débattit furieusement mais les soldats resserrèrent leur emprise. Ils le traînèrent en arrière vers les portes du château. Se débattant furieusement, Richard regarda la foule qui le suivait. Soudain, il aperçut Sœur Margaret au comble de l’inquiétude.

Richard : « Laissez-moi… Je n’ai rien fait !... Ma sœur !... Je vous jure que je n’ai rien fait ! LÂCHEZ-MOI !... MA SOE… »

Mais les portes se refermèrent sur le jeune prisonnier.

Gisborne, à la foule : « LE SPECTACLE EST TERMINE !... RENTREZ CHEZ VOUS ! »

Il se dirigea vers le château. On lui ouvrit la porte et il disparut à l’intérieur. Le shérif arriva au même moment. Il remarqua immédiatement les jeunes hommes qui se rhabillaient mais ne vit nulle part son bras droit.

Le shérif, se réjouissant intérieurement : « Il l’a trouvé ! »

Il arriva aux portes du château. Dès qu’ils l’aperçurent, les soldats de garde lui ouvrirent la porte puis la refermèrent aussitôt.

Sur la place du marché, les habitants retournaient progressivement à leurs occupations. Seule, sœur Margaret resta prostrée face aux portes fermées du château. Elle vit la chemise de Richard que ce dernier avait laissé tomber lorsqu’il avait tenté de se libérer. Elle ramassa le vêtement et le porta à son visage les yeux remplis de larme.

Sœur Margaret, d’une voix suppliante : « Richard… Je vous en supplie, Seigneur… Epargnez sa vie… Il est si jeune… Il a connu trop de misère pour quitter ce monde si vite… Je vous en supplie... Aidez-le, Seigneur. »

Craignant de ne plus jamais revoir le jeune homme, elle pleura en serrant le vêtement du prisonnier contre elle. Ce fut à ce moment précis que les hors-la-loi arrivèrent sur la place du marché. Ils avaient laissé leurs chevaux dans la forêt et avaient fait le reste du chemin à pied. Dissimulés sous leurs manteaux à capuche qu’ils avaient toujours sur eux, accrochés à leurs selles, ils essayèrent de se fondre dans la foule du marché.

Petit Jean, appuyé contre l’étal d’un marchand : « Robin !... »

Caché dans une ruelle étroite à proximité, Robin se tourna vers lui et vit Petit Jean lui faire un signe de tête en direction des portes du château.

Il vit alors sœur Margaret pleurant et suppliant. Touchés par sa détresse, des passants tentèrent de la réconforter.

Much : « Où est Richard ? »

Allan, regardant Sœur Margaret et déçu : « J’ai bien peur qu’on soit arrivés trop tard. »

Carter, mécontent : « Une fois de plus ! »

Will, regardant la none : « J’y vais. »

 

 

 

 

 

Robin acquiesça de la tête.

Djaq, inquiète : « Fais bien attention ! »

Will lui fit un sourire puis se dirigea vers la none.

Will, s’approchant d’elle : « Venez, ma sœur. Ne restez pas là… [Aux passants, en souriant]… Je vous remercie. Je vais m’occuper d’elle. »

La none releva la tête et reconnut le hors-la-loi.

Sœur Margaret : « Will ? »

Will : « Venez… Allons discuter un peu plus loin. »

Il prit délicatement le bras de la none et l’emmena voir Robin.

Sœur Margaret, reconnaissant le chef des hors-la-loi et pleurant à nouveau : « Oh ! Messire Robin !... »

Elle lui tendit la chemise de Richard.

Sœur Margaret : « Ils l’ont emmené, Messire… Ils l’ont emmené au cachot… Mais je sais qu’il n’a rien fait… C’est un brave garçon, vous savez… Il est innocent… Je ne comprends pas pourquoi ils l’ont emmené. »

Robin, avec douceur : « Je sais ma sœur… Je sais que Richard est innocent… Je vous assure. »

Sœur Margaret : « Mais alors pourquoi ? »

Robin : « Ce serait trop long à expliquer… Mais je peux vous certifier que nous ferons tout pour le libérer. »

Allan, s’approchant de lui et plein d’espoir : « Tu as un plan ? »

Robin, regardant le château : « Non, pas encore… Mais j’en aurai bientôt un ! »

Carter, s’approchant : « Ce serait suicidaire de tenter une action maintenant. »

Allan, mécontent : « Quoi ?... Mais on ne va pas le laisser ici ?... Qui sait ce qu’ils sont entrain de lui faire ?...
Allan : «… Le shérif va sûrement vouloir le mettre à mort… [Le regard suppliant]… Robin ? »

Robin : « Non, je ne crois pas… Il voudra d’abord attendre les ordres du Prince Jean avant de faire quoi que se soit d’irréparable. »

Allan : « À condition qu’il n’ait pas déjà reçu ses ordres ! »

Robin, mettant sa main sur l’épaule d’Allan : « Ecoute, je sais que tu es très proche de Richard. Mais si tu réfléchis bien, tenter quelque chose maintenant, c’est l’échec assuré et cela n’aidera pas Richard. »

Will : « Robin a raison… On veut tous sauver Richard mais il vaut mieux repartir tout de suite et préparer un plan de sauvetage qui marchera par la suite plutôt que d’improviser maintenant et échouer. Tu ne crois pas ? »

Allan, à contrecœur : « Oui… Peut-être. »

Robin : « Retournons au campement. »

Will : « Je raccompagne Sœur Margaret à l’orphelinat. »

Sœur Margaret : « C’est inutile. »

Robin : « Ma sœur… Il serait tout de même préférable qu’un de mes hommes vous raccompagne. »

Sœur Margaret : « Non mais vous ne comprenez pas, Messire Robin… L’orphelinat ne nous appartient plus… Messire Gisborne nous en a chassé hier après-midi. »

Robin, mécontent : « Comment ? »

Much : « Oh non !... C’est pas vrai ! »

Petit Jean : « Quand les catastrophes s’ajoutent aux catastrophes ! »

Robin : « Mais où avez-vous fait dormir les enfants ? »

Sœur Margaret : « Nous les avons installés tant bien que mal dans l’église de Locksley. »

Les hors-la-loi se souvinrent alors qu’à leur retour de Manchester, ils avaient bien vu les orphelins sur la place du village. Mais ils avaient pensé que c’était le shérif et Gisborne qui les avaient fait venir sur la place en même temps que le reste des habitants de Locksley. Robin intégra ces informations et réfléchit à ce qu’il pourrait faire pour eux.

Will : « Dans ce cas, je vais vous reconduire à Locksley. »

Sœur Margaret : « Ce n’est pas nécessaire… Par ailleurs, Richard… Richard et moi sommes venus en voiture… Je vais reprendre le chariot et rentrer toute seule… [S’efforçant de ne pas pleurer]… Je préfère que vous vous occupiez de sauver mon petit Richard. »

Robin, avec douceur : « Très bien... Comme vous voudrez. »

Sœur Margaret s’apprêta à retourner à sa voiture.

Allan, l’interpellant : « Ma sœur ? »

Elle se retourna.

Allan : « Dites à Adrien… »

Les hors-la-loi baissèrent la tête en passant à la réaction du garçon lorsqu’il apprendra que son grand frère a été capturé par le shérif.

Allan : « Dites-lui… Dites-lui qu’il ne s’en fasse pas… Qu’on lui ramènera très vite son frère ! »

Sœur Margaret : « Je le lui dirai. »

Elle se retourna et marcha en direction de sa voiture.

Petit Jean : « Pauvre p’tit bonhomme ! »

Djaq : « Oui, cela ne sera pas facile pour lui. »

Carter à Robin : « Son frère ? »

Andrew : « Le Prince Richard a un frère ? »

Robin : « En quelque sorte… Je vous expliquerai tout ça sur le chemin du retour… Partons. »

Allan regarda une dernière fois le château où son ami avait été fait prisonnier. Cela lui rappelait de douloureux souvenirs quand lui-même y avait été emprisonné et torturé par Gisborne. Il frissonna d’effroi en pensant que Richard subissait peut-être en cet instant le même sort. Il expira un grand coup puis il suivit ses compagnons. Les hors-la-loi se camouflèrent sous leur capuche, quittèrent un à un la ruelle où ils s’étaient cachés et se dirigèrent vers la sortie de la ville. Ils se divisèrent pour traverser Nottingham afin de ne pas attirer l’attention des sentinelles. Ils réussirent à passer sans encombre les portes de la ville. Arrivés près des chevaux, ils accélèrent le pas, grimpèrent sur leurs montures et galopèrent à vive allure vers le campement.


byoann  (31.12.2015 à 10:05)

Mais Allan s’inquiétait inutilement car, certes, Richard avait été capturé mais le shérif n’avait nullement l’intention de le torturer. Lorsque le shérif arriva dans la cour du château, il descendit de cheval et fila immédiatement vers les cachots. Il se dirigea vers les cellules du fond où il vit un jeune homme, torse nu, se débattant furieusement en tirant sur ses chaînes.

Le prisonnier, au loin, à Gisborne : « Pourquoi faites-vous ça ?... De quoi m’accuse-t-on ?... Dites-le-moi !... Je vous en prie. »

Gisborne se contenta de lui sourire puis se retourna et aperçut le shérif qui arrivait vers eux. Il marcha à sa rencontre.

Gisborne : « Nous l’avons attrapé, Monseigneur. »

Le shérif, poursuivant son chemin en fixant Richard : « Vous êtes sûr que c’est bien lui ? »

Arrivé devant le prisonnier, Gisborne : « Voyez vous-même ! »

Richard, suppliant : « Je n’ai rien fait, Monseigneur !... Je n’ai commis aucun crime ! »

Le shérif ne fit pas attention aux récriminations du jeune homme. Il remarqua la marque de naissance sur son flanc droit. Il se pencha en avant et passa son doigt sur la tâche rouge comme s’il voulait s’assurer qu’elle était bien réelle. En fait, il voulut vérifier qu’il ne s’agissait pas d’un coup monté par Robin : Pendant qu’il s’occuperait d’un faux prince portant une fausse marque de naissance, le vrai prince, lui, serait mis à l’abri par Robin et ses compagnons. Mais il constata que le jeune prisonnier en face de lui était bien le fils du roi. Il leva les yeux sur Richard.

Le shérif, souriant : « Excellent… Excellent. »

Il fit demi-tour.

Richard, tirant sur ses chaînes : « JE N’AI RIEN FAIT ! JE SUIS INNOCENT, MONSEIGNEUR !... JE VOUS SUPPLIE DE ME CROIRE ! »

Le shérif, se retournant vers lui : « Personne n’est jamais totalement innocent, mon jeune ami ! »

Il sourit puis il s’éloigna avec Gisborne.

Richard : « PITIE, MONSEIGNEUR !... JE VOUS EN PRIE…. MONSEIGNEUR ! »

Mais les suppliques du jeune prisonnier ne servirent à rien. Las, Richard cessa de se débattre. Il laissa tomber sa tête sur sa poitrine et, certain qu’il ne reverrait plus les siens, il commença à pleurer.

Gisborne, s’éloignant du prisonnier : « Dois-je le faire exécuter ? »

Le shérif, s’arrêtant au bas de l’escalier menant à l’étage : « Diable, non !... Je dois d’abord avertir le prince que son cher neveu est dans nos murs… Par ailleurs, je vous rappelle qu’il le veut vivant… Et de toute façon, je pense qu’il pourrait nous être plus utile vivant que mort. »

Gisborne ne comprit pas ce que voulut dire le shérif. Mais celui-ci ne s’en offensa pas.

Gisborne : « Je vais l’enfermer dans l’un des cachots et doubler la garde. »

Le shérif, regardant vers Richard : « Non… J’ai dans l’idée que notre cher ami, Robin, voudra récupérer ce jeune homme et il sera prêt à tout pour l’avoir. »

Gisborne, dubitatif : « Vous pensez qu’ici… dans les cachots ? »

Le shérif se retourna vers Gisborne.

Le shérif : « Ce ne serait pas la première fois !... J’ai une idée quant à l’endroit où nous pourrions installer notre jeune invité… et même Robin des bois ne pourra pas le retrouver ! »

 

 

 

 

 

Le shérif remonta à l’étage. Intrigué, Gisborne le suivit.

Pendant ce temps…

Les hors-la-loi arrivèrent en silence au campement complétement abattus.

Much, démoralisé : « On a perdu Richard ! »

Robin, mécontent : « Pas encore ! »

Petit Jean, mécontent : « Par deux fois, nous sommes arrivés en retard. »

Allan, passant devant Robin, mécontent : « C’est uniquement parce ce que nous avons été victimes d’espions. »

Ces paroles raisonnèrent dans la tête de Robin. Soudain, il eut une idée. Mais elle lui sembla tellement folle qu’il n’osa pas en parler à ses compagnons.

Devant le silence de Robin, Allan, inquiet : « Robin ?... T’es avec nous ? »

Robin, reprenant ses esprits : « Hein… Euh oui. »

Petit Jean : « Robin, nous avons déjà échoué deux fois ! »

Robin, regardant Allan avec le sourire : « Allan dit vrai... C’est parce que nous avons été espionné ! »

Much : « Et vous trouvez ça drôle, maître ? »

Robin, se reprenant : « Non… Tu as raison. Ce n’est pas drôle. »

Djaq, très inquiète : « Richard est peut-être mort à l’heure qu’il est. »

Le silence s’abattit sur le groupe. Robin s’agenouilla face à Djaq.

Robin : « Je ne crois pas. »

Allan, mécontent : « Mais comment peux-tu en être aussi sûr ?... Nous aurions dû infiltrer tout de suite le château. On aurait ainsi profité de l’effet de surprise au lieu de revenir ici ! »

Robin, sur un ton incisif : « Il nous faut d’abord un plan bien préparé, Allan ! »

Robin, se relevant, à la bande : « Je pense que le shérif le garde en vie pour l’offrir au Prince Jean en signe de loyauté. »

Allan, persistant : « Il pourrait tout aussi bien lui offrir son cadavre ! »

Robin, avec empressement : « Il a plus de valeur vivant que mort… Il peut tout aussi bien faire un chantage sur le Prince Jean : S’il n’obtient pas ce qu’il veut, il relâche son neveu. »

Djaq, pleine d’espoir : « Tu crois ? »

Allan : « Et si le Prince Jean le préfère le voir mort ? »

Robin : « J’en doute… Sinon il leur aurait fait à la naissance de Richard il y a dix-huit ans… Mais au lieu de ça, il a préféré le faire enlever. »

Cette fois, Allan ne répliqua pas. Il sembla convaincu par les arguments de Robin.

Petit Jean : « Mais comment va-t-on s’y prendre pour le sortir de là ? »

Robin : « Le shérif a dû l’enfermer dans les cachots... »

Much : « L’endroit le plus sécurisé du château. »

Robin : « Il nous faut d’abord un plan pour entrer dans le château. »

Il se tourna vers Allan.

Robin : « Quel est le meilleur moyen pour y entrer sans se faire remarquer ? »

Allan réfléchit un bon moment.

Allan : « J’ai trouvé… On va jouer au livreur… Mais pour ça, nous allons avoir besoin d’un chariot… d’un chariot bien rempli. »

Djaq : « Mais nous n’avons pas de chariot. »

Allan : « Mais si !... Il y a celui de… »

Allan et Will levèrent la tête en même temps et se regardèrent.

Allan et Will : «… Wayne ! »

Robin : « Très bien… Occupe-toi de ça, veux-tu ? »

Allan : « Mais je vais avoir besoin de bras pour m’aider. »

Robin : « Jean ?... Much ? »

Les deux hommes relevèrent et hochèrent la tête pour dire qu’ils étaient d’accord même s’ils se demandaient ce que pouvait bien avoir en tête leur compagnon.

Robin aux autres : « Quant à nous, nous avons des livraisons à faire cet après-midi. Mais, dès ce soir, nous passerons à l’attaque. »

Djaq : « Ce soir ? »

Robin : « Oui. A la nuit tombée… Pendant le repas… Le shérif et une bonne partie de la garnison seront trop occupés pour faire attention à nous. »

Le reste de la troupe approuva son plan. Après un rapide déjeuner, Allan, Petit Jean, Much et Will partirent pour Nottingham afin de récupérer la voiture de leur ami Wayne. Puis ils passèrent l’après-midi dans la forêt à ramasser du bois afin d’en remplir tout le chariot. Robin, Djaq, Carter et Andrew préparèrent les provisions qu’ils emmenèrent à Clun et à Nettlestone. A la fin de la journée, ils se retrouvèrent tous au campement. Much prépara un repas léger afin d’être à l’aise pour la périlleuse opération qu’ils allaient mener. Le repas, plus tôt que d’habitude, se déroula dans le silence. Chacun pensant à sa mission. Tous espérèrent du fond du cœur retrouver vivant le jeune prince. A la nuit tombée, Robin ordonna le départ pour Nottingham.


byoann  (31.12.2015 à 10:15)

CHAPITRE XIII

« ON TE RAMENERA TON FRERE, JE TE LE PROMETS. »

 l’entrée de Nottingham…

             

Les hors-la-loi s’arrêtèrent à la limite du sous-bois faisant face à l’entrée de la ville. Ils étaient venus à pied ; Petit Jean tirant les rênes du cheval qui tractait la voiture de Wayne.

Robin : « Bon… Nous ne pouvons pas entrer tous ensemble. Carter, Jean, Allan et Much vous marcherez à côté du chariot… Nous, on va devoir se cacher à l’intérieur. »

Will : « Inutile… J’ai aménagé une cache sous le chariot… Vous pourrez vous y dissimuler sans problème. »

Muni d’une torche, Robin se pencha sous la voiture et vit que des planches avaient été fixées en travers permettant à plusieurs personnes de se coucher sous le chariot sans être vu.

Robin, se relevant : « Bon travail ! »

Robin, Will, Djaq et Andrew arrivèrent tant bien que mal à s’y glisser. Les autres hors-la-loi enfilèrent leur manteau à capuche et se dirigèrent vers l’entrée de la ville.

Much : « Espérons que ça va marcher ? »

Robin, sous le chariot : « T’inquiète pas, Much. Je suis sûr que ça va marcher ! »

Much, ironique : « Hein… T’inquiète pas ! T’inquiète pas. Je le sens pas, moi, ce plan ! »

Petit Jean, tous bas : « Tais-toi, Much. Nous arrivons à l’entrée. »

Le garde : « Qui va là ? »

Carter : « Livraison spéciale pour le shérif. »

Le garde : « Livraison spéciale ? »

Carter : « Oui. Nous sommes attendus. »

Much, tout bas : « J’espère bien que non ! »

Petit Jean et Allan le regardèrent avec colère.

Robin, murmurant : « Much ! »

Carter : «… Ce n’est que du bois, Messire. »

Le garde, méfiant : « Dis voir… Il me semble t’avoir déjà vu par ici, toi ? »

Sous le chariot, Robin regarda Djaq avec inquiétude.

Djaq, murmurant avec crainte : « Il l’a reconnu ! »

En effet, Carter était déjà venu au château afin de travailler pour le shérif mais Robin avait réussi à le convaincre qu’il avait fait le mauvais choix et ils avaient réussi, tous les deux, à lui voler de l’argent. Robin se reprocha aussitôt de ne pas y avoir pensé et, tout en se préparant à intervenir, écouta avec attention la réponse de Carter.

Carter : « Evidemment… Je viens souvent ici pour faire mes livraisons. »

Le garde, inspectant le contenu du chariot : « Oh !... Ouais… Bon eh bien… Allez-y ! »

Carter : « Je vous remercie, Messire. »

Il prit les rênes du cheval et se remit en marche.

Allan aux autres sous le chariot : « C’est bon, on est passé. »

Les hors-la-loi poursuivirent leur chemin à travers les rues désertes de la ville. Ils arrivèrent devant les portes du château, évidemment fermées à cette heure. Carter frappa à la porte. Un garde ouvrit le judas.

Le garde, maussade : « Qu’est-ce que c’est ? »

Carter : « Une livraison spéciale pour le shérif ! »

Le garde, sceptique : « Une livraison spéciale ? »

Carter : « Oui… Ce n’est que du bois, Messire ! »

Allan, entre ses dents : « Tu devrais te renouveler un peu ! »

Carter, sur le même ton : « ça a marché avec les autres gardes ! »

Allan : « Mais je doute que ça fonctionne avec ceux-là. »

Le garde donna raison à Allan.

Le garde, ironique : « Du bois… par cette chaleur ? »

Carter : « Euh… C’est… C’est du bois pour les cuisines. »

Carter et Allan se regardèrent car le garde garda le silence.

Carter : « Bon, très bien… Si le shérif n’a rien à manger ce soir parce que les cuisines n’ont pas été approvisionnées, je lui dirai que c’est de votre faute car vous ne m’avez pas laissé entrer ! »

Carter fit mine de faire demi-tour.

Le garde : « Euh… Attendez ! »

Carter stoppa le chariot et attendit. Allan et lui entendirent des messes basses derrière la porte.

Le garde à son confrère, tout bas : « Qu’est-ce qu’on fait ? »

L’autre garde, sur le même ton : « Tu ferais mieux d’ouvrir la porte. »

Le garde : « Tu crois ? »

Après un bref instant, le garde, à haute voix : « Attendez… Je vous ouvre. »

Carter : « Je vous remercie, Messire. »

Le garde ouvrit la porte. Carter avança le chariot.

Le garde : « Attendez ! »

Les hors-la-loi retinrent leur souffle.

Carter, s’efforçant de garder son calme : « Ecoutez… Je suis déjà très en retard et je... »

Le garde, le coupant : « Désolé mais on doit faire notre travail ! »

Les deux gardes sortirent leurs épées.

Jean, Allan et Much commencèrent à s’alarmer.

Ils échangèrent des regards inquiets et fixèrent Carter pour qu’il intervienne.

Carter, répondant à leur demande visuelle : « Mais enfin… Messire ?... Que se passe-t-il ? »

Le garde : « On doit contrôler tous les chariots qui entrent et qui sortent du château. »

Les deux soldats enfoncèrent leurs épées dans le tas de bois. Ils changèrent régulièrement de position et recommencèrent. Les hors-la-loi remercièrent intérieurement Will d’avoir aménagé cette cache.

Le garde, rengainant son épée : « Allez-y… Les cuisines sont de ce côté. »

Carter, se remettant de sa frayeur : « Je vous remercie, mon brave. »

Il prit les rênes et suivit la direction indiquée par le soldat. Il contourna un bâtiment puis arrivèrent aux cuisines. Robin, Will, Djaq et Andrew sortirent de sous le chariot.

Andrew : « Eh ben dis donc… On a eu chaud ! »

Robin, souriant : « Oui mais c’est plus excitant comme ça, non ? »

Carter : « Oui… C’est une manière de voir les choses. »

Robin, redevenant sérieux : « Will, Allan, Carter. Venez avec moi. Vous autres, vous restez ici et vous nous couvrirez quand nous sortirons. »

Les autres : « Entendu. »

Les hors-la-loi désignés par Robin le suivirent et s’engouffrèrent dans le bâtiment. Les cuisines étaient bondées à cette heure-ci afin de préparer le repas du shérif et des hommes de la garnison. Robin et ses compagnons se firent passés pour des serviteurs et réussirent à traverser les cuisines sans encombre.

Robin, s’arrêtant à la sortie des cuisines : « Bien… Direction les cachots ! »

Allan : « C’est par là ! »

Ils foncèrent dans la direction indiquée par leur compagnon. Arrivés à la porte menant aux cachots, ils ne trouvèrent personne. Robin trouva étrange qu’elle ne soit pas gardée. Cependant, il l’ouvrit et fit descendre ses compagnons. Ils arrivèrent devant les cellules à la recherche du jeune prince. Mais les premières geôles étaient vides. Ils continuèrent plus loin.

Les hors-la-loi, tout bas : « Richard… Richard… Richard… »

Mais ils ne virent personne.

Une autre voix, les imitant : « Richard… Richard… [A voix haute] Hein. Hein. »

Les hors-la-loi reconnurent immédiatement la voix du shérif. Ils se retournèrent vivement. Le shérif et Gisborne se tinrent devant eux, le sourire aux lèvres.

Le shérif, souriant : « Ça a un air de déjà vu, non ? »

Robin, se sentant piégé et le saluant : « Shérif… »

« Tu pensais vraiment que je serai assez stupide pour cacher un invité aussi important ici, hum ?… »

 

 

 

 

 

Le shérif, poursuivant : «… à la vue du premier venu ?... Ce n’est pas très flatteur pour moi… Et puis, je t’ai connu moins bête que ça, Locksley. »

Robin, ravalant sa fierté : « Tout le monde commet des erreurs de temps à en temps ! »

Le shérif, souriant : « Oui… Mais cette fois, ça va de te coûter la vie, mon jeune ami… »

Robin se reprocha immédiatement son manque de perspicacité.

Le shérif, hurlant : « … ATTRAPEZ-LES ! »

Soudain, une dizaine de soldats, sortant de nulle part, foncèrent sur eux. Gisborne se joignit à ses hommes et attaqua Robin.

Pendant ce temps, devant la porte des cuisines…

Djaq, Much, Petit Jean et Andrew attendaient patiemment le retour de leur compagnon. Quand soudain un homme portant un tablier de cuisinier se présenta à la porte.

L’homme d’une voix forte : « Mais qu’est-ce que vous faites ici ? »

Craignant qu’il n’ameute les soldats, les hors-la-loi se tinrent sur leur garde.

Andrew : « Nous apportons le bois pour les cuisines. »

L’homme : « Eh ben ?... Qu’est-ce que vous attendez pour le décharger ? »

Les hors-la-loi se regardèrent. Ils comprirent qu’ils feraient mieux d’obéir s’ils voulaient couvrir la sortie de leur compagnon.

Andrew : « Euh… Nous sommes novices… Nous ne savons pas où nous devons le décharger. »

L’homme : « Bah venez !... Je vais vous montrer où est la réserve. »

Petit Jean fit signe à Andrew de suivre le cuisinier pendant qu’il commençait à décharger le chariot. Much et Djaq l’imitèrent. Quelques minutes plus tard, Andrew revint.

Andrew, prenant du bois dans ses bras : « On ferait mieux de jouer le jeu sinon il risque de se douter de quelque chose. »

Petit Jean : « Oui. »

Much : « Il ne faut pas qu’on décharge le chariot trop vite sinon on n’aura plus aucun raison de rester ici. »

Djaq : « Tu sais que tu es malin quand tu veux ? »

Andrew leur montra le chemin pour se rendre à la réserve. Puis ils se mirent à décharger le chariot petit à petit. Lors d’un de ses voyages et profitant de l’ouverture d’une porte donnant sur un couloir, Djaq remarqua un groupe de soldats qui passa en courant devant les cuisines. Inquiète, elle alla à la porte puis prit la même direction qu’eux. Elle constata avec effroi qu’ils se rendaient aux cachots.

Djaq à elle-même : « C’est un piège ! »

Soudain, elle entendit du fond des cachots, les hurlements du shérif. Les soldats qui attendaient dans le couloir ouvrirent la porte et se précipitèrent dans les marches menant aux cachots. Elle revint en vitesse prévenir les autres.

Djaq, sortant dans la cour : « C’est un piège ! »

Petit Jean, inquiet : « Quoi ? »

Djaq, prenant son arme cachée sous son manteau : « Pas le temps de t’expliquer. Robin et les autres sont en danger. Les hommes du shérif vont leur tomber dessus. »

Petit Jean : « Allons-y ! Vite ! »

Ils laissèrent tomber le bois et foncèrent rapidement vers les cachots bousculant le cuisinier qui venait voir où ils en étaient.

L’homme : « Hé !... Mais où est-ce que vous allez comme ça ? »

Petit Jean, disparaissant dans la cuisine : « On a une urgence ! »

Lorsqu’ils débouchèrent dans l’escalier menant aux cachots, la bataille entre Robin et les soldats battaient son plein. Comprenant que leurs compagnons seraient rapidement submergés par le nombre de soldats, Petit Jean, Much et Djaq se jetèrent dans la bataille.

Robin, Carter, Will et Allan se battirent comme ils purent. Mais le rapport de force étant en faveur du shérif, ils sentirent leur force déclinée rapidement.

Carter, se défendant contre deux soldats : « On ne tiendra pas très longtemps ! »

Robin allait lui répliquer qu’il fallait qu’il tienne le coup quand soudain le shérif ordonna de cesser le combat.

Le shérif, très mal à l’aise : « DEPOSEZ LES ARMES ! »

Carter, Will, Robin et Allan se regardèrent avec étonnement. C’est alors qu’il vit Petit Jean, Djaq et Much à leurs côtés.

Allan : « Mais qu’est-ce que vous faites là ? »

Robin, essoufflé : « Content de vous voir ! »

Much : « On a pensé que vous auriez besoin d’un coup de main. » 

Robin : « Mais où est Andrew ? »

Une voix derrière le shérif : « Je suis là ! »

Robin se pencha et remarqua qu’Andrew tenait le shérif au bout de son épée. En effet, lorsqu’il était dans l’escalier avec Petit Jean et les autres, il ne se joignit pas tout de suite à la bataille. Il évalua d’abord la situation. Pour rejoindre le lieu du combat, Petit Jean et ses amis devaient passer devant le shérif. Petit Jean donna alors au shérif un violent coup de bâton. Ne les ayant pas vu arrivé, celui-ci ne put l’éviter et tomba à la renverse. Surpris, il se releva vivement et comprenant qu’il s’agissait de renfort pour Robin, il vociféra. Andrew y vit alors l’occasion rêvée de mettre rapidement un terme au combat.

Le shérif, regardant Petit Jean : « ESPECES DE SALES… »

Il s’arrêta d’un coup. Andrew avait descendu silencieusement les marches et mit son épée dans le dos du shérif. Celui-ci leva les bras. Andrew passa son épée sous la gorge du shérif puis rapprocha son visage de celui-ci de son prisonnier.

Andrew : « Bonsoir, shérif. »

Le shérif, mal à l’aise, regardant devant lui : « Bonsoir… Euh… A qui ai-je l’honneur ? »

Andrew : « Un homme qui a un ‟petit compte″ à régler avec vous ! »

Le shérif, inquiet : « Vraiment ? »

Andrew : « Oui… Mais pour l’instant, dites à vos hommes de déposer les armes ! »

Le shérif : « Jamais. »

Andrew, resserrant son épée sous la gorge du shérif : « Je n’ai que très peu de patience, shérif ! »

Le shérif : « Ah !... Si vous me tuez, Nottingham sera rayée de la carte. »


byoann  (04.01.2016 à 09:15)

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