HypnoFanfics

Erreur de trajectoire

Série : Numb3rs
Création : 24.10.2008 à 23h19
Auteur : dangie 
Statut : Terminée

« En sortant d'un restaurant, Amita, Charlie et Don sont pris pour cible par un tueur fou... » dangie 

COMMENTER CETTE FANFIC

Cette fanfic compte déjà 27 paragraphes

Afficher la fanfic

Chapitre 21

Ce couloir est long, très long...je marche depuis des heures pourtant je n'en vois toujours pas le bout.. Deux fois, une lumière s'est allumée, là-bas...au loin...elle m'aveugle et en même temps m'apaise...j'ai tenté de m'en approcher...car il se dégageait de cette lueur un calme et une paix que je ne connais pas...mais, tout s'est éteint et me voilà, de nouveau dans le noir...

Pourtant je n'ai pas peur...je suis bien ici...ce silence m'apaise, ce calme me repose... il fait bon ici, si bon que j'aimerais poser mes valises, m'arrêter un instant loin du tumulte...loin de la folie...loin de la violence...loin de toutes ces horreurs.

Quelques flashs me reviennent par brides...La voiture qui emporte maman et le petit génie vers Princeton...Ma valise posée près de la porte le jour où je suis parti à Albuquerque...Le visage de maman quand je suis revenu...Tout se mélange...puis tout ce fait plus clair...Une voiture presque noire s'avance vers nous...vite...bien trop vite. Je sais que cet homme sur le siège passager mijote quelque chose...je le sais...je le sens au plus profond de mes tripes...j'ai le temps d'apercevoir ses yeux fous, la gueule noire du canon avant de me précipiter...

Charlie...Amita...je dois protéger Charlie...il est plus important que tout...plus important que ma propre vie...car mon p'tit frère va faire de grandes choses...des choses capitales...plus capitales que de m'aider à avancer dans des enquêtes...des choses qui vont changer le monde...le rendre meilleur...Je dois protéger le p'tit génie...je l'ai promis à Maman avant qu'elle ne parte...

La douleur me déchire le ventre, une lame glacée me transperce...je sens mon corps tomber, s'affaler sur le bitume froid et dur...je ne peux faire aucun mouvement...je tombe dans un abime sans fond...plus rien n'existe...plus rien ne subsiste...Charlie! Où est-tu? Il faut que je sache où est Charlie...Je veux savoir où est Charlie!...J'ai besoin de lui...

 


dangie  (04.11.2008 à 16:43)

Chapitre 22

 

La tête enfouie dans les draps, Charlie laissa couler sa peine, son désespoir. Il aurait aimé pouvoir toucher Don, mais il redoutait que ses doigts glacés ne blessent encore plus son frère. En l'espace de quelques secondes, tout ce qu'ils avaient construit, ces liens si forts qu'ils avaient tissé s'étaient rompus. Plus jamais ils ne pourraient retrouver cette complicité qui les unissait.

Comment allait-il pouvoir affronter le regard de Don...comment allait-il pouvoir supporter le poids immense de cette culpabilité qui le rongeait? Tant de questions sans réponses, de problèmes insolubles envahissaient son esprit, saturaient ses neurones, empêchant toute réflexion.

Quand une main se posa sur sa tête et caressa doucement ses cheveux, Charlie ne releva pas les yeux, persuadé que son père ou Amita était entré dans la chambre...Quand une voix à peine audible se fit entendre, la respiration de Charlie s'accéléra, son coeur commença à cogner dans sa poitrine. Cette voix ne ressemblait pas à celle de son père.

- Charlie?

Le jeune homme releva la tête, son regard ruisselant de larmes se perdant dans celui de son frère. Les mots restèrent bloqués dans la gorge nouée de Charlie qui poussa un long soupir de soulagement. Même si son calvaire était loin d'être terminé, entendre la voix de Don, sentir sa main sur sa joue était un cadeau inestimable...un cadeau inespéré.

- Charlie...tu n'as rien? articula Don laborieusement.

- Grâce à toi... répondit Charlie toujours aussi ému.

- Amita ? interrogea Don soudain inquiet.

- Elle n'a rien...tout le monde va bien...

- Alors, sèches tes larmes p'tit frère ! ironisa Don en esquissant un sourire mais il s'aperçut bien vite que Charlie n'était vraiment pas disposé à plaisanter...

Il savait que son frère, comme la plupart des "hypers doués" était aussi hyper sensible.

Depuis le temps qu'ils travaillaient ensemble, Don avait appris à mieux connaitre son frère, à décoder ses attitudes, à déchiffrer ses silences. Pourtant, la détresse qu'il décela chez le petit génie, il ne l'avait pas encore rencontrée...à part peut-être quand Charlie avait aidé le F.B.I. sur cette affaire de braquage de banque...quand tout le monde avait cru être confronté à des voleurs sans armes et que toute l'équipe de Don s'était retrouvée confrontée à des hommes entrainés, armés jusqu'aux dents.

- Charlie! Qu'est-ce qui se passe? s'inquiéta Don.

Le jeune mathématicien baissa les yeux...il ne pouvait supporter le regard insistant de son frère.

- Je suis désolé...tellement déso...murmura Charlie.

- Comment ça? Qu'est-ce qui t'arrive? s'énerva Don en se redressant dans son lit.

L'agent du FBI calma bien vite ses ardeurs quand il se rendit compte que le moindre de ses gestes réveillait une douleur insupportable, une douleur qui lui déchirait le ventre, une douleur qui irradiait jusqu'à la racine de ses cheveux. Il reposa sa tête sur son oreiller, souffla lentement jusqu'à reprendre une respiration normale. La douleur qui limitait ses mouvements n'était rien comparée à la souffrance qui ravageait Charlie.

Quand il pensa avoir repris le contrôle de la situation, quand il estima être suffisamment capable de camoufler ce qu'il endurait, il saisit doucement le menton de Charlie et releva sa tête.

- Expliques-moi ce qui se passe, murmura Don en plongeant son regard dans les yeux humides de son frère.

Charlie prit une grande inspiration avant de répondre.

- Le tireur...c'est moi qu'il visait...Ils pensent que c'est peut-être un de mes étudiants...ou un collègue...

- Toi ? s'étonna Don.

Si la situation était différente, la réponse de Charlie aurait arrachée à Don un rire franc...Comment un jeune matheux boutonneux, obnubilé par des équations aux multiples inconnues pouvait se procurer une arme et ouvrir le feu en pleine rue?...Surtout, qu'est-ce qu'un des prof. les plus populaire de Calsi pouvait avoir fait pour qu'un gamin veuille le tuer?

- Ils l'ont arrêté? demanda Don inquiet.

- Non.

- Vous avez des suspects ?

- Je ne sais pas, souffla Charlie d'une toute petite voix.

- Tu n'as pas imaginé une équation...

- Non...j'étais dans le garage...

- Dans le garage! Ne me dis pas que tu es reparti avec ton problème insoluble? s'énerva Don.

- Non!...je rangeais...avoua Charlie.

- Arrêtes de me faire rire s'il te plait...ça fait trop mal!...Toi! ranger, tenta de plaisanter Don.

- ...Je rangeais mes notes sur les affaires où j'ai collaboré avec le FBI... avec toi...

- Pourquoi ? s'impatienta Don.

-...Parce que je pensais que tu ne voudrais plus travailler avec moi...murmura Charlie.

- Pourquoi je ne voudrais plus travailler avec toi?

Don observa son frère qui restait muet. Lui qui ne pouvait s'arrêter de parler quand il s'agissait de mathématiques était complètement perdu, désarçonné. Ils n'avaient jamais pris l'habitude d'exprimer les sentiments qu'ils pouvaient ressentir et encore moins de se qu'ils pouvaient ressentir l'un pour l'autre. Don se sentit aussi désarmé que son frère...pourtant la culpabilité était quelque chose qu'il connaissait.

- Ecoutes Charlie...te protéger est une de mes priorités... j'ai fais que mon boulot, commença maladroitement Don, et mon boulot, je le fais beaucoup mieux avec toi...

- Tu ne m'en veut pas? s'étonna Charlie.

- Si bien sûr, plaisanta Don...et ta punition sera de me servir d'esclave ...

 

 


dangie  (06.11.2008 à 19:06)

Chapitre 23

 

Quelques heures s'étaient écoulées depuis que Don avait repris connaissance. Après un bref passage auprès de leur chef, tous les agents du FBI étaient repartis pour tenter d'avancer un peu dans cette affaire.

La nouvelle théorie énoncée par Larry, Megan avait commencé à l'envisager dès le milieu de la nuit, dès le deuxième message reçu sur le portable de Charlie. Alors qu'elle se servait une nouvelle tasse de café, cette possibilité avait fait chemin dans son esprit embrumé par la fatigue. Mais elle avait bien vite occulté cette hypothèse : Charlie était l'exemple même de la gentillesse, de la générosité. Depuis qu'elle fréquentait de plus près le campus, elle savait que le jeune mathématicien était très apprécié par ses étudiants et ses collègues, c'est pourquoi elle avait laissé tomber cette piste...elle était décidément trop épuisée pour réfléchir correctement.

Un peu à contre coeur, elle s'était accordée quelques heures de repos. C'est la sonnerie du portable de Charlie qui l'avait ramené à la réalité...quand un nouveau message était apparu, un nouveau message démontrant que logiquement Don n'aurait pas dû se trouver sur la trajectoire, Megan avait changé sa façon de voir. Elle savait que les plus grands esprits pouvaient eux aussi avoir leurs périodes de doute, des moments si difficiles à appréhender qu'une personne faible pouvait facilement basculer et commettre l'irréparable. C'est pourquoi, elle avait décidé de se pencher sur les admissions dans les services de psychiatrie.

De son côté, David, maintenant rassuré sur l'état de Don, était reparti plein d'énergie pour reprendre la tâche à laquelle il s'était attelé depuis des heures : éplucher les bandes de vidéo-surveillance de tous les commerces des rues proches du restaurant à la recherche de la voiture du tireur. Pour l'instant, avec les maigres infos rapportées par la plupart des témoins complètement paniqués par la fusillade, il n'avait encore rien trouvé. Mais avec ce que Don avait vu, une Dodge bleue-nuit et les 3 premiers chiffres de la plaque minéralogique, David était plus que confiant pour dégoter enfin une piste exploitable.

Colby, lui, avait accompagné Amita et Larry jusqu'à l'université pour récupérer la liste de tous les enseignants de ces dernières années et celles de tous les étudiants que Charlie a eu dans son cours. Ils pourraient ensuite recouper les différentes informations.

Liz était partie se reposer, elle tombait littéralement de sommeil.

Alan, quand à lui, serait bien resté dans cette chambre si familière maintenant. Il ne se lassait pas d'entendre à nouveau la voix de Don, de revoir le sourire de Charlie. Il pensait même avoir retrouvé l'énergie de ses 20 ans. Mais, la jolie infirmière qui prenait soin de Don, avait précisé qu'une seule personne était autorisée et Alan avait volontiers cédé sa place à Charlie.

Les deux frères Eppes s'étaient donc retrouvés seuls. Don avait tenté d'interroger Charlie sur les personnes qui pourraient lui en vouloir, mais au bout d'à peine quelques minutes, il s'était bien vite rendu compte, que lui, d'habitude si résistant, était totalement épuisé. L'agent du FBI eu toutes les peines du monde a accepter qu'après plus de 24 heures à ne rien faire, il était incapable de soutenir une conversation...il était incapable d'avancer dans cette enquête...Même les balles que les chirurgiens avaient retirés de son corps ne lui étaient d'aucune utilité. L'arme utilisée n'était pas répertoriée.

Assommé de fatigue, Don s'était finalement endormi, laissant Charlie seul avec ses questions. Qui pouvait lui en vouloir au point de tenter de le tuer? A qui avait-il fait du mal ? Pourquoi s'en prendre à lui en pleine rue alors qu'il aurait été si simple de poser une bombe dans son bureau, de saboter sa voiture ? Charlie avait beau se creuser la tête, il ne comprenait pas ce qu'il avait fait pour s'attirer les foudres de quelqu'un.

D'ordinaire, il aurait tenté d'appliquer une de ses équations qui encombraient son cerveau pour résoudre son problème, mais, il n'arrivait à rien. Il ne pouvait détacher ses yeux du visage de Don, paisiblement endormi.

 


dangie  (07.11.2008 à 21:10)

Chapitre 24

L'effervescence régnait au sein du bureau du FBI. Après des heures de stagnations et de fausses pistes, l'enquête qui leur tenait à coeur avançait enfin. Les bandes de vidéo-surveillance avaient révélé une piste exploitable. Tony Anderson, 25 ans, propriétaire d'une Dodge bleue-nuit aperçue à deux rues du restaurant, avait remplit un dossier pour obtenir un permis de port d'armes. Arme qu'il était venu récupérer quinze jours avant de faire feu sur Don. Arme dont le calibre ne correspondait pas à celle utilisée, mais la coïncidence méritait d'être approfondie Pourtant, Anderson ne figurait pas parmi les étudiants de Charlie, il n'avait jamais fréquenté l'Université, il gagnait difficilement sa vie dans une casse automobile au sud de la ville.

Equipés de leur gilet pare-balle, Megan, Colby, David et même Liz s'étaient engouffrés dans une voiture et roulaient à toute vitesse vers le travail d'Anderson. Arrivés sur place, aidés d'une dizaine d'autres agents, toute l'équipe se déploya pour encercler l'endroit. Un rapide passage auprès du patron de la casse, leur appris que Tony Anderson était à son poste, au commande de la grue chargée de soulever les épaves pour les déposer dans le broyeur.

Son casque anti-bruit sur les oreilles, concentré sur sa tâche, Anderson ne remarqua pas les agents du FBI qui se postaient rapidement autour de la grue, bloquant toute tentative de fuite. Alors qu'il manoeuvrait son engin du bout des doigts, soulevant la carcasse d'une vieille Chevrolet, Anderson aperçu enfin Megan et David qui braquaient leur arme sur lui. Instinctivement, il leva les mains en l'air libérant ainsi la voiture qui s'écrasa avec un grand fracas sur le sol.

Colby se précipita sur la cabine et mis en joug le jeune homme.

- FBI, pas un geste...et éteins ta machine, hurla Colby aux oreilles d'Anderson en lui arrachant son casque.

- J'ai pas fait exprès...vous m'avez fait peur...je voulais pas, sanglota t-il immédiatement.

- Personne n'a rien, annonça Megan en arrivant à son tour dans la cabine.

- J'vous jure, j'ai pas fait exprès, se défendit encore Anderson.

- Alors, pourquoi acheter une arme? ironisa Megan

- C'est pas moi, j' vous l'jure...

- Et qu'est-ce que tu faisais avant-hier soir? renchérit Colby.

- J'voulais pas...je savais pas ce qu'il voulait faire...

- Qui? demanda Megan impatiente.

Tony Anderson, les yeux ruisselant de larmes, regarda les agents du FBI qui s'avançaient vers lui, armes braquées vers sa tête.

- Zac, mon frère...

- C'est pas toi qui a acheté une arme ? s'impatienta Colby énervé.

- Si! Mais, c'est parce que j'avais peur, je m'en suis jamais servie...

- Peur de qui? demanda plus calmement Megan;

- De Zac, c'est un malade...Je sais même pas comment il m'a retrouvé...je sais même pas pourquoi je l'ai laissé m'entrainer dans toute cette affaire...Je voulais pas...C'est pas moi qui ai tiré...

- Où est-il? reprit Colby.

- Je sais pas...J'vous l'jure...Il m'a pris ma voiture, je l'ai pas revu depuis l'autre soir...De toute façon, je voulais pas le revoir, lança Tony avant de s'effondrer sur son siège, pleurant toutes les larmes de son corps.

 


dangie  (13.11.2008 à 18:25)

Chapitre 25

Sur la pointe des pieds, Megan poussa doucement la porte de la chambre de Don. Charlie s'était levé de la chaise qu'il occupait depuis des heures et observait d'un air absent le ballet des ambulances. Le regard perdu dans le vide, il sursauta quand la jeune femme s'approcha de lui.

- Ca va? demanda Megan, le sourire aux lèvres, posant délicatement une main sur l'épaule du jeune mathématicien.

- Il dort...mais, il va bien, murmura Charlie.

- Don, je sais. Je viens de voir l'infirmière, mais toi, comment ça va?

- Ca ira, assura Charlie en esquissant un sourire avant de se concentrer de nouveau sur son frère qui s'agitait dans son lit.

Charlie et Megan se rapprochèrent de Don au moment où celui-ci ouvrait les yeux. Charlie s'inquiéta immédiatement en voyant le visage crispé de son grand frère. D'un regard anxieux, il chercha le bouton pour appeler un médecin.

- Je vais bien, Charlie, assura Don tout de suite. Ne t'inquiètes pas...T'as du nouveau, reprit-il en reportant son attention vers Megan.

- On a arrêté quelqu'un...

- Qui? s'impatienta Charlie monté sur une pile électrique.

-...Il s'appelle Tony Anderson, c'est lui qui conduisait la voiture...

- Et le tireur? demanda Don aussi impatient que Charlie.

- ...C'est son frère, Zachary Anderson, termina Megan en observant avec attention la réaction de Charlie.

Le jeune mathématicien resta bouche bée pendant quelques secondes. Puis ses sourcils se contractèrent sous l'effet de la concentration.

- Zac Anderson? murmura t-il complètement perdu.

- Tu le connais? questionna Don doucement.

- ...On était dans la même promo à Princeton...

- Vous étiez amis...ou concurrents...

- Plutôt concurrents...

- Qu'est-ce qui s'est passé? demanda Don de plus en plus anxieux devant le regard désorienté de son frère.

- ...Je sais pas. Zac ne s'est pas présenté à l'examen final...Les profs nous on dit qu'il avait abandonné...ajouta Charlie qui tentait de se remémorer cette période de sa vie.

- Tu ne sais pas ce qu'il est devenu? continua Don.

- ...Je crois que...je n'ai pas vraiment voulu le savoir, avoua Charlie de plus en plus préoccupé.

- Il a été interné dans un hôpital psychiatrique, intervient Megan, son regard passant rapidement de Charlie à Don.

- Qu'est-ce qui s'est passé? répéta Don impatient.

- Sa famille l'a fait hospitaliser...

- Hospitaliser? s'étonna Charlie complètement déstabilisé.

- Il est schizophrène. Il a commencé à entendre des voix. Personne ne l'a cru...Il est devenu très violent, ajouta Megan.

- Je comprend pas...il était un peu bizarre, admit Charlie, mais pourquoi on a rien su?

- Ca s'est passé pendant les vacances de printemps. Ses parents ont tout fait pour garder ça secret, continua Megan.

- Mais, qu'est-ce que je lui ai fait? Pourquoi est-ce qu'il m'en veut ? lança Charlie.

- Rien...Il est venu voir son frère qui habite Los Angeles et il a vu un reportage sur toi quand tu faisais la promotion de ton livre...Il s'est rappelé toute l'époque de vos études...Il a arrêté de prendre ses médicaments, continua Megan doucement tout en observant attentivement les réactions de Charlie.

- Mais, je comprend pas...

- Il est persuadé que c'est toi qui a influencé ses parents, que c'est à cause de toi qu'il a été enfermé...que sans toi, il aurait terminé major de promo...

Le jeune mathématicien s'affaissa sur la chaise à côté du lit de son frère.

- Charlie? Ca va? s'inquiéta Don.

- Qu'est-ce qui va se passer maintenant? demanda Charlie d'une voix mal assurée.

- On va lui mettre la main dessus, assura Megan d'un air triomphant.

- Mais comment ? Je vais servir d'appât ? questionna Charlie, angoissé.

Le sourire de Megan s'agrandit largement. Elle qui avait vu le jeune homme si désespéré, elle était vraiment heureuse de pouvoir enfin lui annoncer une bonne nouvelle.

- Anderson a "emprunté" la voiture de son frère...il ne se doutait pas que Tony avait installé un système de repérage satellite récupéré sur une des épaves de la casse où il travaille.

- Vous savez où il est alors? s'exclama Charlie soudain plus enjoué.

- J'ai eu l'info juste quand je suis arrivée ici, laisses un peu de temps à nos techniciens pour le repérer...

Megan n'eut pas le temps de finir sa phrase que son téléphone se mit à sonner. Tout le monde retint son souffle en attendant que la jeune femme termine sa communication. Don ne pouvait détacher son regard de son frère partagé entre des sentiments différents, à la fois soulagé que cette histoire touche enfin au but et terrifié par le fait que Zac fasse encore des victimes.

- Il vient d'arriver sur le parking de l'hôpital, commença Megan en raccrochant. David et Colby sont juste derrière lui, je vous laisse, termina t-elle en quittant précipitamment la chambre.

Les deux frères restèrent un moment silencieux, incapables de prononcer un mot, puis Charlie se précipita vers la fenêtre pour tenter d'apercevoir ce qui se passait dehors.

 


dangie  (14.11.2008 à 14:34)

Chapitre 26

Le parking de l'Hôpital Général était inondé de soleil. Quelques rares visiteurs arpentaient le bitume brûlant et se dépêchaient de rentrer à l'intérieur du bâtiment pour y trouver un peu de fraîcheur. David et Colby apprécièrent cette situation. Même si, équipés de leur gilet pare-balle, la sueur commençait déjà à dégouliner dans leur dos, la présence de si peu de monde était un bon point pour eux...un mauvais pour Zachary Anderson qu'ils suivaient maintenant depuis plusieurs kilomètres.

Après de longues minutes de sanglots dans la salle d'interrogatoire, Tony s'était enfin libéré du poids qui pesait sur sa poitrine depuis des années...La violence de son frère dès qu'on le contredisait, l'état dans lequel il sombrait au bout de quelques jours sans ses médicaments. Dès qu'il avait appris que Zac allait passer chez lui, Tony s'était procuré un révolver. Il ne voulait pas faire de mal à son frère, mais rien que sa présence dans sa maison suffisait à le rendre nerveux.

Tony n'avait rien imaginé quand Zac lui avait proposé de faire un tour en voiture. Zac était bizarre, mais pas plus bizarre que d'habitude. Mais, quand il avait sorti une arme automatique et commencé à tirer sur des passants, Tony avait paniqué. Instinctivement, il avait appuyé sur l'accélérateur, priant pour que personne ne s'amuse à traverser la rue. Il avait foncé à travers la nuit sans même un regard pour Zac qui jubilait sur le siège passager.

Comme un fou, Tony avait roulé à tombeau ouvert à travers des rues dont il ne se souvenait même pas. Quand, par hasard, ils s'étaient retrouvés devant la gare routière, il avait vu ça comme un signe du destin. Son frère allait lui faire une fleur, il allait prendre le premier car pour n'importe où, mais loin d'ici. Pourtant, la voix qui avait pris le contrôle dans la tête de Zac n'était pas du tout de cet avis.

Alors que Tony faisait nerveusement les cents pas devant sa voiture, cherchant désespérément à calmer l'angoisse qui déferlait en lui, Zac s'était approché, un sourire triomphant éclairant son visage.

- C'était super non? avait commencé Zac.

- Qu'est-ce qui t'as pris? T'es malade où quoi? s'était immédiatement emporté Tony, regrettant aussi vite son excès de colère.

- Quoi? Je t'avais bien dit qu'on allait s'éclater ? avait reprit Zac bizarrement calme.

- T'as tiré sur un mec! s'indigna Tony. T'as tué quelqu'un!

- J'espère bien!

- Mais pourquoi? Qu'est-ce qu'il t'avait fait?

- Il m'a piqué ma place de major de promo...

- Mais, t'as même pas passé les examens!

- La faute à qui? lâcha Zac d'une voix grave.

Il avait renvoyé à son frère un regard noir, un regard qui glaçait le sang de Tony...ce regard n'était pas celui de Zac, c'était celui de Dexter, le type qui avait pris possession de Zac...le type qui avait faillit étrangler leur mère il y a des années. Tony connaissait ce regard, il connaissait cette voix...c'était celle qui l'avait terrifié pendant longtemps. Il n'avait jamais eu besoin d'aller au cinéma ou de passer une soirée avec des copains à visionner des films d'horreur...La terreur, il l'avait dans la chambre juste à coté de la sienne. Bien avant que ses parents se rendent enfin compte de la folie de leur fils, Tony avait comprit qu'un jour Zac allait basculer. Il espérait juste qu'il ne serait pas présent à ce moment là.

Pourtant, il avait été là...Zac avait pété les plombs sous ses yeux, dans sa voiture et même si Tony aurait préféré se trouver à des kilomètres d'ici, voire à des années lumière, il se devait de tout savoir. S'il voulait avoir ne serait-ce qu'une toute petite chance de se sortir du pétrin dans lequel il était jusqu'au cou, il devait faire parler son frère, quitte à risquer sa vie.

- Où est-ce que tu as eu cette arme? avait demandé Tony en avalant difficilement sa salive.

- Dans la rue, avait tout simplement répondu Zac. Tu serais étonné de tout ce qu'on peut trouver dans la rue...Si on connait les bonnes personnes...Mais, tu voulais peut-être un flingue un peu plus performant que celui que tu t'es acheté? avait continué Zac en souriant.

Tony avait pâlit encore un peu plus, si son frère ne le descendait pas ici, immédiatement, il allait mourir d'une crise cardiaque.

- T'inquiètes pas, petit frère, je vais pas te faire du mal...en tout cas, pas tout de suite...Je vais juste t'empreinter ta voiture, avait terminé Zac en donnant une petite tape sur le dos de Tony et en s'installant au volant.

Tony avait laissé partir son frère sans dire un mot, tout en retenant sa respiration. Quand la voiture, sa superbe Dodge qu'il avait mis des semaines à retaper avait tourné au coin de la rue, il avait poussé un long soupir de soulagement...presque aussi long que celui qu'il avait poussé dans la salle d'interrogatoire du FBI.

Maintenant, Zac tournait sur le parking pour trouver une place, quand la chance lui sourit enfin : un vieux monsieur conduisant une voiture presque aussi vieille que lui entama une manoeuvre pour sortir de sa place. La voiture recula si doucement que David pensa un instant qu'il voyait cette scène sur une des innombrables bandes de vidéo-surveillance qu'il avait visionné.Il était presque tenté d'appuyer sur la touche "avance rapide". Pendant ce temps, assis derrière le volant de la voiture de son frère, Zachary Anderson commençait à perdre patience, il klaxonna plusieurs fois avant que le vieux monsieur, imperturbable, daigne enfin quitter le parking.

Rageusement, Zac s'engouffra dans la place libre sans faire attention au véhicule qui avançait doucement dans la même allée que lui et qui choisit de se garer juste derrière lui. D'un geste rapide, Colby et David sortirent de leur voiture et, arme au poing, se placèrent chacun d'un côté de la Dodge. Zac n'eut pas le temps d'esquisser un geste pour saisir son arme, que Colby ouvrit la portière.

- FBI, pas un geste, hurla Colby en pointant son révolver sur la tempe de leur suspect.

Zac, les mains vissées sur le volant, regarda successivement les deux hommes, leurs armes braquées directement sur sa tête, prêts à faire feu au moindre geste de sa part...puis partit dans un rire bruyant qui se répercuta dans tout l'habitacle. Zac riait encore quand Megan arriva en courant, il riait toujours quand Colby lui passa les menottes...

 


dangie  (19.11.2008 à 09:05)

Chapitre 27

La journée touchait à sa fin. Après un bref passage dans les bureaux du FBI, Zachary Anderson était reparti, sous bonne garde, vers le service haute sécurité de l'hôpital psychiatrique du Conté. Malgré toutes les charges retenues contre lui, toutes les preuves qui pesaient en sa défaveur, le témoignage de Tony, Megan doutait qu'il puisse un jour bénéficier d'une pension complète dans une prison fédérale.

Colby, David, Megan et Liz s'étaient tous donné rendez-vous à l'hôpital pour passer un peu de temps avec Don. Devant ses traits tirés, les cernes qui assombrissaient le regard de leur chef d'équipe, ses gestes lents et millimétrés pour limiter au maximum la douleur, ils avaient bien vite décidé d'écourter leur visite prétextant le monceau de paperasse qu'ils leur restaient encore à remplir pour clore cette enquête.

Don n'avait pas du tout été dupe de cette excuse, pourtant il n'avait pas spécialement insisté pour qu'ils restent plus longtemps. Il avait fait l'expérience, à ses frais, que faire croire à tout le monde qu'il allait bien était plus exténuant que la plus physique des missions...c'était sans parler de la douleur qui le tenaillait. Les médecins n'avaient pas voulu lui prescrire des antalgiques puissants, vu l'état de son foie et de toute façon, lui ne voulait pas entendre parler de morphine...ce mot était encore trop présent dans sa tête, dans ses souvenirs entourant la mort de sa mère.

Pourtant, malgré la fatigue qui menaçait de le submerger, malgré la douleur qui devenait de moins en moins supportable, Don était heureux. Il avait devant lui le meilleur des médicaments, le plus efficace des remèdes, le seul dont il avait besoin : Charlie. Sentir la présence de son petit frère à côté de lui, revoir le sourire qui illuminait son visage depuis qu'ils savaient que le tireur était entre de bonnes mains et même entendre ses paroles incessantes avait le don de tout effacer.

De son côté, Charlie profitait sans retenue de ces moments si précieux. Il avait passé pratiquement toute cette journée riche en émotions avec son grand frère. C'est ensemble qu'ils avaient accueilli les nouvelles qui ont jalonnées ces quelques heures, c'est avec Don qu'il avait savouré l'immense soulagement de savoir que le coup de folie de Zac n'était pas due à une faute de sa part, c'est ensemble qu'ils avaient discutés plus longtemps qu'ils ne l'avaient jamais fait auparavant. Pour une fois, ils avaient complètement occultés tout ce qui concernait une enquête ou une théorie mathématique quelconque, pour une fois, ils avaient enfin parlé d'eux. Entre les rares moments où Don ne sombrait pas dans un profond sommeil, Charlie avait découvert des facettes bien cachées dans le caractère de son ainé, des facettes qu'il ne regrettait pas d'avoir mis à jour.

Charlie ne saurait peut-être jamais ce qui était passé dans l'esprit torturé de Zac pour qu'il concentre sa haine et sa fureur contre Don et lui...voulait-il vraiment le savoir? Il s'était souvenu de son nom seulement parce que leurs profs de l'époque ne cessaient de les comparer, maintenant, le jeune mathématicien savait qu'il aurait du mal à l'oublier.

Même s'il présumait que le chemin serait encore long pour que cette culpabilité qui le rongeait s'estompe un peu, un chemin peut-être aussi long que celui que Don devrait affronter jusqu'à ce qu'il reprenne le travail...mais, ce chemin, ils allaient le faire ensemble.

La nuit tombait doucement sur la ville, tout le monde s'était éclipsé les laissant à nouveau tout les deux. Dans un instant, l'infirmière allait demander à Charlie de quitter à son tour la chambre, dans un instant, il allait, à contre-coeur rentrer dormir chez lui.

Alors qu'il observait distraitement le parking éclairé, croyant y déceler la silhouette de son père, Charlie fût tiré de ses pensées par Don qui tentait d'attraper le verre d'eau placé juste devant lui.

- Bouges pas, je te l'apporte! s'était précipité Charlie immédiatement.

- Hey! Je peux me servir tout seul, répliqua Don.

- Mais, je croyais que j'étais ton esclave?

- C'est vrai! Mais, tu perds rien pour attendre...

Charlie regarda attentivement son frère, lui qui ne voulait jamais demander de l'aide. Puis, une pensée fugace lui vient.

- Tu sais, en fait, je suis pas responsable des délires de Zac...je lui ai jamais fait de mal...C'est juste, un malade qui a pété les plombs...

- Et ?

- Si je suis pas responsable...je devrais pas être ton esclave...

- Dans tes rêves, p'tit génie!!!

 

 

                                                                                FIN

 

 

Merci à tous ceux qui sont allés au bout de leur lecture...merci à tous ceux qui m'ont envoyé un petit message...vos encouragements m'ont beaucoup touchée...


dangie  (20.11.2008 à 15:56)

Activité récente
Dernières audiences
Logo de la chaîne France 3

Un si grand Soleil, S08E201
Lundi 8 juin à 20:40
2.12m / 11.3% (Part)

Logo de la chaîne TF1

Demain nous appartient, S09E201
Lundi 8 juin à 19:15
2.04m / 15.0% (Part)

Logo de la chaîne TF1

Ici tout commence, S06E201
Lundi 8 juin à 18:35
1.83m / 17.5% (Part)

Logo de la chaîne France 3

Vanina - Un vicequestore a Catania, S02E03
Dimanche 7 juin à 21:10
2.22m / 13.3% (Part)

Logo de la chaîne M6

NCIS, S23E03
Samedi 6 juin à 21:10
0.85m / 5.6% (Part)

Logo de la chaîne France 2

Haute saison, S01E04
Vendredi 5 juin à 22:00
2.82m / 20.3% (Part)

Logo de la chaîne France 2

Haute saison, S01E03
Vendredi 5 juin à 21:10
3.25m / 20.6% (Part)

Logo de la chaîne France 3

Un si grand Soleil, S08E199
Vendredi 5 juin à 20:40
1.47m / 9.7% (Part)

Toutes les audiences

Actualités
Netflix dévoile son Scooby-Doo pour la série live-action Scooby-Doo : Origins

Netflix dévoile son Scooby-Doo pour la série live-action Scooby-Doo : Origins
Scooby-Doo montre enfin le bout de sa truffe ! Netflix a dévoilé la première image du célèbre chien...

Joshua Jackson rejoint la saison 3 de Your Friends & Neighbors

Joshua Jackson rejoint la saison 3 de Your Friends & Neighbors
Après The Affair et plus récemment Doctor Odyssey, Joshua Jackson s'offre un nouveau projet télévisé...

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs anglophones

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs anglophones
Plusieurs nouvelles séries sont à découvrir cette semaine du côté des diffuseurs anglophones....

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs francophones

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs francophones
Les diffuseurs francophones européens vous proposent une dizaine de nouvelles fictions. Lesquelles...

La Petite Maison dans la Prairie a recruté Nellie Oleson et deux personnages emblématiques

La Petite Maison dans la Prairie a recruté Nellie Oleson et deux personnages emblématiques
Alors que la saison 1 du reboot de La Petite Maison dans la Prairie n'arrivera sur Netflix que le 9...

HypnoRooms

CastleBeck, 02.06.2026 à 11:38

Bannières et thème en vote, si vous avez 30 secondes pour cliquer. Merci.

choup37, 06.06.2026 à 12:26

Nouveaux sondages sur kaamelott et Doctor Who

ShanInXYZ, Avant-hier à 02:07

Nouveau sondage sur le quartier Cat's Eyes, pas besoin de connaître la série

Luna25, Avant-hier à 08:58

Nouveau mois sur les quartiers Legends of Tomorrow, Reign et Supernatural, n'hésitez pas à passer !

Viens chatter !

Newsletter

Les nouveautés des séries et de notre site une fois par mois dans ta boîte mail ?

Inscris-toi maintenant

Sondage

Un peu d’amour dans un monde de brutes. Parmi ces couples, lequel aviez-vous vu venir dès le départ ?

Plus d'infos / Commenter

Total : 58 votes
Tous les sondages