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Série : Numb3rs
Création : 20.03.2009 à 18h00
Auteur : juliabaku
Statut : Terminée
« Un épisode où Don ne sera pas très présent , écrit en collaboration avec Cissy. » juliabaku
Cette fanfic compte déjà 43 paragraphes
L'ombre d'un remord
CHAPITRE I
Bureau de Charlie, Caslci
- Dépêche toi Charlie ! Ou ton père va encore te gronder parce que tu es en retard, hurla Amita dans le bureau de son fiancé, tandis que ce dernier semblait se battre à coups de stylo contre les différentes copies qui envahissaient son bureau.
- Oui, j'arrive...Il ne faut pas que je sois en retard. Surtout pas aujourd'hui, répondit le mathématicien, en délaissant son stylo, et en rangeant vite fait les copies dans son sac. Aujourd'hui c'est l'anniversaire de Maman...Et Papa ne serait pas content que je loupe un tel événement.
Bien qu'il ne soit pas sportif, le mathématicien sauta au dessus de son bureau pour rejoindre au plus vite sa fiancée, mais, il tomba rapidement sur le derrière du fait qu'il n'était pas aussi doué que les agent du F.B.I en ce qui concernait les cascades. Amita s'inquiéta d'abord, mais éclata après d’un petit rire, à la vue de la grimace que fit Charlie quand il se réceptionna sur le derrière.
- C'est bon arrête de rigoler et aide moi à me relever, demanda le mathématicien, en se frottant l'endroit douloureux.
Amita essaya alors de se contrôler et aida Charlie. Ensemble ils coururent vers la voiture afin d'aller chez son père.
Dans le couloir, les deux génies rencontrèrent Larry qui semblait être aussi pressé qu'eux.
- Larry, te voilà, commença alors Charlie.
- Je ne suis pas en retard ? Je ne voudrais manquer pour rien au monde cette petite fête, répondit Larry avec un sourire au lèvres.
A trois ils allèrent au parking.
CHAPITRE II
Maison des Eppes
Chez les Eppes, justement, l'ambiance était à la fête. Alan avait téléphoné à Don pour lui rappeler qu'il fallait qu'il passe au moins pour prendre un verre à l'occasion de l'anniversaire de sa mère. Celui-ci avait alors promis de faire son possible pour être là avec toute son équipe et qu’il espérait bien pouvoir faire plus que prendre un verre. En plus d'eux, Robin allait elle aussi venir. Alan se souvenait que sa femme lui avait fait promettre de faire toujours la fête le jour de son anniversaire. De ne pas verser de grosses et lourdes larmes à chaque fois qu'il se souvenait d'elle. Mais qu'au contraire des rires et des sourires remplissent la maison ce jour là. Bien que la promesse fut étonnante, Alan voulait la respecter. C'était un moyen pour lui de faire vivre le souvenir de sa femme autrement que par des larmes, ou par des photos froides. Il regarda sa montre. Charlie n'allait pas tarder à arriver avec Amita et Larry, pour l'aider dans ses préparatifs. Il ne pouvait pas compter sur Don cette fois ci. Il était sur une enquête, Alan ne voulait pas le déranger, et avec Amita et Charlie, normalement tout devrait bien se passer.
- Il va falloir préparer un bon gâteau. Je demanderai à Charlie de s’en charger.
Alors qu'il finissait sa phrase, il entendit le bruit du moteur d’un véhicule qui arrivait. Jetant un petit coup d'oeil, il vit la voiture de Charlie.
- Tiens, quand on parle du loup.
Charlie sortit de sa voiture avec Amita suivie de Larry et ils se dirigèrent vers la porte d'entrée, afin d'aller aider le chef de famille.
- Papa! On est rentré !!! hurla alors Charlie en posant son sac dans l'entrée.
- Bien, donc tu vas pouvoir m'aider à faire la cuisine alors. Amita Larry, je vous remercie de nous aider dans les préparatifs.
- Oh, ce n'est rien. Et puis comme ça je peux rester avec Charlie, répondit Amita
- C'est un plaisir, continua Larry.
Chacun prit part à l’occupation. Charlie et Larry en cuisine, Alan et Amita dans le salon pour installer les dernières décorations.
Tout en faisant la cuisine, Charlie repensait à diverses choses. L'image de sa mère souriant, préparant les petits plats de son enfance, dans cette même cuisine. Il se souvenait qu'à une époque alors que Don n'était pas encore à Los Angeles, il venait lui donner un coup de main en cuisine. C'était un moment agréable à passer. Son père les observait à chaque fois, ne se lassant pas de les voir ensemble. C'était aussi l'occasion pour Charlie de sortir de ses équations et de s'intéresser à autre chose. Sa mère semblait être fière de son fil. Mais elle était triste aussi parfois que son aîné ne soit pas là.
Tout de suite après ce retour dans le monde des souvenirs agréables, un autre souvenir le submergea. Il se souvenait que, quelques heures auparavant, Don et lui avaient eu une nouvelle fois une dispute. Il fit alors sa tête des mauvais jours.
CHAPITRE III
Une zone industrielle de Los Angeles, un entrepôt
Don progressait à tâtons dans l'épaisse fumée qui avait envahi l'entrepôt : on n'y voyait pas à cinquante centimètres et la chaleur augmentait de seconde en seconde. Il suffoquait, cherchant désespérément la sortie, se demandant si son équipe était bien en sécurité.
Ils étaient arrivés quelques minutes plus tôt : le groupuscule terroriste qu'ils poursuivaient devait, d'après les calculs de Charlie, intervenir dans cet entrepôt dans le courant de la journée. Ils s'étaient équipés et étaient entrés pour s'installer et prendre les criminels par surprise. Mais la surprise, mauvaise, avait été pour eux : les terroristes étaient déjà sur place et c'étaient eux qui s'étaient trouvés piégés. Une série de détonations avaient retenti et l'entrepôt s'était embrasé.
« Dehors ! Vite ! avait hurlé Don.
Et il avait vu les membres de son équipe passer devant lui au triple galop. Au moment où il s'apprêtait à les suivre, il avait aperçu deux membres du SWAT arriver en titubant et s'était précipité vers eux.
- Oh les gars, ça va aller ?
- Mike et Sammy sont restés derrière, haleta un des hommes.
- Je vais les chercher, sortez d'ici.
Il avait rebroussé chemin et n'avait pas tardé à tomber sur les deux hommes. L'un d'eux, au sol, avait la jambe coincée sous une poutre et son coéquipier s'acharnait en vain à le dégager. Il vint lui prêter main forte, et, à eux deux, il ne leur fallut que peu de temps pour dégager l'homme.
- Ca va ? Tu peux marcher ?
- Oui, pas de problème, à condition qu'on m'aide un peu.
- Savez-vous s'il y en a d'autres derrière vous ?
- Je n'ai pas vu Hank, répondit l'un des agents.
- D'accord. Emmenez-le dehors.
- Ne restez pas là, ça va devenir dangereux.
- Je vous suis, je vais juste voir si je vois votre collègue.
- Je vous accompagne, décida l'agent indemne.
- Non, votre équipier n'y arrivera pas seul. Filez ! On se retrouve dehors.
Sans plus discuter, soutenant son partenaire, l'agent était sorti et Don s'était retrouvé seul. Il commençait à faire très chaud, mais il n'était pas décidé à abandonner un collègue derrière lui s'il pouvait faire autrement. D'ailleurs, l'incendie semblait circonscrit au fond de l'entrepôt.
Il avança en lançant des appels et soudain il entendit une voix qui appelait au secours. Alors qu'il se dirigeait vers elle, une série d'explosions retentit : des barils venaient de s'enflammer et le brasier redoubla d'intensité. Il comprit qu'il risquait de se faire piéger et qu'il devait aller se mettre à l'abri. A ce moment là, un appel à l'aide lui parvint à nouveau et, oubliant sa propre sécurité, il plongea dans la fumée. Il était incapable de laisser quelqu'un derrière lui : c'était lui le chef de cette opération, c'était lui qui était responsable des vies des hommes qui l'accompagnaient, il devait tout faire pour les ramener indemnes.
Il avait sous-estimé la vitesse de progression de l'incendie et bientôt, il se trouva encerclé par les flammes, incapable de savoir même où se trouvaient les issues. Il avançait à l'aveuglette, commençant à avoir du mal à respirer quand l'appel lui parvint, étouffé et cependant tout proche.
- Ohé ! Il y a quelqu'un ? cria-t-il entre deux quintes de toux.
- Par ici !
La voix était faible mais lui parvenait nettement. Il fit quelques pas sur sa gauche et aperçut un corps à terre.
- Vous êtes blessé ?
- C'est ma jambe : je crois qu'elle est cassée, je ne peux pas bouger.
- Je vais vous aider. Courage, on va s'en sortir.
Il ne croyait qu'à demi à ce qu'il disait : autour d'eux c'était l'enfer.
CHAPITRE IV
Une zone industrielle de Los Angeles, un entrepôt
Toussant, crachant, suffoquant, David, Liz, Nikki et Colby s'étaient retrouvés à l'extérieur. Les pompiers commençaient à attaquer le brasier.
- Tout va bien ? questionna David.
- Je suis OK, répondit Colby.
- Moi aussi, ajouta Liz.
Nikki ne dit rien, mais hocha la tête pour faire comprendre à ses compagnons qu'elle aussi allait bien. Puis David et Colby se précipitèrent vers deux agents du SWAT qui sortaient de l'entrepôt, l'un soutenant son compagnon.
- Ca va les gars ?
- Oui, toussa le plus valide.
- Vous étiez les derniers là-dedans j'espère ? demanda Nikki.
- Non, Sammy et Mike y sont encore, et votre chef aussi.
- Notre chef ?
Il y avait une note d'affolement dans la voix de Liz tandis qu'elle regardait autour d'elle. En effet, Don n'était nulle part. Elle se souvenait l'avoir vu au moment où il avait ordonné de se replier. Bien évidemment, il avait attendu que tous soient passés devant lui avant de quitter les lieux à son tour, jamais il n'aurait pu s'enfuir le premier, mais elle était persuadée qu'il était sur leurs talons.
- Oui, reprit l'agent. Lorsque je lui ai parlé de Sammy et Mike, il est allé les aider.
Les agents regardèrent, soucieux, le brasier qui redoublait d'intensité.
- J'y vais ! décida Colby.
- Je t'accompagne, rétorqua David.
A ce moment-là, d'autres détonations retentirent et les flammes s'intensifièrent encore.
- Reculez ! ordonna le responsable des pompiers. Ne restez pas là.
- Mais nous avons encore des hommes dans l'entrepôt, protesta Colby.
- Laissez-nous faire, c'est notre job !
Il envoya quatre de ses hommes en reconnaissance. Dévorés d'inquiétude, les quatre agents, qui avaient fini par obtempérer aux ordres, scrutaient attentivement les volutes de fumées qui s'élevaient en tourbillon du bâtiment, espérant en voir jaillir Don.
Une nouvelle série d'explosions, encore plus violentes, se fit entendre et tout le reste du bâtiment s'embrasa dans un crépitement d'étincelles. La chaleur devint intolérable et les pompiers, à leur tour, durent reculer. Le lieutenant appelait désespérément les quatre hommes partis à la recherche des agents restés à l'intérieur.
Soudain, on vit surgir six silhouettes : les quatre pompiers soutenant deux agents du SWAT à demi-inconscients, intoxiqués par la fumée. Tout le monde se précipita à leur secours. Colby attrapa l'un des pompiers par le bras en lui demandant :
- Et l'agent Eppes ? Est-ce que vous l'avez vu ? Il n'est pas avec vous ?
Epuisé par la lutte qu'il venait de mener, l'homme se contenta de hocher négativement la tête.
David, pendant ce temps, s'adressait à l'un des hommes du SWAT qui paraissait moins mal en point que son coéquipier.
- Vous savez où est l'agent Eppes ?
- Il est parti chercher Hank, dit tristement l'agent. J'ai bien peur que...
En entendant ces mots, Colby et Liz se précipitèrent vers le bâtiment et il fallut toute l'énergie de plusieurs pompiers pour les empêcher d'y entrer. David vint prêter main forte à ces derniers, tentant de raisonner ses partenaires.
- Ca ne sert à rien ! Vous ne ferez pas deux mètres ! Si Don n'est pas sorti...
Il ne finit pas sa phrase mais chacun put voir combien il était bouleversé par cette idée. De toute façon, il n'était plus temps d'intervenir. Dans un grondement apocalyptique, l'incendie dévorait désormais tout l'entrepôt et les pompiers se contentaient de le contenir, sans espérer l'éteindre. Leur expérience du feu leur indiquait que le brasier brûlerait jusqu'à ce qu'il se consume lui-même faute de carburant. La seule chose à faire, c'était de veiller à ce que les flammes n'atteignent pas d'autres bâtiments. Ceux-ci étaient heureusement fort éloignés, mais il suffisait d'une flammèche portée par le vent pour propager le désastre, et c'était là que leur vigilance devait s'exercer.
Espérant, malgré tout, que Don était sorti par une autre issue, ses quatre adjoints firent le tour de tous les groupes massés autour de l'entrepôt. L'agent Hank Estood, que Don était parti rechercher, s'avéra être sorti par une fenêtre : il souffrait de quelques brûlures et coupures, mais rien de grave. Il n'avait pas vu Don. Le cœur déchiré, ses amis durent se résigner à l'impensable : quelque part au milieu de cet enfer dantesque, l'agent Don Eppes venait de périr.
CHAPITRE V
Maison des Eppes
- Amita, vous me donnez les bretzels, s'il vous plaît ?
- Voilà Alan. Il vous faut autre chose ?
- Non, je pense que ça va aller.
Alan regardait, d'un air satisfait, la table qu'il venait de dresser. Bien que Margaret ne fût plus là depuis cinq ans bientôt, sa présence était palpable à travers tous les préparatifs qui s'achevaient. Amita, Larry et Charlie étaient déjà changés, sur leur trente et un, et Don avait réitéré sa promesse de venir les rejoindre avec Robin, Colby, Liz, Nikki et David, dès que possible. Pour une fois, son enquête attendrait quelques heures. Ce serait l'occasion d'avoir une grande tablée en l'honneur de la femme qu'ils avaient tant aimée tous les trois et qui le leur avait bien rendu.
- Où est Charlie ?
- Au garage.
- Ah ! Il boude encore ?
Elle eut un sourire résigné et il comprit que son cadet remâchait encore sa rancune contre son frère aîné auquel une violente dispute l'avait opposé le matin même.
Don enquêtait sur un groupuscule extrémiste de défenseurs de la Terre, qui, pour faire passer son message, incendiait des cibles qu'il désignait comme portant atteinte à l'environnement : concessionnaires de grosses voitures, industries chimiques, chantiers de constructions sur des sites naturels réputés pour leur beauté, etc... En trois mois, le groupe avait fait des dizaines de milliers de dollars de dégâts et trois personnes avaient perdu la vie. Don était persuadé que le meneur se cachait quelque part à l'université et Charlie s'opposait à cette vision des choses. Ils s'étaient querellés à ce sujet, chacun reprochant à l'autre son manque d'objectivité. Puis Don s'était rendu dans un entrepôt que Charlie lui avait signalé comme cible potentielle et le débat en était resté là.
« Pour le moment » songeait Alan avec un peu d'inquiétude.
Il aurait bien aimé que ses fils se montrent un peu moins entêtés. D'un autre côté, auraient-ils été aussi efficaces s'ils avaient été plus souples ? De toute façon, il les aimait comme ils étaient. Enfin, le résultat des courses, c'était que Don était parti fâché et que, depuis qu'il était rentré de l'université, Charlie boudait dans le garage, comme un petit garçon. Il n'admettait pas que son frère puisse remettre en cause ses théories, sa mauvaise foi lui interdisant de comprendre que son frère avait exactement la même réaction en sens inverse. Bah, les choses allaient s'arranger, comme d'habitude.
- Charlie ! Dépêche-toi, ton frère va arriver...
- J'arrive.
Le mathématicien avait toujours sa tête des mauvais jours.
- Arrête un peu de faire cette tête Charlie. Tu ne vas pas nous gâcher la soirée ! le morigéna son père.
- Je peux partir, si tu veux, répondit Charlie, agressif.
- Charlie ! le gronda doucement Amita en passant son bras sous le sien.
- Excuse-moi papa. Tu as raison. Je ne devrais pas accorder autant d'importance à ces choses-là.
- Tu l'as dit ! déclara sentencieusement Larry.
- Flûte, j'ai oublié de sauvegarder... Je reviens !
Il disparut de nouveau dans le garage, tandis qu'Alan, Larry et Amita riaient de son étourderie. A ce moment-là, ils virent arriver le tout terrain de Don. Par la fenêtre, Alan aperçut les quatre portes qui s'ouvraient presque simultanément : très bien, pour une fois son fils et son équipe était à l'heure. Un record !
Il repartit dans la cuisine pour aller chercher les petits fours qu'il y gardait au chaud en attendant l'arrivée du dernier groupe. Il entendit la porte s'ouvrir et pénétra dans le salon, un large sourire de bienvenue sur les lèvres.
- Et bien vous êtes juste à l'heure ! s'écria-t-il.
Son sourire se figea aussitôt qu'il entra dans la pièce. Le plat lui échappa des mains, sans même qu'il s'en rende compte, tandis qu'il regardait tour à tour les visages décomposés de David, Liz, Colby et Nikki. Larry et Amita semblaient s'être statufiés.
- Non, oh non ! gémit-il. Je vous en prie.
- Alan... commença David, la voix rauque d'émotion.
- Non, David, non, s'il vous plaît.
Il savait. Il savait ce qu'on allait lui dire et il ne voulait pas l'entendre. Pas aujourd'hui non ! Pas le jour de l'anniversaire de Margaret. Ni aucun autre jour d'ailleurs.
- Alors Don, vous les avez eu ? interrogea Charlie qui arrivait du garage.
Il s'arrêta net, conscient de la tension extrême qui régnait dans la pièce. Son regard passa de l'incompréhension au doute, puis à l'horreur tandis qu'il allait des quatre agents massés devant la porte, à Amita dont déjà les yeux s'étaient remplis de larmes, puis à Larry décomposé, et enfin à son père, livide, debout au milieu des petits fours qui gisaient sur le sol, les mains tremblantes, un désespoir infini dans les yeux.
- Don... balbutia-t-il soudain. Où est Don ? Où est mon frère ?
Colby le regarda et il lut la réponse dans ses yeux. Il eut l'impression qu'on lui assenait un coup de massue en pleine poitrine et, le souffle coupé, il recula de quelques pas.
- Non ! Non ! dit-il à son tour.
David, lui, s'était approché d'Alan. Il savait que le vieil homme avait déjà compris le malheur qui venait de s'abattre sur lui, mais il savait aussi qu'il était nécessaire qu'il entende les mots et il aurait donné n'importe quoi pour que ce ne soit pas à lui de les prononcer ces mots cruels qui allaient le détruire.
- Alan, je suis désolé mais Don, votre fils...
- Je vous en prie David !
Alan avait étendu la main devant lui, comme pour se protéger mais il était conscient que rien ne le protègerait de ce qui arrivait.
- Alan, votre fils est mort.
- NOON !!!
Un cri inhumain sortit de la bouche de Charlie : il regarda le groupe massé dans le salon avec des yeux fous. Non ! Ce n'était pas possible ! pas son grand frère ! ce n'était pas vrai !
- Non, non, non ! répétait-il inlassablement tandis qu'Amita, étouffant ses sanglots, tentait de l'apaiser. Il la repoussa violemment et courut s'enfermer dans le garage. Comme elle faisait mine de le suivre, Alan l'arrêta
- Laissez-le Amita. Laissez-le seul.
Elle regarda le père de son ami et, pour la première fois, elle le trouva vieux. Il venait, en quelques minutes, de vieillir de vingt ans : ses épaules s'étaient affaissées, ses rides semblaient accentuées par le pli désespéré de sa bouche, ses lèvres et ses mains tremblaient malgré lui et les larmes qui coulaient sur ses joues, sans même qu'il semble les remarquer, accentuait l'impression d'extrême vulnérabilité qui émanait de lui à cet instant. Larry, bouleversé, s'approcha de lui et lui posa une main compatissante sur l'épaule. Mais il resta silencieux : d'ailleurs qu'aurait-il bien pu dire ? Quels mots peuvent soulager un chagrin pareil ? Comment trouver des phrases susceptibles de mettre un peu de baume au cœur, d'adoucir l'indicible, de minimiser la tragédie ?
Liz s'approcha, une tasse de café bien chaud à la main qu'elle tendit à Alan. Il s'en empara, sans même avoir conscience de ce qu'il faisait. Puis il la posa sur la table, se laissa tomber sur une chaise, et, avec dans la voix une douleur infinie, il dit simplement.
- Comment ?
Alors, à quatre voix, chacun relayant l'autre lorsque les mots s'étouffaient dans sa gorge, s'efforçant de maîtriser leur émotion et de retenir leurs larmes, les quatre agents racontèrent au malheureux père crucifié, les derniers instants de son fils adoré.
Alors plusieurs chose à dire <!-- @page { size: 21cm 29.7cm; margin: 2cm } P { margin-bottom: 0.21cm } -->
CHAPITRE VI
Bureaux du F.B.I.
Visiblement, plus rien ne tournait rond dans ce monde. David avait l'air épuisé. Mais il savait qu'il devait maintenant remplacer son chef en tant que plus ancien de l'équipe. Il avait laissé Liz et Robin chez les Eppes afin de les réconforter. Lui, il devait trouver les coupables, et les mettre en prison avant qu'ils ne fassent plus de victimes.
Pendant l'ascension de l'engin, David repassait dans sa tête sa première enquête avec Don. Il avait été choisi par le département pour intégrer ce groupe. Au départ, Don ne semblait pas être particulièrement ravi de cette nouvelle, mais il avait fait avec. Pour finir, grâce à lui, David avait eu la vie sauve quand Aldane l'avait pris en otage. Il se souvenait aussi de la fois, ou il avait su désarmer une bombe, empêchant tous les trains et les quartiers aux alentours d'exploser. Ce fut la première fois où Don et lui furent sûrs de pouvoir avoir confiance l'un en l'autre. Depuis, leur relation n'avait fait que s'améliorer. D'ailleurs maintenant il était très proche de la famille Eppes. Il partageait même des moments d'amitié avec Alan, ou même Charlie. Il se devait, pour la famille de Don, de retrouver les criminels, et de leur faire payer leur crime. Cachant sa peine, sa tristesse et sa colère, il arriva alors aux bureaux du F.B.I..
*****
Il pouvait voir, plus loin, son collègue Colby, la tête dans les mains. Lui aussi semblait être au bout du rouleau. David arriva près de lui et mit sa main sur son épaule. Avec une voix douce, et calme il lui demanda:
- Est-ce que ça va aller ?
Colby releva la tête. Ses yeux rouges montraient bien son état à ce moment précis.
- David, comment ça a pu arriver ? Lui qui m'a fait confiance...Lui qui se sacrifiait pour n’importe qui... Comment il a pu mourir comme ça ?
David s'assit à côté de lui. Il repensait à la fois où il s’était plaint à Don du comportement de Colby. Pour finir les deux hommes avaient réussi à bien s'entendre. Ils étaient même devenu très complices.
- Colby, si tu as envie, tu peux aller te reposer...
- Non, je vais t'aider à retrouver ces tueurs, et je vais leur faire regretter de s'en être pris à notre patron.
David semblait être ravi, de la lueur qui brillait dans les yeux de Colby, montrant la volonté qu'il avait de retrouver les coupables. Mais en même temps, il se méfiait de ce trop grand élan de motivation. Si cela allait trop loin, est-ce que son collègue saurait s’arrêter à temps ?
*****
Un peu plus loin, dans un coin, seule... Nikki, dos contre un mur. Elle laissait les larmes couler sur sa joue. Comment cet homme qui semblait être si puissant pouvait disparaître comme ça, dans les flammes ? Elle regarda en face d'elle : derrière la vitre se trouvait un grand immeuble. Elle se souvenait de sa première enquête avec Don : elle s'était fait sévèrement réprimander pour avoir pris trop de risques dans sa mission. Mais malgré tout, dans les autres enquêtes il l'avait souvent remerciée. Cet homme qui ressemblait à un roc, avait été vaincu par les flammes provoquées par ces assassins. Pour elle, cette mort ne lui convenait pas. Il n'aurait jamais voulu une telle mort, et il n'aurait jamais voulu que sa famille soit presque détruite par l'idée qu'il soit mort.
Mais la réalité était dure et il fallait l'accepter. Il fallait se relever et remonter la pente. Il fallait vivre sans Don Eppes.
Elle essuya ses larmes, et, comme elle l'aurait fait face à n'importe quel agent, elle ressortit, l'air de rien, pour aller soutenir ses collègues.
CHAPITRE VII
Bureaux du F.B.I.
Près de leur bureau, Colby, Nikki et David se concertaient. Il devait arrêter les pyromanes au plus vite. Et Don avait fait le plus gros du travail. Mais outre que leur collègue était mort, un nouvel obstacle se dressait devant eux.
- Si on doit refaire de nouveaux calculs, il nous faudrait un mathématicien, commença Colby avec autant de motivation.
- Je ne penses pas que Charlie soit capable de reprendre aussi vit une enquête.
David hocha positivement de la tête. Il ne voulait pas faire subir une épreuve supplémentaire à Charlie. La mort de son frère devait déjà être un drame pour lui. Il devait donc se passer de ce soutient si précieux.
- On pourrait demander à Larry et Amita de nous aider discrètement. Ils ont beaucoup travaillé avec Charlie. Ils doivent savoir comment fonctionnent ses équations ? proposa Nikki d’une voix légèrement tremblante.
- Je crois que l'on n'a pas trop le choix. Nous leur demanderons donc quand l'un d'entre nous ira les voir. Nous leur demanderons aussi de faire tourniquet pour qu'ils puissent rester là pour Charlie et Alan, conclut David en regardant ses collègues.
Ils hochèrent de la tête. Ils avaient trouvé le moyen de débusquer leurs criminels. Maintenant ils devaient tout mettre en place pour pouvoir les capturer.
CHAPITRE VIII
Bureaux du F.B.I.
A ce moment là, un agent vint prévenir David que le directeur le demandait dans son bureau. Les trois agents échangèrent un regard inquiet. Ils se doutaient de ce que voulait leur chef.
- Peut-être qu'il veut simplement avoir un compte-rendu des faits, supputa Nikki.
- J'espère, dit David.
- David, pria Colby, David, fais ce que tu veux, dis ce que tu veux, mais ne le laisse pas nous retirer l'enquête.
- Je ferai de mon mieux Colby, mais s'il est décidé à nous relever...
- Mais ce n'est pas possible David. C'est à nous de coincer ces salopards ! A nous et à personne d'autre ! On le doit ! Pour Don, et Alan, et Charlie !
- Je sais dit David, je vous promets de faire de mon mieux.
- Il faut faire plus que ton mieux mon vieux, tu dois nous garder cette enquête.
- Je sais Colby, je sais.
Sur ses mots, David tourna les talons et se dirigea vers les ascenseurs, suivi par le regard inquiet de ses deux collègues.
Arrivé à la porte du bureau du directeur régional, il s'arrêta un instant. Il savait qu'il allait devoir mener une dure bataille. Mais l'équipe de Don, son équipe, comptait sur lui et il n'avait pas l'intention de la décevoir. Il ne décevrait pas Don. Il respira un bon coup et frappa deux coups secs à la porte.
- Entrez !
Il pénétra dans le grand bureau et son regard s'assombrit encore : à côté du directeur, se tenait le sous-directeur ; la bataille allait être encore plus rude qu'il ne le craignait.
- Ah ! Agent Sinclair : asseyez-vous je vous prie.
- Merci monsieur le directeur, monsieur le sous-directeur, ajouta-t-il en ayant un bref mouvement de tête vers le second homme. Celui-ci se contenta de répondre à son geste par un hochement de tête similaire. Visiblement, pour le moment, il n'était là qu'en observateur, c'était son supérieur qui mènerait la conversation.
- Tout d'abord, je voulais vous présenter toutes mes condoléances pour la disparition de votre chef. Je sais combien l'agent Eppes était apprécié de tous. C'est une grande perte pour le bureau.
- Merci monsieur. Il avait la gorge serrée et les mots avaient du mal à franchir la barrière de ses lèvres. C'est vrai que l'agent Eppes... Don... était un excellent agent, et le meilleur des chefs.
- Et comment réagissent les membres de l'équipe ?
- Je crois que ça va monsieur. Ce n'est malheureusement pas la première fois que nous perdons l'un des nôtres.
- Non, bien sûr. Mais vos liens avec l'agent Eppes étaient tout de même très forts non ? Beaucoup plus qu'ils ne le sont généralement entre un chef de groupe et ses subordonnés.
Il lui sembla déceler comme une critique dans cette constatation et il monta aussitôt au créneau.
- Comme je vous le disais, monsieur, l'agent Eppes était un excellent chef.
Chaque fois qu'il parlait de Don en prononçant les mots : « l'agent Eppes », il avait l'impression de parler de quelqu'un d'autre. Mais il savait qu'il devait, s'il voulait convaincre ses interlocuteurs, se cantonner à un exposé très professionnel. C'est pourquoi il s'efforçait d'employer ce ton neutre et de gommer de sa voix toute l'intensité des émotions qui le traversaient chaque fois qu'il mentionnait Don sous cette terminologie froide.
- C'est vrai que nous étions proches mais pour autant, il savait faire preuve d'autorité. Jamais l'un de nous n'aurait remis en question l'une de ses décisions. Notre amitié ne nous empêchait pas de savoir qui était le patron.
- Vous venez de lâcher le mot, agent Sinclair : votre amitié. Vous reconnaissez donc que vous et vos collègues aviez de l'amitié pour l'agent Eppes.
- Effectivement monsieur, et je suis fier de le dire. Et je pense que les agents Granger, Warner et Bétancourt ressentent la même fierté.
- Mais c'est justement ce qui nous pose problème agent Sinclair, et vous le comprenez j'en suis sûr. Je sais que vous connaissez parfaitement le manuel. Vous êtes bien conscient que, dans ces circonstances particulières, votre groupe n'est pas le mieux placé pour enquêter sur la mort de l'agent Eppes.
- Pardonnez-moi de vous contredire monsieur, mais je pense au contraire que nous sommes les mieux placés pour cela.
- Expliquez-moi donc pourquoi, agent Sinclair. Je serai curieux de l'entendre.
Le ton du directeur restait courtois, mais David comprit qu'il jouait là son va-tout. On ne lui laisserait pas une seconde chance de défendre son point de vue.
- Tout d'abord, commença-t-il, nous connaissons exactement l'historique de cette affaire. Cela fait maintenant dix jours que nous travaillons sans relâche sur ce dossier et mettre une autre équipe au courant nous fera perdre beaucoup de temps. Or, avec la mort d'un agent fédéral, rien ne dit que le groupe ne va pas disparaître dans la nature et rester en sommeil un certain temps avant de reprendre ses exactions ailleurs. Le temps nous est donc compté pour l'arrêter. Nous avons déjà certaines pistes, une liste de noms à vérifier et comme nous connaissons à fond le dossier, nous sommes les mieux à même de déceler si l'un des suspects se coupe lors de l'interrogatoire. Et puis, quoi que vous en pensiez, notre désir d'obtenir justice pour l'agent Eppes sera plus un atout qu'un handicap. Aucune équipe ne pourrait être plus motivée que nous le serons. Et notre volonté de punir les responsables nous conduira à être plus circonspects, plus vigilants, à suivre scrupuleusement les règles pour éviter qu'un vice de procédure ou une bavure quelconque viennent entacher l'enquête et permettent aux coupables d'échapper à la justice.
- Vous n'avez pas tort, opina le directeur. Mais pensez-vous vraiment pouvoir contrôler un tempérament comme celui de l'agent Granger par exemple ?
- Colby sait très bien ce qu'il en coûterait s'il dérapait. Je ne crois pas qu'il prendra ce risque.
- Mais vous n'en êtes pas certain.
- On ne peut jamais être certain de rien monsieur. Ce matin j'étais certain que l'agent Eppes ne tarderait pas à clôre notre affaire et ce soir l'agent Eppes est mort. Alors si vous attendez de moi que je vous assure qu'aucun de mes agents ne dérapera, je ne peux pas le faire. Mais je peux vous promettre que je ferai tout pour l'empêcher et que, si vous nous laissez sur cette affaire, nous obtiendrons des résultats.
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Le directeur paraissait dubitatif et David enchaîna :
- Je crois que nous avons le droit de tenter notre chance monsieur. En mémoire de l'agent Eppes. Et pour sa famille aussi. Qui expliquera à son père et à son frère que ceux en qui ils ont le plus confiance ont été dessaisis de ce dossier ?
- Justement, rebondit le directeur. Qu'en est-il du professeur Eppes ? Comment réagit-il au décès de son frère ? Va-t-il collaborer avec vous sur l'enquête ? Et, dans ce cas, pensez-vous vraiment pouvoir le canaliser alors que son propre frère n'y parvenait pas, si j'en juge par l'épisode du retrait de son accréditation ?
David s'attendait à cette remarque. Depuis le début il savait qu'on en viendrait là : la place de Charlie dans cette traque sans merci.
- Je n'ai pas de nouvelles du professeur Eppes pour le moment monsieur. Lorsque nous l'avons quitté, il venait d'apprendre la mort de son frère dans les circonstances horribles que vous connaissez et il était anéanti, de même que son père. Pour le moment, je n'envisage pas qu'il soit assez fort pour venir nous aider sur cette enquête. Le problème de le gérer ne se pose donc pas.
- Mais si vous n'avez pas recours à lui, comment comptez-vous faire pour mener à bien ce dossier ? Je sais que ce sont ses indications qui vous ont menés à l'entrepôt. Il est donc essentiel pour vous permettre de renouer la piste non ?
- Pas forcément monsieur. L'agent Eppes pensait qu'il fallait fouiller du côté de l'université.
- Quoi ? Sur le lieu où travaille son propre frère ?
- Oui monsieur.
- Et sur quoi basait-il sa réflexion ?
- Je crois que c'était surtout de l'intuition monsieur.
- L'intuition...
C'était le sous-directeur qui, pour la première fois, ouvrait la bouche. Et le ton sur lequel il avait jeté ces deux mots, disait bien mieux qu'un long discours ce qu'il pensait de ce critère comme base d'une enquête.
- Ne sous-estimez pas l'intuition Paul, lui rétorqua aussitôt le directeur. Croyez-moi, les meilleurs agents ont souvent bouclé leurs enquêtes en partant d'une intuition. Moi-même...
Il s'interrompit : l'heure n'était pas au souvenir de ses heures de gloire. David se souvint alors que le directeur passait en effet pour avoir été un agent de terrain redoutable et très admiré de ses hommes, contrairement au sous-directeur qui avait surtout assis sa réputation sur ses capacités de bureaucrate tatillon.
- Donc, reprit le directeur, l'agent Eppes comptait diriger sa recherche vers l'université.
- En effet monsieur.
- Et le professeur Eppes l'aidait dans cette recherche ?
David fut embarrassé, mais il comprit qu'il était nécessaire qu'il dise la vérité. Le mensonge ne pouvait que le desservir et le desservir voulait dire être dessaisi de l'enquête, ce qu'il ne voulait à aucun prix.
- Non monsieur, le professeur Eppes pensait que son frère faisait erreur. Il ne nous aidait pas sur ce versant du dossier.
- Et alors, comment pensez-vous faire sans ses conseils ?
- Puisque de toute façon nous ne sommes pas du tout sûrs que le professeur Eppes sera en mesure de nous apporter son concours, ça ne change rien à la situation dans laquelle nous étions. Nous pouvons mener un certain nombre d'investigations pour lesquelles un consultant ne nous est pas indispensable.
- Je vous le concède.
- Et puis, à défaut du professeur Eppes, nous pourrons toujours, en cas de nécessité, faire appel aux professeurs Ramanujan et Fleinhardt, ses collaborateurs habituels. Ils sont habitués à travailler avec nous.
- Oui, je sais. C'est à eux que vous avez fait appel lorsque le professeur Eppes a perdu son accréditation si je ne m'abuse ?
- En effet monsieur. Et ils se sont montrés très efficaces.
- Oui, enfin... avec l'aide en sous-main, totalement illégale d'ailleurs, du professeur Eppes, n'est-il pas vrai ?
David resta un instant interdit : il aurait dû se douter que le directeur serait au courant des petites entorses au règlement dont s'était rendue coupable l'équipe à cette époque. S'il avait fermé les yeux, c'est sans doute parce que chaque affaire en question avait été résolue avec succès. Ca permettait de faire monter en flèche les statistiques de réussite de l'agence et donc la bonne opinion que ses supérieurs avaient de lui : le directeur ne cachait pas son ambition de finir à Washington, et pourquoi pas ? d'être un jour à la tête du bureau.
- Jamais le professeur Eppes n'a alors été mis au courant d'éléments auxquels le retrait de son accréditation lui interdisait d'avoir accès.
- Ca n'a plus d'importance agent Sinclair. Le seul qui aurait pu avoir à répondre de cet état de fait n'est malheureusement plus en état de le faire aujourd'hui de toute façon. Et nous sommes tous conscients de l'aide indéniable que le professeur Eppes a apporté au bureau depuis qu'il collaborait avec son frère. Donc revenons à notre sujet de préoccupation : les professeurs Ramanujan et Fleinhardt sont-ils aptes, sans le soutien de leur collègue, à vous apporter toute l'aide dont vous auriez besoin ?
- Je le crois oui. Ce sont d'excellents scientifiques.
- Bon.
Le directeur échangea un regard avec son subordonné, toujours silencieux.
- Agent Sinclair, est-ce que vous voulez bien nous laisser quelques instants s'il vous plaît ?
- Oui monsieur. Je dois rester ici ?
- Oui, dans l'antichambre. Nous ne serons pas longs.
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