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Série : Robin Hood
Création : 12.10.2015 à 09h10
Auteur : byoann
Statut : Terminée
« Il s’agit de la suite de l’épisode « Face à son passé ». Cet EV comporte 26 chapitres. J’écris seul merci. »
Cette fanfic compte déjà 121 paragraphes
Andrew, souriant : « Hein… Je sais ! Je sais aussi que vous devez apposer votre sceau dans le carnet d’un des sbires du Prince Jean, n’est-ce pas ? »
Le shérif, souriant : « Exact ! »
Andrew, glissant son épée vers la main gauche du shérif : « Mais avez-vous vraiment besoin des deux mains pour cela ? »
Le shérif perdit instantanément son sourire. Il comprit le message et obéit immédiatement à Andrew. Il ordonna de cesser le combat. Andrew amena alors le shérif devant Robin.
Much : « Bon et maintenant ? Qu’est-ce qu’on fait ? »
Carter : « On demande au shérif où est Richard ? »
Le shérif, furieux : « Jamais, je ne te le dirai ! »
Andrew, à l’oreille du shérif : « N’oubliez pas notre conversation, ‟petit shérif″. »
Le shérif reconnut immédiatement son ravisseur puisque celui-ci se servait du même sobriquet qu’il avait utilisé pour s’adresser à James de Kent, frère du Comte de Kent.
Le shérif, se retournant vers Andrew et inquiet : « Le Comte de Kent ! »
Andrew, souriant et se courbant tout en maintenant son épée sur le ventre du shérif : « En personne ! »
Puis le Comte perdit son sourire et se rapprocha du shérif en menaçant celui-ci avec son épée. Le shérif tenta de reculer pour éviter la pointe de la lame qui se rapprochait dangereusement de lui.
Andrew, menaçant : « Et j’aimerais vous faire payer tout ce que vous avez fait subir à mon frère, à ma sœur et tous les braves gens du comté de Kent. »
Robin, mettant sa main sur son bras : « Andrew, non ! »
Andrew au shérif : « Tu as de la chance… ‟petit shérif″… que nous ne soyons pas sur les terres de Kent ! »
Le shérif : « Oui, effectivement ! »
Robin : « Je répète ma question. Où est Richard ? »
Soudain, l’un des soldats qui étaient à terre se releva brusquement et fonça vers l’escalier. Much, Will et Allan tentèrent de le rattraper mais en vain.
Much, redescendant et inquiet : « Il a filé ! »
Allan, paniqué : « Il va donner l’alerte ! »
Gisborne, tenu en respect par Petit Jean : « C’est certain… Vous n’irez pas loin ! »
Robin, se tournant vers lui : « Toi en tout cas, c’est sûr ! »
Gisborne releva un sourcil.
Robin : « Enfermez-les tous dans une cellule ! »
Robin prit les clés qui pendaient à la ceinture de Gisborne. Petit Jean le poussa dans une des cellules puis les hors-la-loi forcèrent tous les soldats encore debout à y entrer non sans leur avoir ordonné de ramasser leurs camarades encore inconscients, couchés sur le sol. Le shérif voulut suivre le dernier homme mais Robin le stoppa.
Robin, mettant sa main sur la poitrine du shérif : « Non !... Pas vous ! »
Le shérif, inquiet : « Pas moi ? »
Robin, souriant : « Non ! Vous !... Vous allez nous servir de passe-droit ! »
Andrew se faufila derrière le shérif et plaça, une nouvelle fois, son épée sous sa gorge. Ce dernier n’apprécia pas du tout la situation.
Andrew : « Allons-y !... Nous passons devant ! »
Ils remontèrent des cachots mais, arrivés dans le couloir, ils se retrouvèrent face à une dizaine de soldats.
Andrew : « ECARTEZ-VOUS !... OU VOTRE PETIT SHERIF RISQUE DE PASSER UN MAUVAIS QUART D’HEURE ! »
Les soldats s’écartèrent. Andrew les maintint ainsi à distance pendant que les hors-la-loi les désarmèrent.
Allan aux soldats : « Allez messieurs, ne soyez pas timides… Enlevez vos ceinturons. »
Les soldats s’exécutèrent et leurs épées tombèrent à terre. Much, Djaq et Will s’empressèrent de les ramasser et de les balancer dehors dans la cour.
Petit Jean, les poussant dans l’escalier menant aux cachots : « Allez rentrez là-dedans. »
Ils bloquèrent ensuite la porte.
Robin : « Continuons… »
Le shérif : « Tu t’en sortiras pas aussi facilement, Locksley. Le reste de mes hommes t’attendent sûrement dans la cour. »
Robin : « Oui, c’est pour ça que vous venez avec nous. »
Il alors prit le shérif et le poussa devant lui. Les hors-la-loi purent continuer jusqu’au perron de l’escalier donnant sur la cour. Robin s’empara alors du shérif et lui mit son épée sous la gorge.
Much : « Maître ? »
Robin regarda dans la direction indiquée par Much. Il vit que la herse avait été baissée.
| Robin : « Donnez l’ordre de lever la herse ! » | ![]() |
Les soldats de garde à l’entrée de la cour coururent jusqu’aux hors-la-loi.
| Le shérif, d’une voix timide : « Relevez la herse ! » | ![]() |
Robin, resserrant son épée sous sa gorge : « Plus fort ! »
Le shérif, d’une voix plus forte : « Relevez la herse ! »
Les gardes stoppèrent leur avancée et se regardèrent se demandant ce qu’ils devaient faire. Robin, sans dire un mot, resserra encore une fois son étreinte.
Le shérif : « QU’ATTENDEZ-VOUS, ESPECES D’IDIOTS !... RELEVEZ-MOI CETTE SATANEE HERSE ! »
Cette fois-ci, les deux gardes rebroussèrent chemin et remontèrent la herse. Les hors-la-loi descendirent les marches de l’escalier avec une grande prudence, guettant chaque fenêtre, porte et rempart.
Arrivés devant la herse, Robin : « Will, Allan ?... Désarmez-les ! »
Les deux hommes désarmèrent les deux gardes.
Robin aux deux gardes : « Retournez-vous, mettez les mains sur la tête et comptez jusqu’à cent ! »
Les deux gardes levèrent les mains au dessus de leur tête puis se retournèrent.
Petit Jean, les poussant : « Comptez ! On vous dit ! »
Much : « Ils ne savent peut-être pas compter ! »
Les deux gardes : « 1, 2, 3, 4… »
Robin à sa bande : « Passez de l’autre côté ! »
Ils obéirent sans discuter. Puis d’un même geste, Robin poussa violement le shérif qui fut projeté au sol et coupa la corde qui retenait la herse. Celle-ci redescendit brusquement. Robin eut juste le temps de rouler à terre et se retrouva de l’autre côté.
Robin : « Fuyons ! »
Les hors-la-loi coururent en vitesse et sortirent de la ville sans difficultés. Le shérif se releva furieux. Il avisa les gardes qui continuaient de compter.
Le shérif, les frappant tous les deux : « ESPECES D’IDIOTS ! »
Gisborne arriva au même moment avec tous ses hommes.
Gisborne : « Monseigneur ? Est-ce que ça va ? »
Le shérif, vexé : « Bien sûr que ça va !... Vous avez quand même réussi à sortir de votre cage tout seul ? »
Le shérif se dirigea vers le château.
Gisborne : « Vous ne voulez pas qu’on les poursuivre ? »
Le shérif, mécontent : « A quoi cela servirait-il ?... Ils vous sèment à chaque fois ! »
Il s’arrêta et expira profondément. Il se tourna vers la herse puis vers Gisborne.
Le shérif, plus calme : « En tout cas, il repart bredouille. »
Gisborne, souriant et s’avançant vers lui : « Cette fois-ci, nous avons remporté la bataille, Monseigneur. »
Le shérif : « Pas encore, Gisborne. Pas encore… Je vais inviter le Prince Jean à venir chercher notre invité. »
Gisborne : « Vous ne voulez plus l’emmener vous-même à Londres ? »
Le shérif : « Après ce qui s’est passé cette nuit ?... Non... Vos hommes ont été incapables d’assurer la sécurité de notre invité, ici, au château alors vous imaginez en pleine forêt !... Non. Il vaut mieux ne pas prendre de risques. Le Prince Jean viendra prendre livraison de son cher neveu et ce qui se passera après ne sera plus de notre ressort. Vous comprenez ? »
Gisborne : « Oui, Monseigneur… Si Locksley reprend le jeune prince pendant qu’il est sous la garde du Prince Jean, celui-ci devra en endosser l’entière responsabilité ! »
Le shérif : « Exactement ! »
Le shérif reprit son chemin vers le château et fila jusqu’à ses appartements pour informer le Prince Jean qu’il détenait son neveu.
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Pendant ce temps…

Le retour au campement se fit dans le silence. Tous étaient terriblement déçus de ne pas avoir retrouvé le jeune prince. Démoralisés, ils s’assirent en cercle à l’intérieur du camp.
Much : « Mais où est-ce qu’il peut bien être ? »
Allan : « S’il est toujours vivant ! »
Robin, mécontent : « Il est toujours en vie ! »
Allan baissa la tête. Il doutait de plus en plus que son ami respire encore.
Much : « Peut-être que le shérif le retient dans une des chambres du château ? »
Robin, n’y croyant pas et réfléchissant intensément : « Possible oui. »
Carter : « J’en doute. Il serait trop facilement accessible. »
Much : « Ben alors où ? »
Will : « Il faudrait quand même vérifier dans les chambres du château. »
Allan : « Ah ouais et tu fais ça comment ?... Tu y vas et tu demandes au shérif excusez-moi puis-je vérifier tous les chambres de votre château ? »
Much, regardant Robin : « On peut peut-être demander à Marianne ?... C’est la seule d’entre nous qui a accès au château. »
Robin, regardant Allan : « Non, je ne préfère pas la mêler à tout ça ! »
Allan : « Tu as une autre idée ? »
Robin continua de le fixer intensément puis regarda l’ensemble de ses compagnons.
Robin : « Ecoutez… Je pense que nous sommes tous fatigués et déçus par ce qui vient de se passer… Il vaudrait mieux aller nous coucher… Demain, nous y verrons plus clair. »
Carter, tapant dans ses mains et se relevant : « Tu as raison… Et puis la nuit porte conseil. »
Les hors-la-loi se relevèrent sans grand enthousiasme. Mais ils obéirent à leur chef et allèrent se coucher. Ils eurent beaucoup de mal à trouver le sommeil. Et ce n’était pas la chaleur qui persistait qui les empêcha de dormir mais c’était l’angoisse de savoir que Richard allait passer sa première nuit en tant que prisonnier du shérif, loin de l’orphelinat et de son frère enfin… s’il était toujours en vie.
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Le lendemain matin…

Le petit-déjeuner se passa dans la même atmosphère que la veille au soir. Les hors-la-loi, tourmentés par le sort du jeune prince, avaient passé une mauvaise nuit et s’étaient donc peu reposés. Ils se regroupèrent pour prendre leur premier repas de la journée. Les visages étaient fermés et fatigués. Le petit-déjeuner se fit donc en silence. Robin avait passé une bonne partie de la nuit à réfléchir à différents endroits où Richard aurait pu avoir été enfermé car, pour lui, cela ne faisait aucun doute, il était toujours vivant. Il le ressentait au tréfonds de lui-même.
Robin, posant son écuelle au sol : « Bon… Ecoutez-moi… J’y ai bien réfléchi… Nous savons que Richard ne se trouve pas dans les cachots. On doit donc vérifier dans toutes les autres pièces du château… Comme nous n’y avons pas accès, je… je vais demander à Marianne de nous aider. »
Will : « Et comment ? »
Robin : « Je ne sais pas… Je verrai ça avec elle tout de suite après le repas… Allan, tu m’accompagnes. »
Allan, hochant la tête : « Entendu. »
Robin : « Pendant ce temps-là, j’aimerais qu’on surveille Gisborne. »
Much, étonné : « Gisborne ? »
Robin : « Oui… Essayez de savoir où est-ce qu’il va lorsqu’il quitte le château. »
Djaq : « Tu penses que le shérif retient Richard à l’extérieur du château, c’est ça ? »
Robin : « Peut-être bien… On doit tout envisager ! »
Carter : « Entendu… Tu as raison. Il ne faut rien négliger. »
Robin : « Alors… C’est parti. »
Ils déposèrent tous leurs écuelles sur la table devant Much. Allan partit avec Robin vers Knighton tandis que les autres se dirigèrent vers Nottingham laissant Much, tout seul, à la cuisine.
Much : « HE… MAIS LA VAISSELLE ? »
Au loin, Will, criant : « MERCI, MUCH ! »
Much, bougonnant : « Je commence en avoir marre, moi, de tout faire ici ! »
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Robin et Allan avaient pris le chemin de Knighton en espérant y trouver Marianne. Mais hélas lorsqu’ils y arrivèrent, Sir Édouard leur apprit qu’elle était partie tôt le matin pour aider Frère Tuck à l’église.
Robin : « Merci, Messire Édouard. »
Édouard : « De rien. »
Les deux hommes prirent alors la route de Locksley. Ils arrivèrent au moment où les enfants sortaient de l’église pour se dégourdir les jambes après leur travail d’étude. Marianne les accompagna et vit arriver les deux hors-la-loi. Elle alla au devant d’eux.
Marianne, souriant : « Bonjour messieurs… Mais qu’est-ce qu’il a Allan ? »
Alors que Robin souriait à l’arrivée de Marianne, Allan lui semblait extrêmement contrarié.
Robin, se tournant vers lui et légèrement embarrassé : « Oh… Euh… Il est simplement déçu… Il… Il pensait qu’Annie serait revenue. »
Allan, visage fermé et forçant un sourire : « Oui, c’est ça. »
Marianne : « Allez, t’en fais pas… Elle reviendra ta fiancée ! »
Marianne embrassa Robin. Afin de ne pas indisposer davantage Allan, elle mit très rapidement fin au baiser.
Robin, sérieux : « Comment vont les enfants, aujourd’hui ?... Ils se remettent de la mort du père Swain et de leur expulsion ? »
Marianne, perdant le sourire : « La plupart des enfants oui mais… »
Robin : « Adrien ? »
Allan leva vivement la tête vers elle.
Marianne : « Nous lui avons appris la capture de Richard et depuis il reste prostré à l’intérieur et il n’arrête pas de pleurer. »
Robin : « Je vais aller le voir. »
Allan : « Non, laisse… J’y vais ! »
Allan se précipita à l’intérieur de l’édifice. En chemin, il croisa Frère Tuck.
Tuck : « Bonjour, Allan. »
Allan, pressé : « Tuck ! »
Marianne, surprise, le regarda se diriger rapidement vers l’église.
Marianne : « Mais qu’est-ce qu’il a ? Je trouve qu’il a un comportement étrange aujourd’hui ! »
Robin : « Oh euh… Il… Il a toujours été très proche des deux garçons… [Sérieusement] Marianne… Ecoute… J’ai… J’ai un service à te demander. »
Tuck : « Bonjour, Robin. »
Marianne : « Lequel ? »
Robin : « Bonjour, Frère Tuck… [A Marianne] Pourrais-tu voir si Richard ne serait pas enfermé dans l’un des appartements du château ? »
Marianne, surprise : « Dans un des appartements du château ?... Mais pourquoi veux-tu que Richard y soit enfermé ?... Il devrait plutôt se trouver dans les cachots ? »
Robin : « Non, il n’y est pas… Nous les avons fouillés de fonds en comble hier au soir. »
Tuck : « C’est étrange... Pourquoi le shérif capturerait un enfant des rues et le mettrait sous bonne garde dans une des chambres du château ? »
Marianne : « Frère Tuck a raison. Cela ne tient pas debout. »
Robin : « Parce que Richard n’est pas un enfant des rues comme les autres… [Les fixant gravement et tout bas] C’est le fils du roi ! »
Marianne, abasourdie : « Quoi ?... Le fils du roi ? »
Interloqué, Frère Tuck ouvrit grand les yeux et fixa Robin avec interrogation.
Robin, les emmenant plus loin : « Oui… Mais cela doit rester un secret pour le moment. »
| « Mais comment est-ce possible ? » | ![]() |
Robin, regardant autour de lui pour voir si on l’observait : « Il y a dix-huit le fils du roi a été enlevé le jour de sa naissance par un homme au service du Prince Jean… »
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A l’intérieur de l’église de Locksley…
Pendant que Robin racontait la naissance de Richard à Frère Tuck et Marianne, Allan, lui, tentait désespérément de consoler Adrien. Il entra dans l’église et s’arrêta à l’entrée afin que ses yeux s’habituent à la faible luminosité intérieure. Il tenta de repérer où se trouvait Adrien. Il fut cependant très facile à retrouver puisqu’il était entouré par les trois nones qui essayèrent de le persuader de prendre son petit-déjeuner.
Une none, d’une voix douce : « Allons, Adrien… Essaye de manger un petit peu… Quelques bouchés au moins… »
Adrien, entre deux sanglots : « Non… J’ai… pas… faim. »
Et il pleura de nouveau. Cela brisa le cœur d’Allan. Il s’approcha des sœurs.
Allan : « Vous pouvez nous laisser, s’il vous plaît ? »
La none, avec compréhension : « Bien sûr. »
Elle donna l’écuelle à Allan et les trois sœurs sortirent à l’extérieur pour surveiller les jeux des autres orphelins. Dès qu’il entendit la voix d’Allan, Adrien releva la tête.
Adrien, se jetant dans les bras d’Allan en pleurant : « Oh Allan !… Richard a été… »
Allan, lui frottant le dos avec sa main libre : « Je sais… Je sais. »
Il obligea Adrien à s’assoir à côté de lui puis il posa l’écuelle devant eux. Il mit son bras droit derrière le garçon et le maintint contre lui.
Adrien, entre deux sanglots : « Richard est mort… Allan… Il est mort… Mon frère est mort. »
Allan, doucement : « Hé. Hé. Hé… Ne dis pas ça… Ecoute-moi… »
Il obligea Adrien à le regarder en face.
Allan : «… Je t’interdis de dire ça. Tu m’entends ? »
Mais Adrien, inconsolable, continua de pleurer.
Allan : « Bon, je vais te dire la vérité… Mais tu ne dois en parler à personne… Robin est persuadé que Richard n’est pas mort… »
A ces mots, Adrien voulut se jeter dans les bras d’Allan pour pleurer à nouveau mais Allan l’en empêcha.
Allan : « … Hé… Ecoute-moi… Robin est convaincu qu’il est vivant et moi aussi. Tu entends ?... »
Adrien hocha la tête.
Allan, poursuivant lentement en insistant sur chaque mot : «… Ton frère est vivant !... Et nous avons un plan pour le retrouver et le libérer… Et toute la bande va s’y mettre… Seulement, ça risque de prendre un peu de temps mais je te promets qu’on va tout faire pour te ramener ton frère… Tu me peux me faire confiance… A moi et à toute l’équipe, bien sûr… Même Much va arrêter de manger jusqu’à ce que ton frère soit libéré ! »
Adrien esquissa un sourire devant la plaisanterie d’Allan.
Allan : « T’as confiance en nous ? »
Adrien, timide et retenant ses larmes : « Oui. »
Allan : « J’ai pas entendu ! J’ai dit : Est-ce que t’as confiance en nous ? »
Adrien, plus fort : « Oui ! »
Allan : « Alors on y arrivera ! On te ramènera ton frère, je te le promets. »
Adrien se jeta dans les bras d’Allan en essayant de retenir ses larmes.
Allan, perdu dans ses pensées : « Je te jure qu’on y arrivera… Je te jure que je ferai tout ce qu’il faut pour te ramener ton frère… »
Adrien, reprenant espoir : « Merci, Allan. »
Allan, ne paraissant plus l’écouter mais le serrant toujours très fort contre lui : «… tout ce qu’il faut… Absolument tout ! Même si je dois, une nouvelle fois, vendre mon âme au diable ! »
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A l’extérieur de l’église de Locksley…
Tuck : « Cette histoire est incroyable ! »
Marianne : « Et vous êtes sûrs qu’il s’agit bien de Richard ? »
Robin : « Il n’y a pas de doute. Allan a vu la marque de naissance sur son flanc. »
Justement, Robin remarqua du coin de l’œil Allan qui sortait de l’église en tenant Adrien par la main. Il parla à l’enfant quelques secondes. Celui-ci lui lâcha la main et, sans grand enthousiasme, il rejoignit ses camarades. Sachant ce qu’il s’était passé, ces derniers l’accueillirent chaleureusement parmi eux. Voyant qu’Adrien était entre de bonnes mains, Allan rejoignit Robin.
Robin à Allan : « Comment va-t-il ? »
Allan : « Il est effondré mais je pense que ça va aller mieux maintenant. »
Ils se tournèrent vers les enfants. Adrien se tenait près des nones. Il ne participait pas aux jeux des autres orphelins, il se contenta de les regarder jouer.
Tuck : « Cela risque de prendre un peu de temps pour qu’il l’accepte. »
Allan, regardant sérieusement Robin : « Sauf si on lui ramène son frère ! »
Les deux hommes se regardèrent dans les yeux et se comprirent. Robin remarqua qu’Allan était plus confiant et surtout plus déterminé qu’à l’aller. Il s’en réjouit intérieurement.
Marianne, reportant son attention sur Robin : « Je verrai si je peux le trouver au château… Mais je t’avoue que je suis plutôt sceptique. »
Robin : « Fais ce que tu peux… Je repasserai ce soir à Knighton pour voir ce que tu auras trouvé. »
Marianne : « Entendu. »
Les deux amants échangèrent un baiser.
Robin, saluant Tuck : « Frère Tuck ! »
Tuck : « Robin… Bonne chance ! »
Allan, saluant de la tête la jeune femme : « Lady Marianne. »
Marianne : « Allan… Et puis ne t’en fais pas. Je suis certaine qu’Annie est en ce moment même sur le chemin du retour. »
Allan, forçant un sourire : « Oui, je l’espère. »
Les deux hors-la-loi quittèrent Locksley et se dirigèrent vers leur campement.
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A midi…

Les hors-la-loi se restaurèrent à côté du foyer malgré la chaleur de cette fin d’été.
Robin : « Et pour Gisborne ?... Qu’avez-vous appris ? »
Petit Jean : « Pas grand-chose ! »
Will : « Nous l’avons suivi jusqu’à Clun où il a récolté les taxes en compagnie du shérif. »
Robin, intéressé : « Et ensuite où sont-ils allés ? »
Djaq : « Ils sont rentrés à Nottingham. »
Petit Jean : « Ils n’ont pas bougé depuis. Carter et Andrew sont restés pour les surveiller. »
Robin, déçu : « Très bien… Il faut continuer. »
Petit Jean : « Pourquoi ? »
| Robin, un peu agacé : « Parce qu’il le faut ! Tôt ou tard, il nous conduira vers celui qu’on recherche. » | ![]() |
Petit Jean : « Mais nous avons des livraisons à faire cet après-midi. »
Djaq : « Oui, on doit aller à Clun et à notre point de livraison numéro deux. »
Robin : « Mais nous pouvons faire les deux… Seulement deux d’entre nous seront affectés à la surveillance de Gisborne pendant ce temps les autres assureront les livraisons… Nous avons deux hommes supplémentaires. Il faut en profiter... Jean ? »
Petit Jean : « D’accord. »
Djaq : « Très bien… Will et moi, nous irons remplacer Andrew et Carter après notre retour. »
Robin, un peu tendu : « Entendu… [Pensif] Nous devons tout faire pour retrouver Richard… »
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Au même moment…
Gisborne suivit le shérif dans une sorte de couloir souterrain humide et obscure. Le shérif portait deux torches pour se diriger dans l’obscurité tandis que Gisborne tenait un plateau sur lequel se trouvaient du fromage et une miche de pain.
| Ils arrivèrent dans une grande salle, façonnée par la main de l’homme et dont la voute arrondie était soutenue par une dizaine de piliers. | ![]() |
Ils se dirigèrent vers le fond de la salle. Ils s’arrêtèrent devant un des derniers piliers au pied duquel un jeune homme, torse nu, les mains derrière le dos, était attaché. Celui-ci assis par terre avait la tête penchée en avant sur sa poitrine. Il semblait assoupi.
Le shérif, chantonnant : « Richard ! »
Le jeune homme leva brusquement la tête. Effrayé, il eut un mouvement de recul puis il reconnut les deux hommes.
Richard, implorant : « Pitié, Monseigneur… Libérez-moi !... Je suis innocent ! »
Le shérif fit un signe de tête à Gisborne. Celui-ci déposa le plateau devant le prisonnier puis il prit la clé qui pendait à sa ceinture et libéra le jeune homme. Richard eut immédiatement le réflexe de se mettre debout mais Gisborne mit durement sa main sur son épaule et le plaqua au sol.
Gisborne, froidement : « N’y songe même pas ! »
Le shérif, chantonnant et déposant une torche sur le sol : « C’est l’heure de manger, mon petit ! »
Richard comprit qu’ils n’avaient pas l’intention de le libérer. Terriblement déçu, il avisa le plateau sur le sol. Mourant de faim, il se jeta dessus. Gisborne se releva.
Le shérif à Gisborne : « Quand il aura fini, rattachez-le solidement… Il ne faudrait pas que notre petit-ami ne s’échappe. »
Gisborne : « Oui, Monseigneur. »
Le shérif, sourire aux lèvres, regardant Richard dévorer la nourriture : « Excellent… Excellent. »
Puis il se retira laissant Gisborne seul avec le prisonnier.
Richard : « MONSEIGNEUR !... JE VOUS EN SUPPLIE… LIBEREZ-MOI… QU’EST-CE QUE J’AI FAIT ?... QUEL CRIME AI-JE DONC COMMIS POUR ETRE PUNI DE LA SORTE ? »
Mais le shérif ne répondit pas et disparut dans l’obscurité.
Gisborne, les bras croisés sur la poitrine : « Tu perds ton temps, petit ! »
Richard leva les yeux sur lui tout en mordant dans la miche de pain.
Gisborne, froidement : « Tu ferais mieux de te dépêcher de finir avant que je ne perde patience ! »
Richard comprit que s’il voulait profiter de son repas ainsi que de la lumière, il devait obéir. Quand il eut terminé, Gisborne ramassa le plateau puis il lui lança une gourde.
Gisborne : « Tiens… Bois ! »
Richard se jeta sur la gourde et la but pratiquement entièrement. Gisborne reprit la gourde puis il mit la main sur son trousseau de clés. Richard comprit qu’il allait une nouvelle fois l’attacher.
Richard, se défendant : « Pitié, Messire… »
Gisborne mit son genou sur le torse du jeune homme et le plaqua violemment contre le pilier.
Gisborne, froidement : « Ne bouge pas ! »
Richard, essayant de se défaire de son emprise : « Messire Gisborne !... Pitié… Laissez-moi partir. Je vous en supplie. »
Mais Gisborne fit la sourde oreille et, comprenant qu’il n’arriverait pas à le rattacher s’il continuait à se débattre, il lui donna un violent coup de poing. Richard en fut à moitié assommé.
Richard, à demi-conscient, la tête appuyée contre le pilier : « Pitié… Messire… Gisborne… »
Le bras droit du shérif finit d’attacher son prisonnier. Il reprit la gourde et le plateau puis il quitta le jeune homme. Celui-ci se retrouva une fois de plus, seul, dans le noir.
Richard, implorant et se débattant furieusement : « AU SECOURS !... AIDEZ-MOI ! »
Mais personne ne lui répondit. Epuisé, il cessa de se débattre pour se défaire de ses liens. Sa tête retomba sur sa poitrine. Il se résigna à son triste sort.
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L’après-midi se déroula selon le plan prévu. Les hors-la-loi firent leurs livraisons puis Will et Djaq remplacèrent Andrew et Carter à la surveillance de Gisborne qu’ils ne quittèrent que le soir venu. Will et Djaq rentrèrent de Nottingham au moment où Allan et Much préparaient le dîner.
Allan, avec espoir : « Alors ? »
Will, s’asseyant : « Rien du tout ! »
Djaq : « Gisborne n’a pas quitté le château de tout l’après-midi. »
Will : « Uniquement pour retourner à Locksley pour y passer la nuit. »
Carter : « Cela veut dire qu’il n’a pas quitté Nottingham pratiquement de toute la journée. »
Andrew : « Cela veut dire aussi que… »
Robin, déçu, finissant sa phrase : « Qu’il n’a pas visité son prisonnier de la journée ! »
Carter : « Non. »
Le silence tomba sur le groupe. Tout le monde comprit le sous-entendu : Richard était peut-être déjà mort !
Much : « Peut-être pas ?... Peut-être qu’il est gardé par d’autres personnes. »
Will, dubitatif : « Qui ça ? »
Much : « Je ne sais pas, moi !... Par d’autres personnes qui ont la charge de veiller sur lui. »
Djaq : « J’en doute, Much… Ça serait risqué si d’autres personnes étaient au courant de l’identité du prisonnier. Je doute que le shérif est pris ce risque. »
Robin était plutôt d’accord avec Djaq. Il croisa alors le regard insistant d’Allan.
Robin : « Pas si ces geôliers ignorent son identité… Le shérif aurait très bien pu le mettre dans un endroit isolé, gardé par deux soldats qui ignorent qui il est. Le shérif et Gisborne ne se rendant jamais auprès de Richard, aucun des deux ne pourra nous conduire à lui. Les gardes se contenteront d’apporter de ses nouvelles au shérif régulièrement. »
Allan : « Oui, c’est possible. »
Much : « Ben alors ?... Comment on va faire ? On ne peut pas suivre tous les soldats ? »
Robin, se levant et regardant Allan : « Non mais j’ai un plan… [Puis regardant les autres hors-la-loi]… Mais je dois d’abord voir Marianne… Je vous en dirai plus dès mon retour. »
Much : « Mais on passe bientôt à table ! »
Robin, quittant le camp : « Je n’en ai pas pour très longtemps… Commencez sans moi ! »
Much, une louche à la main et sûr de lui : « Il n’est pas question de commencer sans lui ! »
Les hors-la-loi sourirent devant l’expression menaçante de leur compagnon ce qui permit de détendre légèrement l’atmosphère.
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Un peu plus tard …

Le soleil était couché lorsque Robin frappa à la porte du manoir. Marianne vint lui ouvrir.
Marianne, sortant dehors et fermant la porte derrière elle : « Robin ?... Je ne t’attendais plus ! »
Robin : « Oui. Excuse-moi pour l’heure tardive… Je te dérange ? »
Marianne : « Non… Nous allions passer à table. »
Robin : « Tu as appris quelque chose ? »
Marianne, déçue : « Non. Désolée… Je me suis rendu au château pour parler au shérif. J’en ai profité pour discuter avec lui du sort des orphelins mais il n’a rien voulu savoir. »
Robin : « Que faisait-il ? »
Marianne : « Oh rien de particulier… Il rédigeait une lettre qui semblait plus importante que le sort des orphelins. Il m’a congédié sur le champ. »
Robin : « Et Gisborne ? »
Marianne : « Il était à ses côtés… Il m’a raccompagné jusqu’à mon cheval… »
Ceci confirma les propos de ses compagnons. Le shérif et Gisborne n’avaient pas quitté le château après leur retour de Clun.
Marianne : « J’ai profité de l’occasion pour interroger les domestiques travaillant aux cuisines mais ils n’ont rien remarqué. Il n’y a personne d’invité au château. »
Robin, fortement déçu : « Oh !... [Puis réfléchissant]… Mais comment as-tu pu te rendre jusqu’aux cuisines avec Gisborne sur les talons ? »
Marianne, souriante : « J’ai feint un malaise et il m’a conduit aux cuisines pour me donner un petit quelque chose à manger… »
| Robin, avec un brin de jalousie : « Oh comme c’est gentil à lui ! » | ![]() |
Marianne : « … Puis le shérif l’a fait appeler et il m’a donc laissé toute seule. J’en ai alors profité pour mener ma petite enquête. »
Robin, souriant : « Impressionnant ! »
Marianne : « Ah tout de même !... J’ai enfin réussi à impressionner le grand Robin des bois. »
Robin : « Ceci mérite une récompense. »
Il déposa un baiser sur ses lèvres.
Marianne : « Merci infiniment, Messire. »
Robin : « Y’a pas de quoi… [Puis brutalement, il redevint sérieux]… Mais où est-ce qu’il a bien pu l’emmener ? »
Marianne : « Je ne sais pas… En tout cas, il n’est pas au château. »
Robin en doutait toujours puisque que Gisborne et le shérif n’avaient pas quitté le château de l’après-midi. Mais dans le même temps, Marianne affirmait que Richard n’y était pas. Le chef des hors-la-loi nageait dans la plus grande confusion. Mais où était passé le jeune prince ?
Marianne : « Que vas-tu faire ? »
Robin : « Continuer à chercher ! »
Sans autres explications, Robin l’embrassa et quitta immédiatement le manoir.
Marianne : « D’ACCORD ! MAIS OÙ ÇA ? »
Mais elle n’obtint pas de réponse. Robin courait déjà vers son campement. Elle le regarda disparaître dans la forêt.
Marianne, soupirant et retournant à l’intérieur : « Il est désespérant ! »
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Allan : « Mais j’ai faim, moi ! »
Much, très sérieusement : « On attends Robin ! »
Allan : « Bon ben puisque j’ai préparé le repas, je peux bien goûter juste un peu ! »
Much lui donna un coup de louche sur la main avec laquelle il tentait de se servir à manger.
Allan : « Aie ! »
Much : « Moi aussi, j’ai préparé le repas et j’attendrai Robin comme tout le monde ! »
Frustré et mécontent, Allan retourna s’assoir avec les autres.
Allan : « Quand il est avec Marianne, ça peut durer longtemps tu sais ! »
Much : « [Dans sa tête] Il n’a pas tort… [Tout haut]…Euh… On attendra quand même ! »
Mais ils n’eurent pas attendre encore bien longtemps. Robin arriva quelques minutes plus tard. Quand Allan l’aperçut, il en oublia sa faim et se releva.
Allan : « Alors qu’est-ce que Marianne a appris ? »
Robin, s’asseyant avec ses compagnons : « Pas grand-chose, malheureusement. »
Much commença à servir le dîner aux uns et aux autres puis il tendit une écuelle à Robin.
Robin : « Merci Much… D’après Marianne, il n’y a personne dans les appartements du château. »
Cette nouvelle attrista ses compagnons.
Much, s’asseyant parmi les hors-la-loi : « Ben alors où est-ce qu’il peut bien être ? »
Robin : « Je n’en sais rien ! »
Robin regarda Allan droit dans les yeux qui lui répondit par un imperceptible signe de tête. Djaq remarqua cet échange mais n’intervint pas.
Allan, désabusé : « Moi, je vous dis que c’est une perte de temps !... On ne le retrouvera jamais ! »
Robin, fort mécontent : « ON LE RETROUVERA ! »
Allan baissa la tête. Djaq regarda les deux hommes avec inquiétude. Le silence s’abattit sur le camp.
Carter : « Et ton plan ? »
Will : « Oui, c’est vrai… Tu nous as dit que t’avais un plan ! »
Robin continua de regarder méchamment Allan puis : « Oui, c’est vrai… j’ai un plan… [D’un ton sec] Car n’en déplaise à certains, je sais que Richard est toujours vivant… »
Cependant, le reste de ses compagnons se rangeaient plutôt du côté d’Allan. Ils n’avaient plus guère espoir de le retrouver vivant. Mais après la remontrance de Robin, personne n’osa lui en faire part.
Robin, un peu gêné : « Seulement… »
Andrew : « Seulement quoi ? »
Robin : « Seulement, c’est un peu risqué… »
Petit Jean, légèrement méfiant : « Risqué à quel point ? »
Robin : « Je pense qu’il faut tenter le tout pour le tout ! »
Djaq : « Comment ça ? »
Robin, sérieusement : « Il faut kidnapper le shérif ! »
Much faillit s’étrangler avec son bouillon et recracha brutalement ce qu’il avait encore dans sa bouche. Djaq lui tapota le dos.
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Petit Jean, se relevant : « QUOI ? » |
Will, incrédule : « Tu veux qu’on kidnappe le shérif ? »
Allan leva les bras au ciel.
Djaq : « Mais tu n’y penses pas. Si l’on fait ça, Nottingham sera rayée de la carte ! »
Robin : « Pas si on le libère avant le retour de Jasper ! »
Andrew et Carter n’osèrent donner leur avis puisqu’ils n’habitaient pas le comté de Nottingham. Ils ne pouvaient donc pas apprécier la gravité de la situation.
Much, comme pour se persuader d’avoir bien entendu : « Kidnapper le shérif ? »
Robin : « Oui… Ensuite, il ne reste plus qu’à lui faire avouer où il a enfermé Richard. »
Will : « Mais jamais il n’acceptera de nous dire où il est. »
Djaq : « Will a raison. Il sait qu’on ne peut pas le tuer sans risquer de faire disparaître Nottingham et il sait que tu n’iras pas jusque là. »
Robin : « Dans ce cas, je demanderai à Gisborne d’échanger le shérif contre Richard en lui disant que la vie de l’héritier du trône est plus importante que Nottingham ! »
Petit Jean, furieux : « Quoi ?... Tu serais prêt à sacrifier toute une ville pour sauver la vie de Richard ? »
Robin : « Bien sûr que non ! »
Will : « Tu veux le duper ? »
Robin : « Exactement ! »
Carter : « C’est risqué mais cela peut marcher ! »
Robin, se relevant : « Ecoutez… J’ai conscience que c’est très risqué mais on doit absolument tout tenter pour sauver le fils de notre roi !... C’est notre devoir ! »
Robin laissa ses compagnons réfléchir à ses paroles. Tout le monde s’accordait à vouloir sauver le jeune prince. Seulement, les hors-la-loi étaient moyennement convaincus par le plan de Robin. Chacun se rassit afin de peser le pour et le contre d’un tel stratagème.
Djaq : « Tu n’as pratiquement rien dit, Allan. Qu’est-ce que tu en penses, toi ? »
Allan fixa Robin qui le dévisageait.
Allan : « Je pense… Je pense que c’est suicidaire comme plan mais… mais je marche. »
Robin baissa les yeux sans montrer la moindre émotion.
Djaq, surprise : « Tu marches ? »
Allan : « Oui… Je veux absolument retrouver Richard… Si tu avais vu l’état dans lequel j’ai trouvé Adrien ce matin… »
Djaq : « Comment va-t-il ? »
Allan, triste : « Il est effondré ! »
Petit Jean : « P’tit bonhomme ! »
Allan : « Alors si ça peut sauver Richard. Il faut tenter le coup. Et puis de toute façon, on n’a pas d’autres plans, non ? »
Le reste de la bande dut admettre qu’Allan avait raison. Ils critiquaient tous ouvertement le plan de Robin sans offrir une quelconque alternative. Cela acheva de convaincre les hors-la-loi.
Petit Jean : « Allan a raison… Si c’est la seule solution pour retrouver Richard, on n’a pas le droit de ne pas la tenter !... Je marche. »
Will : « Moi aussi ! »
Djaq : « Je suis avec toi ! »
Much : « Moi, également. »
Carter, parlant pour lui et Andrew : « Nous… On est toujours avec toi ! »
Allan se contenta de hocher la tête.
Robin : « Très bien… Puisque tout le monde est d’accord, on tente le coup demain matin… Le shérif doit se rendre à Locksley pour récolter les taxes comme chaque mois… Nous l’attaquerons sur le chemin du retour… »
Puis Robin exposa son plan qu’il avait apparemment préparé depuis un petit moment. Il répondit à toutes les questions que ses compagnons se posaient. A la fin du repas, tout était clair pour tout le monde. Il n’y avait plus qu’à mettre le plan à exécution. Anxieux, les hors-la-loi se retirèrent alors pour la nuit. Chacun se prépara mentalement à l’opération délicate qu’ils allaient avoir à mener le lendemain.
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CHAPITRE XIV
« JE N'ARRIVE PAS A LE CROIRE ! »
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e lendemain matin, sur la route de Locksley… |
Robin : « Will ?... Tout est prêt pour toi ? »
Will : « Oui. C’est prêt ! »
Robin : « Attention, on n’a pas le droit à l’erreur. Chaque flèche doit toucher sa cible. »
Will, rassurant : « T’en fais pas… J’ai deux batteries d’arcs prêts à tirer de chaque côté de la route. »
Robin : « Parfait ! »
Carter : « Tu veux toujours qu’on évite de tuer ? »
Robin : « Oui… Sauf si vous ne pouvez pas faire autrement !... »
Allan, revenant en courant : « Je reviens de Locksley… Le shérif arrive escorté par une vingtaine d’hommes. »
Robin : « Très bien… Tout le monde en position ! »
Les hors-la-loi disparurent rapidement dans la forêt. L’arc sur le dos, Robin grimpa à son poste d’observation. Soudain, il vit la voiture du shérif escorté par Gisborne et ses hommes. Il attendit qu’elle soit à la bonne place pour commencer l’attaque. Il prit une flèche mais au lieu de la pointer sur Gisborne comme il aurait aimé le faire, il visa plutôt de l’autre côté de la route.
Gisborne, surpris par le bruit de la flèche : « Qu’est-ce que c’était ? »
Soudain, une pluie de flèches s’abattit sur le convoi tuant trois gardes au passage.
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Robin tira alors une seconde flèche sur le même côté que lui puis il descendit rejoindre ses hommes. |
Sa flèche vint se planter dans un arbre au dessous duquel Will, en retrait de la route, attendait patiemment.
Un garde : « ON NOUS ATTAQUE ! »
Gisborne : « PIED A TERRE ! »
Il vint se placer à côté de la voiture du shérif tandis que les hors-la-loi, l’épée à la main, attaquèrent le convoi.
Sortant sa tête par la fenêtre, le shérif, effrayé et surpris : « Robin ? »
| Lorsqu’il vit la flèche de Robin, Will enclencha le dispositif qui permettait d’actionner une dizaine d’arcs en même temps. | ![]() |
Une seconde salve de flèches s’abattit alors sur le shérif et ses hommes, tuant un garde juste devant lui.
Le shérif, inquiet : « MAIS C'EST IMPOSSIBLE !… ROBIN NE TUE JAMAIS ! »
Gisborne : « Faut croire qu’il a changé de politique, Monseigneur ! »
Le combat faisait maintenant rage.
Gisborne au shérif : « RETOURNEZ A NOTTINGHAM ! »
Le shérif à son cocher : « VITE ! DEPECHEZ-VOUS A NOTTINGHAM ! A NOTTINGHAM ! »
Le cocher prit les rênes des chevaux mais une flèche lui transperça l’épaule. Il tomba à terre.
Gisborne, à l’un de ses hommes près de lui : « TOI… VA METTRE LE SHERIF A L’ABRI ! »
Le garde prit la place du cocher et fouetta les chevaux qui déjà piaffaient de peur à cause des combats qui se déroulaient à côté d’eux.
Robin : « EMPAREZ-VOUS DU SHERIF ! »
Gisborne, en entendant Robin : « NOUS DEVONS COUVRIR LE SHERIF ! »
Malheureusement pour lui, une bonne partie de ses hommes avaient succombé aux pluies de flèches tirées par les batteries des hors-la-loi. Le corps à corps avec ces derniers firent moins de victimes. Mais ses forces furent encore plus réduites lorsque quatre soldats escortèrent le shérif. Gisborne vint se placer devant les hors-la-loi qui tentèrent de le suivre.
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Robin arma une flèche et tira sur Gisborne. |
La flèche vint se planter dans son épaule gauche. Malgré la douleur, il continua de livrer combat contre Djaq. Il lui donna un violent coup à la tête avec le pommeau de son épée et se retira des combats.
Gisborne, à ses hommes : « REPLIEZ-VOUS ! »
Certains de ses hommes, à l’instar de leur chef, réussirent à s’enfuir. D’autres, en revanche, perdirent leur combat et furent tués par les hors-la-loi.
Much, déçu : « C’est fichu… On ne pourra pas le rattraper ! »
Allan, pointant son épée en direction de la forêt : « Gisborne s’est enfui de ce côté ! »
Robin : « Non, c’est pas encore fichu !… On peut encore l’avoir. »
Il fonça vers un cheval d’un des soldats du shérif.
Robin : « Jean, Carter, Will et Andrew. Venez avec moi ! »
Il grimpa en vitesse sur le cheval. Ses compagnons l’imitèrent et montèrent sur les chevaux qui restaient sur le champ de bataille.
Robin : « On doit absolument le capturer. C’est l’avenir de l’Angleterre qui est en jeu… Allan, Djaq, Much… [Regardant intensément Allan] Essayez de capturer Gisborne. Si jamais on ne peut pas avoir le shérif, au moins on aura un lot de consolation. »
Allan : « Entendu ! »
Robin et les hommes qu’il avait désigné partirent au galop à la poursuite du shérif.
Allan à Djaq : « Ça va aller ? »
Elle n’était pas encore vraiment remise du coup que Gisborne lui avait donné.
Djaq : « Oui, ça va aller. »
Much à Allan : « Où as-tu vu Gisborne pour la dernière fois ? »
Allan : « De ce côté… On va se séparer... On couvrira plus de terrain… Moi, je prends ce côté. Toi, là et Djaq par là. Faites attention... Soyez sur vos gardes ! Robin ne l’a que blessé. Il pourrait être encore très dangereux. »
Ses compagnons hochèrent la tête. Extrêmement concentrés, ils ratissèrent chacun de leur côté le sous-bois à la recherche de Gisborne.
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Quelques instants plus tard, Djaq et Much revinrent bredouilles de leur chasse à l’endroit où avait eu lieu l’embuscade.
Much : « Tu n’as rien trouvé, toi non plus ? »
Djaq : « Non… Pas la moindre trace de Gisborne. »
Much : « A croire qu’il s’est envolé. »
Ils entendirent alors des chevaux arrivés au galop. Ils se cachèrent derrière les arbres. Ils en sortirent aussitôt qu’ils reconnurent leur chef et leurs compagnons qui l’avaient suivi. Robin arrêta brusquement son cheval devant eux et descendit de sa monture.
Robin, impatient : « Alors ?... Vous avez retrouvé Gisborne ? »
Much et Djaq hochèrent négativement la tête.
Robin, ayant un mouvement de colère : « Oh c’est pas vrai ! »
Djaq, déçue : « J’imagine que vous n’avez pas réussi à rattraper le shérif ? »
Petit Jean, déçu et descendant de cheval : « Non… Il a filé en laissant la voiture un peu plus loin. »
Will : « Oui. Il a dû prendre un cheval d’un de ses gardes et est parti au triple galop en oubliant l’argent des taxes... On l’a enterré dans le sous-bois… On reviendra le chercher plus tard. »
Much, regardant Robin visiblement en colère : « Au moins, on n’aura pas tout perdu ! »
Carter : « Et Gisborne ? »
Much : « Envolé ! »
Djaq : « Nous l’avons cherché partout mais on n’a pas retrouvé sa trace. »
Will : « Où est Allan ? »
Much, regardant aux alentours : « Ben c’est vrai ça… Où est-ce qu’il est ? »
Robin se montra tout à coup attentif. C’est alors qu’ils entendirent le hennissement d’un cheval à proximité d’eux.
Robin, inquiet : « On dirait que ça vient de par là. »
Much : « C’est la piste qu’Allan avait choisi de suivre ! »
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« Il a peut-être des ennuis ! » |
Djaq : « Oui… Il est peut-être tombé sur Gisborne. »
Robin : « Allons-y ! »
Les hors-la-loi coururent dans la direction du hennissement tout en appelant leur compagnon.
La bande : « Allan ?... Allan ?... Allan ? »
| Ils arrivèrent tous au bord d’une ravine et ce qu’ils virent les estomaqua. | ![]() |
Much, figé sur place : « C’est pas possible ! »
Djaq, n’arrivant pas à le croire : « Oh non ! »
Will, secouant négativement la tête : « Je n’arrive pas à le croire ! »
| Petit Jean, en colère : « SALE TRAITRE ! » | ![]() |
Robin, Carter et Andrew restèrent bouche bée. Au pied de l’escarpement, ils virent Allan aider Gisborne à monter sur un cheval. Lorsqu’il entendit la voix de Petit Jean, Allan se retourna. Il regarda ses compagnons consternés de le voir agir ainsi. Cela lui brisa le cœur. Mais il avait pris sa décision. Il devait sauver Gisborne. Il fixa longuement Robin qui le fusilla du regard puis il reporta son attention sur Gisborne. Celui-ci avait réussi à grimper sur le cheval. Il se couchait de douleur sur l’encolure. Allan monta à l’arrière. Puis après un dernier regard à ses compagnons, il donna un coup de talon à l’animal qui partit au galop.
Jean, commençant à descendre : « RATTRAPONS CE TRAITRE ! »
Robin : « JEAN ! NON ! »
Jean, s’arrêtant : « NON ?... TU NE VEUX PAS QU’ON RATTRAPE DE SALE RAT ? »
Robin : « Non !… Tu seras à peine arrivé en bas qu’il aura déjà disparu dans la forêt. Je te rappelle qu’il connaît ces bois aussi bien que nous. »
Regardant disparaître Allan au loin, Jean eut un mouvement de colère.
Robin, calmement : « Allez viens, Jean… Nous rentrons chez nous ! »
Le reste de la bande ne broncha pas. Toujours sous le choc de ce qu’ils venaient de voir, personne ne bougea.
Robin : « Allez venez… On rentre. »
Secouant la tête, Much, marchant sans regarder où il allait : « C’est pas possible… »
Carter et Andrew prirent les devants. Jean et Much les suivirent. Robin se tourna vers Will et Djaq. Ces derniers étant les plus proches amis d’Allan, ils étaient l’un et l’autre meurtris par la nouvelle trahison d’Allan. Robin eut de la peine pour eux.
Robin, doucement : « Will, Djaq… »
Will sortit le premier de sa torpeur. Il allait suivre Robin mais se retourna quand il vit que Djaq ne le suivait pas.
Will, doucement : « Djaq… »
Djaq regardait toujours l’endroit où Allan avait disparu.
Djaq, dans sa tête : « C’est pas possible… il n’a pas pu faire ça… pas lui… Après tout le mal qui s’est donné pour revenir parmi nous… Non… Je n’y crois pas… Je peux pas y croire… »
Une larme se mit à couler sur sa joue. Will vint par derrière et l’attira contre lui. Robin tourna la tête pour leur donner un petit peu plus d’intimité.
Djaq, laissant Will la prendre dans ses bras : « Je ne peux pas y croire… »
Will : « Moi, non plus… Et pourtant… »
Djaq, se retournant vers lui : « Non… Je ne peux pas croire ça de lui… Il y a forcément une explication à son geste. »
Will, tout aussi désemparé qu’elle : « Je sais pas… Peut-être… Allez viens… Rentrons maintenant. »
Il prit délicatement la main de Djaq et la ramena avec lui. Ils passèrent devant Robin.
Djaq : « C’est pas possible. »
Robin lui caressa affectueusement le dos lorsqu’elle passa devant lui puis il se tourna vers l’endroit où Allan avait disparu. Son regard changea brusquement : Il passa de la colère à l’inquiétude. Puis il suivit ses compagnons.
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Pendant ce temps…

Essayant de ménager Gisborne, Allan le ramena directement au manoir de Locksley. Il arrêta son cheval devant le bâtiment et descendit le premier. Le soldat de garde, apercevant le hors-la-loi, voulut l’arrêter mais Gisborne s’interposa.
Gisborne, souffrant de sa blessure à l’épaule : « Laissez-le… Aidez-moi plutôt à descendre. »
Allan et le soldat l’aidèrent à descendre de sa monture. Le hors-la-loi se mit à droite de Gisborne, plaça le bras du blessé sur ses épaules et l’aida à marcher jusqu’à la maison.
Allan au soldat : « Allez chercher un médecin !... Vite ! »
Le soldat : « Tout de suite, Messire. »
Il partit aussitôt.
Gisborne, faiblement : « Tu as vite retrouvé tes anciennes habitudes, on dirait. »
Allan eut un haut le cœur mais ne le montra pas. Il se contenta de lui sourire.
Allan : « Attention, il y a une marche. »
Les deux hommes entrèrent dans le manoir. Des domestiques vinrent aider le seigneur des lieux à monter les escaliers. Allan installa Gisborne sur son lit. Il lui retira ses bottes et le coucha.
Gisborne, transpirant : « J’ai soif. »
Allan au domestique : « Apportez de l’eau. »
Le serviteur : « Tout de suite, Messire. »
Allan à Gisborne : « Tenez le coup, Guy… Le médecin ne devrait plus tarder. »
Gisborne, regardant sa blessure : « On dirait que Locksley a perdu la main… Normalement je devrais être mort. »
Un serviteur entra dans la chambre avec un verre plein et une carafe d’eau sur un plateau. Celui-ci approcha le verre de la bouche de Gisborne.
Gisborne, se redressant sur son lit en grimaçant : « Je peux encore boire tout seul ! »
Le serviteur : « Pardonnez-moi, Monseigneur. »
Gisborne prit le verre et but quelques gorgées. Il le reposa et chercha à s’adosser contre la tête de lit mais il n’y parvint pas. Allan plaça alors des oreillers en travers et l’aida à s’y appuyer.
Malgré la douleur, Gisborne, avec un sourire en coin : « Tu es bien prévenant pour un hors-la-loi. »
Allan : « Ex-hors-la-loi. »
Gisborne garda le silence. Allan commença à s’en inquiéter. Aurait-il changé d’avis ?
Gisborne : « C’est exact ! »
Allan sentit un grand poids disparaître.
Gisborne : « Mais tu conviendras qu’il m’est difficile de l’imaginer puisqu’il y a une heure à peine, tu nous pistais, moi et le shérif, dans la forêt. »
Allan, mal à l’aise : « Et pourtant ? »
Gisborne, sérieux : « Pourquoi as-tu finalement accepté de m’aider ? »
Allan se releva et vint poser ses mains sur le rebord au pied du lit et lui fit face.
Allan, droit dans les yeux : « Parce que vous avez gagné !... Le roi n’en a plus pour très longtemps… Vous allez installer les chevaliers noirs à l’orphelinat de Locksley. Robin n’y pourra rien. Et quand le roi reviendra et qu’il viendra ici afin de remercier son plus fidèle sujet, il ne se méfiera pas et vous lui tomberez dessus… »
Il marcha le long du lit et vint se mettre à côté de Gisborne.
Allan : «… Et comme vous détenez son fils… Le Prince Jean règnera… alors il vaut mieux être du côté du vainqueur… C’est vous-même qui me l’avez appris ! »
Gisborne : « Mais cela ne t’a pas empêché de me trahir… en Terre Sainte. »
Masquant son angoisse, Allan tenta de trouver rapidement une réponse qui calmerait les inquiétudes de Gisborne.
Allan : « Tout le monde a le droit de se tromper… J’ai eu la faiblesse de croire que Robin et les autres pourraient m’accepter à nouveau parmi eux… J’ai cru que je leur devais quelque chose et qu’ils pourraient m’apporter… »
Gisborne, le coupant : « La richesse ? »
Allan : «… La sécurité ! »
Gisborne sourit légèrement.
Gisborne, redevenant sérieux : « Et ce ne fut pas le cas ? »
Allan : « Non !... Je me suis leurré… Je n’ai jamais pu retrouver la confiance de Robin… ni de la bande d’ailleurs. »
Gisborne : « Alors qu’avec moi, c’est différent ? »
Allan : « Je l’espère du moins… J’espère qu’au moins vos craintes seront apaisées lorsque je vous aurai prouvé ma loyauté. »
Gisborne : « Parce qu’avec Locksley, ça n’a pas été le cas ? »
Allan, baissant la tête et ému : « Non… ça n’a pas suffit. »
Gisborne, compatissant : « Cela ne m’étonne guère. Locksley se prend pour un saint… Pour lui, une fois que tu as pêché, tu es condamné pour l’éternité. »
Allan, voulant changer de sujet : « J’ai pris de gros risques en venant ici et j’espère que je n’aurai pas à le regretter. »
Gisborne : « J’en ai conscience et tu n’as rien à craindre de ma part… Tu m’as sauvé la vie et ça, je ne l’oublierai pas. »
Allan, inquiet : « Mais pour le shérif ?... Je doute qu’il apprécie mon retour auprès de vous. »
Grimaçant en essayant de se coucher, Gisborne : « Ne t’en fais pas. Je me charge de lui… Je lui expliquerai et il comprendra. »
Allan ne sembla pas aussi optimiste que Gisborne mais se retint de le lui signaler. Un serviteur entra dans la chambre.
Gisborne : « En attendant, va voir mes serviteurs. Ils te donneront des vêtements plus… conformes à ton nouveau statut. »
Allan, hochant la tête : « Entendu. »
Le serviteur : « Le médecin vient d’arriver, Monseigneur. »
Gisborne : « Faites-le monter. »
Allan : « Je vais le chercher. »
Allan et le serviteur descendirent.
Allan au médecin : « C’est en haut de l’escalier sur votre gauche. »
Le médecin, montant l’escalier : « Je vous remercie. »
Allan laissa le médecin aller seul au chevet de Gisborne. Il attendit dans la pièce principale en se demandant s’il ne ferait pas mieux de retourner auprès de ses compagnons. Soudain, Gisborne poussa un hurlement de douleur puis plus rien. Allan retint son souffle. Si jamais Gisborne venait à mourir, tous ses projets tombaient à l’eau.
Terrifié, Allan, dans sa tête : « Oh seigneur !... Pourvu qu’il s’en sorte ! »
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Puis son regard se posa sur la cheminée où il vit le signe de Robin gravé sur son fronton. |
Honteux, il baissa la tête et son regard se porta sur son insigne de hors-la-loi qui pendait toujours autour de son cou. Il le prit dans sa main puis se perdit dans ses pensés.
Un jeune serviteur, le sortant de sa rêverie : « Par ici, Messire.»
Il montra à Allan le chemin menant aux quartiers des serviteurs. Le hors-la-loi n’eut pas le courage de lui dire qu’il connaissait déjà les lieux. Il le suivit en silence.
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Deux heures plus tard, dans le hall du manoir de Locksley…
Le médecin était toujours au chevet de Gisborne. Allan avait demandé à ce qu’on lui serve un repas dans le hall. Le jeune homme, revêtu de son uniforme noir, finissait justement de déjeuner lorsque le médecin descendit l’escalier.
Allan, se relevant de table : « Alors comment va-t-il ? »
Le médecin : « Il va bien… Je lui ai retiré la flèche de son épaule et recousu la plaie… Pour l’instant, il dort… Mais je ne m’en fais pas trop pour lui, c’est un solide gaillard… S’il n’y a pas d’infection, d’ici deux jours, il devrait pouvoir sortir de son lit mais en attendant interdiction formelle de quitter la chambre… Je repasserai demain pour voir comment il va. »
Allan : « Très bien, docteur. Venez… Je vous raccompagne. »
Il le reconduisit jusqu’à sa voiture.
Allan, saluant le médecin : « Merci, docteur. »
Le médecin : « A demain ! »
Il grimpa dans sa voiture et fouetta son cheval. Allan le regarda partir.
Allan : « Si Djaq avait été là, elle l’aurait remis sur pied en moins deux ! »
Il sourit à sa remarque. Soudain, il réalisa qu’il n’était plus au campement mais au manoir de Locksley, chez Robin, et qu’il ne s’agissait pas de l’un de ses compagnons mais de Guy de Gisborne, bras droit du shérif. Mal à l’aise, il expira profondément puis il retourna à l’intérieur.
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Au repas de midi …

L’humeur était maussade chez les hors-la-loi. Tout le monde eut du mal à avaler l’excellent ragout de lapin que Much avait préparé. Même ce dernier n’avait plus d’appétit.
| Much, retournant s’assoir en regardant son assiette : « Je n’arrive pas à croire qu’il nous a encore trahi ! » | ![]() |
Petit Jean, maugréant : « Ce sale menteur a bien caché son jeu ! »
Djaq : « Non… y’a sûrement une autre explication ! »
Petit Jean, mécontent : « Quelle explication ?... Tu l’as vu comme nous. Ce traître s’est empressé d’aider Gisborne… Pour moi, c’est clair ! »
Djaq, mécontente : « Non, c’est impossible… Moi, je dis qu’il a sûrement des raisons pour agir ainsi ! »
Petit jean, en colère : « Des raisons ? »
Djaq : « Oui, parfaitement… Il aime trop Richard et Adrien pour les laisser tomber comme ça. »
Will, calmement : « Il ne croyait pas que Richard était encore en vie. »
Will marqua un point ce qui blessa profondément Djaq car elle pensa que lui au moins était de son côté. Elle le regarda avec de grands yeux tristes sans répliquer.
Petit Jean : « Il a raison… Moi, je pense qu’il a retourné sa veste parce qu’il pensait que Richard était mort et que tout était fichu… Comme la dernière fois ! »
Djaq, en colère : « NON, C’EST FAUX !... »
Will, abattu par la nouvelle trahison de son ami, n’eut pas le courage de soutenir Djaq. Much, n’arrivant pas à croire ce qu’il avait vu du haut de cette ravine, ne savait pas qui croire entre Petit Jean et Djaq. Par respect, Andrew et Carter restèrent à l’écart. Ils pensaient qu’il s’agissait d’une affaire ne concernant que la bande à Robin. Mais ils comprenaient et partageaient leur souffrance. Carter regarda Robin, prostré, qui n’avait pas décroché un mot depuis l’embuscade raté. Le dos appuyé contre un arbre, il semblait perdu dans ses pensées. Mais à voir son visage, ses pensées étaient des plus sombres. Mais la discussion entre Djaq et Petit Jean tournait à la dispute. Robin sortit soudain de sa torpeur.
Robin, se levant : « Ça suffit, vous deux ! »
Les deux protagonistes s’arrêtèrent brusquement.
Robin : « On ne saura jamais ce qui a bien pu lui passer par la tête… Et je ne veux pas le savoir… A partir de cet instant, il faut considérer Allan comme mort pour nous. »
Djaq, résistant : « Mais Robin… »
Robin, furieux : « ALLAN EST MORT, DJAQ !… TU ENTENDS… IL EST MORT ! »
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Il se rapprocha de ses compagnons en fixant méchamment la jeune femme. |
Djaq baissa la tête. Elle refusa de le considérer comme tel mais elle n’osa pas défier Robin.
Robin, s’asseyant avec ses compagnons : « On doit continuer notre tâche comme si rien ne s’était passé… Je vous rappelle que nous devons retrouver le fils du roi… »
Il s’arrêta un instant. Il garda le silence afin de retrouver le contrôle de ses émotions. Ses compagnons en déduisirent que la trahison d’Allan l’affectait plus qu’il ne voulait le dire. Il expira profondément.
Robin : «… Nous allons continuer de surveiller Gisborne… »
Much : « Gisborne ?... Mais vous l’avez blessé et on ne sait même pas où il est. »
Robin : « Allan a dû le ramener chez lui. »
Much : « Chez vous, vous voulez-dire ?... À Locksley ! »
Les autres levèrent les yeux au ciel devant le manque de tact de Much. Mais Robin n’explosa pas et fit même preuve de patience.
Robin : « Oui, Much… À Locksley… On devra le suivre dès qu’il sera rétabli. »
Petit Jean : « Mais Allan l’aura sûrement averti qu’on le surveille ! »
Djaq fusilla Petit Jean du regard.
Robin : « Probablement… Alors il faudra se montrer encore plus discret !... Nous devons aussi continuer les livraisons… Tout ceci ne doit pas nous faire oublier que les pauvres ont toujours besoin de nous… Pour cela, il va nous falloir reprendre nos embuscades afin d’augmenter nos réserves… »
Les hors-la-loi opinèrent tous de la tête indiquant leur approbation.
Robin : «… Je propose qu’on mène nos opérations sur la route de Londres. Ainsi, nous pourrons surveiller les allées et venus au cas où un messager du Prince Jean vint à y passer… Et puis je compte demander l’aide de Marianne et de Wayne… Il y a un conseil des nobles demain et Marianne devrait y assister… Quant à Wayne, il pourra surveiller les nouveaux venus à Nottingham. »
Will : « Je me charge de Wayne, si tu veux ? »
Robin : « Non, c’est inutile… Je te remercie de ton aide mais je préfère m’en occuper… Je le préviendrai quand j’irai voir Marianne. »
Will : « Comme tu veux. »
Djaq : « Il faudra aussi prévenir Marianne pour… Allan. »
Robin : « Pourquoi ? »
Djaq, surprise : « Bah… Si jamais Marianne vint à rencontrer Allan au château ou ailleurs, elle pourrait penser qu’il agit sur ton ordre et lui donner des informations. »
Robin, troublé : « Oui, tu as raison… Je la préviendrai ce soir lorsque nous reviendrons au camp. »
Djaq s’étonna de son manque de perspicacité. Cela ne ressemblait pas de tout au chef des hors-la-loi. Elle pensa alors que la trahison d’Allan l’avait plus secoué qu’il ne le laissait paraître.
Will : « Et pour Adrien ?... Ça va lui faire un choc quand il apprendra qu’Allan… »
Robin : « Ne lui dites rien ! »
Djaq : « Mais il faudra bien lui dire un jour. »
Robin, s’emportant : « il vient de perdre son frère alors ce n’est pas le moment de l’ennuyer avec ça ! »
Voyant que son comportement intrigué ses compagnons, Robin changea de ton.
Robin, plus conciliant : « On le lui dira lorsqu’on aura retrouvé son frère. Cela amoindrira le choc. »
Will : « Très bien. »
Djaq : « Comme tu veux. »
Robin : « Bon… Je propose qu’on se prépare pour l’embuscade et les livraisons. »
Les hors-la-loi finirent leur repas et se préparèrent pour leur embuscade sur la route de Londres. Ils y passèrent tout l’après-midi. La pêche fut excellente ce qui remonta le moral de la troupe. En fin d’après-midi, la bande reprit la route vers le campement.
Robin : « Je vous laisse retourner au camp. Je file voir Marianne. »
Much : « Vous voulez que je vienne avec vous, maître ? »
Robin : « Non, c’est gentil, Much. Mais je préfère m’y rendre seul… D’ailleurs, tu as le dîner à préparer, non ? »
Much, se défendant : « Ah non ! C’est au tour de Will ! »
Robin sourit et s’éloigna en prenant la direction de Knighton.
Robin : « Je vous retrouve pour le dîner ! »
Les hors-la-loi le regardèrent disparaître dans la forêt puis reprirent leur route vers le campement.
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Robin arriva à Knighton au moment où Marianne revenait de Locksley où elle avait aidé Frère Tuck à s’occuper des orphelins. Elle rentra son cheval et retira la selle. Elle prit une étrille et commença à panser sa monture.
Marianne, passant l’étrille sur l’encolure de l’animal : « Là… Ça te fait du bien, mon beau, n’est-ce pas ? »
Le cheval hennit.
Une voix masculine derrière elle : « Tu ne m’as jamais caressé comme ça, moi ! »
Marianne sursauta et se retourna. Elle vit Robin, l’épaule appuyée contre le montant de la porte d’entrée de l’étable, le sourire aux lèvres.
Marianne, reposant l’étrille : « Oh !... Tu m’as fait peur ! »
Robin, s’avançant près d’elle : « Je suis désolé de t’avoir effrayé. »
Il l’embrassa.
Marianne : « Que viens-tu faire ici à cette heure ? »
Robin, perdant son sourire : « Euh… Il y a un conseil des nobles demain… »
Marianne : « Je sais… Mon père et moi comptions nous y rendre. »
Robin : « J’aimerais que tu en profites pour te renseigner à propos de Richard. »
Marianne : « Tu crois toujours qu’il se trouve au château ? »
Robin, baissant la tête et légèrement abattu : « Je ne sais pas… Tout ce que je te demande c’est de faire attention aux discussions pendant le conseil… Peut-être qu’un des participants livrera une information qui pourra nous renseigner sur le lieu où le shérif a enfermé Richard. »
Marianne : « Tu crois que le shérif a pu l’envoyé sur les terres d’un autre seigneur ? »
Robin, irrité : « Je l’ignore… Seulement, je dois tout envisager ! »
Marianne : « Très bien… Très bien, je ferai ce que tu me demandes mais… »
Robin : « Mais ? »
Marianne : « Je te trouve un peu irritable… Tu as un problème ? »
Robin, s’emportant légèrement : « Je dois retrouver le fils du roi, nourrir les pauvres de tout un comté et veiller à ce que le roi ne perde pas son trône… Alors tu vois, tu as l’embarras du choix ! »
Marianne : « Robin, il y a autre chose… Qu’est-ce qu’il y a ? »
Le chef des hors-la-loi baissa la tête et souffla bruyamment. Il s’appuya à l’un des piliers de l’étable. Marianne s’approcha et lui caressa doucement le bras pour l’encourager à se confier.
Robin, gêné : « Il se peut que demain… Tu aperçoives Allan au château. »
Marianne : « Pourquoi ?... Tu lui as confié une mission ? »
Robin, hésitant : « Non. »
Marianne : « Tu veux que je lui dise ce que j’aurai appris ? »
Robin : « Surtout pas. »
Marianne, inquiète : « Pourquoi cela ? »
Robin, après un profond silence : « Il est retourné auprès de Gisborne. »
Marianne, incrédule : « Quoi ?... Mais… Ce n’est pas possible ! »
| « Nous l’avons tous vu… Il a aidé Gisborne à monter sur son cheval et a filé avec lui. » | ![]() |
Marianne, choquée : « Mais pourquoi est-ce qu'il a fait ça ? »
Robin, baissant la tête : « Je ne sais pas. »
Marianne, choquée et furieuse : « Mais enfin… lui qui… qui a fait tant… tant d’efforts pour revenir vers toi et… voilà… et voilà qu’il… »
Robin prit Marianne dans ses bras.
Robin : « Je sais… Je sais qu’il comptait beaucoup pour toi. »
Marianne, dans les bras de Robin : « Il m’a sauvé la vie, Robin ! »
Robin, compréhensif : « Je sais. »
Marianne : « Il m’a sauvé la vie… et puis il y a Annie... Est-ce qu’il a pensé à Annie ? »
Robin ne répondit pas et se contenta de la serrer très fort contre lui. Mais Marianne ne voulait pas être consolée. Elle voulait laisser éclater sa colère.
Marianne, se dégageant de Robin : « Est-ce qu’il a pensé à Annie ? Hein ?… Non, bien sûr… C’est bien les hommes ça !... Ils prennent des décisions sans se soucier des conséquences pour ceux qui les aiment. »
Robin se sentit visé mais il n’entra pas dans la polémique et préféra attendre que Marianne est évacuée sa colère.
Marianne : « Il va falloir le dire à Annie… »
Robin : « Elle n’est pas encore rentrée, n’est-ce pas ? »
Marianne : « Non… Et heureusement, cela va lui briser le cœur. Elle qui était si fière de lui depuis qu’il était revenu dans la bande… [Elle soupira profondément]… Quel sale petit… »
Mais les mots ne sortirent pas. Robin s’approcha par derrière et la prit dans ses bras. Marianne posa sa tête au creux de son épaule.
Marianne, plus calme : « Et Adrien ?... Vous avez prévenu Adrien ?... Le pauvre petit bonhomme. »
Robin : « Non… Je préfère qu’on attende d’avoir retrouvé son frère. Ce sera ainsi moins pénible pour lui. »
Marianne, réfléchissant : « Oui… Tu as peut-être raison… »
Marianne se tut quelques instants. Robin la serra contre lui.
Marianne : « Quand je pense à tout ce que j’ai fait pour qu’il se réconcilie avec toi. Et lui, il… »
Robin, la faisant tourner vers lui : « Ecoute… Ce qui est fait est fait… On ne peut pas retourner en arrière. »
Marianne : « Mais comment peux-tu rester aussi calme ? »
Robin : « Pour le moment, ma priorité est de retrouver Richard et je compte sur toi pour m’aider dans cette quête ! Tu es avec moi ? »
Marianne : « Mais oui bien sûr ! »
Robin : « Et pour ce qui est d’Allan, je m’en occuperai personnellement plus tard ! »
Marianne, résignée : « Très bien… »
Robin : « Et je veux que tu me promettes que si tu le croises… N’importe où… Tu le laisseras tranquille ! »
Marianne allait protester énergiquement mais il l’interrompit.
Robin : « Promets-le moi ! »
Mais Marianne ne sembla pas d’accord.
Robin, insistant : « Promets-le-moi ! »
Marianne, résignée mais peu convaincante : « D’accord ! »
Robin la regarda avec insistance.
Marianne : « D’accord. Je te donne ma parole que je n’irais pas le voir pour lui en parler ! »
Robin : « Très bien… Bon, je dois te laisser… Mes compagnons m’attendent et je dois passer voir Wayne avant de rentrer… Je reviendrai te voir demain soir pour savoir ce que tu auras appris pendant le conseil. »
Marianne : « Entendu. »
Il embrassa passionnément Marianne et quitta Knighton en courant.
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Pendant ce temps…

Much, inquiet : « Mais qu’est-ce qu’il peut bien faire ? »
Petit Jean : « Ne t’inquiète pas, Much, il va arriver. »
Much : « Il avait dit qu’il serait de retour pour le dîner. »
Djaq : « Il a juste un petit peu de retard, c’est tout ! »
Carter : « Oui il devait voir Marianne et ce… type… »
Will : « Wayne. »
Carter : « … Wayne. Il s’est simplement attardé auprès d’eux. »
Will : « Ouais et tu sais bien qu’il s’attarde toujours beaucoup auprès de Marianne. »
Much, souriant : « Oui, c’est vrai ! »
Une voix masculine, à l’entrée du camp : « Quoi ?... Qu’est-ce qui est vrai ? »
Much : « Maître ?... Mais où est-ce que vous étiez passé ? »
Robin : « Pourquoi ?... Je ne savais pas qu’il y avait un couvre-feu ! »
Much : « C’est que je me suis fait beaucoup de soucis, moi… Vous aviez dit que vous seriez là pour le dîner. »
Robin : « Et alors, je suis là ! »
Much : « Oui mais c’est que nous avons pratiquement fini, nous. »
Robin, mettant sa main sur son épaule : « Ce n’est pas bien grave, mon brave Much. »
Much : « Je vais vous chercher votre assiette. »
Robin : « Non Much, c’est pas la… »
Mais Much disparut vers le coin « cuisine ».
Djaq à Robin : « Tu as l’air plus détendu ? »
Robin : « Tu trouves ? »
Djaq : « Oui. »
Will : « Il l’est toujours après une visite chez Marianne. »
Robin perdit un bref instant son sourire en pensant à sa visite auprès de Marianne.
Petit Jean : « Est-ce que tu as vu Wayne ? »
Robin, trop rapidement : « Oui… Euh enfin… Non. »
Much, tendant son assiette : « Tenez ! »
Robin, prenant l’assiette : « Merci, Much. »
Andrew : « Ben tu l’as vu oui ou non ? »
Robin : « J’y suis allé mais… Il n’était pas chez lui… J’ai attendu un peu mais comme il n’était pas là. Je suis rentré…. Et c’est la raison de mon retard, Much ! »
Much : « Oh mais je le savais !... Enfin on s’en est douté. »
Will, levant les yeux au ciel : « Qu’est-ce qu’il ne faut pas entendre ! »
Les hors-la-loi rirent de la mauvaise foi de Much.
Robin : « J’irai le voir demain. »
Will : « Si tu es trop débordé, je peux y aller ? »
Robin, promptement : « Je t’ai dit que j’irai ! »
Il s’aperçut que le ton un peu brusque qu’il avait employé surprit ses compagnons.
Robin, se radoucissant : « Je te remercie Will de me le proposer mais j’irai moi-même demain. »
Will, surpris : « Entendu. »
Robin, reprenant un air plus enjoué : « Alors ?... Vous avez fait les comptes ?... On a ramassé combien ? »
Much, avec un grand sourire : « Avec l’argent des taxes que le shérif a laissé à Locksley et celui de l’embuscade, on arrive à une vraie fortune ! »
Le repas se poursuivit dans la bonne humeur malgré l’inquiétude qu’ils éprouvaient tous depuis la disparition de Richard. De tous les hors-la-loi, seul Robin croyait dur comme fer que le fils du roi était encore en vie et qu’ils réussiraient à le retrouver. Ses compagnons, eux, étaient beaucoup plus sceptiques mais ils suivaient quand même leur chef, espérant au plus profond de leur cœur qu’il ne faisait pas fausse route.
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CHAPITRE XV
« QUE ÇA FAIT DU BIEN D'ÊTRE DE RETOUR CHEZ SOI ! »
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eux mois plus tard … |

Ce matin-là, Robin s’était levé le premier. Il avait réfléchi une bonne partie de la nuit au plan qu’il allait devoir mettre en œuvre. Il espéra de tout son cœur que celui-ci fonctionne car c’était leur dernière chance.
Il avait préparé le petit déjeuner pour toute la bande et attendit que ses compagnons se lèvent. Un à un, les hors-la-loi, à peine réveillés, arrivèrent pour le repas.
Robin, visiblement de bonne humeur : « Bien dormi, Much ? »
Much, s’asseyant près de lui, à moitié endormi : « Non…Et c’est à cause de cette maudite chaleur ! »
Robin : « Pourtant je trouve qu’il fait moins chaud depuis quelques jours, non ? »
Mécontent, Much tourna la tête vers lui mais ne répliqua pas. Robin prit alors une écuelle à ses pieds et lui tendit.
Robin : « Allez… Tiens, Much… Ceci devrait te remonter le moral. »
Much, souriant : « Vous avez préparez à manger ? »
Robin : « Oui, je me suis dis que tu avais peut-être besoin de vacances. »
Much, prenant l’assiette : « Alors ça, c’est gentil ! »
Ses compagnons s’installèrent autour de lui et commencèrent à manger. L’humeur était plutôt maussade. Le moral de la troupe fléchissait toujours un peu plus à chaque tentative malheureuse pour retrouver le jeune prince. Robin scruta ses amis. A l’exception d’Andrew et de Carter, tous affichaient une tête d’enterrement.
Robin : « Eh bien… On dirait que vous n’êtes pas à la fête, ce matin ! »
Much, en mangeant : « Ben… Je ne vois pas ce qu’il y aurait à fêter. »
Will : « Pour une fois, je suis d’accord avec Much. »
Djaq et Petit Jean opinèrent de la tête.
Much : « C’est vrai !... Pour commencer, on a perdu l’orphelinat qui va devenir une des places fortes des chevaliers noirs… Ensuite notre ami Richard, qui se révèle être le fils du roi, a été capturé par le shérif et impossible de savoir où il est… ou s’il est toujours en vie… »
Robin, le coupant et vif : « Il l’est ! »
Much : « … Oui bon et pour couronner le tout, Allan nous a trahi une nouvelle fois… Non, je ne vois vraiment pas pourquoi on devrait se réjouir. Non, vraiment pas ! »
Robin, reposant son écuelle sur le sol : « Eh bien moi… Je vais t’en donner une raison… Je pense savoir où est Richard. »
Le reste de la bande s’arrêta subitement de manger et le dévisagea.
Djaq, pleine d’espoir : « Vraiment ? »
Petit Jean : « Où est-il ? »
Robin : « J’ai eu un renseignement d’un informateur me disant qu’il serait probablement caché dans la mine de Treeton. »
Will : « La mine de Treeton ? »
Much : « Mais je croyais qu’elle était fermé ? »
Robin : « C’est vrai qu’elle n’est plus exploitée. Les galeries sont bouchées mais il reste les entrées qui sont suffisamment profondes pour y cacher un homme. »
Petit Jean, méfiant : « Un informateur, tu dis ? »
Robin, hésitant : « Un villageois… Il a remarqué des mouvements de troupes aux abords de la mine. »
Will : « Probablement la relève de la garde. »
Robin : « Je le pense aussi… Néanmoins, on se doit d’aller vérifier… Jean, tu viendras avec moi en reconnaissance… Djaq… Est-ce que tu as encore de la poudre noire ? »
Djaq : « Oui, un petit peu. »
Robin : « Bien… Est-ce que tu peux en fabriquer en assez grande quantité ? »
Djaq : « Oui, je pense que oui. Mais que comptes-tu en faire ? »
Robin exposa alors son plan à ses compagnons.
Robin : « Tu crois que c’est réalisable ? »
Djaq : « Oui, si on me donne un coup de main… Je pourrai être prête pour midi. »
Robin : « C’est très important. Je voudrais attaquer juste après la relève de la garde de midi. »
Will à Djaq : « Je vais t’aider. »
Much : « Comme par hasard ! »
Robin : « Au lieu de faire ce genre de réflexions Much, tu pourrais te proposer ! »
Much, un peu vexé : « Mais j’allais justement le faire, maître ! »
Robin : « Parfait ! »
Carter à Djaq, parlant pour Andrew et lui-même : « Nous allons t’aider également ! »
Robin : « Très bien dans ce cas, au travail ! »
Ayant fini leur repas, les hors-la-loi se relevèrent et s’attelèrent à leur tâche. Robin et Petit Jean partirent à la rivière ensemble pour faire leur toilette pendant que les autres préparaient les ingrédients pour la fabrication de la poudre. Pendant qu’il se lavait avec Petit Jean, Robin semblait prier pour que son informateur ait vu juste. De retour de la rivière, les deux hommes allèrent voir où en était les préparatifs.
Djaq, rassurant Robin : « J’ai tout ce qu’il me faut. »
Robin : « Parfait… Jean et moi, nous partons pour la mine. »
Djaq : « D’accord… Dès notre retour de la rivière, nous nous mettrons immédiatement au travail. »
Robin : « Entendu… A tout à l’heure ! »
Robin et Petit Jean partirent en direction de la mine pendant que ses compagnons rejoignirent la rivière pour leur toilette du matin.
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A la mine de Treeton…
| Robin et Petit Jean arrivèrent sur les hauteurs de la mine. |
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Ils s’aplatirent au sol lorsqu’ils virent huit soldats regroupés devant la dernière entrée de la mine, la plus éloignée de leur position.
Petit Jean : « Tu avais raison… Richard doit sûrement être gardé ici ! »
Robin, soulagé : « Oui… Mon informateur ne sait pas trompé… Mais je ne pensais pas qu’ils seraient aussi nombreux à le surveiller. »
Petit Jean : « Oui… Huit, c’est un peu beaucoup. »
Robin : « Oui et encore s’il y en a pas d’autres cachés derrière les arbres ! »
Soudain, quatre soldats se détachèrent du groupe et vinrent vers eux.
Robin, s’aplatissant : « Attention, ils viennent par ici ! »
Robin mit la main sur le pommeau de son épée tandis que Petit Jean resserrait son emprise sur son bâton. Mais les soldats passèrent à côté d’eux sans les voir.
Robin, regardant partir les soldats : « Ils s’en vont ! »
Petit Jean, se redressant légèrement : « Il s’agissait peut-être de la relève de la garde de cette nuit. »
Robin, reportant son attention sur les soldats à l’entrée de la mine : « Probablement… Bon retournons auprès de nos amis. Il faut aider Djaq pour la préparation de la poudre noire. Je pense qu’elle nous serra très utile… Allons-y ! »
Robin se retira en restant accroupi. Petit Jean le suivit. Puis les deux hommes retournèrent au campement. Pendant ce temps, leurs compagnons n’avaient pas perdu de temps. En effet, lorsqu’ils arrivèrent la production de la poudre explosive était bien avancée. Djaq et Andrew fabriquaient la poudre avec les ingrédients qu’elle avait disposé sur une petite table basse pendant que Much et Carter remplissaient de poudre de petits sacs de jute qu’ils déposèrent sur une autre petite table.
Robin, entrant au campement : « Alors comment ça se passe ? »
Carter : « Fort bien… Nous avons déjà de quoi donner une grosse frayeur aux soldats du shérif. »
Djaq, pleine d’espoir : « Alors, vous avez vu Richard ? »
Petit Jean : « Non mais il y a effectivement des gardes qui stationnent à l’entrée de la mine numéro trois. »
Andrew : « Ils sont combien ? »
Robin : « Nous sommes arrivés au moment de la relève : Ils étaient huit. Maintenant ils ne sont plus que quatre… S’il n’y a pas de renforts dans les bois environnants évidemment. »
Robin prit l’un des petits sacs posés sur la table devant lui et le montra à ses compagnons.
Robin, avec un petit sourire : « Mais avec ceci, il ne devrait pas y avoir de problème… »
Les hors-la-loi sourirent en pensant à la frayeur qu’ils allaient causer aux soldats.
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En fin de matinée, à la mine de Treeton…
Installés dans le sous-bois en contrebas de leur point d’observation habituel situé sur les hauteurs de la mine, les hors-la-loi surveillèrent les soldats qui gardaient l’entrée de la mine numéro trois.
Robin : « Attendons que la relève soit passée… Ce sera plus sûr ! »
Petit Jean, revenant en courant et se couchant avec ses compagnons : « Attention, ils arrivent ! »
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Les hors-la-loi s’aplatirent au sol pendant qu’un groupe de quatre soldats menés par Gisborne et Allan passèrent près d’eux. |
Robin, les suivant du regard : « Juste à l’heure ! »
Petit Jean, mécontent : « Le traître est là aussi ! »
Robin baissa la tête.
Much, maugréant : « Cela m’aurait étonné ! »
Djaq et Will le maudissaient intérieurement de le voir ainsi au côté de leur ennemi mais ils ne manifestèrent pas leur déplaisir comme Much et Petit Jean.
Petit Jean, le regard noir : « Ce que j’aimerais lui faire la peau à celui-là ! »
Robin, revenant sur Gisborne : « On s’occupera de lui plus tard ! Concentrons-nous d’abord sur notre mission : Libérer Richard ! »
Les hors-la-loi se turent et fixèrent leur attention sur ce qui se passait devant l’entrée de la mine. Le bras droit du shérif et ses hommes échangèrent quelques mots puis Gisborne, Allan et les quatre soldats qui étaient arrivés au moment où Robin et Petit Jean avaient fait leur reconnaissance, repartirent pour Nottingham. Une fois, qu’ils furent éloignés, Petit Jean voulut passer à l’action.
Petit Jean : « C’est le moment ! »
Robin : « Non ! Attendons encore un peu ! »
Petit Jean, ne comprenant pas : « Quoi ? Mais pourquoi ? »
Ces compagnons, tout aussi surpris que lui, se regardèrent sans comprendre.
Much : « Mais pourquoi maître ? »
Robin, scrutant les environs : « Il faut s’assurer que Gisborne ne fasse pas demi-tour et nous prenne à revers ! »
Will : « L’un de nous n’a qu’à rester ici pour surveiller et nous prévenir si Gisborne revient ? »
Djaq : « Ouais ! »
Robin, scrutant toujours les environs : « Je ne préfère pas prendre de risque ! »
Alors que ses compagnons trépignaient d’impatience, Robin attendit plus d’une demi-heure avant d’ordonner l’attaque.
Petit Jean, n’y tenant plus : « Bon alors ? On y va ? »
Robin : « Oui. C’est le moment !... Préparons-nous ! »
Djaq sortit alors sa loupe et alluma un feu. Grâce à la vague de chaleur qui s’était abattu sur le pays depuis plusieurs semaines, elle n’eut aucun mal à enflammer quelques brindilles des environs. Elle alimenta le feu avec quelques bouts de bois que Much prit aux alentours. Will, lui, mit à la disposition de Robin et Carter les petits sacs de poudre noire. Quant à Much, il prépara les flèches des archers en y accrochant les petits sacs de jute.
Robin : « Vous êtes prêts ! »
Jean, pour tout le monde : « On est prêt ! »
Robin et Carter se relevèrent et mirent un genou à terre. Ils armèrent leurs arcs et commencèrent à tirer.
En contrebas…
Des sifflements étranges parvinrent aux oreilles des soldats mais ils ne virent rien. Les flèches passaient au dessus de leur tête et parfois sur les côtés. Mais à la vitesse avec lesquelles elles étaient tirées, il était impossible de les apercevoir. Seul un œil extérieur pouvait voir l’endroit où elles atterrissaient.
Robin et Carter commencèrent par planter des sacs tout autour de la mine à une bonne distance des soldats en formant un cercle. Puis à peu à peu, ils resserrèrent le cercle autour des soldats.
Robin, bandant son arc : « Tu es prêt ? »
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Carter, armant une flèche enflammée : « Je suis prêt ! » |
Robin tira sa flèche. Cette fois les gardes virent la flèche se planter dans l’un des poteaux de la mine.
Un soldat : « Mais qu’est-ce que c’est ce... »
Il n’eut pas le temps de finir sa question qu’une deuxième flèche enflammée, celle-ci, vint se planter dans le petit sac qui pendait à la première. Quelques secondes après, le petit sac explosa en émettant beaucoup de fumée. Choqués, les soldats furent projetés sur le sol. Mais déjà, une autre explosion se fit entendre tout près d’eux. Puis une troisième et une quatrième.
Une voix masculine : « A L’ATTAQUE ! »
Robin avait ordonné l’attaque mais ni lui ni Carter n’y participèrent. Les hors-la-loi se ruèrent sur les malheureux soldats qui étaient désorientés par la fumée qui se répandait tout autour d’eux.
Carter, surpris : « On ne va pas les aider ? »
Robin : « Non… C’est encore trop tôt ! »
Etonné, Carter reporta son attention sur le combat. Etant en nombre supérieur, les hors-la-loi auraient dû facilement venir à bout des soldats mais c’était sans compter une surprise inattendue.
Une voix masculine, venant de la forêt en face de Robin et de Carter : « A L’ATTAQUE ! »
Carter, surpris : « Mais qu’est-ce que c’est ? »
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Robin, calme : « C’est le comité d’accueil ! » |
Carter, se tournant vers Robin : « Le quoi ? »
Il regarda Robin pointer une flèche enflammée vers les soldats qui allaient déferler sur ses compagnons.
Robin : « Maintenant… Il faut bien viser ! »
Il tira sa flèche et piqua un petit sac de jute qui explosa faisant tomber tous les soldats aux alentours. Carter comprit alors pourquoi ils avaient « semé » autant de petits sacs tout autour de la mine. Il s’empressa de donner un coup de main à Robin qui déjà tirait sa deuxième flèche enflammée.
Le combat faisait rage en contrebas. Grâce aux explosions provoquées par Carter et Robin, les hors-la-loi purent mettre en déroute le peu de soldats qui arrivaient près d’eux. Petit Jean réussit à se rendre jusqu’à l’entrée de la mine numéro trois. Il se pencha en avant et constata avec stupeur qu’il n’y avait personne. Il scruta l’entrée de la mine, gêné par la fumée qui commençait à envahir le champ de bataille.
Petit Jean, hurlant : « RICHARD !... RICHARD ! »
Malgré le bruit des explosions, il tendit l’oreille mais n’obtint aucune réponse. Much arriva à ses côtés.
Much, se penchant : « Où est Richard ? »
Petit Jean, mécontent : « Il n’est pas là ! »
Much, inquiet : « Quoi ? »
Petit Jean : « Il n’est pas là !... C’était un piège ! »
Much : « On non ! »
Petit Jean : « ON SE REPLIE ! »
Le shérif, sur son cheval, sortit à découvert. Il chercha son ennemi sur le champ de bataille.
Le shérif, impatient : « Où est-il ? »
Gisborne, à ses côtés : « Il semblerait qu’il ne soit pas avec eux ! »
Le shérif, excité : « Mais vous aviez raison… Ils ont cru qu’il était là !... [Aux soldats] EMPAREZ-VOUS D’EUX !... TUEZ-LES SI VOUS POUVEZ ! »
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La fumée devint de plus en plus épaisse, gênant les combattants. Les hors-la-loi en profitèrent pour se retirer. |
Will, arrivant près de Robin : « C’était un piège !... Richard n’est pas là ! »
Mais Robin ne sembla pas surpris par cette nouvelle. Il se tourna vers le champ de bataille entièrement recouvert par la fumée. Un peu à l’écart, il vit le shérif assis sur son cheval admirant les combats. Robin chercha quelque chose à proximité de son cheval. Il sourit lorsqu’il l’eu trouvé.
Robin, armant une flèche enflammée et à lui-même : « Shérif… Vous avez été bien imprudent ! »
Il tira et sa flèche vint faire exploser un petit sac tout près du shérif. Le cheval de ce dernier se cabra et il bascula en arrière pendant que sa monture s’enfuit au triple galop. La culbute du shérif fit rire les hors-la-loi.
Robin : « Fichons le camp ! »
Ils s’enfuirent en courant et retournèrent à leur campement. Pendant ce temps, le shérif tenta tant bien que mal de se relever.
Furieux, le shérif, avec de l’herbe dans la bouche : « GISBORNE ! »
Celui-ci tentait de maîtriser sa monture. Il sourit quand il vit le shérif les quatre fers en l’air. Mais très vite, il effaça son sourire, descendit de cheval et aida le shérif à se relever.
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A l’entrée du campement…
Les hors-la-loi arrivèrent à la porte de leur campement en fulminant de rage d’avoir échoué encore une fois. Enfin… Tous sauf un. Robin ne semblait pas affligé de cette nouvelle déroute. Carter s’en aperçut et voulut avoir une explication. Robin allait déclencher le mécanisme d’ouverture de la porte lorsque Carter l’arrêta.
Carter, suspicieux : « Explique-moi une chose, Robin !... »
Robin se tourna vers ses compagnons.
Carter : «… Comment se fait-il que tu ne sois pas plus fâché que ça d’avoir échoué une nouvelle fois ? »

Les autres hors-la-loi se regroupèrent autour des deux hommes.
Much : « Oui, c’est vrai ça… Vous semblez plutôt content alors que nous avons échoué encore une fois ! »
Carter : « Et puis… Pourquoi tu ne t’es pas joint aux autres quand il a fallu combattre les soldats ?... On dirait que tu savais que c’était une embuscade !... D’ailleurs l’idée des petits sacs de poudre disséminés autour de la mine le prouve ! »
Suspicieux, les hors-la-loi se tournèrent vers Robin en l’interrogeant du regard.
Carter : « Alors Robin ?... A quoi est-ce que tu joues exactement ? »
Robin : « Je ne joue pas… Je… Oui, c’est vrai… Je savais que c’était un piège. »
Ses compagnons furent sous le choc.
Much, furieux : « QUOI ?... Vous le saviez et vous nous avez envoyé là-bas quand même ? »
Petit Jean : « POURQUOI ? »
Robin : « Parce qu’il me fallait une diversion ! »
Will, ne comprenant pas : « Une diversion ?... Mais pourquoi faire ? »
Robin : « Venez… Je vais tout vous expliquer ! »
Robin déclencha l’ouverture de la porte. Celle-ci s’ouvrit. Les hors-la-loi se figèrent lorsqu’ils virent un homme vêtu de noir les attendant à l’intérieur.
| « Que ça fait du bien d’être de retour chez soi ! » | ![]() |
Furieux, Petit Jean fonça sur lui en bousculant tout le monde sur son passage.
| Allan, le voyant fondre sur lui : « Non !… Jean… Arrête… Non… Jean ! » | ![]() |
Robin n’eut même pas le temps de l’empêcher de s’en prendre à lui.
Robin, suivant Petit Jean : « Jean, non attends... »
Mais Petit Jean n’écoutait plus personne. Il attrapa Allan à la gorge et le poussa violement contre un poteau du campement.
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Petit Jean : « SALE TRAITRE !... COMMENT OSES-TU REMETTRE LES PIEDS ICI ? » |
Robin, essayant de décrocher Petit Jean d’Allan : « JEAN !... LÂCHE-LE… CE N'EST PAS CE QUE TU CROIS… LÂCHE-LE ! »
Carter vint à la rescousse de Robin et les deux hommes réussirent à l’éloigner d’Allan tandis que celui-ci, suffoquant, tomba à genoux.
Allan, se frottant la gorge et avec difficulté, à Robin : « Tu ne leur as encore rien dit ? »
Robin, aidant Allan à se relever : « Non, j’allais justement le faire … Mais je croyais que tu devais m’attendre à la grotte ? »
Consternés, les hors-la-loi suivirent la conversation entre les deux hommes.
Allan, se mettant debout : « C’est vrai qu’on avait dit à la grotte mais il est plutôt faible et comme je ne savais pas quand tu reviendrais… J’ai pensé qu’il fallait mieux l’amener ici tout de suite ! »
Much : « Mais qu’est-ce que c’est que cette histoire ?... Quelle grotte ? »
Ne répondant pas à sa question, Robin, inquiet, à Allan : « Il est blessé ? »
Allan : « Non, rassure-toi. Seulement affaibli… Il meurt de faim. »
Exaspéré de voir Robin et le traître discutaient tranquillement ensemble, Petit Jean fixa Robin avec colère.
Petit Jean : « TU POURRAIS NOUS EXPLIQUER ! »
Djaq : « Oui, c’est vrai… Qu’est-ce qui se passe ici ? »
Will, pointant Allan du doigt : « Et pourquoi est-il là, celui-là ? »
Allan, vexé : « Hé !...Mais je suis des vôtres tout de même ! »
A ces mots, Petit Jean voulut s’en prendre une nouvelle fois à Allan.
Robin, mettant la main sur la poitrine du colosse : « Jean, non ! »
Petit Jean : « Robin, explique-toi ! »
Inquiet, Robin à Allan : « Où est-il ? »
Agacé par l’attitude de Robin qui continuait d’ignorer leurs questions, Jean voulut s’en prendre encore à Allan mais Carter le stoppa.
Une voix masculine à côté d’eux : « Je suis là ! »
Les hors-la-loi tournèrent la tête sur le côté et virent un jeune homme aux visages et cheveux très sales. Il avait une légère barbe et portait un pantalon complètement déchiré ainsi qu’une tunique ample mais curieusement en bien meilleur état. Les hors-la-loi gardèrent le silence car ils ne reconnurent pas immédiatement leur invité. Ce fut Djaq, qui, la première reconnut en ce jeune mendiant, Richard, le fils du roi.