HypnoFanfics

A la recherche du Prince

Série : Robin Hood
Création : 12.10.2015 à 09h10
Auteur : byoann 
Statut : Terminée

« Il s’agit de la suite de l’épisode « Face à son passé ». Cet EV comporte 26 chapitres. J’écris seul merci. »

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CHAPITRE XVIII

« TUEZ CET HOMME ! »

eux mois plus tard…

 

Le shérif, nerveux, s’activait dans tous les sens.

Le shérif : « GISBORNE ! »

Il arpenta la galerie et scruta la cour du château.

Le shérif, dans sa tête : « Je dois absolument faire quelque chose pour Sir Jasper si je ne veux pas qu’il s’occupe de moi en premier. Mais bon sang... Où est Gisborne ?... [Hurlant] GISBORNE ! »

Une voix masculine derrière lui : « Mais il doit être toujours à la recherche de qui vous savez ! »

Le shérif, se retournant vivement et forçant un sourire : « Hum… Oui certainement. »

Il se retrouva face à Sir Jasper qui se nettoyait les ongles à l’aide d’un poignard et il était accompagné de son bras droit.

Jasper, s’approchant : « Vous paraissez bien nerveux, shérif ? »

Le shérif remarqua immédiatement le poignard et, de plus en plus inquiet, il recula jusqu’au muret de la galerie.

Jasper : « Est-ce moi qui vous rend nerveux ? »

Le shérif : « Non… Hein. Hein. Quelle idée ! Nous travaillons tous les deux pour la même cause. Je ne vois pas en quoi vous pourriez me rendre nerveux. »

Le shérif regarda furtivement par-dessus le mur séparant la galerie de la cour et évalua la hauteur à laquelle il se trouvait.

Jasper, jouant avec son poignard : « A propos, j’ai bien réfléchi à votre idée de faire venir le Prince Jean ici à Nottingham et je la trouve finalement excellente… »

Le shérif, très méfiant et avec un sourire forcé : « J’en suis ravi. »

Jasper : «… Je compte l’adopter… D’ailleurs, j’en ai déjà avisé le Prince Jean… seulement… »

Le shérif : « Seulement ? »

Jasper : «… Je vais y ajouter un nouvel élément… ou plutôt devrais-je dire y soustraire un nouvel élément ! »

Le shérif : « Lequel ? »

Jasper, regardant froidement le shérif : « Vous ! »

Le shérif perdit son sourire.

Jasper : « Après mûres réflexions, je me suis aperçu que vous ne m’êtes d’aucune utilité. Quand Gisborne aura retrouvé le jeune prince, je ferai venir le Prince Jean ici et il me récompensera d’avoir retrouvé son neveu. »

Le shérif, se défendant : « Mais c’est le Prince Jean qui m’a nommé à ce poste ! »

Jasper : « S’il est vrai qu’il vous a nommé à ce poste, il a bien dû se rendre compte à présent, à la lumière de vos perpétuels échecs, qu’il lui faut un homme plus digne de confiance et plus compétent que vous à la tête de ce comté et, un homme qui sera faire face à ses obligations pour mener à bien l’opération Shah Mat… »

Sir Jasper s’approcha lentement du shérif.

Jasper : «… Donc quand il viendra, il me récompensera de lui avoir d’une part ramené son neveu et d’autre part… de l’avoir débarrassé d’un encombrant shérif ! »

Soudain, Sir Jasper chargea le shérif. Mais celui-ci, anticipant son geste, réussit à éviter son poignard et poussa violement Jasper contre son bras droit. Les deux hommes tombèrent à terre. Le shérif en profita pour sauter par-dessus le mur. Il se fit mal à la cheville quand il retomba dans la cour. Il roula à terre. Devant sauver sa vie, il se remit debout aussitôt. Un garde qui patrouillait dans la cour crut que le shérif était tombé par accident et s’empressa de l’aider à se relever.

Le shérif : « POUSSE-TOI DE LÀ, IMBECILE ! »

Il vit Sir Jasper se pencher dans la cour à sa recherche. D’un geste rapide, il s’empara de l’épée du soldat, repoussa ce dernier et se dirigea vers les portes du château.

Jasper, le montrant du doigt : « TUEZ CET HOMME ! »

Les archers sur les remparts se regardèrent en se demandant ce qu’ils devaient faire. Les soldats dans la cour firent de même. Pendant ce temps, le shérif continuait d’avancer péniblement. Les gardes de la porte vinrent au devant du shérif renégat.

Le shérif : « JE SUIS LE SHERIF DE NOTTINGHAM !... VOTRE SEIGNEUR ET MAITRE ! DEPOSEZ LES ARMES ET ECARTEZ-VOUS ! »

Les soldats lui obéirent et s’écartèrent de lui.

Furieux, Sir Jasper : « C’EST MOI VOTRE MAITRE A PRESENT !... JE SUIS L’ENVOYE DU PRINCE JEAN !... TUEZ CET HOMME… C’EST UN ORDRE ! »

Les archers furent les premiers à réagir. Mais fort heureusement, ils n’avaient pas l’adresse de Robin des bois et lorsqu’ils tirèrent sur le shérif, celui-ci avait déjà atteint les portes du château. Les flèches se plantèrent dans les panneaux de la porte mais aucune n’atteignit le fuyard.

Le shérif, marchant dans la ville parmi la foule : « C’est bien la première fois que je suis ravi d’être entouré d’incapables ! »

Sir Jasper aux soldats : « MAIS QU’EST-CE QUE VOUS ATTENDEZ ?... RATTRAPEZ-LE ! »

Les soldats dans la cour se ressaisirent et coururent rattraper leur ancien maître. Mais le shérif s’était déjà fondu dans la foule. Voyant arrivé les gardes, il passa derrière un rideau d’une échoppe et se cacha de la patrouille. A l’abri derrière la tenture, il scruta la rue pour vérifier qu’il n’y avait plus personne et vit un mendiant de l’autre côté de la ruelle. Il sortit prudemment et parlementa avec le vieil homme. Il réussit à le convaincre de lui échanger ses vêtements contre les siens avec en prime deux pièces d’or. Le shérif prit le vieil homme par le bras et l’entraîna derrière le rideau. Lorsque celui-ci s’ouvrit à nouveau, un mendiant boiteux en sortit et fila immédiatement en direction de la sortie de la ville.

Malheureusement, sur ordre de Sir Jasper, les soldats inspectaient chaque personne sortant de la ville.

Le shérif, caché contre le mur d’une maison : « Décidément le lèche-botte princier est prêt à tout pour m’avoir. »

Son regard s’arrêta sur les excréments qu’un cheval avait laissés sur la route. Le shérif se mit à sourire. Il déchira le bas de sa tunique et se cacha un œil. Il s’approcha des excréments et se laissa tomber dedans. Il se releva et rejoignit la foule qui sortait de la ville.

Incommodé par l’odeur, la population le laissa passer devant eux. Il se présenta devant le soldat.

Le soldat, se bouchant le nez : « Oh quelle puanteur ! »

Le shérif, déguisant sa voix et s’approchant du soldat : « Je désire me rendre à la rivière pour prendre un bain, Messire. »

Le soldat, le repoussant et secouant la tête : « Oh ! Ça s’rait pas du luxe !... Tu pues !... Allez va-t’en ! »

Un autre soldat : « Que se passe-t-il ? »

Le 1er soldat : « Il pue… C’est une horreur. »

Le 2d soldat : « Tout le monde doit être inspecté ! »

Le 1er soldat : « Eh bien, je te le laisse. »

Le 2d soldat, arrivant près du shérif : « Holà… Quelle infection ! »

Le 1er soldat : « Tu vois ? Je te l’avais dis ! »

Le 2d soldat : « Bon allez… C’est bon… File ! Va-t’en !… »

Le 1er soldat : « Allez dégage ! »

Le shérif : « Merci, Messires… Vous êtes bien braves. »

Le 1er soldat : « Allez… Allez, c’est bon… Du vent ! Oh qu’est-ce qu’il pue ! »

Le 2d soldat : « Ouais… Et ça m’étonnerait que ce soit lui que nous recherchons… Même si le shérif ne sent pas toujours la rose ! »

Les deux soldats se mirent à rire en reprenant leur inspection. Le shérif leva les yeux au ciel en se forçant à ne pas réagir à la réflexion vexante du soldat. Il continua son chemin, traversa le pont des mendiants et poursuivit sa route jusqu’à la forêt où il disparut.

Pendant ce temps, au campement des hors-la-loi….

Les hors-la-loi s’étaient installés pour prendre leur deuxième repas de la journée. Tout en mangeant, ils poursuivirent l’interrogatoire d’Allan et de Robin.

Will à Allan : « Alors finalement comment l’as-tu retrouvé ? »

Djaq : « Ouais et Gisborne ?... Où avait-il disparu ? »

Richard : « Il m’apportait à manger. »

Much : « Depuis la grande salle ? »

Will : « Donc tu te trouvais enfermé au château ? »

Allan, regardant Robin : « Pas exactement... »

Le reste des hors-la-loi le regardèrent avec incompréhension.

*******

Quelques jours plus tôt…

Il faisait nuit. Tout le monde dormait au château enfin presque tout le monde. Allan était allongé sur son lit dans ses quartiers. Les mains derrière la tête, il réfléchit intensément. La disparition de Gisborne le tourmentait. D’autant plus qu’il était réapparu aux cuisines une heure plus tard comme si de rien n’était. Allan était retourné dans la grande salle à plusieurs reprises dans les semaines qui suivirent mais il n’avait rien trouvé.

Allan, se tournant du côté de la fenêtre et dans sa tête : « Mais où est-ce qu’il a bien pu aller pendant tout ce temps ? »

Il expira profondément.

Allan, dans sa tête : « Il a du forcément voir Richard… Le plateau, c’était pour son prisonnier. Ça, j’en suis certain. Mais dans la grande salle ?... Ça n’a pas de sens. Les cachots se trouvent de l’autre côté du château. »

Allan redressa la tête et écouta les bruits aux alentours. Le silence régnait maintenant dans le château.

Allan, sortant du lit : « Il faut que j’y retourne pour en avoir le cœur net ! »

Il se dirigea vers sa commode. Il alluma une bougie, s’habilla en vitesse et sortit de sa chambre. Eclairé par sa bougie, il se dirigea, à pas de loup vers la grande salle. Déserte à cette heure de la nuit, elle n’était pas gardée. Tendant l’oreille, il pénétra à l’intérieur. Il se rendit prudemment devant l’estrade où se tenait le fauteuil du shérif. Il en fit le tour silencieusement.

Allan à lui-même : « C’est ici que Gisborne a disparu. »

Il passa sa main le long de la paroi recouvert de planches de bois à hauteur d’homme.

Allan, déçu : « Rien… Pourtant il n’a pas pu disparaître comme ça ! »

Il voulut repartir à son point de départ lorsqu’il vit la flamme de sa bougie vacillée. Il la passa le long de la paroi jusqu’à ce qu’elle vacille à nouveau.

Allan : « Tiens. Tiens. Tiens. »

Il s’approcha plus près.

Allan : « On dirait que l’air passe à travers le mur… »

Il palpa la portion du mur mais ne trouva rien.

Allan, mécontent : « Pourtant je suis sûr que… »

Son pied vint alors heurter la plainte et il entendit un cliquetis puis une partie du panneau en bois s’ouvrit.

Allan, souriant : « Eh ben voilà… »

Il ouvrit la porte en grand et découvrit un tunnel. Il sentit une légère brise. Mais celle-ci sentait l’humidité et le renfermé. Il regarda derrière lui afin de s’assurer que personne ne l’avait vu. Il entra dans le tunnel. Celui-ci descendait en pente douce. Il continua à marcher dans l’obscurité pendant quelques minutes uniquement éclairé par sa bougie qu’il protégeait avec sa main du vent qui, par moment, faisait vaciller la flamme.

Allan : « Tu n’as pas intérêt à t’éteindre, toi ! »

Au bout d’un moment, il arriva dans une grande salle souterraine. Allan balaya la pièce avec sa bougie mais il ne vit pas grand-chose. Sa bougie ne projetait sa lumière qu’à un ou deux mètres devant lui. La salle devait donc être plus grande.


byoann  (08.02.2016 à 08:55)
Il remarqua tout de fois qu’il y avait des piliers sculptés par l’homme qui soutenaient le plafond.

Allan : « Je me demande qui a bien pu creuser ça ? »

Une faible voix masculine : « Qui est là ? »

Allan sursauta. Quelqu’un l’aurait-il suivi ? Il se retourna vers le tunnel.

La voix : « Répondez-moi... Je vous en supplie. »

Mais celle-ci ne venait pas du tunnel. Allan pointa sa bougie dans la direction de la voix mais il ne vit rien. Il avança prudemment. Il vit alors le bras d’un homme attaché avec des chaînes à un pilier. Le prisonnier lui tournait le dos. Intrigué, il s’approcha lentement. A l’aide de sa bougie, il découvrit alors, assis par terre, un jeune homme, torse nu, le dos appuyé contre un pilier, les deux mains attachées derrière lui. Il était couvert de saletés et semblait très faible. C’est à peine s’il put le reconnaître.

Allan, incertain et choqué : « Richard ? »

Le jeune homme releva la tête vers son visiteur. Mais ne pouvant pas voir son visage à cause de la lumière de la bougie, Richard ne le reconnut pas.

Plaçant la bougie près de son visage, Allan : « Richard, c’est moi. Allan… Allan de Dale. »

Richard, sceptique : « Allan ? »

Allan s’agenouilla près du prisonnier et lui mit une main rassurante sur son épaule. Richard sursauta.

Allan, lentement : « Oui… C’est moi. »

Richard, incrédule : « Allan ? C’est toi ?... C’est vraiment toi ? »

Allan, souriant : « Oui, c’est moi ! »

Richard se mit à sangloter.

Richard : « Allan… Aide-moi… Je t’en supplie… Libère-moi. »

Allan se pencha sur Richard et tenta de lui retirer ses chaînes.

Allan, tirant sur les chaînes de toutes ses forces et en colère : « T’inquiète pas… Je vais… te sortir de là ! »

Mais elles étaient fermées par un énorme cadenas. Réalisant qu’il ne pourrait pas libérer son ami, Allan s’arrêta et regarda Richard.

Allan : « Je suis… Je suis désolé Richard mais… je… je n’ai pas les clés pour te libérer. »

Résigné, le jeune homme baissa la tête et éclata en sanglot.

Richard, suppliant : « Ne me laisse pas ici… Je t’en prie. »

Afin d’apaiser le jeune homme, Allan serra le visage de Richard contre sa poitrine. Il leva les yeux au ciel pour retenir ses larmes.

Allan : « Ecoute, Richard… Je te promets de te sortir d’ici mais… Je… Je ne peux pas le faire maintenant. »

Il s’écarta du jeune homme et l’obligea à le regarder.

Allan : « Mais je vais revenir… Je t’en fais la promesse. D’accord ? »

Richard, opinant de la tête : « D’accord. »

Il tenta de se calmer.

Allan : « Je te promets de revenir et de te libérer… Tu m’entends ? »

Richard : « Oui… [Suppliant] Quand ? »

Allan : « Bientôt, Richard… Très bientôt. Tu me crois, dis ? »

Richard, hochant la tête : « Mais fais vite, Allan. Je t’en prie… Fais-vite. Je ne vais pas rester encore très longtemps ici. »

Allan, fronçant les sourcils : « Pourquoi ça ? »

Richard : « Gisborne m’a dit que le Prince Jean allait venir me chercher. »

Allan : « Quand ça ? »

Richard : « Je ne sais pas. Il ne me l’a pas dit. »

Allan, se relevant : « Je dois prévenir Robin… Nous allons te libérer avant tu peux me croire… Dans quelques jours, tu seras libre. Retiens bien ça ! »

Richard, déçu : « Dans quelques jours… »

Allan : « Oui, j’aimerais vraiment te libérer maintenant mais c’est pas possible… Courage. »

Richard, suppliant : « Reste… Reste encore un peu avec moi, s’il te plaît. »

Allan : « Je ne peux pas… »

Richard : « Tu es la seule personne hormis Gisborne que je vois depuis des semaines. »

Allan : « Je ne peux pas rester, je regrette... Mais écoute, je te promets que dans quelques jours, tu seras à notre campement, entouré de toute la bande. »

Richard : « Tu me le promets ? »

Allan, lui mettant une main réconfortante sur son épaule : « Promis. En attendant, tiens le coup… Courage ! »

Richard essaya de se montrer brave mais Allan vit bien que le jeune homme était mort d’inquiétude. Cela lui brisa le cœur de devoir le laisser ainsi.

Allan, mettant sa main sur la joue de Richard : « A très vite. »

Richard ne répondit pas et regarda Allan s’en allait. Il ne le vit pas disparaître dans le tunnel mais lorsqu’il se retrouva à nouveau dans le noir, il sut que son ami était parti. Sa tête retomba sur sa poitrine et il se mit à pleurer. Malgré ce qu’il avait promis à Allan, Richard ne se sentit pas le courage de résister au désespoir.

Richard : « Fais vite Allan… Je t’en supplie. »

Epuisé, le jeune homme finit par se rendormir. Allan retourna rapidement à l’entré du tunnel. Prudemment, il entra dans la grande salle et referma soigneusement la porte secrète. Il regagna sa chambre en toute discrétion. Il se déshabilla et se mit au lit en pensant à l’angoisse que pouvait ressentir son ami, seul, dans le souterrain.

Allan, dans sa tête : « On va devoir agir vite. »

Il tenta de fermer l’œil mais son inquiétude pour Richard l’emporta et il passa une nuit blanche.

Le lendemain matin…

Les hors-la-loi finissaient de prendre leur petit déjeuner lorsque Robin exposa son plan pour la matinée.

Robin : « Bien… Nous allons continuer la surveillance de Gisborne et… »

Petit Jean, le coupant : « Encore ?... Ça fait deux mois qu’on le surveille et nous savons toujours rien. »

Robin, mécontent : « Eh bien, nous allons continuer… Il finira bien par faire un faux pas. Nous devons sauver Richard. C’est notre devoir. »

Petit Jean : « Mais nous avons aussi un devoir envers les pauvres de ce comté, Robin. »

Robin : « Je n’ai pas oublié, Jean !... C’est pourquoi je vous propose que Much, Carter et moi, nous nous occupions de Gisborne jusqu’à midi. Will et Djaq prendront ensuite le relais. Pendant ce temps, vous vous occuperez de faire nos livraisons. Est-ce que cela te convient, Jean ? »

Petit Jean se contenta de hocher la tête. Comme plus personne n’avait d’objections, chacun se prépara à la mission qui lui avait été assignée.

Laissant ses compagnons préparer leur livraison, Robin : « Nous, on y va. Djaq, Will ? On se retrouve à la maison à midi… »

Will : « Entendu. »

Robin : « Pour les autres, on se rejoint ici à midi. »

Le reste de l’équipe hochèrent la tête en regardant Robin, Much et Carter s’éloigner.

Petit Jean : « Je trouve que Robin exagère. »

Will : « Il est un peu irrité ces derniers temps. »

Petit Jean, mécontent : « Un peu ?... Il ne se comporte pas comme d’habitude. »

Djaq : « C’est normal avec ce qu’il a subi. La mort du Père Swain et la capture de Richard. »

Andrew : « Il recherche le fils de notre roi. »

Petit Jean : « Nous savons tous ici qu’il doit être mort à l’heure qu’il est ! »

Will : « Ne dis pas ça ! »

Petit Jean : « Parce que ce n’est pas ce que tu penses, toi aussi ? »

Djaq : « Mais Robin pense… »

Petit Jean : « Justement il n’y a plus que lui pour croire qu’il soit encore en vie. »

Will : « Mais s’il y a ne serait-ce qu’une petite chance de… »

Petit Jean : « Tu rêves, Will… Même Robin le sait au fond de lui mais têtu et borné comme il est, il ne veut pas l’admettre et il nous entraîne tous dans sa folie. »

Djaq : « Non, tu n’as pas le droit de dire ça. Je suis certaine que Robin y croit encore. Et moi aussi ! »

Petit Jean : « Ah oui ?... Alors pourquoi continuer à espionner Gisborne alors que ça fait deux mois que Richard a été capturé ? »

Djaq, hésitante : « Bah comme l’a dit Robin… Il peut faire un faux pas. »

Petit Jean, la regardant et sceptique : « Un faux pas ! Ouais, c’est ça. »

Will, voulant changer de sujet : « Bon en tout cas, nous avons une livraison à faire ce matin. »

Djaq : « Will a raison. On devrait plutôt se mettre rapidement en route. »

Ils se relevèrent et s’activèrent en vue de leur livraison du matin. Pendant ce temps, Robin, Carter et Much arpentaient les rues de Nottingham, cachés sous leur capuche. Ils se dirigeaient vers la place en face de l’entrée du château. Se faisant, il devait passer devant la boutique de Wayne. Justement celui-ci balayait devant sa porte. Robin l’aperçut.

Robin à Carter et Much : « Restez ici. Je dois parler à Wayne. »

Much : « Je vous accompagne. »

Robin, s’éloignant : « Non, c’est inutile. »

 

 

 

 

 

Much : « Curieux. »

Carter : « Qu’y a-t-il ? »

Much : « D’habitude, il me laisse venir avec lui. »

Carter : « Peut-être ne veut-il pas trop attirer l’attention ? »

Offensé, Much, se tournant vers Carter : « Qu’est-ce que tu veux dire ? »

Pendant que Carter s’expliquait avec Much, Robin s’approcha de Wayne.


byoann  (08.02.2016 à 09:05)

Robin, à voix haute : « Biens le bonjour, l’ami. »

Il s’approcha de Wayne tandis que ce dernier arrêta de balayer et vint à sa rencontre. Quand les deux hommes furent proches de l’un et de l’autre. Ils conversèrent à voix basse. Robin appuya son épaule contre un des poteaux de la devanture.

Robin : « Tu as quelque chose pour moi ? »

Wayne fit signe à Robin de regarder vers le bas.

Ce dernier baissa la tête et remarqua leur insigne inscrit au bas du poteau.

Wayne : « Je ne l’ai pas vu. Il est certainement venu très tôt ce matin… Je n’ai pas eu le temps de l’effacer. »

« C’est qu’il a probablement découvert quelque chose... Richard peut-être ? »

Wayne, haussant les épaules : « Je ne sais pas… Je l’espère. »

Robin : « Je te remercie… [A voix haute et lui tapant dans le dos] Préviens-moi quand tu les auras reçus alors… [A voix basse] Efface-moi ça tout de suite. »

Wayne, à voix haute : « Entendu. Je n’y manquerai pas. »

Wayne se remit à balayer puis discrètement passa le balai sur la marque tracée à la craie blanche sur le poteau. Robin repartit vers Carter et Much.

Carter : « Alors du nouveau ? »

Robin, fixant les passants : « Non rien… Wayne n’a remarqué aucun nouveau visage. »

Much : « Tant pis. »

Ils reprirent leur route et entrèrent discrètement dans une maison se trouvant sur la place face à l’entrée du château.

Much, s’installant et sortant ses provisions : « On a de la chance que Wayne soit de notre côté. »

Robin, s’installant à la fenêtre pour espionner les allés et venus au château : « Oui, beaucoup de chance… [Regardant Much] Mais qu’est-ce que tu fais ? »

Much : « Ben quoi ?... Je mange. »

Carter, souriant : « Mais on vient à peine de terminer de déjeuner. »

Much : « Je n’avais pas fini. »

Robin secoua la tête.

Much, avalant un morceau de pain : « Pour en revenir à Wayne, il nous est très utile. »

Carter : « Ah oui ? »

Much : « Ouais… Il nous a rendu maintes fois de précieux services… Tiens une fois, il a même aidé Allan à sauver Marianne d’une mort certaine… Et aujourd’hui, il surveille les passants pour voir s’il n’y a pas d’étrangers… Je trouve ça un peu bizarre mais bon… Et puis, il y a cette maison… »

Carter : « Cette maison ? »

Embarrassé devant la tirade de Much, Robin : « Oui, les propriétaires de cette maison sont des amis de Wayne. Ils sont partis pendant quelque temps et ont demandé à Wayne de s’en occuper. »

Much : « Vous voyez on a de la chance, non ? »

Robin, mécontent : « Et pour Richard, tu crois qu’on a eu de la chance ? »

Much, perdant son sourire : « Non, c’est vrai que pour Richard, on a manqué de chance et puis il y a aussi Allan qui nous a encore trah… »

Robin, fort mécontent : « MUCH !... ça suffit… Je te rappelle qu’on est ici pour travailler, pas pour t’entendre philosopher sur notre chance ou malchance. »

Much, surpris par l’attitude de Robin, regarda Carter qui dévisageait le chef des hors-la-loi avec interrogation.

Much, vexé : « Bon ben, si c’est comme ça… Je n’ouvrirai plus la bouche. »

Robin, à la fenêtre : « Très bonne idée ! »

Surpris, Much et Carter se regardèrent. Son attitude inquiéta les deux hommes mais n’en firent pas part à leur compagnon.

*******

Much : « Et nous qui pensions que vous étiez en colère à cause du Père Swain et d’Allan. »

Robin : « J’étais surtout très inquiet pour Richard et Allan… Et aussi… Je m’en voulais de vous mettre un peu à l’écart. »

Much, rancunier : « C’est vrai que c’était pas très gentil ! »

Djaq : « Much !... [A Robin] Mais tu as bien fait ! »

Will, montrant Richard : « Oui, il n’y a que le résultat qui compte ! »

Richard sourit.

Will : « Et qu’est-ce que vous avez fait après ? »

Robin, réfléchissant : « Oh je crois que j’ai prétendu vouloir me rendre chez Marianne… »

Much : « Alors qu’en fait vous alliez… ? »

Robin, souriant : « A l’auberge pour voir mon informateur… »

*******

Robin s’est assis à une table au fond de l’auberge. Il boit une gorgée en scrutant chaque nouvel arrivant. Soudain, il vit l’homme qu’il attendait. Portant son costume noir, Allan s’attabla avec lui.

Robin, souriant : « Je ne m’habituerai jamais à te voir accoutrer de la sorte. »

Allan le regardant avec déplaisir.

Robin : « Je plaisantais… Allez détends-toi… [Balayant l’auberge du regard]… Souris… Je viens de dire une plaisanterie à mon ami qui vient d’arriver. »

Allan, jouant le jeu, força un sourire.

Allan : « N’empêche que j’ai hâte de l’enlever et… [Se penchant vers Robin] cela pourrait arriver très bientôt. »

Robin, perdant son sourire : « Pourquoi ? Tu as retrouvé Richard ? »

Allan, regardant autour de lui : « Oui. »

Robin, plein d’espoir : « C’est vrai ?... Où est-il ? »

Allan : « Dans une salle souterraine… Sous le château. »

Robin, surpris : « Une salle souterraine ? »

Allan : « Oui… Tu te rappelles quand j’ai suivi Gisborne jusqu’à la grande salle et qu’il avait disparu… J’y suis encore retourné cette nuit et j’ai finalement découvert un passage secret dans le mur se trouvant derrière le fauteuil du shérif. Il conduit à une espèce de salle souterraine avec des piliers sculptés et c’est là que j’ai vu Richard. »

Robin : « Comment va-t-il ? »

Allan : « Pas très bien… Il est attaché solidement à l’un des piliers au fond de la salle… C’est à peine si je l’ai reconnu. Il est dans un sale état, très affaibli… Je pense que Gisborne ne le nourrit qu’une fois par jour. »

Robin, mécontent : « Il faut absolument le sortir de là ! »

Allan : « Oui et très vite… Richard m’a appris que le Prince Jean devait venir à Nottingham pour le récupérer. »

Robin, inquiet : « Quand ça ? »

Allan : « Il sait pas. »

Robin, cognant son poing sur la table : « Bon sang ! »

Allan : « Si tu l’avais vu… ça a été un crève-cœur de le laisser là-bas. »

Robin, s’emportant mais à voix basse : « Pourquoi l’as-tu laissé là-bas dans ce cas ? »

Allan : « Je te l’ai dit. Il est solidement attaché. Gisborne l’a enchaîné à l’un des piliers de la salle. De plus, ces maudites chaînes sont fermées par un cadenas… J’ai essayé de tirer de dessus au cas où un des maillons céderait mais rien à faire. »

Robin, se calmant : « Tu penses pouvoir obtenir les clés ? »

Allan, catégorique : « Impossible ! Gisborne ne me fait pas assez confiance et il garde toujours les clés sur lui. »

Robin, réfléchissant : « Faut qu’on trouve un moyen de briser ces chaînes. »

Allan : « Qu’est-ce que tu crois ?... J’ai passé la nuit à y réfléchir et il n’y a que Will qui pourrait peut-être… »

Dès qu’il entendit le nom de son compagnon, Robin redressa subitement la tête.

Robin : « Djaq ! »

Allan, ne comprenant pas : « Quoi, Djaq ? Non, je parlais de Will. Il est le seul à pouvoir… »

Robin, l’interrompant : « Non. Il n’est pas le seul à pouvoir nous aider. Djaq le peut. »

Allan : « Comment ça ? »

Robin : « Elle a toujours sur elle… »

Allan, le coupant et plein d’espoir : « Sa fiole ! »

Robin : « Exact… Il faudra que je me la procure et que je te la rapporte. »

Allan : « Oui mais il y a un autre problème… Comment vais-je m’approcher du tunnel avec le shérif et Gisborne au château ? »

Robin, réfléchissant : « Oui, hum… Il faudrait créer une diversion. »

Allan, réfléchissant : « Une diversion… »

Robin, relevant la tête et fixant Allan : « Tu devras convaincre Gisborne de nous tendre un piège. »

Allan : « Un piège ? »

Robin : « Oui. Tu vas lui dire que je ferai tout pour récupérer Richard quitte à risquer la vie de mes compagnons. Mais pour tous nous capturer, il devra me faire croire que Richard est retenu quelque part. »

Allan : « Où ça ? »

Robin : « Je ne sais pas moi… Euh… à la mine de Treeton, par exemple. »

Allan : « Bonne idée. »

Robin : « C’est suffisamment loin du château pour te laisser le temps de libérer Richard et suffisamment près de la ville pour faire croire que le jeune Prince y est emprisonné. »

Allan, réfléchissant : « Il reste à convaincre Gisborne. »

Robin, souriant : « Oh mais je te fais confiance… Tu es très doué dans ce domaine. »

Allan, vexé : « Franchement, tu passes trop de temps avec Much, toi ! »

Robin, souriant : « Peut-être bien oui. »

Allan : « Et ensuite ?… Une fois que j’aurai libéré Richard… Comment je vais faire pour le faire sortir discrètement du château en pleine journée ? »

Robin et Allan réfléchirent ensemble. La question était pertinente car il était quasiment impossible de faire sortir le prisonnier en pleine journée avec toutes les allées et venues sans parler des gardes.

Robin : « Tu n’as pas vu d’autres sorties possibles dans la salle ? »

Allan, réfléchissant : « Euh… Je crois pas… Attends, peut-être... Je n’avais qu’une bougie pour m’éclairer mais sa flamme a vacillé lorsque j’ai fait demi-tour pour rentrer. »

Robin, sûr de lui : « Il y a certainement une autre issue à cette salle sinon pourquoi aurait-elle été construite ? C’est sûrement un moyen de s’enfuir discrètement du château en cas d’attaque… Donc, il y a forcément une autre sortie. »

Ravi de voir que son ami serait bientôt libre, Allan retrouva le sourire.

Allan, enthousiaste : « D’accord… Dans ce cas, je la trouverai !... Quand est-ce que tu veux faire le coup ? »

Robin : « Dès demain… Je t’apporterai la fiole ce soir à Locksley. Retrouve-moi à l’écurie à la tombée de la nuit et demain après la relève de midi, nous attaquerons la mine. Ça te laissera toute la matinée pour libérer Richard. »

Allan, réfléchissant : « Ça me laisse donc que cet après-midi pour convaincre Gisborne et le shérif de vous piéger à la mine ? »

Robin : « Oui… Tu crois pouvoir le faire ? »

Allan : « Je vais essayer mais si je n’y arrive pas, je te préviendrai ce soir. »

Robin hocha la tête.

Allan : « Où est-ce que je te retrouve avec Richard ? »

Robin, réfléchissant : « Hum… A la grotte ! Cela me laissera le temps de mettre au courant nos compagnons. »

Allan : « Entendu... A la grotte... Il nous faudra un peu de temps pour y arriver. Richard est très faible. »

Robin : « Dans ce cas, c’est nous qui vous y attendrons. »

Allan : « Parfait. »

Robin, avec le sourire : « Bien… Richard sera bientôt libre ! »

Robin et Allan échangèrent une poignée de main.

Plein d’espoir, Robin : « A ce soir ! »

Allan : « A ce soir ! »

Les deux hommes se séparèrent. Robin quitta l’auberge par la porte de derrière tandis qu’Allan sortit par devant. Heureux de savoir que bientôt son ami serait libre et en même temps très inquiet de mener cette délicate opération, Allan regagna le château alors que Robin, lui, repartait au campement. 


byoann  (11.02.2016 à 21:35)

Un peu plus tard dans l’après-midi…

Dans un des couloirs du château, Allan et Gisborne discutèrent tout en se dirigeant vers la grande salle où le shérif les avait fait appeler.

Allan : « Vous savez pourquoi le shérif veut vous voir ? »

Gisborne : « Non. »

Songeur, Allan baissa la tête. Il devait absolument amener Gisborne à tendre un piège à Robin. Mais comment aborder le sujet sans paraître suspect à ses yeux ? Gisborne le regarda furtivement.

Gisborne : « Tu me sembles bien songeur ?… [S’arrêtant] Y aurait-il un problème ? »

Allan, lui faisant face : « Euh… Non, aucun. »

Gisborne : « Ton ancienne vie ne te manque pas trop ? »

Allan : « Non, absolument pas ! »

Gisborne, se remettant en route : « Tant mieux… »

Allan souffla de soulagement et suivit Gisborne.

Gisborne : « Tu sais… Le shérif n’est pas encore tout à fait convaincu que tu es vraiment des nôtres. »

Allan, inquiet : « Ah oui ? » 

Gisborne hocha la tête.

Allan, marchant difficilement à ses côtés : « Qu’est-ce que je devrais faire, à votre avis, pour arriver à le convaincre ? »

Gisborne, s’arrêtant et souriant : « Je ne sais pas moi… Donne-nous… une preuve de ta loyauté. »

Allan comprit que Gisborne tentait de le mettre à l’épreuve.

Allan, désinvolte : « Bien sûr !... Comme quoi ? »

Gisborne : « Fais marcher ton imagination ! »

Allan y vit alors l’occasion de mettre en œuvre le plan qu’il avait concocté avec Robin. Comme il ne répondait pas, Gisborne se sentit obligé de se montrer plus direct.

Gisborne : « A une époque, tu refusais de nous révéler l’emplacement du campement de Robin des bois… Tu ne crois pas qu’il n’y aurait rien de mieux comme preuve de loyauté ? »

Allan, le regardant droit dans les yeux : « J’ai beaucoup mieux à vous proposer ! »

Le sourire en coin, Gisborne arqua les sourcils.

Gisborne : « Ah oui ?... Quoi ? »

Allan : « Robin et toute la bande ! »

Gisborne crut mal entendre.

Gisborne, le fixant du regard : « Tu veux dire que tu serais prêt à nous livrer Robin et ses compagnons… Tes amis ? »

Allan : « Ex-amis !... Par ailleurs, si cela peut rassurer le shérif et sauver ma tête… ainsi que… ma bourse… Je n’hésiterai pas une seconde ! »

Gisborne sourit devant son sous-entendu. Il reconnut bien là l’homme qu’il avait soudoyé autrefois.

Allan : « J’ai même un plan tout trouvé !... »

Allan, dans sa tête : « …Et c’est même Robin qui l’a préparé ! »

Allan regarda Gisborne en se demandant s’il le prenait au sérieux.

Gisborne, se remettant en route : « Dans ce cas, tu vas l’exposer toi-même au shérif. »

Allan : « Comme vous voudrez ! »

Allan n’en menait pas large. Même s’il n’avait pas tout à fait menti à Gisborne, il trouva la situation plutôt cocasse : Il devait expliquer un plan pour prendre au piège un homme qui avait lui-même préparé le dit plan. Les deux hommes arrivèrent dans la grande salle.

Le shérif, apercevant Allan et mécontent : « Que fait-il ici celui-là ? »

Gisborne, s’approchant : « Monseigneur, Allan aimerait vous prouver sa loyauté... »

« Et alors ? »

Gisborne : «… En nous livrant Robin et sa bande ! »

Le shérif se releva prestement comme piqué par un insecte et s’approcha d’Allan.

Le shérif, surpris et méfiant : « Vraiment ? »

Allan, baissant la tête : « Oui, Monseigneur. »

Le shérif, suspicieux : « Et pourquoi nous donnerais-tu tes anciens compagnons ? »

Allan : « Pour vous démontrez que je suis avec vous. Je sais que j’ai commis… des erreurs par le passé et je voudrais me faire pardonner, Monseigneur. »

« Voyez-vous ça ! »

Gisborne : « Allan voudrait se racheter auprès de vous, Monseigneur… Il a d’ailleurs pensé à un plan. »

Le shérif : « Lequel ? »

Allan : « Voilà… Robin sait que vous détenez le fils du roi mais il ne sait pas où… »

Le shérif l’écouta attentivement tandis qu’Allan ressentit un malaise lorsqu’il dévoila les opérations effectuées par les hors-la-loi pour retrouver Richard mais cela rendit son histoire encore plus crédible.

Allan : «… Il est persuadé qu’il n’est pas au château. »

Le shérif : « Et comment le sait-il ? »

Allan : « Euh… Je ne sais pas. Il ne nous l’a pas dit. En revanche, il nous a dit qu’il était convaincu que vous l’aviez caché ailleurs… Pas très loin d’ici… »

Le shérif : « Et tu voudrais savoir où ? »

Allan : « Non. Moi, ça m’est égal… Et puis ce ne sont pas mes affaires après tout… Le plus important c’est d’amener Robin à deviner l’endroit où vous le cachez… enfin l’endroit supposé. »

Le shérif : « Comment ? »

Allan : « Robin fait suivre Guy… Il pourrait ainsi l’amener à croire que le fils du roi se trouve euh… Je sais pas moi… à la mine de Treeton par exemple et là vous pourriez lui tomber dessus avec vos soldats. »

Le shérif, pensif : « Oui, c’est pas idiot ! »

Gisborne : « La mine de Treeton est parfaite… Elle est fermée depuis longtemps et c’est un cul de sac… Je poste quatre hommes à l’entrée de la mine et je resterai en arrière avec le reste de mes hommes. »

Le shérif : « J’y serai aussi. »

Gisborne : « Votre présence n’est pas nécessaire, Monseig… »

Le shérif, le coupant et incisif : « Après tous vos échecs !... Il n’est pas question de vous laisser seul à la tête de cette opération, Gisborne !… »

 

 

 

 

 

Le shérif : «… [Se radoucissant] Par ailleurs… [Se tournant vers Allan] si jamais l’opération échoue… [Se plaçant face à Allan]… le sous-bois est un endroit propice aux pendaisons, n’est-ce pas ? »

Le shérif passa à côté d’Allan et quitta la grande salle. Allan, lui, reçut le message et avala péniblement sa salive tout en regardant, avec inquiétude, Gisborne.

Gisborne, passant près de lui : « J’espère pour toi que tu sais ce que tu fais ! »

Gisborne quitta à son tour la grande salle.

Extrêmement inquiet, Allan, se frottant la gorge : « Je l’espère aussi. » 

Puis il quitta également la pièce.

Le soir même dans les écuries du manoir de Locksley…

Robin attendait patiemment derrière les ballots de paille lorsqu’un homme, vêtu de noir, entra dans le bâtiment. Celui-ci s’éclairait à l’aide d’une torche. Il s’avança prudemment à l’intérieur de l’écurie. Robin reconnut son compagnon.

Allan, à voix basse : « Robin ? »

Robin sortit de sa cachette et se montra à lui.

Allan, soulagé : « Je n’ai pas beaucoup de temps. J’ai raconté à Gisborne que je faisais une petite ronde d’inspection. »

Robin : « Et il t’a cru ? »

Allan : « J’en sais rien mais après ce que je lui ai raconté cet après-midi, il parait confiant. »

Robin : « Alors ça y est ? Tu lui as dit pour la mine ? »

Allan : « Oui. Le shérif est d’accord. Gisborne a envoyé quatre hommes à la mine qui seront relevés demain matin. Mais vous aurez droit à un autre comité d’accueil. Gisborne partira de bonne heure demain matin avec la relève afin qu’il vous guide jusqu’à là-bas puis il reprendra la route de Nottingham. A quelques lieues de là, il fera demi-tour et reviendra par la forêt où le shérif et des soldats vous attendront, encerclant ainsi la mine. Le seul moyen de vous enfuir sera la route par laquelle vous arriverez. »

Robin : « Entendu… Tiens. »

Il brandit une fiole.

Allan : « Elle te l’a donnée ? Qu’est-ce que tu lui as dit ? »

Robin : « Euh… Disons que je sais me montrer persuasif… [Pointant la fiole] Fais attention à ne pas en mettre sur la peau. »

Allan : « T’en fais pas. »

Allan prit la fiole et la glissa dans sa poche.

Robin : « Tu vas aller avec eux à la mine ? »

Allan : « Certainement mais j’essayerai de m’éclipser avant. »

Robin : « Très bien… [Regardant solennellement Allan] Bonne chance pour demain. »

Allan : « Merci… A vous aussi. »

Robin et Allan se saluèrent.

Robin : « Demain, à cette heure-ci, Richard dormira au campement… libre ! »

Allan, souriant : « Oui… et moi aussi ! »

Robin lui sourit puis fit demi-tour. Il s’en alla par la porte de derrière tandis qu’Allan sortit par devant.


byoann  (11.02.2016 à 21:50)

CHAPITRE XIX

« EUH… ON EST… DANS UN CIMETIERE. »

e lendemain matin…

 

Gisborne et Allan descendirent l’escalier de la cour du château en regardant les soldats se préparer.

Allan : « Il vaudrait peut-être mieux que je reste ici. »

Gisborne : « Aurais-tu peur de voir tes anciens compagnons mourir par ta faute ? »

Allan, peu convaincant : « Non… mais je pourrais vous gêner. »

Gisborne, souriant et montant sur son cheval : « Tu viens avec nous ! »

Allan, tenant les rênes : « Très bien…. Comme vous voudrez. »

Nerveux, Allan se dirigea vers sa monture.

Allan, tout bas : « Comment je vais me sortir de là, moi ? »

Il grimpa sur son cheval. Gisborne regarda ses hommes. Tous étaient prêts.

Allan : « Ben qu’est-ce qu’on attend ? »

Gisborne : « Le shérif. »

Celui-ci arriva quelques minutes plus tard. Il descendit le perron en mettant ses gants pendant qu’on amenait son cheval blanc en bas des marches. Un soldat se mit à quatre pattes. Le shérif s’en servit comme marche pied et grimpa sur son cheval.

Le shérif : « Partez devant ! »

Gisborne : « Monseigneur ? »

Le shérif, regardant Allan : « Robin vous fait suivre, c’est bien ça ?... »

Allan hocha la tête. Le shérif reporta son attention sur Gisborne.

Le shérif : «… Alors selon le plan, il doit vous suivre jusqu’à la mine. Prenez la route principale. Nous couperons à travers les bois pour préparer l’embuscade. »

Gisborne, talonnant son cheval : « Oui, Monseigneur. »

Le shérif : « Euh Gisborne ?... Prenez votre temps. Il ne faudrait pas que vous perdiez notre ami en route… Et… Emmenez donc votre larbin avec vous. Il serait bon que ces petits camarades le voient à vos côtés… Histoire qu’ils se rendent compte à qui ils doivent leur pendaison. »

Gisborne, faisant signe à Allan : « Oui, Monseigneur. »

Gisborne et Allan talonnèrent leurs chevaux et quittèrent la cour du château suivis de la relève de la garde composée de quatre hommes.

Quelques minutes plus tard…

Le shérif : « Bien !... Je pense que notre ami Robin a dû suivre Gisborne maintenant… Messieurs ! Allons-y ! »

Il talonna son cheval et quitta à son tour l’enceinte du château suivit par une bonne partie de la garnison.

A la mine de Treeton…

Gisborne et Allan arrivèrent à la mine et assistèrent à la relève de la garde. Puis ils repartirent lentement par où ils étaient venus. Pendant ce temps, le shérif encercla la mine par la forêt. Les soldats avaient laissé leurs chevaux un peu plus loin afin de pouvoir librement passer à l’attaque. Seul le shérif avait gardé sa monture. Celui-ci regarda Gisborne quitter la mine par la route principale.

Le shérif, avec un sourire en coin : « Allez viens, mon petit Robin… Viens, j’ai une surprise pour toi. »

Quelques lieues plus loin, Gisborne et Allan firent demi-tour en passant par la forêt. Ils arrivèrent à l’endroit où les hommes du shérif avaient laissé leurs chevaux. Les soldats mirent pied à terre, attachèrent leurs montures aux arbres et s’enfoncèrent dans le sous-bois.

Gisborne à Allan : « Accompagne-les ! »

Allan : « Quoi ? »

Gisborne : « Je veux que tu participes à l’attaque… Comme ça, le shérif aura une preuve indéniable de ta loyauté et ainsi tu ne risqueras plus rien. »

Allan, descendant du cheval : « Entendu. »

Nerveux et inquiet, il attacha son cheval à un arbre. Gisborne mit le compte de sa nervosité sur l’excitation du combat à venir mais aussi sur le fait de se retrouver face à ses anciens compagnons.

Gisborne, tout bas : « Ainsi nous verrons de quel côté tu es ! »

Mais l’inquiétude d’Allan n’était pas dû au guet-apens puisque ces compagnons étaient au courant du moins Robin l’était. Non, ce qui l’inquiétait c’était Richard. Comment allait-il bien pouvoir fausser compagnie à Gisborne pour aller récupérer le jeune prince ? Allan se posait toujours la question lorsqu’il s’enfonça dans le sous-bois.

Il se joignit au reste de la troupe qui se cachait derrière les arbres.
Gisborne arriva à cheval à côté du shérif.

Gisborne : « Il n’y a plus qu’à attendre ! »

 


byoann  (15.02.2016 à 08:45)

Une demi-heure plus tard…

Le shérif, commençant à s’impatienter : « Ça va encore être long ? »

Gisborne se tourna vers Allan. Celui-ci, caché un peu plus loin derrière un arbre, tenta de faire patienter les deux hommes.

« Ça ne devrait plus tarder, Monseigneur. »

 

 

 

 

 

Le shérif : « Tu as déjà dit ça, il y a une demi-heure ! »

Allan : « Ah oui ?... Euh… A mon avis, Robin va agir avant la prochaine relève. »

Le shérif : « Tiens donc ? »

Allan : « Oui… C’est toujours comme ça qu’il procède… Ainsi les hommes sont davantage fatigués. »

Le shérif : « Bien… Dans ce cas, attendons encore un peu. »

Comme si de rien n’était, Allan remit son épée dans son fourreau et s’éloigna.

Gisborne : « Où vas-tu ? »

Allan, embarrassé : « Euh… ça fait un petit moment que nous sommes partis du château et j’ai envie de… Vous voyez ? »

Le shérif leva les yeux au ciel.

Allan : « De toute façon, j’ai un peu de temps devant moi. Robin ne va pas attaquer tout de suite. »

Gisborne : « Très bien. Tu peux y aller… [A un soldat] Toi, accompagne-le ! »

Allan, écartant les bras et rechignant : « Euh Guy ? »

Gisborne : « C’est ça ou rien ! »

Allan leva les yeux au ciel et, résigné, il s’éloigna, accompagné du soldat. Restant dans le champ de vision du shérif et de Gisborne, les deux hommes marchèrent un petit moment.

Le soldat : « Ça suffit ! Nous sommes assez éloignés. »

Allan regarda en direction de Gisborne et jugea qu’il n’était pas assez loin pour faire ce qu’il avait prévu.

Allan : « Euh non… J’ai besoin de plus d’intimité, tu comprends ? »

Le soldat, se fichant éperdument de ses raisons : « C’est ça ! »

Allan : « Je te jure… Je ne peux pas faire ça devant tout le monde. Ça me bloque ! »

Le soldat, souriant : « Ah oui ? »

Allan : « Je te promets !… Tiens… Regarde… On va aller là-bas derrière ces arbres. Là, ce sera parfait ! »

Le soldat, regardant dans la direction indiquée par Allan : « Bon d’accord… Allons-y. »

Allan, marchant vers le bosquet : « Ce n’est pas une blague, hein... Ça m’a toujours fait ça. Pas toi ? »

Le soldat : « Non. »

Allan : « Ben t’en as de la chance parce que moi ça a toujours été un problème. »

Ils arrivèrent au bosquet. Le soldat s’arrêta devant les arbres tandis qu’Allan s’apprêta à passer derrière.

Allan : « Tu es sûr que tu ne veux pas venir avec moi ? »

Le soldat, dégouté : « Non mais ça va pas la tête ? »

Allan : « Bon comme tu veux !... Mais tu sais… Si jamais je m’enfuis, tu sais ce qu’il t’arrivera… »

Il mima une pendaison.

Le soldat, mécontent : « Bon d’accord… Allez dépêche-toi ! »

Le soldat et Allan disparurent derrière le bosquet. Soudain, on entendit un léger cri suivit d’un bruit sourd. Allan venait d’assommer le garde. Il recouvrit le corps avec des feuilles. Il regarda en direction de Gisborne pour voir s’il avait été découvert. Gisborne et le shérif regardaient toujours en direction de la mine.

Allan : « C’est bon… Maintenant…. Direction Nottingham ! »

Il se faufila discrètement entre les arbres et rejoignit l’endroit où il avait laissé son cheval. Il grimpa dessus et retourna au château.

Allan arriva au triple galop devant la porte de la cour du château, descendit de cheval et se présenta au garde de service.

Allan : « Laisse-moi entrer. »

Le garde, regardant à travers le judas de la porte : « Le shérif n’est pas là et il a donné l’ordre de ne laisser entrer personne pendant son absence. »

Allan : « Mais c’est lui qui m’envoie… Je dois… Je dois ramener des armes pour capturer les hors-la-loi. »

Le garde, sceptique : « Des armes ? »

Allan, baissant la voix : « En fait… Il s’agit d’une arme secrète. »

Le garde : « Mais c’est que le shérif ne m’a rien dit ! »

Allan : « Ben c’est normal… C’est secret ! D’où son nom… une arme secrète. »

Le garde le regarda en réfléchissant.

Allan, le pressant : « Bon alors, tu m’ouvres ?... Dépêche-toi sinon ils risquent de nous échapper. C’est ce que tu veux ? »

Le garde, ouvrant la porte : « Euh oui… Enfin je veux dire non… Vas-y… Entre. »

Allan s’engouffra à l’intérieur de la cour. Il courut jusqu’à l’entrée du château et fila directement à la grande salle. Pendant l’absence du shérif, celle-ci n’était heureusement pas gardée. A son grand soulagement, les serviteurs n’avaient pas encore éteint toutes les chandelles de la pièce. Il en prit une avant de se diriger vers l’entrée secrète. Il ouvrit la porte et s’engouffra à l’intérieur.

Sachant qu’il ne reviendrait pas sur ses pas, il prit soin de bien refermer la porte derrière lui.

Ayant repéré les lieux la première fois, il se hâta de se rendre auprès de Richard. Quand il pénétra dans la grande salle souterraine, il sut que le prisonnier était seul car l’obscurité y régnait.

Allan, se dirigeant vers le fond de la salle : « Richard ? C’est moi ! »

Richard, reconnaissant la voix : « Allan ? »

Allan, s’approchant de lui : « Oui, c’est moi… Allan… Je viens pour te libérer. »

Il s’agenouilla devant lui.

Richard, les larmes aux yeux : « C’est vrai ? »

« Oui, c’est fini. Tu seras bientôt libre, mon grand ! »

Il regarda la chaîne barrant le torse du jeune homme. Il tira dessus mais celle-ci était bien serrée. Il ne pouvait pas se servir de l’acide que Robin lui avait donné pour sectionner la chaîne sans risquer de causer des brûlures sur la peau nue du prisonnier.

Allan, se plaçant derrière Richard : « Attends, je vais essayer de ce côté… »

Il posa la chandelle sur le sol à ses côtés.

Richard, impatient : « Mais qu’est-ce que tu attends ? »

Allan : « Je n’ai pas les clés. Je dois… »

Le coupant, Richard, paniqué : « Quoi ? Tu n’as pas les clés ? Mais comment vas-tu faire pour me libérer de cette maudite chaîne ? »

Allan, regardant autour de lui : « T’angoisse pas… Robin m’a donné de quoi la couper mais… seulement… »

Ne voyant rien pouvant protéger la peau du jeune homme, il ôta sa tunique.

Richard : « Seulement quoi ? »

Allan, plaçant sa tunique entre la chaîne et les avant-bras de Richard : « Je vais appliquer un liquide sur l’un des maillons de la chaîne. Seulement… ça peut te brûler, si je t’en verse sur la peau. »

Richard, inquiet : « Quoi ? »

Allan : « T’en fais pas…. J’ai placé ma tunique entre la chaîne et tes bras. Tu la sens ? »

Richard, palpant le vêtement derrière son dos : « Oui. »

Allan : « C’est à cet endroit que je vais verser le liquide… Pour l’instant, tu ne dois pas bouger mais quand je te le dirais, tu te pencheras en avant le plus possible. D’accord ? »

Richard : « D’accord. »

Allan : « Alors on y va. »

Il rapprocha la bougie près de l’endroit où il allait opérer, sortit de sa poche la fiole de Djaq et en versa quelques gouttes sur la chaîne. L’acide commença à ronger le fer. Quelques gouttes tombèrent sur sa tunique.

Allan : « Oups… »

Richard, très inquiet : « Comment ça ‟oups″ ? »

Allan, versant de nouveau l’acide : « Ne bouge pas ! »

Il versa encore un peu du contenu de la fiole sur le maillon qui commença à mollir.

Allan : « Allez, c’est bon… Vas-y… Tire ! »

Se penchant en avant, Richard fit de gros efforts pour se libérer. Allan vint se placer devant le jeune prince et l’aida en tirant à deux mains sur la chaîne qui entravait le torse du jeune homme.

Allan, tirant de toutes ses forces : « Allez… Encore un petit effort… Je sens que ça vient ! »

Quelques secondes plus tard, la chaîne céda. Allan fit une remarquable culbute arrière tandis que Richard tomba la tête la première.

Allan, se relevant : « Richard, ça va ? »

 Richard, se débarrassant du reste de la chaîne : « Oui. Oui, ça va. »

Le jeune homme, heureux d’être enfin libre de ses mouvements, lui offrit un visage radieux mais baigné de larmes.

Allan, se mettant debout : « Bon allez maintenant debout… On doit filer d’ici en vitesse. »

Richard perdit subitement son sourire. Allan crut que l’acide l’avait finalement touché.

Allan, s’alarmant : « Qu’est-ce qu’il y a ? »

Richard : « Ce sont mes jambes… Je ne pourrai pas marcher… Ça fait tellement longtemps que je suis retenu prisonnier ici. »

Allan, aidant le jeune homme à se relever : « C’est pas grave. Je vais t’aider à marcher. »

Il prit le jeune homme par le bras gauche qu’il mit sur ses propres épaules et passa son autre bras sous l’aisselle de Richard et le releva lentement. Grimaçant, Richard se remit lentement debout. Allan le fit tenir contre le pilier puis il en fit le tour et ramassa sa tunique. L’acide n’y avait percé que deux ou trois trous. Après avoir vérifié que cela ne lui brûlerait pas la peau, il remit sa tunique noire, ramassa la chandelle et remit le bras de Richard sur ses épaules.

Allan : « Allez, mon grand… Il est grand temps de partir. »

Richard, un peu inquiet : « On retourne au château ? »

Allan scruta la pièce du regard en levant, de sa main libre, la chandelle devant lui.

Allan : « Euh… Non… Non… On va prendre un autre chemin. »

Richard, surpris : « Un autre chemin ?... Tu es déjà venu ici avant ? »

Allan, voyant la flamme de sa bougie vaciller : « Non... Mais je te parie qu’il y a une autre sortie par là. »

Il emmena Richard sur sa droite. Les deux hommes découvrirent l’entrée d’un tunnel se trouvant à l’opposé de celui menant à la grande salle du château.

Richard, un peu inquiet : « Tu sais où ça mène ? »

Allan, donnant sa bougie à Richard : « Non mais y’a qu’une façon de le savoir ! »

Il replaça le bras de Richard sur ses épaules et les deux hommes s’engouffrèrent dans le tunnel. Ne pouvant se déplacer rapidement, ils marchèrent longtemps. Affaibli par sa captivité et épuisé par les efforts qu’il devait fournir pour marcher, Richard demanda à s’arrêter à plusieurs reprises. Allan accepta à chaque fois malgré l’inquiétude qu’il lui labourait les entrailles. A chaque seconde passée dans ce tunnel, il se rapprochait du risque de se faire prendre.

Allan : « Allez… On continue ! »

Il reprit Richard et ils continuèrent leur route.

Allan : « Ah on dirait que ça monte ! »

En effet, depuis quelques minutes, le tunnel semblait, progressivement, s’incliner vers le haut rendant la marche plus pénible pour Richard. À cause de l’effort qu’ils devaient fournir mais également de la chaleur qui se fit de plus en plus sentir, les deux hommes commencèrent à transpirer.

Richard : « On dirait de la lumière là-haut. »

Allan : « C’est signe que la sortie n’est pas loin. »

Allan se sentit soulagé lorsqu’il aperçut un mince filet de lumière qui semblait percer du plafond.

 


byoann  (15.02.2016 à 09:00)

En effet, il n’avait pas partagé ses inquiétudes avec Richard quand à la possibilité de ne pas trouver de sortie à ce tunnel. Les deux hommes arrivèrent en bas d’un escalier. Ils grimpèrent prudemment les marches en pierre. Allan laissa Richard à mi hauteur et gravit les quelques marches qui restaient jusqu’au plafond d’où s’échappait une faible lueur. Il écrasa son visage entre les blocs de pierre et aperçut le ciel.

Allan, se tournant vers Richard et souriant : « C’est la sortie ! »

Richard regarda Allan avec angoisse et bonheur à la fois. Ravi de se retrouver bientôt libre mais en même temps inquiet de ne pas pouvoir finalement en profiter car il fallait tout d’abord déplacer l’énorme bloc de pierre bloquant la sortie.

Allan, se frottant les mains : « Bon… Quand faut y aller, faut y aller. »

Il poussa avec ses mains la pierre au dessus de lui. Richard aurait bien voulu l’aider mais il était trop faible. Criant sous l’effort, Allan ne put déplacer la pierre que de quelques millimètres.

Allan, reprenant son souffle : « T’inquiète pas… Je vais y arriver quand même ! »

De toute façon, ils n’avaient pas le choix. Retourner au château était hors de question pour les deux fuyards : C’était la mort assurée pour l’un comme pour l’autre. Allan se remit en position et poussa de toutes ses forces en criant de rage. La pierre bougea davantage ce qui encouragea le hors-la-loi.

Richard : « Allez encore un peu… Tu vas y arriver ! »

Allan recommença à pousser et, cette fois-ci, la pierre se déplaça suffisamment pour lui permettre de sortir le haut de son corps à l’extérieur. Il monta les dernières marches et se plaça à côté du bloc de pierre. Dos à la pierre, il mit ses deux pieds sur le muret d’en face et poussa de toute ses forces. Finalement, après un ultime effort, la pierre tomba lourdement sur le côté, laissant entrer les rayons du soleil dans le souterrain. Aveuglé par cette lumière qu’il n’avait pas vue depuis deux mois, Richard se protégea les yeux.

Allan, essoufflé par l’effort, laissa la lumière et surtout la chaleur l’envahir.

Souriant, Allan à Richard : « ça y est mon vieux… Tu es libre ! »

Richard voulut se relever en se cachant les yeux.

Allan, reprenant Richard : « Attends, je vais t’aider. »

Il l’aida à monter les dernières marches.

Richard, les yeux fermés : « Où est-ce qu’on est ? »

Allan, regardant autour de lui : « Euh… On est… dans un cimetière. »

En effet, le tunnel aboutissait à un cimetière près de Nottingham. La sortie était dissimulée sous une tombe qui ressemblait en tout point aux autres. 

Richard, ouvrant les paupières : « Quoi ? »

Mais la lumière lui fit mal aux yeux. Il les referma aussitôt.

Allan, sortant de la tombe : « Garde les yeux fermés pour le moment... Le temps que tu t’habitues à la lumière. »

Il aida Richard à sortir du tunnel puis le fit assoir sur la tombe. Les deux hommes se reposèrent quelques minutes. Les yeux de Richard s’habituèrent peu à peu à la clarté environnante. Le jeune prince ferma les yeux et se mit face au soleil. Il laissa ses rayons lui réchauffait la peau. Cela lui fit le plus grand bien tant au niveau du corps que de l’esprit. Sa mélancolie sembla s’évanouir, laissant ainsi la place à la joie de retrouver bientôt les siens.

Richard, ouvrant les yeux : « Je ne me plaindrai plus jamais de la chaleur. »

Tant de jours passés dans ce souterrain froid et humide avait rendu sa peau molle et toute fripée. Les rayons du soleil séchèrent et réchauffèrent le jeune homme.

Allan : « Tu devrais dire ça à Much ! »

Richard regarda Allan en souriant. Ce dernier retrouva le visage familier de son ami.

Allan : « Allez…On y va parce qu’on a une longue route à faire. »

Richard, se mettant debout : « Où est-ce que tu m’emmènes ? »

Allan, prenant Richard par le bras : « A la grotte. »

Il aida Richard à quitter le cimetière même si le jeune prince se déplaçait de plus en plus facilement. Bientôt, il n’aurait plus besoin du soutien d’Allan. Lorsqu’ils sortirent du cimetière, ils se rendirent compte qu’ils n’étaient pas très loin de Nottingham. De la route qu’ils suivaient, ils pouvaient apercevoir les premières maisons de la ville. Ils partirent à l’opposé afin de regagner la sécurité du sous-bois. Une fois dans la forêt, Allan fit assoir Richard sur une souche afin qu’il se repose puis le regarda de la tête au pied.

Richard : « Pourquoi est-ce qu’on s’arrête ? »

Allan : « Il faut que je te trouve des vêtements… Sinon tu n’auras bientôt plus rien sur le dos et puis tu risques d’avoir froid à la grotte… même par cette chaleur ! »

Richard baissa la tête et réalisa qu’il était torse nu. Il ne l’avait pas ressenti car le soleil l’enveloppait d’une chaleur bienfaisante qu’il n’avait pas connu depuis plus de deux mois. Quant à ses braies, elles étaient en lambeaux.

Richard : « Oui, tu as raison… Mais où est-ce que tu vas trouver des vêtements ? »

Allan : « J’en ai vu toute à l’heure étendus près des maisons… Je reviens. »

Il partit en direction de Nottingham. Richard profita du soleil, ravi d’être à nouveau libre. Il fut étonné de constater que la lumière du soleil le réconfortait et lui faisait oublier les semaines passées dans l’obscurité du souterrain.

Allan revint quelques minutes plus tard. Il n’avait pu trouver qu’une tunique propre, très ample, trouée à certains endroits. Il arriva à quelques mètres de Richard. Il s’arrêta et sourit, réconforté de le voir vivant et profitant de sa liberté retrouvée. Le jeune homme, les yeux clos, se réchauffait au soleil. Allan comprit que cela avait dû terriblement lui manquait. C’est alors qu’il remarqua le visage aminci de son ami puis ses yeux se portèrent sur son corps très amaigri. Même s’il l’avait remarqué lorsqu’il l’avait découvert dans le souterrain, à la lumière du jour, c’était encore plus criant. Allan perdit son sourire à la pensée que le jeune homme n’avait pas dû toujours manger à sa faim. Il repensa alors à sa captivité : Seul, ligoté dans le noir total, ne pouvant marcher et ne sachant pas ce que ses geôliers allaient faire de lui. Il imagina l’angoisse et la terreur que le jeune homme avait dû éprouver pendant ses deux mois d’isolement. Allan frissonna d’effroi. Mais tout ça était derrière lui maintenant. Il l’avait retrouvé. Il était vivant et, hormis la malnutrition, il semblait plutôt en bonne santé.

Allan, dans sa tête : « Après un repas bien copieux, il ira mieux… Surtout si c’est Much le cuisinier. »

Souriant à nouveau, Allan retrouva Richard.

Allan, tendant la chemine : « Tiens… Je n’ai pu récupérer que ça. C’était soit ça soit une adorable petite robe ! »

Souriant, Richard, prenant le vêtement : « Hum… A tout prendre, je préfère la chemise ! »

Allan, ironique : « Tu es sûr ? »

Richard : « Absolument… ça y ira très bien. »              

Il enfila la tunique. Elle était un peu trop grande pour lui mais cela ne sembla pas le gêner.

Richard, se relevant : « On y va ? »

Allan allait reprendre Richard par les épaules mais le jeune homme protesta.

Richard : « Je peux marcher tout seul. »

Allan : « Comme tu veux. »

Les deux hommes se remirent en route. Seulement, Allan dut adapter son rythme de marche à celui, plus lent, de Richard. Car ce dernier n’avait pas retrouvé toutes ses forces et ses jambes manquaient d’exercice. Fatigué, Richard demanda une pause.

Allan, légèrement inquiet : « Il y a encore beaucoup de chemin pour arriver à la grotte ! »

Richard, sentant ses forces déclinées : « Euh… Je ne sais pas si je vais pouvoir y arriver, tu sais… J’ai un peu la tête qui tourne et je me sens fatigué. »

Allan : « Tu as besoin de manger. »

Richard : « Sûrement… Gisborne ne me nourrissait qu’une fois par jour. »

Allan tempêta intérieurement contre le bras droit du shérif.

Allan, réfléchissant : « Hum… Tu sais ce qu’on va faire ?... On va aller directement au campement. C’est un peu plus loin mais, là-bas, je pourrai te donner à manger. »

Richard, hésitant : «Euh je ne sais pas… Si la grotte est moins loin… »

Allan : « Peut-être mais… Je ne sais pas quand Robin nous y rejoindra... Et tu as besoin de reprendre rapidement des forces. »

Richard, pas enthousiaste : « Oui mais… »

Allan, le coupant : « Je te porterai sur mon dos, s’il le faut ! »

Richard, se relevant péniblement : « Bon alors allons-y ! »

Les deux hommes se remirent en route. Lentement mais sûrement, ils se rapprochèrent du campement. Allan dut aider le jeune homme à parcourir les quelques centaines de mètres qui restaient à faire pour arriver à la porte du sanctuaire des hors-la-loi.

Allan, actionnant le dispositif d’ouverture de la porte : « Et voilà… On y est ! »

Richard, soulagé : « Ouf… Ce n’est pas trop tôt ! »

Ils entrèrent dans le campement puis Allan referma la porte derrière lui.

Allan, aidant Richard : « Je vais t’installer dans le lit de Much. »

Richard : « Il ne m’en voudra pas ? »

Allan : « Non pas du tout… Surtout qu’on lui dira pas ! »

Allan déposa Richard sur le lit.

Allan : « Je vais te préparer quelque chose à manger… En attendant, repose-toi. »

Richard, souriant : « Tu n’auras pas à me le dire deux fois. »

Allan allait se retirer dans le coin « repas » mais Richard le prit par le bras.

Perdant son sourire, Richard, les larmes aux yeux : « Merci… Merci pour tout, Allan. »

Allan, mal à l’aise : « Y’a pas de quoi… Allez… Repose-toi. »

Richard hocha la tête, le regarda s’éloigner puis ferma les yeux. Allan le regarda une dernière fois et tira le rideau délimitant le coin « repas » du coin « repos ». Se sentant en complète sécurité, Richard s’abandonna complètement à un sommeil réparateur ce qu’il n’avait pas connu depuis le début de sa captivité.

Allan se mit au fourneau et chercha ce qu’il pouvait bien donner à manger à son invité lorsqu’il entendit une conversation entre deux individus. Il se rendit rapidement à la porte et espionna à travers le feuillage. Ses épaules s’affaissèrent lorsqu’il reconnut les protagonistes. Soudain la porte s’ouvrit.




« Que ça fait du bien d’être de retour chez soi ! »

 

 *****


byoann  (15.02.2016 à 09:30)
Message édité : 15.02.2016 à 08:58

Allan : « Et puis vous connaissez la suite ! »

Se rappelant la façon dont il avait accueilli son compagnon, Petit Jean baissa la tête.

Djaq, resservant un bol de ragout à Richard : « En tout cas, je suis contente que tu sois de nouveau parmi nous. »

Richard, gênée par toute l’attention qu’on lui portait : « Euh… Merci. »

Il prit l’écuelle que Djaq lui tendait et commença à manger. Les hors-la-loi avaient déjà terminé leur repas mais ils attendirent que le jeune homme ait fini le sien. Djaq retourna s’assoir auprès de Will. Allan la suivit des yeux et son regard se porta sur la petite fiole que la jeune femme portait toujours autour du cou.

Allan : « En tout cas, Djaq, nous te devons la liberté de notre ami. »

Djaq, ne comprenant pas : « Comment ça ? »

Allan : « Oui sans ta petite fiole, jamais, je n’aurais pu le libérer. Finalement, c’est très utile ces trucs de Sarrazin. »

Djaq : « Ces trucs de Sarrazin, comme tu dis, c’est de la science… de la chimie pour être exact. »

Allan : « Ouais, si tu le dis. »

Richard : « En tout cas, merci… Merci pour tout. »

Allan à Robin : « Mais au fait… Tu ne m’as pas dit comment tu te l’étais procuré ? » 

Robin, faisant semblant de ne pas comprendre : « Quoi donc ? »

Allan : « La fiole ! »

Robin : « Oh ! La fiole ! »

Touchant machinalement la fiole, Djaq regarda Robin en souriant.

Robin : « Oh, il n’y a rien de sorcier… [Sur un ton peu convaincant] Je lui ai demandé et elle me l’a donné. »

Allan, sceptique : « Comme ça ?... Sans rien te demander ? »

Robin, le regard fuyant : « Euh… Oui. »

Allan, pas convaincu, à Djaq : « C’est vraiment comme ça que ça s’est passé ? »

Djaq, souriante : « Euh… Pas tout à fait… »

*******

La veille…

Pendant qu’une partie de la bande surveillait Gisborne et que l’autre s’occupait des livraisons, Robin en profita pour chercher la fiole d’acide de Djaq afin de la donner à Allan.

Robin, s’approchant des affaires de Djaq : « Oh ce que je n’aime pas faire ça… [Il expira profondément] mais c’est pour la bonne cause. »

Il commença à fouiller dans ses affaires.

Une voix féminine derrière lui : « Mais qu’est-ce que tu fais ? »

Pris sur le fait, Robin se retourna, très embarrassé : « Euh… Je cherchais quelque chose. »

 

Il se releva rapidement et fit face à la jeune femme. Djaq porta son regard sur ce qu’il avait à la main. Il s’agissait d’une magnifique robe de couleur dorée qua Djaq avait conservé d’une de ces missions avec la bande. Il s’agissait de celle au cours de laquelle Djaq s’était faite passée pour une serveuse lors d’une soirée donnée au château de Nottingham en l’honneur du comte Friedrich Berthold Otto von Wittelsbach. Djaq lui jeta un regard interrogateur. Réalisant qu’il avait une robe à la main, Robin s’empressa de mettre son bras derrière son dos et lâcha le vêtement.

Djaq, souriante et ironique : « Tu veux m’emprunter une robe ? »

Robin, avec un sourire gêné : « Non… Euh… En fait, je cherchais… Euh… »

Il ne savait pas comment lui demander sa fiole sans avoir à lui dévoiler ses raisons.

Djaq, s’avançant : « Quoi ? »

Robin remarqua alors que ce qu’il cherchait se trouvait pendu autour du cou de la jeune femme.

Robin, regardant son cou : « Euh… ça ! »

Djaq, prenant la fiole dans sa main : « Ma fiole ? »

Robin : « Euh… Oui. »

Djaq, intriguée puis inquiète : « Pour quoi faire ?... Tu es blessé ? »

Robin : « Non. Non. Non. Tout va bien. Seulement… Il me la faut absolument. »

Djaq trouva son comportement étrange. Elle le dévisagea sans répondre et essaya de comprendre son attitude.

Devant le silence de Djaq, Robin, sérieux : « Ecoute… J’ai vraiment besoin de cette fiole mais je ne peux pas te dire pourquoi... Alors ?... Est-ce que tu veux bien me la confier ? »

Djaq hésita. Le comportement de Robin commença à l’inquiéter.

Robin : « S’il te plaît… C’est très important. »

Djaq, enlevant la fiole de son cou : « D’accord. La voilà. »

Robin, soulagé : « Oh merci, Djaq ! »

Tellement heureux de l’avoir, Robin embrassa Djaq sur la joue. Il prit la fiole et s’éloigna. Djaq fut surprise par son baiser. Elle le regarda avec de grands yeux interrogateurs.

Djaq : « Mais… Où est-ce que tu vas ? »

Robin, s’éloignant : « Euh… Je vais… Je vais voir Marianne ! »

Il sortit du campement en bousculant Much.

Djaq : « Mais tu en reviens ? »

Mais Robin ne l’entendit pas. Celui-ci courrait déjà dans la forêt.

Much, arrivant près de Djaq : « Ben… où est-ce qu’il court comme ça ? »

Djaq : « Voir Marianne. »

Much, étonné : « Mais il en revenait, non ? »

Djaq, regardant avec consternation la pagaille que Robin avait mise dans ses affaires et pensive : « Oui… Faut croire qu’il a encore quelque chose à lui dire ! »

Much : « Est-ce qu’il est devenu fou ? »

Djaq, inquiète et perdue dans ses pensées : « Possible oui. »

*******

Djaq, souriante : « Alors c’était pour Allan ? »

Robin : « Oui… J’avais rendez-vous avec lui et j’avais peur d’arriver en retard… C’est pourquoi je me suis permis de fouiller dans tes affaires. Je suis désolé, Djaq. »

Djaq : « Bah ce n’est rien. »

Robin, souriant : « Mon comportement a dû vous surprendre ? »

Much, souriant : « Bah en fait… On croyait que vous aviez perdu la tête. »

Djaq : « Non… C’est pas ça… Seulement… On a pensé que la disparition du Père Swain et la défection d’Allan t’avaient un peu perturbé, voilà tout. »

Much : « Ouais… C’est ça. »

Petit Jean : « Ouais… Un fou ! »

Le reste de la bande rit.

Will : « N’empêche qu’avec toute ses visites à Marianne, Much commençait à devenir jaloux ! »

Much, perdant le sourire : « Moi ?... Non, c’est pas vrai ! »

Djaq : « Oh un petit peu ! »

Much : « Non, c’est faux… Je me faisais simplement beaucoup souci pour lui… Mais… Il est vrai que… Je me suis parfois demandé pourquoi vous éprouviez le besoin d’aller la voir aussi fréquemment ? »

Le reste de la bande rit.

Much : « Non mais c’est vrai ? A croire que notre présence ne vous suffisait pas. A chaque fois qu’on était réuni, vous partiez voir Marianne. »

Petit Jean, se moquant : « Il était jaloux ! »

Will et Djaq le confirmèrent en hochant la tête.

Robin, réconfortant Much : « Eh bien maintenant tu sais pourquoi. »

Djaq à Robin : « Et Marianne ? »

Much, avec une pointe de jalousie dans la voix : « Ben quoi Marianne ? »

Djaq : « Tu devrais l’avertir qu’on a retrouvé Richard. Comme ça, elle pourra rassurer Adrien et Frère Tuck. »

Robin : « C’est prévu… J’irai la voir après le repas. »

Richard : « Je viens aussi ! »

Robin : « Je suis désolé, Richard mais c’est trop risqué. »

Richard : « Mais Robin… Je dois lui parler avant… »

Djaq : « Avant ? »

Richard, soufflant : «… notre départ. »

Robin, surpris : « Notre départ ? »

Richard, hésitant : « Oui, je… »

Il regarda Allan. Ce dernier baissa le regard ce qui fit comprendre à Richard qu’il devra affronter, seul, le chef des hors-la-loi. Quant à Robin, il sentit que les deux hommes lui cachaient quelque chose. Il fixa alors son compagnon. Le regard de ce dernier lui fit comprendre qu’il n’allait sûrement pas être d’accord avec le jeune prince ce que les hésitations de ce dernier lui confirmèrent.

Richard, un peu impressionné : « Je vais… Je vais emmener Adrien avec moi ! »

Redoutant ce moment depuis qu’il avait appris que Richard était le fils du roi, Robin leva les yeux au ciel.

Robin, calmement : « Richard, écoute… Je… [Cherchant ses mots avec soin pour ne pas froisser le jeune homme] Je ne crois pas que ce soit une bonne idée. »

Richard, se levant : « Mais pourquoi ? »

Robin : « Tu vas faire un long voyage, Richard… qui te conduira dans un pays inconnu où tu auras de lourdes responsabilités… »

Richard : « Je sais ça mais… ! »

Robin, le coupant : «… Tu devras apprendre ton métier de roi. Et je crains que tu n’aies pas assez de temps pour t’occuper d’Adrien. »

Richard : « Je sais que la tâche qui m’attend sera longue et difficile mais j’aurai toujours du temps pour mon frère ! »

Robin baissa la tête. Il comprit qu’il lui sera difficile de convaincre le jeune homme que la fonction de Prince d’Angleterre l’accaparerait totalement et qu’il risquera, de ce fait, de délaisser adrien.

Robin : « Par ailleurs, tu devras lui faire abandonner tous ses amis et son foyer, à l’orphelinat, où il avait enfin trouvé sa place. Pour aller où ?... Dans un autre pays ? Où il ne connaîtra personne ? Et où tu ne seras pas toujours à ses côtés que tu le veuilles ou non ? Est-ce que c’est ça que tu veux pour lui ? »

Richard fut sensible aux arguments de Robin puisqu’il ne sut quoi lui répondre. Robin se leva et vint se placer en face du jeune homme.

Richard, ne sachant plus très bien quoi penser : « Mais j’ai promis à son frère de toujours veiller sur lui ! »

Robin : « Et tu l’as fait !... Tu lui as procuré un toit au dessus de la tête, de quoi se nourrir et se vêtir et puis des gens qui l’aiment. Et tu veux lui retirer tout ça ? Crois-tu qu’il pourra pleinement s’épanouir, seul, en France même si tu seras de temps en temps présent à ses côtés ? Je crois qu’il vaut mieux qu’il reste ici, entouré de ‟sa famille″. Tu ne crois pas ? »

Richard, le cœur déchiré : « Je sais pas… »

Robin, mettant une main sur son épaule : « Je sais qu’au début ça sera dure aussi bien pour lui que pour toi. Mais tu dois décider ce qui est bien pour lui et non ce qui est bien pour toi… C’est ce qu’un frère ferait ! »

Richard, les larmes aux yeux : « Tu as peut-être raison. »

Il fit aussitôt demi-tour et se dirigea à l’intérieur du campement.

Richard, entrant dans le campement : « Je vais me coucher... Je suis épuisé. » 

Comprenant sa peine, Robin préféra le laisser tranquille afin qu’il puisse y réfléchir sérieusement. Le chef des hors-la-loi donna son accord en hochant la tête et retourna s’assoir parmi ses compagnons. Le reste de la bande resta silencieux pendant l’échange entre Robin et Richard, préférant ne pas interférer dans cette discussion difficile. La demande du jeune prince était légitime et compréhensible. La plupart des hors-la-loi le comprenait et l’approuvait. Mais tout le monde savait aussi que les arguments raisonnables avancés par Robin devaient malheureusement l’emporter sur l’élan du cœur du jeune prince.

Pour alléger l’atmosphère, Allan à Robin : « Ah et préviens Marianne pour moi aussi. »

Much, ne comprenant pas : « Pour toi ? »

Allan, avec insistance : « Oui… Je veux que tout le monde sache que je n’ai pas failli… Que c’était une ruse pour retrouver Richard... Que je me suis sacrifié pour… »

Petit Jean, le coupant : « Oui bon ben ça va ! On sait que tu es très doué pour tromper ton monde ! »

Allan le regarda sévèrement.

Petit Jean, lui sourit et moqueur : « Désolé… Vieux réflexe. »

Réalisant qu’il se payait sa tête, Allan finit par en rire.

Robin, fouillant dans sa poche : « Tiens au fait… Je dois te rendre ceci. »

Il tendit son insigne à Allan.

Allan, le recevant et souriant : « Ah !... Viens voir papa ! »

Il embrassa son insigne avant de le mettre autour de son cou.

Much : « Mais au fait ? Marianne n’est pas au courant pour Allan ? »

Robin : « Si je le lui ai dit ! »

Much : « Mais vous ne nous l’avez pas dis ça ! »

Djaq : « Oh Much ! »

Robin, souriant : « Eh bien, je te le dis : Elle est au courant de tout. »

Allan, se frottant la joue gauche : « Oui, je confirme. »

Will : « Pourquoi ?... Tu l’as vu ? »

Grimaçant et se frottant la joue, Allan : « Oh que oui… ! »

*******


byoann  (18.02.2016 à 09:16)

Marianne descendait les marches du perron au moment où Gisborne et Allan revinrent de la collecte des impôts. Allan conduisait un chariot tandis que Gisborne était à cheval. Certains paysans payaient leurs impôts en nature. Par conséquent en plus de l’argent sonnant et trébuchant, ils avaient ramené aussi bien des fruits, de la viande que des céréales.

Gisborne, descendant de son cheval : « Va porter tout ça à la réserve. Je m’occupe de l’argent. »

Allan : « Ah désolé mais ça ne fait pas parti de mes attributions ! »

Gisborne, se retournant et sèchement : « Fais ce qu'on t'ordonne ! »

Allan : « Tout de suite. »

Allan se rendit sur le côté du chariot et prit un sac sur ses épaules.

Gisborne : « Marianne ?... Mais que vous faites-vous là ? »

Marianne, regardant Gisborne et fusillant Allan du regard : « J’étais venue parler au shérif au sujet de l’orphelinat. »

Gisborne, prenant un sac rempli d’argent : « Oh Marianne, je vous ai dit que… »

Marianne, l’interrompant : « Je sais. Je sais…. De toute façon, le shérif n’a pas voulu me recevoir… Mais peut-être que vous ? »

Gisborne, voulant monter les marches : « Je regrette Marianne mais je ne peux rien faire pour vous ! »

Marianne, l’attrapant par le bras et gênée par ce contact ‟intime″ : « Euh… Mais peut-être qu’en tant que seigneur de Locksley, vous pourriez le convaincre de fournir un nouveau toit aux orphelins ? »

Gisborne, la regardant droit dans les yeux : « Cela semble vous tenir beaucoup à cœur, on dirait ? »

Marianne, avec sincérité : « Je l’avoue, oui. »

Gisborne la regarda avec compassion.

Gisborne : « Je verrai ce que je peux faire. »

Marianne, lui souriant : « Je vous remercie, Guy. »

Gisborne : « Maintenant, excusez-moi. Je suis très occupé. »

Marianne, s’écartant de son chemin : « Pardonnez-moi. Je ne vous retiens pas plus longtemps. »

Marianne lui offrit un dernier sourire et Gisborne monta les marches de l’escalier en direction de la porte du château. Quand il eu disparu à l’intérieur, Marianne se tourna dans la direction qu’avait pris Allan et perdit brutalement son sourire.

Marianne, marchant vers la réserve : « A nous deux, maintenant ! »

Elle avait promis à Robin qu’elle n’irait pas le voir pour lui parler de sa défection. Or le destin avait voulu de les mettre en présence. Ce n’était donc pas Marianne qui fit le premier pas. Par ailleurs, elle n’avait pas l’intention de lui parler.

 

 

Elle trouva Allan dans la réserve.

 

 

Il déposa son fardeau puis revint vers la sortie où il faillit la percuter.

Allan, surpris : « Marianne ? »

Elle ne lui répondit pas.

 

Furieuse contre lui, elle lui envoya un violent coup de poing au visage.

 

Allan s’en rependit de tout son long. Couché sur les sacs, il se tint la mâchoire en dévisageant Marianne. Il n’osa pas répliquer. Furieuse, elle tourna les talons. Il se releva lentement, sonné par le coup. Il sortit de la réserve et se retrouva face à elle. En effet, trop frustrée de ne pas pouvoir lui dire ce qu’elle avait sur le cœur et malgré la promesse qu’elle avait faite à Robin, elle avait fait demi-tour.

Allan, sur ses gardes : « Oh. Oh doucement ! »

Marianne : « COMMENT AS-TU PU ? »

Allan, regardant autour de lui : « Hé, chut… Baissez d’un ton. »

Marianne : « POURQUOI ? TU AS PEUR QUE TON NOUVEAU MAITRE NOUS VOIT ENSEMBLE ? »

Allan, l’entraînant dans la réserve : « Chut ! Moins fort ! »

 

 

« Comment as-tu pu oser faire ça ?... Après tout le mal que je me suis donnée pour toi... ? »

 

Allan : « Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? »

Marianne : « Pourquoi ?... Mais pourquoi as-tu… ? »

Etreint par l’émotion, elle n’arriva pas à finir sa phrase.

Allan, froidement : « Parce que la messe est dite ! »

Marianne, confuse : « Quoi ? »

 

 

« C’est fini, Marianne… Le Prince Jean a gagné ! »

 

 

Marianne : « Mais comment peux-tu dire ça ? »

Allan : « J’ai des yeux pour voir, Marianne… Les chevaliers noirs sont pratiquement installés à Locksley… Robin ne sera donc bientôt plus maître de Sherwood et, pour couronner le tout, le shérif détient Richard ce qui fait que quoi qu’il arrive le Roi Richard est fini… »

Marianne, n’en croyant pas ses oreilles : « Mais c’est complètement absurde ! »

Allan : «… Et moi je préfère être du côté du vainqueur que du vaincu. »

Il contourna Marianne pour s’en aller car cette conversation le rendit très mal à l’aise.

Marianne, l’agrippant par le bras : « Et les années passées à lutter au côté de Robin ? Qu’est-ce que tu en fais ? »

Allan, se défaisant de Marianne : « C’est du passé ! »

Marianne, mécontente : « Et Annie ?... Tu y as pensé ? C’est du passé elle-aussi ? »

Allan, le cœur en pièces et très mal à l’aise : « Elle… Elle comprendra... Elle est intelligente. Elle comprendra la situation et partagera mes raisons. Elle me comprend, elle. »

En colère, Marianne lui envoya un deuxième coup de poing au visage.

 

 

« Eh bien pas moi ! »

 

 

Elle sortit furieuse de la réserve.

 

 

Allan, gémissant : « Eh ben y’a pas à dire… C’est ma fête aujourd’hui ! »

 

Il resta allongé encore un petit moment, sonné par le second coup de poing de Marianne.

*******

Much, souriant : « Elle t’a vraiment frappé ? »

Will, souriant : « Deux fois ? »

Allan : « Oui et ça vous fait rire !… Mais moi, je n’ai pas trouvé ça drôle sur le coup. Elle a un sacré punch ! »

Robin, souriant : « Elle m’avait pourtant promis de te laisser tranquille. »

Allan : « Bah ça fait rien. Je m’en remettrai, va. »

Carter, sérieux, à Robin : « Et pour le prince ?... Qu’est-ce qu’on fait ? »

Ne s’intéressant que très peu à la question du retour de Richard, Much commença à débarrasser les écuelles.

Robin : « Nous vous escorterons jusqu’à la sortie de Sherwood. »

Andrew : « Ensuite nous prendrons la direction de Maidstone… Nous prendrons ainsi le bateau à Douvres. »

Robin : « Oui c’est moins risqué qu’à Portsmouth… Vous serez plus en sécurité dans le comté de Kent. Le shérif ne pourra rien faire contre vous. »

Carter : « Quand pouvons-nous partir ? »

Djaq à Robin : « Attends quelques jours… Richard doit faire ses adieux à Adrien et à tous ses amis. »

Robin baissa la tête et réfléchit à ses propos. Il reconnut qu’il sera difficile pour le jeune homme de quitter ses amis et son pays pour retrouver une famille qu’il ne connaît pas dans un pays inconnu.

Allan : « Et si on le lui demandait ? »

Robin, se relevant : « Tu as raison. »

Djaq : « Non pas tout de suite, il doit se reposer. »

Much, sortant du campement et paniqué : « Richard est parti ! »

Robin, inquiet et fonçant à l’intérieur : « Quoi ? »

Much : « Richard n’est plus là ! »

Robin tira le rideau isolant le coin « repos » et constata avec stupeur que les lits étaient vides.

Robin, revenant sur ses pas : « Il a filé par derrière ! »

Will, inquiet : « C’est pas vrai ! »

Robin, mécontent : « Faut le retrouver avant que Gisborne ne remette la main dessus. »

Djaq : « Il est sûrement parti voir Adrien. »

Much : « Il n’est pas assez bête pour aller se jeter dans la gueule du loup ? »

Robin : « Peut-être pas mais Gisborne pourrait très bien avoir caché des soldats autour de Locksley et… »

Allan : «… Et il ne se méfiera pas ! »

Robin : « Non… Dépêchons-nous ! »

Les hors-la-loi partirent en courant en direction du village natale de Robin. Ils espérèrent intercepter le fuyard bien avant qu’il n’arrive à l’église de Locksley.


byoann  (18.02.2016 à 09:40)

CHAPITRE XX

« EUH… ANNIE… TU FERAIS PEUT-ÊTRE MIEUX DE T’ASSOIR ! »

es hors-la-loi coururent à toute enjambée vers Locksley lorsque, soudain, ils entendirent des hurlements. Ils s’arrêtèrent brutalement.

 

 

Robin, tendant l’oreille : « Ecoutez ! »

 

 

Une voix masculine, pas très loin d’eux : « ROBIN ! »

Will : « On dirait que ça vient de là-bas. »

La voix : « ROBIN !... OU ES-TU ? »

Much, fronçant les sourcils : « On dirait la voix de… »

La voix : « ROBIN !!!!! BON SANG ! JE DOIS TE PARLER ! »

Djaq, ouvrant grand les yeux : « Mais oui… On dirait bien que c’est lui ! »

Much, interloqué : « Non, c’est impossible !... [Regardant Robin] N’est-ce pas, maître ? »

La voix, agacée : « ROOOOOOOBIIIIIIIIIIIIN ! »

Robin, intrigué : « Il n’y a qu’une seule façon de le savoir. »

Il se dirigea vers les hurlements. Le reste de la bande le suivit.

 

 

Ils arrivèrent sur les hauteurs, se couchèrent sur le ventre et observèrent leur visiteur.

 

Petit Jean : « C’est bien lui ! »

En contrebas, le shérif, habillé en mendiant, tournait sur lui-même en hurlant le nom de Robin.

Much, étonné : « Mais pourquoi est-il habillé comme ça ? »

Petit Jean, méfiant : « C’est un piège ! »

Les hors-la-loi scrutèrent les environs mais ne virent pas de traces de la présence de soldats.

Le shérif, tournant sur lui-même : « ROOOOBIIIIIIN !!! SORS DONC DE TA CACHETTE ! IL FAUT QUE JE TE PARLE ! »

La voix de Robin, caché derrière les arbres : « ME PARLER ? ET DE QUOI ? »

Le shérif, se tournant dans la direction de la voix : « JE VOUDRAIS T’AIDER A VENIR EN AIDE AUX INDIGENTS ! »

La réponse du shérif jeta les hors-la-loi dans la consternation.

La voix de Robin : « VOYEZ-VOUS ÇA ! ET QUE COMPTEZ-VOUS FAIRE EXACTEMENT ? »

Le shérif : « RENCONTRONS-NOUS FACE A FACE. NOUS POURRONS EN DISCUTER ! »

Much : « C’est un piège, maître. N’y allez pas. »

Petit Jean : « Nous avons mieux à faire, Robin ! »

Allan : « Oui, on doit d’abord s’occuper de Richard ! »

Robin réfléchit aux différentes options qui s’offraient à lui. Il est vrai que le temps pressait mais la proposition du shérif l’intriguait.

Petit Jean, le pressant : « Robin ! »

Le chef des hors-la-loi prit une flèche dans son carquois et arma son arc.

Will : « Ben, qu’est-ce que tu fais ? »

 

 

Pour toute réponse, il se leva et tira dans la direction du shérif.

 

La flèche vint se planter dans la manche du shérif qui se retrouva plaqué contre l’arbre derrière lui. Une seconde flèche perça quelques secondes plus tard la seconde manche. Le shérif, mécontent, se retrouvant coincé contre l’arbre, déchira sa manche en libérant son bras droit puis tenta d’arracher la seconde flèche avec sa main libre.

Le shérif : « Grrr… Toujours aussi fanfaron ! »

Une voix ironique derrière lui : « Alors que puis-je faire pour vous ? »

Le shérif sursauta et se retourna. Il se retrouva alors en face de la bande de hors-la-loi au grand complet. En effet, après avoir tiré ses deux flèches sur le shérif et ayant constaté aucune représailles, les hors-la-loi eurent la confirmation que le shérif était venu seul et ils s’étaient précipités vers lui.

Le shérif : « Ce n’est pas trop tôt !… Tu n’es pas facile à joindre, Locksley… Même dans ta forêt. »

Robin : « Eh bien, vous voyez je suis là ! »

Le shérif, regardant chacun des hors-la-loi : « C’est ce que je vois… [S’arrêtant sur Allan]… Tiens. Tiens. Tiens. Mais ne serait-ce pas là mon traître préféré ? »

Mécontent, Allan baissa la tête puis fusilla le shérif du regard.

Robin : « J’attends votre proposition. »

Carter : « Robin ? A-t-on vraiment le temps pour ça ? »

Will : « Oui…Euh… N’oublie pas qu’on est attendu. »

Le shérif : « Oh je te dérange, peut-être ?… Tu n’as pas envie de venir en aide aux pauvres gens de Nottingham, hum ? »

Petit Jean, agacé de perdre un temps précieux, prit les devants.

Petit Jean, s’avançant devant le shérif : « Pas le temps ! »

Le shérif, inquiet de voir s’avancer le colosse vers lui : « Pas le temps de quoi ? »

Pour toute réponse, il reçut un violent coup de poing au visage qui assomma le shérif. Celui-ci s’effondra sur le sol déchirant par la même occasion sa manche qui était toujours fixée à l’arbre par la flèche de Robin. Djaq s’agenouilla près du shérif.

Robin, désapprouvant : « Jean ! »

Much, s’approchant et grimaçant : « Oh bon sang ! Qu’est-ce qu’il pue ! » 

Djaq, plissant le nez : « Oui… Mais ça va, il est juste assommé !

Petit Jean : « Je reste ici avec lui. Vous autres, retrouvez Richard. »

Will : « Je reste avec toi… On ne sait jamais. [Regardant autour de lui et pointant du doigt le shérif] Je ne lui fais pas confiance. »

Djaq et Much s’écartèrent du shérif et rejoignirent Robin.

Robin : « Très bien… Nous reviendrons avec Richard et on verra ce qu’on ferra de lui. »

Much : « Oh mais c’est tout vu ! »

Robin, se mettant en route : « Allons-y ! »

Le reste de la bande se remit en route et filèrent en direction de Locksley.

Pendant ce temps, aux abords du village natal de Robin…

 

 

Richard était parvenu sur les hauteurs de Locksley.

 

 

Ne remarquant par la présence de soldats dans le village, il pensa dans un premier temps qu’il pouvait y descendre sans danger. Cependant son intuition lui dicta de se méfier. Se rappelant de sa captivité qu’il ne voulait pas renouveler, il redoubla de prudence. Il choisit de rejoindre le village en le contournant par la forêt, se rapprochant ainsi de l’église où son petit frère se trouvait.

Arrivé aux abords de la forêt, Richard scruta, en face de lui, la place du village où se situait l’église. Il vit alors les enfants qui jouaient devant l’édifice.

Richard, dans sa tête et souriant : « Ça doit être l’heure de la récréation. »

Il examina chaque enfant mais ne trouva pas Adrien parmi eux. Excité à l’idée de savoir que son petit frère se trouvait seulement à quelques mètres de lui, il voulut se précipiter vers l’église mais il réussit à se raisonner et scruta encore une fois les alentours. Il ne vit aucun garde.

Richard : « Qu’est-ce que je risque après tout ? »

C’est alors qu’Adrien sortit de l’église en compagnie de Sœur Margaret. Il semblait effondré. Cela lui brisa le cœur.

 

 

Désirant à tout prix réconforter son petit frère, il voulut se précipiter vers lui mais une main s’abattit sur sa bouche.

 

Une autre agrippa sa tunique et le tira violement vers l’arrière puis il se retrouva plaqué au sol. Terrorisé à l’idée que Gisborne l’ait repris, il se débattit violement mais son assaillant le maintint fermement contre le sol.

Son assaillant : « Chut… Du calme, c’est moi. »

Reconnaissant la voix de son agresseur, Richard ouvrit les yeux et cessa immédiatement de se débattre. Son assaillant enleva sa main de sa bouche.

Richard, surpris : « Robin ? »

 

 

Robin, mécontent : « Qu’est-ce que tu fais ici ?... Je t’avais pourtant interdit de venir ! »

 

Richard, se redressant : « Je voulais revoir mon frère ! »


byoann  (22.02.2016 à 09:55)

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