HypnoFanfics

A la recherche du Prince

Série : Robin Hood
Création : 12.10.2015 à 09h10
Auteur : byoann 
Statut : Terminée

« Il s’agit de la suite de l’épisode « Face à son passé ». Cet EV comporte 26 chapitres. J’écris seul merci. »

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Djaq, étonnée : « Richard ? »

Richard : « Oui, c’est moi. »

Elle se précipita vers lui et le prit dans ses bras.

Les autres hors-la-loi : « Richard !... C’est Richard ? »

Much, abasourdi : « Mais... Mais… Mais où tu étais ?... Et comment es-tu arrivé ici ? »

Richard, souriant : « Grâce à Allan ! »

Ils prirent tous le jeune homme dans leur bras et l’accueillirent chaleureusement.

Robin, le prenant dans ses bras : « Je suis content de te revoir, Richard. »

Richard, très ému : « Moi aussi… Je suis content que vous et Allan m’ayez retrouvé. J’ai cru que… »

Etreint par l’émotion, il s’arrêta.

Robin, lui tapotant le dos : « C’est fini, maintenant. »

Allan : « Ouais… Le shérif est loin… Il ne pourra plus rien te faire à présent. »

Richard : « Surtout que… Je ne comprends pas ce que je lui ai fait ! »

Robin perdit le sourire et regarda intensivement Allan. Au même moment, Andrew et Carter se présentèrent à Richard. Les deux hommes mirent un genou à terre devant le jeune prince. Ce dernier les regarda très inquiet se demandant pourquoi ces inconnus agissaient ainsi.

Carter : « Votre Altesse… J’ai ordre de vous ramener auprès de votre père le Roi… »

Richard, abasourdi : « Quoi ? »

Robin à Allan : « Parce que tu ne lui as encore rien dit ? »

Richard, regardant Allan avec inquiétude : « Me dire quoi ? »

Allan à Robin : « Ben j’ai pensé que ça serait plutôt à toi de lui dire, non ? »

Richard se sentit défaillir. Allan et Robin le soutinrent par les bras.

Robin : « Viens… Tu ferais mieux de t’assoir. »

Richard : « Non, je préfère plutôt que vous me disiez ce qui se passe ! »

Robin, embarrassé : « Très bien… Euh… Ces hommes sont en fait… envoyés par ta grand-mère pour te ramener auprès d’elle. »

Richard, ne comprenant pas : « Ma grand-mère ? »

Robin regarda Allan.

Allan : « Euh… Oui… Ta grand-mère paternelle pour être précis. »

Richard : « Mais ma grand-mère paternelle est morte depuis longtemps !... Tout comme mon père et ma mère d’ailleurs. »

Allan, gêné : « Euh… Eh bien. Non. »

Richard, tournant la tête vers lui : « Comment ça, non ? »

Robin, hésitant : « Non... Euh…. Ton père est… en réalité… Euh… Le Roi Richard. »

En état de choc, Richard fixa Robin. Il crut d’abord qu’il se moquait de lui mais devant la mine grave du chef des hors-la-loi, il comprit qu’il disait vrai. Affaibli par sa captivité, le jeune homme fut incapable d’assimiler cette vérité. Il s’évanouit dans les bras d’Allan.

Allan, soutenant avec peine le jeune homme : « On aurait peut-être dû attendre qu’il se sente mieux pour tout lui dire, non ? »

Robin, soutenant Richard avec lui : « Tu crois ? »

Les deux hommes portèrent le jeune prince sur l’un des lits des hors-la-loi. Djaq examina immédiatement le jeune homme. Toute la troupe s’agglutina autour du lit.

Allan : « Alors tu vois ?… Heureusement que je ne lui avais rien dit avant ! »

Robin lui lança un regard désapprobateur.

Robin à Djaq : « Comment va-t-il ? »

Djaq : « Il est épuisé, déshydraté et affamé. »

« Je vais lui préparer à manger. »

Il partit sur le champ vers le coin « cuisine » du camp.

Djaq : « Juste un bouillon pour l’instant. »

Much : « D’accord ! »

Djaq chercha sa fiole qu’elle avait, d’habitude, toujours sur elle. Mais elle ne la trouva pas. Elle se rappela alors qu’elle l’avait prêté à Robin. Elle se tourna vers lui mais elle fut bien étonnée lorsqu’Allan la lui rendit.

Allan, sachant ce qu’elle cherchait : « Ah ! Euh... Tiens au fait… Je te rends ça ! »

Tous les hors-la-loi le regardèrent d’un air interrogateur.

Allan : « Ben quoi ?... Je ne l’ai pas volé, hein ! C’est Robin qui me l’avait donné ! »

Ces compagnons reportèrent leur regard sur lui.

Robin, mal à l’aise : « Euh… Je vous expliquerai tout, tout à l’heure. »

Djaq passa la fiole sous le nez de Richard. Quelques secondes plus tard, celui-ci battit des paupières.

Djaq : « Richard ?... Est-ce que ça va ? »

Richard : « Oui… Oui. Ça va. »

Il se redressa et s’assit sur le lit. Il regarda la foule autour de lui. Mais son regard s’arrêta sur Carter et Andrew.

Richard, inquiet : « Robin ?... Cette histoire de… fils du roi… C’est une plaisanterie, n’est-ce pas ? »

Robin, doucement : « J’ai bien peur que non. »

Richard se recoucha et posa sa main sur ses yeux. Il n’arriva pas à admettre cette vérité.

Much : « Tiens… Je t’ai apporté à manger. »

Richard : « Non merci, Much. Je n’ai pas faim. »

Djaq : « Tu devrais manger un petit peu… au moins quelques bouchées ! »

Richard expira puis se releva, aidé par Djaq et Robin. Il s’assit sur le lit et prit l’écuelle que Much lui tendait. Il prit une bouchée tout en réfléchissant aux conséquences des révélations qu’on venait de lui faire. Cela lui donna le vertige. Allan, comprenant son malaise, essaya de dédramatiser la situation.

Allan : « Bon écoute pour l’instant… Tu es Richard, l’orphelin… Notre ami et le frère d’Adrien… »

Richard, subitement : « Et comment va-t-il ? »

Djaq, lui souriant : « Il va bien. »

Richard : « Est-ce qu’il sait que j’ai été capturé ? »

Allan : « Oui… On n’a pas eu le choix. On ne pouvait quand même pas lui dire que tu étais parti en voyage ! »

Richard sourit.

Djaq : « Mais il se fait beaucoup de soucis pour toi. »

Richard, perdant le sourire et voulant se lever : « Il faut le prévenir tout de suite… Je vais aller le voir. »

Robin, l’arrêtant : « Non ! Je regrette mais c’est impossible pour le moment. »

Richard : « Pourquoi ? »

Robin : « Parce que c’est le premier endroit où le shérif ira te chercher !... Tu ne veux pas qu’Adrien ait des ennuis ? »

Tout en continuant de manger, Richard secoua la tête.

Robin : « Donc il faut mieux que tu restes le plus éloigné possible de l’orphelinat… enfin je voulais dire de l’église de Locksley… »

Allan, mettant sa main sur l’épaule de Richard : « Par ailleurs, le seul endroit où tu iras, et là je te le conseille vivement, c’est à la rivière !... Je ne veux pas te vexer, mon vieux, mais tu aurais besoin d’un bon bain… »

Détendu, Richard se mit à sourire.

Allan : «… D’ailleurs, je vais t’accompagner. Car après avoir crapahuté dans cette fichue galerie, j’ai moi aussi besoin de prendre un bon bain… »

« Quelle galerie ? »

Allan : «... Et puis je pourrais enfin retirer cet uniforme. »

Petit Jean, le fixa intensément et froidement : « Bonne idée ! »

Le colosse se méfiait toujours d’Allan qui avait sur le dos l’uniforme des hommes de Gisborne ce qui n’améliorait pas son image aux yeux de certains. Allan regarda Petit Jean. Mal à l’aise, il évita son regard, se leva et alla jusqu’à sa couche pour y prendre de quoi se laver. Il se mit à genoux et découvrit sous son lit à côté de ses affaires de toilettes le sac dans lequel il avait rangé ses habits de hors-la-loi et qu’il avait remis à Robin, dans la grange de Locksley, le jour il était entré au service de Gisborne.

Allan, dans sa tête : « Au moins, ils n’ont pas jeté toutes mes affaires aux ordures ! »

Robin à Richard : « Et t’en fais pas… Je préviendrai Adrien que tu es revenu parmi nous. » 

Richard, résigné : « Entendu. »

Allan, revenant vers eux : « Bon alors, tu es prêt ? »

 

 

 

 

 

Richard se mit debout.

Djaq : « Moi, je préfèrerai plutôt qu’il finisse de manger. »

Richard : « Mais je n’ai plus faim… Peut-être tout à l’heure ? »

Djaq ne répliqua pas mais manifestement cela ne lui plaisait guère qu’il ne termine pas son bouillon.

Richard, se levant et regardant son pantalon et sa tunique : « Euh… »

Will : « Ah oui… Attends je vais te prêter un pantalon et une tunique à moi. »

Richard, avec le sourire : « Je te remercie, Will. »

Will partit chercher ses affaires.

Richard, se penchant sur Allan et tout bas : « C’est comme si je faisais partie de la bande, finalement ? »

Allan, forçant un sourire : « Euh oui… enfin en quelque sorte… [Ne voulant pas rentrer dans ce jeu] Tu viens ? »

Il fit quelques pas vers la sortie. Will tendit au jeune prince une chemise, un pantalon et des affaires de toilettes. Ravi, il suivit Allan. Les deux hommes quittèrent le campement pour se rendre à la rivière.

Robin, les regardant s’éloigner et souriant : « Bon ben finalement, il l’a mieux pris que je ne le pensais ! »

Comme ses compagnons ne lui répondaient pas, il tourna la tête vers eux. Ils étaient tous en ligne, les bras croisés, à le dévisager.

Petit Jean, froidement : « Maintenant, Robin !... Tu nous dois des explications ! »

Le reste de la bande ne dit pas un mot mais leur visage parlait pour eux. Ils étaient tous d’accord avec Petit Jean.

Robin : « Vous avez raison… Je vous dois une explication… Venez… Je vais tout vous raconter depuis le début. »

Intrigués, les hors-la-loi suivirent leur chef qui sortit à l’extérieur du camp. Il s’assit sur le pas de la porte et attendit que ses compagnons s’installent autour de lui.


byoann  (21.01.2016 à 09:05)

Pendant ce temps…

Richard et Allan commencèrent à se dévêtir. Ils retirèrent leur tunique. Allan enleva son pantalon tandis que Richard s’arrêta et le regarda. Il désirait lui poser une question mais il n’osait pas.

Richard : « Allan ? »

Allan, entrant dans l’eau : « Oui ? »

Il marcha dans la rivière jusqu’à ce que l’eau lui arrive à la taille.

Allan, se retournant face à Richard, resté sur la berge : « Quoi ?... Qu’est-ce qu’il y a ? »

Richard hésita.

Richard : « Euh… Non rien. »           

Il termina de se déshabiller puis entra dans l’eau pendant qu’Allan s’immergea dans la rivière.

Allan, émergeant : « Quoi ?... Tu veux me parler ? »

Richard s’approcha de lui et parut embarrassé. Il tourna la tête du côté de la berge pour voir si on les écoutait. Craignant qu’il ait entendu quelque chose, Allan regarda à son tour mais ne vit aucun danger.

Richard, revenant sur Allan : « C’est à propos… Des envoyés de la Reine-Mère.  »

Allan : « Donc de ta grand-mère ! »

Richard, souffla : « Justement !... Tu crois vraiment que je suis le fils du roi ? »

Allan, s’aspergeant le corps : « Ah je pense bien oui et… [Il montra du doigt la tache rouge sur le jeune homme] cette marque est là pour le prouver ! »

Richard baissa le regard vers la marque de naissance qu’il portait sur son flanc droit et parut déçu de la réponse d’Allan.

Richard : « Mais ça ne prouve rien !... Il y a sûrement d’autres garçons de mon âge qui ont la même tâche que moi ! »

Allan : « Hum j’en doute… Andrew et Carter t’ont cherché aussi bien en France qu’en Angleterre. Leur quête les a même conduit jusqu’à Manchester... C’est toi il n’y aucun doute ! »

Richard : « Mais est-ce qu’on veut vraiment leur confiance ?... Après tout, qui nous dit qu’ils sont vraiment envoyés par la Reine-Mère ?... Et comment savent-ils que le fils du roi a une tâche exactement comme la mienne ? »

Allan comprit que Richard avait dû mal à se faire à l’idée qu’il était bien le fils du roi et que, surtout, il avait peur de cette vérité. Il comprit que le jeune homme ne se sentait pas à la hauteur et qu’il tentait par tous les moyens de se dérober à son destin.

Allan, mettant ses deux mains sur les épaules de Richard : « Richard… Il n’y a pas de doutes possibles. Tu es le fils du roi. »

Richard expira profondément car ce n’était pas ce qu’il voulait entendre. Il tourna la tête sur le côté.

Allan, le forçant à le regarder : « Richard… Je sais que tu as peur… que tu ne te sens pas capable d’endosser les habits de Prince d’Angleterre. Mais ça viendra… Andrew et Carter vont te ramener auprès d’Aliénor, ta grand-mère et je suis sûr qu’elle t’apprendra tout ce qu’un prince doit savoir… Et t’as pas à t’en faire, d’après ce que les autres m’ont dit, Aliénor d’Aquitaine est une honnête femme… Je suis certain que tu l’adoreras et qu’elle t’aimera… Tu verras ce que je te dis ! »

Mais cela ne rassura qu’à moitié le jeune homme.

Richard : « Mais si ça se trouve… »

Allan, le coupant : « Quant à Andrew et Carter, tu n’as là rien à craindre. Ce sont des hommes de confiance. Andrew est un ami d’enfance de Robin et il a pleinement confiance en lui. Quant à Carter, je ne le connais pas beaucoup mais il nous a prouvé à plusieurs reprises que c’était un allié fidèle et loyal de ton père. Il fait même partie de sa garde personnelle. Alors tu vois ? »

Richard, troublé : « Mon père ? »

Il ne réalisa qu’à ce moment-là qu’il était le fils d’un roi. Allan laissa Richard et se dirigea vers la berge.

Allan, s’emparant du pain de savon : « Et si tu veux en savoir plus sur ta ‟nouvelle″ famille, je pense que tu devrais t’entretenir avec Carter et Andrew. Je suis certain que ça pourrait t’aider à te rassurer. »

Allan commença à se savonner en regardant Richard songeur au milieu de la rivière. Le jeune prince ne savait plus que penser. Etre le fils d’un roi devait être un honneur mais il ressentait cela comme une calamité. Il s’était fait à l’idée de poursuivre sa vie à Locksley et de s’occuper de son petit frère. Mais d’un autre côté, la vie qu’on lui offrait était excitante et en même temps déroutante. Lui qui cherchait un but dans la vie voilà qu’on lui proposait de diriger un jour l’Angleterre mais il ne s’en sentait pas prêt.

Allan, l’éclaboussant : « Et toi qui voulais entrer dans notre bande pour avoir un but dans la vie… Maintenant t’en as un ! »

Richard, trempée, revenant de sa rêverie : « Oui mais je ne me sens pas prêt ! »

Allan, lui lançant le savon : « Personne ne te demande te régner aujourd’hui !... Tu as le temps d’apprendre… »

Richard sourit.

Allan : «… Ton père s’en chargera. »

Richard, perdant son sourire : « Et si le roi… Enfin je veux dire… Mon père est déçu en me voyant ? »

Allan : « Mais pourquoi serait-il déçu ? »

Richard : « Je sais pas, moi… Peut-être que je ne lui ressemble pas du tout… Peut-être s’attend-il à voir un garçon plus… fort ou plus intelligent ! »

Allan : « Mais tu te creuses bien la tête pour rien… Je pense qu’il sera déjà bien content de te retrouver… Et puis lui-aussi sera probablement nerveux. »

Richard : « Tu crois ? »

Allan : « Absolument ! »

Richard : « Mais pourquoi ? »

Allan, soufflant : « Mais tu en poses des questions !... Parce qu’il se posera les mêmes questions que toi !... Est-ce qu’il te plaira ?... Ou est-ce que tu seras déçu ? »

Richard, regardant Allan : « Mais c’est le roi ! »

Voyant qu’Allan se moquait de lui, Richard s’apprêta à lui lancer le savon mais Allan disparut sous l’eau. Le jeune homme scruta alors la surface de la rivière mais Allan ne réapparut pas. Soudain, il sentit qu’on lui prenait les jambes.

Richard : « Oooooh non ! »

Il bascula en arrière tandis qu’Allan émergea. Souriant, il plaqua ses cheveux en arrière. Richard refit surface près de lui.

Allan : « Allez… Lave-toi au lieu de te poser toutes ces questions ! »

Plus détendu, Richard commença sa toilette pendant qu’Allan se rinça une dernière fois. Richard se savonna les bras puis le torse et s’arrêta net.

Richard, regardant Allan : « Et Adrien ? »

Allan : « Quoi Adrien ? »

Richard : « Qu’est-ce qu’il va devenir si je m’en vais ? »

Allan : « Ben je sais pas… Il va rester à l’orphelinat, je suppose. »

Richard, sûr de lui : « Non !... Il n’est pas question que je me sépare de lui. J’ai promis à son frère de veiller sur lui et c’est ce que j’ai l’intention de faire. »

Allan, hésitant : « Mais… Je ne sais pas si… tu pourras l’emmener… en France avec toi. »

Richard : « Pourquoi ça ?... [Hésitant mais bombant le torse tout de même] Je suis le fils du roi oui ou non ! »

Allan, souriant et se courbant devant lui : « Mais absolument… Votre Altesse. »

Les deux hommes se mirent à rire. Richard finit de se savonner puis se rinça pendant qu’Allan se dirigea vers la berge.

Richard, le suivant et pour lui-même : « Je l’emmènerai avec moi ! »

Sur la berge, ils prirent leur serviette et se séchèrent.

Richard, se sentant plus détendu : « Merci, Allan. »

Allan : « Mais de rien… Mais tu sais Je suis à peu près sûr que tu es capable de prendre ton bain tout seul. »

Richard : « Non, je ne parlais pas du bain mais de tout ça… Je me sens plus serein maintenant et puis je te dois la vie… Tu m’as sauvé du shérif. »

Allan : « Nous… t’avons sauvé du shérif… Je n’aurais rien pu faire sans la bande et je dois t’avouer quelque chose. C’est Robin que tu dois remercier plus particulièrement car c’est lui qui a imaginé ce plan tordu. »

Richard sourit en regardant son ami avec reconnaissance. Les deux hommes commencèrent à se revêtir.

Richard : « Tu sais… J’aimerais revoir Adrien. »

Allan : « Pas tout de suite… Tu vas d’abord rester un peu avec nous et puis… »

Allan le fixa avec malice. Inquiet, Richard le regarda. Il voulut enfiler sa tunique mais Allan l’en empêcha.

Allan : « … Tu ne peux pas y aller comme ça ! »

Richard, ne comprenant pas : « Comment ? »

Allan, le prenant par le menton : « Avec cette barbe… Tu ressembles à Jean au réveil ! »

Richard rit. Allan se pencha et prit le nécessaire à barbe dans ses affaires de toilette.

Allan : « Surtout ne le lui répète pas !... Il me tuerait ! »

Richard, souriant : « Oui, surtout en ce moment ! »

Allan le regarda avec insistance un bref instant puis l’emmena un peu plus loin.

Allan : « Tiens… Assis-toi là ! »

Il fit assoir Richard sur un rocher et prit un peu de savon à barbe dans sa main.

Richard, inquiet : « Euh… Tu sais ce que tu fais au moins ? »

Allan : « Mais oui !... T’inquiète pas. »

Richard : « Tu as déjà fait ça avant ? »

Allan, étalant la mousse sur le visage du jeune homme : « Mais oui… plusieurs fois même. »

Richard : « Ah oui mais à qui ? »

Allan : « Euh… à Will... [S’apprêtant à le raser]… Mais j’ai dû arrêter. »

Richard, relevant la tête et inquiet : « Pourquoi ? »

Allan, penchant la tête de Richard : « Parce que c’est pas facile de raser un homme avec une hache ! »

Richard s’empêcha de rire car Allan passa le rasoir sur sa joue. Il continua de raser le jeune homme sans que celui-ci ne s’inquiète davantage.

Allan, rinçant le rasoir : « Attends… Ne bouge pas… Voilà… J’ai fini… Ah ! Tu es beaucoup plus présentable, comme ça. »

Richard retourna à la rivière et se rinça le visage puis revint vers son compagnon.

Allan, lui lançant une serviette : « Voilà ! Comme ça, tu ne feras pas peur à Adrien ! »

Richard, prenant sa tunique : « Alors tu veux bien m’aider ? »

Allan, l’imitant : « Ah quoi faire ? »

Richard, enfilant son vêtement : « Ben à revoir Adrien… Parle à Robin. Il t’écoutera toi ! »

Allan, enfilant sa chemise : « Grrr… Tu es fils de roi et tu as peur de parler à Robin ? »

Richard : « Non, je n’ai pas peur ! »

Allan, provocateur : « Ben alors prouve-le ! »

Allan ramassa leurs affaires.

Richard, le regardant faire et fièrement : « Bien sûr que je vais le faire ! »

Il aida ensuite Allan à tout ramasser et les deux hommes repartirent pour le campement.


byoann  (21.01.2016 à 09:10)

CHAPITRE XVI

« TU VEUX QUE JE RETOURNE AUPRES DE GISBORNE ? »

endant ce temps…

               

Furieux de l’échec de l’embuscade à la mine de Treeton, le shérif fulminait de rage en traversant le hall qui conduisait à ses appartements.

Le shérif : « Vous avez encore échoué, Gisborne ! »

Gisborne : « Mais nous ne pouvions pas savoir qu’ils utiliseraient de la poudre noire. »

Le shérif s’arrêta brutalement à la porte de sa chambre.

Le shérif, se retournant vers Gisborne et le coupant : « Et où est votre petit protégé ? »

Gisborne, contraint et mal à l’aise : « Il… Il est introuvable en ce moment, Monseigneur. »

Le shérif : « Et depuis quand ? »

Gisborne, baissant la tête : « … depuis l’embuscade. »

Le shérif entra dans ses quartiers en regardant Gisborne.

Le shérif, d’un ton sec : « Bravo ! Vous vous êtes fait avoir Gisborne !... Encore une fois ! »

Une voix masculine, provenant de la chambre et ironique : « Mais pas vous, shérif ? »

Le shérif et Gisborne se figèrent en regardant leur invitant.

Le shérif, mécontent : « Nous ne sommes pourtant pas jeudi ? »

Leur invité n’était nul autre que Sir Jasper.

Jasper, se relevant : « Effectivement, nous ne sommes pas jeudi… Je ne viens pas pour ça… Vous avez bien écrit au Prince Jean comme quoi son neveu était dans vos murs, non ? »

Le shérif, méfiant : « C’est exact !... Mais cela remonte à deux mois ! »

Jasper : « Le Prince Jean avait d’autres affaires plus urgentes à régler concernant… nos amis… Si vous voyez ce que je veux dire ! »

Comprenant qu’il parlait des chevaliers noirs, le shérif hocha la tête.

Jasper : « Bien… Maintenant que je suis ici … Je viens vérifier vos dires et… »

Le shérif, le coupant : « Pourquoi ?... Le prince se méfierait-il de moi ? »

Jasper, avec un sourire sarcastique : « Il aurait des raisons de l’être, n’est-il pas vrai ? »

Le shérif, encaissant le sarcasme : « Mais je vous assure que je fais tout ce que je peux pour… »

Jasper, le coupant : « Toujours est-il que je dois le ramener à Londres ! »

Le shérif, contrarié : « Quoi ?... Le ramener à Londres ?... Mais… Le Prince Jean ne préfèrerait-il pas le ramener en personne ? »

« Si je suis ici, shérif, c’est bien la preuve que non ! »

Le shérif : « Mais le déplacer ne serait-il pas risquer ? »

Jasper : « Le Prince Jean m’enverra une bonne escorte depuis Londres… Vous savez… Ceux qui devaient raser Nottingham… »

Gisborne baissa la tête en se rappelant ce pénible souvenir où il avait dû demander de l’aide à son ennemi juré afin de sauver la ville de la destruction.

Jasper : « Bien… Je peux le voir ? »

Le shérif, mal assuré : « Il… Il n’est pas ici pour le moment. »

Jasper : « Eh bien, allez le chercher ! »

Le shérif, forcé d’obéir : « Gisborne… Allez chercher notre invité ! »

Gisborne, se courbant : « Oui, Monseigneur… Messire Jasper. »

Il fit demi-tour et quitta les appartements du shérif.

Le shérif à Jasper d’une voix mielleuse : « Je vous en prie… Asseyez-vous ! ».

Pendant ce temps…

Robin devait faire face à un tir groupé de questions de la part de ses compagnons.

Much : « Comment avez-vous osé faire ça sans nous en avoir parlé ? »

Robin : « Pour que ce plan ait une chance de marcher, il fallait que vous croyiez qu’Allan nous avait bel et bien trahis une nouvelle fois. »

Djaq : « Mais pourquoi lui ?... Tu aurais aussi bien pu choisir l’un d’entre nous ? »

Une voix masculine derrière eux : « Mais vous n’aviez aucune expérience en la matière alors que moi, oui ! Il était donc tout naturel que cette mission me revienne. »          

Allan arriva de la rivière en compagnie de Richard.

Robin : « Non, ce n’est pas ce que j’ai pensé… [A ses compagnons] Parce qu’Allan était le mieux placé pour cela. Il aurait paru suspect à Gisborne que l’un de vous veuille l’aider à s’enfuir…. Et puis il aurait fallu du temps pour qu’il vous fasse confiance. Et nous n’en avions pas. »

Allan : « Oui c’est bien ce que je dis… »

Robin, souriant : « Mais il est vrai que ton passé a joué en ta faveur. »

Allan : « En ma faveur ? »

Robin : « Ben oui… Il me fallait quelqu’un de confiance pour remplir cette mission… Et c’est toi qui avais le plus d’atouts pour réussir. Alors pour moi, le choix était clair. »

Légèrement touché par la réponse du chef des hors-la-loi, Allan finit par sourire de son explication. Il prit Richard par les épaules et l’emmena s’assoir entre Carter et Andrew. Quant à lui, il choisit de s’installer à côté de Robin en évitant soigneusement Petit Jean. Djaq retourna au campement et rapporta à Richard, sur un plateau, son écuelle de bouillon, une miche de pain et du fromage.

Djaq, lui tendant le plateau : « Tiens, Richard… J’aimerais que tu finisses de manger… Tu as besoin de reprendre des forces. »

Le jeune homme prit le plateau sans rouspéter et le posa sur ses genoux

Richard, avec reconnaissance : « Merci, Djaq. »

Voyant qu’il lui obéissait, elle retourna s’assoir auprès de Will. Après sa baignade rassurante dans la rivière avec Allan, Richard sentit l’appétit lui revenir. Rassuré d’être entouré par les hors-la-loi, il reprit avec plaisir son repas en écoutant attentivement la conversation.

Robin : « Et puis d’ailleurs, c’est Allan lui-même qui m’a suggéré cette idée. »

Allan, rectifiant : « Euh… Involontairement, bien sûr ! »

Much, se sentant mis à l’écart : « Et c’était quand, ça ? »

Robin, réfléchissant : « Hum… C’était le jour où Richard a été capturé par le shérif… »

*******

Deux mois plus tôt, au campement des hors-la-loi…

Les hors-la-loi arrivèrent en silence au campement complétement abattus.

Much, démoralisé : « On a perdu Richard ! »

Robin, mécontent : « Pas encore ! »

Petit Jean, mécontent : « Par deux fois, nous sommes arrivés en retard. »

Allan, passant devant Robin, mécontent : « C’est uniquement parce ce que nous avons été victimes d’espions. »

Ces paroles raisonnèrent dans la tête de Robin. Soudain, il eut une idée. Mais elle lui sembla tellement folle qu’il n’osa pas en parler à ses compagnons.

Devant le silence de Robin, Allan, inquiet : « Robin ?... T’es avec nous ? »

Robin, reprenant ses esprits : « Hein… Euh oui. »

Petit Jean : « Robin, nous avons déjà échoué deux fois ! »

Robin, regardant Allan avec le sourire : « Allan dit vrai... C’est parce que nous avons été espionné ! »

Much : « Et vous trouvez ça drôle, maître ? »

Robin, se reprenant : « Non… Tu as raison. Ce n’est pas drôle. »

Djaq, très inquiète : « Richard est peut-être mort à l’heure qu’il est. »

Le silence s’abattit sur le groupe. Robin s’agenouilla face à Djaq.

Robin : « Je ne crois pas. »

*******

Petit Jean : « Et quand as-tu décidé de mettre en œuvre ce plan tordu ? »

Robin : « Après notre échec dans les cachots mais il m’a fallu d’abord convaincre Allan ! Et ça n’a pas été simple... »

*******


byoann  (25.01.2016 à 08:35)

Le lendemain matin…

Le petit-déjeuner du lendemain se passa dans la même atmosphère que la veille au soir après l’échec de leur tentative de sauvetage de Richard dans les cachots du château de Nottingham. Les hors-la-loi, tourmentés par le sort du jeune prince, avaient passé une mauvaise nuit et s’étaient donc peu reposés. Ils se regroupèrent pour prendre leur premier repas de la journée. Les visages étaient fermés et fatigués. Le petit-déjeuner se fit donc en silence. Robin avait passé une bonne partie de la nuit à réfléchir à différents endroits où Richard aurait pu avoir été enfermé car, pour lui, cela ne faisait aucun doute, il était toujours vivant. Il le ressentait au tréfonds de lui-même.

Robin, posant son écuelle au sol : « Bon… Ecoutez-moi… J’y ai bien réfléchi… Nous savons que Richard ne se trouve pas dans les cachots. On doit donc vérifier dans toutes les autres pièces du château… Comme nous n’y avons pas accès, je… je vais demander à Marianne de nous aider. »

Will : « Et comment ? »

Robin : « Je ne sais pas… Je verrai ça avec elle tout de suite après le repas… Allan, tu m’accompagnes. »

Allan, hochant la tête : « Entendu. »

Robin : « Pendant ce temps-là, j’aimerais qu’on surveille Gisborne. »

Much, étonné : « Gisborne ? »

Robin : « Oui… Essayez de savoir où est-ce qu’il va lorsqu’il quitte le château. »

Djaq : « Tu penses que le shérif retient Richard à l’extérieur du château, c’est ça ? »

Robin : « Peut-être bien… On doit tout envisager ! »

Carter : « Entendu… Tu as raison. Il ne faut rien négliger. »

Robin : « Alors… C’est parti. »

Ils déposèrent tous leurs écuelles sur la table devant Much. Allan partit avec Robin vers Knighton tandis que les autres se dirigèrent vers Nottingham laissant Much, tout seul, à la cuisine.

Much : « HE… MAIS LA VAISSELLE ? »

Au loin, Will, criant : « MERCI, MUCH ! »

Much, bougonnant : « Je commence en avoir marre, moi, de tout faire ici ! »

Sur le chemin de Knighton…

Robin et Allan marchèrent en silence sur la route menant au village de Marianne. Tout à coup, Robin s’arrêta.

Robin, arrêtant Allan : « Allan… J’aimerais te parler de quelque chose. Je… »

Allan, l’interrompant : « Ecoute… Euh si c’est à propos de ce que j’ai dit hier au soir… à notre retour de Nottingham, je te présente toutes mes excuses… je sais que je me suis montré un peu trop… négatif mais c’est que je m’inquiète beaucoup pour Richard, tu comprends ? »

Robin : « Oui, je comprends… Tu sembles beaucoup apprécier Richard, n’est-ce pas ? »

Allan, un peu gêné : « Euh… Oui… Un peu. »

Robin : « Que serais-tu prêt à faire pour lui ? »

Allan, méfiant : « Pourquoi ? »

Robin : « Euh… Réponds à ma question d’abord. »

Allan : « Ben j’en sais rien moi mais… [Très sérieux] Tout ce qu’il faudra pour le retrouver ! »

Robin : « Vraiment tout ? »

Allan : « Oui… Mais tu m’inquiètes un peu là… Qu’est-ce que tu veux que je fasse ? »

Robin : « J’ai effectivement une idée qui me trotte dans la tête depuis un petit moment mais… »

Allan, plein d’espoir : « Mais quoi ? »

Robin : « C’est très dangereux. »

Allan : « Oui, comme d’habitude ! »

Robin : « Non. Cette fois, c’est différent. »

Allan, intrigué : «Ah oui ? Et en quoi ? »

Robin : « ça sera surtout très dangereux pour toi… Mais tu es le seul qui puisse le faire. »

Allan, intrigué et inquiet : « Dangereux pour moi ?… Et je suis le seul à pouvoir le faire ? »

Robin, le regardant sérieusement : « Oui. » 

Allan : « Qu’est-ce que c’est ? »

Robin expira profondément puis : « Nous savons que Richard n’est pas dans les cachots… Il faut donc vérifier tout le château… »

Allan : « Oui, c’est pourquoi nous sommes en route pour Knighton… pour demander à Marianne de nous aider. »

Robin : « Mais Marianne n’habite pas le château alors que toi… »

Robin lui laissa le temps de comprendre le sous-entendu mais Allan ne sembla pas savoir où il voulait en venir.

Allan : « Oui et alors ?... Moi, non plus ! »

Robin : « Mais… Mais tu y as déjà habité et donc… tu pourrais… »

Il ne termina pas sa phrase et se contenta de regarder Allan droit dans les yeux. Soudain, son compagnon comprit le sous-entendu.

Allan, les yeux horrifiés : « QUOI ?... Tu ne veux tout de même pas que je… que je… »

Etranglé par l’émotion, Allan n’arriva pas à finir sa phrase.

Robin : « Allan ! Tu es le seul qui puisse le faire. »

Allan, énervé : « Non mais tu te rends compte de ce que tu me demandes ? »

Robin, calmement : « Oui, très bien. »

Allan, faisant les cents pas : « Après tout le mal que je me suis donné pour revenir dans la bande… [Il soupira]… Tu veux que je retourne auprès de Gisborne ? »

Robin : « Oui mais juste le temps de retrouver Richard. »

Allan, s’arrêtant face à Robin : « Mais d’abord ça ne marchera jamais !... Je te rappelle que Gisborne a failli me tuer à Maidstone ! »

Robin : « Je sais mais j’ai pensé à un petit stratagème pour qu’il te reprenne. »

Allan : « Ah parce que tu as déjà tout prévu ? »

Robin : « Non pas tout… Il me manquait ton approbation. »

Allan, se remettant à faire les cents pas : « Non… Non, je ne peux pas… Je regrette mais je ne veux pas passer encore … pour un traître. »

Robin : « Ce n’est pas ce que je te demande ! »

Allan, mécontent : « Si, Robin ! Si, c’est ce que tu me demandes ! »

Robin : « Non… Je te demande simplement de m’aider à sauver l’héritier du trône d’Angleterre. »

Allan, grimaçant : « Oh alors là c’est… »

Robin, le coupant : « Ton devoir… Il faut savoir parfois faire des sacrifices ! »

Allan : « Ben voyons… Parce que ‟être un traître″, c’est accomplir son devoir ?... Ben dans ce cas, je l’ai déjà fait au moins une fois ! »

Robin attendit qu’Allan se calme.

« C’est même toi qui m’en a donné l’idée ! »
« Bien sûr… Et comme il te fallait un traître, tu t’es dit  :   C’est facile j’en ai déjà un sous la main ! »

Robin : « Ce n’est pas vrai… Il ne faut pas que tu voies les choses comme ça ! »

Allan : « Et comment veux-tu que je les voie, hein ? »

Robin : « Comme une marque de confiance ! »

Touché par les propos de Robin, Allan arrêta de faire les cents pas.

Allan : « Une marque de confiance ? »

Robin : « Oui. Parfaitement. Quand nous sommes revenus de Manchester, tu as dit que le shérif nous avait espionnés et que c’est pour ça que nous étions arrivés en retard par deux fois… Alors je me suis dit qu’il fallait qu’on ait nous aussi un espion au château… »

Allan, levant les bras au ciel : « Et évidemment, t’as tout de suite pensé au bon vieux Allan. »

Robin : «… Non pas du tout. J’ai pensé que comme tu avais déjà été au service de Gisborne, il serait donc plus facile de t’y faire entrer une nouvelle fois plutôt que d’y envoyer un autre de nos compagnons. »

Allan, peu convaincu : « Ah ! »

Robin : « Oui et comme j’ai une grande confiance en toi, je te le demande en ami. Tu crois que je te l’aurais proposé sinon ? Je sais que ça te sera pénible mais je n’ai pas d’autres solutions pour retrouver Richard. »

Allan, mal à l’aise : « Et… Euh… les autres ?... Ils le sauront que… Je vais… faire ça ? »

Robin : « Pour garantir le succès de l’opération, il vaut mieux que je sois le seul au courant. »

Allan, souffla puis réticent : « Les autres me prendront pour un traître, alors ? »

Robin : « C’est le but, non ? »

Allan : « Et si jamais, il t’arrivait quelque chose, hein ?... Moi, je resterais coincé au château ! »

Robin : « Mais il ne m’arrivera rien… Et puis c’est l’affaire que de quelques jours… Tu retrouves Richard et hop tu reviens au camp aussitôt ! »

Allan, de moins en moins réticent mais inquiet : « Ben ouais, c’est du gâteau ! »

Robin : « Je resterai en contact avec toi… On se retrouvera à l’auberge Trip Inn… [En souriant]… Tu te souviens de l’auberge ? »

Le visage fermé, Allan le regarda droit dans les yeux. Apparemment, il n’était pas d’humeur à la plaisanterie.

Robin, redevenant sérieux et mettant sa main sur l’épaule d’Allan : « Ecoute, je ne te demande pas de réponse tout de suite… Penses-y et quand tu te seras décidé… Fais-le-moi savoir… Mais je pense sincèrement que c’est notre seule chance de retrouver Richard. »

Allan, résigné : « Entendu… J’y réfléchirai. »

Souriant, Robin lui tapota l’épaule pour lui remonter le moral puis il l’entraîna à sa suite sur la route menant à Knighton.

*******


byoann  (25.01.2016 à 08:45)

Will à Allan : « Et tu as accepté finalement ! »

Allan : « Oui mais ce n’était pas de gaieté de cœur. Vous pouvez me croire !... Je n’étais pas ravi de devoir endosser à nouveau ce costume. »

Petit Jean, froidement : « Nous non plus ! »

Djaq à Allan : « Et qu’est-ce qui a fait que tu as accepté ? »

Allan, regardant Richard : « Mon ami avait besoin de moi… Et devant la peine qu’avait éprouvée Adrien lorsqu’il sut pour son frère, je me suis dit qu’il fallait que je tente quelque chose. Comme je n’ai pas pu sauver mon propre frère des mains du shérif, je me devais de sauver le frère d’Adrien ! Je ne voulais pas qu’il vive ce que j’ai vécu ! »

*******

Deux mois plus tôt, à l’intérieur de l’église de Locksley…

Allan : « … Hé… Ecoute-moi… Robin est convaincu qu’il est vivant et moi aussi. Tu entends ?... »

Adrien hocha de la tête.

Allan, poursuivant lentement en insistant sur chaque mot : «… Ton frère est vivant !... Et nous avons un plan pour le retrouver et le libérer… Et toute la bande va s’y mettre… Seulement, ça risque de prendre un peu de temps mais je te promets qu’on va tout mettre en œuvre pour te ramener ton frère… Tu me peux me faire confiance… A moi et à toute l’équipe, bien sûr… Même Much va arrêter de manger jusqu’à ce que ton frère soit libéré ! »

Adrien esquissa un sourire devant la plaisanterie d’Allan.

Allan : « T’as confiance en nous ? »

Adrien, timide et retenant ses larmes : « Oui. »

Allan : « J’ai pas entendu ! J’ai dit : Est-ce que t’as confiance en nous ? »

Adrien, plus fort : « Oui ! »

Allan : « Alors on y arrivera ! On te ramènera ton frère, je te le promets. »

Adrien se jeta dans les bras d’Allan en essayant de retenir ses larmes.

Allan, perdu dans ses pensées : « Je te jure qu’on y arrivera… Je te jure que je ferai tout ce qu’il faut pour te ramener ton frère… »

Adrien, reprenant espoir : « Merci, Allan. »

Allan, ne paraissant plus l’écouter mais le serrant toujours très fort contre lui : «… tout ce qu’il faut… Absolument tout ! Même si je dois, une nouvelle fois, vendre mon âme au diable ! »

Un peu plus tard, à l’extérieur de l’église de Locksley…

Robin, saluant Tuck : « Frère Tuck ! »

Tuck : « Robin… Bonne chance ! » 

Allan, saluant de la tête la jeune femme : « Lady Marianne. »

Marianne : « Allan… Et puis ne t’en fais pas. Je suis certaine qu’Annie est en ce moment même sur le chemin du retour. »

Allan, forçant un sourire : « Oui, je l’espère. »

Les deux hors-la-loi quittèrent Locksley et se dirigèrent vers leur campement. Mais à peine avait-il quitté le village qu’Allan arrêta Robin.

Allan, prenant Robin par le bras : « C’est d’accord ! »

Robin, se tournant vers lui : « Tu en es sûr ? »

Allan : « Certain ! »

Robin : « Mais tu devais prendre le temps d’y réfléchir ? »

Allan : « Mais j’ai eu tout le temps d’y réfléchir lorsque j’étais avec Adrien. Lorsque je l’ai vu effondré, pleurant la disparition de son frère. Ça m’a rappelé… »

Etranglé par l’émotion, il s’arrêta quelques instants. Robin ne le pressa pas.

Allan : «… Ça m’a rappelé la mort de mon frère… Et… je … Je n’avais rien pu faire à l’époque pour empêcher ça… Alors que là… Je peux… Je peux rendre son frère à Adrien… Je dois le faire… Ne me demande pas pourquoi mais je dois le faire… Je leur ai fait une promesse… Que s’ils avaient besoin de moi, je répondrai présent…Et c’est le cas. Ils ont besoin de moi !... Et je compte bien tenir ma promesse. »

Robin, impressionné par son éloquence : « Très bien… Dans ce cas, il faut te faire rentrer dans les bonnes grâces de Gisborne. »

Allan : « Oui mais comment ? »

Robin, mettant son bras sur les épaules d’Allan et l’entraînant dans la forêt : « Voilà à quoi j’ai pensé… Il faut amener Gisborne à te demander de l’aider... »

*******

Will : « Alors ton idée te capturer le shérif… »

Robin : « C’était juste un moyen pour qu’Allan entre en contact avec Gisborne. »

Much : « Je le savais ! »

Petit Jean le regarda en grognant.

Much : « Je le savais… Je savais que cette idée de capturer le shérif ne tenait pas debout ! »

Robin : « Toujours est-il que ça a marché… »

*******

Deux mois plus tôt, juste après l’embuscade ratée pour capturer le shérif…

Alors que Robin, Petit Jean, Will, Andrew et Carter s’étaient lancés à la poursuite du shérif, Gisborne avait réussi à s’enfuir dans la forêt. Blessé à l’épaule gauche, le bras droit du shérif, courait péniblement à travers le sous-bois essayant de distancer le plus possible Djaq, Much et Allan qui ratissaient déjà la zone à sa recherche. Mais il ne savait pas très bien s’orienter dans ses bois à l’inverse de Robin et de ses compagnons. Croyant entendre ses poursuivants, Gisborne accéléra le pas. Malheureusement, il ne regarda pas où il mettait ses pieds et ne vit pas à temps la ravine qui s’ouvrait devant lui. Il bascula dans le vide. Son épaule blessée heurta violemment le sol lors des nombreuses roulades qu’il fit jusqu’en bas. Encore conscient mais terriblement meurtri, il tenta de se relever mais en vain. Sa cheville droite le fit souffrir terriblement. Il se traîna jusqu’à un arbre au pied de l’escarpement. Il fit le point sur sa situation. Son épaule gauche le faisait terriblement souffrir, sa cheville droite était certainement cassée, de son front coulait du sang et pour finir, il avait de multiples ecchymoses sur tout le corps. Essoufflé, il posa sa tête en arrière et ferma les yeux pour reprendre un peu ses esprits. Quand soudain, il entendit des voix provenant du haut de la ravine.

Gisborne, regardant partout autour de lui : « Mon épée !... Mon épée… Où est mon épée ? »

Mais il ne la trouva nulle part. Elle lui avait échappé des mains lors de sa chute. Il tenta alors de se cacher derrière l’arbre auquel il était appuyé.

Much, au loin à Allan : « Tu vois quelque chose de ton côté ? »

Allan se trouvait au bord de la ravine et vit les jambes de Gisborne qui dépassait de l’arbre. Il descendit la pente avec beaucoup de précaution puis marcha lentement l’épée à la main vers Gisborne. De son côté, celui-ci se sentit pris au piège. Le souffle court, il se prépara à mourir. L’épée prête à servir, Allan se posta prestement devant lui. Il découvrit un Gisborne en piteux état : Il respirait avec beaucoup de difficulté, du sang coulait de son front et de sa blessure à l’épaule gauche.

Gisborne, fier : « Si tu veux me tuer, fais-le tout de suite ! »

Allan le regarda sans répondre.

Gisborne : « Eh bien qu’est-ce que t’attends ?... Je parie que tu en meures d’envie ? »

Allan, froidement : « Pourquoi ça ? »

Gisborne, respirant avec difficulté : « Tu ne veux pas te venger après ce qui s’est passé à Maidstone ? »

Allan : « Non ! »

Gisborne, surpris : « Non ? »

Allan : « Non !... Ça vous étonne, n’est-ce pas ? »

Gisborne : « Je dois dire que oui… Cela ne te ressemble pas. »

Allan ne le prit pas très bien mais ne le montra pas.

Gisborne, respirant fortement : « Ecoute… Je te promets un coffre rempli d’or si tu me sors de là ! »

Alla, secouant la tête : « Guy. Guy. Guy... Nous avons pourtant déjà eu cette conversation et je n’ai pas… »

Gisborne, le coupant : « Deux coffres !… Je te connais, Allan… Je sais que tu aimes l’argent… Tu pourras en faire ce que tu veux… Tu pourras… [Grimaçant de douleur] le donner aux pauvres si cela te chante ou bien… [Levant les yeux vers lui] le garder pour toi. »

Comme Allan ne répondit pas, Gisborne supposa qu’il avait encore une chance de le convaincre.

Gisborne : « Ecoute… Je sais que tu sais que nous avons le fils du roi… »

Allan : « Richard ? »

Gisborne : « Oui. »

Allan, masquant son soulagement : « Il est toujours en vie ? »

Gisborne, changeant de position en grimaçant : « Oui… Le shérif veut le garder en vie pour le moment… [Levant les yeux sur Allan] Nous avons toutes les chances de l’emporter… Même si l’opération Shah mat échoue, le Prince Jean a la possibilité d’obliger le Roi Richard a abdiqué en sa faveur en échange de la vie de son fils… Si le roi meurt, le Prince Jean s’assura de monter sur le trône grâce au jeune Richard. Avec lui à ses côtés, le prince s’assurera la loyauté des seigneurs les plus récalcitrants. Donc dans tous les cas, le Prince Jean a gagné… »

Allan, hésitant : « Mais ce n’est pas certain ! »

Gisborne, respirant avec difficulté : «… Et tu sais qu’il vaut mieux être du côté des vainqueurs, Allan. »

Allan garda le silence.

Gisborne : « Réfléchis bien… Pense à ton avenir… Si tu m’aides à me sortir de là, je peux te garantir que ton avenir est assuré. »

Allan, hésitant : « Et comment ? »

Gisborne : « Exactement comme lorsque tu travaillais pour moi. »

Allan : « Non… Je suis avec Robin maintenant et je ne peux pas… »

Gisborne, le coupant et grimaçant : « Robin c’est du passé, Allan… Moi, je suis ton avenir… grâce au jeune Richard. »

Allan, dans sa tête : « Richard ! »

Gisborne, combattant la douleur : « Réfléchissez bien… Messire Allan de Dale ! »

Après un bref sourire, Allan, se laissant convaincre : « Et pour le shérif ?... Je ne crois pas qu’il sera content de me revoir ! »

Gisborne : « Ne t’en fais pas pour lui, je m’en occuperai… Par ailleurs, si tu me sauves la vie, tu lui prouveras ta loyauté. »

Allan hésita toujours. Mais la voix de Robin raisonna dans son esprit et lui rappela qu’il devait à tout prix sauver son ami Richard. Soudain la voix de Much le sortit de sa réflexion.

Much, en haut de la ravine : « Alors ?... Tu as vu quelque chose ? »


byoann  (28.01.2016 à 09:25)

Gisborne, mort de peur, regarda Allan en retenant sa respiration et en se collant contre l’arbre. Sans réfléchir, Allan vint cacher Gisborne en s’appuyant contre le végétal.

Allan : « Quoi ? »

Much : « J’ai dit tu as trouvé quelque chose ? »

Allan regarda Gisborne. Suspendu à ses lèvres, celui-ci le fixa anxieusement.

Allan, reportant son attention sur Much : « Non, j’ai rien vu… Il n’est pas passé par ici ! »

Gisborne poussa un soupir de soulagement malgré la douleur que cela lui causa.

Much : « Dans ce cas, je vais chercher du côté de Djaq ! »

Allan : « Entendu… J’arrive ! »

Much se retira.

Gisborne : « Alors ça veut dire que tu vas m’aider ? »

Allan : « Oui… Où est votre cheval ? »

Gisborne : « Je l’ai laissé là où vous nous avez attaqué. »

Allan : « Très bien… Restez ici. Je vais aller le chercher. Ce n’est pas très loin, vous avez tourné en rond. »

Gisborne, se détendant : « Tous ces arbres se ressemblent ! »

Allan : « Je reviens. »

Quelques minutes plus tard, il revint avec un cheval.

Allan : « Je n’ai trouvé que celui-là. »

Effrayé par des bruits aux alentours, le cheval émit un hennissement.    

Allan : « Ho… Du calme… Tout doux… Tout doux. »

Gisborne : « Qu’est-ce qu’il a ? »

Allan, inquiet et regardant tout autour de lui : « Je ne sais pas… Peut-être un cerf ou un sanglier. »

Gisborne : « Ou un de tes compagnons ! »

Allan, regardant Gisborne : « Ex-compagnons. »

Gisborne fit un sourire en coin. Allan l’aida à se mettre debout. Soudain, ils entendirent la voix de ses compagnons qui l’appelaient.

Les hors-la-loi : « Allan ?... Allan ?... Allan ? »

Allan : « Vite dépêchons-nous ! »

Les hors-la-loi arrivèrent tous au bord de la ravine et ce qu’ils virent les estomaqua.

Much, figé sur place : « C’est pas possible ! »

Djaq, n’arrivant pas à le croire : « Oh non ! »

Will, secouant négativement la tête : « Je n’arrive pas à le croire ! »

Petit Jean, en colère : « SALE TRAITRE ! »

 

 

 

 

 

Robin, Carter et Andrew restèrent bouche bée. Au pied de l’escarpement, ils virent Allan aider Gisborne à monter sur un cheval. Lorsqu’il entendit la voix de Petit Jean, Allan se retourna. Il regarda ses compagnons consternés de le voir agir ainsi. Cela lui brisa le cœur. Mais il avait pris sa décision. Il devait sauver Gisborne. Il fixa longuement Robin qui le fusilla du regard puis il reporta son attention sur Gisborne. Celui-ci avait réussi à grimper sur le cheval. Il se couchait de douleur sur l’encolure. Allan monta à l’arrière. Puis après un dernier regard à ses compagnons, il donna un coup de talon à l’animal qui partit au galop.

*******

Robin : « Et puis vous connaissez la suite ! »

Much : « Oh je n’arrive pas à le croire ! »

Will : « Moi non plus ! »

Djaq : « Alors vous nous avez joué la comédie ?... Vos querelles tout ça… »

Robin : « Il fallait que vous croyiez qu’Allan et moi avions une telle divergence de point de vue que cela l’avait incité à nous quitter. »

Much : « Ouais mais quand même… C’est pas correct de ne pas nous l’avoir dit ! »

Robin : « Il le fallait, Much… Vous auriez certainement mal réagi si jamais vous vous étiez retrouvé face à Allan pendant sa mission et vous l’auriez peut-être mis en danger… Nous ne pouvions pas prendre ce risque…. [Se tournant vers Petit Jean] Allan n’est pas un traître, Jean ! »

Petit Jean : « Ouais… C’est ce que je vois… [Se tournant vers Allan] Excuse-moi. »

Allan : « C’est pas grave… En tout cas, je constate que vous n’avez pas été très surpris de me voir retourner auprès Gisborne. »

Robin : « Oh Allan ! »

Djaq : « Moi, j’ai été très surprise. »

Allan : « Ah quand même… Je te remercie, Djaq. »

Richard, ayant terminé son repas : « En tout cas, merci à tous… Merci de m’avoir sauvé la vie… Merci Robin d’y avoir toujours cru. »

Robin : « Il n’y a pas de quoi. »

Will à Allan : « Mais comment l’as-tu retrouvé ? »

Allan : « Oh ça n’a pas été facile, tu me peux me croire ! »

Djaq à Richard : « Tu sais où est-ce que tu as été emprisonné ? »

Richard, posant son plateau sur le sol : « Non. Après que Gisborne m’ait fait arrêter sur la place du marché, les soldats m’ont emmené dans les cachots. Ils m’ont attaché à la grille d’une cellule puis le shérif est venu. »

Much : « Est-ce qu’il t’a torturé ? »

Richard : « Non… Il m’a simplement regardé puis il est reparti. »

Robin : « Il a juste voulu vérifier que tu étais bien le prince. »

Richard : « Ensuite, on m’a bandé les yeux puis on m’a conduit dans une grande salle sombre et humide. »

Will : « Tu n’as pas quitté le château ? »

Richard : « Euh… Je ne saurais le dire. Tout ce que je me rappelle c’est d’avoir marché pendant un bout de temps et puis quand on m’a enlevé le bandeau, on m’a attaché avec des chaînes contre un des piliers d’une grande salle. Il faisait froid… »

Much : « Froid ?... Par cette chaleur ! »

Richard, se défendant : « Je n’avais rien sur le dos et… Oui, il faisait froid et surtout très humide… Ensuite, ils m’ont laissé tout seul. »

Djaq : « Il n’y avait personne pour te surveiller ? »

Richard : « Non, personne… En fait, ils ne venaient qu’une fois par jour pour me donner à manger. Le reste du temps je restais tout seul dans le noir attaché au pilier. »

Les hors-la-loi demeurèrent silencieux. Ils essayèrent d’imaginer ce qu’avait bien pu vivre le jeune homme.

Richard, souriant : « Mais je suis de nouveau libre grâce à mes amis. »

Will à Allan : « C’est Gisborne qui t’a révélé l’endroit où Richard avait été emmené ? »

Allan, secouant la tête : « Non, j’ai dû le découvrir par moi-même c’est pourquoi j’ai mis un petit peu de temps. J’ai dû d’abord attendre que Gisborne se remette de la blessure causée par Robin… »


byoann  (28.01.2016 à 09:30)

CHAPITRE XVII

« RETROUVEZ-MOI CE GAMIN ET VITE ! »

eux mois plus tôt…

 

Dans la chambre de Gisborne…

Allan, voulant changer de sujet : « J’ai pris de gros risques en venant ici et j’espère que je n’aurai pas à le regretter. »

Gisborne : « J’en ai conscience et tu n’as rien à craindre de ma part… Tu m’as sauvé la vie et ça, je ne l’oublierai pas. »

Allan, inquiet : « Mais pour le shérif ?... Je doute qu’il apprécie mon retour auprès de vous. »

Grimaçant en essayant de se coucher, Gisborne : « Ne t’en fais pas. Je me charge de lui… Je lui expliquerai et il comprendra. »

Allan ne sembla pas aussi optimiste que Gisborne mais se retint de le lui signaler. Un serviteur entra dans la chambre.

Gisborne : « En attendant, va voir mes serviteurs. Ils te donneront des vêtements plus… conformes à ton nouveau statut. »

Allan, hochant la tête : « Entendu. »

Le serviteur : « Le médecin vient d’arriver, Monseigneur. »

Gisborne : « Faites-le monter. »

Allan : « Je vais le chercher. »

Allan et le serviteur descendirent.

Allan au médecin : « C’est en haut de l’escalier sur votre gauche. »

Le médecin, montant l’escalier : « Je vous remercie. »

Allan laissa le médecin aller seul au chevet de Gisborne. Il attendit dans la pièce principale en se demandant s’il ne ferait pas mieux de retourner auprès de ses compagnons. Soudain, Gisborne poussa un hurlement de douleur puis plus rien. Allan retint son souffle. Si jamais Gisborne venait à mourir, tous ses projets tombaient à l’eau.

Terrifié, Allan, dans sa tête : « Oh seigneur !... Pourvu qu’il s’en sorte ! »

Puis son regard se posa sur la cheminée où il vit le signe de Robin gravé sur son fronton.

Honteux, il baissa la tête et son regard se porta sur son insigne de hors-la-loi qui pendait toujours autour de son cou. Il le prit dans sa main puis se perdit dans ses pensés.

Un jeune serviteur, le sortant de sa rêverie : « Par ici, Messire.»

Il montra à Allan le chemin menant aux quartiers des serviteurs. Le hors-la-loi n’eut pas le courage de lui dire qu’il connaissait déjà les lieux. Il le suivit en silence. Le jeune serviteur l’emmena auprès des lavandières qui lui remirent un uniforme propre. Allan entra ensuite dans une petite pièce pour se changer. Il posa son nouvel uniforme sur un meuble.

Allan, soufflant : « Je ne pensais pas le remettre un jour ! »

Il commença à se dévêtir. Quand il retira sa tunique, son insigne vint lui frapper la poitrine. Il baissa la tête et le prit dans sa main.

Allan : « Toi… Tu ne me sers plus à rien. »

Il le retira de son cou et le posa sur le meuble puis il revêtit son uniforme noir. Il prit ensuite ses habits de hors-la-loi et les entassa dans un sac de jute. Son regard se porta alors sur son pendentif. Il baisa son insigne comme il en avait pris l’habitude depuis son retour dans la bande à chaque fois qu’il accomplissait une mission importante.

Allan : « Mais j’espère que ce sera seulement provisoire ! »

Il glissa ensuite l’insigne dans sa poche. Il ouvrit une petite fenêtre et fit glisser son sac à l’extérieur puis referma la fenêtre. Il quitta la pièce et rejoignit le hall d’entrée.

Allan à un serviteur : « Le médecin est toujours avec Messire Guy ? »

Le serviteur : « Oui, Messire. »

Allan : « Très bien… Si on a besoin de moi, je vais mettre le cheval à l’écurie. »

Le serviteur : « Très bien, Messire. »

Allan sortit du manoir mais au lieu de s’occuper du cheval qui attendait patiemment près de la porte, il fit le tour du manoir et ramassa le sac de jute qu’il avait fait glisser par la fenêtre puis il revint avec près du cheval.

Allan, prenant les rênes : « Allez viens par-là, mon beau ! »

Il prit alors le chemin de l’écurie.

Deux heures plus tard, dans le hall du manoir de Locksley…

Le médecin était toujours au chevet de Gisborne. Allan avait demandé à ce qu’on lui serve un repas dans le hall. Le jeune homme, revêtu de son uniforme noir, finissait justement de déjeuner lorsque le médecin descendit l’escalier.

Allan, se relevant de table : « Alors comment va-t-il ? »

Le médecin : « Il va bien… Je lui ai retiré la flèche de son épaule et recousu la plaie… Pour l’instant, il dort… Mais je ne m’en fais pas trop pour lui, c’est un solide gaillard… S’il n’y a pas d’infection, d’ici deux jours, il devrait pouvoir sortir de son lit mais en attendant interdiction formelle de quitter la chambre… Je repasserai demain pour voir comment il va. »

Allan : « Très bien, docteur. Venez… Je vous raccompagne. »

Il le reconduisit jusqu’à sa voiture.

Allan, saluant le médecin : « Merci, docteur. »

Le médecin : « A demain ! »

Il grimpa dans sa voiture et fouetta son cheval. Allan le regarda partir.

Allan : « Si Djaq avait été là, elle l’aurait remis sur pied en moins deux ! »

Il sourit à sa remarque. Soudain, il réalisa qu’il n’était plus au campement mais au manoir de Locksley, chez Robin, et qu’il ne s’agissait pas de l’un de ses compagnons mais de Guy de Gisborne, bras droit du shérif. Mal à l’aise, il expira profondément puis il retourna à l’intérieur. Il se dirigea alors vers le quartier des serviteurs. Maintenant qu’il était revenu au service de Gisborne, il devait s’installer le plus confortablement possible en attendant le réveil de son maître. Il entra dans une petite pièce meublé uniquement d’un lit et d’une commode.

Allan, dans sa tête : « Si ça se trouve, c’est ici que Much avait ses quartiers ! »

Il se coucha sur le lit, croisa ses mains derrière la tête et réfléchit à sa situation.

Allan, se sentant un peu seul mais souriant : « Je me demande ce que sont entrain de faire les autres ? »

Puis il perdit le sourire à l’idée que ses amis le prenaient à nouveau pour un traître. Fatigué par cette journée riche en émotions, Allan se sentit de plus en plus las.

Allan, se laissant gagner par le sommeil : « Pour Richard… »

*******

Much, ironique : « J’espère que mon lit était confortable ! »

Robin, sur un ton de reproche : « Much ! »

Much : « Quoi ?... Je plaisantais évidemment. »

Djaq : « Tu n’as pas eu peur que Gisborne te… »

Allan : « Trahisse ? »

Elle hocha la tête.

Allan : « Si… Plusieurs fois même… D’ailleurs, je ne lui faisais pas confiance… »

Much : « C’est encore heureux ! »

Robin et Djaq lui décrochèrent un regard désapprobateur.

Allan : « Et il ne me faisait pas confiance, non plus. »

Djaq à Robin, les yeux chargés de reproche : « Cela aurait pu très mal finir. »

Robin baissa la tête en souriant devant l’inquiétude qu’éprouvait Djaq envers Allan ce qui le conforta dans l’idée d’avoir eu raison de garder cette opération secrète.

Robin, relevant la tête et sérieux : « Il est vrai que c’était une opération délicate mais j’ai gardé régulièrement le contact avec Allan. »

Will : « Vous vous êtes vus ? »

Much : « Mais quand ?... Et où ? »

Robin, souriant : « A plusieurs reprises… Je trouvais toujours une excuse pour m’absenter et je me rendais au rendez-vous qu’on avait fixé. »

Allan : « Ouais… On avait convenu que le premier contact aurait lieu le soir même du sauvetage de Gisborne dans les écuries de Locksley… »

*******

Deux mois plus tôt…

Les hors-la-loi finissaient leur repas et se préparèrent pour leur embuscade sur la route de Londres. Ils y passèrent tout l’après-midi. La pêche fut excellente ce qui remonta le moral de la troupe. En fin d’après-midi, la bande reprit la route vers le campement.

Robin : « Je vous laisse retourner au camp. Je file voir Marianne. »

Much : « Vous voulez que je vienne avec vous, maître ? »

Robin : « Non, c’est gentil, Much. Mais je préfère m’y rendre seul… D’ailleurs, tu as le dîner à préparer, non ? »

Much, se défendant : « Ah non ! C’est au tour de Will ! »

Robin sourit et s’éloigna en prenant la direction de Knighton.

Robin : « Je vous retrouve pour le dîner ! »


byoann  (01.02.2016 à 21:15)

Quelques instants plus tard…

En repartant de chez Marianne, Robin ne prit pas la direction de Nottingham pour aller retrouver Wayne comme il le lui avait dit. Il se dirigea plutôt vers Locksley. Il y arriva à la nuit tombante. Caché derrière une maison, il scruta le manoir de son enfance. Seulement un garde était en faction devant la porte. Il attendit quelques instants. Un homme sortit du manoir et se dirigea vers les écuries. Robin s’y dirigea également et y pénétra par l’entrée de derrière. Il attendit caché derrière des meules de foin. Tournant le dos à Robin, l’homme semblait attendre quelqu’un et paraissait nerveux. Le chef des hors-la-loi attendit qu’il se retourne pour s’assurer qu’il s’agissait bien de son rendez-vous. L’homme se retourna. Robin fut soulagé et, souriant, se présenta à lui.

Robin, tout bas : « Allan ! »

Allan, soulagé et sur le même ton : « Robin ! » 

Robin le prit dans ses bras et le serra contre lui.

Robin, le relâchant et sérieusement : « Alors comment ça se passe ? »

Allan : « Ben pour l’instant, tout va bien. Gisborne se repose… Tu l’as salement amoché. »

Robin : « Il a accepté que tu reviennes ? »

Allan : « Il semblerait oui… C’est même lui qui me l’a proposé ! »

Robin, souriant : « C’est signe qu’il te connaît bien ! »

Allan, mécontent : « Je ne trouve pas ça drôle ! »

Robin, redevenant sérieux : « Désolé… Quand crois-tu que Gisborne sera rétabli ? »

Allan : « Pas avant deux jours au moins. »

Robin : « Bien… Parce que je viens de voir Marianne… Et il y a un conseil des nobles demain et il serait bon que tu n’y sois pas ! »

Allan : « Pourquoi ? »

Robin : « Euh… Disons que Marianne ne te porte pas dans son cœur en ce moment ! »

Contrarié, Allan souffla bruyamment et baissa la tête.

Robin : « Mais t’en fais pas ! Tout ceci sera vite oublié quand Richard sera de nouveau parmi nous. »

Allan : « Et les autres ?... Comment ça se passe au campement ? »

Robin réfléchit un court instant afin de bien choisir ses mots pour ne pas peiner son ami.

Robin : « Euh… Ils… Ils sont sous le choc. »

Allan : « Ouais… Je parie qu’il veuille tous me tuer ! »

Robin, promptement et peu convaincant : « Nooooon ! »

Ne le croyant pas, Allan le regarda froidement.

Robin, gêné : « Pas tout le monde !... Seulement Petit Jean ! »

Allan : « Grrr… Je n’aime pas faire ça ! »

Robin : « Allan, je sais que je te mets dans une position inconfortable mais… »

Allan, l’interrompant : « Inconfortable ?... Mes meilleurs amis veuillent ma mort. Et tu te trouves ma position seulement inconfortable ?... Je me sens minable, oui ! »

Robin, sérieux : « Tu fais ton devoir… Pour le bien de l’Angleterre… Pour Richard ! »

Allan, relevant la tête : « Richard… Oui, c’est vrai… pour Richard… Et comment va Adrien ? »

Robin : « Il tient le coup. »

Allan : « Il sait pour euh… pour moi. »

Robin : « Non. J’ai demandé à ce qu’on ne le prévienne qu’après avoir retrouver son frère. »

Allan, expirant : « Si on le retrouve ! »

Robin : « Gisborne ne t’en a pas encore parlé ? »

Allan : « Non. »

Robin, pour lui-même : « C’est encore trop tôt ! »

Allan : « Mais je doute qu’il le fasse. Il m’a fait confiance uniquement pour que je lui sauve la vie mais rien ne me garantit qu’il continuera une fois rétabli. »

Robin : « Si jamais tu sens que tu es en danger, tu arrêtes la mission et tu reviens immédiatement au campement… même si tu n’as pas retrouvé Richard. »

Allan : « Je ne peux pas faire ça… Je dois d’abord le retrouver. »

Robin : « Ça ne rendra pas service à Richard si tu meurs ! »

Allan : « Euh oui… C’est pas faux ! »

Robin : « J’ai donné comme consigne à nos compagnons de surveiller Gisborne quand il sera rétabli… Essaie de voir à quel moment il s’absente quand tu n’es pas avec lui évidemment… On essayera de le suivre plus particulièrement à ce moment-là. »

Allan : « Entendu. »

Robin : « J’irai voir Wayne demain, il est trop tard, pour ce soir… Il pourra surveiller les nouveaux arrivants à Nottingham au cas où un messager du Prince Jean arriverait… Nous, nous surveillerons davantage la route de Londres, on ne sait jamais. »

Allan : « Bonne idée. »

Robin, tapant le bras d’Allan : « Bon… Je ne peux pas rester plus longtemps et toi non plus d’ailleurs sinon Gisborne va se demander ce qui peut bien te retenir aussi longtemps dans les écuries. »

Allan : « T’en fais pas pour ça. Il devrait dormir pendant un bout de temps. »

Robin le prit dans ses bras afin de le saluer.

Robin : « Fais bien attention à toi ! »

Allan : « T’en fais pas ! »

Robin, se défaisant de lui : « Tu me feras signe afin qu’on reprenne contact. »

Allan : « Entendu ! »

Allan donna une claque amicale dans le dos de Robin quand celui-ci passa la porte de derrière.

Allan : « Euh… Attends ! »

Robin se retourna et vit Allan aller au fond de l’écurie. Il revint avec un sac en jute. 

Allan, lui tendant le sac : « Tiens… Garde moi ça au chaud ! »

Robin ouvrit le sac et regarda à l’intérieur. Il releva la tête en souriant.

Allan, fouillant dans sa poche : « Et ça aussi. »

Il lui remit son insigne.

Allan : « Fais-y bien attention !... Je compte bien le récupérer ! »

Robin, souriant : « Je n’en doute pas ! »

Robin sortit de l’écurie. Allan resta à la porte et le regarda s’éloigner avec inquiétude. Pour la première fois depuis longtemps, il ne dormira pas au campement avec les autres hors-la-loi. Il expira profondément afin de se donner du courage puis referma la porte. Il retourna au manoir pendant que Robin filait vers la forêt. Rassuré de voir que tout allait bien pour son compagnon, le chef des hors-la-loi repartit confiant au campement.

*******

Pendant ce temps-là…

Alors que Robin racontait aux hors-la-loi comment il avait rencontré Allan au nez et à la barbe de Gisborne, dans les écuries de Locksley, le shérif, lui, discutait tranquillement avec Sir Jasper quand son bras droit déboula dans ses appartements.

Gisborne : « Monseigneur, il s’est échappé ! »

Le shérif, se relevant furieux : « Quoi ? Comment est-ce possible ?... Vous l’aviez pourtant solidement attaché ? »

Gisborne : « Oui, Monseigneur…. Quelqu’un a dû l’aider à s’enfuir. »

Le shérif : « Hein… Ce quelqu’un ne pourrait-il pas être votre petit protégé, hum ? »

Gisborne, baissant la tête : « C’est possible, en effet. »

Le shérif : « Je vous avais pourtant prévenu Gisborne mais non… Vous n’en avez fait qu’à votre tête comme d’habitude ! Et le résultat… UN FIASCO COMPLET ! »

Jasper, se relevant calmement : « Bien… Bien… Bien… Il fallait s’y attendre. »

Le shérif se tourna vers lui en le fusillant du regard.

Jasper : «… Vous avez une fois de plus montré votre incompétence, shérif. »

Le shérif : « Ce n’est pas ma faute !... Si je suis entouré d’incapables… [Se tournant vers Gisborne] MAIS QU’EST-CE QUE VOUS ATTENDEZ ?... RETROUVEZ-MOI CE GAMIN ET VITE ! »

Gisborne, se courbant : « Tout de suite, Monseigneur. »

Gisborne quitta rapidement la pièce.

Jasper : « Vous croyez sincèrement qu’il réussira à remettre la main dessus ?... S’il est aux mains de Robin des bois, celui-ci aura à cœur de le mettre en sécurité au fonds de sa tanière… que vous n’avez toujours pas découverte, n’est-ce pas ? »

Faisant fi de sa remarque cinglante, le shérif, peu sûr de lui : « J’ai tout confiance en Gisborne… Le gamin habitait l’orphelinat… Il voudra certainement revoir ses petits camarades avant de disparaître. »

Jasper, ramassant son manteau : « Je l’espère pour vous… Car sinon je serai contraint de retourner bredouille à Londres et cela risque de sonner le glas pour vous. »

Le shérif : « Retourner à Londres ? »

Ayant toujours en tête de faire venir le Prince Jean à Nottingham, le shérif avait oublié que Sir Jasper avait reçu des ordres contraires.

Jasper : « Oui. Rappelez-vous, shérif ! Le Prince Jean m’a demandé de lui ramener son cher neveu. »

Le shérif : « Oui, c’est vrai mais je le répète encore une fois, il serait plus prudent qu’il vienne lui-même le récupérer. »

Jasper : « Ce n’est pas ce qu’il a décidé… Bien… Je me retire dans mes appartements… Veuillez me faire prévenir dès que vous aurez récupéré le jeune prince… ou quand le dîner sera prêt ! »

Il sourit au shérif puis se retira. Le visage de ce dernier se ferma.

Le shérif : « S’il croit pouvoir avoir tous les honneurs de la capture du prince, il se trompe lourdement. Je ne me laisserai pas doubler par ce petit lèche-bottes princier. »

Le shérif quitta ses appartements et suivit Sir Jasper. Il trouva ce dernier en pleine discussion dans un des coins du hall avec un soldat de son escorte personnel. Le shérif se cacha dans l’ombre d’une colonne soutenant le plafond.

Le soldat de Sir Jasper : « Quand devons-nous partir pour Londres ? »
Jasper : « Dès que ces idiots auront mis la main sur le prince. »

 

 

 

 

 

Le soldat de Sir Jasper : « Nous devrions peut-être prévenir le Prince Jean que nous risquons d’avoir un petit contretemps. »

Jasper : « Impossible… J’ai déjà assuré à Son Altesse que le jeune prince était sous ma garde… [Soufflant bruyamment et contrarié]… C’est ma faute !... J’ai sous-estimé l’incompétence du shérif et de Gisborne ! »

Le soldat de Sir Jasper : « Et si le shérif de Nottingham l’informait de ce contretemps ? »

Jasper : « Ce n’est pas un souci… C’est moi qui suis en charge du courrier de Son Altesse et, en pendant mon absence, j’ai placé l’un de mes hommes à ce poste. J’ai donné l’ordre d’intercepter tout message relatif au jeune prince afin que le Prince Jean ne soit au courant de rien… Non, le plus important maintenant, c’est que ce shérif de malheur retrouve le jeune prince et, ensuite, je m’occuperai personnellement de lui. »

Le soldat de Sir Jasper : « Et son bras droit, Gisborne ? »

Jasper, souriant : « Ce n’est pas un problème… Rongé d’ambition comme il est, il ne verra pas d’inconvénient au changement que je compte apporter à la tête du comté de Nottingham. »

Les deux hommes rirent doucement afin de ne pas attirer l’attention puis ils se séparèrent. Le shérif, furieux, sortit de sa cachette puis se dirigea vers la galerie donnant sur la cour.

Se penchant à l’extérieur, le shérif, hurlant : « GISBORNE ! »


byoann  (01.02.2016 à 21:35)

Pendant ce temps…

Much : « Et le shérif n’a pas été furieux de te revoir ? »

Allan : « Oh si !... Et j’ai bien failli faire demi-tour mais Gisborne s’en est chargé… »

*******

Deux mois plus tôt …

Gisborne et Allan arrivèrent à cheval dans la cour du château. Ils mirent pied à terre. Allan remarqua tout de suite que le shérif se trouvait dans la galerie et celui-ci l’avait visiblement remarqué puisqu’il le dévisageait avec fureur.

Allan, s’approchant de Gisborne et regardant vers le shérif : « Je ne pense pas que ça soit une bonne idée. »

Gisborne, le bras en écharpe, regarda le shérif et constata qu’effectivement celui-ci n’appréciait pas le retour du hors-la-loi.

Gisborne : « Allons un peu de courage… A moins bien sûr que tu ne préfères retourner auprès des perdants. »

Allan, le regarda puis après un bref silence : « Qui ça ? »

Gisborne, souriant : « Reste ici… Je vais aller parler au shérif. »

Gisborne lui confia les rênes de son cheval et partit rejoindre le shérif dans la galerie.

 

Dans la galerie…

Le shérif, voyant arriver Gisborne et, pointant du doigt Allan en contrebas : « C’est une plaisanterie ? »

Gisborne, se croisant les bras : « Non, Monseigneur. »

Le shérif : « Qu’est-ce que ce serpent fait chez moi ? »

Gisborne : « Il m’a sauvé la vie, Monseigneur. »

Le shérif : « Ah tiens donc… Et pourquoi aurait-il fait ça ? »

Gisborne : « Parce qu’il sait où sont ses intérêts ! Ecoutez… Je connais Allan. Il veut simplement se faire une place au soleil. »

Le shérif : « Ah oui ? Et en Terre Sainte, il en avait du soleil et qu’a-t-il fait ? »

Gisborne, baissant la tête : « Il regrette ce qu’il a fait… Il a cru aux mensonges de Locksley mais il s’est très vite rendu compte qu’il avait plus à gagner à rester avec moi qu’avec lui. »

Le shérif, s’appuyant sur la bordure de pierre et regardant Allan : « Et vous vous n’êtes pas dit qu’il était simplement là parce que nous détenons le jeune prince ? »

Allan, en contrebas, détourna le regard lorsqu’il croisa celui du shérif. Mal à l’aise et très inquiet, il pria pour que Gisborne réussisse à le convaincre sinon il se balancerait au bout d’une corde d’ici quelques minutes.

Gisborne dut admettre qu’il y avait une petite possibilité de vérité dans la remarque du shérif.

Gisborne, embarrassé : « C’est possible… Mais je vous donne ma parole d’honneur que je ne le laisserai pas approcher du jeune prince. »

Le shérif : « Je n’aime pas du tout ça, Gisborne. »

Gisborne : « Je le mettrai à l’épreuve avant de lui redonner toute ma confiance mais en attendant il peut nous être très utile. »

Le shérif : « Et comment ? »

 

 

 

 

 

Gisborne : « Il pourrait nous permettre de prévoir les agissements de Robin. »

Le shérif, dubitatif : « Oui… S’il ne joue pas un double jeu. »

Gisborne : « Dans ce cas, nous serons très vite fixés et il mourra de ma main. »

Le shérif se retourna et dévisagea Gisborne sans répliquer. Il réfléchit à la situation.

Le shérif, passant près de Gisborne : « Soit ! Mais si jamais votre larbin me cause des ennuis, c’est vous que je tuerai de mes propres mains. »

Le shérif se retira dans ses appartements. Gisborne se courba sans répliquer. Il ferma les yeux et expira profondément.

Quand il vit le shérif s’éloigner, Allan se sentit soudainement soulagé. Gisborne lui fit signe de venir à lui.

Allan, souriant s’approchant de Gisborne : « Alors c’est arrangé ? »

Gisborne : « Oui mais tu vas devoir faire tes preuves. »

Allan, avec entrain : « Pas de problèmes. Qu’est-ce que je dois faire ? »

Gisborne : « Nous devons aller récolter les taxes demain à Locksley. »

Allan : « Entendu. »

*******


byoann  (04.02.2016 à 21:20)

Allan : «... Mais je suis resté quand même sur mes gardes car le shérif se méfiait toujours de moi. »

Much, souriant : « Il n’avait pas tort ! » 

Robin et Allan le regardèrent de travers.

Much : « Je plaisantais ! »

Allan : « ça ne m’a pas manqué ça ! »

Much : « Quoi donc ? »

Allan : « Ton humour désopilant. »

Djaq : « En tout cas, nous, tu nous as manqué. »

Allan : « Ah ! Je te remercie… Et vous me manquiez tous beaucoup même si je voyais régulièrement Robin. »

Will : « Et comment ça se passait ? »

Allan : « Je devais inscrire notre symbole sur l’un des poteaux de la boutique de Wayne. Ensuite celui-ci se chargeait de transmettre le message à Robin. »

Much : « Mais vous vous rencontriez où ? »

Robin : « On s’était mis d’accord pour se rencontrer aux heures de repas à l’auberge ‟Trip Inn″. »

Allan : « Oui. Si je désirais voir Robin à midi, je devais faire mon petit gribouillis dans la matinée. Si c’était l’après-midi, on se voyait le soir. »

Much : « Pas bête ! »

Souriant, Robin lui fit un clin d’œil.

Will : « Et vous vous êtes vu souvent ? »

Allan : « Deux ou trois fois par semaine… »

*******

Deux mois plus tôt…

Deux hommes s’étaient attablés au fond de l’auberge à côté de la porte de derrière. Il s’agit de Robin et d’Allan. Ils portent tous les deux un manteau à capuche. Ils conversèrent à voix basse en buvant un verre.

Allan : « Robin, ça fait une semaine que j’arpente le château en long, en large et en travers et rien. Une chose est sûre. Richard n’est pas là-bas. »

Robin : « Où peut-il être ? »

Allan : « Je ne sais pas… Et pour Gisborne ? »

Robin : « Nous le suivons mais ça ne donne rien. »

Allan : « Vous l’avez suivi en fin d’après-midi comme je vous l’avais dit ? »

Robin : « Non, on n’a pas pu. »

Allan, fronçant les sourcils : « Pourquoi ça ? »

Robin : « Parce qu’il n’a pas quitté le château… »

*******

Petit Jean : « Alors c’est à toi que nous devons d’avoir poireauté pendant des heures devant le château, des semaines durant, en espérant que Gisborne pointe le bout de son nez ? »

Allan, embarrassé : « Euh oui… Désolé. »

*******

Allan : « Quoi ? Pourtant il refuse que je l’accompagne. »

Robin : « Tu as essayé de le suivre ? »

Allan : « Impossible. Il m’ordonne toujours de rester manger avec les soldats. »

Robin : « Il doit rester au château. »

Allan : « Mais pour quoi faire ? »

Robin : « Pour Richard ! »

Allan : « Non. Je te dis qu’il n’est pas au château… J’ai fouillé partout. »

Robin : « Alors il est probablement caché dans une pièce secrète ou… un passage souterrain. »

Allan : « Oui… C’est plausible… Mais comment veux-tu que je le découvre ? »

Robin : « Je n’en sais rien mais tu vas devoir faire travailler tes méninges. »

Soudain des soldats entrèrent dans l’auberge.

Robin, dos au mur et faisant face à l’entrée : « Attention des gardes ! »

Allan, finissant son verre : « Passe par derrière… Je m’en charge. »

Il se leva et alla au devant des gardes. Il échangea quelques mots avec eux le temps que Robin quitte l’auberge par la porte de derrière.

Allan, voyant que Robin était parti : « Bon allez… On se retrouve au château, les gars. »

L’un des soldats : « Entendu. »

Allan, s’éloignant : « Hé !... Bois pas trop, tu es de garde ce soir ! »

Le soldat : « T’en fais pas ! »

Allan quitta l’auberge et retourna au château. Il se dépêcha d’aller aux cuisines où il devrait se trouver à cette heure-ci. Mais il faillit percuter Gisborne au détour d’un couloir. Allan remarqua tout de suite qu’il portait un plateau sur lequel on avait disposé une miche de pain, du fromage et une gourde.

Gisborne : « Mais qu’est-ce que tu fabriques ici ? »

Allan : « Euh… Je suis allé faire un tour. »

Gisborne : « Tu es sorti ?... Je t’avais demandé de m’attendre aux cuisines. »

Allan : « Justement j’y allais… Ecoutez, Guy… J’en ai marre de manger tout le temps aux cuisines alors je me suis dit : Si j’allais faire un petit tour à l’auberge, j’en profiterai non seulement pour faire un bon repas mais aussi pour exercer mes talents. »

Il exhiba sa bourse bien garnie. Se rappelant que c’était à l’auberge qu’il avait capturé Allan la première fois alors que celui-ci détroussait des clients, Gisborne se détendit.

Gisborne, souriant : « Toujours le même ! »

Allan : « Ben on se refait pas ! »

Gisborne, perdant le sourire : « Va m’attendre aux cuisines ! »

Allan, sérieusement : « Tout de suite. »

Allan s’exécuta sur le champ. Quand il fut certain qu’il lui avait obéit, Gisborne poursuivit sa route. Mais il se trompait. Intrigué par le plateau que Gisborne portait, Allan s’était simplement caché dans le couloir adjacent.

Allan, dans sa tête : « Mais où est-ce qu’il peut bien aller avec ce plateau ? »

Il suivit le plus discrètement possible Gisborne en se cachant dans tous les recoins du château.

Allan : « Mais où est-ce qu’il m’emmène ? »

Allan crut un instant que Gisborne l’avait découvert car celui-ci l’amena dans la grande salle. Gisborne referma la porte. Allan s’approcha prudemment et colla son oreille à la porte. Il n’entendit rien. Intrigué, il regarda tout autour de lui pour voir si des gens l’observaient puis il regarda par le trou de la serrure. Il eut juste le temps de voir Gisborne disparaître derrière le fauteuil du shérif au fond de la salle. Il patienta quelques minutes mais Gisborne ne réapparut pas.

Allan, surpris : « Mais où est-il passé ? »

Il se releva et expira profondément. Il ouvrit doucement la porte et entra à l’intérieur.

Allan, prudemment : « Guy ? »

Cherchant une explication à sa présence en ces lieux au cas où Gisborne le surprendrait, Allan continua d’avancer.

Allan : « Guy ? »

Il regarda tout autour de lui mais personne ne répondit. Il fit le tour de l’estrade où se tenait le fauteuil du shérif et passa derrière s’attendant à le trouver prêt à lui sauter dessus.

Mais il n’y avait personne ! L’endroit était désert.

Gisborne avait disparu. Intrigué, Allan retourna discrètement aux cuisines et se fondit dans la foule des soldats qui prenaient leur repas du soir.


byoann  (04.02.2016 à 21:30)

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