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Série : Robin Hood
Création : 12.10.2015 à 09h10
Auteur : byoann
Statut : Terminée
« Il s’agit de la suite de l’épisode « Face à son passé ». Cet EV comporte 26 chapitres. J’écris seul merci. »
Cette fanfic compte déjà 121 paragraphes
Andrew, ironique : « Est-ce une façon de s’adresser à son prince ? »
Richard, se relevant et mal assuré : « Ouais, c’est vrai ça… Après tout… Je… suis Prince d’Angleterre et j’exige de voir mon frère immédiatement ! »
Mais son ton ne convainquit personne même pas Richard lui-même.
Robin : « Est-ce là le comportement digne d’un prince que de ne pas écouter les conseils qu’on lui donne ? »
Richard expira profondément. Au fond de lui, il savait bien qu’il avait mal agi. Par ailleurs, désobéir à l’homme qui lui avait sauvé la vie était plutôt irrévérencieux de sa part mais le désir de revoir son frère avait été le plus fort.
Richard, se repentant : « Je suis désolé, Robin… Je ne voulais pas me montrer ingrat envers toi. »
Robin, sec : « La question n’est pas là… Tu as mis ta vie en danger inutilement… Je t’avais pourtant promis que tu reverrais ton frère. Tu dois me faire confiance… Mais pour l’heure, tu dois rester auprès de nous… au campement… bien à l’abri… [Un ton plus doux] Par ailleurs… C’est bien ce que tu voulais, paraît-il ? »
Richard, regardant Allan : « Euh oui… C’est vrai ! »
Robin : « Alors que tu sois prince ou hors-la-loi, tu dois toujours obéir à ton chef. »
Richard, déçu : « Je sais. Je te demande pardon... Je te promets de ne plus te faire faux bond. »
Il se tourna vers Adrien qui était assis sur un banc à regarder, sans grand enthousiasme, jouer les autres enfants.
Robin, regardant dans la même direction : « J’irai avertir Marianne afin qu’elle le prévienne que tu es toujours en vie et, puis ensuite, je réfléchirai à un moyen pour que vous vous retrouviez. »
Richard, plein d’espoir : « Quand ? »
Robin : « Bientôt, je te le promets. »
Robin fit signe à Carter et Andrew. Les deux hommes comprirent qu’ils devaient escorter le jeune prince.
Carter : « Venez, Votre Altesse. »
N’ayant pas l’habitude d’être traité avec autant d’égard, Richard sembla embarrassé. Les joues rouges de timidité, le jeune homme suivit les deux envoyés de sa grand-mère. Robin reporta son attention sur Adrien et imagina la peine que le jeune garçon pouvait ressentir.
Allan à Robin : « Tu ne crois pas que tu as été un peu dur avec lui ? »
Robin : « Ah oui ? »
Allan : « Ben oui… Il pourrait très bien aller voir Adrien maintenant. Les hommes de Gisborne ne sont pas ici. Tu le vois bien ? »
Robin : « Tu es sûr de toi ? »
Allan, scrutant le village de Locksley : « Ben oui. »
Robin : « Alors regarde bien derrière la grange à côté de l’église ! »
Djaq : « Et aussi près du puits… »
Allan fit ce qu’ils demandaient et constata, avec regret, que des soldats du shérif tentèrent de se cacher le mieux possible.
Allan, déçu : « Oh ! »
Robin le regarda sans répliquer.
Allan, pris en faute : « Oui bon d’accord… Je l’admets… [Se tournant vers le village] Tu avais raison… Il y avait bien un… [Regardant plus attentivement le village et sa voix devenant lente et inaudible] danger… »
Robin, Djaq et Much regardèrent dans la même direction que lui. Anticipant la réaction de son compagnon, Robin ferma alors les yeux. Allan fixait une jeune femme sortant de l’église.
Allan, se tournant vers Robin et estomaqué : « Elle est revenue ! »
Robin laissa Allan assimilé cette information.
Allan : « Elle est revenue ! »
Robin : « Je sais. »
Allan, choqué : « Tu le savais ? »
Robin hocha la tête. Allan regarda Djaq et Much qui baissèrent les yeux.
Allan : « Vous le saviez ! Et personne ne m’a prévenu ! Non mais je ne le crois pas. La femme de ma vie est revenue et personne ne juge bon de me le dire ? »
Il faisait évidemment référence à Annie qui était partie quelques mois plus tôt rendre visite à ses parents. Il regarda Djaq et Much.
Much : « Hé !... Ne nous regarde pas comme ça !... On ne pouvait pas te prévenir parce que tu nous avais trahis ! »
Djaq donna un coup de coude à Much.
Allan à Robin : « Depuis quand est-elle revenue ? »
Robin : « Elle est revenue peu de temps après que tu sois entré au service de Gisborne. »
Allan, en colère : « Et tu n’as pas cru bon de me prévenir ? »
Robin : « Non. Je savais qu’en te confiant cette mission, je te mettais dans une fâcheuse position et je ne voulais pas accroitre ton malaise en te révélant son retour. »
Allan, n’en croyant pas ses oreilles : « Dis plutôt que tu n’as pensé qu’à la mission. »
Robin : « Non, c’est faux. Je sais qu’il t’a été extrêmement difficile d’accepter cette mission alors je ne voulais pas ajouter une difficulté supplémentaire. »
Allan : « Une difficulté supplémentaire ?... Et comment crois-tu que j’aurais réagi en la voyant, hein ?... Et elle ?... Comment… ? Ma couverture aurait volé en éclat si nous nous étions rencontrés ! »
Robin : « Impossible. »
Allan : « Pourquoi ça ? »
Robin, baissant la tête : « Parce que euh… Elle sait. »
Allan, inquiet : « Elle sait quoi ?... [Avec espoir] Tu lui as dit que tu m’avais confié la mission de retrouver Richard, c’est ça ? »
Robin, évitant le regard d’Allan : « Euh pas exactement… J’ai été contraint de lui dire que tu nous avais trahis ! »
Allan, les yeux exorbités : « QUOI ? Tu lui as dit que… Mais c’est pas vrai !... »
Robin : « Je n’avais pas le choix… Il fallait qu’elle le croie tout comme nos compagnons… pour ta sécurité. »
Allan, se croyant en plein cauchemar : « Pour ma sécurité !… [Craignant la réponse] Et comment a-t-elle pris la chose ? »
Robin : « Euh… Pas très bien… »
*******
Quelques semaines plus tôt…

Robin attendit dans les écuries de Knighton que Marianne revienne d’un conseil des nobles.
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A son retour, elle entra dans l’écurie tirant son cheval par la bride. |
Une voix masculine : « Tu en as mis du temps ! »
| Marianne se retourna vivement en direction de la voix qu’elle avait reconnue. | ![]() |
Marianne, souriant et faisant entrer son cheval dans sa stalle : « J’aime me faire désirer ! »
Robin, souriant : « Je t’attends depuis un bon moment. Ton père est pourtant rentré il y a une heure. »
Marianne : « Je ne suis pas partie avec la voiture de mon père. J’ai pris mon propre cheval car je voulais me rendre à Locksley après le conseil au cas où il y aurait du nouveau. »
Robin : « Et il y en a ? »
Marianne, déçue et donnant à manger à son cheval : « Pas vraiment… Quant au conseil, le shérif n’a fait que parler de l’insuffisance des impôts récoltés alors il procédera à la levée d’un impôt exceptionnel… »
Robin : « Quoi ? »
Marianne : « Oui… Etant donné qu’une sécheresse est à craindre en raison des fortes chaleurs qui se sont abattues sur le comté depuis quelques semaines, il doit procéder à des travaux pour consolider nos réservoirs qui auraient des fuites paraît-il… »
Robin, expirant : « C’est pas vrai ! »
Marianne : « Oui et il a même appelé cela l’impôt sécheresse ! »
Robin, secouant la tête : « L’impôt sécheresse ! »
Marianne : « Mais tu ne connais pas le plus beau. Les villageois qui ne pourront pas s’acquitter de ce nouvel impôt seront invités à le faire en donner une semaine de leur temps au shérif. »
Robin, fronçant les sourcils : « Une semaine de leur temps ? »
Marianne : « Oui. Ils devront participer aux travaux d’agrandissement de la nouvelle annexe de la bibliothèque du comté de Nottingham. »
Robin, pouffant de rire : « L’annexe de la bibliothèque ? »
Marianne, souriant : « Oui et je trouverais cela comique moi-aussi si elle ne se trouvait pas à l’emplacement de l’actuel orphelinat de Locksley ! »
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Robin, perdant son sourire : « Il n’a pas perdu de temps ! » |
Marianne : « Que comptes-tu faire ? »
Robin : « Comme d’habitude, m’y opposer !... Dès que j’aurai retrouvé Richard. »
Marianne : « Mais Robin ?... Les premiers ouvriers vont arriver d’ici quelques jours. Le shérif a promis de récolter les fonds très bientôt. »
Robin : « Ne t’inquiète pas, le shérif risque d’être fort occupé dans les jours qui viennent. »
Marianne, curieuse : « Ah oui ?... Et on peut savoir de quoi il s’agit où c’est seulement réservé aux habitants de Sherwood ? »
Robin : « Marianne… »
Soudain, il s’interrompit. Les deux amants se regardèrent, alertés par le bruit d’une voiture qui s’arrêta devant le manoir.
Robin, se cachant dans l’obscurité au fond de l’écurie : « Gisborne ! »
Marianne, se plaçant à la porte : « Non, c’est impossible. Il ne vient jamais en voiture. »
Elle entrouvrit la porte de l’écurie. Elle examina le visiteur. Les épaules de Marianne s’affaissèrent. Elle ouvrit la porte puis se tourna vers Robin.
Marianne, mal à l’aise : « Ce n’est pas Gisborne… »
Robin la rejoint.
Marianne : « … C’est Annie ! »
Robin, regardant dehors : « Annie, la fiancée d’Allan ? »
Marianne : « Pourquoi ? Tu en connais d’autres ? »
Robin : « Non je… »
Ils regardèrent la jeune femme descendre de la voiture et se diriger vers la porte du manoir.
Marianne : « Qu’est-ce qu’on va lui dire pour Allan ? »
Ennuyé, Robin : « Rien pour le moment. »
Marianne : « Comment ça, rien ?... Mais on doit lui dire ! »
Robin : « Ecoute pour l’instant, rien ne presse. »
Marianne, étonnée : « Rien ne presse ?... Mais si jamais elle le croise un jour en compagnie de Gisborne, elle pourrait se trahir ou pire encore il pourrait la donner à Gisborne. »
Robin : « Non. Je connais Allan. Il ne ferait jamais ça ! »
Marianne, arquant les sourcils : « Tiens ! Tu le défends à présent ? »
Robin, embarrassé : « Non, pas du tout… C’est que… Il ne nous avait pas donné à Gisborne la dernière fois alors je doute qu’il mette la femme qu’il aime en danger. »
Marianne, peu convaincue : « Même si c’est au détriment de ses propres intérêts ? »
Robin se sentit coincé. Il ne voulait pas encore salir davantage la réputation d’Allan. Cependant, il fut forcé d’aller dans le sens de Marianne pour protéger la couverture de son compagnon. S’il continuait ainsi à le défendre, la jeune femme risquait d’avoir des soupçons.
Robin : « Tu as raison… Il faut lui dire. »
Marianne : « Très bien. Dans ce cas, tu devrais lui parler tout de suite. »
Robin : « Moi, je devrais lui parler ? »
Marianne : « Bien sûr. Il s’agit de l’un de tes hommes, non ? »
Robin : « Bien sûr. Mais… il s’agit de ta dame de compagnie, non ? »
Marianne : « Robin, ne fais pas l’enfant. Tu dois parler à Annie, maintenant. C’est ton devoir ! »
Une voix féminine qu’ils auraient préféré ne pas entendre : « Me parler de quoi ? »
Robin leva les yeux tandis que Marianne se retourna. Annie se trouvait dans l’encadrement de la porte.
Annie, regardant Marianne avec inquiétude : « Votre père m’a dit que vous veniez de rentrer d’un conseil alors j’ai pas pu résister à l’envie de venir vous saluer ici. »
Marianne, se forçant à sourire : « Tu as bien fait… Je suis ravie de te revoir, Annie. »
Elle prit la jeune femme dans ses bras.
Annie, regardant avec inquiétude Robin : « Moi aussi, Lady Marianne. Nous avons chevauché tout l’après-midi sans pratiquement jamais nous arrêter car j’avais hâte de vous revoir. »
Robin, s’approchant de la jeune femme : « Je suis content de te revoir également. »
Annie : « Merci, Messire Robin… Euh… Je ne vous dérange pas, j’espère ? »
Marianne : « Euh non… non… »
Annie : « Euh… De quoi deviez-vous me parler ? »
Marianne, mal à l’aise : « Et comment va ton père ? »
Annie : « Il va beaucoup mieux, je vous remercie. Il a été très malade mais il s’en est sorti. Nous en sommes tous extrêmement soulagés. »
Robin, mal à l’aise : « Tant mieux… Tant mieux. »
Annie surprit des coups d’œil suspects entre les deux amants. Par ailleurs, elle les trouva extrêmement mal à l’aise avec elle comme s’ils avaient quelque chose de particulièrement désagréable à lui avouer. Elle commença à s’inquiéter et la présence du chef des hors-la-loi en ces lieux lui fit penser qu’il était arrivé un malheur à son bien-aimé. Mais elle n’osa pas parler ouvertement de ses doutes.
Annie, d’un ton quasi naturel : « Et comment va mon Allan ? »
Robin se figea. Il la regarda sans répliquer puis jeta un rapide coup d’œil à Marianne. Ce geste confirma à la jeune femme qu’il y avait bien un problème avec Allan.
Annie, inquiète : « Que se passe-t-il ?... Il lui est arrivé quelque chose ? »
Marianne : « Euh… Annie… Tu ferais peut-être mieux de t’assoir ! »
Annie, follement inquiète : « Oh non… Il est mort ? »
Marianne, tout bas : « Mais pour moi c’est tout comme. »
Robin, se voulant rassurant : « Non. Non. Non. Pas du tout. Allan est on ne peut plus vivant. »
Annie s’assit sur une botte de foin se trouvant à proximité de la porte d’entrée. Anxieuse, elle leva les yeux vers Robin attendant son explication.
Robin, pesant chaque mot : « Voilà… En fait, Allan est bien vivant. Je te rassure mais… »
Annie, le pressant : « Mais ? »
Robin : « Il… Il a choisi de retourner auprès de Gisborne. »
Annie, ne comprenant pas : « Quoi ?... Comment ça ? »
Marianne : « Il a quitté la bande à Robin et a rejoint Gisborne et ses hommes. »
Annie, ouvrant grand ses yeux : « COMMENT ? »
Elle se leva d’un bond.
Annie : « Vous voulez dire que… que mon Allan… Non. Non. C’est pas possible. Il n’a pas pu faire ça ! »
Robin, affligé de devoir lui mentir : « Malheureusement si. Nous l’avons tous vu aider Gisborne alors qu’il était entre nos mains. »
Marianne, confirmant : « J’ai… Je l’ai moi-même vu au château en compagnie de Gisborne. »
Annie : « Non... C’est pas possible. Allan… l’homme que j’aime… n’a pas pu… Non… Je ne veux pas le croire ! [Les larmes se mirent à couler le long des ses joues] Pourquoi ?... Lui qui avait fait tant d’efforts pour revenir parmi vous… Pourquoi aurait-il fait ça ?... C’est… C’est insensé ? »
Marianne, la prenant dans ses bras : « Je sais. Mais nous ignorons ses raisons. »
Robin baissa la tête. Il s’en voulait de faire subir cela à la jeune femme mais il n’avait pas le choix. Il devait absolument protéger la couverture d’Allan. Il pensa également à son compagnon. Celui-ci serait fou de rage s’il savait qu’Annie était au courant.
Annie se défit des bras de Marianne et se tourna contre le mur.
Annie : « J’ai honte… J’ai honte pour lui. »
Marianne : « Tu n’as pas à avoir honte. Tout est de sa faute. Pas de la tienne ! N’est-ce pas Robin ? »
Robin : « Absolument... Tu n’y es pour rien. »
Annie, se retournant : « Si… Tout est de ma faute. Si je n’étais pas partie, il n’aurait jamais fait ça ! »
Robin, dans sa tête : « Alors heureusement qu’elle s’est absentée ! »
Marianne : « Tu crois cela ?... Il a pris sa propre décision, Annie… que tu aurais été présente ou non. »
Annie : « Non… J’aurais su l’en dissuader. J’aurais su apaiser ses craintes. »
Robin : « Crois-tu ?... Il ne nous a rien dit à nous. »
Annie, sûre d’elle : « Moi, il m’aurait parlé. Il y a quelque chose de fort entre nous. Je sais qu’il m’aurait écouté et sinon… »
Marianne : « Sinon ? »
Annie, avec colère : « Je l’aurais tué !... Ce scélérat… Ce bonimenteur ! »
Robin, lui prenant les mains : « Annie… Annie ! Tu dois me faire la même promesse que celle que j’ai demandée à Marianne. »
Annie, surprise : « Laquelle ? »
Robin : « Tu dois me promettre que si jamais tu rencontres Allan dans les prochains jours, tu ne t’en prendras pas à lui. »
Marianne, tout aussi surprise qu’Annie : « Pourquoi ?... C’est son fiancé après tout ! »
Robin, mécontent qu’elle s’en mêle : « Marianne ! »
Marianne : « Si mon fiancé commettait un tel acte de trahison, j’exigerai de lui des explications ! C’est la moindre des choses, non ? »
Robin ne se préoccupa pas des propos de Marianne.
Robin à Annie : « Si tu faisais cela, tu risquerais de mettre ta vie mais aussi celle de Marianne en danger. Tu comprends ? »
Annie : « Je comprends… Je… Je vous promets de ne pas lui adresser la parole. »
Robin, rassuré : « Merci, Annie… [Se montrant persuasif] et puis de toute manière… Je compte… Je compte bien avoir une franche explication avec lui… quand tout sera fini. »
Marianne : « Quand tout sera fini ? »
Robin : « Euh oui… pour l’orphelinat et les chevaliers noirs ! »
Marianne : « Ah ! »
Annie : « L’orphelinat ?... Pourquoi ? Que s’est-il passé ?
Marianne : « Viens… Rentrons. Je vais tout te raconter. »
Elle embrassa Robin puis prit la jeune femme par les épaules et la conduisit à l’extérieur. Soulagé, Robin les regarda partir. Il regrettait d’avoir dû mentir aux deux femmes mais il le devait pour protéger son compagnon.
Il laissa Marianne et Annie rentrées au manoir puis il attendit quelques instants avant de quitter, à son tour, l’écurie. Puis il se mit à courir dans les sous-bois en direction du campement.
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Quelques minutes plus tard…

Much, voyant entrer Robin : « Alors qu’est-ce que Marianne vous a dit ? »
Robin, déposant les armes : « Le shérif a l’intention de lever un nouvel impôt ! »
Will : « Oui ben y’a rien de très original là-dedans. »
Robin : « Ah oui mais ce que tu ignores, mon ami, c’est que ceux qui ne pourrons pas payer pourront le faire en nature ! »
Djaq : « En nature ? »
Robin, s’asseyant : « Oui…. Ils devront donner une semaine de leur temps afin d’aider à l’agrandissement de l’annexe de la bibliothèque du comté. »
Will, souriant : « La bibliothèque ? »
Robin : « Ouais !... Qui se situe à Locksley ! »
Djaq, perdant le sourire : « L’orphelinat ? »
Petit Jean : « Il n’a pas perdu de temps ! »
Robin, pensif : « Non. En effet. »
Will : « Qu’est-ce que tu comptes faire ? »
Robin : « Rien pour le moment. »
Petit Jean, mécontent : « Rien ? »
Robin : « Pour l’instant notre priorité est de retrouver Richard ! »
Petit Jean ne répliqua que par un profond soupir d’agacement.
Robin, énigmatique : « Et puis ces travaux ne sont pas une si mauvaise chose, finalement. »
Petit Jean : « Tu plaisantes ! »
Robin : « Non… Les orphelins pourront ainsi avoir une plus grande demeure. »
Will : « Mais ils n’y habitent plus puisque ce seront les chevaliers noirs qui y logeront. »
Robin : « Ce n’est pas encore faire ! »
Djaq : « Tu espères que les enfants y retourneront ? »
Robin : « En tout cas, je ferai tout ce qu’il faut pour ça… Dès qu’on aura retrouvé le fils du roi. »
Robin perdit son regard dans les flammes du foyer qui réchauffait une marmite contenant leur dîner.
Petit Jean : « Une bibliothèque ! On aura tout entendu ! Et pendant ce temps, les gamins doivent s’entasser dans une église. »
Will : « T’en fais pas… On s’en chargera avant que les chevaliers noirs ne s’y installent. »
Petit Jean : « Et comment ? »
Will : « Je ne sais pas. »
Much : « Moi non plus mais je suis sûr que Robin a déjà un plan en tête. N’est-ce pas, maître ? »
Mais Robin ne répondit pas.
Much : « Maître ? »
Djaq regarda Robin qui visiblement n’avait pas suivi leur conversation. Il repensait à la peine qu’il avait faite à Annie.
Djaq : « Il y a autre chose, n’est-ce pas ? »
Robin, revenant à lui : « Hein ? »
Djaq : « Il s’est passé quelque chose chez Marianne ? »
Robin, regardant Djaq : « Tu me connais bien, on dirait ? »
Djaq, souriant : « Ce n’est pas difficile. Tu as l’esprit ailleurs. Et j’ai remarqué que c’était souvent ces derniers temps. »
Ne voulant pas que Djaq se penche trop sur ses humeurs, il préféra tout lui dire.
Robin : « Annie est revenue. »
La nouvelle jeta un froid dans l’équipe. Tous appréhendaient la réaction de la jeune femme lorsqu’elle apprendrait la vérité au sujet d’Allan.
Will : « Tu lui as dit pour Allan ? »
Ils se tournèrent tous vers lui.
Robin, baissant la tête : « Oui. »
Djaq : « Tu as bien fait. Elle avait le droit de savoir. »
Robin : « Si tu le dis. »
Will : « Et comment a-t-elle réagi ? »
Robin : « Elle est sous le choc... Elle ne comprend pas. »
Much : « Remarque que moi non plus, je n’ai pas compris pourquoi il avait fait ça ! »
Djaq : « C’est vrai. Moi non plus. Après tous les efforts qu’il avait fournis pour revenir parmi nous et puis il a Annie… En faisant ça, il était sûr de la perdre ! »
Robin, voulant couper court la discussion : « Faut croire qu’il ne l’aimait plus ! »
Il se leva et souleva le couvercle de la marmite.
Robin : « Hum… ça sent bon. »
Much, se relevant à son tour : « Ce s’ra prêt dans quelque minutes ! »
Robin, allant vers sa couche : « Tant mieux. »
*******
Quelques semaines plus tard, aux abords de Locksley…
Allan, en colère : « QUE JE NE L’AIMAIS PLUS ! »
Robin : « Je suis désolé. Il fallait les convaincre avant qu’ils ne soupçonnent quelque chose. »
Allan : « Oh c’est pas vrai [Il expira profondément puis déterminé] Je dois lui parler ! »
Robin : « Euh… A ta place, j’attendrai un peu. »
Allan : « Attendre quoi ? »
Robin : « Que je lui ai parlé d’abord ! »
Comprenant que Robin n’avait pas eu encore le temps de prévenir Marianne et Annie qu’il avait été missionné par le chef des hors-la-loi, Allan, menaçant : « T’as intérêt de le faire rapidement ou sinon… »
Il suivit le chemin emprunté par Carter, Richard et Andrew.
Much : « Sinon quoi ? »
Allan, sans se retourner : «… JE RETOURNE AUPRES DE GISBORNE ! »
Robin à Djaq : « Bon… Finalement, il l’a mieux pris que je l’aurais cru. »
Djaq : « Oui, c’est sûr ! »
Ils se retournèrent et regardèrent en direction de Locksley. Annie discutait avec Adrien. Elle tentait apparemment de l’intéresser au jeu des autres enfants mais sans succès.
Djaq : « Pauvre petit bonhomme. Ça doit être dur pour lui. »
Robin : « Oui et ce n’est pas fini… »
Djaq l’interrogea du regard.
Robin : « Imagine ce qu’il va ressentir quand son frère devra partir pour la France. »
Robin se mit en marche à la suite de la bande. Djaq regarda une dernière fois Adrien. Puis attristée par cette pensée, elle rejoignit le reste de l’équipe.
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CHAPITRE XXI
« JE SUIS… LE NOUVEAU SHERIF DE NOTTINGHAM ! »
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quelques lieues de là... |
Revenant de Locksley après y avoir cherché le jeune prince et relevé les quelques hommes laissés en embuscade, Gisborne arriva avec sa troupe dans la cour du château. Il descendit de cheval lorsqu’un serviteur s’approcha de lui.
Le serviteur : « Messire, le shérif souhaiterait vous voir dans la grande salle. »
Gisborne : « Très bien... J’arrive tout de suite. »
Il suivit le serviteur jusqu’à la porte de la grande salle. Gisborne y pénétra en évitant de regarder son interlocuteur. Revenant bredouille, il s’attendait à être vilipender par le shérif.
Gisborne, en haut de l’escalier : « Je suis navré mais je ne l’ai pas retrouvé, Monseigneur. »
Le shérif ne répliqua pas. Pour empêcher que celui-ci n’explose de colère, il s’empressa de rajouter.
Gisborne, regardant le shérif : « Mais j’ai posté quelqu… »
Il s’arrêta non seulement de parler mais également de marcher. Il resta au milieu de l’escalier lorsque son regard se porta sur le visage du shérif. Il s’aperçut que ce n’était pas le shérif Vaizey mais Sir Jasper et son bras droit qui se tenaient debout devant lui.
Inquiet, Gisborne, descendant l’escalier : « Où est le shérif ? »
Jasper : « Il nous a quitté. »
Gisborne, arrivant devant Jasper : « Comment ça ? »
Jasper : « Il est parti. »
Gisborne, inquiet : « Mais… »
Jasper, le coupant : « Ne vous en faites pas, Gisborne. Nottingham ne restera pas sans shérif. »
Gisborne, plein d’espoir : « Vous voulez dire que je… »
Jasper, l’interrompant de nouveau : « Je suis… le nouveau shérif de Nottingham ! »
Déçu de ne pas avoir reçu le poste, Gisborne se renfrogna. Sir Jasper, connaissant l’ambition de son interlocuteur, s’empressa de le rassurer.
Jasper, allant s’assoir dans le fauteuil du shérif : « Allons Gisborne, ne soyez pas déçu… Je sais que vous désirez ardemment ce poste. Mais rassurez-vous. Si vous choisissez de rallier ma cause, je vous garantis que vous occuperez ce fauteuil dans pas longtemps. »
Gisborne : « Vraiment ? »
Jasper : « Absolument. Je ne compte pas rester toute ma vie shérif d’un petit comté du fin fond de l’Angleterre. Dès que le Prince Jean sera monté sur le trône, il m’appellera près de lui. Bien sûr, il faudra lui démontrer non seulement notre valeur et notre loyauté mais également notre efficacité… comme par exemple… »
Gisborne : « Retrouver son neveu. »
Jasper : « Exactement. Vous voyez ? Ce que j’aime chez vous, Gisborne, c’est que vous comprenez très vite. Alors ?... Vous êtes avec moi ou contre moi ? »
Son bras droit mit la main sur la garde de son épée. Ce geste n’échappa pas à Gisborne.
Gisborne : « Je suis… avec vous… shérif. »
Jasper : « Bien... Excellent. »
Gisborne : « Puis-je savoir ce qui est arrivé à l’ancien shérif ? »
Jasper : « Quelle importance ? L’essentiel est de savoir qu’il y a toujours un shérif à Nottingham ainsi la ville ne sera pas rasée, n’est-ce pas ? »
Gisborne : « Oui, bien sûr. Mais je vous demande ça afin de savoir s’il ne risque pas d’intervenir dans ma recherche pour retrouver le prince. »
Jasper : « Je ne m’en ferai pas pour ça si j’étais vous. Mes hommes m’ont rapporté qu’il était parti se cacher dans la forêt de Sherwood. »
Gisborne, inquiet : « Il risque de rencontrer Robin ! »
Jasper : « Et cela vous inquiète, on dirait ? »
Gisborne : « Euh oui… Ils pourraient se liguer contre nous ! »
Jasper : « Robin des bois et l’ancien shérif ?... Alors qu’ils sont des ennemis mortels ?... Non ! A l’heure qu’il est notre ami Robin a dû rendre la justice et exécuté ce cher Vaizey pour tous les crimes qu’il a commis… Maintenant qu’il n’y a plus de danger pour Nottingham ! »
Mais Gisborne ne semblait pas aussi sûr que Sir Jasper car après tout…
Gisborne, dans sa tête : « L’ennemi de mon ennemi est mon ami. »
Jasper : « Ceci dit il faut absolument retrouver le jeune prince afin de consolider notre position auprès du Prince Jean. »
Gisborne : « Le Prince Jean sait-il que vous avez pris la place de shérif ? »
Jasper : « Bien entendu… J’ai envoyé un courrier à Londres pour l’informer quand raison de la traîtrise de l’ancien shérif de Nottingham, j’ai dû procéder à son remplacement. »
Gisborne : « Et pour le jeune prince ? »
Jasper : « Je n’ai pas cru bon de lui dire qu’il n’était plus dans nos murs. »
Gisborne : « Alors cela signifie qu’il croit que… »
Jasper : « En effet ! C’est pourquoi vous avez intérêt à le ramener rapidement auprès de nous ! »
Gisborne : « Je crains que cela ne soit pas possible. »
Jasper, contrarié : « Et pourquoi je vous prie ? »
Gisborne : « Parce qu’il doit être entre les mains de Robin des bois. Il fera tout pour le mettre à l’abri… loin de Nottingham. »
Jasper, pensif : « Vraiment ? »
Gisborne : « Absolument. Il préfèrera mourir plutôt que de nous le remettre. »
Jasper : « Même contre la vie de tous les habitants du comté ? »
Ne comprenant pas, Gisborne fronça les sourcils.
Jasper : « Si je ne peux avoir le jeune Richard, le Prince Jean me reniera. Dans ce cas, ma carrière prendra fin et cela je ne peux l’accepter. Donc avant que le prince ne soit au courant pour son neveu, je quitterai Nottingham pour me rendre à Londres et je l’informerai que finalement le shérif Vaizey a été tué alors qu’il essayait d’empêcher l’évasion de son neveu et que, malheureusement, il a échoué. Et vous comprendrez ce qu’il arrivera ensuite ? »
Gisborne, inquiet : « Il ordonnera de raser Nottingham ! »
Jasper : « Exactement ! Alors vous ne pensez pas que ça donnera à réfléchir à notre ami Robin ? »
Gisborne : « Encore faut-il le prévenir ? »
Jasper, méprisant : « N’y-a-t-il pas des partisans que vous pourriez contacter et qui pourrait lui faire parvenir le message ? »
Gisborne : « Non, Monseigneur. Ces partisans ne se font pas connaître car ils sont pourchassés et exécutés. »
Jasper : « Et comment avez-vous procédé la dernière fois ? »
Gisborne : « Je ne comprends pas. »
Jasper : « Quand le shérif avait bel et bien disparu… Robin était venu à votre secours, non ? »
Gisborne se rappela ce douloureux souvenir où il s’était abaissé à demander de l’aide à son ennemi. Il se souvint alors que c’était Marianne qui avait servi d’intermédiaire. Ne voulant pas qu’elle soit inquiétée par Sir Jasper, il ne la dénonça pas.
Gisborne : « C’est exact. »
Jasper : « Alors comment vous êtes-vous débrouillé pour le faire venir ici ? »
Gisborne : « Euh… en… en faisant une proclamation, Monseigneur. »
Jasper : « Une proclamation ?... Très bien dans ce cas, faîtes préparer la proclamation et je l’a signerai. »
Gisborne, se courbant : « Oui, Monseigneur. »
Il fit demi-tour et se dirigea vers l’escalier.
Le bras droit de Jasper, à l’oreille de ce dernier : « Vous croyez qu’on peut lui faire confiance ? »
Jasper : « Oui. Gisborne est un homme très ambitieux. J’ai déjà eu l’occasion de le vérifier… Ceci dit c’est aussi un inconstant. Suivez-le discrètement. »
Le bras droit : « Oui, Monseigneur. »
Dès que Gisborne atteignit les portes de la grande salle, le bras droit de Jasper le suivit.
Jasper : « On ne sait jamais... On n’est jamais trop prudent ! »
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Pendant ce temps…

Les hors-la-loi retournèrent à l’endroit où ils avaient laissé Petit Jean, Will et le shérif. Ce dernier était toujours sans connaissance lorsque Robin et le reste de la bande arriva.
Robin : « Toujours endormi ? »
Petit Jean, se relevant à son arrivée : « Oui. »
Much : « Qu’est-ce que vous allez en faire, maître ? »
Robin : « Nous allons le ramener avec nous ! »
Will : « Quoi ?... Tu veux le ramener au campement ? »
Robin : « Evidemment, on ne va pas le laisser là. Et j’aimerais en savoir plus sur sa proposition. »
Petit Jean : « Je n’aime pas ça ! »
Will : « Moi non plus… Le savoir au camp avec nous ! »
Much : « Bah c’est pas comme s’il n’était jamais venu ! »
Robin lança à Much un regard désapprobateur.
Allan : « Comment ça ? »
Robin : « Peu importe ! »
Much : « Le shérif avait réussi à duper Djaq et Petit Jean en se déguisant. Ils l’avaient ramené au campement ! »
Petit Jean, mécontent : « Justement ! ça m’a servi de leçon ! »
Robin : « Ne t’en fais pas. Il ne rentrera pas dans le campement. On l’installera dans la cage que Will avait fabriquée pour Allan [Et se tournant vers ce dernier en souriant] Tu n’y vois pas d’inconvénients à ce qu’il loge dans tes anciens quartiers ? »
Allan : « Absolument pas ! »
Robin : « Très bien dans ce cas, allons-y ! »
Malgré l’odeur qui incommodait toute la bande, Petit Jean agrippa le shérif et le jeta sur son épaule.
Will, retenant Petit Jean par le bras : « Attends !... »
Il défit son bandeau qu’il portait autour du cou.
Will, bandant les yeux du shérif : « … Voilà comme ça, c’est plus sûr ! »
Ils se mirent en marche pour le campement qu’ils atteignirent une demi-heure plus tard. La cage qui avait servi de prison à Allan était toujours là. Will et Petit Jean s’employèrent à la remettre en état pendant que Djaq et Much surveillaient le shérif toujours inconscient. Le reste de la bande rentra dans le sanctuaire.
A l’intérieur du camp…
Richard : « Je voudrais aller me coucher si tu n’y vois pas d’inconvénients ? »
Robin, compréhensif : « Entendu… Mais tu… »
Richard, le coupant : « Je te promets de ne pas m’enfuir ! »
Robin hocha la tête. Le jeune homme se retira.
Allan : « On va commencer à être à l’étroit ici. »
Robin : « Oui. Il va nous falloir un lit supplémentaire. Je demanderai à Will de s’en occuper. »
Carter : « Robin ?... Il vaudrait mieux qu’on parte sans tarder avec le prince. »
Allan : « Non !... Vous devez attendre qu’il ait fait ces adieux à son frère ! »
Andrew : « Plus nous restons ici, plus il risque sa vie. Et nous avons promis de le ramener vivant auprès de son père. »
Robin : « Je sais mais il ne risque rien ici et puis… Il refusera de partir sans avoir vu son frère… Il lui a fait une promesse qu’il compte bien tenir. »
Carter : « Nous pourrions l’emmener de force. »
Allan, mécontent : « Il s’échappera si vous faites ça ! »
Robin : « Allan a raison et par ailleurs, comme vous me l’avez déjà dit, ce n’est pas une façon de traiter son prince. »
Carter, souriant : « Entendu... Nous attendrons alors. »
Robin : « En attendant, je vous conseille de discuter un petit peu avec lui de la Reine-Mère, de son père et de sa famille… Ça pourrait le rassurer. »
Andrew : « Nous le ferons. »
Allan : « Sauf si vous lui parlez de son oncle. »
Carter : « On évitera de lui parler des membres boiteux de la famille. »
Souriant, Robin allait répliquer lorsqu’il entendit une voix familière provenant de l’extérieur.
Robin : « Ah on dirait que notre ami est réveillé. »
Robin sortit à l’extérieur suivi de Carter, d’Andrew et d’Allan qui n’avait pas tellement envie de se retrouver en face du shérif. Sur le pas de la porte, Robin fut intrigué par la toile qui entourait la cage. Il franchit les quelques mètres qui le séparaient de la cage du prisonnier. A deux mètres de la cellule, il se retrouva face à une toile de plus d’un mètre de hauteur et qui couvrait les trois côtés de la cage. A l’intérieur de sa geôle, le shérif vociférait.
Robin à Petit Jean : « Mais qu’est-ce que tu fais ? »
Petit Jean finissait de fixer la toile sur le dernier côté de la cage.
Petit Jean : « Je ne veux pas qu’il puisse voir le camp ni quoi que ce soit qui pourrait l’aider à le retrouver. »
Le shérif, mécontent : « Comme s’il était possible de s’orienter dans cette maudite forêt ! »
Robin, passant de l’autre côté de la toile : « Shérif ! Je vois que vous êtes de nouveau parmi nous. »
Le shérif : « Alors ? C’est ainsi que tu reçois tes alliés ? »

Robin, haussant les sourcils et souriant : « Alliés ?... Nous n’en sommes pas encore là… Shérif ! J’attends votre proposition. »
Les autres hors-la-loi franchirent la toile et attendit avec impatience la réponse du shérif.
Le shérif, voyant Allan : « Tiens. Tiens. Je vois que les rats n’ont pas attendus avant de quitter le navire. »
Allan baissa la tête et évita le regard méprisant du shérif.
Will : « Ce qui signifie ? »
Le shérif : « Sir Jasper est en ville. »
Robin : « Tiens donc… On dirait plutôt que les rats sortent tous de leur trou en ce moment ! »
Le shérif comprit que Robin parlait de lui et de Jasper. Il encaissa la remarque sans rouspéter.
Le shérif, d’un ton sec mais franc : « Oui sauf que celui-là a essayé de me tuer. »
Robin, surpris et souriant : « Comment ? »
Le shérif : « Jasper a tenté de me tuer ! »
Much : « Ben voyons ! »
Le shérif, agacé : « Puisque je vous le dis ! »
Robin, dubitatif : « Et pourquoi aurait-il fait ça ? »
Le shérif : « C’est évident ! Pour prendre ma place et récolter tous les honneurs de la capture du jeune prince… Mais j’ai réussi à m’échapper en me déguisant en mendiant. »
Much, faisant la grimace et balayant l’air devant son nez : « C’est… très réussi ! »
Méfiant, Petit Jean à Robin : « C’est une ruse pour mieux te piéger ! »
Le shérif, impatient : « Grotesque ! »
Robin : « Prouvez-le ! »
Le shérif, regardant autour de lui : « Et comment veux-tu que je fasse ? Ici, hum ? »
Djaq : « Et même si c’était vrai… Qu’est-ce que ça peut bien changer pour nous ? »
Le shérif : « Sir Jasper peut se montrer bien plus cruel que moi et ce sont les pauvres du comté qui en pâtiront. Alors si vous avez à cœur le bien de ces culs-terr… de ses gens ! Je vous propose un marché. »
Robin, intrigué : « Lequel ? »
Le shérif : « Vous m’aidez à retrouver mon poste de shérif ! »
Much, suffoqua puis : « Et qu’est-ce que nous aurons en échange ? »
Le shérif : « Je m’engage à ne pas augmenter les impôts pendant toute une année. »
Petit Jean : « C’est pas assez ! »
Le shérif, contrarié : « Quoi ?... Mais qu’est-ce que vous voulez de plus ? »
Much, conciliant : « Toute une année ?... C’est déjà beaucoup. »
Allan, méfiant : « Qui nous dit qu’il respectera sa parole ? »
Le shérif, incisif : « Venant d’un agent double, cette remarque est des plus piquantes ! »
Will : « Robin ? Tu ne vas quand même pas accepter ça ? »
Robin, solennel : « Je veux l’amnistie totale pour moi et mes hommes ! »
Le shérif, souriant : « Hein. Hein… J’ai bien peur que cela soit impossible… »
Robin : « Et pourquoi ça ? »
Le shérif : « Le Prince Jean a mis vos têtes à prix… Mon ordonnance serait donc caduque et vous seriez toujours passibles de la pendaison. »
Robin : « Dans ce cas… Diminuer les impôts pour les plus pauvres ! »
Le shérif, après un bref silence et forcé : « De combien ? »
Robin : « De moitié ! »
| Le shérif, s’étranglant : « Quoi ?... De moit…. De moitié ? » | ![]() |
Robin : « Oui ! Vous avez bien entendu ! Non seulement vous vous engagez à ne pas augmentez les impôts mais en plus vous les diminuez de moitié pour les plus pauvres. »
Le shérif : « Mais voyons c’est impossible. »
Robin, arquant les sourcils : « Tiens donc ! Encore impossible ! »
Le shérif, irrité : « C’est le trésorier de la Couronne, en accord avec le Prince Jean, qui fixe le montant des impôts pour chaque comté. Et nous sommes juste chargés de les récolter. Comment vais-je faire pour avoir la totalité de la somme demandée si je dois diminuer de moitié la contribution des plus pauvres. »
Robin, en souriant : « Augmenter celle des plus riches ! Vous voulez retrouver votre fauteuil de shérif ou rester avec nous jusqu’au retour du roi ? »
Les autres hors-la-loi regardèrent Robin avec étonnement et inquiétude. Robin avait-il vraiment l’intention de garder le shérif avec eux jusqu’au retour du Roi Richard ?
Robin : « Je vous laisse y réfléchir ! »
Robin fit un signe de tête au reste de l’équipe. Il s’éloigna du shérif.
| Will : « Tu n’as pas l’intention de le garder ici jusqu’au retour du roi tout de même ? » | ![]() |
Robin, retournant à l’intérieur du camp : « Bien sûr que non ! »
Will expira de soulagement. Robin retourna près de sa couche et avisa Richard endormi.
Robin : « J’ai une idée ! »
Il retourna dans le coin « cuisine ».
Petit Jean : « Tu crois vraiment qu’il respectera sa parole ? »
Robin : « Nous ferons en sorte que oui. Nous rédigerons tout ça par écrit. »
Petit Jean, sceptique : « En quoi un morceau de papier fera qu’il respecte ses engagements ? »
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« Jean a raison... On devrait plutôt s’en débarrassé ! » |
Petit Jean : « Oui, je le pense aussi. »
Robin, ironique : « Eh ben... C’est bien la première fois depuis longtemps que vous tombez d’accord tous les deux ! »
Une voix à l’extérieur : « ROBIN ! »
Robin : « Eh bien, ça pas été long ! »
Robin retourna auprès du shérif accompagné de Will, Much et Djaq.
Robin, souriant : « Monseigneur m’a fait appeler ? »
Le shérif, hautain : « Je ne peux les baisser que du tiers ! »
Robin : « C’est insuffisant ! »
Le shérif, maugréant : « Dans ce cas, tue-moi tout de suite ! Je ne peux pas faire mieux. »
Robin, après un bref silence : « C’est d’accord !… Will ? »
Il fit signe au jeune homme d’ouvrir la porte de la cellule du shérif. Réticent, Will le regarda attentivement. Robin hocha la tête. Il ouvrit alors la porte à contrecœur.
Robin, poussant le shérif devant lui : « Par ici, Monseigneur ! »
Il emmena le prisonnier à l’intérieur du campement.
Petit Jean, voyant entrer le shérif : « Robin ? »
Robin : « Ne t’inquiète pas ! Je sais ce que je fais ! »
Le shérif, regardant autour de lui : « C’est coquet… un peu rustique mais c’est coquet. Tu n’as pas changé la décoration depuis la dernière fois. »
Robin : « Je ne m’attendais pas à votre visite ! »
Il fit assoir violement le shérif à une petite table.
Robin : « Much ? Un parchemin, s’il te plaît. »
Incommodé par l’odeur pestilentielle qui se dégageait du shérif, le reste des hors-la-loi s’écartèrent de lui. Much le regarda avec méfiance puis alla chercher ce que Robin lui avait demandé. Il revint avec deux parchemins, une plume et de l’encre qu’il déposa sur la table devant le prisonnier.
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Robin, mettant son pied sur le tabouret du shérif et s’appuyant sur son genou : « Nous allons consigner notre accord par écrit, voulez-vous ? » |
Le shérif, relevant fièrement la tête : « Comme tu veux ! »
Robin, souriant : « Seulement… Je vais ajouter un petit paragraphe supplémentaire. »
Le shérif : « Lequel ? »
Robin : « Celui qui dit que vous restituez l’orphelinat à l’abbaye de Kirklees et que vous l’exemptez d’impôts ! »
Le shérif, furieux : « Quoi ? »
Il voulut se relever mais Petit Jean plaqua sa main sur son épaule et le fit rassoir aussitôt.
Robin, sérieux : « C’est non négociable. »
| Un rapide coup d’œil en direction d’Allan fit comprendre à ce dernier qu’il voulait son épée. | ![]() |
Le chef des hors-la-loi tendit la main vers son compagnon qui lui remit aussitôt son arme.
Robin, pointa la lame sur le parchemin : « Ecrivez !... Moi… Vaizey, shérif de Nottingham déclare en ce jour… »
Contraint, le shérif obéit et écrivit le texte que Robin lui dictait. La première missive concernait l’orphelinat de Locksley. Le shérif remettait à titre gratuit à l’abbaye de Kirklees la complète propriété de l’orphelinat ainsi que le terrain y attenant. Par ailleurs, il exemptait de taxes et impôts seigneuriales le bâtiment et ses dépendances. La seconde missive stipulait, quand à elle, que le shérif s’engageait non seulement à ne pas augmenter les impôts mais également à les diminuer d’un tiers pour les plus pauvres à compter de ce jour.
Le shérif, reposant sa plume et fort mécontent : « De toute façon, ses documents n’ont aucune valeur légale tant que mon sceau n’y sera pas apposé ! »
Robin, souriant : « Ne vous en faites pas pour ça…. Je m’en occupe. »
Le shérif, ironique : « Ah oui et comment ?... Mon sceau est à Nottingham. »
Robin, énigmatique : « Ce n’est pas un problème. »
Much : « Maître, vous n’allez quand même pas vous rendre au château ? »
Robin : « Non… Pas maintenant en tout cas. »
Will : « Et pour le shérif ? »
Robin, souriant : « Eh bien… Il va retourner bien sagement dans sa cage ! »
Will : « Non, je veux dire… Comment comptes-tu faire pour qu’il retrouve son poste ? »
Robin : « Nous allons devoir nous faire aider. »
Toute la troupe le regarda avec étonnement.
Petit Jean, levant de force le shérif : « Allez viens par là, toi ! »
Le shérif : « Hé doucement ! »
Petit Jean, poussant le shérif : « Allez hop dans ta cage ! »
Will : « N’est-ce pas ironique pour un homme qui adore voir des oiseaux en cage de se retrouver derrière des barreaux ? »
Le shérif apprécia modérément la plaisanterie mais il obtempéra sans rouspéter car il avait besoin des hors-la-loi pour retrouver son poste.
Robin : « Will, rends à toi à Nottingham et vérifie les dires du shérif. »
Will : « J’y vais ! »
Robin tapota l’épaule du jeune homme qui partit aussitôt.
Robin à Much : « Comme ça, nous verrons s’il nous a menti. »
Much : « Mouais ! »
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Quelques instants plus tard, lors du repas du soir…
Djaq : « Tu crois vraiment que c’est une bonne idée d’aider le shérif ? »
Robin : « Oui. Il vaut mieux avoir à faire au shérif qu’à ce Jasper. Il n’a que faire de Nottingham. Rappelez-vous ! Il était même prêt à raser la ville. »
Much : « Ouais, c’est vrai mais le shérif a fait pendre beaucoup de monde. »
Petit Jean : « Et il nous écrase d’impôts. »
Robin : « Et tu crois qu’avec Jasper ce serait différent ? »
Les hors-la-loi se turent indiquant à Robin qu’il n’avait pas tort.
Robin : « Par ailleurs, il faut avoir une vision à long terme… »
Much, ne comprenant pas : « À long terme ? »
Robin : « … Oui, à long terme, il serait plus judicieux de garder le shérif actuel. Car non seulement, nous avons réussi jusqu’à présent à faire échec à toutes ses manœuvres mais, en plus, lui et Gisborne sont les maillons faibles de l’opération Shat Mat. En les gardant à la tête du comté, on affaiblit, par la même, les chevaliers noirs. »
Much : « Mouais, c’est pas faux ! »
La porte du campement s’ouvrit. Will revint en courant de Nottingham.
Will : « Le shérif a dit vrai… Jasper s’est auto proclamé shérif de Nottingham. »
Robin à Petit Jean : « Alors convaincu ? »
Petit Jean, un peu forcé : « Mouais ! »
Will : « Et c’est pas tout ! »
Robin leva les yeux sur Will pendant que Much lui apporta une écuelle.
Will : « Merci, Much… [S’asseyant parmi ses compagnons] Une proclamation a été lue en place publique en fin d’après-midi. Tu es cordialement invité au château de Nottingham ! »
La troupe, ébahie : « QUOI ? »
Will : « Oui… Et je cite… À compter de ce jour, Robin est autorisé à se rendre au château afin de parlementer avec le nouveau shérif pour discuter de la résolution du conflit qui l’oppose aux autorités du comté. Le nouveau shérif propose l’amnistie pour Robin et ses compagnons en échange de sa collaboration avec les nouvelles autorités. »
Petit Jean, se renfrognant : « Jamais ! »
Much : « Comment peut-il croire qu’on va accepter ça ? »
Robin, avec le sourire : « Pourquoi pas ? »
Djaq, étonnée : « Robin ?... Tu viens de nous expliquer qu’il vaut mieux avoir affaire au shérif Vaizey plutôt qu’à Jasper. »
Petit Jean : « Oui, t’es pas clair. »
Robin : « Je ne retire pas ce que j’ai dit. Mais Jasper nous offre la possibilité de nous rendre au château au grand jour. »
Much, un peu confus : « Et alors ? »
Robin : « Ce sera l’occasion pour nous de nous introduire dans la place afin de renverser Jasper. »
Petit Jean : « Tu veux te servir des négociations avec Jasper pour le renverser et remettre le shérif Vaizey en place ? »
Robin : « Oui… [Réfléchissant] Mais il nous faudrait quelqu’un dans la place pour nous y aider… »
Son regard se porta alors sur Allan.
Robin : « … Gisborne ! »
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Au même moment…

Marianne et son père allaient passer à table lorsqu’on frappa à la porte. Marianne alla ouvrir.
Marianne, surprise : « Guy ?... Mais que venez-vous faire à une heure aussi tardive ? »
Gisborne : « Pardonnez-moi, Marianne, d’arriver chez vous à cette heure… »
Édouard, venant à la porte : « Que se passe-t-il, Messire Guy ? »
Gisborne : « Rien qui ne doive vous inquiéter… [A Marianne] Puis-je vous parler en privé ? »
Marianne, surprise : « Certainement. »
Elle porta un dernier regard inquiet vers son père avant de refermer la porte derrière elle. Profitant de la lumière de la lune, ils restèrent devant le manoir.
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Marianne, un peu inquiète : « Que se passe-t-il ? Vous paraissez troublé. » |
| « Je le suis, Marianne…. [Il expira] Vous souvenez-vous de la fois où le shérif avait disparu ? » | ![]() |
Marianne, réfléchissant : « Euh…Oui. »
Gisborne : « Et vous m’aviez convaincu à l’époque, et ce malgré mes réticences, de collaborer avec Locksley ? »
Marianne, baissant le regard : « Oui. »
Gisborne : « Et vous l’aviez fait venir au château… »
Marianne, gênée : « Je m’en souviens. »
Gisborne : « Eh bien j’ai peur d’avoir à vous demander de le refaire. »
Marianne : « Pardon ?... Mais pourquoi ?... Le shérif aurait-il encore disparu ? »
Gisborne : « Je le crains. »
Marianne, inquiète : « Mais Nottingham ? »
Gisborne : « Nottingham n’a rien à craindre ! »
Marianne, fronçant les sourcils : « Je ne comprends pas. »
Gisborne : « Vous n’êtes pas retourné au château dernièrement ? »
Marianne : « Non. Pourquoi ? »
Gisborne : « Sir Jasper s’est proclamé shérif de Nottingham. »
Marianne, étonnée : « Mais qu’est devenu l’ancien shérif ? »
Gisborne : « Je n’en ai aucune idée. »
Marianne : « Vous pensez que Sir Jasper l’a tué ? »
Gisborne : « Je ne pense pas sinon il m’aurait montré son cadavre. Non… Il m’a juste dit qu’il avait disparu. Et je dois le retrouver. »
Marianne : « Et vous voulez que Robin vous aide à le retrouver ? »
Gisborne, ayant du mal à prononcer ces mots : « En effet. »
Marianne : « Très bien, je verrai ce que je peux faire… Mais cela peut prendre du temps. Je ne sais pas comment le contacter… Il vient parfois aider les pauvres gens de Knighton. »
Gisborne : « Ça fait rien… J’attendrai. »
Marianne : « Guy ?... La situation doit être bien préoccupante pour que vous fassiez appel à Robin. »
Gisborne : « Jasper est dévoré par l’ambition. Tout ce qu’il veut, c’est plaire au Prince Jean et il utilisera tous les moyens pour y arriver… Surtout n’oubliez pas ça, Marianne. »
![]() |
Marianne, ne comprenant pas : « Pourquoi me dites-vous cela ? » |
| « Je dois repartir pour le château. » | ![]() |
Il se courba devant la jeune femme et remonta sur son cheval.
Marianne : « Guy ? »
Il quitta Knighton en laissant Marianne dans la confusion la plus totale.
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Le lendemain matin…

Les hors-la-loi furent réveillés en sursaut par les hurlements du shérif qui mourrait de faim.
Le shérif, de sa cage : « J’AI FAIM !!!! HE HO ! AMENEZ-MOI MON PETIT DEJEUNER ! »
Much, s’étirant et bâillant : « Oh il n’est pas un peu tôt pour hurler comme ça ! »
Allan, se retournant dans son lit : « Oh bon sang, faites-le taire ! »
Much : « Il n’était pas comme ça à Nottingham ? »
Allan, mettant la tête sous l’oreiller : « Grrr ! »
Petit Jean : « Je vais lui apporter à manger ! »
Petit Jean aida Much à préparer à manger pendant que les autres hors-la-loi se réveillèrent un à un à l’exception d’Allan qui resta au lit. Ils se regroupèrent ensuite pour prendre leur premier repas de la journée, composé d’un bouillon de légumes, d’une miche de pain et de fromage. Quand il fut prêt, Petit Jean partit emmener sa ration au shérif.
Le shérif, se relevant : « Ah ! C’est pas trop tôt ! »
Petit Jean ouvrit la cage et, le regard froid, il plaqua violement l’écuelle du shérif contre son ventre.
Le shérif, accusant le coup : « Hun !... Merci infiniment ! »
Petit Jean referma la porte.
Le shérif, regardant son assiette : « C’est tout ? »
Petit Jean, se retournant et froidement : « Estimez-vous heureux d’avoir quelque chose à manger ! S’il n’en tenait qu’à moi, je vous laisserais crever de faim… [Regardant l’embonpoint du shérif] Un jeûne pourtant vous ferait pas de mal… et ainsi vous verriez ce que ça fait d’avoir faim ! »
Le shérif, se radoucissant : « Cela me convient très bien ! Merci, mon ami. »
Petit Jean, froidement : « Je ne suis pas votre ami ! »
Il souleva la toile qui encerclait la cage du shérif et se dirigea vers le campement lorsqu’il entendit un cheval arrivait au galop. Il attendit que le cavalier se rapproche afin de l’identifier. Il reconnut Marianne. Il regarda du côté de la prison du shérif puis de Marianne. Le prisonnier ne devait absolument pas entendre la voix de leur visiteuse. Il courut aux devants de la cavalière.
À l’écart du campement, Petit Jean arrêta la course du destrier en se plantant sur son passage et en levant les bras.
Marianne, arrêtant son cheval et surprise : « Petit Jean ? Mais que t’arrive-t-il ? »
Petit Jean, tenant le cheval de Marianne par la bride : « Nous avons un invité de marque qui ne doit absolument pas savoir que vous êtes ici. »
Marianne, fronçant les sourcils : « Qui ça ? »
Petit Jean : « Le shérif ! »
Marianne, contente : « Vous l’avez retrouvé ? »
Petit Jean : « En réalité, c’est lui qui nous a trouvé ! Il traînait à côté du camp en appelant Robin. »
Petit Jean accompagna Marianne jusqu’au campement et lui raconta en détail comment ils avaient retrouvé le shérif. Arrivé à proximité du camp, Petit Jean fit signe à Marianne de ne plus prononcer un seul mot. Ils entrèrent tous les deux en silence dans le sanctuaire des hors-la-loi.
Robin, se retournant et allant au-devant d’elle fort mécontent : « Marianne ? Que viens-tu faire ici de si bonne heure ? »
Marianne : « Bonjour !... Robin ! »
Robin, se reprenant : « Euh oui. Bonjour, Marianne ! »
Marianne : « C’est ainsi que tu accueilles tes invités ?... Je comprends pourquoi vous n’avez pas souvent de visites. »
Robin, l’entraînant au fond du camp : « C’est que le shérif est là et s’il te voit avec nous, je… »
L’interrompant, Marianne, regardant l’assistance : « Je sais… Petit Jean m’a prévenu et nous avons bien fait attention à garder le silence. »
Much : « Vous avez déjeuné, Lady Marianne ? »
Marianne : « Oui, je te remercie Much. »
Robin : « Que viens-tu faire ici ? »
Marianne : « Toujours aussi pressé… [Apercevant Richard] Richard ?... Ils vous ont retrouvé ? »
Robin : « Euh oui… Hier. »
Marianne : « Et tu n’as pas jugé bon de m’en informer ? »
Robin, fermant les yeux : « Marianne ! ... »
Marianne : « Adrien est effondré depuis ta disparition. Il sera heureux de savoir que tu es vivant. »
Richard : « Dites-lui que je l’aime et qu’il me manque beaucoup. »
Marianne, souriante : « Je le lui dirai. »
Robin : « Marianne ? »
Marianne, revenant sur Robin : « Euh oui… Gisborne est passé me voir hier soir et c’est pourquoi je suis ici. »
Robin, intéressé : « Qu’est-ce qu’il voulait ? »
![]() |
Marianne : « Te rencontrer ! » |
Much : « Ben décidément, c’est une épidémie. »
Marianne : « Pourquoi cela ? »
| Robin : « Le nouveau shérif, Jasper, veut aussi me rencontrer ! » | ![]() |
Marianne : « Alors tu es au courant pour le shérif ? »
Robin : « Oui. On nous a confirmé que Jasper était devenu le nouveau shérif de Nottingham. »
Marianne : « Et tu as capturé l’ancien shérif. Que comptes-tu en faire ? »
Petit Jean : « Moi, j’ai bien ma petite idée mais Robin est contre ! »
Le reste de la bande esquissa un sourire devant le sous-entendu de leur compagnon.
Marianne : « Quoique tu fasses, méfie-toi de Jasper ! »
Robin : « Pourquoi ? »
Marianne : « Je ne sais pas. C’est Gisborne qui me l’a dit ! »
Robin, avec une pointe de jalousie : « Oh ben si c’est Gisborne qui te l’a dit ! »
Marianne : « Robin !... En fait… Il a été très évasif au sujet de Jasper… comme quoi il était dévoré par l’ambition… »
Robin, la coupant : « Parce qu’il ne l’est pas, lui ? »
Marianne, faisant fi de la remarque de Robin : « … et qu’il utilisera tous les moyens pour satisfaire le Prince Jean. »
Djaq à Robin : « Y compris te capturer afin de te livrer à lui. »
Marianne : « Sûrement. »
Much : « L’autre possibilité que nous avons c’est de nous allier à l’ancien shérif. »
Petit Jean : « Et tu crois qu’il est plus fiable ? »
Much : « J’en sais rien. »
Marianne : « En tout cas, Gisborne veut que tu l’aides à retrouver l’ancien shérif. »
Much : « Mais nous le tenons déjà ! »
Will : « Elle l’a déjà remarqué, Much ! »
Marianne : « À mon avis, tu devrais t’allier à Gisborne pour chasser Jasper de Nottingham. »
Will : « Et l’ancien shérif reviendra au pouvoir. »
Marianne : « Il vaut mieux lui qu’un autre ! »
Petit Jean : « Ouais... Robin nous a déjà fait la leçon. »
Robin écouta la conversation en pesant le pour et le contre de toutes les possibilités qui s’offraient à lui.
Marianne : « Bon, je me sauve. J’ai promis à mon père de ne pas trop m’attarder. »
Robin, la prenant dans ses bras : « Pourquoi ? Tu ne risques rien ici ? »
Marianne : « Tu veux rire ?... Dans le repaire des plus dangereux criminels que l’on trouve dans tout le comté ? »
Marianne embrassa Robin puis se dirigea vers la sortie. Le chef des hors-la-loi la suivit puis l’escorta en silence jusqu’à son cheval. Avant qu’elle ne monte sur l’animal, Robin la retourna vers lui et l’embrassa passionnément. Surprise, Marianne allait protester.
Robin, mettant son doigt devant sa bouche : « Chuuuuuuuuuuut ! »
Il pointa du doigt la cage du shérif.
Robin, parlant à voix basse : « Il ne faut pas qu’il sache que tu es une habituée de la maison. »
Il l’embrassa encore une fois.
Marianne, avant de grimper sur son cheval et à voix basse : « Oui, eh bien continue à te comporter ainsi et tu ne me verras plus jamais ici ! »
Robin, souriant : « Je n’en crois rien. Tu ne peux pas te passer de moi ! »
Marianne, sur son cheval et masquant un sourire : « Prétentieux ! »
Elle talonna son cheval sous le regard amusé de Robin. Il la regarda jusqu’à ce qu’elle ait disparue dans la forêt. Il retourna ensuite dans le campement. Il remarqua qu’Allan était enfin débout parmi ses compagnons.
Robin : « Ah enfin ! Te voilà parmi nous ! »
Will : « Oui, la marmotte est sortie de son terrier. »
Much : « Tu n’as plus l’habitude de te lever aussi tôt. Au château, tu pouvais peut-être faire la grasse matinée mais ici... »
Allan, visiblement pas encore bien réveillé : « Bon vous allez me lâchez avec ça ! »
Djaq : « Hum… À mon avis, non !... Tu risques d’en avoir encore pour un bout de temps. »
Allan : « Hé, je vous rappelle que c’était une idée de Robin. Et à lui, vous ne lui dites rien ! »
Much : « C’est que lui ne nous a jamais trahi auparavant ! »
Robin intervint avant que cela ne dégénère.
Robin, s’asseyant : « Tu as manqué Marianne. »
Allan : « Oui, je sais. Je l’ai entendu… Alors qu’as-tu décidé ? »
Robin : « On va faire comme on a dit… On va aider l’ancien shérif a retrouvé son poste. »
Will : « Avec l’aide de Gisborne ? »
Robin, regardant Allan : « Oui, avec l’aide de Gisborne… Tu as gardé ton uniforme ? »
Allan, relevant vivement la tête : « Oh non ! »
Robin, hochant la tête et souriant : « Oh si ! »
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CHAPITRE XXII
« C’EST UN PETIT CADEAU DE LA PART DE GISBORNE. »
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ans la grande salle… |

Pendant que les hors-la-loi et l’ancien shérif prenaient leur petit déjeuner, le nouveau shérif de Nottingham et Gisborne faisaient de même.
Jasper : « Allons Gisborne, ne faites pas cette tête-là ! »
Gisborne : « Nous n’avons pas retrouvé le jeune prince et Locksley ne s’est toujours pas manifesté. »
Jasper : « La proclamation n’a été faite qu’hier. Il faut lui laisser le temps d’arriver jusqu’à sa tanière. Hum ? »
Gisborne : « Peut-être bien. »
| Jasper : « Allez… Mangez donc un morceau ! Vous en aurez besoin pour vos recherches… » | ![]() |
Jasper, poursuivant : « … Par ailleurs nous sommes que mardi, nous avons jusqu’à jeudi pour le retrouver. »
Gisborne, inquiet : « Pourquoi jeudi ? »
Jasper : « Parce que c’est jeudi que je dois informer le Prince Jean que tout se passe bien à Nottingham… Ma nomination n’était pas officielle, je continue d’exercer mon ancienne charge, à savoir : veiller en tant qu’envoyé du prince que le shérif de Nottingham, c’est-à-dire moi, soit en bonne santé. »
Gisborne : « Mais vous m’avez dit que vous aviez informé le Prince Jean que vous aviez pris la place de l’ancien shérif ? »
| « C’est exact ! Mais j’ai le dos au mur, voyez-vous ?… » | ![]() |
Jasper, continuant : « … L’ancien shérif ayant prévenu le Prince Jean qu’il détenait son neveu, Son Altesse s’est mise en tête de le voir rapidement et je ne peux pas indéfiniment retarder sa venue. Sinon, il finira par avoir des soupçons… Donc… Vous avez jusqu’à jeudi sinon je retourne à Londres et vous savez ce que cela signifie ? »
Gisborne, dans sa tête : « Quel couard ! Il ne songe qu’à sauver sa tête ! »
Gisborne, à haute voix : « Oui, Monseigneur. »
On frappa à la porte.
Jasper : « Entrez. »
Un serviteur ouvrit la porte.
Le serviteur : « Monseigneur, un envoyé du Prince Jean désire s’entretenir avec vous. »
Gisborne et Jasper se raidirent instantanément.
Jasper, un peu inquiet : « Faites entrer ! »
Le serviteur, se courbant : « Oui, Monseigneur. »
Gisborne : « C’est mauvais signe ! »
Jasper, peu convaincant : « Allons, ne soyez pas pessimiste. Si cela se trouve, il vient simplement s’informer par lui-même de l’évolution de la situation. »
Le serviteur introduit l’envoyé du Prince Jean.
L’envoyé, se courbant : « Messire Jasper, je vous informe que le Prince Jean arrivera cet après-midi à Nottingham afin de ramener son neveu près de lui à Londres. »
Jasper, se relevant et au bord de la panique : « Cet après-midi ? »
L’envoyé : « Oui, Messire. Son Altesse est actuellement en route. Elle m’a demandé de la devancer afin que vous puissiez organiser dignement son arrivée. »
Jasper, forçant un sourire : « Euh oui… Je me conformerai aux désirs de Son Altesse. »
L’envoyé, se courbant : « Messires. »
Il fit demi-tour et quitta la pièce.
Gisborne : « Nous sommes perdus ! »
Jasper, réfléchissant : « Non… Non, pas encore. »
Gisborne : « Mais nous n’avons pas retrouvé le jeune prince… [Se levant] Je dois absolument le récupérer ! »
Jasper : « Non attendez… J’ai une autre idée… »
Gisborne se rassit en face de Jasper. Ce dernier se pencha au-dessus de la table.
Jasper, baissant la voix : « Vous allez me chercher un gamin d’à peine vingt ans, n’importe lequel, et on le fera passer pour le fils du roi. »
Gisborne : « Quoi ?... Mais si le Prince Jean décide de le mettre à mort ? »
Jasper : « Eh bien quoi ?... On dédommagera la famille pour qu’elle se taise, voilà tout. »
Gisborne fut écœuré. Jasper était pire que le shérif Vaizey.
Gisborne : « Et s’il veut le ramener à Londres ? »
Jasper : « Nous le ferons sortir du château durant la nuit. On dira que c’est Robin des bois qui l’a fait évader. »
Gisborne, penchant la tête : « Entendu. »
Gisborne se leva, se courba devant Jasper et marcha vers la sortie.
Jasper : « Gisborne ?... Ne me décevez pas cette fois ! »
Gisborne ne se retourna pas et continua sa route.
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Petit Jean : « Moi, je n’aime pas ça ! »
Allan : « Je dois dire que je suis d’accord avec Jean. »
Robin : « Nous n’avons pas le choix ! »
Petit Jean, mécontent : « Que tu veuilles aider le shérif est une chose mais s’allier à Gisborne… »
Robin, ferme : « Il nous faut de l’aide pour chasser Jasper de Nottingham sinon tu sais ce qui risque d’arriver ? »
Djaq : « La ville sera rasée ! »
Robin : « Exactement. »
Richard, baissant la tête : « Tout ça à cause de moi ! »
Robin, mettant sa main sur l’épaule du jeune homme : « Non, il n’y a qu’un responsable et c’est Jasper. On doit absolument s’en débarrasser. Vous êtes avec moi ? »
Toute la troupe, sans grand enthousiasme : « Ouais. »
Robin : « Bon j’y vais. Je vais porter mon message à Marianne. Elle le transmettra à Gisborne. »
Much : « Et nous ? Qu’est-ce qu’on fait en attendant ? »
Robin, souriant : « Eh bien, occupez-vous de notre invité ! »
Justement, ‟l’invité″ réclamait encore à manger. Djaq se précipita dehors.
Robin : « Bon, je vous laisse. A tout à l’heure ! »
Djaq arriva près de la cage du shérif.
Djaq : « Vous allez arrêter de vous plaindre sans arrêt ! »
Le shérif : « Je n’y peux rien. C’est dans ma nature ! »
Djaq : « Eh bien changez de nature ! »
Le shérif : « Je voudrais me délier les jambes. »
Petit Jean, arrivant sur ses entrefaites : « Vous resterez ici. Richard est bien resté pendant deux mois attaché à un poteau alors vous pouvez très bien rester enfermé pendant quelques jours. »
Le shérif n’apprécia pas la remarque mais ne répliqua pas.
Djaq : « Allons-y ! »
Djaq et Petit Jean retournèrent au campement. Les hors-la-loi se préparèrent à aller se laver à la rivière.
Petit Jean : « Allez-y… Je reste là pour le surveiller. »
Le reste de la troupe partit à la rivière. Une demi-heure plus tard, ce fut au tour de Petit Jean d’aller se baigner. Lorsqu’il rejoignit la rivière, il croisa Robin qui revenait au campement.
Robin : « Tout est calme au camp ? »
Petit Jean, souriant : « Oui… »
Soudain, Robin entendit un hurlement.
Robin, inquiet : « Qu’est-ce que c’était ? »
Petit Jean, souriant : « Une surprise pour le shérif. »
Il donna une tape amicale à Robin et continua son chemin en sifflant. Intrigué, Robin courut jusqu’au campement. Il passa derrière la toile et éclata de rire. Il vit Djaq, un seau vide à la main et le shérif trempait jusqu’aux os !
Djaq : « Et maintenant, frottez-vous avec ça ! »
Elle lui lança un pain de savon.
Le shérif : « Je ne suis pas un cheval !... Je me lave dans une baignoire, jeune demoiselle. Par ailleurs, j’ai déjà pris un bain le mois dernier. »
Djaq : « Ici, on se lave tous les jours ! »
Le shérif, mécontent : « Qu’est-ce qui te fait rire comme ça, Locksley ? »
Robin : « Vous. Shérif ! »
Le shérif, méprisant : « Et depuis quand ce sont les bonnes femmes qui commandent chez les hors-la-loi ? »
Robin : « Depuis toujours shérif… Depuis toujours… Si j’étais vous, j’obéirais. »
Djaq : « Je reviendrai dans un quart d’heure ! »
Le shérif ramassa furieusement le savon pendant que Robin et Djaq passèrent derrière la toile.
Djaq : « Alors tu as remis ton message ? »
Robin : « Oui… Je lui ai donné rendez-vous en milieu de matinée au carrefour du pendu. Est-ce qu’Allan est prêt ? »
Djaq : « Je ne sais pas. Il est à l’intérieur. »
Robin et Djaq entrèrent dans le campement. Robin fila en direction du coin « repos ». Il trouva Allan devant son lit. Will, Much et Richard à ses côtés.
Robin, fouillant sous son lit : « Will ? Allan ? Vous êtes prêts ? »
Will, tapotant son flanc droit : « Moi, je suis prêt ! »
Robin se tourna alors vers Allan.
Allan, pointant du doigt son uniforme étendu sur son lit : « Il faut vraiment que je remette ça ? »
Will : « ça fait une heure qu’on lui dit qu’il doit l’enfiler ! »
Robin, prenant ses affaires de toilette : « Oui. Il le faut. Je vais à la rivière et quand je reviens, on file à notre rendez-vous. »
Allan souffla tandis que Robin prenait le chemin de la sortie.
Robin, se retournant : « Alors dépêche-toi de te changer ! »
Will, lui donna une claque amicale dans le dos : « Allez mon vieux, courage ! »
Robin quitta le campement.
Allan, rechignant : « Bon d’accord… Mais c’est bien parce que c’est vous ! »
Allan commença à se déshabiller. Will et Much le laissèrent se vêtir.
Quelques minutes plus tard, Robin et Petit Jean revinrent de la rivière. Ils arrivèrent au campement. Allan se présenta à eux revêtu de son uniforme noir.
Allan, bougonnant : « Je n’aime pas ça ! »
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Petit Jean, le regardant de la tête au pied : « Tu n’es pas le seul ! » |
Robin, souriant : « Tu es parfait ! »
Allan : « Oh ben c’est sûr ! … Le noir… C’est approprié pour un enterrement ! »
Djaq : « Un enterrement ? »
Allan : « Oui… Le mien ! »
Robin sourit et alla ranger ses affaires.
Allan, le suivant : « Non mais c’est vrai. Tu crois vraiment que Gisborne va me reprendre après le coup que je lui ai fait ? Il n’est pas si idiot ! »
Robin : « On a besoin que tu couvres Will au cas où ça tournerait mal ! »
Allan : « Et moi ? Qui est-ce qui va me couvrir ? »
Much : « Oh tu seras bien te débrouiller tout seul. T’arrive toujours à te sortir de tous les situations, non ? »
Allan : « Ah. Ah. Ah. Je suis mort de rire… Non mais je plaisante pas là… [Les yeux suppliants] Robin ? Tu ne crois pas qu’il pourrait y avoir un autre moyen, non ? »
Robin, souriant, hocha négativement de la tête.
Allan, déçu : « Je suis ravi de voir que ça t’amuse ! »
Robin : « Écoute si ça peut te rassurer… »
Allan, avec espoir : « Oui ? »
Robin : « … On va demander au shérif une garantie. »
Allan, grimaçant : « Le shérif ? »
Djaq : « Oh ! Le shérif ! … Je l’avais complètement oublié. »
Elle sortit du campement et attrapa le seau qu’elle avait mis de côté.
Djaq : « Vous avez fini de vous laver ? »
Le shérif, mécontent : « Bien sûr !... Depuis longtemps ! »
À l’intérieur du camp…
Robin : « Je vais lui demander sa bague. On la présentera à Gisborne ainsi il saura que le shérif est avec nous. »
Allan : « Et c’est tout ? »
Robin : « Oui. »
Allan : « Et si Gisborne s’est allié avec Jasper ? »
Robin : « Je ne pense pas. »
Soudain, un hurlement se fait entendre.
Allan, n’y faisant pas attention et ironique : « Ah oui ?... Tu ne penses pas ? »
Robin : « Écoute… Gisborne a demandé personnellement à me rencontrer. Et tu sais mieux que quiconque qu’il ne me porte pas dans son cœur. Par ailleurs, il a dit à Marianne de se méfier de la proclamation… que ça pourrait être un piège. Alors tu vois ?... [Lui tapotant la joue] Tu n’as aucune raison de t’inquiéter ! »
Djaq, revenant au campement avec le sourire : « Et voilà, le shérif est tout propre ! »
Elle reposa le seau vide sur le sol. Robin lui sourit avant de rejoindre leur prisonnier.
Le shérif, voyant Robin : « C’est indigne la façon dont tes hommes me traitent ! »
Robin : « Mes hommes traitent leur prisonnier mieux que vous les vôtres !... Donnez-moi votre bague. »
Le shérif : « Ma bague ? »
Robin : « Oui. J’ai rendez-vous avec Gisborne. Je vais tenter de le convaincre que j’essaie de vous aider à retrouver votre place. »
Le shérif, enlevant sa bague : « Ah, Gisborne. Voilà un homme en qui j’ai confiance. »
Robin, prenant la bague : « Vous croyez ? »
Il laissa le shérif perplexe.
Le shérif : « Enfin pour l’instant, je n’ai pas le choix ! »
Robin rejoignit ses compagnons qu’ils l’attendaient un peu plus loin.
Robin : « On peut y aller ! »
Djaq : « Bonne chance ! »
Allan : « On va en avoir besoin ! »
| Allan et Robin partirent vers le lieu de leur rendez-vous. » | ![]() |
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Un peu plus tôt dans la matinée …

Gisborne finissait de se préparer lorsqu’un serviteur frappa à sa porte de sa chambre.
Gisborne : « Entrez. »
Le serviteur : « Monseigneur ?... Lady Marianne souhaiterait s’entretenir avec vous. »
Gisborne, surpris : « Marianne ?... Euh dite-lui que j’arrive. »
Le serviteur, se courbant : « Oui, Monseigneur. »
| Gisborne finit de s’habiller et descendit dans la pièce principale. | ![]() |
Marianne l’y attendait. Elle tenait dans ses mains une lettre et une flèche.
Gisborne, descendant les escaliers : « Marianne ?... Que me vaut l’honneur de cette visite aussi matinale ? »
Marianne, tendant les mains : « J’ai trouvé ceci planté sur ma porte ce matin. »
Gisborne prit la flèche et en reconnut le propriétaire.
Marianne : « Je ne savais pas si vous dormiez ici ou au château alors je me suis permise de venir ici au cas où. »
Gisborne, lisant la missive : « Vous avez bien fait. »
Marianne : « Il s’agit de Robin ? »
Gisborne, étonné : « Vous ne l’avez pas lue ? »
Marianne : « Je ne me serai pas permise. »
Gisborne : « Oui. Évidemment… Locksley veut qu’on se rencontre en milieu de matinée au carrefour du pendu. »
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« Et vous allez vous y rendre ? » |
Gisborne : « Je n’ai guère le choix. »
Marianne, soulagée : « Tant mieux. »
Gisborne : « Mais m’allier à ce bandit me répugne. »
Marianne : « Mais vous le faites pour le bien du comté. C’est tout à votre honneur. »
Gisborne : « Vous le pensez ? »
Marianne : « Absolument. »
Gisborne regarda Marianne intensément.
Marianne, mal à l’aise : « Bon… Je vous laisse vous préparer pour votre rendez-vous… Messire Guy. »
Gisborne, avec regret : « Marianne. »
La jeune femme tourna les talons et quitta le manoir de Locksley.
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Dans la matinée...

Allan et Robin se rendirent à pied à leur rendez-vous.
Allan, bougonnant : « Je le répète… Ce n’est pas une bonne idée ! »
Robin : « Tu l’as déjà dit en allant à Locksley, en revenant de Locksley et maintenant encore. »
Allan : « Oui eh bien, je le répéterai autant de fois qu’il est nécessaire pour te faire changer d’idée… Et au fait pourquoi on est allé à Locksley ? »
Robin, s’arrêtant : « Je voulais savoir si les hommes de Gisborne s’y trouvaient encore. »
Allan : « Et alors ? »
Robin : « Ils s’y sont encore. »
Allan : « Ah, tu vois ! J’avais raison ! »
Robin : « A propos de quoi ? »
Allan : « Mais de Gisborne pardi !... Il s’est allié à Jasper ! »
Robin : « Non pas forcément. Il peut donner le change en postant ses hommes à Locksley et cela peut être une chance pour nous. »
Allan : « Ah oui ? »
Robin : « Ça veut dire qu’il viendra seul à notre rendez-vous comme je le lui ai conseillé dans le message que je lui ai laissé. »
Allan : « Et tu crois qu’il va pas essayer de te doubler ? »
Robin, sûr de lui : « Non. »
Allan : « Et comment peux-tu en être aussi sûr ? »
Robin, pointant son doigt derrière Allan : « Parce qu’il est seul ! »
Allan se retourna et se cacha immédiatement derrière un arbre.
Allan, tout bas : « Comment peux-tu être sûr qu’il n’a pas caché des hommes tout autour de nous ? »
Robin, s’avançant : « Va vérifier si ça peut te rassurer ! »
Allan : « C’est ce que je vais faire ! »
Il s’esquiva afin de vérifier qu’il n’y avait personne d’autres dans les parages.
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Robin, lui, marcha en direction du carrefour où un homme portant un manteau à capuche lui tournait le dos. |
Robin : « Gisborne ? »
| Gisborne se retourna et se dévoila. | ![]() |
Gisborne : « Locksley ! ...»
Robin : « Alors tu es venu ? »
Gisborne : « Comme tu le vois ! »
Robin : « Cela n’a pas dû être facile pour toi de venir jusqu’ici pour solliciter mon aide. »
Gisborne, se croisant les bras et ne voulant pas entrer dans ce jeu : « Pour une fois, nous poursuivons le même but. »
Robin : « Retrouver le shérif ? »
Gisborne : « Exact. »
Robin : « Tu veux que je t’aide à retrouver le shérif, c’est ça ? »
Gisborne : « Ne recommence pas ce petit jeu, Locksley ! »
Robin : « Non… Je constate toutefois que tu es souvent à la recherche de ton maître, Gisborne…. Tu devrais mieux le surveiller. À son âge… »
Gisborne, avec un haut-le-cœur : « Bon alors ? Tu acceptes ou tu refuses ? »
Robin : « Ai-je vraiment le choix ? »
Gisborne : « Si le sort des habitants de Nottingham te tient à cœur, tu as intérêt à collaborer. »
Robin ne répondit pas ce qui exaspéra Gisborne.
Gisborne : « Écoute, si tu es venu uniquement pour pavoiser et me rallier de remarques acerbes, j’ai mieux à faire ! »
Gisborne s’apprêta à partir.
Robin, hurlant : « AUCUN DANGER ? »
Gisborne : « Mais à qui est-ce que tu parles ? »
Une voix masculine, derrière Gisborne : « C’est bon. Il est seul ! »
Gisborne se retourna vivement en mettant la main sur le pommeau de son épée.
Robin : « Du calme, Gisborne. Je voulais d’abord m’assurer que tu n’avais pas essayé de me doubler. »
Gisborne se détendit lorsqu’il reconnut l’homme derrière lui. C’était Allan qui revenait de sa ‟vérification″. Il vint se placer devant Gisborne. Robin le rejoignit.
Gisborne, sourire en coin : « Tiens… Je me demandais où tu étais encore passé… [Déçu] J’aurais dû m’en douter… »
Gêné, Allan évita son regard.
Gisborne : « Le coup était bien monté… Je n’y ai vu que du feu. Tu joues les agents doubles à la perfection, Allan... Tu devrais te méfier, Locksley... »
Allan n’apprécia pas du tout la remarque et s’en prit à Gisborne.
Robin, s’interposant : « Messieurs… Nous avons plus urgent à faire ! »
Gisborne, regardant Allan avec méfiance : « Tu as raison. »
Robin, haussant les sourcils : « C’est vrai ? »
Gisborne : « Avoir un ennemi commun ne veut pas dire que nous sommes amis, Locksley. »
Robin : « Je saurai m’en rappeler. »
Il fouilla dans sa poche et tendit la bague du shérif à Gisborne.
Robin : « Nous avons déjà fait une partie du travail. »
Gisborne, prenant la bague : « Vous détenez le shérif ? »
Robin : « Oui. Nous l’avons trouvé errant dans les bois hier. »
Gisborne : « Il se trouve dans ton campement ? »
Robin : « Oui. Mais rassure-toi, il ne sait pas comment il s’y est rendu. »
Gisborne : « Je vois… »
Gisborne mit la bague dans sa poche.
Gisborne : « Remets-moi le shérif immédiatement ! »
Robin : « Pas si vite, Gisborne. »
Gisborne, sur ses gardes : « Qu’essaies-tu de faire ? »
Robin : « Il faut chasser Jasper de Nottingham d’abord ! »
Gisborne : « Avec le shérif à mes côtés, je n’aurais pas de mal à rallier les soldats et ainsi Jasper sera en minorité… Allez, remets-le-moi immédiatement ! »
Robin : « Pourquoi tant de hâte ? »
Gisborne souffla puis : « Le Prince Jean arrive cet après-midi. »
Allan, inquiet : « Le Prince Jean ? »
Gisborne : « Oui. Il est en route en ce moment même. Si jamais, Jasper le reçoit à Nottingham, il mettra l’évasion du jeune prince sur le compte de l’ancien shérif et ainsi il s’assura la faveur du Prince Jean… Il faut à tout prix l’en empêcher. C’est pourquoi tu dois me remettre le shérif sur le champ ! »
Robin, réfléchissant : « Le Prince Jean est en route… »
Allan, méfiant : « A quoi tu penses ? »
Robin : « On va modifier légèrement notre plan. »
Allan : « Comment ça légèrement ? »
Gisborne : « Quel plan ? »
Robin : « Profitant de la proclamation, nous voulions à l’origine amener le jeune prince devant Jasper. »
Gisborne : « Mais cette proclamation est sûrement un piège ! »
Robin : « C’est certain. Mais nous comptions sur toi pour nous faire entrer dans le château et on se serait débrouillé pour prendre Jasper en otage et désarmer ses hommes. »
Gisborne : « De quelle façon ? »
Robin : « Le jeune prince aurait été en fait l’un de mes hommes, armé évidement et dès qu’il l’aurait approché, Jasper aurait été à notre merci. »
Gisborne : « Et le shérif ? »
Robin : « Nous l’aurions libéré quand mes hommes et moi serions en sécurité, bien entendu. »
Gisborne : « Bien entendu. »
Robin, souriant : « Foi de hors-la-loi ! »
Allan : « Et alors ?... En quoi la venue du Prince Jean remettrait en cause notre plan ? »
Robin, énigmatique : « Et si c’était le Prince Jean qui chassait Jasper et remettait le shérif Vaizey à son poste ? »
Allan, fronçant les sourcils : « Mais comment ? »
Robin : « C’est simple. Le shérif se présente devant le Prince Jean au moment où celui-ci arrive à Nottingham. Il est accompagné évidemment du faux prince et nous… on se dissimule parmi la foule… Sauf toi, Allan. Toi, tu seras au côté de Gisborne pour couvrir le faux prince et ainsi le shérif aurait prouvé sa loyauté au Prince Jean. Jasper sera ainsi pris en faute et… »
Gisborne : « Attends une minute. Il y a une faille dans ton plan. »
Robin : « Lequel ? »
Gisborne : « Jasper m’a aussi demandé de lui fournir un faux prince. »
Allan, levant les bras au ciel : « Oh, évidemment ! »
Robin : « Hum… ça ne change rien au contraire. »
Gisborne : « Tu crois ça ? »
Robin : « Oui. Le shérif n’aura qu’à prouver que le sien est le vrai… grâce à la marque de naissance. Jasper ne sait rien à propos de cette marque ? »
Gisborne, souriant : « En effet. »
Allan, prenant le bras de Robin : « Robin, je peux te parler une seconde. »
Les deux hommes s’écartèrent de Gisborne.
| « Robin, tu as conscience que ton plan repose entièrement sur le bon vouloir de Gisborne et du shérif… » | ![]() |
Allan, poursuivant : « … Une fois, Jasper évincé, Will et moi serons à la merci du shérif, de Gisborne et de toute la garnison ? »
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« Tant fais pas. J’interviendrai du haut des remparts en tirant sur le Prince Jean… » |
Robin, continuant : « … Le shérif sera alors trop occupé à lui sauver la vie pour songer à toi et puis les soldats se mettront immédiatement à ma poursuite. Tu en profiteras pour t’enfuir avec Will. Tu vois ? Tout est prévu ! »
Il tapota l’épaule d’Allan et retourna auprès de Gisborne, laissant son compagnon très soucieux.
Robin, tendant la main : « Alors on est d’accord, Gisborne ? »
Gisborne hésita puis, contraint, il se rangea du côté du hors-la-loi.
Gisborne, serrant la main de Robin : « Entendu. »
Robin : « Je vais prévenir le shérif de notre plan. Nous guetterons l’arrivée du Prince Jean à l’entrée de la ville… Ah ! Et il nous faudrait deux uniformes de soldats. »
Gisborne : « Pour quoi faire ? »
Robin : « Pour assurer nos arrières… Au cas où le shérif et toi ne respecteriez pas notre plan. »
Gisborne : « Comme tu veux. »
Robin : « Allan nous les apportera. »
Gisborne, étonné : « Quoi ? »
Robin : « Il va avec toi ! Après tout, c’est ton bras droit, n’est-ce pas ? »
Gisborne, regardant froidement Allan : « Oui… Bien entendu. »
Robin : « Tu n’auras qu’à dire à Jasper que tu l’avais envoyé chercher le jeune prince. »
Robin se tourna vers Allan et lui donna une poigné de main.
Robin : « Bonne chance… On se revoit au camp à midi. »
Allan, contraint et regardant Gisborne avec défiance : « D’accord. »
Gisborne, faisant signe à Allan et méfiant : « On y va. On doit aller à Locksley chercher un faux prince. »
Gisborne fit quelques pas. Allan allait le suivre mais Robin l’arrêta par le bras.
Robin, tout bas : « S’il tente quoi que ce soit, sauve-toi ! »
Allan : « Et la mission ? »
Robin : « On se débrouillera autrement. »
Allan : « Entendu. »
Robin : « Ah et… Pour le faux prince, dis-lui de choisir Matthew. S’il te voit avec Gisborne, Matthew comprendra sûrement que nous sommes dans le coup… Par ailleurs, il sait se défendre en cas de problème contrairement à un autre villageois qui pourrait s’affoler pendant l’opération. »
Allan hocha la tête. Robin le laissa partir. Pendant que son compagnon rejoignit Gisborne, le chef des hors-la-loi les suivit des yeux. Un peu inquiet, il ne les quitta pas tant qu’il put les voir.
Gisborne, méfiant : « Qu’est-ce qu’il t’a dit ? »
Allan : « Il m’a simplement souhaité bonne chance ! »
Gisborne, peu convaincu : « Hein. Hein. »
Les deux hommes marchèrent côte à côte sur la route les ramenant à Nottingham. Robin, lui, repartit pour le campement.
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