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Série : Numb3rs
Création : 18.09.2008 à 15h01
Auteur : dangie
Statut : Terminée
« Soleil, farniente, pêche à la ligne...que rêver de mieux pour toute la famille Eppes... » dangie
Cette fanfic compte déjà 3 paragraphes
Le jour n'était pas encore levé quand l'énorme 4X4 de Don Eppes se gara dans la petite allée. Il aurait très bien pu dormir sur place, ce qui lui aurait fait gagner quelques précieuses minutes de repos, mais il avait volontiers sacrifié son sommeil contre une soirée avec Liz Warner, une nuit dans ses bras.
De toute façon, il avait prévu de faire une sieste cet après-midi. Même si la pêche en eaux troubles était une seconde nature chez lui, aujourd'hui, il avait l'intention de se laisser bercer par le vent et les vagues et laisser Charlie s'occuper de tout...
Pourquoi s'était-il laissé convaincre de venir? Il aurait préféré passer son unique jour de congé sous la couette...mais son père le lui avait demandé et, en fils obéissant, Don avait obéit et accepté de passer la journée sur le bateau du nouveau collègue de Charlie à taquiner le poisson.
Alors que tout le quartier semblait encore sommeiller, la demeure familiale des Eppes était en pleine effervescence.
- Où est-ce que tu as mis la glacière? demanda Alan agacé.
- J'y ai pas touché! se défendit Charlie
- C'est justement ce que je te reproche! Tu devais la préparer! répliqua Alan de plus en plus énervé
- Elle est dans le garage, va la...répondit Charlie.
- Salut tout le monde! Alors vous êtes prêts à ce que je vois! intervint Don un sourire aux lèvres.
-Biensûr qu'on est prêts, il reste plus que des petits détails à régler! assura Charlie.
- J'espère que tu as pensé aux bières à mettre dans la glacière...que c'est pas un des derniers petits détails à régler? demanda Don le plus sérieusement du monde.
- Mais non, ne t'inquiètes pas...Si tu allais te prendre un café, y'en a du tout frais dans la cuisine! assura Alan.
- Oui, c'est ça! Va te prendre un café et nous on finit...s'impatienta Charlie, pressé de se débarrasser des sarcarmes de son frère.
- Ok! termina Don souriant de plus belle.
Il se diriga vers la cuisine et laissa son frère et son père à leurs derniers préparatifs.
- Y'a au moins quelque chose de prêt dans cette maison, murmura Don en se versant une grande tasse de breuvage brûlant.
- Je t'ai entendu, tu sais...souffla Alan en passant la tête par la porte de la cuisine.
Au bout d'un quart d'heure d'allers et venues entre le garage, la remise du jardin et la cuisine, tout est enfin prêt. Charlie, une feuille de papier dans les mains détailla une dernière fois l'attirail que lui et Alan avaient sortit.
- Alors, on a tout? se moqua Don ravalant le rire qui montait en lui.
- ...Je crois...enfin, j'en suis sûr! assura Charlie encore absorbé dans quelques dernières vérifications.
- Et bien, c'est pas trop tôt! renchérit Don en consultant sa montre et en affichant un regard qui se voulait impatient.
- Je ne veux rien oublier! se défendit Charlie prêt à monter sur ses grands chevaux.
Don jetta un oeil amusé sur le monceaux de matériel et de nourriture que Charlie avait préparé.
- Tu sais qu'on part que pour la journée...et qu'on est que tous les trois...à moins que tu ais convié la moitié de tes élèves à se joindre à nous?
- C'est pas drôle Don...j'ai tout calculé pour justement rien oublier...s'offusqua Charlie.
- Et tous tes calculs ne prévoyaient pas le temps qu'il te faudrait pour préparer tout ça? continua Don tentant de garder son sérieux.
- C'est facile pour toi! T'as juste eu besoin de préparer tes affaires, moi, j'ai du penser à tout le reste...se défendit Charlie de plus en plus agacé par les remarques de son frère.
- Hey! Je te signale que c'est toi qui nous a invité! s'exclama Don...Au fait, t'as regardé ce que disais la météo?
- Biensûr! s'indigna Charlie. Tu crois que je nous organiserais une sortie en mer si j'avais pas regardé la météo.
- Les garçons, on se calme! intervient Alan.
- Mais papa, c'est lui qui a commencé! s'offusqua Charlie, le visage virant au rouge.
- Mais vous avez quel âge? Je croyais qu'on devait passer une bonne journée, rien que le soleil, l'océan, les poissons et nous trois...
Charlie et Don échangèrent un regard d'abord furieux puis, le visage de l'agent du FBI s'éclaira d'un immense sourire.
- Je plaisantais p'tit frère! assura Don, un sourire éclairant son visage. Je croyais que les surdoués avaient un sens de l'humour très développé...
- Quand ils ont eu leur compte de sommeil! souligna Charlie en laissant échapper un long baillement.
- Alors, tu vas te détendre aujourd'hui, l'océan y'a rien de mieux pour déstresser...s'exclama Don.
- Encore faut-il pouvoir garder son petit-déjeuner! ajouta Charlie, une légère angoisse commençant à percer dans sa voix.
- Parce que tu as demandé à ton collègue de te prêter son bateau et t'as le mal de mer! réagit Don en haussant le ton.
- Je t'ai eu! Un partout! annonca Charlie souriant de toutes ses dents.
Alan, qui avait commencé à attraper leurs affaires, arrêta son geste pour observer ses deux fils. Dans une posture de défi, les deux hommes se jaugèrent du regard. Tout sourire avait disparu de leurs visages concentrés. Quand Don esquissa un brusque geste vers la droite, Charlie, plus vif que l'éclair, s'enfuit à toutes jambes vers la cuisine en protégeant sa tête avec ses mains...Resté exactement à la même place, Don se retient difficilement d'éclater de rire devant l'expression mi-affolée, mi-triomphante de Charlie persuadé d'avoir échappé aux foudres de son frère rien que grâce à la rapidité de sa réaction.
- Correction monsieur le professeur de mathématiques! Deux à un en faveur du FBI! assura Don hilare.
Alan, tentant de garder son sérieux, sortit en soupirant.
- J'me répète, mais...quel âge vous avez? conclut Alan tentant de dissimuler la satisfaction que cette situation lui inspirait.
En fait, Alan Eppes était aux anges. Cette journée s'annonçait ensoleillée, ses fils si stressés ces dernières semaines avaient manifestement envie de décompresser...et surtout, des liens très forts s'étaient désormais tissés entre Charlie et Don. Après des années passées dans une indifférence mutuelle, les deux frères s'étaient enfin trouvés et la complicité qui les unissait réjouissait Alan au plus haut point. Margarett aurait été très fière de leurs fils....Même si les évènements de ces derniers jours n'étaient pas des plus réjouissants, cette journée promettait d'être idyllique...
Le soleil éclairait tout l'océan, pas un seul nuage à l'horizon, quelques vaguelettes venaient mourir contre la coque du bateau bercant doucement ses occupants. La pêche du matin avait été engloutie avec délice au déjeuner et même Don, qui préférait volontiers un bon rumsteack, s'était régalé.
Installé sur un fauteuil à l'arrière du bateau, un chapeau sur la tête, Alan Eppes avait toutes les peines du monde à garder les yeux ouverts. La nuit écourtée, le copieux déjeuner ajoutés au doux tanguage avaient le don de l'entrainer doucement mais sûrement dans les bras de Morphée. Il tentait tant bien que mal de soutenir la conversation avec Charlie. Le dialogue s'était très vite transformé en monologue, Alan se contentant de quelques "hum, hum!" ou "biensûr" de temps en temps.
De son côté, Don ne se donnait même pas la peine de faire semblant de suivre son frère dans une de ses conversations aussi enflammée qu'incompréhensible pour toute personne disposant d'un QI raisonnable. Confortablement installé sur un transat, casquette au logo du FBI vissée sur la tête, lunettes de soleil sur le nez, l'ainé des frères Eppes savourait un repos bien mérité.
Alors que la tête d'Alan penchait dangereusement vers la gauche, Charlie se rendit enfin compte que plus personne sur le bateau, à part peut-être les poissons, ne l'écoutait.
- Amita est enceinte, annonca Charlie le plus naturellement du monde.
- Bien sûr! asssura Alan.
- Elle attend des triplés! ajouta Charlie sur le même ton.
- Hum, hum...continua Alan en hochant la tête.
- On va partir les élever en Inde...
- Bien sûr!
- Papa, tu m'écoutes pas! s'énerva Charlie en élevant la voix.
- Mais si Charlie... assura Alan en sursautant.
- Papa! soupira Charlie déçu.
- D'accord...je crois que j'ai un peu perdu le fil de la conversation...désolé...avoua Alan pris sur le fait.
- Ce que je raconte ne t'interresses pas? s'étonna Charlie un peu désemparé.
- Mais si ! se défendit Alan ...C'est juste que je suis un peu fatigué.
Charlie jetta un oeil sur son frère qui n'était pas loin de ronfler.
- En tout cas, ça fait plaisir de se sentir écouté par sa famille! conclu Charlie dépité.
Alan se leva pour se dégourdir les jambes et discrètement tenta de réveiller Don en donnant un léger coup sur le transat. Don sursauta et évita de justesse une chute brutale sur le pont.
- Hey! Qu'est-ce qui se passe? demanda Don en se réveillant en sursaut, sa main cherchant l'arme qu'il avait laissée à la maison.
- Ton frère pense qu'on ne l'écoute pas, l'informa Alan en regardant son fils ainé d'un air entendu.
- Mais où est-ce que tu vas chercher des choses comme ça? On arrête pas de t'écouter,assura Don...enfin presque...ajouta t-il plus bas.
- Si vous aviez pas envie de venir, il fallait le dire avant, s'énerva Charlie, le rouge lui montant, de nouveau, au visage...Don, tu n'a pratiquement fait que dormir de toute la journée...
- Hey, je suis fatigué! J'arrêtes pas de bosser! se défendit Don.
- Parce que moi, je bosse pas, c'est ça? s'énerva encore plus Charlie de plus en plus en colère.
- Les garçons! On se calme, s'il vous plait! s'interposa Alan.
Don et Charlie s'observèrent le regard noir. C'est Don qui céda le premier, il se retourna et se dirigea vers la cabine.
- Je savais bien que j'aurais pas du venir... siffla Don entre ses dents.
-Comment ça? Tu voulais pas venir?s'étonna Charlie... Alors pourquoi tu ...
- C'est papa qui me l'a demandé, avoua Don en se retournant pour faire face à son frère.
Alan baissa les yeux, dépité. Son plan venait de tomber à l'eau et il n'avait jamais imaginé que se serait Don qui vendrait la mèche. C'était d'habitude le plus jeune de ses fils qui était réputé pour ne pas garder les secrets. Charlie se tourna vers son père avec un regard accusateur.
- Pourquoi tu ...demanda le jeune mathématicien.
- C'était pour te changer les idées... que tu passes un bon moment ... qu'on passe un bon moment, tenta de se justifier Alan en se rapprochant de Charlie.
- Je vais très bien, assura le plus jeune des Eppes complètement déstabilisé...Pourquoi j'aurais besoin de me changer les idées?
Alan et Don se regardèrent un instant. Alan en avait trop dit ou pas assez, maintenant Charlie n'allait plus les lâcher. Le jeune mathématicien lança à son grand frère un regard perdu qui fini de convaincre Don.
-Papa, il le saura de toute façon...commença Don convaincu de bien faire.
- Savoir quoi?s'impatienta Charlie.
- Amita a appellé hier, tu étais sous la douche, lança Alan en se concentrant sur l'observation de ses chaussures...Elle va devoir rester six mois de plus en Floride...
- Six mois! La moitié d'une année? murmura Charlie tentant de tranformer toute sa déception en ébauchant de nouveaux calculs.
-Y'a pas de doute, t'es un génie pour calculer aussi vite! assura Don d'un ton si bas que seul son père releva sa remarque.
Alan renvoya au plus grand de ses fils un regard noir.
- Quoi ? se défendit Don... C'est toi qui a eu le coup de fil et qui lui à rien dit sur le moment! reprocha l'agent du FBI à son père.
- Et l'appel que tu as eu toi ? Tu veux pas lui en parler ? renchérit Alan tentant de minimiser son rôle dans toute cette affaire.
- Quoi ? Qu'est-ce qui se passe encore ? s'impatienta Charlie de plus en plus craintif.
Alan et Don se regardèrent de nouveau avant de se concentrer sur Charlie. Don soupira longuement avant de se lancer.
-Ton éditeur a appellé hier au bureau, commença Don...Il pensait pouvoir te joindre...
- Mon éditeur? articula Charlie complètement perdu.
- Oui! Tu sais, le type qui s'occupe de ton bouquin! continua Don provocateur.
- Je sais qui est mon éditeur! assura le jeune mathématicien, reprenant du poil de la bête. Qu'est-ce qu'il voulait ?
- Te parler des critiques parues dans le Washington Post et le New York Times...
-J'ai des critiques dans le New York Times et le Washington Post? demanda Charlie, un léger sourire illuminant enfin son expression complètement défaite une seconde avant.
- A ta place, je serais moins content, assura Don qui lui, n'avait aucune envie de sourire.
- Comment ça? s'inquiéta Charlie, le visage soudain figé.
- Un des journaliste a écrit que la seule chose à laquelle ton livre peut servir, c'est à caler un meuble bancal...lança Don en tentant d'éviter le regard de son frère.
- Ils n'aiment pas mon livre? s'étonna l'auteur à succès.
- Je crois que c'est encore pire que ça, admit Don dans un soupir...
Charlie, complètement perturbé, posa sa canne à pêche sur le pont. Sans dire un mot, il passa devant son père et son frère, entra dans la cabine et ferma derrière lui. Alan et Don se retrouvèrent à contempler la porte tout en se demandant quand le jeune mathématicien se déciderait à sortir.
- Bon, ben voilà! C'est fait ! s'exclama Don, soudain soulagé de s'être débarrassé du fardeau que son père l'avait obligé à porter.
- On aurait peut-être du être un peu moins brusques avec lui,s'interrogea Alan en levant un sourcil fautif...
- Trop tard! termina Don.
Le soleil s'approchait doucement de l'horizon reflétant sur l'océan une couleur orangée presque rouge, un paysage de carte postale...Pourtant, sur le bateau occupé par toute la famille Eppes, l'ambiance était loin d'être idyllique comme l'aurait voulu Alan. En effet, Charlie était resté enfermé dans la cabine tout le restant de l'après-midi à ressasser les nouvelles qu'il venait d'apprendre de la bouche de son frère et de son père.
Le jeune mathématicien n'avait pas encore décidé à qui il en voulait le plus. Son père qui lui avait caché la vérité et avait monté toute cette supercherie...son frère qui lui avait aussi menti et qui avait accepté de participer à ce semblant de réunion familiale...Amita qui avait accepté ce travail supplémentaire à la NASA sans même lui en parler...Larry qui avait "contaminé" la jeune scientifique en lui parlant de son voyage dans l'espace...
Tout tournait dans sa tête sans qu'il réusisse à y mettre de l'ordre et le fait que son frère ne cessait de tambouriner sur la porte n'arrangeait pas du tout les choses.
- Charlie, tu vas te décider à ouvrir cette porte, hurla Don...t'as intérêt à sortir sinon je vais la défoncer!
- Quoi! Qu'est-ce que tu veux? Me dire que mon bureau a été ravagé par les flammes? Que ma voiture a été emportée par un ouragan?...répliqua le jeune homme sur le même ton en ouvrant la porte en grand.
- Pas encore, répondit Don...quoi que l'ouragan n'est peut-être pas loin...
- C'est ça! Un ouragan! Le ciel est magnifique...s'énerva Charlie en regardant le coucher de soleil.
- T'as pas vu à l'Est, intervint Alan blanc comme un linge...
Charlie se retourna doucement et resta la bouche ouverte devant le spectacle qu'il découvrit. Le ciel, dans cette partie de l'océan, ne ressemblait pas du tout à une image de carte postale, mais plutôt à celle d'un film catastrophe. Les nuages qui les avaient oublié toute la journée avaient refait leur apparition, des nuages noirs chargés de trombe d'eau. Ils se dirigeaient droit sur eux poussés par un vent qui se faisait de plus en plus violent.
- Qu'est-ce qui se passe? demanda Charlie éberlué.
- Je sais pas...c'est toi qui a vérifié la météo, répondit un Don énervé.
- Les garçons, c'est pas le moment de vous disputer, on a intérêt à rentrer au plus vite, intervient Alan.
Les trois hommes Eppes se précipitèrent à l'intérieur pour remettre le moteur en marche et quitter au plus vite cet endroit.
- Pourquoi vous avez pas fait demi-tour dès que vous avez vu les nuages...commença Charlie.
Don fusilla son jeune frère du regard.
- Je sais pas...peut-être parce qu'il y avait quelqu'un qui s'était enfermé dans la cabine de pilotage, répondit l'agent du FBI d'un ton dur.
La remarque de Don jeta un froid, Charlie baissa les yeux et se concentra sur la conduite. Le bateau prit de la vitesse mais la tempête était plus rapide... dévastatrice. Les nuages noirs fondirent sur l'embarcation et commencèrent à déverser une pluie glacée qui cognait contre les vitres de la cabine. Un vent puissant les rattrapa aussi, apportant avec lui des vagues monstrueuses qui commencèrent à déferler sur le pont où leurs affaires attendaient encore.
Alan regarda avec effroi le transat sur lequel il avait passé une grande partie de l'après-midi s'envoler et se perdre dans l'océan. Puis ses yeux se posèrent sur la canne à pêche que Margarett lui avait offert. Son sang ne fit qu'un tour, il ne pouvait pas laisser le vent l'emporter. En s'accrochant aux paroies pour résister au tangage du bateau, il se précipita à l'extérieur.
- Papa, mais qu'est-ce que tu fais? s'égosilla Don.
Alan ne pouvait pas entendre Don s'époumoner, le vent hurlait plus fort que son fils. Don décida d'aller chercher son père avant que celui-ci aille rejoindre le transat parmis les fonds marins.
Alors que l'agent du FBI avancait sur le pont balayé par les vagues, Alan se retourna, le regard triomphant, tenant fermement la précieuse canne à pêche. Don tendit le bras vers son père, mais avant qu'il ait pu attraper la main ferme de son fils, Alan fut déséquilibré par une vague plus forte que les autres et bascula par-dessus bord. Don hurla, ses cris se perdant dans la fureur de la tempête.
Charlie, qui avait observé toute la scène du poste de pilotage, lacha la barre et se précipita sous les trombes d'eau avec Don. Tous les deux, ils scrutèrent l'océan mais leur père avait disparu dans les vagues. Les deux frères se regardèrent, complètement abasourdis par l'horreur qui venait de se dérouler sous leurs yeux.
- C'est pas possible? balbutia Charlie.
- J'ai bien peur que si, répondit Don.
- C'est pas possible, répéta Charlie, il peut pas avoir disparu aussi vite?
- J'ai bien peur que si, répéta à son tour Don.
- Mais on peut pas rester sans rien faire ? tenta Charlie désespéré.
- Parce que tu veux faire quoi? s'éverva Don...plonger pour aller le chercher...te gênes surtout pas!
- Mais c'est toi le policier...c'est toi qui doit venir en aide au gens!
- Je suis agent fédéral...pas sauveteur en mer!
- Mais, c'est papa, on peut pas le laisser comme ça? s'éverva Charlie...tu peux pas le laisser comme ça!
- Quoi? Qu'est-ce que tu dis? Pourquoi, ça devrait être moi...C'est pas moi qui tenait absolument à nous montrer le super bateau de son collègue...c'est pas moi qui ait pas vérifié la météo hier...hurla Don pour couvrir le bruit du vent.
- J'ai vérifié la météo, se défendit Charlie.
- Ah bon? Sur quelle chaine?
- Je sais plus, mais la présentatrice a pas du tout parlé de tempête.
- J'espère que tu te souviens du nom de la fille, comme ça tu pourra lui intenter un procès...si jamais on arrive à rentrer, ironisa Don.
- Parce que tu crois qu'on va pas s'en sortir ? demanda Charlie de plus en plus paniqué.
- On a intérêt, parce que si on s'en sort pas, c'est moi qui t'achève petit génie, rétorqua Don en empoignant son frère, le fusillant d'un regard noir.
Mais Charlie n'était pas décidé à se laisser faire aussi facilement. D'un geste brusque, avec une énergie dont il ne se croyait même pas capable de disposer, il repoussa Don. L'agent du FBI, surpris par la réaction si vive et si énergique de son jeune frère, lacha prise immédiatement. Entrainé par la force dont Charlie avait fait preuve, associée à celle du vent, Don fit un pas en arrière...se heurtant à la rambarde du bateau...et bascula dans les vagues.
Charlie laissa échapper un cri terrible qui se perdit dans les hurlements du vent. Il eut le temps d'apercevoir son frère se débattant pour rester à la surface, quand une énorme vague emporta avec elle ce qui restait de la famille du jeune mathématicien.
Tout seul sur le pont du bateau de son collègue, il observa un instant l'océan qui venait d'engloutir avec avidité les 2/3 de la famille Eppes. Ne supportant plus l'horreur de cette situation, Charlie se retourna...juste à temps pour voir s'envoler la glacière...qui, dans une trajectoire linéaire, le frappa en plein milieu du thorax.
La violence de l'impact lui coupa le souffle, le fit vaciller et basculer, à son tour, dans les eaux déchainées et glacées. Désespéré, il tenta de se débattre avec le peu d'énergie qui lui restait. Son corps tout entier commencait à s'engourdir...dans quelques secondes...quelques minutes au maximum, il ne pourrait plus bouger ses jambes...et il sombrerait pour rejoindre son père et Don.
...Curieusement, il ne vit pas défiler toute sa courte existance. Alors, qu'il s'étonnait de cette incohérence, une vague vient lui fouetter le visage et s'engoufrer dans sa bouche ouverte... Il avala une tasse...d'eau douce parfumée au savon.
C'est là qu'il ouvrit les yeux ...la lumière de sa salle de bain l'éblouit ... il décida immédiatement qu'il ne s'endormirait plus jamais dans son bain...
FIN
Merci à tous ceux qui sont allés au bout de cette fic...